ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

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30 juillet 2020

LUCIO URTUBIA CSPB 28 07 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 18 h 46 min

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 L’émission du CSPB dernier mardi du mois dans ça booste sous les pavés. Ce soir c’est une spéciale Lucio Urtubia, maçon, militant anarchiste, antifasciste, internationaliste, fondateur de l’espace Louise Michel dans le 20ème à Paris. Lucio s’est éteint le 18 juillet 2020, un hommage lui a été rendu dans la coupole du Père Lachaise le 24 juillet 2020. Durant les 2h de l’émission nous entendrons Lucio au travers de différentes émissions de Radio Libertaire, Idées anarchistes, ça booste/CSPB, Radio Lap, à l’espace Louise Michel. Erratum, dans la 1ère intervention, j’annonçais Elisabeth de femmes libres. il faut entendre Elisabeth de l’émission Idées Anarchistes. En fin d’émission nous entendrons les hommages qui lui ont été rendus de la part de compagnons de lutte, militants, amiEs, famille. On pense fort à Anne et Juliette. Retrouvez le podcast de l’émission sur.

 

www.mixcloud.com/skuale/

ou

www.mixcloud.com/radiolibertaire/ 

 

AGUR ETA OHORE LUCIO

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QUI ES TU LUCIO….

 

« Il ne faut surtout pas être dépendant de l’argent de l’Etat. L’Etat c’est le pouvoir, le capitalisme. Il nous donne quelques miettes pour nous endormir. Pour être libre, il faut gagner son propre argent, être son propre patron et ne rien attendre du système. »

 

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Lucio l’irréductible
militant libertaire

L’histoire de Lucio Urtubia, c’est l’histoire de ces militants libertaires antifranquistes de la seconde génération. L’histoire de ceux qui étaient trop jeunes pour participer aux combats de la révolution de 1936 mais qui ont néanmoins été marqués par le drame et les douleurs de la défaite puis de la chape de plomb du régime franquiste. L’histoire de ceux qui parce qu’ils étouffaient de misère, d’humiliations et de soumission dans l’Espagne des années quarante et cinquante ont choisi l’exil puis la lutte clandestine contre le régime franquiste.

L’histoire de Lucio c’est l’histoire de ceux-ci. Peut-être avec un peu plus d’audace, de courage et de risque que la majorité de ses camarades d’infortune. En 1936, Lucio avait 5 ans. Et parce que fils de paysan pauvre républicain, ce petit basque compris vite que le soleil ne brillait pas pour lui ni pour tous les « rouges » de son espèce dans l’Espagne des lendemains de la Seconde guerre mondiale. Alors, un soir d’août 1954, Lucio traverse la Nive pour s’exiler en France et se retrouver maçon à Paris.

La suite, c’est le fait de hasards et de rencontres. La rencontre avec des militants de la CNT en exil sur les chantiers qui l’amène à rejoindre le groupe des Jeunesses libertaires et puis surtout, un beau matin de 1957, la rencontre avec El Quico, avec Sabaté que les copains lui demandent d’héberger un moment dans son petit appartement de Clichy. À partir de ce moment la vie de Lucio prend un tournant irrémédiable. Au contact de Sabaté, il se forme et réalise ses premiers coups. Il comprend que la lutte antifranquiste a besoin d’hommes d’action, d’armes, de faux papiers et d’argent pour réorganiser les réseaux en Espagne, payer le matériel de propagande, aider les familles des prisonniers et fournir des avocats à ces derniers.

Jusqu’au début des années quatre-vingts, la vie de Lucio est rythmée par cette double vie de maçon la journée et de travailleur de la nuit au service du mouvement libertaire. Tout est bon pour alimenter les caisses de la lutte antifranquiste. Contrebande, reprise individuelle, enlèvement, impression de faux papiers, de fausse monnaie et de traveller’s chèques rythment l’activité du militant de l’ombre Lucio.

Une vie bien remplie que nous raconte Bernard Thomas qui a eu la chance de recueillir les confidences de Lucio aujourd’hui responsable de l’Espace Louise Michel dans le XXème arrondissement de Paris. Au fil de son histoire on revit toutes les grandes affaires de la lutte antifranquiste : l’épopée de Sabaté (1), l’affaire Granado et Delgado, les actions menées par les GARI mais aussi le soutien au peuple algérien en lutte pour son indépendance ou encore un projet inabouti en compagnie de Che Guevara…

 

 

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LUCIO [URTUBIA Lucio]

Né en 1931 dans le village navarrais de Cascante, en Espagne ; ouvrier du bâtiment puis entrepreneur ; militant anarchiste ; activiste ; faux monnayeur au service de causes révolutionnaires.

Lucio Urtubia naquit en Navarre. Son père était secrétaire de l’Union générale des travailleurs (UGT) et maire adjoint du village de Cascante. Né dans une famille nombreuse (un frère et quatre sœurs), il eut une jeunesse houleuse : condamné aux travaux forcés (los fueros) pour des vols ; contrebandier entre la frontière espagnole et française. Engagé volontaire dans la Guardia Civil en 1952, il organisa un trafic d’uniformes et autres marchandises. Découvert, il fuit en août 1954 et passa la frontière pour gagner Vaucresson où travaillait sa sœur Saturnina (il ne fut pas inscrit comme déserteur).

À Paris, Lucio Urtubia (dit Lucio) était terrassier et maçon. Il obtint en trois mois son permis de travail et sa carte de résident. C’est là qu’il rencontra un anarchiste espagnol qui le mit en contact avec la CNT espagnole pour des cours de français. Il s’inscrivit aux jeunesses libertaires ibériques (FIJL). En 1957, il hébergea pendant neuf mois le guerillero Francisco Sabaté (dit Quico) dans son studio de Clichy, 32 rue Castérès ; celui-ci lui légua sa mitraillette Thomson 11,43.
Réunions et manifs, meetings, coups de pinceaux sur l’ambassade d’Espagne, Lucio finit par être inscrit au service de l’éloignement de la Préfecture de police, classé réfugié politique, carte de séjour à renouveler tous les trois mois et contraint de se présenter matin et soir au commissariat le plus proche lorsqu’un chef d’État sujet à controverse serait reçu en France.
En 1958-1959, il commença à participer à divers braquages en France, Belgique, Hollande, Londres, dont certains avec Sabaté. Pendant les mêmes années, pour le compte de Sabaté, Lucio fit le tour des réseaux anarchistes en Espagne : envoi de mandats et prises de contact. Lucio participa à deux tentatives de rapt de deux industriels.
Il eut des contacts avec toutes les organisations de résistance au franquisme, tant du côté français qu’espagnol : le Front de libération populaire F. L. P. (dit le Felipe), les GARI (Groupe d’Action Révolutionnaire Internationaliste), le Mouvement Ibérique de Libération MIL, la Défense intérieure (DI).

