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27 janvier 2021

Emission du CSPB 26 01 21

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 15 h 14 min

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academie

 

L’Académie de la langue basque Euskaltzaindia vient de renouveler son dictionnaire en ajoutant 600 nouveaux mots ou expressions. La responsable de l’ouvrage, Mirian Urkia, explique la procédure d’actualisation.

 

Actuellement, le dictionnaire  aux habitudes de la société compte plus de 48 600 formes. © Plazaberri

Le dictionnaire des habitudes de la société basque compte actuellement plus de 48 600 formes. © Plazaberri

Peu de monde connaît la procédure suivie par Euskaltzaindia pour approuver l’utilisation des nouveaux mots en langue basque. Ils sont rassemblés au sein du dictionnaire de l’institution, qui en compte aujourd’hui plus de 48 600. Euskaltzaindia vient d’ajouter 600 nouveaux mots ou expressions à son dictionnaire. Mais, comment fait-elle pour intégrer un nouveau mot ? La responsable, Miriam Urkia, explique.

 

Avant de détailler la procédure, elle souligne l’importance de l’outil. Pour elle, il s’agit d’une ressource de base pour toute personne parlant ou apprenant la langue basque. Même si beaucoup pensent que l’institution invente des mots, la responsable précise que son travail est de prendre en compte les mots utilisés par la société au sein des sept provinces du Pays Basque.

 

En effet, selon elle, le basque unifié est très coloré, il sert a rassembler tous les dialectes. Il est possible qu’une forme soit utilisée dans un territoire, et non dans un autre. Comme par exemple, le mot « auzapez » (maire, en français). Cette forme est courante au Pays Basque Nord, mais pas dans les autres provinces. C’est pourquoi ce mot trouve sa place dans le dictionnaire, en précisant dans sa définition le mot « alkatea » (aussi, maire en français), puisqu’il s’agit de la forme plus courante dans le basque unifié. « Cela ne veut pas dire que le mot ‘auzapez’ ne doit pas être intégré au dictionnaire. Il y a de la place pour tout. Nous prenons en compte ce qui est utilisé. Nous sommes comme des notaires », souligne-t-elle.

 

Le dictionnaire est revu tous les jours. M. Urkia explique que les mots utilisés au sein de la société sont intégrés, mais qu’il est important de laisser du temps passer afin de savoir si ces mots vont rester. « Si après un certain temps, ils sont toujours utilisés, il faudra les intégrer », dit-elle. Elle cite l’exemple du mot « musuko » (masque, en français). « Cette forme s’est répandue en avril 2020. La forme traditionnelle était « muturreko », mais elle fait référence à l’outil utilisé pour les animaux. « Si dans quatre ou cinq ans cette forme est toujours utilisée, nous devront l’intégrer. Mais il faudra préciser qu’au Pays Basque Nord le mot ‘maska’ est plus utilisé », évoque-t-elle.

 

Elle cite un autre exemple. Durant la dernière réunion de l’équipe chargée du dictionnaire, les membres ont discuté pour décider si les mots « ibuprofeno » et « parazetamol » doivent être intégrés. « Ils n’y sont pas, mais doivent l’être, car ils sont très utilisés, surtout dans les romans ».

 

Une fois qu’une proposition est faite, un comité d’experts est consulté, et les mots proposés sont finalement acceptés ou non, lors de l’assemblée générale. Heureusement, tous les mots ne sont pas consultés un par un. Seuls sont débattus ceux qui font débat.

 

En pleine pandémie de Covid-19, le premier déconfinement a causé des dommages collatéraux dans la zone montagne du Pays Basque Nord. Pour ne pas revivre l’engorgement des sites touristiques, « pour ne pas subir les projets concernant la montagne basque en simples observateurs, pour devenir acteurs de notre territoire », et aussi parce que le projet de Parc naturel régional (PNR) est source d’inquiétudes et de questionnements, EHBai organise une conférence d’information, intitulée « Quelle montagne basque demain ? », destinée aux élus.

 

Elle aura lieu le samedi 30 janvier à 10 heures au cinéma Maule-Baitha de Mauléon, en présence de Jacques Barreix, président du Syndicat de Soule, Battitt Laborde-Lavignette, conseiller délégué Montagne basque à la Communauté d’agglomération Pays Basque, Andde Sainte-Marie, conseiller régional chargé de mission Montagne et pastoralisme au Conseil régional et Benoît Tauzin, paysan et berger, vice-syndic au Syndicat de Soule. Ils interviendront sur les questions suivantes : comment envisageons-nous la montagne basque de demain ? Comment garantir et préserver le vivre ensemble entre les différents acteurs et usagers de nos montagnes ? Quels sont les outils qui nous permettent d’intervenir ? Quels sont les moyens dont disposent ces outils, leurs limites ou faiblesses ? Quels sont les projets en cours qui concernent la montagne ? Comment pouvons-nous intervenir ? La conférence sera suivie de débats.

 

En raison des mesures sanitaires instaurées dans le contexte de la pandémie Covid-19, cette conférence d’information sera réservée aux élus. Cependant la télévision Kanaldude et les radios d’Euskal Irratiak en proposeront une retransmission en direct, avec la possibilité pour les auditeurs de poser des questions aux intervenants. La conférence se fera en basque et une traduction simultanée sera assurée en français. Les élus qui souhaitent s’inscrire peuvent le faire par le biais de l’adresse xiberoa.ehbai@gmail.com.

Pourquoi les points de passages frontaliers sont fermés

Si la fermeture de huit points de passage entre Pays Basque Sud et Nord a surpris, elle intervient dans le cadre global d’un renforcement des contrôles aux frontières annoncé en novembre dernier, et mis en place en Haute-Garonne la semaine dernière.

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La frontière gardée par des militaires à Lizarieta. © Bob EDME

 

La décision de l’Etat français de fermer huit points de passage entre Pays Basque Sud et Nord n’avait pas été annoncée. Mais après le récent doublement des renforts aux frontières, une étape avait été franchie dans le dispositif de contrôle avec la fermeture en Haute-Garonne du deuxième axe routier vers l’Etat espagnol le 6 janvier.

 

Le 5 novembre 2020, après l’attaque islamiste trois jours plus tôt à Vienne, en Autriche, et l’assassinat du professeur Samuel Paty le 16 octobre, Emmanuel Macron s’était rendu au Perthus, en Catalogne du Nord. Compte-tenu du passage du plan Vigipirate en « urgence attentat », il y avait annoncé un doublement des effectifs de police aux frontières afin de lutter « contre le terrorisme, les trafics et l’immigration illégale ».

 

Le 12 novembre, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques déployait les renforts prévus pour intensifier les contrôles. Le ministère de l’Intérieur avait ordonné leur affectation dans les Pyrénées-Atlantiques, ainsi répartis : deux sections Sentinelle, 26 renforts de la direction interdépartementale de la police aux frontières, 56 gendarmes réservistes, trois pelotons de 16 gendarmes mobiles qui viennent renforcer la direction interdépartementale de la police aux frontières et la gendarmerie pour les contrôles en profondeur routiers, 61 militaires de l’opération Sentinelle déployés dans les vallées à la frontière.

 

Le 6 janvier, en Haute-Garonne, la préfecture fermait le point de passage du col routier du Portillon « jusqu’à nouvel ordre », un événement qui semble avoir suscité sur place peu de réactions, en rien comparables à l’émoi causé par l’interruption des échanges en huit points de passage au sein du Pays Basque jeudi dernier.

 

Concertation sur le sujet

 

Elle continue de faire réagir. C’était jeudi au tour de la communauté d’agglomération, où Joseba Erremudeguy, conseiller délégué en charge de la coopération transfrontalière, européenne et internationale, a appelé à trouver des solutions pour les habitants et travailleurs pénalisés : « cette décision va à l’encontre des échanges quotidiens entre habitants et acteurs des territoires basques qui sont la base de la coopération transfrontalière que nous souhaitons renforcer », a-t-il déclaré dans un communiqué. Ajoutant qu’il demandait à l’État le lancement d’une concertation sur le sujet afin d’apporter des réponses pragmatiques aux habitants et travailleurs concernés, et que la Communauté Pays Basque prendrait toute sa part dans ce travail.

 

Mercredi, les mouvements abertzale EH Bai et EH Bildu avaient eux aussi exposé leur lecture dans un communiqué. « Le ministère de l’Intérieur français et les représentants du gouvernement espagnol en Navarre et en Euskadi nous imposent à nouveau des mesures disproportionnées, une présence policière et militaire accrue et une ambiance sécuritaire pesante. Ceci est illustré par exemple par le campement militaire installé au VVF de Baigorri », affirmaient-ils. En effet, Jean-Michel Coscarat, le maire de Saint-Étienne-de-Baïgorry le confirme à MEDIABASK, une soixantaine de militaires sont installés au VVF depuis trois semaines. Le maire dit avoir été averti de leur arrivée et précise que par ailleurs depuis un mois, une douzaine de policiers, installés, eux, dans un hôtel du village, sont chargés de contrôler le passage entre Arneguy et Luzaide. La présence des renforts est de plus en plus visible au Pays Basque.

 

Ces derniers jours, des dizaines de soldats patrouillaient dans différentes villes, notamment, dans les rues de Saint-Jean-de-Luz, ce qui a suscité des réactions sur les réseaux sociaux.

 

 

Deux rassemblements ont par ailleurs été annoncés. « Euskal Herrian mugarik ez », pas de frontières au Pays Basque : la revendication sera portée lors des rassemblements organisés ce samedi 16 janvier à 11h30 à Berrouet à Sare, et à midi sur le pont Saint-Jacques entre Hendaye et Irun.

 

La fermeture des frontières s’impose aux habitants

En déployant des centaines d’agents des forces de l’ordre, le gouvernement français ne fait que renforcer un message sécuritaire dangereux qui inquiète plus qu’il ne rassure

 

frontière

Depuis le 14 janvier, la frontière est fermée par endroits. De mémoire d’habitant de Txingudi, elle n’a pas été fermée depuis 1948, quelques années après l’avènement de Franco. C’est dire le symbole. Les Hendayais se souviennent probablement du blocus de la baie du 9 au 12 juin 1986, une fermeture des voies maritimes qui n’émanait cependant pas des Etats mais des marins du sud révoltés par l’interdiction de pêcher au large des côtes landaises. Trente-cinq ans plus tard, c’est la navette maritime reliant Hendaye à Hondarribia qui a été fermée, mais cette fois, par le gouvernement français. Et avec elle, sept autres points de passage, du littoral aux hauteurs de Larrau. En l’espace de onze mois, c’est la deuxième fois que ces lieux de transit entre Pays Basque Nord et Sud sont fermés. La première fois pour faire barrage à la pandémie de Covid, la seconde, au “terrorisme et à l’immigration clandestine”. Une décision inédite qui va à rebours des principes de libre circulation de l’Union européenne et des besoins de la population locale.

 

Liens familiaux, activités économiques et vie sociale font les frais d’une telle décision prise pour une durée indéterminée, dans des vallées déjà plus ou moins isolées par le relief et par les mesures sanitaires. Des lieux où, souvent, cette ligne tracée par le Traité des Pyrénées ne se matérialise que par une borne au bord de la route, un panneau, une venta, qui voient passer les voitures dans la plus grande indifférence. Cela a fait réagir les élus en première ligne. “La fermeture n’affecte qu’un nombre limité d’habitants, mais cette partie infime de la population subit des dommages importants” n’a pas manqué de relever le conseiller délégué aux Coopérations transfrontalières, européennes et internationales Joseba Erremundeguy dans un entretien accordé à Naiz. Comme lui, le conseiller régional délégué à la Coopération transfrontalière et à l’Eurorégion Mathieu Bergé a dénoncé les effets d’une telle décision : “La précédente fermeture pour des raisons sanitaires à l’occasion du premier confinement, nous a enseigné à quel point la non prise en compte de la spécificité transfrontalière a eu un impact négatif sur la vie sociale, professionnelle et affective de nos concitoyens transfrontaliers”. Le président de l’Eurorégion Iñigo Urkullu lui a emboîté le pas avec un autre communiqué.

 

A l’ère de la mobilité sans limite, des réseaux physiques comme numériques globalisés, “où le monde rencontre le monde”, comme le résume la politologue Catherine Wihtol de Wenden, cette fermeture semble en décalage. Elle révèle, par ailleurs, un aveu de faiblesse à l’heure de traiter certaines réalités, comme la migration, et des problèmes comme le terrorisme. La directrice de recherche au CNRS estime que “ce n’est pas en fermant davantage les frontières qu’il y aura moins de terroristes qui rentreront” Alors que les frontières avec l’Italie sont restées ouvertes, des élus locaux s’interrogent eux aussi sur l’efficacité de la mesure et sur ses fins purement politiciennes, dans un contexte de recrudescence du discours de l’extrême droite. La confusion entretenue entre terrorisme et migration clandestine est insidieuse. L’effet boomerang est à prévoir, quand on voit déjà des groupes identitaires mener des actions antimigrants au col du Portillon, en Haute Garonne, pour surveiller l’arrivée de migrants. En déployant des centaines d’agents des forces de l’ordre en tous genres tout le long des Pyrénées, notamment au Pays Basque, le gouvernement français ne fait que renforcer un message sécuritaire dangereux qui, de fait, inquiète plus qu’il ne rassure.

