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28 avril 2021

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Joseba Sarrionandia © Jose GOITIA

L’écrivain Joseba Sarrionandia de retour au Pays Basque après plus de trente ans d’exil

Joseba Sarrionandia est revenu. Après 36 ans d’exil, l’écrivain d’Iurreta est rentré dans son pays natal, comme l’a confirmé le site Naiz. Il revient avec une œuvre prolifique qui fait partie de l’imaginaire collectif basque. Sarri est revenu physiquement, car il n’est jamais vraiment parti.

C’est une nouvelle importante, qu’il n’est pas exagéré de qualifier d’historique, aussi bien pour la culture basque que pour la politique basque. Joseba Sarrionandia Uribelarrea, connu sous le nom de « Sarri », est rentré à Durango après quelque 36 ans d’absence physique, mais pas vraiment réelle. Pendant son exil, sa création littéraire a été incessante et ovationnée, ce qui n’a fait amplifier l’écho qu’avait suscité son évasion de la prison de Martutene et la chanson que Kortatu lui avait dédiée.

C’était le jour de San Fermin, en 1985. Les murs qui abritent les cellules de la prison de Martutene, située en Gipzukoa, sont aujourd’hui témoins d’un changement de cap en ce qui concerne la politique pénitentiaire de l’Etat espagnol. L’éloignement que dénonce encore le Collectif des prisonniers politiques basques s’atténue au fil des jours. En ce 7 juillet 1985, Joseba Sarrionandia et Iñaki Pikabea s’étaient évadés de l’établissement pénitentiaire gipuzkoar, dissimulés dans une baffle.

Sarrionandia, déjà écrivain à l’époque, s’est alors lancé dans un long périple à travers le monde, une destination où réalité et littérature sont mélés. Sa course prend finalement fin au Pays Basque. Comme Naiz l’a confirmé auprès d’une source proche de l’écrivain, Joseba Sarrionandia est rentré chez lui dans son Iurreta-Durango natal. Le désir de Sarrionandia de quitter Cuba, où il avait établi sa résidence, pour le Pays Basque était connu. Essentiellement pour des raisons familiales, le retour s’est donc fait de manière discrète. Son objectif principal est de retrouver sa mère, son père étant mort en 2016, après 31 ans sans se voir. Comme lui, des dizaines et des dizaines d’exilés politiques basques sont rentrés dans leur pays, dans la mesure du possible, depuis l’engagement pris par le collectif qu’ils ont formé à Biarritz en 2013.

Sur sa route à travers différents pays, il a semé des œuvres majeures comme « Ni ez naiz hemengoa » (Je ne suis pas d’ici, en euskara) écrit avant sa fuite. Il a ensuite publié « Lagun Izoztua » (L’ami gelé), « Hau da ene ondasun guztia » (Voici tout ce que je possède) ou encore « Moroak gara behelaino artean? » (Sommes-nous tels des Maures dans la brume ?), livre qui lui a valu le prix littéraire Euskadi Saria à l’époque du lehendakari socialiste Patxi Lopez, et qui a provoqué une polémique. Pendant toutes ces années loin des siens, Joseba Sarrionandia s’est exprimé à travers la poésie, des romans, des essais mais également de la littérature jeunesse. Ses paroles ont inspiré des musiciens de référence tels que Mikel Laboa, ou Ruper Ordorika. Si bien que son personnage est devenu un mythe dans son pays.

C’est en 2016 que l’Iurretarra – toujours timide, toujours introverti, du moins avec la presse et vis-à-vis de son image publique – a fait savoir au monde qu’il résidait à Cuba. Il l’a fait lors de l’obtention d’une place de lecteur à l’Université de La Havane après la création d’une chaire par l’Institut Etxepare. La photo qui a accompagné l’entretien accordé à ce moment-là aux journalistes a révélé le visage du Sarrionandia du XXIe siècle, tellement fantasmé par ses lecteurs et ses compatriotes.

 

Joseba Sarrionandia Uribelarrea, alias Sarri, né le 13 avril 1958 à Iurreta est un écrivain, poète, académicien et philologue basque. Avec de nombreux livres de poésie, essais, brèves histoires et romans dans son domaine, il est un des auteurs contemporains en langue basque (euskara) des plus illustres. En 1985, il s’est évadé de la prison de Martutene (Saint-Sébastien) grâce à Mikel Antza et depuis lors et ce jusqu’en 2016, on ne connaissait pas son lieu de résidence, bien qu’il ait continué à écrire depuis son exil.

 

 

Biographie

«Je n’ai jamais pris la décision d’être écrivain. À mes tout débuts, écrire n’était pas un métier; je n’étais qu’un étudiant, et l’écriture représentait pour le militantisme généreux de l’époque, une autre façon d’aborder les champs de la politique et de la culture. Du point de vue de certaines perspectives professionnelles actuelles, ce militantisme peut apparaître comme un sacrifice, et même susciter un sentiment de pitié, mais nous vivions heureux, comme les amants sans le sou.

