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19 avril 2020

52 NUIT DEBOUT A RÉPUBLIQUE 19 04 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 18 h 44 min

 

 

 

 

antifa

 

De la nécessité d’en finir avec la naïveté sur les violences policières

Publié le 7 avril 2016

violences policières

Par les temps qui courent, ils, (nous ?) sont (sommes ?) nombreux-euses, à partir en manif, sauvage ou non, les mains dans les poches, et à les lever vers le ciel à la première matraque taché de sang, comme si un-e journaliste-ange allait vite alerter une divine opinion publique, qui saura, elle, parler d’une voix forte auprès des responsables, pour que s’arrête le « dysfonctionnement » des violences policières … On arrête quand le délire ?

 

Une Violence industrielle et rationnelle : Celle de l’État.

Voilà bientôt 1 mois que partout en France, les mouvements contre la loi Travail et son monde montent en puissance, et avec elle, bien évidemment la peur du pouvoir. Peur qui prend une forme somme-toute très classique : l’ultra-violence et la répression dans le sang.
Ces derniers jours ont ainsi vu : des flics toujours plus nombreux-ses, plus armés-es, des gazages, des tabassages, à la matraque, au bouclier, aux poings gantés, aux pieds rangerés, des agressions de cortèges, 134 arrestations au dernier rendez-vous parisien, jusqu’à, il y a peu : la présence de baceux-euses en motos, rappelant tristement les brigades de voltigeurs, et l’assassinat dégueulasse de Malik Oussekine de 1986 .

Face à cette répression sanglante pensée, organisée, construite, industrielle et rationalisée (je vous assure que les motos étaient au chaud dans un garage de la nation, le chef de la bac ne les a pas acheté le matin-même parce que c’était plus pratique pour aller chercher les croissants pour l’équipe), face à cette répression donc, qu’avons-nous ? des étudiants-es, des lycéens-nes, des chomeurs-euses, des travailleurs-euses, des précaires, qui nourrissent une idée très naïve : celle que les Gardes mobiles ou la Police nationale seraient là en cas de « débordement » pour « la protection des bons manifestants », et pour la « protection des biens » (alors que la somme de l’histoire militante ne démontre qu’une chose : le tabassage est un enjeux politique : celui qui consiste à te faire fermer ta gueule en te brisant la mâchoire.)

Le grand déballage des communiquant d’État sur les opérations policières, même si nous en restons très critiques (une arme non-létale qui arrache un morceau de colonne vertébrale à Rémi Fraisse, allons bon, la pilule ne passe pas … Et quand bien même le débat porterait sur « la méthode de l’usage de la grenade »), nous touche malgré tout, et la preuve s’y fait lors des manifs : on sait que la police fiche et filme les manifestants, combien sommes-nous visage découvert ? On sait que la matraque est un bâton plombé qui sert a frapper, et qui a déjà tué par le passé. Combien somme-nous sans casques, genouillères, coudières et bouclier ? On sait que les grenades servent a blesser, mutiler les jambes, et nous faire perdre en audition par leur décibels. Combien sommes nous sans protège-tibia et sans bouchon anti-bruit ? On sait que les flashball et LBD blessent, mutilent, et tuent (voir le dernier rapport de l’ACAT) , combien sommes nous sans masque (à gaz) et protection pour nos yeux ?

Nous autres, manifestants-es, considérons que nous exerçons un droit, (dans un cadre imaginaire, celui de la loi), et c’est dans cette vue de l’esprit totale que nous nous rendons à nos rendez-vous : en bonne chair à matraque, nos chairs noires, roses ou jaunes, excitant les chiens assermentés.

On attend quoi pour se poser la question de notre autodéfense ?

Organisons nous, papotons avec nos voisins en manifs, construisons des rencontres, échangeons nos numéros (utilisons des services de messageries cryptées, Signal ou Riseup en sont des bons), que nos révoltes survivent au moment de la manifestation : qu’elles essaiment au-delà.
Montons des groupes organisés en boucliers, casqués, des équipes de médic, des formations aux soin, des legal team, organisons des groupes de coordinations, qui suggéreraient les déplacements ensemble, carte en main, pour éviter les nasses, trouvons des systèmes pour brouiller les communications talkie-walkie de la police, organisons des groupes qui iraient, musclement et ensemble, chercher les camarades arrêtés-ées, construisons des moments, des situations, prenons a revers les fourgons de polices sans leur effectifs, la nasse est une stratégie très efficace : alors nassons la police ! Et faisons le équipés-ées pour parer aux agressions, construisons en pratique notre auto-défense tous ensemble !

Nous sommes bien plus nombreux : mais ils disposent d’un arsenal qui nous réduit à attendre les prochains coups : prenons acte de leurs violences, de ses buts, reprenons l’initiative, organisons matériellement la riposte !

 

Les violences en manifestation ? Cherchez les policiers en civil

14 avril 2016 / Vladimir Slonska-Malvaud (Reporterre)

 

Les images de « débordements » lors des Nuits debout et des manifestations contre la loi travail excitent les médias et contribuent à empêcher l’émergence d’un mouvement de masse. Mais ces débordements sont souvent suscités par des policiers en civil, dont l’usage est bien peu « républicain ».

