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28 avril 2021

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Joseba Sarrionandia © Jose GOITIA

L’écrivain Joseba Sarrionandia de retour au Pays Basque après plus de trente ans d’exil

Joseba Sarrionandia est revenu. Après 36 ans d’exil, l’écrivain d’Iurreta est rentré dans son pays natal, comme l’a confirmé le site Naiz. Il revient avec une œuvre prolifique qui fait partie de l’imaginaire collectif basque. Sarri est revenu physiquement, car il n’est jamais vraiment parti.

C’est une nouvelle importante, qu’il n’est pas exagéré de qualifier d’historique, aussi bien pour la culture basque que pour la politique basque. Joseba Sarrionandia Uribelarrea, connu sous le nom de « Sarri », est rentré à Durango après quelque 36 ans d’absence physique, mais pas vraiment réelle. Pendant son exil, sa création littéraire a été incessante et ovationnée, ce qui n’a fait amplifier l’écho qu’avait suscité son évasion de la prison de Martutene et la chanson que Kortatu lui avait dédiée.

C’était le jour de San Fermin, en 1985. Les murs qui abritent les cellules de la prison de Martutene, située en Gipzukoa, sont aujourd’hui témoins d’un changement de cap en ce qui concerne la politique pénitentiaire de l’Etat espagnol. L’éloignement que dénonce encore le Collectif des prisonniers politiques basques s’atténue au fil des jours. En ce 7 juillet 1985, Joseba Sarrionandia et Iñaki Pikabea s’étaient évadés de l’établissement pénitentiaire gipuzkoar, dissimulés dans une baffle.

Sarrionandia, déjà écrivain à l’époque, s’est alors lancé dans un long périple à travers le monde, une destination où réalité et littérature sont mélés. Sa course prend finalement fin au Pays Basque. Comme Naiz l’a confirmé auprès d’une source proche de l’écrivain, Joseba Sarrionandia est rentré chez lui dans son Iurreta-Durango natal. Le désir de Sarrionandia de quitter Cuba, où il avait établi sa résidence, pour le Pays Basque était connu. Essentiellement pour des raisons familiales, le retour s’est donc fait de manière discrète. Son objectif principal est de retrouver sa mère, son père étant mort en 2016, après 31 ans sans se voir. Comme lui, des dizaines et des dizaines d’exilés politiques basques sont rentrés dans leur pays, dans la mesure du possible, depuis l’engagement pris par le collectif qu’ils ont formé à Biarritz en 2013.

Sur sa route à travers différents pays, il a semé des œuvres majeures comme « Ni ez naiz hemengoa » (Je ne suis pas d’ici, en euskara) écrit avant sa fuite. Il a ensuite publié « Lagun Izoztua » (L’ami gelé), « Hau da ene ondasun guztia » (Voici tout ce que je possède) ou encore « Moroak gara behelaino artean? » (Sommes-nous tels des Maures dans la brume ?), livre qui lui a valu le prix littéraire Euskadi Saria à l’époque du lehendakari socialiste Patxi Lopez, et qui a provoqué une polémique. Pendant toutes ces années loin des siens, Joseba Sarrionandia s’est exprimé à travers la poésie, des romans, des essais mais également de la littérature jeunesse. Ses paroles ont inspiré des musiciens de référence tels que Mikel Laboa, ou Ruper Ordorika. Si bien que son personnage est devenu un mythe dans son pays.

C’est en 2016 que l’Iurretarra – toujours timide, toujours introverti, du moins avec la presse et vis-à-vis de son image publique – a fait savoir au monde qu’il résidait à Cuba. Il l’a fait lors de l’obtention d’une place de lecteur à l’Université de La Havane après la création d’une chaire par l’Institut Etxepare. La photo qui a accompagné l’entretien accordé à ce moment-là aux journalistes a révélé le visage du Sarrionandia du XXIe siècle, tellement fantasmé par ses lecteurs et ses compatriotes.

 

Joseba Sarrionandia Uribelarrea, alias Sarri, né le 13 avril 1958 à Iurreta est un écrivain, poète, académicien et philologue basque. Avec de nombreux livres de poésie, essais, brèves histoires et romans dans son domaine, il est un des auteurs contemporains en langue basque (euskara) des plus illustres. En 1985, il s’est évadé de la prison de Martutene (Saint-Sébastien) grâce à Mikel Antza et depuis lors et ce jusqu’en 2016, on ne connaissait pas son lieu de résidence, bien qu’il ait continué à écrire depuis son exil.

 

 

Biographie

«Je n’ai jamais pris la décision d’être écrivain. À mes tout débuts, écrire n’était pas un métier; je n’étais qu’un étudiant, et l’écriture représentait pour le militantisme généreux de l’époque, une autre façon d’aborder les champs de la politique et de la culture. Du point de vue de certaines perspectives professionnelles actuelles, ce militantisme peut apparaître comme un sacrifice, et même susciter un sentiment de pitié, mais nous vivions heureux, comme les amants sans le sou.

 

En prison, j’ai continué à écrire, j’étais un forçat de métier et j’écrivais pour oublier un peu ma condition. Ensuite, de nouveau libre, libre d’une certaine manière, je n’ai eu d’autre issue que celle d’être fugitif de profession, et rien n’a été ni n’est plus présent dans ma vie que l’écriture.

 

Mais je ne dirais pas que je suis écrivain de profession, du moins pas encore. Si je le suis, c’est dans cet autre sens que lui a donné Thomas Mann, dans la mesure où écrire reste pour moi une chose difficile et qui me coûte». »

 

Joseba Sarrionandia (2002)1

Après avoir suivi des études de sociologie et de philologie à l’université de Deusto (Bilbao), il est professeur de phonétique à l’UNED de Bergara. Il donnera également des cours a l’Udako Euskal Unibertsitatea (Université basque d’été).

 

Ses premiers travaux journalistiques ont été publiés dans les revues Pott, Anaitasuna, Ibaizabal et Zeruko Argia et dans les quotidiens Egin et Egunkaria. À la même époque, il fonde avec Bernardo Atxaga, Manu Ertzilla, Jon Juaristi, Ruper Ordorika et Joxemari Iturralde Pott Banda (Groupe Pott en basque). Membre correspondant de l’Académie de la langue basque, il est traducteur en basque de diverses œuvres littéraires, comme celles de T. S. Eliot, Coleridge et Pessoa. Le recueil de poèmes Izuen gordelekuetan barrena (À travers les cachettes des peurs) a été son premier livre publié. Le livre a eu beaucoup de succès et beaucoup de nouveaux auteurs ont admis avoir été influencé, jusqu’au point où le premier poème de ce livre, Bitakora kaiera (Le livre de bord), a été pris comme manifeste.

 

En 1980, il est soupçonné d’appartenir à l’Euskadi ta Askatasuna (ETA) et arrêté. Jugé, il est condamné à une peine de 22 ans de prison. La même année, il gagne trois prix littéraires avec les contes Maggie indazu kamamila, Emperadore eroa et le recueil de poèmes Izuen gordelekuetan barrena. Cinq ans plus tard, le 7 juillet 1985, il s’évade de la prison de Martutene avec un autre prisonnier, Iñaki Pikabea, en se dissimulant dans les baffles après un concert du chanteur Imanol Larzabal2. Le vol a inspiré la célèbre chanson Sarri, Sarri du groupe basque Kortatu. Depuis lors, il est en cavale, même si l’infraction pour laquelle il a été condamné est prescrite. Comme il l’a affirmé dans une entrevue avec Hasier Etxeberria, même s’il n’a actuellement aucun procès en attente, ses motifs pour ne pas retourner sont plus de caractère politique. Dans le roman Hnuy illa nyha majah yahoo, toutefois, il utilise la première personne du pluriel pour affirmer que nous serons toujours des exilés, que le retour à la maison est absolument impossible, parce que la maison, la patrie, comme nous l’avons connue, comme nous la souhaitons, n’existe pas. Retour impossible pour un poète qui ne doute pas en affirmant que la vraie poésie est possible et que, malgré tout, il existe aussi ce qui n’existe pas, car

 

presque tous les travaux à faire et les poèmes les plus parfaits reste à écrire

« egiteko gehienak egiteke/ditugu. / Poemarik behinenak izkiriatzeke / daude… / Ez diren gauzak ere / badira ».

Toujours en exil, sujet récurrent dans son œuvre, il continue de publier sans cesse des livres et continue d’être une source d’inspiration pour les musiciens et artistes de différents styles (voir Discographie et Œuvre scéniques). Certaines des chansons qui utilisent ses poèmes ont été compilées, avec la voix de l’auteur, dans le disque-livre Hau da ene ondazun guzia (Ceci est toute mon œuvre) copublié par les éditions Esan Ozenki et Txalaparta en 1999.

 

 

Joseba Sarrionandia (1985).

La trajectoire littéraire qui, avec les types traditionnels (poésie, narration, essai), aime expérimenter et proposer des textes hybrides représentatifs d’une conception innovatrice de la littérature. Ni ez hemengoa naiz (Je ne suis pas d’ici), Marginalia, Ez gara geure baitakoak (Nous ne sommes pas de nous-mêmes) et Han izanik hona naiz (De là-bas même je viens) sont certaines de ses œuvres qui représentent cette tendance à l’hybridation. Sa prose est pleine de métaphores et images suggestives, une prose poétique qui incorpore des éléments fantastiques et des références à des légendes et à des histoires traditionnelles. Ces dernières exposent ses affinités avec celles des auteurs comme Samuel Taylor Coleridge ou Herman Melville, qui rendent hommage à des narrations du « cycle arturique », qu’évoquent des échos d’auteurs comme Thomas Stearns Eliot, Constantin Cavafy, Jonathan Swift, Edgar Allan Poe, et d’autres basques, par exemple Jon Mirande et Bernard D’Etchepare, et que Sarrionandia explore aussi avec ses histoires méta-narratives originales. Souvent les narrations ont plusieurs lectures, plusieurs sens. « Les textes peuvent parfois nous sembler ambigus, et obscurs. Chaque lecteur devra leur donner leur interprétation… Puisqu’il nous offre des textes pleins d’implications, nous sommes obligés de repenser ce que disent les textes », affirme Aitzpea Azkorbebeitia.

 

D’autres textes nous rappellent que Sarrionandia est un poète reconnu qui mérite une place importante dans l’actuel panorama littéraire basque. « La lecture de ses livres de poèmes nous révèle que Sarrionandia est un voyageur infatigable de géographie littéraires, un marin ébloui par un océan d’idées poétiques », selon Maris José Olaziregi.

 

En 2001, il a reçu le Prix de la Critique de la narrative en basque, accordé par l’Association espagnole de Critiques Littéraires, pour Lagun izoztua (l’ami congelé), son premier roman.

 

En 2011, Joseba Sarrionandia reçoit le prix Euskadi pour le meilleur essai en langue basque Moroak gara behelaino artean?, mais le gouvernement basque a prévenu que le prix resterait attribué à cet auteur, mais pas la prime de 18 000 euros.

 

José Ignacio Picabea Burunza plus connu comme Iñaki Pikabea, alias Piti, est un ancien membre de l’organisation indépendantiste basque ETA et parlementaire basque pour la coalition abertzale Herri Batasuna entre 1980 et 1984.

 

Le 19 février 1979 il a été arrêté par la police accusé d’appartenir à un commando d’ETA-Militaire.

 

Alors qu’il était en prison préventive dans l’attente du jugement, il a été inclus par la coalition abertzale Herri Batasuna dans ses listes électorales lors des premières élections autonomes qui ont eu lieu au Pays basque. Il a été élu parlementaire basque par la province du Guipuscoa. Il sera parlementaire entre 1980 et 1984 bien qu’il n’ait jamais pris part à aucune session du Parlement. En juillet 1981 il a été condamné à 33 années de prison pour être membre d’ETA-militaire et pour avoir pris part en 1977 au meurtre du conseiller municipal irundarra (gentilé basque d’Irun) Julio Martínez Ezquerro.

 

Le 7 juillet 1985 il s’est évadé de la prison de Martutene de Saint-Sébastien avec un autre etarre1 et auteur Joseba Sarrionandia. Tous les deux ont été dissimulés dans les baffles après un concert du chanteur Imanol Larzabal dans la prison. C’est Mikel Antza, amoureux fou de littérature, qui favorise cette spectaculaire évasion le 7 juillet, jour de la San Fermin2.

 

L’évasion a inspiré la célèbre chanson Sarri, Sarri du groupe basque Kortatu.

 

Pikabea a réintégré ETA après leur évasion, mais a été arrêté deux années plus tard, en octobre 1987 dans une opération policière en France contre la direction militaire d’ETA. Il a été extradé en Espagne et a continué à purger sa peine.

 

En mars 2000 il sort de prison en liberté conditionnelle.

 

Mikel Antza

Mikel Albizu Iriarte, alias Mikel Antza, né le 7 juin 1961 à Saint-Sébastien est un dramaturge[1] et écrivain de langue basque ayant une formation en philologie.

