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29 décembre 2021

SPECIALE SURF MUSIC 28 12 21

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 12 h 47 min

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SURF MUSIC1

La surf music est un genre musical apparu en Californie à la fin des années 1950 qui prend son envol dès 1961 et qui connaîtra une certaine popularité jusqu’en 1964. Intimement lié au surf et à sa culture alors florissante dans les environs de Los Angeles, il se caractérise par des chansons courtes, concentrées et rapides aux mélodies simples et enjouées, sur des rythmes voisins du rock’n'roll dont il est un dérivé.

Évolution du mouvement

Apparition et développement

Dick Dale, le guitariste vu comme le créateur, sinon le roi (The King of The Surf Guitar), de la Surf music

 

surf music4

 

La surf music apparaît au début des années 1960 en Californie. À l’origine, elle n’est pas véritablement un genre particulier, mais simplement du rock’n'roll instrumental habité par la culture californienne du surf. Le rock’n'roll instrumental connaît à l’époque son heure de gloire grâce à des guitaristes ou groupes comme Duane Eddy, Link Wray ou The Ventures.

C’est surtout le groupe Dick Dale et les Del-Tones qui lance véritablement la mode de la Surf music avec Let’s Go Trippin’ en 1961, puis avecMisirlou en 1962. Le groupe formé à Orange County, en Californie est très influencé par la culture locale du surf. Dick Dale est d’ailleurs lui-même un surfeur. Dans son sillage apparaissent de nombreux groupes comme The Challengers, The Chantays ou Eddie and The Showmen,Dave Myers et la mode de la surf music est lancée.

Musicalement, la surf music se distingue par certaines caractéristiques : morceaux instrumentaux (notamment au début du mouvement ; les Shadows seront souvent considérés comme des pionniers de la surf music), prédominance de la guitare (principalement la marque Fender :Stratocaster, Jazzmaster ou Jaguar ; Dick Dale aurait d’ailleurs préféré le son des Fender après avoir essayé une Gibson), usage de la réverbération et du vibrato/ trémolo, rythme rapide de la batterie en 4/4. La surf music s’inspire aussi des sonorités latines (beaucoup de musiciens mexicains vivent en Californie) et du rythme agressif du jazz à la batterie. De nombreuses musiques traditionnelles comme Perfidia,Greensleeves ou Miserlou seront adaptées .

Le son caractéristique de la surf music est censé évoquer le glissement sonore de la planche de surf sur la vague La gamme pentatonique du blues est très souvent utilisée par les guitaristes solistes.

La surf music évolue ensuite à partir de 1963 et devient vocale avec notamment les Beach Boys, qui vont véritablement populariser le style et lui faire acquérir une audience internationale. La popularité des Beach Boys va les faire passer à tort comme les inventeurs du style et entraîner un certain engouement pour cette musique. De plus, certains critiques de rock1 estiment les Beach Boys ne peuvent être qualifiés de groupe de surf music, ceux-ci ne respectant pas la première condition pour qu’un morceau soit qualifié de surf rock, à savoir qu’il soit à 100 % instrumental. Les chansons des Beach Boys sont d’ailleurs très souvent élaborées avec des chœurs et harmonies complexes. Les paroles évoquent la vie facile du surfer, préoccupé de filles, le soleil, le surf et les grosses voitures américaines dans lesquelles il s’en va draguer (cruising) .

La mode s’étend rapidement de 1962 à 1963 et des groupes comme Jan & DeanThe VenturesThe Rivieras et The Surfaris ou The Tornadoes (ou Tornados en Angleterre) connaissent leurs heures de gloire. De nombreux titres comme Wipe Out (de The Surfaris), Walk Don’t Run (de The Ventures), Pipeline (de The Chantays) ou Bombora (du groupe australien The Atlantics), se placent dans les charts internationaux. L’engouement pour la Surf Music est tel que certains groupes comme les Trashmen (argot américain signifiant en français « éboueurs »), originaires de Minneapolis et auteurs de Surfin’Bird en 1963 (4e aux États-Unis), chantent la Surf Attitude alors qu’ils se situent à plus de 1000 kilomètres de l’océan…

La scène surf servit souvent de tremplin à de nombreux musiciens et producteurs (dont Lou Adler et Gary Usher), qui y firent leurs premières armes avant de se reconvertir vers d’autres genres.

 

SURF MUSIC3

 

Déclin

La surf music s’essouffle à partir de 1964 et disparaît des sommets des hit-parades vers 1964-65 avec l’engouement du public américain pour la musique venue de Grande-Bretagne (BeatlesRolling Stones et Who). La British Invasion incarne les changements de goût du public et peu de groupes américains y survivront. Les Beach Boys seront l’un des rares groupes de surf music à rivaliser avec les groupes britanniques mais en s’orientant définitivement vers la pop music et en s’écartant de la culture surf.

La Surf music fut à partir de là, décriée parce qu’elle était associée à une culture de jeune blanc américain insouciant (filles, soleil, voitures et surf), ce qui cadrait mal avec les préoccupations du pays, plongé dans la guerre du Viêt Nam et dans divers conflits impliquant la jeunesse (révoltes étudiantes, revendication des noirs, etc). Alors que la musique se radicalise et prend même une tournure politique, la Surf Music apparaît comme le symbole d’une culture très ethnocentrée, soumise à l’establishment et garant d’un « way of life » très fidèle aux valeurs américaines.

Dans Third Stone from the SunJimi Hendrix dit :

« You’ll never hear surf music again

(« Vous n’entendrez plus jamais de surf music. ») Les interprétations de cette phrase varient. Dick Dale était gravement malade à l’époque et Hendrix croyait qu’il était mort, ce qui aurait mis un terme à la surf music. L’autre version est relative à l’annulation d’un concert des Beach Boys lors d’un festival, Hendrix aurait voulu signifier que plus personne n’allait s’intéresser à ce groupe après cet épisode.

En 1968, les Beatles rendront hommage aux Beach Boys et de la Surf Music avec la chanson Back In U.S.S.R., une parodie du très chauvin Back In The USA de Chuck Berry, dans le style des Beach Boys pour lesquels ils ont une grande admiration depuis leur album Pet Sounds.

Aujourd’hui

À partir de la fin des années 1970, la surf music va connaître un regain d’intérêt de la part des groupes issus de la vague punk comme en témoignent les reprises de Surfin’BirdWipe Out ou de California Sun par des groupes comme les Ramones ou les Toy Dolls. Certains styles de musique issus du punk, comme le Psychobilly, s’inspirent musicalement d’ailleurs de manière très ouverte, de la surf music. Le skate punk, par son énergie, son sens de la mélodie, son lieu de naissance (la Californie), et la culture dans laquelle elle baigne (skate, surf et autres sports de glisse « fun ») a aussi une certaine filiation avec la surf music.

Même si le succès n’est plus au rendez-vous, le genre garde un certain caractère populaire et réapparaît épisodiquement, parfois dans des endroits inattendus. Il faut signaler un revival àLondres au début des années 1980 avec The Barracudas, puis The Surfin’ Lungs et enfin Sir Bald Diddley. Un autre retour a lieu aux États-Unis dans les années 1980, avec Jon and The Nightriders et dans les années 1990, avec The Aqua-VelvetsLos Straitjackets avec Eddie Angel à la guitare et Rudy and The Surf Kings. Les titres Miserlou 3 de Dick DaleBustin’ Surfboards de The Tornadoes (1962), The Bullwinkle part. II de The CenturionsComanche de The Revels ou encore Surf Rider de The Lively Ones figurent dans la bande originale de Pulp Fiction de Quentin Tarantino en 1994 (film qui a relancé un certain engouement pour le style).

La surf music eut une influence sur de nombreux groupes, au fil des années, même si leur son semble parfois éloigné du modèle original avec, par exemple : The Ramones, dans l’esprit des chansons courtes, rapides et mélodiques et dans leurs reprises (Surfin’ birdCalifornia sun), PixiesRadio Birdman en AustralieGo-Go’s ainsi que de nombreux autres.

Il existait encore de nos jours des groupes jouant de la surf music, mais le courant reste extrêmement confidentiel, et sans apport significatif au style initial. Malgré tout il est important de signaler l’existence en France de groupes qui contribuent à la continuité de ce mouvement tels les Bayonnais de New Unemployed Lads (N.U.L) qui cartonnent, les incrédibles Agamemnonz,les Orientalsles WangsThe Taikonauts, Arno De Cea & the Clockwork Wizards, Cannibal Mosquitos (de Valence avec les anciens membre d’ISP…), les Suspendersles Arondesles Stèlesles Tsunamis, les Cavaliers les lyonnais d’X-ray vision (anciens des Chick peas et Doppler/Good damn) ou encore les plus connus du genre, Hawaii Samurai (Nasty Samy de Second Rate à la basse) qui évoluent désormais dans The Irradiates, ainsi que le label rouennais Marabunta Records et le groupe Evil Country Jack qui mélange la surf avec le death et trash metal. Au Canada, dans la province de Québec, il y a toujours le groupe Tabarnacos Surfers qui joue du surf.

Les enfants terribles du surf à partir de 2009

L’on peut cependant noter un nouvel engouement pour le surf rock au début des années 2009-2010 avec la naissance de groupes indépendants reprenant les codes musicaux des groupes de garage rock et de surf rock des années 1960 mais en y apportant un côté plus psychédélique et lo-fi, parfois skate, et jouant souvent sur une image très axée sur les drogues, sur la destruction, mais toujours en gardant ce qui faisait le visuel du surf rock d’antan. WavvesSurfer Blood, les Black LipsBest CoastTeensBest FriendsThee Oh Sees, les Jaccuzi BoysJay ReatardFoster the PeopleTreefight for Sunlight, La Femme, entre autres, font partie de cette nouvelle vague de revival que l’on peut qualifier de Surfin’ Youth.

Discographie de la surf music

Singles et albums de référence

Titres emblématiques de surf music instrumental

Le style évolue ensuite dès 1962-1963 et devient aussi vocal avec notamment :

et les motos (bikes) avec notamment: (par thèmes)

  • Little Honda The Beach Boys ; The Super Stocks en 1964
  • Honda Bike The Devons en 1964
  • My Buddy Seat The Surfaris en 1964
  • The Surf Set (3 Disc Anthology) [compilation], Sequel Records-Knight/Records Ltd (Castle Communications NXT CD 249, RU, 1993 [72 original tracks from the surf and hot rod era]
  • King Of The Surf Guitar / The Best Of Dick Dale & His DEL-TONES, Rhino/Warner Music Canada, R2 75756, 1989 (compil 1961-1987)
  • Calling Up Spirits, Dick Dale, Beggars Banquet Records BBLCD184 (« HDCD »), 1996
  • Jivin’ Around, Al Casey with The K-C-Ettes (Stacy « Records » 1961-1963), ace CDCHD 612, RU, 1995 (contient le légendaire « Surfin’ Hootenanny », sorti en 1963, Stacy 962 [Johnny Hallyday avec Joey and The Showmen  »Les Guitares Jouent »).
  • « Les Guitares jouent »
  • Surfin’ BirdThe Trashmen, Garrett Records LP GA/GAS → [stéréo]-2001, EU, 1964
  • Bird Dance Beat / BajaThe Trashmen, Garrett Records, EU, 1964 (LPs GA-30019 et GA-40019, Minnesota, EU, 1964)
  • Surf Party (compil), Ariola Express/BMG Ariola 295 720(-201), 1990, contient 5 titres enregistrés lors du Live Aid le 13/07/1985 : Surf CityHonolulu LuluSidewalk Surfin’Barbara Ann etRide the wild surf.
  • Greatest Hits (compil 1958-65), Jan & Dean, Duchesse CD 352062, 1989, contient un live de Barbara Ann au Live Aid, EU, 13/07/1985 CD pirate