En tant qu’ouvrier du bâtiment, il eut également une activité revendicatrice sans être syndiqué. Au printemps 1962, Lucio rencontra dans les salons d’Orly Che Guevara à qui il proposa d’imprimer de faux dollars pour mettre à bas l’économie américaine.

En 1968, il fit la connaissance pendant les événements de mai 1968 d’Anne Garnier, qu’il épousa le 30 octobre 1969 et dont il eut une fille Juliette en avril 1970. Il monta un comité de quartier à Clichy.

C’est à partir de 1969 qu’il installa une imprimerie avec des camarades anarchistes pour y imprimer brochures, tracts, journaux ; et qu’il se lança dans la fabrication de faux papiers, au point de se surnommer lui-même la « préfecture libertaire », ainsi que le trafic d’armes et d’explosifs pour des groupes de confiance. À ces fins, lui et Anne louèrent, sous une fausse identité, des boxes ou des appartements afin d’opérer de stocker le matériel nécessaire.

Lucio mit au point et réalisa une série de détournements d’argent auprès d’établissements bancaires : des équipes munies d’une fausse fiche de paie, d’un faux chèque et d’une fausse pièce d’identité se présentaient dans diverses banques afin de retirer la somme. Le 22 mai 1974) Lucio et Anne furent arrêtés et accusés de complicité dans l’enlèvement de Balthazar Suarez, directeur de la succursale parisienne de la Banco de Bilbao (3 mai 1974). Lucio fut incarcéré à la Santé jusqu’au 18 septembre 1974 mais fut acquitté avec tous les autres inculpés lors du procès en 1981.

Après avoir participé aux mouvements de prisonniers (été 1974), Lucio reprit contact avec les libertaires en prison dès 1975. En octobre 1976, il fut assigné à résidence pendant cinq jours à Belle-Ile-en-Mer (avec une douzaine d’autres militants anarchistes ainsi que des militants de la cause basque) à l’occasion de la venue du roi d’Espagne Juan Carlos en visite officielle en France.
En 1978, Lucio continua de procurer armes et faux-papiers pour certains groupes ou personnalités en lutte contre les restes de la dictature franquiste (par exemple le financier Pere Baret, ou le metteur-en-scène Albert Boadella, qu’il hébergea aussi quelque temps à Clichy).
Il fit l’intermédiaire, en novembre 1979, à la demande de Roland Dumas, auprès d’un responsable de la scission poli-mili de l’ETA pour obtenir la libération de député centriste Javier Ruperez.

Sa réputation s’étendit à tel point que Lucio procura des faux papiers pour des exilés clandestins d’Uruguay, de Bolivie, du Chili et d’Argentine. Il était capable de fournir des papiers d’identité français, belge, suisse, italien, espagnol. À partir de 1979, il commença à concevoir et à réaliser la reproduction et la fabrication des traveller’s checks de la First National City Bank. Au printemps 1980, à Madrid, Lucio et une équipe anarchiste récupérèrent l’équivalent en pesetas de plus de trois millions et demi de francs. Ces faux chèques furent abondamment utilisés par les réseaux de lutte armée (GARI, AD). Sans que Lucio ne maîtrise tout à fait leur utilisation et leur diffusion.

En 1982, il mit au point avec Liber Forti (syndicaliste de la Central ouvrière colombienne (COB) l’enlèvement de Klaus Barbie en Colombie, opération stoppée en raison de l’arrestation de deux militants d’Action directe Jean-Marc Rouillan et R Schleicher.

La même année, il comparut devant la 13e chambre correctionnelle, et il fut condamné à treize mois de prison ferme pour fabrication de faux papiers.

Au cours des années 1982-1983, Lucio (appuyé par son avocat Fagart et l’avocat Joinet) négocia avec la City Bank la remise des films, des plaques et du reste du stock de chèques contre l’arrêt des poursuites.

En septembre 1983, il créa son entreprise « Atelier 71 » qui employa tous les corps de métier du bâtiment. Il fut à l’initiative de la création et de la construction du Centre Louise Michel, rue des Cascades à Paris.

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POUR CITER CET ARTICLE :

https://maitron.fr/spip.php?article139802, notice LUCIO [URTUBIA Lucio] par Olivier Ray, version mise en ligne le 3 mars 2012, dernière modification le 1er juillet 2020.

Par Olivier Ray

SOURCE : Bernard Thomas, Lucio l’irréductible, Flammarion, 2000. — Écoutez Lucio Urtubia et Bernard Thomas, libertaires, documentaire de Bernard Baissat, 2000, 85 minutes, entretien vidéo. — Aitor Arregi et José Maria Goenaga ont réalisé un film documentaire consacré au militant anarchiste Lucio Urtubia, Lucio : anarchiste, braqueur, faussaire… mais tout d’abord maçon réalisé par Aitor Arregi et José Maria Goenaga. 2007. 93 minutes.

 

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MA MORALE ANARCHISTE

Note des éditeurs

 

Notre morale anarchiste

 

Ma morale anarchiste!

Rarement le titre d’un livre aura mis autant dans le mille. Lucio, en effet, aurait pu intituler le récit de

sa vie

« Mémoires d’un faussaire », « Docteur maçon et mister Robin des bois », «J’ai niqué la First National

City Bank », «J’ai proposé à Che Guevara d’inonder l’Amérique de faux dollars », «Du bienfondé de

l’expropriation des riches », «Lucio, un anarchiste de la belle époque », « Un gars ben ordinaire »,

« Le braqueur au grand cœur » … çà aurait fait des bons titres. Parce que Lucio, c’est à l’évidence

tout cela.

Mais, et vous allez le découvrir, Lucio çà n’est pas que cela. C’est aussi autre chose et d’une toute

autre teneur que celle du clinquant spectaculaire. On réfléchit un instant. En règle générale, les

maçons se contentent d’être maçons et les braqueurs et autres faussaires se gardent bien de l’être.

 Alors, pourquoi maçon une partie de la journée à trimer comme un espagnol pour une poignée de

cerises et braqueur-faussaire l’autre partie de la journée à vendanger les dollars comme s’il en

pleuvait? A l’évidence, çà ne colle pas! On est maçon ou braqueur-faussaire, mais pas les deux.

Or, Lucio a été les deux. Maçon poignée de cerises le matin et braqueur-faussaire vendangeur de

 dollars après le boulot. On s’en doute, de ses activités vendangeuses de dollars, Lucio n’a jamais

gardé un kopeck pour lui. Tous les dollars allaient pour la cause. Celle des travailleurs. Des révolution-

naires. Du syndicat. Des groupes d’action. De la solidarité nationale et internationale avec tous ceux

et toutes celles qui étaient sous le joug et luttaient pour s’en libérer. Lui, il mettait un point

d’honneur, à gagner son pain normalement. Mais pourquoi tout cela qui fera toujours différence

avec les voleurs de poules à la petite semaine et même avec des révolutionnaires professionnels

quasi fonctionnarisés?

