ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

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30 juillet 2020

LUCIO URTUBIA CSPB 28 07 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 18 h 46 min

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 L’émission du CSPB dernier mardi du mois dans ça booste sous les pavés. Ce soir c’est une spéciale Lucio Urtubia, maçon, militant anarchiste, antifasciste, internationaliste, fondateur de l’espace Louise Michel dans le 20ème à Paris. Lucio s’est éteint le 18 juillet 2020, un hommage lui a été rendu dans la coupole du Père Lachaise le 24 juillet 2020. Durant les 2h de l’émission nous entendrons Lucio au travers de différentes émissions de Radio Libertaire, Idées anarchistes, ça booste/CSPB, Radio Lap, à l’espace Louise Michel. Erratum, dans la 1ère intervention, j’annonçais Elisabeth de femmes libres. il faut entendre Elisabeth de l’émission Idées Anarchistes. En fin d’émission nous entendrons les hommages qui lui ont été rendus de la part de compagnons de lutte, militants, amiEs, famille. On pense fort à Anne et Juliette. Retrouvez le podcast de l’émission sur.

 

www.mixcloud.com/skuale/

ou

www.mixcloud.com/radiolibertaire/ 

 

AGUR ETA OHORE LUCIO

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QUI ES TU LUCIO….

 

« Il ne faut surtout pas être dépendant de l’argent de l’Etat. L’Etat c’est le pouvoir, le capitalisme. Il nous donne quelques miettes pour nous endormir. Pour être libre, il faut gagner son propre argent, être son propre patron et ne rien attendre du système. »

 

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Lucio l’irréductible
militant libertaire

L’histoire de Lucio Urtubia, c’est l’histoire de ces militants libertaires antifranquistes de la seconde génération. L’histoire de ceux qui étaient trop jeunes pour participer aux combats de la révolution de 1936 mais qui ont néanmoins été marqués par le drame et les douleurs de la défaite puis de la chape de plomb du régime franquiste. L’histoire de ceux qui parce qu’ils étouffaient de misère, d’humiliations et de soumission dans l’Espagne des années quarante et cinquante ont choisi l’exil puis la lutte clandestine contre le régime franquiste.

L’histoire de Lucio c’est l’histoire de ceux-ci. Peut-être avec un peu plus d’audace, de courage et de risque que la majorité de ses camarades d’infortune. En 1936, Lucio avait 5 ans. Et parce que fils de paysan pauvre républicain, ce petit basque compris vite que le soleil ne brillait pas pour lui ni pour tous les « rouges » de son espèce dans l’Espagne des lendemains de la Seconde guerre mondiale. Alors, un soir d’août 1954, Lucio traverse la Nive pour s’exiler en France et se retrouver maçon à Paris.

La suite, c’est le fait de hasards et de rencontres. La rencontre avec des militants de la CNT en exil sur les chantiers qui l’amène à rejoindre le groupe des Jeunesses libertaires et puis surtout, un beau matin de 1957, la rencontre avec El Quico, avec Sabaté que les copains lui demandent d’héberger un moment dans son petit appartement de Clichy. À partir de ce moment la vie de Lucio prend un tournant irrémédiable. Au contact de Sabaté, il se forme et réalise ses premiers coups. Il comprend que la lutte antifranquiste a besoin d’hommes d’action, d’armes, de faux papiers et d’argent pour réorganiser les réseaux en Espagne, payer le matériel de propagande, aider les familles des prisonniers et fournir des avocats à ces derniers.

Jusqu’au début des années quatre-vingts, la vie de Lucio est rythmée par cette double vie de maçon la journée et de travailleur de la nuit au service du mouvement libertaire. Tout est bon pour alimenter les caisses de la lutte antifranquiste. Contrebande, reprise individuelle, enlèvement, impression de faux papiers, de fausse monnaie et de traveller’s chèques rythment l’activité du militant de l’ombre Lucio.

Une vie bien remplie que nous raconte Bernard Thomas qui a eu la chance de recueillir les confidences de Lucio aujourd’hui responsable de l’Espace Louise Michel dans le XXème arrondissement de Paris. Au fil de son histoire on revit toutes les grandes affaires de la lutte antifranquiste : l’épopée de Sabaté (1), l’affaire Granado et Delgado, les actions menées par les GARI mais aussi le soutien au peuple algérien en lutte pour son indépendance ou encore un projet inabouti en compagnie de Che Guevara…

 

 

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LUCIO [URTUBIA Lucio]

Né en 1931 dans le village navarrais de Cascante, en Espagne ; ouvrier du bâtiment puis entrepreneur ; militant anarchiste ; activiste ; faux monnayeur au service de causes révolutionnaires.

Lucio Urtubia naquit en Navarre. Son père était secrétaire de l’Union générale des travailleurs (UGT) et maire adjoint du village de Cascante. Né dans une famille nombreuse (un frère et quatre sœurs), il eut une jeunesse houleuse : condamné aux travaux forcés (los fueros) pour des vols ; contrebandier entre la frontière espagnole et française. Engagé volontaire dans la Guardia Civil en 1952, il organisa un trafic d’uniformes et autres marchandises. Découvert, il fuit en août 1954 et passa la frontière pour gagner Vaucresson où travaillait sa sœur Saturnina (il ne fut pas inscrit comme déserteur).

À Paris, Lucio Urtubia (dit Lucio) était terrassier et maçon. Il obtint en trois mois son permis de travail et sa carte de résident. C’est là qu’il rencontra un anarchiste espagnol qui le mit en contact avec la CNT espagnole pour des cours de français. Il s’inscrivit aux jeunesses libertaires ibériques (FIJL). En 1957, il hébergea pendant neuf mois le guerillero Francisco Sabaté (dit Quico) dans son studio de Clichy, 32 rue Castérès ; celui-ci lui légua sa mitraillette Thomson 11,43.
Réunions et manifs, meetings, coups de pinceaux sur l’ambassade d’Espagne, Lucio finit par être inscrit au service de l’éloignement de la Préfecture de police, classé réfugié politique, carte de séjour à renouveler tous les trois mois et contraint de se présenter matin et soir au commissariat le plus proche lorsqu’un chef d’État sujet à controverse serait reçu en France.
En 1958-1959, il commença à participer à divers braquages en France, Belgique, Hollande, Londres, dont certains avec Sabaté. Pendant les mêmes années, pour le compte de Sabaté, Lucio fit le tour des réseaux anarchistes en Espagne : envoi de mandats et prises de contact. Lucio participa à deux tentatives de rapt de deux industriels.
Il eut des contacts avec toutes les organisations de résistance au franquisme, tant du côté français qu’espagnol : le Front de libération populaire F. L. P. (dit le Felipe), les GARI (Groupe d’Action Révolutionnaire Internationaliste), le Mouvement Ibérique de Libération MIL, la Défense intérieure (DI).

En tant qu’ouvrier du bâtiment, il eut également une activité revendicatrice sans être syndiqué. Au printemps 1962, Lucio rencontra dans les salons d’Orly Che Guevara à qui il proposa d’imprimer de faux dollars pour mettre à bas l’économie américaine.

En 1968, il fit la connaissance pendant les événements de mai 1968 d’Anne Garnier, qu’il épousa le 30 octobre 1969 et dont il eut une fille Juliette en avril 1970. Il monta un comité de quartier à Clichy.

C’est à partir de 1969 qu’il installa une imprimerie avec des camarades anarchistes pour y imprimer brochures, tracts, journaux ; et qu’il se lança dans la fabrication de faux papiers, au point de se surnommer lui-même la « préfecture libertaire », ainsi que le trafic d’armes et d’explosifs pour des groupes de confiance. À ces fins, lui et Anne louèrent, sous une fausse identité, des boxes ou des appartements afin d’opérer de stocker le matériel nécessaire.

Lucio mit au point et réalisa une série de détournements d’argent auprès d’établissements bancaires : des équipes munies d’une fausse fiche de paie, d’un faux chèque et d’une fausse pièce d’identité se présentaient dans diverses banques afin de retirer la somme. Le 22 mai 1974) Lucio et Anne furent arrêtés et accusés de complicité dans l’enlèvement de Balthazar Suarez, directeur de la succursale parisienne de la Banco de Bilbao (3 mai 1974). Lucio fut incarcéré à la Santé jusqu’au 18 septembre 1974 mais fut acquitté avec tous les autres inculpés lors du procès en 1981.

Après avoir participé aux mouvements de prisonniers (été 1974), Lucio reprit contact avec les libertaires en prison dès 1975. En octobre 1976, il fut assigné à résidence pendant cinq jours à Belle-Ile-en-Mer (avec une douzaine d’autres militants anarchistes ainsi que des militants de la cause basque) à l’occasion de la venue du roi d’Espagne Juan Carlos en visite officielle en France.
En 1978, Lucio continua de procurer armes et faux-papiers pour certains groupes ou personnalités en lutte contre les restes de la dictature franquiste (par exemple le financier Pere Baret, ou le metteur-en-scène Albert Boadella, qu’il hébergea aussi quelque temps à Clichy).
Il fit l’intermédiaire, en novembre 1979, à la demande de Roland Dumas, auprès d’un responsable de la scission poli-mili de l’ETA pour obtenir la libération de député centriste Javier Ruperez.

Sa réputation s’étendit à tel point que Lucio procura des faux papiers pour des exilés clandestins d’Uruguay, de Bolivie, du Chili et d’Argentine. Il était capable de fournir des papiers d’identité français, belge, suisse, italien, espagnol. À partir de 1979, il commença à concevoir et à réaliser la reproduction et la fabrication des traveller’s checks de la First National City Bank. Au printemps 1980, à Madrid, Lucio et une équipe anarchiste récupérèrent l’équivalent en pesetas de plus de trois millions et demi de francs. Ces faux chèques furent abondamment utilisés par les réseaux de lutte armée (GARI, AD). Sans que Lucio ne maîtrise tout à fait leur utilisation et leur diffusion.

En 1982, il mit au point avec Liber Forti (syndicaliste de la Central ouvrière colombienne (COB) l’enlèvement de Klaus Barbie en Colombie, opération stoppée en raison de l’arrestation de deux militants d’Action directe Jean-Marc Rouillan et R Schleicher.

La même année, il comparut devant la 13e chambre correctionnelle, et il fut condamné à treize mois de prison ferme pour fabrication de faux papiers.

Au cours des années 1982-1983, Lucio (appuyé par son avocat Fagart et l’avocat Joinet) négocia avec la City Bank la remise des films, des plaques et du reste du stock de chèques contre l’arrêt des poursuites.

En septembre 1983, il créa son entreprise « Atelier 71 » qui employa tous les corps de métier du bâtiment. Il fut à l’initiative de la création et de la construction du Centre Louise Michel, rue des Cascades à Paris.

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POUR CITER CET ARTICLE :

https://maitron.fr/spip.php?article139802, notice LUCIO [URTUBIA Lucio] par Olivier Ray, version mise en ligne le 3 mars 2012, dernière modification le 1er juillet 2020.

Par Olivier Ray

SOURCE : Bernard Thomas, Lucio l’irréductible, Flammarion, 2000. — Écoutez Lucio Urtubia et Bernard Thomas, libertaires, documentaire de Bernard Baissat, 2000, 85 minutes, entretien vidéo. — Aitor Arregi et José Maria Goenaga ont réalisé un film documentaire consacré au militant anarchiste Lucio Urtubia, Lucio : anarchiste, braqueur, faussaire… mais tout d’abord maçon réalisé par Aitor Arregi et José Maria Goenaga. 2007. 93 minutes.

 

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MA MORALE ANARCHISTE

Note des éditeurs

 

Notre morale anarchiste

 

Ma morale anarchiste!

Rarement le titre d’un livre aura mis autant dans le mille. Lucio, en effet, aurait pu intituler le récit de

sa vie

« Mémoires d’un faussaire », « Docteur maçon et mister Robin des bois », «J’ai niqué la First National

City Bank », «J’ai proposé à Che Guevara d’inonder l’Amérique de faux dollars », «Du bienfondé de

l’expropriation des riches », «Lucio, un anarchiste de la belle époque », « Un gars ben ordinaire »,

« Le braqueur au grand cœur » … çà aurait fait des bons titres. Parce que Lucio, c’est à l’évidence

tout cela.

Mais, et vous allez le découvrir, Lucio çà n’est pas que cela. C’est aussi autre chose et d’une toute

autre teneur que celle du clinquant spectaculaire. On réfléchit un instant. En règle générale, les

maçons se contentent d’être maçons et les braqueurs et autres faussaires se gardent bien de l’être.

 Alors, pourquoi maçon une partie de la journée à trimer comme un espagnol pour une poignée de

cerises et braqueur-faussaire l’autre partie de la journée à vendanger les dollars comme s’il en

pleuvait? A l’évidence, çà ne colle pas! On est maçon ou braqueur-faussaire, mais pas les deux.

Or, Lucio a été les deux. Maçon poignée de cerises le matin et braqueur-faussaire vendangeur de

 dollars après le boulot. On s’en doute, de ses activités vendangeuses de dollars, Lucio n’a jamais

gardé un kopeck pour lui. Tous les dollars allaient pour la cause. Celle des travailleurs. Des révolution-

naires. Du syndicat. Des groupes d’action. De la solidarité nationale et internationale avec tous ceux

et toutes celles qui étaient sous le joug et luttaient pour s’en libérer. Lui, il mettait un point

d’honneur, à gagner son pain normalement. Mais pourquoi tout cela qui fera toujours différence

avec les voleurs de poules à la petite semaine et même avec des révolutionnaires professionnels

quasi fonctionnarisés?

Parce que Lucio est un homme qui a de la morale? Ça semble évident ! Mais c’est tout aussi évident

 que, si tous les maçons qui ont de la morale faisaient dans le braquage et la fausse monnaie, ça se

saurait ?

Alors? Eh bé, c’est simple! Si Lucio est un maçon qui a de la morale, c’est aussi et surtout un maçon anarchiste. Et, de ce fait, sa morale l’est également. Et c’est ça qui explique son rapport au travail et

le fait que, pour lui, militer ne peut rimer ni avec profit personnel ni avec fonctionnarisation. Soyons honnêtes, dans ce cadre-là, qui est celui de bon nombre d’anarchistes qui, sur des modes semblables

ou différents, font le coup de feu contre le capitalisme, Lucio n’est pas le premier venu. A sa manière

c’est quand même « un grand d’Espagne ». De ce point de vue, il aurait été dommage que le groupe

Los Solidarios qui a, en tout et pour tout, deux objectifs ras des pâquerettes dans la vie (éditer un

livre par an et en offrir les bénéfices éventuels à une œuvre libertaire), ne publie pas Ma morale

anarchiste.

A l’évidence, Ma morale anarchiste était fait pour rencontrer notre morale anarchiste.

Quelque part dans les maquis de la résistance à l’intolérable.

Le 19 juillet 2005,

Los Solidarios

 

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Repères

 

18 février 1931

Naissance de Lucio Urtubia, à Cascante (Navarre). Son père, un paysan pauvre, a été fortement

influencé par le catholicisme et le carlisme, mais un séjour en prison l’a éveillé à une certaine

conscience sociale. Pendant la République, il fut maire adjoint de son village et secrétaire du syndicat

U.G.T.(socialiste). En 1936, la phalange essaie de tondre la mère de Lucio. Son père échappe de peu

 au peloton d’exécution. Un curé, Don Victoriano, à qui il avait sauvé la mise pendant la République,

intervint en sa faveur. La période de l’après guerre civile fut difficile pour les ouvriers qui furent

fusillés par centaines de milliers et pour la famille Urtubia. Le père de Lucio qui était ouvrier agricole

dut travailler gratuitement pour les vainqueurs. La famille (quatre filles, deux garçons) fut obligée de

s’installer chez le grand-père paternel qui possédait quelques arpents de terre. C’était la misère.

Parfois, la boulangère refusait de faire crédit. Il en était de même pour le marchand d’espadrilles.

1948

Lucio fait un tas de petits boulots. Il s’éprend de la fille d’un fasciste. Le fasciste ne l’entend pas ainsi.

Lucio s’enfuie alors enFrance et il arrive à Biarritz, pieds nus. Les gendarmes le reconduisent tout

naturellement à la frontière. La Guardia Civil l’attend. Il fera trois mois de prison à Vera del Bidassoa

et à Pampelune.

1950

Atteint d’un cancer, le père de Lucio n’a pas les cinq mille pesetas nécessaires pour acheter

 médicaments et morphine. Il souffre le martyr. A tel point qu’il demande à son fils de le tuer.

Lucio se rend alors à la caisse d’épargne du village avec un couteau. Il est prêt à tout pour se procurer

 cet argent. Mais il ne parvient pas à franchir le pas. Pas encore! Quand son père meurt, Lucio a dix-

neuf ans.

1952

Après avoir fait divers petits boulots, dont celui de contrebandier, Lucio part pour le service militaire.

Il traficote dans les chemises, les pulls, les bottes … et, par peur d’une inspection annoncée, il

déserte le 24 août 1954, après 15 mois de service militaire. Direction la France. Saint-Jean-Pied-de-Port, Bayonne, Paris.

1957

Depuis trois ans Lucio travaille comme manœuvre, puis comme maçon. Il fréquente les anars de la

C.N.T. et des Jeunesses Libertaires et il s’imprègne de toute une éducation politique et sociale. En

 1957, c’est la rencontre de sa vie avec Francisco Sabaté, dit Quico, le célèbre guérillero anarchiste,

qui lui confie son « outillage» (une mitraillette Thomson … ). Par émulation, il réalise quelques  

«expropriations» (des braquages). L’argent exproprié est pour la cause. Lui, continue à gagner son

pain comme maçon. Puis, il fait quelques plans en Espagne, pour Quico. Remise d’argent, de tracts …

à des camarades.

 

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4 janvier 1960

Quico est cerné par la police en Espagne et meurt les armes à la main. Lucio décide de poursuivre le

combat. A sa manière. Via des «expropriations» et autres «récupérations ». Toujours pour la cause.

Car, dans la journée, il est toujours maçon.

Printemps 1962

Lucio rencontre Che Guevara à Orly pendant des heures. Il lui propose d’inonder la planète de faux

dollars. Depuis quelque temps, en effet, il s’était mis aux faux papiers et disposait du matériel

 nécessaire à la fabrication de fausse monnaie. Le Che, après l’avoir écouté attentivement, refuse

 finalement la proposition de Lucio. Après la mort de Quico, des membres de la F.A.I.

(Fédération anarchiste ibérique), de la C.N.T. (Confédération nationale du travail) et des Jeunesses libertaires avaient décidé de relancer la lutte contre le franquisme. A cet effet, ils avaient fondé la

 D.l. (Défense intérieure). Il s’agissait de frapper le franquisme au portefeuille en effrayant les touristes.

Juin 1962

Explosion de bombes à Madrid et Barcelone.

Juillet 1962

Rebelote à la mairie de Valence où Franco venait de prononcer un discours.

12 août 1962

Au mausolée des morts franquistes, une bombe explose derrière l’autel, après la messe.

17 août 1963

Deux libertaires, Delgado et Granado, accusés faussement d’avoir fait exploser deux bombes sans

 qu’il y ait eut mort d’homme, sont garrottés.

30 octobre 1969

Lucio épouse Anne à la mairie de Clichy. Depuis quelques années, il faisait des « récupérations » de

toutes sortes. Matériaux de chantiers (pour la rénovation de locaux révolutionnaires), matériels de

bureau et, surtout, matériels d’imprimerie. Les « expropriations» en douceur réalisées grâce à tout

un tas de faux documents et autres faux papiers étaient moins risquées que les braquages d’antan. Et

s’avéraient plus lucratives. Avec des faux papiers, des faux chèques, des faux bulletins de salaires …

ça permettait de toucher cent fois en une journée (via une quinzaine de copains disséminés sur tout

le territoire français) la paye d’un même maçon, chauffagiste … fictif. Ce fut également l’époque des

premiers faux traveller’s. La combine était simple. Un camarade achetait un vrai carnet de traveller’s,

mais sous une fausse identité. Le même carnet était reproduit à un certain nombre d’exemplaires. Et,

ensuite, le même jour, à la même heure, dans quinze pays différents, des camarades allaient dans

des banques échanger leurs faux traveller’s contre du vrai argent.