 

En prison, j’ai continué à écrire, j’étais un forçat de métier et j’écrivais pour oublier un peu ma condition. Ensuite, de nouveau libre, libre d’une certaine manière, je n’ai eu d’autre issue que celle d’être fugitif de profession, et rien n’a été ni n’est plus présent dans ma vie que l’écriture.

 

Mais je ne dirais pas que je suis écrivain de profession, du moins pas encore. Si je le suis, c’est dans cet autre sens que lui a donné Thomas Mann, dans la mesure où écrire reste pour moi une chose difficile et qui me coûte». »

 

Joseba Sarrionandia (2002)1

Après avoir suivi des études de sociologie et de philologie à l’université de Deusto (Bilbao), il est professeur de phonétique à l’UNED de Bergara. Il donnera également des cours a l’Udako Euskal Unibertsitatea (Université basque d’été).

 

Ses premiers travaux journalistiques ont été publiés dans les revues Pott, Anaitasuna, Ibaizabal et Zeruko Argia et dans les quotidiens Egin et Egunkaria. À la même époque, il fonde avec Bernardo Atxaga, Manu Ertzilla, Jon Juaristi, Ruper Ordorika et Joxemari Iturralde Pott Banda (Groupe Pott en basque). Membre correspondant de l’Académie de la langue basque, il est traducteur en basque de diverses œuvres littéraires, comme celles de T. S. Eliot, Coleridge et Pessoa. Le recueil de poèmes Izuen gordelekuetan barrena (À travers les cachettes des peurs) a été son premier livre publié. Le livre a eu beaucoup de succès et beaucoup de nouveaux auteurs ont admis avoir été influencé, jusqu’au point où le premier poème de ce livre, Bitakora kaiera (Le livre de bord), a été pris comme manifeste.

 

En 1980, il est soupçonné d’appartenir à l’Euskadi ta Askatasuna (ETA) et arrêté. Jugé, il est condamné à une peine de 22 ans de prison. La même année, il gagne trois prix littéraires avec les contes Maggie indazu kamamila, Emperadore eroa et le recueil de poèmes Izuen gordelekuetan barrena. Cinq ans plus tard, le 7 juillet 1985, il s’évade de la prison de Martutene avec un autre prisonnier, Iñaki Pikabea, en se dissimulant dans les baffles après un concert du chanteur Imanol Larzabal2. Le vol a inspiré la célèbre chanson Sarri, Sarri du groupe basque Kortatu. Depuis lors, il est en cavale, même si l’infraction pour laquelle il a été condamné est prescrite. Comme il l’a affirmé dans une entrevue avec Hasier Etxeberria, même s’il n’a actuellement aucun procès en attente, ses motifs pour ne pas retourner sont plus de caractère politique. Dans le roman Hnuy illa nyha majah yahoo, toutefois, il utilise la première personne du pluriel pour affirmer que nous serons toujours des exilés, que le retour à la maison est absolument impossible, parce que la maison, la patrie, comme nous l’avons connue, comme nous la souhaitons, n’existe pas. Retour impossible pour un poète qui ne doute pas en affirmant que la vraie poésie est possible et que, malgré tout, il existe aussi ce qui n’existe pas, car

 

presque tous les travaux à faire et les poèmes les plus parfaits reste à écrire

« egiteko gehienak egiteke/ditugu. / Poemarik behinenak izkiriatzeke / daude… / Ez diren gauzak ere / badira ».

Toujours en exil, sujet récurrent dans son œuvre, il continue de publier sans cesse des livres et continue d’être une source d’inspiration pour les musiciens et artistes de différents styles (voir Discographie et Œuvre scéniques). Certaines des chansons qui utilisent ses poèmes ont été compilées, avec la voix de l’auteur, dans le disque-livre Hau da ene ondazun guzia (Ceci est toute mon œuvre) copublié par les éditions Esan Ozenki et Txalaparta en 1999.

 

 

Joseba Sarrionandia (1985).

La trajectoire littéraire qui, avec les types traditionnels (poésie, narration, essai), aime expérimenter et proposer des textes hybrides représentatifs d’une conception innovatrice de la littérature. Ni ez hemengoa naiz (Je ne suis pas d’ici), Marginalia, Ez gara geure baitakoak (Nous ne sommes pas de nous-mêmes) et Han izanik hona naiz (De là-bas même je viens) sont certaines de ses œuvres qui représentent cette tendance à l’hybridation. Sa prose est pleine de métaphores et images suggestives, une prose poétique qui incorpore des éléments fantastiques et des références à des légendes et à des histoires traditionnelles. Ces dernières exposent ses affinités avec celles des auteurs comme Samuel Taylor Coleridge ou Herman Melville, qui rendent hommage à des narrations du « cycle arturique », qu’évoquent des échos d’auteurs comme Thomas Stearns Eliot, Constantin Cavafy, Jonathan Swift, Edgar Allan Poe, et d’autres basques, par exemple Jon Mirande et Bernard D’Etchepare, et que Sarrionandia explore aussi avec ses histoires méta-narratives originales. Souvent les narrations ont plusieurs lectures, plusieurs sens. « Les textes peuvent parfois nous sembler ambigus, et obscurs. Chaque lecteur devra leur donner leur interprétation… Puisqu’il nous offre des textes pleins d’implications, nous sommes obligés de repenser ce que disent les textes », affirme Aitzpea Azkorbebeitia.

