ҪA BOOSTE sous les PAVÉS (Radio Libertaire 89.4 Mhz)

7 octobre 2020

REFERENDUM NOUVELLE CALEDONIE

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 15 h 13 min

 

 

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REFERENDUM NOUVELLE CALEDONIE  dans ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS

pour une KANAKY LIBRE et INDEPENDANTE

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Nous recevions pour l’émission SLY du MJKLF, MINA de l’USTKE et LAURE chercheuse, anthropologue, enseignante 

Communiqué du MJKF Mouvement des Jeunes Kanak en France Le   Mouvement   des   Jeunes   Kanak   en   France,   tient   à dénoncer la campagne de criminalisation à l’encontre de l’USTKE.  Le droit   de grève est un principe universel qui doit être respecté, et l’incarcération des camarades de l’USTKE et de son président est une entorse grave à ce principe et une insulte   à   l’ambition   démocratique   en   Kanaky   Nouvelle ­Calédonie. Nous   venons   de   célébrer   les   vingt   ans   de   l’accord   de Matignon, et son esprit de dialogue qui a ramené la paix au pays. Malgré cet accord, notre pays reste encore, dans une caricature coloniale, illustrée par cette décision de justice locale. Nous regrettons amèrement que cet esprit de dialogue ne soit pas traduit dans les faits, particulièrement en ce qui concerne les conflits sociaux.  Nous appelons tous les citoyens pour qui le droit de grève est un principe fondamental à signer la pétition en soutien aux   camarades   USTKE   emprisonnés (http://solidaritekanaky.org/).  Et de participer au rassemblement le mercredi 8 juillet à 10h derrière l’Assemblée Nationale.  Pour le bureau du MJKF Rock Haocas Yoan Boewa François Kare

FLNKS-Officiel - Message de solidarité | Facebook

 

Nous nous rassemblons au sein du collectif Solidarité Kanaky afin d’appuyer les luttes du peuple kanak ; notamment, les mouvements associatifs, syndicaux ou politiques qui agissent pour le droit à l’autodétermination des Kanak, pour l’indépendance de Kanaky. Nous combattons le colonialisme. Notre objectif est de faire connaître et comprendre la situation coloniale qui est celle de Kanaky, d’informer sur les luttes menées sur place, de soutenir les mouvements indépendantistes locaux. Cette action s’inscrit dans un cadre internationaliste et anticolonialiste global.

Organisations membres du Collectif Solidarité Kanaky

MJKF (Mouvement des Jeunes Kanak en France), USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanak et des Exploités (en France), Union syndicale Solidaires, CNT (Confédération Nationale du Travail), Sindicatu di i Travagliadori Corsi, Ensemble !, NPA (Nouveau parti anticaptialiste), PIR (Parti des indigènes de la République), PCOF (Parti communiste des Ouvriers de France), Union communiste libertaire, Ni guerre ni État de Guerre, Association Survie, FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s), FUIQP (Front Uni des Immigrations et des Quartiers populaires.

Articles les plus récents

  • Kanaky vers l’indépendance

    4 octobre, par Collectif Solidarité Kanaky

    A l’occasion du deuxième référendum organisé le 4 octobre 2020, le peuple Kanak a, une nouvelle fois, très largement confirmé sa volonté de mettre fin à la colonisation française et d’accéder à l’indépendance. Le résultat est amplifié en ce sens par rapport au résultat du premier referendum du 4 novembre 2018.
    Les résultats, là où le peuple kanak vit majoritairement sont éloquents : 84,3% de « oui à l’indépendance » dans la province des Îles et 77,8% dans celle du Nord (29,1%, dans la troisième province, celle (…)

  • L’État français cherche-t-il à s’affranchir de l’accord de Nouméa ?