La surf music par thèmes

Les bagnoles et les autoroutes

  • 409The Beach Boys, Capitol records F-4777/EMI, 6/02/1962 (#76 EU)
  • 409, The Rip Chords, COLUMBIA/CBS 2151, 1962
  • Chug-a-lugThe Sunsets, Challenge 9186, 1962
  • R.P.M.’sThe Four Speeds, Challenge 9187, 1962
  • My sting ray, The Four Speeds, Challenge 9187, 1962 (face B)
  • Custom City, Annette (Annie Funicello), Buena VISTA Records/Disneyland (Walt Disney), 1963
  • Draggin’ U.S.A., Annette, 1963
  • Hey little CobraThe Rip Chords, COLUMBIA/CBS 4292, 1963
  • Drag CityJan and Dean, Liberty F-55641/EMI, 1963, Pomona, Californie du Sud où se déroulaient des courses illégales (#10 EU)
  • Little deuce coupeThe Beach Boys, Capitol Records F-5009/EMI, 1963
  • Little deuce coupe, Jan and Dean, Liberty, 1964 [#22 EU]
  • Hot rod U.S.A.The Rip Chords, COLUMBIA/CBS 2226, 1964
  • G.T.O. (Pontiac), Ronnie and The Daytonas, Mala 481, 1964
  • Move itThe Chantays, DOT 16440, 1963
  • Little street machineHot Rod Rog, Capitol Records ST 1997, 1963 (stéréo)
  • Competition coupeThe Astronauts, RCA Victor 45-8298, 10/1963
  • Big black CadillacDick Dale and His Del-Tones, Capitol T/ST-2002, 11/63
  • Blond in the 406, Dick Dale and His Del-Tones, Capitol Records T/ST-2053, 03/1964
  • My XK-E (Jaguar), Dick Dale and His Del-Tones, 03/1964, Capitol T/ST-2053
  • Hot rod alley, Dick Dale and His Del-Tones, 03/1964
  • Dead man’s curve, Jan and Dean, Liberty F-55672, 1964
  • Move out little Mustang (Ford), The Rally Packs, Imperial 66036/Liberty-Capitol/EMI, 1964
  • Draggin’ wagon, The Surfer Girls, COLUMBIA/CBS 43001, 1964
  • Hot rod high, The Knights, Capitol Records DT 2189, 1964
  • Surf Route 101The Super Stocks feat. Gary Usher, Capitol Records ST 2190, 1964 (stéréo)[face A), Gary Usher est présent sur tous les titres
  • Readin’ ridin’ and racin’ , The Super Stocks, Capitol Records ST 2190, 1964 (stéréo)
  • ’54 Corvette (Chevrolet/General Motors), The Super Stocks, 1964
  • « T » Roadster, The Super Stocks, 1964 (tous les titres en mono ou stéréo)
  • 426 Super Stock et 427 Super Stock, The Super Stocks, 1964
  • D / Gas Chevy (Chevrolet), The Super Stocks, 1964
  • Wide Track, The Super Stocks, 1964
  • Draggin’ deuce, The Super Stocks, 1964
  • Burnin’ rubber, Gene Moles and The Softwinds, Challenge 59249, 1964
  • Black denimThe Surfaris, DECCA Records 9-31731, 1965
  • Bucket « T » (Ford), Jan and Dean, (Jan Berry et Don Altfeld), Liberty F-55860, 1965
  • Go, go G.T.O., Carol and Cheryl, Colpix/Columbia Pictures CP-767, 02/1965
  • GeeTO Tiger (Pontiac), The Tigers, Colpix/Columbia Pictures CP-773 et/ou SPEC-773, 05/1965

La plage, la Californie, le soleil, les garçons et les filles

  • Let’s go trippin, The Hot Doggers, COLUMBIA/CBS 24050, 1963 (V.O. de Dick Dale)
  • Beach party, Annette, 1963 (B.O.F. éponyme)
  • California sun, Annette, 1963 (une reprise de Joe Jones, 1961)
  • Muscle beach party, Annette, 1963
  • I dream about Frankie, Annette, 1963
  • A girl needs a boy, Annette, 1963
  • Surfer Joe, The Surfaris, DOT 16479, 04/1963
  • Three surfer boys, Gary Usher & The Usherettes, DOT 16518, 1963
  • A boy to love, Annette, 1964
  • Surfer boy, Annette, 1964 (version féminine du titre ci-dessous)
  • Surfer girl, The Beach Boys, Capitol Records F-5009, 22/07/1963 (#7 EU)
  • She’s my summer girl, Jan and Dean, Liberty F-55580, 1963
  • California sun, The Rivieras, U.S.A. Records R-1401, 1964
  • Girls on the beach, The Beach Boys, LP ST 2110, 1964
  • Muscle beach party, The Super Stocks, 1964
  • Santa Barbara, The Super Stocks, 1964
  • Redondo Beach, The Super Stocks, 1964 (en Californie du Sud)
  • My first love, The Super Stocks, 1964
  • Malibu blues, The Super Stocks, 1964
  • Newport Beach, The Super Stocks, 1964
  • Beach boy, Pat Boone, Mala 503, 1965
  • I’ll think of summer, Ronnie and The Daytonas, Mala 542, 1965
  • I found a girl, Jan and Dean, Liberty F-55833, 1965
  • Theme from the Endless Summer [B.O.F.], The Sandals, World Pacific 415/Capitol Records-EMI, 1966

 SURF MUSIC2

Jan & Dean

Jan & Dean est un groupe de rock américain des années 1950 et 1960, composé de Jan Berry et Dean Torrence.

Les débuts doo-wop 1957-1960

Jan Berry et Dean O. Torrence se sont rencontrés au milieu des années 1950 au Emmerson Jr. High School, dans la banlieue ouest de Los Angeles. Ils deviennent vite des amis proches et partent ensemble à University High School. Ils mènent alors la vie de jeunes Américains de la classe moyenne, partagés entre les voitures et l’équipe de football américain dans laquelle tous deux jouent. Ils forment un premier groupe avec des amis, The Barons, et reprennent les tubes doo-wop de l’époque, comme Get A Job des Silhouettes ou At the Hop de Danny & the Juniors.

En 1958, le show d’une strip-teaseuse inspire à Jan et Arnie, autre membre des Barons, une première chanson originale : Jenny Lee. Dean étant alors conscrit, Jan & Arnie enregistre le titre à Los Angeles. Le 45 tours connaît un succès inattendu et il se classe n°3 aux États-Unis.

L’année suivante, Jan & Dean travaillent ensemble sur un nouveau titre, Baby Talk. En octobre 1959, le single est 7e et le groupe passe à la télévision dans l’émission American Bandstand. Il s’ensuit un album de doo-wop simplement intitulé Jan & Dean chez Dore Records. Plusieurs 45 tours sont extraits de l’album, mais aucun ne connaît un franc succès.

Jan & Dean signent successivement chez Challenge puis Liberty Records. Ils reprennent en 1961 et 1962 quelques classiques du doo-wop.Heart and Soul connaît un grand succès à Los Angeles et atteint la 25e place au niveau national. Linda est 28e ; la chanson présente des harmonies vocales et une musique plus élaborée que les titres précédents. La musique de Jan & Dean commence à offrir un son plus ample.

Le virage surf 1962-1966

En 1962, Jan & Dean se produisent lors d’un concert à Hermosa Beach High School, non loin d’Hawthorne. Ils jouent avec un tout jeune groupe local, The Beach Boys. Le succès est tel que les membres des deux formations se lient d’amitié et multiplient les concerts ensemble. Pour Jan & Dean, c’est un tournant dans leur carrière puisqu’ils abandonnent le doo-wop pour un style nouveau qui fait fureur : la surf music. Leur nouvel album, sur lequel apparait Linda, est baptisé Jan & Dean Take Linda Surfing et comprend une reprise du Surfin’ Safari des Beach Boys.

Brian Wilson, le leader des Beach Boys, leur propose alors une chanson qu’il vient d’écrire. Le 45 tours Surf City est le plus gros succès du groupe. En 1963, il atteint la 1re place du Billboard (magazine qui fait le classement quasi-officiel des disques) et le magazine désigne même la chanson comme le tube de l’année. C’est le sommet de la surf music (les Beach Boys sortent Surfin’ U.S.A. et Surfer Girl la même année) etSurf City se vend à 1.250.000 exemplaires.

Le groupe sort plusieurs albums à succès, Drag CityThe Little Old Lady from PasadenaPopsicle… Les 45 tours s’enchaînent sur les termes récurrents du surf et des voitures rapides. Little Old Lady from Pasadena devient n°3 et Dead Man’s Curve est n°5. Jan & Dean est alors l’un des plus grands groupes américains, dont l’influence est essentielle dans le courant de la surf music. Ils enregistrent fin 1964 un album live, leCommand Performance qui révèle l’ambiance hystérique que générait le duo californien.

En 1965-1966, Jan & Dean, toujours sous l’influence des Beach Boys et de Brian Wilson, s’engagent dans l’expérimentation musicale pop. Un nouvel album est en préparation, qui se voudrait proche de Pet Sounds. Mais le 12 avril 1966, Jan Berry est victime d’un grave accident de la route à bord de sa Stingray modèle 1966. Au bord de la mort, il survit dans le coma pendant plusieurs mois. À son réveil, son cerveau apparaît endommagé par l’accident. Jan & Dean n’est plus…

Dès les années 1970, la rééducation a permis à Jan Berry de retrouver une partie de son autonomie et le duo a donné quelques concerts-souvenirs, parfois avec les Beach Boys. Il meurt finalement en 2004.

 

 

LAS VEGAS GRIND 21 12 21

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Le Nevada était un des Etat qui dès 1931 aboli la loi sur les jeux. on est au sortir de la grande dépression, la construction du barrage amène une forte population masculine en recherche d’emploi. La mafia sicilienne étend son influence grace à la yiddish connection par l’entremise de Meyer Lansky et Bugsy Siegel. et Végas voit fleurir un nombre incalculable de casinos et clubs de Showgirls avec la bénédiction des Mormons propriétaire de la plupart des établissements. A travers la sélection de ce soir c’est un pan de la musique du Las Vegas Grind ou se mélange la country, le Rock and Roll et Sleazy R&R. Ci-dessous les pochettes des 7 volumes en LP. périodes 50′-60′

las vegas grind

las vegas grind vol 1

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las vegas grind vol 2 las vegas grind vol 3 las vegas grind vol 4 las vegas grind vol 5 las vegas grind vol 6 las vegas grind vol 7

                   vol.2                                                           vol.3                                              vol.4                                                vol.5                                             vol.6                                                vol.7

12 décembre 2021

CSPB Emission du 14 12 21

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ÉGALEMENT SUR LE BLOG DU COMITÉ

http://cspb.unblog.fr

intervention de Béa du 06/12

 Gatibu – Zure ahoan lore bat 

https://youtu.be/inkcy9WV1ao

intervention d’Oier Oa du 07/11

Rotten XIII · 23_10_21 Tutera · Aftermovie

https://youtu.be/-2NmKvdtUtM

intervention d’Iratxe Sorzabal

https://youtu.be/15J9RyMAIj8

iratxe-sorzabal

la korrika organisée par les élèves du lycée Etxepare en soutien à Oier

https://youtu.be/DqpNcFDgm8o

Huntza – Agur Itaka

https://youtu.be/Ttd4lbYAdYY

GATIBU – 20+1 urte bixotzetik

https://youtu.be/Pr4UterDfgI

Au sommaire de l’émission de ce mardi 14 décembre. Nous entendrons le témoignage de Béa d’ETXERAT qui était venu avec Walter militant internationaliste de la gauche indépendantiste basque, rencontrer le CSPB, le témoignage d’Oier Oa militant indépendantiste qui devait se rendre à sa convocation de justice du 8 novembre, pour sa demande de lever d’interdiction de territoire après un précédent refus et que nous avions rencontré la veille. Nous entendrons ensuite un texte d’Iratxe Sorzabal actuellement emprisonnée à la prison de Réau dans le cadre d ‘un atelier théâtre, enfin nous parcourrons les dernières news d’Euskal Herria avec la décision de justice en vers Oier, un texte d’Inaki Egana historien, sur le parallèle entre le mur de Berlin et la muga frontière naturelle entre ipar et hego. Un texte d’Allande Socarros journaliste, historien, traducteur fervent défenseur de l’euskara et militant d’Iparretarrak. Il y a un an, la DGSI menait une grande opération contre « l’ultra-gauche » et interpellait 9 personnes. 7 étaient mises en examen et 5 incarcérées en région parisienne.

Dans le délire de la couverture médiatique on apprenait que le « meneur », qui serait parti au Rojava combattre au côté des Kurdes, était « ancré dans une idéologie prônant la révolution » (selon « une source proche du dossier » )

 

Ce militant est incarcéré depuis un an en isolement total à la Maison d’arrêt Bois d’Arcy. avec

 

Un coup de projecteur sur le comité de soutien aux inculpés du 8/12 qui avait vu l’arrestation de 5 personnes accusé de terrorisme, et qui après 1 an de préventive ont été libéré sans qu’aucune charge n’ai été retenu, pour un que je connais il a interdiction de poursuivre son métier qui est artificier, il reste actuellement une personne en détention son tort être un militant du Rojava Libre. Voici donc le résumé de l’émission avec côté musique dont nous avons déjà entendu Gatibu à l’occasion de leur 20ans.

Rotten XIII – Noain – Nafarroa Berriz Altxa!

https://youtu.be/sDei56vkIAU

L’avocat général s’était prononcé le 8 novembre dernier contre la levée de l’interdiction du territoire français dont fait l’objet l’ancien prisonnier basque Oier Oa.

Le tribunal décidé de maintenir l’interdiction contrer Oier Oa.

La cour d’appel de Paris a annoncé cet après-midi sa décision sur l’affaire du 8 novembre. Son avocat a demandé de lever l’interdiction foncière à l’encontre d’Oier Oa. Le tribunal a toutefois décidé de maintenir l’interdiction.

Le 25 novembre 2020, Oier Oa a été arrêté à un poste de contrôle de police.

Bien qu’il ait été libéré le lendemain, il a été contraint de vivre loin de sa famille depuis sa sortie de prison en 2015, après avoir été libéré de prison en raison d’une interdiction territoriale en plus de la peine de prison.

L’appel déposé par l’avocat d’Oier dans l’affaire devant la cour d’appel de Paris le 8 novembre a été examiné.

Amaia Rekarte a souligné les « conséquences excessives » de l’interdiction foncière sur la famille d’Oier lors de la session.

En revanche, l’avocat a ajouté que, compte tenu du contexte social et politique du Pays basque, les « critères de mise en danger de l’ordre public » ne pouvaient être étendus à de telles peines.

Cependant, l’avocat général a plaidé en faveur du rejet de la demande de levée de l’interdiction territoriale.

