ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

13 janvier 2021

ELOI MACHORO syndicaliste et militant indépendantiste kanak 12 01 21 1/6

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 16 h 50 min

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ça booste va entamer une série d’émission autour du syndicaliste et militant Eloi Machoro, assassiné le 12 janvier 1985 36 ans jour pour jour avec l’émission diffusée sur radio libertaire. Ce 1er volet s’articule autour de la genèse Kanak.

Ce travail autour de la personne d’Eloi est un documentaire sonore réalisé en 6 parties par Benoit Godin qui s’intitule « le combat ne doit pas cesser « .

 

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Un documentaire sonore autour d’une figure trop méconnue des luttes anticoloniales : le leader indépendantiste kanak Eloi Machoro.

Le samedi 12 janvier 1985, près de la commune de La Foa, située à une centaine de kilomètres de la capitale de la Nouvelle-Calédonie Nouméa, Eloi Machoro tombait sous les balles des forces de l’ordre françaises, et avec lui son compagnon de lutte Marcel Nonnaro.

Dès lors, l’image du « vieux » Eloi devenu martyr allait se figer en celle d’un chef de guerre radical et intransigeant, refusant toute compromission. Une représentation largement partagée aussi bien par ceux qui le célèbrent aujourd’hui tel un incorruptible Che Guevara mélanésien, et que par ceux qui le honnissent comme un extrémiste haineux, hors de contrôle, en rupture avec une partie de son propre camp, déterminé à renvoyer les « européens » à la mer…

Les faits sur lesquels s’est bâtie cette légende, sombre ou dorée selon les interlocuteurs, tiennent pour l’essentiel en quelques semaines à peine. Des semaines troublées et sanglantes, de septembre 1984 jusqu’à la mort de Machoro, qui constituent la première période de ce qui est resté dans la mémoire néo-calédonienne comme les « Événements » —un terme qui rappelle forcément l’histoire d’une autre colonie française de peuplement, l’Algérie.

Des semaines où Eloi Machoro, devenu ministre de la sécurité du Gouvernement Provisoire de la République de Kanaky, va mener sur le terrain les forces vives du FLNKS, le Front de libération nationale kanak et socialiste, et réaliser de puissants coups d’éclat. Ainsi le spectaculaire bris au tamioc (une hache traditionnelle) d’une urne électorale à Canala lors du boycott des élections territoriales, dont la photographie fera le tour du monde, devenant instantanément le symbole de la lutte de tout un peuple. Mais aussi le « siège », pendant plus de vingt jours, de la commune minière de Thio, sur la côte est de la grande terre.

 

Un travail de mémoire inédit, pour ici et là-bas

Trente-cinq ans après, ce documentaire sonore en 6 épisodes reviendra sur la personnalité d’Eloi Machoro et son exceptionnelle trajectoire à travers entretiens, sons d’archives (dont certains inédits), déclarations et textes d’époque.

Un travail, encore jamais entrepris à notre connaissance, pour mettre en lumière une figure essentielle de la cause kanak et, plus largement encore, de l’universel combat des peuples autochtones pour leur émancipation. Et ce en prenant soin de chercher à dissiper les malentendus, pour offrir un portrait nettoyé des fantasmes persistants, permettant ainsi une réelle (re)connaissance de l’homme.

Mais il s’agira aussi de dépasser le récit de ce seul destin personnel pour rendre compte de toute l’effervescence de cette époque durant laquelle se fait jour véritablement une identité kanak, culturelle et politique. Le parcours d’Eloi Machoro épouse en effet l’émergence de cette formidable lutte collective pour la Kanaky, depuis la montée de la revendication indépendantiste jusqu’à la création du FLNKS.

 

Faire œuvre de mémoire est une démarche toujours essentielle, mais plus encore alors que se joue, inlassablement, le devenir de l’archipel néo-calédonien et, à travers lui, tout particulièrement, celui du peuple kanak. 

 

Ce projet au long cours a été lancé fin 2018. L’essentiel des entretiens —représentant une quarantaine d’heures au total— ont été réalisés dans l’archipel l’an dernier : un patient travail de récolte de la parole, étalé sur quelques 4 mois. Le montage des 6 épisodes est aujourd’hui en cours.

 

Nous les avons interviewé-es

Compagnons de lutte d’Eloi Machoro, membres de sa famille, figures de la lutte d’indépendance kanak, témoins de l’époque, historiens… Parmi lesquels :

Caroline Machoro-Reignier, Louis Machoro, Emmanuel Tjibaou, Maguite Declerc, Arthur Upan Maramin, Gaétan Soma Douade, Marie-Adèle Jorédié, Victor Nonnaro, Berger Pérignon, Yvon Kona,  Jean-Pierre Taïeb Aïfa, Olivier Houdan, Régis Toura, Gérald Cortot, Gaston Nédenon, Ismet Kurtovitch, Thomas Dathieux, Luc Tournabien, Aloisio Sako, Gustave Tehio, Camille Ipéré, Elie Poigoune…

Pourquoi cet appel ?

Ce travail s’inscrit  dans une démarche militante anti-coloniale et il est jusqu’à présent totalement auto-produit. Nous ne tirons aucun revenu de la réalisation de ce documentaire.

L’ADCK (Agence de Développement de la Culture Kanak) a fortement soutenu le projet, mais ce soutien était matériel et logistique : accès à leur fond d’archives, accompagnement sur le terrain…

Nous avons donc désormais besoin d’un coup de pouce financier pour le mener à terme. 

Nous avons besoin de votre aide en particulier pour:

  •  L’achat d’archives audio-visuelles, auprès de l’INA essentiellement. Ce qui représente un budget important.
  • La rémunération de personnes « extérieures » au projet. En particulier le comédien qui sera la voix off du documentaire, notre « narrateur » en quelque sorte.
  • La diffusion : organisations de séances d’écoute publique, impression d’affiches… Mais aussi la sortie d’un CD et/ou d’une clé USB contenant l’ensemble des émissions, accompagné d’une pochette sérigraphiée.
  • Le remboursement d’une petite partie des frais de tournage et des frais de fonctionnement de l’association naissante.

 

L’objectif premier de votre participation est que le documentaire puisse être terminé et diffusé dans les meilleures conditions, le plus largement possible, en France comme en Nouvelle-Calédonie.

Tous les participants recevront les liens vers les podcasts dès qu’ils seront en ligne.

Pour toute  participation égale ou supérieure à 20 €, vous recevrez le documentaire sur CD ou clé USB avec la pochette sérigraphiée.

 

Qui sommes-nous ?
Formé à l’ESAV de Toulouse, investi dans le monde de la radio depuis une dizaine d’années, Benoît Godin est actif au sein de plusieurs radios et webradios associatives toulousaines (Canal sud, FMR, Onde courte…). Entretenant des liens forts avec la Nouvelle-Calédonie où il s’est rendu de nombreuses fois, il réalise là son premier grand documentaire sonore.
Simon Auffret, lui aussi ancien de l’ESAV, signe les créations musicales originales, ainsi que le mixage du documentaire. Dj et beatmaker sous le pseudonyme de Sahimone, il habite aujourd’hui à Varsovie (Pologne) où il anime deux émissions consacrées à l’électro sur Radio Kapitał.

 

L’association Lampe-Tempête est l’outil qu’ils ont créé pour développer leurs explorations audio-visuelles.
https://soundcloud.com/lampetempete/

 

Dernière minute : le comédien Iabe Lapacas rejoint l’aventure. Lui qui a interprété Alphonse Dianou, autre figure importante du combat kanak des années 80, dans le film de Mathieu Kassovitz « L’ordre et la morale » prêtera sa voix pour raconter l’histoire d’Eloi Machoro.            

 

La lutte du peuple kanak n’est pas achevée
La lutte d’indépendance menée par les Kanak se poursuit aujourd’hui encore. La prochaine grande étape, c’est le second référendum d’autodétermination : initialement prévu pour le 6 septembre, celui-ci devrait se tenir finalement, suite à la pandémie de Covid-19, le 4 octobre prochain.

Pour en savoir plus, vous pouvez aller lire en ligne l’article écrit par l’auteur de ce documentaire et paru dans le numéro de janvier du journal CQFD« Voyage au bout de l’indépendance » (CQFD n°183)

Ainsi que vous référer au site web du collectif Solidarité Kanaky qui soutient en France la cause kanak : https://solidaritekanaky.fr/

 

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25 novembre 2020

CSPB 24 11 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 15 h 59 min

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Emission du CSPB du 24 11 2020 dernier mardi du mois sur Radio Libertaire 89.4 Mhz sur la bande FM et sur le blog du Comité

 http://cspb.unblog.fr

ou sur les podcast suivant:

 http://media.radio-libertaire.org

https://www.anarchiste.info/radio/libertaire/podcast/

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https://www.mixcloud.com/radiolibertaire/

 

Retrouvez les infos sur le blog de ça booste sur

 

http://cabooste.unblog.fr

 

Au sommaire de l’émission la chronique de Béa d’Askapena avec l’isolement qui frappe les presos basques, Irati qui est actuellement en prison avec sa mère et qui selon la loi espagnole sera séparée de sa mère en mars 2021 à l’Age de 3ans, le jour de la mémoire fêtée tous les ans en novembre par le gouvernement basque mais qui oublie régulièrement les personnes décédées sur les routes dû à la dispersion. Avec la chronique de Maité nous aborderons justement les accidents des familles visitant leurs proches, ainsi qu’un rapport sur l’isolement des militants basques dans les geôles espagnoles, le COVID et les conséquences pour les presos, les chiffres d’Etxerat, le fichier FIJAIT et les conséquences sur les militants, Iratxe Sorzabal, la reconnaissance d’aveux sous la torture, le MAE, les libérations de Josu Arkautz après 29 ans de prison et celle de Xistor Haramburu + de 30 ans de prison et enfin la sentence infligée à Mikel Barrios. La chronique de Loréa porte sur l’affaire de la manada 5 pourritures dont un garde civil et un militaire qui avait violé une jeune femme lors des fêtes de san firmin et avait déclenché une vague de protestation dans toute l’Espagne, et dans un autre registre les magasins féministes. Et enfin la chronique de Squale avec le collecif BIZI bloque un point de collecte Amazon à Bayonne, la future loi sur la “sécurité globale”. La présentation du livre « Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont-ils intégré l’ETA ? » édité par MEDIABASK, La Cour de cassation a définitivement accepté, mercredi 4 novembre, le principe d’une remise à l’Espagne de l’ex-dirigeant d’ETA Josu Urrutikoetxea. Peio Alcantarilla arrêté par la police française, Josu Arkauz Libre, La Manada « la meute », Mesdames découvrez l’arme anti-viol révolutionnaire, Rape-aXe ou le préservatif avec des dents.

 

Pour la partie musique vous entendrez : Anna Tijoux antipatriarca, En Tol Sarmiento (ETS) Ametsetan,  Gatibu Igelak, HUNTZA Aldapan gora, Anna Tijoux antifa dance, ZEA MAYS – Negua joan da ta, Zartako-K – Rude Girl, Askatasunera – L’Arcusgi, SkaP – Somos La Revolucion

 

Bizi! bloque un point de collecte Amazon à Bayonne

Ce mercredi matin, des activistes de Bizi! ont bloqué la borne Amazon installée dans le magasin Monoprix de Bayonne. Ils dénoncent “les privilèges inacceptables” du géant de la vente en ligne et appellent au boycott du “Black Friday”, le 27 novembre.

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Les activistes reprochent à Amazon de détruire le commerce local. © Bizi

« Amazon tue le commerce local » et « tue le climat », peut-on lire sur les banderoles brandies ce 18 novembre au matin par des militants de Bizi, venus bloquer le « hub locker » (point de collecte) d’Amazon à l’intérieur du supermarché Monoprix de Bayonne.

Les activistes dénoncent « les privilèges inacceptables d’Amazon qui peut continuer à livrer des biens non-alimentaires pendant le confinement » et se disent « indignés » de l’attitude de Monoprix. « A l’heure où certains supermarchés mettent leurs halls à disposition des commerces locaux en difficulté, Monoprix a choisi lui d’y inviter un de leurs plus grands prédateurs actuels », soulignent les militants, qui ne veulent pas de l’univers Amazon, selon eux « destructeur d’emplois et du climat ».

A l’approche du 27 novembre, jour du « Black Friday » (vendredi noir), Bizi appelle au boycott de cette opération commerciale. Selon l’association écologiste, celle-ci « incite à une surconsommation choquante en ces temps de crise climatique et sociale ».

Les membres de Bizi! réclament la fermeture de la borne de livraison d’Amazon. Ils ont adressé un courrier en ce sens à la directrice du magasin Monoprix.

Incident de Bayonne : les journalistes réagissent

Une soixantaine de journalistes ont affiché leur soutien à notre photojournaliste, Guillaume Fauveau, pris à partie dans l’exercice de son travail le 17 novembre dernier par des policiers qui ont cherché à l’intimider. C’est toute une profession qui monte au créneau et reste vigilante quant à la suite de la future loi sur la “sécurité globale”.

 

Notre photojournaliste Guillaume Fauveau a été pris à partie par des policiers le 17 novembre dernier. Menaces, intimidations… alors qu’il exerçait son métier en prenant en photos des policiers de dos dans la rue effectuant des contrôles. Dans un texte paru samedi 21 novembre, plus de 60 journalistes photographes, journalistes reporters d’images et rédacteurs lui ont exprimé leur soutien.

Une initiative également appuyée par la Fédération européenne des journalistes et la Fédération internationale des journalistes. Ils condamnent tous les agissements de l’agent de police à l’origine de l’incident et alertent sur les risques vis-à-vis de la liberté de la presse que la loi débattue actuellement par les députés à Paris pourrait contenir. Un message de vigilance adressé entre autres aux parlementaires et aux représentants de l’Etat.

La section SNJ (Syndicat national des journalistes) Midi-Pyrénées a également assuré « ce confrère de tout son soutien. Cet exemple montre comment une telle loi (Sécurité globale) restreindrait la liberté d’informer et rendrait plus difficile au quotidien la pratique de notre métier. » Dans une tribune parue au Monde, un collectif de journalistes a également relayé cet incident qui soulèverait beaucoup de questions quant à la future loi. Dans le même journal, dans une autre tribune, les directions des rédactions d’une trentaine de médias se sont engagées à ne pas accréditer leurs journalistes pour couvrir des manifestations, au nom de la liberté de la presse. La loi en cours d’examen touche particulièrement les journalistes, mais également les citoyens lambda.

 

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Contenu du texte signé par les journalistes locaux :

« Nous, journalistes, condamnons fermement les faits d’intimidation et les menaces, survenus mardi 17 novembre à Bayonne, de la part d’un agent des forces de police, subis par notre confrère, photographe et salarié de Mediabask, Guillaume Fauveau dans l’exercice de son travail. Nous lui apportons notre total soutien. Dans le contexte de l’examen de la loi « sécurité globale », nous restons vigilants et mobilisés quant au respect de la liberté de la presse et demandons à nos parlementaires et aux représentants de l’Etat d’en faire autant. »

– En Marche vers la dictature –

Le régime lance un nouvel assaut contre les libertés : le 20 octobre, les députés En Marche ont déposé un projet de loi baptisé « sécurité globale ». Elle sera débattue dès les prochains jours, de toute urgence, pour être imposée en plein confinement !

La loi est proposée par le député Jean-Michel Fauvergue, ancien chef du RAID, unité de police militarisée et anti-terroriste. La police n’est plus au-dessus des lois, c’est elle qui l’écrit directement. On ne peut pas faire plus clair. Trois mesures du projet de loi :

 IMAGES EN TEMPS RÉEL ET RECONNAISSANCE FACIALE : la police est d’ores et déjà équipée de caméras piétons, en plus des nombreuses caméras qui constellent les villes de France. Avec cette loi, non seulement les agents pourront accéder aux images qu’ils ont enregistrées mais, plus grave, les images seront « transmises en temps réel au poste de commandement ». Cela permettrait l’analyse automatisée et en temps réel des images. Pour rappel, la police est autorisée depuis 2012 à utiliser des logiciels de reconnaissance faciale pour identifier une des 8 millions de photos déjà enregistrées dans le fichier de traitement des antécédents judiciaire. En manifestation, la reconnaissance faciale en temps réel permettra au centre de commandement de renseigner en direct les agents de terrain sur l’identité des nombreux militants et militantes qu’ils croiseront, déjà fichées. Orwellien.

 DRONES : la loi veut autoriser et généraliser une pratique qui s’est répandue en violation de la loi au cours des derniers temps : le déploiement de drones pour surveiller les manifestations. Comme pour les caméras mobiles, les images captées par drones pourront être analysées par reconnaissance faciale en temps réel, facilitant les actions ciblées de la police contre des militants préalablement identifiés. La surveillance par drones permet aussi, plus simplement, de suivre à la trace n’importe quel individu « dérangeant » ou « surveillé ». Des mouchards partout, l’anonymat nul part.

 INTERDICTION DE DIFFUSER DES IMAGES DE POLICIERS : L’article 24 de la loi propose d’interdire au public de diffuser « l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police ». Une attaque très grave qui permettrait, notamment la censure de nombreux médias indépendants et réseaux sociaux. Avec une telle loi, il n’y aurait eu ni affaire Benalla, ni connaissance des innombrables violences policières dans les quartiers, les manifs, contre les Gilets Jaunes. Le régime organise simultanément l’anonymat – et donc l’impunité – total pour la police, avec l’absence de matricule, de possibilité d’identification et même de diffusion d’image d’un côté, et la surveillance et la reconnaissance totale des opposants pour les réprimer de l’autre. Une logique dictatoriale.

 UNE LOI IMPOSÉE EN VITESSE SOUS CONFINEMENT : les députés peuvent encore proposer des modifications de la loi. Ce projet est une nouvelle attaque massive contre la liberté d’informer et les libertés individuelles et collectives. Le 2 novembre, Darmanin sera auditionné par la Commission des lois. Le 4 novembre, la loi sera examinée en Commission des lois, et elle sera votée du 17 au 20 novembre.

La proposition de loi : http://www.assemblee-nationale.fr/…/l15b3452…

Son analyse par la quadrature du net :https://www.laquadrature.net/…/loi-securite-globale…/

 

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La proposition de loi relative à la sécurité globale est une proposition de loi française des députés LREM Alice Thourot (Drôme) et Jean-Michel Fauvergue (Seine-et-Marne, ancien patron du RAID) déposée à l’Assemblée nationale le 20 octobre 2020. Elle porte sur le renforcement des pouvoirs de la police municipale, l’accès aux images des caméras-piétons, la captation d’images par les drones et la diffusion de l’image des policiers.

Le texte, soutenu par les principaux syndicats policiers, fait l’objet de diverses critiques, par des sociétés de journalistes, des organismes publics nationaux et internationaux et des associations de défense des libertés publiques.

À la demande du gouvernement, la proposition de loi suit la procédure accélérée ; elle est examinée à l’Assemblée nationale du 17 au 20 novembre 2020.

Calendrier législatif

Le texte porte à l’origine sur la police municipale et le secteur de la sécurité privée, et est déposé le 14 janvier 2020 par les députés LREM Alice Thourot (Drôme) et Jean-Michel Fauvergue (Seine-et-Marne, ancien patron du RAID)1. En octobre 2020, la proposition de loi est complétée à l’initiative du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui souhaite lui adjoindre un volet sur la protection des fonctionnaires de police et militaires : « Il s’agit de protéger ceux qui nous protègent »2,3 — un slogan régulièrement utilisé par les soutiens du texte4.

Déposé le 20 octobre 2020, le texte fait l’objet d’une procédure accélérée sur décision du gouvernement (le 26 octobre), réduisant la navette parlementaire à une seule lecture par chambre5. Le recours à cette procédure fait l’objet d’une critique de la Commission nationale consultative des droits de l’homme qui y voit une « dégradation du débat démocratique ». Elle critique notamment le recours à une proposition de loi (issue de parlementaires) pour un texte en réalité porté par le gouvernement : « le gouvernement prive le parlement et la société d’un débat sur leur impact ainsi que d’une expertise juridique du Conseil d’Etat, préalables requis à l’examen parlementaire de tout projet de loi, mais pas pour une proposition de loi6. »

Le texte est examiné en commission des Lois le 5 novembre 20207. Il est débattu en séance dans l’hémicycle du 17 au 20 novembre ; les députés doivent notamment examiner 1 319 amendements4. Son vote solennel est prévu le 24 novembre5.

Articles 20 et 21

Les articles 20 et 21 sont relatifs à l’accès aux images, respectivement, des caméras de vidéosurveillance et des caméras-piétons portées par les policiers.

L’article 20 prévoit l’élargissement de l’accès aux images des caméras de vidéosurveillance à plusieurs personnels : les agents de la police municipale, ceux de la ville de Paris chargés d’un service de police, les contrôleurs de la préfecture de police, etc.8 ; cet accès était juste-là réservé aux policiers et gendarmes (nommément chargés de cette tâche)9. Le Défenseur des droits ainsi que certains députés estiment que l’accès élargi à ces images serait incompatible avec le respect du droit la vie privée10,8.

L’article 21, relatif aux caméras-piétons, prévoit que « les images pourront être transmises en direct au poste de commandement, les personnels accéder directement à leurs enregistrements et les images utilisées pour « l’information du public sur les circonstances de l’intervention » », ainsi que le résume le journaliste Pierre Januel sur Dalloz Actualités, qui y voit « un moyen de s’imposer dans la guerre des images »11. Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police-Force Ouvrière, écrit dans La Croix que la possibilité de « diffuser sur les réseaux sociaux les vidéos issues des caméras des policiers » permettrait de « recontextualiser les interventions »12.

La Défenseur des droits estime que « ces dispositions sont susceptibles de porter atteinte au droit au respect de la vie privée »13,14, position rejointe par l’association Amnesty International France15. Permettant aux agents d’accéder aux images de leur propre caméra-piéton, l’article fait également craindre que des agents puissent modifier leur témoignage en conséquence, écrit Pierre Januel16.

Article 22

L’article 22 vise à donner un cadre juridique à l’usage des drones, qui en est jusque-là dépourvu — une décision du Conseil d’État parue le 18 mai 2020 somme à ce titre l’État de « de cesser, sans délai, de procéder aux mesures de surveillance par drone »17,18,19. Il entend ainsi autoriser la captation d’images par drones dans neuf cas20,21 :

« Art. L. 242‑5. – Dans l’exercice de leurs missions de prévention des atteintes à la sûreté de l’État, la défense ou la sécurité publique et de prévention, de recherche, de constatation ou de poursuite des infractions pénales, les services de l’État concourant à la sécurité intérieure et à la défense nationale peuvent procéder, au moyen de caméras installées sur des aéronefs, à la captation, l’enregistrement et la transmission d’images aux fins d’assurer :
1° La sécurité des rassemblements de personnes sur la voie publique ou dans les lieux ouverts au public, lorsque les circonstances font craindre des troubles graves à l’ordre public, ainsi que l’appui des personnels au sol en vue de maintenir ou de rétablir l’ordre public
2° La prévention d’actes de terrorisme
3° Le constat des infractions et la poursuite de leurs auteurs par la collecte de preuves
4° La protection des bâtiments et installations publics et de leurs abords
5° La sauvegarde des installations utiles à la défense nationale
6° La régulation des flux de transport
7° La surveillance des littoraux et des zones frontalières
8° Le secours aux personnes
9° La formation et la pédagogie des agents »

La Quadrature du Net (LQDN) et Amnesty International voient dans cet article des risques d’atteinte à la vie privée, notamment par l’usage potentiel de systèmes de reconnaissance faciale (dont LQDN craint qu’il soit la source de dérives, notamment des arrestations « préventives » de militants politiques)17,15,22,23.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies s’inquiète de l’usage de drones pour la surveillance et le maintien de l’ordre lors de manifestations. Il indique qu’« une telle ingérence [au droit à la vie privée] doit être mise en œuvre en vertu d’une base juridique nationale qui est suffisamment prévisible, accessible, fournit des garanties contre les abus », et que « les restrictions à ce droit doivent viser la protection d’un intérêt légitime et doivent avoir regard aux principes de nécessité, proportionnalité et non-discrimination », avant de rajouter que ces conditions « ne semblent pas remplies » par l’article 2224. En ce qui concerne l’usage des drones pour la prévention d’actes de terrorisme, le Conseil dénonce un article ne respectant pas les « principes de nécessité et de proportionnalité », le but n’étant pas « défini avec suffisamment de clarté et de prévision, conformément aux exigences du droit international »24.

L’article 22 est adopté le 21 novembre 2020, en dépit de l’avis de plusieurs parlementaires qui estiment le texte trop imprécis. Ainsi que le résume Le Monde, « dans le cadre de manifestations, les vidéos tournées par drone ou hélicoptère pourront être diffusées en direct dans la salle de commandement du dispositif de maintien de l’ordre puis conservées – pour une durée de trente jours, prolongée si elles sont utilisées dans le cadre d’une enquête » ; l’intérieur des domiciles ne devra pas être filmé18.

Article 24

L’article 24 est initialement formulé comme suit (paragraphes 1 et 2) :

« Le paragraphe 3 du chapitre IV de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse est complété par un article 35 quinquies ainsi rédigé :
Art. 35 quinquies. – Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un agent de la police nationale ou de la gendarmerie nationale autre que son numéro d’identification individuel lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police. »

Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, défend que cette proposition vise à empêcher que les policiers soient « jetés en pâture […] sur les réseaux sociaux »25.

Avec cet article, Gérald Darmanin entend répondre à une demande ancienne des syndicats de policiers26,27,28. Le syndicat Alliance Police nationale, qui évoque les propos haineux et les appels à la violence visant des policiers sur les réseaux sociaux, demande quant à lui depuis 2018 le floutage systématique des policiers26,29. Pour le secrétaire général d’Unité SGP Police-Force Ouvrière, si la législation préexistante permet déjà de poursuivre l’auteur de menaces à l’encontre d’un membre des forces de l’ordre dont la photo a été publiée sur les réseaux sociaux, « rien ne permet juridiquement de punir aujourd’hui celui qui a initialement posté cette image. […] Il a une responsabilité et c’est ce que vient reconnaître l’article 24 »12.

La validité juridique de l’article 24 est incertaine, un député estimant : « Constitutionnellement, on aura vraisemblablement des problèmes avec le caractère intentionnel de l’infraction30. »

L’article suscite également une vive opposition31,32, en particulier du Conseil des droits de l’homme des Nations unies33,34, du Défenseur des droits30,35,13,36, des journalistes37,38 (qui protestent dans une tribune signée par de très nombreuses rédactions39), des cinéastes40,41, le Conseil national des barreaux et des associations de défense des libertés publiques42,43,4. La presse étrangère s’indigne également44.

Les experts de l’ONU estiment que cette loi porte « des atteintes importantes aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales, notamment le droit à la vie privée, le droit à la liberté d’expression et d’opinion, et le droit à la liberté d’association et de réunion pacifique » et place la France en contradiction avec la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention européenne des droits de l’homme33.

Plusieurs journalistes soulignent que cette proposition intervient peu après qu’Emmanuel Macron a promis de défendre la liberté d’expression lors de son hommage au professeur assassiné Samuel Paty45,46.

Thibault Prévost, d’Arrêt sur images, rappelle que sans des vidéos telles que celles qui sont visées par le texte, de nombreuses enquêtes récentes n’auraient pas pu avoir lieu25, citant les affaires Benalla (place de la Contrescarpe)47Cédric Chouviat48, Geneviève Legay49, Olivier Beziade50, ou les violences policières dans le Burger King bordelais en 201851. Dans un autre article, il estime que « les pro-loi sont par ailleurs avares en données fiables sur le supposé harcèlement et repérage de policiers via les réseaux sociaux »4.

Selon Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergue, députés LREM à l’initiative de la proposition de loi, le but n’est pas d’interdire la diffusion d’images de policiers ni le floutage de leurs visages, mais seulement de sanctionner a posteriori la diffusion de ces images dans le contexte d’« appels à la violence contre des membres des forces de l’ordre » ; cependant, le ministre de l’Intérieur a une interprétation contradictoire de la proposition de loi, affirmant qu’elle « prévoit l’interdiction de la diffusion de ces images » ou bien le floutage des visages30,52. Lors du débat au Parlement, il plaide pour un durcissement de cette disposition : « Si vous voulez diffuser sur Internet de façon sauvage, pardon de le dire comme ça, vous devrez faire flouter les visages des policiers et des gendarmes »53,54. Ces prises de parole contradictoires induisent une certaine confusion quant à la portée réelle du texte4.

L’article est voté est adopté par l’Assemblée nationale le 20 novembre par 146 votes pour et 24 contre, avec un amendement gouvernemental de dernière minute faisant évoluer la rédaction de son paragraphe 2 de la sorte55,56 :

« Art. 35 quinquies. – Sans préjudice du droit d’informer, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification, autre que son numéro d’identification individuel, d’un agent de la police nationale, d’un militaire de la gendarmerie nationale ou d’un agent de police municipale, lorsque ces personnels agissent dans le cadre d’une opération de police. »

Autres dispositions

La proposition de loi prévoit également l’accroissement des pouvoirs des polices municipales (quand elles comptent plus de vingt agents), associé à un contrôle accentué de celles-ci16,57,58.

Parmi les autres dispositions du texte, est proposée la suppression automatique des réductions de peine pour les personnes condamnées pour violence ou menaces à l’encontre de policiers (y compris municipaux), gendarmes, pompiers, etc., une mesure jusque-là réservée aux personnes condamnées pour terrorisme16.

Enfin, le texte souhaite encadrer davantage les sociétés de sécurité privée (notamment en limitant le recours à la sous-traitance et en listant des infractions interdisant l’exercice de la profession), tout en leur accordant des prérogatives élargies (missions de surveillance contre les actes terroristes sur la voie publique, opérations de palpation de sécurité)16,59,60, dans la perspective des Jeux olympiques de Paris en 202458.

 

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La démocratie meurt dans l’obscurité PAR EDWY PLENEL ARTICLE PUBLIÉ LE VENDREDI 20 NOVEMBRE 2020 Aux côtés des défenseurs des droits fonds

Aux côtés des défenseurs des droits fondamentaux, Mediapart manifestera ce samedi pour le retrait de la loi « Sécurité globale ». La gravité de l’enjeu justifie cet appel inhabituel: si cette loi entre en vigueur, les lumières de la vigilance démocratique sur les actes de l’État s’éteindront. Democracy dies in darkness : en février 2017, au lendemain de l’intronisation présidentielle de Donald Trump, le Washington Post, ce quotidien américain rendu célèbre par ses investigations, dont le scandale du Watergate reste la plus connue, décidait d’inscrire cette phrase en tête de son site internet et à la une de ses éditions imprimées. C’était une réponse aux vérités alternatives promues par le nouvel occupant de la Maison Blanche, qui ne cessera, durant son mandat, de s’en prendre à la liberté de la presse, à son devoir de révéler et à son droit de critiquer. « La démocratie meurt dans l’obscurité » : alors que Donald Trump, battu dans les urnes, ne sera bientôt plus président des États-Unis d’Amérique, c’est dans la France d’Emmanuel Macron qu’il nous faut, aujourd’hui, convoquer cette alarme. Car, dans un climat de peur suscité par le terrorisme, la loi « Sécurité globale » défendue par le pouvoir exécutif et sa majorité parlementaire met fin à une liberté fondamentale, celle de renseigner, documenter, révéler, critiquer les manquements de l’État à l’encontre du peuple souverain (lire les articles de Jérôme Hourdeaux et Ilyes Ramdani sur le débat parlementaire). En entravant, voire en interdisant dans certains cas, la captation et la diffusion d’images de violences policières, son article 24 instaure un État de police en lieu et place de l’État de droit : c’est l’avènement d’un État qui a tous les droits, y compris celui de cacher les illégalités qu’il commet, d’empêcher qu’on connaisse les violences illégitimes faites en son nom, d’étouffer les scandales, les injustices et les abus de pouvoir dont elles relèvent. Si cette disposition est votée, il n’y aura plus d’affaires Benalla, Chouviat ou Legay – pour ne citer que trois exemples de faits d’intérêt public, aujourd’hui entre les mains de la justice, dévoilés par la diffusion d’images de violences policières (lire l’article de Pascale Pascariello sur ces affaires qui auraient été enterrées sans vidéo). Trois affaires différentes qui illustrent combien la fin de cette liberté ferait tomber un voile noir sur des réalités qui nous concernent toutes et tous : avec l’affaire Alexandre Benalla, la privatisation élyséenne de la police ; avec la mort de Cédric Chouviat, l’ordinaire des abus policiers ; avec la blessure de Geneviève Legay, la mise en cause du droit de manifester. La question n’est pas seulement le droit d’informer des médias mais surtout le droit de savoir des citoyens. Dans ces trois cas, les images ne sont pas venues que de journalistes professionnels mais aussi de lanceurs d’alerte. La liberté de la presse n’est pas un privilège des journalistes mais un droit des citoyens. Tout amendement de cet article liberticide qui prétendrait sanctuariser le travail des journalistes ne ferait qu’accroître son scandale : en accordant à la presse le monopole de l’information, la loi priverait le peuple tout entier d’un droit qui lui appartient. Celui, précisément, d’informer, de faire savoir et de faire connaître, d’alerter et de contester. La démocratie est un écosystème dont le droit de savoir et la liberté de dire sont les organes vitaux. Sans informations libres et sans opinions pluralistes, délivrées du contrôle de l’État, des intérêts et des idéologies de ses occupants du moment, il n’y a plus de démocratie véritable. Sans la production libre et indépendante de vérités de fait, surtout celles qui interpellent et surprennent, dérangent ou bousculent, le peuple souverain ne saura plus ce qui le concerne, ne pourra plus décider de son sort, sera empêché Directeur de la publication : Edwy Plenel www.mediapart.fr 2 2/3 de débattre de son avenir. Aveuglé par les phares du pouvoir, ces vérités officielles qui cachent des mensonges éhontés, il sera plongé dans l’obscurité. Mais cet article 24 n’est que le symbole flagrant d’une débâcle plus générale : le basculement dans un régime autoritaire, rompant avec ce qui restait d’esprit libéral dans nos grandes lois républicaines. C’est pourquoi nous demandons, au-delà du retrait pur et simple de cet article, le retrait de cette loi « Sécurité globale » dont les dispositions accroissent les pouvoirs de surveillance de l’État tout en annihilant les contre-pouvoirs de la société (lire l’article de Pascale Pascariello sur le Livre blanc de la sécurité intérieure). Avec l’autre loi de rupture, celle sur le « séparatisme » portant désormais l’emblème des « principes républicains » (lire l’article de Camille Polloni, Faïza Zerouala et Mathilde Mathieu), elle forme un tout qui renverse deux piliers démocratiques : quand l’une s’attaque à la liberté d’informer par et pour tous les citoyens, l’autre s’en prend à leur liberté de s’exprimer en voulant instaurer une procédure expéditive de comparution immédiate pour les opinions dissidentes ou provocantes. Si ces textes sont adoptés, ce ne sera plus le règne de l’arbitraire, des manifestations empêchées, des protestations réprimées, des violences illégitimes, des états d’urgence prolongés, etc. Non, c’en sera la consécration officielle, légale, définitive. Un arbitraire permanent, incontesté et incontestable. Un arbitraire devenu notre ordinaire. Mettant à bas l’esprit démocratique de la loi républicaine inaugurale, celle de 1881 consacrant la liberté de presse et de parole (lire l’article de Laurent Mauduit), ces deux lois signifieront la fin d’une République vivante et vibrante, riche de ses conflits et forte de ses polémiques. D’autant qu’elles ne s’arrêtent pas en si bon chemin puisqu’elles remettent aussi en cause le libéralisme politique d’autres lois républicaines fondatrices, sur l’école (1881-1882), sur les associations (1901), sur la laïcité (1905) (lire l’analyse d’Ellen Salvi). Quand la République devient un mot vide et creux, brandi comme un argument d’autorité pour faire taire et asséné telle une matraque pour mieux réprimer, c’est qu’elle n’est plus. Du moins plus démocratique. Le champ républicain a toujours connu ses conservateurs et ses réactionnaires abrités par sa devise « Liberté, Égalité, Fraternité » mais farouches ennemis de ce qu’elle signifie : l’égalité des droits, le droit de les défendre, le courage de les inventer, la promesse d’une société libre de s’organiser, de s’informer, de s’assembler, de manifester, de revendiquer, de lutter et de protester (lire l’article de Faïza Zerouala sur la pénalisation de l’occupation des universités). Ces républicains adversaires de la démocratie, de son esprit et de son essence, de ses lois fondatrices et de ses principes vitaux, ont revêtu de multiples atours dans notre histoire passée, dont le pouvoir actuel est le dernier avatar. Car la République invoquée à tirelarigot par nos actuels gouvernants n’est qu’un cachemisère. Elle fait penser à un arbre arraché, ou à un poisson réduit à son arête ou encore à une viande ramenée à l’os. Elle est sans vie, sans chair, sans épaisseur. Une République dépourvue d’adjectif, ni démocratique, ni sociale. Une République sans âme ni boussole. Une République égarée. En 2017, quand le Washington Post adopta l’alarme sur l’obscurité qui tombe sur la démocratie, un historien américain, Timothy Snyder, lui fit écho en publiant De la tyrannie, guide de résistance face à Donald Trump et à ses semblables ailleurs dans le monde afin de préserver les libertés dans les années à venir. L’une de ses « vingt leçons du XXe siècle » s’intitule : « Rester calme quand survient l’impensable » : « La tyrannie moderne, c’est le management de la terreur. En cas d’attaque terroriste, n’oubliez pas que les régimes autoritaires exploitent cet événement pour consolider leur pouvoir. » Et de conclure par cette recommandation : « Ne tombez pas dans le panneau. » Parce que nous refusons de tomber dans le panneau, nous manifesterons dans le calme face à l’impensable : la mise en cause de la démocratie par un gouvernement démocratiquement élu. Et nous ne cesserons de le faire jusqu’à ce qu’il recule.

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Conflit basque : un exercice de mémoire petit format

La présentation du livre « Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont-ils intégré l’ETA ? » édité par MEDIABASK a permis de libérer la parole le temps d’une rencontre.

 

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Il n’y a pas de plaques, peu de livres, guère de paroles politiques. Pourtant, cette période suscite de l’intérêt. Près de 150 personnes ont assisté à la présentation du livre édité par MEDIABASK sur le contexte qui entoure l’engagement de Jakes Esnal, Frederik Haranburu, Jon Kepa et Unai Parot il y a 40 ans. Pendant deux heures, Giuliano Cavaterra, l’auteur de l’ouvrage, Béatrice Molle-Haran, Jakes Abeberry et l’ancien avocat Jean-Baptiste Etcheverry sont revenus sur cette période dure du conflit basque, mardi 22 septembre, au cinéma le Sélect de Saint-Jean-de-Luz.

Auteure de la préface d’ »Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont-ils intégré l’ETA ?« , Béatrice Molle-Haran a rappelé en début de soirée l’importance du travail de mémoire. C’est ce à quoi se sont attelés les intervenants, apportant leur part de vérité au récit sur le conflit basque. L’ancienne journaliste de MEDIABASK et Artisane de la paix accepte l’idée que peuvent cohabiter plusieurs vérités, non, en revanche, le rejet de l’existence-même d’un conflit au Pays Basque.

Acteur politique majeur du mouvement abertzale dans la seconde moitié du XXème siècle et éditorialiste de la revue Enbata, Jakes Abeberry l’a connu de près. Il a également connu, intimement, les frères Parot. L’ouvrage de Giuliano Cavaterra est, selon lui, « un livre qui incarne le conflit, un des rares livres qui le fait », car l’histoire de ces quatre membres du commando Argala d’ETA encore incarcérés serait surtout « l’histoire de quatre humains ».

Des militants qu’il côtoie, pour certains, régulièrement dont l’arrestation, en 1990, « sidère » tout le monde, d’autant que « au lendemain de l’arrestation d’Unai Parot à Séville, son frère est passé par la rédaction d’Enbata pour discuter », a relaté Abeberry. A ce moment-là, le conflit est intense. Après la mort de Franco en 1975, la néo-démocratie espagnole ne remplace pas les pouvoirs « de fait » comme l’Armée. « ETA reprend sa lutte plus fort qu’avant. Jamais l’action d’ETA n’a été aussi vive qu’alors », se souvient le cofondateur du mouvement abertzale au Pays Basque Nord.

L’entente du « poing à la rose »

Les attentats, la guerre sale, notamment des GAL, l’entente du « poing à la rose » des deux côtés des Pyrénées, le conflit est dur à cette période. D’une violence qui faisait écho au contexte international qui l’était tout autant, comme l’a rappelé quelqu’un dans l’assistance évoquant, entre autres, les conséquences psychologiques de la Guerre d’Algérie. De cette violence, le Petit Bayonne a gardé quelques traces, mais, Giuliano Cavaterra l’a relevé, les victimes des mercenaires à la solde du gouvernement espagnol n’ont pas de plaques.

Quelques années plus tard, au moment du procès à la Cour d’assises spéciale de Paris, en 1997, « le contexte [est] épouvantable, résolument hostile de la part des autorités politiques et des autorités judiciaires à tout ce qui relevait de la contestation ou de la revendication basque. Jakes [Abeberry] parlait de la manière dont la doctrine de l’Etat français a changé par rapport à des militants qu’on estimait avant résistants qui sont devenus des délinquants », a recadré Jean-Baptiste Etcheverry, défenseur de Jakes Esnal et Frederik Haranburu à ce moment-là.

Il avait été frappé par la « démesure » du procès. Un dossier constitué dans l’Etat espagnol intégrant 22 voire 25 faits graves commis entre 1978 et 1989. « Chacun de ces faits devaient donner lieu à une audience », relève l’homme de droit, convaincu à l’époque que la Justice était totalement impossible. Le dossier était pourtant rempli d’incohérences. « Une certitude habitait tant les accusés que leurs avocats, c’est que les jeux étaient faits, a-t-il poursuivi. La procédure venait devant la cour d’Assises pour que les actions du ‘commando français’ de l’ETA soient soldées. Et on savait [qu’ils allaient écoper] des condamnations les plus sévères, c’est-à-dire, la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté maximale ».

Ils ne se sont pas trompés. Trente ans plus tard, les quatre militants d’ETA du Pays Basque Nord sont incarcérés, sans pouvoir faire valoir leur droit à la liberté conditionnelle à laquelle ils peuvent prétendre depuis une dizaine d’années.

 

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La Cour de cassation a définitivement accepté, mercredi 4 novembre, le principe d’une remise à l’Espagne de l’ex-dirigeant d’ETA Josu Urrutikoetxea. Celui-ci devra d’abord être jugé en France.

À l’aube de ses 70 ans, l’ancien chef d’ETA, Josu Urrutikoetxea, vit à Paris, bracelet électronique à la cheville, dans l’attente de ses procès. Ce mercredi 4 novembre, selon l’Afp, la chambre criminelle de la Cour de cassation a accepté le principe d’une remise différée à l’Espagne du Biscayen, visé par un Mandat d’arrêt européen (MAE).

La justice espagnole souhaiterait l’entendre dans le cadre d’un dossier instruit depuis le début des années 2000 sur les « herriko tarberna », ces cafés gérés par des collectifs de militants de la gauche radicale abertzale, accusés d’avoir fait transiter l’argent « sale » d’ETA.

Deux procédures en France

La remise aux autorités espagnoles de Josu Urrutikoetxea ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois. Ce dernier doit avant cela être jugé en France dans deux dossiers différents.

Cette figure historique d’ETA doit répondre de « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte terroriste « . Dans les deux procédures, lui est reprochée sa participation à des réunions secrètes. L’ancien chef d’ETA soutient que ces réunions étaient reliées aux négociations de paix. 

Le premier procès se tiendra en février devant la Cour d’appel de Paris, et le second en juin devant le tribunal correctionnel de Paris.

En parallèle, la justice espagnole l’accuse également d’être lié à l’attentat de la caserne de Saragosse, en 1987. L’attaque fit 11 morts, dont 5 enfants. Josu Urrutikoetxea est aussi soupçonné d’avoir participé à l’assassinat d’un cadre de Michelin, Luis Maria Hergueta, en 1980, à Vitoria. Lui nie toute implication dans ces deux affaires.

 

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Vers une reconnaissance d’aveux sous la torture ?

La cour d’appel de Paris vient d’examiner ce jeudi 18 novembre le dossier d’Iratxe Sorzabal au sujet du quatrième mandat d’arrêt européen prononcé à son encontre malgré des déclarations qui auraient été faites sous la torture. L’avocat général donne foi aux accusations de la prisonnière basque et réclame l’annulation du MAE. La décision de la cour sera connue le 16 décembre prochain.

MEDIABASK|2020/11/18|IRUZKIN 1 

 

Iratxe Sorzabal

 

L’avocat général de la Cour d’appel donne foi aux déclarations d’Iratxe Sorzabal. © (Jon URBE / FOKU)

Ce mercredi 18 novembre, la cour d’appel de Paris devait examiner le recours déposé par Iratxe Sorzabal concernant son quatrième mandat d’arrêt européen (MAE) lancé par l’Audiencia Nacional espagnole. La prisonnière d’Irun, arrêtée en 2001 à Hernani par la Garde Civile, avait suivi le protocole de reconnaissance de traitement de torture, le protocole Istanbul. Une première pour l’ensemble des prisonniers basques et ce 18 novembre, le parquet général de la cour d’Appel a donné foi aux déclarations d’Iratxe Sorzabal.

Il a appuyé sa décision en se référant au rapport présenté par le docteur Itsaso Idoiaga au cours du procès et aux expertises effectuées par un médecin légiste français. Lors de l’audition, l’avocat général a également estimé que le dossier transmis par Madrid « manquait de solidité » pour apporter d’autres preuves de la culpabilité d’Iratxe Sorzabal que sa confession sans la présence d’un avocat.

Ce sont pour ces raisons que le ministère public a demandé le rejet de ce quatrième MAE. Une prise de position saluée par l’avocate de Sorzabal, Xantiana Cachenaut. Cette dernière, qui a été soutenue à l’audience d’aujourd’hui par l’ancien magistrat de la cour de Versailles, Serge Portelli, et par l’avocat strasbourgeois et l’expert en droits de l’homme Grégory Thuan (Dieudonné) attend, par ailleurs, la prochaine audience pour savoir s’il sera fait droit à la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne basée au Luxembourg. L’avocate espère ainsi que l’organe de justice européen définisse un cadre pour régir ces situations de mandats d’arrêt européens s’appuyant sur des déclarations faites sous la torture.

La décision de la cour d’appel de Paris sera rendue le 16 décembre et pourrait marquer une étape essentielle dans le traitement des prisonniers basques. Elle ferait ainsi prévaloir la défense des droits face aux mandats d’arrêt européens en cours entre l’Espagne et la France.

 

Peio Alcantarilla arrêté par la police française

La police française a arrêté ce mercredi 11 novembre l’ancien prisonnier basque Peio Alcantarrilla à Hendaye. Il se trouve dans les locaux de la Police aux frontières dans la même ville.

ANTTON ETXEBERRI|2020/11/11|IRUZKIN 1 

 

Les contrôles de police se sont intensifiés ces dernières semaines. © Bob EDME

L’ancien prisonnier politique basque, Peio Alcantarilla, a été arrêté ce mercredi 11 novembre par la police française. Natif d’Irun et domicilié depuis longtemps à Urrugne, Alcantarilla travaille au Pays Basque Sud et c’est alors qu’il rentrait du travail qu’il a été arrêté, sur le pont Santiago d’Hendaye. Peio Alcantarilla a été emmené aux locaux de la Police aux frontières d’Hendaye dans lesquels il devrait passer la nuit, selon les propos du procureur de Bayonne Jérôme Bourrier à MEDIABASK, « afin de formaliser la procédure ». Il s’y trouve « en rétention judiciaire » et le parquet devrait donner sa décision demain dans la matinée le concernant.

Il lui est reproché de ne pas avoir respecté le protocole lié au Fichier judiciaire national des auteurs d’infractions terroristes (Fijait). Ce fichier a été mis en place en juillet 2016 pour surveiller les personnes qui ont été condamnées pour terrorisme, dans un contexte d’attentats djihadistes. Près d’une centaine d’anciens prisonniers basques se sont vus ces dernières années intégrer dans ce fichier. Peio Alcantarilla avait été arrêté en octobre 2004 lors d’une opération policière. Il avait été condamné à dix ans de prison par la Cour d’Assises de Paris, devant laquelle il avait dénoncé avoir été torturé par la garde civile espagnole.

Les partis politiques EH Bai et EH Bildu dénoncent fermement, dans un communiqué commun, « l’arrestation du militant ainsi que les mesures liberticides appliquées ces derniers mois aux anciens prisonniers politiques ». Ils réclament aux Etats français et espagnol « de prendre en compte le contexte de paix en Pays Basque et d’annuler l’application de ces mesures d’exception ».

 

 

  

Josu Arkauz sera libéré lundi

Après 29 ans de prison, Josu Arkauz sera libéré lundi 23 novembre. Une nouvelle reçue avec “espoir et bonheur” par ses proches qui soulignent que cela fait des années qu’il aurait dû abandonner la prison.

IURRE BIDEGAIN|2020/11/20|0 IRUZKIN 

 

Josu Arkauz

 

Lundi 23 novembre, Josu Arkauz sera libre. Arrêté le 18 mars 1991 à Bayonne, après 29 ans de prison il abandonnera le centre pénitencier de Valladolid où il a passé quelques mois. Le Ministère de l’intérieur du Gouvernement espagnol l’a transféré en septembre 2020 de Murcia à Valladolid.

En 1992, la justice française l’a condamné à huit ans de prison. En 1997, le prisonnier originaire d’Arrasate est remis aux autorités espagnoles. Il est poursuivi pour trois délits « d’appartenance à une organisation armée ». Depuis, il a enchaîné les condamnations et durant ces 29 années sous les verrous, il a été incarcéré dans pas moins de 14 centres pénitenciers.

Condamné à 30 ans de prison, Josu Arkauz a accompli les trois quarts de sa peine en 2015. Comme le souligne son fils Unai Arkauz, il aurait dû être remis en liberté il y a cinq ans déjà. Contacté par MEDIABASK, le jeune homme rappelle également la dure décision prise par le Tribunal de Strasbourg en 2018.

En effet, ce dernier avait à l’époque considéré que le Gouvernement espagnol n’avait pas violé les droits de Santiago Arrozpide, Alberto Plazaola et Francisco Mujika après avoir décidé de ne pas tenir en compte des années d’emprisonnement accomplies dans l’Etat français. Une décision à l’impact direct sur la procédure de Josu Arkauz, puisque celui-ci « pensait être libéré ». « Cela nous avait fait beaucoup de mal », confie son fils.

la manada

© GettyImages

En 2018, leur condamnation à neuf ans de prison pour « abus sexuel » et leur remise en liberté provisoire avaient engendré des manifestations spectaculaires à travers l’Espagne. Ce vendredi 21 juin, la plus haute instance judiciaire espagnole a finalement requalifié les faits de « viol en réunion » et alourdi leur peine de prison.

Les faits remontent à juillet 2016. Alors que la ville de Pampelune, située dans le nord de l’Espagne, célèbre la San Firmin, cinq hommes, qui se surnomment alors « la meute », rencontrent une jeune femme de 18 ans, visiblement alcoolisée. Moins d’un quart d’heure après, les accusés, dont un militaire et un garde civil, l’emmènent dans l’entrée d’un immeuble où ils font enchaîner à leur victime fellations et rapports sans préservatifs avant de voler son téléphone et de la laisser à moitié nue. La meute s’était pas la suite vantée de ses « exploits » sur la messagerie Whatsapp avant d’y diffuser les terribles images de cette soirée.

En Espagne, l’affaire avait été le détonateur de mobilisations féministes d’envergure relayées par la presse du monde entier. Des milliers de personnes étaient descendues dans les rues au Printemps 2018, criant « moi, oui je te crois » à l’attention de la victime après que les agresseurs avient été condamnés à neuf ans de prison pour « abus sexuel », et non pour « viol », avant d’être remis en liberté provisoire. Une grève des femmes avait alors été organisée et largement suivie sur l’ensemble du territoire.

« On ne peut exiger des victimes des attitudes dangereusement héroïques« 

De nouveau jugés, la procureure Isabel Rodriguez demandait au moins 18 ans de prison à l’encontre des accusés, âgés de de 24 à 27 ans, faisant valoir que la victime, cernée par ces cinq hommes de « forte stature« , avait « adopté une attitude de soumission et non de consentement« , comme le rapportent nos confrères de RTL. « On ne peut exiger des victimes des attitudes dangereusement héroïques« , a-t-elle insisté.
L’avocat de la défense exigeait quant à lui l’acquittement de ses clients, soutenant que la jeune femme avait « décidé d’avoir des relations » sexuelles avec l’ensemble du groupe. Jouant sur la notion de consentement, l’homme n’a pas hésité à avancer que les membres de la meute n’avaient pas pu réaliser qu’elle n’était pas consentante puisque qu’elle n’avait ni crié, ni résisté. Il a par ailleurs assuré que ses clients n’avaient pas eu « de procès juste » car « la société » toute entière avait réclamé leur condamnation à coups de manifestations retentissantes.

Cinq magistrats de la Cour suprême, dont deux femmes, ont examiné les recours présentés par l’accusation et la défense avant de conclure à l’unanimité qu’il s’agissait bien d’un « viol » au regard du droit espagnol, qui exige des preuves d’intimidation ou de violence.
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, s’est félicité de cette décision de justice sur son compte Twitter : « C’était un viol. La décision de la Cour suprême le confirme. Seul un oui est un oui. L’Espagne continue de faire des progrès dans la protection des droits et libertés des femmes et ne s’arrêtera pas. Parce qu’on l’a crue, parce qu’on te croit« , a posté le politicien. Son gouvernement souhaiterait d’ailleurs désormais s’attaquer au Code pénal pour y introduire la notion de consentement sexuel explicite, sur le modèle suédois, où tout acte sexuel sans accord clair est considéré comme un viol.

 

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Découvrez l’arme anti-viol révolutionnaire, Rape-aXe ou le préservatif avec des dents.

C’est une idée innovante et étonnante qui a germée dans l’esprit de Sonnet Elhers, une doctoresse sud-africaine écœurée par le taux de viol extrêmement élevé dans son pays. Le principe du préservatif anti-viol est simple : on l’insère comme un tampon et la magie vicieuse de ce préservatif c’est qu’il est muni dans sa partie interne de petits crochets qui se resserrent en cas de viol sur le pénis de l’agresseur.

Une fois l’appendice pris au piège, l’homme ne peut plus marcher ni uriner et ne pourra plus le retirer sous peine de resserrer encore un peu plus les crochets. Pour être libéré il devra obligatoirement se rendre dans un hôpital. Un produit révolutionnaire semblerait-il pour les femmes qui ne se sentent pas en sécurité. « L’idéal serait que les femmes le portent lorsqu’elles ont accepté une blind date ou quand elles traversent une zone où elles se sentent en danger », a précisé le docteur Ehlers.

 

iparherriko talde antifaxista

 

 

 

 

11 novembre 2020

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Classé sous CSPB — SQUALE @ 18 h 28 min

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Histoire d’ETA armée de libération contre l’occupant espagnol

 

ETA ROUGE DETOURE N

 

 

102 48ème HLM CAC G.BRASSENS MLJ 19 06 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 14 h 17 min

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Pour cette 48ème nous recevions le Festival Contenpourien 9ème édition avec Canard président du festival et de l’asso à chacun son cirque qui représente le festival. Pour la partie musique c’était le groupe Jamewalkers qui sera sur la scène du festival le 8 juillet.

 

Festival Contentpourien 9

Festival Contentpourien 9

DATE : Du Vendredi 7 juillet 2017 au dimanche 9 juillet 2017

LIEU : Parc du domaine de la Vallée (Mantes-la-Ville 78711)

 

 

HORAIRE : 15h – 03h

TARIF : 16€ (Pass weekend) / 12€ (Pass journée) / 10€ (Pass journée tarif réduit)

 

 

 

Le Festival Contentpourien est un événement unique mettant à l’honneur les pratiques culturelles et plus particulièrement la musique et les arts de rue sur le territoire de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise.

Après une édition 2016 en demi-teinte suite à l’annulation du principal weekend en raison des intempéries, l’association A Chacun Son Cirque est heureuse de vous donner rendez-vous pour cet événement culturel devenu incontournable dans la région au fil des années : en effet c’est l’occasion pour la population locale de découvrir des artistes venus de différents horizons et exerçant dans une multitude de disciplines : musique, théâtre, arts du cirque, arts de rue, arts plastiques,…

Le Festival Contentpourien se déroule en deux temps :
- du 26 juin au 6 juillet, des événements gratuits sont organisés dans différents lieux culturels et associatifs ainsi que dans les écoles et l’espace public (programme détaillé à venir),
- du 7 au 9 juillet, le festival s’installe au parc de la vallée de Mantes-la-Ville pour 3 jours de concerts et de spectacles en plein air.

✫PROGRAMMATION✫
Vendredi 7 juillet
✓Inner Terrestrials
✓JOhnny Montreuil
✓Electric Bazar Cie
✓Apes O’Clock
✓Le gros tube
✓La dodoche à vinyles

Samedi 8 juillet
✓Fanfare Ciocarlia
✓ShazaLaKazoo
✓La P’tite Fumée
✓The Jamwalkers
✓Fama & Tonton’s Friends
✓Subpressure
✓Cie En ChantierS
✓Olivier Palmer
✓Cie Freddy Coudboul
✓La dodoche à vinyles

Dimanche 9 juillet
✓David Vincent et ses Mutants
✓BABIOLE
✓Red Chocolate
✓Cie Les Probiotiques
✓Ca Peut Sphère
▬▬▬▬▬▬
✫TARIFS✫
✓Pass weekend : 16€
✓Pass journée plein tarif : 12€
✓Pass journée tarif réduit* : 10€
✓Gratuit tout le weekend pour les moins de 16 ans
✓Gratuit pour tous dimanche 9 juillet

(*) Offre valable sur présentation d’un justificatif en cours de validité pour : étudiant, moins de 18 ans, plus de 65 ans, grand invalide civil, grand invalide de guerre et sans emploi.

✫PREVENTES✫
http://www.contentpourien.fr/billetterie
▬▬▬▬▬▬
✫INFOS PRATIQUES✫
Adresse :
Parc du domaine de la Vallée
78711 MANTES-LA-VILLE

Horaires :
✓Vendredi 7 juillet : 18h30 – 02h00
✓Samedi 8 juillet : 15h30 – 02h00
✓Dimanche 9 juillet : 15h00 – 20h00

Hébergement :
✓Camping gratuit sur place du vendredi 7 juillet à 18h30 jusqu’au lundi 10 juiller à 12h00.

Services sur place :
✓Restauration salée
✓Restauration sucrée par Candy Gaufre
✓Bar

Interdiction sur le festival :
✗Bouteilles en verre
✗Animaux de compagnie
✗Objets cotondants ou coupants
✗Camping gaz
✗Feux d’artifices
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✫CONTACTS✫
Régie générale : administration@contentpourien.fr
Communication : media@contentpourien.fr
Programmation : programmation@contentpourien.fr
Bénévolat : benevolat@contentpourien.fr
Billeterie : administration@contentpourien.fr
Autre : contact@contentpourien.fr

 

101 CLAUD IVERNE PHOTOGRAPHE 12 06 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 11 h 58 min

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« La tâche du photographe ne consiste pas à prouver quoi que ce soit par rapport à un événement humain. Nous ne sommes pas des propagandistes ; nous sommes des témoins du transitoire. »

— Henri Cartier-Bresson

L’exposition Magnum Analog Recovery

Du 29 avril au 27 août 2017, LE BAL présente un parcours dans les trésors de la coopérative parmi les tirages d’époque, maquettes de livres et publications depuis la création de Magnum Photos (1947) jusqu’en 1979. En 2017 coïncident l’anniversaire des 70 ans de Magnum Photos et la finalisation d’un fonds de milliers de tirages d’époque enfin rendu accessible : Magnum Analog Recovery.

Le photographe français Claude Iverné, exposé à la fondation Henri-Cartier Bresson, a d’abord été photographe de mode.

 

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En 1987, Claude Iverné quitte le confort de la maison Pierre Cardin, où il a remplacé le photographe maison pour redevenir assistant et apprendre au plus près des photographes de mode et de publicité de renom. Un seul endroit : les studios Pin-Up où travaille tout le ghotta de la planète. L’apprentissage est rapide, Polaroid 8×10’ avec Paolo Roversi, 6×7 TriX avec Lindbergh et Olivar, PanF avec Isserman, Inversible avec Oliviero Toscani, Hans Feurer, Michel Comte ou Patrick Demarchelier.

Les jeunes photographes techniquement fébriles savent que chez Pin-Up les assistants “assurent” les photographes reconnaissants abandonnent souvent leurs surplus de films et polas aux assistants. Les studios laissent à ces derniers la liberté d’utiliser gracieusement les locaux et infrastructures, labo compris. La ténacité paie. Lui sont systématiquement confiés les anglo-saxons. David Bailey, Avedon, Lord Snowdon. Nombre d’entre eux le débauchent pour des voyages. Iverné propose ses services aux heures décalées. Nuits, week-ends et vacances payés en heures supplémentaires lui permettent de bien vivre.

Tout en gardant son propre studio pour des travaux alimentaires, des catalogues de ventes de commissaires priseurs, publicités, portraits, il continue à apprendre avec ceux dont la technique l’intéresse particulièrement comme Albert Watson ou Roversi.

Catalogues et publicité constituent l’essentiel de son activité. Commence alors les portraits, personnels, après plusieurs voyages en Egypte et au Maroc, l’envie d’autre chose croît. Ses portraits seront remarqués par la presse, qui lui ouvrira une porte vers d’autres pratiques. Peu d’originaux ont résisté au temps. Nous montrons ici quelques polaroids et 4×5 rescapés de cette période.

 

ELNOUR

 

Claude Iverné, Bilad es Sudan
Du 11 mai au 30 juillet 2017
Fondation Henri Cartier-Bresson
2 Impasse Lebouis
75014 Paris
France

http://www.henricartierbresson.org/

Le photographe français Claude Iverné, exposé à la fondation Henri-Cartier Bresson, a exercé dans la presse en tant que portraitiste, se frottant notamment aux maitres. Nous vous offrons un aperçu de cette facette de son travail.

J’avais griffonné un petit mot à l’attention d’Alexander Liebermann après avoir lu une interview édifiante intitulée The Right Circle. Le maître de Condé Nast y affirmait l’insuffisance du talent pour émerger. Evoluer dans “les bons cercles” primait. L’article annonçait une exposition de peintures dans une galerie huppée de l’Upper East. Je n’en menais pas large, mais j’étais déterminé à recevoir son jugement sur mes portraits alors très inspirés de Penn, dont il était très proche. Il sortit d’une limousine et pénétra majestueusement dans la galerie, entouré de deux magnifiques femmes d’une remarquable élégance. J’entravais le cortège, une minuscule enveloppe tendue vers lui. Je répondis que c’était à lire plus tard, et filais, encore écarlate mais soulagé.

Le lendemain à 9 h : « Bonjour, Pardonnez-moi de vous déranger, je cherche à joindre Monsieur Claude Iverné s’il vous plaît ? » « Moi-même » répondis-je dans le combiné à cette voix posée dans un français sans accent. « Alexandre Libermann, quand puis-je vous rencontrer ? » « Cet après-midi 15 h ? » Une impressionnante paix et cordialité régnaient à cet étage. Je fus ponctuellement annoncé avec grande délicatesse. Il se leva pour m’accueillir dans son immense bureau et regarda longuement chacun de la vingtaine de tirage noir et blancs apportés. Evidemment, autant nous avons qui vous savez ici pour les portraits mais à Paris, j’aimerais bien collaborer avec quelqu’un comme vous.

« J’aimerais aussi voir comment vous traitez la couleur, auriez-vous quelques images à me montrer ? » « Oui, mais des images de catalogue peu représentatives. » « C’est juste pour considérer votre maitrise, je ne serai pas présent demain, mais si vous pouvez les déposer, cela m’importe. » Il fut convenu que je récupère le tout deux jours plus tard, sans garantie de sa présence. A ce moment, sa charmante me demanda de patienter car M. Lieberman lui avait demandé de le prévenir de mon passage. « Je me suis permis de montrer vos portraits à notre creative director chez Vogue » « Claude Iverné se trouve ici, je vous le passe, toujours dans un français précis ».

André Léon-Taley me partagea son avis commun d’avec celui d’A. Lieberman, mais voulait juste me rencontrer personnellement. Ne pouvant me voir sur l’heure et embarquant précisément pour Paris, nous prîmes rendez-vous pour un petit déjeuner trois jours plus tard au Regina. Dans l’intervalle, la directrice des 3 Suisses, mon client vital, exigea soudainement ma présence à une réunion de travail improvisée pour le prochain catalogue. Je parvins à Joindre Léon Talley. Après un silence, il acquiesça et me proposa de le rappeler le lendemain matin pour reporter notre rencontre, ne trouvant pas son agenda sur le moment. Jamais je ne parvins à le joindre de nouveau.

Lors de ce même séjour à New York, je reçus un coup de fil d’Irving Penn. Le petit mot à son intention, confié timidement à la personne qui m’avait ouvert la porte de son studio le matin même l’avait « touché » et il tenait à m’en remercier personnellement. Le soleil brillait ce jour de septembre 1993.

 

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Claude Iverné

Né en 1963, Claude Iverné vit et travaille en France et au Soudan. Formé à la photographie auprès des grands noms de la mode, il travaille avec Pierre Cardin, puis les studios Pin-Up : Roversi, Snowdon, Olivar, Watson, etc… La presse remarque ses portraits, et lui commande des reportages. Il fréquente le séminaire de Jean-François Chevrier à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris et s’oriente vers une photographie plus affranchie, en tension entre les beaux-arts et les sciences sociales. Il défend la vue de l’œil humain comme méthode d’enregistrement, l’intimité et le brouillon comme mode de description.

Depuis 1998 et son premier voyage au Soudan, Iverné s’interroge sur les notions de territoire, d’identités et des codes et standards de représentations associés. En 2003, pour répondre à ses questions, il fonde Elnour (la lumière), bureau de recherches et de documentation où cohabitent ­­photographes, artistes, scientifiques et écrivains. Sa connaissance du pays et sa pratique de la langue l’amène à contribuer à de nombreuses conférences et interventions publiques.

Il a exposé aux Rencontres internationales d’Arles (projection Fnac, 2002), aux Nations-Unies, Khartoum 2002, à la Maison des métallos, 2003 et 2013, à la galerie Clémentine de le Ferronnière, 2011, à la galerie 123, Londres 2004, au Centre culturel français, Khartoum 2004, au musée Royal de Mariemont, Belgique, 2007, à Visa pour l’image, Perpignan, (projection 2007), au centre culturel d’Égypte, Paris, 2010. Il a remporté le prix 3P, 2004 et fut commissaire de l’exposition Soudan aux Rencontres internationales de Bamako, 2005.

Il a contribué à l’entrée de photographes soudanais dans des collections publiques internationales.

SUDAN FOTO

La Fondation Henri Cartier-Bresson, à Paris, expose le travail du lauréat de son prix décerné en 2015. L’œuvre sur vingt ans d’un itinérant des sables.

On pourrait croire à première vue que Claude Iverné est photographe. Certes, c’est par l’image qu’il s’exprime, mais l’homme s’identifie rarement à la photographie, ou même n’en parle. C’est à la fois un vagabond, un ethnologue, un archiviste, un observateur animé de curiosité. Un artiste, pourrait-on lâcher. « Un poète », dit Quentin Bajac, conservateur en chef de la photographie au MoMA. Au fil du temps, brouiller les pistes est devenu quelque chose de naturel pour Claude Iverné. Ou plutôt en indiquer quelques-unes, dans le silence, et laisser l’intéressé s’y immiscer, seul. C’est d’ailleurs ce qu’il propose dans l’exposition de la Fondation Cartier-Bresson. Un jeu de pistes au Soudan, ce pays dont on ne parle que par ses drames humanitaires, et qu’on découvre d’une merveilleuse façon, au travers de vingt années de voyages. Cet itinéraire nous est porté sur un plateau, à chacun ensuite de pousser les choses plus loin, de s’intéresser réellement à tel homme, telle bâtisse, telle plaine. C’est l’intention. Ses photographies sont des encouragements.

Comme les vers de poésie, les photographies de Claude Iverné aiment être lues plusieurs fois avant de se laisser apprivoiser. En majorité faites de noirs et de blancs, d’une teinte étrange, grisâtre, presque filtrées, elles rappellent des images d’un autre temps, du XIXe siècle par exemple, durant lequel d’autres aventuriers ont emprunté les mêmes pistes soudanaises. « Les photos de Claude Iverné », dit Quentin Bajac, « m’évoquent celles de ceux qui, à cette époque, ont remonté le Nil jusqu’aux premières et deuxièmes cataractes, si mes souvenirs sont bons : Francis Frith ou Maxime Du Camp. » Ensemble, ces images, d’abord belles au regard, fines et subtiles, proposent une traversée d’une Afrique représentée, en compagnie de ses peuples, de manière attentive, respectueuse et digne. Il y a des portraits d’hommes et de femmes, des vues de leurs habitations, de paysages qui les entourent, de montagnes, de déserts, de pyramides, des photos d’animaux, d’arbres, d’objets, d’éléments – la roche, le sable, le vent – de villes aussi. Une ode à la richesse et la diversité de cette terre.

L’homme s’intéresse à tout, l’animé comme l’effacé, il fait attention aux autres, mais sans compassion ni pathos. Il est ici question de distance, entre autres. « J’aime la lenteur », dit-il. « Je peux rester des temps infinis devant une vue, à relire une phrase, errer dans un tableau. D’aucun dit que la patience du peuple soudanais est infinie. J’y ai trouvé un espace propre à ma lenteur, ou du moins dans lequel j’ai pu sans le savoir retrouver une vraie vie, contempler, m’affranchir du productivisme destructeur de notre monde développé. Mon ami Hafez s’en prit un jour à mon humeur. Nous roulions à l’arrière d’un pick-up à 10 à l’heure, contexte idéal pour voir et avancer en même temps un peu comme à dos de dromadaire, mais plus confortable. Et s’arrêter parfois pour une vue. Il s’agissait de rallier pour la première fois les fouilles archéologiques de Sedeinga avant le coucher du soleil. Depuis des heures chaque nubien sur la piste nous indiquait la même distance et le même temps jusqu’à notre destination. “Aucun d’entre eux ne possède de montre, ne saurait lire un compteur d’automobile, ni n’a jamais vu une carte. Comment veux-tu qu’ils s’expriment avec tes habitudes et référents ?”, m’avait alors dit Hafez. »

Claude Iverné, c’est une autre idée de l’imagerie africaine, dénuée de stéréotypes et en contraste avec l’esthétique communément utilisée par les reporters de presse. Christophe Ayad, journaliste au Monde, écrit ainsi en 2012 : « Il y a plus qu’une différence, un abîme, entre photographier l’Afrique et photographier en Afrique. Ce n’est pas une question de syntaxe, mais de point de vue. Claude Iverné, par exemple, photographie en Afrique, c’est-à-dire à hauteur d’homme, d’égal à égal. Cela paraît simple, comme ligne de conduite, mais demande un effort permanent consistant à se défaire de ses préjugés et des clichés que l’on a dans la tête avant de les reproduire en noir et blanc ou en couleur. Le Darfour est un territoire que connaît bien Iverné, pour s’y être rendu avant que le conflit n’éclate officiellement. ”Il y avait déjà un état de guerre permanent”, raconte Iverné, ”des armes partout, mais personne n’en parlait. A la fin du printemps 2004, quand la région était enfin accessible à la presse internationale, l’essentiel des violences était passé, se souvient-il. Chez les humanitaires comme chez les journalistes, il y a eu une quasi-déception. Il n’y avait pas grand-chose à montrer : pas d’enfants décharnés, de combats.” Les reporters photographes, venus se mesurer avec Sebastião Salgado et ses icônes bibliques de la famine en Ethiopie en 1984, en ont été réduits à des exercices de style. Claude Iverné évoque une image du photographe de guerre réputé James Nachtwey montrant un vieil homme en gros plan avec une larme qui perle sur sa joue. “Quelle est l’information ?” » Chez Claude Iverné, le drame est présent, mais il est invisible à l’œil nu : c’est l’absence de structure de santé ou d’école, l’absence de propriété foncière, l’absence de récolte. « J’affectionne le libre arbitre. J’énonce plutôt que dénonce. Les photographies de guerre ont-elles jamais arrêté la guerre ? » C’est une violence sourde et muette. Comment la reconnaît-on ? Le portrait simple d’un vieil homme au milieu d’un champ qui ne ressemble plus à rien de bien fertile.

Le Soudan est pour lui une affaire intime. Elle est liée d’abord à son « deuxième père » – lui ayant peu connu le premier –, qui rêvait de faire la mythique piste des Quarante jours, dont le nom indique la durée qu’il fallait aux caravanes d’esclaves et de marchandises venues de l’Afrique profonde pour rallier l’Egypte depuis les Etats du Darfour et du Kordofan (ouest et centre du Soudan à la jonction de l’Afrique saharienne et de l’Afrique noire). « Je garde un souvenir exact de ma première démarche à Zamālek au Caire », se souvient-il. « J’étais venu à la nonciature apostolique en 1997 consulter des originaux relatifs à l’expédition du missionnaire Daniel Comboni. Il s’agissait de remonter la piste des Quarante, dont les dromadaires achetés au Darfour échouaient à Assiout puis au Caire, sur les marchés aux bestiaux et bouchers Egyptiens. A cette époque, les caravanes rejoignaient le Nil à Daraw en haute Egypte. J’y ai séjourné quelques semaines en 1998, pour comprendre. Des Soudanais m’ont invité chez eux. Siddik m’a dit : “J’embarquerai de Khartoum le 4 février pour Fasher, afin d’y constituer un troupeau et l’envoyer sur la piste des quarante…“ Je l’ai cru. Le 4 février 1999, je l’ai trouvé dans la salle d’embarquement à peine étonné de me voir. Nous avons attendu toute la journée ensemble que l’avion arrive. »

En vadrouille, le Français se compare à un animal de compagnie, un chameau androgyne dans un troupeau de dromadaires. Un renard qui a demandé à être apprivoisé et qui pleure aux adieux du Petit Prince. Il évoque notamment son ami Hafez, « une énigme ». Analphabète, il est son traducteur depuis le début, et comme lui, un intuitif. Celui-ci démontre la vérité de l’enseignement universel. « Lorsque je ne parviens pas à échanger directement », explique Iverné, « dans des dialectes ou même en arabe soudanais, il trouve instinctivement les mots arabes simples et les images adaptées aux niveaux de langages respectifs de chacun. En 2004, Médecins sans Frontières m’embarque chez les nomades pour aider à les comprendre lors d’une mission vaccination. Le convoi passe pile devant le campement d’Hafez, alors qu’il y selle deux chevaux. “J’ai entendu dire que tu étais dans la région, alors j’allais te chercher !”, me lance-t-il alors. »

En 2015, la Fondation Cartier-Bresson lui attribue le prix éponyme pour son projet, encore à développer. Consécration. Selon Quentin Bajac, membre du jury, « Claude Iverné se replace dans ce mouvement qui, depuis les années 1970, s’interroge sur une autre manière de dire le monde contemporain et une certaine actualité ». Il est sensé retourner au Soudan poursuivre son exploration. Mais le Soudan n’est pas une terre sans danger. Au sud, selon l’intéressé, on passe du rêve au cauchemar sans prévenir. Et comme Cartier-Bresson, on tire avant de saluer. Au sud se sont concentrés beaucoup de maux historiques. S’y rajoutent désormais ceux du XXIe siècle : ses amalgames, le terrorisme de l’argent roi. Alors qu’il doit y retourner dans le cadre du prix à l’automne 2016, Claude Iverné renonce, au nom, notamment, de sa fille Camille, bientôt 10 ans. En novembre, au détour du boulevard de Strasbourg à Paris, à deux pas de son domicile, il confie : « Aucun laurier ne vaut la chandelle. Brassens chantait : “Mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente”. Lorsque j’ai annoncé à ma fille, la veille du départ, que l’avion pour Juba décollerait sans moi, elle s’est approché yeux fermés et sans mots et m’a étreint fort dans ses bras. »

Qu’importe, le travail déjà effectué est colossal. Il le complète par un certain nombre de rencontres avec des Soudanais en Europe, réfugiés notamment. Ils sont dans le catalogue associé de l’exposition, publié par Xavier Barral, tous deux intitulés Bilad es sudan (« le pays des noirs »), avec toutes les autres images. Avant cet ouvrage, Claude Iverné a publié trois volumes intitulés SudanPhotoGraphs, sortes d’objets souples incompréhensibles au premier abord et très complets au second. Des cahiers à la maquette aléatoire, remplis de photographies, de cartes, d’écrits personnels, d’anecdotes recueillis, tels de grands carnets de route. Tout y converge vers la nécessité d’arrêter le regard et d’interroger.

Claude Iverné a beau être poète, littéraire et un peu bohème, il y a dans ce travail au long cours sur le Soudan une importante dimension d’archive, à la fois historique et actuelle. Presque une manière d’inventorier les hommes et les choses de ce pays, que l’on peut apercevoir dans ces mosaïques de portraits de Soudanaises et Soudanais qui font penser à un trombinoscope scolaire. Un côté bien plus pragmatique qu’il ne veuille bien l’admettre, et qui rappelle un autre illustre photographe. « On peut parler de justesse chez Claude Iverné », explique Quentin Bajac. « Lorsqu’on dit que ses images nécessitent beaucoup d’attention, je pense à de grands photographes. Ce sont des références un peu écrasantes pour Claude Iverné, mais on peut en exemple citer August Sander. Nombre d’images du photographe allemand sont des icônes, mais ce sont en même temps des images difficiles à comprendre : elles nécessitent une assez bonne compréhension de l’Allemagne de l’époque pour totalement se laisser apprécier, car elles agissent souvent sur des détails ou font référence à des stéréotypes de l’époque. On retrouve dans les photographies de Claude Iverné cette sorte de justesse, d’attention au détail qui, selon son degré de connaissance du lieu ou de l’histoire, va se laisser appréhender avec plus ou moins de finesse. À la manière de Sander, Claude Iverné incite le spectateur à une certaine connaissance pour enrichir sa lecture. »

Le décalage de son style, le sujet, la correspondance à aucun cadre, font de Claude Iverné une sorte de trublion de la photographie actuelle. On ose le mot politique. Lui nuance. « Politique signifie pour moi réfléchir, désobéir dans le sens de proposer une alternative à l’abrutissement, au formatage. J’entends trop souvent qu’il faut s’adapter au public, le prendre par la main, lui expliquer… Comme si le public était constitué d’une masse informe dénuée de ressources vives. Je persiste à penser que l’art peut ériger un rempart au marché, même si bien des artistes s’y dissolvent. »

Il revendique ainsi l’autonomie intellectuelle, « une lutte, un effort permanent contre l’abrutissement ». Un jour, alors qu’il est enfant et rentre de l’école avec sa mère, elle lui glisse : « Que tu penses différemment de tous, même très nombreux, ne signifie pas que tu aies tort. » Elle ajoute après un silence suffisant : « … cela ne signifie pas non plus que tu aies raison. » Aujourd’hui, ce sont plus les livres du philosophe Jacques Rancière qui occupent son temps perdu, et l’ennui indispensable à chaque réflexion. Surtout Le maître ignorant, livre qui, en ravivant la mémoire d’un personnage singulier de l’histoire de l’éducation – Joseph Jacotot –, pose la question politique fondamentale de l’égalité. Dans les influences, il y a aussi l’introduction de T.E. Lawrence dans The Seven Pillars Of Wisdom, Le petit Prince, le film Mon voisin Totoro de Miyazaki, les correspondances et entretiens de Walker Evans, Rimbaud, le journal d’Eugène Delacroix, les critiques de Baudelaire, les écrits de Giacometti, et ceux sur l’art de Matisse. D’autres passions ? Quelques accumulations d’objets ramassés au sol, de déchets écrasés sur toutes les routes et pistes de la planète, une collecte de feuilles mortes délicatement conservées depuis dix ans, des fossiles, et une collection de graines d’arbres plantées ci et là en cachette.

Aussi étrange que cela peut paraître, avant de devenir explorateur d’Afrique, Claude Iverné a été photographe de mode, portraitiste, photographe commercial. Des images plutôt dans un ton sobre et proche des soudanaises, mais peut-être plus esthétisantes et agrémentées de l’indispensable beauté féminine. De ce temps, il se rappelle quelques histoires mémorables, notamment depuis New York et en compagnie d’Alexander Liberman, directeur artistique de Vogue. « Un jour, j’avais griffonné un petit mot à l’attention d’Alexander Liberman après avoir lu une interview édifiante où le maitre de Condé Nast y affirmait l’insuffisance du talent pour émerger. Il sortit d’une limousine et pénétra majestueusement dans une galerie de l’Upper East Side où se tenait une exposition de ses peintures, entourée de deux magnifiques femmes d’une remarquable élégance. J’entravais le cortège, une minuscule enveloppe tendue vers lui. Je le rencontrai dès le lendemain, mais plus tard, à cause d’une commande des 3 Suisses que je devais honorer et pour laquelle je dus rentrer en France, nous perdîmes contact. »

Voici donc venu le temps de la reconnaissance pour le Bourguignon Claude Iverné, 54 ans, avec une exposition, un livre et les honneurs qui vont avec. Un proche évoque la dépression qui vient à la suite de tels évènements. Il répond que les projets ne manquent pas. « Moi qui n’ai jamais possédé de télé, je suis tombé sur un extrait du Seigneur des anneaux, au moment où le petit aux grandes oreilles pointues répond au héros : “Tout ce que nous avons à décider, c’est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti…” Je sais qu’au fond de là où j’ambitionne de me retirer, je crains manquer de temps pour m’ennuyer. » Il y a donc en prévision deux livres, un sur Rashid Mahdi, photographe, écrivain, et cinéaste soudanais, et l’une de ses plus belles rencontres ; un second sur l’histoire unique de la photographie au Soudan, un herbier photographique, et fonder une école libre où chacun apprend ce qu’il veut. Avant cela, il y a une expérience complète, à la Fondation Cartier-Bresson, faite d’images, de textes et de sons. Elle est à parcourir comme le maître des lieux le souhaiterait : avec le museau allongé.

Jonas Cuénin

 

100 MAGOU SAMB et MATEO 05 06 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 11 h 40 min

autocollant 1

 

MAGOU SAMB

 

magou samb

 

Dans son nouvel album Dom Adama, dédié à la cause écologiste et humaniste, le Sénégalais Magou Samb aborde divers thèmes liés à l’effet négatif de l’homme sur l’environnement, tels que la pollution et le réchauffement climatique, comme dans « Dom Adama » (« le pollueur », et littéralement « fils d’Adam » ou « l’homme », « l’être humain » en wolof) ou « Guygui » (le baobab rebelle). Il y parle aussi de la force de l’amour, de la justice, de la paix dans le monde, et rend hommage aux femmes.

Delafosse

Artiste musicisien pro, chant et guitare, hip hop awards Senegal « audience baykat», nomination prix Charles cros 2006,Album

1992 – 1996

Magou est né au Sénégal, à Ngor, un village de pêcheurs situé à la pointe ouest de Dakar, à la pointe ouest de l’Afrique. C’est ici que vit le « Ndeup », rythme traditionnel « Lébou » où se mêlent chants, danses et percussions et dont la pratique peut aller jusqu’à la transe mystique. Magou a créé son propre répertoire et s’est produit sur scène avec son groupe Le Dakar Transit durant plus de dix ans.
Très vite repéré par le label Network (Oumou Sangare, Desert Blues…) Magou est parti enregistrer en Allemagne son premier album « Africa Yewul » (Afrique, réveille-toi), sorti chez Harmonia Mundi en 2006. Ce premier opus a été salué par la critique et récompensé par l’Académie Charles Cros.

Activités et associations : musicotherapie

 

C’est un retour aux sources, un mélange de racines et de modernité. Alliant voix, guitares acoustiques et percussions, sur des univers très variés, Dom Adama est une invitation à un voyage dans l’émotion et la douceur au fin fond de

L’Afrique et à travers le monde…

Dom Adama est enregistré avec le groupe Dakar Transit composé de divers artistes rencontrés durant son séjour à Paris : des artistes talentueux et généreux, des coups de foudre musicaux et humains !

