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7 octobre 2020

REFERENDUM NOUVELLE CALEDONIE 06 10 2020

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 15 h 13 min

 

 

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REFERENDUM NOUVELLE CALEDONIE 06 10 2020 dans ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS

pour une KANAKY LIBRE et INDEPENDANTE

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Nous recevions pour l’émission SLY du MJKLF, MINA de l’USTKE et LAURE chercheuse, anthropologue, enseignante 

Communiqué du MJKF Mouvement des Jeunes Kanak en France Le   Mouvement   des   Jeunes   Kanak   en   France,   tient   à dénoncer la campagne de criminalisation à l’encontre de l’USTKE.  Le droit   de grève est un principe universel qui doit être respecté, et l’incarcération des camarades de l’USTKE et de son président est une entorse grave à ce principe et une insulte   à   l’ambition   démocratique   en   Kanaky   Nouvelle ­Calédonie. Nous   venons   de   célébrer   les   vingt   ans   de   l’accord   de Matignon, et son esprit de dialogue qui a ramené la paix au pays. Malgré cet accord, notre pays reste encore, dans une caricature coloniale, illustrée par cette décision de justice locale. Nous regrettons amèrement que cet esprit de dialogue ne soit pas traduit dans les faits, particulièrement en ce qui concerne les conflits sociaux.  Nous appelons tous les citoyens pour qui le droit de grève est un principe fondamental à signer la pétition en soutien aux   camarades   USTKE   emprisonnés (http://solidaritekanaky.org/).  Et de participer au rassemblement le mercredi 8 juillet à 10h derrière l’Assemblée Nationale.  Pour le bureau du MJKF Rock Haocas Yoan Boewa François Kare

FLNKS-Officiel - Message de solidarité | Facebook

 

Nous nous rassemblons au sein du collectif Solidarité Kanaky afin d’appuyer les luttes du peuple kanak ; notamment, les mouvements associatifs, syndicaux ou politiques qui agissent pour le droit à l’autodétermination des Kanak, pour l’indépendance de Kanaky. Nous combattons le colonialisme. Notre objectif est de faire connaître et comprendre la situation coloniale qui est celle de Kanaky, d’informer sur les luttes menées sur place, de soutenir les mouvements indépendantistes locaux. Cette action s’inscrit dans un cadre internationaliste et anticolonialiste global.

Organisations membres du Collectif Solidarité Kanaky

MJKF (Mouvement des Jeunes Kanak en France), USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanak et des Exploités (en France), Union syndicale Solidaires, CNT (Confédération Nationale du Travail), Sindicatu di i Travagliadori Corsi, Ensemble !, NPA (Nouveau parti anticaptialiste), PIR (Parti des indigènes de la République), PCOF (Parti communiste des Ouvriers de France), Union communiste libertaire, Ni guerre ni État de Guerre, Association Survie, FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s), FUIQP (Front Uni des Immigrations et des Quartiers populaires.

Articles les plus récents

  • Kanaky vers l’indépendance

    4 octobre, par Collectif Solidarité Kanaky

    A l’occasion du deuxième référendum organisé le 4 octobre 2020, le peuple Kanak a, une nouvelle fois, très largement confirmé sa volonté de mettre fin à la colonisation française et d’accéder à l’indépendance. Le résultat est amplifié en ce sens par rapport au résultat du premier referendum du 4 novembre 2018.
    Les résultats, là où le peuple kanak vit majoritairement sont éloquents : 84,3% de « oui à l’indépendance » dans la province des Îles et 77,8% dans celle du Nord (29,1%, dans la troisième province, celle (…)

  • L’État français cherche-t-il à s’affranchir de l’accord de Nouméa ?

    11 juin, par Collectif Solidarité Kanaky

    Alors que la deuxième consultation sur l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté approche, le collectif Solidarité Kanaky dénonce la violation par l’État de ses engagements en tant que signataire de l’Accord de Nouméa. Plusieurs mesures prises pendant la crise sanitaire viennent s’ajouter aux signaux nombreux et répétés indiquant une volonté de neutraliser le processus de décolonisation du territoire.
    À l’occasion de la pandémie de COVID-19, l’État français a repris en main la politique (…)

     

    Accueil - (page 4) - Servir le Peuple

     

    En un coup d’oeil

    La Nouvelle-Calédonie est une collectivité d’outre-mer à statut particulier. Son statut unique résulte de l’accord de Nouméa (5 mai 1998), approuvé lors de la consultation électorale du 8 novembre 1998. La loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 fixe le cadre dans lequel s’inscrit l’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie pour vingt ans.

     

    En Nouvelle-Calédonie, l’État est compétent dans les matières énumérées limitativement par l’article 21 de la loi organique, et notamment le contrôle de l’immigration et des étrangers, la monnaie, le Trésor, les changes, la défense nationale, la justice, la fonction publique de l’État, le maintien de l’ordre et l’enseignement supérieur et la recherche.

    Le haut-commissaire de la République est dépositaire des pouvoirs de la République et représente le Gouvernement. La Nouvelle-Calédonie est représentée au Parlement et au Conseil économique et social de la République dans les conditions fixées par les lois organiques.

    Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie est formé par la réunion d’une partie des membres des 3 assemblées de provinces (respectivement 32 membres, 15 membres et 7 membres), soit 54 membres.

    Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie est élu par le Congrès pour une durée de 5 ans, c’est l’exécutif de la Nouvelle-Calédonie.

    Le Sénat coutumierles conseils coutumiers et le Conseil économique, social et environnemental (CESE) constituent les autres institutions de la Nouvelle-Calédonie. Les deux premières sont consultées sur les textes relatifs à l’identité kanak, et le CESE sur les sujets économiques, sociaux et culturels.

    Les trois provinces Sud, Nord et îles Loyauté sont constituées en assemblées de provinces (respectivement 40 membres, 22 membres et 14 membres) et sont élues au suffrage universel pour une durée de cinq ans.

    Les provinces et les communes de la Nouvelle-Calédonie sont des collectivités territoriales de la République. Elles s’administrent librement par des assemblées élues au suffrage universel direct.

     

    Appeldes organisations solidaires de la lutte du peuple kanak

    05
    Un peu
    d’histoire
    Des accords de Matignon à l’accord
    de Nouméa
    Colonie française depuis 1853, la Nouvelle
    Calédonie devient un territoire d’outre-mer
    (TOM) à partir de 1946.
    Suite à un conflit politique opposant les
    loyalistes (favorables au maintien de la
    Nouvelle-Calédonie au sein de la République
    française) et les indépendantistes, les accords
    de Matignon sont conclus le 26 juin 1988 par
    Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, sous
    l’égide du gouvernement français. Ces accords
    prévoient une période de développement de
    dix ans, avec des garanties économiques et
    institutionnelles pour la communauté kanak,
    avant que les Néo-calédoniens n’aient à se
    prononcer sur leur avenir.
    Dans le même temps sont mises en place trois
    provinces : Sud, Nord et Îles. Ces collectivités
    territoriales ont pour objectif de servir de cadre
    au rééquilibrage économique et social.
    Un second accord (l’accord de Nouméa)
    signé 10 ans plus tard, le 5 mai 1998, prévoit
    un référendum d’autodétermination pour la
    Nouvelle-Calédonie ainsi qu’un transfert de
    certaines compétences de la France vers
    la Nouvelle-Calédonie dans de nombreux
    domaines, excepté les compétences
    régaliennes (la défense, la sécurité, la justice et
    la monnaie) qui resteraient des compétences
    de la République française.
    Ce n’est qu’à partir de 1999 que la Nouvelle
    Calédonie devient une collectivité spécifique
    de la République française.
    Depuis cette date, elle dispose d’un statut
    particulier de large autonomie instauré
    par l’accord de Nouméa, et différent des
    collectivités d’outre-mer (COM).
    Depuis l’accord de Nouméa, régi par la
    loi organique du 19 mars 1999, c’est le
    gouvernement de la Nouvelle-Calédonie qui
    est l’organe exécutif néo-calédonien.
    Pour plus de détails, voir le préambule
    de l’accord de Nouméa en annexe.

    Le rôle
    du gouvernement
    Le rôle du gouvernement
    Le gouvernement est l’exécutif de la
    Nouvelle-Calédonie.
    Il est élu par le congrès et est responsable
    devant lui.
    L’élection du gouvernement
    Les membres du gouvernement sont élus
    par le congrès de la Nouvelle-Calédonie,
    lui-même élu par les citoyens calédoniens.
    Les membres du gouvernement, entre 5 et 11,
    sont élus à la représentation proportionnelle.
    Ce mode d’élection conduit à la formation
    d’un gouvernement dit « collégial ».
    C’est-à-dire que c’est un gouvernement qui
    comprend des membres des principaux
    groupes politiques présents au congrès.
    Une fois élus, les membres du gouvernement
    se réunissent pour désigner un président et
    un vice-président.
    Sa première fonction est de
    préparer et d’exécuter les
    délibérations du congrès.

    Le gouvernement
    et ses compétences
    Le gouvernement
    Prend les décisions individuelles relatives
    au travail des étrangers ;
    Établit le programme des importations ;
    Approuve les tarifs et redevances en
    matière de postes et télécommunications ;
    Organise les concours d’accès aux
    emplois publics de la Nouvelle-Calédonie
    et de ses établissements publics, et en
    détermine les programmes ;
    Détermine les modalités d’application
    de la rémunération des agents publics
    de la Nouvelle-Calédonie ainsi que la
    rémunération des collaborateurs des
    membres du gouvernement ;
    Crée les charges, nomme les officiers
    publics et ministériels et confère l’honorariat ;
    Fixe les prix et les tarifs réglementés ;
    Fixe l’organisation des services de la
    Nouvelle-Calédonie ;
    Détermine la nature et les tarifs des
    prestations des services publics de la
    Nouvelle-Calédonie ;
    10° Conclut les conventions avec les
    concessionnaires, délégataires de service
    public et les fermiers ;
    Extrait de la loi organique modifiée par la loi
    organique n°2009-969 du 3 août 2009.

    11°ou d’exploitation des ouvrages publics

    Fixe l’objet et les modalités d’exécution
    et des travaux publics de la Nouvelle
    Calédonie ;
    12° Gère les biens de la Nouvelle
    Calédonie ;
    13° Détermine les servitudes
    administratives au profit du domaine et
    des ouvrages publics de la Nouvelle
    Calédonie ;
    14° Assure le placement des fonds libres
    de la Nouvelle-Calédonie en valeurs
    d’État ou en valeurs garanties par l’État
    et autorise l’émission des emprunts de la
    Nouvelle-Calédonie ;
    15° Accepte ou refuse les dons et legs au
    profit de la Nouvelle-Calédonie ;
    16° Conclut les conventions de prêts ou
    d’avals, dans les conditions fixées par le
    congrès ;
    17° Se prononce sur les projets ou
    propositions de loi du pays ou sur les
    projets de délibération du congrès ou
    d’une assemblée de province, relatifs aux
    mines, mentionnés aux III e et IVe de l’article
    42 ;
    18° Prépare la codification des lois du
    pays et de la réglementation édictée par la
    Nouvelle-Calédonie.

    Le président du gouvernement
    représente la Nouvelle-Calédonie.
    Il intente les actions et défend l’institution
    devant les juridictions, au nom de la
    Nouvelle-Calédonie.
    Il dirige l’administration de la Nouvelle
    Calédonie et nomme aux emplois publics
    de la Nouvelle-Calédonie, sous réserve des
    dispositions de l’article 132. Il est ordonnateur
    des dépenses et prescrit l’exécution des
    recettes de la Nouvelle-Calédonie. Il signe
    tous les contrats au nom de celle-ci.
    Il peut déléguer en toute matière sa signature
    au secrétaire général, aux secrétaires
    généraux adjoints, aux directeurs, aux
    directeurs adjoints, aux chefs de service et
    aux chefs de service adjoints ainsi qu’aux
    agents publics occupant des fonctions au
    moins équivalentes.
    Le président du gouvernement assure dans
    les quinze jours la publication au Journal
    officiel de la Nouvelle-Calédonie des
    actes ressortissant à la compétence des
    institutions de la Nouvelle-Calédonie.
    Le président du gouvernement présente
    chaque année devant le congrès :
    Lors de la première session ordinaire,
    un rapport sur la situation de la Nouvelle
    Calédonie et l’état des différents services
    publics, y compris délégués, ainsi qu’un
    rapport sur l’état des participations de la
    Nouvelle-Calédonie au capital de sociétés et
    sur l’activité de celles-ci ;
    Lors de la session budgétaire, un rapport
    sur l’activité du gouvernement pendant
    l’année écoulée et sur le programme de
    travail de la session.
    Le président du gouvernement transmet au
    congrès sans délai toute décision relative à la
    nomination des directeurs d’établissements
    publics de la Nouvelle-Calédonie et des
    représentants de la Nouvelle-Calédonie
    aux conseils d’administration et conseils de
    surveillance des sociétés d’économie mixte.
    (Article 136-1)

    Les compétences de l’Etat
    Extrait de la loi organique modifiée par la loi
    organique n°2009-969 du 3 août 2009
    I. L’État est compétent dans les
    matières suivantes :
    Nationalité ; garanties des libertés
    publiques ; droits civiques ; régime électoral ;
    Justice, organisation judiciaire,
    organisation de la profession d’avocat,

    frais de justice pénale et administrative ;

    procédure pénale et procédure administrative
    contentieuse ; commissions d’office et
    service public pénitentiaire ;
    Défense nationale ;
    Matériels de guerre, armes et munitions,
    poudres et substances explosives ;
    Monnaie, crédit, changes, relations
    financières avec l’étranger et le Trésor ;
    Desserte maritime et aérienne entre la
    Nouvelle-Calédonie et les autres points
    du territoire de la République ; liaisons et
    communications gouvernementales, de
    défense et de sécurité en matière de postes
    et télécommunications ; réglementation des
    fréquences radioélectriques ; statut des
    navires ; immatriculation des aéronefs ;
    Réglementation relative aux matières
    mentionnées au 1° de l’article 19 du décret
    n° 54-1110 du 13 novembre 1954 portant
    réforme du régime des substances minérales
    dans les territoires d’outre-mer, ainsi qu’aux
    installations qui en font usage ;
    Fonction publique de l’État ;
    Contrats publics de l’État et de ses
    établissements publics ;
    10° Règles relatives à l’administration
    des provinces, des communes et de leurs
    établissements publics, contrôle de légalité
    des provinces, des communes et de leurs
    établissements publics et régime comptable
    et financier des collectivités publiques et de
    leurs établissements publics, sous réserve
    de l’article 27 ;
    11° Contrôle budgétaire des provinces,
    des communes et de leurs établissements
    publics ;
    12° Exercice, hors des eaux territoriales,
    des compétences résultant des conventions
    internationales, sous réserve des dispositions
    du 10 de l’article 22 relatives aux ressources
    de la zone économique exclusive ;
    13° Recensement général de la population ;
    14° Lutte contre la circulation illicite et le
    blanchiment des capitaux, lutte contre le
    financement du terrorisme.

    L’État est également compétent dans les
    matières suivantes, sous réserve, le cas
    échéant, de l’application des dispositions
    mentionnées aux articles 28 à 38 :
    Relations extérieures ;
    Conditions d’entrée et de séjour des
    étrangers ;
    Maintien de l’ordre ;
    Sûreté en matière aérienne ;
    Droit pénal, sous réserve des dispositions
    prévues aux articles 86, 87, 88 et au
    deuxième alinéa de l’article 157 ;
    Communication audiovisuelle ;
    Enseignement supérieur et recherche ;
    Collation et délivrance des titres et
    diplômes, sous réserve des dispositions du
    2° de l’article 22.
    Le haut-commissaire de la
    République
    Le haut-commissaire est nommé par décret
    du président de la République délibéré en
    conseil des ministres. Il veille à l’exercice
    régulier de leurs compétences par les
    institutions de la Nouvelle-Calédonie et des
    provinces et à la légalité de leurs actes.
    À compter du transfert de la compétence en
    matière de sécurité civile (le 1 er janvier 2014),
    le haut-commissaire peut prendre, dans
    tous les cas où il n’y aurait pas été pourvu
    par les autorités de la Nouvelle-Calédonie,
    toutes mesures nécessaires visant à assurer
    la sécurité civile.
    Ce pouvoir ne peut être exercé par le haut
    commissaire qu’après mise en demeure
    adressée aux autorités de la Nouvelle
    Calédonie restée sans résultat.
    À défaut de publication dans un délai de
    quinze jours des actes ressortissant à la
    compétence de la Nouvelle-Calédonie e
    des provinces, le haut-commissaire en
    assure sans délai la publication au Journa
    officiel de la Nouvelle-Calédonie.
    À la demande du congrès ou des assem
    blées de province, les autorités administra
    tives indépendantes et les établissements
    publics nationaux apportent leur concours
    à l’exercice par la Nouvelle-Calédonie ou
    par les provinces de leurs compétences
    Les modalités de ce concours sont fixées
    par des conventions passées entre l’État
    ses établissements ou ses autorités et la
    Nouvelle-Calédonie ou les provinces. Ces
    conventions sont transmises pour informa
    tion au haut-commissaire.