Selon une décision rendue aujourd’hui, le tribunal a accepté la position, mais sans entrer dans le fond de l’affaire.

« C’est une décision totalement incompréhensible juridiquement »

L’avocate Amaia Rekarte a déclaré à NAIZ que « le tribunal a pris une décision difficile à comprendre juridiquement ».

Afin de régulariser sa situation, Oier Oa a dû présenter de nouvelles défenses après le rejet des deux autres demandes qu’il avait soumises au cours des dernières années. En fait, les éléments de la demande ont été contestés par le tribunal.

« Ils ont mis en doute la recevabilité de la procédure », a expliqué l’avocat.

Du point de vue de la défense, la Cour d’appel a rendu une décision « vraiment sérieuse ». « Le procureur général s’est prononcé contre ce que le procureur antiterroriste lui-même a admis dans le passé », a déclaré Rekarte.

En fait, de nouveaux éléments doivent être introduits pour promouvoir la nouvelle application. C’est ce qu’a fait la défense d’Oier Oa. Selon le tribunal, depuis l’arrestation l’année dernière, « il n’y a pas suffisamment de preuves pour prouver qu’Oa vit en dehors de l’Etat français ».

Oa vit à Zugarramurdi depuis un an, avec un ami de sa femme et de ses trois enfants qui vivent à Larressore, puis un ami lui a proposé le logement le plus proche possible.

A partir de là, l’éducateur du lycée Etxepare a travaillé en télétravail.

Cependant, tous ces documents présentés sur sa nouvelle situation n’ont pas suffi à prouver clairement qu’Oier Oa vit hors du Lapurdi.

Une fois la résolution reçue, la défense décidera des mesures juridiques à prendre. A ce titre, l’avocat de Rekarte aura la possibilité de se pourvoir devant la Cour de cassation.

De nombreuses initiatives solidaires

A la veille du procès du 8 novembre, plusieurs initiatives de solidarité ont été organisées à Bayonne et Larressore pour exiger que la situation d’Oier soit définitivement réglée.

Un rassemblement de masse a eu lieu à Larressore le 5 novembre. Par la suite, les personnes qui ont assisté à l’initiative de solidarité ont eu l’occasion de regarder le documentaire « Un châtiment de plus » sur le cas de l’ancien détenu basque sur le fronton de la ville.

Le même jour, les élèves et collègues du lycée Etxepare se sont manifeste à l’endroit où Oier a été arrêté.

Les lycéens qui ont parcouru la route de 7 kilomètres qu’Oier n’a pas pu emprunter le jour de son arrestation le 25 novembre lors d’une course près du collège Aturri dans la capitale, ont exprimé leur désir de voir revenir leur éducateur au lycée.

Bad Sound System – Beti berdin

https://youtu.be/smtpYrNZDpk

oier-oa

 

Le mur et le muga

Il y a une bande, contre nature et pas du tout historique, qui a traditionnellement été répondue par des mugalaris, des contrebandiers et des conspirateurs complotés par Pío Baroja ou Marc Legasse

 

C’était un après-midi d’un dimanche chaud de 1961 lorsque la radio a stupéfié les Berlinois. La ville, qui était divisée en deux secteurs, le communiste et le capitaliste, était définitivement séparée. Parmi les mesures visant à fluidifier le trafic, des agents est-allemands ont commencé à ériger une barrière de sécurité sur laquelle reposait un fil de fer barbelé sans fin. Le début du mur de Berlin, le mur de protection antifasciste, a été appelé par les dirigeants de la RDA. L’icône par excellence de la guerre froide entre Moscou et Washington.

 

Des centaines de familles étaient dispersées des deux côtés du mur. Aujourd’hui, des dizaines de murs sont éparpillés sur la planète, la plupart pour empêcher la fuite, la migration des pauvres, des assiégés à leur origine par des oiseaux d’acier et des drones dernier cri qui crachent leurs bombes, détruisent leurs maisons, pillent leurs champs et tuer leurs enfants. On n’en parle presque pas, comme si ce mur de Berlin avait mis fin au cauchemar.

 

Ursula Bach était l’une des nombreuses personnes isolées de sa famille lorsque, ce jour-là, ils ont commencé le mur et ont radicalement interdit la circulation entre les deux secteurs. Elle avait 18 ans et 6 mois de grossesse. Son partenaire Fried soupirait après le fils qui naîtrait à l’automne. Andréas. Mais il y avait un problème, une gêne inattendue. Ce dimanche chaud de 1961 a surpris Ursula dans la partie capitaliste de Berlin et Fried dans la partie communiste. Ils ne pouvaient plus se revoir et Andreas grandirait sans père.

 

Des histoires comme celle d’Andreas, un enfant né après la construction du Mur, se sont répétées partout. Jan-Aart de Rooij avait 14 ans, vivait avec sa famille dans l’est de Berlin et avait déménagé dans le secteur ouest pour participer à des camps d’été. Le verrou l’a attrapé à l’ouest. Il avait de la famille et des amis en Allemagne de l’Est. Il a erré dans les rues, dormi en plein air, jusqu’à ce que trois semaines plus tard, il soit récupéré par l’une des familles qui ont organisé les colonies. Neuf ans plus tard, il retrouve sa mère, après avoir obtenu les permis requis.

 

Sans l’ardeur des médias, sans la pertinence de la télévision et sans l’attention des reporters qui brisent le passé récent, encadré dans le cas du mur de Berlin entre les passages illustratifs de cette soi-disant guerre froide car ni Moscou ni Washington n’ont subi le attaqués par des missiles ennemis, la proximité nous a apporté un autre type de séparation que nous avons à peine soigné. Séparations qui restent en vigueur, conformément à la législation adoptée pour les contextes de guerre et qui, incidemment, sont appliquées aux citoyens basques en raison de leur nature désobéissante.

 

Je fais référence à ces plus de deux cents Basques à qui il est interdit de séjourner dans une certaine zone de leur pays, comme s’ils étaient des étrangers d’autres latitudes, étrangers à une culture, une tradition et, surtout, une langue qui marque les contours du Pays Basque. Juges et policiers situés à Paris, à des centaines de kilomètres de la terre qui nous a accueillis par naissance, amour ou travail, enseignent des règles et marquent d’autres murs, aussi hauts que Berlin, qui brisent non seulement les moules historiques, mais aussi les familles comme celles de Andreas ou De Rooij.

Il y a quelques jours, on apprenait la condamnation d’un tribunal parisien contre Oier Oa, un ouvrier du Liceo Etxepare de Baiona et voisin de Larresoro, dans l’ombre d’Errobi. Un juge qui ne connaît probablement même pas l’emplacement de cette population basque, avec des quartiers aussi suggestifs qu’Orkatz, Inthalatzea ou Basaburu, et qui a nié qu’Oier puisse vivre non seulement à Larresoro, mais dans l’un des territoires basques au nord du frontière. Ni dans l’état français.

La raison invoquée tient à deux circonstances. Le premier Oier Oa est né à Donostia, Gipuzkoa et administrativement, malgré son appartenance à la Communauté autonome basque, Espagne. Il ne reconnaît cependant pas que le partenaire d’Oier et leurs trois enfants sont voisins de Larresoro, Lapurdi, et malgré le nom d’Euskal Hirigune Elkargoa, France. Et que Oier, comme il est d’usage dans les relations familiales, peut aussi vivre à Larresoro avec sa compagne et leurs trois enfants et qu’il travaille à Baiona, à une demi-heure de route de chez lui.

Le deuxième argument concerne le fait qu’Oier Oa était en prison pour des raisons politiques. Il a été arrêté en 2002 par la police espagnole à l’âge de 18 ans, accusé d’être membre d’une organisation de jeunesse indépendantiste. Dix ans plus tard, ses ravisseurs étaient des agents français. Après avoir passé quatre ans en prison, il est affecté à une résidence à Sartrouville, près de Paris. Et il a refait sa vie à Larresoro. Jusqu’à ce qu’une législation préparée pour attaquer l’activisme djihadiste, qui n’avait rien à voir avec la cause basque, le qualifie de paria et l’empêche de vivre dans son propre pays. Malgré, comme on dit des phrases si insupportables, leurs racines.

Il y avait une distance de 17 kilomètres entre le quartier communiste de Reinickendorf et le quartier capitaliste de Köpenick, tous deux dans le Berlin de la guerre froide. Tous deux ont été séparés par le Mur qui est tombé en 1989. La frontière qui sépare le Pays Basque a toujours un mur moderne, malgré les accords de Schengen. Oier Oa s’est déplacé au sud de cette carte imposée. Aujourd’hui, il vit à Zugarramurdi, également à une demi-heure de Larresoro. Mais il ne peut pas franchir la ligne. Ainhoa ​​​​et Sara sont toutes deux à sept kilomètres de Zugarramurdi, bien plus près que ne l’étaient Reinickendorf et Köpenick.

Il y a une bande, contre nature et pas du tout historique, à laquelle ont traditionnellement répondu les mugalaris, les contrebandiers et les conspirateurs complotés par Pío Baroja ou Marc Legasse. Seuls ceux qui continuent de regretter la guerre froide, chaude pour ceux qui la subissent, maintiennent ces codes hors de notre pays. Le Pays Basque aspire à vivre en paix. Le mur de Berlin est tombé, mais les franco-espagnols attendent toujours.

BRIGADE LOCO – Kateari Tiraka (Lizarra 2021)

https://youtu.be/lNU69zMobsM

allande-socarros

IPARRETARRAK, UNE HISTOIRE HUMAINE ET POLITIQUE

Allande Socarros

 

J’ai accepté d’apporter mon témoignage dans le livre d’Eneko Bidegain consacré au parcours de l’organisation politique abertzale Iparretarrak et de ses militants. Pas plus que pour les autres compagnons de cette lutte aux répercutions individuelles et collectives majeures, il ne s’est agi d’une démarche nombriliste, d’une volonté de se mettre en avant. Notre décision découle tout simplement de la conscience que des jalons d’une histoire humaine et politique se doivent d’être portés à la connaissance des généra- tions présentes et futures. Car Iparretarrak est une histoire humaine et politique avec ses exaltations et ses dé- convenues, ses succès et ses échecs, ses satisfactions et ses drames. Iparretarrak est la rencontre de femmes et d’hommes qui, à différentes périodes, ont eu la cons- cience que pour le pays qui est le leur, pour le peuple dont ils sont partie intégrante, il était devenu impératif de dire à la fois oui et non. Oui à un pays qui a droit à la vie, à la récupération et à l’exercice de ses droits inaliénables, à la conduite de ses affaires, à la prise en main de son présent, à la maîtrise de son devenir. Herriak bizi behar du ! Tout est dit dans ce qui est ô combien plus qu’un simple slogan. Mais pour proclamer le oui, il n’y avait malheureusement pas d’autre choix que de dire non. Non au sort qu’un État-nation façonné à force de violence et de «roublerie» réservait à notre terre, à ses habitants, à tout ce qui fait qu’un pays est réellement une entité vivante : son identité, sa culture, son organisation sociale, ses moyens d’existence et de développement. Un sombre dessein auquel adhérait, par conviction ou par calcul politique de bas étage, un personnel politique local chez lequel la médiocrité n’avait d’égale que la veulerie. Iparretarrak n’a jamais conçu de dire non sans proclamer dans le même temps oui. C’est là toute la différence entre l’activisme purement et simplement réactionnel et le travail politique conscient et réfléchi. Les militants de ce que personnellement je définis comme une organisation politique – et non comme une organisation politico-armée comme dans le titre du livre d’Eneko Bidegain – ont la pleine conscience, dès leur engagement dans cette forme de lutte, que la violence ne saurait être qu’un moyen de faire évoluer une situation et jamais au grand jamais une fin en soi.

