ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

5 mai 2020

ENTRETIEN AVEC J.M. ROUILLAN 10 03 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 23 h 02 min

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J.M ROUILLAN EST VENU DANS ÇA BOOSTE POUR UN ENTRETIEN QUELQUES JOURS AVANT LE CONFINEMENT.  IL S’EST LIVRÉ SANS DÉTOUR SUR SON ENGAGEMENT POLITIQUE SANS CONCESSION QUI L’A MENÉ DEPUIS LE C.A.L. (Comité d’Action Lycéenne) JUSQU’À A.D (Action Directe).

Son engagement commence dans les années 60 à Toulouse, très tôt il prend conscience que seul la lutte peut faire avancer les revendications, que ce soit dans le mouvement lycéen ou le monde ouvrier. Petit fils de réfugié catalan, Toulouse était un l’arrière garde d’anciens de Tierra y Libertad revue de la FAI (Fédération anarchiste ibérique)1ère parution 1888 qui connu une publication soutenu de 1930 à 1939. Depuis 1977 c’est un mensuel.  Egalement des Colonnes Durruti, Colonne de Fer, Colonne Rouge et Noir et de façon générale des Républicains espagnols passé par les camps d’internement français de la honte. Ce qui fait que très tôt Jann-Marc Rouillan a été confronté aux histoires de ces républicains anarchistes ou non, mais antifascistes contre le franquisme. En 1971 il participe à la lutte contre le franquisme au sein du MIL-GAC (Movimiento Ibérico de Libéracion) (Grupos Autónomos de Combate) il y rencontre Oriol Solé Sugranyès.

Le 17 septembre, deux jours après l’attaque par le MIL d’une Caisse d’épargne de Bellver de Cerdanya, Oriol et Rouillan forçaient un contrôle de gendarmerie à Pau. Il était arrêté le lendemain à Toulouse avec Jean Claude Torres tandis que Rouillan parvenait à s’enfuir. Oriol Solé fut condamné le 13 janvier 1973 avec Torres à un an et six mois de prison. Rouillan et Salvador Puig Antich jugés par défaut au même procès avaient été condamnés à la même peine. Pendant son incarcération c’est Jean Marc Rouillan qui assumera la responsabilité du groupe.

Lors du congrès d’auto-dissolution du MIL en août 1973 à Toulouse, il déclara que pour pouvoir abandonner les armes, il fallait faire une dernière attaque. Le 15 septembre 1973 il participait à l’attaque de la Caisse de retraites de Bellver de Cerdanya où le groupe s’emparait de 700 000 pesetas. Pris en chasse par la Guardia Civil et après avoir abandonné leur véhicule et tenté de gagner à pieds la cachette d’un autre véhicule, Oriol Solé et José Lluis Pons Llobet étaient capturés le 16 septembre au lieu dit Torre de Riu (Gérone) après avoir échangé des tirs avec les gardes qui surveillaient la cachette. Son frère Jordi Solé Sugranyes qui était le chauffeur lors du hold up était déjà parvenu à passer en France.

Le 27 juillet 1974, traduit devant un conseil de guerre avec José Luis Pons Llobet, Oriol Solé Sugranyes était condamné à 48 ans de prison tandis que Pons llobet écopait d’une nouvelle peine de 21 ans de détention. Le 5 avril 1976 avec Josep Lluis Pons Llobet il participait à l’évasion de 29 prisonniers politiques -essentiellement de l’ETA- de la prison de Ségovie. Oriol Sole Sugranyes « Victor » était capturé le lendemain 6 avril et assassiné à Ronceveaux (Navarre) près de la frontière par la Guardia Civil. Seuls quatre des évadés parviendront à passer en France.

Oriol Solé Sugranyes a été inhumé le 8 avril au cimetière de Bor (Lerida).