 

Mardi 19 janvier, une trentaine de militants d’extrême droite issus du groupuscule « Génération identitaire » ont mené une opération baptisée « Mission Pyrénées » au col du Portillon, à deux pas de Bagnères de Luchon en Haute-Garonne. Leur objectif : patrouiller le long du point de frontière fermé par décision du préfet le 6 janvier dernier dans le cadre de la lutte anti-terroriste. Le groupuscule entend ainsi « venir en soutien aux forces de l’ordre » tout en exigeant « la fermeture totale de la frontière ».

 

Des propos et des actions intolérables pour le comité Génération.s Pays Basque. « Ces actions doivent être dénoncées et combattues, le comité Génération.s s’engage contre la xénophobie et toute sorte de rejet et de racisme, comme ici par ce groupe « Génération Identitaire ». Le comité local de Génération.s soutient l’initiative de l’Oned (Observatoire nationale de l’extrême droite) qui a envoyé un courrier adressé au ministre de l’Intérieur. Les représentants de l’Oned y dénoncent cette troisième action et constatent « une fois de plus, la grande complaisance de la part des autorités de l’État alors que Génération identitaire mène des opérations illégales en se substituant aux forces de police pour mener des opérations de contrôle à des postes frontaliers » qui sont « une chasse aux migrants ». Le président de l’Oned, Thomas Portes, indique dans cette lettre que « Génération identitaire, animé par la haine et le rejet de l’autre, ne peut avoir sa place dans une démocratie ».

 

« Nous sommes un peuple, pas de frontière dans notre pays ! Les forces occupantes, hors d’ici ! ». Tel est le slogan choisi par des habitants des vallées de Baigorri et du Baztan (Navarre) décidés à faire entendre leur voix contre la fermeture de la frontière. Ils appellent à un rassemblement le samedi 23 février à 15 heures au col d’Izpegi. Samedi dernier, une quarantaine de personnes s’étaient déjà réunies à Saint-Etienne-de-Baïgorry. Ils ont montré leur inquiétude du passage fermé et de la présence des militaires et des policiers.

 

Dans le communiqué annonçant leur mobilisation, les habitants ont déploré que la préfecture des Pyrénées-Atlantiques ait décidé de fermer huit points de passage au Pays Basque « à nouveau sans consulter les habitants, et en impactant fortement du jour au lendemain la vie sociale, familiale et professionnelle » de nombre d’entre eux. Ils ajoutent que les gouvernements français et espagnol ont imposé « de façon autoritaire et centralisatrice leur décision », sans prendre en compte leur vie quotidienne.

 

Ensuite, les organisateurs de la manifestation au Col d’Izpegi en faveur de la « réouverture de la frontière et la fin de la situation d’occupation » ont rappelé que ce n’était pas la première fois qu’ils vivaient une telle « démonstration de déploiement des forces françaises » dans la région. Lors du premier confinement, « la présence policière et militaire au sol, mais aussi dans les airs, s’est faite énormément ressentir, avec la multiplication des contrôles et les manœuvres répétées de l’armée de l’air ».

 

Aujourd’hui, ils déplorent que pour renforcer les contrôles, il y a un mois, une « soixantaine de militaires s’est installée à Baigorri … imposant une omniprésence militaire aux habitants du village et faisant régner un climat d’occupation ».

 

Samedi dernier, des rassemblements contre la décision prise par l’État français ont eu lieu à Sare et à Hendaye, répondant à un appel d’EH Bai. Plusieurs maires de la Communauté d’agglomération Pays Basque ont d’ores et déjà appelé à trouver des solutions pour les travailleurs frontaliers et les citoyens habitant à proximité de la frontière.

 

 

Des habitants mobilisés contre la fermeture des frontières

Ce samedi 23 janvier, des habitants des vallées de Baigorri et du Baztan (Navarre) se sont rassemblés au col d’Izpegi afin de manifester contre la fermeture de la frontière.

 

Des habitants des vallées de Baigorri et du Baztan en Navarre ont appelé à manifester ce samedi 23 janvier au col d’Izpegi. Ils contestent la fermeture de huit points de passage au Pays Basque et la présence de militaires et de policiers. Une décision qui, pour les habitants mobilisés, a été prise sans consultation au préalable de la population.

 

barreaux 

 

Le coronavirus derrière les barreaux

Douze femmes ont été testées positives au coronavirus dans la prison de Réau, en région parisienne. Trois prisonnières basques, toutes en bonne santé, y sont incarcérées. Le virus est présent dans plusieurs établissements pénitentiaires et ses conséquences sont de plus en plus difficiles à gérer.

 

 

Des cas de Covid-19 ne cessent de se déclarer dans les prisons de l’Etat français. L’Observatoire international des prisons (OIP), qui n’a pas accès aux chiffres de l’administration, est dans l’impossibilité d’avoir une vision exhaustive de la réalité. Néanmoins, elle peut attester de l’existence de cas dans certains établissements.

 

Dans le Centre pénitentiaire du Sud francilien Réau, selon les derniers chiffres donnés par l’OIP, 12 femmes et 2 hommes ont été testés positifs. Trois prisonnières basques, Iratxe Sorzabal, Izaskun Argüelles et Ainhoa Ozaeta, y sont incarcérées, mais n’ont pas été infectées, comme le confirme l’avocate d’I.Sorzabal, Xantiana Cachenaut.

 

Les cas positifs apparaissent dans les prisons « un peu partout », indique François Bès, coordinateur du pôle enquête au sein de l’OIP. Un cluster serait identifié à la prison de Fresnes. Au total, 26 détenus sont touchés et toute une division a été reconfinée. De plus, des cas sont également apparus à la Maison d’arrêt de Seysses (Toulouse) et à celle de Nanterre.

 

Cela fait presque un an que cette situation dure et les conséquences de la pandémie sont plus encore difficiles derrière les barreaux. Le représentant de l’OIP explique que la première vague a été « très dure » à vivre à l’intérieur des prisons, « avec la suppression des parloirs et de toutes les activités ».

 

Les mesures de protection ont mis beaucoup plus de temps à arriver. Le coordinateur indique que les masques ont été mis à disposition en octobre, alors qu’à l’extérieur leur port était obligatoire un peu partout bien plus tôt. En ce qui concerne le gel hydroalcoolique, il est interdit, car il contient de l’alcool. « Ils sont censés vérifier qu’il y a bien un accès à l’eau et au savon. Pouvoir se désinfecter les mains à tout moment, c’est quand même un droit ».

 

La peine de prison ne signifie pas la perte de lien avec ses proches

 

Enfermer dans l’enfermement

 

L’isolement est l’une des problématiques auxquelles l’OIP veut remédier. Comme le déplore François Bès, les détenus n’ont pas accès aux moyens de communication que l’on peut retrouver à l’extérieur. « Dans certaines prisons, ils ont proposé des unités gratuites de téléphone, mais cela ne remplace pas ce qu’on peut faire à l’extérieur. Quelques prisons ont mis en place des appels vidéo, mais ça reste très anecdotique », dit-il.

 

L’observatoire demande à ce que les détenus aient accès aux appels vidéo pour qu’ils puissent maintenir le lien avec leurs proches. « La prison et son enfermement ont déjà des conséquences néfastes, il faut essayer d’ouvrir vers l’extérieur pour aider psychologiquement ces personnes. La peine de prison ne signifie pas la perte de lien avec ses proches », souligne-t-il. Les familles des détenus subissent aussi les conséquences de cet isolement, « l’angoisse est ressentie des deux côtés ».

 

L’avocate Xantiana Cachenaut partage ce constat et s’inquiète du fait que, malgré les mesures prises, le virus continue d’entrer et de se propager au sein des prisons. La question de la surpopulation carcérale tombe comme une évidence, selon le coordinateur de l’OIP. Il attend de l’administration pénitentiaire qu’elle reprenne la réduction de la population dans les maisons d’arrêt, lancée au printemps dernier.

 

Il explique que pendant quelques mois, dans les maisons d’arrêt où cela avait commencé à être fait, quelques résultats avaient été constatés, « mais ils ont ensuite arrêté et le nombre de détenus est remonté en flèche ». D’un point de vue sanitaire, la surpopulation s’avère catastrophique.

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Torture : Strasbourg condamne à nouveau l’Etat espagnol

La Cour européenne des droits de l’Homme a condamné l’Etat espagnol pour n’avoir pas suffisamment enquêté sur les « traitements inhumains et dégradants » dénoncés par Iñigo González Etayo, arrêté en 2011.

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Iñigo González, en el centro, el día en que iba a comenzar el juicio en la Audiencia Nacional. (J. DANAE/FOKU)

Iñigo González, au centre, le premier jour de son procès à l’Audience nationale. (J. DANAE/FOKU)

L’arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme considère que l’Etat espagnol n’a pas mené d’enquête assez approfondie sur les faits dénoncés par Iñigo González Etayo. L’Etat devra lui verser une indemnité de 20 000 euros.

 

Il avait été arrêté en janvier 2011 par la Garde civile avec d’autres jeunes Navarrais, tous accusés d’appartenir à l’organisation Ekin. Ils avaient déclaré avoir subi des tortures pendant leur détention et leur isolement. L’un d’eux, Patxi Arratibel, avait signé sa déclaration à la police du mot « aztnugal », « à l’aide » en langue basque, écrit à l’envers, et l’affaire est connue sous ce nom.

 

Ce n’est pas la première fois que l’Etat espagnol est condamné par la Cour européenne des droits de l’Homme. En décembre 2019, elle avait considéré que les autorités espagnoles n’avaient pas respecté les droits fondamentaux des prisonniers basques Ismael Berasategi et Rufino Arriaga. Strasbourg avait alors reproché à la justice espagnole l’absence de traitement des recours présentés par les prisonniers pour la prise en compte des années passées dans les prisons de l’Etat français.

 

Auparavant, en mai 2016, il avait également été condamné pour ne pas avoir enquêté sur des faits de torture concernant Xabier Beorlegi. C’était alors la huitième fois que l’Etat espagnol était condamné pour ce genre de pratique.

 securité globa

La loi Sécurité globale continue de mobiliser à Bayonne

Samedi 16 janvier, la quatrième « marche des libertés » à Bayonne a réuni près de 300 personnes.

 

Samedi matin à Bayonne, près de 300 personnes ont manifesté contre la loi Sécurité globale. Après une trêve dans la mobilisation lors des fêtes de fin d’année, syndicats, partis politiques, Gilets jaunes et associations ont manifesté pour la quatrième fois dans la ville sous-préfecture.

 

Aux revendications habituelles (retrait de la loi, démission du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin et la révocation du préfet de police de Paris, M. Lallement) s’est ajoutée la dénonciation de la violence policière six jours après qu’un policier ait tué une automobiliste à Bayonne lors d’un contrôle dans la nuit de dimanche à lundi.

 

Les manifestants ont réclamé « la totale transparence sur cet évènement inacceptable » et « l’exigence que, le cas échéant, toutes les conséquences pénales soient menées à terme ».

AEK organise des stages de basque en février et en avril

L’association d’enseignement du basque pour adultes AEK organise des stages en février et en avril 2021. Les inscriptions sont ouvertes.

 

aek 

 

AEKren kurtsoa © Guillaume Fauveau

AEK a mis en place diverses mesures sanitaires pour s’adapter à la crise sanitaire.© Guillaume Fauveau

La crise sanitaire a touché l’enseignement de la langue basque, mais depuis le début de la pandémie, l’association AEK s’est adaptée pour continuer à proposer des cours. Elle propose ainsi cinq stages en février et en avril.

 

AEK organise des stages de langue basque d’une semaine en demi-pension. Du 15 au 19 février, un stage est proposé pour tous niveaux à Bayonne. Pour y participer, il faut s’inscrire avant le 29 janvier. Du 12 au 16 avril, le même stage sera proposé à Mauléon. Les intéressés doivent s’inscrire avant le 2 avril.

 

Du 19 au 23 avril, une autre session sera organisée, également pour tous niveaux, à Biarritz et à Saint-Jean-Pied-de-Port. Les inscriptions doivent se faire avant le 2 avril. Enfin, AEK proposera une préparation du diplôme B1, à Bayonne du 19 au 23 avril.

 

Les inscriptions se font sur le site d’AEK, par mail (ikastaldi@aek.eus) ou par téléphone au 05 59 25 76 06.

2021 : toujours solidaires et mobilisés

L’année 2021 se présente sous le signe de la mobilisation pour le collectif Etorkinekin qui comme plusieurs autres associations a présenté ses vœux dans nos colonnes.