 

D’autres textes nous rappellent que Sarrionandia est un poète reconnu qui mérite une place importante dans l’actuel panorama littéraire basque. « La lecture de ses livres de poèmes nous révèle que Sarrionandia est un voyageur infatigable de géographie littéraires, un marin ébloui par un océan d’idées poétiques », selon Maris José Olaziregi.

 

En 2001, il a reçu le Prix de la Critique de la narrative en basque, accordé par l’Association espagnole de Critiques Littéraires, pour Lagun izoztua (l’ami congelé), son premier roman.

 

En 2011, Joseba Sarrionandia reçoit le prix Euskadi pour le meilleur essai en langue basque Moroak gara behelaino artean?, mais le gouvernement basque a prévenu que le prix resterait attribué à cet auteur, mais pas la prime de 18 000 euros.

 

José Ignacio Picabea Burunza plus connu comme Iñaki Pikabea, alias Piti, est un ancien membre de l’organisation indépendantiste basque ETA et parlementaire basque pour la coalition abertzale Herri Batasuna entre 1980 et 1984.

 

Le 19 février 1979 il a été arrêté par la police accusé d’appartenir à un commando d’ETA-Militaire.

 

Alors qu’il était en prison préventive dans l’attente du jugement, il a été inclus par la coalition abertzale Herri Batasuna dans ses listes électorales lors des premières élections autonomes qui ont eu lieu au Pays basque. Il a été élu parlementaire basque par la province du Guipuscoa. Il sera parlementaire entre 1980 et 1984 bien qu’il n’ait jamais pris part à aucune session du Parlement. En juillet 1981 il a été condamné à 33 années de prison pour être membre d’ETA-militaire et pour avoir pris part en 1977 au meurtre du conseiller municipal irundarra (gentilé basque d’Irun) Julio Martínez Ezquerro.

 

Le 7 juillet 1985 il s’est évadé de la prison de Martutene de Saint-Sébastien avec un autre etarre1 et auteur Joseba Sarrionandia. Tous les deux ont été dissimulés dans les baffles après un concert du chanteur Imanol Larzabal dans la prison. C’est Mikel Antza, amoureux fou de littérature, qui favorise cette spectaculaire évasion le 7 juillet, jour de la San Fermin2.

 

L’évasion a inspiré la célèbre chanson Sarri, Sarri du groupe basque Kortatu.

 

Pikabea a réintégré ETA après leur évasion, mais a été arrêté deux années plus tard, en octobre 1987 dans une opération policière en France contre la direction militaire d’ETA. Il a été extradé en Espagne et a continué à purger sa peine.

 

En mars 2000 il sort de prison en liberté conditionnelle.

 

Mikel Antza

Mikel Albizu Iriarte, alias Mikel Antza, né le 7 juin 1961 à Saint-Sébastien est un dramaturge[1] et écrivain de langue basque ayant une formation en philologie.

 

C’est un des principaux dirigeants de l’organisation indépendantiste ETA avec Mobutu et Susper. Il est arrêté le 3 octobre 2004 dans une ferme isolée près de Salies-de-Béarn dans les Pyrénées-Atlantiques (France) avec d’autres membres d’ETA dont sa compagne, María Soledad Iparraguirre alias Elsabeth puis Anboto. Il est libéré le 23 janvier 2019[2].

 

Mikel est un littéraire, diplômé en philologie et surnommé parfois « le poète », il doit son pseudonyme à la signature « Antza » sous laquelle il signait des articles dans une revue culturelle basque[3]. À vingt-et-un ans il remporte le prix Ciudad de Irun pour un essai intitulé Susko Gezi bat bezala et signe sous le pseudo d’Antza des chroniques littéraires dans le quotidien Egin. Il a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

 

Mikel Antza a été le dirigeant d’ETA qui a été à la tête de l’organisation le plus longtemps, depuis qu’en 1993 il a pris la direction politique jusqu’à ce qu’à son arrestation en 2004. Il a de qui tenir puisque son père, Rafael Albizu Ezenarro est l’un des fondateurs d’ETA. Le jour de la San Fermin, il favorise l’évasion originale de la prison de Martutene de l’écrivain Joseba Sarrionandia[5], alias Sarri qui y purge trente ans de détention pour appartenance à ETA et d’Iñaki Pikabea alias Piti (trente-trois ans pour le même motif) en se faisant passer pour l’ingénieur de son du chanteur Imanol Larzabal et planquant les fugitifs dans les baffles de l’orchestre. Repéré, il s’enfuit outre Pyrénées et se retrouve à Paris avec l’arrière-garde installée par Txelis, avec qui il collabore sur le thème des relations internationales[6].