    11 juin, par Collectif Solidarité Kanaky

    Alors que la deuxième consultation sur l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté approche, le collectif Solidarité Kanaky dénonce la violation par l’État de ses engagements en tant que signataire de l’Accord de Nouméa. Plusieurs mesures prises pendant la crise sanitaire viennent s’ajouter aux signaux nombreux et répétés indiquant une volonté de neutraliser le processus de décolonisation du territoire.
    À l’occasion de la pandémie de COVID-19, l’État français a repris en main la politique (…)

     

    Accueil - (page 4) - Servir le Peuple

     

    En un coup d’oeil

    La Nouvelle-Calédonie est une collectivité d’outre-mer à statut particulier. Son statut unique résulte de l’accord de Nouméa (5 mai 1998), approuvé lors de la consultation électorale du 8 novembre 1998. La loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 fixe le cadre dans lequel s’inscrit l’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie pour vingt ans.

     

    En Nouvelle-Calédonie, l’État est compétent dans les matières énumérées limitativement par l’article 21 de la loi organique, et notamment le contrôle de l’immigration et des étrangers, la monnaie, le Trésor, les changes, la défense nationale, la justice, la fonction publique de l’État, le maintien de l’ordre et l’enseignement supérieur et la recherche.

    Le haut-commissaire de la République est dépositaire des pouvoirs de la République et représente le Gouvernement. La Nouvelle-Calédonie est représentée au Parlement et au Conseil économique et social de la République dans les conditions fixées par les lois organiques.

    Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie est formé par la réunion d’une partie des membres des 3 assemblées de provinces (respectivement 32 membres, 15 membres et 7 membres), soit 54 membres.

    Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie est élu par le Congrès pour une durée de 5 ans, c’est l’exécutif de la Nouvelle-Calédonie.

    Le Sénat coutumierles conseils coutumiers et le Conseil économique, social et environnemental (CESE) constituent les autres institutions de la Nouvelle-Calédonie. Les deux premières sont consultées sur les textes relatifs à l’identité kanak, et le CESE sur les sujets économiques, sociaux et culturels.

    Les trois provinces Sud, Nord et îles Loyauté sont constituées en assemblées de provinces (respectivement 40 membres, 22 membres et 14 membres) et sont élues au suffrage universel pour une durée de cinq ans.

    Les provinces et les communes de la Nouvelle-Calédonie sont des collectivités territoriales de la République. Elles s’administrent librement par des assemblées élues au suffrage universel direct.

     

    Appeldes organisations solidaires de la lutte du peuple kanak

    05
    Un peu
    d’histoire
    Des accords de Matignon à l’accord
    de Nouméa
    Colonie française depuis 1853, la Nouvelle
    Calédonie devient un territoire d’outre-mer
    (TOM) à partir de 1946.
    Suite à un conflit politique opposant les
    loyalistes (favorables au maintien de la
    Nouvelle-Calédonie au sein de la République
    française) et les indépendantistes, les accords
    de Matignon sont conclus le 26 juin 1988 par
    Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, sous
    l’égide du gouvernement français. Ces accords
    prévoient une période de développement de
    dix ans, avec des garanties économiques et
    institutionnelles pour la communauté kanak,
    avant que les Néo-calédoniens n’aient à se
    prononcer sur leur avenir.
    Dans le même temps sont mises en place trois
    provinces : Sud, Nord et Îles. Ces collectivités
    territoriales ont pour objectif de servir de cadre
    au rééquilibrage économique et social.
    Un second accord (l’accord de Nouméa)
    signé 10 ans plus tard, le 5 mai 1998, prévoit
    un référendum d’autodétermination pour la
    Nouvelle-Calédonie ainsi qu’un transfert de
    certaines compétences de la France vers
    la Nouvelle-Calédonie dans de nombreux
    domaines, excepté les compétences
    régaliennes (la défense, la sécurité, la justice et
    la monnaie) qui resteraient des compétences
    de la République française.
    Ce n’est qu’à partir de 1999 que la Nouvelle
    Calédonie devient une collectivité spécifique
    de la République française.
    Depuis cette date, elle dispose d’un statut
    particulier de large autonomie instauré
    par l’accord de Nouméa, et différent des
    collectivités d’outre-mer (COM).
    Depuis l’accord de Nouméa, régi par la
    loi organique du 19 mars 1999, c’est le
    gouvernement de la Nouvelle-Calédonie qui
    est l’organe exécutif néo-calédonien.
    Pour plus de détails, voir le préambule
    de l’accord de Nouméa en annexe.