 

  Le MIL s’est assigné deux objectifs principaux, soutenir les grèves ouvrières et assurer la publication clandestine de la littérature révolutionnaire interdite par le pouvoir grâce à aux éditons clandestine Mayo 37. il bouge entre Barcelone et Toulouse avec ses potos de 68, c’est là qu’il rencontre également Salvador Puig Antich ce sont tous des minots d’une vingtaine d’années, mais avec déjà une conscience politique bien aiguisé. Salvador sera le dernier militant politique à subir le garrot il n’avait que 25 ans. le MIL s’auto-dissous  en 73. Plusieurs ex-MIL et le groupe de Toulouse dont fait partie Jann-Marc crée le GARI-GAI  (Groupes d’Action Révolutionnaire Internationaliste) (Groupes Autonomes d’Intervention). Il pratiquerons pendant un peu plus d’un an des attaques à l’explosif et des braquos pour le financement du mouvement et de la cause révolutionnaire. 

 

Les Groupes d’action révolutionnaires internationalistes (GARI) ont été actifs en France au cours de l’année 1974. Pratiquant principalement des attentats à l’explosif et des braquages les GARI « ont toujours évité autant que possible que leurs opérations s’accompagnent d’effusion de sang ».

Formés en solidarité à la suite de l’arrestation en Catalogne, en septembre 1973, de membres de l’ex Movimiento Ibérico de Liberación (MIL ou 1000) et de l’exécution de Salvador Puig i Antich en mars 1974, les GARI mènent des actions clandestines contre le franquisme pour obtenir la libération des membres de l’ex MIL et éviter que deux d’entre eux soient condamnés à mort, José Luis Llobet et Oriol Solé .

Chronologie

  • En janvier 1974, la coordination va revendiquer avec des sigles différents (GAI, GARI) diverses séries d’actions.
  • 28 février 1974 : mitraillage de la voiture du chancelier d’Espagne à Toulouse.
  • 22 mars 1974 : attentats dans le sud de la France sur des routes reliant la France à l’Espagne. Plusieurs ponts sont endommagés. Les actions sont revendiquées GAI (Groupes Autonomes d’intervention).
  • 4 avril 1974 : un commando du GARI braque la banque Courtois de Montesquieu Volvestre près de Toulouse.
  • 3 mai 1974 : enlèvement à Paris du directeur de la Banque de Bilbao, Angel Baltasar Suarez (libéré le 22 mai9), le même jour « El Banco Español de Crédito » à Bruxelles est braquée.
  • 22 mai 1974 : incendie de L’Est républicain par le « commando Puig Antich », une voiture piégée explose contre les locaux de la compagnie Iberia à Bruxelles, deux autres voitures sont désamorcées à Anvers et à Liège.
  • 5 juillet 1974 : une caisse d’épargne à Toulouse est attaquée.
  • 15 juillet 1974 : attentats à Andorre-la-Vieille contre la Viguerie épiscopale et la caisse d’épargne espagnole. Attentat contre la gare d’Austerlitz dans les toilettes du train Paris-lrun-Madrid à Paris. À Ille-sur-Têt et à Brialou Plusieurs lignes à haute tension reliant la France et l’Espagne sont plastiquées.
  • 17 juillet 1974 : attentats contre des véhicules du Tour de France à Saint-Lary-Soulan, plusieurs arbres sont abattus sur la route entre Barèges et le col du Tourmalet, 13 cars de pèlerins sont incendiés à Lourdes10.
  • 25 juillet 1974 : attentat contre la Banque Populaire d’Espagne à Nîmes.
  • 28 juillet 1974 : attentat contre le consulat d’Espagne à Toulouse, 6 personnes sont blessées11. Une charge explosive détruit une partie de la consigne automatique de la gare d’Hendaye.
  • 29 juillet 1974 : attentats contre deux autocars de la SEAFEP à Paris, une autre charge est désamorcée, attentats aux voitures piégées contre les postes-frontières franco-espagnol du Perthus et de Bourg-Madame.
  • 30 juillet 1974 : fausses alertes à la bombe contre deux trains venant d’Hendaye.
  • 31 juillet 1974 : attentats contre deux bateaux de plaisance à La Grande-Motte, fausse alerte à la bombe dans le train Madrid-Paris.
  • 5 août 1974 : attentats aux voitures piégées contre la compagnie aérienne Iberia et deux succursales du Banco Espanol à Bruxelles.
  • Courant août auto-dissolution de la coordination GARI. Plus aucune action ne sera revendiquée sous ce sigle.
  • 15 août 1974 : fausse alerte à la bombe dans la Grotte de Massabielle.
  • 3 septembre 1974 : braquage d’un Crédit lyonnais à Béziers.
  • 6 septembre 1974 : braquage de la BREC à Toulouse.
  • 27 décembre 1974, sept membres ou sympathisants des GARI entament une grève de la faim illimitée pour d’obtenir le régime spécial accordé aux détenus politiques : Michel Camilleri, Floréal Cuadrado, Raymond Delgado, Mario Inès, Jean-Michel Martinez, Victor Menrique et Jean-Marc Rouillan12.
  • À partir de janvier 1975 en solidarité avec les membres des GARI incarcérés diverses actions sont menées. En dehors de l’information classique (créations de divers comités de soutien : tracts, affiches…) quelques actions spectaculaires vont être menées.
  • 5 janvier 1975 : fumigène contre une exposition espagnole au Musée de la marine à Paris13.
  • 8 janvier 1975 : attentat contre le Palais de Justice de Toulouse.
  • 15 janvier 1975 : attentat contre le Palais de justice de Paris14.

