ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

25 novembre 2020

CSPB 24 11 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 15 h 59 min

autocollant 7

 

 

Emission du CSPB du 24 11 2020 dernier mardi du mois sur Radio Libertaire 89.4 Mhz sur la bande FM et sur le blog du Comité

 http://cspb.unblog.fr

ou sur les podcast suivant:

 http://media.radio-libertaire.org

https://www.anarchiste.info/radio/libertaire/podcast/

https://www.mixcloud.com/skuale/

 

https://www.mixcloud.com/radiolibertaire/

 

Retrouvez les infos sur le blog de ça booste sur

 

http://cabooste.unblog.fr

 

Au sommaire de l’émission la chronique de Béa d’Askapena avec l’isolement qui frappe les presos basques, Irati qui est actuellement en prison avec sa mère et qui selon la loi espagnole sera séparée de sa mère en mars 2021 à l’Age de 3ans, le jour de la mémoire fêtée tous les ans en novembre par le gouvernement basque mais qui oublie régulièrement les personnes décédées sur les routes dû à la dispersion. Avec la chronique de Maité nous aborderons justement les accidents des familles visitant leurs proches, ainsi qu’un rapport sur l’isolement des militants basques dans les geôles espagnoles, le COVID et les conséquences pour les presos, les chiffres d’Etxerat, le fichier FIJAIT et les conséquences sur les militants, Iratxe Sorzabal, la reconnaissance d’aveux sous la torture, le MAE, les libérations de Josu Arkautz après 29 ans de prison et celle de Xistor Haramburu + de 30 ans de prison et enfin la sentence infligée à Mikel Barrios. La chronique de Loréa porte sur l’affaire de la manada 5 pourritures dont un garde civil et un militaire qui avait violé une jeune femme lors des fêtes de san firmin et avait déclenché une vague de protestation dans toute l’Espagne, et dans un autre registre les magasins féministes. Et enfin la chronique de Squale avec le collecif BIZI bloque un point de collecte Amazon à Bayonne, la future loi sur la “sécurité globale”. La présentation du livre « Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont-ils intégré l’ETA ? » édité par MEDIABASK, La Cour de cassation a définitivement accepté, mercredi 4 novembre, le principe d’une remise à l’Espagne de l’ex-dirigeant d’ETA Josu Urrutikoetxea. Peio Alcantarilla arrêté par la police française, Josu Arkauz Libre, La Manada « la meute », Mesdames découvrez l’arme anti-viol révolutionnaire, Rape-aXe ou le préservatif avec des dents.

 

Pour la partie musique vous entendrez : Anna Tijoux antipatriarca, En Tol Sarmiento (ETS) Ametsetan,  Gatibu Igelak, HUNTZA Aldapan gora, Anna Tijoux antifa dance, ZEA MAYS – Negua joan da ta, Zartako-K – Rude Girl, Askatasunera – L’Arcusgi, SkaP – Somos La Revolucion

 

Bizi! bloque un point de collecte Amazon à Bayonne

Ce mercredi matin, des activistes de Bizi! ont bloqué la borne Amazon installée dans le magasin Monoprix de Bayonne. Ils dénoncent “les privilèges inacceptables” du géant de la vente en ligne et appellent au boycott du “Black Friday”, le 27 novembre.

photo_2020-11-18_10-33-30-500x334

 

Les activistes reprochent à Amazon de détruire le commerce local. © Bizi

« Amazon tue le commerce local » et « tue le climat », peut-on lire sur les banderoles brandies ce 18 novembre au matin par des militants de Bizi, venus bloquer le « hub locker » (point de collecte) d’Amazon à l’intérieur du supermarché Monoprix de Bayonne.

Les activistes dénoncent « les privilèges inacceptables d’Amazon qui peut continuer à livrer des biens non-alimentaires pendant le confinement » et se disent « indignés » de l’attitude de Monoprix. « A l’heure où certains supermarchés mettent leurs halls à disposition des commerces locaux en difficulté, Monoprix a choisi lui d’y inviter un de leurs plus grands prédateurs actuels », soulignent les militants, qui ne veulent pas de l’univers Amazon, selon eux « destructeur d’emplois et du climat ».

A l’approche du 27 novembre, jour du « Black Friday » (vendredi noir), Bizi appelle au boycott de cette opération commerciale. Selon l’association écologiste, celle-ci « incite à une surconsommation choquante en ces temps de crise climatique et sociale ».

Les membres de Bizi! réclament la fermeture de la borne de livraison d’Amazon. Ils ont adressé un courrier en ce sens à la directrice du magasin Monoprix.

Incident de Bayonne : les journalistes réagissent

Une soixantaine de journalistes ont affiché leur soutien à notre photojournaliste, Guillaume Fauveau, pris à partie dans l’exercice de son travail le 17 novembre dernier par des policiers qui ont cherché à l’intimider. C’est toute une profession qui monte au créneau et reste vigilante quant à la suite de la future loi sur la “sécurité globale”.

 

Notre photojournaliste Guillaume Fauveau a été pris à partie par des policiers le 17 novembre dernier. Menaces, intimidations… alors qu’il exerçait son métier en prenant en photos des policiers de dos dans la rue effectuant des contrôles. Dans un texte paru samedi 21 novembre, plus de 60 journalistes photographes, journalistes reporters d’images et rédacteurs lui ont exprimé leur soutien.

Une initiative également appuyée par la Fédération européenne des journalistes et la Fédération internationale des journalistes. Ils condamnent tous les agissements de l’agent de police à l’origine de l’incident et alertent sur les risques vis-à-vis de la liberté de la presse que la loi débattue actuellement par les députés à Paris pourrait contenir. Un message de vigilance adressé entre autres aux parlementaires et aux représentants de l’Etat.

La section SNJ (Syndicat national des journalistes) Midi-Pyrénées a également assuré « ce confrère de tout son soutien. Cet exemple montre comment une telle loi (Sécurité globale) restreindrait la liberté d’informer et rendrait plus difficile au quotidien la pratique de notre métier. » Dans une tribune parue au Monde, un collectif de journalistes a également relayé cet incident qui soulèverait beaucoup de questions quant à la future loi. Dans le même journal, dans une autre tribune, les directions des rédactions d’une trentaine de médias se sont engagées à ne pas accréditer leurs journalistes pour couvrir des manifestations, au nom de la liberté de la presse. La loi en cours d’examen touche particulièrement les journalistes, mais également les citoyens lambda.