    L’administration de la
    Nouvelle-Calédonie
    Le gouvernement organise et gère
    l’administration de la NouvelleCalédonie.
    L’organisation des services fait l’objet d’un
    débat préalable à la nomination du secrétaire
    général et des directeurs généraux des
    services. Conformément à l’article 127, 8 de
    la loi organique, elle est fixée par un arrêté du
    gouvernement.
    Le gouvernement nomme et révoque les
    directeurs et chefs de services de Nouvelle Calédonie

    et les directeurs d’office ou
    d’établissement public. Ces emplois sont à
    sa décision.
    Secrétaire Général
    Secrétaire
    Général Adjoint
    (moyens, économies et finances)
    Direction
    des Affaires
    Administratives
    Service
    Météorologie
    Service de la
    Marine Marchande
    et des Pêches
    Maritimes
    Direction Régionale
    des Douanes
    Direction de
    l’Aviation Civile
    Service
    des Archives
    Service des Musées
    et du Patrimoine
    Direction
    des Affaires
    Juridiques
    Direction des
    Affaires Sanitaires
    et Sociales
    Direction
    de la Jeunesse
    et des Sports
    Direction des
    Affaires Vétérinaires
    Alimentaires et
    Rurales
    Direction du Budget
    et des Affaires
    Financières
    Direction
    du Travail et
    de l’Emploi
    Direction des
    Infrastructures de la
    Topographie et des
    Transports Terrestres
    Direction des
    Services Fiscaux
    Direction de
    l’Enseignement
    de la
    Nouvelle-Calédonie
    Direction des
    Ressources Humaines
    et de la Fonction
    Publique Territoriale
    Direction
    de la Formation
    Professionnelle
    Conitnue
    Direction des
    Technologies et
    Services de
    l’Information
    Direction
    des Mines et de
    l’Energie
    Direction de la
    Culture, de la
    Condition Féminine
    et de la Citoyenneté
    Direction
    des Affaires
    Économiques
    Secrétaire
    Général Adjoint
    (aménagement et développement et
    affaires sanitaires, sociales et rurales,
    culture et affaires coutumières)
    Transfert
    de Compétences
    Secrétaire
    Général Adjoint
    (emploi, formation, jeunesse et sport)
    Secrétaire
    Général Adjoint
    (établissements publics de la
    Nouvelle-Calédonie)
    12
    Les lois, les délibérations,
    les arrêtés…
    comment ça marche ?
    Le gouvernement est l’exécutif collégial des
    institutions néo-calédoniennes. Il applique la
    politique voulue par le congrès dans le cadre
    des transferts de compétences prévus par
    l’accord de Nouméa (article 22).
    Le gouvernement prépare et exécute
    les délibérations du congrès et de sa
    commission permanente. Il arrête les projets
    de délibérations et les projets de lois du pays
    qui sont soumis à l’examen et au vote du
    congrès.
    Adoption des actes du congrès
    Selon la nature de l’acte voté par le congrès,
    la majorité requise pour son adoption diffère :
    - les délibérations sont votées à la majorité
    simple ;
    - les lois du pays sont votées à la majorité
    absolue des membres composant le
    congrès (soit 28 voix) ;
    - la majorité qualifiée des 3/5e est
    requise pour certains actes (transferts de
    compétences, détermination des signes
    identitaires permettant de marquer la
    personnalité de la Nouvelle-Calédonie aux
    côtés de l’emblème national, modification de
    son nom, fixation de la date de la consultation
    sur l’accession à la pleine souveraineté.

    Le congrès
    et ses attributions
    Le congrès vote les textes…
    Assemblée délibérante de la NouvelleCalédonie, le congrès a pour vocation de
    voter des délibérations et les lois du pays
    qui lui sont soumises. Il partage, avec le
    gouvernement de la Nouvelle-Calédonie,
    l’initiative des textes.
    Le congrès est le législatif de la NouvelleCalédonie. Le gouvernement est l’exécutif
    de la Nouvelle-Calédonie.
    Le congrès est également consulté pour avis
    par le gouvernement de la République.
    … élit le gouvernement…
    Le congrès est la première institution de
    la Nouvelle-Calédonie tel que l’a défini la
    loi organique du 19 mars 1999. Elus par
    les citoyens inscrits sur la liste électorale
    spéciale, les membres du congrès,
    émanation du peuple, prennent en son nom
    les décisions importantes le concernant.
    Le congrès élit le gouvernement de la Nouvelle-Calé-
    donie, lequel est responsable
    devant lui

    Le congrès de la Nouvelle-Calédonie
    comprend 54 membres, issus des trois
    assemblées de province (15 membres
    pour la province nord, 32 pour la province
    Sud et 7 pour les Îles Loyauté), élus pour
    une durée de 5 ans. Ils portent le nom de
    conseillers de la Nouvelle-Calédonie.
    … et contrôle l’action du
    gouvernement
    Par le biais de questions orales ou écrites, le
    congrès peut demander au gouvernement
    de s’expliquer sur sa politique. Les membres
    du congrès peuvent poser en séance des
    questions orales relatives aux affaires de la
    Nouvelle-Calédonie.
    Ces questions doivent donner lieu à un texte
    écrit. Le représentant du gouvernement
    répond à la question lors d’une séance du
    congrès.
    Les membres du congrès peuvent
    également poser des questions écrites.
    Elles sont transmises par le président du
    congrès au président du gouvernement de
    la Nouvelle-Calédonie qui doit répondre
    dans un délai d’un mois. Une séance par
    session est réservée aux questions des
    membres du congrès au gouvernement.

    Les commissions intérieures
    Le congrès de la Nouvelle-Calédonie
    comprend douze commissions intérieures
    dont les membres sont renouvelés tous les
    ans.
    Chaque commission a un domaine de
    compétences particulier, fixé par le règlement
    intérieur du congrès. Elle comprend 11
    membres. Sa composition doit s’efforcer de
    respecter la représentativité des différents
    groupes et partis siégeant au congrès. Le
    congrès peut aussi se doter de commissions
    spéciales (signes identitaires, fiscalité, etc.).
    > Commission des finances et du budget
    > Commission de la législation et de la
    réglementation économique et fiscale
    > Commission de la législation et de la
    réglementation générale
    > Commission de l’organisation
    administrative et de la fonction publique
    > Commission des infrastructures publiques
    et de l’énergie
    > Commission de l’organisation des
    transports et de la communication
    > Commission du travail et de la formation
    professionnelle
    > Commission de la santé et de la protection
    sociale
    > Commission des sports
    > Commission de l’agriculture et de la pêche
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    la réglementation relatives aux affaires
    coutumières
    Le Congrès et ses attributions
    ce-présidents
    s d’absence ou d’empêchement du
    ent, l’un des vice-présidents peut être
    à remplacer le président.
    uesteurs
    mbre de deux, ils sont élus par leurs
    ues, s’occupent de la gestion du
    ès et aident le président à préparer le
    t du congrès.
    ecrétaires
    ecrétaires assistent le président dans
    isation des débats et pendant les
    s. C’est aussi l’un d’eux ou le secrétaire
    al qui fait l’appel des conseillers en
    de séance.

    Les organes consultatifs :
    le Sénat Coutumier,
    le Conseil Economique
    et Social, les Chambres
    Consulaires
    En fonction des secteurs concernés par
    les projets ou propositions de loi, le texte
    est soumis à l’avis d’un certains nombre
    d’organes consultatifs, lesquels donnent leur
    avis au gouvernement :
    Le Sénat coutumier
    Le sénat coutumier est composé de seize
    membres élus pour un mandat de 5 ans
    et désignés par chaque conseil coutumier,
    selon les usages reconnus par la coutume
    à raison de deux représentants par aire
    coutumière.
    Le Sénat coutumier est obligatoirement
    consulté sur les projets de délibérations de
    la Nouvelle-Calédonie ou d’une province
    « intéressant l’identité kanak », au sens de
    l’accord de Nouméa. En cas de désaccord
    du sénat coutumier, c’est le congrès de la
    Nouvelle-Calédonie qui statue définitivement.
    Par ailleurs, il dispose de la faculté de saisir
    le gouvernement ou une province de toute
    proposition intéressant l’identité kanak.
    Un nouveau président est désigné chaque
    année, au mois d’août ou septembre,
    en fonction du principe de la présidence
    tournante entre les huit aires coutumières.
    Le sénat coutumier est aussi représenté
    dans certaines institutions et établissements
    publics tels que le conseil économique et
    social, le comité consultatif des mines…

    Le Conseil économique et social
    Le conseil économique et social est une
    institution consultative de la NouvelleCalédonie qui assure la représentation des
    forces vives calédoniennes dans toute leur
    pluralité.
    Composé de 39 membres, il est consulté
    sur les projets et propositions de loi du pays
    et de délibération de la Nouvelle-Calédonie,
    du congrès, à caractère économique et
    social. Il est ainsi saisi par le président du
    gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
    pour les projets et par le président du
    congrès pour les propositions. En outre,
    les assemblées de province et le sénat
    coutumier peuvent également le consulter.
    L‘institution dispose d’un
    délai d’un mois pour donner
    son avis, ramené à quinze
    jours en cas d’urgence.
    Les Chambres consulaires
    Les Chambres consulaires sont représentées
    par : la Chambre de métiers et de l’artisanat,
    la Chambre de Commerce et d’Industrie et la
    Chambre d’Agriculture.

    Les compétences des
    provinces et des communes
    La Nouvelle-Calédonie est découpée en trois
    collectivités appelées « provinces ». Elles ont
    le statut de collectivités territoriales de la
    République et regroupent 33 communes au
    total.
    Les provinces ont été créées à la suite des
    accords de Matignon par la loi référendaire
    du 9 novembre 1988.
    Leur organisation, leur fonctionnement et
    leurs attributions sont désormais fixés par
    les dispositions de la loi organique du 19
    mars 1999, traduction juridique de l’accord
    de Nouméa signé le 5 mai 1998.
    L’article 20 de la loi organique de 1999 précise
    que : « chaque province est compétente
    dans toutes les matières qui ne sont pas
    dévolues à l’État ou à la Nouvelle-Calédonie
    par la présente loi, ou aux communes
    par la législation applicable en NouvelleCalédonie ».
    Elles sont au centre du dispositif
    institutionnel suite à la signature des accords
    de Matignon en 1988, l’article 2 du texte
    déclarant clairement : « l’administration et
    le développement du Territoire fédéral de la
    Nouvelle-Calédonie sont organisés dans le
    cadre des trois provinces ».
    Elles ont chacune reçu une compétence
    de « droit commun », ce afin d’avoir les
    moyens d’être l’élément moteur de la
    nouvelle organisation du Territoire. Pour ce
    faire, elles disposent d’un champ d’action
    particulièrement vaste et conséquent.

    images

     

TOOTS HIBBERT (TOOTS AND THE MAYTALS) 15 09 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 14 h 21 min

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 festival rock dans tous ses états 2004 photos Squale

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Ayant appris récemment le décès de Toots Hibbert leader du groupe Toots and The Maytals. C’est tout naturellement que nous lui avons consacré une émission. Que vous pouvez retrouver sur

http://mixcloud.com/skuale/

 

http://mixcloud.com/radiolibertaire/ 

En seconde partie l’actu de la semaine

Mort du musicien jamaïcain Toots Hibbert, apôtre du reggae

Le chanteur du groupe The Maytals est mort vendredi à Kingston, capitale de la Jamaïque, à l’âge de 77 ans.

Avec son groupe Toots & the Maytals, il était l’un des premiers à avoir utilisé le mot « reggae », qui donna son nom au célèbre style musical. Le musicien jamaïcain Frederick Nathaniel Hibbert, dit « Toots », est mort vendredi 11 septembre à Kingston à l’âge de 77 ans, a annoncé sa famille. Il avait été plongé dans un coma artificiel depuis le début du mois, après avoir été admis à l’hôpital en raison de problèmes respiratoires.

Né en 1942 à May Pen, en Jamaïque, multi-instrumentaliste, songwritter et showman, Toots était considéré comme le plus grand chanteur de reggae vivant. Après la mort de ses parents, dès son adolescence, il s’installe dans le quartier de Trench Town, à Kingston, où la scène musicale locale est alors florissante, passant des fêtes de rue aux studios d’enregistrement et attirant de futures stars telles que Bob Marley ou Desmond Dekker. En 1962, il forme The Maytals avec Henry « Raleigh » Gordon and Nathaniel « Jerry » Mathias. Rapidement repérés par le producteur de disques jamaïcain Sir Coxsone, ils signent chez le célèbre label Studio One et gagnent en popularité.

Alors qu’à l’époque, le ska est la musique la plus populaire en Jamaïque, The Maytals s’orientent vers le rocksteady, une musique au rythme plus lent et donnant plus de place au chant et aux claviers.

En 1968, le groupe sort Do the Reggay, chanson qui restera largement reconnue comme celle qui donna son nom au genre musical. « Quand une fille n’était pas très jolie ou qu’elle n’était pas très bien habillée, on avait l’habitude de dire qu’elle était “streggay”. Un jour, je jouais et je ne sais pas pourquoi mais j’ai commencé à chanter : “Do the reggay, do the reggay” – c’est sorti comme ça », expliquait-il au Daily Star en 2012. « J’aurais peut-être pu l’appeler « streggay » si j’avais réfléchi plus longtemps. Ce serait quelque chose, si tout le monde dansait sur de la musique streggay. »

Figure centrale du reggae avec son groupe The Maytals, même s’ils furent éclipsés par Bob Marley & The Wailers, le chanteur Frederick Nathaniel – dit « Toots » – Hibbert est mort vendredi 11 septembre à Kingston, en Jamaïque. Agé de 77 ans, il avait été admis cet été à l’hôpital pour difficultés respiratoires et avait été plongé dans le coma.

A tout seigneur tout honneur. Toots Hibbert est en effet tenu non pas pour « l’inventeur » du mot reggae, mais certainement comme celui qui l’a pour la première fois employé dans une chanson avec Do the Reggay, en 1968. Ce terme de patois jamaïcain est alors apparu pour qualifier cette « nouvelle danse qui se répand en ville », comme le chante Toots Hibbert. Do the Reggay est un rocksteady, le genre alors dominant dans l’île, héritier du ska, dont il a considérablement ralenti le tempo. Et le chaînon vers ce reggae qui déferlera sur la planète après la découverte de la bande-son du film The Harder They Come (1972)qui comporte deux titres des Maytals, Sweet and Dandy et Pressure Drop.

Timbre chaud et rauque

Plus intéressantes que ce titre de gloire, qui avait déjà établi la postérité de Toots Hibbert, sont ses capacités vocales. Il fut un des plus vibrants et éloquents chanteurs jamaïcains, avec un timbre chaud et rauque, plein de dynamisme et de joie de vivre, très proche de ceux des shouters du rhythm’n’blues, à commencer par Otis Redding et Wilson Pickett. Lui-même citait Ray Charles comme un modèle. Il rendit hommage à ces cousins d’Amérique en 1988 avec l’album Toots in Memphis (1988).

Ce qui n’est guère surprenant, car à l’instar des soulmen, le garçon, né le 8 décembre 1942 dans la communauté rurale de May Pen (à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Kingston), avait été formé à la meilleure des écoles de chant populaire, celle du gospel. Ce huitième enfant d’une famille adventiste fut tôt brisé par le malheur, orphelin de mère à l’âge de 8 ans, puis de père trois ans plus tard, et dût partir gagner sa vie dans la capitale.

Il travaille dans un salon de coiffure dans le quartier de Trenchtown, épicentre des révolutions musicales de l’île, quand il rencontre en 1962, année de l’indépendance de la Jamaïque, les deux autres membres de ce qui formera The Maytals, Ralphus « Raleigh » Gordon et Nathaniel « Jerry » Matthias. Le trio vocal publie ensuite quelques singles enregistrés dans le réputé Studio One de Coxsone Dodd, accompagnés par les non moins fameux Skatalites. Tout semble lui sourire quand, en 1966, Bam Bam remporte un concours national de chansons. Mais l’année suivante, Toots Hibbert est arrêté pour possession de ganja. Il passera sept mois derrière les barreaux, contretemps qui lui inspira la chanson 54-46 That’s My Number, dont la suite « libérée », logiquement titrée 54-46 Was My Number, est devenue un standard du reggae.

