ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

4 octobre 2020

CSPB émission du 29 09 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 21 h 41 min

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Emission mensuelle du CSPB sur l’actu en Euskal Herria. Au sommaire l’actu sur les presos rapport d’Etxerat chronique de Maité. En seconde partie la menace qui pèse sur l’euskara ou langue basque pour les classes immersives dès la maternelle, l’exemple basque pour l’apprentissage de la langue transposé en Corse, également la monnaie locale qui fonctionne très bien au pays et le milieu associatif et alternatif qui serait à mettre en place pour la Corse. Egalement nous avons traité du prochain référendum de la nouvelle Calédonie et différentes infos liées au caillou. Pour finir les nouvelles armes et dispositifs répressifs pour la police française. Les intermèdes musicaux sont, arroja bomba, a las mujeres, en la plaza de mi pueblo, pitzu bilbo, himmo anarquista, cancion de los soldatos, bella ciao, petit pays, la lista negra. Retrouvez l’émission sur mixcloud.com/skuale/ ou mixcloud.com/radiolibertaire/, et le blog du comité cspb.unblog.fr

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La mobilisation, programmée le 10 octobre prochain à Bayonne, vise à dénoncer « les attaques subies par l’enseignement basque »

Courant août, les promoteurs de la langue basque apprenaient le refus de l’Académie de Bordeaux d’autoriser la mise en place d’une nouvelle classe immersive en langue basque. Le projet d’enseignement 100 % en euskara devait être mis en place dès la rentrée au sein de l’école maternelle publique Basté-Quieta, à Saint-Pierre-d’Irube.

La goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et interroge sur l’avenir des 38 classes immersives (écoles publiques et privées) déjà existantes au Pays basque français. Suite à cette décision, le collectif Euskal Konfederazioa qui regroupe les associations œuvrant en faveur de l’enseignement en basque (Biga Bai, Ikas Bi, Euskal Haziak, Seaska, Euskara Geroan et Erakasleak) a décidé d’organiser une grande journée de mobilisation qui se déroulera le 10 octobre prochain à Bayonne.

Chaîne humaine

Le rassemblement devrait prendre la forme d’une chaîne humaine qui se déroulera entre la maison natale de René Cassin et la sous-préfecture. La date n’a pas été cochée au hasard sur le calendrier de ces défenseurs de l’euskara. Le 10 octobre est le jour choisi par les militants du collectif Pour que vivent nos langues pour manifester leur colère à l’égard du gouvernement Macron responsable, d’après eux, « d’attaques portées contre l’enseignement des langues régionales ».

Une campagne pour inciter les adultes à apprendre le basque

La Communauté d’agglomération Pays Basque (CAPB) lance une campagne pour susciter l’envie de devenir bascophone. Elle adresse, particulièrement aux jeunes adultes, le message « Vivez le Pays Basque en V.O. ». Un site internet a été créé, recensant les organismes de formation.

ANAIZ AGUIRRE OLHAGARAY|2020/09/10|2 IRUZKIN Guz_heldueneuskalduntzearenaldekokomunikaziokanpaina_baiona_gfauveau-1Antton Curutcharry et Jean-René Etchegaray appellent les adultes à apprendre l’euskara. © Guillaume FAUVEAU

« L’euskara, c’est la rentrée, je me lance ! ». Comme beaucoup d’associations, la Communauté d’agglomération profite du mois de septembre pour lancer une campagne de communication dont l’objectif est de favoriser les inscriptions en cours de basque par les adultes. Elle a été présentée ce mercredi 9 septembre par Antton Curutcharry (vice-président en charge de la politique linguistique) et Jean-René Etchegaray, président de la CAPB. « Vivez le Pays Basque en V.O. », tel est le slogan de la campagne. Une référence au cinéma qui, dans sa version originale, permet de mieux comprendre les intentions de l’auteur et de mieux saisir l’essence du film.

Une plateforme en ligne a été créée, japprendslebasque.com, présentant les différents organismes qui dispensent des cours de basque aux adultes, et renvoyant vers leurs sites web respectifs : AEK (tout le territoire), Jakinola (Bayonne), Angeluko Ikasleak (Anglet) et l’amicale laïque Adixkideak (Urrugne).

Enjeu majeur

Comme le souligne Amaia Beyrie de l’association AEK, toucher le public adulte est fondamental, car ce dernier « joue un rôle d’exemplarité ». Au Pays Basque Nord, seuls 15 % des 30-50 ans maîtrisent la langue basque, quand les plus de 50 ans représentent près de 50 % de bascophones. La basquisation des adultes est donc « un enjeu majeur », insiste Amaia Beyrie.

« Ce n’est pas l’importance des efforts déployés jusqu’à aujourd’hui qui suffit. Sur ce domaine, il faut lutter » a déclaré pour sa part le président de l’Agglo Jean-René Etchegaray. « Si on veut offrir un Pays Basque bascophone à nos enfants, s’il n’y a pas une politique linguistique volontariste, nous allons perdre la bataille » a-t-il pointé.

« Avec cette campagne, on veut montrer qu’aujourd’hui, apprendre le basque est à la portée de tout le monde », affirme Antton Curutcharry. « Il y a des ‘on dit’ selon lesquels c’est une langue difficile à apprendre… Mais c’est comme pour une autre langue, l’apprentissage se fait sans aucun problème, quelle que soit la motivation de l’apprenant ». Pour le vice-président en charge de la politique linguistique, la maîtrise du basque donne « accès » à une autre dimension du territoire : « les randonneurs pourront comprendre le nom d’un chemin, d’une montagne… les choristes pourront comprendre les paroles qu’ils chantent en basque ». Sans compter les opportunités de travail qui peuvent se présenter à quelques dizaines de kilomètres, au Pays Basque Sud, où le basque est coofficielle.