 

Un voyage sans visa ni frontière…

Yeremêl jamyi

Magou auteur,compositeur ,

Arrangements et real :Magou et Diogal

Paroles

Yeremêl jamyi c’est l’histoire d’un parisien toujours stressé, toujours dans le speed,qui ne salut jamais ses voisins,il est allé se recueillir dans le désert de retour à paris ,un oiseau lui dit si tu veux la paix commence d’abord à dire bonjour,il a commencé à saluer ,même dans le metro,un jour sa voisine à répondu ,une semaine aprés ils ont pris un café ensemble,aujourd’hui c’est leurs mariage !!

Originaire de l’île de Ngor, un village de pêcheurs lébous situé à la pointe ouest de Dakar au Sénégal, Magou grandit au son du « ndeup », rythme traditionnel des Lébous mêlant chants, danses et tambours sabars et dont la pratique peut aller jusqu’à la transe mystique. Sorte de musicothérapie ou cérémonie d’exorcisme ancestrale chez les Lébous, le « ndeup » a pour fonction de soulager la maladie (notamment mentale) mais aussi de reconnaître les esprits ancestraux…

Africa Yeweul

 

C’est dans cet univers sonore et musical et par la pratique des chants religieux que Magou forme sa voix rauque et puissante, et son jeu de guitare teinté de mbalax, de musique mandingue,afro-cubain, afro-jazz et reggae de blues et de folk. Auteur, compositeur et interprète, Magou crée son propre répertoire et se produit sur scène avec son groupe Dakar Transit pendant plus de dix ans. Très vite repéré par le label Network (Oumou Sangaré, Desert Blues…) Magou quitte le Sénégal et s’envole pour l’Allemagne où il enregistre Africa yewul (Afrique, réveille-toi), son premier album sorti chez Harmonia Mundi en 2006. Salué par la critique et récompensé par l’Académie Charles Cros, Africa Yewul évoque l’union africaine, les souffrances et l’espoir d’un peuple, mais aussi l’amour, la foi et la solidarité, nécessaires dans un monde où chacun ne vit que pour soi.

Magou puise sa musique dans la tradition mais aussi dans le jazz, la soul et la musique afro-cubaine. Il prouve et confirme au grand public qu’il est avant tout un homme de scène et un grand chanteur. On distingue sa voix entre mille et ses textes en wolof en français ou en anglais sont ancrés dans le vécu, dans l’émotion et dans le partage.

Network medien

www.facebook.com/magousambofficiel/

www.networkmedien.de/200-2-Africa-Yewul-Afrique-Senegal-CD.html

 

Bio1: Nouvel Album MAGOU SAMB

 

Dans son nouvel album {Dom Adama}, dédié à la cause écologiste et humaniste, le Sénégalais Maguette Samb aka Magou aborde divers thèmes relatifs à l’effet négatif de l’homme sur l’environnement, tels que la pollution et le réchauffement climatique, comme dans « Dom Adama » (« le pollueur », et littéralement « fils d’Adam » ou « l’homme », « l’être humain » en wolof) ou « Guygui » (le baobab rebelle). Il y parle aussi de la force de l’amour, de la justice, de la paix dans le monde, et rend hommage aux Femmes.

 

{Dom Adama} est comme un conte parlant de l’homme moderne face à la surconsommation et le stress dans les grandes villes : « Un Parisien qui part dans le désert, les pieds nus, sans trouver de réponse ! De retour à Paris, un oiseau lui dit : « Tu veux la paix ? Sois en paix avec toi-même, commence à dire bonjour à tes voisins et respecte ton environnement !!! «  »

 

C’est un retour aux sources, un mélange de racines et de modernité… responsable. Alliant voix, guitares acoustiques et percussions, sur des univers très variés, {Dom Adama} est une invitation à un voyage dans l’émotion et la douceur au fin fond de l’Afrique et à travers le monde, brisant ainsi les frontières…

 

Le 2ème titre de l’album, « Soma Bëgué » (si tu m’aimes en wolof), est un mélange harmonieux de rythmes mbalax du Sénégal avec du flamenco espagnol, un métissage musical et un pont culturel entre le Sénégal et l’Espagne, entre l’Afrique et l’Europe. Quant à « Dom Adama », c’est un duo (voix, guitare, accordéon), un clin d’oeil à la France !

 

Dom Adama est enregistré avec le groupe Dakar Transe composé de divers artistes rencontrés durant son séjour à Paris (France) : des artistes talentueux et généreux, des coups de foudre musicaux et humains ! Un voyage sans visa ni frontière…

 

 

Biographie

Matéo SIXSTRINGS, auteur compositeur et interprète, se distingue par la chaleur de la voix et l’originalité de son univers.

 

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Dans la tradition des conteurs, il met en musique de véritables histoires, qui nous racontent toutes et tous.

Les chansons, teintées d’amour, de tendresse, et d’humour, invitent au partage.

Il emmène le public vers des contrées où le coeur trouve ses raisons, où l’impossible devient possible.

La poésie y fait l’amour au rock, au blues, au reggae et le «groove » y trouve son compte.

 

 

A l’origine de plusieurs formations, collaborant avec d’autres artistes, toujours prêt pour une nouvelle aventure musicale, il n’a eu de cesse de proposer du neuf, porté par une énergie fraternelle.

 

Conscient que le domaine musical a été exploré maintes et maintes fois, il apporte à ses découvertes, la lucidité de son regard et la délicatesse de sa plume. A la suite d’un premier CD auto produit, sorti en 2009, intitulé « Cargo Tango », dont le titre est celui d’une chanson de l’album, il travaille actuellement sur un nouveau CD, dont la sortie est prévue pour la fin de cette année (2012).

 

Plus d’une centaine de concerts à son actif font de Matéo SIXSTRINGS un artiste confirmé.

9 novembre 2020

99 CSPB 30 05 2017

Classé sous CSPB — SQUALE @ 11 h 30 min

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L’Emission mensuelle du Comité le dernier mardi du mois pour un tour d’horizon de l’actu en Euskal Herria. Avec dans le studio des membres du Comité.

Retrouvez toute l’info sur le blog du CSPB

http://cspb.unblog.fr

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98 LE CRIC Mantes la Ville 23 05 2017

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 11 h 24 min

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ça booste recevait Romain du CRIC Collectif de Réflexions et d’Initiatives Citoyennes

Ça booste sous les pavés, Mantes-la-Ville 3 ans après

 

Mardi dernier Squale recevait Romain Carbonne dans son émission « Ça booste sous les pavés » pour discuter du CRIC, de Mantes-la-Ville, du FN et de politique.

Vous pouvez écouter l’émission sur le site de Radio libertaire (FM 89.4).

 

RAPPEL DES FAITS QUI ONT VU UNE VILLE OUVRIERE ET TRADITIONNELLEMENT A GAUCHE BASCULE DANS LA FANGE FN. Soixante ans que la gauche était au pouvoir à Mantes-la-Ville. La SFIO (Section française de l’internationale ouvrière), puis le Parti socialiste, puis le Parti communiste français, puis de nouveau le PS. Et il y a eu mars 2014. Un « cataclysme », selon les personnalités politiques locales. « Même si le contexte du Parti socialiste au niveau national n’était pas bon, on n’aurait jamais imaginé que le Front national pouvait passer à Mantes-la-Ville », analyse Annette Peulvast, ancienne maire PS, entre 1995 et 2008.

Et le contexte des socialistes au niveau local ? Pas très glorieux, aux dires des habitants… Pas une personne rencontrée lors du reportage diffusé ci-dessus qui ne mentionne la guerre que se sont livrée les deux candidates PS aux dernières élections municipales : Annette Peulvast contre Monique Brochot, maire PS de 2008 à 2014. « Des diffamations, des insultes, des messages anonymes, une vraie campagne d’humiliation venant des deux cotés », affirme une habitante, rencontrée lors d’une réunion d’un collectif de réflexion citoyenne. « On est tous responsables » de la division de la gauche et de la victoire du Front national, avoue Monique Brochot, avec maintenant huit mois de recul.

Mais elle est bien la seule à faire son mea culpa. « Si je ne m’étais pas portée candidate, mes électeurs auraient voté Front national », persiste Annette Peulvast. Du côté d’Éric Visintainer, candidat de droite, la gauche est entièrement responsable de cet exploit frontiste. Et, pour Fabrice Andreella, autre candidat de la droite, « aucun accord n’était possible au second tour pour se rassembler contre Cyril Nauth ». À la veille du second round électoral, l’impasse était totale. Les électeurs de gauche étaient déboussolés par deux listes concurrentes et les électeurs de droite se retrouvaient sans consigne de vote. Le lendemain, Cyril Nauth remportait la bataille avec à peine 30,26 % des voix.

Consultez notre dossier : Mantes-la-Ville : portrait d’une ville FN

Les projets concrets du nouveau maire FN de Mantes-la-Ville se comptent sur les doigts d’une main. Baisse des subventions pour les associations, nettoyage des tags, annulation des baptêmes républicains, disparition du drapeau européen sur le fronton de la mairie, et gel d’un projet de salle de prière pour la communauté musulmane.

« Le nouveau maire ? Mais il ne fait rien du tout, il attend », affirme un habitant, rencontré sur la place du marché, un dimanche matin. Et il attend quoi ? Depuis mars dernier, Cyril Nauth attendait le rendu d’une décision de justice. Juste après les élections municipales de mars dernier, l’opposition socialiste avait fait un recours en annulation de l’élection. Peine perdue, le recours a été rejeté le 28 octobre dernier. Cyril Nauth est bien le nouveau maire de Mantes-la-Ville.

Le maire compte-t-il désormais accélérer les chantiers ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, beaucoup d’habitants de cette petite commune située dans les Yvelines, presque juxtaposée à sa voisine plus médiatique, Mantes-la-Jolie, sont très impatients de le voir agir. « Laissons-lui sa chance, l’étiquette ne veut rien dire », lâche une dame, sac de courses à la main. « Le FN à Mantes-la-Ville ? Ça ne me choque pas, avoue un jeune, écouteurs dans les oreilles. Ça fait du changement. À eux maintenant de gérer. S’ils gèrent bien, tout va bien. Mais s’ils gèrent mal, ça deviendra plus compliqué »… Après plus de 60 ans de règne de la gauche à la mairie, les habitants de Mantes-la-Ville veulent surtout que « ça bouge ».

Dominé par Emmanuel Macron, le Front national s’en tire finalement plutôt bien à Mantes-la-Ville, seule commune d’Ile-de-France qu’il dirige. Avec 2 289 voix (soit 38 % des suffrages exprimés), il bat même son « record » des municipales de 2014 où il en avait récolté 2 027. Une progression de presque 10 % qui démontre « qu’on continue à convaincre plus de monde », se félicite le maire, Cyril Nauth.

 

Quelques minutes avant les résultats, son premier adjoint Laurent Morin avait fait de ces fameuses 2 027 voix un objectif à dépasser. « C’est un bon résultat, de nouveaux électeurs ont voté FN pour la première fois à Mantes-la-Ville », veut-il retenir à l’issue de leur proclamation.

 

Une analyse à nuancer toutefois : au 1er tour, le parti est resté dans la moyenne locale avec près de 1 800 suffrages recueillis. « S’il y avait une vraie satisfaction à la gestion Bleue Marine, on l’aurait vu avant », tranche Eric Visintainer, conseiller municipal LR.

 

Dans la couronne bleue qui entoure désormais Mantes-la-Ville, le Front confirme son ancrage. Il arrive en tête à Flacourt, un village où il réalise régulièrement de gros scores, frôle l’égalité à Follainville-Dennemont et réalise une percée spectaculaire à Bonnières-sur-Seine avec presque 45 % des voix. En revanche, il échoue lamentablement à Mantes-la-Jolie avec moins de 20 %. Des chiffres scrutés à la loupe chez les Républicains de la huitième circonscription qui ont fait du FN leur adversaire le plus sérieux aux législatives des 11 et 18 juin.

8 novembre 2020

CSPB 27 10 2020

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 15 h 37 min

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ÉGALEMENT SUR LE BLOG DU COMITÉ

 

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Actu’s d’Euskal Herria, le rapport d’Etxerat sur les prisonniers, chronique de Béa d’Askapena sur le covid dans les prisons en Hegoalde, chronique de Maité sur Josu Urrutikoetxea, les artisans de la paix et conférence d’Aiete, ITW de militants Kanaks sur le référendum et la mine de nickel qui risque de fermé avec les conséquences sur l’économie. Chronique de Squale sur la marche des solidarités et le CRA, historique de la conférence d’Aiete en 2011, le journal GARA et sa dette astronomique imposé par l’audiença nationale, l’avenir de l’euskara (langue Basque) et les classes immersives. 

Pour la partie musique : Aurrera Altsasu, Gatibu- Bixotza Suten, Txiki Bang-Bang, Gora Euskadi ETA Askatasuna [Rap&HipHop],  Loretxoa – Exkixu, siroka-bihotzetatik-zintzilik, Voces Clandestinas Feat  Lirika Podrida – Libertarios- Rap Anarquista. Rap KANAKY

   

 

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Une grosse centaine de militants s’est symboliquement unie ce samedi matin devant le centre de rétention administrative. La suite est prévue à 16 heures à Bayonne

La déclinaison basque de la grande Marche des solidarités prévue partout en France ce samedi 17 octobre a été lancée à 11 heures devant le Centre de rétention administrative d’Hendaye (CRA). Bien à l’heure, mais un peu perdu dans les rues d’Hendaye, un groupe de militants venu des Landes espérait bien ne plus jamais avoir à revenir ici. « Courage, c’est peut-être la dernière fois qu’on vient à Hendaye », se motivait-on en pressant le pas, le moral un peu plombé par les événements de la veille et la peur des amalgames qu’ils feront naître.

Repérés par les vigies placées sur les toits de « la prison » hendayaise, les cinq landais de l’association Une École, un toit, des papiers s’unissaient finalement à la centaine de militants alignés derrière les banderoles juste au moment du discours de la présidente de la Cimade Pays basque. « Ça pour marcher on aura marché. Mais on est venu pour ça, et on marchera également cet après-midi à Bayonne. De toute façon moi je continuerai de marcher tant que ma santé me le permettra », s’en satisfaisait Jeanine, « 82 ans et demi ».

Contre les centres de rétention et d’accueil

Au micro, une énième dénonciation de « l’échec d’une approche répressive et sécuritaire au service de l’endiguement et des expulsions et au détriment d’une politique d’accueil qui s’attacherait à garantir et protéger dignité et droits fondamentaux des personnes ». Postée devant un centre hendayais que tous espèrent voir fermer, la représentante de la Cimade dénonce plus largement l’avènement d’« un nouveau pacte européen qui prévoit la création de nouveaux camps, dénommés, centres d’accueil, conjuguée à une nouvelle procédure accélérée aux frontières ».

 

« La Cimade appelle à changement radical des politiques migratoires, pour une Europe qui mette en pratique l’hospitalité et encourage les solidarités sur le fondement de la dignité des droits humain », énonce-t-elle en formulant le vœu « que l’on assure la protection des personnes en exil, et non leur criminalisation, leur précarisation et leur exclusion ».

« Il est urgent que l’État français arrête de nier ses valeurs historiques que sont l’accueil et les solidarités, et il est urgent qu’il comprenne qu’il n’est plus possible de laisser aux réseaux de citoyens la seule responsabilité de prendre en charge les exilés et les réfugiés », annotaient les Landais, en demandant « la régularisation pour tous ».

La suite à partir de 16 heures, depuis l’esplanade Roland Barthes de Bayonne.

 

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19 décembre action de désobéissance civile.

Pour ce qui est des premières mobilisations retenues, les Artisans de la Paix appellent à une action de désobéissance civile pour les prisonniers basques le samedi 19 décembre, à l’occasion du 4ème anniversaire de l’opération de Louhossoa. Cette action sera massive et déterminée, tout en s’inscrivant dans la philosophie pacifique, respectueuse des personnes et plurielle qui anime la démarche des artisans de la paix depuis ses débuts. Nous aurons besoin de centaines de volontaires, prêts à participer à une telle action forte, désobéissante, et prêts à y consacrer leur journée entière, voire d’avantage si nécessaire. Une seconde mobilisation est prévue le 9 janvier 2021.

 

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Appel international en soutien au “négociateur” Josu Urrutikoetxea

L’ancien ministre de l’Intérieur Pierre Joxe, le leader historique du Sinn Féin Gerry Adams, le révérend clé du processus irlandais Harold Good, le professeur Noam Chomsky, l’ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira et de nombreuses autres personnalités et élus ont signé une déclaration exhortant Paris à garantir la protection de Josu Urrutikoetxea. Ils estiment que les procédures ouvertes à son encontre mettent en danger tous les processus de paix en cours et à venir.

 

A trois jours de l’audience devant réexaminer la condamnation prononcée en 2010 à l’encontre de Josu Urrutikoetxea à la cour d’appel de Paris – audience qui va être finalement reportée-, 225 personnalités internationales ont interpelé publiquement l’Etat français en son soutien vendredi 16 octobre. Le texte publié dans plusieurs médias parisiens porte la signature d’acteurs majeurs dans des conflits, notamment des Irlandais (Gerry Adams, Harold Good), des partenaires du processus basque (Brian Currin, Pierre Joxe, Alberto Spektorowski, Raymond Kendall…) et des élus siégeant dans différentes instances à Paris, Madrid ou Bruxelles, des universitaires ainsi que des noms de référence comme Noam Chomsky.

Déjà en avril, alors que le militant basque à la santé fragile se trouvait en prison en pleine crise sanitaire, un texte d’une ampleur internationale recueillait près de 130 soutiens pour demander sa libération. Cette fois, les signataires rappellent le rôle qu’il a eu dans les différentes phases de négociations entre ETA et les Etats espagnol et français et demandent que lui soit accordée la protection.

Les procédures dont Urrutikoetxea fait l’objet « couvrent les périodes de 2005 à 2007 et de 2011 à 2013, périodes durant lesquelles, très précisément, Josu Urrutikoetxea est à Genève puis à Oslo pour négocier avec l’Etat espagnol – et à la demande expresse de ce dernier –, écrivent-ils, avec le soutien technique du gouvernement français et le protectorat diplomatique des Etats suisse et norvégien, pays hôtes ». Ils affirment que « pour ces raisons, la situation actuelle de Josu Urrutikoetxea est simplement inacceptable. Continuer à faire de cet homme un prévenu, pire, un accusé, c’est pénaliser un artisan de la paix en cherchant à l’enfermer dans un passé historique marqué par d’intenses antagonismes ».

« Sans oublier bien évidemment les souffrances, les tragédies et les malheurs causés, de part et d’autre », ils déclarent que « en criminalisant cet homme qui a su, dès les années 80, envisager un horizon pacifié et, par la suite, négocier la paix – y compris au sein de son propre camp –, la France criminalise en effet implicitement tous les négociateurs et in fine remet en cause l’ensemble des processus de paix en cours et à venir ». Le militant basque a déjà souligné dans une interview parue jeudi dans Marianne que cette persécution viole « toutes les normes diplomatiques » concernant la résolution des conflits.

« Les faucons reviennent »

La déclaration internationale relève par ailleurs que son cas n’est pas isolé à travers le monde, évoquant la poursuite en Inde du négociateur Yasin Malik dans le conflit au Cachemire, les actions de la Colombie contre les protocoles de sécurité établis avec les Farc et l’ELN ou « le processus de paix au Kurdistan balayé d’un revers de main par le gouvernement autocratique de la Turquie, les faucons semblent à nouveau jouer contre la volonté des peuples à vivre en paix », estime-t-elle.

Les signataires apportent enfin « [leur] indéfectible soutien à toutes celles et ceux qui érigent le dialogue comme moyen de résoudre les conflits et œuvrent avec patience et détermination pour la paix » et rappellent aux États « leur devoir impérieux d’offrir des garanties juridiques pérennes à celles et ceux qui s’engagent sur la voie difficile du dialogue pour la paix ». Ils demandent à l’Etat français que « cet impératif se traduise en acte ».

Bien que le dossier concernant la condamnation de 2010 ne sera pas examiné ce lundi 19 octobre, les magistrats de la cour d’appel de Paris se pencheront à nouveau sur sa libération sous contrôle judiciaire. Depuis le mois de juillet, cet homme de 69 ans a quitté la prison de la Santé sous surveillance électronique.

 

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Le journal Gara a atteint son objectif

Grâce à la campagne “Souscris au futur”, Gara a trouvé les 10 000 abonnés nécessaires pour faire face à la dette du journal Egin contractée auprès de la Sécurité Sociale que la Justice espagnole lui a transférée. Un montant de plus de 3 millions d’euros. Le quotidien doit encore payer un million d’euros avant le printemps 2021.

Le logo du journal Gara a retrouvé sa couleur rouge ce jeudi 22 octobre. Un logo qui était passé à la couleur noire le temps que le quotidien rassemble les moyens nécessaires pour faire face à la dette héritée du journal Egin, par décision de la justice espagnole en 2003. La campagne « Souscris au futur » qui a démarré il y a neuf mois a été atteint son objectif : 10 000 abonnés au journal. Une belle réussite qu’a soulignée la direction du journal, lors de ses remerciements.

La Justice espagnole a fait porter à Gara la dette qu’Egin avait contractée auprès de la Sécurité Sociale. Une dette ascendante à 3 millions d’euros. Au départ, elle était de 4,7 millions d’euros. Finalement, un accord a été trouvé et le journal a dû débourser 500 000 euros par semestre. Deux paiements restent à effectuer, le premier ce 26 octobre et le dernier au printemps 2021.

Le fait d’obtenir les moyens nécessaires pour faire face à cette dette symbolise une réussite collective en faveur de la liberté et l’indépendance de la presse. Dans ce sens, le directeur du journal Gara, Iñaki Soto, et le responsable Marketing et Communication du journal, Asier Iñigo, ont utilisé le mot « victoire » lors d’une interview diffusée par Naiz Irratia ce jeudi 22 octobre. « Il s’agit d’un formidable effort collectif, a résumé Asier Iñigo, joyeux et fier. Nous sommes plus forts qu’il y a deux ans, notre communauté s’est agrandie et renforcée ».

Le directeur a souligné la valeur des médias Gara et Naiz, et n’a pas oublié les difficultés et inégalités rencontrées : « Alors que certains reçoivent des aides, nous avons dû payer trois millions d’euros. Publier tous les jours a été un grand exploit. Il n’y a pas beaucoup d’exemples de la sorte dans le monde. L’effort a été porté de génération en génération. C’est une bonne chose pour ce pays », a déclaré le directeur.

Des nouveautés à l’horizon

Une dette comme celle à laquelle le journal a dû faire face est encore plus indignante si l’on tient en compte le contexte de crise sanitaire. Une période durant laquelle les médias indépendants et portant un regard critique sur l’actualité sont plus nécessaires que jamais.

Gara regarde à présent vers l’avenir pour poursuivre ce travail laborieux en développant le projet. Comme l’ont expliqué les responsables, la campagne de souscriptions va également servir à franchir de nouveaux pas vers une transition digitale. Iñaki Soto a annoncé que prochainement, des nouveautés seront présentées : « Nous verrons ces fruits peu à peu ».

 

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L’Education nationale fait marche arrière sur l’immersion en basque

La classe immersive de l’école Basté-Quieta va rouvrir dans un délai « très rapide » et les autres projets d’expérimentation 100 % en langue basque seront acceptés. Une réflexion sera lancée en novembre pour poser un cadre et une méthodologie aux parcours bilingues de la maternelle au lycée.

 

Après des mois de mobilisations, la bataille a payé. A peine élu à la tête de l’Office public de la langue basque (OPLB) dont l’assemblée générale s’est tenue ce jeudi 15 octobre, Antton Curutcharry a pu dévoiler à la presse que l’affaire Basté-Quieta avait débouché sur une « issue heureuse ». Au cours de la réunion qui s’est déroulée mardi 13 octobre au ministère de l’Education nationale à Paris, une délégation d’élus basques avait haussé le ton et exigé une réponse pour ce jeudi.

Contre toute attente, la rectrice d’académie de Nouvelle-Aquitaine, Anne Bisagni-Faure a confirmé l’ouverture prochaine de la classe 100 % en langue basque de l’école publique de Saint-Pierre-d’Irube. « L’objectif est de poursuivre le développement de l’enseignement en langue basque » a-t-elle expliqué. « Nous souhaitons éviter d’être à nouveau confrontés à des difficultés » a-t-elle poursuivi, assurant que plus aucun projet d’expérimentation immersive dans le public ne serait refusé.

« L’expérimentation a été validée, les modalités restent à préciser » a ajouté Antton Curutcharry. Dès le mois de novembre, des discussions seront lancées pour préciser les « axes de travail » et la méthodologie « pour parvenir à créer des parcours d’enseignement bilingues cohérents et complets », a affirmé le sénateur Max Brisson. « Il va falloir coconstruire une méthodologie et sécuriser le système. Nous sommes prêts à travailler si c’est au profit de la production de locuteurs complets ».

Qu’est-ce qui a conduit le Gouvernement à revoir ainsi sa position ? Pour la conseillère départementale Bénédicte Luberriaga, la mobilisation citoyenne et des élus a été déterminante : « Je pense qu’ils [les représentants du ministère] ont compris que c’était un consensus social de tout le Pays Basque ». « On est allé assez loin, mardi… » avoue la sénatrice Frédérique Espagnac. « On a atteint un niveau de franchise que peut-être on n’avait jamais atteint auparavant. On a su rappeler plusieurs choses. Mais en sortant de ce rendez-vous, on était loin de penser qu’on aurait le résultat d’aujourd’hui ».

L’OPLB sauvé

« C’est une victoire et un espoir significatif pour le développement de la langue basque » s’est réjoui le président de l’OPLB. « Trois choses ont été sauvées. La classe immersive de Basté-Quieta et les projets d’expérimentation. Mais ce soir, on a aussi sauvé l’OPLB, cette grande machine qui travaille à cette politique publique linguistique ».

Le maire de Saint-Pierre-d’Irube, Alain Iriart, a déclaré que les élus feraient tout leur possible pour que la classe 100 % en langue basque de l’école Basté-Quieta ouvre dès la rentrée des vacances de la Toussaint qui démarrent ce vendredi.

 

 

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Suite à l’Assemblée des Artisans de la paix du 17 octobre.

Ce 17 octobre, à la date d’anniversaire de la Conférence International d’Aiete, 60 personnes dont des représentants d’organisations et des élus, se sont réunies en assemblée extraordinaire conviée par les Artisans de la Paix afin de déterminer ensemble, les nouvelles initiatives à construire au lendemain de la journée de mobilisation du 19 septembre.

Nous l’avons toujours dit et nous l’avons montré : la question des prisonniers est intimement liée à celle des victimes quelles qu’elles soient. Ce sont deux expressions cruelles d’une même histoire qu’il faut traduire en construction du vivre ensemble. Mais, aujourd’hui, il y a un obstacle qui entrave le chemin de la paix et la construction du vivre-ensemble: c’est le blocage sur le dossier des prisonniers. Après 10 années d’unilatéralité qui ont vu l’arrêt définitif de la lutte armée, le désarmement total et sans conditions, et la dissolution de l’ETA, il n’y a pas de la part des Etats, de réponses à la hauteur des enjeux. Il est temps que les pouvoirs publics entrent résolument dans la démarche. Ce sont les pas des uns et des autres qui permettront d’avancer.

Partant du constat que notre dynamique actuelle de mobilisation n’était pas suffisante pour être entendu à Paris, l’assemblée du 17 octobre a travaillé par ateliers sur la façon d’élargir notre champ d’interpellation avec de nouvelles initiatives diplomatiques, pédagogiques, et de nouvelles formes de mobilisations. Il a été décidé d’agir de façon plus forte, non seulement sur le territoire du Pays Basque, mais bien au-delà, car la question que nous voulons résoudre au Pays Basque est une question universelle ! Si les actions diplomatiques, pédagogiques et politiques doivent demeurer, il est paru évident que de nouvelles formes de mobilisations devaient être mises en place.

L’assemblée générale des Artisans de la Paix a décidé d’impulser un cycle de mobilisation, déterminée et permanente. Cette mobilisation montera crescendo dans les mois à venir, jusqu’à que le blocage politique et le traitement d’exception que subissent les prisonniers basques et qui empêche leurs libérations cèdent enfin.

 

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ETXERAT (22-10-2020). L’ex-prisonnier politique de Durango Asier Aginako Etxenagusia est mort aujourd’hui des suites d’une longue maladie. Etxerat envoie son plus chaleureux salut et son entière solidarité à sa famille et à ses ami.e.s.

Après avoir été opéré en janvier 2019 en lien avec la maladie dont il souffrait, Asier Aginako avait été libéré le 31 janvier de la même année. L’Audience Nationale avait accepté la demande de suspension de peine déposée par ses avocats en raison de son état de santé et de son droit à être traité et suivi dans les meilleures conditions possibles. Asier avait alors 43 ans, et était incarcéré depuis 15 ans.

Nous rappelons qu’en 2019, Oier Gomez et Joxe Angel Otxo de Eribe étaient également décédés après de longues maladies contractées en prison. La cruauté de la politique pénitentiaire d’exception apparaît plus crûment encore dans le cas de ceux qui sont atteints de maladies graves et incurables.

18 prisonniers figurent aujourd’hui sur la liste de ceux qui souffrent de telles maladies. Leur maintien en prison, et plus encore dans le contexte actuel de pandémie, conduit à l’aggravation de leur maladie et pousse leur situation à l’extrême. Il faut les libérer immédiatement.

Nous les voulons vivant.e.s et à la maison!

 

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Euskaraldia vient renforcer l’usage du basque

L’initiative aura lieu du 20 novembre au 14 décembre. Elle a été présentée ce mardi 20 octobre à Bayonne. Au total, 421 communes participeront à la campagne Euskaraldia, dont 66 du Labourd, de Basse-Navarre et de Soule.

IURRE BIDEGAIN|2020/10/24 17:45|0 IRUZKIN 

Le hall principal de la mairie de Bayonne a accueilli la présentation de l’initiative Euskaraldia ce mardi 20 octobre. Avant la campagne qui aura lieu du 20 novembre au 4 décembre pour accroître l’utilisation de la langue basque dans tout le pays, la télévision locale Kanaldude et le réseau de radios Arrosa Sarea ont enregistré une émission spéciale qui a rassemblé plusieurs acteurs du territoire.

 

La coordinatrice Arrate Illaro a pris la parole lors de la conférence de presse. Elle a été rejointe par Amets Lahetjuzan, membre d’Euskal Konfederazioa, Kike Amonarriz, président d’Euskaltzaleen Topagunea, Jean-René Etchegaray, président de l’Agglomération Pays Basque et maire de Bayonne, Antton Curutcharry, président de l’OPLB et Miren Dobaran, membre du Gouvernement basque.

Des centaines de communes

Tous les représentants ont souligné l’importance de la participation et de la mobilisation citoyenne pour le déroulé d’Euskaraldia. Ils ont fourni des éléments mettant en valeur le travail accompli jusqu’à ce jour. Il y a deux ans, 405 communes s’étaient inscrites. Cette année, elles sont déjà 421.

De plus, 6 737 entités ont organisé 25 000 espaces de pratique de l’euskara, dits « Arigune », dans 8 200 établissements situés sur l’ensemble du Pays Basque. En conséquence, les citoyens auront accès à de nombreux espaces où ils pourront parler le basque.

Antton Curutcharry, vice-président de la politique linguistique et de la culture au sein de l’Agglo, a expliqué que la CAPB proposera 30 espaces de pratique pendant l’Euskaraldia. Il a également salué les efforts des offices de tourisme, dont dix seront engagées dans cette initiative. Les 158 mairies du Pays Basque Nord encouragent également à participer à la dynamique, comme en témoignent les lettres qu’elles ont envoyées. L’Agglo organise également dix formations dédiées aux travailleurs et aux élus.

Deux rôles

« Nous sommes ici pour lancer un appel aux citoyens pour qu’ils participent à Euskaraldia », a déclaré Kike Amonarriz. Dans ce sens, il pense qu’il est indispensable de participer à la dynamique en s’inscrivant dans un des deux profils : Ahobizi (parole vivante) et Belarriprest (oreille aux aguets). Concernant les rôles, il a souligné que « ceux-ci n’ont rien à voir directement avec le niveau de connaissance, mais avec le comportement qui sera adopté ».

Ahobizi sera celui qui parlera basque avec tous ceux qui comprennent cette langue pendant ces 15 jours, celui qui dira le premier mot toujours en basque, et qui continuera à parler en basque avec ceux qui le comprennent. Pour être Belarriprest, il suffira de comprendre le basque et de montrer une volonté de parler basque aux autres.

« Nous devons utiliser le basque, car c’est le seul moyen de garantir son avenir. La transmission et l’utilisation sont indissociables », a déclaré Amets Lahetjuzan, membre d’Euskal Konfederazioa. Elle a rappelé que parler en basque avec n’importe qui n’est pas facile. Elle estime qu’Euskaraldia peut être l’outil parfait pour surmonter ces peurs et ces inquiétudes.

Jean-René Etchegaray s’est montré fier de pouvoir participer à l’initiative et d’accueillie la présentation de la dynamique à Bayonne. Il a rappelé qu’avec le gascon, le basque a été déclaré langue officielle, et que la CAPB développerait une politique linguistique ambitieuse.

L’inscription peut se faire sur le site Euskaraldia, aux points d’information qui seront mis en place dans les communes ou via l’application créée pour les mobiles.

 

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Cela fait 45 ans que Txiki et Otaegi ainsi que trois membres du FRAP ont été exécutés par le régime franquiste. Depuis, la gauche abertzale organise le 27 septembre la journée du combattant pour rendre hommage à ceux “qui ont donné leur vie pour la liberté du Pays Basque”. Cette année, elle organise une manifestation itinérante qui commencera à Saint-Jean-de-Luz et se terminera à Ciboure.

 

Juan Paredes « Txiki » et Angel Otaegi, ainsi que trois membres de l’organisation armée FRAP, ont été tués le 27 septembre 1975 par le régime franquiste. Depuis, la gauche abertzale organise chaque année le Gudari Eguna à cette date. Selon un communiqué, la journée est devenue « une journée pour rendre hommage à tous les combattants qui ont donné leur vie pour le Pays Basque ».

Le mouvement indépendantiste veut souligner le fait que des milliers de citoyens se sont joints à la lutte pour les droits du Pays Basque sans interruption ces dernières décennies, « avec des niveaux d’engagement différents ». Il estime que cette générosité a permis d’avancer : « Nous avons gardé le pays, notre langue et notre culture vivantes, et l’opportunité d’être libre et indépendant ».

 

Le travail des abertzale au premier plan

Cette année, le Gudari Eguna aura lieu dans un contexte particulier, grâce notamment aux résultats électoraux réalisés par les abertzale ces dernières années. Cela a été souligné : « Aujourd’hui, des milliers de personnes continuent à donner le meilleur d’eux dans divers domaines du militantisme ». La politique, le syndicalisme, la culture basque, le mouvement féministe, la jeunesse et les prisonniers politiques basques sont notamment mentionnés.

Sans renier que le mouvement abertzale a eu « des contradictions et des désaccords habituels », le communiqué souligne le travail et la disponibilité de tous, et se tourne vers l’avenir « afin d’accélérer et accumuler les forces plus que jamais pour continuer à donner le meilleur pour le Pays Basque ».

 

la rhune

 

Bars, restauration, boutiques et commodités habituellement proposés au sommet ne seront pas accessibles au public à compter de ce jeudi 22 octobre 2020

Randonneurs et vacanciers qui prévoyaient, ces prochains jours, de gravir la Rhune trouveront porte close dans les ventas du sommet à compter de ce jeudi 22 octobre 2020. Si le train continue à fonctionner jusqu’au 1er novembre inclus, avec des départs tous les trois quarts d’heure de 9 h 15 à 16 heures, le confinement en Navarre contraint les commerçants à abaisser leur rideau.

Moins de temps au sommet

Bars, restaurants, boutiques et commodités étant inaccessibles, les gestionnaires du train à crémaillères ont décidé de limiter le temps passé en haut du site à 45 minutes à partir de demain (jeudi).

Plus de renseignements et réservations sur le site Internet www.rhune.com.

 

navarre

 

La Navarre ferme ses frontières

Hier, la président du gouvernement de Navarre, Maria Chivite, a annoncé que l’entrée et la sortie de la province autonome de Navarre seront restreintes pendant quinze jours à partir de minuit ce jeudi. Cette nouvelles mesure durera donc jusqu’au 4 novembre et doit répondre au vif regain de l’épidémie. En Navarre, les taux d’incidence avoisinaient hier les 900 cas pour 100 000 Habitants.

Parmi les autres mesures, les bars sont fermés et les commerces devront fermer à 21 heures. Les transports seront réduits de 50 % et les contacts familiaux sont limités. Certaines villes avaient déjà été confinées à nouveau. « Je suis conscient que les citoyens sont fatigués. Nous sommes confrontés à une expérience difficile, mais le virus est toujours virulent car nous n’avons pas d’outils. La mobilité et l’activité bénéficient au virus », a indiqué Maria Chivite.

Au sujet de cette mesure, Eric Spitz a confirmé qu’il y aura « des contrôles renforcés à la frontière, mais pas forcément dans cadre sanitaire, plutôt dans le cadre lutte contre le terrorisme à partir du 1er novembre ». Il semblait ignorer ce mardi matin la décision prise par Maria Chivite, indiquant qu’on pourrait se rendre dans les benta alors qu’il ne sera pas possible d’aller à Dantxarria ni à Luzaide en raison de la fermeture de la frontière. Les habitants du Pays Basque Nord ont la possibilité de se rendre en Navarre uniquement pour des motifs de travail, éducatif ou de santé, comme l’autorise la présidente de la province.

 

contre les prisons

 

Les détenus ont-ils une valeur marchande ? La privatisation du milieu carcéral dans de nombreux pays a enrichi une kyrielle de multinationales. Force de travail à moindre frais, consommateur enchaîné, la politique d’incarcération de masse a été soutenue par de puissants lobbys. De la prison ferme à l’immigration, en passant par la liberté conditionnelle, la privatisation s’attaque à l’ensemble du système correctionnel pour en tirer profit, au détriment de l’intérêt sociétal. Par Arthur Deveaux-Moncel et Florian Mattern.


Dans Surveiller et Punir, Michel Foucault date l’apparition du phénomène carcéral massif à la Révolution française, et plus précisément à la Constituante de 1791. « Entre le crime et le retour au droit et à la vertu, la prison constituera un espace entre deux mondes, un lieu pour les transformations individuelles qui restitueront à l’État les sujets qu’il avait perdus », écrit Jonas Hanway en 1775 dans The Defects of Police. Auparavant, la prison occupait une place résiduelle dans la hiérarchie des peines : l’ordonnance criminelle de 1670 limite son rôle aux lettres de cachet et à l’incarcération de mauvais débiteurs. Le changement faisant suite à la Révolution française est soudain et foudroyant, comme en témoigne le projet de Code criminel présenté à la Constituante par Le Peletier, qui proposait encore une diversité des châtiments : un « théâtre des peines ». En quelques années, la détention devient la forme essentielle du châtiment, transformation consacrée par le Code pénal de 1810. À cette époque, on assiste à une « colonisation de la pénalité par la prison » en Europe, écrit Foucault. Cette mutation touche en effet tant le Saint-Empire de Joseph II que la Russie de Catherine II, qu’elle dote d’un « nouveau code des lois ». À partir de la Restauration, 40 à 43 000 détenus peuplent les prisons françaises, soit un prisonnier pour 600 habitants.

Cette solution uniforme prête le flanc à de nombreuses critiques : « De manière que si j’ai trahi mon pays on m’enferme ; si j’ai tué mon père, on m’enferme ; tous les délits imaginables sont punis de la manière la plus uniforme. Il me semble voir un médecin qui pour tous les maux a le même remède », écrivait par exemple le parlementaire Charles Chabroud[1].

Les besoins issus de cette révolution pénale sont immenses et l’État s’en remet donc à des entreprises privées, « les renfermées ». En échange d’un prix de journée payé par l’État, l’entrepreneur pourvoit à tout : le système de « l’entreprise générale » est mis en place, bien que violemment critiqué. De Tocqueville à Jaillant, on s’émeut de l’insalubrité de lieux qui permettent à certains de s’enrichir : « Le détenu devient l’homme… ou plutôt la chose de l’entrepreneur… l’affaire de l’entrepreneur est de gagner de l’argent ; et le gouvernement, en traitant avec lui, a nécessairement soumis plus ou moins l’intérêt public à l’intérêt privé ». « Jusqu’à présent le service des maisons centrales a été organisé principalement du point de vue financier », dénonce Jaillant en 1873 à l’occasion d’une  commission d’enquête parlementaire. La Troisième République, et plus généralement la première moitié du XXe siècle, seront l’occasion d’une prise en main de la gestion des prisons par le pouvoir public.

La Troisième République, et la première moitié du XXe siècle seront l’occasion d’une prise en main de la gestion des prisons par le pouvoir public.

Néanmoins, cette dynamique s’inverse à partir de la seconde moitié du XXème siècle. Les systèmes carcéraux de nombreux pays subissent le déferlement de privatisations des années 1980, en premier lieu les États-Unis, victimes du durcissement des politiques pénales amorcé par Nixon dès 1969. Ce changement de ton de la politique américaine en matière de criminalité va faire exploser le nombre de prisonniers et mettre à mal les prisons gérées par les États et le gouvernement fédéral. Face à cette incessante War on Drugs des autorités américaines en pleine explosion néolibérale reaganienne, la solution privée s’impose : la cession de certaines prérogatives d’État en matière carcérale à des entreprises privées. S’établit alors rapidement une industrie carcérale privée dont la survie économique s’appuie sur le nombre de détenus pris en charge dans ses établissements. Ce sont au total 7 millions d’individus qui vivent sous le joug correctionnel dont plus de 2,3 millions de détenus et de prisonniers, et ce sur le seul territoire américain. Le modèle étasunien est un cas à part entière : les  États-Unis détiennent à eux-seuls ¼ de la population carcérale mondiale, alors qu’ils représentent moins d’1 % de la population globale.

DÉLÉGUER POUR ÉCONOMISER, LA STRATÉGIE DES ÉTATS

Le modèle carcéral privé est très différent en fonction du pays dans lequel il s’exerce. Environ 11 pays, essentiellement anglo-saxons, sont concernés par un certain niveau de privatisation, dans une proportion plus ou moins notable. On compte aussi parmi eux le Japon, l’Allemagne, la France, mais aussi le Chili, qui devient le premier pays d’Amérique du Sud à signer un contrat complet avec des compagnies pénitentiaires, ou encore le Pérou en 2010. Si le phénomène de privatisation carcérale affecte les États-Unis plus que tout autre pays dans le monde, celui-ci s’est bien propagé en particulier en Angleterre, en Écosse ou encore en Australie. En 2011, ces deux derniers détenaient respectivement 17 et 19 % de leurs prisonniers dans des établissements privés. En Australie, ce pourcentage est le résultat d’une augmentation de 95 % de la population carcérale privée entre 1998 et 2011[2].

Les partenariats public-privé fleurissent depuis 2008, date à laquelle Rachida Dati signe avec Bouygues un contrat concernant la construction, la gestion et l’entretien de trois nouvelles prisons.

La France n’est pas non plus épargnée par le mouvement de privatisations. Ainsi, les partenariats public-privé fleurissent en particulier depuis le 19 février 2008, date à laquelle Rachida Dati, alors ministre de la Justice, signe avec Bouygues un contrat concernant la construction, la gestion et l’entretien de trois nouvelles prisons. La chancellerie plaide pour une diminution des coûts, idée largement critiquée par la Cour des comptes dans un rapport paru en 2010 qui pointe du doigt d’une part les généreuses marges réalisées par les prestataires au détriment de l’intérêt des détenus, d’autre part un coût de la formation professionnelle des détenus inefficient (7,28€ en gestion publique, contre 17,23€ en gestion déléguée).

Aux États-Unis, la première prison privée est créée en 1984 au Texas. Aujourd’hui, un dixième des quelques 2,3 millions de prisonniers étasuniens le sont dans un établissement entièrement géré par le privé. Une moyenne fédérale qui cache d’importantes disparités puisqu’une vingtaine d’États interdit l’existence de prisons privées, tandis que le record est détenu par le Nouveau-Mexique, qui en compte 43,1 %. En échange de la construction et de la gestion des prisons, le gouvernement s’engage par des « clauses d’occupation » à ce que les lits soient occupés entre 80 et 100 %, sous peine de pénalités. GEO group et Core Civic (anciennement Corrections Corporation of America ou CCA) se partagent les 3,5 milliards de revenus annuels issus de ce marché.

Le gouvernement s’engage par des « clauses d’occupation » à ce que les lits soient occupés entre 80 et 100 %.

Au Royaume-Uni, le marché est tenu par deux grandes multinationales : d’un côté G4S, entreprise active dans 125 pays, employant 657 000 personnes et dont le chiffre d’affaires en 2014 culminait à 6,8 milliards de livres sterling. Toutefois, en 2018, le ministère de la Justice a repris la gestion de la prison de Birmingham à l’opérateur privé G4S, après qu’une inspection des services pénitentiaires ait révélé un état « épouvantable » de l’établissement qui accueille plus de 1 200 détenus. De l’autre côté se trouve Serco, surnommée « la plus grosse entreprise dont vous n’avez jamais entendu parler[3]« .

Le tableau général est esquissé : la prison est devenue un marché à conquérir dans de nombreux pays, bien que certains, en particulier l’Allemagne, aient décidé de faire marche arrière. De plus, cette privatisation s’accompagne de politiques d’exploitation, et prône une désastreuse politique d’incarcération de masse.

LES POLITIQUES DE PROFIT, LES STRATÉGIES DES ENTREPRISES

Le prisonnier, un travailleur exploité aux États-Unis

La notion de travail est intrinsèque à l’idée de rédemption du prisonnier. La prison Rasphuis à Amsterdam, ouverte en 1596 et destinée aux mendiants et jeunes malfaiteurs, rend le travail obligatoire contre un salaire. L’objectif de la prison étant la réinsertion, l’oisiveté, mère de tous les vices, doit être combattue, et il faut apprendre aux jeunes personnes de nouvelles compétences. Néanmoins, des failles juridiques ont permis de faire des prisonniers une main d’œuvre quasiment gratuite.

Aux  États-Unis, le 13e amendement de la Constitution adopté par le Congrès le 6 octobre 1865 abolit l’esclavage. Il laisse cependant un vide juridique dans lequel vont s’engouffrer les intérêts privés. Il dispose en effet : « Ni esclavage ni servitude involontaire, si ce n’est en punition d’un crime dont le coupable aura été dûment condamné, n’existeront aux États-Unis ni dans aucun des lieux soumis à leur juridiction ». Cette subtilité juridique sert de base constitutionnelle à l’exploitation en milieu carcéral. Ainsi, le salaire moyen horaire en prison aux États-Unis est de 0,63$ par heure. Une moyenne qui cache de fortes disparités puisque dans les États du Texas, de Géorgie ou d’Alabama les prisonniers ne sont pas payés du tout, et sont même obligés de travailler sous menace de sanctions disciplinaires. L’esclavage ne se définit pas autrement.

Et pour quel travail ? La majorité des détenus sert à entretenir la prison, ce qui permet aux entreprises gestionnaires de diminuer leurs coûts puisque l’impact du facteur travail est négligeable. Toutefois, il ne s’agit pas toujours de travaux d’entretien. Ainsi, en Californie, 11,65 % des pompiers de l’État sont des prisonniers, travaillant pour un salaire de 3 à 4$ par jour[4]. Ironie du sort, ces aptitudes seront inutiles sur le marché du travail puisque la loi californienne interdit de recruter des pompiers ayant un casier judiciaire. Phénomène résiduel mais néanmoins révélateur, certains détenus, endettés, rejoignent l’industrie du spectacle, servant de distraction dans des corridas. En effet, environ 90 % des prisonniers aux États-Unis ne sont pas passés devant un juge[5], puisque tout le monde ne peut pas s’offrir un avocat et que le procureur enquête uniquement à charge ; ceux-ci ont donc fait l’objet d’un accord à l’amiable avec le procureur : pas de procès contre une demande de peine réduite.

Par ailleurs, de nombreuses entreprises privées les utilisent comme main d’œuvre à faible coût. Ainsi, l’entreprise d’élevage de volaille Kock Foods a fait l’objet d’une enquête sur l’utilisation du travail de prisonniers dans l’industrie de la volaille d’Alabama par le Southern Poverty Law Center (SPLC) qui estime que, dans au moins sept États, « des dizaines d’entreprises de la volaille  » tirent avantage de la main d’œuvre carcérale. Les conditions dans l’industrie sont brutales pour tous les travailleurs du secteur de la volaille. Selon des données fédérales, les usines de transformation des volailles comme celles d’Ashland ont des taux de blessés parmi la main d’œuvre qui atteignent presque le double de la moyenne nationale. Les maladies liées au lieu de travail sont environ six fois plus élevées que la moyenne nationale : traumatismes liés à un stress répétitif, problèmes respiratoires en raison de l’exposition à des produits chimiques, etc. Depuis 2015, 167 cas d’accidents, comprenant huit morts et plusieurs amputations, ont officiellement fait l’objet d’une enquête par les autorités fédérales. Dans les données produites par les États de Géorgie et de Caroline du Nord, le SPLC a découvert qu’au « moins deux dizaines de détenus ont été blessés depuis 2015 dans leur emploi au sein du secteur de la volaille ».

Plus connus du grand public, de grandes enseignes comme McDonald’s, Walmart ou encore Victoria’s Secret, par l’intermédiaire de son sous-traitant Third Generation, embauchaient des détenus avant que le scandale n’éclabousse la célèbre marque de lingerie. Le secteur carcéral produit approximativement 1,5 millions de dollars de valeur marchande dans le textile. Pour dénoncer cette exploitation, les prisons étasuniennes ont subi une grève largement suivie du 21 août au 9 septembre 2018, les prisonniers n’ayant plus de syndicats pour les défendre depuis une décision de la Cour suprême de 1977[6].

Enfermement et consommation, les chaînes du prisonnier privé

Si la stratégie initiale de privatisation du système carcéral semble être un reflet des politiques budgétaires en vigueur, celui-ci a ouvert un véritable marché, pléthore d’opportunités économiques que les investisseurs n’ont pas ignorées. Dès l’ouverture de la première prison privée américaine en 1984, les entreprises ont commencé à développer un modèle économique spécifique, propre au système judiciaire et carcéral en place. Plus de 4 000 entreprises américaines ont donc conquis ce nouveau marché, infiltrant chaque branche du secteur carcéral pour y remplacer l’État. S’il est évident que les nouvelles entreprises privées ont d’abord assumé la direction, la construction, et l’entretien d’établissements carcéraux classiques et privatisé l’aspect sécuritaire, le secteur privé s’est aussi accaparé les secteurs médicaux, des télécommunications, de surveillance mais surtout des libertés surveillées et conditionnelles[7].

Si la couverture santé publique américaine était loin d’être performante auparavant, la stratégie des coûts réduits pratiquée par le secteur privé pousse des entreprises – comme Corizon et Wexford – à réduire le personnel présent mais surtout à faire payer l’accès à la santé encore plus cher que ne le fait déjà l’État américain. Les témoignages d’abus de la part des médecins et infirmiers engagés dans ces contrats sont innombrables, en plus de la difficulté d’accès aux onéreux premiers soins et aux premières nécessités pour les détenus. C’est le cas notamment de l’accès aux protections hygiéniques féminines, payantes pour toute détenue sauf en cas d’ordonnance de la part du médecin de la prison. Le hic ? La consultation du médecin de garde de l’établissement est elle aussi payante.

Le secteur des télécommunications, et plus particulièrement de la téléphonie, a été investi par des entreprises comme JPay et Securus afin de rentabiliser les appels passés par et pour les détenus. Bien qu’il soit impossible d’établir un coût moyen des appels passés tant les entreprises impliquées dans ce secteur sont nombreuses, il n’est pas rare de voir le prix dépasser le dollar par minute. Ces frais téléphoniques faramineux pénalisent en particulier des familles souvent très précaires, qui doivent ainsi lutter chaque mois pour se payer un appel téléphonique régulier afin de ne pas perdre le contact avec un membre de la famille en prison ou en maison d’arrêt.

Si le terme  « prison » évoque avant tout une image de cellule avec des barreaux aux fenêtres, l’essentiel du système carcéral – plus des deux tiers aux États-Unis – ne coïncide pas avec cet imaginaire collectif de la geôle. En effet, l’immense majorité du système correctionnel consiste en une forme de liberté partielle, qu’elle soit surveillée ou conditionnelle. Puisqu’il est impossible de garder 2 % de la population américaine derrière les barreaux, les entreprises privées ont largement augmenté l’utilisation des libertés conditionnelles – et ce depuis 1976 -, sans oublier d’en faire un secteur économiquement rentable. L’opportunité de sortir de prison plus tôt ou d’éviter une incarcération – que de nombreux procureurs proposent pour éviter un procès ou lorsque la caution est trop élevée, tout particulièrement dans le cas de délits mineurs -, devient alors un fardeau économique pour les détenus. Les entreprises sont alors dans la capacité d’imposer de nombreux frais obligatoires aux condamnés, que ce soit des frais de supervision, d’éthylotests, de tests de drogue, etc. Et en cas d’impayés, le détenu en liberté conditionnelle risque de retourner en prison, ce qui le pousse à tout faire pour payer l’entreprise en question, qui peut, dès lors, fixer les prix souhaités.

Mais le « succès économique » de la liberté conditionnelle pour les acteurs du carcéral privé s’explique aussi par l’explosion des méthodes de surveillance des détenus, comme la pose de bracelets de chevilles électroniques afin de géolocaliser en permanence les détenus. Si cette méthode a été initiée dans les années 1960, la privatisation carcérale en a fait un élément majeur de son modèle de fonctionnement, augmentant ainsi de plus de 65 % entre 1998 et 2014 son utilisation, ce qui génère par ailleurs plus de 300 millions de dollars par an aux entreprises pratiquant cette méthode. Et depuis 2009, 49 États américains (à l’exception de Hawaï) autorisent les entreprises à facturer le port de ces bracelets de cheville à leurs porteurs. Mais si l’idée des dispositifs GPS pour lutter contre la surpopulation carcérale ou simplement comme alternative pour des délits mineurs est intéressante, ses résultats, hormis les logiques financières plus que contestables, sont très mitigés. Un très grand nombre d’alertes déclarées par ces appareils – plus de 70 % dans une étude de 2007 faite en Arizona – se révèlent être erronées, simplement provoquées par des zones blanches, et poussent ainsi une forme de laxisme de la part des agents chargés de cette surveillance. Ces appareils de surveillance ont de surcroît fait l’objet de très nombreuses plaintes de douleurs physiques quotidiennes (brûlures, abrasions, infections, enflures, céphalées, etc.), et créent une réelle stigmatisation sociale – tant l’image du criminel est forte au vu de la taille du bracelet.  En ce sens, Erving Goffman, définit le « stigmate » par la possession d’un attribut susceptible de jeter le discrédit sur celui qui le porte[8].

Le détenu se retrouve alors prisonnier d’un modèle de consommation extrêmement sournois qui lutte contre toute velléité de réinsertion.

L’ensemble de ces stratégies entrepreneuriales a notamment été qualifié de « McDonaldization »[9] des prisons privées, une recherche perpétuelle du bas coût et de la rentabilité immédiate au détriment de la juste supervision des détenus et des conditions de travail du personnel. Le détenu se retrouve alors prisonnier d’un modèle de consommation extrêmement sournois qui lutte contre toute velléité de réinsertion et qui pousse à la récidive et donc à l’augmentation globale de la criminalité.

LE SECTEUR CARCÉRAL PRIVÉ, UN MARCHÉ D’INFLUENCES POLITIQUES

Immigration et privatisation, le marché de l’enfermement des étrangers

Lorsque l’on parle du secteur carcéral privé, on a souvent tendance à oublier que la pénalisation de l’immigration rend nécessaire la construction de centres de détention. Ici encore, un intérêt privé émerge, avec un incroyable potentiel de croissance dont s’emparent les multinationales de la prison.

D’après la sociologue Louise Tassin, l’Europe développe une tendance à un « marché de l’enfermement des étrangers »[10]. En effet, concernant l’incarcération de migrants en Italie, c’est l’entreprise française GEPSA (qui gère 16 prisons et vend ses services à 10 centres de rétention administrative en France), filiale de Cofely appartenant au groupe GDF Suez, qui investit dans les Centres d’identification et d’expulsion (CIE), en échange d’un loyer versé par l’État. Pour gagner plus de parts de marché, GEPSA met en place une politique de concurrence par les prix, au détriment des demandeurs d’asile.

Au Royaume-Uni, le marché est dominé par une poignée de multinationales de sécurité, se répartissant 73 % des migrants détenus par le Service de Contrôle de l’Immigration et des Douanes, et la quasi-totalité des centres. La privatisation du secteur est amorcée dans les années 1970 sous le gouvernement conservateur d’Edward Heath et, en 2015, sur la totalité de ces établissements, seuls 2 IRC (Immigration Removal Centres, dans lesquels les migrants peuvent être enfermés indéfiniment) sont gérés par l’organisation gouvernementale Her Majesty’s Prison Service. Le reste est réparti entre G4S, GEO Group, Serco, Mitie et Tascor. Le coût annuel de détention est en moyenne de £94,56 par personne et par jour. Très critiqué, le dispositif de détention des migrants britanniques est connu pour être l’un des plus irrespectueux des droits des personnes détenues « Detained fast track » (DFT). Au total, le Home Office a passé plus de 780 millions de livres de contrats pour la détention et l’expulsion de migrants entre 2004 et 2022.

Les pays nordiques (en particulier le Danemark, la Finlande, la Norvège et la Suède) ont la réputation d’être plus généreux envers les demandeurs d’asile, mais ont eux aussi privatisé un grand nombre de services. Si, en 1990, 12 % des centres d’accueil de demandeurs d’asile en Norvège étaient privés, c’était le cas de 77 % d’entre eux en 2013. Toutefois, les prestataires de services – notamment le groupe norvégien Adolfsen – fournissaient à l’origine des services de santé et d’aide sociale et non des services pénitentiaires. Ce qui conduit à une prise en charge bien plus respectueuse des migrants.

En Australie, le système de détention de migrants est entièrement géré par des compagnies privées, qui privilégient une gestion délocalisée. Le scandale du camp de l’île Christmas, à 1500 km des côtes australiennes (dirigé par le contractant Transfield Services et Wilson Security), est particulièrement médiatisé puisqu’en août 2016, une série de documents contenant des plaintes et des récits de mauvais traitements infligés au sein du centre a été publiée par le quotidien The Guardian. Elle contient des preuves de violences sexuelles faites aux enfants, de traumatismes, d’automutilations et de conditions de vie inacceptables. Suite à de multiples enquêtes et rapports parlementaires, le centre est fermé en 2018, mais rouvert en 2019, suite à une défaite historique de l’exécutif, ce qui témoigne d’une volonté de durcissement de la politique migratoire, sujet particulièrement politique en Australie.

Aux États-Unis, Marie Gottschalk, professeure de sciences politiques à l’université de Pennsylvanie, dénonce une « crimmigration », c’est-à-dire l’inflation des politiques pénales répressives contre les migrants, enfermés désormais dans des « centres de rétentions ». Ainsi, 30 jours de détention sont désormais prévus pour les migrants soupçonnés d’immigration illégale. Core Civic – qui a délaissé le nom CCA en 2016 pour se détacher des scandales qui le concernaient – gère plus de 60 complexes dans 19 États, avec un volume de « vente » de centres de rétention gonflé de 500 % en 20 ans. L’entreprise a gagné d’importantes parts de marché depuis le passage de la loi SB 1070 dans l’Arizona, qui crée un nouveau délit : celui de ne pas avoir sur soi ses documents d’immigration. Si la loi prévoyait à l’origine la possibilité d’arrêter sans mandat tout individu soupçonné d’être clandestin, la Cour suprême a limité son application. Un policier peut désormais contrôler l’identité et le statut d’une personne arrêtée pour une infraction, s’il a des « soupçons raisonnables » que cette personne pourrait demeurer aux États-Unis illégalement. Cette loi, rédigée par le lobby ALEC (dont CCA était alors un membre éminent), a permis de remplir les centres de détention. De plus, en Arizona, CCA exerce un monopole dans la détention des migrants. Un marché qui représente tout de même plus de 11 millions de dollars par mois.

Lobbying et politiques d’incarcération de masse

Si la lutte contre la criminalité a pris un tournant majeur dans les années 1970 avec Richard Nixon, ardent défenseur d’une politique dure sur ce sujet, plus connue sous le nom de doctrine Law & Order, celle-ci s’est intensifiée jusqu’aux années Obama. D’abord poussée par des raisons politiques et électorales – le 37e président des États-Unis ayant notamment besoin du vote des populations blanches traditionnellement démocrates – cette doctrine s’est progressivement affinée pour devenir un pilier du système politico-judiciaire américain. La présidence de Ronald Reagan (1980-1988) a vu l’apogée du durcissement des politiques pénales en matière de trafic de drogue, ce qui a largement contribué à l’apparition du carcéral privé pour soutenir l’État. L’Anti-Drug Abuse Act, adopté en 1986, a par exemple consacré les peines minimales pour une grande partie du système judiciaire. Ces peines ont donc rapidement fait augmenter le nombre de condamnations, servant ainsi les intérêts économiques des acteurs émergents. Cependant, si la présidence démocrate de Jimmy Carter (1976-1980) avait quelque peu interrompu la tendance, Bill Clinton (1992-2000) brise le clivage démocrate/républicain en étant le premier démocrate à défendre lui aussi une fermeté sur le sujet de la criminalité. Cela culmine en 1994 avec l’Anti-Violence Strategy qui vise à lutter contre la récidive en instaurant la règle des Three Strikes, une règle qui ordonne une condamnation à perpétuité en cas de troisième condamnation avec au moins un crime majeur. Soutenues par la privatisation à marche forcée du système carcéral, les politiques pénales américaines prennent alors définitivement le chemin de la tolérance zéro et de l’incarcération de masse.

ALEC propose une moyenne de 1 000 textes législatifs par an, dont environ 20 % deviennent lois.

En revanche, pour comprendre l’ampleur de la privatisation carcérale américaine, il est crucial de prendre en compte le rôle joué par les lobbyistes de ces entreprises pour orienter la législation dans un sens qui leur est favorable. À ce jeu-là, le plus grand acteur est l’American Legislative Exchange Council (ALEC), une organisation conservatrice très influente qui rédige et propose des textes de lois aux élus américains.

n effet, celle-ci propose une moyenne de 1 000 textes législatifs par an, dont environ 20 % deviennent lois. Fondée en 1973, cette organisation de lobbying politique prend rapidement de l’importance dans les domaines judiciaire et carcéral, au point d’être à l’origine des Three Strikes susmentionnées, ainsi que des peines minimales, mais aussi la SB-1070, les Stand Your Ground Laws (qui élargissent grandement le concept d’auto-défense en autorisant la simple suspicion de menace comme justification) et plus de 30 modèles de législation au niveau étatique et fédéral. Nombre des membres d’ALEC entretiennent des liens étroits avec le milieu carcéral, comme ce fut le cas dans les années 1990 lorsque le président de la Criminal Justice Task Force – de l’organisation chargée de rédiger des propositions de loi fermes en matière pénale – n’était autre qu’un cadre supérieur de CCA, la plus grande entreprise américaine de gestion privée de prisons.

Si les membres d’ALEC démentent continuellement toute collusion avec les géants du privé carcéral comme CCA ou GEO Group, les preuves de cette coopération ne font pas défaut. Un rapport des actionnaires de CCA de 2012 recommande par exemple de lutter contre tout laxisme et indulgence dans le cas des condamnations, des libertés conditionnelles et contre la décriminalisation de certaines activités. Par ailleurs, les entreprises comme CCA s’emploient à un lobbying extrêmement puissant et tentaculaire, dépassant l’échelle d’ALEC pour financer directement de très nombreuses institutions fédérales. CCA finance notamment le département de Justice, le US Marshall Service, le Bureau fédéral des prisons, le département pour la Sécurité nationale, l’immigration et la douane ou encore le Sénat, le département du Travail, le Bureau des affaires indiennes et l’administration pour les enfants et les familles. Pour ces institutions, les dépenses en lobbying atteignent certaines années jusqu’à quatre millions de dollars. Cependant, CCA et GEO Group font également pression sur les politiques judiciaires servant leurs intérêts en finançant directement des campagnes politiques ou des membres hauts placés de l’administration fédérale. En 2014, CCA a versé de l’argent à 23 sénateurs et 25 congressmen, et GEO Group à dix sénateurs et 28 congressmen. Ces entreprises, ainsi que Community Education Centers, Corizon Correctional Healthcare ou encore Global Tel Link, embauchent chaque année une centaine de lobbyistes dans divers États, un certain nombre d’entre eux étant même d’anciens membres du Congrès. Ce lobbying ne se limite pas à l’échelle fédérale puisque les campagnes des gouverneurs sont aussi très prisées. La campagne d’Arnold Schwarzenegger de 2003 est une des innombrables campagnes financées en partie par le carcéral privé, celui-ci ayant reçu 21 200$ pour rouvrir la prison de McFarland au nord de Los Angeles.

S’il est évident que les lobbyistes d’ALEC, de CCA et des autres entreprises s’intéressent à la rédaction de lois servant leurs intérêts, ces derniers s’attachent aussi à lutter contre toute « contre-réforme » et empêchent toute loi de passer l’épreuve camérale, comme le Private Prison Information Act de 2015,  qui aurait forcé les prisons privées à rendre publiques les informations sur la violence au sein de leurs établissements. La même année, le Justice Is Not For Sale Act du Sénateur indépendant Bernie Sanders – qui aurait aboli la privatisation carcérale dans sa totalité et à toutes les échelles, pour rendre la gestion de la criminalité et de la justice « à ceux qui répondent des électeurs et non des investisseurs » – a subi la pression des lobbyistes et n’a donc pu devenir loi.

Tout comme ALEC, CCA et GEO Group démentent régulièrement les accusations de lobbying et affirment, comme ici en 2013, « ne pas prendre position ou parti pour ou contre une réforme législative spécifique en matière d’immigration ». Toutes les dépenses de ces entreprises prouvent pourtant le contraire, leur survie économique étant largement dépendante des politiques judiciaires et migratoires.

LES ÉCHECS DU CARCÉRAL PRIVÉ

De la condamnation à la réinsertion, en passant par les secteurs de l’immigration, de la surveillance, de la santé, de la consommation, du travail, de l’exploitation, le système carcéral privé s’empare de concepts juridiques et sécuritaires pour en faire un modèle économique inhumain dont la première commodité est l’humain. Mêlé aux considérations politiques et idéologiques, aux lobbys et aux intérêts financiers des entreprises, ce système a substitué la réhabilitation des prisonniers à l’enrichissement privé et l’incarcération de masse. En plus de considérations morales, le carcéral privé montre constamment ses lacunes face au modèle public tant ses résultats sont pauvres. Le nombre de violences (entre détenus et entre détenus et gardes) y est une à deux fois supérieur, les plaintes des détenus ne se dirigent plus contre la gestion disciplinaire ou procédurale mais contre l’accès aux soins et la violence des gardes, les familles s’endettent lourdement pour maintenir le lien avec un détenu qui n’a bien souvent même pas eu le droit à un juste procès. Si les failles juridiques du 13e amendement ne sont pas l’apanage des entreprises carcérales, celles-ci sont exploitées sans vergogne, tournant ainsi en dérision les droits constitutionnels si chers aux Américains.

Ce système a substitué la réhabilitation des prisonniers à l’enrichissement privé et l’incarcération de masse.

La privatisation carcérale à outrance dans le paysage américain – mais aussi à l’international – a notamment perverti tout un équilibre de la société qui aspire pourtant à faire baisser le niveau de criminalité. Et sur ce point, la prison s’avère inefficace et inefficiente. Si certains médias se gargarisent de faits divers macabres pour justifier une violente répression carcérale, le taux de récidive, échelle de Richter de l’efficacité du système carcéral, devrait faire entendre raison aux responsables politiques – 63 % de re-condamnation en France après une première incarcération. Les errances de la privatisation du système carcéral nous amènent à soulever la question du rôle que l’État doit jouer dans la réhabilitation et la réinsertion de ses citoyens qui enfreignent la loi, et plus largement interroger le fonctionnement de la prison en elle-même.

Cependant, ce n’est visiblement pas le chemin pris par la plupart des États que nous avons cités. Entre 1987 et 2007, les États-Unis ont augmenté les dépenses pour le milieu carcéral de 127 % sans que les dépenses pour l’éducation n’ait augmenté de plus 21 %. La préconisation de Victor Hugo, « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons », s’éloigne de plus en plus.


[1] Ch. Chabroud, Archives parlementaires, t. XXVI p.618

[2] Cody Mason, « International growth trends in prison privatization », August 2013

[3] Migreurop, La détention des migrants dans l’Union européenne : un business florissant, juillet 2016

[4] « Prison Labor », Last Week Tonight with John Oliver (HBO, 5 août 2019)

[5] The 13th, documentaire réalisé par Ava DuVernay en 2016

[6] « Jones v. North Carolina Prisoners’ Labor Union (NCPLU) ». Contre le directeur du département des services correctionnels de cet État, David Jones.

[7] La liberté surveillée correspond ici au terme « probation », qui indique que le condamné purge sa peine à l’extérieur d’une prison suite à un accord lors du procès. La liberté conditionnelle correspond ici au terme « parole », qui indique une réduction de peine après avoir été en prison.

[8] Erving Goffman, Stigmates, (1963)

[9] Terme utilisé en 2011 par Gerry Gaes, ancien Directeur des Recherches à l’Office Fédéral des Prisons

[10] Louise Tassin « Quand une association gère un centre de rétention, le cas de Lampedusa (Italie) », Ve Congrès de l’association française de sociologie, 04/09/2014

 

 

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Attaque d’un bar à Paris: cinq militants d’ultra-droite arrêtés

19 oct. 2020 Par Matthieu Suc, Marine Turchi et Sébastien Bourdon

- Mediapart.fr

Selon nos informations, cinq membres du groupe d’extrême droite « Zouaves Paris » ont été arrêtés dans le cadre de l’enquête sur des violences commises le 4 juin au Saint-Sauveur, un bar antifasciste parisien. Ils sont renvoyés devant le tribunal correctionnel le 15 janvier 2021 pour des faits de violences en réunion.

Déferrés vendredi, les militants ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel le 15 janvier 2021 pour des faits de violences en réunion n’ayant pas entraîné d’interruption de temps de travail (ITT) et pour des dégradations du bien d’autrui commises en réunion. Deux d’entre eux sont également poursuivis pour des faits de refus de remettre aux autorités une clé de déchiffrement d’un moyen de cryptologie. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur jugement.

 

 

Mediapart avait enquêté sur ce groupe, héritier du GUD (Groupe Union Défense), qui, à quatre jours d’intervalle, en juin dernier, avait attaqué, en plein Paris, le bar antifasciste Le Saint-Sauveur, puis un soutien du comité Adama Traoré dans le métro.

 

Ces deux dernières années, les Zouaves Paris ont fait parler d’eux à d’autres occasions : l’attaque du cortège du NPA lors de l’acte XI des « gilets jaunes », en janvier 2019, à coups de barre de fer ; des violences contre des antifascistes lors d’une manifestation identitaire le même mois ; un affrontement avec des antifascistes après l’incendie de Notre-Dame en avril 2019 ; l’agression d’un étudiant portant une veste aux couleurs du Maroc à la faculté de Nanterre en novembre 2019, puis, la charge de militants de gauche lors de la marche « Stop islamisme » de Génération identitaire ; ou encore l’agression, en janvier 2020, d’un journaliste de France Inter qui couvrait une manifestation anti-PMA à Paris.

 

Notre enquête avait permis de découvrir des connexions néonazies. Nous republions cet article, daté du 9 juin 2020.

 

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Deux attaques, à quatre jours d’intervalle. Sous l’appellation Zouaves Paris, des militants d’extrême droite, héritiers du GUD (Groupe Union Défense), multiplient les violences en plein Paris. Dernière en date : l’agression dans le métro d’un jeune homme vêtu d’un tee-shirt « Justice pour Adama », slogan du comité de soutien à Adama Traoré.

 

Le groupe a diffusé, le 8 juin, via une chaîne de la messagerie Telegram, bien connue de l’extrême droite militante, une courte vidéo de l’attaque, qui a eu lieu à la station Franklin-D.-Roosevelt, à Paris. Le message l’accompagnant se félicite que l’« antifa », « reconnu grâce à son pull du Comité Adama », se soit « écroul[é] devant sa meuf », après avoir reçu une « droite » du « Zouave », qui l’a poursuivi dans le métro.

 

Quatre jours plus tôt, c’est Le Saint-Sauveur, un bar du XXe arrondissement de Paris, que le même groupe a ciblé. Ni le lieu visé ni la date n’étaient dus au hasard. Implanté dans le quartier populaire de Ménilmontant, Le Saint-Sauveur est un haut lieu du milieu antifasciste de la capitale. Milieu qui s’apprêtait à commémorer, le 5 juin, le septième anniversaire de la mort de Clément Méric, jeune militant antifasciste tué par des skinheads d’extrême droite en 2013.

 

Une vidéo publiée sur Twitter montre une quinzaine d’hommes avancer au pas de course en direction du bar. D’après les témoignages recueillis par Mediapart, ils s’en prennent alors indifféremment aux clients, renversent une partie de la terrasse, brisent quelques vitres, et s’emparent de tee-shirts mis en vente avant de prendre la fuite.

 

À Mediapart, Zelda, qui travaillait ce soir-là au Saint-Sauveur, raconte : « Tout le quartier leur est tombé dessus. Quand ils ont compris ce qu’il se passait, les jeunes de la Banane [le quartier voisin – ndlr] sont venus nous aider. » La descente semble, en effet, avoir viré à la débandade. Plusieurs vidéos que nous avons pu consulter montrent la fuite désorganisée des assaillants et le passage à tabac de l’un d’entre eux. Celui-ci a, par la suite, été pris en charge par les secours.

 

Une heure plus tard, une revendication est diffusée sur Telegram. Signé par les Zouaves Paris, le communiqué indique : « Une quinzaine de Zouaves présents pour attaquer le Saint Sauveur, QG des antifas. Violente charge des Zouaves armés de manches de pioches. Les antifas (une trentaine) refluent en désordre, abandonnant la terrasse pour se réfugier à l’intérieur du bar. […] Une quinzaine de rebeus de cité viennent alors prêter main-forte aux antifas en chargeant les fafs dans leur dos. Contre-charge des Zouaves, à moitié esquivée par les rebeus. Les Zouaves quittent le quartier avec l’arrivée de la police. »

 

Le lendemain, plusieurs personnalités de la gauche institutionnelle condamnent cette attaque et se rendent au Saint-Sauveur, parmi lesquelles Danielle Simonnet et Éric Coquerel, de La France insoumise (LFI). Le propriétaire du bar a, quant à lui, refusé de porter plainte. « Ce n’est pas la politique de la maison », explique-t-il à Mediapart.

Qui sont les militants se cachant derrière ce label « Zouaves Paris » ? Mediapart a enquêté sur le groupe d’assaillants et ses connexions ultra-radicales.

 

En mai 2017, le GUD, célèbre groupe de l’extrême droite militante post-1968, se métamorphose en « Bastion social » (lire notre enquête). L’objectif ? Sortir de la marginalité politique en alliant bataille culturelle et action sociale. Ses militants tentent de soigner leur image grâce à un vernis social, avec le but affiché de « venir en aide aux plus démunis », tout en appliquant la « préférence nationale » et en critiquant « l’immigration de masse ».

 

Si le centre névralgique du Bastion social se trouve à Lyon, le mouvement, qui s’inspire des néofascistes italiens de CasaPound, se décline rapidement à travers la France (Chambéry, Strasbourg, Aix-en-Provence, Clermont-Ferrand, Marseille). À Paris, en revanche, le basculement du GUD au Bastion social échoue. D’une part, parce que le GUD a éclaté en plusieurs sous-tendances dans la capitale. D’autre part, parce que ses militants restent attachés au label « GUD », à son histoire tumultueuse et ses actions violentes.

 

C’est de cet éclatement que sont nés, en 2018, les Zouaves Paris, un groupe informel composé d’éléments radicaux issus du GUD parisien, et, dans une moindre mesure, d’identitaires et de royalistes de l’Action française. Le groupuscule entend maintenir la tradition du coup de poing.

 

Les Zouaves Paris se font notamment remarquer lors des premiers actes du mouvement des gilets jaunes, comme Mediapart l’a raconté. Le 1er décembre 2018, ils participent ainsi aux affrontements sur les Champs-Élysées aux côtés d’autres militants d’extrême droite, parmi lesquels leurs camarades du Bastion social. Six militants sont arrêtés, l’un est incarcéré et d’autres soumis à un contrôle judiciaire. Le 9 janvier 2019, ils sont condamnés à des peines d’emprisonnement allant de trois mois ferme à six mois avec sursis pour « entente en vue de commettre des violences ou des dégradations ».

 

Le 26 janvier 2019, les Zouaves Paris revendiquent une violente attaque contre des militants du NPA, toujours dans le cadre d’une manifestation des gilets jaunes. On peut également leur imputer l’agression de supporteurs brandissant des drapeaux algériens lors de la Coupe du monde de football en 2018, celle d’un étudiant à l’université de Nanterre, en novembre 2019, ou encore celle d’un journaliste de France Inter en marge d’un défilé de La Manif pour tous, en janvier dernier.

 

Si les Zouaves Paris n’ont pas de hiérarchie claire, l’un de leurs militants est considéré comme le meneur : Marc de Cacqueray-Valménier, 21 ans, présent sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de « Marc Hassin ». Le jeune homme a participé à de multiples actions, notamment l’attaque du Saint-Sauveur ou les violences sur les Champs-Élysées, ce qui lui a valu une condamnation en janvier 2019.

 

Marc de Cacqueray est issu d’une vieille famille aristocratique et catholique traditionaliste, où l’on compte prêtres et militaires. Son père est un ancien de l’Action française ; son oncle fut une figure du mouvement Civitas ; son cousin a milité dans les rangs de La Manif pour tous et fut tête de liste du Rassemblement national aux municipales de mars, au Mans. Marc de Cacqueray a lui-même rejoint les royalistes de l’Action française en 2016, avant d’être écarté, le mouvement le trouvant trop remuant. Il s’est alors rapproché d’un autre jeune gudard pour lancer les Zouaves Paris, une voie plus radicale, qui regroupe des « cogneurs » de plusieurs groupuscules. Contacté, il n’a pas répondu et a désactivé son compte Facebook juste après l’envoi de nos questions.

 

Ce groupuscule violent est bien implanté dans le paysage de l’extrême droite militante, en France et à l’international.

 

Une enquête menée par l’un des auteurs de ces lignes, et publiée par Bellingcat, révélait ainsi que Marc de Cacqueray s’attache à développer des liens avec plusieurs groupes ukrainiens. Le jeune militant s’est rendu à Kiev en décembre 2019 pour assister à un festival de black metal national-socialiste (NSBM). Il y a été filmé effectuant des gestes s’apparentant à des saluts nazis, mais a surtout profité de son séjour en Ukraine pour rencontrer diverses personnalités de l’extrême droite locale. Helena Semenyaka, secrétaire aux affaires internationales du Corps national – un parti d’extrême droite affilié au bataillon Azov, une unité nationaliste ukrainienne, à l’idéologie teintée de nazisme – l’a reçu pour une interview. Il s’est aussi rendu à un championnat de kick-boxing où étaient présents des membres du groupe néonazi « AVTONOMS.NS ».

 

En France, les Zouaves Paris sont également très proches d’un groupe de hooligans néonazis du Stade de Reims, les Mes Os. Un hooligan parisien « plutôt à gauche » interrogé par StreetPress va jusqu’à affirmer que les deux groupes ne formeraient, en réalité, qu’une seule entité.

 

Les Zouaves Paris et les Mes Os en avril 2018. Certains effectuent des saluts nazis, d’autres des saluts à trois doigts ou des « saluts kühnen ». Les Zouaves Paris et les Mes Os en avril 2018. Certains effectuent des saluts nazis, d’autres des saluts à trois doigts ou des « saluts kühnen ».

Plusieurs photos et vidéos publiées sur Instagram, que Mediapart s’est procurées, témoignent effectivement d’une forte proximité. Deux jours seulement après l’attaque du Saint-Sauveur, des membres des deux groupes se sont réunis pour célébrer l’anniversaire de l’un d’entre eux. Sur cette vidéo publiée sur Instagram, nous avons pu identifier au moins quatre membres des Zouaves Paris – dont Marc de Cacqueray – et un membre des Mes Os. Tous chantent en chœur « joyeux nazi-versaire » le bras tendu, avant de conclure par « Sieg Heil », reprenant ainsi le cri du salut nazi.

 

Outre ces soirées passées ensemble, plusieurs membres des Zouaves Paris participent, aux côtés des Mes Os, à des free fights, des combats arrangés entre groupes de hooligans.

 

Autre signe marquant des liens entre les deux structures, cette photo d’un bébé diffusée en février dernier sur le même canal Telegram que celui ayant servi pour la revendication de l’attaque du Saint-Sauveur. D’après nos informations, le bébé affublé d’un masque de Hitler et sur lequel est posé un sticker des Zouaves Paris est le fils d’un membre des Mes Os, âgé de seulement quelques jours au moment de la photo. Les militants parisiens ont également offert aux parents un body portant le blason de la Division nationaliste révolutionnaire (DNR), un groupe français néonazi.

 

Outre leurs amitiés rémoises, les Zouaves Paris côtoient certains militants de Génération identitaire. Cet autre mouvement d’extrême droite, branche jeunesse du Bloc identitaire, est connu pour ses happenings médiatiques, à l’instar de l’opération anti-immigration menée en avril 2018 à la frontière franco-italienne, pour laquelle plusieurs militants ont été condamnés. Certains de ses membres auraient été impliqués dans une rixe opposant notamment les Zouaves Paris à des militants antifascistes le soir du 15 avril 2019, non loin de la cathédrale Notre-Dame de Paris en feu.

Sébastien Bourdon est un journaliste indépendant qui travaille principalement sur l’extrême droite militante à partir de méthodes d’enquête en sources ouvertes (OSINT).

Dans cet article, nous avons choisi de ne faire figurer que le nom complet de Marc de Cacqueray, parce qu’il est une figure du groupuscule, qu’il était présent lors de l’attaque du Saint-Sauveur, et que son nom a déjà été dévoilé dans la presse (ici et là), notamment à l’occasion de sa condamnation en première instance concernant les affrontements des Champs-Élysées. Contacté le 8 juin 2020, il n’a pas répondu et a désactivé son compte Facebook juste après l’envoi de notre liste de questions, avant de le réactiver.

 

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Frais de bouche : la chambre régionale des comptes présente l’addition à l’ancien maire de Mantes-la-Jolie

La chambre estime que le député et ancien maire Michel Vialay doit rembourser la collectivité.

Par Claude Cécile

Publié le 13 Oct 20 à 16:11

Ce sont les pages les plus embarrassantes du rapport que vient de rendre la chambre régionale des comptes sur la gestion de la commune de Mantes-la-Jolie entre 2014 et 2019. Elles révèlent que des élus mènent grand train aux frais de la collectivité.

La chambre s’est intéressée aux frais de bouche de l’ancien maire Michel Vialay indûment pris en charge selon elle par la collectivité. Elle met en évidence des « montants très substantiels ». Pour l’année 2014, les notes de restaurant atteignent en cumul 10 477,09 €, et 14 602,56 € en 2015.

La chambre relève que « de nombreux repas pris en charge ont eu lieu le week-end », alors que Michel Vialay affirme que ces agapes se déroulaient dans l’intérêt de la commune. La chambre précise : « Aucun de ces frais n’a fait l’objet d’un ordre de mission présentant le but, la date, les circonstances de la mission et l’identité des invités » (page 121).

Produits de luxe en pagaïe

Au cours de ses investigations, la chambre a mis en évidence d’importants achats de bouteilles de vin en grande surface. Des passages en caisse pour 459,78 € en 2014, 815,16 € en 2015 et 1814,73 € en 2016. Mais aussi des achats de produits de luxe en pagaïe (un carré Hermès pour 490 € en avril 2015, une cravate Hermès pour 155 € en juillet 2015, des cadeaux Hermès pour 847 € en novembre 2015). En 2016, à nouveau, l’ancien maire a dévalisé la boutique Hermès : achat d’une cravate et d’un carré à 505 € en mars, d’une cravate à 160 € en novembre.

