ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

3 mars 2021

Comité Basque 23 02 21

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 15 h 31 min

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pablo H

 

 

Au sommaire de l’émission du CSPB du 23 02 21

Pablo Hasel rappeur qui nous accompagnera en musique dans l’émission

Libération prochaine de Lorentxa Beyrie au mois d’avril,

Nous entendrons également les interventions de Juan sur le rassemblement au pont de béhobie, la voix de Loréa sur le procès de Galder barbado et Aitor Zelaia et d’Inaki Dominguez politologue et ancien preso qui s’exprime sur les élections etasuniennes, et enfin Maité sur le tortionnaire Galindo qui est mort à 82 ans du Covid .

 Le procès de Josu qui se tenait ce lundi, l’occasion de revenir sur le parcours de Josu Urrutikoetxea dans un article de médiapart procès qui est reporté au 13/14 septembre, mais un autre procès se tiendra le 21 /22 juin.    

Rassemblement contre l’extrême droite au pont de Behobie sur la bidasoa à Hendaia

Campane de soutien à Jakes EsnalL pour ses frais de justicea pour faire un don un lien est dispo sur le blog

Répression de la part des forces répressives coloniales française à l’encontre de jeunes corses, venu occuper la pacifiquement la préfecture d’Ajaccio pour demander le rapprochement de militant impliqué dans l’enlèvement de l’ancien préfet Erignac. On entendra un militant corse s’exprimer suite à l’occupation. Et le récit qui en est fait par la presse inféodé au système.  Yvan Colonna a entamé une grève de la faim pour dénoncer ses conditions d’incarcération. Il est actuellement enfermé à la prison d’Arles.

Victoire de Karfa Diallo qui était poursuivi en justice pour rébellion

Abolition de l’esclavage 227ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage à l’occasion de la 4ème Black History Month à Bordeaux tjrs avec Karfa Diallo l’occasion également de mettre en exergue le passé négrier de Bayonne au 18ème S

Playlist

PABLO HASÉL CON NYTO – BORROKA DA BIDE BAKARRA, LOS CHIKOS DEL MAIZ – T.E.R.R.O.R.I.S.M.O. con HABEAS CORPUS, PABLO HASÉL – NI FELIPE VI, PABLO HASÉL – NUESTRAS LIBERTADES, PABLO HASÉL (MUERTE A LOS BORBONES), Pablo Hasél- Fuego al Estado español, Pablo Hasél- Juan Carlos el Bobón, Pablo Hasél – Albert Primo de Rivera

 

Pablo Ha

 

POLÉMIQUE – Il est devenu un symbole de la liberté d’expression dans son pays. Le rappeur Pablo Hasél a été arrêté ce mardi matin après s’être retranché à l’université Lerida, en Catalogne, refusant de purger la peine de six mois de prison dont il a écopé pour une série de tweets faisant l’apologie du terrorisme.

17 févr. 2021 11:28 – Jérôme Vermelin

« C’est l’État fasciste qui m’arrête. Mort à l’État fasciste ! » Le regard braqué vers les caméras, le rappeur espagnol Pablo Hasél, 32 ans, a exprimé sa colère alors qu’il venait d’être délogé ce mardi matin par les forces de l’ordre de l’université de Lerida, en Catalogne, où il était retranché depuis la veille avec une dizaine de sympathisants.

 

De son vrai nom Pablo Rivadulla Duro, cet artiste issu de la scène underground avait été reconnu coupable en juin dernier d’apologie du terrorisme, d’injures et de calomnie à l’encontre de la couronne et de l’État suite à une série de tweets datant de la période 2014-2016 dans lesquels il insultait les forces de l’ordre espagnoles, les accusant de tortures et d’assassinats. « 50 policiers blessés ? Si ces mercenaires de merde se mordaient la langue en bouffant une hostie, ils diraient qu’ils sont blessés ».

 

Ou encore celui-ci, retrouvé par El Periodico :  « Tu tues un policier ? Ils sont capables de te chercher sous une pierre. Le police assassine ? Aucune enquête ». Et encore celui-ci, où il estime que le terroriste de l’ETA, l’organisation paramilitaire indépendantiste basque, a été « assassiné par la police ».

 

 

Un personnage qui divise l’Espagne

Condamné à neuf mois de prison ferme, il avait jusqu’au vendredi 12 février pour se rendre de lui-même aux autorités. Ce dont il s’était bien gardé, contestant depuis le début de la validité de sa sentence. « Ils devront venir m’enlever et cela servira aussi à dépeindre l’État sous son vrai visage, celui d’une fausse démocratie », avait-il déclaré à l’AFP avant de se retrancher à l’Université de Lerida.

 

Depuis plusieurs semaines, le cas de Pablo Hasél divise la société espagnole. Fils d’un entrepreneur catalan, il a déjà été condamné à plusieurs reprises pour ses textes faisant référence aux organisations armées d’extrême gauche comme les Groupes de résistance antifasciste du 1er octobre (Grapo), classés dans la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis, et accusés d’un millier d’actions violentes entre 1975 et 2003 en Espagne, avec à la clé 80 assassinats et tentatives de meurtre.

 

 

Pablo Hasél, qui a découvert le rap à l’âge de 10 ans en écoutant la formation américaine NWA et son album culte Straight Outta Compton, a choisi son nom de scène en référence à un conte arabe dans lequel un guérillero fait tomber la monarchie. Dans l’une de ses chansons, baptisée Morts aux Bourbons, il s’attaque à la famille royale espagnole qu’il accuse d’être l’héritière du régime franquiste.

 

 

Javier Bardem et Pedro Almodovar le soutiennent

Jusqu’ici, la justice s’était montrée clémente à son égard, en raison de son absence d’antécédents judiciaires. Après avoir écopé de lourdes amendes, c’est la première fois qu’il était condamné à de la prison ferme, une sanction qui fait débat. Alors que Pablo Hasél a reçu le soutien de personnalités comme l’acteur Javier Bardem et le cinéaste Pedro Almodovar, signataires d’une tribune parue dans la presse, l’affaire est devenue une épine dans le pied du Premier ministre socialiste Pablo Sanchez.

 

Depuis plusieurs mois, son gouvernement a en effet promis de réfléchir à une réforme pour que les excès verbaux commis dans le cadre de manifestations artistiques, culturelle ou intellectuelles, ne relèvent plus du droit pénal et ne se traduisent plus par de peines de prison. La semaine dernière, le porte-parole Maria Jesus Montera avait  lui-même reconnu le « manque

de proportionnalité » de la peine infligée au jeune artiste.

 

Ce mardi, le parti de gauche radicale Podemos, partenaire des socialistes, s’est indigné de l’arrestation de Pablo Hasél. « Tous ceux qui se considèrent progressistes et se vantent de la pleine normalité démocratique devraient avoir honte. Vont-ils fermer les yeux ? Il n’y a pas de progrès si nous ne voulons pas reconnaître les manques démocratiques actuels », a réagi la formation politique sur Twitter.

POLÉMIQUE – Après avoir été arrêté mardi alors qu’il refusait de purger une peine de neuf mois derrière les barreaux pour apologie du terrorisme, le rappeur Pablo Hasél a écopé jeudi de deux ans et demi d’emprisonnement pour avoir menacé le témoin d’un procès contre des policiers. Une nouvelle condamnation qui intervient alors que son arrestation a provoqué de violents affrontements dans plusieurs villes.

19 févr. 13:53 – Jérôme Vermelin

C’est l’homme qui déchaîne les passions en Espagne. Le rappeur Pablo Hasél, 32 ans, a été délogé mardi de l’Université de Lerida où il s’était retranché le week-end précédent, refusant de purger sa peine de deux mois et de prison apologie du terrorisme, mais aussi injures et calomonies à l’encontre des autorités de son pays. Des propos qu’il avait tenu dans une série de tweets publiés de 2014 et 2016 et qui ont fait de lui un symbole de la lutte pour la liberté d’expression.

 

Soutenu par de nombreuses personnalités du showbiz comme Pedro Almodovar et Javier Bardem, ce fil d’un entrepreneur catalan est devenu une épine dans le pied du gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, le parti de gauche radical Podemos, dénonçant mardi une arrestation qui met en lumière « les manques démocratiques actuels ».

 

Des manifestations dans tout le pays

Dans la soirée de mardi, des violences ont éclaté en marge de manifestation de soutien au rappeur, organisée dans plusieurs villes du pays. Plus de 60 personnes ont été arrêtées et plusieurs dizaines blessées, dont une jeune fille qui a perdu un œil à Barcelone. « La démocratie ne justifie jamais, au grand jamais, la violence », a réagi ce vendredi Pedro Sanchez, dans une très brève déclaration en ouverture d’un discours en Extrémadure (ouest).

Pablo Hasél ne quitte plus la Une des journaux puisqu’il vient d’écoper d’une nouvelle condamnation, cette fois à deux ans et demi de prison ferme pour avoir menacé le témoin d’un procès contre deux policiers, a indiqué le tribunal de Lérida (nord-est), sa ville natale. Si la décision a été prise le 12 février, elle n’a été rendue publique que jeudi, dans un contexte pour le moins tendu.

 

Selon le verdict, le rappeur avait publié en octobre 2017 sur Twitter la photo du témoin d’un procès contre deux policiers municipaux, assurant que les agents avaient acheté son témoignage afin d’être innocentés. Deux jours plus tard, Pabel Hasél avait accosté le témoin dans un bar, avait tenté de le frapper et lui avait crié : « Je te tuerai fils de pute, je t’aurai ». Cette décision a été rendue en appel, après une condamnation en première instance. Le rappeur peut encore se pourvoir en cassation.

 

Issu de la scène underground, Pablo Hasél, de son vrai nom Pablo Rivadulla Duro, avait déjà été condamné pour apologie du terrorisme dans certaines de ses chansons où il prônait des « tirs dans la nuque » ou des attentats suicide contre des hommes politiques, ainsi que pour avoir agressé un journaliste.

Les rues de Barcelone (Espagne) étaient remplies de manifestants samedi 20 février. La foule protestait contre l’incarcération du rappeur Pablo Hasel. Ce dernier est devenu le symbole d’une jeunesse qui s’oppose au pouvoir en place. Mais il a été condamné à neuf mois de prison pour injures et calomnies à l’encontre de la couronne et de l’État. Depuis cinq jours et le début des contestations, une centaine d’interpellations ont eu lieu et on dénombre des dizaines de blessés.

 

La jeunesse veut se faire entendre

Parmi la foule de manifestants présents à Barcelone, beaucoup souhaitent faire passer un message d’indignation. « Il ne s’agit pas seulement de Pablo Hasel. On est constamment réprimés par le gouvernement et cette manifestation, ça permet de dénoncer cela », affirme une manifestante. De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez estime que « ces manifestations sont inadmissibles. Rien ne justifie cette violence ».