Ajustements de rentrée : l’immersion en euskara en toile de fond

Les instances départementales de l’Education nationale se sont réunies une dernière fois pour définir la carte scolaire de l’année scolaire qui s’ouvre. La demande d’ouverture d’une classe immersive en langue basque a été rappelée par les élus.

 

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GOIZEDER TABERNA|2020/09/04|0 IRUZKIN Guz_murgiltzesistemaaldarrikatzekoelkarretaratzea_hiriburu_gfauveau-4La rentrée a été marquée par un rassemblement d’élus et citoyens à l’école Baste Quieta de Saint-Pierre-d’Irube, mardi dernier. © Guillaume FAUVEAU

Fixant les derniers ajustements de rentrée, le conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) de septembre et le comité technique qui le précède sont d’habitude très attendus. Cette année, ils l’étaient d’autant plus que le refus d’ouvrir une classe d’euskara suivant le modèle immersif à l’école Basté Quieta a créé une certaine frustration. Ce vendredi 4 septembre, les représentants des collectivités locales ont remis le sujet sur la table.

Représentant le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, Isabelle Pargade, et le président de l’Association départementale des maires Alain Sanz ont exprimé le souhait que l’Education nationale revienne sur sa décision. La conseillère départementale et maire d’Hasparren a rappelé le travail mené à Saint-Pierre-d’Irube en association avec l’Education nationale et les parents d’élèves pour l’ouverture de cette classe, « à moyen constant », précise-t-elle. Le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) leur aurait affirmé que cette question ne dépend pas de lui, mais du ministère. Les élus espèrent tout de même qu’il transmettra le message.

Les représentants de syndicats ont déjà eu l’occasion de s’exprimer sur ce dossier. Lors du CDEN, seule Force ouvrière aurait réitéré son opposition à l’immersion en langue basque, d’après nos sources. Le Snuipp-FSU et le SE-Unsa y sont favorables. D’autres enjeux ont marqué la rentrée du point de vue syndical, notamment les ouvertures et fermetures de poste.

Les dernières décisions du Dasen ont permis des ouvertures à Arcangues (0,5 français), Bassussarry (0,5 français), Biriatou (0,5 basque), Espelette Bourg (0,5 français), Sare (0,5 basque) et Urcuit (1 français). A Arraute-Charritte, un demi-poste de basque a été remplacé par un demi-poste de français. En revanche, à l’école Lahubiague de Bayonne, un poste complet a été supprimé, à Hendaye Gare maternelle, un demi de français et un demi d’euskara.

Des décisions prises dans la continuité de ce qui avait été décidé au printemps, constatent les syndicats, et qui n’a pas soulevé de débats au CDNE, d’après Isabelle Pargade. Le comité technique du matin pouvant donner lieu à plus de débat. A l’issue du CDNE, le représentant du SE-Unsa, Franck Hialé, a tout de même regretté des moyens contraints, considérant que des arbitrages seraient également nécessaires dans d’autre écoles, comme à Biarritz, à l’école Jules Ferry, qui se retrouverait avec une moyenne de 30 élèves par classe. Par ailleurs, le Snuipp-FSU a rappelé qu’au final, « cette carte scolaire se solde par une dotation en postes négative pour le 64″. Un poste supprimé dans un département qui, selon le Dasen, a perdu 614 élèves.

Lorsque les postes sont là, le manque d’enseignants pour les occuper fait aussi partie des préoccupations des syndicats. Et l’Unsa s’oppose à la solution d’urgence du recrutement de sept contractuels considérant que « cette situation est inédite et inacceptable ». Elle propose comme solution, l’utilisation des listes complémentaires et de mutations d’enseignants d’autres départements. A cela s’ajoute la suppression de postes de Rased ou enseignants spécialisés dans l’aide aux élèves en difficulté (20 %), ce qui fait dire au Snuipp-FSU que « c’est un très mauvais signe pour l’école, a fortiori en cette rentrée si particulière, dans un contexte de Covid et de grand besoin d’accompagnement des élèves ». Le plan de relance présenté cette semaine par le Gouvernement français ne semble pas avoir d’effet sur l’Education nationale.

 

 

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Corse-du-Sud Haute-Corse

Le député européen François Alfonsi en est convaincu : en ce qui concerne l’apprentissage de la langue régionale, le Pays Basque doit être pour la Corse une source d’inspiration.

En Iparralde, ou Pays Basque nord-français, une filière d’enseignement associatif par immersion a ainsi été développée : la fédération Seaska.

Un réseau qui regroupe les ikastola [écoles immersives en langue basque, ndrl], qui vont de la maternelle au lycée, toutes gérées par des associations de parents d’élèves dans un but non-lucratif. Ces écoles sont laïques, ne sont affiliées à aucun parti politique, et sont reconnues par le ministère de l’Éducation nationale.

La première ikastola a été créée en 1969, à Arcangues. Elles sont aujourd’hui trente-et-une et accueillaient en septembre 2019 plus de 4.000 enfants.

Des écoles immersives en langue régionale

Et à en croire François Alfonsi, les résultats de ces structures sont probants.

« Il suffit de voir les statistiques des dernières années. Le Pays Basque est l’un des pays en Europe où l’on observe que les jeunes générations, de 15 à 25 ans, sont celles qui parlent le plus la langue basque [ou traditionnellement euskara, ndlr], plus encore que les personnes de plus de 80 ans. »

Un système qui, selon François Alfonsi, fait aujourd’hui cruellement défaut en Corse. À ses yeux, les filières bilingues disponibles sur le territoire ne suffisent plus. « Aujourd’hui, on assiste à une érosion de langue corse au fur et à mesure des générations. Les gens sont de moins en moins corsophones. »

Aujourd’hui, on assiste à une érosion de langue corse au fur et à mesure des générations. Les gens sont de moins en moins corsophones.