Parce que Lucio est un homme qui a de la morale? Ça semble évident ! Mais c’est tout aussi évident

 que, si tous les maçons qui ont de la morale faisaient dans le braquage et la fausse monnaie, ça se

saurait ?

Alors? Eh bé, c’est simple! Si Lucio est un maçon qui a de la morale, c’est aussi et surtout un maçon anarchiste. Et, de ce fait, sa morale l’est également. Et c’est ça qui explique son rapport au travail et

le fait que, pour lui, militer ne peut rimer ni avec profit personnel ni avec fonctionnarisation. Soyons honnêtes, dans ce cadre-là, qui est celui de bon nombre d’anarchistes qui, sur des modes semblables

ou différents, font le coup de feu contre le capitalisme, Lucio n’est pas le premier venu. A sa manière

c’est quand même « un grand d’Espagne ». De ce point de vue, il aurait été dommage que le groupe

Los Solidarios qui a, en tout et pour tout, deux objectifs ras des pâquerettes dans la vie (éditer un

livre par an et en offrir les bénéfices éventuels à une œuvre libertaire), ne publie pas Ma morale

anarchiste.

A l’évidence, Ma morale anarchiste était fait pour rencontrer notre morale anarchiste.

Quelque part dans les maquis de la résistance à l’intolérable.

Le 19 juillet 2005,

Los Solidarios

 

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Repères

 

18 février 1931

Naissance de Lucio Urtubia, à Cascante (Navarre). Son père, un paysan pauvre, a été fortement

influencé par le catholicisme et le carlisme, mais un séjour en prison l’a éveillé à une certaine

conscience sociale. Pendant la République, il fut maire adjoint de son village et secrétaire du syndicat

U.G.T.(socialiste). En 1936, la phalange essaie de tondre la mère de Lucio. Son père échappe de peu

 au peloton d’exécution. Un curé, Don Victoriano, à qui il avait sauvé la mise pendant la République,

intervint en sa faveur. La période de l’après guerre civile fut difficile pour les ouvriers qui furent

fusillés par centaines de milliers et pour la famille Urtubia. Le père de Lucio qui était ouvrier agricole

dut travailler gratuitement pour les vainqueurs. La famille (quatre filles, deux garçons) fut obligée de

s’installer chez le grand-père paternel qui possédait quelques arpents de terre. C’était la misère.

Parfois, la boulangère refusait de faire crédit. Il en était de même pour le marchand d’espadrilles.

1948

Lucio fait un tas de petits boulots. Il s’éprend de la fille d’un fasciste. Le fasciste ne l’entend pas ainsi.

Lucio s’enfuie alors enFrance et il arrive à Biarritz, pieds nus. Les gendarmes le reconduisent tout

naturellement à la frontière. La Guardia Civil l’attend. Il fera trois mois de prison à Vera del Bidassoa

et à Pampelune.

1950

Atteint d’un cancer, le père de Lucio n’a pas les cinq mille pesetas nécessaires pour acheter

 médicaments et morphine. Il souffre le martyr. A tel point qu’il demande à son fils de le tuer.

Lucio se rend alors à la caisse d’épargne du village avec un couteau. Il est prêt à tout pour se procurer

 cet argent. Mais il ne parvient pas à franchir le pas. Pas encore! Quand son père meurt, Lucio a dix-

neuf ans.

1952

Après avoir fait divers petits boulots, dont celui de contrebandier, Lucio part pour le service militaire.

Il traficote dans les chemises, les pulls, les bottes … et, par peur d’une inspection annoncée, il

déserte le 24 août 1954, après 15 mois de service militaire. Direction la France. Saint-Jean-Pied-de-Port, Bayonne, Paris.

1957

Depuis trois ans Lucio travaille comme manœuvre, puis comme maçon. Il fréquente les anars de la

C.N.T. et des Jeunesses Libertaires et il s’imprègne de toute une éducation politique et sociale. En

 1957, c’est la rencontre de sa vie avec Francisco Sabaté, dit Quico, le célèbre guérillero anarchiste,

qui lui confie son « outillage» (une mitraillette Thomson … ). Par émulation, il réalise quelques  

«expropriations» (des braquages). L’argent exproprié est pour la cause. Lui, continue à gagner son

pain comme maçon. Puis, il fait quelques plans en Espagne, pour Quico. Remise d’argent, de tracts …

à des camarades.

 

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4 janvier 1960

Quico est cerné par la police en Espagne et meurt les armes à la main. Lucio décide de poursuivre le

combat. A sa manière. Via des «expropriations» et autres «récupérations ». Toujours pour la cause.

Car, dans la journée, il est toujours maçon.

Printemps 1962

Lucio rencontre Che Guevara à Orly pendant des heures. Il lui propose d’inonder la planète de faux

dollars. Depuis quelque temps, en effet, il s’était mis aux faux papiers et disposait du matériel

 nécessaire à la fabrication de fausse monnaie. Le Che, après l’avoir écouté attentivement, refuse

 finalement la proposition de Lucio. Après la mort de Quico, des membres de la F.A.I.

(Fédération anarchiste ibérique), de la C.N.T. (Confédération nationale du travail) et des Jeunesses libertaires avaient décidé de relancer la lutte contre le franquisme. A cet effet, ils avaient fondé la

 D.l. (Défense intérieure). Il s’agissait de frapper le franquisme au portefeuille en effrayant les touristes.

Juin 1962

Explosion de bombes à Madrid et Barcelone.

Juillet 1962

Rebelote à la mairie de Valence où Franco venait de prononcer un discours.

12 août 1962

Au mausolée des morts franquistes, une bombe explose derrière l’autel, après la messe.

17 août 1963

Deux libertaires, Delgado et Granado, accusés faussement d’avoir fait exploser deux bombes sans

 qu’il y ait eut mort d’homme, sont garrottés.

30 octobre 1969

Lucio épouse Anne à la mairie de Clichy. Depuis quelques années, il faisait des « récupérations » de

toutes sortes. Matériaux de chantiers (pour la rénovation de locaux révolutionnaires), matériels de

bureau et, surtout, matériels d’imprimerie. Les « expropriations» en douceur réalisées grâce à tout

un tas de faux documents et autres faux papiers étaient moins risquées que les braquages d’antan. Et

s’avéraient plus lucratives. Avec des faux papiers, des faux chèques, des faux bulletins de salaires …

ça permettait de toucher cent fois en une journée (via une quinzaine de copains disséminés sur tout

le territoire français) la paye d’un même maçon, chauffagiste … fictif. Ce fut également l’époque des

premiers faux traveller’s. La combine était simple. Un camarade achetait un vrai carnet de traveller’s,

mais sous une fausse identité. Le même carnet était reproduit à un certain nombre d’exemplaires. Et,

ensuite, le même jour, à la même heure, dans quinze pays différents, des camarades allaient dans

des banques échanger leurs faux traveller’s contre du vrai argent.

