ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

11 novembre 2020

101 CLAUD IVERNE PHOTOGRAPHE 12 06 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 11 h 58 min

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« La tâche du photographe ne consiste pas à prouver quoi que ce soit par rapport à un événement humain. Nous ne sommes pas des propagandistes ; nous sommes des témoins du transitoire. »

— Henri Cartier-Bresson

L’exposition Magnum Analog Recovery

Du 29 avril au 27 août 2017, LE BAL présente un parcours dans les trésors de la coopérative parmi les tirages d’époque, maquettes de livres et publications depuis la création de Magnum Photos (1947) jusqu’en 1979. En 2017 coïncident l’anniversaire des 70 ans de Magnum Photos et la finalisation d’un fonds de milliers de tirages d’époque enfin rendu accessible : Magnum Analog Recovery.

Le photographe français Claude Iverné, exposé à la fondation Henri-Cartier Bresson, a d’abord été photographe de mode.

 

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En 1987, Claude Iverné quitte le confort de la maison Pierre Cardin, où il a remplacé le photographe maison pour redevenir assistant et apprendre au plus près des photographes de mode et de publicité de renom. Un seul endroit : les studios Pin-Up où travaille tout le ghotta de la planète. L’apprentissage est rapide, Polaroid 8×10’ avec Paolo Roversi, 6×7 TriX avec Lindbergh et Olivar, PanF avec Isserman, Inversible avec Oliviero Toscani, Hans Feurer, Michel Comte ou Patrick Demarchelier.

Les jeunes photographes techniquement fébriles savent que chez Pin-Up les assistants “assurent” les photographes reconnaissants abandonnent souvent leurs surplus de films et polas aux assistants. Les studios laissent à ces derniers la liberté d’utiliser gracieusement les locaux et infrastructures, labo compris. La ténacité paie. Lui sont systématiquement confiés les anglo-saxons. David Bailey, Avedon, Lord Snowdon. Nombre d’entre eux le débauchent pour des voyages. Iverné propose ses services aux heures décalées. Nuits, week-ends et vacances payés en heures supplémentaires lui permettent de bien vivre.

Tout en gardant son propre studio pour des travaux alimentaires, des catalogues de ventes de commissaires priseurs, publicités, portraits, il continue à apprendre avec ceux dont la technique l’intéresse particulièrement comme Albert Watson ou Roversi.

Catalogues et publicité constituent l’essentiel de son activité. Commence alors les portraits, personnels, après plusieurs voyages en Egypte et au Maroc, l’envie d’autre chose croît. Ses portraits seront remarqués par la presse, qui lui ouvrira une porte vers d’autres pratiques. Peu d’originaux ont résisté au temps. Nous montrons ici quelques polaroids et 4×5 rescapés de cette période.

 

ELNOUR

 

Claude Iverné, Bilad es Sudan
Du 11 mai au 30 juillet 2017
Fondation Henri Cartier-Bresson
2 Impasse Lebouis
75014 Paris
France

http://www.henricartierbresson.org/

Le photographe français Claude Iverné, exposé à la fondation Henri-Cartier Bresson, a exercé dans la presse en tant que portraitiste, se frottant notamment aux maitres. Nous vous offrons un aperçu de cette facette de son travail.

J’avais griffonné un petit mot à l’attention d’Alexander Liebermann après avoir lu une interview édifiante intitulée The Right Circle. Le maître de Condé Nast y affirmait l’insuffisance du talent pour émerger. Evoluer dans “les bons cercles” primait. L’article annonçait une exposition de peintures dans une galerie huppée de l’Upper East. Je n’en menais pas large, mais j’étais déterminé à recevoir son jugement sur mes portraits alors très inspirés de Penn, dont il était très proche. Il sortit d’une limousine et pénétra majestueusement dans la galerie, entouré de deux magnifiques femmes d’une remarquable élégance. J’entravais le cortège, une minuscule enveloppe tendue vers lui. Je répondis que c’était à lire plus tard, et filais, encore écarlate mais soulagé.

Le lendemain à 9 h : « Bonjour, Pardonnez-moi de vous déranger, je cherche à joindre Monsieur Claude Iverné s’il vous plaît ? » « Moi-même » répondis-je dans le combiné à cette voix posée dans un français sans accent. « Alexandre Libermann, quand puis-je vous rencontrer ? » « Cet après-midi 15 h ? » Une impressionnante paix et cordialité régnaient à cet étage. Je fus ponctuellement annoncé avec grande délicatesse. Il se leva pour m’accueillir dans son immense bureau et regarda longuement chacun de la vingtaine de tirage noir et blancs apportés. Evidemment, autant nous avons qui vous savez ici pour les portraits mais à Paris, j’aimerais bien collaborer avec quelqu’un comme vous.

« J’aimerais aussi voir comment vous traitez la couleur, auriez-vous quelques images à me montrer ? » « Oui, mais des images de catalogue peu représentatives. » « C’est juste pour considérer votre maitrise, je ne serai pas présent demain, mais si vous pouvez les déposer, cela m’importe. » Il fut convenu que je récupère le tout deux jours plus tard, sans garantie de sa présence. A ce moment, sa charmante me demanda de patienter car M. Lieberman lui avait demandé de le prévenir de mon passage. « Je me suis permis de montrer vos portraits à notre creative director chez Vogue » « Claude Iverné se trouve ici, je vous le passe, toujours dans un français précis ».

André Léon-Taley me partagea son avis commun d’avec celui d’A. Lieberman, mais voulait juste me rencontrer personnellement. Ne pouvant me voir sur l’heure et embarquant précisément pour Paris, nous prîmes rendez-vous pour un petit déjeuner trois jours plus tard au Regina. Dans l’intervalle, la directrice des 3 Suisses, mon client vital, exigea soudainement ma présence à une réunion de travail improvisée pour le prochain catalogue. Je parvins à Joindre Léon Talley. Après un silence, il acquiesça et me proposa de le rappeler le lendemain matin pour reporter notre rencontre, ne trouvant pas son agenda sur le moment. Jamais je ne parvins à le joindre de nouveau.

Lors de ce même séjour à New York, je reçus un coup de fil d’Irving Penn. Le petit mot à son intention, confié timidement à la personne qui m’avait ouvert la porte de son studio le matin même l’avait « touché » et il tenait à m’en remercier personnellement. Le soleil brillait ce jour de septembre 1993.

 

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Claude Iverné

Né en 1963, Claude Iverné vit et travaille en France et au Soudan. Formé à la photographie auprès des grands noms de la mode, il travaille avec Pierre Cardin, puis les studios Pin-Up : Roversi, Snowdon, Olivar, Watson, etc… La presse remarque ses portraits, et lui commande des reportages. Il fréquente le séminaire de Jean-François Chevrier à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris et s’oriente vers une photographie plus affranchie, en tension entre les beaux-arts et les sciences sociales. Il défend la vue de l’œil humain comme méthode d’enregistrement, l’intimité et le brouillon comme mode de description.

Depuis 1998 et son premier voyage au Soudan, Iverné s’interroge sur les notions de territoire, d’identités et des codes et standards de représentations associés. En 2003, pour répondre à ses questions, il fonde Elnour (la lumière), bureau de recherches et de documentation où cohabitent ­­photographes, artistes, scientifiques et écrivains. Sa connaissance du pays et sa pratique de la langue l’amène à contribuer à de nombreuses conférences et interventions publiques.

Il a exposé aux Rencontres internationales d’Arles (projection Fnac, 2002), aux Nations-Unies, Khartoum 2002, à la Maison des métallos, 2003 et 2013, à la galerie Clémentine de le Ferronnière, 2011, à la galerie 123, Londres 2004, au Centre culturel français, Khartoum 2004, au musée Royal de Mariemont, Belgique, 2007, à Visa pour l’image, Perpignan, (projection 2007), au centre culturel d’Égypte, Paris, 2010. Il a remporté le prix 3P, 2004 et fut commissaire de l’exposition Soudan aux Rencontres internationales de Bamako, 2005.

Il a contribué à l’entrée de photographes soudanais dans des collections publiques internationales.

SUDAN FOTO

La Fondation Henri Cartier-Bresson, à Paris, expose le travail du lauréat de son prix décerné en 2015. L’œuvre sur vingt ans d’un itinérant des sables.

On pourrait croire à première vue que Claude Iverné est photographe. Certes, c’est par l’image qu’il s’exprime, mais l’homme s’identifie rarement à la photographie, ou même n’en parle. C’est à la fois un vagabond, un ethnologue, un archiviste, un observateur animé de curiosité. Un artiste, pourrait-on lâcher. « Un poète », dit Quentin Bajac, conservateur en chef de la photographie au MoMA. Au fil du temps, brouiller les pistes est devenu quelque chose de naturel pour Claude Iverné. Ou plutôt en indiquer quelques-unes, dans le silence, et laisser l’intéressé s’y immiscer, seul. C’est d’ailleurs ce qu’il propose dans l’exposition de la Fondation Cartier-Bresson. Un jeu de pistes au Soudan, ce pays dont on ne parle que par ses drames humanitaires, et qu’on découvre d’une merveilleuse façon, au travers de vingt années de voyages. Cet itinéraire nous est porté sur un plateau, à chacun ensuite de pousser les choses plus loin, de s’intéresser réellement à tel homme, telle bâtisse, telle plaine. C’est l’intention. Ses photographies sont des encouragements.

Comme les vers de poésie, les photographies de Claude Iverné aiment être lues plusieurs fois avant de se laisser apprivoiser. En majorité faites de noirs et de blancs, d’une teinte étrange, grisâtre, presque filtrées, elles rappellent des images d’un autre temps, du XIXe siècle par exemple, durant lequel d’autres aventuriers ont emprunté les mêmes pistes soudanaises. « Les photos de Claude Iverné », dit Quentin Bajac, « m’évoquent celles de ceux qui, à cette époque, ont remonté le Nil jusqu’aux premières et deuxièmes cataractes, si mes souvenirs sont bons : Francis Frith ou Maxime Du Camp. » Ensemble, ces images, d’abord belles au regard, fines et subtiles, proposent une traversée d’une Afrique représentée, en compagnie de ses peuples, de manière attentive, respectueuse et digne. Il y a des portraits d’hommes et de femmes, des vues de leurs habitations, de paysages qui les entourent, de montagnes, de déserts, de pyramides, des photos d’animaux, d’arbres, d’objets, d’éléments – la roche, le sable, le vent – de villes aussi. Une ode à la richesse et la diversité de cette terre.

L’homme s’intéresse à tout, l’animé comme l’effacé, il fait attention aux autres, mais sans compassion ni pathos. Il est ici question de distance, entre autres. « J’aime la lenteur », dit-il. « Je peux rester des temps infinis devant une vue, à relire une phrase, errer dans un tableau. D’aucun dit que la patience du peuple soudanais est infinie. J’y ai trouvé un espace propre à ma lenteur, ou du moins dans lequel j’ai pu sans le savoir retrouver une vraie vie, contempler, m’affranchir du productivisme destructeur de notre monde développé. Mon ami Hafez s’en prit un jour à mon humeur. Nous roulions à l’arrière d’un pick-up à 10 à l’heure, contexte idéal pour voir et avancer en même temps un peu comme à dos de dromadaire, mais plus confortable. Et s’arrêter parfois pour une vue. Il s’agissait de rallier pour la première fois les fouilles archéologiques de Sedeinga avant le coucher du soleil. Depuis des heures chaque nubien sur la piste nous indiquait la même distance et le même temps jusqu’à notre destination. “Aucun d’entre eux ne possède de montre, ne saurait lire un compteur d’automobile, ni n’a jamais vu une carte. Comment veux-tu qu’ils s’expriment avec tes habitudes et référents ?”, m’avait alors dit Hafez. »

Claude Iverné, c’est une autre idée de l’imagerie africaine, dénuée de stéréotypes et en contraste avec l’esthétique communément utilisée par les reporters de presse. Christophe Ayad, journaliste au Monde, écrit ainsi en 2012 : « Il y a plus qu’une différence, un abîme, entre photographier l’Afrique et photographier en Afrique. Ce n’est pas une question de syntaxe, mais de point de vue. Claude Iverné, par exemple, photographie en Afrique, c’est-à-dire à hauteur d’homme, d’égal à égal. Cela paraît simple, comme ligne de conduite, mais demande un effort permanent consistant à se défaire de ses préjugés et des clichés que l’on a dans la tête avant de les reproduire en noir et blanc ou en couleur. Le Darfour est un territoire que connaît bien Iverné, pour s’y être rendu avant que le conflit n’éclate officiellement. ”Il y avait déjà un état de guerre permanent”, raconte Iverné, ”des armes partout, mais personne n’en parlait. A la fin du printemps 2004, quand la région était enfin accessible à la presse internationale, l’essentiel des violences était passé, se souvient-il. Chez les humanitaires comme chez les journalistes, il y a eu une quasi-déception. Il n’y avait pas grand-chose à montrer : pas d’enfants décharnés, de combats.” Les reporters photographes, venus se mesurer avec Sebastião Salgado et ses icônes bibliques de la famine en Ethiopie en 1984, en ont été réduits à des exercices de style. Claude Iverné évoque une image du photographe de guerre réputé James Nachtwey montrant un vieil homme en gros plan avec une larme qui perle sur sa joue. “Quelle est l’information ?” » Chez Claude Iverné, le drame est présent, mais il est invisible à l’œil nu : c’est l’absence de structure de santé ou d’école, l’absence de propriété foncière, l’absence de récolte. « J’affectionne le libre arbitre. J’énonce plutôt que dénonce. Les photographies de guerre ont-elles jamais arrêté la guerre ? » C’est une violence sourde et muette. Comment la reconnaît-on ? Le portrait simple d’un vieil homme au milieu d’un champ qui ne ressemble plus à rien de bien fertile.

Le Soudan est pour lui une affaire intime. Elle est liée d’abord à son « deuxième père » – lui ayant peu connu le premier –, qui rêvait de faire la mythique piste des Quarante jours, dont le nom indique la durée qu’il fallait aux caravanes d’esclaves et de marchandises venues de l’Afrique profonde pour rallier l’Egypte depuis les Etats du Darfour et du Kordofan (ouest et centre du Soudan à la jonction de l’Afrique saharienne et de l’Afrique noire). « Je garde un souvenir exact de ma première démarche à Zamālek au Caire », se souvient-il. « J’étais venu à la nonciature apostolique en 1997 consulter des originaux relatifs à l’expédition du missionnaire Daniel Comboni. Il s’agissait de remonter la piste des Quarante, dont les dromadaires achetés au Darfour échouaient à Assiout puis au Caire, sur les marchés aux bestiaux et bouchers Egyptiens. A cette époque, les caravanes rejoignaient le Nil à Daraw en haute Egypte. J’y ai séjourné quelques semaines en 1998, pour comprendre. Des Soudanais m’ont invité chez eux. Siddik m’a dit : “J’embarquerai de Khartoum le 4 février pour Fasher, afin d’y constituer un troupeau et l’envoyer sur la piste des quarante…“ Je l’ai cru. Le 4 février 1999, je l’ai trouvé dans la salle d’embarquement à peine étonné de me voir. Nous avons attendu toute la journée ensemble que l’avion arrive. »

En vadrouille, le Français se compare à un animal de compagnie, un chameau androgyne dans un troupeau de dromadaires. Un renard qui a demandé à être apprivoisé et qui pleure aux adieux du Petit Prince. Il évoque notamment son ami Hafez, « une énigme ». Analphabète, il est son traducteur depuis le début, et comme lui, un intuitif. Celui-ci démontre la vérité de l’enseignement universel. « Lorsque je ne parviens pas à échanger directement », explique Iverné, « dans des dialectes ou même en arabe soudanais, il trouve instinctivement les mots arabes simples et les images adaptées aux niveaux de langages respectifs de chacun. En 2004, Médecins sans Frontières m’embarque chez les nomades pour aider à les comprendre lors d’une mission vaccination. Le convoi passe pile devant le campement d’Hafez, alors qu’il y selle deux chevaux. “J’ai entendu dire que tu étais dans la région, alors j’allais te chercher !”, me lance-t-il alors. »

En 2015, la Fondation Cartier-Bresson lui attribue le prix éponyme pour son projet, encore à développer. Consécration. Selon Quentin Bajac, membre du jury, « Claude Iverné se replace dans ce mouvement qui, depuis les années 1970, s’interroge sur une autre manière de dire le monde contemporain et une certaine actualité ». Il est sensé retourner au Soudan poursuivre son exploration. Mais le Soudan n’est pas une terre sans danger. Au sud, selon l’intéressé, on passe du rêve au cauchemar sans prévenir. Et comme Cartier-Bresson, on tire avant de saluer. Au sud se sont concentrés beaucoup de maux historiques. S’y rajoutent désormais ceux du XXIe siècle : ses amalgames, le terrorisme de l’argent roi. Alors qu’il doit y retourner dans le cadre du prix à l’automne 2016, Claude Iverné renonce, au nom, notamment, de sa fille Camille, bientôt 10 ans. En novembre, au détour du boulevard de Strasbourg à Paris, à deux pas de son domicile, il confie : « Aucun laurier ne vaut la chandelle. Brassens chantait : “Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente”. Lorsque j’ai annoncé à ma fille, la veille du départ, que l’avion pour Juba décollerait sans moi, elle s’est approché yeux fermés et sans mots et m’a étreint fort dans ses bras. »

Qu’importe, le travail déjà effectué est colossal. Il le complète par un certain nombre de rencontres avec des Soudanais en Europe, réfugiés notamment. Ils sont dans le catalogue associé de l’exposition, publié par Xavier Barral, tous deux intitulés Bilad es sudan (« le pays des noirs »), avec toutes les autres images. Avant cet ouvrage, Claude Iverné a publié trois volumes intitulés SudanPhotoGraphs, sortes d’objets souples incompréhensibles au premier abord et très complets au second. Des cahiers à la maquette aléatoire, remplis de photographies, de cartes, d’écrits personnels, d’anecdotes recueillis, tels de grands carnets de route. Tout y converge vers la nécessité d’arrêter le regard et d’interroger.

Claude Iverné a beau être poète, littéraire et un peu bohème, il y a dans ce travail au long cours sur le Soudan une importante dimension d’archive, à la fois historique et actuelle. Presque une manière d’inventorier les hommes et les choses de ce pays, que l’on peut apercevoir dans ces mosaïques de portraits de Soudanaises et Soudanais qui font penser à un trombinoscope scolaire. Un côté bien plus pragmatique qu’il ne veuille bien l’admettre, et qui rappelle un autre illustre photographe. « On peut parler de justesse chez Claude Iverné », explique Quentin Bajac. « Lorsqu’on dit que ses images nécessitent beaucoup d’attention, je pense à de grands photographes. Ce sont des références un peu écrasantes pour Claude Iverné, mais on peut en exemple citer August Sander. Nombre d’images du photographe allemand sont des icônes, mais ce sont en même temps des images difficiles à comprendre : elles nécessitent une assez bonne compréhension de l’Allemagne de l’époque pour totalement se laisser apprécier, car elles agissent souvent sur des détails ou font référence à des stéréotypes de l’époque. On retrouve dans les photographies de Claude Iverné cette sorte de justesse, d’attention au détail qui, selon son degré de connaissance du lieu ou de l’histoire, va se laisser appréhender avec plus ou moins de finesse. À la manière de Sander, Claude Iverné incite le spectateur à une certaine connaissance pour enrichir sa lecture. »

Le décalage de son style, le sujet, la correspondance à aucun cadre, font de Claude Iverné une sorte de trublion de la photographie actuelle. On ose le mot politique. Lui nuance. « Politique signifie pour moi réfléchir, désobéir dans le sens de proposer une alternative à l’abrutissement, au formatage. J’entends trop souvent qu’il faut s’adapter au public, le prendre par la main, lui expliquer… Comme si le public était constitué d’une masse informe dénuée de ressources vives. Je persiste à penser que l’art peut ériger un rempart au marché, même si bien des artistes s’y dissolvent. »

Il revendique ainsi l’autonomie intellectuelle, « une lutte, un effort permanent contre l’abrutissement ». Un jour, alors qu’il est enfant et rentre de l’école avec sa mère, elle lui glisse : « Que tu penses différemment de tous, même très nombreux, ne signifie pas que tu aies tort. » Elle ajoute après un silence suffisant : « … cela ne signifie pas non plus que tu aies raison. » Aujourd’hui, ce sont plus les livres du philosophe Jacques Rancière qui occupent son temps perdu, et l’ennui indispensable à chaque réflexion. Surtout Le maître ignorant, livre qui, en ravivant la mémoire d’un personnage singulier de l’histoire de l’éducation – Joseph Jacotot –, pose la question politique fondamentale de l’égalité. Dans les influences, il y a aussi l’introduction de T.E. Lawrence dans The Seven Pillars Of Wisdom, Le petit Prince, le film Mon voisin Totoro de Miyazaki, les correspondances et entretiens de Walker Evans, Rimbaud, le journal d’Eugène Delacroix, les critiques de Baudelaire, les écrits de Giacometti, et ceux sur l’art de Matisse. D’autres passions ? Quelques accumulations d’objets ramassés au sol, de déchets écrasés sur toutes les routes et pistes de la planète, une collecte de feuilles mortes délicatement conservées depuis dix ans, des fossiles, et une collection de graines d’arbres plantées ci et là en cachette.

Aussi étrange que cela peut paraître, avant de devenir explorateur d’Afrique, Claude Iverné a été photographe de mode, portraitiste, photographe commercial. Des images plutôt dans un ton sobre et proche des soudanaises, mais peut-être plus esthétisantes et agrémentées de l’indispensable beauté féminine. De ce temps, il se rappelle quelques histoires mémorables, notamment depuis New York et en compagnie d’Alexander Liberman, directeur artistique de Vogue. « Un jour, j’avais griffonné un petit mot à l’attention d’Alexander Liberman après avoir lu une interview édifiante où le maitre de Condé Nast y affirmait l’insuffisance du talent pour émerger. Il sortit d’une limousine et pénétra majestueusement dans une galerie de l’Upper East Side où se tenait une exposition de ses peintures, entourée de deux magnifiques femmes d’une remarquable élégance. J’entravais le cortège, une minuscule enveloppe tendue vers lui. Je le rencontrai dès le lendemain, mais plus tard, à cause d’une commande des 3 Suisses que je devais honorer et pour laquelle je dus rentrer en France, nous perdîmes contact. »

Voici donc venu le temps de la reconnaissance pour le Bourguignon Claude Iverné, 54 ans, avec une exposition, un livre et les honneurs qui vont avec. Un proche évoque la dépression qui vient à la suite de tels évènements. Il répond que les projets ne manquent pas. « Moi qui n’ai jamais possédé de télé, je suis tombé sur un extrait du Seigneur des anneaux, au moment où le petit aux grandes oreilles pointues répond au héros : “Tout ce que nous avons à décider, c’est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti…” Je sais qu’au fond de là où j’ambitionne de me retirer, je crains manquer de temps pour m’ennuyer. » Il y a donc en prévision deux livres, un sur Rashid Mahdi, photographe, écrivain, et cinéaste soudanais, et l’une de ses plus belles rencontres ; un second sur l’histoire unique de la photographie au Soudan, un herbier photographique, et fonder une école libre où chacun apprend ce qu’il veut. Avant cela, il y a une expérience complète, à la Fondation Cartier-Bresson, faite d’images, de textes et de sons. Elle est à parcourir comme le maître des lieux le souhaiterait : avec le museau allongé.

Jonas Cuénin

 

100 MAGOU SAMB et MATEO 05 06 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 11 h 40 min

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MAGOU SAMB

 

magou samb

 

Dans son nouvel album Dom Adama, dédié à la cause écologiste et humaniste, le Sénégalais Magou Samb aborde divers thèmes liés à l’effet négatif de l’homme sur l’environnement, tels que la pollution et le réchauffement climatique, comme dans « Dom Adama » (« le pollueur », et littéralement « fils d’Adam » ou « l’homme », « l’être humain » en wolof) ou « Guygui » (le baobab rebelle). Il y parle aussi de la force de l’amour, de la justice, de la paix dans le monde, et rend hommage aux femmes.

Delafosse

Artiste musicisien pro, chant et guitare, hip hop awards Senegal « audience baykat», nomination prix Charles cros 2006,Album

1992 – 1996

Magou est né au Sénégal, à Ngor, un village de pêcheurs situé à la pointe ouest de Dakar, à la pointe ouest de l’Afrique. C’est ici que vit le « Ndeup », rythme traditionnel « Lébou » où se mêlent chants, danses et percussions et dont la pratique peut aller jusqu’à la transe mystique. Magou a créé son propre répertoire et s’est produit sur scène avec son groupe Le Dakar Transit durant plus de dix ans.
Très vite repéré par le label Network (Oumou Sangare, Desert Blues…) Magou est parti enregistrer en Allemagne son premier album « Africa Yewul » (Afrique, réveille-toi), sorti chez Harmonia Mundi en 2006. Ce premier opus a été salué par la critique et récompensé par l’Académie Charles Cros.

Activités et associations : musicotherapie

 

C’est un retour aux sources, un mélange de racines et de modernité. Alliant voix, guitares acoustiques et percussions, sur des univers très variés, Dom Adama est une invitation à un voyage dans l’émotion et la douceur au fin fond de

L’Afrique et à travers le monde…

Dom Adama est enregistré avec le groupe Dakar Transit composé de divers artistes rencontrés durant son séjour à Paris : des artistes talentueux et généreux, des coups de foudre musicaux et humains !

 

Un voyage sans visa ni frontière…

Yeremêl jamyi

Magou auteur,compositeur ,

Arrangements et real :Magou et Diogal

Paroles

Yeremêl jamyi c’est l’histoire d’un parisien toujours stressé, toujours dans le speed,qui ne salut jamais ses voisins,il est allé se recueillir dans le désert de retour à paris ,un oiseau lui dit si tu veux la paix commence d’abord à dire bonjour,il a commencé à saluer ,même dans le metro,un jour sa voisine à répondu ,une semaine aprés ils ont pris un café ensemble,aujourd’hui c’est leurs mariage !!

Originaire de l’île de Ngor, un village de pêcheurs lébous situé à la pointe ouest de Dakar au Sénégal, Magou grandit au son du « ndeup », rythme traditionnel des Lébous mêlant chants, danses et tambours sabars et dont la pratique peut aller jusqu’à la transe mystique. Sorte de musicothérapie ou cérémonie d’exorcisme ancestrale chez les Lébous, le « ndeup » a pour fonction de soulager la maladie (notamment mentale) mais aussi de reconnaître les esprits ancestraux…

Africa Yeweul

 

C’est dans cet univers sonore et musical et par la pratique des chants religieux que Magou forme sa voix rauque et puissante, et son jeu de guitare teinté de mbalax, de musique mandingue,afro-cubain, afro-jazz et reggae de blues et de folk. Auteur, compositeur et interprète, Magou crée son propre répertoire et se produit sur scène avec son groupe Dakar Transit pendant plus de dix ans. Très vite repéré par le label Network (Oumou Sangaré, Desert Blues…) Magou quitte le Sénégal et s’envole pour l’Allemagne où il enregistre Africa yewul (Afrique, réveille-toi), son premier album sorti chez Harmonia Mundi en 2006. Salué par la critique et récompensé par l’Académie Charles Cros, Africa Yewul évoque l’union africaine, les souffrances et l’espoir d’un peuple, mais aussi l’amour, la foi et la solidarité, nécessaires dans un monde où chacun ne vit que pour soi.

Magou puise sa musique dans la tradition mais aussi dans le jazz, la soul et la musique afro-cubaine. Il prouve et confirme au grand public qu’il est avant tout un homme de scène et un grand chanteur. On distingue sa voix entre mille et ses textes en wolof en français ou en anglais sont ancrés dans le vécu, dans l’émotion et dans le partage.

Network medien

www.facebook.com/magousambofficiel/

www.networkmedien.de/200-2-Africa-Yewul-Afrique-Senegal-CD.html

 

Bio1: Nouvel Album MAGOU SAMB

 

Dans son nouvel album {Dom Adama}, dédié à la cause écologiste et humaniste, le Sénégalais Maguette Samb aka Magou aborde divers thèmes relatifs à l’effet négatif de l’homme sur l’environnement, tels que la pollution et le réchauffement climatique, comme dans « Dom Adama » (« le pollueur », et littéralement « fils d’Adam » ou « l’homme », « l’être humain » en wolof) ou « Guygui » (le baobab rebelle). Il y parle aussi de la force de l’amour, de la justice, de la paix dans le monde, et rend hommage aux Femmes.

 

{Dom Adama} est comme un conte parlant de l’homme moderne face à la surconsommation et le stress dans les grandes villes : « Un Parisien qui part dans le désert, les pieds nus, sans trouver de réponse ! De retour à Paris, un oiseau lui dit : « Tu veux la paix ? Sois en paix avec toi-même, commence à dire bonjour à tes voisins et respecte ton environnement !!! «  »

 

C’est un retour aux sources, un mélange de racines et de modernité… responsable. Alliant voix, guitares acoustiques et percussions, sur des univers très variés, {Dom Adama} est une invitation à un voyage dans l’émotion et la douceur au fin fond de l’Afrique et à travers le monde, brisant ainsi les frontières…

 

Le 2ème titre de l’album, « Soma Bëgué » (si tu m’aimes en wolof), est un mélange harmonieux de rythmes mbalax du Sénégal avec du flamenco espagnol, un métissage musical et un pont culturel entre le Sénégal et l’Espagne, entre l’Afrique et l’Europe. Quant à « Dom Adama », c’est un duo (voix, guitare, accordéon), un clin d’oeil à la France !

 

Dom Adama est enregistré avec le groupe Dakar Transe composé de divers artistes rencontrés durant son séjour à Paris (France) : des artistes talentueux et généreux, des coups de foudre musicaux et humains ! Un voyage sans visa ni frontière…

 

 

Biographie

Matéo SIXSTRINGS, auteur compositeur et interprète, se distingue par la chaleur de la voix et l’originalité de son univers.

 

mateo

 

Dans la tradition des conteurs, il met en musique de véritables histoires, qui nous racontent toutes et tous.

Les chansons, teintées d’amour, de tendresse, et d’humour, invitent au partage.

Il emmène le public vers des contrées où le coeur trouve ses raisons, où l’impossible devient possible.

La poésie y fait l’amour au rock, au blues, au reggae et le «groove » y trouve son compte.

 

 

A l’origine de plusieurs formations, collaborant avec d’autres artistes, toujours prêt pour une nouvelle aventure musicale, il n’a eu de cesse de proposer du neuf, porté par une énergie fraternelle.

 

Conscient que le domaine musical a été exploré maintes et maintes fois, il apporte à ses découvertes, la lucidité de son regard et la délicatesse de sa plume. A la suite d’un premier CD auto produit, sorti en 2009, intitulé « Cargo Tango », dont le titre est celui d’une chanson de l’album, il travaille actuellement sur un nouveau CD, dont la sortie est prévue pour la fin de cette année (2012).

 

Plus d’une centaine de concerts à son actif font de Matéo SIXSTRINGS un artiste confirmé.

9 novembre 2020

98 LE CRIC Mantes la Ville 23 05 2017

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 11 h 24 min

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ça booste recevait Romain du CRIC Collectif de Réflexions et d’Initiatives Citoyennes

Ça booste sous les pavés, Mantes-la-Ville 3 ans après

 

Mardi dernier Squale recevait Romain Carbonne dans son émission « Ça booste sous les pavés » pour discuter du CRIC, de Mantes-la-Ville, du FN et de politique.

Vous pouvez écouter l’émission sur le site de Radio libertaire (FM 89.4).

 

RAPPEL DES FAITS QUI ONT VU UNE VILLE OUVRIERE ET TRADITIONNELLEMENT A GAUCHE BASCULE DANS LA FANGE FN. Soixante ans que la gauche était au pouvoir à Mantes-la-Ville. La SFIO (Section française de l’internationale ouvrière), puis le Parti socialiste, puis le Parti communiste français, puis de nouveau le PS. Et il y a eu mars 2014. Un « cataclysme », selon les personnalités politiques locales. « Même si le contexte du Parti socialiste au niveau national n’était pas bon, on n’aurait jamais imaginé que le Front national pouvait passer à Mantes-la-Ville », analyse Annette Peulvast, ancienne maire PS, entre 1995 et 2008.

Et le contexte des socialistes au niveau local ? Pas très glorieux, aux dires des habitants… Pas une personne rencontrée lors du reportage diffusé ci-dessus qui ne mentionne la guerre que se sont livrée les deux candidates PS aux dernières élections municipales : Annette Peulvast contre Monique Brochot, maire PS de 2008 à 2014. « Des diffamations, des insultes, des messages anonymes, une vraie campagne d’humiliation venant des deux cotés », affirme une habitante, rencontrée lors d’une réunion d’un collectif de réflexion citoyenne. « On est tous responsables » de la division de la gauche et de la victoire du Front national, avoue Monique Brochot, avec maintenant huit mois de recul.

Mais elle est bien la seule à faire son mea culpa. « Si je ne m’étais pas portée candidate, mes électeurs auraient voté Front national », persiste Annette Peulvast. Du côté d’Éric Visintainer, candidat de droite, la gauche est entièrement responsable de cet exploit frontiste. Et, pour Fabrice Andreella, autre candidat de la droite, « aucun accord n’était possible au second tour pour se rassembler contre Cyril Nauth ». À la veille du second round électoral, l’impasse était totale. Les électeurs de gauche étaient déboussolés par deux listes concurrentes et les électeurs de droite se retrouvaient sans consigne de vote. Le lendemain, Cyril Nauth remportait la bataille avec à peine 30,26 % des voix.

Consultez notre dossier : Mantes-la-Ville : portrait d’une ville FN

Les projets concrets du nouveau maire FN de Mantes-la-Ville se comptent sur les doigts d’une main. Baisse des subventions pour les associations, nettoyage des tags, annulation des baptêmes républicains, disparition du drapeau européen sur le fronton de la mairie, et gel d’un projet de salle de prière pour la communauté musulmane.

« Le nouveau maire ? Mais il ne fait rien du tout, il attend », affirme un habitant, rencontré sur la place du marché, un dimanche matin. Et il attend quoi ? Depuis mars dernier, Cyril Nauth attendait le rendu d’une décision de justice. Juste après les élections municipales de mars dernier, l’opposition socialiste avait fait un recours en annulation de l’élection. Peine perdue, le recours a été rejeté le 28 octobre dernier. Cyril Nauth est bien le nouveau maire de Mantes-la-Ville.

Le maire compte-t-il désormais accélérer les chantiers ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, beaucoup d’habitants de cette petite commune située dans les Yvelines, presque juxtaposée à sa voisine plus médiatique, Mantes-la-Jolie, sont très impatients de le voir agir. « Laissons-lui sa chance, l’étiquette ne veut rien dire », lâche une dame, sac de courses à la main. « Le FN à Mantes-la-Ville ? Ça ne me choque pas, avoue un jeune, écouteurs dans les oreilles. Ça fait du changement. À eux maintenant de gérer. S’ils gèrent bien, tout va bien. Mais s’ils gèrent mal, ça deviendra plus compliqué »… Après plus de 60 ans de règne de la gauche à la mairie, les habitants de Mantes-la-Ville veulent surtout que « ça bouge ».

Dominé par Emmanuel Macron, le Front national s’en tire finalement plutôt bien à Mantes-la-Ville, seule commune d’Ile-de-France qu’il dirige. Avec 2 289 voix (soit 38 % des suffrages exprimés), il bat même son « record » des municipales de 2014 où il en avait récolté 2 027. Une progression de presque 10 % qui démontre « qu’on continue à convaincre plus de monde », se félicite le maire, Cyril Nauth.

 

Quelques minutes avant les résultats, son premier adjoint Laurent Morin avait fait de ces fameuses 2 027 voix un objectif à dépasser. « C’est un bon résultat, de nouveaux électeurs ont voté FN pour la première fois à Mantes-la-Ville », veut-il retenir à l’issue de leur proclamation.

 

Une analyse à nuancer toutefois : au 1er tour, le parti est resté dans la moyenne locale avec près de 1 800 suffrages recueillis. « S’il y avait une vraie satisfaction à la gestion Bleue Marine, on l’aurait vu avant », tranche Eric Visintainer, conseiller municipal LR.

 

Dans la couronne bleue qui entoure désormais Mantes-la-Ville, le Front confirme son ancrage. Il arrive en tête à Flacourt, un village où il réalise régulièrement de gros scores, frôle l’égalité à Follainville-Dennemont et réalise une percée spectaculaire à Bonnières-sur-Seine avec presque 45 % des voix. En revanche, il échoue lamentablement à Mantes-la-Jolie avec moins de 20 %. Des chiffres scrutés à la loupe chez les Républicains de la huitième circonscription qui ont fait du FN leur adversaire le plus sérieux aux législatives des 11 et 18 juin.

18 août 2020

96 BOUREILLE A LA LNR 09 05 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 18 h 07 min

 

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A L’OCCASION DE LA PARUTION DE SON LIVRE « LE FRONT DU MÉPRIS » NOUS AVONS ENREGISTRÉ L’INTERVENTION DE BÉRENGER BOUREILLE.Affiche-Bérenger-boureille

95 TECKNIVAL COLLECTIF « LES INSOUMIS » 02 05 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 59 min

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10 juillet 2020

90 FREE PARTY 14 03 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 15 h 43 min

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COMPRENDRE LE MOUVEMENT DES FREE PARTY OU RAVE PARTY QUI SE DÉMARQUE DES CLUBS TECHNO AUTORISÉS

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89 JABUL GORBA 07 03 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 14 h 33 min

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On ne présente plus les Jabul groupe gypsy balkano swing punk. Ils fêtent leurs 20 ans, gros moment revival au CAC G Brassens.

 

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06/05/2018, Aveyron-12, Festival Metallorgie, plus d’infos à venir…
26/04/2018, Saint-Michel-sur-Orge-91, Taverne Gambrinus, plus d’infos à venir…
17/03/2018, Meaux-77, plus d’infos à venir…
10/03/2018, Genouilly-71(Chalon-sur-Saone), Concert Les Malfamés, info
09/03/2018, Bourgogne, Concert, plus d’infos à venir…
20/01/2018, Paris-75011, La Petite Maison, concert de soutien à l’ASMIE, info

01/12/2017, Mantes-78, CAC Georges Brassens, Concert de soutien à la ZAD
19/11/2017, Soulvache-44660, Le Papier Buvard
18/11/2017, Vers St-Brieux-22000, Festival Punk
20/10/2017, Issy-les-Moulineaux-92, Le Réacteur, avec Rumjack & 8-6 Crew
23/09/2017, Paris-75020, Undergrounde 2017 Annulé
02/09/2017, Marcoux-42, Fouilla’Fest + Lavach’ + Les coureurs de rempart
08/07/2017, Aubenas-07, Sk’Ardèche + Ludwig + les Sales Majestés + Banane Metalik
24/06/2017, Palaiseau-91, Festival la Pie Rock Annulé
17/06/2017, Paris-75004, la Fête de la Récup’
07/05/2017, Montreuil-93, le Chinois + The Gribitch Brothers
06/05/2017, Nemours-77, Festival Bingo Ratapouet !
22/04/2017, Val de Reuil-27, 10 ans de Culture en Brousse info
08/04/2017, Le Havre-76, What’s the Punk ?!? by CR47 Family Annulé
31/03/2017, Cergy Pontoise-95, le Printemps des Roulottes info
11/03/2017, Mantes la Jolie-78, CAC G. Brassens – Concert des 20 ans + la Pire Hour info
11/02/2017, Londres-Ang, Gypsy Disco Night
10/02/2017, Lewes-Ang, The Lamb
13/01/2017, Paris-75019, la Pena Festayres + Los Fastidios + Buffo’s Wake + …

 

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14 mai 2020

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Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 24 min

 

Nadar

Biographie Nadar

Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar – Félix Nadar, vers 1865 – Ministère de la Culture et de la Communication – France / Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine / Dist Rmn

Le photographe français Nadar, de son vrai nom Gaspard Félix (dit Félix) Tournachon, naît le 6 avril 1820 à Paris. Il y décède en mars 1910. Son père, lyonnais d’origine, est imprimeur et éditeur de tendance libérale.

 

À la mort de son père, il rejoint sa mère et s’inscrit à l’école de médecine de Lyon. Soutien de famille, il s’exerce au journalisme en écrivant des critiques théâtrales dans la presse locale avant de rejoindre Paris où il effectue divers travaux dans de « petites feuilles ».

À Paris il fonde le journal L’Audience et fréquente la jeunesse artistique : Charles Baudelaire, Henri Murger, Théodore de Banville, Gérard de Nerval. Il publie des critiques dramatiques et des contes qu’il signe du pseudonyme Nadar.

En 1845, il publie son premier roman « La Robe de Déjanire ». L’année suivante Nadar commence véritablement sa carrière de caricaturiste et publie dans des journaux politiques d’opposition. En 1847, il lance une série de portraits charges intitulée « Galerie des gens de lettres » qui deviendra plus tard le fameux « Panthéon Nadar ».

En 1848, Nadar s’engage dans un corps expéditionnaire constitué par le gouvernement provisoire et censé provoquer le soulèvement de la Pologne. Il est fait prisonnier en Prusse. De retour à Paris, il gagne durement sa vie en reprenant ses activités de caricaturiste. En 1849, il publie ses caricatures dans Le Journal pour rire créé par Charles Philippon.

 

Nadar

Atelier Nadar – Nolette dans « Adam et Eve », théâtre des Nouveautés, 1886 – Ministère de la Culture et de la Communication – France / Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine / Dist Rmn

En 1854, Nadar encourage son jeune frère, Adrien, à devenir photographe. Celui-ci ouvre un atelier. Félix s’adonne lui aussi à la pratique de la photographie et réalise ses premiers portraits au printemps. Poursuivant ce nouveau champ d’expérimentation, il ouvre son propre atelier, avec un laboratoire entièrement équipé, au 113 rue Saint-Lazare.

Il souhaite traduire la « ressemblance intime » des figures de la bohème et du romantisme. Défilent ainsi dans son atelier Baudelaire, de Nerval, Delacroix, Doré, Gautier, Berlioz. Nadar entreprend des recherches sur le collodion alors utilisé en photographie. En mars, il publie sa célèbre lithographie « Le Panthéon Nadar », caricature où figurent trois cents célébrités contemporaines. Le succès est immédiat. En septembre, il épouse Ernestine Lefèvre.

Félix et son frère Adrien photographient le mime Deburau en Pierrot. La série remporte une médaille à l’Exposition universelle de 1855. S’ensuit une dispute entre les deux frères. Adrien, qui signe « Nadar jeune », veut poursuivre seul mais Félix lui intente un procès en mars 1856 — qu’il gagne en décembre 1857 — pour récupérer l’usage exclusif de son pseudonyme.

En 1856, Nadar est à la tête de trois journaux illustrés et d’un atelier photographique. Il commence à s’intéresser à l’aérostation et devient membre de la Société française de photographie.

En 1858, il réalise, à bord d’un ballon, la première photographie aérienne. En 1860, il quitte la rue Saint-Lazare et installe un luxueux atelier au 35 boulevard des Capucines. C’est un tournant commercial dans sa carrière de photographe. En février 1861 , il dépose le brevet de photographie à l’éclairage artificiel qui lui permet de photographier la nuit.

 

photographie Nadar

Atelier Nadar – Albert Brasseur dans « Adam et Eve », théâtre des Nouveautés, 1886 – Ministère de la Culture et de la Communication – France / Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine / Dist Rmn

En 1862, Nadar photographie à la lumière artificielle les catacombes et les égouts de Paris. Passionné par l’aérostation, il s’éloigne progressivement des affaires de l’atelier et se jette dans les aventures et les théories de la navigation aérienne. En 1863, il fonde la « Société d’encouragement pour la locomotion aérienne au moyen d’appareils plus lourds que l’air », ainsi que la revue L’Aéronaute. Il fait construire un immense ballon Le Géant capable de « porter quatre-vingt passagers ». En octobre, Le Géant s’écrase à Hanovre. Nadar est blessé et, endetté, il doit vendre ses collections.

En 1870-1871, lors du siège de Paris par les Prussiens, Nadar constitue une compagnie d’aérostiers militaires pour défendre de ville. En 1871, l’atelier Nadar qui connaît des difficultés financières quitte le boulevard des Capucines pour la rue d’Anjou.

En 1874, Nadar qui a conservé son local du boulevard des Capucines, accueille la première exposition des peintres impressionnistes. Le fils de Nadar, Paul (né le 8 février 1856) collabore à l’activité de l’atelier avec son père. Il gardera par la suite le pseudonyme de Nadar.

En 1886, Félix et Paul réalisent une série de photographies du chimiste Eugène Chevreul alors âgé de cent ans. L’interview qui accompagne les photographies devait être initialement enregistrée. C’est le dernier « exploit photographique » de Nadar père.

De 1887 à 1894, Félix s’installe avec sa femme en Forêt de Sénart au sud-est de Paris. Il est malade et ruiné. Paul prend la direction officielle de l’atelier. Il fonde, rue d’Anjou, l’Office général de photographie.

En 1890, Paul entreprend un voyage à travers l’Europe Centrale et l’Asie jusqu’au Turkestan pour suivre la Route de la soie. Il en rapporte plusieurs séries de photographies. En 1891, il fonde Paris-Photographe, revue essentiellement technique qui sera un échec financier. En 1893, Paul Nadar devient l’agent en France de Eastman-Kodak. En 1895, il devient enfin propriétaire de l’atelier de son père à Paris.

En 1897, Félix, dont la situation financière est alarmante, s’installe à Marseille et ouvre, à 77 ans, un nouvel atelier photographique. Il le revend 5 ans plus tard pour revenir à Paris. En 1900, Nadar triomphe à l’Exposition universelle de Paris avec une rétrospective de son oeuvre (portraits, vues aériennes..) organisée par Paul.

Félix Nadar meurt en mars 1910, Paul Nadar en septembre 1939.