Pour les exercices 2016 et 2017, les notes de restaurant réglées in fine par le contribuable atteignent en cumul 13 518 € et 11 265,20 €.

La chambre estime « guère probantes » les explications de l’ancien maire. Les produits Hermès auraient été offerts à sa cheffe de cabinet, au président d’honneur de l’Association sportive mantaise et au Président de la République du Sénégal. Les achats de vin répondaient à une « logique managériale », laquelle commandait apparemment d’organiser des « déjeuners campagnards » avec les collaborateurs.

La chambre pointe aussi des dépenses « insolites » mises à la charge du contribuable : fromages, fruits et légumes, lampadaire, etc.

Le rapport souligne « la fréquence des remboursements de notes de restaurants pour des repas le plus souvent de deux couverts : 63 factures sur six mois en 2014, 100 factures en 2015, 74 factures en 2016, 79 en 2017 d’un montant moyen respectivement de 142 € en 2017 et 182 € en 2018 » (page 103).

La chambre invite la commune à « régulariser » et à « émettre des titres de recettes sur l’ancien maire », pour des montants de 26 895,59 € pour les exercices 2014 et 2015, et de 24 783,20 € pour les exercices 2016 et 2017. En clair : elle considère que Michel Vialay doit rembourser. Coquettes sommes !

Quand il a quitté son fauteuil de maire en décembre 2017, le député Michel Vialay, devenu simple conseiller municipal de Mantes-la-Jolie, a conservé la Peugeot 308 que la Ville mettait à sa disposition. S’il a acquitté une redevance annuelle pour l’usage de cette auto, il n’a jamais remboursé les frais d’essence, de péage et de stationnement afférents alors que la convention de mise à disposition le prévoyait expressément.

De décembre 2017 à avril 2019, la dépense s’élève – pour le seul gazole – à 3 528,92 € que Michel Vialay devra rembourser à la collectivité. S’agissant de ces frais en particulier, le député a développé cette ligne de défense : il ne peut pas lui être reproché « l’absence d’émission de titre de recette par la commune de Mantes-la-Jolie » (page 91). Autrement dit : si on ne lui a pas demandé de rembourser, ce n’est tout de même pas de sa faute…

Des séjours luxueux au Sénégal

Le rapport donne le détail des « frais de mission » remboursés à Michel Vialay dans le cadre de séjours au Maroc et au Sénégal effectués au titre de la « coopération décentralisée ». Il descend dans des hôtels 5 étoiles mais il y obtient, a-t-il précisé à la chambre, la réduction de – 40 % consentie aux diplomates. Le contribuable peut donc respirer… Ces frais de mission pour la période 2014-2018 dépassent 30 000 €.

Une note de restaurant de 301,85 € pour un repas de langoustes pris à deux à Dakar en décembre 2017 semble, selon la chambre, « dépasser les dépenses susceptibles d’être engagées dans le cadre d’une action de coopération décentralisée ».

Et le maire actuel de Mantes-la-Jolie Raphaël Cognet ? Il s’est aussi fait prendre les doigts dans le pot de confiture. En mars 2018, alors qu’il était en vacances, il a utilisé la carte Total mise à sa disposition par la commune pour faire trois fois le plein d’essence au cours d’une seule journée. Péché véniel dira-t-on, en comparaison des dépenses excessives reprochées à son prédécesseur. Raphaël Cognet s’est engagé à rembourser la collectivité. La chambre insiste sur le peu de contrôle exercé par la collectivité sur l’usage des cartes essence. Elle donne crédit au maire actuel de Mantes-la-Jolie d’avoir régularisé en 2018 le régime des indemnités de représentation en se faisant voter une enveloppe maximale de 13 000 € par an.

Au conseil municipal du 5 octobre, l’élu communiste Marc Jammet a accusé : « Certains élus semblent avoir confondu leur compte en banque avec celui de la trésorerie municipale. »

Une précision de Raphaël Cognet

Après la mise en ligne de cet article, Raphaël Cognet nous a indiqué qu’il avait déjà remboursé la commune. Il s’agissait d’un déplacement effectué à titre privé, et non de vacances. Le maire estime que l’expression « les doigts dans le pot de confiture » est excessive s’appliquant à une « bêtise » qu’il reconnaît.

 

la commune 1871

 

Le Sacré-Cœur classé monument historique ? Une insulte à l’histoire de France et aux morts de la Commune !

Par L’UFAL – UNION DES FAMILLES LAÏQUES  14 octobre 2020 7 commentaires

La presse annonce que la basilique du Sacré-Cœur serait bientôt classée monument historique. Il s’agit d’abord d’un avantage supplémentaire accordé par la République — pourtant laïque — à l’Église catholique, qui n’en cumule déjà que trop ; à commencer par le financement public de ses établissements d’enseignement. Les subventions du ministère de la Culture pourront désormais bénéficier directement à cette pièce montée d’un goût architectural douteux, mais au sens symbolique assurément clivant.

 

Après le Temps des Cerises, le temps des cilices(1) ?

Car reconnaître le Sacré-Cœur « d’intérêt public » par voie de classement, c’est faire insulte à l’histoire, à la République, et au chapitre des luttes sociales du « roman national ». La basilique fut en effet explicitement érigée « en expiation(2) » de la Commune de Paris. Cela fut dit lors des débats sur la déclaration « d’utilité publique » de ce bâtiment à l’Assemblée nationale, le 24 juillet 1873 (la laïcité n’existait pas encore). Cela fut répété en 1875, lors de la pose de la première pierre sur la butte Montmartre, car « C’est là où la Commune a commencé ». Depuis 130 ans, l’orgueilleux symbole de la domination sanglante de la bourgeoisie surplombe le Paris qui fut populaire.

 

Le classer monument historique, c’est considérer que la Commune est « derrière nous » — comme le dit peu élégamment la ministre de la culture. À l’heure où d’aucuns veulent déboulonner les statues de Colbert parce qu’auteur du « Code noir », voilà un paradoxal exemple de « cancel culture » : la mémoire des dominants effaçant l’histoire ! C’est la deuxième mort des révolutionnaires de 1871, massacrés par la soldatesque de Thiers et du général Galliffet(3) pour avoir osé la première « République sociale ».

 

Or la France, en 1946, est constitutionnellement devenue une République « sociale » : pour cela, il aura fallu des milliers (voire des dizaines de milliers) de morts en 1871, puis ceux de la Résistance. Le 29 novembre 2016, l’Assemblée nationale a d’ailleurs voté un texte proclamant la réhabilitation des victimes de la répression de la Commune. Ainsi, la République doit autant aux héritiers des Communards qu’à ceux des républicains fusilleurs, et ceci n’est pas « derrière nous ».

 

Certes, la maire adjointe de Paris en charge du patrimoine argue que sera également inclus dans le classement le square Louise-Michel attenant à la basilique. Mais quel déséquilibre entre le souvenir de l’héroïne de la Commune, que seuls l’enseignement de l’histoire et les mémoires militantes perpétuent, et la notoriété mondiale du deuxième monument le plus visité de Paris ! Ce n’est pas ce « pâté d’alouette et de cheval » (une alouette communarde, un cheval versaillais) qui « réconcilier[a]ces deux histoires ».

 

Madame Bachelot, ne commettez pas cette réécriture symbolique de l’histoire. Madame Hidalgo, qui avez poussé le souci de la population de Paris jusqu’à participer à la bénédiction archiépiscopale du 9 avril 2020(4), n’évacuez pas la mémoire populaire.

 

QUAND LE MINISTÈRE DE LA CULTURE RÉÉCRIT L’HISTOIRE

Mais que devait donc « expier » la France, par l’érection du Sacré-Cœur — si l’on ose dire ?

 

Le Monde du 14 octobre résume : « Selon le ministère de la Culture, c’est à “une mauvaise lecture de l’histoire” que le Sacré-Cœur doit de ne jamais avoir été classé. Longtemps, la basilique a été associée aux événements de la Commune de Paris, la croyance publique laissant entendre que son édification avait été décidée pour “expier les crimes des communards”.

 

De fait, c’est au sommet de la butte Montmartre que débuta l’insurrection des Parisiens [emmenés par les Parisiennes !] le 18 mars 1871, lorsque les troupes d’Adolphe Thiers vinrent enlever les canons de la Garde nationale qui y étaient entreposés. Mais la décision d’édifier la basilique a été prise dès 1870, affirment les historiens. “Ces querelles sont derrière nous mais ont retardé le processus de protection”, reconnaît [sic] Roselyne Bachelot. »

 

Un « symbole de l’ordre moral(5) alors triomphant, de la réaction la plus cléricale »

 

Que disent au juste les historiens, de cette question de date ? Citons cette fois Le Point(6) — que l’on ne suspectera pas d’être la voix des Communards :

 

« (…) ce fut une initiative privée, qui débuta sans pour autant viser la Commune. (…) Alexandre Legentil, propriétaire de grands magasins de tissus, (…) demanda pardon en raison des “malheurs qui désol(ai)ent le pays et des attentats sacrilèges commis à Rome (envahie par les troupes françaises qui mirent fin au pouvoir temporel du pape)”. (…) l’évêque de Nantes, Mgr Felix Fournier, venait d’attribuer la défaite de la France à une punition divine pour un siècle de déchéance depuis la Révolution (…) argumentaire, qui moins d’un siècle plus tard reviendra avec succès sous Vichy (…).

 

Il servit à un lobbying clérical efficace “après la chute de la Commune. Après des débats houleux, le vote de l’Assemblée nationale composée en 187[3] à majorité de royalistes cléricaux permet de reconnaître l’église d’utilité publique et autorise l’expropriation. (…) Financée par une souscription publique — près de 10 millions de Français vont verser leur écot pour une pierre —, ce projet, symbole de l’ordre moral alors triomphant, de la réaction la plus cléricale, ne va être achevé, ironie de l’histoire, qu’en 1891, alors que la République a déjà versé dans l’anticléricalisme. Le conseil municipal tentera bien en 1904 d’ériger en face la statue du chevalier de La Barre, symbole de l’intolérance religieuse [elle le fut en 1905], celle-là sera finalement éloignée.(7)”

 

On a donc le choix dans la date : 1870 pour “le symbole de la réaction la plus cléricale”, ou 1873 pour “l’expiation de la Commune” ? C’est dans les deux cas aussi laid que le monument lui-même (remarquait déjà Zola), qui mérite pour cela d’être laissé en place… avec les explications historiques qui s’imposent !

 

C. A.

 

 

 

 

 

 

 

17 OCTOBRE 1961 20 10 2020

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 9 h 57 min

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En ces temps troubles où nos libertés s’amenuisent de jour en jour, ça booste a voulu rappeler à sa manière l’anniversaire du 17 octobre 61 par les événements tragiques et le nombre de mort enregistré durant cette journée et celles qui suivirent. Un fait quasi inédit dans l’histoire de cette république si ce n’est durant la commune, cela fait écho bien évidemment à ce que nous sommes en train de vivre actuellement non pas dans la tragédie de la répression féroce à l’encontre de français musulmans il y a de cela bientôt 60 ans mais par le couvre feux qui fut instauré aux algériens en cet automne 1961 et le massacre qui fut perpétré par le pouvoir gaulliste de l’époque entre les 3 morts officiels et les 250 aujourd’hui admis. Couvre feux que le pouvoir actuel met en place et qui je le répète met en danger nos libertés, depuis Sarko qui est aujourd’hui mis en examen pour association de malfaiteurs ce qui est inique dans l’histoire des présidents français et qui je l’espère le verra condamné, fichiers, procédés de surveillance, biométrie, justice de moins en moins indépendante… Les justifications ne manquent pas : lutte contre la délinquance, contre la violence routière, au nom de la dignité, de la sécurité, de l’environnement, de la sécurité publique et de la santé publique ! Deux événements majeurs y ont contribué : les attentats du 11 septembre 2001 et l’arrivée de Nicolas Sarkozy. A cela il faut rajouter vigipirate, Les lois Perben I (2002), qui étend la comparution immédiate et qui autorise la détention provisoire à 13 ans, et Perben II (2004), qui confient des droits arbitraires aux forces de l’ordre, consolident la loi du 15 novembre 2001. Rachida Dati, ancienne Garde des Sceaux déclare le 8 janvier 2008 à propos de sa loi sur la rétention de sureté : « C’est la sûreté de tous au prix de la liberté de quelques-uns« .  la maîtrise des flux migratoires et la répression de l’immigration irrégulière et de ceux qui la favorisent, on entre inéluctablement en conflit avec les libertés. la vidéosurveillance. Etats d’urgence contre la menace terroriste suite aux attentats de 2015 et depuis 2020 état d’urgence sanitaire avec la mise en place du confinement et maintenant couvre feux toujours au nom de la sécurité du citoyen. Et tout cela dans la quasi indifférence le pouvoir nous vend en bonimenteur ses lois scélérates pour notre bien avec macron en père de la nation qui a des relents de plus en plus vichyste sans que cela ne perturbe les partis politiques d’opposition et encore moins le quidam qui est juste bon à travailler et crever pour le bien de la nation. Après cet aparté qui me semblait bon de rappeler nous allons entendre au cours de cette émission mémoires du 17 10 61 avec tout d’abord le  

    

 

Les policiers tuent 

 

17 10 61 témoignage de Omar Touil et Ahmed Touil ainsi que du photographe Georges Azenstarck et de Monique Hervo militante du service international. C’est Trois manifestants et ce journaliste témoignent du déroulement pacifique de la manifestation et de sa répression d’une sauvagerie inouïe. Cinq mois avant la fin de la Guerre d’Algérie le pouvoir gaulliste a réprimé de façon extrêmement violente (40 à 300 morts en une soirée selon les sources) une manifestation pacifique de toute la population civile algérienne de la région parisienne, manifestation contre le couvre-feu frappant cette seule population (tous avait la nationalité française). La pouvoir a longuement nié ce crime d’Etat (version officielle : 3 morts). En 1962, ces faits ont été amnistiés par un simple décret (devenu une loi par la suite) du même pouvoir gaulliste.

Vient ensuite

16 10 96 à l’occasion de l’anniversaire à l’appel du MRAP 1 jour en avance, un condensé des archives de l’INA sur le procès Papon alors préfet de police de paris sur les évènements de ce 17 octobre 1961 avec l’intervention d’historien comme Jean Luc Einaudi, d’algériens, de militants, de policier, d’avocats. Puis

L’histoire de cette photo avec l’inscription « ici on noie les algériens » qui aura mis 24 ans avant d’être publiée

Mémoire sauvée du vent un document sonore avec un retour sur la répression de la manifestation du 17 octobre 1961, et le transfert des travailleurs algériens, des bidonvilles vers les cités de relogement, et les expulsions vers leurs douars respectifs.

Et enfin si on en a le temps, un article paru dans la presse dans les années 80 et le témoignage d’un écrivain et journaliste qui a écrit un article dans le matin d’Algérie, sur cette triste journée du 17 10 61 et d’après ses recherches sur cette journée et la période qui a suivi il fait état de plus de 500 morts ou disparu la recherche de la vérité se poursuit puisque les archives de la police seront consultable en 2021 si d’ici là les preuves n’ont pas disparues. Et pour la partie musique nous entendrons

 

Musique : A Yemma Azizen par Yunès Matoub, Ancien chant kabyle par le Groupe Djurdjura التراث الامازيغي القبائلي فرقة جرجرة, KOUM TARA – teaser album – Chaâbi, Jazz & Strings, AKLI D – Abarman, une très belle chanson kabyle par Sarah Mélina Zermoun qui interprète ce chef-d’oeuvre du grand poète Brahim Tayeb, Tinariwen islegh taghram tifhamam

 

 Fuyez !

Dans les années 80, alors que l’épisode paraît expurgé de l’histoire de la guerre d’Algérie telle qu’on l’enseigne pourtant timidement, tout le monde n’a pas oublié le 17 octobre 1961. Et quelques uns œuvrent à le faire savoir. Les clichés de Georges Azenstarck aident pour porter cette mémoire qui se fraye mal un chemin dans le savoir encore fragile sur l’événement. Faute d’accès aux archives de la police, ces images semblent a posteriori comme des points de suspension. Mais quand Jean-Luc Einaudi entreprendra de déconstruire le mensonge, et d’installer un récit historien de l’épisode, il glane des ressources considérables à force de passer l’angle mort au peigne fin. Il étaye une histoire orale du 17 octobre, et contrecarre l’absence d’archives par une enquête dense auprès de policiers, de journalistes, de militants, et bien sûr d’Algériens présents ce soir-là.  Il épluche aussi les registres des cimetières parisiens, et livre une chronologie précise de la soirée. 

A la fois déconstruction d’une occultation et récit de l’événement, l’enquête est inédite, et le Seuil accepte de la publier : ce sera La Bataille de Paris, sorti en 1991, et désormais disponible en format poche – et toujours aussi précieux, six ans après la mort d’Einaudi, en 2014. Jean-Luc Einaudi, qui n’est pas universitaire de métier mais éducateur et écrivain dans la vie avant d’être historien, vient de combler un trou béant. Le filet de l’oubli soigneusement tissé se dilate, et au procès de Maurice Papon, qui s’ouvre en février 1997 devant la Cour d’assises de Gironde, le 17 octobre 1961 resurgit. Einaudi est cité à comparaître à Bordeaux à la demande des parties civiles, alors que la carrière de Maurice Papon est examinée dans son ensemble. Il y livre ce qu’il sait du 17 octobre pour l’avoir mis au jour ; il rappelle surtout que le Papon de Vichy a aussi été le Papon, préfet de police de Paris, en pleine guerre d’Algérie. Placide, Maurice Papon dit à la barre : 

La morgue, les non-lieux et les homicides volontaires

Dans les mois qui suivent, c’est l’emballement : alors que les archives sont si difficiles d’accès, un rapport de police se fraye un chemin entre les verrous, il est glaçant et incontestable : il s’agit d’un registre qui liste plusieurs dizaines de “FMA” (pour “Français musulmans d’Algérie”) et les départage : ceux de la morgue, avec leur numéro de dossier à l’Institut médico-légal, ceux pour qui est inscrit “homicide volontaire” et les autres, “non lieu”. Du côté de la classe politique, la ministre de la Culture de l’époque, Catherine Trautmann promet une ouverture des archives classifiées, et Jean-Pierre Chevènement missionne un rapport sur la nuit de ratonnade, qui pointe les archives volatilisées montrant bien l’occultation. Le chiffre officiel passe de 3 à 32 morts, c’est-à-dire un bilan très en-deça de ce qu’estimait déjà Jean-Luc Einaudi (et de ce qu’admettent aujourd’hui les historiens). 

Les compte-rendus de ce passage devant la Cour d’assises sont précis, mais le climat est tendu et la place d’Einaudi trop périphérique sans doute pour ne pas être seul : des journalistes et des intellectuels lui font par exemple le procès de mettre sur le même plan les rafles survenues à Bordeaux en 1942 et les massacres d’Algériens en 1961 (ou De Gaulle et Pétain dans le même sac). L’auteur de La Bataille de Paris décide de publier une tribune dans le journal Le Monde. Noir sur blanc, il écrit cette phrase qui n’avait jamais été écrite : « Il y eut à Paris un massacre perpétré par des forces de police agissant sous les ordres de Papon. » Lui, l’ancien lycéen qui fit mai 68 à Fougères et dont l’historien Fabrice Riceputi a raconté une trajectoire de « citoyen-chercheur » en rupture d’avec le PCF, est encore très seul avec cet objet de recherche marginal. Depuis le savoir qu’il a accumulé, il écrit : “Pour le moment, je persiste et je signe”. 

La tribune paraît dans Le Monde dans l’édition du 20 mai 1998 sous le titre “Octobre 1961 : pour la vérité, enfin” et est toujours accessible dans les archives du quotidien. Papon, qui n’avait pas porté plainte à la publication de La Bataille de Paris sept ans plus tôt, porte plainte. Condamné le  2 avril 1998 à dix ans de prison et à verser l’équivalent de 700 000 euros aux parties civiles, l’ancien préfet attaque Jean-Luc Einaudi. Ce sera un nouveau procès dans le procès, et une étape décisive pour stabiliser la connaissance qu’on a du 17 octobre 1961. A la barre, défileront une trentaine de témoins dont Pierre Messmer, qui était ministère des Armées à l’époque, ou encore l’historien Pierre Vidal-Naquet qui, le premier, avait nommé le “pogrom”. Des Algériens qui ont vécu l’événement témoignent aussi, ainsi que Brigitte Lainé et Philippe Gros, deux archivistes qui apportent, depuis leur accès au secret des archives, leur crédit empirique à la démonstration de Jean-Luc Einaudi – et qui le paieront d’une mise à l’écart durable, et profondément injuste. Au procès, Brigitte Lainé, qui a minutieusement épluché les archives judiciaires de septembre à décembre 1961, décrit par exemple : “Dès le mois de septembre, il y a une constante dans la mise en scène de la mort : une majorité de noyés, retrouvés dans la Seine ou les canaux parisiens, les mains liées ou avec des traces de strangulation ou de balles.” 

 

Les bus

  

Azenstarck, le photographe qui a témoigné contre Maurice Papon

Georges Azenstarck vient de mourir. Photo-reporter engagé, il avait documenté la vie des pauvres et des ouvriers, mais aussi la nuit du 17 octobre 1961, quand sous les ordres de Maurice Papon, la police parisienne a tué plusieurs centaines d’Algériens, dont beaucoup furent jetés à la Seine.

 

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Au fil de la soirée du 17 au 18 octobre 1961, même les photos floues précisent la chronologie du drame et laissent deviner des cadavres qui s’amoncellent dans la capitale.• Crédits : Keystone - Getty

On a appris avec quelques jours de décalage la mort de Georges Azenstarck, le 2 septembre. Le photographe, qui avait été salarié du journal L’Humanité entre 1956 et 1968, est mort à l’âge de 85 ans, à Marseille. Son nom ne vous dit peut être rien : entré à l’agence Rapho en 1979, il était moins connu que Robert Doisneau ou Willy Ronis, dont il était proche. Bien qu’il ait été photo-reporter, ses images circulent peu : on ne les trouve pas dans les grandes banques d’images auxquelles les médias sont abonnés, et où ils puisent pour illustrer leurs articles. On les retrouve plutôt à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, la bibliothèque Roger Viollet. Archivé (et visionnable en ligne par ici), le travail d’Azenstarck représente une mémoire photographique considérable pour l’histoire de France, qu’il avait documentée avec assiduité. Plutôt du côté des pauvres et des ateliers à l’usine, pour celui qui a couvert le Mai 68 ouvrier et aussi collaboré à la presse syndicale, et en particulier un journal comme La Vie ouvrière.

 

Azenstarck, ce fut aussi un regard rare sur les bidonvilles qui essaimaient en lisière de Paris après la Seconde guerre mondiale. Comme Monique Hervo, qui, elle, vivait au bidonville de Nanterre, et comme peu d’autres photographes, il a beaucoup photographié les baraquements de Seine-Saint-Denis ou du Val-de-Marne. Ses photos des familles portugaises qui vivaient là sont restées importantes pour dire autre chose des Trente glorieuses.

 

C’était Dallas

Si vous avez déjà croisé la couverture d’un livre co-écrit avec Gérard MordillatLes Rudiments du monde, paru en 2002 chez Eden, vous n’avez sans doute pas pu passer à côté de la photo de couverture : un portrait, en noir et blanc, et assez de grain pour qu’on ait l’impression que la femme à l’image va sortir sa main de la manche de son col noir. Puissante, la photo voyage, et elle servira encore à l’occasion d’un roman social du même Mordillat, Les Vivants et les morts dans son édition de poche de 2006. Une histoire d’usine qui ferme, et de ce couple dont la fille se fait appeler “Dallas”. C’est une fiction mais dans la vraie vie, Azenstarck a couvert les piquets de grève chez Citroën en 1984 en plein tournant de la rigueur, et aussi la sortie des ouvrières de la Lainière à Roubaix. A la CGT, on rappelle que le Parisien né en 1934 était un photographe de terrain : en 1965, il était là pour photographier l’enterrement de vingt-et-un mineurs marocains tués dans un coup de grisou dans le Pas-de-Calais. Georges Azenstarck était un reporter, et à la veille de l’an 2000, l’un de ses reportages avait été sélectionné par l’agence Associated Press comme des cent meilleurs du XXe siècle.

 

En reporter, il a documenté aussi ce qui restera tardivement un angle mort de l’histoire de France : le 17 octobre 1961. Son travail ce soir-là dans les rues de Paris fut même si considérable que si on connaît mieux l’épisode tragique aujourd’hui, c’est notamment grâce à Georges Azenstarck. Ses clichés pris avec vue sur le bitume, tandis qu’un cortège d’Algériens manifestait pour protester contre le couvre-feu à 20 heures que le préfet Maurice Papon venait de leur imposer douze jours plus tôt, ont aidé à accoucher à la fois de l’histoire et d’une mémoire. En 1961, les locaux de L’Humanité donnaient encore du côté des grands boulevards à Paris. C’est-à-dire que depuis les balcons du journal au troisième étage, on avait ce soir-là une vue plongeante sur la répression en train de s’abattre sur le cortège, sur les femmes et les enfants qu’on écarte presque tous alors que se poursuit le bruit du pas de hommes qui continuent de marcher tandis qu’ils se font tirer dessus. C’est ce soir-là que plusieurs dizaines d’Algériens seront jetés à la Seine – un saut d’échelle lugubre pour une pratique dont les réseaux anticolonialistes savaient alors qu’elle existait déjà, ici ou là, ponctuellement.

Aujourd’hui, on peut dire tout ça, et on sait un peu mieux ce qu’il s’est passé ce soir-là dans la capitale, alors que la Guerre d’Algérie s’étirait depuis sept ans. Mais longtemps, on n’a pu dire que très peu de cet épisode au premier bilan officiel cinglant : deux morts, écrivait Le Figaro en Une de son édition du 18 octobre 1961. Le bilan officiel grimpera à trois morts, et bien des années plus tard, du côté du Front national, on continue d’entendre dire que sept Algériens en tout et pour tout on perdu la vie – et qu’ils se seraient tout bonnement entre-tués. 

Quand François Hollande reconnaîtra la responsabilité de la République dans ce massacre, cinquante-et-un ans après les faits, les historiens convenaient que la répression sanglante avait fait a minima au-delà de deux cents morts, et peut-être plus de trois cents. Longtemps, dans les réseaux militants à l’extrême-gauche, on a dit que le massacre des Algériens avait été le deuxième massacre le plus sanglant depuis la Commune de Paris. C’est aussi ce qu’affirmait Georges Azenstarck dans un documentaire de Faiza Guène et Bernard Richard, produit en 2002 et accessible via YouTube. 

Le panier à salades et ces morts comme des « sacs à patates »

Dans cette vidéo, le photographe décrit sa soirée passée avec son collègue photographe à « L’Huma », les cadavres qu’il voit depuis le balcon du journal, qui s’entassent en contrebas dans la rue, du côté du Rex, “comme des sacs à patates”. Il décrit aussi les Algériens que la police traine par le col, vifs ou morts, et ce camion qu’on appelait encore “panier à salade”, qui stationne une grosse dizaine de minutes sous sa fenêtre et lui masque la vue. Lorsque le camion remettra le moteur, les cadavres entassés auront disparu. Les tirs se sont tus, Azenstarck descend en trombe, il tente de photographier ce policier qui, seau d’eau à la main, tente en vain de nettoyer le sang sur le trottoir. On l’empêche assez vite de mitrailler. Mais ses pellicules de la soirée du 17 octobre 1961 serviront a posteriori à étayer la réalité : on a bien massacré des Algériens dans les rues de Paris ce soir-là. Son travail est à la hauteur de celui d’Elie Kagan et d’ailleurs des sites pro-Algérie française continuent, presque soixante ans après l’événement, à brocarder “Azenstarck le menteur”, “Azenstarck le communiste” pour ce qu’il a montré, et dit.

Mais en réalité, Azenstarck n’a pas fait que nous donner de quoi mieux connaître l’épisode. Il a aussi aidé à ce qu’on nomme le massacre, et à ce qu’on le regarde de face. Il a témoigné au milieu du brouillard.  Car le 17 octobre 1961 est longtemps resté un angle mort dans l’histoire de France. Devenu aujourd’hui un chapitre de la Guerre d’Algérie, ce massacre n’est toujours qu’à peine considéré comme une page de l’histoire du maintien de l’ordre à la française. C’est le prix d’un enfouissement durable de ce que l’historien Pierre Vidal-Naquet avait appelé “pogrom” dès novembre 1961, à l’occasion d’un article dans Les Temps modernes.

Des historiens ont nommé cet enfouissement “la triple occultation” et en 2011, dans un ouvrage paru à La Découverte, Gilles Manceron détaillait ce mécanisme :

Le silence qui a entouré le 17 octobre 1961 pendant près de trois décennies n’a rien d’énigmatique . Trois facteurs ont contribué à la « dissimulation du massacre » : la négation et la dénaturation immédiates des faits de la part de l’État français, prolongées par son désir de les cacher ; la volonté de la gauche institutionnelle que la mémoire de la manifestation de Charonne contre l’OAS en février 1962 recouvre celle de ce drame ; et le souhait des premiers gouvernants de l’Algérie indépendante qu’on ne parle plus d’une mobilisation organisée par des responsables du FLN qui étaient, pour la plupart, devenus des opposants. Trois désirs d’oubli ont convergé. Ils ont additionné leurs effets pour fabriquer ce long silence.

Dans les années 80, alors que l’épisode paraît expurgé de l’histoire de la guerre d’Algérie telle qu’on l’enseigne pourtant timidement, tout le monde n’a pas oublié le 17 octobre 1961. Et quelques uns œuvrent à le faire savoir. Les clichés de Georges Azenstarck aident pour porter cette mémoire qui se fraye mal un chemin dans le savoir encore fragile sur l’événement. Faute d’accès aux archives de la police, ces images semblent a posteriori comme des points de suspension. Mais quand Jean-Luc Einaudi entreprendra de déconstruire le mensonge, et d’installer un récit historien de l’épisode, il glane des ressources considérables à force de passer l’angle mort au peigne fin. Il étaye une histoire orale du 17 octobre, et contrecarre l’absence d’archives par une enquête dense auprès de policiers, de journalistes, de militants, et bien sûr d’Algériens présents ce soir-là.  Il épluche aussi les registres des cimetières parisiens, et livre une chronologie précise de la soirée. 

A la fois déconstruction d’une occultation et récit de l’événement, l’enquête est inédite, et le Seuil accepte de la publier : ce sera La Bataille de Paris, sorti en 1991, et désormais disponible en format poche – et toujours aussi précieux, six ans après la mort d’Einaudi, en 2014. Jean-Luc Einaudi, qui n’est pas universitaire de métier mais éducateur et écrivain dans la vie avant d’être historien, vient de combler un trou béant. Le filet de l’oubli soigneusement tissé se dilate, et au procès de Maurice Papon, qui s’ouvre en février 1997 devant la Cour d’assises de Gironde, le 17 octobre 1961 resurgit. Einaudi est cité à comparaître à Bordeaux à la demande des parties civiles, alors que la carrière de Maurice Papon est examinée dans son ensemble. Il y livre ce qu’il sait du 17 octobre pour l’avoir mis au jour ; il rappelle surtout que le Papon de Vichy a aussi été le Papon, préfet de police de Paris, en pleine guerre d’Algérie. Placide, Maurice Papon dit à la barre : 

Je veux bien me repentir, mais de quoi? De quelle faute?

 

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La morgue, les non-lieux et les homicides volontaires

Dans les mois qui suivent, c’est l’emballement : alors que les archives sont si difficiles d’accès, un rapport de police se fraye un chemin entre les verrous, il est glaçant et incontestable : il s’agit d’un registre qui liste plusieurs dizaines de “FMA” (pour “Français musulmans d’Algérie”) et les départage : ceux de la morgue, avec leur numéro de dossier à l’Institut médico-légal, ceux pour qui est inscrit “homicide volontaire” et les autres, “non lieu”. Du côté de la classe politique, la ministre de la Culture de l’époque, Catherine Trautmann promet une ouverture des archives classifiées, et Jean-Pierre Chevènement missionne un rapport sur la nuit de ratonnade, qui pointe les archives volatilisées montrant bien l’occultation. Le chiffre officiel passe de 3 à 32 morts, c’est-à-dire un bilan très en-deça de ce qu’estimait déjà Jean-Luc Einaudi (et de ce qu’admettent aujourd’hui les historiens). 

Les compte-rendus de ce passage devant la Cour d’assises sont précis, mais le climat est tendu et la place d’Einaudi trop périphérique sans doute pour ne pas être seul : des journalistes et des intellectuels lui font par exemple le procès de mettre sur le même plan les rafles survenues à Bordeaux en 1942 et les massacres d’Algériens en 1961 (ou De Gaulle et Pétain dans le même sac). L’auteur de La Bataille de Paris décide de publier une tribune dans le journal Le Monde. Noir sur blanc, il écrit cette phrase qui n’avait jamais été écrite : « Il y eut à Paris un massacre perpétré par des forces de police agissant sous les ordres de Papon. » Lui, l’ancien lycéen qui fit mai 68 à Fougères et dont l’historien Fabrice Riceputi a raconté une trajectoire de « citoyen-chercheur » en rupture d’avec le PCF, est encore très seul avec cet objet de recherche marginal. Depuis le savoir qu’il a accumulé, il écrit : “Pour le moment, je persiste et je signe”. 

La tribune paraît dans Le Monde dans l’édition du 20 mai 1998 sous le titre “Octobre 1961 : pour la vérité, enfin” et est toujours accessible dans les archives du quotidien. Papon, qui n’avait pas porté plainte à la publication de La Bataille de Paris sept ans plus tôt, porte plainte. Condamné le  2 avril 1998 à dix ans de prison et à verser l’équivalent de 700 000 euros aux parties civiles, l’ancien préfet attaque Jean-Luc Einaudi. Ce sera un nouveau procès dans le procès, et une étape décisive pour stabiliser la connaissance qu’on a du 17 octobre 1961. A la barre, défileront une trentaine de témoins dont Pierre Messmer, qui était ministère des Armées à l’époque, ou encore l’historien Pierre Vidal-Naquet qui, le premier, avait nommé le “pogrom”. Des Algériens qui ont vécu l’événement témoignent aussi, ainsi que Brigitte Lainé et Philippe Gros, deux archivistes qui apportent, depuis leur accès au secret des archives, leur crédit empirique à la démonstration de Jean-Luc Einaudi – et qui le paieront d’une mise à l’écart durable, et profondément injuste. Au procès, Brigitte Lainé, qui a minutieusement épluché les archives judiciaires de septembre à décembre 1961, décrit par exemple : “Dès le mois de septembre, il y a une constante dans la mise en scène de la mort : une majorité de noyés, retrouvés dans la Seine ou les canaux parisiens, les mains liées ou avec des traces de strangulation ou de balles.” 

 

Au cœur des débats, le nombre de morts, mais aussi, et au-delà, la volonté de calfeutrer le tout. De dissimuler. Or les images de Georges Azenstarck montrent justement qu’on réprime une foule sans arme, et qu’on traîne des Algériens sur le sol. Sur une autre photo, Azenstarck a compté jusqu’à douze cadavres devant le 5, boulevard Poissonnière. Venu témoigner au procès que Papon intente à l’historien, le photographe utilise des mots comme “sauvagerie” et “déchaînement” pour raconter à son tour. Il dit : 

J’étais dans le labo photo avec Serge Gautier, ce soir du 17 octobre 1961. Je développais, pour le journal du lendemain, mes clichés de la manifestation de milliers d’Algériens entre République et Opéra », explique le photographe Georges Azenstarck, alors salarié du service photo de l’Humanité. « J’étais frappé par la dignité des manifestants qui défilaient pacifiquement, dignement, sans banderole, avec femmes et enfants. Ils avaient mis leurs plus beaux costumes. Ils étaient fiers de défendre leurs droits de Français du département d’Algérie. Soudain, on nous appelle. Il se passe des choses très graves sur le boulevard Poissonnière, juste devant le journal.

Et aussi :

L’horreur fut à son comble quand nous vîmes des policiers traîner sur le sol des corps d’Algériens inertes. Ils les traînaient par les bras, par les vêtements, par le col, puis ils les entassaient les uns sur les autres à même le sol, devant le portail du n° 5 du boulevard Poissonnière, à l’enseigne d’un journal qui s’appelait Noir et Blanc et qui faisait partie de l’immeuble du cinéma le Rex.

Jean-Luc Einaudi sera relaxé au terme de ce procès. Même survenu trente-huit ans plus tard, le témoignage du photographe, ainsi que ses tirages, sont d’autant plus précieux qu’il s’est d’abord agi de planches contact : ni le 18 octobre 1961 ni les jours qui suivront, L’Humanité ne publiera les images de Georges Azenstarck. Bien des années plus tard, en 2011, le journal publiera un petit entrefilet rétrospectif pour s’interroger : 

Pourquoi ? Les saisies, dont l’Humanité a maintes fois payé le prix, sont-elles, en cette période complexe, hyper violente, l’une des raisons de cette non-parution ?

Cette année-là, une nouvelle version du livre de Georges Azenstarck sur le 17 octobre 1961 venait de paraître. Le massacre s’écrivait désormais noir sur blanc, mais se regardait aussi sur papier glacé. Glaçant.

Chloé Leprince

 

Dans les bus 

 

On connaît désormais les modalités de la répression policière du 17 octobre 1961 à Paris, si l’on en mesure difficilement l’étendue. Écrivant chroniqueur, je ne suis pas historien. J’éprouve cette histoire, notamment, et je lis les historiens. Le relevé suivant de constats bien fondés, authentiques, peut servir à les récapituler.

Octobre 1961 a vu culminer à Paris un état de guerre non déclaré entre police française et immigration algérienne. Maintenant que cette guerre est reconnue historiquement, des tendances idéologiques qui longtemps l’ont déniée et occultée, en légitiment les méthodes répressives : puisqu’il s’agissait d’une guerre, tous les moyens étaient bons.

Et l’on fait l’impasse sur la notion de crimes de guerre, sur la disproportion des armements et l’inégalité des « armées » en présence, ainsi que sur le caractère civil et social de la très grande majorité des Algériens indépendantistes en France.

Pis encore, elles identifient ce combat de la police de Papon et de groupuscules fascistes, qui se disaient « anti-terroristes » dans les termes de l’époque, en effectuant une analogie avec la question de la lutte anti-terroriste dans les années 2010. Il s’ensuit un amalgame mensonger entre la lutte politique collective de la « guerre d’Algérie en France » et les menées criminelles d’infimes minorités ultra-islamistes de nos jours.

C’est potentiellement une menace contre une composante sociologique bien plus large que ces minorités, du fait des glissements racistes et anti-musulmans qu’effectue une opposition cryptée à une prétendue « invasion de l’islamisme ». 

Ce contexte actuel brièvement esquissé, la reconnaissance des contradictions sociales et politiques vécues ne doit pas être engloutie dans une « guerre des mémoires » qui les annulerait toutes au prétexte d’impartialité ou d’« objectivité » historiographique. Une connaissance véridique est nécessaire, et sur cette crise majeure elle est encore à se chercher. Car ce fut une crise majeure que le conflit politique entre la France gaullienne et l’immigration algérienne pour partie liée à la revendication indépendantiste.

On peut dire que cette immigration a marqué la première synthèse entre population française et population (post-)coloniale immigrée. Pour beaucoup, elle s’est effectuée malgré ses composantes (les Français n’étaient pas accueillants, dans leur majorité ; et qui choisissait avec plaisir l’exil, el ghorba ?). Elle a été ponctuée de drames tragiques. Ses conséquences s’étendent encore. Il ne faut pas en étouffer la mémoire, mais surmonter ce dont elle est porteuse. Encore faut-il le reconstituer. Les dénis enveniment.

Cet état de guerre ancien, institué peu à peu depuis l’après-Seconde Guerre mondiale, n’a paru tel que lorsque ceux qui en étaient les victimes se sont dressés contre lui. Le 17 octobre 1961 est la date saillante de ce long processus. 

De tant de guerres on ignore toute comptabilisation plausible… De cette époque appréhendée dans son ensemble, on ne connaîtra jamais le nombre exact de morts, les broyés, les noyés, les expulsés par ce que l’on appelle depuis des charters, avions ou bateaux hebdomadaires, et perdus ou sacrifiés ailleurs. Plus ou moins. Les morts ici enregistrés comme envoyés dans le Sahara ; les morts au Sahara des suites des blessures infligées ici et restées sans soin ; les exécutés par la police grimés en victimes du FLN.

Ce dernier aspect à lui seul affecte toute statistique d’un cachet d’impossibilité sinon d’invraisemblance. L’un des torturés du livre la Gangrène l’évoque en 1959, ainsi que maintes fois des historiens et des témoins. Certains citent des propos récurrents de policiers, leurs vantardises, leurs menaces (en substance : on te laisse dans un coin avec un écriteau FLN en pseudo-signature.)

Par ailleurs, « beaucoup d’attentats commis par le MNA étaient mis sur le compte du FLN », publiait en 1962 le journaliste Jacques Duchemin (Histoire du FLN, éd. la Table ronde). Par attentat, à l’époque, on désignait surtout, non pas les ratonnades ni les lynchages occasionnels commis par des Français contre des Algériens, mais les combats ou les assassinats dont ces derniers étaient auteurs ou cibles. Des recensements évoquent un nombre important d’« attentats » secouant la capitale : il s’agit majoritairement de saccages ou de plastiquage de « cafés arabes ».

Donc, parmi les « victimes du FLN », les affectations officielles, dans les rapports de police, ou médiatiques, présentaient alors un niveau exagéré. On ne peut aujourd’hui l’interpréter comme un constat exact. Si, dans cette comptabilité atroce, la colonne « Algériens morts du fait du FLN » doit être diminuée d’un nombre que l’on perçoit important de victimes maquillées comme telles, ce sont d’autres colonnes de responsables qui s’en trouvent ipso facto augmentées… 

Un rapport interne du Service de coordination des affaires algériennes de la Préfecture de police, consacré à la lutte entre MNA et FLN, recensant les tués et leur appartenance, contredit absolument l’attribution au FLN des morts algériens trouvés partout cette année-là. Le bilan pour 1961 comptabilise 18 victimes membres du FLN et 5 membres du MNA.

Aucune de juin à décembre. On est bien loin du nombre de corps recensés. Ceci dément catégoriquement les assertions d’historiens récents (Rémy Valat, Jean-Paul Brunet…) selon lesquelles le nombre important de morts algériens cette année-là concerne des « victimes du FLN ».

Non moins logiquement, les cadavres « déguisés » étaient soit ceux d’Algériens non engagés (et, pour inclure toute possibilité, de quelques Italiens et Latino-Américains pris par erreur pour Algériens du fait de leur « faciès »), soit en majorité ceux de militants ou de sympathisants de la Fédération de France du FLN, liquidés pour cette appartenance – proportions difficilement mesurables, outre qu’aux meurtres circonstanciés se combinaient les défoulements aléatoires. 

Sans parler de ceux à jamais disparus, privés même de consignation administrative.

La mer, dit-on, rend toujours les corps de ses victimes, quand du moins on ne les balance pas d’un avion, coulées dans un bloc de béton. Mais les tempêtes de l’Histoire ne les restituent pas ainsi. Combien sont morts encore à la mémoire, anonymes de la vie et au-delà ?

Parmi les 389 Algériens assassinés ou disparus recensés pour l’automne 1961 par Jean-Luc Einaudi (Scènes de la guerre d’Algérie en France. Automne 1961, éd. Le Cherche Midi, 2009), 90 n’ont pas été identifiés : corps retrouvés, rendus méconnaissables par la durée d’un séjour dans l’eau d’un canal, par la cruauté de leur meurtre…

Un État qui, le 17 octobre, a pu réquisitionner les métros, les autobus, les plus grandes salles parisiennes de concert privées, les hôpitaux, les gymnases scolaires, était-il incapable de réquisitionner aussi des structures funéraires, un crématorium de banlieue ?

En Algérie, l’incinération-occultation des victimes de violences militaires ou civiles fut pratiquée, le fut sans doute massivement en 1945, au lendemain de Sétif et Guelma, pour prévenir les éventuelles enquêtes parlementaires ou internationales (Boucif Mekhaled, Chronique d’un massacre. 8 mai 1945…, coéd. Au nom de la mémoire – Syros, 1995, p. 206 ; et R. de Rochebrune, B. Stora, La Guerre d’Algérie vue par les Algériens, t. I, p. 79, éd. Denoël, 2011, cité par sa rééd. Folio Histoire, 2016). 

Était-il inconcevable d’importer en France, avec les méthodes coloniales, ces coutumes de « nettoyage » ?

Jean-Luc Einaudi (Octobre 1961. Un massacre à Paris, nouvelle édition augmentée, éd. Fayard, 2011, p. 87 ; cité ci-après Einaudi éd. 2011) rapporte un témoignage indirect d’un « déchargement de cadavres d’Algériens transportés à bord de camions » à Créteil, après le 17 octobre. « Les cadavres avaient été enfouis dans une fosse commune improvisée. » En 1999, des ossements furent trouvés au lieu dit, « à fleur de terre, en grand nombre ».

Puis les témoins se sont dédits, défilés. Une enquête préliminaire demeura sans suite. Un journaliste aussi trouva des ossements… Ces corps n’ont jamais été comptabilisés, enregistrés, recensés. Ils ne figurent pas dans les estimations statistiques des victimes algériennes de 1961.

Aux probables inhumations clandestines des autorités s’ajoute un autre facteur : les indépendantistes algériens ont enterré des leurs sans que ces victimes soient numérées officiellement par l’administration française. On sait que des bidonvilles comportaient des zones affectées aux inhumations.

Plusieurs témoignages évoquent ce recours s’agissant de la manifestation du 17 octobre. Selon le journaliste Jacques Derogy (dans l’Express du 19 octobre 1961), ce sont des militants du FLN qui, vers minuit, vinrent emporter les cadavres du boulevard Bonne Nouvelle, célèbres si l’on peut dire par les photographies et témoignages d’un journaliste de l’Humanité, mais qui disparurent eux aussi des statistiques archivistiques.

Cette pratique est corroborée par une note d’une assistante sociale, B. Gall, travaillant en relations avec des Algériens de Nanterre. Dans son journal, à la date du 22 octobre semble-t-il, elle écrit : « Rencontré P. ce soir [tous les noms sont abrégés sans doute par discrétion, sinon par sécurité]. Un de ses amis a participé au ramassage des morts dans les rues de Paris. Il affirme qu’il en a compté 78. » (Cité par J.-L. Einaudi, éd. 2011, p. 436.) Voici une « série » de quatre-vingts morts absents des registres susceptibles d’être objectivement recensés.

Comment expliquer la différence entre les victimes comptabilisées et la surabondance de témoignages en des lieux et des moments différents ? Que penser de ce rapport publié dans sa livraison de novembre 1961 par l’Ouvrier algérien en France, organe clandestin depuis 1958 de l’Amicale générale des Travailleurs algériens (structure syndicale créée par le FLN) et intitulé « Un rescapé du Pont de Neuilly vous parle… » ?

« Pont de Neuilly, 17 octobre, 20 h 15. – Trois barrages successifs de “flics”, entre le métro et le pont. Un quatrième barrage préventif (!) de harkis. Tout ce “beau monde” prétendant maintenir six mille manifestants [venus des bidonvilles de Nanterre et Gennevilliers] entre le pont de Neuilly et le rond-point de la Défense.

» Des cars prennent position dans les rues adjacentes. Un signal a été donné et, de leurs positions respectives, les flics stationnés dans ces rues ouvrent délibérément le feu, durant trente et une minutes très exactement, laissant sur le pavé une centaine de corps.

» La foule se scinde. Un groupe de deux cents frères algériens (hommes, femmes, enfants) se réfugient dans un chantier de construction rue Jean Jaurès et rue Bellini, à Puteaux. Les flics découvrent la retraite et font feu. Un autre groupe, se dirigeant sur Courbevoie, est pris en chasse par des civils munis de manivelles, certains armés de revolvers. D’autres préfèrent foncer, en voiture, sur la foule. Avenue De Gaulle, entre Puteaux et Courbevoie, l’autobus 161 fonce sur les frères, laissant derrière lui un tableau effroyable. Au pont de Charlebourg, à Colombes, un autre conducteur de l’autobus 161 fait de même, après avoir demandé aux passagers de s’accroupir !

» Quant aux frères qui se trouvaient encore çà et là, la police les jeta dans la Seine. Certains, qui tentaient de regagner la berge en nageant, furent mitraillés, le reste emporté par le courant. Ceux qui furent repêchés se trouvent à Vincennes [au Centre d’identification].

» […] À 5 heures du matin, les habitants de l’avenue De Gaulle lavent les trottoirs (sans commentaire !). Une horde de jeunes gens en vélomoteurs se fait un plaisir de découvrir tout Algérien réfugié dans un couloir pour le signaler aux flics. […] »

Qu’en penser ? est-ce amplification militante ? Dans de tout autres crises socio-historiques les rumeurs, recoupant des aperçus épars, ont pu accroître l’estimation du nombre des victimes. Ensuite les rapports officiels, constatables dans l’objectivité historiographique, se révèlent souvent moindres. Tant de morts disparaissent, si je puis dire, à un second degré, dont plus rien d’objectivable ne demeure… L’« exactitude » se situe dans quelque indiscernable « entre-deux ».

Mais ici ce ne sont pas rumeurs recoupées par la passion ou le calcul. Des consignes internes du FLN, durant l’automne 1961, demandaient que soient remontés les témoignages précis sur les menées, les meurtres expéditifs, de la police parisienne. Des cas sont cités en divers tracts et communiqués, qui se recoupent. On ne recherchait pas des rumeurs. On recensait des faits.

Des noms, des adresses, des circonstances sont établis, méthodiquement, dirait-on par un avocat, pour lequel, vu le contexte, il était aussi inutile d’extrapoler que de ne pas être exact. 

Serait-ce alors une instrumentalisation idéologique, un calcul, selon lequel, plus on accroîtrait le nombre des victimes, et plus le cas serait gravissime pour l’« opinion publique » ? Ce procès d’intention est privilégié abusivement par des historiens expliquant la manifestion non-violente du 17 octobre par un plan machiavélique de la haute direction du FLN, plan selon lequel un ordre unilatéral de sortir malgré le couvre-feu de Papon condamnait les Algériens à une répression qui scandaliserait la France. Mais quelle opinion publique ? 

Celle qui soutenait policiers et bénévoles dans leurs basses œuvres ? Sur ce plan, tandis que l’on privilégie (pour sauver l’image de la gauche française) la minorité qui sut témoigner du sort fait aux Algériens en France, il convient de souligner son absence d’influence, fréquemment évoquée, notamment par Pierre Vidal-Naquet dans ses Mémoires. Aurait-elle enregistré les crimes dont l’information lui était transmise par la Fédération de France, les aurait-elle tous divulgués, elle n’aurait pas été davantage entendue. Il y eut de sa part des rapports honnêtes et courageux, mais forcément partiels : les soutiens n’étaient pas partout. 

Grossir, amplifier, à l’époque, ne servait à rien. Et il n’en était pas besoin : la réalité suffisait. On la minorait, on la négligeait ; en même temps on la revendiquait sans occasionner de scandale majeur.

Les scènes décrites dans ce témoignage du Pont de Neuilly – où s’avançaient en groupes serrés les habitants des bidonvilles proches – présentent de ce fait une concentration plus importante. Mais elles eurent encore leurs analogies attestées, au quartier Latin, sur les grands boulevards : pas d’armes à feu, dans l’ensemble ; les matraques manches de pioches…

Ou avec cette « farce » de policiers : ils en voulaient à Maurice Papon, jugé trop timoré sans doute. Dans l’enceinte même de la Préfecture, cette nuit du 17, on poussa des groupes d’interpellés algériens vers les appartements du préfet. Celui-ci prit peur ; il convoqua d’autres troupes pour s’interposer. Et toutes, confraternellement réunies, assommaient les Algériens à coups de bancs. Selon un témoin, « s’ils ne sont pas morts, ils avaient la tête dure ». Sans certitude, des témoignages d’administrateurs de la police réprouvant cette barbarie estiment probable et a minima le nombre de quatre-vingts décès. Voici encore une « série ». Cette « souricière » était fameuse parmi le personnel de la police.

Bien sûr les « cent corps » laissés sur le pavé autour du Pont de Neuilly après une demi-heure de mitraillage n’étaient pas tous morts, une proportion était blessée seulement : vouée à la Seine ? ailleurs ? En une demi-heure, combien une mitraillade atteint-elle de civils massés et encerclés dans une nasse ? Son ampleur en tout cas n’est pas exagérée. Le journaliste Jacques Derogy, présent le 17 octobre en certains points des cortèges algériens, évoque également une mitraillade d’une demi-heure au pont de Neuilly (Archives de l’Express, article du 19 octobre 1961 réédité sur internet en 2012).

Un autre témoignage cité par J.-L. Einaudi (éd. 2011, p. 313-314) est celui d’un appelé chargé des transcriptions des messages radios de la police. Il a capté des messages émanant de gendarmes mobiles qui « avaient pris en tenaille, sur un pont, des manifestants qu’ils balançaient dans la Seine […]. Nous les entendions annoncer sur un ton de victoire : “Dix bougnoules de plus” ; “Encore quinze ratons à la flotte”.

Lorsque la répression touche à sa fin, un décompte final est communiqué. Il fait état de 200 victimes… au bas mot. » Le témoin, in La Montagne, 12 février 1999, poursuit : de retour à leur caserne, ces gendarmes ingurgitent force bières ; « L’alcool aidant, les commentaires, à connotation ouvertement raciste, allaient bon train. Et ils confirmaient, en les amplifiant même, les informations qui nous étaient parvenues. À certains moments, nous avons même entendu parler de 300 “bicots” jetés à la Seine. » D’autres témoignages font échos à ces vantardises : « À l’arrivée des car de police [au Palais des Sports], les CRS se congratulaient pour leurs exploits : “Neuf dans mon coin” – “Dix dans le mien”. » (éd. 2011, p. 415).

Trois cents victimes cette nuit-là imputables à certaines parties des forces de l’ordre en présence, et jetées dans la Seine. Auxquelles s’ajoutent les noyés ailleurs, les tués sur place ramassés par des membres du FLN, les quatre-vingts morts au bas mot tabassés à coups de bancs dans la Préfecture, les morts plus tard, des suites de leurs blessures, dans les bidonvilles ou les garnis…Probablement inhumés discrètement par les leurs ou les frères. Et ceux réexpédiés blessés « au bled ».

Sur cette même question, un autre témoignage cité p. 326 : La nuit du 17, dans un café, près du Palais des Sports où sont parqués des raflés, un journaliste converse avec six militaires qui « lui racontent qu’ils sont fatigués car ils viennent de charger beaucoup de cadavres dans des cars de police pour être jetés à la Seine. Ces victimes sont décédées après avoir été embarquées. Elles s’ajoutent aux 300 évoqués plus haut.

Et encore, en p. 333, cet autre extrait du témoignage de Gérard Monate (policier ancien résistant, co-auteur du communiqué Un groupe de policiers déclare du 31 octobre 1961) : des agents de l’Institut médico-légal lui ont « assuré qu’à leur niveau il y a eu plus d’une centaine de corps qui ont été dirigés vers l’IML. […] Sur instruction, les corps étaient rejetés à la Seine. »

Aux « beaucoup de cadavres » transportés depuis le Palais des Sports, s’ajoutent donc ces « plus de cent » rejetés depuis l’IML. G. Monate : « Il y a eu au moins cent victimes [arrivés à l’IML], cela c’est sûr, mais je pense qu’il y en a eu beaucoup plus. » L’IML était situé en bordure de la Seine ; les corps largués n’étaient pas enregistrés officiellement : les sources plus tard constateraient peu de décès ce soir-là, rapporteront Brunet et d’autres. On ne saura non plus la nature de leurs blessures, les causes du trépas.

Rien que par ces trois « séries », on atteint 560 morts au moins

Des infirmiers d’un hôpital militaire intervenus au Palais des Sports trouvent encore le 19 octobre des blessés (plus de 800 personnes souffrant au moins d’une fracture). « Selon des informations transmises par leurs contacts dans les hôpitaux et les services de santé […], ils évaluent le nombre des morts à 80. » (Cité par J.-L. Einaudi, éd. 2011, p. 381.) Ceux-ci ont été constatés parmi les blessés étant parvenus ou apportés à un hôpital et forment donc une nouvelle « série ».

On sait que beaucoup d’Algériens évitaient de consulter les hôpitaux, anticipant les rafles qui s’y déroulaient. On sait que beaucoup, jetés à la Seine, ne passaient pas par les hôpitaux ni par l’IML. Ces 80 morts, sauf approximation de l’expression qui associerait les morts en hôpital et ceux dont ces témoins ont entendu parler, comptent parmi ceux qui n’étaient pas morts dans les rues, dans la Seine, à la Préfecture, au Palais des Sports ou autres lieux de rétention, qui n’avaient pas été transportés à l’IML. Une part au moins s’ajoute donc aux plus de cinq cents évoqués pour ces différents « statuts ».

Mettre en relation ces « faits divers » suggère un nombre de victimes bien supérieur à la soixantaine dénombrable preuves à l’appui pour cette seule nuit ; et bien supérieure aux 300 que Jean-Luc Einaudi, dans ses premières recherches, a pu recenser pour l’automne 1961. 

Que penser encore de ce témoignage ultérieur d’une femme dont le père avait manifesté le 17 octobre ? Lorsqu’elle était enfant, il lui transmit comme une évidence que, le 18, autour de 150 blessés moururent ici et là, des suites de leurs blessures, dans des caves, des cabanes, des meublés. (Consulter un hôpital était absurde : les policiers contrôlaient ceux-ci ; des services sanitaires et des docteurs dénonçaient immédiatement les « basanés » blessés.) Cet homme ne faisait pas propagande, n’avait aucun motif d’amplifier. Il disait à sa fille ce que ses frères et lui savaient bien, sans attendre que ce soit consigné, numéré, officialisé, reconnu… À l’époque, il pouvait centupler, ou oublier, ceci n’impliquait aucun enjeu public. Il était de ceux que ce monde n’écoute pas.

Que conclure de cet autre témoin de l’époque, selon qui, à l’immense bidonville de La Folie et dans d’autres bidonvilles du secteur, il y avait, le soir du 17 ou le lendemain, « un blessé dans chaque cabane » ?

Je ne veux alimenter une vaine querelle de chiffres. Peut-être moins ou plus nombreux ne signifie pas moins ou plus monstrueux. Cette monstruosité rend superflu le gonflement de statistiques incalculables. Estimées par des témoignages fragmentaires, les différentes « séries » évoquées ici avoisinent 640 décès a minima la nuit même, auxquels s’ajoutent les 150 blessés réfugiés chez eux et décédés les jours suivants. 

Pour les estimations chiffrées, Jean-Luc Einaudi (éd. 2011, p. 531) récapitule et actualise en fin de ce livre : 316 morts en septembre et octobre 1961 (dont 88 non identifiés), auxquels s’ajoutaient 73 disparitions. Parmi ceux-ci, 156 cas sont « constatés à partir du 17 octobre ». Sur la base de ce qui reste de statistiques encore constatables dans les administrations policières et hospitalières, il pose la question « complémentaire » des matraqués dans la « souricière » de la Préfecture (50 à 60), et des cadavres rejetés par l’IML (80 ?) – chiffres toujours minimaux.

On peut se demander si la maladie qui l’a emporté rapidement en 2014 ne l’a pas empêché de poursuivre et de synthétiser ses recherches devant les nouveaux témoignages disparates parvenus ou exhumés après la parution de ses premiers ouvrages, car, et ce n’est pas une critique à son encontre, les différents éléments qu’il accumule outrepassent son estimation initiale. 

Il faut ajouter à ces différentes « séries » les ratonnades fréquentes dans la banlieue parisienne durant les nuits des trois mois suivants (grand nombre de rafles à Nanterre et dans d’autres secteurs, accompagnées de meurtres par dizaines éparses). Un témoignage tardif d’un policier cité par Jean-Luc Einaudi (éd. 2011, p. 352) : « On s’est retrouvés dans cette zone des pavillons de Colombes […], il était déjà vingt-trois heures [le 18 octobre]. […] On tirait sur tout ce qui bougeait… C’était l’horreur, l’horreur. […] Pendant deux heures, deux heures, ça a été la chasse à l’homme et là ça a été véritablement terrible, terrible, terrible ! […] Il y avait un car qui nous suivait, un car de police, qui était chargé de ramasser les manifestants, et lorsqu’on est allés dans ce car […] ben il y avait des morts quoi… »

Terrible expression de l’intensité de ces chasses à l’homme, qui se sont poursuivies les jours suivant le 17, ponctuées par des mises à mort préméditées, quasi automatiques et sans motif avouable, hors toute interpellation et procédure, enquête… Combien un « panier à salade » de l’époque pouvait-il contenir de corps ? Dix, quinze ? Au bas mot. Des fourgons utilisés également à l’époque contenaient davantage de places. 

Si l’on retient la somme des différentes « séries » elles-mêmes approximatives, comme une estimation minimale, on n’atteint pas 2 (estimation policière de l’époque), 30 ou 60 (chiffre avancé par des historiens hostiles après 2011), ni même deux cents à trois cents (estimation courante) morts consécutifs à la manifestation du 17 octobre. On atteint 640, plus 140 (les décès des suites des blessures), plus… des dizaines de raflés ou, pas même interpellés, de « ratonnés » les jours suivants.

Une conclusion avoisinerait ainsi les 800 morts. Et vu ce que l’on sait de ce que l’on ne peut savoir (les inhumés en fosse commune, par exemple), l’hypothèse du millier de décès peut être considérée comme moins inadaptée.

Auteur

Jean-Louis Mohand Paul

BIOGRAPHIE & INFORMATIONS

Nationalité : France

Biographie :

Jean-Louis Mohand Paul est un professionnel du Livre.

Correcteur, metteur en page, éditeur, traducteur de l’anglais et de l’ancien français, il est auteur d’un manuel de microtypographie et de plusieurs essais.

Romancier, il a publié « Panthéon » (2006), « Les pseudonymes » (2017), « Le faux-fils » (2019).

 

Rafle

 

 

7 octobre 2020

REFERENDUM NOUVELLE CALEDONIE 06 10 2020

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 15 h 13 min

 

 

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pour une KANAKY LIBRE et INDEPENDANTE

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Nous recevions pour l’émission SLY du MJKLF, MINA de l’USTKE et LAURE chercheuse, anthropologue, enseignante 

Communiqué du MJKF Mouvement des Jeunes Kanak en France Le   Mouvement   des   Jeunes   Kanak   en   France,   tient   à dénoncer la campagne de criminalisation à l’encontre de l’USTKE.  Le droit   de grève est un principe universel qui doit être respecté, et l’incarcération des camarades de l’USTKE et de son président est une entorse grave à ce principe et une insulte   à   l’ambition   démocratique   en   Kanaky   Nouvelle ­Calédonie. Nous   venons   de   célébrer   les   vingt   ans   de   l’accord   de Matignon, et son esprit de dialogue qui a ramené la paix au pays. Malgré cet accord, notre pays reste encore, dans une caricature coloniale, illustrée par cette décision de justice locale. Nous regrettons amèrement que cet esprit de dialogue ne soit pas traduit dans les faits, particulièrement en ce qui concerne les conflits sociaux.  Nous appelons tous les citoyens pour qui le droit de grève est un principe fondamental à signer la pétition en soutien aux   camarades   USTKE   emprisonnés (http://solidaritekanaky.org/).  Et de participer au rassemblement le mercredi 8 juillet à 10h derrière l’Assemblée Nationale.  Pour le bureau du MJKF Rock Haocas Yoan Boewa François Kare

FLNKS-Officiel - Message de solidarité | Facebook

 

Nous nous rassemblons au sein du collectif Solidarité Kanaky afin d’appuyer les luttes du peuple kanak ; notamment, les mouvements associatifs, syndicaux ou politiques qui agissent pour le droit à l’autodétermination des Kanak, pour l’indépendance de Kanaky. Nous combattons le colonialisme. Notre objectif est de faire connaître et comprendre la situation coloniale qui est celle de Kanaky, d’informer sur les luttes menées sur place, de soutenir les mouvements indépendantistes locaux. Cette action s’inscrit dans un cadre internationaliste et anticolonialiste global.

Organisations membres du Collectif Solidarité Kanaky

MJKF (Mouvement des Jeunes Kanak en France), USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanak et des Exploités (en France), Union syndicale Solidaires, CNT (Confédération Nationale du Travail), Sindicatu di i Travagliadori Corsi, Ensemble !, NPA (Nouveau parti anticaptialiste), PIR (Parti des indigènes de la République), PCOF (Parti communiste des Ouvriers de France), Union communiste libertaire, Ni guerre ni État de Guerre, Association Survie, FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s), FUIQP (Front Uni des Immigrations et des Quartiers populaires.

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    La Nouvelle-Calédonie est une collectivité d’outre-mer à statut particulier. Son statut unique résulte de l’accord de Nouméa (5 mai 1998), approuvé lors de la consultation électorale du 8 novembre 1998. La loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 fixe le cadre dans lequel s’inscrit l’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie pour vingt ans.

     

    En Nouvelle-Calédonie, l’État est compétent dans les matières énumérées limitativement par l’article 21 de la loi organique, et notamment le contrôle de l’immigration et des étrangers, la monnaie, le Trésor, les changes, la défense nationale, la justice, la fonction publique de l’État, le maintien de l’ordre et l’enseignement supérieur et la recherche.

    Le haut-commissaire de la République est dépositaire des pouvoirs de la République et représente le Gouvernement. La Nouvelle-Calédonie est représentée au Parlement et au Conseil économique et social de la République dans les conditions fixées par les lois organiques.

    Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie est formé par la réunion d’une partie des membres des 3 assemblées de provinces (respectivement 32 membres, 15 membres et 7 membres), soit 54 membres.

    Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie est élu par le Congrès pour une durée de 5 ans, c’est l’exécutif de la Nouvelle-Calédonie.

    Le Sénat coutumierles conseils coutumiers et le Conseil économique, social et environnemental (CESE) constituent les autres institutions de la Nouvelle-Calédonie. Les deux premières sont consultées sur les textes relatifs à l’identité kanak, et le CESE sur les sujets économiques, sociaux et culturels.

    Les trois provinces Sud, Nord et îles Loyauté sont constituées en assemblées de provinces (respectivement 40 membres, 22 membres et 14 membres) et sont élues au suffrage universel pour une durée de cinq ans.

    Les provinces et les communes de la Nouvelle-Calédonie sont des collectivités territoriales de la République. Elles s’administrent librement par des assemblées élues au suffrage universel direct.

     

    Appeldes organisations solidaires de la lutte du peuple kanak

    05
    Un peu
    d’histoire
    Des accords de Matignon à l’accord
    de Nouméa
    Colonie française depuis 1853, la Nouvelle
    Calédonie devient un territoire d’outre-mer
    (TOM) à partir de 1946.
    Suite à un conflit politique opposant les
    loyalistes (favorables au maintien de la
    Nouvelle-Calédonie au sein de la République
    française) et les indépendantistes, les accords
    de Matignon sont conclus le 26 juin 1988 par
    Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, sous
    l’égide du gouvernement français. Ces accords
    prévoient une période de développement de
    dix ans, avec des garanties économiques et
    institutionnelles pour la communauté kanak,
    avant que les Néo-calédoniens n’aient à se
    prononcer sur leur avenir.
    Dans le même temps sont mises en place trois
    provinces : Sud, Nord et Îles. Ces collectivités
    territoriales ont pour objectif de servir de cadre
    au rééquilibrage économique et social.
    Un second accord (l’accord de Nouméa)
    signé 10 ans plus tard, le 5 mai 1998, prévoit
    un référendum d’autodétermination pour la
    Nouvelle-Calédonie ainsi qu’un transfert de
    certaines compétences de la France vers
    la Nouvelle-Calédonie dans de nombreux
    domaines, excepté les compétences
    régaliennes (la défense, la sécurité, la justice et
    la monnaie) qui resteraient des compétences
    de la République française.
    Ce n’est qu’à partir de 1999 que la Nouvelle
    Calédonie devient une collectivité spécifique
    de la République française.
    Depuis cette date, elle dispose d’un statut
    particulier de large autonomie instauré
    par l’accord de Nouméa, et différent des
    collectivités d’outre-mer (COM).
    Depuis l’accord de Nouméa, régi par la
    loi organique du 19 mars 1999, c’est le
    gouvernement de la Nouvelle-Calédonie qui
    est l’organe exécutif néo-calédonien.
    Pour plus de détails, voir le préambule
    de l’accord de Nouméa en annexe.

    Le rôle
    du gouvernement
    Le rôle du gouvernement
    Le gouvernement est l’exécutif de la
    Nouvelle-Calédonie.
    Il est élu par le congrès et est responsable
    devant lui.
    L’élection du gouvernement
    Les membres du gouvernement sont élus
    par le congrès de la Nouvelle-Calédonie,
    lui-même élu par les citoyens calédoniens.
    Les membres du gouvernement, entre 5 et 11,
    sont élus à la représentation proportionnelle.
    Ce mode d’élection conduit à la formation
    d’un gouvernement dit « collégial ».
    C’est-à-dire que c’est un gouvernement qui
    comprend des membres des principaux
    groupes politiques présents au congrès.
    Une fois élus, les membres du gouvernement
    se réunissent pour désigner un président et
    un vice-président.
    Sa première fonction est de
    préparer et d’exécuter les
    délibérations du congrès.

    Le gouvernement
    et ses compétences
    Le gouvernement
    Prend les décisions individuelles relatives
    au travail des étrangers ;
    Établit le programme des importations ;
    Approuve les tarifs et redevances en
    matière de postes et télécommunications ;
    Organise les concours d’accès aux
    emplois publics de la Nouvelle-Calédonie
    et de ses établissements publics, et en
    détermine les programmes ;
    Détermine les modalités d’application
    de la rémunération des agents publics
    de la Nouvelle-Calédonie ainsi que la
    rémunération des collaborateurs des
    membres du gouvernement ;
    Crée les charges, nomme les officiers
    publics et ministériels et confère l’honorariat ;
    Fixe les prix et les tarifs réglementés ;
    Fixe l’organisation des services de la
    Nouvelle-Calédonie ;
    Détermine la nature et les tarifs des
    prestations des services publics de la
    Nouvelle-Calédonie ;
    10° Conclut les conventions avec les
    concessionnaires, délégataires de service
    public et les fermiers ;
    Extrait de la loi organique modifiée par la loi
    organique n°2009-969 du 3 août 2009.

    11°ou d’exploitation des ouvrages publics

    Fixe l’objet et les modalités d’exécution
    et des travaux publics de la Nouvelle
    Calédonie ;
    12° Gère les biens de la Nouvelle
    Calédonie ;
    13° Détermine les servitudes
    administratives au profit du domaine et
    des ouvrages publics de la Nouvelle
    Calédonie ;
    14° Assure le placement des fonds libres
    de la Nouvelle-Calédonie en valeurs
    d’État ou en valeurs garanties par l’État
    et autorise l’émission des emprunts de la
    Nouvelle-Calédonie ;
    15° Accepte ou refuse les dons et legs au
    profit de la Nouvelle-Calédonie ;
    16° Conclut les conventions de prêts ou
    d’avals, dans les conditions fixées par le
    congrès ;
    17° Se prononce sur les projets ou
    propositions de loi du pays ou sur les
    projets de délibération du congrès ou
    d’une assemblée de province, relatifs aux
    mines, mentionnés aux III e et IVe de l’article
    42 ;
    18° Prépare la codification des lois du
    pays et de la réglementation édictée par la
    Nouvelle-Calédonie.

    Le président du gouvernement
    représente la Nouvelle-Calédonie.
    Il intente les actions et défend l’institution
    devant les juridictions, au nom de la
    Nouvelle-Calédonie.
    Il dirige l’administration de la Nouvelle
    Calédonie et nomme aux emplois publics
    de la Nouvelle-Calédonie, sous réserve des
    dispositions de l’article 132. Il est ordonnateur
    des dépenses et prescrit l’exécution des
    recettes de la Nouvelle-Calédonie. Il signe
    tous les contrats au nom de celle-ci.
    Il peut déléguer en toute matière sa signature
    au secrétaire général, aux secrétaires
    généraux adjoints, aux directeurs, aux
    directeurs adjoints, aux chefs de service et
    aux chefs de service adjoints ainsi qu’aux
    agents publics occupant des fonctions au
    moins équivalentes.
    Le président du gouvernement assure dans
    les quinze jours la publication au Journal
    officiel de la Nouvelle-Calédonie des
    actes ressortissant à la compétence des
    institutions de la Nouvelle-Calédonie.
    Le président du gouvernement présente
    chaque année devant le congrès :
    Lors de la première session ordinaire,
    un rapport sur la situation de la Nouvelle
    Calédonie et l’état des différents services
    publics, y compris délégués, ainsi qu’un
    rapport sur l’état des participations de la
    Nouvelle-Calédonie au capital de sociétés et
    sur l’activité de celles-ci ;
    Lors de la session budgétaire, un rapport
    sur l’activité du gouvernement pendant
    l’année écoulée et sur le programme de
    travail de la session.
    Le président du gouvernement transmet au
    congrès sans délai toute décision relative à la
    nomination des directeurs d’établissements
    publics de la Nouvelle-Calédonie et des
    représentants de la Nouvelle-Calédonie
    aux conseils d’administration et conseils de
    surveillance des sociétés d’économie mixte.
    (Article 136-1)

    Les compétences de l’Etat
    Extrait de la loi organique modifiée par la loi
    organique n°2009-969 du 3 août 2009
    I. L’État est compétent dans les
    matières suivantes :
    Nationalité ; garanties des libertés
    publiques ; droits civiques ; régime électoral ;
    Justice, organisation judiciaire,
    organisation de la profession d’avocat,

    frais de justice pénale et administrative ;

    procédure pénale et procédure administrative
    contentieuse ; commissions d’office et
    service public pénitentiaire ;
    Défense nationale ;
    Matériels de guerre, armes et munitions,
    poudres et substances explosives ;
    Monnaie, crédit, changes, relations
    financières avec l’étranger et le Trésor ;
    Desserte maritime et aérienne entre la
    Nouvelle-Calédonie et les autres points
    du territoire de la République ; liaisons et
    communications gouvernementales, de
    défense et de sécurité en matière de postes
    et télécommunications ; réglementation des
    fréquences radioélectriques ; statut des
    navires ; immatriculation des aéronefs ;
    Réglementation relative aux matières
    mentionnées au 1° de l’article 19 du décret
    n° 54-1110 du 13 novembre 1954 portant
    réforme du régime des substances minérales
    dans les territoires d’outre-mer, ainsi qu’aux
    installations qui en font usage ;
    Fonction publique de l’État ;
    Contrats publics de l’État et de ses
    établissements publics ;
    10° Règles relatives à l’administration
    des provinces, des communes et de leurs
    établissements publics, contrôle de légalité
    des provinces, des communes et de leurs
    établissements publics et régime comptable
    et financier des collectivités publiques et de
    leurs établissements publics, sous réserve
    de l’article 27 ;
    11° Contrôle budgétaire des provinces,
    des communes et de leurs établissements
    publics ;
    12° Exercice, hors des eaux territoriales,
    des compétences résultant des conventions
    internationales, sous réserve des dispositions
    du 10 de l’article 22 relatives aux ressources
    de la zone économique exclusive ;
    13° Recensement général de la population ;
    14° Lutte contre la circulation illicite et le
    blanchiment des capitaux, lutte contre le
    financement du terrorisme.

    L’État est également compétent dans les
    matières suivantes, sous réserve, le cas
    échéant, de l’application des dispositions
    mentionnées aux articles 28 à 38 :
    Relations extérieures ;
    Conditions d’entrée et de séjour des
    étrangers ;
    Maintien de l’ordre ;
    Sûreté en matière aérienne ;
    Droit pénal, sous réserve des dispositions
    prévues aux articles 86, 87, 88 et au
    deuxième alinéa de l’article 157 ;
    Communication audiovisuelle ;
    Enseignement supérieur et recherche ;
    Collation et délivrance des titres et
    diplômes, sous réserve des dispositions du
    2° de l’article 22.
    Le haut-commissaire de la
    République
    Le haut-commissaire est nommé par décret
    du président de la République délibéré en
    conseil des ministres. Il veille à l’exercice
    régulier de leurs compétences par les
    institutions de la Nouvelle-Calédonie et des
    provinces et à la légalité de leurs actes.
    À compter du transfert de la compétence en
    matière de sécurité civile (le 1 er janvier 2014),
    le haut-commissaire peut prendre, dans
    tous les cas où il n’y aurait pas été pourvu
    par les autorités de la Nouvelle-Calédonie,
    toutes mesures nécessaires visant à assurer
    la sécurité civile.
    Ce pouvoir ne peut être exercé par le haut
    commissaire qu’après mise en demeure
    adressée aux autorités de la Nouvelle
    Calédonie restée sans résultat.
    À défaut de publication dans un délai de
    quinze jours des actes ressortissant à la
    compétence de la Nouvelle-Calédonie e
    des provinces, le haut-commissaire en
    assure sans délai la publication au Journa
    officiel de la Nouvelle-Calédonie.
    À la demande du congrès ou des assem
    blées de province, les autorités administra
    tives indépendantes et les établissements
    publics nationaux apportent leur concours
    à l’exercice par la Nouvelle-Calédonie ou
    par les provinces de leurs compétences
    Les modalités de ce concours sont fixées
    par des conventions passées entre l’État
    ses établissements ou ses autorités et la
    Nouvelle-Calédonie ou les provinces. Ces
    conventions sont transmises pour informa
    tion au haut-commissaire.

    L’administration de la
    Nouvelle-Calédonie
    Le gouvernement organise et gère
    l’administration de la NouvelleCalédonie.
    L’organisation des services fait l’objet d’un
    débat préalable à la nomination du secrétaire
    général et des directeurs généraux des
    services. Conformément à l’article 127, 8 de
    la loi organique, elle est fixée par un arrêté du
    gouvernement.
    Le gouvernement nomme et révoque les
    directeurs et chefs de services de Nouvelle Calédonie

    et les directeurs d’office ou
    d’établissement public. Ces emplois sont à
    sa décision.
    Secrétaire Général
    Secrétaire
    Général Adjoint
    (moyens, économies et finances)
    Direction
    des Affaires
    Administratives
    Service
    Météorologie
    Service de la
    Marine Marchande
    et des Pêches
    Maritimes
    Direction Régionale
    des Douanes
    Direction de
    l’Aviation Civile
    Service
    des Archives
    Service des Musées
    et du Patrimoine
    Direction
    des Affaires
    Juridiques
    Direction des
    Affaires Sanitaires
    et Sociales
    Direction
    de la Jeunesse
    et des Sports
    Direction des
    Affaires Vétérinaires
    Alimentaires et
    Rurales
    Direction du Budget
    et des Affaires
    Financières
    Direction
    du Travail et
    de l’Emploi
    Direction des
    Infrastructures de la
    Topographie et des
    Transports Terrestres
    Direction des
    Services Fiscaux
    Direction de
    l’Enseignement
    de la
    Nouvelle-Calédonie
    Direction des
    Ressources Humaines
    et de la Fonction
    Publique Territoriale
    Direction
    de la Formation
    Professionnelle
    Conitnue
    Direction des
    Technologies et
    Services de
    l’Information
    Direction
    des Mines et de
    l’Energie
    Direction de la
    Culture, de la
    Condition Féminine
    et de la Citoyenneté
    Direction
    des Affaires
    Économiques
    Secrétaire
    Général Adjoint
    (aménagement et développement et
    affaires sanitaires, sociales et rurales,
    culture et affaires coutumières)
    Transfert
    de Compétences
    Secrétaire
    Général Adjoint
    (emploi, formation, jeunesse et sport)
    Secrétaire
    Général Adjoint
    (établissements publics de la
    Nouvelle-Calédonie)
    12
    Les lois, les délibérations,
    les arrêtés…
    comment ça marche ?
    Le gouvernement est l’exécutif collégial des
    institutions néo-calédoniennes. Il applique la
    politique voulue par le congrès dans le cadre
    des transferts de compétences prévus par
    l’accord de Nouméa (article 22).
    Le gouvernement prépare et exécute
    les délibérations du congrès et de sa
    commission permanente. Il arrête les projets
    de délibérations et les projets de lois du pays
    qui sont soumis à l’examen et au vote du
    congrès.
    Adoption des actes du congrès
    Selon la nature de l’acte voté par le congrès,
    la majorité requise pour son adoption diffère :
    - les délibérations sont votées à la majorité
    simple ;
    - les lois du pays sont votées à la majorité
    absolue des membres composant le
    congrès (soit 28 voix) ;
    - la majorité qualifiée des 3/5e est
    requise pour certains actes (transferts de
    compétences, détermination des signes
    identitaires permettant de marquer la
    personnalité de la Nouvelle-Calédonie aux
    côtés de l’emblème national, modification de
    son nom, fixation de la date de la consultation
    sur l’accession à la pleine souveraineté.

    Le congrès
    et ses attributions
    Le congrès vote les textes…
    Assemblée délibérante de la NouvelleCalédonie, le congrès a pour vocation de
    voter des délibérations et les lois du pays
    qui lui sont soumises. Il partage, avec le
    gouvernement de la Nouvelle-Calédonie,
    l’initiative des textes.
    Le congrès est le législatif de la NouvelleCalédonie. Le gouvernement est l’exécutif
    de la Nouvelle-Calédonie.
    Le congrès est également consulté pour avis
    par le gouvernement de la République.
    … élit le gouvernement…
    Le congrès est la première institution de
    la Nouvelle-Calédonie tel que l’a défini la
    loi organique du 19 mars 1999. Elus par
    les citoyens inscrits sur la liste électorale
    spéciale, les membres du congrès,
    émanation du peuple, prennent en son nom
    les décisions importantes le concernant.
    Le congrès élit le gouvernement de la Nouvelle-Calé-
    donie, lequel est responsable
    devant lui

    Le congrès de la Nouvelle-Calédonie
    comprend 54 membres, issus des trois
    assemblées de province (15 membres
    pour la province nord, 32 pour la province
    Sud et 7 pour les Îles Loyauté), élus pour
    une durée de 5 ans. Ils portent le nom de
    conseillers de la Nouvelle-Calédonie.
    … et contrôle l’action du
    gouvernement
    Par le biais de questions orales ou écrites, le
    congrès peut demander au gouvernement
    de s’expliquer sur sa politique. Les membres
    du congrès peuvent poser en séance des
    questions orales relatives aux affaires de la
    Nouvelle-Calédonie.
    Ces questions doivent donner lieu à un texte
    écrit. Le représentant du gouvernement
    répond à la question lors d’une séance du
    congrès.
    Les membres du congrès peuvent
    également poser des questions écrites.
    Elles sont transmises par le président du
    congrès au président du gouvernement de
    la Nouvelle-Calédonie qui doit répondre
    dans un délai d’un mois. Une séance par
    session est réservée aux questions des
    membres du congrès au gouvernement.

    Les commissions intérieures
    Le congrès de la Nouvelle-Calédonie
    comprend douze commissions intérieures
    dont les membres sont renouvelés tous les
    ans.
    Chaque commission a un domaine de
    compétences particulier, fixé par le règlement
    intérieur du congrès. Elle comprend 11
    membres. Sa composition doit s’efforcer de
    respecter la représentativité des différents
    groupes et partis siégeant au congrès. Le
    congrès peut aussi se doter de commissions
    spéciales (signes identitaires, fiscalité, etc.).
    > Commission des finances et du budget
    > Commission de la législation et de la
    réglementation économique et fiscale
    > Commission de la législation et de la
    réglementation générale
    > Commission de l’organisation
    administrative et de la fonction publique
    > Commission des infrastructures publiques
    et de l’énergie
    > Commission de l’organisation des
    transports et de la communication
    > Commission du travail et de la formation
    professionnelle
    > Commission de la santé et de la protection
    sociale
    > Commission des sports
    > Commission de l’agriculture et de la pêche
    > Commission de l’enseignement et de la
    culture
    > Commission de la législation et de
    la réglementation relatives aux affaires
    coutumières
    Le Congrès et ses attributions
    ce-présidents
    s d’absence ou d’empêchement du
    ent, l’un des vice-présidents peut être
    à remplacer le président.
    uesteurs
    mbre de deux, ils sont élus par leurs
    ues, s’occupent de la gestion du
    ès et aident le président à préparer le
    t du congrès.
    ecrétaires
    ecrétaires assistent le président dans
    isation des débats et pendant les
    s. C’est aussi l’un d’eux ou le secrétaire
    al qui fait l’appel des conseillers en
    de séance.

