ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

26 janvier 2022

18 01 22 SPECIALE MOTOWN SOUL MUSIC

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 14 h 01 min

 

 

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SOUL MUSIC

 

Comme le rhythm and blues qui l’avait précédée, la soul music est bien davantage une appellation qui regroupe un vaste ensemble de musiques noires qu’un genre spécifique aux contours précis.

1.  Genèse

Le vocable soul (l’« âme », avec le prolongement implicite « noire » mais non formulé, comme à l’habitude, dans le langage sudiste de la ségrégation) fut, semble-t-il, d’abord employé dans le gospel noir puis dans le jazz avant d’apparaître à la fin des années 1950 sur des disques de Ray Charles, celui-ci devenant même le premier « Soul Brother », avant James Brown ! À ce moment, la lutte pour l’abrogation des lois ségrégationnistes dans les États du Sud et la reconnaissance des droits civiques bat son plein, initiée et dirigée jusqu’à la victoire finale d’abord et avant tout par les mouvements religieux, les pasteurs – comme, bien entendu, Martin Luther King –, les associations de fidèles. Le gospel, avec ses manières, ses accords, ses accents, est la musique de ces mouvements, même lorsque les contenus s’écartent substantiellement de thèmes proprement religieux. L’idée que cette lutte anti-ségrégationniste est le fait d’un seul peuple noir réuni dans une vaste paroisse autour d’une même âme noire (soul) qui ne comprendrait plus que des membres d’une seule famille (brothers et sisters) semble emporter l’adhésion d’une vaste majorité de Noirs américains qui, à la fin des années 1960, veut tourner les pages d’un siècle de ségrégation pour donner enfin naissance à une nouvelle société noire américaine.

Le blues – qui, sous une forme ou une autre, avait dominé la musique populaire noire depuis les années 1920 – n’attire désormais plus la jeunesse, qui ne se reconnaît plus dans cette musique d’essence rurale qui, en outre, leur paraît terriblement désuète. La plus grande partie de la communauté afro-américaine suit d’ailleurs aussi les consignes explicites ou implicites des élites et de la bourgeoisie noires qui, à l’unisson des Églises, veulent effacer tous les signes d’une négritude liée à la ségrégation.

sam cook

La musique soul (en anglais, soul music qui signifie « musique de l’âme ») ou soul est une musique populaire afro-américaine née à la fin des années 1950 aux États-Unis, dérivée, entre autres, du gospel et du rhythm and blues. Elle est considérée par certains comme un retour du rhythm and blues aux racines dont il est issu : le gospel (musique d’église).

Histoire

Le terme soul est associé à la musique noire américaine et apparait pour la première fois dans le titre de deux albums de Ray Charles : Soul en 1958 et Soul Meeting en 1961. Le développement de la musique soul a été stimulé par deux tendances principales : l’urbanisation du rhythm and blues et la sécularisation du gospel. C’est Ray Charles qui mélangea sa passion pour le gospel avec les rythmes saccadés du rhythm and blues pour donner naissance à la soul. On retrouve donc dans le soul une partie de l’émotion sacrée mêlée à des thèmes profanes, souvent à forte connotation sexuelle. La soul puise ses racines dans le pop, le gospel et le negro spiritual. La jeunesse noire l’a utilisée comme un mouvement contestataire pour réagir face à la communauté blanche et à l’envahissement du rock ‘n’ roll, qu’il soit blanc ou noir.

À la fin des années 1950, la volonté de proposer au public blanc des artistes noirs originaux conduit plusieurs labels à rechercher des versions commercialisables de la musique noire. Les deux labels les plus influents sont alors Stax (près de Memphis) et la Tamla Motown à Détroit. On les oppose souvent et l’on parle alors de southern soul avec Stax, plus proche des racines (soul rapide et incisive), et de northern soul, plus dansante et plus influencée par la pop. De même, en termes de management, Motown — dont le slogan « la musique de la jeune Amérique » épouse les volontés d’émancipation de l’époque — est le premier label fondé et dirigé par un noir américain, le redoutable Berry Gordy. À l’inverse Stax est fondé par un blanc, Jim Stewart, et nombre de ses plus fameux musiciens de séance sont blancs eux aussi (Steve Cropper, Donald « Duck » Dunn, Tom Dowd…).

La soul explose véritablement dans les années 1960. Alors que, dans un style plus classique, s’impose le son du studio Muscle Shoals de Rick Hall et de ses compositeurs « maison » Dan Penn et Spooner Oldham (Aretha Franklin, Etta James, Wilson Pickett…), James Brown (« The Godfather of Soul ») et Curtis Mayfield introduisent des rythmes plus syncopés et donnent alors une nouvelle orientation à cette musique. C’est la création du funk, un style inséparable de la soul, qui atteindra son apogée dans les années 1970 et 1980, avec des groupes comme The JB’s (les musiciens de James Brown), Sly and the Family Stone, Tower of Power, suivis par Bootsy Collins et George Clinton avec leurs formations déjantées (Parliament et Funkadelic) : le P-Funk ! Un son beaucoup plus axé sur les basses et les beats, les prémisses du nu soul.

En 1966, les latinos de New York inventent la latin soul, également appelée boogaloo.

Durant les années 1970, des disques sont produits et deviennent des classiques du genre (notamment What’s Going On de Marvin Gaye et Songs In the Key of Life de Stevie Wonder), mais la soul décline dans la seconde partie de la décennie, les ventes de disques étant alors dominées par le disco.

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, de nouveaux artistes renouvellent le genre, à l’image de Michael Jackson avec Off the Wall, Barry White ou Luther Vandross. Ils popularisent définitivement la soul.

Un peu plus tard, en samplant les standards des années 1960 et 70, le rap contribuera à une nouvelle popularité de la musique soul. Certains groupes iront plus loin et fusionneront soul et rap, pour donner naissance au new jack swing, devenu hip-hop, puis enfin au nu soul dans la seconde partie des années 1990 (fusion d’instrumentations organiques mais typées hip-hop et de textes et vocalises toujours dans l’esprit soul). D’Angelo, De La Soul, Erykah Badu, Maxwell et Omar, seraient à l’origine de ce mouvement.

Soul Labels

 

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