 Nantes, correspondance

À Nantes, comme à Paris quelques heures plus tard sur la place de la République, la manifestation contre le projet de loi sur le travail se finit, samedi 9 avril, dans les fumées de gaz lacrymogène. Ainsi, à Nantes, ce jour-là, on observe des policiers présents en nombre, des canons à eau stationnés sur les places, des rangées de CRS à chaque croisement de rue. À l’angle de la rue de la Basse-Casserie, un petit groupe attend, aligné le long du mur : des policiers en civils. Lunettes de ski, cagoules et casques, matraques télescopiques à la main, ils se jettent sur une personne, qu’ils emmènent, non sans avoir au préalable lancé quelques grenades assourdissantes sur la foule. L’action est rapide. Mais suffit à provoquer les manifestants, dont plusieurs, en réaction, lancent des cailloux et des pavés contre les CRS et des policiers en civil casqués. Les manifestants en colère contre les tirs aveugles des CRS semblent ne pas avoir remarqué les « cagoulés » qui, de leur côté, ont enfin obtenu le Graal : une belle bataille rangée.

 

Des « casseurs » ? Non. Des policiers en civil, lors de la manifestation nantaise du samedi 9 avril contre le projet de loi El Khomri. Sans doute mécontent d’être photographié, un policier jette une première grenade assourdissante (visible au bas du dos du policier au dos tourné) dans la direction du photographe.

Le scénario semble réglé comme du papier à musique. Les trois coups du premier acte sont frappés par une presse spéculant sur les nécessaires dégradations à venir. Une présence policière massive est installée à quelques pas du cortège pour échauffer les esprits. Quelques projectiles volent. La répression massive et indiscriminée est alors déclenchée, désorganisant le service d’ordre de la manifestation et faisant basculer celle-ci dans l’émeute. Enfin, la récupération politique, son cortège de condamnations indignées et de commentaires affligés sur les « casseurs ».

Escouade de policiers surarmés n’ayant rien à protéger 

Les exemples se répètent à l’infini, dans toute la France. À Sivens, où un jeune écologiste, Rémi Fraisse, avait été tué par la gendarmerie, on se demande par exemple encore pourquoi la zone de vie à proximité du site occupé était défendue par une escouade de policiers surarmés, alors qu’il n’y avait plus rien à protéger. Sinon pour provoquer d’inévitables affrontements, justification commode pour réclamer, séance tenante, l’interdiction des rassemblements et criminaliser le mouvement. Comme à Nantes, où des provocations policières lors de la manifestation du mardi 5 avril avaient provoqué des incidents, suscitant dans la foulée d’insistantes demandes de la droite d’interdire la marche du samedi suivant. Quitte à invoquer la « sécurité des manifestants » pour faire pleuvoir les coups de matraque ou, comme Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, le 11 avril, annoncer la présence de CRS pour « que les violences ne viennent pas perturber ceux qui veulent discuter ».

 

En fin de manifestation, samedi 9 avril, à Nantes, l’étau se reserre. Les manifestants sont peu à peu cantonnés sur un petit périmètre à grand renfort de gaz irritant, de grenades assourdissantes et de désencerclement.

Ces affrontements sont commodes pour fustiger des manifestants violents, donc illégitimes, et ainsi décrédibiliser les revendications de tous. Commode aussi pour isoler le mouvement, susciter la peur de le rejoindre chez ceux qui n’en sont pas encore, et la peur de continuer chez ceux qui en sont déjà.

Sabotage systématique des manifestations sociales 

Il faut dire que la cible est facile. La figure du « casseur » est antipathique aux yeux d’une grande partie de la population. Elle fait peur, et sa répression apparaît légitime, quelle qu’en soit la forme. Même les manifestants les plus endurcis expriment parfois leur exaspération face à des provocateurs indélicats, peu soucieux que leurs projectiles mal lancés tombent tantôt sur les policiers, tantôt sur leurs camarades. Peu soucieux aussi que la répression s’abatte d’abord sur ceux qui ne s’y étaient pas préparés, sur les marcheurs ordinaires, les mômes de banlieue attirés par le souffle des affrontements. Le samedi 9 avril, nous avons ainsi vu à Nantes des lanceurs de pavés prendre leurs jambes à leur cou, laissant un petit groupe de pacifistes, en première ligne, recevoir en réponse les tirs de lacrymogènes et des canons à eau.

Ce sabotage systématique des manifestations sociales par de petits groupes minoritaires — qui le revendiquent parfois politiquement — fait le jeu du pouvoir. Dès lors, la question de l’identité réelle de ces provocateurs fait régulièrement l’objet de spéculations : vrais « casseurs » ou policiers ? D’autant que, si ces derniers sont en général identifiables par un brassard ou un casque siglé, ce n’est pas toujours le cas, comme en témoigne la photographie ci-dessous. Dès lors, quel rôle jouent-ils ? Comment les distinguer des briseurs de vitrines ?

 

Près de la place de la Nation, à Paris, en marge de la manifestation contre la loi El Khomri du samedi 9 avril. L’homme à capuche est un policier.

