ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

2 mai 2020

75 JAY and THE COOKS 08 11 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 58 min

 

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JAY RYAN FAIT PARTIE DE CES INVITES DE ҪA BOOSTE QUI SONT RÉSIDENT DE L’EMISSION IL ETAIT VENU AVEC LE VIOLONISTE DU GROUPE PAUL SUSEN , GRAND PAUL NOUS AVAIT FAIT LA SURPRISE DE VENIR ACCOMPAGNER JAY LORS DE DE CETTE SOIRÉE.

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YEAH JAY!!!

 

Fin des années 60, Jay joue dans les rues de Chicago avec son « marching band ». En 1972, c’est « Indiana University » où il évite le tirage au sort pour aller au Vietnam puis découvre la basse, le blues, la vie sur un campus…

Mi-70, il file à Austin et fait partie du plus mauvais groupe sans nom de la ville … mais qui sera le premier groupe à jouer au légendaire Continental Club. Il devient aussi un habitué du Antone’s Blues Club où il écoute The Fabulous Thunderbirds tous les jeudis.

En pleine vague punk, on le retrouve durant 3 années à New-York. Il fréquente le CBGB et écoute Lou Reed, Richard Hell… Il habite dans « The Lower East Side » et se débrouille comme il peut en conduisant son taxi ou comme serveur.

En 1980, il revend sa basse pour prendre l’avion et découvrir la Provence. Il découvre aussi la cuisine et les saveurs Chez Ernest où il devient même cuisinier tout en montant un duo de blues avec le traiteur historique de Cannes.

De mi-80 à 1999, Jay se consacre entièrement à la musique. On le retrouve avec Yohan Asherton, Les Froggies, Jesse Garon, Jacno, Paris Slim, ou en concert avec Elliot Murphy puis à la tête du Transcontinental Cowboys.

Il retourne à Austin en qualité de tour manager avec Erik Marchand et Donnisulana puis sillonne de nouveau l’amérique du nord avec D’Gary. À Paris, il a co-fondé le disquaire puis le label Cinq Planètes. Ensuite, Jay se consacre à améliorer l’expression en anglais de dirigeants et du personnel d’entreprises tout en redécouvrant Bob Dylan, ses origines d’immigrant irlandais, de nouvelles recettes puis finalement l’envie de jouer.

 

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I’m Hungry – Les Chansons

I’m Hungry

 Le titre de l’album. J’ai faim depuis ma naissance, demandez à ma mère ! Affamé le matin, affamé la nuit, une tragédie survient – ouvre le frigo, c’est la fête – allume le four… Nous sommes aussi tous affamés de changement, de moins d’inégalité, de plus de travail, de moins et de meilleurs politiciens, de moins de violence, de vie… J’écris déjà « I’m Thirsty ». Merci à mon vieil ami Tyler J Barnes pour son aide sur ce morceau.

Lust For Life

 Quand j’ai emmenagé à New York City, je ne savais même pas qu’Iggy Pop existait (à Austin, le blues était mon univers). Je me souviens qu’en entendant cette chanson dans l’appartement d’un ami, je m’étais dit “wow, ce mec vient d’un endroit que je n’ai jamais visité”. C’est donc un hommage à cette période vers 1978 à NYC, quand j’ai littéralement découvert ce que Lou Reed voulait dire dans “Walk On The Wild Side”. Merci à Paul Péchenart IV à la guitare rythmique (sa première chanson country?) et à Jean-Yves au banjo (sa première tentative/expérience proto-punk?)

 

Cellblock C & Drinking and thinking about you

 J’ai rencontré Jack Clark il y a quelques années à une scène ouverte à Montreuil. Il est un chauffeur de taxi, écrivain et auteur-compositeur-interprète de Chicago. Vous vous demandez probablement comment il a atterri à Montreuil ? Bonne question, vous devrez lui demander vous même ! Un soir où il chantait une de ses chansons, je me suis dit « pourquoi ne pas lui demander d’en utiliser une ou deux sur l’album ? ». Je trouve ces chansons géniales, j’espère leur rendre justice.

Ligne 13

 La ligne 13 du metro a une mauvaise reputation… et maintenant, elle a une chanson. Je prends cette ligne matin et soir depuis 7 ans. J’ai vu et expérimenté des centaines d’histoires… en voilà quelques unes dans une session réduite de “country chicken pickin” à Paris. J’ai écrit la chanson en anglais et Marie-France Floury l’a traduite en français et ajouté ses propres paroles.