20 décembre 1973

A Madrid, E. T.A. pulvérise la voiture de l’amiral Carrero Blanco, le successeur désigné de Franco. En

Espagne et en France le champagne coule à flots.

2 mars 1974

Salvador Puig Antich, membre du M.LL. (Mouvement ibérique de libération) est garrotté. Plusieurs

 camarades de Puig Antich restent en prison. Sur les cendres du M.I.L. furent alors crées les G.A.R.I

(Groupements d’action révolutionnaire internationaliste). Ils commencent à faire parler d’eux, le 3

mai 1974, lors de l’enlèvement du banquier Suarez. L’opération fut montée de main de maître. Sans

 violence aucune. Le banquier fut parfaitement bien traité. Il fut libéré le 22 mai au bois de

  Vincennes. Le même jour, après la libération du banquier, Lucio était arrêté. Anne également.

 D’autres encore. Lucio sera libéré le 18 septembre 1974.

20 novembre 1975

Mort de Franco.

Mars 1976

Manifestation à Vitoria. Cinq manifestants tués.

1978

Lucio fait toujours dans les faux papiers. Un des bénéficiaires de ces faux papiers, Pere Baret, le

 financier du FC Barcelone, lui laisse un chèque en blanc en remerciement. Lucio n’y inscrira jamais

aucun montant et ne l’encaissera pas davantage. Plus tard, la police s’étonnera que lui, le falsifica-

teur, n’ait jamais encaissé un vrai chèque, qui plus est, en blanc.

La morale anarchiste, encore !

1979

Le plan des faux traveller’s redémarre, mais, cette fois-ci, à grande échelle. Ça profite à beaucoup de

révolutionnaires. Libertaires et autres. Car Lucio est toujours maçon le jour pour gagner son pain.

Toujours la morale anarchiste.

8 juillet 1980

Une mallette de couleur marron est échangée aux Deux Magots entre Lucio et des acheteurs.

Plusieurs jours après, toujours aux Deux Magots, arrestation de Lucio avec une nouvelle mallette

 contenant (aux dires de la police qui ne l’ouvrira que plus tard) trois mille quarante-trois faux

traveller’s de la First National City Bank pour une valeur de deux millions de francs. Lucio est

 incarcéré à la Santé. Il y rencontre Charlie Bauer. Et d’autres. Le 10 janvier 1981, il est libéré, faute

de suffisamment de preuves. Il manquait également un certain nombre de commissions rogatoires

 en provenance de l’étranger.

19 janvier 1981

« Ce matin, 19 janvier 1981, nous rentrons dans nos prisons respectives a/in de comparaître comme

prévenus dans un procès d’assises que jusqu’alors personne n’aurait cru possible. Nous avons été

 arrêtés il y a sept ans, relâchés rapidement. Les militants espagnols, arrêtés en Espagne en 1974 ont,

eux, été amnistiés. «En 1981, en France, notre procès sera celui d’individus qui hier ont refusé le

franquisme, comme ils ont refusé le régime des colonels grecs et celui de Caetano … 

« Oui, nous condamnons toutes les dictatures et les États totalitaires. Oui nous soutenons tous les

mouvements de lutte qui cherchent à arrêter la main du bourreau, comme c’était le cas lors de

 l’affaire Suarez.

« Aujourd’hui; à deux mois de l’élection présidentielle, le gouvernement français se dévoile:

En faisant notre procès, en faisant celui des G.A.R.I., en mars 1981, en enfermant des militants anti-franquistes de l’E. TA., en permettant que des groupes

d’extrême droite espagnols, liés à des membres de l’O.A.S., tuent et blessent en toute impunité (. . .). « Devant cette réalité, ce procès est d’autant plus absurde

et scandaleux que c’est nous, anti-franquistes, qui sommes considérés comme des criminels. »

Lucio, Anne et quelques autres signent cette déclaration juste avant leur procès en Assises à propos de l’enlèvement du banquier Suarez. Tous les inculpés

seront acquittés.

20 février 1981

E.T.A. politico-militaire enlève, en Espagne, les consuls d’Autriche, d’Uruguay et du Salvador. Il s’agit

d’essayer de faire libérer des militants en échange des otages. Le consul d’Autriche est le neveu du

 chancelier Kreisky. Cela préoccupe le candidat Mitterrand. Roland Dumas, qui fut l’avocat de Lucio, contacte ce dernier pour lui demander d’intervenir.

23 février 1981

Le lieutenant-colonel Tejero envahit le parlement de Madrid avec une troupe de la Guardia Civil et prend en otages 600 députés. A l’aube, après l’intervention

du roi Juan Carlos, les putschistes se rendent.

28 février 1981

Les trois consuls sont libérés.

Juillet 1981

Le juge Michat lance un mandat d’arrêt contre Lucio pour une histoire de fabrication de faux papiers. Lucio ne veut pas retourner en prison et il entre dans la

clandestinité.

9 octobre 1981

Lucio est arrêté près de Barbès.

Novembre 1981

Lucio est mis en liberté sous contrôle judiciaire. Il crée une coopérative du bâtiment. Y travaillent des

copains qui se révèlent très vite peu aptes au travail en coopérative et. .. au travail tout court.

Lucio commence à se poser des questions. Toute sa vie il a été solidaire de ceux qui se battaient

 contre les dictatures de tous ordres. Mais, aujourd’hui, qu’en est-il vraiment de ceux qui se

proclament représentants de certaines luttes?

Décembre 1981

Lahouari Benchellal est arrêté à Helsinki. Il négociait des faux traveller’s pour le compte d’Action Directe. Des faux traveller’s de la même origine que ceux

retrouvés au Deux Magots. Ces chèques lui auraient été confiés par l’OCC (Organisation communiste combattante).

Janvier 1982

Lucio et quelques copains envisagent d’enlever Klaus Barbie en Bolivie.

13 mai 1982

L’affaire des faux passeports arrive devant la treizième chambre de la cour d’appel. Lucio n’est pas présent. Il est condamné à treize mois fermes.

28 juin 1982

Eric Waucqier, militant d’Action Directe, est interpellé dans le Paris-Amsterdam avec des faux traveller’s de la même origine que ceux retrouvés au Deux Magots.

15 juillet 1982

Convoqué à la gendarmerie de Clichy, Lucio s’y rend et est arrêté. Le 22 juillet il sera remis en liberté conditionnelle.

7 octobre 1982

Re-exament de l’affaire des faux papiers devant la cour d’appel. Lucio est condamné à une peine avec

sursis.