 

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Trois prisonniers basques en fin de peine bientôt libres

Iñaki Arakama, Lorentxa Beyrie et Didier Aguerre s’apprêtent à sortir de prison. L’association Ipar Euskal Herriko Harrera anticipe l’accompagnement de ceux qui retourneront auprès de leurs proches au Pays Basque Nord.

 

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Rassemblements et manifestations en tous genres ont ponctué les années de prison de Lorentxa Beyrie.

Ce printemps, trois nouveaux prisonniers basques en fin de peine vont quitter leur lieu de détention. Iñaki Arakama, qui a des attaches familiales au Pays Basque Nord, sera libre le 25 avril. Lorentxa Beyrie, détenue à la prison de Roanne, sortira le 30. Pour Didier Aguerre, la date reste encore à préciser, en raison notamment du calcul du reliquat de peine. Le 12 mars, Oihan Barandalla Goñi, qui a passé son enfance à Bayonne, a quitté la prison de Lannemezan.

 

Avec la libération de Lorentxa Beyrie et de Didier Aguerre, ne resteront plus derrière les barreaux de l’État français que deux détenus originaires du Pays Basque Nord : Jakes Esnal et Ion Kepa Parot.

 

Didier Aguerre, né en 1976 et originaire de Pagolle, est incarcéré depuis septembre 2001. La même année, Lorentxa Beyrie, Kanboar née en 1975, a été arrêtée à Auch et placée en détention le 13 décembre 2001. Le Gasteiztar Iñaki Arakama est, lui, emprisonné depuis 25 ans. En mars, il a quitté la prison de Séville et a été rapproché à la prison de Zaballa, à Gasteiz. A sa sortie, il retrouvera sa famille et, à l’instar de ses camarades, une nouvelle vie.

 

Le prisonnier basque Iñaki Arakama a été libéré

Arakama était membre de l’équipe de négociation de l’ETA lors des négociations d’Alger. Il a ensuite été expulsé vers la République dominicaine pendant huit ans. Il a passé les 24 dernières années en prison.

 

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Iñaki Arakama devant la prison de Zaballa aujourd’hui avec ses proches. 
25 avril 2021 09:36

Le prisonnier basque Iñaki Arakama est libéré de prison. Etxerat a rapporté qu’il avait quitté la prison de Zaballa ce matin. Arakama a été expulsé en 1989, hispanisé en août 1997 et a depuis été transféré dans diverses prisons espagnoles; ce dernier à Séville. 

Il est né à Asparrena (Álava) et au début de 1989 était membre de l’équipe de négociation de l’ETA dans les négociations d’Alger. Ces entretiens n’ont cependant pas porté leurs fruits et les participants ont été expulsés vers la République dominicaine: Arakama lui-même, Belen Gonzalez Peñalba et Eugenio Etxebeste.

En août 1997, le gouvernement de la République dominicaine a remis Arakama au gouvernement espagnol, avec Etxebeste et Peio Gantxegi.

 

 

 

En Espagne, Arakama a été détenu, entre autres, dans les prisons de Saragosse et de Logroño, mais a passé la plupart de son temps à Séville; ils ont été amenés au Pays basque ces dernières semaines. Il a été reconnu coupable de plusieurs attentats au début des années 80.

À Séville, il a été emprisonné à 882 kilomètres de sa résidence. Lors d’une visite à Hari, en 2017, un neveu d’Arakama, un partenaire et un ami ont eu un accident de voiture lors d’une visite d’ un week - end à Bejar (Espagne) et sont rentrés chez eux. 

 

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Harrera accompagne le retour

 

Après de nombreuses années passées derrière les barreaux, un détenu qui sort de prison a besoin d’accompagnement pour s’adapter à sa nouvelle liberté : trouver un emploi, un logement, une mutuelle santé, passer le permis de conduire… L’association Harrera apporte aux anciens prisonniers une aide précieuse dans la réalisation de toutes ces tâches indispensables à la reprise d’une vie normale.

 

« Le rôle d’Harrera est d’accompagner ces prisonniers et exilés. En cas de libération sous contrôle judiciaire, nous préparons à l’avance pour chacun d’eux un dossier de recherche d’emploi ou de logement… Avant leur sortie, nous nous réunissons avec les proches et nous mettons en contact avec le détenu lui-même, pour voir de quel type d’aide ils vont avoir besoin », explique Jokin Etxebarria, membre d’Ipar Euskal Herriko Harrera. Un travail déjà réalisé avec les familles de Lorentxa Beyrie et de Didier Aguerre, afin d’anticiper leurs besoins.

