ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

1 juillet 2020

EMISSION DU CSPB 30 06 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 21 h 12 min

ETA ROUGE DETOURE N

 

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Au sommaire de l’émission du Comité, Mikel Barrios militant livré par l’allemagne. Alors qu’il était sous contrôle judiciaire avec un CDI, intégré dans la vie associative. la justice le condamne à 5 ans de prison, avec obligation de se présenter à la prison de mont de marsan pour y être incarcéré. Jakès Esnal se voit refuser la liberté conditionnelle. Patxi Ruiz a cessé sa grève de la faim, Mattin Larbal militant de l’euskara et journaliste radio à Gure Irratia  L’implication de félipe gonzales du PSOE et le GAL. le rapport d’Etxerat.   

Le «commando français» de l’ETA jugé à Paris. Emprisonné en Espagne, le principal témoin à charge n’a pas été autorisé à participer au procès.

Par Sorj CHALANDON — 27 mai 1997 à 02:01

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 Le «commando français» de l’ETA jugé à Paris. Emprisonné en Espagne, le principal témoin à charge n’a pas été autorisé à participer au procès.

La cour d’assises spéciale de Paris, exclusivement composée de

magistrats professionnels, a un problème. Il s’appelle Henri Unai Parot, il est basque, appartient à l’ETA et purge actuellement la peine vertigineuse de 5 145 années de réclusion criminelle dans une prison espagnole. C’est lui, arrêté le 2 avril 1990 à l’entrée de Séville par la garde civile, qui a permis aux enquêteurs français de démanteler le «commando Argala» de l’ETA. Un groupe clandestin composé de Basques de nationalité française, tenu pour responsable d’une vingtaine d’attentats meurtriers commis en Espagne entre 1978 et 1989. Pour répondre de ces crimes, aujourd’hui dans le box face aux magistrats français, ils sont six. Filipe Saez, 38 ans, moine. Bixete Garcia, 42 ans, agent technico-commercial. Frédéric «Txistor» Haranburu, 43 ans, directeur commercial. Jakes Esnal, 46 ans, plombier. Jean-Pierre «Panpi» Erramundegi, 42 ans, chaudronnier. Et enfin Jon Parot, 46 ans, ancien gérant de société et frère d’Unai, le cinq cents fois condamné à vie. Les deux premiers reconnaissent les accusations. Les deux suivants se sont rétractés. Et jamais les deux derniers n’ont admis leur participation au «commando français». Le problème donc, c’est qu’Unai Parot, seul témoin à charge, n’est pas là. Le garde des Sceaux a officiellement souhaité qu’il soit extrait de sa prison espagnole et amené devant la cour d’assises mais, depuis sept ans, Madrid fait la sourde oreille.

Incident d’audience. «Je demande à la cour d’ordonner sa présence», lance Me Jean-François Blanco, avocat de la défense. Me Fando, elle, accuse les magistrats de siéger «expressément à la demande de l’Espagne pour condamner, pas pour juger». Le président Yves Jacob est très embarrassé. Interrogeant l’avocat général, il s’entend répondre: «Je ne fais pas de procès d’intention aux autorités espagnoles. Nous attendons simplement leur réponse.» Colère de la défense. Durant l’instruction, par quatre fois, trois juges d’instruction français se sont rendus en Espagne pour interroger le détenu. L’avocat appelle cela «coopération judiciaire à sens unique». Pour les avocats, la raison de la mauvaise volonté de Madrid tient à la façon dont les aveux d’Unai Parot ont été obtenus. Du 2 au 7 avril 1990, la garde civile de Séville s’emploie à faire parler le Basque. Il affirme avoir été torturé cinq jours et cinq nuits. Etouffement au sac plastique, supplice de la baignoire, centaines de coups répétés sur la tête, l’estomac, les testicules jusqu’à l’évanouissement. «Ils me soulevaient par les cheveux, me faisaient tourner, me mettaient les pouces derrière les oreilles, enfonçant les ongles, puis à nouveau le sac plastique.» Alors Parot donne le commando. Devant le juge, entouré de militaires il confirme qu’il est «tombé dans les escaliers». Son état est tel que le magistrat lui demande simplement de répondre aux questions «en remuant la tête». Selon l’avocat de Jon Parot, son frère, c’est pour que cette histoire ne soit pas répétée ici que le témoin est absent.

C’est aujourd’hui que le président Jacob doit statuer sur cette affaire. Hier, en attendant, il a ordonné la lecture de l’acte d’accusation. Longue litanie d’attentats, d’armes transportées, de matériel militaire, de mise à feu décrites avec le souci pointilleux de l’artificier. Et aussi, le défilé des victimes. Trente-huit morts. Des policiers, des militaires, des magistrats, un industriel, deux femmes, cinq enfants qui dormaient à la caserne de Saragosse. Face à ces terribles accusations, les Basques n’ont pas adopté de défense commune. Saez admet tout, prêt à être jugé sur sa part du drame. D’autres nient simplement. Si Unai Parot ne paraît pas, d’autres enfin ont prévu de se retirer des débats.

- Dix-neuf personnes, Basques et Bretons, qui avaient comparu les 25 et 26 mars pour association de malfaiteurs dans le cadre de l’ETA, ont été condamnées hier à des peines allant de dix ans de prison, pour Pedro Picabea-Ugalde, à de la prison avec sursis pour Yvonne Le Roux ou Paul et Marie-France Le Coq.

Sorj CHALANDON

 

Prisonniers : une chaîne humaine pour rompre le blocage à Paris

- Près de 600 personnes se sont mobilisées à Saint-Jean-de-Luz pour demander la libération de Jakes Esnal, dont la demande de libération conditionnelle est en cours d’examen. Un cas parmi d’autres qui illustre le blocage persistant du processus de résolution du conflit de la part du gouvernement français. Bake Bidea parle même de « sabotage ».

 

GOIZEDER TABERNA|2020/06/27 16:35|0 IRUZKIN

Le processus de paix est dans l’impasse et Jakes Esnal le vit de sa chair. Incarcéré depuis 1990, le militant luzien de 69 ans en est à sa deuxième demande de libération conditionnelle, passée en appel jeudi 25 juin. A l’audience, lui et son avocate se sont retrouvés face à un mur. C’est pour le briser que près de 600 personnes ont investi le pont reliant Saint-Jean-de-Luz à Ciboure ce samedi 27 juin. Une chaîne humaine organisée pour exiger du gouvernement français son implication dans le processus de paix.