20 décembre 1973

A Madrid, E. T.A. pulvérise la voiture de l’amiral Carrero Blanco, le successeur désigné de Franco. En

Espagne et en France le champagne coule à flots.

2 mars 1974

Salvador Puig Antich, membre du M.LL. (Mouvement ibérique de libération) est garrotté. Plusieurs

 camarades de Puig Antich restent en prison. Sur les cendres du M.I.L. furent alors crées les G.A.R.I

(Groupements d’action révolutionnaire internationaliste). Ils commencent à faire parler d’eux, le 3

mai 1974, lors de l’enlèvement du banquier Suarez. L’opération fut montée de main de maître. Sans

 violence aucune. Le banquier fut parfaitement bien traité. Il fut libéré le 22 mai au bois de

  Vincennes. Le même jour, après la libération du banquier, Lucio était arrêté. Anne également.

 D’autres encore. Lucio sera libéré le 18 septembre 1974.

20 novembre 1975

Mort de Franco.

Mars 1976

Manifestation à Vitoria. Cinq manifestants tués.

1978

Lucio fait toujours dans les faux papiers. Un des bénéficiaires de ces faux papiers, Pere Baret, le

 financier du FC Barcelone, lui laisse un chèque en blanc en remerciement. Lucio n’y inscrira jamais

aucun montant et ne l’encaissera pas davantage. Plus tard, la police s’étonnera que lui, le falsifica-

teur, n’ait jamais encaissé un vrai chèque, qui plus est, en blanc.

La morale anarchiste, encore !

1979

Le plan des faux traveller’s redémarre, mais, cette fois-ci, à grande échelle. Ça profite à beaucoup de

révolutionnaires. Libertaires et autres. Car Lucio est toujours maçon le jour pour gagner son pain.

Toujours la morale anarchiste.

8 juillet 1980

Une mallette de couleur marron est échangée aux Deux Magots entre Lucio et des acheteurs.

Plusieurs jours après, toujours aux Deux Magots, arrestation de Lucio avec une nouvelle mallette

 contenant (aux dires de la police qui ne l’ouvrira que plus tard) trois mille quarante-trois faux

traveller’s de la First National City Bank pour une valeur de deux millions de francs. Lucio est

 incarcéré à la Santé. Il y rencontre Charlie Bauer. Et d’autres. Le 10 janvier 1981, il est libéré, faute

de suffisamment de preuves. Il manquait également un certain nombre de commissions rogatoires

 en provenance de l’étranger.

19 janvier 1981

« Ce matin, 19 janvier 1981, nous rentrons dans nos prisons respectives a/in de comparaître comme

prévenus dans un procès d’assises que jusqu’alors personne n’aurait cru possible. Nous avons été

 arrêtés il y a sept ans, relâchés rapidement. Les militants espagnols, arrêtés en Espagne en 1974 ont,

eux, été amnistiés. «En 1981, en France, notre procès sera celui d’individus qui hier ont refusé le

franquisme, comme ils ont refusé le régime des colonels grecs et celui de Caetano … 

« Oui, nous condamnons toutes les dictatures et les États totalitaires. Oui nous soutenons tous les

mouvements de lutte qui cherchent à arrêter la main du bourreau, comme c’était le cas lors de

 l’affaire Suarez.

« Aujourd’hui; à deux mois de l’élection présidentielle, le gouvernement français se dévoile:

En faisant notre procès, en faisant celui des G.A.R.I., en mars 1981, en enfermant des militants anti-franquistes de l’E. TA., en permettant que des groupes

d’extrême droite espagnols, liés à des membres de l’O.A.S., tuent et blessent en toute impunité (. . .). « Devant cette réalité, ce procès est d’autant plus absurde

et scandaleux que c’est nous, anti-franquistes, qui sommes considérés comme des criminels. »

Lucio, Anne et quelques autres signent cette déclaration juste avant leur procès en Assises à propos de l’enlèvement du banquier Suarez. Tous les inculpés

seront acquittés.

20 février 1981

E.T.A. politico-militaire enlève, en Espagne, les consuls d’Autriche, d’Uruguay et du Salvador. Il s’agit

d’essayer de faire libérer des militants en échange des otages. Le consul d’Autriche est le neveu du

 chancelier Kreisky. Cela préoccupe le candidat Mitterrand. Roland Dumas, qui fut l’avocat de Lucio, contacte ce dernier pour lui demander d’intervenir.

23 février 1981

Le lieutenant-colonel Tejero envahit le parlement de Madrid avec une troupe de la Guardia Civil et prend en otages 600 députés. A l’aube, après l’intervention

du roi Juan Carlos, les putschistes se rendent.

28 février 1981

Les trois consuls sont libérés.

Juillet 1981

Le juge Michat lance un mandat d’arrêt contre Lucio pour une histoire de fabrication de faux papiers. Lucio ne veut pas retourner en prison et il entre dans la

clandestinité.

9 octobre 1981

Lucio est arrêté près de Barbès.

Novembre 1981

Lucio est mis en liberté sous contrôle judiciaire. Il crée une coopérative du bâtiment. Y travaillent des

copains qui se révèlent très vite peu aptes au travail en coopérative et. .. au travail tout court.

Lucio commence à se poser des questions. Toute sa vie il a été solidaire de ceux qui se battaient

 contre les dictatures de tous ordres. Mais, aujourd’hui, qu’en est-il vraiment de ceux qui se

proclament représentants de certaines luttes?

Décembre 1981

Lahouari Benchellal est arrêté à Helsinki. Il négociait des faux traveller’s pour le compte d’Action Directe. Des faux traveller’s de la même origine que ceux

retrouvés au Deux Magots. Ces chèques lui auraient été confiés par l’OCC (Organisation communiste combattante).

Janvier 1982

Lucio et quelques copains envisagent d’enlever Klaus Barbie en Bolivie.

13 mai 1982

L’affaire des faux passeports arrive devant la treizième chambre de la cour d’appel. Lucio n’est pas présent. Il est condamné à treize mois fermes.

28 juin 1982

Eric Waucqier, militant d’Action Directe, est interpellé dans le Paris-Amsterdam avec des faux traveller’s de la même origine que ceux retrouvés au Deux Magots.

15 juillet 1982

Convoqué à la gendarmerie de Clichy, Lucio s’y rend et est arrêté. Le 22 juillet il sera remis en liberté conditionnelle.

7 octobre 1982

Re-exament de l’affaire des faux papiers devant la cour d’appel. Lucio est condamné à une peine avec

sursis.

10 mars 1983

Lucio passe en procès pour l’affaire des faux traveller’s. La First National City Bank qui était à la limite  de refuser d’honorer ses chèques choisit de négocier

avec Lucio. Vous nous remettez les plaques

offset, votre stock de faux traveller’s et vous vous engagez à ne plus continuer, et on retire notre plainte. Affaire conclue. Lucio écopera de trente mois

d’emprisonnement dont dix-huit avec sursis. Il en avait déjà fait six. On lui fera cadeau des six restants.

Septembre 1983

Lucio crée la société «Atelier 71 » qui emploie tous les corps de métier …

La suite, demandez-lui de vous la raconter en allant lui rendre visite à l’Espace Louise-Michel, ce

formidable endroit qu’il a créé et qu’il met gratuitement à disposition de ceux et de celles qui sont

 libertaires de militance et de cœur. Toujours la solidarité avec cette foutue idée de révolution sociale et libertaire.

Toujours cette satanée morale anarchiste!

Jean-Marc Raynaud

 

Préambule

Selon Machiavel, il est impossible de gouverner sans crimes, et tous les gouvernements, si petits et

insignifiants soient-ils, sont des criminels. Cette théorie est plus que jamais d’actualité. Si les prisons

créaient des hommes responsables et des révolutionnaires, elles auraient disparues depuis

longtemps. Il en est de même du chômage. Théoriquement, en effet, les chômeurs devraient être des

contestataires car tout le monde a droit à un toit et à du travail. Or, il n’en est rien. Les allocations

chômage, le RMI, leur permettent plus ou moins (et de moins en moins) de survivre dans le cadre

d’une dépendance vis-à-vis de l’Etat.

Pourquoi les damnés de la terre n’exigent-ils pas? Pourquoi ne contestent-ils pas d’une manière

radicale un système social qui les exploite et les opprime? Pourquoi ne prennent-ils pas leur destin

en main? Pourquoi ne s’entraident-ils pas? Ou si peu. Pourquoi ne se drapent-ils pas dans les habits

de lumière d’une force morale toute de générosité et de solidarité?

Pourquoi ne rêvent-ils pas d’un monde de liberté et d’égalité?

Ma morale anarchiste

Pourquoi ne prennent-ils pas ce qu’on leur vole? Pourquoi?

Je ne crois en rien, mais la vie m’a appris à ne pas négliger les choses les plus insignifiantes pour,

finalement, parvenir à croire en tout. Ma rencontre avec Francisco Sabaté a déterminé mon exis-

tence. Quico, en effet, m’a permis de me dépasser. D’aller au-delà de mes limites.

J’ai rencontré bien des gens qui, en dépit de leur intelligence, de leur éducation, et même de leur

 valeur, n’ont rien pu faire de leur vie.

Si j’ai écrit ce livre, c’est pour montrer sans artifice qu’un individu semblable à tant d’autres peut influer sur les choses et réussir à donner un sens à la vie et à sa

vie. Simple ouvrier, hors-la-loi et  faussaire, je suis fier de ma vie. Je me suis inspiré de Louise Michel, de Buenaventura Durruti et d’El Quico. Peut-être des

jeunes gens s’inspireront-ils de moi demain? J’espère du fond du cœur que cela Puisse simplement les aider à tout faire pour qu’un jour tout ce qui nous révolte

aujourd’hui n’existe  plus.

Le 19 juillet 2005

Lucio

Avant-propos

Utopie

Toute une orientation vers la vie collective, toute une vie riche de solidarité autour d’elle, pour un

idéal. Un petit grain de sable dans l’immensité de l’inexplicable. Une solidarité qui ramène à

l’immensité du futur parcellaire humain. Pourquoi pas un petit pays et, dans ce petit pays, une

collectivité solidaire ?

Rien n’est visible à ce jour. Nous ne pouvons même pas expliquer notre pensée. Certaines

incohérences pratiques restent énigmatiques. Il suffit d’un seul instant pour que notre vie

bascule dans un nouveau monde. D’un seul regard pour changer la vie de quelqu’un et d’un seul

quelqu’un pour changer, créer et orienter une nouvelle façon d’être et de penser. Nous sommes dans

l’indéchiffrable utopie, mais nous sommes dans l’utopie des réalisations. L’utopie de notre vécu

qui n’est pas utopie. Tout est doute. Le doute est en nous et il fait partie de nous. Aucune analyse

cohérente ne suffit. Rien n’est rationnel. Et pourtant, seul le rationnel, la continuité dans le désir, la

ténacité dans l’idéal et l’utopie, sont compréhensibles. Sans cette poursuite, sans le privilège de

pouvoir payer de soi par l’effort et la continuité, rien ne peut se réaliser. Mais cela ne signifie

nullement que l’on puisse atteindre le but que l’on se fixe. Rien n’est jamais atteint. Rien.

Ma vie, une vie

 

Différents ouvrages de et sur Lucio.

Ma morale anarchiste,

Mi utopia vivida

Le trésor de Lucio BD

Lucio l’irréductible

La revolución por el tejado: autobiografía

Me llaman el Solitario: autobiografía de un expropiador de bancos

 

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FICHEZ-NOUS LA PAIX, VOUS N’ARRIVEREZ PAS À TUER NOTRE LANGUE !

2020/07/20 | 0 IRUZKIN 

Sans tenir compte des effets pédagogiques positifs qu’amène l’apprentissage d’une langue en immersion sur l’enfant, le Rectorat a pris la décision unilatérale de stopper le développement de l’immersif dans les écoles du Pays Basque Nord sans discussion, sans explication. L’Inspecteur d’académie lui-même reconnaît que les résultats des évaluations opérés par ces services sur les élèves des écoles du CP et du CE1 sont meilleurs que ceux des élèves des filières bilingues à parité horaire, ou dans la filière unilingue en français. Si près de la moitié des enfants ont un enseignement au moins partiel en euskara au Pays Basque Nord, le rendu qualitatif satisfaisant ne se retrouve malheureusement que chez les élèves qui apprennent par l’immersion. Au moment même où ses résultats tombent, le couperet tombe. L’Education nationale française ne permettra plus de mettre en place ces expérimentations, au nom du sacro saint article 2 de la Constitution.

Dans le même temps, des professeurs qui viennent d’obtenir leur titularisation pour enseigner en langue basque se retrouvent en poste à Mourenx ou à Orthez, le nombre de postes vacants étant inférieur au nombre de professeurs disponibles. Si face à la pénurie de professeurs ces dernières années, l’Office public de la langue basque appelait et encourageait les professeurs à apprendre l’euskara pour pouvoir enseigner dans cette langue, le Rectorat indique sans préavis que le nombre de professeurs bascophones dépasse aujourd’hui celui des postes à pourvoir, et envoie nos jeunes enseigner ailleurs malgré leur spécificité. Sans prévoir des solutions de remplacement par des professeurs bascophones pour celles et ceux qui tomberont malades ou s’arrêteront en cours d’année pour congés maternité.

Au nom de dogmes répondant à une vision ultra-jacobine française, l’Education nationale souhaite mettre un terme à l’expansion de l’enseignement de l’euskara dans notre pays. Si elle n’a pas sorti (encore ?) le bâton pour punir l’enfant qui osera parler en euskara comme c’était le cas il n’y a pas si longtemps, elle renforce les entraves à son développement et souhaite ainsi décourager les moins sensibles ou les moins convaincus de la question de s’engouffrer dans ce combat. Déjà l’an dernier avec la demande d’Irissarry, le Recorat avait souhaité empêcher l’ouverture d’une classe immersive, puis ‘était ravisé, avec la venue du G7 à Biarritz. Mais le Pays Basque ne peut pas être tributaire d’un pouvoir parisien qui négocie constamment sur le dos de la survie de l’euskara.

La réponse du Pays Basque doit être à la hauteur du risque que suppose ce genre de décisions. Les élus de l’Agglo l’ont bien compris et l’unanimité des délégués communautaires pour demander la poursuite du développement de l’enseignement immersif est une première réponse. Si des femmes et des hommes ne s’étaient pas levés un jour face aux attaques répétées contre l’euskara et n’avaient pas créé les ikastola en dehors de la légalité qu’imposait Paris, la langue du Pays Basque aurait pratiquement disparu au Pays Basque Nord. C’est le moment de se lever à nouveau pour leur dire : « Fichez-nous la paix, vous n’arriverez pas à tuer notre langue ! ». Paris a très bien compris que ce pays était en marche pour sauver sa langue. C’est même la raison pour laquelle il s’obstine à lui mettre des bâtons dans les roues. Mais il y a une chose que l’État français n’a pas compris : avec ces décisions absurdes, il conforte le territoire dans sa volonté de décider lui-même de son avenir et de ce qui est bon pour lui. Aintzina !

Si l’arrivée d’Eric Dupond-Moretti au ministère de la Justice a fait grincer des dents dans de nombreux tribunaux, elle a en revanche été accueillie comme une (très) heureuse surprise en Corse. Et pour cause : habitué des prétoires de Bastia et d’Ajaccio, «Dupond» connaît bien l’île et ses affaires judiciaires. De la défense de Jacques Mariani à celle d’Yvan Colonna, le pénaliste se frotte depuis vingt ans aux dossiers de «crim’org» et aux procès liés à la politique insulaire. Pour ne rien gâcher, le nouveau garde des Sceaux aime la Corse, ne s’en cache pas, et y a d’ailleurs noué de solides amitiés.

Suffisant pour donner une lueur d’espoir aux nationalistes corses, au pouvoir à la région depuis 2015, mais englués dans un dialogue de sourd avec les gouvernements successifs. Au centre des préoccupations des élus insulaires : la question très sensible des prisonniers dits «politiques». Depuis le dépôt des armes du FLNC (Front de libération national de la Corse) en juin 2014, la page de la violence est en passe d’être définitivement tournée, mais le sort des condamnés dans les dossiers de terrorisme demeure toujours en suspens.

Inscription au Fijait

La nomination d’Eric Dupond-Moretti ouvre donc une brèche dans laquelle tous les acteurs se sont précipitamment engouffrés. Quarante-huit heures après le remaniement ministériel, deux associations de soutien aux «prisonniers politiques» ont demandé audience au nouveau ministre pour évoquer – entre autres – «la libération des prisonniers politiques» et «la fin des lois scélérates comme l’inscription au Fijait [fichier des auteurs d’infractions terroristes, ndlr]

Même démarche de la part des trois députés nationalistes élus sous la bannière autonomiste «Pè a Corsica» (Pour la Corse) : «Nous avons pris attache avec le cabinet du ministre il y a quelques jours, confirme Paul-André Colombani, élu de la 2e circonscription de Corse-du-Sud. Effectivement, avec le remaniement, il y a un espoir : la personnalité d’Eric Dupond-Moretti et ses prises de position publiques sont encourageantes. Cela étant, il a dit lui-même que l’avocat et le ministre ne peuvent se confondre, on va attendre de voir ce qu’il se passe.»

A LIRE AUSSIPour Dupond-Moretti, des conflits et inimitiés à déminer

Pour les députés, la priorité est le rapprochement à la prison de Borgo (Haute-Corse) des détenus corses incarcérés sur le continent. Autrefois très nombreux, ils se comptent désormais sur les doigts d’une main : deux jeunes hommes emprisonnés dans le cadre d’une enquête en cours d’instruction, et trois détenus emblématiques, Yvan Colonna, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat du préfet de Corse, Claude Erignac, perpétré à Ajaccio en 1998.

Pion sur l’échiquier

Dans cette affaire, la décision d’Eric Dupond-Moretti sera forcément scrutée à la loupe : ancien avocat d’Yvan Colonna, il s’était publiquement prononcé en 2018 pour le rapprochement de son client en Corse. Quelle sera désormais son attitude, place Vendôme, dans un dossier aussi sensible ? Pour Félix Benedetti, ancien «prisonnier politique» et membre du parti indépendantiste Core in Fronte, la question corse «sera le premier test» d’Eric Dupond-Moretti : «On va très vite voir s’il compte appliquer les principes et les valeurs de justice dont il s’est prévalu pendant des années et qui ont peut-être même été à l’origine de sa vocation d’avocat, ou s’il se laisse happer par l’administration et devient un simple pion sur l’échiquier politique.»

La réponse, du reste, devrait intervenir rapidement : accessibles à une libération conditionnelle depuis quatre ans, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi réclament d’être radiés de la liste des détenus particulièrement signalés (DPS), condition sine qua non pour être transférés dans une prison corse. En début d’année 2020, la commission chargée de statuer annuellement sur cette question s’est prononcée en faveur de la levée du DPS pour les deux détenus. La décision finale incombe toutefois au ministère de la Justice. Nicole Belloubet s’étant abstenue de trancher avant de quitter son poste, c’est à Eric Dupond-Moretti de statuer à présent. «Nous sommes assez optimistes, indique un porte-parole de l’Ora di u ritornu (l’heure du retour), association de soutien à Pierre Alessandri et Alain Ferrandi. Eric Dupond-Moretti représente un espoir de débloquer la situation. Nous ne demandons aucun traitement de faveur, mais la simple application du droit.»