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Une manifestation de soutien aux migrants à Hasparren au mois de juin dernier. © Guillaume FAUVEAU

2020, année de la colère :

 

 

- face à l’hécatombe des disparus en mer, dans les déserts et les prisons de Libye et d’ailleurs, sous un silence assourdissant et une inacceptable indifférence,

- face à une Europe forteresse qui prive les exilés de tout droit et les réduit à des non-personnes, qui pratique l’exclusion et la criminalisation et leur impose l’enfermement dans des conditions inhumaines,

- face à la politique de plus en plus rigide du gouvernement français, qui durcit chaque année un peu plus l’entrée et le séjour, en enfermant les exilés dans des centres de rétention (CRA) ou en les précipitant à la rue dans des conditions déplorables.

 

2020, année de la solidarité :

 

Un peu partout dans l’Etat français, des milliers de Sans Papiers et leurs soutien sont descendus dans la rue pour demander le respect de leurs droits fondamentaux. Nous étions plusieurs centaines à Hasparren en juin ou à Bayonne les 17 octobre et 18 décembre. Un véritable réseau de solidarité est en train de se mettre en place ! Ici même, nous avons, grâce à nos groupes locaux, assuré l’accompagnement solidaire de plus de 160 personnes adultes ou mineurs isolés. Nous avons poursuivi nos actions de sensibilisation et dénonciation, souvent en lien avec les collectifs du Pays Basque Sud.

 

L’année 2021 sera pour Etorkinekin l’année de la poursuite de la mobilisation pour rendre visibles les sans-papiers et exiger leur régularisation, la fermeture des CRA et un logement digne pour tous. Rejoignez-nous ! (solidaritemigrantspb@gmail.com).

 

Ce samedi 9 janvier à 18 heures, Bake Bidea a appelé à une chaîne humaine lumineuse dans le centre-ville de Bayonne, afin d’exiger une résolution définitive du sort des prisonniers basques.

 

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La chaîne humaine est répartie en huit zones. © Iurre BIDEGAIN

Ce samedi 9 janvier, la traditionnelle grande mobilisation de début d’année pour défendre les droits des prisonniers politiques basques a pris une autre forme : celle d’une chaîne humaine lumineuse sur les abords de la Nive à Bayonne, depuis l’Hôtel de Ville jusqu’au pont du Génie. Sous le slogan « Argi Dugu » (« C’est clair pour nous »), les manifestants appelés par Bake Bidea et les Artisans de la paix ont exigé la résolution définitive du sort des détenus.

 

Formant une chaîne de deux kilomètres, environ 2 000 manifestants ont répondu présents. Près de 1 600 personnes s’étaient déjà pré-inscrites, ainsi que 120 maires et élus du territoire. Parmi eux, Jean-René Etchegaray, maire de Bayonne et président de la Communauté d’agglomération Pays Basque (CAPB), Renée Carrique, maire d’Idaux-Mendy et première vice-présidente de la CAPB, ou encore Alice Leiciagueçahar et Michel Veunac, tous deux conseillers régionaux. La chaîne humaine était répartie en huit zones, dont une réservée aux personnalités politiques et culturelles, située au niveau du carreau des Halles et du pont Pannecau.

 

Ce même jour, des mobilisations appelées par Sare ont eu lieu dans 238 autres lieux du Pays Basque, là aussi pour réclamer la fin de la politique d’exception appliquée aux prisonniers basques. Sare, un réseau rassemblant des citoyens basques autour de la défense des droits des prisonniers, s’est fixé cinq objectifs pour l’année 2021.

 

Des feux d’artifice ont été lancés pour clôturer la mobilisation de ce samedi 9 janvier.

 

 

La mobilisation touche à sa fin et laisse place aux prises de parole.

 

 

Tandis que la nuit tombe sur Bayonne, les manifestants ont déployé leurs parapluies lumineux, symboles de cette mobilisation dont le slogan est « Argi dugu » (« C’est clair pour nous »). Sonnailles de « joaldun », irrintzi et slogan « Euskal presoak etxera » (« les prisonniers basques à la maison ») scandé : la mobilisation de ce 9 janvier résonne comme un cri pour la résolution du conflit au Pays Basque.

 

 

Mikel Barrios, Itsasuar condamné le 7 janvier à cinq ans de prison ferme par la Cour d’Appel de Paris, est présent à Bayonne.

 

 

De nombreuses personnalités issues du monde culturel, économique, social et politique ont répondu à l’appel de ce samedi.

 

 

Les participants à la chaîne humaine commencent à se placer.

 

 

La presse hexagonale s’est également fait l’écho de la mobilisation de ce samedi à Bayonne.

 

La chaîne humaine illumine les rues de Bayonne

Ce samedi 9 janvier à 18 heures, environ 2 000 manifestants ont déployé des parapluies lumineux sur les quais et ponts du centre-ville de Bayonne, pour réclamer une résolution définitive de la question des prisonniers politiques basques.

 

Environ 2 000 personnes ont répondu présentes à l’appel de Bake Bidea et des Artisans de la paix, ce samedi 9 janvier à 18 heures. À la place de la grande manifestation traditionnellement organisée chaque début d’année, les manifestants ont cette fois-ci formé une chaîne humaine sur les quais et ponts du centre-ville de Bayonne, pour réclamer une résolution définitive de la question des prisonniers politiques basques.

 

Cinq minutes avant le début de l’action, dont le slogan était « Argi dugu » (« C’est clair pour nous »), les lumières de la ville se sont éteintes. Les manifestants ont alors déployé des parapluies lumineux. La mobilisation s’est achevée par des prises de parole des élus et des Artisans de la paix.

 

Un énième prisonnier basque malade

La demande de libération des prisonniers malades sera présente lors de la mobilisation organisée samedi à Bayonne. Selon le collectif Jaiki Hadi, 21 prisonniers souffrent d’une maladie grave, parmi eux, Jon Gurutz Maiza. 


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Jon Gurutz Maiza aske uzteko aldarrikatu duen mobilizazioa aurkeztu dute Etxarri-Aranatzen. (Iñigo URIZ | FOKU)

Une mobilisation avait été organisée en décembre 2019 à Etxarri-Aranaz. (Iñigo URIZ | FOKU)

Vingt-et-un prisonniers sont actuellement dans un état de santé grave, selon le dernier comptage publié par le collectif Jaiki Hadi. Quinze cas ont été rendus publics et six autres préfèrent rester dans l’anonymat. La crise sanitaire a mis en évidence les risques auxquels doivent faire face les prisonniers malades derrière les barreaux. Leur libération fera partie, entre autres, des demandes formulées par les manifestants qui vont se mobiliser ce samedi 9 janvier dans les rues de Bayonne, ainsi que dans d’autres communes du Pays Basque Sud.

 

Jon Gurutz Maiza est l’un des derniers prisonniers à avoir intégré la liste des prisonniers atteints de maladie grave. Le 31 décembre, l’habitant d’Etxarri-Aranaz a fêté ses 70 ans. Cela fait 43 ans qu’il a quitté sa maison. Igor Artieda, son ami, explique qu’il est atteint de plus de six pathologies différentes : perte de vue, décollement de la rétine, diabète, dyslipidémie, hypertension, fibrillation auriculaire… Depuis longtemps, il ne voit presque plus de l’œil droit. Il prend une dizaine de cachets par jour. Parmi eux, le Sintrom qui sert à freiner la coagulation du sang et le rend plus liquide. “Ces pathologies ne conditionnent pas sa vie quotidienne, mais dans certains cas, oui. Il a des problèmes pour lire et ne peut plus écrire. Il faut prendre en compte que l’assistance médicale en prison est précaire. Ils ne sont pas pressés”, dit-il.

 

Lorsqu’en 2019, il a été transféré à la prison de Lannemezan, il a souffert d’un décollement de la rétine et le changement d’établissement s’est fait une semaine plus tard. “Ils ne lui ont pas résolu le problème. S’il avait été transféré immédiatement, peut-être que l’œil de Gurutz serait dans de meilleures conditions”, regrette-t-il.

 

Cette crise sanitaire a augmenté la peur ressentie par certains prisonniers. Jon Maiza Gurutz a décidé de suspendre ses visites depuis octobre, après que deux prisonniers dont Ibon Fernandez Iradi, prisonnier atteint d’une sclérose en plaques, soient testés positifs à la prison de Lannemezan. Etant donné son état de santé et son âge avancé, le coronavirus ne ferait qu’aggraver ses pathologies. “Avec cette crise sanitaire, ils ont fermé les portes des prisons, et ils auraient dû faire le contraire : les ouvrir et laisser les prisonniers malades en liberté”, se désole Igor Artieda.

 

Que demande-t-il à l’Etat français ? La réponse d’Igor Artieda est claire : la libération conditionnelle ou la suspension de peine des prisonniers malades. Pour se faire entendre, la mobilisation citoyenne lui semble indispensable. Selon lui, la mobilisation et le soutien de toute la société a amené des petites victoires. “Il est plus important que jamais de participer, car leur libération est fondamentale. Ils doivent être dehors, et la société doit accompagner cette demande”.

 

Processus de paix : des avancées et des nouvelles priorités

Le retour de « Xistor » Haranburu a ouvert une fenêtre inespérée dans le chemin vers la paix au Pays Basque, même si l’année 2020, marquée par la crise sanitaire et la restriction des libertés, a vu un accroissement des contrôles d’ex-détenus basques.

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Ion Parot est éligible à la libération conditionnelle depuis 2005 et Jakes Esnal depuis 2008. © Bob EDME

Des étapes fondamentales ont été franchies au cours de l’année 2020 dans la résolution des conséquences du conflit au Pays Basque. D’abord, une victoire inattendue. Celle de la libération conditionnelle de Frederik « Xistor » Haranburu, le 24 novembre. Le Senpertar est rentré chez lui après plus de trente ans derrière les barreaux. Ion Parot et Jakes Esnal, ses camarades du commando Argala également éligibles à la libération conditionnelle, seront-ils à leur tour libérés ? Voilà l’une des revendications principales qui sera portée lors de la manifestation du 9 janvier et inscrite à l’agenda des discussions avec l’État français. Avec la fin de la lutte armée et la dissolution de l’organisation ETA, mais aussi la nomination en juillet du nouveau ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, l’autre objectif majeur de cette nouvelle année sera de faire reconnaître et prendre en compte par les parquets le nouveau cycle politique au Pays Basque. C’est le message qu’espère porter prochainement au ministère de la Justice la délégation basque en charge des discussions.

 

Xistor est sorti de prison. Mardi 24 novembre, Frederik « Xistor » Haranburu, 66 ans, a quitté la prison de Lannemezan. Incarcéré depuis plus de trente ans, il a été placé en détention à domicile, chez lui à Saint-Pée, où il doit vivre sous surveillance électronique pendant au moins dix-huit mois. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité le 19 juin 1997 par la Cour d’Assises spéciale de Paris, le Senpertar était éligible à la libération conditionnelle depuis avril 2008. Mardi 27 octobre, après avoir examiné le recours présenté par le procureur, la Cour d’Appel de Paris a décidé d’accepter sa troisième demande de liberté conditionnelle, contre l’avis du parquet. C’est la première fois qu’une telle décision intervient dans un procès d’appel de remise en liberté conditionnelle. Fait inédit, dans sa décision, la Cour a pris note du changement politique au Pays Basque.

 

Le 26 novembre, Jakes Esnal a été rapproché à la prison de Lannemezan. Âgé de 69 ans dont plus de trente vécus en détention, le Luzien était jusqu’alors incarcéré à la centrale de Saint-Martin-de-Ré, sur l’Ile de Ré (Charente-Maritime). Après un premier rejet, Jakes Esnal a renouvelé sa demande de libération conditionnelle. Celle-ci est « actuellement en cours d’instruction à la Cour de cassation », a indiqué son avocate Maritxu Paulus-Basurco. Quant à Ion Parot, 69 ans, également incarcéré depuis bientôt trente-et-un ans, il a effectué une nouvelle demande de libération conditionnelle à la suite de six refus. « Nous espérons qu’il puisse aller au CNE [Centre national d'évaluation] le plus vite possible et qu’une audience au TAP [tribunal d'application des peines] ait lieu en 2021 », a informé à MEDIABASK Me Brel, l’avocat du militant basque détenu à Muret (Haute-Garonne).

 

Le Covid-19 isole les prisonniers. La crise sanitaire rend plus difficiles les liens entre les détenus et leurs familles. Le nombre de parloirs simultanés autorisés ainsi que leurs plages horaires ont diminué. Par conséquent, les prisonniers ont droit à moins de visites de leurs proches – limitées à une seule personne à la fois – dans la plupart des établissements pénitentiaires du territoire français. Dans l’Hexagone comme dans les prisons espagnoles, les visites spécifiques aux familles, appelées Unité de vie familiale d’un côté ou « vis-à-vis » de l’autre, sont tout simplement annulées, comme lors de la première vague de la pandémie. « Les conditions des visites se sont clairement détériorées », a constaté l’avocate Maritxu Paulus-Basurco.

