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14 mai 2020

87 NADAR 14 02 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 24 min

 

Nadar

Biographie Nadar

Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar – Félix Nadar, vers 1865 – Ministère de la Culture et de la Communication – France / Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine / Dist Rmn

Le photographe français Nadar, de son vrai nom Gaspard Félix (dit Félix) Tournachon, naît le 6 avril 1820 à Paris. Il y décède en mars 1910. Son père, lyonnais d’origine, est imprimeur et éditeur de tendance libérale.

 

À la mort de son père, il rejoint sa mère et s’inscrit à l’école de médecine de Lyon. Soutien de famille, il s’exerce au journalisme en écrivant des critiques théâtrales dans la presse locale avant de rejoindre Paris où il effectue divers travaux dans de « petites feuilles ».

À Paris il fonde le journal L’Audience et fréquente la jeunesse artistique : Charles Baudelaire, Henri Murger, Théodore de Banville, Gérard de Nerval. Il publie des critiques dramatiques et des contes qu’il signe du pseudonyme Nadar.

En 1845, il publie son premier roman « La Robe de Déjanire ». L’année suivante Nadar commence véritablement sa carrière de caricaturiste et publie dans des journaux politiques d’opposition. En 1847, il lance une série de portraits charges intitulée « Galerie des gens de lettres » qui deviendra plus tard le fameux « Panthéon Nadar ».

En 1848, Nadar s’engage dans un corps expéditionnaire constitué par le gouvernement provisoire et censé provoquer le soulèvement de la Pologne. Il est fait prisonnier en Prusse. De retour à Paris, il gagne durement sa vie en reprenant ses activités de caricaturiste. En 1849, il publie ses caricatures dans Le Journal pour rire créé par Charles Philippon.

 

Nadar

Atelier Nadar – Nolette dans « Adam et Eve », théâtre des Nouveautés, 1886 – Ministère de la Culture et de la Communication – France / Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine / Dist Rmn

En 1854, Nadar encourage son jeune frère, Adrien, à devenir photographe. Celui-ci ouvre un atelier. Félix s’adonne lui aussi à la pratique de la photographie et réalise ses premiers portraits au printemps. Poursuivant ce nouveau champ d’expérimentation, il ouvre son propre atelier, avec un laboratoire entièrement équipé, au 113 rue Saint-Lazare.

Il souhaite traduire la « ressemblance intime » des figures de la bohème et du romantisme. Défilent ainsi dans son atelier Baudelaire, de Nerval, Delacroix, Doré, Gautier, Berlioz. Nadar entreprend des recherches sur le collodion alors utilisé en photographie. En mars, il publie sa célèbre lithographie « Le Panthéon Nadar », caricature où figurent trois cents célébrités contemporaines. Le succès est immédiat. En septembre, il épouse Ernestine Lefèvre.

Félix et son frère Adrien photographient le mime Deburau en Pierrot. La série remporte une médaille à l’Exposition universelle de 1855. S’ensuit une dispute entre les deux frères. Adrien, qui signe « Nadar jeune », veut poursuivre seul mais Félix lui intente un procès en mars 1856 — qu’il gagne en décembre 1857 — pour récupérer l’usage exclusif de son pseudonyme.

En 1856, Nadar est à la tête de trois journaux illustrés et d’un atelier photographique. Il commence à s’intéresser à l’aérostation et devient membre de la Société française de photographie.

En 1858, il réalise, à bord d’un ballon, la première photographie aérienne. En 1860, il quitte la rue Saint-Lazare et installe un luxueux atelier au 35 boulevard des Capucines. C’est un tournant commercial dans sa carrière de photographe. En février 1861 , il dépose le brevet de photographie à l’éclairage artificiel qui lui permet de photographier la nuit.

 

photographie Nadar

Atelier Nadar – Albert Brasseur dans « Adam et Eve », théâtre des Nouveautés, 1886 – Ministère de la Culture et de la Communication – France / Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine / Dist Rmn

En 1862, Nadar photographie à la lumière artificielle les catacombes et les égouts de Paris. Passionné par l’aérostation, il s’éloigne progressivement des affaires de l’atelier et se jette dans les aventures et les théories de la navigation aérienne. En 1863, il fonde la « Société d’encouragement pour la locomotion aérienne au moyen d’appareils plus lourds que l’air », ainsi que la revue L’Aéronaute. Il fait construire un immense ballon Le Géant capable de « porter quatre-vingt passagers ». En octobre, Le Géant s’écrase à Hanovre. Nadar est blessé et, endetté, il doit vendre ses collections.