 

17_21 – HUNTZA feat. Julieta Venegas 

https://youtu.be/TF9rXwaORQk

 

 

LE SYMPTÔME D’UNE DÉMOCRATIE EN ÉCHEC

 

A titre personnel, j’irai même plus loin en soutenant que la violence, dans le registre politique comme partout ailleurs, est synonyme d’un échec, d’un fonctionnement anormal dans une société. Dans le champ politique précisément, le fait que des femmes et des hommes en arrivent à utiliser la violence est le symptôme que la démocratie, malgré des apparences formelles d’existence et de fonctionnement, n’est pas de fait au rendez-vous. Car, où est donc la démocratie lorsqu’on nie à un peuple ses droits fondamentaux, au premier rang desquels celui d’assurer à sa langue multimillénaire de pouvoir vivre et se pérenniser ? Où est donc la démocratie lorsque des politiques économiques laissent le champ libre aux spéculateurs de tout poil et contraignent nombre d’habitants de nos trois provinces à l’exil, faute de trouver travail et logement ? Où est donc la démocratie, lorsque tout les moyens de faire les choix qui nous apparaissent les plus opportuns pour notre pays nous sont déniés par des centres de décisions situés ailleurs ? On pourrait multiplier à l’envi les exemples qui démontrent que des éléments formels d’une démocratie – libertés d’expression, d’information, d’opinion, d’association, élections, etc… – ne garantissent pas que les droits d’un pays et les intérêts collectifs de ses habitants soient respectés. Presque trente-cinq ans après la première manifestation publique d’Iparretarrak, le contexte sociopolitique en Pays basque nord a grandement changé. Le personnel politique d’aujourd’hui, s’il n’est certes pas majoritairement en phase avec une aspiration abertzale, au moins ne se commet pas dans une attitude anti-basque primaire. A écouter les responsables politiques détenteurs des maigres parcelles de pouvoir concédées par Paris, ils seraient même de fervents défenseurs de l’identité basque. Sauf que, dans le même temps, la langue basque est plus encore à l’agonie aujourd’hui qu’il y a trente-cinq ans…

L’ACTION POLITIQUE, C’EST L’ESPRIT DE LA GLOBALITÉ

Le mouvement abertzale – et IK y a été pour beaucoup – a démontré sa capacité de prendre en main les affaires de notre pays, dans la plupart des domaines. Les militants d’IK ont souvent été parmi les catalyseurs de ces réalisations, sans agiter quelque drapeau que ce soit, par simple conscience que le rôle d’une organisation politique c’est d’essayer d’amener des réponses les plus satisfaisantes possibles aux problèmes qui se posent, aux défis qui se présentent. Aujourd’hui, il est temps que le monde abertzale donne corps aux réalisations dont il est à l’origine ou à celles auxquelles il a concouru en concevant et en défendant ce qui est la globalité de toute action collective : un projet politique complet, crédible, porteur d’espoirs, de mieux-être, de mieux-vivre pour notre pays et ses habitants. Dans cette tâche exaltante autant qu’indispensable, l’esprit d’IK sera présent et actif, car si le bruit des explosions s’est tu les raisons fondamentales qui ont conduit hier à l’apparition de la lutte clandestine perdurent aujourd’hui. L’engagement dans un travail politique global, et au grand jour, du plus grand nombre est le meilleur garant que quelques uns n’aient pas à tout donner. Ces mots qui, dans mon esprit, ne se veulent en aucune façon une admonestation envers qui que ce soit, pas plus qu’une activation des ressorts de la mauvaise conscience, me permettent surtout de rappeler que si, parmi d’autres, j’ai apporté mon témoignage dans le livre d’Eneko Bidegain, je l’ai fait aussi par devoir envers ceux qui n’auront pas eu la possibilité de le faire. Je pense à Txomin, Ramuntxo, Popo, Didier, Maddi, Christophe qui ont donné jusqu’à leur vie pour un idéal de justice, de liberté, d’amour de leur pays et de ses habitants. Le chemin qu’ils nous ont montré nous aidera à tracer les voies de l’avenir.

Allande SOCARROS

 https://youtu.be/l_QnIxNYPZM

SKABIDEAN & THE BLACK BIRDS – Hamaika Gara

comité 8-12

Comités 8/12

Soutien aux accusé·e·s du 8 décembreHaut du formulaire

E!T

Posted on 27 novembre 2021

Parlons Justice !” lançait le gouvernement en ouvrant le 18 octobre 2021 les Etats Généraux de la Justice. En soutien à nos proches qui subissent les violences carcérales, l’isolement, le mitard : faisons pleuvoir la Justice sur eux! Ri-Postons en masse ces cartes pour dire: STOP A LA BARBARIE CARCERALE! Téléchargez, timbrez, postez!

 

UN AN DE TORTURE BLANCHE POUR UN INCULPE DU 8/12.

Suite à l’opération de répression antiterroriste du 8 décembre 2020, 5 personnes avaient été placées en détention provisoire. Le juge d’instruction Jean-Marc Herbaut s’est servi de la détention comme manière d’affaiblir les inculpé.es afin qu’iels ne puissent se défendre dans des conditions correctes. C’est une manière bien rôdée et courante que d’utiliser l’enfermement pour briser les gens, comme le rappelle régulièrement L’Envolée qui relaye des témoignages de détenu.es depuis plus de 20 ans. Presque 30% des détenu.es en France sont en attente de jugement. Puni.es d’avance “par prévention”, mais surtout présumé.es coupables et condamné.es d’avance.

Au fur et à mesure que les interrogatoires se terminaient, les inculpé.es étaient relâché.es et mis.es sous Contrôle Judiciaire. Les derniers en date le fûrent le 15 octobre et le 5 novembre.

Alors que la dimension de répression politique dans cette procédure ne fait nul doute, aucun projet quelconque n’étant réellement reproché aux inculpé.es qui ne constituent par ailleurs pas un groupe, notre ami, fantasmé en “leader” par la DGSI, a subi un régime d’isolement illégal, renouvellé trois fois, dont il a témoigné de l’impact sur sa santé plusieurs fois.

Nous vous invitons à lire ses témoignages avant de poursuivre.

Pensez-y : 365 jours d’isolement. Trois-cent soixante-cinq jours 

C’est dans ces conditions, notamment de troubles sensoriels et mémoriels intenses, qu’un prétendu “juge”, indigne de ce nom, lui somme de s’expliquer encore et encore sur le moindre de ses faits et gestes ou propos tenus plus d’un an auparavant, parfois alcoolisé. On pourrait penser à un sketch des Inconnus, si les conséquences n’étaient pas aussi dramatiques. Ironie implacable de l’Ajustice antiterroriste.

Malgré les recours au tribunal administratif, malgré la violation de ses droits assumée, malgré plusieurs actions de soutien (Grande Marée Postale contre l’Isolement en mai, et une tribune Violences Pénitenciaires et Acharnement Carcéral, Stoppons la Spirale Répressive!) l’Administration Pénitentiaire de Bois d’Arcy organisait le 12 novembre dernier un “débat” visant à constituer un dossier qui sera transmis au Ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, qui statuera début décembre prochain d’un nouveau renouvellement (ou non?) de sa torture blanche.

« La torture est une relation, un rapport de force au détriment de la victime, visant à son asservissement, sa déshumanisation » d’après le Comité Européen pour la Prévention de la Torture (CPT). Ce dernier précise dans son 21e Rapport Général (2011) que « la mise à l’isolement peut, dans certaines circonstances, constituer un traitement inhumain et dégradant », qu’ « elle devrait être de la durée la plus courte possible ». Par conséquent, le CPT réclame aux Etats de « réduire le recours à l’isolement au minimum absolu« .

Pourtant, Odile Cardon (directrice de la Maison d’Arrêt (MA) de Bois d’Arcy) avait décidé de son placement à l’isolement dès son incarcération le 11 décembre 2020. Puis, malgré une conduite exemplaire, d’un renouvellement le 11 mars 2021.

Ensuite, c’était au tour Stéphane Scotto, ancien sous-directeur de l’état-major de sécurité (de 2009 à 2012) et fraîchement nommé Directeur Interrégional des Services Pénitentiaires (DISP) de Paris; qui renouvella son isolement début juin 2021, puis début septembre. Directeur de la MA de Nancy (2001-2004), il avait été mis en examen pour “homicide involontaire” puis blanchi de toute responsabilités par la Justice. Il est aussi célèbre pour avoir expérimenté à Fresnes l’isolement des détenus “radicalisés” du reste de la prison; ou encore des fouilles à nu systématiques et illégales.

Le camarade maintenu à l’isolement depuis un an témoignait de l’illégalité la mesure :

« En restant sur ma situation et mon isolement, il est « amusant » de constater le non-respect par l’AP de leurs lois. La circulaire du 14 avril 2011 stipule, en résumé, que l’on ne peut être placé en isolement pour les faits que l’on nous reproche (ou pour lesquels quelqu’un.e a été condamné). La raison doit être un comportement dit « inadapté » ou « dangereux ». Malgré cela la direction de la taule m’a imposée pendant six mois et a obtenu la prolongation de l’isolement en disant très clairement qu’elle se basait uniquement sur les faits reprochés et qu’elle reconnaissait que mon comportement n’a posé aucun problème. Donc, sans aucune gène, on bafoue les droits d’une personne et on lui applique la torture dite « blanche »… Tranquille!”

 

Rap euskera

https://youtu.be/5XwrOnesbWs

 

 

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LIBRE FLOT – LETTRE DEPUIS L’ISOLEMENT – A LIRE ICI

LA BARBARIE EN PRISON : POUR L’ABOLITION DU MITARD ET DE L’ISOLEMENT.

Tout comme les violences policières, les actes de barbarie en prison se font nombreux et toujours passés sous silence ou légitimés. Ils sont le fruit de la diffusion dans la population de désirs punitifs et d’une déshumanisation de certaines catégories sociales. Islamophobie, racisme, masculinisme et validisme constituent cette “passion contemporaine” (Fassin, 2017) qu’est la punition.

Il y a eu plus de 50 suicides et morts suspectes en 2021 dans les prisons françaises. Les suicides sont environ 7 fois plus élevés en prison qu’en dehors, et encore 15 fois plus à l’isolement. Il faut agir, car la situation empire.

“Dans les cellules des quartiers disciplinaires (QD), les conditions de détention sont encore plus intolérables que dans le reste de la prison. Isolées du reste de l’établissement pénitentiaire, elles sont le lieu où des dizaines de prisonnier.ères meurent chaque année dans des conditions obscures.”

CHRISTIAN CHOUVIAT, LORS DE LA MANIFESTATION CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES DU 20 MARS 2021 À PARIS.

Ce fut le cas d’Idir Mederess en septembre 2020 à la MA de Lyon-Corbas. Il se serait “suicidé”, à 2 semaines de sa sortie. La famille n’en croit pas un mot. Le 30 mai 2020, l’Association Idir Espoir & Solidarité a lancé la première Journée Nationale contre les Violences Pénitentiaires. Elle a aussi lancé une pétition à destination d’Emmanuel Macron et Eric Dupond-Moretti qui demande la radiation des mitards, que nous vous invitons à signer et partager.

Une tribune du juriste Gaspard Lindon parue en 2018 dans Libération titrait “Le Mitard, une incohérence constitutionnelle” et informait :

“On ne sort pas indemne d’un tel isolement prolongé. Outre le risque accru de suicide, on recense de nombreux effets nocifs sur le détenu (panique, dépersonnalisation, paranoïa, hallucinations, aggravation de pathologies existantes entre autres)”.

Dans cette continuité, le collectif Fracas publiait une brochure en mai 2021 intitulée “Pour l’Abolition du Mitard”. On y apprend :

“En théorie, le quartier disciplinaire (QD) se distingue fortement du quartier d’isolement (QI). Une circulaire de l’Administration Pénitentiaire (1999) établit très clairement que le quartier d’isolement ne “constitue pas une sanction disciplinaire”, ce qui permet notamment d’y placer les prisonnier.ères pour une durée indéterminée. »

Ce fut par exemple le cas de Christine Ribailly, qui a passé 725 jours au mitard et 210 à l’isolement en 4 années d’emprisonnement. “Le quartier d’isolement, c’est le mitard sans limitation de durée”, disait-elle.

On y retrouve également un extrait du Bulletin de l’Association des Parents et Amis de Détenus (février 1988) :

“Les conditions d’isolement, donc la privation sensorielle, que subissent aujourd’hui certains détenus, qu’ils soient politiques ou droits communs, ne sont rien d’autre que des assassinats lents et propres. Les quartiers d’isolement, quelque soit leur appellation sont la forme futuriste de la peine capitale. On y assassine le mental en mettant en place le système de l’oppression carcérale à outrance, conduisant à la mort par misère psychologique.”

Les luttes contre l’isolement carcéral ne datent pas d’hier. Les prisonnier.ères, leurs familles et leurs proches, dénonçaient déjà la torture de l’isolement dans les années 70. (Pour une chronologie des luttes anticarcérales, lire “A ceux qui se croient libres” de Thierry Chatbi) De nombreuses révoltes, grèves de la faim et soutiens extérieurs avaient réussi à faire abolir les Quartiers de Haute Sécurité (QHS).

“De 1975 à 1981, de nombreux détenu(e)s se sont battu(e)s contre les QHS dans lesquels étaient isolés les détenu(e)s “récalcitrants”.
Par leur solidarité dans la lutte, ils ont réussi à les faire fermer.
Hélas, ils ont été remplacés par les QI (Quartiers d’Isolement) qui ont la même fonction, anéantir et détruire toute résistance, NIER LE DROIT AU RESPECT DE LA DIGNITE!! »

BULLETIN DE L’ASSOCIATION DES PARENTS ET AMIS DE DÉTENUS, FÉVRIER 1988

En 2012, des prisonnier.ères en lutte dans la prison de Roanne réclamaient encore la fermeture des QD et QI. Ce ne sont donc pas seulement les QD qu’il faut fermer, c’est le concept même d’isolement qu’il faut abolir.

L’article 3 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme stipule : « Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitement inhumains ou dégradants », or comme nous le savons, les lieux d’enfermement (prisons, CRA, hôpitaux psychiatriques) les pratiquent systématiquement sous diverses formes. Nous voyons la violence carcérale s’étendre jusque dans la santé y s’y substituer: “Nous sommes alarmés par le virage sécuritaire observé ces quinze dernières années”, concluait récemment le Groupe d’Entraide Mutuelle (GEM) “L’Antre-2” (Rennes) après une enquête sur les soins sans consentement (C’est du soin si c’est contraint?).