 

L’aide peut porter sur divers aspects du quotidien des détenus libérés. Elle leur permet notamment d’effectuer un bilan médical en partenariat avec des professionnels de santé. « On les aide dans leur recherche d’emploi et on leur apporte une aide économique jusqu’à ce qu’ils obtiennent un emploi. S’ils n’ont pas conduit depuis longtemps ou qu’ils n’ont pas le permis de conduire, on les aide à faire une remise à niveau ou à passer le permis. L’objectif est de ne pas faire porter cette charge aux familles et d’apporter une aide professionnelle au détenu qui sort ou à l’exilé qui rentre ».

 

Au sortir, la précarité

 

Une aide juridique est également apportée. « Beaucoup sont libres mais ne jouissent pas de tous leurs droits civiques », souligne Jokin Etxebarria. En effet, certains anciens prisonniers ayant purgé leur peine continuent d’être considérés comme des « suspects », soit parce qu’ils figurent dans le fichier Fijait, soit parce qu’ils sont interdits de territoire français et frappés d’une ordonnance d’expulsion.

 

L’ancien prisonnier basque Aratz Gomez s’estime chanceux, car il a été très bien entouré à sa sortie de prison. « Tombé » à l’âge de 20 ans, il n’en est sorti qu’au bout de dix-huit ans. Il a donc passé la plus grande partie de sa jeunesse derrière les barreaux. Même si c’est sa compagne qui s’est occupée de toutes les démarches administratives, Harrera lui a été d’un soutien précieux sur le plan financier. « Je n’ai pas eu l’occasion de me construire une carrière professionnelle, donc à ma sortie, je n’avais aucun droit à l’assurance-chômage » explique-t-il à MEDIABASK.

 

Le diagnostic réalisé par Harrera a révélé que les anciens prisonniers et exilés, et encore plus les femmes, connaissent des conditions de vie précaires une fois dehors. L’un des enjeux majeurs pour beaucoup d’anciens détenus est celui du départ en retraite. Selon les résultats de l’enquête menée par Harrera auprès d’une centaine d’ex-détenus, un quart des personnes qui sont ou seront bientôt à la retraite ne bénéficieront pas d’une retraite à taux plein. Les autres touchent une pension plus faible. Pour les 42 participants à l’étude qui ne sont pas encore partis à la retraite, les perspectives ne sont pas bonnes, d’après l’association qui appelle les pouvoirs publics à se saisir de la question.

HARRERA une association pour accompagner les ex-prisonnier-e-s et exilé-e-s politiques basques

20 11 2016

Peio Bellan est engagé depuis de nombreuses années, à titre professionnel et personnel pour, selon ses propos, remettre l’humain au centre de la réflexion sociale et économique au pays basque. Il est aussi depuis 2013 président de l’association HARRERA (1) qui a pour but de venir en aide aux anciens prisonnier-e-s politiques basques ainsi qu’aux personnes ayant quitté leur ville ou village pour des raisons liées au conflit. Nous l’avons rencontré en novembre dernier à Bayonne, dans les locaux de cette association.

 

Juan Salazar – Pouvez-vous nous présenter Harrera ?

 

Peio Bellan – Il faut d’abord revenir sur le contexte dans lequel a été décidé la création d’Harrera.  En octobre 2011 à Donosti, a l’issue d’une conférence internationale, Kofi Annan, ancien secrétaire général des nations unies, Jonhatan Powell, ancien chef de Cabinet de Tony Blair, Gerry Adams, leader du Sinn Fein, Pierre Joxe, ancien ministre de l’intérieur français ont rendu public une feuille de route pour résoudre et dépasser le conflit perdurant au Pays Basque, et trois jours après, l’organisation ETA a annoncé la fin définitive de la lutte armée. Au Pays Basque nord, dans l’état français, l’ensemble de la représentation politique a appuyé ce processus de paix en créant un groupe de dialogue.

 

J.S. – C’est pour cela que lors de la création de l’association, vous aviez insisté sur le fait qu’elle était un outil au service du processus de paix ?

 

P.B. – Exactement. Depuis cinq ans, une période inédite s’est ouverte au Pays basque. Parallèlement aux initiatives pour faire avancer ce processus, comme la conférence organisée l’année dernière à l’Assemblée Nationale à Paris, qui avait pour but d’appeler les gouvernements espagnols et français et l’ensemble des citoyens d’œuvrer en faveur de la paix au pays basque, il faut créer des outils qui garantissent durablement cette paix. L’objectif de notre action est de garantir une insertion dans le tissu social qui réponde aux critères de la dignité.

 

J.S. – Quels sont vos moyens d’action ?

 

P.B. – Pour les sortants de prison en particulier, les priorités sont la santé, le logement, l’emploi. Tout en les accompagnant pour leur régularisation administrative et dans leurs démarches juridiques, Harrera apporte un soutien technique à l’aide à la recherche d’un emploi ou à la formation professionnelle, à la recherche d’un logement, et à la mise en relation avec des professionnels du soin.

 

J.S. – A combien de personnes avez-vous apporté votre soutien depuis 2013 ?