François Alfonsi

 

 

Alors pour observer au plus près ce qui fait la réussite de l’apprentissage de la Corse en Ipparalde, une délégation corse menée par François Alfonsi est en visite à Bayonne, ces 12, 13 et 14 septembre.

 

Objectif : mettre en place un système similaire en Corse dès la rentrée prochaine

Avec un objectif : formaliser une « initiative corse pour l’enseignement immersif de type Seaska dont le contenu sera défini sur la base de l’expérience basque ».

« Nous pensons que ce qui a été mis en place est remarquable, d’autant plus considérant que le Pays Basque nord n’a pas les institutions ou des députés comme c’est le cas en Corse. En s’inspirant de ce modèle, et avec nos moyens d’actions qui sont plus importants, je pense que l’on pourrait faire tout aussi bien. »

En s’inspirant du modèle basque, et avec nos moyens d’actions qui sont plus importants, je pense que l’on pourrait faire tout aussi bien.

 

François Alfonsi

 

 

Et pas question de traîner : le députée européen espère la mise en place de système associatif dès la prochaine rentrée scolaire.

« On commencerait avec des classes de maternelles, parce que c’est pas quelque chose que l’on peut mettre en place en milieu de cursus scolaire, puis on suivrait les enfants jusqu’au bac. C’est à mon sens, l’un des projet phares pour les prochaines années pour la préservation de la langue corse. »

Un prochain rendez-vous entre acteurs associatifs, politiques et économiques basques et corses en décembre

Ce déplacement pour la délégation corsophone est aussi et surtout un moyen de préparer un prochain événement, cette fois en Corse, en décembre prochain. Un rendez-vous entre acteurs corses et basques qui abordera la question de l’apprentissage immersif de la langue régionale, mais pas seulement.

« Les Basques disposent de tout un réseau associatif sur le domaine de l’environnement et de l’alternatif, notamment une monnaie alternative, dont nous pensons bon de nous inspirer. L’idée serait d’échanger autour d’exposants dans un espace ouvert et abrité, en fonction des possibilités au vu de la crise sanitaire », explique François Alfonsi.

 

Et qui pourra mettre en lien, enfin, des acteurs politiques « progressistes en accord avec la marche vers l’autonomie pleine et entière de nos territoires ».

Nous aurions tort, aujourd’hui, de ne pas nous inspirer des initiatives basques pour avancer.

François Alfonsi

Le rendez-vous est pour l’heure fixé à Bastia, les 4 et 5 décembre prochains, avec un public en présentiel ou éventuellement une diffusion en streaming en fonction des conditions sanitaires.

 

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Travail de mémoire : un livre retrace le parcours du commando Argala

Un ouvrage édité par MEDIABASK apporte un éclairage sur le contexte dans lequel quatre citoyens du Pays Basque Nord ont intégré ETA. Un exercice de mémoire, une pierre apportée au processus de paix.

 

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Aujourd’hui, ils sont le symbole d’un blocage, celui du processus de résolution du conflit basque. Au lendemain du franquisme, ils étaient le symbole d’un conflit qui n’a pas été réglé à temps et qui a creusé le malaise jusqu’au Pays Basque Nord. Jakes Esnal, Frederik Haranburu “Xistor”, Jon Kepa et Unai Parot ont intégré le commando Argala d’ETA à ce moment-là. Condamnés à perpétuité – concernant les trois premiers –, pour les actions attribuées à ce commando itinérant, ils en sont à la 31e année de privation de liberté. Giuliano Cavaterra a consacré un livre à leur engagement, son contexte, à cette période âpre de l’histoire du Pays Basque. Edité par MEDIABASK, « Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont intégré l’ETA ? » est un livre engagé dans la résolution du conflit.

 

Ancien journaliste du Journal du Pays Basque, l’auteur pose une pierre dans la construction de la mémoire, un des piliers du processus de paix. “C’est un livre engagé, à l’heure où le Pays Basque est immergé dans un processus de paix. Avec de la part de la société civile, ainsi que de la majorité des élus une volonté de tourner la page, en exigeant la libération de ces quatre hommes, aujourd’hui sexagénaires”, avance l’éditeur. Sa préface, signée par la journaliste et Artisane de la paix Béatrice Molle-Haran, revient sur ce travail de mémoire indispensable. Cet ouvrage apporte un éclairage sur la dimension politique du conflit basque.

 

C’est un commando peu commun à l’époque qui a été arrêté en 1990. Tous ses membres sont de nationalité française et leur interpellation heurte les esprits. Plombier, commercial ou encore gérant d’entreprise, pères de famille pour certains, à la fin des années 1970, ils s’engagent dans la lutte armée. Au-delà de leur parcours personnel, le livre se penche sur “le contexte du Pays Basque dans son ensemble, son histoire récente et passée sans occulter ce qui fut”, résume l’éditeur. A travers la presse et des témoignages de personnes jugées pour cette affaire, de leurs proches et d’acteurs politiques de l’époque, Giuliano Cavaterra aborde des thèmes comme la transition démocratique dans l’Etat espagnol, le contexte politique dans les provinces du nord, l’euskara, les conflits sociaux, la torture, le GAL. Un livre qui nous replonge dans le Pays Basque des années 70-80.

 

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Soirée de présentation à Saint-Jean-de-Luz

 

En plus d’être un document de travail pour les historiens, « Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont intégré l’ETA ? » met à la portée du grand public les clés de compréhension d’une période complexe. C’est également dans cette démarche qu’une soirée de présentation du livre se tiendra au cinéma le Sélect, à Saint-Jean-de-Luz, mardi 22 septembre à 20h30. L’auteur Giuliano Cavaterra, Béatrice Molle-Haran et Jakes Abeberry fondateur d’Enbata se partageront le micro.

Cadre politique à l’époque des faits, Jakes Abeberry a connu certains des membres du commando Argala. Il pourra apporter son témoignage sur cette période. Le public pourra poser des questions aux intervenants.