    Le rôle
    du gouvernement
    Le rôle du gouvernement
    Le gouvernement est l’exécutif de la
    Nouvelle-Calédonie.
    Il est élu par le congrès et est responsable
    devant lui.
    L’élection du gouvernement
    Les membres du gouvernement sont élus
    par le congrès de la Nouvelle-Calédonie,
    lui-même élu par les citoyens calédoniens.
    Les membres du gouvernement, entre 5 et 11,
    sont élus à la représentation proportionnelle.
    Ce mode d’élection conduit à la formation
    d’un gouvernement dit « collégial ».
    C’est-à-dire que c’est un gouvernement qui
    comprend des membres des principaux
    groupes politiques présents au congrès.
    Une fois élus, les membres du gouvernement
    se réunissent pour désigner un président et
    un vice-président.
    Sa première fonction est de
    préparer et d’exécuter les
    délibérations du congrès.

    Le gouvernement
    et ses compétences
    Le gouvernement
    Prend les décisions individuelles relatives
    au travail des étrangers ;
    Établit le programme des importations ;
    Approuve les tarifs et redevances en
    matière de postes et télécommunications ;
    Organise les concours d’accès aux
    emplois publics de la Nouvelle-Calédonie
    et de ses établissements publics, et en
    détermine les programmes ;
    Détermine les modalités d’application
    de la rémunération des agents publics
    de la Nouvelle-Calédonie ainsi que la
    rémunération des collaborateurs des
    membres du gouvernement ;
    Crée les charges, nomme les officiers
    publics et ministériels et confère l’honorariat ;
    Fixe les prix et les tarifs réglementés ;
    Fixe l’organisation des services de la
    Nouvelle-Calédonie ;
    Détermine la nature et les tarifs des
    prestations des services publics de la
    Nouvelle-Calédonie ;
    10° Conclut les conventions avec les
    concessionnaires, délégataires de service
    public et les fermiers ;
    Extrait de la loi organique modifiée par la loi
    organique n°2009-969 du 3 août 2009.

    11°ou d’exploitation des ouvrages publics

    Fixe l’objet et les modalités d’exécution
    et des travaux publics de la Nouvelle
    Calédonie ;
    12° Gère les biens de la Nouvelle
    Calédonie ;
    13° Détermine les servitudes
    administratives au profit du domaine et
    des ouvrages publics de la Nouvelle
    Calédonie ;
    14° Assure le placement des fonds libres
    de la Nouvelle-Calédonie en valeurs
    d’État ou en valeurs garanties par l’État
    et autorise l’émission des emprunts de la
    Nouvelle-Calédonie ;
    15° Accepte ou refuse les dons et legs au
    profit de la Nouvelle-Calédonie ;
    16° Conclut les conventions de prêts ou
    d’avals, dans les conditions fixées par le
    congrès ;
    17° Se prononce sur les projets ou
    propositions de loi du pays ou sur les
    projets de délibération du congrès ou
    d’une assemblée de province, relatifs aux
    mines, mentionnés aux III e et IVe de l’article
    42 ;
    18° Prépare la codification des lois du
    pays et de la réglementation édictée par la
    Nouvelle-Calédonie.

