ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

25 juin 2020

HOMMAGE AUX ARTISTES DCD DEPUIS JANVIER 2020 2ème VOLET 23 06 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 20 h 44 min

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Hommage aux artistes, interprètes, chanteurs, musiciens DCD depuis le 1er janvier 2020. L’idée est venue à la suite de la disparition de musiciens que j’appréciais suite au covid, du coup en cherchant les artistes qui avaient disparus je me suis aperçu qu’ils étaient nombreux à être partis soit lié au covid, à l’age, ou de maladies x ou y et que les médias mainstream n’en parlaient pas. En leur rendant hommage c’est une façon de ne pas les oublier complètement. Donc dans ce 2ème volet, on entendra Idir, Manu Dibango, Renée Claude, Bohannon, Dave Greenfield, Kenny Rodgers, Millie Small, Graeme Allwright, Lionel D. Je m’excuse auprès des auditeurs de Radio Libertaire car il semblerait qu’un bug a squezzé 20mn du début de l’émission. Vous avez l’intégralité de l’émission. en vous connectant sur:

 

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2ème volet

Idir de son vrai nom Hamid Cheriet, né le 25 octobre 1949 à Ait Yenni,commune de la Wilaya de Tizi Ouzou en Algérie, mort le 2 Mai 2020 à l’hôpital Bichat à Paris des suites d’une longue maladie,est un chanteur, auteur-compositeur-interprète et musicien algérien kabyle. Il est l’un des principaux ambassadeurs de la chanson kabyle. Idir ne se destinait pas à la chanson. Mais un de ses premiers titres, A Vava Inouva, (en kabyle) devient rapidement dans les années 1970 un tube planétaire, le premier grand tube venu directement d’Afrique du Nord. Sa carrière est marquée par une irruption soudaine sur le devant de la scène, puis une éclipse volontaire d’environ une dizaine d’années à partir de 1981. Ses albums solo sont rares, quatre en quatre décennies. Mais l’œuvre d’Idir a contribué au renouvellement de la chanson berbère, et a apporté à la culture berbère une audience internationale.

Fils de berger, né dans le village d’Aït Lahcène, village perché sur les monts du Djurdjura, son milieu familial est imprégné de la tradition et de la culture berbère. « J’ai eu la chance d’avoir une grand-mère et une mère poétesses », indique-t-il à un journaliste, « on venait de loin pour les écouter. J’ai baigné dans l’atmosphère magique des veillées où l’on racontait des contes et des énigmes. Dans une société de culture orale, la valeur du mot est immense. La capacité à ciseler les mots, à inventer des images, est aujourd’hui encore très prisée chez nous ».

Idir entreprend des études de géologie et se destine à une carrière dans l’industrie pétrolière algérienne. En 1973, sa carrière musicale commence par hasard, à Radio Alger. Il remplace au pied levé la chanteuse Nouara, qui devait interpréter une berceuse qu’il lui avait composée. Il interprète cette berceuse qui va devenir son premier succès radiophonique, Rsed A Yidess qui signifie « Que vienne le sommeil ». Il enregistre ce titre ainsi qu’un second, A Vava Inouva (« Mon papa à moi »), en 45 tours. Puis part faire son service militaire de deux ans. La chanson commence à se répandre en Algérie, puis sort des frontières. Officier dans une petite caserne, il s’écoute sur les ondes algériennes et étrangères.

En 1975, il monte à Paris, appelé par la maison de disque Pathé Marconi qui veut produire son premier album. Le titre A Vava Inouva est devenu un tube planétaire, diffusé dans 77 pays et traduit en 15 langues. Une version française est interprétée par le duo David Jisse et Dominique Marge en 1976. Cette chanson kabyle, avec simplement des voix et guitares, est considérée comme le premier grand tube venu directement d’Afrique du Nord. Il représente l’affirmation d’une certaine identité, le retour à des racines ancrées très profondément dans l’histoire de Kabylie. Il faut attendre 1976 pour que sorte ce premier album A Vava Inouva, sur lequel on trouve le titre éponyme.

Après ce succès, Idir écrit à nouveau et enregistre Ayarrach Negh (« À nos enfants »), un album qui sort en 1979. Il enchaîne sur une longue série de concerts. Mais cet homme discret ne se reconnaît pas dans le monde du show-biz même s’il aime composer, ce qu’il fait pour d’autres. En conséquence, il choisit de s’éclipser après cette série de concerts, une dizaine d’années environ, tout en donnant quelques rares récitals.

Sa carrière est relancée avec la sortie d’une compilation en 1991 de dix-sept chansons de ses deux premiers albums. Après un long procès contre son ancien producteur, Idir obtient la possibilité de ré-enregistrer ses titres comme le fameux A Vava Inouva. Fort de cet appui discographique, il revient donc sur le devant de la scène et passe au New Morning à Paris du 7 au 9 février 1992, ce qui lui vaut de nombreux éloges et la reconnaissance de ses pairs. Pour la première fois, la critique lui attribue le statut de précurseur de la world music.

L’année suivante, paraît chez Blue Silver un nouvel album : les Chasseurs de lumière où il chante ses thèmes de prédilection, l’amour, la liberté et l’exil (qu’il connaît puisqu’il est installé dans la région parisienne depuis 1975). Il introduit à côté des darboukas, flûtes et guitare acoustique, qui donnent une touche de modernité. On peut entendre aussi la voix d’Alan Stivell sur le duo (Isaltiyen). Idir donne ses chansons à écouter au public de l’Olympia à Paris les 26, 27 et 28 juin 1993.

En 1996, Idir sort une réédition de son tout premier album, 20 ans après : A Vava Inouva. Idir participe aussi au concert hommage rendu à Lounès Matoub, chanteur Kabyle, assassiné en 1998.

Le véritable retour discographique d’Idir se fait avec Identités en 1999, l’album hommage qui réunit de nombreux artistes de Manu Chao (A Tulawin (Une algérienne debout)) à Dan Ar Braz en passant par Maxime Le Forestier ou Karen Matheson pour un A Vava Inouva 2, mais aussi Zebda, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l’ONB. Idir rassemble ici ceux qui prônent l’ouverture culturelle ainsi que la reconnaissance des racines propres à chacun. En décembre, Idir a tout autant d’invités lors des deux soirées qu’il donne à l’Olympia. Autour de lui se succèdent Frédéric Galliano, le guitariste Thierry Robin et l’ONB.

La diversité culturelle, il la défend à nouveau en 2001 au cours du 21e Printemps berbère organisé au Zénith parisien, manifestation qui célèbre la culture berbère. Cette soirée de fête est renouvelée plus tôt que prévu, le 8 juillet 2001, toujours sous la houlette de Idir, lorsque de violentes émeutes ravagent la Kabylie. Le chanteur organise à cette occasion un grand concert toujours au Zénith de Paris où devant une salle pleine, de nombreux artistes soutiennent la révolte du peuple kabyle face au pouvoir central algérien.

En mai 2002, la maison de disques met sur le marché une compilation de nombreux titres de l’artiste : Deux rives, un rêve. Elle offre la possibilité d’écouter des inédits dont un titre écrit par Jean-Jacques Goldman, (Pourquoi cette pluie ?) qui évoque le terrible déluge qui s’est abattu sur la ville d’Alger en novembre 2001.

Idir entame une nouvelle tournée le 20 septembre 2002 au Zénith de Paris, avant de partir sur les routes jusqu’en décembre de la même année. En 2004, il signe une tribune dans le journal Libération, avec de nombreux artistes, intellectuels et scientifiques du Maghreb, et au-delà, pour « retrouver la force d’une laïcité vivante ».

En 2005, encouragé par sa maison de disques, Idir sort un CD live et un double DVD : Entre scènes et terres, qui concorde avec ses trente ans de carrière. Une façon originale de présenter cet homme discret aux valeurs fortes. Un documentaire déroule son parcours, de la Kabylie aux scènes du monde entier. L’occasion pour lui de « faire un bilan avant de passer à autre chose ». Il se produit le 9 avril 2006 sur la scène de la Cité de la musique à Paris. Un concert donné dans le cadre d’un cycle « chanteurs kabyles » où figurent aussi Akli D ou Takfarinas.

En 2007, en pleine campagne présidentielle française, Idir signe un album non politique mais républicain : La France des couleurs. L’album, « défend les couleurs de la France » comme aime à le répéter l’artiste lui-même. Sur cet album, il invite la jeune génération à composer avec lui des chansons autour de ce thème qui lui est cher, l’identité. De nombreux artistes comme Akhenaton, Grand Corps Malade, Zaho et beaucoup d’autres posent ainsi textes, rage et sensibilités aux côtés du tonton kabyle.

Pendant l’été de la même année, Idir fait en solo, une tournée hexagonale. Le 18 mars 2012, sa mère décède à l’âge de 96 ans d’une maladie.

Un nouvel album paraît le 4 février 2013, le même jour qu’un grand concert à l’Olympia avec en première partie la jeune chanteuse Nabila Dali. Ce nouvel opus, Adrar Inu (« Ma montagne »), est un retour aux sources, une œuvre intimiste, la plus personnelle de son répertoire. Il comprend notamment un titre consacré à la mémoire de sa mère. Mais pour autant, il inclut également l’adaptation d’un air britannique du xviie siècle, Scarborough Fair, une reprise d’un tube des Who (disponible uniquement en téléchargement), et un morceau de Beethoven.

En octobre 2017 il annonce qu’il va revenir chanter en Algérie lors d’une date unique : le 4 janvier 2018 (pour le nouvel an berbère Yennayer). Ce concert, qui aura lieu à la coupole d’Alger, marquera, après une absence de 38 ans, son retour sur scène en Algérie.

En janvier 2019, un concert est organisé sur la scène de l’AccorHotels Arena à Paris pour fêter le Nouvel An Berbère, Yennayer 2969. Ce concert réuni les trois stars de la chanson kabyle, Aït Menguellet, Allaoua et Idir pour la première fois.

Idir est mort le samedi 2 mai 2020, à l’âge de 70 ans, des suites d’une longue maladie, à l’hôpital Bichat à Paris (Paris).

Emmanuel N’Djoké Dibango (dit Manu Dibango, surnommé Papagroove ou Papa Manu) est un saxophoniste et chanteur camerounais de world jazz né le 12 décembre 1933 à Douala (Cameroun) et mort le 24 mars 2020 à Paris des suites du Covid-19. Il est connu pour sa chanson « Soul Makossa » (1972).

Né à Douala dans un milieu protestant, au printemps 1949, il débarque à Saint-Calais (Sarthe) pour poursuivre ses études avec seulement 3 kilos de café pour les payer. Ensuite étudiant à Chartres, puis à Château-Thierry au début des années 1950, il y découvre le jazz et y apprend le piano ; mais c’est à Reims où il prépare le baccalauréat qu’il s’initie au saxophone et commence à se produire dans les boîtes au grand dam de son père qui lui coupe les vivres en 1956.

Différents contrats le mènent à Bruxelles où il rencontre Coco, sa femme et mère de sa fille Georgia, Anvers et Charleroi où son jazz s’africanise au contact du milieu congolais dans l’ambiance de l’accession du Congo belge à l’indépendance en 1960. Grand Kalle l’engage dans son orchestre et ils enregistrent plusieurs disques qui remportent le succès en Afrique et les amènent à Léopoldville où Manu lance le twist en 1962. En revanche, le retour au Cameroun en 1963 est difficile et il regagne la France.

En 1967, Manu Dibango trône à la tête de son premier Big Band. Il crée et développe son style musical novateur et urbain pour une série d’émissions télévisées, « Pulsations » à la demande de Gésip Légitimus, producteur TV. Ainsi, il fut mis en relation avec Dick Rivers et Nino Ferrer, vedettes de l’époque ayant aussi participé aux émissions de Gésip Légitimus, qui l’engagent successivement.

En 1969, il enregistre des compositions personnelles qui lui font renouer avec le succès africain. En 1972, la face B d’un 45 tours, Soul Makossa (notamment samplé sur Wanna Be Starting Something de Michael Jackson et Please don’t stop the music de Rihanna – voir ci-dessous), fait la conquête des États-Unis et lui vaut d’y faire une tournée. Ses accents africains passionnent les musiciens noirs d’Amérique.

Le 9 novembre 1976, c’est la naissance de son fils Michel, puis, 6 ans plus tard, le 26 novembre 1982, de sa fille Marva.

Dans les années 1980, il accompagne notamment Serge Gainsbourg.

En 1992, Yves Bigot (FNAC Music) lui propose d’enregistrer Wakafrika, un album de reprises des plus grands tubes africains avec la crême des artistes africains et des musiciens internationaux. L’album, dont George Acogny assura la réalisation et Philippe Poustis la production exécutive, paraîtra dans le monde entier. Projet ambitieux de réunification musicale de l’Afrique, Manu revisite le patrimoine de la chanson en invitant les ténors Youssou N’dour sur Soul Makossa, King Sunny Ade sur Hi-Life, Salif Keïta sur Emma, Angélique Kidjo et Papa Wemba sur le très beau Ami Oh ! sans oublier Peter Gabriel, Sinéad O’Connor, Dominic Miller (guitariste de Sting) et Manu Katché (entre autres) … Le single, « Biko » (avec Alex Brown, Peter Gabriel, Ladysmith Black Mambazo, Geoffrey Oryema et Sinéad O’Connor) sera remixé à Atlanta par Brendan O’Brien.

En 1997, il créé le festival Soirs au Village (du titre d’une de ses chansons) dans la ville qui l’a accueilli, Saint-Calais. Ce festival a lieu tous les ans depuis.

En 2000, le chanteur guadeloupéen Luc Léandry l’invite sur le titre « Bondié bon » extrait de son album Peace and love.

En 2003, il devient grand-père pour la première fois d’un petit Mylian Emmanuel, puis plus récemment en 2008 d’une petite-fille prénommée Maïa.

Il est le parrain officiel de la vingtième édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) du 24 février au 3 mars 20071.

Le 3 février 2009, il décide d’attaquer les maisons de disques de Michael Jackson et Rihanna (Sony BMG, Warner et EMI) pour avoir utilisé sans autorisation le thème de Soul Makossa. Le tribunal a donné sa décision le 17 février 2009 en déboutant sur la forme le chanteur camerounais. Le fond de l’affaire sera jugé ultérieurment. Dans les années 1980, Manu Dibango avait trouvé un accord financier avec Michael Jackson pour l’utilisation de sa chanson dans l’album Thriller, mais l’interprète de Billie Jean a, par la suite, autorisé Rihanna a utiliser la musique de Dibango pour le titre Don’t Stop the Music.

Le 8 septembre 2015, la Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean, nomme Manu Dibango Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Rio 2016.

Le 2 juillet 2016, il passe en vedette au premier Jazz Festival de Port-Barcarès. Sa famille indique qu’un hommage lui sera rendu après la période de confinement.

Il est hospitalisé le 18 mars 2020 à la suite d’une infection par le coronavirus.

Manu Dibango est mort le mardi 24 mars 2020, à l’âge de 86 ans, du coronavirus, à Paris (France).