POUR ALLER PLUS LOIN…

Sa jeunesse

Grand, les cheveux roux, les yeux effarés, fantasque à la jeunesse vagabonde, il se définit lui-même comme un vrai casse-cou, un touche-à-tout, mal élevé jusqu’à appeler les choses par leur nom, et les gens aussi.

Ses parents étaient d’origine lyonnaise. Son père, Victor Tournachon, commence son activité à Lyon chez Molin dont il épouse la fille (mère de Nadar). Il change son nom en Tournachon-Molin et s’installe dans la capitale comme éditeur. Le jeune Félix fréquente différents internats de la région parisienne, alors que son père connaît des revers de fortune. Il étudie notamment au collège Bourbon devenu le lycée Condorcet.

Contrairement à ce qu’affirment plusieurs sources8,9,10, il n’a jamais fréquenté l’École des mines de Saint-Étienne11. Félix commence en réalité des études de médecine à Lyon12 ; cependant sans soutien financier, à la mort de son père en 183713, il se voit obligé d’y renoncer pour gagner le pain quotidien de la famille, dont il a désormais la charge et qui comprend son demi-frère, Adrien Tournachon, plus jeune de cinq ans et sa mère Thérèse Maillet, seconde épouse de son père.

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Animation tirée des 12 images de « l’autoportrait tournant » de Nadar ci-dessus

Ayant travaillé dans différentes rédactions de journaux lyonnais avant de revenir s’installer à Paris, il effectue divers travaux dans les « petites feuilles » de la presse parisienne. Il collabore à la fondation par Polydore Millaud d’un journal judiciaire, L’Audience, et fréquente le milieu de la jeunesse artistique popularisé par le roman de Murger : Scènes de la vie de bohème. Il commence à y côtoyer Gérard de NervalCharles Baudelaire et Théodore de Banville. Ses amis artistes le surnomment « Tournadar » à cause d’une mode répandue dans la jeunesse rebelle vers 1840 de rajouter à la fin de certains mots la terminaison « dar ». Vers 1838, une abréviation transforme ce nom de guerre en pseudonyme « Nadar »14.

La vie est très dure et il subsiste en utilisant divers expédients ; il écrit des romans, dessine des caricatures. Grâce à l’aide financière d’un ami, il se lance, à 19 ans, dans l’aventure de la création d’une revue se voulant prestigieuse, Le Livre d’or, dont il devient le rédacteur en chef. Grâce à ses relations, il s’assure la collaboration de personnalités, dont BalzacAlexandre DumasThéophile GautierGérard de NervalGavarni et Daumier. L’aventure est obligée de s’arrêter au troisième numéro.

Le caricaturiste

Dessin de Balzac en pied, où la tête est grossie.

Balzac caricaturé par Nadar en 1850, ParisBnF15.

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« Une théorie photographique », par Nadar (1856).

Après cet échec, Félix reprend du service dans les gazettes comme caricaturiste, tout en continuant à publier des nouvelles et des billets fantaisistes. À la veille de la révolution de 1848, il obtient la consécration avec son premier dessin-charge publié dans le journal Le Charivari.

Le 30 mars 1848, il s’engage avec son demi-frère dans la légion polonaise, pour porter secours à la Pologne. Son passeport est au nom de « Nadarsky ». Il est fait prisonnier et confiné dans une mine, puis il refuse le rapatriement gratuit et revient à pied. Deux mois plus tard, il sera de retour à Paris, coiffé d’une chapka de couleur groseille, après un long voyage lors duquel il fut arrêté en Saxe par des représentants du gouvernement prussien.

Rapidement après son retour, il est engagé comme agent secret par l’éditeur Jules Hetzel, alors chef du cabinet du ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire. Sa mission est de se renseigner sur d’éventuels mouvements de troupes russes à la frontière prussienne.

De retour à Paris, il reprend ses activités de caricaturiste auprès de petits journaux, tandis que sa renommée s’établit peu à peu. À partir de 1850-1851, il s’attelle à un grand projet républicain de Musée des gloires contemporaines, pour lequel, avec l’aide de plusieurs collaborateurs, il rencontre les grands hommes du moment afin d’en faire le portrait dessiné. L’ensemble de ce travail concerne plus de 300 personnalités de l’époque sur un total de plus de 1 000 vignettes et constitue une galerie qui, espérait-il, devait lui apporter la notoriété, sous le nom de Panthéon Nadar en quatre planches lithographiées, dont une seule fut tirée en 1854, l’année où il se lance officiellement dans la photographie16.

Il n’hésite pas à caricaturer sa propre activité de photographe. Par exemple, dans le no 20 du Petit journal pour rire dont il était rédacteur en chef, il signe une caricature sur la une dont le titre est « Une théorie photographique », avec pour commentaire : Monsieur, c’est pour le portrait de mon mari qui est mort il y a deux ans à Buenos-Ayres : je voulais le faire peindre de mémoire, mais on m’a dit que la photographie faisait bien plus ressemblant que la peinture… 

Illustrations

  • Les Binettes contemporaines17.
  • Les Rêveries d’un étameur.
  • Les petites affiches du Tintamarre…, par Joseph Citrouillard, revues par Commerson, pour faire concurrence à celles d’Eugène de Mirecourt, portraits par Nadar, 10 vol., 1854-1855.

Le photographe

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Affiche publicitaire pour Tournachon, Nadar jeune et Cie, artistes photographes par Lorentz figurant Deburau (1856, lith., BNF).

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Revers d’une carte de visite de 1874 et l’adresse rue d’Anjou et les correspondantes M.M. Luckhardt et W. Damry.

Sa nouvelle aisance lui permet d’emménager dans un pavillon mansardé du 113, rue Saint-Lazare à Paris, où il peut disposer d’un jardin bénéficiant de la lumière naturelle. C’est dans ce jardin que seront réalisés ses chefs-d’œuvre, continuant l’œuvre des portraits entreprise avec la caricature, désormais continuée avec une nouvelle technique : la photographie.

À partir de cette époque, la technique du portrait est maîtrisée et les travaux sont de qualité. Les prix évoluent à la baisse. De nombreux ateliers photographiques ouvrent et les personnalités — les élites du monde des arts, des lettres, mais aussi de la politique, du théâtre et de l’Église — n’hésitent pas à « se faire tirer le portrait ». Ce sont ces œuvres que l’on retrouve dans les papeteries sous forme d’estampes et de photographies.

Le 11 septembre 1854, il se marie à Paris avec Ernestine Constance Lefèbvre18, jeune femme issue d’une riche famille protestante. Malgré le mariage, il continue d’offrir l’hospitalité à ses nombreux amis, comme à l’époque de la bohème. Nadar se brouille avec Adrien Tournachon, son demi-frère cadet, qui s’était lui aussi lancé, avec son appui, dans le métier de photographe-portraitiste, mais voulait aussi utiliser le nom de « Nadar ». Il s’ensuivit un procès gagné par Félix en 1857.

Nadar souhaite que l’appareil de photographie puisse désormais être emporté à l’extérieur et en voyage, aussi facilement que le chevalet du peintre. Il va commencer aussi à expérimenter la photographie embarquée dans un ballon. Il est donc, dès 1858, le pionnier de la photographie aérienne, avec ses vues du Petit Bicêtre19Daumier représente Nadar opérant avec difficulté lors d’une ascension aérienne, avec cette légende prémonitoire : Nadar, élevant la photographie à la hauteur de l’Art le 25 mai 1862.

En 1860, manquant de place, Nadar déménage de la rue Saint-Lazare au 35 boulevard des Capucines. Il fait installer au fronton de son immeuble une immense enseigne, dessinée par Antoine Lumière et éclairée au gaz. Le 15 mai 1874, s’ouvre dans cet atelier la « première exposition des peintres impressionnistes ».

Le flash au magnésium

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photographie des Catacombes de Paris, avec utilisation de lumière artificielle. Le temps de pose nécessaire est de 20 minutes, ce qui explique l’utilisation de mannequins.

Il expérimente l’éclairage à la poudre de magnésium, plus facile à brûler qu’en bloc. Complexe à mettre en œuvre, ce procédé, qui consiste à brûler de la poudre de magnésium, s’avère très dangereux car le magnésium est inflammable et dégage beaucoup de fumée. De plus, le déclenchement du flash se faisant manuellement, il arrivait qu’il soit désynchronisé. Nadar tente ensuite une nouvelle expérience qu’il décrit dans son livre Quand j‘étais photographe :

« Je tentai de tamiser ma lumière en plaçant une glace dépolie entre l’objectif et le modèle, ce qui ne pouvait m’amener à grand-chose ; puis plus pratiquement je disposai des réflecteurs en coutil blanc, et enfin un double jeu de grands miroirs répercutant par intermittences le foyer lumineux sur les parties ombrées. J’arrivai ainsi à ramener mon temps de pose à la moyenne diurne et finalement je pus obtenir des clichés à rapidité égale et de valeur tout à fait équivalente à celle des clichés exécutés quotidiennement dans mon atelier. »

Il effectue une démonstration pour le journal La Presse scientifique et dépose le brevet de photographie à la lumière artificielle en février 1861. Nadar est conscient de la portée de son invention. Désormais, il est possible de révéler au public le monde souterrain. Il le prouve en s’attaquant à un nouveau chantier : la photographie des sous-sols de Paris, c’est-à-dire les catacombes et les égouts.

En avril 1874, la première exposition des peintres impressionnistes se tient dans son ancien studio. On lui en a souvent attribué l’organisation ; en fait, il s’agissait de son ancien studio qu’il louait. Il est aussi possible, mais non prouvé, qu’il ait demandé à son locataire d’abriter les impressionnistes, mais il ne fut pas en tout cas l’organisateur de l’exposition.

Après le déménagement de son atelier rouge, sa femme lance et gère, avec 20 salariés, un nouvel établissement fort aristocratique rue d’Anjou-Saint-Honoré dont son fils deviendra très jeune le directeur artistique.

Nadar a fustigé les canons de représentation et, écœuré par l’évolution de la production raille ses concurrents, qui se contentent d’un format à peu près unique, singulièrement pratique pour l’espace de nos logements bourgeois. Sans s’occuper autrement de la disposition des lignes selon le point de vue le plus favorable au modèle, ni de l’expression de son visage, non plus que de la façon dont la lumière éclaire tout cela. On installait le client à une place invariable, et l’on obtenait de lui un unique cliché, terne et gris à la va-comme-je-te-pousse

L’aérostation

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Nadar élevant la Photographie à la hauteur de l’Art., lithographie d’Honoré Daumier parue dans Le Boulevard, le 25 mai 1863.

Très curieux des nouveautés techniques de son temps, il se lança avec passion dans le monde des ballons.

Grâce aux frères Louis et Jules Godard, aéronautes aguerris (frères d’Eugène Godard), il réalise près de Paris la première photographie aérienne en 1858, depuis un « vol captif » à 80 mètres au-dessus du Petit-Bicêtre (actuel Petit-Clamart). Il est obligé d’alléger au maximum et ne peut embarquer sa « guillotine horizontale ». Leur coopération cessera en 1863 à l’occasion d’un désaccord lors de la construction du ballon Le Géant.

Les aventures de Nadar inspireront Jules Verne pour Cinq semaines en ballon écrit en 1862. Un des héros de De la Terre à la Lune et Autour de la Lune — romans parus en 1865 et 1869 — s’appelle d’ailleurs Michel Ardan, anagramme de Nadar.

Jules Verne le décrit ainsi :

« C’est un homme de 42 ans, grand, mais un peu voûté déjà, comme ces cariatides qui portent des balcons sur leurs épaules. Sa tête forte, véritable hure de lion, secouait par instants une chevelure ardente, qui lui faisait une véritable crinière. Une face courte, large aux tempes, agrémentée d’une moustache hérissée comme les barbes d’un chat et de petits bouquets un peu égarés, un regard myope, complémentaient cette physionomie éminemment féline. »

— extrait de De la Terre à la Lune

En 1863 il fait construire un immense ballon, Le Géant, haut de 40 mètres et contenant 6 000 m3 de gaz, dont les ascensions publiques devaient réunir de quoi financer les travaux de la Société d’encouragement de la locomotion aérienne au moyen du plus lourd que l’air. Le 4 octobre, le premier vol du Géant a lieu à Paris avec 13 personnes. Jules Verne rédige alors le texte À propos du Géant qui parait dans le Musée des familles. Le ballon perd rapidement de la hauteur et atterrit à Meaux, à moins de 100 kilomètres de Paris. Nadar recommence l’expérience le 18 octobre avec son épouse. Dans les environs de Hanovre, le ballon atterrit durement et est entraîné sur 16 kilomètres. Le récit de cette catastrophe par Nadar est repris par la presse dans toute l’Europe. D’autres ascensions auront lieu mais sans le succès public escompté. Nadar doit donc arrêter l’aventure du Géant par manque d’argent.

Il fonde, en 1867, avec d’autres passionnés comme lui, la revue L’aéronaute. En 1870-1871, lors du siège de Paris par les Allemands, il constitue de son propre chef une Compagnie d’aérostiers avec Camille Legrand, dit Dartois, et Jules Dufour, dit Duruof, dont le but est la construction de ballons militaires pour les mettre à la disposition du gouvernement. Ils établissent un campement sur la place Saint-Pierre, au pied de la butte Montmartre, où naît la poste aérienne du siège. Les ballons permettaient de surveiller l’ennemi, d’établir des relevés cartographiques et également d’acheminer du courrier. Nadar baptise ses ballons : le George-Sandl’Armand-Barbès et le Louis-Blanc. C’est à bord de l’Armand-Barbès que Léon Gambetta, ministre de l’Intérieur, quitte Paris le 7 octobre 1870 pour se rendre à Tours afin d’y organiser la résistance à l’ennemi. Mais le gouvernement se détourne de Nadar, jugé trop « révolutionnaire », et préfère financer d’autres entreprises.

Au total, 67 ballons seront construits entre le 23 septembre 1870 et le 28 janvier 1871 qui transporteront 11 tonnes de courrier, soit 2,5 millions de lettres. Cinq des ballons seront capturés par l’ennemi. Cette première fabrication en série d’aéronefs, marque la naissance officielle de l’industrie aéronautique. Deux usines avaient été installées dans les gares de chemin de fer réquisitionnées : les frères Godard à la gare de Lyon et Dartois et Yon à la gare du Nord.

Les dernières années

Après l’épisode de la Commune, Nadar se retrouve complètement ruiné et recommence brièvement une activité dans la photographie, mais pour réaliser avant tout des travaux qui lui assurent sa subsistance.

En 1886, il accompagne son fils Paul Tournachon20 pour réaliser une interview du chimiste Eugène Chevreul illustrée par des photographies. Ce double travail, paru le 5 septembre dans Le Journal illustré peut certainement être considéré comme le premier reportage photographique réalisé en même temps que l’entretien journalistique dont Paul assure l’illustration.

En 1887, il s’installe au manoir de l’Ermitage de la forêt de Sénart où il accueille ses amis dans le besoin, jusqu’en 1894. Il est alors ruiné et malade, sa femme est devenue hémiplégique à la suite d’un choc affectif concernant son fils.

Marseille

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Tombe de Nadar, Pariscimetière du Père-Lachaise.

Décidé cette même année 1894 à s’installer avec son épouse malade dans le Midi, Nadar tente de nouveau sa chance à l’âge de 77 ans. Il laisse à son fils la gestion de ses affaires à Paris, et fonde à Marseille un atelier photographique21. Nadar, « doyen des photographes français » devient dans la région de Marseille une véritable gloire et se lie d’amitié avec l’écrivain Frédéric Mistral.

À cette époque, Nadar s’intéresse à la photostérie, application de la photogravure qui donne une image en relief rappelant la sculpture22. C’est lui qui fait sortir la photostérie du laboratoire où Lernac, son inventeur, l’eut peut-être laissée dormir. Et c’est lui qui, par sa connaissance approfondie de la technique photographique, parvient à la rendre industriellement pratique23.

En 1900, Nadar triomphe à l’Exposition universelle de Paris avec une rétrospective de son œuvre organisée par son fils. Il revient en 1904 à Paris, où il meurt le 20 mars 1910. Il est enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise (36e division).

Nadar, père et fils

Les relations entre Félix Nadar et son fils, Paul, ont été compliquées. Marchant sur les traces de son père, Paul Nadar se lance dans la photographie à son tour et devient très jeune le véritable directeur artistique de l’atelier sous l’égide de son père. Il réalise une série de photographies du chimiste Eugène Chevreul en 1886 pendant l’interview que le centenaire donne à son père. Toutefois, décalage de générations oblige, des divergences artistiques apparaissent entre le père et le fils. Tandis que Félix Nadar privilégiait les poses solennelles et graves, son fils avait une conception plus fantaisiste de la photographie. Paul utilise parfois des trucages et s’intéresse davantage aux gens du spectacle

Son pseudonyme

Le pseudonyme « Nadar » fut utilisé pendant quelque temps par son demi-frère Adrien Tournachon pour ses photographies, sous les formes « Nadar jeune » et « Nadar jne »25. Cette signature provoqua la confusion et fut la cause d’un procès26 entre les deux demi-frères, de mars 1856 à décembre 1857, qui permit à Félix d’être le seul utilisateur du pseudonyme. Ce procès fut l’un des premiers de ce genre, sur le statut d’auteur photographe25.

Son fils, Paul, réutilisa plus tard le pseudonyme avec la permission de son père

 

13 mai 2020

84 JePH 24 01 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 41 min

 

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JePh

« L’indicible »

C’est à l’âge de 17 ans que Jean-Philippe Vauthier se procure sa première guitare. Avec elle il veut changer le monde.

il ressent un besoin irrépressible de s’exprimer. L’amour des mots et de la mélodie, le poussent à écrire et à chanter. Il veut dire l’indicible… ce qui est ancré au plus profond de lui.

Enfant « dans la lune », il nourrit une forte vie intérieure. Son extrême sensibilité au monde extérieur fait naître en lui un intense sentiment d’injustice.

En 2003 il crée le groupe «Tournée Générale » qui rencontre un franc succès (2000 concerts et 6 albums distribués nationalement en un peu plus de10 ans).

Petit à petit il se laisse envahir par le besoin d’écrire sur des thèmes plus personnels, dans un univers plus intimiste mais aussi plus universel.

En 2013 il fait le grand saut et s’installe à Paris.

En 2015, en écho aux mentors qui ont nourrit son écriture et notamment à cette fameuse chanson de Brel, il crée le personnage de JePh.

 

Paroles…

Le texte occupe une place centrale dans l’univers de JePh.

Ses spectacles se partagent entre chansons et poèmes déclamés.

A l’instar d’un Bernard Dimey, ses textes ont un rythme et une mélodie intrinsèques, ils peuvent être chantés, scandés ou simplement dit.

 

 

… Et musique !

La musique et les arrangements viennent fixer un décor, illustrer le propos et l’univers poétique de JePh.

S’il fallait définir une essence à la musique de JePh, c’est le rock et la foik dans ce qu’ils ont de plus authentique, sans connotations et clichés. Leonard Cohen et Graeme Allwright serait certainement ses mentors pour leur exigence musicale : Jeu en picking, déroulés d’arpèges, ballades folk, couleurs blues, chansons pop, envolées lyriques,… quelqu’en soit la forme, le son est ancré dans l’âme du chanteur, dans ce qu’il a de plus pur.

Jeph a absorbé la musique rock anglo-saxonne des années 60-70 et toute la chanson française d’essence poétique depuis Léo Ferré et nous restitue sans artifices sa musicalité propre, celle qui gronde et sommeille en lui.

Entre musique et cinéma, entre poésie et chanson, entre le corps et l’âme, entre ici et ailleurs, JePh nous emmène en voyage dans son for intérieur, bercés de ses fortes convictions et de ses rêves puissants. Une aventure chimérique ancrée dans une réalité sociale.

 

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Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 06 min

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VOIR BILLET 23 04 2013

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2 mai 2020

79 MALIK SOARES DAVID STYGMATE ET LISE CABARET 13 12 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 21 h 38 min

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RETROUVEZ TOUTES LES INFOS DE DAVID ET LISE DANS LE BILLET DU 21 06 16

POUR MALIK DANS LE BILLET DU 01 12 15

CES TROIS MUSICIENS FONT PARTIE DES RÉSIDENTS DE L’EMISSION 

ILS SONT TOUJOURS LES BIENVENUS

78 REDIFF DE L’EMISSION SUR HCB 06 12 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 20 h 35 min

cartier bresson

 

VOIR BILLET DU 18 02 2014

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Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 58 min

 

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JAY RYAN FAIT PARTIE DE CES INVITES DE ҪA BOOSTE QUI SONT RÉSIDENT DE L’EMISSION IL ETAIT VENU AVEC LE VIOLONISTE DU GROUPE PAUL SUSEN , GRAND PAUL NOUS AVAIT FAIT LA SURPRISE DE VENIR ACCOMPAGNER JAY LORS DE DE CETTE SOIRÉE.

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YEAH JAY!!!

 

Fin des années 60, Jay joue dans les rues de Chicago avec son « marching band ». En 1972, c’est « Indiana University » où il évite le tirage au sort pour aller au Vietnam puis découvre la basse, le blues, la vie sur un campus…

Mi-70, il file à Austin et fait partie du plus mauvais groupe sans nom de la ville … mais qui sera le premier groupe à jouer au légendaire Continental Club. Il devient aussi un habitué du Antone’s Blues Club où il écoute The Fabulous Thunderbirds tous les jeudis.

En pleine vague punk, on le retrouve durant 3 années à New-York. Il fréquente le CBGB et écoute Lou Reed, Richard Hell… Il habite dans « The Lower East Side » et se débrouille comme il peut en conduisant son taxi ou comme serveur.

En 1980, il revend sa basse pour prendre l’avion et découvrir la Provence. Il découvre aussi la cuisine et les saveurs Chez Ernest où il devient même cuisinier tout en montant un duo de blues avec le traiteur historique de Cannes.

De mi-80 à 1999, Jay se consacre entièrement à la musique. On le retrouve avec Yohan Asherton, Les Froggies, Jesse Garon, Jacno, Paris Slim, ou en concert avec Elliot Murphy puis à la tête du Transcontinental Cowboys.

Il retourne à Austin en qualité de tour manager avec Erik Marchand et Donnisulana puis sillonne de nouveau l’amérique du nord avec D’Gary. À Paris, il a co-fondé le disquaire puis le label Cinq Planètes. Ensuite, Jay se consacre à améliorer l’expression en anglais de dirigeants et du personnel d’entreprises tout en redécouvrant Bob Dylan, ses origines d’immigrant irlandais, de nouvelles recettes puis finalement l’envie de jouer.

 

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I’m Hungry – Les Chansons

I’m Hungry

 Le titre de l’album. J’ai faim depuis ma naissance, demandez à ma mère ! Affamé le matin, affamé la nuit, une tragédie survient – ouvre le frigo, c’est la fête – allume le four… Nous sommes aussi tous affamés de changement, de moins d’inégalité, de plus de travail, de moins et de meilleurs politiciens, de moins de violence, de vie… J’écris déjà « I’m Thirsty ». Merci à mon vieil ami Tyler J Barnes pour son aide sur ce morceau.

Lust For Life

 Quand j’ai emmenagé à New York City, je ne savais même pas qu’Iggy Pop existait (à Austin, le blues était mon univers). Je me souviens qu’en entendant cette chanson dans l’appartement d’un ami, je m’étais dit “wow, ce mec vient d’un endroit que je n’ai jamais visité”. C’est donc un hommage à cette période vers 1978 à NYC, quand j’ai littéralement découvert ce que Lou Reed voulait dire dans “Walk On The Wild Side”. Merci à Paul Péchenart IV à la guitare rythmique (sa première chanson country?) et à Jean-Yves au banjo (sa première tentative/expérience proto-punk?)

 

Cellblock C & Drinking and thinking about you

 J’ai rencontré Jack Clark il y a quelques années à une scène ouverte à Montreuil. Il est un chauffeur de taxi, écrivain et auteur-compositeur-interprète de Chicago. Vous vous demandez probablement comment il a atterri à Montreuil ? Bonne question, vous devrez lui demander vous même ! Un soir où il chantait une de ses chansons, je me suis dit « pourquoi ne pas lui demander d’en utiliser une ou deux sur l’album ? ». Je trouve ces chansons géniales, j’espère leur rendre justice.

Ligne 13

 La ligne 13 du metro a une mauvaise reputation… et maintenant, elle a une chanson. Je prends cette ligne matin et soir depuis 7 ans. J’ai vu et expérimenté des centaines d’histoires… en voilà quelques unes dans une session réduite de “country chicken pickin” à Paris. J’ai écrit la chanson en anglais et Marie-France Floury l’a traduite en français et ajouté ses propres paroles.

C’est Compliqué

 J’habite à Paris depuis plus de 30 ans. J’ai découvert en écrivant ces chansons que mes idées me venaient en français, mais j’ai beaucoup de mal à vraiment m’exprimer dans la langue de Molière… Paul Péchenart III à la rescousse! Il a proposé une chanson de rock français, je l’ai changée en numéro R&B, puis Marco Dimaggio lui a donné un son Stray Cats. C’est compliqué !

Je t’aime

 Pour ceux qui ont écouté le premier album “Dutch Oven”, vous reconnaitrez celle-ci, elle y figure aussi! Marie-France Floury a toujours trouvé que la chanson était interprétée trop lentement sur la dernière sortie, alors Paul et moi avons pensé à la refaire… Danny Vriet joue du violon cajun parfaitement et capture l’esprit de ce morceau.

4 in the Morning Blues

 Un matin à 4h vers 1985, dans la banlieue de Paris. Je revenais d’un concert avec le Bruce Koening Band. On ramenait notre matériel à Gennevilliers. A un moment nous sommes passés devant un arrêt de bus et c’était comme un rêve… Une vingtaine d’hommes d’origine nord-africaine se tenait sous un lampadaire à l’arrêt de bus en attendant qu’on les emmène à l’usine. Il n’y avait personne d’autre qu’eux en vue… J’ai gardé ce moment en tête pendant plus d’un quart de siècle.

Transcontinental Shuffle

 C’est une chanson de pedal steel. J’adore la guitare pedal steel, j’ai donc demandé à Jean-Yves s’il voulait inclure sa chanson dans l’album. Son nom vient des Transcontinental Cowboys, un groupe dans lequel Jean-Yves et moi avons joué dans les années 80 et 90. Nous jouions déjà ce morceau à l’époque. En écoutant les solos de Marco Dimaggio, on croirait qu’il est un guitariste de pedal steel frustré.

In The Pines

 Cette chanson traditionnelle a été jouée par des musiciens blancs comme noirs durant ces 75 dernières années. Cette prise, grâce à Marco Dimaggio, nous transporte dans un univers à la David Lynch, d’horreur et de suspense. On est bien loin des Delmore Brothers et ça me convient bien.

J’aime pas la rentrée

 Quel adolescent n’a jamais eu envie de jeter ses livres par la fenêtre ? Qui ne s’est jamais identifié à “Tu peux te carrer ton job où je pense” une fois dans sa vie? L’ode de Marie-France à l’insurrection personnelle des ados. Je dois modestement admettre que je pensais à “Jackson” de Johnny Cash et June Carter en l’arrangeant.

 

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George Lewis est incarcéré dans le Bloc C. Le juge l’a condamné à perpétuité en 1983. Sa maison : une cellule de 2,5m par 3,5m …
On a dit qu’il avait tué un épicier nommé Roman Ortez d’une balle dans la tête, pour lui dérober sa caisse. Mais on ne sait pas ce que George Lewis a fait de l’argent ni à qui sont les empreintes digitales trouvées sur le lieu du crime …

Malgré la pénombre, George Lewis a été identifié par 2 témoins alors qu’il s’enfuyait. En prison, il a appris à se battre. Il a aussi appris à ne rien voir et à ne rien entendre. Il est resté seul.

George Lewis a continué à clamer son innocence et a finalement obtenu la réouverture de son dossier puis l’analyse des empreintes trouvées sur place. Cette fois-ci, les ordinateurs ont formellement identifié un meurtrier : un autre homme déjà incarcéré pour une autre affaire.

George Lewis aura passé 18 années derrière les barreaux. Il s’est fait brisé. Il est sorti de prison un jour de novembre. Cassé, il s’est rendu compte qu’il n’arrivait même plus à aimer ses proches…

« CELLBLOCK C » est une chanson saisissante de Jack Clarck, l’écrivain chauffeur de taxi de Chicago. Elle nous interpelle, nous alarme et nous informe sur les innocents emprisonnés. George Lewis, tout comme Roman Ortez, sont des personnages inventés par Jack Clarck. Mais l’histoire n’est que pure vérité, exprimée avec des mots simples et directs. L’interprétation de Jay and The Cooks et l’ambiance sonore ne sont pas sans rappeler l’atmosphère et la couleur des Lords of The New Church, avec une petite pointe de Johnny Cash. L’auteur se demande comment peut-on rester libre si des innocents sont encore incarcérés. Et selon lui, dans chaque prison il y a des innocents. Des gens qui seront cassés à jamais. Des hommes qui ne seront plus jamais entiers. Pour dénoncer cette situation, il a confié ses paroles et sa musique à Jay and the Cooks. CELLBLOCK C est sur l’album I’M HUNGRY.

Selon une étude du National Registry of exonerations (Registre national des erreurs judiciaires), un projet conjoint de l’Université du Michigan et de l’université Northwestern (Chicago), le nombre d’erreurs judiciaires découvertes par les autorités américaines est toujours en nette augmentation. En 2015, record battu avec 149 disculpés qui ont passé en moyenne 14 ans et demi en prison. Plus de 1500 prisonniers ont été innocentés aux États-Unis au cours des 25 dernières années.
Près de 20% des personnes innocentées avaient à l’origine plaidé coupable.

Toujours selon le Registre national des erreurs judiciaires, 56 % des personnes innocentées en 2013 avaient été arrêtées et condamnées à la suite d’un faux témoignage. Les erreurs commises par des témoins oculaires sont à l’origine de 38 % des verdicts de culpabilité aux États-Unis. Dans 46 % des cas d’erreur judiciaire, c’est le travail des policiers qui est en cause même si ce n’est souvent pas le seul facteur.

Pour en savoir plus sur le National Registry of exonerations et son dernier rapport

En France, la révision de procès est une procédure rarissime. Pour en savoir plus sur le sujet, vous pouvez lire un très bon article de Yann Bouchez publié par Le Monde

 

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DES INFOS DE JUSTE UNE TRACE LABEL DE JAY

Le Dernier Assaut est lancé !

5 oct. 2016

LE DERNIER ASSAUT est un album de 14 titres consacrés à la Première Guerre Mondiale avec Dominique GRANGE, TARDI et les musiciens d’ACCORDZÉÂM.

En 2014, à l’initiative de Juste Une Trace, un nouveau spectacle de Tardi et Dominique Grange est produit pour le Centenaire de la Grande Guerre. Paul Bessone organise la rencontre entre l’auteur dessinateur, la chanteuse et les 5 musiciens d’Accordzéâm. C’est en Allemagne que « PUTAIN DE GUERRE ! » est présenté pour la première fois sur scène. Le spectacle fut à l’affiche du Festival International de la Bande Dessinée d’Erlangen et a ensuite été présenté proche de Toulon, à Londres, Lisbonne, Draguignan, Lucerne et Luxembourg.

Durant l’automne 2015, la production de l’album commence. Il est enregistré à Paris au Studio 180 puis finalisé au cours du premier semestre 2016. LE DERNIER ASSAUT présente une petite évolution du répertoire du spectacle PUTAIN DE GUERRE !, lui donnant une dimension un peu plus internationale. Il comporte 5 chansons en français dont 2 titres originaux inédits et 3 avec une nouvelle orchestration, 2 compositions historiques d’auteurs anonymes dont 1 titre en italien et 1 en anglais,  une autre chanson plus récente dans la langue de Shakespeare de l’auteur écossais Eric Bogle, une chanson en allemand de Bertolt Brecht écrite en 1918, 2 compositions instrumentales et 3 textes de Tardi qu’il a enregistrés pour l’occasion.

Comme l’album DES LENDEMAINS QUI SAIGNENT réalisé en 2009 (Juste Une Trace) et dont le spectacle fut aussi présenté à Montréal, Québec, Craonne et Barcelone, il s’agit de chansons contre la guerre. DES LENDEMAINS QUI SAIGNENT comportait notamment « Tu n’en reviendras pas » d’Aragon et Léo Ferré, des paroles de Montéhus, d’autres de Sébastien Faure, celles de combattants anonymes dont « La chanson de Craonne » et « Le Déserteur » de Boris Vian avec le dernier couplet dans sa première version manuscrite. Pour les amateurs et les curieux, des exemplaires CD de l’album DES LENDEMAINS QUI SAIGNENT sont encore disponibles.

L’édition limitée CD digipack de l’album « LE DERNIER ASSAUT » est disponible dans la boutique.

Du Rock Français sur les rives du Mississippi

21 juin. 2016

C’EST COMPLIQUE_JuT_blog_20160621

Quand il ne prend pas son vélo ou son scooter, à Paris, Jay se déplace en métro. Il connaît parfaitement la ligne 13 et comme tous les voyageurs, il passe toujours trop de temps dans les transports en commun. C’est souvent compliqué pour ceux qui circulent tous les jours ainsi. Alors Jay a pris sa plume et, pour une fois, il a écrit directement un texte en français. Après avoir couché ses idées sur le papier, il appelle le guitariste Paul Péchenart à la rescousse et lui propose d’en faire une chanson : C’EST COMPLIQUÉ. 

Jay_Johan Asherton_The Froggies_80sPaul Péchenart est un membre fondateur des «Dogs». Il manipule les riffs et les phrases inlassablement. Dans les années 80, il jouait aussi avec Jay dans «The Froggies», le groupe de Johan Asherton. Il reprend donc le texte, y met sa patte d’auteur puis donne à l’ensemble une couleur naturellement «rock français» avant de remettre le tout à Jay. 

Jay et Paul ont aussi un autre point commun : ils ont tous les deux joué le blues avec Luther Allison. Jay va donner une touche de Rhythm and Blues à la composition. Le processus de création ne s’arrête pas encore là. Les paroles restent en français mais la musique nous emmène indiscutablement aux États-Unis.

Un enregistrement de base (démo) est alors passé à Marco Di Maggio (le directeur artistique et guitariste de tout l’album I’m Hungry). Comme vous le savez peut-être, Marco est nettement influencé par le Rock’n’Roll. Il a joué avec Slim Jim Phantom (Stray Cats), Kevin Smith (Brian Setzer Orchestra) ou encore Albert Lee… et cela s’entend.

Une fois en studio, C’EST COMPLIQUÉ se transforme de nouveau et devient Rockabilly. Jay chante un peu comme Johnny Cash l’aurait fait, avec une touche de Country music.

Finalement, la chanson évolue avec le temps et donne maintenant une bonne idée de tout ce que l’on peut entendre sur les rives du Mississippi, quelque chose de très éloigné du métro parisien pour quelqu’un qui ne comprendrait pas le français.

Au hasard d’une rencontre avec Jack Clark

16 mai. 2016

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C’est assez inhabituel de s’installer dans un taxi et de trouver un manuscrit sur le siège à côté du conducteur. Ce qui rend le taxi de Jack Clark unique, c’est qu’il est à la fois le chauffeur du véhicule et l’auteur de romans.

Jack Clark est donc chauffeur de taxi à Chicago depuis une trentaine d’années. Il lui arrive aussi de voyager plus loin et de taper la chanson. C’est à Montreuil, lors d’une scène ouverte, que Jay l’a entendu et rencontré.

Jack Clark a publié 3 romans et de nombreux articles dans le Chicago Reader depuis le milieu des années soixante dix. Il a mis de côté le journalisme pour écrire des nouvelles, des séries noires, des romans policiers, et des chansons teintées de blues, de folk et de country. Le Washington Post n’hésite pas à dire de son roman «Nobody’s Angel», que c’est «une pierre précieuse qui ne contient pas de mots inutiles ou de fausses notes».

Au début, Jack Clark vendait directement ses livres «brochés main» à ses passagers… C’est ainsi qu’il en a écoulé plusieurs centaines d’exemplaires avant d’attirer l’attention d’un éditeur.

 Au volant de son taxi encore 2 ou 3 jours par semaine, il se nourrit notamment des conversations qu’il engage pour imaginer de nouvelles histoires et écrire. 

JAY a toujours était proche de la littérature.  Tout simplement, dans l’album I’M HUNGRY, il chante deux textes inédits de Jack Clark. 

Les paroles sont si limpides qu’elles nous plongent en quelques secondes dans une histoire. Pour vous donner une idée, voici un extrait de l’enregistrement et le texte intégral de DRINKING AND THINKING (ABOUT YOU).

 Un bus à prendre 

19 avr. 2016 

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Cette histoire se déroule vers 4 heures du matin au milieu des années 80. Un quart de siècle après, Jay a toujours une image en tête. Celle d’une vingtaine d’hommes qu’il a croisés au petit matin juste après un concert avec le Bruce Koening Band. Il venait de déposer les instruments et les amplis dans un local de banlieue parisienne et retournait sur Paris pour se coucher. En passant devant un arrêt de bus, sous un lampadaire, ces hommes attendaient qu’on les emmène à l’usine. Ils étaient tous d’ailleurs, de loin. 

Il paraît que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt… Dans certaines sociétés, le monde appartient à ceux qui ont des employés qui se lèvent tôt. Ils ne voient pas souvent le soleil, le ciel bleu n’existe plus, ils passent à côté de la vie et se demandent ce qu’ils ont raté. L’histoire peut paraître banale mais le sujet encore d’actualité de « 4 in the morning blues » est dramatique. Les paroles de Jay sont directes, un peu amères. Avec des sonorités proches du Rockabilly, Jay y apporte une légèreté, une fausse drôlerie, comme si tout allait de soi, comme si celui qui se couche tard croise normalement celui qui se lève tôt.

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72 NICEPHORE NIEPCE 11 10 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 44 min

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NICEPHORE NIEPCE INVENTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE QUE L’ON ATTRIBUE TROP SOUVENT A TORT A  Louis-Jacques-Mandé DAGUERRE. 

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7 mars 1765 : Naissance de Joseph Niépce à Chalon-sur-Saône (ce n’est que quelques années plus tard qu’il prendra le surnom de Nicéphore). Son père est avocat conseiller du Roi et receveur des consignations du Chalonnais. Il a une sœur et deux frères. 

• 1786 : Joseph entre chez les frères Oratoriens à Angers, il se passionne pour la physique et la chimie.

• 1788 : Abandon de l’Oratoire et entrée dans la garde Nationale à Chalon-sur-Saône.

 Il signe ses lettres du surnom de Nicéphore.

• 1789 : Révolution française.

• 1792 : Engagement dans l’armée révolutionnaire (campagne dans le sud de la France et en Sardaigne).

• 1794 : Nicéphore quitte l’Armée et demeure à Nice. Il se marie. Son frère aîné Claude vient le rejoindre.

• 1795 : Naissance de son fils Isidore.

• 1797 : Voyage en Sardaigne avec sa famille et son frère. C’est au cours de ce voyage que Nicéphore et son frère Claude auraient eu l’idée de la photographie.

• 1798 : De retour à Nice les deux frères se livrent à leur premiers travaux d’inventeurs et travaillent à la mise au point d’un nouveau principe moteur basé sur la dilatation de l’air au cours d’une explosion.

• 1801 : Nicéphore et sa famille ainsi que Claude rentre à Chalon-sur-Saône où ils s’occupent de la gestion du patrimoine familiale dont Mme Niépce mère avait la charge depuis la mort du père en 1785.

• 1807 : Les deux frères obtiennent pour dix ans un brevet, signé par Napoléon, pour leur moteur qu’ils nomment pyréolophore. Il s’agit du premier moteur au monde à combustion interne. Une maquette de bateau de 2 mètres de long remonte le courant de la Saône au moyen de ce moteur.

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Le pyréolophore 

C’est à Nice que Claude et Nicéphore Niépce se livrèrent à leurs premiers travaux d’inventeurs. Ils s’intéressèrent alors à la mise au point d’un nouveau principe de moteur fondé sur l’utilisation de la dilatation de l’air au cours d’une explosion. Eurent-ils connaissance des travaux de Huygens (1625-1695) qui avait déjà utilisé l’air dilaté par une explosion de poudre à canon dans un cylindre pour mouvoir un piston ?

Les frères Niépce employèrent d’abord comme explosif une poudre constituée des spores d’une plante, le lycopode , puis ils utilisèrent du charbon mélangé à de la résine. Ils inventèrent ainsi le premier moteur à combustion interne qu’ils nommèrent pyréolophore (Pyr : feu ; eolo : vent et phore : je porte/produis).

Le rapport de 1806 sur l’invention du pyréolophore

En 1806, ils rédigent un premier rapport. Une commission de l’Institut National, autrement dit l’Académie des Sciences chargée d’examiner l’invention rend son verdict :

« Le combustible employé ordinairement par MM. Niépce est le Lycopode, comme étant de la combustion la plus vive et la plus facile ; mais comme cette matière est coûteuse, ils la remplaceraient en grand par la houille pulvérisée et mélangée au besoin avec une très-petite portion de résine, ce qui réussit très-bien, ainsi que nous nous en sommes assurés par plusieurs expériences. Dans l’appareil de MM. Niépce aucune portion du calorique n’est dissipée d’avance ; la force mouvante est un produit instantané, et tout l’effet du combustible est employé à produire la dilatation qui sert de force mouvante.

 Suivant une autre expérience, la machine placée sur un bateau qui présentait une proue d’environ deux pieds de largeur sur trois pieds de hauteur, réduite dans la partie submergée, et pesant environ neuf quintaux, a remonté la Saône par la seule action du principe moteur, avec une vitesse plus grande que celle de la rivière dans le sens contraire ; la quantité de combustible employée étant d’environ cent vingt-cinq grains par minute, et le nombre de pulsations de douze ou treize dans le même temps. Les Commissaires pensent donc que la machine proposée sous le nom de Pyréolophore par MM. Niépce est ingénieuse, qu’elle peut devenir très-intéressante par ses résultats physiques et économiques, et qu’elle mérite l’approbation de la classe. »

Rapport de L. Carnot et C.L. Berthollet du 15 décembre 1806 

Les frères Niépce avaient aussi procédé à quelques essais sur l’étang de Batterey, situé au milieu des Bois de la Charmée, à Saint-Loup de Varennes . Ils obtinrent ensuite un brevet pour une durée de dix ans. Celui-ci leur fut délivré par l’Empereur Napoléon. Il est daté du 20 juillet 1807.

 Nicéphore et Claude continuèrent à améliorer leur pyréolophore. Le 24 décembre 1807, ils avertirent Lazare Carnot qu’ils avaient obtenu une poudre très inflammable en mélangeant une partie de résine avec neuf parties de houille. Mais en 1816 les progrès n’ont pas été suffisant pour que les Niépce puissent obtenir quelques subsides de leur invention. L’expiration du brevet approche et Claude décide de monter à Paris puis de se rendre en Angleterre dans l’espoir d’y exploiter le moteur.

Claude se prépare à la construction d’un petit bateau devant être mu le pyréolophore. Nicéphore entreprend de nouvelles expériences sur le carburant . A la fin du mois de mai 1816, Claude avait eu l’idée d’un autre carburant, le charbon de pierre.

 Mais dès le 2 juin 1816, Nicéphore écrit :« je suis charmé que le résultat de tes expériences sur l’inflammation du charbon de pierre, t’aient mis à même de connaître les inconvénients nombreux attachés à l’emploi de ce combustible, et t’aient donné l’idée heureuse de le remplacer par l’huile de pétrole blanche. […] je t’engage donc très fort à répéter plus en grand cette intéressante expérience ; car lorsqu’on verra qu’avec une faible consommation d’huile on obtient d’énormes bouffées de flamme, on en sera étonné et on reconnaîtra toute l’importance de notre découverte. »

L’huile de pétrole blanche s’apparente au kérosène que nous connaissons aussi sous le nom de pétrole lampant .

 Dès le 8 juillet 1817, les essais de Claude se précisent comme le laisse entendre Nicéphore : « Si tu parviens, en effet à injecter l’huile de P. avec force afin que la vaporisation se fasse instantanément il est hors de doute, Mon cher ami, que tu obtiendras le résultat le plus satisfaisant. » C’est bel et bien le système d’injection de l’essence, tel que nous le connaissons dans nos moteurs actuels, que Claude est en train d’inventer et de mettre au point. Les frères Niépce sont, en effet, reconnus aujourd’hui comme étant les inventeurs du principe de l’injection de l’essence.

Découverte de l’injection

Les essais sont prometteurs. Le 16 juillet, Nicéphore écrit : « tu viens de vérifier à nouveau, Mon cher ami, que le Lycopode, la substance concrète la plus éminemment inflammable, produit cependant moins de flamme qu’une quantité donnée d’huile de P. réduite en vapeur. »

Nicéphore fait plusieurs tentatives. Il vaporise l’essence en portant au rouge l’embout du tuyau par lequel elle s’écoule, mais les résultats sont peu reproductibles. Il essaie alors une nouvelle technique pour obtenir l’huile divisée comme la poudre de lycopode lors de l’inflammation. Il se munit d’abord un tuyau d’une vingtaine de centimètres de long et de sept millimètres de diamètre. Il le remplit d’eau sur environ trois centimètres puis, l’ayant porté à sa bouche, souffle violemment. L’eau sort du tube en un jet constitué de fines gouttelettes, donc bien divisée comme une poudre. Il améliore ce résultat en aplatissant l’orifice de sortie en un biseau assez court rappelant une anche de hautbois. Il répète ensuite l’expérience en remplaçant l’eau par de l’alcool et en garnissant l’orifice de sortie d’une mèche allumée, destinée à enflammer les gouttelettes de liquide.