 

securité globale

 

Contenu du texte signé par les journalistes locaux :

« Nous, journalistes, condamnons fermement les faits d’intimidation et les menaces, survenus mardi 17 novembre à Bayonne, de la part d’un agent des forces de police, subis par notre confrère, photographe et salarié de Mediabask, Guillaume Fauveau dans l’exercice de son travail. Nous lui apportons notre total soutien. Dans le contexte de l’examen de la loi « sécurité globale », nous restons vigilants et mobilisés quant au respect de la liberté de la presse et demandons à nos parlementaires et aux représentants de l’Etat d’en faire autant. »

– En Marche vers la dictature –

Le régime lance un nouvel assaut contre les libertés : le 20 octobre, les députés En Marche ont déposé un projet de loi baptisé « sécurité globale ». Elle sera débattue dès les prochains jours, de toute urgence, pour être imposée en plein confinement !

La loi est proposée par le député Jean-Michel Fauvergue, ancien chef du RAID, unité de police militarisée et anti-terroriste. La police n’est plus au-dessus des lois, c’est elle qui l’écrit directement. On ne peut pas faire plus clair. Trois mesures du projet de loi :

 IMAGES EN TEMPS RÉEL ET RECONNAISSANCE FACIALE : la police est d’ores et déjà équipée de caméras piétons, en plus des nombreuses caméras qui constellent les villes de France. Avec cette loi, non seulement les agents pourront accéder aux images qu’ils ont enregistrées mais, plus grave, les images seront « transmises en temps réel au poste de commandement ». Cela permettrait l’analyse automatisée et en temps réel des images. Pour rappel, la police est autorisée depuis 2012 à utiliser des logiciels de reconnaissance faciale pour identifier une des 8 millions de photos déjà enregistrées dans le fichier de traitement des antécédents judiciaire. En manifestation, la reconnaissance faciale en temps réel permettra au centre de commandement de renseigner en direct les agents de terrain sur l’identité des nombreux militants et militantes qu’ils croiseront, déjà fichées. Orwellien.

 DRONES : la loi veut autoriser et généraliser une pratique qui s’est répandue en violation de la loi au cours des derniers temps : le déploiement de drones pour surveiller les manifestations. Comme pour les caméras mobiles, les images captées par drones pourront être analysées par reconnaissance faciale en temps réel, facilitant les actions ciblées de la police contre des militants préalablement identifiés. La surveillance par drones permet aussi, plus simplement, de suivre à la trace n’importe quel individu « dérangeant » ou « surveillé ». Des mouchards partout, l’anonymat nul part.

 INTERDICTION DE DIFFUSER DES IMAGES DE POLICIERS : L’article 24 de la loi propose d’interdire au public de diffuser « l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police ». Une attaque très grave qui permettrait, notamment la censure de nombreux médias indépendants et réseaux sociaux. Avec une telle loi, il n’y aurait eu ni affaire Benalla, ni connaissance des innombrables violences policières dans les quartiers, les manifs, contre les Gilets Jaunes. Le régime organise simultanément l’anonymat – et donc l’impunité – total pour la police, avec l’absence de matricule, de possibilité d’identification et même de diffusion d’image d’un côté, et la surveillance et la reconnaissance totale des opposants pour les réprimer de l’autre. Une logique dictatoriale.

 UNE LOI IMPOSÉE EN VITESSE SOUS CONFINEMENT : les députés peuvent encore proposer des modifications de la loi. Ce projet est une nouvelle attaque massive contre la liberté d’informer et les libertés individuelles et collectives. Le 2 novembre, Darmanin sera auditionné par la Commission des lois. Le 4 novembre, la loi sera examinée en Commission des lois, et elle sera votée du 17 au 20 novembre.

La proposition de loi : http://www.assemblee-nationale.fr/…/l15b3452…

Son analyse par la quadrature du net :https://www.laquadrature.net/…/loi-securite-globale…/

 

securité globa

 

La proposition de loi relative à la sécurité globale est une proposition de loi française des députés LREM Alice Thourot (Drôme) et Jean-Michel Fauvergue (Seine-et-Marne, ancien patron du RAID) déposée à l’Assemblée nationale le 20 octobre 2020. Elle porte sur le renforcement des pouvoirs de la police municipale, l’accès aux images des caméras-piétons, la captation d’images par les drones et la diffusion de l’image des policiers.

Le texte, soutenu par les principaux syndicats policiers, fait l’objet de diverses critiques, par des sociétés de journalistes, des organismes publics nationaux et internationaux et des associations de défense des libertés publiques.

À la demande du gouvernement, la proposition de loi suit la procédure accélérée ; elle est examinée à l’Assemblée nationale du 17 au 20 novembre 2020.

Calendrier législatif

Le texte porte à l’origine sur la police municipale et le secteur de la sécurité privée, et est déposé le 14 janvier 2020 par les députés LREM Alice Thourot (Drôme) et Jean-Michel Fauvergue (Seine-et-Marne, ancien patron du RAID)1. En octobre 2020, la proposition de loi est complétée à l’initiative du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui souhaite lui adjoindre un volet sur la protection des fonctionnaires de police et militaires : « Il s’agit de protéger ceux qui nous protègent »2,3 — un slogan régulièrement utilisé par les soutiens du texte4.

Déposé le 20 octobre 2020, le texte fait l’objet d’une procédure accélérée sur décision du gouvernement (le 26 octobre), réduisant la navette parlementaire à une seule lecture par chambre5. Le recours à cette procédure fait l’objet d’une critique de la Commission nationale consultative des droits de l’homme qui y voit une « dégradation du débat démocratique ». Elle critique notamment le recours à une proposition de loi (issue de parlementaires) pour un texte en réalité porté par le gouvernement : « le gouvernement prive le parlement et la société d’un débat sur leur impact ainsi que d’une expertise juridique du Conseil d’Etat, préalables requis à l’examen parlementaire de tout projet de loi, mais pas pour une proposition de loi6. »

Le texte est examiné en commission des Lois le 5 novembre 20207. Il est débattu en séance dans l’hémicycle du 17 au 20 novembre ; les députés doivent notamment examiner 1 319 amendements4. Son vote solennel est prévu le 24 novembre5.