 

P.B. – Je préfère parler d’accompagnement, car il faut inscrire notre action dans la durée. 13 recherches de logement ont été solutionnées, via le privé ou les structures de logement social ; 6 contrats de travail ont pu être signés ; 2 personnes ont réalisé des formations professionnelles ; 13 ont eu accès à des soins de santé, pour la majorité de nature psychologique ; 21 régularisations administratives auprès de Pôle Emploi et de la CPAM en particulier ont été réalisées ; 8 personnes ont été accompagnées dans le cadre de l’aménagement de peines. Mais faute de moyens nous ne pouvons répondre à tous les besoins.

 

J.S. – Quelles sont vos sources de financement ?

 

P.B. -  Les fonds nécessaires à la réalisation des objectifs d’Harrera sont issus de financements publics, notamment de communes du Pays basque, mais aussi de fondations, associations personnes privées. Nous menons une campagne de collecte de dons et subventions, nous allons également faire appel au mécénat d’entreprise.

 

J.S. – Vous avez aussi un rôle d’information ?

 

P.B. -  Il s’agit surtout de sensibiliser l’opinion publique et les pouvoirs publics sur la nécessité d’aborder cette question de l’insertion des prisonniers et des exilés dans des conditions dignes. Outre l’organisation de réunions, nous allons réaliser une vidéo de témoignages d’anciennes et d’anciens prisonniers sur les stigmates de la détention, et sur les difficultés rencontrées lors de la réinsertion. Nous voulons en faire un outil de communication grand public.

 

J.S. – Il y a encore des centaines de détenus liés au conflit au pays basque en Espagne et en France. Harrera va donc répondre aux besoins de ceux qui reviennent en Iparralde ?

 

P.B. – Je pense que le moment viendra ou, comme en Irlande, les pouvoirs publics et les institutions européennes contribueront à la réinsertion sociale et citoyenne des ex-détenus. Mais en attendant, nous devrons avec les soutiens les plus nombreux possible, pas seulement ici au Pays basque, servir la paix en poursuivant les objectifs qu’Harrera s’est fixé en mars 2013.

 

J.S. – Comment peut-on soutenir votre association ?

 

P.B. – Oui c’est important, car s’il est de l’intérêt de tous que les anciennes et les anciens prisonniers politiques basques puissent s’insérer dans la société dans des conditions dignes, c’est aussi l’affaire de nous tous. Toutes les aides sont les bienvenues, en envoyant des dons au siège de Harrera, mais aussi lorsque c’est possible en contribuant à leur trouver un logement ou un travail en Iparralde.

 

Jaun andereak egun on,
 
Gaurko egoera denentzat korapilatsua eta nekea izanik ere, espero dugu aurten berriz, zuen laguntza errepikatuko duzuela, erbeste eta kartzelatik itzultzen diren euskal militanteak sustengatzeko.
Badakigu hainbeste urteren buruan, herrirat itzultzea ez dela nahikoa libre izateko. Osasuna, etxebizitza, diru iturriak, lana, betebehar administratibo eta juridikoak, eta bistan dena harreman-sarea, berriz eraiki behar dira aitzinerat segitu ahal izateko. Urrats hauen bideratzeko beharrezkoak diren baliabideak biltzea du xede, Askatasun gosez ekimenak.
 
Mezu honen bidez eskatzen dizugun 50€-ko laguntzaren eskertzeko, Euskal Herriko 7 herrialdeetako 13 mozkinekin osatu dugu Askatasun Gosez saskia. Saskia galdatzeko epea gaurtik aitzina eta ekainaren 4era arte zabaldua da. Saskia haatik ekainaren 26an helaraziko dizugu. Aitzineko ekimenean 20.000€ eman genizkion Iparraldeko Harrera-ri, diru sartze hau ezinbestekoa zaio gaur egun ere, preso eta iheslari ohiei berehalako laguntza bermatzeko.
 
Besterik gabe, gure esker beroenak helarazten dizkizuegu eta zuekin kondatzen dugu email hau zuen sareetara hedatzeko. Paperez igor dezakezue eskaera edo azpiko lotura honetan klikatuz. Informazio gehiagorentzat deitu Amaia 06 17 93 04 05
 
Kanpaina sustengatu, saskia eskatu, hemen klikatuz
 
fichier pdf Askatasun gosez 2021.eus
 
Malgré un contexte que nous savons difficile pour tous et toutes, nous comptons à nouveau sur vous, pour constituer un fond de soutien aux militant(e)s basques revenant de prison ou d’exil. Au bout de tant d’années, il faut plus qu’un retour au pays pour se sentir libre. Santé, logement, revenus, travail, sans oublier les démarches administratives et juridiques et la nécessité de recréer du lien social, sont autant de chose à remettre en place pour pouvoir aller de l’avant.
 
Notre contribution à nous, est de trouver des sources de financement pour faciliter cette période de transition. En remerciement d’une contribution solidaire de 50 euros que nous sollicitons par ce courrier, vous recevrez le panier Askatasun gosez, composé de 13 produits de qualité venant des 7 provinces du Pays basque.
 
