ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

11 novembre 2020

103 CSPB 26 06 17

Classé sous CSPB — SQUALE @ 18 h 28 min

autocollant 7

 

 

Histoire d’ETA armée de libération contre l’occupant espagnol

 

ETA ROUGE DETOURE N

 

 

9 novembre 2020

99 CSPB 30 05 2017

Classé sous CSPB — SQUALE @ 11 h 30 min

autocollant 7

 

L’Emission mensuelle du Comité le dernier mardi du mois pour un tour d’horizon de l’actu en Euskal Herria. Avec dans le studio des membres du Comité.

Retrouvez toute l’info sur le blog du CSPB

http://cspb.unblog.fr

EH Antifaxista2

 

18 août 2020

94 CSPB 24 04 17

Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 34 min

autocollant 7

 

 

EMISSION MENSUELLE DU COMITÉ

L’ACTU D’EUSKAL HERRIA, LE SORT DES PRESOS, LA POLITIQUE JACOBINE DE L’ETAT FRANÇAIS

badge independenzia

10 juillet 2020

92 L’émission du CSPB 28 03 17

Classé sous CSPB — SQUALE @ 15 h 50 min

autocollant 7

 

DERNIER MARDI DU MOIS L’EMISSION DU COMITÉ DE SOLIDARITÉ DU PEUPLE BASQUE.

PAGE EN CONSTRUCTION……

15 mai 2020

88 EMISSION DU CSPB 28 02 17

Classé sous CSPB — SQUALE @ 18 h 07 min

 

 

 

autocollant 7

HISTOIRE DU PAYS BASQUE ET DE SON PEUPLE 1931-1939

 