Articles 20 et 21

Les articles 20 et 21 sont relatifs à l’accès aux images, respectivement, des caméras de vidéosurveillance et des caméras-piétons portées par les policiers.

L’article 20 prévoit l’élargissement de l’accès aux images des caméras de vidéosurveillance à plusieurs personnels : les agents de la police municipale, ceux de la ville de Paris chargés d’un service de police, les contrôleurs de la préfecture de police, etc.8 ; cet accès était juste-là réservé aux policiers et gendarmes (nommément chargés de cette tâche)9. Le Défenseur des droits ainsi que certains députés estiment que l’accès élargi à ces images serait incompatible avec le respect du droit la vie privée10,8.

L’article 21, relatif aux caméras-piétons, prévoit que « les images pourront être transmises en direct au poste de commandement, les personnels accéder directement à leurs enregistrements et les images utilisées pour « l’information du public sur les circonstances de l’intervention » », ainsi que le résume le journaliste Pierre Januel sur Dalloz Actualités, qui y voit « un moyen de s’imposer dans la guerre des images »11. Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police-Force Ouvrière, écrit dans La Croix que la possibilité de « diffuser sur les réseaux sociaux les vidéos issues des caméras des policiers » permettrait de « recontextualiser les interventions »12.

La Défenseur des droits estime que « ces dispositions sont susceptibles de porter atteinte au droit au respect de la vie privée »13,14, position rejointe par l’association Amnesty International France15. Permettant aux agents d’accéder aux images de leur propre caméra-piéton, l’article fait également craindre que des agents puissent modifier leur témoignage en conséquence, écrit Pierre Januel16.

Article 22

L’article 22 vise à donner un cadre juridique à l’usage des drones, qui en est jusque-là dépourvu — une décision du Conseil d’État parue le 18 mai 2020 somme à ce titre l’État de « de cesser, sans délai, de procéder aux mesures de surveillance par drone »17,18,19. Il entend ainsi autoriser la captation d’images par drones dans neuf cas20,21 :

« Art. L. 242‑5. – Dans l’exercice de leurs missions de prévention des atteintes à la sûreté de l’État, la défense ou la sécurité publique et de prévention, de recherche, de constatation ou de poursuite des infractions pénales, les services de l’État concourant à la sécurité intérieure et à la défense nationale peuvent procéder, au moyen de caméras installées sur des aéronefs, à la captation, l’enregistrement et la transmission d’images aux fins d’assurer :
1° La sécurité des rassemblements de personnes sur la voie publique ou dans les lieux ouverts au public, lorsque les circonstances font craindre des troubles graves à l’ordre public, ainsi que l’appui des personnels au sol en vue de maintenir ou de rétablir l’ordre public
2° La prévention d’actes de terrorisme
3° Le constat des infractions et la poursuite de leurs auteurs par la collecte de preuves
4° La protection des bâtiments et installations publics et de leurs abords
5° La sauvegarde des installations utiles à la défense nationale
6° La régulation des flux de transport
7° La surveillance des littoraux et des zones frontalières
8° Le secours aux personnes
9° La formation et la pédagogie des agents »

La Quadrature du Net (LQDN) et Amnesty International voient dans cet article des risques d’atteinte à la vie privée, notamment par l’usage potentiel de systèmes de reconnaissance faciale (dont LQDN craint qu’il soit la source de dérives, notamment des arrestations « préventives » de militants politiques)17,15,22,23.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies s’inquiète de l’usage de drones pour la surveillance et le maintien de l’ordre lors de manifestations. Il indique qu’« une telle ingérence [au droit à la vie privée] doit être mise en œuvre en vertu d’une base juridique nationale qui est suffisamment prévisible, accessible, fournit des garanties contre les abus », et que « les restrictions à ce droit doivent viser la protection d’un intérêt légitime et doivent avoir regard aux principes de nécessité, proportionnalité et non-discrimination », avant de rajouter que ces conditions « ne semblent pas remplies » par l’article 2224. En ce qui concerne l’usage des drones pour la prévention d’actes de terrorisme, le Conseil dénonce un article ne respectant pas les « principes de nécessité et de proportionnalité », le but n’étant pas « défini avec suffisamment de clarté et de prévision, conformément aux exigences du droit international »24.

L’article 22 est adopté le 21 novembre 2020, en dépit de l’avis de plusieurs parlementaires qui estiment le texte trop imprécis. Ainsi que le résume Le Monde, « dans le cadre de manifestations, les vidéos tournées par drone ou hélicoptère pourront être diffusées en direct dans la salle de commandement du dispositif de maintien de l’ordre puis conservées – pour une durée de trente jours, prolongée si elles sont utilisées dans le cadre d’une enquête » ; l’intérieur des domiciles ne devra pas être filmé18.

Article 24

L’article 24 est initialement formulé comme suit (paragraphes 1 et 2) :

« Le paragraphe 3 du chapitre IV de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse est complété par un article 35 quinquies ainsi rédigé :
Art. 35 quinquies. – Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un agent de la police nationale ou de la gendarmerie nationale autre que son numéro d’identification individuel lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police. »

Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, défend que cette proposition vise à empêcher que les policiers soient « jetés en pâture […] sur les réseaux sociaux »25.

Avec cet article, Gérald Darmanin entend répondre à une demande ancienne des syndicats de policiers26,27,28. Le syndicat Alliance Police nationale, qui évoque les propos haineux et les appels à la violence visant des policiers sur les réseaux sociaux, demande quant à lui depuis 2018 le floutage systématique des policiers26,29. Pour le secrétaire général d’Unité SGP Police-Force Ouvrière, si la législation préexistante permet déjà de poursuivre l’auteur de menaces à l’encontre d’un membre des forces de l’ordre dont la photo a été publiée sur les réseaux sociaux, « rien ne permet juridiquement de punir aujourd’hui celui qui a initialement posté cette image. […] Il a une responsabilité et c’est ce que vient reconnaître l’article 24 »12.

