ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

29 mai 2020

Emission du CSPB 26 05 20 REDIFF LE 02 06 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 20 h 34 min

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AU SOMMAIRE DE L’EMISSION DE CE MARDI 26 05 20 .

UN APPEL Á SOLIDARITÉ POUR ERIC BEZOU DÉLÉGUÉ DU PERSONNEL ET DÉLÉGUÉ SYNDICAL CHEMINOT QUI EST EN PASSE DE CE FAIRE LICENCIER. MILITANT ACTIF DEPUIS 28 ANS Á LA SNCF EN POSTE Á MANTES LA JOLIE. LA DIRECTION EN ACCORD AVEC LE MINISTÈRE DU TRAVAIL CONFIRME LA MESURE DE LICENCIEMENT. QUAND LE POUVOIR ET LES GRANDES ENTREPRISES SE VENGENT DE LA GRÉVE DANS LES TRANSPORTS (SNCF-RATP) QUI AVAIT DURÉ 3 MOIS. COMME IL FALLAIT S’Y ATTENDRE LE POUVOIR FASCISTE NOUS PRIVE DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION SOUS DIVERS MOTIFS PLUS FALLACIEUX LES UNS QUE LES AUTRES. ON PEUT MANIFESTER MAIS L’ON SUBIT UNE REPRESSION ULTRA VIOLENTE. ON PEUT FAIRE GRÉVE MAIS LES MENEURS SERONT CHÂTIÉS SANS PITIÉ MOTIFS DE LICENCIEMENT X OU Y ET HOP ON VIRE. CAR ERIC N’EST PAS LE SEUL. A GARE DE L’EST CE SONT 5 OU 6  AGENTS QUI SONT EGALEMENT VISÉS PAR DES MESURES DISCIPLINAIRES DONT LE LICENCIEMENT. IDEM Á LA RATP. LE POUVOIR CHERCHE PAR TOUS LES MOYENS Á BÂILLONNER LE DROIT DES TRAVAILLEURS. TANT QUE L’ON NE LUTTERA PAS Á ARMES ÉGALES CONTRE LE POUVOIR LES TRAVAILLEURS SERONT TOUJOURS PERDANTS. ŒIL POUR ŒIL DENT POUR DENT. CESSONS LA POLITIQUE CONSENSUELLE DES PARTIS DE GAUCHE, PS, INSOUMIS, NPA ET LA PLUPART DES SYNDICATS QUI ONT PERDU DE VUE L’ESSENCE MÊME DE CE POURQUOI ILS EXISTENT. 

KALERA BORROKA!!!

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AUTRES CHRONIQUES

LE TÉMOIGNAGE D’HEGOA ARAKAMA DONT LE PERE EST EN PRISON DEPUIS Á SEVILLE.

 

“Mon père vit confiné depuis 23 ans”

Cela fait plus de trois mois qu’Hegoa Arakama n’a pas eu la possibilité de rendre visite à son père incarcéré à plus de 1 000 kilomètres, à Séville. Les conditions sanitaires minimales ne sont pas respectées au sein du module d’isolement dans lequel se trouve son père, Iñaki Arakama. Si le virus y rentre, selon elle, “ça va faire un carnage”.

MEDIABASK|2020/05/23 18:00|0 IRUZKIN 

 

Hegoa Arakama, fille d’Iñaki Arakama incarcéré depuis 23 ans.

Votre père est incarcéré à Séville. Comment vivez-vous cette crise sanitaire ?

On ne s’est pas vu depuis le 15 février dernier. C’est la dernière fois que nous y sommes allés. Depuis le second week-end de mars, ils ont fermé les prisons. On aurait dû y aller le premier week-end d’avril et le week-end prochain. On vit cette crise sans se voir, avec beaucoup d’anxiété et d’angoisse.

Comment se sent votre père ?

Au début, je le trouvais très bien. Pour nous, le confinement était quelque chose de complètement nouveau, qui nous chamboulait beaucoup. Il nous téléphonait et avait tendance à nous rassurer. Je me suis rendu compte, même si je le savais, que lui, ça fait 23 ans qu’il vit confiné et que pour lui, ça ne change pas grand chose. A part que de semaine en semaine, il n’a plus de visite et cela suppose un gros manque pour lui. Une visite, c’est le temps de la visite, mais c’est aussi tout l’avant, la préparation, l’après, l’énergie que ça lui donne. On voit bien que le temps est de plus en plus long pour lui, même s’il continue d’être bien et fort.

Avez-vous continué à garder le contact durant cette crise ?

On a continué à communiquer par téléphone. Les prisonniers sont passés de huit à douze appels autorisés par semaine. L’institution pénitentiaire a mis en place des appels vidéo. Dans un premier temps, la prison leur avait refusé cette possibilité, mais ils ont posé un recours et finalement, ce droit leur a été autorisé. Cela va faire trois semaines qu’on a droit à un appel vidéo par semaine de dix minutes.

Comment s’est passé ce premier appel ?

C’était un moment très fort. Nous étions tous très émus. Déjà parce que cela fait un moment que l’on ne s’était pas vu, mais aussi parce que c’était la première fois que l’on se voyait via un téléphone. Lui, il n’avait jamais vu un téléphone portable, si ce n’est par le biais des publicités de la télévision. C’était très drôle, même si pour des raisons sanitaires, il n’a pas le droit de toucher le téléphone. Ils sont dans une cellule vide et les appels se font via l’application Whatsapp. Lui, il regarde. Cela nous permet de passer un bon moment et de lui montrer notre « chez nous ». Ca ne remplace évidement pas une visite, mais c’est un plus. D’habitude, c’est nous qui allons là-bas et là, c’est lui qui vient d’une certaine manière. On lui a montré notre jardin. On habite à la campagne : on lui a montré les montagnes du Pays Basque qui, en ce moment, sont toutes vertes. Donc, rien à voir avec le module d’isolement de Séville. Même si on continue de parler tous les jours au téléphone, on attend ce moment-là.

Le moment de raccrocher venu, quelles sensations avez-vous ressenties ?

C’est différent. On est habitué. On se contente de ce qu’on a. C’est très positif. Souvent, après l’appel vidéo, il nous téléphone. La première fois, il nous a dit qu’il se sentait comme dans un nuage. Reboosté.

Des mesures ont-elles été mises en place au sein de la prison pour protéger les prisonniers ?

Depuis qu’il est là-bas, soit depuis dix ans, mon père est en module d’isolement. Ils sont très peu et côtoient très peu de prisonniers et de fonctionnaires. Il y a eu des cas de coronavirus, mais dans les modules ordinaires. C’est une prison très difficile. Il n’y a pas de médecin. Les conditions sanitaires minimales ne sont pas respectées. Tout est restreint. Ils ont droit à un bouchon d’eau de javel par semaine pour nettoyer leur cellule et les parties communes. Les fonctionnaires sont masqués, mais eux ne le sont pas. La nourriture est pratiquement immangeable. Ils ont souvent des repas qui sont dépassés au niveau des dates de péremption. Un système immunitaire qui n’est pas celui dont on a besoin pour résister à ce virus. Il n’y a pas de malade du coronavirus dans le module d’isolement, mais s’il y en a, je me dis que c’est la catastrophe. On croise les doigts.

Si le virus rentre, ça va faire un carnage. Je pense beaucoup aux familles des prisonniers gravement malades et âgés. Mon père a 69 ans, il fait donc partie des personnes à risque. Dans quelles conditions va-t-on leur faire subir cette crise ? Sans docteur, sans aucune prise en charge, dans des endroits où il n’y a pas d’hygiène ni d’alimentation saine, tout ce dont on a besoin pour reprendre des forces si besoin… On vit dans l’angoisse avec laquelle on vit tout au long de l’année, mais là, elle est multipliée.

Les frontières sont fermées, et la date de réouverture est pour l’instant méconnue. Comment envisagez-vous la reprise des visites ?

On y pense, mais on ne sait pas du tout. Ils disent qu’ils commencent à rouvrir les prisons en Espagne, mais que pour des visites avec une séparation par une vitre. Au Pays Basque Sud, ils sont en train de se déconfiner, mais ils ne peuvent pas sortir de leur ville ou région. Pour l’instant, les prisonniers basques, excepté les rares cas qui sont au Pays Basque, n’ont pas de visite. Depuis le Pays Basque Nord, c’est encore plus compliqué. Ils disent que les frontières vont être fermées jusqu’au 15 juin, mais on entend parfois le Premier ministre espagnol qui évoque le mois d’octobre. C’est le flou et cela me fait peur. Les visite qu’a mon père, ce sont essentiellement les nôtres. Je suis en contact avec notre famille de Gasteiz ; ce sera donc à eux d’y aller. Nous sommes dans une crise sanitaire, et je veux aussi préserver mon père et toute la famille.

Que diriez-vous aux personnes qui prennent ces décisions qui ont des conséquences directes sur votre vie et celle de votre famille ?

Je dirais que ces personnes-là savent ou sont censées savoir mieux que quiconque que la prison n’est pas compatible avec toutes les mesures de prévention et sanitaires prises pour pouvoir surmonter cette crise. Pour moi, il faudrait que les prisonniers soient à la maison pour faire face à cette crise sanitaire. N’importe quel soignant, scientifique, ministre ou politique le sait. Il y a assez de mesures aujourd’hui pour que les prisonniers puissent accomplir leurs peines à la maison. Il y a le cas de Josu Urrutikoetxea, Ibon Fernandez Iradi, tous les prisonniers âgés… Tous sont concernés. A nous citoyens, on nous fait faire des choses avec des mesures restrictives et strictes, et à côté, on laisse les prisonniers dans des conditions incompatibles avec cette crise.

 

L’APPEL DE TROIS GRÉVISTES E LA FAIM EN SOLIDARITÉ AVEC PATXI RUIZ

Les trois personnes qui, depuis le 12 mai, entament une grève de la faim à Ezkerraldea veulent communiquer que nous mettrons fin à cette manifestation aujourd’hui, à 18 heures, heure à laquelle nous achèverons le onzième jour sans manger.

Nous avons lancé cette initiative le lendemain du début de la grève de la faim et de la soif de Patxi dans la prison de Murcie II, en tenant compte de la gravité de la situation, mais aussi au vu de la réalité sociale et politique.

Pendant la détention, nos droits politiques ont été annulés et le droit de manifester a également été bafoué. Dans ce contexte, nous pensons que cette dynamique, avec d’autres, a été une étincelle pour raviver la rue, et des mobilisations, grèves de la faim, jeûnes et autres types de dynamiques ont été lancés depuis que Patxi a commencé la grève de la faim et la soif.

Estimant que nous avons déjà récolté les fruits que cette initiative pourrait nous apporter, nous rejoindrons désormais la dynamique de la rue. Les trois grévistes veulent souligner que bien que Patxi ait commencé à boire de l’eau, la situation est toujours extrêmement grave et qu’elle maintient ses demandes.

En ce moment où nous avons commencé à récupérer les rues, nous ne nous détendons pas et nous continuons à gagner des espaces de revendication dans tous les coins du Pays Basque. Jo ta ke irabazi art! Toujours avec Patxi! Amnistie totale!

Grévistes de la faim d’Ezkerraldea.

 

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LA GRÉVE DE LA FAIM DE PATXI RUIZ

Aujourd’hui, Patxi célèbre son 14e jour de grève de la faim. À ceux-ci, il faut ajouter la grève de la soif maintenue durant les 12 premiers jours. Il n’y a aucun changement notable dans sa situation. Il reste en quarantaine à l’infirmerie et poursuit sa grève de la faim.

Ce que nous devons inévitablement dénoncer, c’est l’attaque que la police espagnole a menée hier à Iruñea contre les manifestants. S’excusant dans le combat lancé par un fasciste, ils ont battu ceux qui protestaient contre la situation à Patxi et ont arrêté une personne.

Encore une fois la police contre ceux qui manifestent contre les intérêts du système. Il faut se rappeler que Patxi est en prison pour avoir également combattu contre lui, et que c’est ce combat qui lui donne le caractère d’un prisonnier politique.

Concernant les dynamiques en cours de solidarité avec Patxi, elles sont les suivantes:

En prison:

Du 12 mai: Ibai Aginaga à txapeo (Séville II); Dani Pastor, Oskar Barreras et Aitor Cotano rejetant le plateau de nourriture donné par la prison (Puerto III).

Du 14 mai: Jon Kepa Preciado à txapeo (Cordoue).

Depuis le 18 mai: Irantzu Gallastegi a commencé à rejeter le plateau de nourriture offert par la prison.

Depuis le 18 mai: Iñaki Etxeberria rejette le plateau de nourriture que donne la prison.

Depuis le 19 mai: Orkatz Gallastegi (Castelló I) a commencé des jeûnes intermittents, une dynamique qu’il soulève continuellement.

Depuis le 19 mai: Itziar Moreno et Saioa Sánchez rejettent la nourriture que la prison distribue, chaque jour l’un d’eux. Aujourd’hui, c’était au tour d’Itziar.

Depuis le 19 mai: Alberto Viedma et Iñaki Krutxaga rejettent le plateau de vivres distribué par la prison d’Almería.

Depuis le 22 mai: Lola López commence un txapeo à la prison de Brieva. Il a également envoyé des lettres aux directeurs de Brieva et Murcia II.

À partir du 23 mai: Mikel San Sebastián entame une grève de la faim de cinq jours dans la prison de Murcie II. Aujourd’hui marque son deuxième jour.

Demain: Iñigo Zapirain rejettera le plateau de nourriture que la prison de Madrid VI-Aranjuez rejette.

Dans la rue:

Depuis le 15 mai: des membres de Deustuko Armada Gorria ont entamé une grève de la faim tournante de 24 heures. Chaque jour, deux personnes différentes entreront dans l’équipe.

Depuis le 18 mai: à Ondarroa, ils ont entamé une grève de la faim tournante. Ce sont des quarts de travail de 48 heures et un total de 15 personnes participeront.

A partir du 19 mai: Asier Guridi, réfugié politique au Venezuela, traversera les états d’Aragua, Miranda et le District de la capitale jusqu’à l’ambassade d’Espagne à Caracas, pour dénoncer la situation au Patxi. Asier est arrivé à Caracas et a remis une lettre en faveur de Patxi à l’ambassade d’Espagne.

A partir du 19 mai: deux personnes entament une grève de la faim à Etxarri. Le 21 mai, une troisième personne se joint à nous. Aujourd’hui est leur sixième jour.

A partir du 19 mai: ils entament une grève de la faim tournante toutes les 48 heures à Altsasu. Il y a actuellement cinq personnes.

Depuis le 20 mai, Araba (mise à jour)

Dynamiques de solidarité du jeûne: Ils mettent fin à la dynamique du jeûne et expliquent dans un communiqué qu’ils sont de retour pour rejoindre les initiatives de la rue. 69 jeunes ont participé.

À partir du 20 mai: avec les grévistes d’Etxarri, la Gazte Asanblada de Etxarri entame un jeûne tournant de 48 heures, avec deux personnes entrant dans chaque équipe.

Du 21 mai: jusqu’au dimanche, sept personnes entament une grève de la faim à Elizondo.

22 mai: Sept membres d’Erlaitz entament un jeûne de 48 heures à Irun. Aujourd’hui, ils l’ont terminé.

À partir du 22 mai: plusieurs personnes ont commencé un jeûne de 24 heures à Burlata à 21 h 00. Aujourd’hui, ils prendront fin.

À partir du 24 mai: 5 jeunes commencent un jeûne à Urruña où ils alterneront entre eux pendant 5 jours.

Mobilisations à venir:

Tous les jours

Urrugne: 19h30 au rond-point. Réunion.

Saint-Sébastien: 20h15 sur le boulevard. Concentration.

Mutriku: 20h00 au rond-point. Concentration.

Etxarri: 20h00 sur la Plaza. Concentration.

Berango: 20h00 au rond-point. Concentration.

Algorta: 20h00 à Txiki et Otaegi Square. Concentration.

Rome: 21h30 à la place des échecs. Concentration.

Hernani: 20h30 Concentration.

Durango: 20h00 Santanan. Concentration.

Amorebieta: 20:00 Pommes de terre. Concentration.

Bayonne: 17h30 Concentration.

Altsasu: 20h00 sur la Plaza.

Lekeitio: 20h00 Abbots ‘Wharf.

* Ondarroa: lundi, mercredi et vendredi, à 20h00 à Alameda

Demain 25 mai

Bilbao: 20h00 depuis la place des frères Etxebarrieta. Manifestation.

À Euskal Herria, le 24 mai 2020.

Mouvement pro-amnistie et contre la répression.

 

ETA ROUGE DETOURE N

JOSU URRUTIKOETXEA

 

Les juges refusent la libération de Josu Urrutikoetxea

Le prisonnier basque proche des 70 ans ne pourra pas recouvrer la liberté. En pleine épidémie de Covid-19, la cour d’appel de Paris a rejeté la deuxième demande de mise en liberté déposée par Josu Urrutikoetxea.

GOIZEDER TABERNA|2020/04/29|IRUZKIN 1 

 

Josu Urrutikoetxea est passé devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. (photo d’archive) © Goizeder TABERNA

La cour d’appel de Paris devait examiner deux mandats d’arrêt européens, une demande d’extradition et une demande de mise en liberté ce mercredi 29 avril. Finalement, les juges se sont prononcés contre cette demande de mise en liberté et ont remis à une date ultérieure les décisions concernant les trois autres procédures. Placé sous écrou extraditionnel depuis le 19 juin par le parquet général alors qu’un juge venait d’ordonner sa libération sous contrôle judiciaire, Josu Urrutikoetxea devra rester à la prison de La Santé.

Après une demande de mise en liberté refusée le 1er avril, Maîtres Laure Heinich et Laurent Pasquet-Marinacce ont déposé une demande de mise en liberté pour raison médicale, estimant que l’état de santé est incompatible avec la détention dans ce contexte de Covid-19. Ils ont proposé à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris que la décision soit accompagnée de la mise en place d’un dispositif de surveillance électronique. « La mise en liberté pour raison médicale laisse la possibilité d’ordonner la réincarcération une fois la crise sanitaire passée », ont précisé les conseils de Josu Urrutikoetxea.

Ils estiment qu’il fait partie de la catégorie des personnes âgées vulnérables. Il a subi plusieurs pneumonies, un problème de prostate pour lequel il a été opéré en septembre dernier, des infections à répétition, une hypertension artérielle et une bronchite aiguë cet hiver. « Le médecin qui le suit en prison a explicitement demandé que sa détention soit suspendue : la chambre de l’instruction fait le choix de jouer la vie d’Urrutikoetxea à la roulette russe », a réagi Me Pasquet-Marinacce sitôt la décision rendue publique. Et de conclure : « la chambre de l’instruction a le pouvoir de le protéger et le laisse dans une situation d’extrême vulnérabilité ».

Plusieurs cas de Covid-19

L’établissement pénitentiaire parisien compte plusieurs cas de Covid-19 depuis le début de la pandémie, autant parmi le personnel que parmi les détenus, d’après les informations recueillies par l’Observatoire international des Prisons (OIP). Joint par téléphone ce mercredi matin, avant l’audience, le prisonnier basque a informé son fils du transfert de deux détenus hébergés dans le même quartier que lui, en raison d’une suspicion de coronavirus. « L’un d’entre eux était chargé de distribuer les repas de cellule en cellule », a précisé inquiet Egoitz Urrutikoetxea.

En janvier dernier, la cour extraditionnelle a émis un avis favorable à la demande d’extradition de l’Etat espagnol pour le dossier de l’attentat de Saragosse. Le gouvernement doit encore se prononcer dessus. Ce mercredi, les magistrats se sont penchés sur la seconde demande d’extradition concernant la mort du responsable de l’usine Michelin Luis Maria Hergueta — ils rendront leur avis le 10 juin—, et un des deux mandats d’arrêt européens (MAE) dont il fait l’objet.

Eclaircissements concernant cette qualification

Concernant le dossier ouvert par Madrid pour « crime contre l’humanité » suite à l’attentat commis par ETA à l’aéroport de Barajas en 2006, la décision sera également rendue le 10 juin. Lors de la dernière audience, les magistrats avaient demandé à l’Audiencia nacional espagnole d’apporter des éclaircissements concernant cette qualification. Quant à l’examen du second MAE, lié au dossier des « Herriko taberna », ouvert par les juges espagnols contre les bars associatifs proches de la gauche abertzale, il a été repoussé au 3 juin.

En mars déjà, avant la crise sanitaire, un groupe de parlementaires avait saisi le défenseur des droits Jacques Toubon. Ils se sont émus des conditions de mise sous écrou extraditionnelle du prisonnier basque et des traitements auxquels il est soumis en détention et interrogeaient sur les motivations qui ont conduit les autorités françaises à « précipiter » la procédure qui pourrait déboucher sur la remise de Josu Urrutikoetxea à l’Espagne. Depuis, l’indignation a pris de l’ampleur. Samedi 25 avril, un appel international pour sa libération a été publié dans Mediapart avec une liste initiale de 126 signatures.

Et la liste s’est allongée, elle est passée à 140 noms. Personnalités impliquées dans la résolution de conflits, parlementaires, chercheurs, philosophes, personnalités des arts et des lettres, acteurs de la société civile des Etats-Unis, d’Afrique et d’Europe s’y sont ajoutés. Lundi, déjà MEDIABASK avait informé du soutien récent de l’avocat Bernard E. Harcourt et du courant Libre Pensée. Depuis, le philosophe allemand Axel Honneth, l’ancien ministre sud-africain Ronnie Kasrils et la philosophe Judith Butler ont rejoint l’initiative.

Dans ce contexte, le mouvement citoyen pour la résolution du conflit au Pays Basque, Bake Bidea, a regretté la décision de la cour d’appel. Elle mettrait, d’après le mouvement, « en évidence les conséquences de l’application des mesures d’exception aux prisonniers basques et la non-volonté de prendre la mesure des avancées notables du processus de paix au Pays Basque ». Bake Bidea fait le parallèle avec la libération de 11 500 détenus par décision du ministère de la Justice, en vue de réduire la surpopulation carcérale, et rappelle que les prisonniers basques Josu Urrutikoetxea, Jakes Esnal, Gurutz Maiza, Jon Parot, Xistor Haramboure et Ibon Fernadez Iradi sont eux aussi « extrêmement vulnérables face au Covid-19″.

Le 3 mai 2018, il y a maintenant deux ans, ETA avait annoncé la fin de son activité. Josu Urrutikoetxea avait alors donné la voix, avec Marixol Iparragirre, à cette annonce, en lisant le communiqué final.

 LORSQUE LE POUVOIR LOCAL LAISSE LES FASCISTES DÉFILER TOUS LES DIMANCHES Á  IRRUNEA ET DANS LE MÊME TEMPS RÉPRIME LES ANTIFAS LORS DE CONTRE MANIFESTATIONS CELA ME LAISSE PERPLEXE.CET EUSKAL HERRIA JE N’EN VEUX PAS, NOUS N’EN VOULONS PAS. 

EUSKAL HERRIA  ASKATUTA

EUSKAL HERRIA ANTIFAXISTA

EUSKAL HERRIA ANARKISTA

EUSKAL HERRIA INDEPENDENTZIA

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QUAND EH BILDU FAIT AMI AMI AVEC LE SANCHEZ LES SIRÈNES DU POUVOIR SEMBLENT ETRE IRRÉSISTIBLES POUR UNE CERTAINE GAUCHE ABERTZALE.

La peur de Bildu

Insurgé

Pour faire et pratiquer la politique, avec une majuscule, disent les fidèles à la religion institutionnaliste depuis les fauteuils bien payés.

 

Lorsque la conclusion accommodante et frauduleuse est atteinte que la société ne peut avancer (et même changer) que par le biais des votes et des institutions, une peur atroce commence de ne pas gagner suffisamment de votes, de les perdre à cause de cette déclaration ou de ce comportement, de collusion et coopérer avec cela au détriment de l’autre, afin de mettre en œuvre un point de la loi et de pouvoir s’exprimer dans les meilleurs vêtements lors d’une conférence de presse pour l’expliquer aux médias, qui le transmettront au recensement pour gagner x votes … Pour faire et pratiquer la politique, avec une majuscule, disent les fidèles à la religion institutionnaliste depuis les fauteuils bien payés.

EH Bildu a embrassé cette nouvelle recette avec enthousiasme, catalogué le PSOE comme compagnon de voyage malgré le résumé horrible qu’il a partout en général, et au Pays basque en particulier, et a donné ses votes à Sánchez en premier et ses abstentions au gouvernement national plus tard , pour préciser qu’ils entraient dans une nouvelle étape d’organisation utile.

Le rêve d’or de la nouvelle direction de l’ancienne gauche abertzale est que lors des prochaines élections au Parlement basque, la somme d’eux-mêmes avec le PSE et Podemos dispose d’une majorité suffisante pour renverser le PNV et former un beau gouvernement social-démocrate. Et tout était sur la bonne voie jusqu’à ce que Patxi Ruiz fasse une grève de la faim et provoque la solidarité active de centaines de personnes, et la «paix sociale» qui est si nécessaire pour lancer les votes. Maintenant, la peur envahit le dôme de Bildu. Les dirigeants de la nouvelle stratégie font et font des comptes pour voir dans chaque localité comment est le problème et s’il est toujours possible. Ils n’ont pas tellement peur qu’en ce moment une nouvelle organisation apparaisse qui leur enlèvera leurs votes, mais plutôt que des milliers de personnes les rendent égaux au reste des partis, et ne vont même pas aux urnes pour pratiquer le « moindre ». Cette entreprise rentable de la social-démocratie.

AINSI QUE LA CHRONIQUE DE MAITE SUR LE CONFINEMENT LIÉ AU COVID ET LA SITUATION DES PRESOS. AINSI QUE SUR PATXI RUIZ.

ET LA CHRONIQUE DE JUAN SUR LA DISPARITION DE JON ANZA VOILÀ 11 ANS ET QUI EST RESTÉ INTROUVABLE DURANT 1 AN ALORS QU’IL ÉTAIT Á LA MORGUE DE TOULOUSE. Á CE JOUR AUCUNE EXPLICATION N’A ÉTÉ APPORTÉE PAR LA JUSTICE ET L’ENQUÊTE DE POLICE

NI OUBLI NI PARDON

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15 mai 2020

88 EMISSION DU CSPB 28 02 17

Classé sous CSPB — SQUALE @ 18 h 07 min

 

 

 

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HISTOIRE DU PAYS BASQUE ET DE SON PEUPLE 1931-1939

 

PREMIERE PARTIE, CHAPITRE VIII
STATUTS D’AUTONOMIE ET GUERRE CIVILE EN PAYS BASQUE Le 2 août 1931, plus de 74 % du corps électoral catalan (99 % de oui parmi les votants) plébiscitait le statut d’autonomie catalan. Un an après, le 9 septembre 1932, les Cortès espagnoles l’approuvaient à leur tour (par 314 voix contre 24), rendant ainsi effective son application (le 14 septembre). Pendant ce temps, que faisaient les Basques ? Ils se chamaillaient… Après bien des péripéties, qui se solderont entre autres par l’abandon du processus d’autonomie par la Navarre, ils ne se prononceront définitivement pour un statut d’autonomie que le 5 novembre 1933. Il faudra cependant attendre encore près de trois ans pour que les Cortès espagnoles se décident enfin à l’entériner le 1 er octobre 1936, soit en pleine Guerre Civile. Celle-ci mit rapidement fin aux espoirs autonomistes. En effet, neuf mois plus tard, l’ensemble du territoire basque était sous la botte franquiste… Il va sans dire que cette guerre meurtrit profondément le Pays basque. Le seul nom de Guernica suffit à en rappeler la cruauté. Son histoire dépasserait de loin les limites du présent travail1. Aussi, seuls ses faits les plus marquants et ses principales conséquences seront ici signalés.
[135]
I- LES STATUTS D’AUTONOMIE (1930-1936)
1- Le statut d’Estella (1931), ou l’union autonomiste et catholique face à un
État centraliste et laïc Nous avons vu comment, sitôt la chute de Primo de Rivera, la totalité des forces nationalistes basques (exceptée la petite minorité de l’ANV) s’était regroupée autour d’une stratégie autonomiste en une même organisation politique, le PNV. L’avènement
1
Nous renvoyons pour cela à G. L. Steer, El arbol de Guernica, Madrid, 1978, Ed. Felmar ; Hugh
Thomas, La guerra civil española, Paris, 1967, Ed. Ruedo Ibérico ; Jose Antonio de Aguirre, De
Guernica a Nueva York, pasando por Berlin, in Obras Completas, op. cit. ; Maximiano Garcia Venero,
Historia del nacionalismo vasco, Madrid, 1968, Ed. Nacional ; ainsi qu’à A. de Lizarra, Los vascos y la
Republica española. Contribucion a la historia de la Guerra Civil, Buenos Aires, 1944, Ed. Ekin ; Ortzi,
Historia de Euskadi, op. cit. ; et au recueil de témoignages La guerra en Euskadi de Juan Maria et Juan
Carlos Jimenez de Aberasturi, Barcelona, 1978, Ed. Plaza James. de la IIe République espagnole, en offrant aux régions la possibilité d’obtenir un statut d’autonomie, allait bientôt définitivement canaliser la revendication nationaliste en une politique de pression statutaire visant à obtenir de Madrid un maximum de pouvoir2. Le statut d’Estella (Navarre) fut le résultat de la première grande offensive statutaire des nationalistes basques. Le 14 avril 1931, deux jours seulement après les élections qui sonnèrent le glas de la monarchie3, et le jour même de la proclamation de la IIe République, Jose Antonio Aguirre, leader nationaliste et futur président du gouvernement basque, convoquait, pour le 17 du même mois, l’ensemble des maires basques à Guernica en vue d’y proclamer (à l’instar des Catalans à Barcelone) une République basque au sein d’une République fédérale espagnole. L’armée empêcha par la force cette réunion. Mais le mouvement était lancé. Il se fortifiera durant tout le printemps 1931 et, début mai, se sent suffisamment solide pour charger la Société d’Etudes Basques de rédiger le texte d’un statut d’autonomie en vue de le soumettre à Madrid. Le 31 du même mois, soit en un temps record, celle-ci rend public son projet. Ce dernier équivaut de fait a ériger les trois provinces basques et la Navarre [136] en un État quasi indépendant : seuls, la politique étrangère, la monnaie, les postes et télécommunications, les douanes, le droit commercial et pénal, la propriété industrielle et intellectuelle et le choix du mode de représentation du Pays Basque aux Cortès espagnoles continuaient de relever du pouvoir de l’État central4. D’entrée, républicains et socialistes refusent de se joindre à ce mouvement. Pour eux, celui-ci ne constitue qu’une « réponse réactionnaire, cléricale et séparatiste » aux « propositions progressistes » de la IIe République. Malgré quelques gestes d’ouverture dans leur direction, les nationalistes renoncent bien vite à chercher un appui parmi eux.
2
Le 17 août 1930, l’ensemble des forces antimonarchiques s’étaient réunies à Saint Sébastien pour signer
un pacte scellant leur unité stratégique en vue de renverser la monarchie et de définir les principales
orientations de la politique du futur gouvernement provisoire. Parmi ces dernières figurait, bien que les
nationalistes basques fussent absents de cette réunion, le droit à l’autonomie des trois régions historiques,
la Catalogne, le Pays Basque et la Galice.
3
En Pays Basque, ces élections furent celles du triomphe des nationalistes et des carlistes qui obtinrent
1328 conseillers contre 562 pour les républicains, 457 pour les monarchistes, 156 pour les socialistes et
12 pour les communistes. Il faut toutefois noter, qu’excepté en Navarre, les républicains et les socialistes
gagnèrent toutes les mairies des villes basques de plus de 6000 habitants.
4
On peut lire l’intégralité du texte de ce statut dans Manu Escudero et Javier Villanueva, La autonomia
des Pais Vasco desde el pasado al futuro, San Sebastian, 1976, Ed. Txertoa, p. 190 et s. De fait, on voit mal comment un réel dialogue aurait pu s’instaurer entre des forces qui, on l’a vu, maintenaient des relations aussi tendues. Se détournant des républicains et des socialistes, les nationalistes cherchent immédiatement à s’attirer la sympathie des carlistes. En effet, ces derniers représentent alors certainement, avec leur catholicisme exacerbé et leurs velléités fuéristes, la force politique la plus proche du PNV et donc la plus susceptible d’en appuyer les revendications. Les deux amendements au texte du statut, proposés le 7 juin par le PNV, contribueront à sceller l’alliance des deux forces : le 10 du même mois, les carlistes approuvent le statut5. Les choses vont alors très vite : une réunion de l’ensemble des 528 maires des quatre provinces basques est convoquée pour le 14 juin à Estella (en Navarre). Les républicains, les socialistes, les communistes, et les nationalistes de l’ANV boycottent la réunion au cours de laquelle [137] 427 des 480 maires présents ratifient le statut6. Quelques jours plus tard, nationalistes et carlistes forment une coalition en vue de se présenter unis aux élections à l’Assemblée Constituante espagnole qui doivent avoir lieu le 28 juin. La propagande électorale de la coalition s’organise du Statut d’autonomie et de la défense de la religion. Au lendemain des élections, son triomphe est total : sur les 24 députés du Pays Basque, 15 y appartiennent7. Ces députés forment un groupe parlementaire, la Minorité Parlementaire Basco-Navarraise. À l’inverse du Pays Basque, le reste de l’Espagne a très largement voté pour la gauche républicaine et laïque8 : on devine par avance le type de rapports qui allait prévaloir entre la Minorité Basco-Navarraise et la majorité de l’Assemblée constituante…
5
Le premier de ces amendements portait de 2 à 10 le nombre d’années de résidence en Pays Basque
nécessaires pour obtenir la citoyenneté basque. Le second réservait les relations avec le Vatican comme
matière exclusive de l’Etat basque. Ces deux amendements provoquèrent un tollé général parmi les républicains et les socialistes, et l’opposition déclarée du petit secteur des nationalistes laïcs regroupés au sein
de l’ANV.
6
Ces 427 maires représentaient environ 70 % de la population basque. Après cette réunion, ce statut sera
communément appelé Statut d’Estella.
7
Soit 8 nationalistes, 5 carlistes et 2 catholiques indépendants, contre 6 républicains et 3 socialistes.
8
Les socialistes obtinrent 116 sièges ; les radicaux, 90 ; les radicaux-socialistes, 56 ; Esquerra
Republicana, 36 ; Accion Republicana, 26 ; la droite libérale républicaine, 22 ; l’ORGA, 15 ; Au Service
de la République, 16 ; la Minorité Basco-Navarraise, 15 ; les Agraires, 26 ; la Lliga Regionalista, 3 ; les
libéraux démocrates, 4 ; les monarchistes, 1 ; et enfin les Fédéraux et Divers d’extrême gauche, 14. Le 22 septembre, 420 maires basques, accompagnés des 15 députés de la Minorité, remettent le texte du statut d’Estella au Président du Gouvernement provisoire, Niceto Alacala Zamora, dans l’espoir que les Cortès l’examinent dans les plus brefs délais. À peine trois jours plus tard, ceux-ci déclarent le statut anticonstitutionnel : ils viennent en effet de voter un amendement constitutionnel instituant les relations avec le Vatican comme domaine exclusif de l’État central. Les rapports entre la Minorité et le Gouvernement provisoire deviennent alors de plus en plus tendus. Les principaux points de divergence ont trait à la question religieuse et à la forme de l’État. Le 15 octobre, après avoir affirmé : « Nous avons atteint la limite de nos concessions. La Constitution qui va être approuvée ne peut être la nôtre »9, les 15 députés de la Minorité Basco-Navarraise quittent les Cortès. Moins de deux mois plus tard, le 9 décembre 1931, la nouvelle Constitution espagnole est promulguée. Son Article I définit l’Etat espagnol [138] comme un « État intégral », et son article 26 spécifie que « l’Etat, les régions, les provinces et les municipalités ne devront ni maintenir, ni favoriser, ni aider économiquement les Eglises, Associations et Institutions religieuses » : le statut d’Estella avait définitivement vécu.
2- Le statut plébiscité (1933), ou le choix de la légalité républicaine des
nationalistes et l’opposition des Carlistes et de la Navarre Plutôt que de s’enfermer dans une opposition intransigeante, et de voir ainsi sa politique autonomiste compromise pour plusieurs années (avec, comme conséquence interne, la menace d’une radicalisation incontrôlable de sa base : voir Jagi Jagi), la direction du PNV va opter, dès l’impasse d’octobre 1931, pour un rapprochement progressif avec le Gouvernement espagnol. L’alliance des nationalistes avec les carlistes avait certes permis d’unir les trois provinces basques et la Navarre autour d’une même revendication nationale basque. Mais les débordements carlistes sur la question religieuse10 sont, les nationalistes le sentent bien désormais, inacceptables pour le Gouvernement. Par ailleurs, si cette
9
Rapporté par Manuel Tuñon de Lara, La España del siglo XX, Barcelona, 1981 (1° édition. 1966), Ed.
Laia, tome II, p. 325.
10
En janvier 1932, des heurts très violents opposent des intégristes carlistes à des socialistes. Ces heurts
se soldent par trois morts à Bilbao et, deux mois plus tard, deux autres morts à Pampelune. alliance s’était révélée forte, et parfois enthousiaste, durant la montée de la revendication statutaire (printemps et été 1931), les failles, provoquées par le choc d’octobre avec le Gouvernement, s’agrandirent rapidement pour laisser apparaître les divergences idéologiques ayant toujours existé entre le nationalisme basque et le carlisme. Juan Pablo Fusi11 nous rappelle quelques-unes d’entre elles : « Pour les carlistes, la réintégration des Fueros signifiait simplement la restauration des institutions basco-navarraises antérieures à 1839, comme fondement de l’unité du Royaume d’Espagne, tandis que pour les nationalistes, la réintégration forale supposait la restauration de la souveraineté basque. Dépouillé de la rhétorique fueriste, le carlisme n’était rien d’autre qu’un régionalisme traditionnel, la simple restauration (…) des
Fueros des quatre provinces. Il n’envisageait absolument pas, et n’avait jamais envisagé, la création de l’État autonome basque qui constituait la principale aspiration du nationalisme ». Les priorités politiques étaient par ailleurs distinctes : « Le nationalisme voulait l’autonomie basque et était disposé à accepter [139] la légitimité de la République pour l’obtenir. Le carlisme, lui, n’accepta jamais la légalité républicaine, mais contribua au contraire de façon décisive, et ce dès le début, à la destruction de la nouvelle démocratie espagnole »12. Il convient d’ajouter à cela une remarque plus sociologique : contrairement aux deux provinces maritimes, et dans une moindre mesure à l’Alava, la Navarre n’avait pas connu de révolution industrielle. En 1930, près de 80 % de sa population active était encore employée dans l’agriculture. Encore enserrés dans les mailles de la société traditionnelle, n’ayant été déstabilisés ni par l’industrialisation ni par les conséquences de la seconde Guerre Carliste (la ley paccionada de 1841 étant respectée par Madrid), les Navarrais sont restés, dans leur immense majorité, de fervents partisans du carlisme. La mort, en octobre 1931, du prétendant carliste Don Jaime de Borbon n’arrangera pas les choses. Le secteur le plus réactionnaire, le plus unioniste et le moins pro-basque, appuyé par les caciques navarrais et andalous, prend alors la direction du mouvement carliste. Le retour aux Cortès des députés nationalistes et leur vote en faveur d’Alcala Zamora comme président de la République rompirent définitivement, le 10 décembre 1931, la minorité Parlementaire Basco-Navarraise et, par voie de
11
El problema vasco en la II° Republica, Madrid, 1979, Ed. Turner, pp. 88-89. conséquence, l’alliance entre les nationalistes et les carlistes. On assistera dès lors à l’acceptation progressive, par les premiers, de la légalité républicaine, et au rapide rejet, par les seconds, de la politique autonomiste. Soucieux de ne fermer aucune porte à l’autonomie13, conscients de l’impasse à laquelle mènerait un refus de collaboration avec la République, et de plus en plus sceptiques sur l’intérêt de s’allier avec les carlistes désormais totalement intégristes et anti-légalistes, les nationalistes acceptent, début décembre, de participer à une commission de rédaction d’un nouveau statut d’autonomie dans laquelle ils se retrouveront minoritaires14. Tandis que cette commission continue à se réunir, les assemblées [140] séparées des maires des quatre provinces, prévues par le décret du 8 décembre, ont lieu le 31 janvier 1932 : partout, y compris en Navarre, le principe d’un statut unique triomphe15. À la fin mai 1932, la rédaction du statut est terminée. Comparé à celui d’Estella, le nouveau statut est évidemment plus modeste. Il n’est plus question d’État basque mais de « noyau politico-administratif autonome ». Son Article IV stipule que le pouvoir basco-navarrais devra s’exercer « en accord avec la constitution de la République », l’armée ne relève plus de lui et, bien sûr, les relations avec le Vatican demeurent matières exclusives de l’État central. L’étendue de l’autonomie est cependant très vaste, en particulier l’ensemble du régime économique (y compris la levée des impôts), l’ordre public, l’enseignement à tous les niveaux (y compris l’Université), la santé et l’assistance
12
Ibidem.
13
Le Gouvernement venait, le 6 novembre, de reconnaître le droit aux quatre provinces basques de
négocier un statut d’autonomie.
14
La constitution de cette commission (à laquelle les carlistes refusèrent de participer) relevait de décret
du 8 décembre par lequel le gouvernement central spécifiait les conditions à remplir pour l’obtention du
statut d’autonomie basque :
1) Constitution d’une commission de rédaction du statut composée par l’ensemble des forces politiques
basques.
2) Assemblées séparées des maires des quatre provinces pour décider si le statut sera unique ou non.
3) Dans le cas d’un accord sur un statut unique, réunion de l’ensemble des maires basco-navarrais pour
voter le statut.
4) Référendum populaire en Pays Basque.
5) Approbation par les Cortès espagnoles.
15
423 des 549 maires basco-navarrais, représentant environ 90 % de la population, votèrent en faveur du
statut unique. C’est en Navarre que le résultat fut le moindre : seulement 160 des 229 maires navarrais,
soit environ 65 %, de la population se prononcèrent pour. sociale, les institutions de droit privé, le patrimoine public, etc., dépendent exclusivement du pouvoir basque. Une réunion de l’ensemble des maires des quatre provinces est aussitôt convoquée pour le 19 juin à Pampelune afin de se prononcer sur le statut. Hormis quelques républicains navarrais et les carlistes, qui condamnent ce statut « laïc et athée », l’ensemble des forces politiques basques appuie le projet. Il convient de s’interroger sur le soutien des socialistes jusqu’alors si distants de la revendication nationale et si enclins à la condamner. Il faut certainement y voir la prise de conscience qu’un gouvernement démocratique ne pouvait de toute façon plus faire l’économie d’une autonomie basque. Les nationalistes venaient en effet de remporter les dernières élections et leurs mobilisations étaient chaque fois plus nombreuses [141] et plus vastes. Il était désormais impossible de continuer à les traiter de « quatre fous » et de « xénophobes barbares ». Le PSOE, sous la direction de son leader local Indalecio Prieto, va rapidement changer d’attitude et adopter une politique de « désamorçage de la revendication nationale par l’autonomie ». L’axe de cette politique est de capitaliser politiquement la satisfaction que l’octroi d’une autonomie, par un gouvernement de gauche, pourrait provoquer. Gauche républicaine et obtention de l’autonomie doivent apparaître intimement liées. Le but évident de l’opération est de déposséder le PNV de ses principaux arguments, et donc de sa base électorale, tout en contrôlant à chaque instant le processus d’autonomie16. Le voyage d’Alcala Zamora en Pays Basque, orchestré courant septembre 1932 par Prieto (entre-temps devenu Ministre des Travaux Publics) sera l’illustration parfaite de cette politique : tandis que le gouvernement de gauche de la République est présenté comme le seul capable de comprendre, d’accepter et d’octroyer une autonomie au Pays Basque (l’exemple catalan étant constamment cité pour le prouver), le PSOE ne cesse de rappeler son « attachement et ses convictions éminemment autonomistes ». Les « effusions autonomistes » entre Prieto, leaders Basques et Catalans, à l’occasion de la signature, le 14 septembre à Saint-Sébastien, du statut d’autonomie catalan, marqueront certainement l’apogée de cette politique.
16
Il faut sans doute ajouter à cela la crainte du PSOE de laisser sur sa gauche le monopole de la défense
autonomiste au PC qui vient de se prononcer pour l’autodétermination d’Euskadi. Au cours de la réunion du 19 juin, la Navarre, dont la principale force politique demeure le carlisme, abandonne le processus d’autonomie. Les résultats du vote des 550 maires basco-navarrais sont les suivants17 : oui au statut non au statut abstention n° maires % habitants n° maires % habitants n° maires % habitants Biscaye 110 94,2 1 0,2 6 5,6 Guipúzcoa 84 95,2 2 1,9 3 2,9 Alava 51 88,9 11 3,5 15 7,5 Navarre 109 38,7 123 53,0 35 8,3 Total 354 79,2 137 14,6 59 6,0
[142] Les profondes divergences entre socialistes et nationalistes ne sont pas pour autant effacées. Bien au contraire, elles réapparaîtront de façon on ne peut plus aiguë durant le dernier trimestre 1932 et les deux premiers trimestres 1933 avec, comme conséquence immédiate la paralysie du processus d’autonomie. Le Gouvernement, peut- être dans l’espoir de « républicaniser » (comme l’écrit Juan Pablo Fusi18) les provinces basques avant de leur donner l’autonomie, va se lancer, dès le début du mois d’octobre 1932, dans une dangereuse politique de répression du mouvement nationaliste. Plusieurs dizaines de militants sont arrêtés et emprisonnés, des batzokis fermés, la presse nationaliste la plus radicale poursuivie, certaines mairies nationalistes sanctionnées pour avoir hissé le drapeau basque en solitaire, etc. Les socialistes ne font alors rien pour empêcher cette répression et, fin octobre, de très violents heurts les opposent aux nationalistes, faisant plusieurs victimes à Bermeo et San Salvador Del Valle (Biscaye). La décision du Gouvernement de dissoudre la Congrégation des jésuites (très implantée et respectée en Pays Basque où est né son fondateur), et celle du conseil municipal de Bilbao (à majorité républicaine et socialiste) de détruire un monument de la ville dédié au Sacré-Cœur, contribueront, si besoin était, à envenimer les choses. Les chocs verbaux, et souvent physiques entre « fanatiques religieux et
17
Les pourcentages ont été arrondis.
18
El problema vasco…, op. cit., p. 94. xénophobes » et « athées déracinés » semblent renvoyer aux calendes grecques tout projet d’autonomie. Le 2 mai, la brutale dissolution d’une manifestation de femmes nationalistes suscite de nouvelles protestations et un appel à la grève générale de la part de la SOV. Quelques jours plus tard, on dénombre deux nouvelles victimes… Les esprits vont heureusement se calmer au cours des mois de juin et juillet et, après maintes palabres, une réunion des maires des trois provinces ayant accepté le statut de1932 est convoquée pour le 6 août à Vitoria. Le texte du statut, qui est exactement le même hormis la suppression du mot Navarre, y est définitivement approuvé : 239 voix pour, 28 contre, et 15 abstentions. La date du 5 novembre est alors fixée pour le référendum populaire prévu par le décret du 8 novembre 1931. Tandis que le PNV, l’ANV et les républicains appellent à voter pour, [143] le PSOE laisse libre choix à ses militants et sympathisants. Les partisans du statut d’autonomie l’emportent
de manière éclatante : 96,58 % des suffrages exprimés, soit 84,05 % du corps électoral
basque (12,73 % d’abstention) se prononce pour l’autonomie.
3- Le statut de 1936 ou l’autonomie de la dernière heure Un mois plus tard, le 19 novembre 1933, de nouvelles élections législatives sont convoquées19. Partout la droite triomphe : les nouvelles Cortès sont désormais constituées de 217 députés de droite, 99 de gauche, et 156 du centre. En Pays Basque, le PNV réussit le meilleur score de son histoire en remportant 14 des 17 sièges à pourvoir dans les trois provinces ayant plébiscité le statut20. Si le nouveau gouvernement Lerroux se montra, en un tout premier temps, favorable au statut, il apparut bien vite que les Cortès, désormais dominées par une droite crispée sur la défense de l’unité nationale, n’étaient absolument pas disposées à se prononcer en faveur d’un statut décidé sous le précédent gouvernement. Le bieno negro espagnol fut aussi celui de l’autonomie basque. Pendant deux ans, les divergences entre
19
Durant tout l’été 1933, le pays fut secoué par de fortes mobilisations et de très nombreuses manifestations de mécontentement (habilement récupérées par la droite) en raison des effets désastreux suscités par les retombées de la crise mondiale en Espagne. Alcala n’eut d’autre solution que de dissoudre
l’Assemblée. L’agitation générale, en cet été 33, ne fut certainement pas étrangère à l’arrêt de la répression
en Pays Basque et au redémarrage du processus d’autonomie : le gouvernement sentit bien qu’il n’avait
guère intérêt à continuer de s’aliéner aussi les Basques.
20
En Navarre, ses résultats sont beaucoup plus modestes : à peine 9 % des voix face aux quelques 70 %
du bloc des droites dont l’immense majorité est carliste. la majorité des Cortès et les parlementaires du PNV seront, la plupart du temps, quasitotales. Ces derniers abandonneront du reste le Parlement le 12 juin 1934. Durant l’été et l’automne 1934, de véritables révoltes, secondées par le boycott de l’ensemble des mairies basques, ont lieu face au désir du Gouvernement de réformer les conciertos
economicos. Environ 300 personnes sont alors emprisonnées, dont 47 maires nationalistes et 53 conseillers municipaux, la presse nationaliste est interdite, réduite au silence ou condamnée à payer des amendes, etc. [144] Toutefois, ne désespérant pas que ces Cortès puissent voter le statut, les parlementaires nationalistes les réintègrent le 5 novembre, donnant de surcroît comme preuve de bonne volonté leur vote de confiance au gouvernement Lerroux. Ce geste contribuera certes à relancer les travaux de la commission chargée d’examiner le texte du statut. Mais les choses traîneront en longueur, et le Parlement sera dissous avant que ce texte n’y soit débattu. De nouvelles élections législatives sont convoquées pour le 16 février 1936. Obnubilée par le danger séparatiste, la droite n’aura su, ni discerner la volonté légaliste (avec, à la clef la reconnaissance implicite de l’unité de l’État espagnol) du PNV, ni apprécier son caractère religieux et sa propension à l’ordre et à la stabilité qui en faisait un parti plus que modéré. Au lieu de chercher un terrain d’entente avec lui afin (pourquoi pas ?) d’en faire un relais de sa politique en Pays Basque, elle va le pousser dans l’opposition avec des déclarations souvent virulentes et des actes inconsidérés (tentative de suppression des Conciertos économicos et du Statut catalan). À la fin du
bieno negro, les nationalistes n’ont dorénavant plus aucune raison d’espérer quoi que ce soit de plus de la droite que de la gauche espagnole. Ceci explique sans doute le fait que la victoire du Front Populaire ne provoque aucun mécontentement parmi les nationalistes21, désormais disposés à « bénir la main, quelle qu’en soit la couleur, par laquelle arrivera le statut »22. Cette attitude de sympathie désabusée d’un côté et, de l’autre, l’inclusion du vote du Statut dans les points
21
Celui-ci triomphe partout en Espagne. Les nouveaux Cortès sont composés de 257 députés de gauche,
57 du centre, et 139 de droite. En Pays Basque, le Front Populaire, le bloc des droites, et le PNV
obtiennent environ 1/3 des voix chacun, tandis qu’en Navarre, les carlistes continuent à monopoliser
l’échiquier politique (70 %).
22
Manuel de Irujo, député nationaliste, 26/12/1935 (rapporté par lui même in La guerra civil en Euskadi
antes del estatuto, Madrid, 1978, Ed. E.D.). programme du Front Populaire, ne doit cependant pas conduire à penser que nationalistes et socialistes se jettent alors dans les bras les uns des autres. Une grande méfiance, née du passé, règne au contraire entre eux, chacun campant sur ses positions, décidé à ne lâcher que le minimum nécessaire pour éviter de nouveaux affrontements et un divorce fatal. [145] Le 16 avril 1936, une nouvelle commission d’examen du statut, présidée par Prieto et comprenant plusieurs nationalistes, dont Aguirre, est constituée. Le 29, elle commence ses travaux « dans l’espoir d’en finir le plus tôt possible ». Le 18 juillet, le soulèvement militaire la surprend en pleine délibération. Après quelques semaines d’interruption, les travaux reprennent à un rythme accéléré. Le Gouvernement n’a plus aucun intérêt à faire traîner les choses : l’appui et la résistance du Pays Basque sont vitaux pour la République. Fin septembre, le statut est prêt23. Il est soumis aux Cortès. Le 6, ceux-ci l’approuvent définitivement : le Pays Basque, amputé de la moitié de son territoire et en pleine guerre civile est autonome.
II- LA GUERRE CIVILE ET SES CONSEQUENCES IMMEDIATES EN PAYS BASQUE
(1936-1939)
1- La situation en Pays Basque le jour de la constitution de son premier
gouvernement (7 octobre 1936) En Navarre, le soulèvement contrôle tout de suite l’ensemble de la province. Après l’abandon de la voie statutaire et la mort de Don Jaime, le carlisme allait rapidement muer, sous la direction du comte de Rodezno, en un véritable mouvement de conspiration contre la République. Une organisation paramilitaire, les Requetes, était mise sur pied et armée par la Junte Suprême du mouvement installée à Saint-Jean-deLuz24. Celle-ci prépare ensuite minutieusement le soulèvement avec le Général Mola,
23
Malgré plusieurs modifications, visant toutes à restreindre le pouvoir basque, ce statut demeure, pour
l’essentiel, identique à celui de 1933. La principale nouveauté réside dans les dispositions transitoires
dont la première prévoit que « tant que dureront les circonstances anormales induites par la Guerre
Civile, le Pays Basque sera administré par un gouvernement provisoire avec toutes les prérogatives
établies par le présent statut ». (voir l’intégralité du texte de ce statut dans Manu Escudero et Javier
Villanueva, La autonomia des Pais Vasco… op. cit., p. 235 et ss.).
24
Plusieurs dirigeants requetes avaient auparavant suivi des stages de formation militaire en Italie
fasciste de Mussolini, qui avait par ailleurs avancé un million et demi de pesetas et promis de fournir Commandant de la place de Pampelune et principal instigateur de la sédition. Dès l’aube du 18 juillet, requetes et militaires factieux contrôlent la capitale et, le lendemain, l’ensemble de la province. La répression [147] est immédiate et terrible (à tel point que l’évêque de Pampelune, fasciste convaincu, s’en émeut). Plus de 6000 personnes, dont une bonne partie de nationalistes, sont assassinées ou exécutées sans jugement au cours de l’été 1936. En Alava, l’alliance du colonel Alonso Vega et de Jose Luis Oriol, leader de la droite locale, permet aux factieux de rapidement s’emparer de la quasi-totalité de la province. Plusieurs centaines de personnes réussissent cependant à se réfugier en Biscaye. En Guipúzcoa, les militants de gauche, essentiellement ceux du PC et de la CNT, parviennent à isoler les militaires factieux dans leur caserne. Ceux-ci se rendent finalement le 28 juillet. Aussitôt après une Junte de Défense, composée des PSOE, PNV, PC, CNT, et ANV est constituée. C’est elle qui tente de coordonner l’effort des différents bataillons spontanément formés par les principaux partis politiques et syndicats. Et ici réside une des deux grandes faiblesses (la seconde étant le manque d’armement) de la défense militaire du camp républicain en Pays Basque : ni les hommes, ni la bonne volonté ne font défaut, mais, non seulement chacun s’organise de son côté sans réelle coordination avec ses alliés, mais, plus grave, soupçonne ces derniers de noirs desseins. Méfiance en particulier des socialistes envers les nationalistes25 [147] et de ces derniers envers la CNT26. Mais comment imaginer que ces
10 000 fusils, 10 000 bombes et 200 mitrailleuses au Mouvement.
25
« Durant tout le temps que dura la campagne de Guipúzcoa, nous avons vécu dans la crainte perpé-
tuelle de ce que les dirigeants du PNV passent du côté du Maure (camp franquiste). Heureusement, le
Maure fut toujours pire que nous, les mauvais. » (Miguel de Amilibia, député PSOE en 1936, La guerra…
op. cit. p. 39). Cette crainte était selon nous injustifiée. Certes ce n’est pas de gaîté de cœur que les
nationalistes se retrouvent dans le même camp que les « brûleurs d’églises » : « ceux-ci sont très mauvais,
mais ceux qui viennent en face (les franquistes) sont encore pires » (mot de Manuel de Irujo, député P
N.V en 1936 et futur ministre de la République, rapporté par Amilibia, La guerra… op. cit. p. 32). Les
nationalistes n’avaient en effet guère le choix. Mais leur fidélité à la République ne fut pas pour autant
uniquement déterminée par la conjoncture historique : ils avaient largement eu le temps de se rendre
compte, au-delà de son anti-basquisme viscéral, du caractère totalitaire et anti-démocratique de l’extrême
droite espagnole. Dès le lendemain du soulèvement, le Conseil suprême du PNV faisait savoir que « ses
principes le conduisaient à se ranger résolument et sans équivoque parmi ceux qui défendent le civisme et
la République, ceci en accord avec le régime démocratique et républicain qui fut le propre de notre
peuple durant ses siècles de liberté » (note du 19/07/1936 de l’Euzkadi Buru Batzar (Conseil suprême) du
PNV).
26
Soucieux du maintien de l’ordre et de préserver son image de « parti responsable et catholique », le frères ennemis d’hier puissent fraterniser du jour au lendemain ? Que les bataillons Karl Marx, Rusia, Bakounine des miliciens, et Arana Goiri ou Euskal Indar des nationalistes acceptent de se fondre spontanément en un même corps d’armée27 ? L’unité ne pouvait venir que d’en face, et elle se fera effectivement. Au combat. Celui-ci ne tarde pas : début août, le général Mola décide de lancer ses troupes sur Irun afin de couper le front nord de tout contact avec la France. Les premiers bombardements ont lieu. Irun tombe le 3 septembre. La Junte de Défense décide alors d’évacuer Saint-Sébastien, indéfendable, qui tombe 10 jours après. Le front se stabilise alors à environ 15 km a l’ouest de la ville. En Biscaye, aucune tentative de soulèvement n’a lieu : l’armée demeure fidèle a la République, et la population est quasi unanimement de son côté. [148]
2- Le premier gouvernement autonome basque Les dispositions transitoires du statut d’autonomie voté le 6 octobre par les Cortès espagnoles, prévoyaient « l’élection d’un Président du gouvernement provisoire basque par l’ensemble des conseillers municipaux pouvant librement voter malgré la situation actuelle ». Le lendemain même, soit le 7 octobre 1936, Jose Antonio de Aguirre, député et leader du PNV obtient l’équivalent de 291 571 voix contre moins de 100 pour son rival Ramon Madariaga. Aussitôt, un gouvernement d’unité nationale, largement dominé par le PNV, est constitué. En dehors de la Présidence et du Ministère de la Guerre (occupés par Aguirre), les Ministères de l’Intérieur, de l’Économie et des Finances, de la Justice et de la Culture reviennent au PNV ; [148] ceux du Travail, de l’Industrie et des Affaires Sociales au PSOE ; celui des Travaux Publics au PC ; celui du Commerce et du Ravitaillement à Izquierda Republicana ; celui de la Santé à Union Republicana ; et enfin celui de l’Agriculture à l’ANV. Les anarchistes et les indépendantistes de Jagi Jagi ne sont pas représentés.
PNV ne supporte pas les débordements de la CNT. Après l’exécution sommaire de plusieurs prisonniers,
le PNV parvient à faire désarmer un bataillon CNT.
27
La dichotomie de ces termes trahit bien celle qui existait alors parmi les combattants : d’un côté les
miliciens du Front Populaire (avec leurs rivalités internes, surtout celle qui est entre le PC et la CNT), et
de l’autre les gudaris (combattants en basque). Ce n’est que plus tard, lorsque l’Armée basque sera Coupé par la zone franquiste de la République, le Gouvernement basque va gérer de façon totalement indépendante le morceau de territoire qui lui reste. Son premier souci est de « respecter et de garantir les droits individuels et sociaux de tous les citoyens basques et, en conséquence, la libre pratique des confessions et associations religieuses, la sécurité de ses membres et de ses biens »28. À cet égard, les moindres débordements visant, comme dans le reste de l’État espagnol, à occuper les usines, à collectiviser les entreprises, à persécuter le clergé ou à exécuter sans jugement les séditieux, sont immédiatement réprimés par la Ertzaina, la police autonome mise sur pied par le Ministre de l’Intérieur, Telesforo de Monzon, en remplacement des guardias
civiles et guardias de asalto dissoutes. Conformément à la « doctrine basque », le Gouvernement cherche ensuite à « développer une politique de franche avance sociale, à promouvoir l’accès des travailleurs au capital, aux bénéfices, et à la co-administration des entreprises »29. L’approvisionnement et la répartition des vivres sont aussi une de ses principales préoccupations : la Biscaye et la partie du Guipúzcoa encore sous sa juridiction, provinces industrielles aux surfaces agricoles utiles extrêmement réduites, mais dont les densités de population sont les plus fortes de l’Etat, ne peuvent en aucun cas nourrir leurs populations, accrues par l’arrivée de près de 100 000 réfugiés. Un trafic maritime avec l’Angleterre, le Mexique et la France est alors organisé et parvient à parer au plus pressé. Enfin, la défense du territoire est bien sûr la priorité principale. Théoriquement, l’ensemble des forces armées basques dépendent de l’Etat-Major de l’Armée du Nord (englobant les Asturies, la province de Santander et le Pays Basque). Pratiquement, elles sont totalement indépendantes et sous les ordres du Président Aguirre. [149] L’Armée basque (Euskal gudarostea) ne commence à se structurer que fin 1936. Le gouvernement ouvre des Académies d’Infanterie, d’Artillerie et de Génie Militaire, chargées de former des officiers capables d’encadrer les quelque 30 000 hommes de l’Armée basque répartis en 46 bataillons. Dans l’optimisme qui accompagne sa formation (le front étant stabilisé depuis la fin de l’été), une offensive, destinée à libérer l’Alava (et à desserrer l’étau franquiste menaçant Madrid), est
constituée que tous prendront le nom de gudaris.
28
Fragments du discours d’investiture de José Antonio de Aguirre, le 7 octobre 1936.
29
Ibidem. organisée dès la fin du mois de novembre 1936. L’attaque se concentre sur Villareal, à 10 km au nord de Vitoria. Après quatre jours de bataille acharnée malgré une infériorité de feu dramatique, les Basques sont obligés de se replier le 5 décembre, laissant sur le terrain plus de 800 morts et emmenant quelque 4000 blessés. Dès lors, l’attitude de l’Armée basque sera exclusivement défensive.
3- La défaite et l’exil Après son échec de fin 1936 devant Madrid, Franco avait besoin de frapper un grand coup. En février 1937, l’offensive sur le Pays Basque est décidée. Celui-ci représente un intérêt capital pour le camp franquiste, tant pour sa richesse industrielle que pour l’incidence diplomatique que sa chute ne manquerait pas de provoquer. Il était en effet difficile de traiter les Basques d’« assassins athées », de « comploteurs marxistes » ou d’« anarchistes sanguinaires ». Par leur catholicisme, leur modération, leur souci de l’ordre et leurs convictions démocratiques, ils suscitaient au contraire de la sympathie à l’étranger, surtout parmi les démocrates-chrétiens, et apportaient ainsi indirectement à la République un appui dont elle n’aurait pas bénéficié autrement. En faisant passer par la force le Pays Basque dans le camp de la « Croisade », Franco se donnait les moyens de couper définitivement la République de la communauté catholique internationale. À la fin mars, des dizaines de milliers de tracts sont lâchés sur Bilbao : « J’ai décidé de terminer rapidement la guerre dans le nord. Tant la vie que les biens de ceux qui se rendront, s’ils ne sont pas coupables d’assassinats, seront respectés. Mais si la reddition n’est pas immédiate, je raserai la Biscaye jusqu’à n’en rien laisser, à commencer par ses industries de guerre. Je dispose des moyens pour le faire. Signé : Général Mola ». Quelques jours plus tard, le 31 mars 1937, le plus terrible bombardement jusqu’alors connu dans [150] l’histoire militaire du monde avait lieu : la petite ville de Durango était systématiquement bombardée, pendant plus d’une heure et demie. 248 personnes étaient tuées (dont 14 religieuses et 2 prêtres), et plusieurs centaines blessées. Il semble qu’une nouvelle « technique », visant à terroriser la population et à démoraliser les combattants, ait été expérimentée30.
30
Plus tard, Goering reconnaîtra qu’il s’était agi là d’un « banc d’essai ». Privée d’aviation et d’armement lourd, l’Armée basque résiste cependant, souvent de façon héroïque (voir les descriptions de G. L. Steer, correspondant du Times en Pays Basque, El arbol de Guernica, op. cit.). Les quelques 10 000 Italiens des brigades Flèches noires et 23 de marzo, appuyés par plus de 150 avions allemands de la Légion Condor sont alors appelés à la rescousse. Devant l’opiniâtre résistance des basques, qui reprennent souvent la nuit des positions perdues pendant le jour, Franco n’hésite pas à demander aux Allemands de reproduire l’horreur du 31 mars. Le 26 avril, la ville sainte des Basques, Guernica, est rasée par la Légion Condor. On dénombre 1654 personnes tuées et 889 blessés. La stupeur provoquée par la nouvelle du bombardement se mue bientôt en messages de solidarité et de sympathie envers les Basques et la République. Mais les armes n’arrivent pas… Bilbao est soumis à un blocus maritime total, et la famine menace. Progressivement, le front se resserre autour de la ville protégée par sa mythique « ceinture de fer »31. Bombardés et mitraillés à longueur de journée par les Heinkel et
Junker allemands, privés de tout renfort, et se partageant avec parcimonie les dernières munitions, les gudaris tiennent encore jusqu’au début juin. Mais le 12, « la ceinture de fer » cède. Le tragique exode d’environ 150 000 personnes commence alors vers Santander32. Malgré les directives de la République, le Gouvernement basque se refuse à pratiquer la politique de la terre brûlée. Il protège au contraire jusqu’au dernier moment l’industrie biscaïenne des tentatives de sabotage [151] de la part de certains militants de l’UGT et de la CNT. Le 19 juin, les franquistes occupent Bilbao. À bout de force, désormais coupée des forces républicaines des Asturies, et peu désireuse de se battre en dehors du Pays Basque, l’Armée basque se rend le 26 août aux Italiens. Tandis que le Président Aguirre et une partie de son Gouvernement s’installent à Barcelone et tentent, grâce à leurs relations internationales, d’aider au maximum la République, le reste du Gouvernement basque s’efforce d’organiser au mieux l’exil de milliers de Basques. Bien qu’environ 10 000 femmes et enfants aient été évacués fin mai 1937 dans le nord et le centre de la France, que l’Angleterre ait accepté d’accueillir
31
Il s’agit en fait de fortifications construites durant le printemps 37 et dont « l’invulnérabilité » était
surtout mise en avant par les franquistes (parfaitement au courant de ses déficiences) afin de faire de la
prise de Bilbao une victoire militaire retentissante.
32
Une fois cette province tombée (fin août), la grande majorité de ces exilés rejoindra le Pays Basque. 4000 enfants basques et l’URSS 1200, la majorité des réfugiés basques se trouvent, fin 1937, en Pays Basque Français. Dès 1936, le gouvernement avait ouvert un « Consulat d’Euskadi » à Bayonne. C’est à partir de là, et de sa « Délégation du Gouvernement basque » à Paris, qu’il coordonne ses divers services d’aide aux réfugiés basques. Un hôpital militaire de 800 lits est installé à Biarritz, un internat accueille 980 enfants à Saint-Jean-Pied-de-Port, et une résidence pour les veuves des gudaris et les femmes des grands blessés est installée à Anglet. Une publication Eusko Deya est envoyée deux fois par semaine à l’ensemble des exilés. Ces réalisations sont possibles grâce à l’appui de la hiérarchie ecclésiastique basque et à l’aide du Front Populaire français. Une « Ligue Internationale des Amis des Basques », présidée par le cardinal Verdier et le Président de la Chambre des députés Herriot (un des membres les plus actifs était François Mauriac) canalise l’aide internationale vers le Gouvernement basque. L’occupation de la France en mai 1939 par les Allemands réduira tous ces efforts à néant. La Délégation à Paris et le « Consulat » à Bayonne sont fermés. Ceux qui réussissent à s’échapper fuient au Mexique, au Venezuela et en Argentine. Les autres sont enfermés dans un camp de concentration à Gurs (Pyrénées-Atlantiques). Le Président Aguirre prend la clandestinité. Après un long périple à travers l’Europe, il dé- barque au Brésil à la fin août 1941 et, quelques mois plus tard, reforme son gouvernement à New York. [152]
4- Conséquences de la guerre civile en Pays Basque Les statistiques exactes des pertes humaines et matérielles occasionnées par la guerre ne seront jamais connues. Les observateurs étrangers et la majorité des historiens s’accordent cependant pour avancer les chiffres globaux de 20 000 à 30 000 morts et de 45 000 à 50 000 exilés pour une population d’environ 1 300 000 habitants33. Les dommages matériels sont impressionnants et difficiles à évaluer. Il suffit de rappeler que le niveau de vie de 1936 en Pays Basque ne sera rattrapé qu’au début des années 50
33
Nous sommes ici très loin des statistiques fournies par les nationalistes, par exemple celles d’Astilarra,
Historia documental de la guerra en Euskadi, Mexico, 1941 (reprises par Manuelu Lipuzcoa, La iglesia
como problema en el Pais Vasco, Buenos Aires, 1973, Ed. Ekin, pp 110-114), qui signalent 10 800 morts
sur le champ de bataille, 15 200 morts dues aux bombardements, 21 780 exécutions et 150 000 exilés. Le
recoupement des recensements de 1930 et de 1940 avec l’addition de la population des communes et pour mesurer l’ampleur des dégâts. Plutôt que de tenter d’en dresser une liste, nous préférons attirer l’attention sur un autre type de conséquence : la profonde coupure historique que la guerre civile provoquera dans la continuité socio-politique basque. D’abord et évidemment, coupure, comme pour tous les citoyens de l’État espagnol, avec la République, la démocratie, le régime parlementaire, les libertés civiques. Ensuite, coupure avec l’autonomie, l’auto-gouvernement, la promotion de la langue et de la culture basque. Mais aussi, et c’est sur ce point que nous voudrions insister, coupure avec les habitudes socio-politiques héritées du passé : en les bousculant aussi brutalement, la guerre allait sans le savoir engendrer les prémisses d’une nouvelle époque. Inédit en effet de voir socialistes et nationalistes, frères ennemis d’hier, lutter côte à côte. Inédit d’entendre les socialistes crier « vive le Pays Basque libre », et des nationalistes vanter certains aspects de « l’idéal socialiste ». Certes les divergences ne s’éclipsent pas pour autant et continueront à s’exprimer, les soupçons et les ressentiments restant toujours vivaces34. Mais il est des moments où un vécu exceptionnel crée des liens plus forts que les idéologies. Ce sont ces moments-là que miliciens et gudaris, [153] d’abord séparés, vont ensuite partager dans la peur et la solidarité des tranchées sous les bombes, ou dans l’adversité de l’exil et de la répression. La guerre civile, en suscitant l’expérience d’une même lutte, le partage d’une même souffrance, et l’élan d’une même solidarité, a indéniablement et très fortement, uni les Basques des deux provinces maritimes, et cela, quelles que soient leurs origines et leurs préférences politiques35. C’est dans le quotidien de cette unité, puis dans la révolte contenue et la solidarité silencieuse face à la répression franquiste de l’aprèsguerre que naîtra et grandira une nouvelle génération, celle qui n’aura pas connu les querelles d’hier et portera l’espoir d’un futur différent. [154]
villes basques en 1935 nous permet d’avancer un chiffre global de 80 000 à 90 000 morts et exilés.
34
Cf. supra, note 25.
35
Le pourcentage de franquistes est infime dans ces deux provinces. Par contre la guerre signifiera la
coupure non moins radicale entre la Navarre et les trois autres provinces basques.