 

Les dossards bleus imprimés sous le sceau du mouvement citoyen pour la résolution du conflit Bake Bidea et des Artisans de la Paix ont formé un épais cordon des deux côtés du pont. Suspendues du pont par une corde, deux personnes tiennent des fumigènes à la main. Le bruit de casseroles dépasse celui des moteurs de voitures, nombreux en cette heure avancée de la matinée. Une manière de se faire entendre avant le rendu des juges attendu pour le 24 septembre, concernant Jakes Esnal. La mobilisation lui donne des forces, un espoir, mais l’épouse du prisonnier incarcéré à l’Île-de-Ré, Maite Esnal, sent une certaine impatience. « Les gens en ont assez », souffle-t-elle.

 

 

 

Les manifestants ont formé une chaîne humaine pendant trois quart d’heures. © Bob EDME

 

En face d’elle, de l’autre côté de la route une banderole dit « ça suffit ! ». Après trente ans de prison, ici, on ne comprend pas que Jakes Esnal, mais aussi Frederik Haranburu, Ion Kepa Parot et Unai Parot soient encore détenus. Ils n’acceptent pas qu’on les condamne à mort. Les trois premiers ont une peine de perpétuité mais remplissent les conditions pour une libération conditionnelle. « Nous demandons des instructions générales adressées aux magistrats afin qu’ils tiennent compte des avancées réalisées dans le cadre du processus de paix », lance Anaiz Funosa la présidente de Bake Bidea.

 

Troisième demande de Xistor

 

A plusieurs reprises, les juges du tribunal d’application des peines ont accepté en première instance les demandes de ces prisonniers, mais à chaque fois, le parquet a opposé un appel, ignorant dans son argumentaire les pas franchis par l’organisation ETA. A l’audience de Mikel Barrios aussi, le 23 juin, la ligne du parquet était semblable et le tribunal l’a condamné à de la prison ferme. Ce lundi 29 juin, une délégation se rendra à la prison de Mont-de-Marsan, le jour où il y sera incarcéré. « Ce n’est pas le moment de remplir les prisons, mais de les vider ! » ont lancé au micro les intervenants, à la fin de la mobilisation, dans une place Louis XIV recouverte de bleu.

 

Ils ont appelé à maintenir la mobilisation, compte tenu de l’actualité à venir. Effectivement, en plus de la décision concernant Jakes Esnal, la demande de libération conditionnelle de Frederik Haranburu « Xistor » sera examinée par le tribunal d’application des peines le 9 juillet prochain. Après deux essais frustrés, cette troisième demande arrive dans un contexte sanitaire risqué pour ce prisonnier à la santé vulnérable.

 

L’indépendance du parquet

 

Sur le kiosque, deux intervenants ont repris les propos tenus par la garde des Sceaux le 24 juin, qui affirmait au sujet de l’indépendance du parquet : « Dans notre système français, c’est un système hiérarchisé pour les procureurs. (…) Le gouvernement détermine la politique de la nation, donc la politique pénale. C’est moi qui détermine la politique pénale sous l’autorité du Premier ministre, (…) et donc je peux donner des instructions générales aux procureurs généraux qui ensuite les répercutent. » Des déclarations qui provoquent une certaine incompréhension. « Pourquoi n’y a-t-il pas une instruction générale qui prend acte de la nouvelle situation au Pays Basque ? », demandent Bake Bidea et les Artisans de la paix. En face, on leur opposerait la séparation des pouvoirs et l’impossibilité pour le gouvernement de traiter les affaires au cas par cas.

 

Lundi 22 juin, la délégation du Pays Basque formée de représentants de la société civile et d’élus a rencontré le directeur adjoint au cabinet de la ministre de la Justice, Olivier Christen, remplaçant d’Hélène Davos. Comme elle, il a rempli auparavant la fonction de magistrat de liaison à Madrid. Le dossier basque ne lui est donc pas étranger. Prévu cet hiver, le rendez-vous avait été reporté en raison du Covid-19, mais les membres de la délégation ont tenu à le faire au plus vite. « Nous nous devions de le faire, d’abord pour lui faire part du ressenti au Pays Basque, et pour lui présenter l’analyse que nous faisons du manque de prise en main de ce dossier », explique Anaiz Funosa.

 

 

 

La prise de parole s’est terminée par des coups de casserole et des applaudissements. © Bob EDME

 

Engagées au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, les discussions avec la délégation ont permis le rapprochement des prisonniers hommes dans des établissements proches du Pays Basque, à Lannemezan et Mont-de-Marsan. Elles ont également conduit au retrait du statut de détenu particulièrement surveillé. Un processus salué publiquement par le président français en personne. Mais il semblerait qu’au plus haut niveau de l’Etat, on ne soit pas disposé à rompre avec la doctrine anti-terroriste. Bake Bidea craint que l’Etat ne soit en train de « saboter le processus de paix ».

 

Face à cela, les organisateurs de la mobilisation sont fermes, « le processus engagé doit aller jusqu’à son terme : il n’y a pas d’autres options ! ». Ils ajoutent : « Dans le respect de nos principes et de notre pluralité, il nous faudra engager une nouvelle stratégie pour casser le mur qui entrave le chemin ». Et que ce processus engagé en 2011 ne connaisse pas le sort de Sisyphe.

Jakes Esnal : décision connue le 24 septembre

L’appel du parquet contre la libération conditionnelle de Jakes Esnal a été examiné ce jeudi 25 juin. La chambre d’appel rendra sa décision le 24 septembre prochain. En attendant, il reste en prison.

« Nous avons la sensation que la décision est déjà rendue ». L’avocate Maritxu Paulus Basurco ne peut pas cacher sa déception après une longue audience dans laquelle la deuxième demande de libération conditionnelle de Jakes Esnal a été examinée. Durant trois heures, sa situation a fait l’objet de débats et pour la première fois, l’avocat des parties civiles était présent, à côtés du parquet général. La décision de Justice concernant le recours présenté par le parquet sera rendue le 24 septembre.