 

Pablo Hasel

 

 

 

 

EHBai Biriatu-Hendaia-Urruña

 

behobie

 

Les opposants du Rassemblement National sur le pont International de Béhobie.

 

 

 

[EUS] Estatu mailako Rassemblement Nationalaren elite paristarren hautuaren ondorioz bertako biztanleriaren bahiketa salatu nahi dugu gaur. Macron-Darmanin gobernuak aukeratutako ildo politikoaren bide beretik, ustezko segurtasunaren afera 2022ko hautsekundeetarako Elyséeko lasterketaren muinean sartu dute. Beldur gara ez ote dugun enkante mediatiko batera joan beharko herritarren eta herritarren interesen kalterako.

Leku hau aukeratzeak Bidasoa ibaiaren alde bietara hedatzen den gure bizi-eskualdearen errealitatea ez ezagutzea frogatzen du. Muga hau guztiz artifiziala da gure egunerokotasunean. Izan ere, errealitate sozial, ekonomiko, kultural eta jai-giroko bat partekatzen dugu. Hemen kanpaina bat hastera etortzeak, mugak indartzea aldarrikatzeko, Urruña, Biriatu, Hendaia, Irun eta Hondarribiako biztanleekiko mespretxua islatzen du.

 

Migratzaileen eta migratzaileen estigma hautatzeak agerian uzten du RNaren lehentasunen ordena. Aurrekaririk gabeko osasun testuinguru bat bizi dugunean, aukera hori ez da egokia. Krisi honek argi utzi du osasun-sistemaren karentziak azken hamarkadetako gobernuen aukera liberalen ondorioz. Etorkizuneko giza eta finantza-baliabideak zabaltzea, kalitatezko zerbitzu publikoa bermatzeko, batez ere ospitale publikoari dagokionez, klase politikoaren kezken muina izan beharko litzateke. Ikusten dugu ez dela hori ez RNrentzako ez gobernu honetarako.

 

Azkenik, berretsi nahi dugu Euskal Herriak harrera-lurralde ireki eta solidarioa izaten jarraitzen duela. Gorrotozko hitzaldi xenofoboak ez dira inoiz ongi etorriak izango.

 

[FR] Nous tenons à dénoncer la prise d’otage dont a été victime la population locale, conséquence du choix des élites Parisiennes du rassemblement national, bien relayé par le gouvernement Macron-Darmanin, de placer la question sécuritaire au cœur de la course à l’Elysée à l’occasion de l’élection présidentielle de 2022. Nous craignons de devoir assister à une surenchère médiatique au détriment des intérêts des citoyens et des citoyennes.

 

Le choix de ce lieu démontre la méconnaissance de la réalité de notre bassin de vie qui s’étend des deux côtés de la Bidasoa. Cette frontière est totalement artificielle dans notre quotidien. En effet, nous partageons une réalité sociale, économique, culturelle et festive. Venir lancer une campagne ici, afin de revendiquer le renforcement des frontières remet en cause les liens qui nous unissent et constitue une provocation que nous n’acceptons pas. Elle reflète un mépris vis-à-vis de l’ensemble des habitant.e.s d’Urruña, de Biriatu, D’Hendaia, d’Irun et d’Hondarribia.

 

Le choix de la stigmatisation des migrants et des migrantes révèle l’ordre des priorités du rassemblement national. Au moment où nous vivons un contexte sanitaire sans précédent, ce choix est indécent. Cette crise a mis en évidence les carences du système de santé victime des choix libéraux des gouvernements successifs. Placer le déploiement de moyens humain et financier conséquents afin d’assurer un service public de qualité notamment en ce qui qui concerne l’hôpital public devrait être au cœur des préoccupations de la classe politique. Nous constatons que ce n’est pas le cas pour le rassemblement national ni pour ce gouvernement.

 

Enfin, nous tenons à réaffirmer que le Pays Basque reste et restera une terre d’accueil ouverte et solidaire. Les discours haineux et xénophobes ne seront jamais les bienvenus.

 

100 lagun elgartu gara faxismoaren aurka | 100 personnes réunies contre le fascisme

Suite à l’appel à rassemblement du RN sur le pont International de Béhobie, qui lance sa campagne régionale, une centaine d’opposants s’est rassemblée au niveau du rond-point.

 

Publié le 16 Fév 21 à 15:46

Sur appel de la tête de liste du Rassemblement National, Edwige Diaz, une vingtaine de personnes s’est rendue sur le pont International de Béhobie ce mardi 16 février 2021 afin de « dénoncer l’immigration massive ». Face à eux une centaine d’opposants est venue dire non aux « idées racistes, fascistes et xénophobes ».

 

Pays Basque. Nouveau rassemblement pour dénoncer la fermeture des points de passage à la frontière

Face à Face entre les deux groupes

Une centaine de membres des collectifs : EH Bai, Etorkinekin Solidarité Migrants, La France Insoumise, des sympathisants LGBT et des Antifascistes sont arrivés peu avant 8h soit une demi-heure avant l’heure annoncée par le Rassemblement National.

 

Les opposants du Rassemblement National sur le pont International de Béhobie. (©Bastien Claverie / Actu Pays Basque)

C’est à l’arrivée de la tête de liste du RN, Edwige Diaz, vers 8h30 que l’ambiance s’est tendue. Une banderole a été déployée par la dizaine de militants du parti avec écrit : « Immigration, ça suffit ! ».

 

 

Tandis que certains membres du parti d’extrême droite ont traversé la frontière en direction du Pays Basque Sud afin de partir en toute sécurité, d’autres ont dû être escortés jusqu’à leur véhicule par les policiers suivis de près par les opposants qui scandaient : « Fasciste dehors ! ».

 

 

Campagne au Pays Basque pour les élections Régionales

La candidate aux élections régionales en Nouvelle-Aquitaine a précisé lors de son entretien avec la presse qu’elle était ici car cette frontière est « le symbole d’une immigration massive » et que « la France n’était plus en mesure d’accueillir autant d’immigration ».

 

Nous tenons à réaffirmer que le Pays Basque reste et restera une terre d’accueil ouverte et solidaire. Les discours haineux et xénophobes ne seront jamais les bienvenus.

 

EH Bai

Les autres partis politiques présents dans cette contremanifestation protestent contre la présence du parti RN à la frontière entre le Pays Basque Nord et le Pays Basque Sud. Eskual Herria Bai dénonce « la manipulation honteuse dont est victime la population locale ».

 

Le choix de ce lieu démontre la méconnaissance de la réalité de notre bassin de vie qui s’étend des deux côtés de la Bidasoa. Cette frontière est totalement artificielle dans notre quotidien.

EH Bai

La peste brune, jamais l’expression n’a autant résonné en nous. Alors qu’en l’espace de douze mois les maladies contagieuses aux molécules couronnées sont entrées dans notre quotidien, celle de l’extrême droite se pointe sous notre nez. Bien visible, elle. Mardi 16 février, la candidate du Rassemblement national Edwige Diaz est venue faire campagne pour les élections régionales au pont de Béhobie, déterminée à dénoncer “l’immigration massive”. En novembre dernier, au col du Pertus, en annonçant le renforcement de la surveillance des frontières contre le terrorisme et l’immigration, Emmanuel Macron avait préparé le lit du message de l’extrême droite. Il y a quelques semaines c’était Génération identitaire au col du Portillon, aujourd’hui, c’est le Rassemblement national au pont de Béhobie.

 

Le lien entre la Covid-19 et les idées nationalistes ne se limite pas à une métaphore. Le politologue chercheur au CNRS Vincent Geisser parle “d’hygiéno-nationalisme”. Il était intervenu au centre de formation Etcharry Formation Développement en décembre dernier et avait accordé, à cette occasion, un entretien à MEDIABASK. Il constatait une méfiance accrue à l’égard de certaines catégories de population en temps de crise, symptomatique d’un repli nationaliste. Depuis l’arrivée du coronavirus, les frontières sont perçues comme des forteresses qui nous protègent alors qu’en réalité elles nous renferment.

 

Au Pays Basque, on les veut bien ouvertes. C’est ce que revendiquent des centaines de personnes chaque week-end depuis la fermeture, le 14 janvier dernier, des points de passage frontaliers, mais aussi les chefs d’entreprise, les élus, les personnes qui ont de la famille ou qui mènent leur vie des deux côtés. La libre circulation des personnes est un droit, et c’est encore plus vrai au Pays Basque. On les veut ouvertes à toute personne désireuse de venir, quelle que soit son origine, sa situation, pour une raison simple : cette terre n’appartient à personne. Ou plutôt, elle appartient à tout le monde.

 

Le déplacement de la conseillère régionale du Rassemblement national n’est que le début d’une campagne qui va se prolonger jusqu’en juin, voire plus si la pandémie nous y oblige, et on le voit déjà elle va tenter de centrer le débat sur ses thèmes de prédilection. Des préoccupations très éloignées des débats en cours dans les instances locales. Pour autant, ne nous méprenons pas, ici aussi l’extrême droite gagne du terrain. En 2015, le Front national a obtenu 16,10 % des voix exprimées au premier tour des élections régionales dans notre territoire. En 2010, il en rassemblait entre 5 % et 7 %. Concernant les départementales, le parti de Marine Le Pen a promis des candidats dans tous les cantons, comme en 2015. A l’époque, il avait réussi à se qualifier pour le second tour dans le canton Nive-Adour.

 

Avec des candidats parachutés ou originaires du cru, le fait est que les idées réactionnaires progressent, mais cela ne doit pas être une fatalité. Ce territoire en a longtemps été relativement préservé du fait de sa culture et de son histoire, nous pouvons donc imaginer que le remède à l’extrême droite réside dans la création et l’action. Alors que les politiques menées en Europe et les tactiques politiciennes des uns et des autres ne font que favoriser ces idéologies, ici, l’histoire peut prendre une autre direction, en construisant des projets et des politiques inspirés des valeurs de tolérance, du vivre-ensemble, de l’entraide.

 

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Les deux groupes se faisaient face séparés par les forces de l’ordre. (©Bastien Claverie / Actu Pays Basque)

 

 

Malgré le processus de paix, un négociateur de l’ETA est renvoyé devant le tribunal

josu

 

PAR ANTTON ROUGET

ARTICLE PUBLIÉ LE SAMEDI 20 FÉVRIER 2021

L’ancien dirigeant de l’ETA Josu Urrutikoetxea, avec son avocate Me Laure Heinich, au

Palais de justice de Paris, le 19 octobre 2020. © Christophe ARCHAMBAULT / AFP Un ancien dirigeant de l’ETA, qui a prononcé la déclaration de dissolution de l’organisation armée basque, doit être jugé à Paris à partir de lundi. Plusieurs experts en résolution de conflits s’inquiètent du risque de condamner un négociateur de paix. Comment juge-t-on une personne ayant contribué de l’intérieur à la dissolution d’un groupe armé, inscrit sur les listes des organisations terroristes? C’est à cette question, aussi délicate d’un point de vue juridique que politique, que va devoir répondre le tribunal correctionnel de Paris, à partir de lundi 22 février. Trois ans après le démantèlement de toutes les structures de l’ETA, la justice française doit statuer sur le sort de Josu Urrutikotxea, dit «Josu Ternera», l’un des dirigeants emblématiques de l’appareil politique de l’organisation basque. À 70 ans, Josu Urrutikoetxea, né en 1950 sous le franquisme dans un village de la banlieue de Bilbao, a tout connu, ou presque, du mouvement indépendantiste basque: les premiers attentats contre la dictature, l’exil, la prison dans les geôles françaises puis espagnoles, une tentative d’assassinat par un groupe paramilitaire, une élection au Parlement, la clandestinité et les négociations secrètes. Pour finir par la lecture, le 3mai 2018, dans un lieu tenu secret, de la déclaration annonçant la dissolution de l’ETA.

