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1 avril 2021

CSPB 30 03 21

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 17 h 43 min

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ÉGALEMENT SUR LE BLOG DU COMITÉ

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Dans le résumé de l’émission, Etxerat et la situation des prisonniers, Kutxa Bira la boîte à rêves, les migrants ouvrent les frontières, Telesforo Mozon, leader politique basque, Hippolyte Lissagaray et la commune de 1871, l’association Bizi livre ses tops et flops, Gabi Mouesca, Oier Oa rejette la proposition du procureur, 1 livre pour soutenir l’OIP, une politique linguistique en faveur du basque à Hendaye et Itxatsou, Mumia Abu Jamal, des manifestations à Bayonne en soutien aux teufeurs qui risquent 10 ans de prison refus de transférer des prisonniers corses et enfin la Birmanie et les abus de l’armée contre le peuple. Playlist: En Tol Sarmiento – Ametsetan, ESNE BELTZA. _Quien manda Ft Mala Rodriguez & Fermin Muguruza, Gure kaiola (GLAUCOMA), HUNTZA _Deabruak Gara, Vendetta – Hemen

 Lissagaray

LISSAGARAY Hippolyte, Prosper, Olivier

Né le 24 novembre 1838 à Auch (Gers), mort le 25 janvier 1901 à Paris (IXe arr.) ; célibataire. Ni membre, ni officier, ni fonctionnaire de la Commune, précise-t-il lui même ; mais l’un des plus célèbres parmi ses défenseurs et ses historiens.

La famille de Lissagaray, d’origine basque, appartenait à la bonne bourgeoisie et lui-même était cousin du député bonapartiste Paul de Cassagnac. Il fit de fortes études classiques et couronna son éducation par un voyage en Amérique ; puis il s’installa à Paris en 1860 au moment où le second Empire amorçait un tournant politique. Ses activités furent à la fois littéraires et politiques ; donnant une conférence sur Musset, le 29 février 1864, il condamna le poète au nom de la morale et souhaita une jeunesse « austère et grave [...] car nous n’avons plus le temps d’être jeunes ». Ces conférences de la rue de la Paix (rue Cadet) constituaient une sorte d’Université populaire ; elles furent éphémères, comme sa Revue des cours littéraires. Les campagnes électorales ou politiques de la fin de l’Empire apportèrent un renouveau à son activité : fondation du journal L’Avenir à Auch (Gers), le 15 août 1868 ; duel avec son cousin Paul de Cassagnac qui défendait l’Empire avec la même fougue que Lissagaray se faisait le champion de la République ; condamnation, le 5 novembre 1868, à Auch, à 2 000 F d’amende pour diffamation ; procès de presse et condamnation à un mois de prison, le 19 décembre suivant, pour « excitation à la haine du gouvernement » ; collaboration au journal parisien La Réforme de Vermorel, tandis que les condamnations se multipliaient : Auch, le 16 janvier 1869, un mois de prison pour délit de presse et 2 000 F d’amende ; le 28 du même mois, 1 200 F d’amende pour le même motif ; le 30 octobre 1869, à Paris, 500 F d’amende pour provocation et violences ; le 26 novembre 1869, à Paris, un mois de prison pour avoir contrevenu à la loi sur les réunions publiques ; le 24 décembre 1869, à Auch, huit jours de prison pour coups ; le 31 décembre 1869, à Paris, deux mois de prison après une réunion. Lissagaray passa à Sainte-Pélagie tout le premier trimestre de 1870 et en sortit pour prendre part à la campagne antiplébiscitaire et participer à des réunions, rue Dieu ou aux Folies-Bergère ; de nouveau, il fut frappé, le 14 mai 1870 à Auch, de six mois de prison et 2 000 F d’amende pour offenses envers l’empereur. Ayant, dans une réunion publique, exalté le geste de Mégy qui avait tué le policier venu l’arrêter, et celui des soldats mettant crosse en l’air quand ils recevaient l’ordre de tirer sur le peuple, il préféra gagner Bruxelles où il arriva le 10 mai tandis qu’on le condamnait à Paris, le 28 mai, à un an de prison…

L’Empire s’écroulant, Lissagaray revint à Paris et se mit à la disposition de Gambetta qui le nomma commissaire de guerre à Toulouse où il organisa en novembre, avec son ami Georges Périn, un camp militaire. Le 10 janvier 1871, il était à l’armée du général Chanzy en qualité de chef d’escadron d’état-major quand l’armistice fut signé. Le 18 mars, il vint aussitôt à Paris, mais « ni membre, ni officier, ni fonctionnaire, ni employé de la Commune », il fut exclusivement journaliste, publiant les six numéros de l’Action (4 au 9 avril) et plus tard le Tribun du Peuple (17 au 24 mai). Il prit part alors, du 25 au 28 mai, à la bataille de rue, sur les barricades du XIe arr. puis à Belleville. Ayant réussi à gagner la Belgique, puis l’Angleterre, il vécut du commerce des beurres, de leçons, de conférences. Il publia à Bruxelles ses ouvrages sur la Commune (1871, 1873, 1876 — voir œuvres) ; en 1872, il aurait assisté au congrès de La Haye et peut-être les comptes rendus du Rappel étaient-ils de lui ; la même année, la police le disait assidu aux réunions du Cercle d’Études sociales, Francis Street, à Londres. En 1873, il serait venu à Paris voir Paul Arène ; en 1875, il alla à Jersey. Depuis 1874, on le disait assidu auprès de la troisième fille de Karl Marx, Eleanor, dite « Tussy » ; on parlera encore de ces projets matrimoniaux en 1882… mais Lissagaray demeurera célibataire (Eleanor, née en 1856, épousera Edward Aveling en 1891 et mourra, la même année que son mari, en 1898).

Le 3e conseil de guerre avait condamné Lissagaray, par contumace, le 18 juin 1873, à la déportation dans une enceinte fortifiée — son dossier manque aux archives du ministère de la Guerre — et il figura seulement sur les dernières listes d’amnistiés, le 14 juillet 1880. Sa pensée, durant les neuf années d’exil, avait évolué du radicalisme démocratique au socialisme ; et, de Londres, en octobre 1879, il adressa, avec un groupe de Communards exilés, ses encouragements aux participants du congrès ouvrier socialiste de Marseille (cf. c. rendu du congrès, pp. 378-386). Mais ce Basque que ses amis Gérault-Richard et Amilcare Cipriani, dans les articles nécrologiques qu’ils lui consacrèrent dans la Petite République, en janvier 1901, qualifiaient de « hautain, cassant, fier, autoritaire, dominateur et batailleur » — ce qui gâta parfois ses admirables qualités — fut essentiellement un franc-tireur de la Sociale, avant et après la Commune, ne s’inscrivant ni à l’Internationale qui, pourtant, abrita des courants divers, ni, après la Commune, au Parti ouvrier français de Guesde ou à la Fédération des Travailleurs socialistes de Brousse. S’il eut des affinités avec les blanquistes anticléricaux, patriotes et partisans du coup de main, il ne put admettre leur organisation centralisée ; et si les anarchistes lui plurent par leur permanente référence à la liberté, il voulut, plus éclectique, recourir à tous les modes d’action, y compris au bulletin de vote — lui-même tenta en vain à plusieurs reprises de l’élection — et il alla jusqu’à faire figurer sur une liste de candidats recommandés par la Bataille en 1885, le libertaire Élisée Reclus, auteur du slogan « Voter, c’est abdiquer ».

Après son retour d’exil comme dans la proscription, Lissagaray poursuivit le même combat, avec la même fougue, que ce soit contre Boulanger ou pour Dreyfus, combat haut en couleur, ponctué de condamnations et de duels. Son tempérament bouillant lui valut, en sus de ses duels, quelques nouvelles condamnations : le 3 août 1883, à Paris, quinze jours de prison, le 3 juillet 1884, à Saint-Dié, trois mois de prison et 100 F d’amende ; le 30 juin 1886, à Paris, 200 F d’amende…

Debout ! tel nous apparaît Lissagaray et tel il s’est lui-même caractérisé en faisant figurer ce mot sous le buste qu’il offrait en prime aux lecteurs de sa Bataille. Mais, si cet inclassable, libertaire et autoritaire tout à la fois, fut aux avant-postes des luttes sociales, sa nature trop rebelle l’empêcha de donner toute sa mesure ; toutefois il a laissé une œuvre, une grande œuvre, l’Histoire de la Commune de 1871…

Il mourut à soixante-deux ans d’une douloureuse laryngite, à son domicile, 43, rue Richer (IXe arr.) et fut incinéré au Père-Lachaise le 27 janvier 1901. Mille à deux mille personnes accompagnèrent sa dépouille. Ses cendres furent déposées dans la case portant le numéro 1385.