 

C’est un des principaux dirigeants de l’organisation indépendantiste ETA avec Mobutu et Susper. Il est arrêté le 3 octobre 2004 dans une ferme isolée près de Salies-de-Béarn dans les Pyrénées-Atlantiques (France) avec d’autres membres d’ETA dont sa compagne, María Soledad Iparraguirre alias Elsabeth puis Anboto. Il est libéré le 23 janvier 2019[2].

 

Mikel est un littéraire, diplômé en philologie et surnommé parfois « le poète », il doit son pseudonyme à la signature « Antza » sous laquelle il signait des articles dans une revue culturelle basque[3]. À vingt-et-un ans il remporte le prix Ciudad de Irun pour un essai intitulé Susko Gezi bat bezala et signe sous le pseudo d’Antza des chroniques littéraires dans le quotidien Egin. Il a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

 

Mikel Antza a été le dirigeant d’ETA qui a été à la tête de l’organisation le plus longtemps, depuis qu’en 1993 il a pris la direction politique jusqu’à ce qu’à son arrestation en 2004. Il a de qui tenir puisque son père, Rafael Albizu Ezenarro est l’un des fondateurs d’ETA. Le jour de la San Fermin, il favorise l’évasion originale de la prison de Martutene de l’écrivain Joseba Sarrionandia[5], alias Sarri qui y purge trente ans de détention pour appartenance à ETA et d’Iñaki Pikabea alias Piti (trente-trois ans pour le même motif) en se faisant passer pour l’ingénieur de son du chanteur Imanol Larzabal et planquant les fugitifs dans les baffles de l’orchestre. Repéré, il s’enfuit outre Pyrénées et se retrouve à Paris avec l’arrière-garde installée par Txelis, avec qui il collabore sur le thème des relations internationales[6].

 

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Trois prisonniers basques en fin de peine bientôt libres

Iñaki Arakama, Lorentxa Beyrie et Didier Aguerre s’apprêtent à sortir de prison. L’association Ipar Euskal Herriko Harrera anticipe l’accompagnement de ceux qui retourneront auprès de leurs proches au Pays Basque Nord.

 

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Rassemblements et manifestations en tous genres ont ponctué les années de prison de Lorentxa Beyrie.

Ce printemps, trois nouveaux prisonniers basques en fin de peine vont quitter leur lieu de détention. Iñaki Arakama, qui a des attaches familiales au Pays Basque Nord, sera libre le 25 avril. Lorentxa Beyrie, détenue à la prison de Roanne, sortira le 30. Pour Didier Aguerre, la date reste encore à préciser, en raison notamment du calcul du reliquat de peine. Le 12 mars, Oihan Barandalla Goñi, qui a passé son enfance à Bayonne, a quitté la prison de Lannemezan.

 

Avec la libération de Lorentxa Beyrie et de Didier Aguerre, ne resteront plus derrière les barreaux de l’État français que deux détenus originaires du Pays Basque Nord : Jakes Esnal et Ion Kepa Parot.

 

Didier Aguerre, né en 1976 et originaire de Pagolle, est incarcéré depuis septembre 2001. La même année, Lorentxa Beyrie, Kanboar née en 1975, a été arrêtée à Auch et placée en détention le 13 décembre 2001. Le Gasteiztar Iñaki Arakama est, lui, emprisonné depuis 25 ans. En mars, il a quitté la prison de Séville et a été rapproché à la prison de Zaballa, à Gasteiz. A sa sortie, il retrouvera sa famille et, à l’instar de ses camarades, une nouvelle vie.

 

Le prisonnier basque Iñaki Arakama a été libéré

Arakama était membre de l’équipe de négociation de l’ETA lors des négociations d’Alger. Il a ensuite été expulsé vers la République dominicaine pendant huit ans. Il a passé les 24 dernières années en prison.

 

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Iñaki Arakama devant la prison de Zaballa aujourd’hui avec ses proches. 
25 avril 2021 09:36

Le prisonnier basque Iñaki Arakama est libéré de prison. Etxerat a rapporté qu’il avait quitté la prison de Zaballa ce matin. Arakama a été expulsé en 1989, hispanisé en août 1997 et a depuis été transféré dans diverses prisons espagnoles; ce dernier à Séville. 

Il est né à Asparrena (Álava) et au début de 1989 était membre de l’équipe de négociation de l’ETA dans les négociations d’Alger. Ces entretiens n’ont cependant pas porté leurs fruits et les participants ont été expulsés vers la République dominicaine: Arakama lui-même, Belen Gonzalez Peñalba et Eugenio Etxebeste.

En août 1997, le gouvernement de la République dominicaine a remis Arakama au gouvernement espagnol, avec Etxebeste et Peio Gantxegi.

 

 

 

En Espagne, Arakama a été détenu, entre autres, dans les prisons de Saragosse et de Logroño, mais a passé la plupart de son temps à Séville; ils ont été amenés au Pays basque ces dernières semaines. Il a été reconnu coupable de plusieurs attentats au début des années 80.

À Séville, il a été emprisonné à 882 kilomètres de sa résidence. Lors d’une visite à Hari, en 2017, un neveu d’Arakama, un partenaire et un ami ont eu un accident de voiture lors d’une visite d’ un week - end à Bejar (Espagne) et sont rentrés chez eux. 

 

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Harrera accompagne le retour

 

Après de nombreuses années passées derrière les barreaux, un détenu qui sort de prison a besoin d’accompagnement pour s’adapter à sa nouvelle liberté : trouver un emploi, un logement, une mutuelle santé, passer le permis de conduire… L’association Harrera apporte aux anciens prisonniers une aide précieuse dans la réalisation de toutes ces tâches indispensables à la reprise d’une vie normale.

 

« Le rôle d’Harrera est d’accompagner ces prisonniers et exilés. En cas de libération sous contrôle judiciaire, nous préparons à l’avance pour chacun d’eux un dossier de recherche d’emploi ou de logement… Avant leur sortie, nous nous réunissons avec les proches et nous mettons en contact avec le détenu lui-même, pour voir de quel type d’aide ils vont avoir besoin », explique Jokin Etxebarria, membre d’Ipar Euskal Herriko Harrera. Un travail déjà réalisé avec les familles de Lorentxa Beyrie et de Didier Aguerre, afin d’anticiper leurs besoins.

 

L’aide peut porter sur divers aspects du quotidien des détenus libérés. Elle leur permet notamment d’effectuer un bilan médical en partenariat avec des professionnels de santé. « On les aide dans leur recherche d’emploi et on leur apporte une aide économique jusqu’à ce qu’ils obtiennent un emploi. S’ils n’ont pas conduit depuis longtemps ou qu’ils n’ont pas le permis de conduire, on les aide à faire une remise à niveau ou à passer le permis. L’objectif est de ne pas faire porter cette charge aux familles et d’apporter une aide professionnelle au détenu qui sort ou à l’exilé qui rentre ».

 

Au sortir, la précarité

 

Une aide juridique est également apportée. « Beaucoup sont libres mais ne jouissent pas de tous leurs droits civiques », souligne Jokin Etxebarria. En effet, certains anciens prisonniers ayant purgé leur peine continuent d’être considérés comme des « suspects », soit parce qu’ils figurent dans le fichier Fijait, soit parce qu’ils sont interdits de territoire français et frappés d’une ordonnance d’expulsion.

 

L’ancien prisonnier basque Aratz Gomez s’estime chanceux, car il a été très bien entouré à sa sortie de prison. « Tombé » à l’âge de 20 ans, il n’en est sorti qu’au bout de dix-huit ans. Il a donc passé la plus grande partie de sa jeunesse derrière les barreaux. Même si c’est sa compagne qui s’est occupée de toutes les démarches administratives, Harrera lui a été d’un soutien précieux sur le plan financier. « Je n’ai pas eu l’occasion de me construire une carrière professionnelle, donc à ma sortie, je n’avais aucun droit à l’assurance-chômage » explique-t-il à MEDIABASK.

 

Le diagnostic réalisé par Harrera a révélé que les anciens prisonniers et exilés, et encore plus les femmes, connaissent des conditions de vie précaires une fois dehors. L’un des enjeux majeurs pour beaucoup d’anciens détenus est celui du départ en retraite. Selon les résultats de l’enquête menée par Harrera auprès d’une centaine d’ex-détenus, un quart des personnes qui sont ou seront bientôt à la retraite ne bénéficieront pas d’une retraite à taux plein. Les autres touchent une pension plus faible. Pour les 42 participants à l’étude qui ne sont pas encore partis à la retraite, les perspectives ne sont pas bonnes, d’après l’association qui appelle les pouvoirs publics à se saisir de la question.

HARRERA une association pour accompagner les ex-prisonnier-e-s et exilé-e-s politiques basques

20 11 2016

Peio Bellan est engagé depuis de nombreuses années, à titre professionnel et personnel pour, selon ses propos, remettre l’humain au centre de la réflexion sociale et économique au pays basque. Il est aussi depuis 2013 président de l’association HARRERA (1) qui a pour but de venir en aide aux anciens prisonnier-e-s politiques basques ainsi qu’aux personnes ayant quitté leur ville ou village pour des raisons liées au conflit. Nous l’avons rencontré en novembre dernier à Bayonne, dans les locaux de cette association.

 

Juan Salazar – Pouvez-vous nous présenter Harrera ?

 

Peio Bellan – Il faut d’abord revenir sur le contexte dans lequel a été décidé la création d’Harrera.  En octobre 2011 à Donosti, a l’issue d’une conférence internationale, Kofi Annan, ancien secrétaire général des nations unies, Jonhatan Powell, ancien chef de Cabinet de Tony Blair, Gerry Adams, leader du Sinn Fein, Pierre Joxe, ancien ministre de l’intérieur français ont rendu public une feuille de route pour résoudre et dépasser le conflit perdurant au Pays Basque, et trois jours après, l’organisation ETA a annoncé la fin définitive de la lutte armée. Au Pays Basque nord, dans l’état français, l’ensemble de la représentation politique a appuyé ce processus de paix en créant un groupe de dialogue.

 

J.S. – C’est pour cela que lors de la création de l’association, vous aviez insisté sur le fait qu’elle était un outil au service du processus de paix ?

 

P.B. – Exactement. Depuis cinq ans, une période inédite s’est ouverte au Pays basque. Parallèlement aux initiatives pour faire avancer ce processus, comme la conférence organisée l’année dernière à l’Assemblée Nationale à Paris, qui avait pour but d’appeler les gouvernements espagnols et français et l’ensemble des citoyens d’œuvrer en faveur de la paix au pays basque, il faut créer des outils qui garantissent durablement cette paix. L’objectif de notre action est de garantir une insertion dans le tissu social qui réponde aux critères de la dignité.

 

J.S. – Quels sont vos moyens d’action ?

 

P.B. – Pour les sortants de prison en particulier, les priorités sont la santé, le logement, l’emploi. Tout en les accompagnant pour leur régularisation administrative et dans leurs démarches juridiques, Harrera apporte un soutien technique à l’aide à la recherche d’un emploi ou à la formation professionnelle, à la recherche d’un logement, et à la mise en relation avec des professionnels du soin.

 

J.S. – A combien de personnes avez-vous apporté votre soutien depuis 2013 ?

 

P.B. – Je préfère parler d’accompagnement, car il faut inscrire notre action dans la durée. 13 recherches de logement ont été solutionnées, via le privé ou les structures de logement social ; 6 contrats de travail ont pu être signés ; 2 personnes ont réalisé des formations professionnelles ; 13 ont eu accès à des soins de santé, pour la majorité de nature psychologique ; 21 régularisations administratives auprès de Pôle Emploi et de la CPAM en particulier ont été réalisées ; 8 personnes ont été accompagnées dans le cadre de l’aménagement de peines. Mais faute de moyens nous ne pouvons répondre à tous les besoins.

 

J.S. – Quelles sont vos sources de financement ?

 

P.B. -  Les fonds nécessaires à la réalisation des objectifs d’Harrera sont issus de financements publics, notamment de communes du Pays basque, mais aussi de fondations, associations personnes privées. Nous menons une campagne de collecte de dons et subventions, nous allons également faire appel au mécénat d’entreprise.

 

J.S. – Vous avez aussi un rôle d’information ?

 

P.B. -  Il s’agit surtout de sensibiliser l’opinion publique et les pouvoirs publics sur la nécessité d’aborder cette question de l’insertion des prisonniers et des exilés dans des conditions dignes. Outre l’organisation de réunions, nous allons réaliser une vidéo de témoignages d’anciennes et d’anciens prisonniers sur les stigmates de la détention, et sur les difficultés rencontrées lors de la réinsertion. Nous voulons en faire un outil de communication grand public.

 

J.S. – Il y a encore des centaines de détenus liés au conflit au pays basque en Espagne et en France. Harrera va donc répondre aux besoins de ceux qui reviennent en Iparralde ?

 

P.B. – Je pense que le moment viendra ou, comme en Irlande, les pouvoirs publics et les institutions européennes contribueront à la réinsertion sociale et citoyenne des ex-détenus. Mais en attendant, nous devrons avec les soutiens les plus nombreux possible, pas seulement ici au Pays basque, servir la paix en poursuivant les objectifs qu’Harrera s’est fixé en mars 2013.