En raison des « dommages qu’il peut causer à l’état de santé mentale, somatique, et au bien être social des détenus, […] l’isolement ne doit être utilisé que dans des circonstances exceptionnelles, en dernier ressort, et pour la durée la plus courte possible. » (Art. R. 57-7-68) Le Code de Procédure Pénale stipule également que l’autorité qui a pris ou prolongé la mesure, d’office ou à la demande de la personne détenue, peut y mettre fin à tout moment. (Art. R. 57-7-76)

Quant au Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté, il concluait dans son rapport de 2019 : “Plusieurs des établissements visités en 2019 présentaient des locaux disciplinaires ou d’isolement qui ont été qualifiés d’immondes et, dans un cas, leur fermeture immédiate a même été demandée. Les cellules de quartier disciplinaire et d’isolement sont nues et sombres, y compris pour des séjours de longue durée, les cours de prommenade ne sont que des espaces exigus et humides dépourvus de tout et souvent recouverts de grilles diverses assombries par des débris végétaux.”

MARAVILLAS – LEIZEAK

https://youtu.be/glzeB8wzB08

Nous arrivons au terme de l’émission pour terminer sur le comité 8/12 vous trouverez sur le blog de ça booste cabooste.unblog.fr appel à soutien pour accusé-e-s du 8décembre 2020. Nous avons pu aborder le référendum de la nouvelle Calédonie qui fera l’objet d’une émission prochaine avec je l’espère des intervenant indépendantistes kanaks. Nous terminons avec Gatibu

Gatibu – Aske Maitte 

https://youtu.be/L2jSZ-IvhmE

 

NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE SOUTIEN!
Participez à l’action et partagez dans vos réseaux!
Postons en masse ces cartes pour dire: STOP A LA BARBARIE CARCERALE!

A télécharger ici : Cartes Postales contre l’isolement.

L’ordre carcéral n’échappe pas aux logiques de sécurité globale, il est au contraire une infrastructure (morale et matérielle) motrice du continuum sécuritaire. Les réalités qui y sont vécues, propulsées par le syndicalisme pénitentiaire dans la sphère politique et médiatique, nourissent les pulsions punitives dans la société.

La spirale sécuritaire provient aussi des prisons, comme le résume Didier Fassin :

“Plus de sécurité produit habituellement plus d’ordre, tandis que plus d’ordre peut paradoxalement entraîner plus d’insécurité, conduisant en retour à la mise en oeuvre de mesures plus strictes.”

(L’OMBRE DU MONDE, UNE ANTHROPOLOGIE DE LA CONDITION CARCÉRALE, 2015)

Ne laissons pas les écrans, les barbelés et l’omerta isoler les prisonnier.ères.

Parlons Justice?
Parlons radiation des mitards!
Parlons abolition de l’isolement!

Pour diffuser cet appel format papier : cliquez-ici !

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SOUTIENS AUX ACCUSÉES DU 8 DÉCEMBRE

11 décembre 2021

CAPA ET LA VALISE MEXICAINE 07 12 21

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 10 h 05 min

autocollant 1

 

 

En 1940 devant l’avancée de l’armée allemande, Robert Capa donne à l’un de ses amis une valise de négatifs et de documents. Celui ci en route pour Marseille, la confia à un ancien combattant de la guerre d’espagne, qui devait les cacher dans les caves d’un consulat latino-américain. Puis plus trace de cette valise. Ce n’est qu’en 2007 que la valise ré-apparait et avec, tout un pan de la guerre d’espagne porté par le regard photographique de Capa mais aussi de sa compagne GerdaTaro et de son ami Chim. 

 

RETROUVEZ ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS SUR

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ou

http://mixcloud.com/radiolibertaire/

 

 

L’histoire de la «Mexican Suitcase »

À la fin de Décembre 2007, trois petites boîtes en carton sont arrivés à l’International Center of Photography de Mexico après un voyage long et mystérieux. Ces boîtes-le en lambeaux dite mexicaine Valise-contenaient les légendaires négatifs de la guerre civile espagnole de Robert Capa. Des rumeurs avaient circulé pendant des années de la survie des négatifs, qui avait disparu de Paris studio de Capa au début de la Seconde Guerre mondiale. Cornell Capa, frère de Robert et le fondateur de l’ICP, s’était soigneusement traqué chaque conte et vigoureusement cherché les négatifs, mais en vain. Quand, enfin, les boîtes ont été ouvertes pour la 89-year-old Cornell Capa, ils ont révélé 126 rouleaux de film, non seulement par Robert Capa, mais aussi par Gerda Taro et David Seymour (dit «Chim»), trois les grands photographes de la guerre civile espagnole. Ensemble, ces rôles de films constituent un record inestimable de l’innovation photographique et de la photographie de guerre, mais aussi de la grande lutte politique visant à déterminer le cours de l’histoire espagnole et de revenir à l’expansion du fascisme mondial.

 

téléchargement

 

Nous avons déterminé que le film roule dans la valise mexicaine briser grossièrement dans un tiers chacun par Chim, Capa et Taro. Presque tout le film est de la guerre civile espagnole, prises entre mai 1936 et le printemps 1939. Il ya deux exceptions: deux rouleaux de film par Fred Stein prises à Paris fin 1935, qui comprennent à la fois la fameuse image de Gerda Taro à une machine à écrire et l’image de Taro et Capa dans un café, et deux rouleaux de voyage de Capa Belgique en mai 1939. Il n’est pas immédiatement évident pourquoi ces quatre rouleaux ont été emballés avec le travail de l’Espagne.

La valise ne contient pas une collection complète de tout de Capa, Taro du ou espagnol couverture de la guerre civile de Chim, mais inclut la plupart des histoires importantes. De Capa, nous voyons des images de bâtiments détruits à Madrid, la bataille de Teruel, la bataille de Rio Segre, et la mobilisation pour la défense de Barcelone en Janvier 1939, ainsi que l’exode massif de personnes de Tarragone à Barcelone et les Français frontière. Il ya plusieurs rouleaux de la couverture des camps d’internement français de Capa pour les réfugiés espagnols à Argelès-sur-Mer et Barcarès prises en Mars 1939. Nous avons trouvé célèbre image de Chim de la femme qui allaite un bébé lors d’une réunion de la réforme agraire en Estrémadure prise en mai 1936, ainsi que ses portraits de Dolores Ibárruri, connu sous le nom de La Pasionaria. Il ya beaucoup d’images de sa couverture du pays Basque et de la bataille à Oviedo. De Taro, nous avons des images dynamiques de la formation de la Nouvelle armée du peuple à Valence, le col de Navacerrada sur le front de Ségovie, et ses dernières photographies prises tout en couvrant la bataille de Brunete, où elle a été tuée le 25 Juillet 1937.

 

Immigrants juifs de Hongrie, l’Allemagne et la Pologne, les trois photographes ont trouvé une maison dans la culture ouverte à Paris au début des années 1930. Amis et collègues, ils ont voyagé souvent ensemble en Espagne. Ils ont publié dans les grandes publications européennes et américaines couvrant la guerre, contribuant régulièrement au Cordialement , Ce Soir , et Vu , puis la vie . Leur travail combiné en Espagne constitue une partie de la plus importante documentation visuelle de la guerre. Ces négatifs ont été considérés presque perdu jusqu’en 1995.

Exactement comment les négatifs ont atteint Mexico n’est pas encore définitivement connu. En Octobre 1939, alors que les forces allemandes approchaient de Paris, Robert Capa a navigué à New York pour éviter d’être capturé par les Allemands et l’internement comme un ennemi étranger ou communiste sympathisant. 1 Pour autant que nous comprenons, Capa a laissé tous ses négatifs dans son atelier parisien à 37 rue Froidevaux, sous la supervision de son directeur de cabinet noir et collègue photographe Imre « Csiki » Weiss (1911-2006). Dans une lettre datée Juillet 5 1975, Weiss a rappelé, «En 1939, quand les Allemands ont approché Paris, je mets les points négatifs de tous BOB dans un sac à dos et à bicyclette à Bordeaux pour essayer de l’obtenir sur un bateau au Mexique. J’ai rencontré un Chilien dans la rue et lui a demandé de prendre mes paquets de films à son consulat pour la garde. il a accepté. «  2 Csiki, également un juif hongrois émigré, ne s’est jamais rendu sur le territoire français contrôlé et a été interné au Maroc jusqu’en 1941, quand il était publié avec l’aide de deux frères Capa et est arrivé au Mexique fin de cette année.

1975 lettre de Csiki peut-être le plus ancien document connu de l’histoire des négatifs manquants. Ni John Morris, un éditeur d’image qui a rencontré Capa à New York en 1939 et est resté un ami proche et collègue jusqu’à la mort de Capa, ni Inge Bondi, qui a rejoint le bureau de New York Magnum en 1950 et ya travaillé pendant vingt ans, rappelle Capa jamais mentionner les aspects négatifs manquants ou d’exprimer des remords que beaucoup de ses plus célèbres images de la guerre civile espagnole avait disparu. 3

En 1979, à l’occasion de la prise en compte du travail de Capa à la Biennale de Venise, Cornell a publié un appel à la communauté photographique cherchant des informations sur les points négatifs perdu de son frère suite à l’apparition d’un texte sur le travail de Capa par John Steinbeck dans le magazine français photo .  »En 1940″, écrit Capa, « devant l’avance de l’armée allemande, mon frère a donné à un de ses amis une valise pleine de documents et négatifs. En route pour Marseille, il a confié la valise à un ancien soldat espagnol de la guerre civile, qui était de se cacher dans la cave d’un consulat latino-américaine. L’histoire se termine ici. L’valise n’a jamais été retrouvé malgré les recherches entreprises. Bien sûr, un miracle est possible. Quiconque possède des renseignements concernant la valise doit me contacte et seront bénies à l’avance. «  4 Malheureusement, aucune information nouvelle surface. Il y avait des discussions d’un voyage au Chili pour chercher le «consulat latino-américain. » Il y avait même une fouille dans la campagne française à la suite des rapports que les négatifs avaient été enterrés là. 5 Rien n’a été trouvé.

Quant à la valise, nous savons maintenant que, à un certain moment, il a été remis au général Francisco Aguilar González, l’ambassadeur du Mexique au gouvernement de Vichy en 1941-42. Nous ne savons pas quand ni dans quelles circonstances cela s’est produit. Il est très plausible que dans l’, milieu souterrain inquiète des milliers de réfugiés juifs et étrangers qui demandent des visas de sortie hors de France, dans le sud, Csiki sentit le danger de sa situation et a passé les négatifs à quelqu’un qui pourrait soit mettre en sécurité ou mettre immédiatement dans la clandestinité. Que Aguilar était le récepteur connaissant des négatifs ou si jamais il n’avait aucune idée de leur signification (ou même qu’il les possédait) n’est pas encore clair. C’est peut-être parce que la valeur des négatifs était entendu qu’ils ont survécu, mais il est également possible qu’ils aient survécu, car on ne savait pas ce qu’ils étaient et qu’ils tranquillement échappé à l’attention.Aguilar est revenu plus tard à Mexico, les négatifs probablement emballés parmi ses biens. Il est décédé en 1971. Le sort des clichés n’ont jamais été connu pendant la vie de Capa.

 

Dans les années qui ont suivi, il ya eu trois autres histoires de grands troves de Capa / Taro / Chim travaux trouvés dans des endroits inattendus. En 1970, Carlos Serrano, un chercheur espagnol Archives nationales à Paris, a découvert huit cahiers de planches contact de négatifs réalisés en Espagne par Capa, Taro et Chim. Les petits carnets, environ 8 x 10 pouces, contiennent des images minuscules 2.500 1936-39 collées sur les pages qui fonctionnaient essentiellement sous forme de feuilles de contact. Ces carnets ont été produites pour montrer la couverture complète des histoires aux rédacteurs potentiels et de garder une trace des images ont été utilisées par les publications. Certaines des images sont annotées avec des numéros consécutifs, d’autres avec des informations de publication et d’autres marques, certains sont identifiés par le photographe et certains ne sont pas. Au total, ces cahiers sont les objets les plus personnels et complète de l’œuvre de ces trois photographes. Dans les possessions de Capa était un cahier semblable avec des images de Août 1936 par Capa et Taro. C’est maintenant dans la collection du Centre International de la Photographie. Les huit autres portables restent aux Archives nationales à Paris.

L’histoire des ordinateurs portables est également intéressante. Les numéros d’enregistrement des cahiers indiquent qu’ils sont partOf une collection du ministère français de l’Intérieur et de la Sécurité de l’Etat, qui ont été conclus aux Archives en 1952 sans aucune indication de quand ou pourquoi le matériel a été collecté. 6 Les numéros d’enregistrement des ordinateurs portables tombent entre les papiers personnels de Gustav Rengler, arrêtés par la police française en Septembre 1939 et un dossier de l’Agence Espagne, l’agence communiste en France que les nouvelles distribuée et photos sur la guerre civile espagnole, qui peuvent avoir été perquisitionné au cours de la même période. 7 Richard Whelan, biographe de Capa, a suggéré que, puisque les ordinateurs portables ont été utilisés comme un outil pour vendre des photos, il est possible qu’ils avaient été empruntés par l’agence et ne revint jamais.