C’est la réussite : « l’alcool s’enflamma en détonant comme le lycopode », racontera-t-il. Nicéphore vient de découvrir qu’il faut enflammer le liquide à froid et non sous forme de vapeur, comme c’était le cas avec les tuyaux chauffés qu’il utilisait précédemment. Le mélange d’air et de minuscules gouttelettes de liquide inflammable devenait alors explosif. Il ne restait plus qu’à expérimenter l’huile de pétrole blanche. Nicéphore fit fabriquer un tuyau de neuf millimètres de diamètre et coudé à angle droit, afin de ne plus avoir à utiliser la langue en guise de soupape. La partie par laquelle il devait souffler mesurait environ soixante-six centimètres et celle par où devait s’échapper l’huile était d’environ trente-trois centimètres. La sortie était aplatie comme dans l’expérience précédente.

 Le succès fut total : « La flamme, vu la petite quantité d’huile employée est énorme ; elle est vive, instantanée, et détonne comme le lycopode », raconte Nicéphore qui ajoute : « les résultats que je viens d’obtenir ont ranimé mon courage et m’ont pleinement satisfait. » Plus la quantité d’huile de pétrole utilisée était faible, plus l’explosion était puissante.

 Tout y était : rendement et économie. Il interrompit alors tout essai tant il était persuadé des performances de ce combustible

Quelques années plus tard, en 1824, Sadi Carnot (1796-1832), fils de Lazare Carnot (1753-1823), rédigera un ouvrage intitulé Réflexions sur la puissance motrice du feu et sur les machines propres à développer cette puissance, dans lequel il fera un commentaire sur le moteur des frères Niépce :

« Parmi les premières tentatives faites pour développer la puissance motrice du feu par l’intermédiaire de l’air atmosphérique, on doit distinguer celles de MM. Niepce, qui ont eu lieu en France il y a plusieurs années, au moyen d’un appareil nommé par les inventeurs pyréolophore. Voici en quoi consistait à peu près cet appareil : c’était un cylindre, muni d’un piston, où l’air atmosphérique était introduit à la densité ordinaire. L’on y projetait une matière très-combustible, réduite à un grand état de ténuité, et qui restait un moment en suspension dans l’air, puis on y mettait le feu. L’inflammation produisait à peu près le même effet que si le fluide élastique eût été un mélange d’air et de gaz combustible, d’air et d’hydrogène carboné, par exemple ; il y avait une sorte d’explosion et une dilatation subite du fluide élastique, dilatation que l’on mettait à profit en la faisant agir tout entière contre le piston. Celui-ci prenait un mouvement d’une amplitude quelconque, et la puissance motrice se trouvait ainsi réalisée. Rien n’empêchait ensuite de renouveler l’air et de recommencer une opération semblable à la première.

 Cette machine, fort ingénieuse et intéressante surtout par la nouveauté de son principe, péchait par un point capital. La matière dont on faisait usage comme combustible (c’était la poussière de lycopode, employée à produire les flammes sur nos théatres) était trop chère pour que tout avantage ne disparût pas par cette cause ; et malheureusement il était difficile d’employer un combustible de prix modéré, car il fallait un corps en poudre très-fine, dont l’inflammation fût prompte, facile à propager, et laissât peu ou point de cendres. »

Sadi Carnot ne se cantonne qu’au texte du premier brevet et semble ignorer les travaux ultérieurs des frères Niépce avec l’huile de pétrole blanche.

 La note de Carnot très elliptique, prête à confusion. Il est vrai que les frères Niépce avaient démontré la puissance de leur nouveau principe moteur en l’appliquant à un piston (« NOTICE » du 09/11/1806) ; qu’ils avaient envisagé de l’appliquer à « une pompe comme dans les machines à feu » (« NOTE » lue à l’Institut le 17/11/1806), mais l’une des spécificités majeures du pyréolophore était de fonctionner par réaction directe. »

C’est notamment ce qui, en 1925, soit un siècle plus tard, fera l’admiration de Pierre Clerget et Auguste Rateau. 

• 1807 – 1809 : Élaboration d’un projet de pompe hydraulique afin de remplacer la machine de Marly qui servait à alimenter en eau le Château de Versailles.

• 1811 : Travaux sur la culture du pastel destiné à remplacer l’indigo, colorant bleu, manquant à la suite du Blocus continental, institué par Napléon pour ruiner le Royaume-Uni.

Le pastel des teinturiers

Remplacer l’indigo par la fécule bleue provenant du pastel des teinturiers

Indigoterie : série de bassins permettant d’extraire l’indigo (Jean-Baptiste du Tertre Histoire générale des Antilles 1667) 

Indigoterie : série de bassins permettant d’extraire l’indigo (Histoire générale des Antilles 1667)

Le 21 novembre 1806, Napoléon avait décrété le Blocus continental, mesure adoptée pour priver l’Angleterre de toute communication avec le continent. De ce fait, certains produits faisaient défaut tel l’indigo, une variété de colorant bleu. Le gouvernement proposa d’y substituer la fécule bleue provenant du pastel des teinturiers. C’est à partir des feuilles que l’on tire le colorant bleu . En 1811, le gouvernement lança un concours pour développer la culture du pastel. Nicéphore fera le commentaire :« […] il fut question d’extraire l’indigo du pastel. Nous devions naturellement être jaloux de participer à des recherches dont le résultat paraissait lié à la prospérité du commerce et des arts industriels. Celles que nous fîmes furent longues, mais elles ne furent point infructueuses sous le rapport qui nous intéressait le plus ; car des echantillons de cette matiere colorante que l’on adressa des bureaux de la sous-préfecture au ministère de l’Intérieur, nous valurent les encouragemens les plus empressés et les plus flatteurs.»Le but était d’améliorer le rendement de production du colorant. Les frères Niépce transmettent au ministère de l’intérieur des échantillons de la fécule colorante qu’ils ont réussi à extraire des feuilles de la plante, ainsi qu’un rapport expliquant comment ils ont obtenu cette matière colorante.« J’ai lu avec intérêt les observations de M.M Niépce-Barrault, que vous m’avez adressées le 28 novembre, sur l’époque la plus convenable pour couper les feuilles du pastel, et sur les moyens d’en extraire la fécule colorante sans l’intermède d’aucun précipitant ; elles sont, comme vous dites très-bien, une nouvelle preuve de leur sagacité et du zèle qui les anime. Veuillez leur annoncer que je les transmets à la commission chargée de l’examen de toutes celles de la même nature qui ont été faites en divers lieux, et d’indiquer ce qui est le plus propre à établir complètement la théorie de la fabrication de l’indigo-pastel, et à en perfectionner la pratique. »

Réponse du ministre de l’intérieur. 7 décembre 1811

Le concours instauré par le gouvernement n’apporta pas de résultats prometteurs. En 1813, celui-ci décida cependant de relancer l’intérêt pour la culture du pastel et l’extraction de l’indigo, en accordant des primes : trois à cinq francs suivant la qualité et à condition de produire au moins cinquante kilogrammes de bleu par an. Le 24 avril 1813, le préfet lui-même incita les frères Niépce à retravailler sur ce projet . La culture du pastel reprit de plus belle à Saint-Loup de Varennes. Cinquante-six ans plus tard, en 1867, l’historien Fouque témoigna : « […] la culture du Pastel-Indigo, – nous racontons de visu, – a laissé de nombreuses traces dans ce qui constituait autrefois le beau domaine Niépce, au Gras, commune de Saint-Loup-de-Varennes. Les jardins de la résidence de cette famille, les champs, voire même les fossés de la grande route, sur une étendue de plusieurs kilomètres, renferment des plants de Pastel […] qui se reproduisent naturellement sans culture, depuis plus d’un demi-siècle. »

L’année 1812 avait sonné le déclin de l’Empire. L’Empire s’effondrait mettant ainsi fin au blocus. La culture du pastel devint inutile.

• 1816 : Un an avant l’expiration du brevet pour le pyréolophore, Claude quitte Chalon-sur-Saône pour Paris puis l’Angleterre en 1817 afin d’essayer d’exploiter l’invention du moteur.

 Nicéphore entreprend seul de nouvelles recherches sur une idée qui l’obsède depuis de nombreuses années : fixer sur une substance, les images reçues au fond des chambres obscures.

 Jusqu’alors, ces boîtes percées d’un trou muni d’une lentille projetant sur le fond, l’image renversée de la vue extérieure, n’avaient été utilisées que comme instrument à dessiner. 

Le premier négatif au monde (non fixé) 

Pour ses premières expériences, Nicéphore Niépce dispose au fond d’une chambre obscure des feuilles de papier enduites de sels d’argent, connus pour noircir sous l’action de la lumière. Il obtient alors en mai 1816, la première reproduction d’une image de la nature : une vue depuis sa fenêtre. Il s’agit d’un négatif et l’image ne reste pas fixée car, en pleine lumière, le papier continue de se noircir complètement. Il appelle ces images des « rétines ».

Pour obtenir des positifs directs 

Afin d’obtenir des images positives, Niépce s’oriente vers les composés qui se décolorent à la lumière au lieu de noircir. Il essaie alors les sels et oxyde de fer ainsi que l’oxyde noir de manganèse. Bien qu’il obtienne des résultats, il achoppe toujours sur le problème du fixage où il est nécessaire d’éliminer le produit initial qui n’a pas été transformé par la lumière. 

Le concept d’image latente 

Pour résoudre cette difficulté, il cherche une méthode qui conduirait à l’obtention d’images gravées dans un support et étudie l’effet de la lumière sur les acides, espérant observer leur décomposition. Il n’y aurait plus qu’à étendre sur une pierre calcaire, l’acide dont la force variant avec l’intensité lumineuse graverait plus ou moins le support, suivant les teintes de l’image projetée. Mais les acides ne sont pas décomposés par la lumière et c’est un nouvel échec.

 Ces dernières recherches permettent tout de même, à Niépce, de comprendre qu’il n’est pas nécessaire d’employer un composé dont la transformation photochimique est directement visible à l’œil, et qu’un changement de propriété sous l’action de la lumière, même s’il est invisible, peut induire l’apparition de l’image au cours d’une réaction, soit avec le support, soit avec un autre composé. Il s’intéresse dès lors à toutes les substances qui interagissent avec la lumière. 

Des recherches parallèles 

Niépce interrompt ses études sur la lumière pendant près d’un an. Répondant à un concours lancé pour trouver en France des gisements de pierres calcaires destinées à la lithographie.

 Septembre 1816 : les deux frères qui communiquent par courrier, essaient de trouver un nouveau carburant pour leur moteur. En employant de l’huile de pétrole blanche ils découvrent le principe de l’injection tel que nous le connaissons dans les moteurs actuels.

• 1816 – 1818 : Resté seul, Nicéphore se lance dans des recherches sur la fixation des images projetées au fond des chambres obscures. Premières expériences – premiers échecs. Recherche de carrières de pierres calcaires autour de Chalon-sur-Saône pour trouver en France des pierres propres à la lithographie.

1816-1818 — Les premiers essais de Niépce

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Vers l’invention de la Photographie 

Principe de l’invention de la photographie 

Mars 1817, Niépce, obstiné, reprend ses recherches sur les images. Au cours de ses lectures des traités de Chimie, il s’arrête à la résine de Gaïac extraite d’un résineux. Sous l’action de la lumière, cette résine jaune devient verte, mais ce qui intéresse avant tout Nicéphore c’est qu’elle perd sa solubilité dans l’alcool. Il comprend que grâce à cela on peut faire la différence entre la résine transformée et celle restée intacte, et donc fixer l’image. Après avoir obtenu de bons résultats en faisant les expériences directement sous la lumière du soleil, il échoue en ce qui concerne les images de la chambre obscure. Il ne savait pas que seuls agissent sur cette résine, les rayons ultra-violets malheureusement filtrés par la lentille de sa chambre obscure.

Parallèlement, il se passionne en 1818, pour la draisienne (ancêtre du vélo sans pédalier) et fait sensation en parcourant sur son “vélocipède”, les chemins de Saint-Loup-de-Varennes.

Le vélocipède

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 C’est en 1818, que Nicéphore Niépce se passionna pour cet engin, cousin de la draisienne (ancêtre du vélo sans pédalier) dont il se construisit un exemplaire.

Nicéphore fit bien évidemment sensation en parcourant sur son vélocipède les chemins de la campagne environnante. Mais il n’en resta pas là car il apporta plusieurs perfectionnements, dont la selle réglable. Ce vélocipède avec sa selle, est exposé au Musée Niépce. Dans une lettre à son frère, Nicéphore envisagera de motoriser cette machine, imaginant ainsi le vélomoteur.

• 1818 : Une image est fixée depuis trois mois .

  1819-1824 — L’invention de la photogravure 

Après la résine de Gaïac, Niépce emploie une autre résine d’origine minérale : l’asphalte ou bitume de Judée. Il montre que sous l’action de la lumière cette résine devient insoluble dans ses solvants habituels. A partir de 1822, il réussit à reproduire des dessins placés en contact avec des supports enduits de bitume (plaques de verre, pierres calcaires puis plaques de cuivre ou d’étain). Il utilise ensuite la technique des eaux-fortes pour graver à l’acide, les images obtenues et les imprime sur papier. Ce principe demeurera pendant longtemps la base de la photogravure employée pour imprimer les photos et les documents graphiques. 

Principe et technique 

Dans le but de reproduire des dessins, Niépce conçut vers 1822-1823, ce que nous appelons maintenant le tirage contact. Il expliqua clairement qu’il vernissait le dos d’une gravure afin de rendre le papier translucide et qu’une fois séchée, il appliquait cette gravure directement en contact sur la plaque de cuivre ou d’étain recouverte du vernis au bitume. Il exposait le tout en plein soleil pendant trois à quatre heures puis il rinçait la plaque dans de l’essence de lavande diluée dans de l’huile de pétrole blanche. Le bitume qui avait été préservé de l’action de la lumière sous les traits du dessin, se dissolvait et laissait apparaître le métal à nu. En revanche, la lumière transmise au travers du papier translucide avait rendu le bitume insoluble qui demeurait sur la plaque après le rinçage à l’essence de lavande. L’image au bitume était le négatif du dessin : le fond était de la couleur brune du bitume et les traits étaient représentés par le métal mis à nu. 

C’est alors que Niépce imagina un traitement qui permettrait d’obtenir le dessin gravé dans le métal. Le principe était simple et bien connu puisqu’il s’agissait de celui des eaux-fortes. La plaque portant l’image au bitume de Judée était plongée dans un bain d’acide qui attaquait le métal aux endroits où il était découvert, c’est à dire ceux correspondant aux traits du dessin. En effet, le vernis au bitume est imperméable à l’acide qu’il empêche de pénétrer jusqu’au support. Une fois les traits gravés dans le métal, l’inventeur éliminait de la plaque le vernis au bitume pour ne garder que la plaque métallique portant le dessin gravé.

 Les premiers succès avec cette méthode sont à dater de 1822 pour ce qui est des reproductions par contact puisque cette année là, Niépce reproduisit le portrait du pape Pie VII sur verre. Il n’y avait pas encore de gravure à l’acide. Les tout premiers essais de gravure en 1823 ne seront pas sur métal mais sur des pierres lithographiques. Un imprimeur de Dijon effectuera des tirages sur papier à partir de ces pierres. Niépce aura alors la confirmation que son procédé permet bien, après la reproduction par contact, de multiplier l’original par les moyens de l’imprimerie. En 1825, Niépce gravera ses images sur cuivre puis sur étain à partir de 1826. 

Ce traitement à l’acide est parfaitement adapté à la reproduction de dessins au trait où les nuances sont produites par des hachures. Dans le cas d’images aux nuances continues celles-ci sont reproduites par des épaisseurs variables de bitume que la gravure à l’acide ne peut reproduire tant le vernis est imperméable à la solution d’acide. Niépce l’avait compris et il travailla beaucoup à reproduire des gravures. Plusieurs musées dans le monde conservent des plaques de métal portant un dessin gravé par l’inventeur au moyen de son procédé. C’est le cas du Musée Niépce qui posséde 10 plaques metalliques sur lesquelles Nicéphore avait reproduit une gravure. D’autres plaques de métal gravées par Niépce se trouvent à La Société Française de Photographie, à la Royal Photographic Society ou dans la collection de Janine Niepce. Devant ses échecs répétés pour graver des images à teintes continues obtenues à la chambre obscure, Nicéphore abandonnera progressivement la gravure à l’acide pour ne plus s’y consacrer à partir de juillet 1827.

• 1822 : Réalisation d’une copie de dessin par la seule action de la lumière sur une plaque de verre enduite de bitume de Judée (portrait du pape Pie VII).

• 1823 : Reproduction de dessins par contact sur des vernis au bitume de Judée.

• 1824 : Obtention de “Points de vue à la chambre obscure” (photographies) sur des pierres lithographiques. Le temps de pose est alors de 5 jours.

• 1824 à 1826 : Images gravées sur du cuivre en traitant par la méthode des eaux-fortes, les images obtenues avec le bitume. Niépce fait appel à un graveur Parisien, Augustin Lemaitre, pour le conseiller et effectuer des tirages sur papier à partir de ses plaques gravées.

En 1825, Niépce s’adresse aussi à des opticiens de Paris, Vincent et Charles Chevalier, qui lui fournissent toutes sortes d’optiques afin de perfectionner sa chambre obscure. C’est l‘année du mariage de son fils avec Eugénie de Champmartin.

 1825-1829 — L’invention de la photographie 

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En 1824, il place des pierres lithographiques recouvertes de bitume, au fond d’une chambre obscure et obtient pour la première fois au monde, l’image fixée d’un paysage. Il faut un temps de pose extrêmement long de plusieurs jours en plein soleil. A partir de 1825, il utilise régulièrement le cuivre comme support puis l’étain en 1826 et réalise des images gravées.  

Principe et technique de l’héliographie à la chambre obscure 

Le produit photosensible est le bitume de Judée

 C’est une sorte de goudron naturel, connu depuis l’antiquité. Les anciens le récupéraient à la surface de la mer morte (en grec lac Asphaltite) où il remonte continuellement du fond des eaux. On s’en servait pour embaumer les momies chez les égyptiens, pour calfater les navires ou encore pour faire des terrassements à Babylone. Au XIXe siècle, on savait déjà l’extraire des roches bitumineuses si bien que le bitume utilisé par Niépce ne venait pas de Judée. 

1 – Obtention de l’image au bitume de Judée 

invention photographie-bitume-judee-011 – Niépce dissolvait le bitume de Judée en poudre dans de l’essence de lavande. invention photographie-bitume-judee-012 – Il étalait ensuite cette solution en couche mince sur le support (verre, pierre, cuivre, étain, argent).

invention photographie-bitume-judee-013 – Par séchage à chaud, il obtenait un vernis brillant de couleur vermeil. invention photographie-bitume-judee-014 – Par séchage à chaud, il obtenait un vernis brillant de couleur vermeil.

invention photographie-bitume-judee-015 – Après exposition, aucune image n’était visible. Niépce plongeait la plaque dans un bain d’essence de lavande diluée qui dissolvait les parties n’ayant pas, ou peu, vu la lumière. invention photographie-bitume-judee-016 – L’image obtenue, regardée en incidence normale, était négative. 

Le temps de pose en chambre obscure était de plusieurs jours en plein soleil. 

2 – Utilisation de l’image au bitume de Judée 

invention photographie-bitume-judee-011 – Pour obtenir un positif, Niépce exploita cette image de deux façons :

 Sans traitement ultérieur, à condition de l’avoir réalisée avec un vernis excessivement mince soumis à une légère sous-exposition (à partir de 1827). Dans ce cas, le vernis était mat et par réflexion, sous un éclairage rasant et dans un endroit sombre, l’image apparaissait en positif.

invention photographie-bitume-judee-012 – En l’attaquant par des vapeurs d’iode pour obtenir une image positive sur argent (de 1828 à 1831). Niépce plaçait la plaque dans une boite contenant des cristaux d’iode qui s’évaporaient spontanément.

invention photographie-bitume-judee-013 – En quelques minutes les vapeurs d’iode oxydaient l’argent insuffisamment protégé par le vernis. Il se formait à la surface du métal une couche d’iodure d’argent qui, une fois le vernis éliminé, noircissait sous l’action de la lumière.

invention photographie-bitume-judee-014 – Il obtenait alors une image parfaitement positive.

• 1826 : Images obtenues gravées sur de l’étain. Extraction d’une fécule à partir d’une courge appelée giraumont. Production d’une fibre textile propre au tissage à partir d’une plante l’asclépiade de Syrie.

A l’instar de Parmentier (1737-1813) qui avait publié en 1781 les Recherches sur les végétaux nourrissans qui dans les temps de disettes peuvent remplacer les alimens ordinaires, on tente de trouver de nouveaux aliments. Parmentier lui-même propose de transformer la pomme de terre en une sorte de fécule au moyen d’une machine qu’il a conçue. D’autres inventent des machines pour transformer le fameux légume en vermicelles.

Niépce de son côté, cherche à extraire une fécule alimentaire à partir d’une variété de courge, le giraumon, connu aussi sous le nom de bonnet-turc auquel il ressemble de façon étonnante. « Nous avons mangé plusieurs fois de cette fécule qui nous a paru de même fort bien et très légère » déclarera Nicéphore .

• 1827 : Point de vue sur étain non gravé (le seul exemplaire conservé d’une image réalisée par Niépce à la chambre obscure correspond à cette étape de ses travaux).

 En 1827, Niépce se rend en Angleterre où il découvre son frère mourant, incapable de lui montrer une quelconque amélioration du moteur. Il réalise qu’il ne sera tiré aucun profit de cette invention dans laquelle ils avaient fondé les plus grands espoirs. Après avoir vainement tenté d’intéresser la Société Royale à son procédé de reproduction des images qu’il nomme Héliographie, Niépce rentre en France et continue avec acharnement à perfectionner son invention. En 1828, il découvre une nouvelle méthode qui conduit à des images d’une qualité supérieure avec des demi-teintes. En prenant comme support de l’argent poli et en faisant agir des vapeurs d’iode sur l’image au bitume il obtient de véritables photographies en noir et blanc sur le métal. La précision des images est étonnante pour l’époque. Le temps de pose est toujours de plusieurs jours en plein soleil.

• 1828 : Images non gravées sur argent poli obtenue en traitant l’image au bitume par des vapeurs d’iode.

• 1829 : Association avec Louis Jacques Mandé Daguerre, spécialiste de la chambre obscure, afin d’améliorer la luminosité et la qualité des images au fond de la chambre obscure.

• 1830 : Echec des tentatives des deux associés pour faire blanchir le bitume brun afin d’obtenir des images directement positives. Daguerre découvre le résidu de la distillation de l’essence de lavande sans lui attribuer aucune propriété photosensible

• 1831 : Travaux sur toutes sortes de résines sans obtenir de résultats positifs.

• 1832  : En juin, nouvelle visite de Daguerre chez Niépce. Les associés utilisent ensuite comme produit photosensible le residu de la distillation de l’essence de lavande et obtiennent de images en moins de 8 heures de temps de pose. Il nomme leur nouveau procédé : le physautotype.

• 1832, Novembre : Daguerre revient encore à St-Loup-de-Varennes pour travailler avec Niépce sur le nouveau procédé.

• 5 juillet 1833 : Niépce meurt subitement sans qu’aucune de ses inventions n’aient été reconnues.

Joseph-Nicéphore Niépce (1765-1833) fut un inventeur malchanceux dont les mérites ne furent reconnus que bien après sa disparition. Associé à Louis Daguerre (1787-1851), il mourut trop tôt pour voir le fruit de leurs travaux communs consacré. En 1839, Arago présenta au monde la photographie comme l’invention du seul Daguerre. 

Le musée expose différents objets issus du laboratoire de Niépce, particulièrement des héliographies (du grec hélios , soleil et graphein , écrire). Pièces uniques réalisées par Niépce lui-même, elles sont considérées comme les premières photographies (le terme de photographie ne fit son apparition qu’en 1839 lors du discours de François Arago à l’Académie des sciences). Pour enregistrer une image héliographique, Niépce recouvrait une plaque métallique de bitume de Judée dissout dans de l’essence de lavande. La plaque devenait alors sensible à la lumière. Une fois sèche, elle était placée dans une chambre noire, une camera obscura , puis exposée à la lumière durant de longues heures. L’image captée restait latente ; pour apparaître, la plaque devait être plongée dans un bain qui dissolvait les parties du bitume peu exposées (le bitume fortement exposé durcissant et devenant insoluble). 

La plus ancienne héliographie recensée date de 1826 et se trouve aujourd’hui dans les collections de l’université du Texas à Austin. Intitulée Le Point de vue du Gras , elle représente un paysage saisi non loin de Chalon sur Saône. L’image est fixée sur une plaque d’étain à l’aspect miroitant qui la rend peu lisible. Cette pièce unique est reproduite au musée Niépce grâce aux technologies numériques, par le biais d’un écran plat manipulable par le visiteur. Les technologies actuelles, mises au service d’un film sur l’invention, aident à mieux comprendre le processus initial de Niépce.

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71 FESTIVAL VILLE DES MUSIQUES DU MONDE 04 10 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 15 h 29 min

A L’OCCASION DU FESTIVAL VILLES DES MUSIQUES DU MONDE. NOUS RECEVIONS DANS LES STUDIOS DE RADIO LIBERTAIRE. SIDI BEMOL ET NAWAL

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71 FESTIVAL VILLE DES MUSIQUES DU MONDE 04 10 16  dans EMISSIONS Afya_Sidi_Bemol-500x452

Prenez quelques riffs de rock millésimés, période Rolling Stones ou Led Zeppelin par exemple, plaquez-les sur des rythmiques venues d’Alger ou de Tizi Ouzou et, dès que la chaleur s’élève, arrosez généreusement le tout de paroles caustiques en kabyle. Vous obtiendrez ainsi le « gourbi rock » de Sidi Bémol. C’est ainsi : ce chanteur et guitariste, également dessinateur, ne peut s’empêcher de tout mélanger. « Je me suis toujours intéressé à toutes les musiques qui existent dans le monde » nous a confié l’enfant du port d’Alger. Ses explorations musicales l’ont même poussé à enregistrer deux albums de chants de marins kabyles et à frayer avec les harmonies celtiques. C’est ce qui fait le sel de ses concerts : nul ne sait à l’avance pour quelle destination il embarquera.  

Hocine Boukella : Guitare, chant
Damien  Fleau : Saxophones
Maxime Fleau : Batterie, percussions

* Exposition des dessins d’Elho (Sidi Bémol) dans le hall de l’Embarcadère

Biographie de Sidi Bemol

Âfya

Oui… Sidi Bemol… tout simplement, mettant de côté le titre honorifique de « Cheikh ». Toujours humble et charismatique, Sidi Bemol, qui a maintenant des cheveux gris, n’a pas perdu son ironie corrosive, son esprit bouillonnant, ni son oeil pétillant, mais il a choisi d’intituler son nouvel album Âfya, qui en algérien signifie sérénité, paix, élévation, chaleur, lumière …
« Paix est mon idéologie ; Claires sont mes intentions… » (Âfya 1)

Sidi Bemol a toujours eu cette particularité de savoir naviguer entre tradition et contemporanéité, c’est ce qui fait sa richesse, c’est ce qui enchante son public fidèle.

Musique d’aujourd’hui, forcément de par ses nouvelles compositions (Essala, Nekkni …), Sidi Bemol ne cessant de créer, d’écrire, de composer, d’observer le monde qui l’entoure. Mais aussi de par le choix des musiciens qui l’accompagnent, une jeune génération montante : Damien Fleau, Clement Janinet, Benoit Medrykowski, Maxime Fleau et Jean Rollet-Gérard, ayant quelques points en commun : être sorti de l’Ecole Didier Lockwood, être frère, ami, voguer sur plusieurs genres musicaux (jazz, world, électro, rock, musiques de films…) et être doté de ce talent et cette fougue qu’ils mettent au service de la musique de Sidi Bemol depuis deux ans.

Hocine Boukella (guitare-chant), Damien Fleau (saxophones), Maxime Fleau (batterie), Clément Janinet (violon), Jean Rollet-Gerard (basse), Benoit Medrykowski (guitare)

Hocine Boukella (guitare-chant), Damien Fleau (saxophones), Maxime Fleau (batterie), Clément Janinet (violon), Jean Rollet-Gerard (basse), Benoit Medrykowski (guitare)

Musique qui n’oublie pas ses chants et rythmes traditionnels, ceux des racines mais aussi de l’intemporalité et ceux des grands Maîtres… On s’arrête alors sur la superbe adaptation de la chanson The Face of Love (The Face of Love © 2014 Womad Music Ltd / BMG VM Music / Robbins Eggs Music avec l’aimable autorisation de EMI Music Publishing France) issue de la collaboration entre Nusrat Fateh Ali Khan, David Robbins et Tim Robbins pour le film « Dead Man Walking »

Et puis, Sidi Bemol, le troubadour, l’explorateur du monde, qui continue d’esquisser un paysage musical aux sillons multiples, poussant toujours plus loin sa quête d’autres sources, l’amenant en Inde, en passant par la Turquie (Oylum), et les pays de l’Est (Viraj). Il dessine le croisement des chemins, qu’ils soient musicaux, culturels, spirituels. Le dénominateur commun est peint et dépeint : l’ouverture sur le monde… l’ouverture d’esprit…

C’est ainsi qu’à Alger lors du festival « Gitans Origines », en février 2012, une rencontre artistique, tout aussi improbable qu’évidente, naît sur scène entre Sidi Bemol accompagné de son quintet et le groupe Dhoad Gitans du Rajasthan, d’où va découler l’envie commune de prolonger la route ensemble sur scène et sur CD. Plusieurs titres (Afya 1 et 2, Jnuni, Saâ) nous embarquent pour un nouveau voyage musical à la croisée des cultures maghrébines et indiennes. Une rencontre avant tout musicale et humaine… mais qui naturellement et finalement, prend un autre sens, plus profond… un clin d’oeil de cet ancien sans papiers algérien rendant hommage à ces vagabonds du monde : les apatrides.

Hocine Boukella et Eric Rakotoarivony

Hocine Boukella et Eric Rakotoarivony

« Vagabond du Monde loin des miens, le coeur en peine
Le temps m’a pris dans son jeu et mes cartes sont mauvaises » (Abrid At Yejjar)

Sidi Bemol ne rappelle pas seulement que l’exil rime avec douleur, mais qu’il existe aussi ceux qui sont rejetés en bloc et trop souvent pointés du doigt comme les Roms..
« Sommes-nous empoisonnés ? Chacun s’isole, personne n’est confiant.
Quand le frère a un problème on l’enfonce un peu plus, on le dépouille.
Le Monde va à sa perte, Il est usé, abîmé, c’est la fin des temps,
Les gens deviennent bizarres et multiplient les dérives, les savants sont stupéfaits… » (Saâ)

Il parle aussi de ceux qui s’en remettent à une présence divine, à une croyance qui n’est pas uniquement et seulement religieuse, mais tout simplement… une façon d’aller chercher à l’intérieur de soi ce que l’on ne trouve pas à l’extérieur, car avant tout, on s’adresse à soi-même, afin de révéler les ressorts qui sont en nous.

Par de-là, les compositions, les écrits, la pensée, une voie profonde s’élève, la voix du coeur, celui de Hocine Boukella. Un homme, tout simplement, qui croit en l’amour : c’est fondamental, seul l’amour permet d’accepter les autres malgré leur différence, c’est la seule façon de vivre ensemble en paix.

Hocine Boukella, Khliff Miziallaoua et Eric Rakotoarivony

Hocine Boukella, Khliff Miziallaoua et Eric Rakotoarivony

« L’amour est mon guide quoi qu’il advienne.
Suivons la voie de l’amour, nous atteindrons la sérénité… » (Afya 1)

En 1998, Cheikh Sidi Bémol enregistre un premier disque étonnant de fraîcheur, inclassable par ses sonorités bédouies, blues, traditionnelles et rock, avec la complicité d’artistes qui marqueront la scène musicale algérienne, Youcef Boukella, Kamel Tenfiche et Khliff Miziallaoua (ONB), Amazigh Kateb (Gnawa Diffusion), les frères Laoufi (Gaâda Diwan Béchar), Karim Ziad, Michel Alibo, …

Neuf albums plus tard, Sidi Bémol surprend toujours par la créativité et la diversité de son univers. Du « gourbi rock » des débuts, au « berbéro celtic groove » de l’album « Paris-Alger-Bouzeguène » en passant par les « chants marins kabyles », Sidi Bémol bourlingue, brassant les musiques du Maghreb et du Monde, créant des fusions originales, modernes et authentiques.
Son âme d’explorateur qui musarde, butine, mixe et féconde est peut-être un héritage de l’esprit de Si Mohand Ou Mhand, poète de l’errance et grand barde emblématique de sa Kabylie d’origine. D’ailleurs, Sidi Bémol est aussi un « vagabond » de l’écrit, se jouant des mots et des langues (arabe, kabyle, français, anglais…), dans des textes souvent acides, mais toujours empreints d’humour, de poésie et de tendresse.

Sidi Bémol en concert à Alger

Sidi Bémol en concert à Alger

Alger- Paris.

Dans les années 80, Hocine Boukella (futur Cheikh Sidi Bémol), est un étudiant Algérois qui taquine la guitare et la plume. Musicien, il évolue dans les milieux underground où les musiques maghrébines novatrices sont en gestation ; il est également bédéiste, mais ses planches sont clouées au pilori par une censure frileuse. Bref ! Il vit la galère artistique des jeunes créateurs pris aux rets d’une culture officielle sclérosée. En 1985, il s’offre un recul, loin du microcosme frustrant d’Alger : il débarque à Paris pour … un doctorat en génétique des populations. La quiétude universitaire sera de courte durée.
En 1988, il quitte la science pour se consacrer à l’art. Des expositions de dessins, quelques rares concerts et, surtout, beaucoup de petits boulots sur des chantiers du bâtiment jalonneront cette période de galère artistique parisienne marquée par une expérience éprouvante de plusieurs années « sans papiers », avant d’arriver enfin à… « L’Usine » !

En 1997, Sidi Bémol et des amis musiciens algériens, compagnons de galères, se regroupent en collectif pour louer un local désaffecté qui devient vite un point de ralliement incontournables pour la scène algérienne de Paris, et un laboratoire de création artistique où mûriront de nombreuses expériences musicales comme celles de l’ONB, de Gaâda Diwane de Béchar, et de Sidi Bémol. Le lieu accueille également de plasticiens, des photographes, le site Internet Planet DZ etc. Il est baptisé « LOUZINE » (« l’usine », prononcé à la manière des « chibanis »), clin d’œil à une certaine filiation des exils. Un film témoigne de la vitalité de ce vivier : « Bled Music à l’Usine » (documentaire réalisé par Samia Chala & Sid Ahmed Sémiane en 2007). Pendant 10 ans, Sidi Bémol dirige l’association de artistes de L’Usine tout en menant sa carrière de musicien et de dessinateur. Il organise l’aménagement de studios de répétition et d’enregistrement et oriente l’activité dans le sens de la professionnalisation des artistes, il gère également les rapports délicats entre artistes, les relations fluctuantes avec les institutions municipales et les conflits inévitables avec les propriétaires des locaux.

Sidi Bémol à Alger

Sidi Bémol à Alger

En 2007, l’aventure de L’Usine prend fin et Sidi Bémol se consacre pleinement à la musique et au dessin dans le cadre du label qu’il a créé : CSB Productions.

Gourbi rock.

Les trois premiers albums (Cheikh Sidi Bémol, Samarkand 1998 ; El Bandi, CSB prod. 2003 ; Gourbi Rock, CSB prod. 2007) marquent par l’originalité d’un style nouveau dit « gourbi rock », mêlant blues et musiques du terroir (gnawi, berbère, chaâbi, etc.) en une synthèse tonique et bourrée d’humour. C’est la « Sidi Bémol touch ». Elle fait mouche. Son premier concert à Alger en sera une preuve particulièrement émouvante (après un exil de 12 ans) dont témoigne un album live (Bledstock, 2000). Cheikh Sidi Bémol enchaîne les scènes (France, Algérie, Québec, Suède, Espagne, Belgique, Maroc, Tunisie…). En 2008, c’est la consécration à Alger : deux soirées à guichets fermés devant une dizaine de milliers de fans déchaînés, qui s’époumonent en chœur sur ses titres, dont certains sont devenus cultes, de vrais cris de ralliement de la jeunesse algérienne, notamment « El Bandi » (libre adaptation de « Celui a mal tourné » de Brassens) et « Ma kayen walou kima l’amour » (Rien ne vaut l’amour), un hymne libertaire vigoureux que le réalisateur franco-algérien Lyes Salem mit au générique de son film « Mascarades » (UGC-Canal +, 2008).
Ce succès, loin d’enfermer Cheikh Sidi Bémol dans un genre, l’encourage à être lui-même, explorant davantage d’autres synthèses musicales, déjà tentées ou en gestation dans ses albums.

Affiche Izlan Ibahriyen

Affiche Izlan Ibahriyen

Chants marins kabyles.

« Izlan Ibahriyen » (CSB prod. Vol. 1, 2008 et Vol. 2, 2013) revisite l’univers et la culture marins. Comment Cheikh Sidi Bémol pouvait-il rester sourd aux chants de sirène d’un patrimoine universel, transnational et cosmopolite par définition, lui, l’enfant de la mer, le troubadour-trotter ? Il y adapte en kabyle, avec la complicité du poète Ameziane Kezzar, des chants traditionnels glanés aux quatre coins des mers, dont une version remarquable du titre « Le Sillon de Talberg » rendu mythique par Jacques Brel dans le « Port d’Amsterdam ». Ces albums sont un appel du large, dans une Algérie qui peine à assumer sa dimension méditerranéenne ; ils drainent un parfum paillard et libertin qui « secoue les cocotiers » et agite les chevelures des femmes. Au-delà, c’est un hymne au voyage vers l’Autre, vers l’Ailleurs.

Paris-Alger-Bouzeguène.

Bouzeguène, c’est le petit bout de Kabylie dont partit son vieil instituteur de père pour s’installer à Alger. « Paris-Alger-Bouzeguène » sonne comme un « retour » mais il n’en est pas, vraiment un. Ce n’est pas un retour car Cheikh Sidi Bémol est parti sans quitter. Dans cet album, Sidi Bémol expérimente le mixage des musiques celtes et berbères, comme il l’avait déjà fait en 2001, dans le cadre d’une collaboration éphémère avec le groupe Thalweg.

Berbéro Drom.

Sidi Bémol peaufine de nouveaux voyages musicaux qui vont féconder les musiques algériennes au cœur des musiques indiennes, et tziganes. Ce projet, en cours de réalisation, est issu d’une rencontre avec des musiciens d’Europe de l’Est et du Rajasthan lors d’un festival à Alger. Une douzaine de titres seront enregistrés début 2014 et réunis dans un album dédié aux Roms, trop souvent stigmatisés ces derniers temps, et à leur musique généreuse. Ce disque s’intitulera Berbéro Drom.

Salim Aïssa, 2013.

http://www.sidibemol.com/

 

NAWAL

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(c) Emmanuel Delaloy

Nawal, artiste franco-comorienne, est aujourd’hui une figure marquante de son archipel natal. Elle a trouvé sa « voie », une étoile des Comores au zénith ! Ses cordes vocales et instrumentales, sa gestuelle même, ont su envoûter le public aux quatre coins du monde.

Sa musique est résolument acoustique et forte d’une spiritualité métisse. Sa voix et son univers font vibrer les publics de toutes cultures d’ici et d’ailleurs.

 

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Nawal, artiste franco-comorienne, est aujourd’hui une figure marquante de son archipel natal. Elle a trouvé sa « voie », une étoile des Comores au zénith ! Ses cordes vocales et instrumentales, sa gestuelle même, ont su envoûter le public aux quatre coins du monde. 

Nawal est une femme de la terre et du ciel, signe textes et musiques, chante et joue du gambusi (cordophone traditionnel comorien), de la guitare, du daf (membranophone persan), des flûtes, et du piano à pouce, la mbira zimbabwéenne.

Sa musique est résolument acoustique, et forte d’une spiritualité métisse. Sa voix et son univers font vibrer les publics de toutes cultures d’ici et d’ailleurs.

ALBUMS

En 2001, elle grave son premier enregistrement, Kweli (Vérité), porteur d’un son inédit reflétant la richesse et la diversité rythmique et musicale de ses îles comoriennes. Une spiritualité soufie qui la porte encore et toujours aujourd’hui.

Son deuxième album, Aman (Paix Intérieure) sorti en 2008 (Nawali Prod / Dom Distribution) a révélé au public des compositions épurées et fortement marquées par le soufisme, où la femme tient un rôle central. Une dimension du sacré qui fait face à l’obscurantisme et qui lors d’une écoute attentive est capable de révéler la puissante beauté de l’intime.

Dans son troisième album, Caresse de l’âme (Jade/Universal), Nawal invite en solo au calme et à la sérénité. Dix titres qui fondent en un seul hymne, la paix et à la dignité humaine, et convoque dans un souffle puissant la Liberté.

Elle témoigne de son rêve d’un monde plus harmonieux, chérissant l’instant et l’altérité et nous emporte pour nous caresser l’âme.

Un nouvel album est actuellement en cours de réalisation. Sortie prévu à la rentré 2016.

CONCERTS

« Avec Nawal en concert, c’est une invitation à vivre la scène comme un rituel, où chacun en toute liberté peut se plonger en soi-même » – Caroline Bourgine, Equinoxe, France Culture

Artiste professionnelle, Nawal évolue sur la Scène internationale depuis plus de 25 ans, avec des concerts en Europe,  en Amérique du Nord, dans l’Océan Indien… Afrique, Asie Centrale et Moyen Orient.

Aujourd’hui, Nawal se produit sous différentes formations :

  • en solo, ou avec des musiciens invités, d’univers jazz, musiques du monde ou hors cadre…
  • en spectacle de danse et de musique traditionnelles « revisitées », avec six femmes de Mayotte, spectacle dénommé « Les Femmes de la Lune » Cette rencontre avec le soufisme de l’Archipel à donné naissance à la production d’un coffret CD/DVD témoin d’un concert exceptionnel dans le cadre du festival des musiques du monde, en France, en 2009

COLLABORATION

En 2007, Nawal participe par ses compositions à l’Opéra du Sahel (premier Opéra africain) qui sera donné sur la scène du Théâtre du Châtelet à Paris.

Nawal a composé des musiques de films (Matopos de Stéphanie Machuret, La Résidence Ylang Ylang de Hachimiya Ahamada et a collaboré avec d’autres artistes, danseurs comme Brigitte Dumez, Kari Kamal Kari, musicien les Black Voices, Kiala, Yvan Lantos…

Sortie en novembre 2015, un film documentaire (68’) « Nawal et les Femmes de la Lune » réalisé par Eric Munch et François Kotlarski, invite à suivre Nawal dans sa quête, partageant tout au long du périple ses réfléxions sur la société vu de ce côté de l’Océan Indien

http://www.nawali.com/

 

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23 avril 2020

68 TETES DE CHIEN ET GUYOM TOUSEUL 13 09 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 20 h 54 min

GROUPE VOCAL A CAPELLA LES TÈTES DE CHIEN

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Des racines sous le béton

Venus de la chanson française, du théâtre, de l’opéra, ou des musiques traditionnelles, ces cinq chanteurs a cappella réinventent leur propre folklore contemporain et urbain nourri de la tradition orale des anciens, et ouvrent un nouvel espace aux pratiques polyphoniques. Ayant des rôles différents, tant sur le plan vocal que scénique, ces cinq personnalités marquées, aux tessitures et styles de voix complémentaires, donnent vie ensemble à des spectacles et à des événements toujours imprévus… Tragique, comique et poésie, s’enchaînent avec virtuosité et sobriété, comme autant de jeux familiers avec le public.​

Têtes de Chien par Têtes de Chien…

« Lorsque nos cinq voix se mêlent, dans la simplicité et le dépouillement du chant a capella, c’est pour exprimer ce que nous sommes : des hommes d’aujourd’hui qui n’oublient pas leurs origines. La musique nous vient d’hommes et de femmes qui, partout en France, ont vécu en chantant : berceuses, histoires chantées, chants à danser ou à prier. Puisant dans ce répertoire populaire et provincial, nous inventons notre manière de chanter, plus savante, plus urbaine. C’est cette démarche de création que nous partagerons avec vous. Un joli mélange régional, secoué et mixé à Paris, De vraies Têtes de Chien!

Annabelle Stefani
Metteur en Scène

Le parcours de metteur en scène d’Annabelle Stefani a d’abord été nourri par l’exercice du métier de comédienne. Elle a beaucoup joué en Aquitaine et à Montréal, dirigée par de nombreux metteurs en scènes de théâtre contemporain dont Frédéric Maragnani (« Le Renard du Nord » de Noëlle Renaude), Kristian Frédéric (« Stabat Mater Furiosa » et « Ya Basta » de Jean-Pierre Siméon où elle est comédienne et dramaturge.)
Pédagogue, elle coache de nombreux comédiens et chanteurs pour leur travail scénique.
Elle signe aussi plusieurs mises en scène de théâtre, dont « Autopsie de Crimes Innocents » de Gérald Gruhn avec la comédienne Juliette Stevez, crée au théâtre des déchargeurs à Paris. 
Amoureuse de la chanson française, elle chante avec l’auteur-compositeur Vincent 2G dans le groupe « Duaux », un piano/voix drôle et tendre qui s’est produit dans divers cabarets et en Avignon.
Sa connaissance de la scène et de la voix, son amour pour la création collective, son goût pour les aventures novatrices et originales, ont rendu la rencontre avec Têtes de Chien aussi fructueuse que naturelle.

Caroline Marçot
Arrangements

Pianiste de formation, Caroline Marçot se passionne pour le phénomène sonore dans ses trois dimensions : élaboration, interprétation et perception.

Elle acquiert une solide expérience de la musique vocale à la Maîtrise de Radio-France puis au Jeune Choeur, et obtient au CNSM de Paris les prix d’analyse, d’harmonie, de contrepoint renaissance, d’écriture XXème siècle, d’esthétique, d’orchestration et d’acoustique.