C’est Compliqué

 J’habite à Paris depuis plus de 30 ans. J’ai découvert en écrivant ces chansons que mes idées me venaient en français, mais j’ai beaucoup de mal à vraiment m’exprimer dans la langue de Molière… Paul Péchenart III à la rescousse! Il a proposé une chanson de rock français, je l’ai changée en numéro R&B, puis Marco Dimaggio lui a donné un son Stray Cats. C’est compliqué !

Je t’aime

 Pour ceux qui ont écouté le premier album “Dutch Oven”, vous reconnaitrez celle-ci, elle y figure aussi! Marie-France Floury a toujours trouvé que la chanson était interprétée trop lentement sur la dernière sortie, alors Paul et moi avons pensé à la refaire… Danny Vriet joue du violon cajun parfaitement et capture l’esprit de ce morceau.

4 in the Morning Blues

 Un matin à 4h vers 1985, dans la banlieue de Paris. Je revenais d’un concert avec le Bruce Koening Band. On ramenait notre matériel à Gennevilliers. A un moment nous sommes passés devant un arrêt de bus et c’était comme un rêve… Une vingtaine d’hommes d’origine nord-africaine se tenait sous un lampadaire à l’arrêt de bus en attendant qu’on les emmène à l’usine. Il n’y avait personne d’autre qu’eux en vue… J’ai gardé ce moment en tête pendant plus d’un quart de siècle.

Transcontinental Shuffle

 C’est une chanson de pedal steel. J’adore la guitare pedal steel, j’ai donc demandé à Jean-Yves s’il voulait inclure sa chanson dans l’album. Son nom vient des Transcontinental Cowboys, un groupe dans lequel Jean-Yves et moi avons joué dans les années 80 et 90. Nous jouions déjà ce morceau à l’époque. En écoutant les solos de Marco Dimaggio, on croirait qu’il est un guitariste de pedal steel frustré.

In The Pines

 Cette chanson traditionnelle a été jouée par des musiciens blancs comme noirs durant ces 75 dernières années. Cette prise, grâce à Marco Dimaggio, nous transporte dans un univers à la David Lynch, d’horreur et de suspense. On est bien loin des Delmore Brothers et ça me convient bien.

J’aime pas la rentrée

 Quel adolescent n’a jamais eu envie de jeter ses livres par la fenêtre ? Qui ne s’est jamais identifié à “Tu peux te carrer ton job où je pense” une fois dans sa vie? L’ode de Marie-France à l’insurrection personnelle des ados. Je dois modestement admettre que je pensais à “Jackson” de Johnny Cash et June Carter en l’arrangeant.

 

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George Lewis est incarcéré dans le Bloc C. Le juge l’a condamné à perpétuité en 1983. Sa maison : une cellule de 2,5m par 3,5m …
On a dit qu’il avait tué un épicier nommé Roman Ortez d’une balle dans la tête, pour lui dérober sa caisse. Mais on ne sait pas ce que George Lewis a fait de l’argent ni à qui sont les empreintes digitales trouvées sur le lieu du crime …

Malgré la pénombre, George Lewis a été identifié par 2 témoins alors qu’il s’enfuyait. En prison, il a appris à se battre. Il a aussi appris à ne rien voir et à ne rien entendre. Il est resté seul.

George Lewis a continué à clamer son innocence et a finalement obtenu la réouverture de son dossier puis l’analyse des empreintes trouvées sur place. Cette fois-ci, les ordinateurs ont formellement identifié un meurtrier : un autre homme déjà incarcéré pour une autre affaire.

George Lewis aura passé 18 années derrière les barreaux. Il s’est fait brisé. Il est sorti de prison un jour de novembre. Cassé, il s’est rendu compte qu’il n’arrivait même plus à aimer ses proches…

« CELLBLOCK C » est une chanson saisissante de Jack Clarck, l’écrivain chauffeur de taxi de Chicago. Elle nous interpelle, nous alarme et nous informe sur les innocents emprisonnés. George Lewis, tout comme Roman Ortez, sont des personnages inventés par Jack Clarck. Mais l’histoire n’est que pure vérité, exprimée avec des mots simples et directs. L’interprétation de Jay and The Cooks et l’ambiance sonore ne sont pas sans rappeler l’atmosphère et la couleur des Lords of The New Church, avec une petite pointe de Johnny Cash. L’auteur se demande comment peut-on rester libre si des innocents sont encore incarcérés. Et selon lui, dans chaque prison il y a des innocents. Des gens qui seront cassés à jamais. Des hommes qui ne seront plus jamais entiers. Pour dénoncer cette situation, il a confié ses paroles et sa musique à Jay and the Cooks. CELLBLOCK C est sur l’album I’M HUNGRY.