 

Le 10 novembre, Ibon Fernández Iradi, emprisonné à Lannemezan, a été diagnostiqué positif au coronavirus, présentant des symptômes. Âgé de 49 ans, ce natif de Lasarte (Gipuzkoa) n’est pas un détenu comme les autres : il est atteint de sclérose en plaques. Il figure parmi les 21 prisonniers gravement malades pour lesquels l’association des familles de prisonniers, Etxerat, demande la libération. Condamné à trente ans de prison dans l’État français, il a déjà passé dix-sept années derrière les barreaux. En avril 2019, Ibon Fernández Iradi a déposé une seconde demande de suspension de peine, acceptée le 12 novembre 2019 par le Tribunal d’application des peines de Paris. La décision a été contrecarrée en appel par le parquet antiterroriste, option que la Cour d’Appel de Paris a retenue le 27 février dernier. Autre exemple, celui de Jon Gurutz Maiza, 70 ans, également incarcéré à Lannemezan. Le Navarrais originaire d’Etxarri-Aranatz souffre de diverses pathologies incluant l’hypertension, le diabète et un décollement de la rétine. La manifestation du 9 janvier clamera haut et fort la demande de suspension de peine pour tous les prisonniers gravement malades.

 

La crise sanitaire a suscité un mouvement de protestations en prison. Le 11 mai, le prisonnier basque Patxi Ruiz a entamé une grève de la faim et de la soif, après s’être auto infligé des blessures au bras. Détenu à Murcia dans l’État espagnol, le militant a dénoncé avoir reçu des menaces de la part du personnel pénitentiaire, suite à un rassemblement de prisonniers le 9 mai, revendiquant de meilleures conditions de détention et l’accès à des tests.

 

Mikel Barrios sera de nouveau incarcéré. Jugé le 23 juin 2020 par le tribunal correctionnel de Paris pour appartenance à ETA, Mikel Barrios a été condamné en première instance à cinq ans de prison et une interdiction du territoire français pendant dix ans. Il a été remis au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan le 29 juin. Après le refus d’une première demande le 24 août, la seconde demande de libération conditionnelle du militant basque a été acceptée par la Cour d’Appel de Paris, le 7 octobre. Mikel Barrios a alors été libéré sous contrôle judiciaire.

 

Le 12 novembre, la Cour d’Appel de Paris a examiné le recours présenté par la défense contre la condamnation du Tribunal correctionnel. L’avocat général a requis six ans d’emprisonnement, dix ans d’interdiction du territoire français ainsi que l’inscription au Fichier judiciaire national des auteurs d’infractions terroristes (Fijait). Des réquisitions « encore plus sévères » qu’en première instance, a constaté Xantiana Cachenaut, l’avocate du militant basque. La justice a rendu sa décision jeudi 7 janvier : il devra purger une peine de cinq ans.

 

L’Itsasuar de 32 ans, originaire d’Iruñea, avait été interpellé en Allemagne en 2017 puis remis aux autorités françaises. Il avait alors purgé un an de prison à Osny, avant d’obtenir une libération conditionnelle. Depuis octobre 2018, Mikel Barrios vit et travaille au Pays Basque Nord, sous contrôle judiciaire.

 

Contrôles accrus. Igor Uriarte le 6 octobre, Peio Alcantarilla le 11 novembre, Oier Oa le 25 novembre… En l’espace de moins de deux mois, au moins trois anciens prisonniers basques ont été contrôlés sur des routes du Pays Basque Nord par la police française, avant d’être arrêtés puis libérés. Il est reproché à Peio Alcantarilla d’avoir violé les mesures relatives au Fijait. Igor Uriarte est, lui, poursuivi pour non respect de l’interdiction du territoire français, de même qu’Oier Oa, poursuivi également pour violation du Fijait. Originaires du Pays Basque Sud, ces trois hommes résident côté Nord, une situation que l’administration française avait jusqu’ici tolérée.

 

Peio Alcantarilla a fait l’objet d’un rappel à la loi et sera fixé sur son sort ce 12 janvier. Arrêté le 11 novembre sur le pont Santiago d’Hendaye alors qu’il rentrait du travail, il a été placé 24 heures en garde à vue avant d’être libéré dans l’attente de son audience. La Justice lui reproche le non respect du Fijait. Le militant avait été arrêté en 2004 puis condamné à dix ans de prison par la Cour d’Assises de Paris en 2010. À son procès, il avait dénoncé avoir subi des tortures de la part de la garde civile espagnole.

 

Oier Oa, résidant à Larressore, a fait l’objet d’un contrôle routier le 25 novembre, alors qu’il se rendait sur son lieu de travail à Bayonne. Placé en garde à vue pendant quelques heures, il a été libéré dans la matinée du 26 novembre. Sous le coup d’une interdiction du territoire français, le militant originaire de Donostia est convoqué au tribunal correctionnel le 26 mars prochain, dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Cette procédure permet de juger rapidement l’auteur d’une infraction qui reconnaît les faits reprochés. L’audience ne sera pas publique. Selon le procureur de Bayonne, Jérôme Bourrier, il s’agirait d’une violation du Fijait. « Nous devons faire le lien avec le Parquet national antiterroriste », avait-il précisé à MEDIABASK au mois de novembre.

 

L’interdiction du territoire français dont fait l’objet Oier Oa remonte à sa condamnation, en 2012, à quatre ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris, pour détention de faux documents et appartenance à l’organisation ETA. Il avait été expulsé après trois mois rocambolesques d’errance d’hôtel social, en toile de tente, caravane, puis en centre de rétention administrative, en région parisienne. Il était coincé entre l’interdiction et le refus de la Cour d’Appel de Versailles d’appliquer le mandat d’arrêt européen émis par l’Etat espagnol à son encontre.

 

Arrêté le 6 octobre à Urrugne, Igor Uriarte a été présenté devant le juge en comparution immédiate le 8 octobre au tribunal de Bayonne. La Justice qui lui reproche d’avoir violé une interdiction du territoire français, a décidé de reporter l’audience au 21 septembre 2021, afin que le militant basque puisse entre temps régulariser sa situation. Igor Uriarte a recouvré la liberté le 8 octobre, mais ne pourra pas vivre au Pays Basque Nord, territoire où vit sa compagne. Uriarte avait été interpellé en 2013, avant d’être libéré au bout de cinq ans.

Mikel Barrios devra retourner en prison

La cour d’appel de Paris a confirmé la peine de cinq ans à l’encontre de Mikel Barrios. Un rassemblement est organisé à 18h30 à Itxassou, où il réside.

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Mikel Barrios, con txapela, en la comparecencia llevada a cabo este miércoles por ex presos y refugiados en Baiona. (Guillaume FAUVEAU)

Mikel Barrios, avec un beret, lors de la conférence de presse organisée à Bayonne par des anciens prisonniers et exilés basque. (Guillaume FAUVEAU)

Actuellement sous contrôle judiciaire, Mikel Barrios va être de nouveau incarcéré. Ce jeudi 7 janvier, la cour d’appel de Paris a confirmé la peine de cinq ans d’incarcération prononcée par le tribunal correctionnel. Elle n’a pas encore fixé de date d’exécution. Contrairement à ce que le parquet avait demandé, il n’aura pas d’interdiction de territoire, mais Mikel Barrios sera inscrit au Fichier judiciaire national des auteurs d’infractions terroristes (Fijait).

 

« La cour d’appel a estimé que Mikel Barrios devait être à nouveau privé de liberté, ce qui est incompréhensible, compte-tenu du contexte actuel et de son parcours individuel », déplore son avocate Xantiana Cachenaut. A l’issue du délai de cinq jours pour le pourvoi en cassation, le parquet sera chargé de l’exécution de la peine. Les temps d’exécution sont très variables.

 

Pour rappel, lors de l’audience ayant examiné le recours, l’avocat général avait demandé une peine de six ans de prison. Le parquet avait également réclamé une interdiction de territoire de dix ans à l’encontre de l’habitant d’Itxassou, en plus de l’inscription dans le fichier Fijait. La municipalité itsasuar a, dès le début du procès judiciaire, exprimé son soutien envers le militant basque. Par ailleurs, un rassemblement de plus est organisé ce jeudi à 18h30 au rond-point d’entrée de la commune.

 

Lors de la dernière audience, la défense avait fait appel à Jean-René Etchegaray, président de la Communauté d’agglomération Pays Basque et maire de Bayonne, ainsi qu’au professeur de droit public Jean-Pierre Massias. Tous deux avaient rappelé le consensus en faveur du processus de paix et souligné la crédibilité de la décision de l’organisation ETA.

 

Mikel Barrios avait été condamné pour « participation à une association de malfaiteurs terroristes ». Il avait été incarcéré le 29 juin à Mont-de-Marsan. Après que la justice avait accepté la seconde demande de libération conditionnelle, il avait été libéré sous contrôle judiciaire le 7 octobre. Son cas, ainsi que ceux de nombreux autres prisonniers, seront dénoncés samedi prochain 9 janvier lors de la chaîne humaine organisée à Bayonne par les Artisans de la paix.

 

Les anciens prisonniers revendiquent le droit de vivre librement au Pays Basque

Le collectif des anciens prisonniers basques déplore les effets négatifs de la crise de la Covid sur les détenus et condamne les multiples arrestations intervenues depuis le début de la pandémie. Il exige en outre une résolution intégrale des conséquences du conflit.

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Le collectif lance un appel au président Emmanuel Macron. © Guillaume FAUVEAU

 

« Il faut arriver à un scénario sans prisonniers ni exilés le plus vite possible ». Voilà le message principal porté par les anciens membres du Collectif de prisonniers politiques basques (EPPK), lors de sa traditionnelle conférence de presse annuelle qui s’est tenue mercredi 6 janvier au carreau des Halles, à Bayonne. Les anciens détenus ont dressé le bilan de l’année écoulée, affirmant qu’il était « grand temps » de trouver une solution intégrale aux conséquences du conflit.

 

Le collectif constate que la crise du coronavirus « a entraîné des conséquences négatives pour les prisonniers politiques basques et leur famille », le nombre de visites autorisé ayant été réduit, certains parloirs suspendus. Les mesures gouvernementales visant à restreindre les libertés individuelles ont par ailleurs porté atteinte à d’ex-prisonniers jusque-là bien intégrés au Pays Basque Nord : « La multiplication du contrôle social lié aux mesures prises dans le cadre du confinement nous rappelle que notre liberté est limitée et remise en question à tout moment », observent les membres du collectif, mentionnant les arrestations d’Igor Uriarte, Jon Irazola, Peio Alcantarilla et Oier Oa. « Nous ne pouvons accepter que ces mesures d’exception nous empêchent de circuler et vivre librement au Pays Basque. Par conséquent, nous revendiquons le droit de vivre librement dans notre pays », ont affirmé les porte-parole Saroia Galarraga et Jokin Etxebarria.

 

« La libération de Xistor ouvre une nouvelle perspective. 2021 doit être l’année du prolongement de cette décision », ont souligné les anciens prisonniers. Ils ont ensuite appelé à participer à la chaîne humaine de ce samedi 9 janvier et ont adressé un message au président de la République : « Nous demandons à Monsieur Emmanuel Macron d’agir avec une responsabilité historique, en prenant les décisions nécessaires pour régler au plus vite ces graves situations, en s’engageant sur une voie raisonnable pour concrétiser le processus de libération de tous les prisonniers, le retour des exilés et le respect des droits de toutes les personnes aujourd’hui privées d’une liberté pleine ».

 

Rapprochements : L’Etat espagnol s’active

L’Etat espagnol n’a jamais autant procédé à des rapprochements de prisonniers basques qu’en 2020, emboîtant le pas à son voisin français. Pourtant, beaucoup de militants basques sont encore en prison, et environ un tiers du Collectif des prisonniers EPPK est éligible à la libération conditionnelle.

 

 

En 2020, l’Etat espagnol a suivi la dynamique enclenchée par Paris en 2017. Tout doucement d’abord, passant à la vitesse supérieure dès l’été. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : on décompte jusqu’à ce jour 152 transferts, dont 120 effectués sur la seule année 2020, contre 32 jusqu’à cette date.

 

Si l’Administration pénitentiaire maintenait ce rythme-là, le processus toucherait à sa fin dans les trois mois, en respectant la loi en vigueur : aujourd’hui, il reste 38 prisonniers politiques en Andalousie, une vingtaine dans les prisons méditerranéennes, une douzaine dans celles de Madrid, une demi-douzaine en Galice… D’autre part, le Gouvernement espagnol a démontré lui-même que des prisonniers déjà rapprochés pouvaient regagner le Pays Basque, puisqu’il a procédé au transfert deux fois de 19 prisonniers et au rapprochement de 25 autres vers les terres basques.

 

La prison Puerto de Santa María, à Cádiz, est celle qui renferme le plus grand nombre de prisonniers basques, avec Logroño. Beaucoup d’entre eux devraient se trouver dehors, ayant déjà accompli les trois quarts de leur peine. Environ 70, soit pratiquement le tiers du Collectif des prisonniers politiques basques (EPPK) devaient bénéficier cette année d’une libération conditionnelle, mais ne l’ont pas obtenue.