 

Toots Hibbert, dernier d’une famille de sept enfants, est né en Jamaïque à May Pen dans la paroisse de Clarendon et a grandi en chantant du gospel dans la chorale d’une église baptiste. Adolescent, Toots Hibbert s’installe à Kingston au début des années 1960, il rencontre Raleigh Gordon et Jerry Matthias et ensemble ils forment “ The Maytals ”. Puis en 1962, ils sortent leur premier disque de ska chez Studio One. En 1966, ils remportent le festival jamaïcain de concours de chant avec Bam Bam : ils sont alors considérés comme l’un des plus grands groupes vocaux de la Jamaïque et enregistrent avec des producteurs tels que Coxsone DoddPrince BusterByron Lee et Leslie Kong. Ils remportent le titre deux autres fois avec des chansons écrites par Hibbert : en 1969 avec Sweet and Dandy et en 1972 avec Pomps & Pride.

Fin 1966, Frederick « Toots » Hibbert est emprisonné pour détention de marijuana durant dix-huit mois. C’est alors qu’il porte le matricule 54-46. Il en fera un tube dès sa sortie de prison, 54 46 That’s my number. Quelque temps plus tard, il sort le titre Do the Reggay : même si l’orthographe n’est pas celle du genre musical, il est le premier à utiliser le mot « reggae ». Matthew Sherman précise ainsi : « Le reggae était né. Toots annonça ce nouveau son avec le titre précurseur Do the Reggay. (…) Toots ne pouvait pas se tromper en enregistrant pour Leslie Kong. Avec les Beverley’s All-Stars (Jackie Jackson, Winston Wright, Hux Brown, Rad Bryan, Paul Douglas et Winston Grennan), noyau de musiciens constant et la brillante harmonie des Maytals… » 

Le premier album de Toots and the Maytals distribué par le label Island Records de Chris Blackwell fut Funky Kingston. Le critique musical Lester Bangs décrivit l’album dans Stereo Review comme « la perfection, l’ensemble le plus passionnant et diversifié de chansons de reggae par un artiste… » Chris Blackwell a entretenu un fort engagement envers Toots and the Maytals.  Il a dit : « Je connais Toots depuis plus longtemps que n’importe qui – bien plus longtemps que Bob (Bob Marley). Toots est un des êtres humains les plus purs que j’ai rencontré dans ma vie, pur presque à l’excès

L’influence de la musique soul, ou rhythm’n'blues, mais plutôt côté « Stax » que « Motown » a toujours été nette dans sa musique : il suffit de constater le nombre de ses reprises de Otis Redding, Ray Charles, The Neville Brothers, ou même Van Morisson, etc. L’influence est, dans de nombreux titres, évidente. F. Hibbert ne s’en cache d’ailleurs pas : voir les titres : Reggae Got SoulToots in Memphis.

En 1980, son disque Live, enregistré en concert, est mixé et pressé dans la nuit : il est sorti et vendu le lendemain du concert dans les magasins à Londres. F. Hibbert se sépare de Jerry et Raleigh en 1982, ce qui annonce la fin des Maytals d’origine ; mais Toots a malgré tout gardé le nom : les Maytals sont à présent les musiciens de Toots (qui en change souvent).

 xxie siècle

Toots Hibbert est encore actif et sort régulièrement de nouveaux disques notamment le très remarqué True love, album de duos avec Ben HarperShaggyEric ClaptonKeith Richards et bien d’autres

Il fait toujours de nombreuses tournées à travers le monde et son groupe a remporté le Grammy du meilleur album de reggae en 2004.

En 2005, Willie Nelson a sorti un album de reggae intitulé “Countryman” auquel Hibbert a participé sur la chanson “I’m a Worried Man”. Hibbert a également participé au clip officiel de “I’m a Worried Man” de Willie Nelson, qui a été filmé en Jamaïque.

En 2006, Toots participe à l’album Radiodread des Easy Star All-Stars, où il chante une reprise du titre Let Down issu de l’album OK Computer de Radiohead, repris intégralement par ce collectif reggae.

En 2007, Toots Hibbert a figuré dans la sortie officielle de la vidéo du concert de “ Willie Nelson and Friends – Outlaws & Angels ”.

En 2007, il a signé le duo Adieu Haïti avec le chanteur français Raphael

En 2009, Toots Hibbert collabore avec le producteur exécutif Malik Al Nasir de MediaCPR et Sidney Mills de Steel Pulse, qui a produit l’album du percussionniste jamaïcain Larry McDonald, Drumquestra. Son titre s’appelle « What about the Children ? », et est accompagné d’un clip tourné à New York. La même année il a également chanté avec le groupe de reggae de l’Iowa Public Property sur leur album Work to Do.

Toots Hibbert a également été juge pour les 10e Independent Music Awards pour soutenir les carrières des artistes indépendants. 

Toots Hibbert a collaboré avec le groupe de southern rock/blues, JJ Grey & MOFRO de Jacksonville en Floride. Il apparaît sur leur chanson, « The Sweetest Thing » sur leur album Georgia Warhorse.

Toots Hibbert est apparu dans le documentaire de 2011 “Reggae Got Soul: The Story of Toots and the Maytals” / “Le reggae a de l’âme: l’histoire de Toots and the Maytals” qui a été diffusé sur la chaîne BBC et a été décrit comme “l’histoire jamais racontée de l’un des artistes les plus influents à avoir jamais émergé de Jamaïque”. Le documentaire inclut Marcia GriffithsJimmy CliffBonnie RaittEric ClaptonKeith RichardsWillie Nelson, Anthony DeCurtis, Ziggy MarleyChris BlackwellPaolo NutiniPaul DouglasSly Dunbar, et Robbie Shakespeare

Toots Hibbert a rejoint les Red Hot Chili Peppers pour une interprétation de « Louie Louie » pendant leur concert du 31 décembre 2011 organisé par le milliardaire russe Roman Abramovich à Saint-Barthélemy. L’entrée était sur invitation uniquement et environ 300 invités dont George Lucas, Martha Stewart, Marc Jacobs et Jimmy Buffet assistèrent à la fête dans la propriété d’Abramovich d’une valeur de 90 millions de dollars.

En mai 2013, Toots Hibbert a été blessé à la tête après avoir été atteint par une bouteille lancée pendant un concert au River Rock Festival de Richmond, le forçant à annuler plusieurs mois de concerts. La bouteille avait été lancée par William C Lewis. Lewis faisait face à une condamnation pour blessure malveillante mais il plaida coupable pour des charges moindres. Malgré une lettre de Toots au juge dans laquelle il plaidait, « C’est un jeune homme, et j’ai entendu parler de ce qui arrive aux jeunes hommes en prison. Ma propre peine et souffrance serait accrue de savoir que ce jeune homme pourrait connaître ce sort », le juge condamna Lewis à six mois de prison.

Toots and the Maytals ont été cités comme inspiration par d’autres musiciens quand il s’agit de la longévité de carrière. L’artiste jamaïcain Sean Paul explique ceci en disant: « J’ai vu des gens formidables dans mon industrie, vous savez, des gens comme Toots … Toots and the Maytals. Toots, c’est un grand artiste de reggae et il est toujours actif… Il est là depuis des années et il est actif. Ce genre d’artistes m’inspirent. Je sais que je vais continuer à faire de la musique aussi longtemps que je peux»

Le 25 juillet 2018, Toots and the Maytals ont joué leur nouvelle chanson « Marley », un hommage à Bob Marley, en live pour la première fois lors de The Tonight Show Starring Jimmy Fallon

Le 26 juillet 2018, Rolling Stone s’est associé à YouTube Music pour « The Rolling Stone Relaunch » pour célébrer la refonte du magazine et du site web, en plus du récent lancement de YouTube Music. Il marque le début d’un accord de partenariat entre Rolling Stone et YouTube Music, fournissant des contenus numériques exclusifs et des expériences artistiques pour les utilisateurs. L’événement, tenu à Brooklyn, a accueilli 500 initiés de l’industrie de la musique et présenté une performance musicale de Shawn Mendes. La soirée s’est terminée par une performance spéciale par Toots and the Maytals, dont le chanteur Toots Hibbert a été nommé par Rolling Stone comme un des 100 plus grands chanteurs. Le concert a été filmé pour la série nommée aux Emmy Awards « Live from the Artists Den »

En août 2020, Toots Hibbert est admis en soins intensifs à l’hôpital, puis plongé dans un coma artificiel, à la suite de « complications respiratoires » et une suspicion de Covid 19. Il meurt brutalement le 11 septembre 2020, quelques jours seulement après des rumeurs évoquant déjà sa mort, et démenties dans la foulée par la ministre de la culture jamaïcain. Toots Hibbert venait juste de sortir un album Got to be Tough qui signait le retour attendu du mythique groupe Toots and The Maytals, et il donnait encore des concerts en janvier 2020

Les prémices de la musique en Jamaique

 

Le Mento

A la fin du XIX, un style de musique jamaïcain commence à émerger, il s’agit du Mento. Ses origines sont à la fois africaines et européennes. Cette musique fut dans un premier temps importée par les planteurs blancs dans les Caraïbes. Elle a ensuite envahit les zones rurales de la Jamaïque et rayonne dans les Caraïbes en général. Le mento mobilise des instruments tels que le banjo, la guitare, la flûte, des percussions, un piano, un saxophone de bambou ou encore un violon.  Les textes des morceaux de mento font référence à des critiques de la société, de la politique ou des textes qui parlent d’amour.

Harry Belafonte Jamaica Farewell, repris par Daddy Nuttea dans les années 90.

L’introduction du R&B en Jamaïque

Le jazz et le rhythm & Blues apparaissent en Jamaïque au cours de la seconde guerre mondiale. Ce sont les soldats américains qui ont contribué à faire découvrir ces nouveaux styles aux jamaïcains. La Jamaïque est un pays pauvre avec des écarts de richesse très élevés entre riches et pauvres. La plupart des habitants de l’île n’ont pas les moyens de s’acheter des enregistrements.

A partir des années 50’s, pour faire découvrir les morceaux à une masse importante de jamaïcains, les maisons de disque locales ont eu l’idée d’équiper un van d’un transistor afin de diffuser les sons dans les endroits publics. C’est l’apparition des fameux Sound System jamaïcains. Ils sont animés par un « selekter » ou Disc Jockey. Contrairement aux DJ de musique électronique, ils ne se contentent pas de diffuser les morceaux mais parlent également en rythme sur les morceaux qu’ils passent. Dès le départ, le DJ ou le Toaster devient un élément indispensable à tout évènement musical jamaïcain.

Les selecters se livrent à une concurrence sans merci pour rassembler le plus de personnes possibles. Ils tentent d’obtenir des exclusivités pour se démarquer les uns des autres. A cette époque, on dénombre notamment quatre grands selecters, King Edwards, Clément Coxsone qui sera le fondateur du magique Studio One, Prince Buster et Duke Reid. Ils passent du swing, du boogie, du jazz, du rhythm and blues. Ces courants musicaux vont également être le moteur du premier style de musique inventé par les Jamaïcains, le Ska.

Le caractère fortement marqué live explique que les premiers enregistrements de morceaux n’interviendront qu’à la toute fin des années 60’s. L’un des tous premiers morceaux de Sound System enregistré est celui de King Stitt, le titre se nomme Fire Corner. Il ne chante pas encore mais parle bien en rythme.

A partir de 1958, les premiers artistes de jazz et de R&B Jamaicains font leur apparition et sont enregistrés par des petits producteurs locaux. On peut citer par exemple le morceau « Muriel » d’Alton et Eddy. Un morceau à la croisée des chemins entre mento jamaïcain, rhythm and blues et jazz. Les textes oscillent notamment entre balades et chansons d’amour.

Le boogie woogi est également un son qui cartonne en Jamaique. On peut notamment citer le morceau de Bill Doggett, Honky Monk

Un nouveau rythme apparait, le shuffle jamaicain, mélange de musique mento, latines, gospell et R&B.

Easy Snappin – Theophilus Beckford

Au niveau des instruments, on trouve batterie, cuivres dont le saxophone est le plus répandu. Les chanteurs disposent de voix très puissantes. Le R&B est une source d’influence créative pour de nombreux musiciens. Il est à l’origine de l’émergence du style Rock’n Roll. Néanmoins, ce style va rapidement s’effacer au profit du rock des Rolling Stones, ou de la Soul de James Brown. En revanche, il serait un véritable contre-sens de confondre le Rhythm and Blues d’origine avec le RnB français qui n’a absolument rien à voir, puisque ce dernier est un dérivé du rap.

 

Ska/Rocksteady, l’identité musicale jamaïcaine se forge petit à petit

 

Le ska

En 1960, le Rhythm and Blues Shuffle va connaitre une révolution majeure. En effet, le rythme syncopé du boogie habité par le contretemps va se renforcer, pour devenir le socle de la future musique inventée en Jamaïque, le ska. A la suite de la mort du célèbre jazzman jamaïcain, Eric Dean, son groupe deviendra le groupe d’enregistrement attitré du studio d’enregistrement de Clément Coxsone Dodd, fondateur du très renommé Studio One. Le batteur Lloyd Knibb, futur membre de la formation des Skatalites, décida de modifier encore le rythme du shuffle. Celui-ci devient un quatre temps, encadré par la guitare, le clavier et les cuivres. Les morceaux ne sont pas forcément vocaux mais font danser toute l’île de la Jamaïque au cours des sound system.  Le nouveau rythme sera baptisé Ska, mélange de jazz, chants rhythm and blues et woogie shuffle. Au niveau des intruments, c’est un équilibre mélodique entre batterie, cuivres, guitare et contrebasse. En ce qui concernent les textes, ils parlent beaucoup d’amour et les histoires de Gangsters et des mauvais garçons (appelés « rude boy » par les jamaïcains) commencent à émerger

L’indépendance de la jamaique va confier au ska, un puissant rôle identitaire à l’île. C’est la première musique 100% jamaicaine.

Prince Buster est une des principales figures de l’éclosion du ska. Il a participé à sa montée en puissance en produisant des morceaux au sein de sa maison de disque et en assurant sa promotion au cours de ses Sound System. Un des premiers morceaux de ska qui a fait connaitre cette musique hors des frontières jamaïcaines fut le morceau « Al Capone » de Prince Buster, sorti en 1965. Tandis que le premier morceau de ska tout court fut l’œuvre de Millie Small, « My Boblollypop » en 1964. Le ska va largement influencer des artistes anglais à se lancer sur le créneau, à l’exemple de Madness, The Toaster ou the Busters.

Du Ska au Rocksteady

A partir du milieu des 1960’s, le shuffle ralentit encore. Le tempo devient binaire, plus lent avec moins de cuivre et une accentuation du clavier et du chant. Le rocksteady est très influencé par la soul. De nombreux jamaïcains vont ainsi réaliser des reprises à la sauce rocksteady, de morceaux de James Brown, Marvin Gaye ou encore de Steevie Wonder.

Le troisième temps de la mesure est marqué par la caisse claire, qui devient un mouvement caractéristique de la musique jamaïcaine. De nombreux artistes vont émerger durant cette période comme The Ethiopians, Toot’s and the Maytals, The Melodians et bien d’autres.

Le Rocksteady va égaement renforcer la concurrence entre les différents Sound System. La politique et la violence dans les quartiers sensibles vont être au cœur des textes de ce nouveau mouvement. Les mélodies seront concoctées par un ensemble basse, percussions, orgue et batterie. Pour profiter d’une playlist, je vous invite à consulter mon article sur le rocksteady.

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Une militante insoumise indique avoir écopé de 135 euros d’amende pour manifestation interdite car elle portait un sticker du parti, alors qu’elle tentait de rejoindre un rassemblement de gilets jaunes.

Bonjour,

Cassandra, une militante de La France insoumise, s’indigne dans une vidéo publiée samedi sur Twitter d’avoir été verbalisée à tort pour participation à une manifestation interdite. Ce jour-là, à la sortie du métro Invalides dans le VIIe arrondissement de Paris, la jeune femme souhaite emprunter la rue de l’Université qui longe l’Assemblée nationale pour se rendre à la station de métro du même nom, accompagnée de deux amis. «Aujourd’hui, en France, on marche dans la rue pour se rendre à une manifestation, on a la possibilité de perdre 135 euros», déplore la jeune femme dans la vidéo visionnée plus de 190 000 fois et relayée par plusieurs représentants de La France insoumise.