Chanteuse dans plusieurs choeurs de chambre aux répertoires éclectiques, notamment les Éléments, dirigés par Joël Suhubiette, ou l’ensemble Aedes de Mathieu Romano, elle défend le patrimoine sonore médiéval, lyrique et de transmission orale au sein de l’ensemble de solistes Mora Vocis.

En 2013, Caroline rejoint les Têtes de Chien et s’attelle aux arrangements du nouveau spectacle « la Marelle ».​

Cette première collaboration fut un succès, et c’est en toute logique que le quintette travaille avec Caroline sur les arrangements de leur prochain programme, Faces Cachées! 

 

 

GUYOM TOUSEUL

 

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Tout est soigné dans cet ouvrage : un digifile à trois volets, illustrés de fort belles compositions dessins/photos comme un collage (ceux du livret sont de Guyom (1) lui-même, touseul mais bien accompagné par les photos « écologiques » d’Anne-Claire Bertin). Des teintes sépias, pas seulement celles de la nostalgie, mais celle de cette terre qu’il vénère. Si j’insiste là-dessus, c’est parce que cela me semble bien refléter l’état d’esprit du chanteur tulliste parfaitement autonome (il dessine aussi ses affiches), parfaitement solidaire et remerciant tous ceux qui ont collaboré avec lui, pour des Chemins d’écriture (la Manufacture Chanson et Xavier Lacouture), pour une écoute, un conseil, un bon mot, une belle impression (La Gutemberg à Tulle), un instrument, des photos. Très heureuse de retrouver le nom de notre consœur de NosEnchanteurs Catherine Cour, pour celles de Prémilhat.

Rémi [Fraisse] n’est pas un réquisitoire. C’est un petit film où Guyom réalise à la première personne une sorte de documentaire qui suit pas à pas l’action, comme un dialogue, donnant tour à tour la parole au gendarme : « Je sers à vous faire peur(…) Et puis aussi on m’a donné des consignes de fermeté  » puis à Rémi : « J’aime les fleurs, j’aime la vie (…) J’suis dans une manif pacifiste (…) Je m’élance comme une bombe / Soudain, je tombe ». Enfin à un commentateur absent de la scène, qui se pose des questions : « Depuis quand on doit se faire tuer, « mourir pour des idées » ? » Sur la guitare un peu rugueuse la voix court. On voit, on sent la fumée âcre qui obscurcit la scène… La guitare ralentit, la voix aussi, et ça tourne, ça tourne, tandis que la guitare déraille : « Je me retrouve alors dans un jardin d’ivresse / Dans mon poing une ogresse a griffé sa caresse / Insensible à ce froid qui peu à peu m’oppresse / Je me sens doucement rempli par la paresse ». Rémi a rejoint le dormeur du val de Rimbaud , qui dort dans le soleil, tranquille : « Mais pourquoi…mort / Et pourquoi pas l’Amour ? »

Guyom a l’art. De générer l’émotion, avec sa Lettre à un frère qu’il ne voit plus qu’en photo, ponctuée de quelques son de métallophone : «  Je t’écris ces mots là / Que tu ne liras pas / Qui ne m’apaiseront pas ».

De l’humour aussi, quand il chante son aversion du foot, sur un petit air dansant au ukulele et des vocalises dignes d’un supporter. Pas dénué de réflexion : « Sur cet étrange phénomène / Qui fait que tout tourne autour / D’un ballon qui nous rend sourds ». Et le joyeux Yapa (« mais du travail : y’a pas, Y’a pas… ») est bien une contestation de l’aliénation au travail : « On est les mécréants de la croissance / On est les partisans d’la désobéissance ».

Illustration pour Les maux des mots, Guyom Photo ©Anne-Claire Bertin

Illustration pour  Les maux des mots, Guyom / Photo ©Anne-Claire Bertin

Guyom dit qu’il fait de la chanson impliquée et pas compliquée. Je ne suis pas d’accord avec lui sur le deuxième qualificatif ! Si ses mots sont simples, ils sont aussi plus efficaces que des pamphlets élaborés ( Ah la merveilleuse ballade au réfugié, à l’immigré, tout en espoir déçu, Les maux des mots). Plus poétiques que des chansons d’amour remplies de mots rares et de métaphores capillotractées, comme dit l’un de mes collègues. Ecoutez le doux et triste aveu d’On s’est loupés : « Je me sens sale de mes absences / Tu te sens seule dans tes silences ». Jolie mélodie où l’accordéon soutient les arpèges de guitare, en mélancolie espérante. Envolez-vous sur Elle a des ailes, qui m’a fait penser aux chansons d’amour les plus réussies de Gérard Morel, toute de sensuelle tendresse : « J’aime à la regarder en douce quand elle est nue / J’aime à la regarder aussi qu’elle est vêtue »

Encore un superbe album court qui égale en qualité bien des albums plus longs… original, tant par l’inspiration que par la mise en scène subtilement musicale. Avec peu de moyens : guitares, ukulélés, accordéon, métallophone sont tous joués par Guyom qui porte bien son épithète de Touseul !

(1) Guyom est diplômé d’architecture.

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Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 18 h 58 min

 

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Ska/Rocksteady, l’identité musicale jamaïcaine se forge petit à petit

 

Le ska

En 1960, le Rhythm and Blues Shuffle va connaitre une révolution majeure. En effet, le rythme syncopé du boogie habité par le contretemps va se renforcer, pour devenir le socle de la future musique inventée en Jamaïque, le ska. A la suite de la mort du célèbre jazzman jamaïcain, Eric Dean, son groupe deviendra le groupe d’enregistrement attitré du studio d’enregistrement de Clément Coxsone Dodd, fondateur du très renommé Studio One. Le batteur Lloyd Knibb, futur membre de la formation des Skatalites, décida de modifier encore le rythme du shuffle. Celui-ci devient un quatre temps, encadré par la guitare, le clavier et les cuivres. Les morceaux ne sont pas forcément vocaux mais font danser toute l’île de la Jamaïque au cours des sound system.  Le nouveau rythme sera baptisé Ska, mélange de jazz, chants rhythm and blues et woogie shuffle. Au niveau des intruments, c’est un équilibre mélodique entre batterie, cuivres, guitare et contrebasse. En ce qui concernent les textes, ils parlent beaucoup d’amour et les histoires de Gangsters et des mauvais garçons (appelés « rude boy » par les jamaïcains) commencent à émerger

L’indépendance de la jamaique va confier au ska, un puissant rôle identitaire à l’île. C’est la première musique 100% jamaicaine.

Prince Buster est une des principales figures de l’éclosion du ska. Il a participé à sa montée en puissance en produisant des morceaux au sein de sa maison de disque et en assurant sa promotion au cours de ses Sound System. Un des premiers morceaux de ska qui a fait connaitre cette musique hors des frontières jamaïcaines fut le morceau « Al Capone » de Prince Buster, sorti en 1965. Tandis que le premier morceau de ska tout court fut l’œuvre de Millie Small, « My Boblollypop » en 1964. Le ska va largement influencer des artistes anglais à se lancer sur le créneau, à l’exemple de Madness, The Toaster ou the Busters.

 

Du Ska au Rocksteady

A partir du milieu des 1960’s, le shuffle ralentit encore. Le tempo devient binaire, plus lent avec moins de cuivre et une accentuation du clavier et du chant. Le rocksteady est très influencé par la soul. De nombreux jamaïcains vont ainsi réaliser des reprises à la sauce rocksteady, de morceaux de James Brown, Marvin Gaye ou encore de Steevie Wonder.

Le troisième temps de la mesure est marqué par la caisse claire, qui devient un mouvement caractéristique de la musique jamaïcaine. De nombreux artistes vont émerger durant cette période comme The Ethiopians, Toot’s and the Maytals, The Melodians et bien d’autres.

Le Rocksteady va également renforcer la concurrence entre les différents Sound System. La politique et la violence dans les quartiers sensibles vont être au cœur des textes de ce nouveau mouvement. Les mélodies seront concoctées par un ensemble basse, percussions, orgue et batterie. 

le Rocksteady.

Commençons par un petit rappel : le Ska fut le premier style musical inventé par les jamaïcains et célébrait l’indépendance de l’île obtenue en 1962. Les rythmes endiablés et chargés en cuivres faisaient danser toute la Jamaïque dans la bonne humeur. La scène jamaïcaine s’est structurée avec des artistes comme Skatalites, Byron Lee And the Dragonaires, Prince Buster, Desmond Dekker, Les Wailers ou encore Toot’s Hibbert. Pour l’anecdote : lorsque les Wailers ont auditionné chez Clément Coxsonne pour la première fois, les premiers morceaux n’ont pas réussi à le convaincre. C’est alors que Peter Tosh commence à chanter « Simmer Down », un titre qui a immédiatement séduit Sir C. Le lendemain, les Wailers étaient de retour au studio pour enregistrer le morceau avec la participation des Skatalites

Le contexte social influence beaucoup l’évolution de la musique, progressivement le doute sur le futur de la nation s’est installé dans l’esprit des jamaïcains. A partir du milieu des années 1960’s, le rythme se décélère, les compositions deviennent moins riches musicalement avec des cuivres ne marquant plus que le refrain. On le ressent aussi au travers de l’écriture, où l’on voit doucement apparaître des textes exposant le contexte social ainsi qu’un retour à des thèmes s’approchant du Blues. Le rocksteady est parfois qualifié de Soul jamaïcaine ou l’amour et les filles font également partie des thèmes centraux. Une anecdote plus fantaisiste existe quant à l’émergence du genre. Lors d’un concert de ska d’Alton Ellis, surnommé « mr Soul »,  le bassiste était malade. Alton Ellis s’empara alors de la basse mais ne parvint pas à reproduire l’accord propre au ska, le shuffle se trouva modifié, et ce serait la naissance du rocksteady. Il est considéré comme le précurseur du rocksteady et a même produit un titre éponyme « Get Ready, Rocksteady »

Derrière Alton Ellis, le paysage musical s’est profondément enrichi. La scène jamaïcaine va littéralement exploser. Aux cotés de chanteurs déjà confirmés comme Ken Boothe, Stranger Cole, Delroy Wilson (qui a enregistré ses premiers titres à seulement 14 ans), l’exceptionnel Jackie Opel ou Jackie Edwards, pléthore de groupes se forment : The Heptones, The Paragons, The Jamaicans, The Techniques, The Uniques, The Sensations, The Cables, The Clarendonians, The Gaylads et tant d’autres encore.  Excepté les Heptones, la plupart de ces formations ont connu un rayonnement local assez court ponctué par un ou deux albums mais n’ont pas réussi à se renouveler musicalement. Nombreux membres issus de ces groupes ont alors poursuivi leur carrière en solo avec plus ou moins de succès, pensons à John Holt, Bob Andy, I-Kong, Slim Smith, Cornell Campbell ou bien Leroy Sibbles. Les premiers opus solo des chanteurs présentent clairement la transition entre rocksteady et reggae. Le troisième temps marqué par une caisse claire se fait de plus en plus pressant. Du rocksteady au reggae, il n’y eu qu’un pas, ou plutôt que quelques accords à modifier. Il fut franchi en 1968, mais qu’il est dur de dire qui est le père fondateur du reggae : Toot’s and The Maytals, Clancy Eccles, Bob Marley ??! 

 

 UNE PÉPITE  DU ROCKSTEADY QUE JE VOUS LAISSE DÉCOUVRIR PAR UN FAN  BIG UP !!! A YOUSS MERCI….. 

Tout le Monde aime le Rocksteady

Entre Treasure Isle et Studio One

Plongée dans les origines Soul du Reggae

En musique (25 morceaux), infos et images

Avec Desmond Dekker, Alton Ellis, Ken Boothe, Bob Andy, Delroy Wilson, Marcia Griffiths, Bob Marley, Slim Smith, Hopeton Lewis, The Gaylads, The Paragons, The Heptones, The Versatiles, The Minstrels, etc…

 

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Mouvement musical né entre 1964 et 1968 en Jamaïque, le rocksteady a éclos lors du flétrissement du ska, genre qui faisait alors des ravages.

L’année 1964 est présentée par nombre de spécialistes comme une année charnière, car c’est durant celle-ci que l’explosion du ska s’est faite, avec le premier hit international « My Boy Lollipop » sur le célèbre label Island Records. La déferlante ska était alors lancée et, compte tenu de son rythme endiablé et de son public chaud bouillant, elle dévasta rapidement tout sur son passage à cause notamment de l’engouement phénoménal des rude boys (jeunes désoeuvrés des quartiers difficiles) qui semaient la terreur sur l’île, dégradant, pillant, et adoptant un nouveau look propre à horrifier la population : treillis militaires, pantalons pattes d’eph, T-shirts décolorés, badges, cheveux longs, bijoux… l’horreur.

Ainsi, malgré que les différents groupes de musique appelèrent dans leurs lyrics les rude boys à s’assagir, rien n’y fit, et la terreur continua à gagner les rues. Cette violence palpable se ressentit rapidement jusque dans le rythme de plus en plus frénétique du ska, qui après une incroyable vague de chaleur durant l’été de cette même année, se ralentit soudainement, annonçant par là même les prémices du rocksteady. On raconte que le rythme s’est à ce point freiné parce que les danseurs ne parvenaient plus à soutenir le rythme de cette musique punchy.

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Un exemple de ce ralentissement encore relatif, avec :

Feel Like Jumping – MARCIA GRIFFITHS

https://www.youtube.com/watch?v=kMgQvAoQN-c

 

En 1965, alors que l’euphorie liée à l’acquisition de l’indépendance (1962) était déjà bien loin, la Jamaïque était violentée par plusieurs événements et la généralisation des comportements rudes boy trouva son point d’orgue après la mort de Malcom X, en février. Pour rajouter au climat tendu, le célèbre ghetto Back-a-Wall, véritable centre névralgique de la culture rasta, fut rasé par des bulldozers, et le parti J.L.P., fraîchement élu et pro-américain, fit reconstruire de nouveaux bâtiments salubres pour y installer ses plus ardents défenseurs. Du coup, les nombreux rastas qui vivaient là-bas se réfugièrent à Trenchtown, quartier bien connu des amateurs de reggae pour y avoir nourri entre autres : Desmond Dekker, Alton Ellis et Ken Boothe, trois piliers du rocksteady.

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Rejoice Jah Jah Children – THE SILVERTONES

https://www.youtube.com/watch?v=DC2ozIxPM-0

 

Dans ce contexte social délétère et revendicatif, le ska semblait un peu trop « ras-les-pâquerettes » pour libérer les consciences, et apparut alors ce nouveau son, nouveau en Jamaïque, plus lent, davantage influencé par la soul américaine. Appelé rocksteady, ce nouveau style musical amena plusieurs changements : la basse remplaça la contrebasse, une seconde guitare fut ajoutée, les cuivres (éléments centraux de toute compagnie ska) se firent plus discrets. Et plus tard l’orgue et le piano s’imposèrent comme les nouveaux points centraux, avant de passer la main au profit des voix, extraordinaires, comme seule l’île sait en sortir. De façon générale, le rocksteady délaissa les influences jazz et le tempo soutenu du ska pour des harmonies proches de la soul, plus tranquilles, s’inspirant des musiques américaines type rythm and blues, ce qui ne l’empêcha nullement de très bien marcher dans les dancehalls et, plus tard, d’être au top des charts anglais.

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Au rayon chanson, on notera que de nombreuses reprises de soul U.S. furent enregistrées dans des versions rocksteady par des chanteurs comme Alton Ellis, John Holt ou Ken Boothe… et que les américains The Supremes, The Temptations, Wilson Pickett, Gene Chandler, Marvin Gaye ou encore le groupe The Impressions – qui avaient l’habitude de faire des tournées en Jamaïque -, influencèrent considérablement le rocksteady pour le faire devenir en 1966 le genre musical dominant, et être alors assimilé à de la soul locale, reconnaissable par ces choeurs qui répondent en écho à la mélodie façon gospel. A ce moment-là, les chansons d’amour étaient notamment en pleine effervescence et ces titres remportaient tous les suffrages sur les nombreuses pistes de danse que comptait et compte toujours la Jamaïque.

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My Worlds Is Empty With You – THE HEPTONES (reprise de « The Supremes »)

https://www.youtube.com/watch?v=2xsNFk-c9lo

 

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I Wanna Hold Your Hand – SLIM SMITH

https://www.youtube.com/watch?v=04q7ATkasU8

Aussi à cette époque-là pour être clair, une autre guerre faisait rage en coulisses . Deux producteurs aussi audacieux que véreux créaient leur label : Duke Reid, et son Treasure Isle, et Coxsone et son Studio One, et la chasse aux nouveaux artistes rocksteady s’intensifia pas toujours dans les règles, pour proposer au final : une richesse de catalogue absolument stupéfiante qui fait encore aujourd’hui les beaux jours de ces deux monstres de la production jamaïcaine.

 

 

Chez le Treasure Isle du Bad Boy Duke Reid, les principales stars de l’époque s’appelaient : Phyllis Dillon (« la diva rocksteady »), The Paragons de John Holt, The Jamaicans, The Techniques de Pat Kelly, The Melodians, The Ethiopians, Justin Hinds and The Dominoes… sans parler de ceux qui mangeaient à tous les râteliers, comme Alton Ellis par exemple.

 

Man Next Door – THE PARAGONS

https://www.youtube.com/watch?v=xKzG53ZuH5I

 

Taking Over Orange Street – GLEN ADAMS

https://www.youtube.com/watch?v=LWIV73icUIg

 

Quant au Studio One du roublard Dodd Coxsone, contrairement à Treasure Isle, il ne se cantonna pas au seul rocksteady, mais dénicha tout de même : les Heptones, les Gaylads, Ken Boothe, Delroy Wilson, Marcia Griffiths, The Wailing Souls… et Alton Ellis, of curse !

 

Let Them Say – BOB ANDY 

https://www.youtube.com/watch?v=Y02uC1IwqSE

 

Me And You – CARLTON & THE SHOES

https://www.youtube.com/watch?v=GNDhUtKt_bU

 

Dancing Mood – DELROY WILSON

https://www.youtube.com/watch?v=oZvtZEh3QUg

 

Yours Until Tomorrow – THE MINSTRELS

https://www.youtube.com/watch?v=1_h6bMjTZpw

 

 

Trois maîtres du genre : Desmond Dekker (1941-2006), Ken Boothe (1948-), Alton Ellis (1938-2008),

à retenir pour frimer en soirée.

 

 

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Alton Ellis (dans le style Rythm And Blues)

 

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Desmond Dekker (dans le style Rock)

 

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Ainsi en Jamaïque, le rocksteady fut un genre qui concerna tout le monde, et auxquels tous s’essayèrent. D’ailleurs, la plupart des artistes reconnus n’enregistraient pas pour un seul et unique producteur, comme ce fut le cas pour le cultissime Slim Smith et beaucoup d’autres. Petite revue d’effectif des indépendants évitant de bosser de façon continue avec les deux frères ennemis Duke Reid et Dodd Coxsone :


 

 Trying To Keep Me Down – ERROL DUNKLEY

https://www.youtube.com/watch?v=8UhRFgXlkPE

 

Pick My Pocket – THE VERSATILES

https://www.youtube.com/watch?v=VKdqBQ7pkeg

 

 

La postérité laissée par le rocksteady est forte mais teintée de nostalgie. Si beaucoup de musique ont été reprises pour servir de bases à de nouveaux tubes, il faut avouer que la relève « active » s’est longtemps fait attendre (contrairement à celle du ska), jusqu’à proposer il y a peu, Alpheus (2011), un Jamaïcain qui retourne aux sources du reggae, et Resonators (2012), des Anglais bien cool.

Live And Learn – ALPHEUS

https://www.youtube.com/watch?v=s9qdqbsuiqo

 

Try Again – RESONATORS

https://www.youtube.com/watch?v=5s14chJO634

 

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Je vous laisse pour finir trois perles qui achèvent notre tour Rocksteady en 25 chansons. Et je compte sur vous pour donner un nouveau souffle à ce genre qui risque de revenir à grande vitesse.

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Pour tous les amateurs de Oldies… 

 

 

Publié il y a 24th July 2014 par Youss L1

Libellés: Top Music Youss

 

64 SPÉCIALE DUB JAMAIQUE 12 07 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 27 min

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Volume !
1 : 1  (2002)
Varia
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………… Wilfried Elfordy
Le Dub jamaïcain : du fond sonore au
genre musical
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Référence électronique
Wilfried Elfordy, «  Le Dub jamaïcain : du fond sonore au genre musical », Volume ! [En ligne], 1 : 1 | 2002, mis en
ligne le 15 mai 2004, consulté le 12 mars 2014. URL : http://volume.revues.org/2500
Éditeur : Editions Seteun
http://volume.revues.org
http://www.revues.org
Document accessible en ligne sur : http://volume.revues.org/2500
Ce document est le fac-similé de l’édition papier.
Editions Seteun
Wilfried ELFORDY, « Le dub jamaïcain : du fond sonore au genre musical », Volume ! La revue des
musiques populaires, n° 1(1), 2002, p. 39-46
Éditions Mélanie Seteun
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Résumé. Etudier la musique dub, c’est remonter au berceau d’un grand nombre de musiques populaires urbaines de la fi du vingtième siècle (rap, disco remix, trip-hop…). Nous
allons donc donner dans cet article une vision globale du dub jamaïcain autour d’une
réflxion qui aura pour enjeux de déterminer si cette musique peut être considéré comme
un « genre musical ». On s’intéressera notamment au travail novateur de certains ingé-
nieurs du son sur de la matière sonore préenregistrée dans les studios d’enregistrement de
Jamaïque au début des années soixante-dix.
Mots-clefs. Dub – Reggae – Musique populaire – Jamaïque.
le dub jamaïcain :
du fond sonore au genre musical
par
Wilfried ELFORDY
Université de Tours, département de musicologie
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Volume! 2002 – 1
Celafait maintenant près de quarante ans que la Jamaïque, une île des Caraïbes comptant moinsde trois millions d’habitants, inonde le marché du disque de musiques « populaires », telles
que le mento, le rocksteady, le ska, ou encore le reggae. Pourtant, le succès mondial du reggae et de son
emblématique porte-parole Bob Marley, associé au rastafarisme 1, cache quelques innovations musicales bien
plus importantes, notamment en ce qu’elles ont pu apporter aux musiques électroniques et amplifies de la
fi du vingtième siècle. En effet, est née en Jamaïque aux alentours de 1968 2, une musique connue sous le
nom de dub. Plus discrète que le reggae, elle s’avère pourtant bien plus inflente sur nos musiques urbaines contemporaines que ce dernier, tout au moins sur le plan technique et musical. Ce paradoxe vient du
fait que le dub est défiit de manière générale 3 par l’approche technique de la matière sonore qu’il soustend 4. On pratique le dub, mais en déconsidérant l’aspect musical (condamné à n’être qu’un simple « fond
sonore » 5). On le présente alors comme un style de reggae.
Mais le dub jamaïcain ne peut-il pas être considéré comme un genre musical à part entière, un modèle dont
un certain nombre de traits de caractères feraient se réunir dans une même famille des styles musicaux différents 6 ? C’est à cette question que nous allons tenter de répondre dans le présent article, en éclairant dans
un premier temps les facteurs qui nous ont conduit à une telle problématique.
I. Techniques et innovations musicales
Si nombreux sont ceux qui considèrent le dub comme un ensemble de techniques, c’est avant tout parce
qu’ils associent cette musique aux outils de création qui lui sont dédiés ou à des traits culturels vecteurs de
technicité : le compositeur de morceaux dubs, le sound system 7, le dub-plate… Prenons pour exemple le
cas du compositeur. Ce dernier, ingénieur du son aussi appelé dub-master ou mixer 8, est un passionné de
l’électronique et du son, sans formation musicale particulière, dont le but avoué est d’entrer au cœur de la
matière sonore à l’aide d’effets spéciaux pour changer ses paramètres (hauteur, intensité, durée, couleur…).
Fait nouveau dans le monde de la composition musicale, le dub est la musique de techniciens du son. On
comprend alors pourquoi des traits sociaux, bien qu’ayant participé à l’émergence du dub, ont aussi eu pour
conséquence de stigmatiser ce dernier au détriment de la musique.
Des expérimentations matérielles novatrices menées en studio par les mixeurs pour composer du dub eurent
la même conséquence. C’est, en effet, à l’aube des années soixante-dix, que le studio d’enregistrement 9,
initialement équipé pour enregistrer des disques, devint une sorte d’instrument de musique sous l’impulsion
de dub-masters comme King Tubby et Errol Thompson. Ces derniers n’hésitèrent pas à modifir concrètement leurs outils de travail, souvent rudimentaires, pour pratiquer d’innovantes expérimentations sonores.
Par exemple, un simple magnétophone à bandes se métamorphosait dans les mains de King Tubby en une
sorte « d’échantillonneur à bandes », un instrument avec lequel on conserve des portions d’une chanson
déjà enregistrée et enchaîne cette matière sonore de manière nouvelle 10. De même, ce dernier se bricola
en 1974 un effet d’écho qu’on a prit l’habitude d’appeler « écho à bandes » 11. Le principe en était simple :
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il suffiait d’isoler une boucle de bande magnétique (une séquence musicale), qu’on passait ensuite sur les
têtes d’un vieux magnétophone deux pistes, le tout en jouant sur la vitesse de déroulement de la bande.
Cette séquence était fialement injectée dans le morceau dub lors du mixage.
Le troisième facteur de technicité qui fausse la défiition du dub est l’incidence musicale de ces expérimentations matérielles. Le travail de composition du mixeur s’apparente ici à un jeu de construction. Pour faire
un dub, le mixeur va utiliser comme matière sonore de base le riddim 12 d’une chanson reggae. En fait, il
va séparer dans une chanson le riddim des pistes vocales et instrumentales, puis découpera les pistes ainsi
obtenues. Il pourra alors entamer la composition de son morceau en élaborant, autour du riddim, une dramatique musicale différente de celle de la chanson dont il se sert. Pour cela, le mixeur injectera lors du
mixage des «enveloppes sonores» 13, de la même manière qu’un compositeur « classique » aurait utilisé des
notes 14. Il pourra par la suite mettre en relief à son gré certaines de ces « enveloppes », principalement
grâce à des méthodes d’arrangement (disposition des enveloppes sonores…), d’égalisation (accentuation
du volume sonore…), ou l’aide d’effets spéciaux (écho, déphasage, réverbération…).
Bien que ces manipulations semblent prendre le pas sur l’idée même d’un paysage sonore spécifiuement
« dub » 15, on ne peut s’empêcher de penser qu’il manque, pour défiir cette musique, une étude de son
univers sonore. C’est pourquoi nous allons l’effectuer maintenant.
II. Un nouvel univers sonore
Sur le plan sonore, le dub comporte tout d’abord un aspect récurrent incarné par un ensemble basse/
batterie surexposé. En effet, le passage de l’univers musicale du reggae à celui du dub entraîne la disparition
de certaines lignes mélodiques (celles du chant ou des cuivres) pour une mise en avant de la rythmique. Des
indices plus précisément délimités nous permettent aussi de repérer l’espace sonore du dub. Par exemple,
les effets d’écho et de réverbération, tels qu’ils sont utilisés par les mixeurs, peuvent dilater et/ou transformer l’espace sonore dans lequel ils évoluent. La réminiscence d’un thème peut, d’autre part, servir de lien
entre la chanson reggae et le morceau dub. C’est un lieu où l’oreille de l’auditeur pourra se reposer, un terrain connu. L’auditeur pourra aussi remarquer qu’une fois le mixage du morceau dub accompli, la situation
d’isolement de certaines enveloppes sonores décrira un lieu infiiment vaste et inconnu.
Bien qu’une description détaillée de ces enveloppes sonores soit ici une entreprise vaine, on peut tout de
même en donner les principales caractéristiques. Tout d’abord, on retrouve les instruments familiers du
reggae : batterie, claviers, cuivres, basse et guitare électriques. On y entend aussi d’éclectiques images sonores (des sons transformés, des bruitages incongrus ou des mélodies rapportées), parfois réunies autour de
thématiques pour contribuer à un imaginaire inflencé par le cinéma (western, science-fition, kung-fu),
la bande dessinée ou la religion (Bible, éthiopisme…), mais plus souvent n’ayant de commun que l’univers
dans lequel elles sont projetés 16.
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En résumé, on peut dire que le dub ne peut pas être réduit à un simple « ensemble de techniques » qui visent
à remixer une chanson reggae, car les mixeurs cherchent à travers cette musique à faire passer des émotions
particulières (étonnement, excitation…) en entraînant l’auditeur dans un paysage sonore différent de celui
du reggae. Le dub est conçu pour mettre les sens en éveil par différents traitements de la matière sonore. On
note alors deux approches sonores différentes, l’une concentrée sur la transformation du son, et l’autre sur
la création de paysages sonores. En effet, si Perry entrevoit dans le dub la possibilité de créer de petits univers
sonores fait de bruitages, de gags sonores, d’onomatopées ou de salades de mots délirantes 17, Tubby l’aborde
plutôt comme un moyen de faire évoluer le son jamaïcain 18 (en modifint les timbres, saturant les sons de
la grosse caisse…). Ces différentes approches renforcent l’identité d’une musique défiitivement détachée
du reggae.
On peut d’ailleurs constater qu’il existe des points de basculement qui détachent l’auditeur de l’univers
du reggae pour l’emmener progressivement vers celui du dub. Certains mixeurs exécutent, par exemple,
un geste compositionnel qui consiste à commencer un morceau dub par un extrait de la chanson originale
(celle qui sera placée sur la face A du disque), puis à en réduire l’orchestration à sa substantifiue moelle,
l’ensemble basse/batterie, provoquant concrètement la sensation de basculement.
D’une autre manière, les producteurs se servent des pochettes d’albums pour rendre le dub tributaire d’une
image différente de celles des musiques distribuées sur le marché du disque jamaïcain; on remarque pré-
cisément que cette imagerie proche d’un « surréalisme pictural » décrit des situations liées aux esthétiques
« fantastique » (« Scientist Rids the World of the Evil Curse of the Vampires » de Scientist) et de « sciencefition » (« Scientist And Jammy Strike Back ! » de Scientist et Prince Jammy) à l’opposé de celles délivrées
par les disques reggae, en cela que les pochettes de ces derniers montrent généralement des photos d’artistes, d’armes ou de cannabis. Politisées, violentes ou à connotations sexuelles, les pochettes de disques de
reggae expriment plutôt la réalité du quotidien.
On ajoutera aussi que les dub-masters créent un décalage entre la terminologie dub et celle plus traditionnelle du reggae en s’inventant des surnoms 19 en adéquation avec l’univers musical et pictural précédemment
décrit. On appellera alors « King Tubby » (« le roi des tubes cathodiques ») le dub-master Osbourne Ruddock. On préférera aussi aux noms Neil Fraser et Hopeton Brown ceux, respectivement, de Mad Professor
(« Professeur fou ») et « Scientist » (« Scientifiue »). En s’emparant des clichés de la vision humaine du
futur véhiculée par le cinéma et la bande dessinée, les mixers et les producteurs offraient au dub, avec
un second degré non dissimulé, l’image crédible d’une musique futuriste. Le dub est donc une musique
jamaïcaine originale qui se différencie en tout point du reggae. Cependant, il nous reste encore à en défiir
l’essence.
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III. L’essence du dub
Comprendre le dub, c’est avant tout saisir l’importance de son inflence sur l’ensemble des musiques populaires qui sont, à un moment ou à un autre, entrées en contact avec la musique jamaïcaine dans les années
soixante-dix. Pour des raisons historiques 20 ou liées à des mouvements migratoires importants 21, les pays
dont nous étudierons les musiques sont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
Depuis la fi de la seconde guerre mondiale, une tendance à l’émigration fait qu’une communauté
jamaïcaine déshéritée est présente aux Etats-Unis. La méthode de travail du son que s’est révélé être le dub
(découpage des morceaux, ajout d’effet…) a donc pu se généraliser dans le monde des musiques urbaines
(en notant tout de même que les racines de ces musiques américaines sont nombreuses, variées et parfois
paradoxales). Il existe de nombreux indices (historiques ou musicaux) permettant de rapprocher la «culture
des sound-systems» de celles plus tardives du rap des ghettos new-yorkais 22, et des musiques populaires électroniques 23 (disco remix…). Mais si l’on veut résumer l’apport des dub-masters sur la modernisation des
techniques de composition aux Etats-Unis, on peut dire que dans les musiques où l’on considère la table de
mixage comme un instrument de musique et le deejay/mixer comme un artiste, on est incontestablement
sous l’inflence du dub.
En Grande-Bretagne, l’inflence du dub fut particulière, car cette musique y avait déjà trouvé un écho à
travers la personne d’Adrian Sherwood (producteur et mixeur anglais). Ce dernier imposa dès la fi des
années soixante-dix une empreinte mêlant inflences rock, funk, rythmes steppers (un style plus énergique
de reggae né en Angleterre), techniques du dub, racines analogiques (utilisation de bandes, effets…) et
sonorités électroniques. Ce métissage fut un premier pas vers un style de dub purement anglais, qui sera
suivie au cours des années quatre-vingt-dix par des labels comme Universal Egg, Third Eye Music ou Word
Sound. Mais plus important encore, la création d’un tel style de dub a permis aux musiques pop britanniques
de s’imprégner du dub jamaïcain. On retrouvera alors le dub dans des productions de groupes rocks, triphops ou jungle (The Clash, XTC, The Wild Bunch, Asian Dub Foundation…). Cependant, on constate que
tout ces métissages sont le fruit de politiques consistant à réunir différentes communautés autour de projets
culturels. On considère la richesse sonore de chaque musique pour l’exotisme qu’elle apporte. Ce n’est pas
le travail que peut effectuer le dub-master qui est pris en compte ici, même si la composition à partir de
boucles sonores n’est pas sans rappeler celle des aînés jamaïcains. Reste, pourtant, ce sentiment que l’on
cherche à donner à l’auditeur l’impression d’entendre du dub, au travers de quelques clichés : un univers
submergé d’échos, d’effets sonores aériens, de profondes basses réverbérées, et de rythmiques hypnotiques.
Peut-être est-ce là un moyen d’emmener le dub vers de nouveaux horizons. Mais alors, quelle est la véritable
nature du dub ? Quelle est la défiition la plus juste qu’on puisse lui donner ?
On constate à l’écoute de l’album « No Protection », réalisé par le dub-master anglais Mad Professor en
1995 à partir de l’album « Protection » (Circa Records, 1994) de Massive Attack, que l’on tient là une œuvre
qui synthétise parfaitement les facteurs d’originalités du dub. En premier lieu, Mad Professor utilise déli
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bérément son matériel de manière peu optimale. Il met les technologies actuelles à l’épreuve, à la manière
de King Tubby. Cela donne des morceaux aux paysages sonores proches de ceux développés dans le dub
des origines, régis par le même principe de dilatation de l’espace-temps et une vision « surréaliste » de la
musique que viennent à envier certains des plus grands dub-masters comme « Scratch » 24. De plus, le travail
effectué par le Mad Professor sur la voix est proche de celui de Perry 25 (un univers qui se défii par ses
textes hachés, onomatopées et autres glossolalies); en ajoutant à cela une mise en avant de la rythmique
basse/batterie 26 et une application d’effets (écho, reverb, phaser…) sur les enveloppes sonores.
Réalisé à partir d’un album trip-hop (« Protection »), les morceaux de Mad Professor montrent surtout que le
caractère « reggae » du dub originel n’est pas une de ses spécifiités. Il y a, en effet, beaucoup de disc-jockeys
qui considèrent le dub comme le versant expérimentale du reggae. Si Tubby et ses disciples ont développés le
dub autour du reggae, c’est avant tout parce que les studios et les producteurs, pour lesquels ils travaillaient,
leur offraient essentiellement ce type de matière sonore. Il ne faut pas oublier que Perry, tout comme
d’autres compositeurs jamaïcains, livraient parfois des œuvres teintées de rythmes « souls » et « funks ».
Nous pouvons alors conclure sur une défiition du dub qu’on peut résumer comme étant l’art de transformer la matière sonore d’un album de musique populaire (rock, trip-hop, reggae, disco, funk…) en un album
qui met en avant l’ensemble basse/batterie, à l’aide de la technologie de studio et des techniques développées par King Tubby et ses disciples. « Lorsque le dub est bien fait, il prend chaque fragment et l’imprègne
d’une nouvelle vie, transformant un ordre rationnel de séquences musicales en un océan de sensations. » 27
C’est le principal facteur d’originalité du dub jamaïcain, celui qui le sépare défiitivement de son image de
« version » pour lui offrir celle de genre musical. Et même si beaucoup d’albums dub des années soixante-dix
n’étonnent plus vraiment l’auditeur d’aujourd’hui, on peut comprendre que l’important dans cette musique n’est pas tant dans le résultat musical à proprement parler, mais plutôt dans le fait qu’elle fut celle de
« visionnaires » jamaïcains ayant anticipé trente ans de musiques populaires urbaines du monde entier.
Bibliographie
BARROW (S.) et DALTON (P.), Reggae: The Rough Guide, Rough Guides/Penguin, 1997, 395 p.
BLUM (B.), Le reggae, Librio musique, Paris, mai 2000, 95 p.
CHEESEMAN (P.), « History Of House », DJ magazine, 1985
CONSTANT (D.), « Aux sources du reggae. Musique, société et politique en Jamaïque », Epistrophy, 1986/2, Editions
Parenthèses.
KATZ (D.), People Funny Boy : The Genius Of Lee «Scratch» Perry, Payback Press, 2000
« Mad Professor », The Wire, 148, june 1996
SALEWICZ (C.) et BOOT, (A.), Reggae Explosion – histoire des musiques de Jamaïque, Editions du Seuil, 2001
TOOP (D.), Ocean Of Sound : Ambient music, mondes imaginaires et voix de l’éther, Kargo, Cahors, 2000
« Trip-hop », Mix Mag, June 1994.

 

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Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 54 min

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Charte de la Campagne BDS France

Charte des principes qui guident notre action pour le BDS

1 – Le boycott représente une prise de position, c’est un acte de dénonciation politique qui se poursuivra jusqu’à ce qu’Israël s’engage clairement dans le respect du droit international, la fin de l’occupation et de la colonisation.

2- Cette campagne de Boycott de l’Etat d’Israël en tant qu’occupant et colonisateur, comme celle du Boycott de l’Afrique du Sud de l’Apartheid, n’est pas une fin en soi, destinée à discriminer une population. Elle constitue un outil de pression sur nos gouvernements pour qu’ils appliquent des sanctions et un levier sur le gouvernement israélien, qui servira à imposer la seule issue pour cette région : l’application du droit international et le respect des droits des Palestiniens.

3- Notre action est éthique, citoyenne et politique.

Elle s’inscrit dans notre combat permanent contre toute forme de racisme.

Elle ne vise pas des personnes ou des groupes en raison de leur origine ou de leur religion juive, ni leurs entreprises ou leurs produits.

Nous faisons une différence évidente entre un produit israélien que nous boycottons, et un produit casher produit par une entreprise non israélienne que nous ne boycottons pas.

Ce boycott ne vise pas la société israélienne ni les individus qui la composent, en tant que tels, il vise la politique coloniale d’occupation israélienne et ses partisans.

 

4 – Nous nous engageons

À refuser d’acheter ou de consommer les produits et les services de l’économie israélienne ;

À refuser de participer à toute action culturelle sportive… promue en France par des institutions officielles israéliennes ;

À informer les partenaires commerciaux ou institutionnels des raisons de notre boycott ;

À mener des campagnes d’information et de sensibilisation du public sur les raisons du boycott, et sur les entreprises françaises qui participent à l’occupation et à la colonisation israélienne ;

À mener des actions d’information auprès des entreprises et comités d’entreprise français sur les produits israéliens et les raisons de cesser leur distribution.

5 – Notre action est non violente et respecte les personnes et les biens.

 

C’est le nombre de citoyens, associations, organisations syndicales et politiques qui nous rejoindront dans cette campagne solidaire et déterminée qui permettra d’atteindre ce but.

 

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Appel de la Campagne BDS France

Appel pour une Campagne nationale de
Boycott Désinvestissement et Sanctions (BDS)

IL FAUT DIRE STOP À ISRAËL !

Nous constatons que loin de chercher une solution juste et pacifique avec les Palestiniens, Israël, à travers ses gouvernements successifs, s’engage toujours plus avant dans la violence de l’occupation, de la colonisation, la violation des droits humains et du droit international. Cette situation a atteint un point culminant en 2009 avec l’offensive criminelle sur Gaza dont le siège se poursuit. Le nouveau gouvernement israélien ne programme, pour seul horizon, que le transfert des Palestiniens, la poursuite de la colonisation et un régime légal discriminant envers les citoyens palestiniens d’Israël qui s’apparente de plus en plus à celui de l’ex-Apartheid sud africain.

Les droits des Palestiniens sont bafoués depuis trop longtemps, nous devons agir !

Nous considérons que la politique destructrice d’Israël se poursuit parce que personne ne l’arrête. La communauté internationale ne joue pas son rôle, l’Union Européenne et le gouvernement français les premiers :

  • Qui refusent de sanctionner les violations des droits humains par la suspension des accords d’association conférant à cet état un statut de partenaire commercial et économique privilégié ;
  • Qui veulent même aujourd’hui imposer le renforcement de ces privilèges ;
  • Qui ne suivent pas non plus les avis de la Cour Internationale de Justice les incitant à prendre des mesures contre l’illégalité du Mur dit de Séparation et contre la colonisation en Cisjordanie, ni même sur la détention de milliers de prisonniers politiques.

Cette communauté internationale ne fait rien pour empêcher les assassinats ciblés, l’emprisonnement de députés élus démocratiquement, les châtiments collectifs, ni pour la levée du siège de Gaza.

Nous, société civile française, citoyens, associations, organisations syndicales et politiques, décidons de nous engager activement dans la Campagne internationale de BDS appelée à l’unanimité de la société civile palestinienne:

…«Nous, représentants de la société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les hommes et femmes de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissements contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid. (…)

Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos États respectifs afin qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël.

Ces mesures de sanction non violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international. »…

Cet appel palestinien a été adopté par des centaines de mouvements progressistes internationaux dont de nombreux militants, associations et intellectuels israéliens opposés à cette politique coloniale.

Nous nous engageons à agir dans un cadre politique, citoyen et éthique, sur la base de la charte des principes jointe, pour une véritable mise en œuvre de cette campagne, en créant des cadres unitaires de mobilisation, d’information, et/ou d’action, ou au sein de collectifs déjà existants.

Appel de la société civile palestinienne

Appel au Boycott, aux Sanctions et aux Retraits des Investissements contre Israël jusqu’à ce qu’il applique le Droit International et les Principes Universels des Droits de l’Homme.

Un an après que l’avis consultatif historique de la Cour Internationale de Justice (CIJ) qui a jugé illégal le mur qu’Israël construit sur le territoire palestinien occupé, Israël continue sa construction du mur colonial au mépris total de la décision de la Cour. Après trente huit ans d’occupation par Israël de la Cisjordanie palestinienne (y compris Jérusalem-Est), de la Bande de Gaza et des Hauteurs du Golan syriens, Israël continue à accroître les colonies juives. Il a unilatéralement annexé Jérusalem-Est Occupé et les Hauteurs du Golan et annexe maintenant de facto de grandes parties de la Cisjordanie à l’aide du mur. Israël prépare également, dans l’ombre, son redéploiement prévu de la bande de Gaza – pour établir et accroître les colonies en Cisjordanie. Cinquante sept ans après que l’État d’Israël ait été établi principalement sur la terre ethniquement nettoyée de ses propriétaires palestiniens, une majorité de Palestiniens sont des réfugiés, dont la plupart sont apatrides. D’ailleurs, le système de discrimination raciale contre ses propres citoyens Arabes-Palestiniens derrière lequel il s’est retranché demeure intact.

À la lumière des violations persistantes du droit international par Israël, Étant donné que, depuis 1948, les centaines de résolutions de l’ONU ont condamné les politiques coloniales et discriminatoires d’Israël en tant qu’illégales et ont appelé à des remèdes immédiats, proportionnés et efficaces, Étant donné que toutes les formes d’intervention internationale et de tentatives de paix n’ont pas jusqu’ici convaincu ou forcé Israël à se conformer à la loi humanitaire, à respecter les Droits de l’Homme fondamentaux et à mettre fin à son occupation et son oppression du peuple de la Palestine, En raison du fait que les peuples de conscience parmi la communauté internationale ont historiquement Appel au Boycott, aux Sanctions et aux Retraits des Investissements contre Israël endossé la responsabilité morale de combattre l’injustice, comme illustré dans la lutte pour abolir l’Apartheid en Afrique du Sud par diverses formes de boycott, de retrait d’investissement et de sanctions; Inspirés par la lutte des Sud-Africains contre l’Apartheid et dans l’esprit de la solidarité internationale, de la cohérence morale et de la résistance à l’injustice et à l’oppression.
Nous, représentants de la société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs afin qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. Nous invitons également les Israéliens honnêtes à soutenir cet appel, dans l’intérêt de la justice et d’une véritable paix. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international en :

1. Mettant fin à son occupation et à sa colonisation de tous les terres Arabes et en démantelant le Mur
2. Reconnaissant les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue; et
3. Respectant, protégeant et favorisant les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU.

 

Bernard, Jean-Pierre, Loïc et Yamann, militantEs BDS (Boycott – Désinvestissement – Sanctions) étaient convoquéEs devant le tribunal correctionnel de Toulouse le jeudi 30 juin. Déjà reporté le 9 décembre dernier, le procès est renvoyé une nouvelle fois au 22 septembre et encore une fois à la demande des officines pro-israéliennes déclarées parties civiles.Les 4 prévenus sont poursuivis au départ pour « entrave à l’exercice normal d’une activité économique » sur dénonciation de la LICRA locale et du BNVCA reprise par le procureur. Le dossier « entrave » était tellement peu sérieux que deux nouvelles officines (France Israël et Avocats sans frontières) ont lancé une seconde accusation, pour les mêmes faits, via une « citation directe » celle « d’incitation à la discrimination… liée à une nation », basée sur la loi de la presse.