Des jeunes vont gravir la Rhune pour l’indépendance du Pays Basque

Les organisations de jeunes Ernai et Aintzina appellent à une marche jusqu’au sommet de la Rhune, le mardi 14 juillet. Leur but est de revendiquer l’indépendance du Pays Basque le jour de la Fête nationale de l’État français.

 

MEDIABASK|2020/07/11|0 IRUZKIN 

« Marquer d’une pierre blanche le désir de construire le Pays Basque ». Telle est l’ambition des organisations de jeunes Ernai et Aintzina. Les deux mouvements appellent à gravir la Rhune le temps d’une journée, le mardi 14 juillet.

Afin de réaffirmer leur désir de voir le Pays Basque un jour indépendant, Ernai et Aintzina ont choisi le jour de la fête nationale française « imposé par la République française ». « Tandis que les sacro-saintes constitutions françaises et espagnoles sont au-dessus de nos vies et de notre pays, le jacobinisme et le fascisme sont au pouvoir » écrivent les associations dans leur communiqué. Par cette initiative, les jeunes revendiquent d’autres modes de vies avec « des politiques sociales, la transition écologique, une véritable égalité hommes/femmes ».

« L’indépendance est pour nous cruciale. C’est par la République basque que nous construirons un pays véritablement égalitaire, du Boucau à Tutera et d’Esquiule à Trebiñu », est-il précisé un peu plus loin dans le communiqué, qui regrette que la crise sanitaire ait « mis en exergue un pays divisé par une frontière ».

Néanmoins, en ce 14 juillet, Ernai et Aitzina fera « fi de cette frontière et atteindre le sommet de la Rhune au départ de Bera et Olhette ». Le rendez-vous est donné à 10 heures devant le restaurant Trabenia à Olhette (Urrugne) ainsi que sur la place Alzate de Bera. Un meeting sera organisé au sommet d’une des plus célèbres montagnes du Pays Basque.

Agur Lucio. Fils du vent qui ne s’est jamais apaisé, jour après jour tu m’as appris à désirer. A désirer ce qui est interdit aux hommes et qui nous est justement le plus nécessaire et vital : tu l’appellerais Liberté. Ton combat, comme toi, continuera de vivre en chacun de nous. Toi, homme entier et libertaire, symbole de toutes nos peines, celui qui a voulu et a pu poursuivre ses rêves. Des rêves qu’il faut poursuivre, car sans eux nous ne sommes pas matière à vivre. Tu m’as appris à me lever et à lever le drapeau de mes sentiments, tellement attaché à toi que je t’aime aujourd’hui comme je t’aime. Je te pleurerai à travers tous mes temps, des temps que j’aimerais vivre à tes côtés. Mais tu n’es plus là, tu es déjà parti sur des chemins que tu nous montreras aussi un jour, comme tu l’as fait avec ton exemple. Je t’aime et aujourd’hui je veux te l’avouer, homme qui fut pierre, homme qui fut lierre. Lucio va, il va, toujours accroché à l’impossible, il va vers des chemins où tu le rencontreras à nouveau. Il va et entre dans notre destin unique, celui dans lequel se battre reste un devoir et une obligation. La mort t’a emporté et, moi, ici, je continuerai à te chercher, je continuerai à te pleurer. Je te cherche pour te trouver dans la vérité nécessaire, vérité entre toutes les vérités, que seulement avec la révolution on peut s’approprier. Va Lucio, va, on se souvient de toi. Tu vivras en moi aussi longtemps que je vivrai, et après tu vivras aussi dans ceux à qui on rappellera qui tu étais et pourquoi tu étais là. Ton chemin parcouru marquera ma route, ton grand cœur, ma vie entière. Comme tu avais l’habitude de le dire, des prisons nous ferons des écoles et des écoles naîtra l’Histoire des révolutionnaires. Celle-là que nous montrerons à ceux qui ne sont pas encore là. Tu es déjà parti, et d’où que tu sois, écoute mon cri : Vive la lutte révolutionnaire ! Vive le rêve que tu as rêvé ! Et comme nous le disons dans notre langue bien-aimée : Aberria ala Hil! La Patrie ou la mort! Jusqu’à toujours, mon cher Lucio, jusqu’à toujours, camarade. Baisers, Lorentxa Prisonnière politique basque, Centre pénitentiaire de Roanne. Texte recueilli par Aitzol, son compagnon, et traduit en français par Juan

Agur Lucio, bizitza eta aktibismoaren maisu erraldoia. Beti arte lagun handia. Fermin Muguruza

AGUR ETA OHORE LUCIO Notre frère Lucio Urtubia nous a quittés ce 18 juillet 2020. Maçon, militant anarchiste et internationaliste, Lucio s’est engagé toute sa vie en faveur des peuples en lutte. Dans la continuité de cet engagement, qu’il a plusieurs fois payé de sa liberté, il a participé au sein de notre comité à de nombreuses actions pour défendre le droit du peuple basque à décider de son avenir et à s’émanciper du capitalisme. Au sein de l’Espace Louise-Michel qu’ils avaient créé à Paris, Lucio et Anne accueillaient régulièrement les familles de prisonniers politiques basques incarcérés en Région Parisienne, et toutes sortes d’initiatives artistiques et militantes pour témoigner ici des luttes au Pays Basque. Malgré toute la riche histoire dont il était porteur, Lucio ne se considérait ni comme un modèle, ni comme un ancien combattant. Esprit libre avant tout, il gardait vis-à-vis de tous un rapport égalitaire, ouvert aux différences et pourtant exigeant sur l’essentiel : tant qu’il nous reste un espace de liberté pour agir pour un monde débarrassé de l’oppression, nous avons le pouvoir et le devoir de l’utiliser. Pour cette leçon de vie, merci Lucio.

En mai 2016, des prisonniers politiques basques détenus à Fresnes en région parisienne ont fait une grève de la faim en solidarité avec Itziar Moreno (actuellement incarcérée à Rennes), sanctionnée car l’administration pénitentiaire l’avait considérée meneuse du mouvement de revendication des prisonnières entamé en avril. Les autres prisonnières basques avaient quand à elles forcé leur entrée au mitard. Lucio était avec nous lors d’une manifestation organisée autour de la prison. AGUR ETA OHORE LUCIO Notre frère Lucio Urtubia nous a quittés ce 18 juillet 2020. Maçon, militant anarchiste et internationaliste, Lucio s’est engagé toute sa vie en faveur des peuples en lutte. Dans la continuité de cet engagement, qu’il a plusieurs fois payé de sa liberté, il a participé au sein de notre comité à de nombreuses actions pour défendre le droit du peuple basque à décider de son avenir et à s’émanciper du capitalisme. Au sein de l’Espace Louise-Michel qu’ils avaient créé à Paris, Lucio et Anne accueillaient régulièrement les familles de prisonniers politiques basques incarcérés en Région Parisienne, et toutes sortes d’initiatives artistiques et militantes pour témoigner ici des luttes au Pays Basque. Malgré toute la riche histoire dont il était porteur, Lucio ne se considérait ni comme un modèle, ni comme un ancien combattant. Esprit libre avant tout, il gardait vis-à-vis de tous un rapport égalitaire, ouvert aux différences et pourtant exigeant sur l’essentiel : tant qu’il nous reste un espace de liberté pour agir pour un monde débarrassé de l’oppression, nous avons le pouvoir et le devoir de l’utiliser. Pour cette leçon de vie, merci Lucio. HARRERA est une association qui accompagne celles et ceux qui rentrent au pays en sortant de prison ou en revenant d’exil. Depuis sa création en 2012, Lucio Urtubia y a apporté son soutien, en particulier en proposant un emploi, au sein de l’Espace Louise Michel, ou un logement à des prisonnières basques. Pour que toutes et tous puissent vivre en liberté et en dignité, HARRERA a besoin du soutien de toutes celles et tous ceux qui veulent une véritable résolution, une résolution juste, du conflit au Pays Basque. Il est possible d’envoyer une contribution à HARRERA 4 rue des Lisses 64100 Bayonne, ou de devenir adhérent de l’association en faisant un versement régulier chaque mois, pour participer à l’accompagnement d’anciens détenus et exilés basques, à la réalisation des missions d’Harrera sur le terrain, en garantissant des résultats concrets. Contact : http://ipar-harrera.eus

Elles et ils sont 195 dispersé-e-s dans les prisons de l’Etat espagnol

35 dans l’état français

EUSKAL HERRIA 

Les juges ordonnent la libération de Xistor Haranburu, et le Parquet fait appel

Le Tribunal d’application des peines a décidé ce vendredi 24 juillet de libérer Frederik Haranburu « Xistor » à l’occasion de sa troisième demande de remise en liberté conditionnelle. Décision suite à laquelle le Parquet a immédiatement fait appel, afin de maintenir le Senpertar en prison. Pour réclamer une nouvelle fois sa remise en liberté et dénoncer la position du Parquet, Bake Bidea organise ce samedi une nouvelle mobilisation à Saint-Pée.

MEDIABASK|2020/07/24 18:15|3 IRUZKIN 

Une situation qui bégaie et ne cesse de bégayer, malgré la demande pressante de tout un territoire. A l’occasion de sa troisième demande de remise en liberté conditionnelle, Xistor Haranburu s’est vu une nouvelle fois accorder sa demande par le Tribunal d’application des peines de Paris ce vendredi 24 juillet. Et une fois de plus, le parquet a fait appel, empêchant ainsi sa libération. Le prisonnier senpertar qui a démarré en avril sa 31ème année de détention devra encore rester en prison, le temps que l’Appel soit jugé.

Dans leur décision, les juges estiment, selon l’avocate de la défense Maritxu Paulus-Basurco que le prisonnier « remplit toutes les conditions » pour être libéré. Ils constatent qu’une peine de trente ans a déjà été effectuée, qu’Haranburu a eu « un parcours d’exécution de peine optimal ». Le Tribunal insiste qu’il « n’y a pas de risque de récidive, celle-ci étant une hypothèse vide de sens ». Selon les juges, avec une libération du prisonnier, « l’ordre public n’est pas atteint, ni en Espagne, ni en France ». Le Tribunal tient également compte de l’état de santé « inquiétant » d’Haranburu, inquiétude renforcée en cette période de Covid-19, insiste l’avocate. Pour l’ensemble de ces faits, les juges ont ordonné la remise en liberté du militant basque, une libération conditionnelle avec période probatoire de 18 mois. Immédiatement, le Parquet a fait appel de cette décision, et Xistor Haranburu doit rester en prison en attendant le procès d’appel, qui doit avoir lieu dans les deux mois qui viennent.

Le 9 juillet dernier, le Parquet antiterroriste s’était également opposé à la libération de Xistor, refusant d’entendre les arguments de la défense, et mettant en avant le risque de récidive, puisqu’on « découvre encore des caches d’ETA ». Rappelons que l’organisation indépendantiste basque a rendu toutes les armes en sa possession le 6 avril 2017, et s’est dissoute le 3 mai 2018. Ceux qu’on appelle communément « les longues peines », Xistor Haranburu, Jakes Esnal et Ion Parot, qui en sont tous les trois à plus de 30 ans de prison, voient leurs demandes de remise en liberté conditionnelles constamment bloquées par le Parquet national anti-terroriste.

Afin de dénoncer ce nouvel appel du parquet, Bake Bidea appelle à se rassembler ce samedi 25 juillet à Saint-Pée, village de Xistor Haranburu. Sous le slogan « Accomplir sa condamnation jusqu’à la mort ? 30 ans, ça suffit ! », la mobilisation se déroulera à partir de 11 heures sur les deux ronds-points aux entrées de la commune. Une commune où compte une maison secondaire le ministre français de l’Economie Bruno Lemaire.

EUSKAL HERRIA 

Marixol Iparragirre condamnée à 122 ans de prison

L’Audiencia Nacional a condamné Marixol Iparragirre à 122 années de prison ce vendredi 24 juillet. La Justice espagnole lui reproche avoir ordonné l’attentat à Leon contre le militaire Luciano Cortizo.

MEDIABASK|2020/07/24|0 IRUZKIN 

 122 ans. Telle est la condamnation prononcée ce vendredi 24 juillet par l’Audiencia Nacional à la militante basque Marixol Iparragirre. Les faits reprochés sont l’attentat contre le militaire Luciano Cortizo ayant eu lieu en décembre 1995.

Marixol Iparraguirre a été entendue par l’Audiencia Nacional les 8 et 9 juillet derniers. En 2019, les autorités françaises l’avaient extradée après avoir purgé une peine de 15 ans de prison pour sa militance à l’ETA. Lors de la première journée d’audience, la militante avait dénoncé que l’Etat espagnol lui reproche d’être porte-parole du collectif des prisonniers politiques basques.

Durant le procès, la militante avait assuré n’avoir aucun lien avec la mort du militaire qui lui était reprochée. Les prisonniers Ibon Etxezarreta et Agustin Almaraz, déjà condamnés dans cette affaire, avaient témoigné lors du procès pour indiquer qu’ils n’avaient pas eu de relations avec elle. Ce n’est qu’en 2014 que Marixol Iparragirre a appris que la Justice la poursuivait pour ces faits, dix ans après avoir été incarcérée dans l’Etat français. Marixol Iparragirre avait été arrêté en octobre 2004, à Salies-de-Béarn.

Le député de la sixième circonscription Vincent Bru, le sénateur des Pyrénées-Atlantiques Max Brisson et l’eurodéputé José Bové s’étaient réunis à la prison de Réau avec Marixol Iparraguirre et Mikel Albisu, représentants du collectif. Après cette rencontre, les trois dirigeants politiques avaient fait part de la volonté des prisonniers basque de participer au sein du processus de résolution.

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22 juillet 2020

LUCIO URTUBIA ET 4ème et dernier volet Hommage aux Artistes DCD 21 07 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 17 h 01 min

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En intro de l’émission,  l’annonce du décès d’un ami Lucio Urtubia. Il nous a quitté le 18 juillet 2020. Militant anarchiste, anti-franquiste, anti-fasciste, mais avant tout maçon comme il le répétait souvent, fondateur de l’espace Louise Michel dans le 20 ème. il n’a eu de cesse de militer depuis les année 50 ayant fui l’armée sous Franco, il se réfugie en France. Ami de Quico Sabaté. Un de ses nombreux faits d’arme, la falsification de chèque de voyage de la City Bank. c’est une grande perte pour le milieu militant et pour le CSPB Comité de Solidarité du Peuple Basque. En seconde partie le 4ème et dernier volet e hommage aux artistes DCD. Nous écouterons Lee Konitz, Alfred Mc Coy Tyner, Ellis Louis Marsalis Jr, John Prine, Andy Gill, David Charles Olney, Lennie Niehaus. Retrouvez le podcast de l’émission

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ou

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Lucio Urtubia est né en 1931 dans une famille pauvre de Navarre, dans le nord de l’Espagne.

En 1954, après avoir déserté l’armée sous Franco, il se réfugie en France où il rejoint sa sœur, et travaille comme ouvrier du bâtiment. En 1957, il rencontre Fancisco Sabaté, dit Quico, guérillero anti-franquiste et anarchiste. Commence alors, pour financer la lutte une longue série « d’expropriations » (braquages), de « récupérations » de matériels divers (notamment d’imprimerie), de fabrications de faux papiers et autre fausse monnaie, d’enlèvements…

Traqué par Interpol et la Police judiciaire française, il fricote avec des voyous et rencontre, entre autres, Che Guevara.

Déserteurcontrebandier, braqueur de banque et faux-monnayeur, Lucio Urtubia s’est essayé à tout au nom de sa cause. Il préféra se tourner vers le faux-monnayage plutôt que vers le braquage de banques, n’appréciant pas cette dernière activité.

En tant que faux-monnayeur, son action de plus grande ampleur a consisté, en 1979, en la falsification de chèques de voyage de la Citibank pour une valeur de 20 millions de dollars. Cette tentative de faux-monnayage de grande ampleur s’est soldée par son arrestation.

Défendu par l’avocat Roland Dumas (responsable des affaires de la gauche de gouvernement des années 1980), il finit par trouver un arrangement à l’amiable avec la Citibank en échange des plaques d’impression ayant permis de falsifier les chèques.

Le 3 mai 2015, Lucio Urtubia apparaît à la télévision dans l’émission de Jordi ÉvoleSalvados.

Au 42 ter Rue des Cascades à Paris, il anime L’espace Louise Michel, un espace de libre exposition artistique, à la disposition de tout artiste, plasticien ou musicien boudant les galeries marchandes. En plus des expos, le lieu accueille conférences et rencontres.

4ème et dernier volet

Lee Konitz (né le 13 octobre 1927 à Chicago (Illinois) et mort le 15 avril 2020 dans le quartier new-yorkais de Greenwich Village) est un saxophoniste de jazz américain. Il a été le premier saxophoniste alto de cette période à se libérer du modèle bebop et de l’influence de Charlie Parker (son ami par ailleurs). Doté d’une sonorité fluide, diaphane et aérée, il se démarque totalement des autres altistes parkériens comme Julian « Cannonball » Adderley ou Phil Woods. Il a notamment influencé Art Pepper et Paul Desmond. Sa vie s’apparente à une encyclopédie du jazz et multiplia les rencontres avec Lennie Tristano, Miles Davis ou Martial Solal, à partir des années 1940.

Lee Konitz étudie la clarinette et le ténor. Dès ses seize ans, il joue de l’alto dans l’orchestre de Jerry Wald.

Au milieu des années 1940, Lee Konitz rencontre Lennie Tristano, avec lequel il étudie. Il joue entre 1946 et 1947 avec Claude Thornhill, avec qui il enregistre ses premiers disques, et qui lui permet de rencontrer Gerry Mulligan, saxophoniste et compositeur, et Gil Evans, alors arrangeur. Ce dernier lui permet d’intégrer le nonet de Miles Davis, avec lequel il enregistre le célèbre album Birth of the cool (1949 -1950). Cet enregistrement marque un tournant dans sa carrière. Il est dès lors considéré comme l’un des chefs de file du cool jazz.

En parallèle, il enregistre avec Lennie Tristano Intuition aux côtés du ténor Warne Marsh avec qui il met au point une technique de contre-chant (contre-point) qui n’a jamais trouvé son équivalent dans le jazz.

De 1952 à 1954, Lee Konitz joue dans l’orchestre de Stan Kenton, avant de fonder son propre quartette.

Il retrouve alors les musiciens avec lesquels il a joué avec Lennie Tristano : Warne Marsh, Billy Bauer et Sal Mosca.

En 1961, Lee Konitz enregistre l’album Motion avec Elvin Jones à la batterie et Sonny Dallas à la basse. Ces standards du jazz réinterprétés sur le mode Cool, constituent aujourd’hui encore une référence du genre.

Au cours des années 1960, il enseigne et s’intéresse à la flûte et au saxophone électrifié. Il enregistre de nombreux albums en duo, formule qui deviendra presque sa marque de fabrique, notamment avec Sal Mosca, Jimmy Giuffre, Michel Petrucciani, Martial Solal…

En 1972, Lee Konitz joue aux côtés de Charles Mingus à Town Hall. Il enregistre un disque avec Warne Marsh et Bill Evans. Il joue également avec Dave Brubeck, Anthony Braxton, Andrew Hill, Paul Bley…

En 1977, il enregistre un album au ténor,Tenorlee (en).

En France, Lee Konitz joue avec l’accordéoniste Francis Varis et le groupe Cordes et lames du guitariste Dominique Cravic. Il joue avec Chick Corea au sein de l’Église de Scientologie.