Selon une étude du National Registry of exonerations (Registre national des erreurs judiciaires), un projet conjoint de l’Université du Michigan et de l’université Northwestern (Chicago), le nombre d’erreurs judiciaires découvertes par les autorités américaines est toujours en nette augmentation. En 2015, record battu avec 149 disculpés qui ont passé en moyenne 14 ans et demi en prison. Plus de 1500 prisonniers ont été innocentés aux États-Unis au cours des 25 dernières années.
Près de 20% des personnes innocentées avaient à l’origine plaidé coupable.

Toujours selon le Registre national des erreurs judiciaires, 56 % des personnes innocentées en 2013 avaient été arrêtées et condamnées à la suite d’un faux témoignage. Les erreurs commises par des témoins oculaires sont à l’origine de 38 % des verdicts de culpabilité aux États-Unis. Dans 46 % des cas d’erreur judiciaire, c’est le travail des policiers qui est en cause même si ce n’est souvent pas le seul facteur.

Pour en savoir plus sur le National Registry of exonerations et son dernier rapport

En France, la révision de procès est une procédure rarissime. Pour en savoir plus sur le sujet, vous pouvez lire un très bon article de Yann Bouchez publié par Le Monde

 

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DES INFOS DE JUSTE UNE TRACE LABEL DE JAY

Le Dernier Assaut est lancé !

5 oct. 2016

LE DERNIER ASSAUT est un album de 14 titres consacrés à la Première Guerre Mondiale avec Dominique GRANGE, TARDI et les musiciens d’ACCORDZÉÂM.

En 2014, à l’initiative de Juste Une Trace, un nouveau spectacle de Tardi et Dominique Grange est produit pour le Centenaire de la Grande Guerre. Paul Bessone organise la rencontre entre l’auteur dessinateur, la chanteuse et les 5 musiciens d’Accordzéâm. C’est en Allemagne que « PUTAIN DE GUERRE ! » est présenté pour la première fois sur scène. Le spectacle fut à l’affiche du Festival International de la Bande Dessinée d’Erlangen et a ensuite été présenté proche de Toulon, à Londres, Lisbonne, Draguignan, Lucerne et Luxembourg.

Durant l’automne 2015, la production de l’album commence. Il est enregistré à Paris au Studio 180 puis finalisé au cours du premier semestre 2016. LE DERNIER ASSAUT présente une petite évolution du répertoire du spectacle PUTAIN DE GUERRE !, lui donnant une dimension un peu plus internationale. Il comporte 5 chansons en français dont 2 titres originaux inédits et 3 avec une nouvelle orchestration, 2 compositions historiques d’auteurs anonymes dont 1 titre en italien et 1 en anglais,  une autre chanson plus récente dans la langue de Shakespeare de l’auteur écossais Eric Bogle, une chanson en allemand de Bertolt Brecht écrite en 1918, 2 compositions instrumentales et 3 textes de Tardi qu’il a enregistrés pour l’occasion.

Comme l’album DES LENDEMAINS QUI SAIGNENT réalisé en 2009 (Juste Une Trace) et dont le spectacle fut aussi présenté à Montréal, Québec, Craonne et Barcelone, il s’agit de chansons contre la guerre. DES LENDEMAINS QUI SAIGNENT comportait notamment « Tu n’en reviendras pas » d’Aragon et Léo Ferré, des paroles de Montéhus, d’autres de Sébastien Faure, celles de combattants anonymes dont « La chanson de Craonne » et « Le Déserteur » de Boris Vian avec le dernier couplet dans sa première version manuscrite. Pour les amateurs et les curieux, des exemplaires CD de l’album DES LENDEMAINS QUI SAIGNENT sont encore disponibles.

L’édition limitée CD digipack de l’album « LE DERNIER ASSAUT » est disponible dans la boutique.

Du Rock Français sur les rives du Mississippi

21 juin. 2016

C’EST COMPLIQUE_JuT_blog_20160621

Quand il ne prend pas son vélo ou son scooter, à Paris, Jay se déplace en métro. Il connaît parfaitement la ligne 13 et comme tous les voyageurs, il passe toujours trop de temps dans les transports en commun. C’est souvent compliqué pour ceux qui circulent tous les jours ainsi. Alors Jay a pris sa plume et, pour une fois, il a écrit directement un texte en français. Après avoir couché ses idées sur le papier, il appelle le guitariste Paul Péchenart à la rescousse et lui propose d’en faire une chanson : C’EST COMPLIQUÉ. 