Vous pouvez commander le panier Askatasun gosez à partir d’aujourd’hui jusqu’au 4 juin, la livraison du panier se fera le 26 juin.
La campagne précédente nous a permis de reverser 20.000€ à Iparraldeko Harrera, cette entrée d’argent reste fondamentale pour cette association.
Nous vous remercions par avance de votre participation et vous demandons de diffuser ce message à vos contacts. Vous pouvez nous envoyer votre commande par courrier ou en cliquant sur le lien ci dessous. Pour plus d’info : Amaia 06 17 93 04 05
 

Cliquez ce lien pour soutenir la campagne et recevoir le panier

 
 

 

(1) Association HARRERA        4 rue des Lisses 64100 Bayonne      iparraldekoharrerataldea@gmail.com

 

 

 

 

antifa

antifaantifaLa police espagnole tente de faire reculer des manifestants antifascistes, à Madrid, le 7 avril 2021.  

Manifestation antifasciste à Madrid : affrontements et arrestations

Une manifestation de 2000 personnes s’étaient rassemblées à Vallecas le 8 avril, quartier du sud de Madrid pour s’opposer à la tenue d’un rassemblement électoral du parti d’extrême droite Vox. Un quartier populaire et marqué à gauche. Les manifestants antifascistes auraient lancé divers projectiles en direction de la police présente en nombre pour protéger les fascistes de VOX, provoquant une charge dans le but de disperser les antifascistes. Il s’en est suivi des affrontements qui aurait fait selon les déclarations de la police : 21 blessés du côté policier (dont 10 soignés à l’hôpital pour des blessures légères) et 14 personnes du côté antifasciste. Il y’aurait par ailleurs eu 4 arrestations suite à ces affrontements.

 

 

Giuliano Cavaterra : “La société d’Iparralde a été violemment secouée”

Le livre publié cette fin de mois par MEDIABASK* revient sur le contexte dans lequel des militants basques de nationalité française s’engagent dans ETA, dans les années 70. Son auteur, Giuliano Cavaterra, relève l’importance de la mémoire dans la résolution du conflit.

 

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Giuliano Cavaterra. © Guillaume Fauveau

Pourquoi avez-vous écrit un livre sur les membres du commando Argala ?

Giuliano Cavaterra : Je m’intéresse aux quatre militants basques de nationalité française toujours incarcérés, après plus de trente ans, accusés d’avoir intégré ce commando. Mais plus que leur histoire, je raconte les cinquante dernières années de conflit violent en Pays Basque. J’essaie de comprendre pourquoi quatre citoyens du Pays Basque Nord se sont engagés dans ETA. Quel est le fond historique, social et politique qui explique l’engagement de ces jeunes gens dans la lutte armée ? S’ils avaient vécu en Seine-et-Marne, leur trajectoire n’aurait pas été la même. C’est une histoire… ce sont des histoires qui pour beaucoup ont été oubliées. Je pense au contexte des années 1970, en Pays Basque Nord et Sud, à la guerre sale. Non seulement c’est une histoire oubliée, mais en plus, on ne la raconte pas.

En quoi l’arrestation de ces personnes a-t-elle été un choc ?

Il n’y avait pas, jusqu’alors, de militant du Pays Basque Nord accusé de faire partie d’un commando armé. C’étaient des personnes d’un âge mûr, des pères de famille, loin de l’image qu’on avait du militant d’ETA. Tout le monde a été sidéré. Les abertzale mêmes ne s’attendaient pas à cela. Jusque-là, les personnes mises en cause dans des affaires liées à ETA au Pays Basque Nord étaient des personnes qui rendaient de menus coups de main. Pour la police aussi, cela a été une surprise.

La société entière d’Iparralde a été violemment secouée parce que les personnes arrêtées se retrouvaient dans toutes ses composantes. Il ne s’agissait pas de gens en rupture. L’un était moine, cela a ébranlé l’Eglise catholique qui avait un poids très important en Pays Basque. Un autre était ancien syndicaliste et ancien membre du PCF, cela a donc touché ce monde-là. Un autre encore était très impliqué dans une peña bayonnaise et avait des amis dans d’autres peñas « historiques”. Un facteur de Saint-Jean-de-Luz a été mis en cause sur le coup… Par ricochet, cela a touché un peu tout le monde. Neuf personnes condamnées pour cette affaire sont du Pays Basque Nord, il y a en tout 17 ou 18 gardes à vues, sans compter tous les gens convoqués pour interrogatoire, et onze personnes sont placées en détention provisoire. Cela montre la dimension de l’affaire.

Quelles ont été vos sources ?

Je ne me suis pas engagé dans un livre de témoignages parce que je devais plutôt raconter le contexte. J’ai donc essentiellement consulté les journaux de l’époque et beaucoup de livres, ainsi que quelques documents universitaires.

Concernant les témoignages, y a-t-il encore des tabous ?