En 1988 est présenté au Festival de Cannes un documentaire qui lui est consacré, Portrait Of The Artist As A Saxophonist, de Robert Daudelin. La même année, il participe à un concert hommage à Gil Evans à la Saint Peter Church (New York) au sein d’un nonette monté par Gerry Mulligan.

En 1992, Lee Konitz reçoit le Jazzpar Prize (en) à Copenhague.

Lee Konitz est mort le mercredi 15 avril 2020, à l’âge de 92 ans, du coronavirus, dans le quartier de New York de Greenwich Village (USA).

Alfred McCoy Tyner est un pianiste et compositeur de jazz américain né le 11 décembre 1938 à Philadelphie (Pennsylvanie) et mort le 6 mars 2020 dans le New Jersey. Influent pianiste de jazz américain, il est considéré comme ayant façonné la trajectoire du piano jazz moderne. Il est connu pour son travail au sein du quartet de John Coltrane.

Le père de McCoy Tyner chante à l’église, mais c’est sa mère, esthéticienne, qui pousse son fils à étudier le piano, ce qu’elle n’avait pas pu faire elle-même. Il étudie successivement à la West Philadelphia Music School et la Granoff School of Music (en). Voisin des pianistes Richie et Bud Powell, il peut profiter de leurs conseils sur la manière d’aborder le « piano jazz ».

En 1959, il est le pianiste du « Jazztet » codirigé par Benny Golson et Art Farmer.

De 1960 à 1965, il joue dans la formation de John Coltrane. Avec Coltrane, il enregistre de nombreux albums (en quartette, en quintette, avec un big band arrangé par Eric Dolphy…) pour les labels Atlantic puis Impulse. Le quartette composé de John Coltrane au saxophone, Tyner au piano, Jimmy Garrison à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie est l’un des plus célèbres de l’histoire du jazz. Ce groupe reste encore aujourd’hui la figure la plus emblématique du jazz modal.

À la même période, il enregistre comme sideman dans des disques hard bop pour le label Blue Note, accompagnant, entre autres, Freddie Hubbard, Lee Morgan, Stanley Turrentine, Grant Green, Hank Mobley, Donald Byrd, Joe Henderson et Wayne Shorter. C’est notamment à cette époque qu’il enregistre peut-être l’album le plus important de sa carrière avec The Real McCoy.

À partir de 1966, Tyner, enregistre essentiellement sous son nom. De 1966 à 1971, même s’il continuer à enregistrer pour Blue Note, il connaît une période difficile. Il joue dans des orchestres de rhythm and blues.

À partir de 1972, il signe avec le label Milestone, pour lequel il enregistre abondamment avec ses propres formations. Ces disques, en particulier Sahara (1973), relancent la carrière du pianiste. On peut citer, comme musiciens ayant participé aux groupes du pianiste dans les années 1970, les saxophonistes Sonny Fortune, Azar Lawrence, Gary Bartz, le violoniste John Blake et le batteur Alphonse Mouzon. Sa musique alors mêle les esthétiques du jazz modal, du hard bop, du jazz fusion et du free jazz. En 1978, il fait une tournée remarquée avec le Milestone jazzstars (Sonny Rollins au saxophone ténor, Ron Carter à la contrebasse et Al Foster à la batterie).

Depuis, McCoy Tyner continue une carrière prolifique enregistrant pour Columbia, Blue Note, Elektra et d’autres labels.

McCoy Tyner est mort le vendredi 6 mars 2020, à l’âge de 81 ans, dans le New Jersey (USA).

Ellis Louis Marsalis Jr., né le 14 novembre 1934 à La Nouvelle-Orléans et mort le 1er avril 2020 dans la même ville, est un pianiste et professeur de jazz américain. Marsalis est le patriarche d’une famille musicale : Branford Marsalis, saxophoniste, Wynton Marsalis, trompettiste, Delfeayo Marsalis, tromboniste, Jason Marsalis, batteur. Parmi ses élèves les plus connus figurent Harry Connick Jr., Terence Blanchard, Donald Harrison, Victor Goines, Reginald Veal.

À partir de l’âge de onze ans, Ellis Marsalis étudie la clarinette à la Xavier University Preparatory School (en) de la Nouvelle Orléans, puis il étudie le saxophone ténor et le piano. Après ses études secondaires, il est admis à l’Université Dillard,où il obtient un baccalauréat universitaire (licence) en enseignement musical en 1955.

Pendant ses études, il découvre dans les années 1940 la musique de Charlie Parker et de Dexter Gordon. Il forme un combo qui joue du bebop avec le batteur Ed Blackwell, le clarinettiste Alvin Batiste, et le saxophoniste Harold Battiste (en).

En 1956, sur l’invitation d’Ornette Coleman, Ellis Marsalis part s’installer en Californie accompagné par Ed Blackwell. En juin 1957, il est enrôlé au sein du United States Marine Corps pour un service de deux ans. Il passe son service militaire dans une base californienne. Il joue du piano les weekends pour une émission de télévision hebdomadaire de la CBS, Dress Blues patronnée par la Marine et une émission de radio intitulée Leather Songbook, également parrainée par la Marine.

De retour à la Nouvelle Orléans en 1959, il travaille au Playboy Club (en) de la ville, puis en 1967, il est engagé par le trompettiste Al Hirt. Au sein de cet orchestre il peut se faire entendre dans des émissions à forte audience comme le Tonight Show et l’Ed Sullivan Show.

En 1959, Ellis Marsalis épouse la musicienne Dolores Ferdinand, surnommée la « matriarche de la famille Marsalis », le couple donne naissance à six fils Branford, Wynton, Ellis III, Delfeayo, Mboya et Jason ; Dolores décède le 18 juillet 2017 à l’âge de quatre vingts ans.

Ellis Marsalis est mort le mercredi 1er avril 2020, à l’âge de 85 ans, du coronavirus, à La Nouvelle-Orléans (USA, Louisiane) .

John Prine, né le 10 octobre 1946 à Maywood dans l’Illinois et mort le 7 avril 2020 à Nashville (Tennessee), est un auteur-compositeur-interprète américain de country folk. Figure de la musique folk américaine, dont la carrière a commencé au début des années 1970, il est le créateur de nombreuses chansons dont les textes expriment une veine poétique unique, et qui ont été interprétées ou reprises par les artistes américains les plus populaires : Hello in There (Joan Baez, Bette Midler), Sam Stone (Johnny Cash, Theo Hakola, Al Cooper), Angel From Montgomery (Bonnie Raitt, Miranda Lambert, Susan Tedeschi), Souvenirs (Bettye LaVette), It’s a Big Old Goofy World (Jimmy Buffett), Speed of the Sound of Loneliness (Nanci Griffith), Killing the Blues (Alison Krauss et Robert Plant).

John Prine est le troisième des quatre enfants de William Mason Prine et de son épouse Verna Valentine Hamm. Il est né le 10 octobre 1946 à Maywood dans l’Illinois où il passe son enfance et son adolescence, égayées par les vacances estivales que la famille passe chez des parents dans le Comté de Muhlenberg, au Kentucky, qu’il évoque dans sa chanson Paradise (le Paradis).

Son frère aîné, Dave Prine, présent au violon dans le style Old-time music et à la guitare Dobro sur plusieurs de ses albums, lui fait découvrir la musique de Hank Williams, Mississippi John Hurt et de Ramblin’ Jack Elliott. Une voisine lui fait cadeau, alors qu’il a dix ans, d’un ukulélé sur lequel il apprend à jouer ses premiers accords.

Son frère Dave, qui admire la musique des New Lost City Ramblers, tente de monter son propre groupe. Pendant que Dave joue du violon, il revient à John d’assurer le rythme bluegrass sur une guitare Archtop, de marque Silvertone (Sears) qu’il avait reçue en cadeau en 1962, et sur laquelle il avait rapidement appris à jouer Freight Train d’Elizabeth Cotten, et une série de chansons de la Carter Family dont Bear Creek Blues de A.P. Carter.

John Prine, inspiré par l’écoute des disques de Spike Jones et de Merle Travis, écrit ses premières chansons à l’âge de quatorze ans. Deux d’entre elles, Fryin’ Pan et Sour Grapes, figurent sur son deuxième album Diamonds in the Rough, qu’il réalise en 1972 avec de petits moyens.

John Prine termine des études au lycée en 1964 et travaille pendant deux ans comme facteur pour les services postaux américains à Chicago dans l’Illinois. Conscrit en 1966, le caporal John Prine est affecté en Allemagne où il passe deux ans dans le groupe d’entretien des moteurs, échappant ainsi à la Guerre du Viêt Nam.

De retour à Chicago, il commence à jouer dans des bars, avec un répertoire qui comprend des chansons comme Sam Stone et Paradise. En 1970, il obtient un premier engagement au « Fifth Peg », puis au « Earl Of Old Town ». Il y rencontre Steve Goodman avec lequel il noue des relations d’amitiés et d’admiration réciproques.

En 1971, Steve Goodman a l’occasion d’interpréter une chanson de John Prine dans un spectacle auquel assiste Kris Kristofferson. Il parvient à le convaincre, ainsi que Jerry Wexler d’Atlantic Records, de venir écouter John Prine au « Earl Of Old Town », où celui-ci donne, en quelque sorte, le concert de sa vie. Le lendemain de la prestation, Jerry Wexler lui fait parvenir une proposition de contrat pour un premier album.

Ce premier album, simplement intitulé John Prine, est enregistré à Memphis (Tennessee) et produit par Arif Mardin. Selon John Prine, une plage au moins, Paradise, a été enregistrée à New York, avec Steve Goodman et David Prine. Le succès de la poésie portée par les chansons de John Prine est immédiat et conduit Bette Midler à reprendre Hello In There, et Bonnie Raitt à interpréter Angel from Montgomery. Hello In There sera aussi reprise par Joan Baez sur l’album Diamonds and Rust en 1975.

John Prine s’installe à Nashville au début des années 1980 dans l’intention de travailler de manière indépendante. Il y crée, avec Al Bunetta et Dan Einstein, le label Oh Boy records qui publiera la plupart de son œuvre enregistrée.

John Prine est hospitalisé le 26 mars 2020 à cause du coronavirus.

John Prine est mort le mardi 7 avril 2020, à l’âge de 73 ans, du coronavirus, à Nashville (USA, Tennessee).

Andrew James Dalrymple Gill, dit Andy Gill, né le 1er janvier 1956 à Manchester (Lancashire) et mort le 1er février 2020, est un guitariste, auteur-compositeur, producteur de disques britannique. Icône post-punk, il est un membre fondateur et guitariste du groupe Gang of Four. Il a également collaboré avec d’autres groupes tels que Red Hot Chili Peppers.

Andy Gill était le guitariste principal du groupe de rock britannique Gang of Four, qu’il a cofondé en 1976. Gill était connu pour son style de guitare dentelé sur des albums tels que Entertainment! (1979) et Solid Gold (1981) et a frappé des singles tels que At Home It ‘s a Tourist, Damaged Goods, Anthrax, What We All Want et I Love a Man in a Uniform.

En plus de son travail avec Gang of Four, Gill était également producteur de disques et a produit ou coproduit tous les albums du groupe. Il a également produit des albums pour des artistes tels que les Red Hot Chili Peppers, le Jesus Lizard, les Stranglers, les Futureheads, Michael Hutchence, Killing Joke, Polysics, Fight Like Apes, Therapy? et The Young Knives.

Andy Gill est mort le samedi 1er février 2020, à l’âge de 64 ans, d’une insuffisance respiratoire, après avoir été hospitalisé.

David Charles Olney, né le 23 mars 1948 à Providence dans l’État de Rhode Island et mort le 18 janvier 2020 à Fort Walton Beach (Floride), est un auteur-compositeur et interprète folk Americana américain. Il est un chanteur emblématique du folk rock. Parmi ses chansons connues : « Jerusalem Tomorrow » (1989), « You Never Know » (2010) ou « Postcard From Mexico » (2007).

David Olney entra à l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill, échoua dans ses études, et n’obtiendra jamais de diplôme. Il commença sa carrière de musicien dans un groupe, Simpson, à la fin des années 1960 ; son modèle est James Brown. Il déménagea à Nashville à l’été 1973, et fut découvert par le petit-fils de John Lomax, John Lomax III, jouant au sein du Pritchard Avenue band. Dès 1974, reconnu en ville, il se perfectionne et forme son propre groupe au début de l’année 1978, The X-Rays, qui se taille une réputation lors de la seconde moitié des années 1970, jusqu’au début de l’année 1980, quand David olney décide d’entamer une carrière solo après la sortie de l’album Contender avec les X-Rays, seul album commercial de la carrière de David, et la dernière collaboration du groupe avant le début de la carrière soliste de David. Il a écrit entre autres pour des artistes comme Emmylou Harris, Steve Earle, Johnny Cash, Linda Ronstadt etc.

David Olney est mort le samedi 18 janvier 2020, à l’âge de 71 ans, d’un crise cardiaque, durant son concert à Fort Walton Beach (USA, Floride). Alors qu’il jouait lors d’un festival de country en Floride (le 30A Songwriters Festival), il s’est figé en plein milieu d’une chanson. D’après son manager, il aurait été victime d’une crise cardiaque.

Lennie Niehaus, né le 1er juin 1929 à Saint-Louis, dans le Missouri, et mort le 28 mai 2020 à Redlands, en Californie, est un saxophoniste de jazz et un compositeur de musique de films américain qui a travaillé essentiellement sur les films de Clint Eastwood comme « Sur la route de Madison » (1995). C’est un représentant du jazz West Coast.

Lennie Niehaus est mort le jeudi 28 mai 2020, à l’âge de 90 ans, à Redlands (USA, Californie).

15 juillet 2020

Hommage aux artistes DCD 3ème volet 14 07 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 19 h 17 min

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Cette émission est le 3ème volet en hommage aux artistes, musiciens, compositeurs, chanteurs, interprètes DCD depuis le 1er janvier 2020. Prévu initialement pour une diffusion sur Radio Libertaire le 07/07 puis le 14/07 cela n’a pu se faire. Au sommaire de l’émission nous entendrons Alan Merril, Aurlus Mabele, Adam Lyons Schlesinger, Hector  (Jean-Pierre Kalfon), Bill Withers, Wallace Roney, Bill Rieflin, Oscar Chavez et Neil Ellwood Peart. 4ème et dernier volet la semaine prochaine.

Retrouvez l’émission sur:

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ou

http://www.mixcloud.com/radiolibertaire/

3ème Volet

Alan Merril, né Allan Preston Sachs le 19 février 1951 dans le Bronx (New York) et mort le 29 mars 2020 de la pandémie de covid-19 à Manhattan (New York), est un chanteur du groupe anglo-américain The Arrows, connu pour son tube « I Love Rock ‘n’ Roll » (1975). Il est chanteur, guitariste, auteur, acteur et modèle. Au début des années 1970, Merrill a été le premier occidental a être reconnu comme étoile populaire au Japon. Il a été le co-auteur et chanteur leader de la première version de la chanson anglophone « I Love Rock ‘n’ Roll », qui a été enregistrée par The Arrows en 1975. Merrill était initialement un chanteur et guitariste, mais a aussi joué d’autres instruments: guitare basse, harmonica, et claviers.

Merrill est né dans le quartier du Bronx, dans la ville de New York, le fils de deux musiciens de jazz, la chanteuse Helen Merrill et le joueur de saxophone/clarinetre Aaron Sachs. Il a étudié au Aiglon College en Suisse de 9 ans à 13 ans, une école British boarding . A son retour aux Etats-Unis, il a été inscrit dans différentes écoles de New York et de Los Angeles, et à la Sophia University (un centre de echerche universitaire université privé Jésuite à Tokyo, Japan). Il commence sa carrière semi professionnelles à New York City à l’âge de 14 ans en jouant dans Greenwich Village’s Cafe Wha? avec la bande(s) The Kaleidoscope, The Rayne, and Watertower West. Les groupes ont joué en club au cours des années 1966–1968.

Alan Merril est mort le dimanche 29 mars 2020, à l’âge de 69 ans, du coronavirus, à Manhattan (New York).

Aurlus Mabélé, né le 26 octobre 1953 à Brazzaville et mort le 19 mars 2020 à Paris, est un chanteur et compositeur congolais. Figure de la rumba congolaise, il était une légende du soukouss (style musical originaire de la région du Congo).

Aurlus Mabélé est né le 26 octobre 1953 à Brazzaville dans le quartier de Poto-Poto en République du Congo. Il s’appelle en réalité Aurélien Miatsonama.

En 1974, ensemble avec ses pairs tels que Jean Baron, Pedro Wapechkado et Mav Cacharel, il fonde le groupe Les Ndimbola Lokole.

Parti se perfectionner en Europe, il fonde, en 1986, avec Diblo Dibala et Mav Cacharel, le groupe Loketo. Il crée alors le soukous dont il sera proclamé « roi », d’où le slogan « c’est Aurlus Mabele le nouveau roi du soukous ».

En 25 ans de carrière, il aura vendu plus de 10 millions d’albums dans le monde et il aura contribué à faire connaître le soukous hors des limites du continent africain.

Souffrant des suites d’un AVC depuis cinq ans, il a organisé avec le groupe Loketo des concerts avec succès aux Antilles entre mai et juin 2009.

Accompagné par des guitaristes talentueux, il a fait danser toute l’Afrique par des musiques avec ses rythmes typique du soukous (Africa Mousso, La Femme ivoirienne, Embargo, Betty, Asta De, Evelyne, Loketo, etc.).

Aurlus Mabélé est mort le jeudi 19 mars 2020, à l’âge de 66 ans, du coronavirus, à Paris (France).

Adam Lyons Schlesinger est un auteur-compositeur et producteur américain né le 31 octobre 1967 à Manhattan et mort le 1er avril 2020 à Poughkeepsie. Il est également bassiste des groupes Fountains of Wayne (dont il est le cofondateur) et Ivy, mais aussi propriétaire d’une maison de disques et d’un studio d’enregistrement à New York. Il est l’auteur de nombreuses bandes originales pour le cinéma et la télévision.

Adam Schlesinger a composé la chanson titre pour le film de Tom Hanks That Thing You Do!. En 1997, le morceau est sélectionné aux Oscars, aux Golden Globes et aux Satellite Awards dans la catégorie meilleure chanson originale. Stacy’s Mom, une autre de ses compositions enregistrée pour l’album Welcome Interstate Managers de Fountains of Wayne, a été sélectionnée aux Grammy Awards en 2003. En 2007, il signe la bande originale du film Le Come-Back (Music and Lyrics). Adam Schlesinger a également collaboré avec d’autres grands noms du rock américain comme Bowling for Soup sur le titre High School Never Ends ou encore The Click Five pour leur hit Just A Girl.

Il était Executive Music Producer (producteur délégué de la musique) de la série télévisée américaine Crazy Ex-Girlfriend sur le réseau The CW. Il a composé des chansons pour la série.

Adam Schlesinger est mort le mercredi 1er avril 2020, à l’âge de 52 ans, du coronavirus, à Poughkeepsie (USA, État de New York).

Hector, nom de scène de Jean-Pierre Kalfon, surnommé « le Chopin du twist », né le 20 octobre 1946 à Paris et mort le 19 février 2020 à Pont-l’Abbé, est un chanteur français des années 60, leader du groupe de rock Médiators, il était connu pour son sens de la provocation et ses chansons « Whole Lotta Shakin’ Goin’ On » (1963) ou « Peggy Sue » (1963).

Son groupe s’appelle « les Médiators ». En 1964, Hector et ses Médiators se séparent mais Hector continue en solo.

Hector écrit une grande partie des textes de ses chansons en partenariat avec Jean Yanne et Gérard Sire. Il adapte aussi des titres de Screamin Jay Hawkins (Hong Kong).