PREMIERE PARTIE, CHAPITRE VIII
STATUTS D’AUTONOMIE ET GUERRE CIVILE EN PAYS BASQUE Le 2 août 1931, plus de 74 % du corps électoral catalan (99 % de oui parmi les votants) plébiscitait le statut d’autonomie catalan. Un an après, le 9 septembre 1932, les Cortès espagnoles l’approuvaient à leur tour (par 314 voix contre 24), rendant ainsi effective son application (le 14 septembre). Pendant ce temps, que faisaient les Basques ? Ils se chamaillaient… Après bien des péripéties, qui se solderont entre autres par l’abandon du processus d’autonomie par la Navarre, ils ne se prononceront définitivement pour un statut d’autonomie que le 5 novembre 1933. Il faudra cependant attendre encore près de trois ans pour que les Cortès espagnoles se décident enfin à l’entériner le 1 er octobre 1936, soit en pleine Guerre Civile. Celle-ci mit rapidement fin aux espoirs autonomistes. En effet, neuf mois plus tard, l’ensemble du territoire basque était sous la botte franquiste… Il va sans dire que cette guerre meurtrit profondément le Pays basque. Le seul nom de Guernica suffit à en rappeler la cruauté. Son histoire dépasserait de loin les limites du présent travail1. Aussi, seuls ses faits les plus marquants et ses principales conséquences seront ici signalés.
[135]
I- LES STATUTS D’AUTONOMIE (1930-1936)
1- Le statut d’Estella (1931), ou l’union autonomiste et catholique face à un
État centraliste et laïc Nous avons vu comment, sitôt la chute de Primo de Rivera, la totalité des forces nationalistes basques (exceptée la petite minorité de l’ANV) s’était regroupée autour d’une stratégie autonomiste en une même organisation politique, le PNV. L’avènement
1
Nous renvoyons pour cela à G. L. Steer, El arbol de Guernica, Madrid, 1978, Ed. Felmar ; Hugh
Thomas, La guerra civil española, Paris, 1967, Ed. Ruedo Ibérico ; Jose Antonio de Aguirre, De
Guernica a Nueva York, pasando por Berlin, in Obras Completas, op. cit. ; Maximiano Garcia Venero,
Historia del nacionalismo vasco, Madrid, 1968, Ed. Nacional ; ainsi qu’à A. de Lizarra, Los vascos y la
Republica española. Contribucion a la historia de la Guerra Civil, Buenos Aires, 1944, Ed. Ekin ; Ortzi,
Historia de Euskadi, op. cit. ; et au recueil de témoignages La guerra en Euskadi de Juan Maria et Juan
Carlos Jimenez de Aberasturi, Barcelona, 1978, Ed. Plaza James. de la IIe République espagnole, en offrant aux régions la possibilité d’obtenir un statut d’autonomie, allait bientôt définitivement canaliser la revendication nationaliste en une politique de pression statutaire visant à obtenir de Madrid un maximum de pouvoir2. Le statut d’Estella (Navarre) fut le résultat de la première grande offensive statutaire des nationalistes basques. Le 14 avril 1931, deux jours seulement après les élections qui sonnèrent le glas de la monarchie3, et le jour même de la proclamation de la IIe République, Jose Antonio Aguirre, leader nationaliste et futur président du gouvernement basque, convoquait, pour le 17 du même mois, l’ensemble des maires basques à Guernica en vue d’y proclamer (à l’instar des Catalans à Barcelone) une République basque au sein d’une République fédérale espagnole. L’armée empêcha par la force cette réunion. Mais le mouvement était lancé. Il se fortifiera durant tout le printemps 1931 et, début mai, se sent suffisamment solide pour charger la Société d’Etudes Basques de rédiger le texte d’un statut d’autonomie en vue de le soumettre à Madrid. Le 31 du même mois, soit en un temps record, celle-ci rend public son projet. Ce dernier équivaut de fait a ériger les trois provinces basques et la Navarre [136] en un État quasi indépendant : seuls, la politique étrangère, la monnaie, les postes et télécommunications, les douanes, le droit commercial et pénal, la propriété industrielle et intellectuelle et le choix du mode de représentation du Pays Basque aux Cortès espagnoles continuaient de relever du pouvoir de l’État central4. D’entrée, républicains et socialistes refusent de se joindre à ce mouvement. Pour eux, celui-ci ne constitue qu’une « réponse réactionnaire, cléricale et séparatiste » aux « propositions progressistes » de la IIe République. Malgré quelques gestes d’ouverture dans leur direction, les nationalistes renoncent bien vite à chercher un appui parmi eux.
2
Le 17 août 1930, l’ensemble des forces antimonarchiques s’étaient réunies à Saint Sébastien pour signer
un pacte scellant leur unité stratégique en vue de renverser la monarchie et de définir les principales
orientations de la politique du futur gouvernement provisoire. Parmi ces dernières figurait, bien que les
nationalistes basques fussent absents de cette réunion, le droit à l’autonomie des trois régions historiques,
la Catalogne, le Pays Basque et la Galice.
3
En Pays Basque, ces élections furent celles du triomphe des nationalistes et des carlistes qui obtinrent
1328 conseillers contre 562 pour les républicains, 457 pour les monarchistes, 156 pour les socialistes et
12 pour les communistes. Il faut toutefois noter, qu’excepté en Navarre, les républicains et les socialistes
gagnèrent toutes les mairies des villes basques de plus de 6000 habitants.
4
On peut lire l’intégralité du texte de ce statut dans Manu Escudero et Javier Villanueva, La autonomia
des Pais Vasco desde el pasado al futuro, San Sebastian, 1976, Ed. Txertoa, p. 190 et s. De fait, on voit mal comment un réel dialogue aurait pu s’instaurer entre des forces qui, on l’a vu, maintenaient des relations aussi tendues. Se détournant des républicains et des socialistes, les nationalistes cherchent immédiatement à s’attirer la sympathie des carlistes. En effet, ces derniers représentent alors certainement, avec leur catholicisme exacerbé et leurs velléités fuéristes, la force politique la plus proche du PNV et donc la plus susceptible d’en appuyer les revendications. Les deux amendements au texte du statut, proposés le 7 juin par le PNV, contribueront à sceller l’alliance des deux forces : le 10 du même mois, les carlistes approuvent le statut5. Les choses vont alors très vite : une réunion de l’ensemble des 528 maires des quatre provinces basques est convoquée pour le 14 juin à Estella (en Navarre). Les républicains, les socialistes, les communistes, et les nationalistes de l’ANV boycottent la réunion au cours de laquelle [137] 427 des 480 maires présents ratifient le statut6. Quelques jours plus tard, nationalistes et carlistes forment une coalition en vue de se présenter unis aux élections à l’Assemblée Constituante espagnole qui doivent avoir lieu le 28 juin. La propagande électorale de la coalition s’organise du Statut d’autonomie et de la défense de la religion. Au lendemain des élections, son triomphe est total : sur les 24 députés du Pays Basque, 15 y appartiennent7. Ces députés forment un groupe parlementaire, la Minorité Parlementaire Basco-Navarraise. À l’inverse du Pays Basque, le reste de l’Espagne a très largement voté pour la gauche républicaine et laïque8 : on devine par avance le type de rapports qui allait prévaloir entre la Minorité Basco-Navarraise et la majorité de l’Assemblée constituante…
5
Le premier de ces amendements portait de 2 à 10 le nombre d’années de résidence en Pays Basque
nécessaires pour obtenir la citoyenneté basque. Le second réservait les relations avec le Vatican comme
matière exclusive de l’Etat basque. Ces deux amendements provoquèrent un tollé général parmi les républicains et les socialistes, et l’opposition déclarée du petit secteur des nationalistes laïcs regroupés au sein
de l’ANV.
6
Ces 427 maires représentaient environ 70 % de la population basque. Après cette réunion, ce statut sera
communément appelé Statut d’Estella.
7
Soit 8 nationalistes, 5 carlistes et 2 catholiques indépendants, contre 6 républicains et 3 socialistes.
8
Les socialistes obtinrent 116 sièges ; les radicaux, 90 ; les radicaux-socialistes, 56 ; Esquerra
Republicana, 36 ; Accion Republicana, 26 ; la droite libérale républicaine, 22 ; l’ORGA, 15 ; Au Service
de la République, 16 ; la Minorité Basco-Navarraise, 15 ; les Agraires, 26 ; la Lliga Regionalista, 3 ; les
libéraux démocrates, 4 ; les monarchistes, 1 ; et enfin les Fédéraux et Divers d’extrême gauche, 14. Le 22 septembre, 420 maires basques, accompagnés des 15 députés de la Minorité, remettent le texte du statut d’Estella au Président du Gouvernement provisoire, Niceto Alacala Zamora, dans l’espoir que les Cortès l’examinent dans les plus brefs délais. À peine trois jours plus tard, ceux-ci déclarent le statut anticonstitutionnel : ils viennent en effet de voter un amendement constitutionnel instituant les relations avec le Vatican comme domaine exclusif de l’État central. Les rapports entre la Minorité et le Gouvernement provisoire deviennent alors de plus en plus tendus. Les principaux points de divergence ont trait à la question religieuse et à la forme de l’État. Le 15 octobre, après avoir affirmé : « Nous avons atteint la limite de nos concessions. La Constitution qui va être approuvée ne peut être la nôtre »9, les 15 députés de la Minorité Basco-Navarraise quittent les Cortès. Moins de deux mois plus tard, le 9 décembre 1931, la nouvelle Constitution espagnole est promulguée. Son Article I définit l’Etat espagnol [138] comme un « État intégral », et son article 26 spécifie que « l’Etat, les régions, les provinces et les municipalités ne devront ni maintenir, ni favoriser, ni aider économiquement les Eglises, Associations et Institutions religieuses » : le statut d’Estella avait définitivement vécu.
2- Le statut plébiscité (1933), ou le choix de la légalité républicaine des
nationalistes et l’opposition des Carlistes et de la Navarre Plutôt que de s’enfermer dans une opposition intransigeante, et de voir ainsi sa politique autonomiste compromise pour plusieurs années (avec, comme conséquence interne, la menace d’une radicalisation incontrôlable de sa base : voir Jagi Jagi), la direction du PNV va opter, dès l’impasse d’octobre 1931, pour un rapprochement progressif avec le Gouvernement espagnol. L’alliance des nationalistes avec les carlistes avait certes permis d’unir les trois provinces basques et la Navarre autour d’une même revendication nationale basque. Mais les débordements carlistes sur la question religieuse10 sont, les nationalistes le sentent bien désormais, inacceptables pour le Gouvernement. Par ailleurs, si cette
9
Rapporté par Manuel Tuñon de Lara, La España del siglo XX, Barcelona, 1981 (1° édition. 1966), Ed.
Laia, tome II, p. 325.
10
En janvier 1932, des heurts très violents opposent des intégristes carlistes à des socialistes. Ces heurts
se soldent par trois morts à Bilbao et, deux mois plus tard, deux autres morts à Pampelune. alliance s’était révélée forte, et parfois enthousiaste, durant la montée de la revendication statutaire (printemps et été 1931), les failles, provoquées par le choc d’octobre avec le Gouvernement, s’agrandirent rapidement pour laisser apparaître les divergences idéologiques ayant toujours existé entre le nationalisme basque et le carlisme. Juan Pablo Fusi11 nous rappelle quelques-unes d’entre elles : « Pour les carlistes, la réintégration des Fueros signifiait simplement la restauration des institutions basco-navarraises antérieures à 1839, comme fondement de l’unité du Royaume d’Espagne, tandis que pour les nationalistes, la réintégration forale supposait la restauration de la souveraineté basque. Dépouillé de la rhétorique fueriste, le carlisme n’était rien d’autre qu’un régionalisme traditionnel, la simple restauration (…) des
Fueros des quatre provinces. Il n’envisageait absolument pas, et n’avait jamais envisagé, la création de l’État autonome basque qui constituait la principale aspiration du nationalisme ». Les priorités politiques étaient par ailleurs distinctes : « Le nationalisme voulait l’autonomie basque et était disposé à accepter [139] la légitimité de la République pour l’obtenir. Le carlisme, lui, n’accepta jamais la légalité républicaine, mais contribua au contraire de façon décisive, et ce dès le début, à la destruction de la nouvelle démocratie espagnole »12. Il convient d’ajouter à cela une remarque plus sociologique : contrairement aux deux provinces maritimes, et dans une moindre mesure à l’Alava, la Navarre n’avait pas connu de révolution industrielle. En 1930, près de 80 % de sa population active était encore employée dans l’agriculture. Encore enserrés dans les mailles de la société traditionnelle, n’ayant été déstabilisés ni par l’industrialisation ni par les conséquences de la seconde Guerre Carliste (la ley paccionada de 1841 étant respectée par Madrid), les Navarrais sont restés, dans leur immense majorité, de fervents partisans du carlisme. La mort, en octobre 1931, du prétendant carliste Don Jaime de Borbon n’arrangera pas les choses. Le secteur le plus réactionnaire, le plus unioniste et le moins pro-basque, appuyé par les caciques navarrais et andalous, prend alors la direction du mouvement carliste. Le retour aux Cortès des députés nationalistes et leur vote en faveur d’Alcala Zamora comme président de la République rompirent définitivement, le 10 décembre 1931, la minorité Parlementaire Basco-Navarraise et, par voie de
11
El problema vasco en la II° Republica, Madrid, 1979, Ed. Turner, pp. 88-89. conséquence, l’alliance entre les nationalistes et les carlistes. On assistera dès lors à l’acceptation progressive, par les premiers, de la légalité républicaine, et au rapide rejet, par les seconds, de la politique autonomiste. Soucieux de ne fermer aucune porte à l’autonomie13, conscients de l’impasse à laquelle mènerait un refus de collaboration avec la République, et de plus en plus sceptiques sur l’intérêt de s’allier avec les carlistes désormais totalement intégristes et anti-légalistes, les nationalistes acceptent, début décembre, de participer à une commission de rédaction d’un nouveau statut d’autonomie dans laquelle ils se retrouveront minoritaires14. Tandis que cette commission continue à se réunir, les assemblées [140] séparées des maires des quatre provinces, prévues par le décret du 8 décembre, ont lieu le 31 janvier 1932 : partout, y compris en Navarre, le principe d’un statut unique triomphe15. À la fin mai 1932, la rédaction du statut est terminée. Comparé à celui d’Estella, le nouveau statut est évidemment plus modeste. Il n’est plus question d’État basque mais de « noyau politico-administratif autonome ». Son Article IV stipule que le pouvoir basco-navarrais devra s’exercer « en accord avec la constitution de la République », l’armée ne relève plus de lui et, bien sûr, les relations avec le Vatican demeurent matières exclusives de l’État central. L’étendue de l’autonomie est cependant très vaste, en particulier l’ensemble du régime économique (y compris la levée des impôts), l’ordre public, l’enseignement à tous les niveaux (y compris l’Université), la santé et l’assistance
12
Ibidem.
13
Le Gouvernement venait, le 6 novembre, de reconnaître le droit aux quatre provinces basques de
négocier un statut d’autonomie.
14
La constitution de cette commission (à laquelle les carlistes refusèrent de participer) relevait de décret
du 8 décembre par lequel le gouvernement central spécifiait les conditions à remplir pour l’obtention du
statut d’autonomie basque :
1) Constitution d’une commission de rédaction du statut composée par l’ensemble des forces politiques
basques.
2) Assemblées séparées des maires des quatre provinces pour décider si le statut sera unique ou non.
3) Dans le cas d’un accord sur un statut unique, réunion de l’ensemble des maires basco-navarrais pour
voter le statut.
4) Référendum populaire en Pays Basque.
5) Approbation par les Cortès espagnoles.
15
423 des 549 maires basco-navarrais, représentant environ 90 % de la population, votèrent en faveur du
statut unique. C’est en Navarre que le résultat fut le moindre : seulement 160 des 229 maires navarrais,
soit environ 65 %, de la population se prononcèrent pour. sociale, les institutions de droit privé, le patrimoine public, etc., dépendent exclusivement du pouvoir basque. Une réunion de l’ensemble des maires des quatre provinces est aussitôt convoquée pour le 19 juin à Pampelune afin de se prononcer sur le statut. Hormis quelques républicains navarrais et les carlistes, qui condamnent ce statut « laïc et athée », l’ensemble des forces politiques basques appuie le projet. Il convient de s’interroger sur le soutien des socialistes jusqu’alors si distants de la revendication nationale et si enclins à la condamner. Il faut certainement y voir la prise de conscience qu’un gouvernement démocratique ne pouvait de toute façon plus faire l’économie d’une autonomie basque. Les nationalistes venaient en effet de remporter les dernières élections et leurs mobilisations étaient chaque fois plus nombreuses [141] et plus vastes. Il était désormais impossible de continuer à les traiter de « quatre fous » et de « xénophobes barbares ». Le PSOE, sous la direction de son leader local Indalecio Prieto, va rapidement changer d’attitude et adopter une politique de « désamorçage de la revendication nationale par l’autonomie ». L’axe de cette politique est de capitaliser politiquement la satisfaction que l’octroi d’une autonomie, par un gouvernement de gauche, pourrait provoquer. Gauche républicaine et obtention de l’autonomie doivent apparaître intimement liées. Le but évident de l’opération est de déposséder le PNV de ses principaux arguments, et donc de sa base électorale, tout en contrôlant à chaque instant le processus d’autonomie16. Le voyage d’Alcala Zamora en Pays Basque, orchestré courant septembre 1932 par Prieto (entre-temps devenu Ministre des Travaux Publics) sera l’illustration parfaite de cette politique : tandis que le gouvernement de gauche de la République est présenté comme le seul capable de comprendre, d’accepter et d’octroyer une autonomie au Pays Basque (l’exemple catalan étant constamment cité pour le prouver), le PSOE ne cesse de rappeler son « attachement et ses convictions éminemment autonomistes ». Les « effusions autonomistes » entre Prieto, leaders Basques et Catalans, à l’occasion de la signature, le 14 septembre à Saint-Sébastien, du statut d’autonomie catalan, marqueront certainement l’apogée de cette politique.
16
Il faut sans doute ajouter à cela la crainte du PSOE de laisser sur sa gauche le monopole de la défense
autonomiste au PC qui vient de se prononcer pour l’autodétermination d’Euskadi. Au cours de la réunion du 19 juin, la Navarre, dont la principale force politique demeure le carlisme, abandonne le processus d’autonomie. Les résultats du vote des 550 maires basco-navarrais sont les suivants17 : oui au statut non au statut abstention n° maires % habitants n° maires % habitants n° maires % habitants Biscaye 110 94,2 1 0,2 6 5,6 Guipúzcoa 84 95,2 2 1,9 3 2,9 Alava 51 88,9 11 3,5 15 7,5 Navarre 109 38,7 123 53,0 35 8,3 Total 354 79,2 137 14,6 59 6,0
[142] Les profondes divergences entre socialistes et nationalistes ne sont pas pour autant effacées. Bien au contraire, elles réapparaîtront de façon on ne peut plus aiguë durant le dernier trimestre 1932 et les deux premiers trimestres 1933 avec, comme conséquence immédiate la paralysie du processus d’autonomie. Le Gouvernement, peut- être dans l’espoir de « républicaniser » (comme l’écrit Juan Pablo Fusi18) les provinces basques avant de leur donner l’autonomie, va se lancer, dès le début du mois d’octobre 1932, dans une dangereuse politique de répression du mouvement nationaliste. Plusieurs dizaines de militants sont arrêtés et emprisonnés, des batzokis fermés, la presse nationaliste la plus radicale poursuivie, certaines mairies nationalistes sanctionnées pour avoir hissé le drapeau basque en solitaire, etc. Les socialistes ne font alors rien pour empêcher cette répression et, fin octobre, de très violents heurts les opposent aux nationalistes, faisant plusieurs victimes à Bermeo et San Salvador Del Valle (Biscaye). La décision du Gouvernement de dissoudre la Congrégation des jésuites (très implantée et respectée en Pays Basque où est né son fondateur), et celle du conseil municipal de Bilbao (à majorité républicaine et socialiste) de détruire un monument de la ville dédié au Sacré-Cœur, contribueront, si besoin était, à envenimer les choses. Les chocs verbaux, et souvent physiques entre « fanatiques religieux et
17
Les pourcentages ont été arrondis.
18
El problema vasco…, op. cit., p. 94. xénophobes » et « athées déracinés » semblent renvoyer aux calendes grecques tout projet d’autonomie. Le 2 mai, la brutale dissolution d’une manifestation de femmes nationalistes suscite de nouvelles protestations et un appel à la grève générale de la part de la SOV. Quelques jours plus tard, on dénombre deux nouvelles victimes… Les esprits vont heureusement se calmer au cours des mois de juin et juillet et, après maintes palabres, une réunion des maires des trois provinces ayant accepté le statut de1932 est convoquée pour le 6 août à Vitoria. Le texte du statut, qui est exactement le même hormis la suppression du mot Navarre, y est définitivement approuvé : 239 voix pour, 28 contre, et 15 abstentions. La date du 5 novembre est alors fixée pour le référendum populaire prévu par le décret du 8 novembre 1931. Tandis que le PNV, l’ANV et les républicains appellent à voter pour, [143] le PSOE laisse libre choix à ses militants et sympathisants. Les partisans du statut d’autonomie l’emportent
de manière éclatante : 96,58 % des suffrages exprimés, soit 84,05 % du corps électoral
basque (12,73 % d’abstention) se prononce pour l’autonomie.
3- Le statut de 1936 ou l’autonomie de la dernière heure Un mois plus tard, le 19 novembre 1933, de nouvelles élections législatives sont convoquées19. Partout la droite triomphe : les nouvelles Cortès sont désormais constituées de 217 députés de droite, 99 de gauche, et 156 du centre. En Pays Basque, le PNV réussit le meilleur score de son histoire en remportant 14 des 17 sièges à pourvoir dans les trois provinces ayant plébiscité le statut20. Si le nouveau gouvernement Lerroux se montra, en un tout premier temps, favorable au statut, il apparut bien vite que les Cortès, désormais dominées par une droite crispée sur la défense de l’unité nationale, n’étaient absolument pas disposées à se prononcer en faveur d’un statut décidé sous le précédent gouvernement. Le bieno negro espagnol fut aussi celui de l’autonomie basque. Pendant deux ans, les divergences entre
19
Durant tout l’été 1933, le pays fut secoué par de fortes mobilisations et de très nombreuses manifestations de mécontentement (habilement récupérées par la droite) en raison des effets désastreux suscités par les retombées de la crise mondiale en Espagne. Alcala n’eut d’autre solution que de dissoudre
l’Assemblée. L’agitation générale, en cet été 33, ne fut certainement pas étrangère à l’arrêt de la répression
en Pays Basque et au redémarrage du processus d’autonomie : le gouvernement sentit bien qu’il n’avait
guère intérêt à continuer de s’aliéner aussi les Basques.
20
En Navarre, ses résultats sont beaucoup plus modestes : à peine 9 % des voix face aux quelques 70 %
du bloc des droites dont l’immense majorité est carliste. la majorité des Cortès et les parlementaires du PNV seront, la plupart du temps, quasitotales. Ces derniers abandonneront du reste le Parlement le 12 juin 1934. Durant l’été et l’automne 1934, de véritables révoltes, secondées par le boycott de l’ensemble des mairies basques, ont lieu face au désir du Gouvernement de réformer les conciertos
economicos. Environ 300 personnes sont alors emprisonnées, dont 47 maires nationalistes et 53 conseillers municipaux, la presse nationaliste est interdite, réduite au silence ou condamnée à payer des amendes, etc. [144] Toutefois, ne désespérant pas que ces Cortès puissent voter le statut, les parlementaires nationalistes les réintègrent le 5 novembre, donnant de surcroît comme preuve de bonne volonté leur vote de confiance au gouvernement Lerroux. Ce geste contribuera certes à relancer les travaux de la commission chargée d’examiner le texte du statut. Mais les choses traîneront en longueur, et le Parlement sera dissous avant que ce texte n’y soit débattu. De nouvelles élections législatives sont convoquées pour le 16 février 1936. Obnubilée par le danger séparatiste, la droite n’aura su, ni discerner la volonté légaliste (avec, à la clef la reconnaissance implicite de l’unité de l’État espagnol) du PNV, ni apprécier son caractère religieux et sa propension à l’ordre et à la stabilité qui en faisait un parti plus que modéré. Au lieu de chercher un terrain d’entente avec lui afin (pourquoi pas ?) d’en faire un relais de sa politique en Pays Basque, elle va le pousser dans l’opposition avec des déclarations souvent virulentes et des actes inconsidérés (tentative de suppression des Conciertos économicos et du Statut catalan). À la fin du
bieno negro, les nationalistes n’ont dorénavant plus aucune raison d’espérer quoi que ce soit de plus de la droite que de la gauche espagnole. Ceci explique sans doute le fait que la victoire du Front Populaire ne provoque aucun mécontentement parmi les nationalistes21, désormais disposés à « bénir la main, quelle qu’en soit la couleur, par laquelle arrivera le statut »22. Cette attitude de sympathie désabusée d’un côté et, de l’autre, l’inclusion du vote du Statut dans les points
21
Celui-ci triomphe partout en Espagne. Les nouveaux Cortès sont composés de 257 députés de gauche,
57 du centre, et 139 de droite. En Pays Basque, le Front Populaire, le bloc des droites, et le PNV
obtiennent environ 1/3 des voix chacun, tandis qu’en Navarre, les carlistes continuent à monopoliser
l’échiquier politique (70 %).
22
Manuel de Irujo, député nationaliste, 26/12/1935 (rapporté par lui même in La guerra civil en Euskadi
antes del estatuto, Madrid, 1978, Ed. E.D.). programme du Front Populaire, ne doit cependant pas conduire à penser que nationalistes et socialistes se jettent alors dans les bras les uns des autres. Une grande méfiance, née du passé, règne au contraire entre eux, chacun campant sur ses positions, décidé à ne lâcher que le minimum nécessaire pour éviter de nouveaux affrontements et un divorce fatal. [145] Le 16 avril 1936, une nouvelle commission d’examen du statut, présidée par Prieto et comprenant plusieurs nationalistes, dont Aguirre, est constituée. Le 29, elle commence ses travaux « dans l’espoir d’en finir le plus tôt possible ». Le 18 juillet, le soulèvement militaire la surprend en pleine délibération. Après quelques semaines d’interruption, les travaux reprennent à un rythme accéléré. Le Gouvernement n’a plus aucun intérêt à faire traîner les choses : l’appui et la résistance du Pays Basque sont vitaux pour la République. Fin septembre, le statut est prêt23. Il est soumis aux Cortès. Le 6, ceux-ci l’approuvent définitivement : le Pays Basque, amputé de la moitié de son territoire et en pleine guerre civile est autonome.
II- LA GUERRE CIVILE ET SES CONSEQUENCES IMMEDIATES EN PAYS BASQUE
(1936-1939)
1- La situation en Pays Basque le jour de la constitution de son premier
gouvernement (7 octobre 1936) En Navarre, le soulèvement contrôle tout de suite l’ensemble de la province. Après l’abandon de la voie statutaire et la mort de Don Jaime, le carlisme allait rapidement muer, sous la direction du comte de Rodezno, en un véritable mouvement de conspiration contre la République. Une organisation paramilitaire, les Requetes, était mise sur pied et armée par la Junte Suprême du mouvement installée à Saint-Jean-deLuz24. Celle-ci prépare ensuite minutieusement le soulèvement avec le Général Mola,
23
Malgré plusieurs modifications, visant toutes à restreindre le pouvoir basque, ce statut demeure, pour
l’essentiel, identique à celui de 1933. La principale nouveauté réside dans les dispositions transitoires
dont la première prévoit que « tant que dureront les circonstances anormales induites par la Guerre
Civile, le Pays Basque sera administré par un gouvernement provisoire avec toutes les prérogatives
établies par le présent statut ». (voir l’intégralité du texte de ce statut dans Manu Escudero et Javier
Villanueva, La autonomia des Pais Vasco… op. cit., p. 235 et ss.).
24
Plusieurs dirigeants requetes avaient auparavant suivi des stages de formation militaire en Italie
fasciste de Mussolini, qui avait par ailleurs avancé un million et demi de pesetas et promis de fournir Commandant de la place de Pampelune et principal instigateur de la sédition. Dès l’aube du 18 juillet, requetes et militaires factieux contrôlent la capitale et, le lendemain, l’ensemble de la province. La répression [147] est immédiate et terrible (à tel point que l’évêque de Pampelune, fasciste convaincu, s’en émeut). Plus de 6000 personnes, dont une bonne partie de nationalistes, sont assassinées ou exécutées sans jugement au cours de l’été 1936. En Alava, l’alliance du colonel Alonso Vega et de Jose Luis Oriol, leader de la droite locale, permet aux factieux de rapidement s’emparer de la quasi-totalité de la province. Plusieurs centaines de personnes réussissent cependant à se réfugier en Biscaye. En Guipúzcoa, les militants de gauche, essentiellement ceux du PC et de la CNT, parviennent à isoler les militaires factieux dans leur caserne. Ceux-ci se rendent finalement le 28 juillet. Aussitôt après une Junte de Défense, composée des PSOE, PNV, PC, CNT, et ANV est constituée. C’est elle qui tente de coordonner l’effort des différents bataillons spontanément formés par les principaux partis politiques et syndicats. Et ici réside une des deux grandes faiblesses (la seconde étant le manque d’armement) de la défense militaire du camp républicain en Pays Basque : ni les hommes, ni la bonne volonté ne font défaut, mais, non seulement chacun s’organise de son côté sans réelle coordination avec ses alliés, mais, plus grave, soupçonne ces derniers de noirs desseins. Méfiance en particulier des socialistes envers les nationalistes25 [147] et de ces derniers envers la CNT26. Mais comment imaginer que ces
10 000 fusils, 10 000 bombes et 200 mitrailleuses au Mouvement.
25
« Durant tout le temps que dura la campagne de Guipúzcoa, nous avons vécu dans la crainte perpé-
tuelle de ce que les dirigeants du PNV passent du côté du Maure (camp franquiste). Heureusement, le
Maure fut toujours pire que nous, les mauvais. » (Miguel de Amilibia, député PSOE en 1936, La guerra…
op. cit. p. 39). Cette crainte était selon nous injustifiée. Certes ce n’est pas de gaîté de cœur que les
nationalistes se retrouvent dans le même camp que les « brûleurs d’églises » : « ceux-ci sont très mauvais,
mais ceux qui viennent en face (les franquistes) sont encore pires » (mot de Manuel de Irujo, député P
N.V en 1936 et futur ministre de la République, rapporté par Amilibia, La guerra… op. cit. p. 32). Les
nationalistes n’avaient en effet guère le choix. Mais leur fidélité à la République ne fut pas pour autant
uniquement déterminée par la conjoncture historique : ils avaient largement eu le temps de se rendre
compte, au-delà de son anti-basquisme viscéral, du caractère totalitaire et anti-démocratique de l’extrême
droite espagnole. Dès le lendemain du soulèvement, le Conseil suprême du PNV faisait savoir que « ses
principes le conduisaient à se ranger résolument et sans équivoque parmi ceux qui défendent le civisme et
la République, ceci en accord avec le régime démocratique et républicain qui fut le propre de notre
peuple durant ses siècles de liberté » (note du 19/07/1936 de l’Euzkadi Buru Batzar (Conseil suprême) du
PNV).
26
Soucieux du maintien de l’ordre et de préserver son image de « parti responsable et catholique », le frères ennemis d’hier puissent fraterniser du jour au lendemain ? Que les bataillons Karl Marx, Rusia, Bakounine des miliciens, et Arana Goiri ou Euskal Indar des nationalistes acceptent de se fondre spontanément en un même corps d’armée27 ? L’unité ne pouvait venir que d’en face, et elle se fera effectivement. Au combat. Celui-ci ne tarde pas : début août, le général Mola décide de lancer ses troupes sur Irun afin de couper le front nord de tout contact avec la France. Les premiers bombardements ont lieu. Irun tombe le 3 septembre. La Junte de Défense décide alors d’évacuer Saint-Sébastien, indéfendable, qui tombe 10 jours après. Le front se stabilise alors à environ 15 km a l’ouest de la ville. En Biscaye, aucune tentative de soulèvement n’a lieu : l’armée demeure fidèle a la République, et la population est quasi unanimement de son côté. [148]
2- Le premier gouvernement autonome basque Les dispositions transitoires du statut d’autonomie voté le 6 octobre par les Cortès espagnoles, prévoyaient « l’élection d’un Président du gouvernement provisoire basque par l’ensemble des conseillers municipaux pouvant librement voter malgré la situation actuelle ». Le lendemain même, soit le 7 octobre 1936, Jose Antonio de Aguirre, député et leader du PNV obtient l’équivalent de 291 571 voix contre moins de 100 pour son rival Ramon Madariaga. Aussitôt, un gouvernement d’unité nationale, largement dominé par le PNV, est constitué. En dehors de la Présidence et du Ministère de la Guerre (occupés par Aguirre), les Ministères de l’Intérieur, de l’Économie et des Finances, de la Justice et de la Culture reviennent au PNV ; [148] ceux du Travail, de l’Industrie et des Affaires Sociales au PSOE ; celui des Travaux Publics au PC ; celui du Commerce et du Ravitaillement à Izquierda Republicana ; celui de la Santé à Union Republicana ; et enfin celui de l’Agriculture à l’ANV. Les anarchistes et les indépendantistes de Jagi Jagi ne sont pas représentés.
PNV ne supporte pas les débordements de la CNT. Après l’exécution sommaire de plusieurs prisonniers,
le PNV parvient à faire désarmer un bataillon CNT.
27
La dichotomie de ces termes trahit bien celle qui existait alors parmi les combattants : d’un côté les
miliciens du Front Populaire (avec leurs rivalités internes, surtout celle qui est entre le PC et la CNT), et
de l’autre les gudaris (combattants en basque). Ce n’est que plus tard, lorsque l’Armée basque sera Coupé par la zone franquiste de la République, le Gouvernement basque va gérer de façon totalement indépendante le morceau de territoire qui lui reste. Son premier souci est de « respecter et de garantir les droits individuels et sociaux de tous les citoyens basques et, en conséquence, la libre pratique des confessions et associations religieuses, la sécurité de ses membres et de ses biens »28. À cet égard, les moindres débordements visant, comme dans le reste de l’État espagnol, à occuper les usines, à collectiviser les entreprises, à persécuter le clergé ou à exécuter sans jugement les séditieux, sont immédiatement réprimés par la Ertzaina, la police autonome mise sur pied par le Ministre de l’Intérieur, Telesforo de Monzon, en remplacement des guardias
civiles et guardias de asalto dissoutes. Conformément à la « doctrine basque », le Gouvernement cherche ensuite à « développer une politique de franche avance sociale, à promouvoir l’accès des travailleurs au capital, aux bénéfices, et à la co-administration des entreprises »29. L’approvisionnement et la répartition des vivres sont aussi une de ses principales préoccupations : la Biscaye et la partie du Guipúzcoa encore sous sa juridiction, provinces industrielles aux surfaces agricoles utiles extrêmement réduites, mais dont les densités de population sont les plus fortes de l’Etat, ne peuvent en aucun cas nourrir leurs populations, accrues par l’arrivée de près de 100 000 réfugiés. Un trafic maritime avec l’Angleterre, le Mexique et la France est alors organisé et parvient à parer au plus pressé. Enfin, la défense du territoire est bien sûr la priorité principale. Théoriquement, l’ensemble des forces armées basques dépendent de l’Etat-Major de l’Armée du Nord (englobant les Asturies, la province de Santander et le Pays Basque). Pratiquement, elles sont totalement indépendantes et sous les ordres du Président Aguirre. [149] L’Armée basque (Euskal gudarostea) ne commence à se structurer que fin 1936. Le gouvernement ouvre des Académies d’Infanterie, d’Artillerie et de Génie Militaire, chargées de former des officiers capables d’encadrer les quelque 30 000 hommes de l’Armée basque répartis en 46 bataillons. Dans l’optimisme qui accompagne sa formation (le front étant stabilisé depuis la fin de l’été), une offensive, destinée à libérer l’Alava (et à desserrer l’étau franquiste menaçant Madrid), est
constituée que tous prendront le nom de gudaris.
28
Fragments du discours d’investiture de José Antonio de Aguirre, le 7 octobre 1936.
29
Ibidem. organisée dès la fin du mois de novembre 1936. L’attaque se concentre sur Villareal, à 10 km au nord de Vitoria. Après quatre jours de bataille acharnée malgré une infériorité de feu dramatique, les Basques sont obligés de se replier le 5 décembre, laissant sur le terrain plus de 800 morts et emmenant quelque 4000 blessés. Dès lors, l’attitude de l’Armée basque sera exclusivement défensive.
3- La défaite et l’exil Après son échec de fin 1936 devant Madrid, Franco avait besoin de frapper un grand coup. En février 1937, l’offensive sur le Pays Basque est décidée. Celui-ci représente un intérêt capital pour le camp franquiste, tant pour sa richesse industrielle que pour l’incidence diplomatique que sa chute ne manquerait pas de provoquer. Il était en effet difficile de traiter les Basques d’« assassins athées », de « comploteurs marxistes » ou d’« anarchistes sanguinaires ». Par leur catholicisme, leur modération, leur souci de l’ordre et leurs convictions démocratiques, ils suscitaient au contraire de la sympathie à l’étranger, surtout parmi les démocrates-chrétiens, et apportaient ainsi indirectement à la République un appui dont elle n’aurait pas bénéficié autrement. En faisant passer par la force le Pays Basque dans le camp de la « Croisade », Franco se donnait les moyens de couper définitivement la République de la communauté catholique internationale. À la fin mars, des dizaines de milliers de tracts sont lâchés sur Bilbao : « J’ai décidé de terminer rapidement la guerre dans le nord. Tant la vie que les biens de ceux qui se rendront, s’ils ne sont pas coupables d’assassinats, seront respectés. Mais si la reddition n’est pas immédiate, je raserai la Biscaye jusqu’à n’en rien laisser, à commencer par ses industries de guerre. Je dispose des moyens pour le faire. Signé : Général Mola ». Quelques jours plus tard, le 31 mars 1937, le plus terrible bombardement jusqu’alors connu dans [150] l’histoire militaire du monde avait lieu : la petite ville de Durango était systématiquement bombardée, pendant plus d’une heure et demie. 248 personnes étaient tuées (dont 14 religieuses et 2 prêtres), et plusieurs centaines blessées. Il semble qu’une nouvelle « technique », visant à terroriser la population et à démoraliser les combattants, ait été expérimentée30.
30
Plus tard, Goering reconnaîtra qu’il s’était agi là d’un « banc d’essai ». Privée d’aviation et d’armement lourd, l’Armée basque résiste cependant, souvent de façon héroïque (voir les descriptions de G. L. Steer, correspondant du Times en Pays Basque, El arbol de Guernica, op. cit.). Les quelques 10 000 Italiens des brigades Flèches noires et 23 de marzo, appuyés par plus de 150 avions allemands de la Légion Condor sont alors appelés à la rescousse. Devant l’opiniâtre résistance des basques, qui reprennent souvent la nuit des positions perdues pendant le jour, Franco n’hésite pas à demander aux Allemands de reproduire l’horreur du 31 mars. Le 26 avril, la ville sainte des Basques, Guernica, est rasée par la Légion Condor. On dénombre 1654 personnes tuées et 889 blessés. La stupeur provoquée par la nouvelle du bombardement se mue bientôt en messages de solidarité et de sympathie envers les Basques et la République. Mais les armes n’arrivent pas… Bilbao est soumis à un blocus maritime total, et la famine menace. Progressivement, le front se resserre autour de la ville protégée par sa mythique « ceinture de fer »31. Bombardés et mitraillés à longueur de journée par les Heinkel et
Junker allemands, privés de tout renfort, et se partageant avec parcimonie les dernières munitions, les gudaris tiennent encore jusqu’au début juin. Mais le 12, « la ceinture de fer » cède. Le tragique exode d’environ 150 000 personnes commence alors vers Santander32. Malgré les directives de la République, le Gouvernement basque se refuse à pratiquer la politique de la terre brûlée. Il protège au contraire jusqu’au dernier moment l’industrie biscaïenne des tentatives de sabotage [151] de la part de certains militants de l’UGT et de la CNT. Le 19 juin, les franquistes occupent Bilbao. À bout de force, désormais coupée des forces républicaines des Asturies, et peu désireuse de se battre en dehors du Pays Basque, l’Armée basque se rend le 26 août aux Italiens. Tandis que le Président Aguirre et une partie de son Gouvernement s’installent à Barcelone et tentent, grâce à leurs relations internationales, d’aider au maximum la République, le reste du Gouvernement basque s’efforce d’organiser au mieux l’exil de milliers de Basques. Bien qu’environ 10 000 femmes et enfants aient été évacués fin mai 1937 dans le nord et le centre de la France, que l’Angleterre ait accepté d’accueillir
31
Il s’agit en fait de fortifications construites durant le printemps 37 et dont « l’invulnérabilité » était
surtout mise en avant par les franquistes (parfaitement au courant de ses déficiences) afin de faire de la
prise de Bilbao une victoire militaire retentissante.
32
Une fois cette province tombée (fin août), la grande majorité de ces exilés rejoindra le Pays Basque. 4000 enfants basques et l’URSS 1200, la majorité des réfugiés basques se trouvent, fin 1937, en Pays Basque Français. Dès 1936, le gouvernement avait ouvert un « Consulat d’Euskadi » à Bayonne. C’est à partir de là, et de sa « Délégation du Gouvernement basque » à Paris, qu’il coordonne ses divers services d’aide aux réfugiés basques. Un hôpital militaire de 800 lits est installé à Biarritz, un internat accueille 980 enfants à Saint-Jean-Pied-de-Port, et une résidence pour les veuves des gudaris et les femmes des grands blessés est installée à Anglet. Une publication Eusko Deya est envoyée deux fois par semaine à l’ensemble des exilés. Ces réalisations sont possibles grâce à l’appui de la hiérarchie ecclésiastique basque et à l’aide du Front Populaire français. Une « Ligue Internationale des Amis des Basques », présidée par le cardinal Verdier et le Président de la Chambre des députés Herriot (un des membres les plus actifs était François Mauriac) canalise l’aide internationale vers le Gouvernement basque. L’occupation de la France en mai 1939 par les Allemands réduira tous ces efforts à néant. La Délégation à Paris et le « Consulat » à Bayonne sont fermés. Ceux qui réussissent à s’échapper fuient au Mexique, au Venezuela et en Argentine. Les autres sont enfermés dans un camp de concentration à Gurs (Pyrénées-Atlantiques). Le Président Aguirre prend la clandestinité. Après un long périple à travers l’Europe, il dé- barque au Brésil à la fin août 1941 et, quelques mois plus tard, reforme son gouvernement à New York. [152]
4- Conséquences de la guerre civile en Pays Basque Les statistiques exactes des pertes humaines et matérielles occasionnées par la guerre ne seront jamais connues. Les observateurs étrangers et la majorité des historiens s’accordent cependant pour avancer les chiffres globaux de 20 000 à 30 000 morts et de 45 000 à 50 000 exilés pour une population d’environ 1 300 000 habitants33. Les dommages matériels sont impressionnants et difficiles à évaluer. Il suffit de rappeler que le niveau de vie de 1936 en Pays Basque ne sera rattrapé qu’au début des années 50
33
Nous sommes ici très loin des statistiques fournies par les nationalistes, par exemple celles d’Astilarra,
Historia documental de la guerra en Euskadi, Mexico, 1941 (reprises par Manuelu Lipuzcoa, La iglesia
como problema en el Pais Vasco, Buenos Aires, 1973, Ed. Ekin, pp 110-114), qui signalent 10 800 morts
sur le champ de bataille, 15 200 morts dues aux bombardements, 21 780 exécutions et 150 000 exilés. Le
recoupement des recensements de 1930 et de 1940 avec l’addition de la population des communes et pour mesurer l’ampleur des dégâts. Plutôt que de tenter d’en dresser une liste, nous préférons attirer l’attention sur un autre type de conséquence : la profonde coupure historique que la guerre civile provoquera dans la continuité socio-politique basque. D’abord et évidemment, coupure, comme pour tous les citoyens de l’État espagnol, avec la République, la démocratie, le régime parlementaire, les libertés civiques. Ensuite, coupure avec l’autonomie, l’auto-gouvernement, la promotion de la langue et de la culture basque. Mais aussi, et c’est sur ce point que nous voudrions insister, coupure avec les habitudes socio-politiques héritées du passé : en les bousculant aussi brutalement, la guerre allait sans le savoir engendrer les prémisses d’une nouvelle époque. Inédit en effet de voir socialistes et nationalistes, frères ennemis d’hier, lutter côte à côte. Inédit d’entendre les socialistes crier « vive le Pays Basque libre », et des nationalistes vanter certains aspects de « l’idéal socialiste ». Certes les divergences ne s’éclipsent pas pour autant et continueront à s’exprimer, les soupçons et les ressentiments restant toujours vivaces34. Mais il est des moments où un vécu exceptionnel crée des liens plus forts que les idéologies. Ce sont ces moments-là que miliciens et gudaris, [153] d’abord séparés, vont ensuite partager dans la peur et la solidarité des tranchées sous les bombes, ou dans l’adversité de l’exil et de la répression. La guerre civile, en suscitant l’expérience d’une même lutte, le partage d’une même souffrance, et l’élan d’une même solidarité, a indéniablement et très fortement, uni les Basques des deux provinces maritimes, et cela, quelles que soient leurs origines et leurs préférences politiques35. C’est dans le quotidien de cette unité, puis dans la révolte contenue et la solidarité silencieuse face à la répression franquiste de l’aprèsguerre que naîtra et grandira une nouvelle génération, celle qui n’aura pas connu les querelles d’hier et portera l’espoir d’un futur différent. [154]
villes basques en 1935 nous permet d’avancer un chiffre global de 80 000 à 90 000 morts et exilés.
34
Cf. supra, note 25.
35
Le pourcentage de franquistes est infime dans ces deux provinces. Par contre la guerre signifiera la
coupure non moins radicale entre la Navarre et les trois autres provinces basques.