Renée Claude est une chanteuse et actrice canadienne québécoise née le 3 juillet 1939 à Montréal (Québec) et morte le 12 mai 2020 dans la même ville. Avec 50 ans de carrière et 20 albums studio, Renée Claude a marqué l’histoire musicale canadienne avec des titres comme « Tu trouveras la paix » (1971) ou encore « Viens faire un tour » (1970).

Née Renée Bélanger à Montréal le 3 juillet 1939, Renée Claude débute très jeune dans le métier. Elle suit des cours de piano à l’école de musique Vincent-d’Indy pendant plusieurs années, de même que des cours d’art dramatique avec le comédien Paul Hébert ainsi que des cours de chant avec Alphonse Ledoux. En 1955, alors qu’elle n’a que 16 ans, elle remporte le premier prix du concours radiophonique Les Découvertes de Billy Munro à la station CKVL, à Verdun.

Il lui faut attendre 1960 avant de faire ses débuts à la télévision, à l’émission Chez Clémence, de la Société Radio-Canada. Sur scène, c’est à Québec, à La Boîte à chansons, qu’elle fait ses premiers pas. Elle chante alors surtout les grands noms de la chanson française, en particulier les Léo Ferré, Georges Brassens, Jacques Brel, Gilbert Bécaud et Ricet Barrier, mais très tôt, elle se tourne vers les auteurs québécois, en commençant par Jean-Pierre Ferland qui lui écrit, avec le pianiste Pierre Brabant, la chanson La Marquise coton. Toujours de Ferland et Brabant, elle interprète Feuille de gui à Bruxelles en Belgique, au concours « Chansons sur mesure », et elle remporte le premier prix de l’année 1962. La chanteuse a définitivement fait son entrée dans le monde de la chanson québécoise, et son nom commence à se faire connaître auprès du public.

En 1963, Renée Claude signe un contrat chez Sélect et fait paraître un premier album incluant les titres suivants : La Marquise coton, Les Gens de la tournée, Vingt ans, Mon ange et Ce grand amour. Elle enregistre un deuxième album en 1964 (Pendant que, La Mélisa, Funambule…), puis un troisième en 1965 (Tu es noire, Qui donc me fera ma chanson ?…) et un quatrième en 1966 (Le Mal d’amour, Une vie, Les Gens de mon pays…), toujours sous étiquette Sélect, et pendant ce temps, elle accumule les honneurs (Tu es noire de Stéphane Venne et François Dompierre remporte le prix de la meilleure chanson de l’année 1965, style chansonnier, au Festival du disque, participation au Festival de Sopot en Pologne, deuxième participation au concours « Chansons sur mesure », etc.).

Parallèlement à cela, elle anime aux côtés d’Hubert Loiselle l’émission radiophonique Pour ceux qui s’aiment en 1965, et donne des concerts à l’Auditorium Le Plateau en 1964 et à la Comédie-Canadienne en 1966. À preuve que Renée Claude est devenue au fil des ans une artiste respectée par ses pairs, la boîte à chansons Le Patriote décerne depuis 1965 le trophée Renée-Claude à l’interprète qui s’y est le plus distingué au cours de l’année.

L’année 1967 en est une charnière pour Renée Claude et marque un tournant majeur dans sa carrière. Elle passe chez Columbia et connaît son premier grand succès avec l’album et la chanson Shippagan de Michel Conte. Elle se fait de plus en plus présente sur les scènes du Québec (Le Patriote, la Comédie-Canadienne…) et effectue une tournée québécoise aux côtés de Jacques Brel. Elle est même invitée à The Tonight Show et reçoit, en 1968, le trophée de la meilleure interprète au Gala des artistes, prix qu’elle recevra encore en 1969 et en 1970.

En 1969, elle change à nouveau de maison de disques et signe cette fois un contrat avec Barclay, où elle restera jusqu’en 1974 pour de nombreux disques. Elle lance alors les albums Renée Claude (1969), Le Tour de la terre (1969), Le Début d’un temps nouveau (1970), Tu trouveras la paix (1971), Je reprends mon souffle (1972), Ce soir je fais l’amour avec toi (1973) et Les Grands Succès Barclay (1973). Collaborant de plus en plus avec l’auteur-compositeur Stéphane Venne, devenu pour elle un ami, Renée Claude connaît un immense succès avec les chansons C’est notre fête aujourd’hui, Le Tour de la terre, La Rue de la Montagne, Tu trouveras la paix, Le Début d’un temps nouveau, C’est toi, c’est moi, c’est lui, c’est nous autres, Quand le temps tournera au beau, T’oublier, t’oublier et Sais-tu que je t’aime depuis longtemps. Travaillant également avec Michel Conte qui lui signe la splendide chanson Viens faire un tour, elle se voit remettre le premier prix du concours « La Clé d’Or » en 1970, grâce à ce titre. Cette même année, elle représente la Société Radio-Canada au Festival d’Athènes, en Grèce, puis elle chante à l’exposition universelle d’Osaka, au Japon, ainsi qu’à la Place des Arts de Montréal avec l’orchestre symphonique. Elle se rend en URSS, au Théâtre des Variétés de Moscou ainsi que dans plusieurs autres villes du pays, pour des tournées en 1971 et 1972, et participe au Festival de Caracas, au Venezuela.

Avec ses longs cheveux noirs, son look de bohémienne et son allure désinvolte, Renée Claude incarne alors l’esprit libertaire, féministe, tel qu’il prenait son essor dans les années 1970. Elle est aussi la première chanteuse à atteindre les meilleures positions du palmarès avec du matériel québécois original, et non pas des traductions de chansons américaines, comme cela se faisait si couramment à l’époque.

Outre Stéphane Venne, qui a fait de Renée Claude, d’Emmanuëlle et d’Isabelle Pierre ses trois muses, il y a le jeune auteur Luc Plamondon qui s’intéresse de près à la carrière de Renée Claude. Malgré ses nombreuses occupations auprès de Diane Dufresne, Plamondon trouve le temps dès 1972 d’écrire des textes pour Renée. Parmi ceux-ci, notons Cours pas trop fort, cours pas trop loin, C’est pas un jour comme les autres, Berceuse pour mon père et ma mère, et surtout La Bagomane et Ce soir je fais l’amour avec toi (sur des musiques de Michel Robidoux) et Un gars comme toi (sur une mélodie de Germain Gauthier). Elle interprète également des compositions de Christian Saint-Roch : Si tu viens dans mon pays, Vous qui vivrez demain et Le monde est fou.

Renée Claude est la première à enregistrer Le monde est fou, en 1973, chanson dont un fragment est devenu Hymne à la beauté du monde popularisé par la suite par Diane Dufresne en 1979, et endisqué également par Isabelle Boulay, plus récemment, en 1998. Luc Plamondon avait écrit Le monde est fou à la suite d’un événement troublant : l’immolation publique par le feu de la poète Huguette Gaulin à la Place Jacques-Cartier, dans le Vieux-Montréal, en 1972. Cette femme de seulement 28 ans criait à tue-tête « Vous avez détruit la beauté du monde » en cet instant tragique où elle disait adieu à la vie et l’idée est ainsi venue à Luc Plamondon de faire de cette phrase une chanson bouleversante.

Plus populaire que jamais, Renée Claude enregistre ses albums avec les musiciens du Ville Émard Blues Band et elle se produit à la Place des Arts à chaque année, entre 1971 et 1974. En 1975, elle est de la distribution des spectacles à grand déploiement de la Fête nationale du Québec qui se déroulent un peu partout et plus précisément le soir du 24 juin, elle est l’une des dix personnalités féminines à chanter auprès de Jean-Pierre Ferland sur le Mont Royal pour un concert mémorable. Parmi les autres chanteuses unies pour célébrer Ferland, on peut souligner les présences de France Castel, Emmanuëlle et Ginette Reno pour ne citer que ces quelques noms. Toujours en 1975, elle prête sa voix à l’album Neiges d’André Gagnon, ce dernier lui ayant dédié sa Chanson pour Renée Claude. Cette même année, elle endisque son treizième album (Je suis une femme) puis un quatorzième album qui va suivre dès l’année 1976 (L’Enamour, le désamour) et elle connaît encore une fois de beaux succès avec les extraits de ces deux derniers opus, dont Je suis une femme, Ça commence comme ça les histoires d’amour, Je recommence à vivre, Rêver en couleur, L’Amante et l’épouse et C’est l’amour qui mène le monde.

Elle participe en 1976 au Festival de Spa, en Belgique, puis après un court temps de repos, elle enregistre en 1978 le 45 tours Are You Lonesome Tonight et la chanson Saint-Jovite en duo avec Jean Robitaille, deux titres qui connaissent une belle popularité. À la fin des années 1970, Renée Claude retrouve son ami Stéphane Venne et elle travaille de nouveau avec lui. Elle offre à son public en 1979 un quinzième microsillon intitulé Bonjour et qui se signale par les chansons Prends-moi, Le Bonheur, Monsieur mon homme, Beau comme « bonjour », Prends ton temps et Je suis un chat. La même année, elle diversifie son métier et coanime avec Winston McQuade l’émission L’Heure de pointe à la Société Radio-Canada.

Avec l’arrivée des années 1980, Renée Claude délaisse un peu sa carrière de chanteuse populaire afin de rendre de nombreux hommages aux artistes qu’elle aime. Elle débute dès 1980 avec un spectacle intitulé Moi c’est Clémence que j’aime le mieux, spectacle de chansons, de monologues et de poèmes qui rend hommage à son amie Clémence Desrochers et que Renée présente au Théâtre de Quat’sous à Montréal et partout au Québec ainsi qu’à Paris. À partir de ce moment, Renée Claude est accompagnée par François Dubé qui devient son pianiste pour les 30 prochaines années.

Dans la foulée de ce succès, elle enregistre en 1981 un album complet de chansons de Clémence Desrochers qui porte le même titre que le spectacle ci-haut mentionné et qui contient les chansons La Vie d’factrie, Je ferai un jardin, On a eu un bien bel été, Ça sent l’printemps, Ton départ et L’Homme de ma vie. En alternance avec cet hommage à Clémence, Renée Claude crée le spectacle J’ai rendez-vous avec vous en 1981, cette fois pour honorer Georges Brassens, qu’admire tant l’interprète. Elle rend d’ailleurs avec justesse les chansons poétiques, pleines de verve et de non-conformisme de Brassens et, comme elle l’a fait précédemment pour Clémence, elle enregistre en 1983 un disque entièrement consacré à l’œuvre de Brassens. L’album, qui sera réédité en disque compact dix ans plus tard, en 1993, contient notamment les titres suivants : J’ai rendez-vous avec vous, Au bois de mon cœur, Les Copains d’abord, Chanson pour l’Auvergnat, Les Amoureux des bancs publics, Il n’y a pas d’amour heureux, La Marche nuptiale et La Ronde des jurons dont l’adaptation québécoise du deuxième couplet et du deuxième refrain faite par Plume Latraverse est remarquable. Renée Claude remonte par la suite régulièrement sur scène, à la demande générale, pour présenter ses spectacles sur Desrochers et Brassens qu’on lui redemande sans cesse, toujours avec François Dubé au piano.

En 1986, elle revient à la chanson populaire avec un album, appuyé par des musiques beaucoup plus rock. Avec le parolier et réalisateur Marc Desjardins, le guitariste Serge Laporte et le compositeur Germain Gauthier, elle lance le microsillon Le Futur est femme dont la chanson titre connaît un beau succès. L’album, qui contient aussi les titres Une de trop, Marcher sur l’eau, Bleu nuit, Coup de cafard, Mathématique et Je n’ai plus peur du noir, est réédité en disque compact 18 ans plus tard, en 2004. Cependant, malgré ce succès, et après le lancement d’une dernière chanson populaire (le 45 tours Mes nuits vidéo en 1989), elle disparaît complètement de ce domaine afin de toucher à d’autres facettes de son métier et surtout, de rendre hommage à son autre idole de toujours, Léo Ferré.

En janvier 1987, Renée Claude présente au public un nouveau spectacle en compagnie de Claude Léveillée, un show-concept intitulé Partenaires dans le crime. Les deux artistes se partagent la scène du Théâtre Arlequin avec un évident bonheur, et la critique est, comme toujours, très bonne envers le travail de Renée. En 1988, après avoir participé au spectacle rétro De Jeunesse à aujourd’hui, elle se rend à Saint-Malo, en France, pour participer cette fois au Festival de la chanson québécoise, puis à Sète, lieu de naissance de Brassens, pour chanter au Festival de cette ville.

En 1990, sous la direction d’André Brassard, elle est de la distribution de l’opéra Nelligan, sur un livret signé par l’écrivain Michel Tremblay sur des musiques d’André Gagnon. Renée y interprète le rôle de la journaliste Robertine Barry, alias Françoise, amie et protectrice d’Émile Nelligan. Heureuse et fière de cette expérience, Renée Claude prend le goût du métier de comédienne et veut pousser plus loin l’approfondissement de ce nouveau volet.

Dès 1991, elle joue dans la pièce de théâtre Tu faisais comme un appel de Marthe Mercure, puis dans la série télévisée de Janette Bertrand L’Amour avec un grand A, en 1992, en particulier dans l’épisode Ça fait pas partie de la job qui raconte la vie de diverses femmes harcelées sexuellement par leurs patrons. Renée Claude a l’occasion de donner la réplique à des acteurs chevronnés. Elle revient au théâtre à l’été 1992 et retrouve le metteur en scène André Brassard qui la dirige cette fois dans Marcel poursuivi par les chiens de Michel Tremblay. Renée Claude est aussi au générique du téléroman Triplex de Christian Fournier (en 1994-1995), dans le rôle d’Angèle.

Elle est l’une des actrices du film de Denise Filiatrault C’t'à ton tour, Laura Cadieux (1997). Le résultat est fort concluant puisque le film est un très grand succès commercial. Renée Claude apparaît aussi dans le film Station nord du réalisateur Jean-Claude Lord, en 2002.

Parallèlement à son travail de comédienne, Renée Claude réalise un autre projet qui lui est cher : celui d’un nouveau spectacle, cette fois pour rendre hommage à Léo Ferré. Ce spectacle, dont les arrangements et l’accompagnement (que l’on retrouvera sur l’album) est assuré par le pianiste Philippe Noireaut voit le jour en 1993 et il a pour nom On a marché sur l’amour. Ferré décède quelques jours seulement avant la première, ce qui donne une plus grande dimension encore au spectacle, une plus grande fébrilité. Ce tour de chant, qui explore les grands thèmes du poète (l’amour, la mort, la solitude, l’anarchie…) obtient un énorme succès, tant critique que populaire, et Renée Claude va se promener avec lui d’un bout à l’autre du Québec. En effet, entre 1993 et 1996, elle sera sur les scènes des théâtres du Café de la Place des Arts, de La Licorne, du Théâtre de Quat’Sous (tous à Montréal) et du Théâtre Le Petit Champlain (à Québec) de même qu’ailleurs au pays, puis elle va présenter son concert hommage en France, en Suisse et en Italie. Afin d’appuyer le tout, elle lance sur le marché, en 1994, un disque double, un coffret intitulé On a marché sur l’amour : Renée Claude chante Léo Ferré et l’album se voit remettre en avril 1996, le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros. Le coffret contient notamment les chansons Vingt ans, Y’a une étoile, Les Anarchistes, Ni dieu ni maître, Pauvre Rutebeuf, Je chante pour passer le temps, C’est extra, La mémoire et la mer, Avec le temps…

En août 1997, aux funérailles de la jeune comédienne Marie-Soleil Tougas, c’est à Renée Claude que l’on fait appel pour venir chanter un titre de Léo Ferré. Renée fait le choix de chanter Y’a une étoile en hommage à la jeune femme, une chanson qu’elle considère joyeuse et taquine, à l’image de Marie-Soleil.