Les 4 officines auxquelles s’est joint, à la dernière minute et pour la première fois dans un procès contre le mouvement BDS, le CRIF Toulouse (Conseil prétendument Représentatif des Institutions Juives de France) ont prétexté ne pas avoir eu le temps de travailler les conclusions de la défense communiquées, à leur avis, trop tard. Alors qu’aucune d’entre elles n’a remis une seule ligne de conclusion ! Qu’à cela ne tienne, le procureur est venu porter secours aux parties civiles empêtrées dans l’imbroglio juridique qu’elles ont elles-mêmes créé en soutenant le report.

Pendant ce temps-là, à peu près 300 personnes venues de toutes les régions de France (Marseille, Lyon, Paris, Bordeaux, Perpignan, Couserans, Montauban, Figeac, Nîmes, Albi, Pau, Auch, Agen, Montpellier…) ont participé au rassemblement de soutien devant le tribunal. Une réussite par le nombre et la diversité des participants qui s’appuie sur une campagne unitaire de longue haleine. De nombreux messages de soutien d’organisations, de personnalités et de simples citoyens sont parvenus de toute la France et aussi de l’étranger.Le CRIF et le gouvernement français relaient la stratégie de l’État d’Israël dans sa campagne de diffamation et d’intimidation contre BDS considéré comme une « menace stratégique ». Cette stratégie d’usure et de pressions, loin d’affaiblir la détermination de ceux qui luttent pour la justice et les droits des palestiniens, apparaît de plus en plus clairement comme une atteinte délibérée contre la liberté d’expression et renforce une solidarité active de tous ceux qui y sont attachés.

Il nous faut donc maintenant continuer à construire cette campagne en vue de préparer le rassemblement du jeudi 22 septembre à partir de 13h devant le tribunal de Toulouse, poursuivre la signature de la pétition et le soutien financier plus que jamais nécessaire.

Comité BDS France Toulouse
Le 4 juillet 2016

 

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Pourquoi la campagne BDS ?

Nous considérons que la politique destructrice d’Israël se poursuit parce que personne ne l’arrête. La communauté internationale ne joue pas son rôle, l’Union Européenne et le gouvernement français les premiers :

Qui  refusent de sanctionner  les violations des droits humains  par la suspension des accords d’association conférant à cet Etat un statut de partenaire commercial et économique privilégié.Qui veulent même aujourd’hui imposer le renforcement de ces privilèges.Qui ne suivent pas non plus les avis de la cour internationale de Justice les incitant à prendre des mesures contre l’illégalité du Mur dit de Séparation et contre la colonisation en Cisjordanie, ni même sur la détention de milliers de prisonniers politiques.Cette communauté internationale ne fait rien pour empêcher les assassinats ciblés, l’emprisonnement de députés élus démocratiquement, les châtiments collectifs, ni pour la levée du siège de Gaza.

Nous, société civile française, citoyens, associations, organisations syndicales et politiques, décidons de nous engager activement dans la Campagne Internationale BDS.

1 – Le boycott représente une prise de position

2- Cette campagne de Boycott de l’Etat d’Israël en tant qu’occupant et colonisateur, comme celle du Boycott de l’Afrique du Sud de l’Apartheid, n’est pas une fin en soi, destinée à discriminer une population. Elle constitue un outil  de pression sur nos gouvernements pour qu’ils appliquent des sanctions et un levier sur le gouvernement israélien, qui servira à imposer la seule issue pour cette région : l’application du droit international et le respect des droits des Palestiniens.

3- Notre action est éthique, citoyenne et politique.

Elle s’inscrit dans notre combat permanent contre toute forme de racisme. Elle ne vise pas des personnes ou des groupes en raison de leur origine ou de leur religion juive, ni leurs entreprises ou leurs produits. Nous faisons une différence évidente entre un produit israélien que nous boycottons, et un produit casher produit par une entreprise non israélienne que nous ne boycottons pas. Ce boycott ne vise pas la société israélienne ni les individus qui la composent, en tant que tels, il vise la politique coloniale d’occupation israélienne et ses partisans.

4 – Nous nous engageons

À refuser d’acheter ou de consommer les produits et les services de l’économie israélienne ; À refuser de participer à toute action culturelle sportive… promue en France À informer les partenaires commerciaux ou institutionnels des raisons de notre boycott ; À mener des campagnes d’information et de sensibilisation du public sur les raisons du boycott, et sur les entreprises françaises qui participent à l’occupation et à la colonisation israélienne ; À mener des actions d’information auprès des entreprises et comités d’entreprise français sur les produits israéliens et les raisons de cesser leur distribution.

5 – Notre action est non violente et respecte les personnes et les biens.

 

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61 DAVID STYGMATE ET LISE CABARET 21 06 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 35 min

Biographie de David Stygmate

Son groupe avec lequel il a partagé de nombreuses scènes avec le groupe mythique « Parabellum » dont il a aussi organisé les concerts, il jouait jusqu’alors avec Sven (disparu en janvier 2017) le guitariste de Parabellum et du Bal des enragés avec le groupe « Fatal Monstrum ». Il a également partagé la scène des groupes tels que Lofora, les Ramoneurs de Menhir, les Wampas, Skip the use, les Cadavres.

Lise Cabaret a grandi et mûri ses textes, tantôt festifs, tantôt acides ; des textes qui se souviennent, et font se souvenir. Inspirée par l’humain et le nocturne, Le décadent et l’enjoué, elle fait de sa guitare un instrument de résistance et de quotidien. Avec la résonance chaude d’une voix qui ne s’oublie pas…
David Stygmate est lui aussi auteur compositeur interprète. Issu du milieu Punk Rock, il travaille depuis plus de 20 ans avec les groupes phares de la scène Rock tels que Fatal Monstrum, Diego Pallavas, Miss Helium ou encore Stygmate dont il est le leader. David « c’est comme la beauté Fellinienne, à tâtons dans le noir, les aspérités de sélène… » (bat bat)
La fusion de leurs univers nous transporte dans une atmosphère parfois sombre, parfois piquante mais surtout captivante et incomparable. Depuis la création du duo au début de l’année, ils ont déjà parcouru de nombreux lieux de concerts en France. Le maquis au cœur et la langue tranchante comme un couteau.

« Pantalon destroy et bracelet de force, Lise Cabaret incarne une rébellion cloutée, le capillaire travaillé crasseux et la corde vocale semi-rocailleuse, elle s’élève sur le fil du rasoir, se brisant parfois au gré des salves électriques (…) Grunge oui mais avec du rouge à lèvres, les monologues de riffs s’assourdissent derrière les paroles assoiffées de liberté.En gros, la life est complètement merdique et si tu oses t’aventurer dans les ruelles de Paname la grande maquerelle du rêve, soit tu crèves pour une croûte de fromage comme un rat au fond d’une poubelle, soit tu aimes et tu peux encaisser les coups» (Foggy’s Delight)

2013 Sortie du premier EP « Les hommes sensibles ».
2016 Rencontre avec le ténébreux punk rockeur David Stygmate (Stygmate, Miss Helium, Diego Pallavas). David a partagé de nombreuses scènes avec le groupe mythique « Parabellum » dont il a aussi organisé des concerts.
La fusion des univers de Lise Cabaret et David Stygmate forme un équilibre parfait entre chanson française et rock

 

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59 LILLABOX ET SÉBASTIEN BERTRAND 07 06 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 13 min

NOUS RECEVIONS SÉBASTIEN BERTRAND ET LILLABOX

Alors on te recevait en nov. 2011 pour le projet du chemin de la belle étoile sur des textes de Yannick Jaulin mise en musique par Sébastien Bertrand. Un beau parcours depuis ses débuts avec son oncle Thierry Bertrand à l’âge de 7 ans. Le chemin de la belle étoile racontait ton parcours depuis l’orphelinat du Liban à ton arrivée dans le pays marais en Vendée. Alors toujours fidèle à l’accordéon diatonique. Depuis 2011 tu as travaillé sur plein de projets, notamment le grand danse connection club en 2012, nahas project avec Lo Jo et un quatuor à corde pour des textes croisés de Sébastien Bertrand, Denis péan et Alban darche en mars 2013, tu participes à la créa de Born in Lebanon une ONG qui accompagne des adultes adopté au Liban en 2014.

Travail d’écriture dans les CP des pays de Loire, sur les thèmes de l’identité, de l’appartenance, sur 2mois en 2014

Tu es toujours à cheval entre le Liban et la France, sur ton dernier album, on retrouve toujours cette quête d’identité avec bouchara, carnaval et marche de tatihou

Mais aussi un lien avec l’actu et le déracinement avec la mazurka du voyageur.

Cet album est encore une fois très personnel lien avec le Liban mais également avec les lieux de ton enfance de ton parcours tu seras sur le festival de joutes de correns le 21.

Né au Liban, adopté en France à l’âge de neuf mois,  Sébastien Bertrand a grandi dans une famille de musiciens et de collecteurs du marais breton vendéen. Nourri des traditions musicales de sa terre d’adoption, il est reconnu comme un des grands noms des musiques traditionnelles, mais également comme un accordéoniste diatonique virtuose et des plus novateurs.

Après les créations collectives où il a associé divers genres: musiques traditionnelle, orientale, jazz, électro, hip hop, rock, théâtre, danse, cinéma … il reprend ici le fil de son spectacle autobiographique écrit avec Yannick Jaulin « Chemin de la Belle Etoile ».

Et c’est un album et un concert solo bouleversant qu’il nous offre, une musique puissante, innovante au son plein, respirant, vivant.

Compositeur et mélodiste talentueux, artiste généreux de l’instant et de la rencontre, il fait partager avec beaucoup de finesse et de subtilité ses pulsations intimes et ses voyages intérieurs entre Méditerranée et Atlantique.

D’un coup le temps s’arrête, le son vibrant de l’instrument nous happe, nous envahit et nous emmène loin du brouhaha … nous propulse au plus profond de nous-même, au cœur d’une émotion simple et vraie. 

Ses musiques racontent sa vie, celle d’un homme touchant au destin singulier, entre deux pays et deux cultures.

Inspiré par son Liban natal,  Sébastien Bertrand évoque sa quête d’identité dans Bouchara, « Bonne Nouvelle », son nom  d’emprunt attribué par l’orphelinat au Liban, Carnaval, écrit sur les toits de l’orphelinat à Beyrouth en écoutant la rue… « Aujourd’hui c’est carnaval – Nous mangeons Ket Ben Aye – Prendre le temps de respirer – Toutes ces odeurs du passé – Aujourd’hui je tombe le voile – Teint mat et cheveux frisés – Avec honneur et fierté – Plus peur d’être un étranger… », Marche de Tatihou & Nuit à Beyrouth.

Son analyse de la marche du monde et ses convictions personnelles donnent du sens à sa musique, entrent en résonnance avec l’actualité : La Mazurka du Voyageur parle d’un voyage sans frontière, sans visa, du droit de partager la terre et de changer d’espace, Terre Gagnée (Maraîchine des Ecluses & Salicorne), de la fragilité d’un territoire gagné sur l’océan, La Fraternelle, de l’importance du collectif.

Il livre des moments d’intimité : La Tranquillité, un petit chemin près de l’océan…

La Dorne, une maison qui l’a souvent accueilli … le lien charnel entre une mère et son enfant, Basmati musique surprenante du dedans, du ventre de l’instrument…, Ile était, petite musique délicate, Devant Bordeaux, un hommage à toutes celles et ceux qui ont accepté de dire, de partager devant un micro … Il nous entraîne dans la pulsation de danses renouvelées : Valse d’en Face, Le Temps, Suite du Cailloux… ou dans l’imaginaire splendide de Détournement, référence au « Chemin de la Détourne » où il a habité sur l’Ile d’Yeu et à la légende du voyageur qui, foulant une petite orchidée, en perd le sens de l’orientation, condamné à tourner en rond jusqu’à ce que quelqu’un vienne le délivrer : « On dit que les malicieux “fras”, petits hommes doués du pouvoir de faire ramollir les pierres auraient planté cette fleur »…

 

Cette production sonore est le reflet d’un travail entrepris depuis janvier 2015 autour de la création du spectacle solo « Traversées Diatoniques ». Cette création s’est articulée autour de « Labos Sonores » en solo ou en duo avec Pascal Cacouault. 

Co-production : Les Nuits Atypiques (33), Le Chantier – Centre de création des nouvelles musiques traditionnelles – Correns (83), Les Traversées de Tathiou – Conseil départemental de la Manche (50), La Soufflerie – Scène conventionnée de Rezé (44), avec le soutien financier de la DRAC et du Conseil régional des Pays de la Loire.

Musique traditionnelle : Cours d’accordéon diatonique

 

Sébastien BERTRAND : Titulaire du DE pour l’enseignement des musiques traditionnelles

 

En tant qu’accordéoniste diatonique, son jeu se caractérise par un toucher léger et rapide. Sa technique s’inspire des ornementations utilisées sur la « veuze » (cornemuse), instrument dont il maîtrise également la pratique, et des techniques du chant traditionnel. On le reconnaît à la manière de faire sonner son accordéon, à sa maîtrise du passage de l’air dans le soufflet.

Le souffle et la respiration sont au cœur de sa pratique instrumentale.    

Comme toute activité d’apprentissage, la proposition s’appuie sur la régularité et sur le suivi des progressions de l’élève. Pour distendre le temps et permettre une bonne immersion, une formule d’atelier, par niveaux et âges, permet de recevoir les élèves pour des sessions de 50 minutes et de créer une émulation de groupe…des cours individuels ou des programmes spécifiques sont disponibles sur demande…

Trois grilles de lecture de la musique : comme pour la majorité des musiques traditionnelles, un travail sur l’oreille et la mémoire sera valorisé et favorisé. Une tablature spécifique + partition seront également disponibles en complément.

L’élève pourra enregistrer les morceaux à la fin du cours et les retrouver sur un espace internet dédié.

Il ne s’agit pas de restreindre l’aire géographique des répertoires mais bien d’asseoir l’apprentissage technique et artistique de l’instrument – l’idée est que les élèves développent une autonomie et une curiosité à découvrir des répertoires nouveaux et à les partager.

Un travail de compositions spécifiques pour les cours (en complément du répertoire universel) : cette adaptabilité permet de répondre aux demandes des élèves sur les styles, de répondre à des difficultés techniques et d’adapter les propositions aux évolutions et rythmes de chacun.

Une pratique hors les murs : toutes les musiques trouvent écho face à un public – les musiques traditionnelles conjuguent l’idée du concert et de la pratique de la danse – des escapades artistiques régulières permettront à chacun de surmonter ses peurs, de partager et de donner un sens communautaire à l’apprentissage.

Des rencontres thématiques : il s’agit de provoquer et de permettre des rencontres avec des porteurs de l’instrument ou de cultures environnantes : master class, conférence, après-concert en coulisse, concert à domicile, exposition, fabrication/réglage…. 

Pour les Cours :

**Atelier principal : MusiKadomia – 35 Chemin de Crec’h an Devet – Servel – 22300 LANNION

**Atelier complémentaire : possibilité d’ouvrir un atelier au centre « Ti ar Vro Treger-Goueloù » – Cavan (22) – cette extension géographique peut permettre de faciliter la venue d’élèves de ce secteur et permet aussi de s’inscrire dans la dynamique culturelle du territoire.

Contact : Sébastien BERTRAND – 0607607849 - musikadomia@gmail.com -

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LILLABOX Mathieu DERANHOTet Alexandre HETZEL

Deux personnes qui se retrouvent après s’être trouvé à jouer ensemble dans le groupe cirrus c’était en 2010, décident d’unir leurs talents pour nous offrir cet album sorti le 24 mai avant un concert au divan du monde le 15 septembre.

Désireux de proposer un univers musical unique et novateur, deux musiciens (anciens membres du groupe Cirrus) réunis autour d’une même passion pour les musiques modernes astucieusement mêlées aux sonorités traditionnelles world, forment en 2013 le duo Lillabox.

Coups d’archets dynamiques et riffs inspirés leur permettent d’explorer et de fusionner différents univers (pop-rock, world), pour une alliance inédite.

Le duo nous offre ainsi un répertoire varié, aux mélodies tantôt douces, tantôt endiablées, se jouant des frontières conventionnelles, et nous invitant à une inoubliable et singulière expérience musicale.

Album « Faidherbe Street » (sortie le 24 mai 2016 label // Plaza Mayor)

 Mathieu Deranlot : Violoncelle // Alexandre Hetzel : Guitare // Youssef Hbeisch (trio Joubran) : Percussions
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22 avril 2020

57 LA REVOLUTION/LA COMMUNE DE PARIS 24 05 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 21 h 06 min

 

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LA GARDE NATIONALE
EN 1870 ET 1871

mercredi 11 mai 2016

 

 

Barricade rue de la Roquette 18 mars 1871

La Garde nationale de Paris, créée pendant la Révolution de 1789, a joué un rôle considérable pendant la Commune de Paris de 1871.

Début juillet 1789, les États généraux convoqués par le roi Louis XVI à Versailles viennent de se transformer en Assemblée constituante pour mettre fin à la monarchie absolue et construire une société de liberté, d’égalité et de fraternité.

À Paris, les notables bourgeois ont créé la première Commune de Paris pour administrer la ville. Ils se sont dotés d’une milice pour se protéger contre les troubles qui accompagnent les débuts de la Révolution. Cette force armée participera le 14 juillet à la prise de la Bastille.
Elle sera nommée Garde nationale et étendue à toutes les moyennes et grandes villes du pays par le décret du 12 juin 1790.

À l’origine, la Garde nationale est recrutée parmi les citoyens aisés dits «  actifs  », ainsi nommés parce qu’ils paient un impôt égal à trois journées de travail. Compte tenu de ce mode de recrutement, la Garde nationale est plutôt de tendance modérée. À partir de 1791, elle est influencée par les clubs révolutionnaires sensibles aux revendications populaires. Elle est à la pointe de l’insurrection qui renverse la monarchie en 1792 et proclame la République.

La première Commune de Paris, jugée par les Thermidoriens trop sensibles aux revendications populaires, est supprimée par le décret du 14 fructidor an II (31 août 1794).
Cependant, les gardes nationales, à Paris comme en province, perdureront pendant les régimes qui suivent la Première République : Consulat, Premier et Second Empires, Restauration de 1815, Monarchie de juillet en 1830, Deuxième République en 1848.

LA GARDE NATIONALE EN 1870 ET 1871

Pendant le Second Empire, la Garde nationale parisienne est peu active. Elle est réduite à 14.000 hommes et 60 bataillons. Après la déclaration de guerre à la Prusse fin juillet 1870, Napoléon III décide de doubler ses effectifs, mais le recrutement est lent parmi la population bourgeoise de la capitale.

Le renforcement s’accélère après les revers militaires et l’encerclement de Paris par les Prussiens. Fin septembre 1870, 250 bataillons sont formés et 300 000 hommes mobilisés. Une solde de trente sous par jour est accordée aux gardes nécessiteux, de plus en plus nombreux à cause du chômage consécutif au ralentissement de l’activité industrielle. La Garde nationale devient une milice populaire et républicaine qui s’oppose de plus en plus au Gouvernement (dit) de Défense nationale.
C’est le peuple en armes.

COMPOSITION ET FONCTIONNEMENT

La Garde nationale parisienne est composée de vingt légions, une par arrondissement. Chaque légion compte plusieurs bataillons ; leur nombre varie en fonction de la population de l’arrondissement. En septembre 1870, la Garde nationale parisienne est composée de 234 bataillons. Chaque compagnie compte environ 125 hommes. Les bataillons sont formés de quatre compagnies de marche (ou de guerre) et de quatre compagnies sédentaires. Les compagnies de guerre sont composées de volontaires et des gardes les plus jeunes ayant peu ou pas d’enfants. Les gardes des compagnies sédentaires restent à leur domicile. Un point de ralliement est fixé dans chaque quartier pour les besoins de leur service. Les gardes nationaux des compagnies de marche et sédentaires sont donc très proches des populations qu’ils représentent. Des bataillons spéciaux sont recrutés dans les administrations et services publics : Poste et télégraphes, Finances, Octroi, Banque de France, Chemins de Fer, etc.

La loi du 2 septembre 1870, confirmée par la circulaire du 6 septembre, organisait l’élection des officiers, sous-officiers et caporaux par les gardes nationaux de leur compagnie. Les officiers des compagnies de guerre élisaient leur chef de bataillon.
Ce mode de désignation des cadres aboutit à l’élection de citoyens actifs dans les organisations populaires : clubs, chambres syndicales, sections de l’Internationale.

LE SIÈGE DE PARIS PAR LES PRUSSIENS

Le gouvernement de défense nationale, installé à l’Hôtel de Ville, se méfie de la Garde nationale. Trochu, général bonapartiste, choisi comme gouverneur de Paris et chef du Gouvernement provisoire, les engage dans des sorties mal préparées dont l’objectif réel est de calmer leur ardeur patriotique et révolutionnaire en faisant des saignées dans leurs rangs. C’est le cas des sorties de Champigny, de Montretout et de Buzenval.

Le reste du temps, l’inactivité des gardes nationaux les incite à participer aux réunions des clubs, des sections de l’Internationale, des comités de vigilance d’arrondissement, fédérés depuis le 5 septembre 1870 dans le Comité central républicain des vingt arrondissements, lequel appelle à la création d’une Commune de Paris.

Le gouvernement capitule devant les Prussiens et signe un armistice le 28 janvier 1871. La Garde nationale hostile à la capitulation va s’organiser pour défendre la République mise en péril par la majorité monarchiste de l’Assemblée élue le 8 février 1871 et qui siège à Bordeaux.

LE COMITÉ CENTRAL

Le 15 février 1871, les délégués de dix-huit légions de la Garde nationale se réunissent au Tivoli-Vauxhall, une salle de réunions républicaines située dans le Xe arrondissement, près de l’actuelle place de la République. Ils décident de créer un Comité central de la Garde nationale pour coordonner l’action des 20 légions d’arrondissements. Ils chargent une commission provisoire d’en élaborer les statuts. Le 15 mars, 215 bataillons ont adhéré à la Fédération républicaine de la Garde nationale et constitué son Comité central composé de deux délégués par arrondissement élus par le conseil de légion et d’un chef de bataillon par légion délégué par ses collègues.

LE 18 MARS 1871
ET L’ÉLECTION DE LA COMMUNE

Le 18 mars 1871, l’armée, envoyée par Adolphe Thiers, tente de s’emparer des canons de la Garde nationale entreposés à Montmartre et Belleville. La population s’y oppose et fraternise avec les soldats. Thiers s’enfuit à Versailles. Le soir, le Comité central de la Garde nationale s’installe à l’Hôtel de Ville. Le lendemain, il convoque les électeurs parisiens pour élire une assemblée communale. Les élections ont lieu le 26 mars. La Commune est proclamée le 28 sur la place de l’Hôtel de Ville en présence d’une foule enthousiaste. Le Comité central remet ses pouvoirs entre les mains de la Commune. Entre sa prise de pouvoir, le 18 mars, et la proclamation de la Commune le 28, le Comité central de la Garde nationale avait pris des mesures d’urgence : nomination de plusieurs de ses membres à la tête des principaux services publics, levée de l’état de siège, liberté de la presse, libération des prisonniers politiques, suspension de la vente des objets déposés au Mont-de-Piété, rétablissement de la solde des gardes nationaux, moratoire sur les loyers et échéances.

LES COMBATS CONTRE VERSAILLES

Le 2 avril 1871, les versaillais engageaient les hostilités contre la Commune à Courbevoie, où se trouve aujourd’hui le quartier d’affaires de la Défense, faisant des premières victimes dans les rangs de la Garde nationale et parmi la population civile. À l’issue de cette première journée de combats, des fédérés faits prisonniers sont exécutés. En riposte les généraux Bergeret, Eudes et Duval, qui commandaient la Garde nationale, décidaient, sans en référer à la Commune, une sortie le 3 avril en direction de Versailles par Rueil-Malmaison, Meudon et Chatillon. Insuffisamment préparée, cette tentative échouait. Faits prisonniers, les membres de la Commune Duval et Flourens étaient exécutés sommairement.

 

Gardes nationaux fédérés à l’école des Beaux-Arts

Après, une trêve de huit jours, les versaillais commençaient le siège de Paris. Commandés par Mac-Mahon, ils avaient reçu des renforts venus des garnisons de province et des prisonniers des Prussiens libérés par Bismarck. A Neuilly et Asnières, les gardes nationaux repoussaient les assauts des troupes versaillaises. Au centre du dispositif, les fédérés sous le feu des canons versaillais, résistaient avec détermination. Mais, devenus très inférieurs en nombre, ils étaient contraints d’abandonner les forts d’Issy le 8 mai et de Vanves le 13. Les versaillais étaient maintenant au pied des remparts situés à l’emplacement de l’actuel boulevard périphérique.

Le 21 mai, les versaillais entraient dans Paris par la porte de Saint-Cloud. La semaine sanglante commençait et allait durer jusqu’au 28 mai, huit jours pendant lesquels la Garde nationale allait se battre derrière les barricades avec courage et héroïsme, et payer un lourd tribut à la répression versaillaise.

La bourgeoisie était victorieuse mais elle avait eu très peur du peuple parisien en armes. C’est pourquoi l’assemblée de Versailles prononçait la suppression définitive de la Garde nationale le 25 août 1871.

YVES LENOIR

 

La politique sociale de la Commune

samedi 17 mars 2012

 

Détenteur du pouvoir à Paris depuis le 18 mars 1871, le Comité central de la Garde nationale invite les électeurs à voter pour une assemblée communale en conseillant de désigner des « hommes qui vous serviront le mieux » et qui sont «  parmi vous, vivant de votre propre vie, souffrant des mêmes maux ». Après cinq mois de siège en effet, la population parisienne est épuisée ; on a consommé plus d’alcool que de pain. Les ouvriers, habitués à vivre au jour le jour, ne touchent pas de salaires et n’espèrent pas de travail avant longtemps. Un décret du 15 février restreint aux seuls gardes nationaux justifiant du défaut de travail, l’allocation de 1 franc 50 par jour. Cette solde est pour le plus grand nombre le pain journalier et il n’est pas question de songer à quitter l’uniforme nécessaire à leur survie et celle de leur famille. Les commerçants et artisans sont talonnés par les échéances dont les délais augmentés par le gouvernement du 4 septembre, restés insuffisants, sont réduits par la nouvelle Assemblée élue le 8 février. Ils sont ruinés par l’arrêt des transactions dans la ville désertée par ceux qui ont pu se réfugier «  à la campagne  ». Tous ceux qui n’ont pas d’épargne et qui sont sans ressources s’inquiètent du paiement de leur loyer. Les petits rentiers, les professions libérales, tous ceux que Jules Ferry considère comme « un Tiers état renouvelé de 89  », sont désemparés et préoccupés, comme les autres Parisiens, par le ravitaillement quotidien.

Obligée de remplir en même temps les fonctions de gouvernement et de municipalité, l’assemblée de la Commune élue le 26 mars, composée d’hommes aux positions politiques différentes, soumise à l’extérieur aux pressions des clubs, des assemblées d’arrondissements, des cercles de gardes nationaux, assaillie militairement par la réaction versaillaise, a eu très peu de temps pour mener une « politique » économique et sociale cohérente qui satisfasse la majorité de ceux qui l’ont désignée.

Les loyers et échéances

Elle veut d’abord régler les questions des loyers et des échéances. Dès le 29 mars, elle règle la première : « Considérant que le travail, l’industrie et le commerce ont supporté toutes les charges de la guerre, il est juste que la propriété fasse au pays sa part de sacrifices  » ; en vertu de quoi, on remet aux locataires les termes d’octobre, janvier et avril, tout paiement fait devant être imputé sur les dettes à échoir ; on remet les dettes pour les locations en garnis, on accorde aux locataires le droit de résilier leurs baux pendant six mois, ou de proroger pendant trois mois le congé donné. Les ouvriers et petits bourgeois locataires ne tardent pas à user de ce décret, déménageant avec l’aide des gardes nationaux lorsque les concierges s’opposent à leur départ. Le bombardement de Neuilly par les troupes de Versailles accentue le sens révolutionnaire de la législation communaliste qui dépasse de loin les mesures de l’Assemblée : un décret du 25 avril réquisitionne les logements vacants, à la seule condition de délivrer des états des lieux aux représentants des possesseurs en titre, et de sceller les meubles contenant des objets portatifs.

Concernant la question des échéances, dès le 1er avril, la Commune invite les sociétés ouvrières et les chambres syndicales à lui faire parvenir tous les renseignements utiles, le projet de Charles Beslay étant publié au Journal officiel les 11 et 14 avril. Après de sérieuses discussions, un arrêté du 12 prévoit la suspension des poursuites jusqu’à la parution du décret sur cette question. Le 16 avril, le décret en question arrête que le remboursement des dettes de toute nature, portant échéance, devra être effectué dans les trois années, à partir du 15 juillet 1871, sans intérêt par trimestre.

Le Mont-de-Piété

Néanmoins, ces mesures ne suffisent pas à faire sortir le peuple de Paris de la situation précaire où il se trouve qui se traduit par la courbe ascendante des remboursements faits par la Caisse d’épargne et le petit nombre des versements opérés. C’est ainsi que se pose la question du Mont-de-piété.

 

Le Mont de Piété (Arch. Livre Club Diderot)

Le 29 mars, un décret suspend la vente des objets déposés. C’est insuffisant, et Augustin Avrial ouvre une discussion sur ce sujet le 25 avril, quelques jours avant la publication des rapports rédigés par la Commission du travail, de l’industrie et des échanges. Mais les débats traînent en longueur. Sur l’insistance d’Arthur Arnould, la discussion est reprise le 3 mai. Elle aboutit à un projet de François Jourde, voté le 6 mai qui, tout en indemnisant l’administration du Mont-de-piété, autorise le dégagement gratuit (à partir du 12 mai) de toutes les reconnaissances antérieures au 25 avril qui portent engagement, jusqu’à 20 francs, d’effets d’habillement, de meubles, de linges, d’objets de literie et d’instruments de travail. L’opération devant porter sur au moins 1,8 millions d’articles, on répartit ceux-ci, les 12 et 20 mai, en 48 séries à tirer au sort [1].

 

Augustin Avrial Membre de la commission du Travail et de l’échange (29 mars)

 

Arthur Arnould Membre de la commission du Travail et de l’échange (6 avril) puis des Subsistances (21 avril)

 

Françis Jourde Membre de la commission des Finances (29 mars)

Cette politique de dégrèvement aurait dû être complétée par l’utilisation des ressources publiques comme celles de l’Assistance publique. Mais cette administration comme toutes les autres, a été consciemment « désorganisée et abandonnée par la presque totalité des employés qui en ressortent  ». De fait, l’action de Camille Treillard, nommé inspecteur principal de l’Assistance publique et de la Santé publique, et dont l’intention est de faire en sorte que « l’assistance communale ne devrait plus être considéré à l’avenir comme une aumône », bien que louée par tous pour sa générosité et sa probité, reste assez symbolique : révocation du directeur de l’Hôtel-dieu, remplacement du nom des salles par exemple, et n’empêche pas la mendicité de continuer [2].

Malgré la désorganisation administrative due à l’abandon de Paris par les réactionnaires et aux pressions de l’ennemi versaillais, deux commissions ont une action assez importante sur la vie économique et sociale des Parisiens et traduisent en somme, tout ce que la Commune contient de « socialiste  ».

La Commission des subsistances animée par François Parisel puis Auguste Viard à partir du 21 avril, fait tous ses efforts pour assurer l’approvisionnement de Paris et la diminution des prix, compromis par certains fonctionnaires peu scrupuleux [3]. A partir du 25 avril, est ainsi autorisée la sortie des marchandises de transit, sauf les denrées alimentaires et les munitions.

Le blocus prussien et la suppression des correspondances avec les départements et l’interdiction des convois par eau décidée par Versailles n’empêchent pas l’approvisionnement du marché par la zone neutre et par terre, à l’exception de la viande, et les prix continuent de baisser. Le 30 avril, les boulangers se voient offrir le sel nécessaire à leur fabrication «  dans un but humanitaire ». Il est décidé de l’achat en gros de denrées pour les vendre à la consommation à prix coûtant par l’entremise d’établissements placés sous la garantie des municipalités. La Commission vérifie également le débit de la viande au marché libre de boucherie des Halles, à partir du 6 mai, et dans les quatre boucheries de Montmartre.

Prémices de l’autogestion

De son côté, la Commission du travail, de l’industrie et des échanges sous l’impulsion d’abord d’une commission d’initiative instituée le 5 avril, puis à partir du 20 avril, du délégué unique Léo Fränkel, tente de répondre à la satisfaction des « intérêts ouvriers  » [4]. C’est ainsi qu’un décret du 16 avril demande aux chambre syndicales ouvrières de constituer une commission d’enquête ayant pour but de dresser la statistique des ateliers abandonnés et l’inventaire des instruments de travail, de présenter un rapport sur les conditions pratiques pour remettre promptement en exploitation ces ateliers par l’association coopérative des ouvriers et employés, d’élaborer un projet de constitution de ces sociétés coopératives ouvrières. Ce sont, en quelque sorte, les prémices de l’autogestion.

 

Léo Fränkel (1844–1895) fait fonction de ministre du Travail. Il déclare : «  Nous ne devons pas oublier que la révolution du 18 mars a été faite par la classe ouvrière. Si nous ne faisons rien pour la classe ouvrière, je ne vois pas la raison d’être de la Commune »

Le décret prévoit aussi le paiement d’une indemnité à payer aux patrons, à leur retour, d’après les décisions d’un jury arbitral. A partir du 6 avril, un local est mis à la disposition des chambres syndicales au ministère des Travaux publics et les syndicats commencent à travailler en désignant leurs délégués. La commission d’enquête tient deux séances les 10 et 18 mai mais ne peut s’en tenir qu’aux études préliminaires, la répression versaillaise ne permettant pas d’aller plus loin.

Sur demande de Fränkel, la Commission exécutive interdit, le 20 avril, le travail de nuit des ouvriers boulangers en même temps que sont supprimés les placeurs institués par la police de Napoléon III.

Appliqué à partir du 3 mai et sanctionné par la saisie des pains des patrons contrevenants, le décret est accueilli avec gratitude par les ouvriers boulangers qui manifestent en sa faveur le 16 mai. Une mesure plus générale est prise le 27 avril interdisant, sous peine de poursuite devant les tribunaux, les amendes et retenues sur salaires dans les administrations publiques et privées et restituant celles qui l’ont été depuis le 18 mars.

Une circonstance particulière oblige la Commune à aller plus loin. Le 4 mai, elle a confié à Lazare Lévy et Edmond Evette le soin de surveiller la confection des habillements militaires.

Leur rapport lu à la séance du 12 mai par Fränkel, constate que le prix d’adjudication a causé une diminution des salaires. La Commune paye ses fournitures 2,5% de moins que le Gouvernement du 4 septembre, et Fränkel ainsi que Benoît Malon concluent à la nécessité de recourir aux corporations ouvrières. Le 12 mai, la Commission du travail, de l’industrie et des échanges est autorisée à réviser les marchés conclus jusqu’à ce jour, à donner la préférence aux associations ouvrières, d’après des cahiers des charges fixées par l’intendance, les chambres syndicales et un délégué de la Commission, et fixant le salaire minimum du travail à la journée ou à façon [5]. Malgré le souhait de Fränkel de limiter à huit heures la journée de travail, plusieurs règlements d’ateliers comme celui des ouvriers du Louvre pour la réparation et la transformation des armes, la fixe à dix heures. Dans ces ateliers, le directeur, le chef d’atelier et les chefs de banc sont nommés par les ouvriers disposant de moyens quotidiens d’action sur la direction.

Aussi, malgré la diminution du nombre des ouvriers occupés qui passent de 600 000 en 1870 à environ 114 000 (dont 62 500 femmes), malgré la guerre et la situation économique, la vie syndicale et corporative réussit à se développer.

Dès le 23 mars, la chambre syndicale des tailleurs et scieurs de pierres décide de s’occuper d’organiser des secours en cas de blessures ou d’accidents. Le 27 avril, les fondeurs en suif et stéariniers, les fondeurs en fer se réunissent pour former une chambre syndicale et une association coopérative. Les ouvriers bouchers veulent organiser une chambre syndicale grâce à laquelle il serait possible de supprimer l’exploitation patronale. En tout, on recense l’action de 43 associations de production, 34 chambres syndicales, 7 sociétés d’alimentation et 4 groupes de la Marmite, coopérative alimentaire rattachée à l’Internationale [6].

Les femmes aussi

Les ouvrières tentent également de suivre l’action engagée par leurs camarades masculins. Le Comité central de l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins au blessés, ayant été chargé par la Commission du travail, de l’industrie et des échanges de l’organisation du travail des femmes, convoque le 10 mai les ouvrières à la Bourse pour nommer des déléguées dans chaque corporation, et arriver à la constitution de chambres syndicales et d’une chambre fédérale.

Une seconde réunion, fixée pour le 21 mai, où la constitution doit intervenir, ne peut se tenir en raison de l’entrée des Versaillais dans Paris.

Quelques-uns peuvent penser que la Commune eût pu mieux faire dans le domaine social en faveur de ceux qui l’ont portée au pouvoir. Mais si l’on songe qu’avec ses divisions politiques, avec la lourde tâche de réorganisation gouvernementale et municipale qu’elle eût à assumer, elle dût encore soutenir le poids d’une guerre de près de deux mois contre les troupes de Versailles, on doit admettre qu’elle a esquissé ce que serait une politique véritablement socialiste que les générations futures devront mettre en oeuvre.

PIERRE-HENRI ZAIDMAN

La source principale des décisions officielles de la Commune est le Journal officiel.

 

[1] P. Lanjalley et P. Corriez, Histoire de la Révolution du 18 mars, Bruxelles : Librairie Internationale Lacroix-Verboeckoven, 1871, p. 469 ;

[2] P. Lanjalley et P. Corriez, ouvrage cité, p. 303 (Deux arrêtés de Raoul Rigault) ;

[3] Le 13 avril, on arrête l’inspecteur des halles et marchés, accusé de dissimulation d’une partie du stock de farine ;

[4] L’expression est du Versaillais Martial Delpit dans son rapport devant la Commission d’enquête parlementaire ;

[5] Par exemple, le 14 mai, Parisel, chef de la délégation scientifique fait appel aux ouvriers sans emploi pour travailler le papier ;

[6] Commission d’enquête parlementaire, t. 3, Cerf, Imprimeur de l’Assemblée Nationale, 1872, p. 246-248.

 

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56 LES ACQUIS SOCIAUX 17 05 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 20 h 51 min
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Historique des acquis sociaux en France
 
1803 : Jean Baptiste Say, libéral, défend l’idée d’une instruction primaire obligatoire.
• 1841 : Sous le gouvernement de François Guizot, libéral, mais faite par Armand de Melun (légitimiste) : adoption de la loi relative au travail des enfants employés dans les manufactures, usines ou ateliers, donnant un âge minimum (8 ans si plus de 20 employés) et limitant le travail de nuit et le dimanche. Cette loi faisait suite au rapport du médecin Louis René Villermé de 1840, le Tableau de l’état physique et moral des ouvriers dans les manufactures de coton, de laine et de soie.
• 1848 : Sous la Deuxième République (progressiste), décret du 2 mars8 limitant la journée de travail des adultes à dix heures à Paris et à onze en province
• 1849 : Frédéric Bastiat, député libéral, soutien un amendement destiné à autoriser les syndicats ouvrier et la grève. Sans succès. Il faudra attendre 1864.
• 1851 : Sous le gouvernement conservateur de Louis-Napoléon Bonaparte. Loi limitant la durée du travail : 8 heures avant 14 ans, 12 heures de 14 à 16 ans.
• 1864 : La loi du 25 mai établit le Droit de grève : Par le député libéral Émile Ollivier, sous le gouvernement conservateur de Louis-Napoléon Bonaparte.
• 1864 : Assurances contre les accidents du travail, inventées par un chef d’entreprise Hippolite Mariste, puis promulguées le 9 avril 1898 par Frédéric Passy, député libéral, sous la présidence de Félix Faure.
• 1874: Sous le gouvernement conservateur de Mac Mahon. Loi sur le travail des enfants et filles mineures dans l’industrie, limitant l’emploi avant 12 ans.
• 1884 : Droit syndical Waldeck-Rousseau, libéral, sous le gouvernement Gambetta conservateur.
• 1887 : Création de la première bourse du travail de France à Paris par le conseil municipal à majorité radical-social et blanquiste. Celle-ci sert de base pour la création de la Fédération des Bourses du travail en 1892, imaginé en 1845 par Gustave de Molinari, fondateur de l’anarcho-capitalisme. C’est une des premières véritables structures syndicales ouvrières, son secrétaire général est l’anarchiste Fernand Pelloutier
• 1893 : La durée maximum de travail est ramenée à 10 heures quotidiennes à 13 ans, à 60 heures hebdomadaires entre 16 et 18 ans, et un certificat d’aptitude est nécessaire. Sous la présidence de Sadi Carnot
• 1900 : Pierre Waldeck-Rousseau libéral, devenu président du Conseil tenta pendant deux ans d’accorder la personnalité civile aux unions de syndicats.
• 1906 : Repos compensateur de 24 heures hebdomadaire sous un ministère Clemenceau (radical-socialiste).
• 1910 : La durée maximum du travail est limitée pour tous à 10 heures quotidienne. Loi Millerand (socialiste puis centre droit à l’époque de cette loi) sous un ministère d’Aristide Briand libéral.
• 1910 : Retraites à 65 ans sous un ministère Briand ancien socialiste devenu libéral.
• 1918 : Allocations familiales : Émile Marcesche à Lorient janvier 1918 et Emile Romanet à Grenoble 29 avril 1918 (Deux chefs d’entreprises). Généralisé en 1930 sous la présidence du Conseil d’André Tardieu Centre droit.
• 1919 : Temps de travail loi du 17 avril 1919 sous la présidence de Clemenceau (radical-socialiste) instaurant la semaine de quarante-huit heures et la journée de huit heures
• 1928 : Assurance maladie sous le ministère de Raymond Poincaré de l’Alliance démocratique.
• 1936 : Délégués du personnel sous le Front populaire (socialistes, communistes, radicaux de gauche).
• 1936 : Congés payés de quinze jours sous Léon Blum Front populaire (socialistes, communistes, radicaux de gauche).
• 1936 : Semaine de 40 heures sous Léon Blum Front populaire (socialistes, communistes, radicaux de gauche).
• 1936 : Convention collective sous Léon Blum Front populaire (socialistes, communistes, radicaux de gauche).
• 1941 : Comités sociaux d’établissement sous Pétain.
• 1941 : Minimum vieillesse et Retraite par répartition Loi du 1er janvier 1941 par le secrétaire d’état René Belin, ancien leader CGT, sous le régime de Vichy (Pétain)
 
• 1941 : Salaire Minimum Loi du 4 octobre 1941 contenue dans la Charte du Travail 10
• 1941 : Nationalisation des différentes caisses d’assurances santé qui deviendra à la Libération la Sécurité Sociale.
• 1942 : la Loi du 28 juillet instaure la Médecine du Travail obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. Sous Pétain.
• 1945 : Transformation des comités sociaux d’établissement en Comité d’Entreprise sous De Gaulle conservateur par Mendès-France radical-socialiste
• 1946 : Création du statut de la fonction publique par Maurice Thorez communiste. Généralisation de la médecine du travail à toutes les entreprises par Ambroise Croizat communiste.
• 1950 : SMIG ancêtre du SMIC, créé sous la présidence de Vincent Auriol socialiste
• 1956 : Congés payés Troisième semaine Guy Mollet (secrétaire général de la SFIO)
• 1958 : Assurance chômage sous le gouvernement Pflimlin centriste.
• 1969 : Congés payés Quatrième semaine sous De Gaulle conservateur.
• 1967 : Intéressement et actionnariat ouvrier ministère Pompidou sous la présidence de De Gaulle conservateur.
• 1971 : Formation Professionnelle Continue sous la Présidence de Pompidou conservateur.
• 1975 : Assurance Vieillesse pour tous, Ministère Chirac sous la présidence de Giscard conservateur.
• 1982 : Congés payés Cinquième semaine par Pierre Mauroy sous la présidence de Mitterrand socialiste.
• 1982 : Temps de travail ordonnance n°82-4111 instituant la semaine de trente-neuf heures sous Mitterrand
• 1983 : Retraite a 60 ans sous la présidence de Mitterrand socialiste.
• 1998 : Temps de travail lois Aubry du 13 juin 1998 12 et du 19 janvier 200013 instituant la semaine de trente-cinq heures, socialiste.

“Il y a ceux qui les défendent, et ceux qui les attaquent : les acquis sociaux apparaissent aujourd’hui comme un patrimoine figé, une série de droits menacés disent les uns, dépassés répondent les autres. Faut-il en inventer de nouveaux ?

Pourquoi perdre les droits existants qui permettent aux gens d’avoir une vie plus agréable. Il faudrait au contraire, en créer de nouveaux, au détriment de gens qui en gagnent de plus en plus à ne savoir quoi en faire si ce n’est de les entasser. Ils ne partiront pas avec. Pour le plaisir de quelques un, le plus grand nombre souffre, il faudra un jour que cela change. »

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54 BOUALEM SANSAL écrivain 03 05 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 18 h 19 min

On recevait A LA LIBRAIRIE LNR DE LIMAY.

Boualem Sansal pour son livre 2084.