    Le président du gouvernement
    représente la Nouvelle-Calédonie.
    Il intente les actions et défend l’institution
    devant les juridictions, au nom de la
    Nouvelle-Calédonie.
    Il dirige l’administration de la Nouvelle
    Calédonie et nomme aux emplois publics
    de la Nouvelle-Calédonie, sous réserve des
    dispositions de l’article 132. Il est ordonnateur
    des dépenses et prescrit l’exécution des
    recettes de la Nouvelle-Calédonie. Il signe
    tous les contrats au nom de celle-ci.
    Il peut déléguer en toute matière sa signature
    au secrétaire général, aux secrétaires
    généraux adjoints, aux directeurs, aux
    directeurs adjoints, aux chefs de service et
    aux chefs de service adjoints ainsi qu’aux
    agents publics occupant des fonctions au
    moins équivalentes.
    Le président du gouvernement assure dans
    les quinze jours la publication au Journal
    officiel de la Nouvelle-Calédonie des
    actes ressortissant à la compétence des
    institutions de la Nouvelle-Calédonie.
    Le président du gouvernement présente
    chaque année devant le congrès :
    Lors de la première session ordinaire,
    un rapport sur la situation de la Nouvelle
    Calédonie et l’état des différents services
    publics, y compris délégués, ainsi qu’un
    rapport sur l’état des participations de la
    Nouvelle-Calédonie au capital de sociétés et
    sur l’activité de celles-ci ;
    Lors de la session budgétaire, un rapport
    sur l’activité du gouvernement pendant
    l’année écoulée et sur le programme de
    travail de la session.
    Le président du gouvernement transmet au
    congrès sans délai toute décision relative à la
    nomination des directeurs d’établissements
    publics de la Nouvelle-Calédonie et des
    représentants de la Nouvelle-Calédonie
    aux conseils d’administration et conseils de
    surveillance des sociétés d’économie mixte.
    (Article 136-1)

    Les compétences de l’Etat
    Extrait de la loi organique modifiée par la loi
    organique n°2009-969 du 3 août 2009
    I. L’État est compétent dans les
    matières suivantes :
    Nationalité ; garanties des libertés
    publiques ; droits civiques ; régime électoral ;
    Justice, organisation judiciaire,
    organisation de la profession d’avocat,

    frais de justice pénale et administrative ;

    procédure pénale et procédure administrative
    contentieuse ; commissions d’office et
    service public pénitentiaire ;
    Défense nationale ;
    Matériels de guerre, armes et munitions,
    poudres et substances explosives ;
    Monnaie, crédit, changes, relations
    financières avec l’étranger et le Trésor ;
    Desserte maritime et aérienne entre la
    Nouvelle-Calédonie et les autres points
    du territoire de la République ; liaisons et
    communications gouvernementales, de
    défense et de sécurité en matière de postes
    et télécommunications ; réglementation des
    fréquences radioélectriques ; statut des
    navires ; immatriculation des aéronefs ;
    Réglementation relative aux matières
    mentionnées au 1° de l’article 19 du décret
    n° 54-1110 du 13 novembre 1954 portant
    réforme du régime des substances minérales
    dans les territoires d’outre-mer, ainsi qu’aux
    installations qui en font usage ;
    Fonction publique de l’État ;
    Contrats publics de l’État et de ses
    établissements publics ;
    10° Règles relatives à l’administration
    des provinces, des communes et de leurs
    établissements publics, contrôle de légalité
    des provinces, des communes et de leurs
    établissements publics et régime comptable
    et financier des collectivités publiques et de
    leurs établissements publics, sous réserve
    de l’article 27 ;
    11° Contrôle budgétaire des provinces,
    des communes et de leurs établissements
    publics ;
    12° Exercice, hors des eaux territoriales,
    des compétences résultant des conventions
    internationales, sous réserve des dispositions
    du 10 de l’article 22 relatives aux ressources
    de la zone économique exclusive ;
    13° Recensement général de la population ;
    14° Lutte contre la circulation illicite et le
    blanchiment des capitaux, lutte contre le
    financement du terrorisme.