À Lyon, en 2010, il avait été prouvé que des policiers en civil s’étaient fait passer pour des syndicalistes de la CGT en arborant des autocollants de ce syndicat. Le recours désormais systématique à des policiers en « civil », à la tenue très proche de celle des militants violents qu’ils sont supposés arrêter, pose question. En ces temps d’invocations constantes des valeurs républicaines, leur attirail tranche avec l’idée que l’on peut se faire de policiers « républicains » : treillis militaires, cagoules, foulards, matraques télescopiques, gants renforcés… Certains ont même pu pousser le bouchon très loin : lors d’une manifestation nantaise après la mort de Rémi Fraisse, fin 2014, des policiers étaient, tout simplement, venus équipés de masques à tête de mort, comme l’avait révélé Reporterre.

 

Un comportement similaire avait valu à un soldat de la Légion étrangère, au Mali, le renvoi de l’armée. Les policiers à la tête de mort sont restés impunis, un de leurs syndicats ayant invoqué la nécessité de se fondre dans la masse.

Stoprepression

18 avr 16 Posté dans Non classé

par stoprepression

Appel: « Un pouvoir qui matraque la jeunesse est faible et méprisable »

Cet appel a commencé à circuler le 16 avril 2016. Pour le soutenir et y apporter votre signature, écrire à : stopviolencespolicieres@laposte.net

Depuis novembre dernier et la proclamation de l’état d’urgence, l’État de la régression sociale et de la matraque a brutalement accéléré sa décomposition. Sa soumission à un capital piaffant d’impatience de pouvoir exploiter et jeter n’importe qui, quand et comme ça lui chante, est radicalement décomplexée. Le nombre de celles et ceux qui, se battant sans courber l’échine pour leur dignité, leur avenir, ou tout simplement leur quotidien, peuvent être traînés devant les tribunaux, traités comme des terroristes et, à l’image des Goodyear, condamnés à de la prison ferme, ne cesse de croître. Au même rythme ont progressé les violences policières les plus méthodiques.

La jeunesse étudiante et lycéenne en fait les frais depuis plusieurs semaines, à un niveau de répression proprement insoutenable. Les 300 et quelques arrestations lors de la manifestation du 29 novembre à République contre la COP21 étaient bien un avant-goût. Depuis le 17 mars et l’expulsion violente d’un groupe d’étudiant-e-s de l’université de Tolbiac, chaque journée de mobilisation des jeunes occasionne un crescendo dans les gazages, les matraquages et les interpellations. Quelle honteuse hypocrisie quand Bernard Cazeneuve se dit « choqué » de la violence par laquelle un jeune de 15 ans, du lycée Bergson à Paris, avait été le 24 mars tabassé par trois policiers surarmés. Le 5 avril, ce sont encore plus de 130 lycéen-ne-s, gazé-e-s et matraqué-e-s par des CRS et policiers en civil, qui ont été interpellé-e-s avant même d’arriver à la manifestation prévue à Bastille l’après-midi. Quant à ce 14 avril, le nombre de casques, de tonfas, de gazeuses et de boucliers destinés à enfermer le cortège parisien pourtant pacifique était tellement important, un drone couvrant carrément la zone, que des passants ont demandé si c’était… une manifestation de policiers. La liste est longue, et le procédé n’est pas seulement parisien. Nantes, Rennes, Lyon, Strasbourg, Montpellier, Rouen, Caen, Grenoble, Toulouse etc., l’ont également subi. Et, bien sûr, les grévistes de Mayotte.

Combien de crânes ouverts et autres blessures graves, d’hospitalisations comme de points de suture, de tirs de flashballs, d’insultes, de menaces, d’arrestations jusque devant les lycées, de gardes à vue et de procès, avant que nous ne cessions de tolérer cela ? Combien de Malik Oussekine, combien de Rémi Fraisse, finiront-ils par s’autoriser, combien  d’Amine Bentounsi,  de Zyed Benna, de Bouna Traoré et de violences policières quotidiennes dans les quartiers populaires surviendront encore, si nous ne mettons pas un terme à cette mécanique aussi sinistre qu’indigne ? Une telle violence exprime bel et bien l’infini mépris à l’égard de ces jeunes que Hollande avait prétendu mettre au cœur de son mandat. C’est ce pouvoir qui matraque la jeunesse qui est aussi faible et apeuré que méprisable. Il tremble devant elle, car sa radicalité n’est pas contrôlable. Il sait que la colère et la solidarité des jeunes contre ce qui n’offre que désespoir, misère et régression, grandissent. Il n’a pas oublié l’influence déterminante qu’elles et ils peuvent avoir sur l’ensemble des travailleur-se-s. La façon incroyablement violente dont les CRS ont « accueilli » les étudiant-e-s venus rencontrer les cheminots à la gare Saint Lazare mardi 12 avril, et arrêté arbitrairement l’un d’entre eux,  illustre avec éloquence sa hantise à l’égard de toute jonction des étudiant-e-s et des salarié-e-s.