10 mars 1983

Lucio passe en procès pour l’affaire des faux traveller’s. La First National City Bank qui était à la limite  de refuser d’honorer ses chèques choisit de négocier

avec Lucio. Vous nous remettez les plaques

offset, votre stock de faux traveller’s et vous vous engagez à ne plus continuer, et on retire notre plainte. Affaire conclue. Lucio écopera de trente mois

d’emprisonnement dont dix-huit avec sursis. Il en avait déjà fait six. On lui fera cadeau des six restants.

Septembre 1983

Lucio crée la société «Atelier 71 » qui emploie tous les corps de métier …

La suite, demandez-lui de vous la raconter en allant lui rendre visite à l’Espace Louise-Michel, ce

formidable endroit qu’il a créé et qu’il met gratuitement à disposition de ceux et de celles qui sont

 libertaires de militance et de cœur. Toujours la solidarité avec cette foutue idée de révolution sociale et libertaire.

Toujours cette satanée morale anarchiste!

Jean-Marc Raynaud

 

Préambule

Selon Machiavel, il est impossible de gouverner sans crimes, et tous les gouvernements, si petits et

insignifiants soient-ils, sont des criminels. Cette théorie est plus que jamais d’actualité. Si les prisons

créaient des hommes responsables et des révolutionnaires, elles auraient disparues depuis

longtemps. Il en est de même du chômage. Théoriquement, en effet, les chômeurs devraient être des

contestataires car tout le monde a droit à un toit et à du travail. Or, il n’en est rien. Les allocations

chômage, le RMI, leur permettent plus ou moins (et de moins en moins) de survivre dans le cadre

d’une dépendance vis-à-vis de l’Etat.

Pourquoi les damnés de la terre n’exigent-ils pas? Pourquoi ne contestent-ils pas d’une manière

radicale un système social qui les exploite et les opprime? Pourquoi ne prennent-ils pas leur destin

en main? Pourquoi ne s’entraident-ils pas? Ou si peu. Pourquoi ne se drapent-ils pas dans les habits

de lumière d’une force morale toute de générosité et de solidarité?

Pourquoi ne rêvent-ils pas d’un monde de liberté et d’égalité?

Ma morale anarchiste

Pourquoi ne prennent-ils pas ce qu’on leur vole? Pourquoi?

Je ne crois en rien, mais la vie m’a appris à ne pas négliger les choses les plus insignifiantes pour,

finalement, parvenir à croire en tout. Ma rencontre avec Francisco Sabaté a déterminé mon exis-

tence. Quico, en effet, m’a permis de me dépasser. D’aller au-delà de mes limites.

J’ai rencontré bien des gens qui, en dépit de leur intelligence, de leur éducation, et même de leur

 valeur, n’ont rien pu faire de leur vie.

Si j’ai écrit ce livre, c’est pour montrer sans artifice qu’un individu semblable à tant d’autres peut influer sur les choses et réussir à donner un sens à la vie et à sa

vie. Simple ouvrier, hors-la-loi et  faussaire, je suis fier de ma vie. Je me suis inspiré de Louise Michel, de Buenaventura Durruti et d’El Quico. Peut-être des

jeunes gens s’inspireront-ils de moi demain? J’espère du fond du cœur que cela Puisse simplement les aider à tout faire pour qu’un jour tout ce qui nous révolte

aujourd’hui n’existe  plus.

Le 19 juillet 2005

Lucio

Avant-propos

Utopie

Toute une orientation vers la vie collective, toute une vie riche de solidarité autour d’elle, pour un

idéal. Un petit grain de sable dans l’immensité de l’inexplicable. Une solidarité qui ramène à

l’immensité du futur parcellaire humain. Pourquoi pas un petit pays et, dans ce petit pays, une

collectivité solidaire ?

Rien n’est visible à ce jour. Nous ne pouvons même pas expliquer notre pensée. Certaines

incohérences pratiques restent énigmatiques. Il suffit d’un seul instant pour que notre vie

bascule dans un nouveau monde. D’un seul regard pour changer la vie de quelqu’un et d’un seul

quelqu’un pour changer, créer et orienter une nouvelle façon d’être et de penser. Nous sommes dans

l’indéchiffrable utopie, mais nous sommes dans l’utopie des réalisations. L’utopie de notre vécu

qui n’est pas utopie. Tout est doute. Le doute est en nous et il fait partie de nous. Aucune analyse

cohérente ne suffit. Rien n’est rationnel. Et pourtant, seul le rationnel, la continuité dans le désir, la

ténacité dans l’idéal et l’utopie, sont compréhensibles. Sans cette poursuite, sans le privilège de

pouvoir payer de soi par l’effort et la continuité, rien ne peut se réaliser. Mais cela ne signifie

nullement que l’on puisse atteindre le but que l’on se fixe. Rien n’est jamais atteint. Rien.

Ma vie, une vie

 

Différents ouvrages de et sur Lucio.

Ma morale anarchiste,

Mi utopia vivida

Le trésor de Lucio BD

Lucio l’irréductible

La revolución por el tejado: autobiografía

Me llaman el Solitario: autobiografía de un expropiador de bancos

 

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FICHEZ-NOUS LA PAIX, VOUS N’ARRIVEREZ PAS À TUER NOTRE LANGUE !

2020/07/20 | 0 IRUZKIN 

Sans tenir compte des effets pédagogiques positifs qu’amène l’apprentissage d’une langue en immersion sur l’enfant, le Rectorat a pris la décision unilatérale de stopper le développement de l’immersif dans les écoles du Pays Basque Nord sans discussion, sans explication. L’Inspecteur d’académie lui-même reconnaît que les résultats des évaluations opérés par ces services sur les élèves des écoles du CP et du CE1 sont meilleurs que ceux des élèves des filières bilingues à parité horaire, ou dans la filière unilingue en français. Si près de la moitié des enfants ont un enseignement au moins partiel en euskara au Pays Basque Nord, le rendu qualitatif satisfaisant ne se retrouve malheureusement que chez les élèves qui apprennent par l’immersion. Au moment même où ses résultats tombent, le couperet tombe. L’Education nationale française ne permettra plus de mettre en place ces expérimentations, au nom du sacro saint article 2 de la Constitution.

Dans le même temps, des professeurs qui viennent d’obtenir leur titularisation pour enseigner en langue basque se retrouvent en poste à Mourenx ou à Orthez, le nombre de postes vacants étant inférieur au nombre de professeurs disponibles. Si face à la pénurie de professeurs ces dernières années, l’Office public de la langue basque appelait et encourageait les professeurs à apprendre l’euskara pour pouvoir enseigner dans cette langue, le Rectorat indique sans préavis que le nombre de professeurs bascophones dépasse aujourd’hui celui des postes à pourvoir, et envoie nos jeunes enseigner ailleurs malgré leur spécificité. Sans prévoir des solutions de remplacement par des professeurs bascophones pour celles et ceux qui tomberont malades ou s’arrêteront en cours d’année pour congés maternité.