    Les organes consultatifs :
    le Sénat Coutumier,
    le Conseil Economique
    et Social, les Chambres
    Consulaires
    En fonction des secteurs concernés par
    les projets ou propositions de loi, le texte
    est soumis à l’avis d’un certains nombre
    d’organes consultatifs, lesquels donnent leur
    avis au gouvernement :
    Le Sénat coutumier
    Le sénat coutumier est composé de seize
    membres élus pour un mandat de 5 ans
    et désignés par chaque conseil coutumier,
    selon les usages reconnus par la coutume
    à raison de deux représentants par aire
    coutumière.
    Le Sénat coutumier est obligatoirement
    consulté sur les projets de délibérations de
    la Nouvelle-Calédonie ou d’une province
    « intéressant l’identité kanak », au sens de
    l’accord de Nouméa. En cas de désaccord
    du sénat coutumier, c’est le congrès de la
    Nouvelle-Calédonie qui statue définitivement.
    Par ailleurs, il dispose de la faculté de saisir
    le gouvernement ou une province de toute
    proposition intéressant l’identité kanak.
    Un nouveau président est désigné chaque
    année, au mois d’août ou septembre,
    en fonction du principe de la présidence
    tournante entre les huit aires coutumières.
    Le sénat coutumier est aussi représenté
    dans certaines institutions et établissements
    publics tels que le conseil économique et
    social, le comité consultatif des mines…

    Le Conseil économique et social
    Le conseil économique et social est une
    institution consultative de la NouvelleCalédonie qui assure la représentation des
    forces vives calédoniennes dans toute leur
    pluralité.
    Composé de 39 membres, il est consulté
    sur les projets et propositions de loi du pays
    et de délibération de la Nouvelle-Calédonie,
    du congrès, à caractère économique et
    social. Il est ainsi saisi par le président du
    gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
    pour les projets et par le président du
    congrès pour les propositions. En outre,
    les assemblées de province et le sénat
    coutumier peuvent également le consulter.
    L‘institution dispose d’un
    délai d’un mois pour donner
    son avis, ramené à quinze
    jours en cas d’urgence.
    Les Chambres consulaires
    Les Chambres consulaires sont représentées
    par : la Chambre de métiers et de l’artisanat,
    la Chambre de Commerce et d’Industrie et la
    Chambre d’Agriculture.

    Les compétences des
    provinces et des communes
    La Nouvelle-Calédonie est découpée en trois
    collectivités appelées « provinces ». Elles ont
    le statut de collectivités territoriales de la
    République et regroupent 33 communes au
    total.
    Les provinces ont été créées à la suite des
    accords de Matignon par la loi référendaire
    du 9 novembre 1988.
    Leur organisation, leur fonctionnement et
    leurs attributions sont désormais fixés par
    les dispositions de la loi organique du 19
    mars 1999, traduction juridique de l’accord
    de Nouméa signé le 5 mai 1998.
    L’article 20 de la loi organique de 1999 précise
    que : « chaque province est compétente
    dans toutes les matières qui ne sont pas
    dévolues à l’État ou à la Nouvelle-Calédonie
    par la présente loi, ou aux communes
    par la législation applicable en NouvelleCalédonie ».
    Elles sont au centre du dispositif
    institutionnel suite à la signature des accords
    de Matignon en 1988, l’article 2 du texte
    déclarant clairement : « l’administration et
    le développement du Territoire fédéral de la
    Nouvelle-Calédonie sont organisés dans le
    cadre des trois provinces ».
    Elles ont chacune reçu une compétence
    de « droit commun », ce afin d’avoir les
    moyens d’être l’élément moteur de la
    nouvelle organisation du Territoire. Pour ce
    faire, elles disposent d’un champ d’action
    particulièrement vaste et conséquent.

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TOOTS HIBBERT (TOOTS AND THE MAYTALS) 15 09 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 14 h 21 min

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 festival rock dans tous ses états 2004 photos Squale

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Ayant appris récemment le décès de Toots Hibbert leader du groupe Toots and The Maytals. C’est tout naturellement que nous lui avons consacré une émission. Que vous pouvez retrouver sur

http://mixcloud.com/skuale/

 

http://mixcloud.com/radiolibertaire/ 

En seconde partie l’actu de la semaine

Mort du musicien jamaïcain Toots Hibbert, apôtre du reggae

Le chanteur du groupe The Maytals est mort vendredi à Kingston, capitale de la Jamaïque, à l’âge de 77 ans.

Avec son groupe Toots & the Maytals, il était l’un des premiers à avoir utilisé le mot « reggae », qui donna son nom au célèbre style musical. Le musicien jamaïcain Frederick Nathaniel Hibbert, dit « Toots », est mort vendredi 11 septembre à Kingston à l’âge de 77 ans, a annoncé sa famille. Il avait été plongé dans un coma artificiel depuis le début du mois, après avoir été admis à l’hôpital en raison de problèmes respiratoires.

Né en 1942 à May Pen, en Jamaïque, multi-instrumentaliste, songwritter et showman, Toots était considéré comme le plus grand chanteur de reggae vivant. Après la mort de ses parents, dès son adolescence, il s’installe dans le quartier de Trench Town, à Kingston, où la scène musicale locale est alors florissante, passant des fêtes de rue aux studios d’enregistrement et attirant de futures stars telles que Bob Marley ou Desmond Dekker. En 1962, il forme The Maytals avec Henry « Raleigh » Gordon and Nathaniel « Jerry » Mathias. Rapidement repérés par le producteur de disques jamaïcain Sir Coxsone, ils signent chez le célèbre label Studio One et gagnent en popularité.

Alors qu’à l’époque, le ska est la musique la plus populaire en Jamaïque, The Maytals s’orientent vers le rocksteady, une musique au rythme plus lent et donnant plus de place au chant et aux claviers.

En 1968, le groupe sort Do the Reggay, chanson qui restera largement reconnue comme celle qui donna son nom au genre musical. « Quand une fille n’était pas très jolie ou qu’elle n’était pas très bien habillée, on avait l’habitude de dire qu’elle était “streggay”. Un jour, je jouais et je ne sais pas pourquoi mais j’ai commencé à chanter : “Do the reggay, do the reggay” – c’est sorti comme ça », expliquait-il au Daily Star en 2012. « J’aurais peut-être pu l’appeler « streggay » si j’avais réfléchi plus longtemps. Ce serait quelque chose, si tout le monde dansait sur de la musique streggay. »

Figure centrale du reggae avec son groupe The Maytals, même s’ils furent éclipsés par Bob Marley & The Wailers, le chanteur Frederick Nathaniel – dit « Toots » – Hibbert est mort vendredi 11 septembre à Kingston, en Jamaïque. Agé de 77 ans, il avait été admis cet été à l’hôpital pour difficultés respiratoires et avait été plongé dans le coma.

A tout seigneur tout honneur. Toots Hibbert est en effet tenu non pas pour « l’inventeur » du mot reggae, mais certainement comme celui qui l’a pour la première fois employé dans une chanson avec Do the Reggay, en 1968. Ce terme de patois jamaïcain est alors apparu pour qualifier cette « nouvelle danse qui se répand en ville », comme le chante Toots Hibbert. Do the Reggay est un rocksteady, le genre alors dominant dans l’île, héritier du ska, dont il a considérablement ralenti le tempo. Et le chaînon vers ce reggae qui déferlera sur la planète après la découverte de la bande-son du film The Harder They Come (1972)qui comporte deux titres des Maytals, Sweet and Dandy et Pressure Drop.

Timbre chaud et rauque

Plus intéressantes que ce titre de gloire, qui avait déjà établi la postérité de Toots Hibbert, sont ses capacités vocales. Il fut un des plus vibrants et éloquents chanteurs jamaïcains, avec un timbre chaud et rauque, plein de dynamisme et de joie de vivre, très proche de ceux des shouters du rhythm’n’blues, à commencer par Otis Redding et Wilson Pickett. Lui-même citait Ray Charles comme un modèle. Il rendit hommage à ces cousins d’Amérique en 1988 avec l’album Toots in Memphis (1988).

Ce qui n’est guère surprenant, car à l’instar des soulmen, le garçon, né le 8 décembre 1942 dans la communauté rurale de May Pen (à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Kingston), avait été formé à la meilleure des écoles de chant populaire, celle du gospel. Ce huitième enfant d’une famille adventiste fut tôt brisé par le malheur, orphelin de mère à l’âge de 8 ans, puis de père trois ans plus tard, et dût partir gagner sa vie dans la capitale.

Il travaille dans un salon de coiffure dans le quartier de Trenchtown, épicentre des révolutions musicales de l’île, quand il rencontre en 1962, année de l’indépendance de la Jamaïque, les deux autres membres de ce qui formera The Maytals, Ralphus « Raleigh » Gordon et Nathaniel « Jerry » Matthias. Le trio vocal publie ensuite quelques singles enregistrés dans le réputé Studio One de Coxsone Dodd, accompagnés par les non moins fameux Skatalites. Tout semble lui sourire quand, en 1966, Bam Bam remporte un concours national de chansons. Mais l’année suivante, Toots Hibbert est arrêté pour possession de ganja. Il passera sept mois derrière les barreaux, contretemps qui lui inspira la chanson 54-46 That’s My Number, dont la suite « libérée », logiquement titrée 54-46 Was My Number, est devenue un standard du reggae.

 

Toots Hibbert, dernier d’une famille de sept enfants, est né en Jamaïque à May Pen dans la paroisse de Clarendon et a grandi en chantant du gospel dans la chorale d’une église baptiste. Adolescent, Toots Hibbert s’installe à Kingston au début des années 1960, il rencontre Raleigh Gordon et Jerry Matthias et ensemble ils forment “ The Maytals ”. Puis en 1962, ils sortent leur premier disque de ska chez Studio One. En 1966, ils remportent le festival jamaïcain de concours de chant avec Bam Bam : ils sont alors considérés comme l’un des plus grands groupes vocaux de la Jamaïque et enregistrent avec des producteurs tels que Coxsone DoddPrince BusterByron Lee et Leslie Kong. Ils remportent le titre deux autres fois avec des chansons écrites par Hibbert : en 1969 avec Sweet and Dandy et en 1972 avec Pomps & Pride.

Fin 1966, Frederick « Toots » Hibbert est emprisonné pour détention de marijuana durant dix-huit mois. C’est alors qu’il porte le matricule 54-46. Il en fera un tube dès sa sortie de prison, 54 46 That’s my number. Quelque temps plus tard, il sort le titre Do the Reggay : même si l’orthographe n’est pas celle du genre musical, il est le premier à utiliser le mot « reggae ». Matthew Sherman précise ainsi : « Le reggae était né. Toots annonça ce nouveau son avec le titre précurseur Do the Reggay. (…) Toots ne pouvait pas se tromper en enregistrant pour Leslie Kong. Avec les Beverley’s All-Stars (Jackie Jackson, Winston Wright, Hux Brown, Rad Bryan, Paul Douglas et Winston Grennan), noyau de musiciens constant et la brillante harmonie des Maytals… » 

Le premier album de Toots and the Maytals distribué par le label Island Records de Chris Blackwell fut Funky Kingston. Le critique musical Lester Bangs décrivit l’album dans Stereo Review comme « la perfection, l’ensemble le plus passionnant et diversifié de chansons de reggae par un artiste… » Chris Blackwell a entretenu un fort engagement envers Toots and the Maytals.  Il a dit : « Je connais Toots depuis plus longtemps que n’importe qui – bien plus longtemps que Bob (Bob Marley). Toots est un des êtres humains les plus purs que j’ai rencontré dans ma vie, pur presque à l’excès

L’influence de la musique soul, ou rhythm’n'blues, mais plutôt côté « Stax » que « Motown » a toujours été nette dans sa musique : il suffit de constater le nombre de ses reprises de Otis Redding, Ray Charles, The Neville Brothers, ou même Van Morisson, etc. L’influence est, dans de nombreux titres, évidente. F. Hibbert ne s’en cache d’ailleurs pas : voir les titres : Reggae Got SoulToots in Memphis.

En 1980, son disque Live, enregistré en concert, est mixé et pressé dans la nuit : il est sorti et vendu le lendemain du concert dans les magasins à Londres. F. Hibbert se sépare de Jerry et Raleigh en 1982, ce qui annonce la fin des Maytals d’origine ; mais Toots a malgré tout gardé le nom : les Maytals sont à présent les musiciens de Toots (qui en change souvent).

 xxie siècle

Toots Hibbert est encore actif et sort régulièrement de nouveaux disques notamment le très remarqué True love, album de duos avec Ben HarperShaggyEric ClaptonKeith Richards et bien d’autres

Il fait toujours de nombreuses tournées à travers le monde et son groupe a remporté le Grammy du meilleur album de reggae en 2004.

En 2005, Willie Nelson a sorti un album de reggae intitulé “Countryman” auquel Hibbert a participé sur la chanson “I’m a Worried Man”. Hibbert a également participé au clip officiel de “I’m a Worried Man” de Willie Nelson, qui a été filmé en Jamaïque.

En 2006, Toots participe à l’album Radiodread des Easy Star All-Stars, où il chante une reprise du titre Let Down issu de l’album OK Computer de Radiohead, repris intégralement par ce collectif reggae.

En 2007, Toots Hibbert a figuré dans la sortie officielle de la vidéo du concert de “ Willie Nelson and Friends – Outlaws & Angels ”.

En 2007, il a signé le duo Adieu Haïti avec le chanteur français Raphael

En 2009, Toots Hibbert collabore avec le producteur exécutif Malik Al Nasir de MediaCPR et Sidney Mills de Steel Pulse, qui a produit l’album du percussionniste jamaïcain Larry McDonald, Drumquestra. Son titre s’appelle « What about the Children ? », et est accompagné d’un clip tourné à New York. La même année il a également chanté avec le groupe de reggae de l’Iowa Public Property sur leur album Work to Do.

Toots Hibbert a également été juge pour les 10e Independent Music Awards pour soutenir les carrières des artistes indépendants. 

Toots Hibbert a collaboré avec le groupe de southern rock/blues, JJ Grey & MOFRO de Jacksonville en Floride. Il apparaît sur leur chanson, « The Sweetest Thing » sur leur album Georgia Warhorse.

Toots Hibbert est apparu dans le documentaire de 2011 “Reggae Got Soul: The Story of Toots and the Maytals” / “Le reggae a de l’âme: l’histoire de Toots and the Maytals” qui a été diffusé sur la chaîne BBC et a été décrit comme “l’histoire jamais racontée de l’un des artistes les plus influents à avoir jamais émergé de Jamaïque”. Le documentaire inclut Marcia GriffithsJimmy CliffBonnie RaittEric ClaptonKeith RichardsWillie Nelson, Anthony DeCurtis, Ziggy MarleyChris BlackwellPaolo NutiniPaul DouglasSly Dunbar, et Robbie Shakespeare

Toots Hibbert a rejoint les Red Hot Chili Peppers pour une interprétation de « Louie Louie » pendant leur concert du 31 décembre 2011 organisé par le milliardaire russe Roman Abramovich à Saint-Barthélemy. L’entrée était sur invitation uniquement et environ 300 invités dont George Lucas, Martha Stewart, Marc Jacobs et Jimmy Buffet assistèrent à la fête dans la propriété d’Abramovich d’une valeur de 90 millions de dollars.

En mai 2013, Toots Hibbert a été blessé à la tête après avoir été atteint par une bouteille lancée pendant un concert au River Rock Festival de Richmond, le forçant à annuler plusieurs mois de concerts. La bouteille avait été lancée par William C Lewis. Lewis faisait face à une condamnation pour blessure malveillante mais il plaida coupable pour des charges moindres. Malgré une lettre de Toots au juge dans laquelle il plaidait, « C’est un jeune homme, et j’ai entendu parler de ce qui arrive aux jeunes hommes en prison. Ma propre peine et souffrance serait accrue de savoir que ce jeune homme pourrait connaître ce sort », le juge condamna Lewis à six mois de prison.

Toots and the Maytals ont été cités comme inspiration par d’autres musiciens quand il s’agit de la longévité de carrière. L’artiste jamaïcain Sean Paul explique ceci en disant: « J’ai vu des gens formidables dans mon industrie, vous savez, des gens comme Toots … Toots and the Maytals. Toots, c’est un grand artiste de reggae et il est toujours actif… Il est là depuis des années et il est actif. Ce genre d’artistes m’inspirent. Je sais que je vais continuer à faire de la musique aussi longtemps que je peux»

Le 25 juillet 2018, Toots and the Maytals ont joué leur nouvelle chanson « Marley », un hommage à Bob Marley, en live pour la première fois lors de The Tonight Show Starring Jimmy Fallon

Le 26 juillet 2018, Rolling Stone s’est associé à YouTube Music pour « The Rolling Stone Relaunch » pour célébrer la refonte du magazine et du site web, en plus du récent lancement de YouTube Music. Il marque le début d’un accord de partenariat entre Rolling Stone et YouTube Music, fournissant des contenus numériques exclusifs et des expériences artistiques pour les utilisateurs. L’événement, tenu à Brooklyn, a accueilli 500 initiés de l’industrie de la musique et présenté une performance musicale de Shawn Mendes. La soirée s’est terminée par une performance spéciale par Toots and the Maytals, dont le chanteur Toots Hibbert a été nommé par Rolling Stone comme un des 100 plus grands chanteurs. Le concert a été filmé pour la série nommée aux Emmy Awards « Live from the Artists Den »

En août 2020, Toots Hibbert est admis en soins intensifs à l’hôpital, puis plongé dans un coma artificiel, à la suite de « complications respiratoires » et une suspicion de Covid 19. Il meurt brutalement le 11 septembre 2020, quelques jours seulement après des rumeurs évoquant déjà sa mort, et démenties dans la foulée par la ministre de la culture jamaïcain. Toots Hibbert venait juste de sortir un album Got to be Tough qui signait le retour attendu du mythique groupe Toots and The Maytals, et il donnait encore des concerts en janvier 2020

Les prémices de la musique en Jamaique

 

Le Mento

A la fin du XIX, un style de musique jamaïcain commence à émerger, il s’agit du Mento. Ses origines sont à la fois africaines et européennes. Cette musique fut dans un premier temps importée par les planteurs blancs dans les Caraïbes. Elle a ensuite envahit les zones rurales de la Jamaïque et rayonne dans les Caraïbes en général. Le mento mobilise des instruments tels que le banjo, la guitare, la flûte, des percussions, un piano, un saxophone de bambou ou encore un violon.  Les textes des morceaux de mento font référence à des critiques de la société, de la politique ou des textes qui parlent d’amour.

Harry Belafonte Jamaica Farewell, repris par Daddy Nuttea dans les années 90.

L’introduction du R&B en Jamaïque

Le jazz et le rhythm & Blues apparaissent en Jamaïque au cours de la seconde guerre mondiale. Ce sont les soldats américains qui ont contribué à faire découvrir ces nouveaux styles aux jamaïcains. La Jamaïque est un pays pauvre avec des écarts de richesse très élevés entre riches et pauvres. La plupart des habitants de l’île n’ont pas les moyens de s’acheter des enregistrements.

A partir des années 50’s, pour faire découvrir les morceaux à une masse importante de jamaïcains, les maisons de disque locales ont eu l’idée d’équiper un van d’un transistor afin de diffuser les sons dans les endroits publics. C’est l’apparition des fameux Sound System jamaïcains. Ils sont animés par un « selekter » ou Disc Jockey. Contrairement aux DJ de musique électronique, ils ne se contentent pas de diffuser les morceaux mais parlent également en rythme sur les morceaux qu’ils passent. Dès le départ, le DJ ou le Toaster devient un élément indispensable à tout évènement musical jamaïcain.

Les selecters se livrent à une concurrence sans merci pour rassembler le plus de personnes possibles. Ils tentent d’obtenir des exclusivités pour se démarquer les uns des autres. A cette époque, on dénombre notamment quatre grands selecters, King Edwards, Clément Coxsone qui sera le fondateur du magique Studio One, Prince Buster et Duke Reid. Ils passent du swing, du boogie, du jazz, du rhythm and blues. Ces courants musicaux vont également être le moteur du premier style de musique inventé par les Jamaïcains, le Ska.

Le caractère fortement marqué live explique que les premiers enregistrements de morceaux n’interviendront qu’à la toute fin des années 60’s. L’un des tous premiers morceaux de Sound System enregistré est celui de King Stitt, le titre se nomme Fire Corner. Il ne chante pas encore mais parle bien en rythme.

A partir de 1958, les premiers artistes de jazz et de R&B Jamaicains font leur apparition et sont enregistrés par des petits producteurs locaux. On peut citer par exemple le morceau « Muriel » d’Alton et Eddy. Un morceau à la croisée des chemins entre mento jamaïcain, rhythm and blues et jazz. Les textes oscillent notamment entre balades et chansons d’amour.

Le boogie woogi est également un son qui cartonne en Jamaique. On peut notamment citer le morceau de Bill Doggett, Honky Monk

Un nouveau rythme apparait, le shuffle jamaicain, mélange de musique mento, latines, gospell et R&B.

Easy Snappin – Theophilus Beckford

Au niveau des instruments, on trouve batterie, cuivres dont le saxophone est le plus répandu. Les chanteurs disposent de voix très puissantes. Le R&B est une source d’influence créative pour de nombreux musiciens. Il est à l’origine de l’émergence du style Rock’n Roll. Néanmoins, ce style va rapidement s’effacer au profit du rock des Rolling Stones, ou de la Soul de James Brown. En revanche, il serait un véritable contre-sens de confondre le Rhythm and Blues d’origine avec le RnB français qui n’a absolument rien à voir, puisque ce dernier est un dérivé du rap.

 

Ska/Rocksteady, l’identité musicale jamaïcaine se forge petit à petit

 

Le ska

En 1960, le Rhythm and Blues Shuffle va connaitre une révolution majeure. En effet, le rythme syncopé du boogie habité par le contretemps va se renforcer, pour devenir le socle de la future musique inventée en Jamaïque, le ska. A la suite de la mort du célèbre jazzman jamaïcain, Eric Dean, son groupe deviendra le groupe d’enregistrement attitré du studio d’enregistrement de Clément Coxsone Dodd, fondateur du très renommé Studio One. Le batteur Lloyd Knibb, futur membre de la formation des Skatalites, décida de modifier encore le rythme du shuffle. Celui-ci devient un quatre temps, encadré par la guitare, le clavier et les cuivres. Les morceaux ne sont pas forcément vocaux mais font danser toute l’île de la Jamaïque au cours des sound system.  Le nouveau rythme sera baptisé Ska, mélange de jazz, chants rhythm and blues et woogie shuffle. Au niveau des intruments, c’est un équilibre mélodique entre batterie, cuivres, guitare et contrebasse. En ce qui concernent les textes, ils parlent beaucoup d’amour et les histoires de Gangsters et des mauvais garçons (appelés « rude boy » par les jamaïcains) commencent à émerger

L’indépendance de la jamaique va confier au ska, un puissant rôle identitaire à l’île. C’est la première musique 100% jamaicaine.

Prince Buster est une des principales figures de l’éclosion du ska. Il a participé à sa montée en puissance en produisant des morceaux au sein de sa maison de disque et en assurant sa promotion au cours de ses Sound System. Un des premiers morceaux de ska qui a fait connaitre cette musique hors des frontières jamaïcaines fut le morceau « Al Capone » de Prince Buster, sorti en 1965. Tandis que le premier morceau de ska tout court fut l’œuvre de Millie Small, « My Boblollypop » en 1964. Le ska va largement influencer des artistes anglais à se lancer sur le créneau, à l’exemple de Madness, The Toaster ou the Busters.

Du Ska au Rocksteady

A partir du milieu des 1960’s, le shuffle ralentit encore. Le tempo devient binaire, plus lent avec moins de cuivre et une accentuation du clavier et du chant. Le rocksteady est très influencé par la soul. De nombreux jamaïcains vont ainsi réaliser des reprises à la sauce rocksteady, de morceaux de James Brown, Marvin Gaye ou encore de Steevie Wonder.

Le troisième temps de la mesure est marqué par la caisse claire, qui devient un mouvement caractéristique de la musique jamaïcaine. De nombreux artistes vont émerger durant cette période comme The Ethiopians, Toot’s and the Maytals, The Melodians et bien d’autres.

Le Rocksteady va égaement renforcer la concurrence entre les différents Sound System. La politique et la violence dans les quartiers sensibles vont être au cœur des textes de ce nouveau mouvement. Les mélodies seront concoctées par un ensemble basse, percussions, orgue et batterie. Pour profiter d’une playlist, je vous invite à consulter mon article sur le rocksteady.

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Une militante insoumise indique avoir écopé de 135 euros d’amende pour manifestation interdite car elle portait un sticker du parti, alors qu’elle tentait de rejoindre un rassemblement de gilets jaunes.

Bonjour,

Cassandra, une militante de La France insoumise, s’indigne dans une vidéo publiée samedi sur Twitter d’avoir été verbalisée à tort pour participation à une manifestation interdite. Ce jour-là, à la sortie du métro Invalides dans le VIIe arrondissement de Paris, la jeune femme souhaite emprunter la rue de l’Université qui longe l’Assemblée nationale pour se rendre à la station de métro du même nom, accompagnée de deux amis. «Aujourd’hui, en France, on marche dans la rue pour se rendre à une manifestation, on a la possibilité de perdre 135 euros», déplore la jeune femme dans la vidéo visionnée plus de 190 000 fois et relayée par plusieurs représentants de La France insoumise.

«On se rendait à la manifestation place Saint-Pierre, je portais un autocollant de La France insoumise avec ma veste par-dessus et à l’intérieur de mon sac, j’ai un gilet jaune que je ne portais pas», explique Cassandra dans la vidéo. Peu avant 13 heures, le petit groupe est contrôlé par des CRS. «Ils nous fouillent, ils étaient très sympas. Le sticker et le gilet jaune que j’avais dans le sac ne leur ont absolument pas posé de problème. Ils nous demandent simplement de patienter, car ils doivent demander à leur chef si on peut prendre la rue de l’Université», détaille-t-elle à CheckNews. Après vingt minutes d’attente, Cassandra explique qu’«un monsieur arrive et [lui] dit que c’est 135 euros d’amende pour participation à une manifestation interdite».

La raison ? D’après les explications apportées par le brigadier à Cassandra, la contravention se justifie parce que Cassandra portait un autocollant de La France insoumise, prouvant selon l’agent qu’elle était en train de manifester. «Il me dit que j’ai un sticker de La France insoumise qui n’est pas dissimulé, alors que nous sommes dans une zone interdite de manifestation. « C’est un signe politique distinctif, vous êtes en train de manifester toute seule », en gros», rapporte la militante.

 

Malgré les protestations de la jeune femme qui répète qu’elle n’était pas en train de manifester, le brigadier dresse la contravention. «Il m’a présenté une tablette pour signer. J’ai demandé s’ils allaient m’embarquer si je ne signais pas. Je ne savais pas ce que c’était. Il m’a demandé si je reconnaissais les faits. J’ai répondu que non. Je n’ai donc pas signé. Il m’a dit alors dit que je recevrai l’amende chez moi», explique Cassandra. Un instant inquiétés, ses deux amis n’ont finalement pas été sanctionnés, car «ils n’avaient pas de stickers».

Contactée, la préfecture indique que «toute personne verbalisée peut contester le procès-verbal devant les instances compétentes», sans répondre sur le cas de Cassandra précisément. En tout, 137 verbalisations pour rassemblement dans un périmètre interdit ont été effectuées samedi.

Ce cas de figure n’a rien d’une première. En mars 2019, deux gilets jaunes avaient par exemple été verbalisés pour avoir porté des pulls favorables au référendum d’initiative populaire dans un secteur de Paris où la manifestation était interdite. Les policiers avaient estimé que les vêtements en question étaient des «éléments attestant que le contrevenant est un manifestant».

Le Parisien» a indiqué sur Twitter, au sujet des gilets jaunes, que «seuls 10% des Français déclarent encore les soutenir». Le sondage sur lequel s’appuie le quotidien dit pourtant tout autre chose.

Rentrée des gilets jaunes : «On n’a pas les moyens de vivre, ni de crever»

Par Fanny Guyomard — 12 septembre 2020 à 16:57 (mis à jour à 18:33)

Un millier de personnes s’est retrouvé à la mi-journée sur la place de Wagram à Paris, martelant leur opposition au gouvernement, malgré les contraintes sanitaires imposées par l’épidémie de Covid-19.

Ce samedi, presque deux ans après le début du mouvement et six mois de silence, les gilets jaunes sont encore «bien là». Ces deux mots, ils les chantent, à 10 heures, sur la place parisienne de Wagram (XVIIarrondissement), où l’ambiance est guillerette mais la colère palpable. Les manifestants de la première heure se retrouvent entre accolades et sourires, le masque souvent baissé sur le menton. Et de ces bouches sortent toujours les mêmes revendications, que la crise sanitaire n’a fait qu’attiser : «justice sociale»«plus de démocratie participative»«fin des privilèges», ou encore «droit de manifester», un principe que l’interdiction des rassemblements pour cause de Covid-19 met à mal depuis mars.

Casque avec deux cornes sur la tête – «Parce qu’on nous a traités de « Gaulois réfractaires »» –, Jérôme, 54 ans, a roulé de nuit depuis la Haute-Savoie, où il s’occupe de la remontée des sièges mécaniques dans la station de ski d’Avoriaz. Mais c’est la dernière fois qu’il fera le voyage, car il en appelle, avec d’autres antennes locales, à la fin des manifestations. «On n’est pas entendus, donc il faut changer de méthode : mener au tribunal les ministres pour haute trahison, comme quand Agnès Buzyn a démissionné de son poste à la Santé pour aller à la mairie de Paris en plein Covid !» Autre motif de poursuites, selon lui : la privatisation des «bijoux de famille» comme Aéroports de Paris. Le seul porte-parole qu’il pourrait envisager serait le philosophe Michel Onfray«Mais les politiques, c’est fini», tranche Jérôme, qui n’avait jamais battu le pavé avant le 17 novembre 2018, date du premier rendez-vous des gilets jaunes.

«Il y a soi-disant eu des primes»

Marie, 24 ans, étudiante en droit, reste sceptique sur des poursuites contre les membres du gouvernement. «Ils sont protégés, le jugement serait seulement symbolique», estime celle qui vient de passer ses concours pour entrer dans une école d’avocats. Pour payer ses études, cette Héraultaise vivant à Sète travaille une centaine d’heures par mois comme auxiliaire de vie, pour 900 euros de salaire. Avec un loyer à 600 euros. «Mais j’ai arrêté pendant cinq semaines parce que j’ai attrapé le Covid, et je n’ai pas été indemnisée par la Sécu parce que je n’ai pas assez cumulé d’heures», regrette-t-elle. La jeune femme est une manifestante de la première heure. Depuis, juge-t-elle, le chômage et le coût de la vie n’ont fait que s’aggraver. «Il y a soi-disant eu des primes mais je n’étais pas concernée, et les bourses, je n’en ai pas vu la couleur…»

Seul le prix du carburant a baissé, «grâce au Covid, c’est triste à dire», note Mélanie, 29 ans. Pour ses 50 kilomètres de trajet quotidiens autour de Melun (Seine-et-Marne), celle qui travaille dans le sport automobile dépense 250 euros par mois. Ce samedi matin, le trajet s’est fait sans encombres : pas de périphérique bloqué ou de fouilles pour lui confisquer ses lunettes de plongée, utiles contre le gaz lacrymogène souvent utilisé par les CRS ou gendarmes mobiles. Comme la plupart de ses camarades, Mélanie n’a plus de gilet jaune, car ce serait prendre le risque d’une amende pour rassemblement non autorisé. A la main, elle tient une pancarte «On veut vous voir sur un vélo», moins une ode aux mobilités douces qu’une adresse aux «privilèges des politiques avec chauffeur».

«On n’a pas les moyens de vivre, ni de crever»

L’environnement ? «Bullshit», tacle Stefan, un Néerlandais qui participe pour la première fois au mouvement à Paris. Avec trois amis, il est venu pour défendre la liberté d’expression, ses convictions antimasque («Le masque retient le virus») et climatosceptiques («Le climat change tout le temps»). Plus loin, Marius et celui qui se fait appeler «Jean-Mi» placent, au contraire, la décroissance parmi les priorités. «Il faut décroître, affirment ces trentenaires. On n’a pas besoin de trop d’électricité ou de pétrole. C’est le système politique mondial qu’il faut changer.»

Par quels moyens ? «En donnant plus de pouvoir aux citoyens. Voter pour des gens ne sert à rien, il faut voter pour des projets», avance Jean-Mi. «Mais pour avoir un comportement écolo, faut d’abord en avoir les moyens.» Des propos qui font écho aux racines de la mobilisation des gilets jaunes, d’abord remontés contre le prix des carburants, avant que les revendications ne s’élargissent.

Moun, 53 ans, ne roule pas sur l’or. Cette enseignante à mi-temps gagne avec son mari 2 000 euros par mois. «Mais il faut enlever 1 000 euros pour le logement, ajoute derechef la Parisienne. On n’a pas les moyens de vivre, ni de crever. Même l’incinération coûte cher !», s’exaspère-t-elle. Autour, des manifestants la reconnaissent et la saluent amicalement. Parce que Moun, c’est la femme au parapluie multicolore, qui s’élève au-dessus de la foule. «De toutes les couleurs, parce qu’on se bat pour tout le monde.»

La police dans le viseur

Lorsque Moun a rejoint le mouvement, elle visait principalement les «privilèges», mais aujourd’hui s’est ajoutée la colère envers les policiers, pour celle qui dit avoir subi trois blessures dues à des tirs de LBD (lanceurs de balles de défense). «On ne peut pas rester pacifiques, je suis la première à être grossière quand un représentant m’insulte», lâche-t-elle, la fin de phrase recouverte par des sirènes de police. Des huées émergent de la foule, les insultes fusent.

 «C’est de la pure provoc leurs sirènes, quels gamins», sourit presque Moun. A quelques pas, Aomar, 44 ans, tient à préciser que «tous les policiers ne sont pas mauvais». Lui, que certains appellent le «leader», est déjà passé devant les tribunaux après des manifestations musclées. Habitant Charleville-Mézières, dans les Ardennes, il est arrivé dans la nuit, afin d’éviter les fouilles policières.

A la mi-journée, la foule, un millier de personnes, occupe toute la largeur de l’avenue de Wagram et reprend le slogan devenu habituel : «Tout le monde déteste la police !» Beaucoup ont le regard tourné vers l’Arc de Triomphe, à quelques centaines de mètres de là, solidement protégé par les forces de l’ordre. On entend un bruit de pétard. Et quelques conseils à la volée : «Faites attention à vous !»

Au gré d’affrontements sporadiques entre les manifestants et la police, dans cet arrondissement de l’Ouest parisien, le cortège s’est séparé en plusieurs groupes avec des dizaines de motos de la préfecture de police de Paris à leurs trousses. Des nasses ont aussi été réalisées par les forces de l’ordre au cours de l’après-midi et de nombreuses grenades lacrymogènes ont été tirées. A 18 heures, les autorités annonçaient que 256 personnes avaient été interpellées

Alors que la mobilisation parisienne des «gilets jaunes» se prépare en entretenant un certain flou, le gouvernement martèle que le droit à manifester est encadré. Décryptage des dispositifs législatifs encadrant les manifestations.

 

 Droit de manifester : que dit la loi ?

Une nouvelle journée de mobilisation des «gilets jaunes» se prépare pour samedi. Alors que plusieurs responsables ont appelé à se rendre à Paris samedi pour bloquer la capitale, une autorisation leur a été délivrée pour se rassembler au Champ-de-Mars. Une réponse qui ne convient pas à certains «gilets jaunes», qui réclamaient un rendez-vous place de la Concorde. Le flou est donc entretenu sur le lieu de la mobilisation. L’occasion pour le gouvernement de rappeler que le droit à manifester est strictement encadré.

Qu’est-ce que le droit à manifester ?

Contrairement au droit de grève, la liberté de manifester n’est pas inscrite dans la Constitution. Ce droit est garanti symboliquement par son inscription dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. L’article 10 souligne : «Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.» Il est aussi implicitement garanti par l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme.

Me Jean-Louis Vasseur, avocat au sein du Cabinet Seban & Associés précise : «Aucun texte fondamental n’a consacré le droit de manifester. Le code pénal (article 431-1) réprime toutefois depuis 1994, les personnes se livrant à des actes tendant à entraver de manière concertée, à l’aide de menaces, une manifestation. C’est tout de même le signe de la reconnaissance de la liberté de manifester.»

A-t-on le droit de manifester n’importe où, n’importe quand ?

Le droit à manifester est strictement encadré et laisse peu de place à l’improvisation. Toutes les manifestations sur la voie publique (cortèges, défilés, rassemblements) doivent faire l’objet d’une déclaration préalable au moins trois jours et au maximum quinze jours francs avant la date de la manifestation. Cette déclaration doit être faite en mairie ou en préfecture. A Paris, les modalités sont légèrement différentes. La déclaration doit se faire à la préfecture de police, deux mois (trois en cas de foule importante) avant la mobilisation. Les demandes effectuées plus tardivement sont admises «lorsqu’un événement imprévu, d’envergure nationale ou internationale […] la justifie. L’urgence doit en être dûment motivée».

Pour être valide, la demande doit être signée par au moins trois organisateurs domiciliés dans le département, qui doivent détailler leurs identités et adresses. Le but de la manifestation, la date, l’heure, le lieu, l’itinéraire dans le cas d’un cortège, les mesures de sécurité prévues ou encore une estimation du nombre de participants attendus doivent être indiqués. Même si les autorités compétentes ne s’opposent pas à la mobilisation, elles peuvent exiger des modifications quant aux choix du lieu (comme dans le cas de la manifestation de samedi), du parcours ou des horaires par exemple.

Dans quel cas une manifestation peut-elle être interdite ?

Une manifestation peut être interdite via un arrêté, uniquement en cas de crainte de «troubles graves à l’ordre public», selon l’article L211-3 du code de la sécurité intérieure. Les interdictions sont donc relativement rares. L’avocat souligne : «C’est une notion extraordinaire parce qu’on en fait ce qu’on veut. Il y a risque de troubles à l’ordre public si par exemple il y a déjà eu des affrontements, si la rue est manifestement trop étroite et qu’il va y avoir des heurts avec des voitures sur le parcours.» Les organisateurs ont la possibilité de contester les arrêtés d’interdiction.

Qu’est-ce que l’on risque en faisant une manifestation sans autorisation ?

Des sanctions sont prévues si la manifestation se déroule sans déclaration préalable, mais aussi si cette dernière est incomplète ou inexacte pour «tromper sur l’objet ou les conditions» de la manifestation ou si le rassemblement a été interdit. L’article 431-9 du code pénal prévoit dans ces cas-ci, une peine de six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. Il est toutefois important de spécifier que ces sanctions s’appliquent uniquement aux organisateurs qui se sont signalés lors de la déclaration préalable et à ceux qui ont reçu une notification individuelle. Comme l’a rappelé CheckNews il y a quelques jours, une circulaire de 2016 précise bien que «la simple participation à une manifestation non déclarée ou interdite n’est pas réprimée par ces dispositions qui ne visent que les organisateurs». Les bloqueurs de route pourraient malgré tout se voir reprocher un «délit d’entrave à la circulation».

A partir de combien de personnes rassemblées estime-t-on que c’est une manifestation ?

Deux, trois, cinq personnes brandissant des banderoles peuvent-ils constituer une manifestation non déclarée ? En principe, oui. «Même s’ils sont vraiment très peu, qu’ils empruntent des chemins qui font un peu de trouble à l’ordre public, c’est une manifestation. Il faut donc la déclarer pour que la préfecture soit avertie de la date et prenne ces dispositions. Dans le cas inverse, si on ne se base que sur les textes, une personne, deux, trois qui manifestent sans l’avoir déclaré pourraient tomber sous le coup de l’article 431-9. Mais ça ne sera pas très important», explique Jean-Louis Vasseur. Il ajoute : «On ne peut pas établir un chiffre minimum de manifestants.»

Il existe d’ailleurs un précédent. En 2014, David van Hemelryck, considéré comme un leader du Printemps français (émanation radicale de la Manif pour tous), et deux autres militants étaient poursuivis pour «organisation d’une manifestation non déclarée». Le 30 novembre 2013, sur le parvis des droits de l’homme au Trocadéro à Paris, il avait déployé une banderole sur laquelle était inscrit «Hollande-démission.fr» avant d’être interpellé. Les trois manifestants ont finalement été relaxésLeurs avocats avaient, avant la relaxe, soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (1), arguant que l’article 431-9 ne définit pas ce qu’est une manifestation.

Marlène Thomas

Bonjour,

Vous nous interrogez après la publication d’un sondage réalisé par l’Ifop pour le Parisien sur les gilets jaunes. Sur Twitter, le quotidien indique au sujet de ce mouvement que «seuls 10% des Français déclarent encore les soutenir», provoquant de nombreuses réactions. Certains accusent le journal de déformer la réalité. De fait, les résultats de l’enquête de l’Ifop commandée par le quotidien disent tout autre chose.

D’après un extrait de l’étude publié par l’institut de sondage sur Twitter, 10% des interrogés entre le 3 et le 7 septembre «se sentent gilets jaunes», contre 11% fin mai, et 19% au début du mouvement, en décembre 2018. Toutefois, sans se sentir gilets jaunes, 41% des répondants soutiennent le mouvement. Un chiffre là encore assez stable depuis le début de l’année, voire en légère augmentation par rapport à janvier 2020, même si en baisse par rapport au début du mouvement.

Ainsi, en ajoutant les deux valeurs, on peut affirmer sur la base du sondage que 51% des interrogés se sentent gilets jaunes ou soutiennent encore le mouvement. Loin des 10%, donc.

Parmi les interrogés, enfin, 49% ne se sentent pas gilets jaunes et ne les soutiennent pas. C’est deux points de plus qu’en mai, et peu ou prou autant qu’en janvier et en avril.

 noter que si la formulation erronée du tweet du Parisien n’est pas reprise dans l’article du quotidien, celui-ci reste ambigu dans sa rédaction : «Une étude Ifop que nous dévoilons en exclusivité, relève que seul 1 Français sur 10 se sent proche du mouvement», peut-on lire en préambule de l’article. «Désormais, seul 10% de la population âgée de 18 ans et plus se sentirait proche des gilets jaunes, soit entre 4 et 4,5 millions de personnes. A titre de comparaison, ils étaient 19% dans ce cas en décembre 2018», est-il précisé plus loin.

Une légère majorité soutient encore le mouvement

Or, cette question de la «proximité» avec le mouvement n’est pas posée par l’Ifop. Le sondeur a demandé aux interrogés s’ils se sentaient gilets jaunes (10% ont donc répondu par l’affirmative), ou, bien que ne se sentant pas gilets jaunes, s’ils soutenaient malgré tout le mouvement (41% des répondants ayant répondu oui à cette question). Ce qui peut être interprété comme une forme de proximité.

A noter que l’article du Parisien ne permet pas d’accéder au sondage, ni ne donne l’ensemble de ses résultats.

Malgré les dissolutions répétées, les groupes identitaires lyonnais n’ont de cesse de renaître et de tenter de propager leurs idées, à grand renfort de manifestations et de récupération de faits divers. Dernier épisode en date : samedi, après l’organisation d’un rassemblement «contre l’insécurité», Génération identitaire a rouvert son bar dans le Vieux Lyon.

 

 A Lyon, un écosystème identitaire en évolution constante

Son regain de visibilité date du printemps et a désormais son hashtag : #OnVeutLesNoms. Omniprésente sur les réseaux sociaux, la mouvance identitaire a repris ses aises à Lyon à la faveur de l’épidémie de Covid-19, instrumentalisant des faits divers épars pour justifier ses campagnes de haine raciale et religieuse. «La période lui est très favorable, le confinement a nourri un « confusionnisme » pire qu’avant. C’est encore plus facile pour ces groupuscules de surfer sur les inquiétudes de la population», analyse Alain Chevarin, qui vient de publier Lyon et ses extrêmes droites aux éditions de la Lanterne.

Dernier coup de com fructueux dans la capitale des Gaules : un «rassemblement contre l’insécurité», samedi à 14 heures devant l’ancien palais de justice, dont les collectifs de riverains mobilisés sur le sujet s’étaient rapidement désolidarisés, pointant le rôle en sous-main des identitaires dans son organisation. Non autorisé par la préfecture, il a pourtant pu se dérouler sans entrave

Maintien de l’ordre : de nouveaux outils pour les policiers

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, prend soin des policiers tout en essayant de réduire les blessés chez les manifestants. Les tirs de lanceur de balles de défense, qui restent autorisés, seront désormais soumis à l’accord d’un « superviseur ».

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, chouchoute ses policiers. Il a profité, vendredi 11 septembre, de l’installation officielle de la nouvelle cheffe des CRS, Pascale Regnault-Dubois, pour présenter son nouveau schéma national de maintien de l’ordre. Applaudissements du syndicat majoritaire Alliance.

Menacés de disparition après les polémiques répétées sur les graves blessures occasionnées par cette arme, dénoncés par Jacques Toubon, alors Défenseur des droits, les lanceurs de balles de défense (LBD) sont maintenus. Mais chaque tir sera, désormais, soumis à l’accord d’un superviseur, qui accompagnera le tireur. Une pratique déjà en cours chez les CRS et les gendarmes mobiles.

Une nouvelle grenade de désencerclement

Maintenues également, les grenades de désencerclement, elles aussi accusées d’occasionner des lésions auditives et des blessures au visage. Avec un bémol : le nouveau modèle de cette grenade sera moins puissant et générera moins de projections en hauteur , a assuré Gérald Darmanin. Elles seront utilisées dès samedi 12 septembre, en cas de besoin dans les mobilisations des Gilets jaunes. Nous attendons de les tester, dit Régis Debord, de l’Unsa police CRS. Elles exploseront plus lentement. Il ne faudrait pas que des manifestants violents aient le temps de s’en saisir et de les relancer.

Les policiers pourront aussi continuer de porter leur cagoule pendant les manifestations. Ils y tenaient, notamment parce qu’elles sont anti-feu, indique Régis Debord. Face à des cocktails Molotov, elle nous protège. Promis, aussi, des véhicules plus adaptés, des commissariats rénovés, se réjouit Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance. Dans son discours, Darmanin « décide de redonner du pouvoir et de la considération aux policiers », salue-t-il, tout en attendant les actes .

Flouter les visages des policiers

Le ministre s’est aussi engagé à accéder à une demande formulée de longue date : interdire la diffusion, par les télés et réseaux sociaux, des visages des policiers lors d’opérations. Il faudra les flouter. « Cela permettra aux policiers de travailler plus sereinement, estime Fabien Vanhemelryck. Aujourd’hui, des policiers sont filmés et les images immédiatement diffusées sur les réseaux sociaux. De brèves vidéos, qui ne relatent jamais l’intégralité de l’opération. Des policiers, parfois, sont reconnus. Et certains se font agresser hors service , abonde Régis Debord. C’est encore arrivé récemment à Lyon. Un policier et sa femme ont été agressés devant chez eux. Cette interdiction empêchera les télés et internautes de diffuser des images en direct, ce que certains dénoncent. Mais est-elle vraiment applicable ? Cela nécessitera un contrôle très important des réseaux sociaux, reconnaît Fabien Vanhemelryck. Et une justice qui applique la loi.

Le ministre prévoit aussi de généraliser les caméras piétons, d’ici à juillet 2021. Elles seront plus robustes et plus haut de gamme que les précédentes. Celles-ci, avec une faible batterie et une mauvaise résolution, sont aujourd’hui très peu utilisées.

Pour Francis Daspe, une contre-révolution scolaire est bien en marche, avec Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer à la manœuvre. Il recense cinq types d’attaques contre le métier de professeur.

La maison Éducation nationale est visiblement prête à s’enflammer. Face à des remontées de terrain convergentes et à un sondage indiquant qu’une majorité des enseignants était saisie par le pessimisme, le ministre Blanquer vient de sortir son joker en proposant d’organiser un Grenelle des professeurs. En reprenant, dans une veine orwellienne du New Management Public où les mots correspondent à des réalités diamétralement opposées, les antiennes pourtant éculées de la « revalorisation du métier »et de la définition du « professeur du XXI° siècle ». Rien de moins !

LES CINQ ATTAQUES

Dans ces conditions, l’inquiétude peut être de mise de manière on ne peut plus légitime. Car un des piliers de la contre-révolution scolaire actuellement en marche sous la férule du duo Macron / Blanquer réside dans la remise en cause fondamentale du métier et de l’expertise des enseignants. Les racines de cette basse besogne se trouvaient déjà dans la vision managériale et autoritaire qui bouscule le service public d’éducation depuis plusieurs quinquennats. Il ne s’agit plus d’exercer son métier mais de se contenter de se soumettre aux injonctions ministérielles. Les attaques frontales contre le métier de professeur comportent cinq facettes complémentaires et cumulatives.

  • Des personnels muselés. C’est l’objectif visé par la loi Blanquer pour une école de la confiance du 26 juillet 2019. Elle s’échinait à poser une chape de plomb sur l’École et ses personnels. Ces derniers étaient invités à taire les maux qui rongent pourtant l’école, notamment à travers l’improbable devoir d’exemplarité. En fait, la loi Blanquer cherche à verrouiller toute une institution à travers une communication univoque, verticale et managériale, niant le réel et ses aspérités.
  • Des personnels assujettis. Le contrôle et l’assujettissement se réalisent de manière de plus en plus frontale avec des dispositions convergentes construisant patiemment un outil managérial. Ces pratiques conduisent à transformer les établissements scolaires en petites entreprises soumises à des contrats d’objectifs chiffrés s’appuyant sur des évaluations nationales pour lesquelles la proportion de tracasseries l’emporte nettement sur la pertinence et l’utilité réelles, aussi bien pour les élèves et les familles que pour les enseignants. L’assujettissement à une verticalité du pouvoir se renforce de la sorte, mais plus encore avec un ministre se positionnant en prise directe avec la profession, en se substituant de ce fait aux cadres intermédiaires, et tout en leur assignant des feuilles de route draconiennes. Sans doute une déclinaison de l’hybris jupitérienne de son maître…
  • Des personnels dépossédés. La tendance à la réduction, voire à la suppression, de la liberté pédagogique, présentée comme un « désordre pédagogico-gauchiste », actionne tous les leviers disponibles. Les personnels sont transformés de facto en prestataires de services. La tentative de réduire l’Éducation à un marché constitué d’opérateurs en concurrence les uns entre les autres ne peut être masquée en dépit des dénégations fleurant l’insincérité manifeste. C’est sans doute la partie la plus violente de la transformation en cours, même si elle est aussi la moins visible de l’extérieur. Au travers des évaluations nationales, de la mise en place des 2S2C (santé, sport, culture, civisme), du déploiement massif du numérique et de l’enseignement à distance, c’est tout le métier qui pourrait basculer vers un travail prescrit et automatisé. Et cela dans le but d’imposer une conception pédagogique unique fondée sur la marotte du ministre, celle des neurosciences.

La crise sanitaire a permis à une majorité de français de reconnaître les mérites et la valeur des enseignants

  • Des personnels précarisés. La destruction programmée du statut des enseignants (qui fait office de code du travail pour la fonction publique) sanctionnera la fin de l’indépendance du professeur, pourtant absolument nécessaire pour un exercice, serein et préservé d’éventuelles pressions particulières, de sa mission au service de l’intérêt général. Une accélération se produit avec la fin du paritarisme ouvrant la voie à un New Public Management totalement débridé. Car la mise à mort du paritarisme laisse la hiérarchie de l’Éducation Nationale toute puissante face aux enseignants. Aggravée par la multiplication des postes à profil, elle va générer une mise en concurrence croissante et une allégeance renforcée des personnels.
  • Des personnels méprisés. Cette réalité grotesque se traduit par la campagne insidieuse de prof-bashing orchestrée par le ministre lui-même (et sa majorité, qu’on se rappelle les propos outrageants de Sibeth Ndiaye au moment du confinement). Il joue en effet un rôle clé dans cette offensive contre l’école et ses personnels. Elle permet de discréditer toute la profession afin de la museler et de la couper des familles. Sans soutien, les enseignants vont se retrouver isolés et à la merci de changements majeurs qui s’appuieront sur ce discrédit fabriqué. Cependant le plan ourdi a du mal à fonctionner pleinement : la crise sanitaire a permis à une majorité de français de reconnaître les mérites et la valeur des enseignants, bien davantage que ceux d’une institution managée par des responsables aux abois et à la compétence douteuse.

L’ARNAQUE DU FUTUR GRENELLE

La contre-révolution scolaire actuellement en marche forcée réduit les personnels à n’être que des courroies de transmission d’une logique qui les écrase. C’est celle de la doxa managériale pour laquelle l’École est sommée d’obéir, de s’adapter de gré ou de force, de se soumettre et de fonctionner sans moyens. L’intendance ne suit plus, privée des moyens humains ou financiers et du temps de réflexion nécessaires. Croulant sous le poids des injonctions paradoxales, des dysfonctionnements structurels organisés, de l’imposition de changements non concertés, l’institution scolaire est menée à des impasses prévisibles, les enseignants voyant de surcroît la réalité professionnelle de leur métier niée.

Des enseignants en fin de compte muselés, assujettis, dépossédés, précarisés et méprisés

Quand le ministre Blanquer assigne au futur Grenelle des professeurs la mission de redéfinir « les hussards du XXI° siècle« , la mystification est à son comble. Il ne s’agira pas d’école ou de République à promouvoir, mais d’un projet de société à rebours des principes mêmes de la République. La Macronie ne vise pas à être une et indivisible, démocratique, sociale et laïque. Le grand marché de l’éducation imaginé par cette majorité et ce gouvernement se propose d’être territorialisé, inégalitaire, ubérisé, et soumis aux intérêts particuliers, marchands ou non marchands. Avec des enseignants relégués aux antipodes de l’ambition des hussards noirs de la République, et dont le cœur du métier aura été vidé de son sens initial au service de l’intérêt général. Des enseignants en fin de compte muselés, assujettis, dépossédés, précarisés et méprisés.

4 octobre 2020

CSPB émission du 29 09 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 21 h 41 min

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Emission mensuelle du CSPB sur l’actu en Euskal Herria. Au sommaire l’actu sur les presos rapport d’Etxerat chronique de Maité. En seconde partie la menace qui pèse sur l’euskara ou langue basque pour les classes immersives dès la maternelle, l’exemple basque pour l’apprentissage de la langue transposé en Corse, également la monnaie locale qui fonctionne très bien au pays et le milieu associatif et alternatif qui serait à mettre en place pour la Corse. Egalement nous avons traité du prochain référendum de la nouvelle Calédonie et différentes infos liées au caillou. Pour finir les nouvelles armes et dispositifs répressifs pour la police française. Les intermèdes musicaux sont, arroja bomba, a las mujeres, en la plaza de mi pueblo, pitzu bilbo, himmo anarquista, cancion de los soldatos, bella ciao, petit pays, la lista negra. Retrouvez l’émission sur mixcloud.com/skuale/ ou mixcloud.com/radiolibertaire/, et le blog du comité cspb.unblog.fr

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La mobilisation, programmée le 10 octobre prochain à Bayonne, vise à dénoncer « les attaques subies par l’enseignement basque »

Courant août, les promoteurs de la langue basque apprenaient le refus de l’Académie de Bordeaux d’autoriser la mise en place d’une nouvelle classe immersive en langue basque. Le projet d’enseignement 100 % en euskara devait être mis en place dès la rentrée au sein de l’école maternelle publique Basté-Quieta, à Saint-Pierre-d’Irube.

La goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et interroge sur l’avenir des 38 classes immersives (écoles publiques et privées) déjà existantes au Pays basque français. Suite à cette décision, le collectif Euskal Konfederazioa qui regroupe les associations œuvrant en faveur de l’enseignement en basque (Biga Bai, Ikas Bi, Euskal Haziak, Seaska, Euskara Geroan et Erakasleak) a décidé d’organiser une grande journée de mobilisation qui se déroulera le 10 octobre prochain à Bayonne.

Chaîne humaine

Le rassemblement devrait prendre la forme d’une chaîne humaine qui se déroulera entre la maison natale de René Cassin et la sous-préfecture. La date n’a pas été cochée au hasard sur le calendrier de ces défenseurs de l’euskara. Le 10 octobre est le jour choisi par les militants du collectif Pour que vivent nos langues pour manifester leur colère à l’égard du gouvernement Macron responsable, d’après eux, « d’attaques portées contre l’enseignement des langues régionales ».

Une campagne pour inciter les adultes à apprendre le basque

La Communauté d’agglomération Pays Basque (CAPB) lance une campagne pour susciter l’envie de devenir bascophone. Elle adresse, particulièrement aux jeunes adultes, le message « Vivez le Pays Basque en V.O. ». Un site internet a été créé, recensant les organismes de formation.

ANAIZ AGUIRRE OLHAGARAY|2020/09/10|2 IRUZKIN Guz_heldueneuskalduntzearenaldekokomunikaziokanpaina_baiona_gfauveau-1Antton Curutcharry et Jean-René Etchegaray appellent les adultes à apprendre l’euskara. © Guillaume FAUVEAU

« L’euskara, c’est la rentrée, je me lance ! ». Comme beaucoup d’associations, la Communauté d’agglomération profite du mois de septembre pour lancer une campagne de communication dont l’objectif est de favoriser les inscriptions en cours de basque par les adultes. Elle a été présentée ce mercredi 9 septembre par Antton Curutcharry (vice-président en charge de la politique linguistique) et Jean-René Etchegaray, président de la CAPB. « Vivez le Pays Basque en V.O. », tel est le slogan de la campagne. Une référence au cinéma qui, dans sa version originale, permet de mieux comprendre les intentions de l’auteur et de mieux saisir l’essence du film.

Une plateforme en ligne a été créée, japprendslebasque.com, présentant les différents organismes qui dispensent des cours de basque aux adultes, et renvoyant vers leurs sites web respectifs : AEK (tout le territoire), Jakinola (Bayonne), Angeluko Ikasleak (Anglet) et l’amicale laïque Adixkideak (Urrugne).

Enjeu majeur

Comme le souligne Amaia Beyrie de l’association AEK, toucher le public adulte est fondamental, car ce dernier « joue un rôle d’exemplarité ». Au Pays Basque Nord, seuls 15 % des 30-50 ans maîtrisent la langue basque, quand les plus de 50 ans représentent près de 50 % de bascophones. La basquisation des adultes est donc « un enjeu majeur », insiste Amaia Beyrie.

« Ce n’est pas l’importance des efforts déployés jusqu’à aujourd’hui qui suffit. Sur ce domaine, il faut lutter » a déclaré pour sa part le président de l’Agglo Jean-René Etchegaray. « Si on veut offrir un Pays Basque bascophone à nos enfants, s’il n’y a pas une politique linguistique volontariste, nous allons perdre la bataille » a-t-il pointé.

« Avec cette campagne, on veut montrer qu’aujourd’hui, apprendre le basque est à la portée de tout le monde », affirme Antton Curutcharry. « Il y a des ‘on dit’ selon lesquels c’est une langue difficile à apprendre… Mais c’est comme pour une autre langue, l’apprentissage se fait sans aucun problème, quelle que soit la motivation de l’apprenant ». Pour le vice-président en charge de la politique linguistique, la maîtrise du basque donne « accès » à une autre dimension du territoire : « les randonneurs pourront comprendre le nom d’un chemin, d’une montagne… les choristes pourront comprendre les paroles qu’ils chantent en basque ». Sans compter les opportunités de travail qui peuvent se présenter à quelques dizaines de kilomètres, au Pays Basque Sud, où le basque est coofficielle.

Ajustements de rentrée : l’immersion en euskara en toile de fond

Les instances départementales de l’Education nationale se sont réunies une dernière fois pour définir la carte scolaire de l’année scolaire qui s’ouvre. La demande d’ouverture d’une classe immersive en langue basque a été rappelée par les élus.

 

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GOIZEDER TABERNA|2020/09/04|0 IRUZKIN Guz_murgiltzesistemaaldarrikatzekoelkarretaratzea_hiriburu_gfauveau-4La rentrée a été marquée par un rassemblement d’élus et citoyens à l’école Baste Quieta de Saint-Pierre-d’Irube, mardi dernier. © Guillaume FAUVEAU

Fixant les derniers ajustements de rentrée, le conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) de septembre et le comité technique qui le précède sont d’habitude très attendus. Cette année, ils l’étaient d’autant plus que le refus d’ouvrir une classe d’euskara suivant le modèle immersif à l’école Basté Quieta a créé une certaine frustration. Ce vendredi 4 septembre, les représentants des collectivités locales ont remis le sujet sur la table.

Représentant le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, Isabelle Pargade, et le président de l’Association départementale des maires Alain Sanz ont exprimé le souhait que l’Education nationale revienne sur sa décision. La conseillère départementale et maire d’Hasparren a rappelé le travail mené à Saint-Pierre-d’Irube en association avec l’Education nationale et les parents d’élèves pour l’ouverture de cette classe, « à moyen constant », précise-t-elle. Le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) leur aurait affirmé que cette question ne dépend pas de lui, mais du ministère. Les élus espèrent tout de même qu’il transmettra le message.

Les représentants de syndicats ont déjà eu l’occasion de s’exprimer sur ce dossier. Lors du CDEN, seule Force ouvrière aurait réitéré son opposition à l’immersion en langue basque, d’après nos sources. Le Snuipp-FSU et le SE-Unsa y sont favorables. D’autres enjeux ont marqué la rentrée du point de vue syndical, notamment les ouvertures et fermetures de poste.

Les dernières décisions du Dasen ont permis des ouvertures à Arcangues (0,5 français), Bassussarry (0,5 français), Biriatou (0,5 basque), Espelette Bourg (0,5 français), Sare (0,5 basque) et Urcuit (1 français). A Arraute-Charritte, un demi-poste de basque a été remplacé par un demi-poste de français. En revanche, à l’école Lahubiague de Bayonne, un poste complet a été supprimé, à Hendaye Gare maternelle, un demi de français et un demi d’euskara.

Des décisions prises dans la continuité de ce qui avait été décidé au printemps, constatent les syndicats, et qui n’a pas soulevé de débats au CDNE, d’après Isabelle Pargade. Le comité technique du matin pouvant donner lieu à plus de débat. A l’issue du CDNE, le représentant du SE-Unsa, Franck Hialé, a tout de même regretté des moyens contraints, considérant que des arbitrages seraient également nécessaires dans d’autre écoles, comme à Biarritz, à l’école Jules Ferry, qui se retrouverait avec une moyenne de 30 élèves par classe. Par ailleurs, le Snuipp-FSU a rappelé qu’au final, « cette carte scolaire se solde par une dotation en postes négative pour le 64″. Un poste supprimé dans un département qui, selon le Dasen, a perdu 614 élèves.

Lorsque les postes sont là, le manque d’enseignants pour les occuper fait aussi partie des préoccupations des syndicats. Et l’Unsa s’oppose à la solution d’urgence du recrutement de sept contractuels considérant que « cette situation est inédite et inacceptable ». Elle propose comme solution, l’utilisation des listes complémentaires et de mutations d’enseignants d’autres départements. A cela s’ajoute la suppression de postes de Rased ou enseignants spécialisés dans l’aide aux élèves en difficulté (20 %), ce qui fait dire au Snuipp-FSU que « c’est un très mauvais signe pour l’école, a fortiori en cette rentrée si particulière, dans un contexte de Covid et de grand besoin d’accompagnement des élèves ». Le plan de relance présenté cette semaine par le Gouvernement français ne semble pas avoir d’effet sur l’Education nationale.

 

 

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Corse-du-Sud Haute-Corse

Le député européen François Alfonsi en est convaincu : en ce qui concerne l’apprentissage de la langue régionale, le Pays Basque doit être pour la Corse une source d’inspiration.

En Iparralde, ou Pays Basque nord-français, une filière d’enseignement associatif par immersion a ainsi été développée : la fédération Seaska.

Un réseau qui regroupe les ikastola [écoles immersives en langue basque, ndrl], qui vont de la maternelle au lycée, toutes gérées par des associations de parents d’élèves dans un but non-lucratif. Ces écoles sont laïques, ne sont affiliées à aucun parti politique, et sont reconnues par le ministère de l’Éducation nationale.

La première ikastola a été créée en 1969, à Arcangues. Elles sont aujourd’hui trente-et-une et accueillaient en septembre 2019 plus de 4.000 enfants.

Des écoles immersives en langue régionale

Et à en croire François Alfonsi, les résultats de ces structures sont probants.

« Il suffit de voir les statistiques des dernières années. Le Pays Basque est l’un des pays en Europe où l’on observe que les jeunes générations, de 15 à 25 ans, sont celles qui parlent le plus la langue basque [ou traditionnellement euskara, ndlr], plus encore que les personnes de plus de 80 ans. »

Un système qui, selon François Alfonsi, fait aujourd’hui cruellement défaut en Corse. À ses yeux, les filières bilingues disponibles sur le territoire ne suffisent plus. « Aujourd’hui, on assiste à une érosion de langue corse au fur et à mesure des générations. Les gens sont de moins en moins corsophones. »

Aujourd’hui, on assiste à une érosion de langue corse au fur et à mesure des générations. Les gens sont de moins en moins corsophones.

François Alfonsi

 

 

Alors pour observer au plus près ce qui fait la réussite de l’apprentissage de la Corse en Ipparalde, une délégation corse menée par François Alfonsi est en visite à Bayonne, ces 12, 13 et 14 septembre.

 

Objectif : mettre en place un système similaire en Corse dès la rentrée prochaine

Avec un objectif : formaliser une « initiative corse pour l’enseignement immersif de type Seaska dont le contenu sera défini sur la base de l’expérience basque ».

« Nous pensons que ce qui a été mis en place est remarquable, d’autant plus considérant que le Pays Basque nord n’a pas les institutions ou des députés comme c’est le cas en Corse. En s’inspirant de ce modèle, et avec nos moyens d’actions qui sont plus importants, je pense que l’on pourrait faire tout aussi bien. »

En s’inspirant du modèle basque, et avec nos moyens d’actions qui sont plus importants, je pense que l’on pourrait faire tout aussi bien.

 

François Alfonsi

 

 

Et pas question de traîner : le députée européen espère la mise en place de système associatif dès la prochaine rentrée scolaire.

« On commencerait avec des classes de maternelles, parce que c’est pas quelque chose que l’on peut mettre en place en milieu de cursus scolaire, puis on suivrait les enfants jusqu’au bac. C’est à mon sens, l’un des projet phares pour les prochaines années pour la préservation de la langue corse. »

Un prochain rendez-vous entre acteurs associatifs, politiques et économiques basques et corses en décembre

Ce déplacement pour la délégation corsophone est aussi et surtout un moyen de préparer un prochain événement, cette fois en Corse, en décembre prochain. Un rendez-vous entre acteurs corses et basques qui abordera la question de l’apprentissage immersif de la langue régionale, mais pas seulement.

« Les Basques disposent de tout un réseau associatif sur le domaine de l’environnement et de l’alternatif, notamment une monnaie alternative, dont nous pensons bon de nous inspirer. L’idée serait d’échanger autour d’exposants dans un espace ouvert et abrité, en fonction des possibilités au vu de la crise sanitaire », explique François Alfonsi.

 

Et qui pourra mettre en lien, enfin, des acteurs politiques « progressistes en accord avec la marche vers l’autonomie pleine et entière de nos territoires ».

Nous aurions tort, aujourd’hui, de ne pas nous inspirer des initiatives basques pour avancer.

François Alfonsi

Le rendez-vous est pour l’heure fixé à Bastia, les 4 et 5 décembre prochains, avec un public en présentiel ou éventuellement une diffusion en streaming en fonction des conditions sanitaires.

 

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Travail de mémoire : un livre retrace le parcours du commando Argala

Un ouvrage édité par MEDIABASK apporte un éclairage sur le contexte dans lequel quatre citoyens du Pays Basque Nord ont intégré ETA. Un exercice de mémoire, une pierre apportée au processus de paix.

 

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Aujourd’hui, ils sont le symbole d’un blocage, celui du processus de résolution du conflit basque. Au lendemain du franquisme, ils étaient le symbole d’un conflit qui n’a pas été réglé à temps et qui a creusé le malaise jusqu’au Pays Basque Nord. Jakes Esnal, Frederik Haranburu “Xistor”, Jon Kepa et Unai Parot ont intégré le commando Argala d’ETA à ce moment-là. Condamnés à perpétuité – concernant les trois premiers –, pour les actions attribuées à ce commando itinérant, ils en sont à la 31e année de privation de liberté. Giuliano Cavaterra a consacré un livre à leur engagement, son contexte, à cette période âpre de l’histoire du Pays Basque. Edité par MEDIABASK, « Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont intégré l’ETA ? » est un livre engagé dans la résolution du conflit.

 

Ancien journaliste du Journal du Pays Basque, l’auteur pose une pierre dans la construction de la mémoire, un des piliers du processus de paix. “C’est un livre engagé, à l’heure où le Pays Basque est immergé dans un processus de paix. Avec de la part de la société civile, ainsi que de la majorité des élus une volonté de tourner la page, en exigeant la libération de ces quatre hommes, aujourd’hui sexagénaires”, avance l’éditeur. Sa préface, signée par la journaliste et Artisane de la paix Béatrice Molle-Haran, revient sur ce travail de mémoire indispensable. Cet ouvrage apporte un éclairage sur la dimension politique du conflit basque.

 

C’est un commando peu commun à l’époque qui a été arrêté en 1990. Tous ses membres sont de nationalité française et leur interpellation heurte les esprits. Plombier, commercial ou encore gérant d’entreprise, pères de famille pour certains, à la fin des années 1970, ils s’engagent dans la lutte armée. Au-delà de leur parcours personnel, le livre se penche sur “le contexte du Pays Basque dans son ensemble, son histoire récente et passée sans occulter ce qui fut”, résume l’éditeur. A travers la presse et des témoignages de personnes jugées pour cette affaire, de leurs proches et d’acteurs politiques de l’époque, Giuliano Cavaterra aborde des thèmes comme la transition démocratique dans l’Etat espagnol, le contexte politique dans les provinces du nord, l’euskara, les conflits sociaux, la torture, le GAL. Un livre qui nous replonge dans le Pays Basque des années 70-80.

 

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Soirée de présentation à Saint-Jean-de-Luz

 

En plus d’être un document de travail pour les historiens, « Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont intégré l’ETA ? » met à la portée du grand public les clés de compréhension d’une période complexe. C’est également dans cette démarche qu’une soirée de présentation du livre se tiendra au cinéma le Sélect, à Saint-Jean-de-Luz, mardi 22 septembre à 20h30. L’auteur Giuliano Cavaterra, Béatrice Molle-Haran et Jakes Abeberry fondateur d’Enbata se partageront le micro.

Cadre politique à l’époque des faits, Jakes Abeberry a connu certains des membres du commando Argala. Il pourra apporter son témoignage sur cette période. Le public pourra poser des questions aux intervenants.

Compte tenu de la crise sanitaire et des gestes barrières, les places sont limitées (réservation obligatoire : administration@mediabask.eus / 09.75.12.97.02) et le port du masque obligatoire.

Le livre sera disponible dès le 24 septembre et les commandes pourront se faire à partir du 17 septembre.

 

 

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Saint-Jean-de-Luz : des garages loués comme des logements

Le groupe municipal Herri Berri a dénoncé la location de garages transformés illégalement en appartements. Un exemple “édifiant”, d’après lui, de la situation de l’immobilier à Saint-Jean-de-Luz.

 

Dans quelques jours, les quatre garages deviendront officiellement des appartements, alors qu’ils auraient été loués comme tel pendant trente ans, de façon irrégulière. Pour le groupe d’opposition luzien Herri Berri, ce tour de « passe-passe » en cours de régularisation est révélateur de la situation de l’immobilier dans la ville.

Les portes de garage ont bel et bien été remplacées par des volets roulants, au 14 avenue des Bois, dans le quartier Moleressenia. Pourtant, accroché à la haie, un panneau annonce un permis de construire pour « changement d’usage de garage en habitation », délivré le 10 juillet dernier ; le délais de recours des tiers s’achève le 10 septembre. Les locaux sont donc devenus habitables avant l’obtention du permis. Ce qu’a dénoncé Herri Berri lors d’une conférence de presse réalisée in situ, samedi 5 septembre, après avoir mené son enquête.

Deux ans après la construction de la résidence, une première demande de permis aurait bien été déposée en 1991 par le propriétaire, mais elle aurait essuyé un refus. A ce moment-là, le propriétaire aurait malgré tout mené à terme son projet de 226 m². Les poursuites judiciaires engagées par la mairie ne l’ont pas dissuadé, puisque F.E. n’aurait été condamné qu’à 20 000 francs d’amende (soit un équivalent de 4 415 euros pour 2019 en tenant compte de l’inflation), sans demande de remise en l’état initial. Les aménagements réalisés ont donc été conservés et, au passage, il a bien valorisé son investissement. Un gain que Herri Berri estime à plus d’1 millions d’euros « pour 20 000 francs d’amende ».

Depuis, les faits sont prescrits et le bien a été mis en vente par le Groupe Pia (anciennement AB Groupe). « Au nom de la prescription en urbanisme (six ans) et au civil (30 ans), [à la] fin du délai [de la taxe] sur la plus-value, F.E. vend l’ensemble à un marchand de bien, qui commence à revendre », détaillent les élus abertzale.

Un local à vélo transformé « en chalet »

Dans l’illégalité pendant des années, aujourd’hui, le bâtiment a recouvert la légalité, mais les faits n’en seraient pas moins regrettables selon eux. « Le PLU actuel aurait exigé des logements sociaux et le respect de normes environnementales, mais ici nous avons affaire à un tour de passe-passe que les aspérités de la loi permettent de valoriser », a dénoncé Peio Etcheverry-Ainchart. Le marché immobilier à Saint-Jean serait devenu tellement fou qu’il autoriserait à certaines personnes ce genre d’entreprises. « La situation dépasse même les pouvoirs publics », pointe l’élu. Il demande un meilleur encadrement par la loi et de meilleurs moyens de contrôle.

L’attractivité de la ville, par ailleurs, pousserait à accepter des logements inadaptés, sombres et humides. « Il faut arrêter que les gens achètent des garages pour y vivre », insiste Paxkal Lafitte, s’interrogeant sur le nombre de logements loués ou vendus de cette manière. Et de regretter que la municipalité n’offre pas suffisamment de logements. Avec ses camarades, il a constaté qu’une déclaration préalable a été réalisée séparément pour le local à vélo de la résidence ciblée, aussi transformé sans autorisation, « en chalet ». Un chalet au style luzien.

 

Une délégation se rend au ministère de l’Education pour défendre l’immersion

Lundi 31 août, une délégation du Pays Basque composée d’élus a rendez-vous à Paris. Sur la table du ministère de l’Education nationale : le modèle immersif en langue basque.

 

Le refus d’ouvrir une classe de maternelle 100% en euskara à Saint-Pierre-d’Irube a créé un mouvement sans précédent au Pays Basque Nord. Des représentants des différentes filières d’enseignement en langue basque ainsi que des élus ont convergé dans un même mouvement pour sauvegarder le travail accompli ces dernières décennies. Un groupe d’élus a rendez-vous lundi 31 août à midi au ministère de l’Education pour porter cette revendication.

Il s’agit de la première rencontre à Paris depuis le début du blocage concernant l’école publique Basté-Quieta. Un conseiller du ministère recevra la délégation formée par le président de la Communauté d’agglomération Pays Basque Jean-Renée Etchegaray, le maire de Saint-Pierre d’Irube, Alain Iriart, et les parlementaires Vincent Bru, Frédérique Espagnac et Max Brisson. Un rendez-vous obtenu par ce dernier au début de l’été. Le nouveau président de l’Office public de la langue basque (OPLB), qui devrait être Antton Curutcharry, n’était pas encore élu à ce moment et ne sera donc pas du voyage. L’OPLB porte le dossier de l’enseignement en langue basque.

Avec le rejet de la demande des parents d’élèves, des enseignants et des élus de Saint-Pierre-d’Irube, le Rectorat s’est également opposé à l’ouverture de nouvelles classes immersives de façon générale. « Nous nous demandons à quel niveau ça bloque. Il faut que l’Administration y compris le Rectorat entendent [notre] message. Il faut conforter le modèle immersif, qu’on ne revienne pas sur ce qui est un acquis », défend le député Vincent Bru (majorité présidentielle). Il reconnaît des pressions des syndicats d’enseignants sur ce qui a été mené jusqu’à présent dans les écoles publiques en tant qu’expérimentation, et défend des avancées législatives concernant cette possibilité.

La députée de la cinquième circonscription dont fait partie Saint-Pierre-d’Irube, Florence Lasserre, ne fait pas partie de la délégation « pour des questions d’agenda ». L’élue de la majorité présidentielle se dit favorable à l’ouverture de la classe immersive et dit avoir signé la pétition lancée par les parents d’élèves ayant déjà obtenu 5 500 signatures.

Par Édith Anselme

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Le meilleurs athlète de la discipline, découpée en cinq épreuves contre-la-montre, a rendez-vous au fronton ce mercredi 26 août au soir.

Le pentathlon basque est une épreuve rare et mythique qui sera présentée, pour la première fois, à Hendaye, mercredi 26 août, à 21 heures, au fronton Gaztelu-Zahar, par la section Bidasoako Herri Kirolak de l’association Bidasoako Txaranga et Herri Kirolari Bai d’Urrugne. Sébastien Martikorena, président de Bidasoako Herri Kirolak, explique que cet élément du patrimoine culturel et sportif basque n’a jamais eu lieu en Pays basque français.

« Avec la pandémie de Covid-19, une lueur d’espoir s’est installée en juillet et août avec la possibilité de pratiquer en public nos jeux traditionnels dans le cadre strict de la réglementation. Cela n’a pas été le cas en Hegoalde (Pays basque espagnol, NDLR) où ces épreuves ont toutes été annulées. »

Xabier Zaldua, le champion

Il poursuit : « C’est pourquoi, début juillet, nous avons décidé d’être solidaires avec nos amis athlètes d’Euskadi que nous côtoyons à longueur d’année. Nous les avons invités à participer à nos épreuves d’été. Ils ont pu, ainsi, s’exprimer devant un public qu’ils n’avaient plus chez eux. » Parmi ces athlètes, Xabier Zaldua, champion du pentathlon 2018 et 2019, viendra donc à Hendaye ce mercredi, au fronton Gaztelu-Zahar.

 

Il devra enchaîner cinq épreuves contre-la-montre. Harrijasotzea : lever la pierre, soit 10 levers de boule de 100 kg ; Giza proba : tirer une pierre de 400 kg sur 28 mètres ; Aizkolaria : couper à la hache deux troncs ; Txingak : porter dans chaque main 50 kg sur 112 mètres et Korrikalaria : courir 1 km. Un bon entraînement avant les classifications des six meilleurs athlètes sur les 16 inscrits et la finale qui se déroulera le 19 septembre à Azpeitia.

 

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SCRUTIN Lors du premier référendum en novembre 2018, le « Non » l’avait emporté avec 56,7 % des voix

Après avoir eu des conséquences sur les dates des municipales, le coronavirus chamboule un autre calendrier électoral : celui concernant le référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Initialement prévu le 6 septembre, Edouard Philippe a proposé samedi de reporter ce scrutin au 4 octobre, en raison des difficultés logistiques nées de la crise sanitaire.

« Risque sur l’encadrement des procédures de vote »

Le Premier ministre a donc transmis un projet de décret avec cette nouvelle date aux présidents du gouvernement et du congrès de Nouvelle-Calédonie pour avis consultatif sous 15 jours. Le texte devrait être présenté en Conseil des ministres dans la deuxième quinzaine de juin, l’Etat fixant la date du référendum.

Même si « les opérations de préparation du référendum ont été poursuivies » pendant la crise sanitaire, « un risque demeure sur l’encadrement des procédures de vote », explique Matignon. Pour l’exécutif, la « capacité à réunir 250 candidatures pour les observateurs nationaux et internationaux, et à les acheminer en Nouvelle-Calédonie dans des délais compatibles avec les trois semaines de quarantaine requises à ce jour […] n’est pas assurée ».

Dans des courriers au président du gouvernement, le loyaliste Thierry Santa (Avenir en Confiance, proche des Républicains), et au président du Congrès, l’indépendantiste kanak Rock Wamytan (UC-FLNKS), le Premier ministre souligne que cette difficulté d’arriver dans des délais compatibles avec la quarantaine se pose aussi pour « les missions des organisations internationales et les journalistes » amenés à suivre le référendum. Il s’agit d’« assurer le caractère irréprochable de l’organisation du référendum, afin que son résultat soit incontestable et incontesté », argumente-t-il.

Une décolonisation progressive

Après le premier référendum, qui s’est tenu le 4 novembre 2018 et a vu la victoire du « non » à l’indépendance (56,7 %), la date d’un deuxième référendum avait été fixée par le Premier ministre au 6 septembre 2020, moins de deux ans après le premier, comme prévu par l’accord de Nouméa qui organise la décolonisation progressive de l’archipel. Sujet hautement sensible, cette date avait été arrêtée après de longues heures de discussions entre leaders indépendantistes et non indépendantistes, en octobre dernier.

 

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Le Kanak Emmanuel Kasarhérou, expert des cultures océaniennes et ancien directeur du Centre culturel Tjibaou, va être nommé mercredi à la présidence du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac en remplacement de Stéphane Martin, a-t-on appris ce mardi soir de source proche du dossier.

 

Né à Nouméa en 1960, Emmanuel Kasarhérou, conservateur en chef du patrimoine, spécialiste reconnu de l’art et des civilisations océaniennes, est depuis 2014 adjoint au directeur du patrimoine et des collections du musée.

Premier Kanak à prendre la direction d’un grand musée dans l’Hexagone

Il avait auparavant dirigé à Nouméa le Centre culturel Tjibaou, du nom du fondateur du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) assassiné en 1989, un chantier initié par François Mitterrand. Sa nomination, sur proposition des ministres de la Culture et de l’Enseignement supérieur, devrait être confirmée mercredi en Conseil des ministres, indique-t-on de même source.

Très attaché au « dialogue des cultures », premier Kanak à prendre la direction d’un grand musée en France métropolitaine, il aura à diriger un musée phare de la scène parisienne, dont les collections sont en grande partie composée des arts premiers d’Afrique, d’Asie et d’Océanie. Il aura à poursuivre la politique de coopération en matière patrimoniale avec les pays africains, alors que la question des restitutions des œuvres se trouvant dans les musées publics français fait l’objet d’un vif débat.

Un musée au rayonnement international

Son prédécesseur Stéphane Martin, qui avait quitté le Quai Branly à la fin de l’an dernier, avait gouverné l’établissement public depuis son origine, permettant son développement entre 1998 et 2019 grâce à une politique ambitieuse d’acquisitions et de grandes expositions, qui a assuré son rayonnement international. Il est aujourd’hui conseiller à la Cour des comptes.

 

Nouvelle-Calédonie: Les indépendantistes conservent la présidence du Congrès

ELECTION L’assemblée législative a pour vocation de voter le budget de l’archipel. Un référendum sur l’autodétermination se tiendra dans trois mois

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A moins de trois mois d’un référendum d’autodétermination c’est une victoire importante pour les partisans de la séparation d’avec la France. L’indépendantiste Roch Wamytan a été reconduit pour une nouvelle année à la tête du Congrès de Nouvelle-Calédonie avec l’appui du parti Eveil Océanien (EO), qui siège désormais dans un groupe indépendantiste.

Les changements d’alliances de l’Eveil Océanien

Après les élections provinciales de mai 2019, Roch Wamytan (UC-FLNKS/Front de libération nationale kanak et socialiste) avait déjà été élu à la tête de l’assemblée législative avec 29 voix sur 54, les trois élus de l’Eveil Océanien, parti communautaire wallisien et futunien, lui permettant d’obtenir la majorité. Ce jeudi, un scénario similaire s’est joué, à la différence que l’EO, qui siégeait jusqu’alors hors groupe, a décidé de rejoindre celui de l’UC-FLNKS, de sorte que le Congrès a désormais une majorité indépendantiste.