 

13 mai 2020

85 L’EMISSION DU CSPB 31 01 17

Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 46 min

badge independenzia

 

CSPB

COMITÉ SOLIDARITÉ PEUPLE BASQUE

http://cspb.unblog.fr/

autocollant 7

 

 

Naissance du fait national au Pays basque
Vincent Garmendia
Citer ce document / Cite this document :
Garmendia Vincent. Naissance du fait national au Pays basque. In: Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, n°38, 1982.
Numéro consacré aux consciences nationales dans le monde ibérique et ibérico-américain. pp. 135-151 ;
doi : https://doi.org/10.3406/carav.1982.1604
https://www.persee.fr/doc/carav_0008-0152_1982_num_38_1_1604
Fichier pdf généré le 13/05/2018

Naissance
du fait national au Pays Basque
PAR
Vincent GARMENDIA
Université de Bordeaux III
Comme le soulignait il y a plusieurs années Pierre Vilar, les
Français sont souvent fort surpris quand on leur parle de nationalisme
basque ou de nationalisme catalan. Dans la mesure où le problème
ne se pose pas avec autant de vigueur dans leur pays, ils ont du mal
à comprendre l’existence de tels mouvements chez leurs voisins. Ils
ne sont d’ailleurs pas les seuls à réagir de la sorte. En Espagne cette
question a toujours suscité de violentes polémiques où
l’incompréhension et l’ignorance jouent un grand rôle 0).
(1) Pour des raisons évidentes le sujet a été tabou jusqu’à une date
relativement récente. La historia del nacionalismo vasco de Maximiano García Venero
est longtemps restée la seule œuvre consacrée à ce sujet brûlant mais durant
ces dernières années la bibliographie s’est singulièrement étoffée. Citons dans
l’ordre d’apparition : Stanley Payne, El nacionalismo vasco, Barcelona, Dopesa,
1974; Juan José Solozabal, El primer nacionalismo vasco, Madrid, Tucar, 1975;
Beltza, Et nacionalismo vasco 1876-1936, San Sebastián, Txertoa, 1976; Jean
Claude Larronde, El nacionalismo vasco, su origen y su ideología en la obra de
Sabino Arana-Goiri, San Sebastián, Txertoa, 1977; Ortzi, Historia de Euskadi:
el nacionalismo vasco y Eta, Paris, Ed. Ruedo Ibérico, 1975; Beltza, Del carlismo
al nacionalismo burgués, San Sebastián, Txertoa, 1978; Antonio Elorza, Ideologías
del nacionalismo vasco, San Sebastián, Haranburu, 1978; Jokin Apalategui, Los
Vascos. De la nación al estado, Elkar, 1979; Javier Corcuera, Orígenes, ideología y
organización del nacionalismo vasco (W6-1904), Madrid, Siglo XXI, 1980.

136 C. de CARAVELLE
L’histoire nous permet heureusement de mieux saisir le
phénomène en nous montrant en particulier que l’idée d’une Espagne
foncièrement unitaire est somme toute relativement récente. Elle nous
permet surtout de voir que le surgissement du nationalisme basque
dans les dernières années du XIXe siècle se produit dans un milieu
prédisposé et préparé dans une certaine mesure à une telle
apparition. Si le message de Sabino Arana fut terriblement efficace, c’est
parce qu’il se fondait en grande partie sur des schémas idéologiques
fortement ancrés dans les mentalités. Pour comprendre la naissance
puis la force du nationalisme basque, il est indispensable de replacer
le phénomène dans la longue durée (2).
Lorsque les provinces basques s’unissent à la Couronne de Cas
tille (3), chacune apporte comme l’ont fait d’ailleurs d’autres
provinces et comme cela s’est fait dans d’autres pays, tout un faisceau de
coutumes et d’usages reconnus par les premiers chefs du pays et que
le monarque s’engage à respecter : les fueros. Avec les fueros les
provinces conservent une autonomie si réelle qu’un historien tel que
Francisco Elias de Tejada, peu suspect de sympathie pour le
nationalisme basque, peut écrire : « le Guipúzcoa fut un corps politique
séparé tant que les Espagnes restèrent des Espagnes véritables » (4).
Cela n’exclut pas cependant l’existence de liens très étroits entre les
provinces basques et la Monarchie. Un historien aussi pondéré que
Gregorio Monreal n’a pas manqué de souligner récemment que les
Basques manifestèrent tout au long de l’époque moderne une
adhésion très réelle à la monarchie castillane et qu’ils jouèrent un rôle de
premier plan dans la haute administration de la couronne (5).
Nul ne peut nier de tels faits sans travestir la vérité historique. A
ce propos le personnage du Guipuzcoan Esteban de Garibay magistra
(2) II convient aussi de replacer la naissance du nationalisme basque dans le
grand mouvement d’éveil des minorités nationales qui agite l’Europe dans le
dernier tiers du XIX* siècle. Sur ce point voir P. Renouvin et J.B. Duroselle,
Introduction à l’histoire des relations internationales, Paris, A. Colin, 1964.
(3) Le Guipúzcoa le fait en 1200, l’Alava en 1332, la Biscaye en 1379 et la
Navarre en 1512.
(4) F. Elias de Tejada y G. Percopo, La provincia de Guipúzcoa, Madrid, Mino
tauro, 1965, p. 14-15. Les auteurs évoquent à ce propos le traité « international »
signé le 9 mars 1482 à la Cour d’Angleterre par des ambassadeurs guipuzcoans et
au terme duquel il était certifié qu’il n’y aurait pas de représailles entre Anglais
et Guipuzcoans en cas de conflit entre le roi d’Angleterre et le roi castillan. Les
historiens nationalistes basques n’ont pas manqué bien évidemment de se
référer à ce traité et à d’autres du même genre. Voir, par exemple, Padre
Bernardino de Estella, Historia vasca, Bilbao, Verdes Achirrica, 1931.
(5) Gregorio Monreal, El pensamiento político vasco en el siglo XVI, San
Sebastián, octobre 1980, Conférence inédite.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 137
lement étudié par Julio Caro Baroja est tout à fait exemplaire. Chez
lui la conscience d’un certain particularisme basque n’est pas du tout
incompatible avec l’adhésion à la couronne (6).
Cela étant dit, les Basques eurent très tôt conscience de leurs
particularités et s’attachèrent à les mettre en valeur. En particulier la
volonté de conforter leur autonomie et de justifier leur condition
noble qui conférait comme l’on sait d’indiscutables privilèges dans
tout le royaume amenèrent nombre d’auteurs du XVIe à souligner
et à justifier les particularités du Pays Basque. Comme Andrés de
Mañaricua l’a fort bien montré pour la Biscaye, leurs œuvres allaient
marquer durablement l’historiographie du pays basque et au-delà la
mentalité collective du peuple basque (7).
Il n’est pas sans intérêt de voir quels sont ces dogmes historiques
et ces mythes (8) que popularisèrent plus près de nous carlistes et
nationalistes basques. Il y a d’abord le symbole de la liberté
originelle de la Biscaye, la bataille d’Arrigorriaga au IXe siècle où les Bis
cayens triomphèrent des Asturiens. Il y a l’idée du pacte entre le
peuple et son seigneur Jaun Zuria. Il y a aussi le « Cantabrisme » qui
symbolisme l’héroïsme et l’invincibilité de la région cantabrique qui sut
conserver son indépendance et sa langue, la langue de Tubal, petit
fils de Noë et premier habitant de la péninsule (9). Il y a enfin l’idée
du monothéisme primitif et le culte de la croix chez les anciens
Basques.
L’existence de ces textes est le signe d’un réflexe d’auto-défense de
la part des Basques. On a souvent dit que la monarchie absolue
respecta toujours les fueros. Il semble que la vérité ne soit pas aussi
simple. On a plutôt l’impression que la monarchie absolue respecte les
fueros comme cela se passe d’ailleurs dans la France de l’Ancien
(6) « Nuestro don Esteban de Garibay « sentía » lo particular, su vasquismo,
con el mismo grado de pasión con que sentía algo considerado como más general,
ya que no universal, su monarquismo ». J. Caro Barojà, Los Vascos y la historia
a través de Garibay, San Sebastián, Txertoa, 1972, p. 225.
(7) Andrés E. de Mañaricua y Nuere, Historiografía de Vizcaya {Desde García
de Solazar a Labayru), Bilbao, Biblioteca de la Gran Enciclopedia Vasca, 1971.
(8) Avant de les recenser, Mañaricua precise, p. 144, « Entre los diversos
temas historíeos-legendarios que encontramos formados en la historia vizcaína,
ya a fines del siglo XVI, algunos destacan especialmente, no ya por su naturaleza
distinta, sino por la importancia que iban a revestir en lo sucesivo… A ellos
denominamos mitos por su importancia en la mentalidad vizcaína y sus
resultantes teóricas (históricas) y prácticas (jurídico-políticas). Al denominarlas así
no pretendemos negarles todo elemento de verdad. En el origen de la leyenda —
de cuya naturaleza participan — suele existir un núcleo real que la imaginación
colectiva o individual ha revestido de fantasía».
(9) Sur ce point, voir A. Tovar, Mitología e ideología sobre la lengua vasca,
Madrid, Alianza Editorial, 1980.

138 C. de CARAVELLE
Régime (10) parce qu’elle ne peut pas faire autrement (n). Les
tentatives pour limiter la portée des fueros, en particulier dans le domaine
fiscal, furent nombreuses mais chaque fois la réaction des Basques
fut immédiate (12). Plus tard, au XVIII* siècle, au début duquel
Philippe V décrète l’abolition des fueros catalans et valenciens, les
soulèvements populaires des Machinadas (13) et certains textes tels que
les Conferencias du Père Larramendi écrites en 1757 mais jamais
publiées (14) montrent encore que les Basques sont les défenseurs
zélés et souvent farouches de leurs franchises.
Les Basques manifestent aussi leur attachement à leur terre et à
leur originalité plus paisiblement avec la fondation en 1765 de la
Real Sociedad Vascongada de los Amigos del País. Comme on peut
le lire dans les statuts de la célèbre société, les Caballeritos de Azcoi
tia se proposent de développer le savoir, la culture et la langue de la
« nation » basque et de resserrer les liens existant entre les trois
provinces avec la devise Irurac Bat (Trois = un) (15). S’il convient
donc de nuancer singulièrement l’idée selon laquelle la monarchie
absolue respecta toujours les fueros basques, il n’en reste pas moins
vrai que la cohabitation se fait sans trop de heurts jusqu’au seuil du

XIX* siècle. A cette époque les choses changent radicalement. Une

offensive de grande envergure contre les fueros se dessine à
l’initiative de Godoy avec la publication en 1802 du Diccionario Geográfico
Histórico de las Provincias Vascongadas y Navarra suivi à partir de
1806 par l’œuvre du chanoine Llórente Noticias históricas de las
Provincias Vascongadas. En postulant expressément l’unité de la nation
espagnole, la Constitution de Cadix porte singulièrement atteinte au
principe même des fueros et donne le ton de ce que va être désormais
(10) P. Goubert, L’Ancien Régime, Paris, A. Colin, 1971, t. II, p. 75.
(11) Voir de nombreux exemples dans le livre de Fidel de Sagarminaga, El
gobierno foral del Señorío de Vizcaya, Bilbao, 1908.
(12) Voir notre thèse L’Idéologie carliste (186&-76). Aux origines du
nationalisme basque, p. 502 et suiv.
(13) Elles eurent lieu en 1718 et en 1766. Le mot machinada vient de matxin
nom des ouvriers qui travaillaient le fer et dont le patron était Saint Martin.
(14) On comprend que cette œuvre n’ait jamais été publiée. Dans ses
Conferencias curiosas, políticas, legales y morales sobre los fueros de la Muy Noble y Muy
Leal Provincia de Guipúzcoa, le jésuite guipuzcoan s’en prend violemment à
l’administration centrale coupable d’avoir voulu porter atteinte aux libertés de la
province. Il y évoque même la légitimité d’une lutte armée dans le cas d’une
remise en question des fueros et agite la menace de la création d’une
république indépendante. Sur cette œuvre voir l’article de P. Fernández Albaladejo, La
particular historia de Guipúzcoa, Saioak, I, 1977, p. 148-156.
(15) Voir J. de Aralar, El Conde de Peñaflorida y los caballeritos de Azkoitia,
Buenos Aires, Ekin, 1942.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 139
la politique du pouvoir central soucieux d’assimiler les provinces
basques au reste du royaume.
Un rapport de la Junta reformadora de abusos datant de 1818 est
tout à fait explicite. Il a en outre le mérite de dire ce que les fueros
signifient pour le pouvoir :
« ¿ Qué hay de común con las demás provincias de España ? Nada
absolutamente. Las leyes distintas. El gobierno es todo suyo : las
contribuciones, ningunas; el comercio, sin reglamento y del todo
franco; las aduanas infructuosas; la hidalguía o nobleza, solariega,
universal; los establecimientos, suyos; los beneficios, todos
patrimoniales. <; Cómo de esta suerte pueden considerarse una paite
integrante de la Monarquía española, si no están sujetos ni a sus
leyes, ni a sus cargas, ni a sus obligaciones ? »
La propagande des absolutistes bien orchestrée par l’Eglise basque
aidant, l’idée selon laquelle le libéralisme souhaite ardemment
l’abolition des fueros va s’installer solidement dans les esprits. Malgré le
scepticisme de certains historiens et même si elle n’est pas l’unique
raison, il nous semble que la peur de voir les fueros disparaître joue
un rôle non négligeable dans l’engagement des Basques dans la
première guerre carliste. Sans aller jusqu’à penser avec le très imaginatif
Augustin Chaho que cette guerre constitue en quelque sorte une
guerre de libération nationale (16), il semble bien que la défense des
fueros amène les Basques à soutenir la cause carliste (17).
Si le traité de Vergara du 30 août 1839 préserve l’essentiel, il est
tout à fait évident que malgré les concessions qu’exige la nécessité de
mettre un point final à une longue guerre de sept ans, Madrid se
(16) Dans son Voyage en Navarre pendant l’insurrection des Basques publié
en 1836, Chaho prête à Zumalacárregui des paroles que n’aurait pas désavouées
Sabino Arana : « Notre race, trop longtemps ensevelie dans un sommeil
léthargique, s’est réveillé à mon appel; elle s’est levée digne du rôle éclatant que de
grands événements lui préparent : j’ai frayé devant elle les voies de l’avenir.
Notre sang, répandu dans les combats fera naître sur les montagnes une
génération de héros; témoins des larmes de la patrie et de nos blessures, nos enfants
bercés avec des chants guerriers nourriront dans leurs cœurs la haine de
l’oppression; ils se presseront en frères autour du chêne de la liberté, ils arboreront
le drapeau de la délivrance… » Sur A. Chaho, voir l’excellent article d’Eugène
Goyheneche : « Un ancêtre du nationalisme basque. Augustin Chaho et la guerre
carliste » in Euskal Herria (1879-1850), Bayonne, Société des Amis du Musée
Basque, 1978, p. 229-259.
(17) Renato Barahona Arévalo termine sa thèse The Making of carlism in
Vizcaya 1814-1833 sur ces mots : « Furthermore, at least in the case of Vizcaya,
there is substantial proof that the fueros, even if not directly invoked by the
carlists during the rebellion played an extremely important role in the general
context of the revolt». Dans sa thèse récemment publiée Fueros y revolución
liberal en Navarra, Madrid, Alianza Editorial, 1981, María Cruz Mina émet un
avis différent.

140 C. de CARAVELLE
réserve une porte de sortie. La loi du 25 octobre 1839 dit que les
fueros sont confirmés « sans préjudice de l’unité constitutionnelle
de la Monarchie ».
De fait l’édifice forai va être considérablement amoindri et privé
d’une grande partie de sa substance (18). La suppression du pase foral
qui permettait aux Juntas de refuser les ordonnances royales
contraires aux fueros et celle de l’organisation judiciaire propre au pays, le
transfert des douanes sur la frontière française sont autant
d’agressions contre le système des fueros.
Entre les deux guerres carlistes le succès de la chanson d’Iparra
guirre Guernicaco Arbola porte témoignage de la popularité de l’idée
fuerista. Il est à la hauteur de l’émotion suscitée au Pays Basque par
les attaques que subissent les fueros de la part du sénateur Sánchez
Silva (19).
Pour ce qui est de la seconde guerre carliste nous pensons avoir
montré en allant au-delà du discours officiel carliste que les
partisans basques de Don Carlos prirent les armes pour sauvegarder un
mode de vie dont les fueros étaient selon eux la meilleure
garantie (20).
Dans leur souci de montrer que le libéralisme est l’ennemi
irréconciliable des fueros, les carlistes s’attachent à démontrer en fin de
compte que le libéralisme est l’ennemi du peuple basque. L’idée d’un
Pays Basque bâillonné et injustement opprimé par le pouvoir
libéral et madrilène devient un leitmotiv du discours carliste. Dans le
même temps, pour prouver l’illégitimité de l’action du libéralisme
au Pays Basque, les carlistes soulignent inlassablement les caractères
qui confèrent à cette région une réelle autonomie. L’autonomie
politique, la race et la langue sont les éléments différentiels que les
carlistes basques en guerre mettent sans cesse en relief. En fait, il y a un
processus qui conduit inexorablement de la décentralisation invoquée
par la hiérarchie carliste à ce que l’on est en droit d’appeler le
protonationalisme. Pour beaucoup de combattants, la guerre devient une
guerre contre l’étranger qui vient occuper leur pays. On constate
très vite que pour eux les soldats libéraux venus du Sud de l’Ebre
sont radicalement différents. Une chanson carliste qui sera reprise
très significativement par les nationalistes basques appelle à tirer sur
(18) Voir J.M. de Ângulo, La abolición de los fueros e instituciones vascongadas,
San Sebastián, Auñamendi, 1976, p. 46-63.
(19) Sur ces débats voir Discusión sobre los fueros de las Provincias
Vascongadas habida en el Senado en las sesiones celebradas del 13 al 21 de junio, Vitoria,
Manteli, 1864.
(20) Voir notre thèse déjà citée p. 520-590.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 141
ces hommes aux petites oreilles que sont pour les Basques les
Espagnols :
« Eta tiro, eta tiro,
eta tiro beltzari (2i)
eta tiro, eta tiro,
bellarrimotzari. »
La guerre carliste se réduit très vite à une guerre entre l’Espagne
avec tout son appareil d’Etat et la quasi totalité de la population
basque qui représente à peine 5 % de la population totale du pays. Il est
indéniable qu’elle aide grandement à faire naître ou à accroître la
conscience nationale d’une partie de la population basque. Il est
non moins évident qu’elle intensifie la fidélité au groupe basque et
l’hostilité au groupe ennemi. L’importance d’un gouvernement
autonome qui regroupa les quatre provinces pendant près de trois ans face
au reste de l’Espagne ne saurait davantage être négligée dans cette
prise de conscience. Comment ne pas souscrire dans ces conditions
aux lignes qu’écrivait il y a un demi-siècle Arturo Campion :
« Cuando las nieblas de las pasiones políticas no anublen ya las
inteligencias, éstas percibirán claramente que los realistas y
carlistas de antaño fueron, involuntariamente o
inconscientemente, precursores de los nacionalistas de ogaño… las guerras
civiles, por la contigüedad del territorio común de combate y la
mancomunidad de los sentimientos, abatieron muchas de las
barreras morales interpuestas entre alaveses, guipuzcoanos,
navarros y vizcaínos. El neologismo político colectivo « las cuatro
provincias-lau probintziak» que en tantas ocasiones hemos oído
sonar, aparejó la vía al Euzkadi de Sabino (22) »
Lorsque les carlistes sont battus, les Basques subissent, selon le
mot de Cánovas, la loi des vaincus. Malgré l’éloquente défense
d’hommes comme Mateo Benigno Moraza et Camilo Villavaso aux Cortés,
les fueros sont abolis le 21 juillet 1876. Si beaucoup d’Espagnols
triomphent (23), la grande majorité du peuple basque est atterrée.
La presse porte le deuil des liberté enfuies. S’ils perdent des
avantages bien concrets (24), beaucoup pensent aussi qu’un peu de « l’âme
(21) Ce terme qui signifie noir en basque était couramment utilisé par les
carlistes pour désigner les libéraux.
(22) Cité par À. de Ortueta, Nabarra y la unidad vasca, Barcelona, 1931, p. 476.
(23) J.M. de Angulo, op. cit., t. I, p. 87.
(24) L’article Premier de la loi du 21 juillet 1876 était rédigé comme suit : « Los
deberes que la Constitución política ha impuesto siempre a todos los españoles
de acudir al servicio de las armas cuando la ley los llama, y de contribuir, en
proporción de sus haberes, a los gastos del Estado, se extenderán, como los
derechos constitucionales se extienden, a los habitantes de las provincias de
Vizcaya, Guipúzcoa y Álava, del mismo modo que a los demás de la Nación ».