 

Il suffirait que la loi soit respectée. Premièrement, la majorité de ces 70 détenus a dépassé le délai pour prétendre à la libération conditionnelle. D’autres, au-delà d’une douzaine, sont au second degré, mais encore aujourd’hui privés du passage au troisième degré, ce qui leur permettrait de franchir la porte de sortie.

 

Si la peine accomplie dans l’Etat français était enfin prise en compte, comme l’Europe l’a décrété en 2008, d’autres détenus seraient libres. Après l’abandon de la « doctrine Parot » par la Cour européenne des droits de l’homme, la majorité PP (Partido Popular) avait usé de cette ruse dans les Cours espagnoles en 2014, légiférant à l’inverse du critère établi par Strasbourg. Environ 50 prisonniers sont pris dans ce piège.

 

Il y a une dizaine d’années, sous les gouvernements Zapatero et Rajoy, le recours à l’aménagement de peine était fréquent, permettant aux prisonniers d’être pris en charge chez eux tout en restant soumis à des mesures strictes. Mais cette piste a très peu été développée depuis 2011. L’une des batailles de l’année 2021 sera la libération d’Unai Parot et d’Antton Troitiño, à l’instar de celle de Ion Parot et de Jakes Esnal.

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Après dix-sept ans de clandestinité et malgré son rôle dans les négociations de paix, le dirigeant historique de l’organisation indépendantiste, assigné à résidence à Paris depuis juillet 2020, devrait être remis aux autorités espagnoles, estime la cour d’appel de Paris.

  La justice française ouvre la voie à l’extradition de l’ex-chef d’ETA Josu Ternera

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a estimé que Josu Ternera, l’ex-chef de l’organisation séparatiste basque ETA, qui a cessé la lutte armée en 2011, devrait être extradé en Espagne pour y être jugé. La justice française fait ainsi suite à une requête de Madrid au sujet de l’assassinat, le 25 juin 1980, du directeur de l’usine Michelin de Vitoria-Gasteiz, capitale administrative de la région du Pays basque en Espagne. Ce n’est pas la première fois que Jose Antonio Urrutikoetxea Bengoetxea (son véritable patronyme), assigné à résidence depuis juillet 2020, est confronté à une demande d’extradition. En novembre 2020, déjà, la justice française avait accepté de remettre l’ex-étarra à l’Espagne pour une autre affaire : un attentat à la voiture piégée contre la garde civile espagnole à Saragosse, qui avait fait 11 morts en 1987, dont cinq enfants.

 

Contacté par Libération, le cabinet d’avocats Xantiana Cachenaut et Maritxu Basurco, basé à Saint-Jean-de-Luz, estime que 30 Espagnols et Espagnoles seraient actuellement incarcérés sur le sol français pour leur appartenance présumée à ETA, la moitié faisant l’objet de mandats d’arrêt européens ou de demandes d’extradition vers l’Espagne.

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Lutte armée pour un Pays basque unifié

Josu Ternera, 70 ans, a été arrêté après plus de seize ans en cavale à Sallanches (Haute-Savoie) le 16 mai 2019, devant un hôpital où il se rendait, sous une fausse identité, pour y être soigné pour un cancer. Entré dans le groupe «Euskadi Ta Askatasuna» (Pays basque et liberté) en 1970-1971, il a été un des chefs historiques du groupe dans les années 80, élu député du Parlement Basque de 1998 à 2005, alors qu’il était en prison.

 

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L’ETA, impulsé sous le régime du dictateur espagnol Franco et d’inspiration marxiste-léniniste, a milité depuis sa création en 1959 jusqu’à l’arrêt définitif de la lutte armée en 2011 pour un Pays basque unifié et indépendant, rassemblant le Pays basque français (Bayonne, Saint-Jean-Pied-de-Port, Mauléon), et le Pays basque espagnol (Bilbao, Saint-Sébastien, Vitoria-Gasteiz, Pampelune). Le groupe est jugé responsable de 858 meurtres, ainsi que d’enlèvements et de tortures.

 

Un pourvoi en cassation

Son conseil, Laurent Pasquet-Marinacce, se dit «déçu» et annonce que son client «fera un pourvoi en cassation». Selon l’avocat, les faits, «très anciens», seraient «prescrits selon la loi espagnole». Autre argument de la défense : l’attentat de Michelin en 1980 «a été revendiqué par une organisation, ETA politico-militaire (pm), à laquelle Josu Urrutikoetxea n’a pas appartenu. Lui a été dans les instances dirigeantes d’ETA militaire (m). Ces groupes sont distincts et même opposés dans leurs moyens», dit-il, estimant que la demande d’extradition serait sciemment «tronquée».

ETA : la justice française accepte une nouvelle fois de remettre l’ex-dirigeant Josu Ternera à l’Espagne

La requête de Madrid portait, cette fois, sur l’assassinat le 25 juin 1980 d’un cadre du géant du pneumatique Michelin à Vitoria, où se trouve une usine du groupe.

 

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La cour d’appel de Paris a accepté une nouvelle fois de remettre à l’Espagne l’ex-dirigeant de l’ETA Josu Ternera, visé par une demande d’extradition de Madrid, a-t-on appris, mercredi 6 janvier, de source judiciaire. « La chambre de l’instruction a donné un avis favorable à la demande d’extradition », a expliqué cette source.

 

La requête portait sur l’assassinat le 25 juin 1980 d’un cadre du géant du pneumatique Michelin à Vitoria, dans le nord du pays, où se trouve une usine du groupe. « Nous faisons un pourvoi en cassation », a réagi Me Laurent Pasquet-Marinacce, l’avocat de Josu Ternera.

 

La Cour de cassation a déjà accepté en novembre à deux reprises le principe d’une remise à l’Espagne de celui qui fut à partir de la fin des années 1970 le chef de l’appareil politique de l’ETA. Ternera était visé par une demande d’extradition pour son implication présumée dans un attentat contre une caserne de la Garde civile espagnole qui avait fait onze morts en 1987 à Saragosse et par un mandat d’arrêt européen concernant des faits « d’appartenance à une organisation terroriste » dans les années 2000 et 2001.

 

La cour d’appel a, en revanche, refusé en juillet un autre mandat d’arrêt européen, concernant, cette fois, des « crimes contre l’humanité », dont la justice espagnole accusait Josu Ternera.

 

 

 

ETA politico-militaire – ETA political-military Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre Euskadi Ta Askatasuna politiko-militarra Symbole ETA (pm) Dates d’opération 1974 – 1986 Quartier général Grand Pays Basque Régions actives Espagne France Idéologie Marxisme-léninisme Nationalisme basque Indépendance basque Alliés Euskal Iraultzarako Alderdia Euskadiko Ezkerra Adversaires Espagne franquiste (1974-1975) Espagne (1975-1986) Batailles et guerres Conflit basque ETA politico- militar ( espagnol : ETA político-militar , basque : ETA politiko-militarra ) ou ETA (pm) était la faction majoritaire de l’organisation armée révolutionnaire basque ETA , qui pendant la transition de l’ Espagne vers la démocratie a opté pour une structure à deux jambes , politique d’un côté et militaire de l’autre, tandis que l’ ETA militarra ou ETA (m) a adopté une structure uniquement militaire avec ses divisions constituantes se détachant dans de nouvelles organisations autonomes ( LAB en 1974, etc.). À la fin des années 1970, l’ETA (pm) s’est divisée en deux groupes, la majeure partie des militants se rangeant du côté des soi-disant Berezis (les cellules spéciales). Les Berezis ont fusionné peu de temps après avec ETA (m), après quoi l’organisation résultante est devenue la branche principale de l’ETA et a été appelée à partir de là sur ETA (m). Ceux qui s’en tenaient aux positions du bureau exécutif de l’ETA (pm) ont défendu la soumission des actions violentes de l’ETA aux besoins de leur parti politique EIA (parti fondateur d’ Euskadiko Ezkerra ), souvent des pulsions économiques. Cependant, les responsables espagnols ont fait pression sur le parti nouvellement formé pour qu’il arrête immédiatement les actions de l’ETA (pm) ou pour en faire face aux conséquences. Au début des années 80, la VIIe Assemblée a eu lieu, qui cherchait une issue à la lutte armée. ETA (pm) – La VIIe Assemblée, par la médiation de son alter ego politique, le parti Euskadiko Ezkerra ( Gauche du Pays basque ), a accepté une politique de grâce individuelle à tous les membres qui ont publiquement renoncé à la violence. Beaucoup de ses anciens membres se sont intégrés à Euskadiko Ezkerra, qui a ensuite fusionné avec le Parti socialiste de la gauche Pays basque-Pays basque (PSE), affilié basque du Parti socialiste ouvrier national espagnol . Encore un petit groupe de l ‘ETA (pm) a refusé de rejoindre la VII Assemblée et a maintenu l’ activité armée sous le nom d ‘ETA – VIII Assembly, qui fusionnera bientôt avec ETA (m) en 1983. Voir ETA (groupe séparatiste) pour une discussion plus approfondie sur ETA (pm) et l’ ETA parallèle (m) . ETA politico-militaire – https://fr.qaz.wiki/wiki/ETA_political-military

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Son éventuelle remise aux autorités espagnoles ne devrait pas intervenir avant des mois, voire des années : il doit être rejugé deux fois en France dans des dossiers de terrorisme pour son rôle présumé au sein de l’organisation séparatiste basque entre 2002 et 2005, ainsi qu’entre 2010 et 2013. Le premier procès se tiendra en février devant la cour d’appel de Paris, le second en juin devant le tribunal correctionnel de Paris.

 

Le baromètre de la souveraineté basque voit le jour

Dans le cadre d’un référendum approuvé par les partis politiques et les Etats, 42,5 % voteraient en faveur d’un Etat basque. Un chiffre dévoilé par le nouveau baromètre de la souveraineté basque, Naziometroa. Cet outil mesurera les opinions des habitants sur la souveraineté et les thèmes liés.

 

Naziometroa, le baromètre de la souveraineté basque est le résultat de la collaboration entre Parte Hartuz, le groupe d’enquête de l’Université du Pays Basque et Telesforo de Monzón eLAB, le laboratoire d’idées cherchant à produire des propositions qualifiées dans des domaines de connaissance stratégiques pour le développement du Pays Basque. Le nouvel outil présenté à Bilbo ce jeudi 17 décembre cherche à connaître les envies d’indépendance et les motivations des habitants du Pays Basque Nord, de la Navarre et de la Communauté autonome basque. Un outil très innovant selon Iratxe Esnaola, présidente de la fondation Olaso Dorrea.

 

Plusieurs données ont été présentées par Asier Etxenike et Julen Zabala, membres du conseil scientifique crée pour le baromètre. Quatre autres chercheurs y participent, parmi lesquels l’enseignante luzienne de l’Université du Pays Basque, Iduzki Soubelet. L’un des résultats mérite d’être souligné. En effet, 42,5% des habitants du Pays Basque seraient disposés à voter en faveur d’un Etat propre, si un référendum approuvé par la majorité des partis politiques ainsi que par les Gouvernements français et espagnol était organisé.

 

Dans le cadre de ce nouveau projet, une enquête a été menée du 2 octobre au 9 novembre. Au total, 1 289 entretiens ont été réalisés auprès des citoyens des trois territoires : 629 habitants de la Communauté autonome basque, 420 de la Navarre et 240 de l’Agglomération Pays Basque.

 

Plusieurs hypothèses ont été présentées aux répondants afin de savoir s’ils changeraient ou pas leur opinion. Par exemple, si cet Etat basque apportait des améliorations économiques et sociales, 40 % des répondants changeraient d’avis. Autrement dit, 40 % des personnes opposées à la construction d’un Etat, seraient favorables.

 

Au contraire, un participant sur trois changerait d’avis si l’Etat n’apportait pas d’améliorations économiques et sociales ou si sa création conduisait à une sortie de l’Union européenne.

 

Le droit de décider

 

Le droit de décider du futur a également réuni un consensus remarquable. Ainsi, 63 % des participants sont favorables au droit de décider. Dans la CAB, 64,1 % pensent que la Bizkaia, Gipuzkoa et Araba doivent décider de leur futur librement. Néanmoins, 19,4 % des répondants sont contre. En Navarre, 63,4 % sont favorables et 19,4 % contre. Concernant le Pays Basque Nord, 58 % des interrogés sont pour et 21,4 % contre.

 

D’autres thématiques ont été traitées, comme la relation entre les trois territoires. 79 % des participants souhaiteraient que l’Agglomération Pays Basque, le Gouvernement de Gasteiz et celui d’Iruña approfondissent leurs relations.

 

Compte tenu de la crise sanitaire, les enquêteurs ont également posé des questions sur la gestion de la crise. Les mairies sont les mieux classées. En revanche, 45 % des participants pensent que les communautés autonomes devraient avoir plus de pouvoir pour gérer la pandémie.