«On se rendait à la manifestation place Saint-Pierre, je portais un autocollant de La France insoumise avec ma veste par-dessus et à l’intérieur de mon sac, j’ai un gilet jaune que je ne portais pas», explique Cassandra dans la vidéo. Peu avant 13 heures, le petit groupe est contrôlé par des CRS. «Ils nous fouillent, ils étaient très sympas. Le sticker et le gilet jaune que j’avais dans le sac ne leur ont absolument pas posé de problème. Ils nous demandent simplement de patienter, car ils doivent demander à leur chef si on peut prendre la rue de l’Université», détaille-t-elle à CheckNews. Après vingt minutes d’attente, Cassandra explique qu’«un monsieur arrive et [lui] dit que c’est 135 euros d’amende pour participation à une manifestation interdite».

La raison ? D’après les explications apportées par le brigadier à Cassandra, la contravention se justifie parce que Cassandra portait un autocollant de La France insoumise, prouvant selon l’agent qu’elle était en train de manifester. «Il me dit que j’ai un sticker de La France insoumise qui n’est pas dissimulé, alors que nous sommes dans une zone interdite de manifestation. « C’est un signe politique distinctif, vous êtes en train de manifester toute seule », en gros», rapporte la militante.

 

Malgré les protestations de la jeune femme qui répète qu’elle n’était pas en train de manifester, le brigadier dresse la contravention. «Il m’a présenté une tablette pour signer. J’ai demandé s’ils allaient m’embarquer si je ne signais pas. Je ne savais pas ce que c’était. Il m’a demandé si je reconnaissais les faits. J’ai répondu que non. Je n’ai donc pas signé. Il m’a dit alors dit que je recevrai l’amende chez moi», explique Cassandra. Un instant inquiétés, ses deux amis n’ont finalement pas été sanctionnés, car «ils n’avaient pas de stickers».

Contactée, la préfecture indique que «toute personne verbalisée peut contester le procès-verbal devant les instances compétentes», sans répondre sur le cas de Cassandra précisément. En tout, 137 verbalisations pour rassemblement dans un périmètre interdit ont été effectuées samedi.

Ce cas de figure n’a rien d’une première. En mars 2019, deux gilets jaunes avaient par exemple été verbalisés pour avoir porté des pulls favorables au référendum d’initiative populaire dans un secteur de Paris où la manifestation était interdite. Les policiers avaient estimé que les vêtements en question étaient des «éléments attestant que le contrevenant est un manifestant».

Le Parisien» a indiqué sur Twitter, au sujet des gilets jaunes, que «seuls 10% des Français déclarent encore les soutenir». Le sondage sur lequel s’appuie le quotidien dit pourtant tout autre chose.

Rentrée des gilets jaunes : «On n’a pas les moyens de vivre, ni de crever»

Par Fanny Guyomard — 12 septembre 2020 à 16:57 (mis à jour à 18:33)

Un millier de personnes s’est retrouvé à la mi-journée sur la place de Wagram à Paris, martelant leur opposition au gouvernement, malgré les contraintes sanitaires imposées par l’épidémie de Covid-19.

Ce samedi, presque deux ans après le début du mouvement et six mois de silence, les gilets jaunes sont encore «bien là». Ces deux mots, ils les chantent, à 10 heures, sur la place parisienne de Wagram (XVIIarrondissement), où l’ambiance est guillerette mais la colère palpable. Les manifestants de la première heure se retrouvent entre accolades et sourires, le masque souvent baissé sur le menton. Et de ces bouches sortent toujours les mêmes revendications, que la crise sanitaire n’a fait qu’attiser : «justice sociale»«plus de démocratie participative»«fin des privilèges», ou encore «droit de manifester», un principe que l’interdiction des rassemblements pour cause de Covid-19 met à mal depuis mars.

Casque avec deux cornes sur la tête – «Parce qu’on nous a traités de « Gaulois réfractaires »» –, Jérôme, 54 ans, a roulé de nuit depuis la Haute-Savoie, où il s’occupe de la remontée des sièges mécaniques dans la station de ski d’Avoriaz. Mais c’est la dernière fois qu’il fera le voyage, car il en appelle, avec d’autres antennes locales, à la fin des manifestations. «On n’est pas entendus, donc il faut changer de méthode : mener au tribunal les ministres pour haute trahison, comme quand Agnès Buzyn a démissionné de son poste à la Santé pour aller à la mairie de Paris en plein Covid !» Autre motif de poursuites, selon lui : la privatisation des «bijoux de famille» comme Aéroports de Paris. Le seul porte-parole qu’il pourrait envisager serait le philosophe Michel Onfray«Mais les politiques, c’est fini», tranche Jérôme, qui n’avait jamais battu le pavé avant le 17 novembre 2018, date du premier rendez-vous des gilets jaunes.

«Il y a soi-disant eu des primes»

Marie, 24 ans, étudiante en droit, reste sceptique sur des poursuites contre les membres du gouvernement. «Ils sont protégés, le jugement serait seulement symbolique», estime celle qui vient de passer ses concours pour entrer dans une école d’avocats. Pour payer ses études, cette Héraultaise vivant à Sète travaille une centaine d’heures par mois comme auxiliaire de vie, pour 900 euros de salaire. Avec un loyer à 600 euros. «Mais j’ai arrêté pendant cinq semaines parce que j’ai attrapé le Covid, et je n’ai pas été indemnisée par la Sécu parce que je n’ai pas assez cumulé d’heures», regrette-t-elle. La jeune femme est une manifestante de la première heure. Depuis, juge-t-elle, le chômage et le coût de la vie n’ont fait que s’aggraver. «Il y a soi-disant eu des primes mais je n’étais pas concernée, et les bourses, je n’en ai pas vu la couleur…»

Seul le prix du carburant a baissé, «grâce au Covid, c’est triste à dire», note Mélanie, 29 ans. Pour ses 50 kilomètres de trajet quotidiens autour de Melun (Seine-et-Marne), celle qui travaille dans le sport automobile dépense 250 euros par mois. Ce samedi matin, le trajet s’est fait sans encombres : pas de périphérique bloqué ou de fouilles pour lui confisquer ses lunettes de plongée, utiles contre le gaz lacrymogène souvent utilisé par les CRS ou gendarmes mobiles. Comme la plupart de ses camarades, Mélanie n’a plus de gilet jaune, car ce serait prendre le risque d’une amende pour rassemblement non autorisé. A la main, elle tient une pancarte «On veut vous voir sur un vélo», moins une ode aux mobilités douces qu’une adresse aux «privilèges des politiques avec chauffeur».

«On n’a pas les moyens de vivre, ni de crever»

L’environnement ? «Bullshit», tacle Stefan, un Néerlandais qui participe pour la première fois au mouvement à Paris. Avec trois amis, il est venu pour défendre la liberté d’expression, ses convictions antimasque («Le masque retient le virus») et climatosceptiques («Le climat change tout le temps»). Plus loin, Marius et celui qui se fait appeler «Jean-Mi» placent, au contraire, la décroissance parmi les priorités. «Il faut décroître, affirment ces trentenaires. On n’a pas besoin de trop d’électricité ou de pétrole. C’est le système politique mondial qu’il faut changer.»

Par quels moyens ? «En donnant plus de pouvoir aux citoyens. Voter pour des gens ne sert à rien, il faut voter pour des projets», avance Jean-Mi. «Mais pour avoir un comportement écolo, faut d’abord en avoir les moyens.» Des propos qui font écho aux racines de la mobilisation des gilets jaunes, d’abord remontés contre le prix des carburants, avant que les revendications ne s’élargissent.

Moun, 53 ans, ne roule pas sur l’or. Cette enseignante à mi-temps gagne avec son mari 2 000 euros par mois. «Mais il faut enlever 1 000 euros pour le logement, ajoute derechef la Parisienne. On n’a pas les moyens de vivre, ni de crever. Même l’incinération coûte cher !», s’exaspère-t-elle. Autour, des manifestants la reconnaissent et la saluent amicalement. Parce que Moun, c’est la femme au parapluie multicolore, qui s’élève au-dessus de la foule. «De toutes les couleurs, parce qu’on se bat pour tout le monde.»

La police dans le viseur

Lorsque Moun a rejoint le mouvement, elle visait principalement les «privilèges», mais aujourd’hui s’est ajoutée la colère envers les policiers, pour celle qui dit avoir subi trois blessures dues à des tirs de LBD (lanceurs de balles de défense). «On ne peut pas rester pacifiques, je suis la première à être grossière quand un représentant m’insulte», lâche-t-elle, la fin de phrase recouverte par des sirènes de police. Des huées émergent de la foule, les insultes fusent.

 «C’est de la pure provoc leurs sirènes, quels gamins», sourit presque Moun. A quelques pas, Aomar, 44 ans, tient à préciser que «tous les policiers ne sont pas mauvais». Lui, que certains appellent le «leader», est déjà passé devant les tribunaux après des manifestations musclées. Habitant Charleville-Mézières, dans les Ardennes, il est arrivé dans la nuit, afin d’éviter les fouilles policières.

A la mi-journée, la foule, un millier de personnes, occupe toute la largeur de l’avenue de Wagram et reprend le slogan devenu habituel : «Tout le monde déteste la police !» Beaucoup ont le regard tourné vers l’Arc de Triomphe, à quelques centaines de mètres de là, solidement protégé par les forces de l’ordre. On entend un bruit de pétard. Et quelques conseils à la volée : «Faites attention à vous !»

Au gré d’affrontements sporadiques entre les manifestants et la police, dans cet arrondissement de l’Ouest parisien, le cortège s’est séparé en plusieurs groupes avec des dizaines de motos de la préfecture de police de Paris à leurs trousses. Des nasses ont aussi été réalisées par les forces de l’ordre au cours de l’après-midi et de nombreuses grenades lacrymogènes ont été tirées. A 18 heures, les autorités annonçaient que 256 personnes avaient été interpellées

Alors que la mobilisation parisienne des «gilets jaunes» se prépare en entretenant un certain flou, le gouvernement martèle que le droit à manifester est encadré. Décryptage des dispositifs législatifs encadrant les manifestations.

 

 Droit de manifester : que dit la loi ?

Une nouvelle journée de mobilisation des «gilets jaunes» se prépare pour samedi. Alors que plusieurs responsables ont appelé à se rendre à Paris samedi pour bloquer la capitale, une autorisation leur a été délivrée pour se rassembler au Champ-de-Mars. Une réponse qui ne convient pas à certains «gilets jaunes», qui réclamaient un rendez-vous place de la Concorde. Le flou est donc entretenu sur le lieu de la mobilisation. L’occasion pour le gouvernement de rappeler que le droit à manifester est strictement encadré.

Qu’est-ce que le droit à manifester ?

Contrairement au droit de grève, la liberté de manifester n’est pas inscrite dans la Constitution. Ce droit est garanti symboliquement par son inscription dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. L’article 10 souligne : «Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.» Il est aussi implicitement garanti par l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme.

Me Jean-Louis Vasseur, avocat au sein du Cabinet Seban & Associés précise : «Aucun texte fondamental n’a consacré le droit de manifester. Le code pénal (article 431-1) réprime toutefois depuis 1994, les personnes se livrant à des actes tendant à entraver de manière concertée, à l’aide de menaces, une manifestation. C’est tout de même le signe de la reconnaissance de la liberté de manifester.»

A-t-on le droit de manifester n’importe où, n’importe quand ?

Le droit à manifester est strictement encadré et laisse peu de place à l’improvisation. Toutes les manifestations sur la voie publique (cortèges, défilés, rassemblements) doivent faire l’objet d’une déclaration préalable au moins trois jours et au maximum quinze jours francs avant la date de la manifestation. Cette déclaration doit être faite en mairie ou en préfecture. A Paris, les modalités sont légèrement différentes. La déclaration doit se faire à la préfecture de police, deux mois (trois en cas de foule importante) avant la mobilisation. Les demandes effectuées plus tardivement sont admises «lorsqu’un événement imprévu, d’envergure nationale ou internationale […] la justifie. L’urgence doit en être dûment motivée».

Pour être valide, la demande doit être signée par au moins trois organisateurs domiciliés dans le département, qui doivent détailler leurs identités et adresses. Le but de la manifestation, la date, l’heure, le lieu, l’itinéraire dans le cas d’un cortège, les mesures de sécurité prévues ou encore une estimation du nombre de participants attendus doivent être indiqués. Même si les autorités compétentes ne s’opposent pas à la mobilisation, elles peuvent exiger des modifications quant aux choix du lieu (comme dans le cas de la manifestation de samedi), du parcours ou des horaires par exemple.

Dans quel cas une manifestation peut-elle être interdite ?

Une manifestation peut être interdite via un arrêté, uniquement en cas de crainte de «troubles graves à l’ordre public», selon l’article L211-3 du code de la sécurité intérieure. Les interdictions sont donc relativement rares. L’avocat souligne : «C’est une notion extraordinaire parce qu’on en fait ce qu’on veut. Il y a risque de troubles à l’ordre public si par exemple il y a déjà eu des affrontements, si la rue est manifestement trop étroite et qu’il va y avoir des heurts avec des voitures sur le parcours.» Les organisateurs ont la possibilité de contester les arrêtés d’interdiction.

Qu’est-ce que l’on risque en faisant une manifestation sans autorisation ?

Des sanctions sont prévues si la manifestation se déroule sans déclaration préalable, mais aussi si cette dernière est incomplète ou inexacte pour «tromper sur l’objet ou les conditions» de la manifestation ou si le rassemblement a été interdit. L’article 431-9 du code pénal prévoit dans ces cas-ci, une peine de six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. Il est toutefois important de spécifier que ces sanctions s’appliquent uniquement aux organisateurs qui se sont signalés lors de la déclaration préalable et à ceux qui ont reçu une notification individuelle. Comme l’a rappelé CheckNews il y a quelques jours, une circulaire de 2016 précise bien que «la simple participation à une manifestation non déclarée ou interdite n’est pas réprimée par ces dispositions qui ne visent que les organisateurs». Les bloqueurs de route pourraient malgré tout se voir reprocher un «délit d’entrave à la circulation».

A partir de combien de personnes rassemblées estime-t-on que c’est une manifestation ?

Deux, trois, cinq personnes brandissant des banderoles peuvent-ils constituer une manifestation non déclarée ? En principe, oui. «Même s’ils sont vraiment très peu, qu’ils empruntent des chemins qui font un peu de trouble à l’ordre public, c’est une manifestation. Il faut donc la déclarer pour que la préfecture soit avertie de la date et prenne ces dispositions. Dans le cas inverse, si on ne se base que sur les textes, une personne, deux, trois qui manifestent sans l’avoir déclaré pourraient tomber sous le coup de l’article 431-9. Mais ça ne sera pas très important», explique Jean-Louis Vasseur. Il ajoute : «On ne peut pas établir un chiffre minimum de manifestants.»

Il existe d’ailleurs un précédent. En 2014, David van Hemelryck, considéré comme un leader du Printemps français (émanation radicale de la Manif pour tous), et deux autres militants étaient poursuivis pour «organisation d’une manifestation non déclarée». Le 30 novembre 2013, sur le parvis des droits de l’homme au Trocadéro à Paris, il avait déployé une banderole sur laquelle était inscrit «Hollande-démission.fr» avant d’être interpellé. Les trois manifestants ont finalement été relaxésLeurs avocats avaient, avant la relaxe, soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (1), arguant que l’article 431-9 ne définit pas ce qu’est une manifestation.

Marlène Thomas

Bonjour,

Vous nous interrogez après la publication d’un sondage réalisé par l’Ifop pour le Parisien sur les gilets jaunes. Sur Twitter, le quotidien indique au sujet de ce mouvement que «seuls 10% des Français déclarent encore les soutenir», provoquant de nombreuses réactions. Certains accusent le journal de déformer la réalité. De fait, les résultats de l’enquête de l’Ifop commandée par le quotidien disent tout autre chose.

D’après un extrait de l’étude publié par l’institut de sondage sur Twitter, 10% des interrogés entre le 3 et le 7 septembre «se sentent gilets jaunes», contre 11% fin mai, et 19% au début du mouvement, en décembre 2018. Toutefois, sans se sentir gilets jaunes, 41% des répondants soutiennent le mouvement. Un chiffre là encore assez stable depuis le début de l’année, voire en légère augmentation par rapport à janvier 2020, même si en baisse par rapport au début du mouvement.

Ainsi, en ajoutant les deux valeurs, on peut affirmer sur la base du sondage que 51% des interrogés se sentent gilets jaunes ou soutiennent encore le mouvement. Loin des 10%, donc.

Parmi les interrogés, enfin, 49% ne se sentent pas gilets jaunes et ne les soutiennent pas. C’est deux points de plus qu’en mai, et peu ou prou autant qu’en janvier et en avril.

 noter que si la formulation erronée du tweet du Parisien n’est pas reprise dans l’article du quotidien, celui-ci reste ambigu dans sa rédaction : «Une étude Ifop que nous dévoilons en exclusivité, relève que seul 1 Français sur 10 se sent proche du mouvement», peut-on lire en préambule de l’article. «Désormais, seul 10% de la population âgée de 18 ans et plus se sentirait proche des gilets jaunes, soit entre 4 et 4,5 millions de personnes. A titre de comparaison, ils étaient 19% dans ce cas en décembre 2018», est-il précisé plus loin.