142 C. de CARAVELLE
basque » disparaît avec l’abolition de leurs franchises séculaires. La
perte des fueros amène surtout un grand nombre de libéraux basques
consternés de constater que tous les Basques, et pas seulement les
carlistes, sont « punis », à rejoindre les rangs de l’opposition au
pouvoir central (25).
Comme ce dernier instaure un véritable état d’exception (26) afin
d’éviter que les manifestations d’hostilité aux mesures
gouvernementales ne dégénèrent, l’indignation s’ajoute à l’amertume du peuple
basque. Certains n’hésiteront pas à comparer la situation du Pays
Basque à celle de l’Irlande privée de ses libertés en 1800 (27). Si la grande
majorité du peuple basque est traumatisée par la perte des fueros, il
n’en est pas de même pour la grande bourgeoisie industrielle et
financière des Chavarri, Ibarra et autres Urquijo à qui l’abolition des
fueros a donné des ailes en la libérant des obstacles qui pouvaient
entraver son essor et qui tire le maximum d’avantages des Conciertos
económicos avec le pouvoir central C28). La crainte qu’ont certains
intellectuels basques de voir disparaître tout à fait ce qu’il reste du
particularisme basque les amène à promouvoir un véritable renouveau
culturel. Des associations et des revues voient le jour qui s’attachent à
développer en particulier la connaissance de l’histoire et du folklore
basque. VAsociación Euskara de Navarra animée par Arturo Campion
dès 1878, la Revista de las Provincias Euskaras de l’alavais Herran, la
Revista de Vizcaya de Sagarminaga puis la Revista Euskalerria de
José Manterola témoignent des efforts de l’intelligentsia basque pour
sauver l’héritage culturel du Pays Basque.
Il y a donc à la fin du siècle tout un état d’esprit qui peut nous aider
à comprendre la naissance du phénomène nationaliste. Néanmoins le
contexte idéologique et émotionnel ne suffit pas à l’expliquer à lui
seul. Le catalyseur sera l’industrialisation et plus particulièrement
l’industrialisation de la Biscaye, province qui sera logiquement le
(25) Le fait que la défense des fueros ait été revendiquée massivement par des
traditionalistes comme Larramendi et plus tard par les carlistes tend à occulter
l’existence d’une revendication « libérale » des fueros. S’il est vrai qu’un ilustrado
comme Valentín de Foronda parla avec mépris de cette «préoccupation
gothique », il n’en est pas moins vrai que d’autres ilustrados comme Manuel de
Aguirre ou Marchena ne tarissaient pas d’éloges sur le système forai. Voir, par
exemple M. de Aguirre, Cartas y discursos del Militar Ingenuo al Correo de los
Ciegos de Madrid, Ed. de A. Elorza, San Sebastián, 1973, p. 260.
(26) Idoia Estornes Zubizarreta, Carlismo y abolición forai, San Sebastián,
Auñamendi, 1976, p. 188.
(27) Voir José María de Lizana, Recuerdos, Bilbao, Casa de Misericordia, 1885.
Cité par Jon Bilbao in Bases ideológicas del nacionalismo vasco en el siglo XIX,
inédit obligeamment communiqué par l’auteur.
(28) J.C. Larronde, op. cit., p. 219 et suiv.

PAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 143
berceau du nationalisme basque. Tout naturellement la Navarre et
l’Alava peu touchées par l’expansion industrielle resteront au début
à l’écart du phénomène nationaliste.
Outre le traumatisme causé par la perte des fueros et les
frustrations nées de la défaite, la population basque et tout
particulièrement la population biscayenne subissent en effet le choc d’une
extraordinaire transformation socio-économique après 1876.
Certes, les débuts de l’industrialisation au Pays Basque remontent
aux années 40. Le transfert des douanes sur la frontière profite
indiscutablement à l’industrie basque naissante et la société Santa Ana
de Bolueta fondée en 1841 est la première d’une série d’entreprises qui
voient le jour entre les deux guerres carlistes. Nous avons d’ailleurs
montré dans notre thèse que le carlisme des années 70 est dans une
large mesure un mouvement de refus de la société industrielle
naissante. Cependant cet essor n’a pas de commune mesure avec le
véritable boom économique que vit la Biscaye dans le dernier quart du
siècle (29) grâce à l’exportation de minerai de fer (30) permise par le
libéralisme espagnol (31).
D’après les chiffres donnés par Pablo de Alzóla, entre 1882, date à
laquelle apparaît la société Altos Hornos et 1901, la vente de fer et
d’acier laminé est multipliée par dix. S’il y a, en 1886, 22 sociétés avec
un capital de 8.500.000 pesetas, elles sont 147 en 1901 pour un capital
de près de 500 millions Í32).
L’industrialisation de la Biscaye provoque une immigration massive
dans la zone minière et industrielle. Les chiffres sont très éloquents.
(29) Sur ce point, voir entre autres la remarquable étude de Manuel Gonzalez
Portilla, La formación de la sociedad capitalista en el Pais Vasco (1876-1913), San
Sebastián, Haranburu, 1981.
(30) En 1876, sur Une production de 432 000 tonnes, 350000 sont exportées. En
1877 les chiffres sont respectivement de 1050000 et 750000. En 1880 ils sont de
2684000 et 2345 600 tonnes pour atteindre à la fin du siècle 6 4% 000 et 5 412700
tonnes.
Cité par Beltza, El Nacionalismo vasco…, p. 40.
(31) Beltza (pseudonyme de López Adán) écrit : « La introducción en Vasconia
del modo de producción capitalista como modo dominante no fue un producto
del desarrollo natural del capitalismo vasco sino un brusco salto traído del
exterior mediante el juego coaligado de los intereses expoliadores del
imperialismo europeo y de la legislación creada por los oligarcas españoles que acababan
de unificar el mercado hispano tras la victoria violenta sobre los carlistas
vascos. El resultado fue que en la formación social vasca este capitalismo entró
inicialmente como un cuerpo extraño aunque fortísimo. La sociedad vasca no lo
creó aunque sufrió su impacto. Esto explica una doble situación : la mentalidad
anticapitalista de los primeros nacionalistas vascos y de las demás fuerzas de
resistencia vasca a la integración forzada en España y la rápida españolización
de los capitalistas vascos ». Op. cit., p. 45.
(32) A. Elorza, op. cit., p. 111.

144 C. de CARAVELLE
La population de la province passe de 189.954 habitants en 1877 à
311.361 en 1900. A cette date 60 % des électeurs de Bilbao ne sont
pas nés en Biscaye C33). En 1904 plus de 75 °/o des mineurs viennent
de Castille, des Asturies ou de Galice Í34).
Dans toutes ses composantes le paysage basque est donc
radicalement transformé. Le nationalisme sera dans une large mesure
l’expression idéologique de la résistance à ce changement
extraordinaire qui rompt l’équilibre de la société basque.
La grande bourgeoisie industrielle et financière tournée vers Madrid
ne participe pas d’une façon générale à la naissance du nationalisme.
Comme le remarque très justement Solozabal, la classe « nationaliste
par excellence » selon Marx est absente lors des premiers pas d’un
mouvement fortement teinté de ruralisme et d’anti-industrialisme (35).
Héritier du carlisme basque, le premier nationalisme refuse avec une
égale vigueur le capitalisme de la grande bourgeoisie et le socialisme
qu’elle secrète. Même s’il évolue par la suite, Sabino Arana est bien
au départ l’expression du désarroi que provoquent l’industrialisation
et ses retombées dans les couches de la société marginalisées par
l’essor industriel (36). L’étude sociologique du groupe relativement
réduit des premiers nationalistes qui suivent Sabino Arana est à cet
égard fort éclairante. Les premiers compagnons d’Arana se
recrutent dans la petite bourgeoisie urbaine, chez les employés et les
intellectuels.
Pour Sabino Arana les grands capitalistes basques sont
directement responsables des malheurs de la société basque puisqu’ils sont
les premiers coupables de l’invasion maketa et des funestes
conséquences qu’elle suppose :
«Con esa invasión maketa, gran parte de la cual ha venido a
nuestro suelo por vuestro apoyo, para explotar vuestras minas
y serviros en los talleres y en el comercio, estáis pervirtiendo la
sociedad bizkaina, pues cometa es ése que no arrastra consigo
más que inmundicia y no presagia más que calamidades : la
impiedad, todo género de inmoralidad, la blasfemia, el crimen,
el librepensamiento, la incredulidad, el socialismo, el anarquismo,
todo ello es obra suya (37). »
(33) J. Corcuera, op. cit., p. 81.
(34) A. Elorza, op. cit., p. 115.
(35) JJ. Solozabal, op. cit., p. 323, note 5.
(36) López Adán a bien souligné que beaucoup de Basques issus du monde
agraire préfèrent l’émigration à la prolétarisation dans la zone minière. Del
carlismo al nacionalismo burgués, p. 135-136.
(37) Obras Completas de Arana-Goiri’tar Sabin, Buenos Aires, 1965, p. 441. Pour
Arana, le mot maketo (du français métèque ou de l’espagnol macuto, sac porté
par les ouvriers castillans) désigne tous les Espagnols et spécialement ceux qui
se sont établis au Pays Basque.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 145
Cette hostilité de Sabino Arana au grand capital basque ne signifie
pas pour autant qu’il ait la moindre sympathie pour le socialisme.
Pour lui, les idées socialistes sont anti-chrétiennes et anti-basques.
L’oppression de la bourgeoisie n’est rien en regard de l’oppression
étrangère Í38).
C’est dans ce contexte socio-économique sans oublier la longue
tradition idéologique évoquée plus haut qu’il faut situer l’idéologie de
Sabino Arana qui commence à être diffusée dans les années 90 (39).
Mais avant de la présenter il convient de faire quelques remarques
sur son originalité.
Nous sommes tout à fait d’accord avec Juan José Solozabal pour
dire qué Sabino Arana ne fut pas le démiurge qu’une certaine
bibliographie nationaliste reconnut en lui Í40) même s’il est vrai qu’une série
de convergences font que c’est vraiment avec lui que l’on passe de
l’idée de peuple basque à l’idée de nation basque (41).
Si l’on fait abstraction de l’idée séparatiste (42), il est difficile de
discerner des différences radicales entre l’idéologie carliste puis
intégriste et l’idéologie des premiers nationalistes basques C43). Au
demeurant cela n’a rien d’étonnant. La conjoncture socio-économique dans
laquelle apparaît le nationalisme n’est pas radicalement différente des
circonstances dans lesquelles se développe le carlisme à l’époque de
la seconde guerre. Nous dirons que la crise que traversent certaines
couches de la société basque et que les changements auxquels elles
se trouvent confrontées sont singulièrement amplifiés. Le passage
d’une société à dominante agraire à une société industrielle encore
timide dans les années 60-70 est maintenant une réalité vraiment
« catastrophique » pour beaucoup de Basques. Le cas de la famille
(38) Voir J.C. Larronde, op. cit., p. 251 et suiv.
(39) En 1893 et en 1894 on observe une réelle agitation contre la politique du
gouvernement Sagasta. La San Rocada à Guernica et la Gamazflda en Navarre
en sont les manifestations les plus spectaculaires. Le groupe de nationalistes qui
dispose du journal BizKaitara depuis le 8 juin 1893 fonde en 1894 le Centre
Basque (Euskeldun Batzokija) qui débouchera sur la formation du PNV clandestin
en 1895.
(40) Solozabal, op. cit., p. 325, note 1.
(41) Corcuera, op. cit., p. 51.
(42) Même cette idée est loin d’être nouvelle. En fait Sabino Arana va jusqu’au
bout du raisonnement de certains carlistes comme Dorronsoro, pour ne citer
qu’un exemple, qui agitèrent l’épouvantail séparatiste au cas où le pouvoir
central n’aurait pas respecté les fueros. On trouve déjà la même idée lors de la
première guerre carliste. Sur cette question voir les pertinentes remarques de
Corcuera, op. cit., p. 51-52.
(43) Voir notre thèse.

146 C. de CARAVELLE
de Sabino Arana lui-même est parfaitement exemplaire à cet
égard (*•).
Mais voyons maintenant plus précisément les grandes lignes de
l’idéologie des premiers nationalistes basques.
Le ton est donné avec le choix de la devise. Jaungoikoa eta Lagi
Zarra (Dieu et les vieilles lois) remplace Jaungoikua eta foruak (Dieu
et les fueros). Sabino Arana reconnaît lui-même que la différence n’est
pas bien grande mais pour lui sa devise est plus basque. Le mot fuero
est espagnol et signifie privilège ce qui est contraire à la vérité, dit-il.
Pour lui, les fueros basques sont des lois que le peuple s’est données
souverainement sans l’intervention d’un pouvoir étranger
La grande idée développée par Arana et que personne n’avait osé
formuler avec autant de netteté avant lui est que la Biscaye (45) a été
tout à fait indépendante de l’Espagne jusqu’en 1839.Elle se
différencie en cela de la Catalogne qui n’est pour lui qu’une région espagnole.
Sa première œuvre significativement intitulée Bizcaya por su
independencia est le récit de quatre batailles qui selon lui sauvegardèrent
l’indépendance de la Biscaye face aux Espagnols. La conclusion est
éloquente :
«Ayer. — Bizcaya, Confederación de Repúblicas independientes,
lucha contra España, que pretende conquistarla, y Ja vence en
Arrigorriaga (888), permaneciendo libre. — Bizcaya, República
Señorial independiente, siendo súbdito de Castilla-León su Señor,
lucha contra España, que pretende conquistarla, y la vence en
Gordexola y Otxandíano (1355), permaneciendo libre. — Bizcaya,
República Señorial independiente siendo su Señor a un tiempo
Rey de Castilla-León, lucha contra España, que pretende
conquistarla, y la vence en Munguía (1470), permaneciendo libre.
Hoy. — Bizcaya és una provincia de España.
Mañana. — ¿ . . . . . . ?
Tienen la palabra los bizcamos del siglo XIX, pues que de su
conducta depende el porvenir. (^) »
(44) Solozábal, op. cit., p. 331.
(45) II est certain que Sabino Arana ne parle, au début, que de la Biscaye. Pour
lui, cependant, l’intérêt des états basques indépendants (sic) est de former une
confédération. Il écrit dans le premier numéro de sa revue BizKaitara, le 8 juin
1893 : « ¿ Serán por ventura tan insensatos (los cuatro estados euskerianos) que,
no abrazándose estrechamente para formar un solo cuerpo, el cuerpo nacional
de Euskeria, se aislen y separen con tan inaudito desafecto que si alguno de
ellos fuese atacado en sus derechos, no acudan los demás en su socorro y lo
desamparen y lo abandonen en sus propias fuerzas ? ». Le mot Euskadi (Patrie
des Basques) sera utilisé pour la première fois par Arana dans le journal El
Correo Vasco en juillet 1899.
(46) S. Arana, op. cit., p. 138. Il est évident que la rigueur et les connaissances
historiques firent souvent défaut à l’autodidacte que fut Arana. Unamuno le
compara à un alchimiste qui parlerait de chimie. Sabino Arana aurait pu
répondre que l’histoire était pour lui « la science patriotique par excellence » et faire

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 147
Aucun parti existant n’a su défendre la Biscaye soumise à une violente
domination étrangère. Elle risque de ce fait de perdre non seulement
sa culture et sa langue mais aussi et surtout sa religion.
Dépendante de l’Espagne, la Biscaye ne peut être catholique. Cela
est extrêmement grave car Sabino Arana, très proche des intégristes,
accorde une place tout à fait privilégiée à la religion :
« Y entendedlo bien : si en las montañas de Euskaria, antes
morada de la libertad, hoy despojo del extranjero, ha resonado
al fin en estos tiempos de esclavitud el grito de independencia
SOLO POR DIOS HA RESONADO. (47) »
Préjudiciable à la religion des Basques, le contact avec l’Espagne
libérale l’est aussi pour les bonnes mœurs du pays : le libéralisme n’est-il
pas un péché ?
Rien n’est aussi grave que cette corruption qui menace le peuple
basque
Entre el cúmulo de terribles desgracias que afligen a nuestra
amada patria, ninguna tan terrible y aflictiva, juzgada en sí misma
cada una de ellas, como el roce de sus hijos con los hijos de la
nación española.
Ni la extinción de la lengua, ni el olvido de su historia, ni la
pérdida de sus propias y santas instituciones e imposición de
otras extrañas y liberales, ni la misma esclavitud política que
hace más de once lustros padece, la equiparan en gravedad y
trascendencia í48).
L’indépendance est bien la meilleure des prophylaxies :
« No insultamos al pueblo español, no intentamos ofender a
nadie: sólo queremos salvar a nuestra patria. Somos hijos de
una raza desgraciada, somos miembros de una extraviada
sociedad, y estamos en el deber de encaminar a su fin a la sociedad
en que vivimos y de procurar la felicidad de la raza a que
pertenecemos : y para encaminar a su fin a nuestro pueblo, hemos
de enseñarle el único camino y para que pueda conseguir su
felicidad hemos de mostrarle su actual desgracia y señalarle la
causa. Y si publicamos la degradación del carácter español, es
porque el euskeriano vea en su roce con ese pueblo la causa de su
siennes les paroles de l’auteur des Tradiciones Vasco-Cántabras, Venancio de
Araquistain, accusé d’avoir nié la conquête du Pays Basque par les Romains :
« Déjennos gozar tranquilamente de nuestras gloriosas tradiciones, más o menos
exageradas, si es que cabe cierta exageración en las hazañas de aquellas razas
gigantes, y no echen por Dios en olvido que hasta los errores son respetables en
los pueblos cuando se hallan inspirados por el santo sentuniento de la patria » (Et
Semanario Católico Vasco-Navarro, 5 avril 1867).
(47) S. Arana, op. cit., p. 1333.
(48) Ibid., p. 1326.

148 C. de CARAVELLE
rebajamiento moral, y si afirmamos la independencia de nuestra
raza, la afirmamos como necesaria e ineludible para evitar el
mortal contagio y salvar a nuestros hermanos, a nuestra familia,
a nuestra patria (49). »
Javier Corcuera a donné une explication très satisfaisante de la haine
implacable que Sabino Arana éprouve pour l’Espagne et qui lui fit
écrire un jour :
« Si algún español que estuviera, por ejemplo, ahogándose en la
ría, pidiese socorro, contéstale: Nik estakit erderaz (Yo no
entiendo el español) » i50).
Corcuera écrit :
« Es muy probable que dicha profundísima aversión naciera del
no menor profundo amor que siente Sabino por su patria vizcaína
o vasca, que él veía conquistada y a punto de perder sus mejores
virtudes y su misma esencia nacional por obra y gracia de la
invasión española. Es, quizá, también posible que le fuera urgida
la separación entre Euskaria y España, precisamente por la
experiencia real que tenía Sabino de España y de los españoles :
una nación que suprimió los fueros vascos, con un gobierno
liberal, y cuyos súbditos (o al menos los que en gran número
llegaron a Vizcaya), pobres gentes víctimas de siglos de
explotación y de incultura, están contribuyendo al deterioro de las
condiciones de vida vizcaínas y, en general, vascas (51)> »
II convient de dire cependant que la haine de l’Espagne n’est pas
une totale invention d’Arana. Si cette hostilité est formulée bien haut
par lui, nous trouvons des signes d’un courant anti-espagnol bien avant
la fin du siècle (52). L’afflux de l’immigration castillane donne
évidemment une dimension nouvelle au phénomène.
Les premiers nationalistes refusent avec force le monde qu’il leur
est donné de vivre. Ils ont la nostalgie de ce Pays Basque rural tout à
fait idyllique que fut selon eux la terre de leurs ancêtres avant
l’avènement du libéralisme, l’apparition de l’industrialisation et l’invasion
maketa. Pour Sabino Arana, le salut passe par le retour à la Biscaye
des fueros antérieure à 1839, la Biscaye rurale et patriarcale, égalitaire
(49) Ibid., p. 1331.
(50) J. Corcuera, op. cit., p. 350.
(51) Ibid., p. 349.
(52) Charles Dembowsky écrit dès 1838 dans son œuvre Dos años en España
y Portugal durante la guerra civil : « Es evidente que la lucha ya no se sostiene
sino gracias a la admirable tenacidad que caracteriza a los Navarros y a los
Vascongados, y a su odio innato a los españoles que consideran como dominadores
extranjeros ».

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 149
et « démocratique », sans conflits sociaux (M) chantée par Trueba et
beaucoup d’autres (M).
Au diable la Biscaye industrielle s’il faut payer ce prix pour
parvenir à une véritable restauration de la patrie :
« Si no puede ser otra cosa mientras los montes de Bizcaya
tengan hierro en su seno, ¡plegué a Dios se hundan en el abismo
y desaparezcan sin dejar huella todas sus minas ! Fuese pobre
Bizcaya y no tuviera más que campos y ganados, y seríamos
entonces patriotas y felices. (S5) »
Cet état d’esprit est bien évidemment violemment critiqué par la
grande bourgeoisie industrielle dont l’un des plus éminents porte
parole, Pablo de Alzóla, voit chez Sabino Arana :
«La estrechísima idea de desalojar de las sagradas montañas
euskaras a los pérfidos maketos, reverdeciendo las tradiciones de
Aitor, a fin de convertir a sus paisanos en nuevos druidas que
entonen en los bosques los cantos de Lekobide y Altabiscar, y
marchen al son del tamboril, vestidos de boina y abarca con el
clásico makila, cantando alegres zortzikos (56). »
Sabino Arana fonde prioritairement son nationalisme sur la race.
Comme Corcuera l’a bien souligné (57), c’est la race basque qui
permettra de dépasser le nationalisme biscayen des origines pour
passer au nationalisme basque.
Pour Sabino Arana, la race est synonyme de nation. Elle est plus
importante que là langue et le territoire. Il y a une race basque
originale et pure à la différence de la race espagnole, produit, dira Luis de
Eleizalde, d’un mélange de dix ou douze races distinctes (58). Le signe
de la race est le nom que l’on porte (59). Il convient de la protéger à
tout prix contre l’invasion espagnole car le contact avec le peuple
(53) II va sans dire que cette image est pour l’essentiel un mythe de plus.
Miguel de Âzaola parle à son propos de « leyenda rosa ». Les travaux d’historiens
comme Otazu, Fernández de Pinedo et Fernández Albaladejo ont remis les
choses à une plus juste place.
(54) Voir, par exemple, l’ouvrage de Trueba, Bosquejo de la organización
social de Vizcaya, Bilbao, 1870.
(55) S. Arana, op. cit., p. 441.
(56) Cité par A. Elorza in op. cit., p. 123.
(57) J. Corcuera, op. cit., p. 585.
(58) Cité par J.C. Larronde in op. cit., p. 121.
(59) Le père Evangelista de Ibero écrira en 1906 dans sa brochure A mi vasco :
« Quiera, o no quiera, un Lizárraga será siempre vasco, aunque nazca en un
cortijo de Jerez o una pampa de la Argentina… un Fernández o un González jamás
podrá llamarse vasco, así vea la luz primera en lo más escondido de los montes
de Guipuzkoa ». Euskeldun Batzokija.