Le personnage est presque autant connu comme provocateur que comme chanteur. Après s’être fait reprocher d’être resté couvert devant le drapeau, il s’en ouvre à Jean Yanne qui lui propose d’aller « se faire cuire un œuf sur la flamme du Soldat inconnu ». Hector s’exécute, causant ainsi une certaine agitation autour de lui (avec intervention d’une voiture de police).

Il passe à l’Olympia en même temps que les Animals, en faisant monter sur scène pour être dans le ton « quatre poules et deux canards » en guise d’accompagnateurs (en plus de ses cuivres).

Jacques Dutronc lui rend hommage dans un numéro de Salut les copains, en le présentant comme « le champion de la provocation ».

Hector est mort le mercredi 19 février 2020, à l’âge de 73 ans, d’un cancer, à Pont-l’Abbé (France, Bretagne).

Bill Withers, né le 4 juillet 1938 à Slab Fork (Virginie-Occidentale) et mort le 30 mars 2020 à Los Angeles, est un auteur-compositeur-interprète américain, actif de la fin des années 1960 au milieu des années 1980. C’est un des plus célèbres représentants de musique soul et l’un des plus repris. Il a composé des dizaines de tubes et d’hymnes générationnels. Il est connu pour ses chansons « Ain’t no sunshine » (1971), « Lean On Me » (1972) ou « Lovely Day » (1977).

Bill Withers perd son père à l’âge de 13 ans. À 17 ans, il s’engage dans l’United States Navy, y passe neuf ans, puis s’installe à Los Angeles en 1967. Il travaille le jour dans une usine Ford et joue la nuit dans des juke joints. À ses débuts dans le monde de la musique, il a gardé son travail chez Ford, convaincu que le show business est imprévisible, et qu’il n’est qu’un novice comparé à d’autres artistes noirs tels que The Temptations ou Sammy Davis Jr..

Bill Withers enregistre 9 albums entre 1971 et 1985. Son premier succès vient avec son hit Ain’t No Sunshine, sur l’album Just As I Am avec le label Sussex Records en 1971. Son second album Still Bill, également un succès commercial, contient le hit single Lean on Me. Son album live Bill Withers, Live at Carnegie Hall, encensé par les critiques, date de 1973. On peut citer parmi ses titres les plus populaires Use Me, Lovely Day (en), Just the Two of Us, qu’il interprète avec le saxophoniste de jazz Grover Washington, Jr..

Le 9 juin 2005, Withers est introduit dans le Songwriters Hall of Fame avec David Porter, Isaac Hayes, Steve Cropper, Robert B. Sherman, Richard M. Sherman et John Fogerty.

Bill Withers est mort le lundi 30 mars 2020, à l’âge de 81 ans, de complications cardiaques, à Los Angeles (USA, Californie

Wallace Roney, né le 25 mai 1960 à Philadelphie et mort le 31 mars 2020 à Paterson, est un trompettiste américain de jazz. Il fut un proche de Miles Davis, qui a aussi exploré le free, le funk et la fusion.

Wallace Roney a étudié à l’université Howard de Washington et au Berklee College of Music.

Il fait partie des Jazz Messengers d’Art Blakey au début des années 1980 puis du quintet de Tony Williams. En 1991, il joue avec Miles Davis au festival de Jazz de Montreux. À la mort de Miles Davis, Roney fait une tournée à sa mémoire avec Wayne Shorter, Herbie Hancock, Ron Carter et Williams. Pour son album A Tribute to Miles, il est récompensé par un Grammy Award.

Wallace Roney était marié avec la pianiste Geri Allen jusqu’au décès de celle-ci le 27 juin 2017 à Philadelphie. Ils vivaient à Montclair dans le New Jersey.

Wallace Roney est mort le mardi 31 mars 2020, à l’âge de 59 ans, du coronavirus, à Paterson (USA, New Jersey).
Herbie Hancock – piano, calliope Wayne Shorter – saxophone Wallace Roney – trumpet Ron Carter – bass Tony Williams – drums 0:00 Miles Davis – So What 12:12 Ron Carter – R.J. 19:43 Herbie Hancock – Little One 32:43 Wayne Shorter – Pinoccio 40:05 Miles Davis – All Blues 55:23 Tony Williams – Elegy 1:09:35 Wayne Shorter – Orbits/Paraphernalia

William Frederick Rieflin dit Bill Rieflin, est un musicien américain né le 30 septembre 1960 à Seattle (État de Washington)et mort le 24 mars 2020 dans la même ville. Il fut le batteur de R.E.M., de Ministry et de King Crimson. Il est l’un des fondateurs du label de musique indépendant First World Music. Batteur du groupe R.E.M. de 2003 à leur séparation en 2011, il a également travaillé pour de nombreux groupes et musiciens de rock, rock progressif, rock indépendant, rock industriel et metal industriel. Parmi les plus connus figurent Ministry, Revolting Cocks, LAND, KMFDM, King Crimson, Pigface qu’il a cofondé avec Martin Atkins, Swans, Chris Connelly ou encore Nine Inch Nails.

Bill Rieflin commence sa carrière professionnelle dans sa ville de résidence, Seattle, où il est batteur du groupe The Telepaths en 1975. Il rejoint ensuite le groupe The Blackouts constitué, outre Bill, de son frère Raymond Rieflin, Paul et Roland Barker et Erich Werner. La formation se sépare et Paul Barker rejoint le tout jeune groupe de rock industriel d’Al Jourgensen, Ministry. Bill Rieflin collabore avec Jourgensen sur le premier album de son projet annexe, Revolting Cocks : Big Sexy Land, sorti en 1985. Il participe ensuite à l’élaboration d’un des plus grands succès commerciaux de Ministry, The Land of Rape and Honey.

C’est lors de la tournée In Case You Didn’t Feel Like Showing Up qu’il rencontre Martin Atkins. Ils font une partie des concerts à deux batteries et commencent à planifier la création d’un groupe de grande envergure qui permettrait à de nombreux musiciens de se rencontrer et de collaborer. Son travail au sein de Ministry se poursuit jusqu’au milieu des années 1990. Rieflin n’est cependant jamais crédité comme membre du groupe à part entière et se contente de figurer dans les musiciens additionnels. Il relève donc, lors d’une interview, que son départ du groupe lors des sessions d’enregistrement de l’album Filth Pig n’a rien d’officiel, lui-même n’ayant jamais été officiellement membre.

Disposant de plus de temps libre, Bill Rieflin aide Atkins à mettre sur pied le projet Pigface, collectif rock industriel qui réunit plusieurs centaines d’artistes, se lie d’amitié avec Chris Connelly et fonde son propre label, First World Music. Tout comme Connelly, Rieflin s’éloigne régulièrement de ses racines industrielles. Ils collaborent ainsi sur plusieurs enregistrements, dont deux, The Ultimate Seaside Companion et Largo, donnent à Rieflin l’occasion d’exercer ses talents de claviériste.

uLe fait de vivre à Seattle offre à Bill Rieflin l’opportunité de se tisser un réseau de contacts avec d’autres acteurs majeurs de la scène musicale dite progressive, dont Robert Fripp et Trey Gunn du groupe de rock King Crimson, Scott McCaughey des Young Fresh Fellows, Sascha Konietzko de KMFDM et Peter Buck de R.E.M..

Fripp contribue à Birth of a Giant, premier album solo de Bill Rieflin, sur lequel ce dernier prend pour la première fois la place de chanteur principal. Les improvisations enregistrées lors des séances de travail sont plus tard reprises pour constituer un second album, The Repercussions of Angelic Behavior.

Bill Rieflin apparaît sur la majorité des enregistrements de KMFDM sortis depuis la seconde moitié des années 1990 jusqu’en 2003. Il est crédité comme batteur, programmeur, chanteur et claviériste. Il est en outre bassiste du groupe en 2002, lors de la tournée de promotion de l’album qui marque leur retour, ATTAK et participer en 2001 à l’album WTF?! de KMFDM.

Il travaille comme batteur avec la formation de McCaughey, The Minus 5, dans laquelle Peter Buck fait parfois des apparitions. C’est ainsi qu’il se voit offrir une place au sein de R.E.M., qui n’a plus de batteur permanent depuis 1997, année du départ de Bill Berry. Le groupe l’emmène sur la tournée Around the Sun et annonce que Rieflin joue pour une durée indéfinie. Il reste au sein de la formation jusqu’à la dissolution du groupe en 2011. Entre temps, il participe à la fois aux prestations live d’R.E.M. en tant que batteur, mais également aux derniers enregistrements du groupe comme dans l’album Collapse Into Now où il s’illustre à la fois à la batterie, au bouzouki, au clavier et à la guitare. Néanmoins, celui-ci est une fois de plus crédité comme musicien additionnel.

Jusqu’à la fin 2004, Bill Rieflin tient un blog. Il y fait part de ses occupations quotidiennes, de son moral, des péripéties de ses deux chats, Pim et The Egg et fait indirectement référence à ses collègues du monde de la musique.

L’un des derniers projets en date de Bill Rieflin est un travail en collaboration avec Toyah Wilcox sous le nom de The Humans. Le duo a fait une série de concerts en Estonie à l’automne 2007. En 2011, il participe à la réalisation de l’album studio des Humans intitulé Sugar Rush. En 2017, il participe au Double Quatuor de King Crimson. Marié à l’artiste Francesa Sundsten , il résidait à Seattle.

Bill Rieflin est mort le mardi 24 mars 2020, à l’âge de 59 ans, à Seattle (USA, État de Washington).

Óscar Chávez (né le 20 mars 1935 à Colonia Portales (Mexico, Mexique) et mort le 30 avril 2020 dans la même ville) est un chanteur, acteur et compositeur mexicain, célèbre pour l’interprétation de divers genres musicaux populaires de son pays et de l’Amérique latine. Il est connu au Mexique pour ses chansons engagées principalement contre le gouvernement et la droite. Il a soutenu musicalement l’Armée zapatiste de libération nationale.

Óscar Chávez est né à Colonia Portales mais a passé la majeure partie de son enfance et de son adolescence à Santa María la Rivera.

Il a étudié à l’École de théâtre de l’Institut national des beaux-arts, puis a poursuivi ses études à l’Université autonome du Mexique.

Alors que le théâtre, le cinéma et la poésie constituaient une partie importante de sa vie, c’est la musique qui est devenue sa priorité. Ainsi, de 1963 à 1995, le compositeur mexicain a sorti plus de 50 albums, dont 20 en studio.

Le 28 avril 2020, lors de la pandémie de covid-19, il est admis à l’hôpital 20 de Noviembre à cause de difficultés respiratoires sévères.

Óscar Chávez est mort le jeudi 30 avril 2020, à l’âge de 85 ans, du coronavirus, à Mexico (Mexique). Ayant des antécédents de tabagisme à l’origine de problèmes respiratoires chroniques, il meurt d’une pneumonie le 30 avril. Des tests post-mortem démontrent qu’il avait contracté le covid-19, qui a été l’élément déclencheur de la pneumonie qui lui a été fatale. Le jour de sa mort, les réseaux sociaux mexicains sont remplis d’hommage. La Secrétaire à la Culture Alejandra Frausto Guerrero publie sur Twitter : « Une voix qui lutte ne s’éteint jamais, merci Óscar Chávez, ta vie a été un voyage digne de toi. Mes condoléances les plus sincères à sa famille, ses amis et ses compagnons de lutte et de chanson. » La maire de Mexico Claudia Sheinbaum tweete aussi « Hasta siempre Óscar Chávez. De nombreux souvenirs continueront à nous accompagner. Nous avons grandi en écoutant tes chansons toujours proches des mouvements sociaux ».

Neil Ellwood Peart, O.C., né le 12 septembre 1952 à Hamilton, en Ontario et décédé des suites d’un cancer du cerveau le 7 janvier 2020 à Santa Monica Californie, est un musicien et auteur canadien. Il est principalement connu pour être le batteur et le principal parolier du groupe rock progressif Rush. Peart joint Rush en 1974, en remplacement de John Rutsey. Tôt dans sa carrière, il ancre son style dans le hard rock. Son inspiration vient en grande partie des batteurs sur le devant de la scène britannique, comme Keith Moon et John Bonham. Au fur et à mesure des années, il oriente son style vers le jazz dans la lignée de Gene Krupa et Buddy Rich. Neil Peart a reçu de nombreuses récompenses pour ses performances musicales et est réputé pour ses talents techniques et son énergie. Il a aussi publié plusieurs livres au sujet de ses voyages.

Peart naît dans la ferme familiale à Hagersville, près de Hamilton en Ontario. Il déménage à l’âge de deux ans à Saint Catharines, tout près de la frontière américaine. Peart décrit son enfance comme heureuse, dans une famille unie. Jeune adolescent, il s’intéresse à la musique et acquiert une radio avec laquelle il écoute de la pop sur les radios canadiennes et américaines.

Il débute dans la pratique musicale avec quelques leçons de piano, dont il dira dans sa vidéo éducative A Work In Progress qu’elles n’ont pas vraiment eu d’impact sur lui. Comme il a l’habitude de jouer avec des baguettes chinoises sur divers objets dans la maison, ses parents lui achètent pour ses 13 ans une paire de vraies baguettes, un pad d’entraînement, quelques leçons, et lui font la promesse de lui acheter un vrai kit de batterie s’il s’entraîne pendant au moins un an…

Pour ses 14 ans, il reçoit donc une batterie complète et commence à prendre des cours au conservatoire. Il monte pour la première fois sur scène la même année au spectacle de Noël de son école. Il se produit ensuite avec son premier groupe, The Eternal Triangle, à l’école secondaire de Lakeport. Au cours de ce spectacle, ils interprètent une composition intitulée LSD Forever, et Neil fait son premier solo.

Peart obtient un travail à Lakeside Park, une fête foraine au bord du lac Ontario, ce qui lui inspirera plus tard une chanson du même titre sur l’album Caress of Steel. Il joue dans plusieurs groupes locaux comme Mumblin’ Sumpthin’, the Majority et JR Flood. Ces groupes répètent dans des sous-sols ou des garages, et jouent dans des églises, des écoles secondaires ou des arénas de patinage à roulettes dans les villes environnantes.

À dix-huit ans, Peart part pour Londres dans l’espoir d’y faire progresser sa carrière de musicien. Il participe à plusieurs groupes et travaille occasionnellement comme musicien de studio, mais pour subsister, il doit se resigner à vendre des babioles aux touristes dans un magasin de souvenirs.

Pendant son séjour à Londres, il découvre l’œuvre de l’écrivain objectiviste Ayn Rand. Ses travaux auront sur lui une influence philosophique majeure, l’inspirant par ses nombreux traités sur l’individualisme et l’objectivisme. On peut trouver des références à la philosophie de Rand dans les paroles du morceau Anthem de l’album Fly by Night en 1975, Freewill sur Permanent Waves en 1980 et 2112 sur l’album éponyme.

Après dix-huit mois d’impasse et déçu par son manque de progrès, Peart suspend ses ambitions de devenir un musicien professionnel quitte l’Angleterre et retourne à Saint Catharines où il travaille pour son père dans la vente de pièces pour tracteurs.

Peu après son retour au Canada, une connaissance mutuelle encourage Peart à auditionner pour le groupe Rush. Originaire de Toronto, ce groupe joue dans des bars du sud de l’Ontario et cherche un nouveau batteur à la suite du départ de John Rutsey. À la surprise du groupe, Neil Peart arrive en short dans une vieille voiture déglinguée avec sa batterie rangée dans des poubelles. Celui-ci croit avoir raté l’audition mais Geddy Lee s’aperçoit qu’il partage avec lui les mêmes goûts littéraires et musicaux. Alex Lifeson, pour sa part, a une opinion nettement moins favorable envers Peart mais Lee parvient tout de même à le convaincre que son côté déchaîné, au style anglais inspiré de Keith Moon des Who, est exactement ce dont le groupe a besoin.

Peart rejoint officiellement le groupe le 29 juillet 1974, deux semaines avant leur première tournée américaine. Il se procure une batterie « Slingerland » avec laquelle il joue au premier concert, en première partie de Uriah Heep et Manfred Mann, devant 11 000 personnes au Civic Arena à Pittsburgh en Pennsylvanie, le 14 août 1974.

Peart s’intègre rapidement au groupe et ayant déjà écrit plusieurs chansons, les deux autres membres, qui n’avaient jamais trop aimé écrire, lui reconnaissent ce talent et font de lui le principal parolier. Le groupe ne rencontre pas de problème lors des enregistrements, mais doit maintenant apprendre à vivre sur la route.

Le premier album du groupe, Fly by Night, en 1975, est un réel succès. Ils remportent un Juno Award, alors que leur album suivant, Caress of Steel, dans lequel le groupe avait placé beaucoup d’espoir, est très mal accueilli à la fois par les fans et la critique. En réponse à cette réaction négative, qui visait principalement la longue épopée en face B, The Fountain of Lamneth, Peart compose le titre 2112 sur l’album éponyme en 1976. L’album, en dépit de l’indifférence de la maison de production, leur permet de percer aux États-Unis. Une tournée accompagne la sortie de l’album, avec comme point culminant les trois concerts donnés au Massey Hall à Toronto. Peart, qui avait rêvé de cet événement alors qu’il se produisait dans les bars du sud de l’Ontario, y est présenté par Lee comme le « professeur de batterie ».

Neil Peart retourne en Angleterre pour la tournée européenne de Rush, puis le groupe s’installe aux Rockfield Studios au Pays de Galles pour l’enregistrement de l’album suivant, A Farewell to Kings (1977), puis y retourne en 1978 pour la suite, Hemispheres, qu’ils écrivent entièrement dans le studio. L’enregistrement de cinq albums en quatre ans et les 300 concerts par an épuisent le groupe, qui décide d’avoir désormais une approche différente. Peart décrit cette période comme un « tunnel sombre ».

À partir de ce moment, la carrière de Neil Peart tourne presque exclusivement autour de Rush.

En 1992, Neil Peart est invité par la fille de Buddy Rich, Cathy Rich, à jouer à New York au Buddy Rich Memorial Scholarship Concert, un concert organisé pour offrir des bourses d’études à de jeunes batteurs. Bien qu’au premier abord il soit intimidé par la demande, il accepte et joue pour la première fois avec le Buddy Rich Big Band, mais part avec l’impression que sa performance laissait à désirer. Il décide alors de produire deux albums en hommage à Buddy Rich, intitulés Burning for Buddy: A Tribute to the Music of Buddy Rich en 1994 et 1997.

Début 1997, Peart et Cathy Rich recommencèrent à discuter d’un second concert en hommage à Buddy. Peart décide alors d’améliorer encore son style de swing en prenant des leçons, cette fois avec un autre élève de Freddie Gruber (en), Peter Erskine, lui-même professeur de Steve Gadd. Le 18 octobre 2008, Peart se produit au Buddy Rich Memorial Scholarship Concert à New York.

Juste après la fin de la tournée de Rush Test For Echo Tour, le 10 août 1997, sa fille unique, Selena Taylor de dix-neuf ans, meurt dans un accident de la route près de Brighton en Ontario. Jacqueline Taylor, sa femme depuis 22 ans, meurt d’un cancer seulement dix mois plus tard, le 20 juin 1998. Neil Peart affirme cependant que sa mort est le résultat d’un « cœur brisé » qui a engendré « un suicide lent par apathie. Elle n’en avait juste plus rien à faire. »

Dans son livre Ghost Rider: Travels on the Healing Road, Peart décrit comment il a annoncé à son groupe, lors de l’enterrement de Selena : « considérez-moi à la retraite ». Il prend ses distances pour faire son deuil et réfléchir. Il part alors pour un grand voyage à travers l’Amérique du Nord sur sa moto BMW, parcourant 88 000 km. Une fois son voyage terminé, Peart décide de retourner dans le groupe. Il écrit Ghost Rider: Travels on the Healing Road, une chronique de son parcours géographique et sentimental.