L’ancien dirigeant de l’ETA Josu Urrutikoetxea, avec son avocate Me Laure Heinich, au Palais de justice de Paris, le 19 octobre 2020. © Christophe ARCHAMBAULT / AFP Josu Urrutikoetxea est arrêté un an plus tard, le 16mai 2019, en Haute-Savoie, alors qu’il se rend à l’hôpital de Sallanches pour y être soigné sous une fausse identité. Atteint d’un cancer, il a finalement bénéficié d’une libération conditionnelle en juillet 2020, dans l’attente de deux procès sur le sol français, avant une éventuelle remise aux autorités espagnoles. La justice ibérique souhaite le juger pour son implication présumée, qu’il conteste, dans l’attaque à la voiture piégée, dont les auteurs ont déjà été condamnés, contre une caserne de la Guardia Civil, à Saragosse, le 11décembre 1987. L’attentat avait causé la mort de onze personnes. En France, Josu Urrutikoetxea est poursuivi pour des faits d’appartenance à une organisation terroriste sur deux périodes distinctes: de 2003 à 2005 pour le premier procès qui s’ouvre ce lundi; de 2011 à 2013 pour le second, qui doit en théorie se tenir en juin. Dans les deux cas, le prévenu est rejugé après avoir été condamné par défaut, avant son interpellation, à sept et huit ans de prison. Pendant les deux périodes concernées (2003-2005 et 2011-2013), il est documenté que Josu Urrutikoetxea s’activait pour la négociation d’un accord de paix entre l’ETA et les autorités, ce qui pose un certain nombre de questions juridiques et provoque l’incompréhension de médiateurs engagés dans des processus de résolution à travers le monde. À partir de 2003, le militant prépare en effet son organisation à l’ouverture d’un nouveau cycle de négociations. Après l’échec de pourparlers à Alger  en 1989 (auxquels Josu Urrutikoetxea a participé au sein de la délégation internationale du groupe armé), puis en 1999 à Zurich, l’ETA s’engage alors avec les socialistes de José Luis Zapatero dans le lancement d’un nouveau processus de paix. Le schéma est alors de découper les négociations en deux parties. Une première table de négociations, dite «technique», réunissant des représentants du groupe armé et du gouvernement, doit régler toutes les questions matérielles liées à la formalisation d’un accord (cessez-le-feu, prisonniers, victimes, désarmement, présence policière et militaire,etc.). Elle avance en parallèle de discussions politiques, réunissant les acteurs de la scène politique basque et les représentants des institutions. Le cœur des travaux de cette seconde table de négociations, dont les réunions sont hébergées par la communauté jésuite de Loyola, tourne principalement autour de la question de l’exercice du droit à l’autodétermination. Ce processus a été préparé dans chaque camp plusieurs années en amont. Un émissaire des socialistes a été désigné en la personne de Jesús Eguiguren, un élu qui parle basque et a côtoyé sur les bancs du Parlement Josu Urrutikoetxea avant que celui-ci ne rejoigne, en 2002, la clandestinité. M.Eguiguren échange secrètement avec plusieurs figures du mouvement indépendantiste. De son côté, Josu Urrutikoetxea prépare les négociations du côté de l’ETA. «C’est une longue route. Malgré la volonté,

il y a un travail important à réaliser en interne, avec tous les membres de l’organisation, ainsi qu’avec les médiateurs internationaux. Il faut avancer pas à pas dans un contexte particulier: organiser des réunions dans la clandestinité réclame de prendre énormément de précautions en termes de sécurité», expose-t-il à Mediapart, à quelques jours de son procès. Le 14 mars 2004, José Luis Zapatero (PSOE) arrive au pouvoir, trois jours après les attentats islamistes de Madrid, que le premier ministre et candidat du parti populaire (PP) José Maria Aznar aura tenté envers et contre tout d’attribuer à l’ETA. Les discussions s’intensifient, et les événements s’enchaînent: le nouveau gouvernement fait publiquement part de ses dispositions à négocier, et le parti indépendantiste Batasuna, interdit un an plus tôt après le vote d’une loi spécifique par le PP, présente sa «feuille de route pour la paix» le 14novembre 2004. Six mois plus tard, l’ETA annonce un premier cessezle-feu, avant de déclarer une trêve en mars 2006. Dans la plus grande confidentialité, une délégation de l’ETA menée par Josu Urrutikoetxea se réunit, sous la protection de la police fédérale suisse, avec une équipe de négociateurs du gouvernement espagnol conduite par Jesús Eguiguren, à Genève à partir de juin 2005, comme l’ont depuis confirmé plusieurs participants, ou des notes émanant des services de renseignement espagnols ou de l’ETA. Les échanges ont lieu dans l’hôtel Président-Wilson au bord du lac Léman. «Nous sommes alors d’accord sur une chose: “Nous ne voulons pas laisser ce conflit à nos enfants”», retrace M. Urrutikoetxea. Il indique que son groupe «n’a jamais été une organisation militaire mais une organisation politique ayant vocation à négocier. L’idée d’un soulèvement militaire du peuple a été tranchée au sein de l’ETA et abandonnée dès les années 70».

Le socialiste Jesús Eguiguren et le leader indépendantiste Arnaldo Otegi se retrouvent en 2018 dans une ferme où ils ont tenu des réunions secrètes. © Capture d’écran Diario Vasco. À Genève, les discussions sont supervisées par plusieurs ONG, à commencer par le Centre Henry Dunant pour le dialogue humanitaire, mais aussi par l’État norvégien, bien connu pour ses tentatives de médiation dans le conflit israélo-palestinien, qui a fait de la résolution de conflits à travers le monde un des piliers de sa diplomatie. C’est d’ailleurs à Oslo que se réunissent, à partir d’octobre 2005, les deux équipes de négociateurs.

«Notre délégation a été transportée dans un avion privé, puis escortée par la police diplomatique dans un hôtel réservée à 80 kilomètres d’Oslo», se remémore Josu Urrutikoetxea. Entre les réunions, le dirigeant de l’ETA rend compte de l’avancée des discussions à son organisation, en se déplaçant sous une fausse identité. Il bénéficie aussi d’un sauf-conduit remis par les négociateurs espagnols : deux numéros de téléphone à appeler en urgence s’il est interpellé par la police. Le premier numéro est celui de Víctor García Hidalgo, alors chef de la police nationale espagnole. Le second est celui du préfet Christian Lambert, intime de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur. Le numéro de M.Lambert sera d’ailleurs retrouvé dans les affaires de Jon Iurrebaso Atutxa, un autre membre de la délégation de l’ETA présente à Genève, lors de son arrestation à Périgueux en mars 2007. Bien engagées, les discussions s’enlisent dans la seconde moitié de l’année 2006 malgré les espoirs qu’elles suscitent dans la société basque. Chaque camp reproche désormais à l’autre son manque de sincérité, et plusieurs vagues d’interpellations crispent les indépendantistes. Après plusieurs mois de tensions, l’ETA rompt sa trêve le 30décembre 2006, en perpétrant un attentat à la voiture piégée contre l’aéroport de Madrid. Aujourd’hui encore, les interprétations divergent sur les raisons qui ont conduit à l’échec des négociations. Sept ans plus tard, de retour à Oslo Josu Urrutikoetxea, qui porte un regard critique sur la gestion des événements dans sa propre organisation, se met en retrait et part vivre dans un village de l’Ariège, où il mène une vie normale sous une fausse identité. «Au moment d’entamer les négociations, j’ai

toujours répété à mes camarades qu’il fallait avoir en tête deux choses: le processus n’est jamais une ligne droite, et l’État que nous avons en face ne respectera pas sa parole, explique-t-il, mais malgré cela, il faut patiemment savoir activer deux choses: l’adhésion du peuple au processus de paix, et le soutien de la communauté internationale. C’est cela qui forge la réussite du processus.» L’échec des négociations de 2005-2006 est un coup dur. L’engrenage attentats-arrestations s’accélère en France et en Espagne, jusqu’à l’avènement d’une nouvelle phase d’apaisement avec l’arrêt des actions «offensives» de l’ETA en 2009. Cette annonce est suivie par la tenue d’une conférence internationale pour la paix présidée par le prix Nobel Kofi Annan le 17octobre 2011 à Saint-Sébastien. Trois jours plus tard, l’ETA annonce un cessez-le-feu définitif. « L’orchestration de la déclaration d’Aiete était  la suivante: on fait un acte de reconnaissance internationale de la nécessité de résoudre le conflit, on demande à l’organisation armée des actes concrets et définitifs en faveur du processus de paix, puis aux États d’agir en ce sens en ouvrant un canal de négociation. Le changement de gouvernement à Madrid a tout changé, alors que l’ancien gouvernement était d’accord avec ce scénario-là», indique Véronique Dudouet, experte à la Fondation Berghof. Basée à Berlin, cette ONG, qui intervient dans de nombreuses zones de conflits (Colombie, Népal, Sri Lanka, Indonésie), s’implique aux côtés de représentants de la société civile basque. À Madrid, la donne a en effet brutalement changé en décembre 2011. Le nouveau gouvernement de Mariano Rajoy qui arrive au pouvoir refuse toute discussion. «On ne négocie pas avec les terroristes», répète-t-il, en soignant sa base électorale. Kofi Annan à la conférence d’Aiete d’octobre 2011. © Bake Bidea Pendant les préparatifs de la conférence d’Aiete, des médiateurs internationaux sont allés voir Josu Urrutikoetxea en Ariège: ils veulent qu’il participe aux futurs pourparlers. «Ils m’ont présenté la nouvelle feuille de route, j’ai accepté de mettre à profit mon expérience pour parvenir à un accord de paix», explique-t-il.