Toutefois le jeu politique de ces alliés n’est toujours pas complètement clair. Le leader de l’EO, Milakulo Tukumuli, continue en effet de revendiquer un statut de non-aligné. « On est un parti charnière, qui ne veut pas être enfermé dans un bloc ou dans un autre », a déclaré l’élu. Au sein du gouvernement collégial et à la province Sud, l’EO est en effet allié à une coalition loyaliste de droite, l’Avenir en Confiance (AEC), qui président ces institutions. Chef du groupe AEC au Congrès (18 sièges), Virginie Ruffenach a d’ailleurs « déploré le signal politique fort de l’EO », estimant « qu’à quelques semaines du référendum il faut être le plus clair possible ». Son groupe avait présenté un candidat face à Roch Wamytan.

Dans le cadre du processus de décolonisation de l’accord de Nouméa (1998), un deuxième référendum sur l’indépendance aura lieu le 4 octobre en Nouvelle-Calédonie. Un premier scrutin, tenu le 4 novembre 2018, a été remporté par les pro-français (56,7 %).

 

Nouvelle-Calédonie : Un incendie volontaire détruit la grande case du Sénat coutumier

A moins de deux mois du référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, l’incendie volontaire samedi soir de la case (maison traditionnelle) du Sénat coutumier a suscité une vive émotion. Les craintes que le scrutin ne se déroule pas sereinement ont été avivées par le feu qui a ravagé cette maison traditionnelle, où siègent les représentants des chefferies kanaks.

 

Un lieu réservé aux cérémonies

L’incendie « volontaire » a eu lieu « aux alentours de 22 heures » et la case a été « entièrement détruite », a indiqué le haut-commissariat de la République. Située dans le quartier de Nouville à Nouméa, l’institution consultative abrite seize sénateurs kanaks, représentant les huit aires coutumières de Nouvelle-Calédonie. A côté des bâtiments en dur, le Sénat coutumier possédait une grande maison traditionnelle, réservée aux cérémonies et à l’accueil des personnalités en visite.

Le haut-commissaire Laurent Prévost a fait « part de sa vive émotion devant la destruction de ce lieu emblématique » et « a fermement condamné cet acte qui porte atteinte à l’institution coutumière et au-delà à une institution de la Nouvelle-Calédonie ». Les services de police ont été saisis et une enquête judiciaire est en cours, a-t-il également indiqué.

 

16 dates pour mieux comprendre l’histoire tumultueuse de l’archipel, alors que les Calédoniens sont appelés à voter par référendum le 4 novembre pour ou contre l’indépendance du Caillou.

1774

James Cook accoste Grande Terre et baptise l’île Nouvelle-Calédonie en hommage à son Ecosse natale.

1853

L’amiral Febvrier-Despointes hisse le drapeau français à Balade, sur la côte est de Grande Terre, et prend possession de la Nouvelle-Calédonie sur ordre de Napoléon III, qui cherche un territoire où établir une colonie pénitentiaire.

1864

L’Etat français établit le bagne où 21 630 personnes seront envoyées jusqu’en 1897. Dont 4 250 révolutionnaires de la Commune de Paris, dont Louise Michel.

1874

L’exploitation du nickel, minerai découvert dix ans plus tôt par l’ingénieur Jules Garnier, débute près de Nouméa.

1878

Le chef Ataï mène la première rébellion kanak contre la colonisation. 1 200 Kanak et 200 Européens sont tués. Ataï est décapité et sa tête envoyée à la Société d’anthropologie de Paris pour étude.

1917

Alors que la Première Guerre mondiale fait rage en Europe, l’administration coloniale fait pression sur les Kanak pour qu’ils s’engagent dans l’armée française (ils n’ont pas le statut de citoyens). S’ensuit une révolte. Trois des leaders kanak finiront décapités.

1931

111 Kanak sont exhibés à l’Exposition coloniale de Paris, présentés comme «cannibales authentiques». La même année, le bagne est fermé définitivement.

1946

Les Kanak, soumis au statut de l’indigénat depuis 1887, obtiennent la citoyenneté française. La Nouvelle-Calédonie devient territoire d’outre-Mer.

1984

Le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) est créé et organise le boycottage des élections territoriales par les Kanak. L’île est au bord de l’insurrection. Le 5 décembre, près de Hienghène, dix Kanak sont assassinés lors d’une embuscade tendue par des fermiers caldoches.

1988

A Ouvéa, le 22 avril, 4 gendarmes sont tués par des militants du FLNKS. Le 5 mai, l’armée donne l’assaut dans la grotte de Gossanah où 27 gendarmes sont retenus en otage. 19 Kanak et 2 militaires sont tués. Le 26 juin, les accords de Matignon sont signés par Jean-Marie Tjibaou, président du FLNKS, et Jacques Lafleur, leader du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), anti-indépendantiste, sous l’égide du Premier ministre, Michel Rocard. Il prévoit un scrutin sur l’autodétermination du territoire dans les dix ans.

1989

Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné, autre cadre du FLNKS, sont assassinés à Ouvéa par Djubelly Wéa, un indépendantiste kanak opposé aux accords de Matignon

1998

L’accord de Nouméa est signé sous l’égide de Lionel Jospin, Premier ministre, par Jacques Lafleur et Roch Wamytan, le nouveau chef du FLNKS. Il prévoit l’émancipation progressive du territoire. 72 % des Calédoniens approuvent l’accord par référendum.

2004

Divisées depuis quinze ans, les familles Tjibaou, Yeiwéné Yeiwéné et Wéa se retrouvent le 17 juillet à Tiendanite autour d’une coutume de pardon.

2010

Le Premier ministre François Fillon officialise la double légitimité des drapeaux français et kanak. Jacques Lafleur meurt le 4 décembre.

2014

Le Muséum d’histoire naturelle de Paris restitue le crâne d’Ataï à ses descendants, 136 ans après la mort du chef kanak insurgé.

2018

Le 4 novembre, les Calédoniens sont appelés à voter par référendum pour ou contre l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. En juillet 2018, les sondages donnent le «non» gagnant à 59,7 %.

 

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Après des mois à plancher sur le sujet, le ministère de l’Intérieur a publié, jeudi 17 septembre, le document relatif à la nouvelle doctrine du maintien de l’ordre, qui vise, selon Gérald Darmanin, à « adapter » la gestion des manifestations en France. Présentées comme une « étape cruciale dans la pratique du maintien de l’ordre en France », les mesures valident notamment l’usage des armes de force intermédiaire.

Ce schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) vise à mettre fin aux polémiques à répétition, depuis près de deux ans, concernant l’utilisation de la force par la police, en particulier lors des mobilisations des « gilets jaunes ». Plusieurs personnes ont été gravement blessées par des tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) et de grenades. Voici ce qu’il faut savoir sur ce SNMO.

De nouvelles grenades

L’une des principales nouveautés présentées dans ce document n’en est pas une. Le modèle de grenade à main de désencerclement (GMD) avait déjà été remplacé depuis quelques semaines par un nouveau type, réputé moins dangereux, la grenade à éclats non létaux (GENL), dont les commandes ont été passées dès 2019. Classée comme arme de catégorie A2, et donc comme « matériel de guerre », selon le site spécialisé Maintien de l’ordre, ce nouveau modèle dispose d’un bouchon allumeur (responsable des blessures les plus graves) qui ne saute plus, restant solidaire du corps de la grenade, qui demeure intact après la détonation.

Quand elles explosent, les GENL, fabriquées par la société d’armement et d’étude Alsetex, produisent un bruit très légèrement inférieur à celui des GMD et projettent 18 petits galets de caoutchouc de 10 grammes chacun à une vitesse moyenne de 342 km/h, contre 450 km/h pour le modèle précédent.

Comme pour la GMD qu’elle remplace, la doctrine d’emploi prévoit un usage uniquement à la main, en la faisant rouler au sol, et proscrit tout lancer en cloche, pour un « rayon d’efficacité de 5 à 10 mètres », contre 15 mètres pour la précédente grenade.

Le SNMO mentionne par ailleurs l’achat de matériel dédié au maintien de l’ordre. « Véhicules de commandement, engins lanceurs d’eau, véhicules blindés, matériels d’intervention et de protection, matériels radio… », liste-t-il.

 

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L’usage des LBD encadré

Le Défenseur des droits ainsi que plusieurs ONG demandent depuis des années le retrait de cette arme de l’arsenal policier, sans succès. Selon la nouvelle version de la doctrine, l’usage des lanceurs de balles de défense est maintenu, mais mieux encadré. Concrètement, les tireurs devront dorénavant être assistés d’un « superviseur » chargé notamment d’ »évaluer la situation d’ensemble et les mouvements des manifestants, de s’assurer de la compréhension des ordres par le tireur et de désigner l’objectif », est-il écrit dans le document du ministère.

Comme indiqué dans un rapport du Sénat (PDF) sur l’usage des LBD dans le cadre du maintien de l’ordre, daté de février 2019, c’est également lui qui donne l’ordre de tirer. Car cela n’a rien de nouveau pour les CRS et les gendarmes mobiles porteurs de LBD, déjà soumis à la présence d’un superviseur. La mesure est en réalité étendue aux effectifs de sécurité publique et aux Brigades de répression de l’action violente (Brav), composées notamment des Brigades anti-criminalité (Bac). « Ça ne se fait pas de gaieté de cœur, parce que là où il fallait un policier avant, maintenant il en faut deux », a réagi une source au ministère de l’Intérieur, citée par Libération (article payant).

 

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Enfin, le texte précise que le superviseur pourra être porteur d’une caméra-piéton, dans la continuité de l’instruction du 23 janvier 2019 visant, à l’époque, à en doter les porteurs de LBD « dans toute la mesure du possible ». Les porteurs de caméra sont invités « dans tous les cas (…) à enregistrer les conditions dans lesquelles le LBD a été utilisé ».

Mais pour Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS et spécialiste du maintien de l’ordre cité par franceinfo, « on va naviguer dans des eaux troubles en ce qui concerne l’usage du LBD. Est-ce une arme de maintien de l’ordre ou seulement une arme de légitime défense ? L’ambiguïté n’est pas tout à fait levée encore », a-t-il estimé le 11 septembre, à la suite de la présentation des principales mesures du SNMO par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Interrogé dans Libération, il a encore pointé « l’ambiguïté de la présence de cette arme en maintien de l’ordre, censé être de la gestion de foule ». « Quelles que soient les conditions d’usage, ça reste une arme qui vise un individu et un seul », a-t-il exposé, expliquant notamment son maintien dans l’arsenal des forces de l’ordre par la « pression syndicale ».

Des unités plus « mobiles »

Pour « mettre fin aux exactions » et répondre à « l’infiltration plus systématique de casseurs au sein des cortèges », une plus grande mobilité des forces de l’ordre est un « impératif », écrit le ministre de l’Intérieur, en préambule du texte. Des unités « spécialement constituées » disposant d’un « grand pouvoir de mobilité » pourront être mises en place. Une « contribution grandissante des unités hors unités de force mobile » est aussi soulignée.

Se pose alors la question de la formation au maintien de l’ordre lors des manifestations de ces policiers. Si on leur demande « de prendre part à un dispositif de maintien de l’ordre pour y faire ce qu’ils font en police urbaine, pour faire du ‘saute-dessus’, ce sera un problème », commente Fabien Jobard dans Libération. Le document du ministère de l’Intérieur aborde ce point en indiquant que les unités spécialement constituées « bénéficient de formations adéquates, tant pour leurs propres modes d’action que pour leur interopérabilité avec les unités de forces mobiles ».

Enfin, les acteurs traditionnels du maintien de l’ordre bénéficieront quant à eux de la création de 300 postes de gendarmes mobiles. Ces derniers « bénéficient de près de 60% de la hausse des effectifs annoncés », relève le journal L’Essor de la gendarmerie.

Un effort de communication avec les manifestants

La nouvelle doctrine prévoit aussi une « modernisation des sommations », avec notamment l’ajout de la phrase « Quittez immédiatement les lieux », en plus des traditionnelles indications, afin d’ »exprimer plus explicitement ce qui est attendu de la part des manifestants ».

Evoquant ce point sur Twitter, le journaliste Maxime Reynié, fondateur du site Maintien de l’ordre, a estimé qu’ »en clair, ça ne changera rien. Toujours trois messages qu’on n’entendra jamais au milieu de la foule, des cris, etc. ». Et si les forces de l’ordre seront équipées, selon le document, de nouveaux matériels comme des « haut-parleurs de forte puissance » ou des « panneaux à message variable », pour mieux informer les manifestants, le journaliste en pointe les limites, décrivant des panneaux « illisibles car trop loin, ou trop de lacrymos, ou cassés ». Quant à l’utilisation des réseaux sociaux pour faire passer ces informations au cours des mobilisations, elle est « inutile » puisque « personne ne [les] regarde en participant à une manif ».

Dans le cadre de cet effort de communication, un « dispositif de liaison et d’information » doit aussi être mis en place entre policiers et organisateurs. « Ces échanges rappelleront aussi la nécessité pour les orgas de se désolidariser rapidement des ‘casseurs’ », analyse encore Maxime Reynié sur Twitter. Le journaliste y voit « un côté tactique pour faciliter l’intervention mais aussi (…) politique pour bien séparer les gentils et les ‘casseurs’ encore plus, et au sein même des cortèges entre militants, et éviter les ‘convergences’ qu’on a pu voir plusieurs fois. »

Plus de transparence 

Affichant aussi la volonté d’une plus grande « transparence » dans l’action des forces de l’ordre, le texte souligne que toutes les unités porteuses d’un uniforme devront avoir un marquage dans le dos pour permettre leur identification. Cela s’ajoutera « port du RIO » (le référentiel des identités et de l’organisation, un numéro qui identifie le policier), « y compris sur la tenue de maintien de l’ordre », souligne le document.

Cependant, en décembre dernier, Libération relevait déjà de nombreux manquements à la loi concernant le RIO. « Les éléments de la tenue nécessaires au maintien de l’ordre ne disposent pas d’emplacement pour mettre le RIO, ou parfois, le cachent », affirmait Philippe Capon, secrétaire général d’Unsa Police. Le dernier SNMO n’aborde pas ce problème.

En revanche, le ministre de l’Intérieur souhaite interdire la diffusion des visages non floutés du personnel, et ce, alors que le port de la cagoule reste interdit.

Une place « particulière » pour les journalistes

Le SNMO insiste aussi sur la nécessité de reconnaître la « place particulière des journalistes au sein des manifestations ». Le texte pointe notamment leur droit à « porter des équipements de protection, dès lors que leur identification est confirmée et leur comportement exempt de toute infraction ou provocation ».

Pour autant, le texte rappelle « que le délit constitué par le fait de se maintenir dans un attroupement après sommation ne comporte aucune exception, y compris au profit des journalistes ou de membres d’associations ». « Ils doivent, comme n’importe quel citoyen, obtempérer aux injonctions des représentants des forces de l’ordre en se positionnant en dehors des manifestants appelés à se disperser. »

 

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La musique made in France dans toute sa diversité

 

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C’est à la découverte d’une « Douce France » façon Charles Trenet – Rachid Taha à laquelle nous vous convions, dans nos villes-monde en Seine-Saint-Denis, à Paris et dans le Grand Paris, de scènes en lieux inédits, éphémères ou places détournées. 

 

L’édition Douce France, c’est la continuité des actions de Villes des Musiques du Monde depuis 23 ans:

Une mise en lumière des nouvelles musiques populaires, enracinées dans le local, ouvertes sur le monde, vivantes, innovantes, rassembleuses.

Une nouvelle génération d’artistes qui mixent esthétiques, styles, répertoires, langues de France et créent les musiques d’aujourd’hui.

Au programme de ces cinq semaines

De puissantes rencontres de langues, de voix, de rythmes : rock oriental, brass band de Seine-Saint-Denis, rap wolof, afro-beat made in Paris, pop franco-vénézuélienne, chansons populaires, world musette… Concerts, battles, programmation Jeune Public et famille, ateliers de musique et de cuisine, cinés- concerts, débats, expositions …

Des fils conducteurs : La rue – Motivés ! – Electric – Des fourmis dans les jambes  – French connection – Nouvelle scène traditionnelle – 4e Prix des Musiques d’ICI-  Causeries – En actions !

Le tout entre gratuité et prix doux.

Cette édition rend hommage, bien sûr à Rachid Taha mais également à Manu Dibango, Tony Allen, Mory Kanté, Hilaire Penda…

Pas d’ici sans ailleurs !

Les musiques et danses traditionnelles se sont enrichies des répertoires venus des quatre coins du monde, musiques et danses qui se jouent désormais sur notre territoire et reflètent l’histoire du peuplement de notre pays. Des musiques du sol en résonance avec les musiques de l’exil : cette édition célèbre la rencontre de nos héritages culturels, et donne à voir et à entendre la diversité de nos identités plurielles, un nouveau patrimoine en commun. Merci à Patrick Lavaud – Nuits atypiques

HERVE KEMPF 22 09 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 20 h 58 min

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ENREGISTREMENT DE L »EMISSION A « LA NOUVELLE RESERVE » LNR LE 17 09 2020 POUR LA SORTIE DE NOUVEL OUVRAGE « QUE CREVE LE CAPITALISME. CE SERA LUI OU NOUS »

 

HERVEKEMPF

 

BIOGRAPHIE & INFORMATIONS

Nationalité : France
Né(e) à : Amiens , 1957
Biographie :

Hervé Kempf est un journaliste et écrivain français.

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, section Service public, en 19823, il travaille tout d’abord associé à la radio pirate Radio Cocktail, à Paris, puis cofondateur de la radio Je t’aime FM. D’abord journaliste à Radio Alligator, à Montpellier, il entre en 1985 à Science et Vie Micro. Le choc de la catastrophe de Tchernobyl le pousse à se consacrer aux questions écologiques .

Après avoir fondé Reporterre, le magazine de l’environnement en 1989, il travaille à l’émission télévisée Sauve qui Veut (France 2) au sein de l’Agence Capa (1991-1992), puis assure la rubrique « Sciences » de Courrier International (1992-1995), et les rubriques « Technologie » et « Ecologie » dans le magazine La Recherche (1995-1998). Il entre en 1998 au quotidien Le Monde pour couvrir le domaine environnemental. notamment les sujets relatifs aux négociations climatiques et aux organismes génétiquement modifiés. Il crée en janvier 2009 la chronique hebdomadaire « Écologie » du quotidien et en assure la rédaction.

Au moment de la crise suscitée en 2003 dans ce quotidien par la parution du livre de Pierre Péan et Philippe CohenLa Face cachée du Monde, il considère cette attaque comme un symptôme de la crise d’une presse détachée des intérêts du peuple4. Il est alors élu au conseil de gérance de la Société des rédacteurs du Monde entre 2003 et 20065, sur la base d’une position critique à l’égard de la direction de l’époque.

Dans Comment les riches détruisent la planète (publié en 2007), Hervé Kempf explique l’articulation entre l’actuelle crise sociale et la crise écologique en s’appuyant sur la théorie de la rivalité ostentatoire de l’économiste Thorstein Veblen. Selon lui, l’absence de réelle solution à la crise écologique découle de la profonde inégalité qui règne dans la période actuelle, et du comportement de la classe oligarchique. Ce livre est recommandé par Hugo Chávez lors de la séance plénière de COP15 du 16 décembre 20096,7.

Après le succès de cet ouvrage traduit en plusieurs languesNote 1, il approfondit sa réflexion dans Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (2009). Estimant que le capitalisme a adopté depuis 1980 un régime nouveau par rapport à la période antérieure, il considère que l’exacerbation de l’individualisme a transformé la culture collective. Dans cette optique, la solution à la crise écologique passe par un retour du sentiment collectif, et donc par la sortie de la culture capitaliste. Ce livre rencontre lui aussi le succèsNote 2.

Il se définit en 2009 comme « objecteur de croissance »8.

En 2011, il publie L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie, dans lequel il décrit la dérive des sociétés démocratiques occidentales vers des régimes oligarchiques, c’est-à-dire dans lesquels un petit nombre de personnes détient les pouvoirs politique, économique et médiatique.

Fin 2012, il suit le dossier du projet d’aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes, qu’il a couvert pour Le Monde dès 20099. Il révèle ainsi le cas de pantouflage concernant le préfet de la Loire-Atlantique depuis 2007, Bernard Hagelsteen, qui, après avoir supervisé le projet d’aéroport pour l’État, a été embauché par l’entreprise Vinci, chargée de construire et d’exploiter le futur aéroport10. Il tente ensuite de démontrer que les chiffres prévus du trafic auraient été largement exagérés11 et réalise par ailleurs plusieurs reportages à Notre-Dame-des-Landes, publiés sur le site Reporterre12.

En 2013, il publie Fin de l’Occident, naissance du monde. Dans cet ouvrage au ton moins polémique que les précédents, il replace l’évolution des sociétés occidentales dans un long temps historique. Reprenant le concept de « grande divergence » de l’historien américain Kenneth Pomeranz, il analyse l’époque actuelle comme celle d’une « grande convergence », durant laquelle l’ensemble des sociétés humaines convergent vers un niveau de consommation matérielle et énergétique homogène. Mais, dans un contexte de crise écologique planétaire, ce niveau de consommation ne pourra pas se situer à celui des pays occidentaux actuels. Il en conclut que le niveau de consommation matérielle et énergétique dans ces pays va et doit baisser, et analyse les scénarios (autoritaire ou démocratique) par lesquels cette évolution historique va se dérouler.

Hervé Kempf quitte le quotidien Le Monde en août 2013, ses derniers liens avec le journal sont officiellement rompus le 2 septembre 201313. Le journaliste justifie son départ par le refus répété de la direction du journal de le laisser réaliser des reportages sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes14,15,16.

Il se consacre désormais au site Reporterre qu’il a contribué à créer17. Il en est le rédacteur en chef.

En novembre 2016, il a refusé la Légion d’honneur que voulait lui décerner la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal18.

En janvier 2017, Hervé Kempf a publié Tout est prêt pour que tout empire. 12 leçons pour éviter la catastrophe (Seuil). Dans ce livre, il entend montrer que crise écologique, terrorisme et néo-libéralisme sont trois facettes d’une même situation historique, découlant des évolutions intervenues depuis la période 1978-1981, qu’il présente comme un tournant historique majeur.

En octobre 2019, il annonce qu’il n’ira plus sur la chaîne C News, tant qu’Éric Zemmour, condamné pour provocation à la haine religieuse le 17 septembre, et auteur d’un discours islamophobe lors de la convention de la droite dix jours plus tard, y sera19. Selon lui, les propos largement diffusés de M. Zemmour « témoignent de la montée du fascisme dans notre pays »20.
HERVEKEMPF1

Ce sera lui ou nous

Hervé Kempf

La catastrophe écologique est enclenchée, la crise du coronavirus a fracturé le monde entier. Un responsable : le capitalisme. En saccageant le service public de la santé, il a transformé un épisode grave mais gérable en désastre. En poursuivant la destruction des écosystèmes, il a mis en contact des virus mortels avec la population humaine. En aggravant les inégalités, il a plongé des dizaines de millions de personnes dans la misère.
Le gong avait pourtant déjà retenti lors de la crise financière de 2008. Mais plutôt que de se remettre en cause, les capitalistes ont formé un nouveau paradigme : l’avenir sera technologique, fondé sur la numérisation et l’intelligence artificielle. Il conduira à une nouvelle élite hybridée avec les machines. Et la masse de l’humanité sera rejetée dans le chaos climatique, au prix d’un apartheid généralisé.
Il faut rejeter cette vision mortifère. L’oligarchie est aujourd’hui une caste criminelle. On ne la convaincra pas, on la contraindra. Des stratégies de résistance sont nécessaires, possibles et nombreuses. Cet ouvrage est un appel à dépasser le fatalisme et à entrer en lutte.

Car le capitalisme vacille. Et c’est tant mieux : il est temps que s’ouvre le monde nouveau.

Auteur de plusieurs essais décapants dont Comment les riches détruisent la planète (Points Terre, 2020)et Tout est prêt pour que tout empire (Seuil, 2017),Hervé Kempf est rédacteur en chef de Reporterre, le quotidien de l’écologie.

Ouvrages

L’Économie à l’épreuve de l’écologieHatier, Paris, 1991 (ISBN 2-218-04389-0)

18 août 2020

97 47ème HLM SPÉCIALE JABUL GORBA 16 05 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 18 h 15 min

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ENREGISTREMENT DE L’EMISSION LORS DE LA HLM EN DIRECT DU CAC G.BRASSENS. NOUS AVONS FAIT UNE SPÉCIALE JABUL DANS LEUR STUDIO DE REPET’.

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96 BOUREILLE A LA LNR 09 05 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 18 h 07 min

 

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A L’OCCASION DE LA PARUTION DE SON LIVRE « LE FRONT DU MÉPRIS » NOUS AVONS ENREGISTRÉ L’INTERVENTION DE BÉRENGER BOUREILLE.Affiche-Bérenger-boureille

95 TECKNIVAL COLLECTIF « LES INSOUMIS » 02 05 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 59 min

EN CONSTRUCTION

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Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 34 min

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EMISSION MENSUELLE DU COMITÉ

L’ACTU D’EUSKAL HERRIA, LE SORT DES PRESOS, LA POLITIQUE JACOBINE DE L’ETAT FRANÇAIS

badge independenzia

30 juillet 2020

LUCIO URTUBIA CSPB 28 07 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 18 h 46 min

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 L’émission du CSPB dernier mardi du mois dans ça booste sous les pavés. Ce soir c’est une spéciale Lucio Urtubia, maçon, militant anarchiste, antifasciste, internationaliste, fondateur de l’espace Louise Michel dans le 20ème à Paris. Lucio s’est éteint le 18 juillet 2020, un hommage lui a été rendu dans la coupole du Père Lachaise le 24 juillet 2020. Durant les 2h de l’émission nous entendrons Lucio au travers de différentes émissions de Radio Libertaire, Idées anarchistes, ça booste/CSPB, Radio Lap, à l’espace Louise Michel. Erratum, dans la 1ère intervention, j’annonçais Elisabeth de femmes libres. il faut entendre Elisabeth de l’émission Idées Anarchistes. En fin d’émission nous entendrons les hommages qui lui ont été rendus de la part de compagnons de lutte, militants, amiEs, famille. On pense fort à Anne et Juliette. Retrouvez le podcast de l’émission sur.

 

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AGUR ETA OHORE LUCIO

8430 05 02 11

 

 

QUI ES TU LUCIO….

 

« Il ne faut surtout pas être dépendant de l’argent de l’Etat. L’Etat c’est le pouvoir, le capitalisme. Il nous donne quelques miettes pour nous endormir. Pour être libre, il faut gagner son propre argent, être son propre patron et ne rien attendre du système. »

 

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Lucio l’irréductible
militant libertaire

L’histoire de Lucio Urtubia, c’est l’histoire de ces militants libertaires antifranquistes de la seconde génération. L’histoire de ceux qui étaient trop jeunes pour participer aux combats de la révolution de 1936 mais qui ont néanmoins été marqués par le drame et les douleurs de la défaite puis de la chape de plomb du régime franquiste. L’histoire de ceux qui parce qu’ils étouffaient de misère, d’humiliations et de soumission dans l’Espagne des années quarante et cinquante ont choisi l’exil puis la lutte clandestine contre le régime franquiste.

L’histoire de Lucio c’est l’histoire de ceux-ci. Peut-être avec un peu plus d’audace, de courage et de risque que la majorité de ses camarades d’infortune. En 1936, Lucio avait 5 ans. Et parce que fils de paysan pauvre républicain, ce petit basque compris vite que le soleil ne brillait pas pour lui ni pour tous les « rouges » de son espèce dans l’Espagne des lendemains de la Seconde guerre mondiale. Alors, un soir d’août 1954, Lucio traverse la Nive pour s’exiler en France et se retrouver maçon à Paris.

La suite, c’est le fait de hasards et de rencontres. La rencontre avec des militants de la CNT en exil sur les chantiers qui l’amène à rejoindre le groupe des Jeunesses libertaires et puis surtout, un beau matin de 1957, la rencontre avec El Quico, avec Sabaté que les copains lui demandent d’héberger un moment dans son petit appartement de Clichy. À partir de ce moment la vie de Lucio prend un tournant irrémédiable. Au contact de Sabaté, il se forme et réalise ses premiers coups. Il comprend que la lutte antifranquiste a besoin d’hommes d’action, d’armes, de faux papiers et d’argent pour réorganiser les réseaux en Espagne, payer le matériel de propagande, aider les familles des prisonniers et fournir des avocats à ces derniers.

Jusqu’au début des années quatre-vingts, la vie de Lucio est rythmée par cette double vie de maçon la journée et de travailleur de la nuit au service du mouvement libertaire. Tout est bon pour alimenter les caisses de la lutte antifranquiste. Contrebande, reprise individuelle, enlèvement, impression de faux papiers, de fausse monnaie et de traveller’s chèques rythment l’activité du militant de l’ombre Lucio.

Une vie bien remplie que nous raconte Bernard Thomas qui a eu la chance de recueillir les confidences de Lucio aujourd’hui responsable de l’Espace Louise Michel dans le XXème arrondissement de Paris. Au fil de son histoire on revit toutes les grandes affaires de la lutte antifranquiste : l’épopée de Sabaté (1), l’affaire Granado et Delgado, les actions menées par les GARI mais aussi le soutien au peuple algérien en lutte pour son indépendance ou encore un projet inabouti en compagnie de Che Guevara…

 

 

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LUCIO [URTUBIA Lucio]

Né en 1931 dans le village navarrais de Cascante, en Espagne ; ouvrier du bâtiment puis entrepreneur ; militant anarchiste ; activiste ; faux monnayeur au service de causes révolutionnaires.

Lucio Urtubia naquit en Navarre. Son père était secrétaire de l’Union générale des travailleurs (UGT) et maire adjoint du village de Cascante. Né dans une famille nombreuse (un frère et quatre sœurs), il eut une jeunesse houleuse : condamné aux travaux forcés (los fueros) pour des vols ; contrebandier entre la frontière espagnole et française. Engagé volontaire dans la Guardia Civil en 1952, il organisa un trafic d’uniformes et autres marchandises. Découvert, il fuit en août 1954 et passa la frontière pour gagner Vaucresson où travaillait sa sœur Saturnina (il ne fut pas inscrit comme déserteur).

À Paris, Lucio Urtubia (dit Lucio) était terrassier et maçon. Il obtint en trois mois son permis de travail et sa carte de résident. C’est là qu’il rencontra un anarchiste espagnol qui le mit en contact avec la CNT espagnole pour des cours de français. Il s’inscrivit aux jeunesses libertaires ibériques (FIJL). En 1957, il hébergea pendant neuf mois le guerillero Francisco Sabaté (dit Quico) dans son studio de Clichy, 32 rue Castérès ; celui-ci lui légua sa mitraillette Thomson 11,43.
Réunions et manifs, meetings, coups de pinceaux sur l’ambassade d’Espagne, Lucio finit par être inscrit au service de l’éloignement de la Préfecture de police, classé réfugié politique, carte de séjour à renouveler tous les trois mois et contraint de se présenter matin et soir au commissariat le plus proche lorsqu’un chef d’État sujet à controverse serait reçu en France.
En 1958-1959, il commença à participer à divers braquages en France, Belgique, Hollande, Londres, dont certains avec Sabaté. Pendant les mêmes années, pour le compte de Sabaté, Lucio fit le tour des réseaux anarchistes en Espagne : envoi de mandats et prises de contact. Lucio participa à deux tentatives de rapt de deux industriels.
Il eut des contacts avec toutes les organisations de résistance au franquisme, tant du côté français qu’espagnol : le Front de libération populaire F. L. P. (dit le Felipe), les GARI (Groupe d’Action Révolutionnaire Internationaliste), le Mouvement Ibérique de Libération MIL, la Défense intérieure (DI).

En tant qu’ouvrier du bâtiment, il eut également une activité revendicatrice sans être syndiqué. Au printemps 1962, Lucio rencontra dans les salons d’Orly Che Guevara à qui il proposa d’imprimer de faux dollars pour mettre à bas l’économie américaine.

En 1968, il fit la connaissance pendant les événements de mai 1968 d’Anne Garnier, qu’il épousa le 30 octobre 1969 et dont il eut une fille Juliette en avril 1970. Il monta un comité de quartier à Clichy.

C’est à partir de 1969 qu’il installa une imprimerie avec des camarades anarchistes pour y imprimer brochures, tracts, journaux ; et qu’il se lança dans la fabrication de faux papiers, au point de se surnommer lui-même la « préfecture libertaire », ainsi que le trafic d’armes et d’explosifs pour des groupes de confiance. À ces fins, lui et Anne louèrent, sous une fausse identité, des boxes ou des appartements afin d’opérer de stocker le matériel nécessaire.

Lucio mit au point et réalisa une série de détournements d’argent auprès d’établissements bancaires : des équipes munies d’une fausse fiche de paie, d’un faux chèque et d’une fausse pièce d’identité se présentaient dans diverses banques afin de retirer la somme. Le 22 mai 1974) Lucio et Anne furent arrêtés et accusés de complicité dans l’enlèvement de Balthazar Suarez, directeur de la succursale parisienne de la Banco de Bilbao (3 mai 1974). Lucio fut incarcéré à la Santé jusqu’au 18 septembre 1974 mais fut acquitté avec tous les autres inculpés lors du procès en 1981.

Après avoir participé aux mouvements de prisonniers (été 1974), Lucio reprit contact avec les libertaires en prison dès 1975. En octobre 1976, il fut assigné à résidence pendant cinq jours à Belle-Ile-en-Mer (avec une douzaine d’autres militants anarchistes ainsi que des militants de la cause basque) à l’occasion de la venue du roi d’Espagne Juan Carlos en visite officielle en France.
En 1978, Lucio continua de procurer armes et faux-papiers pour certains groupes ou personnalités en lutte contre les restes de la dictature franquiste (par exemple le financier Pere Baret, ou le metteur-en-scène Albert Boadella, qu’il hébergea aussi quelque temps à Clichy).
Il fit l’intermédiaire, en novembre 1979, à la demande de Roland Dumas, auprès d’un responsable de la scission poli-mili de l’ETA pour obtenir la libération de député centriste Javier Ruperez.

Sa réputation s’étendit à tel point que Lucio procura des faux papiers pour des exilés clandestins d’Uruguay, de Bolivie, du Chili et d’Argentine. Il était capable de fournir des papiers d’identité français, belge, suisse, italien, espagnol. À partir de 1979, il commença à concevoir et à réaliser la reproduction et la fabrication des traveller’s checks de la First National City Bank. Au printemps 1980, à Madrid, Lucio et une équipe anarchiste récupérèrent l’équivalent en pesetas de plus de trois millions et demi de francs. Ces faux chèques furent abondamment utilisés par les réseaux de lutte armée (GARI, AD). Sans que Lucio ne maîtrise tout à fait leur utilisation et leur diffusion.

En 1982, il mit au point avec Liber Forti (syndicaliste de la Central ouvrière colombienne (COB) l’enlèvement de Klaus Barbie en Colombie, opération stoppée en raison de l’arrestation de deux militants d’Action directe Jean-Marc Rouillan et R Schleicher.

La même année, il comparut devant la 13e chambre correctionnelle, et il fut condamné à treize mois de prison ferme pour fabrication de faux papiers.

Au cours des années 1982-1983, Lucio (appuyé par son avocat Fagart et l’avocat Joinet) négocia avec la City Bank la remise des films, des plaques et du reste du stock de chèques contre l’arrêt des poursuites.

En septembre 1983, il créa son entreprise « Atelier 71 » qui employa tous les corps de métier du bâtiment. Il fut à l’initiative de la création et de la construction du Centre Louise Michel, rue des Cascades à Paris.

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POUR CITER CET ARTICLE :

https://maitron.fr/spip.php?article139802, notice LUCIO [URTUBIA Lucio] par Olivier Ray, version mise en ligne le 3 mars 2012, dernière modification le 1er juillet 2020.

Par Olivier Ray

SOURCE : Bernard Thomas, Lucio l’irréductible, Flammarion, 2000. — Écoutez Lucio Urtubia et Bernard Thomas, libertaires, documentaire de Bernard Baissat, 2000, 85 minutes, entretien vidéo. — Aitor Arregi et José Maria Goenaga ont réalisé un film documentaire consacré au militant anarchiste Lucio Urtubia, Lucio : anarchiste, braqueur, faussaire… mais tout d’abord maçon réalisé par Aitor Arregi et José Maria Goenaga. 2007. 93 minutes.

 

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MA MORALE ANARCHISTE

Note des éditeurs

 

Notre morale anarchiste

 

Ma morale anarchiste!

Rarement le titre d’un livre aura mis autant dans le mille. Lucio, en effet, aurait pu intituler le récit de

sa vie

« Mémoires d’un faussaire », « Docteur maçon et mister Robin des bois », «J’ai niqué la First National

City Bank », «J’ai proposé à Che Guevara d’inonder l’Amérique de faux dollars », «Du bienfondé de

l’expropriation des riches », «Lucio, un anarchiste de la belle époque », « Un gars ben ordinaire »,

« Le braqueur au grand cœur » … çà aurait fait des bons titres. Parce que Lucio, c’est à l’évidence

tout cela.

Mais, et vous allez le découvrir, Lucio çà n’est pas que cela. C’est aussi autre chose et d’une toute

autre teneur que celle du clinquant spectaculaire. On réfléchit un instant. En règle générale, les

maçons se contentent d’être maçons et les braqueurs et autres faussaires se gardent bien de l’être.

 Alors, pourquoi maçon une partie de la journée à trimer comme un espagnol pour une poignée de

cerises et braqueur-faussaire l’autre partie de la journée à vendanger les dollars comme s’il en

pleuvait? A l’évidence, çà ne colle pas! On est maçon ou braqueur-faussaire, mais pas les deux.

Or, Lucio a été les deux. Maçon poignée de cerises le matin et braqueur-faussaire vendangeur de

 dollars après le boulot. On s’en doute, de ses activités vendangeuses de dollars, Lucio n’a jamais

gardé un kopeck pour lui. Tous les dollars allaient pour la cause. Celle des travailleurs. Des révolution-

naires. Du syndicat. Des groupes d’action. De la solidarité nationale et internationale avec tous ceux

et toutes celles qui étaient sous le joug et luttaient pour s’en libérer. Lui, il mettait un point

d’honneur, à gagner son pain normalement. Mais pourquoi tout cela qui fera toujours différence

avec les voleurs de poules à la petite semaine et même avec des révolutionnaires professionnels

quasi fonctionnarisés?

Parce que Lucio est un homme qui a de la morale? Ça semble évident ! Mais c’est tout aussi évident

 que, si tous les maçons qui ont de la morale faisaient dans le braquage et la fausse monnaie, ça se

saurait ?

Alors? Eh bé, c’est simple! Si Lucio est un maçon qui a de la morale, c’est aussi et surtout un maçon anarchiste. Et, de ce fait, sa morale l’est également. Et c’est ça qui explique son rapport au travail et

le fait que, pour lui, militer ne peut rimer ni avec profit personnel ni avec fonctionnarisation. Soyons honnêtes, dans ce cadre-là, qui est celui de bon nombre d’anarchistes qui, sur des modes semblables

ou différents, font le coup de feu contre le capitalisme, Lucio n’est pas le premier venu. A sa manière

c’est quand même « un grand d’Espagne ». De ce point de vue, il aurait été dommage que le groupe

Los Solidarios qui a, en tout et pour tout, deux objectifs ras des pâquerettes dans la vie (éditer un

livre par an et en offrir les bénéfices éventuels à une œuvre libertaire), ne publie pas Ma morale

anarchiste.

A l’évidence, Ma morale anarchiste était fait pour rencontrer notre morale anarchiste.

Quelque part dans les maquis de la résistance à l’intolérable.

Le 19 juillet 2005,

Los Solidarios

 

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Repères

 

18 février 1931

Naissance de Lucio Urtubia, à Cascante (Navarre). Son père, un paysan pauvre, a été fortement

influencé par le catholicisme et le carlisme, mais un séjour en prison l’a éveillé à une certaine

conscience sociale. Pendant la République, il fut maire adjoint de son village et secrétaire du syndicat

U.G.T.(socialiste). En 1936, la phalange essaie de tondre la mère de Lucio. Son père échappe de peu

 au peloton d’exécution. Un curé, Don Victoriano, à qui il avait sauvé la mise pendant la République,

intervint en sa faveur. La période de l’après guerre civile fut difficile pour les ouvriers qui furent

fusillés par centaines de milliers et pour la famille Urtubia. Le père de Lucio qui était ouvrier agricole

dut travailler gratuitement pour les vainqueurs. La famille (quatre filles, deux garçons) fut obligée de

s’installer chez le grand-père paternel qui possédait quelques arpents de terre. C’était la misère.

Parfois, la boulangère refusait de faire crédit. Il en était de même pour le marchand d’espadrilles.

1948

Lucio fait un tas de petits boulots. Il s’éprend de la fille d’un fasciste. Le fasciste ne l’entend pas ainsi.

Lucio s’enfuie alors enFrance et il arrive à Biarritz, pieds nus. Les gendarmes le reconduisent tout

naturellement à la frontière. La Guardia Civil l’attend. Il fera trois mois de prison à Vera del Bidassoa

et à Pampelune.

1950

Atteint d’un cancer, le père de Lucio n’a pas les cinq mille pesetas nécessaires pour acheter

 médicaments et morphine. Il souffre le martyr. A tel point qu’il demande à son fils de le tuer.

Lucio se rend alors à la caisse d’épargne du village avec un couteau. Il est prêt à tout pour se procurer

 cet argent. Mais il ne parvient pas à franchir le pas. Pas encore! Quand son père meurt, Lucio a dix-

neuf ans.

1952

Après avoir fait divers petits boulots, dont celui de contrebandier, Lucio part pour le service militaire.

Il traficote dans les chemises, les pulls, les bottes … et, par peur d’une inspection annoncée, il

déserte le 24 août 1954, après 15 mois de service militaire. Direction la France. Saint-Jean-Pied-de-Port, Bayonne, Paris.

1957

Depuis trois ans Lucio travaille comme manœuvre, puis comme maçon. Il fréquente les anars de la

C.N.T. et des Jeunesses Libertaires et il s’imprègne de toute une éducation politique et sociale. En

 1957, c’est la rencontre de sa vie avec Francisco Sabaté, dit Quico, le célèbre guérillero anarchiste,

qui lui confie son « outillage» (une mitraillette Thomson … ). Par émulation, il réalise quelques  

«expropriations» (des braquages). L’argent exproprié est pour la cause. Lui, continue à gagner son

pain comme maçon. Puis, il fait quelques plans en Espagne, pour Quico. Remise d’argent, de tracts …

à des camarades.

 

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4 janvier 1960

Quico est cerné par la police en Espagne et meurt les armes à la main. Lucio décide de poursuivre le

combat. A sa manière. Via des «expropriations» et autres «récupérations ». Toujours pour la cause.

Car, dans la journée, il est toujours maçon.

Printemps 1962

Lucio rencontre Che Guevara à Orly pendant des heures. Il lui propose d’inonder la planète de faux

dollars. Depuis quelque temps, en effet, il s’était mis aux faux papiers et disposait du matériel

 nécessaire à la fabrication de fausse monnaie. Le Che, après l’avoir écouté attentivement, refuse

 finalement la proposition de Lucio. Après la mort de Quico, des membres de la F.A.I.

(Fédération anarchiste ibérique), de la C.N.T. (Confédération nationale du travail) et des Jeunesses libertaires avaient décidé de relancer la lutte contre le franquisme. A cet effet, ils avaient fondé la

 D.l. (Défense intérieure). Il s’agissait de frapper le franquisme au portefeuille en effrayant les touristes.

Juin 1962

Explosion de bombes à Madrid et Barcelone.

Juillet 1962

Rebelote à la mairie de Valence où Franco venait de prononcer un discours.

12 août 1962

Au mausolée des morts franquistes, une bombe explose derrière l’autel, après la messe.

17 août 1963

Deux libertaires, Delgado et Granado, accusés faussement d’avoir fait exploser deux bombes sans

 qu’il y ait eut mort d’homme, sont garrottés.

30 octobre 1969

Lucio épouse Anne à la mairie de Clichy. Depuis quelques années, il faisait des « récupérations » de

toutes sortes. Matériaux de chantiers (pour la rénovation de locaux révolutionnaires), matériels de

bureau et, surtout, matériels d’imprimerie. Les « expropriations» en douceur réalisées grâce à tout

un tas de faux documents et autres faux papiers étaient moins risquées que les braquages d’antan. Et

s’avéraient plus lucratives. Avec des faux papiers, des faux chèques, des faux bulletins de salaires …

ça permettait de toucher cent fois en une journée (via une quinzaine de copains disséminés sur tout

le territoire français) la paye d’un même maçon, chauffagiste … fictif. Ce fut également l’époque des

premiers faux traveller’s. La combine était simple. Un camarade achetait un vrai carnet de traveller’s,

mais sous une fausse identité. Le même carnet était reproduit à un certain nombre d’exemplaires. Et,

ensuite, le même jour, à la même heure, dans quinze pays différents, des camarades allaient dans

des banques échanger leurs faux traveller’s contre du vrai argent.

20 décembre 1973

A Madrid, E. T.A. pulvérise la voiture de l’amiral Carrero Blanco, le successeur désigné de Franco. En

Espagne et en France le champagne coule à flots.

2 mars 1974

Salvador Puig Antich, membre du M.LL. (Mouvement ibérique de libération) est garrotté. Plusieurs

 camarades de Puig Antich restent en prison. Sur les cendres du M.I.L. furent alors crées les G.A.R.I

(Groupements d’action révolutionnaire internationaliste). Ils commencent à faire parler d’eux, le 3

mai 1974, lors de l’enlèvement du banquier Suarez. L’opération fut montée de main de maître. Sans

 violence aucune. Le banquier fut parfaitement bien traité. Il fut libéré le 22 mai au bois de

  Vincennes. Le même jour, après la libération du banquier, Lucio était arrêté. Anne également.

 D’autres encore. Lucio sera libéré le 18 septembre 1974.

20 novembre 1975

Mort de Franco.

Mars 1976

Manifestation à Vitoria. Cinq manifestants tués.

1978

Lucio fait toujours dans les faux papiers. Un des bénéficiaires de ces faux papiers, Pere Baret, le

 financier du FC Barcelone, lui laisse un chèque en blanc en remerciement. Lucio n’y inscrira jamais

aucun montant et ne l’encaissera pas davantage. Plus tard, la police s’étonnera que lui, le falsifica-

teur, n’ait jamais encaissé un vrai chèque, qui plus est, en blanc.

La morale anarchiste, encore !

1979

Le plan des faux traveller’s redémarre, mais, cette fois-ci, à grande échelle. Ça profite à beaucoup de

révolutionnaires. Libertaires et autres. Car Lucio est toujours maçon le jour pour gagner son pain.

Toujours la morale anarchiste.

8 juillet 1980

Une mallette de couleur marron est échangée aux Deux Magots entre Lucio et des acheteurs.

Plusieurs jours après, toujours aux Deux Magots, arrestation de Lucio avec une nouvelle mallette

 contenant (aux dires de la police qui ne l’ouvrira que plus tard) trois mille quarante-trois faux

traveller’s de la First National City Bank pour une valeur de deux millions de francs. Lucio est

 incarcéré à la Santé. Il y rencontre Charlie Bauer. Et d’autres. Le 10 janvier 1981, il est libéré, faute

de suffisamment de preuves. Il manquait également un certain nombre de commissions rogatoires

 en provenance de l’étranger.

19 janvier 1981

« Ce matin, 19 janvier 1981, nous rentrons dans nos prisons respectives a/in de comparaître comme

prévenus dans un procès d’assises que jusqu’alors personne n’aurait cru possible. Nous avons été

 arrêtés il y a sept ans, relâchés rapidement. Les militants espagnols, arrêtés en Espagne en 1974 ont,

eux, été amnistiés. «En 1981, en France, notre procès sera celui d’individus qui hier ont refusé le

franquisme, comme ils ont refusé le régime des colonels grecs et celui de Caetano … 

« Oui, nous condamnons toutes les dictatures et les États totalitaires. Oui nous soutenons tous les

mouvements de lutte qui cherchent à arrêter la main du bourreau, comme c’était le cas lors de

 l’affaire Suarez.

« Aujourd’hui; à deux mois de l’élection présidentielle, le gouvernement français se dévoile:

En faisant notre procès, en faisant celui des G.A.R.I., en mars 1981, en enfermant des militants anti-franquistes de l’E. TA., en permettant que des groupes

d’extrême droite espagnols, liés à des membres de l’O.A.S., tuent et blessent en toute impunité (. . .). « Devant cette réalité, ce procès est d’autant plus absurde

et scandaleux que c’est nous, anti-franquistes, qui sommes considérés comme des criminels. »

Lucio, Anne et quelques autres signent cette déclaration juste avant leur procès en Assises à propos de l’enlèvement du banquier Suarez. Tous les inculpés

seront acquittés.

20 février 1981

E.T.A. politico-militaire enlève, en Espagne, les consuls d’Autriche, d’Uruguay et du Salvador. Il s’agit

d’essayer de faire libérer des militants en échange des otages. Le consul d’Autriche est le neveu du

 chancelier Kreisky. Cela préoccupe le candidat Mitterrand. Roland Dumas, qui fut l’avocat de Lucio, contacte ce dernier pour lui demander d’intervenir.

23 février 1981

Le lieutenant-colonel Tejero envahit le parlement de Madrid avec une troupe de la Guardia Civil et prend en otages 600 députés. A l’aube, après l’intervention

du roi Juan Carlos, les putschistes se rendent.

28 février 1981

Les trois consuls sont libérés.

Juillet 1981

Le juge Michat lance un mandat d’arrêt contre Lucio pour une histoire de fabrication de faux papiers. Lucio ne veut pas retourner en prison et il entre dans la

clandestinité.

9 octobre 1981

Lucio est arrêté près de Barbès.

Novembre 1981

Lucio est mis en liberté sous contrôle judiciaire. Il crée une coopérative du bâtiment. Y travaillent des

copains qui se révèlent très vite peu aptes au travail en coopérative et. .. au travail tout court.

Lucio commence à se poser des questions. Toute sa vie il a été solidaire de ceux qui se battaient

 contre les dictatures de tous ordres. Mais, aujourd’hui, qu’en est-il vraiment de ceux qui se

proclament représentants de certaines luttes?

Décembre 1981

Lahouari Benchellal est arrêté à Helsinki. Il négociait des faux traveller’s pour le compte d’Action Directe. Des faux traveller’s de la même origine que ceux

retrouvés au Deux Magots. Ces chèques lui auraient été confiés par l’OCC (Organisation communiste combattante).

Janvier 1982

Lucio et quelques copains envisagent d’enlever Klaus Barbie en Bolivie.

13 mai 1982

L’affaire des faux passeports arrive devant la treizième chambre de la cour d’appel. Lucio n’est pas présent. Il est condamné à treize mois fermes.

28 juin 1982

Eric Waucqier, militant d’Action Directe, est interpellé dans le Paris-Amsterdam avec des faux traveller’s de la même origine que ceux retrouvés au Deux Magots.

15 juillet 1982

Convoqué à la gendarmerie de Clichy, Lucio s’y rend et est arrêté. Le 22 juillet il sera remis en liberté conditionnelle.

7 octobre 1982

Re-exament de l’affaire des faux papiers devant la cour d’appel. Lucio est condamné à une peine avec

sursis.

10 mars 1983

Lucio passe en procès pour l’affaire des faux traveller’s. La First National City Bank qui était à la limite  de refuser d’honorer ses chèques choisit de négocier

avec Lucio. Vous nous remettez les plaques

offset, votre stock de faux traveller’s et vous vous engagez à ne plus continuer, et on retire notre plainte. Affaire conclue. Lucio écopera de trente mois

d’emprisonnement dont dix-huit avec sursis. Il en avait déjà fait six. On lui fera cadeau des six restants.

Septembre 1983

Lucio crée la société «Atelier 71 » qui emploie tous les corps de métier …

La suite, demandez-lui de vous la raconter en allant lui rendre visite à l’Espace Louise-Michel, ce

formidable endroit qu’il a créé et qu’il met gratuitement à disposition de ceux et de celles qui sont

 libertaires de militance et de cœur. Toujours la solidarité avec cette foutue idée de révolution sociale et libertaire.

Toujours cette satanée morale anarchiste!

Jean-Marc Raynaud

 

Préambule

Selon Machiavel, il est impossible de gouverner sans crimes, et tous les gouvernements, si petits et

insignifiants soient-ils, sont des criminels. Cette théorie est plus que jamais d’actualité. Si les prisons

créaient des hommes responsables et des révolutionnaires, elles auraient disparues depuis

longtemps. Il en est de même du chômage. Théoriquement, en effet, les chômeurs devraient être des

contestataires car tout le monde a droit à un toit et à du travail. Or, il n’en est rien. Les allocations

chômage, le RMI, leur permettent plus ou moins (et de moins en moins) de survivre dans le cadre

d’une dépendance vis-à-vis de l’Etat.

Pourquoi les damnés de la terre n’exigent-ils pas? Pourquoi ne contestent-ils pas d’une manière

radicale un système social qui les exploite et les opprime? Pourquoi ne prennent-ils pas leur destin

en main? Pourquoi ne s’entraident-ils pas? Ou si peu. Pourquoi ne se drapent-ils pas dans les habits

de lumière d’une force morale toute de générosité et de solidarité?

Pourquoi ne rêvent-ils pas d’un monde de liberté et d’égalité?

Ma morale anarchiste

Pourquoi ne prennent-ils pas ce qu’on leur vole? Pourquoi?

Je ne crois en rien, mais la vie m’a appris à ne pas négliger les choses les plus insignifiantes pour,

finalement, parvenir à croire en tout. Ma rencontre avec Francisco Sabaté a déterminé mon exis-

tence. Quico, en effet, m’a permis de me dépasser. D’aller au-delà de mes limites.

J’ai rencontré bien des gens qui, en dépit de leur intelligence, de leur éducation, et même de leur

 valeur, n’ont rien pu faire de leur vie.

Si j’ai écrit ce livre, c’est pour montrer sans artifice qu’un individu semblable à tant d’autres peut influer sur les choses et réussir à donner un sens à la vie et à sa

vie. Simple ouvrier, hors-la-loi et  faussaire, je suis fier de ma vie. Je me suis inspiré de Louise Michel, de Buenaventura Durruti et d’El Quico. Peut-être des

jeunes gens s’inspireront-ils de moi demain? J’espère du fond du cœur que cela Puisse simplement les aider à tout faire pour qu’un jour tout ce qui nous révolte

aujourd’hui n’existe  plus.

Le 19 juillet 2005

Lucio

Avant-propos

Utopie

Toute une orientation vers la vie collective, toute une vie riche de solidarité autour d’elle, pour un

idéal. Un petit grain de sable dans l’immensité de l’inexplicable. Une solidarité qui ramène à

l’immensité du futur parcellaire humain. Pourquoi pas un petit pays et, dans ce petit pays, une

collectivité solidaire ?

Rien n’est visible à ce jour. Nous ne pouvons même pas expliquer notre pensée. Certaines

incohérences pratiques restent énigmatiques. Il suffit d’un seul instant pour que notre vie

bascule dans un nouveau monde. D’un seul regard pour changer la vie de quelqu’un et d’un seul

quelqu’un pour changer, créer et orienter une nouvelle façon d’être et de penser. Nous sommes dans

l’indéchiffrable utopie, mais nous sommes dans l’utopie des réalisations. L’utopie de notre vécu

qui n’est pas utopie. Tout est doute. Le doute est en nous et il fait partie de nous. Aucune analyse

cohérente ne suffit. Rien n’est rationnel. Et pourtant, seul le rationnel, la continuité dans le désir, la

ténacité dans l’idéal et l’utopie, sont compréhensibles. Sans cette poursuite, sans le privilège de

pouvoir payer de soi par l’effort et la continuité, rien ne peut se réaliser. Mais cela ne signifie

nullement que l’on puisse atteindre le but que l’on se fixe. Rien n’est jamais atteint. Rien.

Ma vie, une vie

 

Différents ouvrages de et sur Lucio.

Ma morale anarchiste,

Mi utopia vivida

Le trésor de Lucio BD

Lucio l’irréductible

La revolución por el tejado: autobiografía

Me llaman el Solitario: autobiografía de un expropiador de bancos

 

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FICHEZ-NOUS LA PAIX, VOUS N’ARRIVEREZ PAS À TUER NOTRE LANGUE !

2020/07/20 | 0 IRUZKIN 

Sans tenir compte des effets pédagogiques positifs qu’amène l’apprentissage d’une langue en immersion sur l’enfant, le Rectorat a pris la décision unilatérale de stopper le développement de l’immersif dans les écoles du Pays Basque Nord sans discussion, sans explication. L’Inspecteur d’académie lui-même reconnaît que les résultats des évaluations opérés par ces services sur les élèves des écoles du CP et du CE1 sont meilleurs que ceux des élèves des filières bilingues à parité horaire, ou dans la filière unilingue en français. Si près de la moitié des enfants ont un enseignement au moins partiel en euskara au Pays Basque Nord, le rendu qualitatif satisfaisant ne se retrouve malheureusement que chez les élèves qui apprennent par l’immersion. Au moment même où ses résultats tombent, le couperet tombe. L’Education nationale française ne permettra plus de mettre en place ces expérimentations, au nom du sacro saint article 2 de la Constitution.

Dans le même temps, des professeurs qui viennent d’obtenir leur titularisation pour enseigner en langue basque se retrouvent en poste à Mourenx ou à Orthez, le nombre de postes vacants étant inférieur au nombre de professeurs disponibles. Si face à la pénurie de professeurs ces dernières années, l’Office public de la langue basque appelait et encourageait les professeurs à apprendre l’euskara pour pouvoir enseigner dans cette langue, le Rectorat indique sans préavis que le nombre de professeurs bascophones dépasse aujourd’hui celui des postes à pourvoir, et envoie nos jeunes enseigner ailleurs malgré leur spécificité. Sans prévoir des solutions de remplacement par des professeurs bascophones pour celles et ceux qui tomberont malades ou s’arrêteront en cours d’année pour congés maternité.

Au nom de dogmes répondant à une vision ultra-jacobine française, l’Education nationale souhaite mettre un terme à l’expansion de l’enseignement de l’euskara dans notre pays. Si elle n’a pas sorti (encore ?) le bâton pour punir l’enfant qui osera parler en euskara comme c’était le cas il n’y a pas si longtemps, elle renforce les entraves à son développement et souhaite ainsi décourager les moins sensibles ou les moins convaincus de la question de s’engouffrer dans ce combat. Déjà l’an dernier avec la demande d’Irissarry, le Recorat avait souhaité empêcher l’ouverture d’une classe immersive, puis ‘était ravisé, avec la venue du G7 à Biarritz. Mais le Pays Basque ne peut pas être tributaire d’un pouvoir parisien qui négocie constamment sur le dos de la survie de l’euskara.

La réponse du Pays Basque doit être à la hauteur du risque que suppose ce genre de décisions. Les élus de l’Agglo l’ont bien compris et l’unanimité des délégués communautaires pour demander la poursuite du développement de l’enseignement immersif est une première réponse. Si des femmes et des hommes ne s’étaient pas levés un jour face aux attaques répétées contre l’euskara et n’avaient pas créé les ikastola en dehors de la légalité qu’imposait Paris, la langue du Pays Basque aurait pratiquement disparu au Pays Basque Nord. C’est le moment de se lever à nouveau pour leur dire : « Fichez-nous la paix, vous n’arriverez pas à tuer notre langue ! ». Paris a très bien compris que ce pays était en marche pour sauver sa langue. C’est même la raison pour laquelle il s’obstine à lui mettre des bâtons dans les roues. Mais il y a une chose que l’État français n’a pas compris : avec ces décisions absurdes, il conforte le territoire dans sa volonté de décider lui-même de son avenir et de ce qui est bon pour lui. Aintzina !

Si l’arrivée d’Eric Dupond-Moretti au ministère de la Justice a fait grincer des dents dans de nombreux tribunaux, elle a en revanche été accueillie comme une (très) heureuse surprise en Corse. Et pour cause : habitué des prétoires de Bastia et d’Ajaccio, «Dupond» connaît bien l’île et ses affaires judiciaires. De la défense de Jacques Mariani à celle d’Yvan Colonna, le pénaliste se frotte depuis vingt ans aux dossiers de «crim’org» et aux procès liés à la politique insulaire. Pour ne rien gâcher, le nouveau garde des Sceaux aime la Corse, ne s’en cache pas, et y a d’ailleurs noué de solides amitiés.

Suffisant pour donner une lueur d’espoir aux nationalistes corses, au pouvoir à la région depuis 2015, mais englués dans un dialogue de sourd avec les gouvernements successifs. Au centre des préoccupations des élus insulaires : la question très sensible des prisonniers dits «politiques». Depuis le dépôt des armes du FLNC (Front de libération national de la Corse) en juin 2014, la page de la violence est en passe d’être définitivement tournée, mais le sort des condamnés dans les dossiers de terrorisme demeure toujours en suspens.

Inscription au Fijait

La nomination d’Eric Dupond-Moretti ouvre donc une brèche dans laquelle tous les acteurs se sont précipitamment engouffrés. Quarante-huit heures après le remaniement ministériel, deux associations de soutien aux «prisonniers politiques» ont demandé audience au nouveau ministre pour évoquer – entre autres – «la libération des prisonniers politiques» et «la fin des lois scélérates comme l’inscription au Fijait [fichier des auteurs d’infractions terroristes, ndlr]

Même démarche de la part des trois députés nationalistes élus sous la bannière autonomiste «Pè a Corsica» (Pour la Corse) : «Nous avons pris attache avec le cabinet du ministre il y a quelques jours, confirme Paul-André Colombani, élu de la 2e circonscription de Corse-du-Sud. Effectivement, avec le remaniement, il y a un espoir : la personnalité d’Eric Dupond-Moretti et ses prises de position publiques sont encourageantes. Cela étant, il a dit lui-même que l’avocat et le ministre ne peuvent se confondre, on va attendre de voir ce qu’il se passe.»

A LIRE AUSSIPour Dupond-Moretti, des conflits et inimitiés à déminer

Pour les députés, la priorité est le rapprochement à la prison de Borgo (Haute-Corse) des détenus corses incarcérés sur le continent. Autrefois très nombreux, ils se comptent désormais sur les doigts d’une main : deux jeunes hommes emprisonnés dans le cadre d’une enquête en cours d’instruction, et trois détenus emblématiques, Yvan Colonna, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat du préfet de Corse, Claude Erignac, perpétré à Ajaccio en 1998.

Pion sur l’échiquier

Dans cette affaire, la décision d’Eric Dupond-Moretti sera forcément scrutée à la loupe : ancien avocat d’Yvan Colonna, il s’était publiquement prononcé en 2018 pour le rapprochement de son client en Corse. Quelle sera désormais son attitude, place Vendôme, dans un dossier aussi sensible ? Pour Félix Benedetti, ancien «prisonnier politique» et membre du parti indépendantiste Core in Fronte, la question corse «sera le premier test» d’Eric Dupond-Moretti : «On va très vite voir s’il compte appliquer les principes et les valeurs de justice dont il s’est prévalu pendant des années et qui ont peut-être même été à l’origine de sa vocation d’avocat, ou s’il se laisse happer par l’administration et devient un simple pion sur l’échiquier politique.»

La réponse, du reste, devrait intervenir rapidement : accessibles à une libération conditionnelle depuis quatre ans, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi réclament d’être radiés de la liste des détenus particulièrement signalés (DPS), condition sine qua non pour être transférés dans une prison corse. En début d’année 2020, la commission chargée de statuer annuellement sur cette question s’est prononcée en faveur de la levée du DPS pour les deux détenus. La décision finale incombe toutefois au ministère de la Justice. Nicole Belloubet s’étant abstenue de trancher avant de quitter son poste, c’est à Eric Dupond-Moretti de statuer à présent. «Nous sommes assez optimistes, indique un porte-parole de l’Ora di u ritornu (l’heure du retour), association de soutien à Pierre Alessandri et Alain Ferrandi. Eric Dupond-Moretti représente un espoir de débloquer la situation. Nous ne demandons aucun traitement de faveur, mais la simple application du droit.»

Des jeunes vont gravir la Rhune pour l’indépendance du Pays Basque

Les organisations de jeunes Ernai et Aintzina appellent à une marche jusqu’au sommet de la Rhune, le mardi 14 juillet. Leur but est de revendiquer l’indépendance du Pays Basque le jour de la Fête nationale de l’État français.

 

MEDIABASK|2020/07/11|0 IRUZKIN 

« Marquer d’une pierre blanche le désir de construire le Pays Basque ». Telle est l’ambition des organisations de jeunes Ernai et Aintzina. Les deux mouvements appellent à gravir la Rhune le temps d’une journée, le mardi 14 juillet.

Afin de réaffirmer leur désir de voir le Pays Basque un jour indépendant, Ernai et Aintzina ont choisi le jour de la fête nationale française « imposé par la République française ». « Tandis que les sacro-saintes constitutions françaises et espagnoles sont au-dessus de nos vies et de notre pays, le jacobinisme et le fascisme sont au pouvoir » écrivent les associations dans leur communiqué. Par cette initiative, les jeunes revendiquent d’autres modes de vies avec « des politiques sociales, la transition écologique, une véritable égalité hommes/femmes ».

« L’indépendance est pour nous cruciale. C’est par la République basque que nous construirons un pays véritablement égalitaire, du Boucau à Tutera et d’Esquiule à Trebiñu », est-il précisé un peu plus loin dans le communiqué, qui regrette que la crise sanitaire ait « mis en exergue un pays divisé par une frontière ».

Néanmoins, en ce 14 juillet, Ernai et Aitzina fera « fi de cette frontière et atteindre le sommet de la Rhune au départ de Bera et Olhette ». Le rendez-vous est donné à 10 heures devant le restaurant Trabenia à Olhette (Urrugne) ainsi que sur la place Alzate de Bera. Un meeting sera organisé au sommet d’une des plus célèbres montagnes du Pays Basque.

Agur Lucio. Fils du vent qui ne s’est jamais apaisé, jour après jour tu m’as appris à désirer. A désirer ce qui est interdit aux hommes et qui nous est justement le plus nécessaire et vital : tu l’appellerais Liberté. Ton combat, comme toi, continuera de vivre en chacun de nous. Toi, homme entier et libertaire, symbole de toutes nos peines, celui qui a voulu et a pu poursuivre ses rêves. Des rêves qu’il faut poursuivre, car sans eux nous ne sommes pas matière à vivre. Tu m’as appris à me lever et à lever le drapeau de mes sentiments, tellement attaché à toi que je t’aime aujourd’hui comme je t’aime. Je te pleurerai à travers tous mes temps, des temps que j’aimerais vivre à tes côtés. Mais tu n’es plus là, tu es déjà parti sur des chemins que tu nous montreras aussi un jour, comme tu l’as fait avec ton exemple. Je t’aime et aujourd’hui je veux te l’avouer, homme qui fut pierre, homme qui fut lierre. Lucio va, il va, toujours accroché à l’impossible, il va vers des chemins où tu le rencontreras à nouveau. Il va et entre dans notre destin unique, celui dans lequel se battre reste un devoir et une obligation. La mort t’a emporté et, moi, ici, je continuerai à te chercher, je continuerai à te pleurer. Je te cherche pour te trouver dans la vérité nécessaire, vérité entre toutes les vérités, que seulement avec la révolution on peut s’approprier. Va Lucio, va, on se souvient de toi. Tu vivras en moi aussi longtemps que je vivrai, et après tu vivras aussi dans ceux à qui on rappellera qui tu étais et pourquoi tu étais là. Ton chemin parcouru marquera ma route, ton grand cœur, ma vie entière. Comme tu avais l’habitude de le dire, des prisons nous ferons des écoles et des écoles naîtra l’Histoire des révolutionnaires. Celle-là que nous montrerons à ceux qui ne sont pas encore là. Tu es déjà parti, et d’où que tu sois, écoute mon cri : Vive la lutte révolutionnaire ! Vive le rêve que tu as rêvé ! Et comme nous le disons dans notre langue bien-aimée : Aberria ala Hil! La Patrie ou la mort! Jusqu’à toujours, mon cher Lucio, jusqu’à toujours, camarade. Baisers, Lorentxa Prisonnière politique basque, Centre pénitentiaire de Roanne. Texte recueilli par Aitzol, son compagnon, et traduit en français par Juan

Agur Lucio, bizitza eta aktibismoaren maisu erraldoia. Beti arte lagun handia. Fermin Muguruza

AGUR ETA OHORE LUCIO Notre frère Lucio Urtubia nous a quittés ce 18 juillet 2020. Maçon, militant anarchiste et internationaliste, Lucio s’est engagé toute sa vie en faveur des peuples en lutte. Dans la continuité de cet engagement, qu’il a plusieurs fois payé de sa liberté, il a participé au sein de notre comité à de nombreuses actions pour défendre le droit du peuple basque à décider de son avenir et à s’émanciper du capitalisme. Au sein de l’Espace Louise-Michel qu’ils avaient créé à Paris, Lucio et Anne accueillaient régulièrement les familles de prisonniers politiques basques incarcérés en Région Parisienne, et toutes sortes d’initiatives artistiques et militantes pour témoigner ici des luttes au Pays Basque. Malgré toute la riche histoire dont il était porteur, Lucio ne se considérait ni comme un modèle, ni comme un ancien combattant. Esprit libre avant tout, il gardait vis-à-vis de tous un rapport égalitaire, ouvert aux différences et pourtant exigeant sur l’essentiel : tant qu’il nous reste un espace de liberté pour agir pour un monde débarrassé de l’oppression, nous avons le pouvoir et le devoir de l’utiliser. Pour cette leçon de vie, merci Lucio.

En mai 2016, des prisonniers politiques basques détenus à Fresnes en région parisienne ont fait une grève de la faim en solidarité avec Itziar Moreno (actuellement incarcérée à Rennes), sanctionnée car l’administration pénitentiaire l’avait considérée meneuse du mouvement de revendication des prisonnières entamé en avril. Les autres prisonnières basques avaient quand à elles forcé leur entrée au mitard. Lucio était avec nous lors d’une manifestation organisée autour de la prison. AGUR ETA OHORE LUCIO Notre frère Lucio Urtubia nous a quittés ce 18 juillet 2020. Maçon, militant anarchiste et internationaliste, Lucio s’est engagé toute sa vie en faveur des peuples en lutte. Dans la continuité de cet engagement, qu’il a plusieurs fois payé de sa liberté, il a participé au sein de notre comité à de nombreuses actions pour défendre le droit du peuple basque à décider de son avenir et à s’émanciper du capitalisme. Au sein de l’Espace Louise-Michel qu’ils avaient créé à Paris, Lucio et Anne accueillaient régulièrement les familles de prisonniers politiques basques incarcérés en Région Parisienne, et toutes sortes d’initiatives artistiques et militantes pour témoigner ici des luttes au Pays Basque. Malgré toute la riche histoire dont il était porteur, Lucio ne se considérait ni comme un modèle, ni comme un ancien combattant. Esprit libre avant tout, il gardait vis-à-vis de tous un rapport égalitaire, ouvert aux différences et pourtant exigeant sur l’essentiel : tant qu’il nous reste un espace de liberté pour agir pour un monde débarrassé de l’oppression, nous avons le pouvoir et le devoir de l’utiliser. Pour cette leçon de vie, merci Lucio. HARRERA est une association qui accompagne celles et ceux qui rentrent au pays en sortant de prison ou en revenant d’exil. Depuis sa création en 2012, Lucio Urtubia y a apporté son soutien, en particulier en proposant un emploi, au sein de l’Espace Louise Michel, ou un logement à des prisonnières basques. Pour que toutes et tous puissent vivre en liberté et en dignité, HARRERA a besoin du soutien de toutes celles et tous ceux qui veulent une véritable résolution, une résolution juste, du conflit au Pays Basque. Il est possible d’envoyer une contribution à HARRERA 4 rue des Lisses 64100 Bayonne, ou de devenir adhérent de l’association en faisant un versement régulier chaque mois, pour participer à l’accompagnement d’anciens détenus et exilés basques, à la réalisation des missions d’Harrera sur le terrain, en garantissant des résultats concrets. Contact : http://ipar-harrera.eus

Elles et ils sont 195 dispersé-e-s dans les prisons de l’Etat espagnol

35 dans l’état français

EUSKAL HERRIA 

Les juges ordonnent la libération de Xistor Haranburu, et le Parquet fait appel

Le Tribunal d’application des peines a décidé ce vendredi 24 juillet de libérer Frederik Haranburu « Xistor » à l’occasion de sa troisième demande de remise en liberté conditionnelle. Décision suite à laquelle le Parquet a immédiatement fait appel, afin de maintenir le Senpertar en prison. Pour réclamer une nouvelle fois sa remise en liberté et dénoncer la position du Parquet, Bake Bidea organise ce samedi une nouvelle mobilisation à Saint-Pée.

MEDIABASK|2020/07/24 18:15|3 IRUZKIN 

Une situation qui bégaie et ne cesse de bégayer, malgré la demande pressante de tout un territoire. A l’occasion de sa troisième demande de remise en liberté conditionnelle, Xistor Haranburu s’est vu une nouvelle fois accorder sa demande par le Tribunal d’application des peines de Paris ce vendredi 24 juillet. Et une fois de plus, le parquet a fait appel, empêchant ainsi sa libération. Le prisonnier senpertar qui a démarré en avril sa 31ème année de détention devra encore rester en prison, le temps que l’Appel soit jugé.

Dans leur décision, les juges estiment, selon l’avocate de la défense Maritxu Paulus-Basurco que le prisonnier « remplit toutes les conditions » pour être libéré. Ils constatent qu’une peine de trente ans a déjà été effectuée, qu’Haranburu a eu « un parcours d’exécution de peine optimal ». Le Tribunal insiste qu’il « n’y a pas de risque de récidive, celle-ci étant une hypothèse vide de sens ». Selon les juges, avec une libération du prisonnier, « l’ordre public n’est pas atteint, ni en Espagne, ni en France ». Le Tribunal tient également compte de l’état de santé « inquiétant » d’Haranburu, inquiétude renforcée en cette période de Covid-19, insiste l’avocate. Pour l’ensemble de ces faits, les juges ont ordonné la remise en liberté du militant basque, une libération conditionnelle avec période probatoire de 18 mois. Immédiatement, le Parquet a fait appel de cette décision, et Xistor Haranburu doit rester en prison en attendant le procès d’appel, qui doit avoir lieu dans les deux mois qui viennent.

Le 9 juillet dernier, le Parquet antiterroriste s’était également opposé à la libération de Xistor, refusant d’entendre les arguments de la défense, et mettant en avant le risque de récidive, puisqu’on « découvre encore des caches d’ETA ». Rappelons que l’organisation indépendantiste basque a rendu toutes les armes en sa possession le 6 avril 2017, et s’est dissoute le 3 mai 2018. Ceux qu’on appelle communément « les longues peines », Xistor Haranburu, Jakes Esnal et Ion Parot, qui en sont tous les trois à plus de 30 ans de prison, voient leurs demandes de remise en liberté conditionnelles constamment bloquées par le Parquet national anti-terroriste.

Afin de dénoncer ce nouvel appel du parquet, Bake Bidea appelle à se rassembler ce samedi 25 juillet à Saint-Pée, village de Xistor Haranburu. Sous le slogan « Accomplir sa condamnation jusqu’à la mort ? 30 ans, ça suffit ! », la mobilisation se déroulera à partir de 11 heures sur les deux ronds-points aux entrées de la commune. Une commune où compte une maison secondaire le ministre français de l’Economie Bruno Lemaire.

EUSKAL HERRIA 

Marixol Iparragirre condamnée à 122 ans de prison

L’Audiencia Nacional a condamné Marixol Iparragirre à 122 années de prison ce vendredi 24 juillet. La Justice espagnole lui reproche avoir ordonné l’attentat à Leon contre le militaire Luciano Cortizo.

MEDIABASK|2020/07/24|0 IRUZKIN 

 122 ans. Telle est la condamnation prononcée ce vendredi 24 juillet par l’Audiencia Nacional à la militante basque Marixol Iparragirre. Les faits reprochés sont l’attentat contre le militaire Luciano Cortizo ayant eu lieu en décembre 1995.

Marixol Iparraguirre a été entendue par l’Audiencia Nacional les 8 et 9 juillet derniers. En 2019, les autorités françaises l’avaient extradée après avoir purgé une peine de 15 ans de prison pour sa militance à l’ETA. Lors de la première journée d’audience, la militante avait dénoncé que l’Etat espagnol lui reproche d’être porte-parole du collectif des prisonniers politiques basques.

Durant le procès, la militante avait assuré n’avoir aucun lien avec la mort du militaire qui lui était reprochée. Les prisonniers Ibon Etxezarreta et Agustin Almaraz, déjà condamnés dans cette affaire, avaient témoigné lors du procès pour indiquer qu’ils n’avaient pas eu de relations avec elle. Ce n’est qu’en 2014 que Marixol Iparragirre a appris que la Justice la poursuivait pour ces faits, dix ans après avoir été incarcérée dans l’Etat français. Marixol Iparragirre avait été arrêté en octobre 2004, à Salies-de-Béarn.

Le député de la sixième circonscription Vincent Bru, le sénateur des Pyrénées-Atlantiques Max Brisson et l’eurodéputé José Bové s’étaient réunis à la prison de Réau avec Marixol Iparraguirre et Mikel Albisu, représentants du collectif. Après cette rencontre, les trois dirigeants politiques avaient fait part de la volonté des prisonniers basque de participer au sein du processus de résolution.

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22 juillet 2020

LUCIO URTUBIA ET 4ème et dernier volet Hommage aux Artistes DCD 21 07 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 17 h 01 min

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En intro de l’émission,  l’annonce du décès d’un ami Lucio Urtubia. Il nous a quitté le 18 juillet 2020. Militant anarchiste, anti-franquiste, anti-fasciste, mais avant tout maçon comme il le répétait souvent, fondateur de l’espace Louise Michel dans le 20 ème. il n’a eu de cesse de militer depuis les année 50 ayant fui l’armée sous Franco, il se réfugie en France. Ami de Quico Sabaté. Un de ses nombreux faits d’arme, la falsification de chèque de voyage de la City Bank. c’est une grande perte pour le milieu militant et pour le CSPB Comité de Solidarité du Peuple Basque. En seconde partie le 4ème et dernier volet e hommage aux artistes DCD. Nous écouterons Lee Konitz, Alfred Mc Coy Tyner, Ellis Louis Marsalis Jr, John Prine, Andy Gill, David Charles Olney, Lennie Niehaus. Retrouvez le podcast de l’émission

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Lucio Urtubia est né en 1931 dans une famille pauvre de Navarre, dans le nord de l’Espagne.

En 1954, après avoir déserté l’armée sous Franco, il se réfugie en France où il rejoint sa sœur, et travaille comme ouvrier du bâtiment. En 1957, il rencontre Fancisco Sabaté, dit Quico, guérillero anti-franquiste et anarchiste. Commence alors, pour financer la lutte une longue série « d’expropriations » (braquages), de « récupérations » de matériels divers (notamment d’imprimerie), de fabrications de faux papiers et autre fausse monnaie, d’enlèvements…

Traqué par Interpol et la Police judiciaire française, il fricote avec des voyous et rencontre, entre autres, Che Guevara.

Déserteurcontrebandier, braqueur de banque et faux-monnayeur, Lucio Urtubia s’est essayé à tout au nom de sa cause. Il préféra se tourner vers le faux-monnayage plutôt que vers le braquage de banques, n’appréciant pas cette dernière activité.

En tant que faux-monnayeur, son action de plus grande ampleur a consisté, en 1979, en la falsification de chèques de voyage de la Citibank pour une valeur de 20 millions de dollars. Cette tentative de faux-monnayage de grande ampleur s’est soldée par son arrestation.

Défendu par l’avocat Roland Dumas (responsable des affaires de la gauche de gouvernement des années 1980), il finit par trouver un arrangement à l’amiable avec la Citibank en échange des plaques d’impression ayant permis de falsifier les chèques.

Le 3 mai 2015, Lucio Urtubia apparaît à la télévision dans l’émission de Jordi ÉvoleSalvados.

Au 42 ter Rue des Cascades à Paris, il anime L’espace Louise Michel, un espace de libre exposition artistique, à la disposition de tout artiste, plasticien ou musicien boudant les galeries marchandes. En plus des expos, le lieu accueille conférences et rencontres.

4ème et dernier volet

Lee Konitz (né le 13 octobre 1927 à Chicago (Illinois) et mort le 15 avril 2020 dans le quartier new-yorkais de Greenwich Village) est un saxophoniste de jazz américain. Il a été le premier saxophoniste alto de cette période à se libérer du modèle bebop et de l’influence de Charlie Parker (son ami par ailleurs). Doté d’une sonorité fluide, diaphane et aérée, il se démarque totalement des autres altistes parkériens comme Julian « Cannonball » Adderley ou Phil Woods. Il a notamment influencé Art Pepper et Paul Desmond. Sa vie s’apparente à une encyclopédie du jazz et multiplia les rencontres avec Lennie Tristano, Miles Davis ou Martial Solal, à partir des années 1940.

Lee Konitz étudie la clarinette et le ténor. Dès ses seize ans, il joue de l’alto dans l’orchestre de Jerry Wald.

Au milieu des années 1940, Lee Konitz rencontre Lennie Tristano, avec lequel il étudie. Il joue entre 1946 et 1947 avec Claude Thornhill, avec qui il enregistre ses premiers disques, et qui lui permet de rencontrer Gerry Mulligan, saxophoniste et compositeur, et Gil Evans, alors arrangeur. Ce dernier lui permet d’intégrer le nonet de Miles Davis, avec lequel il enregistre le célèbre album Birth of the cool (1949 -1950). Cet enregistrement marque un tournant dans sa carrière. Il est dès lors considéré comme l’un des chefs de file du cool jazz.

En parallèle, il enregistre avec Lennie Tristano Intuition aux côtés du ténor Warne Marsh avec qui il met au point une technique de contre-chant (contre-point) qui n’a jamais trouvé son équivalent dans le jazz.

De 1952 à 1954, Lee Konitz joue dans l’orchestre de Stan Kenton, avant de fonder son propre quartette.

Il retrouve alors les musiciens avec lesquels il a joué avec Lennie Tristano : Warne Marsh, Billy Bauer et Sal Mosca.

En 1961, Lee Konitz enregistre l’album Motion avec Elvin Jones à la batterie et Sonny Dallas à la basse. Ces standards du jazz réinterprétés sur le mode Cool, constituent aujourd’hui encore une référence du genre.

Au cours des années 1960, il enseigne et s’intéresse à la flûte et au saxophone électrifié. Il enregistre de nombreux albums en duo, formule qui deviendra presque sa marque de fabrique, notamment avec Sal Mosca, Jimmy Giuffre, Michel Petrucciani, Martial Solal…

En 1972, Lee Konitz joue aux côtés de Charles Mingus à Town Hall. Il enregistre un disque avec Warne Marsh et Bill Evans. Il joue également avec Dave Brubeck, Anthony Braxton, Andrew Hill, Paul Bley…

En 1977, il enregistre un album au ténor,Tenorlee (en).

En France, Lee Konitz joue avec l’accordéoniste Francis Varis et le groupe Cordes et lames du guitariste Dominique Cravic. Il joue avec Chick Corea au sein de l’Église de Scientologie.

En 1988 est présenté au Festival de Cannes un documentaire qui lui est consacré, Portrait Of The Artist As A Saxophonist, de Robert Daudelin. La même année, il participe à un concert hommage à Gil Evans à la Saint Peter Church (New York) au sein d’un nonette monté par Gerry Mulligan.

En 1992, Lee Konitz reçoit le Jazzpar Prize (en) à Copenhague.

Lee Konitz est mort le mercredi 15 avril 2020, à l’âge de 92 ans, du coronavirus, dans le quartier de New York de Greenwich Village (USA).

Alfred McCoy Tyner est un pianiste et compositeur de jazz américain né le 11 décembre 1938 à Philadelphie (Pennsylvanie) et mort le 6 mars 2020 dans le New Jersey. Influent pianiste de jazz américain, il est considéré comme ayant façonné la trajectoire du piano jazz moderne. Il est connu pour son travail au sein du quartet de John Coltrane.