Un monument lui est dédié à Auch, toujours visible dans le Jardin Ortholan depuis 1903. La rue longeant le jardin, l’école maternelle publique et le quai la longeant en rive droite du Gers entre le pont du Prieuré et le passage Saint-Pierre portent son nom. Des voies ou infrastructures d’autres villes sont également nommées en son honneur comme le boulevard de Lissagaray à Valence-sur-Baïse, la rue Lissagaray à Saint-Étienne, ou le parc Lissagaray au Havre.

POUR CITER CET ARTICLE :

https://maitron.fr/spip.php?article24869,

notice LISSAGARAY Hippolyte, Prosper, Olivier par Jean Maitron, version mise en ligne le 6 mars 2009, dernière modification le 30 juin 2020.

 

commune 

 

LISSAGARAY

 


Il crée l’Action dans lequel, Lissagaray; refuse toute conciliation avec le « Triumgueusat » : Favres, Thiers et Picard puisque « qu’il n’y a qu’une autorité, celle de la commune »,dénonce l’inexistence de généraux et de jeunes chefs et l’incapacité des députés, veut l’interdiction des journaux anti-commune contrairement à Vallès, réclame le programme de la commune : « Nous avons le droit d’être impatients du programmes de la Commune. Plus le dangers est grand, plus ce programme devient nécessaire. […] Que la France,… apprennent au plus vite pourquoi Paris se bat: Voilà votre premier devoir, hommes de la Commune. ». Il souhaite que « que les intérêts des paysans rejoindront ceux des ouvriers si l’éducation peut s’étendre dans les campagnes ». Seul 6 numéros paraissent en deux semaines et L’Action cesse le 9 avril. Le reste du temps, il est avec son fusil sur les remparts. Il crée ensuite le Tribun du Peuple qui sort en continu du 17 mai au 24 mai 1871. Ces derniers écrits dans le journal sont « Au feu maintenant ! Il ne s’agit plus de crier « Vive la République ! » mais de la vivre ! ».

Et Lissagaray, « dernier soldat de la Commune réussissait à s’échapper » de la dernière barricade ce dernier jour sanglant.
Recherché comme beaucoup de communards, il s’exile à Bruxelles où il publie les Huit journées de mai derrière les barricades, dont Jenny Marx rapportera, en décembre 1871 à Kugulman, que « A une seule exception près, tous les livres sur la Commune qui ont paru jusqu’à présent ne valent rien. Cette unique exception à la règle générale, c’est l’ouvrage de Lissagaray  »
De Belgique, il part rapidement pour l’Angleterre où il va rencontrer la famille Marx et Eléanor. Sans le sou, travaillant un peu à droite et à gauche, il organise des conférences ou y participe, collabore toujours aux journaux comme Le Rappel, Le Mot d’ordre ou Le courrier de l’Europe. Il soufflette René de Pont-Jest, journaliste du Figaro pour son article fallacieux sur les communards à Londres. Il écope d’une amende et d’un avertissement. Puis, dans le même temps, il entreprend « de raconter la Commune ».
En 1876, après de longues recherches journalistiques et historiques, il publie L’histoire de la commune de 1871, éditée à Bruxelles par Henry Kistemaeckers, mais interdite en France et diffusée sous le manteau. Eleanor Marx, fille cadette de Karl Marx, s’est éprise de lui lors de son exil à Londres, de 1871 à 1880. C’est Eleanor qui va ainsi traduire l’Histoire de la Commune de 1871 en anglais.

 

Jeunesse difficile

Hippolyte Prosper Olivier Lissagaray est né de l’union de Laurent Prosper Lissagaray, pharmacien à Toulouse, âgé de plus de 50 ans, et de Marie-Louise Olympe Boussès de Foucaud. Il a un frère, HenriNote 1.

Son père meurt alors qu’Henri et lui sont encore petits. En 1847, la mère de Prosper Olivier, assigne en justice Bernard-Adolphe de Cassagnac pour obtenir le remboursement du prêt qu’avait contracté son défunt mari pour sauver la propriété et l’entreprise des gentilshommes verriers2. Dans un premier temps, la famille Lissagaray avait apporté une dot considérable à la famille Cassagnac pour le mariage de Bernard-Adolphe Granier de Cassagnac et d’Ursule Lissagaray, la tante de Prosper Olivier. Ce fut insuffisant. Laurent Prosper Lissagaray contracte donc un prêt pour les Cassagnac tout en hypothéquant ses biens. C’est ainsi qu’après la mort de son mari, Marie-Louise fit un procès à la famille Cassagnac pour rembourser le prêt devenu trop lourd pour elle et ses enfants. Mais, elle n’obtient pas gain de cause. C’est ainsi que Lissagaray reste en conflit permanent avec ses cousins Cassagnac.

Lissagaray rentre au collège d’Aire-sur-l’Adour dans ces conditions difficiles. En seconde, il y fait ses premières armes littéraires sous la houlette du professeur de littérature l’abbé Légé, « maigre, pâle et toussant comme un phtisique, un parfait homme de lettres »3. Celui-ci divise ses élèves en deux camps : classiques et romantiques. Prosper compte au nombre de ces derniers. Il écrit ainsi, à quinze ans, avec son camarade Paul Lacome d’Estalenx un roman médiéval Les Mystères des Croisades, histoire de Louis VII et Aliénor d’Aquitaine. Après le baccalauréat, Prosper ne voit plus Paul, ni ses camarades de collège, mais il garde – écrit-il – « au fond du cœur un endroit où tous vivent »Note 2.

Des Lettres aux armes

Ses conférences littéraires à Paris

En 1860, il s’installe à Paris après un voyage en Amérique. Il dirige une société littéraire à but non lucratif du type des Entretiens et Lectures4 d’Albert Le Roy. Lissagaray et Juette deviennent les fondateurs des conférences publiques avec les conférences de la rue de la Paix. Il écrit une Revue des études littéraires destinée aux scolaires.

1864, conférence houleuse sur Alfred de Musset5, mort en 1857 et très populaire. Pour Lissagaray, Musset « est un homme sans opinion, sans conviction, sans principes, qui prétend incarner dans lui-même l’esprit de cette époque ». Il y dénonce les côtés vicieux et débauchés du poète et de ce fait n’est point un modèle pour la jeunesse : « Nous n’avons plus le temps d’être jeune. Soyons vieux à vingt-cinq, si nous ne voulons pas être serfs à trente… ». Conférence mal accueillie même de par la jeunesse, il publie donc son texte Alfred de Musset devant la jeunesse pour que nul ne l’oublie.

Un Avenir pour la République

1868, engagement contre l’Empire et le 15 août, création du journal L’Avenir à Auch qui veut « rallier dans le Gers toutes les forces éparses du grand parti de la révolution… » dont la ligne est :

  1. le « droit de réunion et d’association » et « la presse, la parole et la conscience libres »,
  2. « les élections loyales… », « la responsabilité effective » des agents d’Etat,
  3. « la suppression des emplois publics et des monopoles », puis « des octrois »,
  4. « la séparation de l’Eglise et l’État », « l’instruction gratuite et obligatoire »,
  5. « le rachat de la dette », puis « la suppression de l’armée permanente »,
  6. Et, « la paix qui ne peut résulter du libre accord des démocrates. ».

Le 30 août 1868, un duel à l’épée s’engage avec victoire de Paul de Cassagnac, son cousin germain6. Ses premières cibles sont effectivement les Cassagnac, notables, bonapartistes et députés du Gers.

1869, L’Avenir à Auch devient le Journal démocratique du Gers et des Hautes Pyrénées à partir du no 93 (3 août 1869). Installé à Paris, Lissagaray collabore à La Réforme de Malespine d’octobre au novembre sans pour autant quitter son journal du Gers.