Le voilà de retour à Oslo, de 2012 à 2013. «Une voiture diplomatique est venue me chercher en Ariège, j’ai dormi une nuit à l’ambassade de Norvège à Paris puis j’ai rejoint la délégation de l’ETA à Oslo, où nous avons mené une vie normale». Alors que son nom avait disparu des organigrammes du groupe armé, tels que reconstitués par l’Uclat (Unité de coordination de la lutte antiterroriste), Josu Urrutikoetxea réapparaît dans la liste des chefs de l’ETA. À Oslo, la délégation de l’ETA attend pendant plus d’un an de pouvoir entamer des discussions, qui ne débutent jamais. En décembre 2012, un émissaire du Vatican se rend à Oslo pour essayer de faire le lien avec le ministère de l’intérieur espagnol mais le gouvernement Rajoy reste inflexible. Josu Urrutikoetxea quitte la Norvège en février 2013, pour retourner en Ariège. L’ETA définit alors une nouvelle feuille de route.

«Tous les processus de paix sont, par définition, ad hoc et spécifiques. Dans le cas basque, nous sommes dans un processus très particulier dans la mesure où le processus qui a mené à la fin de la violence de l’ETA, puis à son démantèlement, a été conduit de manière unilatérale par le groupe armé et n’a jamais été reconnu comme tel par Madrid», note Pierre Hazan, conseiller en matière de justice de transition auprès du Centre pour le dialogue humanitaire, qui a participé aux préparatifs de la conférence d’Aiete. Non reconnus par les gouvernements, les médiateurs internationaux s’adaptent également à ces circonstances inédites. «Il n’y a pas eu de médiation par les acteurs internationaux mais une orchestration à différents niveaux. Il y a eu ceux qui ont facilité le dialogue discret entre l’organisation armée et différentes institutions, il y a eu le Groupe international de contact (GIC), qui a joué un rôle de représentation et de suivi de la feuille de route, et

la Commission internationale de vérification (CIV), sur la question du désarmement unilatéral», résume Véronique Dudouet. La spécialiste relève qu’«il est assez exceptionnel d’avoir une organisation armée qui se dit prête à engager un processus de démantèlement de ces structures et n’a pas de réponse des États». «L’engagement de l’ETA n’était pas en doute. L’organisation a fait respecter son cessez-le-feu depuis 2011, ce qui démontre aussi sa capacité opérationnelle et sa cohésion», ajoute-t-elle, en indiquant avoir «pris connaissance ensuite du processus de dialogue inclusif que l’organisation avait mis en œuvre auprès de tous ses militants, en clandestinité, en prison ou en exil, pour être sûr que tout le monde suive sa décision».

Emmanuel Macron appelle à ne pas faire «bégayer l’Histoire» Après six années de blocage, et alors que les interpellations se poursuivent dans les rangs de l’organisation, le désarmement se concrétise le 8 avril 2017 à Bayonne. Le procédé est aussi osé qu’inédit: puisque les gouvernements ne veulent pas y participer, des citoyens et des élus décident de le prendre directement en main (lire le récit de cette journée ici). Les observateurs découvrent alors l’importance des stocks de l’organisation qui détenait près de 3,5tonnes d’armes et d’explosifs. À Paris, le gouvernement de Bernard Cazeneuve n’accompagne pas le désarmement, mais ne l’entrave pas non plus. Les autorités policières (le préfet des Pyrénées-Atlantiques Éric Morvan sera promu après cet épisode directeur général de la police nationale) et judiciaires (alors en poste à Bayonne, le procureur Samuel Vuelta-Simon est un ancien magistrat de liaison à Madrid) participent également au bon déroulement de l’opération. Un émissaire du Vatican vient aussi apporter sa caution diplomatique.

« La société civile a pris le relai des États dans le désarmement, y compris pour régler la question judiciaire liée au transport ou à la détention d’armes. C’est quelque chose d’assez incroyable. C’est un modèle désormais utilisé à l’ONU, quand il faut

trouver une solution à une absence de dialogue ou un blocage étatique», commente Véronique Dudouet. Mais l’absence d’accord de paix ne referme pas le conflit. «Dans un processus classique, l’homme qui conduit les négociations et participe à mettre un terme à la violence politique n’est plus considéré comme un ennemi, mais un faiseur de paix. Aujourd’hui, on paye l’héritage de cette absence de formalisation des discussions entre les deux parties», indique Pierre Hazan, qui souligne que le procès engagé contre Josu Urrutikoetxea pourrait «être ressenti comme une provocation inutile». En temps normal, quand le processus de paix aboutit sur un accord négocié, «cela permet la mise en œuvre de mécanismes de justice transitionnelle, qui ont justement vocation à régler les questions judiciaires liées à la participation au conflit», rappelle Véronique Dudouet. En Irlande du Nord, par exemple, «l’accord de paix a permis la libération de tous les prisonniers politiques, et le fait d’avoir appartenu à une organisation inscrite comme terroriste par le gouvernement britannique ne pouvait pas conduire à  la prison après la signature des accords de paix, sous réserve bien entendu que les personnes ne commettent pas d’autres délits ou crimes ensuite», explicite la spécialiste. Rien de tel dans le dossier basque, ce qui fait craindre, au-delà des problématiques individuelles, un précédent international. «Nous devons assurer que les chefs des groupes armés ou leurs représentants puissent se rendre sans danger aux négociations et en revenir, même si nous les considérons comme des terroristes», a rappelé le diplomate Jonathan Powell, dans La Croix. Pour l’ancien chef de cabinet de Tony Blair, engagé dans les négociations préalables à l’accord avec les irlandais de l’IRA, «il est essentiel que les chefs des groupes armés ou leurs représentants consultent régulièrement et en personne leurs partisans, sinon ils ne pourront pas les entraîner dans un accord final nécessitant des compromis difficiles, et on finit par se retrouver avec des groupes terroristes dissidents qui poursuivent les violences». Dans une tribune publiée dans Le Monde, l’ancien président du Sinn Féin irlandais, Gerry Adams, et l’ancien dirigeant de l’ANC sud-africain, Ronnie Kasrils, ont aussi insisté sur le fait que «Josu Urrutikoetxea a fait preuve d’un courage énorme pour promouvoir et rendre possible le débat sur la fin de la violence, le désarmement et la dissolution de l’ETA.

Sans lui, et sans d’autres comme lui, il aurait été pratiquement impossible d’accomplir ce changement substantiel qui s’est produit au Pays basque». «Ceux d’entre nous qui ont participé à l’élaboration d’un processus de paix, qui ont œuvré à la résolution pacifique d’un conflit, savent qu’il s’agit là d’une gageure. Négocier avec son propre camp est toujours la négociation la plus difficile, mais elle est essentielle si l’on veut progresser», rappelaient-ils. Véronique Dudouet pointe ainsi «l’absurdité» de vouloir «juger une personne pour les risques qu’elle a pris afin de transformer le conflit, et de convaincre le mouvement indépendantiste basque de la nécessité d’engager des négociations». «À La Havane, les négociateurs des FARC ont obtenu des garanties avant de venir négocier. Même chose pour les négociations avec l’ELN. S’il y a une issue négative au procès, cela aura de l’impact sur d’autres conflits. Ceux qui prennent des risques pour la paix se diront qu’ils n’ont plus aucune garantie que les choses ne tournent pas mal ensuite pour eux», s’inquiète-t-elle. Au Pays Basque, la situation suscite tout autant d’incompréhension. «Je suis surpris que le parquet national anti-terroriste (PNAT) ne réactualise pas sa manière d’appréhender le dossier basque», exprime le sénateur LR et conseiller départemental de Biarritz, Max Brisson, en relevant un «décalage complet entre ce que nous vivons chez nous et les positionnements du parquet». «Ce décalage est difficile à vivre», ajoute le sénateur. Chaîne humaine pour les prisonniers basques, à Bayonne, le 9 janvier 2021. © Gaizka IROZ / AFP Ce constat vaut pour le cas de Josu Urrutikoetxea, comme pour le sort d’autres anciens membres de l’organisation armée. «On a des détenus qui ont plus de 70ans, qui sont en prison depuis plus de 30ans, et qui auraient été libérés dans un autre contexte», relève Max Brisson. La semaine dernière, le sénateur était reçu, avec une délégation transpartisane d’élus basques et de représentants de la société civile, par le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti. «Ces dernières années, il y a eu quelques progrès enregistrés en termes de rapprochement des détenus [les prisonniers basques étaient jusqu’ici systématiquement dispersés et éloignés – ndlr] ou dans la levée du statut de DPS (détenus particulièrement signalés), il faut le noter», souligne M. Brisson, «mais il faut que les autorités prennent la mesure qu’il y a au Pays basque un processus irréversible.» Côté espagnol, le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez, qui a conclu des accords ponctuels avec les indépendantistes basques pour l’adoption de son budget au Congrès, a aussi engagé une série de rapprochements des prisonniers (qui sont au nombre de 216 en France et en Espagne). Le 17 mai 2019, dans le cadre d’une visite préparatoire à l’organisation du G7 à Biarritz, Emmanuel Macron avait affirmé que «le Pays basque est pour moi un exemple, quand je regarde ces dernières années, de résolution d’un conflit et de sortie des armes».En soulignant le travail réalisé par la société civile et les élus locaux, le président affirmait alors que «le devoir de l’État est d’accompagner le mouvement», pour ne «pas faire bégayer l’Histoire». «Cette parole forte ne s’est pas accompagnée d’un renouvellement de l’approche du PNAT, qui reste dans une posture de combat», regrette Max Brisson. L’avocat Serge Portelli, qui a pris la robe après une carrière de magistrat, l’a bien constaté dans les dossiers dans lesquels il est intervenu ces dernières années: «Tout ce qu’on peut dire sur la remise des armes et la dissolution est acté, mais pas réellement pris en compte. Quand on fait des demandes de libérations conditionnelles pour des détenus en prison depuis 30ans, le parquet continue à dire: “On ne sait jamais, la violence peut repartir.” Il n’a pas fait une croix sur le passé.» L’absence d’institutionnalisation du processus de paix oblige ainsi à «avancer au coup par coup», ajoute MePortelli. Avec sa consœur MeXantiana Cachenaut, l’avocat a toutefois obtenu, fin 2020, une décision favorable à Iratxe Sorzabal, une autre ancienne dirigeante de l’ETA, qui était avec Josu Urrutikoetxea à Oslo de 2012 à 2013, et qui a conduit l’organisation armée vers son désarmement. Appelée à se prononcer sur un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne à l’égard de MmeSorzabal, la cour d’appel de Paris a refusé cette remise, le 16décembre 2020. La décision va dans le sens d’une prise en compte, par les tribunaux français, des spécificités du conflit basque. En l’espèce, la cour a expliqué que les autorités espagnoles n’avaient «pas répondu avec suffisamment de sérieux et de rigueur au risque de violation de l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme», qui aurait dû garantir le droit à un procès équitable à Iratxe Sorzabal. Cette décision est d’autant plus notable que, les années précédentes, d’autres mandats d’arrêts avaient été acceptés à l’égard de MmeSorzabal, qui dénonce avoir subi des actes de torture en garde à vue, en 2001. Ces allégations, contestées par Madrid, reposent sur des «preuves convaincantes», selon le Conseil international de réadaptation pour les victimes de la torture. «La position du parquet et la décision de la cour ont été courageuses», relève MePortelli, «pour la première fois, les faits de torture accablants au cœur de ce dossier ont été pris en considération», alors que l’Espagne enchaîne les condamnations devant la Cour européenne des droits de l’homme pour ne pas avoir enquêté sur des dénonciations de torture (la dernière en date, le 19janvier 2021). Lorsqu’ils ont rendu leur arrêt, Serge Portelli a tenu à saluer le «courage» de l’avocat général et de la cour. «Pour l’instant, nous sommes prudents dans l’interprétation de cette décision», ajoute l’ancien magistrat, «je suis curieux de voir comment va évoluer la position du PNAT».