Le père de McCoy Tyner chante à l’église, mais c’est sa mère, esthéticienne, qui pousse son fils à étudier le piano, ce qu’elle n’avait pas pu faire elle-même. Il étudie successivement à la West Philadelphia Music School et la Granoff School of Music (en). Voisin des pianistes Richie et Bud Powell, il peut profiter de leurs conseils sur la manière d’aborder le « piano jazz ».

En 1959, il est le pianiste du « Jazztet » codirigé par Benny Golson et Art Farmer.

De 1960 à 1965, il joue dans la formation de John Coltrane. Avec Coltrane, il enregistre de nombreux albums (en quartette, en quintette, avec un big band arrangé par Eric Dolphy…) pour les labels Atlantic puis Impulse. Le quartette composé de John Coltrane au saxophone, Tyner au piano, Jimmy Garrison à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie est l’un des plus célèbres de l’histoire du jazz. Ce groupe reste encore aujourd’hui la figure la plus emblématique du jazz modal.

À la même période, il enregistre comme sideman dans des disques hard bop pour le label Blue Note, accompagnant, entre autres, Freddie Hubbard, Lee Morgan, Stanley Turrentine, Grant Green, Hank Mobley, Donald Byrd, Joe Henderson et Wayne Shorter. C’est notamment à cette époque qu’il enregistre peut-être l’album le plus important de sa carrière avec The Real McCoy.

À partir de 1966, Tyner, enregistre essentiellement sous son nom. De 1966 à 1971, même s’il continuer à enregistrer pour Blue Note, il connaît une période difficile. Il joue dans des orchestres de rhythm and blues.

À partir de 1972, il signe avec le label Milestone, pour lequel il enregistre abondamment avec ses propres formations. Ces disques, en particulier Sahara (1973), relancent la carrière du pianiste. On peut citer, comme musiciens ayant participé aux groupes du pianiste dans les années 1970, les saxophonistes Sonny Fortune, Azar Lawrence, Gary Bartz, le violoniste John Blake et le batteur Alphonse Mouzon. Sa musique alors mêle les esthétiques du jazz modal, du hard bop, du jazz fusion et du free jazz. En 1978, il fait une tournée remarquée avec le Milestone jazzstars (Sonny Rollins au saxophone ténor, Ron Carter à la contrebasse et Al Foster à la batterie).

Depuis, McCoy Tyner continue une carrière prolifique enregistrant pour Columbia, Blue Note, Elektra et d’autres labels.

McCoy Tyner est mort le vendredi 6 mars 2020, à l’âge de 81 ans, dans le New Jersey (USA).

Ellis Louis Marsalis Jr., né le 14 novembre 1934 à La Nouvelle-Orléans et mort le 1er avril 2020 dans la même ville, est un pianiste et professeur de jazz américain. Marsalis est le patriarche d’une famille musicale : Branford Marsalis, saxophoniste, Wynton Marsalis, trompettiste, Delfeayo Marsalis, tromboniste, Jason Marsalis, batteur. Parmi ses élèves les plus connus figurent Harry Connick Jr., Terence Blanchard, Donald Harrison, Victor Goines, Reginald Veal.

À partir de l’âge de onze ans, Ellis Marsalis étudie la clarinette à la Xavier University Preparatory School (en) de la Nouvelle Orléans, puis il étudie le saxophone ténor et le piano. Après ses études secondaires, il est admis à l’Université Dillard,où il obtient un baccalauréat universitaire (licence) en enseignement musical en 1955.

Pendant ses études, il découvre dans les années 1940 la musique de Charlie Parker et de Dexter Gordon. Il forme un combo qui joue du bebop avec le batteur Ed Blackwell, le clarinettiste Alvin Batiste, et le saxophoniste Harold Battiste (en).

En 1956, sur l’invitation d’Ornette Coleman, Ellis Marsalis part s’installer en Californie accompagné par Ed Blackwell. En juin 1957, il est enrôlé au sein du United States Marine Corps pour un service de deux ans. Il passe son service militaire dans une base californienne. Il joue du piano les weekends pour une émission de télévision hebdomadaire de la CBS, Dress Blues patronnée par la Marine et une émission de radio intitulée Leather Songbook, également parrainée par la Marine.

De retour à la Nouvelle Orléans en 1959, il travaille au Playboy Club (en) de la ville, puis en 1967, il est engagé par le trompettiste Al Hirt. Au sein de cet orchestre il peut se faire entendre dans des émissions à forte audience comme le Tonight Show et l’Ed Sullivan Show.

En 1959, Ellis Marsalis épouse la musicienne Dolores Ferdinand, surnommée la « matriarche de la famille Marsalis », le couple donne naissance à six fils Branford, Wynton, Ellis III, Delfeayo, Mboya et Jason ; Dolores décède le 18 juillet 2017 à l’âge de quatre vingts ans.

Ellis Marsalis est mort le mercredi 1er avril 2020, à l’âge de 85 ans, du coronavirus, à La Nouvelle-Orléans (USA, Louisiane) .

John Prine, né le 10 octobre 1946 à Maywood dans l’Illinois et mort le 7 avril 2020 à Nashville (Tennessee), est un auteur-compositeur-interprète américain de country folk. Figure de la musique folk américaine, dont la carrière a commencé au début des années 1970, il est le créateur de nombreuses chansons dont les textes expriment une veine poétique unique, et qui ont été interprétées ou reprises par les artistes américains les plus populaires : Hello in There (Joan Baez, Bette Midler), Sam Stone (Johnny Cash, Theo Hakola, Al Cooper), Angel From Montgomery (Bonnie Raitt, Miranda Lambert, Susan Tedeschi), Souvenirs (Bettye LaVette), It’s a Big Old Goofy World (Jimmy Buffett), Speed of the Sound of Loneliness (Nanci Griffith), Killing the Blues (Alison Krauss et Robert Plant).

John Prine est le troisième des quatre enfants de William Mason Prine et de son épouse Verna Valentine Hamm. Il est né le 10 octobre 1946 à Maywood dans l’Illinois où il passe son enfance et son adolescence, égayées par les vacances estivales que la famille passe chez des parents dans le Comté de Muhlenberg, au Kentucky, qu’il évoque dans sa chanson Paradise (le Paradis).

Son frère aîné, Dave Prine, présent au violon dans le style Old-time music et à la guitare Dobro sur plusieurs de ses albums, lui fait découvrir la musique de Hank Williams, Mississippi John Hurt et de Ramblin’ Jack Elliott. Une voisine lui fait cadeau, alors qu’il a dix ans, d’un ukulélé sur lequel il apprend à jouer ses premiers accords.

Son frère Dave, qui admire la musique des New Lost City Ramblers, tente de monter son propre groupe. Pendant que Dave joue du violon, il revient à John d’assurer le rythme bluegrass sur une guitare Archtop, de marque Silvertone (Sears) qu’il avait reçue en cadeau en 1962, et sur laquelle il avait rapidement appris à jouer Freight Train d’Elizabeth Cotten, et une série de chansons de la Carter Family dont Bear Creek Blues de A.P. Carter.

John Prine, inspiré par l’écoute des disques de Spike Jones et de Merle Travis, écrit ses premières chansons à l’âge de quatorze ans. Deux d’entre elles, Fryin’ Pan et Sour Grapes, figurent sur son deuxième album Diamonds in the Rough, qu’il réalise en 1972 avec de petits moyens.

John Prine termine des études au lycée en 1964 et travaille pendant deux ans comme facteur pour les services postaux américains à Chicago dans l’Illinois. Conscrit en 1966, le caporal John Prine est affecté en Allemagne où il passe deux ans dans le groupe d’entretien des moteurs, échappant ainsi à la Guerre du Viêt Nam.

De retour à Chicago, il commence à jouer dans des bars, avec un répertoire qui comprend des chansons comme Sam Stone et Paradise. En 1970, il obtient un premier engagement au « Fifth Peg », puis au « Earl Of Old Town ». Il y rencontre Steve Goodman avec lequel il noue des relations d’amitiés et d’admiration réciproques.

En 1971, Steve Goodman a l’occasion d’interpréter une chanson de John Prine dans un spectacle auquel assiste Kris Kristofferson. Il parvient à le convaincre, ainsi que Jerry Wexler d’Atlantic Records, de venir écouter John Prine au « Earl Of Old Town », où celui-ci donne, en quelque sorte, le concert de sa vie. Le lendemain de la prestation, Jerry Wexler lui fait parvenir une proposition de contrat pour un premier album.

Ce premier album, simplement intitulé John Prine, est enregistré à Memphis (Tennessee) et produit par Arif Mardin. Selon John Prine, une plage au moins, Paradise, a été enregistrée à New York, avec Steve Goodman et David Prine. Le succès de la poésie portée par les chansons de John Prine est immédiat et conduit Bette Midler à reprendre Hello In There, et Bonnie Raitt à interpréter Angel from Montgomery. Hello In There sera aussi reprise par Joan Baez sur l’album Diamonds and Rust en 1975.

John Prine s’installe à Nashville au début des années 1980 dans l’intention de travailler de manière indépendante. Il y crée, avec Al Bunetta et Dan Einstein, le label Oh Boy records qui publiera la plupart de son œuvre enregistrée.

John Prine est hospitalisé le 26 mars 2020 à cause du coronavirus.

John Prine est mort le mardi 7 avril 2020, à l’âge de 73 ans, du coronavirus, à Nashville (USA, Tennessee).

Andrew James Dalrymple Gill, dit Andy Gill, né le 1er janvier 1956 à Manchester (Lancashire) et mort le 1er février 2020, est un guitariste, auteur-compositeur, producteur de disques britannique. Icône post-punk, il est un membre fondateur et guitariste du groupe Gang of Four. Il a également collaboré avec d’autres groupes tels que Red Hot Chili Peppers.

Andy Gill était le guitariste principal du groupe de rock britannique Gang of Four, qu’il a cofondé en 1976. Gill était connu pour son style de guitare dentelé sur des albums tels que Entertainment! (1979) et Solid Gold (1981) et a frappé des singles tels que At Home It ‘s a Tourist, Damaged Goods, Anthrax, What We All Want et I Love a Man in a Uniform.

En plus de son travail avec Gang of Four, Gill était également producteur de disques et a produit ou coproduit tous les albums du groupe. Il a également produit des albums pour des artistes tels que les Red Hot Chili Peppers, le Jesus Lizard, les Stranglers, les Futureheads, Michael Hutchence, Killing Joke, Polysics, Fight Like Apes, Therapy? et The Young Knives.

Andy Gill est mort le samedi 1er février 2020, à l’âge de 64 ans, d’une insuffisance respiratoire, après avoir été hospitalisé.

David Charles Olney, né le 23 mars 1948 à Providence dans l’État de Rhode Island et mort le 18 janvier 2020 à Fort Walton Beach (Floride), est un auteur-compositeur et interprète folk Americana américain. Il est un chanteur emblématique du folk rock. Parmi ses chansons connues : « Jerusalem Tomorrow » (1989), « You Never Know » (2010) ou « Postcard From Mexico » (2007).

David Olney entra à l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill, échoua dans ses études, et n’obtiendra jamais de diplôme. Il commença sa carrière de musicien dans un groupe, Simpson, à la fin des années 1960 ; son modèle est James Brown. Il déménagea à Nashville à l’été 1973, et fut découvert par le petit-fils de John Lomax, John Lomax III, jouant au sein du Pritchard Avenue band. Dès 1974, reconnu en ville, il se perfectionne et forme son propre groupe au début de l’année 1978, The X-Rays, qui se taille une réputation lors de la seconde moitié des années 1970, jusqu’au début de l’année 1980, quand David olney décide d’entamer une carrière solo après la sortie de l’album Contender avec les X-Rays, seul album commercial de la carrière de David, et la dernière collaboration du groupe avant le début de la carrière soliste de David. Il a écrit entre autres pour des artistes comme Emmylou Harris, Steve Earle, Johnny Cash, Linda Ronstadt etc.

David Olney est mort le samedi 18 janvier 2020, à l’âge de 71 ans, d’un crise cardiaque, durant son concert à Fort Walton Beach (USA, Floride). Alors qu’il jouait lors d’un festival de country en Floride (le 30A Songwriters Festival), il s’est figé en plein milieu d’une chanson. D’après son manager, il aurait été victime d’une crise cardiaque.

Lennie Niehaus, né le 1er juin 1929 à Saint-Louis, dans le Missouri, et mort le 28 mai 2020 à Redlands, en Californie, est un saxophoniste de jazz et un compositeur de musique de films américain qui a travaillé essentiellement sur les films de Clint Eastwood comme « Sur la route de Madison » (1995). C’est un représentant du jazz West Coast.

Lennie Niehaus est mort le jeudi 28 mai 2020, à l’âge de 90 ans, à Redlands (USA, Californie).

15 juillet 2020

Hommage aux artistes DCD 3ème volet 14 07 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 19 h 17 min

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Cette émission est le 3ème volet en hommage aux artistes, musiciens, compositeurs, chanteurs, interprètes DCD depuis le 1er janvier 2020. Prévu initialement pour une diffusion sur Radio Libertaire le 07/07 puis le 14/07 cela n’a pu se faire. Au sommaire de l’émission nous entendrons Alan Merril, Aurlus Mabele, Adam Lyons Schlesinger, Hector  (Jean-Pierre Kalfon), Bill Withers, Wallace Roney, Bill Rieflin, Oscar Chavez et Neil Ellwood Peart. 4ème et dernier volet la semaine prochaine.

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3ème Volet

Alan Merril, né Allan Preston Sachs le 19 février 1951 dans le Bronx (New York) et mort le 29 mars 2020 de la pandémie de covid-19 à Manhattan (New York), est un chanteur du groupe anglo-américain The Arrows, connu pour son tube « I Love Rock ‘n’ Roll » (1975). Il est chanteur, guitariste, auteur, acteur et modèle. Au début des années 1970, Merrill a été le premier occidental a être reconnu comme étoile populaire au Japon. Il a été le co-auteur et chanteur leader de la première version de la chanson anglophone « I Love Rock ‘n’ Roll », qui a été enregistrée par The Arrows en 1975. Merrill était initialement un chanteur et guitariste, mais a aussi joué d’autres instruments: guitare basse, harmonica, et claviers.

Merrill est né dans le quartier du Bronx, dans la ville de New York, le fils de deux musiciens de jazz, la chanteuse Helen Merrill et le joueur de saxophone/clarinetre Aaron Sachs. Il a étudié au Aiglon College en Suisse de 9 ans à 13 ans, une école British boarding . A son retour aux Etats-Unis, il a été inscrit dans différentes écoles de New York et de Los Angeles, et à la Sophia University (un centre de echerche universitaire université privé Jésuite à Tokyo, Japan). Il commence sa carrière semi professionnelles à New York City à l’âge de 14 ans en jouant dans Greenwich Village’s Cafe Wha? avec la bande(s) The Kaleidoscope, The Rayne, and Watertower West. Les groupes ont joué en club au cours des années 1966–1968.

Alan Merril est mort le dimanche 29 mars 2020, à l’âge de 69 ans, du coronavirus, à Manhattan (New York).

Aurlus Mabélé, né le 26 octobre 1953 à Brazzaville et mort le 19 mars 2020 à Paris, est un chanteur et compositeur congolais. Figure de la rumba congolaise, il était une légende du soukouss (style musical originaire de la région du Congo).

Aurlus Mabélé est né le 26 octobre 1953 à Brazzaville dans le quartier de Poto-Poto en République du Congo. Il s’appelle en réalité Aurélien Miatsonama.

En 1974, ensemble avec ses pairs tels que Jean Baron, Pedro Wapechkado et Mav Cacharel, il fonde le groupe Les Ndimbola Lokole.

Parti se perfectionner en Europe, il fonde, en 1986, avec Diblo Dibala et Mav Cacharel, le groupe Loketo. Il crée alors le soukous dont il sera proclamé « roi », d’où le slogan « c’est Aurlus Mabele le nouveau roi du soukous ».

En 25 ans de carrière, il aura vendu plus de 10 millions d’albums dans le monde et il aura contribué à faire connaître le soukous hors des limites du continent africain.

Souffrant des suites d’un AVC depuis cinq ans, il a organisé avec le groupe Loketo des concerts avec succès aux Antilles entre mai et juin 2009.

Accompagné par des guitaristes talentueux, il a fait danser toute l’Afrique par des musiques avec ses rythmes typique du soukous (Africa Mousso, La Femme ivoirienne, Embargo, Betty, Asta De, Evelyne, Loketo, etc.).

Aurlus Mabélé est mort le jeudi 19 mars 2020, à l’âge de 66 ans, du coronavirus, à Paris (France).

Adam Lyons Schlesinger est un auteur-compositeur et producteur américain né le 31 octobre 1967 à Manhattan et mort le 1er avril 2020 à Poughkeepsie. Il est également bassiste des groupes Fountains of Wayne (dont il est le cofondateur) et Ivy, mais aussi propriétaire d’une maison de disques et d’un studio d’enregistrement à New York. Il est l’auteur de nombreuses bandes originales pour le cinéma et la télévision.

Adam Schlesinger a composé la chanson titre pour le film de Tom Hanks That Thing You Do!. En 1997, le morceau est sélectionné aux Oscars, aux Golden Globes et aux Satellite Awards dans la catégorie meilleure chanson originale. Stacy’s Mom, une autre de ses compositions enregistrée pour l’album Welcome Interstate Managers de Fountains of Wayne, a été sélectionnée aux Grammy Awards en 2003. En 2007, il signe la bande originale du film Le Come-Back (Music and Lyrics). Adam Schlesinger a également collaboré avec d’autres grands noms du rock américain comme Bowling for Soup sur le titre High School Never Ends ou encore The Click Five pour leur hit Just A Girl.

Il était Executive Music Producer (producteur délégué de la musique) de la série télévisée américaine Crazy Ex-Girlfriend sur le réseau The CW. Il a composé des chansons pour la série.

Adam Schlesinger est mort le mercredi 1er avril 2020, à l’âge de 52 ans, du coronavirus, à Poughkeepsie (USA, État de New York).

Hector, nom de scène de Jean-Pierre Kalfon, surnommé « le Chopin du twist », né le 20 octobre 1946 à Paris et mort le 19 février 2020 à Pont-l’Abbé, est un chanteur français des années 60, leader du groupe de rock Médiators, il était connu pour son sens de la provocation et ses chansons « Whole Lotta Shakin’ Goin’ On » (1963) ou « Peggy Sue » (1963).

Son groupe s’appelle « les Médiators ». En 1964, Hector et ses Médiators se séparent mais Hector continue en solo.

Hector écrit une grande partie des textes de ses chansons en partenariat avec Jean Yanne et Gérard Sire. Il adapte aussi des titres de Screamin Jay Hawkins (Hong Kong).

Le personnage est presque autant connu comme provocateur que comme chanteur. Après s’être fait reprocher d’être resté couvert devant le drapeau, il s’en ouvre à Jean Yanne qui lui propose d’aller « se faire cuire un œuf sur la flamme du Soldat inconnu ». Hector s’exécute, causant ainsi une certaine agitation autour de lui (avec intervention d’une voiture de police).

Il passe à l’Olympia en même temps que les Animals, en faisant monter sur scène pour être dans le ton « quatre poules et deux canards » en guise d’accompagnateurs (en plus de ses cuivres).

Jacques Dutronc lui rend hommage dans un numéro de Salut les copains, en le présentant comme « le champion de la provocation ».

Hector est mort le mercredi 19 février 2020, à l’âge de 73 ans, d’un cancer, à Pont-l’Abbé (France, Bretagne).

Bill Withers, né le 4 juillet 1938 à Slab Fork (Virginie-Occidentale) et mort le 30 mars 2020 à Los Angeles, est un auteur-compositeur-interprète américain, actif de la fin des années 1960 au milieu des années 1980. C’est un des plus célèbres représentants de musique soul et l’un des plus repris. Il a composé des dizaines de tubes et d’hymnes générationnels. Il est connu pour ses chansons « Ain’t no sunshine » (1971), « Lean On Me » (1972) ou « Lovely Day » (1977).

Bill Withers perd son père à l’âge de 13 ans. À 17 ans, il s’engage dans l’United States Navy, y passe neuf ans, puis s’installe à Los Angeles en 1967. Il travaille le jour dans une usine Ford et joue la nuit dans des juke joints. À ses débuts dans le monde de la musique, il a gardé son travail chez Ford, convaincu que le show business est imprévisible, et qu’il n’est qu’un novice comparé à d’autres artistes noirs tels que The Temptations ou Sammy Davis Jr..

Bill Withers enregistre 9 albums entre 1971 et 1985. Son premier succès vient avec son hit Ain’t No Sunshine, sur l’album Just As I Am avec le label Sussex Records en 1971. Son second album Still Bill, également un succès commercial, contient le hit single Lean on Me. Son album live Bill Withers, Live at Carnegie Hall, encensé par les critiques, date de 1973. On peut citer parmi ses titres les plus populaires Use Me, Lovely Day (en), Just the Two of Us, qu’il interprète avec le saxophoniste de jazz Grover Washington, Jr..

Le 9 juin 2005, Withers est introduit dans le Songwriters Hall of Fame avec David Porter, Isaac Hayes, Steve Cropper, Robert B. Sherman, Richard M. Sherman et John Fogerty.

Bill Withers est mort le lundi 30 mars 2020, à l’âge de 81 ans, de complications cardiaques, à Los Angeles (USA, Californie

Wallace Roney, né le 25 mai 1960 à Philadelphie et mort le 31 mars 2020 à Paterson, est un trompettiste américain de jazz. Il fut un proche de Miles Davis, qui a aussi exploré le free, le funk et la fusion.

Wallace Roney a étudié à l’université Howard de Washington et au Berklee College of Music.

Il fait partie des Jazz Messengers d’Art Blakey au début des années 1980 puis du quintet de Tony Williams. En 1991, il joue avec Miles Davis au festival de Jazz de Montreux. À la mort de Miles Davis, Roney fait une tournée à sa mémoire avec Wayne Shorter, Herbie Hancock, Ron Carter et Williams. Pour son album A Tribute to Miles, il est récompensé par un Grammy Award.

Wallace Roney était marié avec la pianiste Geri Allen jusqu’au décès de celle-ci le 27 juin 2017 à Philadelphie. Ils vivaient à Montclair dans le New Jersey.

Wallace Roney est mort le mardi 31 mars 2020, à l’âge de 59 ans, du coronavirus, à Paterson (USA, New Jersey).
Herbie Hancock – piano, calliope Wayne Shorter – saxophone Wallace Roney – trumpet Ron Carter – bass Tony Williams – drums 0:00 Miles Davis – So What 12:12 Ron Carter – R.J. 19:43 Herbie Hancock – Little One 32:43 Wayne Shorter – Pinoccio 40:05 Miles Davis – All Blues 55:23 Tony Williams – Elegy 1:09:35 Wayne Shorter – Orbits/Paraphernalia

William Frederick Rieflin dit Bill Rieflin, est un musicien américain né le 30 septembre 1960 à Seattle (État de Washington)et mort le 24 mars 2020 dans la même ville. Il fut le batteur de R.E.M., de Ministry et de King Crimson. Il est l’un des fondateurs du label de musique indépendant First World Music. Batteur du groupe R.E.M. de 2003 à leur séparation en 2011, il a également travaillé pour de nombreux groupes et musiciens de rock, rock progressif, rock indépendant, rock industriel et metal industriel. Parmi les plus connus figurent Ministry, Revolting Cocks, LAND, KMFDM, King Crimson, Pigface qu’il a cofondé avec Martin Atkins, Swans, Chris Connelly ou encore Nine Inch Nails.

Bill Rieflin commence sa carrière professionnelle dans sa ville de résidence, Seattle, où il est batteur du groupe The Telepaths en 1975. Il rejoint ensuite le groupe The Blackouts constitué, outre Bill, de son frère Raymond Rieflin, Paul et Roland Barker et Erich Werner. La formation se sépare et Paul Barker rejoint le tout jeune groupe de rock industriel d’Al Jourgensen, Ministry. Bill Rieflin collabore avec Jourgensen sur le premier album de son projet annexe, Revolting Cocks : Big Sexy Land, sorti en 1985. Il participe ensuite à l’élaboration d’un des plus grands succès commerciaux de Ministry, The Land of Rape and Honey.

C’est lors de la tournée In Case You Didn’t Feel Like Showing Up qu’il rencontre Martin Atkins. Ils font une partie des concerts à deux batteries et commencent à planifier la création d’un groupe de grande envergure qui permettrait à de nombreux musiciens de se rencontrer et de collaborer. Son travail au sein de Ministry se poursuit jusqu’au milieu des années 1990. Rieflin n’est cependant jamais crédité comme membre du groupe à part entière et se contente de figurer dans les musiciens additionnels. Il relève donc, lors d’une interview, que son départ du groupe lors des sessions d’enregistrement de l’album Filth Pig n’a rien d’officiel, lui-même n’ayant jamais été officiellement membre.

Disposant de plus de temps libre, Bill Rieflin aide Atkins à mettre sur pied le projet Pigface, collectif rock industriel qui réunit plusieurs centaines d’artistes, se lie d’amitié avec Chris Connelly et fonde son propre label, First World Music. Tout comme Connelly, Rieflin s’éloigne régulièrement de ses racines industrielles. Ils collaborent ainsi sur plusieurs enregistrements, dont deux, The Ultimate Seaside Companion et Largo, donnent à Rieflin l’occasion d’exercer ses talents de claviériste.

uLe fait de vivre à Seattle offre à Bill Rieflin l’opportunité de se tisser un réseau de contacts avec d’autres acteurs majeurs de la scène musicale dite progressive, dont Robert Fripp et Trey Gunn du groupe de rock King Crimson, Scott McCaughey des Young Fresh Fellows, Sascha Konietzko de KMFDM et Peter Buck de R.E.M..

Fripp contribue à Birth of a Giant, premier album solo de Bill Rieflin, sur lequel ce dernier prend pour la première fois la place de chanteur principal. Les improvisations enregistrées lors des séances de travail sont plus tard reprises pour constituer un second album, The Repercussions of Angelic Behavior.

Bill Rieflin apparaît sur la majorité des enregistrements de KMFDM sortis depuis la seconde moitié des années 1990 jusqu’en 2003. Il est crédité comme batteur, programmeur, chanteur et claviériste. Il est en outre bassiste du groupe en 2002, lors de la tournée de promotion de l’album qui marque leur retour, ATTAK et participer en 2001 à l’album WTF?! de KMFDM.

Il travaille comme batteur avec la formation de McCaughey, The Minus 5, dans laquelle Peter Buck fait parfois des apparitions. C’est ainsi qu’il se voit offrir une place au sein de R.E.M., qui n’a plus de batteur permanent depuis 1997, année du départ de Bill Berry. Le groupe l’emmène sur la tournée Around the Sun et annonce que Rieflin joue pour une durée indéfinie. Il reste au sein de la formation jusqu’à la dissolution du groupe en 2011. Entre temps, il participe à la fois aux prestations live d’R.E.M. en tant que batteur, mais également aux derniers enregistrements du groupe comme dans l’album Collapse Into Now où il s’illustre à la fois à la batterie, au bouzouki, au clavier et à la guitare. Néanmoins, celui-ci est une fois de plus crédité comme musicien additionnel.

Jusqu’à la fin 2004, Bill Rieflin tient un blog. Il y fait part de ses occupations quotidiennes, de son moral, des péripéties de ses deux chats, Pim et The Egg et fait indirectement référence à ses collègues du monde de la musique.

L’un des derniers projets en date de Bill Rieflin est un travail en collaboration avec Toyah Wilcox sous le nom de The Humans. Le duo a fait une série de concerts en Estonie à l’automne 2007. En 2011, il participe à la réalisation de l’album studio des Humans intitulé Sugar Rush. En 2017, il participe au Double Quatuor de King Crimson. Marié à l’artiste Francesa Sundsten , il résidait à Seattle.

Bill Rieflin est mort le mardi 24 mars 2020, à l’âge de 59 ans, à Seattle (USA, État de Washington).

Óscar Chávez (né le 20 mars 1935 à Colonia Portales (Mexico, Mexique) et mort le 30 avril 2020 dans la même ville) est un chanteur, acteur et compositeur mexicain, célèbre pour l’interprétation de divers genres musicaux populaires de son pays et de l’Amérique latine. Il est connu au Mexique pour ses chansons engagées principalement contre le gouvernement et la droite. Il a soutenu musicalement l’Armée zapatiste de libération nationale.

Óscar Chávez est né à Colonia Portales mais a passé la majeure partie de son enfance et de son adolescence à Santa María la Rivera.

Il a étudié à l’École de théâtre de l’Institut national des beaux-arts, puis a poursuivi ses études à l’Université autonome du Mexique.

Alors que le théâtre, le cinéma et la poésie constituaient une partie importante de sa vie, c’est la musique qui est devenue sa priorité. Ainsi, de 1963 à 1995, le compositeur mexicain a sorti plus de 50 albums, dont 20 en studio.

Le 28 avril 2020, lors de la pandémie de covid-19, il est admis à l’hôpital 20 de Noviembre à cause de difficultés respiratoires sévères.

Óscar Chávez est mort le jeudi 30 avril 2020, à l’âge de 85 ans, du coronavirus, à Mexico (Mexique). Ayant des antécédents de tabagisme à l’origine de problèmes respiratoires chroniques, il meurt d’une pneumonie le 30 avril. Des tests post-mortem démontrent qu’il avait contracté le covid-19, qui a été l’élément déclencheur de la pneumonie qui lui a été fatale. Le jour de sa mort, les réseaux sociaux mexicains sont remplis d’hommage. La Secrétaire à la Culture Alejandra Frausto Guerrero publie sur Twitter : « Une voix qui lutte ne s’éteint jamais, merci Óscar Chávez, ta vie a été un voyage digne de toi. Mes condoléances les plus sincères à sa famille, ses amis et ses compagnons de lutte et de chanson. » La maire de Mexico Claudia Sheinbaum tweete aussi « Hasta siempre Óscar Chávez. De nombreux souvenirs continueront à nous accompagner. Nous avons grandi en écoutant tes chansons toujours proches des mouvements sociaux ».

Neil Ellwood Peart, O.C., né le 12 septembre 1952 à Hamilton, en Ontario et décédé des suites d’un cancer du cerveau le 7 janvier 2020 à Santa Monica Californie, est un musicien et auteur canadien. Il est principalement connu pour être le batteur et le principal parolier du groupe rock progressif Rush. Peart joint Rush en 1974, en remplacement de John Rutsey. Tôt dans sa carrière, il ancre son style dans le hard rock. Son inspiration vient en grande partie des batteurs sur le devant de la scène britannique, comme Keith Moon et John Bonham. Au fur et à mesure des années, il oriente son style vers le jazz dans la lignée de Gene Krupa et Buddy Rich. Neil Peart a reçu de nombreuses récompenses pour ses performances musicales et est réputé pour ses talents techniques et son énergie. Il a aussi publié plusieurs livres au sujet de ses voyages.

Peart naît dans la ferme familiale à Hagersville, près de Hamilton en Ontario. Il déménage à l’âge de deux ans à Saint Catharines, tout près de la frontière américaine. Peart décrit son enfance comme heureuse, dans une famille unie. Jeune adolescent, il s’intéresse à la musique et acquiert une radio avec laquelle il écoute de la pop sur les radios canadiennes et américaines.

Il débute dans la pratique musicale avec quelques leçons de piano, dont il dira dans sa vidéo éducative A Work In Progress qu’elles n’ont pas vraiment eu d’impact sur lui. Comme il a l’habitude de jouer avec des baguettes chinoises sur divers objets dans la maison, ses parents lui achètent pour ses 13 ans une paire de vraies baguettes, un pad d’entraînement, quelques leçons, et lui font la promesse de lui acheter un vrai kit de batterie s’il s’entraîne pendant au moins un an…

Pour ses 14 ans, il reçoit donc une batterie complète et commence à prendre des cours au conservatoire. Il monte pour la première fois sur scène la même année au spectacle de Noël de son école. Il se produit ensuite avec son premier groupe, The Eternal Triangle, à l’école secondaire de Lakeport. Au cours de ce spectacle, ils interprètent une composition intitulée LSD Forever, et Neil fait son premier solo.

Peart obtient un travail à Lakeside Park, une fête foraine au bord du lac Ontario, ce qui lui inspirera plus tard une chanson du même titre sur l’album Caress of Steel. Il joue dans plusieurs groupes locaux comme Mumblin’ Sumpthin’, the Majority et JR Flood. Ces groupes répètent dans des sous-sols ou des garages, et jouent dans des églises, des écoles secondaires ou des arénas de patinage à roulettes dans les villes environnantes.

À dix-huit ans, Peart part pour Londres dans l’espoir d’y faire progresser sa carrière de musicien. Il participe à plusieurs groupes et travaille occasionnellement comme musicien de studio, mais pour subsister, il doit se resigner à vendre des babioles aux touristes dans un magasin de souvenirs.

Pendant son séjour à Londres, il découvre l’œuvre de l’écrivain objectiviste Ayn Rand. Ses travaux auront sur lui une influence philosophique majeure, l’inspirant par ses nombreux traités sur l’individualisme et l’objectivisme. On peut trouver des références à la philosophie de Rand dans les paroles du morceau Anthem de l’album Fly by Night en 1975, Freewill sur Permanent Waves en 1980 et 2112 sur l’album éponyme.

Après dix-huit mois d’impasse et déçu par son manque de progrès, Peart suspend ses ambitions de devenir un musicien professionnel quitte l’Angleterre et retourne à Saint Catharines où il travaille pour son père dans la vente de pièces pour tracteurs.

Peu après son retour au Canada, une connaissance mutuelle encourage Peart à auditionner pour le groupe Rush. Originaire de Toronto, ce groupe joue dans des bars du sud de l’Ontario et cherche un nouveau batteur à la suite du départ de John Rutsey. À la surprise du groupe, Neil Peart arrive en short dans une vieille voiture déglinguée avec sa batterie rangée dans des poubelles. Celui-ci croit avoir raté l’audition mais Geddy Lee s’aperçoit qu’il partage avec lui les mêmes goûts littéraires et musicaux. Alex Lifeson, pour sa part, a une opinion nettement moins favorable envers Peart mais Lee parvient tout de même à le convaincre que son côté déchaîné, au style anglais inspiré de Keith Moon des Who, est exactement ce dont le groupe a besoin.

Peart rejoint officiellement le groupe le 29 juillet 1974, deux semaines avant leur première tournée américaine. Il se procure une batterie « Slingerland » avec laquelle il joue au premier concert, en première partie de Uriah Heep et Manfred Mann, devant 11 000 personnes au Civic Arena à Pittsburgh en Pennsylvanie, le 14 août 1974.

Peart s’intègre rapidement au groupe et ayant déjà écrit plusieurs chansons, les deux autres membres, qui n’avaient jamais trop aimé écrire, lui reconnaissent ce talent et font de lui le principal parolier. Le groupe ne rencontre pas de problème lors des enregistrements, mais doit maintenant apprendre à vivre sur la route.

Le premier album du groupe, Fly by Night, en 1975, est un réel succès. Ils remportent un Juno Award, alors que leur album suivant, Caress of Steel, dans lequel le groupe avait placé beaucoup d’espoir, est très mal accueilli à la fois par les fans et la critique. En réponse à cette réaction négative, qui visait principalement la longue épopée en face B, The Fountain of Lamneth, Peart compose le titre 2112 sur l’album éponyme en 1976. L’album, en dépit de l’indifférence de la maison de production, leur permet de percer aux États-Unis. Une tournée accompagne la sortie de l’album, avec comme point culminant les trois concerts donnés au Massey Hall à Toronto. Peart, qui avait rêvé de cet événement alors qu’il se produisait dans les bars du sud de l’Ontario, y est présenté par Lee comme le « professeur de batterie ».

Neil Peart retourne en Angleterre pour la tournée européenne de Rush, puis le groupe s’installe aux Rockfield Studios au Pays de Galles pour l’enregistrement de l’album suivant, A Farewell to Kings (1977), puis y retourne en 1978 pour la suite, Hemispheres, qu’ils écrivent entièrement dans le studio. L’enregistrement de cinq albums en quatre ans et les 300 concerts par an épuisent le groupe, qui décide d’avoir désormais une approche différente. Peart décrit cette période comme un « tunnel sombre ».

À partir de ce moment, la carrière de Neil Peart tourne presque exclusivement autour de Rush.

En 1992, Neil Peart est invité par la fille de Buddy Rich, Cathy Rich, à jouer à New York au Buddy Rich Memorial Scholarship Concert, un concert organisé pour offrir des bourses d’études à de jeunes batteurs. Bien qu’au premier abord il soit intimidé par la demande, il accepte et joue pour la première fois avec le Buddy Rich Big Band, mais part avec l’impression que sa performance laissait à désirer. Il décide alors de produire deux albums en hommage à Buddy Rich, intitulés Burning for Buddy: A Tribute to the Music of Buddy Rich en 1994 et 1997.

Début 1997, Peart et Cathy Rich recommencèrent à discuter d’un second concert en hommage à Buddy. Peart décide alors d’améliorer encore son style de swing en prenant des leçons, cette fois avec un autre élève de Freddie Gruber (en), Peter Erskine, lui-même professeur de Steve Gadd. Le 18 octobre 2008, Peart se produit au Buddy Rich Memorial Scholarship Concert à New York.

Juste après la fin de la tournée de Rush Test For Echo Tour, le 10 août 1997, sa fille unique, Selena Taylor de dix-neuf ans, meurt dans un accident de la route près de Brighton en Ontario. Jacqueline Taylor, sa femme depuis 22 ans, meurt d’un cancer seulement dix mois plus tard, le 20 juin 1998. Neil Peart affirme cependant que sa mort est le résultat d’un « cœur brisé » qui a engendré « un suicide lent par apathie. Elle n’en avait juste plus rien à faire. »

Dans son livre Ghost Rider: Travels on the Healing Road, Peart décrit comment il a annoncé à son groupe, lors de l’enterrement de Selena : « considérez-moi à la retraite ». Il prend ses distances pour faire son deuil et réfléchir. Il part alors pour un grand voyage à travers l’Amérique du Nord sur sa moto BMW, parcourant 88 000 km. Une fois son voyage terminé, Peart décide de retourner dans le groupe. Il écrit Ghost Rider: Travels on the Healing Road, une chronique de son parcours géographique et sentimental.

Pendant une visite à Los Angeles le photographe Andrew MacNaughtan, un ami de longue date, qui lui présente la photographe Carrie Nuttall qu’il épousera le 9 septembre 2000. En juin 2009, Peart annonce sur son site qu’ils attendent leur premier enfant. Olivia Louise Peart naît le 12 août 2009.

Début 2001, Neil Peart annonce qu’il est prêt à recommencer les enregistrements et les concerts. Rush sort en 2002 l’album Vapor Trails. Au début de la tournée associée à cet album, il est décidé par les membres du groupe que Peart ne participerait pas aux interviews quotidiennes organisées avec la presse locale de chaque ville visitée. En effet, il n’était pas nécessaire pour eux d’exposer Neil à un flux continu de questions à propos des événements tragiques de sa vie.

Depuis son retour dans le groupe, Peart a retrouvé une vie de musicien à plein temps. Le groupe sort un EP de reprises en 2004, Feedback, puis leur dix-huitième album Snakes & Arrows en 2007, tous suivis de tournées supplémentaires en 2004, 2007 et 2008.

Peart meurt le 7 janvier 2020 d’un cancer au cerveau, après trois ans et demi de lutte contre la maladie.

Neil Peart est mort le mardi 7 janvier 2020, à l’âge de 67 ans, d’un cancer du cerveau, à Santa Monica (USA, Californie).

10 juillet 2020

93 46ème HLM CAC G.BRASSENS 20 04 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 16 h 05 min

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pour cette 46ème nous recevions Sarah Lecoq maraîchère qui nous parle de son métier et pour la partie musicale PLUMP

 

Sarah Lecoq

Après dix ans de carrière en tant qu’employée fleuriste sur la commune de Mantes-la-Jolie, Sarah Lecoq rejoint son père en 2011 sur la ferme du Beauvoyer. Ce changement d’activité ne s’est pas fait du jour au lendemain, avant le rachat d’une partie de la ferme, elle a fait le choix de se former en intégrant un BPREA, maraîchage Biologique, au CFPPA de Bougainville. En vue du futur départ à la retraite de son père, son objectif est d’assurer la reprise de l’ensemble de la parcelle , tout en intégrant des techniques culturales respectueuses de l’environnement.

La majorité des tâches réalisées lors de nos 3 semaines de stage, se sont concentrées sur une partie bien précise de la ferme. Cette parcelle se situe dans la vallée alluviale de la Seine, entre l’A13 et la forêt de Rosny-sur-Seine. D’une surface de 30 ha, elle repose sur des sols limono-sableux avec des pointes d’argile allant jusqu’à 14%.

Sarah est en charge de la partie maraîchage diversifié, cet atelier de production comprend une serre avec six tunnels, un champ ainsi qu’un point de vente sur site.

Les espaces de culture en maraîchage diversifié se situent au pied d’un terrain avec une forte pente, appartenant à un voisin, agriculteur en conventionnel. Le ruissellement des eaux de pluie ont donc tendance à créer un phénomène d’érosion des sols.

Les cultures d’asperge et de fraise sont quant à elles cogérées avec son père et toute la famille Lecoq.

 

Provocatrice, elle lance un pari un peu fou : « Je veux reboiser le Grand Paris ». Sarah Le Coq le dit évidemment sur le ton de la rigolade mais il faut se méfier avec cette agricultrice installée à Rosny-sur-Seine : elle carbure à l’utopie. Elle vient de remporter un concours national agricole consacré aux « fermes d’avenir ». Grâce à l’enveloppe de 10 000 € allouée à ce concours, elle va planter plus de 4 000 arbres dans la plaine de Rosny, une commune proche de Mantes-la-Jolie, grignotée au fil des ans par l’urbanisation. « Initialement, c’est quelque chose que j’envisageais de faire sur vingt ans. Grâce à cet argent, ce délai sera ramené à deux ans », confie cette agricultrice de 35 ans, descendante de fermiers et de laboureurs depuis 1789.

Pour prendre de l’avance, elle a déjà commencé à repiquer plus de 2 000 végétaux au beau milieu de ses champs, en décembre dernier, avec l’aide de bénévoles et de membres de l’association d’aide à l’installation et à la gestion du maraîchage. La seconde corvée est prévue en septembre prochain. Tous ces arbres cohabiteront avec les milliers de légumes qu’elle cultive.

Le mot : permacultureConceptualisée à la fin des années 1960, la permaculture tient autant de la philosophie que de la technique agricole. Il s’agit de créer un modèle environnemental le plus autonome possible de manière à limiter au maximum l’intervention de l’homme. Exemple concret : l’accumulation, au fil des ans, des couches de compost va enrichir durablement le sol et l’agriculteur n’aura plus besoin d’utiliser régulièrement de l’engrais. Autre exemple, les poules, qui éliminent les insectes nuisibles et produisent des œufs. Ces interactions finissent par créer un équilibre qui crée de l’abondance et profite tant aux hommes qu’à la nature.

Installée à la sortie de Rosny-sur-Seine, au pied de la superbe forêt qui domine sa petite maison, Sarah Le Coq produit et vend tout au long de l’année 70 à 80 espèces de légumineuses. « La cohabitation est bénéfique pour les légumes, dit-elle. Un arbre apporte de la fraîcheur en été et de la douceur en hiver, il attire les oiseaux qui s’attaquent aux insectes, attire de nouvelles espèces, apporte de la matière organique grâce à ses racines et la décomposition de ses feuilles ». Bref, un engrais naturel, respectueux de l’environnement et qui favorise la biodiversité.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre du concept de permaculture, une forme d’agriculture respectueuse de la nature. Cette philosophie a également l’avantage de doper la production de légumes. D’ici 10 à 30 ans, selon leur pousse, Sarah Le Coq pourrait augmenter ses rendements de 10 à 20 % grâce à la cohabitation arbres-légumes. Un argument, pour elle, secondaire mais qui pourrait aider à convaincre les partisans de l’agriculture intensive…

Rosny-sur-Seine : Sarah Lecoq, l’agricultrice qui veut reboiser ses champs
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du concept de permaculture, une forme d’agriculture respectueuse de la nature. Cette philosophie a également l’avantage de doper la production de légumes. LP/M.G.

 

PLUMP : TRIP-HOP FRANCAIS QUI SORTIRA SON NOUVEL ALBUM MIRROR MIND EN DÉCEMBRE

 

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Les diverses inspirations musicales des membres du groupe PLUMP ont donné naissance à un projet de composition de musique TRIP-HOP. Des sons électroniques mêlés aux poèmes de HUGO MARTIN, comédien Américain, entraînent l’arrivée d’un premier album en décembre 2017, « MIRROR MIND« . La musique aux allures transcendantales, parfois sombre, fait de PLUMP un groupe à part, nous invitant à un voyage musical quasi mystique. Ils mélangent alors les Transes Acoustiques de la Basse et du Zarb à des Transes Electroniques et des textes Américains poétiques.

 

92 L’émission du CSPB 28 03 17

Classé sous CSPB — SQUALE @ 15 h 50 min

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DERNIER MARDI DU MOIS L’EMISSION DU COMITÉ DE SOLIDARITÉ DU PEUPLE BASQUE.

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91 45ème HLM CAC G. BRASSENS 21 03 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 15 h 48 min

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Pour cette 45ème nous recevions l’asso sur la monnaie locale et pour la partie musicale le groupe white foxies

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90 FREE PARTY 14 03 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 15 h 43 min

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COMPRENDRE LE MOUVEMENT DES FREE PARTY OU RAVE PARTY QUI SE DÉMARQUE DES CLUBS TECHNO AUTORISÉS

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89 JABUL GORBA 07 03 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 14 h 33 min

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On ne présente plus les Jabul groupe gypsy balkano swing punk. Ils fêtent leurs 20 ans, gros moment revival au CAC G Brassens.

 

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06/05/2018, Aveyron-12, Festival Metallorgie, plus d’infos à venir…
26/04/2018, Saint-Michel-sur-Orge-91, Taverne Gambrinus, plus d’infos à venir…
17/03/2018, Meaux-77, plus d’infos à venir…
10/03/2018, Genouilly-71(Chalon-sur-Saone), Concert Les Malfamés, info
09/03/2018, Bourgogne, Concert, plus d’infos à venir…
20/01/2018, Paris-75011, La Petite Maison, concert de soutien à l’ASMIE, info

01/12/2017, Mantes-78, CAC Georges Brassens, Concert de soutien à la ZAD
19/11/2017, Soulvache-44660, Le Papier Buvard
18/11/2017, Vers St-Brieux-22000, Festival Punk
20/10/2017, Issy-les-Moulineaux-92, Le Réacteur, avec Rumjack & 8-6 Crew
23/09/2017, Paris-75020, Undergrounde 2017 Annulé
02/09/2017, Marcoux-42, Fouilla’Fest + Lavach’ + Les coureurs de rempart
08/07/2017, Aubenas-07, Sk’Ardèche + Ludwig + les Sales Majestés + Banane Metalik
24/06/2017, Palaiseau-91, Festival la Pie Rock Annulé
17/06/2017, Paris-75004, la Fête de la Récup’
07/05/2017, Montreuil-93, le Chinois + The Gribitch Brothers
06/05/2017, Nemours-77, Festival Bingo Ratapouet !
22/04/2017, Val de Reuil-27, 10 ans de Culture en Brousse info
08/04/2017, Le Havre-76, What’s the Punk ?!? by CR47 Family Annulé
31/03/2017, Cergy Pontoise-95, le Printemps des Roulottes info
11/03/2017, Mantes la Jolie-78, CAC G. Brassens – Concert des 20 ans + la Pire Hour info
11/02/2017, Londres-Ang, Gypsy Disco Night
10/02/2017, Lewes-Ang, The Lamb
13/01/2017, Paris-75019, la Pena Festayres + Los Fastidios + Buffo’s Wake + …

 

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1 juillet 2020

EMISSION DU CSPB 30 06 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 21 h 12 min

ETA ROUGE DETOURE N

 

Retrouvez l’émission sur:

http://www.mixcloud.com/skuale/

ou

http://www.mixcloud.com/radiolibertaire/

Au sommaire de l’émission du Comité, Mikel Barrios militant livré par l’allemagne. Alors qu’il était sous contrôle judiciaire avec un CDI, intégré dans la vie associative. la justice le condamne à 5 ans de prison, avec obligation de se présenter à la prison de mont de marsan pour y être incarcéré. Jakès Esnal se voit refuser la liberté conditionnelle. Patxi Ruiz a cessé sa grève de la faim, Mattin Larbal militant de l’euskara et journaliste radio à Gure Irratia  L’implication de félipe gonzales du PSOE et le GAL. le rapport d’Etxerat.   

Le «commando français» de l’ETA jugé à Paris. Emprisonné en Espagne, le principal témoin à charge n’a pas été autorisé à participer au procès.

Par Sorj CHALANDON — 27 mai 1997 à 02:01

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 Le «commando français» de l’ETA jugé à Paris. Emprisonné en Espagne, le principal témoin à charge n’a pas été autorisé à participer au procès.

La cour d’assises spéciale de Paris, exclusivement composée de

magistrats professionnels, a un problème. Il s’appelle Henri Unai Parot, il est basque, appartient à l’ETA et purge actuellement la peine vertigineuse de 5 145 années de réclusion criminelle dans une prison espagnole. C’est lui, arrêté le 2 avril 1990 à l’entrée de Séville par la garde civile, qui a permis aux enquêteurs français de démanteler le «commando Argala» de l’ETA. Un groupe clandestin composé de Basques de nationalité française, tenu pour responsable d’une vingtaine d’attentats meurtriers commis en Espagne entre 1978 et 1989. Pour répondre de ces crimes, aujourd’hui dans le box face aux magistrats français, ils sont six. Filipe Saez, 38 ans, moine. Bixete Garcia, 42 ans, agent technico-commercial. Frédéric «Txistor» Haranburu, 43 ans, directeur commercial. Jakes Esnal, 46 ans, plombier. Jean-Pierre «Panpi» Erramundegi, 42 ans, chaudronnier. Et enfin Jon Parot, 46 ans, ancien gérant de société et frère d’Unai, le cinq cents fois condamné à vie. Les deux premiers reconnaissent les accusations. Les deux suivants se sont rétractés. Et jamais les deux derniers n’ont admis leur participation au «commando français». Le problème donc, c’est qu’Unai Parot, seul témoin à charge, n’est pas là. Le garde des Sceaux a officiellement souhaité qu’il soit extrait de sa prison espagnole et amené devant la cour d’assises mais, depuis sept ans, Madrid fait la sourde oreille.

Incident d’audience. «Je demande à la cour d’ordonner sa présence», lance Me Jean-François Blanco, avocat de la défense. Me Fando, elle, accuse les magistrats de siéger «expressément à la demande de l’Espagne pour condamner, pas pour juger». Le président Yves Jacob est très embarrassé. Interrogeant l’avocat général, il s’entend répondre: «Je ne fais pas de procès d’intention aux autorités espagnoles. Nous attendons simplement leur réponse.» Colère de la défense. Durant l’instruction, par quatre fois, trois juges d’instruction français se sont rendus en Espagne pour interroger le détenu. L’avocat appelle cela «coopération judiciaire à sens unique». Pour les avocats, la raison de la mauvaise volonté de Madrid tient à la façon dont les aveux d’Unai Parot ont été obtenus. Du 2 au 7 avril 1990, la garde civile de Séville s’emploie à faire parler le Basque. Il affirme avoir été torturé cinq jours et cinq nuits. Etouffement au sac plastique, supplice de la baignoire, centaines de coups répétés sur la tête, l’estomac, les testicules jusqu’à l’évanouissement. «Ils me soulevaient par les cheveux, me faisaient tourner, me mettaient les pouces derrière les oreilles, enfonçant les ongles, puis à nouveau le sac plastique.» Alors Parot donne le commando. Devant le juge, entouré de militaires il confirme qu’il est «tombé dans les escaliers». Son état est tel que le magistrat lui demande simplement de répondre aux questions «en remuant la tête». Selon l’avocat de Jon Parot, son frère, c’est pour que cette histoire ne soit pas répétée ici que le témoin est absent.

C’est aujourd’hui que le président Jacob doit statuer sur cette affaire. Hier, en attendant, il a ordonné la lecture de l’acte d’accusation. Longue litanie d’attentats, d’armes transportées, de matériel militaire, de mise à feu décrites avec le souci pointilleux de l’artificier. Et aussi, le défilé des victimes. Trente-huit morts. Des policiers, des militaires, des magistrats, un industriel, deux femmes, cinq enfants qui dormaient à la caserne de Saragosse. Face à ces terribles accusations, les Basques n’ont pas adopté de défense commune. Saez admet tout, prêt à être jugé sur sa part du drame. D’autres nient simplement. Si Unai Parot ne paraît pas, d’autres enfin ont prévu de se retirer des débats.

- Dix-neuf personnes, Basques et Bretons, qui avaient comparu les 25 et 26 mars pour association de malfaiteurs dans le cadre de l’ETA, ont été condamnées hier à des peines allant de dix ans de prison, pour Pedro Picabea-Ugalde, à de la prison avec sursis pour Yvonne Le Roux ou Paul et Marie-France Le Coq.

Sorj CHALANDON

 

Prisonniers : une chaîne humaine pour rompre le blocage à Paris

- Près de 600 personnes se sont mobilisées à Saint-Jean-de-Luz pour demander la libération de Jakes Esnal, dont la demande de libération conditionnelle est en cours d’examen. Un cas parmi d’autres qui illustre le blocage persistant du processus de résolution du conflit de la part du gouvernement français. Bake Bidea parle même de « sabotage ».

 

GOIZEDER TABERNA|2020/06/27 16:35|0 IRUZKIN

Le processus de paix est dans l’impasse et Jakes Esnal le vit de sa chair. Incarcéré depuis 1990, le militant luzien de 69 ans en est à sa deuxième demande de libération conditionnelle, passée en appel jeudi 25 juin. A l’audience, lui et son avocate se sont retrouvés face à un mur. C’est pour le briser que près de 600 personnes ont investi le pont reliant Saint-Jean-de-Luz à Ciboure ce samedi 27 juin. Une chaîne humaine organisée pour exiger du gouvernement français son implication dans le processus de paix.

 

Les dossards bleus imprimés sous le sceau du mouvement citoyen pour la résolution du conflit Bake Bidea et des Artisans de la Paix ont formé un épais cordon des deux côtés du pont. Suspendues du pont par une corde, deux personnes tiennent des fumigènes à la main. Le bruit de casseroles dépasse celui des moteurs de voitures, nombreux en cette heure avancée de la matinée. Une manière de se faire entendre avant le rendu des juges attendu pour le 24 septembre, concernant Jakes Esnal. La mobilisation lui donne des forces, un espoir, mais l’épouse du prisonnier incarcéré à l’Île-de-Ré, Maite Esnal, sent une certaine impatience. « Les gens en ont assez », souffle-t-elle.

 

 

 

Les manifestants ont formé une chaîne humaine pendant trois quart d’heures. © Bob EDME

 

En face d’elle, de l’autre côté de la route une banderole dit « ça suffit ! ». Après trente ans de prison, ici, on ne comprend pas que Jakes Esnal, mais aussi Frederik Haranburu, Ion Kepa Parot et Unai Parot soient encore détenus. Ils n’acceptent pas qu’on les condamne à mort. Les trois premiers ont une peine de perpétuité mais remplissent les conditions pour une libération conditionnelle. « Nous demandons des instructions générales adressées aux magistrats afin qu’ils tiennent compte des avancées réalisées dans le cadre du processus de paix », lance Anaiz Funosa la présidente de Bake Bidea.

 

Troisième demande de Xistor

 

A plusieurs reprises, les juges du tribunal d’application des peines ont accepté en première instance les demandes de ces prisonniers, mais à chaque fois, le parquet a opposé un appel, ignorant dans son argumentaire les pas franchis par l’organisation ETA. A l’audience de Mikel Barrios aussi, le 23 juin, la ligne du parquet était semblable et le tribunal l’a condamné à de la prison ferme. Ce lundi 29 juin, une délégation se rendra à la prison de Mont-de-Marsan, le jour où il y sera incarcéré. « Ce n’est pas le moment de remplir les prisons, mais de les vider ! » ont lancé au micro les intervenants, à la fin de la mobilisation, dans une place Louis XIV recouverte de bleu.

 

Ils ont appelé à maintenir la mobilisation, compte tenu de l’actualité à venir. Effectivement, en plus de la décision concernant Jakes Esnal, la demande de libération conditionnelle de Frederik Haranburu « Xistor » sera examinée par le tribunal d’application des peines le 9 juillet prochain. Après deux essais frustrés, cette troisième demande arrive dans un contexte sanitaire risqué pour ce prisonnier à la santé vulnérable.

 

L’indépendance du parquet

 

Sur le kiosque, deux intervenants ont repris les propos tenus par la garde des Sceaux le 24 juin, qui affirmait au sujet de l’indépendance du parquet : « Dans notre système français, c’est un système hiérarchisé pour les procureurs. (…) Le gouvernement détermine la politique de la nation, donc la politique pénale. C’est moi qui détermine la politique pénale sous l’autorité du Premier ministre, (…) et donc je peux donner des instructions générales aux procureurs généraux qui ensuite les répercutent. » Des déclarations qui provoquent une certaine incompréhension. « Pourquoi n’y a-t-il pas une instruction générale qui prend acte de la nouvelle situation au Pays Basque ? », demandent Bake Bidea et les Artisans de la paix. En face, on leur opposerait la séparation des pouvoirs et l’impossibilité pour le gouvernement de traiter les affaires au cas par cas.

 

Lundi 22 juin, la délégation du Pays Basque formée de représentants de la société civile et d’élus a rencontré le directeur adjoint au cabinet de la ministre de la Justice, Olivier Christen, remplaçant d’Hélène Davos. Comme elle, il a rempli auparavant la fonction de magistrat de liaison à Madrid. Le dossier basque ne lui est donc pas étranger. Prévu cet hiver, le rendez-vous avait été reporté en raison du Covid-19, mais les membres de la délégation ont tenu à le faire au plus vite. « Nous nous devions de le faire, d’abord pour lui faire part du ressenti au Pays Basque, et pour lui présenter l’analyse que nous faisons du manque de prise en main de ce dossier », explique Anaiz Funosa.

 

 

 

La prise de parole s’est terminée par des coups de casserole et des applaudissements. © Bob EDME

 

Engagées au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, les discussions avec la délégation ont permis le rapprochement des prisonniers hommes dans des établissements proches du Pays Basque, à Lannemezan et Mont-de-Marsan. Elles ont également conduit au retrait du statut de détenu particulièrement surveillé. Un processus salué publiquement par le président français en personne. Mais il semblerait qu’au plus haut niveau de l’Etat, on ne soit pas disposé à rompre avec la doctrine anti-terroriste. Bake Bidea craint que l’Etat ne soit en train de « saboter le processus de paix ».

 

Face à cela, les organisateurs de la mobilisation sont fermes, « le processus engagé doit aller jusqu’à son terme : il n’y a pas d’autres options ! ». Ils ajoutent : « Dans le respect de nos principes et de notre pluralité, il nous faudra engager une nouvelle stratégie pour casser le mur qui entrave le chemin ». Et que ce processus engagé en 2011 ne connaisse pas le sort de Sisyphe.

Jakes Esnal : décision connue le 24 septembre

L’appel du parquet contre la libération conditionnelle de Jakes Esnal a été examiné ce jeudi 25 juin. La chambre d’appel rendra sa décision le 24 septembre prochain. En attendant, il reste en prison.

« Nous avons la sensation que la décision est déjà rendue ». L’avocate Maritxu Paulus Basurco ne peut pas cacher sa déception après une longue audience dans laquelle la deuxième demande de libération conditionnelle de Jakes Esnal a été examinée. Durant trois heures, sa situation a fait l’objet de débats et pour la première fois, l’avocat des parties civiles était présent, à côtés du parquet général. La décision de Justice concernant le recours présenté par le parquet sera rendue le 24 septembre.

Alors que le tribunal d’application des peines de Paris avait accepté la libération conditionnelle de Jakes Esnal le 13 mars dernier, le parquet avait immédiatement fait appel. Un déjà vu dans le cas des prisonniers basques. Les juges acceptent la libération conditionnelle, mais le parquet ne change pas de direction et reste ancré sur sa position de maintenir coûte que coûte le prisonnier dans sa cellule.

Pour Maritxu Paulus Basurco qui défend Jakes Esnal accompagnée de Serge Portelli, le parquet général a été « très très agressif ». « Au niveau de la défense, nous avons senti un manque d’impartialité. Les éléments favorables du dossier ont été écartés et les défavorables ont été largement évoqués », regrette-t-elle. Le fait que la Justice rende sa décision si tard lui paraît également « un mauvais signe ».

Avec plus de trente ans d’incarcération, Jakes Esnal a actuellement 70 ans. Comme l’a déploré il y a quelques mois son avocate, si la chambre d’appel s’aligne sur les décisions prises précédemment, il ne sera plus possible de présenter un projet professionnel aussi bon que celui présenté aujourd’hui, lors d’une éventuelle nouvelle demande de mise en liberté. « Personne ne travaille à 73 ans ».

Les Artisans de la Paix et Bake Bidea ont appelé à se mobiliser ce samedi 27 juin à Saint-Jean-de-Luz pour demander la libération du prisonnier luzien. Une chaîne humaine organisée sur le pont Charles de Gaule reliera Saint-Jean-de-Luz à Ciboure à 11 heures.

 

Un parquet jugé « très agressif »

Cette mobilisation était le point d’orgue d’une semaine « qui illustre bien la réalité de cette impasse », ont estimé les organisateurs. Jeudi, la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Paris a étudié une demande de libération conditionnelle de Jakes Esnal, la deuxième formulée par ce prisonnier de 69 ans, ancien chef de l’ex-organisation armée séparatiste ETA, qui a passé le cap des trente ans en prison. La décision est attendue pour le 24 septembre.

« On a fait face à une attitude très agressive du parquet et de l’avocat général, les débats n’ont pas du tout été sereins. On a aussi senti un rapport totalement à charge et une attitude partiale des juges qui n’ont mis en avant que les points défavorables », a indiqué à son avocate Me Maritxu Paulus-Basurco, présente à la mobilisation.

Un territoire responsable

Deux jours avant, une délégation d’élus du Pays basque avait été reçue au ministère de la Justice pour soulever « l’attitude inacceptable du parquet national antiterroriste », qui avait notamment fait appel en mai de la décision du Tribunal d’application des peines de Paris, compétent en matière terroriste, de satisfaire la demande de libération d’Esnal.

« On a aussi rappelé à l’autorité publique que ce territoire a toujours su prendre ses responsabilités », a indiqué Anaiz Funosas, présidente de Bake Bidea. Outre Jakes Esnal, Mme Funosas s’insurge du sort réservé à Ion Parot et Frédéric « Xistor » Haramboure, détenus eux aussi depuis trente ans : « Assiste-t-on à une vengeance d’Etat ? Veut-on les faire mourir en prison ? ».

 

 

La demande de Jakes Esnal sur la table

Le tribunal d’application des peines se penche aujourd’hui sur le cas du prisonnier luzien Jakes Esnal. Bake Bidea attend du parquet un changement de position.

 

Organisé par Bagoaz à Saint-Jean-de-Luz pour demander la libération du prisonnier Jakes Esnal. ©Isabelle Miquelestorena

Sur le point d’entamer sa 31ème année d’incarcération, Jakes Esnal verra sa demande de libération conditionnelle étudiée par le tribunal d’application des peines de Paris, ce vendredi 13 mars. Lors de cette audience, le prisonnier basque sera informé de la date du délibéré.

 

Après le refus de la part du parquet antiterroriste d’autoriser le Luzien à participer à une marche rapide organisée par le centre pénitentiaire de l’Ile-de-Ré où il est détenu, ses proches sont vigilants. Ils sont inquiets par rapport à ce que le mouvement Bake Bidea, lui, appelle « un véritable acharnement », qui se traduit à chaque demande de libération conditionnelle par des réquisitions à charge.

 

Le mouvement citoyen pour la résolution du conflit réclame un changement de la part du parquet. « Jusqu’à aujourd’hui, le parquet antiterroriste s’est toujours positionné contre les demandes de libération conditionnelle des prisonniers basques. Nous exigeons qu’il se positionne en faveur de cette demande et qu’il change enfin de positionnement sur la question des prisonniers basques, afin que nous puissions continuer à faire avancer le processus de paix au Pays Basque », déclare-t-il dans un communiqué.

 

La première demande de libération conditionnelle présentée par Jakes Esnal a été refusée en 2016. La seconde devait être étudiée le 28 novembre, mais les juges ont accepté la demande du parquet de reporter l’audience au 13 mars, le temps que la Commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté (CPMS) étudie le dossier.

 

Pour dénoncer les peines de prison à vie qu’est en train d’infliger la Justice française à Jakes Esnal ainsi qu’à Frederik Txistor Aranburu et Ion Kepa Parot, tout trois condamnés à la perpétuité, Bake Bidea a réitéré son appel à participer à des mobilisations le 8 avril. En ce jour anniversaire du désarmement d’ETA, plusieurs rendez-vous seront organisés sous le slogan « Accomplir sa peine jusqu’à la mort ? 30 ans ça suffit ! ». Le mouvement lance un appel à bénévoles pour l’organisation de ces manifestations.

 

Le journaliste de la la radio Gure Irratia est décédé. Il fut l’un des grands artisans du média en langue basque et militant inlassable de sa langue.

Le groupe des radios bascophones Euskal Irratiak a annoncé, mardi 2 juin, le décès de Mattin Larzabal. Journaliste incontournable au Pays basque pendant trois décennies, il fut un pilier de l’antenne de Gure Irratia et contributeur de l’hebdomadaire « Herria », un fervent défenseur de l’euskara, la langue basque.

 

Grand militant de la langue 

Mattin Larzabal était déjà présent à la fondation de Gure Irratia. Son actuelle responsable de la programmation, Oiana Daguerre, évoque la naissance de la station, « le 24 décembre 1981 au soir. Dès janvier 1982, Mattin est devenu journaliste totalement bénévole de la radio. Elle n’avait pas d’aides donc pas encore la possibilité de verser des salaires. Mattin était bénévole à temps plein pour la radio, il a donné beaucoup de son temps. » Et quand Gure Irratia a pu le salarier à mi-temps, « il a continué de travailler à temps plein ». 

Oiana Daguerre raconte ces premiers temps, car ils disent l’engagement de Mattin Larzabal. « C’était un  militant de la langue. Et la radio était un acte militant de la langue. Il faut savoir que, dans les années 1970, Mattin enseignait le basque au sein de l’association Mendiberri. À l’époque, AEK n’existait pas. » Enseignant bénévole, toujours. « Beaucoup de bascophones ont appris la langue avec lui. »

Pilier de la radio

Et quelque générations de journalistes les rudiments du métier. « Il nous a beaucoup formés. Il faisait tout : reporter sur le terrain, il présentait le journal… » Qui au Pays basque n’a jamais rencontré cet homme affable et d’une grande culture, micro en main, sur les événements qui font la vie d’ici ?

« Il donnait l’information de proximité, il était très proche des auditeurs. Quand ils avaient une information à confier, il appelaient Mattin avant d’appeler la radio. Après son départ en retraite, en 2012, les gens ont longtemps continué à l’appeler. ‘Mattin n’est pas là ?’ » 

Prix Rikardo Arregui

Le prix Rikardo Arregui était venu saluer la fin de sa carrière. Ce prix porte le nom du journaliste précurseur du mouvement de réappropriation de la langue basque sous la dictature de Franco. 

Journaliste, militant de la langue et sensible à toutes les questions qui traversent le Pays basque, il avait notamment, au début des années 1970, participé à la grève de la faim pour défendre les « réfugiés basques » engagés contre le franquisme. Toute sa vie, Mattin Larzabal fut aussi un homme de foi, impliqué dans les associations paroissiales. 

Mattin Larzbal a été emporté par la maladie à l’âge de 69 ans. Il laisse dans la peine son épouse, deux filles, un fils et ses petits-enfants. La date des obsèques n’est pas encore connue.

Hommage de gure irratia

Nous sommes profondément attristés d’apprendre que Mattin Larzabal, qui travaille pour Gure Irratia depuis 30 ans, est décédé le 2 juin. Il a pris sa retraite en 2013, ce 26 juin, à l’âge de 70 ans.

Il a fondé gure irratia et a commencé à travailler deux ans plus tard. Comme il l’a déclaré à Berria , il a donné « bien plus que ce que Lanak a demandé » pour la radio, pour le journalisme en basque. Il a reçu la mention honorable dans le prix Rikardo Arregi de journalisme 2012.

Mattin était un collègue, un modèle et un ami à vous.  »Dans un endroit préféré, pas de pente » comme tu l’as fait dans nos vagues. Nous continuerons de céder la place à vos paroles. Merci de l’avoir apporté.

En juin 2013, il a été invité par Xan Beyrie et Arantxa Idieder à la session de Goiz Berri, avec seulement trois jours avant de pouvoir prendre sa retraite pour travailler (son).

Pays-Basque : Patxi Ruiz met fin à la grève de la faim qu’il menait depuis 31 jours

Mercredi 10 juin, Patxi Ruiz a mis fin à la grève de la faim qu’il menait depuis 31 jours. Patxi Ruiz avait entamé une grève de la faim et de la soif (il avait accepter de boire à nouveau au bout de 12 jours) pour exiger son retour dans le module 8 de la prison de Murcia. Il avait, en effet, été transféré vers un autre module afin de le séparer d’autres prisonniers politiques par un gardien d’extrême-droite qui l’a menacé (voir notre article). Hospitalisé depuis le 21 mai, il devait être transféré au module 10 de la prison, mais cela n’a pas encore été confirmée.

 

Pays-Basque : Un prisonnier basque s’auto-mutile pour protester contre les exactions d’un gardien fasciste

 

Lundi 30 décembre, Patxi Ruiz, un ancien membre de ETA emprisonné à la prison de Murcia II, s’est automutilé en se coupant les bras avec un objet pointu pour protester contre  l’attitude d’un gardien fasciste à l’égard des prisonniers politiques basques et des prisonniers arabes qu’il harcèle, menaces ou frappe. Patxi Ruiz tient à préciser que cette action est une protestation politique, qu’elle n’a été motivée ni par la dépression, ni par le désespoir, mais qu’elle est bien une forme de lutte. Suite à ces blessures, il a été transporté à l’infirmerie où il a reçu 12 agrafes. Pour rappel, il purge une peine de trente ans de prison pour avoir exécuté, en 1998, un conseillé de l’UPN à la mairie de Pampelune

 

Le prisonnier politique basque Mikel Barrios transféré à la prison d’Osny

ETXERAT. Le prisonnier politique basque Mikel Barrios a été incarcéré le 15 décembre dernier à la prison d’Osny (970 km) après avoir été remis à l’État français par les autorités allemandes.

Mikel Barrios condamné à cinq ans de prison

Mikel Barrios a été jugé pour appartenance à ETA ce mardi 23 juin à Paris. Le tribunal correctionnel l’a condamné à cinq ans de prison et une interdiction du territoire français pendant dix ans. Il doit se rendre en prison le 29 juin prochain.

 

IURRE BIDEGAIN|23/06/2020|0 COMMENTAIRES Guz_rassemblementmikelbarrios_itsasu_gfauveau-1Mobilisation organisée à Itxassou en soutien à Mikel Barrios. ©Guillaume Fauveau

« Pour être totalement franche, je suis tombée des nues ». Xantiana Cachenaut, l’avocate de Mikel Barrios, ne s’attendait pas du tout à une peine aussi dure, qui « est absolument dénuée de tout sens ». Le militant d’Iruñea a été jugé à Paris ce mardi 23 juin pour appartenance à ETA. Le tribunal correctionnel l’a condamné à cinq ans de prison avec exécution provisoire, ainsi qu’une interdiction du territoire français pendant dix ans. Il doit se rendre à la prison de Mont-de-Marsan le 29 juin.

 

« En dehors des réquisitions du parquet, pour un juge, priver quelqu’un qui a respecté son contrôle judiciaire, qui a un emploi en CDI, le priver de la possibilité d’aller en appel de manière libre, c’est quelque chose de vraiment hallucinant », déplore-t-elle. « Aucun argumentaire de la part du Parquet. Aucune justification de la sévérité de sa réquisition », s’étonne Maître Cachenaut. Cela fait presque deux ans que Mikel Barrios a été libéré sous contrôle judiciaire. Depuis octobre 2018, il est soumis à des mesures, telles que la signature au commissariat deux fois par semaine. Emprisonné en 2017 à Berlin et transféré dans l’Hexagone peu après, le procureur s’était positionné contre sa libération sous contrôle judiciaire.

 

L’avocate a défendu son client en demandant la relaxe, rappelant entre autres l’abandon de la lutte armée d’ETA ou la déclaration d’Aiete, moment politique important pour le processus de paix au Pays Basque. « J’estime, d’un point de vue juridique, que pour être condamné pour appartenance à une organisation terroriste, il faut avoir l’intention de participer à une organisation terroriste. C’est même essentiel dans la qualification juridique. Alors que l’organisation a abandonné la lutte armée, les éléments intentionnels de l’infraction indispensables pour la condamnation n’existent pas », explique-t-elle.

 

L’avocate avait également demandé que l’interdiction du territoire demandée par le Procureur ne soit pas prise en compte. En effet, depuis sa libération, Mikel Barrios vit et travaille au Pays Basque Nord. Avec dix ans d’interdiction du territoire français, elle n’a pas été entendue.

 

Les réquisitions du parquet ont duré entre cinq et dix minutes. Il a requis une condamnation de six ans de prison et une interdiction définitive du territoire français contre Mikel Barrios. Selon l’avocate, il a versé des éléments de procédure assez récents, évoquant la découverte de caches sur le territoire français, dont certaines découvertes très récemment. « Il a requis que l’organisation n’avait pas restitué toutes les armes et n’était pas sincère dans ses déclarations ». Des propos maintes fois répétées par le Parquet lors des derniers procès. Le procureur a dénoncé « l’attitude des militants qui ne change pas », notamment le silence de Barrios sur les faits qui lui sont reprochés, soit ses empreintes dans différents véhicules volés. Le Procureur a indiqué tenir compte des éléments d’intégration, et aussi du fait que le militant s’était présenté à son procès : c’est la raison pour laquelle il n’a pas demandé à ce que Barrios soit interpellé ce soir-même.

 

Le procès contre le militant a fait l’objet d’un rassemblement de soutien organisé à Itxassou. Le rendez-vous organisé par l’association Elkartasuna ta Laguntza a exprimé sa solidarité envers le militant basque et aussi rappelé le contexte actuel du Pays Basque. Elle rappelle que la société civile ainsi que les acteurs politiques et institutionnels ont montré leur engagement envers le processus de paix.

Mikel Barrios : “Lundi, je rentre en prison”

https://www.mediabask.eus/fr/info_mbsk/20200626/mikel-barrios-lundi-je-rentre-en-prison

Il a été interpelé en Allemagne en 2017, puis remis aux autorités françaises. Après avoir été incarcéré pendant un an, ce Navarrais de 32 ans a été libéré sous contrôle judiciaire. Le 23 juin, il a été condamné à une peine de cinq ans de prison pour son appartenance à ETA, peine qu’il devra effectuer à la prison de Mont-de-Marsan et qu’il débute ce lundi 29 juin.

 

MEDIABASK|2020/06/26|0 IRUZKIN

Vous attendiez-vous à une telle décision de justice ?

 

Mikel Barrios : Pas du tout. Je m’attendais à être condamné. L’importance de la peine ne m’a pas non plus étonné, mais je ne pensais pas devoir accomplir de la prison ferme. La phase d’instruction s’était bien déroulée, la position du juge d’instruction n’avait rien à voir avec celle maintenue par le procureur et le juge. Cela a été très violent.

 

Le procureur a-t-il remis en cause le processus de paix ?

 

Dans mon cas, le procès a été très marqué. On m’a transféré à Paris avec un mandat d’arrêt européen, le cadre du procès était donc très précis. La façon de poser les questions était violente. Même si nous essayions d’expliquer que le désarmement avait bien eu lieu, ils affirmaient que les membres d’ETA n’avaient pas changé et que [l’organisation] n’avait pas rendu toutes les armes… Ils mettent en doute ce qu’ici tout le monde reconnaît, c’est-à-dire qu’ETA s’est désarmée et qu’elle s’est dissoute. Je pense que le juge d’instruction n’a pas conduit l’instruction dans le sens du procès auquel j’ai assisté et que la logique employée tout au long de l’instruction a été rompue. Malgré cela, même si on ne nous a pas entendus, je suis serein, satisfait du travail que nous avons réalisé. Nous avons présenté le contexte politique et la situation actuelle.

 

Au niveau personnel, tout cela m’a remué. Lundi, je rentre en prison. Lorsque je l’avais quittée, je l’avais fait avec le bracelet électronique. Je l’ai gardé six mois. Au début, on me laissait sortir uniquement pour aller au travail, puis peu à peu, j’ai eu droit à des sorties et dernièrement, une fois avoir retiré le bracelet électronique, je ne devais plus qu’aller signer à la Gendarmerie. J’avais réussi à avoir une vie stable et à me poser, je devais m’habituer à ma nouvelle vie. Psychologiquement, cela n’a pas été facile, après tant de temps hors du Pays Basque, puis la prison, il y a eu l’accumulation de toutes ces tensions. A partir de maintenant, on va voir… Maintenant, je suis chamboulé, mais je pense que cela va passer, car j’étais arrivé à me sentir bien et j’ai envie d’aller de l’avant.

 

Votre mise en liberté sous contrôle judiciaire et votre parcours réalisé depuis s’inscrivent dans un processus de resocialisation. Or, la peine que vous avez reçue ne semble pas en adéquation avec ce principe…

 

Pas du tout. Je vis à Itxassou, je me suis impliqué dans des associations, dans la préparation de différents projets avec les Itsasuar, comme par exemple les géants. Je me suis intégré dans le village. Au travail aussi. En sortant de la prison, j’avais un contrat à durée déterminée, il a été renouvelé deux fois, et le jugement est tombé lorsqu’on venait de m’accorder un contrat à durée indéterminée. Pendant le procès, ils n’ont pas tenu cas de tout cela. Il est clair que malgré tout ce qu’ils disent, la prison ne permet pas la resocialisation. Je dirais même le contraire.

 

Ces dernières années, des pas importants ont été franchis dans la résolution des conséquences du conflit, mais à ce jour, un blocage persiste. Pensez-vous que votre procès aura des conséquences ?

 

Oui. Au lieu d’aider le processus ou d’apporter leur contribution, ils [le juge et le parquet, ndlr.] vont dans le sens contraire. La décision prise me concernant suit la ligne maintenue par l’Etat jusqu’à ce jour. Ils ont rapproché les prisonniers basques, des petites avancées ont été réalisées, mais dans l’ensemble, ils ont travaillé dans le sens inverse, et mon cas n’est qu’un cas parmi d’autres. Je ne sais pas ce qu’ils cherchent… Veulent-ils la guerre ?

 

Les mobilisations et l’accumulation des forces obtenues jusqu’à présent sont-elles suffisantes ?

 

Clairement non. Il y a des avancées, de bonnes avancées, mais cela ne suffit pas, puisque nous n’arrivons pas à lever le blocage. Je pense que nous devons aller plus loin, rendre possibles des accumulations de forces plus importantes, mobiliser encore plus, activer les gens, le travail dans les municipalités… En faisant converger tout cela, je pense que nous pourrions obtenir plus que ce que nous avons. Nous sommes sur la bonne voie, mais malheureusement, cela ne suffit pas.

 

Allez-vous faire appel de la décision judiciaire ? Avez-vous une chance de bénéficier d’une libération ?

 

Oui, nous comptons déposer un recours au plus vite pour contester la peine de cinq ans de prison et l’interdiction de territoire de dix ans. Parallèlement, nous allons déposer ma demande de libération afin que je puisse être libre le temps de la procédure d’appel, car cela n’a pas de sens de me garder en prison… J’ai rempli toutes les mesures. De ce côté-là, ils n’ont pas d’argument. C’est pourquoi il est incompréhensible qu’on me garde en prison avec cet appel.

Pays-Basque/Espagne : Des documents déclassifiés de la CIA montrent l’implication de Felipe Gonzalez dans la création du GAL

Président du gouvernement[modifier | modifier le code]

 

Felipe González en 1986.

Il devient Président du gouvernement à l’issue des élections générales de 1982, qui avaient vu l’UDC s’effondrer, et conserve cette fonction durant quatre mandats (1982-19861986-19891989-1993 et 1993-1996).

Durant ses mandats, il conjugue réformes économiques libérales (privatisations, faibles impôts pour les entreprises) et réformes sociales (extension de la sécurité sociale) qui favorisent l’investissement mais déboucheront sur une grave crise économique dans ses dernières années de pouvoir, générant un taux de chômage de plus de 20 % et une forte augmentation de la dette. Il est l’un des promoteurs de l’Exposition universelle de Séville et des Jeux olympiques de Barcelone, deux manifestations qui se déroulent en 1992, et fait adhérer l’Espagne à la Communauté économique européenne. En 1993, il est lauréat du Prix International Charlemagne.

Son administration est secouée entre 1994 et 1995 par plusieurs scandales de corruption, conduisant à la démission du ministre de l’Intérieur, du ministre de l’Agriculture et de plusieurs ténors du PSOE2. Le chef de la Garde civile (qui témoignera longuement contre González3) et le gouverneur de la Banque d’Espagne4 sont à leur tour emportés par des affaires de détournements de fonds. Felipe González est quant à lui soupçonné par la justice espagnole d’être l’instigateur des Groupes antiterroristes de libération, des escadrons paramilitaires clandestins qui se livraient, y compris en France, à des exécutions extrajudiciaires de membres de l’ETA ou de militants indépendantistes basques5. Dans cette même affaire, José Barrionuevo (ministre de l’Intérieur entre 1982 et 1988) et un secrétaire d’État sont condamnés à des peines d’emprisonnement, tandis que la culpabilité de Felipe González ne peut être prouvée6. Plusieurs policiers condamnés pour des actes de torture sont graciés par son gouvernement7.

En juin 2020, la CIA déclassifie des informations confirmant que Felipe Gonzalez a autorisé la création des Groupes antiterroristes de libération8.

 

Des documents déclassifiés de la CIA confirment que Felipe González, président socialiste du gouvernement espagnol de 1982 à 1996 a approuvé la création des “Groupes antiterroristes de libération” (GAL). Il s’agissait d’un escadron de la mort constitué pour combattre ETA en dehors de tout cadre légal, essentiellement en assassinant des militants suspectés d’en faire partie. Le rapport déclassifié de la CIA indique que le gouvernement espagnol “semble déterminé à adopter une stratégie peu orthodoxe vis-à-vis de l’ETA”. Après une phrase censurée, l’agence écrit que “González a accepté la formation d’un groupe de mercenaires, contrôlé par l’armée, pour lutter contre les terroristes en dehors de la loi”. Après une autre phrase censurée, il a ajouté que “les mercenaires ne seraient pas nécessairement espagnols et auraient pour mission d’assassiner les dirigeants de ETA en Espagne et en France”. Plus d’infos ici.

 

Entre décembre 1983 et juillet 1987, une trentaine d’assassinats sont commis en France. La nouvelle coopération “antiterroriste” entre la France et l’Espagne, suivi d’une vague d’expulsions de militants basques réfugiés en France, va accélérer la disparition des GAL. Au cours des années suivantes, tout est fait pour éviter le grand déballage sur cette «guerre sale». De Bayonne à Bordeaux, la plupart des enquêtes judiciaires s’enlisent, quand elles ne sont pas directement freinées par le pouvoir politique. Les rares procès qui ont finalement lieu en France aboutissent uniquement à la condamnation de lampistes, malgré la mise au jour de complicités au sein de l’appareil policier français. «La raison d’Etat prime sur tout», justifie alors le procureur de Bayonne.

25 septembre 1985, quatre militants basques sont assassinés à l’hôtel Monbal, à Bayonne

03/06/2020

Espagne : La Cour Suprême interdit l’usage des drapeaux non-officiels sur les édifices publics.

La Cour Suprême espagnole a rendu un arrête interdisant l’usage des drapeau non-officiels sur l’extérieur des bâtiments publics. Cet arrêt fait suite à une affaire datant de 2016 dans laquelle le conseil municipal de Santa Cruz de Tenerife demandait le droit d’arborer le drapeau national des îles Canaries. En 2017, la Cour supérieure de justice des îles Canaries avait statué en faveur du conseil municipal, considérant l’utilisation du symbole officieux comme un fait parfaitement envisagé dans le cadre de la légalité Institutionnel espagnol. Malgré cela, le procureur de l’État a fini par interjeter appel de la décision, qui a maintenant été confirmée par la Cour suprême, qui a infirmé la décision précédente. L’usage des drapeaux LGTBI et indépendantistes, parfois arboré par les mairies, est donc désormais interdit.