Boualem Sansal, né le 15 octobre 1949 à Theniet El Had, petit village des monts de l’Ouarsenis, est un écrivain algérien d’expression française, principalement

romancier mais aussi essayiste, censuré en Algérie à cause de sa position très critique envers le pouvoir en place. Boualem Sansal vit à Boumerdès, près d’Alger. Il a fait des études d’ingénieur et un doctorat en économie.

Il était haut fonctionnaire au ministère de l’Industrie algérien jusqu’en 2003. Il a été limogé en raison de ses écrits et de ses prises de position.

Son premier roman, »Le serment des barbares », a reçu le prix du premier Roman et le prix Tropiques 1999.

Son livre Poste restante, une lettre ouverte à ses compatriotes, est resté censuré dans son pays. Après la sortie de ce pamphlet, il est menacé et insulté mais décide de rester en Algérie.

Un autre de ses ouvrages, Petit éloge de la mémoire est un récit épique de l’épopée berbère.

Boualem Sansal est lauréat du Grand Prix RTL-Lire 2008 pour son roman Le Village de l’Allemand sorti en janvier 2008.

En juin 2012, il reçoit le prix du Roman arabe pour son livre Rue Darwin, avec l’opposition des ambassadeurs arabes qui financent le prix. Le 13 juin 2013 l’Académie française lui décerne le grand prix de la Francophonie, doté de 20 000 euros.

En novembre 2015, il reçoit le Grand Prix du roman 2015 de l’Académie française pour son livre ’2084′.

 

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19 avril 2020

52 NUIT DEBOUT A RÉPUBLIQUE 19 04 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 18 h 44 min

 

 

 

 

antifa

 

De la nécessité d’en finir avec la naïveté sur les violences policières

Publié le 7 avril 2016

violences policières

Par les temps qui courent, ils, (nous ?) sont (sommes ?) nombreux-euses, à partir en manif, sauvage ou non, les mains dans les poches, et à les lever vers le ciel à la première matraque taché de sang, comme si un-e journaliste-ange allait vite alerter une divine opinion publique, qui saura, elle, parler d’une voix forte auprès des responsables, pour que s’arrête le « dysfonctionnement » des violences policières … On arrête quand le délire ?

 

Une Violence industrielle et rationnelle : Celle de l’État.

Voilà bientôt 1 mois que partout en France, les mouvements contre la loi Travail et son monde montent en puissance, et avec elle, bien évidemment la peur du pouvoir. Peur qui prend une forme somme-toute très classique : l’ultra-violence et la répression dans le sang.
Ces derniers jours ont ainsi vu : des flics toujours plus nombreux-ses, plus armés-es, des gazages, des tabassages, à la matraque, au bouclier, aux poings gantés, aux pieds rangerés, des agressions de cortèges, 134 arrestations au dernier rendez-vous parisien, jusqu’à, il y a peu : la présence de baceux-euses en motos, rappelant tristement les brigades de voltigeurs, et l’assassinat dégueulasse de Malik Oussekine de 1986 .

Face à cette répression sanglante pensée, organisée, construite, industrielle et rationalisée (je vous assure que les motos étaient au chaud dans un garage de la nation, le chef de la bac ne les a pas acheté le matin-même parce que c’était plus pratique pour aller chercher les croissants pour l’équipe), face à cette répression donc, qu’avons-nous ? des étudiants-es, des lycéens-nes, des chomeurs-euses, des travailleurs-euses, des précaires, qui nourrissent une idée très naïve : celle que les Gardes mobiles ou la Police nationale seraient là en cas de « débordement » pour « la protection des bons manifestants », et pour la « protection des biens » (alors que la somme de l’histoire militante ne démontre qu’une chose : le tabassage est un enjeux politique : celui qui consiste à te faire fermer ta gueule en te brisant la mâchoire.)

Le grand déballage des communiquant d’État sur les opérations policières, même si nous en restons très critiques (une arme non-létale qui arrache un morceau de colonne vertébrale à Rémi Fraisse, allons bon, la pilule ne passe pas … Et quand bien même le débat porterait sur « la méthode de l’usage de la grenade »), nous touche malgré tout, et la preuve s’y fait lors des manifs : on sait que la police fiche et filme les manifestants, combien sommes-nous visage découvert ? On sait que la matraque est un bâton plombé qui sert a frapper, et qui a déjà tué par le passé. Combien somme-nous sans casques, genouillères, coudières et bouclier ? On sait que les grenades servent a blesser, mutiler les jambes, et nous faire perdre en audition par leur décibels. Combien sommes nous sans protège-tibia et sans bouchon anti-bruit ? On sait que les flashball et LBD blessent, mutilent, et tuent (voir le dernier rapport de l’ACAT) , combien sommes nous sans masque (à gaz) et protection pour nos yeux ?

Nous autres, manifestants-es, considérons que nous exerçons un droit, (dans un cadre imaginaire, celui de la loi), et c’est dans cette vue de l’esprit totale que nous nous rendons à nos rendez-vous : en bonne chair à matraque, nos chairs noires, roses ou jaunes, excitant les chiens assermentés.

On attend quoi pour se poser la question de notre autodéfense ?

Organisons nous, papotons avec nos voisins en manifs, construisons des rencontres, échangeons nos numéros (utilisons des services de messageries cryptées, Signal ou Riseup en sont des bons), que nos révoltes survivent au moment de la manifestation : qu’elles essaiment au-delà.
Montons des groupes organisés en boucliers, casqués, des équipes de médic, des formations aux soin, des legal team, organisons des groupes de coordinations, qui suggéreraient les déplacements ensemble, carte en main, pour éviter les nasses, trouvons des systèmes pour brouiller les communications talkie-walkie de la police, organisons des groupes qui iraient, musclement et ensemble, chercher les camarades arrêtés-ées, construisons des moments, des situations, prenons a revers les fourgons de polices sans leur effectifs, la nasse est une stratégie très efficace : alors nassons la police ! Et faisons le équipés-ées pour parer aux agressions, construisons en pratique notre auto-défense tous ensemble !

Nous sommes bien plus nombreux : mais ils disposent d’un arsenal qui nous réduit à attendre les prochains coups : prenons acte de leurs violences, de ses buts, reprenons l’initiative, organisons matériellement la riposte !

 

Les violences en manifestation ? Cherchez les policiers en civil

14 avril 2016 / Vladimir Slonska-Malvaud (Reporterre)

 

Les images de « débordements » lors des Nuits debout et des manifestations contre la loi travail excitent les médias et contribuent à empêcher l’émergence d’un mouvement de masse. Mais ces débordements sont souvent suscités par des policiers en civil, dont l’usage est bien peu « républicain ».

 Nantes, correspondance

À Nantes, comme à Paris quelques heures plus tard sur la place de la République, la manifestation contre le projet de loi sur le travail se finit, samedi 9 avril, dans les fumées de gaz lacrymogène. Ainsi, à Nantes, ce jour-là, on observe des policiers présents en nombre, des canons à eau stationnés sur les places, des rangées de CRS à chaque croisement de rue. À l’angle de la rue de la Basse-Casserie, un petit groupe attend, aligné le long du mur : des policiers en civils. Lunettes de ski, cagoules et casques, matraques télescopiques à la main, ils se jettent sur une personne, qu’ils emmènent, non sans avoir au préalable lancé quelques grenades assourdissantes sur la foule. L’action est rapide. Mais suffit à provoquer les manifestants, dont plusieurs, en réaction, lancent des cailloux et des pavés contre les CRS et des policiers en civil casqués. Les manifestants en colère contre les tirs aveugles des CRS semblent ne pas avoir remarqué les « cagoulés » qui, de leur côté, ont enfin obtenu le Graal : une belle bataille rangée.

 

Des « casseurs » ? Non. Des policiers en civil, lors de la manifestation nantaise du samedi 9 avril contre le projet de loi El Khomri. Sans doute mécontent d’être photographié, un policier jette une première grenade assourdissante (visible au bas du dos du policier au dos tourné) dans la direction du photographe.

Le scénario semble réglé comme du papier à musique. Les trois coups du premier acte sont frappés par une presse spéculant sur les nécessaires dégradations à venir. Une présence policière massive est installée à quelques pas du cortège pour échauffer les esprits. Quelques projectiles volent. La répression massive et indiscriminée est alors déclenchée, désorganisant le service d’ordre de la manifestation et faisant basculer celle-ci dans l’émeute. Enfin, la récupération politique, son cortège de condamnations indignées et de commentaires affligés sur les « casseurs ».

Escouade de policiers surarmés n’ayant rien à protéger 

Les exemples se répètent à l’infini, dans toute la France. À Sivens, où un jeune écologiste, Rémi Fraisse, avait été tué par la gendarmerie, on se demande par exemple encore pourquoi la zone de vie à proximité du site occupé était défendue par une escouade de policiers surarmés, alors qu’il n’y avait plus rien à protéger. Sinon pour provoquer d’inévitables affrontements, justification commode pour réclamer, séance tenante, l’interdiction des rassemblements et criminaliser le mouvement. Comme à Nantes, où des provocations policières lors de la manifestation du mardi 5 avril avaient provoqué des incidents, suscitant dans la foulée d’insistantes demandes de la droite d’interdire la marche du samedi suivant. Quitte à invoquer la « sécurité des manifestants » pour faire pleuvoir les coups de matraque ou, comme Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, le 11 avril, annoncer la présence de CRS pour « que les violences ne viennent pas perturber ceux qui veulent discuter ».

 

En fin de manifestation, samedi 9 avril, à Nantes, l’étau se reserre. Les manifestants sont peu à peu cantonnés sur un petit périmètre à grand renfort de gaz irritant, de grenades assourdissantes et de désencerclement.

Ces affrontements sont commodes pour fustiger des manifestants violents, donc illégitimes, et ainsi décrédibiliser les revendications de tous. Commode aussi pour isoler le mouvement, susciter la peur de le rejoindre chez ceux qui n’en sont pas encore, et la peur de continuer chez ceux qui en sont déjà.

Sabotage systématique des manifestations sociales 

Il faut dire que la cible est facile. La figure du « casseur » est antipathique aux yeux d’une grande partie de la population. Elle fait peur, et sa répression apparaît légitime, quelle qu’en soit la forme. Même les manifestants les plus endurcis expriment parfois leur exaspération face à des provocateurs indélicats, peu soucieux que leurs projectiles mal lancés tombent tantôt sur les policiers, tantôt sur leurs camarades. Peu soucieux aussi que la répression s’abatte d’abord sur ceux qui ne s’y étaient pas préparés, sur les marcheurs ordinaires, les mômes de banlieue attirés par le souffle des affrontements. Le samedi 9 avril, nous avons ainsi vu à Nantes des lanceurs de pavés prendre leurs jambes à leur cou, laissant un petit groupe de pacifistes, en première ligne, recevoir en réponse les tirs de lacrymogènes et des canons à eau.

Ce sabotage systématique des manifestations sociales par de petits groupes minoritaires — qui le revendiquent parfois politiquement — fait le jeu du pouvoir. Dès lors, la question de l’identité réelle de ces provocateurs fait régulièrement l’objet de spéculations : vrais « casseurs » ou policiers ? D’autant que, si ces derniers sont en général identifiables par un brassard ou un casque siglé, ce n’est pas toujours le cas, comme en témoigne la photographie ci-dessous. Dès lors, quel rôle jouent-ils ? Comment les distinguer des briseurs de vitrines ?

 

Près de la place de la Nation, à Paris, en marge de la manifestation contre la loi El Khomri du samedi 9 avril. L’homme à capuche est un policier.

À Lyon, en 2010, il avait été prouvé que des policiers en civil s’étaient fait passer pour des syndicalistes de la CGT en arborant des autocollants de ce syndicat. Le recours désormais systématique à des policiers en « civil », à la tenue très proche de celle des militants violents qu’ils sont supposés arrêter, pose question. En ces temps d’invocations constantes des valeurs républicaines, leur attirail tranche avec l’idée que l’on peut se faire de policiers « républicains » : treillis militaires, cagoules, foulards, matraques télescopiques, gants renforcés… Certains ont même pu pousser le bouchon très loin : lors d’une manifestation nantaise après la mort de Rémi Fraisse, fin 2014, des policiers étaient, tout simplement, venus équipés de masques à tête de mort, comme l’avait révélé Reporterre.

 

Un comportement similaire avait valu à un soldat de la Légion étrangère, au Mali, le renvoi de l’armée. Les policiers à la tête de mort sont restés impunis, un de leurs syndicats ayant invoqué la nécessité de se fondre dans la masse.

Stoprepression

18 avr 16 Posté dans Non classé

par stoprepression

Appel: « Un pouvoir qui matraque la jeunesse est faible et méprisable »

Cet appel a commencé à circuler le 16 avril 2016. Pour le soutenir et y apporter votre signature, écrire à : stopviolencespolicieres@laposte.net

Depuis novembre dernier et la proclamation de l’état d’urgence, l’État de la régression sociale et de la matraque a brutalement accéléré sa décomposition. Sa soumission à un capital piaffant d’impatience de pouvoir exploiter et jeter n’importe qui, quand et comme ça lui chante, est radicalement décomplexée. Le nombre de celles et ceux qui, se battant sans courber l’échine pour leur dignité, leur avenir, ou tout simplement leur quotidien, peuvent être traînés devant les tribunaux, traités comme des terroristes et, à l’image des Goodyear, condamnés à de la prison ferme, ne cesse de croître. Au même rythme ont progressé les violences policières les plus méthodiques.

La jeunesse étudiante et lycéenne en fait les frais depuis plusieurs semaines, à un niveau de répression proprement insoutenable. Les 300 et quelques arrestations lors de la manifestation du 29 novembre à République contre la COP21 étaient bien un avant-goût. Depuis le 17 mars et l’expulsion violente d’un groupe d’étudiant-e-s de l’université de Tolbiac, chaque journée de mobilisation des jeunes occasionne un crescendo dans les gazages, les matraquages et les interpellations. Quelle honteuse hypocrisie quand Bernard Cazeneuve se dit « choqué » de la violence par laquelle un jeune de 15 ans, du lycée Bergson à Paris, avait été le 24 mars tabassé par trois policiers surarmés. Le 5 avril, ce sont encore plus de 130 lycéen-ne-s, gazé-e-s et matraqué-e-s par des CRS et policiers en civil, qui ont été interpellé-e-s avant même d’arriver à la manifestation prévue à Bastille l’après-midi. Quant à ce 14 avril, le nombre de casques, de tonfas, de gazeuses et de boucliers destinés à enfermer le cortège parisien pourtant pacifique était tellement important, un drone couvrant carrément la zone, que des passants ont demandé si c’était… une manifestation de policiers. La liste est longue, et le procédé n’est pas seulement parisien. Nantes, Rennes, Lyon, Strasbourg, Montpellier, Rouen, Caen, Grenoble, Toulouse etc., l’ont également subi. Et, bien sûr, les grévistes de Mayotte.

Combien de crânes ouverts et autres blessures graves, d’hospitalisations comme de points de suture, de tirs de flashballs, d’insultes, de menaces, d’arrestations jusque devant les lycées, de gardes à vue et de procès, avant que nous ne cessions de tolérer cela ? Combien de Malik Oussekine, combien de Rémi Fraisse, finiront-ils par s’autoriser, combien  d’Amine Bentounsi,  de Zyed Benna, de Bouna Traoré et de violences policières quotidiennes dans les quartiers populaires surviendront encore, si nous ne mettons pas un terme à cette mécanique aussi sinistre qu’indigne ? Une telle violence exprime bel et bien l’infini mépris à l’égard de ces jeunes que Hollande avait prétendu mettre au cœur de son mandat. C’est ce pouvoir qui matraque la jeunesse qui est aussi faible et apeuré que méprisable. Il tremble devant elle, car sa radicalité n’est pas contrôlable. Il sait que la colère et la solidarité des jeunes contre ce qui n’offre que désespoir, misère et régression, grandissent. Il n’a pas oublié l’influence déterminante qu’elles et ils peuvent avoir sur l’ensemble des travailleur-se-s. La façon incroyablement violente dont les CRS ont « accueilli » les étudiant-e-s venus rencontrer les cheminots à la gare Saint Lazare mardi 12 avril, et arrêté arbitrairement l’un d’entre eux,  illustre avec éloquence sa hantise à l’égard de toute jonction des étudiant-e-s et des salarié-e-s.

Alors que des politiciens, jusque dans les rangs du PS, veulent aller jusqu’à dissoudre « Nuit Debout ! », le gouvernement, profitant de l’ambiance entretenue par un blackout aussi complet que complice de la part des grands médias, lâche ainsi quelques miettes d’un côté tout en laissant, de l’autre, se succéder des journées saute-moutons qui, à elles seules, l’impressionnent peu. En tout cas bien moins que cette jeunesse déterminée qu’il cherche, à l’orée des vacances scolaires, à briser par la force.

Laisser la matraque impunie, c’est porter aussi une immense responsabilité. La condamnation de cette violence récurrente devrait être sans appel ; or, on est encore bien en-deçà du nécessaire à l’échelle nationale. Les prises de position locales, lorsqu’elles existent, de partis, syndicats, associations en tout genre, ou encore au sein de corporations comme les enseignants et universitaires, restent largement insuffisantes à ce jour pour briser l’omerta. Il n’y a rien à relativiser ni à nuancer. Il est grand temps de se déshabituer de ce qui n’a aucune justification possible, sinon l’arbitraire des princes de l’État policier et du CAC40. Il est grand temps qu’avec les étudiant-e-s, les lycéen-ne-s, les travailleur-se-s qui se battent non seulement contre un projet de loi inique, mais de plus en plus aussi pour une vie qui ne soit pas une simple survie, nous fassions masse pour y mettre fin.

Une matraque, un insigne de CRS, du sang et un slogan : « la police doit protéger les citoyens et non les frapper ». Une affiche d’une organisation de la CGT dénonçant les violences policières contre les jeunes a provoqué lundi 18 avril la colère du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a dénoncé une campagne « choquante ».

L’affiche a été publiée samedi par la section Info’com de la CGT (salariés de l’information et de la communication) dans le cadre de la mobilisation contre la loi Travail. « On ne compte pas les excès de la police qui veut mater les jeunes, qu’ils soient étudiants ou lycéens », écrit le site du syndicat, dans un court texte, qui se conclut par un appel à « riposter si besoin à ces méthodes ».

Un syndicat réclame une plainte

Ce visuel met « gravement en cause la police nationale », a jugé lundi soir Bernard Cazeneuve dans une lettre ouverte au secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, dénonçant la « violence » d’une campagne « choquante ». Le ministre, qui rappelle que plus de 18 000 policiers et gendarmes ont été blessés en 2015 et que 8 ont perdu la vie, assure que les forces de l’ordre sont « soumises à un contrôle étroit et exigeant » et il appelle à « protéger, plutôt que de chercher à détruire » le « lien de confiance entre la population » et les forces de sécurité.

Plus tôt dans la journée, deux syndicats d’officiers de police avaient déjà protesté contre cette affiche dans des communiqués séparés. Pour le SCSI-CFDT (majoritaire chez les officiers de police), c’est une « affiche de la honte ». « C’est faire injure aux milliers de policiers et gendarmes blessés ou tués dans l’exercice de leur fonction », a-t-il écrit, ajoutant se réserver le « droit de porter plainte ».

Le syndicat Synergie a pour sa part évoqué (PDF) un « appel abject à la haine » et à la « violence » contre les forces de l’ordre. Il a demandé au ministère de l’Intérieur de « déposer plainte contre cette campagne calomnieuse ».

L’Association pour une démocratie directe demande l’arrêt du versement d’une indemnité supplémentaire accordée aux présidents du Sénat, de l’Assemblée nationale, aux questeurs des deux chambres, aux vice-présidents

La transparence autour des indemnités des parlementaires continue de poser problème. L’Association pour une démocratie directe (APDD), qui s’est distinguée par le passé par ses révélations sur la réserve parlementaire et l’indemnité représentative de frais de mandat, demande mardi 19 avril l’arrêt du « versement des suppléments illégaux aux hauts parlementaires »

Parmi les élus pointés du doigt, le président de l’Assemblée nationale, celui du Sénat, les vice-présidents des deux assemblées, des questeurs, des présidents de commissions… L’ADPP dresse une liste des parlementaires concernés et elle chiffre le « surplus » mensuel pour chacun.

Jusqu’à 7 000 euros de « surplus » par mois 

Claude Bartolone, président socialiste de l’Assemblée nationale, et, Gérard Larcher, président Les Républicains du Sénat, sont épinglés. L’association estime qu’ils bénéficient de 7 057,55 euros par mois d’indemnités en plus de celles octroyées à chaque parlementaire. 

Les députés Bernard Roman (PS), Marie-Françoise Clergeau (PS) et Philippe Briand profitent d’une rallonge de 4 927,50 euros par mois, parce qu’ils sont questeurs de l’Assemblée nationale. Les six vice-présidents de l’Assemblée touchent 1 022,42 euros par mois. La somme est fixée à 866,22 euros par mois pour les huit présidents de commissions permanentes. Idem pour la rapporteure générale de la commission des Finances, la députée socialiste Valérie Rabault. Les élus secrétaires de l’Assemblée perçoivent, eux, 681,61 euros par mois. Au total, l’APDD estime que l’Assemblée nationale verse 563 694,48 euros d’indemnités « en surplus »

Au Sénat, la somme annuelle versée « en sus des montants définis par la loi organique » atteint 1 087 666,56 euros. Les trois questeurs de la chambre haute du Parlement bénéficient de 4 132,29 euros par mois en plus de leurs indemnités légales. Les huit vice-présidents, les six présidents de commission ainsi que les sept présidents de groupe politique perçoivent 2 030,64 euros de rallonge par mois… 

« La loi doit être respectée »

« Rien ne permet de justifier à l’Assemblée nationale et au Sénat ces surplus d’indemnités », explique Hervé Lebreton, président de l’association, à francetv info. « Il y a une loi encadrant les indemnités des élus, elle est justement faite pour que les parlementaires n’aient pas cette tentation de s’augmenter. Elle doit être respectée », insiste Hervé Lebreton.

Que dit la loi justement ? « Une loi organique fixe la durée des pouvoirs de chaque assemblée, le nombre de ses membres, leur indemnité, les conditions d’éligibilité, le régime des inéligibilités et des incompatibilités », indique l’article 25 de la Constitution. Cette loi organique (ordonnance n°58-1210 du 13 décembre 1958 portant loi organique) fixe deux sortes d’indemnités pour les parlementaires : l’indemnité parlementaire et l’indemnité de fonction.

Et l’ordonnance encadre les montants des indemnités : « L’indemnité parlementaire (…) est égale à la moyenne du traitement le plus bas et du traitement le plus élevé de cette catégorie [fonctionnaires classés hors échelle]. » Celle-ci s’élève à 5 514, 68 euros, selon les sites de l’Assemblée nationale et du Sénat. Concernant l’indemnité de fonction, l’ordonnance indique que « le montant de cette indemnité est égal au quart du montant de l’indemnité parlementaire », soit 1 420,03 euros.

L’ordonnance précise également que le règlement intérieur de chaque assemblée détermine « les conditions dans lesquelles le montant de l’indemnité de fonction varie en fonction de la participation du parlementaire aux travaux de l’assemblée à laquelle il appartient ». De fait, les règlements intérieurs de l’Assemblée et du Sénat prévoit des baisses d’indemnités en cas d’absences répétées en Commission, de non participation à des votes solennels ou encore en cas d’« actes d’indiscipline »

« Il faut rembourser les trop-perçus, comme on ferait partout ailleurs »

« Par contre, aucune ligne de ce règlement ne prévoit d’augmenter l’indemnité de fonction », souligne à juste titre l’APDD. Et l’association dénonce des suppléments d’indemnités accordés à « certains hauts parlementaires », parfois intitulés « indemnité spécifique de fonction ».

Sans surprise, l’APDD demande l’arrêt du versement de ces indemnités supplémentaires perçues « contrairement à la loi »« Il faut également rembourser les trop-perçus, comme on ferait partout ailleurs », explique Hervé Lebreton. « Etre élu, ce n’est pas un métier. C’est une mission d’intérêt général et non un travail. A ce titre, les parlementaires sont indemnisés, ils ne touchent pas un salaire », poursuit le président de l’association. « S’il est normal que nos élus bénificient de moyens supplémentaires pour mener à bien leur mission spécifique, ce n’est pas normal que les parlementaires puissent s’augmenter ainsi en dehors de tout cadre légal et de tout contrôle. » Contacté par francetv info, le déontologue de l’Assemblée nationale n’a pas donné suite à nos sollicitations. 

 

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50 ROGER COLOMBIER A LA LIBRAIRIE LNR 05 04 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 23 min

LA LIBRAIRIE LNR DE LIMAY RECEVAIT ROGER COLOMBIER POUR SON LIVRE « JULES DURAND SYNDICALISTE DOCKER »

Jules Durand, né le 6 septembre 1880 au Havre et mort le 20 février 1926 à l’asile de Sotteville-lès-Rouen, est un syndicaliste libertaire français victime en 1910 d’une grave erreur judiciaire, parfois appelée l’« affaire Dreyfus du monde ouvrier » ou l’« affaire Dreyfus du pauvre ».
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Nous connaissions deux portraits de Jules Durand, les photographies dites « avant » et « après ». De la première, nous ignorons tout, de la seconde, nous savons seulement qu’elle a été prise à l’hôpital Sainte Anne, à Paris, où Jules Durand fut interné, en observation, pendant près de douze mois de septembre 1911 à septembre 1912. 

 Cette photo de Jules Durand fut prise le 23 novembre 1910, premier jour de sa comparution devant la Cour d’Assises de Rouen ; elle fut publiée dans Le Matin du 26 janvier 1911. 

 Le 24 novembre 1910, Le Matin avait déjà publié une photo du banc des accusés, ainsi que les portraits de Mme Dongé et du président. 

La découverte de ce document enrichit considérablement la connaissance que nous avions du visage de Jules Durand. Et elle confirme, une nouvelle fois, que des archives disparues ne doivent pas servir d’alibis pour ne pas chercher.

 

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Contrairement à ce que l’on suppose fréquemment, nous connaissons peu la vie de Jules Durand, notamment sur les années antérieures à la grève des charbonniers qu’il impulse. Beaucoup d’éléments relèvent de la transmission orale, d’autres proviennent d’écrits dont les approximations, reprises de texte en texte, se retrouvent élevées au statut de certitudes sans la moindre vérification. Nous présentons ici de premières données, sommaires, qui seront reprises et développées prochainement.

  Au début du siècle, les parents de Jules Durand sont allés habiter sur le port, quai de Saône, au-dessus du P’tit sou qui deviendra un des plus fameux cafés de dockers, mais Jules est né en centre ville le 6 septembre 1880, au 73 rue Saint-Thibault.
Son père, chef d’équipe aux Docks et Entrepôts, « ouvrier modèle », souhaitait qu’il devienne artisan : aussi, après l’école primaire, il commença son apprentissage de sellier-bourrelier, profession qui devait lui assurer sécurité et aisance, introuvables sur le port. Cependant, ce n’est pas ce qu’il souhaitait. Jules Durand, qui, par conviction, ne but jamais que de l’eau et adhéra à la Ligue antialcoolique, s’inscrivit à l’Université Populaire et très vite milita à la Ligue des Droits de l’Homme, pacifiste et syndicaliste révolutionnaire, orateur avide d’instruction, « toujours très proprement vêtu » et n’ayant jamais franchi le seuil des cafés, refusa la quiétude de l’emploi pour aller travailler sur les quais. D’abord employé aux Docks et Entrepôts, il en est licencié en 1908 pour propagande et actions syndicales (il était trésorier). Il retrouve cependant rapidement du travail, Alors qu’il aurait pu aspirer à d’autres emplois, il choisit de devenir docker charbonnier (un milieu composé à 90 %  d’alcooliques selon Gérooms, le secrétaire de l’Union des Syndicats), avant d’être peu après, en 1910, élu secrétaire du Syndicat ouvrier des charbonniers du port du Havre qu’il réorganisa en rupture avec le corporatisme.

 Le 18 août 1910, Jules Durand lance une grève très suivie : outre une augmentation de salaire, le syndicat réclame une réduction du temps de travail pour compenser le préjudice de la mécanisation et préserver l’emploi. Jules Durand avance également des revendications concernant l’installation de douches sur les quais et la suppression du fourneau économique, charité humiliante. Il devient alors un personnage public ; il devient surtout le responsable syndical à abattre. Ces événements tragiques, notamment l’acharnement judiciaire, sont relatés dans la rubrique « périple judiciaire » de notre site .
En prison, l’état mental de Jules Durand se détériore rapidement. Les campagnes locales, nationales et internationales pour sa libération ajoutent un nouveau mot d’ordre : « Pire que la mort, sauvons Durand, c’est un corps sans pensée qui demain nous sera rendu. » Libéré le 16 février 1911, son retour au Havre est triomphal, mais il ne peut que bafouiller quelques mots de remerciements à ceux qui sont venus le fêter. Les semaines suivantes, son état se détériore considérablement et il est interné, d’abord au service Pinel de l’Hôpital général du Havre. Le 5 avril 1911, il sera transféré à l’asile départemental d’aliénés de Quatre-Mares, à Sotteville-lés-Rouen, dirigé par le docteur Lallemand, ancien président du jury d’assises qui l’avait condamné à mort quelques mois auparavant… Jules Durand y finira sa vie au « régime des indigents » ; il y meurt le 20 février 1926, sans avoir jamais su que, le 15 juin 1918, un arrêt de la Cour de Cassation a reconnu son innocence, sans avoir vu grandir sa fille Juliette, née le 14 mars 1911. Il repose au cimetière Sainte-Marie, au Havre, auprès de sa mère.

La vie de Jules Durand est courte, intense, brisée, mais elle ne cesse de nous maintenir en éveil : c’est la vie d’une parole subversive, libre et sans concessions, au service de l’émancipation et de la dignité.

18 avril 2020

47 Spéciale GAINBOURG 25ANS 01 03 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 20 h 45 min

A L’OCCASION NOUS AVIONS REÇU ELISABETH LEVITZKY. ELLE ÉTAIT VENU AVEC DES INÉDITS DE GAINSBOURG. EN 2010 ELLE AVAIT SORTI UN LIVRE RACONTANT SES 10ANS AVEC SERGE. 

« Lise et Lulu » sont les mémoires inédits de 40 ans d’amour entre Elizabeth Levitzky et celui qu’elle appelait « lulu » Gainsbourg.

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Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 48 min

POUR LA SORTIE DE SON ROMAN « CACHÉ DANS LA MAISON DES FOUS »

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1943, asile de fous de Saint-Alban en Lozère. Deux psychiatres organisent la résistance à l’embrigadement des fous et à leur négation. L’un, Tosquelles, a fui l’Espagne franquiste ; l’autre, Bonnafé, communiste, est un ami des surréalistes. Ils cachent les résistants blessés de la région..

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43 SPECIALE PSYCHEDELIQUE Part.2 02 02 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 28 min

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41 SPÉCIALE MUSIQUE PSYCHÉDÉLIQUE Part.1 19 01 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 21 min

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40 JE NE SUIS PAS CHARLIE (rediff du 13 01 15) 05 01 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 10 min

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SQUALE « ÇA BOOSTE SOUS LES PAVES » RADIO LIBERTAIRE.

(Je ne suis et ne serai pas Charlie. Pas plus que je ne suis et/ou ne serai Juif, Musulman, Chrétien, Flic ou Militaire.)

Dans mon émission sur RL j’ai abordé les événements de ces derniers jours qui ont créé un sursaut républicain dans l’opinion publique française face aux assassinats perpétués par des individus se réclamant d’un islamisme radical. Intégristes religieux qui aux travers de leurs actes tentent de déstabiliser et diviser la société française. Au regard des réactions de ces derniers jours  il semblerait qu’ils ont atteint en partie leurs objectifs, si tel était en sous main leurs desseins (et non pas une caricature). Donc dans l’émission  j’ai parlé de l’assassinat ou plutôt de la récupération médiatico/politique de ces assassinats, des journalistes de Charlie Hebdo ainsi que de ceux perpétués dans la supérette de la porte de Vincennes. J’ai également lu des réactions de journalistes, de militants, de citoyens lambda, indépendants des médias officiels liés au pouvoir et de la classe politique.

Tout d’abord je ne suis pas Charlie, je ne suis pas juif, pas plus que musulman ou bouddhiste ou je ne sais quelle autre religion nauséabonde, je suis encore moins policier ou ami de la police et de l’armée. Je suis contre la récupération qui est faite de cet acte perpétué par des fanatiques,  j’abhorre  les donneurs de leçons qu’ils soient issus des médias ou des politiques. J’ai ma        conscience pour moi, je ne crois pas en un monde de rédemption dans un au delà imagé et hypothétique. Ce qui c’est passé à Charlie et à la supérette est dégueulasse ce n’est pas eux qui auraient du mourir, mais plutôt ceux qui nous gouvernent ou ont le pouvoir. Ces événements sont le reflet d’une jeunesse perdue, cantonnée dans des cités ou règne la précarité et la misère, une jeunesse en recherche d’identité, une jeunesse à qui on n’offre d’autre perspective que pôle emploi. Cela doit t’il être une excuse… certainement pas. Je rejette cette faute sur la classe politique dans son ensemble. Le mal est enraciné depuis très longtemps. C’est la résultante des restes de la colonisation, puis de la pseudo intégration de ces personnes issues de nos anciennes colonies, comment l’état français a traité ces personnes, à qui on disait qu’elles étaient françaises, mais auquel on niait les droits élémentaires dû à tout français. Et aujourd’hui ces enfants issus de cette immigration, rejetés de part et d’autre, sur fond de misère sociale et de précarité, que ce soit en France ou lors de séjours dans le pays d’origine, souvent par dépit, pour coller à une image qui se veut proche et dans le même temps très éloignée des valeurs de leurs parents, se tournent inexorablement presque toujours vers le communautarisme et la religion sans en appréhender les codes. J’en veux à ces politiques et une certaine gauche angélique qui n’ont pas été assez fermes sur les principes de la laïcité, face à la montée du religieux dans notre société. Sous couvert de paix sociale l’état à failli à ses préceptes. J’en veux à ces politiques d’anciens colonisateurs qui continuent de façon plus pernicieuse leur mainmise sur ces pays, en achetant les matières premières à vil prix et revendant ensuite les produits manufacturés et souvent inutiles mais avec une marge scandaleuse à ces mêmes populations qui les ont fabriqués en étant payées une misère quand elles sont payées. Aujourd’hui nous commençons à payer les erreurs de notre pseudo suprématie. Tout d’abord avec l’Afghanistan, puis l’Irak, la Syrie, la Lybie, les printemps arabes, le conflit israélo- palestinien, la non acceptation de la Turquie dans l’Europe. Nos politiques de droite comme de gauche, nous font payer au prix fort leur aveuglement au profit d’intérêts et de retour sur investissement que génèrent tous ces conflits, dans le but de faire marcher l’industrie de l’armement. Notre suivisme sur la politique étasunienne et son nationalisme exacerbé. Notre implication dans cette Afrique que l’on a rendue exsangue. Oui nous sommes responsables et je rejette cette union nationale, ce sursaut républicain, cette pseudo alliance de façade de ces chefs d’états ou de gouvernement, bras dessus bras dessous pour dénoncer la barbarie. Alors que dans le même temps, par avidité ces gouvernants se vendent, aux monarchies du golfe, qui sont les grands financiers du salafisme et de l’islamisme radical. Ces politiques que l’on a vus dans cette manif propre sur eux mais la merde au cul défiler pour la liberté d’expression et alors qu’il l’interdise dans leurs pays respectifs, honte à eux. Voir un Netanyahou qui affame, tue et jette en prison des palestiniens qui demandent juste à vivre sur la terre qui est la leur, en bonne intelligence avec des israéliens. Tout palestinien n’est pas un terroriste en puissance comme tout israélien n’est pas un sioniste fasciste. Combien d’israéliens dans les geôles pour délit d’opinion ? Ce sont les occidentaux et les sionistes de par leur politique de non reconnaissance de la Palestine qui ont crée le Hamas et avec eux toute cette nébuleuse se réclamant d’un islamiste radical. De voir un Rajoy manifester pour la liberté de la presse et qui fait fermer des journaux en langue basque, qui emprisonne et torture des journalistes pour appartenance à ETA (Euskadi Ta Askatasuna). De même que la Turquie, la Hongrie, l’Egypte, la Russie etc. qui pratiquent la même politique contre la liberté d’expression dans leur pays. Voir des Sarko, Hollande et Valls manifester, eux qui nient les droits les plus élémentaires à une grande partie de la population, qui sous couvert de liberté et de démocratie, musellent un peu plus chaque jour cette même liberté par des décrets liberticides au nom de la sacro sainte politique sécuritaire, qu’ils agitent tel une marotte. On ne gouverne jamais mieux que dans la division en distillant la peur et la haine de l’autre, tout cela enrobé dans un joli papier cadeau que l’on nomme démocratie. Une démocratie qui à défaut d’être clairvoyante est pour le moins borgne voir aveugle. Il nous faut accepter le multiculturalisme, car c’est une grande richesse humaine, mais en étant ferme sur le principe d’une laïcité sans compromis. Ni dieu, ni maître.  

Paris 13/01/2015   

7 avril 2020

38 MALIK SOARES et BACHIR SANOGO 01 12 15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 15 h 13 min

BIOGRAPHIE

Malik Soarès est Auteur, compositeur et interprète, il développe une démarche musicale et scénique originale en mêlant différentes disciplines artistiques à ces créations musicales.

 

Malik Soarès commence en 2000 une formation des techniques du son dans le spectacle vivant, il poursuit en parallèle une pratique autodidacte de la lap steel guitare et classique commencée quelques années auparavant. Suite à sa formation, il effectue différents stage au Grame, centre national de création musicale de Lyon ainsi qu’au Musée d’art contemporain de Lyon, notamment sur l’exposition de Laurie Anderson et du collectif d’artiste « New york, New sound, New space ».
En 2003, il approche le monde du théâtre comme technicien au sein de différentes structures et compagnies, dont le Théâtre du Soleil, le proscenium (etc)…
Suite à ces expériences théâtrales, il commence un travail de composition et d’interprétation pour le spectacle vivant, d’abord avec Lilian Lloyd pour la pièce « Lavage délicat », puis avec les chorégraphes Christian et François Ben Aïm pour le spectacle « You’re a bird now! » ainsi que pour différentes formes dansées autour de ce spectacle.
Il poursuit son travail de création avec le chorégraphe Hamid Ben Mahi lors de Laboratoire et manifestation réunissant des artistes de différentes disciplines en Seine-Saint-Denis, au Centre Georges Pompidou, au Palais des Congrès de Pau…

En 2011, il crée le collectif Home pour sa première création musicale Ce(ux) que nous sommes … réunissant différentes disciplines artistiques autour des questions de l’exclusion et du devenir.
En 2013-2014, il compose les musiques de la création théâtrale jeune public L’Odyssée de la compagnie Auboise Solentiname.
Il continue son travail autour de l’improvisation avec le danseur et chorégraphe Babacar Cissé de la compagnie les Associés Crew sur différents événements à Biarritz, Bordeaux et au CCN de la Rochelle.
En 2014, il réalise différents ateliers enfants, au Collectif 12 de Mantes-la-Jolie et au conservatoire de Charenton, autour de la musique dans le spectacle vivant… Il fera la coordination musicale du projet Les Mutants de la compagnie Mange ta tête, création pour quinze adolescents, qui se jouera au Collectif 12 en septembre 2015.

Enfin, il entame avec son groupe Red Castle la création de Straight to the moon, spectacle mêlant musique et vidéo live, en partenariat avec le Collectif 12 et le festival international Blues sur Seine où il présente une première maquette lors de l’événement Hip-Hop Blues Revue le 16 novembre 2014. Il se produira également en solo en première partie du bluesman américain Boo Boo Davis dans le cadre de ce même festival en novembre 2014.

En 2012, il crée « Ce(ux) que nous sommes », performance
pluridisciplinaire pour six interprètes.
En 2015, « Straight to the Moon », un spectacle associant
musique et vidéo live en mapping.

 

Portrait par Claude Rambaud – Journaliste

« Malik Soarès est un musicien assis. Pas seulement parce qu’il caresse une guitare lap-steel allongée sur ses cuisses. Il est assis comme un conteur dans l’alcôve de la nuit, comme un rêveur qui nous invite dans sa chambre sous les toits, comme un trimardeur devant son feu…

Pas d’excitation, pas de frime, pas d’effets de manche – c’est la hampe de ses guitares qui tient le manche. Il est assis là, comme sous l’arbre d’une fable, amarré dans la musique, ancré dans le chant qui sourd directement du ventre, ce noyau de l’émotion.

On ne peut pas échapper au tête-à-tête auquel il nous convie. Intense. Concentré. Tendu. Un moment qui tient sur un fil. Fragile. Puissant parce que fragile. Il nous offre cette faveur d’une émotion brute, ni jolie ni aimable, sans filtre confortable, devenue rare et précieuse dans le vacarme continu qui nous abrutit.

Sa musique est faite toute à la main, tout au coeur, juste avec des guitares en bois et une voix frottée de grattures d’écorce. A l’ancienne. On entend quelque chose qui vient du blues de jadis bien sûr, des empreintes de ces musiciens vagabonds qui accrochaient chaque matin leur survie aux cordes de leur voix et de leur guitare.

Ce n’est pas seulement affaire de bottleneck, de rythme ternaire ou de gamme pentatonique mineure… Mais bien plus une sensibilité, une tranquille urgence par laquelle Malik nous maraboute : « Un sentiment, tout un ensemble d’émotions et d’attitudes […] : un mélange tourbillonnant de peur, de désespoir, de fureur, de chagrin d’amour, d’agitation extrême, de sexualité débridée et d’obstination à durer contre vents et marées et à chanter la chanson douce-amère de cette survivance », comme l’écrivain et musicien Adam Gussow évoque le blues. »

 

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Bachir Sanogo

débute son expérience en terre africaine puis en Europe. A Paris, où il vit depuis 2000, il a l’occasion de confronter et mêler sa culture à d’autres formes musicales enrichissant son univers et stimulant sa créativité. Il réalise ainsi diverses collaborations fructueuses avec des artistes de renommée internationale, tels que Frederic Galliano, Mina Agossi, Trilok Gurtu, Jean-Hacqyes Milteau, Jean-Philippe Rikiel et Jan Garbarek avec lequel il a fait plusieurs tournées à travers le monde (Brésil, Hongrie, Japon, Scandinavie, Mexique, Maghreb…).

 

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1 avril 2020

31 FESTIVAL MUSIQUE DU MONDE ET LUTTE CONTRE MC DO 06 10 15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 21 h 03 min

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DEUXIÈME ÉMISSION AVEC DES ARTISTES ET LE STAFF DU FESTIVAL.

EN SECONDE PARTIE D’ÉMISSION NOUS RECEVONS BENOIT MILITANT LIBERTAIRE ET SYNDICALISTE CHEZ MC DO AVEC LEQUEL IL MÈNE UNE ACTION SYNDICALE POUR FAIRE RECONNAÎTRE SES DROITS. DNS LE LIEN CI_DESSOUS, VOUS POURREZ RETROUVER L’ARRÊTÉ DE LA COUR D’APPEL

https://www.chronique-ouvriere.fr/spip.php?article889

 

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Le directeur du McDo de Passy a un problème avec la grammaire et avec la CGT

vendredi 18 septembre 2015 par Pascal MOUSSY

Benoît est étudiant en art dramatique. Comme l’apprentissage du théâtre ne nourrit pas forcément son homme, il gagne quelques maigres subsides en travaillant comme équipier polyvalent au restaurant de Passy de la société McDonald’s Paris Sud.

Benoît était souvent amené à participer à des représentations théâtrales qui avaient lieu le samedi, soit dans le courant de l’après-midi, soit en début de soirée. Il était également planifié pour travailler le samedi au McDo. Mais comme McDonalds a à cœur d’encourager les jeunes talents, des arrangements étaient trouvés pour que la planification des (brillantes) interventions de Benoît en qualité d’équipier polyvalent tienne compte des changements intervenant dans le moment des représentations théâtrales (passant du samedi soir au samedi après-midi ou inversement).

C’est dans ce contexte qu’à la mi-février 2014, Benoît apprenait que la programmation du théâtre allait changer et qu’il était prévu qu’il participe à des représentations prévues pour les samedis 15 et 22 mars 2014 en début de soirée.

Benoît demandait alors au directeur du restaurant s’il lui était possible de prendre en en compte ce changement. Il lui était répondu que cela ne posait pas de problème et il lui était demandé d’écrire les dates des deux représentations sur un bout de papier pour pouvoir organiser la modification de la planification de Benoît.

Il était convenu que Benoît et le directeur du restaurant se revoient le 1er mars 2014 pour entériner le changement de disponibilité de Benoît. Cette rencontre n’ayant pu avoir lieu à l’heure prévue, Benoît laissait un courrier rappelant son indisponibilité pour les 15 et 22 mars en début de soirée et demandant un changement de sa planification à partir du mois d’avril.

N’ayant pas vu le planning modifié, Benoît demandait au directeur du restaurant si celui-ci se rappelait de son indisponibilité pour le 15 mars. Il lui était répondu oralement que c’était bon, qu’il n’y avait pas de problème.

Le 15 mars 2014 à 20 h 45, Benoît participait au théâtre du Nord-Ouest à la représentation de Richard II. Il se présentait ensuite au restaurant à 22 h 28 pour assurer la suite de son service. Il ne lui était alors adressé aucun courrier lui demandant des explications ou formulant des reproches à propos de son horaire d’arrivée le 15 mars.

Benoît n’est pas seulement un étudiant passionné par l’art dramatique. C’est également un salarié conscient. Le 18 mars 2014, il répondait à l’appel des organisations syndicales et participait à la journée de grève interprofessionnelle organisée pour protester contre le « pacte de responsabilité ».