 

J.S. – Comment peut-on soutenir votre association ?

 

P.B. – Oui c’est important, car s’il est de l’intérêt de tous que les anciennes et les anciens prisonniers politiques basques puissent s’insérer dans la société dans des conditions dignes, c’est aussi l’affaire de nous tous. Toutes les aides sont les bienvenues, en envoyant des dons au siège de Harrera, mais aussi lorsque c’est possible en contribuant à leur trouver un logement ou un travail en Iparralde.

 

Jaun andereak egun on,
 
Gaurko egoera denentzat korapilatsua eta nekea izanik ere, espero dugu aurten berriz, zuen laguntza errepikatuko duzuela, erbeste eta kartzelatik itzultzen diren euskal militanteak sustengatzeko.
Badakigu hainbeste urteren buruan, herrirat itzultzea ez dela nahikoa libre izateko. Osasuna, etxebizitza, diru iturriak, lana, betebehar administratibo eta juridikoak, eta bistan dena harreman-sarea, berriz eraiki behar dira aitzinerat segitu ahal izateko. Urrats hauen bideratzeko beharrezkoak diren baliabideak biltzea du xede, Askatasun gosez ekimenak.
 
Mezu honen bidez eskatzen dizugun 50€-ko laguntzaren eskertzeko, Euskal Herriko 7 herrialdeetako 13 mozkinekin osatu dugu Askatasun Gosez saskia. Saskia galdatzeko epea gaurtik aitzina eta ekainaren 4era arte zabaldua da. Saskia haatik ekainaren 26an helaraziko dizugu. Aitzineko ekimenean 20.000€ eman genizkion Iparraldeko Harrera-ri, diru sartze hau ezinbestekoa zaio gaur egun ere, preso eta iheslari ohiei berehalako laguntza bermatzeko.
 
Besterik gabe, gure esker beroenak helarazten dizkizuegu eta zuekin kondatzen dugu email hau zuen sareetara hedatzeko. Paperez igor dezakezue eskaera edo azpiko lotura honetan klikatuz. Informazio gehiagorentzat deitu Amaia 06 17 93 04 05
 
Kanpaina sustengatu, saskia eskatu, hemen klikatuz
 
fichier pdf Askatasun gosez 2021.eus
 
Malgré un contexte que nous savons difficile pour tous et toutes, nous comptons à nouveau sur vous, pour constituer un fond de soutien aux militant(e)s basques revenant de prison ou d’exil. Au bout de tant d’années, il faut plus qu’un retour au pays pour se sentir libre. Santé, logement, revenus, travail, sans oublier les démarches administratives et juridiques et la nécessité de recréer du lien social, sont autant de chose à remettre en place pour pouvoir aller de l’avant.
 
Notre contribution à nous, est de trouver des sources de financement pour faciliter cette période de transition. En remerciement d’une contribution solidaire de 50 euros que nous sollicitons par ce courrier, vous recevrez le panier Askatasun gosez, composé de 13 produits de qualité venant des 7 provinces du Pays basque.
 
Vous pouvez commander le panier Askatasun gosez à partir d’aujourd’hui jusqu’au 4 juin, la livraison du panier se fera le 26 juin.
La campagne précédente nous a permis de reverser 20.000€ à Iparraldeko Harrera, cette entrée d’argent reste fondamentale pour cette association.
Nous vous remercions par avance de votre participation et vous demandons de diffuser ce message à vos contacts. Vous pouvez nous envoyer votre commande par courrier ou en cliquant sur le lien ci dessous. Pour plus d’info : Amaia 06 17 93 04 05
 

Cliquez ce lien pour soutenir la campagne et recevoir le panier

 
 

 

(1) Association HARRERA        4 rue des Lisses 64100 Bayonne      iparraldekoharrerataldea@gmail.com

 

 

 

 

antifa

antifaantifaLa police espagnole tente de faire reculer des manifestants antifascistes, à Madrid, le 7 avril 2021.  

Manifestation antifasciste à Madrid : affrontements et arrestations

Une manifestation de 2000 personnes s’étaient rassemblées à Vallecas le 8 avril, quartier du sud de Madrid pour s’opposer à la tenue d’un rassemblement électoral du parti d’extrême droite Vox. Un quartier populaire et marqué à gauche. Les manifestants antifascistes auraient lancé divers projectiles en direction de la police présente en nombre pour protéger les fascistes de VOX, provoquant une charge dans le but de disperser les antifascistes. Il s’en est suivi des affrontements qui aurait fait selon les déclarations de la police : 21 blessés du côté policier (dont 10 soignés à l’hôpital pour des blessures légères) et 14 personnes du côté antifasciste. Il y’aurait par ailleurs eu 4 arrestations suite à ces affrontements.

 

 

Giuliano Cavaterra : “La société d’Iparralde a été violemment secouée”

Le livre publié cette fin de mois par MEDIABASK* revient sur le contexte dans lequel des militants basques de nationalité française s’engagent dans ETA, dans les années 70. Son auteur, Giuliano Cavaterra, relève l’importance de la mémoire dans la résolution du conflit.

 

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Giuliano Cavaterra. © Guillaume Fauveau

Pourquoi avez-vous écrit un livre sur les membres du commando Argala ?

Giuliano Cavaterra : Je m’intéresse aux quatre militants basques de nationalité française toujours incarcérés, après plus de trente ans, accusés d’avoir intégré ce commando. Mais plus que leur histoire, je raconte les cinquante dernières années de conflit violent en Pays Basque. J’essaie de comprendre pourquoi quatre citoyens du Pays Basque Nord se sont engagés dans ETA. Quel est le fond historique, social et politique qui explique l’engagement de ces jeunes gens dans la lutte armée ? S’ils avaient vécu en Seine-et-Marne, leur trajectoire n’aurait pas été la même. C’est une histoire… ce sont des histoires qui pour beaucoup ont été oubliées. Je pense au contexte des années 1970, en Pays Basque Nord et Sud, à la guerre sale. Non seulement c’est une histoire oubliée, mais en plus, on ne la raconte pas.

En quoi l’arrestation de ces personnes a-t-elle été un choc ?

Il n’y avait pas, jusqu’alors, de militant du Pays Basque Nord accusé de faire partie d’un commando armé. C’étaient des personnes d’un âge mûr, des pères de famille, loin de l’image qu’on avait du militant d’ETA. Tout le monde a été sidéré. Les abertzale mêmes ne s’attendaient pas à cela. Jusque-là, les personnes mises en cause dans des affaires liées à ETA au Pays Basque Nord étaient des personnes qui rendaient de menus coups de main. Pour la police aussi, cela a été une surprise.

La société entière d’Iparralde a été violemment secouée parce que les personnes arrêtées se retrouvaient dans toutes ses composantes. Il ne s’agissait pas de gens en rupture. L’un était moine, cela a ébranlé l’Eglise catholique qui avait un poids très important en Pays Basque. Un autre était ancien syndicaliste et ancien membre du PCF, cela a donc touché ce monde-là. Un autre encore était très impliqué dans une peña bayonnaise et avait des amis dans d’autres peñas « historiques”. Un facteur de Saint-Jean-de-Luz a été mis en cause sur le coup… Par ricochet, cela a touché un peu tout le monde. Neuf personnes condamnées pour cette affaire sont du Pays Basque Nord, il y a en tout 17 ou 18 gardes à vues, sans compter tous les gens convoqués pour interrogatoire, et onze personnes sont placées en détention provisoire. Cela montre la dimension de l’affaire.

Quelles ont été vos sources ?

Je ne me suis pas engagé dans un livre de témoignages parce que je devais plutôt raconter le contexte. J’ai donc essentiellement consulté les journaux de l’époque et beaucoup de livres, ainsi que quelques documents universitaires.

Concernant les témoignages, y a-t-il encore des tabous ?

Pour certaines personnes, des tabous non, mais c’est un sujet sensible. Elles n’ont pas eu envie de parler de cette période. Il y a aussi le risque de conséquences judiciaires qui est à prendre en compte.

Pourquoi avez-vous fait le choix de ne pas rentrer dans les faits reprochés ?

J’en parle très peu effectivement, parce que les faits sont connus. Finalement, la partie sur les faits qui leur sont reprochés et pour lesquels ils ont été condamnés est la plus connue de l’affaire. Il y a, à l’inverse, tout un tas d’événements pour lesquels il est difficile de trouver des informations, cela concerne la guerre sale. J’y ai passé plus de temps.

L’autre raison est que toutes les personnes incriminées l’ont été suite à l’arrestation d’Unai Parot sur le territoire espagnol pour laquelle il a dénoncé avoir été torturé. Lors de leurs procès, il n’a pas été possible de faire témoigner Unai Parot car en correctionnel, l’Espagne a refusé de le mettre à disposition de la Justice française. Il était pourtant une des pièces principales du dossier. Quant aux Assises, les magistrats français n’ont pas jugé bon de le faire venir parce qu’entre temps, Parot avait été débouté de ses recours pour les faits de torture, sa plainte initiale s’étant « perdue ». Aujourd’hui, il y a une vérité judiciaire, mais on ne sait pas jusqu’à quel point elle correspond aux faits.

Que dit l’histoire de ces militants du contexte de l’époque ?

Ils appartiennent à une génération née dans l’après-guerre à qui, souvent, on n’a pas transmis l’euskara, et elle veut comprendre pourquoi. Sans parler qu’on assiste partout dans le monde à un réveil des identités nationales. Il y a aussi un fond social avec une désindustrialisation massive du Pays Basque Nord qui arrive dès les années 60. A côté de cela, des élus ne jurent que par le tout tourisme pour compenser ce phénomène. Ce qui ne permet pas aux jeunes de travailler à l’année au pays. Dans les années 70, apparaît le slogan « Vivre et travailler au pays ». Cela s’accompagne par l’émergence d’une conscience révolutionnaire en Europe. Il y a des mouvements sociaux très forts, y compris au Pays Basque Sud malgré le franquisme. Il y a un espoir de changer le monde, de construire une société plus juste.

En quoi le franquisme a-t-il eu une influence sur leur parcours ?

Le franquisme a été une dictature violente et s’est attaqué d’autant plus violemment aux minorités nationales. La naissance d’ETA ne serait sans doute pas intervenue dans un contexte moins violent et, sommairement, il n’y aurait pas eu de commando itinérant. Ensuite, de nombreux militants du Pays Basque Sud ont fui pour venir s’installer ici et des relations se sont donc tissées avec les militants du Nord, une génération ayant reçu une éducation anti-fasciste.

Ensuite, certains faits ont marqué. Le procès de Burgos en est un. Pour beaucoup de personnes qui avaient un sentiment de basquitude, il a marqué le passage à l’action politique. Les manifestations ont rassemblé 10 000 personnes à Bayonne, son retentissement a été international. Par ailleurs, les cas de torture et la guerre sale ont alimenté le conflit, avec là des attaques directes contre la culture et la langue basques.

Vous évoquez les tensions au sein du mouvement abertzale. Pourrait-on dire que le choix que ces militants ont fait n’était pas une évidence dans ce contexte ?

Non, effectivement, la tendance la plus proche d’ETA, et l’organisation elle-même, étaient contre l’utilisation de la violence politique au Pays Basque Nord, mais la tendance qui est vite devenue majoritaire s’est structurée autour d’Iparretarrak. Des contradictions fortes sont apparues. Mais les membres du commando Argala ont, pour la plupart, au moins une partie de leur famille du Pays Basque Sud. Ensuite, il y avait tellement d’actions de guerre sale contre les réfugiés que les militants, dont ceux du Nord, avaient décidé d’organiser des rondes et des liens se sont tissés.

En quoi ce livre est-il engagé ?

Il est engagé dans le sens de la résolution du conflit violent et cela passe par le récit partagé. Pour l’instant, on n’y est pas, on est plutôt dans la guerre des récits. De la propagande qui occulte une partie de l’équation. Il faut également traiter la question des prisonniers de façon juste et équitable. Ici, nous nous retrouvons avec quatre personnes en prison depuis 30 ans, pour ceux qui sont dans l’Etat français libérables depuis une dizaine d’années, remplissant tous les pré-requis pour une libération conditionnelle, à tel point que leur demande est acceptée en première instance. Concernant Unai Parot, il aurait déjà dû être libéré mais on a tordu le droit pour le maintenir en prison. Dans l’Etat espagnol, seul 10 % des détenus accomplissent entièrement la peine, du fait des remises de peine, des aménagements de peine. Dans ce pourcentage se trouvent les prisonniers basques. Cela démontre que c’est une question, plus que de justice, de volonté politique.