La Marseillaise et La République

 prison

 

 

 

 

La prison Sainte-Pélagie.

1870, Il crée avec Henri Rochefort La Marseillaise en janvier. Dès le 4 janvier, les condamnations pleuvent : une pour duel à Auch et une à la prison Sainte-Pélagie pour « offenses envers les personnes de l’empereur et de l’impératrice », même si c’est effectivement Émile Ollivier qui aurait dû l’être.

En prison, il écrit Jacques Bonhomme – Entretiens de politique primaire. Il y dénonce également dans L’Avenir le meurtre de Victor Noir. Une émeute « trop prématurée » est évitée par l’intervention de Rochefort lors des obsèques du jeune Victor, ce qui vaut la démission de Jules Vallès. Suit une arrestation de tous les rédacteurs de La Marseillaise qui rejoignent Lissagaray. « Dans l’impossibilité d’envoyer des articles à L’Avenir, à Auch ; encore moins de le diriger », il quitte son journal du Gers.

Libéré, le 6 avril, il prend part aux réunions publiques contre le plébiscite de Louis-Napoléon. Puis, les amendes et deux nouvelles condamnations de prison « envers l’empereur » à Auch tombent de nouveau. Sans attendre, le 10 mai, il s’exile pour 3 mois à Bruxelles.

Il rentre à Paris avant la révolution du 4 septembre 1870, qui proclame la République et met en place le Gouvernement de la Défense nationale.

Il est nommé chef de cabinet de Clément Laurier, avocat proche de Gambetta devenu directeur général du personnel au ministère de l’Intérieur. Il accompagne Laurier à Tours auprès de la délégation gouvernementale. En octobre, Gambetta nomme Lissagaray commissaire de la guerre à Toulouse pour lever un corps de francs-tireurs. Puis, avec le Commandant Major Jay, il monte un projet de camp d’instruction accepté par Gambetta, le 3 novembre. Le 14 janvier 1871, « afin d’être au plus près du feu », il est nommé chef d’escadron d’état-major auxiliaire auprès de l’armée de la Loire du général Chanzy. Il semble que Lissaragay n’exerça jamais cette fonction7.

De la Commune à l’histoire

 

Il crée ensuite le Tribun du Peuple qui sort en continu du 17 mai au 24 mai 1871. Ses derniers écrits dans le journal sont « Au feu maintenant ! Il ne s’agit plus de crier « Vive la République ! » mais de la vivre ! ».

Il a été souvent écrit que Lissagaray aurait été le « dernier soldat de la Commune [qui] réussissait à s’échapper » de la dernière barricade le dernier jour sanglant. « On peut douter que Lissagaray ait beaucoup vu de ce dont il fait le récit, et de sa réelle présence au combat ou sur les lieux qu’il décrit. Lui-même n’atteste avoir été présent qu’en visite aux fronts trois jours avant la Semaine sanglante. »9

De l’exil, de l’aventure et de l’histoire

Recherché comme beaucoup de communards, il s’exile à Bruxelles où il publie les Huit journées de mai derrière les barricades, dont Jenny Marx rapporte, en décembre 1871 à Kugulman, que « À une seule exception près, tous les livres sur la Commune qui ont paru jusqu’à présent ne valent rien. Cette unique exception à la règle générale, c’est l’ouvrage de Lissagaray »10.

 eleonor

 

 

 

 

 

Eleanor Marx.

De Belgique, il part rapidement pour l’Angleterre où il rencontre la famille Marx et Eleanor. Sans le sou, travaillant un peu à droite et à gauche, il organise des conférences ou y participe, collabore toujours aux journaux comme le Rappelle Mot d’ordre ou le Courrier de l’Europe. Il soufflette René de Pont-JestNote 4, journaliste du Figaro pour son article sur Les Communards à Londres, jugé fallacieux par Lissagaray. Il écope d’une amende et d’un avertissement. Puis, dans le même temps, il entreprend « de raconter la Commune ».

En 1876, après de longues recherches journalistiques et historiques, il publie l’Histoire de la commune de 1871, éditée à Bruxelles par Henry Kistemaeckers, mais interdite en France et diffusée sous le manteau. La publication de la traduction anglaise par Eleanor Marx de l’Histoire de la Commune de 1871 se fait en 188611.

Dans la bataille sociale et républicaine

1880, le 11 juillet, le Parlement vote l’amnistie des communards, demandée depuis longtemps par Victor Hugo et Georges Clemenceau parmi d’autres. C’est le retour de Lissagaray à Paris. La première chose est de demander rétractations et excuses de René de Pont-Jest pour son article sur les Communards à Londres, paru quelques années auparavant. De Pont-Jest refuse, Lissagaray demande réparation par les armes. De Pont-Jest refuse encore, c’est par la plume que Lissagaray lui assigne une touche dans Le Rappel du 25 juillet 1880.

La bataille, politique et sociale journal révolutionnaire

1881, il crée La Bataille, politique et sociale tant bien que mal dont le premier numéro paraîtra le 10 mai 1882. À ses débuts les collaborateurs broussistes ont voulu le diriger et faire un journal de cette chapelle, mais sans y parvenir. Ensuite, le propriétaire du journal décide en 1882 de le fusionner avec Le Citoyen dirigé par Jules Guesde et « le lâche Paul Lafargue » : C’est Le Citoyen et la Bataille. Mais la collaboration est impossible, d’une part en raison des petites rancœurs entre Lafargue et Lissagaray, d’autre part, parce que les journalistes guesdistes ne veulent pas de Lissagaray comme rédacteur en chef, évinçant ainsi Paul Lafargue de cette tâche. Avec toute cette cacophonie territoriale Le Citoyen disparaît. Lissagaray reprend les rênes de La Bataille tout court.

C’est un de ces évènements que Engels rapporte à Édouard Bernstein dans sa lettre du 2 novembre 1882 :

« Quand vous ne cessez de répéter que le « marxisme » est en grand discrédit en France, vous n’avez en somme vous‑même d’autre source que celle‑là – du Malon de seconde main. Ce que l’on appelle « marxisme » en France est certes un article tout spécial, au point que Marx a dit à Lafargue : « Ce qu’il y a de certain, c’est que moi je ne suis pas marxiste ». Mais si Le Citoyen a tiré l’été dernier à 25 000 exemplaires et acquis une position telle que Lissagaray a mis en jeu sa réputation pour la conquérir, cela semble tout de même contredire quelque peu ce prétendu discrédit12. »

Ainsi, La Bataille est ouverte « à tous ceux qui veulent la suppression des classes et travailler à l’émancipation des travailleurs », c’est-à-dire à toute diversité et disparité du mouvement socialiste. Cette union révolutionnaire lui vaut les reproches de Vallès dans son premier Cri du peuple de novembre 1883. Cependant, le journal est le premier journal socialiste révolutionnaire avant Le Cri .

« La Bataille n’ignore pas qu’elle est le seul journal révolutionnaire de Paris, le seul qui se refuse à toute intrigue et qui se moque aussi bien du roi Jules Ferry que du dauphin Clemenceau, ignoré, renié ou combattu par tous les politiciens, même du socialisme; n’ayant aucune préoccupation, pas même celle du tirage; ne visant qu’au cœur et non aux théâtrales guenilles. »

1886, le 23 janvier, la concurrence du Cri et des journaux radicaux font disparaître le journal. C’est Le Radical d’Henri Maret qui prend la suite.

Lissagaray écrit anonymement le livre de fiction historique Plus d’Angleterre, qui a remporté un succès.

1887, le 3 décembre, il organise une manifestation sous le nom des « fédérés de la rive gauche » contre Jules Ferry aux élections présidentielles.

Face au général Boulanger

1888, le 25 mai, face au boulangismeClemenceauNote 5,

La Bataille réapparait, en janvier 1889, non plus pour la défense des travailleurs, mais pour le sauvetage de la République contre le boulangisme.

Joffrin et Ranc créent la Société des Droits de l’Homme et du Citoyen. Clemenceau en est le président, et Lissagaray le secrétaire général13. Lissagaray prend donc position contre le plébiscite du général Boulanger et les parlementaires de droite puis d’extrême-gaucheNote 6 en y dénonçant avec la gauche et le centre le césarisme de Boulanger. Mais le général Boulanger est admiré et plébiscité paradoxalement par certains communards blanquistes (Granger) ; par Henri Rochefort – qui devient comme Cassagnac une cible de choix avec une escarmouche en 1889, puis par des royalistes et des bonapartistes.