La validité juridique de l’article 24 est incertaine, un député estimant : « Constitutionnellement, on aura vraisemblablement des problèmes avec le caractère intentionnel de l’infraction30. »

L’article suscite également une vive opposition31,32, en particulier du Conseil des droits de l’homme des Nations unies33,34, du Défenseur des droits30,35,13,36, des journalistes37,38 (qui protestent dans une tribune signée par de très nombreuses rédactions39), des cinéastes40,41, le Conseil national des barreaux et des associations de défense des libertés publiques42,43,4. La presse étrangère s’indigne également44.

Les experts de l’ONU estiment que cette loi porte « des atteintes importantes aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales, notamment le droit à la vie privée, le droit à la liberté d’expression et d’opinion, et le droit à la liberté d’association et de réunion pacifique » et place la France en contradiction avec la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention européenne des droits de l’homme33.

Plusieurs journalistes soulignent que cette proposition intervient peu après qu’Emmanuel Macron a promis de défendre la liberté d’expression lors de son hommage au professeur assassiné Samuel Paty45,46.

Thibault Prévost, d’Arrêt sur images, rappelle que sans des vidéos telles que celles qui sont visées par le texte, de nombreuses enquêtes récentes n’auraient pas pu avoir lieu25, citant les affaires Benalla (place de la Contrescarpe)47Cédric Chouviat48, Geneviève Legay49, Olivier Beziade50, ou les violences policières dans le Burger King bordelais en 201851. Dans un autre article, il estime que « les pro-loi sont par ailleurs avares en données fiables sur le supposé harcèlement et repérage de policiers via les réseaux sociaux »4.

Selon Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergue, députés LREM à l’initiative de la proposition de loi, le but n’est pas d’interdire la diffusion d’images de policiers ni le floutage de leurs visages, mais seulement de sanctionner a posteriori la diffusion de ces images dans le contexte d’« appels à la violence contre des membres des forces de l’ordre » ; cependant, le ministre de l’Intérieur a une interprétation contradictoire de la proposition de loi, affirmant qu’elle « prévoit l’interdiction de la diffusion de ces images » ou bien le floutage des visages30,52. Lors du débat au Parlement, il plaide pour un durcissement de cette disposition : « Si vous voulez diffuser sur Internet de façon sauvage, pardon de le dire comme ça, vous devrez faire flouter les visages des policiers et des gendarmes »53,54. Ces prises de parole contradictoires induisent une certaine confusion quant à la portée réelle du texte4.

L’article est voté est adopté par l’Assemblée nationale le 20 novembre par 146 votes pour et 24 contre, avec un amendement gouvernemental de dernière minute faisant évoluer la rédaction de son paragraphe 2 de la sorte55,56 :

« Art. 35 quinquies. – Sans préjudice du droit d’informer, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification, autre que son numéro d’identification individuel, d’un agent de la police nationale, d’un militaire de la gendarmerie nationale ou d’un agent de police municipale, lorsque ces personnels agissent dans le cadre d’une opération de police. »

Autres dispositions

La proposition de loi prévoit également l’accroissement des pouvoirs des polices municipales (quand elles comptent plus de vingt agents), associé à un contrôle accentué de celles-ci16,57,58.

Parmi les autres dispositions du texte, est proposée la suppression automatique des réductions de peine pour les personnes condamnées pour violence ou menaces à l’encontre de policiers (y compris municipaux), gendarmes, pompiers, etc., une mesure jusque-là réservée aux personnes condamnées pour terrorisme16.

Enfin, le texte souhaite encadrer davantage les sociétés de sécurité privée (notamment en limitant le recours à la sous-traitance et en listant des infractions interdisant l’exercice de la profession), tout en leur accordant des prérogatives élargies (missions de surveillance contre les actes terroristes sur la voie publique, opérations de palpation de sécurité)16,59,60, dans la perspective des Jeux olympiques de Paris en 202458.

 

securite glob

 

La démocratie meurt dans l’obscurité PAR EDWY PLENEL ARTICLE PUBLIÉ LE VENDREDI 20 NOVEMBRE 2020 Aux côtés des défenseurs des droits fonds