Une légère majorité soutient encore le mouvement

Or, cette question de la «proximité» avec le mouvement n’est pas posée par l’Ifop. Le sondeur a demandé aux interrogés s’ils se sentaient gilets jaunes (10% ont donc répondu par l’affirmative), ou, bien que ne se sentant pas gilets jaunes, s’ils soutenaient malgré tout le mouvement (41% des répondants ayant répondu oui à cette question). Ce qui peut être interprété comme une forme de proximité.

A noter que l’article du Parisien ne permet pas d’accéder au sondage, ni ne donne l’ensemble de ses résultats.

Malgré les dissolutions répétées, les groupes identitaires lyonnais n’ont de cesse de renaître et de tenter de propager leurs idées, à grand renfort de manifestations et de récupération de faits divers. Dernier épisode en date : samedi, après l’organisation d’un rassemblement «contre l’insécurité», Génération identitaire a rouvert son bar dans le Vieux Lyon.

 

 A Lyon, un écosystème identitaire en évolution constante

Son regain de visibilité date du printemps et a désormais son hashtag : #OnVeutLesNoms. Omniprésente sur les réseaux sociaux, la mouvance identitaire a repris ses aises à Lyon à la faveur de l’épidémie de Covid-19, instrumentalisant des faits divers épars pour justifier ses campagnes de haine raciale et religieuse. «La période lui est très favorable, le confinement a nourri un « confusionnisme » pire qu’avant. C’est encore plus facile pour ces groupuscules de surfer sur les inquiétudes de la population», analyse Alain Chevarin, qui vient de publier Lyon et ses extrêmes droites aux éditions de la Lanterne.

Dernier coup de com fructueux dans la capitale des Gaules : un «rassemblement contre l’insécurité», samedi à 14 heures devant l’ancien palais de justice, dont les collectifs de riverains mobilisés sur le sujet s’étaient rapidement désolidarisés, pointant le rôle en sous-main des identitaires dans son organisation. Non autorisé par la préfecture, il a pourtant pu se dérouler sans entrave

Maintien de l’ordre : de nouveaux outils pour les policiers

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, prend soin des policiers tout en essayant de réduire les blessés chez les manifestants. Les tirs de lanceur de balles de défense, qui restent autorisés, seront désormais soumis à l’accord d’un « superviseur ».

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, chouchoute ses policiers. Il a profité, vendredi 11 septembre, de l’installation officielle de la nouvelle cheffe des CRS, Pascale Regnault-Dubois, pour présenter son nouveau schéma national de maintien de l’ordre. Applaudissements du syndicat majoritaire Alliance.

Menacés de disparition après les polémiques répétées sur les graves blessures occasionnées par cette arme, dénoncés par Jacques Toubon, alors Défenseur des droits, les lanceurs de balles de défense (LBD) sont maintenus. Mais chaque tir sera, désormais, soumis à l’accord d’un superviseur, qui accompagnera le tireur. Une pratique déjà en cours chez les CRS et les gendarmes mobiles.

Une nouvelle grenade de désencerclement

Maintenues également, les grenades de désencerclement, elles aussi accusées d’occasionner des lésions auditives et des blessures au visage. Avec un bémol : le nouveau modèle de cette grenade sera moins puissant et générera moins de projections en hauteur , a assuré Gérald Darmanin. Elles seront utilisées dès samedi 12 septembre, en cas de besoin dans les mobilisations des Gilets jaunes. Nous attendons de les tester, dit Régis Debord, de l’Unsa police CRS. Elles exploseront plus lentement. Il ne faudrait pas que des manifestants violents aient le temps de s’en saisir et de les relancer.

Les policiers pourront aussi continuer de porter leur cagoule pendant les manifestations. Ils y tenaient, notamment parce qu’elles sont anti-feu, indique Régis Debord. Face à des cocktails Molotov, elle nous protège. Promis, aussi, des véhicules plus adaptés, des commissariats rénovés, se réjouit Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance. Dans son discours, Darmanin « décide de redonner du pouvoir et de la considération aux policiers », salue-t-il, tout en attendant les actes .

Flouter les visages des policiers

Le ministre s’est aussi engagé à accéder à une demande formulée de longue date : interdire la diffusion, par les télés et réseaux sociaux, des visages des policiers lors d’opérations. Il faudra les flouter. « Cela permettra aux policiers de travailler plus sereinement, estime Fabien Vanhemelryck. Aujourd’hui, des policiers sont filmés et les images immédiatement diffusées sur les réseaux sociaux. De brèves vidéos, qui ne relatent jamais l’intégralité de l’opération. Des policiers, parfois, sont reconnus. Et certains se font agresser hors service , abonde Régis Debord. C’est encore arrivé récemment à Lyon. Un policier et sa femme ont été agressés devant chez eux. Cette interdiction empêchera les télés et internautes de diffuser des images en direct, ce que certains dénoncent. Mais est-elle vraiment applicable ? Cela nécessitera un contrôle très important des réseaux sociaux, reconnaît Fabien Vanhemelryck. Et une justice qui applique la loi.

Le ministre prévoit aussi de généraliser les caméras piétons, d’ici à juillet 2021. Elles seront plus robustes et plus haut de gamme que les précédentes. Celles-ci, avec une faible batterie et une mauvaise résolution, sont aujourd’hui très peu utilisées.

Pour Francis Daspe, une contre-révolution scolaire est bien en marche, avec Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer à la manœuvre. Il recense cinq types d’attaques contre le métier de professeur.

La maison Éducation nationale est visiblement prête à s’enflammer. Face à des remontées de terrain convergentes et à un sondage indiquant qu’une majorité des enseignants était saisie par le pessimisme, le ministre Blanquer vient de sortir son joker en proposant d’organiser un Grenelle des professeurs. En reprenant, dans une veine orwellienne du New Management Public où les mots correspondent à des réalités diamétralement opposées, les antiennes pourtant éculées de la « revalorisation du métier »et de la définition du « professeur du XXI° siècle ». Rien de moins !

LES CINQ ATTAQUES

Dans ces conditions, l’inquiétude peut être de mise de manière on ne peut plus légitime. Car un des piliers de la contre-révolution scolaire actuellement en marche sous la férule du duo Macron / Blanquer réside dans la remise en cause fondamentale du métier et de l’expertise des enseignants. Les racines de cette basse besogne se trouvaient déjà dans la vision managériale et autoritaire qui bouscule le service public d’éducation depuis plusieurs quinquennats. Il ne s’agit plus d’exercer son métier mais de se contenter de se soumettre aux injonctions ministérielles. Les attaques frontales contre le métier de professeur comportent cinq facettes complémentaires et cumulatives.

  • Des personnels muselés. C’est l’objectif visé par la loi Blanquer pour une école de la confiance du 26 juillet 2019. Elle s’échinait à poser une chape de plomb sur l’École et ses personnels. Ces derniers étaient invités à taire les maux qui rongent pourtant l’école, notamment à travers l’improbable devoir d’exemplarité. En fait, la loi Blanquer cherche à verrouiller toute une institution à travers une communication univoque, verticale et managériale, niant le réel et ses aspérités.
  • Des personnels assujettis. Le contrôle et l’assujettissement se réalisent de manière de plus en plus frontale avec des dispositions convergentes construisant patiemment un outil managérial. Ces pratiques conduisent à transformer les établissements scolaires en petites entreprises soumises à des contrats d’objectifs chiffrés s’appuyant sur des évaluations nationales pour lesquelles la proportion de tracasseries l’emporte nettement sur la pertinence et l’utilité réelles, aussi bien pour les élèves et les familles que pour les enseignants. L’assujettissement à une verticalité du pouvoir se renforce de la sorte, mais plus encore avec un ministre se positionnant en prise directe avec la profession, en se substituant de ce fait aux cadres intermédiaires, et tout en leur assignant des feuilles de route draconiennes. Sans doute une déclinaison de l’hybris jupitérienne de son maître…
  • Des personnels dépossédés. La tendance à la réduction, voire à la suppression, de la liberté pédagogique, présentée comme un « désordre pédagogico-gauchiste », actionne tous les leviers disponibles. Les personnels sont transformés de facto en prestataires de services. La tentative de réduire l’Éducation à un marché constitué d’opérateurs en concurrence les uns entre les autres ne peut être masquée en dépit des dénégations fleurant l’insincérité manifeste. C’est sans doute la partie la plus violente de la transformation en cours, même si elle est aussi la moins visible de l’extérieur. Au travers des évaluations nationales, de la mise en place des 2S2C (santé, sport, culture, civisme), du déploiement massif du numérique et de l’enseignement à distance, c’est tout le métier qui pourrait basculer vers un travail prescrit et automatisé. Et cela dans le but d’imposer une conception pédagogique unique fondée sur la marotte du ministre, celle des neurosciences.

La crise sanitaire a permis à une majorité de français de reconnaître les mérites et la valeur des enseignants

  • Des personnels précarisés. La destruction programmée du statut des enseignants (qui fait office de code du travail pour la fonction publique) sanctionnera la fin de l’indépendance du professeur, pourtant absolument nécessaire pour un exercice, serein et préservé d’éventuelles pressions particulières, de sa mission au service de l’intérêt général. Une accélération se produit avec la fin du paritarisme ouvrant la voie à un New Public Management totalement débridé. Car la mise à mort du paritarisme laisse la hiérarchie de l’Éducation Nationale toute puissante face aux enseignants. Aggravée par la multiplication des postes à profil, elle va générer une mise en concurrence croissante et une allégeance renforcée des personnels.
  • Des personnels méprisés. Cette réalité grotesque se traduit par la campagne insidieuse de prof-bashing orchestrée par le ministre lui-même (et sa majorité, qu’on se rappelle les propos outrageants de Sibeth Ndiaye au moment du confinement). Il joue en effet un rôle clé dans cette offensive contre l’école et ses personnels. Elle permet de discréditer toute la profession afin de la museler et de la couper des familles. Sans soutien, les enseignants vont se retrouver isolés et à la merci de changements majeurs qui s’appuieront sur ce discrédit fabriqué. Cependant le plan ourdi a du mal à fonctionner pleinement : la crise sanitaire a permis à une majorité de français de reconnaître les mérites et la valeur des enseignants, bien davantage que ceux d’une institution managée par des responsables aux abois et à la compétence douteuse.

L’ARNAQUE DU FUTUR GRENELLE

La contre-révolution scolaire actuellement en marche forcée réduit les personnels à n’être que des courroies de transmission d’une logique qui les écrase. C’est celle de la doxa managériale pour laquelle l’École est sommée d’obéir, de s’adapter de gré ou de force, de se soumettre et de fonctionner sans moyens. L’intendance ne suit plus, privée des moyens humains ou financiers et du temps de réflexion nécessaires. Croulant sous le poids des injonctions paradoxales, des dysfonctionnements structurels organisés, de l’imposition de changements non concertés, l’institution scolaire est menée à des impasses prévisibles, les enseignants voyant de surcroît la réalité professionnelle de leur métier niée.

Des enseignants en fin de compte muselés, assujettis, dépossédés, précarisés et méprisés

Quand le ministre Blanquer assigne au futur Grenelle des professeurs la mission de redéfinir « les hussards du XXI° siècle« , la mystification est à son comble. Il ne s’agira pas d’école ou de République à promouvoir, mais d’un projet de société à rebours des principes mêmes de la République. La Macronie ne vise pas à être une et indivisible, démocratique, sociale et laïque. Le grand marché de l’éducation imaginé par cette majorité et ce gouvernement se propose d’être territorialisé, inégalitaire, ubérisé, et soumis aux intérêts particuliers, marchands ou non marchands. Avec des enseignants relégués aux antipodes de l’ambition des hussards noirs de la République, et dont le cœur du métier aura été vidé de son sens initial au service de l’intérêt général. Des enseignants en fin de compte muselés, assujettis, dépossédés, précarisés et méprisés.

4 octobre 2020

CSPB émission du 29 09 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 21 h 41 min

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Emission mensuelle du CSPB sur l’actu en Euskal Herria. Au sommaire l’actu sur les presos rapport d’Etxerat chronique de Maité. En seconde partie la menace qui pèse sur l’euskara ou langue basque pour les classes immersives dès la maternelle, l’exemple basque pour l’apprentissage de la langue transposé en Corse, également la monnaie locale qui fonctionne très bien au pays et le milieu associatif et alternatif qui serait à mettre en place pour la Corse. Egalement nous avons traité du prochain référendum de la nouvelle Calédonie et différentes infos liées au caillou. Pour finir les nouvelles armes et dispositifs répressifs pour la police française. Les intermèdes musicaux sont, arroja bomba, a las mujeres, en la plaza de mi pueblo, pitzu bilbo, himmo anarquista, cancion de los soldatos, bella ciao, petit pays, la lista negra. Retrouvez l’émission sur mixcloud.com/skuale/ ou mixcloud.com/radiolibertaire/, et le blog du comité cspb.unblog.fr

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La mobilisation, programmée le 10 octobre prochain à Bayonne, vise à dénoncer « les attaques subies par l’enseignement basque »

Courant août, les promoteurs de la langue basque apprenaient le refus de l’Académie de Bordeaux d’autoriser la mise en place d’une nouvelle classe immersive en langue basque. Le projet d’enseignement 100 % en euskara devait être mis en place dès la rentrée au sein de l’école maternelle publique Basté-Quieta, à Saint-Pierre-d’Irube.

La goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et interroge sur l’avenir des 38 classes immersives (écoles publiques et privées) déjà existantes au Pays basque français. Suite à cette décision, le collectif Euskal Konfederazioa qui regroupe les associations œuvrant en faveur de l’enseignement en basque (Biga Bai, Ikas Bi, Euskal Haziak, Seaska, Euskara Geroan et Erakasleak) a décidé d’organiser une grande journée de mobilisation qui se déroulera le 10 octobre prochain à Bayonne.

Chaîne humaine

Le rassemblement devrait prendre la forme d’une chaîne humaine qui se déroulera entre la maison natale de René Cassin et la sous-préfecture. La date n’a pas été cochée au hasard sur le calendrier de ces défenseurs de l’euskara. Le 10 octobre est le jour choisi par les militants du collectif Pour que vivent nos langues pour manifester leur colère à l’égard du gouvernement Macron responsable, d’après eux, « d’attaques portées contre l’enseignement des langues régionales ».

Une campagne pour inciter les adultes à apprendre le basque

La Communauté d’agglomération Pays Basque (CAPB) lance une campagne pour susciter l’envie de devenir bascophone. Elle adresse, particulièrement aux jeunes adultes, le message « Vivez le Pays Basque en V.O. ». Un site internet a été créé, recensant les organismes de formation.

ANAIZ AGUIRRE OLHAGARAY|2020/09/10|2 IRUZKIN Guz_heldueneuskalduntzearenaldekokomunikaziokanpaina_baiona_gfauveau-1Antton Curutcharry et Jean-René Etchegaray appellent les adultes à apprendre l’euskara. © Guillaume FAUVEAU

« L’euskara, c’est la rentrée, je me lance ! ». Comme beaucoup d’associations, la Communauté d’agglomération profite du mois de septembre pour lancer une campagne de communication dont l’objectif est de favoriser les inscriptions en cours de basque par les adultes. Elle a été présentée ce mercredi 9 septembre par Antton Curutcharry (vice-président en charge de la politique linguistique) et Jean-René Etchegaray, président de la CAPB. « Vivez le Pays Basque en V.O. », tel est le slogan de la campagne. Une référence au cinéma qui, dans sa version originale, permet de mieux comprendre les intentions de l’auteur et de mieux saisir l’essence du film.

Une plateforme en ligne a été créée, japprendslebasque.com, présentant les différents organismes qui dispensent des cours de basque aux adultes, et renvoyant vers leurs sites web respectifs : AEK (tout le territoire), Jakinola (Bayonne), Angeluko Ikasleak (Anglet) et l’amicale laïque Adixkideak (Urrugne).

Enjeu majeur

Comme le souligne Amaia Beyrie de l’association AEK, toucher le public adulte est fondamental, car ce dernier « joue un rôle d’exemplarité ». Au Pays Basque Nord, seuls 15 % des 30-50 ans maîtrisent la langue basque, quand les plus de 50 ans représentent près de 50 % de bascophones. La basquisation des adultes est donc « un enjeu majeur », insiste Amaia Beyrie.

« Ce n’est pas l’importance des efforts déployés jusqu’à aujourd’hui qui suffit. Sur ce domaine, il faut lutter » a déclaré pour sa part le président de l’Agglo Jean-René Etchegaray. « Si on veut offrir un Pays Basque bascophone à nos enfants, s’il n’y a pas une politique linguistique volontariste, nous allons perdre la bataille » a-t-il pointé.

