ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

23 avril 2020

68 TETES DE CHIEN ET GUYOM TOUSEUL 13 09 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 20 h 54 min

GROUPE VOCAL A CAPELLA LES TÈTES DE CHIEN

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Des racines sous le béton

Venus de la chanson française, du théâtre, de l’opéra, ou des musiques traditionnelles, ces cinq chanteurs a cappella réinventent leur propre folklore contemporain et urbain nourri de la tradition orale des anciens, et ouvrent un nouvel espace aux pratiques polyphoniques. Ayant des rôles différents, tant sur le plan vocal que scénique, ces cinq personnalités marquées, aux tessitures et styles de voix complémentaires, donnent vie ensemble à des spectacles et à des événements toujours imprévus… Tragique, comique et poésie, s’enchaînent avec virtuosité et sobriété, comme autant de jeux familiers avec le public.​

Têtes de Chien par Têtes de Chien…

« Lorsque nos cinq voix se mêlent, dans la simplicité et le dépouillement du chant a capella, c’est pour exprimer ce que nous sommes : des hommes d’aujourd’hui qui n’oublient pas leurs origines. La musique nous vient d’hommes et de femmes qui, partout en France, ont vécu en chantant : berceuses, histoires chantées, chants à danser ou à prier. Puisant dans ce répertoire populaire et provincial, nous inventons notre manière de chanter, plus savante, plus urbaine. C’est cette démarche de création que nous partagerons avec vous. Un joli mélange régional, secoué et mixé à Paris, De vraies Têtes de Chien!

Annabelle Stefani
Metteur en Scène

Le parcours de metteur en scène d’Annabelle Stefani a d’abord été nourri par l’exercice du métier de comédienne. Elle a beaucoup joué en Aquitaine et à Montréal, dirigée par de nombreux metteurs en scènes de théâtre contemporain dont Frédéric Maragnani (« Le Renard du Nord » de Noëlle Renaude), Kristian Frédéric (« Stabat Mater Furiosa » et « Ya Basta » de Jean-Pierre Siméon où elle est comédienne et dramaturge.)
Pédagogue, elle coache de nombreux comédiens et chanteurs pour leur travail scénique.
Elle signe aussi plusieurs mises en scène de théâtre, dont « Autopsie de Crimes Innocents » de Gérald Gruhn avec la comédienne Juliette Stevez, crée au théâtre des déchargeurs à Paris. 
Amoureuse de la chanson française, elle chante avec l’auteur-compositeur Vincent 2G dans le groupe « Duaux », un piano/voix drôle et tendre qui s’est produit dans divers cabarets et en Avignon.
Sa connaissance de la scène et de la voix, son amour pour la création collective, son goût pour les aventures novatrices et originales, ont rendu la rencontre avec Têtes de Chien aussi fructueuse que naturelle.

Caroline Marçot
Arrangements

Pianiste de formation, Caroline Marçot se passionne pour le phénomène sonore dans ses trois dimensions : élaboration, interprétation et perception.

Elle acquiert une solide expérience de la musique vocale à la Maîtrise de Radio-France puis au Jeune Choeur, et obtient au CNSM de Paris les prix d’analyse, d’harmonie, de contrepoint renaissance, d’écriture XXème siècle, d’esthétique, d’orchestration et d’acoustique.

Chanteuse dans plusieurs choeurs de chambre aux répertoires éclectiques, notamment les Éléments, dirigés par Joël Suhubiette, ou l’ensemble Aedes de Mathieu Romano, elle défend le patrimoine sonore médiéval, lyrique et de transmission orale au sein de l’ensemble de solistes Mora Vocis.

En 2013, Caroline rejoint les Têtes de Chien et s’attelle aux arrangements du nouveau spectacle « la Marelle ».​

Cette première collaboration fut un succès, et c’est en toute logique que le quintette travaille avec Caroline sur les arrangements de leur prochain programme, Faces Cachées! 