Au nom de dogmes répondant à une vision ultra-jacobine française, l’Education nationale souhaite mettre un terme à l’expansion de l’enseignement de l’euskara dans notre pays. Si elle n’a pas sorti (encore ?) le bâton pour punir l’enfant qui osera parler en euskara comme c’était le cas il n’y a pas si longtemps, elle renforce les entraves à son développement et souhaite ainsi décourager les moins sensibles ou les moins convaincus de la question de s’engouffrer dans ce combat. Déjà l’an dernier avec la demande d’Irissarry, le Recorat avait souhaité empêcher l’ouverture d’une classe immersive, puis ‘était ravisé, avec la venue du G7 à Biarritz. Mais le Pays Basque ne peut pas être tributaire d’un pouvoir parisien qui négocie constamment sur le dos de la survie de l’euskara.

La réponse du Pays Basque doit être à la hauteur du risque que suppose ce genre de décisions. Les élus de l’Agglo l’ont bien compris et l’unanimité des délégués communautaires pour demander la poursuite du développement de l’enseignement immersif est une première réponse. Si des femmes et des hommes ne s’étaient pas levés un jour face aux attaques répétées contre l’euskara et n’avaient pas créé les ikastola en dehors de la légalité qu’imposait Paris, la langue du Pays Basque aurait pratiquement disparu au Pays Basque Nord. C’est le moment de se lever à nouveau pour leur dire : « Fichez-nous la paix, vous n’arriverez pas à tuer notre langue ! ». Paris a très bien compris que ce pays était en marche pour sauver sa langue. C’est même la raison pour laquelle il s’obstine à lui mettre des bâtons dans les roues. Mais il y a une chose que l’État français n’a pas compris : avec ces décisions absurdes, il conforte le territoire dans sa volonté de décider lui-même de son avenir et de ce qui est bon pour lui. Aintzina !

Si l’arrivée d’Eric Dupond-Moretti au ministère de la Justice a fait grincer des dents dans de nombreux tribunaux, elle a en revanche été accueillie comme une (très) heureuse surprise en Corse. Et pour cause : habitué des prétoires de Bastia et d’Ajaccio, «Dupond» connaît bien l’île et ses affaires judiciaires. De la défense de Jacques Mariani à celle d’Yvan Colonna, le pénaliste se frotte depuis vingt ans aux dossiers de «crim’org» et aux procès liés à la politique insulaire. Pour ne rien gâcher, le nouveau garde des Sceaux aime la Corse, ne s’en cache pas, et y a d’ailleurs noué de solides amitiés.

Suffisant pour donner une lueur d’espoir aux nationalistes corses, au pouvoir à la région depuis 2015, mais englués dans un dialogue de sourd avec les gouvernements successifs. Au centre des préoccupations des élus insulaires : la question très sensible des prisonniers dits «politiques». Depuis le dépôt des armes du FLNC (Front de libération national de la Corse) en juin 2014, la page de la violence est en passe d’être définitivement tournée, mais le sort des condamnés dans les dossiers de terrorisme demeure toujours en suspens.

Inscription au Fijait

La nomination d’Eric Dupond-Moretti ouvre donc une brèche dans laquelle tous les acteurs se sont précipitamment engouffrés. Quarante-huit heures après le remaniement ministériel, deux associations de soutien aux «prisonniers politiques» ont demandé audience au nouveau ministre pour évoquer – entre autres – «la libération des prisonniers politiques» et «la fin des lois scélérates comme l’inscription au Fijait [fichier des auteurs d’infractions terroristes, ndlr]

Même démarche de la part des trois députés nationalistes élus sous la bannière autonomiste «Pè a Corsica» (Pour la Corse) : «Nous avons pris attache avec le cabinet du ministre il y a quelques jours, confirme Paul-André Colombani, élu de la 2e circonscription de Corse-du-Sud. Effectivement, avec le remaniement, il y a un espoir : la personnalité d’Eric Dupond-Moretti et ses prises de position publiques sont encourageantes. Cela étant, il a dit lui-même que l’avocat et le ministre ne peuvent se confondre, on va attendre de voir ce qu’il se passe.»

A LIRE AUSSIPour Dupond-Moretti, des conflits et inimitiés à déminer

Pour les députés, la priorité est le rapprochement à la prison de Borgo (Haute-Corse) des détenus corses incarcérés sur le continent. Autrefois très nombreux, ils se comptent désormais sur les doigts d’une main : deux jeunes hommes emprisonnés dans le cadre d’une enquête en cours d’instruction, et trois détenus emblématiques, Yvan Colonna, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat du préfet de Corse, Claude Erignac, perpétré à Ajaccio en 1998.

Pion sur l’échiquier

Dans cette affaire, la décision d’Eric Dupond-Moretti sera forcément scrutée à la loupe : ancien avocat d’Yvan Colonna, il s’était publiquement prononcé en 2018 pour le rapprochement de son client en Corse. Quelle sera désormais son attitude, place Vendôme, dans un dossier aussi sensible ? Pour Félix Benedetti, ancien «prisonnier politique» et membre du parti indépendantiste Core in Fronte, la question corse «sera le premier test» d’Eric Dupond-Moretti : «On va très vite voir s’il compte appliquer les principes et les valeurs de justice dont il s’est prévalu pendant des années et qui ont peut-être même été à l’origine de sa vocation d’avocat, ou s’il se laisse happer par l’administration et devient un simple pion sur l’échiquier politique.»

La réponse, du reste, devrait intervenir rapidement : accessibles à une libération conditionnelle depuis quatre ans, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi réclament d’être radiés de la liste des détenus particulièrement signalés (DPS), condition sine qua non pour être transférés dans une prison corse. En début d’année 2020, la commission chargée de statuer annuellement sur cette question s’est prononcée en faveur de la levée du DPS pour les deux détenus. La décision finale incombe toutefois au ministère de la Justice. Nicole Belloubet s’étant abstenue de trancher avant de quitter son poste, c’est à Eric Dupond-Moretti de statuer à présent. «Nous sommes assez optimistes, indique un porte-parole de l’Ora di u ritornu (l’heure du retour), association de soutien à Pierre Alessandri et Alain Ferrandi. Eric Dupond-Moretti représente un espoir de débloquer la situation. Nous ne demandons aucun traitement de faveur, mais la simple application du droit.»

Des jeunes vont gravir la Rhune pour l’indépendance du Pays Basque

Les organisations de jeunes Ernai et Aintzina appellent à une marche jusqu’au sommet de la Rhune, le mardi 14 juillet. Leur but est de revendiquer l’indépendance du Pays Basque le jour de la Fête nationale de l’État français.