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« Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont intégré l’ETA ? »

 

1 avril 2021

CSPB 30 03 21

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 17 h 43 min

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ÉGALEMENT SUR LE BLOG DU COMITÉ

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Dans le résumé de l’émission, Etxerat et la situation des prisonniers, Kutxa Bira la boîte à rêves, les migrants ouvrent les frontières, Telesforo Mozon, leader politique basque, Hippolyte Lissagaray et la commune de 1871, l’association Bizi livre ses tops et flops, Gabi Mouesca, Oier Oa rejette la proposition du procureur, 1 livre pour soutenir l’OIP, une politique linguistique en faveur du basque à Hendaye et Itxatsou, Mumia Abu Jamal, des manifestations à Bayonne en soutien aux teufeurs qui risquent 10 ans de prison refus de transférer des prisonniers corses et enfin la Birmanie et les abus de l’armée contre le peuple. Playlist: En Tol Sarmiento – Ametsetan, ESNE BELTZA. _Quien manda Ft Mala Rodriguez & Fermin Muguruza, Gure kaiola (GLAUCOMA), HUNTZA _Deabruak Gara, Vendetta – Hemen

 Lissagaray

LISSAGARAY Hippolyte, Prosper, Olivier

Né le 24 novembre 1838 à Auch (Gers), mort le 25 janvier 1901 à Paris (IXe arr.) ; célibataire. Ni membre, ni officier, ni fonctionnaire de la Commune, précise-t-il lui même ; mais l’un des plus célèbres parmi ses défenseurs et ses historiens.

La famille de Lissagaray, d’origine basque, appartenait à la bonne bourgeoisie et lui-même était cousin du député bonapartiste Paul de Cassagnac. Il fit de fortes études classiques et couronna son éducation par un voyage en Amérique ; puis il s’installa à Paris en 1860 au moment où le second Empire amorçait un tournant politique. Ses activités furent à la fois littéraires et politiques ; donnant une conférence sur Musset, le 29 février 1864, il condamna le poète au nom de la morale et souhaita une jeunesse « austère et grave [...] car nous n’avons plus le temps d’être jeunes ». Ces conférences de la rue de la Paix (rue Cadet) constituaient une sorte d’Université populaire ; elles furent éphémères, comme sa Revue des cours littéraires. Les campagnes électorales ou politiques de la fin de l’Empire apportèrent un renouveau à son activité : fondation du journal L’Avenir à Auch (Gers), le 15 août 1868 ; duel avec son cousin Paul de Cassagnac qui défendait l’Empire avec la même fougue que Lissagaray se faisait le champion de la République ; condamnation, le 5 novembre 1868, à Auch, à 2 000 F d’amende pour diffamation ; procès de presse et condamnation à un mois de prison, le 19 décembre suivant, pour « excitation à la haine du gouvernement » ; collaboration au journal parisien La Réforme de Vermorel, tandis que les condamnations se multipliaient : Auch, le 16 janvier 1869, un mois de prison pour délit de presse et 2 000 F d’amende ; le 28 du même mois, 1 200 F d’amende pour le même motif ; le 30 octobre 1869, à Paris, 500 F d’amende pour provocation et violences ; le 26 novembre 1869, à Paris, un mois de prison pour avoir contrevenu à la loi sur les réunions publiques ; le 24 décembre 1869, à Auch, huit jours de prison pour coups ; le 31 décembre 1869, à Paris, deux mois de prison après une réunion. Lissagaray passa à Sainte-Pélagie tout le premier trimestre de 1870 et en sortit pour prendre part à la campagne antiplébiscitaire et participer à des réunions, rue Dieu ou aux Folies-Bergère ; de nouveau, il fut frappé, le 14 mai 1870 à Auch, de six mois de prison et 2 000 F d’amende pour offenses envers l’empereur. Ayant, dans une réunion publique, exalté le geste de Mégy qui avait tué le policier venu l’arrêter, et celui des soldats mettant crosse en l’air quand ils recevaient l’ordre de tirer sur le peuple, il préféra gagner Bruxelles où il arriva le 10 mai tandis qu’on le condamnait à Paris, le 28 mai, à un an de prison…

L’Empire s’écroulant, Lissagaray revint à Paris et se mit à la disposition de Gambetta qui le nomma commissaire de guerre à Toulouse où il organisa en novembre, avec son ami Georges Périn, un camp militaire. Le 10 janvier 1871, il était à l’armée du général Chanzy en qualité de chef d’escadron d’état-major quand l’armistice fut signé. Le 18 mars, il vint aussitôt à Paris, mais « ni membre, ni officier, ni fonctionnaire, ni employé de la Commune », il fut exclusivement journaliste, publiant les six numéros de l’Action (4 au 9 avril) et plus tard le Tribun du Peuple (17 au 24 mai). Il prit part alors, du 25 au 28 mai, à la bataille de rue, sur les barricades du XIe arr. puis à Belleville. Ayant réussi à gagner la Belgique, puis l’Angleterre, il vécut du commerce des beurres, de leçons, de conférences. Il publia à Bruxelles ses ouvrages sur la Commune (1871, 1873, 1876 — voir œuvres) ; en 1872, il aurait assisté au congrès de La Haye et peut-être les comptes rendus du Rappel étaient-ils de lui ; la même année, la police le disait assidu aux réunions du Cercle d’Études sociales, Francis Street, à Londres. En 1873, il serait venu à Paris voir Paul Arène ; en 1875, il alla à Jersey. Depuis 1874, on le disait assidu auprès de la troisième fille de Karl Marx, Eleanor, dite « Tussy » ; on parlera encore de ces projets matrimoniaux en 1882… mais Lissagaray demeurera célibataire (Eleanor, née en 1856, épousera Edward Aveling en 1891 et mourra, la même année que son mari, en 1898).

Le 3e conseil de guerre avait condamné Lissagaray, par contumace, le 18 juin 1873, à la déportation dans une enceinte fortifiée — son dossier manque aux archives du ministère de la Guerre — et il figura seulement sur les dernières listes d’amnistiés, le 14 juillet 1880. Sa pensée, durant les neuf années d’exil, avait évolué du radicalisme démocratique au socialisme ; et, de Londres, en octobre 1879, il adressa, avec un groupe de Communards exilés, ses encouragements aux participants du congrès ouvrier socialiste de Marseille (cf. c. rendu du congrès, pp. 378-386). Mais ce Basque que ses amis Gérault-Richard et Amilcare Cipriani, dans les articles nécrologiques qu’ils lui consacrèrent dans la Petite République, en janvier 1901, qualifiaient de « hautain, cassant, fier, autoritaire, dominateur et batailleur » — ce qui gâta parfois ses admirables qualités — fut essentiellement un franc-tireur de la Sociale, avant et après la Commune, ne s’inscrivant ni à l’Internationale qui, pourtant, abrita des courants divers, ni, après la Commune, au Parti ouvrier français de Guesde ou à la Fédération des Travailleurs socialistes de Brousse. S’il eut des affinités avec les blanquistes anticléricaux, patriotes et partisans du coup de main, il ne put admettre leur organisation centralisée ; et si les anarchistes lui plurent par leur permanente référence à la liberté, il voulut, plus éclectique, recourir à tous les modes d’action, y compris au bulletin de vote — lui-même tenta en vain à plusieurs reprises de l’élection — et il alla jusqu’à faire figurer sur une liste de candidats recommandés par la Bataille en 1885, le libertaire Élisée Reclus, auteur du slogan « Voter, c’est abdiquer ».

Après son retour d’exil comme dans la proscription, Lissagaray poursuivit le même combat, avec la même fougue, que ce soit contre Boulanger ou pour Dreyfus, combat haut en couleur, ponctué de condamnations et de duels. Son tempérament bouillant lui valut, en sus de ses duels, quelques nouvelles condamnations : le 3 août 1883, à Paris, quinze jours de prison, le 3 juillet 1884, à Saint-Dié, trois mois de prison et 100 F d’amende ; le 30 juin 1886, à Paris, 200 F d’amende…

Debout ! tel nous apparaît Lissagaray et tel il s’est lui-même caractérisé en faisant figurer ce mot sous le buste qu’il offrait en prime aux lecteurs de sa Bataille. Mais, si cet inclassable, libertaire et autoritaire tout à la fois, fut aux avant-postes des luttes sociales, sa nature trop rebelle l’empêcha de donner toute sa mesure ; toutefois il a laissé une œuvre, une grande œuvre, l’Histoire de la Commune de 1871…

Il mourut à soixante-deux ans d’une douloureuse laryngite, à son domicile, 43, rue Richer (IXe arr.) et fut incinéré au Père-Lachaise le 27 janvier 1901. Mille à deux mille personnes accompagnèrent sa dépouille. Ses cendres furent déposées dans la case portant le numéro 1385.

Un monument lui est dédié à Auch, toujours visible dans le Jardin Ortholan depuis 1903. La rue longeant le jardin, l’école maternelle publique et le quai la longeant en rive droite du Gers entre le pont du Prieuré et le passage Saint-Pierre portent son nom. Des voies ou infrastructures d’autres villes sont également nommées en son honneur comme le boulevard de Lissagaray à Valence-sur-Baïse, la rue Lissagaray à Saint-Étienne, ou le parc Lissagaray au Havre.

POUR CITER CET ARTICLE :

https://maitron.fr/spip.php?article24869,

notice LISSAGARAY Hippolyte, Prosper, Olivier par Jean Maitron, version mise en ligne le 6 mars 2009, dernière modification le 30 juin 2020.

 

commune 

 

LISSAGARAY

 


Il crée l’Action dans lequel, Lissagaray; refuse toute conciliation avec le « Triumgueusat » : Favres, Thiers et Picard puisque « qu’il n’y a qu’une autorité, celle de la commune »,dénonce l’inexistence de généraux et de jeunes chefs et l’incapacité des députés, veut l’interdiction des journaux anti-commune contrairement à Vallès, réclame le programme de la commune : « Nous avons le droit d’être impatients du programmes de la Commune. Plus le dangers est grand, plus ce programme devient nécessaire. […] Que la France,… apprennent au plus vite pourquoi Paris se bat: Voilà votre premier devoir, hommes de la Commune. ». Il souhaite que « que les intérêts des paysans rejoindront ceux des ouvriers si l’éducation peut s’étendre dans les campagnes ». Seul 6 numéros paraissent en deux semaines et L’Action cesse le 9 avril. Le reste du temps, il est avec son fusil sur les remparts. Il crée ensuite le Tribun du Peuple qui sort en continu du 17 mai au 24 mai 1871. Ces derniers écrits dans le journal sont « Au feu maintenant ! Il ne s’agit plus de crier « Vive la République ! » mais de la vivre ! ».

Et Lissagaray, « dernier soldat de la Commune réussissait à s’échapper » de la dernière barricade ce dernier jour sanglant.
Recherché comme beaucoup de communards, il s’exile à Bruxelles où il publie les Huit journées de mai derrière les barricades, dont Jenny Marx rapportera, en décembre 1871 à Kugulman, que « A une seule exception près, tous les livres sur la Commune qui ont paru jusqu’à présent ne valent rien. Cette unique exception à la règle générale, c’est l’ouvrage de Lissagaray  »
De Belgique, il part rapidement pour l’Angleterre où il va rencontrer la famille Marx et Eléanor. Sans le sou, travaillant un peu à droite et à gauche, il organise des conférences ou y participe, collabore toujours aux journaux comme Le Rappel, Le Mot d’ordre ou Le courrier de l’Europe. Il soufflette René de Pont-Jest, journaliste du Figaro pour son article fallacieux sur les communards à Londres. Il écope d’une amende et d’un avertissement. Puis, dans le même temps, il entreprend « de raconter la Commune ».
En 1876, après de longues recherches journalistiques et historiques, il publie L’histoire de la commune de 1871, éditée à Bruxelles par Henry Kistemaeckers, mais interdite en France et diffusée sous le manteau. Eleanor Marx, fille cadette de Karl Marx, s’est éprise de lui lors de son exil à Londres, de 1871 à 1880. C’est Eleanor qui va ainsi traduire l’Histoire de la Commune de 1871 en anglais.

 

Jeunesse difficile

Hippolyte Prosper Olivier Lissagaray est né de l’union de Laurent Prosper Lissagaray, pharmacien à Toulouse, âgé de plus de 50 ans, et de Marie-Louise Olympe Boussès de Foucaud. Il a un frère, HenriNote 1.

Son père meurt alors qu’Henri et lui sont encore petits. En 1847, la mère de Prosper Olivier, assigne en justice Bernard-Adolphe de Cassagnac pour obtenir le remboursement du prêt qu’avait contracté son défunt mari pour sauver la propriété et l’entreprise des gentilshommes verriers2. Dans un premier temps, la famille Lissagaray avait apporté une dot considérable à la famille Cassagnac pour le mariage de Bernard-Adolphe Granier de Cassagnac et d’Ursule Lissagaray, la tante de Prosper Olivier. Ce fut insuffisant. Laurent Prosper Lissagaray contracte donc un prêt pour les Cassagnac tout en hypothéquant ses biens. C’est ainsi qu’après la mort de son mari, Marie-Louise fit un procès à la famille Cassagnac pour rembourser le prêt devenu trop lourd pour elle et ses enfants. Mais, elle n’obtient pas gain de cause. C’est ainsi que Lissagaray reste en conflit permanent avec ses cousins Cassagnac.