 

Boite noire Véronique Dudouet et Pierre Hazan ont relu leur citation avant la publication de cet article.

 

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Il est tristement célèbre pour le traitement infligé aux militants basques dans la tout aussi sinistre caserne d’Intxaurrondo, à Donostia. Décoré à plusieurs reprises, il avait atteint le grade de général et, malgré une condamnation à 71 ans de prison, Enrique Rodriguez Galindo a vécu libre, sous contrôle judiciaire, au cours des deux dernières décennies. Il est mort de la Covid-19 le 13 février, date de la Journée internationale contre la torture. Il allait fêter ses 82 ans.

Sa réputation s’est forgée dans les années 80 et ce n’est qu’en 1999 qu’il a dû répondre de ses actes devant l’Audience nationale espagnole. Il a été condamné dans les procès du Gal, plus particulièrement, dans la disparition et la mort de Joxean Lasa et Joxi Zabala, réfugiés basques enlevés à Bayonne en 1983. Après cinq ans derrière les barreaux, le gouvernement de Rodriguez Zapatero lui avait rendu la liberté en 2004 pour des raisons de santé.

Né à Grenade,  fils de Garde vivil, Enrique Rodriguez Galindo était devenu chef de la circonscription du Gipuzkoa en 1980, responsable de la caserne d’Intxaurrondo pendant 13 ans. Ce haut lieu de la lutte contre les militants basques est également connu pour ses liens avec le Gal et le trafic de drogue. Il n’avait pas été donné de suite au rapport intitulé « Navajas », rédigé par le procureur chef du Gizpuzkoa. En revanche, le général avait eu gain de cause dans la plainte qu’il avait portée contre le groupe de rock Negu Gorriak pour une chanson, « Ustelkeria », dénonçant le système Galindo.

Dans la mémoire collective basque, seul un autre personnage atteint le même niveau au panthéon de l’infamie, le responsable de la police espagnole franquiste Meliton Manzanas.

 

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Rodriguez Galindo avait été aussi jugé à Donostia pour une affaire de trafic de drogue. © DR

Alors que beaucoup de média en Espagne présente le tortionnaire Galindo comme un héros qui à vaincu l’organisation ETA il est bon de rappeler la face cachée de ce personnage qui a à son actif par les ordres qu’ils donnaient le sang de centaines de militant-e-s basques ou opposant-e-s espagnols et catalans, torturé-e-s et tué-e-s dans les geôles espagnoles. Et de revenir sur un article datant de 2004 par un collectif antfaxista. La Haine.org  

 

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Le général Galindo recevra le troisième degré

x La Haine / agences

L’ancien général de la Garde civile, Enrique Rodriguez Galindo, condamné à 75 ans de prison pour le meurtre de Lasa et Zabala, obtiendra le 3e degré pénitentiaire sans avoir purgé les trois quarts de sa peine. Rappelons-nous un peu qui cette personne est

 

Galindo demandera le troisième degré après la décision de l’audience de ne pas l’exiger de purger la moitié de la peine

MADRID, 18 (EUROPA PRESS)

L’ancien général de la Garde civile Enrique Rodríguez Galindo, qui purge 75 ans de prison pour « l’affaire Lasa y Zabala », demandera immédiatement son transfert dans la prison du troisième degré, une fois que la Cour nationale aura décidé de modifier son régime afin qu’il puisse déménager monter le grade sans avoir purgé la moitié de sa peine, selon ses sources de défense informées Europa Press.

Bien que cette demande ait déjà été formulée précédemment, Galindo demandera à nouveau le transfert au troisième degré à la commission de traitement de la prison d’Ocaña, dans laquelle il purge une peine. S’il était accordé, l’ancien général n’aurait qu’à aller en prison pour dormir du lundi au jeudi et aurait les week-ends de congé.

Cette demande de promotion de grade peut être faite par Rodríguez Galindo lui-même, qui a été notifié par ordonnance du tribunal national, car lorsque les problèmes liés aux peines sont résolus, il est obligatoire d’en informer les détenus. Le procureur du tribunal national Pedro Rubira a également demandé l’octroi du troisième degré à Galindo lorsqu’il a informé le juge de la modification du régime pénitentiaire du détenu.

L’avocat de Galindo, José María Fuster Fabra, a été satisfait de la décision du juge central de surveillance pénitentiaire de la Cour nationale, Javier Gómez Bermúdez, bien qu’il ait estimé qu’il était « en retard ». A son avis, «des mois» ont été perdus pour qu’ils acceptent désormais ce qu’ils ont toujours soutenu. « Nous avons commencé à voir la lumière au bout du tunnel », a-t-il déclaré à Europa Press.

 

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————————————————– ——– Un peu d’informations sur ¡ QUI EST GALINDO

du réseau basque rouge ?

LA «DIRTY WAR» QUE L’ESPAGNE FAIT À EUSKAL HERRIA, sur le site RED BASQUE NETWORK, nous avons publié, en plus des rapports choquants sur les tortures de Basques et Basques perpétrées par la police et les gardes civils espagnols, les preuves que le militant d’ETA Joselu Geresta ne s’est pas suicidé mais a été assassiné. Là, entre autres, il est dit que:

« Le rapport de l’Institut de toxicologie de Madrid dans lequel il est indiqué que José Luis Geresta s’est fait arracher deux dents peu de temps avant ou peu de temps après sa mort a été inclus hier par des responsables pro-Amnesty parmi » les preuves qui le soulignent, avec une force croissante , que des éléments proches de l’appareil d’État, ses forces de sécurité, pourraient être à l’origine du premier et du seul décès des dix derniers mois. « 

L’organisme antirépresseur a indiqué, dans un communiqué, qu’en attendant de recevoir la confirmation officielle du tribunal d’instruction numéro 2 de Donostia, la fuite d’une partie du résultat de cette analyse toxicologique, demandée par la famille du militant basque, « vient à écarter, d’une part, la thèse du suicide et, en même temps, confirme notre plainte selon laquelle des tiers ont tué Geresta. « 

Eh bien, le GARA du 31 juillet dernier a publié qu’un magistrat de la Cour supérieure de justice du Pays basque (TSJPV) avait décidé d’imputer le porte-parole du Conseil national de HB Arnaldo Otegi pour les blessures présumées commises lors de sa déclaration en conférence de presse que la mort de Geresta était un assassinat et l’attribuer aux appareils de l’État espagnol. Curling la boucle de la performance grotesque de la « Justice » espagnole, le magistrat ordonne que la procédure contre Otegi soit suivie devant la cour d’instruction n ° 2 de Donostia. LA MÊME COUR QUI PREND L’ENQUÊTE SUR LA MORT DE GERESTA ET DANS LAQUELLE LA PREUVE QU’IL A ÉTÉ TUÉ FONCTIONNE. C’est-à-dire que lorsque les appareils de l’État espagnol assassinent et que quelqu’un le dénonce, la «justice» espagnole persécute le plaignant et non les assassins.

Et rien ne se passe.

Il y a plus. Beaucoup plus. Le 24 juillet, il a été publié que le gouvernement espagnol avait gracié trois gardes civils condamnés pour avoir torturé Kepa Urra. J’en discute en détail dans l’analyse mensuelle de juillet. Le 30 juillet, la presse publie que 40 avocats du Barreau du Gipuzkoa ont signé un manifeste dans lequel ils dénoncent qu’avec cette grâce, l’État espagnol «APPROUVE ET PROTÈGE la violation des droits de l’homme» et peut provoquer la répétition de la torture pour «COMPTE LES TORTURES AVEC UN VRAI BREVET DE CORSO, se sentant soutenus dans leur travail méprisable « . Le 1er août au GARA, José Mari Esparza publie une chronique intitulée LA QUESTION DU TORMENT dans laquelle il déclare que: « Les Espagnols n’arrêteront pas de torturer. Ils le portent dans leurs gènes politiques. C’est l’essence de leur État. La droite par tradition et la gauche par recrutement, il n’y a rien à voir avec eux. Le pardon nouveau et récent accordé à trois tortionnaires n’est pas un scandale: c’est une pure procédure pour eux de revenir au bloc. Dans le style des Israéliens, il vaut mieux que les Espagnols légalisent ouvertement la torture pour les dissidents. « 

Le même jour, EL MUNDO a publié comment, dans une interview, le ministre de l’Intérieur du gouvernement espagnol n’a pas hésité et a publiquement justifié la grâce des gardes civils tortionnaires « pour de nombreuses raisons: en raison du bilan de ces personnes en dehors de ces événements et car ils ont été très importants dans de nombreuses opérations absolument décisives pour la Garde civile et pour tout le monde « . Autrement dit, PARCE QU’ILS SONT DES TORTURATEURS EFFICACES. Et le journaliste ne se plaint pas.

Et rien ne se passe.

Encore plus. Le 4 août, EL MUNDO a publié que le ministère de l’Intérieur avait divulgué la nouvelle qu’un de ces trois bourreaux de la garde civile graciés allait être promu commandant. L’avocat de Tortureren Aurkako Taldea Begoña de la Cal dénonce, après en avoir pris connaissance, le fait qu ‘«une fois condamné, celui qui est gracié et promu va à l’encontre de l’éradication de la torture.

Et rien ne se passe.