 

14 mai 2020

87 NADAR 14 02 17

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Nadar

Biographie Nadar

Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar – Félix Nadar, vers 1865 – Ministère de la Culture et de la Communication – France / Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine / Dist Rmn

Le photographe français Nadar, de son vrai nom Gaspard Félix (dit Félix) Tournachon, naît le 6 avril 1820 à Paris. Il y décède en mars 1910. Son père, lyonnais d’origine, est imprimeur et éditeur de tendance libérale.

 

À la mort de son père, il rejoint sa mère et s’inscrit à l’école de médecine de Lyon. Soutien de famille, il s’exerce au journalisme en écrivant des critiques théâtrales dans la presse locale avant de rejoindre Paris où il effectue divers travaux dans de « petites feuilles ».

À Paris il fonde le journal L’Audience et fréquente la jeunesse artistique : Charles Baudelaire, Henri Murger, Théodore de Banville, Gérard de Nerval. Il publie des critiques dramatiques et des contes qu’il signe du pseudonyme Nadar.

En 1845, il publie son premier roman « La Robe de Déjanire ». L’année suivante Nadar commence véritablement sa carrière de caricaturiste et publie dans des journaux politiques d’opposition. En 1847, il lance une série de portraits charges intitulée « Galerie des gens de lettres » qui deviendra plus tard le fameux « Panthéon Nadar ».

En 1848, Nadar s’engage dans un corps expéditionnaire constitué par le gouvernement provisoire et censé provoquer le soulèvement de la Pologne. Il est fait prisonnier en Prusse. De retour à Paris, il gagne durement sa vie en reprenant ses activités de caricaturiste. En 1849, il publie ses caricatures dans Le Journal pour rire créé par Charles Philippon.

 

Nadar

Atelier Nadar – Nolette dans « Adam et Eve », théâtre des Nouveautés, 1886 – Ministère de la Culture et de la Communication – France / Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine / Dist Rmn

En 1854, Nadar encourage son jeune frère, Adrien, à devenir photographe. Celui-ci ouvre un atelier. Félix s’adonne lui aussi à la pratique de la photographie et réalise ses premiers portraits au printemps. Poursuivant ce nouveau champ d’expérimentation, il ouvre son propre atelier, avec un laboratoire entièrement équipé, au 113 rue Saint-Lazare.

Il souhaite traduire la « ressemblance intime » des figures de la bohème et du romantisme. Défilent ainsi dans son atelier Baudelaire, de Nerval, Delacroix, Doré, Gautier, Berlioz. Nadar entreprend des recherches sur le collodion alors utilisé en photographie. En mars, il publie sa célèbre lithographie « Le Panthéon Nadar », caricature où figurent trois cents célébrités contemporaines. Le succès est immédiat. En septembre, il épouse Ernestine Lefèvre.

Félix et son frère Adrien photographient le mime Deburau en Pierrot. La série remporte une médaille à l’Exposition universelle de 1855. S’ensuit une dispute entre les deux frères. Adrien, qui signe « Nadar jeune », veut poursuivre seul mais Félix lui intente un procès en mars 1856 — qu’il gagne en décembre 1857 — pour récupérer l’usage exclusif de son pseudonyme.

En 1856, Nadar est à la tête de trois journaux illustrés et d’un atelier photographique. Il commence à s’intéresser à l’aérostation et devient membre de la Société française de photographie.

En 1858, il réalise, à bord d’un ballon, la première photographie aérienne. En 1860, il quitte la rue Saint-Lazare et installe un luxueux atelier au 35 boulevard des Capucines. C’est un tournant commercial dans sa carrière de photographe. En février 1861 , il dépose le brevet de photographie à l’éclairage artificiel qui lui permet de photographier la nuit.

 

photographie Nadar

Atelier Nadar – Albert Brasseur dans « Adam et Eve », théâtre des Nouveautés, 1886 – Ministère de la Culture et de la Communication – France / Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine / Dist Rmn

En 1862, Nadar photographie à la lumière artificielle les catacombes et les égouts de Paris. Passionné par l’aérostation, il s’éloigne progressivement des affaires de l’atelier et se jette dans les aventures et les théories de la navigation aérienne. En 1863, il fonde la « Société d’encouragement pour la locomotion aérienne au moyen d’appareils plus lourds que l’air », ainsi que la revue L’Aéronaute. Il fait construire un immense ballon Le Géant capable de « porter quatre-vingt passagers ». En octobre, Le Géant s’écrase à Hanovre. Nadar est blessé et, endetté, il doit vendre ses collections.

En 1870-1871, lors du siège de Paris par les Prussiens, Nadar constitue une compagnie d’aérostiers militaires pour défendre de ville. En 1871, l’atelier Nadar qui connaît des difficultés financières quitte le boulevard des Capucines pour la rue d’Anjou.

En 1874, Nadar qui a conservé son local du boulevard des Capucines, accueille la première exposition des peintres impressionnistes. Le fils de Nadar, Paul (né le 8 février 1856) collabore à l’activité de l’atelier avec son père. Il gardera par la suite le pseudonyme de Nadar.

En 1886, Félix et Paul réalisent une série de photographies du chimiste Eugène Chevreul alors âgé de cent ans. L’interview qui accompagne les photographies devait être initialement enregistrée. C’est le dernier « exploit photographique » de Nadar père.

De 1887 à 1894, Félix s’installe avec sa femme en Forêt de Sénart au sud-est de Paris. Il est malade et ruiné. Paul prend la direction officielle de l’atelier. Il fonde, rue d’Anjou, l’Office général de photographie.

En 1890, Paul entreprend un voyage à travers l’Europe Centrale et l’Asie jusqu’au Turkestan pour suivre la Route de la soie. Il en rapporte plusieurs séries de photographies. En 1891, il fonde Paris-Photographe, revue essentiellement technique qui sera un échec financier. En 1893, Paul Nadar devient l’agent en France de Eastman-Kodak. En 1895, il devient enfin propriétaire de l’atelier de son père à Paris.

En 1897, Félix, dont la situation financière est alarmante, s’installe à Marseille et ouvre, à 77 ans, un nouvel atelier photographique. Il le revend 5 ans plus tard pour revenir à Paris. En 1900, Nadar triomphe à l’Exposition universelle de Paris avec une rétrospective de son oeuvre (portraits, vues aériennes..) organisée par Paul.

Félix Nadar meurt en mars 1910, Paul Nadar en septembre 1939.

POUR ALLER PLUS LOIN…

Sa jeunesse

Grand, les cheveux roux, les yeux effarés, fantasque à la jeunesse vagabonde, il se définit lui-même comme un vrai casse-cou, un touche-à-tout, mal élevé jusqu’à appeler les choses par leur nom, et les gens aussi.

Ses parents étaient d’origine lyonnaise. Son père, Victor Tournachon, commence son activité à Lyon chez Molin dont il épouse la fille (mère de Nadar). Il change son nom en Tournachon-Molin et s’installe dans la capitale comme éditeur. Le jeune Félix fréquente différents internats de la région parisienne, alors que son père connaît des revers de fortune. Il étudie notamment au collège Bourbon devenu le lycée Condorcet.

Contrairement à ce qu’affirment plusieurs sources8,9,10, il n’a jamais fréquenté l’École des mines de Saint-Étienne11. Félix commence en réalité des études de médecine à Lyon12 ; cependant sans soutien financier, à la mort de son père en 183713, il se voit obligé d’y renoncer pour gagner le pain quotidien de la famille, dont il a désormais la charge et qui comprend son demi-frère, Adrien Tournachon, plus jeune de cinq ans et sa mère Thérèse Maillet, seconde épouse de son père.

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Animation tirée des 12 images de « l’autoportrait tournant » de Nadar ci-dessus

Ayant travaillé dans différentes rédactions de journaux lyonnais avant de revenir s’installer à Paris, il effectue divers travaux dans les « petites feuilles » de la presse parisienne. Il collabore à la fondation par Polydore Millaud d’un journal judiciaire, L’Audience, et fréquente le milieu de la jeunesse artistique popularisé par le roman de Murger : Scènes de la vie de bohème. Il commence à y côtoyer Gérard de NervalCharles Baudelaire et Théodore de Banville. Ses amis artistes le surnomment « Tournadar » à cause d’une mode répandue dans la jeunesse rebelle vers 1840 de rajouter à la fin de certains mots la terminaison « dar ». Vers 1838, une abréviation transforme ce nom de guerre en pseudonyme « Nadar »14.

La vie est très dure et il subsiste en utilisant divers expédients ; il écrit des romans, dessine des caricatures. Grâce à l’aide financière d’un ami, il se lance, à 19 ans, dans l’aventure de la création d’une revue se voulant prestigieuse, Le Livre d’or, dont il devient le rédacteur en chef. Grâce à ses relations, il s’assure la collaboration de personnalités, dont BalzacAlexandre DumasThéophile GautierGérard de NervalGavarni et Daumier. L’aventure est obligée de s’arrêter au troisième numéro.

Le caricaturiste

Dessin de Balzac en pied, où la tête est grossie.

Balzac caricaturé par Nadar en 1850, ParisBnF15.

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« Une théorie photographique », par Nadar (1856).

Après cet échec, Félix reprend du service dans les gazettes comme caricaturiste, tout en continuant à publier des nouvelles et des billets fantaisistes. À la veille de la révolution de 1848, il obtient la consécration avec son premier dessin-charge publié dans le journal Le Charivari.

Le 30 mars 1848, il s’engage avec son demi-frère dans la légion polonaise, pour porter secours à la Pologne. Son passeport est au nom de « Nadarsky ». Il est fait prisonnier et confiné dans une mine, puis il refuse le rapatriement gratuit et revient à pied. Deux mois plus tard, il sera de retour à Paris, coiffé d’une chapka de couleur groseille, après un long voyage lors duquel il fut arrêté en Saxe par des représentants du gouvernement prussien.

Rapidement après son retour, il est engagé comme agent secret par l’éditeur Jules Hetzel, alors chef du cabinet du ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire. Sa mission est de se renseigner sur d’éventuels mouvements de troupes russes à la frontière prussienne.

De retour à Paris, il reprend ses activités de caricaturiste auprès de petits journaux, tandis que sa renommée s’établit peu à peu. À partir de 1850-1851, il s’attelle à un grand projet républicain de Musée des gloires contemporaines, pour lequel, avec l’aide de plusieurs collaborateurs, il rencontre les grands hommes du moment afin d’en faire le portrait dessiné. L’ensemble de ce travail concerne plus de 300 personnalités de l’époque sur un total de plus de 1 000 vignettes et constitue une galerie qui, espérait-il, devait lui apporter la notoriété, sous le nom de Panthéon Nadar en quatre planches lithographiées, dont une seule fut tirée en 1854, l’année où il se lance officiellement dans la photographie16.

Il n’hésite pas à caricaturer sa propre activité de photographe. Par exemple, dans le no 20 du Petit journal pour rire dont il était rédacteur en chef, il signe une caricature sur la une dont le titre est « Une théorie photographique », avec pour commentaire : Monsieur, c’est pour le portrait de mon mari qui est mort il y a deux ans à Buenos-Ayres : je voulais le faire peindre de mémoire, mais on m’a dit que la photographie faisait bien plus ressemblant que la peinture… 

Illustrations

  • Les Binettes contemporaines17.
  • Les Rêveries d’un étameur.
  • Les petites affiches du Tintamarre…, par Joseph Citrouillard, revues par Commerson, pour faire concurrence à celles d’Eugène de Mirecourt, portraits par Nadar, 10 vol., 1854-1855.

Le photographe

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Affiche publicitaire pour Tournachon, Nadar jeune et Cie, artistes photographes par Lorentz figurant Deburau (1856, lith., BNF).

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Revers d’une carte de visite de 1874 et l’adresse rue d’Anjou et les correspondantes M.M. Luckhardt et W. Damry.

Sa nouvelle aisance lui permet d’emménager dans un pavillon mansardé du 113, rue Saint-Lazare à Paris, où il peut disposer d’un jardin bénéficiant de la lumière naturelle. C’est dans ce jardin que seront réalisés ses chefs-d’œuvre, continuant l’œuvre des portraits entreprise avec la caricature, désormais continuée avec une nouvelle technique : la photographie.

À partir de cette époque, la technique du portrait est maîtrisée et les travaux sont de qualité. Les prix évoluent à la baisse. De nombreux ateliers photographiques ouvrent et les personnalités — les élites du monde des arts, des lettres, mais aussi de la politique, du théâtre et de l’Église — n’hésitent pas à « se faire tirer le portrait ». Ce sont ces œuvres que l’on retrouve dans les papeteries sous forme d’estampes et de photographies.

Le 11 septembre 1854, il se marie à Paris avec Ernestine Constance Lefèbvre18, jeune femme issue d’une riche famille protestante. Malgré le mariage, il continue d’offrir l’hospitalité à ses nombreux amis, comme à l’époque de la bohème. Nadar se brouille avec Adrien Tournachon, son demi-frère cadet, qui s’était lui aussi lancé, avec son appui, dans le métier de photographe-portraitiste, mais voulait aussi utiliser le nom de « Nadar ». Il s’ensuivit un procès gagné par Félix en 1857.

Nadar souhaite que l’appareil de photographie puisse désormais être emporté à l’extérieur et en voyage, aussi facilement que le chevalet du peintre. Il va commencer aussi à expérimenter la photographie embarquée dans un ballon. Il est donc, dès 1858, le pionnier de la photographie aérienne, avec ses vues du Petit Bicêtre19Daumier représente Nadar opérant avec difficulté lors d’une ascension aérienne, avec cette légende prémonitoire : Nadar, élevant la photographie à la hauteur de l’Art le 25 mai 1862.

En 1860, manquant de place, Nadar déménage de la rue Saint-Lazare au 35 boulevard des Capucines. Il fait installer au fronton de son immeuble une immense enseigne, dessinée par Antoine Lumière et éclairée au gaz. Le 15 mai 1874, s’ouvre dans cet atelier la « première exposition des peintres impressionnistes ».

Le flash au magnésium

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photographie des Catacombes de Paris, avec utilisation de lumière artificielle. Le temps de pose nécessaire est de 20 minutes, ce qui explique l’utilisation de mannequins.

Il expérimente l’éclairage à la poudre de magnésium, plus facile à brûler qu’en bloc. Complexe à mettre en œuvre, ce procédé, qui consiste à brûler de la poudre de magnésium, s’avère très dangereux car le magnésium est inflammable et dégage beaucoup de fumée. De plus, le déclenchement du flash se faisant manuellement, il arrivait qu’il soit désynchronisé. Nadar tente ensuite une nouvelle expérience qu’il décrit dans son livre Quand j‘étais photographe :

« Je tentai de tamiser ma lumière en plaçant une glace dépolie entre l’objectif et le modèle, ce qui ne pouvait m’amener à grand-chose ; puis plus pratiquement je disposai des réflecteurs en coutil blanc, et enfin un double jeu de grands miroirs répercutant par intermittences le foyer lumineux sur les parties ombrées. J’arrivai ainsi à ramener mon temps de pose à la moyenne diurne et finalement je pus obtenir des clichés à rapidité égale et de valeur tout à fait équivalente à celle des clichés exécutés quotidiennement dans mon atelier. »

Il effectue une démonstration pour le journal La Presse scientifique et dépose le brevet de photographie à la lumière artificielle en février 1861. Nadar est conscient de la portée de son invention. Désormais, il est possible de révéler au public le monde souterrain. Il le prouve en s’attaquant à un nouveau chantier : la photographie des sous-sols de Paris, c’est-à-dire les catacombes et les égouts.

En avril 1874, la première exposition des peintres impressionnistes se tient dans son ancien studio. On lui en a souvent attribué l’organisation ; en fait, il s’agissait de son ancien studio qu’il louait. Il est aussi possible, mais non prouvé, qu’il ait demandé à son locataire d’abriter les impressionnistes, mais il ne fut pas en tout cas l’organisateur de l’exposition.

Après le déménagement de son atelier rouge, sa femme lance et gère, avec 20 salariés, un nouvel établissement fort aristocratique rue d’Anjou-Saint-Honoré dont son fils deviendra très jeune le directeur artistique.

Nadar a fustigé les canons de représentation et, écœuré par l’évolution de la production raille ses concurrents, qui se contentent d’un format à peu près unique, singulièrement pratique pour l’espace de nos logements bourgeois. Sans s’occuper autrement de la disposition des lignes selon le point de vue le plus favorable au modèle, ni de l’expression de son visage, non plus que de la façon dont la lumière éclaire tout cela. On installait le client à une place invariable, et l’on obtenait de lui un unique cliché, terne et gris à la va-comme-je-te-pousse

L’aérostation

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Nadar élevant la Photographie à la hauteur de l’Art., lithographie d’Honoré Daumier parue dans Le Boulevard, le 25 mai 1863.

Très curieux des nouveautés techniques de son temps, il se lança avec passion dans le monde des ballons.

Grâce aux frères Louis et Jules Godard, aéronautes aguerris (frères d’Eugène Godard), il réalise près de Paris la première photographie aérienne en 1858, depuis un « vol captif » à 80 mètres au-dessus du Petit-Bicêtre (actuel Petit-Clamart). Il est obligé d’alléger au maximum et ne peut embarquer sa « guillotine horizontale ». Leur coopération cessera en 1863 à l’occasion d’un désaccord lors de la construction du ballon Le Géant.

Les aventures de Nadar inspireront Jules Verne pour Cinq semaines en ballon écrit en 1862. Un des héros de De la Terre à la Lune et Autour de la Lune — romans parus en 1865 et 1869 — s’appelle d’ailleurs Michel Ardan, anagramme de Nadar.

Jules Verne le décrit ainsi :

« C’est un homme de 42 ans, grand, mais un peu voûté déjà, comme ces cariatides qui portent des balcons sur leurs épaules. Sa tête forte, véritable hure de lion, secouait par instants une chevelure ardente, qui lui faisait une véritable crinière. Une face courte, large aux tempes, agrémentée d’une moustache hérissée comme les barbes d’un chat et de petits bouquets un peu égarés, un regard myope, complémentaient cette physionomie éminemment féline. »

— extrait de De la Terre à la Lune

En 1863 il fait construire un immense ballon, Le Géant, haut de 40 mètres et contenant 6 000 m3 de gaz, dont les ascensions publiques devaient réunir de quoi financer les travaux de la Société d’encouragement de la locomotion aérienne au moyen du plus lourd que l’air. Le 4 octobre, le premier vol du Géant a lieu à Paris avec 13 personnes. Jules Verne rédige alors le texte À propos du Géant qui parait dans le Musée des familles. Le ballon perd rapidement de la hauteur et atterrit à Meaux, à moins de 100 kilomètres de Paris. Nadar recommence l’expérience le 18 octobre avec son épouse. Dans les environs de Hanovre, le ballon atterrit durement et est entraîné sur 16 kilomètres. Le récit de cette catastrophe par Nadar est repris par la presse dans toute l’Europe. D’autres ascensions auront lieu mais sans le succès public escompté. Nadar doit donc arrêter l’aventure du Géant par manque d’argent.

Il fonde, en 1867, avec d’autres passionnés comme lui, la revue L’aéronaute. En 1870-1871, lors du siège de Paris par les Allemands, il constitue de son propre chef une Compagnie d’aérostiers avec Camille Legrand, dit Dartois, et Jules Dufour, dit Duruof, dont le but est la construction de ballons militaires pour les mettre à la disposition du gouvernement. Ils établissent un campement sur la place Saint-Pierre, au pied de la butte Montmartre, où naît la poste aérienne du siège. Les ballons permettaient de surveiller l’ennemi, d’établir des relevés cartographiques et également d’acheminer du courrier. Nadar baptise ses ballons : le George-Sandl’Armand-Barbès et le Louis-Blanc. C’est à bord de l’Armand-Barbès que Léon Gambetta, ministre de l’Intérieur, quitte Paris le 7 octobre 1870 pour se rendre à Tours afin d’y organiser la résistance à l’ennemi. Mais le gouvernement se détourne de Nadar, jugé trop « révolutionnaire », et préfère financer d’autres entreprises.

Au total, 67 ballons seront construits entre le 23 septembre 1870 et le 28 janvier 1871 qui transporteront 11 tonnes de courrier, soit 2,5 millions de lettres. Cinq des ballons seront capturés par l’ennemi. Cette première fabrication en série d’aéronefs, marque la naissance officielle de l’industrie aéronautique. Deux usines avaient été installées dans les gares de chemin de fer réquisitionnées : les frères Godard à la gare de Lyon et Dartois et Yon à la gare du Nord.

Les dernières années

Après l’épisode de la Commune, Nadar se retrouve complètement ruiné et recommence brièvement une activité dans la photographie, mais pour réaliser avant tout des travaux qui lui assurent sa subsistance.

En 1886, il accompagne son fils Paul Tournachon20 pour réaliser une interview du chimiste Eugène Chevreul illustrée par des photographies. Ce double travail, paru le 5 septembre dans Le Journal illustré peut certainement être considéré comme le premier reportage photographique réalisé en même temps que l’entretien journalistique dont Paul assure l’illustration.

En 1887, il s’installe au manoir de l’Ermitage de la forêt de Sénart où il accueille ses amis dans le besoin, jusqu’en 1894. Il est alors ruiné et malade, sa femme est devenue hémiplégique à la suite d’un choc affectif concernant son fils.

Marseille

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Tombe de Nadar, Pariscimetière du Père-Lachaise.

Décidé cette même année 1894 à s’installer avec son épouse malade dans le Midi, Nadar tente de nouveau sa chance à l’âge de 77 ans. Il laisse à son fils la gestion de ses affaires à Paris, et fonde à Marseille un atelier photographique21. Nadar, « doyen des photographes français » devient dans la région de Marseille une véritable gloire et se lie d’amitié avec l’écrivain Frédéric Mistral.

À cette époque, Nadar s’intéresse à la photostérie, application de la photogravure qui donne une image en relief rappelant la sculpture22. C’est lui qui fait sortir la photostérie du laboratoire où Lernac, son inventeur, l’eut peut-être laissée dormir. Et c’est lui qui, par sa connaissance approfondie de la technique photographique, parvient à la rendre industriellement pratique23.

En 1900, Nadar triomphe à l’Exposition universelle de Paris avec une rétrospective de son œuvre organisée par son fils. Il revient en 1904 à Paris, où il meurt le 20 mars 1910. Il est enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise (36e division).

Nadar, père et fils

Les relations entre Félix Nadar et son fils, Paul, ont été compliquées. Marchant sur les traces de son père, Paul Nadar se lance dans la photographie à son tour et devient très jeune le véritable directeur artistique de l’atelier sous l’égide de son père. Il réalise une série de photographies du chimiste Eugène Chevreul en 1886 pendant l’interview que le centenaire donne à son père. Toutefois, décalage de générations oblige, des divergences artistiques apparaissent entre le père et le fils. Tandis que Félix Nadar privilégiait les poses solennelles et graves, son fils avait une conception plus fantaisiste de la photographie. Paul utilise parfois des trucages et s’intéresse davantage aux gens du spectacle

Son pseudonyme

Le pseudonyme « Nadar » fut utilisé pendant quelque temps par son demi-frère Adrien Tournachon pour ses photographies, sous les formes « Nadar jeune » et « Nadar jne »25. Cette signature provoqua la confusion et fut la cause d’un procès26 entre les deux demi-frères, de mars 1856 à décembre 1857, qui permit à Félix d’être le seul utilisateur du pseudonyme. Ce procès fut l’un des premiers de ce genre, sur le statut d’auteur photographe25.

Son fils, Paul, réutilisa plus tard le pseudonyme avec la permission de son père

 

86 44ème HLM CAC G BRASSENS 07 02 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 15 h 58 min

images

 

POUR CETTE 44ème HLM NOUS RECEVIONS LE THÉÂTRE AUX ÉCLATS. NOUS RECEVIONS EGALEMENT UN GROUPE POUR LA PARTIE MUSICALE MAIS IL A DEMANDÉ A CE QUE JE SUPPRIME L’ITW QUI ÉTAIT DIFFUSÉ SUR LA CHAÎNE YOUTUBE DE ÇA BOOSTE. SANS DOUTE QUE CELA LE GÊNAIT D’APPARAÎTRE SUR UNE RADIO ANARCHISTE. C’EST MALHEUREUSEMENT LE CAS TRÈS SOUVENT QUAND LES INVITÉS COMMENCE À ETRE INVITÉ SUR D’AUTRES RADIOS + LISSE OU MAINSTREAM ILS SUPPRIMENT DE LEURS PARCOURS LE FAIT D’ÊTRE PASSÉ SUR LIBERTAIRE. PAR CONTRE ILS SONT CONTENTS DE TROUVER UNE RADIO ET DES ANIMATEURS QUAND ILS CHERCHENT À FAIRE LEURS PROMOS. DOMMAGE POUR EUX. 

 

images (28) 

 

SINON LE THÉÂTRE AUX ÉCLATS.

En quelques mots… 

Dès sa création, Le Théâtre aux Éclats s’oriente vers deux grands objectifs.

Le premier plus particulièrement adapté au cadre scolaire, donne à l’expression dramatique la fonction d’un outil pédagogique complémentaire à l’enseignement du français.

Le second consiste à proposer à un large public un véritable travail de création artistique. Au fil du temps, nos initiatives et nos réalisations se multiplient : 

- Soutien technique et artistique aux associations  (création de lumière, régie générale…)

- Mise en place de classes de découverte théâtre  et cinéma.

- Stages de vacances.

- Initiation à la lecture de l’image, à l’Histoire du  cinéma et à la réalisation.

- Organisation d’événements et programmation (Festival aux Éclats, tournée des ateliers… )

- Adaptation de notre savoir-faire auprès de publics variés (personnes en situation de handicap, entreprises…)

- Formation professionnelle des enseignants

86 44ème HLM CAC G BRASSENS 07 02 17 dans CAC HLM MANTES qui%20sommes-nous%20

 

La confiance de certains de nos partenaires se renouvelle depuis parfois plus de vingt cinq ans. Celle-ci nous engage à renouveler nos propositions, à organiser des  activités toujours plus réfléchies, à trouver de nouveaux outils, à chercher sans cesse… 

Pour mener à bien notre action, nous sommes accompagnés de partenaires – artistes, animateurs, pédagogues et techniciens – qui s’engagent totalement  dans notre démarche. Pour beaucoup d’entre eux, le Théâtre aux Éclats est terrain de recherche, de réflexion et une expérience qui amène vers des parcours d’artistes. 

Mais l’essentiel reste pour nous une certaine idée de l’art – qu’il soit vivant ou non – et de la culture. La fonction des artistes est d‘éveiller nos sens et nous ouvrir sur  le monde. La pratique artistique devient un moyen privilégié pour y parvenir.

Pour cette raison, il est essentiel d’offrir ces horizons aux enfants dès le plus jeune âge, et aux adolescents. 

L’école, le collège ou le lycée sont les lieux où il est concrètement possible de rendre la culture accessible à tous. 

S’exercer à l’Art dramatique – par exemple – c’est vivre une expérience collective où le respect de l’autre, au travers d’échanges, de confrontations et de contradictions nourrit la réussite du projet de tous. 

C’est aussi un moyen d’aiguiser notre regard de spectateurs et de citoyens. 

L’originalité du Théâtre aux Éclats est de se placer comme un carrefour de la pédagogie et de la création artistique.

Ces deux fonctions, pour nous intimement liées sont, sans nul doute, à l’origine de la passion qui nous anime 


Fiche d’identité 

Le Théâtre aux Éclats est une association régie par la loi du 1er juillet 1901 qui a pour objet de promouvoir la culture par l’art théâtral, cinématographique, musical, photographique et littéraire. 

Le Théâtre Éclaté a été déclaré à la sous-préfecture de Mantes-la-Jolie (Yvelines) sous le n° 2189.

Nous avons modifié notre titre le 3 mars 1983 (Journal Officiel du 12 mars 1983) en Théâtre aux Éclats. 

U.R.S.S.A.F : 780200118115001011

N° S.I.R.E.T : 32705899600023

Code APE : 913 E 

Téléphone : 01 30 91 47 05 

Courriel : theatre.aux.eclats@wanadoo.fr 

Responsable de l’association 

Depuis l’origine de la compagnie, le directeur est Patrice VARRAIN. 

Coordination 

Manuel Gautier, metteur en scène, assure également l’organisation de nombreux projets.

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13 mai 2020

85 L’EMISSION DU CSPB 31 01 17

Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 46 min

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CSPB

COMITÉ SOLIDARITÉ PEUPLE BASQUE

http://cspb.unblog.fr/

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Naissance du fait national au Pays basque
Vincent Garmendia
Citer ce document / Cite this document :
Garmendia Vincent. Naissance du fait national au Pays basque. In: Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, n°38, 1982.
Numéro consacré aux consciences nationales dans le monde ibérique et ibérico-américain. pp. 135-151 ;
doi : https://doi.org/10.3406/carav.1982.1604
https://www.persee.fr/doc/carav_0008-0152_1982_num_38_1_1604
Fichier pdf généré le 13/05/2018

Naissance
du fait national au Pays Basque
PAR
Vincent GARMENDIA
Université de Bordeaux III
Comme le soulignait il y a plusieurs années Pierre Vilar, les
Français sont souvent fort surpris quand on leur parle de nationalisme
basque ou de nationalisme catalan. Dans la mesure où le problème
ne se pose pas avec autant de vigueur dans leur pays, ils ont du mal
à comprendre l’existence de tels mouvements chez leurs voisins. Ils
ne sont d’ailleurs pas les seuls à réagir de la sorte. En Espagne cette
question a toujours suscité de violentes polémiques où
l’incompréhension et l’ignorance jouent un grand rôle 0).
(1) Pour des raisons évidentes le sujet a été tabou jusqu’à une date
relativement récente. La historia del nacionalismo vasco de Maximiano García Venero
est longtemps restée la seule œuvre consacrée à ce sujet brûlant mais durant
ces dernières années la bibliographie s’est singulièrement étoffée. Citons dans
l’ordre d’apparition : Stanley Payne, El nacionalismo vasco, Barcelona, Dopesa,
1974; Juan José Solozabal, El primer nacionalismo vasco, Madrid, Tucar, 1975;
Beltza, Et nacionalismo vasco 1876-1936, San Sebastián, Txertoa, 1976; Jean
Claude Larronde, El nacionalismo vasco, su origen y su ideología en la obra de
Sabino Arana-Goiri, San Sebastián, Txertoa, 1977; Ortzi, Historia de Euskadi:
el nacionalismo vasco y Eta, Paris, Ed. Ruedo Ibérico, 1975; Beltza, Del carlismo
al nacionalismo burgués, San Sebastián, Txertoa, 1978; Antonio Elorza, Ideologías
del nacionalismo vasco, San Sebastián, Haranburu, 1978; Jokin Apalategui, Los
Vascos. De la nación al estado, Elkar, 1979; Javier Corcuera, Orígenes, ideología y
organización del nacionalismo vasco (W6-1904), Madrid, Siglo XXI, 1980.

136 C. de CARAVELLE
L’histoire nous permet heureusement de mieux saisir le
phénomène en nous montrant en particulier que l’idée d’une Espagne
foncièrement unitaire est somme toute relativement récente. Elle nous
permet surtout de voir que le surgissement du nationalisme basque
dans les dernières années du XIXe siècle se produit dans un milieu
prédisposé et préparé dans une certaine mesure à une telle
apparition. Si le message de Sabino Arana fut terriblement efficace, c’est
parce qu’il se fondait en grande partie sur des schémas idéologiques
fortement ancrés dans les mentalités. Pour comprendre la naissance
puis la force du nationalisme basque, il est indispensable de replacer
le phénomène dans la longue durée (2).
Lorsque les provinces basques s’unissent à la Couronne de Cas
tille (3), chacune apporte comme l’ont fait d’ailleurs d’autres
provinces et comme cela s’est fait dans d’autres pays, tout un faisceau de
coutumes et d’usages reconnus par les premiers chefs du pays et que
le monarque s’engage à respecter : les fueros. Avec les fueros les
provinces conservent une autonomie si réelle qu’un historien tel que
Francisco Elias de Tejada, peu suspect de sympathie pour le
nationalisme basque, peut écrire : « le Guipúzcoa fut un corps politique
séparé tant que les Espagnes restèrent des Espagnes véritables » (4).
Cela n’exclut pas cependant l’existence de liens très étroits entre les
provinces basques et la Monarchie. Un historien aussi pondéré que
Gregorio Monreal n’a pas manqué de souligner récemment que les
Basques manifestèrent tout au long de l’époque moderne une
adhésion très réelle à la monarchie castillane et qu’ils jouèrent un rôle de
premier plan dans la haute administration de la couronne (5).
Nul ne peut nier de tels faits sans travestir la vérité historique. A
ce propos le personnage du Guipuzcoan Esteban de Garibay magistra
(2) II convient aussi de replacer la naissance du nationalisme basque dans le
grand mouvement d’éveil des minorités nationales qui agite l’Europe dans le
dernier tiers du XIX* siècle. Sur ce point voir P. Renouvin et J.B. Duroselle,
Introduction à l’histoire des relations internationales, Paris, A. Colin, 1964.
(3) Le Guipúzcoa le fait en 1200, l’Alava en 1332, la Biscaye en 1379 et la
Navarre en 1512.
(4) F. Elias de Tejada y G. Percopo, La provincia de Guipúzcoa, Madrid, Mino
tauro, 1965, p. 14-15. Les auteurs évoquent à ce propos le traité « international »
signé le 9 mars 1482 à la Cour d’Angleterre par des ambassadeurs guipuzcoans et
au terme duquel il était certifié qu’il n’y aurait pas de représailles entre Anglais
et Guipuzcoans en cas de conflit entre le roi d’Angleterre et le roi castillan. Les
historiens nationalistes basques n’ont pas manqué bien évidemment de se
référer à ce traité et à d’autres du même genre. Voir, par exemple, Padre
Bernardino de Estella, Historia vasca, Bilbao, Verdes Achirrica, 1931.
(5) Gregorio Monreal, El pensamiento político vasco en el siglo XVI, San
Sebastián, octobre 1980, Conférence inédite.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 137
lement étudié par Julio Caro Baroja est tout à fait exemplaire. Chez
lui la conscience d’un certain particularisme basque n’est pas du tout
incompatible avec l’adhésion à la couronne (6).
Cela étant dit, les Basques eurent très tôt conscience de leurs
particularités et s’attachèrent à les mettre en valeur. En particulier la
volonté de conforter leur autonomie et de justifier leur condition
noble qui conférait comme l’on sait d’indiscutables privilèges dans
tout le royaume amenèrent nombre d’auteurs du XVIe à souligner
et à justifier les particularités du Pays Basque. Comme Andrés de
Mañaricua l’a fort bien montré pour la Biscaye, leurs œuvres allaient
marquer durablement l’historiographie du pays basque et au-delà la
mentalité collective du peuple basque (7).
Il n’est pas sans intérêt de voir quels sont ces dogmes historiques
et ces mythes (8) que popularisèrent plus près de nous carlistes et
nationalistes basques. Il y a d’abord le symbole de la liberté
originelle de la Biscaye, la bataille d’Arrigorriaga au IXe siècle où les Bis
cayens triomphèrent des Asturiens. Il y a l’idée du pacte entre le
peuple et son seigneur Jaun Zuria. Il y a aussi le « Cantabrisme » qui
symbolisme l’héroïsme et l’invincibilité de la région cantabrique qui sut
conserver son indépendance et sa langue, la langue de Tubal, petit
fils de Noë et premier habitant de la péninsule (9). Il y a enfin l’idée
du monothéisme primitif et le culte de la croix chez les anciens
Basques.
L’existence de ces textes est le signe d’un réflexe d’auto-défense de
la part des Basques. On a souvent dit que la monarchie absolue
respecta toujours les fueros. Il semble que la vérité ne soit pas aussi
simple. On a plutôt l’impression que la monarchie absolue respecte les
fueros comme cela se passe d’ailleurs dans la France de l’Ancien
(6) « Nuestro don Esteban de Garibay « sentía » lo particular, su vasquismo,
con el mismo grado de pasión con que sentía algo considerado como más general,
ya que no universal, su monarquismo ». J. Caro Barojà, Los Vascos y la historia
a través de Garibay, San Sebastián, Txertoa, 1972, p. 225.
(7) Andrés E. de Mañaricua y Nuere, Historiografía de Vizcaya {Desde García
de Solazar a Labayru), Bilbao, Biblioteca de la Gran Enciclopedia Vasca, 1971.
(8) Avant de les recenser, Mañaricua precise, p. 144, « Entre los diversos
temas historíeos-legendarios que encontramos formados en la historia vizcaína,
ya a fines del siglo XVI, algunos destacan especialmente, no ya por su naturaleza
distinta, sino por la importancia que iban a revestir en lo sucesivo… A ellos
denominamos mitos por su importancia en la mentalidad vizcaína y sus
resultantes teóricas (históricas) y prácticas (jurídico-políticas). Al denominarlas así
no pretendemos negarles todo elemento de verdad. En el origen de la leyenda —
de cuya naturaleza participan — suele existir un núcleo real que la imaginación
colectiva o individual ha revestido de fantasía».
(9) Sur ce point, voir A. Tovar, Mitología e ideología sobre la lengua vasca,
Madrid, Alianza Editorial, 1980.

138 C. de CARAVELLE
Régime (10) parce qu’elle ne peut pas faire autrement (n). Les
tentatives pour limiter la portée des fueros, en particulier dans le domaine
fiscal, furent nombreuses mais chaque fois la réaction des Basques
fut immédiate (12). Plus tard, au XVIII* siècle, au début duquel
Philippe V décrète l’abolition des fueros catalans et valenciens, les
soulèvements populaires des Machinadas (13) et certains textes tels que
les Conferencias du Père Larramendi écrites en 1757 mais jamais
publiées (14) montrent encore que les Basques sont les défenseurs
zélés et souvent farouches de leurs franchises.
Les Basques manifestent aussi leur attachement à leur terre et à
leur originalité plus paisiblement avec la fondation en 1765 de la
Real Sociedad Vascongada de los Amigos del País. Comme on peut
le lire dans les statuts de la célèbre société, les Caballeritos de Azcoi
tia se proposent de développer le savoir, la culture et la langue de la
« nation » basque et de resserrer les liens existant entre les trois
provinces avec la devise Irurac Bat (Trois = un) (15). S’il convient
donc de nuancer singulièrement l’idée selon laquelle la monarchie
absolue respecta toujours les fueros basques, il n’en reste pas moins
vrai que la cohabitation se fait sans trop de heurts jusqu’au seuil du

XIX* siècle. A cette époque les choses changent radicalement. Une

offensive de grande envergure contre les fueros se dessine à
l’initiative de Godoy avec la publication en 1802 du Diccionario Geográfico
Histórico de las Provincias Vascongadas y Navarra suivi à partir de
1806 par l’œuvre du chanoine Llórente Noticias históricas de las
Provincias Vascongadas. En postulant expressément l’unité de la nation
espagnole, la Constitution de Cadix porte singulièrement atteinte au
principe même des fueros et donne le ton de ce que va être désormais
(10) P. Goubert, L’Ancien Régime, Paris, A. Colin, 1971, t. II, p. 75.
(11) Voir de nombreux exemples dans le livre de Fidel de Sagarminaga, El
gobierno foral del Señorío de Vizcaya, Bilbao, 1908.
(12) Voir notre thèse L’Idéologie carliste (186&-76). Aux origines du
nationalisme basque, p. 502 et suiv.
(13) Elles eurent lieu en 1718 et en 1766. Le mot machinada vient de matxin
nom des ouvriers qui travaillaient le fer et dont le patron était Saint Martin.
(14) On comprend que cette œuvre n’ait jamais été publiée. Dans ses
Conferencias curiosas, políticas, legales y morales sobre los fueros de la Muy Noble y Muy
Leal Provincia de Guipúzcoa, le jésuite guipuzcoan s’en prend violemment à
l’administration centrale coupable d’avoir voulu porter atteinte aux libertés de la
province. Il y évoque même la légitimité d’une lutte armée dans le cas d’une
remise en question des fueros et agite la menace de la création d’une
république indépendante. Sur cette œuvre voir l’article de P. Fernández Albaladejo, La
particular historia de Guipúzcoa, Saioak, I, 1977, p. 148-156.
(15) Voir J. de Aralar, El Conde de Peñaflorida y los caballeritos de Azkoitia,
Buenos Aires, Ekin, 1942.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 139
la politique du pouvoir central soucieux d’assimiler les provinces
basques au reste du royaume.
Un rapport de la Junta reformadora de abusos datant de 1818 est
tout à fait explicite. Il a en outre le mérite de dire ce que les fueros
signifient pour le pouvoir :
« ¿ Qué hay de común con las demás provincias de España ? Nada
absolutamente. Las leyes distintas. El gobierno es todo suyo : las
contribuciones, ningunas; el comercio, sin reglamento y del todo
franco; las aduanas infructuosas; la hidalguía o nobleza, solariega,
universal; los establecimientos, suyos; los beneficios, todos
patrimoniales. <; Cómo de esta suerte pueden considerarse una paite
integrante de la Monarquía española, si no están sujetos ni a sus
leyes, ni a sus cargas, ni a sus obligaciones ? »
La propagande des absolutistes bien orchestrée par l’Eglise basque
aidant, l’idée selon laquelle le libéralisme souhaite ardemment
l’abolition des fueros va s’installer solidement dans les esprits. Malgré le
scepticisme de certains historiens et même si elle n’est pas l’unique
raison, il nous semble que la peur de voir les fueros disparaître joue
un rôle non négligeable dans l’engagement des Basques dans la
première guerre carliste. Sans aller jusqu’à penser avec le très imaginatif
Augustin Chaho que cette guerre constitue en quelque sorte une
guerre de libération nationale (16), il semble bien que la défense des
fueros amène les Basques à soutenir la cause carliste (17).
Si le traité de Vergara du 30 août 1839 préserve l’essentiel, il est
tout à fait évident que malgré les concessions qu’exige la nécessité de
mettre un point final à une longue guerre de sept ans, Madrid se
(16) Dans son Voyage en Navarre pendant l’insurrection des Basques publié
en 1836, Chaho prête à Zumalacárregui des paroles que n’aurait pas désavouées
Sabino Arana : « Notre race, trop longtemps ensevelie dans un sommeil
léthargique, s’est réveillé à mon appel; elle s’est levée digne du rôle éclatant que de
grands événements lui préparent : j’ai frayé devant elle les voies de l’avenir.
Notre sang, répandu dans les combats fera naître sur les montagnes une
génération de héros; témoins des larmes de la patrie et de nos blessures, nos enfants
bercés avec des chants guerriers nourriront dans leurs cœurs la haine de
l’oppression; ils se presseront en frères autour du chêne de la liberté, ils arboreront
le drapeau de la délivrance… » Sur A. Chaho, voir l’excellent article d’Eugène
Goyheneche : « Un ancêtre du nationalisme basque. Augustin Chaho et la guerre
carliste » in Euskal Herria (1879-1850), Bayonne, Société des Amis du Musée
Basque, 1978, p. 229-259.
(17) Renato Barahona Arévalo termine sa thèse The Making of carlism in
Vizcaya 1814-1833 sur ces mots : « Furthermore, at least in the case of Vizcaya,
there is substantial proof that the fueros, even if not directly invoked by the
carlists during the rebellion played an extremely important role in the general
context of the revolt». Dans sa thèse récemment publiée Fueros y revolución
liberal en Navarra, Madrid, Alianza Editorial, 1981, María Cruz Mina émet un
avis différent.

140 C. de CARAVELLE
réserve une porte de sortie. La loi du 25 octobre 1839 dit que les
fueros sont confirmés « sans préjudice de l’unité constitutionnelle
de la Monarchie ».
De fait l’édifice forai va être considérablement amoindri et privé
d’une grande partie de sa substance (18). La suppression du pase foral
qui permettait aux Juntas de refuser les ordonnances royales
contraires aux fueros et celle de l’organisation judiciaire propre au pays, le
transfert des douanes sur la frontière française sont autant
d’agressions contre le système des fueros.
Entre les deux guerres carlistes le succès de la chanson d’Iparra
guirre Guernicaco Arbola porte témoignage de la popularité de l’idée
fuerista. Il est à la hauteur de l’émotion suscitée au Pays Basque par
les attaques que subissent les fueros de la part du sénateur Sánchez
Silva (19).
Pour ce qui est de la seconde guerre carliste nous pensons avoir
montré en allant au-delà du discours officiel carliste que les
partisans basques de Don Carlos prirent les armes pour sauvegarder un
mode de vie dont les fueros étaient selon eux la meilleure
garantie (20).
Dans leur souci de montrer que le libéralisme est l’ennemi
irréconciliable des fueros, les carlistes s’attachent à démontrer en fin de
compte que le libéralisme est l’ennemi du peuple basque. L’idée d’un
Pays Basque bâillonné et injustement opprimé par le pouvoir
libéral et madrilène devient un leitmotiv du discours carliste. Dans le
même temps, pour prouver l’illégitimité de l’action du libéralisme
au Pays Basque, les carlistes soulignent inlassablement les caractères
qui confèrent à cette région une réelle autonomie. L’autonomie
politique, la race et la langue sont les éléments différentiels que les
carlistes basques en guerre mettent sans cesse en relief. En fait, il y a un
processus qui conduit inexorablement de la décentralisation invoquée
par la hiérarchie carliste à ce que l’on est en droit d’appeler le
protonationalisme. Pour beaucoup de combattants, la guerre devient une
guerre contre l’étranger qui vient occuper leur pays. On constate
très vite que pour eux les soldats libéraux venus du Sud de l’Ebre
sont radicalement différents. Une chanson carliste qui sera reprise
très significativement par les nationalistes basques appelle à tirer sur
(18) Voir J.M. de Ângulo, La abolición de los fueros e instituciones vascongadas,
San Sebastián, Auñamendi, 1976, p. 46-63.
(19) Sur ces débats voir Discusión sobre los fueros de las Provincias
Vascongadas habida en el Senado en las sesiones celebradas del 13 al 21 de junio, Vitoria,
Manteli, 1864.
(20) Voir notre thèse déjà citée p. 520-590.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 141
ces hommes aux petites oreilles que sont pour les Basques les
Espagnols :
« Eta tiro, eta tiro,
eta tiro beltzari (2i)
eta tiro, eta tiro,
bellarrimotzari. »
La guerre carliste se réduit très vite à une guerre entre l’Espagne
avec tout son appareil d’Etat et la quasi totalité de la population
basque qui représente à peine 5 % de la population totale du pays. Il est
indéniable qu’elle aide grandement à faire naître ou à accroître la
conscience nationale d’une partie de la population basque. Il est
non moins évident qu’elle intensifie la fidélité au groupe basque et
l’hostilité au groupe ennemi. L’importance d’un gouvernement
autonome qui regroupa les quatre provinces pendant près de trois ans face
au reste de l’Espagne ne saurait davantage être négligée dans cette
prise de conscience. Comment ne pas souscrire dans ces conditions
aux lignes qu’écrivait il y a un demi-siècle Arturo Campion :
« Cuando las nieblas de las pasiones políticas no anublen ya las
inteligencias, éstas percibirán claramente que los realistas y
carlistas de antaño fueron, involuntariamente o
inconscientemente, precursores de los nacionalistas de ogaño… las guerras
civiles, por la contigüedad del territorio común de combate y la
mancomunidad de los sentimientos, abatieron muchas de las
barreras morales interpuestas entre alaveses, guipuzcoanos,
navarros y vizcaínos. El neologismo político colectivo « las cuatro
provincias-lau probintziak» que en tantas ocasiones hemos oído
sonar, aparejó la vía al Euzkadi de Sabino (22) »
Lorsque les carlistes sont battus, les Basques subissent, selon le
mot de Cánovas, la loi des vaincus. Malgré l’éloquente défense
d’hommes comme Mateo Benigno Moraza et Camilo Villavaso aux Cortés,
les fueros sont abolis le 21 juillet 1876. Si beaucoup d’Espagnols
triomphent (23), la grande majorité du peuple basque est atterrée.
La presse porte le deuil des liberté enfuies. S’ils perdent des
avantages bien concrets (24), beaucoup pensent aussi qu’un peu de « l’âme
(21) Ce terme qui signifie noir en basque était couramment utilisé par les
carlistes pour désigner les libéraux.
(22) Cité par À. de Ortueta, Nabarra y la unidad vasca, Barcelona, 1931, p. 476.
(23) J.M. de Angulo, op. cit., t. I, p. 87.
(24) L’article Premier de la loi du 21 juillet 1876 était rédigé comme suit : « Los
deberes que la Constitución política ha impuesto siempre a todos los españoles
de acudir al servicio de las armas cuando la ley los llama, y de contribuir, en
proporción de sus haberes, a los gastos del Estado, se extenderán, como los
derechos constitucionales se extienden, a los habitantes de las provincias de
Vizcaya, Guipúzcoa y Álava, del mismo modo que a los demás de la Nación ».