La Bataille reparaît donc jusqu’en avril 1892 jusqu’à la fusion malgré lui avec La Marseillaise.

Jusqu’à la dernière grande bataille

Lissagaray est également « Candidat aux élections législatives de 1885 et 1893 et à plusieurs élections partielles, non pour obtenir un siège, mais pour exprimer ses idées »14.

1893, il crée la Grande Bataille qui dénonce un gouvernement corrompu, le scandale de Panama, et de « l’abdication des socialistes parlementaires » qui « Autant que les autres partis républicains, le parti socialiste a besoin de se renouveler ».

Le journal s’arrête le 6 juin 1893. Lissagaray écrit encore des articles sous le nom de Jacques Bonhommes dans Le Germinal, dont le rédacteur en chef est Paschal Grousset jusqu’à sa fermeture le 6 septembre 1893.

Il dirige ensuite la revue La Vie algérienne et tunisienne pendant trois ans, mais il se consacre essentiellement à la réédition de l’Histoire de la Commune de 1871 qui paraît en 1896.

De mars 1899 à août 1900, il exerce anonymement la direction de la revue d’érudition l‘Intermédiaire des chercheurs et curieux, pour le compte de sa propriétaire, la générale Iung.

En 1901, à la suite d’une laryngite, le « mousquetaire de la Sociale » meurt à l’âge de 63 ans et est incinéré au Cimetière du Père-Lachaise en présence de deux mille personnes.

Hommages posthumes

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Stèle Lissagaray érigée à Auch dans le Jardin Ortholan.

 

  • à Auch :à Valence-sur-Baïse, un boulevard porte son nom (boulevard de Lissagaray) ;
    • en 1903, une stèle a été érigé à sa mémoire, dans le Jardin Ortholan ;
    • la rue longeant le jardin, l’école maternelle publique et le quai la longeant en rive droite du Gers entre le pont du Prieuré et le passage Saint-Pierre portent son nom ;
  • à Saint-Étienne, une rue porte son nom ;
  • au Havre, un jardin public porte le nom de parc Lissagaray.

 

 

Unai Parot va être rapproché à la prison de León, à 370 km du Pays Basque

La direction des services pénitentiaires de l’État espagnol a annoncé le vendredi 26 mars le transfert de six prisonniers politiques basques. Parmi eux, le Bayonnais Unai Parot, détenu depuis 31 ans.

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Manifestación en Donibane Lohizune por la libertad de Unai y Ion Parot, Xistor Haranburu y Jakes Esnal. (Bob EDME)

Manifestation à Saint-Jean-de-Luz pour la libération d’Unai et Ion Parot, Xistor Haranburu et Jakes Esnal. © Archives Bob EDME

Unai Parot est incarcéré à 1 020 km du Pays Basque, à la prison de Puerto III à Cadix. Mais dans un communiqué publié le vendredi 26 mars, le ministre de l’Intérieur espagnol a déclaré que le Labourdin serait rapproché à la prison de Mansilla à León, à 370 km du Pays Basque. Par ailleurs, le statut de prisonnier de second degré a été accordé au militant qui, en avril, aura accompli 31 ans de détention.

 

Son frère, Ion Kepa Parot, va lui aussi entamer sa 32e année de détention au mois d’avril. Détenu à la prison de Muret, en région toulousaine, le prisonnier âgé de 69 ans a été diagnostiqué positif à la Covid-19 le 18 mars dernier, alors qu’il est par ailleurs asthmatique. Le 22 mars devant la sous-préfecture de Bayonne, le mouvement Bake Bidea et les Artisans de la paix ont réclamé sa libération.

 

Un autre prisonnier basque va lui aussi quitter la prison de Puerto : Jose Mari Dorronsoro, transféré quant à lui vers Iruñea. Lorenzo Ayestaran a lui aussi vu son statut progresser et sera transféré d’Alicante à Soria, où sera également amené un second détenu, Oskar Zelarain, depuis Castelló. Les deux détenus vont passer du premier au second degré.

 

Deux prisonniers incarcérés à la prison de Picassente, à Valencia, vont être rapprochés vers celle de la capitale navarraise : Idoia Mendizabal et Jon Gonzalez. Ainsi, il ne restera plus que deux prisonniers politiques basques derrière les barreaux de Picassente.

 

Cinq transferts cette semaine

 

D’autre part, l’association Etxerat a informé que des rapprochements déjà prévus ont été effectués cette semaine. En effet, Ainhoa Garcia, Aitor Agirrebarrena, Jon Bienzobas, Jose Mari Novoa et Josu Ordoñez ont été transférés vers des prisons plus proches de chez eux.

 

En revanche, d’autres rapprochements annoncés par la direction espagnole des services pénitentiaires n’ont toujours pas eu lieu, au motif de contraintes liées à la pandémie de Covid-19.

 

Iñaki Arakama est au Pays Basque

 

Etxerat a également annoncé le rapprochement du prisonnier gasteiztar Iñaki Arakama. Celui dont la famille vit au Pays Basque Nord a été rapproché à la prison de Zaballa, à Gasteiz. Jusqu’à présent, il purgeait sa peine à Seville, soit à 1 000 km du Pays Basque. Iñaki Arakama est en détention depuis plus de 23 ans. En octobre 2013, il avait purgé les trois quarts de sa peine. Aujourd’hui, sa condamnation touche presque à sa fin.

 

Oier Oa refuse la proposition du procureur de la République

Le militant basque Oier Oa comparaissait le vendredi 26 mars devant le procureur de Bayonne. Ce dernier a proposé une peine de prison avec sursis de quatre mois que l’éducateur du lycée Bernat-Etxepare a refusée. La date de son procès n’est pas encore connue.

 

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Le militant basque Oier Oa a remercié les nombreux lycéens venus le soutenir devant le tribunal de Bayonne. © Guillaume FAUVEAU

Poursuivi pour non respect du fichier Fijait et l’interdiction du territoire français, le militant basque Oier Oa comparaissait le 26 mars au tribunal de Bayonne, accompagné de son avocate, Amaia Recarte. Il a pu compter sur le soutien de près de 200 élèves du lycée Bernat-Etxepare où Oier Oa travaille en tant qu’éducateur. Les jeunes étaient venus jusqu’au tribunal en musique. Egalement présents, entre autres, Anaiz Funosas, présidente de Bakea Bidea et Emilie Martin, artisan de la paix et Nikolas Blain, membre de la direction d’EH Bai.

Oier Oa était convoqué au tribunal de Bayonne vendredi matin à 10 heures, dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Le militant basque ayant reconnu les faits, tout l’enjeu pour lui et son avocate était de débattre sur la peine à infliger. Le procureur de la République de Bayonne, Jérôme Bourrier, a proposé une peine de quatre mois de prison avec sursis. Oier Oa a refusé et son dossier sera porté, de fait, devant le tribunal correctionnel de Bayonne, à une date qui reste encore à déterminer.

« Nous n’avons pas eu de marge de manœuvre » estime son avocate, Amaia Recarte, qui juge sa peine « disproportionnée ». Selon elle, « cette décision ne prend pas en compte dans sa généralité la vie personnelle d’Oier Oa au Labourd ». L’avocate précise que la démarche classique est donc de transférer l’affaire devant le tribunal correctionnel. « Oier Oa pourra présenter plus longuement sa situation, mieux la contextualiser, et de façon plus sereine » estime l’avocate.

« Vous êtes le virus du Pays basque » : des messages contre les Parisiens placardés sur les murs

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Des messages de rejet sont apparus sur des murs du Pays basque, à Urrugne notamment. © Crédit photo : D. R.

Par Pierre Penin – p.penin@sudouest.fr

Les photos prises à Urrugne ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, dans le week-end. On y voit des affiches invitant les « Parisiens » à rentrer chez eux. Les auteurs, non identifiés, de cette action, ont diffusé une explication de leur geste

Depuis la fin de la semaine, plusieurs affiches sont apparues sur des murs d’Urrugne. Elles adressent un message violent en ces termes : « Parisiens, rentrez chez vous. Vous êtes le virus du Pays basque ». Et le slogan « Alde hemendik », dégagez d’ici, en basque. Des mots de rejet, sur fond de pandémie de Covid-19, qui semblent tournés vers les vacanciers venus de la capitale, comme vers ceux qui s’établissent localement.