Jay_Johan Asherton_The Froggies_80sPaul Péchenart est un membre fondateur des «Dogs». Il manipule les riffs et les phrases inlassablement. Dans les années 80, il jouait aussi avec Jay dans «The Froggies», le groupe de Johan Asherton. Il reprend donc le texte, y met sa patte d’auteur puis donne à l’ensemble une couleur naturellement «rock français» avant de remettre le tout à Jay. 

Jay et Paul ont aussi un autre point commun : ils ont tous les deux joué le blues avec Luther Allison. Jay va donner une touche de Rhythm and Blues à la composition. Le processus de création ne s’arrête pas encore là. Les paroles restent en français mais la musique nous emmène indiscutablement aux États-Unis.

Un enregistrement de base (démo) est alors passé à Marco Di Maggio (le directeur artistique et guitariste de tout l’album I’m Hungry). Comme vous le savez peut-être, Marco est nettement influencé par le Rock’n’Roll. Il a joué avec Slim Jim Phantom (Stray Cats), Kevin Smith (Brian Setzer Orchestra) ou encore Albert Lee… et cela s’entend.

Une fois en studio, C’EST COMPLIQUÉ se transforme de nouveau et devient Rockabilly. Jay chante un peu comme Johnny Cash l’aurait fait, avec une touche de Country music.

Finalement, la chanson évolue avec le temps et donne maintenant une bonne idée de tout ce que l’on peut entendre sur les rives du Mississippi, quelque chose de très éloigné du métro parisien pour quelqu’un qui ne comprendrait pas le français.

Au hasard d’une rencontre avec Jack Clark

16 mai. 2016

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C’est assez inhabituel de s’installer dans un taxi et de trouver un manuscrit sur le siège à côté du conducteur. Ce qui rend le taxi de Jack Clark unique, c’est qu’il est à la fois le chauffeur du véhicule et l’auteur de romans.

Jack Clark est donc chauffeur de taxi à Chicago depuis une trentaine d’années. Il lui arrive aussi de voyager plus loin et de taper la chanson. C’est à Montreuil, lors d’une scène ouverte, que Jay l’a entendu et rencontré.

Jack Clark a publié 3 romans et de nombreux articles dans le Chicago Reader depuis le milieu des années soixante dix. Il a mis de côté le journalisme pour écrire des nouvelles, des séries noires, des romans policiers, et des chansons teintées de blues, de folk et de country. Le Washington Post n’hésite pas à dire de son roman «Nobody’s Angel», que c’est «une pierre précieuse qui ne contient pas de mots inutiles ou de fausses notes».

Au début, Jack Clark vendait directement ses livres «brochés main» à ses passagers… C’est ainsi qu’il en a écoulé plusieurs centaines d’exemplaires avant d’attirer l’attention d’un éditeur.

 Au volant de son taxi encore 2 ou 3 jours par semaine, il se nourrit notamment des conversations qu’il engage pour imaginer de nouvelles histoires et écrire. 

JAY a toujours était proche de la littérature.  Tout simplement, dans l’album I’M HUNGRY, il chante deux textes inédits de Jack Clark. 

Les paroles sont si limpides qu’elles nous plongent en quelques secondes dans une histoire. Pour vous donner une idée, voici un extrait de l’enregistrement et le texte intégral de DRINKING AND THINKING (ABOUT YOU).

 Un bus à prendre 

19 avr. 2016 

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Cette histoire se déroule vers 4 heures du matin au milieu des années 80. Un quart de siècle après, Jay a toujours une image en tête. Celle d’une vingtaine d’hommes qu’il a croisés au petit matin juste après un concert avec le Bruce Koening Band. Il venait de déposer les instruments et les amplis dans un local de banlieue parisienne et retournait sur Paris pour se coucher. En passant devant un arrêt de bus, sous un lampadaire, ces hommes attendaient qu’on les emmène à l’usine. Ils étaient tous d’ailleurs, de loin. 

Il paraît que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt… Dans certaines sociétés, le monde appartient à ceux qui ont des employés qui se lèvent tôt. Ils ne voient pas souvent le soleil, le ciel bleu n’existe plus, ils passent à côté de la vie et se demandent ce qu’ils ont raté. L’histoire peut paraître banale mais le sujet encore d’actualité de « 4 in the morning blues » est dramatique. Les paroles de Jay sont directes, un peu amères. Avec des sonorités proches du Rockabilly, Jay y apporte une légèreté, une fausse drôlerie, comme si tout allait de soi, comme si celui qui se couche tard croise normalement celui qui se lève tôt.

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