142 C. de CARAVELLE
basque » disparaît avec l’abolition de leurs franchises séculaires. La
perte des fueros amène surtout un grand nombre de libéraux basques
consternés de constater que tous les Basques, et pas seulement les
carlistes, sont « punis », à rejoindre les rangs de l’opposition au
pouvoir central (25).
Comme ce dernier instaure un véritable état d’exception (26) afin
d’éviter que les manifestations d’hostilité aux mesures
gouvernementales ne dégénèrent, l’indignation s’ajoute à l’amertume du peuple
basque. Certains n’hésiteront pas à comparer la situation du Pays
Basque à celle de l’Irlande privée de ses libertés en 1800 (27). Si la grande
majorité du peuple basque est traumatisée par la perte des fueros, il
n’en est pas de même pour la grande bourgeoisie industrielle et
financière des Chavarri, Ibarra et autres Urquijo à qui l’abolition des
fueros a donné des ailes en la libérant des obstacles qui pouvaient
entraver son essor et qui tire le maximum d’avantages des Conciertos
económicos avec le pouvoir central C28). La crainte qu’ont certains
intellectuels basques de voir disparaître tout à fait ce qu’il reste du
particularisme basque les amène à promouvoir un véritable renouveau
culturel. Des associations et des revues voient le jour qui s’attachent à
développer en particulier la connaissance de l’histoire et du folklore
basque. VAsociación Euskara de Navarra animée par Arturo Campion
dès 1878, la Revista de las Provincias Euskaras de l’alavais Herran, la
Revista de Vizcaya de Sagarminaga puis la Revista Euskalerria de
José Manterola témoignent des efforts de l’intelligentsia basque pour
sauver l’héritage culturel du Pays Basque.
Il y a donc à la fin du siècle tout un état d’esprit qui peut nous aider
à comprendre la naissance du phénomène nationaliste. Néanmoins le
contexte idéologique et émotionnel ne suffit pas à l’expliquer à lui
seul. Le catalyseur sera l’industrialisation et plus particulièrement
l’industrialisation de la Biscaye, province qui sera logiquement le
(25) Le fait que la défense des fueros ait été revendiquée massivement par des
traditionalistes comme Larramendi et plus tard par les carlistes tend à occulter
l’existence d’une revendication « libérale » des fueros. S’il est vrai qu’un ilustrado
comme Valentín de Foronda parla avec mépris de cette «préoccupation
gothique », il n’en est pas moins vrai que d’autres ilustrados comme Manuel de
Aguirre ou Marchena ne tarissaient pas d’éloges sur le système forai. Voir, par
exemple M. de Aguirre, Cartas y discursos del Militar Ingenuo al Correo de los
Ciegos de Madrid, Ed. de A. Elorza, San Sebastián, 1973, p. 260.
(26) Idoia Estornes Zubizarreta, Carlismo y abolición forai, San Sebastián,
Auñamendi, 1976, p. 188.
(27) Voir José María de Lizana, Recuerdos, Bilbao, Casa de Misericordia, 1885.
Cité par Jon Bilbao in Bases ideológicas del nacionalismo vasco en el siglo XIX,
inédit obligeamment communiqué par l’auteur.
(28) J.C. Larronde, op. cit., p. 219 et suiv.

PAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 143
berceau du nationalisme basque. Tout naturellement la Navarre et
l’Alava peu touchées par l’expansion industrielle resteront au début
à l’écart du phénomène nationaliste.
Outre le traumatisme causé par la perte des fueros et les
frustrations nées de la défaite, la population basque et tout
particulièrement la population biscayenne subissent en effet le choc d’une
extraordinaire transformation socio-économique après 1876.
Certes, les débuts de l’industrialisation au Pays Basque remontent
aux années 40. Le transfert des douanes sur la frontière profite
indiscutablement à l’industrie basque naissante et la société Santa Ana
de Bolueta fondée en 1841 est la première d’une série d’entreprises qui
voient le jour entre les deux guerres carlistes. Nous avons d’ailleurs
montré dans notre thèse que le carlisme des années 70 est dans une
large mesure un mouvement de refus de la société industrielle
naissante. Cependant cet essor n’a pas de commune mesure avec le
véritable boom économique que vit la Biscaye dans le dernier quart du
siècle (29) grâce à l’exportation de minerai de fer (30) permise par le
libéralisme espagnol (31).
D’après les chiffres donnés par Pablo de Alzóla, entre 1882, date à
laquelle apparaît la société Altos Hornos et 1901, la vente de fer et
d’acier laminé est multipliée par dix. S’il y a, en 1886, 22 sociétés avec
un capital de 8.500.000 pesetas, elles sont 147 en 1901 pour un capital
de près de 500 millions Í32).
L’industrialisation de la Biscaye provoque une immigration massive
dans la zone minière et industrielle. Les chiffres sont très éloquents.
(29) Sur ce point, voir entre autres la remarquable étude de Manuel Gonzalez
Portilla, La formación de la sociedad capitalista en el Pais Vasco (1876-1913), San
Sebastián, Haranburu, 1981.
(30) En 1876, sur Une production de 432 000 tonnes, 350000 sont exportées. En
1877 les chiffres sont respectivement de 1050000 et 750000. En 1880 ils sont de
2684000 et 2345 600 tonnes pour atteindre à la fin du siècle 6 4% 000 et 5 412700
tonnes.
Cité par Beltza, El Nacionalismo vasco…, p. 40.
(31) Beltza (pseudonyme de López Adán) écrit : « La introducción en Vasconia
del modo de producción capitalista como modo dominante no fue un producto
del desarrollo natural del capitalismo vasco sino un brusco salto traído del
exterior mediante el juego coaligado de los intereses expoliadores del
imperialismo europeo y de la legislación creada por los oligarcas españoles que acababan
de unificar el mercado hispano tras la victoria violenta sobre los carlistas
vascos. El resultado fue que en la formación social vasca este capitalismo entró
inicialmente como un cuerpo extraño aunque fortísimo. La sociedad vasca no lo
creó aunque sufrió su impacto. Esto explica una doble situación : la mentalidad
anticapitalista de los primeros nacionalistas vascos y de las demás fuerzas de
resistencia vasca a la integración forzada en España y la rápida españolización
de los capitalistas vascos ». Op. cit., p. 45.
(32) A. Elorza, op. cit., p. 111.

144 C. de CARAVELLE
La population de la province passe de 189.954 habitants en 1877 à
311.361 en 1900. A cette date 60 % des électeurs de Bilbao ne sont
pas nés en Biscaye C33). En 1904 plus de 75 °/o des mineurs viennent
de Castille, des Asturies ou de Galice Í34).
Dans toutes ses composantes le paysage basque est donc
radicalement transformé. Le nationalisme sera dans une large mesure
l’expression idéologique de la résistance à ce changement
extraordinaire qui rompt l’équilibre de la société basque.
La grande bourgeoisie industrielle et financière tournée vers Madrid
ne participe pas d’une façon générale à la naissance du nationalisme.
Comme le remarque très justement Solozabal, la classe « nationaliste
par excellence » selon Marx est absente lors des premiers pas d’un
mouvement fortement teinté de ruralisme et d’anti-industrialisme (35).
Héritier du carlisme basque, le premier nationalisme refuse avec une
égale vigueur le capitalisme de la grande bourgeoisie et le socialisme
qu’elle secrète. Même s’il évolue par la suite, Sabino Arana est bien
au départ l’expression du désarroi que provoquent l’industrialisation
et ses retombées dans les couches de la société marginalisées par
l’essor industriel (36). L’étude sociologique du groupe relativement
réduit des premiers nationalistes qui suivent Sabino Arana est à cet
égard fort éclairante. Les premiers compagnons d’Arana se
recrutent dans la petite bourgeoisie urbaine, chez les employés et les
intellectuels.
Pour Sabino Arana les grands capitalistes basques sont
directement responsables des malheurs de la société basque puisqu’ils sont
les premiers coupables de l’invasion maketa et des funestes
conséquences qu’elle suppose :
«Con esa invasión maketa, gran parte de la cual ha venido a
nuestro suelo por vuestro apoyo, para explotar vuestras minas
y serviros en los talleres y en el comercio, estáis pervirtiendo la
sociedad bizkaina, pues cometa es ése que no arrastra consigo
más que inmundicia y no presagia más que calamidades : la
impiedad, todo género de inmoralidad, la blasfemia, el crimen,
el librepensamiento, la incredulidad, el socialismo, el anarquismo,
todo ello es obra suya (37). »
(33) J. Corcuera, op. cit., p. 81.
(34) A. Elorza, op. cit., p. 115.
(35) JJ. Solozabal, op. cit., p. 323, note 5.
(36) López Adán a bien souligné que beaucoup de Basques issus du monde
agraire préfèrent l’émigration à la prolétarisation dans la zone minière. Del
carlismo al nacionalismo burgués, p. 135-136.
(37) Obras Completas de Arana-Goiri’tar Sabin, Buenos Aires, 1965, p. 441. Pour
Arana, le mot maketo (du français métèque ou de l’espagnol macuto, sac porté
par les ouvriers castillans) désigne tous les Espagnols et spécialement ceux qui
se sont établis au Pays Basque.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 145
Cette hostilité de Sabino Arana au grand capital basque ne signifie
pas pour autant qu’il ait la moindre sympathie pour le socialisme.
Pour lui, les idées socialistes sont anti-chrétiennes et anti-basques.
L’oppression de la bourgeoisie n’est rien en regard de l’oppression
étrangère Í38).
C’est dans ce contexte socio-économique sans oublier la longue
tradition idéologique évoquée plus haut qu’il faut situer l’idéologie de
Sabino Arana qui commence à être diffusée dans les années 90 (39).
Mais avant de la présenter il convient de faire quelques remarques
sur son originalité.
Nous sommes tout à fait d’accord avec Juan José Solozabal pour
dire qué Sabino Arana ne fut pas le démiurge qu’une certaine
bibliographie nationaliste reconnut en lui Í40) même s’il est vrai qu’une série
de convergences font que c’est vraiment avec lui que l’on passe de
l’idée de peuple basque à l’idée de nation basque (41).
Si l’on fait abstraction de l’idée séparatiste (42), il est difficile de
discerner des différences radicales entre l’idéologie carliste puis
intégriste et l’idéologie des premiers nationalistes basques C43). Au
demeurant cela n’a rien d’étonnant. La conjoncture socio-économique dans
laquelle apparaît le nationalisme n’est pas radicalement différente des
circonstances dans lesquelles se développe le carlisme à l’époque de
la seconde guerre. Nous dirons que la crise que traversent certaines
couches de la société basque et que les changements auxquels elles
se trouvent confrontées sont singulièrement amplifiés. Le passage
d’une société à dominante agraire à une société industrielle encore
timide dans les années 60-70 est maintenant une réalité vraiment
« catastrophique » pour beaucoup de Basques. Le cas de la famille
(38) Voir J.C. Larronde, op. cit., p. 251 et suiv.
(39) En 1893 et en 1894 on observe une réelle agitation contre la politique du
gouvernement Sagasta. La San Rocada à Guernica et la Gamazflda en Navarre
en sont les manifestations les plus spectaculaires. Le groupe de nationalistes qui
dispose du journal BizKaitara depuis le 8 juin 1893 fonde en 1894 le Centre
Basque (Euskeldun Batzokija) qui débouchera sur la formation du PNV clandestin
en 1895.
(40) Solozabal, op. cit., p. 325, note 1.
(41) Corcuera, op. cit., p. 51.
(42) Même cette idée est loin d’être nouvelle. En fait Sabino Arana va jusqu’au
bout du raisonnement de certains carlistes comme Dorronsoro, pour ne citer
qu’un exemple, qui agitèrent l’épouvantail séparatiste au cas où le pouvoir
central n’aurait pas respecté les fueros. On trouve déjà la même idée lors de la
première guerre carliste. Sur cette question voir les pertinentes remarques de
Corcuera, op. cit., p. 51-52.
(43) Voir notre thèse.

146 C. de CARAVELLE
de Sabino Arana lui-même est parfaitement exemplaire à cet
égard (*•).
Mais voyons maintenant plus précisément les grandes lignes de
l’idéologie des premiers nationalistes basques.
Le ton est donné avec le choix de la devise. Jaungoikoa eta Lagi
Zarra (Dieu et les vieilles lois) remplace Jaungoikua eta foruak (Dieu
et les fueros). Sabino Arana reconnaît lui-même que la différence n’est
pas bien grande mais pour lui sa devise est plus basque. Le mot fuero
est espagnol et signifie privilège ce qui est contraire à la vérité, dit-il.
Pour lui, les fueros basques sont des lois que le peuple s’est données
souverainement sans l’intervention d’un pouvoir étranger
La grande idée développée par Arana et que personne n’avait osé
formuler avec autant de netteté avant lui est que la Biscaye (45) a été
tout à fait indépendante de l’Espagne jusqu’en 1839.Elle se
différencie en cela de la Catalogne qui n’est pour lui qu’une région espagnole.
Sa première œuvre significativement intitulée Bizcaya por su
independencia est le récit de quatre batailles qui selon lui sauvegardèrent
l’indépendance de la Biscaye face aux Espagnols. La conclusion est
éloquente :
«Ayer. — Bizcaya, Confederación de Repúblicas independientes,
lucha contra España, que pretende conquistarla, y Ja vence en
Arrigorriaga (888), permaneciendo libre. — Bizcaya, República
Señorial independiente, siendo súbdito de Castilla-León su Señor,
lucha contra España, que pretende conquistarla, y la vence en
Gordexola y Otxandíano (1355), permaneciendo libre. — Bizcaya,
República Señorial independiente siendo su Señor a un tiempo
Rey de Castilla-León, lucha contra España, que pretende
conquistarla, y la vence en Munguía (1470), permaneciendo libre.
Hoy. — Bizcaya és una provincia de España.
Mañana. — ¿ . . . . . . ?
Tienen la palabra los bizcamos del siglo XIX, pues que de su
conducta depende el porvenir. (^) »
(44) Solozábal, op. cit., p. 331.
(45) II est certain que Sabino Arana ne parle, au début, que de la Biscaye. Pour
lui, cependant, l’intérêt des états basques indépendants (sic) est de former une
confédération. Il écrit dans le premier numéro de sa revue BizKaitara, le 8 juin
1893 : « ¿ Serán por ventura tan insensatos (los cuatro estados euskerianos) que,
no abrazándose estrechamente para formar un solo cuerpo, el cuerpo nacional
de Euskeria, se aislen y separen con tan inaudito desafecto que si alguno de
ellos fuese atacado en sus derechos, no acudan los demás en su socorro y lo
desamparen y lo abandonen en sus propias fuerzas ? ». Le mot Euskadi (Patrie
des Basques) sera utilisé pour la première fois par Arana dans le journal El
Correo Vasco en juillet 1899.
(46) S. Arana, op. cit., p. 138. Il est évident que la rigueur et les connaissances
historiques firent souvent défaut à l’autodidacte que fut Arana. Unamuno le
compara à un alchimiste qui parlerait de chimie. Sabino Arana aurait pu
répondre que l’histoire était pour lui « la science patriotique par excellence » et faire

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 147
Aucun parti existant n’a su défendre la Biscaye soumise à une violente
domination étrangère. Elle risque de ce fait de perdre non seulement
sa culture et sa langue mais aussi et surtout sa religion.
Dépendante de l’Espagne, la Biscaye ne peut être catholique. Cela
est extrêmement grave car Sabino Arana, très proche des intégristes,
accorde une place tout à fait privilégiée à la religion :
« Y entendedlo bien : si en las montañas de Euskaria, antes
morada de la libertad, hoy despojo del extranjero, ha resonado
al fin en estos tiempos de esclavitud el grito de independencia
SOLO POR DIOS HA RESONADO. (47) »
Préjudiciable à la religion des Basques, le contact avec l’Espagne
libérale l’est aussi pour les bonnes mœurs du pays : le libéralisme n’est-il
pas un péché ?
Rien n’est aussi grave que cette corruption qui menace le peuple
basque
Entre el cúmulo de terribles desgracias que afligen a nuestra
amada patria, ninguna tan terrible y aflictiva, juzgada en sí misma
cada una de ellas, como el roce de sus hijos con los hijos de la
nación española.
Ni la extinción de la lengua, ni el olvido de su historia, ni la
pérdida de sus propias y santas instituciones e imposición de
otras extrañas y liberales, ni la misma esclavitud política que
hace más de once lustros padece, la equiparan en gravedad y
trascendencia í48).
L’indépendance est bien la meilleure des prophylaxies :
« No insultamos al pueblo español, no intentamos ofender a
nadie: sólo queremos salvar a nuestra patria. Somos hijos de
una raza desgraciada, somos miembros de una extraviada
sociedad, y estamos en el deber de encaminar a su fin a la sociedad
en que vivimos y de procurar la felicidad de la raza a que
pertenecemos : y para encaminar a su fin a nuestro pueblo, hemos
de enseñarle el único camino y para que pueda conseguir su
felicidad hemos de mostrarle su actual desgracia y señalarle la
causa. Y si publicamos la degradación del carácter español, es
porque el euskeriano vea en su roce con ese pueblo la causa de su
siennes les paroles de l’auteur des Tradiciones Vasco-Cántabras, Venancio de
Araquistain, accusé d’avoir nié la conquête du Pays Basque par les Romains :
« Déjennos gozar tranquilamente de nuestras gloriosas tradiciones, más o menos
exageradas, si es que cabe cierta exageración en las hazañas de aquellas razas
gigantes, y no echen por Dios en olvido que hasta los errores son respetables en
los pueblos cuando se hallan inspirados por el santo sentuniento de la patria » (Et
Semanario Católico Vasco-Navarro, 5 avril 1867).
(47) S. Arana, op. cit., p. 1333.
(48) Ibid., p. 1326.

148 C. de CARAVELLE
rebajamiento moral, y si afirmamos la independencia de nuestra
raza, la afirmamos como necesaria e ineludible para evitar el
mortal contagio y salvar a nuestros hermanos, a nuestra familia,
a nuestra patria (49). »
Javier Corcuera a donné une explication très satisfaisante de la haine
implacable que Sabino Arana éprouve pour l’Espagne et qui lui fit
écrire un jour :
« Si algún español que estuviera, por ejemplo, ahogándose en la
ría, pidiese socorro, contéstale: Nik estakit erderaz (Yo no
entiendo el español) » i50).
Corcuera écrit :
« Es muy probable que dicha profundísima aversión naciera del
no menor profundo amor que siente Sabino por su patria vizcaína
o vasca, que él veía conquistada y a punto de perder sus mejores
virtudes y su misma esencia nacional por obra y gracia de la
invasión española. Es, quizá, también posible que le fuera urgida
la separación entre Euskaria y España, precisamente por la
experiencia real que tenía Sabino de España y de los españoles :
una nación que suprimió los fueros vascos, con un gobierno
liberal, y cuyos súbditos (o al menos los que en gran número
llegaron a Vizcaya), pobres gentes víctimas de siglos de
explotación y de incultura, están contribuyendo al deterioro de las
condiciones de vida vizcaínas y, en general, vascas (51)> »
II convient de dire cependant que la haine de l’Espagne n’est pas
une totale invention d’Arana. Si cette hostilité est formulée bien haut
par lui, nous trouvons des signes d’un courant anti-espagnol bien avant
la fin du siècle (52). L’afflux de l’immigration castillane donne
évidemment une dimension nouvelle au phénomène.
Les premiers nationalistes refusent avec force le monde qu’il leur
est donné de vivre. Ils ont la nostalgie de ce Pays Basque rural tout à
fait idyllique que fut selon eux la terre de leurs ancêtres avant
l’avènement du libéralisme, l’apparition de l’industrialisation et l’invasion
maketa. Pour Sabino Arana, le salut passe par le retour à la Biscaye
des fueros antérieure à 1839, la Biscaye rurale et patriarcale, égalitaire
(49) Ibid., p. 1331.
(50) J. Corcuera, op. cit., p. 350.
(51) Ibid., p. 349.
(52) Charles Dembowsky écrit dès 1838 dans son œuvre Dos años en España
y Portugal durante la guerra civil : « Es evidente que la lucha ya no se sostiene
sino gracias a la admirable tenacidad que caracteriza a los Navarros y a los
Vascongados, y a su odio innato a los españoles que consideran como dominadores
extranjeros ».

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 149
et « démocratique », sans conflits sociaux (M) chantée par Trueba et
beaucoup d’autres (M).
Au diable la Biscaye industrielle s’il faut payer ce prix pour
parvenir à une véritable restauration de la patrie :
« Si no puede ser otra cosa mientras los montes de Bizcaya
tengan hierro en su seno, ¡plegué a Dios se hundan en el abismo
y desaparezcan sin dejar huella todas sus minas ! Fuese pobre
Bizcaya y no tuviera más que campos y ganados, y seríamos
entonces patriotas y felices. (S5) »
Cet état d’esprit est bien évidemment violemment critiqué par la
grande bourgeoisie industrielle dont l’un des plus éminents porte
parole, Pablo de Alzóla, voit chez Sabino Arana :
«La estrechísima idea de desalojar de las sagradas montañas
euskaras a los pérfidos maketos, reverdeciendo las tradiciones de
Aitor, a fin de convertir a sus paisanos en nuevos druidas que
entonen en los bosques los cantos de Lekobide y Altabiscar, y
marchen al son del tamboril, vestidos de boina y abarca con el
clásico makila, cantando alegres zortzikos (56). »
Sabino Arana fonde prioritairement son nationalisme sur la race.
Comme Corcuera l’a bien souligné (57), c’est la race basque qui
permettra de dépasser le nationalisme biscayen des origines pour
passer au nationalisme basque.
Pour Sabino Arana, la race est synonyme de nation. Elle est plus
importante que là langue et le territoire. Il y a une race basque
originale et pure à la différence de la race espagnole, produit, dira Luis de
Eleizalde, d’un mélange de dix ou douze races distinctes (58). Le signe
de la race est le nom que l’on porte (59). Il convient de la protéger à
tout prix contre l’invasion espagnole car le contact avec le peuple
(53) II va sans dire que cette image est pour l’essentiel un mythe de plus.
Miguel de Âzaola parle à son propos de « leyenda rosa ». Les travaux d’historiens
comme Otazu, Fernández de Pinedo et Fernández Albaladejo ont remis les
choses à une plus juste place.
(54) Voir, par exemple, l’ouvrage de Trueba, Bosquejo de la organización
social de Vizcaya, Bilbao, 1870.
(55) S. Arana, op. cit., p. 441.
(56) Cité par A. Elorza in op. cit., p. 123.
(57) J. Corcuera, op. cit., p. 585.
(58) Cité par J.C. Larronde in op. cit., p. 121.
(59) Le père Evangelista de Ibero écrira en 1906 dans sa brochure A mi vasco :
« Quiera, o no quiera, un Lizárraga será siempre vasco, aunque nazca en un
cortijo de Jerez o una pampa de la Argentina… un Fernández o un González jamás
podrá llamarse vasco, así vea la luz primera en lo más escondido de los montes
de Guipuzkoa ». Euskeldun Batzokija.

150 C. de CARAVELLE
espagnol est le mal par excellence. Comment en serait-il autrement si
l’on en croit le pittoresque parallèle fait par Sabino Arana ?
« La fisonomía del bizkaino es inteligente y noble; la del español
inexpresiva y adusta.
El bizkaino es de andar apuesto y varonil; el español o no sabe
andar (ejemplo, los quintos) o si es apuesto, es tipo femenil
(ejemplo, el torero).
El bizkaino es nervudo y ágil; el español es flojo y torpe.
El bizkaino es inteligente y hábil para toda clase de trabajos; el
español es corto de inteligencia y carece de maña para los
trabajos más sencillos. Preguntádselo a cualquier contratista de obras,
y sabréis que un bizkaino hace en igual tiempo tanto como tres
maketos juntos… (60) ».
La langue est une autre composante du nationalisme basque et
Sabino Arana ne ménagera pas ses efforts pour sa sauvegarde. Après
les carlistes (61), Arana défend le basque en grand danger de
marginalisation mais il le défend dans la mesure où il apparaît comme le
« bouclier » de la race menacée par la contagion espagnole au point
de considérer comme nocive la connaissance de cette langue par
les Espagnols (62). Son action pour « purifier » la langue tendra à
remplacer tous les termes suspects d’avoir des origines étrangères en
créant de nombreux néologismes dont certains — aberri (patrie),
dberzale (patriote), azkatasuna (liberté) ont acquis depuis leurs
lettres de noblesse.
Comme on le voit, l’idéologie de Sabino Arana n’est pas
spécialement faite pour emporter l’adhésion de la bourgeoisie. Une partie de
cette classe rejoindra pourtant les rangs nationalistes.
A la fin des années 90, en effet, la majorité des membres de la Socie
ded Euskalerria de Ramón de la Sota qui appartiennent le plus
souvent à la moyenne bourgeoisie industrielle et au milieu des armateurs,
ceux qu’Arana qualifia de « phéniciens », vont se rapprocher de lui.
Le Parti Nationaliste Basque sera la structure qui permettra à ces
héritiers du fuerismo libéral de concilier leur défense du
particularisme basque et leur opposition à la bourgeoisie monopoliste ainsi
que leur méfiance à l’égard du socialisme qui montre sa force lors de
la grande grève de 1890.
Disposant de moyens financiers dont la formation d’Arana était
dépourvue, ces hommes vont conférer un nouvel essor au mouvement
nationaliste et tenter de lui donner une allure plus moderne. Ils
(60) S. Arana, op. cit., p. 390 et suiv.
(1) Voir notre thèse p. 572 et suiv.
(62) S. Arana, op. cit., p. 1308.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 151
devront bien évidemment composer avec l’idéologie intégriste d’Arana
fortement ancrée dans les mentalités.
En retour, celui-ci nuancera singulièrement ses positions sur la
société industrielle au point d’accepter l’industrialisation et l’esprit
d’entreprise comme valeurs de la société basque. Ce faisant, Sabino
Arana prenait acte des changements irréversibles subis par la société
biscayenne. A cet égard, le fait que les frères Arana participent à
l’aventure capitaliste dépasse l’anecdote (63). L’intransigeance
religieuse et séparatiste (54) diminuera au point de rapprocher le parti
nationaliste basque de la Lliga Regionalism Catalana.
Les concessions réciproques ne mettent pas cependant un terme
aux divergences entre les deux groupes qui coexistent au sein du parti.
Les deux tendances cohabiteront tant bien que mal jusqu’en 1921 date
de la scission aberriana (tendance araniste orthodoxe).
(63) J. Corcuera, op. cit., p. 470.
(64) Sur l’évolution « espagnoliste » de Sabino Arana, voir J. Corcuera, op. cit.,
p. 512 et suiv. *

84 JePH 24 01 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 41 min

 

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JePh

« L’indicible »

C’est à l’âge de 17 ans que Jean-Philippe Vauthier se procure sa première guitare. Avec elle il veut changer le monde.

il ressent un besoin irrépressible de s’exprimer. L’amour des mots et de la mélodie, le poussent à écrire et à chanter. Il veut dire l’indicible… ce qui est ancré au plus profond de lui.

Enfant « dans la lune », il nourrit une forte vie intérieure. Son extrême sensibilité au monde extérieur fait naître en lui un intense sentiment d’injustice.

En 2003 il crée le groupe «Tournée Générale » qui rencontre un franc succès (2000 concerts et 6 albums distribués nationalement en un peu plus de10 ans).

Petit à petit il se laisse envahir par le besoin d’écrire sur des thèmes plus personnels, dans un univers plus intimiste mais aussi plus universel.

En 2013 il fait le grand saut et s’installe à Paris.

En 2015, en écho aux mentors qui ont nourrit son écriture et notamment à cette fameuse chanson de Brel, il crée le personnage de JePh.

 

Paroles…

Le texte occupe une place centrale dans l’univers de JePh.

Ses spectacles se partagent entre chansons et poèmes déclamés.

A l’instar d’un Bernard Dimey, ses textes ont un rythme et une mélodie intrinsèques, ils peuvent être chantés, scandés ou simplement dit.

 

 

… Et musique !

La musique et les arrangements viennent fixer un décor, illustrer le propos et l’univers poétique de JePh.

S’il fallait définir une essence à la musique de JePh, c’est le rock et la foik dans ce qu’ils ont de plus authentique, sans connotations et clichés. Leonard Cohen et Graeme Allwright serait certainement ses mentors pour leur exigence musicale : Jeu en picking, déroulés d’arpèges, ballades folk, couleurs blues, chansons pop, envolées lyriques,… quelqu’en soit la forme, le son est ancré dans l’âme du chanteur, dans ce qu’il a de plus pur.

Jeph a absorbé la musique rock anglo-saxonne des années 60-70 et toute la chanson française d’essence poétique depuis Léo Ferré et nous restitue sans artifices sa musicalité propre, celle qui gronde et sommeille en lui.

Entre musique et cinéma, entre poésie et chanson, entre le corps et l’âme, entre ici et ailleurs, JePh nous emmène en voyage dans son for intérieur, bercés de ses fortes convictions et de ses rêves puissants. Une aventure chimérique ancrée dans une réalité sociale.

 

83 43ème HLM CAP’S CREW ET CHACUN SON CIRQUE 17 01 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 17 h 22 min

 

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Les origines de l’association A chacun son cirque remontent à l’année 2005, autour d’une équipe de huit jeunes âgés entre 17 à 20 ans qui étaient à la recherche d’un lieu pour pouvoir pratiquer, favoriser et promouvoir leur passion commune pour les arts du cirque et de la rue.

L’association a été créée le 11 mai 2005 et relève de la loi du 1er juillet 1901 et de son décret d’application du 16 août 1901.

L’objectif de l’association est de participer au développement de la culture. Cette volonté se concrétise par l’accompagnement des pratiques culturelles amatrices et professionnelles au travers de :

  • l’expression et la curiosité,
  • l’écoute et l’esprit critique,
  • l’initiative artistique,
  • les pratiques collectives dans leur diversité.

 

D’abord orientée principalement vers les arts du cirque et de la rue, l’association s’est rapidement et naturellement ouverte aux autres formes de culture, et particulièrement à la musique.

Partant du constat que les disciplines des musiques actuelles et des arts de la rue étaient très peu représentées sur le territoire de Mantes-en-Yvelines, l’association A Chacun son cirque a fait le pari de s’inscrire de façon significative dans la vie culturelle locale en organisant un événement  de grande envergure permettant de promouvoir ces disciplines au travers de spectacles, de concerts et d’expositions : c’est ainsi que se déroula en juillet 2009 la première édition du festival Contentpourien.

 

Reconduit chaque année depuis sa création, le festival Contentpourien est devenu un événement majeur qui suscite auprès de la population locale un intérêt ne cessant de croître au fil e ses éditions.

 

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82 SPECIALE CAPPA REDIFF 10 01 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 06 min

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VOIR BILLET 23 04 2013

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11 mai 2020

HOMMAGE A YOANN ISAMBERT GHJUVANNI 13 04 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 20 h 09 min

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CE 2 AVRIL 2020 RESTERA GRAVÉ DANS MON ESPRIT ET MON CŒUR, CE JOUR LÀ UNE ÂME PURE S’EN EST ALLÉ. YOANN EST DEVENU UN AMI AU FIL DU TEMPS. IL Y A UN PEU PLUS DE 10ANS C’ÉTAIT LORS D’UNE  RENCONTRE AVEC LE COMITÉ DE SOLIDARITÉ DU PEUPLE BASQUE. MILITANT DEPUIS TES 15 ANS, TU N’AS EU DE CESSE DÈS LORS DE PORTER LA VOIX DES OPPRIMÉ(E)S QUE CE SOIT LES REVENDICATIONS DU PEUPLE CORSE, BASQUE, KANAK, KURDE OU PALESTINIEN OU CELLE DES PRISONNIERS POLITIQUES, MILITANT INTERNATIONALISTE TON ENGAGEMENT ÉTAIT TOTAL. ANTI-FASCISTE ET MEMBRE DE LA CNT SUR LE PLAN INTERNATIONAL OU AU PLUS PRÈS DE LA REVENDICATION DES ENSEIGNANTS L’ÉTANT TOI MÊME TU MENAIS EGALEMENT LE COMBAT CONTRE L’INSTITUTION ET POUR TES ÉLÈVES DANS LA BANLIEUE NORD. TON INTÉGRITÉ, TA SAGESSE D’ESPRIT FORÇAIT LE RESPECT. TU ÉTAIS LE COMPAGNON DE LUTTE SANS COMPROMIS. TOUJOURS DISPONIBLE ET HUMBLE DANS TES COMBATS. TU VAS ME MANQUER YOANN CERTES PAS AUTANT QUE TU MANQUERAS A TA COMPAGNE MAITE MA NIECE POLITIQUE, NI A TA FAMILLE. TU LAISSES UN GRAND VIDE AUPRÈS DE TES AMI(E)S COMME DANS LES MILIEUX MILITANTS. NOUS N’AURONS DE CESSE DE POURSUIVRE TON COMBAT CONTRE CETTE SOCIÉTÉ NÉO-LIBÉRALE. JE NE TE DIS PAS ADIEU MAIS AU REVOIR MON AMI, MON COMPAGNON DE LUTTE. QUE LES GÉNÉRATIONS FUTURES S’INSPIRENT DE TES COMBATS ET DE TA VISION POUR UNE SOCIÉTÉ SOLIDAIRE ET LIBERTAIRE. SQUALE

VOUS POUVEZ RETROUVER LA VOIX DE YOANN ET SES COMBATS DANS L’HOMMAGE QUE LUI REND ÇA BOOSTE DANS UNE COMPIL EN 3 VOLETS DANS LES EMISSIONS DU CSPB SUR

mixcloud.com/skuale/

YOANN ETOILE CNT-30X20

Le Comité de Solidarité avec le Peuple Basque de Paris (CSPB) a eu la tristesse d’apprendre le décès brutal de notre camarade et ami Yoann Isambert survenu le 2 avril 2020. Militant pour les droits du Peuple Corse et pour la libération de ses prisonniers, Il est devenu un membre particulièrement actif de notre lutte, animateur de nos émissions sur les radios libres parisiennes ou de nos réunions publiques. Il était aux côtés de nos amis Kanaks avec lesquels il a tissé des liens étroits, il s’était aussi engagé dans le soutien à la lutte du Peuple Catalan. Profondément anticapitaliste, son combat était celui de tous les peuples opprimés, colonisés.

Nous gardons le souvenir d’un camarade toujours disponible, à la fois réfléchi et révolté. Et surtout nous regrettons le départ d’un ami.

Nous pensées vont à Maite, sa compagne membre comme lui de notre Comité, que nous soutenons de tout cœur, ainsi qu’à sa famille et à ses proches.

Simu fratelli, anaiak gara.

Agur eta ohore Yoann.

YOANN 5

 

Yoann Isambert, Parisko Euskal Herriaren Lagunak-eko kidea baino askoz ere gehiago zen. Kortsikarra, sindikalista, irakaslea, borroka kidea eta laguna zen. Euskal Herria maite zuen eta gure herriarekiko maitasun horrek urte luzez euskal askapen borrokarekin konprometitzera eraman zuen.

Euskal preso, iheslari eta deportatuekiko elkartasunez hamaika ekimen antolatu zituen Parisko elkartasun komitearen baitan eta euskal preso eta iheslarien senideekiko izandako eskuzabaltasun eta harrera goxoa behin eta berriro erakutsi zizkigun.

Askapenatik, gure besarkadarik beroena bidali nahi dizuegu Maite, Maider eta Yoannen ondoan bizi eta ikasteko zortea izan duzuen guztioi. Eta zortea diogu bai, Yoann pertsona diskretoa bazen ere, imprescindible horietako bat ere bazelako.

Mila esker gure herriarengatik egindako lan guztiarengatik eta ez izan zalantzarik, zauden tokian zaudela, irabaziko dugula!

Omenaldirik onena, garaipena!
Hamaika herri, borroka bakarra!

Gora Yoann!

 

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Disparition de Yoann Isambert, du secrétariat international de la CNT

6 avril 2020 par Union communiste libertaire
HOMMAGE A YOANN ISAMBERT GHJUVANNI 13 04 20   dans ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS

Yoann Isambert, du secrétariat international de la CNT, est décédé, le 2 avril, à l’âge de 31 ans.

Avec un drapeau CNT, Yoann avait défilé, le 11 janvier à Paris, dans le pôle rouge et noir de la grande manifestation de soutien à la gauche kurde. Il était également un membre actif de l’association Sulidarità, qui vient en aide aux prisonniers politiques corses et à leurs familles.

L’Union communiste libertaire s’associe à la peine éprouvée par ses proches, ses ami·es et camarades. Nous reproduisons le courrier d’adieu publié par son Syndicat des travailleurs de l’éducation de Seine-Saint-Denis (CNT-STE 93).


YOANN, TU SERAS TOUJOURS À NOS CÔTÉS

Le jeudi 2 avril, notre camarade, Yoann Isambert est mort. Sa disparition soudaine nous plonge toutes et tous dans un immense chagrin. La douleur est à la hauteur de l’être formidable qu’était Yoann. Toutes nos pensées vont bien sûr d’abord à sa compagne, à sa famille, ses ami·e·s. Leur tristesse est inimaginable et nous les soutiendrons du mieux que nous le pourrons face à toutes les épreuves qui seront à traverser. Nous nous faisons aussi leur relais pour demander à chacun et chacune d’être attentif·ve à leur intimité. Soutenir, sans être intrusif·ve. Sans nul doute, Yoann, avec la pudeur qui le caractérisait, aurait su trouver cet équilibre.

Nous pensons aussi à ses élèves et ses collègues. Yoann était enseignant d’histoire-géographie au collège Les Mousseaux de Villepinte. Nous savons qu’il va y laisser un immense vide tant son investissement auprès des élèves et dans la vie du collège y était important. Le syndicat CNT éducation se tient au côté des collègues et nous leur apporterons aussi tout le soutien nécessaire. Yoann aimait son travail et ses élèves. Sa combativité était sans faille dans la lutte pour une école réellement émancipatrice, non autoritaire et égalitaire.

Son engagement syndical au sein de la CNT était un élément essentiel dans la vie de Yoann. Notre syndicat, mais également toute notre confédération perd un très grand militant. Un être tellement riche de connaissances, curieux, critique, doux, à l’écoute. Toutes ces qualités faisaient qu’il était un ciment entre nous. Il a marqué nombre de nouvelles et nouveaux adhérent·e·s par son accueil chaleureux. Et même s’il refusait d’être un modèle, il est certain que nous sommes nombreux·euses à avoir été inspiré·e·s par lui. Yoann apportait une intelligence, une réflexion, un calme, une qualité d’échange, un humour, une rage contre l’injustice, une justesse d’analyse, une joie de vivre. Il était là, toujours présent, ne laissait jamais sa place pour faire vivre l’autogestion au quotidien, y compris dans les tâches des « petites mains ». Même si nous, ses camarades du STE93, sommes toutes et tous dévasté·e·s par sa perte, nous n’oublions pas l’ensemble des camarades de la CNT qui pleurent déjà son absence.

Sans compromissions, Yoann avait à coeur de chercher les points de convergences, d’apaiser les conflits, de créer l’unité. Yoann voulait en découdre radicalement avec le capitalisme, source de tant d’injustice et d’inégalité sociale. Et ses combats étaient résolument internationaux. Yoann était engagé dans de nombreuses luttes d’autodétermination des peuples. Son action était si grande qu’il est impossible ici de toutes les évoquer. Nous pensons donc aussi très chaleureusement à nos camarades kanaks car Yoann a toujours été à leur côté dans leur légitime lutte pour se défaire du colonialisme français. Nous pensons aussi aux camarades kurdes auprès de qui Yoann faisait vivre sa solidarité internationale. Nous savons que pour vous aussi, sa perte est immense et votre chagrin incommensurable.

 dans ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS

Un combat était primordial pour Yoann : celui pour la libération des prisonnier·ère·s politiques corses et basques. C’est au travers de ces combats qu’il a rencontré des militant·e·s de la CNT et qu’il a fini par nous rejoindre. Mais il n’a jamais oublié, ou mis de côté ses engagements historiques. Au contraire, il a toujours cherché à les faire vivre. De nombreux·euses adhérent·e·s de la CNT étaient d’ailleurs fier·e·s d’avoir pu participer, à leur mesure, mais grâce à Yoann, à la marche parisienne de décembre 2017 pour la fin du régime d’exception dont sont victimes les prisonnier·ère·s basques.

La CNT éducation, en accord avec la compagne de Yoann, vous propose de poursuivre ces combats essentiels qu’il menait, en participant à une cagnotte en ligne dont l’intégralité du montant sera reversée, à parts égales, entre le Comité de solidarité avec le peuple basque (CSPB) et l’association Solidarità pour les prisonniers corses.

www.lepotsolidaire.fr/pot/n90jiyvs-PourYoann_faire-vivre-ses-combats

Merci Yoann de nous avoir permis de te connaître.

Ta personne toute entière nous portera dans les combats que nous mènerons. Camarade, tu seras toujours à nos côtés !

 

TU NOUS MANQUERAS CAMARADE

Donne-moi ta main camarade

Prête-moi ton cœur compagnon

Nous referons les barricades

Comme hier la confédération

C’est avec une indicible douleur que nous apprenons la disparition de
notre camarade Yoann.

Yoann était un camarade de la CNT que nous connaissions bien. Il était
de toutes les manifs, de tous les combats. Nous le connaissions dans la
rue, dans les cortèges de la CNT, au « 33 », aux pré-rendez-vous, aux
réunions des groupes de travail, sur la liste fédérale, dans les UR, au
secrétariat international…

Sa personnalité en avait fait l’ami de beaucoup parmi nos camarades.

Une expression dit que personne n’est indispensable, mais chacun·e
apporte quelque chose et Yoann, outre sa présence et son engagement réel
et physique, apportait une intelligence, une réflexion, un calme, une
qualité d’échange, un humour, une rage contre l’injustice, une justesse
d’analyse, une joie de vivre… Ses formidables coups de gueule, exprimés
toujours avec beaucoup de calme, de fermeté et de justesse, mais surtout
son humanité et sa grande gentillesse qui a toujours fait de Yoann une
personne à l’écoute, bienveillant et au grand cœur, nous rendaient le
militantisme plus intéressant, plus agréable, plus fraternel et sororel,
plus structuré.

Tu vas nous manquer et tu vas manquer à la lutte car même si tu avais
une personnalité pacifiste, tu voulais en découdre radicalement avec le
capitalisme, source de tant d’injustice et d’inégalité sociale. Que ce
soit dans ton engagement auprès de tes élèves de Villepinte qui te
manquaient tant pendant le confinement, dans les luttes
d’autodétermination des peuples corse, basque, kanak, palestinien,
kurde… et pour les prisonniers politiques.

Nous ressentons aussi une grande injustice, parce que l’âge auquel tu
nous quittes, camarade, accentue notre désarroi. On avait tellement de
choses à vivre encore en commun, des victoires et des défaites, mais des
combats que tu ne refusais jamais tant ils te paraissaient justes.

Mais tu n’étais pas qu’un militant et nos pensées se tournent vers ta
compagne Maïté, ta famille, tes proches, tes ami·e·s pour qui la douleur
doit être encore plus grande. Nous espérons que ces quelques lignes
réchaufferont quelque peu leur cœur endeuillé car elles perdent avec toi
une personne précieuse pour tant de qualités.

Nous adressons nos condoléances à Maïté, ta compagne, notre camarade,
amie, à ta famille, à tes ami·e·s et tes proches, à tes camarades du STE
93, à ceux de la région, de la fédé Éduc, de la Conf’, à tes camarades
en Corse, à tes élèves.

La période est tellement injuste que nous ne pouvons nous rendre
physiquement à la cérémonie pour t’entourer d’un salut fraternel, pour
un hommage que nous aurions souhaité beau et émouvant, à la mesure de
l’être que nous perdons. Au moment de la cérémonie sachez que nous
serons avec vous, nous partagerons vos larmes, nous serons votre
soutien. Courage à vous.

Bises rouges et noires, tu nous manques déjà tellement camarade.

Tes camarades de la CNT STE 75

 

Communiqué confédéral
Le 05 avril 2020
Le jeudi 2 avril, notre camarade, Yoann Isambert est mort. Il militait au sein du syndicat
des travailleuses et travailleurs de l’éducation 93 et était secrétaire international de la
CNT.
Sa disparition soudaine nous plonge toutes et tous dans
un immense chagrin. La douleur est à la hauteur de
l’être formidable qu’était Yoann. Toutes nos
pensées vont bien sûr d’abord à sa compagne, à sa
famille, ses ami·e·s. Leur tristesse est inimaginable et
nous les soutiendrons du mieux que nous le pourrons
face à toutes les épreuves qui seront à traverser. Nous
nous faisons aussi leur relais pour demander à chacun
et chacune d’être attentif·ve à leur intimité. Soutenir,
sans être intrusif·ve. Sans nul doute, Yoann, avec la
pudeur qui le caractérisait, aurait su trouver cet
équilibre.
Nous pensons aussi à ses élèves et ses collègues.
Yoann était enseignant d’histoire-géographie au collège
Les Mousseaux de Villepinte. Nous savons qu’il va y
laisser un immense vide tant son investissement
auprès des élèves et dans la vie du collège y était
important. Sa combativité était sans faille dans la lutte
pour une école réellement émancipatrice, non
autoritaire et égalitaire.
Son engagement syndical au sein de la CNT était un
élément essentiel dans la vie de Yoann. Son syndicat
(éducation 93), mais également notre confédération
perd un très grand militant. Un être tellement
riche de connaissances, curieux, critique, doux, à
l’écoute. Yoann apportait une intelligence, une réflexion, un calme, une qualité
d’échange, un humour, une rage contre l’injustice, une justesse d’analyse, une
joie de vivre. Il était là, toujours présent, ne laissait jamais sa place pour faire vivre
l’autogestion au quotidien, y compris dans les tâches des « petites mains ».
Sans compromissions, Yoann avait à cœur de chercher les points de convergences,
d’apaiser les conflits, de créer l’unité. Yoann voulait en découdre radicalement avec
le capitalisme, source de tant d’injustice et d’inégalité sociale. Et ses combats étaient
résolument internationaux. Yoann était engagé dans de nombreuses luttes
d’autodétermination des peuples. Son action était si grande qu’il est impossible ici de
toutes les évoquer. Nous pensons donc aussi très chaleureusement à nos camarades
kanaks car Yoann a toujours été à leur côté dans leur légitime lutte pour se défaire du
colonialisme français. Nous pensons aussi aux camarades kurdes auprès de qui Yoann
faisait vivre sa solidarité internationale. Nous savons que pour vous aussi, sa perte est
immense et votre chagrin incommensurable.
Un combat était primordial pour Yoann : celui pour la libération des prisonnier·ère·s
politiques corses et basques. C’est au travers de ces combats qu’il a rencontré des
militant·e·s de la CNT et qu’il a fini par nous rejoindre. Mais il n’a jamais oublié, ou mis
de côté ses engagements historiques. Au contraire, il a toujours cherché à les faire vivre.
De nombreux·euses adhérent·e·s de la CNT étaient d’ailleurs fier·e·s d’avoir pu participer,
à leur mesure, mais grâce à Yoann, à la marche parisienne de décembre 2017 pour la fin
du régime d’exception dont sont victimes les prisonnier·ère·s basques.
La CNT éducation, en accord avec la compagne de Yoann, vous propose de poursuivre
ces combats essentiels qu’il menait, en participant à une cagnotte en ligne dont
l’intégralité du montant sera reversée, à parts égales, entre le Comité de solidarité avec
le peuple basque (CSPB) et l’association Solidarità pour les prisonniers corses.
www.lepotsolidaire.fr/pot/n90jiyvs-PourYoann_faire-vivre-ses-combats
Merci Yoann de nous avoir permis de te connaître.
Ta personne toute entière nous portera dans les combats que nous mènerons.
Camarade, tu seras toujours à nos côtés !
LA CNT

 

Au revoir Ghjuvanni !

Salut à notre camarade Ghjuvanni qui est parti bien trop tôt, le 2 avril 2020, à 31 ans.

———————-

C’est avec une peine immense que nous avons appris le départ de notre camarade et ami Yoann Isambert, Ghjuvanni.

Yoann était un militant indéfectible de la cause kanak, il était à nos côtés depuis plus de 10 ans, à la création du collectif Solidarité Kanaky.

En 2009, quand nous manifestions pour demander la libération des syndicalistes de l’Ustke, du haut de ses 20 ans, il était déjà à nos côtés sur les manifs pour distribuer les tracts.

 

En mai 2009, distribution de tracts à Paris pour la libération de Gérard Jodar, président de l'USTKE, et de ses camarades. © Bernard A.
En mai 2009, distribution de tracts à Paris pour la libération de Gérard Jodar, président de l’USTKE, et de ses camarades. © Bernard A.

 

Et depuis il n’a jamais lâché la Kanaky et des liens d’amitié forte se sont tissés au fils des années.

Anticolonialiste convaincu, il connaissait l’histoire de la Kanaky dans les moindres détails et a pris une place très importante dans le collectif tant dans la préparation et l’animation des réunions, que l’organisation des soirées de soutien et tant d’autres initiatives.

 

 © Bernard A.© Bernard A.

Ses conseils tout en humour, la justesse de ses pensées, sa maturité politique nous aidaient à ajuster nos objectifs et à avancer vers plus de convergence.

Il laisse un vide immense tant sa collaboration fut importante et son amitié précieuse.

Nous n’oublierons jamais que Yoann voulait se rendre en Kanaky, rencontrer sur leur propre terre les camarades Kanak en lutte et y exprimer sur place sa solidarité à leurs côtés. Il avait  le projet d’y aller à la période référendaire.  Il s’en est allé avant, et portant un teeshirt du parti travailliste, pour une Kanaky libre, comme un signe d’espoir pour une lutte à laquelle il tenait tant. Nous continuerons le combat avec détermination ! 

A notre amie et camarade, sa compagne, à sa famille, à ses nombreux camarades de lutte, nous apportons toute notre affection et notre solidarité dans cette épreuve. 

Au revoir Ghjuvanni, Tu seras toujours dans nos cœurs et nos combats !

Collectif solidarité Kanaky

 

Accueil de deux camarades de l’USTKE lors d’une conférence au siège de la CNT en 2019 © Bernard A.
Accueil de deux camarades de l’USTKE lors d’une conférence au siège de la CNT en 2019 © Bernard A.

——————————

Au nom de l’AISDPK, nous transmettons toutes nos condoléances à sa famille, ses proches.

Ghjuvanni © CNT EDUC 93

Nous venons d’apprendre avec une immense douleur le décès de Yoann. Les membres de l’association 24 août 1944 tiennent à vous exprimer à vous, membres de son syndicat, CNT-STE 93, et à sa famille tous ses regrets et sa douleur devant ce drame qui vous frappe..

Sincèrement et douloureusement aux côtés de sa famille et de ses amis
L’association 24 aout 1944}

 

Décès à Paris de Yoann Isambert, proche et ami des familles de prisonnier.e.s et exilé.e.s basques

 

ETXERAT (3-4-2020). Aujourd’hui, Yoann Isambert, membre du comité de solidarité de Paris et proche des familles et amis de prisonniers politiques basques qu’il a beaucoup aidés, est décédé à Paris. Il nous a toujours transmis affection et solidarité lors de nos visites à Paris.

Etxerat transmet toutes ses condoléances et son entier soutien à sa famille et à ses amis, dont nous partageons la peine et que nous embrassons chaleureusement.

ghju

Ghjuvanni…

31 ans. Ghjuvanni avait 31 ans et aujourd’hui nous devons parler de lui au passé…

Ghjuvanni est entré dans le cercle du Club des Supporters de Bastia à Paris il y a une quinzaine d’année. Mineur il nous avait demandé l’autorisation de participer aux déplacements que nous organisions pour supporter le Sporting, son Sporting. Nous avons ensemble parcourus des milliers de kilomètres ce qui nous laissait bien du temps pour discuter. Pas seulement du Sporting car Ghjavanni était intarissable lorsqu’il abordait des sujets sur la Corse, le Pays Basque ou l’histoire dont il avait fait son métier.

Des années durant il a été l’administrateur du site Camperemu. Là encore chacun aura échangé avec un passionné, mais un passionné qui argumentait. Que l’on partage ou pas ses idées, il imposait le respect car il le faisait toujours en respectant l’autre.

C’est avec joie qu’il avait appris que le Sporting évoluerait cette saison dans le groupe Nord-Est de la France. Il aura pu suivre Son Club une dernière fois à Drancy et il était déjà près à se rendre à Ste Geneviève. Il était bien sûr du déplacement à Sedan où, personnellement j’ai pu le rencontrer et échanger une dernière fois. Mais que c’est dur d’écrire ces mots…

Toute la communauté du Club des Supporters de Bastia à Paris adresse à sa famille et à ses proches ses plus sincères condoléances.

Repose en paix Ghju.

Les Socios offrent la possibilité à celles et ceux qui le souhaitent de participer aux frais d’obsèques en suivant le lien :

http://www.secb.corsica/donu-liberu/

 

Yoann Isambert, Parisko Euskal Herriaren Lagunak-eko kidea baino askoz ere gehiago zen. Kortsikarra, sindikalista, irakaslea, borroka kidea eta laguna zen. Euskal Herria maite zuen eta gure herriarekiko maitasun horrek urte luzez euskal askapen borrokarekin konprometitzera eraman zuen.

Euskal preso, iheslari eta deportatuekiko elkartasunez hamaika ekimen antolatu zituen Parisko elkartasun komitearen baitan eta euskal preso eta iheslarien senideekiko izandako eskuzabaltasun eta harrera goxoa behin eta berriro erakutsi zizkigun.

Askapenatik, gure besarkadarik beroena bidali nahi dizuegu Maite, Maider eta Yoannen ondoan bizi eta ikasteko zortea izan duzuen guztioi. Eta zortea diogu bai, Yoann pertsona diskretoa bazen ere, imprescindible horietako bat ere bazelako.

Mila esker gure herriarengatik egindako lan guztiarengatik eta ez izan zalantzarik, zauden tokian zaudela, irabaziko dugula!

Omenaldirik onena, garaipena!
Hamaika herri, borroka bakarra!

Gora Yoann!

 

Euskal Herria. Décès d’un combattant internationaliste solidaire du peuple indépendantiste basque

Testu osoa / Texto completo: https://www.boltxe.eus/2020/04/05/euskal-herria-fallece-un-luchador-internacionalista-solidario-con-el-pueblo-vasco-independentista/ | Boltxe

Résumé latino-américain, 5 avril 2020 En ces jours de très mauvaises nouvelles, un autre nous vient des camarades de l’organisation internationaliste basque Askapena, dans lesquels ils nous rendent compte de la mort de Yoann Isambert, combattant de l’État français mais énormément en solidarité avec la cause du peuple basque, en tant que membre du groupe soutien à Paris. Nous avons rencontré Yoann lors de la marche des prisonniers basques à Bilbao, et nous nous souvenons de lui souriant et de sa conviction que « l’internationalisme est la tendresse des peuples ». Nous disons au revoir à AGUR ETA OHORE! (Gloire et Honneur), comme il est dit dans Euskal Herria, et aussi, comme cela se fait dans ces pays, avec la douleur de la perte d’un autre grand combattant. Camarade Yoann, jusqu’à la victoire toujours! Résumé latino-américain EHL Argentine (Amis du peuple basque) _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Testu osoa / Texto completo: https://www.boltxe.eus/2020/04/05/euskal-herria-fallece-un-luchador-internacionalista-solidario-con-el-pueblo-vasco-independentista/ | Boltxe

 

YOANN ISAMBERT, UN MILITANT CORSE AMI D’EUSKAL HERRIA ET GRAND FAN DE BASTIA

Le 2 avril, le militant corse Yoann Isambert est décédé. Telle est son empreinte que, depuis le Pays basque, de nombreux groupes tels que Askapena, Etxerat, Sortu et le groupe de rap Norte Apache ont voulu rejoindre l’hommage que l’équipe de football SC Bastia a également rendu.

2020/04/09

Le dernier jour 2, comme l’une des injustices contre lesquelles il a lutté toute sa vie, et soudain, Yoann Isambert a dit au revoir. Et nous tous qui le connaissions n’avons plus qu’à garder sa mémoire et continuer son combat.

Dans mon cas, ce souvenir remonte à la Fête de l’Humanité 2010 qui s’est tenue à Paris. Les membres de Norte Apache invités par Euskal Herriaren Lagunak ont ​​assisté à ce festival multiculturel. Nous avons joué environ six concerts sous la tente basque, gracieusement prêté par «Pérou» et stratégiquement situé à côté de celui qui représentait l’Irlande. Dans cet événement, il y a eu des séjours représentant «  presque  » toutes les nations du monde, avec leurs délices gastronomiques (nous avons dégusté des arepas vénézuéliens, du riz vietnamien …) et nous avons pu écouter en direct des géants de la musique de la stature de Madness et The Prodigy. Une vraie merveille.


Et c’est là que nous avons rencontré Yoann, un Corse sympathique et de bonne humeur, activiste politique et grand fan de Bastia. De sa main, nous avons appris, par exemple, l’histoire de la résistance et de la lutte en Nouvelle-Calédonie. Il a également fait de nous un interprète, ni plus ni moins qu’avec la famille de Christian Karembeu, footballeur champion du monde de l’équipe de France sans réellement chanter la Marseillaise.

Avec lui, nous avons visité d’innombrables stands de différents pays, où tout le monde l’a accueilli avec le sourire. Pendant qu’il nous faisait «Cicerone», il nous tenait au courant de la situation des différents groupes en lutte à travers le pays et de leur collaboration dans de nombreux projets sociaux et politiques. Le jeune insulaire était un couple de Maite, cousin d’Aitor et Ibon. Les deux ensemble, pendant les jours où l’événement a duré, ont formé un tandem de supporters inconditionnels de Norte Apache, ont même subi les trois concerts presque consécutifs que nous avons donnés en un seul après-midi, levant la main, scandant le refrain « lortuko dugu » comme si ils entendront pour la première fois.

L’héritage laissé par celui de la Corse traverse les frontières. La foi dans les gens et son activisme infatigable l’ont amené à collaborer à un nombre infini de projets, de sa Corse natale à la Palestine, en passant par la Nouvelle-Calédonie et Euskal Herria. Tout cela tout en continuant à remplir ses obligations de syndicaliste à la CNT-F et d’enseignant du secondaire.

Telle est son empreinte que, depuis le Pays basque, de nombreux groupes ont voulu se joindre à l’hommage, comme Askapena, Etxerat, Sortu, Argia …, et ils ont dédié un bertso en reconnaissance pour leur soutien et leur défense de la cause basque:

 

Faire vivre les combats de Yoann !

Notre camarade Yoann, ou Ghjuvanni, nous a quitté ce jeudi 2 avril. Comme hommage, nous souhaitons soutenir une lutte si chère à son cœur : la libération des prisonnier·ère·s politiques basques et corses.