« Avec cette campagne, on veut montrer qu’aujourd’hui, apprendre le basque est à la portée de tout le monde », affirme Antton Curutcharry. « Il y a des ‘on dit’ selon lesquels c’est une langue difficile à apprendre… Mais c’est comme pour une autre langue, l’apprentissage se fait sans aucun problème, quelle que soit la motivation de l’apprenant ». Pour le vice-président en charge de la politique linguistique, la maîtrise du basque donne « accès » à une autre dimension du territoire : « les randonneurs pourront comprendre le nom d’un chemin, d’une montagne… les choristes pourront comprendre les paroles qu’ils chantent en basque ». Sans compter les opportunités de travail qui peuvent se présenter à quelques dizaines de kilomètres, au Pays Basque Sud, où le basque est coofficielle.

Ajustements de rentrée : l’immersion en euskara en toile de fond

Les instances départementales de l’Education nationale se sont réunies une dernière fois pour définir la carte scolaire de l’année scolaire qui s’ouvre. La demande d’ouverture d’une classe immersive en langue basque a été rappelée par les élus.

 

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GOIZEDER TABERNA|2020/09/04|0 IRUZKIN Guz_murgiltzesistemaaldarrikatzekoelkarretaratzea_hiriburu_gfauveau-4La rentrée a été marquée par un rassemblement d’élus et citoyens à l’école Baste Quieta de Saint-Pierre-d’Irube, mardi dernier. © Guillaume FAUVEAU

Fixant les derniers ajustements de rentrée, le conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) de septembre et le comité technique qui le précède sont d’habitude très attendus. Cette année, ils l’étaient d’autant plus que le refus d’ouvrir une classe d’euskara suivant le modèle immersif à l’école Basté Quieta a créé une certaine frustration. Ce vendredi 4 septembre, les représentants des collectivités locales ont remis le sujet sur la table.

Représentant le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, Isabelle Pargade, et le président de l’Association départementale des maires Alain Sanz ont exprimé le souhait que l’Education nationale revienne sur sa décision. La conseillère départementale et maire d’Hasparren a rappelé le travail mené à Saint-Pierre-d’Irube en association avec l’Education nationale et les parents d’élèves pour l’ouverture de cette classe, « à moyen constant », précise-t-elle. Le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) leur aurait affirmé que cette question ne dépend pas de lui, mais du ministère. Les élus espèrent tout de même qu’il transmettra le message.

Les représentants de syndicats ont déjà eu l’occasion de s’exprimer sur ce dossier. Lors du CDEN, seule Force ouvrière aurait réitéré son opposition à l’immersion en langue basque, d’après nos sources. Le Snuipp-FSU et le SE-Unsa y sont favorables. D’autres enjeux ont marqué la rentrée du point de vue syndical, notamment les ouvertures et fermetures de poste.

Les dernières décisions du Dasen ont permis des ouvertures à Arcangues (0,5 français), Bassussarry (0,5 français), Biriatou (0,5 basque), Espelette Bourg (0,5 français), Sare (0,5 basque) et Urcuit (1 français). A Arraute-Charritte, un demi-poste de basque a été remplacé par un demi-poste de français. En revanche, à l’école Lahubiague de Bayonne, un poste complet a été supprimé, à Hendaye Gare maternelle, un demi de français et un demi d’euskara.

Des décisions prises dans la continuité de ce qui avait été décidé au printemps, constatent les syndicats, et qui n’a pas soulevé de débats au CDNE, d’après Isabelle Pargade. Le comité technique du matin pouvant donner lieu à plus de débat. A l’issue du CDNE, le représentant du SE-Unsa, Franck Hialé, a tout de même regretté des moyens contraints, considérant que des arbitrages seraient également nécessaires dans d’autre écoles, comme à Biarritz, à l’école Jules Ferry, qui se retrouverait avec une moyenne de 30 élèves par classe. Par ailleurs, le Snuipp-FSU a rappelé qu’au final, « cette carte scolaire se solde par une dotation en postes négative pour le 64″. Un poste supprimé dans un département qui, selon le Dasen, a perdu 614 élèves.

Lorsque les postes sont là, le manque d’enseignants pour les occuper fait aussi partie des préoccupations des syndicats. Et l’Unsa s’oppose à la solution d’urgence du recrutement de sept contractuels considérant que « cette situation est inédite et inacceptable ». Elle propose comme solution, l’utilisation des listes complémentaires et de mutations d’enseignants d’autres départements. A cela s’ajoute la suppression de postes de Rased ou enseignants spécialisés dans l’aide aux élèves en difficulté (20 %), ce qui fait dire au Snuipp-FSU que « c’est un très mauvais signe pour l’école, a fortiori en cette rentrée si particulière, dans un contexte de Covid et de grand besoin d’accompagnement des élèves ». Le plan de relance présenté cette semaine par le Gouvernement français ne semble pas avoir d’effet sur l’Education nationale.

 

 

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Corse-du-Sud Haute-Corse

Le député européen François Alfonsi en est convaincu : en ce qui concerne l’apprentissage de la langue régionale, le Pays Basque doit être pour la Corse une source d’inspiration.

En Iparralde, ou Pays Basque nord-français, une filière d’enseignement associatif par immersion a ainsi été développée : la fédération Seaska.

Un réseau qui regroupe les ikastola [écoles immersives en langue basque, ndrl], qui vont de la maternelle au lycée, toutes gérées par des associations de parents d’élèves dans un but non-lucratif. Ces écoles sont laïques, ne sont affiliées à aucun parti politique, et sont reconnues par le ministère de l’Éducation nationale.

La première ikastola a été créée en 1969, à Arcangues. Elles sont aujourd’hui trente-et-une et accueillaient en septembre 2019 plus de 4.000 enfants.

Des écoles immersives en langue régionale

Et à en croire François Alfonsi, les résultats de ces structures sont probants.

« Il suffit de voir les statistiques des dernières années. Le Pays Basque est l’un des pays en Europe où l’on observe que les jeunes générations, de 15 à 25 ans, sont celles qui parlent le plus la langue basque [ou traditionnellement euskara, ndlr], plus encore que les personnes de plus de 80 ans. »

Un système qui, selon François Alfonsi, fait aujourd’hui cruellement défaut en Corse. À ses yeux, les filières bilingues disponibles sur le territoire ne suffisent plus. « Aujourd’hui, on assiste à une érosion de langue corse au fur et à mesure des générations. Les gens sont de moins en moins corsophones. »

Aujourd’hui, on assiste à une érosion de langue corse au fur et à mesure des générations. Les gens sont de moins en moins corsophones.

François Alfonsi

 

 

Alors pour observer au plus près ce qui fait la réussite de l’apprentissage de la Corse en Ipparalde, une délégation corse menée par François Alfonsi est en visite à Bayonne, ces 12, 13 et 14 septembre.

 

Objectif : mettre en place un système similaire en Corse dès la rentrée prochaine

Avec un objectif : formaliser une « initiative corse pour l’enseignement immersif de type Seaska dont le contenu sera défini sur la base de l’expérience basque ».

« Nous pensons que ce qui a été mis en place est remarquable, d’autant plus considérant que le Pays Basque nord n’a pas les institutions ou des députés comme c’est le cas en Corse. En s’inspirant de ce modèle, et avec nos moyens d’actions qui sont plus importants, je pense que l’on pourrait faire tout aussi bien. »

En s’inspirant du modèle basque, et avec nos moyens d’actions qui sont plus importants, je pense que l’on pourrait faire tout aussi bien.

 

François Alfonsi

 

 

Et pas question de traîner : le députée européen espère la mise en place de système associatif dès la prochaine rentrée scolaire.

« On commencerait avec des classes de maternelles, parce que c’est pas quelque chose que l’on peut mettre en place en milieu de cursus scolaire, puis on suivrait les enfants jusqu’au bac. C’est à mon sens, l’un des projet phares pour les prochaines années pour la préservation de la langue corse. »

Un prochain rendez-vous entre acteurs associatifs, politiques et économiques basques et corses en décembre

Ce déplacement pour la délégation corsophone est aussi et surtout un moyen de préparer un prochain événement, cette fois en Corse, en décembre prochain. Un rendez-vous entre acteurs corses et basques qui abordera la question de l’apprentissage immersif de la langue régionale, mais pas seulement.

« Les Basques disposent de tout un réseau associatif sur le domaine de l’environnement et de l’alternatif, notamment une monnaie alternative, dont nous pensons bon de nous inspirer. L’idée serait d’échanger autour d’exposants dans un espace ouvert et abrité, en fonction des possibilités au vu de la crise sanitaire », explique François Alfonsi.

 

Et qui pourra mettre en lien, enfin, des acteurs politiques « progressistes en accord avec la marche vers l’autonomie pleine et entière de nos territoires ».

Nous aurions tort, aujourd’hui, de ne pas nous inspirer des initiatives basques pour avancer.

François Alfonsi

Le rendez-vous est pour l’heure fixé à Bastia, les 4 et 5 décembre prochains, avec un public en présentiel ou éventuellement une diffusion en streaming en fonction des conditions sanitaires.

 

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Travail de mémoire : un livre retrace le parcours du commando Argala

Un ouvrage édité par MEDIABASK apporte un éclairage sur le contexte dans lequel quatre citoyens du Pays Basque Nord ont intégré ETA. Un exercice de mémoire, une pierre apportée au processus de paix.

 

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Aujourd’hui, ils sont le symbole d’un blocage, celui du processus de résolution du conflit basque. Au lendemain du franquisme, ils étaient le symbole d’un conflit qui n’a pas été réglé à temps et qui a creusé le malaise jusqu’au Pays Basque Nord. Jakes Esnal, Frederik Haranburu “Xistor”, Jon Kepa et Unai Parot ont intégré le commando Argala d’ETA à ce moment-là. Condamnés à perpétuité – concernant les trois premiers –, pour les actions attribuées à ce commando itinérant, ils en sont à la 31e année de privation de liberté. Giuliano Cavaterra a consacré un livre à leur engagement, son contexte, à cette période âpre de l’histoire du Pays Basque. Edité par MEDIABASK, « Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont intégré l’ETA ? » est un livre engagé dans la résolution du conflit.

 

Ancien journaliste du Journal du Pays Basque, l’auteur pose une pierre dans la construction de la mémoire, un des piliers du processus de paix. “C’est un livre engagé, à l’heure où le Pays Basque est immergé dans un processus de paix. Avec de la part de la société civile, ainsi que de la majorité des élus une volonté de tourner la page, en exigeant la libération de ces quatre hommes, aujourd’hui sexagénaires”, avance l’éditeur. Sa préface, signée par la journaliste et Artisane de la paix Béatrice Molle-Haran, revient sur ce travail de mémoire indispensable. Cet ouvrage apporte un éclairage sur la dimension politique du conflit basque.

 

C’est un commando peu commun à l’époque qui a été arrêté en 1990. Tous ses membres sont de nationalité française et leur interpellation heurte les esprits. Plombier, commercial ou encore gérant d’entreprise, pères de famille pour certains, à la fin des années 1970, ils s’engagent dans la lutte armée. Au-delà de leur parcours personnel, le livre se penche sur “le contexte du Pays Basque dans son ensemble, son histoire récente et passée sans occulter ce qui fut”, résume l’éditeur. A travers la presse et des témoignages de personnes jugées pour cette affaire, de leurs proches et d’acteurs politiques de l’époque, Giuliano Cavaterra aborde des thèmes comme la transition démocratique dans l’Etat espagnol, le contexte politique dans les provinces du nord, l’euskara, les conflits sociaux, la torture, le GAL. Un livre qui nous replonge dans le Pays Basque des années 70-80.

 

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Soirée de présentation à Saint-Jean-de-Luz

 

En plus d’être un document de travail pour les historiens, « Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont intégré l’ETA ? » met à la portée du grand public les clés de compréhension d’une période complexe. C’est également dans cette démarche qu’une soirée de présentation du livre se tiendra au cinéma le Sélect, à Saint-Jean-de-Luz, mardi 22 septembre à 20h30. L’auteur Giuliano Cavaterra, Béatrice Molle-Haran et Jakes Abeberry fondateur d’Enbata se partageront le micro.

Cadre politique à l’époque des faits, Jakes Abeberry a connu certains des membres du commando Argala. Il pourra apporter son témoignage sur cette période. Le public pourra poser des questions aux intervenants.

Compte tenu de la crise sanitaire et des gestes barrières, les places sont limitées (réservation obligatoire : administration@mediabask.eus / 09.75.12.97.02) et le port du masque obligatoire.

Le livre sera disponible dès le 24 septembre et les commandes pourront se faire à partir du 17 septembre.

 

 

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Saint-Jean-de-Luz : des garages loués comme des logements

Le groupe municipal Herri Berri a dénoncé la location de garages transformés illégalement en appartements. Un exemple “édifiant”, d’après lui, de la situation de l’immobilier à Saint-Jean-de-Luz.

 

Dans quelques jours, les quatre garages deviendront officiellement des appartements, alors qu’ils auraient été loués comme tel pendant trente ans, de façon irrégulière. Pour le groupe d’opposition luzien Herri Berri, ce tour de « passe-passe » en cours de régularisation est révélateur de la situation de l’immobilier dans la ville.

Les portes de garage ont bel et bien été remplacées par des volets roulants, au 14 avenue des Bois, dans le quartier Moleressenia. Pourtant, accroché à la haie, un panneau annonce un permis de construire pour « changement d’usage de garage en habitation », délivré le 10 juillet dernier ; le délais de recours des tiers s’achève le 10 septembre. Les locaux sont donc devenus habitables avant l’obtention du permis. Ce qu’a dénoncé Herri Berri lors d’une conférence de presse réalisée in situ, samedi 5 septembre, après avoir mené son enquête.

Deux ans après la construction de la résidence, une première demande de permis aurait bien été déposée en 1991 par le propriétaire, mais elle aurait essuyé un refus. A ce moment-là, le propriétaire aurait malgré tout mené à terme son projet de 226 m². Les poursuites judiciaires engagées par la mairie ne l’ont pas dissuadé, puisque F.E. n’aurait été condamné qu’à 20 000 francs d’amende (soit un équivalent de 4 415 euros pour 2019 en tenant compte de l’inflation), sans demande de remise en l’état initial. Les aménagements réalisés ont donc été conservés et, au passage, il a bien valorisé son investissement. Un gain que Herri Berri estime à plus d’1 millions d’euros « pour 20 000 francs d’amende ».

Depuis, les faits sont prescrits et le bien a été mis en vente par le Groupe Pia (anciennement AB Groupe). « Au nom de la prescription en urbanisme (six ans) et au civil (30 ans), [à la] fin du délai [de la taxe] sur la plus-value, F.E. vend l’ensemble à un marchand de bien, qui commence à revendre », détaillent les élus abertzale.

Un local à vélo transformé « en chalet »

Dans l’illégalité pendant des années, aujourd’hui, le bâtiment a recouvert la légalité, mais les faits n’en seraient pas moins regrettables selon eux. « Le PLU actuel aurait exigé des logements sociaux et le respect de normes environnementales, mais ici nous avons affaire à un tour de passe-passe que les aspérités de la loi permettent de valoriser », a dénoncé Peio Etcheverry-Ainchart. Le marché immobilier à Saint-Jean serait devenu tellement fou qu’il autoriserait à certaines personnes ce genre d’entreprises. « La situation dépasse même les pouvoirs publics », pointe l’élu. Il demande un meilleur encadrement par la loi et de meilleurs moyens de contrôle.

L’attractivité de la ville, par ailleurs, pousserait à accepter des logements inadaptés, sombres et humides. « Il faut arrêter que les gens achètent des garages pour y vivre », insiste Paxkal Lafitte, s’interrogeant sur le nombre de logements loués ou vendus de cette manière. Et de regretter que la municipalité n’offre pas suffisamment de logements. Avec ses camarades, il a constaté qu’une déclaration préalable a été réalisée séparément pour le local à vélo de la résidence ciblée, aussi transformé sans autorisation, « en chalet ». Un chalet au style luzien.

 

Une délégation se rend au ministère de l’Education pour défendre l’immersion

Lundi 31 août, une délégation du Pays Basque composée d’élus a rendez-vous à Paris. Sur la table du ministère de l’Education nationale : le modèle immersif en langue basque.

 

Le refus d’ouvrir une classe de maternelle 100% en euskara à Saint-Pierre-d’Irube a créé un mouvement sans précédent au Pays Basque Nord. Des représentants des différentes filières d’enseignement en langue basque ainsi que des élus ont convergé dans un même mouvement pour sauvegarder le travail accompli ces dernières décennies. Un groupe d’élus a rendez-vous lundi 31 août à midi au ministère de l’Education pour porter cette revendication.