Capa matériau supplémentaire a été trouvé à Paris en 1978. Bernard Matussiere, qui vit dans le vieux studio de Capa au 37, rue Froidevaux, a découvert 97 négatifs, 27 tirages d’époque, et un cahier de contact de la Chine dans le grenier. 8 Matussiere avait hérité de l’appartement du photographe Émile Muller, pour qui il avait travaillé en tant que assistant pendant dix-huit ans. Muller savait non seulement Capa, mais a également été laissé en charge du contenu de l’appartement de Capa lorsque les deux Capa et Weiss ont quitté Paris en 1939. 9 Les images trouvées dans le grenier en désordre étaient de la couverture du Front Populaire à Paris, le civil espagnol de Capa guerre, et la guerre sino-japonaise. Matussiere fait sa trouvaille publique dans un article de photo en Juin 1983. Suite à la publication, Matussiere remis les négatifs à Cornell Capa. 10 Les négatifs et les ordinateurs portables sont maintenant dans la collection à l’ICP.

En 1979, environ 97 photographies de la guerre civile espagnole ont été trouvés dans le ministère suédois des Affaires étrangères. Cette collection d’estampes faisait partie d’un cas de documents et de lettres appartenant à Juan Negrín, Premier Ministre de la Deuxième République espagnole, qui a vécu en exil en France après la guerre civile jusqu’à sa mort en 1956. Selon Lennart Petri, l’ambassadeur de Suède à l’Espagne, une petite valise contenant des documents a été livré, nous ne savons pas par qui et dans quelles circonstances, à la légation de Suède à Vichy. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, cette affaire a été envoyé aux Archives du ministère suédois des Affaires étrangères. 11 Les documents et lettres datent pour la plupart des derniers mois de la guerre, en particulier Janvier 1939 et a été organisée en trois sections: les documents concernant le ministère de la Défense nationale, des documents d’autres ministères, et la correspondance générale classés par ordre alphabétique. Il n’est pas clair pourquoi Negrín a eu les impressions, même si il ya de spéculation que Capa réellement lui a donné les copies en 1938 ou en 1939, peut-être pour la distribution ou pour une éventuelle publication ou d’exposition. 12 Les images sont de Août 1936 à Janvier 1938 et sont par Capa, Taro, Chim, et le quatrième membre inattendu de ce groupe de photographes, Fred Stein. Les images couvrent la guerre: la couverture de l’attentat de Madrid à la fin 1936 et la bataille de Teruel à l’hiver 1937 de Capa, Taro de de Ségovie et Madrid en 1937, et les photographies de Chim du pays Basque. (Inclus dans le groupe est l’un des deux tirages d’époque connus de The Soldier chute .) Les documents se trouvent maintenant dans les archives de la guerre civile espagnole de Salamanque.

 

Les négatifs contenus dans la valise dite mexicaine ont été découverts parmi les effets du général Aguilar par le cinéaste mexicain Benjamin Tarver, dont il a hérité après la mort de sa tante qui était un ami du général. Après avoir vu une exposition de travaux espagnol de la guerre civile en néerlandais photojournaliste Carel Blazer à Mexico, Tarver contacté Queens College professeur Jerald R. Green en Février 1995 la recherche de conseils sur la façon de cataloguer le matériel et le rendre accessible au public.  »Naturellement, il serait prudent d’avoir ce matériau … devenir une archive disponible aux étudiants et chercheurs de la guerre civile espagnole», a écrit Tarver. 13 Green, un ami de Cornell Capa, Cornell contacté et lui a dit de cette lettre.

Cornell Capa ensuite fait de nombreuses tentatives pour communiquer avec Tarver et obtenir la possession du film, mais, curieusement, Tarver s’est révélée insaisissable et désintéressé. À l’automne de 2003, en préparation pour les expositions 2007 à ICP sur le travail de Capa et Taro, le regretté Richard Whelan Capa biographe et conservateur en chef Brian Wallis a lancé un nouvel effort pour retourner les aspects négatifs de Cornell Capa. Au début de 2007, Wallis a demandé l’aide de commissaire indépendant et cinéaste Trisha Ziff, basée à Mexico. Ziff a rencontré Tarver en mai 2007, 14 et au cours des prochains mois, a contribué à le persuader que les négatifs appartenaient à l’ICP avec le reste de la Capa et Archives Taro et une grande collection de Chim. Aucune somme n’a été échangée. Le 19 Décembre, Ziff est arrivé à l’ICP avec la valise mexicaine. Les négatifs disparus avaient finalement rentrer à la maison.

Cynthia jeune
conservateur adjoint, Le Robert Capa et Cornell Capa Archive
2008

Photo © Nicolas Silberfäden

 

ICP est également reconnaissant à l’aide d’Alene Davidoff, Karl Katz, et Ben Shneiderman pour leur aide dans la récupération de la valise.

 

1. Sa demande d’agrément en tant que photographe pour le ministère français des Affaires étrangères avait été refusée, comme ses associations avec les publications communiste était suspect. En Septembre 1939 15.000 étrangers vivant en France avaient été déportés vers les camps de concentration dans le sud. Parmi les artistes bien connus dans Mille interné en 1939 étaient Hans Bellmer, Max Ernst, et Wols.

2. Lettre de Csiki Weiss à Cornell Capa, le 5 Juillet 1975, Cornell Capa Archives, International Center of Photography, New York. Cette lettre a été écrite en réponse à la polémique suscité par la publication de Phillip Knightley est la première victime: de la Crimée au Vietnam: Le correspondant de guerre en tant que héros, propagandiste, and Myth Maker (New York: Harcourt Brace Jovanovich, 1975), où il suggère que de Capa Soldier baisse a été mis en scène. Dans la lettre, Weiss atteste du fait que Capa a tourné le négatif et certifie son authenticité.

3. courriels et des discussions avec l’auteur Avril-mai 2008.

4. photo , non. 143 (Août 1979).

5. Email de Jean-Jacques Naudet, rédacteur en chef photo , le 28 Février 2008.

6. Carlos Serrano, Robert Capa: Cuadernos de Guerra en España (1936-1939) (Valencia: Sala Parpallo, 1987), p. 26.

7. Michel Lefebvre, «L’héritier de Robert Capa Réclame 4500 de photos à la France, » Le Monde 8 Novembre 2005.

8. photo , non. 189 (Juin 1983).

9. Michel Lefebvre, « Les tribulations de la« valise mexicaine « de Robert Capa, » Le Monde 2 , 9-15 Février 2008, pp 24-26.

10. David Markus, « Le cache Capa, » American Photo (Octobre 1983), pp 90-95.

11. Fotografías de Robert Capa sobre la Guerra Civil española (Madrid: Ediciones El Viso, 1990), p. 11, et Isabel Soto, « un héritage photographique de la guerre civile d’Espagne, » New York Times , le 26 Décembre 1990.

12. Richard Whelan, This Is War! Robert Capa at Work (New York: International Center of Photography, 2007), p. 87, note 15. Capa a photographié Negrín prononcé un discours lors de la cérémonie d’adieu aux Brigades Internationales, le 25 Octobre 1938.

. 13 Lettre de Tarver Green, Archives ICP.

14. Voir le compte de Trisha Ziff de sa participation à www.zonezero.com / magazine / fs_essays.html .

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Photojournaliste célèbre Robert Capa et le mystère de sa « valise mexicaine »

CHIM SEYMOUR DAVID GERDA TARO HISTORIQUE PHOTOGRAPHIEINTERNATIONAL CENTER OF PHOTOGRAPHY PHOTOJOURNALISME ROBERT CAPAGUERRE CIVILE ESPAGNOLE

par Steve Meltzer

rédigée le vendredi 5 Avril 2013 à 15h40 HAE

Photojournaliste de renom Robert Capa a fallu des centaines d’images de la guerre civile espagnole à la fin des années 1930.Pourtant, dans les 70 années qui ont suivi, seule une poignée semblait avoir survécu. Qu’est-il advenu de ces autres images est au cœur du mystère de la Capa « Valise mexicaine».

 

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Raconter l’histoire d’une guerre que personne ne semblait se soucier
L’histoire commence en 1936, lorsque trois jeunes photojournalistes – Robert Capa, Gerda Taro et David Seymour (dit Chim) – ont franchi la frontière espagnole à partir de France.Ils avaient l’intention de raconter l’histoire d’une guerre que personne ne semblait se soucier. Aujourd’hui encore, cette guerre semble un peu plus d’une note dans l’histoire (au moins pour la plupart d’entre nous), quelque chose d’il ya longtemps et loin.Cependant, son impact reste avec nous parce que c’était le moment où la guerre a des champs de bataille dans les rues des villes. Les civils ne sont plus des non-combattants, ils étaient souvent la cible. Et les lieux qui ont combattu une fois terminée, étaient désormais combattu po

La guerre civile espagnole a opposé les nationalistes – sous l’infâme général Francisco Franco et soutenue par l’Allemagne de Hitler – contre les forces républicaines soutenues en partie par l’Union soviétique. Le camp républicain a également été soutenue par la Brigade Abraham Lincoln, une bande hétéroclite de jeunes Américains qui se sont portés volontaires pour aller en Espagne pour combattre les fascistes. Mon ami Milt Felsen était l’un d’eux. Je l’ai rencontré quand il était en 80, il parlait comme Humphrey Bogart et a obtenu un coup de pied de m’appeler «Flash». Je lui ai demandé s’il avait rencontré Capa et il m’a dit:

« Bien sûr, je l’ai fait, Flash, au Florida bar Hôtel. C’était un petit gars. Bonne recherche. Un homme bon, juste un peu fou. Toujours à courir vers la prise de vue. »

L’Hôtel Florida à Madrid était où Ernest Hemingway a vécu à l’époque, et c’était un lieu de rassemblement pour les étrangers combat et la couverture du conflit.

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[Ernest Hemingway (troisième à partir de la gauche), journaliste du New York Times Herbert Matthews (deuxième à partir de la gauche) et deux soldats républicains, Teruel, Espagne].

Pris la fin de Décembre 1937 par Robert Capa. Négative. © Centre International de la Photographie / Magnum

Photographes Crazy In Love
Gerda Taro, comme Capa, était un peu fou aussi, toujours à courir vers les coups de feu.Idéaliste et romantique, ils ont voulu avertir le monde de la menace et de faire un peu d’argent, aussi. Ils étaient aussi profondément dans l’amour, les voyages et la photographie ainsi que l’étiquetage et leurs photos Capa et Taro. Pour vendre leur travail, ils réduiraient leurs feuilles de contact et collez les meilleures photos en 8 x 10 ordinateurs portables avec leurs légendes et histoires milieux. Ces carnets ont ensuite été remis à leurs agents, qui seraient alors les utiliser pour commercialiser les histoires. Ces essais photographiques sont bien vendus, et bientôt ont été publiés dans des publications européennes et américaines, y compris Cordialement ,  Ce Soir, Vu et, bien sûr, la vie magazine.

 

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[Gerda Taro et Robert Capa sur la terrasse du Café du Dôme à Montparnasse, Paris]
prise au début de 1936 par Fred Stein. Négative. © Succession de Fred Stein. Courtesy of International Center of Photography.

Pour le couple, la vie a existé entre les pôles opposés de la société café chic de Paris et les champs de bataille de l’Espagne. Trop tôt, cependant, la chance de Gerda épuisée et le 25 Juillet 1937, elle a été tuée par un réservoir tout en couvrant la bataille de Brunete. Capa a été dévastée. Il lui a fallu des mois avant qu’il puisse revenir en arrière à l’avant. Mais comme d’habitude, quand il a fait qu’il se dirigeait vers la fusillade et a couvert la guerre jusqu’à ce qu’elle s’est terminée en Février 1939.

Fuyant la guerre, laissant ses fichiers derrière
Hemingway et les autres alors décampé pour Paris alors que des dizaines de milliers de combattants républicains et les Espagnols ordinaires ont traversé les Pyrénées, fuyant Franco.Beaucoup ont fini dans les camps d’internement en France – dans des lieux tels que le Barcarès et Argelès-sur-Mer, non loin de là où j’habite. Les malchanceux ont été envoyés au nord vers les camps de concentration allemands, tandis que quelques privilégiés ont survécu et plus tard arrangées en France.

Quand il revint à Paris, Capa a réalisé qu’il était en danger. Les nazis ont commencé leur occupation de Paris en 1940 et était sûr de l’arrêter, alors il est resté aussi longtemps que possible avant de partir pour New York. Il a confié son studio et espagnols négatifs de la guerre civile à son ami le photographe, Imre « Csiki » Weiss. Bien qu’il soit revenu à l’Europe deux ans plus tard et abondamment photographié la guerre, et a accompagné les troupes de débarquement américain en Normandie le jour J , il a apparemment jamais fait un effort pour récupérer ses fichiers Paris.

Cornell Capa, frère cadet de Robert et le fondateur de l’International Center of Photography à New York, m’a dit en 1973 que Robert avait eu « d’autres photos espagnols » mais il n’avait aucune idée de ce qui leur était arrivé. Ce fut jusqu’en 1975, quand il a reçu une lettre de Imre Weiss:

«En 1939, quand les Allemands approché Paris, je mets les points négatifs de tous BOB dans un sac à dos et à bicyclette à Bordeaux pour essayer de l’obtenir sur un bateau au Mexique. J’ai rencontré un Chilien dans la rue et lui ai demandé de prendre mes emballages de film à son consulat pour la garde. Il a accepté « .