 

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Programme de la semaine anticoloniale en février (virtuel) au 23/01/21

Date Horaire Orga.s Intitulé (Webinaire ou Evénement) Intervenant.e.s Infos complémentaires pour l’organisation en interne
Jeudi 28/01 17H-19H . Collectif d’organisation de la Semaine Anticoloniale et Antiraciste

. Réseau « Sortir du Colonialisme »

. Centre international de culture populaire (CICP)

. Initiative pour un autre monde (IPAM)

Anticolonialisme et antiracisme – Retour sur l’expérience d’une solidarité en France : la Semaine anticoloniale - Henri Pouillot, membre du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), président du Réseau « Sortir du Colonialisme » et co-fondateur de la Semaine Anticoloniale et Antirasciste

- Claude Szatan, membre du CEDETIM – Centre d’études et d’initiatives de solidarité international et du Réseau IPAM

- Sonia Fayman, membre du bureau du Centre international de culture populaire (CICP), membre de la coordination nationale de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

- Michèle Decaster, secrétaire générale de l’Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique (AFASPA)

- Théo Lubin, militant décolonial, Président du Comité d’organisation du 10 mai (CO-10Mai) et journaliste indépendant à Radio Fréquence Paris Plurielles (FPP)

- Mireille Fanon-Mendes France, consultante, Présidente de la Fondation Frantz Fanon, ancienne Présidente du Groupe de travail d’experts sur les personnes d’ascendance africaine de la Commission des droits de l’Homme des Nations Unies

-Modération : Sylvain Duez-Alesandrini (CICP / IPAM / Collectif d’organisation de la Semaine Anticoloniale et Antiraciste)

Dans le cadre du FSM virtuel

Tous les intervenants sont ok

 

Demander à Sylvain de prendre contact avec les intervenant.es pour préparer le débat.

Vendredi 05/02 18h30 Collectif d’organisation de la Semaine Anticoloniale et Antiraciste Lancement de la semaine anticoloniale et antiraciste – Prise de parole Henri Pouillot, membre du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), président du Réseau « Sortir du Colonialisme » et co-fondateur de la Semaine Anticoloniale et Antiraciste Intro (15 min)

Projeter des affiches ? Michèle propose un petit diaporama. On lui envoie des photos intégrant des affiches de la Semaine

  18h45-19h30 Coopérative Andines Diffusion du documentaire « Prenons dattes pour la Palestine » Présentation par Kevin Felton, Coopérative Andines, et Joy Banerjee, réalisateur du documentaire Le film dure 20 min + présentation/échanges
  19h30-20h PAUSE     Projeter l’affiche de 2021 en fond d’écran ou diaporama en boucle
  20h-21h30 ATL Jenine « Taha, un poème épique et intimiste de la Nakba à nos jours présenté par Sylvain Machac, comédien. »

Suivi d’une interview  de la direction du Théâtre de la Liberté (Freedom Theatre) du camp de réfugiés de Jénine en Palestine, sur le théâtre dans la résistance culturelle.

Echanges avec le public.

Animation : Sonia Fayman, présidente d’ATL Jenine

Invitée : Sylvie Deplus Ponsin, AACP (Amis des Arts et de la Culture de Palestine)

ATL souhaiterait pré enregistrer la présentation par Sylvain Machac (dure 20 min) et l’interview (dure 10 min) avec Théo et animer en direct (un temps d’échanges de 10-15 min après Taha et après l’interview + un temps de présentation du théâtre en direct par Sonia). Sylvie présentera les activités des AACP.
Samedi 06/02 15h-16h30 Collectif d’organisation de la Semaine Anticoloniale et Antiraciste Retransmission d’une émission de radio du réseau « Sortir du Colonialisme », Radio Fréquence Paris Plurielles (FPP),  en hommage à Gisèle Felhendler Animateur Théo ? Hommage à Gisèle

Diffusion d’un diaporama

  16h30-17h PAUSE      
  17h-19h30 Collectif d’organisation de la Semaine Anticoloniale et Antiraciste

Un monde en luttes

Les luttes anticoloniales et antiracistes

- Berivan Firat, présidente du Mouvement

des Femmes Kurdes en France

- Bernard Schmid, Survie

- Pierre Stambul, Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

- Franco Lollia, porte parole de la Brigade Anti-négrophobie

- Sidemhamed Ahmed, coordinateur des associations sahraouies en France

- Ornella Braceschi, présidente du Collectif Haïti de France

- Intervenant.e.s également sur la situation en Kanaky, aux Etats-Unis et en Guyane

Modération : Michèle Decaster, secrétaire générale de l’Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique (AFASPA)

 

Intro (10 min) : Michèle

Thématiques (10 min pour chaque) : Sahara / Kanaky / Palestine / Etats-Unis / Afrique (sur le franc CFA)/ Guyane / Kurdistan / Haïti

Les mettre dans le programme même si absence de réponse des intervenant.e.s pour Kanaky, (Mina contactée  par Aurélie), Etats-Unis (Julia Wright si dispo) et Guyane Le CSIA va voir avec Leonard Peltier pour qu’il écrive un texte à lire pendant l’événement.

- Franco Lollia : procès pour dégradation de bien public « faisant l’apologie de crime contre l’humanité » a été reconduit au 10 mai (initialement prévu le 18 janvier).

- Pierre Stambul interviendra sur la Palestine n’est pas à vendre – Le ralliement des Etats voyous du monde arabe à l’apartheid israélien ne change pas fondamentalement les choses.

- Ornella Braceschi interviendra sur Haïti, un pays livré aux gangs par le pouvoir et la communauté internationale.

Forme de diffusion : webinaire zoom/ facebook

  19h30-20h PAUSE

 

   
  20h-23h Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan) Diffusion du film « The Condor and The Eagle » suivie du webinaire « Femmes autochtones, protectrices de la terre-mère, de l’eau et du climat : Résistance contre les projets d’oléoducs Line 3, TransMountain et Keystone XL » Intervenantes : ? Via la plateforme dédiée pour le film

Intervenantes voir Aurélie

Dimanche 07/02 15h-16h30 Cahiers d’Histoire. Revue d’histoire critique Race et racisme : le poids de l’histoire. De l’esclavage à la société états-unienne contemporaine - David Hamelin, Cahiers d’histoire.

- Tiemoko Diallo, Université de Poitiers

- Olivier Mahéo, docteur en histoire américaine, Université de Paris III, ATER, Université de Poitiers

- Nelcya Delanoe, CVUH

- Animation : Anne Jollet, coordinatrice de la rédaction des Cahiers d’Histoire. Revue d’histoire critique

 
  16h30-17h PAUSE      
  17h-18h Survie De l’huile sur le feu : la « guerre contre le terrorisme » de la France en Afrique Raphael Granvaud, Survie Attention : utilisation de Bigbluebutton sur le facebook Live de Survie. Crossposter sur la page de la Semaine anticoloniale qui va se créer
  16h30-17h PAUSE      
  18h30-19h30 PCF Sur l’agent orange pendant la guerre américaine au Vietnam Intervenant.e.s ? Zoom et facebook
Lundi 08/02 Soirée 18h-20h ? Collectif Vérité et justice pour Charonne Emission du collectif en direct de FPP ? A voir avec le collectif Vérité… donc Henri. Horaire à vérifier en focntion de l’émission de radio. Enregistement  avant. : Quelque chose pour l’anniversaire de Charonne 
Mardi 09/02 19h-20h30 Union Juive Française pour la Paix (UJFP) Mettre fin à l’apartheid israélien – comment surmonter efficacement les pressions des lobbies sionistes Jean-Guy Greislamer, UJFP Intervention de 20 mn de Jean-Guy Greislamer puis débat

Transmission : demander à Sonia

  20h30-22h30 CNT – STE 93 Une école à décoloniser ?

Des territoires en luttes face au poids du colonialisme au sein de l’institution scolaire. Retour sur des expériences pédagogiques alternatives.

- Grégory Chambat, CNT – STE93

- Un.e camarade kanak (sous réserve de confirmation)

émission spéciale en direct sur radio libertaire (Théo s’occupe de la retransmission en direct)
Mercredi 10/02 19h -21h Comité solidaire du Peuple Basque – CSPB Diffusion du film « Pays Basque et liberté, un long chemin vers la paix » de Thomas Lacoste.

Suivie  de « Parcours d’un militant. Un long chemin vers la paix et la liberté au pays basque » : entretien des membres du CSPB avec Josu Urrutikoetxea, figure historique du mouvement de libération nationale du pays basque.

  Film : 52 min

Interview pré-enregistrée (vidéo) : 1h

Voir avec Théo pour diffusion

Jeudi 11/02 19h-21h .AFASPA

.Ligue panafricaine UMOJA 

Cameroun, Togo, Sahara occidental, la jeunesse organisée dans les luttes d’émancipation En direct de l’Afrique : Michèle Abe, Présidente de la Plateforme indépendante de la jeunesse camerounaise, Elom20ce, artiste engagé au Togo et un journaliste du Sahara occidental occupé.

Avec la participation de Amzat Boukari, Secrétaire général de la Ligue panafricaine UMOJA et Michèle Decaster, Secrétaire générale de l’AFASPA.

Pour des raisons liées à sa sécurité, le nom du journaliste n’est pas révélé.

C’est vu avec Théo pour les aspects techniques.

Vendredi 12/02 19h-21h .Union syndicale Solidaires

.Editions Syllepse

Autour du livre « Nous vous écrivons depuis la révolution. Témoignages de femmes internationalistes au Rojava », à paraître en mars 2021 aux Editions Syllepse. Avec une des écrivaines du livre et une des fondatrices du système d’enseignement en langue kurde du Rojava, qui aborderont, notamment, la construction d’un système d’enseignement décolonial. Diffusion ?
Samedi 13/02 14h-15h30 BDS France La campagne BDS au service de la lutte anticoloniale : petites victoires et grands combats Juliette, Monira, Olivier, Geneviève, membres de BDS France A voir par Sonia avec BDS
  15h30-16h PAUSE      
  16h-19h .Secrétariat international de la CNT

.Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL)

.Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan)

Autour de 25 ans de solidarité et annoncer venue des zapatistes Intervenant.e.s  
  19H-19h30 PAUSE   Chanson Dominique Grange (proposition Jean-Paul)  
  19h30-22h .Plate-forme Solidarité avec le Peuple du Sahara Occidental

.Collectif des Associations Sahraouies en France

. AFAPREDESA

Sahara Occidental : 137 ans d’occupation. Actualités et perspectives - Olfa OULED, avocate de la défense des prisonniers sahraouis du groupe Gdeim Izik

- Larabi EL BAKAY, ancien prisonnier politique du groupe Gdeim Izik et membre du bureau du Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits Humains – CODESA

- Claude MANGIN, membre de l’AARASD et épouse de Naama ASFARI, défenseur sahraoui des droits humains et prisonnier politique (Groupe Gdeim Izik)

- Fabienne REBERIOUX, membre du bureau de l’Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique -AARASD

- Mohamed SIDATI, représentant du Front POLISARIO en France

- Gilles DEVERS, avocat du Front POLISARIO auprès des institutions européennes

Vu avec Théo

Finir en musique ? Proposition Michèle :enregistrement vidéo possible ½ h

20 janvier 2021

ELOI MACHORO MILITANT INDEPENDANTISTE 19 01 21 2/6

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 13 h 39 min

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2ème volet consacré au militant indépendantiste ELOI MACHORO ASSASSINÉ LE 12 JANVIER 1985 par le pouvoir colonial français.

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Éloi Machoro, né dans la tribu de Nakéty située entre les villages de Canala et Thio (Nouvelle-Calédonie) en 1945 et mort le 12 janvier 1985 près de La Foa, est un homme politique français, indépendantiste kanak de l’Union calédonienne (UC) un des partis politiques composants le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) en Nouvelle-Calédonie. Éloi Machoro à également une soeur du nom de Marie-Françoise Machoro

Biographie

1974-1983

Formé au séminaire de Païta, il devient instituteur en 1974. Engagé au sein de l’Union calédonienne qui prend position officiellement pour l’indépendance au congrès de Bourail en 1977 sous la conduite de Jean-Marie Tjibaou, il est élu à l’Assemblée territoriale de Nouvelle-Calédonie sous les couleurs de ce parti cette même année. Il monte bientôt les échelons, devenant en 1981 secrétaire général de l’UC à la suite de l’assassinat de Pierre Declercq à son domicile le 19 septembre. Nationaliste kanak, il souhaitait qu’en Nouvelle-Calédonie « rien ne soit plus comme avant », et incarne alors au sein de ce mouvement la ligne la plus radicale, partisan de l’Indépendance kanak socialiste (IKS) prônée par Jean-Marie Tjibaou, et de sa mise en place par les armes si nécessaires.