En 1870-1871, lors du siège de Paris par les Prussiens, Nadar constitue une compagnie d’aérostiers militaires pour défendre de ville. En 1871, l’atelier Nadar qui connaît des difficultés financières quitte le boulevard des Capucines pour la rue d’Anjou.

En 1874, Nadar qui a conservé son local du boulevard des Capucines, accueille la première exposition des peintres impressionnistes. Le fils de Nadar, Paul (né le 8 février 1856) collabore à l’activité de l’atelier avec son père. Il gardera par la suite le pseudonyme de Nadar.

En 1886, Félix et Paul réalisent une série de photographies du chimiste Eugène Chevreul alors âgé de cent ans. L’interview qui accompagne les photographies devait être initialement enregistrée. C’est le dernier « exploit photographique » de Nadar père.

De 1887 à 1894, Félix s’installe avec sa femme en Forêt de Sénart au sud-est de Paris. Il est malade et ruiné. Paul prend la direction officielle de l’atelier. Il fonde, rue d’Anjou, l’Office général de photographie.

En 1890, Paul entreprend un voyage à travers l’Europe Centrale et l’Asie jusqu’au Turkestan pour suivre la Route de la soie. Il en rapporte plusieurs séries de photographies. En 1891, il fonde Paris-Photographe, revue essentiellement technique qui sera un échec financier. En 1893, Paul Nadar devient l’agent en France de Eastman-Kodak. En 1895, il devient enfin propriétaire de l’atelier de son père à Paris.

En 1897, Félix, dont la situation financière est alarmante, s’installe à Marseille et ouvre, à 77 ans, un nouvel atelier photographique. Il le revend 5 ans plus tard pour revenir à Paris. En 1900, Nadar triomphe à l’Exposition universelle de Paris avec une rétrospective de son oeuvre (portraits, vues aériennes..) organisée par Paul.

Félix Nadar meurt en mars 1910, Paul Nadar en septembre 1939.

POUR ALLER PLUS LOIN…

Sa jeunesse

Grand, les cheveux roux, les yeux effarés, fantasque à la jeunesse vagabonde, il se définit lui-même comme un vrai casse-cou, un touche-à-tout, mal élevé jusqu’à appeler les choses par leur nom, et les gens aussi.

Ses parents étaient d’origine lyonnaise. Son père, Victor Tournachon, commence son activité à Lyon chez Molin dont il épouse la fille (mère de Nadar). Il change son nom en Tournachon-Molin et s’installe dans la capitale comme éditeur. Le jeune Félix fréquente différents internats de la région parisienne, alors que son père connaît des revers de fortune. Il étudie notamment au collège Bourbon devenu le lycée Condorcet.

Contrairement à ce qu’affirment plusieurs sources8,9,10, il n’a jamais fréquenté l’École des mines de Saint-Étienne11. Félix commence en réalité des études de médecine à Lyon12 ; cependant sans soutien financier, à la mort de son père en 183713, il se voit obligé d’y renoncer pour gagner le pain quotidien de la famille, dont il a désormais la charge et qui comprend son demi-frère, Adrien Tournachon, plus jeune de cinq ans et sa mère Thérèse Maillet, seconde épouse de son père.

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Animation tirée des 12 images de « l’autoportrait tournant » de Nadar ci-dessus

Ayant travaillé dans différentes rédactions de journaux lyonnais avant de revenir s’installer à Paris, il effectue divers travaux dans les « petites feuilles » de la presse parisienne. Il collabore à la fondation par Polydore Millaud d’un journal judiciaire, L’Audience, et fréquente le milieu de la jeunesse artistique popularisé par le roman de Murger : Scènes de la vie de bohème. Il commence à y côtoyer Gérard de NervalCharles Baudelaire et Théodore de Banville. Ses amis artistes le surnomment « Tournadar » à cause d’une mode répandue dans la jeunesse rebelle vers 1840 de rajouter à la fin de certains mots la terminaison « dar ». Vers 1838, une abréviation transforme ce nom de guerre en pseudonyme « Nadar »14.