Elle participe aussi au spectacle et au disque La Mémoire des boîtes à chansons aux côtés de Claude Dubois, André Gagnon, Claude Léveillée, Robert Charlebois, Pierre Létourneau, Jean-Pierre Ferland, Claude Gauthier, Bruno Pelletier et Louise Forestier. En 1997, l’album double Les Refrains d’abord est lancé : ce coffret est une réédition des quatre premiers albums (1963-1966) de la chanteuse. L’année suivante, en 1998, c’est au tour de la double compilation C’était le début d’un temps nouveau de voir le jour : il regroupe 34 des plus grands succès de Renée Claude, tous extraits de sa prolifique période Barclay (1969-1974).

Après quelques années d’une présence plus discrète, Renée Claude revient en 2006 avec un double album intitulé Entre la Terre et le soleil – Renée Claude chante Luc Plamondon. La chanteuse a pu réussir l’exploit de regrouper en un seul coffret toutes les chansons écrites pour elle par Plamondon depuis 1971 jusqu’à 2006. Aucune chanson n’a été omise et, pour l’occasion, Plamondon lui offre un tout nouveau titre sur une musique d’André Gagnon, Ballade pour mes vieux jours.

Après avoir chanté les plus grands, tant européens que québécois, après avoir rendu de vibrants hommages à Brassens, à Ferré et à Clémence Desrochers, après avoir contribué à faire connaître le talent des auteurs-compositeurs du Québec (Stéphane Venne, Luc Plamondon et Germain Gauthier, entre autres), Renée Claude a réussi à marquer à sa façon et pour toujours la culture collective québécoise.

Le 8 mars 2019, Journée internationale des droits de la femme, un mois après qu’il fut révélé que Renée Claude est hospitalisée souffrant de la maladie d’Alzheimer, 11 chanteuses du Québec (Céline Dion, Ginette Reno, Isabelle Boulay, Diane Dufresne, Laurence Jalbert, Catherine Major, Ariane Moffatt, Marie-Élaine Thibert, Marie-Denise Pelletier, Louise Forestier et Luce Dufault) enregistrent son grand succès Tu trouveras la paix pour ramasser de l’argent pour le Fonds de la recherche sur la maladie d’Alzheimer du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). À l’aube de son 80e anniversaire, l’initiative est due à l’animatrice Monique Giroux et le président de GSI Musique, Nicolas Lemieux. La réalisation musicale est confiée à Simon Leclerc.

Renée Claude est morte le mardi 12 mai 2020, à l’âge de 80 ans, du coronavirus, à sa résidence à Montréal (Canada, Québec).

Hamilton Frederick Bohannon (né le 7 mars 1942 à Newnan (Géorgie, États-Unis) et mort le 24 avril 2020 à Atlanta), connu aussi sous le nom de Bohannon, est un musicien américain connu comme l’une des figures importantes du disco des années 1970. Producteur américain iconique de musique funk considéré par ailleurs comme l’un des précurseurs du disco. Il côtoyait les plus grands : Stevie Wonder, Jimi Hendrix… Il est notamment connu pour le titre Let’s Start The Dance.

Hamilton Bohannon est mort le vendredi 24 avril 2020, à l’âge de 78 ans, à Atlanta (USA).

David Paul Greenfield, dit Dave Greenfield, né à Brighton le 29 mars 1949 et mort le 3 mai 2020, est un musicien britannique. Claviériste du groupe de rock The Stranglers depuis 1975, guitariste de plusieurs groupes amateurs ou professionnels avant 1975, il migre par hasard aux claviers. Bien que n’étant pas vraiment un compositeur, le son de ses claviers entre pour beaucoup dans la définition du son des Stranglers.

Né le 29 mars 1949 à Brighton, David Paul Greenfield est le fils d’un ancien musicien professionnel qui s’est reconverti dans l’imprimerie. Au lycée, il fait la connaissance d’un camarade plus âgé qui lui apprend la guitare et l’enrôle, en tant que guitariste rythmique, dans son groupe amateur : The Ambassadors. En parallèle, il apprend le piano tout seul à la maison et la théorie musicale à l’école. Entre The Ambassadors et The Stranglers, il va intégrer dix-huit groupes amateurs ou professionnels et migrer aux claviers, un peu par hasard, parce qu’un de ces groupes a besoin d’un claviériste.

Né le 29 mars 1949 à Brighton, David Paul Greenfield est le fils d’un ancien musicien professionnel qui s’est reconverti dans l’imprimerie. Au lycée, il fait la connaissance d’un camarade plus âgé qui lui apprend la guitare et l’enrôle, en tant que guitariste rythmique, dans son groupe amateur : The Ambassadors. En parallèle, il apprend le piano tout seul à la maison et la théorie musicale à l’école. Entre The Ambassadors et The Stranglers, il va intégrer dix-huit groupes amateurs ou professionnels et migrer aux claviers, un peu par hasard, parce qu’un de ces groupes a besoin d’un claviériste.

L’audition a lieu dans la maison de Chiddingfold que Jet Black a louée pour le groupe et Dave Greenfield est instantanément adopté. Hugh Cornwell dira plus tard, que son style proche de celui de Ray Manzarek a fait pencher la balance en sa faveur. Son premier concert avec le groupe a lieu le 24 août 1975 au Watchfield Free festival, moins d’un mois après son arrivée. Selon l’un des premiers managers du groupe, Brian Crook : « L’influence de Dave sur le groupe est essentielle. Il les a soudés, sans aucun doute. Son habileté à jouer était remarquable. Ils ne pouvaient plus échouer à partir de ce moment-là. Le jour où il a été embauché, vous pouviez dire avec certitude qu’ils allaient y arriver. » Outre le fait qu’il tire les trois autres vers le haut, il apporte quelque chose de différent et permet au groupe de trouver son style. Jean-Jacques Burnel témoignera également à ce sujet : « Quand Dave est arrivé, il a apporté un côté plus sombre dans le mélange avec son orgue gothique et j’ai pu m’identifier davantage avec ça. Nous avons commencé à trouver une direction. » Dave Greenfield lui-même dépeint le groupe, à partir de là, comme les quatre pôles opposés d’un aimant.

Étant le musicien le plus doué et le seul qui soit un professionnel à son arrivée, son incorporation est liée au succès du groupe. Un de leurs proches rapportera : « Je sais qu’il y avait l’idée dans l’air que Dave leur donnait beaucoup de son temps et que, s’ils ne décollaient pas, alors il s’en irait, ferait autre chose et choisirait un autre vecteur, ce qui était normal. » Finalement, Dave Greenfield se stabilisera avec les Stranglers pendant tout le reste de sa carrière et enregistrera avec eux ses premiers albums. Il collaborera également avec JJ Burnel sur plusieurs projets solo initiés par celui-ci.

Dave Greenfield est mort le dimanche 3 mai 2020, à l’âge de 71 ans, du coronavirus. Admis à l’hôpital pour des problèmes cardiaques, il y contracte la maladie de type Coronavirus, appelée covid-19, durant la pandémie de l’année 2020.

Kenny Rogers, né le 21 août 1938 à Houston (Texas) et mort le 20 mars 2020, est un acteur, chanteur de musique country et compositeur américain. Ce grand nom de la musique country a vendu des dizaines de millions de disques, a remporté 3 Grammys et a été la vedette de téléfilms. Sa carrière de chanteur et d’acteur s’est étalée sur plus de 60 ans. Il est connu pour ses chansons « Islands in the Stream » (1982), « The Gambler » (1978) ou « Coward Of The County » (1979).

Kenny Rogers est le quatrième des sept enfants de Floyd Rogers et de sa femme Lucille, respectivement charpentier et infirmière. D’après les registres de naissances de l’État du Texas, son deuxième prénom est Ray et il est en effet parfois appelé « Kenneth Ray Rogers » dans les génériques des films auxquels il participe.

Marié cinq fois, sa quatrième femme était l’actrice Marianne Gordon Rogers. Jusqu’à ce qu’il décède sa cinquième femme a été Wanda Miller. Rogers a une fille et quatre fils, dont des jumeaux nés en 2003.

Sa carrière commence pendant les années 1950, quand il enregistre plusieurs chansons avec un groupe de doo-wop appelé The Scholars. Rogers n’est pas le chanteur principal, et le groupe s’arrête après deux singles quand le leader décide de faire une carrière solo.

Resté seul, Kenneth Rogers lance son propre single That Crazy Feeling (1958) et connait un petit succès. Il rejoint The Bobby Doyle Trio, groupe de jazz avec lequel il joue dans des clubs et enregistre avec Columbia Records. Le groupe se sépare en 1965 et le single jazz que Rogers enregistre l’année suivante pour Mercury Records est un échec. Rogers travaille en tant que producteur, auteur et musicien pour d’autres artistes, dont les chanteurs country Mickey Gilley et Eddy Arnold. En 1966, il rejoint les New Christy Minstrels en tant que chanteur et contrebassiste.

Le succès du groupe n’étant pas celui sur lequel il compte, Rogers quitte le groupe, entraînant avec lui trois autres membres : Mike Settle, Terry Williams et Thelma Camacho. Ensemble, ils créent First Edition en 1967, qui devient « Kenny Rogers and The First Edition », et accumule les succès dans les classements de ventes de musique pop et country avec, entre autres, Somethings Burning, Ruby, Don’t Take Your Love to Town, Reuben James et Just Dropped In (To See What Condition My Condition Was In). Pendant cette période, Rogers présente tous les aspects du hippie : long cheveux bruns, boucle d’oreille et lunettes de soleil rose. Rétrospectivement surnommé « Hippie Kenny », Rogers a un style vocal beaucoup plus doux à cette époque que celui qu’il aura plus tard.

Quand le groupe se sépare en 1976, Rogers lance sa carrière solo. Ses compositions deviennent rapidement plus policées, chantées avec une voix parfois rauque mais toujours mélodieuse qui attire le public pop tout comme les fans de country. Plus de 60 chansons enregistrées par Kenny Rogers ont atteint le top 40 des meilleures ventes US (dont 25 se sont placées en no 1 des ventes) et 50 de ses albums se sont classés dans les meilleures ventes. Ses compositions ont aussi été utilisées dans de nombreuses bandes originales de films tels que Convoy, Urban Cowboy et The Big Lebowski.

Sorti en novembre 1978, l’album The Gambler se vend entre 30 et 35 millions d’exemplaires, ce qui représente un quart de ses ventes totales d’albums1,2.

Kenneth Rogers chante également dans la célèbre chanson We Are the World.

Il sort en 1980 ce qui reste un des plus grands succès de sa carrière : Lady (en).

Kenny Rogers est mort le vendredi 20 mars 2020, à l’âge de 81 ans, à son domicile de Sandy Springs (USA, Géorgie).

Millicent Dolly May Small, connue comme Millie Small, née le 6 octobre 1947 dans la paroisse de Clarendon (Jamaïque) et morte le 5 mai 2020 à Londres (Royaume-Uni), est une chanteuse et compositrice jamaïcaine, surtout connue pour son enregistrement de 1964 de « My Boy Lollipop », qui a atteint le numéro 2 dans le UK Singles Chart et le Billboard Hot 100 des États-Unis. Elle est la première à avoir popularisé le ska et le reggae au Royaume-Uni. Sur ses disques britanniques, elle était généralement créditée sous le nom de Millie.

Millie Small est morte le mardi 5 mai 2020, à l’âge de 72 ans, à Londres (Royaume-Uni).

Graeme Allwright, né le 7 novembre 1926 à Wellington (Nouvelle-Zélande) et mort le 16 février 2020 à Couilly-Pont-aux-Dames, est un chanteur de folk et auteur-compositeur-interprète français d’origine néo-zélandaise. Il a adapté et introduit en français les oeuvres du protest song américain (chanteurs contestataires comme Woody Guthrie et Pete Seeger notamment), ainsi que de nombreuses chansons de Leonard Cohen mais aussi composé des chansons entrées dans la mémoire collective française.

Graeme Allwright est le père des acteurs Christophe Allwright, Jacques Allwright et Nicolas Allwright (de son union avec Catherine Dasté, fille de Jean Dasté) et de Jeanne Allwright (de son union avec Claire Bataille, qui fut aussi son agent artistique).

Graeme Allwright est né le 7 novembre 1926 à Wellington (Nouvelle-Zélande) où il passe toute son enfance avec sa famille. Adolescent, il est passionné de théâtre. Ayant obtenu une bourse pour intégrer la compagnie du théâtre Old Vic de Londres, il décide de quitter sa famille pour s’installer à Londres et y apprendre le théâtre. Il fait la traversée en s’engageant comme mousse sur un bateau, car il n’a pas d’argent pour se payer le voyage. À Londres, il fait la rencontre de la comédienne Catherine Dasté, issue d’une famille du théâtre, puisqu’elle est la petite-fille de Jacques Copeau (fondateur du théâtre du Vieux-Colombier) et la fille de Jean Dasté (directeur de la Comédie de Saint-Étienne) et de Marie-Hélène Dasté.

En 1948, il suit Catherine Dasté et s’installe en France et l’épouse en 1951 à Pernand-Vergelesses (Côte-d’Or), le village de Jacques Copeau. Graeme Allwright y exerce de très nombreux métiers, de la scène à la régie. Il devient ensuite apiculteur, animateur pour enfants à l’hôpital, moniteur en hôpital psychiatrique, professeur d’anglais (il a notamment comme élève Philippe Lavil) et de théâtre à l’école secondaire de la Roseraie à Dieulefit (Drôme).

Encouragé par des amis stéphanois amateurs de blues, il monte à Paris au début des années 1960 et chante dans des cabarets (notamment à La Contrescarpe). Les conditions sont dures. Il rode souvent ses chansons chez des amis peintres ou sculpteurs à La Ruche à Montparnasse. Il est alors accompagné par le guitariste stéphanois Genny Detto. Au Centre américain du boulevard Raspail, il retrouve bientôt deux musiciens de folk traditionnel. Son talent séduit Colette Magny et Mouloudji, et ceux-ci le poussent à enregistrer son premier disque, Le Trimardeur, produit par Marcel Mouloudji en 1965 alors que Graeme est âgé de 39 ans. S’ensuit un premier contrat avec Philips, et ses deux albums de 1966 et de 1968, aux tonalités protest-song, le projettent au premier plan chez les jeunes.