Aux côtés des défenseurs des droits fondamentaux, Mediapart manifestera ce samedi pour le retrait de la loi « Sécurité globale ». La gravité de l’enjeu justifie cet appel inhabituel: si cette loi entre en vigueur, les lumières de la vigilance démocratique sur les actes de l’État s’éteindront. Democracy dies in darkness : en février 2017, au lendemain de l’intronisation présidentielle de Donald Trump, le Washington Post, ce quotidien américain rendu célèbre par ses investigations, dont le scandale du Watergate reste la plus connue, décidait d’inscrire cette phrase en tête de son site internet et à la une de ses éditions imprimées. C’était une réponse aux vérités alternatives promues par le nouvel occupant de la Maison Blanche, qui ne cessera, durant son mandat, de s’en prendre à la liberté de la presse, à son devoir de révéler et à son droit de critiquer. « La démocratie meurt dans l’obscurité » : alors que Donald Trump, battu dans les urnes, ne sera bientôt plus président des États-Unis d’Amérique, c’est dans la France d’Emmanuel Macron qu’il nous faut, aujourd’hui, convoquer cette alarme. Car, dans un climat de peur suscité par le terrorisme, la loi « Sécurité globale » défendue par le pouvoir exécutif et sa majorité parlementaire met fin à une liberté fondamentale, celle de renseigner, documenter, révéler, critiquer les manquements de l’État à l’encontre du peuple souverain (lire les articles de Jérôme Hourdeaux et Ilyes Ramdani sur le débat parlementaire). En entravant, voire en interdisant dans certains cas, la captation et la diffusion d’images de violences policières, son article 24 instaure un État de police en lieu et place de l’État de droit : c’est l’avènement d’un État qui a tous les droits, y compris celui de cacher les illégalités qu’il commet, d’empêcher qu’on connaisse les violences illégitimes faites en son nom, d’étouffer les scandales, les injustices et les abus de pouvoir dont elles relèvent. Si cette disposition est votée, il n’y aura plus d’affaires Benalla, Chouviat ou Legay – pour ne citer que trois exemples de faits d’intérêt public, aujourd’hui entre les mains de la justice, dévoilés par la diffusion d’images de violences policières (lire l’article de Pascale Pascariello sur ces affaires qui auraient été enterrées sans vidéo). Trois affaires différentes qui illustrent combien la fin de cette liberté ferait tomber un voile noir sur des réalités qui nous concernent toutes et tous : avec l’affaire Alexandre Benalla, la privatisation élyséenne de la police ; avec la mort de Cédric Chouviat, l’ordinaire des abus policiers ; avec la blessure de Geneviève Legay, la mise en cause du droit de manifester. La question n’est pas seulement le droit d’informer des médias mais surtout le droit de savoir des citoyens. Dans ces trois cas, les images ne sont pas venues que de journalistes professionnels mais aussi de lanceurs d’alerte. La liberté de la presse n’est pas un privilège des journalistes mais un droit des citoyens. Tout amendement de cet article liberticide qui prétendrait sanctuariser le travail des journalistes ne ferait qu’accroître son scandale : en accordant à la presse le monopole de l’information, la loi priverait le peuple tout entier d’un droit qui lui appartient. Celui, précisément, d’informer, de faire savoir et de faire connaître, d’alerter et de contester. La démocratie est un écosystème dont le droit de savoir et la liberté de dire sont les organes vitaux. Sans informations libres et sans opinions pluralistes, délivrées du contrôle de l’État, des intérêts et des idéologies de ses occupants du moment, il n’y a plus de démocratie véritable. Sans la production libre et indépendante de vérités de fait, surtout celles qui interpellent et surprennent, dérangent ou bousculent, le peuple souverain ne saura plus ce qui le concerne, ne pourra plus décider de son sort, sera empêché Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr 2 2/3 de débattre de son avenir. Aveuglé par les phares du pouvoir, ces vérités officielles qui cachent des mensonges éhontés, il sera plongé dans l’obscurité. Mais cet article 24 n’est que le symbole flagrant d’une débâcle plus générale : le basculement dans un régime autoritaire, rompant avec ce qui restait d’esprit libéral dans nos grandes lois républicaines. C’est pourquoi nous demandons, au-delà du retrait pur et simple de cet article, le retrait de cette loi « Sécurité globale » dont les dispositions accroissent les pouvoirs de surveillance de l’État tout en annihilant les contre-pouvoirs de la société (lire l’article de Pascale Pascariello sur le Livre blanc de la sécurité intérieure). Avec l’autre loi de rupture, celle sur le « séparatisme » portant désormais l’emblème des « principes républicains » (lire l’article de Camille Polloni, Faïza Zerouala et Mathilde Mathieu), elle forme un tout qui renverse deux piliers démocratiques : quand l’une s’attaque à la liberté d’informer par et pour tous les citoyens, l’autre s’en prend à leur liberté de s’exprimer en voulant instaurer une procédure expéditive de comparution immédiate pour les opinions dissidentes ou provocantes. Si ces textes sont adoptés, ce ne sera plus le règne de l’arbitraire, des manifestations empêchées, des protestations réprimées, des violences illégitimes, des états d’urgence prolongés, etc. Non, c’en sera la consécration officielle, légale, définitive. Un arbitraire permanent, incontesté et incontestable. Un arbitraire devenu notre ordinaire. Mettant à bas l’esprit démocratique de la loi républicaine inaugurale, celle de 1881 consacrant la liberté de presse et de parole (lire l’article de Laurent Mauduit), ces deux lois signifieront la fin d’une République vivante et vibrante, riche de ses conflits et forte de ses polémiques. D’autant qu’elles ne s’arrêtent pas en si bon chemin puisqu’elles remettent aussi en cause le libéralisme politique d’autres lois républicaines fondatrices, sur l’école (1881-1882), sur les associations (1901), sur la laïcité (1905) (lire l’analyse d’Ellen Salvi). Quand la République devient un mot vide et creux, brandi comme un argument d’autorité pour faire taire et asséné telle une matraque pour mieux réprimer, c’est qu’elle n’est plus. Du moins plus démocratique. Le champ républicain a toujours connu ses conservateurs et ses réactionnaires abrités par sa devise « Liberté, Égalité, Fraternité » mais farouches ennemis de ce qu’elle signifie : l’égalité des droits, le droit de les défendre, le courage de les inventer, la promesse d’une société libre de s’organiser, de s’informer, de s’assembler, de manifester, de revendiquer, de lutter et de protester (lire l’article de Faïza Zerouala sur la pénalisation de l’occupation des universités). Ces républicains adversaires de la démocratie, de son esprit et de son essence, de ses lois fondatrices et de ses principes vitaux, ont revêtu de multiples atours dans notre histoire passée, dont le pouvoir actuel est le dernier avatar. Car la République invoquée à tirelarigot par nos actuels gouvernants n’est qu’un cachemisère. Elle fait penser à un arbre arraché, ou à un poisson réduit à son arête ou encore à une viande ramenée à l’os. Elle est sans vie, sans chair, sans épaisseur. Une République dépourvue d’adjectif, ni démocratique, ni sociale. Une République sans âme ni boussole. Une République égarée. En 2017, quand le Washington Post adopta l’alarme sur l’obscurité qui tombe sur la démocratie, un historien américain, Timothy Snyder, lui fit écho en publiant De la tyrannie, guide de résistance face à Donald Trump et à ses semblables ailleurs dans le monde afin de préserver les libertés dans les années à venir. L’une de ses « vingt leçons du XXe siècle » s’intitule : « Rester calme quand survient l’impensable » : « La tyrannie moderne, c’est le management de la terreur. En cas d’attaque terroriste, n’oubliez pas que les régimes autoritaires exploitent cet événement pour consolider leur pouvoir. » Et de conclure par cette recommandation : « Ne tombez pas dans le panneau. » Parce que nous refusons de tomber dans le panneau, nous manifesterons dans le calme face à l’impensable : la mise en cause de la démocratie par un gouvernement démocratiquement élu. Et nous ne cesserons de le faire jusqu’à ce qu’il recule.

sécurité

 

 

Conflit basque : un exercice de mémoire petit format

La présentation du livre « Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont-ils intégré l’ETA ? » édité par MEDIABASK a permis de libérer la parole le temps d’une rencontre.