Nous vous invitons donc à participer à une cagnotte en ligne dont l’intégralité du montant sera reversée, à parts égales, entre le Comité de solidarité avec le peuple basque (CSPB) et l’association Solidarità pour les prisonniers corses.
www.lepotsolidaire.fr/pot/n90jiyvs-PourYoann_faire-vivre-ses-combats

Il est aussi possible de faire un virement sur le compte du syndicat CNT éducation 93. Dans ce cas merci de préciser comme motif « Pour Yoann ».
coordonnées bancaires : FR76 1010 7006 8300 3180 4705 509

Camarade, tu seras toujours à nos côtés

CSPB : http://cspb.unblog.fr/
Sulidarità : https://associusulidarita.org/

Primo Maggio di Lotta (e di repressione) in diverse città d’Europa

dal sito: secoursrouge.org

Primo Maggio: Azioni e repressione in molte città d’Europa

Malgrado le misure per l’isolamento, i/le militanti di diverse città europee hanno tentato di condurre azioni in occasione del Primo Maggio. Ecco un resoconto non esaustivo della situazione.
A Parigi, un gruppo ha cercato di manifestare in Place de la République, in particolare esibendo diversi striscioni con “Il capitalismo è il virus, la rivoluzione è il vaccino” e un altro con “Le nostre vite o i loro profitti”. La polizia è intervenuta in gran numero, controllando le identità dei/delle militanti, arrestandone parecchi. Più tardi in giornata, altri tentativi di raduno hanno avuto luogo nella capitale o nella periferia di Parigi, a Montreuil o di fronte al municipio della 18^ circoscrizione. Un’altra manifestazione, organizzata da CGT (Confederazione generale dei lavoratori, n.d.t.), si è svolta a Guingamp.
A Berlino, 5.000 poliziotti sono stati mobilitati per impedire la protesta delle molte persone scese in piazza. Scontri sono avvenuti in serata, nonché scambi di colpi tra manifestanti e polizia, nel quartiere di Kreuzberg. Numerosi manifestanti sono stati arrestati e tre auto date alle fiamme.
Ad Atene, centinaia di persone si sono radunate davanti al parlamento mantenendo le distanze e indossando mascherine. Una manifestazione ha avuto luogo anche a Salonicco.
A Barcellona una manifestazione, organizzata da sindacalisti, si è tenuta di fronte al pronto soccorso di un ospedale, mentre a Saragozza, una manifestazione sindacale è stata organizzata da automobili.
Manifestazioni si sono svolte pure a Vienna.
A Zurigo, militanti hanno organizzato diverse piccole manifestazioni e iniziative, una banca è stata attaccata con bottiglie piene di vernice. Sono stati eseguiti diversi arresti.
A Istanbul e Ankara, almeno 45 persone sono state arrestate per aver tentato d’organizzare cortei per il Primo Maggio nonostante il coprifuoco di tre giorni imposto giovedì 30 aprile a mezzanotte. Almeno 15 persone sono state arrestate, quando un gruppo si è riunito presso l’ufficio centrale della Confederazione dei sindacati progressisti (DISK) nel quartiere di Besiktas a Istanbul e ha tentato di raggiungere a piedi Piazza Taksim. Anche il presidente di DISK, Arzu Cerkezoglu, è stato brevemente detenuto e poi rilasciato. Undici altre persone sono state arrestate nel quartiere Kadikoy di Istanbul, nella parte anatolica, per aver tentato di organizzare una manifestazione. Dodici persone, intenzionate a dirigersi in Piazza Taksim, sono state arrestate nel quartiere Sisli di Istanbul. Sette persone sono state arrestate nella capitale Ankara. Secondo fonti, tutti gli arrestati a Istanbul sono stati rilasciati. In tutto, 44.756 agenti di polizia sono stati mobilitati per impedire le manifestazioni.

Qui sotto pubblichiamo un video di alcune azioni di lotta a Zurigo.

 

Décès du camarade Yoann Isambert de CNT-F

Après avoir appris la triste nouvelle de la mort du camarade Yoann, nous avons envoyé nos souvenirs et nos sincères condoléances au Secrétariat International de la CNT-F, dont Yoann était un membre actif.

Soumis par RojoyNegro_Digital le dim, 04/05/2020 – 01:57.

Yoann est décédé à l’âge de 31 ans le 2 avril après avoir été admis pour une détérioration soudaine de sa santé. Sans antécédents de maladie, sa mort a fait un lourd tribut à tous ceux que nous avons rencontrés.

Les nouvelles nous ont émus. Il est difficile de supposer avec la mémoire que nous avions du camarade Yoann, toujours actif et impliqué dans le syndicalisme combatif et internationaliste. Ce fut un plaisir de partager avec lui les espaces anarchistes et c’est avec ces images que nous souhaitons honorer sa mémoire.

Que la terre soit légère pour toi, compagnon.

Yoann

 

«C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris la disparition, a seulement 31ans, de Yoann ISAMBERT , «Ghjuvanni bastiacciu», militant notamment de l’Assocciu Sulidarita – Parrigi.
SPT présente ses plus sincères condoléances a l’ensemble de sa famille, ses proches, ses amis , de Corse et d’ailleurs ainsi qu’a l’Assocciu Sulidarita qui perd un de ses plus fervent militant dont l’ engagement était un exemple de sincérité et de dévouement. Sa simplicité et son sourire faisait de lui une personne des plus attachante

«In ricordu di e ghjurnate di Corti e di u sbarcu di Tulo, u to surrisu sempre firmera inde nostre mente
Riposa in pace o Ghju»

 

Au nom de Sortu, nous souhaiterions transmettre nos plus profondes condoléances à la familles et aux proche de Yoann. Toutes nos condoléances également à Sulidarità et à tous nos camarades corses. Nous nous sommes connus par la lutte pour la liberté des prisonniers et réfugiés politiques basques comme militant du comité de Paris. Militant corse sincère, internationaliste, tu as toujours été à nos côtés, dans les moments importants.Toujours prêt à prendre des responsabilités, comme aux côtés des Artisans de la paix pour l’organisation de la manifestation de Paris. Tu es parti trop tôt, notre ami, mais ton engagement, ton sourire restera dans nos mémoires. Ce n’est pas un au revoir Yoann, nous retrouverons le Grand jour ! D’Euskal Herri Milesker, merci , nous avons été honoré de partager avec toi ces moments. Agur eta Ohore Yoann!

sortu

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09/04/2020

Yoann Isambert, un activista corso amigo de Euskal Herria e hincha acérrimo del Bastia

El 2 de abril falleció el activista corso Yoann Isambert. Tal es su huella que, desde Euskal Herria, numerosos colectivos como Askapena, Etxerat, Sortu y el grupo de rap Norte Apache han querido sumarse al homenaje que también ha realizado el equipo de fútbol SC Bastia.

El pasado día 2, como una más de las injusticias contra las que luchó toda su vida, y de manera repentina, nos decía adiós Yoann Isambert. Y a todos los que le conocimos ya no nos queda más que aferrarnos a su memoria y continuar con su lucha.

En mi caso, esa memoria se remonta a la ‘Fête de l´Humanité’ de 2010 celebrada en París. A este festival multicultural acudimos los miembros de Norte Apache invitados por Euskal Herriaren Lagunak. Tocamos unos seis conciertos en la carpa vasca, cedida muy amablemente por ‘Perou’ y situada, estratégicamente, al lado de la que representaba a Irlanda. En aquel evento había estancias en representación de ‘casi’ todas las naciones del mundo, con sus delicias gastronómicas (degustamos arepas venezolanas, arroz vietnamita…) y pudimos escuchar en directo a gigantes de la música de la talla de Madness y The Prodigy. Una auténtica maravilla.

Y allí es donde conocimos a Yoann, un simpático y bonachón corso, activista político e hincha acérrimo del Bastia. De su mano conocimos, por ejemplo, la historia de resistencia y lucha de Nueva Caledonia. También nos hizo de intérprete, nada más y nada menos que con la familia de Christian Karembeu, futbolista que fue campeón del mundo con la selección francesa sin llegar a cantar la ‘Marsellesa’.

Con él recorrimos un sinfín de stands de diferentes países, donde todo el mundo le recibía con una sonrisa. Mientras nos hacía de ‘Cicerone’, nos iba poniendo al día sobre la situación de los diferentes colectivos en lucha a lo largo del país, y su colaboración en numerosos proyectos sociales y políticos. El joven isleño era pareja de Maite, prima de Aitor y de Ibon. Los dos juntos, en los días que duró el evento, formaron un tándem de seguidores incondicionales de Norte Apache, aguantaron incluso los tres conciertos casi seguidos que dimos en una sola tarde, levantando las manos, coreando el estribillo «lortuko dugu» como si lo escucharan por primera vez.

El legado que ha dejado el de Córcega traspasa fronteras. La fe en las personas y su activismo incansable le llevaron a colaborar en un sinfín de proyectos, desde su Córcega natal hasta Palestina, pasando por Nueva Caledonia y Euskal Herria. Todo ello sin dejar de atender a sus obligaciones como sindicalista en la CNT-F y como profesor de educación secundaria.

Tal es su huella que, desde Euskal Herria, numerosos colectivos han querido sumarse al homenaje, como Askapena, Etxerat, Sortu, Argia…, y le han dedicado un bertso en agradecimiento a su apoyo y defensa de la causa vasca.

 

 

PATRIOTI

 

askapena

 

SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE BASQUE  – LILLE

Une terrible nouvelle reçue ce vendredi soir à 22h. Yoann est mort subitement à Paris dans la nuit de mercredi à jeudi. Un camarade de longue date, et pourtant il nous a quittés si jeune, c’est dire son engagement précoce dans les luttes pour la libération des peuples, pour leur droit à l’émancipation, des peuples encore  sous le joug des Etats impérialistes.

Nous avons partagé avec Yoann un engagement commun dans la solidarité avec la résistance  du Peuple Basque, Yoann était un militant très actif du Comité de Solidarité avec le Peuple Basque de Paris.
Ce soir nous sommes anéantis en apprenant son décès.
A sa famille, sa compagne Maité ,tous ces camarades de Paris, du Pays Basques, de Corse et tant d’autres nous exprimons notre soutien fraternel, notre amitié.
Au revoir Yoann

Stephan et tous les camarades de Lille de la solidarité avec le Peuple basque (ex CSBLille) 

 

JANN-MARC ROUILLAN A LA LNR 17 03 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 17 h 17 min

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A L’OCCASION D’UNE RENCONTRE LITTÉRAIRE A LA LIBRAIRIE LNR (Librairie la Nouvelle Réserve de Limay) NOUS AVONS PU DÉCOUVRIR LA BIBLIOGRAPHIE DE JANN-MARC ROUILLAN. LA SOIRÉE NOUS A PERMIS DE DÉCOUVRIR OU RE-DÉCOUVRIR LE PASSE MILITANT DE L’AUTEUR MAIS ÉGALEMENT LES OUVRAGES DE CELUI-CI.

 

images (23)
Le Tricard, Chronique du dehors d’un interdit de séjour


2013
Chroniques carcérales (2004-2007) Chroniques carcérales (2004-2007)

  Auteur


2008-01-09
Dix ans d'Action directe: Un témoignage, 1977-1987 Dix ans d’Action directe: Un témoignage, 1977-1987

  Auteur


2018-09-12
De mémoire : Tome 1, Les jours du début : un automne 1970 à Toulouse De mémoire : Tome 1, Les jours du début : un automne 1970 à Toulouse

  Auteur


2007-03-16
Lettre à Jules, suivi de Lettre à Jules, suivi de « Voyages extraordinaires des enfants de l’extérieur », suivi de « Chroniques carcérales »

  Auteur


2004-01-20
De mémoire : Tome 2, Le deuil de l'innocence : un jour de septembre 1973 à Barcelone De mémoire : Tome 2, Le deuil de l’innocence : un jour de septembre 1973 à Barcelone

  Auteur


2009-03-05
La part des loups La part des loups

  Auteur


2005-03-08
De mémoire De mémoire

  Auteur


2011-05-25
Le Capital humain Le Capital humain

  Auteur


2007-01-16
Je regrette Je regrette

  Auteur


2016-08-23
Les viscères polychromes de la peste brune : Avec 21 interventions de Dado Les viscères polychromes de la peste brune : Avec 21 interventions de Dado

  Auteur


2009-05-14
Paul des Épinettes et moi : Sur la maladie et la mort en prison Paul des Épinettes et moi : Sur la maladie et la mort en prison

  Auteur


2010-01-21
Le roman de Gluk : Glucksamschlipszig Le roman de Gluk : Glucksamschlipszig

  Auteur


2003-09-15
Infinitif présent Infinitif présent

  Auteur


2010-10-21
Je hais les matins Je hais les matins

  Auteur


2015-03-12
Le rat empoisonné Le rat empoisonné

  Auteur


2014-10-21
Paul des Epinettes ou la Myxomatose panoptique Paul des Epinettes ou la Myxomatose panoptique

  Auteur


2002-10-02
téléchargement (8) Autopsie du dehors,

2012
La vie des Forçats La vie des Forçats

  Préfacier, etc.


2007-11-30

 

Publications par année de sortie d’éditions.

5 mai 2020

ENTRETIEN AVEC J.M. ROUILLAN 10 03 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 23 h 02 min

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J.M ROUILLAN EST VENU DANS ÇA BOOSTE POUR UN ENTRETIEN QUELQUES JOURS AVANT LE CONFINEMENT.  IL S’EST LIVRÉ SANS DÉTOUR SUR SON ENGAGEMENT POLITIQUE SANS CONCESSION QUI L’A MENÉ DEPUIS LE C.A.L. (Comité d’Action Lycéenne) JUSQU’À A.D (Action Directe).

Son engagement commence dans les années 60 à Toulouse, très tôt il prend conscience que seul la lutte peut faire avancer les revendications, que ce soit dans le mouvement lycéen ou le monde ouvrier. Petit fils de réfugié catalan, Toulouse était un l’arrière garde d’anciens de Tierra y Libertad revue de la FAI (Fédération anarchiste ibérique)1ère parution 1888 qui connu une publication soutenu de 1930 à 1939. Depuis 1977 c’est un mensuel.  Egalement des Colonnes Durruti, Colonne de Fer, Colonne Rouge et Noir et de façon générale des Républicains espagnols passé par les camps d’internement français de la honte. Ce qui fait que très tôt Jann-Marc Rouillan a été confronté aux histoires de ces républicains anarchistes ou non, mais antifascistes contre le franquisme. En 1971 il participe à la lutte contre le franquisme au sein du MIL-GAC (Movimiento Ibérico de Libéracion) (Grupos Autónomos de Combate) il y rencontre Oriol Solé Sugranyès.

Le 17 septembre, deux jours après l’attaque par le MIL d’une Caisse d’épargne de Bellver de Cerdanya, Oriol et Rouillan forçaient un contrôle de gendarmerie à Pau. Il était arrêté le lendemain à Toulouse avec Jean Claude Torres tandis que Rouillan parvenait à s’enfuir. Oriol Solé fut condamné le 13 janvier 1973 avec Torres à un an et six mois de prison. Rouillan et Salvador Puig Antich jugés par défaut au même procès avaient été condamnés à la même peine. Pendant son incarcération c’est Jean Marc Rouillan qui assumera la responsabilité du groupe.

Lors du congrès d’auto-dissolution du MIL en août 1973 à Toulouse, il déclara que pour pouvoir abandonner les armes, il fallait faire une dernière attaque. Le 15 septembre 1973 il participait à l’attaque de la Caisse de retraites de Bellver de Cerdanya où le groupe s’emparait de 700 000 pesetas. Pris en chasse par la Guardia Civil et après avoir abandonné leur véhicule et tenté de gagner à pieds la cachette d’un autre véhicule, Oriol Solé et José Lluis Pons Llobet étaient capturés le 16 septembre au lieu dit Torre de Riu (Gérone) après avoir échangé des tirs avec les gardes qui surveillaient la cachette. Son frère Jordi Solé Sugranyes qui était le chauffeur lors du hold up était déjà parvenu à passer en France.

Le 27 juillet 1974, traduit devant un conseil de guerre avec José Luis Pons Llobet, Oriol Solé Sugranyes était condamné à 48 ans de prison tandis que Pons llobet écopait d’une nouvelle peine de 21 ans de détention. Le 5 avril 1976 avec Josep Lluis Pons Llobet il participait à l’évasion de 29 prisonniers politiques -essentiellement de l’ETA- de la prison de Ségovie. Oriol Sole Sugranyes « Victor » était capturé le lendemain 6 avril et assassiné à Ronceveaux (Navarre) près de la frontière par la Guardia Civil. Seuls quatre des évadés parviendront à passer en France.

Oriol Solé Sugranyes a été inhumé le 8 avril au cimetière de Bor (Lerida).

 

  Le MIL s’est assigné deux objectifs principaux, soutenir les grèves ouvrières et assurer la publication clandestine de la littérature révolutionnaire interdite par le pouvoir grâce à aux éditons clandestine Mayo 37. il bouge entre Barcelone et Toulouse avec ses potos de 68, c’est là qu’il rencontre également Salvador Puig Antich ce sont tous des minots d’une vingtaine d’années, mais avec déjà une conscience politique bien aiguisé. Salvador sera le dernier militant politique à subir le garrot il n’avait que 25 ans. le MIL s’auto-dissous  en 73. Plusieurs ex-MIL et le groupe de Toulouse dont fait partie Jann-Marc crée le GARI-GAI  (Groupes d’Action Révolutionnaire Internationaliste) (Groupes Autonomes d’Intervention). Il pratiquerons pendant un peu plus d’un an des attaques à l’explosif et des braquos pour le financement du mouvement et de la cause révolutionnaire. 

 

Les Groupes d’action révolutionnaires internationalistes (GARI) ont été actifs en France au cours de l’année 1974. Pratiquant principalement des attentats à l’explosif et des braquages les GARI « ont toujours évité autant que possible que leurs opérations s’accompagnent d’effusion de sang ».

Formés en solidarité à la suite de l’arrestation en Catalogne, en septembre 1973, de membres de l’ex Movimiento Ibérico de Liberación (MIL ou 1000) et de l’exécution de Salvador Puig i Antich en mars 1974, les GARI mènent des actions clandestines contre le franquisme pour obtenir la libération des membres de l’ex MIL et éviter que deux d’entre eux soient condamnés à mort, José Luis Llobet et Oriol Solé .

Chronologie

  • En janvier 1974, la coordination va revendiquer avec des sigles différents (GAI, GARI) diverses séries d’actions.
  • 28 février 1974 : mitraillage de la voiture du chancelier d’Espagne à Toulouse.
  • 22 mars 1974 : attentats dans le sud de la France sur des routes reliant la France à l’Espagne. Plusieurs ponts sont endommagés. Les actions sont revendiquées GAI (Groupes Autonomes d’intervention).
  • 4 avril 1974 : un commando du GARI braque la banque Courtois de Montesquieu Volvestre près de Toulouse.
  • 3 mai 1974 : enlèvement à Paris du directeur de la Banque de Bilbao, Angel Baltasar Suarez (libéré le 22 mai9), le même jour « El Banco Español de Crédito » à Bruxelles est braquée.
  • 22 mai 1974 : incendie de L’Est républicain par le « commando Puig Antich », une voiture piégée explose contre les locaux de la compagnie Iberia à Bruxelles, deux autres voitures sont désamorcées à Anvers et à Liège.
  • 5 juillet 1974 : une caisse d’épargne à Toulouse est attaquée.
  • 15 juillet 1974 : attentats à Andorre-la-Vieille contre la Viguerie épiscopale et la caisse d’épargne espagnole. Attentat contre la gare d’Austerlitz dans les toilettes du train Paris-lrun-Madrid à Paris. À Ille-sur-Têt et à Brialou Plusieurs lignes à haute tension reliant la France et l’Espagne sont plastiquées.
  • 17 juillet 1974 : attentats contre des véhicules du Tour de France à Saint-Lary-Soulan, plusieurs arbres sont abattus sur la route entre Barèges et le col du Tourmalet, 13 cars de pèlerins sont incendiés à Lourdes10.
  • 25 juillet 1974 : attentat contre la Banque Populaire d’Espagne à Nîmes.
  • 28 juillet 1974 : attentat contre le consulat d’Espagne à Toulouse, 6 personnes sont blessées11. Une charge explosive détruit une partie de la consigne automatique de la gare d’Hendaye.
  • 29 juillet 1974 : attentats contre deux autocars de la SEAFEP à Paris, une autre charge est désamorcée, attentats aux voitures piégées contre les postes-frontières franco-espagnol du Perthus et de Bourg-Madame.
  • 30 juillet 1974 : fausses alertes à la bombe contre deux trains venant d’Hendaye.
  • 31 juillet 1974 : attentats contre deux bateaux de plaisance à La Grande-Motte, fausse alerte à la bombe dans le train Madrid-Paris.
  • 5 août 1974 : attentats aux voitures piégées contre la compagnie aérienne Iberia et deux succursales du Banco Espanol à Bruxelles.
  • Courant août auto-dissolution de la coordination GARI. Plus aucune action ne sera revendiquée sous ce sigle.
  • 15 août 1974 : fausse alerte à la bombe dans la Grotte de Massabielle.
  • 3 septembre 1974 : braquage d’un Crédit lyonnais à Béziers.
  • 6 septembre 1974 : braquage de la BREC à Toulouse.
  • 27 décembre 1974, sept membres ou sympathisants des GARI entament une grève de la faim illimitée pour d’obtenir le régime spécial accordé aux détenus politiques : Michel Camilleri, Floréal Cuadrado, Raymond Delgado, Mario Inès, Jean-Michel Martinez, Victor Menrique et Jean-Marc Rouillan12.
  • À partir de janvier 1975 en solidarité avec les membres des GARI incarcérés diverses actions sont menées. En dehors de l’information classique (créations de divers comités de soutien : tracts, affiches…) quelques actions spectaculaires vont être menées.
  • 5 janvier 1975 : fumigène contre une exposition espagnole au Musée de la marine à Paris13.
  • 8 janvier 1975 : attentat contre le Palais de Justice de Toulouse.
  • 15 janvier 1975 : attentat contre le Palais de justice de Paris14.

LE FASCISME C’EST LA MORT : MORT AU FASCISME

Communiqué publié dans Front libertaire des luttes de classes, journal de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA), dans son n°32 de mars 1974

« Aujourd’hui, samedi 2 mars, à 9h40, dans la cour de la prison provinciale de Barcelone, le jeune militant libertaire catalan, le camarade Salvador Puig Antich, a été lâchement assassiné par le garrot des chacals fascistes qui depuis plus de trente ans exercent leur terrorisme sanglant contre le peuple espagnol.

L’Espagne, ensanglantée par le criminel Franco et sa clique d’assassin et de bourreaux fascistes, pleure aujourd’hui une nouvelle victime, une nouvelle vie tronquée. Ce crime horrible et sauvage par la bassesse de ses motivation criminelles, par la volonté de terreur avec laquelle il espère, inutilement, intimider tous ceux qui luttent pour la liberté et la dignité du peuple espagnol, et par le sadisme bestial avec lequel il a été préparé, mis en place et monté sans même tenir compte des plus élémentaires normes de la « légalité »bourgeoise, y compris dans sa version franquiste, […] et, à la fin, exécuté sciemment et contre la vaste et vigoureuse indignation d’une grande partie du peuple espagnol et de l’opinion publique internationale, ce crime constitue la preuve la plus évidente que dans notre pays la guerre civile continue, qu’entre la liberté et l’oppression, il n’y a pas de compromis possible, mais uniquement une guerre totale, jusqu’à la destruction de la dernière pierre de l’immense prison franquiste. […]

Les malédictions, la douleur, les larmes, le sang et la rage du peuple finiront bien par abattre les tyrans. Ils se trompent les assassins et la momie sanglante qui les inspire, s’ils espèrent profiter du sacrifice du camarade Puig Antich pour leur stratégie de survie. Ils se trompent s’ils comptent intimider, avec cet assassinat, ceux qui luttent contre la tyrannie et l’exploitation. […] Ils se trompent enfin, si sur ces fragiles illusions, ils fondent l’espoir de pouvoir mettre un terme à la conscience révolutionnaire croissante des exploités et des opprimés, et à la constante radicalisation des luttes ouvrières et populaires pour la liberté et la survie. […]

Et quant à toi, camarade Puig Antich, on veut te dire seulement que l’évocation de ton nom sera pour nous, à chaque moment de notre lutte, un puissant stimulant pour qu’approche le moment où sera détruit le fascisme et où se réaliseront ces idées qui étaient les tiennes et qui sont les nôtres. »

Groupe anarcho-syndicaliste « Accíon directa », le 2 mars 1974


PUIG ANTICH ASSASSINÉ PAR L’ÉTAT ESPAGNOL

Article publié dans Le Postier affranchi, bulletin des travailleurs ORA des PTT, dans son n°2 de mars 1974

« Le samedi 2 mars, à 9h40, notre camarade Puig Antich a été garroté par l’État espagnol. Par cet assassinat, Franco essaye de briser le mouvement révolutionnaire. Le mouvement de solidarité qui s’est développé en Espagne en faveur des militants de l’ex-MIL (Mouvement ibérique de libération) montre que la lutte contre le capitalisme espagnol n’est pas un fait minoritaire.

La soi-disant « libéralisation » dévoile son vrai visage et il est clair que l’État espagnol d’aujourd’hui est le même que celui qui assassinait aux côtés d’Hitler et de Mussolini. C’est avec cet État que l’État français entretient des liens privilégiés. […]

C’est aussi parce qu’il était anarchiste et à cause de la pratique du MIL que Puig Antich est mort dans une indifférence quasi-générale. Il est bien temps maintenant d’envoyer des télégrammes de protestations, de faire des défilés et des communiqués en criant au scandale. C’est avant qu’il fallait agir.

Deux autres militants de l’ex-MIL, José Luis Llobet et Oriol Sole, risquent également la peine de mort. Il est trop tard pour se lever contre le meurtre de Puig Antich, il s’agit aujourd’hui de sauver ses camarades. Nous appelons tous les travailleurs à se mobiliser pour éviter un nouveau meurtre. Sauvons José Luis Pons Llobet et Oriol Sugranyes ! Contre le fascisme : guerre de classes ! »

                

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le supplice sadique du garrot.
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Toulouse 1974, manifestation pour la grâce de PUIG ANTICH
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la momie « Caudillo ».  A coté celui qui deviendra  le roi Juan Carlos (la transition  « démocratique »),  le garrot  ne semblait pas poser de problème de conscience. 
1 pourriture+ 1 pourriture = tous pourris

 

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En résumé Jann-Marc Rouillan.

POUR SON ENGAGEMENT EN ESPAGNE ET EN FRANCE, DANS LA LUTTE ARMÉE CONTRE LA DICTATURE FRANQUISTE ET NOTAMMENT POUR LES FAITS QUE CE LIVRE RELATE DE MÉMOIRE (TOME 2), JANN-MARC ROUILLAN A ÉTÉ AMNISTIÉ LE 14 MARS 1977 PAR LE DÉCRET N°388 DU PRINCE JUAN CARLOS-DÉCISION ASSORTIE D’UNE EXPULSION À VIE DU TERRITOIRE ESPAGNOL. LE 22 FÉVRIER 1987, AVEC NATHALIE MENIGON, JOELLE AUBRON ET GEORGES CIPRIANI, JANN-MARC ROUILLAN EST ARRÊTER À VITRY-AUX-LOGES. LE 26 FÉVRIER 1988, LA C.ASS. DE PARIS CONDAMNE CE DERNIER À 13 ANS DE RÉCLUSION CRIMINELLE POUR LES FAITS DE VOL AVEC ARME; LE 4 JUILLET LA C.AP. DE PARIS AJOUTE UNE PEINE DE 10 ANS POUR PARTICIPATION À ASSOCIATION DE MALFAITEURS, DÉTENTION D’ENGIN EXPLOSIFS. LE 14 JANVIER 1989, C’EST DE NOUVEAU LA C.ASS. DE PARIS AVEC UNE RÉCLUSION CRIMINELLE À PERPÉTUITÉ ASSORTIE D’UNE PEINE DE SURETTE DE 18 ANS, POUR COMPLICITÉ D’ASSASSINAT (MORT DE G.BESSE P.D.G. DE RENAULT) ET LE 19 MAI 1994, UNE RÉCLUSION CRIMINELLE À PERPET’ AVEC PERIODE DE SURETE DE 18 ANS ( MORT DE R.AUDRAN ING. GÉN. DE L’ARMEMENT, TENTATIVE D’ASSASSINAT SUR BRANA, V.PR. DU C.N.P.F.

DURANT SES 25 ANNÉES D’INCARCÉRATION, JANN-MARC CONNUT 11 ANS DE Q.H.S OU D’ISOLEMENT. EN 2007 IL OBTIENT UN LIBÉRATION DE SEMI-LIBERTÉ EN S’ABSTENANT DE TOUTE INTERVENTION PUBLIQUE. IL SERA ENGAGÉ AUX EDITIONS AGONE LE 17 DECEMBRE. 

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ANTIFA RUSSE, NADA RAPPEUR BEATBOXER 03 03 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 16 h 13 min

 

 

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Rassemblement vendredi 28 février

Solidarité avec les antifascistes russes torturés et emprisonnés !

mercredi 26 février 2020

Dans le cadre de la semaine de solidarité avec les antifascistes et anarchistes russes, le SIPMCS appelle à un rassemblement de soutien près de l’ambassade de Russie vendredi 28 février à 18 heures.

Le 10 février 2020, le tribunal de Penza (Russie) a condamné sept personnes accusées d’avoir organisé le « Réseau », une organisation terroriste anarchiste. Toute cette affaire est basée sur des aveux obtenus sous la torture, ainsi que des armes cachées par la police, et une accusation selon laquelle les accusés « prévoyaient de planifier des actions terroristes pour renverser le gouvernement de Russie ». Pour un « crime » sans victime, n’impliquant aucune action réelle et aucun véritable plan, les peines prononcées par le tribunal sont scandaleusement élevées : jusqu’à dix-huit ans de prison ferme  !

Des scientifiques, des journalistes, des défenseurs des droits humains et d’autres groupes en Russie ont manifesté et demandé que la peine soit abrogée. La solidarité internationale est particulièrement importante en ce moment car le « Network case » n’est pas terminé. À Saint-Pétersbourg, deux autres personnes attendent d’être jugées pour des faits connexes. Les prochaines audiences sont prévues du 25 au 28 février. C’est pourquoi un appel a été lancé par les camarades antifascistes russes afin que des actions aient lieu à cette période, du 22 au 29 février 2020.

Nous ne tolèrerons jamais que des camarades soient torturés et emprisonnés. Un coup contre l’un d’entre nous est un coup contre tous !

Nous exprimons toute notre solidarité aux anarchistes et antifascistes russes et exigeons la libération immédiate de tous les inculpés de l’affaire du « Réseau ». Nous exigeons également la libération des tous les autres prisonniers politiques anarchistes et antifascistes qui subissent la répression et la torture en Russie, notamment Azat Miftahov, Ilia Romanov, Egor Lesnyh, Evgeny Karakashev et Kirill Kuzminkin !

Par ailleurs, nous appelons à la plus grande vigilance et détermination face aux outils de propagande du gouvernement russe que sont les médias de soi-disant « réinformation » tels que Russia Today (RT France, Ruptly) ou Sputnik News. Rappelons-le, ces médias sont directement financés par l’État russe, directement responsable des tortures subies par nos camarades. Ils n’ont rien à faire dans nos luttes.

Pour plus d’informations sur l’affaire Network, les détails de l’aide financière et les adresses des détenus vous pouvez aller sur le site rupression.com

 

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À l’approche des élections présidentielles et de la Coupe du monde de football, les répressions contre les antifascistes et les anarchistes ont commencé en Russie. À l’automne 2017, 6 personnes ont été arrêtées à Penza; plusieurs d’entre eux portaient des armes et des explosifs. Les agents du FSB ont ensuite torturé les antifascistes directement dans le centre de détention: ils ont appliqué des fils nus sur les différentes parties du corps des militants et ont mis l’électricité sous tension, ils les ont battus, les ont pendus à l’envers. Tout en les torturant, les agents ont fait apprendre par cœur aux militants l’histoire dont le FSB avait besoin: ils étaient censés avouer avoir fondé et appartenir à une organisation terroriste appelée « The Network ». Fin janvier 2018, deux autres antifascistes ont été arrêtés à Saint-Pétersbourg. Eux aussi ont été battus, torturés au courant électrique,

PENZA. LES ARRESTATIONS

En octobre et novembre 2017, cinq antifascistes ont été arrêtés à Penza.

C’est probablement le témoignage de Zorin qui a fourni une cause officielle pour ouvrir le dossier

Egor Zorin, un étudiant de l’Université d’État de Penza, n’est jamais rentré chez lui le 18 octobre et ses amis ont commencé à s’inquiéter. Il s’est avéré plus tard que des agents du FSB l’avaient. Apparemment, c’est son témoignage qui a été utilisé comme motif formel pour entamer le cas de «l’organisation terroriste» antifasciste. Il est très probable que Zorin a été brutalement torturé tout comme le reste des détenus. Cependant, il n’a depuis contacté ni ses amis ni ses journalistes. Selon les informations disponibles, Zorin est actuellement assigné à résidence. Tous les autres accusés dans cette affaire sont détenus dans des centres de détention provisoire.

Le 19 octobre, Ilya Shakurskiy, éminente militante locale et camarade de classe de Zorin à l’université, a commencé à le rechercher avec un groupe d’amis. Il n’a trouvé aucune trace de Zorin et est rentré chez lui. Dès qu’il est descendu de son bus, il a été renversé et en quelques secondes, des agents du FSB l’ont poussé dans leur voiture. Ils ont battu Shakurskiy et l’ont tiré par les cheveux pour forcer le mot de passe de son téléphone. Il a fini par leur dire le mot de passe.

20 minutes plus tard, l’antifasciste a été amené dans un bâtiment où d’autres agents du FSB l’attendaient. Ils ont dit à Shakurskiy qu’il était soupçonné d’avoir organisé un groupe terroriste. Lorsque le militant a nié les accusations, il a été frappé à la tête et au dos, menacé de viol et condamné à perpétuité. Tout le temps, il pouvait entendre quelqu’un crier à côté. À un moment donné, un homme masqué est entré avec un foulard sanglant dans les mains. L’un des officiers du FSB a mentionné le nom: «Kuksov».

Vasiliy Kuksov a également été arrêté le 19 octobre, probablement presque en même temps que Shakurskiy. La femme de Kuksov, Elena, est revenue du travail dans une maison vide et a appelé son mari sur son téléphone portable. Elle pouvait entendre la sonnerie mais personne n’a décroché. Après quelques heures, elle a entendu quelqu’un ouvrir la porte avec une clé. Dix agents du FSB se tenaient devant elle. L’un d’eux tenait un Vasiliy battu par le cou. L’antifasciste pouvait à peine se tenir debout, son front et son nez étaient gravement meurtris, son pantalon et sa veste déchirés et sanglants. Les agents du FSB ont rapidement fouillé l’appartement et sont allés fouiller la voiture de Kuksov.

Ils ont dit à Kuksov d’ouvrir la portière de la voiture. Il a tout de suite remarqué que la serrure de la porte de la voiture était cassée et l’a déclaré haut et fort. Lorsque les agents du FSB ont sorti une arme à feu de la voiture, il est devenu clair qui avait cassé la serrure et pourquoi: l’arme avait déjà été plantée par les agents. Après que Kuksov a été emmené, probablement au bureau du FSB, où ils ont commencé à le battre. Ce sont ses cris que Shakurskiy entendit dans la pièce voisine.

Dmitriy Pchelintsev a quitté son domicile pour aller chercher sa grand-mère et a été arrêté le 27 octobre. Quatre agents du FSB l’ont attaqué par sa voiture, l’ont roué de coups, l’ont jeté par terre et ont pris la clé de son appartement.

Ils ont ouvert la porte et sont entrés par effraction dans son appartement. Pendant la recherche, ils ont tout renversé. Ils ont pris des smartphones, tous les appareils de stockage de données, deux fusils de chasse et deux pistolets non mortels. Toutes les armes avaient été officiellement enregistrées par Pchelintsev qui travaillait comme instructeur d’artillerie.

Après la perquisition, les agents se sont rendus à la voiture de Pchelintsev, qui n’avait depuis longtemps aucune alarme d’instruction fonctionnelle, et ont pris deux grenades sous un siège. Cela n’aurait pas été un problème pour eux de planter des grenades dans une voiture non protégée.

Au début, Dmitriy Pchelintsev n’a pas été battu, même s’il a refusé de s’incriminer. Le lendemain, il a été arrêté en tant que membre d’une «organisation terroriste». Le même jour, son épouse Angelina a été appelée au FSB, censément pour assister à l’interrogatoire de son mari. Au bureau, deux officiers l’ont rencontrée, l’un d’eux jouant de manière significative avec un poinçon à la main. Un autre a mentionné qu’ils «devaient tirer sur quelqu’un dans la jambe» pour faire avouer Pchelintsev.

Début novembre 2017, Andrey Chernov a été arrêté à Penza et Arman Sagynbaev à la même époque à Saint-Pétersbourg. Ce dernier a ensuite été amené à Penza. Leurs camarades n’ont pour l’instant aucune information sur les circonstances de leur arrestation. Sagynbaev qui a plusieurs côtes cassées refuse tout contact avec ses camarades, journalistes et militants des droits de l’homme; ayant rencontré Pchelintsev par hasard, il lui a demandé pardon d’avoir incriminé Pchelintsev et d’autres sous la torture. Nous n’avons pratiquement aucune mise à jour sur Chernov.

PENZA. LES TORTURES

Tous les militants arrêtés ont probablement été torturés, mais seuls deux d’entre eux ont jusqu’à présent choisi d’en parler ouvertement et en détail: Ilya Shakurskiy et Dmitriy Pchelintsev. Ce qui leur est arrivé n’est devenu connu qu’en janvier 2018, car avant cela, leurs familles craignaient que la divulgation publique n’aggrave leur situation.

Shakurskiy a expliqué qu’il avait été amené à plusieurs reprises auprès d’agents du FSB qui le battraient, exigeant qu’il signe l’aveu d’appartenance à une «organisation terroriste» constituée par les agents. Non seulement il a entendu Kuksov crier là-bas, mais il a également rencontré son camarade et a vu du sang sur son visage. Shakurskiy a refusé d’avouer ce qu’il n’a jamais fait depuis longtemps. Puis un jour, il a été sorti de sa cellule dans le centre de détention et amené dans la cave.

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 Le procès de sept antifascistes russes accusés d’infractions terroristes s’est terminé aujourd’hui à Penza, dans l’ouest de la Russie.

Dmitry Pchelintsev a reçu 18 ans, Ilya Shakursky 16 ans, Arman Sagynbaev 6 ans, Andrei Chernov 14 ans, Vasily Kuksov 9 ans, Mikhail Kulkov 10 ans et Maxim Ivankin 13 ans d’emprisonnement.

L’affaire Network a commencé en octobre 2017, lorsque le Service fédéral de sécurité russe (FSB) a arrêté six personnes à Penza les accusant de participation à une organisation terroriste «The Network». Deux autres habitants de Penza ont disparu et ont été inscrits sur la liste des personnes recherchées par le FSB. Ils ont ensuite été détenus à Moscou. En janvier 2018, deux autres personnes ont été arrêtées dans la même affaire et, en avril de la même année, des accusations ont été portées contre une autre personne.

Selon l’accusation, la «communauté terroriste anarchiste» a été créée en mai 2015. Après la formation du groupe, les accusés auraient «assigné des rôles entre eux et exploré les moyens de commettre des crimes» afin de renverser le régime russe en «créant des groupes de combat et recruter des individus qui partagent leur idéologie anarchiste. » Ils ont également été accusés d’avoir l’intention d’utiliser des bombes pour déclencher une «déstabilisation du climat politique dans le pays» lors des élections présidentielles russes de mars 2018 et de la Coupe du monde de football organisée dans le pays en juillet de la même année.

T out au long du procès, les accusés deni les accusations et se plaignait de mauvais traitements , y compris la torture par les chocs électriques et les coups au cours de leur détention.

Le verdict du tribunal d’aujourd’hui a été rendu au milieu de protestations à l’extérieur du tribunal. Après l’annonce du verdict, l’audience a répondu par des cris «Honte!» Et « Liberté! ».

Le tribunal a accordé aux sept anarchistes le droit de faire appel.

Que pouvez-vous faire pour soutenir les antifascistes et anarchistes russes qui ont été torturés et emprisonnés?

  • Faites un don à la Croix noire anarchiste via PayPal ( abc-msk@riseup.net ). Assurez-vous de préciser que votre don est réservé à la «Rupression».
  • Passez le mot sur l’affaire du réseau alias l’affaire «terrorisme» Penza-Pétersbourg. Vous pouvez trouver plus d’informations sur l’affaire et des articles détaillés traduits en anglais sur ce site .
  • Organisez des événements de solidarité où vous vivez pour collecter des fonds et faire connaître le sort des antifascistes torturés de Penza et de Pétersbourg.
  • Si vous avez le temps et les moyens de concevoir, produire et vendre des marchandises solidaires, veuillez écrire à  rupression@protonmail.com .
  • Concevez une carte postale de solidarité qui peut être imprimée et utilisée par d’autres pour envoyer des messages de soutien aux détenus. Envoyez vos idées à  rupression@protonmail.com .
  • Écrivez des lettres de soutien aux prisonniers et à leurs proches via rupression@protonmail.com .

 «Après un certain temps, trois hommes masqués sont entrés. Ils m’ont dit de faire face au mur et d’enlever ma veste. Une pensée m’a traversé l’esprit à ce moment: « Ils vont me tuer. » Ils m’ont dit de m’asseoir sur un banc sans lever la tête. Ils m’ont attaché les mains, les yeux bandés et m’ont bâillonné. Je pensais qu’ils allaient me faire toucher quelque chose pour obtenir mes empreintes digitales sur un objet. Mais ensuite ils ont attaché des fils à mes gros orteils. J’ai ressenti la première décharge électrique et je n’ai pas pu m’empêcher de gémir et de trembler. Ils l’ont fait encore et encore jusqu’à ce que je promette de dire ce qu’ils m’ont dit. Depuis lors, j’ai oublié le mot non et j’ai dit tout ce que les agents m’ont dit », a ensuite déclaré Shakurskiy. Il a signé tout ce que les agents du FSB lui ont donné.

Dmitriy Pchelintsev a déclaré que le 28 octobre, immédiatement après la décision du tribunal concernant son arrestation, il avait été conduit dans la cave du centre de détention. Sept officiers masqués du FSB sont entrés après lui et lui ont ordonné de se déshabiller. Ils lui ont attaché les mains, lui ont tapoté les pieds sur un banc et l’ont bâillonné.

Un agent du FSB en gants médicaux blancs a sorti un générateur et l’a posé sur la table. Il a pris un coupe-boîte et a dénudé les deux fils sortant de l’appareil avec des mouvements bien entraînés. Il a dit à Pchelintsev de sortir son gros orteil, y a attaché les fils nus et a tourné la poignée du générateur. Le courant a traversé le corps de Pchelintsev. Il a ressenti une douleur terrible, a commencé à crier, à se battre et à se battre la tête contre le mur. Les agents ont pris la précaution de mettre sa veste entre son corps et le mur pour l’empêcher de se fissurer le crâne. Pendant les tortures, l’un d’eux se tenait à côté de Pchelintsev et regardait son pouls. Ils ont mis 10 secondes pour le soumettre à la première décharge. Pour lui, cela semblait être une éternité.

Après la première décharge, l’un des policiers a déclaré à Pchelintsev qu’il devait oublier les mots «non», «je ne me souviens pas», «je ne sais pas». Après cela, ils l’ont à nouveau bâillonné et l’ont soumis à quatre décharges électriques. La douleur était si terrible que les dents de Pchelintsev se sont effondrées alors qu’il serrait la mâchoire. Le frein de sa langue se déchira, sa bouche était pleine de sang. Les agents l’ont bâillonné avec une chaussette.

«« Quand ils m’ont torturé avec du courant électrique, ma bouche était pleine de dents s’effondre parce que j’avais tellement serré la mâchoire avec la douleur, et le frein de ma langue s’est déchiré, ma bouche s’est remplie de sang, et à un moment donné l’un des tortionnaires mets une chaussette dans ma bouche.Dmitriy Pchelintsev

«Ensuite, j’ai été jeté au sol, et parce qu’un de mes pieds était attaché au pied de banc, je suis tombé, je me suis blessé aux genoux et j’ai saigné abondamment. Ils ont baissé mon pantalon, j’étais allongé avec le ventre sur le sol, ils ont essayé d’appliquer les fils sur mes parties génitales. J’ai crié et leur ai demandé d’arrêter de me faire du mal. Ils répétaient: « Tu es le leader. » Pour leur faire arrêter les tortures, j’ai répondu: « Oui, je suis le chef. »  »Vous planifiez des attaques terroristes. » J’ai dit: « Oui, nous avons planifié des attaques terroristes. » Celui qui avait vérifié le pouls sur mon cou a mis sa cagoule sur moi pour que je ne les voie pas. À un moment donné, je me suis évanoui pendant un certain temps. <…> Après leur départ, un agent de détention est entré et m’a dit de m’habiller, il m’a ramené dans ma cellule », a déclaré Pchelintsev à son avocat.

 DÉCLARATION COLLECTIVE DE RUPRESSION CONCERNANT L’ARTICLE «QUATRE SONT ALLÉS DANS LA FORÊT ET SEULS DEUX SONT SORTIS» (SUR «L’ENQUÊTE» SUR LE LIEN ENTRE L’AFFAIRE «RÉSEAU» ET LA DISPARITION ET LA MORT DE DEUX JEUNES DANS L’OBLAST DE RIAZAN)

Meduza présente une version selon laquelle Maxim Ivankin, un accusé dans l’affaire «Network», à la vue d’Alexei Poltavets, a participé au meurtre de leurs connaissances, Artem Dorofeev et Ekaterina Levchenko (le degré d’implication de Poltavets dans le meurtre est non précisé). Selon la version de Meduza, le meurtre a été commis sous la direction de Dmitriy Pchelintsev.

Nous pensons que l’enquête journalistique approfondie n’a pas eu lieu. L’article publié ressemble à une compilation brute d’opinions. Cependant, tout cela n’invalide pas notre devoir de réponse. Premièrement, nous voulons exprimer notre attitude envers l’article de Meduza et, deuxièmement, expliquer pourquoi nous nous sommes tus auparavant.

Le collectif Rupression soutient les accusés du «Réseau» depuis plus de deux ans. Au printemps 2019, nous avons appris que Maxim Ivankin avait été interrogé au centre de détention provisoire de Penza par un enquêteur du comité d’enquête de l’oblast de Riazan. Il a été interrogé au sujet de la découverte du corps de la connaissance d’Ivankin Artem Dorofeev et de la disparition d’Ekaterina Levchenko. Après l’interrogatoire, l’avocat a affirmé que l’enquêteur n’avait aucune preuve du lien entre Ivankin et le meurtre d’Artem. Ivankin a fait une déclaration se dissociant du meurtre. Nous avons commencé à collecter des informations sur les événements qui ont eu lieu avant la disparition d’Artem et d’Ekaterina, et nous nous sommes retrouvés avec une version d’événements similaire à celle de Meduza. Cependant, il nous manquait une image définitive et prouvable.

Il était très difficile de communiquer avec la plupart des gens qui savaient potentiellement ce qui s’était exactement passé. Pendant tout ce temps, ils étaient soit dans un centre de détention provisoire, soit dans d’autres pays. Différentes personnes communiquaient avec Poltavets et obtenaient des versions différentes de ce qui s’est passé, aucune de ces informations n’a pu être vérifiée. À la fin, nous avons décidé de ne pas rendre ces informations publiques. En effet, l’accusation de meurtre est un grave sujet de préoccupation et, en même temps, nous n’avons pu faire aucune déclaration définitive. Très probablement, les journalistes qui étaient au courant des soupçons auparavant, mais qui n’ont pas publié le matériel, étaient à peu près sur la même page que nous.

Le collectif RUPRESSION a été choqué lorsque le soupçon de relation avec le meurtre a émergé. Pourtant, nous continuons à soutenir les accusés. Cela est dû à l’absence d’informations vérifiables concernant le lien avec le meurtre pour certains des accusés (qui est toujours d’actualité) et à notre confiance dans la non-implication des autres accusés. Nous sympathisons sincèrement avec les amis et la famille d’Ekaterina Levchenko et Artem Dorofeev.

Nous fondons nos actions sur la présomption de confiance envers les accusés. Nous percevons quiconque innocent des preuves contre qui nous n’avons pas. Quant à ces accusés, contre qui nous détenons de telles informations, les preuves ne suffisent qu’à douter de leur innocence. Tous les accusés basés à Saint-Pétersbourg – Filinkov, Boyarshinov, Shishkin et Shakurskiy et Kuksov de Penza – ne sont certainement pas liés aux événements décrits dans l’article de Meduza . Nous ne savons rien de Tchernov, Koulkov et Sagynbaev, qu’ils soient au courant des événements ou non. Ivankin et Pchelintsev font face à des allégations non résolues d’être liées au meurtre.

Nous pensons qu’il est nécessaire de mener une enquête efficace sur le meurtre d’Artem Dorofeev et sur la disparition d’Ekaterina Levchenko. La raison qui a réuni les membres du collectif RUPRESSION est toujours d’actualité: nous pensons que les poursuites contre les accusés du «Réseau» et leurs verdicts sont injustes. Nous exigeons l’acquittement complet des accusés sur les allégations de création et de participation à un groupe terroriste.


Il est à noter que l’article de Meduza a été publié entre les procès de Penza et de Saint-Pétersbourg, et au plus fort des actions de solidarité. Cela est devenu un choc pour les amis et les familles de tous les accusés sauf un. Pour eux, nous exprimons notre sympathie et notre soutien, quelle que soit la vérité qui sera découverte. Enfin, nous demandons aux médias d’avoir une main légère dans leur traitement.

Le lendemain, pour arrêter les tortures, Pchelintsev a brisé le réservoir des toilettes et s’est coupé au niveau des plis du coude et du cou. Les gardiens «attentionnés» lui ont donné les premiers soins.

Pchelintsev a été torturé au centre de détention pendant plus d’un mois et parfois il entendait Arman Sagynbaev crier. Les cris lui ont fait comprendre que Sagynbaev était également torturé. Pchelintsev était toujours soumis au courant électrique, parfois pendu à l’envers ou recevait des injections et des pilules inconnues. Il a écrit à sa femme Angelina que c’était «pire que la mort». Pchelintsev et son avocat ont parlé des tortures aux journalistes et déposé une demande auprès de la commission d’enquête. Quelques jours plus tard, les agents du FSB ont de nouveau torturé Pchelintsev et l’ont forcé à revenir sur ses paroles.

LES ACCUSATIONS DU FSB CONTRE LES ANTIFASCISTES

En raison de ces méthodes, cinq des six militants arrêtés à Penza ont plaidé coupable. Kuksov est le seul qui refuse apparemment de témoigner.

 

Il semble que le FSB ait fondé une affaire d ‘«organisation terroriste» contre les militants parce que tous jouaient à l’airsoft. Ils se sont entraînés ensemble dans les bois, ont appris à prodiguer les premiers soins et à survivre dans la nature. Cependant, tous les arrêtés n’étaient pas réellement des amis (Pchelintsev et Shakurskiy, par exemple, avaient longtemps eu un conflit personnel) et ils ont même joué dans différentes équipes d’airsoft: l’une d’entre elles s’appelait Sunrise (Voskhod), l’autre 5.11 (après un marque de vêtements de sport en plein air populaire). Dans la version FSB, les noms des équipes se sont transformés en noms de code pour les «cellules» d’une supposée «organisation terroriste» nommée «The Network». Selon le FSB, il avait également des cellules à Moscou, à Saint-Pétersbourg et au Bélarus.

Le FSB affirme que les antifascistes se sont entraînés à organiser des explosions lors des élections présidentielles russes et de la Coupe du monde de football, afin de déstabiliser la situation dans le pays et de «troubler les masses». Leurs cibles étaient censées être les quartiers des partis de Russie unie, les bureaux de poste et les responsables de l’application des lois. Tous les arrêtés ont ensuite été accusés conformément à l’art. 205.4 Partie 2 du Code pénal russe (participation à une organisation terroriste).

SAINT-PÉTERSBOURG. LES ARRESTATIONS ET LES TORTURES

Sagynbaev, arrêté à Saint-Pétersbourg, y connaissait plusieurs militants. Sous la torture à Penza, il a probablement été contraint d’incriminer ses camarades de Pétersbourg. Igor Shishkin et Viktor Filinkov devaient figurer parmi les noms qu’il avait nommés. C’est ainsi que deux autres «terroristes» ont été ajoutés à l’affaire «Réseau».

Tard le 23 janvier 2018, l’antifasciste Viktor Filinkov attendait son vol à l’aéroport de Saint-Pétersbourg: il se rendait à Kiev pour voir sa femme. Juste avant le décollage, il a été abordé par six officiers du FSB. Il a été menotté et amené à un examen médical pour une raison quelconque – probablement une procédure de routine du FSB avant les tortures.

Après l’examen, l’antifasciste a été remis dans la fourgonnette où ils ont immédiatement commencé à le battre avec leurs mains. Bientôt, il sentit une décharge électrique. Son corps s’arqua involontairement, il poussa un cri de douleur insupportable. Il était blessé avec un Taser. Ce premier choc électrique a été suivi de nouvelles décharges dans ses menottes, l’arrière de sa tête, son dos, puis sa jambe et ses menottes à nouveau, à l’aine. Filinkov a crié et a été bâillonné.

Après dix minutes de torture, il gémit: « Dis-moi quoi dire, je vais tout dire! » Mais les tortures n’ont pas cessé. Bientôt lorsque Filinkov fut prêt à accepter quoi que ce soit, les officiers du FSB lui firent apprendre par cœur un témoignage affirmant qu’il était membre du «Réseau» «organisation terroriste».

Ensuite, ils ont essuyé le sang de son visage avec son chapeau et ont amené Filinkov pour une perquisition chez lui, puis au bureau FSB de Saint-Pétersbourg. Là, il a raconté à l’enquêteur les phrases exactes de confession qu’il avait apprises sous la torture.

Le 25 janvier, il a été arrêté devant un tribunal et envoyé dans un centre de détention. Dès qu’il a été visité par des militants des droits de l’homme et un avocat, Filinkov est revenu sur son témoignage et leur a parlé des tortures. Il a montré aux militants les nombreuses traces laissées par le Taser sur tout son corps.

 

Le 26 janvier, trois jours après la détention de Filinkov, l’antifasciste Igor Shishkin a disparu à Saint-Pétersbourg: des agents du FSB l’ont emmené alors qu’il promenait son chien. Sa famille n’a pas pu le trouver pendant deux jours. Le FSB a prétendu ne rien savoir de Shishkin – en fait, il a été torturé par des agents spéciaux pendant tout ce temps.

 Le tribunal a arrêté Shishkin le 28 janvier, il avait l’air gravement blessé à l’audience et les agents du FSB se sont couverts le visage d’un foulard et d’une capuche. Lui aussi a signé une déclaration confessionnelle.

Les médecins ont diagnostiqué à Shishkin une fracture du plancher orbital, de multiples ecchymoses et des écorchures. Des militants des droits humains ont également trouvé des brûlures au pistolet au dos de la cuisse, sur le dos et les bras. Cependant, il ne leur a rien dit sur les tortures. Selon eux, il était très modéré. Avant cela, il a été contraint de signer un document dans le FSB indiquant qu’il avait subi toutes ces blessures pendant l’entraînement. Dix jours après avoir été détenu et torturé, Shishkin a officiellement déclaré qu’il était prêt à coopérer à l’enquête.

Tard le 25 janvier, des agents du FSB ont arrêté Ilya Kapustin, un grimpeur industriel. Ils l’ont torturé avec un Taser dans une voiture pendant plusieurs heures et ont exigé qu’il leur dise tout sur les antifascistes qu’il connaissait. Ils ont menacé Kapustin de l’emmener dans les bois et de lui casser les jambes mais ils l’ont finalement laissé partir après avoir fouillé sa maison.

SOLIDARITÉ.  »LE FSB EST LE TERRORISTE »

Huit des neuf accusés dans l’affaire pénale contre les antifascistes sont actuellement arrêtés dans des centres de détention où ils sont toujours en danger.

Les répressions contre les antifascistes ne sont devenues publiques que fin janvier, lorsque Viktor Filinkov a signalé les tortures. Bientôt Ilya Shakurskiy et Dmitriy Pchelintsev ont rapporté la même chose. La commission d’enquête a finalement ouvert une enquête – pour le moment uniquement sur la plainte de Filinkov. On ignore encore si cette enquête apportera des résultats.

Des actions de solidarité avec les antifascistes et anarchistes arrêtés ont commencé à travers la Russie ainsi que dans de nombreux autres pays sous le slogan principal: «Le FSB est le terroriste».

 

Le 4 juillet, deux autres personnes ont été arrêtées à Moscou – Mikhail Kulkov et Maxim Ivankin. Le lendemain, le tribunal de district de Leninskiy de Penza les arrêta jusqu’au 18 septembre. En plus d’avoir organisé une association terroriste, ils ont été inculpés de préparation à la fabrication ou à la vente de drogues en grande quantité (Code pénal de la Fédération de Russie art. Fédération)

 

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Création d’une section Anarchist Black Cross pour l’Île-de-France

Publié le 18 juin 2019

Nous annonçons la création d’une section francilienne du réseau international Anarchist Black Cross, ensemble de collectifs anarchistes en lutte contre la prison, la répression et les oppressions. Toutes les informations (événements, contact, documentation, etc.) sur notre blog https://parisabc.noblogs.org

Qu’est-ce que l’Anarchist Black Cross ?

L’ABC est un réseau international de collectifs engagés dans la lutte anticarcérale et plus largement dans l’antirépression. L’ABC a été créée en Russie dans le contexte de la révolution de 1905 afin d’organiser l’aide aux prisonnier.es politiques et l’autodéfense contre les raids politiques militaires. Il existe aujourd’hui un grand nombre de collectifs ABC autonomes réunis dans un réseau international informel. Chaque collectif agit selon le contexte local et ses possibilités : lutte contre l’isolement des personnes incarcérées, informations, rencontres et débats, actions revendicatives, etc.

À propos de l’ABC-IDF

Nous donnons ci-dessous un aperçu (non exhaustif) des activités que nous souhaitons développer. Certaines de ces activités ont déjà démarré.

Lutte anticarcérale et défense juridique

L’ABC-IDF apportera son soutien aux personnes incarcérées selon différentes modalités, notamment via l’organisation régulière d’ateliers d’écriture aux détenu·e·s. L’ABC-IDF souhaite également assurer une activité d’information, de formation collective et de soutien juridique. Nous souhaitons questionner et développer des modalités de défense minorées (p. ex., refus de plaider). Nous sommes également sensibles au refus de se soumettre à une décision de justice.

Autodéfense numérique

L’ABC-IDF organisera régulièrement des ateliers d’autodéfense numérique : usage des ordinateurs et des téléphones, sécurité hors ligne et en ligne (théorie, installation et pratique).

Soutien psychologique

L’ABC-IDF proposera un soutien psychologique aux personnes réprimées ainsi qu’à leurs proches. La démarche est solidaire et politique : l’objectif est de diminuer l’impact psychologique de la répression, de favoriser la récupération psychologique, et ainsi la poursuite du combat politique.

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus sur nous, vous pouvez consulter notre blog : https://parisabc.noblogs.org/presentation/
Psst ! Il vaut mieux utiliser le navigateur Tor pour consulter notre blog…

Sur ce blog vous trouverez les informations nécessaires pour nous contacter, les ateliers à venir, des adresses de détenu·e·s, etc. Nous sommes encore en train de construire et d’alimenter notre blog, alors n’hésitez pas à le consulter régulièrement ou même à nous contacter directement selon les modalités expliquées dans l’onglet « Contact ».

Bisous noirs (si consentis) !

 

PROCHAINS ÉVÈNEMENTS:

  • MON

02

MAR

2020

SUN

08

MAR

2020

Semaine anticarcérale – Anarchist Bure Cross

10hAncienne gare de Luméville (près de Bure)

  • SUN

15

MAR

2020

Atelier d’autodéfense numérique (sécurité en ligne)

13hCentre social autogéré – Parole errante (Montreuil)

 

antifa

 

 

NADA RAPPEUR ET BEATBOXER.

Nada / Rappeur. Il a sortie en 2014 un E.P s’intitulant « Désillusion », un autre en 2016 au sein du groupe Brava s’intitulant « Gaïa Akbar » puis de nouveau un solo s’intitulant « Oméga » en 2020.

 

 

 

4 mai 2020

L’EMISSION DU CSPB 25 02 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 19 h 58 min

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L’ACTU EN EUSKAL HERRIA AVEC MAITE, LOREA ET YOANN MEMBRE DU COMITÉ.

NOUS AVONS ABORDE AU COURS DE L’EMISSION L’INCENDIE QUI A EU LIEU DANS UNE DÉCHARGE EN BISCAYE, LA GRÉVE OFFENSIVE SUR LES PENSIONS DE RETRAITES AVEC  LE SYNDICAT L.A.B, 8 MARS JOURNÉE INTERNATIONALE DU DROIT DES FEMMES, LES JEUNES D’ALTSASU ET DAVID PLA VISE PAR UN MAE,

 Désastre environnemental après l’incendie et l’effondrement d’une décharge au Pays basque espagnol

C’est devenu bien plus qu’un simple incendie dans une décharge. L’effondrement de milliers de tonnes de déchets de la décharge de Zaldibar au Pays Basque espagnol a déclenché une catastrophe environnementale et une crise politique.

Tout a commencé le 5 février, lorsque la décharge a glissé sur le flanc de la colline. 

Plus d’un demi-million de mètres cubes de déchets industriels, dont de l’amiante, se sont alors déversés sur 30 mètres de large dans la vallée qui surplombe l’autoroute A8 reliant Bilbao aux Pyrénées.