150 C. de CARAVELLE
espagnol est le mal par excellence. Comment en serait-il autrement si
l’on en croit le pittoresque parallèle fait par Sabino Arana ?
« La fisonomía del bizkaino es inteligente y noble; la del español
inexpresiva y adusta.
El bizkaino es de andar apuesto y varonil; el español o no sabe
andar (ejemplo, los quintos) o si es apuesto, es tipo femenil
(ejemplo, el torero).
El bizkaino es nervudo y ágil; el español es flojo y torpe.
El bizkaino es inteligente y hábil para toda clase de trabajos; el
español es corto de inteligencia y carece de maña para los
trabajos más sencillos. Preguntádselo a cualquier contratista de obras,
y sabréis que un bizkaino hace en igual tiempo tanto como tres
maketos juntos… (60) ».
La langue est une autre composante du nationalisme basque et
Sabino Arana ne ménagera pas ses efforts pour sa sauvegarde. Après
les carlistes (61), Arana défend le basque en grand danger de
marginalisation mais il le défend dans la mesure où il apparaît comme le
« bouclier » de la race menacée par la contagion espagnole au point
de considérer comme nocive la connaissance de cette langue par
les Espagnols (62). Son action pour « purifier » la langue tendra à
remplacer tous les termes suspects d’avoir des origines étrangères en
créant de nombreux néologismes dont certains — aberri (patrie),
dberzale (patriote), azkatasuna (liberté) ont acquis depuis leurs
lettres de noblesse.
Comme on le voit, l’idéologie de Sabino Arana n’est pas
spécialement faite pour emporter l’adhésion de la bourgeoisie. Une partie de
cette classe rejoindra pourtant les rangs nationalistes.
A la fin des années 90, en effet, la majorité des membres de la Socie
ded Euskalerria de Ramón de la Sota qui appartiennent le plus
souvent à la moyenne bourgeoisie industrielle et au milieu des armateurs,
ceux qu’Arana qualifia de « phéniciens », vont se rapprocher de lui.
Le Parti Nationaliste Basque sera la structure qui permettra à ces
héritiers du fuerismo libéral de concilier leur défense du
particularisme basque et leur opposition à la bourgeoisie monopoliste ainsi
que leur méfiance à l’égard du socialisme qui montre sa force lors de
la grande grève de 1890.
Disposant de moyens financiers dont la formation d’Arana était
dépourvue, ces hommes vont conférer un nouvel essor au mouvement
nationaliste et tenter de lui donner une allure plus moderne. Ils
(60) S. Arana, op. cit., p. 390 et suiv.
(1) Voir notre thèse p. 572 et suiv.
(62) S. Arana, op. cit., p. 1308.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 151
devront bien évidemment composer avec l’idéologie intégriste d’Arana
fortement ancrée dans les mentalités.
En retour, celui-ci nuancera singulièrement ses positions sur la
société industrielle au point d’accepter l’industrialisation et l’esprit
d’entreprise comme valeurs de la société basque. Ce faisant, Sabino
Arana prenait acte des changements irréversibles subis par la société
biscayenne. A cet égard, le fait que les frères Arana participent à
l’aventure capitaliste dépasse l’anecdote (63). L’intransigeance
religieuse et séparatiste (54) diminuera au point de rapprocher le parti
nationaliste basque de la Lliga Regionalism Catalana.
Les concessions réciproques ne mettent pas cependant un terme
aux divergences entre les deux groupes qui coexistent au sein du parti.
Les deux tendances cohabiteront tant bien que mal jusqu’en 1921 date
de la scission aberriana (tendance araniste orthodoxe).
(63) J. Corcuera, op. cit., p. 470.
(64) Sur l’évolution « espagnoliste » de Sabino Arana, voir J. Corcuera, op. cit.,
p. 512 et suiv. *

3 mai 2020

81 L’EMISSION DU CSPB 27 12 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 59 min

autocollant 7

 

L’ACTU EN EUSKAL HERRIA

badge independenzia

2 mai 2020

77 L’EMISSION DU CSPB 29 11 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 20 h 19 min

PARCOURONS PLUS DE 5000 ANS D’HISTOIRE EN EUSKAL HERRIA

NOUS N’ALLONS PAS EXPLORER DANS CES LIGNES TOUTES L’HISTOIRE DU PAYS ET DU PEUPLE BASQUE.

JE VOUS INVITE A LIRE LE PAYS BASQUE DE FRANCISQUE MICHEL

ET

L’HISTOIRE DU PEUPLE BASQUE DE JEAN LOUIS DAVANT

AUX EDITIONS ELKAR

independentzia 4x5 180 dpi cmjn Fo

 

 

 

LA PREHISTOIRE :
  De nombreux vestiges préhistoriques, tels que des grottes, outils et restes humains, sont la preuve que le pays basque était habité durant la préhistoire.
  •  
Haut
  L’ANTIQUITE :
 
  • Age de cuivre (2.500 avant JC) : De nombreux dolmens situés en montagne, sont la preuve que le pays basque était alors peuplé. C’est de cette époque que date l’élevage de bovins dans les montagnes basques.
 
  • Age de fer (1.000 avant JC, conquête romaine) : C’est de cette époque que sont originaires les cromlechs (tombeaux formés d’un cercle de pierres avec d’autres pierres en son centre) et les gaztelu (enceintes fortifiées également appelées camps de César).
  Un Cromlech
 
  • Alors que les Celtes envahissent toute l’Europe (environ 600 avant JC), les Basques résistent à l’envahisseur et se réfugient dans les montagnes. Les Celtes restent à l’extérieur du pays basque.
 
  • Contrairement à un petit village breton, les basques ne résisteront pas à l’envahisseur romain (nous sommes aux alentours de 200 avant JC). En revanche ces derniers bâtiront des villes comme Bayonne et développeront l’industrie, grâce aux nombreuses mines de fer et de cuivre particulièrement présentes en Navarre.
 
  • En 56 avant JC, le pays basque est soumis à l’aquitaine. La faible présence des romains en zone montagneuse fera que les basques vivront sans trop de conflits avec les romains.
Haut
  LE MOYEN AGE :
 
  • A partir du Vème siècle, le pays basque sera envahi par les Alains, Vandales, Suèves, Wisigoths, Francs et Musulmans. Toutes ces années d’invasions verront naître une puissante armée, retranchée dans les montagnes.
 
  • Entre 561 et 584, les Basques s’allient aux Aquitains et chassent les Francs.
    En 602, la Vasconie est crée. Les Francs voulant leur revanche, entrent en guerre contre les Vascons en 751, sous Pépin le Bref père de Charlemagne. Ce dernier, malgré une terrible défaite à Roncevaux (15 août 778), finira par vaincre les vascons en prenant Pampelune en 812.
 
  • En 824, les Basques ayant reconstruit une armée reprennent Pampelune et créent le royaume de Navarre. En 840, le roi de Navarre (Sancho Garces) repousse les Musulmans et son successeur Sancho Abraka reprend l’Alava et les provinces du Nord.
 
  • En 844 et 892 les Normands attaquent les côtes basques et prennent Bayonne, le roi Léon est décapité mais en 866, la résistance des Basques fera céder l’empereur Charles le Chauve qui cédera la rive gauche aux Vascons.
 
  • A partir de 977, la Vasconie sera gouvernée en totale indépendance. C’est durant cette période que le roi Sanche le Grand règnera et étendra le royaume de Vasconie à la Gascogne, l’Aragon, la Castille et le Haut Aragon (1004). Cependant durant toutes ces années, la Navarre prendra le dessus sur la Vasconie et deviendra un puissant royaume avec Pampelune pour capitale.
 
  • Mais en 1023, Sanche le Grand fait éclater Navarre et Vasconie en cédant le Labourd à son cousin Loup Sanche alors que la Soule sera cédée à l’Aquitaine.
 
  • En 1076, l’Alava et le Guipúzcoa passent à la Castille. Mais par la suite ces deux provinces reviendront à la Navarre.
 
  • En 1153, la fille du dernier duc d’Aquitaine et de Gascogne se marie avec le futur roi d’Angleterre et ainsi le Labourd et la Soule passent aux mains des anglais. C’est en 1167 que les français vont commencer à se révolter contre l’occupation anglaise.
 
  • En 1200, l’Alava se sépare de la Navarre, en 1224, la Biscaye est indépendante et s’alliera plus tard (1379) à la Castille. A la mort de Sanche le Grand en 1234, le royaume de Navarre passe aux mains de familles françaises et en 1332, le Guipúzcoa se sépare du royaume de Navarre.
 
  • Ce ne sera qu’a la fin de la guerre de cent ans, le 20 août 1451, que l’armée française s’emparera du Labourd (au détriment des anglais) et qui deviendra alors français. La Soule elle sera divisée pour ensuite être cédée au Béarn en 1463. Mais en 1510, la Soule sera donnée à la France.
 
  • De 1451 à 1589, le pays basque sera ravagé par les guerres franco-espagnoles et les guerres de religion.
 
  • En 1512, la puissante Espagne s’empare de la Navarre et occupent Pampelune et Saint-Jean-Pied-de-Port. En 1521 les Français reprennent la Navarre mais la reperdront en juin 1522. Cependant, la Basse-Navarre sera cédée aux anciens rois de Navarre (qui étaient français) en 1530.
 
  • Alors que les basques jouissaient de certain avantages par rapport au reste du pays, l’état français restreindra ces libertés (en 1514 pour le Labourd et en 1520 pour la Soule).
Haut
  LA MONARCHIE :
 
  • La Navarre est reprise par les Français en 1589, le roi de Navarre Henri IV est proclamé roi de France et il scinde définitivement le pays basque en deux parties en traçant la frontière franco-espagnole. Cependant, les rivalités franco-espagnoles dureront encore un siècle et dévasteront le pays basque.
 
  • En 1615, la fille d’Henri IV épouse le futur roi d’Espagne mais les conflits continuent.
 
  • En 1636, les espagnols occupent et pillent Saint-Jean-de-Luz et en 1638 les français débarquent à Fontarabie qui ne sera libéré que le 8 septembre 1639 par les espagnols.
 
  • Le 7 novembre 1659, espagnols et français signent le traité des Pyrénées par lequel le roi de France et de Navarre n’a plus de droit sur la Navarre.
 
  • Le 9 juin 1660, Louis XIV se marie avec l’infante Marie Thérèse à Saint-Jean-de-Luz et la paix règne désormais entre les deux pays.
 
  • Peu à peu les privilèges du peuple basque seront diminués (impôts multipliés par 200, révoltes punis dans le sang…) et les gouvernements français et espagnols répriment les révoltes causées par les abus des fonctionnaires. Plusieurs centaines de Basques seront torturés et tués.
Haut
  LA REVOLUTION FRANCAISE ET LES GUERRES FRANCO-ESPAGNOLE :
 
  • Les basques ne participeront que très faiblement à la révolution. En 1789, le pays basque nord rédigea les cahiers de doléances propres à chacune de ses provinces mais toute proposition fût refusée par l’état français.
 
  • En 1790, le pays basque fut uni au Béarn en un même département français des Basses Pyrénées. Les villes furent renommées avec des noms révolutionnaires.
 
  • L’entente franco-espagnole s’étant fortement dégradée, de nombreux basque du nord seront accusés d’espionnage au profit de l’Espagne.
 
  • Ainsi, entre 1793 et 1794, plus de 4.000 basques seront déportés dans de telles conditions que 1.600 d’entre eux mourront (dont hommes, femmes, enfants et vieillards). Des villes et villages seront pillées (maison, églises…) par des fonctionnaires de l’état. Enfin l’euskara (langue basque) qui était la langue maternelle, fut interdit.
 
  • Entre 1792 et 1795, les espagnols entrent en guerre contre la France. Le recrutement forcé et les précédentes persécutions feront que les basques du nord n’aideront que très modérément la France. Certains même seront enrôlés aux cotés de l’Espagne.
 
  • Cependant un bataillon de chasseurs basques se fera remarqué et deviendra célèbre par ses actes aux cotés de la France.
 
  • Ce n’est qu’en 1794, à la mort de Robespierre, que les déportations et les persécutions abusives contre les basques du nord cesseront.
 
  • Hélas, la guerre franco-espagnole, laissera de grosses cicatrices au pays basque qui mettra plusieurs années à se remettre.
 
  • La paix avec l’Espagne durera jusqu’en 1813 lorsque les forces de Napoléon envahissent l’Espagne. En 1815 Napoléon capitule à Paris.
 
  • Suite à la découverte des Amériques, de nombreux basques émigrent en Amérique du sud (Uruguay, Argentine, Mexique, Vénézuela, Chili) dés 1832. En 1920 de nombreux bergers basques s’expatrieront en Amérique du nord (Washington, Montana, Californie, Floride…)
 
  • En 1834, Don Carlos, voulant prendre le pouvoir, se soulève contre la couronne espagnole. Il sera soutenu par les basques et les catalans.
 
  • En 1839, malgré la capitulation de Don Carlos, le gouvernement fait serment que les libertés des basques du sud seront respectées, cette promesse ne sera jamais respectée.
 
  • Au pays basque nord, en 1840, la langue basque est interdite et sa pratique sera même sanctionnée.
 
  • Dés 1854, le tourisme envahit le pays basque nord et devient la principale industrie de la côte basque.
 
  • En 1872, les basques du sud se révoltent pour leur libertés, mais ils capitulent en 1876 et ces libertés seront abolies. Ce sera alors la fin des fueros.
 
  • Naîtra alors au pays basque une renaissance culturelle, linguistique et littéraire. Sous la poussée de Sabino Arana Goiri, de nombreux mouvements et associations pour un état basque verront le jour. La vie politique et le nationalisme basque s’élargie alors à tout le pays basque.
Haut
  LE XXème SIECLE :
 
  • Le 14 avril 1931, la république d’Espagne remplace Alphonse XIII. La catalogne obtient alors le statut d’autonomie.
 
  • Le pays basque obtiendra le statut d’autonomie le 9 juin 1932, mais la Navarre le refusera. Le processus d’autonomie ce poursuit et ce terminera en 1936.
 
  • Le 18 juin 1936 éclate le soulèvement du dictateur Franco et son gouvernement (allié depuis plusieurs années à Hitler et Mussolini) fera exécuter plusieurs milliers de Basques. Ces derniers se défendent seuls en vertu du principe de non-intervention (violé par les allemands et les italiens).
 
  • Le 26 avril 1936 Durango, Guernica et de nombreuses autres villes seront bombardées, faisant plusieurs milliers de morts dans la population basque.
 
  • Les Basques résisteront 11 mois aux armées franquiste, italienne et allemande. Après la capitulation basque, de nombreux habitants seront emprisonnés, expulsés ou bien encore fusillés (malgré les lois internationales de guerre).
 
  • Durant la seconde guerre mondiale, le pays basque sera un point de passage important vers l’Espagne pour de nombreux clandestins.
 
  • Basques du nord et du sud serviront la cause alliée et, par leur importante participation, le général de Gaulle dira même que la France n’oubliera jamais leur sacrifices!!!
 
  • Malgré la chute d’Hitler, Franco grâce à la guerre froide, maintiendra son pouvoir sur l’Espagne mais la résistance basque s’organise.
 
  • Le gouvernement espagnol commencera alors une forte campagne de persécutions, torture et assassinats envers les Basques. En 1959, l’ETA est fondé, alors qu’en 1963 Enbata est fondé au pays basque nord.
 
  • En 1973 Carrero Blanco (premier ministre de Franco) est assassiné en plein Madrid par l’ETA et cette perte entraînera le déclin du gouvernement espagnol.
 
  • Le dictateur Franco meurt le 20 novembre 1975 alors qu’une violente vague de torture et de persécutions, menée par l’Espagne, s’abat sur le peuple basque.
 
  • Le 22 novembre Juan Carlos prend le pouvoir et la langue basque (ainsi que le catalan et galicien) est officialisée.
 
  • En 1979, le statut d’autonomie est accordé au pays basque sud (tout comme à la Catalogne et la Galice). La Navarre n’accepte pas ce statut et ne se rallie pas à l’Alava, au Guipúzcoa et à la Biscaye.
 
  • Cependant les libertés des basques sont toujours bafouées et le mouvement Iparretarak (IK) né au pays basque nord.
 
  • En 1980, le gouvernement basque siège à Vitoria et élie son président (lehendakari).
 
  • Dés 1982, de nombreux basques sont assassinés par des policiers français et espagnols en pleine ville. Ces policiers appartiennent au GAL, et sont soutenus par leur gouvernements respectifs.
 
  • On promettra pour la première fois en 1982, la création d’un département basque au nord.
 
  • En septembre 1998, durant la déclaration de Lizarra, l’ETA s’engage dans un cessé le feux illimité, en échange du rapprochement des prisonniers basques, dispersés loin de leurs familles et du traitement décent de ceux ci. Hélas les gouvernements français et espagnol multiplient arrestations et persécutions et en 1999 la trêve prend fin.
 
  • Le 26 août 2002, le parti politique BATASUNA est interdit au pays-basque sud, car associé à l’ETA!
Haut
  AUJOURD’HUI :
 
  • De nos jours, les prisonniers basques sont incarcérés loin de leur pays (Paris, Madrid, Canaries, Nord de la France…) et les visites leurs sont interdites.
 
  • La torture envers les basques est encore présente dans les commissariats et prisons.
 
  • La libération conditionnelle ne s’applique pas aux prisonniers politiques basques alors que tous les membres du GAL sont depuis longtemps libres.

Haut
images lauburu

74 L’EMISSION DU CSPB 25 10 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 47 min

autocollant 7

 

 

 

téléchargementimages (5)

 

CSPB

COMITÉ SOLIDARITÉ PEUPLE BASQUE

http://cspb.unblog.fr/

 

 

 

 

 

badge independenzia

70 EMISSION DU CSPB 27 09 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 15 h 10 min

autocollant 7

 

L’ACTU EN EUSKAL HERRIA

ikurina etoile independentzia 15x8 300

23 avril 2020

67 L’émission du CSPB 30 08 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 20 h 21 min

ikurina etoile independentzia 15x8 300

 

L’ACTU EN EUSKAL HERRIA.

badge independenzia

65 L’émission du CSPB 26 07 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 30 min

autocollant 7

 

 

L’EMISSION DU COMITÉ DE SOLIDARITÉ POUR LE PEUPLE BASQUE.

images (11)iparherriko talde antifaxista

62 L’émission du CSPB 28 06 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 16 h 38 min

badge independenzia

 

 

téléchargementtéléchargement (4)

58 L’émission du CSPB 31 05 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 15 h 05 min

L’ACTU DU PAYS BASQUE PAR LE COMITÉ DE SOLIDARITÉ DU PEUPLE BASQUE LE DERNIER MARDI DU MOIS.

autocollant 7

22 avril 2020

53 Emission DU CSPB 26 04 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 18 h 11 min

badge independenzia

 

 

L’ACTU EN EUSKAL HERRIA PAR LE COMITÉ DE SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE BASQUE. RETROUVE LE COMITÉ SUR 

https://cspb.unblog.fr/

 

autocollant 7

 

 

18 avril 2020

49 L’émission du CSPB 29 03 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 20 h 57 min

autocollant 7

 

 

 

 

ikurina etoile independentzia 15x8 300badge independenzia

46 émission du CSPB 23 02 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 52 min

téléchargement

 

 

images (5)images (3)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

autocollant 7

42 EMISSION DU CSPB 26 01 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 24 min

iparherriko talde antifaxista

 

 

 

 

 

 

badge independenzia

 

 

 

autocollant 7

5 avril 2020

37 CSPB Comité Solidarité Peuple Basque 24 11 15

Classé sous CSPB — SQUALE @ 13 h 45 min

autocollant 7

 

ACTUALITÉS SUR LA SITUATION POLITIQUE EN EUSKAL HERRIA. CE SOIR L’ETAT D’URGENCE ET LA LIBÉRATION  DE JAVIER DIRECTEUR DU JOURNAL EGIN

 

badge independenzia

34 CSPB reçoit RENÉ LACAILLE 27 10 15

Classé sous CSPB — SQUALE @ 10 h 40 min

DERNIER MARDI DU MOIS C’EST L’ÉMISSION DU CSPB. ACTU DU CONFLIT EN EUSKAL HERRIA. AVEC COMME INVITÉ RENÉ LACAILLE.

Biographie

Musicien étonnant, figure emblématique de la musique réunionnaise, René Lacaille est né en 1946 dans une famille de musiciens de bal « la poussière » à la Réunion. Il joue avec son père et ses frères, à la batterie et à l’accordéon, avant de passer à la guitare et au saxophone, en autodidacte. Il quitte la Réunion une première fois en 1966. En métropole, il apprend le solfège avec son frère Renaud, trompettiste. Il rentre à la Réunion au début des années 70 pour la grande aventure des groupes qu’il monte sur place : Ad HocCaméléon, avec Alain Péters et Loy Erlich. Ils créent ensemble ce qu’on appelle le maloya électrique : René ne joue plus alors que de la guitare. De retour en France, il fait l’expérience du jazz, joué dans les boîtes à Paris, mais il accompagne aussi des musiciens créoles, comme Luc Donat. Il découvre Danyèl Waro à Bourges à la fin des années 80 et décide de reprendre l’accordéon, retour aux sources enrichi de tous les rythmes et de toutes les musiques croisées, venues d’Afrique ou d’Amérique du Sud. Depuis il ne cesse de se produire avec toutes sortes de formations, les siennes et celles des musiciens avec qui il fait un bout de chemin, mais toujours en fier ambassadeur de la musique de l’Océan Indien.

René aime les sonorités et les rythmes métissés, les rencontres, et il joue avec ceux qui comme lui ne boudent jamais leur plaisir, quand il s’agit de partager un peu de chaleur : Bob Brozman, Debashish et Subashish Bhattacharya, les accordéonistes Jean-Luc Amestoy, Michel Macias et Philippe de Ezcurra (au sein des Accordéons Daquí, Raul Barboza et Antonio Rivas (Accordéons en Escales), Régis Guizavo, Marcel Loeffler. Joaquin Dias, Richard Galliano…

René Lacaille se produit avec ses propres formations, en duo au gré des rencontres et des coups de cœur, et du trio avec ses deux enfants au septet Fanfaroné en passant par le quartet Lacaille èk Marmaille avec lequel il a enregistré l’album POKSINA (2011). Un enregistrement live du groupe Fanfaroné à la Réunion est sorti en septembre 2014. Nouvelle création de Lacaille èk Marmaille en 2014.