 

commando

 

Il n’y a pas de plaques, peu de livres, guère de paroles politiques. Pourtant, cette période suscite de l’intérêt. Près de 150 personnes ont assisté à la présentation du livre édité par MEDIABASK sur le contexte qui entoure l’engagement de Jakes Esnal, Frederik Haranburu, Jon Kepa et Unai Parot il y a 40 ans. Pendant deux heures, Giuliano Cavaterra, l’auteur de l’ouvrage, Béatrice Molle-Haran, Jakes Abeberry et l’ancien avocat Jean-Baptiste Etcheverry sont revenus sur cette période dure du conflit basque, mardi 22 septembre, au cinéma le Sélect de Saint-Jean-de-Luz.

Auteure de la préface d’ »Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont-ils intégré l’ETA ?« , Béatrice Molle-Haran a rappelé en début de soirée l’importance du travail de mémoire. C’est ce à quoi se sont attelés les intervenants, apportant leur part de vérité au récit sur le conflit basque. L’ancienne journaliste de MEDIABASK et Artisane de la paix accepte l’idée que peuvent cohabiter plusieurs vérités, non, en revanche, le rejet de l’existence-même d’un conflit au Pays Basque.

Acteur politique majeur du mouvement abertzale dans la seconde moitié du XXème siècle et éditorialiste de la revue Enbata, Jakes Abeberry l’a connu de près. Il a également connu, intimement, les frères Parot. L’ouvrage de Giuliano Cavaterra est, selon lui, « un livre qui incarne le conflit, un des rares livres qui le fait », car l’histoire de ces quatre membres du commando Argala d’ETA encore incarcérés serait surtout « l’histoire de quatre humains ».

Des militants qu’il côtoie, pour certains, régulièrement dont l’arrestation, en 1990, « sidère » tout le monde, d’autant que « au lendemain de l’arrestation d’Unai Parot à Séville, son frère est passé par la rédaction d’Enbata pour discuter », a relaté Abeberry. A ce moment-là, le conflit est intense. Après la mort de Franco en 1975, la néo-démocratie espagnole ne remplace pas les pouvoirs « de fait » comme l’Armée. « ETA reprend sa lutte plus fort qu’avant. Jamais l’action d’ETA n’a été aussi vive qu’alors », se souvient le cofondateur du mouvement abertzale au Pays Basque Nord.

L’entente du « poing à la rose »

Les attentats, la guerre sale, notamment des GAL, l’entente du « poing à la rose » des deux côtés des Pyrénées, le conflit est dur à cette période. D’une violence qui faisait écho au contexte international qui l’était tout autant, comme l’a rappelé quelqu’un dans l’assistance évoquant, entre autres, les conséquences psychologiques de la Guerre d’Algérie. De cette violence, le Petit Bayonne a gardé quelques traces, mais, Giuliano Cavaterra l’a relevé, les victimes des mercenaires à la solde du gouvernement espagnol n’ont pas de plaques.

Quelques années plus tard, au moment du procès à la Cour d’assises spéciale de Paris, en 1997, « le contexte [est] épouvantable, résolument hostile de la part des autorités politiques et des autorités judiciaires à tout ce qui relevait de la contestation ou de la revendication basque. Jakes [Abeberry] parlait de la manière dont la doctrine de l’Etat français a changé par rapport à des militants qu’on estimait avant résistants qui sont devenus des délinquants », a recadré Jean-Baptiste Etcheverry, défenseur de Jakes Esnal et Frederik Haranburu à ce moment-là.

Il avait été frappé par la « démesure » du procès. Un dossier constitué dans l’Etat espagnol intégrant 22 voire 25 faits graves commis entre 1978 et 1989. « Chacun de ces faits devaient donner lieu à une audience », relève l’homme de droit, convaincu à l’époque que la Justice était totalement impossible. Le dossier était pourtant rempli d’incohérences. « Une certitude habitait tant les accusés que leurs avocats, c’est que les jeux étaient faits, a-t-il poursuivi. La procédure venait devant la cour d’Assises pour que les actions du ‘commando français’ de l’ETA soient soldées. Et on savait [qu’ils allaient écoper] des condamnations les plus sévères, c’est-à-dire, la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté maximale ».

Ils ne se sont pas trompés. Trente ans plus tard, les quatre militants d’ETA du Pays Basque Nord sont incarcérés, sans pouvoir faire valoir leur droit à la liberté conditionnelle à laquelle ils peuvent prétendre depuis une dizaine d’années.

 

téléchargement

 

La Cour de cassation a définitivement accepté, mercredi 4 novembre, le principe d’une remise à l’Espagne de l’ex-dirigeant d’ETA Josu Urrutikoetxea. Celui-ci devra d’abord être jugé en France.

À l’aube de ses 70 ans, l’ancien chef d’ETA, Josu Urrutikoetxea, vit à Paris, bracelet électronique à la cheville, dans l’attente de ses procès. Ce mercredi 4 novembre, selon l’Afp, la chambre criminelle de la Cour de cassation a accepté le principe d’une remise différée à l’Espagne du Biscayen, visé par un Mandat d’arrêt européen (MAE).

La justice espagnole souhaiterait l’entendre dans le cadre d’un dossier instruit depuis le début des années 2000 sur les « herriko tarberna », ces cafés gérés par des collectifs de militants de la gauche radicale abertzale, accusés d’avoir fait transiter l’argent « sale » d’ETA.

Deux procédures en France

La remise aux autorités espagnoles de Josu Urrutikoetxea ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois. Ce dernier doit avant cela être jugé en France dans deux dossiers différents.