Ce qui provoquait un mouvement de mauvaise humeur de la part du directeur du restaurant qui, par son courrier du 11 avril 2014, informait Benoît qu’il était dans l’impossibilité d’accepter sa demande de changement de disponibilité à partir du mois d’avril.

Mais Benoît devait aussi se révéler comme un syndicaliste consciencieux.

Le 14 avril 2014, le directeur du restaurant prenait connaissance du courrier de Benoît lui demandant l’autorisation de s’absenter pour participer à un stage organisé par la « formation syndicale CGT ».

La coupe était pleine.

Le 24 avril 2014, Benoît était convoqué à un entretien préalable à une mesure disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement et, par courrier du 15 mai 2014, le directeur du restaurant notifiait à Benoît son licenciement pour faute grave. La lettre de licenciement reprochait à Benoît le retard injustifié à son poste de travail survenu le samedi 15 mars 2014.

Le retard du 15 mars, qui n’avait jusqu’alors fait l’objet d’aucune remontrance particulière de la part de la direction du restaurant, devenait subitement un drame, plus d’un mois après, mais quelques jours après la découverte du sérieux avec lequel Benoît entendait se lancer dans le syndicalisme avec la CGT.

La Cour d’appel de Paris, intervenant en qualité de juge des référés, n’a pu que constater le trouble manifestement illicite constitué par un licenciement en réalité motivé par l’activité syndicale de Benoît.

Pour tenter de convaincre d’une absence de discrimination, la société McDonald’s a plaidé devant les juges que Benoît avait été traité avec impartialité, dans le cadre de la « lutte contre l’absentéisme », quatre de ses collègues de travail ayant été licenciés pour le même motif que celui inscrit dans la lettre de licenciement de Benoît.

La Cour d’appel a relevé que les autres salariés cités par McDonald’s avaient été licenciés pour « retards injustifiés et répétés » ou pour « absence injustifiée ».

Et les juges ont rappelé que l’article 8 du règlement intérieur applicable au McDo de Passy, consacré aux « retards et absences », distingue les « retards injustifiés et répétés » et « l’absence injustifiée » du premier retard et que celui-ci n’est pas considéré comme une cause de sanction disciplinaire.

C’est à la suite de son premier retard que Benoît a fait l’objet d’une procédure de licenciement pour faute grave.

Aveuglé par son anticégétisme primaire, le directeur du McDo de Passy, commettant une grosse faute de grammaire, a lu le règlement intérieur en ne faisant pas la distinction entre le pluriel et le singulier.

La Cour d’appel a également souligné la concomitance entre la demande de congé pour suivre la formation syndicale et l’engagement de la procédure de licenciement.

La discrimination syndicale a donc été appréhendée par le juge des référés et la société McDonald’s Paris Sud a été condamnée à poursuivre le contrat de travail de Benoît.

Le directeur du McDo de Passy va peut-être prendre le temps de lire l’arrêt rendu par la Cour d’appel et d’en retenir la leçon.

Lors de son prochain retour sur son lieu de travail et d’activité syndicale, Benoît peut connaître la joie de se voir accueilli par son directeur lui tendant les bras et déclamant : « Reviens, je ne te hais point ! »

 

Pascal MOUSSY

 

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29 FESTIVAL DES MUSIQUES DU MONDE 22/09/15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 40 min
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Ouverture du festival

  • FestivalAUTOMNE

    Notre rendez-vous automnal avec une programmation de musiques et danses du monde  qui fait résonner l’ailleurs, tout aussi bien présent ici. Des artistes emblématiques croisent de nouveaux talents, la tradition musicale se frotte à des expressions actuelles dans une alchimie de spectacles stimulée par les multiples rencontres avec les publics…

CONCERTS

 

31 mars 2020

27 RnCs’ 02/09/15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 20 h 36 min

RnCs’ DANS ÇA BOOSTE. GROUPE PUNK ROCK D’ORLÉANS. CLIN D’OEIL AU POISSON PILOTE FAN INCONDITIONNELLE

R’n’Cs (Speedrock – Orléans)
Power trio orléanais formé à l’aube du 2ème millénaire en alliant du punk/hard core à un garage survitaminé…donnant naissance à un Rock’n’roll rapide et furieux. Ils ont sorti leur 6ème opus  » When the cat becomes a tiger », début 2017, 16 titres toujours dans la lignée de Zeke, Peter Pan Speedrock, Motorhead. Cette bombe incendiaire transpire la sueur, les flammes et le R’n’R. Hell Yeah !
https://www.facebook.com/RnCs 

 

http://www.reverbnation.com/open_graph/song/26911650

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26 14 JUILLET 14/07/15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 57 min

 

 

CETTE EMISSION A POUR MODESTE VOCATION DE REVOIR L’HISTOIRE SUR LE 14JUILLET1789.

CETTE RÉVOLUTION EN EST ELLE VRAIMENT UNE?

ON NOUS A RABATTU LES OREILLES A L’ECOLE  QUE LA PRISE DE LA BASTILLE ÉTAIT UNE RÉVOLUTION DU PEUPLE. CERTES LE PEUPLE S’EST SOULEVÉ. MAIS LE PEUPLE EST UNE COMPOSANTE D’UNE MULTITUDE D’INDIVIDUS. CELA A SURTOUT PERMIS A LA PETITE BOURGEOISIE DE PRENDRE SA REVANCHE SUR LA NOBLESSE. LES OUVRIERS(PETIT PEUPLE) ET LES PAYSANS ONT ÉTÉ LES GRANDS PERDANTS DE CETTE RÉVOLUTION CE QUI EST D’AILLEURS LE CAS DE LA PLUPART DES RÉVOLUTIONS QUI ONT ÉMAILLÉ L’HISTOIRE. QUAND A LA DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN ELLE EST LA BASE DE LA NATION QUI FAIT LOI POUR LES POUVOIRS EN PLACE. SYSTÈME A PLUSIEURS FACETTES QUI DÉTERMINE DES DROITS MAIS DONT LE GARDE FOU EST LA LOI INSTAURÉE PAR LE POUVOIR.

 

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Trois idées fausses sur le 14 juillet

 

Contrairement à certaines idées reçues, le 14 juillet, jour de la fête nationale française, ne célèbre pas la chute de la monarchie, encore moins l’avènement de la République. Il ne commémore pas même explicitement la prise de la Bastille.

Le 14 juillet, fête entre toutes de la République française, marque son avènement ?

Pas du tout, en tout cas pas historiquement. La prise de la Bastille par la foule parisienne le 14 juillet 1789 constitue seulement l’un des premiers actes – majeur – d’un processus révolutionnaire qui s’étend sur une dizaine d’années pour se clore en 1799 par la prise du pouvoir de Bonaparte. 

La République elle-même n’est proclamée que le 21 septembre 1792, après bien d’autres événements et insurrections.

Cette «Première République» dure en théorie 11 ans, jusqu’à l’établissement de l’Empire napoléonien (1804) mais comprend des phases très différentes : Terreur, réaction contre-révolutionnaire, Directoire, coup d’État de Bonaparte, « Consulat ».

Elle est suivie de soixante-dix années de retour de formes anciennes – voire autocratiques – du pouvoir : un empereur (Napoléon 1er), trois rois (deux de la dynastie Bourbon, l’un de la branche rivale Orléans), une brève seconde République (1848), renversée à son tour par un second empereur (Napoléon III, neveu du premier).

Ce n’est qu’à la chute de ce dernier dans une guerre perdue contre la Prusse (1870) que la République parlementaire, dans la décennie suivante, s’installe réellement en France.

Encore s’impose-t-elle presque subrepticement. Le parlement de 1870 est majoritairement royaliste mais il ne s’accorde pas avec l’héritier légitime du Trône, le Duc de Chambord (Henri V pour les royalistes).

Crédibilisée aux yeux des influents milieux économiques par l’écrasement sanglant de l’insurrectionnelle Commune de Paris (1871), une république provisoire s’installe par défaut, formalisée en 1875 par un simple amendement «(« amendement Wallon ») voté avec une voix d’avance.

Ainsi s’instaure de façon peu romanesque la République française moderne qui perdure avec des modifications (IVème et aujourd’hui Vème République), bien loin de l’embrasement du 14 juillet 1789.

Le 14 juillet marque au moins la chute de la monarchie ?

Pas d’avantage, sinon celle de la monarchie absolue. On sait (rétrospectivement) que la Révolution française s’est ouverte quelques semaines plus tôt par la réunion des États Généraux mais ils sont convoqués par le roi Louis XVI, qui cherche l’appui politique et financier de la nation. Les Cahiers de doléances, vaste consultation qui les a précédés, témoignent partout d’un soutien quasi unanime à sa personne et à l’institution monarchique. 

Une crise fracture ces États Généraux en juin 1789 sur la question – essentielle – du vote par tête ou par ordre : la représentation nationale doit-elle être égalitaire ou soumise à la hiérarchie des trois ordres d’ancien régime (noblesse, clergé, tiers-état) ?
Elle débouche – le roi s’accrochant à l’ancien ordre et ayant fait disposer des troupes autour de la capitale – sur l’émeute du 14 juillet 1789. Des dizaines de milliers de Parisiens, dans le désir initial d’y chercher des armes, prennent d’assaut la Bastille, forteresse et vieille prison symbole d’arbitraire.

L’épisode est connu : ils s’en emparent et délivrent les sept prisonniers qui s’y trouvent (dont quatre faux monnayeurs). Une centaine de personnes sont tuées de part et d’autre dans l’assaut dont le marquis de Launay, gouverneur de la place. Sa tête est exhibée sur une pique.

On peut dater de cet événement fondateur la fin symbolique de la monarchie absolue et, d’une certaine façon, de l’ancien régime (le rôle de l’Assemblée devient prépondérant ; la noblesse perd ses privilèges dans les semaines suivantes).

Mais le roi lui-même n’est toujours pas contesté, et fait même l’objet d’un attachement renouvelé. Les révolutionnaires eux-mêmes, Robespierre inclus, ne sont alors nullement républicains.

Ce n’est qu’après la tentative de fuite de Louis XVI vers la frontière (équipée de Varennes, juin 1791) que son image est irrémédiablement ternie et que l’idée d’abolir la monarchie fait son chemin. Sa collusion avérée avec les cours ennemies de la France feront le reste. Le palais royal des Tuileries est pris par la foule le 10 août 1792. Louis XVI arrêté et jugé. Il est guillotiné le 21 janvier 1793.
 

Le « 14 juillet » commémore cependant bien la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 ?

Non, en tout cas pas légalement, même si l’imaginaire français s’est révélé, à l’usage, plus audacieux que le législateur et célèbre bien cette défaite de l’ordre établi. 

Selon les débats du parlement qui l’institue près d’un siècle après la Révolution, le jour choisi commémore plutôt la fête de la Fédération qui, un an plus tard (14 juillet 1790), marque un moment de grande réconciliation nationale en présence du roi.

Ce n’est qu’en 1880, en effet, que la Troisième République commençante, en manque de symboles édifiants, établit le « 14 juillet » pour fête nationale.

Les régimes précédents avaient eu successivement pour jour emblématique celui de la naissance de la première République (22 septembre, jusqu’en 1804) la Saint-Napoléon sous les deux Empires ou la fête du roi sous la Restauration.

La fête de la Fédération

Dès la fin de 1789, la France connaît un grand mouvement de fraternisation entre villages, villes ou régions dans un élan révolutionnaire et patriotique, en des réunions citoyennes nommées « fédérations ».

« Il n’y a plus ni riches ni pauvres, ni nobles ni roturiers, écrira l’historien Jules Michelet. Les ennemis se réconcilient, les sectes opposées fraternisent, les croyants, les philosophes, les protestants, les catholiques (…) Un sentiment inouï de concorde avait pénétré les âmes ».

L’Assemblée Nationale décide de couronner ce mouvement par un immense rassemblement parisien.

Le 14 juillet 1790, anniversaire de la prise de la Bastille, 14 000 gardes nationaux venus de tout le royaume sont réunis au Champ-de-Mars dans l’enthousiasme. On jure « d’être à jamais fidèle à la Nation, à la Loi et au roi » et de « demeurer unis à tous les Français ».

« Ah ! De quel cœur il jure, ce peuple ! Ah, comme il est crédule encore », écrit encore Michelet.

La Troisième République, née d’une défaite, sans date de naissance très claire et inaugurée par la répression sanglante d’une insurrection (la Commune de Paris ; au moins 20 000 tués, autant d’emprisonnements et déportations) n’avait pas dans sa propre histoire de journées bien glorieuses à commémorer. On chercha donc ailleurs.

Après que furent proposées différentes dates, le député de gauche Benjamin Raspail propose celle du 14 juillet. Émoi d’une partie des parlementaires qui s’inquiètent qu’on fasse ainsi l’apologie d’une émeute.

Le rapporteur du Sénat, l’historien Henri Martin, évoque alors l’autre 14 juillet, celui de 1790. « N’oubliez pas, dit-il, qu’après la journée du 14 juillet 1789 il y a eu la journée du 14 juillet 1790. Cette journée-là, vous ne lui reprocherez pas d’avoir versé une goutte de sang, d’avoir jeté la division à un degré quelconque dans le pays. Elle a été la consécration de l’unité de la France. »

Le rapport du Sénat reprend cette option : « Nous espérons qu’aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale. (…) Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire. »

Votée le 6 juillet 1880, la loi ne comprend finalement qu’un seul article, prudemment sibyllin : « La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle ».

Pascal Priestley

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29 mars 2020

24 SEALIFE avec Laurent AGNESSENS et le groupe LUX 25 06 15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 14 h 30 min

RENCONTRE AVEC LAURENT

NOUS L’AVONS REÇU À PLUSIEURS REPRISES DANS ÇA BOOSTE. Mondial du Tatoo, l’improbable cabaret, Sailor Jerry.

Ce soir, c’est en tant que responsable de l’aquarium SEALIFE à Marne la Vallée.

 


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BIOGRAPHIE DE LUX

LUX est le produit d’une rencontre fortuite à Paris entre le célèbre guitariste de blues / rock Sylvain Laforge et la New Yorkaise Angela Randall. Leur premier album «SUPER 8» qui a  été enregistré au Studio Black Box et produit par Peter Deimel (The Kills, Anna Calvi, Last Shadow Puppets, Theo Lawrence et The Hearts…) vient d’être réédité avec deux nouveaux titres supplémentaires.

Le premier EP du duo, également enregistré au Studio Black Box et sorti en 2014, leur a permis de tourner et de jouer dans des lieux aussi connus que La Boule Noire, Café de la Danse et The New Morning…

Le groupe a été invité à jouer au Cornbury Music Festival dans l’Oxfordshire en juillet 2016, a fait une tournée acoustique à New York à l’été 2017 et est revenu dans la ville au printemps 2018 pour présenter l’album sorti aux États-Unis en Mai de la même année.

Ayant joué les grands festivals et toutes les grandes salles à Paris et à l’étranger avec la Rita Mitsouko, LUX est une affaire plus intime pour Laforge et une où il n’est plus la guitare à louer mais, comme il le dit,  » le patron « . Fervent partisan de la pureté et de la tradition du blues américain, Laforge a ressenti une alchimie immédiate avec les paroles sobres de Randall et peu de temps après leur première rencontre, ils écrivaient des chansons et faisaient des concerts ensemble.

Leur auto-description « Velvet Rock » est un mélange de rock et de blues alt-folk, américain et britannique qui combine des paroles élégantes, des voix passionnantes et un travail de guitare toujours magnifique.

«Velvet Rock» est un terme qui nous est venu après l’enregistrement du premier EP. Pour nous, il parvient à rassembler en deux mots les éléments rock, folk et pop qui composent nos chansons. Dans «Velvet Rock», le «Velvet» est un clin d’œil clair à New York, aux paroles en anglais, à l’ambiance et à l’élégance urbaine de New York et de Paris. La partie «Rock» est résolument garantie par le jeu de guitare. Les deux mots ensemble – « Velvet Rock » – décrivent le style, le look et même le son organique de LUX. « 

Imaginez Natalie Merchant errant dans Villa Nellcote lorsque les Stones enregistraient Exile on Main St.et vous aurez une idée de qui ils sont et de cette séduisante allure de guitare percutante et de paroles blessées. Laforge est convaincue que toutes les chansons devraient fonctionner avec seulement la guitare et la voix et, de même, les paroles de rechange de Randall puisent dans cette même esthétique traditionnelle sans complication par les couches de production ou les gadgets de studio. En tant qu’acte purement acoustique, leurs chansons et leurs performances étaient le côté le plus doux d’Americana, mais avec un groupe complet derrière le travail de guitare stellaire de Laforge, LUX joue un son plus rock. Les nouveaux enregistrements insufflent une nouvelle vie à leur répertoire et lancent un catalogue de nouvelles chansons, de nouvelles performances et de nouveaux followers.

Une rencontre inattendue à Paris entre Angela Randall, chanteuse et auteure New-Yorkaise et Sylvain Laforge, guitariste de blues/rock a donné naissance au groupe LUX.

Super 8, leur premier album enregistré au Studio Black Box sous la direction artistique de Peter Deimel (The Kills, Last Shadow Puppets, Ana Calvi, Theo Lawrence and the Hearts…) est dans les bacs et vient d’être réédité avec deux nouvelles chansons.

Après avoir joué dans les gros festivals et les plus grandes salles avec les Rita Mitsouko, puis avec Catherine Ringer, LUX est un projet plus personnel pour ce guitariste français de renom.  Fervent partisan de la pureté et tradition du blues, une alchimie immédiate se crée entre ses propres compositions et les élégantes paroles de cette américaine.

Peu après leur rencontre, ils composent des chansons qu’ils présentent en duo acoustique. En 2014, un premier EP enregistré dans le même studio Black Box les amène à tourner dans des nombreuses salles parisiennes: Le Réservoir, Le China, La Boule Noire Supersonic, Café de la Danse, New Morning…

Ils aiment décrire leur musique comme du « Velvet Rock ». Leurs chansons sont portées par un jeu de guitare électrisant, marqué par les riffs et mélodies inspirées. La voix unique et émouvante d’Angela soutient la force de ses textes.

« Velvet Rock” nous est venu naturellement car il réunit en deux mots les éléments de rock, folk, et pop qui font partie de nos chansons. Dans “Velvet Rock” le “Velvet” fait un clin d’oeil à la fois à New York, ma ville natale, les paroles en anglais, le touché velours et l’élégance urbaine de New York et de Paris. Et puis il y a le “Rock” qui est résolument garantie par le jeu de guitare. Le “Velvet Rock” qui en résulte décrit le style, le look et même le son organique de notre groupe“.

Imaginez la chanteuse Nathalie Merchant se trouvant par hasard à la Villa Nellcote avec les Stones enregistrant Exile on Main Street. Là vous aurez le parfum de ce qu’ils font avec l’allure séduisante d’une guitare incisive et le lyrisme des textes.

Partant de l’idée que toute chanson devrait fonctionner simplement avec une guitare et une voix, les paroles en anglais de LUX se lient avec cette même tradition esthétique.

https://youtu.be/-UqECdYty7w[/

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28 mars 2020

23 L’UKRAINE avec IGOR RESHETNYAK ANARCHISTE UKRAINIEN 16/06/15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 21 h 05 min

téléchargement (4)AVEC IGOR QUI A AIDÉ À LA TRADUCTION DE LA SOIRÉE SPÉCIALE UKRAINE À LA LIBRAIRIE ÉMANCIPATION EN PRÉSENCE DE CONSTANTIN ET MAXIME DE LA MOUVANCE LIBERTAIRE ET QUI REVIENNENT D’UKRAINE. CETTE SOIRÉE AVAIT POUR BUT D’EN SAVOIR UN PEU PLUS SUR LA SITUATION UKRAINIENNE DANS CE CONFLIT QUI L’OPPOSE À LA RUSSIE ET DE L’ACTION ANTIFA ET ANARCHISTE EN UKRAINE ET EN RUSSIE.

EN PRIME UN PEU D’HISTOIRE

 

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NESTOR MAKHNO ET L’ARMÉE INSURRECTIONNELLE D’UKRAINE

23 L'UKRAINE avec IGOR RESHETNYAK ANARCHISTE UKRAINIEN 16/06/15 dans EMISSIONS ob_ae6720_000101015

            Nestor Makhno (1889 – 1934)

Victor Serge, dont les contradictions ne sont plus à relever, voyait en Makhno le seul qui, à son avis, avait tenté l’expérience féconde d’une synthèse du marxisme et du socialisme libertaire. Reprenant aujourd’hui cette appréciation, bon nombre d’intellectuels, pour qui l’anarchie est un excellent gagne-pain, nous mijotent une impossible mixture marxiste assaisonnée de quelques éléments libertaires.

Le but de cet article est simplement de rappeler l’historique du mouvement makhnoviste, malheureusement trop peu connu des jeunes militants, et de démontrer que la makhnovchtchina (1) fut exclusivement un mouvement révolutionnaire autonome qui concrétisa le rêve des anarchistes de créer une société dégagée de toute exploitation et de toute autorité politique.
Il est bon aussi de rappeler à certains libertaires, désireux actuellement de former l’union sacrée avec les organisations gauchistes, comment ce mouvement fut écrasé par ceux-là mêmes à qui il apportait une aide pour combattre la contre-révolution. Les anarchistes ukrainiens eurent l’imprudence de faire confiance à l’Armée rouge ; nous ne désirons pas commettre la même erreur, car nous n’accordons pas plus de confiance aux héritiers de Trotsky que Makhno eût dû le faire.

Le cadre
Il est nécessaire, tout d’abord, de replacer l’expérience anarchiste d’Ukraine dans le contexte à la fois historique et géographique qui lui sert de cadre. C’est dans le grand bouleversement de la révolution russe qu’elle va se situer, comme un îlot au milieu de l’expérience marxiste qui s’étend dans le reste de l’ancien empire tsariste.
L’Ukraine est alors un pays totalement différent des autres provinces russes. Pays agricole riche, qui a toujours suscité le désir de ses voisins, elle est marquée par un fort esprit d’indépendance de ses habitants, esprit d’indépendance allant parfois malheureusement jusqu’à un nationalisme exacerbé, mais ayant surtout donné au pays une tradition de « Volnitza » (vie libre) qui empêcha les différents partis politiques de s’y implanter fermement.
Cette absence politique explique pourquoi la révolution d’Octobre se déroula, en fait, un peu plus tard dans cette province. De l’abdication du tsar en mars 1917, et alors que Kérensky prenait la tête du gouvernement provisoire en Grande-Russie, on avait vu s’établir en Ukraine un pouvoir parallèle dirigé par la petite bourgeoisie nationaliste, désireuse de recréer un État indépendant.
Ce mouvement, animé principalement par Vinitcheuko et Petlioura, s’établit surtout dans le nord du pays, alors que dans le sud les masses paysannes, sous l’influence des groupes anarchistes, s’en détachaient pour former un courant révolutionnaire qui, en décembre 1917 et janvier 1918, expulsa les gros propriétaires et commença à organiser lui-même le partage et la mise en valeur des terres et des usines.
Mais tout fut remis en question lorsque, le 3 mars 1918, Lénine signa le traité de Brest-Litovsk qui permettait aux armées austro-allemandes d’entrer en Ukraine.
Celles-ci rétablirent aussitôt les nobles et les propriétaires fonciers dans leurs privilèges afin de s’assurer la neutralité de la région. La nomination de l’hetman [Ndlr. Commandant en chef des armées] Skoropadsky à la tête de la Rada centrale [Ndlr. Corps politique représentatif, sorte de Parlement] marqua véritablement le retour au tsarisme. En effet, les propriétaires chassés peu de temps auparavant se hâtèrent, par esprit de vengeance, de resserrer leur étreinte sur le peuple, qui subissait par ailleurs le brigandage des troupes d’occupation.
Devant cette répression impitoyable, le pays tout entier va se dresser et ce mouvement insurrectionnel des paysans et des ouvriers va se déclarer pour la révolution intégrale, c’est-à-dire ayant comme but la complète émancipation du travail. On assiste alors à une organisation simultanée de corps de francs-tireurs, cela sans aucun mot d’ordre venu d’un quelconque parti politique mais par les paysans eux-mêmes.
Mais les représailles de la Rada ukrainienne, appuyée par les troupes austro-allemandes, vont être sanglantes (juin-juillet-août 1918). La nécessité d’une certaine unification face à la répression se faisant sentir, ce sera le groupe anarchiste de Goulaï-Polé qui en prendra l’initiative.
Le mouvement prend alors un caractère totalement différent : il se débarrasse aussitôt de tous les éléments non travailleurs et des préjugés nationaux, religieux ou politiques. Son but n’est pas de lutter seulement contre la réaction, mais de s’engager également dans la voie antiautoritaire de l’organisation libre des travailleurs. Tout cela, nous l’avons dit, à l’initiative du groupe anarchiste de Goulaï-Polé, duquel va se détacher un animateur de premier ordre.

Nestor Makhno
Né en 1889, dans une famille de paysans pauvres, Nestor Makhno va rapidement se trouver confronté au problème de l’exploitation de l’homme par l’homme. En effet, orphelin de père très jeune, il est obligé d’aller travailler à 7 ans chez les riches koulaks (propriétaires terriens) pour aider sa famille. Il ira ensuite travailler comme fondeur à l’unique usine de son village. La révolution manquée de 1905 (il a alors 16 ans) va éveiller son enthousiasme révolutionnaire et après avoir pris contact avec diverses organisations politiques qui le rebutent, il entre finalement au groupe anarchiste-communiste de Goulaï-Polé, où il va déployer une grande activité.
Arrêté en 1908 par l’Okhrana (police du tsar), il est condamné à mort. Mais, en raison de sa jeunesse, sa peine sera commuée en réclusion à vie. Il profite de son emprisonnement à Moscou pour parfaire son éducation, bien qu’en raison de sa mauvaise conduite il soit très souvent au cachot. L’insurrection de Moscou, le 1er mars 1917, va lui permettre de recouvrer sa liberté et de rentrer à Goulaï-Polé où il reçoit un accueil triomphal.
Il y retrouve le groupe anarchiste, avec lequel il va d’abord avoir quelques différends. En effet, sa détention lui avait permis de méditer longuement et, à son retour, il affirme vouloir que les paysans s’organisent d’une façon assez solide pour chasser définitivement les koulaks. Bien que très hésitants, ses camarades vont tout de même le suivre et impulser une union professionnelle des ouvriers agricoles, une commune libre et un soviet local des paysans qui va partager les terres de façon égalitaire. Exemple qui sera rapidement suivi dans les villages voisins.
C’est à cette époque que se situe l’entrée des armées austro-allemandes en Ukraine.
Makhno est alors chargé par un comité révolutionnaire de former des bataillons de lutte contre l’occupant et la Rada centrale de l’hetman Skoropadsky. II va participer à de nombreux meetings, appelant les travailleurs à l’insurrection générale. Spontanément, tous les détachements de partisans vont le rejoindre, et Makhno se révélera un organisateur extraordinaire, en semant la terreur dans les rangs ennemis à la tête de la compagnie révolutionnaire dont il a la responsabilité. Appuyé par les masses populaires dont les partisans sont issus, il a un énorme avantage et il est bien certain que devant une telle force, seule l’aide des armées d’occupation peut maintenir l’hetman en place.
Lorsque celles-ci vont être rappelées dans leur pays à la suite de la défaite du bloc germanique sur le front occidental, c’est la débandade chez les propriétaires, qui trouvent refuge à l’étranger.
C’est à ce moment-là que se situe véritablement l’expérience anarchiste en Ukraine qui, avec sa théorie d’organisation libertaire, se trouve en confrontation directe avec la théorie d’organisation marxiste et les réalisations bolcheviques en Grande-Russie.

L’expérience anarchiste
Jusqu’à la fuite de Skoropadsky, le mouvement avait été surtout destructif. Avec l’unification, il va trouver une structure permettant un plan précis pour une organisation libre des travailleurs. Ce plan va être tracé au premier congrès de la Confédération des groupes anarchistes qui prend le nom de Nabat (le Tocsin).
Les principaux points en sont : le rejet des groupes privilégiés (non-travailleurs) ; la méfiance envers tous les partis ; la négation de toute dictature (principalement celle d’une organisation sur le peuple) ; la négation du principe de l’État ; le rejet d’une période « transitoire » ; l’autodirection des travailleurs par des conseils (soviets) laborieux libres.
On voit déjà dans ce plan les différences fondamentales avec les aspirations des bolcheviks dans le reste du pays. C’est pourquoi, dans un premier temps, le mouvement anarchiste va présenter et expliquer ses idées aux travailleurs, sans essayer pour autant de leur imposer. L’armée insurrectionnelle formée auparavant va être désormais uniquement un groupe d’autodéfense, car l’idéal anarchiste de bonheur et d’égalité générale ne peut être atteint à travers l’effort d’une armée, quelle qu’elle soit, même si elle était formée exclusivement par des anarchistes.
Ainsi, peut-on lire dans La Voie vers la liberté (organe makhnoviste) : « L’armée révolutionnaire, dans le meilleur des cas, pourrait servir à la destruction du vieux régime abhorré ; pour le travail constructif, l’édification et la création, n’importe quelle armée qui, logiquement, ne peut s’appuyer que sur la force et le commandement, serait complètement impuissante et même néfaste.
Pour que la société anarchiste devienne possible, il est nécessaire que les ouvriers eux-mêmes dans les usines et les entreprises, les paysans eux-mêmes dans leurs villages, se mettent à la construction de la société antiautoritaire, n’attendant de nulle part des décrets-lois. »
Et pendant six mois (de novembre 1918 à juin 1919), on va assister à une véritable expérience anarchiste pendant laquelle paysans et ouvriers vivront sans aucun pouvoir, créant ainsi de nouvelles formes de relations sociales. À côté de la gestion directe des usines par les ouvriers sur la base de l’égalité économique, vont se créer des communes libres.
« La majeure partie de ces communes agraires était composée de paysans, quelques-uns comprenaient à la fois des paysans et des ouvriers. Elles étaient fondées avant tout sur l’égalité et la solidarité de leurs membres. Tous, hommes et femmes, œuvraient ensemble avec une conscience parfaite, qu’ils travaillassent aux champs ou qu’ils fussent employés aux travaux domestiques […]. Le programme de travail était établi dans des réunions où tous participaient. Ils savaient ensuite exactement ce qu’ils avaient à faire » (Makhno, La Révolution russe en Ukraine).
« Un nouvel état d’esprit naît aussitôt de ces expériences, car les paysans en arrivent rapidement à considérer ce régime communal libre comme la forme la plus élevée de la justice sociale. Ainsi, les membres du groupe se faisaient à l’idée d’unité collective dans l’action et tout particulièrement dans l’action raisonnée et féconde. Ils s’habituaient à avoir naturellement confiance les uns dans les autres, à se comprendre, à s’apprécier sincèrement dans leur domaine respectif » (ibid.).
Poursuivant leurs recherches créatrices, ils vont s’apercevoir qu’une société nouvelle ne peut maintenir une éducation sclérosée ; c’est ainsi qu’ils se tournent résolument vers la pédagogie libertaire de Francisco Ferrer (2) qu’ils déclarent vouloir appliquer dans les écoles. Cela posera, bien sûr, quelques problèmes de départ, car ils n’ont eu connaissance de cette pédagogie que très succinctement. Aussi demanderont-ils à quelques personnes, aptes à l’expliquer et à la mettre en pratique, de venir des villes, et c’est ainsi que Voline (3) arrive à Goulaï-Polé.
Sur le plan des échanges avec les villes, les paysans vont rejeter tout intermédiaire. Sans passer par les structures de l’État, ils vont fournir aux ouvriers des villes céréales et nourriture, en contrepartie desquelles les ouvriers leur échangeront leurs produits, sur la base de l’estimation réciproque et de l’entraide définie par Kropotkine.

Le rôle de Makhno, dans tout cela ?
Il n’est qu’un animateur du mouvement, qui répond à ceux qui viennent lui demander des conseils : « C’est à vous de le savoir ; cherchez des solutions, organisez-vous, c’est en faisant des erreurs que vous apprendrez à les éviter. » Quelle différence avec Lénine ou Trotsky, dictant leurs ordres pour la moindre affaire ! Makhno démontre ainsi, d’une façon magistrale, que la théorie marxiste n’est pas valable, théorie selon laquelle le peuple a besoin de guides qui pensent pour lui, d’un parti puissant qui dicte ce qu’il a faire.
Tout cela n’est évidemment pas vu d’un bon œil par les autorités bolcheviques et Makhno sait qu’un jour, il y aura affrontement.
Il déclare : « Le jour n’est pas éloigné où le peuple russe sera complètement écrasé sous la botte des partis. Les partis ne servent pas le peuple, c’est le peuple qui doit les servir. Ainsi voyons-nous déjà que toutes les décisions concernant le peuple sont prises directement par les partis politiques. Ainsi va se trouver une fois de plus justifiée la parole de Bakounine : partout où il y a domination, il y a exploitation. Or, nous ne voulons accepter ni la domination ni l’exploitation. »
C’est un véritable défi. Pourtant, celui-ci ne sera pas relevé. Un événement important va retarder l’affrontement : c’est l’approche des troupes monarchistes de Dénikine. Mais, parallèlement, c’est aussi cet événement qui va servir de prétexte aux bolcheviks pour « normaliser » la situation en Ukraine.

L’affrontement
Face aux troupes blanches qui s’apprêtent à envahir le pays, les paysans du sud de l’Ukraine sont résolus à se défendre eux-mêmes. Mais Makhno sait qu’en face, il y a une très bonne armée, composée principalement de cosaques et d’officiers de l’ancienne armée tsariste. Il faut donc renforcer la makhnovchtchina et deux congrès régionaux sont convoqués (à trois semaines d’intervalle) pour examiner la situation.
Le second de ces congrès va décider une mobilisation volontaire et égalitaire ; il n’y a jamais eu de conscription dans la makhnovchtchina, comme ont voulu le faire croire certains. Les volontaires vont être nombreux, mais le gros problème est le manque d’armes. Cependant, durant trois mois, l’Armée révolutionnaire insurrectionnelle (c’est le nom adopté par les partisans ukrainiens) tient tête aux monarchistes.
Makhno se révèle être, de nouveau, un stratège extraordinaire. Toute la presse bolchevique chante même ses louanges, le qualifiant de « courageux partisan » et de « grand dirigeant révolutionnaire » !
C’est seulement au bout de trois mois que l’Armée rouge arrive. Aussitôt, un accord est conclu avec Makhno : l’Armée révolutionnaire insurrectionnelle se joint à l’Armée rouge, mais elle ne dépend d’elle qu’au point de vue strictement militaire ; elle a droit au même approvisionnement en vivres et en munitions ; elle garde son nom, ses drapeaux noirs et ses structures (volontariat, principe électoral, autodiscipline). De plus, elle n’accepte aucun pouvoir politique (commissaires) dans la région où elle évolue. Les bolcheviks vont accepter, pensant absorber par la suite la makhnovchtchina.
Ils vont bien vite se rendre compte qu’ils n’y arriveront pas et ils décident de ne plus approvisionner les partisans ukrainiens. Makhno réquisitionne alors les trains destinés à l’Armée rouge et refuse de livrer la houille et les céréales dont la région qu’il occupe est riche.
C’est l’épreuve de force qui commence avec les premières arrestations d’anarchistes, l’interdiction de leur journal Nabat – dont Voline était alors rédacteur –, une campagne de calomnie dans la presse, de Moscou et des autorités de plus en plus menaçantes.
Devant cette situation, un troisième congrès régional est convoqué pour déterminer les positions civiles et militaires à adopter. Ce congrès est aussitôt déclaré hors-la-loi et contre-révolutionnaire par le commandant de division Dybenko, décision à laquelle le conseil révolutionnaire de Goulaï-Polé va répondre d’une façon véhémente : « Peut-il exister des lois faites par quelques personnes s’intitulant révolutionnaires, leur permettant. de mettre tout un peuple plus révolutionnaire qu’elles hors-la-loi ? […] Un révolutionnaire, quels intérêts doit-il défendre ? Ceux du parti ou bien ceux du peuple qui, par son sang, met en mouvement la révolution ? » (Archinoff, Le Mouvement makhnoviste).
Cette réponse va aussitôt entraîner une nouvelle campagne de diffamation dans la presse communiste. Les hautes autorités vont alors venir sur place pour se rendre compte de la situation. L’envoyé de Lénine, Kamenev, a un entretien assez cordial avec Makhno ; il s’en va même en déclarant que les bolcheviks sauraient toujours trouver un langage commun avec les makhnovistes, et qu’ils peuvent et doivent œuvrer ensemble.
Mais à peine est-il parti que les paysans ukrainiens interceptent des messages donnant l’ordre à l’Armée rouge d’envahir Goulaï-Polé et qu’un attentat contre Makhno ait lieu. Un quatrième congrès des délégués ouvriers, paysans et partisans est convoqué. L’ordre de Trotsky ne se fait pas attendre : toute personne participant à ce congrès doit être arrêtée.
Et il déclare : « II vaut mieux céder l’Ukraine entière à Dénikine que permettre une expansion du mouvement makhnoviste : le mouvement de Dénikine comme étant ouvertement contre-révolutionnaire pourrait être aisément compromis par la voie de classe, tandis que la Makhnovstchina se développe au fond des masses et soulève justement les masses contre nous » (Archinoff, Le Mouvement makhnoviste).
Et il met aussitôt ses paroles en pratique en retirant ses troupes afin de permettre à l’armée blanche d’envahir la région. Il déclare, d’autre part, que c’est Makhno le responsable de la défaite et ordre est donné de l’arrêter et de fusiller les insurgés pendant leur retraite. Pris entre deux feux, Makhno a alors une astuce pour se tirer du traquenard : il démissionne de son poste de commandement de l’Armée révolutionnaire insurrectionnelle et s’évanouit dans la nature avec ses compagnons.
C’est une catastrophe pour Trotsky qui est battu à plate couture par Dénikine et qui doit retirer ses troupes d’Ukraine. C’est à ce moment que Makhno décide de revenir à la surface. Il reforme son armée et en trois mois va battre les troupes monarchistes, sauvant ainsi la révolution.
Devenue très puissante et très populaire, la makhnovstchina ne va pas user de sa force pour étendre sa domination. Elle va, au contraire, se tourner à nouveau vers l’auto-organisation du pays. Elle va également appliquer intégralement ces principes si chers aux anarchistes en détruisant prisons et postes de police, et en accordant entière liberté de parole, de conscience, d’association, de presse.
Mais Makhno commet une erreur. Sûr de lui et de l’appui des masses populaires, il ne pense pas à se préserver d’une nouvelle traîtrise des bolcheviks. Et lorsque la moitié de ses troupes sera décimée par une épidémie de typhus, Trotsky reprendra le harcèlement. Il y aura une nouvelle trêve en octobre 1920, à l’approche de l’armée blanche de Wrangel.
La makhnovchtchina acceptera encore d’aider l’Armée rouge. Quand les monarchistes seront définitivement éliminés, on assistera à la dernière trahison des communistes. Makhno va intercepter trois messages de Lénine à Rakovsky, président du Conseil des commissaires du peuple d’Ukraine ; les ordres : arrêter tous les militants anarchistes et les juger comme des criminels de droit commun.
Août 1923, Makhno, épuisé, sera battu et devra s’enfuir en Roumanie, puis en Pologne, pour enfin venir à Paris où il terminera sa vie dans la misère et l’abandon.
Le communisme étatique s’installera en Ukraine.
La diffamation contre les anarchistes durera encore longtemps. On passera même un film dans toute la Russie présentant Makhno comme un chef de bandits sanguinaires et allié de l’armée blanche. Puis, le silence et pourtant, en 1953, à la mort de Staline, alors que l’Ukraine connaissait une vaste insurrection dans ses camps de concentration, les détenus, reprenant le camp de Norilsk, hissèrent le drapeau du mouvement makhnoviste en haut du mât.
Le mensonge et la calomnie feront peut-être, un jour, place à la vérité.
Alors sonnera le jour de la révolution sociale pour laquelle luttèrent tant les anarchistes ukrainiens.

Pascal Nurnberg

1. Nom donné à l’armée insurrectionnelle ukrainienne menée par Makhno. (Ndlr.)
2. Voir l’article de Guillaume Goutte, « Francisco Ferrer i Guardia, le pédagogue anarchiste », Le Monde libertaire, n° 1607, du 7 au 13 octobre 2010. (Ndlr.)
3. Vsevolod Mikhaïlovitch Eichenbaum, dit Voline (1882-1945), est un anarchiste russe. Pendant la makhnovchtchina, il sera en charge de la section « culture et éducation » de l’armée insurrectionnelle. Arrêté par l’Armée rouge en 1919, il est emprisonné puis libéré en 1920. En décembre de la même année, il est à nouveau arrêté par les bolcheviks alors qu’il s’apprêtait à préparer le congrès anarchiste de Kharkov. Bénéficiant d’un mouvement de solidarité européen, il est libéré. Dans les années trente, il se rend en France où, à la demande de la CNT espagnole, il s’implique activement dans la rédaction de L’Espagne antifasciste. Il meurt en 1945, à Paris, de la tuberculose. (Ndlr.)

Pin em Paz entre nós, guerra aos senhores._

21 SYRIZA PARIS ET LE COLLECTIF SFGS (Les raisins de la colère) 02/06

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 10 min

RENCONTRE AVEC DES MEMBRES DE SYRIZA PARIS.

LE MOUVEMENT SYRIZA EST UN PARTI REGROUPANT LES FORCES DE GAUCHE ET D’EXTRÊME GAUCHE. et des membres du comité Paris de SYRIZA sont venu nous parler de la situation en Grèce après la victoire de SYRIZA dirigé pas Alexis Tsipras. un avenir possible pour la Grèce malgré le diktat du triumvirat européen qui impose alors à la Grèce une politique d’austérité. Ce gouvernement résistera t il? Avec nos invitéEs nous allons chercher à mieux comprendre les enjeux qui attendent les grecs.

https://syrizaparis.wordpress.com/

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Le Collectif SFGS

Le Collectif

Notre collectif « Solidarité France-Grèce pour la santé » est né au départ de l’initiative d’un petit groupe de personnes d’origine grecque vivant en France et désirant agir collectivement et concrètement en solidarité avec les Pharmacies et Dispensaires sociaux en Grèce.

Dans un premier temps nous avons essayé de déterminer avec les acteurs des dispensaires le type et la forme de soutien dont ils avaient besoin, et d’étendre le collectif en le portant dans nos milieux personnels, professionnels et/ou militants.

Nous avons ainsi avancé vers la constitution d’un collectif de personnes de tous horizons (associatifs, professionnels, politiques, syndicaux) ayant comme but :

‐ D’informer le plus largement possible sur la crise sociale et sanitaire en Grèce et sur ses origines politiques.

‐ De créer en France les maillons d’une chaîne européenne de solidarité, notamment en collectant et envoyant sur place le matériel médical et pharmaceutique nécessaire

‐ De contribuer aux débats nécessaires sur la santé publique et les soins pour tous et toutes.

‐ D’élargir notre initiative en ouvrant un appel à soutiens par le biais de notre site, et en essayant de nous étendre au delà de la région parisienne.

Le 23 mars 2013, nous avons organisé notre premier débat public en présence du Docteur Giorgos Vichas, représentant du Dispensaire social métropolitain de Hellinikon à Athènes. Le succès de cette soirée et la richesse du débat nous ont confortés dans l’idée de multiplier les occasions d’élargir et de renforcer notre collectif, en organisant d’autres événements, mais aussi en intervenant partout où cela serait possible pour pousser ce débat et en récoltant des fonds et du matériel médical pour les dispensaires.
Dans le cadre de nos orientations initiales, nous nous sommes inscrits à l’Alter-Sommet d’ Athènes (8 et 9 juin 2013) et nous avons organisé, à destination des dispensaires sociaux grecs, le convoi d’un cabinet dentaire complet et d’équipement d’examen pédiatrique.

La rencontre sur place avec les intervenants militants des dispensaires nous a permis d’apprécier en profondeur la situation sanitaire et socio-politique ainsi que les besoins des dispensaires.

Notre première collecte de fonds a rapporté 7000 (sept mille) euros qui ont été dédiés au réseau des dispensaires sociaux.

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Notre Appel

APPEL DU COLLECTIF « SOLIDARITÉ FRANCE-GRÈCE POUR LA SANTÉ »

 

Le 25 janvier 2015, le peuple grec a marqué sa volonté d’en finir avec les politiques d’austérité imposées depuis plusieurs années par la Troïka (Banque Centrale Européenne, Fonds Monétaire International et Commission Européenne). Ces programmes d’austérité ont eu des conséquences sociales dramatiques. Le secteur de la santé et de l’accès aux soins a été particulièrement attaqué avec la fermeture de nombreuses structures de soins, les licenciements massifs de personnels de santé et la baisse drastique de la prise en charge des soins, excluant ainsi 35 % de la population de ce droit fondamental.

 

Face à cette crise humanitaire, et grâce à l’implication active de la population, des usagers et des professionnels bénévoles, une forme de résistance originale s’est organisée avec l’émergence de dispensaires autogérés dans les villes et les quartiers. Cette organisation alternative, outil de lutte contre les politiques de régression sociale, a fait écho en Europe. Une solidarité internationale s’est organisée pour la survie et le développement des dispensaires. En France, depuis deux ans, le collectif Solidarité France Grèce pour la Santé soutient financièrement et matériellement leurs activités.

Certes, les élections de janvier 2015 en Grèce ouvrent des perspectives. Pour autant, la reconstruction espérée du système de santé public grec ne se fera pas du jour au lendemain. Elle nécessitera des délais insoutenables pour les malades et les plus démunis. Pendant cette période transitoire, les dispensaires sociaux solidaires continueront d’œuvrer en faveur de ces populations. C’est la raison pour laquelle, plus que jamais, le collectif France Grèce pour la Santé appelle à une solidarité immédiate et concrète, avec une multiplication d’initiatives concourant à les soutenir politiquement, matériellement et financièrement.