Sites des musiciens

Oriane Lacaille: http://www.titizaro.com

Marco Lacaille: http://www.marcolacaille.com

visuel_Gatir-200x300

Fidélité aux rythmes de l’Océan Indien et créativité, inventivité verbale et musicale. Groove imparable et musicalité inoubliable ! 

Multi-instrumentiste de grand talent, René Lacaille grandit dans une famille de musiciens et monte sur scène dès le plus jeune âge. Amoureux de l’accordéon depuis son enfance, il joue aussi des percussions, de la batterie, de la guitare et du saxophone. Il  s’est surtout  fait connaître comme guitariste à partir des années 60. Avec ses enfants et son neveu, dans le spectacle POKSINA  il a porté sur scène pendant plusieurs années de magnifiques chansons traditionnelles réunionnaises.

En 2014, le groupe Lacaille èk Marmaille crée un nouveau spectacle.

GATIR”, ce sont des compositions et des chansons inédites et une nouvelle formule artistique : René est autant à la guitare électro-acoustique qu’à l’accordéon et aux percussions, Oriane à la batterie, aux percussions et au ukulélé et Marco à la basse et aux percussions. Tous chantent en lead ou en choriste à tour de rôle.

Les arrangements et les harmonisations  ainsi que le groove légendaire des Lacaille donnent la couleur de ce trio hors norme.

René Lacaille èk Marmaille c ‘est une histoire de famille, qui suit une tradition séculaire maintenant. C’est aussi une belle histoire de fidélité et de créativité sur des décennies de musique pour le père et déjà bien des années pour les enfants : Marco accompagne son père depuis plus de 15 ans, Oriane depuis plus de 10 ans sur les scènes du monde (concerts avec Bob Brozman, Debashish Bhattacharya, La Campagnie des musiques à ouïr, André Minvielle, Fantazio, Romane…, tournées Cordéon KaméléonPoksina, avec le septet Fanfaroné…).

Oriane et Marco Lacaille construisent leur propre chemin dans la musique : Oriane au sein du duo Titi Zaro (album “Poème de zoréol” sorti en septembre 2013 à l’Autre Distribution), avec la Campagnie des musiques à ouïr (spectacle Ô Brigitte) et en duo avec le chanteur JeReM; Marco en tournant avec Cocorosie entre 2009 et 2012, désormais au sein de son duo Waloya, du Bal Takamba,de la fanfare Tropikal et avec le ciné-concert Salomé.

L’album “GATIR” sortira en 2015 à l’Autre Distribution.

Une histoire à suivre…

1 avril 2020

30 EMISSION DU CSPB Comité de Solidarité avec la Peuple Basque 29/09/15

Classé sous CSPB — SQUALE @ 18 h 43 min

ÉMISSION MENSUELLE DU COMITÉ SUR L’ACTU ET LE CONFLIT QUI OPPOSE EUSKAL HERRIA ET LES ETATS FRANÇAIS ET ESPAGNOL

images

POUR LA RÉSOLUTION DU CONFLIT ET LA LIBÉRATION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES

GORA EUSKAL HERRIA

GORA ANARKIA

GORA ASKATUTA

ETA ROUGE DETOURE N

29 mars 2020

25 CSPB 30/06/15

Classé sous CSPB — SQUALE @ 14 h 58 min

ACTU SUR LA SITUATION POLITIQUE EN EUSKAL HERRIA.

IMG_6683IMG_6884IMG_6918IMG_6930 IMG_6809IMG_6900IMG_6855

LORS DE LA CONFÉRENCE SUR LA PAIX A PARIS AVEC LES ARTISANS DU PROCESSUS EN JUIN 2015

autodeterminatzioa 4x5 180

28 mars 2020

20 CSPB Comité de Solidarité avec le Peuple Basque 26/05/15

Classé sous CSPB — SQUALE @ 16 h 47 min

ipar euskal herriko talde antifaxista

 

LE DERNIER MARDI DU MOIS RETROUVEZ LE COMITÉ DE SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE BASQUE.

 

ACTUALITÉ SUR LES PRESOS ET EUSKAL HERRIA. VOIR SUR LE SITE DU COMITÉ

https://cspb.unblog.fr/

 

independentzia 4x5 180 dpi cmjn Fo

29 juin 2015

17 CSPB 28 04 15

Classé sous CSPB — SQUALE @ 16 h 36 min

autocollant 7LE RENDEZ VOUS MENSUEL DE L’INFO D’EUSKAL HERRIA

13 CSPB 31 03 15

Classé sous CSPB — SQUALE @ 16 h 16 min

L’ACTU D’EUSKAL HERRIA

autocollant 7

08 CSPB 24 02 15

Classé sous CSPB — SQUALE @ 16 h 09 min

NEWS DU PAYS BASQUE

04 CSPB LES BASQUES EN FORCE 27 01 15

Classé sous CSPB — SQUALE @ 16 h 04 min

ÉMISSION MENSUELLE DU COMITÉ DE SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE BASQUE.

 

 

téléchargement (4)ikurina etoile independentzia 15x8 300téléchargement

25 mai 2015

30/12 CSPB

Classé sous CSPB — SQUALE @ 14 h 06 min

L’ANNÉE 2014 SE TERMINE ET LE CONFLIT PERDURE. HALTE AUX POLITIQUES RÉPRESSIVES DES ETATS FRANÇAIS ET ESPAGNOL.

LIBERTÉ POUR LE PEUPLE BASQUE

 

images (3)images (5)images (11)

 

 

 

TOUTE L’ACTU SUR LE BLOG DU COMITÉ

https://cspb.unblog.fr

 

 

25/11 CSPB

Classé sous CSPB — SQUALE @ 13 h 57 min

euskal-presoak1 - Copie (6) - CopieACTU SUR LE CONFLIT EN EUSKAL HERRIA

28/10 CSPB

Classé sous CSPB — SQUALE @ 13 h 20 min

ACTU SUR LE CONFLIT EN EUSKAL HERRIA

30/09 CSPB

Classé sous CSPB — SQUALE @ 12 h 08 min

L’EMISSION SUR LE CONFLIT EN EUSKAL HERRIA

24/06 CSPB

Classé sous CSPB — SQUALE @ 11 h 38 min

L’émission du COMITE DE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE BASQUE

ACTU SUR LA SITUATION DU CONFLIT

21 mai 2015

27/05 CSPB

Classé sous CSPB — SQUALE @ 13 h 39 min

L’ACTU SUR LE CONFLIT QUI MALHEUREUSEMENT PERDURE.

15 mars 2015

CSPB Comité de Solidarité avec le Peuple Basque 29 04 14

Classé sous CSPB — SQUALE @ 20 h 07 min

info d’EUSKAL HERRIA

CSPB Comité de Solidarité avec le Peuple Basque 25 03 14

Classé sous CSPB — SQUALE @ 19 h 46 min

Info d’Euskal Herria

CSPB Comité Solidarité avec le Peuple Basque 25 02 14

Classé sous CSPB — SQUALE @ 19 h 36 min

l’émission mensuelle du Comité sur le conflit qui oppose ce pays à deux grandes puissances coloniales.

21 janvier 2014

28 01 14 CSPB (COMITE de SOLIDARITE avec le PEUPLE BASQUE

Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 10 min

téléchargement

 

Ce soir rdv avec le CSPB pour sa mensuelle sur le conflit, qui oppose EUSKAL HERRIA a la politique liberticide de la France et de l’Espagne, l’espagne qui est en train de faire un énorme pas en arrière en supprimant le droit à l’avortement.

La france n’est pas en reste, alors que des enjeux sociaux important sont en train d’être négocier avec le patronat qui risque fort de n’être pas à l’avantage du salarié. la seule préoccupation du pouvoir est de faire les gros titres de la presse people et ou les favorites de la cour usent de leurs charmes et de leurs influencespour faire intervenir des personnages clés du pouvoir. N‘est ce pas monsieur VALLS. cela fait la deuxième fois à ma connaissance que vous intervenez à la demande de votre concubine. en tant que deuxième (homme fort) du pouvoir il serait bon que vous lui fassiez comprendre qu’elle n’est qu’une citoyenne lambda et qu’a ce titre elle doit suivre la procédure et ne pas appeler super keuf à la rescousse. Vous vous comporter comme un petit caid des banlieues qui met à l’amende quand ça gagneuse se fait emmerder.

Vous êtes un voyou arriviste sans scrupules. La SARKOVALSE est sur le dance floor.

Vous êtes un ennemi d’EUSKAL HERRIA.

UN JOUR VOUS DEVREZ REPONDRE DE VOS ACTES ET CE JOUR LA IL N’Y AURA PAS DE CLEMENCE.

 

GORA EUSKAL HERRIA

GORA ANARQUIA

GORA ETA

GORA ASKATU

 

RAFFLE CONTRE LES DROITS DES PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES

9012014

Arantza Zulueta. Segundo registro.

 

 

 

 

 

 

Communiqué de Herrira – Pays Basque Nord

8 militants ont été arrêtés hier en Pays Basque sud sur ordre de l’Audience Nationale de Madrid. Ces 8 militants ont été arrêtés parce qu’ils sont les interlocuteurs du Collectif des Prisonniers Politiques Basques. Ces arrestations interviennent une semaine après le communiqué historique de ce collectif. Herrira voit en cette opération un pas en arrière, un frein inacceptable en ce contexte de processus de paix, processus pour lequel de plus en plus de personnes, organisations, collectifs et associations travaillent au quotidien. L’espoir d’un véritable processus de résolution de ce conflit est porté aujourd’hui par la grande majorité de la société basque. 

Le Collectif des Prisonniers Politiques Basques a rendu public il y a quelques jours, leur lecture des recommandations, une feuille de route pour trouver une solution à leur situation, dans le sens du processus de paix. Cette déclaration a été accueillie en Pays Basque comme une avancée historique dans le processus de paix. L’état espagnol a décidé hier de continuer d’agir dans le sens contraire en multipliant les obstacles au processus de paix, et en mettant en avant une réponse uniquement répressive. 

 D’autre part, l’Etat français a lui aussi répondu par la répression à une autre avancée du processus de paix : suite à la déclaration publique du Collectif des Réfugiés Politiques Basques concernant sa feuille de route (le 15 juin 2013 à Biarritz) l’Etat français avait procédé à des arrestations par le biais mandat d’arrêt européens, et parmi les personnes arrêtées figurait Jokin Aranalde, porte parole du Collectif. 

 527 prisonniers sont actuellement incarcérés et dispersés dans les états français et espagnol. Et combien d’entre eux sous le coup de longues condamnations, combien d’entre eux atteints de maladies graves, sous le coup de mesures d’exception ? Il semble clair qu’une fois de plus l’Espagne comme la France ont décidé de ne pas entendre la volonté de paix portée par la société basque, ne répondant que par la répression. Mais cela ne peut plus durer. Le processus avance, les engagements et mobilisations se multiplient, la société basque est au travail. Nous devons continuer sur ce chemin pour faire front à ce mur, et plus que jamais en nous mobilisant !!! 

Bayonne, le 9 janvier 2014

Herrira Pays basque nord

 

Asier Guridi ou la persécution politique

9012014

Ne laissons pas le Venezuela extrader le militant indépendantiste Basque Asier Guridi Zalona. Asier Guridi ou la persécution politique:

Lorsque Asier Guridi a été arrêté au Venezuela un profond sentiment de tristesse saisit les indépendantistes basques ainsi que les militants internationalistes. Asier est arrété au Venezuela, lui qui apportait d’Europe son soutient à la révolution Bolivarienne. A force de mobilisations populaires, le gouvernement Vénézuélien de Hugo Chavez améliorera les conditions de détentions.

Plus tard, Nicolas Maduro décide de le libérer.

Asier vit actuellement avec sa partenaire vénézuélienne Maria Alejandra et son fils Iban. Cependant, les États espagnol et français maintiennent une pression permanente sur le Venezuela pour exiger son arrestation ainsi que son extradition. Seul le droit d’asile et le statut de réfugié politique pourraient empêcher le processus d’extradition réclamé par les États espagnol et français. L’État espagnol ne respecte pas les droits des prisonniers et utilise la torture.

Devons nous le rappeler ?

Devons nous rappeler la doctrine Parot ?

Devons nous rappeler la politique de dispersion ?

Ce n’est jamais un choix que de s’expatrier loin de sa terre.

L’État espagnol a déjà torturé Asier Guridi à de multiples reprises.

Très engagé politiquement, Asier deviens très jeune un militant de la gauche Abertzale Basque. Choqué par les traitements inhumain infligés aux prisonniers politiques Basques, à la répression et aux violations des droits de l’homme ainsi que par l’ensemble de la politique espagnole, il s’engage dans la lutte indépendantiste socialiste.

 

Il sera arrêté le 15 Décembre 1992 par des agents de la Guardia Civil suite à l’opération « anti-terroriste » et dénoncé par un ami torturé au poste.

Dès son arrestation, il est battu, cinq minutes lui sont accordé pour parler puis il est traîné devant une baignoire rempli d’eau et dont les côtés sont marqués de traces de vomi de son amis qui l’avait précédé. Ses mains sont attachés avec un tissu dans le dos et il est couché face contre terre sur un matelas qui est placé sur la baignoire, la police lui plonge la tête dans l’eau jusqu’à étouffement puis recommence… Ceci ce reproduira à plusieurs reprises. Cette forme de torture a d’ailleurs coûté la vie à Mikel Zabala retrouvé mort dans une rivière près de Bidasoa. Asier est également soumis à la torture appelée « du sac », un sac en plastique est placé sur la tête afin de provoquer l’étouffement . De même, il subira la « gégene »sur certaines parties du corps. Engin de torture qui envois des décharges électriques…

_Liste des tortures subis non exhaustive…_

Une autre torture plus psychologique consiste en des menaces d’arrêter et de maltraiter sa famille… Après 5 jours de torture constante, Asier est déféré devant le juge Baltasar Garzón à la Haute Cour. Le juge ne tiendra pas compte des tortures, il sera incarcéré jusqu’en décembre 97.

Durant cette période, il a encore subi des violences multiples. Lors des transfert il est battu. En 95 il est agressé verbalement puis physiquement à la prison de Valdemoro. Le 16 avril 96, plusieurs gardiens l’agressent à la prison de Ceuta, provocant de multiples blessures dont un coroner.

Bien entendu, la politique de dispersion est à rajouté aux violences faites, non seulement à lui, mais aussi à l’ensemble de ses proches, de sa famille… Il faut encore rajouter à cela le régime d’isolement ainsi que les restrictions de communications. Asier Guridi est libéré le 22 Décembre 1997, après avoir purgé la moitié de la peine prononcée par la Haute Cour et suite à un appel à la Cour suprême d’Espagne. Quoi qu’il en soit Asier Guridi subira après sa sortie la pression et le harcèlement constant de la police et des milices civiles de l’état espagnol. Il est observé et suivi tout le temps. La situation devient insupportable, suivi et persécuté pour ses activités politiques, et suite à l’aggravation du conflit Basque, Asier Guridi décide s’exiler. Il est caché pendant une longue période sans mobilité possible. Puis il fuit au Venezuela il ya 9 ans.

Depuis, il s’est marié et a fondé une famille au Vénézuela.

Nous ne pouvons pas laisser faire de telles injustices sans réagir, nous devons soutient et appuis à Asier, à sa femme et à son fils. Asier à dédié sa vie à ces idées et à la liberté, chacun de nous lui est redevable. Ne laissons pas le Venezuela l’extrader. Ne laissons la répression des États espagnols et français faire leurs basses besognes colonialistes.

Asier a été arrêté par Interpol le 20 septembre 2013, il est maintenant au Venezuela en liberté « hautement conditionnelle » et nous savons que la Cour suprême du Venezuela a déjà nommé un magistrat pour la procédure d’extradition, l’autre partie a demandé l’asile politique et procédera à la demande de statut de réfugié politique.

PAS D’EXTRADITION ! DROIT D’ASILE IMMÉDIAT POUR ASIER !

ASKATU !

 

Arrestation de Patxi Segurola

28092013

Rappelez vous c’était il y a presque 2 ans PATXI était assigné à résidence après 17 ans passé dans les geoles françaises. son crime défendre la liberté pour EUSKAL HERRIA. Le MAE a été confirmé le 26 septembre et remis à l’espagne.

depuis le début de l’année PATXI à été libéré et il a pu retrouvé sa famille après 20 ans loin des siens.

ONGI ETORRI PATXI

GORA ASKATUTA

 

patxi

 

 

 

 

 

 

 

 

La gendarmerie française a arrêté hier, jeudi 26 septembre  Patxi Segurola dans l’hôtel
où il était confiné à Autun.
Patxi avait épuisé en juillet tous les recours au terme d’une longue
procédure contre son extradition. Son arrestation était attendue à chaque
instant.
Segurola avait été assigné à résidence à Autun, à 810 kms du Pays basque,
le 15 février 2011, à sa sortie de prison (Bois d’Arcy).
En réalité, il aurait dû être en liberté au terme de sa condamnation dès
décembre 2010; mais deux demandes d’extradition de la part de la ‘Justice’
espagnole avaient empêché sa libération.
Il faut savoir que les tribunaux français avait refusé son extradition
pour les mêmes demandes… en 2000.
Pourtant, suite à une modification des lois sur l’extradition, la Audiencia
Nacinal espagnole réitéra sa demande à la veille de sa libération en 2010.
A l’époque, le Tribunal de Versailles avait refusé les demandes mais, sur
appel du procureur, un autre Tribunal les accepta.
Application rétroactive d’une nouvelle loi, tout ce qu’il y a de plus
honorable en démocratie!!!
Pendant les recours, Patxi Segurola est resté confiné sous un contrôle
judiciaire strict. Il ne pouvait sortir de la ville et devait se présenter 2
fois par jour à la gendarmerie !!!
La FRANCE en sort grandie dans nos coeurs, encore une fois…

La Audiencia Nacional de Franco… pardon, de Juan Carlos, attendait sa
comparution vendredi.

 

 

         

 

 

 

 

 

 

15 janvier 2014

31 12 13 CSPB (COMITE DE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE BASQUE)

Classé sous CSPB — SQUALE @ 15 h 50 min

independentzia 4x5 180 dpi cmjn Fo

 

 

MENSUELLE DU CSPB SUR LE CONLIT QUI OPPOSE UN PEUPLE PACIFISTE CONTRE 2 PSEUDO DEMOCRATIES FASCISANTES

 

LE JOURNALISTE D’EL PAIS, JOSE MARIA IRUJO, A RECEMMENT PUBLIE LES RESULTATS DE SON ENQUETE SUR EMILIO HOLLIN MORO, MEMBRE DU PARTI FRANQUISTE FUERZA NUEVA ET CONDAMNE POUR LE MEURTRE D’UNE JEUNE ETUDIANTE BASQUE…

Gonzalez-Fresque

DANS LA MATINEE DU 2 FEVRIER 1980, L’ETUDIANTE BASQUE YOLANDA GONZALEZ MARTIN, MEMBRE DU PARTI SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS (PETITE FORMATION TROTSKYSTE) ET CONNUE POUR SON FORT ENGAGEMENT AU SEIN DE SON ECOLE, ETAIT RETROUVEE MORTE DANS LA BANLIEUE OUVRIERE DE MADRID, A L’AGE DE 19 ANS. QUELQUES JOURS PLUS TARD, LE BATALLON VASCO ESPAÑOL REVENDIQUAIT CETTE ACTION EN ASSURANT LUTTER POUR UNE ESPAGNE « GRANDE, LIBRE ET UNIE », COMME LE VOULAIT LA DEVISE FRANQUISTE. YOLANDA AVAIT ETE SEQUESTREE, TORTUREE PUIS ASSASSINEE DE TROIS BALLES DANS LA TETE EN RAISON DE SA SUPPOSEE APPARTENANCE A L’ORGANISATION INDEPENDANTISTE BASQUE ETA. SON NOM S’AJOUTA A LA LONGUE LISTE DES VICTIMES DU BVE, GROUPE ARME D’EXTREME-DROITE AYANT COMMENCE SES ACTIVITES PEU APRES L’EXECUTION DU SUCCESSEUR DESIGNE DE FRANCO, LUIS CARRERO BLANCO, REVENDIQUEE PAR ETA. ENTRE 1975 ET 1981, LE BVE A ASSASSINE AU MOINS 32 PERSONNES, DESIGNEES EN FONCTION DE LEUR APPARTENANCE, REELLE OU SUPPOSEE, A ETA. A PARTIR DE 1982, LE BVE EST REMPLACE PAR UNE ORGANISATION PLUS CONNUE : LES GROUPES ANTITERRORISTES DE LIBERATION (GAL).
EN 1982, L’AUDIENCE NATIONALE CONDAMNE IGNACIO ABAD, JOSE RICARDO PRIETO ET FELIX PEREZ AJERO, MEMBRES DU PARTI FRANQUISTE FUERZA NUEVA, A DES PEINES DE 4 A 26 ANS DE PRISON. LE POLICIER JUAN CARLOS RODAS AINSI QUE LE RESPONSABLE
DE LA SECURITE DE FUERZA NUEVA, DAVID MARTINEZ LOZA, FURENT EGALEMENT CONDAMNES. MAIS LA PEINE MAXIMUM FUT RESERVEE A EMILIO HELLIN MORO, INFLUENT MEMBRE DE FUERZA NUEVA, CONSIDERE COMME LE PRINCIPAL EXECUTANT, AVEC 43 ANS DE PRISON.
MALGRE CETTE LOURDE PEINE POUR DES FAITS QUALIFIES DE « TERRORISTES », HELLIN BENEFICIE, EN 1987, D’UNE PERMISSION DE SIX JOURS ! IL EN PROFITE ALORS, A L’AIDE D’UN FAUX PASSEPORT, POUR S’ENVOLER EN DIRECTION DU PARAGUAY, ACCUEILLI LES BRAS GRANDS OUVERTS PAR LE REGIME DICTATORIAL D’ALFREDO STROESSNER. IL Y FONDE LE CENTRE D’ETUDES PROFESSIONNELLES D’ASUNCION ET Y FORME LES SERVICES SECRETS PARAGUAYENS A L’INSTALLATION DE MICROS ET AUX ECOUTES TELEPHONIQUES. TROIS ANS PLUS TARD, SUITE A UNE ENQUETE D’UN JOURNALISTE ESPAGNOL, IL EST FINALEMENT EXTRADE VERS L’ESPAGNE AVANT D’ETRE DEFINITIVEMENT LIBERE EN JANVIER 1996, APRES 14 ANS DE PRISON, SOIT LA MOITIE DE LA PEINE MAXIMUM EXISTANT DANS LE CODE PENAL ESPAGNOL1. NOTONS EGALEMENT QU’IL BENEFICIA DE JOURS DE PERMISSIONS, MALGRE SA FUITE DE 1987.
A SA SORTIE, IL CHANGE SON NOM EN LUIS ENRIQUE HELLIN MORO ET SE RECONVERTIT DANS L’INFORMATIQUE, PLUS PRECISEMENT DANS LE SECTEUR DE L’INVESTIGATION CRIMINELLE ET JUDICIAIRE. SON ENTREPRISE FLORISSANTE, NEW TECHNOLOGY FORENSICS, OBTIENT PLUSIEURS CONTRATS DONT LES PLUS RENTABLES AVEC LE SERVICE DE CRIMINALISTIQUE DE LA GARDE CIVILE (EQUIVALENT DE LA GENDARMERIE), LA POLICE NATIONALE, LE MINISTERE DE LA DEFENSE OU ENCORE LES POLICES AUTONOMES BASQUE (ERTZAINTZA) ET CATALANE (MOSSOS D’ESQUADRA). PARMI SES ACTIVITES : LA PARTICIPATION A DES ENQUETES, LA FORMATION D’AGENTS OU ENCORE LA PARTICIPATION A DES PROCES EN TANT QU’EXPERT.
L’HISTOIRE DE EMILIO HELLIN MORO NOUS CONFIRME, SI BESOIN ETAIT, QUE L’ETAT ESPAGNOL CONTINUE D’ETRE IMPREGNE DE SON PASSE FRANQUISTE, PROTEGEANT CEUX QUI L’ONT SERVI. UN PASSE QUI, EN REVANCHE, SEMBLE AVOIR ETE OUBLIE PAR LE PARTI NATIONALISTE BASQUE (PNV, DROITE BASQUE), VICTIME DE LA REPRESSION FRANQUISTE PENDANT 40 ANS ET QUI COLLABORE AUJOURD’HUI AVEC LES ENNEMIS D’HIER. AINSI, ALORS QUE DES HABITANTS DU QUARTIER D’ORIGINE DE YOLANDA GONZALEZ AVAIENT REALISE UNE FRESQUE MURALE AFIN DE COMMEMORER LES 33 ANS DE SA DISPARITION, LES SERVICES TECHNIQUES DE LA VILLE DE BILBAO (DIRIGEE PAR LE PNV) EFFAÇAIT LA FRESQUE. QUELQUES JOURS PLUS TARD, DANS UN CONTEXTE DE FORTE MOBILISATION POPULAIRE POUR CONNAITRE LA VERITE QUANT AU SOUTIEN DONT A BENEFICIE HELLIN MORO, UNE NOUVELLE FRESQUE ETAIT REALISEE. YOLANDA, NOUS NE T’OUBLIONS PAS !YOLANDA GOGOAN !
L’ARTICLE COMPLET PARU DANS EL PAIS (EN CASTILLAN)
1 IL NE S’AGIT EVIDEMMENT PAS DE PLEBISCITER LES TRES LONGUES PEINES DE PRISON MAIS, DANS CE TYPE DE DOSSIER, CE TYPE DE REMISE DE PEINES EST TRES RARE. LES MILITANTS DE LA GAUCHE INDEPENDANTISTE BASQUE PEUVENT EN TEMOIGNER, ENCORE AUJOURD’HUI…
ALORS QUE SORT UN LIVRE SUR LE GAL PAR UN ANCIEN FLIC. L’ESPAGNE ET LA FRANCE SONT TOUJOURS DANS LE DENI DE CETTE EPOQUE SOMBRE.