    L’État est également compétent dans les
    matières suivantes, sous réserve, le cas
    échéant, de l’application des dispositions
    mentionnées aux articles 28 à 38 :
    Relations extérieures ;
    Conditions d’entrée et de séjour des
    étrangers ;
    Maintien de l’ordre ;
    Sûreté en matière aérienne ;
    Droit pénal, sous réserve des dispositions
    prévues aux articles 86, 87, 88 et au
    deuxième alinéa de l’article 157 ;
    Communication audiovisuelle ;
    Enseignement supérieur et recherche ;
    Collation et délivrance des titres et
    diplômes, sous réserve des dispositions du
    2° de l’article 22.
    Le haut-commissaire de la
    République
    Le haut-commissaire est nommé par décret
    du président de la République délibéré en
    conseil des ministres. Il veille à l’exercice
    régulier de leurs compétences par les
    institutions de la Nouvelle-Calédonie et des
    provinces et à la légalité de leurs actes.
    À compter du transfert de la compétence en
    matière de sécurité civile (le 1 er janvier 2014),
    le haut-commissaire peut prendre, dans
    tous les cas où il n’y aurait pas été pourvu
    par les autorités de la Nouvelle-Calédonie,
    toutes mesures nécessaires visant à assurer
    la sécurité civile.
    Ce pouvoir ne peut être exercé par le haut
    commissaire qu’après mise en demeure
    adressée aux autorités de la Nouvelle
    Calédonie restée sans résultat.
    À défaut de publication dans un délai de
    quinze jours des actes ressortissant à la
    compétence de la Nouvelle-Calédonie e
    des provinces, le haut-commissaire en
    assure sans délai la publication au Journa
    officiel de la Nouvelle-Calédonie.
    À la demande du congrès ou des assem
    blées de province, les autorités administra
    tives indépendantes et les établissements
    publics nationaux apportent leur concours
    à l’exercice par la Nouvelle-Calédonie ou
    par les provinces de leurs compétences
    Les modalités de ce concours sont fixées
    par des conventions passées entre l’État
    ses établissements ou ses autorités et la
    Nouvelle-Calédonie ou les provinces. Ces
    conventions sont transmises pour informa
    tion au haut-commissaire.

    L’administration de la
    Nouvelle-Calédonie
    Le gouvernement organise et gère
    l’administration de la NouvelleCalédonie.
    L’organisation des services fait l’objet d’un
    débat préalable à la nomination du secrétaire
    général et des directeurs généraux des
    services. Conformément à l’article 127, 8 de
    la loi organique, elle est fixée par un arrêté du
    gouvernement.
    Le gouvernement nomme et révoque les
    directeurs et chefs de services de Nouvelle Calédonie