Compte tenu de la crise sanitaire et des gestes barrières, les places sont limitées (réservation obligatoire : administration@mediabask.eus / 09.75.12.97.02) et le port du masque obligatoire.

Le livre sera disponible dès le 24 septembre et les commandes pourront se faire à partir du 17 septembre.

 

 

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Saint-Jean-de-Luz : des garages loués comme des logements

Le groupe municipal Herri Berri a dénoncé la location de garages transformés illégalement en appartements. Un exemple “édifiant”, d’après lui, de la situation de l’immobilier à Saint-Jean-de-Luz.

 

Dans quelques jours, les quatre garages deviendront officiellement des appartements, alors qu’ils auraient été loués comme tel pendant trente ans, de façon irrégulière. Pour le groupe d’opposition luzien Herri Berri, ce tour de « passe-passe » en cours de régularisation est révélateur de la situation de l’immobilier dans la ville.

Les portes de garage ont bel et bien été remplacées par des volets roulants, au 14 avenue des Bois, dans le quartier Moleressenia. Pourtant, accroché à la haie, un panneau annonce un permis de construire pour « changement d’usage de garage en habitation », délivré le 10 juillet dernier ; le délais de recours des tiers s’achève le 10 septembre. Les locaux sont donc devenus habitables avant l’obtention du permis. Ce qu’a dénoncé Herri Berri lors d’une conférence de presse réalisée in situ, samedi 5 septembre, après avoir mené son enquête.

Deux ans après la construction de la résidence, une première demande de permis aurait bien été déposée en 1991 par le propriétaire, mais elle aurait essuyé un refus. A ce moment-là, le propriétaire aurait malgré tout mené à terme son projet de 226 m². Les poursuites judiciaires engagées par la mairie ne l’ont pas dissuadé, puisque F.E. n’aurait été condamné qu’à 20 000 francs d’amende (soit un équivalent de 4 415 euros pour 2019 en tenant compte de l’inflation), sans demande de remise en l’état initial. Les aménagements réalisés ont donc été conservés et, au passage, il a bien valorisé son investissement. Un gain que Herri Berri estime à plus d’1 millions d’euros « pour 20 000 francs d’amende ».

Depuis, les faits sont prescrits et le bien a été mis en vente par le Groupe Pia (anciennement AB Groupe). « Au nom de la prescription en urbanisme (six ans) et au civil (30 ans), [à la] fin du délai [de la taxe] sur la plus-value, F.E. vend l’ensemble à un marchand de bien, qui commence à revendre », détaillent les élus abertzale.

Un local à vélo transformé « en chalet »

Dans l’illégalité pendant des années, aujourd’hui, le bâtiment a recouvert la légalité, mais les faits n’en seraient pas moins regrettables selon eux. « Le PLU actuel aurait exigé des logements sociaux et le respect de normes environnementales, mais ici nous avons affaire à un tour de passe-passe que les aspérités de la loi permettent de valoriser », a dénoncé Peio Etcheverry-Ainchart. Le marché immobilier à Saint-Jean serait devenu tellement fou qu’il autoriserait à certaines personnes ce genre d’entreprises. « La situation dépasse même les pouvoirs publics », pointe l’élu. Il demande un meilleur encadrement par la loi et de meilleurs moyens de contrôle.

L’attractivité de la ville, par ailleurs, pousserait à accepter des logements inadaptés, sombres et humides. « Il faut arrêter que les gens achètent des garages pour y vivre », insiste Paxkal Lafitte, s’interrogeant sur le nombre de logements loués ou vendus de cette manière. Et de regretter que la municipalité n’offre pas suffisamment de logements. Avec ses camarades, il a constaté qu’une déclaration préalable a été réalisée séparément pour le local à vélo de la résidence ciblée, aussi transformé sans autorisation, « en chalet ». Un chalet au style luzien.

 

Une délégation se rend au ministère de l’Education pour défendre l’immersion

Lundi 31 août, une délégation du Pays Basque composée d’élus a rendez-vous à Paris. Sur la table du ministère de l’Education nationale : le modèle immersif en langue basque.

 

Le refus d’ouvrir une classe de maternelle 100% en euskara à Saint-Pierre-d’Irube a créé un mouvement sans précédent au Pays Basque Nord. Des représentants des différentes filières d’enseignement en langue basque ainsi que des élus ont convergé dans un même mouvement pour sauvegarder le travail accompli ces dernières décennies. Un groupe d’élus a rendez-vous lundi 31 août à midi au ministère de l’Education pour porter cette revendication.

Il s’agit de la première rencontre à Paris depuis le début du blocage concernant l’école publique Basté-Quieta. Un conseiller du ministère recevra la délégation formée par le président de la Communauté d’agglomération Pays Basque Jean-Renée Etchegaray, le maire de Saint-Pierre d’Irube, Alain Iriart, et les parlementaires Vincent Bru, Frédérique Espagnac et Max Brisson. Un rendez-vous obtenu par ce dernier au début de l’été. Le nouveau président de l’Office public de la langue basque (OPLB), qui devrait être Antton Curutcharry, n’était pas encore élu à ce moment et ne sera donc pas du voyage. L’OPLB porte le dossier de l’enseignement en langue basque.

Avec le rejet de la demande des parents d’élèves, des enseignants et des élus de Saint-Pierre-d’Irube, le Rectorat s’est également opposé à l’ouverture de nouvelles classes immersives de façon générale. « Nous nous demandons à quel niveau ça bloque. Il faut que l’Administration y compris le Rectorat entendent [notre] message. Il faut conforter le modèle immersif, qu’on ne revienne pas sur ce qui est un acquis », défend le député Vincent Bru (majorité présidentielle). Il reconnaît des pressions des syndicats d’enseignants sur ce qui a été mené jusqu’à présent dans les écoles publiques en tant qu’expérimentation, et défend des avancées législatives concernant cette possibilité.