Une valise remplie de trésors
Maintenant, la recherche était allumé, mais les efforts de Cornell pour trouver le sac à dos et le consulat n’a rien produit. A cette époque, on ne savait pas du voyage étonnant de ces photographies perdues. Peu de temps après Weiss les a donnés à l’étranger « chilien », le sac à dos est devenu une valise qui n’a jamais pu le consulat. Cependant, en 1941 ou ’42, un général Francisco Aguilar González – l’ambassadeur du Mexique au gouvernement de Vichy France – en quelque sorte mis la main sur elle. Il n’y a pas moyen de savoir si le général savait ce qu’il avait ou jamais ouvert la valise, mais nous savons qu’il a pris avec lui à Mexico. Il a été laissé parmi ses effets personnels, où il est resté sûr et oublié pendant près de 30 ans.

L’une des trois boîtes de carton de la valise mexicaine contenant des images de la guerre civile espagnole par Capa, Chim et Taro. © Centre International de la Photographie

Le général est mort en 1971, et le voyage de la valise a repris. Elle a été transmise à une amie de la générale qui est stockée elle à nouveau, probablement ouvert, où il est resté jusqu’en 1995. Ensuite, la femme est morte et la valise a été laissé à son neveu, qui se trouvait être le cinéaste mexicain Benjamin Tarver. Il l’a ouvert et s’émerveillait de ce qu’il a trouvé. Ayant tout juste vu une exposition de photographies espagnols de la guerre civile en néerlandais photojournaliste Carel Blazer à Mexico, il a compris ce qu’il avait. Il a ensuite tendu la main à Queens College (NY) historienne de l’art, Jerald R. Green de l’aide.  »Naturellement, il serait prudent d’avoir ce matériau … devenir une archive disponible aux étudiants et chercheurs de la guerre civile espagnole, » Tarver a écrit à Green, qui était aussi un ami de Cornell Capa.

La valise insaisissable et son contenu sont enfin à la maison
verte a immédiatement appelé Capa pour lui dire les nouvelles. Capa a tenté d’entrer en contact avec Tarver, mais le cinéaste était étrangement évasif et n’a pas pu être atteint. Enfin, selon Cynthia Young, conservateur adjoint de l’Robert Capa et Cornell Capa Archive à l’ICP:

« Au début de 2007, Wallis (le chef conservateur ICP) a demandé l’aide de commissaire indépendant et cinéaste Trisha Ziff, basée à Mexico. Ziff a rencontré Tarver en mai 2007, et au cours des prochains mois, a contribué à le persuader que les négatifs appartenaient à l’ICP avec le reste de la Capa et Archives Taro, et une grande collection de Chim. Sur Décembre 19, Ziff est arrivé à l’ICP avec la valise mexicaine. Les négatifs disparus avaient finalement rentrer à la maison « .

Cornell Capa était de 89 quand, enfin, il est arrivé à tenir et ouvrir la « Valise mexicaine». Dans celle-ci comptait 126 rouleaux de film contenant plus de 4500 images prises par son frère Robert, Gerda et Chim, ainsi que plusieurs des cahiers d’histoire. Les images sont conservées dans la collection par l’ICP, et sur ​​son site vous pouvez apprendre beaucoup plus sur l’histoire de la «valise mexicaine».

 

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[Exilé républicains se marchaient sur ​​la plage pour un camp d'internement, Le Barcarès, France]
Pris Mars 1939 par Robert Capa. Négative. © Centre International de la Photographie / Magnum

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[Homme portant un garçon blessé, Teruel, Espagne]

Pris fin Décembre 1937 par Robert Capa. Négative. © Centre International de la Photographie / Magnum

Quant à mon ami Milt, il a fait son chemin de la maison, aussi. Le FBI l’a appelé un « anti-fasciste prématurée » et un communiste, mais malgré cela, lorsque l’Amérique entra en guerre, lui et d’autres vétérans de la Brigade se sont retrouvés recrutés par le général «Wild Bill» Donovan dans le nouveau OSS (plus tard la CIA). En raison de leur expérience de combat en Europe, leur pays avait besoin d’eux et bientôt Milt, bien en avance sur les troupes régulières, était derrière les lignes ennemies sauter les ponts.

Mais c’est une autre histoire pour une autre fois.

Un merci spécial à Camille Ortiz, coordonnatrice des relations publiques à l’ICP pour son aide à cette histoire.

 

DUB SELECTA 26 10 21

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 9 h 09 min

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Un p’tit voyage à travers l’histoire du DUB de Kingston Jamaïque à Londre England et the world.

 

 

RETROUVEZ ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS SUR

http://mixcloud.com/skuale/

ou

http://mixcloud.com/radiolibertaire/

 

 

Engendré par la volonté des soundsystems jamaïcains de surpasser la concurrence avec des titres exclusifs, le dub, qu’on appelait drum and bass à ses débuts, est à la base de certains éléments essentiels de la dance music, remix, édit ou discomix. En laissant plus de place aux MC’s, le dub a aussi permis l’invention du toast, et donc du rap. Tout ça parce que quelqu’un a oublié d’appuyer sur un bouton… Cet article a été publié dans le Trax #190 de mars 2016.
 

Pour comprendre l’histoire du dub, il faut capter ce qui se passait à Kingston, en Jamaïque, dans les 60’s, où la culture du soundsystem était implantée depuis une bonne dizaine d’années. Pour écouter du son, on va aux soundsystems, qui posaient dans les rues leur camion, les enceintes et un étal faisant office de bar pour vendre de l’alcool. Rudimentaire, certes, mais on a rarement besoin de plus pour s’amuser.

 

Augustus Pablo & King Tubby – “King Tubby Meets Rockers Uptown” (1976) :

https://youtu.be/wbCrYBWh62Y

 

On est donc fin 1967 ou début 1968 (ce n’est pas tout à fait clair), en pleine période rocksteady (du ska ralenti, qui allait mener au reggae). Dans la capitale jamaïcaine, trois soundsystems se tirent la bourre en tête de peloton même s’ils évoluent dans différents quartiers. Le Home Town Hifi de King Tubby – un ingénieur électricien qui répare transistors, enceintes et frigos –, basé à Waterhouse, Lloyd the Matador à Waltham Park, et le Suprême Ruler of Sound de Ruddy Redwood, à Spanish Town, à l’ouest de Kingston et ancienne capitale de l’île. C’est ce dernier, propriétaire d’un magasin de disques et assez aisé, qui mène la danse, grâce à ses connexions avec Coxsone et surtout Duke Reid, patron du label Treasure Isle, hyper-populaire sur l’île à ce moment-là, grâce à ses hits rocksteady, justement.

 

Lee Scratch Perry – “Dub Revolution pt.1” :

https://youtu.be/dvs0MwlIiug

 

Toutes les semaines, Redwood passe au studio prendre des tracks inédits. C’est win win : le selector a des exclus et ça permet à Duke Reid d’avoir des retours du public pour savoir quels disques commercialiser. Un jour, Redwood vient récupérer ses acétates (des disques très fragiles pressés à quelques exemplaires, qu’on appelle dubplates) chez Treasure Isle, en compagnie de Byron Smith, le graveur. Le producteur Bunny Lee, qui n’est pas encore le gourou du reggae des 70’s, traîne dans le coin avec Osbourne Ruddock, alias King Tubby. Redwood est en train de bricoler des sons et Byron Smith s’apprête à graver “On The Beach”, le nouveau titre des Paragons.

 

“On The Beach”, the Paragons.

https://youtu.be/OZWZNJaKw8E

 

Bunny Lee raconte la suite pour Blood & Fire (le label de rééditions mené par l’Anglais Steve Barrow) : « Le riddim démarre et Smith oublie de lancer la piste des voix. Il s’apprête à le faire quand Ruddy Redwood, qui perçoit la nouveauté, l’arrête : “Non, attends, laisse tourner l’instru, on va virer les voix.” » Il grave deux versions du morceau. Le samedi, au soundsystem, il joue l’original, laisse les gens absorber les lyrics, faciles à retenir (« Let’s go have some fun, on the beach, where there is a party »), et le mixe avec l’instrumental : les danseurs comprennent vite et se mettent à chanter le refrain et à guincher sur le dub. Folie sur le dancefloor. Le lendemain, Redwood court au studio pour mettre Duke Reid au courant. « Ce soir-là, ils l’ont rejoué une vingtaine de fois, ils ont tout cassé », témoigne Bunny Lee, qui va vite passer le mot à King Tubby. Celui-ci réédite l’expérience avec “Too Proud To Beg” d’une des stars du moment, Slim Smith.

 

Scientist vs. Prince Jammy – “Big Showdown at King Tubby’s” :

https://youtu.be/BEXZG3mrWKo

 

Le dub était né, grâce à une erreur technique et surtout une belle inspiration. Deux ans plus tard, tous les 45 tours jamaïcains sortent avec une version instrumentale en face B. De son côté, King Tubby, accompagné du toaster U-Roy au micro, en train de définir les règles du hip-hop, intègre un module d’écho et de réverbe à son set-up et transforme l’expérimentation en genre, annihilant au passage toute concurrence en ville.

 

Histoire du Dub

par Erwan Le Nagard19 septembre 2007

Né à la fin des années 60 en Jamaique, le DUB (qui signifie en anglais copier / doubler un film) est devenu aujourd’hui un style musical à part entière s’écartant de ses origines. La légende veut que ce soit King Tubby (Osbourne Ruddock de son vrai nom) qui ait commis une erreur lors du mixage en omettant d’enregistrer la piste vocale d’un morceau. Impossible de vérifier la véracité de cette histoire, il serait tout aussi possible que King Tubby, féru de musique reggae et d’appareils électroniques, voulu graver ses dub plates (exemplaires uniques de disques moules servant ensuite à graver en série les vinyles) de manière à amplifier le couple basse/batterie tout en atténuant les voix sous des effets de réverb. Une dubplate était aussi un moyen de tester la version en sound system et d’apprécier la réaction du public. {multithumb}

 Les radios ne diffusaient en ces temps là que peu de reggae music en Jamaïque. Fruit de la création des ingénieurs du son et non des musiciens ou des producteurs, le dub propose un agencement des pistes particulier et l’utilisation de fréquences basses. Le constat est qu’aujourd’hui, tout comme dans les années 90 avec la techno, le dub est devenu un terme fourre-tout qui cache des groupes bien différents les uns des autres qui évoluent dans une sphère musicale aussi roots qu’électronique. Le dub n’est donc plus considéré comme un style musical mais plutôt comme une manière de produire et de traiter le son.

Nous ne ferons pas ici un historique pur et simple rempli de dates et de noms d’artistes inutiles mais nous chercherons à amener une réflexion sur l’état actuel du dub et comment il a été possible d’en arriver là.

 C’est en 1972 que King Tubby commença ses expérimentations musicales dans son studio (« Tubby’s home town hi-fi ») à l’aide d’un enregistreur deux pistes. Le studio de Tubby portait le même nom que son sound system home town hi-fi et était le meilleur en terme de qualité. Il construisit pour cela des amplis de puissance à lampes KT88 avec un son redoutable pour alimenter ses scoops 18″ avec le deep round bass sound comme il dit ! A l’aide de morceaux originaux d’artistes tels que Lee Perry ou Bunny Lee, il va appliquer des effets conçus par lui-même. A la fin des années 70, en Jamaïque, les clubs proposent des remix de dub mais celui-ci très proche du reggae jusqu’aux années 90. Lee Perry sera l’un des premiers artistes à proposer un album entièrement composé de morceaux dub (Blackboard jungle dub) qui étaient réservés aux faces B jusqu’alors… Notez aussi que c’est Augustus Pablo qui popularisera l’utilisation du mélodica. Augustus pablo était un des meilleurs amis de Tubby. Il mourra d’un cancer refusant la médecine de babylone…

Il apparaît deux types de dub : l’un est empreint au reggae et s’impose comme la continuité de la musique roots jamaïquaine alors que l’autre apparaît plutôt comme une musique de studio pure où l’ingénieur du son se libère en tant que musicien pour produire une musique riche d’expérimentations et en transgressant les règles du métier. La force du dub est donc sa diversité et son identité propre issue des influences musicales de chaque artiste. Le dub a donc réussi en 30 ans à fédérer un large public issu de la rencontre des rude boys Jamaïquains et des punks européens.

 En effet, avec l’avènement du punk dans les années 70 on retrouve de nombreuses similitudes entre les scènes punks et reggae. Ce dernier utilise dans ses textes toute la violence du punk malgré une musique calme et posée. N’oublions pas que de nombreux leader de groupes punks (Sex Pistols, The Clash, Killing Joke, The Stranglers, …) étaient passionnés par la musique Jamaïquaine et s’égareront pour certains dans des compositions dub. En Angleterre, à partir de 1977, c’est Don Letts (big audio dynamite BAD avec Mick jones ex-The Clash) qui mixait reggae et punk au Roxy, fameuse boîte londonienne. Il a toujours un sound system (Dub cartel sound system) et vient de réaliser un film en Jamaïque.