Encore plus. Le même jour, le 4 août 1999, sur la première page de GARA, il y avait un titre en trois colonnes qui disait: « Le » numéro deux « du général Galindo, arrêté pour trafic de drogue. » L’actualité est également en première page de nombreux autres journaux. Le lieutenant-colonel de la garde civile Máximo Blanco, qui commandait la caserne d’Intxaurrondo sous les ordres de Galindo, a été arrêté lundi 2 à Tarragone à la suite d’une opération contre le trafic de drogue, liée à une cargaison de plus de 5 tonnes de haschich. Le 5, EL MUNDO a titré que « le lieutenant-colonel Blanco a collecté 1,6 million sur les » narcos « et détaille ensuite qu’il s’attendait à un autre revenu du même montant cette semaine. Les 5 mêmes titres de la DEIA que « INTERIOR A ASCENDED TOUS LES ANCIENS COMMANDES D’INTXAURRONDO IMPLIQUÉES DANS LES CAS DE TRAFIC DE DROGUES », citant dans le sous-titre les noms de Galindo, Máximo Blanco, Pindado et Palomino. « La démolition d’Intxaurrondo » demande le même jour dans le titre de sa chronique et dans le texte le directeur adjoint de DEIA Xabier Lapitz qui se souvient des victimes des casernes assassinées par la torture (Lasa, Zabala, Zabalza … et autres) et ajoute «aux anonymes accro aux drogues que les chefs de la garde civile de cette sinistre caserne se sont consacrés à distribuer pour leur profit personnel». Il récite également les noms de Galindo, Máximo Blanco, José Ramón Pindado, Andrés Palomino et le caporal Cruz. Ajoutant que << Ils avaient tous des responsabilités dans la lutte contre l’ETA sous le commandement direct de Galindo. TOUT LE MONDE A APPRIS LE COMMERCE DE LA DROGUE AU MEGACUARTEL DE LA GARDE CIVILE DE GIPUZKOA. Leurs victimes sont mortes de surdoses, du sida,

Mais l’allégation la plus lucide et la plus retentissante sur le sujet est publiée par Pepe Rei le même jour 5 dans un article de GARA intitulé CRÉMENES ORGANIZADOS. Après avoir examiné une liste de noms de gardes civils d’Intxaurrondo, Pepe Rei déclare: « Ils ont tous une peine finale pour trafic de drogue ou contrebande à grande échelle. Mais ils ne sont que la pointe de l’iceberg qui cache la grande vérité que l’Intxaurrondo est une énorme source de corruption. Et pour mémoire, ce ne sont pas mes paroles, mais elles ont été prononcées en son temps par un général du même corps nommé Pedro Catalán. « 

Pepe Rei ajoute: « Il est clair que le » Galindo rouge « a été l’une des armes les plus meurtrières que la garde civile a utilisées au nom de l’État espagnol pour lutter contre la gauche indépendantiste basque. Et ce ne sont pas non plus mes paroles: il les a corroborés en premier mai dernier, le narco Vedat à ‡ icek devant le chef de la cour d’instruction n ° 1 de Donostia: LA GARDE CIVILE INTRODUIT LE HÉROS AU PAYS BASQUE POUR DES MOTIVATIONS POLITIQUES CONTRE LA JEUNESSE DE CE PEUPLE « 

Pepe Rei déclare également que « personne ne compte les milliers de jeunes qui ont pris la drogue pour récompenser les hommes de main de Galindo. Pour les morts de la drogue, il n’y a pas de minutes de silence, ni d’homélies en leur honneur. MAIS CE SONT AUSSI DES VÉRITÉS DE LA DIRTY GUERRE DE L’ÉTAT ESPAGNOL « 

Yahoo News, 10 mars 2003

Le juge de Saint-Sébastien confirme le dossier de l’affaire contre Rodríguez Galindo pour lien présumé avec le trafic de drogue

SAN SEBASTIAN, 10 (EUROPA PRESS)

Le tribunal d’instruction numéro 1 de Saint-Sébastien a confirmé le dossier de l’affaire contre l’ancien général de la garde civile Enrique Rodríguez Galindo et l’ancien sergent Enrique Dorado Villalobos pour liens présumés avec des réseaux de trafic de drogue, contrebande et proxénétisme, comprenant que les accusations « ce sont de simples rumeurs qui n’ont pas été prouvées », selon la voiture à laquelle Europa Press avait accès.

De cette manière, le tribunal rejette l’appel au dossier déposé en juillet dernier par l’association contre les réseaux de trafic de drogue Adore.

Le juge n’a pas non plus admis, comme Adore l’a demandé dans son appel, demander au ministère de l’Intérieur toutes les fausses identités que Rodríguez Galindo et son épouse avaient fournies, afin d’enquêter sur les biens de celui qui était responsable de l’Intxaurrondo Caserne.

En ce sens, il fait valoir que l’enquêteur « n’a pas l’obligation d’admettre tous les éléments de preuve demandés par les parties », d’ajouter que la procédure a été ouverte en 1991 et, après plus de douze ans d’enquête, « l’enquête n’est pas pertinente dans le sens de pouvoir se trouver devant une infraction pénale « .

En outre, il rappelle que, le 29 février 1997, le tribunal de Saint-Sébastien a demandé au tribunal central d’instruction 5 de la Haute Cour nationale de lui transmettre le témoignage des « données utiles à l’enquête qui peuvent exister dans le résumé 17/95″ ( cas Lasa-Zabala), « sans donner de résultat, après l’énorme travail d’enquête » qu’il avait effectué sur les biens de Rodríguez Galindo et de sa famille dans le cadre de cette procédure.

L’accusation populaire a demandé au tribunal d’instruction dans son appel que, si elle la rejetait, elle devait être déposée devant le tribunal provincial de Gipuzkoa, qui devrait donc l’étudier maintenant.

L’enquête sur l’implication présumée d’agents d’Intxaurrondo dans des réseaux de trafic de drogue à Guipúzcoa a été rouverte en 1996 par ordonnance du tribunal provincial, qui a confirmé l’appel d’Adore, après que la cour d’instruction 1 a rejeté les plaintes de ce groupe.

 

Il y a quelques jours un enregistrement a été retrouvé qui prouve l’implication dans des actes de tortures et de meurtres de haut dirigeant de la guardia civile

Certains enregistrements du haut commandement de la Garde civile montrent que Zabalza est mort après avoir été torturé

x Ananas Begoña

Un moment de la conversation entre le colonel Juan Alberto Perote et le lieutenant Pedro Gómez Nieto.

 

Certains enregistrements de hauts commandants de la Garde civile montrent que Zabalza est mort après avoir été torturé à Intxaurrondo

Le 26 novembre 1985, la garde civile a arrêté Mikel Zabalza, l’a transféré à Intxaurrondo et a disparu. Le 15 décembre, son corps a été retrouvé dans la rivière Bidassoa. Público  propose en exclusivité l’audio, jamais entendu publiquement, d’une conversation entre l’ancien colonel du CESID Luis Alberto Perote et le capitaine de la Garde civile Pedro Gómez Nieto dans laquelle il est admis que Zabalza est mort après avoir été torturé. Le document est ressorti de l’enquête menée par Miguel Ángel Llamas et Amaia Merino pour le film documentaire «Non dago Mikel?», Qui sortira en salles vendredi.

  Le 26 novembre 1985, à l’aube, la Garde civile a arrêté le jeune Navarrais  Mikel Zabalza , chauffeur de bus à Donosti. Dans l’opération, ils ont également arrêté sa compagne, Idoia Aierbe, et son cousin, Manuel Vizcay. A Orbaitzeta, ils ont attrapé ses frères Patxi et Aitor, et à Errenteria, ils ont arrêté  Ion Arretxe . Quatre d’entre eux – Mikel Zabalza, Vizcay, Idoia Aierbe et Arretxe – ont été transférés à Intxaurrondo et détenus au secret en vertu de la loi antiterroriste. Il ne fallut pas longtemps pour qu’ils soient libérés, tous sauf Mikel, dont on ne savait rien d’autre.

Les vingt jours suivants, la tension au Pays basque et l’intérêt des nouvelles grandirent. La famille a désespérément recherché le jeune homme et s’est rendue à la caserne Intxaurrondo de la Garde civile, où les autres détenus ont affirmé l’avoir vu ou entendu. La garde civile a  déclaré que l’homme s’était échappé lors d’une prétendue reconnaissance d’un zulo à Endarlatsa. Aujourd’hui, 35 ans après le meurtre, la conversation entre le colonel du CESID de l’époque Luis Alberto Perote  et le capitaine de la Garde civile  Pedro Gómez Nieto , en poste à Intxaurrondo sous Galindo, peut être entendue publiquement pour la première fois  , dans laquelle Ils admettent que Mikel Zabalza est mort tout en étant torturé dans cette caserne.

Le document sonore, retrouvé lors de la perquisition cellulaire de l’ancien colonel du CESID Luis Alberto Perote, fait partie de l’enquête que les réalisateurs  Miguel Ángel Llamas et Amaia Merino ont  menée pour leur film documentaire  Non dago Mikel?  ( Où est Mikel? ), Qui sortira en salles vendredi prochain. Dans leur conversation, Perote et Gómez Nieto ont fait référence à l’existence d’un rapport du service d’espionnage qui a rapporté les événements.

Bientôt, ce fichier audio sera inclus dans le nouvel épisode de la  websérie Galdutako Objektuak , qui est publié sur Ahotsa.info et est réalisé avec du matériel bonus du film. Le réalisateur Miguel Ángel Llamas, lorsqu’il a commencé à travailler sur le film en 2011, a été arrêté lors d’une opération de la police nationale visant à démanteler le site Web Apurtu.org. Il a passé un an et demi en prison, a été libéré sous caution.

Les  journalistes d’ El Mundo ,  Antonio Rubio et Manuel Cerdán, ont  publié la transcription de cet enregistrement et l’ont fournie comme preuve au tribunal, dans le résumé d’enquête sur l’affaire Zabalza. Cependant, le tribunal a établi que l’enregistrement  « ne présente pas une qualité de condamnation minimale » , puisque le capitaine Gómez Nieto a nié l’existence d’une telle conversation et le ministre de la Défense Eduardo Serra, par lettre du 11 juillet 1996, a indiqué que « non document au centre contenant des informations susceptibles de contribuer à clarifier les circonstances dans lesquelles la mort de Mikel Zabalza est survenue  . « 

«Non dago Mikel? le film

Non dago Mikel?  –Qui était présent à Zinemira au festival de Saint-Sébastien– raconte ce qui s’est passé pendant ces vingt jours, depuis l’arrestation de Mikel Zabalza, et passe en revue la sinistre piste de torture qui a eu lieu ces années-là au Pays basque. Des témoignages et des images de l’époque et un entretien avec l’écrivain  Ion Arretxe , l’un des détenus ce matin-là, pour l’  Association Mintza Komunikazio Elkartea , complètent le film, dans lequel l’accent a été mis sur la façon dont la disparition de Mikel Zabalza a été vécue. a été la réaction des citoyens du Pays basque et, surtout, l’impunité des responsables encore aujourd’hui.

« D’abord vous allez parler et ensuite nous vous tuerons, ici vous n’entendez ni les cris ni les coups de feu », ont déclaré les gardes civils à Ion Arretxe, qui avait 21 ans quand ils l’ont arrêté, et qui détaille à l’écran le torture à laquelle il a été soumis. «Intxaurrondo, c’est l’enfer. L’effet du sinistre» , dit-il dans ces images, où il conclut son témoignage en reconnaissant «qu’il y a un moment dans l’arrestation et plus tard qui t’accompagne plus tard dans la vie, l’idée que tu n’as pas été courageux , que tu as été de la merde. Le fait de ne pas avoir été un militant te donne un complexe de culpabilité aussi envers ton peuple et ta propre condition idéologique « .