La députée de la cinquième circonscription dont fait partie Saint-Pierre-d’Irube, Florence Lasserre, ne fait pas partie de la délégation « pour des questions d’agenda ». L’élue de la majorité présidentielle se dit favorable à l’ouverture de la classe immersive et dit avoir signé la pétition lancée par les parents d’élèves ayant déjà obtenu 5 500 signatures.

Par Édith Anselme

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Le meilleurs athlète de la discipline, découpée en cinq épreuves contre-la-montre, a rendez-vous au fronton ce mercredi 26 août au soir.

Le pentathlon basque est une épreuve rare et mythique qui sera présentée, pour la première fois, à Hendaye, mercredi 26 août, à 21 heures, au fronton Gaztelu-Zahar, par la section Bidasoako Herri Kirolak de l’association Bidasoako Txaranga et Herri Kirolari Bai d’Urrugne. Sébastien Martikorena, président de Bidasoako Herri Kirolak, explique que cet élément du patrimoine culturel et sportif basque n’a jamais eu lieu en Pays basque français.

« Avec la pandémie de Covid-19, une lueur d’espoir s’est installée en juillet et août avec la possibilité de pratiquer en public nos jeux traditionnels dans le cadre strict de la réglementation. Cela n’a pas été le cas en Hegoalde (Pays basque espagnol, NDLR) où ces épreuves ont toutes été annulées. »

Xabier Zaldua, le champion

Il poursuit : « C’est pourquoi, début juillet, nous avons décidé d’être solidaires avec nos amis athlètes d’Euskadi que nous côtoyons à longueur d’année. Nous les avons invités à participer à nos épreuves d’été. Ils ont pu, ainsi, s’exprimer devant un public qu’ils n’avaient plus chez eux. » Parmi ces athlètes, Xabier Zaldua, champion du pentathlon 2018 et 2019, viendra donc à Hendaye ce mercredi, au fronton Gaztelu-Zahar.

 

Il devra enchaîner cinq épreuves contre-la-montre. Harrijasotzea : lever la pierre, soit 10 levers de boule de 100 kg ; Giza proba : tirer une pierre de 400 kg sur 28 mètres ; Aizkolaria : couper à la hache deux troncs ; Txingak : porter dans chaque main 50 kg sur 112 mètres et Korrikalaria : courir 1 km. Un bon entraînement avant les classifications des six meilleurs athlètes sur les 16 inscrits et la finale qui se déroulera le 19 septembre à Azpeitia.

 

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SCRUTIN Lors du premier référendum en novembre 2018, le « Non » l’avait emporté avec 56,7 % des voix

Après avoir eu des conséquences sur les dates des municipales, le coronavirus chamboule un autre calendrier électoral : celui concernant le référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Initialement prévu le 6 septembre, Edouard Philippe a proposé samedi de reporter ce scrutin au 4 octobre, en raison des difficultés logistiques nées de la crise sanitaire.

« Risque sur l’encadrement des procédures de vote »

Le Premier ministre a donc transmis un projet de décret avec cette nouvelle date aux présidents du gouvernement et du congrès de Nouvelle-Calédonie pour avis consultatif sous 15 jours. Le texte devrait être présenté en Conseil des ministres dans la deuxième quinzaine de juin, l’Etat fixant la date du référendum.

Même si « les opérations de préparation du référendum ont été poursuivies » pendant la crise sanitaire, « un risque demeure sur l’encadrement des procédures de vote », explique Matignon. Pour l’exécutif, la « capacité à réunir 250 candidatures pour les observateurs nationaux et internationaux, et à les acheminer en Nouvelle-Calédonie dans des délais compatibles avec les trois semaines de quarantaine requises à ce jour […] n’est pas assurée ».

Dans des courriers au président du gouvernement, le loyaliste Thierry Santa (Avenir en Confiance, proche des Républicains), et au président du Congrès, l’indépendantiste kanak Rock Wamytan (UC-FLNKS), le Premier ministre souligne que cette difficulté d’arriver dans des délais compatibles avec la quarantaine se pose aussi pour « les missions des organisations internationales et les journalistes » amenés à suivre le référendum. Il s’agit d’« assurer le caractère irréprochable de l’organisation du référendum, afin que son résultat soit incontestable et incontesté », argumente-t-il.

Une décolonisation progressive

Après le premier référendum, qui s’est tenu le 4 novembre 2018 et a vu la victoire du « non » à l’indépendance (56,7 %), la date d’un deuxième référendum avait été fixée par le Premier ministre au 6 septembre 2020, moins de deux ans après le premier, comme prévu par l’accord de Nouméa qui organise la décolonisation progressive de l’archipel. Sujet hautement sensible, cette date avait été arrêtée après de longues heures de discussions entre leaders indépendantistes et non indépendantistes, en octobre dernier.

 

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Le Kanak Emmanuel Kasarhérou, expert des cultures océaniennes et ancien directeur du Centre culturel Tjibaou, va être nommé mercredi à la présidence du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac en remplacement de Stéphane Martin, a-t-on appris ce mardi soir de source proche du dossier.

 

Né à Nouméa en 1960, Emmanuel Kasarhérou, conservateur en chef du patrimoine, spécialiste reconnu de l’art et des civilisations océaniennes, est depuis 2014 adjoint au directeur du patrimoine et des collections du musée.

Premier Kanak à prendre la direction d’un grand musée dans l’Hexagone

Il avait auparavant dirigé à Nouméa le Centre culturel Tjibaou, du nom du fondateur du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) assassiné en 1989, un chantier initié par François Mitterrand. Sa nomination, sur proposition des ministres de la Culture et de l’Enseignement supérieur, devrait être confirmée mercredi en Conseil des ministres, indique-t-on de même source.