Deux travailleurs ont été coincés sous l’énorme montagne de débris et des recherches sont toujours en cours pour tenter de les retrouver.

Les autorités basques ont recommandé aux habitants de la zone de garder leurs fenêtres fermées et de ne pas faire d’exercice en plein air pendant l’incendie, qui a été maîtrisé depuis.

Des travaux doivent être menés pour éviter que l’autoroute A8 soit de nouveau coupée. Mais d’autres glissements de terrains sont à craindre. 

Inquiétude et colère ont donc gagné la population :

« Nous avons des démangeaisons dans la gorge et il y a une odeur que nous ne pouvons pas supporter. Un jour, nous avons dû partir parce que nous ne pouvions plus le supporter. »

Le président basque Inaki Urkullu a présenté ses excuses pour la gestion de cette crise tout en blâmant l’entreprise responsable de la décharge, Verter Recycling 2002 contre qui une procédure judiciaire a été lancée. Lors des élections basques d’avril prochain, les électeurs donneront leur verdict.

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Grève générale pour l’emploi et les retraites au Pays basque espagnol

Par Alejandro López
4 février 2020

Des grèves et des manifestations éclatent dans toute l’Espagne, démasquant rapidement le peu qui reste des prétentions «de gauche» du nouveau gouvernement du Parti socialiste (PSOE) et Podemos.

Au Pays basque (Euskadi) et dans la région basquophone de Navarre, des dizaines de milliers de manifestants et de grévistes se sont joints à une journée de grève générale appelée par les syndicats nationalistes basques sous le slogan «Emplois, retraites et vie décente». Outre les demandes visant à lier les retraites à l’inflation et à augmenter les pensions de l’État, des revendications plus larges de la classe ouvrière ont été formulées. Parmi celles-ci figurent «la fin de la précarité», un salaire minimum de 1200 euros, une semaine de travail de 35 heures et «un système de services sociaux public, universel et gratuit».

Le jeudi matin, les rues, les lieux de travail et les écoles du Pays Basque ont été désertés, des centaines de milliers de personnes ayant rejoint la grève. Les principales usines de la région – celles du constructeur automobile Volkswagen, du constructeur de chemins de fer et d’autobus CAF, et des aciéries Sidenor et Arcelor Mittal – ont été fermées, ainsi que des bars, des restaurants et des petites entreprises. Dans le secteur public, le soutien a été écrasant, les conseils municipaux, les hôpitaux, les écoles et les universités ayant également fermé leurs portes.

Des piquets ont bloqué les routes principales et les principales villes de la région ont connu des manifestations de masse: 50.000 personnes ont défilé à Bilbao (350.000 habitants), 35.000 à Saint-Sébastien (185.000 habitants), 35.000 à Pampelune et 25.000 à Vitoria-Gasteiz.

Fait remarquable, les grévistes se sont associés aux travailleurs de l’autre côté de la frontière en France pour bloquer la gare centrale d’Hendaye, desservie par les TGV français et les services locaux TER, ainsi que les services Arco exploités par les compagnies ferroviaires espagnoles RENFE et EuskoTren.

La police du gouvernement PSOE-Podemos a arrêté 10 manifestants au Pays Basque pour diverses raisons, notamment pour avoir dessiné des graffitis et endommagé des caméras de sécurité.

Les principaux syndicats espagnols, l’Union générale du travail (UGT), un syndicat social-démocrate, et les Commissions ouvrières (CCOO) staliniennes se sont opposés à la grève. Ils l’ont déclarée «non conforme» au soutien du gouvernement PSOE-Podemos.

Il est essentiel que les travailleurs retirent la grève des mains des syndicats, forment leurs propres comités d’action indépendants et lancent un appel au soutien de la classe ouvrière dans toute l’Espagne contre ce gouvernement réactionnaire. Podemos a commencé à soutenir le gouvernement régional du Parti nationaliste basque (PNV) après que le PNV eut soutenu l’installation du gouvernement national du PSOE-Podemos à Madrid. Avant la grève, dans une tentative de la briser, Podemos avait soutenu les exigences du PNV en matière de «service minimum», selon lesquelles

30 % des services publics étaient obligés de fonctionner.

Cette grève fait partie d’une recrudescence mondiale de la lutte des classes, alors que les travailleurs de toute la planète se rebellent contre les niveaux obscènes d’inégalités sociales produits par le capitalisme. Des grèves ont éclaté dans les industries automobiles américaine et mexicaine, dans les plantations de thé du Sri Lanka et contre les réductions des retraites du président français Emmanuel Macron. Dans tous ces cas, les travailleurs ont été en opposition directe avec les syndicats. La voie à suivre est une lutte internationale pour transférer le pouvoir de l’État à la classe ouvrière.

Podemos a lancé des attaques à peine voilées contre la grève pour avoir prétendument perturbé l’unité nationale. Son compte Twitter au Pays Basque a déclaré: «Nous respectons l’appel du 30 janvier. Mais nous constatons que la grève a perdu son caractère de revendication ouvrière et a acquis une nature sociale et politique, d’où le fait que l’unité sociale et syndicale n’a pas été réalisée.» Lander Martínez, le chef du parti dans la région, a déclaré sans ambages: «La grève ne donne pas confiance à un gouvernement nouvellement installé», c’est-à-dire le gouvernement pro-austérité du PSOE-Podemos.

Craignant une opposition ouvrière croissante, la faction pabliste Anticapitalistas de Podemos, dirigée par Teresa Rodríguez, a déclaré: «Nous ne pouvons pas dire en Euskadi que nous ne devons pas faire une grève générale, car nous faisons partie du gouvernement.»

Les syndicats espagnols, basques et français jouent tous un rôle réactionnaire. Ils cherchent tous à diviser le mouvement ouvrier contre le chômage, les faibles retraites et la baisse du niveau de vie selon des critères nationaux et à le subordonner à des partis anti-travailleurs comme Podemos.

Les syndicats CCOO, UGT et la Confédération générale du travail (CGT) d’Espagne se sont opposés à la grève basque, affirmant qu’elle avait une dimension «nationaliste». Il s’agit d’une fraude politique cynique. Le soutien des syndicats basques à la bourgeoisie régionale basque et à ses appels à un État capitaliste séparé est nationaliste et réactionnaire, mais les appels de CCOO, UGT et CGT à défendre le gouvernement espagnol contre les travailleurs le sont également. Leurs critiques des syndicats basques visent simplement à donner une couverture «de gauche» à leur hostilité à la grève.

En France, pendant ce temps, la CGT française est profondément engagée en pourparlers avec le président Emmanuel Macron pour financer les réductions des retraites largement détestées, alors même que des centaines de milliers de travailleurs et de jeunes manifestent en signe de protestation.

La CGT vise à étouffer une colère explosive contre Macron, même après que les travailleurs des chemins de fer et des transports en commun, privés de leurs indemnités de grève, aient été contraints de reprendre le travail il y a deux semaines, mettant fin à une grève de six semaines.

Une éruption beaucoup plus large d’opposition à l’Union européenne et au gouvernement PSOE-Podemos est en préparation. Au milieu des grèves de défense des retraites de la semaine dernière, une manifestation de trois jours s’est déroulée dans le secteur agricole espagnol, intitulée «Pour défendre leur avenir.» Les agriculteurs protestent contre les faibles bénéfices, les restrictions commerciales liées au Brexit, les droits de douane du président américain Donald Trump, les sanctions de l’UE contre la Russie et les réductions attendues des subventions de la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne.

La répression policière des manifestations d’agriculteurs par le gouvernement PSOE-Podemos a fait des dizaines de blessés. Une puanteur d’hypocrisie entoure les tentatives de Podemos de dissimuler son rôle dans la répression étatique des protestations de masse contre ses politiques de droite.

La ministre de l’égalité, Irene Montero (Podemos), a versé des larmes sur la «situation difficile» des agriculteurs et a fait l’éloge du droit de manifester: «J’ai déjà défendu ce droit auparavant et je le défendrai encore plus maintenant.» Au même moment, le chef du gouvernement dans lequel elle siège, le Premier ministre Pedro Sánchez, autorisait la police à tirer des balles en caoutchouc sur les agriculteurs qui manifestaient.

Alors que le PSOE et Podemos répriment les travailleurs et les agriculteurs qui luttent contre leur programme d’austérité, ils répètent le vieux mensonge utilisé contre les manifestations des «Gilets jaunes» français selon lequel les grèves ou manifestations contre un gouvernement social-démocrate seraient fascistes.

L’un des principaux défenseurs de Podemos, le journaliste Antonio Maestre, a écrit dans une chronique d‘eldiario.org intitulée «La base rurale du fascisme», que «la stratégie de l’extrême droite dans les manifestations des agriculteurs ne peut être ignorée.» Rappelant que les propriétaires terriens des XIXe et XXe siècles ont mobilisé les petits agriculteurs contre leurs propres intérêts, il écrit: «Nous devons enfin rompre cette unité d’action réactionnaire» entre l’oligarchie et «les intérêts des journaliers et des petits exploitants.» Il a appelé à «isoler les « paysans de salon » qui reçoivent des millions d’euros de subventions de la PAC et utilisent les campagnes et leur souffrance pour briser le progrès social.»

C’est un mensonge politique. Tout d’abord, la chronique de Maestre ne donne aucune preuve que les partis d’extrême droite mènent les manifestations des agriculteurs; les dirigeants de Podemos, en revanche, sont vus en vidéo en train de discuter et de rire avec les membres fascistes du parti Vox au Parlement. Deuxièmement, s’il y a un danger que Vox établisse une base parmi les travailleurs ruraux, c’est parce que Podemos et ses alliés ont travaillé pendant de nombreuses années pour réprimer l’opposition de gauche au PSOE. Ils s’efforcent à nouveau de stimuler Vox, en menant des politiques anti-ouvrières tout en dénonçant toute opposition comme fasciste.
La lutte des classes nécéssite une rupture sans compromis avec Podemos. Il est essentiel d’amener des couches plus larges de la classe ouvrière à lutter contre le gouvernement PSOE-Podemos en Espagne, et d’unifier les luttes en Espagne, en France et dans toute l’Europe contre l’UE. Contre le poison nationaliste et le militarisme de la classe dominante, la question décisive est de forger l’unité internationale de la classe ouvrière dans la lutte révolutionnaire.

feministes

Journée internationale des femmes 2020

Les villes, grandes et petites, en faveur des droits des femmes.

09-03-2020    Journée mondiale
 

Cette année marque le 25ème anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, qui a impliqué l’engagement de 189 pays à l’adoption des mesures stratégiques pour privilégier les droits des femmes et leur responsabilité. Ce programme visionnaire a établi comment éliminer les obstacles systémiques qui empêchent les femmes de participer de manière égale dans tous les domaines de la vie, que ce soit dans la sphère publique ou privée. Les pays se sont engagés à prendre des mesures stratégiques et a en rendre compte périodiquement dans 12 domaines critiques : la pauvreté, l’éducation et la formation, la santé, la violence, les conflits armés, l’économie, le pouvoir et la prise de décisions, les mécanismes institutionnels, les droits humains, les médias, l’environnement et les jeunes filles.

Les efforts déployés par le programme d’action de Beijing ont été soutenus par l’Agenda 2030 du développement durable. L’accomplissement des 17 objectifs de développement durable (ODD), un horizon de bien-être collectif, devient impossible sans l’égalité effective des femmes et leur pleine participation dans la vie publique.

Bien que le Programme d’action de Beijing et l’Agenda 2030 soient des instruments ratifiés par les pays, les gouvernements locaux ont montré leur engagement face aux défis qu’ils posent. Ainsi, il existe de nombreuses initiatives que les villes, grandes et petites, mettent en place pour contribuer à la construction de sociétés dans lesquelles les femmes exercent pleinement leurs droits économiques, politiques, sociaux et culturels.

Des initiatives qui favorisent l’élimination des barrières pour que les femmes aient des rôles directifs, des mesures de soutien à la participation des femmes à la vie économique locale ou des programmes éducatifs que promeuvent l’égalité des sexes parmi les jeux d’enfants… les actions locales mises en œuvre par les villes contribuent à la construction d’une société mondiale plus égalitaire.

Pour célébrer les efforts déployés par les Villes Éducatrices en faveur des droits des femmes, à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme, nous vous invitons à consulter les initiatives suivantes dans la Banque d’expériences de l’AIVE:

  • Participation à la vie économique
  • Accès à l’éducation
  • Éducation à l’égalité
  • Les femmes et la participation politique et sociale
  • Protection contre la violence
    • Réseaux de femmes sans violence” León (Mexique)
    • Programme intégral de Prévention des Mutilations Génitales Féminines” Bilbao (Espagne)
    • Motivations et résumé:
      L’Organisation Mondiale de la Santé définit les Mutilations Génitales Féminines (dès lors MGF) comme « toutes les procédures qui, de manière délibérée et pour des motifs autres que thérapeutiques, altèrent ou meurtrissent les organes génitaux féminins ». Il s’agit d’une pratique préjudiciable, reconnue internationalement comme une grave violation des droits humains des filles et des femmes, et d’une manifestation extrême de violence dont l’origine se trouve dans les inégalités et les discriminations sexistes. Les MGF sont encore profondément ancrées dans un total de 29 pays, la majorité en Afrique, mais également dans certaines régions du Moyen-Orient, de l’Asie et de l’Amérique Latine. Les migrations supposent, dans les pays d’accueil, une opportunité pour l’articulation de programmes qui éradiquent cette tradition.

      En 2008, la Mairie de Bilbao a commencé à travailler sur la prévention communautaire avec des immigrantes dans le cadre du programme Femme, Santé et Violence. En 2011, quelques cas de femmes mutilées ont été détectés. Le Programme intégral de Prévention des Mutilations Génitales Féminines naît de ce constat, dans le but de prendre en charge et d’accompagner les victimes, ainsi que d’empêcher cette pratique sur leurs filles exposées à de possibles voyages à leur pays d’origine.

      Il s’agit d’une stratégie d’intervention préventive et d’émancipation des femmes affectées qui répond à une triple approche: de droits humains, de perspective de genre et de protection à l’enfance. Des professionnels de différents milieux (santé, éducation, services sociaux, égalité et prévention communautaire), des entités d’immigrants et/ou des entités travaillant avec la population immigrante provenant de pays où les MGF prévalent encore, participent à la création et à la mise en œuvre de cette stratégie. La Mairie en a assumé dès le début la direction pour convenir avec toutes les parties des règles d’articulation coordonnée, et pour faciliter la spécialisation des professionnels et professionnelles de Bilbao responsables d’aborder cette problématique.

      Le Programme encourage la formation d’Agents de Santé et de Prévention des MGF, intégré par des femmes et des hommes africains de Bilbao agissant sur leurs cercles les plus proches pour éradiquer la pratique des MGF. La Mairie veut toucher toutes les communautés exposées à ce risque pour sensibiliser et provoquer chez leurs intégrants un changement de mentalité sur les MGF, avec une perspective de genre qui respecte la diversité culturelle.

       

      Objectifs:
      – La prévention intégrale et l’éradication des MGF.
      – La lutte contre les violences faites aux femmes.
      – L’atténuation de la brèche d’inégalité des femmes immigrantes.
      – L’autonomisation de femmes et d’hommes immigrants de Bilbao pour favoriser l’intégration sociale.
      – La détection, la prise en charge et la dérivation des victimes et de leurs familles.

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  • Samedi 23 mars 2019, le village d’Altsasu au Pays-Basque a vécu une journée historique riche en émotions. Plus de 60 000 personnes sont descendues dans ce village de 7 500 habitants pour dénoncer la condamnation des jeunes d’Altsasu à des peines de prison allant de 6 à 13 ans, pour cause d’affrontements avec la police espagnole dans un café.
  •  
  • C’était un rassemblement très spécial. Des peines disproportionnées ont brisé la vie de huit familles d’Altsasu qui a franchi toutes les frontières. Depuis samedi, le village était rempli de Catalans affichant des symboles jaunes et portant des drapeaux pro-indépendantistes. Certains ont arboré la casquette typique Catalan, « Barretina ». Il y avait également des bus en provenance de Madrid, Saragosse et Asturies.
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  • Altsasu a su donner une autre leçon sur la dignité et sur la solidarité vis-à-vis du comportement, la brutalité et l’injustice dont souffrent ces huit familles depuis plus de deux ans. L’implication des habitants était incroyable. Ils ont ouvert les portes de leurs maisons pour accueillir les personnes arrivées d’autres endroits du pays en signe de solidarité.
  • Maintenant, il est temps de continuer à travailler pour le retour de ces huit jeunes à Altsasu, un village qu’ils n’auraient jamais dû quitter dans de telles circonstances, et qui attend leur retour chez eux pour y être accueillis chaleureusement.
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  • Sur le lien ci-dessous, vous pouvez visionner une vidéo de la manifestation.
  • https://www.naiz.eus/eu/mediateca/video/altsasu-se-colapsa-por-la-libertad-de-los-jovenes-encarcelados
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  • Sur le lien ci-dessous, vous pouvez visionner quelques photos de la manifestation.
  • https://www.naiz.eus/eu/mediateca/image_gallery/altsasu-se-colapsa-de-manifestantes-y-de-solidaridad

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Arrestation de David Pla

L’ancien militant d’ETA, David Pla, a été interpellé alors qu’il se rendait au commissariat pour signer, comme le prévoit son contrôle judiciaire. Il devrait être envoyé à Madrid dans les heures à venir.

GOIZEDER TABERNA|13/02/2020|0 COMMENTAIRES 
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David Pla avait reçu le soutien du conseil municipal d’Hendaye. © Bob EDME

Interlocuteur d’ETA pour la résolution du conflit, David Pla a été arrêté ce jeudi 13 février à Hendaye, sous le coup d’un mandat d’arrêt européen. L’interpellation a eu lieu alors qu’il se rendait au commissariat pour signer, comme le prévoit le contrôle judiciaire prononcé par la cour d’appel de Paris, puis la cour de cassation en décembre dernier.

Une dizaine d’agents de police cagoulés ont procédé à son arrestation vers 9h15, d’après la personne qui l’accompagnait. Ils l’ont directement conduit dans les locaux de la police judiciaire de Bayonne. Il semblerait qu’il sera remis aux autorités judiciaires de Madrid aujourd’hui ou demain, d’après ses proches.

Un rassemblement a été organisé en soutien de cet acteur de la fin de la lutte armée et contre le mandat d’arrêt européen, ce jeudi à 19 heures, devant l’hôtel de ville d’Hendaye. Le mouvement abertzale EH Bai a relayé l’appel dénonçant une arrestation qui relèverait d’une décision politique et non juridique. « La Police française elle-même avait confirmé que David Pla n’a pas participé à la réunion pour laquelle il est inquiété. De plus, dans la mesure où les faits reprochés ont eu lieu sur le territoire français l’Espagne n’a pas à prendre la main sur cette affaire », a regretté une nouvelle fois le mouvement.

Kotte Ecenarro a également regretté

Dans son communiqué, EH Bai déplore le manque de volonté des Etats français et espagnol de s’impliquer dans la construction d’une paix durable au Pays Basque. « Les décisions politico-juridiques prises récemment par le procureur et la cour d’appel concernant Jakes, Xistor, Lorentxa et Ibon Fernandez Iradi en sont l’exemple même et sont inacceptables », affirme le texte.

Le maire d’Hendaye Kotte Ecenarro a également regretté l’absence de changements dans la résolution du conflit. Il considère que l’arrestation de David Pla est « incompréhensible et injustifié ». Il a appelé à participer au rassemblement de ce soir, rappelant que son conseil municipal avait voté à l’unanimité une motion pour que David Pla reste auprès de sa famille, à Hendaye.

Le mouvement citoyen Bake Bidea s’est également ajouté à la liste des entités relayant l’appel à la mobilisation. « Nous rappelons aux autorités politiques que nous étions 10 000 personnes, élus de tous bords, représentants d’organisations, à rappeler au président de la République Emmanuel Macron, qu’il ne faut pas faire bégayer l’Histoire et lui exiger que ces paroles se traduisent en actes », affirme le communiqué.

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L’EMISSION DU CSPB 11 02 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 16 h 15 min

LA SEMAINE DERNIÈRE L’EMISSION DU COMITÉ A ÉTÉ DÉCALÉ A CETTE SEMAINE IL ÉTAIT QUESTION DU DÉBUT DU CONFLIT ET DE LA LUTTE ARMÉE EN EUSKAL HERRIA.

DU COUP JE VOUS PROPOSE UN TRAVAIL SUR LA LUTTE AUTONOME EN PAYS BASQUE DANS LES ANNÉES 70.

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PRÉSENTATION

« Le pari de l’autonomie – récits de lutte dans l’Espagne des années 70 »

Regroupant différents textes et témoignages, ce livre revient sur le contexte de luttes qui a secoué aussi bien l’appareil franquiste vieillissant que la jeune démocratie chargée d’assurer une transition politique sans remous.

Grèves générales, comités d’usines, mutineries dans les prisons, mobilisations massives face à la répression, apparitions de groupes autonomes au sein des conflits et prises en main de la vie de quartiers : de l’exploitation salariée à la vie quotidienne, tout allait être remis en cause.

Dans une large mesure, ce mouvement refusait d’être dirigé. La méfiance envers toute forme de représentativité était la règle plus que l’exception. La solidarité, l’auto-organisation et l’action directe s’opposaient aux tentatives de récupération ou de prises de pouvoir menées par les partis et les syndicats.

A travers les récits et les analyses rétrospectives de plusieurs protagonistes de cette époque, ce livre participe au travail de mémoire et de transmission de l’histoire des luttes autonomes. Loin de toute nostalgie envers une période révolue, il offre des pistes de réflexion pour qui cherche aujourd’hui encore à se confronter au pouvoir sous toutes ses formes.

 

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Sommaire :

– Genèse et apogée de l’Autonomie ouvrière en Espagne (1970-1976) – Miguel Amorós
– En plein dans le MIL (Mouvement ibérique de libération) – Ricard Vargas Golarons
– Discussion autour de la Copel (Coordination des prisonniers en lutte) – Daniel Pont Martín
– Introduction à une histoire du mouvement autonome et assembléiste au Pays basque – Emilio López Adán
– Les groupes autonomes à Valence pendant la seconde moitié des années 70
– Souvenirs d’un autonome de Valence
– Souvenirs et réflexions autour des Gari (Groupes d’action révolutionnaires internationalistes) – Miguel Angel Moreno Patiño 

 

Première édition en français, juin 2018 – 304 pages – 5 euros (7,5 euros en librairie)
Titre original : Por la memoria anticapitalista. Reflexiones sobre la autonomía, août 2008
Éditions du soufflet – editionsdusoufflet[at]riseup.net

 

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Ce texte est issu du livre Le Pari de l’autonomie. Récits de luttes dans l’Espagne des années 70. Pour en savoir plus sur ce recueil de témoignages revenant sur des luttes autonomes dans cette période et savoir où se le procurer : leparidelautonomie.noblogs.org ou editionsdusoufflet(at)riseup.net

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Si invraisemblable que cela puisse paraître, l’histoire de l’Autonomie date d’hier à peine. Les luttes de masse que nous allons aborder ont débuté en 1968 et leur bouillonnement a perduré jusqu’en 1977. Un vent d’euphorie révolutionnaire soufflait alors. Il faut probablement garder en tête ce contexte pour pouvoir saisir à quel point l’intense activité menée par l’Autonomie a pris place au sein du mouvement de tout un peuple. En effet, on aurait tort d’imaginer les autonomes comme des marginaux ou des asociaux, alors qu’ils étaient des membres actifs et reconnus d’un mouvement populaire et spontané. Mais, après ces années de frénésie, sont arrivées celles du déclin des luttes. Et, par un paradoxe de l’histoire, c’est justement au cours de celles-ci qu’est apparue la composante armée de l’Autonomie – les Komando Autonomo Antikapitalistak (Comandos Autonomos Anticapitalistas, Commandos autonomes anticapitalistes, CAA). Ce rendez-vous manqué avec les masses a rendu leur lutte à la fois dure et tragique. Les mobilisations populaires dont ils étaient issus leur ont fait défaut. Les rêves qui les portaient se sont effondrés. Ils se sont heurtés à une répression terrible, et le plus grand mouvement rupturiste* du Pays basque – le Mouvement de libération national basque (Mlnv) – s’est dressé contre eux. L’amertume exprimée dans les témoignages des protagonistes est de ce fait facilement compréhensible.

* De la mort de Franco en 1975 jusqu’au triomphe des socialistes (Psoe) en 1982, les partis qui défendaient une révolution sociale associée à une rupture totale avec le franquisme étaient qualifiés de «rupturistes». À partir de l’approbation de la Constitution de 1978, les partis les plus importants du centre et de la gauche ont accepté une transition «pacifique» (la Réforme), sans changement de la nature du pouvoir, approuvant même la monarchie réinstaurée par Franco. Dans la Communauté autonome d’Euskadi (Pays basque), le gouvernement est tombé ainsi entre les mains des Basques chrétiens-démocrates (PNV, Parti nationaliste basque) et du Parti socialiste. Le mouvement armé ETA et ses amis politiques (Herri Batasuna) formaient le gros des opposants à la Réforme, pour la plupart d’extrême gauche.

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1968-1977 : des acteurs pleinement immergés dans les luttes de masse En 1968, Franco était encore au pouvoir en Espagne. Les luttes ouvrières se multipliaient dans les usines; les Basques, défaits lors de la guerre civile, relevaient la tête petit à petit; tout le monde s’unissait face à la répression et la conscience révolutionnaire ne cessait de grandir. Les motivations exprimées par nos protagonistes étaient claires et simples. Beaucoup d’entre eux avaient vécu leurs premières colères, leurs premières luttes et leur première expérience organisationnelle au sein des usines. Une bonne partie parlait basque de fait et était partisane de soutenir et de se réapproprier cette langue mise à l’écart par l’administration (quand elle n’avait pas été tout simplement interdite). Cela est resté une constante chez les autonomes. Certains provenaient d’ETA ou de mouvements proches. Une minorité était issue de l’anarchisme classique. Finalement, à part quelques exceptions, l’Autonomie au Pays basque n’a jamais oublié qu’elle est née au sein d’une nation dominée. L’Autonomie luttait pour la liberté des travailleurs du Pays basque et affirmait que la seule voie pour y parvenir était celle de la révolution sociale associée à l’indépendance sans État. La première grande opportunité d’unir tous les fronts dans une pratique autogérée s’est présentée lors des luttes contre le procès de Burgos* en 1970.

* Ce procès, mené par la justice militaire, jugeait seize membres d’ETA pour des actions menées en 1968, notamment l’exécution du chef de la police politique de Donostia, la mort d’un garde civil lors d’un contrôle routier, la mort d’un chauffeur de taxi qui avait tenté d’empêcher la fuite d’un militant blessé, ainsi que des vols pour un butin de 30 millions de pesetas (environ 180 700 euros). Six peines de mort étaient réclamées ainsi qu’un total de 752 années de prison. En jugeant, condamnant et exécutant la «direction» d’ETA, le régime comptait bien faire un exemple. Cette campagne de communication fut paradoxalement mise à profit par l’opposition pour faire entendre sa voix : arrêts de travail, grèves étudiantes et manifestations massives paralysèrent la vie économique et sociale du Pays basque. Par ailleurs, des membres d’ETA V Assemblée (voir note p.13) avaient enlevé un consul d’Allemagne de l’Ouest en annonçant que son sort dépendrait des peines distribuées lors du procès. Mais ils le libérèrent juste avant le rendu du jugement, espérant par ce geste rendre moralement intenable toute condamnation à mort. La contestation trouva aussi sa place dans le tribunal où accusés et avocats firent le procès du régime et popularisèrent la situation du Pays basque à un niveau international. Le 28 décembre, neuf peines de mort et 519 années de prison furent distribuées. Le jour même, des grèves et manifestations eurent lieu au Pays basque, mais aussi partout en Espagne, en Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Australie. Des pressions diplomatiques furent exercées depuis de nombreux pays. Le 30 décembre, les peines de mort furent commuées en de longues peines d’emprisonnement. Tous les accusés furent libérés lors de l’amnistie générale de 1977.

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Dans les usines, dans les quartiers, etc. se tenaient des assemblées qui ont naturellement fini par gagner la rue. Le peuple avait trouvé ce chemin par lui-même, sans stratégie imposée d’en haut. On n’oublie pas une expérience comme celle-là. Dans cette recherche passionnée de liberté, les luttes se multipliaient dans les usines, dans les quartiers, ou pouvaient encore prendre la forme de mouvements sociaux. Face à l’illégalité imposée par le franquisme, de nouvelles formes d’organisation étaient expérimentées. Ces deux ou trois années de travail sans relâche ont permis de consolider peu à peu les pratiques sociales sur lesquelles s’appuieront plus tard les luttes les plus vives qui se dérouleront de 1974 à 1977. Pour résumer la situation, on peut dire que, durant ces premières années, les assemblées de travailleurs, les expériences des conseils ouvriers et, dans le cas de coordination des luttes, les modalités transparentes de désignation des délégués étaient plutôt sporadiques. Au début, ces assemblées étaient très souvent les proies des syndicats et des partis qui, tout en étant faibles et encore clandestins, essayaient quand même de les récupérer. Mais, par la suite, elles deviendront un outil permanent d’articulation des luttes des travailleurs et, de fait, leur mode principal d’organisation. Des groupes publics et unitaires se mettront en place, et partis et syndicats se verront obligés d’accepter l’auto-organisation ouvrière. On ne s’étonnera donc guère que nos protagonistes paraissent optimistes, forts et pleins d’espoir : beaucoup d’entre eux militaient dans les usines. Dans les dernières années du franquisme, une fois le syndicat vertical (franquiste)* affaibli, les travailleurs s’étaient dotés de structures nouvelles et fonctionnelles. Ils se réunissaient dans les usines pour parler des conditions de travail, mais aussi de politique ou de répression. L’usine était un lieu de réunion naturel, et les patrons étaient contraints d’accepter les assemblées. Quand, du fait de la répression, ils ne pouvaient plus se réunir au sein même des usines, c’est la ville entière qui était investie pour être transformée en espace de liberté (places, églises, associations, etc.). Lorsqu’il fallait accueillir plus de monde, les réunions se déroulaient « à la montagne». En de telles occasions, les travailleurs contrôlaient

* Syndicat vertical : le 9 mars 1938, avant la fin de la guerre civile, la Charte du travail établit notamment la création d’un syndicat unique regroupant patrons et travailleurs, sous l’égide de l’État. L’Organización Sindical Española, communément appelée syndicat vertical, est créée en 1940. On retrouve là l’influence déterminante dans le domaine du travail du parti de la Phalange. Son principal fondateur, Primo de Rivera, prétendait, par l’instauration de ce syndicat unique dans le cadre d’un État corporatiste, répondre sur le modèle du fascisme italien aux luttes sociales et économiques et endiguer la lutte des classes particulièrement vigoureuse dans l’Espagne des années 20 et 30.

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eux-mêmes les chemins d’accès pour barrer la route aux balances aussi bien que pour avertir de l’arrivée de la police. L’assemblée était le centre névralgique de toute l’activité politique. C’était là que les actions étaient débattues et décidées, en recherchant toujours le consensus des participants. Afin d’assurer un suivi, les travailleurs élisaient leurs commissions et les militants les plus motivés mettaient sur pied des comités d’ouvriers ou des conseils d’entreprises. Pour tout, l’assemblée prévalait : comités et conseils n’avaient pour but que de la doter de stabilité et de continuité, sans s’y substituer. Dans ce contexte, la violence était admise, que ce soit pour répondre à la police et aux provocations, ou pour s’adonner au sabotage sur les lieux de travail. On retrouve aussi ces dynamiques de lutte dans la rue, s’attaquant aux questions urbaines. En 1967, on voit déjà poindre des associations de voisins à Errekaldeberri, dans la périphérie du grand Bilbao. Par la suite, cellesci se répandront sur l’ensemble du territoire basque : en 1969 à Donostia et Errenteria, en 1970 à Iruñea et en 1974 à Gasteiz. En parallèle à ces associations, et à l’image de ce qui se passait dans les usines, des comités de quartier faisaient aussi leur apparition, initiés par des militants plus politisés. Dans un premier temps, ces comités ont été très actifs en Navarre et dans le Gipuzkoa. Mais, à partir de 1975 et de l’arrivée de la démocratie, ils se sont fondus dans les associations de voisins et ont eu tendance à se dépolitiser. Les luttes urbaines disposaient de leur propre terrain d’action. Si la question de l’urbanisme était très importante – notamment à Errenteria –, les actions en faveur de l’amnistie ou contre la répression l’étaient tout autant. Sans oublier la fête. Quiconque aspirait alors à la liberté la voulait tout entière et, tant qu’à faire, tout de suite. Il œuvrait pour la révolution sociale, pour l’indépendance nationale et, bien entendu, pour la liberté individuelle et le bonheur. Les fêtes populaires offraient aux militants un espace idéal pour articuler la lutte avec le quotidien. Il convient de rappeler que, après la parenthèse des festivités mornes organisées par les autorités franquistes, les fêtes de Bilbao ont progressivement retrouvé leur caractère populaire à partir de 1978. Les revendications de liberté y sont alors à nouveau mises en avant par le biais des sociétés festives (comparsas) et plus spécifiquement par le caractère politisé de la comparsa Txomin Barullo. Si les membres de ces sociétés n’étaient pas nécessairement des autonomes, ils étaient par contre bel et bien des révolutionnaires et des amoureux de la liberté, comme le voulaient l’air du temps et l’ambiance générale. 7 La lutte urbaine était aussi étroitement liée au mouvement ouvrier. Rappelons-nous Gasteiz en 1976. Des journées dures et intenses. Trois mois de grèves, d’assemblées, de manifestations; la répression… et les cinq morts du 3 mars * . Dans les quartiers de Zaramaga et d’Adurtza notamment, luttes ouvrières et luttes urbaines marchaient d’un seul pas. Elles s’incarnaient à travers les assemblées, mais étaient portées par le peuple entier. D’autres mouvements sociaux ont eu leur place au sein des pratiques collectives de notre société. Le plus populaire a été le mouvement antinucléaire. L’enjeu de celui-ci n’était pas uniquement d’empêcher la construction d’une centrale à Lemoiz. Cette lutte était aussi l’occasion de se lancer dans des réflexions profondes sur le consumérisme et les modes de vie, de condamner les logiques du productivisme, ainsi que d’imaginer et de mettre en pratique des manières de vivre alternatives. Beaucoup de gens se sont mobilisés lors de fêtes, de réunions, d’actions ou de manifestations. Et c’est ainsi que, le 14 juillet 1977, nous étions 200000 à Bilbao. La lutte armée d’ETA a joué un rôle très important pour empêcher ce projet, dont les travaux ont été abandonnés après les attentats menés par l’organisation contre des cadres dirigeants de l’entreprise. Mais il faut tout de même noter que ce protagoniste armé était vu d’un mauvais œil par bien du monde, perçu comme contreproductif par ceux qui portaient une critique dépassant la simple question du nucléaire et voulaient créer de nouveaux espaces d’auto-organisation. Quoi qu’il en soit, ce que nous cherchons à souligner ici est la présence et l’ancrage du mouvement antinucléaire au sein de la société tout entière.

* Le 3 mars 1976 se déroulait à Gasteiz la troisième grève générale en moins de deux mois. Celles-ci étaient massivement suivies et appelées par une coordination d’assemblées ouvrières qui s’organisait en démocratie directe, en dehors des organismes «professionnels» et des syndicats. Dès le petit matin, diverses actions avaient été menées et des piquets de grève paralysaient littéralement l’ensemble de la ville. Vers 10 heures du matin, les affrontements avec la police commencent et vers 13 heures les altercations prennent des allures d’émeute. Aux alentours de 17h30, la police encercle l’église San Francisco de Asís dans laquelle se tenait une assemblée de travailleurs. Dans la foulée, elle inonde de gaz lacrymogène la « salle de réunion» ce qui crée un mouvement de panique. La police ouvre alors le feu sur les personnes sortant de l’église, tuant 5 personnes et en blessant pas moins de 150 autres. S’ensuivent alors de violents affrontements et la police ne put reprendre le contrôle de la ville avant 21 heures, une fois les renforts arrivés. Les jours suivants, des appels à la grève sont lancés à travers l’ensemble du territoire espagnol. Ceux-ci furent particulièrement suivis à Madrid et à Gasteiz. Le 8 mars, une grève générale a lieu sur l’ensemble du Pays basque et un mort fut encore à déplorer. Les grèves générales et autres affrontements se sont multipliés pendant plusieurs mois.

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C’est encore au cours de ces années que le féminisme va prendre son envol. L’égalité étant intrinsèquement liée à la liberté, bien des militants et militantes se sont rendu compte que la lutte des femmes était un ingrédient primordial pour construire au quotidien un monde nouveau. Aucun homme ne peut être révolutionnaire s’il méprise et humilie la moitié de l’humanité. Et la femme ne peut être révolutionnaire si elle méprise et humilie son propre sexe. L’influence du féminisme était grande chez les autonomes et la place des femmes y était indiscutable. L’Autonomie faisait aussi la part belle à l’antimilitarisme. Le rejet et la méfiance envers la caste militaire qui s’approprie et monopolise le pouvoir armé et le droit de tuer lui apparaissaient comme autant d’évidences, même si les formulations n’étaient pas encore très claires parmi la jeunesse politisée de ces années. Face au service militaire obligatoire dans l’armée espagnole, les autonomes préconisaient la désertion, mais cette option demandait un niveau d’engagement très élevé. Plus tard, un nombre croissant de jeunes a choisi la voie de l’insoumission* , lutte dans laquelle on a d’ailleurs retrouvé des autonomes de la génération précédente. En parallèle, dans les milieux proches d’ETA, on préconisait le remplacement du service militaire par l’engagement dans l’organisation révolutionnaire armée. La question de la liberté des prisonniers, de l’amnistie et de la destruction des prisons constituait un autre terrain de lutte. Le Mlnv donnait un grand écho à ces luttes et les autonomes ont été très actifs dans les campagnes en faveur des prisonniers abertzale **. Ils leur ont d’ailleurs donné un caractère bien spécifique en menant aussi des actions en faveur des prisonniers de droit

* Le movimiento insumiso est un mouvement antimilitariste apparu en Espagne vers la fin des années 80. Il s’agissait de refuser d’accomplir le service militaire mais aussi, pour la plupart des insoumis, le service civique. Les tendances les plus intéressantes avaient pour objectif clair la disparition totale du service militaire, accompagné d’une critique radicale de l’armée et de la guerre. Aucun parti ni syndicat n’a jamais réussi à récupérer ce mouvement organisé sous forme d’assemblées et de manière décentralisée. Pendant ses douze ans d’existence (le service militaire obligatoire est aboli en 2001), pas moins de 50000 personnes se sont déclarées insoumises et 1670 sont passées par la prison. ** Abertzale est un mot basque signifiant « patriote». À partir de la fin des années 1970, il est souvent employé dans la presse pour désigner les militants indépendantistes et socialistes basques. Il serait plus correct d’employer pour ces militants le terme « gauche abertzale» : le PNV (Parti nationaliste basque), majoritaire, étant de droite et se proclamant aussi abertzale.

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commun et en développant une critique radicale du système pénitentiaire et répressif. Sur ce point encore, ils se sont retrouvés bien seuls. Pour résumer, nos protagonistes prenaient part à une ébullition ambiante où ils ont su allier avec aisance leurs pratiques militantes aux pratiques sociales les plus populaires. La participation aux assemblées, par exemple, était massive et ouverte, et s’y retrouver emplissait de satisfaction : la militance n’était ni démodée, ni renvoyée à une obscure clandestinité, ni séparée des gens. À l’usine avec les camarades, dans la rue ou « à la montagne» avec leurs voisins, ils étaient partout chez eux, comme des poissons dans l’eau. Unis par leur origine, ils l’étaient aussi par leur avenir. En ce temps-là, la coordination entre usines relevait de l’évidence : se mettre en grève par solidarité quand il y avait un problème dans la boîte d’à côté allait de soi. Tous ces gens voyaient un sens à s’unir, à mener un travail permanent et soutenu de coordination entre initiatives et groupements autonomes. Et, bien que certains aient essayé, aucun groupe organisé n’a pu en prendre la direction. Aucun parti, aucun syndicat n’allait guider les masses. La convergence des luttes partielles est venue d’en bas et n’a jamais pris la forme qu’un groupe de dirigeants aurait pu inventer. Si l’Autonomie a toujours rejeté le dirigisme, elle n’a pas pour autant repris à son compte les idées de certaines tendances d’ultra-gauche qui niaient le besoin même de coordination. Dans bien des expériences, la coordination s’est montrée utile sur ces deux objectifs que sont la transparence et l’efficacité, imbriqués l’un dans l’autre. La notion de lutte armée était acceptée dès le début. Le franquisme était la conséquence d’une guerre civile sanglante, on vivait encore sous une dictature, si bien qu’envisager cette option n’a posé de problèmes ni aux autonomes ni au peuple. Par ailleurs, l’histoire de la lutte contre le capitalisme en était semée d’exemples, aussi bien dans le tiers-monde qu’en Europe. L’expérience des luttes autonomes en cours en Italie à l’époque était une influence primordiale, mais la source de la révolte était locale et n’obéissait à aucune idéologie importée. La nécessité d’employer la force afin de se débarrasser de l’exploiteur était donc clairement partagée. L’ambiance générale elle-même appelait au recours à la lutte armée et, la plupart du temps, celle-ci était approuvée par la majorité. Si tout le monde n’avait pas le même rapport à cette pratique, elle paraissait au moins justifiée aux yeux de la grande majorité des travailleurs pour faire face au fascisme.

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«À la montagne», dans les usines ou dans la rue – et au vu du mépris et de la violence avec lesquels nous étions traités, nous et nos revendications –, le minimum de dignité exigeait une réponse face aux balances et à la police. Le droit du dominé à la violence comme moyen immédiat de contre-attaque était alors une évidence. La lutte armée en découlait. Par contre, au-delà de la révolte, les modalités de la lutte armée organisée à travers un groupe militaire ou quasi militaire posaient question… Nous en reparlerons plus tard, plantons d’abord le décor général : parmi les autonomes, la majorité approuvait la lutte armée en tant que réponse appropriée, en tant que soutien et possible approfondissement d’autres luttes et en tant que nécessité absolue pour renverser le système capitaliste. L’option prise par ETA de libérer le Pays basque par la lutte armée leur paraissait juste. Mais ils envisageaient autrement la relation entre le peuple et les militants, et n’avaient pas la même conception des moyens à mettre en place pour arriver à l’indépendance (ce qui pour ETA passait par la construction et la consolidation d’un État basque). Dans l’ensemble, les autonomes ont toujours témoigné de beaucoup de respect envers cette organisation. Les CAA ont mené bon nombre d’actions en solidarité avec ses militants et, lorsque l’Autonomie s’est délitée, nombreux sont ceux qui l’ont rejointe.

Idéologie, groupes et coordination

L’idéologie des autonomes – ou plutôt leur manière de voir les choses étant donné que nos protagonistes ne reconnaissaient aucune idéologie figée – puisait ses racines dans ce bouillon d’euphorie révolutionnaire. L’antiautoritarisme était la composante la plus solide de cette pensée. Cette prise de position anti-étatique et antimilitariste critiquait en actes la droite et ses idées réactionnaires telles que la religion, etc. Mais elle n’épargnait pas pour autant la gauche, notamment le léninisme et tous ses travers. L’Autonomie ne voyait dans les régimes socialistes de l’Est que de vulgaires bureaucraties qui ne pouvaient en rien servir de modèle. Par conséquent, les autonomes s’opposaient à toute forme d’avant-garde et plus spécialement aux partis et syndicats qui se plaçaient à la tête de la classe ouvrière. La posture anti-autoritaire se retrouvait dans l’exaltation de la démocratie directe qui était mise en pratique à travers les assemblées. La nécessité, évoquée plus haut, de coordonner l’ensemble des initiatives populaires relevait du même ordre d’idées.

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Il s’agissait de s’assurer que la classe reste l’acteur direct de la lutte, et que sa direction ne tombe jamais entre les mains de sauveurs ou autres spécialistes. Les autonomes n’étaient pas les seuls à porter ces pratiques. Elles étaient aussi le fait de larges coordinations. On peut notamment se référer aux luttes urbaines de Laudio ou Errenteria. À Laudio, en 1977, les participants rejetaient toute délégation de pouvoir à des structures de substitution et faisaient la part belle à la démocratie directe. L’objectif clairement formulé était de créer un contre-pouvoir populaire et assembléiste. Un autre de leurs piliers idéologiques était leur anticapitalisme virulent. Le capitalisme était identifié comme moyen de gouverner et d’opprimer l’ensemble d’une société. Par conséquent, l’anticapitalisme ne s’attaquait pas uniquement à l’exploitation salariale, mais aussi à la démocratie représentative, aux élections, à l’éducation ou à la morale dominantes. Aucun compromis avec la bourgeoisie n’était envisageable. Les autonomes aspiraient à la libération du Pays basque, sans passer par des étapes intermédiaires* . Ils considéraient donc la bourgeoisie basque comme un ennemi et aucun d’entre eux ne s’imaginait pouvoir créer ou rejoindre un «front national» ou encore commencer par demander la reconnaissance d’un statut d’autonomie. Le fait d’être basque n’était en rien prétexte à des sympathies envers la bourgeoisie locale ou les petits chefs dans les boîtes. Ce qui était proposé était l’autoorganisation basée sur la liberté individuelle la plus affirmée. Cette forme d’organisation devait permettre aux personnes de laisser s’exprimer leurs sentiments positifs tels que l’amour, l’amitié ou la solidarité. C’était une vision du monde optimiste, ouverte et sans ambiguïté. On y retrouvait la lutte globale pour la libération du Pays basque – révolutionnaire et abertzale –, ainsi que le désir et la volonté d’y parvenir. Dans l’idéal, chacun s’approprierait cette lutte sur la base de ses propres expériences en faveur de la liberté. Que peut-on vouloir de mieux quand on lutte?

* Les termes, usuels à l’époque, étaient «refus de l’étapisme». Dans la grille d’analyse marxiste (bien connue par nombre d’autonomes), l’étapisme établit qu’il faut passer par une étape de «révolution bourgeoise» ou par un gouvernement bourgeois avant d’entamer la révolution socialiste. Ce concept a été employé par les trotskistes pour critiquer les menchéviques et les staliniens et, au Pays basque, par des autonomes pour critiquer ETA militaire, qui, après la mort de Franco, avait décrété impossible une révolution socialiste dans le contexte de la Transition et donc la nécessité de passer par l’étape d’une (vraie) démocratie (d’où l’alternative KAS, abordée plus loin dans ce texte).

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Si l’on cherche à donner des références idéologiques à ce courant, il nous faut citer l’anarchisme et le communisme de conseils. Mais, à vrai dire, il y avait peu de références théoriques explicites au sein de l’Autonomie. Notons quand même que le parti Laia* avait croisé le marxisme sur sa route et y avait puisé ses racines; nombre de ses militants avaient consacré de longues heures à l’étude des classiques révolutionnaires et de l’histoire des luttes. Cette organisation s’inspirait de tout ce qui pouvait constituer une vision de gauche radicale : les conseils ouvriers, les communes maoïstes, la Révolution culturelle, et même les bases du trotskisme (c’est-à-dire la critique du stalinisme ou la théorie de la révolution permanente). Les personnes issues du groupe ZYX** ont apporté avec elles une partie de la longue tradition anarchiste, celles d’Oice *** l’apologie des conseils ouvriers. Mais il me semble que toute personne qui essaierait d’ancrer les origines idéologiques de l’Autonomie dans le sillage d’une organisation donnée serait dans l’erreur. D’après moi, c’est le contexte général de lutte qui crée les bases d’une conscience politique; les théories arrivent par la suite, comme autant d’éléments explicatifs, complémentaires et enrichissants de la pratique, mais jamais comme des recettes toutes faites. Cette époque si enthousiaste, enjouée et foisonnante, mais en même temps si dure en affrontements, a ses lieux mythiques : Errenteria, Pasaia, Irun, Lezo, Donostia, Andoain, Tolosa ou Gasteiz. Et aussi ses dates clés : le procès de Burgos, la grève de Bianchi à Errenteria en 1971, le sanglant mois de mars 1976 à Gasteiz ou la Coordination d’Errenteria en 1977. Étant donné que des allusions y seront faites à travers les différents témoignages, il nous faut sans doute mentionner plus en détail les origines organisationnelles du mouvement autonome. Arrêtons-nous d’abord sur les comités d’usine. Ceux-ci, opposés à la politique «réaliste» des Commissions ouvrières soutenues par le Parti communiste, se sont développés quasiment

* Langile Abertzale Iraultzaileen Alderdia (Parti des ouvriers révolutionnaires basques), créé en 1974, à la suite de la rupture avec ETA d’une bonne partie de son Front ouvrier (voir note p. 13). ** Le groupe ZYX venait de l’Action catholique ouvrière et, dans sa recherche d’une « organisation intégrale au service de l’auto-organisation de la classe ouvrière», s’était rapproché de la CNT. *** Organisation de la gauche communiste d’Espagne, historiquement dans la lignée du Poum catalan de la guerre civile, à laquelle prenaient part les Núcleos Obreros Comunistas (NOC) basques.

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exclusivement dans le Gipuzkoa, en Navarre et à Gasteiz à partir de 1968. Ces conseils étaient anticapitalistes, anti-autoritaires et partisans des actions dures. Ils ont vu le jour lors des grèves de l’automne 1969 et se sont aguerris à travers les mobilisations antirépressives de Burgos, où ils ont rejoint les positions abertzale sur la question nationale. C’est d’ailleurs ce point de vue abertzale qui a généré la réaction critique de certains militants qui ont rejoint l’Oice. Notons qu’ETA, après avoir tenté dans un premier temps de se rapprocher du PC, a fini par soutenir les comités. D’autres militants provenaient assez directement d’ETA. La plupart d’entre eux étaient des vétérans impliqués dans le Front ouvrier* et qui ne se retrouvaient pas dans la tournure prise en 1974 par la branche militaire d’ETA. Il va sans dire qu’ils étaient abertzale. En 1972, quelques personnes qui se trouvaient parmi les «minoritaires» d’ETA VI** s’en séparent et rejoignent eux aussi l’Autonomie avec la volonté d’approfondir l’articulation entre la pratique assembléiste et la clandestinité. De manière moins directe, les militants de Laia, et plus particulièrement de Laia-Ez***, sont eux aussi issus d’ETA. Laia est un groupe qui apparaît en 1974 en tant que scission d’ETA. Petit à petit, ce groupe qui puisait principalement ses racines dans le marxisme adopte des positions conseillistes et libertaires. Quand, à la suite de la mort de Franco, ETA et le Mlnv prônent la voie d’imposer au gouvernement l’acceptation de l’alternative KAS, la fraction de Laia

* Section d’ETA qui réalisait un travail de type politique ou syndical en usine, où le caractère clandestin d’ETA rendait difficile la présence ouverte dans les assemblées. À la suite de conflits autour du tournant «militariste» pris par ETA, une partie importante du Front ouvrier quitte l’organisation en 1974 et va fonder le parti Laia (voir note p. 12).** L’ETA évoqué habituellement est l’ETA V Assemblée, de laquelle se sépare en 1970 l’ETA VI Assemblée. Cette dernière, qui préconisait l’abandon de la lutte armée, considérée comme relevant de l’« activisme minoritaire», devra faire face à une autre scission où la majorité de son comité central (les «majoritaires») ira grossir les rangs de la Ligue communiste révolutionnaire trotskiste. Certains militants «minoritaires» rejoindront la mouvance autonome. *** En basque, ez signifie «non». C’était le non à l’alternative KAS, qui prônait pour les quatre provinces du Pays basque sud une autonomie avec le droit à l’autodétermination, ainsi que des réformes immédiates, dont la légalisation de tous les partis politiques (certains étaient toujours interdits), l’exclusion de la police espagnole et l’amnistie. Une petite place était faite à l’« amélioration des conditions de vie de la classe ouvrière». Cette alternative se confondait ainsi avec la stratégie proposée par ETA face à l’impossibilité, d’après elle, de faire une révolution. Le gouvernement serait obligé d’accepter cette «démocratie avancée» parce qu’elle était possible et soutenue par des luttes massives et des actions armées suffisamment lourdes pour forcer l’État à annoncer l’armistice. ETA appelait cela une « guerre d’usure prolongée». L’auteur reviendra plus tard sur cette stratégie, lorsqu’il abordera le conflit opposant les CAA à ETA.

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qui critiquait les relents réformistes de cette manœuvre s’en sépare et c’est à ce moment-là que Laia-Ez est créé. Par la suite, les membres de Laia croiseront le chemin des Commissions ouvrières anticapitalistes d’Euskadi à Eibar, dans la vallée de l’Urola et le long de la côte. Puis, en 1975, ceux de la mouvance autonome. Reste à évoquer les anarchistes de ZYX, qui forment d’abord le groupe Liberación, puis l’Organización de Clase Anticapitalista (OCA-EKA), pour finalement rejoindre le terrain de l’Autonomie. Voilà à peu près tout ce que l’on peut rencontrer dans l’Autonomie de l’époque. Mais bien des personnes y ont pris part sans provenir d’une quelconque organisation et personne ne leur a jamais demandé leur CV. Pour avoir un aperçu plus correct, il faudrait encore préciser que nombre de militants ou de groupes organisés ont évolué en périphérie des organisations citées. De 1974 à 1977, c’était l’assemblée qui menait la danse tant auprès des travailleurs qu’au sein des luttes urbaines : les partis réformistes ont donc dû – bon gré mal gré – entrer dans cette dynamique. De leur côté, les partisans de la rupture voyaient un large terrain s’ouvrir à eux. Les assemblées n’étaient pas à proprement parler issues de l’Autonomie, mais les autonomes y prenaient part et y rencontraient une large frange de la contestation : communistes, socialistes, chrétiens de gauche, etc. Parmi les organisations et les partis qui se sont impliqués dans le mouvement, je mentionnerai – en suivant un certain ordre chronologique : Écoles sociales, JOC, USO, MC, ORT, PT, etc.* Attardons-nous encore sur deux cas. D’un côté, celui de la CNT, centrale anarchiste porteuse d’une riche histoire. Les chercheurs qui ont étudié cette époque présentent cette organisation comme étant ankylosée et figée sur des points de vue syndicaux et politiques d’avantguerre. Force est de constater qu’elle n’avait pas grand-chose à voir avec l’Autonomie moderne du Pays basque. De l’autre, il y a l’Oice, qui est mentionnée par les témoins lorsqu’ils abordent l’«espagnolisme». Ce groupe est né en 1974 de la fusion des Círculos Obreros Comunistas, eux-mêmes créés par les anciens du FLP**, et des Núcleos Obreros Comunistas de Euskadi, issus

* Le livre Autonomekin Solasean a été écrit pour un public averti qui dans son ensemble a connu de l’intérieur l’époque et les événements décrits. Il serait très long de préciser toutes les références : Écoles sociales, JOC, USO, MC, ORT, PT correspondent à des mouvements d’éducation populaire, syndicats et partis politiques contestataires, parfois d’extrême gauche, et ayant eu une grande influence au cours de la fin du franquisme et lors de la Transition. ** Le Front de libération populaire intégrait des penseurs très influents dans l’extrême gauche.

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en 1973 des Comités ouvriers (non abertzale). On y retrouve aussi quelques dissidents d’ETA VI. L’Oice était de tendance conseilliste, mais acceptait la notion de parti ainsi que la nécessité de l’unité stratégique révolutionnaire au niveau du territoire de l’État espagnol. Dès lors, il ne faut pas s’étonner que les rapports avec l’Autonomie abertzale aient été compliqués. À l’intérieur de cette nébuleuse, l’autonomie de chaque groupe était aussi importante que la coordination. Mais, comme souvent dans la pratique, et ceci est flagrant dans les mouvements sociaux, on se préoccupait davantage de la préservation de sa personnalité que d’un travail collectif. Mentionnons tout de même les tentatives de convergence, même si elles n’ont pas rencontré beaucoup de succès. Il y a eu Burgos en 1972 lors de l’action spontanée issue des Comités antirépressifs; la création des Comités en 1974 et leur convergence avec Laia en 1975 ; les Commissions ouvrières anticapitalistes d’Euskadi en 1976; la fusion des Comités du Gipuzkoa au sein d’OCA-EKA en 1977 ; et, en 1977 toujours, le rapprochement sans lendemain entre Askatasuna* , Laia-Ez, la CNT et OCA-EKA. Malgré ces tentatives, la grande union n’a jamais été réalisée. Mais cela avait peu d’importance : du fait du bouillonnement de l’époque, le sentiment général était souvent très optimiste. À Laia-Ez, on pensait même que la conjoncture était prérévolutionnaire. Au sein du mouvement autonome, ce sentiment d’immédiateté était partagé par la majorité. On peut en retrouver des traces dans les témoignages des protagonistes : «La démocratie bourgeoise n’était pas encore réellement installée et, alors que nous sortions du franquisme, nous avions bon espoir en un changement social radical. Un changement qui dépasserait la démocratie bourgeoise.»

Au Pays basque sud, il était le symbole même des points de vue stratégiques espagnolistes et de leur désir de pénétrer la gauche abertzale. * Askatasuna («Liberté») est un groupe anarchiste, dont quelques militants significatifs venaient d’ETA. En 1977, Askatasuna devient membre de la CNT et prône la création d’une section pour le Pays basque, distincte de l’espagnole et membre de l’AIT. L’année suivante, ils sont expulsés du syndicat anarchiste.

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Crise dans l’autonomie populaire

Mais la réalité sociale ne se limitait pas à celle que connaissaient et façonnaient les militants. En temps de lutte, les forces conservatrices se font discrètes, mais elles restent bel et bien présentes. L’État savait qu’il pourrait compter sur elles au moment de faire passer sa Réforme. Le pari principal de l’Autonomie – gagner la révolution – a été un échec. À partir de 1978, la Réforme est appliquée à l’ensemble du territoire de l’État espagnol, y compris au Pays basque sud. Nous savons aujourd’hui que la situation n’était pas prérévolutionnaire. La radicalité des masses n’était pas le fruit d’une maturité consciente et imparable, mais plutôt une situation conjoncturelle. La rage à l’encontre de la répression et le manque de moyens d’expression «normaux » (dû à l’interdiction des partis politiques, syndicats, etc.) accentuaient l’apparence radicale et rupturiste de l’organisation spontanée. Mais les eaux tumultueuses de l’après-Franco reflétaient une image trompeuse de la réalité sociale. Une fois le réformisme mis en marche, les tendances conservatrices des masses, l’inertie historique et la peur de la révolution ont repris le dessus… et pour un bon bout de temps. Le beau rêve de l’Autonomie a fondu comme neige au soleil. Et, s’il a pu charrier avec lui pas mal d’espoirs et de joies, ceux-ci ont été rattrapés par le sang et les larmes. La crise de l’Autonomie a donc pour toile de fond le tournant réformiste de la société, mais elle a aussi des causes spécifiques et immédiates dont il convient de dégager trois points. Tout d’abord, la répression, qui ne fut pas des moindres. Ensuite, il nous faut mentionner les problèmes internes à l’Autonomie et notamment le fait qu’elle n’a pas su se doter d’une coordination large et réactive. Si cela est un problème récurrent au sein des mouvements sociaux, la méfiance de l’Autonomie envers les structures permanentes et potentiellement autoritaires a contribué à cette carence. Et ces problèmes d’organisation se sont répétés au sein de chaque groupe. Mais le plus gros point faible de l’Autonomie a été de ne pas avoir su contrecarrer l’influence pernicieuse des partis et des syndicats. Ce sont eux qui ont dynamité et miné de l’intérieur les dynamiques assembléistes qui donnaient corps à l’Autonomie. Pour ce qui est des syndicats, les autonomes n’ont jamais rien voulu avoir à faire avec le syndicalisme traditionnel qu’ils considéraient comme un des rouages du capitalisme. Leur défiance générale envers le capitalisme allait de pair avec le rejet d’un réformisme où les syndicats ne sont que des outils du pouvoir au sein des usines.