Graeme Allwright est parmi les premiers introducteurs en France du folk américain, dans sa veine protest-song. Il se revendique chanteur, il écrit assez peu, préférant « se glisser dans les mots d’un autre » quand il ressent que le message est commun. Il s’inscrit dans la lignée de Woody Guthrie et de Pete Seeger. Il a adapté de nombreux textes de Guthrie, parmi lesquels sa première chanson Le Trimardeur (Hard Travelin’), Le clochard américain, La Femme du mineur, La Mouche bleue, etc. Il a également adapté des chansons de Tom Paxton (Sacrée bouteille), Pete Seeger (Jusqu’à la ceinture), Malvina Reynolds (Petites Boîtes) ainsi que de Bob Dylan (Qui a tué Davy Moore ?). Ses mots simples et son accent charmeur donnent à ses textes une proximité immédiate, et une force empathique singulière.

Il a également largement contribué, par ses adaptations très fidèles de Leonard Cohen, à faire découvrir ce dernier au public français (Suzanne, L’Étranger, Demain sera bien, etc.)

Cependant, ses propres textes ont également une grande puissance (Les Retrouvailles (Il faut que je m’en aille), Johnny, Joue joue joue, etc.). Politiquement engagé pour la non-violence, contre les essais nucléaires, contre la société de consommation, il écrit ou adapte de nombreux textes de protest-song (le Jour de clarté, la Ligne Holworth, Jusqu’à la ceinture, etc.)

En 1970, après les deux disques qui ont fait son succès, il produit deux albums en anglais, A Long Distant Present From Thee… Becoming et Recollections, qui sont peu connus (et n’ont pas été complètement réédités en dehors de compilations). Le premier de ces disques, en développant un genre folk psychédélique, tranche notamment avec la période précédente de Graeme Allwright.

Assez rapidement, Graeme Allwright s’éloigne volontairement de l’industrie du spectacle, car cela ne correspond pas à sa philosophie. Refusant la relation artiste/fan classique malgré son succès dans les années 1970, il mène une carrière en marge des médias (dont les directions le censurent depuis sa participation à la lutte du Larzac, et l’adresse directe dans sa chanson Pacific blues en particulier contre Valéry Giscard d’Estaing et les essais nucléaires français).

En 1980, Graeme Allwright chante avec Maxime Le Forestier au Palais des sports. Les bénéfices des concerts et du double album sont entièrement reversés à l’association Partage pour les enfants du tiers-monde, fondée par Pierre Marchand, et que Graeme Allwright a soutenue à ses débuts.

Dans les années 80, il produit plusieurs albums où l’on retrouve une association de titres à consonance folk et d’interprétations de textes d’amis poètes ou penseurs dont Maurice Cocagnac et Luis Porquet. En 1985, Graeme Allwright interprète des adaptations en anglais de chansons de Georges Brassens adaptées par Andrew Kelly.

Plusieurs de ses chansons deviennent des classiques familiers de la chanson française : Les Retrouvailles (Il faut que je m’en aille), Petit Garçon (adaptation en français de la chanson Old Toy Trains de Roger Miller), Jolie bouteille, Jusqu’à la ceinture, etc. Ses classiques sont connus de plusieurs générations en France, même si le nom de leur auteur est souvent ignoré.

Dans les années 2000, il ajoute le jazz, passion de son adolescence, à son répertoire (album Tant de joies avec le Glenn Ferris quartet). Puis il reprend inlassablement la scène, accompagné le plus souvent de ses amis musiciens malgaches Erik Manana et Dina Rakatomanga, offrant toujours régulièrement « dans les p’tits patelins » de chaleureux concerts, au cours desquels, en toute simplicité et dans une intense empathie, il communique sa quête « d’une étoile qu’il n’a jamais vraiment nommée ».

En janvier 2010, l’Académie Charles-Cros lui décerne un « grand prix in honorem » pour l’ensemble de sa carrière, et un « coup de cœur » pour son album Des inédits… Pour le plaisir. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. En 2014, son adaptation française de la chanson Petit garçon (Old Toy Trains, de Roger Miller) devient l’hymne du Téléthon. Alors qu’il avait déclaré vouloir continuer à chanter pour apporter du bonheur tant que sa santé lui permettrait, il annonce dans ses concerts de 2015, à l’âge de 89 ans, arrêter la scène. En 2017, il co-signe avec l’artiste Yanne Matis la chanson Leonard, en hommage à son « double », Leonard Cohen, mort l’année précédente.

Graeme Allwright est mort le dimanche 16 février 2020, à l’âge de 93 ans, à la maison de retraite des artistes de Couilly-Pont-aux-Dames (France, commune française située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France)

Lionel D, de son vrai nom Lionel Eguienta, est un animateur de radio et rappeur français né le 23 décembre 1961 à Paris et mort le 26 février 2020 à Londres. Auteur d’un seul album et de trois maxis, il est pourtant l’un des pionniers du mouvement hip-hop et plus particulièrement du rap en France, au travers notamment de l’émission Deenastyle qu’il anime avec Dee Nasty dans les années 1980 sur Radio Nova.

Né le 23 décembre 1961 dans le 15e arrondissement de Paris, d’une mère auvergnate et d’un père antillais, il grandit Vitry-sur-Seine. Il s’est fait connaître durant les années 1980 sous le nom de Lionel D au travers de différentes émissions de radio comme celle animée par Dee Nasty et Bad Benny sur Radio Diffusion Handicapé (RDH). Lionel D intègre ainsi l’équipe de la radio nommée Platinum Squad par Dee Nasty en 1984. Cette émission commence au même moment que celle de Sidney (Rappers Dapper Snapper sur Radio 7) lors de l’émergence des radios libres en France, en 1981.

Parallèlement à la radio, il forme le groupe Fresh MC Four avec d’autres rappeurs pionniers à Vitry-sur-Seine comme JND, Général Murphy et Frisco.

A partir de 1988, il anime sur Radio Nova le Deenastyle avec Dee Nasty ; c’est à l’époque une émission de référence qui reçoit la majorité des rappeurs parisiens :

« Toute la génération de rappeurs de la décennie suivante 1990 — gamins à l’époque — allait écouter religieusement les deux heures d’émission — de 22 heures à minuit — tous les dimanches soirs pendant deux ans de 1988 à 1989. »

— Dee Nasty

Grâce à son émission sur Nova, Lionel D permet en 1989 de faire découvrir sur les ondes le groupe NTM, mais aussi Assassin, MC Solaar ou encore les rappeurs du Ministère A.M.E.R., lançant à ces derniers un prémonitoire « Je vous reçois très cool, ne me mettez pas les boules. Un jour vous rapperez devant de grandes foules. »

Les carrières radiophonique et musicale de Lionel D sont étroitement liées, puisque c’est grâce à une maquette réalisée dans les studios de Nova que Lionel D est repéré par un sous-label de Sony Music et peut sortir ses premiers disques en 1990 : les maxis Y’a pas de problème puis Pour toi le Beur. Ce dernier, basé sur un sample du morceau El Nay (Atini el Nay Wa Ghanni) de la chanteuse libanaise Fairuz, est considéré comme l’un des premiers raps en France exprimant sur disque le malaise éprouvé par les Beurs et est assez mal accueilli à sa sortie : selon Dee Nasty, il est même retiré de la vente dans certains magasins à causes de menaces dues au contexte politique de la guerre du Golfe.

Il continue à faire de son rap un vecteur d’expression du malaise provoqué par l’actualité du monde via le morceau Monsieur le Président qui sort sur l’album lui aussi intitulé Y’a pas de problème, toujours en 1990 ; cependant cet album ne remporte pas le succès escompté.

En 1991, il publie son dernier disque officiel, Il y a des gens. Sa dernière apparition discographique est une collaboration avec le groupe Mad in Paris sur l’album Mad in Paris sorti en 1996.

Lionel D est l’un des pionniers du rap en France et notamment de la scène freestyle. Il est d’ailleurs l’un des premiers à rapper en français.

En 1982, à l’occasion d’une tournée française d’Afrika Bambaataa, Lionel D est intronisé membre de la Zulu Nation en compagnie de Princess Erika et Dee Nasty au Bataclan. En 1986, il participe, sous l’impulsion de Dee Nasty, à des événements hip-hop nommés « free jams » organisés sur le terrain vague de La Chapelle.

Il participe au deuxième épisode de la série d’émissions de Canal+ L’Œil du cyclone où il commente l’année 1991 aux côtés d’autres acteurs du mouvement hip-hop en France tels que Dee Nasty, MC Solaar, IAM ou les Little MC. Il est plusieurs fois l’invité d’émissions de télévision, qu’elles soient consacrées au rap comme RapLine d’Olivier Cachin sur M6, ou à l’actualité de la ville et de la banlieue comme Saga-Cités de Bernard Loche sur France 3, mais ses apparitions se font de plus en plus sporadiques jusqu’à une quasi-disparition vers le milieu des années 1990.

En 2011, plusieurs magazines et webzines prétendent qu’il serait mort en 2010 dans l’anonymat médiatique. Certaines personnes de la communauté hip-hop française, convaincus par cette rumeur, lui rendent même hommage au travers de blogs, de vidéos, voire de graffitis.

Fin août 2016, International Hip Hop Magazine (IHH) publie une interview exclusive de Lionel D qui dément la rumeur. Lionel D y déclare qu’il « n’a jamais donné d’interview à quiconque depuis plus de vingt ans ».

Lionel D est mort le 26 février 2020, à l’âge de 58 ans, d’un arrêt cardiaque, dans un hôpital à Londres (Angleterre).

HOMMAGE AUX ARTISTES DCD DEPUIS JANVIER 2020 16 06 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 18 h 45 min

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Hommage aux artistes DCD depuis janvier 2020. L’idée m’est venue car avec le covid 19 certains musiciens que j’appréciais sont partis. Du coup je me suis penché sur ces artistes qui était DCD depuis le début de l’année. Dans ce 1er volet vous retrouverez. Jimmy Cobb, Tony Allen, Mory Kante, Lucky Peterson, Lexii Alijai, Little Richard, Moon Martin, G.P.O. Nous continuerons la semaine prochaine avec 1 second volet. En introduction de l’émission un hommage tout particulier à Maurice Rajsfus militant infatigable contre les violences policières et donc d’Etat, antisioniste convaincu, même s’il admet que l’idée de départ était généreuse. antiraciste et antifasciste, tout au long de sa vie il n’a cessé le combat. Il était également écrivain, journaliste et historien. Je vous salue Mr Rajsfus nous continuerons ce combat pour vous, nous et la jeunesse à venir. Vous pouvez retrouver l’émission sur

https://www.mixcloud.com/skuale/

 ou

https://www.mixcloud.com/radiolibertaire/

Maurice Rajsfus est fils de parents juifs polonais arrivés en France en 1923 et 1924. Son père Mushim Plocki, né à Ilza le 22 janvier 1892, avait enseigné en Pologne. Sa mère, Riwka Rajsfus, était née le 16 novembre 1900 à Bledow dans un milieu rural très pauvre. En France, ses parents gagnèrent leur vie comme marchands forains de bas et chaussettes dans les villes de la banlieue Nord comme Aubervilliers ou Saint-Denis. Après avoir obtenu le certificat d’études primaires en juin 1940, Maurice Rajsfus fut scolarisé au collège de Vincennes (Seine, Val-de-Marne) jusqu’en classe de 5e mais n’alla cependant pas au-delà. Durant l’automne 1940, sa famille dut apposer l’affichette « entreprise juive » sur son étalage, puis lorsqu’elle se vit interdire d’exercer la profession de marchand forain, son père fut manutentionnaire sur un chantier vers Chaville (Hauts-de-Seine). Enfin, au matin du 16 juillet 1942 – début de la rafle du Vel’d’Hiv -, sa famille était arrêtée à Vincennes, où elle résidait à l’époque, par des policiers français. Conduits dans un lieu de regroupement à Vincennes, 5, rue Louis Besquel, avec une centaine de personnes, ils attendaient le départ vers une destination inconnue. Vers 15 heures, un policier leur annonça que les enfants de nationalité française de 14 à 16 ans pouvaient sortir. Seuls les Plocki demandèrent à leurs enfants, Maurice et sa sœur Jenny (Eugénie), de partir, leur sauvant ainsi la vie. Les parents, transférés à Auschwitz le 27 juillet, y disparurent. Ils leur donnèrent tout ce qu’ils avaient de précieux, argent, alliances, montre… Jenny, née en décembre 1925, avait 16 ans, Maurice 14. Revenus dans l’appartement des parents, les deux jeunes gens réussirent à s’en sortir grâce notamment à Monique Lemarquis (voir René Lemarquis), une voisine et amie de Jenny, et à sa mère. Ils bénéficièrent également d’une aide financière versée par la mairie de Vincennes aux enfants de déportés et par l’UGIF (Union générale des israélites de France), ce qui leur permit de payer leur loyer. Jenny poursuivit ses études jusqu’au Bac, puis elle devint institutrice. Maurice fut admis à la mi-septembre 1942, comme apprenti ajusteur dans une école technique de l’Organisation de Reconstruction par le Travail (ORT), une association philanthropique juive, située dans le XVIIIe arrondissement. Ayant vite compris que ce n’était pas sa voie, il fut placé en apprentissage chez un sertisseur-joailler. Portant son étoile jaune, il parcourait les rues de Paris pour effectuer les livraisons, non sans se mettre parfois en danger quand il passait près des locaux de la Milice de Vichy ou de la LVF.

La famille de Maurice Rajsfus était athée – enfant, il ignorait ce que le mot « judaïsme » pouvait signifier, se souvenant pourtant, enfant, de la grande fête ouvrière que fut le printemps 1936 et aussi de la Guerre d’Espagne. Durant l’été 1937, il partit avec sa sœur en colonie de vacances à l’île de Ré (village de La Couarde). Ce fut son deuxième contact important avec la politique, la plupart des moniteurs étant des militants communistes et le directeur un juif allemand qui avait fui le nazisme. C’est là qu’il apprit les chants révolutionnaires, l’Internationale mais aussi la Jeune Garde, la Varsovienne… Après la déportation de leurs parents, Jenny et Maurice vécurent deux années difficiles, craignant constamment une nouvelle vague de rafles. A la mi-juin 1944, Maurice eut l’occasion de se réfugier dans un petit village du Val-d’Oise, La Chapelle-en-Vexin, Jenny s’étant cachée chez sa meilleure amie, Monique Lecouflet. Maurice revint à Vincennes en bicyclette le 28 août 1944.