Très attaché au « dialogue des cultures », premier Kanak à prendre la direction d’un grand musée en France métropolitaine, il aura à diriger un musée phare de la scène parisienne, dont les collections sont en grande partie composée des arts premiers d’Afrique, d’Asie et d’Océanie. Il aura à poursuivre la politique de coopération en matière patrimoniale avec les pays africains, alors que la question des restitutions des œuvres se trouvant dans les musées publics français fait l’objet d’un vif débat.

Un musée au rayonnement international

Son prédécesseur Stéphane Martin, qui avait quitté le Quai Branly à la fin de l’an dernier, avait gouverné l’établissement public depuis son origine, permettant son développement entre 1998 et 2019 grâce à une politique ambitieuse d’acquisitions et de grandes expositions, qui a assuré son rayonnement international. Il est aujourd’hui conseiller à la Cour des comptes.

 

Nouvelle-Calédonie: Les indépendantistes conservent la présidence du Congrès

ELECTION L’assemblée législative a pour vocation de voter le budget de l’archipel. Un référendum sur l’autodétermination se tiendra dans trois mois

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A moins de trois mois d’un référendum d’autodétermination c’est une victoire importante pour les partisans de la séparation d’avec la France. L’indépendantiste Roch Wamytan a été reconduit pour une nouvelle année à la tête du Congrès de Nouvelle-Calédonie avec l’appui du parti Eveil Océanien (EO), qui siège désormais dans un groupe indépendantiste.

Les changements d’alliances de l’Eveil Océanien

Après les élections provinciales de mai 2019, Roch Wamytan (UC-FLNKS/Front de libération nationale kanak et socialiste) avait déjà été élu à la tête de l’assemblée législative avec 29 voix sur 54, les trois élus de l’Eveil Océanien, parti communautaire wallisien et futunien, lui permettant d’obtenir la majorité. Ce jeudi, un scénario similaire s’est joué, à la différence que l’EO, qui siégeait jusqu’alors hors groupe, a décidé de rejoindre celui de l’UC-FLNKS, de sorte que le Congrès a désormais une majorité indépendantiste.

Toutefois le jeu politique de ces alliés n’est toujours pas complètement clair. Le leader de l’EO, Milakulo Tukumuli, continue en effet de revendiquer un statut de non-aligné. « On est un parti charnière, qui ne veut pas être enfermé dans un bloc ou dans un autre », a déclaré l’élu. Au sein du gouvernement collégial et à la province Sud, l’EO est en effet allié à une coalition loyaliste de droite, l’Avenir en Confiance (AEC), qui président ces institutions. Chef du groupe AEC au Congrès (18 sièges), Virginie Ruffenach a d’ailleurs « déploré le signal politique fort de l’EO », estimant « qu’à quelques semaines du référendum il faut être le plus clair possible ». Son groupe avait présenté un candidat face à Roch Wamytan.

Dans le cadre du processus de décolonisation de l’accord de Nouméa (1998), un deuxième référendum sur l’indépendance aura lieu le 4 octobre en Nouvelle-Calédonie. Un premier scrutin, tenu le 4 novembre 2018, a été remporté par les pro-français (56,7 %).

 

Nouvelle-Calédonie : Un incendie volontaire détruit la grande case du Sénat coutumier

A moins de deux mois du référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, l’incendie volontaire samedi soir de la case (maison traditionnelle) du Sénat coutumier a suscité une vive émotion. Les craintes que le scrutin ne se déroule pas sereinement ont été avivées par le feu qui a ravagé cette maison traditionnelle, où siègent les représentants des chefferies kanaks.

 

Un lieu réservé aux cérémonies

L’incendie « volontaire » a eu lieu « aux alentours de 22 heures » et la case a été « entièrement détruite », a indiqué le haut-commissariat de la République. Située dans le quartier de Nouville à Nouméa, l’institution consultative abrite seize sénateurs kanaks, représentant les huit aires coutumières de Nouvelle-Calédonie. A côté des bâtiments en dur, le Sénat coutumier possédait une grande maison traditionnelle, réservée aux cérémonies et à l’accueil des personnalités en visite.

Le haut-commissaire Laurent Prévost a fait « part de sa vive émotion devant la destruction de ce lieu emblématique » et « a fermement condamné cet acte qui porte atteinte à l’institution coutumière et au-delà à une institution de la Nouvelle-Calédonie ». Les services de police ont été saisis et une enquête judiciaire est en cours, a-t-il également indiqué.

 

16 dates pour mieux comprendre l’histoire tumultueuse de l’archipel, alors que les Calédoniens sont appelés à voter par référendum le 4 novembre pour ou contre l’indépendance du Caillou.

1774

James Cook accoste Grande Terre et baptise l’île Nouvelle-Calédonie en hommage à son Ecosse natale.

1853

L’amiral Febvrier-Despointes hisse le drapeau français à Balade, sur la côte est de Grande Terre, et prend possession de la Nouvelle-Calédonie sur ordre de Napoléon III, qui cherche un territoire où établir une colonie pénitentiaire.

1864

L’Etat français établit le bagne où 21 630 personnes seront envoyées jusqu’en 1897. Dont 4 250 révolutionnaires de la Commune de Paris, dont Louise Michel.

1874

L’exploitation du nickel, minerai découvert dix ans plus tôt par l’ingénieur Jules Garnier, débute près de Nouméa.

1878

Le chef Ataï mène la première rébellion kanak contre la colonisation. 1 200 Kanak et 200 Européens sont tués. Ataï est décapité et sa tête envoyée à la Société d’anthropologie de Paris pour étude.

1917

Alors que la Première Guerre mondiale fait rage en Europe, l’administration coloniale fait pression sur les Kanak pour qu’ils s’engagent dans l’armée française (ils n’ont pas le statut de citoyens). S’ensuit une révolte. Trois des leaders kanak finiront décapités.