Pendant une visite à Los Angeles le photographe Andrew MacNaughtan, un ami de longue date, qui lui présente la photographe Carrie Nuttall qu’il épousera le 9 septembre 2000. En juin 2009, Peart annonce sur son site qu’ils attendent leur premier enfant. Olivia Louise Peart naît le 12 août 2009.

Début 2001, Neil Peart annonce qu’il est prêt à recommencer les enregistrements et les concerts. Rush sort en 2002 l’album Vapor Trails. Au début de la tournée associée à cet album, il est décidé par les membres du groupe que Peart ne participerait pas aux interviews quotidiennes organisées avec la presse locale de chaque ville visitée. En effet, il n’était pas nécessaire pour eux d’exposer Neil à un flux continu de questions à propos des événements tragiques de sa vie.

Depuis son retour dans le groupe, Peart a retrouvé une vie de musicien à plein temps. Le groupe sort un EP de reprises en 2004, Feedback, puis leur dix-huitième album Snakes & Arrows en 2007, tous suivis de tournées supplémentaires en 2004, 2007 et 2008.

Peart meurt le 7 janvier 2020 d’un cancer au cerveau, après trois ans et demi de lutte contre la maladie.

Neil Peart est mort le mardi 7 janvier 2020, à l’âge de 67 ans, d’un cancer du cerveau, à Santa Monica (USA, Californie).

10 juillet 2020

93 46ème HLM CAC G.BRASSENS 20 04 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 16 h 05 min

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pour cette 46ème nous recevions Sarah Lecoq maraîchère qui nous parle de son métier et pour la partie musicale PLUMP

 

Sarah Lecoq

Après dix ans de carrière en tant qu’employée fleuriste sur la commune de Mantes-la-Jolie, Sarah Lecoq rejoint son père en 2011 sur la ferme du Beauvoyer. Ce changement d’activité ne s’est pas fait du jour au lendemain, avant le rachat d’une partie de la ferme, elle a fait le choix de se former en intégrant un BPREA, maraîchage Biologique, au CFPPA de Bougainville. En vue du futur départ à la retraite de son père, son objectif est d’assurer la reprise de l’ensemble de la parcelle , tout en intégrant des techniques culturales respectueuses de l’environnement.

La majorité des tâches réalisées lors de nos 3 semaines de stage, se sont concentrées sur une partie bien précise de la ferme. Cette parcelle se situe dans la vallée alluviale de la Seine, entre l’A13 et la forêt de Rosny-sur-Seine. D’une surface de 30 ha, elle repose sur des sols limono-sableux avec des pointes d’argile allant jusqu’à 14%.

Sarah est en charge de la partie maraîchage diversifié, cet atelier de production comprend une serre avec six tunnels, un champ ainsi qu’un point de vente sur site.

Les espaces de culture en maraîchage diversifié se situent au pied d’un terrain avec une forte pente, appartenant à un voisin, agriculteur en conventionnel. Le ruissellement des eaux de pluie ont donc tendance à créer un phénomène d’érosion des sols.

Les cultures d’asperge et de fraise sont quant à elles cogérées avec son père et toute la famille Lecoq.

 

Provocatrice, elle lance un pari un peu fou : « Je veux reboiser le Grand Paris ». Sarah Le Coq le dit évidemment sur le ton de la rigolade mais il faut se méfier avec cette agricultrice installée à Rosny-sur-Seine : elle carbure à l’utopie. Elle vient de remporter un concours national agricole consacré aux « fermes d’avenir ». Grâce à l’enveloppe de 10 000 € allouée à ce concours, elle va planter plus de 4 000 arbres dans la plaine de Rosny, une commune proche de Mantes-la-Jolie, grignotée au fil des ans par l’urbanisation. « Initialement, c’est quelque chose que j’envisageais de faire sur vingt ans. Grâce à cet argent, ce délai sera ramené à deux ans », confie cette agricultrice de 35 ans, descendante de fermiers et de laboureurs depuis 1789.

Pour prendre de l’avance, elle a déjà commencé à repiquer plus de 2 000 végétaux au beau milieu de ses champs, en décembre dernier, avec l’aide de bénévoles et de membres de l’association d’aide à l’installation et à la gestion du maraîchage. La seconde corvée est prévue en septembre prochain. Tous ces arbres cohabiteront avec les milliers de légumes qu’elle cultive.

Le mot : permacultureConceptualisée à la fin des années 1960, la permaculture tient autant de la philosophie que de la technique agricole. Il s’agit de créer un modèle environnemental le plus autonome possible de manière à limiter au maximum l’intervention de l’homme. Exemple concret : l’accumulation, au fil des ans, des couches de compost va enrichir durablement le sol et l’agriculteur n’aura plus besoin d’utiliser régulièrement de l’engrais. Autre exemple, les poules, qui éliminent les insectes nuisibles et produisent des œufs. Ces interactions finissent par créer un équilibre qui crée de l’abondance et profite tant aux hommes qu’à la nature.

Installée à la sortie de Rosny-sur-Seine, au pied de la superbe forêt qui domine sa petite maison, Sarah Le Coq produit et vend tout au long de l’année 70 à 80 espèces de légumineuses. « La cohabitation est bénéfique pour les légumes, dit-elle. Un arbre apporte de la fraîcheur en été et de la douceur en hiver, il attire les oiseaux qui s’attaquent aux insectes, attire de nouvelles espèces, apporte de la matière organique grâce à ses racines et la décomposition de ses feuilles ». Bref, un engrais naturel, respectueux de l’environnement et qui favorise la biodiversité.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre du concept de permaculture, une forme d’agriculture respectueuse de la nature. Cette philosophie a également l’avantage de doper la production de légumes. D’ici 10 à 30 ans, selon leur pousse, Sarah Le Coq pourrait augmenter ses rendements de 10 à 20 % grâce à la cohabitation arbres-légumes. Un argument, pour elle, secondaire mais qui pourrait aider à convaincre les partisans de l’agriculture intensive…

Rosny-sur-Seine : Sarah Lecoq, l’agricultrice qui veut reboiser ses champs
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du concept de permaculture, une forme d’agriculture respectueuse de la nature. Cette philosophie a également l’avantage de doper la production de légumes. LP/M.G.

 

PLUMP : TRIP-HOP FRANCAIS QUI SORTIRA SON NOUVEL ALBUM MIRROR MIND EN DÉCEMBRE

 

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Les diverses inspirations musicales des membres du groupe PLUMP ont donné naissance à un projet de composition de musique TRIP-HOP. Des sons électroniques mêlés aux poèmes de HUGO MARTIN, comédien Américain, entraînent l’arrivée d’un premier album en décembre 2017, « MIRROR MIND« . La musique aux allures transcendantales, parfois sombre, fait de PLUMP un groupe à part, nous invitant à un voyage musical quasi mystique. Ils mélangent alors les Transes Acoustiques de la Basse et du Zarb à des Transes Electroniques et des textes Américains poétiques.

 

92 L’émission du CSPB 28 03 17

Classé sous CSPB — SQUALE @ 15 h 50 min

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DERNIER MARDI DU MOIS L’EMISSION DU COMITÉ DE SOLIDARITÉ DU PEUPLE BASQUE.

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91 45ème HLM CAC G. BRASSENS 21 03 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 15 h 48 min

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Pour cette 45ème nous recevions l’asso sur la monnaie locale et pour la partie musicale le groupe white foxies

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90 FREE PARTY 14 03 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 15 h 43 min

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COMPRENDRE LE MOUVEMENT DES FREE PARTY OU RAVE PARTY QUI SE DÉMARQUE DES CLUBS TECHNO AUTORISÉS

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89 JABUL GORBA 07 03 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 14 h 33 min

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On ne présente plus les Jabul groupe gypsy balkano swing punk. Ils fêtent leurs 20 ans, gros moment revival au CAC G Brassens.

 

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06/05/2018, Aveyron-12, Festival Metallorgie, plus d’infos à venir…
26/04/2018, Saint-Michel-sur-Orge-91, Taverne Gambrinus, plus d’infos à venir…
17/03/2018, Meaux-77, plus d’infos à venir…
10/03/2018, Genouilly-71(Chalon-sur-Saone), Concert Les Malfamés, info
09/03/2018, Bourgogne, Concert, plus d’infos à venir…
20/01/2018, Paris-75011, La Petite Maison, concert de soutien à l’ASMIE, info

01/12/2017, Mantes-78, CAC Georges Brassens, Concert de soutien à la ZAD
19/11/2017, Soulvache-44660, Le Papier Buvard
18/11/2017, Vers St-Brieux-22000, Festival Punk
20/10/2017, Issy-les-Moulineaux-92, Le Réacteur, avec Rumjack & 8-6 Crew
23/09/2017, Paris-75020, Undergrounde 2017 Annulé
02/09/2017, Marcoux-42, Fouilla’Fest + Lavach’ + Les coureurs de rempart
08/07/2017, Aubenas-07, Sk’Ardèche + Ludwig + les Sales Majestés + Banane Metalik
24/06/2017, Palaiseau-91, Festival la Pie Rock Annulé
17/06/2017, Paris-75004, la Fête de la Récup’
07/05/2017, Montreuil-93, le Chinois + The Gribitch Brothers
06/05/2017, Nemours-77, Festival Bingo Ratapouet !
22/04/2017, Val de Reuil-27, 10 ans de Culture en Brousse info
08/04/2017, Le Havre-76, What’s the Punk ?!? by CR47 Family Annulé
31/03/2017, Cergy Pontoise-95, le Printemps des Roulottes info
11/03/2017, Mantes la Jolie-78, CAC G. Brassens – Concert des 20 ans + la Pire Hour info
11/02/2017, Londres-Ang, Gypsy Disco Night
10/02/2017, Lewes-Ang, The Lamb
13/01/2017, Paris-75019, la Pena Festayres + Los Fastidios + Buffo’s Wake + …

 

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1 juillet 2020

EMISSION DU CSPB 30 06 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 21 h 12 min

ETA ROUGE DETOURE N

 

Retrouvez l’émission sur:

http://www.mixcloud.com/skuale/

ou

http://www.mixcloud.com/radiolibertaire/

Au sommaire de l’émission du Comité, Mikel Barrios militant livré par l’allemagne. Alors qu’il était sous contrôle judiciaire avec un CDI, intégré dans la vie associative. la justice le condamne à 5 ans de prison, avec obligation de se présenter à la prison de mont de marsan pour y être incarcéré. Jakès Esnal se voit refuser la liberté conditionnelle. Patxi Ruiz a cessé sa grève de la faim, Mattin Larbal militant de l’euskara et journaliste radio à Gure Irratia  L’implication de félipe gonzales du PSOE et le GAL. le rapport d’Etxerat.   

Le «commando français» de l’ETA jugé à Paris. Emprisonné en Espagne, le principal témoin à charge n’a pas été autorisé à participer au procès.

Par Sorj CHALANDON — 27 mai 1997 à 02:01

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 Le «commando français» de l’ETA jugé à Paris. Emprisonné en Espagne, le principal témoin à charge n’a pas été autorisé à participer au procès.

La cour d’assises spéciale de Paris, exclusivement composée de

magistrats professionnels, a un problème. Il s’appelle Henri Unai Parot, il est basque, appartient à l’ETA et purge actuellement la peine vertigineuse de 5 145 années de réclusion criminelle dans une prison espagnole. C’est lui, arrêté le 2 avril 1990 à l’entrée de Séville par la garde civile, qui a permis aux enquêteurs français de démanteler le «commando Argala» de l’ETA. Un groupe clandestin composé de Basques de nationalité française, tenu pour responsable d’une vingtaine d’attentats meurtriers commis en Espagne entre 1978 et 1989. Pour répondre de ces crimes, aujourd’hui dans le box face aux magistrats français, ils sont six. Filipe Saez, 38 ans, moine. Bixete Garcia, 42 ans, agent technico-commercial. Frédéric «Txistor» Haranburu, 43 ans, directeur commercial. Jakes Esnal, 46 ans, plombier. Jean-Pierre «Panpi» Erramundegi, 42 ans, chaudronnier. Et enfin Jon Parot, 46 ans, ancien gérant de société et frère d’Unai, le cinq cents fois condamné à vie. Les deux premiers reconnaissent les accusations. Les deux suivants se sont rétractés. Et jamais les deux derniers n’ont admis leur participation au «commando français». Le problème donc, c’est qu’Unai Parot, seul témoin à charge, n’est pas là. Le garde des Sceaux a officiellement souhaité qu’il soit extrait de sa prison espagnole et amené devant la cour d’assises mais, depuis sept ans, Madrid fait la sourde oreille.

Incident d’audience. «Je demande à la cour d’ordonner sa présence», lance Me Jean-François Blanco, avocat de la défense. Me Fando, elle, accuse les magistrats de siéger «expressément à la demande de l’Espagne pour condamner, pas pour juger». Le président Yves Jacob est très embarrassé. Interrogeant l’avocat général, il s’entend répondre: «Je ne fais pas de procès d’intention aux autorités espagnoles. Nous attendons simplement leur réponse.» Colère de la défense. Durant l’instruction, par quatre fois, trois juges d’instruction français se sont rendus en Espagne pour interroger le détenu. L’avocat appelle cela «coopération judiciaire à sens unique». Pour les avocats, la raison de la mauvaise volonté de Madrid tient à la façon dont les aveux d’Unai Parot ont été obtenus. Du 2 au 7 avril 1990, la garde civile de Séville s’emploie à faire parler le Basque. Il affirme avoir été torturé cinq jours et cinq nuits. Etouffement au sac plastique, supplice de la baignoire, centaines de coups répétés sur la tête, l’estomac, les testicules jusqu’à l’évanouissement. «Ils me soulevaient par les cheveux, me faisaient tourner, me mettaient les pouces derrière les oreilles, enfonçant les ongles, puis à nouveau le sac plastique.» Alors Parot donne le commando. Devant le juge, entouré de militaires il confirme qu’il est «tombé dans les escaliers». Son état est tel que le magistrat lui demande simplement de répondre aux questions «en remuant la tête». Selon l’avocat de Jon Parot, son frère, c’est pour que cette histoire ne soit pas répétée ici que le témoin est absent.

C’est aujourd’hui que le président Jacob doit statuer sur cette affaire. Hier, en attendant, il a ordonné la lecture de l’acte d’accusation. Longue litanie d’attentats, d’armes transportées, de matériel militaire, de mise à feu décrites avec le souci pointilleux de l’artificier. Et aussi, le défilé des victimes. Trente-huit morts. Des policiers, des militaires, des magistrats, un industriel, deux femmes, cinq enfants qui dormaient à la caserne de Saragosse. Face à ces terribles accusations, les Basques n’ont pas adopté de défense commune. Saez admet tout, prêt à être jugé sur sa part du drame. D’autres nient simplement. Si Unai Parot ne paraît pas, d’autres enfin ont prévu de se retirer des débats.

- Dix-neuf personnes, Basques et Bretons, qui avaient comparu les 25 et 26 mars pour association de malfaiteurs dans le cadre de l’ETA, ont été condamnées hier à des peines allant de dix ans de prison, pour Pedro Picabea-Ugalde, à de la prison avec sursis pour Yvonne Le Roux ou Paul et Marie-France Le Coq.

Sorj CHALANDON

 

Prisonniers : une chaîne humaine pour rompre le blocage à Paris

- Près de 600 personnes se sont mobilisées à Saint-Jean-de-Luz pour demander la libération de Jakes Esnal, dont la demande de libération conditionnelle est en cours d’examen. Un cas parmi d’autres qui illustre le blocage persistant du processus de résolution du conflit de la part du gouvernement français. Bake Bidea parle même de « sabotage ».

 

GOIZEDER TABERNA|2020/06/27 16:35|0 IRUZKIN

Le processus de paix est dans l’impasse et Jakes Esnal le vit de sa chair. Incarcéré depuis 1990, le militant luzien de 69 ans en est à sa deuxième demande de libération conditionnelle, passée en appel jeudi 25 juin. A l’audience, lui et son avocate se sont retrouvés face à un mur. C’est pour le briser que près de 600 personnes ont investi le pont reliant Saint-Jean-de-Luz à Ciboure ce samedi 27 juin. Une chaîne humaine organisée pour exiger du gouvernement français son implication dans le processus de paix.

 

Les dossards bleus imprimés sous le sceau du mouvement citoyen pour la résolution du conflit Bake Bidea et des Artisans de la Paix ont formé un épais cordon des deux côtés du pont. Suspendues du pont par une corde, deux personnes tiennent des fumigènes à la main. Le bruit de casseroles dépasse celui des moteurs de voitures, nombreux en cette heure avancée de la matinée. Une manière de se faire entendre avant le rendu des juges attendu pour le 24 septembre, concernant Jakes Esnal. La mobilisation lui donne des forces, un espoir, mais l’épouse du prisonnier incarcéré à l’Île-de-Ré, Maite Esnal, sent une certaine impatience. « Les gens en ont assez », souffle-t-elle.

 

 

 

Les manifestants ont formé une chaîne humaine pendant trois quart d’heures. © Bob EDME

 

En face d’elle, de l’autre côté de la route une banderole dit « ça suffit ! ». Après trente ans de prison, ici, on ne comprend pas que Jakes Esnal, mais aussi Frederik Haranburu, Ion Kepa Parot et Unai Parot soient encore détenus. Ils n’acceptent pas qu’on les condamne à mort. Les trois premiers ont une peine de perpétuité mais remplissent les conditions pour une libération conditionnelle. « Nous demandons des instructions générales adressées aux magistrats afin qu’ils tiennent compte des avancées réalisées dans le cadre du processus de paix », lance Anaiz Funosa la présidente de Bake Bidea.

 

Troisième demande de Xistor

 

A plusieurs reprises, les juges du tribunal d’application des peines ont accepté en première instance les demandes de ces prisonniers, mais à chaque fois, le parquet a opposé un appel, ignorant dans son argumentaire les pas franchis par l’organisation ETA. A l’audience de Mikel Barrios aussi, le 23 juin, la ligne du parquet était semblable et le tribunal l’a condamné à de la prison ferme. Ce lundi 29 juin, une délégation se rendra à la prison de Mont-de-Marsan, le jour où il y sera incarcéré. « Ce n’est pas le moment de remplir les prisons, mais de les vider ! » ont lancé au micro les intervenants, à la fin de la mobilisation, dans une place Louis XIV recouverte de bleu.

 

Ils ont appelé à maintenir la mobilisation, compte tenu de l’actualité à venir. Effectivement, en plus de la décision concernant Jakes Esnal, la demande de libération conditionnelle de Frederik Haranburu « Xistor » sera examinée par le tribunal d’application des peines le 9 juillet prochain. Après deux essais frustrés, cette troisième demande arrive dans un contexte sanitaire risqué pour ce prisonnier à la santé vulnérable.

 

L’indépendance du parquet

 

Sur le kiosque, deux intervenants ont repris les propos tenus par la garde des Sceaux le 24 juin, qui affirmait au sujet de l’indépendance du parquet : « Dans notre système français, c’est un système hiérarchisé pour les procureurs. (…) Le gouvernement détermine la politique de la nation, donc la politique pénale. C’est moi qui détermine la politique pénale sous l’autorité du Premier ministre, (…) et donc je peux donner des instructions générales aux procureurs généraux qui ensuite les répercutent. » Des déclarations qui provoquent une certaine incompréhension. « Pourquoi n’y a-t-il pas une instruction générale qui prend acte de la nouvelle situation au Pays Basque ? », demandent Bake Bidea et les Artisans de la paix. En face, on leur opposerait la séparation des pouvoirs et l’impossibilité pour le gouvernement de traiter les affaires au cas par cas.