1984-1985

Le 18 novembre 1984, à la suite de la formation du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) en remplacement du Front indépendantiste et à l’appel au boycott des institutions et des élections par Jean-Marie Tjibaou, il fracasse une urne d’un coup de hache dans la mairie de Canala et dénonce ainsi le système électoral qui selon lui avantagerait les anti-indépendantistes[réf. nécessaire]. Le 1er décembre 1984, Jean-Marie Tjibaou forme un gouvernement provisoire de la République socialiste de Kanaky, et Éloi Machoro en devient le ministre de la Sécurité. On a dit qu’Éloi Machoro était le chef de guerre des indépendantistes, mais ce jugement est faux, Machoro n’a participé à aucune opération ayant provoqué des blessés ou des morts. Il a pris au piège une opération héliportée de gendarmerie, a escorté les gendarmes au poste de Thio, puis leur a rendu leurs armes

Il prend le contrôle du village. Les habitants de Thio rapportèrent des humiliations subies pendant le siège : des pressions psychologiques, maltraitance physiques. Elles furent révélées sous l’anonymat des victimes mais restent encore à prouver juridiquement. Beaucoup de personnes craignaient des exactions violentes s’ils se prononçaient contre les indépendantistes. Les immigrants d’origine wallisienne et tahitienne ainsi que les Mélanésiens non-indépendantistes étaient particulièrement vulnérables. Le seul décès mentionné est celui du boucher de Thio, qui se noya en tentant de s’échapper par la rivière. Après la fin du siège, le 12 décembre 1984, une vague de réfugiés fut évacuée vers Nouméa.

 

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Témoignage à lire dans le cadre du web-documentaire : Nouvelle-Calédonie, la décolonisation en marche

L’un des trois petits chefs (autorité coutumière des tribus) de Nakéty, Marc Fifita-Ne, 60 ans, a suivi le parcours d’Eloi Machoro jusqu’à sa mort. A travers ses souvenirs, c’est tout le déroulé des événements de 1984-85 qui se dessine :

« En 1984, il y a eu un vote pour le statut Lemoine. Nous on a prôné le boycott de cette élection. A Nakéty, y a pas eu de vote, ils ont séquestré le gars qui tenait le bureau. Après, on est restés là, tous les jeunes, jusqu’à 3 h 30, puis on s’est dit, ‘allez on monte à Canala’. Là-bas, à la mairie, le vieux [Machoro], il est rentré avec son tamioc [hache], et il a cassé l’urne. Après on est revenu. Les gens avaient un peu voté sur le territoire, surtout à Nouméa, pour appliquer la loi Lemoine, mais lui il voulait le boycott actif.

La nuit, on est restés à la mission, et lui il faisait marcher sa tête, il cherchait quoi faire. Il a dit, on va taper la SLN [Société le nickel] à Thio. La SLN, c’est la ressource. On a décidé de partir avec tous les jeunes de Canala, la nuit à Thio. (…) Il y avait mon oncle à Thio. L’ancien chef a donné du tabac à mes frères, il leur a dit ‘allez dire à l’oncle que vous venez combattre à Thio’. Mes deux frères lui ont donné la coutume [tradition kanak consistant à faire un don à la personne qui vous accueille], et on est restés loger chez lui. L’oncle a tiré sur un taureau [à cette époque, les caldoches, propriétaires de vastes terrains, possédaient de grands troupeaux de bétail] qui était là devant nous, et on a préparé à manger. On est restés à Thio pendant tout le mois de septembre, d’octobre, de novembre, presque trois mois à boucler Thio, à crever Thio, comme ça la mine de la SLN était coupée de Nouméa, et les gens [les Caldoches] partiraient.

Après en décembre, des gens [du FLNKS] sont venus nous dire de lever le siège. Mais à Hienghène, ils avaient tué les frères de Tjibaou, c’était la fusillade de Tiendanite [10 Kanak de la tribu de Jean-Marie Tjibaou, un des principaux leaders indépendantistes, tués le 5 décembre 1984 par des Caldoches. En pleine négociation avec les loyalistes et l'Etat, Tjibaou ordonne malgré tout la levée des barrages indépendantistes]. Yéyé [Yéwéné Yéwéné, proche de Jean-Marie Tjibaou], il est venu nous voir pour lever le barrage, mais le vieux [Machoro], il a dit non, le combat continue. Après, avec les gens de Nakéty, on est partis vers La Foa pour couper tout le sud du pays.

On a fait des équipes de douze, au moins vingt équipes. Eloi, il a trouvé des mecs de La Foa, des blancs, pour qu’on aille [se cacher] chez eux. Mon équipe, elle était en retrait, dans les tribus de Koindé et Ouipoin, on devait sortir au dernier moment. Les mecs de La Foa devaient sortir en premier pour couper le pont, ils avaient de la dynamite pour ça, pour couper la Calédonie entre le Nord et le Sud. (…) Puis les gens de Thio sont venus, mais à la sortie de Boulouparis, ils ont tiré sur le fils Tual [Yves Tual, jeune Caldoche tué dans sa ferme le 11 janvier 1985. L'événement déclenche une émeute loyaliste dans la nuit à Nouméa]. C’est là que la gendarmerie a commencé à nous rechercher, les jeunes et les vieux de Nakéty.

Ils sont venus en hélico, et ils nous ont trouvé à Dogny [dans une ferme à quelques kilomètres de La Foa]. Dans la nuit, ils se sont préparés, sont montés dans la forêt, ont bouché toutes les entrées, ils nous cernaient. Ils ont amené le contingent des [gendarmes] mobiles. Le matin, ils ont commencé à tirer le gaz lacrymogène. Y a un vieux commandant ou un général qui est venu, il nous a donné les sommations. On était tous alignés autour de la propriété. Le vieux Eloi, il a commencé à sentir qu’il allait se passer quelque chose. Le capitaine a dit : ‘Rendez-vous, sinon on va rentrer’. Nous, on veut pas se rendre. Le vieux Eloi pointe le commandant et il dit : ‘je tire, je vais tirer sur sa tête à lui là’. Le vieux Marcel [Nonaro], son compagnon, lui dit ‘non non mon frère, ils vont rien faire, ils vont pas rentrer, c’est une propriété privée’. Eloi s’est détendu un peu.

Après, deuxième sommation, ‘vous vous rendez ou on rentre’. Le vieux épaule son fusil. Marcel dit non, il faut pas tirer. Nous, on était une soixantaine, tous alignés autour de la maison, les gendarmes mobiles, le GIGN, ils étaient partout autour, il y avait trois Puma qui volaient. J’ai vu que trois GIGN avaient grimpé sur une petite ligne de crête, au fond de la forêt. Il y avait plus de bruit, rien, ils avaient arrêté les tirs de lacrymogène, et nous on était debout, et on se demandait ce qui allait se passait.

Après 20 ou 30 minutes, on a entendu ‘clac clac’, et seulement ‘pouf’, ils avaient mis des silencieux. Un mec a crié : ‘hé, ils ont tiré sur le vieux Eloi’. J’ai vu le vieux papa tourner comme ça, il s’est penché, j’ai lâché mon fusil, j’ai couru vers lui, je l’ai attrapé, on est tombé sur le capot d’une voiture. Il a mis sa tête ici [sa poitrine]. On était comme ça, assis là, avec le vieux Marcel debout à côté. Un mec de La Foa a attaché un tricot blanc sur un fusil et il a crié ‘on se rend, on se rend, on se rend !’. Et j’ai entendu le deuxième coup. J’ai vu le vieux Marcel quitter le sol, il a parlé, il a dit ‘voilà ma fin’ [en langue vernaculaire], et il est retombé. Le vieux Eloi, il a mis du temps à mourir, parce qu’ils ont pas touché son cœur. Moi je sentais que c’était chaud partout, c’est le sang qui coulait. J’ai dit ‘Papa ça va ? Papa ? Papa ? Ca va ?’, j’ai crié ‘Au secours, au secours, vous avez abattu le papa, il faut lui porter secours maintenant, il est blessé’. On est resté là 5 ou 7 minutes, puis le vieux, il est parti. Un mec est venu avec son revolver, il m’a dit ‘lâche-le et sors sinon je t’éclate la tête aussi’. J’ai lâché le vieux, je l’ai posé par terre, et puis je suis parti.

Voilà comment on l’a tué le 12 janvier à 6 heures du matin à Dogny, c’est comme ça qu’on a vécu son histoire. Aujourd’hui le 12 janvier, on fait toujours une commémoration sur sa tombe. Mais les jeunes, ils savent pas, ils pensent qu’il faut aller chercher des endroits à brûler, c’est pour ça qu’il y a toujours des problèmes ici. Quand le 12 janvier arrive, on sait qu’il va y avoir des engins cassés, des voitures brûlés… C’est comme ça chez les générations qui ont pas vu comment le vieux faisait sa politique. »

Angela Bolis

 

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Réduire les incompréhensions marquées qui séparent indépendantistes et loyalistes , faire bouger les lignes et relancer l’usine du Sud en lui apportant des garanties, telle est la volonté de l’Etat. En Nouvelle-Calédonie, c’est tout le secteur du nickel qui est fragilisé.

Alain Jeannin • Publié le 17 janvier 2021 à 13h18, mis à jour le 18 janvier 2021 à 07h29

Les trois usines du Territoire sont, soit à l’arrêt soit au ralenti. Et de fortes pluies ont entravé l’activité minière. La situation préoccupe aussi le marché des matières premières, car la Nouvelle-Calédonie est le cinquième producteur mondial de nickel.

Les faits

La vente, par le géant minier brésilien Vale de son usine d’hydrométallurgie du nickel au sud de la Nouvelle-Calédonie, est l’enjeu d’un bras de fer et de deux stratégies industrielles qui opposent loyalistes et indépendantistes calédoniens. L’Etat joue les arbitres et s’efforce de consolider le projet de reprise du site industriel. La participation minoritaire du négociant Suisse Trafigura est toujours envisagée.

Et puis, il y a la situation difficile de la SLN, dont l’usine à Nouméa est la première productrice mondiale de nickel pour l’acier, mais tourne au ralenti, tout comme l’usine du Nord (KNS).

Une vague de violences et des dégradations ont suivi, en décembre, la confirmation par le géant minier brésilien Vale de la vente de son usine d’hydrométallurgie du nickel en province-Sud de la Nouvelle-Calédonie. Vale a choisi le consortium Prony Resources qui associe des intérêts calédoniens majoritaires au troisième négociant mondial de matières premières. Les indépendantistes s’y opposent et veulent une autre solution, sans Trafigura.

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Complexe industriel de Goro Nickel & Cobalt (Usine du Sud) en Nouvelle-Calédonie • ©AFP

Pression et mobilisation

Pour faire pression sur l’Etat, des militants ont ralenti la production minière de la SLN, organisant la gestion de la pénurie, ce qui pénalise lourdement l’usine de Nouméa, dont les résultats s’amélioraient. La SLN est le symbole de l’industrie calédonienne. Née en 1880, elle fut à l’origine du développement de Nouméa et du Territoire, dans les conditions particulièrement dures de l’époque. Ce passé est révolu. La SLN, creuset d’une société calédonienne plurielle, est aujourd’hui détenue à 34 % par la Nouvelle-Calédonie. Dans la mémoire collective calédonienne, elle occupe une place comparable à Renault dans l’hexagone.

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L’usine de ferronickel SLN (ERAMET) de Doniambo en Nouvelle-Calédonie • ©Alain Jeannin

Situation préoccupante 

« La situation de la SLN est extrêmement préoccupante », reconnaissait très récemment la direction du groupe français Eramet (dont l’Etat est actionnaire). L’entreprise, premier employeur du Territoire, est la victime collatérale du conflit lié à la vente et à la reprise de Vale Nouvelle-Calédonie (l’usine du Sud). Eramet n’exclut plus l’ouverture d’une procédure collective pour sa filiale calédonienne, alors qu’elle commençait à ressentir les effets positifs de son plan de sauvegarde. Le 14 janvier, des salariés de la SLN ont manifesté, réclamant « le droit de travailler ».

Le collectif dénommé « Usine du Sud – Usine Pays » et l’Instance coutumière autochtone de négociations (Ican), émanations du FLNKS, sont en première ligne de la mobilisation indépendantiste contre la cession de l’usine du Sud et de sa ressource, la grande mine de nickel et de cobalt de Goro, en première ligne aussi des pressions assumées et exercées contre la SLN.

NICKEL

De la poudre de nickel pour les batteries électriques; L’usine du Sud en produit aussi. • ©Alain Jeannin

Deux groupes Suisses face à face

Le FLNKS dénonce et refuse la présence en Nouvelle-Calédonie d’un « prédateur capitaliste ». Le négociant suisse Trafigura est visé. Il participe pour 25 % au consortium Prony Resources porté par la Province Sud (loyaliste). Il sera chargé de commercialiser le nickel auprès des producteurs de batteries pour les véhicules électriques.