Espagne: le point sur le camarade anarchiste emprisonné Gabriel Pombo Da Silva

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15.06.2020: Jeudi 11 juin dernier, la Cour provinciale, le tribunal au pied de la pyramide judiciaire en Espagne, a démontré son pouvoir inquisitoire en rejetant la demande d’annulation de l’OEDE (mandat d’arrêt européen) qui renvoyait notre camarade à les cachots de l’État après trois ans et demi de liberté.

Après un an et demi de clandestinité, Gabriel a été arrêté le 25 janvier dernier en territoire portugais à la suite de l’OEDE susmentionnée émise par le tribunal n ° 2 de Gérone (en particulier par le juge Mercedes Alcázar Navarro), avec l’intention qu’il purgerait encore 16 ans de prison comptés comme une peine résiduelle (réponse à la plainte pour malversation contre le juge pour avoir caché l’ordonnance de libération immédiate de Gabriel en juin 2016, qui a retardé sa libération, ce juge a mis en branle sa propre revanche! ).

Après trois mois et demi de détention provisoire (mois durant lesquels il était clair que le Portugal s’était soumis à la pression du tribunal de Gérone n ° 2 et que les règles européennes qui auraient permis la libération de notre camarade n’avaient pas été appliquées) , le 12 mai, il a été remis aux autorités espagnoles et se trouve actuellement à la prison de Badajoz (Estrémadure).

La demande d’annulation de l’OEDE a été légitimée par l’illégalité de la demande, qui a été émise en violation totale du «principe de spécialité»: l’un des principes fondamentaux du droit communautaire qui établit l’interdiction d’exécuter une peine antérieure à celle pour d’extradition (en vertu de ce principe, Gabriel a été libéré en 2016 n’ayant plus à purger aucune peine antérieure). Sur le plan politique, la Cour provinciale, qui, il y a quelques jours, était d’accord avec le juge Navarro, est la même que celle d’il y a quatre ans, a confirmé notre collègue confirmant sa libération (!! ?? !!).

Entre-temps, le régime FIES [Fitxers d'Interns d'Especial Seguiment - Détenus sous Observation Spéciale] a été appliqué à Gabriel, spécifiquement FIES 5, créé pour les détenus avec des «caractéristiques spéciales» (qui doivent faire, pour citer quelques exemples) , avec crime international, violence de genre ou à caractère raciste ou xénophobe, crimes très graves qui ont provoqué une grande alarme sociale, terrorisme islamiste, fanatisme radical lié à l’idéologie terroriste…!? !!). Au sein du régime de la FIES, il a obtenu le 2e degré (auparavant il pouvait accéder aux avantages de la prison, bénéficier de permis et même de probation), et l’intervention de toutes les communications (les lettres sont ouvertes et lues, les visites sont enregistrées).

Depuis qu’il est à la prison de Badajoz, à part 5 petites cartes postales qui lui ont été remises quelques jours après son arrivée, notre camarade n’a reçu aucune correspondance malgré les nombreuses lettres et plusieurs livres qui lui ont été envoyés… Rien nouveau sous le soleil de l’isolement et de la répression! Tout cela représente une contradiction visant à le provoquer … le message est: « vous n’êtes plus l’ennemi public numéro un mais vous êtes encore assez dangereux, surtout au niveau idéologique … si vous vous comportez bien nous vous donnerons des opportunités ».

Maintenant qu’il a été «classé» et que le tribunal susmentionné a prononcé sa sentence, nous savons que les ressources juridiques pour que Gabriel puisse goûter à nouveau à la liberté seront bientôt épuisées; dans peu de temps, il sera transféré dans une autre prison. L’avocat fera tous les appels nécessaires jusqu’à ce que cette longue bataille soit gagnée.

Gabriel est bien et fort comme toujours… il envoie un gros câlin à toutes les personnes partageant les mêmes idées et les soutenant.

La solidarité est une arme… utilisons-la… de manière sérieuse et intelligente!

Liberté pour Gabriel!
Camarade, vous n’êtes pas seul!
Liberté pour tous!
Vive l’anarchie!

Écrivez à Gabriel:

Gabriel Pombo Da Silva
Centro Penitenciario Badajoz
Carretera de Olivenza, Km 7.3
06011 Badajoz
ESPAGNE

 

 

Poursuivi pour avoir dénoncé le nom du quartier “La Négresse”

Essayiste et fondateur de l’association “Mémoires et partages”, Karfa Sira Diallo sera jugé pour rébellion le 3 décembre prochain au tribunal de Bayonne. L’activiste est poursuivi pour avoir dénoncé en public le nom de l’un des quartiers les plus connus de Biarritz, jadis appelé Harrausta, connu depuis la fin des années 1980 jusqu’à nos jours sous le nom de La Négresse.

 

MAITE UBIRIA|2020/06/12|IRUZKIN 1 Diallo1L’association fondée par Karfa Sira Diallo veut sensibiliser le public à l’histoire coloniale de la Nouvelle-Aquitaine.

Essayiste et fondateur de l’association Mémoires et Partages, Karfa Sira Diallo est né en 1971 à Thiaroye (Sénégal) et réside à Bordeaux. Militant reconnu « contre les esclavagismes d’hier et d’aujourd’hui », il est aujourd’hui poursuivi pour avoir souhaité sensibiliser le public à son combat, à la veille du sommet du G7 en août 2019.

 

L’audience, initialement prévue le 23 janvier, a été reportée au 3 décembre prochain, en raison de la crise du coronavirus, après avoir été une première fois repoussée en raison de la grève des avocats contre le projet de réforme des retraites. L’objectif de Karfa Sira Diallo est que ce procès serve à attirer l’attention sur son combat : redonner au quartier de La Négresse son nom basque initial, Harrausta, ou du moins apposer un panneau pour expliquer le choix du nom La Négresse attribué par la ville de Biarritz en 1986.

 

Quand votre association a-t-elle décidé de lancer une campagne pour dénoncer le nom de ce quartier populaire de Biarritz ?

 

Il y a quelques années de cela, nous avions envisagé de faire un déplacement à Biarritz, lors des fameuses fêtes de La Négresse. Nous souhaitions attirer l’attention des habitants sur ce nom-là, qui véhiculait une sorte d’humiliation inadmissible et inacceptable aujourd’hui. Mais on n’avait pas pu le faire.

 

Comment vous êtes-vous décidés à passer à l’action à deux jours du sommet du G7, le 22 août 2019 ?

 

Nous savions que les conditions sécuritaires étaient draconiennes, donc on s’est dit qu’on allait essayer d’y aller deux jours avant. Nous avions l’idée d’intervenir à la gare de Biarritz, car elle s’appelle la gare La Négresse. On avait pris nos billets de train. On s’est dit qu’on passerait une heure, une heure et demie à la gare de Biarritz pour sensibiliser les gens puis rentrer à Bordeaux pour se mettre à l’abri de cette sécurité absolue. Quand nous sommes arrivés, nous nous sommes positionnés devant la gare avec un petit dispositif, des affiches, des flyers, une sono… et on a commencé à distribuer nos tracts.

C’est là que la police vous a interpellés. Comment cela s’est-il passé ?

Il y avait en face de nous un dispositif du G7. Mais nous ne troublions pas l’ordre public. On n’était que cinq, six membres de notre association. C’était bon enfant. On pensait vraiment que cela ne poserait pas de problème. Quinze minutes après avoir commencé, la police est arrivée, extrêmement tendue. D’abord on m’a pris le micro. Ils m’ont demandé mes papiers, que j’ai remis. Et puis très rapidement, ils ont décidé de m’interpeller, en me prenant de force et m’emmenant sur les quais de gare. Une fois que je n’ai plus été à la vue du public, quatre ou cinq policiers m’ont plaqué au sol. Ils m’ont vraiment jeté au sol. Ils se sont assis sur moi, ils m’ont menotté et m’ont signifié ma garde à vue. Ils m’ont envoyé au commissariat de police de Bayonne où j’ai été placé en garde à vue pendant 24 heures.

La police vous a pourtant accusé de violence à l’égard de l’autorité. Qu’avez-vous pensé lorsque le juge vous a annoncé que vous seriez jugé pour rébellion ?

 

Ce moment a été très douloureux et très violent. L’arrestation elle-même était très violente, vraiment. Avoir cinq policiers sur vous qui vous menottent, c’est quelque chose qui peut mener à la mort… Je dis souvent que si j’avais le cœur fragile, j’aurais pu y passer. Ensuite, la garde à vue est une expérience sordide. Je n’étais pas seul dans la cellule, il y avait beaucoup de jeunes ce jour-là, qui avaient été arrêtés souvent pour rien, qui pleuraient… Moi je poursuivais un combat, mais malgré tout, de se retrouver dans ce couloir froid et inhumain de la répression, c’est quelque chose d’extrêmement douloureux. Il y a un sentiment d’humiliation, de honte et de doute sur la justesse de votre action et de votre combat.

 

Vous êtes convoqué au tribunal le 3 décembre. Quel message comptez-vous faire passer lors de cette audience ?

 

Pour nous, cette interpellation brutale, violente, injustifiée et cette mise en garde à vue sont une bêtise sécuritaire de la police. Et cette bêtise va servir, je crois, le combat que nous sommes nombreux à mener. Par la façon dont on nomme les choses, les gens, les rues… On véhicule un message qui est politique, un message de civilisation, quelque part. Pour nous, ce sera le procès de La Négresse.

 

Vous revendiquez le nom basque d’origine de ce quartier, puisque cette zone de Biarritz était connue sous le nom d’Harrausta.

 

Ce quartier s’appelait Harrausta, qui veut dire un endroit poussiéreux, sale. C’était un nom basque qui avait toute sa dignité. En 1986, la municipalité a décidé d’enlever le nom basque et de garder le nom La Négresse. Donc on commet une injustice en enlevant le nom authentique que les ancêtres de ces gens ont donné à cette ville, et on prend un nom ouvertement péjoratif avec une intention exotique. Ça fait exotique, il y a quelque chose de l’ordre de l’inconscient colonial. Nous souhaitons que ce quartier reprenne le nom d’Harrausta, ou bien au pire, qu’il continue de s’appeler Harrausta-La Négresse. Notre position, c’est de dire qu’il faut des panneaux explicatifs.

 

Dans la ville où vous habitez, Bordeaux, il y a des exemples de rues portant le nom d’armateurs de navires qui servaient à la traite des esclaves ou pour le commerce colonial.

 

Cela fait dix ans qu’on a lancé une campagne sur les rues de négriers à Bordeaux. Et ça y est, la ville de Bordeaux a inauguré des plaques explicatives sur six rues. Je pense que c’est un exemple dont Biarritz peut s’inspirer pour tourner cette page-là. On peut mettre un panneau explicatif qui raconte l’histoire de ces femmes noires. Car elles ont vécu des triples peines. Elles sont discriminées parce qu’elles sont femmes, noires, pauvres et en plus d’après ce que l’on sait, « La Négresse » était une prostituée. Il est important de pouvoir redonner sa dignité à cette femme-là qui a souffert, et faire que ce panneau puisse dire que cette femme a une histoire. Dire aussi que la ville de Biarritz est engagée contre le racisme, contre la discrimination. Cela règlerait vraiment le problème.

 

Jusqu’à maintenant, les autorités municipales ne se sont pas montrées très réceptives à cette demande…

 

Effectivement, on s’est rendu compte que les autorités sont totalement insensibles à cette demande de justice. Je n’ai pas vraiment d’explication. Il est vrai que nos élus sont souvent ignorants de leur propre histoire. Peut-être n’y a-t-il pas eu de pédagogie suffisante. C’est ce que nous souhaitons faire. Je pense qu’on peut les convaincre, de la même façon que nous avons réussi à convaincre la ville de Bordeaux, au bout de vingt ans. Je pense qu’avec Biarritz, cela prendra moins de temps et que ce procès va accélérer la prise de conscience des habitants du quartier et des autorités.

 

 

25 juin 2020

HOMMAGE AUX ARTISTES DCD DEPUIS JANVIER 2020 2ème VOLET 23 06 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 20 h 44 min

autocollant 1

 

Hommage aux artistes, interprètes, chanteurs, musiciens DCD depuis le 1er janvier 2020. L’idée est venue à la suite de la disparition de musiciens que j’appréciais suite au covid, du coup en cherchant les artistes qui avaient disparus je me suis aperçu qu’ils étaient nombreux à être partis soit lié au covid, à l’age, ou de maladies x ou y et que les médias mainstream n’en parlaient pas. En leur rendant hommage c’est une façon de ne pas les oublier complètement. Donc dans ce 2ème volet, on entendra Idir, Manu Dibango, Renée Claude, Bohannon, Dave Greenfield, Kenny Rodgers, Millie Small, Graeme Allwright, Lionel D. Je m’excuse auprès des auditeurs de Radio Libertaire car il semblerait qu’un bug a squezzé 20mn du début de l’émission. Vous avez l’intégralité de l’émission. en vous connectant sur:

 

http://www.mixcloud.com/skuale/

ou

http://www.mixcloud.com/radiolibertaire/

2ème volet

Idir de son vrai nom Hamid Cheriet, né le 25 octobre 1949 à Ait Yenni,commune de la Wilaya de Tizi Ouzou en Algérie, mort le 2 Mai 2020 à l’hôpital Bichat à Paris des suites d’une longue maladie,est un chanteur, auteur-compositeur-interprète et musicien algérien kabyle. Il est l’un des principaux ambassadeurs de la chanson kabyle. Idir ne se destinait pas à la chanson. Mais un de ses premiers titres, A Vava Inouva, (en kabyle) devient rapidement dans les années 1970 un tube planétaire, le premier grand tube venu directement d’Afrique du Nord. Sa carrière est marquée par une irruption soudaine sur le devant de la scène, puis une éclipse volontaire d’environ une dizaine d’années à partir de 1981. Ses albums solo sont rares, quatre en quatre décennies. Mais l’œuvre d’Idir a contribué au renouvellement de la chanson berbère, et a apporté à la culture berbère une audience internationale.

Fils de berger, né dans le village d’Aït Lahcène, village perché sur les monts du Djurdjura, son milieu familial est imprégné de la tradition et de la culture berbère. « J’ai eu la chance d’avoir une grand-mère et une mère poétesses », indique-t-il à un journaliste, « on venait de loin pour les écouter. J’ai baigné dans l’atmosphère magique des veillées où l’on racontait des contes et des énigmes. Dans une société de culture orale, la valeur du mot est immense. La capacité à ciseler les mots, à inventer des images, est aujourd’hui encore très prisée chez nous ».

Idir entreprend des études de géologie et se destine à une carrière dans l’industrie pétrolière algérienne. En 1973, sa carrière musicale commence par hasard, à Radio Alger. Il remplace au pied levé la chanteuse Nouara, qui devait interpréter une berceuse qu’il lui avait composée. Il interprète cette berceuse qui va devenir son premier succès radiophonique, Rsed A Yidess qui signifie « Que vienne le sommeil ». Il enregistre ce titre ainsi qu’un second, A Vava Inouva (« Mon papa à moi »), en 45 tours. Puis part faire son service militaire de deux ans. La chanson commence à se répandre en Algérie, puis sort des frontières. Officier dans une petite caserne, il s’écoute sur les ondes algériennes et étrangères.

En 1975, il monte à Paris, appelé par la maison de disque Pathé Marconi qui veut produire son premier album. Le titre A Vava Inouva est devenu un tube planétaire, diffusé dans 77 pays et traduit en 15 langues. Une version française est interprétée par le duo David Jisse et Dominique Marge en 1976. Cette chanson kabyle, avec simplement des voix et guitares, est considérée comme le premier grand tube venu directement d’Afrique du Nord. Il représente l’affirmation d’une certaine identité, le retour à des racines ancrées très profondément dans l’histoire de Kabylie. Il faut attendre 1976 pour que sorte ce premier album A Vava Inouva, sur lequel on trouve le titre éponyme.

Après ce succès, Idir écrit à nouveau et enregistre Ayarrach Negh (« À nos enfants »), un album qui sort en 1979. Il enchaîne sur une longue série de concerts. Mais cet homme discret ne se reconnaît pas dans le monde du show-biz même s’il aime composer, ce qu’il fait pour d’autres. En conséquence, il choisit de s’éclipser après cette série de concerts, une dizaine d’années environ, tout en donnant quelques rares récitals.

Sa carrière est relancée avec la sortie d’une compilation en 1991 de dix-sept chansons de ses deux premiers albums. Après un long procès contre son ancien producteur, Idir obtient la possibilité de ré-enregistrer ses titres comme le fameux A Vava Inouva. Fort de cet appui discographique, il revient donc sur le devant de la scène et passe au New Morning à Paris du 7 au 9 février 1992, ce qui lui vaut de nombreux éloges et la reconnaissance de ses pairs. Pour la première fois, la critique lui attribue le statut de précurseur de la world music.

L’année suivante, paraît chez Blue Silver un nouvel album : les Chasseurs de lumière où il chante ses thèmes de prédilection, l’amour, la liberté et l’exil (qu’il connaît puisqu’il est installé dans la région parisienne depuis 1975). Il introduit à côté des darboukas, flûtes et guitare acoustique, qui donnent une touche de modernité. On peut entendre aussi la voix d’Alan Stivell sur le duo (Isaltiyen). Idir donne ses chansons à écouter au public de l’Olympia à Paris les 26, 27 et 28 juin 1993.

En 1996, Idir sort une réédition de son tout premier album, 20 ans après : A Vava Inouva. Idir participe aussi au concert hommage rendu à Lounès Matoub, chanteur Kabyle, assassiné en 1998.

Le véritable retour discographique d’Idir se fait avec Identités en 1999, l’album hommage qui réunit de nombreux artistes de Manu Chao (A Tulawin (Une algérienne debout)) à Dan Ar Braz en passant par Maxime Le Forestier ou Karen Matheson pour un A Vava Inouva 2, mais aussi Zebda, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l’ONB. Idir rassemble ici ceux qui prônent l’ouverture culturelle ainsi que la reconnaissance des racines propres à chacun. En décembre, Idir a tout autant d’invités lors des deux soirées qu’il donne à l’Olympia. Autour de lui se succèdent Frédéric Galliano, le guitariste Thierry Robin et l’ONB.

La diversité culturelle, il la défend à nouveau en 2001 au cours du 21e Printemps berbère organisé au Zénith parisien, manifestation qui célèbre la culture berbère. Cette soirée de fête est renouvelée plus tôt que prévu, le 8 juillet 2001, toujours sous la houlette de Idir, lorsque de violentes émeutes ravagent la Kabylie. Le chanteur organise à cette occasion un grand concert toujours au Zénith de Paris où devant une salle pleine, de nombreux artistes soutiennent la révolte du peuple kabyle face au pouvoir central algérien.

En mai 2002, la maison de disques met sur le marché une compilation de nombreux titres de l’artiste : Deux rives, un rêve. Elle offre la possibilité d’écouter des inédits dont un titre écrit par Jean-Jacques Goldman, (Pourquoi cette pluie ?) qui évoque le terrible déluge qui s’est abattu sur la ville d’Alger en novembre 2001.

Idir entame une nouvelle tournée le 20 septembre 2002 au Zénith de Paris, avant de partir sur les routes jusqu’en décembre de la même année. En 2004, il signe une tribune dans le journal Libération, avec de nombreux artistes, intellectuels et scientifiques du Maghreb, et au-delà, pour « retrouver la force d’une laïcité vivante ».

En 2005, encouragé par sa maison de disques, Idir sort un CD live et un double DVD : Entre scènes et terres, qui concorde avec ses trente ans de carrière. Une façon originale de présenter cet homme discret aux valeurs fortes. Un documentaire déroule son parcours, de la Kabylie aux scènes du monde entier. L’occasion pour lui de « faire un bilan avant de passer à autre chose ». Il se produit le 9 avril 2006 sur la scène de la Cité de la musique à Paris. Un concert donné dans le cadre d’un cycle « chanteurs kabyles » où figurent aussi Akli D ou Takfarinas.

En 2007, en pleine campagne présidentielle française, Idir signe un album non politique mais républicain : La France des couleurs. L’album, « défend les couleurs de la France » comme aime à le répéter l’artiste lui-même. Sur cet album, il invite la jeune génération à composer avec lui des chansons autour de ce thème qui lui est cher, l’identité. De nombreux artistes comme Akhenaton, Grand Corps Malade, Zaho et beaucoup d’autres posent ainsi textes, rage et sensibilités aux côtés du tonton kabyle.

Pendant l’été de la même année, Idir fait en solo, une tournée hexagonale. Le 18 mars 2012, sa mère décède à l’âge de 96 ans d’une maladie.

Un nouvel album paraît le 4 février 2013, le même jour qu’un grand concert à l’Olympia avec en première partie la jeune chanteuse Nabila Dali. Ce nouvel opus, Adrar Inu (« Ma montagne »), est un retour aux sources, une œuvre intimiste, la plus personnelle de son répertoire. Il comprend notamment un titre consacré à la mémoire de sa mère. Mais pour autant, il inclut également l’adaptation d’un air britannique du xviie siècle, Scarborough Fair, une reprise d’un tube des Who (disponible uniquement en téléchargement), et un morceau de Beethoven.

En octobre 2017 il annonce qu’il va revenir chanter en Algérie lors d’une date unique : le 4 janvier 2018 (pour le nouvel an berbère Yennayer). Ce concert, qui aura lieu à la coupole d’Alger, marquera, après une absence de 38 ans, son retour sur scène en Algérie.

En janvier 2019, un concert est organisé sur la scène de l’AccorHotels Arena à Paris pour fêter le Nouvel An Berbère, Yennayer 2969. Ce concert réuni les trois stars de la chanson kabyle, Aït Menguellet, Allaoua et Idir pour la première fois.

Idir est mort le samedi 2 mai 2020, à l’âge de 70 ans, des suites d’une longue maladie, à l’hôpital Bichat à Paris (Paris).

Emmanuel N’Djoké Dibango (dit Manu Dibango, surnommé Papagroove ou Papa Manu) est un saxophoniste et chanteur camerounais de world jazz né le 12 décembre 1933 à Douala (Cameroun) et mort le 24 mars 2020 à Paris des suites du Covid-19. Il est connu pour sa chanson « Soul Makossa » (1972).

Né à Douala dans un milieu protestant, au printemps 1949, il débarque à Saint-Calais (Sarthe) pour poursuivre ses études avec seulement 3 kilos de café pour les payer. Ensuite étudiant à Chartres, puis à Château-Thierry au début des années 1950, il y découvre le jazz et y apprend le piano ; mais c’est à Reims où il prépare le baccalauréat qu’il s’initie au saxophone et commence à se produire dans les boîtes au grand dam de son père qui lui coupe les vivres en 1956.

Différents contrats le mènent à Bruxelles où il rencontre Coco, sa femme et mère de sa fille Georgia, Anvers et Charleroi où son jazz s’africanise au contact du milieu congolais dans l’ambiance de l’accession du Congo belge à l’indépendance en 1960. Grand Kalle l’engage dans son orchestre et ils enregistrent plusieurs disques qui remportent le succès en Afrique et les amènent à Léopoldville où Manu lance le twist en 1962. En revanche, le retour au Cameroun en 1963 est difficile et il regagne la France.

En 1967, Manu Dibango trône à la tête de son premier Big Band. Il crée et développe son style musical novateur et urbain pour une série d’émissions télévisées, « Pulsations » à la demande de Gésip Légitimus, producteur TV. Ainsi, il fut mis en relation avec Dick Rivers et Nino Ferrer, vedettes de l’époque ayant aussi participé aux émissions de Gésip Légitimus, qui l’engagent successivement.

En 1969, il enregistre des compositions personnelles qui lui font renouer avec le succès africain. En 1972, la face B d’un 45 tours, Soul Makossa (notamment samplé sur Wanna Be Starting Something de Michael Jackson et Please don’t stop the music de Rihanna – voir ci-dessous), fait la conquête des États-Unis et lui vaut d’y faire une tournée. Ses accents africains passionnent les musiciens noirs d’Amérique.

Le 9 novembre 1976, c’est la naissance de son fils Michel, puis, 6 ans plus tard, le 26 novembre 1982, de sa fille Marva.

Dans les années 1980, il accompagne notamment Serge Gainsbourg.

En 1992, Yves Bigot (FNAC Music) lui propose d’enregistrer Wakafrika, un album de reprises des plus grands tubes africains avec la crême des artistes africains et des musiciens internationaux. L’album, dont George Acogny assura la réalisation et Philippe Poustis la production exécutive, paraîtra dans le monde entier. Projet ambitieux de réunification musicale de l’Afrique, Manu revisite le patrimoine de la chanson en invitant les ténors Youssou N’dour sur Soul Makossa, King Sunny Ade sur Hi-Life, Salif Keïta sur Emma, Angélique Kidjo et Papa Wemba sur le très beau Ami Oh ! sans oublier Peter Gabriel, Sinéad O’Connor, Dominic Miller (guitariste de Sting) et Manu Katché (entre autres) … Le single, « Biko » (avec Alex Brown, Peter Gabriel, Ladysmith Black Mambazo, Geoffrey Oryema et Sinéad O’Connor) sera remixé à Atlanta par Brendan O’Brien.

En 1997, il créé le festival Soirs au Village (du titre d’une de ses chansons) dans la ville qui l’a accueilli, Saint-Calais. Ce festival a lieu tous les ans depuis.

En 2000, le chanteur guadeloupéen Luc Léandry l’invite sur le titre « Bondié bon » extrait de son album Peace and love.

En 2003, il devient grand-père pour la première fois d’un petit Mylian Emmanuel, puis plus récemment en 2008 d’une petite-fille prénommée Maïa.

Il est le parrain officiel de la vingtième édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) du 24 février au 3 mars 20071.

Le 3 février 2009, il décide d’attaquer les maisons de disques de Michael Jackson et Rihanna (Sony BMG, Warner et EMI) pour avoir utilisé sans autorisation le thème de Soul Makossa. Le tribunal a donné sa décision le 17 février 2009 en déboutant sur la forme le chanteur camerounais. Le fond de l’affaire sera jugé ultérieurment. Dans les années 1980, Manu Dibango avait trouvé un accord financier avec Michael Jackson pour l’utilisation de sa chanson dans l’album Thriller, mais l’interprète de Billie Jean a, par la suite, autorisé Rihanna a utiliser la musique de Dibango pour le titre Don’t Stop the Music.

Le 8 septembre 2015, la Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean, nomme Manu Dibango Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Rio 2016.

Le 2 juillet 2016, il passe en vedette au premier Jazz Festival de Port-Barcarès. Sa famille indique qu’un hommage lui sera rendu après la période de confinement.

Il est hospitalisé le 18 mars 2020 à la suite d’une infection par le coronavirus.

Manu Dibango est mort le mardi 24 mars 2020, à l’âge de 86 ans, du coronavirus, à Paris (France).

Renée Claude est une chanteuse et actrice canadienne québécoise née le 3 juillet 1939 à Montréal (Québec) et morte le 12 mai 2020 dans la même ville. Avec 50 ans de carrière et 20 albums studio, Renée Claude a marqué l’histoire musicale canadienne avec des titres comme « Tu trouveras la paix » (1971) ou encore « Viens faire un tour » (1970).

Née Renée Bélanger à Montréal le 3 juillet 1939, Renée Claude débute très jeune dans le métier. Elle suit des cours de piano à l’école de musique Vincent-d’Indy pendant plusieurs années, de même que des cours d’art dramatique avec le comédien Paul Hébert ainsi que des cours de chant avec Alphonse Ledoux. En 1955, alors qu’elle n’a que 16 ans, elle remporte le premier prix du concours radiophonique Les Découvertes de Billy Munro à la station CKVL, à Verdun.

Il lui faut attendre 1960 avant de faire ses débuts à la télévision, à l’émission Chez Clémence, de la Société Radio-Canada. Sur scène, c’est à Québec, à La Boîte à chansons, qu’elle fait ses premiers pas. Elle chante alors surtout les grands noms de la chanson française, en particulier les Léo Ferré, Georges Brassens, Jacques Brel, Gilbert Bécaud et Ricet Barrier, mais très tôt, elle se tourne vers les auteurs québécois, en commençant par Jean-Pierre Ferland qui lui écrit, avec le pianiste Pierre Brabant, la chanson La Marquise coton. Toujours de Ferland et Brabant, elle interprète Feuille de gui à Bruxelles en Belgique, au concours « Chansons sur mesure », et elle remporte le premier prix de l’année 1962. La chanteuse a définitivement fait son entrée dans le monde de la chanson québécoise, et son nom commence à se faire connaître auprès du public.

En 1963, Renée Claude signe un contrat chez Sélect et fait paraître un premier album incluant les titres suivants : La Marquise coton, Les Gens de la tournée, Vingt ans, Mon ange et Ce grand amour. Elle enregistre un deuxième album en 1964 (Pendant que, La Mélisa, Funambule…), puis un troisième en 1965 (Tu es noire, Qui donc me fera ma chanson ?…) et un quatrième en 1966 (Le Mal d’amour, Une vie, Les Gens de mon pays…), toujours sous étiquette Sélect, et pendant ce temps, elle accumule les honneurs (Tu es noire de Stéphane Venne et François Dompierre remporte le prix de la meilleure chanson de l’année 1965, style chansonnier, au Festival du disque, participation au Festival de Sopot en Pologne, deuxième participation au concours « Chansons sur mesure », etc.).

Parallèlement à cela, elle anime aux côtés d’Hubert Loiselle l’émission radiophonique Pour ceux qui s’aiment en 1965, et donne des concerts à l’Auditorium Le Plateau en 1964 et à la Comédie-Canadienne en 1966. À preuve que Renée Claude est devenue au fil des ans une artiste respectée par ses pairs, la boîte à chansons Le Patriote décerne depuis 1965 le trophée Renée-Claude à l’interprète qui s’y est le plus distingué au cours de l’année.

L’année 1967 en est une charnière pour Renée Claude et marque un tournant majeur dans sa carrière. Elle passe chez Columbia et connaît son premier grand succès avec l’album et la chanson Shippagan de Michel Conte. Elle se fait de plus en plus présente sur les scènes du Québec (Le Patriote, la Comédie-Canadienne…) et effectue une tournée québécoise aux côtés de Jacques Brel. Elle est même invitée à The Tonight Show et reçoit, en 1968, le trophée de la meilleure interprète au Gala des artistes, prix qu’elle recevra encore en 1969 et en 1970.

En 1969, elle change à nouveau de maison de disques et signe cette fois un contrat avec Barclay, où elle restera jusqu’en 1974 pour de nombreux disques. Elle lance alors les albums Renée Claude (1969), Le Tour de la terre (1969), Le Début d’un temps nouveau (1970), Tu trouveras la paix (1971), Je reprends mon souffle (1972), Ce soir je fais l’amour avec toi (1973) et Les Grands Succès Barclay (1973). Collaborant de plus en plus avec l’auteur-compositeur Stéphane Venne, devenu pour elle un ami, Renée Claude connaît un immense succès avec les chansons C’est notre fête aujourd’hui, Le Tour de la terre, La Rue de la Montagne, Tu trouveras la paix, Le Début d’un temps nouveau, C’est toi, c’est moi, c’est lui, c’est nous autres, Quand le temps tournera au beau, T’oublier, t’oublier et Sais-tu que je t’aime depuis longtemps. Travaillant également avec Michel Conte qui lui signe la splendide chanson Viens faire un tour, elle se voit remettre le premier prix du concours « La Clé d’Or » en 1970, grâce à ce titre. Cette même année, elle représente la Société Radio-Canada au Festival d’Athènes, en Grèce, puis elle chante à l’exposition universelle d’Osaka, au Japon, ainsi qu’à la Place des Arts de Montréal avec l’orchestre symphonique. Elle se rend en URSS, au Théâtre des Variétés de Moscou ainsi que dans plusieurs autres villes du pays, pour des tournées en 1971 et 1972, et participe au Festival de Caracas, au Venezuela.

Avec ses longs cheveux noirs, son look de bohémienne et son allure désinvolte, Renée Claude incarne alors l’esprit libertaire, féministe, tel qu’il prenait son essor dans les années 1970. Elle est aussi la première chanteuse à atteindre les meilleures positions du palmarès avec du matériel québécois original, et non pas des traductions de chansons américaines, comme cela se faisait si couramment à l’époque.

Outre Stéphane Venne, qui a fait de Renée Claude, d’Emmanuëlle et d’Isabelle Pierre ses trois muses, il y a le jeune auteur Luc Plamondon qui s’intéresse de près à la carrière de Renée Claude. Malgré ses nombreuses occupations auprès de Diane Dufresne, Plamondon trouve le temps dès 1972 d’écrire des textes pour Renée. Parmi ceux-ci, notons Cours pas trop fort, cours pas trop loin, C’est pas un jour comme les autres, Berceuse pour mon père et ma mère, et surtout La Bagomane et Ce soir je fais l’amour avec toi (sur des musiques de Michel Robidoux) et Un gars comme toi (sur une mélodie de Germain Gauthier). Elle interprète également des compositions de Christian Saint-Roch : Si tu viens dans mon pays, Vous qui vivrez demain et Le monde est fou.

Renée Claude est la première à enregistrer Le monde est fou, en 1973, chanson dont un fragment est devenu Hymne à la beauté du monde popularisé par la suite par Diane Dufresne en 1979, et endisqué également par Isabelle Boulay, plus récemment, en 1998. Luc Plamondon avait écrit Le monde est fou à la suite d’un événement troublant : l’immolation publique par le feu de la poète Huguette Gaulin à la Place Jacques-Cartier, dans le Vieux-Montréal, en 1972. Cette femme de seulement 28 ans criait à tue-tête « Vous avez détruit la beauté du monde » en cet instant tragique où elle disait adieu à la vie et l’idée est ainsi venue à Luc Plamondon de faire de cette phrase une chanson bouleversante.

Plus populaire que jamais, Renée Claude enregistre ses albums avec les musiciens du Ville Émard Blues Band et elle se produit à la Place des Arts à chaque année, entre 1971 et 1974. En 1975, elle est de la distribution des spectacles à grand déploiement de la Fête nationale du Québec qui se déroulent un peu partout et plus précisément le soir du 24 juin, elle est l’une des dix personnalités féminines à chanter auprès de Jean-Pierre Ferland sur le Mont Royal pour un concert mémorable. Parmi les autres chanteuses unies pour célébrer Ferland, on peut souligner les présences de France Castel, Emmanuëlle et Ginette Reno pour ne citer que ces quelques noms. Toujours en 1975, elle prête sa voix à l’album Neiges d’André Gagnon, ce dernier lui ayant dédié sa Chanson pour Renée Claude. Cette même année, elle endisque son treizième album (Je suis une femme) puis un quatorzième album qui va suivre dès l’année 1976 (L’Enamour, le désamour) et elle connaît encore une fois de beaux succès avec les extraits de ces deux derniers opus, dont Je suis une femme, Ça commence comme ça les histoires d’amour, Je recommence à vivre, Rêver en couleur, L’Amante et l’épouse et C’est l’amour qui mène le monde.

Elle participe en 1976 au Festival de Spa, en Belgique, puis après un court temps de repos, elle enregistre en 1978 le 45 tours Are You Lonesome Tonight et la chanson Saint-Jovite en duo avec Jean Robitaille, deux titres qui connaissent une belle popularité. À la fin des années 1970, Renée Claude retrouve son ami Stéphane Venne et elle travaille de nouveau avec lui. Elle offre à son public en 1979 un quinzième microsillon intitulé Bonjour et qui se signale par les chansons Prends-moi, Le Bonheur, Monsieur mon homme, Beau comme « bonjour », Prends ton temps et Je suis un chat. La même année, elle diversifie son métier et coanime avec Winston McQuade l’émission L’Heure de pointe à la Société Radio-Canada.

Avec l’arrivée des années 1980, Renée Claude délaisse un peu sa carrière de chanteuse populaire afin de rendre de nombreux hommages aux artistes qu’elle aime. Elle débute dès 1980 avec un spectacle intitulé Moi c’est Clémence que j’aime le mieux, spectacle de chansons, de monologues et de poèmes qui rend hommage à son amie Clémence Desrochers et que Renée présente au Théâtre de Quat’sous à Montréal et partout au Québec ainsi qu’à Paris. À partir de ce moment, Renée Claude est accompagnée par François Dubé qui devient son pianiste pour les 30 prochaines années.

Dans la foulée de ce succès, elle enregistre en 1981 un album complet de chansons de Clémence Desrochers qui porte le même titre que le spectacle ci-haut mentionné et qui contient les chansons La Vie d’factrie, Je ferai un jardin, On a eu un bien bel été, Ça sent l’printemps, Ton départ et L’Homme de ma vie. En alternance avec cet hommage à Clémence, Renée Claude crée le spectacle J’ai rendez-vous avec vous en 1981, cette fois pour honorer Georges Brassens, qu’admire tant l’interprète. Elle rend d’ailleurs avec justesse les chansons poétiques, pleines de verve et de non-conformisme de Brassens et, comme elle l’a fait précédemment pour Clémence, elle enregistre en 1983 un disque entièrement consacré à l’œuvre de Brassens. L’album, qui sera réédité en disque compact dix ans plus tard, en 1993, contient notamment les titres suivants : J’ai rendez-vous avec vous, Au bois de mon cœur, Les Copains d’abord, Chanson pour l’Auvergnat, Les Amoureux des bancs publics, Il n’y a pas d’amour heureux, La Marche nuptiale et La Ronde des jurons dont l’adaptation québécoise du deuxième couplet et du deuxième refrain faite par Plume Latraverse est remarquable. Renée Claude remonte par la suite régulièrement sur scène, à la demande générale, pour présenter ses spectacles sur Desrochers et Brassens qu’on lui redemande sans cesse, toujours avec François Dubé au piano.

En 1986, elle revient à la chanson populaire avec un album, appuyé par des musiques beaucoup plus rock. Avec le parolier et réalisateur Marc Desjardins, le guitariste Serge Laporte et le compositeur Germain Gauthier, elle lance le microsillon Le Futur est femme dont la chanson titre connaît un beau succès. L’album, qui contient aussi les titres Une de trop, Marcher sur l’eau, Bleu nuit, Coup de cafard, Mathématique et Je n’ai plus peur du noir, est réédité en disque compact 18 ans plus tard, en 2004. Cependant, malgré ce succès, et après le lancement d’une dernière chanson populaire (le 45 tours Mes nuits vidéo en 1989), elle disparaît complètement de ce domaine afin de toucher à d’autres facettes de son métier et surtout, de rendre hommage à son autre idole de toujours, Léo Ferré.

En janvier 1987, Renée Claude présente au public un nouveau spectacle en compagnie de Claude Léveillée, un show-concept intitulé Partenaires dans le crime. Les deux artistes se partagent la scène du Théâtre Arlequin avec un évident bonheur, et la critique est, comme toujours, très bonne envers le travail de Renée. En 1988, après avoir participé au spectacle rétro De Jeunesse à aujourd’hui, elle se rend à Saint-Malo, en France, pour participer cette fois au Festival de la chanson québécoise, puis à Sète, lieu de naissance de Brassens, pour chanter au Festival de cette ville.

En 1990, sous la direction d’André Brassard, elle est de la distribution de l’opéra Nelligan, sur un livret signé par l’écrivain Michel Tremblay sur des musiques d’André Gagnon. Renée y interprète le rôle de la journaliste Robertine Barry, alias Françoise, amie et protectrice d’Émile Nelligan. Heureuse et fière de cette expérience, Renée Claude prend le goût du métier de comédienne et veut pousser plus loin l’approfondissement de ce nouveau volet.

Dès 1991, elle joue dans la pièce de théâtre Tu faisais comme un appel de Marthe Mercure, puis dans la série télévisée de Janette Bertrand L’Amour avec un grand A, en 1992, en particulier dans l’épisode Ça fait pas partie de la job qui raconte la vie de diverses femmes harcelées sexuellement par leurs patrons. Renée Claude a l’occasion de donner la réplique à des acteurs chevronnés. Elle revient au théâtre à l’été 1992 et retrouve le metteur en scène André Brassard qui la dirige cette fois dans Marcel poursuivi par les chiens de Michel Tremblay. Renée Claude est aussi au générique du téléroman Triplex de Christian Fournier (en 1994-1995), dans le rôle d’Angèle.

Elle est l’une des actrices du film de Denise Filiatrault C’t'à ton tour, Laura Cadieux (1997). Le résultat est fort concluant puisque le film est un très grand succès commercial. Renée Claude apparaît aussi dans le film Station nord du réalisateur Jean-Claude Lord, en 2002.

Parallèlement à son travail de comédienne, Renée Claude réalise un autre projet qui lui est cher : celui d’un nouveau spectacle, cette fois pour rendre hommage à Léo Ferré. Ce spectacle, dont les arrangements et l’accompagnement (que l’on retrouvera sur l’album) est assuré par le pianiste Philippe Noireaut voit le jour en 1993 et il a pour nom On a marché sur l’amour. Ferré décède quelques jours seulement avant la première, ce qui donne une plus grande dimension encore au spectacle, une plus grande fébrilité. Ce tour de chant, qui explore les grands thèmes du poète (l’amour, la mort, la solitude, l’anarchie…) obtient un énorme succès, tant critique que populaire, et Renée Claude va se promener avec lui d’un bout à l’autre du Québec. En effet, entre 1993 et 1996, elle sera sur les scènes des théâtres du Café de la Place des Arts, de La Licorne, du Théâtre de Quat’Sous (tous à Montréal) et du Théâtre Le Petit Champlain (à Québec) de même qu’ailleurs au pays, puis elle va présenter son concert hommage en France, en Suisse et en Italie. Afin d’appuyer le tout, elle lance sur le marché, en 1994, un disque double, un coffret intitulé On a marché sur l’amour : Renée Claude chante Léo Ferré et l’album se voit remettre en avril 1996, le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros. Le coffret contient notamment les chansons Vingt ans, Y’a une étoile, Les Anarchistes, Ni dieu ni maître, Pauvre Rutebeuf, Je chante pour passer le temps, C’est extra, La mémoire et la mer, Avec le temps…

En août 1997, aux funérailles de la jeune comédienne Marie-Soleil Tougas, c’est à Renée Claude que l’on fait appel pour venir chanter un titre de Léo Ferré. Renée fait le choix de chanter Y’a une étoile en hommage à la jeune femme, une chanson qu’elle considère joyeuse et taquine, à l’image de Marie-Soleil.

Elle participe aussi au spectacle et au disque La Mémoire des boîtes à chansons aux côtés de Claude Dubois, André Gagnon, Claude Léveillée, Robert Charlebois, Pierre Létourneau, Jean-Pierre Ferland, Claude Gauthier, Bruno Pelletier et Louise Forestier. En 1997, l’album double Les Refrains d’abord est lancé : ce coffret est une réédition des quatre premiers albums (1963-1966) de la chanteuse. L’année suivante, en 1998, c’est au tour de la double compilation C’était le début d’un temps nouveau de voir le jour : il regroupe 34 des plus grands succès de Renée Claude, tous extraits de sa prolifique période Barclay (1969-1974).

Après quelques années d’une présence plus discrète, Renée Claude revient en 2006 avec un double album intitulé Entre la Terre et le soleil – Renée Claude chante Luc Plamondon. La chanteuse a pu réussir l’exploit de regrouper en un seul coffret toutes les chansons écrites pour elle par Plamondon depuis 1971 jusqu’à 2006. Aucune chanson n’a été omise et, pour l’occasion, Plamondon lui offre un tout nouveau titre sur une musique d’André Gagnon, Ballade pour mes vieux jours.

Après avoir chanté les plus grands, tant européens que québécois, après avoir rendu de vibrants hommages à Brassens, à Ferré et à Clémence Desrochers, après avoir contribué à faire connaître le talent des auteurs-compositeurs du Québec (Stéphane Venne, Luc Plamondon et Germain Gauthier, entre autres), Renée Claude a réussi à marquer à sa façon et pour toujours la culture collective québécoise.

Le 8 mars 2019, Journée internationale des droits de la femme, un mois après qu’il fut révélé que Renée Claude est hospitalisée souffrant de la maladie d’Alzheimer, 11 chanteuses du Québec (Céline Dion, Ginette Reno, Isabelle Boulay, Diane Dufresne, Laurence Jalbert, Catherine Major, Ariane Moffatt, Marie-Élaine Thibert, Marie-Denise Pelletier, Louise Forestier et Luce Dufault) enregistrent son grand succès Tu trouveras la paix pour ramasser de l’argent pour le Fonds de la recherche sur la maladie d’Alzheimer du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). À l’aube de son 80e anniversaire, l’initiative est due à l’animatrice Monique Giroux et le président de GSI Musique, Nicolas Lemieux. La réalisation musicale est confiée à Simon Leclerc.

Renée Claude est morte le mardi 12 mai 2020, à l’âge de 80 ans, du coronavirus, à sa résidence à Montréal (Canada, Québec).

Hamilton Frederick Bohannon (né le 7 mars 1942 à Newnan (Géorgie, États-Unis) et mort le 24 avril 2020 à Atlanta), connu aussi sous le nom de Bohannon, est un musicien américain connu comme l’une des figures importantes du disco des années 1970. Producteur américain iconique de musique funk considéré par ailleurs comme l’un des précurseurs du disco. Il côtoyait les plus grands : Stevie Wonder, Jimi Hendrix… Il est notamment connu pour le titre Let’s Start The Dance.

Hamilton Bohannon est mort le vendredi 24 avril 2020, à l’âge de 78 ans, à Atlanta (USA).

David Paul Greenfield, dit Dave Greenfield, né à Brighton le 29 mars 1949 et mort le 3 mai 2020, est un musicien britannique. Claviériste du groupe de rock The Stranglers depuis 1975, guitariste de plusieurs groupes amateurs ou professionnels avant 1975, il migre par hasard aux claviers. Bien que n’étant pas vraiment un compositeur, le son de ses claviers entre pour beaucoup dans la définition du son des Stranglers.

Né le 29 mars 1949 à Brighton, David Paul Greenfield est le fils d’un ancien musicien professionnel qui s’est reconverti dans l’imprimerie. Au lycée, il fait la connaissance d’un camarade plus âgé qui lui apprend la guitare et l’enrôle, en tant que guitariste rythmique, dans son groupe amateur : The Ambassadors. En parallèle, il apprend le piano tout seul à la maison et la théorie musicale à l’école. Entre The Ambassadors et The Stranglers, il va intégrer dix-huit groupes amateurs ou professionnels et migrer aux claviers, un peu par hasard, parce qu’un de ces groupes a besoin d’un claviériste.

Né le 29 mars 1949 à Brighton, David Paul Greenfield est le fils d’un ancien musicien professionnel qui s’est reconverti dans l’imprimerie. Au lycée, il fait la connaissance d’un camarade plus âgé qui lui apprend la guitare et l’enrôle, en tant que guitariste rythmique, dans son groupe amateur : The Ambassadors. En parallèle, il apprend le piano tout seul à la maison et la théorie musicale à l’école. Entre The Ambassadors et The Stranglers, il va intégrer dix-huit groupes amateurs ou professionnels et migrer aux claviers, un peu par hasard, parce qu’un de ces groupes a besoin d’un claviériste.

L’audition a lieu dans la maison de Chiddingfold que Jet Black a louée pour le groupe et Dave Greenfield est instantanément adopté. Hugh Cornwell dira plus tard, que son style proche de celui de Ray Manzarek a fait pencher la balance en sa faveur. Son premier concert avec le groupe a lieu le 24 août 1975 au Watchfield Free festival, moins d’un mois après son arrivée. Selon l’un des premiers managers du groupe, Brian Crook : « L’influence de Dave sur le groupe est essentielle. Il les a soudés, sans aucun doute. Son habileté à jouer était remarquable. Ils ne pouvaient plus échouer à partir de ce moment-là. Le jour où il a été embauché, vous pouviez dire avec certitude qu’ils allaient y arriver. » Outre le fait qu’il tire les trois autres vers le haut, il apporte quelque chose de différent et permet au groupe de trouver son style. Jean-Jacques Burnel témoignera également à ce sujet : « Quand Dave est arrivé, il a apporté un côté plus sombre dans le mélange avec son orgue gothique et j’ai pu m’identifier davantage avec ça. Nous avons commencé à trouver une direction. » Dave Greenfield lui-même dépeint le groupe, à partir de là, comme les quatre pôles opposés d’un aimant.

Étant le musicien le plus doué et le seul qui soit un professionnel à son arrivée, son incorporation est liée au succès du groupe. Un de leurs proches rapportera : « Je sais qu’il y avait l’idée dans l’air que Dave leur donnait beaucoup de son temps et que, s’ils ne décollaient pas, alors il s’en irait, ferait autre chose et choisirait un autre vecteur, ce qui était normal. » Finalement, Dave Greenfield se stabilisera avec les Stranglers pendant tout le reste de sa carrière et enregistrera avec eux ses premiers albums. Il collaborera également avec JJ Burnel sur plusieurs projets solo initiés par celui-ci.

Dave Greenfield est mort le dimanche 3 mai 2020, à l’âge de 71 ans, du coronavirus. Admis à l’hôpital pour des problèmes cardiaques, il y contracte la maladie de type Coronavirus, appelée covid-19, durant la pandémie de l’année 2020.

Kenny Rogers, né le 21 août 1938 à Houston (Texas) et mort le 20 mars 2020, est un acteur, chanteur de musique country et compositeur américain. Ce grand nom de la musique country a vendu des dizaines de millions de disques, a remporté 3 Grammys et a été la vedette de téléfilms. Sa carrière de chanteur et d’acteur s’est étalée sur plus de 60 ans. Il est connu pour ses chansons « Islands in the Stream » (1982), « The Gambler » (1978) ou « Coward Of The County » (1979).

Kenny Rogers est le quatrième des sept enfants de Floyd Rogers et de sa femme Lucille, respectivement charpentier et infirmière. D’après les registres de naissances de l’État du Texas, son deuxième prénom est Ray et il est en effet parfois appelé « Kenneth Ray Rogers » dans les génériques des films auxquels il participe.

Marié cinq fois, sa quatrième femme était l’actrice Marianne Gordon Rogers. Jusqu’à ce qu’il décède sa cinquième femme a été Wanda Miller. Rogers a une fille et quatre fils, dont des jumeaux nés en 2003.

Sa carrière commence pendant les années 1950, quand il enregistre plusieurs chansons avec un groupe de doo-wop appelé The Scholars. Rogers n’est pas le chanteur principal, et le groupe s’arrête après deux singles quand le leader décide de faire une carrière solo.

Resté seul, Kenneth Rogers lance son propre single That Crazy Feeling (1958) et connait un petit succès. Il rejoint The Bobby Doyle Trio, groupe de jazz avec lequel il joue dans des clubs et enregistre avec Columbia Records. Le groupe se sépare en 1965 et le single jazz que Rogers enregistre l’année suivante pour Mercury Records est un échec. Rogers travaille en tant que producteur, auteur et musicien pour d’autres artistes, dont les chanteurs country Mickey Gilley et Eddy Arnold. En 1966, il rejoint les New Christy Minstrels en tant que chanteur et contrebassiste.

Le succès du groupe n’étant pas celui sur lequel il compte, Rogers quitte le groupe, entraînant avec lui trois autres membres : Mike Settle, Terry Williams et Thelma Camacho. Ensemble, ils créent First Edition en 1967, qui devient « Kenny Rogers and The First Edition », et accumule les succès dans les classements de ventes de musique pop et country avec, entre autres, Somethings Burning, Ruby, Don’t Take Your Love to Town, Reuben James et Just Dropped In (To See What Condition My Condition Was In). Pendant cette période, Rogers présente tous les aspects du hippie : long cheveux bruns, boucle d’oreille et lunettes de soleil rose. Rétrospectivement surnommé « Hippie Kenny », Rogers a un style vocal beaucoup plus doux à cette époque que celui qu’il aura plus tard.

Quand le groupe se sépare en 1976, Rogers lance sa carrière solo. Ses compositions deviennent rapidement plus policées, chantées avec une voix parfois rauque mais toujours mélodieuse qui attire le public pop tout comme les fans de country. Plus de 60 chansons enregistrées par Kenny Rogers ont atteint le top 40 des meilleures ventes US (dont 25 se sont placées en no 1 des ventes) et 50 de ses albums se sont classés dans les meilleures ventes. Ses compositions ont aussi été utilisées dans de nombreuses bandes originales de films tels que Convoy, Urban Cowboy et The Big Lebowski.

Sorti en novembre 1978, l’album The Gambler se vend entre 30 et 35 millions d’exemplaires, ce qui représente un quart de ses ventes totales d’albums1,2.

Kenneth Rogers chante également dans la célèbre chanson We Are the World.

Il sort en 1980 ce qui reste un des plus grands succès de sa carrière : Lady (en).

Kenny Rogers est mort le vendredi 20 mars 2020, à l’âge de 81 ans, à son domicile de Sandy Springs (USA, Géorgie).

Millicent Dolly May Small, connue comme Millie Small, née le 6 octobre 1947 dans la paroisse de Clarendon (Jamaïque) et morte le 5 mai 2020 à Londres (Royaume-Uni), est une chanteuse et compositrice jamaïcaine, surtout connue pour son enregistrement de 1964 de « My Boy Lollipop », qui a atteint le numéro 2 dans le UK Singles Chart et le Billboard Hot 100 des États-Unis. Elle est la première à avoir popularisé le ska et le reggae au Royaume-Uni. Sur ses disques britanniques, elle était généralement créditée sous le nom de Millie.

Millie Small est morte le mardi 5 mai 2020, à l’âge de 72 ans, à Londres (Royaume-Uni).

Graeme Allwright, né le 7 novembre 1926 à Wellington (Nouvelle-Zélande) et mort le 16 février 2020 à Couilly-Pont-aux-Dames, est un chanteur de folk et auteur-compositeur-interprète français d’origine néo-zélandaise. Il a adapté et introduit en français les oeuvres du protest song américain (chanteurs contestataires comme Woody Guthrie et Pete Seeger notamment), ainsi que de nombreuses chansons de Leonard Cohen mais aussi composé des chansons entrées dans la mémoire collective française.

Graeme Allwright est le père des acteurs Christophe Allwright, Jacques Allwright et Nicolas Allwright (de son union avec Catherine Dasté, fille de Jean Dasté) et de Jeanne Allwright (de son union avec Claire Bataille, qui fut aussi son agent artistique).

Graeme Allwright est né le 7 novembre 1926 à Wellington (Nouvelle-Zélande) où il passe toute son enfance avec sa famille. Adolescent, il est passionné de théâtre. Ayant obtenu une bourse pour intégrer la compagnie du théâtre Old Vic de Londres, il décide de quitter sa famille pour s’installer à Londres et y apprendre le théâtre. Il fait la traversée en s’engageant comme mousse sur un bateau, car il n’a pas d’argent pour se payer le voyage. À Londres, il fait la rencontre de la comédienne Catherine Dasté, issue d’une famille du théâtre, puisqu’elle est la petite-fille de Jacques Copeau (fondateur du théâtre du Vieux-Colombier) et la fille de Jean Dasté (directeur de la Comédie de Saint-Étienne) et de Marie-Hélène Dasté.

En 1948, il suit Catherine Dasté et s’installe en France et l’épouse en 1951 à Pernand-Vergelesses (Côte-d’Or), le village de Jacques Copeau. Graeme Allwright y exerce de très nombreux métiers, de la scène à la régie. Il devient ensuite apiculteur, animateur pour enfants à l’hôpital, moniteur en hôpital psychiatrique, professeur d’anglais (il a notamment comme élève Philippe Lavil) et de théâtre à l’école secondaire de la Roseraie à Dieulefit (Drôme).

Encouragé par des amis stéphanois amateurs de blues, il monte à Paris au début des années 1960 et chante dans des cabarets (notamment à La Contrescarpe). Les conditions sont dures. Il rode souvent ses chansons chez des amis peintres ou sculpteurs à La Ruche à Montparnasse. Il est alors accompagné par le guitariste stéphanois Genny Detto. Au Centre américain du boulevard Raspail, il retrouve bientôt deux musiciens de folk traditionnel. Son talent séduit Colette Magny et Mouloudji, et ceux-ci le poussent à enregistrer son premier disque, Le Trimardeur, produit par Marcel Mouloudji en 1965 alors que Graeme est âgé de 39 ans. S’ensuit un premier contrat avec Philips, et ses deux albums de 1966 et de 1968, aux tonalités protest-song, le projettent au premier plan chez les jeunes.

Graeme Allwright est parmi les premiers introducteurs en France du folk américain, dans sa veine protest-song. Il se revendique chanteur, il écrit assez peu, préférant « se glisser dans les mots d’un autre » quand il ressent que le message est commun. Il s’inscrit dans la lignée de Woody Guthrie et de Pete Seeger. Il a adapté de nombreux textes de Guthrie, parmi lesquels sa première chanson Le Trimardeur (Hard Travelin’), Le clochard américain, La Femme du mineur, La Mouche bleue, etc. Il a également adapté des chansons de Tom Paxton (Sacrée bouteille), Pete Seeger (Jusqu’à la ceinture), Malvina Reynolds (Petites Boîtes) ainsi que de Bob Dylan (Qui a tué Davy Moore ?). Ses mots simples et son accent charmeur donnent à ses textes une proximité immédiate, et une force empathique singulière.

Il a également largement contribué, par ses adaptations très fidèles de Leonard Cohen, à faire découvrir ce dernier au public français (Suzanne, L’Étranger, Demain sera bien, etc.)

Cependant, ses propres textes ont également une grande puissance (Les Retrouvailles (Il faut que je m’en aille), Johnny, Joue joue joue, etc.). Politiquement engagé pour la non-violence, contre les essais nucléaires, contre la société de consommation, il écrit ou adapte de nombreux textes de protest-song (le Jour de clarté, la Ligne Holworth, Jusqu’à la ceinture, etc.)

En 1970, après les deux disques qui ont fait son succès, il produit deux albums en anglais, A Long Distant Present From Thee… Becoming et Recollections, qui sont peu connus (et n’ont pas été complètement réédités en dehors de compilations). Le premier de ces disques, en développant un genre folk psychédélique, tranche notamment avec la période précédente de Graeme Allwright.

Assez rapidement, Graeme Allwright s’éloigne volontairement de l’industrie du spectacle, car cela ne correspond pas à sa philosophie. Refusant la relation artiste/fan classique malgré son succès dans les années 1970, il mène une carrière en marge des médias (dont les directions le censurent depuis sa participation à la lutte du Larzac, et l’adresse directe dans sa chanson Pacific blues en particulier contre Valéry Giscard d’Estaing et les essais nucléaires français).

En 1980, Graeme Allwright chante avec Maxime Le Forestier au Palais des sports. Les bénéfices des concerts et du double album sont entièrement reversés à l’association Partage pour les enfants du tiers-monde, fondée par Pierre Marchand, et que Graeme Allwright a soutenue à ses débuts.

Dans les années 80, il produit plusieurs albums où l’on retrouve une association de titres à consonance folk et d’interprétations de textes d’amis poètes ou penseurs dont Maurice Cocagnac et Luis Porquet. En 1985, Graeme Allwright interprète des adaptations en anglais de chansons de Georges Brassens adaptées par Andrew Kelly.

Plusieurs de ses chansons deviennent des classiques familiers de la chanson française : Les Retrouvailles (Il faut que je m’en aille), Petit Garçon (adaptation en français de la chanson Old Toy Trains de Roger Miller), Jolie bouteille, Jusqu’à la ceinture, etc. Ses classiques sont connus de plusieurs générations en France, même si le nom de leur auteur est souvent ignoré.

Dans les années 2000, il ajoute le jazz, passion de son adolescence, à son répertoire (album Tant de joies avec le Glenn Ferris quartet). Puis il reprend inlassablement la scène, accompagné le plus souvent de ses amis musiciens malgaches Erik Manana et Dina Rakatomanga, offrant toujours régulièrement « dans les p’tits patelins » de chaleureux concerts, au cours desquels, en toute simplicité et dans une intense empathie, il communique sa quête « d’une étoile qu’il n’a jamais vraiment nommée ».

En janvier 2010, l’Académie Charles-Cros lui décerne un « grand prix in honorem » pour l’ensemble de sa carrière, et un « coup de cœur » pour son album Des inédits… Pour le plaisir. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. En 2014, son adaptation française de la chanson Petit garçon (Old Toy Trains, de Roger Miller) devient l’hymne du Téléthon. Alors qu’il avait déclaré vouloir continuer à chanter pour apporter du bonheur tant que sa santé lui permettrait, il annonce dans ses concerts de 2015, à l’âge de 89 ans, arrêter la scène. En 2017, il co-signe avec l’artiste Yanne Matis la chanson Leonard, en hommage à son « double », Leonard Cohen, mort l’année précédente.

Graeme Allwright est mort le dimanche 16 février 2020, à l’âge de 93 ans, à la maison de retraite des artistes de Couilly-Pont-aux-Dames (France, commune française située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France)

Lionel D, de son vrai nom Lionel Eguienta, est un animateur de radio et rappeur français né le 23 décembre 1961 à Paris et mort le 26 février 2020 à Londres. Auteur d’un seul album et de trois maxis, il est pourtant l’un des pionniers du mouvement hip-hop et plus particulièrement du rap en France, au travers notamment de l’émission Deenastyle qu’il anime avec Dee Nasty dans les années 1980 sur Radio Nova.

Né le 23 décembre 1961 dans le 15e arrondissement de Paris, d’une mère auvergnate et d’un père antillais, il grandit Vitry-sur-Seine. Il s’est fait connaître durant les années 1980 sous le nom de Lionel D au travers de différentes émissions de radio comme celle animée par Dee Nasty et Bad Benny sur Radio Diffusion Handicapé (RDH). Lionel D intègre ainsi l’équipe de la radio nommée Platinum Squad par Dee Nasty en 1984. Cette émission commence au même moment que celle de Sidney (Rappers Dapper Snapper sur Radio 7) lors de l’émergence des radios libres en France, en 1981.

Parallèlement à la radio, il forme le groupe Fresh MC Four avec d’autres rappeurs pionniers à Vitry-sur-Seine comme JND, Général Murphy et Frisco.

A partir de 1988, il anime sur Radio Nova le Deenastyle avec Dee Nasty ; c’est à l’époque une émission de référence qui reçoit la majorité des rappeurs parisiens :

« Toute la génération de rappeurs de la décennie suivante 1990 — gamins à l’époque — allait écouter religieusement les deux heures d’émission — de 22 heures à minuit — tous les dimanches soirs pendant deux ans de 1988 à 1989. »

— Dee Nasty

Grâce à son émission sur Nova, Lionel D permet en 1989 de faire découvrir sur les ondes le groupe NTM, mais aussi Assassin, MC Solaar ou encore les rappeurs du Ministère A.M.E.R., lançant à ces derniers un prémonitoire « Je vous reçois très cool, ne me mettez pas les boules. Un jour vous rapperez devant de grandes foules. »

Les carrières radiophonique et musicale de Lionel D sont étroitement liées, puisque c’est grâce à une maquette réalisée dans les studios de Nova que Lionel D est repéré par un sous-label de Sony Music et peut sortir ses premiers disques en 1990 : les maxis Y’a pas de problème puis Pour toi le Beur. Ce dernier, basé sur un sample du morceau El Nay (Atini el Nay Wa Ghanni) de la chanteuse libanaise Fairuz, est considéré comme l’un des premiers raps en France exprimant sur disque le malaise éprouvé par les Beurs et est assez mal accueilli à sa sortie : selon Dee Nasty, il est même retiré de la vente dans certains magasins à causes de menaces dues au contexte politique de la guerre du Golfe.

Il continue à faire de son rap un vecteur d’expression du malaise provoqué par l’actualité du monde via le morceau Monsieur le Président qui sort sur l’album lui aussi intitulé Y’a pas de problème, toujours en 1990 ; cependant cet album ne remporte pas le succès escompté.

En 1991, il publie son dernier disque officiel, Il y a des gens. Sa dernière apparition discographique est une collaboration avec le groupe Mad in Paris sur l’album Mad in Paris sorti en 1996.

Lionel D est l’un des pionniers du rap en France et notamment de la scène freestyle. Il est d’ailleurs l’un des premiers à rapper en français.

En 1982, à l’occasion d’une tournée française d’Afrika Bambaataa, Lionel D est intronisé membre de la Zulu Nation en compagnie de Princess Erika et Dee Nasty au Bataclan. En 1986, il participe, sous l’impulsion de Dee Nasty, à des événements hip-hop nommés « free jams » organisés sur le terrain vague de La Chapelle.

Il participe au deuxième épisode de la série d’émissions de Canal+ L’Œil du cyclone où il commente l’année 1991 aux côtés d’autres acteurs du mouvement hip-hop en France tels que Dee Nasty, MC Solaar, IAM ou les Little MC. Il est plusieurs fois l’invité d’émissions de télévision, qu’elles soient consacrées au rap comme RapLine d’Olivier Cachin sur M6, ou à l’actualité de la ville et de la banlieue comme Saga-Cités de Bernard Loche sur France 3, mais ses apparitions se font de plus en plus sporadiques jusqu’à une quasi-disparition vers le milieu des années 1990.

En 2011, plusieurs magazines et webzines prétendent qu’il serait mort en 2010 dans l’anonymat médiatique. Certaines personnes de la communauté hip-hop française, convaincus par cette rumeur, lui rendent même hommage au travers de blogs, de vidéos, voire de graffitis.

Fin août 2016, International Hip Hop Magazine (IHH) publie une interview exclusive de Lionel D qui dément la rumeur. Lionel D y déclare qu’il « n’a jamais donné d’interview à quiconque depuis plus de vingt ans ».

Lionel D est mort le 26 février 2020, à l’âge de 58 ans, d’un arrêt cardiaque, dans un hôpital à Londres (Angleterre).

HOMMAGE AUX ARTISTES DCD DEPUIS JANVIER 2020 16 06 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 18 h 45 min

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Hommage aux artistes DCD depuis janvier 2020. L’idée m’est venue car avec le covid 19 certains musiciens que j’appréciais sont partis. Du coup je me suis penché sur ces artistes qui était DCD depuis le début de l’année. Dans ce 1er volet vous retrouverez. Jimmy Cobb, Tony Allen, Mory Kante, Lucky Peterson, Lexii Alijai, Little Richard, Moon Martin, G.P.O. Nous continuerons la semaine prochaine avec 1 second volet. En introduction de l’émission un hommage tout particulier à Maurice Rajsfus militant infatigable contre les violences policières et donc d’Etat, antisioniste convaincu, même s’il admet que l’idée de départ était généreuse. antiraciste et antifasciste, tout au long de sa vie il n’a cessé le combat. Il était également écrivain, journaliste et historien. Je vous salue Mr Rajsfus nous continuerons ce combat pour vous, nous et la jeunesse à venir. Vous pouvez retrouver l’émission sur

https://www.mixcloud.com/skuale/

 ou

https://www.mixcloud.com/radiolibertaire/

Maurice Rajsfus est fils de parents juifs polonais arrivés en France en 1923 et 1924. Son père Mushim Plocki, né à Ilza le 22 janvier 1892, avait enseigné en Pologne. Sa mère, Riwka Rajsfus, était née le 16 novembre 1900 à Bledow dans un milieu rural très pauvre. En France, ses parents gagnèrent leur vie comme marchands forains de bas et chaussettes dans les villes de la banlieue Nord comme Aubervilliers ou Saint-Denis. Après avoir obtenu le certificat d’études primaires en juin 1940, Maurice Rajsfus fut scolarisé au collège de Vincennes (Seine, Val-de-Marne) jusqu’en classe de 5e mais n’alla cependant pas au-delà. Durant l’automne 1940, sa famille dut apposer l’affichette « entreprise juive » sur son étalage, puis lorsqu’elle se vit interdire d’exercer la profession de marchand forain, son père fut manutentionnaire sur un chantier vers Chaville (Hauts-de-Seine). Enfin, au matin du 16 juillet 1942 – début de la rafle du Vel’d’Hiv -, sa famille était arrêtée à Vincennes, où elle résidait à l’époque, par des policiers français. Conduits dans un lieu de regroupement à Vincennes, 5, rue Louis Besquel, avec une centaine de personnes, ils attendaient le départ vers une destination inconnue. Vers 15 heures, un policier leur annonça que les enfants de nationalité française de 14 à 16 ans pouvaient sortir. Seuls les Plocki demandèrent à leurs enfants, Maurice et sa sœur Jenny (Eugénie), de partir, leur sauvant ainsi la vie. Les parents, transférés à Auschwitz le 27 juillet, y disparurent. Ils leur donnèrent tout ce qu’ils avaient de précieux, argent, alliances, montre… Jenny, née en décembre 1925, avait 16 ans, Maurice 14. Revenus dans l’appartement des parents, les deux jeunes gens réussirent à s’en sortir grâce notamment à Monique Lemarquis (voir René Lemarquis), une voisine et amie de Jenny, et à sa mère. Ils bénéficièrent également d’une aide financière versée par la mairie de Vincennes aux enfants de déportés et par l’UGIF (Union générale des israélites de France), ce qui leur permit de payer leur loyer. Jenny poursuivit ses études jusqu’au Bac, puis elle devint institutrice. Maurice fut admis à la mi-septembre 1942, comme apprenti ajusteur dans une école technique de l’Organisation de Reconstruction par le Travail (ORT), une association philanthropique juive, située dans le XVIIIe arrondissement. Ayant vite compris que ce n’était pas sa voie, il fut placé en apprentissage chez un sertisseur-joailler. Portant son étoile jaune, il parcourait les rues de Paris pour effectuer les livraisons, non sans se mettre parfois en danger quand il passait près des locaux de la Milice de Vichy ou de la LVF.

La famille de Maurice Rajsfus était athée – enfant, il ignorait ce que le mot « judaïsme » pouvait signifier, se souvenant pourtant, enfant, de la grande fête ouvrière que fut le printemps 1936 et aussi de la Guerre d’Espagne. Durant l’été 1937, il partit avec sa sœur en colonie de vacances à l’île de Ré (village de La Couarde). Ce fut son deuxième contact important avec la politique, la plupart des moniteurs étant des militants communistes et le directeur un juif allemand qui avait fui le nazisme. C’est là qu’il apprit les chants révolutionnaires, l’Internationale mais aussi la Jeune Garde, la Varsovienne… Après la déportation de leurs parents, Jenny et Maurice vécurent deux années difficiles, craignant constamment une nouvelle vague de rafles. A la mi-juin 1944, Maurice eut l’occasion de se réfugier dans un petit village du Val-d’Oise, La Chapelle-en-Vexin, Jenny s’étant cachée chez sa meilleure amie, Monique Lecouflet. Maurice revint à Vincennes en bicyclette le 28 août 1944.

Âgé de 16 ans à la Libération, il reprit son apprentissage en joaillerie et adhéra aux Jeunesses Communistes et au PC, mais il en fut vite exclu sans ménagement, à 18 ans, accusé d’être un « provocateur policier » ou un « hitléro-trotskyste ». On lui reprochait notamment de penser que la grève était la meilleure arme des travailleurs alors que, depuis que le PC était au gouvernement, l’heure n’était plus à la contestation mais à la reconstruction de la France. Fréquentant aussi la Maison des Jeunes de Vincennes, il y rencontra les animateurs du Mouvement laïque des Auberges de la jeunesse (MLAJ) et multiplia avec eux les sorties joyeuses, sac au dos. « Quel bonheur, écrit-il de rencontrer des internationalistes, alors que je sortais des rangs d’un parti chauvin ultranationaliste » (Rajsfus, 1992). S’y côtoyaient en effet des militants de diverses traditions, parmi lesquels anarchistes et trotskystes. En octobre 1946, il adhéra à la section française de la Quatrième Internationale, le Parti communiste internationaliste (PCI). Il y suivit notamment les cours donnés par Michel Pablo. Chez les trotskystes, il découvrit la réalité de la répression aux colonies, notamment en Algérie les massacrés de Sétif en mai 1945… Cependant le dogme du soutien inconditionnel à l’URSS, premier État ouvrier, ne lui convint pas, ce qui l’amena à rejoindre la tendance Socialisme ou Barbarie animée par Cornélius Castoriadis et Claude Lefort. Comme eux, il pensait que l’URSS était devenue un capitalisme d’État, une classe bureaucratique ayant détourné le pouvoir à son profit. Peu à peu le modèle bolchévique lui devint odieux. Sa sœur Jenny eut un parcours politique voisin, elle aussi au PC mais encore plus brièvement, puis militante trotskyste et membre du groupe Socialisme ou Barbarie. Elle était la compagne de Jean-René Chauvin, militant trotskyste et ancien déporté. Institutrice, elle s’engagea sur la longue durée dans le syndicalisme, membre de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN) et très active dans la tendance syndicaliste révolutionnaire l’École Émancipée (ÉÉ). Elle a également effectué la traduction de l’anglais, avec Lily Slyper, du livre de Rudolf Vrba Je me suis évadé d’Auschwitz, (Éditions Ramsay, 1988).

Pendant ces années d’après-guerre, la situation professionnelle de Maurice Rajsfus était précaire. Ayant terminé son apprentissage, il ne voulut pas s’embaucher dans un atelier de joaillerie. Durant l’été 1946, il fut moniteur de colonie de vacances à l’île de Ré, puis durant l’hiver correcteur bénévole aux Éditions Pionniers, émanation du PCI, aux côtés de Marcel Gibelin. Au printemps 1947, il fut un bref moment docker sur les Docks de Bercy et à l’automne OS à l’usine d’outillage Val d’Or à Bagnolet (Seine,Seine-Saint-Denis). À cette époque, il fréquentait la Bibliothèque Nationale, consultant les collections de vieux journaux au département des périodiques. Fin juin 1948, il partit travailler en province comme éducateur dans une maison d’enfants de déportés. Un emploi qu’il occupa par intermittence, car il fut obligé de répondre à ses obligations militaires. En effet,le fait que ses parents soient morts en déportation ne lui permit pas d’échapper au service militaire car ils étaient étrangers, donc pas « morts pour la France ». Mais sitôt dans un régiment, cet antimilitariste dans l’âme tombait malade, et finalement au bout de trois tentatives d’encasernement, l’administration militaire le déclara « réformé définitif », mais seulement au printemps 1951 : « l’armée m’avait tenu en laisse pendant 2 ans et demi » (Rajsfus, 1992). Entre deux séjours à la caserne, Maurice Rajsfus a participé du 14 juillet au 14 août 1950, à l’une des brigades de travail en Yougoslavie. Le Maréchal Tito venait de manifester son indépendance par rapport aux soviétiques, et aussitôt l’URSS et les divers partis communistes accusèrent le régime yougoslave d’être devenu fasciste. Ces brigades, constituées chacune de 100 à 120 jeunes – au total 1500 jeunes français firent le déplacement – devaient aller vérifier sur place si ces assertions avaient un fondement et aussi participer à un chantier de construction. Ce voyage acheva d’éloigner Maurice des trotskystes à qui il reprochait d’avoir une vision exagérément optimiste de la Yougoslavie titiste, surestimant les conseils des travailleurs des entreprises alors que le pays restait fermement dirigé par un parti unique d’origine stalinienne.

Échaudé par ces diverses expériences politiques pas totalement satisfaisantes, au seuil des années 1950, la découverte des surréalistes, de Benjamin Péret et de la poésie de Prévert, lui donnèrent l’impression de renaître : « Je m’enchantais de tout ce qui pouvait mettre à mal cette société à qui je n’avais rien pardonné et avec laquelle mes comptes ne seraient jamais réglés » (Rajsfus, 1992). Débuta pour Maurice Rajsfus une période d’errance dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, de bar en bar, qu’il décrit comme « une étape », « une oasis de liberté provisoire ». Coupé du monde du travail, il vécut d’expédients, endura la faim et tenta de publier ses poèmes dans des revues éphémères. Il rencontra des gens pittoresques, hauts en couleur, mais qui se révélèrent souvent inconsistants, même Isidore Isou qu’il ne parvint pas à prendre au sérieux. Expérience importante cependant en 1952 quand, embauché à l’IFOP pour effectuer des enquêtes de d’opinion, il voyagea en province : Grenoble, villages de la forêt des Ardennes, Basses-Alpes et peut-être surtout le bassin minier du Nord, autour de Lens. Également rencontre marquante avec Édouard Glissant qui, le premier, lui parla d’Aimé Césaire, véritable révélation pour lui : « Chez l’homme Césaire, le Français n’avait pas tué l’Antillais, et la culture appréhendée n’était qu’un emprunt – indispensable peut-être – complétant une autre richesse, innée. En fermant les yeux, j’avais l’impression d’écouter ma propre histoire, quand bien même cette appropriation pouvait paraître exorbitante » (Rafsjus), 1992).
Son mariage, en 1954, avec Marie-Jeanne – il avait 26 ans et elle 18 ans – et bientôt l’arrivée de leur fille (septembre 1955) puis de leur fils (août 1957), ne mit pas fin à son instabilité professionnelle. Après être resté 15 mois chef de service à la Fédération nationale des Auberges de Jeunesse (FNAJ), à partir de septembre 1954 il allait multiplier les emplois précaires. Emballeur chez le parfumeur Molinard à Vincennes, aide laborantin à l’Institut national des Sports, toujours à Vincennes, il fut aussi manutentionnaire, employé de bureau. Il tenta le courtage en assurances et fut brièvement représentant de commerce (Rajsfus, 1993). En dépit de sa prise de distance – organisationnelle – avec les trotskystes, il apporta tout de suite son aide à deux anciens élèves d’Yvan Craipeau (instituteur, ancien trotskyste) quand ceux-ci le contactèrent à la mi-septembre 1955 pour organiser une manifestation contre la Guerre d’Algérie commençante. À trois, ils mirent en place un « Comité des mouvements de jeunesse de la région parisienne contre l’utilisation du contingent en Algérie » et parvinrent – malgré les embûches venues des JC – à organiser un rassemblement de plusieurs milliers de personnes au Quartier latin, le 13 octobre 1955.

Malgré quelques travaux alimentaires, souvent harassants, Maurice Rajsjus continua tout au long de ces années à rédiger des chroniques de conjoncture pour La Vie des Métiers. Cette publication importante ayant besoin d’un réviseur de morasse (dernière épreuve avant impression), il fut embauché à l’automne 1958. Le voilà dans la presse, avec la conviction intime qu’il ne reviendrait plus à l’usine ou à l’atelier. Intégré dès le début au secrétariat de rédaction mais travaillant aussi au marbre de l’imprimerie, Maurice Rajsfus réalisa un rêve, travailler en compagnie de typographes, l’aristocratie ouvrière. De fait, apprenant beaucoup et vite, il franchit une étape et obtint sa carte de presse au bout de trois ans. Le voilà journaliste ! Bientôt secrétaire de rédaction, premier secrétaire en 1964, et en octobre 1967 secrétaire général de rédaction. Il avait l’impression d’avoir le droit, enfin, de vivre heureux, en famille. En septembre 1965, il quitta le petit appartement de ses parents à Vincennes (27 m2) pour un appartement de 75 m2 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) où chacun des deux enfants eut sa chambre. Parallèlement, il recommença à militer. Il fut de l’aventure du PSU, dont il anima, comme secrétaire, la section de Vincennes, forte de 50 militants et active en ces années de lutte contre la Guerre d’Algérie. Il participa avec ses camarades du PSU à la plupart des manifestations parisiennes, notamment à celle du 8 février 1962 qui se termina par la mort de 8 manifestants au Métro Charonne. En février ou mars 1964, il accepta de contribuer au lancement d’une revue, Action, où il retrouva des anciens de la Quatrième Internationale comme Marcel Pennetier, mais aussi des militants aux itinéraires différents comme Claude Bourdet et Victor Fay. Cet engagement au PSU lui valut de figurer sur une liste d’Union de la Gauche, en 3e position, aux élections municipales de 1965, à Vincennes. Élu secrétaire du Comité d’entreprise de La Vie des Métiers au printemps 68, membre du Syndicat national des Journalistes (SNJ), il fut donc aussi militant syndical. Il co-organisa, avec deux autres collègues, la grève à La Vie des Métiers en mai 68, des événements qui l’ont surpris, comme la majorité des Français, mais auxquels il participa activement à partir du 13 mai, passant de la Sorbonne à l’Odéon et présent dans quelques manifestations. Cette présence lui permit de voir de près l’intensité de la répression, de la violence policière. Même s’il refuse de se dire « ancien combattant de 68 », ce mouvement l’a fait basculer dans le camp des « contestataires irréductibles ». Cet engagement est vite connu de la veuve de Cino del Duca qui dirige désormais le journal. Pour Maurice, c’est donc la « mise au placardé » puis le licenciement, après 13 ans, fin avril 1971. Après un travail temporaire au Monde (août-septembre 1971) et quelques mauvaises expériences dans des revues « sans intérêt », il devint en octobre 1972 rédacteur en chef de la Revue de la formation permanente qu’il anima durant trois ans. Malgré un patron infernal, ce travail le passionna, lui permettant notamment d’interviewer leaders patronaux et syndicaux, de faire des enquêtes sur de grandes entreprises. Licencié le 1er avril 1976, il termina sa carrière de journaliste dix ans plus tard comme pigiste, travaillant pour une trentaine de publications.

Et plus que jamais, il continuait à militer : « Journaliste conventionnel le jour, je redevenais chroniqueur militant le soir venu » (Rajsfus , 1993). À Fontenay-aux-Roses, avec d’autres il créa un Comité d’Action (CA) et un journal ronéoté, l’Enragé de Fontenay-aux-Roses (une vingtaine de numéros jusqu’en octobre 1969). Lui succédera Action banlieue Sud, paraissant régulièrement jusqu’en décembre 1975. Tous les sujets de mobilisation de l’extrême gauche étaient relayés et illustrés localement : solidarité avec les immigrés, avec les réfugiés chiliens, avec les ouvriers de Lip, avec les militants arrêtés (maoïstes de la Gauche prolétarienne ou trotskystes de la LC après la dissolution de 1973). Parallèlement, un Groupe d’études socialistes se consacrait à l’histoire du mouvement ouvrier, organisant des conférences suivies. Il mit aussi la boite postale de son journal à la disposition des militants de Lutte ouvrière qui menaient campagne sur les transports, avec un petit journal local L’entassé de Fontenay-aux-Roses. Ces activités multiples le menèrent au bord de l’épuisement en novembre 1975. Il mit de longs mois à récupérer, sans pour autant abandonner son activité professionnelle. Son journal Action banlieue Sud dénonçait aussi la répression anti-jeunes. Ayant réuni, après Mai 68, des milliers de fiches sur la répression policière, Maurice Rajsfus sera en mesure, avec Jean-Michel Mension, de créer l’Observatoire des libertés publiques en mai 1994, après l’assassinat du jeune Makomé (17 ans) par un policier, le 6 avril 1993, au commissariat des Grandes Carrières (Paris, XVIIIe). Il assura la publication de plus de 200 numéros du bulletin Que fait la police ? jusqu’en 1999. Contre la renaissance de l’extrême droite et des idées fascistes, il fut aussi en mai 1990 un des initiateurs du réseau ras l’Front dont il sera président pendant quelques années.