LE FASCISME C’EST LA MORT : MORT AU FASCISME

Communiqué publié dans Front libertaire des luttes de classes, journal de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA), dans son n°32 de mars 1974

« Aujourd’hui, samedi 2 mars, à 9h40, dans la cour de la prison provinciale de Barcelone, le jeune militant libertaire catalan, le camarade Salvador Puig Antich, a été lâchement assassiné par le garrot des chacals fascistes qui depuis plus de trente ans exercent leur terrorisme sanglant contre le peuple espagnol.

L’Espagne, ensanglantée par le criminel Franco et sa clique d’assassin et de bourreaux fascistes, pleure aujourd’hui une nouvelle victime, une nouvelle vie tronquée. Ce crime horrible et sauvage par la bassesse de ses motivation criminelles, par la volonté de terreur avec laquelle il espère, inutilement, intimider tous ceux qui luttent pour la liberté et la dignité du peuple espagnol, et par le sadisme bestial avec lequel il a été préparé, mis en place et monté sans même tenir compte des plus élémentaires normes de la « légalité »bourgeoise, y compris dans sa version franquiste, […] et, à la fin, exécuté sciemment et contre la vaste et vigoureuse indignation d’une grande partie du peuple espagnol et de l’opinion publique internationale, ce crime constitue la preuve la plus évidente que dans notre pays la guerre civile continue, qu’entre la liberté et l’oppression, il n’y a pas de compromis possible, mais uniquement une guerre totale, jusqu’à la destruction de la dernière pierre de l’immense prison franquiste. […]

Les malédictions, la douleur, les larmes, le sang et la rage du peuple finiront bien par abattre les tyrans. Ils se trompent les assassins et la momie sanglante qui les inspire, s’ils espèrent profiter du sacrifice du camarade Puig Antich pour leur stratégie de survie. Ils se trompent s’ils comptent intimider, avec cet assassinat, ceux qui luttent contre la tyrannie et l’exploitation. […] Ils se trompent enfin, si sur ces fragiles illusions, ils fondent l’espoir de pouvoir mettre un terme à la conscience révolutionnaire croissante des exploités et des opprimés, et à la constante radicalisation des luttes ouvrières et populaires pour la liberté et la survie. […]

Et quant à toi, camarade Puig Antich, on veut te dire seulement que l’évocation de ton nom sera pour nous, à chaque moment de notre lutte, un puissant stimulant pour qu’approche le moment où sera détruit le fascisme et où se réaliseront ces idées qui étaient les tiennes et qui sont les nôtres. »

Groupe anarcho-syndicaliste « Accíon directa », le 2 mars 1974


PUIG ANTICH ASSASSINÉ PAR L’ÉTAT ESPAGNOL

Article publié dans Le Postier affranchi, bulletin des travailleurs ORA des PTT, dans son n°2 de mars 1974

« Le samedi 2 mars, à 9h40, notre camarade Puig Antich a été garroté par l’État espagnol. Par cet assassinat, Franco essaye de briser le mouvement révolutionnaire. Le mouvement de solidarité qui s’est développé en Espagne en faveur des militants de l’ex-MIL (Mouvement ibérique de libération) montre que la lutte contre le capitalisme espagnol n’est pas un fait minoritaire.