Cette figure historique d’ETA doit répondre de « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte terroriste « . Dans les deux procédures, lui est reprochée sa participation à des réunions secrètes. L’ancien chef d’ETA soutient que ces réunions étaient reliées aux négociations de paix. 

Le premier procès se tiendra en février devant la Cour d’appel de Paris, et le second en juin devant le tribunal correctionnel de Paris.

En parallèle, la justice espagnole l’accuse également d’être lié à l’attentat de la caserne de Saragosse, en 1987. L’attaque fit 11 morts, dont 5 enfants. Josu Urrutikoetxea est aussi soupçonné d’avoir participé à l’assassinat d’un cadre de Michelin, Luis Maria Hergueta, en 1980, à Vitoria. Lui nie toute implication dans ces deux affaires.

 

josu

 

Vers une reconnaissance d’aveux sous la torture ?

La cour d’appel de Paris vient d’examiner ce jeudi 18 novembre le dossier d’Iratxe Sorzabal au sujet du quatrième mandat d’arrêt européen prononcé à son encontre malgré des déclarations qui auraient été faites sous la torture. L’avocat général donne foi aux accusations de la prisonnière basque et réclame l’annulation du MAE. La décision de la cour sera connue le 16 décembre prochain.

MEDIABASK|2020/11/18|IRUZKIN 1 

 

Iratxe Sorzabal

 

L’avocat général de la Cour d’appel donne foi aux déclarations d’Iratxe Sorzabal. © (Jon URBE / FOKU)

Ce mercredi 18 novembre, la cour d’appel de Paris devait examiner le recours déposé par Iratxe Sorzabal concernant son quatrième mandat d’arrêt européen (MAE) lancé par l’Audiencia Nacional espagnole. La prisonnière d’Irun, arrêtée en 2001 à Hernani par la Garde Civile, avait suivi le protocole de reconnaissance de traitement de torture, le protocole Istanbul. Une première pour l’ensemble des prisonniers basques et ce 18 novembre, le parquet général de la cour d’Appel a donné foi aux déclarations d’Iratxe Sorzabal.

Il a appuyé sa décision en se référant au rapport présenté par le docteur Itsaso Idoiaga au cours du procès et aux expertises effectuées par un médecin légiste français. Lors de l’audition, l’avocat général a également estimé que le dossier transmis par Madrid « manquait de solidité » pour apporter d’autres preuves de la culpabilité d’Iratxe Sorzabal que sa confession sans la présence d’un avocat.

Ce sont pour ces raisons que le ministère public a demandé le rejet de ce quatrième MAE. Une prise de position saluée par l’avocate de Sorzabal, Xantiana Cachenaut. Cette dernière, qui a été soutenue à l’audience d’aujourd’hui par l’ancien magistrat de la cour de Versailles, Serge Portelli, et par l’avocat strasbourgeois et l’expert en droits de l’homme Grégory Thuan (Dieudonné) attend, par ailleurs, la prochaine audience pour savoir s’il sera fait droit à la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne basée au Luxembourg. L’avocate espère ainsi que l’organe de justice européen définisse un cadre pour régir ces situations de mandats d’arrêt européens s’appuyant sur des déclarations faites sous la torture.

La décision de la cour d’appel de Paris sera rendue le 16 décembre et pourrait marquer une étape essentielle dans le traitement des prisonniers basques. Elle ferait ainsi prévaloir la défense des droits face aux mandats d’arrêt européens en cours entre l’Espagne et la France.

 

Peio Alcantarilla arrêté par la police française

La police française a arrêté ce mercredi 11 novembre l’ancien prisonnier basque Peio Alcantarrilla à Hendaye. Il se trouve dans les locaux de la Police aux frontières dans la même ville.

ANTTON ETXEBERRI|2020/11/11|IRUZKIN 1 

 

Les contrôles de police se sont intensifiés ces dernières semaines. © Bob EDME

L’ancien prisonnier politique basque, Peio Alcantarilla, a été arrêté ce mercredi 11 novembre par la police française. Natif d’Irun et domicilié depuis longtemps à Urrugne, Alcantarilla travaille au Pays Basque Sud et c’est alors qu’il rentrait du travail qu’il a été arrêté, sur le pont Santiago d’Hendaye. Peio Alcantarilla a été emmené aux locaux de la Police aux frontières d’Hendaye dans lesquels il devrait passer la nuit, selon les propos du procureur de Bayonne Jérôme Bourrier à MEDIABASK, « afin de formaliser la procédure ». Il s’y trouve « en rétention judiciaire » et le parquet devrait donner sa décision demain dans la matinée le concernant.

Il lui est reproché de ne pas avoir respecté le protocole lié au Fichier judiciaire national des auteurs d’infractions terroristes (Fijait). Ce fichier a été mis en place en juillet 2016 pour surveiller les personnes qui ont été condamnées pour terrorisme, dans un contexte d’attentats djihadistes. Près d’une centaine d’anciens prisonniers basques se sont vus ces dernières années intégrer dans ce fichier. Peio Alcantarilla avait été arrêté en octobre 2004 lors d’une opération policière. Il avait été condamné à dix ans de prison par la Cour d’Assises de Paris, devant laquelle il avait dénoncé avoir été torturé par la garde civile espagnole.

Les partis politiques EH Bai et EH Bildu dénoncent fermement, dans un communiqué commun, « l’arrestation du militant ainsi que les mesures liberticides appliquées ces derniers mois aux anciens prisonniers politiques ». Ils réclament aux Etats français et espagnol « de prendre en compte le contexte de paix en Pays Basque et d’annuler l’application de ces mesures d’exception ».

 

 

  

Josu Arkauz sera libéré lundi

Après 29 ans de prison, Josu Arkauz sera libéré lundi 23 novembre. Une nouvelle reçue avec “espoir et bonheur” par ses proches qui soulignent que cela fait des années qu’il aurait dû abandonner la prison.

IURRE BIDEGAIN|2020/11/20|0 IRUZKIN 

 

Josu Arkauz

 

Lundi 23 novembre, Josu Arkauz sera libre. Arrêté le 18 mars 1991 à Bayonne, après 29 ans de prison il abandonnera le centre pénitencier de Valladolid où il a passé quelques mois. Le Ministère de l’intérieur du Gouvernement espagnol l’a transféré en septembre 2020 de Murcia à Valladolid.