 

 

 

GAL

P2

P3

P4

P5

P6

P7

 

P8

 

GORA EUSKAL HERRIA,

GORA ANARKIA,  

GORA ASKATU

independentzia 4x5 180 dpi cmjn Fo

 

 

 

 

 

Mots-clés : , ,

26 11 13 CSPB (COMITE DE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE BASQUE)

Classé sous CSPB — SQUALE @ 11 h 55 min

independentzia 4x5 180 dpi cmjn Fo

 

MENSUELLE DE CSPB POUR OUVRIR L’ESPRIT SUR LA LUTTE D’UN PEUPLE QUE L’ON VEUT REDUIRE AU SILENCE.

PRISONNIERS BASQUES EN GREVE DE LA FAIM DEPUIS LE 28 OCTOBRE

26112013

COMMUNIQUE DE SOLIDARITE DU RESEAU INTERNATIONAL EUSKAL HERRIAREN LAGUNAK  (LES AMIS DU PAYS BASQUE) 
AVEC LES PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES EN GREVE DE LA FAIM
DANS LA PRISON DE SEVILLE II (DANS L’ ETAT ESPAGNOL)
LE RESEAU INTERNATIONAL EUSKAL HERRIAREN LAGUNAK  VEUT EXPRIMER SA SOLIDARITE AVEC LES PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES INCARCERES DANS LA PRISON DE SEVILLE II, EN GREVE DE LA FAIM DEPUIS LE 28 OCTOBRE POUR LA DEFENSE DE LEURS DROITS.
DEPUIS DEJA QUATRE ANS, DANS CETTE PRISON SITUEE A  PRESQUE MILLE KILOMETRES DU PAYS BASQUE, ON VIT UNE SITUATION TRES TENDUE DUE AUX CONDITIONS DE VIE EXTREME A L’INTERIEUR DE LA PRISON : LES PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES SONT CONFINES TOUS LES JOURS DANS LE MODULE D’ISOLEMENT (QUELQUEFOIS 26 HEURES CONSECUTIVES), ON LES EMPECHE DE PARTICIPER A DES ACTIVITES, AVANT LES QUELQUES HEURES OU ILS SONT AUTORISES A SORTIR DANS LA COUR ILS DOIVENT PASSER PAR UN DETECTEUR DE METAUX ET ENSUITE ILS SONT SOUMIS A UNE FOUILLE CORPORELLE INTEGRALE, COMME APRES TOUTES LES VISITES EN VIS-A-VIS.
LA POLITIQUE DE DISPERSION CREE UN CADRE QUI FACILITE TOUTES SORTES D’ATTEINTES AUX DROITS DES PRISONNIERS, COMME L’ISOLEMENT ET LES AGRESSIONS QUE SUBISSENT AUSSI BIEN LES PERSONNES INCARCEREES QUE LEURS FAMILLES ET PROCHES QUI SONT EGALEMENT SOUMIS CONSTAMMENT A DES FOUILLES AVANT DE POUVOIR RENTRER POUR LES VISITES, MEMES LORSQU’ ELLES SE DEROULENT AVEC UNE PAROI DE VERRE QUI EMPECHE TOUT CONTACT DIRECT AVEC LE PRISONNIER. CE GENRE DE SITUATION NE PEUT QU’AGGRAVER LE CLIMAT DE TENSION QUI REGNE DANS CETTE PRISON.
DEPUIS QUE LA GREVE DE LA FAIM DES PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES A COMMENCE, LES AUTORITES DE LA PRISON DE SEVILLE II, AU LIEU DE TENTER DE TROUVER UNE SOLUTION A CE PROBLEME, L’ONT AU CONTRAIRE EMPIRE EN COUPANT DEPUIS QUELQUES JOURS LE CHAUFFAGE POUR LES PRISONNIERS EN GREVE DE LA FAIM, ET MEME POUR CERTAINS D’ENTRE EUX EN LES PRIVANT DE COUVERTURES.
CETTE SITUATION QUI MET GRAVEMENT EN DANGER LES PRISONNIERS NE PEUT SE PROLONGER NI UN JOUR DE PLUS, C’EST POURQUOI NOUS EXIGEONS DES AUTORITES PENITENTIAIRES ET DE L’ETAT ESPAGNOL QU’ILS EN FINISSENT AVEC CETTE POLITIQUE D’ATTEINTE AUX DROITS DES PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES ET DE LEURS PROCHES ET QU’ILS REPONDENT FAVORABLEMENT A LEURS REVENDICATIONS.
  • LA FIN DE L’ISOLEMENT CONTINU. RAPPROCHEMENT ET REGROUPEMENT DES PRISONNIERES ET PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES.
  •  RESPECT DES DROITS FONDAMENTAUX.
  • FIN DU HARCELEMENT PERMANENT ET DES AGRESSIONS.
LE RESEAU INTERNATIONAL EUSKAL HERRIAREN LAGUNAK  VEUT AINSI, FACE A CETTE SITUATION INTOLERABLE D’UNE EXTREME GRAVITE, MANIFESTER SON SOUTIEN AUX DIVERSES INITIATIVES DE SOLIDARITE QUI ONT LIEU ACTUELLEMENT EN EUSKAL HERRIA.
 
martin
 
EMILIE MARTIN REFUSE DE SE RENDRE A LA JUSTICE ESPAGNOLE
6112013
EN REFUSANT DE SE RENDRE A MADRID, EMILIE MARTIN MET LA PRESSION SUR PARIS
PUBLIE DANS LE JOURNAL DU PAYS BASQUE  DU  06/11/2013
 
LE BRAS DE FER EST ENGAGE. CONVOQUEE PAR L’AUDIENCE NATIONALE DANS LE CADRE DES POURSUITES CONTRE HERRIRA, LA PORTE-PAROLE DU MOUVEMENT AU PAYS BASQUE NORD EMILIE MARTIN A REFUSE, HIER, DE SE RENDRE A MADRID. ELLE DEFIE AINSI LA SACRO-SAINTE COOPERATION FRANCO-ESPAGNOLE.
DANS UN ENTRETIEN ACCORDE A L’AFP, LA JEUNE MILITANTE A JUSTIFIE SON CHOIX EN REJETANT LA LEGITIMITE DE L’AUDIENCE NATIONALE, “TRIBUNAL QUI BAFOUE LES DROITS DE L’HOMME”. EMILIE MARTIN ASSUME EGALEMENT LES CONSEQUENCES DE SA DECISION : “MON ABSENCE A L’AUDIENCE VA ENTRAINER AUTOMATIQUEMENT L’EMISSION D’UN MANDAT D’ARRET EUROPEEN DELIVRE PAR MADRID ET LA FRANCE VA DEVOIR DECIDER SI ELLE L’APPLIQUE OU NON”.
LA CITATION A COMPARAITRE DU JUGE D’INSTRUCTION N° 6 DE L’AUDIENCE NATIONALE (REVELE PAR LE JOURNAL DU PAYS BASQUE LE 12/10/2 013) NE LAISSE GUERE DE PLACE AU DOUTE : “SA PRESENCE [A EMILIE MARTIN, NDLR] EST OBLIGATOIRE. SI ELLE VENAIT A NE PAS
COMPARAITRE, LA PRESENTE CONVOCATION SE TRANSFORMERAIT EN ORDRE DE DETENTION, EUROPEEN INCLUS”.
UN PALIER JURIDIQUE ET POLITIQUE
LA BALLE ESTDONC DESORMAIS DANS LE CAMP DE MADRID… MAIS SURTOUT DE SON FIDELE ALLIE FRANÇAIS.
SUR LE PLAN JURIDIQUE D’ABORD, SI UN MAE EST EMIS, LE DOSSIER D’EMILIE MARTIN CONSTITUERAIT UN NOUVEAU PRECEDENT DANS L’UTILISATION DU DISPOSITIF EUROPEEN.
LA JEUNE FEMME SE VOIT EN EFFET REPROCHE DES FAITS “D’APPARTENANCE A UNE ORGANISATION TERRORISTE, FINANCEMENT ET APOLOGIE DU TERRORISME” ALORS QU’ELLE NE S’EST JAMAIS RENDUE DANS L’ETAT ESPAGNOL DEPUIS QU’ELLE EST PORTE-PAROLE D’HERRIRA.
LA JUSTICE ESPAGNOLE PREND AINSI L’INITIATIVE DE POURSUIVRE UN RESSORTISSANT ETRANGER SUR UN TERRITOIRE QUI LUI EST TOUT AUSSI ETRANGER POUR DES FAITS – APPARTENANCE A HERRIRA – QUI SONT LEGAUX DANS L’ESPACE JURIDIQUE CONCERNE. UNE PORTE OUVERTE A TOUTES LES DERIVES MAIS AUSSI UNE TOTALE NEGATION DU PRINCIPE DE LA TERRITORIALITE DE LA LOI PENALE DIFFICILEMENT CONCEVABLE POUR NOMBRE DE JURISTES ET DE RESPONSABLES POLITIQUES.
“J’AI DECIDE DE CHOISIR L’INSOUMISSION”, DECLARE JOKIN ARANALDE DANS UNE LETTRE OUVERTE
LE JPB  02/11/2013
 
SON TELEPHONE PORTABLE NE REPOND PLUS. JOKIN ARANALDE A CHOISI L’INSOUMISSION. CE jokin
REPRESENTANT ET PORTE-PAROLE DU COLLECTIF DES EXILES POLITIQUES BASQUES (CEPB)
VIVANT A IRISSARRY DEPUIS DE NOMBREUSES ANNEES A PRIS CETTE DECISION
D’INSOUMISSION APRES LE REJET PAR LA COUR DE CASSATION DU POURVOI QU’IL AVAIT FORME
CONTRE L’ARRET DE LA COUR D’APPEL DE PAU FAVORABLE A L’APPLICATION D’UN MANDAT
D’ARRET EUROPEEN EMIS A SON ENCONTRE PAR MADRID. DEPUIS LE 30 OCTOBRE DERNIER,
LES AUTORITES FRANÇAISES ONT DONC DIX JOURS POUR REMETTRE JOKIN ARANALDE A
LEURS HOMOLOGUES ESPAGNOLS.
DANS UNE LETTRE OUVERTE ENVOYEE A PLUSIEURS MEDIAS (VOIR PAGE 2), JOKIN ARANALDE
EXPLIQUE : “J’AI DECIDE DE CHOISIR L’INSOUMISSION PUISQUE, ETANT L’UN DES
PORTE-PAROLE DU CEPB, MON ENGAGEMENT EST DE CONTINUER A TRAVAILLER JUSQU’A CE
QUE LE DERNIER DES EXILES ET DEPORTES PUISSIONS VIVRE AU PAYS BASQUE EN
LIBERTE.”
DANS SA LETTRE, JOKIN ARANALDE RAPPELLE QU’IL A ETE TORTURE A TROIS REPRISES AVANT DE
REJOINDRE LE PAYS BASQUE NORD : EN 1976, 1978 PUIS EN 2002. “J’AI 67 ANS. CES
DERNIERS 50 ANS, J’AI VECU L’UNE DES PERIODES LES PLUS SOMBRES QU’AIT CONNUEtéléchargement
MON PEUPLE A CAUSE DES ÉTATS ESPAGNOL ET FRANÇAIS, EN PARTICULIER CELLE DU
FRANQUISME AU PAYS BASQUE SUD. [...] JE SUIS, EN FAIT, L’UNE DES QUELQUE 7 000
PERSONNES TORTUREES CES DERNIERS 50 ANS. C’EST POUR CETTE RAISON-LA QUE J’AI
DECIDE DE M’INSTALLER EN PAYS BASQUE NORD, CAR NI MON ESPRIT NI MON CORPS NE
SUPPORTERAIENT D’ETRE TORTURE UNE QUATRIEME FOIS”, PRECISE-T-IL. JOKIN ARANALDE
RAPPELLE LES EVENEMENTS MAJEURS DE CES DEUX DERNIERES ANNEES : LA CONFERENCE
D’AIETE ET L’ARRET DE LA LUTTE ARMEE DE LA PART D’ETA.
 

14 janvier 2014

29 10 13 CSPB (COMITE DE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE BASQUE)

Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 09 min

 

independentzia 4x5 180 dpi cmjn Fo

La CEDH condamne fermement Madrid et ordonne la libération d’Ines Del Rio

22102013

La CEDH condamne fermement Madrid et ordonne la libération d'Ines Del Rio dans Politique portada_irudia11

 Deux ans et un jour après la décision d’ETA
d’abandonner les actions armées, la Cour européenne des droits de l’homme
(CEDH) a envoyé un signal fort à l’etat espagnol concernant sa politique
pénitentiaire. La décision de la Grande Chambre de l’instance suprême
européenne rendue publique hier sonne le glas de la doctrine 197/2 006 alias
“doctrine Parot” (jurisprudence qui permet l’allongement de la durée
d’incarcération, cf. encadré). Accueillie favorablement au Pays Basque, la
décision a été déplorée par certaines associations de victimes d’ETA et des
partis politiques espagnols (voir p. 4-5) et par le gouvernement espagnol.
Celui-ci a annoncé qu’il revenait à la justice de se prononcer sur son
application et que les autres recours déposés par des prisonniers basques
contre la doctrine 197/2006, seraient examinés au cas par cas.

La Grande Chambre de la CEDH a donc confirmé l’arrêt rendu public le 10 juillet 2012 par la Cour européenne dans lequel elle ordonnait la remise en liberté de la prisonnière basque Ines del Rio Prada et estimait que la doctrine 197/2 006 violait la convention européenne des droits
de l’homme.

p005_021 dans Prisonnier(e)s politiques basques

Par 15 voix contre deux les 17 magistrats composant la
Grande Chambre ont confirmé qu’il y avait dans ce cas violation de l’article 7
de la Convention. Un article qui indique qu’il ne peut y avoir de peine sans
loi : “il n’est infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable
au moment où l’infraction a été commise” est il écrit dans cet article. Cet
arrêt conforte donc tous ceux, mouvements de défense des droits des prisonniers
basques mais aussi juristes, qui dénonçaient le caractère rétroactif de la
“doctrine Parot” (cf. encadré).

De plus c’est à l’unanimité que les magistrats de la
CEDH ont jugé qu’Ines del Rio faisait “l’objet d’une détention non régulière”
depuis le 3 juillet 2008 (date à laquelle elle aurait du être libérée sans
l’application de la doctrine) et donc d’une violation de l’article 5 § 1 de la
Convention (droit à la liberté et à la sécurité). Enfin, à 16 voix contre une
ils ont estimé “qu’il incombe à l’Etat défendeur d’assurer la remise en liberté
de la requérante dans les plus brefs délais.”

La Grande Chambre a également confirmé le montant de
30 000 euros qui avait été accordé à la prisonnière pour les dommages et
intérêts.

 

Des dizaines de recours

Après Ines del Rio, trente autres cas similaires de
prisonniers basques sont en attente d’une décision de la Cour européenne des
Droits de l’homme.

Pour l’instant aucun délai n’est encore fixé et il
faudra dans un premier temps que la Cour admette ces recours. Une fois admis,
les requérants bénéficieront par contre automatiquement de la jurisprudence du
cas del Rio.

D’autres recours sont également en cours devant les
diverses juridictions espagnoles.

Une session plénière de l’Audience nationale doit
justement se tenir vendredi pour examiner certains de ces recours. Il se
pourrait qu’elle étende son examen à l’ensemble des cas qui lui sont posés.
D’autre part cette plénière se réunira de façon exceptionnelle aujourd’hui pour
déterminer les conditions de libération d’Ines del Rio puisque la CEDH a
ordonné sa libération immédiate. Une décision que la justice espagnole pourra
difficilement ignorer puisque les arrêts de la Grande Chambre ne peuvent faire
objet d’aucun recours et que “les arrêts définitifs sont transmis au Comité des
Ministres du Conseil de l’Europe qui en surveille l’exécution”. En cas de refus
de libération la défense d’Ines del Rio pourrait donc saisir cette instance qui
regroupe 47 états européens.

Les ministres espagnols de l’Intérieur et de la
Justice ont tenu hier une conférence de presse à Madrid pour déplorer l’arrêt
de la CEDH et renvoyer aux tribunaux les conséquences de cette décision sur les
autres cas. “L’arrêt concerne une personne, Inés del Río” a déclaré le ministre
de la Justice Alberto Ruiz Gallardon, indiquant ainsi que rien n’oblige la
justice espagnole à libérer les autres prisonniers visés par la doctrine. “La
décision d’appliquer la sentence de la CEDH appartient à la justice espagnole”
a-t-il poursuivi. Pour le gouvernement c’est donc à l’Audience nationale de
régler le problème “au cas par cas” et après examen “approfondi”. Des cas qui
seront tout de même regardés à la loupe par le parquet.

Les ministres ont aussi averti qu’en cas
d’“éventuelles libération”, le gouvernement sera impitoyable pour tout ce qui
pourra ressembler à de l’“apologie du terrorisme”. Familles et proches des prisonniers
sont ainsi avertis : pas question de réaliser des actes publics de bienvenue.

“Lors de la conférence de presse gouvernementale nous
avons entendu dire que l’‘état de droit n’est pas suspendu’. Il ne l’est pas,
ce sont les droits de l’homme qui sont suspendus au pays Basque. Et c’est ce
qu’a dit la Cour européenne ce matin” a répondu aux ministres l’avocate d’Ines
del Rio, Amaia Izko. Accompagnée d’autres avocats et juristes dont l’Uztariztar
Didier Rouget, l’avocate n’a pas caché sa “satisfaction” et sa “joie” après la
décision de la CEDH.

Elle a cependant regretté le temps perdu depuis 2008
date à laquelle aurait dû être libérée Ines del Rio. Mais aussi depuis le
premier arrêt rendu en juillet 2 012. Selon elle en déposant ce recours le
gouvernement espagnol a “manœuvré” pour reculer l’échéance tout en sachant “à
chaque minute qu’il portait atteinte aux droits humains”.


téléchargement

 

“Mort” de la doctrine

Elle a annoncé que les avocats allaient demander “la

mise en liberté immédiate de tous les prisonniers à qui on a appliqué de
manière rétroactive la doctrine 197/2 006” qui seraient au nombre de 56. Elle a
également accusé le gouvernement espagnol de ne pas vouloir faire appliquer la
sentence.

“Lors de la conférence de presse que nous avions tenue
après le premier arrêt de la CEDH nous avions annoncé que la doctrine 197/2 006
était blessée à mort. Aujourd’hui nous pouvons dire qu’elle est morte !” s’est
exclamée l’avocate. En revanche elle a déploré que “si la doctrine Parot va sur
sa fin, ce n’est pas le cas des atteintes aux droits humains au Pays Basque”.

Qu’est ce que la doctrine 197/2006 ?

La doctrine 197/2006, (“doctrine Parot”), est une
jurisprudence du Tribunal suprême (TS) espagnol du 28 février 2006 qui permet
d’allonger la durée d’incarcération d’un détenu grâce à un décompte des remises
de peine différent de celui appliqué jusqu’alors. Elle a été nommée “doctrine
Parot” car il s’agissait d’une réponse à un recours du Bayonnais Unai Parot.
Jusqu’à lors, les prisonniers qui avaient été condamnés avant 1995 à plusieurs
centaines d’années de prison se voyaient octroyer des remises de peine sur 30
ans, ce qui était la durée maximale d’incarcération possible dans le code pénal
espagnol de 1973 (il fut modifié en 1995). Le TS a décidé en février 2006 que
les remises de peine se feraient désormais sur chaque condamnation et non sur
la durée totale de trente ans. Les condamnés avant 1995 apprenaient alors
qu’ils devraient rester en détention plusieurs années de plus que la date de
libération à laquelle ils pouvaient prétendre au moment de leur condamnation.
C’est sur cette rétroactivité interdite par la Constitution espagnole et les conventions
internationales que la CEDH a confirmé hier la condamnation de l’Etat espagnol.