Alors que des politiciens, jusque dans les rangs du PS, veulent aller jusqu’à dissoudre « Nuit Debout ! », le gouvernement, profitant de l’ambiance entretenue par un blackout aussi complet que complice de la part des grands médias, lâche ainsi quelques miettes d’un côté tout en laissant, de l’autre, se succéder des journées saute-moutons qui, à elles seules, l’impressionnent peu. En tout cas bien moins que cette jeunesse déterminée qu’il cherche, à l’orée des vacances scolaires, à briser par la force.

Laisser la matraque impunie, c’est porter aussi une immense responsabilité. La condamnation de cette violence récurrente devrait être sans appel ; or, on est encore bien en-deçà du nécessaire à l’échelle nationale. Les prises de position locales, lorsqu’elles existent, de partis, syndicats, associations en tout genre, ou encore au sein de corporations comme les enseignants et universitaires, restent largement insuffisantes à ce jour pour briser l’omerta. Il n’y a rien à relativiser ni à nuancer. Il est grand temps de se déshabituer de ce qui n’a aucune justification possible, sinon l’arbitraire des princes de l’État policier et du CAC40. Il est grand temps qu’avec les étudiant-e-s, les lycéen-ne-s, les travailleur-se-s qui se battent non seulement contre un projet de loi inique, mais de plus en plus aussi pour une vie qui ne soit pas une simple survie, nous fassions masse pour y mettre fin.

Une matraque, un insigne de CRS, du sang et un slogan : « la police doit protéger les citoyens et non les frapper ». Une affiche d’une organisation de la CGT dénonçant les violences policières contre les jeunes a provoqué lundi 18 avril la colère du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a dénoncé une campagne « choquante ».

L’affiche a été publiée samedi par la section Info’com de la CGT (salariés de l’information et de la communication) dans le cadre de la mobilisation contre la loi Travail. « On ne compte pas les excès de la police qui veut mater les jeunes, qu’ils soient étudiants ou lycéens », écrit le site du syndicat, dans un court texte, qui se conclut par un appel à « riposter si besoin à ces méthodes ».

Un syndicat réclame une plainte

Ce visuel met « gravement en cause la police nationale », a jugé lundi soir Bernard Cazeneuve dans une lettre ouverte au secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, dénonçant la « violence » d’une campagne « choquante ». Le ministre, qui rappelle que plus de 18 000 policiers et gendarmes ont été blessés en 2015 et que 8 ont perdu la vie, assure que les forces de l’ordre sont « soumises à un contrôle étroit et exigeant » et il appelle à « protéger, plutôt que de chercher à détruire » le « lien de confiance entre la population » et les forces de sécurité.

Plus tôt dans la journée, deux syndicats d’officiers de police avaient déjà protesté contre cette affiche dans des communiqués séparés. Pour le SCSI-CFDT (majoritaire chez les officiers de police), c’est une « affiche de la honte ». « C’est faire injure aux milliers de policiers et gendarmes blessés ou tués dans l’exercice de leur fonction », a-t-il écrit, ajoutant se réserver le « droit de porter plainte ».

Le syndicat Synergie a pour sa part évoqué (PDF) un « appel abject à la haine » et à la « violence » contre les forces de l’ordre. Il a demandé au ministère de l’Intérieur de « déposer plainte contre cette campagne calomnieuse ».

L’Association pour une démocratie directe demande l’arrêt du versement d’une indemnité supplémentaire accordée aux présidents du Sénat, de l’Assemblée nationale, aux questeurs des deux chambres, aux vice-présidents

La transparence autour des indemnités des parlementaires continue de poser problème. L’Association pour une démocratie directe (APDD), qui s’est distinguée par le passé par ses révélations sur la réserve parlementaire et l’indemnité représentative de frais de mandat, demande mardi 19 avril l’arrêt du « versement des suppléments illégaux aux hauts parlementaires »

Parmi les élus pointés du doigt, le président de l’Assemblée nationale, celui du Sénat, les vice-présidents des deux assemblées, des questeurs, des présidents de commissions… L’ADPP dresse une liste des parlementaires concernés et elle chiffre le « surplus » mensuel pour chacun.

Jusqu’à 7 000 euros de « surplus » par mois 

Claude Bartolone, président socialiste de l’Assemblée nationale, et, Gérard Larcher, président Les Républicains du Sénat, sont épinglés. L’association estime qu’ils bénéficient de 7 057,55 euros par mois d’indemnités en plus de celles octroyées à chaque parlementaire. 

Les députés Bernard Roman (PS), Marie-Françoise Clergeau (PS) et Philippe Briand profitent d’une rallonge de 4 927,50 euros par mois, parce qu’ils sont questeurs de l’Assemblée nationale. Les six vice-présidents de l’Assemblée touchent 1 022,42 euros par mois. La somme est fixée à 866,22 euros par mois pour les huit présidents de commissions permanentes. Idem pour la rapporteure générale de la commission des Finances, la députée socialiste Valérie Rabault. Les élus secrétaires de l’Assemblée perçoivent, eux, 681,61 euros par mois. Au total, l’APDD estime que l’Assemblée nationale verse 563 694,48 euros d’indemnités « en surplus »

Au Sénat, la somme annuelle versée « en sus des montants définis par la loi organique » atteint 1 087 666,56 euros. Les trois questeurs de la chambre haute du Parlement bénéficient de 4 132,29 euros par mois en plus de leurs indemnités légales. Les huit vice-présidents, les six présidents de commission ainsi que les sept présidents de groupe politique perçoivent 2 030,64 euros de rallonge par mois… 

« La loi doit être respectée »

« Rien ne permet de justifier à l’Assemblée nationale et au Sénat ces surplus d’indemnités », explique Hervé Lebreton, président de l’association, à francetv info. « Il y a une loi encadrant les indemnités des élus, elle est justement faite pour que les parlementaires n’aient pas cette tentation de s’augmenter. Elle doit être respectée », insiste Hervé Lebreton.