En 1992, la justice française l’a condamné à huit ans de prison. En 1997, le prisonnier originaire d’Arrasate est remis aux autorités espagnoles. Il est poursuivi pour trois délits « d’appartenance à une organisation armée ». Depuis, il a enchaîné les condamnations et durant ces 29 années sous les verrous, il a été incarcéré dans pas moins de 14 centres pénitenciers.

Condamné à 30 ans de prison, Josu Arkauz a accompli les trois quarts de sa peine en 2015. Comme le souligne son fils Unai Arkauz, il aurait dû être remis en liberté il y a cinq ans déjà. Contacté par MEDIABASK, le jeune homme rappelle également la dure décision prise par le Tribunal de Strasbourg en 2018.

En effet, ce dernier avait à l’époque considéré que le Gouvernement espagnol n’avait pas violé les droits de Santiago Arrozpide, Alberto Plazaola et Francisco Mujika après avoir décidé de ne pas tenir en compte des années d’emprisonnement accomplies dans l’Etat français. Une décision à l’impact direct sur la procédure de Josu Arkauz, puisque celui-ci « pensait être libéré ». « Cela nous avait fait beaucoup de mal », confie son fils.

la manada

© GettyImages

En 2018, leur condamnation à neuf ans de prison pour « abus sexuel » et leur remise en liberté provisoire avaient engendré des manifestations spectaculaires à travers l’Espagne. Ce vendredi 21 juin, la plus haute instance judiciaire espagnole a finalement requalifié les faits de « viol en réunion » et alourdi leur peine de prison.

Les faits remontent à juillet 2016. Alors que la ville de Pampelune, située dans le nord de l’Espagne, célèbre la San Firmin, cinq hommes, qui se surnomment alors « la meute », rencontrent une jeune femme de 18 ans, visiblement alcoolisée. Moins d’un quart d’heure après, les accusés, dont un militaire et un garde civil, l’emmènent dans l’entrée d’un immeuble où ils font enchaîner à leur victime fellations et rapports sans préservatifs avant de voler son téléphone et de la laisser à moitié nue. La meute s’était pas la suite vantée de ses « exploits » sur la messagerie Whatsapp avant d’y diffuser les terribles images de cette soirée.

En Espagne, l’affaire avait été le détonateur de mobilisations féministes d’envergure relayées par la presse du monde entier. Des milliers de personnes étaient descendues dans les rues au Printemps 2018, criant « moi, oui je te crois » à l’attention de la victime après que les agresseurs avient été condamnés à neuf ans de prison pour « abus sexuel », et non pour « viol », avant d’être remis en liberté provisoire. Une grève des femmes avait alors été organisée et largement suivie sur l’ensemble du territoire.

« On ne peut exiger des victimes des attitudes dangereusement héroïques« 

De nouveau jugés, la procureure Isabel Rodriguez demandait au moins 18 ans de prison à l’encontre des accusés, âgés de de 24 à 27 ans, faisant valoir que la victime, cernée par ces cinq hommes de « forte stature« , avait « adopté une attitude de soumission et non de consentement« , comme le rapportent nos confrères de RTL. « On ne peut exiger des victimes des attitudes dangereusement héroïques« , a-t-elle insisté.
L’avocat de la défense exigeait quant à lui l’acquittement de ses clients, soutenant que la jeune femme avait « décidé d’avoir des relations » sexuelles avec l’ensemble du groupe. Jouant sur la notion de consentement, l’homme n’a pas hésité à avancer que les membres de la meute n’avaient pas pu réaliser qu’elle n’était pas consentante puisque qu’elle n’avait ni crié, ni résisté. Il a par ailleurs assuré que ses clients n’avaient pas eu « de procès juste » car « la société » toute entière avait réclamé leur condamnation à coups de manifestations retentissantes.

Cinq magistrats de la Cour suprême, dont deux femmes, ont examiné les recours présentés par l’accusation et la défense avant de conclure à l’unanimité qu’il s’agissait bien d’un « viol » au regard du droit espagnol, qui exige des preuves d’intimidation ou de violence.
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, s’est félicité de cette décision de justice sur son compte Twitter : « C’était un viol. La décision de la Cour suprême le confirme. Seul un oui est un oui. L’Espagne continue de faire des progrès dans la protection des droits et libertés des femmes et ne s’arrêtera pas. Parce qu’on l’a crue, parce qu’on te croit« , a posté le politicien. Son gouvernement souhaiterait d’ailleurs désormais s’attaquer au Code pénal pour y introduire la notion de consentement sexuel explicite, sur le modèle suédois, où tout acte sexuel sans accord clair est considéré comme un viol.

 

téléchargement

 

Découvrez l’arme anti-viol révolutionnaire, Rape-aXe ou le préservatif avec des dents.

C’est une idée innovante et étonnante qui a germée dans l’esprit de Sonnet Elhers, une doctoresse sud-africaine écœurée par le taux de viol extrêmement élevé dans son pays. Le principe du préservatif anti-viol est simple : on l’insère comme un tampon et la magie vicieuse de ce préservatif c’est qu’il est muni dans sa partie interne de petits crochets qui se resserrent en cas de viol sur le pénis de l’agresseur.

Une fois l’appendice pris au piège, l’homme ne peut plus marcher ni uriner et ne pourra plus le retirer sous peine de resserrer encore un peu plus les crochets. Pour être libéré il devra obligatoirement se rendre dans un hôpital. Un produit révolutionnaire semblerait-il pour les femmes qui ne se sentent pas en sécurité. « L’idéal serait que les femmes le portent lorsqu’elles ont accepté une blind date ou quand elles traversent une zone où elles se sentent en danger », a précisé le docteur Ehlers.

 

iparherriko talde antifaxista

 

 

 

 

Les commentaires sont desactivés.

Comité de solidarité avec l... |
Antisaidani |
Petite-Forêt-Ensemble-Autre... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | حركة شباب الكرامة | MJD
| Saint-Pol AVENIR 2014
| Collectif Palestine Libre