La décision de
la CEDH perçue comme un renfort à la construction de la paix

La décision de la
Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme dans le dossier Ines
del Rio a entraîné une vague de réactions, pour leur grande majorité hostiles à
l’application de la doctrine 197/2006  aux prisonniers basques.
Récapitulatifs des différentes prises de position sur le terrain politique.

Gouvernement
de la communauté autonome basque (CAB)  :

Le porte-parole
du gouvernement Josu Erkoreka a réclamé du gouvernement espagnol qu’il ouvre
“une nouvelle étape dans la gestion de la politique pénitentiaire” estimant que
l’annulation de la doctrine Parot doit “contribuer à clarifier la situation et
déplacer les obstacles qui rendent compliqué le changement de politique
pénitentiaire”.

PNV
(Parti nationaliste basque, premier aux dernières élections dans la CAB)
:

La présidente du
Bizkai Buru Batzar d’EAJ-PNV, Itxaso Atutxa a qualifié de “bonne nouvelle la
décision du Tribunal Européen des Droits de l‘Homme qui déclare illégale la
doctrine Parot”. EAJ-PNV interprète ainsi l’arrêt de la Cour européenne des
droits de l’homme comme “une mesure juste et nécessaire afin de ramener cette
initiative extraordinaire de la justice espagnole dans le cadre démocratique
qu’elle n’aurait jamais dû dépasser”. EAJ-PNV exige ainsi de la part du
gouvernement espagnol qu’il “respecte, assume et donne une suite à la décision
européenne, établie en accord avec les conventions internationales en vigueur”.

Sortu
(parti de la gauche abertzale, membre de la coalition EH Bildu, deuxième force
politique)  :

Les porte-parole
Maribi Ugarteburu et Pernando Barrena ont eux aussi salué l’arrêt de la grande
chambre de la Cour européenne et ont réclamé la libération immédiate de
l’ensemble des prisonniers sous le coup de la doctrine Parot et un changement
de la politique pénitentiaire. “Nous ne croyons pas au schéma des vainqueurs et
des vaincus, ce n’est pas un triomphe de la gauche abertzale” a aussi rappelé
Sortu expliquant qu’il s’agit là “d’une victoire pour tous ceux qui soutiennent
le respect des droits de l’homme.”

PSE
(Parti socialiste d’Euskadi)  :

Idoia Mendia,
porte-parole du PSE, a demandé au gouvernement espagnol “d’obéir à la décision
de la CEDH” et de “prendre les dispositions nécessaires pour appliquer l’arrêt
sans retard ni subterfuge”.

Jean-Jacques
Lasserre (sénateur centriste présent à la conférence d’Aiete du 17 octobre
2011)  :

“C’est un signe
d’apaisement qui va dans le sens que je souhaite” a commenté le sénateur
centriste. “C’est une bonne chose, les excès nuisent à la société, ce n’est pas
le moment de les soutenir”.

Sylviane Alaux (députée socialiste de la VIe circonscription)  :

La députée
socialiste de la sixième circonscription s’est “réjouie de cette décision car
c’est un élément positif dans la marche vers un processus de paix” : “On sait
que le chemin va être long, il ne faut donc pas y mettre des freins
supplémentaires. Il me semble que la doctrine Parot n’allait pas dans le bon
sens”.

Herrira
(mouvement en faveur des droits des prisonniers, récemment suspendu dans l’Etat
espagnol)  :

Le mouvement en
faveur des droits des prisonniers basques a qualifié de “très bonne nouvelle”
l’arrêt prononcé par Strasbourg tant sur le plan personnel – pour les détenus
concernés – que sur le plan collectif parce qu’il “suppose la fin de la politique
pénitentiaire d’exception”. Herrira estime ainsi que le “mur de la politique
pénitentiaire commence à se fissurer” et a appelé à la poursuite de la
mobilisation.

Bake Bidea (mouvement en faveur de la résolution du conflit)  :

Bake Bidea a salué la décision de la Cour européenne des droits de l’homme. Le mouvement
considère en effet “cette décision comme importante dans le cadre de la
résolution du conflit et estime que c’est une avancée dans la reconnaissance de
la violation des droits humains, et ainsi un pas en faveur de la garantie du
respect des droits humains”.

Catherine
Grèze (Eurodéputée Europe-Ecologie Les Verts)  :

Pour Catherine Grèze, députée européenne du Sud-Ouest et membre du Friendship group : “Cette
confirmation de la CEDH met l’Espagne face à ses responsabilités. Les mesures
d’exceptions réservées aux prisonniers basques sont totalement
contre-productives et sont un frein au processus de paix au Pays Basque.” La
parlementaire d’EELV a aussi appelé “l’Espagne et la France à mettre fin au
traitement spécifique des prisonniers basques. Ils doivent être rapprochés du
Pays Basque et les plus malades doivent être libérés.”

 

askatasunak - copie 1 8 x5

 

 

 

CSPB (COMITE DE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE BASQUE) 28 08 13

Classé sous CSPB — SQUALE @ 13 h 35 min

DERNIER MARDI DU MOIS MALGRE L’ETE LE CSPB EST SUR LES ONDES DE LA PLUS BELLE ET REBELLE DES RADIOS. 

 

images bandeau new

 

 

INFOS SUR LE CONFLIT, LES PRESOS,

Liste des prisonnières et prisonniers politiques basques

oOo

« MAITE DUGUNAGATIK LAN EGITEKO, AMETSAK GAUZATU DAITEZEN BORROKATZEKO ETA HORREKIN GUZTIORREKIN ETORKIZUN LIBRE, GORRI ETA ASKOTARIKOA EGUNEN BATEAN ERDIESTEKO, ADOREA BESTERIK EZ DIOGU ESKATZEN URTE BERRIARI. »
URTE BERRI, GORRI,BERDE ETA ZURI ON GUZTIOI!

textera.jpg

02mapadeladispersion.jpg

askatasuna1.gif eppk.jpg estatuspolitikoaorain.jpgetxerat.gificogestoras.gifaskatasunalogo.gif
- STATUT POLITIQUE :

- Non à la torture et aux traitements cruels : Non à l’isolement et non aux raclées!

- Droit à la santé : liberté pour les prisonniers souffrant des maladies graves.

- Droit à la communication : pas d’intervention et pas de limitation !

- Droit à la langue : Droit de vivre en euskara.

- Droit à l’éducation : non aux obstacles pour pouvoir étudier.

- Droit au regroupement en Euskal Herria.

- Droit à s’organiser.

- Reconnaissance de l’interlocution.

- Droit à avoir des contacts avec les différents agents.

- Droit à prendre part dans tous les débats et accords politiques.

posterpresos.jpg

PRISONNIER(E)S POLITIQUES BASQUES DANS L’ETAT FRANÇAIS      (janvier 2012)

Elles et ils sont 513 dispersés à la même date dans les prisons de l’état espagnol.

CSPB (COMITE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE BASQUE) 30 07 13

Classé sous CSPB — SQUALE @ 13 h 22 min

RETROUVONS LE CSPB POUR UNE INFO MILITANTE SUR LE CONFLIT QUI OPPOSE UN PEUPLE, A QUI ON A VOLE SES DROITS ET DE L’AUTRE, DEUX ETATS QUI FORT D’UNE PSEUDO LEGITIMITE DEMOCRATIQUE, REFUSE LE DIALOGUE ET FONT MONTRE D’UNE REPRESSION ACHARNEE.

Triptyque du Cspb

Qu’est-ce que le Comité de Solidarité ave le Peuple basque sur Paris ?

Dans les années 1980, des militants attachés aux valeurs de liberté et de démocratie s’organisaient à Paris pour apporter un soutien politique et matériel aux prisonniers et réfugiés politiques basques. De cet héritage est né, en 1990, le Comité de Solidarité avec le Peuple Basque.

Depuis, le CSPB s’est efforcé de porter la voix de ceux qui, malgré des années de répression, poursuivent toujours leur rêve de voir un Pays basque libre. Cela passe notamment par l’organisation de soirées de soutien, de débats ou de projections afin de faire connaître la réalité que vit le peuple basque. De la même façon, nous publions régulièrement des informations sur notre blog, nous publions un bulletin d’information en vente sur nos tables de presse et nous animons des émissions de radio en langues basque, castillane ou française.

Aussi, le CSPB participe à l’organisation de nombreux évènements aux côtés d’autres associations ou mouvements politiques car, pour nous, l’internationalisme est un principe encore bien vivant. La lutte de libération nationale et sociale basque ne s’est jamais considérée comme isolée des autres luttes, menées par d’autres peuples.

Enfin, nous continuons et nous continuerons à revendiquer le droit à l’autodétermination pour le peuple basque comme clé d’une résolution du conflit politique que connaît le Pays basque. Avec, dans un premier temps, la libération de l’ensemble des prisonnières et prisonniers politiques basques.

Pour en savoir plus sur nos activités ou nous rejoindre, n’hésitez pas à nous contacter par courrier postal ou électronique.

 

 

 

                                                         

C.S.P.B

independentzia 4x5 180 dpi cmjn Fo

21, ter  rue voltaire

75011 paris

comite_basque@yahoo.fr

http://cspb.unblog.fr

 

Le cspb sur les ondes

radio pays – txalaparta irratia

en euskara et castillan

93.1 FM / Mardi 21h-00h et mercredi 13h-18h

radio libertaire – ca booste sous les pavés

en FRANCAIS

89.4 FM / Dernier mardi du mois 22h30-00h30 et 3eme jeudi du mois 18h30-19h30

 

Le Pays basque est une nation, définie en partie par le patrimoine commun que constitue la langue basque, l’euskara, vieille de plus plus de 5000 ans. Est ainsi considéré comme Basque, euskaldun, celui qui possède la langue basque, en dehors de toute considération ethnique. C’est autour de ce principe que s’est forgé le concept politique d’une nation basque, à l’identité culturelle affirmée. Si la défense de cette identité propre a toujours existé en Euskal Herria, notamment à travers de nombreux conflits armés et l’attribution de pouvoirs spécifiques aux provinces basques, la fin du XIXe siècle a vu la théorisation du Zazpiak bat que l’on pourrait traduire par « les Sept provinces font Une ». Ainsi, les trois provinces sous domination française (LapurdiNafarroa Beherea et Xuberoa) et les quatre provinces sous domination espagnole (Nafarroa, Araba, Bizkaia et Gipuzkoa) conscientisaient leur appartenance politique à un même ensemble culturel.

Rapidement, des structures politiques (Parti Nationaliste Basque, PNV) ou syndicales (Eusko Langileen Alkartasuna, ELA) voient le jour pour traduire la volonté d’émancipation ressentie par des nombreux citoyens basques. Tout aussi rapidement, une partie des militants exprime le besoin et, surtout, la nécessité, de lier la « classique » émancipation nationale à une « révolutionnaire » émancipation sociale. C’est notamment la création, en 1930 et en opposition avec la démocratie chrétienne prônée par le PNV, d’une organisation politique se réclamant des valeurs indépendantistes et socialistes : Eusko Abertzale Ekintza (Acción Nacionalista Vasca, ANV). La gauche abertzale (patriote) était née.

Pendant la guerre civile, la résistance héroïque des gudari (combattants) face à la barbarie fasciste se symbolisera, le 26 avril 1937, dans le martyr de la petite ville de Gernika, peint plus tard par Pablo Picasso. Cette résistance continuera en exil après la défaite républicaine, au sein de la Résistance française au cours de la Seconde guerre mondiale, par l’existence d’un gouvernement basque en exil (où PNV et ANV cohabitent), mais aussi par une importante résistance intérieure. Parmi les organisations de résistance du mouvement patriote basque, se créée en 1959, Euskadi Ta Askatasuna (ETA).

Pratiquant la lutte armée, se référant au socialisme et à l’indépendantisme, ETA va prendre une part active à la lutte contre le franquisme, en exécutant notamment Luis Carrero Blanco, successeur désigné de Franco, mais également en harcelant les forces de répression espagnoles sur le territoire basque.

Après la « transition démocratique » initiée par le roi Juan Carlos, adoubé par le dictateur fasciste peu avant sa mort, le combat pour l’indépendance et le socialisme enEuskal Herria continue pour la gauche abertzale. Ce courant politique s’engage en particulier contre l’adoption de la nouvelle Constitution. Cette dernière sera refusée par référendum au sein de la Communauté Autonome Basque (CAB). Quant à lui, le PNV s’accommode parfaitement du Statut de Guernica en gérant pendant plus de 30 ans la CAB, tandis que la droite s’empare de la Navarre, cette dernière province formant une communauté autonome distincte.

En Hegoalde (Pays basque sud), l’Etat espagnol accentue la répression militaire, s’inspirant directement des pratiques de la dictature franquiste : des centaines d’incarcérés (plus de 700 à l’heure actuelle, partagés entre les prisons françaises et espagnoles), des militantes et militants torturés dans les geôles de la Guardia civil, des arrestations et un harcèlement incessants.

Sur le terrain politique aussi, la répression s’active pour mettre à mal la résistance basque,
celle-ci progressant année après année dans la construction populaire d’un Etat basque socialiste. C’est ainsi que depuis 2002, une loi existe afin d’interdire les organisations patriotiques basques au prétexte d’une collusion avec ETA. Batasuna, ANV, le Parti Communiste des Terres Basques (EHAK), Segi (organisation de jeunes), Askatasuna (soutien aux prisonniers), Egin (quotidien indépendantiste) vont ainsi se voir interdire et leurs militants incarcérés.

En 2011, après qu’ETA ait déclarée un   cessez-le-feu permanent, général et vérifiable, puis un arrêt définitif de ses activités armées, la gauche abertzale tente d’initier un nouveau processus politique en créant un nouveau parti, Sortu, immédiatement interdit. En réaction, elle décide de s’unir avec d’autres forces pour former la coalition Bildu à l’approche des élections municipales. Celle-ci obtient plus de 310 000 voix ! Elle devient la première force politique en Pays basque sud en nombre d’élus ! L’alliance est élargie en novembre à l’occasion des élections législatives lors desquelles la nouvelle coalition Amaiur emporte plus de 333 000 voix !

Ainsi, le mouvement patriote basque voit une traduction institutionnelle de ses combats quotidiens. Parce qu’en Pays basque, la libération nationale et la transformation sociale se construisent au quotidien, à travers une scène culturelle, associative et politique alternatives.

Aujourd’hui, il faut imposer aux Etats français et espagnol la résolution du conflit basque : par la libération des prisonniers politiques et la  reconnaissance du droit à l’autodétermination du Peuple basque !

 

antifa

 téléchargement

 

 

 

 

 

 

 

images chat 2

 

 

CSPB (COMITE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE BASQUE) 25 06 13

Classé sous CSPB — SQUALE @ 12 h 50 min

DERNIER MARDI DU MOIS ÇA BOOSTE Vs CSPB VOUS RELATE L’INFO D’EUSKAL HERRIA,  LE SORT DES PRESOS ET L’AVANCÉE DE LA RÉSOLUTION DU CONFLIT. AU SOMMAIRE.

 

 http://cspb.unblog.fr

 

ENCORE DES VIOLENCES À LA PRISON DE SEYSSES

3062013

Transmis par

Ipar Euskal Herriko ETXERAT Pays Basque nord

 Lundi dernier 27 mai, à la suite d’une discussion avec une surveillante, Itziar Moreno (originaire de Bilbo) a été jetée au sol, frappée, menottée et emmenée très violemment au mitard où elle a été condamnée à passer 25 jours. Cette nouvelle agression faisant suite à de nombreuses tensions et provocations de la part de la prison, Itziar est entrée en grève de la faim.

 Deux jours plus tard, mercredi 29, après avoir été emmenée à l’infirmerie de la prison, sa cellule étant dépourvue de papier hygiénique, elle a demandé à pouvoir en emporter un rouleau. Les surveillants ont refusé, et une nouvelle discussion s’est à nouveau terminée par un tabassage d’Itziar.

 En solidarité avec elle, les trois autres prisonniers politiques basques de Seysses sont également entrés en lutte, demandant à ce qu’elle sorte du mitard et à ce que les tensions cessent immédiatement. Oihana Garmendia, qui se trouve dans une autre partie de la prison, est également entrée en grève de la faim le 27 mai. Elle a cessé cette grève après 6 jours pour des raisons de santé, et refuse maintenant les plateaux de la prison, de même que Julen Mujika. Ruben Riveiro est également en grève de la faim depuis vendredi 31 mai.

 Nous rappelons que les incidents sont fréquents dans cette prison, et que les prisonniers basques y sont souvent obligés de mener des luttes extrêmes simplement pour faire respecter leurs droits essentiels, comme cela a été le cas de Xabier Aranburu il y a à peine quelques semaines. Nous dénonçons fermement ces violences. Nous exigeons qu’Itziar Moreno sorte du mitard et que les droits de l’ensemble de nos parents et amis prisonniers soient enfin garantis et respectés.

 

Le 18 mai, prenons la place! Plazara!

18052013

Le mouvement Herrira a présenté samedi dernier au kiosque de Bayonne les mobilisations « plazara » (« prenons la place ») aujourd’hui  18 mai  dans toutes les villes et villages du Pays basque.

Plus de 250 lieux avaient organisé cette action l’année dernière. En Pays basque nord, 8 rendez-vous sont d’hors-et-déjà fixés cette année: Saint-Jean-de-Luz, Ordiarpe, Ascain, Cambo-les-Bains, Biarritz, Saint-Palais, Baigorry et Urrugne.

Le 18 mai, prenons la place! Plazara! dans Cspb plazara-paris-18-mai-2-300x225

A Paris  nous étions rassemblés Place St Michel à 200 mètres du palais de justice.

plazara-paris-18-mai-1-300x225 dans Prisonnier(e)s politiques basques

 

Texte complet de la présentation ci-dessous:

Un an et demi est passé depuis la conférence internationale d’Aiete et l’arrêt définitif des actions armées de ETA. D’un côte nous pouvons souligner l’immobilisme des Etats français et espagnol. Et plus que de l’immobilisme, nous avons hélas assisté ces dernières semaines à des événements graves, qui ont eu lieu plus particulièrement dans des prisons françaises. Nous parlons de la situation de Xabier Aranburu lorsqu’il était au mitard, de l’état de santé aggravé d’Ibon Fernandez et, comment ne pas en parler, du décès de Xabier Lopez Peña. Ces situations sont inadmissibles et ne peuvent se reproduire.

Par ailleurs, la société civile du Pays basque s’organise pour que le processus avance. Une majorité de cette société désire la paix en Pays basque. C’est dans ce contexte que Herrira est née. Ce mouvement travaille pour le retour des réfugiés et des prisonniers politiques basques, et créer une dynamique autour de ces revendications. Le retour des réfugiés et des prisonniers est la clé du processus. Les réfugiés et les prisonniers politiques basques sont les conséquences directes du conflit qu’a subit le Pays basque ces 50 dernières années. Il est par conséquent logique qu’en donnant une alternative a ces conséquences le processus pourrait avancer.

C’est dans ce sens que travaille Herrira, et sa méthode est le rassemblement des forces. Rassembler les forces pour le respect des droits des prisonniers et des réfugiés politiques basques. Rassembler les forces pour les Droits de l’Homme, la résolution et la paix.

Comme nous l’avons dit auparavant la société s’organise. Le forum organisé à Bayonne par Bake bidea ou le forum social de mars dernier en Pays basque sud en sont d’illustres exemples.

Tous ces exemples viennent prouver la volonté de la société basque. Une envie d’aller de l’avant. Il en va de la responsabilité de tous et de toutes de travailler dans ce sens.

Les deux dernières mobilisations de Herrira en sont aussi les exemples les plus représentatifs.

Au lendemain des mobilisations de Bayonne et de Bilbao, Herrira trouvait très important de rassembler toutes les forces réunies et de les re-localiser. La participation de toutes et de tous est indispensable pour faire avancer le processus de paix. Il est par conséquent primordial de travailler village par village, quartier par quartier. Nous devons prendre les places des villages. C’est dans ce sens que les actions “prenons la place” on été pensées. Nous espérons qu’avec ces actions nous allons rassembler tous les citoyens sensibles aux droits des prisonniers et des réfugiés basques, tout citoyen sensible au processus de paix: Droits de l’homme, résolution, paix.

Résistance populaire à Ondarroa

13052013

Comme il y a quelques semaines à Donostia, le peuple basque se mobilise pour empêcher l’arrestation d’une militante indépendantiste basque, Urtza Alkorta, condamnée à 5 ans de prison. Dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 mai, la police autonome « basque » a approché à plusieurs reprises l’Aska Gunea (lieu libre) où se trouve Urtza. Une alarme appelant la population à protéger celle-ci a alors retentit, des centaines de personnes convergeant vers un même point, vers une même idée, celle de la solidarité.

 

independentzia 4x5 180 dpi cmjn Fo

 

 

téléchargementETA gr

16 avril 2013

ASKATASUNAK! NOUVELLE EMISSION SUR R.L 89.4 FM

Classé sous CSPB — SQUALE @ 11 h 55 min

ASKATASUNAK! NOUVELLE EMISSION SUR R.L 89.4 FM dans CSPB askatasunak-copie-1-8-x5-300x214

 

NOUVELLE ÉMISSION SUR RADIO LIBERTAIRE A PARTIR DU JEUDI 18 AVRIL, DÉDIÉE AU CONFLIT QUI OPPOSE LA SOCIÉTÉ BASQUE AYANT SOIF DE LIBERTÉ, DE DÉMOCRATIE DIRECTE ET D’INDÉPENDANCE, AUX ÉTATS FRANÇAIS ET ESPAGNOL.

INITIALEMENT VOUS POUVIEZ ÉCOUTER LE CSPB LE DERNIER MARDI DU MOIS EN Vs ÇA BOOSTE SUR LES PAVÉS.

DORÉNAVANT, LE COMITÉ DIFFUSERA LES INFOS SUR LA RÉSOLUTION DU CONFLIT ET LA LIBÉRATION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES, LE 3eme JEUDI DU MOIS DE 19H30 A 20H30.

VOUS POUVEZ RETROUVER TOUTS LES INFOS DU COMITÉ SUR http://cspb.unblog.fr

ET EN PODCAST SUR LE SITE DE LA RADIO http://rl.federation-anarchiste.org 

telechargement-300x91 dans CSPB   

 

 

 

 

Comité de solidarité avec l... |
Antisaidani |
Petite-Forêt-Ensemble-Autre... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | حركة شباب الكرامة | MJD
| Saint-Pol AVENIR 2014
| Collectif Palestine Libre