Des photos de ces affichages ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Elles ont suscité de nombreuses réactions, le plus souvent indignées, pas toujours.

Longue explication

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C’est via ces mêmes réseaux que les auteurs de ces messages ont expliqué leur geste.

Cela dans un long texte, où ils assurent en préalable qu’ « il ne s’agissait pas de dénigrer tous les Parisiens ou Français venus s’installer en Pays basque ». Et de « rendre hommage » à ceux qui « ont su s’intégrer ».

Aux accusations de xénophobie, les auteurs répondent avec la terminologie de la gauche radicale abertzale (patriote, en basque) qu’ils sont engagés « contre le racisme et le fascisme, qu’il vienne des États français, espagnols, ou qu’il fasse irruption à Béhobie ». Allusion à la venue mouvementée, le 16 février, de la tête de liste du Rassemblement national, Edwige Diaz, dans la commune frontalière.

 

Le vrai débat…

Les rédacteurs déplorent les contraintes liées à la traversée de la frontière, d’une province basque à l’autre, « alors que les parisiens tout juste confinés peuvent parcourir 700 kilomètres et venir occuper leurs maisons secondaires ». Pointe ici la question complexe du logement au Pays basque. « De nombreuses personnes venues des quatre coins de la France ont accouru, les poches remplies, envahir notre marché immobilier », signent les militants. Mouvement exacerbé par la crise sanitaire.

 

 

 

Pays basque : une agence immobilière prise à partie après une publicité « malheureuse »

 

A Anglet, une agence immobilière Orpi s’est attirée la colère d’EH Bai avec une publicité « malheureuse ». Des militants ont manifesté devant l’établissement et discuté avec le directeur

Le fourre-tout conceptuel et les mots mal pesés ne doivent pas occulter le sujet social majeur : la difficulté de se loger au Pays basque, pour les classes populaires et désormais moyennes. L’épisode traduit un ressentiment sans doute plus partagé sur le fond que dans la forme employée.

Pays basque : une agence immobilière prise à partie après une publicité « malheureuse »

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La manifestation des militants d’EH bai à Larochefoucaud © Crédit photo : Chopin Jean Daniel

Par Pierre Penin

    

A Anglet, une agence immobilière Orpi s’est attirée la colère d’EH Bai avec une publicité « malheureuse ». Des militants ont manifesté devant l’établissement et discuté avec le directeur

Devant l’agence immobilière Orpi Larochefoucauld, à Anglet, cette banderole déployée : « Le droit au logement n’est pas secondaire ». Samedi matin, une vingtaine de militants d’EH Bai se sont positionnés devant l’établissement.

Une action pour dénoncer « le tract lamentable » diffusé par le professionnel dans les boîtes aux lettres voisines, en début de semaine. La publicité invite les propriétaires à vendre à « nos amis des grandes…

 

Pour que droits et dignité ne s’arrêtent pas au pied des murs

OIPAnnie ErnauxNathalie QuintaneMaylis De KerangalPhilippe ClaudelMarie DarrieussecqNancy HustonDavid Roch

 

À propos

Créée en 1996, la section française de l’Observatoire international des prisons (OIP) se bat pour le respect des droits et de la dignité dans les prisons françaises et milite pour la réduction du recours à l’emprisonnement. En vingt-cinq ans, l’association est devenue un interlocuteur essentiel pour les détenus mais aussi pour l’ensemble des personnes qui s’intéressent à la question carcérale. Elle est par ailleurs une force de proposition respectée des institutions qui sollicitent régulièrement son analyse. Pourtant, alors que la prison reste un espace de non-droit, l’Observatoire n’a jamais été aussi peu soutenu financièrement par l’État. Au point que son existence est menacée.
C’est pour réaffirmer les valeurs qui sont au fondement de son action que des écrivains s’associent au combat pour sa défense. Leurs textes rappellent à quel point la prison hante nos consciences malgré les mécanismes d’occultation de sa dure et proche réalité. Chacun y raconte, dans une grande diversité de forme et de ton, son lien à ce lieu de relégation et dénonce le scandale de sa persistante inhumanité.
Les bénéfices de ce livre sont reversés à l’OIP

Bizi distribue ses Tops et ses Flops

Bizi ouvre l’œil et le bon, et lance une gazette « Hitza Hitz ? L’écho de la métamorphose ». L’association y publie des ‘Tops’ et des ‘Flops’, autant de mises en valeur et d’alertes sur des actions exemplaires ou contraires au Pacte de métamorphose écologique.

 

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La version papier, condensé de la version numérique, est disponible en français et en basque. © BIZI

Les sentinelles écologiques du comité Hitza Hitz de Bizi, qui suivent les engagements des Villes et de la Communauté d’agglomération Pays Basque en faveur de la métamorphose écologique du Pays Basque Nord, ont dévoilé leurs premiers résultats dans gazette.bizimugi.eu, une gazette papier et numérique. Au menu du bulletin d’information figurent différentes rubriques, qui peuvent aussi être consultées au fil des actualités sur les réseaux sociaux de l’association.

Bizi publie ainsi ‘Top : mise en valeur d’une action exemplaire d’une commune, ayant réalisé un engagement du Pacte de métamorphose écologique’ et ‘Flop : alerte sur une commune ayant réalisé une action contraire au Pacte’. Le bon élève du premier numéro est Villefranque « qui a adhéré à la monnaie locale complémentaire Eusko par un vote à l’unanimité lors du conseil municipal du 24 septembre 2020 », et le bonnet d’âne revient à Mauléon, dont le maire « s’est engagé à rendre cyclable l’ensemble des voies de circulation de sa commune en signant le Pacte [et] débute pourtant son mandat par un projet de suppression d’aménagement cyclable au pont du collège : une régression trois ans en arrière vers un double sens de circulation pour les voitures. »

Egalement un ‘Focus : présentation d’une décision ou projet à venir, qui pourrait tomber du bon côté (top) ou du mauvais côté (flop)’ , une rubrique ‘Le saviez-vous ?’, point pédagogique pour informer les élus et les citoyens des mesures ou des dispositifs qui pourraient être mis en place, une rubrique ‘Du côté de l’Agglo : perspectives ou présentation des grands projets structurants au niveau intercommunal’ , et enfin un ‘Portrait de sentinelle’, témoignage d’un membre du comité Hitza Hitz « sur sa mission et sa motivation ».

Sept thématiques

Bizi rappelle que, lors des élections municipales de juin 2020, 46 communes, représentant 62 % de la population du Pays Basque Nord (carte ici), se sont engagées, aux niveaux communal et communautaire, à mener les actions des sept thématiques du Pacte de métamorphose écologique : mobilités douces, énergies renouvelables, alimentation bio et locale, maîtrise de l’énergie, réduction des déchets, développement de l’eusko et déclinaison du Plan climat.

« Devant l’urgence climatique, les sentinelles écologiques du comité Hitza Hitz de Bizi ouvrent l’œil, dans leur commune et sur le territoire, pour que les actes suivent effectivement les paroles » prévient l’association, qui rappelle que durant tout le mandat, elle continuera « de vérifier que les orientations prises respectent ou non la parole donnée et s’inscrivent dans la métamorphose écologique nécessaire pour préserver un territoire soutenable et solidaire face aux bouleversements à venir ».

Les personnes qui souhaiteraient participer à ce suivi sont invitées à contacter le comité Hitza Hitz à l’adresse mail : hitzahitz@bizimugi.eu.

 

 

Du gros son contre dix ans de prison

Un cortège de 600 « teufeurs » a défilé samedi dernier à Bayonne pour défendre les organisateurs de la free party clandestine du Nouvel An qui risquent dix ans de prison, pour soutenir le monde de la culture et au passage protester contre la loi de sécurité globale.