 

Lundi 22 juin, la délégation du Pays Basque formée de représentants de la société civile et d’élus a rencontré le directeur adjoint au cabinet de la ministre de la Justice, Olivier Christen, remplaçant d’Hélène Davos. Comme elle, il a rempli auparavant la fonction de magistrat de liaison à Madrid. Le dossier basque ne lui est donc pas étranger. Prévu cet hiver, le rendez-vous avait été reporté en raison du Covid-19, mais les membres de la délégation ont tenu à le faire au plus vite. « Nous nous devions de le faire, d’abord pour lui faire part du ressenti au Pays Basque, et pour lui présenter l’analyse que nous faisons du manque de prise en main de ce dossier », explique Anaiz Funosa.

 

 

 

La prise de parole s’est terminée par des coups de casserole et des applaudissements. © Bob EDME

 

Engagées au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, les discussions avec la délégation ont permis le rapprochement des prisonniers hommes dans des établissements proches du Pays Basque, à Lannemezan et Mont-de-Marsan. Elles ont également conduit au retrait du statut de détenu particulièrement surveillé. Un processus salué publiquement par le président français en personne. Mais il semblerait qu’au plus haut niveau de l’Etat, on ne soit pas disposé à rompre avec la doctrine anti-terroriste. Bake Bidea craint que l’Etat ne soit en train de « saboter le processus de paix ».

 

Face à cela, les organisateurs de la mobilisation sont fermes, « le processus engagé doit aller jusqu’à son terme : il n’y a pas d’autres options ! ». Ils ajoutent : « Dans le respect de nos principes et de notre pluralité, il nous faudra engager une nouvelle stratégie pour casser le mur qui entrave le chemin ». Et que ce processus engagé en 2011 ne connaisse pas le sort de Sisyphe.

Jakes Esnal : décision connue le 24 septembre

L’appel du parquet contre la libération conditionnelle de Jakes Esnal a été examiné ce jeudi 25 juin. La chambre d’appel rendra sa décision le 24 septembre prochain. En attendant, il reste en prison.

« Nous avons la sensation que la décision est déjà rendue ». L’avocate Maritxu Paulus Basurco ne peut pas cacher sa déception après une longue audience dans laquelle la deuxième demande de libération conditionnelle de Jakes Esnal a été examinée. Durant trois heures, sa situation a fait l’objet de débats et pour la première fois, l’avocat des parties civiles était présent, à côtés du parquet général. La décision de Justice concernant le recours présenté par le parquet sera rendue le 24 septembre.

Alors que le tribunal d’application des peines de Paris avait accepté la libération conditionnelle de Jakes Esnal le 13 mars dernier, le parquet avait immédiatement fait appel. Un déjà vu dans le cas des prisonniers basques. Les juges acceptent la libération conditionnelle, mais le parquet ne change pas de direction et reste ancré sur sa position de maintenir coûte que coûte le prisonnier dans sa cellule.

Pour Maritxu Paulus Basurco qui défend Jakes Esnal accompagnée de Serge Portelli, le parquet général a été « très très agressif ». « Au niveau de la défense, nous avons senti un manque d’impartialité. Les éléments favorables du dossier ont été écartés et les défavorables ont été largement évoqués », regrette-t-elle. Le fait que la Justice rende sa décision si tard lui paraît également « un mauvais signe ».

Avec plus de trente ans d’incarcération, Jakes Esnal a actuellement 70 ans. Comme l’a déploré il y a quelques mois son avocate, si la chambre d’appel s’aligne sur les décisions prises précédemment, il ne sera plus possible de présenter un projet professionnel aussi bon que celui présenté aujourd’hui, lors d’une éventuelle nouvelle demande de mise en liberté. « Personne ne travaille à 73 ans ».

Les Artisans de la Paix et Bake Bidea ont appelé à se mobiliser ce samedi 27 juin à Saint-Jean-de-Luz pour demander la libération du prisonnier luzien. Une chaîne humaine organisée sur le pont Charles de Gaule reliera Saint-Jean-de-Luz à Ciboure à 11 heures.

 

Un parquet jugé « très agressif »

Cette mobilisation était le point d’orgue d’une semaine « qui illustre bien la réalité de cette impasse », ont estimé les organisateurs. Jeudi, la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Paris a étudié une demande de libération conditionnelle de Jakes Esnal, la deuxième formulée par ce prisonnier de 69 ans, ancien chef de l’ex-organisation armée séparatiste ETA, qui a passé le cap des trente ans en prison. La décision est attendue pour le 24 septembre.

« On a fait face à une attitude très agressive du parquet et de l’avocat général, les débats n’ont pas du tout été sereins. On a aussi senti un rapport totalement à charge et une attitude partiale des juges qui n’ont mis en avant que les points défavorables », a indiqué à son avocate Me Maritxu Paulus-Basurco, présente à la mobilisation.

Un territoire responsable

Deux jours avant, une délégation d’élus du Pays basque avait été reçue au ministère de la Justice pour soulever « l’attitude inacceptable du parquet national antiterroriste », qui avait notamment fait appel en mai de la décision du Tribunal d’application des peines de Paris, compétent en matière terroriste, de satisfaire la demande de libération d’Esnal.

« On a aussi rappelé à l’autorité publique que ce territoire a toujours su prendre ses responsabilités », a indiqué Anaiz Funosas, présidente de Bake Bidea. Outre Jakes Esnal, Mme Funosas s’insurge du sort réservé à Ion Parot et Frédéric « Xistor » Haramboure, détenus eux aussi depuis trente ans : « Assiste-t-on à une vengeance d’Etat ? Veut-on les faire mourir en prison ? ».

 

 

La demande de Jakes Esnal sur la table

Le tribunal d’application des peines se penche aujourd’hui sur le cas du prisonnier luzien Jakes Esnal. Bake Bidea attend du parquet un changement de position.

 

Organisé par Bagoaz à Saint-Jean-de-Luz pour demander la libération du prisonnier Jakes Esnal. ©Isabelle Miquelestorena

Sur le point d’entamer sa 31ème année d’incarcération, Jakes Esnal verra sa demande de libération conditionnelle étudiée par le tribunal d’application des peines de Paris, ce vendredi 13 mars. Lors de cette audience, le prisonnier basque sera informé de la date du délibéré.

 

Après le refus de la part du parquet antiterroriste d’autoriser le Luzien à participer à une marche rapide organisée par le centre pénitentiaire de l’Ile-de-Ré où il est détenu, ses proches sont vigilants. Ils sont inquiets par rapport à ce que le mouvement Bake Bidea, lui, appelle « un véritable acharnement », qui se traduit à chaque demande de libération conditionnelle par des réquisitions à charge.

 

Le mouvement citoyen pour la résolution du conflit réclame un changement de la part du parquet. « Jusqu’à aujourd’hui, le parquet antiterroriste s’est toujours positionné contre les demandes de libération conditionnelle des prisonniers basques. Nous exigeons qu’il se positionne en faveur de cette demande et qu’il change enfin de positionnement sur la question des prisonniers basques, afin que nous puissions continuer à faire avancer le processus de paix au Pays Basque », déclare-t-il dans un communiqué.

 

La première demande de libération conditionnelle présentée par Jakes Esnal a été refusée en 2016. La seconde devait être étudiée le 28 novembre, mais les juges ont accepté la demande du parquet de reporter l’audience au 13 mars, le temps que la Commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté (CPMS) étudie le dossier.

 

Pour dénoncer les peines de prison à vie qu’est en train d’infliger la Justice française à Jakes Esnal ainsi qu’à Frederik Txistor Aranburu et Ion Kepa Parot, tout trois condamnés à la perpétuité, Bake Bidea a réitéré son appel à participer à des mobilisations le 8 avril. En ce jour anniversaire du désarmement d’ETA, plusieurs rendez-vous seront organisés sous le slogan « Accomplir sa peine jusqu’à la mort ? 30 ans ça suffit ! ». Le mouvement lance un appel à bénévoles pour l’organisation de ces manifestations.

 

Le journaliste de la la radio Gure Irratia est décédé. Il fut l’un des grands artisans du média en langue basque et militant inlassable de sa langue.

Le groupe des radios bascophones Euskal Irratiak a annoncé, mardi 2 juin, le décès de Mattin Larzabal. Journaliste incontournable au Pays basque pendant trois décennies, il fut un pilier de l’antenne de Gure Irratia et contributeur de l’hebdomadaire « Herria », un fervent défenseur de l’euskara, la langue basque.

 

Grand militant de la langue 

Mattin Larzabal était déjà présent à la fondation de Gure Irratia. Son actuelle responsable de la programmation, Oiana Daguerre, évoque la naissance de la station, « le 24 décembre 1981 au soir. Dès janvier 1982, Mattin est devenu journaliste totalement bénévole de la radio. Elle n’avait pas d’aides donc pas encore la possibilité de verser des salaires. Mattin était bénévole à temps plein pour la radio, il a donné beaucoup de son temps. » Et quand Gure Irratia a pu le salarier à mi-temps, « il a continué de travailler à temps plein ». 

Oiana Daguerre raconte ces premiers temps, car ils disent l’engagement de Mattin Larzabal. « C’était un  militant de la langue. Et la radio était un acte militant de la langue. Il faut savoir que, dans les années 1970, Mattin enseignait le basque au sein de l’association Mendiberri. À l’époque, AEK n’existait pas. » Enseignant bénévole, toujours. « Beaucoup de bascophones ont appris la langue avec lui. »

Pilier de la radio

Et quelque générations de journalistes les rudiments du métier. « Il nous a beaucoup formés. Il faisait tout : reporter sur le terrain, il présentait le journal… » Qui au Pays basque n’a jamais rencontré cet homme affable et d’une grande culture, micro en main, sur les événements qui font la vie d’ici ?

« Il donnait l’information de proximité, il était très proche des auditeurs. Quand ils avaient une information à confier, il appelaient Mattin avant d’appeler la radio. Après son départ en retraite, en 2012, les gens ont longtemps continué à l’appeler. ‘Mattin n’est pas là ?’ » 

Prix Rikardo Arregui

Le prix Rikardo Arregui était venu saluer la fin de sa carrière. Ce prix porte le nom du journaliste précurseur du mouvement de réappropriation de la langue basque sous la dictature de Franco. 

Journaliste, militant de la langue et sensible à toutes les questions qui traversent le Pays basque, il avait notamment, au début des années 1970, participé à la grève de la faim pour défendre les « réfugiés basques » engagés contre le franquisme. Toute sa vie, Mattin Larzabal fut aussi un homme de foi, impliqué dans les associations paroissiales. 

Mattin Larzbal a été emporté par la maladie à l’âge de 69 ans. Il laisse dans la peine son épouse, deux filles, un fils et ses petits-enfants. La date des obsèques n’est pas encore connue.

Hommage de gure irratia

Nous sommes profondément attristés d’apprendre que Mattin Larzabal, qui travaille pour Gure Irratia depuis 30 ans, est décédé le 2 juin. Il a pris sa retraite en 2013, ce 26 juin, à l’âge de 70 ans.

Il a fondé gure irratia et a commencé à travailler deux ans plus tard. Comme il l’a déclaré à Berria , il a donné « bien plus que ce que Lanak a demandé » pour la radio, pour le journalisme en basque. Il a reçu la mention honorable dans le prix Rikardo Arregi de journalisme 2012.

Mattin était un collègue, un modèle et un ami à vous.  »Dans un endroit préféré, pas de pente » comme tu l’as fait dans nos vagues. Nous continuerons de céder la place à vos paroles. Merci de l’avoir apporté.

En juin 2013, il a été invité par Xan Beyrie et Arantxa Idieder à la session de Goiz Berri, avec seulement trois jours avant de pouvoir prendre sa retraite pour travailler (son).

Pays-Basque : Patxi Ruiz met fin à la grève de la faim qu’il menait depuis 31 jours

Mercredi 10 juin, Patxi Ruiz a mis fin à la grève de la faim qu’il menait depuis 31 jours. Patxi Ruiz avait entamé une grève de la faim et de la soif (il avait accepter de boire à nouveau au bout de 12 jours) pour exiger son retour dans le module 8 de la prison de Murcia. Il avait, en effet, été transféré vers un autre module afin de le séparer d’autres prisonniers politiques par un gardien d’extrême-droite qui l’a menacé (voir notre article). Hospitalisé depuis le 21 mai, il devait être transféré au module 10 de la prison, mais cela n’a pas encore été confirmée.

 

Pays-Basque : Un prisonnier basque s’auto-mutile pour protester contre les exactions d’un gardien fasciste

 

Lundi 30 décembre, Patxi Ruiz, un ancien membre de ETA emprisonné à la prison de Murcia II, s’est automutilé en se coupant les bras avec un objet pointu pour protester contre  l’attitude d’un gardien fasciste à l’égard des prisonniers politiques basques et des prisonniers arabes qu’il harcèle, menaces ou frappe. Patxi Ruiz tient à préciser que cette action est une protestation politique, qu’elle n’a été motivée ni par la dépression, ni par le désespoir, mais qu’elle est bien une forme de lutte. Suite à ces blessures, il a été transporté à l’infirmerie où il a reçu 12 agrafes. Pour rappel, il purge une peine de trente ans de prison pour avoir exécuté, en 1998, un conseillé de l’UPN à la mairie de Pampelune

 

Le prisonnier politique basque Mikel Barrios transféré à la prison d’Osny

ETXERAT. Le prisonnier politique basque Mikel Barrios a été incarcéré le 15 décembre dernier à la prison d’Osny (970 km) après avoir été remis à l’État français par les autorités allemandes.

Mikel Barrios condamné à cinq ans de prison

Mikel Barrios a été jugé pour appartenance à ETA ce mardi 23 juin à Paris. Le tribunal correctionnel l’a condamné à cinq ans de prison et une interdiction du territoire français pendant dix ans. Il doit se rendre en prison le 29 juin prochain.

 

IURRE BIDEGAIN|23/06/2020|0 COMMENTAIRES Guz_rassemblementmikelbarrios_itsasu_gfauveau-1Mobilisation organisée à Itxassou en soutien à Mikel Barrios. ©Guillaume Fauveau

« Pour être totalement franche, je suis tombée des nues ». Xantiana Cachenaut, l’avocate de Mikel Barrios, ne s’attendait pas du tout à une peine aussi dure, qui « est absolument dénuée de tout sens ». Le militant d’Iruñea a été jugé à Paris ce mardi 23 juin pour appartenance à ETA. Le tribunal correctionnel l’a condamné à cinq ans de prison avec exécution provisoire, ainsi qu’une interdiction du territoire français pendant dix ans. Il doit se rendre à la prison de Mont-de-Marsan le 29 juin.

 

« En dehors des réquisitions du parquet, pour un juge, priver quelqu’un qui a respecté son contrôle judiciaire, qui a un emploi en CDI, le priver de la possibilité d’aller en appel de manière libre, c’est quelque chose de vraiment hallucinant », déplore-t-elle. « Aucun argumentaire de la part du Parquet. Aucune justification de la sévérité de sa réquisition », s’étonne Maître Cachenaut. Cela fait presque deux ans que Mikel Barrios a été libéré sous contrôle judiciaire. Depuis octobre 2018, il est soumis à des mesures, telles que la signature au commissariat deux fois par semaine. Emprisonné en 2017 à Berlin et transféré dans l’Hexagone peu après, le procureur s’était positionné contre sa libération sous contrôle judiciaire.

 

L’avocate a défendu son client en demandant la relaxe, rappelant entre autres l’abandon de la lutte armée d’ETA ou la déclaration d’Aiete, moment politique important pour le processus de paix au Pays Basque. « J’estime, d’un point de vue juridique, que pour être condamné pour appartenance à une organisation terroriste, il faut avoir l’intention de participer à une organisation terroriste. C’est même essentiel dans la qualification juridique. Alors que l’organisation a abandonné la lutte armée, les éléments intentionnels de l’infraction indispensables pour la condamnation n’existent pas », explique-t-elle.

 

L’avocate avait également demandé que l’interdiction du territoire demandée par le Procureur ne soit pas prise en compte. En effet, depuis sa libération, Mikel Barrios vit et travaille au Pays Basque Nord. Avec dix ans d’interdiction du territoire français, elle n’a pas été entendue.

 

Les réquisitions du parquet ont duré entre cinq et dix minutes. Il a requis une condamnation de six ans de prison et une interdiction définitive du territoire français contre Mikel Barrios. Selon l’avocate, il a versé des éléments de procédure assez récents, évoquant la découverte de caches sur le territoire français, dont certaines découvertes très récemment. « Il a requis que l’organisation n’avait pas restitué toutes les armes et n’était pas sincère dans ses déclarations ». Des propos maintes fois répétées par le Parquet lors des derniers procès. Le procureur a dénoncé « l’attitude des militants qui ne change pas », notamment le silence de Barrios sur les faits qui lui sont reprochés, soit ses empreintes dans différents véhicules volés. Le Procureur a indiqué tenir compte des éléments d’intégration, et aussi du fait que le militant s’était présenté à son procès : c’est la raison pour laquelle il n’a pas demandé à ce que Barrios soit interpellé ce soir-même.

 

Le procès contre le militant a fait l’objet d’un rassemblement de soutien organisé à Itxassou. Le rendez-vous organisé par l’association Elkartasuna ta Laguntza a exprimé sa solidarité envers le militant basque et aussi rappelé le contexte actuel du Pays Basque. Elle rappelle que la société civile ainsi que les acteurs politiques et institutionnels ont montré leur engagement envers le processus de paix.

Mikel Barrios : “Lundi, je rentre en prison”

https://www.mediabask.eus/fr/info_mbsk/20200626/mikel-barrios-lundi-je-rentre-en-prison

Il a été interpelé en Allemagne en 2017, puis remis aux autorités françaises. Après avoir été incarcéré pendant un an, ce Navarrais de 32 ans a été libéré sous contrôle judiciaire. Le 23 juin, il a été condamné à une peine de cinq ans de prison pour son appartenance à ETA, peine qu’il devra effectuer à la prison de Mont-de-Marsan et qu’il débute ce lundi 29 juin.

 

MEDIABASK|2020/06/26|0 IRUZKIN

Vous attendiez-vous à une telle décision de justice ?

 

Mikel Barrios : Pas du tout. Je m’attendais à être condamné. L’importance de la peine ne m’a pas non plus étonné, mais je ne pensais pas devoir accomplir de la prison ferme. La phase d’instruction s’était bien déroulée, la position du juge d’instruction n’avait rien à voir avec celle maintenue par le procureur et le juge. Cela a été très violent.

 

Le procureur a-t-il remis en cause le processus de paix ?

 

Dans mon cas, le procès a été très marqué. On m’a transféré à Paris avec un mandat d’arrêt européen, le cadre du procès était donc très précis. La façon de poser les questions était violente. Même si nous essayions d’expliquer que le désarmement avait bien eu lieu, ils affirmaient que les membres d’ETA n’avaient pas changé et que [l’organisation] n’avait pas rendu toutes les armes… Ils mettent en doute ce qu’ici tout le monde reconnaît, c’est-à-dire qu’ETA s’est désarmée et qu’elle s’est dissoute. Je pense que le juge d’instruction n’a pas conduit l’instruction dans le sens du procès auquel j’ai assisté et que la logique employée tout au long de l’instruction a été rompue. Malgré cela, même si on ne nous a pas entendus, je suis serein, satisfait du travail que nous avons réalisé. Nous avons présenté le contexte politique et la situation actuelle.