1931

111 Kanak sont exhibés à l’Exposition coloniale de Paris, présentés comme «cannibales authentiques». La même année, le bagne est fermé définitivement.

1946

Les Kanak, soumis au statut de l’indigénat depuis 1887, obtiennent la citoyenneté française. La Nouvelle-Calédonie devient territoire d’outre-Mer.

1984

Le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) est créé et organise le boycottage des élections territoriales par les Kanak. L’île est au bord de l’insurrection. Le 5 décembre, près de Hienghène, dix Kanak sont assassinés lors d’une embuscade tendue par des fermiers caldoches.

1988

A Ouvéa, le 22 avril, 4 gendarmes sont tués par des militants du FLNKS. Le 5 mai, l’armée donne l’assaut dans la grotte de Gossanah où 27 gendarmes sont retenus en otage. 19 Kanak et 2 militaires sont tués. Le 26 juin, les accords de Matignon sont signés par Jean-Marie Tjibaou, président du FLNKS, et Jacques Lafleur, leader du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), anti-indépendantiste, sous l’égide du Premier ministre, Michel Rocard. Il prévoit un scrutin sur l’autodétermination du territoire dans les dix ans.

1989

Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné, autre cadre du FLNKS, sont assassinés à Ouvéa par Djubelly Wéa, un indépendantiste kanak opposé aux accords de Matignon

1998

L’accord de Nouméa est signé sous l’égide de Lionel Jospin, Premier ministre, par Jacques Lafleur et Roch Wamytan, le nouveau chef du FLNKS. Il prévoit l’émancipation progressive du territoire. 72 % des Calédoniens approuvent l’accord par référendum.

2004

Divisées depuis quinze ans, les familles Tjibaou, Yeiwéné Yeiwéné et Wéa se retrouvent le 17 juillet à Tiendanite autour d’une coutume de pardon.

2010

Le Premier ministre François Fillon officialise la double légitimité des drapeaux français et kanak. Jacques Lafleur meurt le 4 décembre.

2014

Le Muséum d’histoire naturelle de Paris restitue le crâne d’Ataï à ses descendants, 136 ans après la mort du chef kanak insurgé.

2018

Le 4 novembre, les Calédoniens sont appelés à voter par référendum pour ou contre l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. En juillet 2018, les sondages donnent le «non» gagnant à 59,7 %.

 

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Après des mois à plancher sur le sujet, le ministère de l’Intérieur a publié, jeudi 17 septembre, le document relatif à la nouvelle doctrine du maintien de l’ordre, qui vise, selon Gérald Darmanin, à « adapter » la gestion des manifestations en France. Présentées comme une « étape cruciale dans la pratique du maintien de l’ordre en France », les mesures valident notamment l’usage des armes de force intermédiaire.

Ce schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) vise à mettre fin aux polémiques à répétition, depuis près de deux ans, concernant l’utilisation de la force par la police, en particulier lors des mobilisations des « gilets jaunes ». Plusieurs personnes ont été gravement blessées par des tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) et de grenades. Voici ce qu’il faut savoir sur ce SNMO.

De nouvelles grenades

L’une des principales nouveautés présentées dans ce document n’en est pas une. Le modèle de grenade à main de désencerclement (GMD) avait déjà été remplacé depuis quelques semaines par un nouveau type, réputé moins dangereux, la grenade à éclats non létaux (GENL), dont les commandes ont été passées dès 2019. Classée comme arme de catégorie A2, et donc comme « matériel de guerre », selon le site spécialisé Maintien de l’ordre, ce nouveau modèle dispose d’un bouchon allumeur (responsable des blessures les plus graves) qui ne saute plus, restant solidaire du corps de la grenade, qui demeure intact après la détonation.

Quand elles explosent, les GENL, fabriquées par la société d’armement et d’étude Alsetex, produisent un bruit très légèrement inférieur à celui des GMD et projettent 18 petits galets de caoutchouc de 10 grammes chacun à une vitesse moyenne de 342 km/h, contre 450 km/h pour le modèle précédent.

Comme pour la GMD qu’elle remplace, la doctrine d’emploi prévoit un usage uniquement à la main, en la faisant rouler au sol, et proscrit tout lancer en cloche, pour un « rayon d’efficacité de 5 à 10 mètres », contre 15 mètres pour la précédente grenade.

Le SNMO mentionne par ailleurs l’achat de matériel dédié au maintien de l’ordre. « Véhicules de commandement, engins lanceurs d’eau, véhicules blindés, matériels d’intervention et de protection, matériels radio… », liste-t-il.

 

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L’usage des LBD encadré

Le Défenseur des droits ainsi que plusieurs ONG demandent depuis des années le retrait de cette arme de l’arsenal policier, sans succès. Selon la nouvelle version de la doctrine, l’usage des lanceurs de balles de défense est maintenu, mais mieux encadré. Concrètement, les tireurs devront dorénavant être assistés d’un « superviseur » chargé notamment d’ »évaluer la situation d’ensemble et les mouvements des manifestants, de s’assurer de la compréhension des ordres par le tireur et de désigner l’objectif », est-il écrit dans le document du ministère.

Comme indiqué dans un rapport du Sénat (PDF) sur l’usage des LBD dans le cadre du maintien de l’ordre, daté de février 2019, c’est également lui qui donne l’ordre de tirer. Car cela n’a rien de nouveau pour les CRS et les gendarmes mobiles porteurs de LBD, déjà soumis à la présence d’un superviseur. La mesure est en réalité étendue aux effectifs de sécurité publique et aux Brigades de répression de l’action violente (Brav), composées notamment des Brigades anti-criminalité (Bac). « Ça ne se fait pas de gaieté de cœur, parce que là où il fallait un policier avant, maintenant il en faut deux », a réagi une source au ministère de l’Intérieur, citée par Libération (article payant).