Outre ses ouvrages sur la police et aussi, de la part de cet anti-sioniste, sur Israël et les Palestiniens, Maurice Rajsfus traita, à la fois en témoin et en historien, dans de nombreux ouvrages, de la période de Vichy et de l’Occupation, au cours de laquelle sa famille fut disloquée, détruite, lui laissant une blessure définitive. Il se mit à ce travail à partir d’octobre 1976 et le hasard des archives l’amena à s’intéresser à un dossier qui n’avait jamais passionné les historiens, celui de l’Union générale des Israélites de France (UGIF). Au terme de ses recherches, il dresse un constat sévère, estimant que les notables juifs à la tête de l’UGIF ont contribué à la déportation de des Juifs étrangers et de leurs enfants, tout en n’évitant pas eux-mêmes la déportation et la mort (Rajsfus, 1980). Il semble que leur posture ait été semblable à celle d’un Jérôme Carcopino, secrétaire d’État à l’Éducation nationale du Maréchal Pétain, qui justifie sa collaboration par le souci « d’amortir ou de détourner les coups » [de l’occupant] (cité par Marrus, Paxton, 1981, p.215). La politique du moindre mal. Même s’il met en garde contre le livre de Maurice Rajsfus, œuvre de journaliste aimant la polémique plus que d’historien, André Kaspi reconnaît que « les fichiers tenus par l’UGIF ont permis aux Allemands d’arrêter les enfants » (Kaspi, 1991, p.345). N’aurait-il pas été plus judicieux de les disperser plutôt que de les concentrer en foyers ? (Kaspi, 1991, p.325 et 345). Dans sa préface au livre de Rajsfus sur l’UGIF, Pierre Vidal-Naquet reconnaît que l’auteur a dépouillé des milliers de documents, interrogé acteurs et témoins. Il a le mérite de donner tous les éléments « qui permettent éventuellement de discuter ses affirmations ». Car en effet Maurice Rajsfus accuse les notables juifs d’avoir facilité, par leur coopération, la politique hitlérienne d’extermination. Vidal-Naquet salue un ouvrage souvent passionnant, un livre important et courageux (Préface à Rafsjus, 1980). Un jugement positif émanant également de l’écrivain et éditeur Pierre Drachline pour qui Drancy : un camp de concentration très ordinaire (1941-44) est un ouvrage de référence (Libération, 2002). La prestigieuse collection Que Sais-Je ? des PUF fit appel à Maurice Rafsjus pour l’ouvrage sur La Rafle du Vel’ d’Hiv’ (2002). De même plus récemment, en 2017, l’homme de théâtre Philippe Ogouz monta son spectacle « La Rafle du Vel’ d’Hiv’ » au Théâtre de la Manufacture des Abbesses à Paris (XVIIIe) d’après trois livres de Maurice Rajsfus. En 1992, Maurice Rajsfus avait soutenu une thèse de doctorat en sociologie sur le thème de « la manipulation de la mémoire ».
Sa mort en juin 2020, en pleine explosion des protestations contre les pratiques policières, fut largement commentée par la presse.

 

POUR CITER CET ARTICLE :

notice RAJSFUS Maurice [PLOCKI Maurice] par Jean-Paul Salles, version mise en ligne le 26 août 2018, dernière modification le 15 juin 2020.

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Wilbur James Cobb, dit Jimmy Cobb, né le 20 janvier 1929 à Washington D.C. et mort le 24 mai 2020 à New York, est un batteur américain de jazz. Il est connu pour avoir été le batteur de l’album de jazz du trompettiste Miles Davis « Kind of Blue », l’un des plus grands albums de jazz de tous les temps, dont il était le seul survivant sur les 6 musiciens réunis au printemps 1959 par Miles Davis pour l’enregistrer.

Après avoir travaillé avec quelques gloires locales, Jimmy Cobb accompagne Earl Bostic en tournées (1951), puis Dinah Washington, qu’il épouse et dont il devient le directeur musical (1951-1955). Suit une période new-yorkaise en indépendant, jusqu’à ce qu’il soit engagé par Cannonball Adderley (1957-58) et soit brièvement associé à Stan Getz et Dizzy Gillespie. En 1958, il suit Cannonball Adderley chez Miles Davis. Aux côtés du trompettiste, il forme alors, jusqu’en 1962, une exceptionnelle section rythmique avec Paul Chambers et Bill Evans, puis avec Red Garland et, surtout, Wynton Kelly, avec qui il joue régulièrement jusqu’à sa mort.

En 1963, Jimmy Cobb quitte Miles Davis mais continue de travailler avec la section rythmique de Miles, Wynton Kelly et Paul Chambers. Ils se sépareront à la fin des années 1960, lorsque Jimmy Cobb décidera de travailler avec Sarah Vaughan, avec laquelle il restera 9 ans.

À ce moment, Jimmy Cobb repart en indépendant, pendant les années 1970, 1980 et 1990 et joue pour différents groupes comme ceux de Nat Adderley ou de George Coleman.

Reconnu rapidement comme un accompagnateur de talent, Jimmy Cobb a travaillé avec un grand nombre d’artistes prestigieux tels que Dinah Washington, Pearl Bailey, Clark Terry, Cannonball Adderley, Dizzy Gillespie, John Coltrane, Sarah Vaughan, Billie Holiday, Wynton Kelly, Stan Getz, Wes Montgomery, Miles Davis, Paul Chambers, Kenny Burrell, J.J. Johnson, Sonny Stitt, Nat Adderley, Hank Jones, Ron Carter, George Coleman, Fathead Newman, Art Pepper (Gettin’ Together!, 1960) et beaucoup d’autres.

Son œuvre la plus connue demeure Kind of Blue auquel il participe en compagnie de Miles Davis en 1959, reconnu par les plus éminents critiques de jazz non seulement comme le meilleur album de Miles Davis, mais aussi comme le plus grand disque de jazz jamais réalisé. Il participera avec Miles Davis à d’autres enregistrements majeurs de l’histoire du jazz, comme Sketches of Spain, Someday My Prince Will Come ou Porgy and Bess.

Jimmy Cobb est mort le dimanche 24 mai 2020, à l’âge de 91 ans, d’un cancer du poumon, à son domicile new-yorkais de Manhattan (USA).

Tony Oladipo Allen, né le 20 juillet 1940 à Lagos (Nigeria) et mort le 30 avril 2020 à Paris (France), est un batteur, auteur-compositeur nigérian. Tony Allen a été l’un des pionniers de l’afrobeat avec son maître et ami Fela Anikulapo-Kuti, dont il était le batteur et directeur artistique de 1968 à 1979. Fela a déclaré que « sans Tony Allen, il n’y aurait pas d’afrobeat ». Il est aussi décrit par Brian Eno comme « peut-être le plus grand batteur qui ait jamais vécu ».

Vers le milieu des années 1960, les deux compères effectuent une tournée aux États-Unis. Le pays est bouleversé par le mouvement de revendications des Afro-américains. Martin Luther King, Malcolm X, le Black Panther Party… Les jeunes musiciens nigérians y font leur apprentissage politique, en grande partie grâce à leurs « sœurs ». De cette prise de conscience naîtra un des courants fondamentaux de la musique africaine du xxe siècle : l’afrobeat. Un groove et des textes engagés, un mélange entre rythmes traditionnels et puissance électrique, une recette infaillible dont le creuset est le Nigeria.

Mais très vite des dissensions apparaissent entre Tony et Fela, qui se radicalise politiquement et devient le champion du panafricanisme, le pourfendeur de la corruption et de l’exploitation du continent noir par les multinationales. Tony Allen préfère partir vers des champs musicaux plus expérimentaux. C’est ainsi qu’il se retrouve sur le label Comet Record, fondé par deux jeunes Français proches de l’electro, et qu’on verra à ses côtés des musiciens tels que Doctor L, les frères Belmondo ou Ali Boulo Santo.

En 2004, il enregistre la batterie sur la plupart des titres de l’album Politics de Sébastien Tellier. Titre phare de l’album, La Ritournelle remporte un franc succès et apporte à Sébastien une relative notoriété.

En 2005, il revient aux sources avec un album très roots Lagos No Shaking (Lagos ne tremble pas), enregistré sur place au Nigéria sur le label Honest John Records. Cette maison de disques vient d’être créée par un amateur de musique africaine, par ailleurs célèbre musicien pop anglais : Damon Albarn, leader de Blur et de Gorillaz.

En 2006, Damon Albarn forme un supergroupe, The Good, the Bad and the Queen, qui comprend Damon Albarn, Tony Allen, Simon Tong ainsi que Paul Simonon, ancien bassiste de The Clash.

En 2008, Allen enregistre sa version de la chanson Where the Streets Have No Name du groupe rock U2 disponible sur l’album In the Name of Love : Africa Celebrates U2, sorti en 2008.

En 2009, Tony Allen enregistre avec Jimi Tenor l’album Inspiration Information, vol. 4.

En 2010, Tony Allen participe au titre They Don’t Know sur l’album Confessions d’un enfant du siècle, vol 3 de Rockin’ Squat.

En 2012, Tony Allen sort avec Damon Albarn et Flea sous le nom du supergroupe Rocket Juice and The Moon un album éponyme aux sonorités funk et afrobeat. Le projet est annoncé dès 2008, mais chacun des membres est occupé sur d’autres projets. Damon Albarn annonce officiellement le projet le 27 octobre 2011. Le groupe joue pour la première fois sur scène le 28 octobre 2011 au Cork Jazz Festival à Cork en Irlande.

Mory Kanté, né le 29 mars 1950 à Albadaria (Guinée française) et mort le 22 mai 2020 à Conakry (Guinée), est un chanteur et musicien guinéen. Il est principalement connu pour son tube « Yéké yéké » en 1988.

C’est en plein Empire mandingue dans un petit village du sud de la Guinée, Albadariya, près de Kissidougou, que naît Mory Kanté le 29 mars 1950. Son père, El Hadj Djeli Fodé Kanté, est déjà un très vieil homme et Mory compte parmi les plus jeunes de ses 38 enfants. La famille Kanté est une célèbre famille de griots, sortes de poètes, chanteurs, historiens et journalistes à la fois, véritables mémoires vivantes dont le rôle est depuis la nuit des temps de conter en musique les épopées sans fins des familles et des peuples. Les parents de Mory sont tous les deux griots, fonction héréditaire, et son grand-père maternel était un puissant chef de griots à la tête d’une soixantaine d’entre eux. Le destin de l’enfant est donc tout naturellement de devenir un « jali », terme mandingue pour « griot ».

Élevé d’abord par sa mère malienne Fatouma Kamissoko, Mory va à l’école française. À 7 ans, sa famille l’envoie à Bamako, capitale du Mali, chez sa tante, Maman Ba Kamissoko, autre célèbre griote. Jusqu’à 15 ans environ, il est initié aux rituels traditionnels, au chant et au balafon. Il participe à de nombreuses fêtes familiales, à des cérémonies officielles au cours desquelles il se forge une expérience solide de musicien et de chanteur.

Au cours des années 1960, la toute jeune République du Mali, reçoit de nombreuses influences musicales : rumba zaïroise, salsa cubaine, pop et rock anglo-saxons. Le jeune Mory se passionne très jeune pour ces nouvelles musiques électrifiées et apprend la guitare. Fort d’une très riche expérience traditionnelle, il se tourne vers une certaine modernité très éloignée de son cadre familial. En 1968, il quitte l’école pour intégrer l’Institut des Arts de Bamako. Mais dès 1969, il cesse sa formation et joue dans différents orchestres, notion équivalente du « groupe » occidental. Il se forge une première notoriété en faisant danser les maliens des nuits entières dans des bals à ciel ouvert, les apollos.

En 1971, Mory a 21 ans. Il est repéré par le saxophoniste Tidiani Koné qui lui propose d’intégrer son groupe, le Rail Band de Bamako, fameux orchestre de l’hôtel de la gare. Mory accepte et prend place dans l’orchestre dont le chanteur n’est autre que le Malien, Salif Keïta.

Lorsque ce dernier quitte le groupe en 1973, Mory Kanté le remplace au chant. D’abord hésitant, il prend très vite goût à ce nouveau rôle. La formation tourne dans toute l’Afrique de l’ouest où Mory devient un artiste connu. En 1976, il reçoit le Trophée de la « Voix d’or » au Nigéria. Parallèlement, il apprend la kora et transgresse ainsi une certaine tradition qui veut que le balafon soit l’instrument noble dans sa famille. Il devient cependant très vite un virtuose de cette harpe à 21 cordes. Il exerce également ses talents de compositeur en écrivant des musiques pour des choeurs et des ballets. Enfin, il enregistre avec le Rail Band, une longue épopée dans la plus pure tradition des griots, « L’Exil de Soundiata, le fondateur de l’Empire mandingue ». En 1977, il entreprend à titre personnel une tournée des grands sites historiques de l’empire au cours de laquelle il rencontre de nombreux maîtres de la tradition afin de parfaire son rôle de griot. En dépit des variations modernes qu’il impose à la tradition musicale, Mory Kanté ne mettra jamais de côté son hérédité familiale.

En 1978, Mory est installé à Abidjan en Côte d’Ivoire, ville musicalement très active et où les moyens de travailler et d’enregistrer sont surtout plus nombreux. Le musicien s’éloigne alors du Rail Band, et s’entoure d’un nouvel ensemble de musiciens, dont Djeli Moussa Diawara, son demi frère maternel. Désormais, la kora est au centre de son travail. De plus en plus, il songe à renouveler la musique traditionnelle en y insufflant des sons et des rythmes occidentaux. Le groupe est engagé par un des plus grands restaurants de la ville qui recherche une façon un peu originale d’animer ses soirées. L’occasion est excellente pour que Mory Kanté se lance dans des mélanges musicaux encore inédits. Aux airs traditionnels, il donne un habillage rock ou funk, et de la même façon, il revisite les standards noirs-américains à la kora, au djembé ou au bolon. Les bases d’un nouveau style sont jetées. Le succès est immédiat, même si cette modernisation de la musique traditionnelle n’est pas toujours appréciée par son entourage et par les puristes. Il n’est pas rare de le voir surnommer « l’enfant terrible » dans la presse de l’époque.

C’est à Los Angeles, sur le label du noir américain Gérard Chess, Ebony, que Mory Kanté enregistre son premier disque en 1981, Courougnègnè. L’artiste affine ses heureux mélanges entre tradition et modernité, entre instruments traditionnels et électriques. Déjà très connu en Afrique de l’Ouest, Mory devient une star sur tout le continent. Le pont musical qu’il créé entre l’Afrique et l’occident est en général bien accueilli. Dans la foulée de ce succès, il monte un grand ballet pour le centre culturel français d’Abidjan. Sur scène, la formation regroupe 75 artistes : une chorale, des musiciens et des danseurs. Durant les années qui suivent, Mory se produit régulièrement avec un orchestre de presque 20 personnes.Mais, c’est en Europe que le Guinéen souhaite venir travailler.

Ce désir devient réalité en 1984. Seul, sans son épouse et ses enfants qui restent à Abidjan, Mory Kanté arrive en France en plein hiver avec la ferme intention d’aller plus loin encore dans ses expériences musicales et de se faire connaître en Europe. En France, Mory Kanté n’est pas une star et le démarrage n’est pas facile. Cependant, la musique africaine explose en Occident au cours des années 1980. C’est la naissance de la world music, mélange des rythmes traditionnels du mondeentier et des sons modernes, rock, funk, jazz ou électroniques. Mory, qui n’a pas attendu les années 1980 pour se lancer dans ces mélanges, s’impose vite sur le marché musical.

Dès 1984, sort un premier album Mory Kanté à Paris, produit par le producteur africain Aboudou Lassissi. L’accueil critique et public est bon et Mory Kanté se fait connaître en quelques mois. Il multiplie les concerts dans toute l’Europe, notamment en Italie où il est une énorme vedette. Artiste émigré et sans carte de séjour, il devient une figure essentielle de la scène « world ». En octobre 1984, il passe à la Mutualité. En décembre, au New Morning. En avril 1985, il est invité au festival du Printemps de Bourges. Puis du 12 septembre au 12 octobre, Jacques Higelin, qu’il avait rencontré des années auparavant en Afrique, le convie sur scène à Bercy, devant 16 000 personnes chaque soir avec le Sénégalais Youssou N’Dour.

En 1985, le Camerounais Manu Dibango prend l’initiative d’inviter les artistes africains à enregistrer une chanson au profit des Éthiopiens, victimes de la famine qui sévit alors. Mory Kanté fait naturellement partie du projet.

C’est en Italie, qu’il fait la connaissance du producteur américain David Sancious, qui s’est illustré en travaillant avec Bruce Springsteen. Le mariage de leurs deux talents donne naissance à un troisième album, Ten Cola Nuts, qui sort en avril 1986 sur le label français Barclay. Ces noix de cola représentent des offrandes rituelles et des voeux de bonheur. La kora est toujours au centre de l’album, mais les synthétiseurs et les cuivres viennent enrichir l’ensemble. Le travail est très soigné et salué par la presse comme une sublime réussite. Les scores de ventes sont moyens mais cette fois, Mory Kanté a réellement trouvé un équilibre musical et culturel.

Juste après la mort de son père à plus de cent ans, le jeune griot guinéen entame une très longue tournée avec un premier concert au Zénith de Paris le 29 mai. En juin, il fait un passage en Côte d’Ivoire et au Sénégal où il participe à un rassemblement anti-apartheid organisé le 14 juin, sur l’Île de Gorée, l’île aux esclaves, au large de Dakar. Durant l’été, il tourne entre la France et l’Italie avant d’entamer une tournée internationale qui le mène en Afrique du nord, puis aux États-Unis, au Japon et en Australie. Partout, il rencontre un public enthousiaste de découvrir cette culture africaine, et en particulier mandingue. Sur scène, Mory est entouré de seize musiciens et sept danseurs. Le groupe de Mory Kanté est à l’image de sa musique, profondément métissé : France, États-Unis, Afrique du Sud, Mali, Sénégal, Nicaragua, Angleterre et Suède, autant de nationalités qui partagent leurs cultures et leurs expériences.

Celui qu’on surnomme désormais « le griot électrique »’ atteint l’année suivante, en 1987, les sommets du succès avec son nouvel album Akwaba Beach. Enregistré avec la collaboration du producteur anglais Nick Patrick, sous l’oeil bienveillant et complice du président de Barclay, Philippe Constantin, ce disque marque le triomphe du funk mandingue grâce à un titre particulier, Yéké yéké qui explose les hits-parades du monde entier, à commencer par les Pays-Bas. Composé au début des années 1980, le titre se trouvait déjà sur l’album Mory Kanté à Paris mais insatisfait de cette première version, il décide de le réenregistrer. Ce nouvel enregistrement connaît alors un succès fulgurant, sur lequel des publics du monde entier vont danser. En quelques années, le 45 tours atteint des sommets de vente chiffrés en millions d’exemplaires et fait l’objet d’innombrables remixes, adaptations et reprises en hébreu, arabe, chinois, hindi, portugais, anglais ou espagnol. Avec Yéké yéké, Mory Kanté devient l’artiste africain le plus vendu et peut-être le plus connu à travers le monde. En juillet 1988, ce titre atteint la première place du classement pan-européen établi par le fameux hebdomadaire professionnel américain Billboard.

Juste après avoir reçu un disque d’or en octobre 1988 en France, Mory Kanté est récompensé en novembre à Paris par la Victoire de la musique du meilleur album francophone.

En janvier 1990, il retrouve les studios à Bruxelles, puis à Los Angeles, pour mettre au point son album Touma (« Le moment »). Pour l’occasion, et fort de sa notoriété, il s’entoure de grands noms dont le guitariste chicano-américain Carlos Santana (très connu en Afrique), ou le Sud-Africain, Ray Phiri. La démarche est la même que pour Akwaba Beach et présente un mélange subtil et sophistiqué de pop et de tradition mandingue. L’album sort en septembre 1990. Souffrant et bénéficiant à la fois du succès géant de l’album précédent, les ventes ne dépassent guère le disque d’or en France et atteignent le million à l’étranger.

Le 14 juillet 1990, il représente la France avec Khaled lors d’un concert géant à New York, dans Central Park, devant des milliers de New-Yorkais. En novembre, toujours à New York, il participe au Gala de la francophonie dans le célèbre Apollo de Harlem, qui a vu débuter son idole, James Brown.

Au début des années 1990, Mory Kanté songe sérieusement à revenir plus souvent sur sa terre natale. Comme le noble Malien Salif Keïta, le griot guinéen souhaite utiliser son nom et ses moyens financiers pour aider ses compatriotes, en particulier les plus jeunes. C’est ainsi qu’il projette de monter à Conakry un complexe culturel du nom de « Nongo Village », comprenant entre autres un studio, un centre de formation aux métiers du spectacle, un hôtel et un musée des griots. Dans une Guinée en crise, le projet aura du mal à voir le jour. D’autre part, il réalise un autre de ses nombreux projets, avec la création d’un orchestre philharmonique d’une trentaine de koras, et autant de harpes, violons et flûtes. Avec une formation réduite, il investit trois jours durant le kiosque du Jardin du Luxembourg pour le Festival Paris quartier d’été, jouant devant plus de 6 000 personnes. Puis, avec l’Ensemble traditionnel de Guinée, composé de 130 musiciens, il se produit en 1991 pour l’inauguration de la Grande Arche de la Défense à Paris.

C’est chez lui, en Guinée, que la star de l’afro-dance enregistre son nouvel album Nongo Village, du nom de son studio. Parmi les onze titres mixés à New York et Paris, c’est La Tension qui semble destiné à conquérir les foules et à envahir les pistes de danse dans la même lignée que Yéké Yéké. Dans ce disque, Mory Kanté réintègre le balafon qui détrône les guitares. Le premier extrait sort en septembre 1993, suivi de l’album à l’automne. L’accueil est moyen et certains lui reprochent de se perdre un peu dans une recette qui manque de renouvellement.

En 1994, Mory Kanté reçoit le « Griot d’Or ». Le 14 juillet, il chante à Deauville, station balnéaire de Normandie, puis entame une tournée européenne puis canadienne.

Après toutes ces années de succès, Mory Kanté choisit de retrouver une musique plus familiale, plus traditionnelle. Peut-être un peu las de son image de « griot électrique », le Guinéen se tourne vers ses sources et vers une pratique plus authentique de son art et de son métier.

En 1996, Mory Kanté sort un album autoproduit afin de conserver une certaine indépendance de création. En effet, l’album Tatebola la part des choses se met à l’heure de la techno. Mais les bases rythmiques de la techno ne sont peut-être pas si éloignées des percussions ancestrales et les inspirations musicales de ce disque se veulent proches des origines mandingues. L’album est bien accueilli par la critique et le public heureux de retrouver le griot sur scène à La Cigale en mars 1997.

En juillet 1997, Mory Kanté est présent au Womad Festival à Reading en Grande-Bretagne, en août à l’Île Maurice, puis en septembre en Autriche. La notoriété des années passées s’essouffle un peu, mais Yéké Yéké demeure une éternelle carte de visite pour l’artiste guinéen dont le travail conserve toujours une qualité de haut niveau.

Il faut attendre 2001 pour retrouver Mory Kanté. C’est en juin de cette année qu’il sort Tamala (« le Voyageur ») après un long silence. Âgé de 51 ans, le musicien n’a pourtant cessé de tourner à travers le monde, mais sans guère d’escale française. Cette fois, on le retrouve avec un album dans l’afro funk mandingue qui a fait son succès il y a 15 ans. La part d’instruments traditionnels est importante et donne une saveur plus douce et moins électronique à l’ensemble. C’est l’Anglais Paul Borg qui produit le disque sur lequel on trouve toujours de nombreuses influences, hip hop, gitane, ou soul via un duo avec la diva du rhythm and blues britannique, Shola Ama.

En 2001, Mory Kanté a été nommé Ambassadeur de bonne volonté de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)1, organisation spécialisée du système des Nations unies, créée en 1945 à Québec (Canada) dont l’objectif est « construire un monde libéré de la faim ».

En 2004 sort son album, Sabou.

Son dernier album, La Guinéenne, est sorti en 2012.

Mory Kanté est mort le vendredi 22 mai 2020, à l’âge de 70 ans, dans un hôpital de Conakry (Guinée). Sa mort est annoncée à l’AFP par son fils Ballé Kanté. Après sa disparition, plusieurs personnalités politiques et culturelles du monde lui rendent hommage. Le président guinéen, Alpha Condé, déclare que « La culture africaine est en deuil ». Le président sénégalais, Macky Sall estime quant à lui « l’Afrique vient de perdre un de ses dignes fils ». tandis que Umaro Sissoco Embaló indique que « L’Afrique a perdu une icône.».

Lucky Peterson, nom de scène de Judge Kenneth Peterson, né à Buffalo (État de New York) le 13 décembre 1964 et mort à Dallas (Texas) le 17 mai 2020, est un guitariste, organiste et chanteur américain de blues. Il devient connu en 1989 en artiste soliste avec l’album « Lucky Strikes ! ».

Son père, James Peterson, chanteur et guitariste, tenait le Governor’s Inn, un club de blues dans lequel Lucky Peterson eut rapidement l’occasion de côtoyer nombre de musiciens tels que Buddy Guy, Koko Taylor, Muddy Waters ou encore Junior Wells.

Il commence l’apprentissage de l’orgue en prenant des cours avec Bill Doggett et Jimmy Smith. Il n’a alors que 5 ans lorsque Willie Dixon le repère. Plus tard, il passe à la guitare qui deviendra son deuxième instrument de prédilection.

En 2009, il a une dizaine d’albums à son actif dont Double Dealin’ sorti en 2001. Sa production Organ Soul Sessions, intégralement interprétée à l’orgue Hammond, montre son regain d’intérêt pour cet instrument et pour les standards de jazz et blues.

Il multiplie aussi les collaborations comme son duo avec Bootsy Collins, ou sa collaboration à l’album de la chanteuse Ayọ, Gravity At Last.

Lucky Peterson joue sur plusieurs instruments, notamment des guitares de la marque Gibson, ainsi que sur un modèle signé du luthier Tom Marceau (MarceauGuitars) depuis 2008. Son style en tant que guitariste n’est pas sans rappeler celui de B.B. King. Il brille d’ailleurs plus par son style, son toucher et sa présence sur scène que par ses compositions, dont peu de morceaux sont réellement connus du grand public.

En 2014, il sort l’album The Son Of A Blues Man, où il évoque ses racines, son enfance baignée de musique et sa carrière précoce. Il considère cet album comme « l’expression la plus authentique de ce qu’il est ».

Le 25 juillet 2015, il ouvre la 36e édition du festival Jazz à Vannes, dont il est l’un des habitués.

Après avoir enflammé les Victoires du Jazz le 13 juillet 2016, il enregistre l’album Tribute To Jimmy Smith qui sort le 13 octobre 2017 sur Jazz Village.

En 2019 il entame une tournée pour fêter ses 50 ans de musique. Il sort pour l’occasion l’album 50 Just Warming Up!.

Lucky Peterson est marié à Tamara Peterson, chanteuse soul, avec qui il s’est produit sur scène et dans certains disques.

Lucky Peterson est mort le dimanche 17 mai 2020, à l’âge de 55 ans, à Dallas (USA, Texas).

Alexis Alijai Lynch (né le 19 février 1998 et morte le 1er janvier 2020), connue sous le pseudonyme Lexii Alijai, était une rappeuse américaine. Elle s’était fait connaître outre-Atlantique en reprenant des grands noms du rap tels Drake sur « Girls Love Beyonce » et Bryson Tiller sur « Exchange ».

Lexii Alijai est morte le mercredi 1er janvier 2020, à l’âge de 21 ans, d’une overdose d’alcool et drogue, au Loews Minneapolis Hotel à Minneapolis (USA, Minnesota).

Little Richard, nom de scène de Richard Wayne Penniman, est un pianiste, auteur-compositeur-interprète et acteur américain né le 5 décembre 1932 à Macon (Géorgie) et mort le 9 mai 2020 à Nashville (Tennessee). Il est l’un de pionniers du rock ‘n’ roll à la fin des années 1950. Avec Chuck Berry, Fats Domino et Bo Diddley, il fut l’un des premiers musiciens noirs de Rock and Roll à connaître les faveurs du public blanc. Personnalité rebelle, Little Richard marqua son époque par ses chansons (qu’il scandait en hurlant) ou ses tenues vestimentaires flamboyantes, autant de caractéristiques qui ont contribué à définir le ton et l’image du Rock’n'roll. Il a considérablement influencé les musiciens de la génération suivante : les Beatles, les Rolling Stones, Elton John, Lemmy Kilmister ou encore le chanteur et musicien Prince. Il est l’interprète de quelques-uns des plus grands classiques du Rock’n'roll, dont « Long Tall Sally » (1956), « Good Golly Miss Molly » (1958), «Rip It Up » (1973), « Lucille » (1988) et «Tutti Frutti » (1955), reprise plusieurs fois, par Elvis Presley notamment, ou Johnny Hallyday en France. En 2008, le magazine Rolling Stone l’a classé 12e plus grand chanteur de tous les temps. En outre, il fut intronisé au Rock’n'Roll Hall of Fame dès sa création, en 1986.

Né à Macon (Géorgie), Little Richard est issu d’une famille nombreuse. Son père dévot ne fait rien pour encourager le goût de son fils pour la musique, de même que l’ensemble de sa famille qui rejette son homosexualité, rejet qui le pousse à quitter le domicile très tôt. Très rapidement, il chante du gospel dans les fêtes locales, puis du rhythm and blues dans les clubs.

En 1951, il signe un contrat avec l’entreprise RCA et, au cours des années qui suivent, enregistre des jump blues tels que « Get Rich Quick » et « Every Hour » pour son label Peacock. Mais certains de ces premiers titres pourraient tout aussi bien être qualifiés de Rock’N'Roll. En 1955, il signe un contrat chez Specialty, une modeste maison de disques, qui l’emmène à La Nouvelle-Orléans pour une séance d’enregistrement devenue légendaire. En effet, c’est là qu’au cours d’une pause Little Richard fredonne un titre absurde et obscène, Tutti Frutti, que le producteur Robert Blackwell, frappé par le potentiel commercial de sa mélodie, fait réécrire afin d’en modifier les paroles. En 1955 a donc lieu l’enregistrement de Tutti Frutti, qui obtient aussitôt un succès considérable en même temps qu’il devient un classique du Rock and Roll. Little Richard grave, à cette période, plusieurs autres titres qui feront aussi sa renommée, comme Long Tall Sally en 1956, Rip It Up en 1956, Jenny, Jenny en 1957 et Good Golly Miss Molly en 1958. Ses apparitions publiques demeurent mémorables : avec les yeux soulignés d’une épaisse couche de khôl et les cheveux dressés sur la tête à la Pompadour, debout sur un piano. Il s’abandonne totalement, ponctuant ses chansons d’un cri légendaire (« Woo ! »). Ironiquement, il connaît un succès encore plus grand après les reprises — édulcorées — de ses chansons par des chanteurs blancs comme Pat Boone.

Au cours des années 1957 et 1958, il acquiert une popularité sans précédent. Il apparaît au générique de plusieurs films dont Don’t Knock the Rock en compagnie de Bill Haley (1956, Fred Sears), La Blonde et moi de Frank Tashlin (The Girl Can’t Help It, 1956) où figurent également la plantureuse Jayne Mansfield, Fats Domino, Julie London, les Platters, Abbey Lincoln, Eddie Cochran ou Gene Vincent, et Mr Rock’n'Roll (1957, Charles S. Dubin) avec Chuck Berry et Lionel Hampton notamment. En 1958, à la surprise de ses fans, il interrompt sa carrière quand il devient un adventiste du septième jour. De 1958 à 1962, il est chanteur de gospels et enregistre avec le producteur Quincy Jones. Mais il quitte l’adventisme et accompagne, pendant l’année 1962, en Angleterre, deux groupes anglais qui font partie de ses admirateurs : les Rolling Stones et les Beatles.

Entre 1964 et 1979, il essaie de renouer plusieurs fois avec le succès. Le 13 septembre 1969, il livre une prestation électrisante lors du Toronto Rock and Roll Revival Festival, aux côtés de Bo Diddley, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, John Lennon et Yoko Ono. En 1986, il joue aux côtés de Bette Midler, Nick Nolte et Richard Dreyfuss dans le Clochard de Beverly Hills (Down and Out in Beverly Hills) de Paul Mazursky, remake du film de Jean Renoir, Boudu sauvé des eaux (1932), y chantant Great Gosh a Mighty. Depuis lors, ses apparitions régulières dans les médias viennent justifier une réputation qui fait de lui l’une des plus grandes stars du Rock and Roll. En 1986, il est l’un des membres fondateurs du Rock and Roll Hall of Fame ; en 1991, il apparaît dans un épisode de Columbo, et en 1993 il reçoit un Grammy Award récompensant l’ensemble d’une carrière qui reste décisive dans l’histoire du rock.

En 2006, il apparaît sur le disque Jambalaya d’Eddy Mitchell, en trio avec Johnny Hallyday.

Little Richard est mort le samedi 9 mai 2020, à l’âge de 87 ans, à Nashville (USA, Tennessee).

John David Martin, dit Moon Martin, est un chanteur auteur-compositeur-interprète américain né le 31 octobre 1950 à Altus dans l’Oklahoma et mort le 11 mai 2020. Il est connu en France pour sa chanson « Bad News » (1993). Il a aussi composé « Cadillac Walk » (1977), repris par Mink DeVille, et surtout « Bad Case Of Loving You » (1979), chanté par Robert Palmer.

Moon Martin, il fait ses débuts à la fin des années 1960 dans le groupe de rockabilly local The Disciples. Il part ensuite pour Los Angeles (Californie) où il devient musicien de studios, notamment pour Del Shannon. Entre 1969 et 1973, il sort trois albums avec ses anciens acolytes de The Disciples, devenus Southwind dans un style country rock. À nouveau seul, Moon Martin travaille ensuite avec des artistes comme Gram Parsons et Linda Ronstadt. En 1974, un projet d’album solo produit par Jack Nitzsche n’aboutit pas mais le producteur est séduit par ses talents de compositeur.

Le producteur utilise ainsi ses chansons Cadillac Walk et Rolene en 1977 et 1978 sur les deux premiers albums de Mink DeVille, tandis que Robert Palmer obtient un tube avec Bad Case of Loving You, avant que Moon Martin ne donne sa propre version de Rolene à la trentième place du Billboard. Moon Martin connaît finalement ses plus grand succès en France en 1980 avec No Chance et Bad News, issu de l’album Street Fever. Ce disque est d’ailleurs, avec Escape from Domination sorti l’année précédente, sa principale réussite. La suite est moins heureuse avec ses albums suivants connaissent des succès inégaux. Rolene et Bad News sont présents sur la compilation The Very Best of Moon Martin parue en 1999.

X-Ray Vision, enregistré en 1982, a été utilisé par MTV lors de ses spots promotionnels.

Moon Martin est mort le lundi 11 mai 2020, à l’âge de 69 ans.

Genesis Breyer P-Orridge ou GPO, née Neil Andrew Megson le 22 février 1950 à Manchester et morte le 14 mars 2020 à New York, est une artiste, performeuse, musicienne et écrivaine britannique. Elle a fait l’objet de nombreuses controverses à la suite de ses performances conflictuelles des débuts, avec COUM Transmissions à la fin des années 1960 et au début des années 1970, puis avec le groupe Throbbing Gristle dès le milieu de cette décennie, précurseurs de la musique industrielle centrés autour de thématiques telles que la prostitution, la pornographie, l’occultisme ou les tueurs en série. Ses travaux musicaux ultérieurs avec Psychic TV lui valurent une reconnaissance plus large, et même quelques singles à succès commercial. Elle a collaboré à la réalisation de plus de 230 productions musicales.

Neil Megson naît en 1950 à Manchester dans le quartier Victoria Park. Sa famille est familière de l’art, auquel il s’intéresse donc très tôt : son père, Ron, représentant la semaine, est pendant son temps libre un musicien amateur de jazz, qui apprécie particulièrement le Bebop et Nat King Cole; sa mère quant à elle travaille dans une usine mais joue aussi des rôles de figurante dans des spectacles de danse. Grâce à son père il découvre très jeune des musiques variées et avant-gardistes qui resteront pour lui des influences premières, parmi lesquelles on peut citer le poète beat William Burroughs, le compositeur et guitariste Frank Zappa, le free jazz et le musicien contemporain John Cage. En 1968 il lance sa première performance artistique, en distribuant dans la rue des cartes postales sur lesquelles sont inscrits des mots comme « rosée », « arc-en-ciel », « fleur ».

Une photographie de Neil à 5 ans figure sur la pochette de l’album A Hollow Cost. Pendant son adolescence il fréquente l’école Solihull. Il s’intéresse beaucoup à l’occultisme (sa grand-mère est médium). La famille Megson vit à l’orée de la forêt Epping, à Loughton dans l’Essex.

En 1965, Neil, alors étudiant à l’université de Hull, se fond dans le personnage de Genesis P-Orridge qu’il s’est créé. Il enregistre son premier disque sous ce nom, Early Worm, en 1968 (un seul exemplaire fut pressé ; en avril 2008, le label discographique américain Dais Records a sorti une édition limitée à 500 exemplaires du LP Thee Early Worm, récupéré depuis les bandes originales par voie numérique, puis mastérisé pour une édition en vinyles, avec un livret de Genesis P-Orridge ). Le successeur de cet album d’improvisation sur des instruments fabriqués par lui-même, Catching the Bird, ne sortit jamais. Le 5 janvier 1971, il change légalement de nom grâce à une législation britannique encore très permissive sur ce point ; il s’en tire avec des frais administratifs de deux guinées seulement (environ 5£).

À cette époque, la famille Megson vivait à Solibu, une banlieue de Birmingham. Le grenier de la maison de Links Drive n’était pas seulement le repaire de P-Orridge mais aussi son premier studio, où Early Worm fut enregistré.

D’après Genesis P-Orridge, Deroy Sound, le laboratoire où Early Worm fut pressé, avait auparavant également pressé des discours enregistrés à la radio et à la télévision d’Adolf Hitler, pour le compte du tueur en série Ian Brady. Plus tard, avec Throbbing Gristle, Genesis P-Orridge écrira un morceau appelé Very Friendly à propos de Brady et de sa complice Myra Hindley.

Sur la pochette d’Early Worm on peut voir des citations de John Cage, son livre Silence étant une source d’inspiration pour Genesis P-Orridge.

En 1971, P-Orridge rencontre William S. Burroughs après avoir brièvement correspondu avec lui. Burroughs lui présente Brion Gysin, qui devient une des influences majeures de P-Orridge, aussi bien sur le plan des idées que sur le plan artistique, et l’initie au magick.

P-Orridge quitte l’université en 1969 et rejoint une communauté nommée Exploding Galaxy à Londres. Les membres de cette communauté vivent de façon stricte et abandonnent toute notion de classe sociale et de vie privée. Ils rejettent toutes les conventions sociales, se déguisent et participent à des jeux de rôle.

Il retourne à Hull et, sous l’influence de cette communauté, forme un collectif de performance artistique baptisé COUM Transmissions, qui pratique de longues improvisations musicales souvent grossières (aucun membre n’est musicien de formation). En fin d’année il est rejoint au sein du collectif par sa future compagne, Christine Carole Newby, qui changera elle aussi de nom pour devenir Cosey Fanni Tutti en 1973. Sous l’influence de Tutti, les performances de COUM, à l’origine centrées sur la musique, deviennent de véritables happenings de plus en plus extrémistes et focalisés sur les tabous, le sexe, le paranormal, le sadisme, l’automutilation, la scatologie etc. Peter « Sleazy » Christopherson d’abord spectateur des performances de COUM, se joint au collectif en 1974.

Tutti travaille en tant que secrétaire, stripteaseuse et performer pornographique. L’exposition Prostitution, présentée du 19 au 26 octobre 1976 à l’Institute of Contemporary Arts (ICA) à Londres, inclut la projection d’une vidéo mélangeant des photographies érotiques et pornographiques avec d’autres tout à fait banales de Tutti, ainsi que des tampons hygiéniques usagés insérés de façon incongrue dans des cadres divers. Des gardes travestis, des punks et autres gens déguisés de façon curieuses sont engagés pour se mêler au public de la galerie.

Le spectacle provoque un débat au Parlement du Royaume-Uni. Dans la Chambre des communes, le représentant conservateur écossais Sir Tory Nicholas Fairbairn demande une explication au ministre des Arts Harold Lever, mettant en cause l’attribution de subventions publiques à ce genre d’évènements. La presse anglaise se fait immédiatement le relais de cette indignation. Dans le Daily Mail du 19 octobre, Fairbairn qualifie l’exposition d’« Outrage révoltant. Sadique. Obscène. Diabolique. », ajoutant une phrase qui marquera le début d’une légende: « Ces gens sont des fossoyeurs de la civilisation » (« Wreckers of civilisation »).

Gen et Cosey font des découpages de ces articles criant au scandale et élaborent des collages, qui sont à leur tour intégrés à l’exposition.

Vers la fin de son existence, les performances de COUM se limitaient à un petit nombre de protagonistes: P-Orridge, Cosey, Sleazy et Chris Carter un noyau qui allait bientôt devenir Throbbing Gristle.

P-Orridge affirme vouloir toucher un maximum de personnes à travers son art ; il estime que la performance artistique n’est pas le moyen le plus approprié pour ce faire et décide donc de se consacrer plus exclusivement à la musique, grâce à laquelle il espère pouvoir considérablement élargir son auditoire.

Throbbing Gristle (TG) est officiellement fondé le 3 septembre 1975 à l’ICA, sous la forme d’un groupe de rock à quatre membres. Le premier concert du groupe a lieu dans une galerie d’art londonienne (la Air Gallery) le 6 juillet 1976. Le groupe jouait dans une pièce, la musique étant diffusée dans une pièce adjacente. Christopherson travaille aux effets spéciaux, notamment en projetant des cicatrices virtuelles sur ses partenaires, tandis que Carter utilise, lui, un véritable rasoir pour se balafrer.

Le dernier concert de cette première période de TG se tient le 29 mai 1981 à San Francisco ; un disque intitulé Mission of Dead Souls en sera tiré la même année. À l’invitation de Mute Records, TG se reformera en 2004 pour définitivement se désunir en 2010 après la réalisation de nombreux projets de disques, de tournées et d’expositions.

Psychic TV se forme en 1981, à la suite des encouragements d’Alex Fergusson d’Alternative TV de prendre un nouveau départ. Les collaborations entre eux remontent aux premiers temps d’ATV, où Genesis a tenu le rôle de batteur. La première chanson du groupe est Just Drifting, basée sur un poème de P-Orridge. Peu de temps après, Genesis et Paula P-Orridge (née Alaura O’Dell) se marient à Tijuana. Cette dernière deviendra l’une des membres les plus actives du groupe.

Au cours de sa longue existence (plus de 20 ans), Psychic TV s’essaiera à des registres très variés sur le plan musical (de la musique industrielle dans la lignée de TG à l’acid house, dont il est un précurseur au Royaume-Uni, en passant par un rock plus classique, proche de celui du Velvet Underground) et sera très prolifique, tant au niveau des nombreux concerts donnés (ce qui est un gros contraste en comparaison avec TG) que de la production discographique. Ainsi en 1988 le groupe entre dans le Livre Guinness des records pour être celui ayant publié le plus grand nombre de disques (quatorze) en l’espace de dix-huit mois.

Après une parenthèse de presque un décennie, le groupe fait son retour sur scène en 2003 sous le nom de PTV3 avec des effectifs entièrement renouvelés, à l’exception de P-Orridge. L’année suivante le groupe effectue une importante tournée en Europe, couvrant 16 pays, et aux États-Unis. En 2004, Throbbing Gristle est reformé et sort un nouvel album, le premier depuis vingt-cinq ans; Genesis poursuit en parallèle son travail avec PTV et retourne en studio. En janvier 2006 la sortie du nouvel album est annoncée. Hell is Invisible… Heaven is Her/e, enregistré à New York, inclut d’illustres collaborateurs sur certaines pistes, comme Nick Zinner (Yeah Yeah Yeahs) et Gibby Haynes (Butthole Surfers). Genesis le décrit comme un « Dark Side of the Moon pour le xxie siècle ».

Genesis s’installe à Brooklyn, New York avec sa seconde femme, Lady Jaye, née Jacqueline Breyer, également membre de son nouveau groupe Thee Majesty, et tous deux se lancent dans une expérimentation corporelle inédite: ils subissent tous deux des opérations de chirurgie plastique dans le but de devenir physiquement semblables. « L’idée n’est pas d’être jumeaux mais d’être deux parties d’un nouvel être », un être « pandrogyne » (pandrogynous) qui s’appellerait « Genesis Breyer P-Orridge ». Genesis a notamment reçu des implants mammaires et a commencé à parler de lui-même en utilisant le pronom anglais « she ». Un documentaire de Marie Losier, sorti en 2011, retrace l’histoire de cette double transformation.

2004 a été l’année de la reformation de Throbbing Gristle, avec de nouveaux concerts, suivis de trois nouveaux albums.

Le 11 octobre 2007, Genesis Breyer P-Orridge annonce le décès inattendu de Lady Jaye Breyer P-Orridge. Lady Jaye est apparemment morte soudainement le 9 octobre d’une maladie cardiaque qui n’avait pas été diagnostiquée liée à son cancer de l’estomac.

En octobre 2017, Genesis Breyer P-Orridge annonce qu’elle est atteinte de leucémie et entame une campagne de financement pour payer les traitements nécessaires à sa guérison.

En septembre 2009, un collage rétrospectif de P-Orridge, intitulé « 30 Years of Beign Cut Up », ouvre à l’Invisible-Exports, une galerie d’art contemporain située à Lower East Side à Manhattan, New York City . En novembre 2009, il est annoncé que P-Orridge se retirerait des tournées de tous les groupes auxquels il participe (incluant Throbbing Gristle et Psychic TV) pour se concentrer à l’art, l’écriture et la musique .

En juin 2010, P-Orridge vend sa propriété à Ridgewood, organisant une vente de garage dans le sous-sol d’une galerie d’art locale pour vendre un éventail d’effets personnels, en plus d’une panoplie de godemichés . Cela accompli, il déménage pour s’établir dans un appartement ne comportant qu’une seule chambre à New York dans le quartier de Lower East Side , où il continue de produire de l’art depuis sa demeure . P-Orridge reprend une tournée avec Psychic TV en 2016 avec la sortie de leur album Alienist. LA tournée dura de mi-septembre jusqu’au début du mois de décembre, avec des concerts en Grèce, en Israël, en Pologne, en Russie, en Ukraine, au Royaume Uni et aux États-Unis d’Amérique .

En août 2015, P-Orridge obtient publicité d’une interview déterminante de Caitlyn Jenner qui se décrit elle-même comme une porte-parole pour la communauté transgenre, déclarant que Jenner était désemparée et qu’elle n’avait aucune idée de ce à quoi la vie pouvait ressembler pour la majorité des personnes transgenre vivant à travers le monde . Lors de l’été 2016, le travail artistique de P-Orridge fait l’objet d’une exposition, « Try to Altar Everything », au Rubin Museum of Art à New York City. L’exposition comprend des peintures, des sculptures et des installations inspirées par la mythologie hindoue rencontrée à Kathmandu . En juin 2016, P-Orridge figure en tant que modèle dans une campagne du designer Marc Jacobs, qui décrit P-Orridge comme « une sorte de définition vivante de réalité et d’authenticité » .

Genesis P-Orridge est morte le samedi 14 mars 2020, âgée de 70 ans, des suites d’une leucémie, à New York (USA).

 

29 mai 2020

Emission du CSPB 26 05 20 REDIFF LE 02 06 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 20 h 34 min

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AU SOMMAIRE DE L’EMISSION DE CE MARDI 26 05 20 .

UN APPEL Á SOLIDARITÉ POUR ERIC BEZOU DÉLÉGUÉ DU PERSONNEL ET DÉLÉGUÉ SYNDICAL CHEMINOT QUI EST EN PASSE DE CE FAIRE LICENCIER. MILITANT ACTIF DEPUIS 28 ANS Á LA SNCF EN POSTE Á MANTES LA JOLIE. LA DIRECTION EN ACCORD AVEC LE MINISTÈRE DU TRAVAIL CONFIRME LA MESURE DE LICENCIEMENT. QUAND LE POUVOIR ET LES GRANDES ENTREPRISES SE VENGENT DE LA GRÉVE DANS LES TRANSPORTS (SNCF-RATP) QUI AVAIT DURÉ 3 MOIS. COMME IL FALLAIT S’Y ATTENDRE LE POUVOIR FASCISTE NOUS PRIVE DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION SOUS DIVERS MOTIFS PLUS FALLACIEUX LES UNS QUE LES AUTRES. ON PEUT MANIFESTER MAIS L’ON SUBIT UNE REPRESSION ULTRA VIOLENTE. ON PEUT FAIRE GRÉVE MAIS LES MENEURS SERONT CHÂTIÉS SANS PITIÉ MOTIFS DE LICENCIEMENT X OU Y ET HOP ON VIRE. CAR ERIC N’EST PAS LE SEUL. A GARE DE L’EST CE SONT 5 OU 6  AGENTS QUI SONT EGALEMENT VISÉS PAR DES MESURES DISCIPLINAIRES DONT LE LICENCIEMENT. IDEM Á LA RATP. LE POUVOIR CHERCHE PAR TOUS LES MOYENS Á BÂILLONNER LE DROIT DES TRAVAILLEURS. TANT QUE L’ON NE LUTTERA PAS Á ARMES ÉGALES CONTRE LE POUVOIR LES TRAVAILLEURS SERONT TOUJOURS PERDANTS. ŒIL POUR ŒIL DENT POUR DENT. CESSONS LA POLITIQUE CONSENSUELLE DES PARTIS DE GAUCHE, PS, INSOUMIS, NPA ET LA PLUPART DES SYNDICATS QUI ONT PERDU DE VUE L’ESSENCE MÊME DE CE POURQUOI ILS EXISTENT. 

KALERA BORROKA!!!

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AUTRES CHRONIQUES

LE TÉMOIGNAGE D’HEGOA ARAKAMA DONT LE PERE EST EN PRISON DEPUIS Á SEVILLE.

 

“Mon père vit confiné depuis 23 ans”

Cela fait plus de trois mois qu’Hegoa Arakama n’a pas eu la possibilité de rendre visite à son père incarcéré à plus de 1 000 kilomètres, à Séville. Les conditions sanitaires minimales ne sont pas respectées au sein du module d’isolement dans lequel se trouve son père, Iñaki Arakama. Si le virus y rentre, selon elle, “ça va faire un carnage”.

MEDIABASK|2020/05/23 18:00|0 IRUZKIN 

 

Hegoa Arakama, fille d’Iñaki Arakama incarcéré depuis 23 ans.

Votre père est incarcéré à Séville. Comment vivez-vous cette crise sanitaire ?

On ne s’est pas vu depuis le 15 février dernier. C’est la dernière fois que nous y sommes allés. Depuis le second week-end de mars, ils ont fermé les prisons. On aurait dû y aller le premier week-end d’avril et le week-end prochain. On vit cette crise sans se voir, avec beaucoup d’anxiété et d’angoisse.

Comment se sent votre père ?

Au début, je le trouvais très bien. Pour nous, le confinement était quelque chose de complètement nouveau, qui nous chamboulait beaucoup. Il nous téléphonait et avait tendance à nous rassurer. Je me suis rendu compte, même si je le savais, que lui, ça fait 23 ans qu’il vit confiné et que pour lui, ça ne change pas grand chose. A part que de semaine en semaine, il n’a plus de visite et cela suppose un gros manque pour lui. Une visite, c’est le temps de la visite, mais c’est aussi tout l’avant, la préparation, l’après, l’énergie que ça lui donne. On voit bien que le temps est de plus en plus long pour lui, même s’il continue d’être bien et fort.

Avez-vous continué à garder le contact durant cette crise ?

On a continué à communiquer par téléphone. Les prisonniers sont passés de huit à douze appels autorisés par semaine. L’institution pénitentiaire a mis en place des appels vidéo. Dans un premier temps, la prison leur avait refusé cette possibilité, mais ils ont posé un recours et finalement, ce droit leur a été autorisé. Cela va faire trois semaines qu’on a droit à un appel vidéo par semaine de dix minutes.

Comment s’est passé ce premier appel ?

C’était un moment très fort. Nous étions tous très émus. Déjà parce que cela fait un moment que l’on ne s’était pas vu, mais aussi parce que c’était la première fois que l’on se voyait via un téléphone. Lui, il n’avait jamais vu un téléphone portable, si ce n’est par le biais des publicités de la télévision. C’était très drôle, même si pour des raisons sanitaires, il n’a pas le droit de toucher le téléphone. Ils sont dans une cellule vide et les appels se font via l’application Whatsapp. Lui, il regarde. Cela nous permet de passer un bon moment et de lui montrer notre « chez nous ». Ca ne remplace évidement pas une visite, mais c’est un plus. D’habitude, c’est nous qui allons là-bas et là, c’est lui qui vient d’une certaine manière. On lui a montré notre jardin. On habite à la campagne : on lui a montré les montagnes du Pays Basque qui, en ce moment, sont toutes vertes. Donc, rien à voir avec le module d’isolement de Séville. Même si on continue de parler tous les jours au téléphone, on attend ce moment-là.

Le moment de raccrocher venu, quelles sensations avez-vous ressenties ?

C’est différent. On est habitué. On se contente de ce qu’on a. C’est très positif. Souvent, après l’appel vidéo, il nous téléphone. La première fois, il nous a dit qu’il se sentait comme dans un nuage. Reboosté.

Des mesures ont-elles été mises en place au sein de la prison pour protéger les prisonniers ?

Depuis qu’il est là-bas, soit depuis dix ans, mon père est en module d’isolement. Ils sont très peu et côtoient très peu de prisonniers et de fonctionnaires. Il y a eu des cas de coronavirus, mais dans les modules ordinaires. C’est une prison très difficile. Il n’y a pas de médecin. Les conditions sanitaires minimales ne sont pas respectées. Tout est restreint. Ils ont droit à un bouchon d’eau de javel par semaine pour nettoyer leur cellule et les parties communes. Les fonctionnaires sont masqués, mais eux ne le sont pas. La nourriture est pratiquement immangeable. Ils ont souvent des repas qui sont dépassés au niveau des dates de péremption. Un système immunitaire qui n’est pas celui dont on a besoin pour résister à ce virus. Il n’y a pas de malade du coronavirus dans le module d’isolement, mais s’il y en a, je me dis que c’est la catastrophe. On croise les doigts.

Si le virus rentre, ça va faire un carnage. Je pense beaucoup aux familles des prisonniers gravement malades et âgés. Mon père a 69 ans, il fait donc partie des personnes à risque. Dans quelles conditions va-t-on leur faire subir cette crise ? Sans docteur, sans aucune prise en charge, dans des endroits où il n’y a pas d’hygiène ni d’alimentation saine, tout ce dont on a besoin pour reprendre des forces si besoin… On vit dans l’angoisse avec laquelle on vit tout au long de l’année, mais là, elle est multipliée.

Les frontières sont fermées, et la date de réouverture est pour l’instant méconnue. Comment envisagez-vous la reprise des visites ?

On y pense, mais on ne sait pas du tout. Ils disent qu’ils commencent à rouvrir les prisons en Espagne, mais que pour des visites avec une séparation par une vitre. Au Pays Basque Sud, ils sont en train de se déconfiner, mais ils ne peuvent pas sortir de leur ville ou région. Pour l’instant, les prisonniers basques, excepté les rares cas qui sont au Pays Basque, n’ont pas de visite. Depuis le Pays Basque Nord, c’est encore plus compliqué. Ils disent que les frontières vont être fermées jusqu’au 15 juin, mais on entend parfois le Premier ministre espagnol qui évoque le mois d’octobre. C’est le flou et cela me fait peur. Les visite qu’a mon père, ce sont essentiellement les nôtres. Je suis en contact avec notre famille de Gasteiz ; ce sera donc à eux d’y aller. Nous sommes dans une crise sanitaire, et je veux aussi préserver mon père et toute la famille.

Que diriez-vous aux personnes qui prennent ces décisions qui ont des conséquences directes sur votre vie et celle de votre famille ?

Je dirais que ces personnes-là savent ou sont censées savoir mieux que quiconque que la prison n’est pas compatible avec toutes les mesures de prévention et sanitaires prises pour pouvoir surmonter cette crise. Pour moi, il faudrait que les prisonniers soient à la maison pour faire face à cette crise sanitaire. N’importe quel soignant, scientifique, ministre ou politique le sait. Il y a assez de mesures aujourd’hui pour que les prisonniers puissent accomplir leurs peines à la maison. Il y a le cas de Josu Urrutikoetxea, Ibon Fernandez Iradi, tous les prisonniers âgés… Tous sont concernés. A nous citoyens, on nous fait faire des choses avec des mesures restrictives et strictes, et à côté, on laisse les prisonniers dans des conditions incompatibles avec cette crise.

 

L’APPEL DE TROIS GRÉVISTES E LA FAIM EN SOLIDARITÉ AVEC PATXI RUIZ

Les trois personnes qui, depuis le 12 mai, entament une grève de la faim à Ezkerraldea veulent communiquer que nous mettrons fin à cette manifestation aujourd’hui, à 18 heures, heure à laquelle nous achèverons le onzième jour sans manger.

Nous avons lancé cette initiative le lendemain du début de la grève de la faim et de la soif de Patxi dans la prison de Murcie II, en tenant compte de la gravité de la situation, mais aussi au vu de la réalité sociale et politique.

Pendant la détention, nos droits politiques ont été annulés et le droit de manifester a également été bafoué. Dans ce contexte, nous pensons que cette dynamique, avec d’autres, a été une étincelle pour raviver la rue, et des mobilisations, grèves de la faim, jeûnes et autres types de dynamiques ont été lancés depuis que Patxi a commencé la grève de la faim et la soif.

Estimant que nous avons déjà récolté les fruits que cette initiative pourrait nous apporter, nous rejoindrons désormais la dynamique de la rue. Les trois grévistes veulent souligner que bien que Patxi ait commencé à boire de l’eau, la situation est toujours extrêmement grave et qu’elle maintient ses demandes.

En ce moment où nous avons commencé à récupérer les rues, nous ne nous détendons pas et nous continuons à gagner des espaces de revendication dans tous les coins du Pays Basque. Jo ta ke irabazi art! Toujours avec Patxi! Amnistie totale!

Grévistes de la faim d’Ezkerraldea.

 

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LA GRÉVE DE LA FAIM DE PATXI RUIZ

Aujourd’hui, Patxi célèbre son 14e jour de grève de la faim. À ceux-ci, il faut ajouter la grève de la soif maintenue durant les 12 premiers jours. Il n’y a aucun changement notable dans sa situation. Il reste en quarantaine à l’infirmerie et poursuit sa grève de la faim.

Ce que nous devons inévitablement dénoncer, c’est l’attaque que la police espagnole a menée hier à Iruñea contre les manifestants. S’excusant dans le combat lancé par un fasciste, ils ont battu ceux qui protestaient contre la situation à Patxi et ont arrêté une personne.

Encore une fois la police contre ceux qui manifestent contre les intérêts du système. Il faut se rappeler que Patxi est en prison pour avoir également combattu contre lui, et que c’est ce combat qui lui donne le caractère d’un prisonnier politique.

Concernant les dynamiques en cours de solidarité avec Patxi, elles sont les suivantes:

En prison:

Du 12 mai: Ibai Aginaga à txapeo (Séville II); Dani Pastor, Oskar Barreras et Aitor Cotano rejetant le plateau de nourriture donné par la prison (Puerto III).

Du 14 mai: Jon Kepa Preciado à txapeo (Cordoue).

Depuis le 18 mai: Irantzu Gallastegi a commencé à rejeter le plateau de nourriture offert par la prison.

Depuis le 18 mai: Iñaki Etxeberria rejette le plateau de nourriture que donne la prison.

Depuis le 19 mai: Orkatz Gallastegi (Castelló I) a commencé des jeûnes intermittents, une dynamique qu’il soulève continuellement.

Depuis le 19 mai: Itziar Moreno et Saioa Sánchez rejettent la nourriture que la prison distribue, chaque jour l’un d’eux. Aujourd’hui, c’était au tour d’Itziar.

Depuis le 19 mai: Alberto Viedma et Iñaki Krutxaga rejettent le plateau de vivres distribué par la prison d’Almería.

Depuis le 22 mai: Lola López commence un txapeo à la prison de Brieva. Il a également envoyé des lettres aux directeurs de Brieva et Murcia II.

À partir du 23 mai: Mikel San Sebastián entame une grève de la faim de cinq jours dans la prison de Murcie II. Aujourd’hui marque son deuxième jour.

Demain: Iñigo Zapirain rejettera le plateau de nourriture que la prison de Madrid VI-Aranjuez rejette.

Dans la rue:

Depuis le 15 mai: des membres de Deustuko Armada Gorria ont entamé une grève de la faim tournante de 24 heures. Chaque jour, deux personnes différentes entreront dans l’équipe.

Depuis le 18 mai: à Ondarroa, ils ont entamé une grève de la faim tournante. Ce sont des quarts de travail de 48 heures et un total de 15 personnes participeront.

A partir du 19 mai: Asier Guridi, réfugié politique au Venezuela, traversera les états d’Aragua, Miranda et le District de la capitale jusqu’à l’ambassade d’Espagne à Caracas, pour dénoncer la situation au Patxi. Asier est arrivé à Caracas et a remis une lettre en faveur de Patxi à l’ambassade d’Espagne.

A partir du 19 mai: deux personnes entament une grève de la faim à Etxarri. Le 21 mai, une troisième personne se joint à nous. Aujourd’hui est leur sixième jour.

A partir du 19 mai: ils entament une grève de la faim tournante toutes les 48 heures à Altsasu. Il y a actuellement cinq personnes.

Depuis le 20 mai, Araba (mise à jour)

Dynamiques de solidarité du jeûne: Ils mettent fin à la dynamique du jeûne et expliquent dans un communiqué qu’ils sont de retour pour rejoindre les initiatives de la rue. 69 jeunes ont participé.

À partir du 20 mai: avec les grévistes d’Etxarri, la Gazte Asanblada de Etxarri entame un jeûne tournant de 48 heures, avec deux personnes entrant dans chaque équipe.

Du 21 mai: jusqu’au dimanche, sept personnes entament une grève de la faim à Elizondo.

22 mai: Sept membres d’Erlaitz entament un jeûne de 48 heures à Irun. Aujourd’hui, ils l’ont terminé.

À partir du 22 mai: plusieurs personnes ont commencé un jeûne de 24 heures à Burlata à 21 h 00. Aujourd’hui, ils prendront fin.

À partir du 24 mai: 5 jeunes commencent un jeûne à Urruña où ils alterneront entre eux pendant 5 jours.

Mobilisations à venir:

Tous les jours

Urrugne: 19h30 au rond-point. Réunion.

Saint-Sébastien: 20h15 sur le boulevard. Concentration.

Mutriku: 20h00 au rond-point. Concentration.

Etxarri: 20h00 sur la Plaza. Concentration.

Berango: 20h00 au rond-point. Concentration.

Algorta: 20h00 à Txiki et Otaegi Square. Concentration.

Rome: 21h30 à la place des échecs. Concentration.

Hernani: 20h30 Concentration.

Durango: 20h00 Santanan. Concentration.

Amorebieta: 20:00 Pommes de terre. Concentration.

Bayonne: 17h30 Concentration.

Altsasu: 20h00 sur la Plaza.

Lekeitio: 20h00 Abbots ‘Wharf.

* Ondarroa: lundi, mercredi et vendredi, à 20h00 à Alameda

Demain 25 mai

Bilbao: 20h00 depuis la place des frères Etxebarrieta. Manifestation.

À Euskal Herria, le 24 mai 2020.

Mouvement pro-amnistie et contre la répression.

 

ETA ROUGE DETOURE N

JOSU URRUTIKOETXEA

 

Les juges refusent la libération de Josu Urrutikoetxea

Le prisonnier basque proche des 70 ans ne pourra pas recouvrer la liberté. En pleine épidémie de Covid-19, la cour d’appel de Paris a rejeté la deuxième demande de mise en liberté déposée par Josu Urrutikoetxea.

GOIZEDER TABERNA|2020/04/29|IRUZKIN 1 

 

Josu Urrutikoetxea est passé devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. (photo d’archive) © Goizeder TABERNA

La cour d’appel de Paris devait examiner deux mandats d’arrêt européens, une demande d’extradition et une demande de mise en liberté ce mercredi 29 avril. Finalement, les juges se sont prononcés contre cette demande de mise en liberté et ont remis à une date ultérieure les décisions concernant les trois autres procédures. Placé sous écrou extraditionnel depuis le 19 juin par le parquet général alors qu’un juge venait d’ordonner sa libération sous contrôle judiciaire, Josu Urrutikoetxea devra rester à la prison de La Santé.

Après une demande de mise en liberté refusée le 1er avril, Maîtres Laure Heinich et Laurent Pasquet-Marinacce ont déposé une demande de mise en liberté pour raison médicale, estimant que l’état de santé est incompatible avec la détention dans ce contexte de Covid-19. Ils ont proposé à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris que la décision soit accompagnée de la mise en place d’un dispositif de surveillance électronique. « La mise en liberté pour raison médicale laisse la possibilité d’ordonner la réincarcération une fois la crise sanitaire passée », ont précisé les conseils de Josu Urrutikoetxea.

Ils estiment qu’il fait partie de la catégorie des personnes âgées vulnérables. Il a subi plusieurs pneumonies, un problème de prostate pour lequel il a été opéré en septembre dernier, des infections à répétition, une hypertension artérielle et une bronchite aiguë cet hiver. « Le médecin qui le suit en prison a explicitement demandé que sa détention soit suspendue : la chambre de l’instruction fait le choix de jouer la vie d’Urrutikoetxea à la roulette russe », a réagi Me Pasquet-Marinacce sitôt la décision rendue publique. Et de conclure : « la chambre de l’instruction a le pouvoir de le protéger et le laisse dans une situation d’extrême vulnérabilité ».

Plusieurs cas de Covid-19

L’établissement pénitentiaire parisien compte plusieurs cas de Covid-19 depuis le début de la pandémie, autant parmi le personnel que parmi les détenus, d’après les informations recueillies par l’Observatoire international des Prisons (OIP). Joint par téléphone ce mercredi matin, avant l’audience, le prisonnier basque a informé son fils du transfert de deux détenus hébergés dans le même quartier que lui, en raison d’une suspicion de coronavirus. « L’un d’entre eux était chargé de distribuer les repas de cellule en cellule », a précisé inquiet Egoitz Urrutikoetxea.

En janvier dernier, la cour extraditionnelle a émis un avis favorable à la demande d’extradition de l’Etat espagnol pour le dossier de l’attentat de Saragosse. Le gouvernement doit encore se prononcer dessus. Ce mercredi, les magistrats se sont penchés sur la seconde demande d’extradition concernant la mort du responsable de l’usine Michelin Luis Maria Hergueta — ils rendront leur avis le 10 juin—, et un des deux mandats d’arrêt européens (MAE) dont il fait l’objet.

Eclaircissements concernant cette qualification

Concernant le dossier ouvert par Madrid pour « crime contre l’humanité » suite à l’attentat commis par ETA à l’aéroport de Barajas en 2006, la décision sera également rendue le 10 juin. Lors de la dernière audience, les magistrats avaient demandé à l’Audiencia nacional espagnole d’apporter des éclaircissements concernant cette qualification. Quant à l’examen du second MAE, lié au dossier des « Herriko taberna », ouvert par les juges espagnols contre les bars associatifs proches de la gauche abertzale, il a été repoussé au 3 juin.

En mars déjà, avant la crise sanitaire, un groupe de parlementaires avait saisi le défenseur des droits Jacques Toubon. Ils se sont émus des conditions de mise sous écrou extraditionnelle du prisonnier basque et des traitements auxquels il est soumis en détention et interrogeaient sur les motivations qui ont conduit les autorités françaises à « précipiter » la procédure qui pourrait déboucher sur la remise de Josu Urrutikoetxea à l’Espagne. Depuis, l’indignation a pris de l’ampleur. Samedi 25 avril, un appel international pour sa libération a été publié dans Mediapart avec une liste initiale de 126 signatures.

Et la liste s’est allongée, elle est passée à 140 noms. Personnalités impliquées dans la résolution de conflits, parlementaires, chercheurs, philosophes, personnalités des arts et des lettres, acteurs de la société civile des Etats-Unis, d’Afrique et d’Europe s’y sont ajoutés. Lundi, déjà MEDIABASK avait informé du soutien récent de l’avocat Bernard E. Harcourt et du courant Libre Pensée. Depuis, le philosophe allemand Axel Honneth, l’ancien ministre sud-africain Ronnie Kasrils et la philosophe Judith Butler ont rejoint l’initiative.

Dans ce contexte, le mouvement citoyen pour la résolution du conflit au Pays Basque, Bake Bidea, a regretté la décision de la cour d’appel. Elle mettrait, d’après le mouvement, « en évidence les conséquences de l’application des mesures d’exception aux prisonniers basques et la non-volonté de prendre la mesure des avancées notables du processus de paix au Pays Basque ». Bake Bidea fait le parallèle avec la libération de 11 500 détenus par décision du ministère de la Justice, en vue de réduire la surpopulation carcérale, et rappelle que les prisonniers basques Josu Urrutikoetxea, Jakes Esnal, Gurutz Maiza, Jon Parot, Xistor Haramboure et Ibon Fernadez Iradi sont eux aussi « extrêmement vulnérables face au Covid-19″.

Le 3 mai 2018, il y a maintenant deux ans, ETA avait annoncé la fin de son activité. Josu Urrutikoetxea avait alors donné la voix, avec Marixol Iparragirre, à cette annonce, en lisant le communiqué final.

 LORSQUE LE POUVOIR LOCAL LAISSE LES FASCISTES DÉFILER TOUS LES DIMANCHES Á  IRRUNEA ET DANS LE MÊME TEMPS RÉPRIME LES ANTIFAS LORS DE CONTRE MANIFESTATIONS CELA ME LAISSE PERPLEXE.CET EUSKAL HERRIA JE N’EN VEUX PAS, NOUS N’EN VOULONS PAS. 

EUSKAL HERRIA  ASKATUTA

EUSKAL HERRIA ANTIFAXISTA

EUSKAL HERRIA ANARKISTA

EUSKAL HERRIA INDEPENDENTZIA

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QUAND EH BILDU FAIT AMI AMI AVEC LE SANCHEZ LES SIRÈNES DU POUVOIR SEMBLENT ETRE IRRÉSISTIBLES POUR UNE CERTAINE GAUCHE ABERTZALE.

La peur de Bildu

Insurgé

Pour faire et pratiquer la politique, avec une majuscule, disent les fidèles à la religion institutionnaliste depuis les fauteuils bien payés.

 

Lorsque la conclusion accommodante et frauduleuse est atteinte que la société ne peut avancer (et même changer) que par le biais des votes et des institutions, une peur atroce commence de ne pas gagner suffisamment de votes, de les perdre à cause de cette déclaration ou de ce comportement, de collusion et coopérer avec cela au détriment de l’autre, afin de mettre en œuvre un point de la loi et de pouvoir s’exprimer dans les meilleurs vêtements lors d’une conférence de presse pour l’expliquer aux médias, qui le transmettront au recensement pour gagner x votes … Pour faire et pratiquer la politique, avec une majuscule, disent les fidèles à la religion institutionnaliste depuis les fauteuils bien payés.

EH Bildu a embrassé cette nouvelle recette avec enthousiasme, catalogué le PSOE comme compagnon de voyage malgré le résumé horrible qu’il a partout en général, et au Pays basque en particulier, et a donné ses votes à Sánchez en premier et ses abstentions au gouvernement national plus tard , pour préciser qu’ils entraient dans une nouvelle étape d’organisation utile.

Le rêve d’or de la nouvelle direction de l’ancienne gauche abertzale est que lors des prochaines élections au Parlement basque, la somme d’eux-mêmes avec le PSE et Podemos dispose d’une majorité suffisante pour renverser le PNV et former un beau gouvernement social-démocrate. Et tout était sur la bonne voie jusqu’à ce que Patxi Ruiz fasse une grève de la faim et provoque la solidarité active de centaines de personnes, et la «paix sociale» qui est si nécessaire pour lancer les votes. Maintenant, la peur envahit le dôme de Bildu. Les dirigeants de la nouvelle stratégie font et font des comptes pour voir dans chaque localité comment est le problème et s’il est toujours possible. Ils n’ont pas tellement peur qu’en ce moment une nouvelle organisation apparaisse qui leur enlèvera leurs votes, mais plutôt que des milliers de personnes les rendent égaux au reste des partis, et ne vont même pas aux urnes pour pratiquer le « moindre ». Cette entreprise rentable de la social-démocratie.

AINSI QUE LA CHRONIQUE DE MAITE SUR LE CONFINEMENT LIÉ AU COVID ET LA SITUATION DES PRESOS. AINSI QUE SUR PATXI RUIZ.

ET LA CHRONIQUE DE JUAN SUR LA DISPARITION DE JON ANZA VOILÀ 11 ANS ET QUI EST RESTÉ INTROUVABLE DURANT 1 AN ALORS QU’IL ÉTAIT Á LA MORGUE DE TOULOUSE. Á CE JOUR AUCUNE EXPLICATION N’A ÉTÉ APPORTÉE PAR LA JUSTICE ET L’ENQUÊTE DE POLICE

NI OUBLI NI PARDON

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15 mai 2020

88 EMISSION DU CSPB 28 02 17

Classé sous CSPB — SQUALE @ 18 h 07 min

 

 

 

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HISTOIRE DU PAYS BASQUE ET DE SON PEUPLE 1931-1939

 

PREMIERE PARTIE, CHAPITRE VIII
STATUTS D’AUTONOMIE ET GUERRE CIVILE EN PAYS BASQUE Le 2 août 1931, plus de 74 % du corps électoral catalan (99 % de oui parmi les votants) plébiscitait le statut d’autonomie catalan. Un an après, le 9 septembre 1932, les Cortès espagnoles l’approuvaient à leur tour (par 314 voix contre 24), rendant ainsi effective son application (le 14 septembre). Pendant ce temps, que faisaient les Basques ? Ils se chamaillaient… Après bien des péripéties, qui se solderont entre autres par l’abandon du processus d’autonomie par la Navarre, ils ne se prononceront définitivement pour un statut d’autonomie que le 5 novembre 1933. Il faudra cependant attendre encore près de trois ans pour que les Cortès espagnoles se décident enfin à l’entériner le 1 er octobre 1936, soit en pleine Guerre Civile. Celle-ci mit rapidement fin aux espoirs autonomistes. En effet, neuf mois plus tard, l’ensemble du territoire basque était sous la botte franquiste… Il va sans dire que cette guerre meurtrit profondément le Pays basque. Le seul nom de Guernica suffit à en rappeler la cruauté. Son histoire dépasserait de loin les limites du présent travail1. Aussi, seuls ses faits les plus marquants et ses principales conséquences seront ici signalés.
[135]
I- LES STATUTS D’AUTONOMIE (1930-1936)
1- Le statut d’Estella (1931), ou l’union autonomiste et catholique face à un
État centraliste et laïc Nous avons vu comment, sitôt la chute de Primo de Rivera, la totalité des forces nationalistes basques (exceptée la petite minorité de l’ANV) s’était regroupée autour d’une stratégie autonomiste en une même organisation politique, le PNV. L’avènement
1
Nous renvoyons pour cela à G. L. Steer, El arbol de Guernica, Madrid, 1978, Ed. Felmar ; Hugh
Thomas, La guerra civil española, Paris, 1967, Ed. Ruedo Ibérico ; Jose Antonio de Aguirre, De
Guernica a Nueva York, pasando por Berlin, in Obras Completas, op. cit. ; Maximiano Garcia Venero,
Historia del nacionalismo vasco, Madrid, 1968, Ed. Nacional ; ainsi qu’à A. de Lizarra, Los vascos y la
Republica española. Contribucion a la historia de la Guerra Civil, Buenos Aires, 1944, Ed. Ekin ; Ortzi,
Historia de Euskadi, op. cit. ; et au recueil de témoignages La guerra en Euskadi de Juan Maria et Juan
Carlos Jimenez de Aberasturi, Barcelona, 1978, Ed. Plaza James. de la IIe République espagnole, en offrant aux régions la possibilité d’obtenir un statut d’autonomie, allait bientôt définitivement canaliser la revendication nationaliste en une politique de pression statutaire visant à obtenir de Madrid un maximum de pouvoir2. Le statut d’Estella (Navarre) fut le résultat de la première grande offensive statutaire des nationalistes basques. Le 14 avril 1931, deux jours seulement après les élections qui sonnèrent le glas de la monarchie3, et le jour même de la proclamation de la IIe République, Jose Antonio Aguirre, leader nationaliste et futur président du gouvernement basque, convoquait, pour le 17 du même mois, l’ensemble des maires basques à Guernica en vue d’y proclamer (à l’instar des Catalans à Barcelone) une République basque au sein d’une République fédérale espagnole. L’armée empêcha par la force cette réunion. Mais le mouvement était lancé. Il se fortifiera durant tout le printemps 1931 et, début mai, se sent suffisamment solide pour charger la Société d’Etudes Basques de rédiger le texte d’un statut d’autonomie en vue de le soumettre à Madrid. Le 31 du même mois, soit en un temps record, celle-ci rend public son projet. Ce dernier équivaut de fait a ériger les trois provinces basques et la Navarre [136] en un État quasi indépendant : seuls, la politique étrangère, la monnaie, les postes et télécommunications, les douanes, le droit commercial et pénal, la propriété industrielle et intellectuelle et le choix du mode de représentation du Pays Basque aux Cortès espagnoles continuaient de relever du pouvoir de l’État central4. D’entrée, républicains et socialistes refusent de se joindre à ce mouvement. Pour eux, celui-ci ne constitue qu’une « réponse réactionnaire, cléricale et séparatiste » aux « propositions progressistes » de la IIe République. Malgré quelques gestes d’ouverture dans leur direction, les nationalistes renoncent bien vite à chercher un appui parmi eux.
2
Le 17 août 1930, l’ensemble des forces antimonarchiques s’étaient réunies à Saint Sébastien pour signer
un pacte scellant leur unité stratégique en vue de renverser la monarchie et de définir les principales
orientations de la politique du futur gouvernement provisoire. Parmi ces dernières figurait, bien que les
nationalistes basques fussent absents de cette réunion, le droit à l’autonomie des trois régions historiques,
la Catalogne, le Pays Basque et la Galice.
3
En Pays Basque, ces élections furent celles du triomphe des nationalistes et des carlistes qui obtinrent
1328 conseillers contre 562 pour les républicains, 457 pour les monarchistes, 156 pour les socialistes et
12 pour les communistes. Il faut toutefois noter, qu’excepté en Navarre, les républicains et les socialistes
gagnèrent toutes les mairies des villes basques de plus de 6000 habitants.
4
On peut lire l’intégralité du texte de ce statut dans Manu Escudero et Javier Villanueva, La autonomia
des Pais Vasco desde el pasado al futuro, San Sebastian, 1976, Ed. Txertoa, p. 190 et s. De fait, on voit mal comment un réel dialogue aurait pu s’instaurer entre des forces qui, on l’a vu, maintenaient des relations aussi tendues. Se détournant des républicains et des socialistes, les nationalistes cherchent immédiatement à s’attirer la sympathie des carlistes. En effet, ces derniers représentent alors certainement, avec leur catholicisme exacerbé et leurs velléités fuéristes, la force politique la plus proche du PNV et donc la plus susceptible d’en appuyer les revendications. Les deux amendements au texte du statut, proposés le 7 juin par le PNV, contribueront à sceller l’alliance des deux forces : le 10 du même mois, les carlistes approuvent le statut5. Les choses vont alors très vite : une réunion de l’ensemble des 528 maires des quatre provinces basques est convoquée pour le 14 juin à Estella (en Navarre). Les républicains, les socialistes, les communistes, et les nationalistes de l’ANV boycottent la réunion au cours de laquelle [137] 427 des 480 maires présents ratifient le statut6. Quelques jours plus tard, nationalistes et carlistes forment une coalition en vue de se présenter unis aux élections à l’Assemblée Constituante espagnole qui doivent avoir lieu le 28 juin. La propagande électorale de la coalition s’organise du Statut d’autonomie et de la défense de la religion. Au lendemain des élections, son triomphe est total : sur les 24 députés du Pays Basque, 15 y appartiennent7. Ces députés forment un groupe parlementaire, la Minorité Parlementaire Basco-Navarraise. À l’inverse du Pays Basque, le reste de l’Espagne a très largement voté pour la gauche républicaine et laïque8 : on devine par avance le type de rapports qui allait prévaloir entre la Minorité Basco-Navarraise et la majorité de l’Assemblée constituante…
5
Le premier de ces amendements portait de 2 à 10 le nombre d’années de résidence en Pays Basque
nécessaires pour obtenir la citoyenneté basque. Le second réservait les relations avec le Vatican comme
matière exclusive de l’Etat basque. Ces deux amendements provoquèrent un tollé général parmi les républicains et les socialistes, et l’opposition déclarée du petit secteur des nationalistes laïcs regroupés au sein
de l’ANV.
6
Ces 427 maires représentaient environ 70 % de la population basque. Après cette réunion, ce statut sera
communément appelé Statut d’Estella.
7
Soit 8 nationalistes, 5 carlistes et 2 catholiques indépendants, contre 6 républicains et 3 socialistes.
8
Les socialistes obtinrent 116 sièges ; les radicaux, 90 ; les radicaux-socialistes, 56 ; Esquerra
Republicana, 36 ; Accion Republicana, 26 ; la droite libérale républicaine, 22 ; l’ORGA, 15 ; Au Service
de la République, 16 ; la Minorité Basco-Navarraise, 15 ; les Agraires, 26 ; la Lliga Regionalista, 3 ; les
libéraux démocrates, 4 ; les monarchistes, 1 ; et enfin les Fédéraux et Divers d’extrême gauche, 14. Le 22 septembre, 420 maires basques, accompagnés des 15 députés de la Minorité, remettent le texte du statut d’Estella au Président du Gouvernement provisoire, Niceto Alacala Zamora, dans l’espoir que les Cortès l’examinent dans les plus brefs délais. À peine trois jours plus tard, ceux-ci déclarent le statut anticonstitutionnel : ils viennent en effet de voter un amendement constitutionnel instituant les relations avec le Vatican comme domaine exclusif de l’État central. Les rapports entre la Minorité et le Gouvernement provisoire deviennent alors de plus en plus tendus. Les principaux points de divergence ont trait à la question religieuse et à la forme de l’État. Le 15 octobre, après avoir affirmé : « Nous avons atteint la limite de nos concessions. La Constitution qui va être approuvée ne peut être la nôtre »9, les 15 députés de la Minorité Basco-Navarraise quittent les Cortès. Moins de deux mois plus tard, le 9 décembre 1931, la nouvelle Constitution espagnole est promulguée. Son Article I définit l’Etat espagnol [138] comme un « État intégral », et son article 26 spécifie que « l’Etat, les régions, les provinces et les municipalités ne devront ni maintenir, ni favoriser, ni aider économiquement les Eglises, Associations et Institutions religieuses » : le statut d’Estella avait définitivement vécu.
2- Le statut plébiscité (1933), ou le choix de la légalité républicaine des
nationalistes et l’opposition des Carlistes et de la Navarre Plutôt que de s’enfermer dans une opposition intransigeante, et de voir ainsi sa politique autonomiste compromise pour plusieurs années (avec, comme conséquence interne, la menace d’une radicalisation incontrôlable de sa base : voir Jagi Jagi), la direction du PNV va opter, dès l’impasse d’octobre 1931, pour un rapprochement progressif avec le Gouvernement espagnol. L’alliance des nationalistes avec les carlistes avait certes permis d’unir les trois provinces basques et la Navarre autour d’une même revendication nationale basque. Mais les débordements carlistes sur la question religieuse10 sont, les nationalistes le sentent bien désormais, inacceptables pour le Gouvernement. Par ailleurs, si cette
9
Rapporté par Manuel Tuñon de Lara, La España del siglo XX, Barcelona, 1981 (1° édition. 1966), Ed.
Laia, tome II, p. 325.
10
En janvier 1932, des heurts très violents opposent des intégristes carlistes à des socialistes. Ces heurts
se soldent par trois morts à Bilbao et, deux mois plus tard, deux autres morts à Pampelune. alliance s’était révélée forte, et parfois enthousiaste, durant la montée de la revendication statutaire (printemps et été 1931), les failles, provoquées par le choc d’octobre avec le Gouvernement, s’agrandirent rapidement pour laisser apparaître les divergences idéologiques ayant toujours existé entre le nationalisme basque et le carlisme. Juan Pablo Fusi11 nous rappelle quelques-unes d’entre elles : « Pour les carlistes, la réintégration des Fueros signifiait simplement la restauration des institutions basco-navarraises antérieures à 1839, comme fondement de l’unité du Royaume d’Espagne, tandis que pour les nationalistes, la réintégration forale supposait la restauration de la souveraineté basque. Dépouillé de la rhétorique fueriste, le carlisme n’était rien d’autre qu’un régionalisme traditionnel, la simple restauration (…) des
Fueros des quatre provinces. Il n’envisageait absolument pas, et n’avait jamais envisagé, la création de l’État autonome basque qui constituait la principale aspiration du nationalisme ». Les priorités politiques étaient par ailleurs distinctes : « Le nationalisme voulait l’autonomie basque et était disposé à accepter [139] la légitimité de la République pour l’obtenir. Le carlisme, lui, n&