Alors que le tribunal d’application des peines de Paris avait accepté la libération conditionnelle de Jakes Esnal le 13 mars dernier, le parquet avait immédiatement fait appel. Un déjà vu dans le cas des prisonniers basques. Les juges acceptent la libération conditionnelle, mais le parquet ne change pas de direction et reste ancré sur sa position de maintenir coûte que coûte le prisonnier dans sa cellule.

Pour Maritxu Paulus Basurco qui défend Jakes Esnal accompagnée de Serge Portelli, le parquet général a été « très très agressif ». « Au niveau de la défense, nous avons senti un manque d’impartialité. Les éléments favorables du dossier ont été écartés et les défavorables ont été largement évoqués », regrette-t-elle. Le fait que la Justice rende sa décision si tard lui paraît également « un mauvais signe ».

Avec plus de trente ans d’incarcération, Jakes Esnal a actuellement 70 ans. Comme l’a déploré il y a quelques mois son avocate, si la chambre d’appel s’aligne sur les décisions prises précédemment, il ne sera plus possible de présenter un projet professionnel aussi bon que celui présenté aujourd’hui, lors d’une éventuelle nouvelle demande de mise en liberté. « Personne ne travaille à 73 ans ».

Les Artisans de la Paix et Bake Bidea ont appelé à se mobiliser ce samedi 27 juin à Saint-Jean-de-Luz pour demander la libération du prisonnier luzien. Une chaîne humaine organisée sur le pont Charles de Gaule reliera Saint-Jean-de-Luz à Ciboure à 11 heures.

 

Un parquet jugé « très agressif »

Cette mobilisation était le point d’orgue d’une semaine « qui illustre bien la réalité de cette impasse », ont estimé les organisateurs. Jeudi, la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Paris a étudié une demande de libération conditionnelle de Jakes Esnal, la deuxième formulée par ce prisonnier de 69 ans, ancien chef de l’ex-organisation armée séparatiste ETA, qui a passé le cap des trente ans en prison. La décision est attendue pour le 24 septembre.

« On a fait face à une attitude très agressive du parquet et de l’avocat général, les débats n’ont pas du tout été sereins. On a aussi senti un rapport totalement à charge et une attitude partiale des juges qui n’ont mis en avant que les points défavorables », a indiqué à son avocate Me Maritxu Paulus-Basurco, présente à la mobilisation.

Un territoire responsable

Deux jours avant, une délégation d’élus du Pays basque avait été reçue au ministère de la Justice pour soulever « l’attitude inacceptable du parquet national antiterroriste », qui avait notamment fait appel en mai de la décision du Tribunal d’application des peines de Paris, compétent en matière terroriste, de satisfaire la demande de libération d’Esnal.

« On a aussi rappelé à l’autorité publique que ce territoire a toujours su prendre ses responsabilités », a indiqué Anaiz Funosas, présidente de Bake Bidea. Outre Jakes Esnal, Mme Funosas s’insurge du sort réservé à Ion Parot et Frédéric « Xistor » Haramboure, détenus eux aussi depuis trente ans : « Assiste-t-on à une vengeance d’Etat ? Veut-on les faire mourir en prison ? ».

 

 

La demande de Jakes Esnal sur la table

Le tribunal d’application des peines se penche aujourd’hui sur le cas du prisonnier luzien Jakes Esnal. Bake Bidea attend du parquet un changement de position.

 

Organisé par Bagoaz à Saint-Jean-de-Luz pour demander la libération du prisonnier Jakes Esnal. ©Isabelle Miquelestorena

Sur le point d’entamer sa 31ème année d’incarcération, Jakes Esnal verra sa demande de libération conditionnelle étudiée par le tribunal d’application des peines de Paris, ce vendredi 13 mars. Lors de cette audience, le prisonnier basque sera informé de la date du délibéré.

 

Après le refus de la part du parquet antiterroriste d’autoriser le Luzien à participer à une marche rapide organisée par le centre pénitentiaire de l’Ile-de-Ré où il est détenu, ses proches sont vigilants. Ils sont inquiets par rapport à ce que le mouvement Bake Bidea, lui, appelle « un véritable acharnement », qui se traduit à chaque demande de libération conditionnelle par des réquisitions à charge.

 

Le mouvement citoyen pour la résolution du conflit réclame un changement de la part du parquet. « Jusqu’à aujourd’hui, le parquet antiterroriste s’est toujours positionné contre les demandes de libération conditionnelle des prisonniers basques. Nous exigeons qu’il se positionne en faveur de cette demande et qu’il change enfin de positionnement sur la question des prisonniers basques, afin que nous puissions continuer à faire avancer le processus de paix au Pays Basque », déclare-t-il dans un communiqué.

 

La première demande de libération conditionnelle présentée par Jakes Esnal a été refusée en 2016. La seconde devait être étudiée le 28 novembre, mais les juges ont accepté la demande du parquet de reporter l’audience au 13 mars, le temps que la Commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté (CPMS) étudie le dossier.

 

Pour dénoncer les peines de prison à vie qu’est en train d’infliger la Justice française à Jakes Esnal ainsi qu’à Frederik Txistor Aranburu et Ion Kepa Parot, tout trois condamnés à la perpétuité, Bake Bidea a réitéré son appel à participer à des mobilisations le 8 avril. En ce jour anniversaire du désarmement d’ETA, plusieurs rendez-vous seront organisés sous le slogan « Accomplir sa peine jusqu’à la mort ? 30 ans ça suffit ! ». Le mouvement lance un appel à bénévoles pour l’organisation de ces manifestations.

 

Le journaliste de la la radio Gure Irratia est décédé. Il fut l’un des grands artisans du média en langue basque et militant inlassable de sa langue.

Le groupe des radios bascophones Euskal Irratiak a annoncé, mardi 2 juin, le décès de Mattin Larzabal. Journaliste incontournable au Pays basque pendant trois décennies, il fut un pilier de l’antenne de Gure Irratia et contributeur de l’hebdomadaire « Herria », un fervent défenseur de l’euskara, la langue basque.

 

Grand militant de la langue 

Mattin Larzabal était déjà présent à la fondation de Gure Irratia. Son actuelle responsable de la programmation, Oiana Daguerre, évoque la naissance de la station, « le 24 décembre 1981 au soir. Dès janvier 1982, Mattin est devenu journaliste totalement bénévole de la radio. Elle n’avait pas d’aides donc pas encore la possibilité de verser des salaires. Mattin était bénévole à temps plein pour la radio, il a donné beaucoup de son temps. » Et quand Gure Irratia a pu le salarier à mi-temps, « il a continué de travailler à temps plein ». 