Lissagaray rentre au collège d’Aire-sur-l’Adour dans ces conditions difficiles. En seconde, il y fait ses premières armes littéraires sous la houlette du professeur de littérature l’abbé Légé, « maigre, pâle et toussant comme un phtisique, un parfait homme de lettres »3. Celui-ci divise ses élèves en deux camps : classiques et romantiques. Prosper compte au nombre de ces derniers. Il écrit ainsi, à quinze ans, avec son camarade Paul Lacome d’Estalenx un roman médiéval Les Mystères des Croisades, histoire de Louis VII et Aliénor d’Aquitaine. Après le baccalauréat, Prosper ne voit plus Paul, ni ses camarades de collège, mais il garde – écrit-il – « au fond du cœur un endroit où tous vivent »Note 2.

Des Lettres aux armes

Ses conférences littéraires à Paris

En 1860, il s’installe à Paris après un voyage en Amérique. Il dirige une société littéraire à but non lucratif du type des Entretiens et Lectures4 d’Albert Le Roy. Lissagaray et Juette deviennent les fondateurs des conférences publiques avec les conférences de la rue de la Paix. Il écrit une Revue des études littéraires destinée aux scolaires.

1864, conférence houleuse sur Alfred de Musset5, mort en 1857 et très populaire. Pour Lissagaray, Musset « est un homme sans opinion, sans conviction, sans principes, qui prétend incarner dans lui-même l’esprit de cette époque ». Il y dénonce les côtés vicieux et débauchés du poète et de ce fait n’est point un modèle pour la jeunesse : « Nous n’avons plus le temps d’être jeune. Soyons vieux à vingt-cinq, si nous ne voulons pas être serfs à trente… ». Conférence mal accueillie même de par la jeunesse, il publie donc son texte Alfred de Musset devant la jeunesse pour que nul ne l’oublie.

Un Avenir pour la République

1868, engagement contre l’Empire et le 15 août, création du journal L’Avenir à Auch qui veut « rallier dans le Gers toutes les forces éparses du grand parti de la révolution… » dont la ligne est :

  1. le « droit de réunion et d’association » et « la presse, la parole et la conscience libres »,
  2. « les élections loyales… », « la responsabilité effective » des agents d’Etat,
  3. « la suppression des emplois publics et des monopoles », puis « des octrois »,
  4. « la séparation de l’Eglise et l’État », « l’instruction gratuite et obligatoire »,
  5. « le rachat de la dette », puis « la suppression de l’armée permanente »,
  6. Et, « la paix qui ne peut résulter du libre accord des démocrates. ».

Le 30 août 1868, un duel à l’épée s’engage avec victoire de Paul de Cassagnac, son cousin germain6. Ses premières cibles sont effectivement les Cassagnac, notables, bonapartistes et députés du Gers.

1869, L’Avenir à Auch devient le Journal démocratique du Gers et des Hautes Pyrénées à partir du no 93 (3 août 1869). Installé à Paris, Lissagaray collabore à La Réforme de Malespine d’octobre au novembre sans pour autant quitter son journal du Gers.

La Marseillaise et La République

 prison

 

 

 

 

La prison Sainte-Pélagie.

1870, Il crée avec Henri Rochefort La Marseillaise en janvier. Dès le 4 janvier, les condamnations pleuvent : une pour duel à Auch et une à la prison Sainte-Pélagie pour « offenses envers les personnes de l’empereur et de l’impératrice », même si c’est effectivement Émile Ollivier qui aurait dû l’être.

En prison, il écrit Jacques Bonhomme – Entretiens de politique primaire. Il y dénonce également dans L’Avenir le meurtre de Victor Noir. Une émeute « trop prématurée » est évitée par l’intervention de Rochefort lors des obsèques du jeune Victor, ce qui vaut la démission de Jules Vallès. Suit une arrestation de tous les rédacteurs de La Marseillaise qui rejoignent Lissagaray. « Dans l’impossibilité d’envoyer des articles à L’Avenir, à Auch ; encore moins de le diriger », il quitte son journal du Gers.

Libéré, le 6 avril, il prend part aux réunions publiques contre le plébiscite de Louis-Napoléon. Puis, les amendes et deux nouvelles condamnations de prison « envers l’empereur » à Auch tombent de nouveau. Sans attendre, le 10 mai, il s’exile pour 3 mois à Bruxelles.

Il rentre à Paris avant la révolution du 4 septembre 1870, qui proclame la République et met en place le Gouvernement de la Défense nationale.

Il est nommé chef de cabinet de Clément Laurier, avocat proche de Gambetta devenu directeur général du personnel au ministère de l’Intérieur. Il accompagne Laurier à Tours auprès de la délégation gouvernementale. En octobre, Gambetta nomme Lissagaray commissaire de la guerre à Toulouse pour lever un corps de francs-tireurs. Puis, avec le Commandant Major Jay, il monte un projet de camp d’instruction accepté par Gambetta, le 3 novembre. Le 14 janvier 1871, « afin d’être au plus près du feu », il est nommé chef d’escadron d’état-major auxiliaire auprès de l’armée de la Loire du général Chanzy. Il semble que Lissaragay n’exerça jamais cette fonction7.

De la Commune à l’histoire

 

Il crée ensuite le Tribun du Peuple qui sort en continu du 17 mai au 24 mai 1871. Ses derniers écrits dans le journal sont « Au feu maintenant ! Il ne s’agit plus de crier « Vive la République ! » mais de la vivre ! ».

Il a été souvent écrit que Lissagaray aurait été le « dernier soldat de la Commune [qui] réussissait à s’échapper » de la dernière barricade le dernier jour sanglant. « On peut douter que Lissagaray ait beaucoup vu de ce dont il fait le récit, et de sa réelle présence au combat ou sur les lieux qu’il décrit. Lui-même n’atteste avoir été présent qu’en visite aux fronts trois jours avant la Semaine sanglante. »9

De l’exil, de l’aventure et de l’histoire

Recherché comme beaucoup de communards, il s’exile à Bruxelles où il publie les Huit journées de mai derrière les barricades, dont Jenny Marx rapporte, en décembre 1871 à Kugulman, que « À une seule exception près, tous les livres sur la Commune qui ont paru jusqu’à présent ne valent rien. Cette unique exception à la règle générale, c’est l’ouvrage de Lissagaray »10.

 eleonor

 

 

 

 

 

Eleanor Marx.

De Belgique, il part rapidement pour l’Angleterre où il rencontre la famille Marx et Eleanor. Sans le sou, travaillant un peu à droite et à gauche, il organise des conférences ou y participe, collabore toujours aux journaux comme le Rappelle Mot d’ordre ou le Courrier de l’Europe. Il soufflette René de Pont-JestNote 4, journaliste du Figaro pour son article sur Les Communards à Londres, jugé fallacieux par Lissagaray. Il écope d’une amende et d’un avertissement. Puis, dans le même temps, il entreprend « de raconter la Commune ».

En 1876, après de longues recherches journalistiques et historiques, il publie l’Histoire de la commune de 1871, éditée à Bruxelles par Henry Kistemaeckers, mais interdite en France et diffusée sous le manteau. La publication de la traduction anglaise par Eleanor Marx de l’Histoire de la Commune de 1871 se fait en 188611.

Dans la bataille sociale et républicaine

1880, le 11 juillet, le Parlement vote l’amnistie des communards, demandée depuis longtemps par Victor Hugo et Georges Clemenceau parmi d’autres. C’est le retour de Lissagaray à Paris. La première chose est de demander rétractations et excuses de René de Pont-Jest pour son article sur les Communards à Londres, paru quelques années auparavant. De Pont-Jest refuse, Lissagaray demande réparation par les armes. De Pont-Jest refuse encore, c’est par la plume que Lissagaray lui assigne une touche dans Le Rappel du 25 juillet 1880.

La bataille, politique et sociale journal révolutionnaire

1881, il crée La Bataille, politique et sociale tant bien que mal dont le premier numéro paraîtra le 10 mai 1882. À ses débuts les collaborateurs broussistes ont voulu le diriger et faire un journal de cette chapelle, mais sans y parvenir. Ensuite, le propriétaire du journal décide en 1882 de le fusionner avec Le Citoyen dirigé par Jules Guesde et « le lâche Paul Lafargue » : C’est Le Citoyen et la Bataille. Mais la collaboration est impossible, d’une part en raison des petites rancœurs entre Lafargue et Lissagaray, d’autre part, parce que les journalistes guesdistes ne veulent pas de Lissagaray comme rédacteur en chef, évinçant ainsi Paul Lafargue de cette tâche. Avec toute cette cacophonie territoriale Le Citoyen disparaît. Lissagaray reprend les rênes de La Bataille tout court.

C’est un de ces évènements que Engels rapporte à Édouard Bernstein dans sa lettre du 2 novembre 1882 :

« Quand vous ne cessez de répéter que le « marxisme » est en grand discrédit en France, vous n’avez en somme vous‑même d’autre source que celle‑là – du Malon de seconde main. Ce que l’on appelle « marxisme » en France est certes un article tout spécial, au point que Marx a dit à Lafargue : « Ce qu’il y a de certain, c’est que moi je ne suis pas marxiste ». Mais si Le Citoyen a tiré l’été dernier à 25 000 exemplaires et acquis une position telle que Lissagaray a mis en jeu sa réputation pour la conquérir, cela semble tout de même contredire quelque peu ce prétendu discrédit12. »

Ainsi, La Bataille est ouverte « à tous ceux qui veulent la suppression des classes et travailler à l’émancipation des travailleurs », c’est-à-dire à toute diversité et disparité du mouvement socialiste. Cette union révolutionnaire lui vaut les reproches de Vallès dans son premier Cri du peuple de novembre 1883. Cependant, le journal est le premier journal socialiste révolutionnaire avant Le Cri .

« La Bataille n’ignore pas qu’elle est le seul journal révolutionnaire de Paris, le seul qui se refuse à toute intrigue et qui se moque aussi bien du roi Jules Ferry que du dauphin Clemenceau, ignoré, renié ou combattu par tous les politiciens, même du socialisme; n’ayant aucune préoccupation, pas même celle du tirage; ne visant qu’au cœur et non aux théâtrales guenilles. »

1886, le 23 janvier, la concurrence du Cri et des journaux radicaux font disparaître le journal. C’est Le Radical d’Henri Maret qui prend la suite.

Lissagaray écrit anonymement le livre de fiction historique Plus d’Angleterre, qui a remporté un succès.

1887, le 3 décembre, il organise une manifestation sous le nom des « fédérés de la rive gauche » contre Jules Ferry aux élections présidentielles.

Face au général Boulanger

1888, le 25 mai, face au boulangismeClemenceauNote 5,

La Bataille réapparait, en janvier 1889, non plus pour la défense des travailleurs, mais pour le sauvetage de la République contre le boulangisme.

Joffrin et Ranc créent la Société des Droits de l’Homme et du Citoyen. Clemenceau en est le président, et Lissagaray le secrétaire général13. Lissagaray prend donc position contre le plébiscite du général Boulanger et les parlementaires de droite puis d’extrême-gaucheNote 6 en y dénonçant avec la gauche et le centre le césarisme de Boulanger. Mais le général Boulanger est admiré et plébiscité paradoxalement par certains communards blanquistes (Granger) ; par Henri Rochefort – qui devient comme Cassagnac une cible de choix avec une escarmouche en 1889, puis par des royalistes et des bonapartistes.

La Bataille reparaît donc jusqu’en avril 1892 jusqu’à la fusion malgré lui avec La Marseillaise.

Jusqu’à la dernière grande bataille

Lissagaray est également « Candidat aux élections législatives de 1885 et 1893 et à plusieurs élections partielles, non pour obtenir un siège, mais pour exprimer ses idées »14.

1893, il crée la Grande Bataille qui dénonce un gouvernement corrompu, le scandale de Panama, et de « l’abdication des socialistes parlementaires » qui « Autant que les autres partis républicains, le parti socialiste a besoin de se renouveler ».

Le journal s’arrête le 6 juin 1893. Lissagaray écrit encore des articles sous le nom de Jacques Bonhommes dans Le Germinal, dont le rédacteur en chef est Paschal Grousset jusqu’à sa fermeture le 6 septembre 1893.

Il dirige ensuite la revue La Vie algérienne et tunisienne pendant trois ans, mais il se consacre essentiellement à la réédition de l’Histoire de la Commune de 1871 qui paraît en 1896.

De mars 1899 à août 1900, il exerce anonymement la direction de la revue d’érudition l‘Intermédiaire des chercheurs et curieux, pour le compte de sa propriétaire, la générale Iung.

En 1901, à la suite d’une laryngite, le « mousquetaire de la Sociale » meurt à l’âge de 63 ans et est incinéré au Cimetière du Père-Lachaise en présence de deux mille personnes.

Hommages posthumes

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Stèle Lissagaray érigée à Auch dans le Jardin Ortholan.