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Au cours des premières années que nous avons mentionnées, ELA* , les Commissions ouvrières et l’UGT** n’avaient que peu d’influence. Si, dans un premier temps, ces syndicats plus ou moins officiels (puisque directement liés aux grands partis historiques encore dans l’opposition) ont pu tenter de noyauter les assemblées pour arriver à leurs fins, ils ont très vite dû accepter – à contrecœur – la prépondérance du mouvement assembléiste. Ce n’est qu’une fois la Réforme promulguée qu’ils feront des pieds et des mains pour que la situation revienne « à la normale», c’est-à-dire pour liquider la participation directe des travailleurs et se poser comme les seuls et uniques interlocuteurs valables du capital. À partir de 1976, après la mort de Franco, la plupart des partis et des syndicats voient la Réforme d’un bon œil. Les Commissions ouvrières, l’UGT et ELA n’ont d’autre ambition que celle de se renforcer. Pour le dire simplement, l’esprit de la Réforme, l’avidité des syndicats et le conformisme des masses ne font qu’un. Les syndicats, en interne, ont fait tout leur possible pour rendre les assemblées impuissantes, tandis qu’en parallèle le patronat et l’État les considéraient comme leurs seuls interlocuteurs, faisant ainsi croire aux masses qu’ils représentaient la seule alternative possible, réaliste et responsable pour arriver à quelque chose. En période de crise et de montée du chômage, ces manœuvres ont eu une grande influence sur beaucoup d’ouvriers.

L’opposition à l’alternative KAS et les relations avec le Mlnv

Si l’Autonomie a subi l’offensive du syndicalisme réformiste, les désaccords avec d’autres tendances rupturistes ont eu des conséquences bien pires encore. Je fais ici référence au nationalisme basque radical et au large mouvement qui gravitait autour d’ETA : le Mlnv. Ce mouvement non plus n’acceptait pas la Réforme espagnole. Les abertzale radicaux comptaient parmi les révolutionnaires et, même s’il y avait des différences entre eux et les autonomes, tous se retrouvaient d’une certaine manière du même côté de la barricade. Cependant, l’impitoyable offensive qu’a menée le Mlnv à l’encontre de l’Autonomie a eu pour effet de l’affaiblir, de la blesser et de la démoraliser. Il faut reconnaître que c’est l’Autonomie qui a ouvert les hostilités sur le terrain de la critique politique, en rejetant l’alternative KAS et en lui opposant

* Eusko Langileen Alkartasuna (Solidarité des travailleurs basques) : syndicat historique, réformiste (à l’époque) et lié au Parti nationaliste basque. ** Union générale des travailleurs, syndicat historique inféodé au Parti socialiste.

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un refus déterminé. Cette attitude a été adoptée par les autonomes en général, et par les Commandos autonomes en particulier. Laia-Ez par exemple disait que l’alternative KAS était compatible avec la démocratie bourgeoise et présentait un risque de recul de la perspective révolutionnaire. Parmi les autonomes, la position était claire : «Le programme KAS reprend les bases minimales nécessaires à la démocratie bourgeoise. Pour notre part, nous pensons qu’il ne faut rien céder à la bourgeoisie. Il s’agirait plutôt d’élargir et de renforcer la lutte en se confrontant directement au pouvoir.» Et voici ce qu’en pensaient certains membres des Commandos autonomes (1978) : «L’alternative KAS, même si elle incarne une démocratie relativement avancée, ne permet pas d’éviter le risque que cette démocratie se consolide et qu’elle reste une démocratie bourgeoise, si avancée soit-elle. Nous croyons que la seule manière d’éviter ce risque est de lutter dès à présent pour l’objectif final ; c’est-à-dire répéter inlassablement au peuple que nos buts sont l’indépendance et le socialisme.» Cette critique lui parvenant de sa gauche n’a pas été très appréciée par le Mlnv. Pourtant, durant ses premières années, l’influence de la dynamique assembléiste au sein du Mlnv était notable. LAB* , par exemple, lors de sa création, était une organisation assembléiste**. Mais cela n’a pas duré. En 1978, alors que les mouvements sociaux assembléistes entraient dans leur période de crise, LAB a mis de côté ses «erreurs de jeunesse» et s’est transformé en syndicat d’adhérents. Ce changement, lié à la dynamique interne du Mlnv, n’a pas été opéré pour suivre la voie des syndicats réformistes ni leurs objectifs pourris, mais a plutôt été un nouveau coup porté aux rêves de l’Autonomie. De manière générale, l’ensemble du Mlnv a adopté le modèle léniniste, avec le Mlnv comme avant-garde du peuple et ETA comme avant-garde du Mlnv. Là où ils étaient influents et au sein des structures qu’ils contrôlaient, ils exhortaient à l’unité, valeur qu’ils

* Le Langile Abertzaleen Batzordeak (Commissions ouvrières abertzale), créé en 1974, au début organisé sous forme d’assemblées, devient un syndicat classique d’affiliation après que la gauche abertzale en a pris le contrôle par des manœuvres pas toujours glorieuses. Depuis, il est considéré comme faisant partie du Mlnv. En 2000, il a élargi son activité au Pays basque nord. ** Dans l’ensemble, la gauche abertzale a prôné, d’un côté, l’organisation autonome des mouvements sociaux face à l’administration espagnole et, d’un autre, l’organisation pyramidale et disciplinée de tous ses membres à l’intérieur du mouvement même. Si elle a occasionné des dissensions, cette contradiction a généralement été acceptée par les militants.

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utilisaient par la suite pour justifier le mépris et la critique envers les camarades restés en dehors du grand groupe. Les critiques émises par les autonomes à ce sujet étaient et restent très claires. Vous les retrouverez dans ce livre : «Herri Batasuna (HB) veut anéantir tout ce qu’elle ne contrôle pas… Hasi* est complètement léniniste et pense que la révolution n’est possible que sous la direction du parti.» Dans la pratique, HB a brisé de l’intérieur les assemblées qui lui échappaient et a utilisé le poids moral et politique d’ETA pour y parvenir. Poids face auquel les autonomes se retrouvaient bien démunis dans un environnement abertzale. Comment ont-ils réagi? Certains ont tenu tête et se sont affrontés à HB et au Mlnv, mais la majorité ne l’a pas fait : «Nous ne voulions pas nous opposer directement et ouvertement au mouvement basque organisé.» Ils avaient un grand respect pour ETA, le respect que l’on voue à ceux qui risquent leur vie. Et, au-delà de ça, certains pensaient même que l’aspiration autonome pouvait aussi se vivre à l’intérieur du Mlnv. Ils mettaient en avant les dynamiques assembléistes qui existaient au sein de HB et y ont cru. Comme nous le verrons dans les témoignages, après la crise du mouvement au début des années 80, un certain nombre d’autonomes se sont retrouvés au sein de HB ou dans les groupes du Mlnv qui luttaient pour l’amnistie, AEK**, l’écologie, etc. Certains se sont brûlé les ailes et se sont retrouvés en rupture totale; d’autres ont continué et sont aujourd’hui des personnes de référence au sein du mouvement. De manière générale, même si elle l’a beaucoup critiqué, l’Autonomie a toujours préféré considérer le Mlnv comme un compagnon de barricade. Mais les relations se sont rapidement envenimées et l’obstacle principal à la bonne entente entre les autonomes et le Mlnv a été l’existence même des Commandos autonomes, qui ont été considérés par certains comme les leaders et les responsables de l’ensemble du mouvement. Or, si les Commandos

* Herri Alderdi Sozialista Iraultzailea (Parti socialiste révolutionnaire populaire), plus connu sous son acronyme Hasi qui signifie « commencer». Ce parti, fondé en juillet 1977, était généralement considéré comme la branche politique d’ETA. Il fut un des principaux protagonistes de la coordination KAS ainsi que de la coalition Herri Batasuna. ** Alfabetatze Euskalduntze Koordinakundea, mouvement qui s’emploie à enseigner la langue basque, alphabétiser les locuteurs et étendre son emploi dans la vie quotidienne. Nombre de ses membres étaient proches du Mlnv.

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étaient assurément une des composantes de l’Autonomie, je ne pense pas qu’ils en aient été la plus importante. Tout en étant fier d’appartenir à un grand mouvement social traversé en profondeur par les pratiques autonomes, aucun de ses membres n’aurait à mon avis voulu endosser le rôle de dirigeant. C’est ce que disaient les CAA eux-mêmes. Quoi qu’il en soit, les formes d’expression armée se voient souvent attribuer une place particulière. Les médias leur ont accordé une énorme attention et on peut voir le rôle central donné à ETA par le Mlnv à travers l’opinion que ses militants portent sur les autres mouvements. C’est en suivant la même logique que les Commandos se sont aussi retrouvés affublés d’un statut spécial.

Les Commandos autonomes anticapitalistes

Malheureusement, comme on l’a déjà dit, les Commandos ont fait leur apparition alors que le mouvement social se trouvait en haut de la vague, c’està-dire quand sa chute était déjà amorcée. Ils ne pouvaient pas le savoir, mais les militants ont donc endossé l’engagement le plus dur au pire moment, au moment où la base sociale de leurs luttes offensives était en voie d’affaiblissement. Cela condamnait d’avance une dynamique de groupe armé clandestin. Les Commandos se créent en 1976. Comme nous l’avons déjà vu, les militants autonomes de base avaient une certaine habitude des actions dures – même si elles n’étaient pas de type militaire. Manifestations et sabotages leur étaient familiers. Au sein d’une situation encore vue comme prérévolutionnaire et alors que les luttes massives frappaient toujours fort, l’option de passer à la lutte armée a été réfléchie avec beaucoup de sérieux, et cela a été particulièrement vrai au sein de Laia-Ez où les discussions allaient bon train. D’un point de vue purement autonome, la lutte armée devait être menée depuis la base et en relation directe avec les luttes des travailleurs. Pour des libertaires, la question principale n’était pas de savoir comment prendre le pouvoir, mais d’agir pour renforcer l’action directe du peuple afin d’en finir avec le pouvoir de la bourgeoisie. La stratégie visait donc à donner le premier rôle à la révolution, au peuple auto-organisé, à l’autonomie de la classe ouvrière. Par conséquent, les actions armées devaient être le fruit de ce qui était décidé en assemblée. «Le peuple doit être le seul acteur direct et le seul dirigeant du processus révolutionnaire, notre fonction est de renforcer son rôle et de compléter l’action directe du peuple en armes en tirant profit des avantages

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qu’offre une structure clandestine, tout en nous soumettant aux directives générales élaborées par le peuple.» Voilà qui est dit. Ainsi, les actions parleraient d’elles-mêmes, puisqu’elles seraient directement issues du peuple et seraient conformes au désir de ce peuple en lutte. L’idéal étant que les axes et bases des actions jugées nécessaires soient discutés par les assemblées, tandis que les cibles et les moyens concrets seraient choisis par le groupe armé clandestin. Les Commandos se sont créés dans le but de mener techniquement à bien le développement d’une violence naturelle et spontanée qui émanait des assemblées. Mais la lutte armée clandestine ne s’improvise pas. Elle a ses propres règles et celles-ci sont souvent contraignantes. Premièrement, il faut pouvoir compter sur un nombre suffisant de militants et d’armes. Alors que les Commandos font leurs premiers pas, seuls les militants issus d’ETA sont en possession d’infrastructures et d’habitudes liées à la clandestinité armée. En 1975-1976, des personnes de différents groupes s’unissent pour créer la première coordination. Parmi celles-ci se retrouvent quelques dissidents d’ETA VI, des gens de Laia-Ez, ainsi que des berezi * d’ETA politico-militaire. Les deux premiers groupes – de tendance libertaire – étaient autonomes au sens social et politique du terme, ce qui n’était pas le cas des berezi. Pour ceux-ci, être autonome voulait surtout dire ne pas être sous les ordres d’une direction centrale qui pouvait toujours prendre une tournure opportuniste ou réformiste : il fallait que chaque groupe possède sa liberté d’action sur des critères qui lui seraient propres. Les berezi rejetaient leur direction. Selon eux, être abertzale et révolutionnaire suffisait pour agir sans avoir à suivre les ordres de personne. Il y avait donc deux sensibilités et deux origines différentes tant dans les raisons de prendre les armes que dans celles de travailler ensemble. Deux manières distinctes de comprendre la lutte. Et cette contradiction a accompagné les Commandos tout au long de leur histoire. Plus tard, en 1978 et 1979, d’autres personnes issues des pratiques autonomes non organisées les ont rejoints. Les Commandos s’étoffaient et ont bientôt commencé à prendre de la consistance à Azpeitia, Gasteiz, dans le haut Deba, etc.

* Lors de la scission en 1974 entre ETA politico-militaire et ETA militaire, la première veut donner la priorité à la voie politique, sans renoncer aux actions armées mais en les voyant comme des moyens complémentaires au travail politique. Les Comandos Bereziak (commandos spéciaux) vont être chargés de mener à bien des actions importantes relevant de l’intérêt général. Les berezi dépendaient directement de l’exécutif de l’organisation et non des comités locaux. En 1977, une bonne partie d’entre eux entrent en conflit avec leur direction; ceux qui privilégient la lutte armée rejoignent ETA militaire, et ceux qui critiquent le centralisme de l’exécutif les CAA.

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Tout au long de leur histoire, les Commandos ont été confrontés à bien des problèmes, dont la répression. À l’époque, ETA engrangeait de la force, devenait une organisation conséquente et menait une lutte très intense qui allait bientôt prendre la forme d’actions de guérilla urbaine. En parallèle, la police perfectionnait ses moyens de surveillance et d’intervention pour ne pas perdre de terrain. Les Commandos, quant à eux, n’avaient pas la même infrastructure ni les mêmes ressources financières qu’ETA et, par conséquent, ils se sont vite retrouvés être les grands perdants de cette course contre la montre. Il faut dire que les conditions pour tenir dans le temps étaient pour le moins difficiles. Par ailleurs, le rêve de l’Autonomie et la dure réalité de l’époque n’allaient pas vraiment de pair : la culture assembléiste et les nécessités de la clandestinité sont difficilement compatibles. Si le mouvement populaire avait continué, son énergie aurait sans doute pu permettre de dépasser les problèmes internes. Mais cela n’a pas eu lieu. Pourtant, selon moi, les obstacles majeurs qui ont empêché la lutte de trouver sa propre légitimité ont résidé dans l’existence d’ETA d’un côté, et dans des questions d’ordre pratique de l’autre. Il y a eu de grands débats au sein des Commandos quant aux objectifs de la lutte armée. Si au début ceux-ci étaient clairs – prolonger et rendre efficace la violence spontanée qui existait dans les luttes des masses –, la nécessité de l’action antirépressive est venue flouter les lignes. La répression s’étant très vite concentrée sur ETA, les discussions sur le fait de savoir si les flics étaient des cibles légitimes ou si les actions devaient uniquement se centrer sur les nécessités exprimées par le mouvement populaire ont été maintenues en permanence* . Chaque groupe agissant suivant ses convictions et aucun n’étant foncièrement opposé à cette idée, des actions antirépressives ont trouvé leur place aux côtés des autres et ont généré une relation très particulière à ETA. Les Commandos ont mené de dures attaques en réponse à la répression que subissaient les militants d’ETA. C’était pour eux la loi de la solidarité. Mais ETA, de son côté, ne voyait pas cela d’un bon œil. Dès que les Commandos sont sortis du cadre des actions contre des biens pour passer aux attaques contre la police, ETA a assimilé ces actions à une forme de parasitisme ou à un dangereux détournement de sa lutte. Cette contradiction éclatera très violemment dans les derniers moments des Commandos.

* On impute aux CAA autour de cent actions armées, dont une trentaine aux conséquences mortelles.

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Au début, alors qu’ils étaient encore au meilleur de leur forme, les Commandos avaient adopté la même posture envers ETA que celle prise par l’Autonomie envers le Mlnv : ils critiquaient ETA pour sa tendance léniniste, rejetaient le programme KAS pour son réformisme, mais ça ne les empêchait ni de garder un énorme respect pour ETA et ses militants ni de vouloir travailler ensemble. Apparemment, il a été plus ou moins possible dans un premier temps de se retrouver sur certains points. Mais ces envies étaient-elles réellement réciproques? Les témoins de ce livre disent que ce fut parfois le cas. Quand ETA était sous la direction d’Argala par exemple, puis ensuite grâce à l’influence de Txomin Iturbe* … Je n’en sais pas beaucoup plus. Par contre, il est certain que cela a engendré bien des débats et des conflits. En 1979, la position envers ETA était devenue un sujet de discorde au sein des Commandos. Les partisans de l’Autonomie traditionnelle ne voyaient pas comment il était possible de travailler avec ETA militaire. Voici ce qu’ils en disaient : «ETA a une conception élitiste de la révolution et du rôle de l’avant-garde. Elle est autoritaire dans sa manière de s’organiser et – à travers le programme KAS – elle maintient une ligne de négociation tactique tout à fait assimilable par la bourgeoisie.» Pour cette tendance active au sein des Commandos, l’Autonomie est une autonomie de classe. Ses objectifs sont radicalement anticapitalistes et la lutte contre le système est totale. Du fait de sa stratégie basée sur la démocratie directe, elle ne reconnaît que les organisations issues du pouvoir populaire et n’a aucune complaisance envers les partis, les syndicats ou toute autre structure autoritaire qui se substituerait au peuple. Ces Commandos font leur la solidarité avec ETA ainsi que les actions directes contre la répression, mais ils rejettent en bloc le programme KAS et les structures du Mlnv. Une autre partie des Commandos se positionne en faveur du programme KAS et du Mlnv. Pour celle-ci, l’Autonomie se résume au fonctionnement autonome de chaque commando : en agissant selon sa propre conscience, quiconque se déclare en faveur du socialisme et de l’indépendance peut être

* L’auteur parle ici de rapports internes et clandestins, dont la teneur pouvait encore être une source de danger pour des témoins vivants. Argala et Txomin sont deux dirigeants mythiques d’ETA militaire, dont on vante encore l’ouverture aux autres tendances ou aux non-membres des organisations armées. Argala a été assassiné par le terrorisme d’État en 1978. Après sa mort, les anciens berezi ont pris un poids particulier dans l’organisation. Txomin, quant à lui, est mort en 1987. D’après certains témoignages, la façon de penser de leurs successeurs n’a plus jamais été la même.

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un autonome. Dans cette perspective, ces Commandos ne voyaient pas d’incompatibilité entre ce type d’autonomie et l’alternative KAS ou le fait de soutenir les partis et les syndicats du Mlnv. Ces deux tendances ont été présentes d’un bout à l’autre de l’expérience des Commandos. Les dernières divergences ont noirci la fin de leur existence et peuvent être lues en pointillés dans les témoignages.

Vengeance, vengeance jusqu’au bout

ETA a répondu aux critiques, et pas de la manière la plus tendre. Nous avons déjà dit qu’ETA considérait les Commandos comme des parasites. Mais elle supportait surtout très mal la « concurrence» sur son terrain spécifique, la lutte armée. Les critiques radicales venant de sa gauche sont toujours dommageables pour tout parti orthodoxe qui veut détenir le monopole de la révolution. Le Mlnv n’y a pas échappé. ETA était elle aussi contaminée par les mauvaises habitudes des partis communistes et a eu tôt fait de faire passer les critiques idéologiques pour des complots policiers. Par un tour de passe-passe rhétorique, elle a pu affirmer que – selon elle – les critiques des autonomes affaiblissaient la révolution (dont ETA était la seule avant-garde) et qu’elles ne pouvaient donc venir que de contre-révolutionnaires. À travers ce discours bien rodé, l’ennemi « objectif» devient alors trop facilement un auxiliaire de police. ETA et le Mlnv n’ont pas tardé à appliquer cette version policière de l’histoire aux Commandos et ce jusque dans ses ultimes conséquences. Nous en retrouvons une trace dans un des premiers communiqués d’ETA sur la question, et qui finit dans l’amalgame et les menaces : «Leurs actions [des CAA] représentent un danger réel de contrepoids négatif au processus révolutionnaire basque mis en place par les forces du KAS. Mener au Pays basque une action armée dirigée de manière démocratique par les travailleurs relève de l’absurde et n’est pas viable.» Jusqu’ici, la critique relève de l’idéologie et de la stratégie et en cela est entendable, mais voici la suite : «Les Commandos, de par leur structure plus ou moins anarchique, sont facilement perméables à l’infiltration policière ou à l’action des services de renseignement espagnols qui pourraient alors provoquer une série d’actions destinées à salir et à discréditer [notre] processus de lutte armée. Par conséquent, ETA peut penser que ce sont des groupes promus et soutenus par la tolérance

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répressive, dans l’objectif de les utiliser afin de stopper le potentiel de la lutte armée menée par ETA» (1979). C’est dans ce contexte que se sont déroulés les derniers événements de l’histoire des Commandos. En 1984, Enrique Casas est abattu. Quelques jours plus tard, la police élimine sans pitié le commando autonome accusé de cette exécution. C’est le «massacre de Pasaia », un événement qui a profondément marqué l’histoire récente du pays. Quand on analyse ces événements douloureux, le peu de considération qu’avait le Mlnv envers les Commandos saute aux yeux. Les dernières heures des Commandos – frappés par la répression, maudits par le Mlnv et reposant sur une base sociale très affaiblie – avaient sonné. Un glas rempli de larmes et de rage, et du sentiment de s’être retrouvés «seuls et trahis». Revenons sur les événements. Casas était alors sénateur socialiste de la région du Gipuzkoa et son parti (le Psoe) était au gouvernement à Madrid. Il se présentait d’ailleurs comme tête de liste aux élections autonomes qui approchaient. Par ailleurs, il était aussi membre et farouche défenseur du Conseil de sécurité (qui réunissait les forces antiterroristes des gouvernements central et autonome). C’est en raison de cette dernière fonction qu’il a été pris pour cible par les Commandos. À leurs yeux, Casas était l’un des principaux responsables de la guerre sale qui prenait une tournure de plus en plus féroce : le gouvernement espagnol commençait à poursuivre et à éliminer les militants réfugiés en Iparralde* . À travers la mort de Casas, les Commandos affirmaient qu’ils n’allaient plus tolérer aucun enlèvement ni aucun assassinat, parmi lesquels les disparitions récentes de Lasa, Zabala, Peru et Stein (tous militants d’ETA militaire)**. Il n’y avait donc aucun doute à avoir sur le fait que cette action avait été menée en solidarité avec les militants d’ETA victimes du terrorisme d’État, et cela dans la plus pure tradition des Commandos. Mais ETA et le Mlnv n’ont pas voulu l’entendre de cette

* Pays basque nord, sous administration française. ** Le 6 octobre 1983, ETA politico-militaire avait enlevé un capitaine de l’armée dans le but de l’échanger contre la libération de neuf militants. Durant les treize jours qu’a duré cet enlèvement, deux militants d’ETA militaire ont disparu : Lasa et Zabala (leurs corps ont été retrouvés des années plus tard dans de la chaux vive). Au même moment, une tentative d’enlèvement a eu lieu à l’encontre de José Mari Larretxea, alors dirigeant d’ETA politicomilitaire. Ces deux événements répressifs furent considérés comme les premières actions des GAL (Grupos Antiterroristas de Liberación, organisation parapolicière en charge de mener la guerre sale contre ETA et ses proches). Le capitaine kidnappé a finalement été assassiné, probablement en représailles à ces exactions. Peru et Stein, militants d’ETA militaire, ont été assassinés froidement à Hendaye quelques jours avant l’attentat autonome contre Casas.

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oreille. À la veille des élections, les médias leur ont attribué l’attentat, et les différents partis constitutionnels en ont profité pour mener une offensive contre HB, qui se présentait aux élections. ETA et le Mlnv ont alors lancé de graves diffamations contre les Commandos en laissant supposer qu’il s’agissait d’une provocation policière – quand ils ne disaient pas tout simplement que le meurtre avait directement été commandité par la police. Voici une déclaration d’ETA : «Nous n’en assumons pas la responsabilité. Nous replaçons cet attentat dans le cadre de la guerre sale lancée par le Psoe lui-même et le voyons comme une manière de nuire à l’alternative KAS, en vue des élections du 26. Nous accusons le Psoe d’en être le responsable.» HB déclare pour sa part : «[Notre] condamnation la plus catégorique […]. Une provocation évidente […] avec l’intention claire de saboter la campagne électorale […]. Qui se cache derrière cette mort? [Ils répondent que ce sont ceux qui, voyant l’avancée électorale d’HB, veulent l’entraver.] Des ficelles sont tirées dans l’ombre par les services de renseignement qui dirigent le processus de réforme de l’État espagnol. Ce sont eux qui se trouvent derrière cette action, comme derrière plusieurs autres ayant eu lieu ces derniers temps… [La mort d’Enrique Casas] est le dernier agissement en date de la guerre sale…» Ce point de vue a de nouveau été affirmé à la suite des assassinats de Pasaia. Le Mlnv a même déclaré que les meurtres perpétrés par la police n’avaient qu’un seul objectif : éliminer les témoins afin d’enterrer à jamais la sale manœuvre policière autour du meurtre du sénateur Casas. Pour ceux qui ont perdu des amis à Pasaia, cette accusation reste une blessure ouverte et difficile à oublier. D’autant plus qu’à partir de ce jour la position officielle du Mlnv n’a plus jamais dévié : «Les autonomes? Dans le meilleur des cas, des anarchosmarginaux fouteurs de merde; dans le pire, une machination policière visant à affaiblir ETA et le Mlnv.» Pour ceux d’entre nous qui ont connu l’histoire de l’Autonomie et ses protagonistes, l’attitude du Mlnv envers les Commandos autonomes est non seulement erronée, mais aussi honteuse. Pourtant, ce genre d’agissements et d’allégations se sont répétés plus tard à l’occasion de l’affaire de Portugalete. En avril 1987, des jeunes avaient lancé quelques cocktails Molotov contre la Casa del Pueblo (Maison du peuple du Psoe) et plusieurs personnes qui s’y trouvaient avaient péri. C’était, encore une fois, en pleine période électorale. Parmi les personnes qui avaient lancé les cocktails figuraient des membres du collectif Mendeku, ce qui signifie « vengeance»… Par pure coïncidence, il se trouve que le commando qui avait mené l’attentat contre Casas portait le même nom. L’ambiance générale dans

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laquelle se déployait l’Autonomie des années 80 n’était plus celle du grand mouvement des travailleurs ou des assemblées. Cependant, quelques jeunes au caractère anti-autoritaire bien trempé tentaient de mener un travail d’agitation en phase avec leur époque et se bougeaient sur des questions telles que le logement, l’antimilitarisme, montaient des concerts, etc. Ils voulaient s’organiser contre toute autorité, y compris celle de HB. Tout comme les autonomes de la génération précédente, ils étaient solidaires des militants d’ETA poursuivis par la police. L’attaque aux cocktails avait d’ailleurs précisément été menée en représailles à la remise à la police espagnole de deux réfugiés par la police française. À Portugalete, ces mêmes « anarchoïdes» ou autres «totos» que HB voyait d’un mauvais œil ne reconnaissaient pas l’alternative KAS et étaient, au même titre que l’ensemble des jeunes libertaires, rejetés par Jarrai * . À la suite de cette action, les médias ont pointé du doigt ETA et HB, qui en sont arrivés à répéter les mêmes arguments que par le passé : «La police et le gouvernement civil savent parfaitement que le groupe Mendeku a toujours été et reste un ennemi idéologique et politique de HB. L’action aux cocktails Molotov à Portugalete ressemble de près à la provocation politique qui a entraîné la mort d’Enrique Casas, elle aussi réalisée par des groupes idéologiques ennemis de HB et, comme par hasard, en pleine période électorale.» La suite de l’histoire de Portugalete a pris une tournure hallucinante et a atteint le summum du ridicule. Afin de mieux s’en rendre compte, je me contenterai de citer un texte signé de la main du porte-parole de Jarrai de l’époque, Floren Aoiz**. Dans ce texte, il compare l’assassinat de Casas à l’incendie du Reichstag provoqué par les nazis (!) ***, et voilà ce qu’il

 

* Jarrai («Continuer»), fondée en mai 1979, était l’organisation de jeunesse de la coordination KAS. De tendance socialiste et indépendantiste, elle est restée pendant longtemps une référence dans la gauche abertzale. Elle s’est souvent montrée très agressive envers les jeunes «indisciplinés» : libertaires, autonomes, antimilitaristes, etc. ** Aoiz est encore un des membres éminents de l’intelligentsia du Mlnv. Voilà pourquoi il est cité nommément. *** Malgré l’explication stalinienne souvent retenue, et en laquelle devait croire Aoiz, l’incendie du Reichstag n’a pas été une provocation nazie mais bien l’œuvre d’un révolutionnaire nommé Marinus van der Lubbe. Celui-ci – alors connu de nombreux camarades – a été défendu par une partie non négligeable du mouvement anti-autoritaire de l’époque. Pour plus d’info, nous renvoyons vers l’article «Oui, le Reichstag brûle !» dans le n° 3 de la revue anarchiste Subversion ou encore vers les deux livres suivants : Marinus van der Lubbe et l’incendie du Reichstag, de Nico Jassies, aux Éditions Antisociales, et Carnets de route de l’incendiaire du Reichstag, documents traduits du néerlandais, présentés et annotés par Yves Pagès et Charles Reeves, aux éditions Verticales.

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dit à propos de la mort du sénateur du Psoe : «Il a été tué par un groupe d’ultra-gauche, les Commandos autonomes, groupe complètement éloigné et opposé au Mlnv de par son idéologie et sa pratique. Il est possible que ce groupe ait été infiltré lors de cette action, et aujourd’hui on ne sait toujours pas pourquoi la police espagnole les a tous liquidés à Pasaia, tous sauf un » (Portugalete o la historia de una provocación).

Le futur, s’il y en a un, nous appartient

Les autonomes ne se sont pas arrêtés là. Ils ont continué à prendre part aux luttes en cours en accord avec ce que l’époque permettait* . Je crois qu’ils sont encore prêts à prendre les armes si l’occasion venait à se présenter, si le peuple décidait de se soulever. Les relations conflictuelles avec le Mlnv ont elles aussi perdurées. Certains se sont sentis abandonnés et isolés dans les villages ou même en prison, d’autres par contre se sont impliqués à fond dans des collectifs communs ou même à l’intérieur du Mlnv. À travers ces pages, vous partirez à la rencontre de combattants valeureux et sincères. Et si un jour la révolution éclate, si nous la faisons, nous reprendrons le chemin qu’ils ont emprunté. Ils ont perdu leur pari face à la Réforme, mais ont mené une lutte pleine de sens et personne ne peut dire que leurs idéaux n’étaient pas justes. D’ailleurs, la victoire n’a souvent pas grand-chose à voir avec la justice. Et c’est justement de justice qu’ils restent avides. C’est ce qui les maintient debout et en lutte. Au vu de leur histoire, et parce qu’ils ont été des combattants sincères et que nous aspirons à la justice, j’aimerais clore cette introduction par une demande très personnelle qui n’engage en rien l’éditeur de ce livre : il est temps de laver la merde qui leur a été balancée dessus. Je ne veux ni ne peux demander aux politiciens ou aux médias institutionnels qu’ils reviennent sur les dégueulasseries qu’ils ont dites ou écrites. Ça, c’est du passé et ça restera comme ça. Par contre, j’adresse une demande à Herri Batasuna. En ces temps, qui sont ceux du processus Urrats Berri **, elle

* On pourrait particulièrement citer l’opposition aux grands projets (autoroutes, barrages, TGV), luttes où les anti-autoritaires ont eu un rôle significatif. ** Urrats Berri («Un autre pas») a été un processus de discussion interne à Herri Batasuna, entre novembre 1991 et avril 1992. Son contenu n’a jamais été rendu public, mais il s’agissait de réfléchir à la continuité de la gauche abertzale après l’arrestation des chefs d’ETA à Bidart. Parmi les thèmes abordés, une ouverture vers les mouvements sociaux (féminisme, antimili-)

ferait bien d’en profiter pour revenir sur le travail de sape qui a été mené à l’encontre de l’Autonomie et de reconnaître les autonomes comme des combattants pour la liberté de ce peuple. Avec tout le respect qu’ils méritent. Audelà des désaccords politiques, au nom de l’honneur et de la camaraderie entre révolutionnaires. tarisme, etc.) avait été proclamée. À travers cette demande publique, l’auteur voulait rappeler à la GA et à ses dirigeants qu’une réelle ouverture vers les mouvements sociaux supposait une révision de leur attitude sectaire envers les autonomes. Ce qui, au jour de la publication du livre, n’avait toujours pas eu lieu. 30 31 août 2019 Ce texte a originellement été écrit en basque en tant qu’introduction au livre de Jexux Arrizabalaga et Anjel Murias, Autonomoekin solasean (En parlant avec les autonomes). La traduction francophone a été effectuée à partir de la version espagnole reprise dans le livre Por la memoria anticapitalista, elle-même tirée du n°19 de la revue Ekintza Zuzena, printemps-été 1996. Les notes de bas de page ont été ajoutées par les éditions du soufflet lors de cette dernière.

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3 mai 2020

L’EMISSION DU CSPB 04 02 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 21 h 30 min

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DÉBUT DE CONFLIT EN EUSKAL HERRIA

Les débuts d’une lutte armée en EH

ETA ROUGE DETOURE N

 

La devise d’ETA est « Bietan jarrai » et signifie « continuer dans les deux voies ». ETA A CESSE LA LUTTE ARMEE EN 2011. Le 10/01/2011, ETA déclare un cessez-le-feu permanent. Le 20 octobre de la même année, ETA annonce l’abandon définitif de la lutte armée. CE QUI FAIT DIRE AU TRAITRE ZAPATERO premier ministre espagnol qui décrit cette décision comme une « victoire pour la démocratie, la loi et la raison ». TRAITRE PARCE QU’IL N’a DE SOCIALISTE QUE LE NOM. ON VOIT CE QU’IL EN EST DES DEMOCRATIES OCCIDENTALES. EN 2018 Le 16 avril, ETA annonce sa dissolution et la fin de son combat politique. 60 APRES.

MAIS COMMENT EST NE L’IDEE D’UNE LUTTE ARMEE. SI JE REMONTE AU 19EME C’EST POUR DEMONTER QUE LE CONCEPT DE LIBERATION NATIONALE N’EST PAS NE DU JOUR AU LENDEMAIN MAIS AU TRAVERS D’UN LONG PROCESSUS.

IL ES RECONNU AUJOURD’HUI QUE LE PEUPE BASQUE EST BIEN ANTERIEUR AU IBERE ET FRANC. ON PARLE MEME D’UNE PRESENCE REMONTANT A 18 000 ANS.

MAIS REVENONS AU 19e SIECLE. ET L’ARRIVE DE SABINO ARANA QUI JETA LES BASES D’UN NATIONALISME BASQUE. POUR MA PART JE NE COLLE PAS AU THESE D’ARANA. QUI PARLE DE RACE CE QUI ETAIT COURANT AU 19EME MAIS A LA LUMIERE DE CE QUE L’ON VEHICULE AUJOURD’HUI ON PREFERERA LA NOTION DE PEUPLE AVEC SES SPECIFICITEES. ET IL ETAIT UN PUTAIN DE CATHO TRADI

TJRS EST IL QU’IL CREE L’EAJ (EUSKO ALDERDI JELTZALEA) OU PNB/PNV (PARTI NATIONALISTE BASQUE/VASCO) ET NON PRODUIT NATIONAL BRUT QUI EST UNE MESURE ECONOMIQUE.

SON 1ER FAIT D’ARME REMONTE A 1893 A GUERNICA LORSQU’AVEC SON FRERE LUIS, DE RAMON DE LA SOTA ET D’UN GROUPE DE NATIONALISTE ILS DECIDENT DE BRULER LE DRAPEAU ESPAGNOL AUX CRIS DE MORT A L’Espagne. IL PROCLAME, « qu’elle soit grande ou petite, forte ou faible, l’Espagne asservit notre patrie et cela nous suffit pour la haïr de toute notre âme ».

DANS LE MËME TEMP BILBO VOIT ARRIVER DES MILLIERS DE PAYSANS ATTIRES PAR LE MIRACLE ECONOMIQUE INDUSTRIELLE DE LA METALLURGIE ET DES MINES. AVEC SON FLORILEGE DE RUINE DES PETITES ENTREPRISES FACE A L’ASSOCIATION DES MONOPOLES ECONOMIQUES. CE QUI RENFORCA LE POUVOIR D’UNE OLIGARCHIE BASQUE. QUI PREFERAIT PARLER LE CASTILLAN PLUTOT QUE L’EUSKARA. CE QUI EN REACTION VIT EMERGER UN COURANT PRE-SABINIEN ACCES SUR L’ASPECT CULTUREL QUI REVET ALORS UNE IMPORTANCE STRUCTURANTE TJRS ACTUEL AUJOURD’HUI DANS LES MILIEUX INDEPENDANTISTES. MAIS LE PROJET NATIONALISTE D’ARANA N’AVAIT PAS D’ACCOINTANCE AVEC LES FOULES VENANT CHERCHER DE QUOI SE NOURRIR OU AVEC UNE MILITANCE SOCIALISTE QUE LE PURISME ETNIQUE DU PNB REPRESENTAIT. LES QUATRE PILIERS DU NATIONALISME D’ARANA ETAIT : L’EUSKARRA, LA SUPREMATIE RACIALE, LA RELIGION ET LE CONCEPT CONFEDERATIF DE LA NATION.

SI ARANA AVAIT LES DEFAUTS DE SON SIECLE CELA S’AGGRAVA UN PEU PLUS AVEC SON SUCCESSEUR RAMON DE LA SOTA. SI ARANA ETAIT LE THEORICIEN INTELLECTUEL, LA SOTA EST L’UN DES CHANTRE DE LA BOURGEOISIE MARCHANDE BASQUE. MANIANT A MERVEILLE LE DOUBLE LANGUAGE EN DIRECTION DU PATRONAT OU DES SYNDICATS (L’ARGENT ET LE SIMULACRE SYNDICAL DE L’EPOQUE). LE PNB AVEC SOTA VA OBTENIR PAR L’ARGENT LE POUVOIR POLITIQUE.

LA SCISSION VIENDRA EN 1916 LORSQUE LE CNV COMMUNION TRADI BASQUE LE PILIER ECO ET POLITIQUE DU PNB DE SOTA RECEVRA LE CATALAN CAMBO QUI FUT NATIONALISTE ET TERMINA MINISTRE A MADRID. ET QUI FUT HUE PAR LES JEUNES DE EGI ORGA DES JEUNES DU PNB. RAPPELONS QUE 1916 MARQUE LA LUTTE EN Irlande ET BCP DE JEUNES ETAIT SEDUIT PAR LA REVOLTE DE PAQUES

EN 1923 LA DICTATURE DE PRIMO DE RIVEIRA, VA SERVIR DE CATALYSEUR A L’INDEPENDANTISME CETTE IMPOSITION PAR LA FORCE DE RIVEIRA ET DE BERENGUER VA DURER 7 ANS. ET DU COUP DONNERA UN ASPECT SOCIAL AU INDEPENDANTISTE.

EN 1932, APRES DES ELECTIONS TRUQUÉES ET ON LE SAIT AUJOURD’HUI LA NAVARRE VOTE CONTRE LE PROJET D’AUTONOMIE PAR 123 CONTRE ET 109 POUR.

VERRA ALORS LE JOUR EN 1933 D’UN STATUT D’AUTONOMIE DES PROVINCES DE L’ALAVA, DU GUIPUZCOA ET LA BICAYE VOTE PAR 84% DES INCRITS. MAIS LA REPUBIQUE ESPAGNOLE NE RATIFIE PAS LE STATUT. CAR DEJA DANS LE SUD DE L’Espagne DE FRANCO SE SOULEVE AVEC SA PHALANGE ET LES BATAILLONS MAROCAINS. SUIVRONS 40.000 NAVARRAIS DANS LES RANGS FRANQUISTE. DURANT CETTE PERIODE DES MILLIERS DE NATIONALISTES, REPUBLICAINS, SOCIALISTE SONT FUSIILE EN NAVARRE. LE GOUVERNEMENT BASQUE D’AGUIRRE LEHENDAKARRI EST EN EXIL. AVEC CE CONFLIT LES BASQUES DENOMBRERENT 10.000 MORTS, 30.000 PRISONNIERS. 1 MILLIER FURENT EXECUTES. A CELA IL FAUT RAJOUTER 150.000 EXILES ET 20.000ENFANTS ENVOYES PAR LEURS FAMILLES POUR LES SAUVER.

EN 45 ORDOKI ET SES HOMMES DEVANT LA BIDASSOA QUI PARTAGE L’IPARALDE DE L’HEGOALDE ONT EN MEMOIRE LES MOTS DE DE GAULLE LA France N’OUBLIERA PAS CE QUE LES BASQUES ONT FAIT POUR ELLE. POURTANT EN 1951 DE GAULLE TRAHIRA LE GOUVERNEMENT BASQUE EN L’EXPULSANT ET INSTALLERA L’AMBASSADE ESPAGNOLE.

Au Pays basque sud

  • Euskadi ta Askatasuna : d’idéologie marxiste, responsable de 828 morts depuis 1968, l’ETA est depuis 2009 très fragilisée par les arrestations et découvertes de caches d’armes.
  • Iraultza (en) : petit groupe d’une vingtaine d’activistes actif au début des années 1990. Trois de ses membres furent tués en action.
  • Les Comandos Autónomos Anticapitalistas (es)  : série de groupes responsables d’entre 25 et 30 morts entre 1978 et 1984, à sa disparition la plupart des membres rejoignirent l’ETA. 8 activistes moururent en action.

Au Pays basque nord

  • Iparretarrak : militant pour l’autonomie du Pays basque nord entre 1970 et 2003, son chef principal fut Philippe Bidart.
  • Irrintzi : actif depuis 2006, militant pour les intérêts basques en France, luttant contre la spéculation immobilière et le tourisme de masse entre autres. Deux militants furent arrêtés en décembre 200911.
  • Hordago : groupe actif dans les années 1980, luttant pour l’indépendance.
  • Euskal Zuzentasuna : actif entre 1977 et 1979, responsable de 11 attentats, il se fonda ensuite dans Iparretarrak.

Anti-indépendantistes

Groupes antiterroristes espagnols

 

829 TUES IMPUTES A ETA ET AUTRES GROUES D’INDEPENDNACE De ce nombre, 486 étaient membres de l’armée ou de la police et 343 des civils. 8 MORTS PAR AN SUR 60 ANNEES DE LUTTE

367 GUDARIS SONT TOMBES POUR LA LIBERATION EUSKAL HERRIA

319 PRISONNIERS DONT 69 ANS L’ETAT FRANÇAIS

 

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N.D.D.L A LA LIBRAIRIE LNR 07 01 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 20 h 14 min

LE 27 11 19 LA LIBRAIRIE LNR DE LIMAY RECEVAIT BAPTISTE ET MANU DE NOTRE DAME DES LANDES POUR UN LIVRE NDDL HABITER EN LUTTE 40 ANS DE RÉSISTANCE PAR LE COLLECTIF COMM’UN. CETTE RENCONTRE A ÉTÉ DIFFUSE LE 07 01 20. CE LIVRE RACONTE L’EVOLUTION DE CE TERRITOIRE ENTRE UTOPIE LUTTE SOLIDARITÉ POUR UN AUTRE  MODÈLE DE SOCIÉTÉ. CETTE LUTTE A DÉMONTRE QUE L’ON POUVAIT LUTTER ET GAGNER CONTRE LE POUVOIR ET SON AEROPAGE DE GRANDES SOCIÉTÉS CAPITALISTE ET/OU LIBÉRALE/NÉOLIBÉRALE COMME VOUS VOULEZ. LA SOLIDARITÉ EST UNE ARME ET TOUS ENSEMBLE NOUS POUVONS CHANGER LE COURS DES CHOSES. LUTTE UN JOUR LUTTE TOUJOURS.2emeversion001_apercu-0e0b0

2016

- Le 9 janvier 2016, 20 000 personnes, des centaines de cyclistes et 400 tracteurs convergent sur le périphérique de Nantes et occupent le pont de Cheviré. À l’initiative de COPAIN, 60 tracteurs restent entremêlés au pied du pont à l’issue de la manifestation pour obtenir l’abandon des procès. Un camp s’établit au milieu de la quatre-voies avec des barnums, de la paille pour dormir, un four à pizzas et une radio mobile. Il est encerclé, puis attaqué pendant la nuit par la police. Suivent plusieurs jours de blocages en tracteurs et d’opérations escargot sur les routes de la région. Des dizaines de manifestations, actions et sabotages ont de nouveau lieu partout en France.

- Le 25 janvier, le juge rend expulsable les habitants et paysans de la zad, mais sans astreintes financières.

- Quelques jours plus tard, un millier de personnes répondent à l’« appel d’offres » lancé par le « Comité de pilotage pour un avenir sans aéroport ». De multiples chantiers ont lieu simultanément pour renforcer les structures collectives de la zad, aménager une auberge, une salle de réunion, une bergerie ou y ouvrir de nouveaux chemins. Alors que le gouvernement, sous pression, annonce par la voix du Premier ministre que le démarrage du chantier de l’aéroport sera repoussé une nouvelle fois à l’automne, la ministre de l’environnement déclare qu’il ne peut y avoir d’expulsion par la force de la zad sans risquer « une guerre civile ». Le nouveau président de Région, se déchaîne quant à lui quasi quotidiennement contre les « ultra-violents » de la zad, qu’il compare à « Mossoul » ou « Damas ». Il fait acheter au conseil régional des encarts publicitaires dans les journaux pour lancer une pétition demandant l’évacuation de la zone.

- Le 11 février, à l’occasion d’un remaniement ministériel, le président Hollande achète l’entrée au gouvernement de quelques élus écologistes aux dents longues et tente de se sortir du bourbier en annonçant un référendum sur le projet d’aéroport.

Le 27 février, pas dupes de cette entourloupe, plus de 60 000 opposants occupent deux semaines plus tard les quatre-voies proches de la zad, s’offrent un concert sur le bitume et soutiennent la construction d’une tour de guet en acier de dix mètres de haut, à l’endroit même où sont censés commencer les premiers travaux.

2015

- À la fin de l’été 2015, des procédures sont relancées pour accélérer l’expulsion des locataires et agriculteurs restés sur la zad. Le 22 septembre, des barricades se déploient de nouveau à toutes les entrées de la zone le temps d’une journée pour empêcher la venue du juge des expropriations accompagné par la police. La préfecture lance un appel d’offres aux entreprises qui souhaiteraient assurer le démarrage des chantiers de la route d’accès au futur aéroport.

- En novembre, un convoi de tracteurs et de vélos part de Notre-Dame-des-Landes et arrive à Versailles à la veille de la cop 21, malgré les interdictions de circuler et l’état d’urgence. Un banquet se tient sur la place d’armes où résonne un appel à ce que les zads, comme « autant de nouvelles communes libres », ne se laissent plus expulser. Les paysans et habitants « historiques » de la zad de Notre-Dame-des-Landes reçoivent le 31 décembre une convocation au tribunal. Vinci demande une expulsion immédiate, des amendes quotidiennes drastiques en cas de refus, ainsi qu’une possibilité de saisie des biens et du cheptel. Puisque le gouvernement n’ose revenir sur le terrain, il tente ainsi d’isoler quelques personnes clés qu’il espère pousser au renoncement en les asphyxiant financièrement. Face à cette menace nouvelle, une manifestation s’organise en dix jours.

Automne 2014

Le 25 octobre, l’assassinat de Rémi Fraisse par la police lors d’affrontements sur la zad du Testet dans le Tarn entraîne une vague de manifestations fortement réprimées. Les zad se multiplient face à l’aménagement marchand du territoire. En face, dans un contexte sécuritaire post-11 janvier, les entrepreneurs, gouvernants et leurs complices de la FNSEA s’organisent.

Juin 2014

Des équipes d’une entreprise de génie écologique, « Aquabio » contractés par AGO pour venir faire des analyses sur la zone sont interceptées et leur matériel est saboté. Suite à cela, Aquabio annonce son retrait du projet d’aéroport.

20 Comparution immédiate de S. Il a refusé la comparution immédiate et la juge a ordonné son placement en détention provisoire jusqu’à son procès le 7 juillet.

19 Procès de 3 personnes arrêtées à la manif’ du 22. (Voir http://zad.nadir.org/spip.php?article2512)

18 : Interpellation à son domicile vers Rennes de O., accusé de dégradations ; il passe en comparution immédiate le lendemain. Interpellation à Nantes d’une personne de la ZAD qui était recherchée pour violence sur agent et participation avec arme à attroupement armé.

13 : Procès d’une des personnes qui est passée en comparution le 24 février.

Mai 2014

27 Interpellation de R. dans la rue à Rennes par des flics en civil, puis transférée à Nantes. Il refuse la comparution immédiate ; placé sous contrôle judiciaire avec interdiction Loire Atlantique jusqu’au procès le 19 juin.

14 Interpellation à Paris de G., recherché pour dégradations le 22 février. Il refuse la comparution immédiate, un complément d’information est ouvert pour l’analyse des photos qui sont les seules charges. Il est placé en détention provisoire, puis libéré grâce à un vice de procédure un mois plus tard. Son procès est le 27 juin.

Avril 2014

18 la ferme de Saint Jean du Tertre occupée depuis le 14 avril passe en procès en vue de son expulsion. Le rendu a lieu le 22 et d’après AGO, l’intervention aurait lieu dès le 23avril. Une conférence de presse est tenue le 22 à Saint Jean du Tertre annonçant la détermination des occupant-e-s à ne pas se laisser faire. Paysan-nes, occupant-es, citoyen-nes ont barricadent ensemble les accès à la ferme. Des dizaines de tracteur, plusieurs centaines de personnes y étaient présentes dès 5h du matin. Le préfet doit renoncer et les gendarmes mobiles, qui avaient fait le déplacement, quittent la zone.

1er Comparution immédiate des arrestations de la veille ; condamnations :
- P. : 4 mois sursis, interdiction port arme pendant 1 an, interdiction manifestation à NDDL et Nantes pendant 1 an.
- J. : 5 mois ferme (avec aménagement de peine), interdiction port d’arme pendant 2 ans, interdiction manifestation à Nantes pendant 2 ans
- G. : 2 mois sursis + révocation 2 mois sursis sans mandat de dépôt, relaxe pour dégradations
- E. : 1 an ferme avec mandat dépôt (incarcéré dès la fin du procès), interdiction pendant 3 ans de manifestation, interdiction détention produits inflammables/explosifs pendant 3 ans. Le juge a doublé la peine requise par la procureur !

Mars 2014

31 Première vague d’arrestations après la manif’ ; 9 personnes sont interpellées à leur domicile à Carquefou, Saint Herblain, Nantes et en Ille-et-Vilaine.

Février 2014

22 : une grande manifestation « Ni travaux, ni expulsions » à Nantes réunit entre 50 et 60 000 personnes venues de toute la france et au delà. La mobilisation des agriculteurices est un succès, 520 tracteur tracteurs défilent ce jour-là à Nantes.

Le défilé a été festif, créatif et déterminé, avec des batukadas, salamandres, tritons géants, masques d’animaux marquant le refus de la destruction des espèces protégées et des mesures dites de compensation

Une partie de la manifestation se transforme en émeute, des affrontements avec la police, en nombre ont lieu et des commerces et institutions sont sabotés. La presse parlera de « devastation », occultera les violences policières et préparera le terrain à la répression policière et judiciaire.

24 5 comparutions immédiates, 4 d’entre elles étaient jugées pour « violence sur agent dépositaire de l’autorité publique », puis « participation à un attroupement armé ». Tout le monde à été condamné : 100h TIG pour port d’arme, 5 mois sursis, 5 mois ferme, 5 mois ferme + 1 mois mise à l’épreuve, 6 mois ferme + 6 mois mise à l’épreuve + 500 euros en provision pour le BACeux Des 3 personnes condamnées à de la prison ferme, personne n’a été incarcéré sous mandat de dépôt (c’est-à-dire, dès la fin du procès). Ils ont du avoir des aménagements de peine.

Décembre 2013

Occupation d’une maison à Saint-Antoine, dont les occupants viennent de partir.

Novembre 2013

Un tracto-pelle qui creuse une mare est intercepté aux environs de la ZAD. Après une occupation matinale, cette mare est rebouchée par le propriétaire et les autres 8 mares de compensations prévues par Vinci sur son domaine sont abandonnées. (http://zad.nadir.org/spip.php?article1977).

Suite aux presssions incessantes d’AGO, une famille vend sa maison à le Freuzière. Après son départ, la maison retrouvée saccagée est réoccupée dans la foulée et défendue. (http://zad.nadir.org/spip.php?article2018)

Rassemblement de soutien à Virgile Mazery, apiculteur dont la majorité des abeilles butinent sur la zad, assigné en justice par AGO pour occupation illégale de terres agricoles, à l’appel de COPAIN.

Octobre 2013

19 Manif’ anniversaire du début des expulsions sur la ZAD.

5 Seme ta ZAD, l’ADECA et COPAIN appellent ensemble à l’occupation de 24 heactares de terres qui avaient été réservées pour commencer les taveaux.

Juin 2013

La route départementale 281 est fermée « définitivement » par la préfecture et réouverte par des opposant‑e‑s le week-end suivant.

Des forages ont lieu à la Boissière et à la Noë Bernard, mais ils sont bloqués à l’Épine.

Mai 2013

22 Rassemblement devant le forum des droits de l’homme à Nantes pour dénoncer l’hypocrisie d’un tel forum au vu de la politique municipale actuelle (gentrification, un toit pour tou-te-s, aéroport à NDDL, etc…). La police charge et blesse des manifestant-e-s. La presse n’en relatera pas un mot.

Les autorités lancent une nouvelle campagne d’études écologiques et de forages.

Avril 2013

La manif-occupation Sème Ta ZAD marque le début d’une douzaine de projets agricoles sur les terres occupées (maraîchage, céléales et légumineuses, poules, vignes, etc.).

Après quelques échauffourés, les flics finissent par lâcher nos carrefours.

Mars 2013

La « commission du dialogue », la commission scientifique et la commission d’expertise agricole, commandées par le gouvernement en novembre rendent leurs rapports. Elle ne remettent pas en cause le projet mais demandent un certain nombre d’études complémentaires préalables à la poursuite des traveaux.

Février 2013

Un groupe de naturalistes en luttes critique le volet écologique du projet et lance un inventaire des espèces vivantes de la ZAD.

Après le départ de son occupant, la ferme de Bellevue est occupée par les paysans du COPAIN.

Des fouilles d’archéologie préventive on lieu sur l’est du tracé du projet de barreau routier.

Janvier 2013

Les barricades sur les routes départementales sont transformées en chicanes pour concilier défense des lieux et circulation.

La ManiFestiZAD rassemble environ 30 000 personnes.

02 Bel-Air (vendu récemment) est réoccupé. Les flics expulsent dans la soirée, gazent la maison… puis repartent. La maison est réoccupée dans la foulée.

Décembre 2012

29 Rassemblement devant la prison de Carquefou : plus de 250 personnes, du son et des feux d’artifice, en solidarité avec tou-te-s les prisonnier-e-s.

27 La Sècherie expulsable.

21 Premier jour de la « commission du dialogue ».

19 Occupation d’un chantier Vinci à Rennes. Un autre camarade écope de 2 mois de prison ferme.

17 Affrontements au carrefour du Moulin de Rohanne

15 Début des rencontres des comités locaux. Manif contre la répression à Nantes avec environ 3 000 personnes.

11 Occupation d’un terrain et d’un hangar et construction d’une serre. Le juge du TGI de Saint-Nazaire, suite à la demande de la Préfecture, autorise la démolition des cabanes de la Châtaigne avec le concours de la force publique.

08 5 000 manifestant-e-s à Nantes contre les « grands projets inutiles ».

04 Procès des cabanes de la Châtaigne.

Novembre 2012

28 Un camarade est condamné à dix mois de prison ferme dont 5 avec sursis pour « violence avec usage d’une arme, de port d’arme de catégorie 6 et de participation armée et voilée à un attroupement » et deux autres camarades à du sursis.

26 Affrontements près de Far Ouest, 3 arrestations par des flics déguisés en opposant-e-s

24 Les forces de l’ordre interviennent dans la forêt de Rohanne pour détruire les cabanes au sol et dans les arbres, reconstruites une 3,4 ou 5ème fois (?). Plus de 500 personnes se retrouvent sous les gaz dans la forêt et pratiquent divers modes de résistances.

Manifestation contre l’aéroport et son monde à Nantes. Entre 7000 et 10 000 personnes. Arrivé Place du Pont Morand, le cortège s’arrête spontanément face aux forces de l’ordre qui protègent la préfécture et qui font usage de leur lance à incendie. La foule crie « Libérez la Zad », « Ayrault démission ».

23 La Châtaigne est envahie par les forces de l’ordre pour interrompre le « chantier illégal » . Tout le matériel de construction est saisi. Le préfet annonce que des scellés seront placés sur les ouvertures des cabanes (ce qui n’a pas été le cas). Le Rosier (première maison squattée de la zone, est expulsé et détruit après de belles journées de résistances et de solidarités paysannes.

17-22 Les chantiers de construction continuent sur le site de la Châtaigneraie et dans la forêt de Rohanne adjacente.

17 Manifestation de réoccupation à l’appel d’occupant-e-s et de collectifs solidaires. La manifestation est organisée par des assemblées générales hebdomadaires de plus de 150/200 personnes, sur la base d’une proposition élaborée depuis plus d’un an par des occupant-e-s de la ZAD et des collectifs solidaires.

30 à 40 000 personnes participent à la construction d’un nouveau lieu de rencontre entre opposant-e-s et d’organisation de la lutte sur la ZAD, « La Châtaigne ».

11 Street-Crépes-Party sur la D281

10 Manif à Rennes

08 Construction de chicanes sur la D281

07 Affrontements du côté du Sabot

05 Nouvelle expulsion à la forêt de Rohanne

04 reprise des fouilles d’« archéologie préventive » à l’est de la ZAD

02 Déménagement, réoccupation et expulsion du Tertre

Octobre 2012

31 Expulsions au Sabot, Cent Chênes, No Name et à la Forêt de Rohanne. Un flic se blesse en tombant d’un arbre.

30 expulsion de la Saulce et affrontements toute la journée autour des barricades. Manifestation paysanne au Sabot.

29 Un huissier passe au Sabot et au Phare Ouest

27 et dimanche 28. Occupation et barricadage de la D81 qui passe devant La Saulce.

26 Verdict du juge d’exécution des peines pour d’expulsabilité : le Rosier a un délai jusqu’au 15 novembre et la Sécherie jusqu’au 27 décembre ! Début d’un week-end de fête et de résistance à La Saulce expulsable.

25 Le chantier de désamiantage continue au Liminbout

24 Chantier de désamiantage / démolition au Liminbout arrêté un moment par l’inspection du travail ; la Pointe démurée dans la nuit

23 Déstruction de la maison de La Gaité

22 Destruction de la maison réoccupée vendredi près de la Sècherie et destruction du toit de la maison mitoyenne de la Sècherie

21 Destruction de deux maisons : vers l’Après Faillite

20 Manifestation à Nantes le matin avec 1500 personnes et à La Paquelais dans l’après-midi avec une centaine de personnes

19 Expulsion et destruction du Coin et de l’Isolette ; réoccupation près de la Sècherie

18 Expulsion et murage de La Pointe, destruction des cabanes au sol dans la Lande de Rohanne.

17 Démolition des maison des Planchettes et du Tertre

16 Expulsions de La Bellishroot, La Gaité, Les Planchettes, Bel Air, Le Tertre, Pré Failli, L’après Faillite, Saint-Jean du Tertre.

13 Occupation festive d’une maison au Liminbout

08 Vers 7h, une expulsion à Grandchamps-des-Fontaines, à la limite est de la ZAD.

Septembre 2012

27 Rendu du procès du Sabot et des Cent Chênes : ils sont expulsables immédiatement avec astrainte de 50€ par oocupant-e et par jour, plus 1500€ de frais de justice.

11 Ajournement du procès pour l’expulsion de la famille Hébain

11 Rendu du procès de Sylvain et Clément

11 Douar ha Frankiz dépose du fumier et des panneaux de l’enquête publique sur l’eau devant le local du PS de Rennes avec un tag de revendication contre l’aéroport à l’occasion de la venue de François Hollande à Rennes (le mensuel de Rennes)

10 4 gendarmes sont repasser avec le même pickup que samedi. Ils sont rentrés dans le foret de rohan. 1 qui reste avec le véhicule. Ils on fait le tour de tous les cabanes et ont pris des photos de tous les structures et les ponts de singe et ont mesuré la distances entre les cabanes. Ils disait d’être d’un département logistique, tant que samedi ils disait d’être de l’unité d’intervention mobile. Ils avaient une insigne avec les fleurs de l’ile et une insigne rond avec un char noir sur un arrière-plan gris.