La soi-disant « libéralisation » dévoile son vrai visage et il est clair que l’État espagnol d’aujourd’hui est le même que celui qui assassinait aux côtés d’Hitler et de Mussolini. C’est avec cet État que l’État français entretient des liens privilégiés. […]

C’est aussi parce qu’il était anarchiste et à cause de la pratique du MIL que Puig Antich est mort dans une indifférence quasi-générale. Il est bien temps maintenant d’envoyer des télégrammes de protestations, de faire des défilés et des communiqués en criant au scandale. C’est avant qu’il fallait agir.

Deux autres militants de l’ex-MIL, José Luis Llobet et Oriol Sole, risquent également la peine de mort. Il est trop tard pour se lever contre le meurtre de Puig Antich, il s’agit aujourd’hui de sauver ses camarades. Nous appelons tous les travailleurs à se mobiliser pour éviter un nouveau meurtre. Sauvons José Luis Pons Llobet et Oriol Sugranyes ! Contre le fascisme : guerre de classes ! »

                

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le supplice sadique du garrot.
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Toulouse 1974, manifestation pour la grâce de PUIG ANTICH
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la momie « Caudillo ».  A coté celui qui deviendra  le roi Juan Carlos (la transition  « démocratique »),  le garrot  ne semblait pas poser de problème de conscience. 
1 pourriture+ 1 pourriture = tous pourris

 

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En résumé Jann-Marc Rouillan.

POUR SON ENGAGEMENT EN ESPAGNE ET EN FRANCE, DANS LA LUTTE ARMÉE CONTRE LA DICTATURE FRANQUISTE ET NOTAMMENT POUR LES FAITS QUE CE LIVRE RELATE DE MÉMOIRE (TOME 2), JANN-MARC ROUILLAN A ÉTÉ AMNISTIÉ LE 14 MARS 1977 PAR LE DÉCRET N°388 DU PRINCE JUAN CARLOS-DÉCISION ASSORTIE D’UNE EXPULSION À VIE DU TERRITOIRE ESPAGNOL. LE 22 FÉVRIER 1987, AVEC NATHALIE MENIGON, JOELLE AUBRON ET GEORGES CIPRIANI, JANN-MARC ROUILLAN EST ARRÊTER À VITRY-AUX-LOGES. LE 26 FÉVRIER 1988, LA C.ASS. DE PARIS CONDAMNE CE DERNIER À 13 ANS DE RÉCLUSION CRIMINELLE POUR LES FAITS DE VOL AVEC ARME; LE 4 JUILLET LA C.AP. DE PARIS AJOUTE UNE PEINE DE 10 ANS POUR PARTICIPATION À ASSOCIATION DE MALFAITEURS, DÉTENTION D’ENGIN EXPLOSIFS. LE 14 JANVIER 1989, C’EST DE NOUVEAU LA C.ASS. DE PARIS AVEC UNE RÉCLUSION CRIMINELLE À PERPÉTUITÉ ASSORTIE D’UNE PEINE DE SURETTE DE 18 ANS, POUR COMPLICITÉ D’ASSASSINAT (MORT DE G.BESSE P.D.G. DE RENAULT) ET LE 19 MAI 1994, UNE RÉCLUSION CRIMINELLE À PERPET’ AVEC PERIODE DE SURETE DE 18 ANS ( MORT DE R.AUDRAN ING. GÉN. DE L’ARMEMENT, TENTATIVE D’ASSASSINAT SUR BRANA, V.PR. DU C.N.P.F.

DURANT SES 25 ANNÉES D’INCARCÉRATION, JANN-MARC CONNUT 11 ANS DE Q.H.S OU D’ISOLEMENT. EN 2007 IL OBTIENT UN LIBÉRATION DE SEMI-LIBERTÉ EN S’ABSTENANT DE TOUTE INTERVENTION PUBLIQUE. IL SERA ENGAGÉ AUX EDITIONS AGONE LE 17 DECEMBRE. 

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