Âgé de 16 ans à la Libération, il reprit son apprentissage en joaillerie et adhéra aux Jeunesses Communistes et au PC, mais il en fut vite exclu sans ménagement, à 18 ans, accusé d’être un « provocateur policier » ou un « hitléro-trotskyste ». On lui reprochait notamment de penser que la grève était la meilleure arme des travailleurs alors que, depuis que le PC était au gouvernement, l’heure n’était plus à la contestation mais à la reconstruction de la France. Fréquentant aussi la Maison des Jeunes de Vincennes, il y rencontra les animateurs du Mouvement laïque des Auberges de la jeunesse (MLAJ) et multiplia avec eux les sorties joyeuses, sac au dos. « Quel bonheur, écrit-il de rencontrer des internationalistes, alors que je sortais des rangs d’un parti chauvin ultranationaliste » (Rajsfus, 1992). S’y côtoyaient en effet des militants de diverses traditions, parmi lesquels anarchistes et trotskystes. En octobre 1946, il adhéra à la section française de la Quatrième Internationale, le Parti communiste internationaliste (PCI). Il y suivit notamment les cours donnés par Michel Pablo. Chez les trotskystes, il découvrit la réalité de la répression aux colonies, notamment en Algérie les massacrés de Sétif en mai 1945… Cependant le dogme du soutien inconditionnel à l’URSS, premier État ouvrier, ne lui convint pas, ce qui l’amena à rejoindre la tendance Socialisme ou Barbarie animée par Cornélius Castoriadis et Claude Lefort. Comme eux, il pensait que l’URSS était devenue un capitalisme d’État, une classe bureaucratique ayant détourné le pouvoir à son profit. Peu à peu le modèle bolchévique lui devint odieux. Sa sœur Jenny eut un parcours politique voisin, elle aussi au PC mais encore plus brièvement, puis militante trotskyste et membre du groupe Socialisme ou Barbarie. Elle était la compagne de Jean-René Chauvin, militant trotskyste et ancien déporté. Institutrice, elle s’engagea sur la longue durée dans le syndicalisme, membre de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN) et très active dans la tendance syndicaliste révolutionnaire l’École Émancipée (ÉÉ). Elle a également effectué la traduction de l’anglais, avec Lily Slyper, du livre de Rudolf Vrba Je me suis évadé d’Auschwitz, (Éditions Ramsay, 1988).

Pendant ces années d’après-guerre, la situation professionnelle de Maurice Rajsfus était précaire. Ayant terminé son apprentissage, il ne voulut pas s’embaucher dans un atelier de joaillerie. Durant l’été 1946, il fut moniteur de colonie de vacances à l’île de Ré, puis durant l’hiver correcteur bénévole aux Éditions Pionniers, émanation du PCI, aux côtés de Marcel Gibelin. Au printemps 1947, il fut un bref moment docker sur les Docks de Bercy et à l’automne OS à l’usine d’outillage Val d’Or à Bagnolet (Seine,Seine-Saint-Denis). À cette époque, il fréquentait la Bibliothèque Nationale, consultant les collections de vieux journaux au département des périodiques. Fin juin 1948, il partit travailler en province comme éducateur dans une maison d’enfants de déportés. Un emploi qu’il occupa par intermittence, car il fut obligé de répondre à ses obligations militaires. En effet,le fait que ses parents soient morts en déportation ne lui permit pas d’échapper au service militaire car ils étaient étrangers, donc pas « morts pour la France ». Mais sitôt dans un régiment, cet antimilitariste dans l’âme tombait malade, et finalement au bout de trois tentatives d’encasernement, l’administration militaire le déclara « réformé définitif », mais seulement au printemps 1951 : « l’armée m’avait tenu en laisse pendant 2 ans et demi » (Rajsfus, 1992). Entre deux séjours à la caserne, Maurice Rajsfus a participé du 14 juillet au 14 août 1950, à l’une des brigades de travail en Yougoslavie. Le Maréchal Tito venait de manifester son indépendance par rapport aux soviétiques, et aussitôt l’URSS et les divers partis communistes accusèrent le régime yougoslave d’être devenu fasciste. Ces brigades, constituées chacune de 100 à 120 jeunes – au total 1500 jeunes français firent le déplacement – devaient aller vérifier sur place si ces assertions avaient un fondement et aussi participer à un chantier de construction. Ce voyage acheva d’éloigner Maurice des trotskystes à qui il reprochait d’avoir une vision exagérément optimiste de la Yougoslavie titiste, surestimant les conseils des travailleurs des entreprises alors que le pays restait fermement dirigé par un parti unique d’origine stalinienne.

Échaudé par ces diverses expériences politiques pas totalement satisfaisantes, au seuil des années 1950, la découverte des surréalistes, de Benjamin Péret et de la poésie de Prévert, lui donnèrent l’impression de renaître : « Je m’enchantais de tout ce qui pouvait mettre à mal cette société à qui je n’avais rien pardonné et avec laquelle mes comptes ne seraient jamais réglés » (Rajsfus, 1992). Débuta pour Maurice Rajsfus une période d’errance dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, de bar en bar, qu’il décrit comme « une étape », « une oasis de liberté provisoire ». Coupé du monde du travail, il vécut d’expédients, endura la faim et tenta de publier ses poèmes dans des revues éphémères. Il rencontra des gens pittoresques, hauts en couleur, mais qui se révélèrent souvent inconsistants, même Isidore Isou qu’il ne parvint pas à prendre au sérieux. Expérience importante cependant en 1952 quand, embauché à l’IFOP pour effectuer des enquêtes de d’opinion, il voyagea en province : Grenoble, villages de la forêt des Ardennes, Basses-Alpes et peut-être surtout le bassin minier du Nord, autour de Lens. Également rencontre marquante avec Édouard Glissant qui, le premier, lui parla d’Aimé Césaire, véritable révélation pour lui : « Chez l’homme Césaire, le Français n’avait pas tué l’Antillais, et la culture appréhendée n’était qu’un emprunt – indispensable peut-être – complétant une autre richesse, innée. En fermant les yeux, j’avais l’impression d’écouter ma propre histoire, quand bien même cette appropriation pouvait paraître exorbitante » (Rafsjus), 1992).
Son mariage, en 1954, avec Marie-Jeanne – il avait 26 ans et elle 18 ans – et bientôt l’arrivée de leur fille (septembre 1955) puis de leur fils (août 1957), ne mit pas fin à son instabilité professionnelle. Après être resté 15 mois chef de service à la Fédération nationale des Auberges de Jeunesse (FNAJ), à partir de septembre 1954 il allait multiplier les emplois précaires. Emballeur chez le parfumeur Molinard à Vincennes, aide laborantin à l’Institut national des Sports, toujours à Vincennes, il fut aussi manutentionnaire, employé de bureau. Il tenta le courtage en assurances et fut brièvement représentant de commerce (Rajsfus, 1993). En dépit de sa prise de distance – organisationnelle – avec les trotskystes, il apporta tout de suite son aide à deux anciens élèves d’Yvan Craipeau (instituteur, ancien trotskyste) quand ceux-ci le contactèrent à la mi-septembre 1955 pour organiser une manifestation contre la Guerre d’Algérie commençante. À trois, ils mirent en place un « Comité des mouvements de jeunesse de la région parisienne contre l’utilisation du contingent en Algérie » et parvinrent – malgré les embûches venues des JC – à organiser un rassemblement de plusieurs milliers de personnes au Quartier latin, le 13 octobre 1955.

Malgré quelques travaux alimentaires, souvent harassants, Maurice Rajsjus continua tout au long de ces années à rédiger des chroniques de conjoncture pour La Vie des Métiers. Cette publication importante ayant besoin d’un réviseur de morasse (dernière épreuve avant impression), il fut embauché à l’automne 1958. Le voilà dans la presse, avec la conviction intime qu’il ne reviendrait plus à l’usine ou à l’atelier. Intégré dès le début au secrétariat de rédaction mais travaillant aussi au marbre de l’imprimerie, Maurice Rajsfus réalisa un rêve, travailler en compagnie de typographes, l’aristocratie ouvrière. De fait, apprenant beaucoup et vite, il franchit une étape et obtint sa carte de presse au bout de trois ans. Le voilà journaliste ! Bientôt secrétaire de rédaction, premier secrétaire en 1964, et en octobre 1967 secrétaire général de rédaction. Il avait l’impression d’avoir le droit, enfin, de vivre heureux, en famille. En septembre 1965, il quitta le petit appartement de ses parents à Vincennes (27 m2) pour un appartement de 75 m2 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) où chacun des deux enfants eut sa chambre. Parallèlement, il recommença à militer. Il fut de l’aventure du PSU, dont il anima, comme secrétaire, la section de Vincennes, forte de 50 militants et active en ces années de lutte contre la Guerre d’Algérie. Il participa avec ses camarades du PSU à la plupart des manifestations parisiennes, notamment à celle du 8 février 1962 qui se termina par la mort de 8 manifestants au Métro Charonne. En février ou mars 1964, il accepta de contribuer au lancement d’une revue, Action, où il retrouva des anciens de la Quatrième Internationale comme Marcel Pennetier, mais aussi des militants aux itinéraires différents comme Claude Bourdet et Victor Fay. Cet engagement au PSU lui valut de figurer sur une liste d’Union de la Gauche, en 3e position, aux élections municipales de 1965, à Vincennes. Élu secrétaire du Comité d’entreprise de La Vie des Métiers au printemps 68, membre du Syndicat national des Journalistes (SNJ), il fut donc aussi militant syndical. Il co-organisa, avec deux autres collègues, la grève à La Vie des Métiers en mai 68, des événements qui l’ont surpris, comme la majorité des Français, mais auxquels il participa activement à partir du 13 mai, passant de la Sorbonne à l’Odéon et présent dans quelques manifestations. Cette présence lui permit de voir de près l’intensité de la répression, de la violence policière. Même s’il refuse de se dire « ancien combattant de 68 », ce mouvement l’a fait basculer dans le camp des « contestataires irréductibles ». Cet engagement est vite connu de la veuve de Cino del Duca qui dirige désormais le journal. Pour Maurice, c’est donc la « mise au placardé » puis le licenciement, après 13 ans, fin avril 1971. Après un travail temporaire au Monde (août-septembre 1971) et quelques mauvaises expériences dans des revues « sans intérêt », il devint en octobre 1972 rédacteur en chef de la Revue de la formation permanente qu’il anima durant trois ans. Malgré un patron infernal, ce travail le passionna, lui permettant notamment d’interviewer leaders patronaux et syndicaux, de faire des enquêtes sur de grandes entreprises. Licencié le 1er avril 1976, il termina sa carrière de journaliste dix ans plus tard comme pigiste, travaillant pour une trentaine de publications.

Et plus que jamais, il continuait à militer : « Journaliste conventionnel le jour, je redevenais chroniqueur militant le soir venu » (Rajsfus , 1993). À Fontenay-aux-Roses, avec d’autres il créa un Comité d’Action (CA) et un journal ronéoté, l’Enragé de Fontenay-aux-Roses (une vingtaine de numéros jusqu’en octobre 1969). Lui succédera Action banlieue Sud, paraissant régulièrement jusqu’en décembre 1975. Tous les sujets de mobilisation de l’extrême gauche étaient relayés et illustrés localement : solidarité avec les immigrés, avec les réfugiés chiliens, avec les ouvriers de Lip, avec les militants arrêtés (maoïstes de la Gauche prolétarienne ou trotskystes de la LC après la dissolution de 1973). Parallèlement, un Groupe d’études socialistes se consacrait à l’histoire du mouvement ouvrier, organisant des conférences suivies. Il mit aussi la boite postale de son journal à la disposition des militants de Lutte ouvrière qui menaient campagne sur les transports, avec un petit journal local L’entassé de Fontenay-aux-Roses. Ces activités multiples le menèrent au bord de l’épuisement en novembre 1975. Il mit de longs mois à récupérer, sans pour autant abandonner son activité professionnelle. Son journal Action banlieue Sud dénonçait aussi la répression anti-jeunes. Ayant réuni, après Mai 68, des milliers de fiches sur la répression policière, Maurice Rajsfus sera en mesure, avec Jean-Michel Mension, de créer l’Observatoire des libertés publiques en mai 1994, après l’assassinat du jeune Makomé (17 ans) par un policier, le 6 avril 1993, au commissariat des Grandes Carrières (Paris, XVIIIe). Il assura la publication de plus de 200 numéros du bulletin Que fait la police ? jusqu’en 1999. Contre la renaissance de l’extrême droite et des idées fascistes, il fut aussi en mai 1990 un des initiateurs du réseau ras l’Front dont il sera président pendant quelques années.

Outre ses ouvrages sur la police et aussi, de la part de cet anti-sioniste, sur Israël et les Palestiniens, Maurice Rajsfus traita, à la fois en témoin et en historien, dans de nombreux ouvrages, de la période de Vichy et de l’Occupation, au cours de laquelle sa famille fut disloquée, détruite, lui laissant une blessure définitive. Il se mit à ce travail à partir d’octobre 1976 et le hasard des archives l’amena à s’intéresser à un dossier qui n’avait jamais passionné les historiens, celui de l’Union générale des Israélites de France (UGIF). Au terme de ses recherches, il dresse un constat sévère, estimant que les notables juifs à la tête de l’UGIF ont contribué à la déportation de des Juifs étrangers et de leurs enfants, tout en n’évitant pas eux-mêmes la déportation et la mort (Rajsfus, 1980). Il semble que leur posture ait été semblable à celle d’un Jérôme Carcopino, secrétaire d’État à l’Éducation nationale du Maréchal Pétain, qui justifie sa collaboration par le souci « d’amortir ou de détourner les coups » [de l’occupant] (cité par Marrus, Paxton, 1981, p.215). La politique du moindre mal. Même s’il met en garde contre le livre de Maurice Rajsfus, œuvre de journaliste aimant la polémique plus que d’historien, André Kaspi reconnaît que « les fichiers tenus par l’UGIF ont permis aux Allemands d’arrêter les enfants » (Kaspi, 1991, p.345). N’aurait-il pas été plus judicieux de les disperser plutôt que de les concentrer en foyers ? (Kaspi, 1991, p.325 et 345). Dans sa préface au livre de Rajsfus sur l’UGIF, Pierre Vidal-Naquet reconnaît que l’auteur a dépouillé des milliers de documents, interrogé acteurs et témoins. Il a le mérite de donner tous les éléments « qui permettent éventuellement de discuter ses affirmations ». Car en effet Maurice Rajsfus accuse les notables juifs d’avoir facilité, par leur coopération, la politique hitlérienne d’extermination. Vidal-Naquet salue un ouvrage souvent passionnant, un livre important et courageux (Préface à Rafsjus, 1980). Un jugement positif émanant également de l’écrivain et éditeur Pierre Drachline pour qui Drancy : un camp de concentration très ordinaire (1941-44) est un ouvrage de référence (Libération, 2002). La prestigieuse collection Que Sais-Je ? des PUF fit appel à Maurice Rafsjus pour l’ouvrage sur La Rafle du Vel’ d’Hiv’ (2002). De même plus récemment, en 2017, l’homme de théâtre Philippe Ogouz monta son spectacle « La Rafle du Vel’ d’Hiv’ » au Théâtre de la Manufacture des Abbesses à Paris (XVIIIe) d’après trois livres de Maurice Rajsfus. En 1992, Maurice Rajsfus avait soutenu une thèse de doctorat en sociologie sur le thème de « la manipulation de la mémoire ».
Sa mort en juin 2020, en pleine explosion des protestations contre les pratiques policières, fut largement commentée par la presse.