 

MEDIABASK|2020/07/11|0 IRUZKIN 

« Marquer d’une pierre blanche le désir de construire le Pays Basque ». Telle est l’ambition des organisations de jeunes Ernai et Aintzina. Les deux mouvements appellent à gravir la Rhune le temps d’une journée, le mardi 14 juillet.

Afin de réaffirmer leur désir de voir le Pays Basque un jour indépendant, Ernai et Aintzina ont choisi le jour de la fête nationale française « imposé par la République française ». « Tandis que les sacro-saintes constitutions françaises et espagnoles sont au-dessus de nos vies et de notre pays, le jacobinisme et le fascisme sont au pouvoir » écrivent les associations dans leur communiqué. Par cette initiative, les jeunes revendiquent d’autres modes de vies avec « des politiques sociales, la transition écologique, une véritable égalité hommes/femmes ».

« L’indépendance est pour nous cruciale. C’est par la République basque que nous construirons un pays véritablement égalitaire, du Boucau à Tutera et d’Esquiule à Trebiñu », est-il précisé un peu plus loin dans le communiqué, qui regrette que la crise sanitaire ait « mis en exergue un pays divisé par une frontière ».

Néanmoins, en ce 14 juillet, Ernai et Aitzina fera « fi de cette frontière et atteindre le sommet de la Rhune au départ de Bera et Olhette ». Le rendez-vous est donné à 10 heures devant le restaurant Trabenia à Olhette (Urrugne) ainsi que sur la place Alzate de Bera. Un meeting sera organisé au sommet d’une des plus célèbres montagnes du Pays Basque.

Agur Lucio. Fils du vent qui ne s’est jamais apaisé, jour après jour tu m’as appris à désirer. A désirer ce qui est interdit aux hommes et qui nous est justement le plus nécessaire et vital : tu l’appellerais Liberté. Ton combat, comme toi, continuera de vivre en chacun de nous. Toi, homme entier et libertaire, symbole de toutes nos peines, celui qui a voulu et a pu poursuivre ses rêves. Des rêves qu’il faut poursuivre, car sans eux nous ne sommes pas matière à vivre. Tu m’as appris à me lever et à lever le drapeau de mes sentiments, tellement attaché à toi que je t’aime aujourd’hui comme je t’aime. Je te pleurerai à travers tous mes temps, des temps que j’aimerais vivre à tes côtés. Mais tu n’es plus là, tu es déjà parti sur des chemins que tu nous montreras aussi un jour, comme tu l’as fait avec ton exemple. Je t’aime et aujourd’hui je veux te l’avouer, homme qui fut pierre, homme qui fut lierre. Lucio va, il va, toujours accroché à l’impossible, il va vers des chemins où tu le rencontreras à nouveau. Il va et entre dans notre destin unique, celui dans lequel se battre reste un devoir et une obligation. La mort t’a emporté et, moi, ici, je continuerai à te chercher, je continuerai à te pleurer. Je te cherche pour te trouver dans la vérité nécessaire, vérité entre toutes les vérités, que seulement avec la révolution on peut s’approprier. Va Lucio, va, on se souvient de toi. Tu vivras en moi aussi longtemps que je vivrai, et après tu vivras aussi dans ceux à qui on rappellera qui tu étais et pourquoi tu étais là. Ton chemin parcouru marquera ma route, ton grand cœur, ma vie entière. Comme tu avais l’habitude de le dire, des prisons nous ferons des écoles et des écoles naîtra l’Histoire des révolutionnaires. Celle-là que nous montrerons à ceux qui ne sont pas encore là. Tu es déjà parti, et d’où que tu sois, écoute mon cri : Vive la lutte révolutionnaire ! Vive le rêve que tu as rêvé ! Et comme nous le disons dans notre langue bien-aimée : Aberria ala Hil! La Patrie ou la mort! Jusqu’à toujours, mon cher Lucio, jusqu’à toujours, camarade. Baisers, Lorentxa Prisonnière politique basque, Centre pénitentiaire de Roanne. Texte recueilli par Aitzol, son compagnon, et traduit en français par Juan

Agur Lucio, bizitza eta aktibismoaren maisu erraldoia. Beti arte lagun handia. Fermin Muguruza

AGUR ETA OHORE LUCIO Notre frère Lucio Urtubia nous a quittés ce 18 juillet 2020. Maçon, militant anarchiste et internationaliste, Lucio s’est engagé toute sa vie en faveur des peuples en lutte. Dans la continuité de cet engagement, qu’il a plusieurs fois payé de sa liberté, il a participé au sein de notre comité à de nombreuses actions pour défendre le droit du peuple basque à décider de son avenir et à s’émanciper du capitalisme. Au sein de l’Espace Louise-Michel qu’ils avaient créé à Paris, Lucio et Anne accueillaient régulièrement les familles de prisonniers politiques basques incarcérés en Région Parisienne, et toutes sortes d’initiatives artistiques et militantes pour témoigner ici des luttes au Pays Basque. Malgré toute la riche histoire dont il était porteur, Lucio ne se considérait ni comme un modèle, ni comme un ancien combattant. Esprit libre avant tout, il gardait vis-à-vis de tous un rapport égalitaire, ouvert aux différences et pourtant exigeant sur l’essentiel : tant qu’il nous reste un espace de liberté pour agir pour un monde débarrassé de l’oppression, nous avons le pouvoir et le devoir de l’utiliser. Pour cette leçon de vie, merci Lucio.

En mai 2016, des prisonniers politiques basques détenus à Fresnes en région parisienne ont fait une grève de la faim en solidarité avec Itziar Moreno (actuellement incarcérée à Rennes), sanctionnée car l’administration pénitentiaire l’avait considérée meneuse du mouvement de revendication des prisonnières entamé en avril. Les autres prisonnières basques avaient quand à elles forcé leur entrée au mitard. Lucio était avec nous lors d’une manifestation organisée autour de la prison. AGUR ETA OHORE LUCIO Notre frère Lucio Urtubia nous a quittés ce 18 juillet 2020. Maçon, militant anarchiste et internationaliste, Lucio s’est engagé toute sa vie en faveur des peuples en lutte. Dans la continuité de cet engagement, qu’il a plusieurs fois payé de sa liberté, il a participé au sein de notre comité à de nombreuses actions pour défendre le droit du peuple basque à décider de son avenir et à s’émanciper du capitalisme. Au sein de l’Espace Louise-Michel qu’ils avaient créé à Paris, Lucio et Anne accueillaient régulièrement les familles de prisonniers politiques basques incarcérés en Région Parisienne, et toutes sortes d’initiatives artistiques et militantes pour témoigner ici des luttes au Pays Basque. Malgré toute la riche histoire dont il était porteur, Lucio ne se considérait ni comme un modèle, ni comme un ancien combattant. Esprit libre avant tout, il gardait vis-à-vis de tous un rapport égalitaire, ouvert aux différences et pourtant exigeant sur l’essentiel : tant qu’il nous reste un espace de liberté pour agir pour un monde débarrassé de l’oppression, nous avons le pouvoir et le devoir de l’utiliser. Pour cette leçon de vie, merci Lucio. HARRERA est une association qui accompagne celles et ceux qui rentrent au pays en sortant de prison ou en revenant d’exil. Depuis sa création en 2012, Lucio Urtubia y a apporté son soutien, en particulier en proposant un emploi, au sein de l’Espace Louise Michel, ou un logement à des prisonnières basques. Pour que toutes et tous puissent vivre en liberté et en dignité, HARRERA a besoin du soutien de toutes celles et tous ceux qui veulent une véritable résolution, une résolution juste, du conflit au Pays Basque. Il est possible d’envoyer une contribution à HARRERA 4 rue des Lisses 64100 Bayonne, ou de devenir adhérent de l’association en faisant un versement régulier chaque mois, pour participer à l’accompagnement d’anciens détenus et exilés basques, à la réalisation des missions d’Harrera sur le terrain, en garantissant des résultats concrets. Contact : http://ipar-harrera.eus