Oiana Daguerre raconte ces premiers temps, car ils disent l’engagement de Mattin Larzabal. « C’était un  militant de la langue. Et la radio était un acte militant de la langue. Il faut savoir que, dans les années 1970, Mattin enseignait le basque au sein de l’association Mendiberri. À l’époque, AEK n’existait pas. » Enseignant bénévole, toujours. « Beaucoup de bascophones ont appris la langue avec lui. »

Pilier de la radio

Et quelque générations de journalistes les rudiments du métier. « Il nous a beaucoup formés. Il faisait tout : reporter sur le terrain, il présentait le journal… » Qui au Pays basque n’a jamais rencontré cet homme affable et d’une grande culture, micro en main, sur les événements qui font la vie d’ici ?

« Il donnait l’information de proximité, il était très proche des auditeurs. Quand ils avaient une information à confier, il appelaient Mattin avant d’appeler la radio. Après son départ en retraite, en 2012, les gens ont longtemps continué à l’appeler. ‘Mattin n’est pas là ?’ » 

Prix Rikardo Arregui

Le prix Rikardo Arregui était venu saluer la fin de sa carrière. Ce prix porte le nom du journaliste précurseur du mouvement de réappropriation de la langue basque sous la dictature de Franco. 

Journaliste, militant de la langue et sensible à toutes les questions qui traversent le Pays basque, il avait notamment, au début des années 1970, participé à la grève de la faim pour défendre les « réfugiés basques » engagés contre le franquisme. Toute sa vie, Mattin Larzabal fut aussi un homme de foi, impliqué dans les associations paroissiales. 

Mattin Larzbal a été emporté par la maladie à l’âge de 69 ans. Il laisse dans la peine son épouse, deux filles, un fils et ses petits-enfants. La date des obsèques n’est pas encore connue.

Hommage de gure irratia

Nous sommes profondément attristés d’apprendre que Mattin Larzabal, qui travaille pour Gure Irratia depuis 30 ans, est décédé le 2 juin. Il a pris sa retraite en 2013, ce 26 juin, à l’âge de 70 ans.

Il a fondé gure irratia et a commencé à travailler deux ans plus tard. Comme il l’a déclaré à Berria , il a donné « bien plus que ce que Lanak a demandé » pour la radio, pour le journalisme en basque. Il a reçu la mention honorable dans le prix Rikardo Arregi de journalisme 2012.

Mattin était un collègue, un modèle et un ami à vous.  »Dans un endroit préféré, pas de pente » comme tu l’as fait dans nos vagues. Nous continuerons de céder la place à vos paroles. Merci de l’avoir apporté.

En juin 2013, il a été invité par Xan Beyrie et Arantxa Idieder à la session de Goiz Berri, avec seulement trois jours avant de pouvoir prendre sa retraite pour travailler (son).

Pays-Basque : Patxi Ruiz met fin à la grève de la faim qu’il menait depuis 31 jours

Mercredi 10 juin, Patxi Ruiz a mis fin à la grève de la faim qu’il menait depuis 31 jours. Patxi Ruiz avait entamé une grève de la faim et de la soif (il avait accepter de boire à nouveau au bout de 12 jours) pour exiger son retour dans le module 8 de la prison de Murcia. Il avait, en effet, été transféré vers un autre module afin de le séparer d’autres prisonniers politiques par un gardien d’extrême-droite qui l’a menacé (voir notre article). Hospitalisé depuis le 21 mai, il devait être transféré au module 10 de la prison, mais cela n’a pas encore été confirmée.

 

Pays-Basque : Un prisonnier basque s’auto-mutile pour protester contre les exactions d’un gardien fasciste

 

Lundi 30 décembre, Patxi Ruiz, un ancien membre de ETA emprisonné à la prison de Murcia II, s’est automutilé en se coupant les bras avec un objet pointu pour protester contre  l’attitude d’un gardien fasciste à l’égard des prisonniers politiques basques et des prisonniers arabes qu’il harcèle, menaces ou frappe. Patxi Ruiz tient à préciser que cette action est une protestation politique, qu’elle n’a été motivée ni par la dépression, ni par le désespoir, mais qu’elle est bien une forme de lutte. Suite à ces blessures, il a été transporté à l’infirmerie où il a reçu 12 agrafes. Pour rappel, il purge une peine de trente ans de prison pour avoir exécuté, en 1998, un conseillé de l’UPN à la mairie de Pampelune

 

Le prisonnier politique basque Mikel Barrios transféré à la prison d’Osny

ETXERAT. Le prisonnier politique basque Mikel Barrios a été incarcéré le 15 décembre dernier à la prison d’Osny (970 km) après avoir été remis à l’État français par les autorités allemandes.

Mikel Barrios condamné à cinq ans de prison

Mikel Barrios a été jugé pour appartenance à ETA ce mardi 23 juin à Paris. Le tribunal correctionnel l’a condamné à cinq ans de prison et une interdiction du territoire français pendant dix ans. Il doit se rendre en prison le 29 juin prochain.

 

IURRE BIDEGAIN|23/06/2020|0 COMMENTAIRES Guz_rassemblementmikelbarrios_itsasu_gfauveau-1Mobilisation organisée à Itxassou en soutien à Mikel Barrios. ©Guillaume Fauveau

« Pour être totalement franche, je suis tombée des nues ». Xantiana Cachenaut, l’avocate de Mikel Barrios, ne s’attendait pas du tout à une peine aussi dure, qui « est absolument dénuée de tout sens ». Le militant d’Iruñea a été jugé à Paris ce mardi 23 juin pour appartenance à ETA. Le tribunal correctionnel l’a condamné à cinq ans de prison avec exécution provisoire, ainsi qu’une interdiction du territoire français pendant dix ans. Il doit se rendre à la prison de Mont-de-Marsan le 29 juin.