La vie est très dure et il subsiste en utilisant divers expédients ; il écrit des romans, dessine des caricatures. Grâce à l’aide financière d’un ami, il se lance, à 19 ans, dans l’aventure de la création d’une revue se voulant prestigieuse, Le Livre d’or, dont il devient le rédacteur en chef. Grâce à ses relations, il s’assure la collaboration de personnalités, dont BalzacAlexandre DumasThéophile GautierGérard de NervalGavarni et Daumier. L’aventure est obligée de s’arrêter au troisième numéro.

Le caricaturiste

Dessin de Balzac en pied, où la tête est grossie.

Balzac caricaturé par Nadar en 1850, ParisBnF15.

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« Une théorie photographique », par Nadar (1856).

Après cet échec, Félix reprend du service dans les gazettes comme caricaturiste, tout en continuant à publier des nouvelles et des billets fantaisistes. À la veille de la révolution de 1848, il obtient la consécration avec son premier dessin-charge publié dans le journal Le Charivari.

Le 30 mars 1848, il s’engage avec son demi-frère dans la légion polonaise, pour porter secours à la Pologne. Son passeport est au nom de « Nadarsky ». Il est fait prisonnier et confiné dans une mine, puis il refuse le rapatriement gratuit et revient à pied. Deux mois plus tard, il sera de retour à Paris, coiffé d’une chapka de couleur groseille, après un long voyage lors duquel il fut arrêté en Saxe par des représentants du gouvernement prussien.

Rapidement après son retour, il est engagé comme agent secret par l’éditeur Jules Hetzel, alors chef du cabinet du ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire. Sa mission est de se renseigner sur d’éventuels mouvements de troupes russes à la frontière prussienne.

De retour à Paris, il reprend ses activités de caricaturiste auprès de petits journaux, tandis que sa renommée s’établit peu à peu. À partir de 1850-1851, il s’attelle à un grand projet républicain de Musée des gloires contemporaines, pour lequel, avec l’aide de plusieurs collaborateurs, il rencontre les grands hommes du moment afin d’en faire le portrait dessiné. L’ensemble de ce travail concerne plus de 300 personnalités de l’époque sur un total de plus de 1 000 vignettes et constitue une galerie qui, espérait-il, devait lui apporter la notoriété, sous le nom de Panthéon Nadar en quatre planches lithographiées, dont une seule fut tirée en 1854, l’année où il se lance officiellement dans la photographie16.

Il n’hésite pas à caricaturer sa propre activité de photographe. Par exemple, dans le no 20 du Petit journal pour rire dont il était rédacteur en chef, il signe une caricature sur la une dont le titre est « Une théorie photographique », avec pour commentaire : Monsieur, c’est pour le portrait de mon mari qui est mort il y a deux ans à Buenos-Ayres : je voulais le faire peindre de mémoire, mais on m’a dit que la photographie faisait bien plus ressemblant que la peinture… 

Illustrations

  • Les Binettes contemporaines17.
  • Les Rêveries d’un étameur.
  • Les petites affiches du Tintamarre…, par Joseph Citrouillard, revues par Commerson, pour faire concurrence à celles d’Eugène de Mirecourt, portraits par Nadar, 10 vol., 1854-1855.

Le photographe

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Affiche publicitaire pour Tournachon, Nadar jeune et Cie, artistes photographes par Lorentz figurant Deburau (1856, lith., BNF).

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Revers d’une carte de visite de 1874 et l’adresse rue d’Anjou et les correspondantes M.M. Luckhardt et W. Damry.

Sa nouvelle aisance lui permet d’emménager dans un pavillon mansardé du 113, rue Saint-Lazare à Paris, où il peut disposer d’un jardin bénéficiant de la lumière naturelle. C’est dans ce jardin que seront réalisés ses chefs-d’œuvre, continuant l’œuvre des portraits entreprise avec la caricature, désormais continuée avec une nouvelle technique : la photographie.