 

  • à Auch :à Valence-sur-Baïse, un boulevard porte son nom (boulevard de Lissagaray) ;
    • en 1903, une stèle a été érigé à sa mémoire, dans le Jardin Ortholan ;
    • la rue longeant le jardin, l’école maternelle publique et le quai la longeant en rive droite du Gers entre le pont du Prieuré et le passage Saint-Pierre portent son nom ;
  • à Saint-Étienne, une rue porte son nom ;
  • au Havre, un jardin public porte le nom de parc Lissagaray.

 

 

Unai Parot va être rapproché à la prison de León, à 370 km du Pays Basque

La direction des services pénitentiaires de l’État espagnol a annoncé le vendredi 26 mars le transfert de six prisonniers politiques basques. Parmi eux, le Bayonnais Unai Parot, détenu depuis 31 ans.

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Manifestación en Donibane Lohizune por la libertad de Unai y Ion Parot, Xistor Haranburu y Jakes Esnal. (Bob EDME)

Manifestation à Saint-Jean-de-Luz pour la libération d’Unai et Ion Parot, Xistor Haranburu et Jakes Esnal. © Archives Bob EDME

Unai Parot est incarcéré à 1 020 km du Pays Basque, à la prison de Puerto III à Cadix. Mais dans un communiqué publié le vendredi 26 mars, le ministre de l’Intérieur espagnol a déclaré que le Labourdin serait rapproché à la prison de Mansilla à León, à 370 km du Pays Basque. Par ailleurs, le statut de prisonnier de second degré a été accordé au militant qui, en avril, aura accompli 31 ans de détention.

 

Son frère, Ion Kepa Parot, va lui aussi entamer sa 32e année de détention au mois d’avril. Détenu à la prison de Muret, en région toulousaine, le prisonnier âgé de 69 ans a été diagnostiqué positif à la Covid-19 le 18 mars dernier, alors qu’il est par ailleurs asthmatique. Le 22 mars devant la sous-préfecture de Bayonne, le mouvement Bake Bidea et les Artisans de la paix ont réclamé sa libération.

 

Un autre prisonnier basque va lui aussi quitter la prison de Puerto : Jose Mari Dorronsoro, transféré quant à lui vers Iruñea. Lorenzo Ayestaran a lui aussi vu son statut progresser et sera transféré d’Alicante à Soria, où sera également amené un second détenu, Oskar Zelarain, depuis Castelló. Les deux détenus vont passer du premier au second degré.

 

Deux prisonniers incarcérés à la prison de Picassente, à Valencia, vont être rapprochés vers celle de la capitale navarraise : Idoia Mendizabal et Jon Gonzalez. Ainsi, il ne restera plus que deux prisonniers politiques basques derrière les barreaux de Picassente.

 

Cinq transferts cette semaine

 

D’autre part, l’association Etxerat a informé que des rapprochements déjà prévus ont été effectués cette semaine. En effet, Ainhoa Garcia, Aitor Agirrebarrena, Jon Bienzobas, Jose Mari Novoa et Josu Ordoñez ont été transférés vers des prisons plus proches de chez eux.

 

En revanche, d’autres rapprochements annoncés par la direction espagnole des services pénitentiaires n’ont toujours pas eu lieu, au motif de contraintes liées à la pandémie de Covid-19.

 

Iñaki Arakama est au Pays Basque

 

Etxerat a également annoncé le rapprochement du prisonnier gasteiztar Iñaki Arakama. Celui dont la famille vit au Pays Basque Nord a été rapproché à la prison de Zaballa, à Gasteiz. Jusqu’à présent, il purgeait sa peine à Seville, soit à 1 000 km du Pays Basque. Iñaki Arakama est en détention depuis plus de 23 ans. En octobre 2013, il avait purgé les trois quarts de sa peine. Aujourd’hui, sa condamnation touche presque à sa fin.

 

Oier Oa refuse la proposition du procureur de la République

Le militant basque Oier Oa comparaissait le vendredi 26 mars devant le procureur de Bayonne. Ce dernier a proposé une peine de prison avec sursis de quatre mois que l’éducateur du lycée Bernat-Etxepare a refusée. La date de son procès n’est pas encore connue.

 

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Le militant basque Oier Oa a remercié les nombreux lycéens venus le soutenir devant le tribunal de Bayonne. © Guillaume FAUVEAU

Poursuivi pour non respect du fichier Fijait et l’interdiction du territoire français, le militant basque Oier Oa comparaissait le 26 mars au tribunal de Bayonne, accompagné de son avocate, Amaia Recarte. Il a pu compter sur le soutien de près de 200 élèves du lycée Bernat-Etxepare où Oier Oa travaille en tant qu’éducateur. Les jeunes étaient venus jusqu’au tribunal en musique. Egalement présents, entre autres, Anaiz Funosas, présidente de Bakea Bidea et Emilie Martin, artisan de la paix et Nikolas Blain, membre de la direction d’EH Bai.

Oier Oa était convoqué au tribunal de Bayonne vendredi matin à 10 heures, dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Le militant basque ayant reconnu les faits, tout l’enjeu pour lui et son avocate était de débattre sur la peine à infliger. Le procureur de la République de Bayonne, Jérôme Bourrier, a proposé une peine de quatre mois de prison avec sursis. Oier Oa a refusé et son dossier sera porté, de fait, devant le tribunal correctionnel de Bayonne, à une date qui reste encore à déterminer.

« Nous n’avons pas eu de marge de manœuvre » estime son avocate, Amaia Recarte, qui juge sa peine « disproportionnée ». Selon elle, « cette décision ne prend pas en compte dans sa généralité la vie personnelle d’Oier Oa au Labourd ». L’avocate précise que la démarche classique est donc de transférer l’affaire devant le tribunal correctionnel. « Oier Oa pourra présenter plus longuement sa situation, mieux la contextualiser, et de façon plus sereine » estime l’avocate.

« Vous êtes le virus du Pays basque » : des messages contre les Parisiens placardés sur les murs

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Des messages de rejet sont apparus sur des murs du Pays basque, à Urrugne notamment. © Crédit photo : D. R.

Par Pierre Penin – p.penin@sudouest.fr

Les photos prises à Urrugne ont beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, dans le week-end. On y voit des affiches invitant les « Parisiens » à rentrer chez eux. Les auteurs, non identifiés, de cette action, ont diffusé une explication de leur geste

Depuis la fin de la semaine, plusieurs affiches sont apparues sur des murs d’Urrugne. Elles adressent un message violent en ces termes : « Parisiens, rentrez chez vous. Vous êtes le virus du Pays basque ». Et le slogan « Alde hemendik », dégagez d’ici, en basque. Des mots de rejet, sur fond de pandémie de Covid-19, qui semblent tournés vers les vacanciers venus de la capitale, comme vers ceux qui s’établissent localement.

Des photos de ces affichages ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Elles ont suscité de nombreuses réactions, le plus souvent indignées, pas toujours.

Longue explication

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C’est via ces mêmes réseaux que les auteurs de ces messages ont expliqué leur geste.

Cela dans un long texte, où ils assurent en préalable qu’ « il ne s’agissait pas de dénigrer tous les Parisiens ou Français venus s’installer en Pays basque ». Et de « rendre hommage » à ceux qui « ont su s’intégrer ».

Aux accusations de xénophobie, les auteurs répondent avec la terminologie de la gauche radicale abertzale (patriote, en basque) qu’ils sont engagés « contre le racisme et le fascisme, qu’il vienne des États français, espagnols, ou qu’il fasse irruption à Béhobie ». Allusion à la venue mouvementée, le 16 février, de la tête de liste du Rassemblement national, Edwige Diaz, dans la commune frontalière.

 

Le vrai débat…

Les rédacteurs déplorent les contraintes liées à la traversée de la frontière, d’une province basque à l’autre, « alors que les parisiens tout juste confinés peuvent parcourir 700 kilomètres et venir occuper leurs maisons secondaires ». Pointe ici la question complexe du logement au Pays basque. « De nombreuses personnes venues des quatre coins de la France ont accouru, les poches remplies, envahir notre marché immobilier », signent les militants. Mouvement exacerbé par la crise sanitaire.

 

 

 

Pays basque : une agence immobilière prise à partie après une publicité « malheureuse »

 

A Anglet, une agence immobilière Orpi s’est attirée la colère d’EH Bai avec une publicité « malheureuse ». Des militants ont manifesté devant l’établissement et discuté avec le directeur

Le fourre-tout conceptuel et les mots mal pesés ne doivent pas occulter le sujet social majeur : la difficulté de se loger au Pays basque, pour les classes populaires et désormais moyennes. L’épisode traduit un ressentiment sans doute plus partagé sur le fond que dans la forme employée.

Pays basque : une agence immobilière prise à partie après une publicité « malheureuse »

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La manifestation des militants d’EH bai à Larochefoucaud © Crédit photo : Chopin Jean Daniel

Par Pierre Penin

    

A Anglet, une agence immobilière Orpi s’est attirée la colère d’EH Bai avec une publicité « malheureuse ». Des militants ont manifesté devant l’établissement et discuté avec le directeur

Devant l’agence immobilière Orpi Larochefoucauld, à Anglet, cette banderole déployée : « Le droit au logement n’est pas secondaire ». Samedi matin, une vingtaine de militants d’EH Bai se sont positionnés devant l’établissement.

Une action pour dénoncer « le tract lamentable » diffusé par le professionnel dans les boîtes aux lettres voisines, en début de semaine. La publicité invite les propriétaires à vendre à « nos amis des grandes…

 

Pour que droits et dignité ne s’arrêtent pas au pied des murs

OIPAnnie ErnauxNathalie QuintaneMaylis De KerangalPhilippe ClaudelMarie DarrieussecqNancy HustonDavid Roch

 

À propos

Créée en 1996, la section française de l’Observatoire international des prisons (OIP) se bat pour le respect des droits et de la dignité dans les prisons françaises et milite pour la réduction du recours à l’emprisonnement. En vingt-cinq ans, l’association est devenue un interlocuteur essentiel pour les détenus mais aussi pour l’ensemble des personnes qui s’intéressent à la question carcérale. Elle est par ailleurs une force de proposition respectée des institutions qui sollicitent régulièrement son analyse. Pourtant, alors que la prison reste un espace de non-droit, l’Observatoire n’a jamais été aussi peu soutenu financièrement par l’État. Au point que son existence est menacée.
C’est pour réaffirmer les valeurs qui sont au fondement de son action que des écrivains s’associent au combat pour sa défense. Leurs textes rappellent à quel point la prison hante nos consciences malgré les mécanismes d’occultation de sa dure et proche réalité. Chacun y raconte, dans une grande diversité de forme et de ton, son lien à ce lieu de relégation et dénonce le scandale de sa persistante inhumanité.
Les bénéfices de ce livre sont reversés à l’OIP

Bizi distribue ses Tops et ses Flops

Bizi ouvre l’œil et le bon, et lance une gazette « Hitza Hitz ? L’écho de la métamorphose ». L’association y publie des ‘Tops’ et des ‘Flops’, autant de mises en valeur et d’alertes sur des actions exemplaires ou contraires au Pacte de métamorphose écologique.

 

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La version papier, condensé de la version numérique, est disponible en français et en basque. © BIZI

Les sentinelles écologiques du comité Hitza Hitz de Bizi, qui suivent les engagements des Villes et de la Communauté d’agglomération Pays Basque en faveur de la métamorphose écologique du Pays Basque Nord, ont dévoilé leurs premiers résultats dans gazette.bizimugi.eu, une gazette papier et numérique. Au menu du bulletin d’information figurent différentes rubriques, qui peuvent aussi être consultées au fil des actualités sur les réseaux sociaux de l’association.

Bizi publie ainsi ‘Top : mise en valeur d’une action exemplaire d’une commune, ayant réalisé un engagement du Pacte de métamorphose écologique’ et ‘Flop : alerte sur une commune ayant réalisé une action contraire au Pacte’. Le bon élève du premier numéro est Villefranque « qui a adhéré à la monnaie locale complémentaire Eusko par un vote à l’unanimité lors du conseil municipal du 24 septembre 2020 », et le bonnet d’âne revient à Mauléon, dont le maire « s’est engagé à rendre cyclable l’ensemble des voies de circulation de sa commune en signant le Pacte [et] débute pourtant son mandat par un projet de suppression d’aménagement cyclable au pont du collège : une régression trois ans en arrière vers un double sens de circulation pour les voitures. »

Egalement un ‘Focus : présentation d’une décision ou projet à venir, qui pourrait tomber du bon côté (top) ou du mauvais côté (flop)’ , une rubrique ‘Le saviez-vous ?’, point pédagogique pour informer les élus et les citoyens des mesures ou des dispositifs qui pourraient être mis en place, une rubrique ‘Du côté de l’Agglo : perspectives ou présentation des grands projets structurants au niveau intercommunal’ , et enfin un ‘Portrait de sentinelle’, témoignage d’un membre du comité Hitza Hitz « sur sa mission et sa motivation ».

Sept thématiques

Bizi rappelle que, lors des élections municipales de juin 2020, 46 communes, représentant 62 % de la population du Pays Basque Nord (carte ici), se sont engagées, aux niveaux communal et communautaire, à mener les actions des sept thématiques du Pacte de métamorphose écologique : mobilités douces, énergies renouvelables, alimentation bio et locale, maîtrise de l’énergie, réduction des déchets, développement de l’eusko et déclinaison du Plan climat.