« Le film a été réalisé à la demande des habitants de la vallée de la famille Zabalza, qui se rendent compte que les nouvelles générations ne sont pas très claires sur un fait comme celui de Mikel Zabalza, qui a  bouleversé l’ensemble d’Euskal Herria « , explique Llamas, qui admet que  » tout dire était impossible, car ce n’est pas un cas isolé, cela fait partie d’un contexte. Comment expliquez-vous que dans une démocratie il y a eu une personne arrêtée et disparue et que l’acte est resté impuni? C’est impensable. « 

 

« Ce sont les égouts les plus pourris de l’État », a condamné Llamas, rappelant comment l’un des policiers qui ont pris la parole dans l’  affaire Lasa et Zabala  « a été brutalement attaqué et que d’autres personnes clés sont  décédées dans de rares circonstances « . Son film, maintenant, cherche à se connecter surtout avec ceux qui n’ont pas vécu ces années, en plus, bien sûr, de parvenir à une certaine reconnaissance de ce qui s’est passé « afin que cela ne se reproduise plus. Il existe une étude scientifique de la torture, certaines nous avons souffert, nous voulons que les données soient mises sur la table. « 

« L’affaire Mikel Zabalza – ajoute Llamas -  était une catharsis collective . Elle a changé certaines choses, mais elle n’a pas changé le jeu politique. Quand Miguel Ángel Blanco s’est produit, les hommes d’Herri Batasuna ont continué en HB ». À cette époque, le Pays basque éprouvait «l’indignation et la tristesse», dit la réalisatrice Amaia Merino. «Les gens n’avaient pas peur d’affronter la police et nous suivons tous les événements au jour le jour. Aujourd’hui, la version officielle continue d’être que nous sommes quelques menteurs « .

 

Un des frères de Mikel Zabalza, sur place en sa mémoire.

Non dago Mikel? finit par souligner plusieurs réalités. Premièrement, personne n’a été tenu responsable de la torture et du meurtre de Mikel Zabalza et aujourd’hui, 35 ans plus tard,  la famille continue d’exiger justice . Un rapport du gouvernement basque réalisé par l’équipe du médecin légiste  Paco Etxeberría a  estimé les cas de torture en Araba, Gipuzkoa et Biscaye en 1960 et 2014 à 4 113. Une étude similaire n’a pas encore été menée en Navarre, mais on pense qu’il pourrait y avoir au moins 1 000 autres cas de torture.

<< Depuis 2011, aucun cas de torture pour des raisons politiques n’a été signalé. Puis cinq détenus ont dénoncé et finalement trois d’entre eux ont obtenu leurs revendications à Strasbourg. Mais la loi antiterroriste et la détention au secret sont toujours en vigueur, qui est un espace d’opacité totale dans lequel les détenus sont laissés entre les mains de la police. Et les techniques de torture d’aujourd’hui ne laissent aucune trace. La torture en Espagne ne fait pas l’objet d’enquêtes », a déclaré Llamas.

 

Miguel Ángel Llamas ‘Pitu’ et Amaia Merino, les réalisateurs.

https://m.publico.es/politica/mikel-zabalza-recordings-altos-mandos-guardia-civil-zabalza-torturado-murio-intxaurrondo.html/amp?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=true_publico=social&

 

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PROCÉS DE LA NÉGRESSE – 1ère victoire contre les violences policières et les dénominations racistes (IMAGES)

AGENDAHOMMAGE 15 janvier 2021 Patrick Carl 1

 

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Selon les avocats, Colette Capdevielle et William Bourdon « Ce jour, le tribunal correctionnel de Bayonne a relaxé Karfa Diallo, accusé de rébellion envers les forces de l’ordre. Les soussignés saluent cette décision qui met en échec la tentative de criminalisation de l’action militante et antiraciste de leur client. Ils persistent à considérer que ces poursuites n’avaient aucunement lieu d’être, alors au surplus que Karfa Diallo a été victime d’une intervention policière aussi brutale qu’injustifiée. Ils attendent désormais que la plainte déposée pour violences policières soit traitée avec célérité et en prenant compte cette décision de relaxe. »

 

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Pour Karfa Diallo : « Tout d’abord satisfaction à l’endroit de la justice qui a envoyé un message clair qui consiste à dire que la police française a des droits mais aussi qu’elle a comme premier devoir le respect des libertés associatives. C’est une sanction de cette culture de la scénarisation du délit de rébellion par la police lorsqu’une interpellation se passe mal. Soulagement personnel de sortir de cette épreuve pour passer au dossier de fond qui porte sur la question du racisme systémique à l’oeuvre à Biarritz où la complicité municipale valide les clivages racistes et les clichés misogynes sur l’espace public. Très prochainement, le tribunal administratif devra se prononcer sur le recours que nous avons déposé en décembre pour l’annulation des délibérations municipales qui ont donné à ce quartier l’appellation « la négresse .Honneur et gratitude à l’endroit du comité de soutien qui s’est constitué sous la direction de Patrick Serres et de toutes celles et ceux qui n’ont cessé de nous soutenir tout au long de cette affaire !Au premier rang desquels les avocats Colette Capdevielle et William Bourdon mais aussi les bordelais Cheikh Tijaan Sow et Philippe Barre et le biarrot Galery Gourret. La lutte continue ! »

 

ABOLITION DE L’ESCLAVAGE- Discours du 227e anniversaire à l’Hôtel de Ville de Bordeaux (VIDEO)

AGENDA 5 février 2021 Patrick Carl 1

 

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Nous avons célébré ce 4 février 2021 le 227e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France dans le cadre de l’ouverture du 4e Black History Month dédié aux athlètes antillais Roger Bambuck et Ghislaine Barnay qui ont brillé dans une France post coloniale aux tenaces clivages racistes.

 

Pour la première fois, le maire de Bordeaux a présidé la cérémonie.

 

Cette date, 4 février 1794, peu connue, atteste des convergences révolutionnaires d’hier pour l’émancipation des hommes, quelque soient leurs couleurs de peau, et celles nécessaires d’aujourd’hui pour réviser l’histoire du racisme, d’en faire affaire commune afin d’en admettre les conséquences et les perspectives.

 

C’est avec beaucoup d’espoir que nous inaugurons ce nouveau chapitre de la résilience bordelaise autour de la protection du Vivant, de son histoire, de sa mémoire et de son actualité.

 

 

Nous remercions le nouveau maire de Bordeaux Pierre Hurmic pour son discours de haute portée humaniste et son engagement à œuvrer pour la transmission de cette mémoire. Ainsi que le consul américain Alexander Lipscomb, le président du département de la Gironde Jean-Luc Gleyze, Gunder Hurizet qui a représenté la mairie de Cenon, le champion de France Romain Mesnil, les élu-e-s présents Olivier Escots, Véronique Seyral Stéphane Gomot Mathieu Hazouard ainsi que nos partenaires Philippe Barre Nathalie Bois-Huyghe Patrick Serres Ousmane Thiam Franck Michel Khan Flo Laval Khadim Bdx Anaïs Gernidos Philippe Rouger.

 

Mention spéciale à la famille Bambuck que leur fille Aurélie Bambuck a représentée de la meilleure des façons possibles. Toute notre gratitude pour sa confiance ainsi que son engagement à œuvrer au partage de cette mémoire.

 

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BLACK HISTORY – Bayonne, ce port négrier qui s’ignore…

AGENDAARTICLES 15 février 2021 Patrick Carl 1

 

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 La capitale du pays basque ne fut pas seulement un port qui déporta plus de quatre mille cinq cents captifs africains (compte non tenu des pertes dans la capture, la traversée et l’exploitation dans les îles), c’est aussi la communauté d’esclavagistes la plus importante de Saint-Domingue, la colonie la plus riche d’Amérique du 18e siècle.

 

Malgré les études historiques, les traces dans la région et le mouvement national de prise de conscience citoyenne et politique, la ville peine à s’investir dans le devoir de mémoire à l’endroit d’un crime contre l’humanité que la république française a pourtant qualifiée depuis 2001 avec la loi Taubira.

 

Dans le cadre du 4e Black History Month, qui fait escale à Bayonne ce 20 février, il importe que la place de Bayonne et du pays Basque dans l’histoire du racisme doive mériter attention, responsabilité et pédagogie.

 

En effet, selon les calculs établis par l’historien Jean Mettas (Répertoire des expéditions négrières françaises au xviiie siècle, 1984), la participation de Bayonne au commerce colonial s’élève à dix expéditions négrières, faisant de la ville le 8e port négrier français, loin il est vrai, derrière les grands armateurs nantais, bordelais, rochelais et havrais.

 

Même si les dernières recherches font état d’une quinzaine d’expéditions négrières parties de Bayonne, la hiérarchie portuaire négrière française n’est pas néanmoins fondamentalement remise en cause. Avec ses quatre mille cinq cents captifs africains, Bayonne reste un port mineur de traite négrière par rapport aux centaines de milliers déportés par les ports nantais, bordelais, havrais, rochelais ou même Honfleur qui en expédie 37 000 aux colonies françaises en Amérique.

 

Pour les historiens Marion Graff et Jacques de Cauna, qui publient en 2009 le remarquable ouvrage La traite bayonnaise au XVIIIe siècle, il convient d’élargir la place du pays basque dans l’histoire coloniale et raciste aux expéditions négrières parties d’autres ports français (notamment bordelais et espagnols) auxquelles les armateurs bayonnais participent.

 

Quelques-uns ayant poussé le vice jusqu’à se livrer à la meurtrière traite illégale commencée par nombre d’armateurs malgré l’abolition officielle du commerce des noirs décidés par la convention de Vienne en 1815.

 

Le rôle de la traite dans le dynamisme de la construction navale est aussi incontestable à Bayonne où par exemple les frères Dutisné font construire la frégate Le Robuste, de 550 tonneaux et de 24 canons, pour la traite de Guinée, en 1749. Bayonne construit aussi pour d’autres ports notamment Bordeaux. Selon Eric Saugera Bordeaux, port négrier, p241 « en 1766, le constructeur bordelais Picaut livra à Laffon de Ladébat le Roi Mydas pour 17 000 livres, et Dominique Cabarrus Jeune s’adressa à son frère Cabarrus Ainé à Bayonne pour l’achat de deux navires : une frégate d’occasion de 45 000 livres rebaptisée Le Roy de Cabinde et un senau neuf de 21 500 livres appelé Le Roy de Malimbe »

 

Un autre navire négrier, construit à Bayonne pour la Marine royale puis vendu à la Compagnie des Indes Orientales, quitte le port basque en novembre 1760 pour connaitre un plus sinistre sort relaté ces dernières années par un documentaire et une exposition : Les esclaves oubliés de Tromelin.

 

En effet, dans la nuit du 31 juillet 1761, l’Utile se fracasse sur Tromelin, îlot minuscule sur l’océan indien, mal indiqué sur les cartes de l’époque. A son bord : 140 marins français et 160 captifs africains malgaches. Seuls 80 esclaves parviennent à regagner le rivage en compagnie des membres de l’équipage. Ces malheureux esclaves participent à la reconstruction du navire qui repartira sans eux. Et quinze ans plus tard, ne survivront que sept femmes et un enfant, secourus par le commandant de la corvette La Dauphine.