Il s’agit de la première rencontre à Paris depuis le début du blocage concernant l’école publique Basté-Quieta. Un conseiller du ministère recevra la délégation formée par le président de la Communauté d’agglomération Pays Basque Jean-Renée Etchegaray, le maire de Saint-Pierre d’Irube, Alain Iriart, et les parlementaires Vincent Bru, Frédérique Espagnac et Max Brisson. Un rendez-vous obtenu par ce dernier au début de l’été. Le nouveau président de l’Office public de la langue basque (OPLB), qui devrait être Antton Curutcharry, n’était pas encore élu à ce moment et ne sera donc pas du voyage. L’OPLB porte le dossier de l’enseignement en langue basque.

Avec le rejet de la demande des parents d’élèves, des enseignants et des élus de Saint-Pierre-d’Irube, le Rectorat s’est également opposé à l’ouverture de nouvelles classes immersives de façon générale. « Nous nous demandons à quel niveau ça bloque. Il faut que l’Administration y compris le Rectorat entendent [notre] message. Il faut conforter le modèle immersif, qu’on ne revienne pas sur ce qui est un acquis », défend le député Vincent Bru (majorité présidentielle). Il reconnaît des pressions des syndicats d’enseignants sur ce qui a été mené jusqu’à présent dans les écoles publiques en tant qu’expérimentation, et défend des avancées législatives concernant cette possibilité.

La députée de la cinquième circonscription dont fait partie Saint-Pierre-d’Irube, Florence Lasserre, ne fait pas partie de la délégation « pour des questions d’agenda ». L’élue de la majorité présidentielle se dit favorable à l’ouverture de la classe immersive et dit avoir signé la pétition lancée par les parents d’élèves ayant déjà obtenu 5 500 signatures.

Par Édith Anselme

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Le meilleurs athlète de la discipline, découpée en cinq épreuves contre-la-montre, a rendez-vous au fronton ce mercredi 26 août au soir.

Le pentathlon basque est une épreuve rare et mythique qui sera présentée, pour la première fois, à Hendaye, mercredi 26 août, à 21 heures, au fronton Gaztelu-Zahar, par la section Bidasoako Herri Kirolak de l’association Bidasoako Txaranga et Herri Kirolari Bai d’Urrugne. Sébastien Martikorena, président de Bidasoako Herri Kirolak, explique que cet élément du patrimoine culturel et sportif basque n’a jamais eu lieu en Pays basque français.

« Avec la pandémie de Covid-19, une lueur d’espoir s’est installée en juillet et août avec la possibilité de pratiquer en public nos jeux traditionnels dans le cadre strict de la réglementation. Cela n’a pas été le cas en Hegoalde (Pays basque espagnol, NDLR) où ces épreuves ont toutes été annulées. »

Xabier Zaldua, le champion

Il poursuit : « C’est pourquoi, début juillet, nous avons décidé d’être solidaires avec nos amis athlètes d’Euskadi que nous côtoyons à longueur d’année. Nous les avons invités à participer à nos épreuves d’été. Ils ont pu, ainsi, s’exprimer devant un public qu’ils n’avaient plus chez eux. » Parmi ces athlètes, Xabier Zaldua, champion du pentathlon 2018 et 2019, viendra donc à Hendaye ce mercredi, au fronton Gaztelu-Zahar.

 

Il devra enchaîner cinq épreuves contre-la-montre. Harrijasotzea : lever la pierre, soit 10 levers de boule de 100 kg ; Giza proba : tirer une pierre de 400 kg sur 28 mètres ; Aizkolaria : couper à la hache deux troncs ; Txingak : porter dans chaque main 50 kg sur 112 mètres et Korrikalaria : courir 1 km. Un bon entraînement avant les classifications des six meilleurs athlètes sur les 16 inscrits et la finale qui se déroulera le 19 septembre à Azpeitia.

 

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SCRUTIN Lors du premier référendum en novembre 2018, le « Non » l’avait emporté avec 56,7 % des voix

Après avoir eu des conséquences sur les dates des municipales, le coronavirus chamboule un autre calendrier électoral : celui concernant le référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Initialement prévu le 6 septembre, Edouard Philippe a proposé samedi de reporter ce scrutin au 4 octobre, en raison des difficultés logistiques nées de la crise sanitaire.

« Risque sur l’encadrement des procédures de vote »

Le Premier ministre a donc transmis un projet de décret avec cette nouvelle date aux présidents du gouvernement et du congrès de Nouvelle-Calédonie pour avis consultatif sous 15 jours. Le texte devrait être présenté en Conseil des ministres dans la deuxième quinzaine de juin, l’Etat fixant la date du référendum.

Même si « les opérations de préparation du référendum ont été poursuivies » pendant la crise sanitaire, « un risque demeure sur l’encadrement des procédures de vote », explique Matignon. Pour l’exécutif, la « capacité à réunir 250 candidatures pour les observateurs nationaux et internationaux, et à les acheminer en Nouvelle-Calédonie dans des délais compatibles avec les trois semaines de quarantaine requises à ce jour […] n’est pas assurée ».

Dans des courriers au président du gouvernement, le loyaliste Thierry Santa (Avenir en Confiance, proche des Républicains), et au président du Congrès, l’indépendantiste kanak Rock Wamytan (UC-FLNKS), le Premier ministre souligne que cette difficulté d’arriver dans des délais compatibles avec la quarantaine se pose aussi pour « les missions des organisations internationales et les journalistes » amenés à suivre le référendum. Il s’agit d’« assurer le caractère irréprochable de l’organisation du référendum, afin que son résultat soit incontestable et incontesté », argumente-t-il.

Une décolonisation progressive

Après le premier référendum, qui s’est tenu le 4 novembre 2018 et a vu la victoire du « non » à l’indépendance (56,7 %), la date d’un deuxième référendum avait été fixée par le Premier ministre au 6 septembre 2020, moins de deux ans après le premier, comme prévu par l’accord de Nouméa qui organise la décolonisation progressive de l’archipel. Sujet hautement sensible, cette date avait été arrêtée après de longues heures de discussions entre leaders indépendantistes et non indépendantistes, en octobre dernier.

 

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Le Kanak Emmanuel Kasarhérou, expert des cultures océaniennes et ancien directeur du Centre culturel Tjibaou, va être nommé mercredi à la présidence du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac en remplacement de Stéphane Martin, a-t-on appris ce mardi soir de source proche du dossier.

 

Né à Nouméa en 1960, Emmanuel Kasarhérou, conservateur en chef du patrimoine, spécialiste reconnu de l’art et des civilisations océaniennes, est depuis 2014 adjoint au directeur du patrimoine et des collections du musée.

Premier Kanak à prendre la direction d’un grand musée dans l’Hexagone

Il avait auparavant dirigé à Nouméa le Centre culturel Tjibaou, du nom du fondateur du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) assassiné en 1989, un chantier initié par François Mitterrand. Sa nomination, sur proposition des ministres de la Culture et de l’Enseignement supérieur, devrait être confirmée mercredi en Conseil des ministres, indique-t-on de même source.

Très attaché au « dialogue des cultures », premier Kanak à prendre la direction d’un grand musée en France métropolitaine, il aura à diriger un musée phare de la scène parisienne, dont les collections sont en grande partie composée des arts premiers d’Afrique, d’Asie et d’Océanie. Il aura à poursuivre la politique de coopération en matière patrimoniale avec les pays africains, alors que la question des restitutions des œuvres se trouvant dans les musées publics français fait l’objet d’un vif débat.

Un musée au rayonnement international

Son prédécesseur Stéphane Martin, qui avait quitté le Quai Branly à la fin de l’an dernier, avait gouverné l’établissement public depuis son origine, permettant son développement entre 1998 et 2019 grâce à une politique ambitieuse d’acquisitions et de grandes expositions, qui a assuré son rayonnement international. Il est aujourd’hui conseiller à la Cour des comptes.

 

Nouvelle-Calédonie: Les indépendantistes conservent la présidence du Congrès

ELECTION L’assemblée législative a pour vocation de voter le budget de l’archipel. Un référendum sur l’autodétermination se tiendra dans trois mois

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A moins de trois mois d’un référendum d’autodétermination c’est une victoire importante pour les partisans de la séparation d’avec la France. L’indépendantiste Roch Wamytan a été reconduit pour une nouvelle année à la tête du Congrès de Nouvelle-Calédonie avec l’appui du parti Eveil Océanien (EO), qui siège désormais dans un groupe indépendantiste.

Les changements d’alliances de l’Eveil Océanien

Après les élections provinciales de mai 2019, Roch Wamytan (UC-FLNKS/Front de libération nationale kanak et socialiste) avait déjà été élu à la tête de l’assemblée législative avec 29 voix sur 54, les trois élus de l’Eveil Océanien, parti communautaire wallisien et futunien, lui permettant d’obtenir la majorité. Ce jeudi, un scénario similaire s’est joué, à la différence que l’EO, qui siégeait jusqu’alors hors groupe, a décidé de rejoindre celui de l’UC-FLNKS, de sorte que le Congrès a désormais une majorité indépendantiste.

Toutefois le jeu politique de ces alliés n’est toujours pas complètement clair. Le leader de l’EO, Milakulo Tukumuli, continue en effet de revendiquer un statut de non-aligné. « On est un parti charnière, qui ne veut pas être enfermé dans un bloc ou dans un autre », a déclaré l’élu. Au sein du gouvernement collégial et à la province Sud, l’EO est en effet allié à une coalition loyaliste de droite, l’Avenir en Confiance (AEC), qui président ces institutions. Chef du groupe AEC au Congrès (18 sièges), Virginie Ruffenach a d’ailleurs « déploré le signal politique fort de l’EO », estimant « qu’à quelques semaines du référendum il faut être le plus clair possible ». Son groupe avait présenté un candidat face à Roch Wamytan.

Dans le cadre du processus de décolonisation de l’accord de Nouméa (1998), un deuxième référendum sur l’indépendance aura lieu le 4 octobre en Nouvelle-Calédonie. Un premier scrutin, tenu le 4 novembre 2018, a été remporté par les pro-français (56,7 %).

 

Nouvelle-Calédonie : Un incendie volontaire détruit la grande case du Sénat coutumier

A moins de deux mois du référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, l’incendie volontaire samedi soir de la case (maison traditionnelle) du Sénat coutumier a suscité une vive émotion. Les craintes que le scrutin ne se déroule pas sereinement ont été avivées par le feu qui a ravagé cette maison traditionnelle, où siègent les représentants des chefferies kanaks.

 

Un lieu réservé aux cérémonies

L’incendie « volontaire » a eu lieu « aux alentours de 22 heures » et la case a été « entièrement détruite », a indiqué le haut-commissariat de la République. Située dans le quartier de Nouville à Nouméa, l’institution consultative abrite seize sénateurs kanaks, représentant les huit aires coutumières de Nouvelle-Calédonie. A côté des bâtiments en dur, le Sénat coutumier possédait une grande maison traditionnelle, réservée aux cérémonies et à l’accueil des personnalités en visite.

Le haut-commissaire Laurent Prévost a fait « part de sa vive émotion devant la destruction de ce lieu emblématique » et « a fermement condamné cet acte qui porte atteinte à l’institution coutumière et au-delà à une institution de la Nouvelle-Calédonie ». Les services de police ont été saisis et une enquête judiciaire est en cours, a-t-il également indiqué.

 

16 dates pour mieux comprendre l’histoire tumultueuse de l’archipel, alors que les Calédoniens sont appelés à voter par référendum le 4 novembre pour ou contre l’indépendance du Caillou.

1774

James Cook accoste Grande Terre et baptise l’île Nouvelle-Calédonie en hommage à son Ecosse natale.

1853

L’amiral Febvrier-Despointes hisse le drapeau français à Balade, sur la côte est de Grande Terre, et prend possession de la Nouvelle-Calédonie sur ordre de Napoléon III, qui cherche un territoire où établir une colonie pénitentiaire.

1864

L’Etat français établit le bagne où 21 630 personnes seront envoyées jusqu’en 1897. Dont 4 250 révolutionnaires de la Commune de Paris, dont Louise Michel.

1874

L’exploitation du nickel, minerai découvert dix ans plus tôt par l’ingénieur Jules Garnier, débute près de Nouméa.

1878

Le chef Ataï mène la première rébellion kanak contre la colonisation. 1 200 Kanak et 200 Européens sont tués. Ataï est décapité et sa tête envoyée à la Société d’anthropologie de Paris pour étude.

1917

Alors que la Première Guerre mondiale fait rage en Europe, l’administration coloniale fait pression sur les Kanak pour qu’ils s’engagent dans l’armée française (ils n’ont pas le statut de citoyens). S’ensuit une révolte. Trois des leaders kanak finiront décapités.

1931

111 Kanak sont exhibés à l’Exposition coloniale de Paris, présentés comme «cannibales authentiques». La même année, le bagne est fermé définitivement.

1946

Les Kanak, soumis au statut de l’indigénat depuis 1887, obtiennent la citoyenneté française. La Nouvelle-Calédonie devient territoire d’outre-Mer.

1984

Le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) est créé et organise le boycottage des élections territoriales par les Kanak. L’île est au bord de l’insurrection. Le 5 décembre, près de Hienghène, dix Kanak sont assassinés lors d’une embuscade tendue par des fermiers caldoches.

1988

A Ouvéa, le 22 avril, 4 gendarmes sont tués par des militants du FLNKS. Le 5 mai, l’armée donne l’assaut dans la grotte de Gossanah où 27 gendarmes sont retenus en otage. 19 Kanak et 2 militaires sont tués. Le 26 juin, les accords de Matignon sont signés par Jean-Marie Tjibaou, président du FLNKS, et Jacques Lafleur, leader du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), anti-indépendantiste, sous l’égide du Premier ministre, Michel Rocard. Il prévoit un scrutin sur l’autodétermination du territoire dans les dix ans.

1989

Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné, autre cadre du FLNKS, sont assassinés à Ouvéa par Djubelly Wéa, un indépendantiste kanak opposé aux accords de Matignon

1998

L’accord de Nouméa est signé sous l’égide de Lionel Jospin, Premier ministre, par Jacques Lafleur et Roch Wamytan, le nouveau chef du FLNKS. Il prévoit l’émancipation progressive du territoire. 72 % des Calédoniens approuvent l’accord par référendum.

2004

Divisées depuis quinze ans, les familles Tjibaou, Yeiwéné Yeiwéné et Wéa se retrouvent le 17 juillet à Tiendanite autour d’une coutume de pardon.

2010

Le Premier ministre François Fillon officialise la double légitimité des drapeaux français et kanak. Jacques Lafleur meurt le 4 décembre.

2014

Le Muséum d’histoire naturelle de Paris restitue le crâne d’Ataï à ses descendants, 136 ans après la mort du chef kanak insurgé.

2018

Le 4 novembre, les Calédoniens sont appelés à voter par référendum pour ou contre l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. En juillet 2018, les sondages donnent le «non» gagnant à 59,7 %.

 

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Après des mois à plancher sur le sujet, le ministère de l’Intérieur a publié, jeudi 17 septembre, le document relatif à la nouvelle doctrine du maintien de l’ordre, qui vise, selon Gérald Darmanin, à « adapter » la gestion des manifestations en France. Présentées comme une « étape cruciale dans la pratique du maintien de l’ordre en France », les mesures valident notamment l’usage des armes de force intermédiaire.

Ce schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) vise à mettre fin aux polémiques à répétition, depuis près de deux ans, concernant l’utilisation de la force par la police, en particulier lors des mobilisations des « gilets jaunes ». Plusieurs personnes ont été gravement blessées par des tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) et de grenades. Voici ce qu’il faut savoir sur ce SNMO.

De nouvelles grenades

L’une des principales nouveautés présentées dans ce document n’en est pas une. Le modèle de grenade à main de désencerclement (GMD) avait déjà été remplacé depuis quelques semaines par un nouveau type, réputé moins dangereux, la grenade à éclats non létaux (GENL), dont les commandes ont été passées dès 2019. Classée comme arme de catégorie A2, et donc comme « matériel de guerre », selon le site spécialisé Maintien de l’ordre, ce nouveau modèle dispose d’un bouchon allumeur (responsable des blessures les plus graves) qui ne saute plus, restant solidaire du corps de la grenade, qui demeure intact après la détonation.

Quand elles explosent, les GENL, fabriquées par la société d’armement et d’étude Alsetex, produisent un bruit très légèrement inférieur à celui des GMD et projettent 18 petits galets de caoutchouc de 10 grammes chacun à une vitesse moyenne de 342 km/h, contre 450 km/h pour le modèle précédent.