Que dit la loi justement ? « Une loi organique fixe la durée des pouvoirs de chaque assemblée, le nombre de ses membres, leur indemnité, les conditions d’éligibilité, le régime des inéligibilités et des incompatibilités », indique l’article 25 de la Constitution. Cette loi organique (ordonnance n°58-1210 du 13 décembre 1958 portant loi organique) fixe deux sortes d’indemnités pour les parlementaires : l’indemnité parlementaire et l’indemnité de fonction.

Et l’ordonnance encadre les montants des indemnités : « L’indemnité parlementaire (…) est égale à la moyenne du traitement le plus bas et du traitement le plus élevé de cette catégorie [fonctionnaires classés hors échelle]. » Celle-ci s’élève à 5 514, 68 euros, selon les sites de l’Assemblée nationale et du Sénat. Concernant l’indemnité de fonction, l’ordonnance indique que « le montant de cette indemnité est égal au quart du montant de l’indemnité parlementaire », soit 1 420,03 euros.

L’ordonnance précise également que le règlement intérieur de chaque assemblée détermine « les conditions dans lesquelles le montant de l’indemnité de fonction varie en fonction de la participation du parlementaire aux travaux de l’assemblée à laquelle il appartient ». De fait, les règlements intérieurs de l’Assemblée et du Sénat prévoit des baisses d’indemnités en cas d’absences répétées en Commission, de non participation à des votes solennels ou encore en cas d’« actes d’indiscipline »

« Il faut rembourser les trop-perçus, comme on ferait partout ailleurs »

« Par contre, aucune ligne de ce règlement ne prévoit d’augmenter l’indemnité de fonction », souligne à juste titre l’APDD. Et l’association dénonce des suppléments d’indemnités accordés à « certains hauts parlementaires », parfois intitulés « indemnité spécifique de fonction ».

Sans surprise, l’APDD demande l’arrêt du versement de ces indemnités supplémentaires perçues « contrairement à la loi »« Il faut également rembourser les trop-perçus, comme on ferait partout ailleurs », explique Hervé Lebreton. « Etre élu, ce n’est pas un métier. C’est une mission d’intérêt général et non un travail. A ce titre, les parlementaires sont indemnisés, ils ne touchent pas un salaire », poursuit le président de l’association. « S’il est normal que nos élus bénificient de moyens supplémentaires pour mener à bien leur mission spécifique, ce n’est pas normal que les parlementaires puissent s’augmenter ainsi en dehors de tout cadre légal et de tout contrôle. » Contacté par francetv info, le déontologue de l’Assemblée nationale n’a pas donné suite à nos sollicitations. 

 

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51 36ème HLM CAC G BRASSENS 12 04 16

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 18 h 35 min

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POUR CETTE 36ème NOUS RECEVIONS LA NOTE ROSE ASSO DE LUTTE CONTRE LE CANCER DU SEIN ET G.SHADE ARTISTE IVOIRIEN.

 

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Cancer du sein : un dépistage revu et corrigé

Alors que débute la campagne « Octobre rose », destinée à promouvoir le dépistage du cancer du sein, le ministère de la Santé a annoncé ce 3 octobre « une rénovation profonde » du programme français. Cette annonce fait suite à la remise d’un rapport remettant en perspective les bénéfices, pour une partie de la population, du dépistage non ciblé.

Douze ans après sa généralisation à l’ensemble des femmes françaises de plus de 50 ans, le programme de dépistage du cancer du sein peut – et doit – se réinventer. Tel est l’avis du ministère de la Santé qui, dans un communiqué diffusé ce 3 octobre, juge nécessaire d’aller vers plus de personnalisation, et de mieux informer les bénéficiaires du programme de ses avantages et de ses inconvénients. Les modalités de cette refonte seront annoncées d’ici à la fin de l’année 2016.

Cette annonce fait suite au lancement, fin 2015, d’une « concertation citoyenne et scientifique » destinée à « améliorer » le programme de dépistage organisé du cancer du sein. Début septembre, les conclusions ont été remises à Marisol Touraine. Ce document préconise l’ »arrêt du dépistage organisé tel qu’il existe aujourd’hui » et la « mise en place d’un nouveau dépistage organisé, profondément modifié ». Certains membres de ce comité réclamaient même l’arrêt pur et simple du programme de dépistage organisé, pour laisser les médecins décider au cas par cas de la pertinence d’une mammographie, selon les conclusions de ce rapport.