 

Au niveau personnel, tout cela m’a remué. Lundi, je rentre en prison. Lorsque je l’avais quittée, je l’avais fait avec le bracelet électronique. Je l’ai gardé six mois. Au début, on me laissait sortir uniquement pour aller au travail, puis peu à peu, j’ai eu droit à des sorties et dernièrement, une fois avoir retiré le bracelet électronique, je ne devais plus qu’aller signer à la Gendarmerie. J’avais réussi à avoir une vie stable et à me poser, je devais m’habituer à ma nouvelle vie. Psychologiquement, cela n’a pas été facile, après tant de temps hors du Pays Basque, puis la prison, il y a eu l’accumulation de toutes ces tensions. A partir de maintenant, on va voir… Maintenant, je suis chamboulé, mais je pense que cela va passer, car j’étais arrivé à me sentir bien et j’ai envie d’aller de l’avant.

 

Votre mise en liberté sous contrôle judiciaire et votre parcours réalisé depuis s’inscrivent dans un processus de resocialisation. Or, la peine que vous avez reçue ne semble pas en adéquation avec ce principe…

 

Pas du tout. Je vis à Itxassou, je me suis impliqué dans des associations, dans la préparation de différents projets avec les Itsasuar, comme par exemple les géants. Je me suis intégré dans le village. Au travail aussi. En sortant de la prison, j’avais un contrat à durée déterminée, il a été renouvelé deux fois, et le jugement est tombé lorsqu’on venait de m’accorder un contrat à durée indéterminée. Pendant le procès, ils n’ont pas tenu cas de tout cela. Il est clair que malgré tout ce qu’ils disent, la prison ne permet pas la resocialisation. Je dirais même le contraire.

 

Ces dernières années, des pas importants ont été franchis dans la résolution des conséquences du conflit, mais à ce jour, un blocage persiste. Pensez-vous que votre procès aura des conséquences ?

 

Oui. Au lieu d’aider le processus ou d’apporter leur contribution, ils [le juge et le parquet, ndlr.] vont dans le sens contraire. La décision prise me concernant suit la ligne maintenue par l’Etat jusqu’à ce jour. Ils ont rapproché les prisonniers basques, des petites avancées ont été réalisées, mais dans l’ensemble, ils ont travaillé dans le sens inverse, et mon cas n’est qu’un cas parmi d’autres. Je ne sais pas ce qu’ils cherchent… Veulent-ils la guerre ?

 

Les mobilisations et l’accumulation des forces obtenues jusqu’à présent sont-elles suffisantes ?

 

Clairement non. Il y a des avancées, de bonnes avancées, mais cela ne suffit pas, puisque nous n’arrivons pas à lever le blocage. Je pense que nous devons aller plus loin, rendre possibles des accumulations de forces plus importantes, mobiliser encore plus, activer les gens, le travail dans les municipalités… En faisant converger tout cela, je pense que nous pourrions obtenir plus que ce que nous avons. Nous sommes sur la bonne voie, mais malheureusement, cela ne suffit pas.

 

Allez-vous faire appel de la décision judiciaire ? Avez-vous une chance de bénéficier d’une libération ?

 

Oui, nous comptons déposer un recours au plus vite pour contester la peine de cinq ans de prison et l’interdiction de territoire de dix ans. Parallèlement, nous allons déposer ma demande de libération afin que je puisse être libre le temps de la procédure d’appel, car cela n’a pas de sens de me garder en prison… J’ai rempli toutes les mesures. De ce côté-là, ils n’ont pas d’argument. C’est pourquoi il est incompréhensible qu’on me garde en prison avec cet appel.

Pays-Basque/Espagne : Des documents déclassifiés de la CIA montrent l’implication de Felipe Gonzalez dans la création du GAL

Président du gouvernement[modifier | modifier le code]

 

Felipe González en 1986.

Il devient Président du gouvernement à l’issue des élections générales de 1982, qui avaient vu l’UDC s’effondrer, et conserve cette fonction durant quatre mandats (1982-19861986-19891989-1993 et 1993-1996).

Durant ses mandats, il conjugue réformes économiques libérales (privatisations, faibles impôts pour les entreprises) et réformes sociales (extension de la sécurité sociale) qui favorisent l’investissement mais déboucheront sur une grave crise économique dans ses dernières années de pouvoir, générant un taux de chômage de plus de 20 % et une forte augmentation de la dette. Il est l’un des promoteurs de l’Exposition universelle de Séville et des Jeux olympiques de Barcelone, deux manifestations qui se déroulent en 1992, et fait adhérer l’Espagne à la Communauté économique européenne. En 1993, il est lauréat du Prix International Charlemagne.

Son administration est secouée entre 1994 et 1995 par plusieurs scandales de corruption, conduisant à la démission du ministre de l’Intérieur, du ministre de l’Agriculture et de plusieurs ténors du PSOE2. Le chef de la Garde civile (qui témoignera longuement contre González3) et le gouverneur de la Banque d’Espagne4 sont à leur tour emportés par des affaires de détournements de fonds. Felipe González est quant à lui soupçonné par la justice espagnole d’être l’instigateur des Groupes antiterroristes de libération, des escadrons paramilitaires clandestins qui se livraient, y compris en France, à des exécutions extrajudiciaires de membres de l’ETA ou de militants indépendantistes basques5. Dans cette même affaire, José Barrionuevo (ministre de l’Intérieur entre 1982 et 1988) et un secrétaire d’État sont condamnés à des peines d’emprisonnement, tandis que la culpabilité de Felipe González ne peut être prouvée6. Plusieurs policiers condamnés pour des actes de torture sont graciés par son gouvernement7.

En juin 2020, la CIA déclassifie des informations confirmant que Felipe Gonzalez a autorisé la création des Groupes antiterroristes de libération8.

 

Des documents déclassifiés de la CIA confirment que Felipe González, président socialiste du gouvernement espagnol de 1982 à 1996 a approuvé la création des “Groupes antiterroristes de libération” (GAL). Il s’agissait d’un escadron de la mort constitué pour combattre ETA en dehors de tout cadre légal, essentiellement en assassinant des militants suspectés d’en faire partie. Le rapport déclassifié de la CIA indique que le gouvernement espagnol “semble déterminé à adopter une stratégie peu orthodoxe vis-à-vis de l’ETA”. Après une phrase censurée, l’agence écrit que “González a accepté la formation d’un groupe de mercenaires, contrôlé par l’armée, pour lutter contre les terroristes en dehors de la loi”. Après une autre phrase censurée, il a ajouté que “les mercenaires ne seraient pas nécessairement espagnols et auraient pour mission d’assassiner les dirigeants de ETA en Espagne et en France”. Plus d’infos ici.

 

Entre décembre 1983 et juillet 1987, une trentaine d’assassinats sont commis en France. La nouvelle coopération “antiterroriste” entre la France et l’Espagne, suivi d’une vague d’expulsions de militants basques réfugiés en France, va accélérer la disparition des GAL. Au cours des années suivantes, tout est fait pour éviter le grand déballage sur cette «guerre sale». De Bayonne à Bordeaux, la plupart des enquêtes judiciaires s’enlisent, quand elles ne sont pas directement freinées par le pouvoir politique. Les rares procès qui ont finalement lieu en France aboutissent uniquement à la condamnation de lampistes, malgré la mise au jour de complicités au sein de l’appareil policier français. «La raison d’Etat prime sur tout», justifie alors le procureur de Bayonne.

25 septembre 1985, quatre militants basques sont assassinés à l’hôtel Monbal, à Bayonne

03/06/2020

Espagne : La Cour Suprême interdit l’usage des drapeaux non-officiels sur les édifices publics.

La Cour Suprême espagnole a rendu un arrête interdisant l’usage des drapeau non-officiels sur l’extérieur des bâtiments publics. Cet arrêt fait suite à une affaire datant de 2016 dans laquelle le conseil municipal de Santa Cruz de Tenerife demandait le droit d’arborer le drapeau national des îles Canaries. En 2017, la Cour supérieure de justice des îles Canaries avait statué en faveur du conseil municipal, considérant l’utilisation du symbole officieux comme un fait parfaitement envisagé dans le cadre de la légalité Institutionnel espagnol. Malgré cela, le procureur de l’État a fini par interjeter appel de la décision, qui a maintenant été confirmée par la Cour suprême, qui a infirmé la décision précédente. L’usage des drapeaux LGTBI et indépendantistes, parfois arboré par les mairies, est donc désormais interdit.

Espagne: le point sur le camarade anarchiste emprisonné Gabriel Pombo Da Silva

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15.06.2020: Jeudi 11 juin dernier, la Cour provinciale, le tribunal au pied de la pyramide judiciaire en Espagne, a démontré son pouvoir inquisitoire en rejetant la demande d’annulation de l’OEDE (mandat d’arrêt européen) qui renvoyait notre camarade à les cachots de l’État après trois ans et demi de liberté.

Après un an et demi de clandestinité, Gabriel a été arrêté le 25 janvier dernier en territoire portugais à la suite de l’OEDE susmentionnée émise par le tribunal n ° 2 de Gérone (en particulier par le juge Mercedes Alcázar Navarro), avec l’intention qu’il purgerait encore 16 ans de prison comptés comme une peine résiduelle (réponse à la plainte pour malversation contre le juge pour avoir caché l’ordonnance de libération immédiate de Gabriel en juin 2016, qui a retardé sa libération, ce juge a mis en branle sa propre revanche! ).

Après trois mois et demi de détention provisoire (mois durant lesquels il était clair que le Portugal s’était soumis à la pression du tribunal de Gérone n ° 2 et que les règles européennes qui auraient permis la libération de notre camarade n’avaient pas été appliquées) , le 12 mai, il a été remis aux autorités espagnoles et se trouve actuellement à la prison de Badajoz (Estrémadure).

La demande d’annulation de l’OEDE a été légitimée par l’illégalité de la demande, qui a été émise en violation totale du «principe de spécialité»: l’un des principes fondamentaux du droit communautaire qui établit l’interdiction d’exécuter une peine antérieure à celle pour d’extradition (en vertu de ce principe, Gabriel a été libéré en 2016 n’ayant plus à purger aucune peine antérieure). Sur le plan politique, la Cour provinciale, qui, il y a quelques jours, était d’accord avec le juge Navarro, est la même que celle d’il y a quatre ans, a confirmé notre collègue confirmant sa libération (!! ?? !!).

Entre-temps, le régime FIES [Fitxers d'Interns d'Especial Seguiment - Détenus sous Observation Spéciale] a été appliqué à Gabriel, spécifiquement FIES 5, créé pour les détenus avec des «caractéristiques spéciales» (qui doivent faire, pour citer quelques exemples) , avec crime international, violence de genre ou à caractère raciste ou xénophobe, crimes très graves qui ont provoqué une grande alarme sociale, terrorisme islamiste, fanatisme radical lié à l’idéologie terroriste…!? !!). Au sein du régime de la FIES, il a obtenu le 2e degré (auparavant il pouvait accéder aux avantages de la prison, bénéficier de permis et même de probation), et l’intervention de toutes les communications (les lettres sont ouvertes et lues, les visites sont enregistrées).

Depuis qu’il est à la prison de Badajoz, à part 5 petites cartes postales qui lui ont été remises quelques jours après son arrivée, notre camarade n’a reçu aucune correspondance malgré les nombreuses lettres et plusieurs livres qui lui ont été envoyés… Rien nouveau sous le soleil de l’isolement et de la répression! Tout cela représente une contradiction visant à le provoquer … le message est: « vous n’êtes plus l’ennemi public numéro un mais vous êtes encore assez dangereux, surtout au niveau idéologique … si vous vous comportez bien nous vous donnerons des opportunités ».

Maintenant qu’il a été «classé» et que le tribunal susmentionné a prononcé sa sentence, nous savons que les ressources juridiques pour que Gabriel puisse goûter à nouveau à la liberté seront bientôt épuisées; dans peu de temps, il sera transféré dans une autre prison. L’avocat fera tous les appels nécessaires jusqu’à ce que cette longue bataille soit gagnée.

Gabriel est bien et fort comme toujours… il envoie un gros câlin à toutes les personnes partageant les mêmes idées et les soutenant.

La solidarité est une arme… utilisons-la… de manière sérieuse et intelligente!

Liberté pour Gabriel!
Camarade, vous n’êtes pas seul!
Liberté pour tous!
Vive l’anarchie!

Écrivez à Gabriel:

Gabriel Pombo Da Silva
Centro Penitenciario Badajoz
Carretera de Olivenza, Km 7.3
06011 Badajoz
ESPAGNE

 

 

Poursuivi pour avoir dénoncé le nom du quartier “La Négresse”

Essayiste et fondateur de l’association “Mémoires et partages”, Karfa Sira Diallo sera jugé pour rébellion le 3 décembre prochain au tribunal de Bayonne. L’activiste est poursuivi pour avoir dénoncé en public le nom de l’un des quartiers les plus connus de Biarritz, jadis appelé Harrausta, connu depuis la fin des années 1980 jusqu’à nos jours sous le nom de La Négresse.

 

MAITE UBIRIA|2020/06/12|IRUZKIN 1 Diallo1L’association fondée par Karfa Sira Diallo veut sensibiliser le public à l’histoire coloniale de la Nouvelle-Aquitaine.

Essayiste et fondateur de l’association Mémoires et Partages, Karfa Sira Diallo est né en 1971 à Thiaroye (Sénégal) et réside à Bordeaux. Militant reconnu « contre les esclavagismes d’hier et d’aujourd’hui », il est aujourd’hui poursuivi pour avoir souhaité sensibiliser le public à son combat, à la veille du sommet du G7 en août 2019.

 

L’audience, initialement prévue le 23 janvier, a été reportée au 3 décembre prochain, en raison de la crise du coronavirus, après avoir été une première fois repoussée en raison de la grève des avocats contre le projet de réforme des retraites. L’objectif de Karfa Sira Diallo est que ce procès serve à attirer l’attention sur son combat : redonner au quartier de La Négresse son nom basque initial, Harrausta, ou du moins apposer un panneau pour expliquer le choix du nom La Négresse attribué par la ville de Biarritz en 1986.

 

Quand votre association a-t-elle décidé de lancer une campagne pour dénoncer le nom de ce quartier populaire de Biarritz ?

 

Il y a quelques années de cela, nous avions envisagé de faire un déplacement à Biarritz, lors des fameuses fêtes de La Négresse. Nous souhaitions attirer l’attention des habitants sur ce nom-là, qui véhiculait une sorte d’humiliation inadmissible et inacceptable aujourd’hui. Mais on n’avait pas pu le faire.

 

Comment vous êtes-vous décidés à passer à l’action à deux jours du sommet du G7, le 22 août 2019 ?

 

Nous savions que les conditions sécuritaires étaient draconiennes, donc on s’est dit qu’on allait essayer d’y aller deux jours avant. Nous avions l’idée d’intervenir à la gare de Biarritz, car elle s’appelle la gare La Négresse. On avait pris nos billets de train. On s’est dit qu’on passerait une heure, une heure et demie à la gare de Biarritz pour sensibiliser les gens puis rentrer à Bordeaux pour se mettre à l’abri de cette sécurité absolue. Quand nous sommes arrivés, nous nous sommes positionnés devant la gare avec un petit dispositif, des affiches, des flyers, une sono… et on a commencé à distribuer nos tracts.

C’est là que la police vous a interpellés. Comment cela s’est-il passé ?

Il y avait en face de nous un dispositif du G7. Mais nous ne troublions pas l’ordre public. On n’était que cinq, six membres de notre association. C’était bon enfant. On pensait vraiment que cela ne poserait pas de problème. Quinze minutes après avoir commencé, la police est arrivée, extrêmement tendue. D’abord on m’a pris le micro. Ils m’ont demandé mes papiers, que j’ai remis. Et puis très rapidement, ils ont décidé de m’interpeller, en me prenant de force et m’emmenant sur les quais de gare. Une fois que je n’ai plus été à la vue du public, quatre ou cinq policiers m’ont plaqué au sol. Ils m’ont vraiment jeté au sol. Ils se sont assis sur moi, ils m’ont menotté et m’ont signifié ma garde à vue. Ils m’ont envoyé au commissariat de police de Bayonne où j’ai été placé en garde à vue pendant 24 heures.

La police vous a pourtant accusé de violence à l’égard de l’autorité. Qu’avez-vous pensé lorsque le juge vous a annoncé que vous seriez jugé pour rébellion ?

 

Ce moment a été très douloureux et très violent. L’arrestation elle-même était très violente, vraiment. Avoir cinq policiers sur vous qui vous menottent, c’est quelque chose qui peut mener à la mort… Je dis souvent que si j’avais le cœur fragile, j’aurais pu y passer. Ensuite, la garde à vue est une expérience sordide. Je n’étais pas seul dans la cellule, il y avait beaucoup de jeunes ce jour-là, qui avaient été arrêtés souvent pour rien, qui pleuraient… Moi je poursuivais un combat, mais malgré tout, de se retrouver dans ce couloir froid et inhumain de la répression, c’est quelque chose d’extrêmement douloureux. Il y a un sentiment d’humiliation, de honte et de doute sur la justesse de votre action et de votre combat.

 

Vous êtes convoqué au tribunal le 3 décembre. Quel message comptez-vous faire passer lors de cette audience ?

 

Pour nous, cette interpellation brutale, violente, injustifiée et cette mise en garde à vue sont une bêtise sécuritaire de la police. Et cette bêtise va servir, je crois, le combat que nous sommes nombreux à mener. Par la façon dont on nomme les choses, les gens, les rues… On véhicule un message qui est politique, un message de civilisation, quelque part. Pour nous, ce sera le procès de La Négresse.

 

Vous revendiquez le nom basque d’origine de ce quartier, puisque cette zone de Biarritz était connue sous le nom d’Harrausta.

 

Ce quartier s’appelait Harrausta, qui veut dire un endroit poussiéreux, sale. C’était un nom basque qui avait toute sa dignité. En 1986, la municipalité a décidé d’enlever le nom basque et de garder le nom La Négresse. Donc on commet une injustice en enlevant le nom authentique que les ancêtres de ces gens ont donné à cette ville, et on prend un nom ouvertement péjoratif avec une intention exotique. Ça fait exotique, il y a quelque chose de l’ordre de l’inconscient colonial. Nous souhaitons que ce quartier reprenne le nom d’Harrausta, ou bien au pire, qu’il continue de s’appeler Harrausta-La Négresse. Notre position, c’est de dire qu’il faut des panneaux explicatifs.

 

Dans la ville où vous habitez, Bordeaux, il y a des exemples de rues portant le nom d’armateurs de navires qui servaient à la traite des esclaves ou pour le commerce colonial.

 

Cela fait dix ans qu’on a lancé une campagne sur les rues de négriers à Bordeaux. Et ça y est, la ville de Bordeaux a inauguré des plaques explicatives sur six rues. Je pense que c’est un exemple dont Biarritz peut s’inspirer pour tourner cette page-là. On peut mettre un panneau explicatif qui raconte l’histoire de ces femmes noires. Car elles ont vécu des triples peines. Elles sont discriminées parce qu’elles sont femmes, noires, pauvres et en plus d’après ce que l’on sait, « La Négresse » était une prostituée. Il est important de pouvoir redonner sa dignité à cette femme-là qui a souffert, et faire que ce panneau puisse dire que cette femme a une histoire. Dire aussi que la ville de Biarritz est engagée contre le racisme, contre la discrimination. Cela règlerait vraiment le problème.

 

Jusqu’à maintenant, les autorités municipales ne se sont pas montrées très réceptives à cette demande…

 

Effectivement, on s’est rendu compte que les autorités sont totalement insensibles à cette demande de justice. Je n’ai pas vraiment d’explication. Il est vrai que nos élus sont souvent ignorants de leur propre histoire. Peut-être n’y a-t-il pas eu de pédagogie suffisante. C’est ce que nous souhaitons faire. Je pense qu’on peut les convaincre, de la même façon que nous avons réussi à convaincre la ville de Bordeaux, au bout de vingt ans. Je pense qu’avec Biarritz, cela prendra moins de temps et que ce procès va accélérer la prise de conscience des habitants du quartier et des autorités.

 

 

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