 

gros son

La manifestation avait été déclarée en préfecture mais a surpris commerçants et chalands samedi après-midi. © DR

Parti vers 14 heures samedi dernier 6 mars de la place de la République à Bayonne, un cortège de 600 teufeurs a fait vibrer les rues de Bayonne en mode techno parade. Unis dans leurs revendications pour soutenir les organisateurs de la free party bretonne arrêtés le 2 janvier, pour la culture et la fête, et contre la loi de sécurité globale, le fichage, le flicage, et les drones qui surveillent les raves, ils réclamaient  « la liberté d’aller et venir sans être observés. »

« Dix ans de prison pour avoir fait danser des gens », se sont indignés les manifestants, soutenant les organisateurs de la « soirée » du Nouvel An qui avait rassemblé à Lieuron, en Ille-et-Vilaine, près de 2 500 personnes, du 29 décembre au 2 janvier dernier, faisant peu de cas des contraintes sanitaires. L’appel à se rassembler à Bayonne samedi avait été lancé par huit associations culturelles du Pays Basque, comme dans d’autres villes dans l’Hexagone.

« Le mouvement des free parties existe depuis bientôt trente ans et subit depuis une répression violente et disproportionnée, alors que les organisateurs cherchent des accords avec les communes et demandent des terrains pour être dans la légalité. En vain », ont dénoncé les organisateurs. « Nous sommes les Gilets jaunes, les migrants, les jeunes de quartiers, les zadistes… [...] Nous manifestons en musique et pacifiquement. Alors dansons et montrons combien notre envie de vivre est forte ! », a clamé le speaker avant de déployer 600 raveurs en manque de danse dans la paisible après-midi bayonnaise.

 

 

 Iñaki Urdangarin, l’époux de la princesse Cristina d’Espagne, travaille dans un cabinet d’avocats de Vitoria.

C’est un cliché que les photographes espagnols attendaient de prendre depuis le début de cette semaine. Ce jeudi 4 mars 2021, ils ont enfin pu immortaliser Iñaki Urdangarin entrant dans les locaux du cabinet d’avocats Imaz&Asociados à Vitoria. Celui-ci est le nouvel employeur de l’époux de la princesse Cristina d’Espagne, qui purge maintenant au Pays basque -sa région natale où vit sa famille-, sous le régime de la semi-liberté, la peine de 5 ans et 10 mois de détention qui lui a été infligée suite à sa condamnation pour corruption dans l’affaire Noos.

 

«El Correo» signale que le beau-frère du roi Felipe VI y a son propre bureau, «à l’écart du reste de ses collègues». Alternant présence sur place et télétravail, il effectuera, dans ce cabinet d’avocats spécialisé dans les opérations commerciales, fiscales et sociales, «des tâches de conseil et d’administration, ce qui lui permettra de réduire sa durée de condamnation», explique ce quotidien du Pays basque.

Iñaki est arrivé dimanche chez sa mère à Vitoria

L’ancien médaillé olympique de handball a rejoint son travail à vélo. «El Correo» signale qu’il en a justement acheté un, ce lundi 1er mars à 13h30, dans un magasin bien connu de la ville. Il était arrivé la veille, «caché sur la banquette arrière du van conduit par son beau-frère et avec sa petite sœur comme copilote», dans le lotissement de Vitoria où habite sa mère Claire Liebaert, indique le média. C’est chez elle que le cinquantenaire loge désormais le week-end, tandis qu’il couche quatre nuits chaque semaine dans le module résidentiel pour détenus en régime ouvert de la prison d’Alava à Zaballa, à un peu plus de 10km de là. Il y dispose, selon «El Correo», d’une cellule individuelle de 13m2.

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Iñaki Urdangarin arrive à vélo au cabinet d’avocats Imaz&Asociados à Vitoria, le 4 mars 2021© Europa Press / Bestimage

 

 

Hendaye devient une ville pionnière en matière de politique linguistique

La Ville d’Hendaye a voté à l’unanimité en faveur de la mise en œuvre du Protocole pour la garantie des droits linguistiques, décliné à l’échelle communale. Une première au Pays Basque.

La Ville d’Hendaye a voté ce mercredi 3 mars. © Guillaume Fauveau

Hendaye a franchi une nouvelle étape en matière de politique linguistique. Elle était déjà la première ville à avoir créé un poste de technicien de la langue basque au Pays Basque Nord, elle est la première à accepter la mise en œuvre de la Déclinaison communale du Protocole de garantie des droits linguistiques. Une décision prise à l’unanimité lors du conseil municipal du mercredi 3 mars. C’est la première municipalité du Pays Basque à passer des paroles aux actes.

Ce document, qui s’apparente à une boîte à outils, avait été présenté aux candidats en amont des élections municipales de 2020. Kontseilua et Euskal Konfederazioa, associations fédérant des structures qui œuvrent pour la langue basque, les ont incités à s’engager pour mettre en place des politiques linguistiques ambitieuses et prendre, le cas échéant, la Déclinaison communale du protocole comme référence pour établir la politique linguistique de la ville pour le mandat. Les candidats hendayais aujourd’hui aux responsabilités vont signer l’engagement.

Protocole européen adapté au Pays Basque

Les deux associations ont adapté aux réalités administratives des communes du Pays Basque Nord le « Protocole pour la garantie des droits linguistiques », réalisé par des experts internationaux en droit linguistique et en sociolinguistique, ainsi que par les acteurs sociaux de plus de 30 communautés linguistiques d’Europe.

Présenté en 2016 à Donostia, le document a reçu l’adhésion de plus de 120 acteurs sociaux de 30 communautés linguistiques de toute l’Europe, parmi lesquelles celles de l’État français. Dans sa version locale, les mesures ont été reformulées selon les compétences communales et le droit français, tout en tenant compte de la politique linguistique approuvée par la Communauté d’agglomération Pays Basque.

Deux phases

La mise en place du Protocole s’effectuera en deux phases. Dans un premier temps, un diagnostic sera réalisé, qui viendra enrichir la réflexion menée par la commune sur le développement de la langue basque dans ses services. Ensuite, des préconisations seront formulées, afin de permettre aux élus de mettre en application la politique linguistique pour les prochaines années. Kontseilua offre gratuitement un service d’accompagnement, la maîtrise d’œuvre de la mise en place du projet étant assurée par la Ville d’Hendaye.

Itxassou invite les autres communes à signer la charte locale des langues minoritaires

L’équipe municipale d’Itxassou et Euskal Konfederazioa veulent convaincre toutes les communes du Pays Basque Nord à adhérer à la déclinaison locale de la charte européenne des langues minoritaires. Une trentaine de communes et un pôle territorial sont déjà intéressés.

Si tout se passe comme prévu, les communes signeront officiellement la charte en décembre, en présence de techniciens du Conseil de l’Europe. © Bob EDME

C’était l’un de ses engagements de campagne. La liste municipale Herriari, qui a accédé à la tête de la mairie d’Itxassou aux élections municipales de 2020, va adopter la déclinaison locale de la charte européenne des langues régionales et minoritaires – signée par l’État français en 1999 mais jamais ratifiée –, en lien avec le Conseil de l’Europe. En partenariat avec Euskal Konfederazioa, Itxassou invite à présent le reste des communes de la Communauté d’agglomération Pays Basque à suivre son exemple. L’initiative a été présentée le jeudi 25 mars à la salle Sanoki d’Itxassou, en présence de Mizel Hiribarren, le maire, Gillen Hiribarren et Jokin Irungarai, membres du conseil municipal, Sébastien Castet et Amets Lahetjuzan d’Euskal Konfederazioa et Peio Jorajuria, le président de Seaska.

Pour Sébastien Castet, il s’agit de la « suite logique » du travail engagé il y a un an par Kontseilua et Euskal Konfederazioa lors de la campagne des municipales. Pas moins de 60 listes candidates issues de 33 communes s’étaient alors engagées à passer de la parole aux actes. La Ville d’Hendaye a été pionnière en la matière, en adoptant le 3 mars dernier en conseil municipal le Protocole pour la garantie des droits linguistiques, décliné à l’échelle communale.

A minima 35 options sur 49

A ce jour, les membres de la liste Herriari et d’Euskal Konfederazioa ont eu l’occasion de présenter la charte locale dans environ 30 communes ainsi qu’au pôle territorial de Soule. Ces collectivités ont démontré « un grand intérêt » à débattre de la question au sein de leurs conseils municipaux. « Nous invitons les communes que nous n’avons pas encore rencontrées et qui seraient intéressées, à prendre contact avec nous. Nous sommes prêts à refaire une présentation de cette charte et à les accompagner dans cette démarche », a assuré Amets Lahetjuzan.