08 Passage des keufs dans un pick-up (espèce de 4×4) qui passe par la plupart des lieux en prenant des photos et en mettant un peu la pression sur les gens présents.

04 Des sources journalistiques font état d’un rassemblement de CRS autour de Nantes qui serait lié à des expulsions sur la zone du projet d’aéroport. L’aprèm l’hélico passe, plus tard plusieurs patrouilles circulent sur la zone et des keufs avec des appareils photo balaises (avec gros zoom) ont été vus rentrer dans gardénica.

Août 2012

30 Les physionomistes et des gendarmes avec probablement le trombinoscope (bouquin avec les portraits) ont été vuE au moins aux Planchettes, l’isolette, le Rosier, le Sabot. Ça donnait l’impression qu’ils/elles cherchaient des gens.

28 Le procès de Sylvain et Clément. Voir la chronologie des procès pour plus d’info. Un article là-dessus sur sur larzac.org

02 Un couple d’habitantEs déménagent sous la pression d’AGO. Le lendemain, le 3, la maison doit se faire murer. Le travailleur et les flics sont reçus quelques dizaines de personnes faisant du feu sur la route d’accès

Juillet 2012

20 Environ 80 gendarmes et gardes mobiles, accompagnée d’un huissier et de 5 sinistres experts, ont déboulé dans au moins 5 des lieux occupés sous prétexte d’y réaliser des relevés « de plomb, d’amiante et d’espèces protégés », et en ont profité pour repérer les lieux et embarquer une personne en garde-à-vue.

19À Nantes, pique-nique de soutien à l’occasion du procès pour l’expulsion du Cent Chênes et du Sabot.

Juin 2012

27 Rendu du procès des cinq inculpé-e-s anti-aéroport pour la visite des locaux de VINCI a Couëron :
Ils ont une amande « détériorations causant un dommage léger », pour refus de prélèvement d’ADN et doivent payer les frais de justice.

25 AGO + une entreprise (pour la démolition) se sont présentés au Tertre et à Bel Air pour pénétrer les lieux. Il ont obtenu une ordonnance sur requête le 13 avril leur permettant ce coup.

21 250 Personnes essaient de bloquer le premier jour de l’enquête publique. Une personne ce trouve en GAV et son tracteur séquestré.

20 Sur la D81 au niveau de Lande de Rohan un vigile de Sécuritas a été signalé a 2h du matin, qui essayait de noter des plaques des véhicules passants.

19 Le juge d’expropriation vient sur la ZAD et plusieurs actions ont été mené pour l’empêcher.

09 Nantes : Manif contre le projet d’aéroport à.

01 La Rochelle : Meeting de Jean-Marc Ayrault « brièvement perturbé »

Mai 2012

28 Péage gratuit à Toulouse Dans le cadre de la procédure d’expulsion d’un Centre Social Autogéré, et en solidarité aux résistances de Notre-Dame-des-Landes et de la LGV Lyon-Turin.

15 AGO lance l’enquête publique pour le barreau routier

15 Des gendarmes gazent une maison occupée pendant l’absence de ses habitants.

03 Les ouvriers du chantier d’extension de la 4 voies entre Sautron et Vigneux de Bretagne souhaitent de bienvenus les sabotages du chantier.

Avril 2012

 

20 du bruit devant le meeting ps en vendée

17 Diffusion de tract a Nantes dans le cadre de la journée internationale des luttes paysannes.

12 perturbation d’un meeting ps à bressuire (79)

11 Deux paysans de NDDL lancent une grève de la faim à Nantes devant la préfecture.

05 Un huissier est venu sur la plupart des terrains occupés par des cabanes, des tentes ou des caravanes. Il a pris des photos à certains endroits, a parfois demandé l’identité des habitant-e-s (sans l’obtenir) parfois non, prétexte des histoires de cadastre, d’évaluation de conditions sanitaires, ou de constat d’occupation.

Mars 2012

27 Un fonctionnaire de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement est passé avec 4 gendarmes a la Pointe pour poser des questions sur le puits. Il a été renvoyé. La DREAL s’occupe de la construction de la route sud de l’aéroport.

24 Manif à Nantes/Naoned

23 Des affichettes de Presse Océan et Ouest France ont été détournés pour dire : « Aéroport : Ayrault seul contre tous ».

22, 23 Les flics sont présent en masse sur la ZAD et contrôlent un peu partout et principalement aux points suivants : La Paquelais, les Ardillières, le carrefour de la boissière, le Chêne des Perrières, le carrefour des Fosses noires, la Gaité et l’Epine. Les flics ont une autorisation préfectorale pour fouiller les véhicules et contrôler les identités des passagers…

17 Action de péage gratuit à la Brillane-Oraison (04)

16 Le matin (env. 9h30) les keufs circule sur la ZAD avec la sirène et gyrophares. Il y avait une caisse, deux fourgons et un van. Parmi eux : la physionomiste, un costume-cravatte et un officier avec des épaulettes dorées. Ils sont passés devant plusieurs squats (bellishroot, sabot, Bel Air, Ardillières, Le pré faillite, Maison Rose.

14 Ils continuent de faire des fouilles et les keufs présents se font attaquer avec des eux de peinture et des légumes pourries. Après ils appellent des renforts…

12 Une pelleteuse a été vue sur un champ 200m nord-est du terrain motocross accompagné par au moins 5 bagnoles de keufs à 17h.

07 Une vingtaine de personnes vont à la gendarmerie de Blain pour exiger la liberté des potes arrêtés les dernier jours. Les keufs flippent, gazent l’accueil de la gendarmerie et appellent des gros renforts pour s’enfermer tous ensemble…

07 Il y a deux perquises sur la ZAD. Les keufs cherchent une personne. Les keufs crèvent les pneus d’un camion, pissent sur le lit et embarquent des instruments musicaux.

07 Les keufs viennent encore une fois pour trouver la maison vide. Une entreprise mure la maison. Le CG tente d’envoyer des ouvriers de ERDF pour couper l’elec chez les voisins, un autre squat. Après de la contestation et l’arrivé de quelques journalistes ils lâchent l’affaire. Il y a deux vigiles postés devant la maison au moins jusqu’à dimanche soir.

06 Les keufs repassent avec 7 fourgons de gardes mobiles pour une deuxième tentative d’expulsion aux Ardières et n’évacuent pas les gens sur le toit.

05 Une entreprise (qui veut calfeutrer une maison abandonnée par les locataires deux heures avant) et des gendarmes se vont virer par des squatteurs qui investissent le lieux.

Février 2012

16 La DCRI de Lyon a tenté de recruter un informant et lui ont proposé de venir à la ZAD

10 Une personne a été convoqué pour une interrogatoire de deux heures sur l’incendie à Sautron fin de juillet.

Janvier 2012

 

24 Le président du tribunal de première instance a convoqués 8 propriétaires, qui ont pas voulu vendre leurs terres, sur place. Une centaine de manifestants se rassemble en soutien des propriétaires et essayent de ralentir le juge.

06 Des anti-aéroports font un piquet sur la place royale. Il font des piquets chaque vendredi depuis 3 ans. Avant déja vu devant la mairie, le conseil général, Talensac et le siège du PS…

Décembre 2011

15 une action contre Vinci à Guingamp

15 Des opposants manifestent devant Vinci

12 Les machines de l’île sont contre l’aéroport 10 Balade champêtre sur la ZAD

08 Banderoles contre vinci attaché sur le périf de Nantes en solidarité avec les inculpées de Poitiers

07 un bâtiment du conseil général 44 pris pour cible

06 Propriétaires perdent un recours contre l’arrêté de cessibilité de leurs terres. L’Acipa avait appelé pour un rassemblement devant le tribunal.

04 Action péage sur l’autoroute Paris-Angers

01 Descente de flics à Couëron et sur la ZAD (6 arrestations)

Novembre 2011

22 Vinci obtient le prix Pinocchio des Amis de la terre dans la catégorie « Plus vert que vert »

19 le local Europe écologie décoré pour fêter leur accord

19 Balade champêtre pour enlever les bornes des géomètres

12 Manif à Paris. Il y a entre 3000 et 4000 manifestants. Voici le texte qui a été lu devant la manif.

06 Tracto-vélo Notre-Dame-des-Landes – Paris contre le projet d’aéroport organisé par la coordination des opposants au projet de l’aéroport.

05 Nouveau squat a Poitiers avec banderole « Vinci, hors de nos vies » ce fait expulser toute suite. 47 personnes en GAV.

Octobre 2011

31 Le huissier ramène le commandement de quitter les lieux pour les Planchettes. On doit partir le 2 janvier. Normalement on devrait profiter encore du trêve hivernale.

27 Le huissier ramène le rendu du procès de Nantes

21 Des ultralégumes font une conférence de presse.

20 Rendu des procès de Nantes Concernant les squats sur le territoire de Nantes.

20 Action aux offices de Vinci à Couëron

13 Fausse bombe trouvé aux fouilles archéologiques

11 Un commando saccage la fédération du PS de Haute-Garonne

11 Rassemblement à l’enquête publique à Notre Dame Des Landes

11 Paysan refuse accès à son champs

11 Au Pays Basque, les bureaux de Vinci construction tagués en solidarité avec la ZAD

05 Forages surprises

03 Manifestation anti-aéroport à NDL

01 Parkings sabotés - Vinci dégage ! (en Suisse)

Septembre 2011

29 Les keufs ramènent le rendu du procès à Saint-Nazaire

27 Une campagne est lancée montrant le liens entre le PS et Vinci-Véolia.

20 Rendu des procès de Saint-Nazaire Concernant les squats sur le territoire de Saint-Nazaire.

15 Séance du procès d’expulsion et une manif en même temps.

03 Tractage à Nantes suite à la répression du 2/09

02 Sur un arbre perché… les flics en bas au square Mercoeur (en face du Bouffay à Nantes)

Août 2011

28 Biotope et les gendarmes qui les accompagnent se trouvent empêchés de quitter la ZAD a la fin de la journée par une barricade. Il doivent attendre les renforts pour pouvoir partir. Toute l’opération prends 3h.

26 Action contre Vinci à Paris en solidarité avec les défenseurs de Khimki

24 Picnic et tractage en solidarité avec les 4 personnes en GAV inculpé d’avoir saccagé la caravane du PS

24 La coordination contre l’aéroport condamne la violence et comme ça on apprend que pas seulement le PS a été attaqué mais aussi Europe-Ecologie-Les Verts

22 La caravane du PS est saccagé par une trentaine de personnes

17 Manif à St-Nazaire pendant le procès d’expulsion et l’appel pour cette manif

15 Tentative de péage gratuit à Bignon au sud de Nantes empêché par les keufs et patrouille ASF

15 Péage gratuit contre Vinci à Montpellier

13 Vendée : action péage contre le projet d’aéroport à NDDL

11 Report du procès de Nantes à 15 Septembre

04 PS Vinci complices – la fédération socialiste couverte de tags (La Roche-sur-Yon (Vendée))

Juillet 2011

31 A propos de l’explosion de deux engins d’un chantier de Vinci à Sautron (44)

30 Plusieurs actions contres des huissiers

28 Une manifestation à l’aéroport de Nantes-Atlantique fait parler d’elle. Entre 150 et 200 personnes s’y retrouvent. Certain.e.s entreprennent de repeindre le bâtiment de slogans anti-aéroport et anti-AGO avec de la peinture verte. La police agresse les manifestant.e.s lorsque celles et ceux-ci montent à l’étage, où se trouvent les bureaux d’Aéroports du Grand Ouest. , lien indymedia

20 Environ 40 personnes participent à une vélorution (manif à vélo) de la ZAD jusqu’à Nantes et tentent de bloquer le périphérique (empêchées par des flics) après avoir distribué des tracts contre l’aéroport en centre-ville.

19 Actions nocturnes chez fit conseil (agence immobilière sous-traitant les procédures de rachat des dernières maisons invendues sur la zone) et biotope : tags, pneus des voitures de fonction crevés, serrures collées.

16 Visite au siège social de biotope dans l’Hérault. Le siège social de l’entreprise Biotope a vu ses serrures engluées et sa façade taggée « vinci bétonne, biotope cautionne, stop l’éco-labo ». Dans la même rue, le pas de porte d’un des patrons fondateurs de cette boîte d’études environnementales portait l’inscription « on t’a trouvé ! ».

08 Un camp noG se met en place sur la ZAD. Il durera 3 semaines et sera le point de départ de rencontres, discussions, actions contre l’aéroport et son monde et de nouvelles installations d’occupant.e.s sur la ZAD

08 La coorde organise 3 jours de résistance contre l’aéroport. Il y aura 15 000 personnes au total. Une grande fresque humaine forme le message « Vinci dégage ! ».

06 AGO lance la procédure pour les permis de démolition

Juin 2011

21 AGO obtient par ordonnance sur requête l’autorisation de pénétrer dans les lieux, aux fins d’interpellation des occupants sur leur identité, d’identification des véhicules par eux utilisé ou encore de constat de l’état intérieur de l’immeuble situé … au besoin à l’aide de clichés photographiques.

15 à Bègles (33), le chantier d’un parking de Vinci est investi, câbles coupés, moteurs pourris et murs marqués.

15 La chambre d’agriculture est bloquée. La confédération paysanne a appelé à ce rassemblement suivi par deux centaines de paysans et opposants devant la chambre, pour protester contre le zèle de ces élus (à majorité FDSEA) ) à accompagner Vinci dans ces recherches foncières.

10 Occupation d’un chantier de Vinci

06 Confrontations avec la police pendant les forages sur la ZAD

05 Fondasol se retire du projet de l’aéroportaprès être visé par des actions

Mai 2011

25 5 entarteurs présumés coupables d’un attentat à la chantilly propulsée sur des assiettes en carton comparaissent le 6 avril pour « violences commises en réunion » et un autre pour avoir diffusé la plaisanterie sur internet. Les keufs ayant obtenu, du site d’hébergement, l’adresse ip d’où vient d’être posté la vidéo de l’action . La personne vivant sur le lieu aurait passé au keufs le nom de la personne qui est venu poster la vidéo. Claude Bricaud, l’élu entarté& en 2008, vient d’être battu aux cantonales. Il réclame l’euro symbolique. Tout le monde est condamné à 150 euros avec sursis, 1 euro ferme pour Mr Bricaud et 600 euros de frais de justice.

12 Ils sont en repérage pour venir puiser des échantillons dans le sol. Contre les camions des techniciens de l’Aviation civile, des Ponts et Chaussées, leur escorte de pandores et un huissiers, 80 vaches et une centaine de cow-boys et de cow-girls font barrage, empêchant de réaliser les piquetages en vue des forages, là où est programmée la tour de contrôle du projet d’aéroport. Les techniciens ne peuvent entrer dans la parcelle et doivent repartir bredouilles, privés de carottes.

07 Manif’-occupation contre l’aéroport

Avril 2011

 

28 Biotope reçoit de la visite !

Mars 2011

30 Procès en appel de deux militants contre l’aéroport pour vol d’échantillons de terre en 2007

26 Le député maire de Nantes se fait entarter de chantilly en plein cœur de Nantes, sur la pleine place publique, au cri insoutenable de « Non à l’aéroport ! » L’entarteur court toujours, comme la vidéo sur internet.

19 Suite au rassemblement sur la ZAD, un nouveau lieu de résistance a été ouvert sur cette même zone près du village de la Grand’haie.

Février 2011

28 Plusieurs associations sous l’égide de l’ACIPA (Solidarité écologie, Confédération paysanne…), la communauté de communes d’Erdre et Gesvres et Europe Écologie déposent un recours juridique contre le décret de concession signé le 28 décembre 2010 par le Premier ministre, l’état faisant de Vinci le concessionnaire de l’aéroport actuel puis de celui de Notre-Dame.,

14 Sur neufs terrains envisagés pour le barreau routier s’ouvre une quinzaine de campagne de sondages géotechniques. C’est la Saint-Valentin. Les manifestants offrent des cœurs brisés aux forces anti émeute qui bloquent les accès. Cœurs de pierre, les agents de l’état n’ont pas fondu en larmes.

Janvier 2011

10 Le maire de Nantes commence sa traditionnelle tournée des vœux dans les quartiers nantais. Des avions en papier ornés de slogans perturbent le discours. Slogans, sifflets, tracts, deux banderoles. Une vingtaine de trublions disséminés sous le chapiteau rappelle le désastre de la politique de développement menée par la ville et sa métropole et le désastre programmé du projet d’aéroport. Le service d’ordre de la cérémonie intervient rapidement. Une demi-douzaine de voitures de police appelée en renfort.

Décembre 2010

03 L’entreprise alphacoms est choisi pour faire la propagande de l’ayrault porc

Mars 2010

01 Tracto-vélo contre l’aeroport

Une chronique de 2010 qui doit encore être intégré dans cette chronique ici peut être trouvé sur indymedia nantes

Août 2009

Le Camp d’Action Climat s’organise sur la ZAD. Il y a entre autres une occupation de l’aéroport existant à Nantes et l’appel des « habitant-e-s qui résistent » à venir occuper la zone. La Gaîté puis la Sècherie sont occupées peu après.

Février 2008

Déclaration d’Utilité Publique (DUP) déclarée pour 10 ans. Superficie 1650 Ha. La DUP donne un droit d’expropriation pa de préemption. Pendant 2 ans l’état est obligé d’acheter si un propriétaire veut lui vendre.

2007

Le Rosier est squatté. Le premier squat sur la ZAD.

2004

Fin du droit de préemption du Conseil Général. Les rachats de terres et bâtiments se font sur accord amiable avec le propriétaire uniquement.

2000

Création de l’Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport

1988

Fin du décret de ZAD, début du Droit de Préemption Urbain (DPU). Maintenant les maires peuvent donner leur accord ou désaccord au CG pour le rachat des terres et bâtiments.

1974

Décret de ZAD (Zone d’Aménagement Différé) Superficie : 1200 Ha (la commune de Héric n’est plus concernée). Le Conseil Général (CG) a préemption pour 7 ans renouvelable 1 fois.

Droit de préemption : Lors de la vente de terres ou de bâtiments le CG est le premier à pouvoir racheter. L’héritage est toujours possible.

1972

On découvre dans les journaux l’existence du projet de l’aéroport. Communes affectée par le projet : Notre Dame, Vigneux, Grandchamps, Héric, Le Temple. Superficie : 1350 Ha.

Création de l’Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport (ADECA)

 

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QU’EST-CE QUE ZAD NADIR?

texte extrait du site de ZAD NADIR

Zad.nadir.org est le site de toutes les personnes venues s’installer dans le bocage de Notre-Dame des Landes pour répondre à l’appel lancé en 2008 par le collectif des « habitant.e.s qui résistent » à venir occuper les terres menacées par le projet d’aéroport.

Nos désirs en venant sur la Zone A Défendre étaient multiples : habiter sur un territoire en lutte, ce qui permet d’être proches des personnes qui s’y opposent depuis 40 ans et de pouvoir agir en temps de travaux ; profiter d’espaces laissés à l’abandon pour apprendre à vivre ensemble, à cultiver la terre, à être plus autonomes vis à vis du système capitaliste. En ce sens nous avons toujours affirmé lutter contre l’aéroport ET son monde.

Pendant toutes ces années le mouvement d’occupation n’a fait que croître et a participé à la lutte avec ses armes, la résistance physique sur le terrain, le sabotage et l’action directe, aux côtés des autres composantes du mouvement anti-aéroport.

C’est toutes et tous ensemble que nous avons arraché l’abandon du projet, annoncé par le gouvernement le 17 janvier 2018. Mais cette victoire n’est qu’un commencement, en continuant à habiter ici nous poursuivons les divers luttes dans lesquelles nous sommes engagé.e.s. Dès lors il s’agit pour nous, qui habitons désormais ici, de faire en sorte que ces terres ne retournent pas à l’agrandissement de grandes exploitations agricoles, de continuer à défendre la richesse et la biodiversité du bocage. Il nous importe aussi de continuer à défendre d’autres manières de vivre, de s’organiser, de continuer à être solidaires d’autres luttes contre l’aménagement capitaliste du territoire et contre toutes les formes de domination.

Ce site recueille des voix du mouvement d’occupation. Des voix plutôt que la voix : nous sommes une multitudes de groupes et d’individus avec des idées communes mais aussi beaucoup de différences.

Pour rappel on n’est pas un réseau social, une maison d’édition ou un site d’open-publishing (c’est à dire qui publie tout ce qu’on lui envoie) : on est un auto-média. On assume de prendre le temps, si besoin, avant de publier un texte, de se questionner… et éventuellement de ne pas publier. On ne veut plus servir de « crachoir à chaud » pour des gens qui ne seraient pas capables de se parler directement !

 

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Communication

Zad Nadir https://zad.nadir.org/

Zadibao https://zadibao.net/

« ZAD NDDL info » : https://www.facebook.com/zadnddlinfo/

81 L’EMISSION DU CSPB 27 12 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 59 min

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L’ACTU EN EUSKAL HERRIA

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80 42ème HLM CAC G BRASSENS 20 12 16

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 17 h 55 min

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POUR CETTE 42ème NOUS RECEVIONS L’ASSOCIATION CASAMANTES UN PROJET QUI RÉUNI AUTOUR DE KARIMA ET HELENE DES ENFANTS DES QUARTIERS POPULAIRES DU VAL FOURRE A MANTES LA JOLIE ET DU QUARTIER HAY MOHAMADY DE CASABLANCA AUTOUR D’UN PROJET PHOTOGRAPHIQUE. J’AVAIS EU L’OCCASION DE TRAVAILLER AVEC EUX ET LES P’TITS REPORTERS DU CHAPLIN DONT JE M’OCCUPE EGALEMENT, AU TRAVERS DU MEDIUM PHOTOGRAPHIQUE

CasaMantes est un projet d’ateliers de photographie et d’écriture qui s’adressent à des jeunes de quartiers populaires menés par un photographe et par une auteur de théâtre issus de ces mêmes quartiers.

CasaMantes est un projet sur la perception de l’autre, la manière dont on crée une image et ce que les autres en perçoivent. L’écriture et la photographie se répondent dans ce projet car la photographie permet d’affirmer un point de vue et l’écriture est un moyen de transformer le réel par les mots.

A travers la pratique de la photographie et de l’écriture, les jeunes vont porter un regard sur leur environnement et en fabriquer ainsi une image qui leur ressemble, plutôt que de subir celles qui sont véhiculées et qui ne sont pas toujours représentatives de ces quartiers et des habitants qui y vivent.

Les territoires sur lesquels se déroule le projet sont des espaces périphériques marqués par l’histoire ouvrière. Les quartiers de Hay Mohamady à Casablanca et celui du Val Fourré à Mantes la Jolie sont des paysages urbains qui se font écho en tant que projets architecturaux utopiques liés à la gestion de la main d’oeuvre ouvrière. Suite à la fin de l’industrie moderne, les habitants de ces quartiers fragilisés se reconstruisent une identité.

Ces ateliers s’adressent à une douzaine de jeunes entre 10 et 15 ans du quartier Hay Mohamady de Casablanca (Maroc) et du Val Fourré à Mantes la Jolie (France).

Objectifs du projet :

Encourager la créativité chez des jeunes éloignés des pratiques artistiques.

Amener les jeunes à porter un regard différent sur leur quartier.

Affirmer un point de vue propice à la pratique de l’art et à une citoyenneté active.

Transmettre des savoirs essentiels :
 la pratique orale et l’écriture de la langue française,
 l’analyse des images et leur fabrication.

Apprendre l’histoire de leur quartier pour mieux en saisir la singularité et la valeur.

À quoi servira la collecte ?

Cette collecte a vocation de récolter des fonds pour l’organisation de l’exposition, afin de valoriser le travail artistique des jeunes.

 

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UNE PARTIE DE L’EQUIPE DE CASAMANTES + LES INTERVENANTS DE CASAMANTES ET DU CHAPLIN

ET POUR LA PARTIE MUSICALE LE GROUPE OPSYON JAZZ

Biographie de Opsyon

Alan Fell – guitare ; Julien Bulté – guitare ; Jérémy Newman – batterie ; Joel Postel – c.basse ; Jean-Jacques Chatelain – sax, flûte

Leur musique originale est faite d’histoires à tiroirs où à chaque tournant, l’ombre et la lumière essaient de tirer la couverture… Un quintette franco-britannique qui démontre que l’entente cordiale a encore de beaux restes…

Jean-Jacques-Opsyon-04-2015

 

2 mai 2020

79 MALIK SOARES DAVID STYGMATE ET LISE CABARET 13 12 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 21 h 38 min

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RETROUVEZ TOUTES LES INFOS DE DAVID ET LISE DANS LE BILLET DU 21 06 16

POUR MALIK DANS LE BILLET DU 01 12 15

CES TROIS MUSICIENS FONT PARTIE DES RÉSIDENTS DE L’EMISSION 

ILS SONT TOUJOURS LES BIENVENUS

78 REDIFF DE L’EMISSION SUR HCB 06 12 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 20 h 35 min

cartier bresson

 

VOIR BILLET DU 18 02 2014

77 L’EMISSION DU CSPB 29 11 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 20 h 19 min

PARCOURONS PLUS DE 5000 ANS D’HISTOIRE EN EUSKAL HERRIA

NOUS N’ALLONS PAS EXPLORER DANS CES LIGNES TOUTES L’HISTOIRE DU PAYS ET DU PEUPLE BASQUE.

JE VOUS INVITE A LIRE LE PAYS BASQUE DE FRANCISQUE MICHEL

ET

L’HISTOIRE DU PEUPLE BASQUE DE JEAN LOUIS DAVANT

AUX EDITIONS ELKAR

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LA PREHISTOIRE :
  De nombreux vestiges préhistoriques, tels que des grottes, outils et restes humains, sont la preuve que le pays basque était habité durant la préhistoire.
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  L’ANTIQUITE :
 
  • Age de cuivre (2.500 avant JC) : De nombreux dolmens situés en montagne, sont la preuve que le pays basque était alors peuplé. C’est de cette époque que date l’élevage de bovins dans les montagnes basques.
 
  • Age de fer (1.000 avant JC, conquête romaine) : C’est de cette époque que sont originaires les cromlechs (tombeaux formés d’un cercle de pierres avec d’autres pierres en son centre) et les gaztelu (enceintes fortifiées également appelées camps de César).
  Un Cromlech
 
  • Alors que les Celtes envahissent toute l’Europe (environ 600 avant JC), les Basques résistent à l’envahisseur et se réfugient dans les montagnes. Les Celtes restent à l’extérieur du pays basque.
 
  • Contrairement à un petit village breton, les basques ne résisteront pas à l’envahisseur romain (nous sommes aux alentours de 200 avant JC). En revanche ces derniers bâtiront des villes comme Bayonne et développeront l’industrie, grâce aux nombreuses mines de fer et de cuivre particulièrement présentes en Navarre.
 
  • En 56 avant JC, le pays basque est soumis à l’aquitaine. La faible présence des romains en zone montagneuse fera que les basques vivront sans trop de conflits avec les romains.
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  LE MOYEN AGE :
 
  • A partir du Vème siècle, le pays basque sera envahi par les Alains, Vandales, Suèves, Wisigoths, Francs et Musulmans. Toutes ces années d’invasions verront naître une puissante armée, retranchée dans les montagnes.
 
  • Entre 561 et 584, les Basques s’allient aux Aquitains et chassent les Francs.
    En 602, la Vasconie est crée. Les Francs voulant leur revanche, entrent en guerre contre les Vascons en 751, sous Pépin le Bref père de Charlemagne. Ce dernier, malgré une terrible défaite à Roncevaux (15 août 778), finira par vaincre les vascons en prenant Pampelune en 812.
 
  • En 824, les Basques ayant reconstruit une armée reprennent Pampelune et créent le royaume de Navarre. En 840, le roi de Navarre (Sancho Garces) repousse les Musulmans et son successeur Sancho Abraka reprend l’Alava et les provinces du Nord.
 
  • En 844 et 892 les Normands attaquent les côtes basques et prennent Bayonne, le roi Léon est décapité mais en 866, la résistance des Basques fera céder l’empereur Charles le Chauve qui cédera la rive gauche aux Vascons.
 
  • A partir de 977, la Vasconie sera gouvernée en totale indépendance. C’est durant cette période que le roi Sanche le Grand règnera et étendra le royaume de Vasconie à la Gascogne, l’Aragon, la Castille et le Haut Aragon (1004). Cependant durant toutes ces années, la Navarre prendra le dessus sur la Vasconie et deviendra un puissant royaume avec Pampelune pour capitale.
 
  • Mais en 1023, Sanche le Grand fait éclater Navarre et Vasconie en cédant le Labourd à son cousin Loup Sanche alors que la Soule sera cédée à l’Aquitaine.
 
  • En 1076, l’Alava et le Guipúzcoa passent à la Castille. Mais par la suite ces deux provinces reviendront à la Navarre.
 
  • En 1153, la fille du dernier duc d’Aquitaine et de Gascogne se marie avec le futur roi d’Angleterre et ainsi le Labourd et la Soule passent aux mains des anglais. C’est en 1167 que les français vont commencer à se révolter contre l’occupation anglaise.
 
  • En 1200, l’Alava se sépare de la Navarre, en 1224, la Biscaye est indépendante et s’alliera plus tard (1379) à la Castille. A la mort de Sanche le Grand en 1234, le royaume de Navarre passe aux mains de familles françaises et en 1332, le Guipúzcoa se sépare du royaume de Navarre.
 
  • Ce ne sera qu’a la fin de la guerre de cent ans, le 20 août 1451, que l’armée française s’emparera du Labourd (au détriment des anglais) et qui deviendra alors français. La Soule elle sera divisée pour ensuite être cédée au Béarn en 1463. Mais en 1510, la Soule sera donnée à la France.
 
  • De 1451 à 1589, le pays basque sera ravagé par les guerres franco-espagnoles et les guerres de religion.
 
  • En 1512, la puissante Espagne s’empare de la Navarre et occupent Pampelune et Saint-Jean-Pied-de-Port. En 1521 les Français reprennent la Navarre mais la reperdront en juin 1522. Cependant, la Basse-Navarre sera cédée aux anciens rois de Navarre (qui étaient français) en 1530.
 
  • Alors que les basques jouissaient de certain avantages par rapport au reste du pays, l’état français restreindra ces libertés (en 1514 pour le Labourd et en 1520 pour la Soule).
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  LA MONARCHIE :
 
  • La Navarre est reprise par les Français en 1589, le roi de Navarre Henri IV est proclamé roi de France et il scinde définitivement le pays basque en deux parties en traçant la frontière franco-espagnole. Cependant, les rivalités franco-espagnoles dureront encore un siècle et dévasteront le pays basque.
 
  • En 1615, la fille d’Henri IV épouse le futur roi d’Espagne mais les conflits continuent.
 
  • En 1636, les espagnols occupent et pillent Saint-Jean-de-Luz et en 1638 les français débarquent à Fontarabie qui ne sera libéré que le 8 septembre 1639 par les espagnols.
 
  • Le 7 novembre 1659, espagnols et français signent le traité des Pyrénées par lequel le roi de France et de Navarre n’a plus de droit sur la Navarre.
 
  • Le 9 juin 1660, Louis XIV se marie avec l’infante Marie Thérèse à Saint-Jean-de-Luz et la paix règne désormais entre les deux pays.
 
  • Peu à peu les privilèges du peuple basque seront diminués (impôts multipliés par 200, révoltes punis dans le sang…) et les gouvernements français et espagnols répriment les révoltes causées par les abus des fonctionnaires. Plusieurs centaines de Basques seront torturés et tués.
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  LA REVOLUTION FRANCAISE ET LES GUERRES FRANCO-ESPAGNOLE :
 
  • Les basques ne participeront que très faiblement à la révolution. En 1789, le pays basque nord rédigea les cahiers de doléances propres à chacune de ses provinces mais toute proposition fût refusée par l’état français.
 
  • En 1790, le pays basque fut uni au Béarn en un même département français des Basses Pyrénées. Les villes furent renommées avec des noms révolutionnaires.
 
  • L’entente franco-espagnole s’étant fortement dégradée, de nombreux basque du nord seront accusés d’espionnage au profit de l’Espagne.
 
  • Ainsi, entre 1793 et 1794, plus de 4.000 basques seront déportés dans de telles conditions que 1.600 d’entre eux mourront (dont hommes, femmes, enfants et vieillards). Des villes et villages seront pillées (maison, églises…) par des fonctionnaires de l’état. Enfin l’euskara (langue basque) qui était la langue maternelle, fut interdit.
 
  • Entre 1792 et 1795, les espagnols entrent en guerre contre la France. Le recrutement forcé et les précédentes persécutions feront que les basques du nord n’aideront que très modérément la France. Certains même seront enrôlés aux cotés de l’Espagne.
 
  • Cependant un bataillon de chasseurs basques se fera remarqué et deviendra célèbre par ses actes aux cotés de la France.
 
  • Ce n’est qu’en 1794, à la mort de Robespierre, que les déportations et les persécutions abusives contre les basques du nord cesseront.
 
  • Hélas, la guerre franco-espagnole, laissera de grosses cicatrices au pays basque qui mettra plusieurs années à se remettre.
 
  • La paix avec l’Espagne durera jusqu’en 1813 lorsque les forces de Napoléon envahissent l’Espagne. En 1815 Napoléon capitule à Paris.
 
  • Suite à la découverte des Amériques, de nombreux basques émigrent en Amérique du sud (Uruguay, Argentine, Mexique, Vénézuela, Chili) dés 1832. En 1920 de nombreux bergers basques s’expatrieront en Amérique du nord (Washington, Montana, Californie, Floride…)
 
  • En 1834, Don Carlos, voulant prendre le pouvoir, se soulève contre la couronne espagnole. Il sera soutenu par les basques et les catalans.
 
  • En 1839, malgré la capitulation de Don Carlos, le gouvernement fait serment que les libertés des basques du sud seront respectées, cette promesse ne sera jamais respectée.
 
  • Au pays basque nord, en 1840, la langue basque est interdite et sa pratique sera même sanctionnée.
 
  • Dés 1854, le tourisme envahit le pays basque nord et devient la principale industrie de la côte basque.
 
  • En 1872, les basques du sud se révoltent pour leur libertés, mais ils capitulent en 1876 et ces libertés seront abolies. Ce sera alors la fin des fueros.
 
  • Naîtra alors au pays basque une renaissance culturelle, linguistique et littéraire. Sous la poussée de Sabino Arana Goiri, de nombreux mouvements et associations pour un état basque verront le jour. La vie politique et le nationalisme basque s’élargie alors à tout le pays basque.
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  LE XXème SIECLE :
 
  • Le 14 avril 1931, la république d’Espagne remplace Alphonse XIII. La catalogne obtient alors le statut d’autonomie.
 
  • Le pays basque obtiendra le statut d’autonomie le 9 juin 1932, mais la Navarre le refusera. Le processus d’autonomie ce poursuit et ce terminera en 1936.
 
  • Le 18 juin 1936 éclate le soulèvement du dictateur Franco et son gouvernement (allié depuis plusieurs années à Hitler et Mussolini) fera exécuter plusieurs milliers de Basques. Ces derniers se défendent seuls en vertu du principe de non-intervention (violé par les allemands et les italiens).
 
  • Le 26 avril 1936 Durango, Guernica et de nombreuses autres villes seront bombardées, faisant plusieurs milliers de morts dans la population basque.
 
  • Les Basques résisteront 11 mois aux armées franquiste, italienne et allemande. Après la capitulation basque, de nombreux habitants seront emprisonnés, expulsés ou bien encore fusillés (malgré les lois internationales de guerre).
 
  • Durant la seconde guerre mondiale, le pays basque sera un point de passage important vers l’Espagne pour de nombreux clandestins.
 
  • Basques du nord et du sud serviront la cause alliée et, par leur importante participation, le général de Gaulle dira même que la France n’oubliera jamais leur sacrifices!!!
 
  • Malgré la chute d’Hitler, Franco grâce à la guerre froide, maintiendra son pouvoir sur l’Espagne mais la résistance basque s’organise.
 
  • Le gouvernement espagnol commencera alors une forte campagne de persécutions, torture et assassinats envers les Basques. En 1959, l’ETA est fondé, alors qu’en 1963 Enbata est fondé au pays basque nord.
 
  • En 1973 Carrero Blanco (premier ministre de Franco) est assassiné en plein Madrid par l’ETA et cette perte entraînera le déclin du gouvernement espagnol.
 
  • Le dictateur Franco meurt le 20 novembre 1975 alors qu’une violente vague de torture et de persécutions, menée par l’Espagne, s’abat sur le peuple basque.
 
  • Le 22 novembre Juan Carlos prend le pouvoir et la langue basque (ainsi que le catalan et galicien) est officialisée.
 
  • En 1979, le statut d’autonomie est accordé au pays basque sud (tout comme à la Catalogne et la Galice). La Navarre n’accepte pas ce statut et ne se rallie pas à l’Alava, au Guipúzcoa et à la Biscaye.
 
  • Cependant les libertés des basques sont toujours bafouées et le mouvement Iparretarak (IK) né au pays basque nord.
 
  • En 1980, le gouvernement basque siège à Vitoria et élie son président (lehendakari).
 
  • Dés 1982, de nombreux basques sont assassinés par des policiers français et espagnols en pleine ville. Ces policiers appartiennent au GAL, et sont soutenus par leur gouvernements respectifs.
 
  • On promettra pour la première fois en 1982, la création d’un département basque au nord.
 
  • En septembre 1998, durant la déclaration de Lizarra, l’ETA s’engage dans un cessé le feux illimité, en échange du rapprochement des prisonniers basques, dispersés loin de leurs familles et du traitement décent de ceux ci. Hélas les gouvernements français et espagnol multiplient arrestations et persécutions et en 1999 la trêve prend fin.
 
  • Le 26 août 2002, le parti politique BATASUNA est interdit au pays-basque sud, car associé à l’ETA!
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  AUJOURD’HUI :
 
  • De nos jours, les prisonniers basques sont incarcérés loin de leur pays (Paris, Madrid, Canaries, Nord de la France…) et les visites leurs sont interdites.
 
  • La torture envers les basques est encore présente dans les commissariats et prisons.
 
  • La libération conditionnelle ne s’applique pas aux prisonniers politiques basques alors que tous les membres du GAL sont depuis longtemps libres.

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76 41ème HLM CAC G BRASSENS 15 11 16

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 18 h 22 min

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POUR CETTE 41ème

NOUS RECEVIONS MAHIOU ET DADANE. POUR LES AFICIONADOS DU CAC MAHIOU EST INCONTOURNABLE. ELLE S’OCCUPE DES EXPOS, DU BAR OU TOUS LES ASSOIFFES DU MANTOIS AIME A CE RETROUVER, ELLE S’OCCUPE EGALEMENT DU CATTERING  ET DE NOUS PRÉPARER DES MISES EN BOUCHES A L’OCCASION DES VERNISSAGES. ON L’AIME NOTRE MAHIOU TOUJOURS DE BONNE HUMEUR ET UNE PÊCHE D’ENFER. QUAND A DADANE OU MANU SELON QUE L’ON CONNAISSE EN TANT QUE  GRAPHISTE OU SUR LA SCÈNE MUSICALE COMME CHANTEUR DU GROUPE JABUL GORBA QUE L’ON NE PRÉSENTE PLUS  AYANT SILLONNE TOUTES LES SCÈNES DEPUIS BIENTÔT 20ANS. ET POUR LA PARTIE MUSICALE LES JAZZ COOKERS WORKSHOP

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Jusqu’au 24 décembre, le Centre d’action culturelle (Cac) Georges Brassens propose une exposition conjointe des artistes Dadane et Mahiou. Le premier est graphiste et chanteur du groupe Jabul Gorba. Il invite les visiteurs dans son univers loufoque rempli de monstres, de dragons et de plantes carnivores. Ses œuvres sont réalisées à l’acrylique sur bois et passe parfois au volume avec divers matériaux.

Le second artiste, Mahiou, dépeint des tranches de vie à travers des caricatures à l’humour grinçant et attachant. Il travaille quant à lui à l’huile sur toile. L’entrée est libre aux heures d’ouverture du Cac. Plus de renseignements sur cacgeorgesbrassens.com.

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JAZZ COOKERS WORKSHOP

Le JAZZ COOKERS WORKSHOP, composé de Mathieu « Matchito » Caldara (dm), Pierre « Pierro » Carvalho (ts), Maxime Jaslier (as, ss), Clément Prioul (p) et Arthur Hennebique (b), revisite le répertoire de Charles Mingus. Débutant le set avec « Wee » puis « Fables of Faubus », le groupe joue un jazz solide avant que l’ombre d’un autre musicien fameux ne plane quand le JCW interprète « Dexter » de Ricky Ford. Les morceaux « Devil Woman », « Remember Rockefeller at Attica », « The Black Saint & The Sinner Lady », « In a Soulful Mood » s’enchaînent avec assurance. Chacun des musiciens montre au cours de solos sa technicité.

http://www.jazzcookersworkshop.com

https://www.youtube.com/watch?v=Htqw6r2XAJ0

 

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75 JAY and THE COOKS 08 11 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 58 min

 

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JAY RYAN FAIT PARTIE DE CES INVITES DE ҪA BOOSTE QUI SONT RÉSIDENT DE L’EMISSION IL ETAIT VENU AVEC LE VIOLONISTE DU GROUPE PAUL SUSEN , GRAND PAUL NOUS AVAIT FAIT LA SURPRISE DE VENIR ACCOMPAGNER JAY LORS DE DE CETTE SOIRÉE.

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YEAH JAY!!!

 

Fin des années 60, Jay joue dans les rues de Chicago avec son « marching band ». En 1972, c’est « Indiana University » où il évite le tirage au sort pour aller au Vietnam puis découvre la basse, le blues, la vie sur un campus…

Mi-70, il file à Austin et fait partie du plus mauvais groupe sans nom de la ville … mais qui sera le premier groupe à jouer au légendaire Continental Club. Il devient aussi un habitué du Antone’s Blues Club où il écoute The Fabulous Thunderbirds tous les jeudis.

En pleine vague punk, on le retrouve durant 3 années à New-York. Il fréquente le CBGB et écoute Lou Reed, Richard Hell… Il habite dans « The Lower East Side » et se débrouille comme il peut en conduisant son taxi ou comme serveur.

En 1980, il revend sa basse pour prendre l’avion et découvrir la Provence. Il découvre aussi la cuisine et les saveurs Chez Ernest où il devient même cuisinier tout en montant un duo de blues avec le traiteur historique de Cannes.

De mi-80 à 1999, Jay se consacre entièrement à la musique. On le retrouve avec Yohan Asherton, Les Froggies, Jesse Garon, Jacno, Paris Slim, ou en concert avec Elliot Murphy puis à la tête du Transcontinental Cowboys.

Il retourne à Austin en qualité de tour manager avec Erik Marchand et Donnisulana puis sillonne de nouveau l’amérique du nord avec D’Gary. À Paris, il a co-fondé le disquaire puis le label Cinq Planètes. Ensuite, Jay se consacre à améliorer l’expression en anglais de dirigeants et du personnel d’entreprises tout en redécouvrant Bob Dylan, ses origines d’immigrant irlandais, de nouvelles recettes puis finalement l’envie de jouer.

 

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I’m Hungry – Les Chansons

I’m Hungry

 Le titre de l’album. J’ai faim depuis ma naissance, demandez à ma mère ! Affamé le matin, affamé la nuit, une tragédie survient – ouvre le frigo, c’est la fête – allume le four… Nous sommes aussi tous affamés de changement, de moins d’inégalité, de plus de travail, de moins et de meilleurs politiciens, de moins de violence, de vie… J’écris déjà « I’m Thirsty ». Merci à mon vieil ami Tyler J Barnes pour son aide sur ce morceau.

Lust For Life

 Quand j’ai emmenagé à New York City, je ne savais même pas qu’Iggy Pop existait (à Austin, le blues était mon univers). Je me souviens qu’en entendant cette chanson dans l’appartement d’un ami, je m’étais dit “wow, ce mec vient d’un endroit que je n’ai jamais visité”. C’est donc un hommage à cette période vers 1978 à NYC, quand j’ai littéralement découvert ce que Lou Reed voulait dire dans “Walk On The Wild Side”. Merci à Paul Péchenart IV à la guitare rythmique (sa première chanson country?) et à Jean-Yves au banjo (sa première tentative/expérience proto-punk?)

 

Cellblock C & Drinking and thinking about you

 J’ai rencontré Jack Clark il y a quelques années à une scène ouverte à Montreuil. Il est un chauffeur de taxi, écrivain et auteur-compositeur-interprète de Chicago. Vous vous demandez probablement comment il a atterri à Montreuil ? Bonne question, vous devrez lui demander vous même ! Un soir où il chantait une de ses chansons, je me suis dit « pourquoi ne pas lui demander d’en utiliser une ou deux sur l’album ? ». Je trouve ces chansons géniales, j’espère leur rendre justice.

Ligne 13

 La ligne 13 du metro a une mauvaise reputation… et maintenant, elle a une chanson. Je prends cette ligne matin et soir depuis 7 ans. J’ai vu et expérimenté des centaines d’histoires… en voilà quelques unes dans une session réduite de “country chicken pickin” à Paris. J’ai écrit la chanson en anglais et Marie-France Floury l’a traduite en français et ajouté ses propres paroles.

C’est Compliqué

 J’habite à Paris depuis plus de 30 ans. J’ai découvert en écrivant ces chansons que mes idées me venaient en français, mais j’ai beaucoup de mal à vraiment m’exprimer dans la langue de Molière… Paul Péchenart III à la rescousse! Il a proposé une chanson de rock français, je l’ai changée en numéro R&B, puis Marco Dimaggio lui a donné un son Stray Cats. C’est compliqué !

Je t’aime

 Pour ceux qui ont écouté le premier album “Dutch Oven”, vous reconnaitrez celle-ci, elle y figure aussi! Marie-France Floury a toujours trouvé que la chanson était interprétée trop lentement sur la dernière sortie, alors Paul et moi avons pensé à la refaire… Danny Vriet joue du violon cajun parfaitement et capture l’esprit de ce morceau.

4 in the Morning Blues

 Un matin à 4h vers 1985, dans la banlieue de Paris. Je revenais d’un concert avec le Bruce Koening Band. On ramenait notre matériel à Gennevilliers. A un moment nous sommes passés devant un arrêt de bus et c’était comme un rêve… Une vingtaine d’hommes d’origine nord-africaine se tenait sous un lampadaire à l’arrêt de bus en attendant qu’on les emmène à l’usine. Il n’y avait personne d’autre qu’eux en vue… J’ai gardé ce moment en tête pendant plus d’un quart de siècle.

Transcontinental Shuffle

 C’est une chanson de pedal steel. J’adore la guitare pedal steel, j’ai donc demandé à Jean-Yves s’il voulait inclure sa chanson dans l’album. Son nom vient des Transcontinental Cowboys, un groupe dans lequel Jean-Yves et moi avons joué dans les années 80 et 90. Nous jouions déjà ce morceau à l’époque. En écoutant les solos de Marco Dimaggio, on croirait qu’il est un guitariste de pedal steel frustré.

In The Pines

 Cette chanson traditionnelle a été jouée par des musiciens blancs comme noirs durant ces 75 dernières années. Cette prise, grâce à Marco Dimaggio, nous transporte dans un univers à la David Lynch, d’horreur et de suspense. On est bien loin des Delmore Brothers et ça me convient bien.

J’aime pas la rentrée

 Quel adolescent n’a jamais eu envie de jeter ses livres par la fenêtre ? Qui ne s’est jamais identifié à “Tu peux te carrer ton job où je pense” une fois dans sa vie? L’ode de Marie-France à l’insurrection personnelle des ados. Je dois modestement admettre que je pensais à “Jackson” de Johnny Cash et June Carter en l’arrangeant.

 

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George Lewis est incarcéré dans le Bloc C. Le juge l’a condamné à perpétuité en 1983. Sa maison : une cellule de 2,5m par 3,5m …
On a dit qu’il avait tué un épicier nommé Roman Ortez d’une balle dans la tête, pour lui dérober sa caisse. Mais on ne sait pas ce que George Lewis a fait de l’argent ni à qui sont les empreintes digitales trouvées sur le lieu du crime …

Malgré la pénombre, George Lewis a été identifié par 2 témoins alors qu’il s’enfuyait. En prison, il a appris à se battre. Il a aussi appris à ne rien voir et à ne rien entendre. Il est resté seul.

George Lewis a continué à clamer son innocence et a finalement obtenu la réouverture de son dossier puis l’analyse des empreintes trouvées sur place. Cette fois-ci, les ordinateurs ont formellement identifié un meurtrier : un autre homme déjà incarcéré pour une autre affaire.

George Lewis aura passé 18 années derrière les barreaux. Il s’est fait brisé. Il est sorti de prison un jour de novembre. Cassé, il s’est rendu compte qu’il n’arrivait même plus à aimer ses proches…

« CELLBLOCK C » est une chanson saisissante de Jack Clarck, l’écrivain chauffeur de taxi de Chicago. Elle nous interpelle, nous alarme et nous informe sur les innocents emprisonnés. George Lewis, tout comme Roman Ortez, sont des personnages inventés par Jack Clarck. Mais l’histoire n’est que pure vérité, exprimée avec des mots simples et directs. L’interprétation de Jay and The Cooks et l’ambiance sonore ne sont pas sans rappeler l’atmosphère et la couleur des Lords of The New Church, avec une petite pointe de Johnny Cash. L’auteur se demande comment peut-on rester libre si des innocents sont encore incarcérés. Et selon lui, dans chaque prison il y a des innocents. Des gens qui seront cassés à jamais. Des hommes qui ne seront plus jamais entiers. Pour dénoncer cette situation, il a confié ses paroles et sa musique à Jay and the Cooks. CELLBLOCK C est sur l’album I’M HUNGRY.

Selon une étude du National Registry of exonerations (Registre national des erreurs judiciaires), un projet conjoint de l’Université du Michigan et de l’université Northwestern (Chicago), le nombre d’erreurs judiciaires découvertes par les autorités américaines est toujours en nette augmentation. En 2015, record battu avec 149 disculpés qui ont passé en moyenne 14 ans et demi en prison. Plus de 1500 prisonniers ont été innocentés aux États-Unis au cours des 25 dernières années.
Près de 20% des personnes innocentées avaient à l’origine plaidé coupable.

Toujours selon le Registre national des erreurs judiciaires, 56 % des personnes innocentées en 2013 avaient été arrêtées et condamnées à la suite d’un faux témoignage. Les erreurs commises par des témoins oculaires sont à l’origine de 38 % des verdicts de culpabilité aux États-Unis. Dans 46 % des cas d’erreur judiciaire, c’est le travail des policiers qui est en cause même si ce n’est souvent pas le seul facteur.

Pour en savoir plus sur le National Registry of exonerations et son dernier rapport

En France, la révision de procès est une procédure rarissime. Pour en savoir plus sur le sujet, vous pouvez lire un très bon article de Yann Bouchez publié par Le Monde

 

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DES INFOS DE JUSTE UNE TRACE LABEL DE JAY

Le Dernier Assaut est lancé !

5 oct. 2016

LE DERNIER ASSAUT est un album de 14 titres consacrés à la Première Guerre Mondiale avec Dominique GRANGE, TARDI et les musiciens d’ACCORDZÉÂM.

En 2014, à l’initiative de Juste Une Trace, un nouveau spectacle de Tardi et Dominique Grange est produit pour le Centenaire de la Grande Guerre. Paul Bessone organise la rencontre entre l’auteur dessinateur, la chanteuse et les 5 musiciens d’Accordzéâm. C’est en Allemagne que « PUTAIN DE GUERRE ! » est présenté pour la première fois sur scène. Le spectacle fut à l’affiche du Festival International de la Bande Dessinée d’Erlangen et a ensuite été présenté proche de Toulon, à Londres, Lisbonne, Draguignan, Lucerne et Luxembourg.

Durant l’automne 2015, la production de l’album commence. Il est enregistré à Paris au Studio 180 puis finalisé au cours du premier semestre 2016. LE DERNIER ASSAUT présente une petite évolution du répertoire du spectacle PUTAIN DE GUERRE !, lui donnant une dimension un peu plus internationale. Il comporte 5 chansons en français dont 2 titres originaux inédits et 3 avec une nouvelle orchestration, 2 compositions historiques d’auteurs anonymes dont 1 titre en italien et 1 en anglais,  une autre chanson plus récente dans la langue de Shakespeare de l’auteur écossais Eric Bogle, une chanson en allemand de Bertolt Brecht écrite en 1918, 2 compositions instrumentales et 3 textes de Tardi qu’il a enregistrés pour l’occasion.

Comme l’album DES LENDEMAINS QUI SAIGNENT réalisé en 2009 (Juste Une Trace) et dont le spectacle fut aussi présenté à Montréal, Québec, Craonne et Barcelone, il s’agit de chansons contre la guerre. DES LENDEMAINS QUI SAIGNENT comportait notamment « Tu n’en reviendras pas » d’Aragon et Léo Ferré, des paroles de Montéhus, d’autres de Sébastien Faure, celles de combattants anonymes dont « La chanson de Craonne » et « Le Déserteur » de Boris Vian avec le dernier couplet dans sa première version manuscrite. Pour les amateurs et les curieux, des exemplaires CD de l’album DES LENDEMAINS QUI SAIGNENT sont encore disponibles.

L’édition limitée CD digipack de l’album « LE DERNIER ASSAUT » est disponible dans la boutique.

Du Rock Français sur les rives du Mississippi

21 juin. 2016

C’EST COMPLIQUE_JuT_blog_20160621

Quand il ne prend pas son vélo ou son scooter, à Paris, Jay se déplace en métro. Il connaît parfaitement la ligne 13 et comme tous les voyageurs, il passe toujours trop de temps dans les transports en commun. C’est souvent compliqué pour ceux qui circulent tous les jours ainsi. Alors Jay a pris sa plume et, pour une fois, il a écrit directement un texte en français. Après avoir couché ses idées sur le papier, il appelle le guitariste Paul Péchenart à la rescousse et lui propose d’en faire une chanson : C’EST COMPLIQUÉ. 

Jay_Johan Asherton_The Froggies_80sPaul Péchenart est un membre fondateur des «Dogs». Il manipule les riffs et les phrases inlassablement. Dans les années 80, il jouait aussi avec Jay dans «The Froggies», le groupe de Johan Asherton. Il reprend donc le texte, y met sa patte d’auteur puis donne à l’ensemble une couleur naturellement «rock français» avant de remettre le tout à Jay. 

Jay et Paul ont aussi un autre point commun : ils ont tous les deux joué le blues avec Luther Allison. Jay va donner une touche de Rhythm and Blues à la composition. Le processus de création ne s’arrête pas encore là. Les paroles restent en français mais la musique nous emmène indiscutablement aux États-Unis.

Un enregistrement de base (démo) est alors passé à Marco Di Maggio (le directeur artistique et guitariste de tout l’album I’m Hungry). Comme vous le savez peut-être, Marco est nettement influencé par le Rock’n’Roll. Il a joué avec Slim Jim Phantom (Stray Cats), Kevin Smith (Brian Setzer Orchestra) ou encore Albert Lee… et cela s’entend.

Une fois en studio, C’EST COMPLIQUÉ se transforme de nouveau et devient Rockabilly. Jay chante un peu comme Johnny Cash l’aurait fait, avec une touche de Country music.

Finalement, la chanson évolue avec le temps et donne maintenant une bonne idée de tout ce que l’on peut entendre sur les rives du Mississippi, quelque chose de très éloigné du métro parisien pour quelqu’un qui ne comprendrait pas le français.

Au hasard d’une rencontre avec Jack Clark

16 mai. 2016

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C’est assez inhabituel de s’installer dans un taxi et de trouver un manuscrit sur le siège à côté du conducteur. Ce qui rend le taxi de Jack Clark unique, c’est qu’il est à la fois le chauffeur du véhicule et l’auteur de romans.

Jack Clark est donc chauffeur de taxi à Chicago depuis une trentaine d’années. Il lui arrive aussi de voyager plus loin et de taper la chanson. C’est à Montreuil, lors d’une scène ouverte, que Jay l’a entendu et rencontré.

Jack Clark a publié 3 romans et de nombreux articles dans le Chicago Reader depuis le milieu des années soixante dix. Il a mis de côté le journalisme pour écrire des nouvelles, des séries noires, des romans policiers, et des chansons teintées de blues, de folk et de country. Le Washington Post n’hésite pas à dire de son roman «Nobody’s Angel», que c’est «une pierre précieuse qui ne contient pas de mots inutiles ou de fausses notes».

Au début, Jack Clark vendait directement ses livres «brochés main» à ses passagers… C’est ainsi qu’il en a écoulé plusieurs centaines d’exemplaires avant d’attirer l’attention d’un éditeur.

 Au volant de son taxi encore 2 ou 3 jours par semaine, il se nourrit notamment des conversations qu’il engage pour imaginer de nouvelles histoires et écrire. 

JAY a toujours était proche de la littérature.  Tout simplement, dans l’album I’M HUNGRY, il chante deux textes inédits de Jack Clark. 

Les paroles sont si limpides qu’elles nous plongent en quelques secondes dans une histoire. Pour vous donner une idée, voici un extrait de l’enregistrement et le texte intégral de DRINKING AND THINKING (ABOUT YOU).

 Un bus à prendre 

19 avr. 2016 

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Cette histoire se déroule vers 4 heures du matin au milieu des années 80. Un quart de siècle après, Jay a toujours une image en tête. Celle d’une vingtaine d’hommes qu’il a croisés au petit matin juste après un concert avec le Bruce Koening Band. Il venait de déposer les instruments et les amplis dans un local de banlieue parisienne et retournait sur Paris pour se coucher. En passant devant un arrêt de bus, sous un lampadaire, ces hommes attendaient qu’on les emmène à l’usine. Ils étaient tous d’ailleurs, de loin. 

Il paraît que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt… Dans certaines sociétés, le monde appartient à ceux qui ont des employés qui se lèvent tôt. Ils ne voient pas souvent le soleil, le ciel bleu n’existe plus, ils passent à côté de la vie et se demandent ce qu’ils ont raté. L’histoire peut paraître banale mais le sujet encore d’actualité de « 4 in the morning blues » est dramatique. Les paroles de Jay sont directes, un peu amères. Avec des sonorités proches du Rockabilly, Jay y apporte une légèreté, une fausse drôlerie, comme si tout allait de soi, comme si celui qui se couche tard croise normalement celui qui se lève tôt.

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74 L’EMISSION DU CSPB 25 10 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 47 min

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CSPB

COMITÉ SOLIDARITÉ PEUPLE BASQUE

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73 40ème HLM CAC G BRASSENS 18 10 16

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 17 h 37 min

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POUR LA 40ème NOUS RECEVIONS LA NOTE ROSE ET L.M. DE SOUZA POUR LE LOGICIEL LIBRE OU COMMENT CONTRECARRER MICROSOFT, GOOGLE, APPLE ET CONSORT. LA PARTIE MUSICALE ÉTAIT ASSURÉ PAR PIERRE GASPAR.

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Le système d’exploitation GNU

 

Présentation du système GNU

Le système d’exploitation GNU est un système complet de logiciels libres qui a une compatibilité ascendante avec Unix. « GNU » signifie GNU’s Not Unix (GNU N’est pas Unix) et se prononce « gnou » (comme l’animal), avec un g durRichard Stallman a fait l’annonce initiale du projet GNU en septembre 1983. Une version plus longue appelée « manifeste GNU » a été publiée en septembre 1985. Il a été traduit dans différentes langues.

Le nom « GNU » fut choisi parce qu’il satisfaisait à plusieurs conditions : premièrement c’était un acronyme récursif pour GNU’s Not Unix, en second lieu, c’était un mot réel, et troisièmement il était drôle à prononcer (ou à chanter).

Le mot free, dans free software (logiciel libre), fait référence à la liberté et non au prix.1 Vous pouvez avoir payé votre exemplaire d’un logiciel GNU, ou l’avoir obtenu gratuitement. Mais quoi qu’il en soit, une fois que vous avez le logiciel, vous possédez quatre libertés spécifiques : la liberté d’exécuter le programme comme vous le souhaitez ; la liberté de copier le programme et de le donner à vos amis ou collègues ; la liberté de modifier le programme comme vous l’entendez, grâce à un accès complet au code source ; la liberté de distribuer une version améliorée et ainsi d’aider à construire la communauté (si vous redistribuez des logiciels GNU, vous pouvez faire payer l’acte physique de transférer une copie, ou bien vous pouvez donner cette dernière sans contrepartie).