« Devant l’urgence climatique, les sentinelles écologiques du comité Hitza Hitz de Bizi ouvrent l’œil, dans leur commune et sur le territoire, pour que les actes suivent effectivement les paroles » prévient l’association, qui rappelle que durant tout le mandat, elle continuera « de vérifier que les orientations prises respectent ou non la parole donnée et s’inscrivent dans la métamorphose écologique nécessaire pour préserver un territoire soutenable et solidaire face aux bouleversements à venir ».

Les personnes qui souhaiteraient participer à ce suivi sont invitées à contacter le comité Hitza Hitz à l’adresse mail : hitzahitz@bizimugi.eu.

 

 

Du gros son contre dix ans de prison

Un cortège de 600 « teufeurs » a défilé samedi dernier à Bayonne pour défendre les organisateurs de la free party clandestine du Nouvel An qui risquent dix ans de prison, pour soutenir le monde de la culture et au passage protester contre la loi de sécurité globale.

 

gros son

La manifestation avait été déclarée en préfecture mais a surpris commerçants et chalands samedi après-midi. © DR

Parti vers 14 heures samedi dernier 6 mars de la place de la République à Bayonne, un cortège de 600 teufeurs a fait vibrer les rues de Bayonne en mode techno parade. Unis dans leurs revendications pour soutenir les organisateurs de la free party bretonne arrêtés le 2 janvier, pour la culture et la fête, et contre la loi de sécurité globale, le fichage, le flicage, et les drones qui surveillent les raves, ils réclamaient  « la liberté d’aller et venir sans être observés. »

« Dix ans de prison pour avoir fait danser des gens », se sont indignés les manifestants, soutenant les organisateurs de la « soirée » du Nouvel An qui avait rassemblé à Lieuron, en Ille-et-Vilaine, près de 2 500 personnes, du 29 décembre au 2 janvier dernier, faisant peu de cas des contraintes sanitaires. L’appel à se rassembler à Bayonne samedi avait été lancé par huit associations culturelles du Pays Basque, comme dans d’autres villes dans l’Hexagone.

« Le mouvement des free parties existe depuis bientôt trente ans et subit depuis une répression violente et disproportionnée, alors que les organisateurs cherchent des accords avec les communes et demandent des terrains pour être dans la légalité. En vain », ont dénoncé les organisateurs. « Nous sommes les Gilets jaunes, les migrants, les jeunes de quartiers, les zadistes… [...] Nous manifestons en musique et pacifiquement. Alors dansons et montrons combien notre envie de vivre est forte ! », a clamé le speaker avant de déployer 600 raveurs en manque de danse dans la paisible après-midi bayonnaise.

 

 

 Iñaki Urdangarin, l’époux de la princesse Cristina d’Espagne, travaille dans un cabinet d’avocats de Vitoria.

C’est un cliché que les photographes espagnols attendaient de prendre depuis le début de cette semaine. Ce jeudi 4 mars 2021, ils ont enfin pu immortaliser Iñaki Urdangarin entrant dans les locaux du cabinet d’avocats Imaz&Asociados à Vitoria. Celui-ci est le nouvel employeur de l’époux de la princesse Cristina d’Espagne, qui purge maintenant au Pays basque -sa région natale où vit sa famille-, sous le régime de la semi-liberté, la peine de 5 ans et 10 mois de détention qui lui a été infligée suite à sa condamnation pour corruption dans l’affaire Noos.

 

«El Correo» signale que le beau-frère du roi Felipe VI y a son propre bureau, «à l’écart du reste de ses collègues». Alternant présence sur place et télétravail, il effectuera, dans ce cabinet d’avocats spécialisé dans les opérations commerciales, fiscales et sociales, «des tâches de conseil et d’administration, ce qui lui permettra de réduire sa durée de condamnation», explique ce quotidien du Pays basque.

Iñaki est arrivé dimanche chez sa mère à Vitoria

L’ancien médaillé olympique de handball a rejoint son travail à vélo. «El Correo» signale qu’il en a justement acheté un, ce lundi 1er mars à 13h30, dans un magasin bien connu de la ville. Il était arrivé la veille, «caché sur la banquette arrière du van conduit par son beau-frère et avec sa petite sœur comme copilote», dans le lotissement de Vitoria où habite sa mère Claire Liebaert, indique le média. C’est chez elle que le cinquantenaire loge désormais le week-end, tandis qu’il couche quatre nuits chaque semaine dans le module résidentiel pour détenus en régime ouvert de la prison d’Alava à Zaballa, à un peu plus de 10km de là. Il y dispose, selon «El Correo», d’une cellule individuelle de 13m2.

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Iñaki Urdangarin arrive à vélo au cabinet d’avocats Imaz&Asociados à Vitoria, le 4 mars 2021© Europa Press / Bestimage

 

 

Hendaye devient une ville pionnière en matière de politique linguistique

La Ville d’Hendaye a voté à l’unanimité en faveur de la mise en œuvre du Protocole pour la garantie des droits linguistiques, décliné à l’échelle communale. Une première au Pays Basque.

La Ville d’Hendaye a voté ce mercredi 3 mars. © Guillaume Fauveau

Hendaye a franchi une nouvelle étape en matière de politique linguistique. Elle était déjà la première ville à avoir créé un poste de technicien de la langue basque au Pays Basque Nord, elle est la première à accepter la mise en œuvre de la Déclinaison communale du Protocole de garantie des droits linguistiques. Une décision prise à l’unanimité lors du conseil municipal du mercredi 3 mars. C’est la première municipalité du Pays Basque à passer des paroles aux actes.

Ce document, qui s’apparente à une boîte à outils, avait été présenté aux candidats en amont des élections municipales de 2020. Kontseilua et Euskal Konfederazioa, associations fédérant des structures qui œuvrent pour la langue basque, les ont incités à s’engager pour mettre en place des politiques linguistiques ambitieuses et prendre, le cas échéant, la Déclinaison communale du protocole comme référence pour établir la politique linguistique de la ville pour le mandat. Les candidats hendayais aujourd’hui aux responsabilités vont signer l’engagement.

Protocole européen adapté au Pays Basque

Les deux associations ont adapté aux réalités administratives des communes du Pays Basque Nord le « Protocole pour la garantie des droits linguistiques », réalisé par des experts internationaux en droit linguistique et en sociolinguistique, ainsi que par les acteurs sociaux de plus de 30 communautés linguistiques d’Europe.

Présenté en 2016 à Donostia, le document a reçu l’adhésion de plus de 120 acteurs sociaux de 30 communautés linguistiques de toute l’Europe, parmi lesquelles celles de l’État français. Dans sa version locale, les mesures ont été reformulées selon les compétences communales et le droit français, tout en tenant compte de la politique linguistique approuvée par la Communauté d’agglomération Pays Basque.

Deux phases

La mise en place du Protocole s’effectuera en deux phases. Dans un premier temps, un diagnostic sera réalisé, qui viendra enrichir la réflexion menée par la commune sur le développement de la langue basque dans ses services. Ensuite, des préconisations seront formulées, afin de permettre aux élus de mettre en application la politique linguistique pour les prochaines années. Kontseilua offre gratuitement un service d’accompagnement, la maîtrise d’œuvre de la mise en place du projet étant assurée par la Ville d’Hendaye.

Itxassou invite les autres communes à signer la charte locale des langues minoritaires

L’équipe municipale d’Itxassou et Euskal Konfederazioa veulent convaincre toutes les communes du Pays Basque Nord à adhérer à la déclinaison locale de la charte européenne des langues minoritaires. Une trentaine de communes et un pôle territorial sont déjà intéressés.

Si tout se passe comme prévu, les communes signeront officiellement la charte en décembre, en présence de techniciens du Conseil de l’Europe. © Bob EDME

C’était l’un de ses engagements de campagne. La liste municipale Herriari, qui a accédé à la tête de la mairie d’Itxassou aux élections municipales de 2020, va adopter la déclinaison locale de la charte européenne des langues régionales et minoritaires – signée par l’État français en 1999 mais jamais ratifiée –, en lien avec le Conseil de l’Europe. En partenariat avec Euskal Konfederazioa, Itxassou invite à présent le reste des communes de la Communauté d’agglomération Pays Basque à suivre son exemple. L’initiative a été présentée le jeudi 25 mars à la salle Sanoki d’Itxassou, en présence de Mizel Hiribarren, le maire, Gillen Hiribarren et Jokin Irungarai, membres du conseil municipal, Sébastien Castet et Amets Lahetjuzan d’Euskal Konfederazioa et Peio Jorajuria, le président de Seaska.

Pour Sébastien Castet, il s’agit de la « suite logique » du travail engagé il y a un an par Kontseilua et Euskal Konfederazioa lors de la campagne des municipales. Pas moins de 60 listes candidates issues de 33 communes s’étaient alors engagées à passer de la parole aux actes. La Ville d’Hendaye a été pionnière en la matière, en adoptant le 3 mars dernier en conseil municipal le Protocole pour la garantie des droits linguistiques, décliné à l’échelle communale.

A minima 35 options sur 49

A ce jour, les membres de la liste Herriari et d’Euskal Konfederazioa ont eu l’occasion de présenter la charte locale dans environ 30 communes ainsi qu’au pôle territorial de Soule. Ces collectivités ont démontré « un grand intérêt » à débattre de la question au sein de leurs conseils municipaux. « Nous invitons les communes que nous n’avons pas encore rencontrées et qui seraient intéressées, à prendre contact avec nous. Nous sommes prêts à refaire une présentation de cette charte et à les accompagner dans cette démarche », a assuré Amets Lahetjuzan.

La charte se décline en 49 options réparties en sept grandes thématiques. Pour que la signature soit validée, une commune doit choisir au moins 35 options. Mais celles-ci étant « très généralistes », des « annexes » seront proposées avec une série de mesures concrètes qui pourront inspirer les mairies afin de passer à l’action. De plus, un groupe de suivi sera mis en place afin de vérifier, tous les 18 à 24 mois, la mise en œuvre des engagements pris par les élus.

Peio Jorajuria, président de Seaska, voit deux avantages pour les collectivités à s’engager dans cette démarche : une reconnaissance par le Conseil de l’Europe des actions menées en faveur de l’euskara, et une visibilité et une promotion des actions menées via la publication sur internet des évaluations des communes en la matière.

Signature officielle en décembre

La phase de présentation de la charte dans les communes et pôles territoriaux, démarrée en janvier, va se terminer fin avril, début mai. Ensuite jusqu’à la mi-juin, chaque commune travaillera au contenu de sa charte. Fin juin ou début juillet, une nouvelle conférence de presse sera donnée pour présenter les engagements des premières communes signataires de la charte. Les chartes seront ensuite soumises à la validation du Conseil de l’Europe, puis votées en conseils municipaux à l’horizon fin septembre, début octobre. Enfin, la signature officielle interviendrait vers les mois de novembre ou décembre, en présence de techniciens du Conseil de l’Europe pour une signature commune. Ce calendrier prévisionnel pourrait toutefois être amené à bouger en raison du contexte sanitaire.

 

 

Transfèrement de détenus en Corse : appliquer le droit aux assassins du préfet Erignac

En signifiant, pour la septième fois, une fin de non-recevoir à la demande de transfèrement de deux détenus corses, le gouvernement applique une règle non écrite selon laquelle certains crimes, certains prisonniers, en vertu de critères arbitraires, justifieraient que l’on déroge au droit.

Par Patrick Roger Publié aujourd’hui à 07h00

Analyse. Le 22 février, une vintgtaine de jeunes nationalistes corses faisaient irruption dans la préfecture de Corse, à Ajaccio, et déployaient au balcon du premier étage des banderoles demandant la libération de Pierre Alessandri et d’Alain Ferrandi, avant d’être expulsés sans ménagement par les forces de l’ordre. Incarcérés depuis 1999, ces deux militants indépendantistes ont été condamnés le 11 juillet 2003 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de dix-huit ans – qui s’est achevée en 2017 –, pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, le 6 février 1998, dans une rue d’Ajaccio, alors qu’il s’apprêtait à assister à une représentation de la Symphonie inachevée de Schubert. Ce meurtre a agi comme une déflagration dans la société corse qui, dans sa très large majorité, l’a condamné sans ambiguïté.

Quelles que soient les tensions politiques avec la majorité nationaliste qui dirige depuis 2015 la Collectivité territoriale de la Corse, devenue Collectivité de Corse le 1er janvier 2018, le refus de l’Etat de lever le statut de détenu particulièrement signalé (DPS) de ces deux prisonniers incarcérés à la maison centrale de Poissy (Yvelines) apparaît contestable à la fois juridiquement et politiquement. La justice excipe de leur statut de DPS pour refuser leur transfèrement à la prison de Borgo (Haute-Corse), celle-ci ne disposant pas des dispositifs de haute sécurité adaptés. Toutes leurs demandes depuis 2017 se sont ainsi vu opposer un refus de l’administration pénitentiaire.