La charte se décline en 49 options réparties en sept grandes thématiques. Pour que la signature soit validée, une commune doit choisir au moins 35 options. Mais celles-ci étant « très généralistes », des « annexes » seront proposées avec une série de mesures concrètes qui pourront inspirer les mairies afin de passer à l’action. De plus, un groupe de suivi sera mis en place afin de vérifier, tous les 18 à 24 mois, la mise en œuvre des engagements pris par les élus.

Peio Jorajuria, président de Seaska, voit deux avantages pour les collectivités à s’engager dans cette démarche : une reconnaissance par le Conseil de l’Europe des actions menées en faveur de l’euskara, et une visibilité et une promotion des actions menées via la publication sur internet des évaluations des communes en la matière.

Signature officielle en décembre

La phase de présentation de la charte dans les communes et pôles territoriaux, démarrée en janvier, va se terminer fin avril, début mai. Ensuite jusqu’à la mi-juin, chaque commune travaillera au contenu de sa charte. Fin juin ou début juillet, une nouvelle conférence de presse sera donnée pour présenter les engagements des premières communes signataires de la charte. Les chartes seront ensuite soumises à la validation du Conseil de l’Europe, puis votées en conseils municipaux à l’horizon fin septembre, début octobre. Enfin, la signature officielle interviendrait vers les mois de novembre ou décembre, en présence de techniciens du Conseil de l’Europe pour une signature commune. Ce calendrier prévisionnel pourrait toutefois être amené à bouger en raison du contexte sanitaire.

 

 

Transfèrement de détenus en Corse : appliquer le droit aux assassins du préfet Erignac

En signifiant, pour la septième fois, une fin de non-recevoir à la demande de transfèrement de deux détenus corses, le gouvernement applique une règle non écrite selon laquelle certains crimes, certains prisonniers, en vertu de critères arbitraires, justifieraient que l’on déroge au droit.

Par Patrick Roger Publié aujourd’hui à 07h00

Analyse. Le 22 février, une vintgtaine de jeunes nationalistes corses faisaient irruption dans la préfecture de Corse, à Ajaccio, et déployaient au balcon du premier étage des banderoles demandant la libération de Pierre Alessandri et d’Alain Ferrandi, avant d’être expulsés sans ménagement par les forces de l’ordre. Incarcérés depuis 1999, ces deux militants indépendantistes ont été condamnés le 11 juillet 2003 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de dix-huit ans – qui s’est achevée en 2017 –, pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, le 6 février 1998, dans une rue d’Ajaccio, alors qu’il s’apprêtait à assister à une représentation de la Symphonie inachevée de Schubert. Ce meurtre a agi comme une déflagration dans la société corse qui, dans sa très large majorité, l’a condamné sans ambiguïté.

Quelles que soient les tensions politiques avec la majorité nationaliste qui dirige depuis 2015 la Collectivité territoriale de la Corse, devenue Collectivité de Corse le 1er janvier 2018, le refus de l’Etat de lever le statut de détenu particulièrement signalé (DPS) de ces deux prisonniers incarcérés à la maison centrale de Poissy (Yvelines) apparaît contestable à la fois juridiquement et politiquement. La justice excipe de leur statut de DPS pour refuser leur transfèrement à la prison de Borgo (Haute-Corse), celle-ci ne disposant pas des dispositifs de haute sécurité adaptés. Toutes leurs demandes depuis 2017 se sont ainsi vu opposer un refus de l’administration pénitentiaire.

Il ne s’agit pas d’une « faveur »

Jusqu’à ce que, en mars 2020, la commission locale, puis la commission nationale des fichiers DPS, réunissant représentants de la magistrature, de l’administration pénitentiaire, préfectorale et des services de police et de gendarmerie, se prononcent en faveur de leur radiation du répertoire des DPS, ce qui pouvait laisser augurer une décision favorable à leur demande de rapprochement. La suite montre que le traitement du dossier est désormais, s’il a jamais cessé de l’être, plus politique que juridique.

Le garde des sceaux, l’avocat Eric Dupond-Moretti, ne peut être indifférent à ce dossier. Il connaît parfaitement la situation en Corse. N’a-t-il pas été l’avocat d’Yvan Colonna – pour lequel la même question se posera à court terme –, côtoyant à l’occasion du troisième procès, en 2011, devant la cour d’assises spéciale de Paris, son confrère Gilles Simeoni, aujourd’hui président du conseil exécutif de la Collectivité de Corse ? Ne se prononçait-il pas, en février 2018, au micro de Jean-Jacques Bourdin, sur RMC, pour leur transfèrement en Corse, estimant qu’il ne s’agissait pas d’une « faveur » ?

Car, de faveur, il ne peut être question en l’occurrence. Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, quelle que soit la gravité du crime pour lequel ils ont été condamnés, ont accompli leur peine de sûreté, dans des conditions particulièrement contraignantes. Ils peuvent prétendre à une libération conditionnelle depuis le 25 mai 2017 et rien ne s’oppose, sur le plan juridique, à leur transfèrement à Borgo, hormis leur statut de DPS.

Rejet de la levée du statut « DPS »

Habituellement, la chancellerie suit les recommandations des commissions DPS. Mais rien n’est habituel dans cette affaire. Tout d’abord, par un décret du 18 décembre 2020, le garde des sceaux s’est vu retirer, à juste raison, le droit de statuer sur des personnes impliquées dans des affaires dans lesquelles il serait intervenu en tant qu’avocat. Le pouvoir de décision a été transféré au premier ministre. C’est donc Jean Castex qui, le 22 décembre, a signifié par courrier son rejet de la demande de levée du statut de DPS. « Le moment ne me semble pas venu pour procéder à ce transfert », a-t-il déclaré au Monde.

La justice ne peut être confondue avec une vengeance d’Etat, sauf à jeter une ombre sur son impartialité

Une décision qui semble plus obéir à des considérations politiques qu’être fondée sur des critères juridiques et dont il est peu probable qu’elle ait été prise sans l’aval de l’Elysée. En se rendant à Ajaccio le 6 février 2018, vingt ans après l’assassinat du préfet Erignac, sur les lieux mêmes du crime, Emmanuel Macron avait eu des mots cinglants« Ce qui s’est passé ici le 6 février 1998 ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s’explique pas », avait-il déclaré, avant d’assurer : « La justice de la République a été rendue et elle sera suivie, sans complaisance, sans oubli, sans amnistie. »

Mais l’application du droit n’est pas complaisance. La France adhère au règlement pénitentiaire européen qui veut que « les détenus doivent être répartis dans des prisons situées près de leur foyer ou de leur centre de réinsertion sociale ». La justice ne peut être confondue avec une vengeance d’Etat, sauf à jeter une ombre sur son impartialité. Elle ne saurait être l’otage d’« une vendetta du corps préfectoral », selon une source à la chancellerie.

Gestion politisée d’une affaire juridique

En signifiant ainsi, pour la septième fois, une fin de non-recevoir à la demande des deux détenus corses, le gouvernement applique une règle non écrite, ad hominem, selon laquelle certains crimes, certains détenus, en vertu de critères arbitraires, justifieraient que l’on déroge au droit. Une position insoutenable au regard des conventions et des juridictions européennes.

Le non-droit appliqué au cas Alessandri-Ferrandi contribue à envenimer le climat politique en Corse. La gestion politisée d’une affaire juridique donne du grain à moudre aux pourfendeurs de l’« Etat colonial », qui en font un étendard. Elle conduit l’ensemble des forces politiques représentées à l’Assemblée de Corse et de nombreux exécutifs locaux à adopter des motions contre ce que le maire d’Ajaccio, Laurent Marcangeli (ex-Les Républicains), probable tête de liste aux élections territoriales de juin face à la majorité sortante nationaliste, a qualifié de « manquement à l’Etat de droit ». Enfin, elle nourrit le sentiment que, à travers ces deux hommes, c’est un procès permanent qui est fait à l’ensemble de la Corse.