À partir de cette époque, la technique du portrait est maîtrisée et les travaux sont de qualité. Les prix évoluent à la baisse. De nombreux ateliers photographiques ouvrent et les personnalités — les élites du monde des arts, des lettres, mais aussi de la politique, du théâtre et de l’Église — n’hésitent pas à « se faire tirer le portrait ». Ce sont ces œuvres que l’on retrouve dans les papeteries sous forme d’estampes et de photographies.

Le 11 septembre 1854, il se marie à Paris avec Ernestine Constance Lefèbvre18, jeune femme issue d’une riche famille protestante. Malgré le mariage, il continue d’offrir l’hospitalité à ses nombreux amis, comme à l’époque de la bohème. Nadar se brouille avec Adrien Tournachon, son demi-frère cadet, qui s’était lui aussi lancé, avec son appui, dans le métier de photographe-portraitiste, mais voulait aussi utiliser le nom de « Nadar ». Il s’ensuivit un procès gagné par Félix en 1857.

Nadar souhaite que l’appareil de photographie puisse désormais être emporté à l’extérieur et en voyage, aussi facilement que le chevalet du peintre. Il va commencer aussi à expérimenter la photographie embarquée dans un ballon. Il est donc, dès 1858, le pionnier de la photographie aérienne, avec ses vues du Petit Bicêtre19Daumier représente Nadar opérant avec difficulté lors d’une ascension aérienne, avec cette légende prémonitoire : Nadar, élevant la photographie à la hauteur de l’Art le 25 mai 1862.

En 1860, manquant de place, Nadar déménage de la rue Saint-Lazare au 35 boulevard des Capucines. Il fait installer au fronton de son immeuble une immense enseigne, dessinée par Antoine Lumière et éclairée au gaz. Le 15 mai 1874, s’ouvre dans cet atelier la « première exposition des peintres impressionnistes ».

Le flash au magnésium

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photographie des Catacombes de Paris, avec utilisation de lumière artificielle. Le temps de pose nécessaire est de 20 minutes, ce qui explique l’utilisation de mannequins.

Il expérimente l’éclairage à la poudre de magnésium, plus facile à brûler qu’en bloc. Complexe à mettre en œuvre, ce procédé, qui consiste à brûler de la poudre de magnésium, s’avère très dangereux car le magnésium est inflammable et dégage beaucoup de fumée. De plus, le déclenchement du flash se faisant manuellement, il arrivait qu’il soit désynchronisé. Nadar tente ensuite une nouvelle expérience qu’il décrit dans son livre Quand j‘étais photographe :

« Je tentai de tamiser ma lumière en plaçant une glace dépolie entre l’objectif et le modèle, ce qui ne pouvait m’amener à grand-chose ; puis plus pratiquement je disposai des réflecteurs en coutil blanc, et enfin un double jeu de grands miroirs répercutant par intermittences le foyer lumineux sur les parties ombrées. J’arrivai ainsi à ramener mon temps de pose à la moyenne diurne et finalement je pus obtenir des clichés à rapidité égale et de valeur tout à fait équivalente à celle des clichés exécutés quotidiennement dans mon atelier. »

Il effectue une démonstration pour le journal La Presse scientifique et dépose le brevet de photographie à la lumière artificielle en février 1861. Nadar est conscient de la portée de son invention. Désormais, il est possible de révéler au public le monde souterrain. Il le prouve en s’attaquant à un nouveau chantier : la photographie des sous-sols de Paris, c’est-à-dire les catacombes et les égouts.

En avril 1874, la première exposition des peintres impressionnistes se tient dans son ancien studio. On lui en a souvent attribué l’organisation ; en fait, il s’agissait de son ancien studio qu’il louait. Il est aussi possible, mais non prouvé, qu’il ait demandé à son locataire d’abriter les impressionnistes, mais il ne fut pas en tout cas l’organisateur de l’exposition.

Après le déménagement de son atelier rouge, sa femme lance et gère, avec 20 salariés, un nouvel établissement fort aristocratique rue d’Anjou-Saint-Honoré dont son fils deviendra très jeune le directeur artistique.