Elles et ils sont 195 dispersé-e-s dans les prisons de l’Etat espagnol

35 dans l’état français

EUSKAL HERRIA 

Les juges ordonnent la libération de Xistor Haranburu, et le Parquet fait appel

Le Tribunal d’application des peines a décidé ce vendredi 24 juillet de libérer Frederik Haranburu « Xistor » à l’occasion de sa troisième demande de remise en liberté conditionnelle. Décision suite à laquelle le Parquet a immédiatement fait appel, afin de maintenir le Senpertar en prison. Pour réclamer une nouvelle fois sa remise en liberté et dénoncer la position du Parquet, Bake Bidea organise ce samedi une nouvelle mobilisation à Saint-Pée.

MEDIABASK|2020/07/24 18:15|3 IRUZKIN 

Une situation qui bégaie et ne cesse de bégayer, malgré la demande pressante de tout un territoire. A l’occasion de sa troisième demande de remise en liberté conditionnelle, Xistor Haranburu s’est vu une nouvelle fois accorder sa demande par le Tribunal d’application des peines de Paris ce vendredi 24 juillet. Et une fois de plus, le parquet a fait appel, empêchant ainsi sa libération. Le prisonnier senpertar qui a démarré en avril sa 31ème année de détention devra encore rester en prison, le temps que l’Appel soit jugé.

Dans leur décision, les juges estiment, selon l’avocate de la défense Maritxu Paulus-Basurco que le prisonnier « remplit toutes les conditions » pour être libéré. Ils constatent qu’une peine de trente ans a déjà été effectuée, qu’Haranburu a eu « un parcours d’exécution de peine optimal ». Le Tribunal insiste qu’il « n’y a pas de risque de récidive, celle-ci étant une hypothèse vide de sens ». Selon les juges, avec une libération du prisonnier, « l’ordre public n’est pas atteint, ni en Espagne, ni en France ». Le Tribunal tient également compte de l’état de santé « inquiétant » d’Haranburu, inquiétude renforcée en cette période de Covid-19, insiste l’avocate. Pour l’ensemble de ces faits, les juges ont ordonné la remise en liberté du militant basque, une libération conditionnelle avec période probatoire de 18 mois. Immédiatement, le Parquet a fait appel de cette décision, et Xistor Haranburu doit rester en prison en attendant le procès d’appel, qui doit avoir lieu dans les deux mois qui viennent.

Le 9 juillet dernier, le Parquet antiterroriste s’était également opposé à la libération de Xistor, refusant d’entendre les arguments de la défense, et mettant en avant le risque de récidive, puisqu’on « découvre encore des caches d’ETA ». Rappelons que l’organisation indépendantiste basque a rendu toutes les armes en sa possession le 6 avril 2017, et s’est dissoute le 3 mai 2018. Ceux qu’on appelle communément « les longues peines », Xistor Haranburu, Jakes Esnal et Ion Parot, qui en sont tous les trois à plus de 30 ans de prison, voient leurs demandes de remise en liberté conditionnelles constamment bloquées par le Parquet national anti-terroriste.

Afin de dénoncer ce nouvel appel du parquet, Bake Bidea appelle à se rassembler ce samedi 25 juillet à Saint-Pée, village de Xistor Haranburu. Sous le slogan « Accomplir sa condamnation jusqu’à la mort ? 30 ans, ça suffit ! », la mobilisation se déroulera à partir de 11 heures sur les deux ronds-points aux entrées de la commune. Une commune où compte une maison secondaire le ministre français de l’Economie Bruno Lemaire.

EUSKAL HERRIA 

Marixol Iparragirre condamnée à 122 ans de prison

L’Audiencia Nacional a condamné Marixol Iparragirre à 122 années de prison ce vendredi 24 juillet. La Justice espagnole lui reproche avoir ordonné l’attentat à Leon contre le militaire Luciano Cortizo.

MEDIABASK|2020/07/24|0 IRUZKIN 

 122 ans. Telle est la condamnation prononcée ce vendredi 24 juillet par l’Audiencia Nacional à la militante basque Marixol Iparragirre. Les faits reprochés sont l’attentat contre le militaire Luciano Cortizo ayant eu lieu en décembre 1995.

Marixol Iparraguirre a été entendue par l’Audiencia Nacional les 8 et 9 juillet derniers. En 2019, les autorités françaises l’avaient extradée après avoir purgé une peine de 15 ans de prison pour sa militance à l’ETA. Lors de la première journée d’audience, la militante avait dénoncé que l’Etat espagnol lui reproche d’être porte-parole du collectif des prisonniers politiques basques.

Durant le procès, la militante avait assuré n’avoir aucun lien avec la mort du militaire qui lui était reprochée. Les prisonniers Ibon Etxezarreta et Agustin Almaraz, déjà condamnés dans cette affaire, avaient témoigné lors du procès pour indiquer qu’ils n’avaient pas eu de relations avec elle. Ce n’est qu’en 2014 que Marixol Iparragirre a appris que la Justice la poursuivait pour ces faits, dix ans après avoir été incarcérée dans l’Etat français. Marixol Iparragirre avait été arrêté en octobre 2004, à Salies-de-Béarn.

Le député de la sixième circonscription Vincent Bru, le sénateur des Pyrénées-Atlantiques Max Brisson et l’eurodéputé José Bové s’étaient réunis à la prison de Réau avec Marixol Iparraguirre et Mikel Albisu, représentants du collectif. Après cette rencontre, les trois dirigeants politiques avaient fait part de la volonté des prisonniers basque de participer au sein du processus de résolution.

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