 

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Enfin, le texte précise que le superviseur pourra être porteur d’une caméra-piéton, dans la continuité de l’instruction du 23 janvier 2019 visant, à l’époque, à en doter les porteurs de LBD « dans toute la mesure du possible ». Les porteurs de caméra sont invités « dans tous les cas (…) à enregistrer les conditions dans lesquelles le LBD a été utilisé ».

Mais pour Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS et spécialiste du maintien de l’ordre cité par franceinfo, « on va naviguer dans des eaux troubles en ce qui concerne l’usage du LBD. Est-ce une arme de maintien de l’ordre ou seulement une arme de légitime défense ? L’ambiguïté n’est pas tout à fait levée encore », a-t-il estimé le 11 septembre, à la suite de la présentation des principales mesures du SNMO par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Interrogé dans Libération, il a encore pointé « l’ambiguïté de la présence de cette arme en maintien de l’ordre, censé être de la gestion de foule ». « Quelles que soient les conditions d’usage, ça reste une arme qui vise un individu et un seul », a-t-il exposé, expliquant notamment son maintien dans l’arsenal des forces de l’ordre par la « pression syndicale ».

Des unités plus « mobiles »

Pour « mettre fin aux exactions » et répondre à « l’infiltration plus systématique de casseurs au sein des cortèges », une plus grande mobilité des forces de l’ordre est un « impératif », écrit le ministre de l’Intérieur, en préambule du texte. Des unités « spécialement constituées » disposant d’un « grand pouvoir de mobilité » pourront être mises en place. Une « contribution grandissante des unités hors unités de force mobile » est aussi soulignée.

Se pose alors la question de la formation au maintien de l’ordre lors des manifestations de ces policiers. Si on leur demande « de prendre part à un dispositif de maintien de l’ordre pour y faire ce qu’ils font en police urbaine, pour faire du ‘saute-dessus’, ce sera un problème », commente Fabien Jobard dans Libération. Le document du ministère de l’Intérieur aborde ce point en indiquant que les unités spécialement constituées « bénéficient de formations adéquates, tant pour leurs propres modes d’action que pour leur interopérabilité avec les unités de forces mobiles ».

Enfin, les acteurs traditionnels du maintien de l’ordre bénéficieront quant à eux de la création de 300 postes de gendarmes mobiles. Ces derniers « bénéficient de près de 60% de la hausse des effectifs annoncés », relève le journal L’Essor de la gendarmerie.

Un effort de communication avec les manifestants

La nouvelle doctrine prévoit aussi une « modernisation des sommations », avec notamment l’ajout de la phrase « Quittez immédiatement les lieux », en plus des traditionnelles indications, afin d’ »exprimer plus explicitement ce qui est attendu de la part des manifestants ».

Evoquant ce point sur Twitter, le journaliste Maxime Reynié, fondateur du site Maintien de l’ordre, a estimé qu’ »en clair, ça ne changera rien. Toujours trois messages qu’on n’entendra jamais au milieu de la foule, des cris, etc. ». Et si les forces de l’ordre seront équipées, selon le document, de nouveaux matériels comme des « haut-parleurs de forte puissance » ou des « panneaux à message variable », pour mieux informer les manifestants, le journaliste en pointe les limites, décrivant des panneaux « illisibles car trop loin, ou trop de lacrymos, ou cassés ». Quant à l’utilisation des réseaux sociaux pour faire passer ces informations au cours des mobilisations, elle est « inutile » puisque « personne ne [les] regarde en participant à une manif ».

Dans le cadre de cet effort de communication, un « dispositif de liaison et d’information » doit aussi être mis en place entre policiers et organisateurs. « Ces échanges rappelleront aussi la nécessité pour les orgas de se désolidariser rapidement des ‘casseurs’ », analyse encore Maxime Reynié sur Twitter. Le journaliste y voit « un côté tactique pour faciliter l’intervention mais aussi (…) politique pour bien séparer les gentils et les ‘casseurs’ encore plus, et au sein même des cortèges entre militants, et éviter les ‘convergences’ qu’on a pu voir plusieurs fois. »

Plus de transparence 

Affichant aussi la volonté d’une plus grande « transparence » dans l’action des forces de l’ordre, le texte souligne que toutes les unités porteuses d’un uniforme devront avoir un marquage dans le dos pour permettre leur identification. Cela s’ajoutera « port du RIO » (le référentiel des identités et de l’organisation, un numéro qui identifie le policier), « y compris sur la tenue de maintien de l’ordre », souligne le document.

Cependant, en décembre dernier, Libération relevait déjà de nombreux manquements à la loi concernant le RIO. « Les éléments de la tenue nécessaires au maintien de l’ordre ne disposent pas d’emplacement pour mettre le RIO, ou parfois, le cachent », affirmait Philippe Capon, secrétaire général d’Unsa Police. Le dernier SNMO n’aborde pas ce problème.

En revanche, le ministre de l’Intérieur souhaite interdire la diffusion des visages non floutés du personnel, et ce, alors que le port de la cagoule reste interdit.

Une place « particulière » pour les journalistes

Le SNMO insiste aussi sur la nécessité de reconnaître la « place particulière des journalistes au sein des manifestations ». Le texte pointe notamment leur droit à « porter des équipements de protection, dès lors que leur identification est confirmée et leur comportement exempt de toute infraction ou provocation ».

Pour autant, le texte rappelle « que le délit constitué par le fait de se maintenir dans un attroupement après sommation ne comporte aucune exception, y compris au profit des journalistes ou de membres d’associations ». « Ils doivent, comme n’importe quel citoyen, obtempérer aux injonctions des représentants des forces de l’ordre en se positionnant en dehors des manifestants appelés à se disperser. »

 

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La musique made in France dans toute sa diversité

 

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