Nadar a fustigé les canons de représentation et, écœuré par l’évolution de la production raille ses concurrents, qui se contentent d’un format à peu près unique, singulièrement pratique pour l’espace de nos logements bourgeois. Sans s’occuper autrement de la disposition des lignes selon le point de vue le plus favorable au modèle, ni de l’expression de son visage, non plus que de la façon dont la lumière éclaire tout cela. On installait le client à une place invariable, et l’on obtenait de lui un unique cliché, terne et gris à la va-comme-je-te-pousse

L’aérostation

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Nadar élevant la Photographie à la hauteur de l’Art., lithographie d’Honoré Daumier parue dans Le Boulevard, le 25 mai 1863.

Très curieux des nouveautés techniques de son temps, il se lança avec passion dans le monde des ballons.

Grâce aux frères Louis et Jules Godard, aéronautes aguerris (frères d’Eugène Godard), il réalise près de Paris la première photographie aérienne en 1858, depuis un « vol captif » à 80 mètres au-dessus du Petit-Bicêtre (actuel Petit-Clamart). Il est obligé d’alléger au maximum et ne peut embarquer sa « guillotine horizontale ». Leur coopération cessera en 1863 à l’occasion d’un désaccord lors de la construction du ballon Le Géant.

Les aventures de Nadar inspireront Jules Verne pour Cinq semaines en ballon écrit en 1862. Un des héros de De la Terre à la Lune et Autour de la Lune — romans parus en 1865 et 1869 — s’appelle d’ailleurs Michel Ardan, anagramme de Nadar.

Jules Verne le décrit ainsi :

« C’est un homme de 42 ans, grand, mais un peu voûté déjà, comme ces cariatides qui portent des balcons sur leurs épaules. Sa tête forte, véritable hure de lion, secouait par instants une chevelure ardente, qui lui faisait une véritable crinière. Une face courte, large aux tempes, agrémentée d’une moustache hérissée comme les barbes d’un chat et de petits bouquets un peu égarés, un regard myope, complémentaient cette physionomie éminemment féline. »

— extrait de De la Terre à la Lune

En 1863 il fait construire un immense ballon, Le Géant, haut de 40 mètres et contenant 6 000 m3 de gaz, dont les ascensions publiques devaient réunir de quoi financer les travaux de la Société d’encouragement de la locomotion aérienne au moyen du plus lourd que l’air. Le 4 octobre, le premier vol du Géant a lieu à Paris avec 13 personnes. Jules Verne rédige alors le texte À propos du Géant qui parait dans le Musée des familles. Le ballon perd rapidement de la hauteur et atterrit à Meaux, à moins de 100 kilomètres de Paris. Nadar recommence l’expérience le 18 octobre avec son épouse. Dans les environs de Hanovre, le ballon atterrit durement et est entraîné sur 16 kilomètres. Le récit de cette catastrophe par Nadar est repris par la presse dans toute l’Europe. D’autres ascensions auront lieu mais sans le succès public escompté. Nadar doit donc arrêter l’aventure du Géant par manque d’argent.

Il fonde, en 1867, avec d’autres passionnés comme lui, la revue L’aéronaute. En 1870-1871, lors du siège de Paris par les Allemands, il constitue de son propre chef une Compagnie d’aérostiers avec Camille Legrand, dit Dartois, et Jules Dufour, dit Duruof, dont le but est la construction de ballons militaires pour les mettre à la disposition du gouvernement. Ils établissent un campement sur la place Saint-Pierre, au pied de la butte Montmartre, où naît la poste aérienne du siège. Les ballons permettaient de surveiller l’ennemi, d’établir des relevés cartographiques et également d’acheminer du courrier. Nadar baptise ses ballons : le George-Sandl’Armand-Barbès et le Louis-Blanc. C’est à bord de l’Armand-Barbès que Léon Gambetta, ministre de l’Intérieur, quitte Paris le 7 octobre 1870 pour se rendre à Tours afin d’y organiser la résistance à l’ennemi. Mais le gouvernement se détourne de Nadar, jugé trop « révolutionnaire », et préfère financer d’autres entreprises.