L’Institut national du cancer rejoint les conclusions du rapport Sur la base de ce rapport, l’Institut national du cancer (INCa) a envoyé un courrier le 16 septembre à Mme Touraine, l’encourageant à engager sans tarder la rénovation du programme de dépistage, « en l’inscrivant dans une logique plus individualisée du parcours de santé, prenant appui sur le médecin généraliste ».

Il juge aussi nécessaire de donner aux femmes « une information complète, fiable et neutre, pour leur permettre de prendre une décision éclairée ». Ne pas abandonner le dépistage, mais l’améliorer

L’INCa, organisme qui coordonne l’ensemble des acteurs français de la cancérologie, appelle à soutenir la recherche pour mieux reconnaître les anomalies susceptibles d’évoluer rapidement ou de se transformer en cancer agressif, et ainsi limiter le surdiagnostic et le surtraitement (détection et ablation de cellules anormales, mais qui n’auraient jamais évolué en cancer du sein).

L’institut estime en revanche qu’un abandon pur et simple du programme serait « très risqué, générateur d’inéquités et de pertes de chance ». Il prône par ailleurs un remboursement à 100% de l’échographie comme outil de dépistage complémentaire à la mammographie, pour « supprimer les freins financiers qui demeurent ». Des arguments solides en faveur d’une réfonte

Actuellement, toutes les femmes de 50 à 74 ans sont invitées à faire une mammographie tous les deux ans pour détecter une éventuelle tumeur – et tous les ans pour celles qui présentent des risques accrus de développer un cancer du sein. Mais certains professionnels de santé, sur la base de nombreux arguments épidémiologiques, estiment que cette politique n’a pas d’effet sur le niveau de mortalité par cancer du sein. 

Jusqu’ici, ces critiques à l’égard de la politique systématique de dépistage étaient écartées par les autorités, qui assuraient que les bénéfices du dépistage en termes de santé publique étaient largement supérieurs aux risques.

Le cancer du sein, le plus fréquent chez la femme, cause encore près de 12.000 décès par an en France. Lorsqu’il est détecté tôt, il est guéri dans 9 cas sur 10, rappelle toutefois le ministère. Ce chiffre inclut le traitement de tumeurs qui n’auraient pas nécessairement évolué de façon dangereuse pour les patientes, jugent les détracteurs et critiques de l’actuel programme de dépistage.

Cancer du sein : un cancer surdiagnostiqué ?

Avec 20 % de surdiagnostic, pourquoi le dépistage organisé existe-t-il toujours ? Qui va indemniser les femmes opérées pour rien ?

Les réponses avec le Dr Marc Espié, directeur du centre des maladies du sein à l’hôpital Saint-Louis (Paris) :

« Le surdiagnostic, c’est quand on va diagnostiquer un cancer qui n’aurait jamais eu de traduction clinique du vivant de la personne concernée.

« 20 % de surdiagnostic est un chiffre exagéré. On est plutôt aux alentours de 10 % de surdiagnostic. C’est très compliqué car on ne peut pas savoir quel « petit cancer » va rester petit et ne pas évoluer par rapport à ceux qui vont vraiment évoluer. On va faire du surdiagnostic quand par exemple on va diagnostiquer un cancer de 2 millimètres à une dame de 74 ans qui va mourir d’un infarctus à 76 ans. Son cancer de 2 millimètres ne serait probablement pas apparu cliniquement et ne l’aurait pas tuée. Malheureusement on ne peut pas savoir si cette personne va mourir ou non d’un infarctus à 76 ans. À partir du moment où l’on a une image évocatrice d’un cancer, il est impossible de la regarder car on n’a pas la possibilité de savoir si elle va évoluer ou pas. »

Le dépistage du cancer du sein sauve des vies, malgré un surdiagnostic 

Le dépistage organisé du cancer du sein sauve des vies, mais entraîne un surdiagnostic estimé à près de 20% des cancers dépistés, selon une étude britannique qui rassemble les résultats d’une douzaine d’études européennes et nord-américaines.

L’étude a été réalisée par un comité d’experts indépendants, invité à donner son avis sur l’intérêt du programme national britannique de dépistage du cancer du sein qui propose depuis 1988 à toutes les femmes d’effectuer une mammographie tous les trois ans.

Baisse du risque de décès par cancer du sein

En se basant sur des chiffres déjà anciens – remontant à plus de 20 ans -, l’étude, rendue publique mardi 30 octobre 2012, par la revue médicale britannique The Lancet, estime que le dépistage s’est traduit par une baisse du risque de décès par cancer du sein de l’ordre de 20%, soit une mort évitée pour 180 femmes dépistées.

Mais dans le même temps, le surdiagnostic (c’est-à-dire le dépistage d’un cancer qui n’aurait pas été diagnostisqué pendant la vie du patient en l’absence de dépistage) aurait atteint 19% de tous les cancers dépistés pendant le programme de dépistage, selon les estimations du comité d’experts. Il présente l’inconvénient majeur de subir un traitement conséquent que l’on n’aurait pas reçu sans dépistage.

Pour résumer, le dépistage de 10 000 femmes britanniques pendant 20 ans permettrait de dépister 681 cancers, dont 129 considérés comme du surdiagnostic, alors que dans le même temps 43 décès par cancers du sein pourraient être évités.