Dans le nord du Territoire, les indépendantistes calédoniens sont associés à Glencore qui détient 49 % de leur « usine-pays » (l’usine du Nord) et commercialise le nickel du Koniambo. Les deux négociants suisses sont concurrents dans la bataille pour l’accès aux ressources en nickel. L’arrivée de Trafigura en Nouvelle-Calédonie ne fait pas forcément plaisir à Glencore…

Le business n’a pas de couleur politique

Parmi ses investissements internationaux, Trafigura est associé dans une coentreprise minière avec le gouvernement socialiste de Cuba. Il a investi dans une grande mine de nickel en Finlande, en partenariat avec le gouvernement social-démocrate finlandais. Une usine hydrométallurgique de nickel, destinée aux batteries des voitures électriques est en construction.

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Le négociant Glencore détient 49 % de l’usine du Nord. • ©AFP
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Le négociant Trafigura devrait détenir 25 % de l’usine du Sud • ©AFP

Nouvelle proposition ?

Leur premier partenaire financier, le conglomérat coréen Korea Zinc, ayant renoncé, les indépendantistes calédoniens ont annoncé préparer une nouvelle offre alternative, un nouveau montage qui porterait les intérêts calédoniens dans l’usine du Sud à hauteur de 100 %. Pour financer l’opération, des prêts de l’Etat seraient sollicités, les Provinces calédoniennes impliquées. Un nouveau partenaire industriel serait envisagé; il pourrait s’agir d’un important groupe chinois spécialisé dans l’hydrométallurgie du nickel. « Actuellement, la SMSC (les Provinces calédoniennes ndlr) a 5 %, c’est l’opportunité pour nous de faire d’abord une transition à 100 %. Et ensuite, de pouvoir proposer au futur partenaire industriel, qui va participer au projet, les 49 % restants », a indiqué Pierre Chanel Tutugoro, membre du bureau politique du FLNKS, à Nouvelle-Calédonie la 1ère. Les loyalistes calédoniens ont réagi et ont dénoncé une idée « abracadabrantesque, sortie du chapeau », selon la Présidente de la province Sud, Sonia Backès.

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Collaborateur de l’usine du Sud (Vale-NC) sur la mine de nickel-cobalt de Goro en Nouvelle-Calédonie • ©AFP

4 usines, 4 acteurs internationaux

Le minerai de nickel du Territoire est déjà exploité par quatre usines qui dépendent toutes de groupes multinationaux. Le plus ancien est le français Eramet qui détient encore la majorité de la SLN, aux côtés des trois provinces calédoniennes et de l’Etat. Les trois autres usines ont comme actionnaires, – le négociant et industriel suisse Glencore qui exploite l’usine du Nord (KNS) avec la Sofinor, société minière proche des indépendantistes -, le conglomérat coréen Posco qui exploite une usine en Corée du Sud avec du minerai calédonien, dans le cadre d’une coentreprise (NMC) toujours avec les indépendantistes, enfin le géant minier brésilien Vale, partenaire majoritaire de la province Sud, qui souhaite vendre sa grande usine hydrométallurgique de nickel et de cobalt.

Un consortium calédonien 

Le repreneur choisi par Vale, le consortium Prony Resources, a volontairement choisi de limiter à 25 % la part du négociant Suisse Trafigura, quand elle est de 49 % pour son concurrent Glencore dans l’usine du Nord. « Il ne faut pas que les multinationales soient majoritaires, sinon elles pillent la ressource du pays », cette remarque d’André Dang, le PDG de la société minière des indépendantistes (Sofinor), l’un des deux stratèges avec Paul Néaoutyine de la stratégie nickel de la province Nord, est toujours d’actualité.

Mais, la présence de Glencore, d’Eramet, de Vale et peut-être demain de Trafigura assure aux usines calédoniennes  outre la commercialisation du nickel, la garantie d’un apport d’argent frais, un soutien indispensable en cas de crise et de baisse des cours…

La France toujours en soutien

L’Etat pourrait entrer au capital de Prony Resources, ou faciliter des garanties bancaires pour permettre le redémarrage de l’usine du Sud. C’est le pari que fait Sébastien Lecornu. Le Ministre des Outre-mer suit le dossier de très près. Avec, pour horizon proche le troisième référendum sur l’indépendance, l’an prochain. Une mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie, présidée par Gérard Larcher, le Président du Sénat doit entendre prochainement les différents acteurs de la filière nickel.

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Sébastien Lecornu, Ministre des Outre-mer • ©Xosé Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Résumé

les trois usines du Territoire ont de nombreux atouts, mais elles ne peuvent plus, pour le moment, les valoriser. Elles sont dans une impasse politique ou industrielle. Pour ajouter aux difficultés, de fortes pluies ont ralenti les exportations de minerai. La Nouvelle-Calédonie n’a pas profité de la hausse de 9 % du nickel depuis le début de l’année 2021. A 18.000 dollars la tonne, les usines du Territoire ont perdu, et vont encore perdre, plusieurs milliards de francs Pacifique.

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Usine du Nord – Koniambo Nickel (KNS) – Nouvelle-Calédonie • ©Alain Jeannin

 

 

 

 

13 janvier 2021

ELOI MACHORO syndicaliste et militant indépendantiste kanak 12 01 21 1/6

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 16 h 50 min

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ça booste va entamer une série d’émission autour du syndicaliste et militant Eloi Machoro, assassiné le 12 janvier 1985 36 ans jour pour jour avec l’émission diffusée sur radio libertaire. Ce 1er volet s’articule autour de la genèse Kanak.

Ce travail autour de la personne d’Eloi est un documentaire sonore réalisé en 6 parties par Benoit Godin qui s’intitule « le combat ne doit pas cesser « .

 

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Un documentaire sonore autour d’une figure trop méconnue des luttes anticoloniales : le leader indépendantiste kanak Eloi Machoro.

Le samedi 12 janvier 1985, près de la commune de La Foa, située à une centaine de kilomètres de la capitale de la Nouvelle-Calédonie Nouméa, Eloi Machoro tombait sous les balles des forces de l’ordre françaises, et avec lui son compagnon de lutte Marcel Nonnaro.

Dès lors, l’image du « vieux » Eloi devenu martyr allait se figer en celle d’un chef de guerre radical et intransigeant, refusant toute compromission. Une représentation largement partagée aussi bien par ceux qui le célèbrent aujourd’hui tel un incorruptible Che Guevara mélanésien, et que par ceux qui le honnissent comme un extrémiste haineux, hors de contrôle, en rupture avec une partie de son propre camp, déterminé à renvoyer les « européens » à la mer…

Les faits sur lesquels s’est bâtie cette légende, sombre ou dorée selon les interlocuteurs, tiennent pour l’essentiel en quelques semaines à peine. Des semaines troublées et sanglantes, de septembre 1984 jusqu’à la mort de Machoro, qui constituent la première période de ce qui est resté dans la mémoire néo-calédonienne comme les « Événements » —un terme qui rappelle forcément l’histoire d’une autre colonie française de peuplement, l’Algérie.

Des semaines où Eloi Machoro, devenu ministre de la sécurité du Gouvernement Provisoire de la République de Kanaky, va mener sur le terrain les forces vives du FLNKS, le Front de libération nationale kanak et socialiste, et réaliser de puissants coups d’éclat. Ainsi le spectaculaire bris au tamioc (une hache traditionnelle) d’une urne électorale à Canala lors du boycott des élections territoriales, dont la photographie fera le tour du monde, devenant instantanément le symbole de la lutte de tout un peuple. Mais aussi le « siège », pendant plus de vingt jours, de la commune minière de Thio, sur la côte est de la grande terre.

 

Un travail de mémoire inédit, pour ici et là-bas

Trente-cinq ans après, ce documentaire sonore en 6 épisodes reviendra sur la personnalité d’Eloi Machoro et son exceptionnelle trajectoire à travers entretiens, sons d’archives (dont certains inédits), déclarations et textes d’époque.

Un travail, encore jamais entrepris à notre connaissance, pour mettre en lumière une figure essentielle de la cause kanak et, plus largement encore, de l’universel combat des peuples autochtones pour leur émancipation. Et ce en prenant soin de chercher à dissiper les malentendus, pour offrir un portrait nettoyé des fantasmes persistants, permettant ainsi une réelle (re)connaissance de l’homme.

Mais il s’agira aussi de dépasser le récit de ce seul destin personnel pour rendre compte de toute l’effervescence de cette époque durant laquelle se fait jour véritablement une identité kanak, culturelle et politique. Le parcours d’Eloi Machoro épouse en effet l’émergence de cette formidable lutte collective pour la Kanaky, depuis la montée de la revendication indépendantiste jusqu’à la création du FLNKS.

 

Faire œuvre de mémoire est une démarche toujours essentielle, mais plus encore alors que se joue, inlassablement, le devenir de l’archipel néo-calédonien et, à travers lui, tout particulièrement, celui du peuple kanak. 

 

Ce projet au long cours a été lancé fin 2018. L’essentiel des entretiens —représentant une quarantaine d’heures au total— ont été réalisés dans l’archipel l’an dernier : un patient travail de récolte de la parole, étalé sur quelques 4 mois. Le montage des 6 épisodes est aujourd’hui en cours.

 

Nous les avons interviewé-es

Compagnons de lutte d’Eloi Machoro, membres de sa famille, figures de la lutte d’indépendance kanak, témoins de l’époque, historiens… Parmi lesquels :

Caroline Machoro-Reignier, Louis Machoro, Emmanuel Tjibaou, Maguite Declerc, Arthur Upan Maramin, Gaétan Soma Douade, Marie-Adèle Jorédié, Victor Nonnaro, Berger Pérignon, Yvon Kona,  Jean-Pierre Taïeb Aïfa, Olivier Houdan, Régis Toura, Gérald Cortot, Gaston Nédenon, Ismet Kurtovitch, Thomas Dathieux, Luc Tournabien, Aloisio Sako, Gustave Tehio, Camille Ipéré, Elie Poigoune…

Pourquoi cet appel ?

Ce travail s’inscrit  dans une démarche militante anti-coloniale et il est jusqu’à présent totalement auto-produit. Nous ne tirons aucun revenu de la réalisation de ce documentaire.

L’ADCK (Agence de Développement de la Culture Kanak) a fortement soutenu le projet, mais ce soutien était matériel et logistique : accès à leur fond d’archives, accompagnement sur le terrain…

Nous avons donc désormais besoin d’un coup de pouce financier pour le mener à terme. 

Nous avons besoin de votre aide en particulier pour:

  •  L’achat d’archives audio-visuelles, auprès de l’INA essentiellement. Ce qui représente un budget important.
  • La rémunération de personnes « extérieures » au projet. En particulier le comédien qui sera la voix off du documentaire, notre « narrateur » en quelque sorte.
  • La diffusion : organisations de séances d’écoute publique, impression d’affiches… Mais aussi la sortie d’un CD et/ou d’une clé USB contenant l’ensemble des émissions, accompagné d’une pochette sérigraphiée.
  • Le remboursement d’une petite partie des frais de tournage et des frais de fonctionnement de l’association naissante.

 

L’objectif premier de votre participation est que le documentaire puisse être terminé et diffusé dans les meilleures conditions, le plus largement possible, en France comme en Nouvelle-Calédonie.

Tous les participants recevront les liens vers les podcasts dès qu’ils seront en ligne.

Pour toute  participation égale ou supérieure à 20 €, vous recevrez le documentaire sur CD ou clé USB avec la pochette sérigraphiée.

 

Qui sommes-nous ?
Formé à l’ESAV de Toulouse, investi dans le monde de la radio depuis une dizaine d’années, Benoît Godin est actif au sein de plusieurs radios et webradios associatives toulousaines (Canal sud, FMR, Onde courte…). Entretenant des liens forts avec la Nouvelle-Calédonie où il s’est rendu de nombreuses fois, il réalise là son premier grand documentaire sonore.
Simon Auffret, lui aussi ancien de l’ESAV, signe les créations musicales originales, ainsi que le mixage du documentaire. Dj et beatmaker sous le pseudonyme de Sahimone, il habite aujourd’hui à Varsovie (Pologne) où il anime deux émissions consacrées à l’électro sur Radio Kapitał.

 

L’association Lampe-Tempête est l’outil qu’ils ont créé pour développer leurs explorations audio-visuelles.
https://soundcloud.com/lampetempete/

 

Dernière minute : le comédien Iabe Lapacas rejoint l’aventure. Lui qui a interprété Alphonse Dianou, autre figure importante du combat kanak des années 80, dans le film de Mathieu Kassovitz « L’ordre et la morale » prêtera sa voix pour raconter l’histoire d’Eloi Machoro.            

 

La lutte du peuple kanak n’est pas achevée
La lutte d’indépendance menée par les Kanak se poursuit aujourd’hui encore. La prochaine grande étape, c’est le second référendum d’autodétermination : initialement prévu pour le 6 septembre, celui-ci devrait se tenir finalement, suite à la pandémie de Covid-19, le 4 octobre prochain.

Pour en savoir plus, vous pouvez aller lire en ligne l’article écrit par l’auteur de ce documentaire et paru dans le numéro de janvier du journal CQFD« Voyage au bout de l’indépendance » (CQFD n°183)

Ainsi que vous référer au site web du collectif Solidarité Kanaky qui soutient en France la cause kanak : https://solidaritekanaky.fr/

 

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