Le projet ayant pour but de développer le système d’exploitation GNU est appelé « projet GNU ». Le projet GNU a été conçu en 1983 comme une manière de rétablir l’esprit coopératif qui prévalait dans la communauté informatique aux premiers jours, pour rendre la coopération à nouveau possible en supprimant les barrières imposées par les propriétaires de logiciels privateurs.2

En 1971, quand Richard Stallman débuta sa carrière au MIT, il travaillait dans un groupe qui utilisait exclusivement des logiciels libres. Même les sociétés informatiques distribuaient des logiciels libres. Les programmeurs étaient libres de coopérer entre eux, et ils le faisaient souvent.

Au début des années 80, presque tous les logiciels étaient des logiciels privateurs, ce qui signifie que les propriétaires de logiciels interdisaient et empêchaient la coopération entre utilisateurs. Ceci rendit nécessaire le projet GNU.

Chaque utilisateur d’ordinateur a besoin d’un système d’exploitation ; s’il n’y a pas de système d’exploitation libre, on ne peut même pas commencer à utiliser un ordinateur sans avoir recours au logiciel privateur. Ainsi la priorité, pour avoir du logiciel libre, était évidemment de créer un système d’exploitation libre.

Nous avons décidé de rendre ce système d’exploitation compatible avec Unix parce que le concept d’ensemble avait déjà fait ses preuves et était portable, et parce que, pour les utilisateurs d’Unix, la compatibilité rendait plus facile le passage à GNU.

Un système d’exploitation de type Unix comprend un noyau, des compilateurs, des éditeurs, des outils de mise en forme de texte, des logiciels de courrier, des interfaces graphiques, des bibliothèques, des jeux et bien d’autres choses. Ainsi, l’écriture d’un système d’exploitation complet est un travail important. Nous l’avons commencé en janvier 1984. La Free Software Foundation [en] (Fondation pour le logiciel libre) a été fondée en octobre 1985, initialement dans le but de lever des fonds pour aider au développement de GNU.

À l’aube des années 90, nous avions trouvé ou écrit tous les composants principaux sauf un, le noyau. Puis Linux, un noyau de type Unix, fut développé par Linus Torvalds en 1991 et devint un logiciel libre en 1992. La combinaison du noyau Linux avec le système GNU à peu près complet eut pour résultat un système d’exploitation complet : le système GNU/Linux. On estime que des dizaines de millions de personnes utilisent actuellement des variantes de ce système, typiquement par le biais de distributions GNU/Linux. La version principale de Linux contient actuellement des blobs de micrologiciel [firmware] non libre ; les activistes du logiciel libre maintiennent donc une version libre de Linux appelée Linux-libre.

Cependant, le projet GNU ne se limite pas au système d’exploitation. Nous aspirons à fournir tout l’éventail du logiciel, tout ce qui peut intéresser de nombreux utilisateurs. Ceci inclut des applications. Vous trouverez un catalogue d’applications libres dans le répertoire du logiciel libre.

Nous voulons également fournir des logiciels pour les utilisateurs qui ne sont pas experts en informatique. Nous avons donc développé une interface graphique (appelée GNOME) [en] pour aider les débutants à utiliser le système GNU.

Enfin, nous voulons fournir des jeux et autres logiciels récréatifs. Un grand nombre de jeux libres [en] sont déjà disponibles.

Jusqu’où le logiciel libre peut-il aller ? Il n’y a pas de limite, excepté quand des lois comme le droit des brevets interdisent le logiciel libre. Le but ultime est de fournir des logiciels libres pour effectuer toutes les tâches informatiques – et de cette manière faire du logiciel privateur un concept du passé.

Introduction

Nous classons une licence selon plusieurs critères :

  • selon qu’elle remplit les conditions d’une licence de logiciel libre ;
  • selon qu’il s’agit d’un copyleft (également appelé « gauche d’auteur ») ;
  • selon qu’elle est compatible avec la GNU GPL (sauf indication contraire, les licences compatibles le sont avec les versions 2 et 3 de la GPL) ;
  • selon qu’elle pose des problèmes pratiques particuliers.

Nous essayons de lister sur cette page les licences de logiciel libre les plus communes, mais nous ne pouvons pas les lister toutes ; nous ferons de notre mieux pour répondre à vos questions sur les licences libres, qu’elles soient présentées sur cette page ou non. Les licences sont classées grosso modo par ordre alphabétique dans chaque section.1

Si vous pensez avoir découvert une infraction aux termes de l’une de nos licences, veuillez vous référer à notre page « Violation des licences GNU ».

Si vous démarrez un nouveau projet et ne savez pas vraiment quelle licence utiliser, « Comment choisir une licence pour votre propre travail » décrit nos recommandations dans un guide facile à suivre.

Si vous avez des questions au sujet de licences de logiciel libre, envoyez-nous un courriel (en anglais) à <licensing@fsf.org>. Comme nos ressources sont limitées, nous ne répondons pas aux questions portant sur le développement ou la distribution de logiciels privateurs,2 et vous aurez probablement une réponse plus rapide si vous posez une question spécifique qui n’est pas traitée ici ou dans notre FAQ. Nous accueillons volontiers les bénévoles compétents qui peuvent aider à répondre aux questions sur les licences.

Si vous envisagez d’écrire une nouvelle licence, veuillez aussi nous contacter à <licensing@fsf.org>. La prolifération des licences de logiciel libre est actuellement un problème majeur dans la communauté du libre, pour les utilisateurs comme pour les développeurs. Nous ferons de notre mieux pour vous aider à trouver une licence libre existante qui réponde à vos besoins.

Si vous vous demandez quelle licence utilise tel ou tel paquet, veuillez consulter le répertoire du logiciel libre de la FSF, qui recense des milliers de logiciels libres avec les renseignements concernant leur licence.

POUR TOUTES PRÉCISIONS VOUS POUVEZ VOUS RENDRE SUR LE SITE 

http://www.gnu.org/

 

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Cancer du sein : un dépistage revu et corrigé

Alors que débute la campagne « Octobre rose », destinée à promouvoir le dépistage du cancer du sein, le ministère de la Santé a annoncé ce 3 octobre « une rénovation profonde » du programme français. Cette annonce fait suite à la remise d’un rapport remettant en perspective les bénéfices, pour une partie de la population, du dépistage non ciblé.

Douze ans après sa généralisation à l’ensemble des femmes françaises de plus de 50 ans, le programme de dépistage du cancer du sein peut – et doit – se réinventer. Tel est l’avis du ministère de la Santé qui, dans un communiqué diffusé ce 3 octobre, juge nécessaire d’aller vers plus de personnalisation, et de mieux informer les bénéficiaires du programme de ses avantages et de ses inconvénients. Les modalités de cette refonte seront annoncées d’ici à la fin de l’année 2016.

Cette annonce fait suite au lancement, fin 2015, d’une « concertation citoyenne et scientifique » destinée à « améliorer » le programme de dépistage organisé du cancer du sein. Début septembre, les conclusions ont été remises à Marisol Touraine. Ce document préconise l’ »arrêt du dépistage organisé tel qu’il existe aujourd’hui » et la « mise en place d’un nouveau dépistage organisé, profondément modifié ». Certains membres de ce comité réclamaient même l’arrêt pur et simple du programme de dépistage organisé, pour laisser les médecins décider au cas par cas de la pertinence d’une mammographie, selon les conclusions de ce rapport.

L’Institut national du cancer rejoint les conclusions du rapport

Sur la base de ce rapport, l’Institut national du cancer (INCa) a envoyé un courrier le 16 septembre à Mme Touraine, l’encourageant à engager sans tarder la rénovation du programme de dépistage, « en l’inscrivant dans une logique plus individualisée du parcours de santé, prenant appui sur le médecin généraliste ».

Il juge aussi nécessaire de donner aux femmes « une information complète, fiable et neutre, pour leur permettre de prendre une décision éclairée ».

Ne pas abandonner le dépistage, mais l’améliorer

L’INCa, organisme qui coordonne l’ensemble des acteurs français de la cancérologie, appelle à soutenir la recherche pour mieux reconnaître les anomalies susceptibles d’évoluer rapidement ou de se transformer en cancer agressif, et ainsi limiter le surdiagnostic et le surtraitement (détection et ablation de cellules anormales, mais qui n’auraient jamais évolué en cancer du sein).

L’institut estime en revanche qu’un abandon pur et simple du programme serait « très risqué, générateur d’inéquités et de pertes de chance ». Il prône par ailleurs un remboursement à 100% de l’échographie comme outil de dépistage complémentaire à la mammographie, pour « supprimer les freins financiers qui demeurent ».

Des arguments solides en faveur d’une réfonte

Actuellement, toutes les femmes de 50 à 74 ans sont invitées à faire une mammographie tous les deux ans pour détecter une éventuelle tumeur – et tous les ans pour celles qui présentent des risques accrus de développer un cancer du sein. Mais certains professionnels de santé, sur la base de nombreux arguments épidémiologiques, estiment que cette politique n’a pas d’effet sur le niveau de mortalité par cancer du sein.

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72 NICEPHORE NIEPCE 11 10 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 44 min

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NICEPHORE NIEPCE INVENTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE QUE L’ON ATTRIBUE TROP SOUVENT A TORT A  Louis-Jacques-Mandé DAGUERRE. 

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7 mars 1765 : Naissance de Joseph Niépce à Chalon-sur-Saône (ce n’est que quelques années plus tard qu’il prendra le surnom de Nicéphore). Son père est avocat conseiller du Roi et receveur des consignations du Chalonnais. Il a une sœur et deux frères. 

• 1786 : Joseph entre chez les frères Oratoriens à Angers, il se passionne pour la physique et la chimie.

• 1788 : Abandon de l’Oratoire et entrée dans la garde Nationale à Chalon-sur-Saône.

 Il signe ses lettres du surnom de Nicéphore.

• 1789 : Révolution française.

• 1792 : Engagement dans l’armée révolutionnaire (campagne dans le sud de la France et en Sardaigne).

• 1794 : Nicéphore quitte l’Armée et demeure à Nice. Il se marie. Son frère aîné Claude vient le rejoindre.

• 1795 : Naissance de son fils Isidore.

• 1797 : Voyage en Sardaigne avec sa famille et son frère. C’est au cours de ce voyage que Nicéphore et son frère Claude auraient eu l’idée de la photographie.

• 1798 : De retour à Nice les deux frères se livrent à leur premiers travaux d’inventeurs et travaillent à la mise au point d’un nouveau principe moteur basé sur la dilatation de l’air au cours d’une explosion.

• 1801 : Nicéphore et sa famille ainsi que Claude rentre à Chalon-sur-Saône où ils s’occupent de la gestion du patrimoine familiale dont Mme Niépce mère avait la charge depuis la mort du père en 1785.

• 1807 : Les deux frères obtiennent pour dix ans un brevet, signé par Napoléon, pour leur moteur qu’ils nomment pyréolophore. Il s’agit du premier moteur au monde à combustion interne. Une maquette de bateau de 2 mètres de long remonte le courant de la Saône au moyen de ce moteur.

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Le pyréolophore 

C’est à Nice que Claude et Nicéphore Niépce se livrèrent à leurs premiers travaux d’inventeurs. Ils s’intéressèrent alors à la mise au point d’un nouveau principe de moteur fondé sur l’utilisation de la dilatation de l’air au cours d’une explosion. Eurent-ils connaissance des travaux de Huygens (1625-1695) qui avait déjà utilisé l’air dilaté par une explosion de poudre à canon dans un cylindre pour mouvoir un piston ?

Les frères Niépce employèrent d’abord comme explosif une poudre constituée des spores d’une plante, le lycopode , puis ils utilisèrent du charbon mélangé à de la résine. Ils inventèrent ainsi le premier moteur à combustion interne qu’ils nommèrent pyréolophore (Pyr : feu ; eolo : vent et phore : je porte/produis).

Le rapport de 1806 sur l’invention du pyréolophore

En 1806, ils rédigent un premier rapport. Une commission de l’Institut National, autrement dit l’Académie des Sciences chargée d’examiner l’invention rend son verdict :

« Le combustible employé ordinairement par MM. Niépce est le Lycopode, comme étant de la combustion la plus vive et la plus facile ; mais comme cette matière est coûteuse, ils la remplaceraient en grand par la houille pulvérisée et mélangée au besoin avec une très-petite portion de résine, ce qui réussit très-bien, ainsi que nous nous en sommes assurés par plusieurs expériences. Dans l’appareil de MM. Niépce aucune portion du calorique n’est dissipée d’avance ; la force mouvante est un produit instantané, et tout l’effet du combustible est employé à produire la dilatation qui sert de force mouvante.

 Suivant une autre expérience, la machine placée sur un bateau qui présentait une proue d’environ deux pieds de largeur sur trois pieds de hauteur, réduite dans la partie submergée, et pesant environ neuf quintaux, a remonté la Saône par la seule action du principe moteur, avec une vitesse plus grande que celle de la rivière dans le sens contraire ; la quantité de combustible employée étant d’environ cent vingt-cinq grains par minute, et le nombre de pulsations de douze ou treize dans le même temps. Les Commissaires pensent donc que la machine proposée sous le nom de Pyréolophore par MM. Niépce est ingénieuse, qu’elle peut devenir très-intéressante par ses résultats physiques et économiques, et qu’elle mérite l’approbation de la classe. »

Rapport de L. Carnot et C.L. Berthollet du 15 décembre 1806 

Les frères Niépce avaient aussi procédé à quelques essais sur l’étang de Batterey, situé au milieu des Bois de la Charmée, à Saint-Loup de Varennes . Ils obtinrent ensuite un brevet pour une durée de dix ans. Celui-ci leur fut délivré par l’Empereur Napoléon. Il est daté du 20 juillet 1807.

 Nicéphore et Claude continuèrent à améliorer leur pyréolophore. Le 24 décembre 1807, ils avertirent Lazare Carnot qu’ils avaient obtenu une poudre très inflammable en mélangeant une partie de résine avec neuf parties de houille. Mais en 1816 les progrès n’ont pas été suffisant pour que les Niépce puissent obtenir quelques subsides de leur invention. L’expiration du brevet approche et Claude décide de monter à Paris puis de se rendre en Angleterre dans l’espoir d’y exploiter le moteur.

Claude se prépare à la construction d’un petit bateau devant être mu le pyréolophore. Nicéphore entreprend de nouvelles expériences sur le carburant . A la fin du mois de mai 1816, Claude avait eu l’idée d’un autre carburant, le charbon de pierre.

 Mais dès le 2 juin 1816, Nicéphore écrit :« je suis charmé que le résultat de tes expériences sur l’inflammation du charbon de pierre, t’aient mis à même de connaître les inconvénients nombreux attachés à l’emploi de ce combustible, et t’aient donné l’idée heureuse de le remplacer par l’huile de pétrole blanche. […] je t’engage donc très fort à répéter plus en grand cette intéressante expérience ; car lorsqu’on verra qu’avec une faible consommation d’huile on obtient d’énormes bouffées de flamme, on en sera étonné et on reconnaîtra toute l’importance de notre découverte. »

L’huile de pétrole blanche s’apparente au kérosène que nous connaissons aussi sous le nom de pétrole lampant .

 Dès le 8 juillet 1817, les essais de Claude se précisent comme le laisse entendre Nicéphore : « Si tu parviens, en effet à injecter l’huile de P. avec force afin que la vaporisation se fasse instantanément il est hors de doute, Mon cher ami, que tu obtiendras le résultat le plus satisfaisant. » C’est bel et bien le système d’injection de l’essence, tel que nous le connaissons dans nos moteurs actuels, que Claude est en train d’inventer et de mettre au point. Les frères Niépce sont, en effet, reconnus aujourd’hui comme étant les inventeurs du principe de l’injection de l’essence.

Découverte de l’injection

Les essais sont prometteurs. Le 16 juillet, Nicéphore écrit : « tu viens de vérifier à nouveau, Mon cher ami, que le Lycopode, la substance concrète la plus éminemment inflammable, produit cependant moins de flamme qu’une quantité donnée d’huile de P. réduite en vapeur. »

Nicéphore fait plusieurs tentatives. Il vaporise l’essence en portant au rouge l’embout du tuyau par lequel elle s’écoule, mais les résultats sont peu reproductibles. Il essaie alors une nouvelle technique pour obtenir l’huile divisée comme la poudre de lycopode lors de l’inflammation. Il se munit d’abord un tuyau d’une vingtaine de centimètres de long et de sept millimètres de diamètre. Il le remplit d’eau sur environ trois centimètres puis, l’ayant porté à sa bouche, souffle violemment. L’eau sort du tube en un jet constitué de fines gouttelettes, donc bien divisée comme une poudre. Il améliore ce résultat en aplatissant l’orifice de sortie en un biseau assez court rappelant une anche de hautbois. Il répète ensuite l’expérience en remplaçant l’eau par de l’alcool et en garnissant l’orifice de sortie d’une mèche allumée, destinée à enflammer les gouttelettes de liquide.

C’est la réussite : « l’alcool s’enflamma en détonant comme le lycopode », racontera-t-il. Nicéphore vient de découvrir qu’il faut enflammer le liquide à froid et non sous forme de vapeur, comme c’était le cas avec les tuyaux chauffés qu’il utilisait précédemment. Le mélange d’air et de minuscules gouttelettes de liquide inflammable devenait alors explosif. Il ne restait plus qu’à expérimenter l’huile de pétrole blanche. Nicéphore fit fabriquer un tuyau de neuf millimètres de diamètre et coudé à angle droit, afin de ne plus avoir à utiliser la langue en guise de soupape. La partie par laquelle il devait souffler mesurait environ soixante-six centimètres et celle par où devait s’échapper l’huile était d’environ trente-trois centimètres. La sortie était aplatie comme dans l’expérience précédente.

 Le succès fut total : « La flamme, vu la petite quantité d’huile employée est énorme ; elle est vive, instantanée, et détonne comme le lycopode », raconte Nicéphore qui ajoute : « les résultats que je viens d’obtenir ont ranimé mon courage et m’ont pleinement satisfait. » Plus la quantité d’huile de pétrole utilisée était faible, plus l’explosion était puissante.

 Tout y était : rendement et économie. Il interrompit alors tout essai tant il était persuadé des performances de ce combustible

Quelques années plus tard, en 1824, Sadi Carnot (1796-1832), fils de Lazare Carnot (1753-1823), rédigera un ouvrage intitulé Réflexions sur la puissance motrice du feu et sur les machines propres à développer cette puissance, dans lequel il fera un commentaire sur le moteur des frères Niépce :

« Parmi les premières tentatives faites pour développer la puissance motrice du feu par l’intermédiaire de l’air atmosphérique, on doit distinguer celles de MM. Niepce, qui ont eu lieu en France il y a plusieurs années, au moyen d’un appareil nommé par les inventeurs pyréolophore. Voici en quoi consistait à peu près cet appareil : c’était un cylindre, muni d’un piston, où l’air atmosphérique était introduit à la densité ordinaire. L’on y projetait une matière très-combustible, réduite à un grand état de ténuité, et qui restait un moment en suspension dans l’air, puis on y mettait le feu. L’inflammation produisait à peu près le même effet que si le fluide élastique eût été un mélange d’air et de gaz combustible, d’air et d’hydrogène carboné, par exemple ; il y avait une sorte d’explosion et une dilatation subite du fluide élastique, dilatation que l’on mettait à profit en la faisant agir tout entière contre le piston. Celui-ci prenait un mouvement d’une amplitude quelconque, et la puissance motrice se trouvait ainsi réalisée. Rien n’empêchait ensuite de renouveler l’air et de recommencer une opération semblable à la première.

 Cette machine, fort ingénieuse et intéressante surtout par la nouveauté de son principe, péchait par un point capital. La matière dont on faisait usage comme combustible (c’était la poussière de lycopode, employée à produire les flammes sur nos théatres) était trop chère pour que tout avantage ne disparût pas par cette cause ; et malheureusement il était difficile d’employer un combustible de prix modéré, car il fallait un corps en poudre très-fine, dont l’inflammation fût prompte, facile à propager, et laissât peu ou point de cendres. »

Sadi Carnot ne se cantonne qu’au texte du premier brevet et semble ignorer les travaux ultérieurs des frères Niépce avec l’huile de pétrole blanche.

 La note de Carnot très elliptique, prête à confusion. Il est vrai que les frères Niépce avaient démontré la puissance de leur nouveau principe moteur en l’appliquant à un piston (« NOTICE » du 09/11/1806) ; qu’ils avaient envisagé de l’appliquer à « une pompe comme dans les machines à feu » (« NOTE » lue à l’Institut le 17/11/1806), mais l’une des spécificités majeures du pyréolophore était de fonctionner par réaction directe. »

C’est notamment ce qui, en 1925, soit un siècle plus tard, fera l’admiration de Pierre Clerget et Auguste Rateau. 

• 1807 – 1809 : Élaboration d’un projet de pompe hydraulique afin de remplacer la machine de Marly qui servait à alimenter en eau le Château de Versailles.

• 1811 : Travaux sur la culture du pastel destiné à remplacer l’indigo, colorant bleu, manquant à la suite du Blocus continental, institué par Napléon pour ruiner le Royaume-Uni.

Le pastel des teinturiers

Remplacer l’indigo par la fécule bleue provenant du pastel des teinturiers

Indigoterie : série de bassins permettant d’extraire l’indigo (Jean-Baptiste du Tertre Histoire générale des Antilles 1667) 

Indigoterie : série de bassins permettant d’extraire l’indigo (Histoire générale des Antilles 1667)

Le 21 novembre 1806, Napoléon avait décrété le Blocus continental, mesure adoptée pour priver l’Angleterre de toute communication avec le continent. De ce fait, certains produits faisaient défaut tel l’indigo, une variété de colorant bleu. Le gouvernement proposa d’y substituer la fécule bleue provenant du pastel des teinturiers. C’est à partir des feuilles que l’on tire le colorant bleu . En 1811, le gouvernement lança un concours pour développer la culture du pastel. Nicéphore fera le commentaire :« […] il fut question d’extraire l’indigo du pastel. Nous devions naturellement être jaloux de participer à des recherches dont le résultat paraissait lié à la prospérité du commerce et des arts industriels. Celles que nous fîmes furent longues, mais elles ne furent point infructueuses sous le rapport qui nous intéressait le plus ; car des echantillons de cette matiere colorante que l’on adressa des bureaux de la sous-préfecture au ministère de l’Intérieur, nous valurent les encouragemens les plus empressés et les plus flatteurs.»Le but était d’améliorer le rendement de production du colorant. Les frères Niépce transmettent au ministère de l’intérieur des échantillons de la fécule colorante qu’ils ont réussi à extraire des feuilles de la plante, ainsi qu’un rapport expliquant comment ils ont obtenu cette matière colorante.« J’ai lu avec intérêt les observations de M.M Niépce-Barrault, que vous m’avez adressées le 28 novembre, sur l’époque la plus convenable pour couper les feuilles du pastel, et sur les moyens d’en extraire la fécule colorante sans l’intermède d’aucun précipitant ; elles sont, comme vous dites très-bien, une nouvelle preuve de leur sagacité et du zèle qui les anime. Veuillez leur annoncer que je les transmets à la commission chargée de l’examen de toutes celles de la même nature qui ont été faites en divers lieux, et d’indiquer ce qui est le plus propre à établir complètement la théorie de la fabrication de l’indigo-pastel, et à en perfectionner la pratique. »

Réponse du ministre de l’intérieur. 7 décembre 1811

Le concours instauré par le gouvernement n’apporta pas de résultats prometteurs. En 1813, celui-ci décida cependant de relancer l’intérêt pour la culture du pastel et l’extraction de l’indigo, en accordant des primes : trois à cinq francs suivant la qualité et à condition de produire au moins cinquante kilogrammes de bleu par an. Le 24 avril 1813, le préfet lui-même incita les frères Niépce à retravailler sur ce projet . La culture du pastel reprit de plus belle à Saint-Loup de Varennes. Cinquante-six ans plus tard, en 1867, l’historien Fouque témoigna : « […] la culture du Pastel-Indigo, – nous racontons de visu, – a laissé de nombreuses traces dans ce qui constituait autrefois le beau domaine Niépce, au Gras, commune de Saint-Loup-de-Varennes. Les jardins de la résidence de cette famille, les champs, voire même les fossés de la grande route, sur une étendue de plusieurs kilomètres, renferment des plants de Pastel […] qui se reproduisent naturellement sans culture, depuis plus d’un demi-siècle. »

L’année 1812 avait sonné le déclin de l’Empire. L’Empire s’effondrait mettant ainsi fin au blocus. La culture du pastel devint inutile.

• 1816 : Un an avant l’expiration du brevet pour le pyréolophore, Claude quitte Chalon-sur-Saône pour Paris puis l’Angleterre en 1817 afin d’essayer d’exploiter l’invention du moteur.

 Nicéphore entreprend seul de nouvelles recherches sur une idée qui l’obsède depuis de nombreuses années : fixer sur une substance, les images reçues au fond des chambres obscures.

 Jusqu’alors, ces boîtes percées d’un trou muni d’une lentille projetant sur le fond, l’image renversée de la vue extérieure, n’avaient été utilisées que comme instrument à dessiner. 

Le premier négatif au monde (non fixé) 

Pour ses premières expériences, Nicéphore Niépce dispose au fond d’une chambre obscure des feuilles de papier enduites de sels d’argent, connus pour noircir sous l’action de la lumière. Il obtient alors en mai 1816, la première reproduction d’une image de la nature : une vue depuis sa fenêtre. Il s’agit d’un négatif et l’image ne reste pas fixée car, en pleine lumière, le papier continue de se noircir complètement. Il appelle ces images des « rétines ».

Pour obtenir des positifs directs 

Afin d’obtenir des images positives, Niépce s’oriente vers les composés qui se décolorent à la lumière au lieu de noircir. Il essaie alors les sels et oxyde de fer ainsi que l’oxyde noir de manganèse. Bien qu’il obtienne des résultats, il achoppe toujours sur le problème du fixage où il est nécessaire d’éliminer le produit initial qui n’a pas été transformé par la lumière. 

Le concept d’image latente 

Pour résoudre cette difficulté, il cherche une méthode qui conduirait à l’obtention d’images gravées dans un support et étudie l’effet de la lumière sur les acides, espérant observer leur décomposition. Il n’y aurait plus qu’à étendre sur une pierre calcaire, l’acide dont la force variant avec l’intensité lumineuse graverait plus ou moins le support, suivant les teintes de l’image projetée. Mais les acides ne sont pas décomposés par la lumière et c’est un nouvel échec.

 Ces dernières recherches permettent tout de même, à Niépce, de comprendre qu’il n’est pas nécessaire d’employer un composé dont la transformation photochimique est directement visible à l’œil, et qu’un changement de propriété sous l’action de la lumière, même s’il est invisible, peut induire l’apparition de l’image au cours d’une réaction, soit avec le support, soit avec un autre composé. Il s’intéresse dès lors à toutes les substances qui interagissent avec la lumière. 

Des recherches parallèles 

Niépce interrompt ses études sur la lumière pendant près d’un an. Répondant à un concours lancé pour trouver en France des gisements de pierres calcaires destinées à la lithographie.

 Septembre 1816 : les deux frères qui communiquent par courrier, essaient de trouver un nouveau carburant pour leur moteur. En employant de l’huile de pétrole blanche ils découvrent le principe de l’injection tel que nous le connaissons dans les moteurs actuels.

• 1816 – 1818 : Resté seul, Nicéphore se lance dans des recherches sur la fixation des images projetées au fond des chambres obscures. Premières expériences – premiers échecs. Recherche de carrières de pierres calcaires autour de Chalon-sur-Saône pour trouver en France des pierres propres à la lithographie.

1816-1818 — Les premiers essais de Niépce

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Vers l’invention de la Photographie 

Principe de l’invention de la photographie 

Mars 1817, Niépce, obstiné, reprend ses recherches sur les images. Au cours de ses lectures des traités de Chimie, il s’arrête à la résine de Gaïac extraite d’un résineux. Sous l’action de la lumière, cette résine jaune devient verte, mais ce qui intéresse avant tout Nicéphore c’est qu’elle perd sa solubilité dans l’alcool. Il comprend que grâce à cela on peut faire la différence entre la résine transformée et celle restée intacte, et donc fixer l’image. Après avoir obtenu de bons résultats en faisant les expériences directement sous la lumière du soleil, il échoue en ce qui concerne les images de la chambre obscure. Il ne savait pas que seuls agissent sur cette résine, les rayons ultra-violets malheureusement filtrés par la lentille de sa chambre obscure.

Parallèlement, il se passionne en 1818, pour la draisienne (ancêtre du vélo sans pédalier) et fait sensation en parcourant sur son “vélocipède”, les chemins de Saint-Loup-de-Varennes.

Le vélocipède

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 C’est en 1818, que Nicéphore Niépce se passionna pour cet engin, cousin de la draisienne (ancêtre du vélo sans pédalier) dont il se construisit un exemplaire.

Nicéphore fit bien évidemment sensation en parcourant sur son vélocipède les chemins de la campagne environnante. Mais il n’en resta pas là car il apporta plusieurs perfectionnements, dont la selle réglable. Ce vélocipède avec sa selle, est exposé au Musée Niépce. Dans une lettre à son frère, Nicéphore envisagera de motoriser cette machine, imaginant ainsi le vélomoteur.

• 1818 : Une image est fixée depuis trois mois .

  1819-1824 — L’invention de la photogravure 

Après la résine de Gaïac, Niépce emploie une autre résine d’origine minérale : l’asphalte ou bitume de Judée. Il montre que sous l’action de la lumière cette résine devient insoluble dans ses solvants habituels. A partir de 1822, il réussit à reproduire des dessins placés en contact avec des supports enduits de bitume (plaques de verre, pierres calcaires puis plaques de cuivre ou d’étain). Il utilise ensuite la technique des eaux-fortes pour graver à l’acide, les images obtenues et les imprime sur papier. Ce principe demeurera pendant longtemps la base de la photogravure employée pour imprimer les photos et les documents graphiques. 

Principe et technique 

Dans le but de reproduire des dessins, Niépce conçut vers 1822-1823, ce que nous appelons maintenant le tirage contact. Il expliqua clairement qu’il vernissait le dos d’une gravure afin de rendre le papier translucide et qu’une fois séchée, il appliquait cette gravure directement en contact sur la plaque de cuivre ou d’étain recouverte du vernis au bitume. Il exposait le tout en plein soleil pendant trois à quatre heures puis il rinçait la plaque dans de l’essence de lavande diluée dans de l’huile de pétrole blanche. Le bitume qui avait été préservé de l’action de la lumière sous les traits du dessin, se dissolvait et laissait apparaître le métal à nu. En revanche, la lumière transmise au travers du papier translucide avait rendu le bitume insoluble qui demeurait sur la plaque après le rinçage à l’essence de lavande. L’image au bitume était le négatif du dessin : le fond était de la couleur brune du bitume et les traits étaient représentés par le métal mis à nu. 

C’est alors que Niépce imagina un traitement qui permettrait d’obtenir le dessin gravé dans le métal. Le principe était simple et bien connu puisqu’il s’agissait de celui des eaux-fortes. La plaque portant l’image au bitume de Judée était plongée dans un bain d’acide qui attaquait le métal aux endroits où il était découvert, c’est à dire ceux correspondant aux traits du dessin. En effet, le vernis au bitume est imperméable à l’acide qu’il empêche de pénétrer jusqu’au support. Une fois les traits gravés dans le métal, l’inventeur éliminait de la plaque le vernis au bitume pour ne garder que la plaque métallique portant le dessin gravé.

 Les premiers succès avec cette méthode sont à dater de 1822 pour ce qui est des reproductions par contact puisque cette année là, Niépce reproduisit le portrait du pape Pie VII sur verre. Il n’y avait pas encore de gravure à l’acide. Les tout premiers essais de gravure en 1823 ne seront pas sur métal mais sur des pierres lithographiques. Un imprimeur de Dijon effectuera des tirages sur papier à partir de ces pierres. Niépce aura alors la confirmation que son procédé permet bien, après la reproduction par contact, de multiplier l’original par les moyens de l’imprimerie. En 1825, Niépce gravera ses images sur cuivre puis sur étain à partir de 1826. 

Ce traitement à l’acide est parfaitement adapté à la reproduction de dessins au trait où les nuances sont produites par des hachures. Dans le cas d’images aux nuances continues celles-ci sont reproduites par des épaisseurs variables de bitume que la gravure à l’acide ne peut reproduire tant le vernis est imperméable à la solution d’acide. Niépce l’avait compris et il travailla beaucoup à reproduire des gravures. Plusieurs musées dans le monde conservent des plaques de métal portant un dessin gravé par l’inventeur au moyen de son procédé. C’est le cas du Musée Niépce qui posséde 10 plaques metalliques sur lesquelles Nicéphore avait reproduit une gravure. D’autres plaques de métal gravées par Niépce se trouvent à La Société Française de Photographie, à la Royal Photographic Society ou dans la collection de Janine Niepce. Devant ses échecs répétés pour graver des images à teintes continues obtenues à la chambre obscure, Nicéphore abandonnera progressivement la gravure à l’acide pour ne plus s’y consacrer à partir de juillet 1827.

• 1822 : Réalisation d’une copie de dessin par la seule action de la lumière sur une plaque de verre enduite de bitume de Judée (portrait du pape Pie VII).

• 1823 : Reproduction de dessins par contact sur des vernis au bitume de Judée.

• 1824 : Obtention de “Points de vue à la chambre obscure” (photographies) sur des pierres lithographiques. Le temps de pose est alors de 5 jours.

• 1824 à 1826 : Images gravées sur du cuivre en traitant par la méthode des eaux-fortes, les images obtenues avec le bitume. Niépce fait appel à un graveur Parisien, Augustin Lemaitre, pour le conseiller et effectuer des tirages sur papier à partir de ses plaques gravées.

En 1825, Niépce s’adresse aussi à des opticiens de Paris, Vincent et Charles Chevalier, qui lui fournissent toutes sortes d’optiques afin de perfectionner sa chambre obscure. C’est l‘année du mariage de son fils avec Eugénie de Champmartin.

 1825-1829 — L’invention de la photographie 

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En 1824, il place des pierres lithographiques recouvertes de bitume, au fond d’une chambre obscure et obtient pour la première fois au monde, l’image fixée d’un paysage. Il faut un temps de pose extrêmement long de plusieurs jours en plein soleil. A partir de 1825, il utilise régulièrement le cuivre comme support puis l’étain en 1826 et réalise des images gravées.  

Principe et technique de l’héliographie à la chambre obscure 

Le produit photosensible est le bitume de Judée

 C’est une sorte de goudron naturel, connu depuis l’antiquité. Les anciens le récupéraient à la surface de la mer morte (en grec lac Asphaltite) où il remonte continuellement du fond des eaux. On s’en servait pour embaumer les momies chez les égyptiens, pour calfater les navires ou encore pour faire des terrassements à Babylone. Au XIXe siècle, on savait déjà l’extraire des roches bitumineuses si bien que le bitume utilisé par Niépce ne venait pas de Judée. 

1 – Obtention de l’image au bitume de Judée 

invention photographie-bitume-judee-011 – Niépce dissolvait le bitume de Judée en poudre dans de l’essence de lavande. invention photographie-bitume-judee-012 – Il étalait ensuite cette solution en couche mince sur le support (verre, pierre, cuivre, étain, argent).

invention photographie-bitume-judee-013 – Par séchage à chaud, il obtenait un vernis brillant de couleur vermeil. invention photographie-bitume-judee-014 – Par séchage à chaud, il obtenait un vernis brillant de couleur vermeil.

invention photographie-bitume-judee-015 – Après exposition, aucune image n’était visible. Niépce plongeait la plaque dans un bain d’essence de lavande diluée qui dissolvait les parties n’ayant pas, ou peu, vu la lumière. invention photographie-bitume-judee-016 – L’image obtenue, regardée en incidence normale, était négative. 

Le temps de pose en chambre obscure était de plusieurs jours en plein soleil. 

2 – Utilisation de l’image au bitume de Judée 

invention photographie-bitume-judee-011 – Pour obtenir un positif, Niépce exploita cette image de deux façons :

 Sans traitement ultérieur, à condition de l’avoir réalisée avec un vernis excessivement mince soumis à une légère sous-exposition (à partir de 1827). Dans ce cas, le vernis était mat et par réflexion, sous un éclairage rasant et dans un endroit sombre, l’image apparaissait en positif.

invention photographie-bitume-judee-012 – En l’attaquant par des vapeurs d’iode pour obtenir une image positive sur argent (de 1828 à 1831). Niépce plaçait la plaque dans une boite contenant des cristaux d’iode qui s’évaporaient spontanément.

invention photographie-bitume-judee-013 – En quelques minutes les vapeurs d’iode oxydaient l’argent insuffisamment protégé par le vernis. Il se formait à la surface du métal une couche d’iodure d’argent qui, une fois le vernis éliminé, noircissait sous l’action de la lumière.

invention photographie-bitume-judee-014 – Il obtenait alors une image parfaitement positive.

• 1826 : Images obtenues gravées sur de l’étain. Extraction d’une fécule à partir d’une courge appelée giraumont. Production d’une fibre textile propre au tissage à partir d’une plante l’asclépiade de Syrie.

A l’instar de Parmentier (1737-1813) qui avait publié en 1781 les Recherches sur les végétaux nourrissans qui dans les temps de disettes peuvent remplacer les alimens ordinaires, on tente de trouver de nouveaux aliments. Parmentier lui-même propose de transformer la pomme de terre en une sorte de fécule au moyen d’une machine qu’il a conçue. D’autres inventent des machines pour transformer le fameux légume en vermicelles.

Niépce de son côté, cherche à extraire une fécule alimentaire à partir d’une variété de courge, le giraumon, connu aussi sous le nom de bonnet-turc auquel il ressemble de façon étonnante. « Nous avons mangé plusieurs fois de cette fécule qui nous a paru de même fort bien et très légère » déclarera Nicéphore .

• 1827 : Point de vue sur étain non gravé (le seul exemplaire conservé d’une image réalisée par Niépce à la chambre obscure correspond à cette étape de ses travaux).

 En 1827, Niépce se rend en Angleterre où il découvre son frère mourant, incapable de lui montrer une quelconque amélioration du moteur. Il réalise qu’il ne sera tiré aucun profit de cette invention dans laquelle ils avaient fondé les plus grands espoirs. Après avoir vainement tenté d’intéresser la Société Royale à son procédé de reproduction des images qu’il nomme Héliographie, Niépce rentre en France et continue avec acharnement à perfectionner son invention. En 1828, il découvre une nouvelle méthode qui conduit à des images d’une qualité supérieure avec des demi-teintes. En prenant comme support de l’argent poli et en faisant agir des vapeurs d’iode sur l’image au bitume il obtient de véritables photographies en noir et blanc sur le métal. La précision des images est étonnante pour l’époque. Le temps de pose est toujours de plusieurs jours en plein soleil.

• 1828 : Images non gravées sur argent poli obtenue en traitant l’image au bitume par des vapeurs d’iode.

• 1829 : Association avec Louis Jacques Mandé Daguerre, spécialiste de la chambre obscure, afin d’améliorer la luminosité et la qualité des images au fond de la chambre obscure.

• 1830 : Echec des tentatives des deux associés pour faire blanchir le bitume brun afin d’obtenir des images directement positives. Daguerre découvre le résidu de la distillation de l’essence de lavande sans lui attribuer aucune propriété photosensible

• 1831 : Travaux sur toutes sortes de résines sans obtenir de résultats positifs.

• 1832  : En juin, nouvelle visite de Daguerre chez Niépce. Les associés utilisent ensuite comme produit photosensible le residu de la distillation de l’essence de lavande et obtiennent de images en moins de 8 heures de temps de pose. Il nomme leur nouveau procédé : le physautotype.

• 1832, Novembre : Daguerre revient encore à St-Loup-de-Varennes pour travailler avec Niépce sur le nouveau procédé.

• 5 juillet 1833 : Niépce meurt subitement sans qu’aucune de ses inventions n’aient été reconnues.

Joseph-Nicéphore Niépce (1765-1833) fut un inventeur malchanceux dont les mérites ne furent reconnus que bien après sa disparition. Associé à Louis Daguerre (1787-1851), il mourut trop tôt pour voir le fruit de leurs travaux communs consacré. En 1839, Arago présenta au monde la photographie comme l’invention du seul Daguerre. 

Le musée expose différents objets issus du laboratoire de Niépce, particulièrement des héliographies (du grec hélios , soleil et graphein , écrire). Pièces uniques réalisées par Niépce lui-même, elles sont considérées comme les premières photographies (le terme de photographie ne fit son apparition qu’en 1839 lors du discours de François Arago à l’Académie des sciences). Pour enregistrer une image héliographique, Niépce recouvrait une plaque métallique de bitume de Judée dissout dans de l’essence de lavande. La plaque devenait alors sensible à la lumière. Une fois sèche, elle était placée dans une chambre noire, une camera obscura , puis exposée à la lumière durant de longues heures. L’image captée restait latente ; pour apparaître, la plaque devait être plongée dans un bain qui dissolvait les parties du bitume peu exposées (le bitume fortement exposé durcissant et devenant insoluble). 

La plus ancienne héliographie recensée date de 1826 et se trouve aujourd’hui dans les collections de l’université du Texas à Austin. Intitulée Le Point de vue du Gras , elle représente un paysage saisi non loin de Chalon sur Saône. L’image est fixée sur une plaque d’étain à l’aspect miroitant qui la rend peu lisible. Cette pièce unique est reproduite au musée Niépce grâce aux technologies numériques, par le biais d’un écran plat manipulable par le visiteur. Les technologies actuelles, mises au service d’un film sur l’invention, aident à mieux comprendre le processus initial de Niépce.

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71 FESTIVAL VILLE DES MUSIQUES DU MONDE 04 10 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 15 h 29 min

A L’OCCASION DU FESTIVAL VILLES DES MUSIQUES DU MONDE. NOUS RECEVIONS DANS LES STUDIOS DE RADIO LIBERTAIRE. SIDI BEMOL ET NAWAL

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71 FESTIVAL VILLE DES MUSIQUES DU MONDE 04 10 16  dans EMISSIONS Afya_Sidi_Bemol-500x452

Prenez quelques riffs de rock millésimés, période Rolling Stones ou Led Zeppelin par exemple, plaquez-les sur des rythmiques venues d’Alger ou de Tizi Ouzou et, dès que la chaleur s’élève, arrosez généreusement le tout de paroles caustiques en kabyle. Vous obtiendrez ainsi le « gourbi rock » de Sidi Bémol. C’est ainsi : ce chanteur et guitariste, également dessinateur, ne peut s’empêcher de tout mélanger. « Je me suis toujours intéressé à toutes les musiques qui existent dans le monde » nous a confié l’enfant du port d’Alger. Ses explorations musicales l’ont même poussé à enregistrer deux albums de chants de marins kabyles et à frayer avec les harmonies celtiques. C’est ce qui fait le sel de ses concerts : nul ne sait à l’avance pour quelle destination il embarquera.  

Hocine Boukella : Guitare, chant
Damien  Fleau : Saxophones
Maxime Fleau : Batterie, percussions

* Exposition des dessins d’Elho (Sidi Bémol) dans le hall de l’Embarcadère

Biographie de Sidi Bemol

Âfya

Oui… Sidi Bemol… tout simplement, mettant de côté le titre honorifique de « Cheikh ». Toujours humble et charismatique, Sidi Bemol, qui a maintenant des cheveux gris, n’a pas perdu son ironie corrosive, son esprit bouillonnant, ni son oeil pétillant, mais il a choisi d’intituler son nouvel album Âfya, qui en algérien signifie sérénité, paix, élévation, chaleur, lumière …
« Paix est mon idéologie ; Claires sont mes intentions… » (Âfya 1)

Sidi Bemol a toujours eu cette particularité de savoir naviguer entre tradition et contemporanéité, c’est ce qui fait sa richesse, c’est ce qui enchante son public fidèle.

Musique d’aujourd’hui, forcément de par ses nouvelles compositions (Essala, Nekkni …), Sidi Bemol ne cessant de créer, d’écrire, de composer, d’observer le monde qui l’entoure. Mais aussi de par le choix des musiciens qui l’accompagnent, une jeune génération montante : Damien Fleau, Clement Janinet, Benoit Medrykowski, Maxime Fleau et Jean Rollet-Gérard, ayant quelques points en commun : être sorti de l’Ecole Didier Lockwood, être frère, ami, voguer sur plusieurs genres musicaux (jazz, world, électro, rock, musiques de films…) et être doté de ce talent et cette fougue qu’ils mettent au service de la musique de Sidi Bemol depuis deux ans.

Hocine Boukella (guitare-chant), Damien Fleau (saxophones), Maxime Fleau (batterie), Clément Janinet (violon), Jean Rollet-Gerard (basse), Benoit Medrykowski (guitare)

Hocine Boukella (guitare-chant), Damien Fleau (saxophones), Maxime Fleau (batterie), Clément Janinet (violon), Jean Rollet-Gerard (basse), Benoit Medrykowski (guitare)

Musique qui n’oublie pas ses chants et rythmes traditionnels, ceux des racines mais aussi de l’intemporalité et ceux des grands Maîtres… On s’arrête alors sur la superbe adaptation de la chanson The Face of Love (The Face of Love © 2014 Womad Music Ltd / BMG VM Music / Robbins Eggs Music avec l’aimable autorisation de EMI Music Publishing France) issue de la collaboration entre Nusrat Fateh Ali Khan, David Robbins et Tim Robbins pour le film « Dead Man Walking »

Et puis, Sidi Bemol, le troubadour, l’explorateur du monde, qui continue d’esquisser un paysage musical aux sillons multiples, poussant toujours plus loin sa quête d’autres sources, l’amenant en Inde, en passant par la Turquie (Oylum), et les pays de l’Est (Viraj). Il dessine le croisement des chemins, qu’ils soient musicaux, culturels, spirituels. Le dénominateur commun est peint et dépeint : l’ouverture sur le monde… l’ouverture d’esprit…

C’est ainsi qu’à Alger lors du festival « Gitans Origines », en février 2012, une rencontre artistique, tout aussi improbable qu’évidente, naît sur scène entre Sidi Bemol accompagné de son quintet et le groupe Dhoad Gitans du Rajasthan, d’où va découler l’envie commune de prolonger la route ensemble sur scène et sur CD. Plusieurs titres (Afya 1 et 2, Jnuni, Saâ) nous embarquent pour un nouveau voyage musical à la croisée des cultures maghrébines et indiennes. Une rencontre avant tout musicale et humaine… mais qui naturellement et finalement, prend un autre sens, plus profond… un clin d’oeil de cet ancien sans papiers algérien rendant hommage à ces vagabonds du monde : les apatrides.

Hocine Boukella et Eric Rakotoarivony

Hocine Boukella et Eric Rakotoarivony

« Vagabond du Monde loin des miens, le coeur en peine
Le temps m’a pris dans son jeu et mes cartes sont mauvaises » (Abrid At Yejjar)

Sidi Bemol ne rappelle pas seulement que l’exil rime avec douleur, mais qu’il existe aussi ceux qui sont rejetés en bloc et trop souvent pointés du doigt comme les Roms..
« Sommes-nous empoisonnés ? Chacun s’isole, personne n’est confiant.
Quand le frère a un problème on l’enfonce un peu plus, on le dépouille.
Le Monde va à sa perte, Il est usé, abîmé, c’est la fin des temps,
Les gens deviennent bizarres et multiplient les dérives, les savants sont stupéfaits… » (Saâ)

Il parle aussi de ceux qui s’en remettent à une présence divine, à une croyance qui n’est pas uniquement et seulement religieuse, mais tout simplement… une façon d’aller chercher à l’intérieur de soi ce que l’on ne trouve pas à l’extérieur, car avant tout, on s’adresse à soi-même, afin de révéler les ressorts qui sont en nous.

Par de-là, les compositions, les écrits, la pensée, une voie profonde s’élève, la voix du coeur, celui de Hocine Boukella. Un homme, tout simplement, qui croit en l’amour : c’est fondamental, seul l’amour permet d’accepter les autres malgré leur différence, c’est la seule façon de vivre ensemble en paix.

Hocine Boukella, Khliff Miziallaoua et Eric Rakotoarivony

Hocine Boukella, Khliff Miziallaoua et Eric Rakotoarivony

« L’amour est mon guide quoi qu’il advienne.
Suivons la voie de l’amour, nous atteindrons la sérénité… » (Afya 1)

En 1998, Cheikh Sidi Bémol enregistre un premier disque étonnant de fraîcheur, inclassable par ses sonorités bédouies, blues, traditionnelles et rock, avec la complicité d’artistes qui marqueront la scène musicale algérienne, Youcef Boukella, Kamel Tenfiche et Khliff Miziallaoua (ONB), Amazigh Kateb (Gnawa Diffusion), les frères Laoufi (Gaâda Diwan Béchar), Karim Ziad, Michel Alibo, …

Neuf albums plus tard, Sidi Bémol surprend toujours par la créativité et la diversité de son univers. Du « gourbi rock » des débuts, au « berbéro celtic groove » de l’album « Paris-Alger-Bouzeguène » en passant par les « chants marins kabyles », Sidi Bémol bourlingue, brassant les musiques du Maghreb et du Monde, créant des fusions originales, modernes et authentiques.
Son âme d’explorateur qui musarde, butine, mixe et féconde est peut-être un héritage de l’esprit de Si Mohand Ou Mhand, poète de l’errance et grand barde emblématique de sa Kabylie d’origine. D’ailleurs, Sidi Bémol est aussi un « vagabond » de l’écrit, se jouant des mots et des langues (arabe, kabyle, français, anglais…), dans des textes souvent acides, mais toujours empreints d’humour, de poésie et de tendresse.

Sidi Bémol en concert à Alger

Sidi Bémol en concert à Alger

Alger- Paris.

Dans les années 80, Hocine Boukella (futur Cheikh Sidi Bémol), est un étudiant Algérois qui taquine la guitare et la plume. Musicien, il évolue dans les milieux underground où les musiques maghrébines novatrices sont en gestation ; il est également bédéiste, mais ses planches sont clouées au pilori par une censure frileuse. Bref ! Il vit la galère artistique des jeunes créateurs pris aux rets d’une culture officielle sclérosée. En 1985, il s’offre un recul, loin du microcosme frustrant d’Alger : il débarque à Paris pour … un doctorat en génétique des populations. La quiétude universitaire sera de courte durée.
En 1988, il quitte la science pour se consacrer à l’art. Des expositions de dessins, quelques rares concerts et, surtout, beaucoup de petits boulots sur des chantiers du bâtiment jalonneront cette période de galère artistique parisienne marquée par une expérience éprouvante de plusieurs années « sans papiers », avant d’arriver enfin à… « L’Usine » !

En 1997, Sidi Bémol et des amis musiciens algériens, compagnons de galères, se regroupent en collectif pour louer un local désaffecté qui devient vite un point de ralliement incontournables pour la scène algérienne de Paris, et un laboratoire de création artistique où mûriront de nombreuses expériences musicales comme celles de l’ONB, de Gaâda Diwane de Béchar, et de Sidi Bémol. Le lieu accueille également de plasticiens, des photographes, le site Internet Planet DZ etc. Il est baptisé « LOUZINE » (« l’usine », prononcé à la manière des « chibanis »), clin d’œil à une certaine filiation des exils. Un film témoigne de la vitalité de ce vivier : « Bled Music à l’Usine » (documentaire réalisé par Samia Chala & Sid Ahmed Sémiane en 2007). Pendant 10 ans, Sidi Bémol dirige l’association de artistes de L’Usine tout en menant sa carrière de musicien et de dessinateur. Il organise l’aménagement de studios de répétition et d’enregistrement et oriente l’activité dans le sens de la professionnalisation des artistes, il gère également les rapports délicats entre artistes, les relations fluctuantes avec les institutions municipales et les conflits inévitables avec les propriétaires des locaux.

Sidi Bémol à Alger

Sidi Bémol à Alger

En 2007, l’aventure de L’Usine prend fin et Sidi Bémol se consacre pleinement à la musique et au dessin dans le cadre du label qu’il a créé : CSB Productions.

Gourbi rock.

Les trois premiers albums (Cheikh Sidi Bémol, Samarkand 1998 ; El Bandi, CSB prod. 2003 ; Gourbi Rock, CSB prod. 2007) marquent par l’originalité d’un style nouveau dit « gourbi rock », mêlant blues et musiques du terroir (gnawi, berbère, chaâbi, etc.) en une synthèse tonique et bourrée d’humour. C’est la « Sidi Bémol touch ». Elle fait mouche. Son premier concert à Alger en sera une preuve particulièrement émouvante (après un exil de 12 ans) dont témoigne un album live (Bledstock, 2000). Cheikh Sidi Bémol enchaîne les scènes (France, Algérie, Québec, Suède, Espagne, Belgique, Maroc, Tunisie…). En 2008, c’est la consécration à Alger : deux soirées à guichets fermés devant une dizaine de milliers de fans déchaînés, qui s’époumonent en chœur sur ses titres, dont certains sont devenus cultes, de vrais cris de ralliement de la jeunesse algérienne, notamment « El Bandi » (libre adaptation de « Celui a mal tourné » de Brassens) et « Ma kayen walou kima l’amour » (Rien ne vaut l’amour), un hymne libertaire vigoureux que le réalisateur franco-algérien Lyes Salem mit au générique de son film « Mascarades » (UGC-Canal +, 2008).
Ce succès, loin d’enfermer Cheikh Sidi Bémol dans un genre, l’encourage à être lui-même, explorant davantage d’autres synthèses musicales, déjà tentées ou en gestation dans ses albums.

Affiche Izlan Ibahriyen

Affiche Izlan Ibahriyen

Chants marins kabyles.

« Izlan Ibahriyen » (CSB prod. Vol. 1, 2008 et Vol. 2, 2013) revisite l’univers et la culture marins. Comment Cheikh Sidi Bémol pouvait-il rester sourd aux chants de sirène d’un patrimoine universel, transnational et cosmopolite par définition, lui, l’enfant de la mer, le troubadour-trotter ? Il y adapte en kabyle, avec la complicité du poète Ameziane Kezzar, des chants traditionnels glanés aux quatre coins des mers, dont une version remarquable du titre « Le Sillon de Talberg » rendu mythique par Jacques Brel dans le « Port d’Amsterdam ». Ces albums sont un appel du large, dans une Algérie qui peine à assumer sa dimension méditerranéenne ; ils drainent un parfum paillard et libertin qui « secoue les cocotiers » et agite les chevelures des femmes. Au-delà, c’est un hymne au voyage vers l’Autre, vers l’Ailleurs.

Paris-Alger-Bouzeguène.

Bouzeguène, c’est le petit bout de Kabylie dont partit son vieil instituteur de père pour s’installer à Alger. « Paris-Alger-Bouzeguène » sonne comme un « retour » mais il n’en est pas, vraiment un. Ce n’est pas un retour car Cheikh Sidi Bémol est parti sans quitter. Dans cet album, Sidi Bémol expérimente le mixage des musiques celtes et berbères, comme il l’avait déjà fait en 2001, dans le cadre d’une collaboration éphémère avec le groupe Thalweg.

Berbéro Drom.

Sidi Bémol peaufine de nouveaux voyages musicaux qui vont féconder les musiques algériennes au cœur des musiques indiennes, et tziganes. Ce projet, en cours de réalisation, est issu d’une rencontre avec des musiciens d’Europe de l’Est et du Rajasthan lors d’un festival à Alger. Une douzaine de titres seront enregistrés début 2014 et réunis dans un album dédié aux Roms, trop souvent stigmatisés ces derniers temps, et à leur musique généreuse. Ce disque s’intitulera Berbéro Drom.

Salim Aïssa, 2013.

http://www.sidibemol.com/

 

NAWAL

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(c) Emmanuel Delaloy

Nawal, artiste franco-comorienne, est aujourd’hui une figure marquante de son archipel natal. Elle a trouvé sa « voie », une étoile des Comores au zénith ! Ses cordes vocales et instrumentales, sa gestuelle même, ont su envoûter le public aux quatre coins du monde.

Sa musique est résolument acoustique et forte d’une spiritualité métisse. Sa voix et son univers font vibrer les publics de toutes cultures d’ici et d’ailleurs.

 

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Nawal, artiste franco-comorienne, est aujourd’hui une figure marquante de son archipel natal. Elle a trouvé sa « voie », une étoile des Comores au zénith ! Ses cordes vocales et instrumentales, sa gestuelle même, ont su envoûter le public aux quatre coins du monde. 

Nawal est une femme de la terre et du ciel, signe textes et musiques, chante et joue du gambusi (cordophone traditionnel comorien), de la guitare, du daf (membranophone persan), des flûtes, et du piano à pouce, la mbira zimbabwéenne.

Sa musique est résolument acoustique, et forte d’une spiritualité métisse. Sa voix et son univers font vibrer les publics de toutes cultures d’ici et d’ailleurs.

ALBUMS

En 2001, elle grave son premier enregistrement, Kweli (Vérité), porteur d’un son inédit reflétant la richesse et la diversité rythmique et musicale de ses îles comoriennes. Une spiritualité soufie qui la porte encore et toujours aujourd’hui.

Son deuxième album, Aman (Paix Intérieure) sorti en 2008 (Nawali Prod / Dom Distribution) a révélé au public des compositions épurées et fortement marquées par le soufisme, où la femme tient un rôle central. Une dimension du sacré qui fait face à l’obscurantisme et qui lors d’une écoute attentive est capable de révéler la puissante beauté de l’intime.

Dans son troisième album, Caresse de l’âme (Jade/Universal), Nawal invite en solo au calme et à la sérénité. Dix titres qui fondent en un seul hymne, la paix et à la dignité humaine, et convoque dans un souffle puissant la Liberté.

Elle témoigne de son rêve d’un monde plus harmonieux, chérissant l’instant et l’altérité et nous emporte pour nous caresser l’âme.

Un nouvel album est actuellement en cours de réalisation. Sortie prévu à la rentré 2016.

CONCERTS

« Avec Nawal en concert, c’est une invitation à vivre la scène comme un rituel, où chacun en toute liberté peut se plonger en soi-même » – Caroline Bourgine, Equinoxe, France Culture

Artiste professionnelle, Nawal évolue sur la Scène internationale depuis plus de 25 ans, avec des concerts en Europe,  en Amérique du Nord, dans l’Océan Indien… Afrique, Asie Centrale et Moyen Orient.

Aujourd’hui, Nawal se produit sous différentes formations :

  • en solo, ou avec des musiciens invités, d’univers jazz, musiques du monde ou hors cadre…
  • en spectacle de danse et de musique traditionnelles « revisitées », avec six femmes de Mayotte, spectacle dénommé « Les Femmes de la Lune » Cette rencontre avec le soufisme de l’Archipel à donné naissance à la production d’un coffret CD/DVD témoin d’un concert exceptionnel dans le cadre du festival des musiques du monde, en France, en 2009

COLLABORATION

En 2007, Nawal participe par ses compositions à l’Opéra du Sahel (premier Opéra africain) qui sera donné sur la scène du Théâtre du Châtelet à Paris.

Nawal a composé des musiques de films (Matopos de Stéphanie Machuret, La Résidence Ylang Ylang de Hachimiya Ahamada et a collaboré avec d’autres artistes, danseurs comme Brigitte Dumez, Kari Kamal Kari, musicien les Black Voices, Kiala, Yvan Lantos…

Sortie en novembre 2015, un film documentaire (68’) « Nawal et les Femmes de la Lune » réalisé par Eric Munch et François Kotlarski, invite à suivre Nawal dans sa quête, partageant tout au long du périple ses réfléxions sur la société vu de ce côté de l’Océan Indien

http://www.nawali.com/

 

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70 EMISSION DU CSPB 27 09 16

Classé sous CSPB — SQUALE @ 15 h 10 min

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L’ACTU EN EUSKAL HERRIA

ikurina etoile independentzia 15x8 300

1 mai 2020

SUITE AU CONFINEMENT

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 17 h 22 min

antifadrapeau ASI TOUT SE PASSE BIEN 

LES EMISSIONS 

REPRENDRONT

FIN MAI-DÉBUT JUIN

ET J’ESPÈRE QUE LES LUTTES 

NE FAIBLIRONT PAS

FACE A CE POUVOIR

QUI NOUS MANIPULE

NOUS MENT ET ANNIHILE

TOUTES FORMES D’EXPRESSION

QUI NE CORRESPONDENT PAS AU DIKTAT

DU PRINCE. 

HALTE AU MACRONPETAINISTE

ET A  TOUS CES COLLABOS DU LIBÉRALISME

RÉSISTANCE!!!!

  etoile-5-branches FOND ROUGE

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