De nombreux événements appelés « Punk reggae party » sont aussi organisé en Angleterre : ce sont des festivals où se réunissent groupes de punk et de reggae pour faire partager leur musique respectives. Le mouvement « Rock against Racism » rapproche aussi les deux styles musicaux dans les années 70 pour les fédérer contre un ennemi commun : le National Front. De plus avec un public largement citadin, le dub a réussi à attirer les punks issus de l’alternatif qui était lui-même issu à moitié de la scène ska-reggae. C’est certainement un goût prononcé pour la contre culture et l’anticonformisme qui rapprocha le dub du punk et du reggae. De ce point de départ, le dub a pu s’orienter vers des ambiances oppressantes et tendues plutôt que vers une musique très zen et claire.En 1990, King Tubby est assassiné d’un coup de revolver par un criminel sans réelle motivation (si ce n’est les quelques billets que possédait King Tubby dans son porte-monnaie). Le dub s’enlisait jusqu’alors avec un manque d’originalité persistant. La précédente décennie avait été marquée par le label ON-U Sound, son fondateur Adrian Sherwood et Mad Professor. ON-U Sound, véritable institution dub, avait réussi à imposer le dub comme un style musical à part entière tout en le popularisant. C’est alors qu’en Angleterre au début des années 90 apparaissent quelques groupes (Alpha & Omega, Jah Warrior, The Rootsman, Bush Chemist, Iration Steppas, Zion Train) qui vont révolutionner le dub en apportant une forte influence électronique. En effet, l’avènement de la techno offre une très belle opportunité au dub de se renouveler. Les possibilités offertes par l’électronique amènent les groupes à la recherche constante de l’innovation sonore. On retrouvera des projets aussi étranges que du dub métal (Dub War) ou des mix avec des beats jungle.

 Quand est-il du message à faire passer ? Comme toute les musiques un tant soit peu alter mondialistes et intègres, le dub est une histoire de fête, de partage et de solidarité. On fusionne les genres (comme l’ont très bien prouvé High Tone, Kaly live Dub et Improvisators Dub pour donner lieu à deux split cd ou encore Zenzile et Meï Teï Sho sur Modus Vivendi). En France, le mouvement dub s’enclenche dans les années 90 aux quatre coins de la France (ou plutôt six puisqu’on parle de scène hexagonale !) dans des projets parallèles. High Tone à Lyon, Improvisators Dub à Bordeaux, Ez3kiel à Tours, Zenzile à Angers, Lab° en Ile de France, Dubians à Lille, Kanka à Rouen, etc… sont les chefs de file d’un mouvement qui se veut extrêmement varié : aucun groupe ne se ressemble par ses sonorités et seule la nationalité semble être le dénominateur commun de ses formations.

 

A la fin des années 90, le mouvement s’enclenche et chacune de ses formations hétéroclites se croyant seules jusqu’alors s’aperçoive qu’une scène hexagonale est en train de naitre. Prônant l’indépendance totale, les groupes se rallient au sein de quelques labels indés (Wuga Wuga, Jarring Effects, Hammerbass, Bangarang, etc…) pour obtenir une parfaite liberté artistique et une autonomie donnant lieu à une solidarité forte entre eux. Petite particularité du dub français : alors qu’en Jamaïque, le dub est une musique de sound system qui se joue en disco, en France on préfère différencier nettement la musique live du studio en privilégiant la scène pour donner une touche moins aseptisée à leur musique souvent électronique. Le dub est évidemment une musique universelle et les groupes français ne croient généralement pas à un « phénomène hexagonal ». Celui-ci ressemble plus à une tournure de phrase journalistique qu’à une réalité et même si le dub français se caractérise par ses performances live, on retrouve le même esprit et des sonorités similaires en Angleterre ou dans d’autres pays d’Europe.      

Le dub représente le plus large terrain d’expérimentation qu’il soit. Avec un engagement autant politique que musical, les formations les plus novatrices de France sauront encore longtemps rallier un public vaste composé de familles musicales aussi éloignées qu’a priori incompatibles à réunir. Le dub et ses signes identitaires remarquables ont encore de beaux jours devant lui …

 

 

AlexDub, activiste de la scène Dub depuis les années 90’s, vous partage en plusieurs parties sa passion pour l’Histoire du Dub de la Jamaïque des années 60’s jusqu’à aujourd’hui… “Culture Dub, L’Histoire du Dub de ses origines à nos jours“. 1ère Partie : les Racines du Dub en Jamaïque (1967-1980) – De la version instrumentale au Dub (part.1) !

Culture Dub - L'Histoire du Dub de ses origines à nos jours

 

1ère Partie : les racines du dub en Jamaïque (1967-1980)

1) De la version instrumentale au Dub

Sans cette fameuse commande du morceau ‘On The Beach’ des Paragons passée par Ruddy Redwood pour son système de diffusion sonore au studio du producteur Duke Reid, le Dub ne serait peut être jamais né !

                    Jamaïque rime avec musique !

La Jamaïque traverse l’été de l’année 1966 sous une grosse canicule. Le ska, qui domine les pistes de danse – « les dancefloors » – depuis bientôt 10 années, est bien trop rapide pour les danseurs sous cette chaleur de plomb et va laisser place au rock steady. Ce nouveau style musical a un rythme plus lent, la batterie est mise plus en avant et la basse profonde, se rapprochant des productions de la musique soul américaine. La basse électrique joue un grand rôle dans la naissance du rock steady.

Le jeu syncopé va permettre de laisser plus d’espaces aux chanteurs contrairement aux lignes  continuent du ska jouées par le bassiste. Les influences viennent de chanteurs comme le mythique James Brown ou The Impressions, diffusés sur les ondes des radios de l’île et découverts grâce aux jamaïcains qui font des allers-retours aux Etats-Unis. Ils y vont pour travailler et ramènent avec leurs économies des disques au fond de leur valise qui sont diffusés lors de soirées dansantes.

Duke Reid Sound System

 

En 1966 la compétition musicale entre les deux principaux producteurs indépendants de l’île est très forte. Arthur ‘Duke’ Reid, ancien policier reconvertit dans la vente de spiritueux et la production de disques est un des acteurs incontournables de l’histoire de la musique jamaïcaine. Il dirige son propre studio d’enregistrement nommé Treasure Isle où il enregistre à partir de 1965  de jeunes chanteurs et produit de nombreux albums.   Son plus fervent concurrent, le légendaire Clément ‘Coxsone’ Dodd, fondateur en 1963 du très prolifique et mythique Studio One, est « Le » producteur de l’ère du ska.

Coxsone Sound System

Il produit un nombre incroyable de rythmiques, toujours de très grande qualité et jouées par de talentueux  musiciens. Les deux hommes oeuvrent depuis déjà plus de 15 années au sein de la scène musicale jamaïcaine et s’affrontent musicalement, lors de soirées dansantes, avec leurs sound-systems respectifs, le Trojan Sound System pour Duke Reid et le Sir Coxsone’s DownBeat pour Clément Dodd.

Le bras de fer musical qui les oppose est des plus enrichissants et « va aider la musique jamaïquaine à en arriver là où elle est aujourd’hui » confie le chanteur John Holt.

Avec l’arrivée du rock steady, Duke Reid innove en produisant des chansons qui parlent du quotidien de la jeune génération de l’île. Les textes racontent le succès où les mésaventures des Rude Boys, ces jeunes qui font régner la loi dans les ghettos grandissants de Kingston depuis l’indépendance. Les premières paroles parlant du mouvement « Rastafari » et des revendications sociales voient le jour suite à la venue en Jamaïque de l’Empereur d’Ethiopie, sa Majesté Hailé Selassié I, au mois d’avril de l’année 1966.

Et bien sur, la tendance est toujours aux chansons de cœur, aux déclarations d’amour, aux histoires qui  finissent mal en général comme aime à les chanter le lover Alton Ellis (« Mister Soul Of Jamaïca ») dans les morceaux ‘Never Love Again’ où ‘I’m still in love with you’ !!!

En 1967 le patron du label Treasure Isle domine la scène musicale jamaïcaine avec le succès des  disques de Justin Hinds, d’Alton Ellis et de la chanteuse Phyllis Dillon. Duke Reid produit de jeunes groupes comme les Techniques, les Melodians, les Silverstones où encore les Paragons (fondé par Bob Andy et composé de John Holt et Garth Evans à cette période). Ces derniers, sans le savoir sont à l’origine de la naissance du dub grâce à la 1ère version instrumentale (morceau sans les voix) pressée sur un vinyl de leur chanson ‘On The Beach’.

The Paragons - On The Beach

 

                    La version instrumentale par Rudolph ‘Ruddy’ Redwood

Rudolph ‘Ruddy’ Redwood tient un magasin de disque dans la ville de Spanish Town en Jamaïque.  Passionné de musique, il construit son propre sound-system (système de diffusion sonore) et fabrique ses 4 premières enceintes pour jouer ses disques dans des soirées privées sous le nom de Supreme Ruler Of Sound. Après plusieurs prestations données dans son quartier, le S-R-S prend vite de l’ampleur et le public vient de plus en plus nombreux. Pour alimenter ses bacs de disques en musique actuelle Ruddy, en perpétuelle quête de nouveautés, s’approvisionne en morceaux exclusifs auprès du « cow-boy » Duke Reid. Celui-ci ne cesse d’enregistrer dans son studio du 33 Bond Street où musiciens et chanteurs se plaisent à donner le meilleur d’eux-mêmes car toujours rémunérés malgré les 2 colts (au minimum) accrochés à la ceinture du patron et les plafonds perforés par ses excès d’humeur, à la recherche du hit.

33 Bond Street

 

Après avoir animé une soirée avec sa sono mobile et découvert l’engouement du public lors du passage de la chanson ‘On The Beach’, le sélecteur Ruddy commande plusieurs dub-plates de ce morceau des Paragons à Duke Reid. Byron Smith est l’ingénieur attitré pour réaliser ce travail dans la salle de pressage du studio Treasure Isle. Les dub-plates sont des disques en acétate de cellulose, réservés exclusivement aux sound systems et ne sont pas commercialisés. Ils sont utilisés par les  producteurs pour tester de nouvelles chansons en public avant de les distribuer en 45t et permettent aux sound systems de jouer des morceaux inédits.

Photo by Shane McCauley

Pour fabriquer cette « galette », l’ingénieur a besoin de la cassette de l’enregistrement original réalisé en studio qui comporte 2 pistes, comme les enregistreurs des studios indépendants de cette époque. Celle-ci est lue dans un lecteur qui sépare la piste des instruments et celle de la voix, et les transferts à la machine à graver à laquelle il est branché. L’ingénieur règle le niveau sonore de chaque piste et lance le pressage de ce  vinyl unique destiné à la platine disque du sound-system.

Mais voilà que Byron Smith, lors du pressage de la commande de Rudolph Redwood, découvre, une fois la machine lancée, qu’il a par inadvertance oublié d’allumer la piste gauche correspondant à celle de la voix des Paragons sur le morceau ‘On The Beach’. Seule la piste des instruments est donc gravée sur le dub-plate. Il en parle aussitôt à Rudy, et celui-ci toujours à la recherche de nouveauté pour se démarquer des autres sound-systems, lui demande de garder le pressage en réalisant que cela peut apporter de l’originalité dans sa sélection. La version instrumentale vient de voir le jour en Jamaïque !

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais lors de cette soirée d’été de 1967, c’est au tour de Rudolph Redwood de jouer au sein de son sound system Supreme Ruler Of Sound à Spanish Town. « L’homme de minuit », heure à laquelle il commence toujours à animer la piste de danse, joue plusieurs chansons de sa collection et se décide à poser sur sa platine le dub-plate instrumentale de ‘On The Beach‘.

On The Beach

C’est alors que le public jamaïcain passionné de Reggae, venu à la soirée et toujours en quête de nouvelles sensations, se met au premières notes du morceau à chanter d’une seule voix, reconnaissant le morceau des Paragons, provoquant une vibration inoubliable pour Ruddy. Il la joue plusieurs fois de suite tellement elle est encensée par la foule avant de diffuser la  chanson originale. Redwood vient de transformer une erreur technique en véritable succès. Il  s’empresse d’en parler à Duke Reid, et lui commande le pressage d’autres dub-plates de chansons du catalogue Treasure Isle en versions instrumentales.

Seul le sound-system de Ruddy qui est devenu le plus en vue de Spanish Town, joue à cette période  des dub-plates d’instrumentaux. Duke Reid, en producteur expérimenté, ne laisse jamais passer une bonne idée. Il voie et entend parler de l’ambiance générée en soirée par ces sélections d’un nouveau genre et se met à produire d’autres morceaux dénudés de voix et les commercialise sur la face B du disque des chansons originales. Clément Coxsone Dodd aussi donne une seconde vie aux nombreuses rythmiques enregistrées dans son studio, en les re-mixant accompagnées de solos de cuivres ou d’orgue.

Les disques 33t sont accrédités au nom des musiciens solistes qui  profitent de cette opportunité pour se faire connaître auprès du grand public jamaïcain. A la fin des années 60, Duke Reid sort sur son label Treasure Isle plusieurs albums instrumentaux dont les fameux “Down On Bond Street” et “Greater Jamaïca” du saxophoniste Tommy McCook. Sur le label Studio One de Coxsone on trouve entre autres les albums “In London” et “Keep On Dancing” de l’organiste Jackie Mittoo et “100 Years After” du très apprécié et génial tromboniste Don Drummond.

Don Drummond - 100Years After

 

On se retrouve prochainement dans “Culture Dub, L’histoire du Dub de ses origines à nos jours” avec l’Épisode #2 : 1ère Partie : les Racines du Dub en Jamaïque (1967-1980) – De la version instrumentale au Dub (part.2) !

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