 

Soupçons de terrorisme en France : neuf personnes issues du milieu kurde mises en examen

Elles sont soupçonnées d’«association de malfaiteurs terroriste», de «financement terroriste» et d’«extorsion en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste».

 

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Le coup de filet a été effectué sur demande d’un juge antiterroriste, dans le cadre d’une information judiciaire portant sur des activités en lien avec le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Philippe LOPEZ / AFP

Neuf personnes interpellées mardi 23 mars à la suite d’un coup de filet dans le milieu kurde en France ont été mises en examen vendredi 26 mars, notamment pour «association de malfaiteurs terroriste», a appris ce samedi l’AFP de source judiciaire.

 

Ces neuf personnes ont aussi été mises en examen pour «financement terroriste» et «extorsion en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste», a précisé cette source. Quatre d’entre elles ont été placées en détention provisoire, une sous surveillance électronique et une autre sous contrôle judiciaire. Le débat devant le juge des libertés et de la détention sur le placement en détention provisoire des trois dernières doit se tenir ultérieurement. Une dixième personne interpellée a été libérée sans poursuite à ce stade.

Coup de filet à Marseille et en région parisienne

Ce coup de filet a été effectué à Marseille et en région parisienne, sur demande d’un juge antiterroriste, dans le cadre d’une information judiciaire portant sur des activités en lien avec le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Cette organisation séparatiste kurde, en lutte armée depuis des décennies contre le pouvoir central turc, est classée comme une organisation terroriste par la Turquie et de nombreux pays comme la France et les États-Unis.

Le 21 février 2020, quatre personnes avaient été mises en examen, notamment pour financement du terrorisme, dans le cadre d’une enquête sur des collectes de fonds pour le PKK dans le sud-ouest de la France.

 

Le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur sa page Facebook la «méthode habituelle de l’intimidation macronienne» et la «criminalisation des activités militantes de Kurdes en France par le Quai d’Orsay et le ministère de l’Intérieur bien alignée sur celle du dictateur turc», le président Recep Tayyip Erdogan.

«Emmanuel Macron normalise ses relations avec Recep Tayyip Erdogan sur le dos des Kurdes» a abondé le Parti communiste français dans un communiqué. Les deux dirigeants ont échangé début mars dans un entretien en visioconférence, après des mois de vives tensions entre leurs deux pays, qui s’opposent sur plusieurs dossiers comme la Libye, la Syrie et la Méditerranée orientale.

 

 

MUMIA EST EN DANGER DE MORT !

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A l’initiative du Collectif français Libérons Mumia, une réunion s’est tenue le 16 mars au siège du MRAP à Paris avec la participation de plusieurs organisations particulièrement préoccupées par la brutale dégradation de la santé de Mumia et le comportement inhumain de l’administration pénitentiaire. Il souffre en isolement à l’infirmerie de la prison avec des soins à minima et inappropriés à la gravité de son état.

Cette rencontre a été l’occasion de souligner l’urgence d’amplifier la moblisation en France pour contraindre les autorités de Pennsylvanie à mettre immédiatement un terme à ce qui relève de la torture et s’apparente à une peine de mort déguisée.

 

> Pour lancer cette campagne, visualisez la VIDEO appelant à la mobilisation 

et faites-la circuler dans vos réseaux : https://www.youtube.com/watch?v=EYizRqYgDoc

 

Les initiatives en cours :

> poursuivre la campagne d’interpellation par courriel du Gouverneur et du Secrétaire d’Etat de Pennsylvanie en charge de l’administration de Pennsylvanie ainsi que du Procureur de Philadelphie : modèles et adresses mails sur le site Libérons Mumia ! | Libérons Mumia !

Ces textes en anglais et en français peuvent être transformés en pétitions collectives et envoyées aux Etats-Unis ;

> relancer l’engagement des 25 villes où Mumia est Citoyen d’Honneur (*) et d’en gagner de nouvelles, notamment les grandes métropoles ;

> solliciter le soutien des groupes parlementaires à l’Assemblée Nationale et au Sénat ;

> demander une entrevue à l’ambassadeur des Etats-Unis en France (avec des élus parisiens et nationaux) ;

 

> organiser un grand rassemblement le mercredi 7 avril place de la Concorde à Paris

(une conférence de presse annoncera l’évènement)

 

> suggérer l’organisation de rassemblements dans les villes où les Etats-Unis disposent d’un Consulat (Bordeaux, Lyon, Marseille, Rennes, Strasbourg) en invitant les organisations localement engagées dans le combat pour Mumia à se contacter ; 

> proposer une tribune à des personnalités demandant la libération de Mumia à diffuser dans la presse ;

 

Prenez connaissance en pièce jointe du communiqué de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) appelant à la libération de Mumia : 

 

 (*) cliquez sur ce lien : Villes engagées | Libérons Mumia ! (mumiabujamal.com)

  

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  liberons mumia     

COLLECTIF FRANÇAIS « LIBÉRONS MUMIA ! »

rassemblant une centaine d’organisations et de collectivités publiques

MEMBRE DE LA COALITION MONDIALE CONTRE LA PEINE DE MORT

Retrouvez toutes l’actualité sur notre site :

www.mumiabujamal.com

 

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https://youtu.be/EYizRqYgDoc

LA VIE DE MUMIA EST ENTRE NOS MAINS

 

Birmanie : plus de 500 civils tués depuis le coup d’Etat, Paris dénonce « la violence aveugle et meurtrière » du régime

Face à ce bain de sang, plusieurs factions rebelles ont menacé mardi de prendre les armes contre la junte.

 

birmanie

La France a dénoncé, lundi 29 mars, « la violence aveugle et meurtrière » du régime birman après la répression qui a fait plus de cent morts dont des enfants samedi, journée la plus noire depuis le coup d’Etat militaire du 1er février.

« Les forces de sécurité birmanes ont franchi une étape supplémentaire dans la violence aveugle et meurtrière (…) en faisant à nouveau usage de leurs armes contre les populations, causant plus d’une centaine de victimes, parmi lesquelles de très jeunes enfants », a déclaré le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué.

 

« Alors que des sanctions ont déjà été prises avec nos partenaires européens et internationaux, (…) j’appelle toutes les forces birmanes à sortir de l’impasse dans laquelle elles conduisent leur pays, à mettre fin aux violences, à libérer sans condition et immédiatement tous les prisonniers politiques et à reprendre le chemin du dialogue », poursuit M. Le Drian.

Les forces armées « ont porté atteinte, le jour même de la fête des forces armées, à leur raison d’être qui est de protéger les populations. Depuis, le bilan des victimes s’est encore alourdi et la Birmanie s’enfonce chaque jour davantage dans une profonde tragédie », a continué le chef de la diplomatie française, répétant que la France poursuivrait « sans relâche sa mobilisation aux côtés de ses partenaires européens et internationaux pour soutenir les aspirations légitimes du peuple birman ».

« Le bilan des victimes s’est encore alourdi »

L’ONU a évalué à 107, dont 7 enfants, et des médias birmans à 114, le bilan des morts samedi pendant les actions de protestation massive organisées contre la junte, qui fêtait la traditionnelle Journée des forces armées. Plus de 500 personnes ont été tuées depuis le coup d’Etat, d’après les derniers chiffres fournis par l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP) qui précise que le bilan « est probablement beaucoup plus élevé ».

Face à ce bain de sang, plusieurs factions rebelles ont menacé mardi de prendre les armes contre la junte. Si les forces de sécurité « continuent à tuer des civils, nous collaborerons avec les manifestants et nous riposterons », ont-elles écrit dans un communiqué commun signé notamment par l’Armée d’Arakan (AA), un groupe armé fort de plusieurs milliers d’hommes et doté de moyens très importants.

 

Trois personnes ont été tuées, dont un homme de 20 ans, par balle, lundi à Rangoun, la capitale économique, ont rapporté à l’Agence France-Presse (AFP) des membres des services d’urgence. Une autre a péri au nord-est de cette ville, à Bago, ont annoncé sans autres précisions les médias d’Etat, selon lesquels un policier a par ailleurs perdu la vie à Mandalay, dans le centre, après avoir été transformé en torche humaine par des contestataires. Non loin de là, à Plate, des centaines de Birmans ont manifesté avec des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Le peuple ne sera jamais vaincu ».

 

 

 

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