La résistance du peuple grec est une force motrice qui sert de référence aux autres peuples d’Europe. C’est pourquoi le nouveau gouvernement grec voit se dresser contre lui tous ceux qui veulent imposer la poursuite des politiques d’austérité. La propagande médiatique est un vecteur de cette politique dont nous ne sommes pas dupes. Afin de déconstruire ce discours et consolider notre solidarité aux peuples en lutte nous devons organiser nos propres canaux d’information, nos propres réseaux.

Fort de ce constat, le collectif France Grèce pour la Santé, grâce aux partenariats qu’il a pu construire à travers ses deux années d’actions, organise l’envoi d’une délégation en Grèce. Cette délégation française, large et unitaire, composée d’acteurs syndicaux, associatifs, politiques du secteur de la santé, ira visiter des hôpitaux, des dispensaires, des équipes syndicales et des responsables institutionnels grecs. Créer de nouveaux liens, recenser les besoins et réfléchir avec les partenaires grecs est un travail complémentaire à celui que nous avons initié avec les dispensaires, une forme de mobilisation sociale en solidarité et pour le respect du choix démocratique du peuple grec.

Nous aspirons à une Grèce et à une Europe sociales, démocratiques et délivrées des plans austéritaires, où tous et toutes ont un accès égal à la santé, à l’emploi décent, à l’éducation, à la dignité. Nous nous inscrirons dans toutes les initiatives porteuses d’une telle ambition et nous comptons sur votre soutien.

E-mail : france.grece.solidarite.sante@gmail.com

https://solidaritefrancogrecque.wordpress.com/about/

Liens vers :

L’appel du Collectif SFGS février 2015

Le premier appel du Collectif SFGS 2013 

téléchargement

19 DAVID SIRE poète, chanteur et bidulosophe. Chansons pour enfants et aussi les grands 19/05/15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 22 min

Deux heures de causerie radiophonique – Radio libertaire 19.05.15

Ecrit par David Sire le 28 mai 2015 à 9:06 - 3 commentaires.

Radio libertaire – 19 mai 2015 – Squale m’offre deux heures d’antenne dans son émission Ça booste sous les pavés. L’occasion de reparcourir 17 ans (déjà !) de chansons, de scènes et d’album. On a pioché dans tous les disques parus depuis 2003 plus quelques titres d’amis dont le travail résonne en moi. Oui, une belle et précieuse causerie dans un monde où deux heures de radio se font bien rares. Merci SQUALE !

 

Filopat & Cie

Télérama a décerné T T T et un bravo à ce ciné-chansons ! A lire : ici.

C’est autour de l’œuvre de Gunter Rätz, réalisateur allemand de films d’animation, et de sa plus célèbre série, Filopat et Patafil que David Sire et son complice de scène Pierre Caillot accompagnent en musique et chansons cette séance de cinéma. De véritables petits trésors cachés, réalisés en marionnettes ou dessins animés, reprennent vie sur le contrepoint sonore et poétique des deux artistes. Au cœur de cette création : la question de l’espace et du temps. Goûter. Grandir. Pousser. Partir. Tomber. Tenir. Rêver. Rugir. Changer. Choisir. Deviner. Devenir.

https://vimeo.com/29597375 

C’est de famille

Sous la table, il y a un terrain vague. C’est là que glissent les jeux d’enfants quand s’éternise le monde des adultes. C’est là que se déroule C’est de famille. David Sire et Pierre Caillot y déambule dans une complicité malicieuse et toujours inattendue. Ukulélé, guitare, scie musicale pour le premier. Percussions vocales et digitales pour son cousin Zinzin. Fêtes de famille interminables (C’est le pied), familles recomposées (Les re-familles), relations frères-sœurs (le Zoo), noms difficiles à porter (Martin Dupont)…, le répertoire du livre-disque C’est de famille y est adapté dans une version acoustique toute en relief : du cri au chuchotement. Tels de petits volcans, les émotions humaines ne cessent de traverser le spectacle, tissant en filigrane la question de nos existences : elle vient d’où et elle va où cette vie ? Une réponse joyeuse s’esquisse du côté des marges, du côté des rêveurs et des étourdis, du côté de ceux qui, sans en faire une religion, n’hésite pourtant pas à porter leur slip sur la tête (la Saint Glinglin).

Durée : 1 H
Mise en scène : Marina Tomé
Création lumière : Nicolas Dalban-Moreynas
Son : Yannick Cayuela
 

https://vimeo.com/29596717  

Création jeune public pour le Festival de Marne 2013

Mise en scène : Marina Tomé

Répertoire insoumis, Niet popov propose en creux une philosophie libertaire sacrément contagieuse. La générosité est sans doute le ferment principal de ce spectacle haut en couleurs et en émotions. David Sire et Pierre Caillot donnent sans compter. En quelques secondes, nous franchissons avec eux la palissade pour entrer dans un fabuleux terrain vague. 

https://youtu.be/e-LDdoqpoZs 

En roue libre

En roue libre est un concert-spectacle qui vadrouille en plusieurs territoires. La chanson bien sûr. Mais aussi la fable d’objets. La pantomime. La danse. La magie. Avec un horizon commun : la poésie d’un spectacle saltimbanque. Né sur la route (voir Transhumances), En roue libre garde de sa genèse un farouche parfum de liberté. On y croisera une chanson pour voix et pompe à vélo, un poète en voiture de fonction, une pluie d’onomatopées. Le répertoire est pour bonne partie composé des chansons de l’album Bidule & l’horizon. Mais pas que… Car En roue libre reste en perpétuelle gestation. Dans un théâtre ou dans une grange, devant vingt ou deux mille personnes, un troubadour funambule souffle sans prévenir ses petites bulles de poésie. En équilibre sur le fil du présent.

Durée : 1 H 30
Mise en scène : Marina Tomé
Création lumière : Nicolas Dalban-Moreynas
Son : Emmanuel Hospital

Contact tournée:
Virginie RICHE
Gommette production & communication
06 64 39 46 13 / 09 81 49 92 22

1 rue de la trinquette 17000 LA ROCHELLE
virginie@gommette-production.com
www.gommette-production.com

 

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18 SPÉCIALE MARVIN GAYE 05/05/15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 15 h 38 min

UNE SPÉCIALE MARVIN GAYE, CHANTRE DE LA SOUL ET DE LA MOTOWN LABEL DE DETROIT.

Marvin Gaye (né Marvin Pentz Gay Jr .; 2 avril 1939 – 1er avril 1984) [1] était un chanteur, auteur-compositeur et producteur de disques américain. Il a contribué à façonner le son de Motown dans les années 1960, d’abord en tant que joueur de session interne et plus tard en tant qu’artiste solo avec une série de tubes, ce qui lui a valu les surnoms de  »Prince of Motown » et « Prince of Soul ».

Les succès Motown de Gaye incluent «  Ain’t That Peculiar  », «  How Sweet It Is (To Be Loved By You)  », et «  I Heard It Through the Grapevine  », et des enregistrements en duo avec Mary Wells , Kim Weston , Diana Ross et Tammi Terrell . Au cours des années 1970, il enregistre les albums What’s Going On et Let’s Get It On et devient l’un des premiers artistes de Motown, avec Stevie Wonder , à rompre les rênes d’une société de production. Ses enregistrements ultérieurs ont influencé plusieurs sous - genres R&B contemporains , tels que quiet storm etnéo soul . [2] Après une période d’exil fiscal en Europe au début des années 1980, il a sorti le hit de 1982 «  Sexual Healing  », qui lui a valu ses deux premiers Grammy Awards , et son album parent Midnight Love . [3] Les dernières apparitions télévisées de Gaye étaient au match des étoiles NBA de 1983 , où il a chanté «  La bannière étoilée  »; Motown 25: Hier, aujourd’hui, pour toujours ; et Soul Train , qui était sa dernière apparition. [4]

Première vie

Gaye est né Marvin Pentz Gay Jr. le 2 avril 1939, au Freedman’s Hospital [8] à Washington, DC, du ministre de l’Église Marvin Gay Sr. et du domestique d’ Alberta Gay (née Cooper). Sa première maison était dans un projet de logement public [9], les appartements Fairfax [10] (maintenant démolis) au 1617 1st Street SW dans le quartier Southwest Waterfront . [11] Bien que l’un des plus anciens quartiers de la ville, avec de nombreux élégants de style fédéralmaisons, le Sud-Ouest était avant tout un vaste bidonville. La plupart des bâtiments étaient petits, en mauvais état et manquaient d’électricité et d’eau courante. Les ruelles étaient pleines de cabanes à un et deux étages, et presque chaque logement était surpeuplé. [12] [13] [14] Gaye et ses amis ont surnommé le secteur « ville simple », en raison de son être « moitié ville, moitié pays ». [15] [16] [a]

Gaye était le deuxième plus âgé des quatre enfants du couple. Il avait deux soeurs, Jeanne et Zeola, et un frère, Frankie Gaye . Il avait également deux demi-frères: Michael Cooper, le fils de sa mère issu d’une relation antérieure, et Antwaun Carey Gay [18], né des relations extraconjugales de son père . [18]

Gaye a commencé à chanter à l’église quand il avait quatre ans; son père l’accompagnait souvent au piano. [19] [20] [21] Gaye et sa famille faisaient partie d’une église pentecôtiste connue sous le nom de Maison de Dieu. La Maison de Dieu a tiré ses enseignements du pentecôtisme hébreu , a préconisé une conduite stricte et a adhéré à l’ Ancien et au Nouveau Testament. [22] [23] Gaye a développé un amour du chant à un âge précoce et a été encouragé à poursuivre une carrière musicale professionnelle après une performance à une pièce de théâtre à 11 chants  » Be My Love  » de Mario Lanza . [21]Sa vie familiale consistait en des «coups de fouet brutaux» de son père, qui l’a frappé pour toute lacune. [24] Le jeune Gaye a décrit la vie dans la maison de son père comme semblable à « … vivre avec un roi, un roi très particulier, changeant, cruel et tout puissant. » [15] Il a estimé que si sa mère ne l’avait pas consolé et encouragé son chant, il se serait suicidé. [25] Sa sœur a expliqué plus tard que Gaye était souvent battue, à partir de l’âge de sept ans, jusqu’à l’adolescence. [26]

Gaye a fréquenté l’école élémentaire Syphax [27] , puis le lycée Randall Junior . [28] Gaye a commencé à prendre le chant beaucoup plus au sérieux dans le premier cycle du secondaire, [29] et il a rejoint et est devenu une star du chant avec le Randall Junior High Glee Club. [dix]

En 1953 [9] [30] [31] ou 1954 [8] [32] [b], les Gays emménagèrent dans le projet de logements publics East Capitol Dwellings dans le quartier Capitol View de DC . [8] [34] [c] Leur appartement de maison de ville (Unité 12, 60th Street NE; maintenant démoli) était la maison de Marvin jusqu’en 1962. [33] [d]

Gaye a brièvement fréquenté le lycée de Spingarn avant de passer au lycée de Cardozo . [35] À Cardozo, Gaye a rejoint plusieurs groupes vocaux de doo-wop , y compris les Dippers et les DC Tones. [37] La relation de Gaye avec son père a empiré pendant son adolescence, car son père le chassait souvent de la maison. [38] En 1956, Gaye, 17 ans, a abandonné le lycée et s’est enrôlé dans l’ US Air Force en tant qu’aviateur de base . [39] [40] Déçu d’avoir à effectuer des tâches subalternes, il a simulé une maladie mentale et a été libéré peu de temps après. [41]Le sergent de Gaye a déclaré qu’il refusait de suivre les ordres. [41] [42] Gaye a été délivré une « décharge générale » du service. [41] [42]

Début de carrière

Après son retour, Gaye et son bon ami Reese Palmer ont formé le quatuor vocal The Marquees . [43] [44] Le groupe s’est produit dans la région de DC et a bientôt commencé à travailler avec Bo Diddley , qui a assigné le groupe à la filiale de Columbia OKeh Records après avoir échoué à faire signer le groupe sur son propre label, Chess . [44] Le seul single du groupe, « Wyatt Earp » (co-écrit par Bo Diddley), n’a pas réussi à tracer et le groupe a été rapidement retiré du label. [45] Gaye a commencé à composer de la musique pendant cette période. [45]

Le co-fondateur de Moonglows , Harvey Fuqua, a ensuite embauché The Marquees en tant qu’employés. [46] Sous la direction de Fuqua, le groupe a changé son nom pour Harvey and the New Moonglows et a déménagé à Chicago. [47] Le groupe a enregistré plusieurs côtés pour Chess en 1959, y compris la chanson « Mama Loocie », qui était le premier enregistrement vocal principal de Gaye. Le groupe a trouvé du travail en tant que chanteurs de session pour des actes établis tels que Chuck Berry , chantant sur les tubes «  Back in the USA  » et «  Almost Grown  ».

En 1960, le groupe se dissout. Gaye a déménagé à Detroit avec Fuqua où il a signé avec Tri-Phi Records en tant que musicien de session, jouant de la batterie sur plusieurs sorties de Tri-Phi. Gaye s’est produit chez le président de Motown , Berry Gordy , pendant la période des fêtes en 1960. Impressionné par le chanteur, Gordy a demandé Fuqua pour son contrat avec Gaye. Fuqua a accepté de vendre une partie de son intérêt dans son contrat avec Gaye. [48] Peu de temps après, Gaye a signé avec Tamla, filiale de Motown.

Lorsque Gaye a signé avec Tamla, il a poursuivi une carrière en tant qu’interprète de musique jazz et de standards , n’ayant aucune envie de devenir un artiste R&B . [38] Avant la sortie de son premier single, Gaye a été taquiné au sujet de son nom de famille, avec certains en plaisantant, « Is Marvin Gay ? » [49] Gaye a changé l’orthographe de son nom de famille en ajoutant un e , de la même manière que Sam Cooke . L’auteur David Ritz a écrit que Gaye avait fait cela pour faire taire les rumeurs sur sa sexualité et pour mettre plus de distance entre lui et son père. [49]

Gaye sort son premier single, «  Laissez votre conscience être votre guide  », en mai 1961, avec l’album The Soulful Moods de Marvin Gaye , un mois plus tard. Les enregistrements initiaux de Gaye ont échoué sur le plan commercial et il a passé la majeure partie de 1961 à exécuter des travaux de session en tant que batteur pour des artistes tels que The Miracles , The Marvelettes et l’artiste de blues Jimmy Reed pour 5 $ (43 $ US en dollars de 2019 [50] ) par semaine. [51] [52]Alors que Gaye a pris quelques conseils pour jouer avec les yeux ouverts (ayant été accusé de paraître comme s’il dormait), il a refusé de suivre des cours de toilettage à la John Roberts Powers School for Social Grace à Detroit en raison de sa réticence à se conformer à ses ordres, quelque chose qu’il a regretté plus tard. [53] [54]

Succès initial 

En 1962, Gaye a trouvé le succès en tant que co-auteur du hit des Marvelettes, «  Beechwood 4-5789  ». Son premier hit solo, «  Stubborn Kind of Fellow  », est sorti plus tard en septembre, atteignant le n ° 8 du classement R&B et le n ° 46 du Billboard Hot 100. Gaye atteint le top 40 avec la chanson de danse «  Hitch Hike  » , [55] culminant au n ° 30 sur le Hot 100. «  Pride and Joy  » est devenu le premier single du top dix de Gaye après sa sortie en 1963.

Les trois singles et chansons des sessions de 1962 ont été inclus sur le deuxième album de Gaye, That Stubborn Kinda Fellow . À partir d’octobre de l’année, Gaye s’est produit dans le cadre de la Motortown Revue , une série de tournées de concerts en vedette sur les côtes nord et sud-est des États-Unis dans le cadre du Chitlin ‘Circuit . Une représentation filmée de Gaye au Apollo Theatre a eu lieu en juin 1963. Plus tard en octobre, Tamla a publié l’album live, Marvin Gaye Recorded Live on Stage .  » Can I Get a Witness  » est devenu l’un des premiers succès internationaux de Gaye.

En 1964, Gaye enregistre un album en duo avec succès avec la chanteuse Mary Wells intitulé Together , qui atteint la 42e place du palmarès des albums pop. Le single à double face de l’album, dont «  Once Upon a Time  » et «  What’s the Matter With You Baby  », a atteint le top 20. Le prochain hit solo de Gaye, «  How Sweet It Is (To Be Loved By You)  », qui Holland-Dozier-Holland a écrit pour lui, a atteint le n ° 6 sur le Hot 100 et atteint le top 50 au Royaume-Uni. Gaye a commencé à obtenir une exposition télévisée à cette époque, sur des émissions telles que American Bandstand . Toujours en 1964, il est apparu dans le film de concert , The TAMI Show. Gaye avait deux singles R&B numéro un en 1965 avec les Miracles - composés  » I’m Be Doggone  » et «  Ain’t That Peculiar  ». Les deux chansons sont devenues des millions de vendeurs. Après cela, Gaye est retourné aux ballades dérivées du jazz pour un album hommage au Nat récemment décédé Nat « King » Cole .

Après avoir marqué un duo à succès, «  It Takes Two  » avec Kim Weston , Gaye a commencé à travailler avec Tammi Terrell sur une série de duos, principalement composés par Ashford & Simpson , dont «  Ain’t No Mountain High Enough  », «  Your Precious Love  » , «  Ce n’est rien comme la vraie chose  » et «  Vous êtes tout ce dont j’ai besoin pour m’en sortir  ».

En octobre 1967, Terrell s’est effondré dans les bras de Gaye lors d’une représentation à Farmville, en Virginie . [56] Terrell a ensuite été transportée d’urgence à l’hôpital communautaire Southside de Farmville, où les médecins ont découvert qu’elle avait une tumeur maligne dans son cerveau . [56] Le diagnostic a mis fin à la carrière de Terrell en tant qu’interprète en direct , même si elle a continué à enregistrer de la musique sous une surveillance attentive. Malgré la présence de singles à succès tels que « Ain’t Nothing Like the Real Thing » et « You Are All I Need to Get By », la maladie de Terrell a causé des problèmes d’enregistrement et a conduit à plusieurs opérations pour retirer la tumeur. Gaye aurait été dévasté par la maladie de Terrell et serait devenu désillusionné par le commerce de disques.

Le 6 octobre 1968, Gaye a chanté l’hymne national lors du quatrième match des World Series 1968 , qui s’est tenu au Tiger Stadium , à Detroit, Michigan , entre les Detroit Tigers et les St. Louis Cardinals .

À la fin de 1968, l’enregistrement de Gaye de I Heard It Through the Grapevine est devenu le premier de Gaye à atteindre le numéro 1 du Billboard Hot 100. Il a également atteint le sommet des palmarès dans d’autres pays, se vendant à plus de quatre millions d’exemplaires. [57] Cependant, Gaye a estimé que le succès était quelque chose qu’il « ne méritait pas » et qu’il « se sentait comme une marionnette – la marionnette de Berry, la marionnette d’ Anna … » [58] [59] [60] Gaye a suivi avec «  Too Busy Thinking About My Baby  » et «  That’s the Way Love Is  », qui ont atteint le top 10 du Billboard Hot 100 en 1969. Cette année-là, son album MPG est devenu son premier album R&B n ° 1.Les Originaux durant cette période, dont «  Baby I’m For Real  » et «  The Bells  ».

Tammi Terrell est décédée d’ un cancer du cerveau le 16 mars 1970; Gaye a assisté à ses funérailles [61] et après une période de dépression, Gaye a cherché un poste dans une équipe de football professionnel , les Lions de Detroit , où il s’est plus tard lié d’amitié avec Mel Farr et Lem Barney . [62] Il a finalement été décidé que Gaye ne serait pas autorisé à essayer en raison des craintes de blessures possibles qui auraient pu affecter sa carrière musicale. [63] [64]

Le 1er Juin 1970, Gaye est revenu à Hitsville USA , où il a enregistré sa nouvelle composition « Que se passe », inspiré par une idée de Renaldo « Obie » Benson du Four Tops après avoir été témoin d’ un acte de brutalité policière à un anti rassemblement de guerre à Berkeley. [65] En entendant la chanson, Berry Gordy a refusé sa libération en raison de son sentiment que la chanson était « trop ​​politique » pour la radio. [66] Gaye a répondu en faisant grève de l’enregistrement jusqu’à ce que le label libère la chanson. [66] Sorti en 1971, il a atteint le N ° 1 sur les graphiques R&B en un mois, y restant pendant cinq semaines. Il a également atteint la première place surLe graphique pop de Cashbox pendant une semaine et a atteint le n ° 2 sur le graphique Hot 100 et Record World , se vendant à plus de deux millions d’exemplaires. [67] [68]

Après avoir donné un ultimatum pour enregistrer un album complet pour gagner le contrôle créatif de Motown, Gaye a passé dix jours à enregistrer l’album What’s Going On en mars. [69] Motown a publié l’album en mai après que Gaye a remixé des parties de l’album à Hollywood. [66] L’album est devenu le premier album de Gaye vendu à un million de dollars, lançant deux autres dix premiers singles, «  Mercy Mercy Me (The Ecology)  » et «  Inner City Blues  ». L’une des premières œuvres autonomes de Motown, son thème et son enchaînement ont amené le format d’ album concept au rythme et au blues. Un écrivain AllMusic l’a cité plus tard comme « … le disque le plus important et le plus passionné de la musique soul », Délivré par l’ une de ses plus belles voix. » [70] Pour l’album, Gaye a reçu deux Grammy Award nominations et plusieurs NAACP Image Awards . [71] L’album a également surmonté Rolling Stone ‘ liste de fin d’année comme album de l’année Le magazine Billboard a été nommé Gaye Trendsetter of the Year après le succès de l’album.

 

En 1971, Gaye a signé un nouvel accord avec Motown d’une valeur d’un million de dollars (6 313 065 $ US en dollars de 2019 [50] ), ce qui en fait l’accord le plus lucratif d’un artiste d’enregistrement noir à l’époque. [72] Gaye a d’abord répondu au nouveau contrat avec la bande originale et la partition subséquente , Trouble Man , sorti fin 1972. Avant la sortie de Trouble Man, Marvin a sorti un single appelé «  You’re the Man  ». L’album du même nom faisait suite à What’s Going On, mais Motown a refusé de promouvoir le single. Marvin a allégué plus tard que lui et Gordy se sont affrontés sur les opinions politiques de Marvin, et pour cette raison, il a été contraint de suspendre la sortie et le remplacement de l’albumHomme troublant. Cependant, Universal Music Group a annoncé en 2019 que You’re the Man recevrait une version officielle. [73] Autour de cette période,

En août 1973, Gaye a sorti l’ album Let’s Get It On . Sa chanson titre est devenue le deuxième single n ° 1 de Gaye sur le Hot 100. L’album est ensuite resté dans les charts pendant deux ans et s’est vendu à plus de quatre millions d’exemplaires. L’album a ensuite été salué comme « un disque sans égal par sa sensualité et son énergie charnelle ». [74] D’autres singles de l’album incluaient «  Come Get to This  », qui rappelait le premier son soul de Motaye de Gaye de la décennie précédente, tandis que le suggestif «  You Sure Love to Ball  » atteignit un modeste succès # 14 sur les charts r & b mais reçut une promotion tiède en raison du contenu sexuellement explicite de la chanson. [75]

Le dernier projet de duo de Marvin, Diana & Marvin , avec Diana Ross , a remporté un succès international malgré des styles artistiques contrastés. Une grande partie du matériel a été conçu spécialement pour le duo par Ashford et Simpson. [76] Répondant à la demande des fans et de Motown, Gaye a commencé sa première tournée en quatre ans au Oakland – Alameda County Coliseum le 4 janvier 1974. [77] La performance a été acclamée par la critique et a abouti à la sortie de l’album live, Marvin Gaye Live! et son single, une version live de Distant Lover , un morceau d’album de Let’s Get It On .

La tournée a contribué à renforcer la réputation de Gaye en tant qu’artiste vivant. [77] Pendant un certain temps, il gagnait 100 000 $ par nuit (518 421 $ US en dollars de 2019 [50] ) pour ses performances. [78] Gaye a tourné tout au long de 1974 et 1975. Un contrat renouvelé avec Motown a permis à Gaye de construire son propre studio d’enregistrement sur mesure .

En octobre 1975, Gaye a donné une performance lors d’un concert bénéfice de l’ UNESCO au Radio City Music Hall de New York pour soutenir la campagne d’alphabétisation africaine de l’UNESCO, ce qui lui a valu d’être félicité aux Nations Unies par l’ambassadeur de l’époque au Ghana Shirley Temple Black et Kurt Waldheim . [79] [80] Le prochain album studio de Gaye, I Want You , suivi en mars 1976 avec la chanson titre « I Want You » devenant un hit N ° 1 du R&B. L’album allait se vendre à plus d’un million d’exemplaires. Ce printemps-là, Gaye a entamé sa première tournée européenne en une décennie, débutant en Belgique. Au début de 1977, Gaye a sorti l’album live, Live at the London Palladium, qui s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires grâce au succès de sa chanson studio, «  Got to Give It Up  », qui est devenue un hit n ° 1.

Derniers enregistrements de Motown et exil européen 

En décembre 1978, Gaye a publié Here, My Dear , inspiré par les retombées de son premier mariage avec Anna Gordy . Enregistré avec l’intention de lui verser une partie de ses redevances en tant que pension alimentaire, il a mal fonctionné sur les cartes. [81] Au cours de cette période, la dépendance à la cocaïne de Gaye s’est intensifiée alors qu’il traitait plusieurs problèmes financiers avec l’ IRS . Ces problèmes l’ont amené à déménager à Maui, Hawaï , où il a eu du mal à enregistrer un album disco . [82] En 1980, Gaye a fait une tournée européenne. [83] Au moment où la tournée s’arrête, le chanteur déménage à Londres quand il craintune peine d’ emprisonnement pour non-remboursement d’impôts , qui atteignait désormais plus de 4,5 millions de dollars (13 963 449 $ US en dollars de 2019 [50] ). [83] [84]

Gaye a ensuite retravaillé Love Man de son concept disco original à un autre album personnel invoquant la religion et la fin possible d’un chapitre du Livre de l’Apocalypse . [85] Titrage de l’album In Our Lifetime? , Gaye a travaillé sur l’album pendant une grande partie de 1980 dans des studios londoniens tels que Air et Odyssey Studios . [86]

À l’automne de cette année, quelqu’un a volé une bande maîtresse d’un brouillon de l’album d’un des musiciens itinérants de Gaye, Frank Blair, emportant la bande maîtresse au siège social de Motown à Hollywood. [87] Motown a remixé l’album et l’a sorti le 15 janvier 1981. [88] Quand Gaye a appris sa sortie, il a accusé Motown d’avoir édité et remixé l’album sans son consentement, permettant la sortie d’une production inachevée ( Far Cry ) , en modifiant la pochette de l’album de sa demande et en supprimant le point d’interrogation du titre de l’album, en coupant son ironie. [89] Il a également accusé l’étiquette de libérer précipitamment l’album, comparant son album inachevé à une peinture de Picasso inachevée . [89]Gaye a alors juré de ne plus enregistrer de musique pour Motown. [90]

Le 14 février 1981, sous les conseils du promoteur musical Freddy Cousaert , Gaye a déménagé dans l’appartement de Cousaert à Ostende , en Belgique. [91] Pendant son séjour, Gaye a évité de consommer beaucoup de drogue et a commencé à faire de l’exercice et à fréquenter une église locale d’Ostende, reprenant confiance en lui. [92] [93] Après plusieurs mois de récupération, Gaye a cherché un retour sur scène, commençant la tournée de courte durée de Heavy Love Affair en Angleterre et à Ostende en juin-juillet 1981. [94] L’avocat personnel de Gaye, Curtis Shaw, décrira plus tard Ostende de Gaye période comme « la meilleure chose qui soit arrivée à Marvin ». Quand le mot a circulé que Gaye prévoyait un retour musical et une sortie de Motown,Le président de CBS Urban , Larkin Arnold, a finalement réussi à convaincre Gaye de signer avec CBS. Le 23 mars 1982, Motown et CBS Records ont négocié la libération de Gaye de Motown. Les détails du contrat n’ont pas été révélés en raison d’un éventuel effet négatif sur le règlement du chanteur aux créanciers de l’IRS. [95]

Amour de minuit modifier ]

Affecté à la filiale Columbia de CBS , Gaye a travaillé sur son premier album post-Motown intitulé Midnight Love . Le premier single, «  Sexual Healing  », écrit et enregistré à Ostende dans son appartement, est sorti le 30 septembre 1982 et est devenu le plus grand succès de Gaye en carrière, passant un record de dix semaines au n ° 1 du classement Hot Black Singles , devenant le plus grand hit R&B des années 1980 selon les statistiques du Billboard . Le succès s’est ensuite traduit dans le palmarès Billboard Hot 100 en janvier 1983 où il a culminé au n ° 3, tandis que le record a atteint un succès international, atteignant la première place en Nouvelle-Zélande et au Canada.et atteindre les dix premiers du palmarès OCC du Royaume-Uni , puis plus de deux millions d’exemplaires aux États-Unis, devenant ainsi le single le plus réussi de Gaye à ce jour. La vidéo de la chanson a été tournée au Casino-Kursaal d’Ostende. [96]

Sexual Healing a remporté à Gaye ses deux premiers Grammy Awards, dont celui de Meilleure performance vocale R&B masculine , en février 1983, et a également remporté à Gaye un American Music Award dans la catégorie R&B -soul. Les gens le magazine a appelé « le plus chaud tour sur la musique de l’ Amérique depuis Olivia Newton-John a demandé que nous obtenons physique . » Midnight Love est sorti dans les magasins un jour après la sortie du single, et a également réussi, avec un pic au top dix du Billboard 200 et devenant le huitième album n ° 1 de Gaye dans le Top Black Albums graphique, vendant finalement plus de six millions d’exemplaires dans le monde, dont trois millions aux États-Unis

Je ne fais pas de disques pour le plaisir. Je l’ai fait quand j’étais un artiste plus jeune, mais pas aujourd’hui. J’enregistre pour pouvoir nourrir les gens de ce dont ils ont besoin, de ce qu’ils ressentent. J’espère que j’enregistre pour pouvoir aider quelqu’un à surmonter un mauvais moment.

-  NME - décembre 1982 [97]

Le 13 février 1983, Gaye a chanté «  The Star-Spangled Banner  » au NBA All-Star Game au Forum à Inglewood, en Californie - accompagné de Gordon Banks , qui a joué la cassette du studio depuis les tribunes. [4] Le mois suivant, Gaye s’est produite au Motown 25: Hier, aujourd’hui, spécial pour toujours . Ceci et une apparition en mai sur Soul Train (sa troisième apparition dans l’émission) sont devenus les dernières performances télévisées de Gaye. Gaye a entamé sa dernière tournée de concerts, intitulée Sexual Healing Tour , le 18 avril 1983, à San Diego. [98] La tournée a pris fin le 14 août 1983 auPacific Amphitheatre à Costa Mesa, en Californie, mais a été en proie à la paranoïa et la maladie déclenchées par la cocaïne . Après la fin du concert, il a emménagé dans la maison de ses parents à Los Angeles. Au début de 1984, Midnight Love a été nominé pour un Grammy dans la catégorie Meilleure performance vocale masculine R&B, sa 12e et dernière nomination.

Mort

Dans l’après-midi du 1er avril 1984, dans la maison familiale du quartier West Adams de Los Angeles, Gaye est intervenu dans une bagarre entre ses parents et s’est impliqué dans une altercation physique avec son père, Marvin Gay Sr. [99] Dans Gaye’s quelques minutes plus tard, à 12 h 38 ( HNP ), Gay Sr. a tiré sur Gaye dans le cœur puis, à bout portant , son épaule gauche. [99] Le premier coup s’est avéré fatal. Gaye a été déclaré mort à 13 h 01 ( HNP ) après l’arrivée de son corps au California Hospital Medical Center , un jour avant son 45e anniversaire. [99] [100]

Après les funérailles de Gaye, son corps a été incinéré au Forest Lawn Memorial Park à Hollywood Hills ; ses cendres ont été dispersées dans l’océan Pacifique. [101] Initialement accusés de meurtre au premier degré, les accusations de Gay Sr. ont été abandonnées à un homicide volontaire suite au diagnostic d’une tumeur au cerveau . [102] Marvin Gay Sr. a par la suite été condamné à une peine de six ans avec sursis et à une probation avec sursis. Il est décédé dans une maison de retraite en 1998.

Vie personnelle

Gaye a épousé la soeur de Berry Gordy , Anna Gordy , en juin 1963. Le couple s’est séparé en 1973 et Anna a demandé le divorce en novembre 1975. Le couple a officiellement divorcé en 1977. Gaye a ensuite épousé Janis Hunter en octobre 1977. Le couple s’est séparé en 1979, et ont officiellement divorcé en février 1981.

Gaye était le père de trois enfants, Marvin III (adopté avec Anna; Marvin III était le fils de Denise Gordy , la nièce d’Anna), et Nona et Frankie, qu’il avait avec sa deuxième épouse, Janis. Au moment de sa mort, ses trois enfants, ses parents et cinq frères et sœurs lui ont survécu.

Influences

Enfant, l’influence principale de Gaye était son père pasteur, quelque chose qu’il a reconnu plus tard au biographe David Ritz , et également lors d’entretiens, mentionnant souvent que les sermons de son père l’avaient beaucoup impressionné. Ses premières influences musicales majeures ont été des groupes de doo-wop tels que The Moonglows et The Capris . La page Rock & Roll Hall of Fame de Gaye répertorie la chanson de Capris, «  God Only Knows  » comme « critique pour son éveil musical ». [105] À propos de la chanson des Capris, Gaye a dit: « Elle est tombée du ciel et m’a frappé entre les yeux. Tant d’âme, tant de mal. J’ai raconté l’histoire, Les influences musicales principales de Gaye étaient Rudy West des Cinq Clés , Clyde McPhatter , Ray Charles et Little Willie John . [107] [108] Gaye a considéré Frank Sinatra une influence importante dans ce qu’il a voulu être. [108] Il a également été influencé par les styles vocaux de Billy Eckstine et Nat King Cole . [109]

Plus tard, au fur et à mesure que sa carrière Motown se développait, Gaye chercherait l’inspiration chez ses camarades de label tels que David Ruffin de The Temptations et Levi Stubbs of the Four Tops alors que leurs voix plus grincheuses conduisaient Gaye et son producteur à rechercher un son similaire dans des enregistrements tels que «  I Entendu à travers la vigne  »et » C’est comme ça que l’amour est  ». Plus tard dans sa vie, Gaye a réfléchi à l’influence de Ruffin et Stubbs en déclarant: « J’avais entendu quelque chose dans leur voix, quelque chose qui manquait à ma propre voix ». Il a expliqué plus loin, « les tentations et les hauts«la musique m’a fait me rappeler que lorsque beaucoup de femmes écoutent de la musique, elles veulent ressentir le pouvoir d’un vrai homme. »

SON PASSAGE à OSTENDE BELGIQUE

 » Pour le moment je suis orphelin à Ostende, et Ostende est mon orphelinat  » (Marvin Gaye – 1981)

Marvin Gaye débarque à Ostende en Belgique le 14 Février 1981 après trois années d’errance qui l’emmènent des Bahamas à Londres, ruiné affaibli par l’usage de drogues.

Elle est loin l’époque, où on le surnommait le prince de la Motown, loin ces années 60 où Marvin était le gendre idéal, bien rasé, tiré à quatre épingles, comme le voulait Berry Gordy, le créateur de la Tamla Motown, la machine à tubes. Il fallait bien présenter face à l’Amérique blanche.

Pourtant à l’extérieur des studios de Détroit, la rumeur gronde, les afro-américains manifestent leurs désirs d’égalité, Marvin Gaye prend le train en marche et amorce sa première révolution : il laisse tomber le costume propret, adopte un look – veste en cuir, survêtement…- en adéquation avec les aspirations d’une partie des noirs américains, et se laisse pousser la barbe.

Le 21 Mai 1971 sort «  What’s Going On   » l’album mythique : une musique élégante puissante, des textes impliqués. What’s going on ? Marvin Gaye questionne l’Amérique sur la guerre au Vietnam, les ghettos et aussi l’écologie.

Sa deuxième révolution débute en 73 avec l’album «  Let’s Get In On   ». Marvin Gaye y mêle spiritualité et sexualité dans des hymnes érotiques où Dieu n’est jamais loin.

Dans la biographie qu’il lui a consacré (L’Ange de la soul ), Michael Eric Dyson écrit à ce sujet :

Le chanteur Belge Arno porte un regard tendre sur Marvin Gaye, il l’a connu à Ostende : «  Il était clean, je ne l’ai jamais vu prendre de coke. Dans son appartement, il y avait des cartes d’Afrique posées à même le sol, Marvin était branché Afrique à cette époque…« 

En 1982 après 18 mois passés à Ostende : Marvin Gaye rentre en Amérique avec sous le bras son album «  Midnight Love   » et l’explicite «  « Sexual Healing   ». Motown a accepté de vendre le contrat de Marvin Gaye à CBS et grâce à cet album, Marvin Gaye retrouve le sommet des charts Soul et peut savourer sa revanche. Pas pour très longtemps : le 1er Avril 1984, à la suite d’une violente dispute, Marvin Gaye est abattu par son père. Le prince de la soul avait quarante-cinq ans.

https://youtu.be/Ze8vJ8JSfn4[/

 

 

29 juin 2015

16 AZAWAD ET LE MAK 21 04 15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 34 min

COMPRENDRE LES ENJEUX DU CONFLIT AU MALI AVEC DE REPRÉSENTANT DE L’AZAWAD MOUVEMENT DE LIBÉRATION TOUAREG ET EGALEMENT LE MAK MOUVEMENT POUR L’AUTODÉTERMINATION DE LA KABYLIE

14 TËTES DE CHIENS 07 04 15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 21 min

LES TËTES DE CHIENS COLLECTES DE VIEILLES CHANSONS ET NOUS LES TRANSMETTENT A CAPELLA, POUR LE PLUS GRANDS PLAISIR DE NOS OREILLES.

11 SPECIALE SOUL MUSIC PART.3 17 03 15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 15 min

SUITE ET FIN

10 SPECIALE SOUL MUSIC MOTOWN L’AVENTURE SE POURSUIT 10 03 15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 14 min

ON AVANCE DANS L’HISTOIRE DE LA MAISON MOTOWN ET DE SES ARTISTES QUI ONT FAIT SA RENOMMÉE

09 SPECIALE SOUL MUSIC LABEL MOTOWN LES DEBUTS DE LA SOUL ET DU RHYTM AND BLUES 03 03 15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 12 min

LABEL MOTOWN L’HISTOIRE A L’AMERICAINE OU COMMENT CONSTRUIRE UN EMPIRE AVEC 800 DOLLARS.

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De Marvin Gaye à Stevie Wonder, comment la Motown a réuni l’Amérique

MUSIQUE

La Motown, fabrique à tube légendaire qui a signé Michael Jackson, Marvin Gaye ou Stevie Wonder. À l’occasion des Rencontres d’Arles, la Fondation Manuel Rivera Ortiz présente jusqu’au 22 septembre “Dancing In The Street” exposition inédite qui célèbre six décennies de création musicale.

 

Les artistes du label Motown Records, succursale du groupe Universal, ont injecté leur groove soul dans les jukebox au début des années 60 et réinventé la musique populaire. Aujourd’hui, les tubes perdurent, repris, traduit, remixés, fredonné : l’I’m Coming Out de Diana Ross est rarement boudé des soirées. Les Jackson Five, Stevie Wonder, Marvin Gaye, Lionel Richie… ces artistes incontournables ont été réunis sous une seule et même maison : la Motown family de Berry Gordy.

 

L’hiver 1959 est glacial, Berry Gordy jeune boxeur de Détroit employé dans une usine automobile souhaite changer de vie. Fini le travail à la chaine chez le fils Ford, il rêve de filles, d’argent et désire devenir producteur de musique. L’Afro-Américain né en 1929 emprunte 800 dollars à sa famille et fonde Motown Records, référence directe à sa ville de naissance surnommée la Motor City. Berry Gordy fait rapidement signer Barrett Strong, Martha and the Vandellas, Stevie Wonder, et le coaching intensif débute. Véritable fabrique à tube, la machine Motown tourne 22 heures sur 24, les artistes sont envoyés en tournée dans toute l’Amérique et enregistre album sur album. Berry Gordy met en place une sorte de “contrôle qualité” et soumet chaque nouveau morceau à une commission. Sans le savoir à l’époque, il invente ce que l’on appellera plus tard le “Motown Sound”. Immédiatement reconnaissable, ce son estampillé “Motown” est un doux mélange de soul et de rhythm and blues (autrefois surnommé race music) aux sonorités gospel.

 

Peu à peu, Berry Gordy réinvente la musique dite “populaire”, chaque nouveau morceau est ovationné. Plus qu’une simple entreprise commerciale, Berry Gordy a l’ambition de réunir les communautés noires et blanche d’une Amérique clivéeau son des entrainantes mélodies Motown. Afin de parvenir à ce ralliement quasi impossible – une partie du public demeure hermétique au mélange ethnique –, il formate et lisse l’image de ses artistes, les incite à adopter une attitude particulière sur scène, met à leur disposition un incroyable vestiaire et imagine différentes chorégraphies.

 

Les mouvements de bassins, les claquements de doigts, les pochettes de vinyles travaillés, et les sourires éclatants créent une imagerie propre au label.

En 1964, alors que le mariage mixte (entre des personnes de couleurs différentes) est toujours prohibé, Diana Ross & The Supremes performent dans une tenue immaculée, accompagnés de danseurs blancs. La formation s’installe aux premières places des classements radiophoniques et fait la tournée des émissions de télévision. Berry Gordy développe alors un visuel glamour pour chacun de ses artistes : des costumes ajustés et colorés pour les Temptations, des robes à frange assorties pour les Shirelles, une chevelure parfaitement crêpées pour les Ronettes, tout est calculé. Les mouvements de bassins, les claquements de doigts, les pochettes de vinyles travaillés, et les sourires éclatants créent une imagerie propre au label qui marque, irrévocablement, les années 60.

 

Mais en 1967, une émeute raciale d’une violence sans nom éclate dans la ville de Détroit. Au bout de 5 jours d’affrontement, on dénombre une quarantaine de morts. Pourtant, la notoriété de la Motown est à son zénith. Au même moment, la chanteuse Martha Reeves se produit au Fox Theater et entonne Dancing in the street, hymne de la culture afro-américaine devenu grand public, la femme incite les spectateurs à rentrer chez eux dans le calme. La maison de disque jouera un rôle phénoménal dans la lutte contre la ségrégation. Ainsi, en 1970, Berry Gordy lance le “Black Forum”, un album conceptuel qui contient le discour de Martin Luther King concluant la fameuse “Marche pour la liberté” de 1963, un texte de l’écrivain activiste Stokely Carmichael, du poète engagé Langston Hughes et de la leadeuse des Black Panthers, Elaine Brown. Un témoignage poignant d’une période américaine sous haute tension.

 

Deux ans plus tard, en 1972, le label s’installe à Los Angeles et perd une partie de ses artistes phares. Mais en récupère une flopée haut de gamme : The Jackson Five et Michael Jackson ou même Lionel Richie et The Commodores.

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03 CABARET CONTEMPORAIN SPECIALE KRAFTWERK 20 01 15

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 03 min

NOUS LES AVIONS REÇU FIN 2014 NOUS EN REPARLONS AUJOURD’HUI POUR LEUR SPECTACLE QUI SE TIENT A LA MAISON DE LA MUSIQUE DE NANTERRE.

02 JE NE SUIS PAS CHARLIE 13 01 15 pas de HLM

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 15 h 58 min

EH NON ÇA BOOSTE N’EST PAS SOLIDAIRE DE LA GRAND MESSE  MEDIATICO-POLITICO-PSEUDO-DEMOCRATE. QUE LES POLITIQUES ET LES MEDIAS CONSENSUEL VEULENT NOUS VENDRE.

25 mai 2015

16/12 REDIF SPECIALE RAMONES

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 14 h 04 min

EH OUI VOUS AVEZ ÉTÉ NOMBREUX A NOUS RÉCLAMER LES RAMONES ON VOUS LES RESSERT AVEC PLAISIR.

02/12 SPECIALE KRAFTWERK ET CABARET CONTEMPORAIN

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 14 h 00 min

A L’OCCASION DE LA TOURNEE DE KRAFTWERK ON REVIENDRA SUR L’HISTOIRE DE CE GROUPE MYTHIQUE DE LA SCENE ELECTRO.

 

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CRÉDIT PHOTO:  Peter Boettcher

 

LE CABARET CONTEMPORAIN REPREND DANS UN SPECTACLE ACOUSTIQUE UN ALBUM DE KRAFTWERK.

 

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Transposer la force, la variété et l’hypnose d’un live électro avec un groupe de cinq musiciens acoustiques, c’est l’expérience que mène Cabaret Contemporain depuis quatre ans. Dans le feu de l’action, elle prend à chaque date une forme nouvelle, comme cela s’est produit à tous les festivals qui les ont invités (Nuits Sonores ou Siestes Electroniques en France, Rewire aux Pays-Bas, Dancity en Italie, etc…).

Ce tour de force et d’adresse se joue sur des instruments (guitare, batterie, piano, deux contrebasses) préparés d’après leurs propres méthodes, et restitue l’énergie de la dance music à la sueur de leurs fronts.

Par le passé, on les a vus collaborer avec Etienne Jaumet ou Chateau Flight. On les retrouve désormais avec leurs propres compositions et un nouveau live qui confirment leur réputation de « boîte à rythme géante » et portent la trace de leurs inspirations : Kraftwerk, Jeff Mills, Four Tet, ou encore James Holden.

Cabaret Contemporain

Fabrizio Rat Giani Caserotto Ronan Courty Simon Drappier Julien Loutelier 

Pierre Favrez Laurent Jacquier Benjamin Fierens 

CRÉDIT PHOTOS: SYLVAIN GRIPOIX

 

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