 

« En dehors des réquisitions du parquet, pour un juge, priver quelqu’un qui a respecté son contrôle judiciaire, qui a un emploi en CDI, le priver de la possibilité d’aller en appel de manière libre, c’est quelque chose de vraiment hallucinant », déplore-t-elle. « Aucun argumentaire de la part du Parquet. Aucune justification de la sévérité de sa réquisition », s’étonne Maître Cachenaut. Cela fait presque deux ans que Mikel Barrios a été libéré sous contrôle judiciaire. Depuis octobre 2018, il est soumis à des mesures, telles que la signature au commissariat deux fois par semaine. Emprisonné en 2017 à Berlin et transféré dans l’Hexagone peu après, le procureur s’était positionné contre sa libération sous contrôle judiciaire.

 

L’avocate a défendu son client en demandant la relaxe, rappelant entre autres l’abandon de la lutte armée d’ETA ou la déclaration d’Aiete, moment politique important pour le processus de paix au Pays Basque. « J’estime, d’un point de vue juridique, que pour être condamné pour appartenance à une organisation terroriste, il faut avoir l’intention de participer à une organisation terroriste. C’est même essentiel dans la qualification juridique. Alors que l’organisation a abandonné la lutte armée, les éléments intentionnels de l’infraction indispensables pour la condamnation n’existent pas », explique-t-elle.

 

L’avocate avait également demandé que l’interdiction du territoire demandée par le Procureur ne soit pas prise en compte. En effet, depuis sa libération, Mikel Barrios vit et travaille au Pays Basque Nord. Avec dix ans d’interdiction du territoire français, elle n’a pas été entendue.

 

Les réquisitions du parquet ont duré entre cinq et dix minutes. Il a requis une condamnation de six ans de prison et une interdiction définitive du territoire français contre Mikel Barrios. Selon l’avocate, il a versé des éléments de procédure assez récents, évoquant la découverte de caches sur le territoire français, dont certaines découvertes très récemment. « Il a requis que l’organisation n’avait pas restitué toutes les armes et n’était pas sincère dans ses déclarations ». Des propos maintes fois répétées par le Parquet lors des derniers procès. Le procureur a dénoncé « l’attitude des militants qui ne change pas », notamment le silence de Barrios sur les faits qui lui sont reprochés, soit ses empreintes dans différents véhicules volés. Le Procureur a indiqué tenir compte des éléments d’intégration, et aussi du fait que le militant s’était présenté à son procès : c’est la raison pour laquelle il n’a pas demandé à ce que Barrios soit interpellé ce soir-même.

 

Le procès contre le militant a fait l’objet d’un rassemblement de soutien organisé à Itxassou. Le rendez-vous organisé par l’association Elkartasuna ta Laguntza a exprimé sa solidarité envers le militant basque et aussi rappelé le contexte actuel du Pays Basque. Elle rappelle que la société civile ainsi que les acteurs politiques et institutionnels ont montré leur engagement envers le processus de paix.

Mikel Barrios : “Lundi, je rentre en prison”

https://www.mediabask.eus/fr/info_mbsk/20200626/mikel-barrios-lundi-je-rentre-en-prison

Il a été interpelé en Allemagne en 2017, puis remis aux autorités françaises. Après avoir été incarcéré pendant un an, ce Navarrais de 32 ans a été libéré sous contrôle judiciaire. Le 23 juin, il a été condamné à une peine de cinq ans de prison pour son appartenance à ETA, peine qu’il devra effectuer à la prison de Mont-de-Marsan et qu’il débute ce lundi 29 juin.

 

MEDIABASK|2020/06/26|0 IRUZKIN

Vous attendiez-vous à une telle décision de justice ?

 

Mikel Barrios : Pas du tout. Je m’attendais à être condamné. L’importance de la peine ne m’a pas non plus étonné, mais je ne pensais pas devoir accomplir de la prison ferme. La phase d’instruction s’était bien déroulée, la position du juge d’instruction n’avait rien à voir avec celle maintenue par le procureur et le juge. Cela a été très violent.

 

Le procureur a-t-il remis en cause le processus de paix ?

 

Dans mon cas, le procès a été très marqué. On m’a transféré à Paris avec un mandat d’arrêt européen, le cadre du procès était donc très précis. La façon de poser les questions était violente. Même si nous essayions d’expliquer que le désarmement avait bien eu lieu, ils affirmaient que les membres d’ETA n’avaient pas changé et que [l’organisation] n’avait pas rendu toutes les armes… Ils mettent en doute ce qu’ici tout le monde reconnaît, c’est-à-dire qu’ETA s’est désarmée et qu’elle s’est dissoute. Je pense que le juge d’instruction n’a pas conduit l’instruction dans le sens du procès auquel j’ai assisté et que la logique employée tout au long de l’instruction a été rompue. Malgré cela, même si on ne nous a pas entendus, je suis serein, satisfait du travail que nous avons réalisé. Nous avons présenté le contexte politique et la situation actuelle.

 

Au niveau personnel, tout cela m’a remué. Lundi, je rentre en prison. Lorsque je l’avais quittée, je l’avais fait avec le bracelet électronique. Je l’ai gardé six mois. Au début, on me laissait sortir uniquement pour aller au travail, puis peu à peu, j’ai eu droit à des sorties et dernièrement, une fois avoir retiré le bracelet électronique, je ne devais plus qu’aller signer à la Gendarmerie. J’avais réussi à avoir une vie stable et à me poser, je devais m’habituer à ma nouvelle vie. Psychologiquement, cela n’a pas été facile, après tant de temps hors du Pays Basque, puis la prison, il y a eu l’accumulation de toutes ces tensions. A partir de maintenant, on va voir… Maintenant, je suis chamboulé, mais je pense que cela va passer, car j’étais arrivé à me sentir bien et j’ai envie d’aller de l’avant.

 

Votre mise en liberté sous contrôle judiciaire et votre parcours réalisé depuis s’inscrivent dans un processus de resocialisation. Or, la peine que vous avez reçue ne semble pas en adéquation avec ce principe…

 

Pas du tout. Je vis à Itxassou, je me suis impliqué dans des associations, dans la préparation de différents projets avec les Itsasuar, comme par exemple les géants. Je me suis intégré dans le village. Au travail aussi. En sortant de la prison, j’avais un contrat à durée déterminée, il a été renouvelé deux fois, et le jugement est tombé lorsqu’on venait de m’accorder un contrat à durée indéterminée. Pendant le procès, ils n’ont pas tenu cas de tout cela. Il est clair que malgré tout ce qu’ils disent, la prison ne permet pas la resocialisation. Je dirais même le contraire.