 

Les historiens suggèrent aussi de réajuster l’ampleur de la participation de la région dans le commerce négrier aux migrations vers les Caraïbes des basques. En effet, gascons, basques et béarnais affluent vers la colonie de St-Domingue où près de 500 000 captifs sont mis en esclavage par 30 000 colons dont 40 % sont des aquitains venus y acquérir des biens, à les mettre en gérance pour certains et revenir en hexagone profiter de leurs revenus coloniaux.

 

Selon Jacques de Cauna L’eldorado des Aquitains : Gascons, Basques et Béarnais aux Iles d’Amérique, 1998, ces aquitains marquent du fer rouge de l’esclavage colonial leur « eldorado » caraïbéen.

 

C’est ainsi que Port-au-Prince, capitale d’Haïti, fut fondée par le béarnais, Joseph de Lacaze, soutenu par son parent l’intendant bayonnais Laporte-Lalanne, et son premier maire à la Révolution a été le Basque Michel-Joseph Leremboure (de la maison Louis XIV à Saint-Jean de-Luz). Et aujourd’hui, dans les campagnes d’Haïti, on peut encore noter l’inscription cadastrale et toponymique de la présence de nos négriers basques : Courjoles, Labarrère, Labadie, Carrère, Dupoey, Darrac, Gaye, Duplaa, Garat, Laborde, Marsan et Navarre. Des présidents de la république et des familles notables portent des patronymes aquitains : Dartiguenave, Salnave, Dartigue, Gardères, Dupuy, Sansarricq et Castéra. Toussaint Louverture lui-même, l’initiateur de la révolution haïtienne, avait une garde dite « béarnaise » et ses aides-de-camp « béarnais ».

 

Cette relation singulière, entre le Pays Basque et les anciennes colonies françaises en Amérique, sera d’ailleurs à l’origine de la déportation d’esclaves dans le port de Bayonne à partir du 17e siècle.

 

Capitaines, armateurs et propriétaires de plantations coloniales, succombant à la fameuse « culture créole », usent de tous les subterfuges pour amener leurs esclaves avec eux en métropole. La Déclaration de royale « sur la police des Noirs » du 9 aout 1776 tente, par une règlementation ouvertement raciste de contenir cette présence qui risque de provoquer, selon son auteur, le procureur du roi Poncet de La Grave, « un assemblage monstrueux » : « les couleurs se mêlent, le sang s’altère ».

 

Cuisiniers, nourrisses, perruquiers, couturières ou blanchisseuses, comme à Bordeaux ou Nantes, les noirs de Bayonne du 18e siècle sont pour la plupart domestiques et majoritairement esclaves au service des grandes familles d’armateurs, de capitaines et de négociants. Une petite minorité de noirs affranchis a pu coexister avec cette population servile dont il est difficile d’avoir un nombre précis.

 

C’est ainsi que le Dictionnaire des gens de couleur dans la France moderne, en recense en 1741 onze à Bayonne et quatre à Saint Jean de Luz. Entre 1592 et 1790, prés de 102 « gens de couleur » seront déclarés à Bayonne.

 

10/10/1777 : Azor, nègre né à Saint-Marc et âgé de 14 ans, esclave de Jean Depau-Lega, traiteur à Bayonne, a été appelé par M.M. Depau frères, habitants de Saint-Domingue qui l’ont envoyé en 1776 en France, à apprendre le métier de traiteur (A.N.:COL.F1B4). Dictionnaire des gens de couleur dans la France moderne, LE MIDI

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La fameuse « négresse », de Biarritz dont l’histoire dit qu’au 19e siècle elle y serait tenancière d’un bar serait-t ’elle une de ceux-là ?

 

24/10/1777 : Catherine, dite Tine, mulatresse créole née aux Cayes-Saint-Louis et agée de 38 ans, esclave de M.Jean-Baptiste de Picot, seigneur de Clermont et chevalier de Saint-Louis, et de Mme de La Fresslière, son épouse qu’elle a suivie comme fille de chambre, a été déclarée par ledit Picot, commandant de Jacmel à présent retiré à Bayonne (A.N.:COLF1B4) Dictionnaire des gens de couleur dans la France moderne, LE MIDI

 

Le « Café Négro », créée en 1930, qui trône dans le centre de la ville avec ses tasses représentant un visage africain en serait-il un héritage ?

 

Comment sensibiliser les populations basques au devoir de mémoire sur le racisme qui a servi les intérêts économiques esclavagistes de leur pays jusqu’au 19e siècle ?

 

On le voit, si le port de Bayonne a peu participé de façon directe à la traite négrière, son profit et ses liens avec le système esclavagiste qui a donné naissance au racisme sont indéniables et méritent que les autorités locales s’y engagent.

 

A travers le respect des moments de commémoration fixés par l’Etat français mais aussi par des initiatives culturelles et citoyennes, il s’agit de comprendre comment ces quatre siècles fondés sur l’exploitation et la violence ont produit des imaginaires et des théories racistes durablement installés dans nos sociétés contemporaines.

 

Si le crime est irréparable, des exercices de réparation peuvent être, somme toute, un début de solution politique à ces tragédies du « passé ». Cette réparation est non seulement souhaitable mais nécessaire autant pour cultiver la vigilance sur des formes de barbaries contemporaines que pour s’inspirer des énergies et des forces incommensurables de celles et ceux qui ont fécondé le monde. Bayonne et le Pays Basque sont attendus !

Karfa Sira DIALLO

 

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Corse

 

Des jeunes Corses, venus « occuper le bureau du préfet », expulsés de la préfecture d’Ajaccio

Ils étaient venus défendre la cause d’Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, qui avaient participé à l’assassinat du préfet Erignac. Des fonctionnaires auraient également été blessés, selon la préfecture.

 

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Une vingtaine de personnes se sont introduites ce lundi 22 février à la préfecture de Corse à Ajaccio réclamant que deux condamnés pour l’assassinat du préfet Erignac, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, purgent leur peine sur l’île, la préfecture déplorant que des fonctionnaires aient été blessés.

À LIRE AUSSI :Macron déplore que les nationalistes n’expriment pas de «regrets» sur Erignac

«Ce groupe d’une vingtaine d’individus» avait «la volonté d’accéder, par la force, au bureau du préfet et de ses services. Cette tentative a échoué », a indiqué la préfecture dans un communiqué. Parmi eux se trouvait notamment selon la préfecture le fils d’Alain Ferrandi, un des deux membres du « commando Erignac » soutenu par les manifestants, le deuxième étant Pierre Alessandri. Après leur intrusion, «par volonté d’apaiser les choses», le coordonnateur pour la sécurité en Corse, Michel Tournaire, a indiqué lors d’une conférence de presse avoir reçu les manifestants dans son bureau pendant 30 à 45 minutes mais a regretté que ceux-ci aient ensuite refusé de quitter les lieux.

Lors de leur évacuation par la police, deux membres des forces de l’ordre et cinq manifestants ont été blessés dans «une mêlée où des coups ont été échangés des deux côtés», a indiqué Michel Tournaire, dénonçant un «coup médiatique» et précisant que le matériel de son bureau –ordinateur, écrans– avait «été projeté», «une armoire forte poussée», une table de réunion et un bureau «cassés». «J’ai déposé plainte pour entrée en infraction dans un bâtiment administratif, violences en réunion et destruction de matériels», a-t-il précisé.

Une enquête confiée à la police judiciaire a été «ouverte pour dégradations, rébellions en réunion, violation de domicile et éventuellement séquestration mais on attend les plaintes», a déclaré à l’AFP la procureure de la République d’Ajaccio, Carine Greff.

Au bout d’une heure trente d’occupation, le groupe d’hommes est sorti de la préfecture, certains avec du sang au visage, en criant «Liberta» (liberté en langue corse), accompagnés par des pompiers. «On avait la volonté de montrer aujourd’hui qu’on est prêts à se mobiliser pour faire respecter le droit (…) et permettre à Alain Ferrandi et Pierre Alessandri de rentrer en Corse», a indiqué aux médias l’un d’entre eux, présenté par Corse Matin comme Simon’ Paulu, fils d’Alain Ferrandi.. «On n’a rien cassé, on n’a bousculé personne, on a été pacifique et la réponse de l’Etat a été la violence comme souvent en Corse», a-t-il ajouté, demandant une réponse «dans les plus brefs délais du gouvernement sur une date précise de retour en Corse» des deux hommes, actuellement emprisonnés en région parisienne, à Poissy (Yvelines).

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En janvier, une manifestation avait rassemblé près de 1500 personnes pour demander le rapprochement en Corse des deux prisonniers. Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, arrêtés en mai 1999, ont été condamnés en juillet 2003 à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, le 6 février 1998, comme Yvan Colonna, arrêté en juillet 2003 et condamné en décembre 2007. Le refus du premier ministre Jean Castex, le 21 décembre, de lever le statut de «détenu particulièrement signalé» pour les deux premiers condamnés a éteint l’espoir d’un transfert prochain au centre pénitentiaire de Borgo (Haute-Corse), qui n’est pas habilité pour accueillir ce type de prisonniers. Ils sont actuellement emprisonnés en région parisienne, à Poissy (Yvelines). Yvan Colonna, incarcéré à Arles, a commencé une grève de la faim et de la soif mardi 2 février pour protester contre ses conditions d’incarcération.

Dénonciation d’une «répression débridée»

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin a condamné sur Twitter «avec la plus grande fermeté l’intrusion inadmissible de plusieurs individus ce matin dans la préfecture de Corse, ainsi que les dégradations qui ont été commises».

« Le refus d’appliquer le droit au rapprochement de Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, c’est l’injustice fondatrice», a déclaré à l’AFP le président autonomiste de l’exécutif de Corse Gilles Simeoni. «Répondre à une occupation pacifique de jeunes qui dénoncent une injustice, et à mon avis ils sont légitimes à la dénoncer, par des coups de matraque, je pense que c’est commettre une faute supplémentaire», a-t-il ajouté. Le président indépendantiste de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni et l’association de défense des prisonniers Sulidarita ont eux aussi apporté leur soutien aux auteurs de cette action. Dans un communiqué commun avec le représentant de Corsica Libera à l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni a jugé que l’actuel préfet de Corse, Pascal Lelarge était «définitivement disqualifié pour occuper un poste de responsabilité sur la terre de Corse» et a appelé à «son départ immédiat».

Les groupes d’opposition à l’Assemblée de Corse, Per L’Avvene (droite) et «La Corse dans la République» (droite) ont dénoncé une «escalade pré-électorale qui vient masquer l’incurie et l’absence de résultats sur des dossiers cruciaux dont la Collectivité de Corse», dirigée par une coalition nationaliste, «à la charge».

 

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