Au total, ce sont « probablement » 1 300 décès par cancers du sein qui pourraient être évités chaque année en Grande-Bretagne, tandis que 4 000 femmes feraient l’objet d’un surdiagnostic au cours de la même période, selon l’étude. Environ 50 000 nouveaux cas de cancer du sein sont répertoriés chaque année en Grande-Bretagne.

Dépistage organisé : les bénéfices l’emportent

Le dépistage « permet d’allonger les vies », conclut le comité dirigé par le Pr. Michael Marmot, en soulignant que les « bénéfices l’emportent sur les inconvénients ».

Cependant en raison des incertitudes entourant ces estimations, le comité recommande de conduire de nouvelles recherches pour « définir de manière plus précise les bénéfices et les inconvénients ».

« Pour chaque femme, le choix est clair, ajoutent les experts. D’un côté, le dépistage entraîne une réduction de la mortalité par cancer du sein en raison de la détection et du traitement précoces. De l’autre, la femme sait qu’elle court le risque d’avoir un diagnostic et un traitement pour un cancer qui n’aurait jamais posé de problème s’il n’avait pas été dépisté ».

Le surdiagnostic aboutit à des traitements chirurgicaux ou des chimiothérapies. « Les femmes doivent avoir accès à ces derniers résultats pour faire un choix en toute connaissance de cause », estime pour sa part The Lancet dans un éditorial. 

En 2010, seulement 5% des opérations du cancer du sein en France étaient réalisées en ambulatoire, c’est-à-dire sans hospitalisation de nuit, mais ce chiffre est passé à près de 25% en 2015, selon l’organisme Unicancer. Et la proportion dépasse même 40% pour les opérations pratiquées dans les seuls centres de lutte contre le cancer (CLCC) gérés par Unicancer. 

La chirurgie ambulatoire est fortement encouragée par le gouvernement, qui y voit un levier pour réaliser des économies. Dans le cadre du plan cancer présenté en 2014, il estime que cette pratique « pourrait concerner 50% de la chirurgie des cancers du sein » d’ici 2020. 

La chirurgie réparatrice adaptée à l’ambulatoire 

Pour Sylvia Giard, chirurgienne au département de sénologie du Centre Oscar Lambret à Lille, l’opération du cancer du sein se prête pourtant bien à la chirurgie ambulatoire, du moins dans sa forme la moins mutilante: l’ablation de la tumeur et d’un ou plusieurs ganglions. « Cette chirurgie conservatrice semble particulièrement adaptée à l’ambulatoire », car elle est de courte durée, à faible risque de complications sévères mais aussi « relativement peu douloureuse » et « peu invalidante » pour la patiente, selon elle. Or, du fait de dépistages plus précoces et de recours moins systématiques aux traitements plus lourds (ablation totale du sein ou extraction de tous les ganglions de l’aisselle), ce type de chirurgie est aujourd’hui le plus répandu. 

« L’intérêt premier est pour les patientes » 

Les incitations tarifaires des pouvoirs publics, qui ont aligné la rémunération des actes ambulatoires sur ceux suivis d’une hospitalisation, ont aussi poussé les établissements à développer cette pratique. Mais pour Charles Coutant, chef de la chirurgie au centre anticancer Georges François Leclerc de Dijon, la principale motivation n’est pas économique. « L’intérêt premier est pour les patientes », a-t-il affirmé à l’AFP, expliquant que les opérations en ambulatoire entraînent moins de risques d’infections nosocomiales et une anxiété limitée du fait d’un retour plus rapide dans le cadre familier du foyer. 

97% des patientes satisfaites 

Dans son centre de Dijon, où 66% des opérations « standard » de cancer du sein sont réalisées en ambulatoire, 97% des patientes se sont dit satisfaites de ce mode de soin et seules 4% estiment qu’elles auraient été mieux prises en charge avec une hospitalisation traditionnelle, selon une enquête présentée par le Pr Coutant lors d’une conférence de presse de la Société française de sénologie et de pathologie mammaire. 

Néanmoins, Pascal Bonnier, cancérologue à l’Hôpital Beauregard de Marseille, indique que « tous les établissements n’ont pas un service de radiologie et de scintigraphie dans leurs murs » permettant la prise en charge sur une seule journée, dit-il. Quant au suivi post-opératoire, « est-ce qu’il ne vaut pas mieux être hospitalisé 48 heures pour faire tous les examens plutôt que de faire cinq allers-retours », s’interroge-t-il, soulignant que les patientes peuvent parfois habiter loin des établissements de soin. 

Cancer le plus fréquent chez les femmes, le cancer du sein cause encore près de 12.000 décès chaque année.