 

 

GUYOM TOUSEUL

 

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Tout est soigné dans cet ouvrage : un digifile à trois volets, illustrés de fort belles compositions dessins/photos comme un collage (ceux du livret sont de Guyom (1) lui-même, touseul mais bien accompagné par les photos « écologiques » d’Anne-Claire Bertin). Des teintes sépias, pas seulement celles de la nostalgie, mais celle de cette terre qu’il vénère. Si j’insiste là-dessus, c’est parce que cela me semble bien refléter l’état d’esprit du chanteur tulliste parfaitement autonome (il dessine aussi ses affiches), parfaitement solidaire et remerciant tous ceux qui ont collaboré avec lui, pour des Chemins d’écriture (la Manufacture Chanson et Xavier Lacouture), pour une écoute, un conseil, un bon mot, une belle impression (La Gutemberg à Tulle), un instrument, des photos. Très heureuse de retrouver le nom de notre consœur de NosEnchanteurs Catherine Cour, pour celles de Prémilhat.

Rémi [Fraisse] n’est pas un réquisitoire. C’est un petit film où Guyom réalise à la première personne une sorte de documentaire qui suit pas à pas l’action, comme un dialogue, donnant tour à tour la parole au gendarme : « Je sers à vous faire peur(…) Et puis aussi on m’a donné des consignes de fermeté  » puis à Rémi : « J’aime les fleurs, j’aime la vie (…) J’suis dans une manif pacifiste (…) Je m’élance comme une bombe / Soudain, je tombe ». Enfin à un commentateur absent de la scène, qui se pose des questions : « Depuis quand on doit se faire tuer, « mourir pour des idées » ? » Sur la guitare un peu rugueuse la voix court. On voit, on sent la fumée âcre qui obscurcit la scène… La guitare ralentit, la voix aussi, et ça tourne, ça tourne, tandis que la guitare déraille : « Je me retrouve alors dans un jardin d’ivresse / Dans mon poing une ogresse a griffé sa caresse / Insensible à ce froid qui peu à peu m’oppresse / Je me sens doucement rempli par la paresse ». Rémi a rejoint le dormeur du val de Rimbaud , qui dort dans le soleil, tranquille : « Mais pourquoi…mort / Et pourquoi pas l’Amour ? »

Guyom a l’art. De générer l’émotion, avec sa Lettre à un frère qu’il ne voit plus qu’en photo, ponctuée de quelques son de métallophone : «  Je t’écris ces mots là / Que tu ne liras pas / Qui ne m’apaiseront pas ».

De l’humour aussi, quand il chante son aversion du foot, sur un petit air dansant au ukulele et des vocalises dignes d’un supporter. Pas dénué de réflexion : « Sur cet étrange phénomène / Qui fait que tout tourne autour / D’un ballon qui nous rend sourds ». Et le joyeux Yapa (« mais du travail : y’a pas, Y’a pas… ») est bien une contestation de l’aliénation au travail : « On est les mécréants de la croissance / On est les partisans d’la désobéissance ».

Illustration pour Les maux des mots, Guyom Photo ©Anne-Claire Bertin

Illustration pour  Les maux des mots, Guyom / Photo ©Anne-Claire Bertin

Guyom dit qu’il fait de la chanson impliquée et pas compliquée. Je ne suis pas d’accord avec lui sur le deuxième qualificatif ! Si ses mots sont simples, ils sont aussi plus efficaces que des pamphlets élaborés ( Ah la merveilleuse ballade au réfugié, à l’immigré, tout en espoir déçu, Les maux des mots). Plus poétiques que des chansons d’amour remplies de mots rares et de métaphores capillotractées, comme dit l’un de mes collègues. Ecoutez le doux et triste aveu d’On s’est loupés : « Je me sens sale de mes absences / Tu te sens seule dans tes silences ». Jolie mélodie où l’accordéon soutient les arpèges de guitare, en mélancolie espérante. Envolez-vous sur Elle a des ailes, qui m’a fait penser aux chansons d’amour les plus réussies de Gérard Morel, toute de sensuelle tendresse : « J’aime à la regarder en douce quand elle est nue / J’aime à la regarder aussi qu’elle est vêtue »

Encore un superbe album court qui égale en qualité bien des albums plus longs… original, tant par l’inspiration que par la mise en scène subtilement musicale. Avec peu de moyens : guitares, ukulélés, accordéon, métallophone sont tous joués par Guyom qui porte bien son épithète de Touseul !

(1) Guyom est diplômé d’architecture.

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