 

Ces dernières années, des pas importants ont été franchis dans la résolution des conséquences du conflit, mais à ce jour, un blocage persiste. Pensez-vous que votre procès aura des conséquences ?

 

Oui. Au lieu d’aider le processus ou d’apporter leur contribution, ils [le juge et le parquet, ndlr.] vont dans le sens contraire. La décision prise me concernant suit la ligne maintenue par l’Etat jusqu’à ce jour. Ils ont rapproché les prisonniers basques, des petites avancées ont été réalisées, mais dans l’ensemble, ils ont travaillé dans le sens inverse, et mon cas n’est qu’un cas parmi d’autres. Je ne sais pas ce qu’ils cherchent… Veulent-ils la guerre ?

 

Les mobilisations et l’accumulation des forces obtenues jusqu’à présent sont-elles suffisantes ?

 

Clairement non. Il y a des avancées, de bonnes avancées, mais cela ne suffit pas, puisque nous n’arrivons pas à lever le blocage. Je pense que nous devons aller plus loin, rendre possibles des accumulations de forces plus importantes, mobiliser encore plus, activer les gens, le travail dans les municipalités… En faisant converger tout cela, je pense que nous pourrions obtenir plus que ce que nous avons. Nous sommes sur la bonne voie, mais malheureusement, cela ne suffit pas.

 

Allez-vous faire appel de la décision judiciaire ? Avez-vous une chance de bénéficier d’une libération ?

 

Oui, nous comptons déposer un recours au plus vite pour contester la peine de cinq ans de prison et l’interdiction de territoire de dix ans. Parallèlement, nous allons déposer ma demande de libération afin que je puisse être libre le temps de la procédure d’appel, car cela n’a pas de sens de me garder en prison… J’ai rempli toutes les mesures. De ce côté-là, ils n’ont pas d’argument. C’est pourquoi il est incompréhensible qu’on me garde en prison avec cet appel.

Pays-Basque/Espagne : Des documents déclassifiés de la CIA montrent l’implication de Felipe Gonzalez dans la création du GAL

Président du gouvernement[modifier | modifier le code]

 

Felipe González en 1986.

Il devient Président du gouvernement à l’issue des élections générales de 1982, qui avaient vu l’UDC s’effondrer, et conserve cette fonction durant quatre mandats (1982-19861986-19891989-1993 et 1993-1996).

Durant ses mandats, il conjugue réformes économiques libérales (privatisations, faibles impôts pour les entreprises) et réformes sociales (extension de la sécurité sociale) qui favorisent l’investissement mais déboucheront sur une grave crise économique dans ses dernières années de pouvoir, générant un taux de chômage de plus de 20 % et une forte augmentation de la dette. Il est l’un des promoteurs de l’Exposition universelle de Séville et des Jeux olympiques de Barcelone, deux manifestations qui se déroulent en 1992, et fait adhérer l’Espagne à la Communauté économique européenne. En 1993, il est lauréat du Prix International Charlemagne.

Son administration est secouée entre 1994 et 1995 par plusieurs scandales de corruption, conduisant à la démission du ministre de l’Intérieur, du ministre de l’Agriculture et de plusieurs ténors du PSOE2. Le chef de la Garde civile (qui témoignera longuement contre González3) et le gouverneur de la Banque d’Espagne4 sont à leur tour emportés par des affaires de détournements de fonds. Felipe González est quant à lui soupçonné par la justice espagnole d’être l’instigateur des Groupes antiterroristes de libération, des escadrons paramilitaires clandestins qui se livraient, y compris en France, à des exécutions extrajudiciaires de membres de l’ETA ou de militants indépendantistes basques5. Dans cette même affaire, José Barrionuevo (ministre de l’Intérieur entre 1982 et 1988) et un secrétaire d’État sont condamnés à des peines d’emprisonnement, tandis que la culpabilité de Felipe González ne peut être prouvée6. Plusieurs policiers condamnés pour des actes de torture sont graciés par son gouvernement7.

En juin 2020, la CIA déclassifie des informations confirmant que Felipe Gonzalez a autorisé la création des Groupes antiterroristes de libération8.

 

Des documents déclassifiés de la CIA confirment que Felipe González, président socialiste du gouvernement espagnol de 1982 à 1996 a approuvé la création des “Groupes antiterroristes de libération” (GAL). Il s’agissait d’un escadron de la mort constitué pour combattre ETA en dehors de tout cadre légal, essentiellement en assassinant des militants suspectés d’en faire partie. Le rapport déclassifié de la CIA indique que le gouvernement espagnol “semble déterminé à adopter une stratégie peu orthodoxe vis-à-vis de l’ETA”. Après une phrase censurée, l’agence écrit que “González a accepté la formation d’un groupe de mercenaires, contrôlé par l’armée, pour lutter contre les terroristes en dehors de la loi”. Après une autre phrase censurée, il a ajouté que “les mercenaires ne seraient pas nécessairement espagnols et auraient pour mission d’assassiner les dirigeants de ETA en Espagne et en France”. Plus d’infos ici.

 

Entre décembre 1983 et juillet 1987, une trentaine d’assassinats sont commis en France. La nouvelle coopération “antiterroriste” entre la France et l’Espagne, suivi d’une vague d’expulsions de militants basques réfugiés en France, va accélérer la disparition des GAL. Au cours des années suivantes, tout est fait pour éviter le grand déballage sur cette «guerre sale». De Bayonne à Bordeaux, la plupart des enquêtes judiciaires s’enlisent, quand elles ne sont pas directement freinées par le pouvoir politique. Les rares procès qui ont finalement lieu en France aboutissent uniquement à la condamnation de lampistes, malgré la mise au jour de complicités au sein de l’appareil policier français. «La raison d’Etat prime sur tout», justifie alors le procureur de Bayonne.

25 septembre 1985, quatre militants basques sont assassinés à l’hôtel Monbal, à Bayonne

03/06/2020

Espagne : La Cour Suprême interdit l’usage des drapeaux non-officiels sur les édifices publics.