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50 ROGER COLOMBIER A LA LIBRAIRIE LNR 05 04 16

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 16 h 23 min

LA LIBRAIRIE LNR DE LIMAY RECEVAIT ROGER COLOMBIER POUR SON LIVRE « JULES DURAND SYNDICALISTE DOCKER »

Jules Durand, né le 6 septembre 1880 au Havre et mort le 20 février 1926 à l’asile de Sotteville-lès-Rouen, est un syndicaliste libertaire français victime en 1910 d’une grave erreur judiciaire, parfois appelée l’« affaire Dreyfus du monde ouvrier » ou l’« affaire Dreyfus du pauvre ».
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Nous connaissions deux portraits de Jules Durand, les photographies dites « avant » et « après ». De la première, nous ignorons tout, de la seconde, nous savons seulement qu’elle a été prise à l’hôpital Sainte Anne, à Paris, où Jules Durand fut interné, en observation, pendant près de douze mois de septembre 1911 à septembre 1912. 

 Cette photo de Jules Durand fut prise le 23 novembre 1910, premier jour de sa comparution devant la Cour d’Assises de Rouen ; elle fut publiée dans Le Matin du 26 janvier 1911. 

 Le 24 novembre 1910, Le Matin avait déjà publié une photo du banc des accusés, ainsi que les portraits de Mme Dongé et du président. 

La découverte de ce document enrichit considérablement la connaissance que nous avions du visage de Jules Durand. Et elle confirme, une nouvelle fois, que des archives disparues ne doivent pas servir d’alibis pour ne pas chercher.

 

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Contrairement à ce que l’on suppose fréquemment, nous connaissons peu la vie de Jules Durand, notamment sur les années antérieures à la grève des charbonniers qu’il impulse. Beaucoup d’éléments relèvent de la transmission orale, d’autres proviennent d’écrits dont les approximations, reprises de texte en texte, se retrouvent élevées au statut de certitudes sans la moindre vérification. Nous présentons ici de premières données, sommaires, qui seront reprises et développées prochainement.

  Au début du siècle, les parents de Jules Durand sont allés habiter sur le port, quai de Saône, au-dessus du P’tit sou qui deviendra un des plus fameux cafés de dockers, mais Jules est né en centre ville le 6 septembre 1880, au 73 rue Saint-Thibault.
Son père, chef d’équipe aux Docks et Entrepôts, « ouvrier modèle », souhaitait qu’il devienne artisan : aussi, après l’école primaire, il commença son apprentissage de sellier-bourrelier, profession qui devait lui assurer sécurité et aisance, introuvables sur le port. Cependant, ce n’est pas ce qu’il souhaitait. Jules Durand, qui, par conviction, ne but jamais que de l’eau et adhéra à la Ligue antialcoolique, s’inscrivit à l’Université Populaire et très vite milita à la Ligue des Droits de l’Homme, pacifiste et syndicaliste révolutionnaire, orateur avide d’instruction, « toujours très proprement vêtu » et n’ayant jamais franchi le seuil des cafés, refusa la quiétude de l’emploi pour aller travailler sur les quais. D’abord employé aux Docks et Entrepôts, il en est licencié en 1908 pour propagande et actions syndicales (il était trésorier). Il retrouve cependant rapidement du travail, Alors qu’il aurait pu aspirer à d’autres emplois, il choisit de devenir docker charbonnier (un milieu composé à 90 %  d’alcooliques selon Gérooms, le secrétaire de l’Union des Syndicats), avant d’être peu après, en 1910, élu secrétaire du Syndicat ouvrier des charbonniers du port du Havre qu’il réorganisa en rupture avec le corporatisme.

 Le 18 août 1910, Jules Durand lance une grève très suivie : outre une augmentation de salaire, le syndicat réclame une réduction du temps de travail pour compenser le préjudice de la mécanisation et préserver l’emploi. Jules Durand avance également des revendications concernant l’installation de douches sur les quais et la suppression du fourneau économique, charité humiliante. Il devient alors un personnage public ; il devient surtout le responsable syndical à abattre. Ces événements tragiques, notamment l’acharnement judiciaire, sont relatés dans la rubrique « périple judiciaire » de notre site .
En prison, l’état mental de Jules Durand se détériore rapidement. Les campagnes locales, nationales et internationales pour sa libération ajoutent un nouveau mot d’ordre : « Pire que la mort, sauvons Durand, c’est un corps sans pensée qui demain nous sera rendu. » Libéré le 16 février 1911, son retour au Havre est triomphal, mais il ne peut que bafouiller quelques mots de remerciements à ceux qui sont venus le fêter. Les semaines suivantes, son état se détériore considérablement et il est interné, d’abord au service Pinel de l’Hôpital général du Havre. Le 5 avril 1911, il sera transféré à l’asile départemental d’aliénés de Quatre-Mares, à Sotteville-lés-Rouen, dirigé par le docteur Lallemand, ancien président du jury d’assises qui l’avait condamné à mort quelques mois auparavant… Jules Durand y finira sa vie au « régime des indigents » ; il y meurt le 20 février 1926, sans avoir jamais su que, le 15 juin 1918, un arrêt de la Cour de Cassation a reconnu son innocence, sans avoir vu grandir sa fille Juliette, née le 14 mars 1911. Il repose au cimetière Sainte-Marie, au Havre, auprès de sa mère.

La vie de Jules Durand est courte, intense, brisée, mais elle ne cesse de nous maintenir en éveil : c’est la vie d’une parole subversive, libre et sans concessions, au service de l’émancipation et de la dignité.

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