 

POUR CITER CET ARTICLE :

notice RAJSFUS Maurice [PLOCKI Maurice] par Jean-Paul Salles, version mise en ligne le 26 août 2018, dernière modification le 15 juin 2020.

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Wilbur James Cobb, dit Jimmy Cobb, né le 20 janvier 1929 à Washington D.C. et mort le 24 mai 2020 à New York, est un batteur américain de jazz. Il est connu pour avoir été le batteur de l’album de jazz du trompettiste Miles Davis « Kind of Blue », l’un des plus grands albums de jazz de tous les temps, dont il était le seul survivant sur les 6 musiciens réunis au printemps 1959 par Miles Davis pour l’enregistrer.

Après avoir travaillé avec quelques gloires locales, Jimmy Cobb accompagne Earl Bostic en tournées (1951), puis Dinah Washington, qu’il épouse et dont il devient le directeur musical (1951-1955). Suit une période new-yorkaise en indépendant, jusqu’à ce qu’il soit engagé par Cannonball Adderley (1957-58) et soit brièvement associé à Stan Getz et Dizzy Gillespie. En 1958, il suit Cannonball Adderley chez Miles Davis. Aux côtés du trompettiste, il forme alors, jusqu’en 1962, une exceptionnelle section rythmique avec Paul Chambers et Bill Evans, puis avec Red Garland et, surtout, Wynton Kelly, avec qui il joue régulièrement jusqu’à sa mort.

En 1963, Jimmy Cobb quitte Miles Davis mais continue de travailler avec la section rythmique de Miles, Wynton Kelly et Paul Chambers. Ils se sépareront à la fin des années 1960, lorsque Jimmy Cobb décidera de travailler avec Sarah Vaughan, avec laquelle il restera 9 ans.

À ce moment, Jimmy Cobb repart en indépendant, pendant les années 1970, 1980 et 1990 et joue pour différents groupes comme ceux de Nat Adderley ou de George Coleman.

Reconnu rapidement comme un accompagnateur de talent, Jimmy Cobb a travaillé avec un grand nombre d’artistes prestigieux tels que Dinah Washington, Pearl Bailey, Clark Terry, Cannonball Adderley, Dizzy Gillespie, John Coltrane, Sarah Vaughan, Billie Holiday, Wynton Kelly, Stan Getz, Wes Montgomery, Miles Davis, Paul Chambers, Kenny Burrell, J.J. Johnson, Sonny Stitt, Nat Adderley, Hank Jones, Ron Carter, George Coleman, Fathead Newman, Art Pepper (Gettin’ Together!, 1960) et beaucoup d’autres.

Son œuvre la plus connue demeure Kind of Blue auquel il participe en compagnie de Miles Davis en 1959, reconnu par les plus éminents critiques de jazz non seulement comme le meilleur album de Miles Davis, mais aussi comme le plus grand disque de jazz jamais réalisé. Il participera avec Miles Davis à d’autres enregistrements majeurs de l’histoire du jazz, comme Sketches of Spain, Someday My Prince Will Come ou Porgy and Bess.

Jimmy Cobb est mort le dimanche 24 mai 2020, à l’âge de 91 ans, d’un cancer du poumon, à son domicile new-yorkais de Manhattan (USA).

Tony Oladipo Allen, né le 20 juillet 1940 à Lagos (Nigeria) et mort le 30 avril 2020 à Paris (France), est un batteur, auteur-compositeur nigérian. Tony Allen a été l’un des pionniers de l’afrobeat avec son maître et ami Fela Anikulapo-Kuti, dont il était le batteur et directeur artistique de 1968 à 1979. Fela a déclaré que « sans Tony Allen, il n’y aurait pas d’afrobeat ». Il est aussi décrit par Brian Eno comme « peut-être le plus grand batteur qui ait jamais vécu ».

Vers le milieu des années 1960, les deux compères effectuent une tournée aux États-Unis. Le pays est bouleversé par le mouvement de revendications des Afro-américains. Martin Luther King, Malcolm X, le Black Panther Party… Les jeunes musiciens nigérians y font leur apprentissage politique, en grande partie grâce à leurs « sœurs ». De cette prise de conscience naîtra un des courants fondamentaux de la musique africaine du xxe siècle : l’afrobeat. Un groove et des textes engagés, un mélange entre rythmes traditionnels et puissance électrique, une recette infaillible dont le creuset est le Nigeria.

Mais très vite des dissensions apparaissent entre Tony et Fela, qui se radicalise politiquement et devient le champion du panafricanisme, le pourfendeur de la corruption et de l’exploitation du continent noir par les multinationales. Tony Allen préfère partir vers des champs musicaux plus expérimentaux. C’est ainsi qu’il se retrouve sur le label Comet Record, fondé par deux jeunes Français proches de l’electro, et qu’on verra à ses côtés des musiciens tels que Doctor L, les frères Belmondo ou Ali Boulo Santo.

En 2004, il enregistre la batterie sur la plupart des titres de l’album Politics de Sébastien Tellier. Titre phare de l’album, La Ritournelle remporte un franc succès et apporte à Sébastien une relative notoriété.

En 2005, il revient aux sources avec un album très roots Lagos No Shaking (Lagos ne tremble pas), enregistré sur place au Nigéria sur le label Honest John Records. Cette maison de disques vient d’être créée par un amateur de musique africaine, par ailleurs célèbre musicien pop anglais : Damon Albarn, leader de Blur et de Gorillaz.

En 2006, Damon Albarn forme un supergroupe, The Good, the Bad and the Queen, qui comprend Damon Albarn, Tony Allen, Simon Tong ainsi que Paul Simonon, ancien bassiste de The Clash.

En 2008, Allen enregistre sa version de la chanson Where the Streets Have No Name du groupe rock U2 disponible sur l’album In the Name of Love : Africa Celebrates U2, sorti en 2008.

En 2009, Tony Allen enregistre avec Jimi Tenor l’album Inspiration Information, vol. 4.

En 2010, Tony Allen participe au titre They Don’t Know sur l’album Confessions d’un enfant du siècle, vol 3 de Rockin’ Squat.

En 2012, Tony Allen sort avec Damon Albarn et Flea sous le nom du supergroupe Rocket Juice and The Moon un album éponyme aux sonorités funk et afrobeat. Le projet est annoncé dès 2008, mais chacun des membres est occupé sur d’autres projets. Damon Albarn annonce officiellement le projet le 27 octobre 2011. Le groupe joue pour la première fois sur scène le 28 octobre 2011 au Cork Jazz Festival à Cork en Irlande.

Mory Kanté, né le 29 mars 1950 à Albadaria (Guinée française) et mort le 22 mai 2020 à Conakry (Guinée), est un chanteur et musicien guinéen. Il est principalement connu pour son tube « Yéké yéké » en 1988.

C’est en plein Empire mandingue dans un petit village du sud de la Guinée, Albadariya, près de Kissidougou, que naît Mory Kanté le 29 mars 1950. Son père, El Hadj Djeli Fodé Kanté, est déjà un très vieil homme et Mory compte parmi les plus jeunes de ses 38 enfants. La famille Kanté est une célèbre famille de griots, sortes de poètes, chanteurs, historiens et journalistes à la fois, véritables mémoires vivantes dont le rôle est depuis la nuit des temps de conter en musique les épopées sans fins des familles et des peuples. Les parents de Mory sont tous les deux griots, fonction héréditaire, et son grand-père maternel était un puissant chef de griots à la tête d’une soixantaine d’entre eux. Le destin de l’enfant est donc tout naturellement de devenir un « jali », terme mandingue pour « griot ».

Élevé d’abord par sa mère malienne Fatouma Kamissoko, Mory va à l’école française. À 7 ans, sa famille l’envoie à Bamako, capitale du Mali, chez sa tante, Maman Ba Kamissoko, autre célèbre griote. Jusqu’à 15 ans environ, il est initié aux rituels traditionnels, au chant et au balafon. Il participe à de nombreuses fêtes familiales, à des cérémonies officielles au cours desquelles il se forge une expérience solide de musicien et de chanteur.

Au cours des années 1960, la toute jeune République du Mali, reçoit de nombreuses influences musicales : rumba zaïroise, salsa cubaine, pop et rock anglo-saxons. Le jeune Mory se passionne très jeune pour ces nouvelles musiques électrifiées et apprend la guitare. Fort d’une très riche expérience traditionnelle, il se tourne vers une certaine modernité très éloignée de son cadre familial. En 1968, il quitte l’école pour intégrer l’Institut des Arts de Bamako. Mais dès 1969, il cesse sa formation et joue dans différents orchestres, notion équivalente du « groupe » occidental. Il se forge une première notoriété en faisant danser les maliens des nuits entières dans des bals à ciel ouvert, les apollos.

En 1971, Mory a 21 ans. Il est repéré par le saxophoniste Tidiani Koné qui lui propose d’intégrer son groupe, le Rail Band de Bamako, fameux orchestre de l’hôtel de la gare. Mory accepte et prend place dans l’orchestre dont le chanteur n’est autre que le Malien, Salif Keïta.

Lorsque ce dernier quitte le groupe en 1973, Mory Kanté le remplace au chant. D’abord hésitant, il prend très vite goût à ce nouveau rôle. La formation tourne dans toute l’Afrique de l’ouest où Mory devient un artiste connu. En 1976, il reçoit le Trophée de la « Voix d’or » au Nigéria. Parallèlement, il apprend la kora et transgresse ainsi une certaine tradition qui veut que le balafon soit l’instrument noble dans sa famille. Il devient cependant très vite un virtuose de cette harpe à 21 cordes. Il exerce également ses talents de compositeur en écrivant des musiques pour des choeurs et des ballets. Enfin, il enregistre avec le Rail Band, une longue épopée dans la plus pure tradition des griots, « L’Exil de Soundiata, le fondateur de l’Empire mandingue ». En 1977, il entreprend à titre personnel une tournée des grands sites historiques de l’empire au cours de laquelle il rencontre de nombreux maîtres de la tradition afin de parfaire son rôle de griot. En dépit des variations modernes qu’il impose à la tradition musicale, Mory Kanté ne mettra jamais de côté son hérédité familiale.

En 1978, Mory est installé à Abidjan en Côte d’Ivoire, ville musicalement très active et où les moyens de travailler et d’enregistrer sont surtout plus nombreux. Le musicien s’éloigne alors du Rail Band, et s’entoure d’un nouvel ensemble de musiciens, dont Djeli Moussa Diawara, son demi frère maternel. Désormais, la kora est au centre de son travail. De plus en plus, il songe à renouveler la musique traditionnelle en y insufflant des sons et des rythmes occidentaux. Le groupe est engagé par un des plus grands restaurants de la ville qui recherche une façon un peu originale d’animer ses soirées. L’occasion est excellente pour que Mory Kanté se lance dans des mélanges musicaux encore inédits. Aux airs traditionnels, il donne un habillage rock ou funk, et de la même façon, il revisite les standards noirs-américains à la kora, au djembé ou au bolon. Les bases d’un nouveau style sont jetées. Le succès est immédiat, même si cette modernisation de la musique traditionnelle n’est pas toujours appréciée par son entourage et par les puristes. Il n’est pas rare de le voir surnommer « l’enfant terrible » dans la presse de l’époque.

C’est à Los Angeles, sur le label du noir américain Gérard Chess, Ebony, que Mory Kanté enregistre son premier disque en 1981, Courougnègnè. L’artiste affine ses heureux mélanges entre tradition et modernité, entre instruments traditionnels et électriques. Déjà très connu en Afrique de l’Ouest, Mory devient une star sur tout le continent. Le pont musical qu’il créé entre l’Afrique et l’occident est en général bien accueilli. Dans la foulée de ce succès, il monte un grand ballet pour le centre culturel français d’Abidjan. Sur scène, la formation regroupe 75 artistes : une chorale, des musiciens et des danseurs. Durant les années qui suivent, Mory se produit régulièrement avec un orchestre de presque 20 personnes.Mais, c’est en Europe que le Guinéen souhaite venir travailler.

Ce désir devient réalité en 1984. Seul, sans son épouse et ses enfants qui restent à Abidjan, Mory Kanté arrive en France en plein hiver avec la ferme intention d’aller plus loin encore dans ses expériences musicales et de se faire connaître en Europe. En France, Mory Kanté n’est pas une star et le démarrage n’est pas facile. Cependant, la musique africaine explose en Occident au cours des années 1980. C’est la naissance de la world music, mélange des rythmes traditionnels du mondeentier et des sons modernes, rock, funk, jazz ou électroniques. Mory, qui n’a pas attendu les années 1980 pour se lancer dans ces mélanges, s’impose vite sur le marché musical.

Dès 1984, sort un premier album Mory Kanté à Paris, produit par le producteur africain Aboudou Lassissi. L’accueil critique et public est bon et Mory Kanté se fait connaître en quelques mois. Il multiplie les concerts dans toute l’Europe, notamment en Italie où il est une énorme vedette. Artiste émigré et sans carte de séjour, il devient une figure essentielle de la scène « world ». En octobre 1984, il passe à la Mutualité. En décembre, au New Morning. En avril 1985, il est invité au festival du Printemps de Bourges. Puis du 12 septembre au 12 octobre, Jacques Higelin, qu’il avait rencontré des années auparavant en Afrique, le convie sur scène à Bercy, devant 16 000 personnes chaque soir avec le Sénégalais Youssou N’Dour.

En 1985, le Camerounais Manu Dibango prend l’initiative d’inviter les artistes africains à enregistrer une chanson au profit des Éthiopiens, victimes de la famine qui sévit alors. Mory Kanté fait naturellement partie du projet.

C’est en Italie, qu’il fait la connaissance du producteur américain David Sancious, qui s’est illustré en travaillant avec Bruce Springsteen. Le mariage de leurs deux talents donne naissance à un troisième album, Ten Cola Nuts, qui sort en avril 1986 sur le label français Barclay. Ces noix de cola représentent des offrandes rituelles et des voeux de bonheur. La kora est toujours au centre de l’album, mais les synthétiseurs et les cuivres viennent enrichir l’ensemble. Le travail est très soigné et salué par la presse comme une sublime réussite. Les scores de ventes sont moyens mais cette fois, Mory Kanté a réellement trouvé un équilibre musical et culturel.

Juste après la mort de son père à plus de cent ans, le jeune griot guinéen entame une très longue tournée avec un premier concert au Zénith de Paris le 29 mai. En juin, il fait un passage en Côte d’Ivoire et au Sénégal où il participe à un rassemblement anti-apartheid organisé le 14 juin, sur l’Île de Gorée, l’île aux esclaves, au large de Dakar. Durant l’été, il tourne entre la France et l’Italie avant d’entamer une tournée internationale qui le mène en Afrique du nord, puis aux États-Unis, au Japon et en Australie. Partout, il rencontre un public enthousiaste de découvrir cette culture africaine, et en particulier mandingue. Sur scène, Mory est entouré de seize musiciens et sept danseurs. Le groupe de Mory Kanté est à l’image de sa musique, profondément métissé : France, États-Unis, Afrique du Sud, Mali, Sénégal, Nicaragua, Angleterre et Suède, autant de nationalités qui partagent leurs cultures et leurs expériences.