Il ne s’agit pas d’une « faveur »

Jusqu’à ce que, en mars 2020, la commission locale, puis la commission nationale des fichiers DPS, réunissant représentants de la magistrature, de l’administration pénitentiaire, préfectorale et des services de police et de gendarmerie, se prononcent en faveur de leur radiation du répertoire des DPS, ce qui pouvait laisser augurer une décision favorable à leur demande de rapprochement. La suite montre que le traitement du dossier est désormais, s’il a jamais cessé de l’être, plus politique que juridique.

Le garde des sceaux, l’avocat Eric Dupond-Moretti, ne peut être indifférent à ce dossier. Il connaît parfaitement la situation en Corse. N’a-t-il pas été l’avocat d’Yvan Colonna – pour lequel la même question se posera à court terme –, côtoyant à l’occasion du troisième procès, en 2011, devant la cour d’assises spéciale de Paris, son confrère Gilles Simeoni, aujourd’hui président du conseil exécutif de la Collectivité de Corse ? Ne se prononçait-il pas, en février 2018, au micro de Jean-Jacques Bourdin, sur RMC, pour leur transfèrement en Corse, estimant qu’il ne s’agissait pas d’une « faveur » ?

Car, de faveur, il ne peut être question en l’occurrence. Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, quelle que soit la gravité du crime pour lequel ils ont été condamnés, ont accompli leur peine de sûreté, dans des conditions particulièrement contraignantes. Ils peuvent prétendre à une libération conditionnelle depuis le 25 mai 2017 et rien ne s’oppose, sur le plan juridique, à leur transfèrement à Borgo, hormis leur statut de DPS.

Rejet de la levée du statut « DPS »

Habituellement, la chancellerie suit les recommandations des commissions DPS. Mais rien n’est habituel dans cette affaire. Tout d’abord, par un décret du 18 décembre 2020, le garde des sceaux s’est vu retirer, à juste raison, le droit de statuer sur des personnes impliquées dans des affaires dans lesquelles il serait intervenu en tant qu’avocat. Le pouvoir de décision a été transféré au premier ministre. C’est donc Jean Castex qui, le 22 décembre, a signifié par courrier son rejet de la demande de levée du statut de DPS. « Le moment ne me semble pas venu pour procéder à ce transfert », a-t-il déclaré au Monde.

La justice ne peut être confondue avec une vengeance d’Etat, sauf à jeter une ombre sur son impartialité

Une décision qui semble plus obéir à des considérations politiques qu’être fondée sur des critères juridiques et dont il est peu probable qu’elle ait été prise sans l’aval de l’Elysée. En se rendant à Ajaccio le 6 février 2018, vingt ans après l’assassinat du préfet Erignac, sur les lieux mêmes du crime, Emmanuel Macron avait eu des mots cinglants« Ce qui s’est passé ici le 6 février 1998 ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s’explique pas », avait-il déclaré, avant d’assurer : « La justice de la République a été rendue et elle sera suivie, sans complaisance, sans oubli, sans amnistie. »

Mais l’application du droit n’est pas complaisance. La France adhère au règlement pénitentiaire européen qui veut que « les détenus doivent être répartis dans des prisons situées près de leur foyer ou de leur centre de réinsertion sociale ». La justice ne peut être confondue avec une vengeance d’Etat, sauf à jeter une ombre sur son impartialité. Elle ne saurait être l’otage d’« une vendetta du corps préfectoral », selon une source à la chancellerie.

Gestion politisée d’une affaire juridique

En signifiant ainsi, pour la septième fois, une fin de non-recevoir à la demande des deux détenus corses, le gouvernement applique une règle non écrite, ad hominem, selon laquelle certains crimes, certains détenus, en vertu de critères arbitraires, justifieraient que l’on déroge au droit. Une position insoutenable au regard des conventions et des juridictions européennes.

Le non-droit appliqué au cas Alessandri-Ferrandi contribue à envenimer le climat politique en Corse. La gestion politisée d’une affaire juridique donne du grain à moudre aux pourfendeurs de l’« Etat colonial », qui en font un étendard. Elle conduit l’ensemble des forces politiques représentées à l’Assemblée de Corse et de nombreux exécutifs locaux à adopter des motions contre ce que le maire d’Ajaccio, Laurent Marcangeli (ex-Les Républicains), probable tête de liste aux élections territoriales de juin face à la majorité sortante nationaliste, a qualifié de « manquement à l’Etat de droit ». Enfin, elle nourrit le sentiment que, à travers ces deux hommes, c’est un procès permanent qui est fait à l’ensemble de la Corse.

 

Soupçons de terrorisme en France : neuf personnes issues du milieu kurde mises en examen

Elles sont soupçonnées d’«association de malfaiteurs terroriste», de «financement terroriste» et d’«extorsion en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste».

 

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Le coup de filet a été effectué sur demande d’un juge antiterroriste, dans le cadre d’une information judiciaire portant sur des activités en lien avec le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Philippe LOPEZ / AFP

Neuf personnes interpellées mardi 23 mars à la suite d’un coup de filet dans le milieu kurde en France ont été mises en examen vendredi 26 mars, notamment pour «association de malfaiteurs terroriste», a appris ce samedi l’AFP de source judiciaire.

 

Ces neuf personnes ont aussi été mises en examen pour «financement terroriste» et «extorsion en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste», a précisé cette source. Quatre d’entre elles ont été placées en détention provisoire, une sous surveillance électronique et une autre sous contrôle judiciaire. Le débat devant le juge des libertés et de la détention sur le placement en détention provisoire des trois dernières doit se tenir ultérieurement. Une dixième personne interpellée a été libérée sans poursuite à ce stade.

Coup de filet à Marseille et en région parisienne

Ce coup de filet a été effectué à Marseille et en région parisienne, sur demande d’un juge antiterroriste, dans le cadre d’une information judiciaire portant sur des activités en lien avec le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Cette organisation séparatiste kurde, en lutte armée depuis des décennies contre le pouvoir central turc, est classée comme une organisation terroriste par la Turquie et de nombreux pays comme la France et les États-Unis.

Le 21 février 2020, quatre personnes avaient été mises en examen, notamment pour financement du terrorisme, dans le cadre d’une enquête sur des collectes de fonds pour le PKK dans le sud-ouest de la France.

 

Le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur sa page Facebook la «méthode habituelle de l’intimidation macronienne» et la «criminalisation des activités militantes de Kurdes en France par le Quai d’Orsay et le ministère de l’Intérieur bien alignée sur celle du dictateur turc», le président Recep Tayyip Erdogan.

«Emmanuel Macron normalise ses relations avec Recep Tayyip Erdogan sur le dos des Kurdes» a abondé le Parti communiste français dans un communiqué. Les deux dirigeants ont échangé début mars dans un entretien en visioconférence, après des mois de vives tensions entre leurs deux pays, qui s’opposent sur plusieurs dossiers comme la Libye, la Syrie et la Méditerranée orientale.

 

 

MUMIA EST EN DANGER DE MORT !

 mumia

A l’initiative du Collectif français Libérons Mumia, une réunion s’est tenue le 16 mars au siège du MRAP à Paris avec la participation de plusieurs organisations particulièrement préoccupées par la brutale dégradation de la santé de Mumia et le comportement inhumain de l’administration pénitentiaire. Il souffre en isolement à l’infirmerie de la prison avec des soins à minima et inappropriés à la gravité de son état.

Cette rencontre a été l’occasion de souligner l’urgence d’amplifier la moblisation en France pour contraindre les autorités de Pennsylvanie à mettre immédiatement un terme à ce qui relève de la torture et s’apparente à une peine de mort déguisée.

 

> Pour lancer cette campagne, visualisez la VIDEO appelant à la mobilisation 

et faites-la circuler dans vos réseaux : https://www.youtube.com/watch?v=EYizRqYgDoc

 

Les initiatives en cours :

> poursuivre la campagne d’interpellation par courriel du Gouverneur et du Secrétaire d’Etat de Pennsylvanie en charge de l’administration de Pennsylvanie ainsi que du Procureur de Philadelphie : modèles et adresses mails sur le site Libérons Mumia ! | Libérons Mumia !

Ces textes en anglais et en français peuvent être transformés en pétitions collectives et envoyées aux Etats-Unis ;

> relancer l’engagement des 25 villes où Mumia est Citoyen d’Honneur (*) et d’en gagner de nouvelles, notamment les grandes métropoles ;

> solliciter le soutien des groupes parlementaires à l’Assemblée Nationale et au Sénat ;

> demander une entrevue à l’ambassadeur des Etats-Unis en France (avec des élus parisiens et nationaux) ;

 

> organiser un grand rassemblement le mercredi 7 avril place de la Concorde à Paris

(une conférence de presse annoncera l’évènement)

 

> suggérer l’organisation de rassemblements dans les villes où les Etats-Unis disposent d’un Consulat (Bordeaux, Lyon, Marseille, Rennes, Strasbourg) en invitant les organisations localement engagées dans le combat pour Mumia à se contacter ; 

> proposer une tribune à des personnalités demandant la libération de Mumia à diffuser dans la presse ;

 

Prenez connaissance en pièce jointe du communiqué de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) appelant à la libération de Mumia : 

 

 (*) cliquez sur ce lien : Villes engagées | Libérons Mumia ! (mumiabujamal.com)

  

En cas de difficultés pour accéder au lien de cette page : mettre le lien en surbrillance,

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« Ouvrir le lien hypertexte » ou  »Ouvrir le lien dans une nouvelle fenêtre » ou encore « Accédez à »

  liberons mumia     

COLLECTIF FRANÇAIS « LIBÉRONS MUMIA ! »

rassemblant une centaine d’organisations et de collectivités publiques

MEMBRE DE LA COALITION MONDIALE CONTRE LA PEINE DE MORT

Retrouvez toutes l’actualité sur notre site :

www.mumiabujamal.com

 

Prévisualiser la vidéo YouTube LA VIE DE MUMIA EST ENTRE NOS MAINS

 

https://youtu.be/EYizRqYgDoc

LA VIE DE MUMIA EST ENTRE NOS MAINS

 

Birmanie : plus de 500 civils tués depuis le coup d’Etat, Paris dénonce « la violence aveugle et meurtrière » du régime

Face à ce bain de sang, plusieurs factions rebelles ont menacé mardi de prendre les armes contre la junte.

 

birmanie

La France a dénoncé, lundi 29 mars, « la violence aveugle et meurtrière » du régime birman après la répression qui a fait plus de cent morts dont des enfants samedi, journée la plus noire depuis le coup d’Etat militaire du 1er février.

« Les forces de sécurité birmanes ont franchi une étape supplémentaire dans la violence aveugle et meurtrière (…) en faisant à nouveau usage de leurs armes contre les populations, causant plus d’une centaine de victimes, parmi lesquelles de très jeunes enfants », a déclaré le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué.

 

« Alors que des sanctions ont déjà été prises avec nos partenaires européens et internationaux, (…) j’appelle toutes les forces birmanes à sortir de l’impasse dans laquelle elles conduisent leur pays, à mettre fin aux violences, à libérer sans condition et immédiatement tous les prisonniers politiques et à reprendre le chemin du dialogue », poursuit M. Le Drian.

Les forces armées « ont porté atteinte, le jour même de la fête des forces armées, à leur raison d’être qui est de protéger les populations. Depuis, le bilan des victimes s’est encore alourdi et la Birmanie s’enfonce chaque jour davantage dans une profonde tragédie », a continué le chef de la diplomatie française, répétant que la France poursuivrait « sans relâche sa mobilisation aux côtés de ses partenaires européens et internationaux pour soutenir les aspirations légitimes du peuple birman ».

« Le bilan des victimes s’est encore alourdi »

L’ONU a évalué à 107, dont 7 enfants, et des médias birmans à 114, le bilan des morts samedi pendant les actions de protestation massive organisées contre la junte, qui fêtait la traditionnelle Journée des forces armées. Plus de 500 personnes ont été tuées depuis le coup d’Etat, d’après les derniers chiffres fournis par l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP) qui précise que le bilan « est probablement beaucoup plus élevé ».

Face à ce bain de sang, plusieurs factions rebelles ont menacé mardi de prendre les armes contre la junte. Si les forces de sécurité « continuent à tuer des civils, nous collaborerons avec les manifestants et nous riposterons », ont-elles écrit dans un communiqué commun signé notamment par l’Armée d’Arakan (AA), un groupe armé fort de plusieurs milliers d’hommes et doté de moyens très importants.

 

Trois personnes ont été tuées, dont un homme de 20 ans, par balle, lundi à Rangoun, la capitale économique, ont rapporté à l’Agence France-Presse (AFP) des membres des services d’urgence. Une autre a péri au nord-est de cette ville, à Bago, ont annoncé sans autres précisions les médias d’Etat, selon lesquels un policier a par ailleurs perdu la vie à Mandalay, dans le centre, après avoir été transformé en torche humaine par des contestataires. Non loin de là, à Plate, des centaines de Birmans ont manifesté avec des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Le peuple ne sera jamais vaincu ».

 

 

 

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