Comme pour la GMD qu’elle remplace, la doctrine d’emploi prévoit un usage uniquement à la main, en la faisant rouler au sol, et proscrit tout lancer en cloche, pour un « rayon d’efficacité de 5 à 10 mètres », contre 15 mètres pour la précédente grenade.

Le SNMO mentionne par ailleurs l’achat de matériel dédié au maintien de l’ordre. « Véhicules de commandement, engins lanceurs d’eau, véhicules blindés, matériels d’intervention et de protection, matériels radio… », liste-t-il.

 

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L’usage des LBD encadré

Le Défenseur des droits ainsi que plusieurs ONG demandent depuis des années le retrait de cette arme de l’arsenal policier, sans succès. Selon la nouvelle version de la doctrine, l’usage des lanceurs de balles de défense est maintenu, mais mieux encadré. Concrètement, les tireurs devront dorénavant être assistés d’un « superviseur » chargé notamment d’ »évaluer la situation d’ensemble et les mouvements des manifestants, de s’assurer de la compréhension des ordres par le tireur et de désigner l’objectif », est-il écrit dans le document du ministère.

Comme indiqué dans un rapport du Sénat (PDF) sur l’usage des LBD dans le cadre du maintien de l’ordre, daté de février 2019, c’est également lui qui donne l’ordre de tirer. Car cela n’a rien de nouveau pour les CRS et les gendarmes mobiles porteurs de LBD, déjà soumis à la présence d’un superviseur. La mesure est en réalité étendue aux effectifs de sécurité publique et aux Brigades de répression de l’action violente (Brav), composées notamment des Brigades anti-criminalité (Bac). « Ça ne se fait pas de gaieté de cœur, parce que là où il fallait un policier avant, maintenant il en faut deux », a réagi une source au ministère de l’Intérieur, citée par Libération (article payant).

 

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Enfin, le texte précise que le superviseur pourra être porteur d’une caméra-piéton, dans la continuité de l’instruction du 23 janvier 2019 visant, à l’époque, à en doter les porteurs de LBD « dans toute la mesure du possible ». Les porteurs de caméra sont invités « dans tous les cas (…) à enregistrer les conditions dans lesquelles le LBD a été utilisé ».

Mais pour Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS et spécialiste du maintien de l’ordre cité par franceinfo, « on va naviguer dans des eaux troubles en ce qui concerne l’usage du LBD. Est-ce une arme de maintien de l’ordre ou seulement une arme de légitime défense ? L’ambiguïté n’est pas tout à fait levée encore », a-t-il estimé le 11 septembre, à la suite de la présentation des principales mesures du SNMO par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Interrogé dans Libération, il a encore pointé « l’ambiguïté de la présence de cette arme en maintien de l’ordre, censé être de la gestion de foule ». « Quelles que soient les conditions d’usage, ça reste une arme qui vise un individu et un seul », a-t-il exposé, expliquant notamment son maintien dans l’arsenal des forces de l’ordre par la « pression syndicale ».

Des unités plus « mobiles »

Pour « mettre fin aux exactions » et répondre à « l’infiltration plus systématique de casseurs au sein des cortèges », une plus grande mobilité des forces de l’ordre est un « impératif », écrit le ministre de l’Intérieur, en préambule du texte. Des unités « spécialement constituées » disposant d’un « grand pouvoir de mobilité » pourront être mises en place. Une « contribution grandissante des unités hors unités de force mobile » est aussi soulignée.

Se pose alors la question de la formation au maintien de l’ordre lors des manifestations de ces policiers. Si on leur demande « de prendre part à un dispositif de maintien de l’ordre pour y faire ce qu’ils font en police urbaine, pour faire du ‘saute-dessus’, ce sera un problème », commente Fabien Jobard dans Libération. Le document du ministère de l’Intérieur aborde ce point en indiquant que les unités spécialement constituées « bénéficient de formations adéquates, tant pour leurs propres modes d’action que pour leur interopérabilité avec les unités de forces mobiles ».

Enfin, les acteurs traditionnels du maintien de l’ordre bénéficieront quant à eux de la création de 300 postes de gendarmes mobiles. Ces derniers « bénéficient de près de 60% de la hausse des effectifs annoncés », relève le journal L’Essor de la gendarmerie.

Un effort de communication avec les manifestants

La nouvelle doctrine prévoit aussi une « modernisation des sommations », avec notamment l’ajout de la phrase « Quittez immédiatement les lieux », en plus des traditionnelles indications, afin d’ »exprimer plus explicitement ce qui est attendu de la part des manifestants ».

Evoquant ce point sur Twitter, le journaliste Maxime Reynié, fondateur du site Maintien de l’ordre, a estimé qu’ »en clair, ça ne changera rien. Toujours trois messages qu’on n’entendra jamais au milieu de la foule, des cris, etc. ». Et si les forces de l’ordre seront équipées, selon le document, de nouveaux matériels comme des « haut-parleurs de forte puissance » ou des « panneaux à message variable », pour mieux informer les manifestants, le journaliste en pointe les limites, décrivant des panneaux « illisibles car trop loin, ou trop de lacrymos, ou cassés ». Quant à l’utilisation des réseaux sociaux pour faire passer ces informations au cours des mobilisations, elle est « inutile » puisque « personne ne [les] regarde en participant à une manif ».

Dans le cadre de cet effort de communication, un « dispositif de liaison et d’information » doit aussi être mis en place entre policiers et organisateurs. « Ces échanges rappelleront aussi la nécessité pour les orgas de se désolidariser rapidement des ‘casseurs’ », analyse encore Maxime Reynié sur Twitter. Le journaliste y voit « un côté tactique pour faciliter l’intervention mais aussi (…) politique pour bien séparer les gentils et les ‘casseurs’ encore plus, et au sein même des cortèges entre militants, et éviter les ‘convergences’ qu’on a pu voir plusieurs fois. »

Plus de transparence 

Affichant aussi la volonté d’une plus grande « transparence » dans l’action des forces de l’ordre, le texte souligne que toutes les unités porteuses d’un uniforme devront avoir un marquage dans le dos pour permettre leur identification. Cela s’ajoutera « port du RIO » (le référentiel des identités et de l’organisation, un numéro qui identifie le policier), « y compris sur la tenue de maintien de l’ordre », souligne le document.

Cependant, en décembre dernier, Libération relevait déjà de nombreux manquements à la loi concernant le RIO. « Les éléments de la tenue nécessaires au maintien de l’ordre ne disposent pas d’emplacement pour mettre le RIO, ou parfois, le cachent », affirmait Philippe Capon, secrétaire général d’Unsa Police. Le dernier SNMO n’aborde pas ce problème.

En revanche, le ministre de l’Intérieur souhaite interdire la diffusion des visages non floutés du personnel, et ce, alors que le port de la cagoule reste interdit.

Une place « particulière » pour les journalistes

Le SNMO insiste aussi sur la nécessité de reconnaître la « place particulière des journalistes au sein des manifestations ». Le texte pointe notamment leur droit à « porter des équipements de protection, dès lors que leur identification est confirmée et leur comportement exempt de toute infraction ou provocation ».

Pour autant, le texte rappelle « que le délit constitué par le fait de se maintenir dans un attroupement après sommation ne comporte aucune exception, y compris au profit des journalistes ou de membres d’associations ». « Ils doivent, comme n’importe quel citoyen, obtempérer aux injonctions des représentants des forces de l’ordre en se positionnant en dehors des manifestants appelés à se disperser. »

 

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La musique made in France dans toute sa diversité

 

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C’est à la découverte d’une « Douce France » façon Charles Trenet – Rachid Taha à laquelle nous vous convions, dans nos villes-monde en Seine-Saint-Denis, à Paris et dans le Grand Paris, de scènes en lieux inédits, éphémères ou places détournées. 

 

L’édition Douce France, c’est la continuité des actions de Villes des Musiques du Monde depuis 23 ans:

Une mise en lumière des nouvelles musiques populaires, enracinées dans le local, ouvertes sur le monde, vivantes, innovantes, rassembleuses.

Une nouvelle génération d’artistes qui mixent esthétiques, styles, répertoires, langues de France et créent les musiques d’aujourd’hui.

Au programme de ces cinq semaines

De puissantes rencontres de langues, de voix, de rythmes : rock oriental, brass band de Seine-Saint-Denis, rap wolof, afro-beat made in Paris, pop franco-vénézuélienne, chansons populaires, world musette… Concerts, battles, programmation Jeune Public et famille, ateliers de musique et de cuisine, cinés- concerts, débats, expositions …

Des fils conducteurs : La rue – Motivés ! – Electric – Des fourmis dans les jambes  – French connection – Nouvelle scène traditionnelle – 4e Prix des Musiques d’ICI-  Causeries – En actions !

Le tout entre gratuité et prix doux.

Cette édition rend hommage, bien sûr à Rachid Taha mais également à Manu Dibango, Tony Allen, Mory Kanté, Hilaire Penda…

Pas d’ici sans ailleurs !

Les musiques et danses traditionnelles se sont enrichies des répertoires venus des quatre coins du monde, musiques et danses qui se jouent désormais sur notre territoire et reflètent l’histoire du peuplement de notre pays. Des musiques du sol en résonance avec les musiques de l’exil : cette édition célèbre la rencontre de nos héritages culturels, et donne à voir et à entendre la diversité de nos identités plurielles, un nouveau patrimoine en commun. Merci à Patrick Lavaud – Nuits atypiques

HERVE KEMPF 22 09 20

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ENREGISTREMENT DE L »EMISSION A « LA NOUVELLE RESERVE » LNR LE 17 09 2020 POUR LA SORTIE DE NOUVEL OUVRAGE « QUE CREVE LE CAPITALISME. CE SERA LUI OU NOUS »

 

HERVEKEMPF

 

BIOGRAPHIE & INFORMATIONS

Nationalité : France
Né(e) à : Amiens , 1957
Biographie :

Hervé Kempf est un journaliste et écrivain français.

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, section Service public, en 19823, il travaille tout d’abord associé à la radio pirate Radio Cocktail, à Paris, puis cofondateur de la radio Je t’aime FM. D’abord journaliste à Radio Alligator, à Montpellier, il entre en 1985 à Science et Vie Micro. Le choc de la catastrophe de Tchernobyl le pousse à se consacrer aux questions écologiques .

Après avoir fondé Reporterre, le magazine de l’environnement en 1989, il travaille à l’émission télévisée Sauve qui Veut (France 2) au sein de l’Agence Capa (1991-1992), puis assure la rubrique « Sciences » de Courrier International (1992-1995), et les rubriques « Technologie » et « Ecologie » dans le magazine La Recherche (1995-1998). Il entre en 1998 au quotidien Le Monde pour couvrir le domaine environnemental. notamment les sujets relatifs aux négociations climatiques et aux organismes génétiquement modifiés. Il crée en janvier 2009 la chronique hebdomadaire « Écologie » du quotidien et en assure la rédaction.

Au moment de la crise suscitée en 2003 dans ce quotidien par la parution du livre de Pierre Péan et Philippe CohenLa Face cachée du Monde, il considère cette attaque comme un symptôme de la crise d’une presse détachée des intérêts du peuple4. Il est alors élu au conseil de gérance de la Société des rédacteurs du Monde entre 2003 et 20065, sur la base d’une position critique à l’égard de la direction de l’époque.

Dans Comment les riches détruisent la planète (publié en 2007), Hervé Kempf explique l’articulation entre l’actuelle crise sociale et la crise écologique en s’appuyant sur la théorie de la rivalité ostentatoire de l’économiste Thorstein Veblen. Selon lui, l’absence de réelle solution à la crise écologique découle de la profonde inégalité qui règne dans la période actuelle, et du comportement de la classe oligarchique. Ce livre est recommandé par Hugo Chávez lors de la séance plénière de COP15 du 16 décembre 20096,7.

Après le succès de cet ouvrage traduit en plusieurs languesNote 1, il approfondit sa réflexion dans Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (2009). Estimant que le capitalisme a adopté depuis 1980 un régime nouveau par rapport à la période antérieure, il considère que l’exacerbation de l’individualisme a transformé la culture collective. Dans cette optique, la solution à la crise écologique passe par un retour du sentiment collectif, et donc par la sortie de la culture capitaliste. Ce livre rencontre lui aussi le succèsNote 2.

Il se définit en 2009 comme « objecteur de croissance »8.

En 2011, il publie L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie, dans lequel il décrit la dérive des sociétés démocratiques occidentales vers des régimes oligarchiques, c’est-à-dire dans lesquels un petit nombre de personnes détient les pouvoirs politique, économique et médiatique.

Fin 2012, il suit le dossier du projet d’aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes, qu’il a couvert pour Le Monde dès 20099. Il révèle ainsi le cas de pantouflage concernant le préfet de la Loire-Atlantique depuis 2007, Bernard Hagelsteen, qui, après avoir supervisé le projet d’aéroport pour l’État, a été embauché par l’entreprise Vinci, chargée de construire et d’exploiter le futur aéroport10. Il tente ensuite de démontrer que les chiffres prévus du trafic auraient été largement exagérés11 et réalise par ailleurs plusieurs reportages à Notre-Dame-des-Landes, publiés sur le site Reporterre12.

En 2013, il publie Fin de l’Occident, naissance du monde. Dans cet ouvrage au ton moins polémique que les précédents, il replace l’évolution des sociétés occidentales dans un long temps historique. Reprenant le concept de « grande divergence » de l’historien américain Kenneth Pomeranz, il analyse l’époque actuelle comme celle d’une « grande convergence », durant laquelle l’ensemble des sociétés humaines convergent vers un niveau de consommation matérielle et énergétique homogène. Mais, dans un contexte de crise écologique planétaire, ce niveau de consommation ne pourra pas se situer à celui des pays occidentaux actuels. Il en conclut que le niveau de consommation matérielle et énergétique dans ces pays va et doit baisser, et analyse les scénarios (autoritaire ou démocratique) par lesquels cette évolution historique va se dérouler.

Hervé Kempf quitte le quotidien Le Monde en août 2013, ses derniers liens avec le journal sont officiellement rompus le 2 septembre 201313. Le journaliste justifie son départ par le refus répété de la direction du journal de le laisser réaliser des reportages sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes14,15,16.

Il se consacre désormais au site Reporterre qu’il a contribué à créer17. Il en est le rédacteur en chef.

En novembre 2016, il a refusé la Légion d’honneur que voulait lui décerner la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal18.

En janvier 2017, Hervé Kempf a publié Tout est prêt pour que tout empire. 12 leçons pour éviter la catastrophe (Seuil). Dans ce livre, il entend montrer que crise écologique, terrorisme et néo-libéralisme sont trois facettes d’une même situation historique, découlant des évolutions intervenues depuis la période 1978-1981, qu’il présente comme un tournant historique majeur.

En octobre 2019, il annonce qu’il n’ira plus sur la chaîne C News, tant qu’Éric Zemmour, condamné pour provocation à la haine religieuse le 17 septembre, et auteur d’un discours islamophobe lors de la convention de la droite dix jours plus tard, y sera19. Selon lui, les propos largement diffusés de M. Zemmour « témoignent de la montée du fascisme dans notre pays »20.
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Ce sera lui ou nous

Hervé Kempf

La catastrophe écologique est enclenchée, la crise du coronavirus a fracturé le monde entier. Un responsable : le capitalisme. En saccageant le service public de la santé, il a transformé un épisode grave mais gérable en désastre. En poursuivant la destruction des écosystèmes, il a mis en contact des virus mortels avec la population humaine. En aggravant les inégalités, il a plongé des dizaines de millions de personnes dans la misère.
Le gong avait pourtant déjà retenti lors de la crise financière de 2008. Mais plutôt que de se remettre en cause, les capitalistes ont formé un nouveau paradigme : l’avenir sera technologique, fondé sur la numérisation et l’intelligence artificielle. Il conduira à une nouvelle élite hybridée avec les machines. Et la masse de l’humanité sera rejetée dans le chaos climatique, au prix d’un apartheid généralisé.
Il faut rejeter cette vision mortifère. L’oligarchie est aujourd’hui une caste criminelle. On ne la convaincra pas, on la contraindra. Des stratégies de résistance sont nécessaires, possibles et nombreuses. Cet ouvrage est un appel à dépasser le fatalisme et à entrer en lutte.

Car le capitalisme vacille. Et c’est tant mieux : il est temps que s’ouvre le monde nouveau.

Auteur de plusieurs essais décapants dont Comment les riches détruisent la planète (Points Terre, 2020)et Tout est prêt pour que tout empire (Seuil, 2017),Hervé Kempf est rédacteur en chef de Reporterre, le quotidien de l’écologie.

Ouvrages

L’Économie à l’épreuve de l’écologieHatier, Paris, 1991 (ISBN 2-218-04389-0)

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