La Cour Suprême espagnole a rendu un arrête interdisant l’usage des drapeau non-officiels sur l’extérieur des bâtiments publics. Cet arrêt fait suite à une affaire datant de 2016 dans laquelle le conseil municipal de Santa Cruz de Tenerife demandait le droit d’arborer le drapeau national des îles Canaries. En 2017, la Cour supérieure de justice des îles Canaries avait statué en faveur du conseil municipal, considérant l’utilisation du symbole officieux comme un fait parfaitement envisagé dans le cadre de la légalité Institutionnel espagnol. Malgré cela, le procureur de l’État a fini par interjeter appel de la décision, qui a maintenant été confirmée par la Cour suprême, qui a infirmé la décision précédente. L’usage des drapeaux LGTBI et indépendantistes, parfois arboré par les mairies, est donc désormais interdit.

Espagne: le point sur le camarade anarchiste emprisonné Gabriel Pombo Da Silva

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15.06.2020: Jeudi 11 juin dernier, la Cour provinciale, le tribunal au pied de la pyramide judiciaire en Espagne, a démontré son pouvoir inquisitoire en rejetant la demande d’annulation de l’OEDE (mandat d’arrêt européen) qui renvoyait notre camarade à les cachots de l’État après trois ans et demi de liberté.

Après un an et demi de clandestinité, Gabriel a été arrêté le 25 janvier dernier en territoire portugais à la suite de l’OEDE susmentionnée émise par le tribunal n ° 2 de Gérone (en particulier par le juge Mercedes Alcázar Navarro), avec l’intention qu’il purgerait encore 16 ans de prison comptés comme une peine résiduelle (réponse à la plainte pour malversation contre le juge pour avoir caché l’ordonnance de libération immédiate de Gabriel en juin 2016, qui a retardé sa libération, ce juge a mis en branle sa propre revanche! ).

Après trois mois et demi de détention provisoire (mois durant lesquels il était clair que le Portugal s’était soumis à la pression du tribunal de Gérone n ° 2 et que les règles européennes qui auraient permis la libération de notre camarade n’avaient pas été appliquées) , le 12 mai, il a été remis aux autorités espagnoles et se trouve actuellement à la prison de Badajoz (Estrémadure).

La demande d’annulation de l’OEDE a été légitimée par l’illégalité de la demande, qui a été émise en violation totale du «principe de spécialité»: l’un des principes fondamentaux du droit communautaire qui établit l’interdiction d’exécuter une peine antérieure à celle pour d’extradition (en vertu de ce principe, Gabriel a été libéré en 2016 n’ayant plus à purger aucune peine antérieure). Sur le plan politique, la Cour provinciale, qui, il y a quelques jours, était d’accord avec le juge Navarro, est la même que celle d’il y a quatre ans, a confirmé notre collègue confirmant sa libération (!! ?? !!).

Entre-temps, le régime FIES [Fitxers d'Interns d'Especial Seguiment - Détenus sous Observation Spéciale] a été appliqué à Gabriel, spécifiquement FIES 5, créé pour les détenus avec des «caractéristiques spéciales» (qui doivent faire, pour citer quelques exemples) , avec crime international, violence de genre ou à caractère raciste ou xénophobe, crimes très graves qui ont provoqué une grande alarme sociale, terrorisme islamiste, fanatisme radical lié à l’idéologie terroriste…!? !!). Au sein du régime de la FIES, il a obtenu le 2e degré (auparavant il pouvait accéder aux avantages de la prison, bénéficier de permis et même de probation), et l’intervention de toutes les communications (les lettres sont ouvertes et lues, les visites sont enregistrées).

Depuis qu’il est à la prison de Badajoz, à part 5 petites cartes postales qui lui ont été remises quelques jours après son arrivée, notre camarade n’a reçu aucune correspondance malgré les nombreuses lettres et plusieurs livres qui lui ont été envoyés… Rien nouveau sous le soleil de l’isolement et de la répression! Tout cela représente une contradiction visant à le provoquer … le message est: « vous n’êtes plus l’ennemi public numéro un mais vous êtes encore assez dangereux, surtout au niveau idéologique … si vous vous comportez bien nous vous donnerons des opportunités ».

Maintenant qu’il a été «classé» et que le tribunal susmentionné a prononcé sa sentence, nous savons que les ressources juridiques pour que Gabriel puisse goûter à nouveau à la liberté seront bientôt épuisées; dans peu de temps, il sera transféré dans une autre prison. L’avocat fera tous les appels nécessaires jusqu’à ce que cette longue bataille soit gagnée.

Gabriel est bien et fort comme toujours… il envoie un gros câlin à toutes les personnes partageant les mêmes idées et les soutenant.

La solidarité est une arme… utilisons-la… de manière sérieuse et intelligente!

Liberté pour Gabriel!
Camarade, vous n’êtes pas seul!
Liberté pour tous!
Vive l’anarchie!

Écrivez à Gabriel:

Gabriel Pombo Da Silva
Centro Penitenciario Badajoz
Carretera de Olivenza, Km 7.3
06011 Badajoz
ESPAGNE

 

 

Poursuivi pour avoir dénoncé le nom du quartier “La Négresse”

Essayiste et fondateur de l’association “Mémoires et partages”, Karfa Sira Diallo sera jugé pour rébellion le 3 décembre prochain au tribunal de Bayonne. L’activiste est poursuivi pour avoir dénoncé en public le nom de l’un des quartiers les plus connus de Biarritz, jadis appelé Harrausta, connu depuis la fin des années 1980 jusqu’à nos jours sous le nom de La Négresse.

 

MAITE UBIRIA|2020/06/12|IRUZKIN 1 Diallo1L’association fondée par Karfa Sira Diallo veut sensibiliser le public à l’histoire coloniale de la Nouvelle-Aquitaine.

Essayiste et fondateur de l’association Mémoires et Partages, Karfa Sira Diallo est né en 1971 à Thiaroye (Sénégal) et réside à Bordeaux. Militant reconnu « contre les esclavagismes d’hier et d’aujourd’hui », il est aujourd’hui poursuivi pour avoir souhaité sensibiliser le public à son combat, à la veille du sommet du G7 en août 2019.

 

L’audience, initialement prévue le 23 janvier, a été reportée au 3 décembre prochain, en raison de la crise du coronavirus, après avoir été une première fois repoussée en raison de la grève des avocats contre le projet de réforme des retraites. L’objectif de Karfa Sira Diallo est que ce procès serve à attirer l’attention sur son combat : redonner au quartier de La Négresse son nom basque initial, Harrausta, ou du moins apposer un panneau pour expliquer le choix du nom La Négresse attribué par la ville de Biarritz en 1986.