Pour certaines personnes, des tabous non, mais c’est un sujet sensible. Elles n’ont pas eu envie de parler de cette période. Il y a aussi le risque de conséquences judiciaires qui est à prendre en compte.

Pourquoi avez-vous fait le choix de ne pas rentrer dans les faits reprochés ?

J’en parle très peu effectivement, parce que les faits sont connus. Finalement, la partie sur les faits qui leur sont reprochés et pour lesquels ils ont été condamnés est la plus connue de l’affaire. Il y a, à l’inverse, tout un tas d’événements pour lesquels il est difficile de trouver des informations, cela concerne la guerre sale. J’y ai passé plus de temps.

L’autre raison est que toutes les personnes incriminées l’ont été suite à l’arrestation d’Unai Parot sur le territoire espagnol pour laquelle il a dénoncé avoir été torturé. Lors de leurs procès, il n’a pas été possible de faire témoigner Unai Parot car en correctionnel, l’Espagne a refusé de le mettre à disposition de la Justice française. Il était pourtant une des pièces principales du dossier. Quant aux Assises, les magistrats français n’ont pas jugé bon de le faire venir parce qu’entre temps, Parot avait été débouté de ses recours pour les faits de torture, sa plainte initiale s’étant « perdue ». Aujourd’hui, il y a une vérité judiciaire, mais on ne sait pas jusqu’à quel point elle correspond aux faits.

Que dit l’histoire de ces militants du contexte de l’époque ?

Ils appartiennent à une génération née dans l’après-guerre à qui, souvent, on n’a pas transmis l’euskara, et elle veut comprendre pourquoi. Sans parler qu’on assiste partout dans le monde à un réveil des identités nationales. Il y a aussi un fond social avec une désindustrialisation massive du Pays Basque Nord qui arrive dès les années 60. A côté de cela, des élus ne jurent que par le tout tourisme pour compenser ce phénomène. Ce qui ne permet pas aux jeunes de travailler à l’année au pays. Dans les années 70, apparaît le slogan « Vivre et travailler au pays ». Cela s’accompagne par l’émergence d’une conscience révolutionnaire en Europe. Il y a des mouvements sociaux très forts, y compris au Pays Basque Sud malgré le franquisme. Il y a un espoir de changer le monde, de construire une société plus juste.

En quoi le franquisme a-t-il eu une influence sur leur parcours ?

Le franquisme a été une dictature violente et s’est attaqué d’autant plus violemment aux minorités nationales. La naissance d’ETA ne serait sans doute pas intervenue dans un contexte moins violent et, sommairement, il n’y aurait pas eu de commando itinérant. Ensuite, de nombreux militants du Pays Basque Sud ont fui pour venir s’installer ici et des relations se sont donc tissées avec les militants du Nord, une génération ayant reçu une éducation anti-fasciste.

Ensuite, certains faits ont marqué. Le procès de Burgos en est un. Pour beaucoup de personnes qui avaient un sentiment de basquitude, il a marqué le passage à l’action politique. Les manifestations ont rassemblé 10 000 personnes à Bayonne, son retentissement a été international. Par ailleurs, les cas de torture et la guerre sale ont alimenté le conflit, avec là des attaques directes contre la culture et la langue basques.

Vous évoquez les tensions au sein du mouvement abertzale. Pourrait-on dire que le choix que ces militants ont fait n’était pas une évidence dans ce contexte ?

Non, effectivement, la tendance la plus proche d’ETA, et l’organisation elle-même, étaient contre l’utilisation de la violence politique au Pays Basque Nord, mais la tendance qui est vite devenue majoritaire s’est structurée autour d’Iparretarrak. Des contradictions fortes sont apparues. Mais les membres du commando Argala ont, pour la plupart, au moins une partie de leur famille du Pays Basque Sud. Ensuite, il y avait tellement d’actions de guerre sale contre les réfugiés que les militants, dont ceux du Nord, avaient décidé d’organiser des rondes et des liens se sont tissés.

En quoi ce livre est-il engagé ?

Il est engagé dans le sens de la résolution du conflit violent et cela passe par le récit partagé. Pour l’instant, on n’y est pas, on est plutôt dans la guerre des récits. De la propagande qui occulte une partie de l’équation. Il faut également traiter la question des prisonniers de façon juste et équitable. Ici, nous nous retrouvons avec quatre personnes en prison depuis 30 ans, pour ceux qui sont dans l’Etat français libérables depuis une dizaine d’années, remplissant tous les pré-requis pour une libération conditionnelle, à tel point que leur demande est acceptée en première instance. Concernant Unai Parot, il aurait déjà dû être libéré mais on a tordu le droit pour le maintenir en prison. Dans l’Etat espagnol, seul 10 % des détenus accomplissent entièrement la peine, du fait des remises de peine, des aménagements de peine. Dans ce pourcentage se trouvent les prisonniers basques. Cela démontre que c’est une question, plus que de justice, de volonté politique.

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« Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont intégré l’ETA ? »

 

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