Au total, 67 ballons seront construits entre le 23 septembre 1870 et le 28 janvier 1871 qui transporteront 11 tonnes de courrier, soit 2,5 millions de lettres. Cinq des ballons seront capturés par l’ennemi. Cette première fabrication en série d’aéronefs, marque la naissance officielle de l’industrie aéronautique. Deux usines avaient été installées dans les gares de chemin de fer réquisitionnées : les frères Godard à la gare de Lyon et Dartois et Yon à la gare du Nord.

Les dernières années

Après l’épisode de la Commune, Nadar se retrouve complètement ruiné et recommence brièvement une activité dans la photographie, mais pour réaliser avant tout des travaux qui lui assurent sa subsistance.

En 1886, il accompagne son fils Paul Tournachon20 pour réaliser une interview du chimiste Eugène Chevreul illustrée par des photographies. Ce double travail, paru le 5 septembre dans Le Journal illustré peut certainement être considéré comme le premier reportage photographique réalisé en même temps que l’entretien journalistique dont Paul assure l’illustration.

En 1887, il s’installe au manoir de l’Ermitage de la forêt de Sénart où il accueille ses amis dans le besoin, jusqu’en 1894. Il est alors ruiné et malade, sa femme est devenue hémiplégique à la suite d’un choc affectif concernant son fils.

Marseille

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Tombe de Nadar, Pariscimetière du Père-Lachaise.

Décidé cette même année 1894 à s’installer avec son épouse malade dans le Midi, Nadar tente de nouveau sa chance à l’âge de 77 ans. Il laisse à son fils la gestion de ses affaires à Paris, et fonde à Marseille un atelier photographique21. Nadar, « doyen des photographes français » devient dans la région de Marseille une véritable gloire et se lie d’amitié avec l’écrivain Frédéric Mistral.

À cette époque, Nadar s’intéresse à la photostérie, application de la photogravure qui donne une image en relief rappelant la sculpture22. C’est lui qui fait sortir la photostérie du laboratoire où Lernac, son inventeur, l’eut peut-être laissée dormir. Et c’est lui qui, par sa connaissance approfondie de la technique photographique, parvient à la rendre industriellement pratique23.

En 1900, Nadar triomphe à l’Exposition universelle de Paris avec une rétrospective de son œuvre organisée par son fils. Il revient en 1904 à Paris, où il meurt le 20 mars 1910. Il est enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise (36e division).

Nadar, père et fils

Les relations entre Félix Nadar et son fils, Paul, ont été compliquées. Marchant sur les traces de son père, Paul Nadar se lance dans la photographie à son tour et devient très jeune le véritable directeur artistique de l’atelier sous l’égide de son père. Il réalise une série de photographies du chimiste Eugène Chevreul en 1886 pendant l’interview que le centenaire donne à son père. Toutefois, décalage de générations oblige, des divergences artistiques apparaissent entre le père et le fils. Tandis que Félix Nadar privilégiait les poses solennelles et graves, son fils avait une conception plus fantaisiste de la photographie. Paul utilise parfois des trucages et s’intéresse davantage aux gens du spectacle

Son pseudonyme

Le pseudonyme « Nadar » fut utilisé pendant quelque temps par son demi-frère Adrien Tournachon pour ses photographies, sous les formes « Nadar jeune » et « Nadar jne »25. Cette signature provoqua la confusion et fut la cause d’un procès26 entre les deux demi-frères, de mars 1856 à décembre 1857, qui permit à Félix d’être le seul utilisateur du pseudonyme. Ce procès fut l’un des premiers de ce genre, sur le statut d’auteur photographe25.

Son fils, Paul, réutilisa plus tard le pseudonyme avec la permission de son père

 

86 44ème HLM CAC G BRASSENS 07 02 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 15 h 58 min