 

Quand votre association a-t-elle décidé de lancer une campagne pour dénoncer le nom de ce quartier populaire de Biarritz ?

 

Il y a quelques années de cela, nous avions envisagé de faire un déplacement à Biarritz, lors des fameuses fêtes de La Négresse. Nous souhaitions attirer l’attention des habitants sur ce nom-là, qui véhiculait une sorte d’humiliation inadmissible et inacceptable aujourd’hui. Mais on n’avait pas pu le faire.

 

Comment vous êtes-vous décidés à passer à l’action à deux jours du sommet du G7, le 22 août 2019 ?

 

Nous savions que les conditions sécuritaires étaient draconiennes, donc on s’est dit qu’on allait essayer d’y aller deux jours avant. Nous avions l’idée d’intervenir à la gare de Biarritz, car elle s’appelle la gare La Négresse. On avait pris nos billets de train. On s’est dit qu’on passerait une heure, une heure et demie à la gare de Biarritz pour sensibiliser les gens puis rentrer à Bordeaux pour se mettre à l’abri de cette sécurité absolue. Quand nous sommes arrivés, nous nous sommes positionnés devant la gare avec un petit dispositif, des affiches, des flyers, une sono… et on a commencé à distribuer nos tracts.

C’est là que la police vous a interpellés. Comment cela s’est-il passé ?

Il y avait en face de nous un dispositif du G7. Mais nous ne troublions pas l’ordre public. On n’était que cinq, six membres de notre association. C’était bon enfant. On pensait vraiment que cela ne poserait pas de problème. Quinze minutes après avoir commencé, la police est arrivée, extrêmement tendue. D’abord on m’a pris le micro. Ils m’ont demandé mes papiers, que j’ai remis. Et puis très rapidement, ils ont décidé de m’interpeller, en me prenant de force et m’emmenant sur les quais de gare. Une fois que je n’ai plus été à la vue du public, quatre ou cinq policiers m’ont plaqué au sol. Ils m’ont vraiment jeté au sol. Ils se sont assis sur moi, ils m’ont menotté et m’ont signifié ma garde à vue. Ils m’ont envoyé au commissariat de police de Bayonne où j’ai été placé en garde à vue pendant 24 heures.

La police vous a pourtant accusé de violence à l’égard de l’autorité. Qu’avez-vous pensé lorsque le juge vous a annoncé que vous seriez jugé pour rébellion ?

 

Ce moment a été très douloureux et très violent. L’arrestation elle-même était très violente, vraiment. Avoir cinq policiers sur vous qui vous menottent, c’est quelque chose qui peut mener à la mort… Je dis souvent que si j’avais le cœur fragile, j’aurais pu y passer. Ensuite, la garde à vue est une expérience sordide. Je n’étais pas seul dans la cellule, il y avait beaucoup de jeunes ce jour-là, qui avaient été arrêtés souvent pour rien, qui pleuraient… Moi je poursuivais un combat, mais malgré tout, de se retrouver dans ce couloir froid et inhumain de la répression, c’est quelque chose d’extrêmement douloureux. Il y a un sentiment d’humiliation, de honte et de doute sur la justesse de votre action et de votre combat.

 

Vous êtes convoqué au tribunal le 3 décembre. Quel message comptez-vous faire passer lors de cette audience ?

 

Pour nous, cette interpellation brutale, violente, injustifiée et cette mise en garde à vue sont une bêtise sécuritaire de la police. Et cette bêtise va servir, je crois, le combat que nous sommes nombreux à mener. Par la façon dont on nomme les choses, les gens, les rues… On véhicule un message qui est politique, un message de civilisation, quelque part. Pour nous, ce sera le procès de La Négresse.

 

Vous revendiquez le nom basque d’origine de ce quartier, puisque cette zone de Biarritz était connue sous le nom d’Harrausta.

 

Ce quartier s’appelait Harrausta, qui veut dire un endroit poussiéreux, sale. C’était un nom basque qui avait toute sa dignité. En 1986, la municipalité a décidé d’enlever le nom basque et de garder le nom La Négresse. Donc on commet une injustice en enlevant le nom authentique que les ancêtres de ces gens ont donné à cette ville, et on prend un nom ouvertement péjoratif avec une intention exotique. Ça fait exotique, il y a quelque chose de l’ordre de l’inconscient colonial. Nous souhaitons que ce quartier reprenne le nom d’Harrausta, ou bien au pire, qu’il continue de s’appeler Harrausta-La Négresse. Notre position, c’est de dire qu’il faut des panneaux explicatifs.

 

Dans la ville où vous habitez, Bordeaux, il y a des exemples de rues portant le nom d’armateurs de navires qui servaient à la traite des esclaves ou pour le commerce colonial.

 

Cela fait dix ans qu’on a lancé une campagne sur les rues de négriers à Bordeaux. Et ça y est, la ville de Bordeaux a inauguré des plaques explicatives sur six rues. Je pense que c’est un exemple dont Biarritz peut s’inspirer pour tourner cette page-là. On peut mettre un panneau explicatif qui raconte l’histoire de ces femmes noires. Car elles ont vécu des triples peines. Elles sont discriminées parce qu’elles sont femmes, noires, pauvres et en plus d’après ce que l’on sait, « La Négresse » était une prostituée. Il est important de pouvoir redonner sa dignité à cette femme-là qui a souffert, et faire que ce panneau puisse dire que cette femme a une histoire. Dire aussi que la ville de Biarritz est engagée contre le racisme, contre la discrimination. Cela règlerait vraiment le problème.

 

Jusqu’à maintenant, les autorités municipales ne se sont pas montrées très réceptives à cette demande…

 

Effectivement, on s’est rendu compte que les autorités sont totalement insensibles à cette demande de justice. Je n’ai pas vraiment d’explication. Il est vrai que nos élus sont souvent ignorants de leur propre histoire. Peut-être n’y a-t-il pas eu de pédagogie suffisante. C’est ce que nous souhaitons faire. Je pense qu’on peut les convaincre, de la même façon que nous avons réussi à convaincre la ville de Bordeaux, au bout de vingt ans. Je pense qu’avec Biarritz, cela prendra moins de temps et que ce procès va accélérer la prise de conscience des habitants du quartier et des autorités.

 

 

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