Celui qu’on surnomme désormais « le griot électrique »’ atteint l’année suivante, en 1987, les sommets du succès avec son nouvel album Akwaba Beach. Enregistré avec la collaboration du producteur anglais Nick Patrick, sous l’oeil bienveillant et complice du président de Barclay, Philippe Constantin, ce disque marque le triomphe du funk mandingue grâce à un titre particulier, Yéké yéké qui explose les hits-parades du monde entier, à commencer par les Pays-Bas. Composé au début des années 1980, le titre se trouvait déjà sur l’album Mory Kanté à Paris mais insatisfait de cette première version, il décide de le réenregistrer. Ce nouvel enregistrement connaît alors un succès fulgurant, sur lequel des publics du monde entier vont danser. En quelques années, le 45 tours atteint des sommets de vente chiffrés en millions d’exemplaires et fait l’objet d’innombrables remixes, adaptations et reprises en hébreu, arabe, chinois, hindi, portugais, anglais ou espagnol. Avec Yéké yéké, Mory Kanté devient l’artiste africain le plus vendu et peut-être le plus connu à travers le monde. En juillet 1988, ce titre atteint la première place du classement pan-européen établi par le fameux hebdomadaire professionnel américain Billboard.

Juste après avoir reçu un disque d’or en octobre 1988 en France, Mory Kanté est récompensé en novembre à Paris par la Victoire de la musique du meilleur album francophone.

En janvier 1990, il retrouve les studios à Bruxelles, puis à Los Angeles, pour mettre au point son album Touma (« Le moment »). Pour l’occasion, et fort de sa notoriété, il s’entoure de grands noms dont le guitariste chicano-américain Carlos Santana (très connu en Afrique), ou le Sud-Africain, Ray Phiri. La démarche est la même que pour Akwaba Beach et présente un mélange subtil et sophistiqué de pop et de tradition mandingue. L’album sort en septembre 1990. Souffrant et bénéficiant à la fois du succès géant de l’album précédent, les ventes ne dépassent guère le disque d’or en France et atteignent le million à l’étranger.

Le 14 juillet 1990, il représente la France avec Khaled lors d’un concert géant à New York, dans Central Park, devant des milliers de New-Yorkais. En novembre, toujours à New York, il participe au Gala de la francophonie dans le célèbre Apollo de Harlem, qui a vu débuter son idole, James Brown.

Au début des années 1990, Mory Kanté songe sérieusement à revenir plus souvent sur sa terre natale. Comme le noble Malien Salif Keïta, le griot guinéen souhaite utiliser son nom et ses moyens financiers pour aider ses compatriotes, en particulier les plus jeunes. C’est ainsi qu’il projette de monter à Conakry un complexe culturel du nom de « Nongo Village », comprenant entre autres un studio, un centre de formation aux métiers du spectacle, un hôtel et un musée des griots. Dans une Guinée en crise, le projet aura du mal à voir le jour. D’autre part, il réalise un autre de ses nombreux projets, avec la création d’un orchestre philharmonique d’une trentaine de koras, et autant de harpes, violons et flûtes. Avec une formation réduite, il investit trois jours durant le kiosque du Jardin du Luxembourg pour le Festival Paris quartier d’été, jouant devant plus de 6 000 personnes. Puis, avec l’Ensemble traditionnel de Guinée, composé de 130 musiciens, il se produit en 1991 pour l’inauguration de la Grande Arche de la Défense à Paris.

C’est chez lui, en Guinée, que la star de l’afro-dance enregistre son nouvel album Nongo Village, du nom de son studio. Parmi les onze titres mixés à New York et Paris, c’est La Tension qui semble destiné à conquérir les foules et à envahir les pistes de danse dans la même lignée que Yéké Yéké. Dans ce disque, Mory Kanté réintègre le balafon qui détrône les guitares. Le premier extrait sort en septembre 1993, suivi de l’album à l’automne. L’accueil est moyen et certains lui reprochent de se perdre un peu dans une recette qui manque de renouvellement.

En 1994, Mory Kanté reçoit le « Griot d’Or ». Le 14 juillet, il chante à Deauville, station balnéaire de Normandie, puis entame une tournée européenne puis canadienne.

Après toutes ces années de succès, Mory Kanté choisit de retrouver une musique plus familiale, plus traditionnelle. Peut-être un peu las de son image de « griot électrique », le Guinéen se tourne vers ses sources et vers une pratique plus authentique de son art et de son métier.

En 1996, Mory Kanté sort un album autoproduit afin de conserver une certaine indépendance de création. En effet, l’album Tatebola la part des choses se met à l’heure de la techno. Mais les bases rythmiques de la techno ne sont peut-être pas si éloignées des percussions ancestrales et les inspirations musicales de ce disque se veulent proches des origines mandingues. L’album est bien accueilli par la critique et le public heureux de retrouver le griot sur scène à La Cigale en mars 1997.

En juillet 1997, Mory Kanté est présent au Womad Festival à Reading en Grande-Bretagne, en août à l’Île Maurice, puis en septembre en Autriche. La notoriété des années passées s’essouffle un peu, mais Yéké Yéké demeure une éternelle carte de visite pour l’artiste guinéen dont le travail conserve toujours une qualité de haut niveau.

Il faut attendre 2001 pour retrouver Mory Kanté. C’est en juin de cette année qu’il sort Tamala (« le Voyageur ») après un long silence. Âgé de 51 ans, le musicien n’a pourtant cessé de tourner à travers le monde, mais sans guère d’escale française. Cette fois, on le retrouve avec un album dans l’afro funk mandingue qui a fait son succès il y a 15 ans. La part d’instruments traditionnels est importante et donne une saveur plus douce et moins électronique à l’ensemble. C’est l’Anglais Paul Borg qui produit le disque sur lequel on trouve toujours de nombreuses influences, hip hop, gitane, ou soul via un duo avec la diva du rhythm and blues britannique, Shola Ama.

En 2001, Mory Kanté a été nommé Ambassadeur de bonne volonté de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)1, organisation spécialisée du système des Nations unies, créée en 1945 à Québec (Canada) dont l’objectif est « construire un monde libéré de la faim ».

En 2004 sort son album, Sabou.

Son dernier album, La Guinéenne, est sorti en 2012.

Mory Kanté est mort le vendredi 22 mai 2020, à l’âge de 70 ans, dans un hôpital de Conakry (Guinée). Sa mort est annoncée à l’AFP par son fils Ballé Kanté. Après sa disparition, plusieurs personnalités politiques et culturelles du monde lui rendent hommage. Le président guinéen, Alpha Condé, déclare que « La culture africaine est en deuil ». Le président sénégalais, Macky Sall estime quant à lui « l’Afrique vient de perdre un de ses dignes fils ». tandis que Umaro Sissoco Embaló indique que « L’Afrique a perdu une icône.».

Lucky Peterson, nom de scène de Judge Kenneth Peterson, né à Buffalo (État de New York) le 13 décembre 1964 et mort à Dallas (Texas) le 17 mai 2020, est un guitariste, organiste et chanteur américain de blues. Il devient connu en 1989 en artiste soliste avec l’album « Lucky Strikes ! ».

Son père, James Peterson, chanteur et guitariste, tenait le Governor’s Inn, un club de blues dans lequel Lucky Peterson eut rapidement l’occasion de côtoyer nombre de musiciens tels que Buddy Guy, Koko Taylor, Muddy Waters ou encore Junior Wells.

Il commence l’apprentissage de l’orgue en prenant des cours avec Bill Doggett et Jimmy Smith. Il n’a alors que 5 ans lorsque Willie Dixon le repère. Plus tard, il passe à la guitare qui deviendra son deuxième instrument de prédilection.

En 2009, il a une dizaine d’albums à son actif dont Double Dealin’ sorti en 2001. Sa production Organ Soul Sessions, intégralement interprétée à l’orgue Hammond, montre son regain d’intérêt pour cet instrument et pour les standards de jazz et blues.

Il multiplie aussi les collaborations comme son duo avec Bootsy Collins, ou sa collaboration à l’album de la chanteuse Ayọ, Gravity At Last.

Lucky Peterson joue sur plusieurs instruments, notamment des guitares de la marque Gibson, ainsi que sur un modèle signé du luthier Tom Marceau (MarceauGuitars) depuis 2008. Son style en tant que guitariste n’est pas sans rappeler celui de B.B. King. Il brille d’ailleurs plus par son style, son toucher et sa présence sur scène que par ses compositions, dont peu de morceaux sont réellement connus du grand public.

En 2014, il sort l’album The Son Of A Blues Man, où il évoque ses racines, son enfance baignée de musique et sa carrière précoce. Il considère cet album comme « l’expression la plus authentique de ce qu’il est ».

Le 25 juillet 2015, il ouvre la 36e édition du festival Jazz à Vannes, dont il est l’un des habitués.

Après avoir enflammé les Victoires du Jazz le 13 juillet 2016, il enregistre l’album Tribute To Jimmy Smith qui sort le 13 octobre 2017 sur Jazz Village.

En 2019 il entame une tournée pour fêter ses 50 ans de musique. Il sort pour l’occasion l’album 50 Just Warming Up!.

Lucky Peterson est marié à Tamara Peterson, chanteuse soul, avec qui il s’est produit sur scène et dans certains disques.

Lucky Peterson est mort le dimanche 17 mai 2020, à l’âge de 55 ans, à Dallas (USA, Texas).

Alexis Alijai Lynch (né le 19 février 1998 et morte le 1er janvier 2020), connue sous le pseudonyme Lexii Alijai, était une rappeuse américaine. Elle s’était fait connaître outre-Atlantique en reprenant des grands noms du rap tels Drake sur « Girls Love Beyonce » et Bryson Tiller sur « Exchange ».

Lexii Alijai est morte le mercredi 1er janvier 2020, à l’âge de 21 ans, d’une overdose d’alcool et drogue, au Loews Minneapolis Hotel à Minneapolis (USA, Minnesota).

Little Richard, nom de scène de Richard Wayne Penniman, est un pianiste, auteur-compositeur-interprète et acteur américain né le 5 décembre 1932 à Macon (Géorgie) et mort le 9 mai 2020 à Nashville (Tennessee). Il est l’un de pionniers du rock ‘n’ roll à la fin des années 1950. Avec Chuck Berry, Fats Domino et Bo Diddley, il fut l’un des premiers musiciens noirs de Rock and Roll à connaître les faveurs du public blanc. Personnalité rebelle, Little Richard marqua son époque par ses chansons (qu’il scandait en hurlant) ou ses tenues vestimentaires flamboyantes, autant de caractéristiques qui ont contribué à définir le ton et l’image du Rock’n'roll. Il a considérablement influencé les musiciens de la génération suivante : les Beatles, les Rolling Stones, Elton John, Lemmy Kilmister ou encore le chanteur et musicien Prince. Il est l’interprète de quelques-uns des plus grands classiques du Rock’n'roll, dont « Long Tall Sally » (1956), « Good Golly Miss Molly » (1958), «Rip It Up » (1973), « Lucille » (1988) et «Tutti Frutti » (1955), reprise plusieurs fois, par Elvis Presley notamment, ou Johnny Hallyday en France. En 2008, le magazine Rolling Stone l’a classé 12e plus grand chanteur de tous les temps. En outre, il fut intronisé au Rock’n'Roll Hall of Fame dès sa création, en 1986.

Né à Macon (Géorgie), Little Richard est issu d’une famille nombreuse. Son père dévot ne fait rien pour encourager le goût de son fils pour la musique, de même que l’ensemble de sa famille qui rejette son homosexualité, rejet qui le pousse à quitter le domicile très tôt. Très rapidement, il chante du gospel dans les fêtes locales, puis du rhythm and blues dans les clubs.

En 1951, il signe un contrat avec l’entreprise RCA et, au cours des années qui suivent, enregistre des jump blues tels que « Get Rich Quick » et « Every Hour » pour son label Peacock. Mais certains de ces premiers titres pourraient tout aussi bien être qualifiés de Rock’N'Roll. En 1955, il signe un contrat chez Specialty, une modeste maison de disques, qui l’emmène à La Nouvelle-Orléans pour une séance d’enregistrement devenue légendaire. En effet, c’est là qu’au cours d’une pause Little Richard fredonne un titre absurde et obscène, Tutti Frutti, que le producteur Robert Blackwell, frappé par le potentiel commercial de sa mélodie, fait réécrire afin d’en modifier les paroles. En 1955 a donc lieu l’enregistrement de Tutti Frutti, qui obtient aussitôt un succès considérable en même temps qu’il devient un classique du Rock and Roll. Little Richard grave, à cette période, plusieurs autres titres qui feront aussi sa renommée, comme Long Tall Sally en 1956, Rip It Up en 1956, Jenny, Jenny en 1957 et Good Golly Miss Molly en 1958. Ses apparitions publiques demeurent mémorables : avec les yeux soulignés d’une épaisse couche de khôl et les cheveux dressés sur la tête à la Pompadour, debout sur un piano. Il s’abandonne totalement, ponctuant ses chansons d’un cri légendaire (« Woo ! »). Ironiquement, il connaît un succès encore plus grand après les reprises — édulcorées — de ses chansons par des chanteurs blancs comme Pat Boone.

Au cours des années 1957 et 1958, il acquiert une popularité sans précédent. Il apparaît au générique de plusieurs films dont Don’t Knock the Rock en compagnie de Bill Haley (1956, Fred Sears), La Blonde et moi de Frank Tashlin (The Girl Can’t Help It, 1956) où figurent également la plantureuse Jayne Mansfield, Fats Domino, Julie London, les Platters, Abbey Lincoln, Eddie Cochran ou Gene Vincent, et Mr Rock’n'Roll (1957, Charles S. Dubin) avec Chuck Berry et Lionel Hampton notamment. En 1958, à la surprise de ses fans, il interrompt sa carrière quand il devient un adventiste du septième jour. De 1958 à 1962, il est chanteur de gospels et enregistre avec le producteur Quincy Jones. Mais il quitte l’adventisme et accompagne, pendant l’année 1962, en Angleterre, deux groupes anglais qui font partie de ses admirateurs : les Rolling Stones et les Beatles.

Entre 1964 et 1979, il essaie de renouer plusieurs fois avec le succès. Le 13 septembre 1969, il livre une prestation électrisante lors du Toronto Rock and Roll Revival Festival, aux côtés de Bo Diddley, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, John Lennon et Yoko Ono. En 1986, il joue aux côtés de Bette Midler, Nick Nolte et Richard Dreyfuss dans le Clochard de Beverly Hills (Down and Out in Beverly Hills) de Paul Mazursky, remake du film de Jean Renoir, Boudu sauvé des eaux (1932), y chantant Great Gosh a Mighty. Depuis lors, ses apparitions régulières dans les médias viennent justifier une réputation qui fait de lui l’une des plus grandes stars du Rock and Roll. En 1986, il est l’un des membres fondateurs du Rock and Roll Hall of Fame ; en 1991, il apparaît dans un épisode de Columbo, et en 1993 il reçoit un Grammy Award récompensant l’ensemble d’une carrière qui reste décisive dans l’histoire du rock.