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POUR CETTE 44ème HLM NOUS RECEVIONS LE THÉÂTRE AUX ÉCLATS. NOUS RECEVIONS EGALEMENT UN GROUPE POUR LA PARTIE MUSICALE MAIS IL A DEMANDÉ A CE QUE JE SUPPRIME L’ITW QUI ÉTAIT DIFFUSÉ SUR LA CHAÎNE YOUTUBE DE ÇA BOOSTE. SANS DOUTE QUE CELA LE GÊNAIT D’APPARAÎTRE SUR UNE RADIO ANARCHISTE. C’EST MALHEUREUSEMENT LE CAS TRÈS SOUVENT QUAND LES INVITÉS COMMENCE À ETRE INVITÉ SUR D’AUTRES RADIOS + LISSE OU MAINSTREAM ILS SUPPRIMENT DE LEURS PARCOURS LE FAIT D’ÊTRE PASSÉ SUR LIBERTAIRE. PAR CONTRE ILS SONT CONTENTS DE TROUVER UNE RADIO ET DES ANIMATEURS QUAND ILS CHERCHENT À FAIRE LEURS PROMOS. DOMMAGE POUR EUX. 

 

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SINON LE THÉÂTRE AUX ÉCLATS.

En quelques mots… 

Dès sa création, Le Théâtre aux Éclats s’oriente vers deux grands objectifs.

Le premier plus particulièrement adapté au cadre scolaire, donne à l’expression dramatique la fonction d’un outil pédagogique complémentaire à l’enseignement du français.

Le second consiste à proposer à un large public un véritable travail de création artistique. Au fil du temps, nos initiatives et nos réalisations se multiplient : 

- Soutien technique et artistique aux associations  (création de lumière, régie générale…)

- Mise en place de classes de découverte théâtre  et cinéma.

- Stages de vacances.

- Initiation à la lecture de l’image, à l’Histoire du  cinéma et à la réalisation.

- Organisation d’événements et programmation (Festival aux Éclats, tournée des ateliers… )

- Adaptation de notre savoir-faire auprès de publics variés (personnes en situation de handicap, entreprises…)

- Formation professionnelle des enseignants

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La confiance de certains de nos partenaires se renouvelle depuis parfois plus de vingt cinq ans. Celle-ci nous engage à renouveler nos propositions, à organiser des  activités toujours plus réfléchies, à trouver de nouveaux outils, à chercher sans cesse… 

Pour mener à bien notre action, nous sommes accompagnés de partenaires – artistes, animateurs, pédagogues et techniciens – qui s’engagent totalement  dans notre démarche. Pour beaucoup d’entre eux, le Théâtre aux Éclats est terrain de recherche, de réflexion et une expérience qui amène vers des parcours d’artistes. 

Mais l’essentiel reste pour nous une certaine idée de l’art – qu’il soit vivant ou non – et de la culture. La fonction des artistes est d‘éveiller nos sens et nous ouvrir sur  le monde. La pratique artistique devient un moyen privilégié pour y parvenir.

Pour cette raison, il est essentiel d’offrir ces horizons aux enfants dès le plus jeune âge, et aux adolescents. 

L’école, le collège ou le lycée sont les lieux où il est concrètement possible de rendre la culture accessible à tous. 

S’exercer à l’Art dramatique – par exemple – c’est vivre une expérience collective où le respect de l’autre, au travers d’échanges, de confrontations et de contradictions nourrit la réussite du projet de tous. 

C’est aussi un moyen d’aiguiser notre regard de spectateurs et de citoyens. 

L’originalité du Théâtre aux Éclats est de se placer comme un carrefour de la pédagogie et de la création artistique.

Ces deux fonctions, pour nous intimement liées sont, sans nul doute, à l’origine de la passion qui nous anime 


Fiche d’identité 

Le Théâtre aux Éclats est une association régie par la loi du 1er juillet 1901 qui a pour objet de promouvoir la culture par l’art théâtral, cinématographique, musical, photographique et littéraire. 

Le Théâtre Éclaté a été déclaré à la sous-préfecture de Mantes-la-Jolie (Yvelines) sous le n° 2189.

Nous avons modifié notre titre le 3 mars 1983 (Journal Officiel du 12 mars 1983) en Théâtre aux Éclats. 

U.R.S.S.A.F : 780200118115001011

N° S.I.R.E.T : 32705899600023

Code APE : 913 E 

Téléphone : 01 30 91 47 05 

Courriel : theatre.aux.eclats@wanadoo.fr 

Responsable de l’association 

Depuis l’origine de la compagnie, le directeur est Patrice VARRAIN. 

Coordination 

Manuel Gautier, metteur en scène, assure également l’organisation de nombreux projets.

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