En 2006, il apparaît sur le disque Jambalaya d’Eddy Mitchell, en trio avec Johnny Hallyday.

Little Richard est mort le samedi 9 mai 2020, à l’âge de 87 ans, à Nashville (USA, Tennessee).

John David Martin, dit Moon Martin, est un chanteur auteur-compositeur-interprète américain né le 31 octobre 1950 à Altus dans l’Oklahoma et mort le 11 mai 2020. Il est connu en France pour sa chanson « Bad News » (1993). Il a aussi composé « Cadillac Walk » (1977), repris par Mink DeVille, et surtout « Bad Case Of Loving You » (1979), chanté par Robert Palmer.

Moon Martin, il fait ses débuts à la fin des années 1960 dans le groupe de rockabilly local The Disciples. Il part ensuite pour Los Angeles (Californie) où il devient musicien de studios, notamment pour Del Shannon. Entre 1969 et 1973, il sort trois albums avec ses anciens acolytes de The Disciples, devenus Southwind dans un style country rock. À nouveau seul, Moon Martin travaille ensuite avec des artistes comme Gram Parsons et Linda Ronstadt. En 1974, un projet d’album solo produit par Jack Nitzsche n’aboutit pas mais le producteur est séduit par ses talents de compositeur.

Le producteur utilise ainsi ses chansons Cadillac Walk et Rolene en 1977 et 1978 sur les deux premiers albums de Mink DeVille, tandis que Robert Palmer obtient un tube avec Bad Case of Loving You, avant que Moon Martin ne donne sa propre version de Rolene à la trentième place du Billboard. Moon Martin connaît finalement ses plus grand succès en France en 1980 avec No Chance et Bad News, issu de l’album Street Fever. Ce disque est d’ailleurs, avec Escape from Domination sorti l’année précédente, sa principale réussite. La suite est moins heureuse avec ses albums suivants connaissent des succès inégaux. Rolene et Bad News sont présents sur la compilation The Very Best of Moon Martin parue en 1999.

X-Ray Vision, enregistré en 1982, a été utilisé par MTV lors de ses spots promotionnels.

Moon Martin est mort le lundi 11 mai 2020, à l’âge de 69 ans.

Genesis Breyer P-Orridge ou GPO, née Neil Andrew Megson le 22 février 1950 à Manchester et morte le 14 mars 2020 à New York, est une artiste, performeuse, musicienne et écrivaine britannique. Elle a fait l’objet de nombreuses controverses à la suite de ses performances conflictuelles des débuts, avec COUM Transmissions à la fin des années 1960 et au début des années 1970, puis avec le groupe Throbbing Gristle dès le milieu de cette décennie, précurseurs de la musique industrielle centrés autour de thématiques telles que la prostitution, la pornographie, l’occultisme ou les tueurs en série. Ses travaux musicaux ultérieurs avec Psychic TV lui valurent une reconnaissance plus large, et même quelques singles à succès commercial. Elle a collaboré à la réalisation de plus de 230 productions musicales.

Neil Megson naît en 1950 à Manchester dans le quartier Victoria Park. Sa famille est familière de l’art, auquel il s’intéresse donc très tôt : son père, Ron, représentant la semaine, est pendant son temps libre un musicien amateur de jazz, qui apprécie particulièrement le Bebop et Nat King Cole; sa mère quant à elle travaille dans une usine mais joue aussi des rôles de figurante dans des spectacles de danse. Grâce à son père il découvre très jeune des musiques variées et avant-gardistes qui resteront pour lui des influences premières, parmi lesquelles on peut citer le poète beat William Burroughs, le compositeur et guitariste Frank Zappa, le free jazz et le musicien contemporain John Cage. En 1968 il lance sa première performance artistique, en distribuant dans la rue des cartes postales sur lesquelles sont inscrits des mots comme « rosée », « arc-en-ciel », « fleur ».

Une photographie de Neil à 5 ans figure sur la pochette de l’album A Hollow Cost. Pendant son adolescence il fréquente l’école Solihull. Il s’intéresse beaucoup à l’occultisme (sa grand-mère est médium). La famille Megson vit à l’orée de la forêt Epping, à Loughton dans l’Essex.

En 1965, Neil, alors étudiant à l’université de Hull, se fond dans le personnage de Genesis P-Orridge qu’il s’est créé. Il enregistre son premier disque sous ce nom, Early Worm, en 1968 (un seul exemplaire fut pressé ; en avril 2008, le label discographique américain Dais Records a sorti une édition limitée à 500 exemplaires du LP Thee Early Worm, récupéré depuis les bandes originales par voie numérique, puis mastérisé pour une édition en vinyles, avec un livret de Genesis P-Orridge ). Le successeur de cet album d’improvisation sur des instruments fabriqués par lui-même, Catching the Bird, ne sortit jamais. Le 5 janvier 1971, il change légalement de nom grâce à une législation britannique encore très permissive sur ce point ; il s’en tire avec des frais administratifs de deux guinées seulement (environ 5£).

À cette époque, la famille Megson vivait à Solibu, une banlieue de Birmingham. Le grenier de la maison de Links Drive n’était pas seulement le repaire de P-Orridge mais aussi son premier studio, où Early Worm fut enregistré.

D’après Genesis P-Orridge, Deroy Sound, le laboratoire où Early Worm fut pressé, avait auparavant également pressé des discours enregistrés à la radio et à la télévision d’Adolf Hitler, pour le compte du tueur en série Ian Brady. Plus tard, avec Throbbing Gristle, Genesis P-Orridge écrira un morceau appelé Very Friendly à propos de Brady et de sa complice Myra Hindley.

Sur la pochette d’Early Worm on peut voir des citations de John Cage, son livre Silence étant une source d’inspiration pour Genesis P-Orridge.

En 1971, P-Orridge rencontre William S. Burroughs après avoir brièvement correspondu avec lui. Burroughs lui présente Brion Gysin, qui devient une des influences majeures de P-Orridge, aussi bien sur le plan des idées que sur le plan artistique, et l’initie au magick.

P-Orridge quitte l’université en 1969 et rejoint une communauté nommée Exploding Galaxy à Londres. Les membres de cette communauté vivent de façon stricte et abandonnent toute notion de classe sociale et de vie privée. Ils rejettent toutes les conventions sociales, se déguisent et participent à des jeux de rôle.

Il retourne à Hull et, sous l’influence de cette communauté, forme un collectif de performance artistique baptisé COUM Transmissions, qui pratique de longues improvisations musicales souvent grossières (aucun membre n’est musicien de formation). En fin d’année il est rejoint au sein du collectif par sa future compagne, Christine Carole Newby, qui changera elle aussi de nom pour devenir Cosey Fanni Tutti en 1973. Sous l’influence de Tutti, les performances de COUM, à l’origine centrées sur la musique, deviennent de véritables happenings de plus en plus extrémistes et focalisés sur les tabous, le sexe, le paranormal, le sadisme, l’automutilation, la scatologie etc. Peter « Sleazy » Christopherson d’abord spectateur des performances de COUM, se joint au collectif en 1974.

Tutti travaille en tant que secrétaire, stripteaseuse et performer pornographique. L’exposition Prostitution, présentée du 19 au 26 octobre 1976 à l’Institute of Contemporary Arts (ICA) à Londres, inclut la projection d’une vidéo mélangeant des photographies érotiques et pornographiques avec d’autres tout à fait banales de Tutti, ainsi que des tampons hygiéniques usagés insérés de façon incongrue dans des cadres divers. Des gardes travestis, des punks et autres gens déguisés de façon curieuses sont engagés pour se mêler au public de la galerie.

Le spectacle provoque un débat au Parlement du Royaume-Uni. Dans la Chambre des communes, le représentant conservateur écossais Sir Tory Nicholas Fairbairn demande une explication au ministre des Arts Harold Lever, mettant en cause l’attribution de subventions publiques à ce genre d’évènements. La presse anglaise se fait immédiatement le relais de cette indignation. Dans le Daily Mail du 19 octobre, Fairbairn qualifie l’exposition d’« Outrage révoltant. Sadique. Obscène. Diabolique. », ajoutant une phrase qui marquera le début d’une légende: « Ces gens sont des fossoyeurs de la civilisation » (« Wreckers of civilisation »).

Gen et Cosey font des découpages de ces articles criant au scandale et élaborent des collages, qui sont à leur tour intégrés à l’exposition.

Vers la fin de son existence, les performances de COUM se limitaient à un petit nombre de protagonistes: P-Orridge, Cosey, Sleazy et Chris Carter un noyau qui allait bientôt devenir Throbbing Gristle.

P-Orridge affirme vouloir toucher un maximum de personnes à travers son art ; il estime que la performance artistique n’est pas le moyen le plus approprié pour ce faire et décide donc de se consacrer plus exclusivement à la musique, grâce à laquelle il espère pouvoir considérablement élargir son auditoire.

Throbbing Gristle (TG) est officiellement fondé le 3 septembre 1975 à l’ICA, sous la forme d’un groupe de rock à quatre membres. Le premier concert du groupe a lieu dans une galerie d’art londonienne (la Air Gallery) le 6 juillet 1976. Le groupe jouait dans une pièce, la musique étant diffusée dans une pièce adjacente. Christopherson travaille aux effets spéciaux, notamment en projetant des cicatrices virtuelles sur ses partenaires, tandis que Carter utilise, lui, un véritable rasoir pour se balafrer.

Le dernier concert de cette première période de TG se tient le 29 mai 1981 à San Francisco ; un disque intitulé Mission of Dead Souls en sera tiré la même année. À l’invitation de Mute Records, TG se reformera en 2004 pour définitivement se désunir en 2010 après la réalisation de nombreux projets de disques, de tournées et d’expositions.

Psychic TV se forme en 1981, à la suite des encouragements d’Alex Fergusson d’Alternative TV de prendre un nouveau départ. Les collaborations entre eux remontent aux premiers temps d’ATV, où Genesis a tenu le rôle de batteur. La première chanson du groupe est Just Drifting, basée sur un poème de P-Orridge. Peu de temps après, Genesis et Paula P-Orridge (née Alaura O’Dell) se marient à Tijuana. Cette dernière deviendra l’une des membres les plus actives du groupe.

Au cours de sa longue existence (plus de 20 ans), Psychic TV s’essaiera à des registres très variés sur le plan musical (de la musique industrielle dans la lignée de TG à l’acid house, dont il est un précurseur au Royaume-Uni, en passant par un rock plus classique, proche de celui du Velvet Underground) et sera très prolifique, tant au niveau des nombreux concerts donnés (ce qui est un gros contraste en comparaison avec TG) que de la production discographique. Ainsi en 1988 le groupe entre dans le Livre Guinness des records pour être celui ayant publié le plus grand nombre de disques (quatorze) en l’espace de dix-huit mois.

Après une parenthèse de presque un décennie, le groupe fait son retour sur scène en 2003 sous le nom de PTV3 avec des effectifs entièrement renouvelés, à l’exception de P-Orridge. L’année suivante le groupe effectue une importante tournée en Europe, couvrant 16 pays, et aux États-Unis. En 2004, Throbbing Gristle est reformé et sort un nouvel album, le premier depuis vingt-cinq ans; Genesis poursuit en parallèle son travail avec PTV et retourne en studio. En janvier 2006 la sortie du nouvel album est annoncée. Hell is Invisible… Heaven is Her/e, enregistré à New York, inclut d’illustres collaborateurs sur certaines pistes, comme Nick Zinner (Yeah Yeah Yeahs) et Gibby Haynes (Butthole Surfers). Genesis le décrit comme un « Dark Side of the Moon pour le xxie siècle ».

Genesis s’installe à Brooklyn, New York avec sa seconde femme, Lady Jaye, née Jacqueline Breyer, également membre de son nouveau groupe Thee Majesty, et tous deux se lancent dans une expérimentation corporelle inédite: ils subissent tous deux des opérations de chirurgie plastique dans le but de devenir physiquement semblables. « L’idée n’est pas d’être jumeaux mais d’être deux parties d’un nouvel être », un être « pandrogyne » (pandrogynous) qui s’appellerait « Genesis Breyer P-Orridge ». Genesis a notamment reçu des implants mammaires et a commencé à parler de lui-même en utilisant le pronom anglais « she ». Un documentaire de Marie Losier, sorti en 2011, retrace l’histoire de cette double transformation.

2004 a été l’année de la reformation de Throbbing Gristle, avec de nouveaux concerts, suivis de trois nouveaux albums.

Le 11 octobre 2007, Genesis Breyer P-Orridge annonce le décès inattendu de Lady Jaye Breyer P-Orridge. Lady Jaye est apparemment morte soudainement le 9 octobre d’une maladie cardiaque qui n’avait pas été diagnostiquée liée à son cancer de l’estomac.

En octobre 2017, Genesis Breyer P-Orridge annonce qu’elle est atteinte de leucémie et entame une campagne de financement pour payer les traitements nécessaires à sa guérison.

En septembre 2009, un collage rétrospectif de P-Orridge, intitulé « 30 Years of Beign Cut Up », ouvre à l’Invisible-Exports, une galerie d’art contemporain située à Lower East Side à Manhattan, New York City . En novembre 2009, il est annoncé que P-Orridge se retirerait des tournées de tous les groupes auxquels il participe (incluant Throbbing Gristle et Psychic TV) pour se concentrer à l’art, l’écriture et la musique .

En juin 2010, P-Orridge vend sa propriété à Ridgewood, organisant une vente de garage dans le sous-sol d’une galerie d’art locale pour vendre un éventail d’effets personnels, en plus d’une panoplie de godemichés . Cela accompli, il déménage pour s’établir dans un appartement ne comportant qu’une seule chambre à New York dans le quartier de Lower East Side , où il continue de produire de l’art depuis sa demeure . P-Orridge reprend une tournée avec Psychic TV en 2016 avec la sortie de leur album Alienist. LA tournée dura de mi-septembre jusqu’au début du mois de décembre, avec des concerts en Grèce, en Israël, en Pologne, en Russie, en Ukraine, au Royaume Uni et aux États-Unis d’Amérique .

En août 2015, P-Orridge obtient publicité d’une interview déterminante de Caitlyn Jenner qui se décrit elle-même comme une porte-parole pour la communauté transgenre, déclarant que Jenner était désemparée et qu’elle n’avait aucune idée de ce à quoi la vie pouvait ressembler pour la majorité des personnes transgenre vivant à travers le monde . Lors de l’été 2016, le travail artistique de P-Orridge fait l’objet d’une exposition, « Try to Altar Everything », au Rubin Museum of Art à New York City. L’exposition comprend des peintures, des sculptures et des installations inspirées par la mythologie hindoue rencontrée à Kathmandu . En juin 2016, P-Orridge figure en tant que modèle dans une campagne du designer Marc Jacobs, qui décrit P-Orridge comme « une sorte de définition vivante de réalité et d’authenticité » .

Genesis P-Orridge est morte le samedi 14 mars 2020, âgée de 70 ans, des suites d’une leucémie, à New York (USA).

 

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