    et les directeurs d’office ou
    d’établissement public. Ces emplois sont à
    sa décision.
    Secrétaire Général
    Secrétaire
    Général Adjoint
    (moyens, économies et finances)
    Direction
    des Affaires
    Administratives
    Service
    Météorologie
    Service de la
    Marine Marchande
    et des Pêches
    Maritimes
    Direction Régionale
    des Douanes
    Direction de
    l’Aviation Civile
    Service
    des Archives
    Service des Musées
    et du Patrimoine
    Direction
    des Affaires
    Juridiques
    Direction des
    Affaires Sanitaires
    et Sociales
    Direction
    de la Jeunesse
    et des Sports
    Direction des
    Affaires Vétérinaires
    Alimentaires et
    Rurales
    Direction du Budget
    et des Affaires
    Financières
    Direction
    du Travail et
    de l’Emploi
    Direction des
    Infrastructures de la
    Topographie et des
    Transports Terrestres
    Direction des
    Services Fiscaux
    Direction de
    l’Enseignement
    de la
    Nouvelle-Calédonie
    Direction des
    Ressources Humaines
    et de la Fonction
    Publique Territoriale
    Direction
    de la Formation
    Professionnelle
    Conitnue
    Direction des
    Technologies et
    Services de
    l’Information
    Direction
    des Mines et de
    l’Energie
    Direction de la
    Culture, de la
    Condition Féminine
    et de la Citoyenneté
    Direction
    des Affaires
    Économiques
    Secrétaire
    Général Adjoint
    (aménagement et développement et
    affaires sanitaires, sociales et rurales,
    culture et affaires coutumières)
    Transfert
    de Compétences
    Secrétaire
    Général Adjoint
    (emploi, formation, jeunesse et sport)
    Secrétaire
    Général Adjoint
    (établissements publics de la
    Nouvelle-Calédonie)
    12
    Les lois, les délibérations,
    les arrêtés…
    comment ça marche ?
    Le gouvernement est l’exécutif collégial des
    institutions néo-calédoniennes. Il applique la
    politique voulue par le congrès dans le cadre
    des transferts de compétences prévus par
    l’accord de Nouméa (article 22).
    Le gouvernement prépare et exécute
    les délibérations du congrès et de sa
    commission permanente. Il arrête les projets
    de délibérations et les projets de lois du pays
    qui sont soumis à l’examen et au vote du
    congrès.
    Adoption des actes du congrès
    Selon la nature de l’acte voté par le congrès,
    la majorité requise pour son adoption diffère :
    - les délibérations sont votées à la majorité
    simple ;
    - les lois du pays sont votées à la majorité
    absolue des membres composant le
    congrès (soit 28 voix) ;
    - la majorité qualifiée des 3/5e est
    requise pour certains actes (transferts de
    compétences, détermination des signes
    identitaires permettant de marquer la
    personnalité de la Nouvelle-Calédonie aux
    côtés de l’emblème national, modification de
    son nom, fixation de la date de la consultation
    sur l’accession à la pleine souveraineté.

    Le congrès
    et ses attributions
    Le congrès vote les textes…
    Assemblée délibérante de la NouvelleCalédonie, le congrès a pour vocation de
    voter des délibérations et les lois du pays
    qui lui sont soumises. Il partage, avec le
    gouvernement de la Nouvelle-Calédonie,
    l’initiative des textes.
    Le congrès est le législatif de la NouvelleCalédonie. Le gouvernement est l’exécutif
    de la Nouvelle-Calédonie.
    Le congrès est également consulté pour avis
    par le gouvernement de la République.
    … élit le gouvernement…
    Le congrès est la première institution de
    la Nouvelle-Calédonie tel que l’a défini la
    loi organique du 19 mars 1999. Elus par
    les citoyens inscrits sur la liste électorale
    spéciale, les membres du congrès,
    émanation du peuple, prennent en son nom
    les décisions importantes le concernant.
    Le congrès élit le gouvernement de la Nouvelle-Calé-
    donie, lequel est responsable
    devant lui

    Le congrès de la Nouvelle-Calédonie
    comprend 54 membres, issus des trois
    assemblées de province (15 membres
    pour la province nord, 32 pour la province
    Sud et 7 pour les Îles Loyauté), élus pour
    une durée de 5 ans. Ils portent le nom de
    conseillers de la Nouvelle-Calédonie.
    … et contrôle l’action du
    gouvernement
    Par le biais de questions orales ou écrites, le
    congrès peut demander au gouvernement
    de s’expliquer sur sa politique. Les membres
    du congrès peuvent poser en séance des
    questions orales relatives aux affaires de la
    Nouvelle-Calédonie.
    Ces questions doivent donner lieu à un texte
    écrit. Le représentant du gouvernement
    répond à la question lors d’une séance du
    congrès.
    Les membres du congrès peuvent
    également poser des questions écrites.
    Elles sont transmises par le président du
    congrès au président du gouvernement de
    la Nouvelle-Calédonie qui doit répondre
    dans un délai d’un mois. Une séance par
    session est réservée aux questions des
    membres du congrès au gouvernement.

    Les commissions intérieures
    Le congrès de la Nouvelle-Calédonie
    comprend douze commissions intérieures
    dont les membres sont renouvelés tous les
    ans.
    Chaque commission a un domaine de
    compétences particulier, fixé par le règlement
    intérieur du congrès. Elle comprend 11
    membres. Sa composition doit s’efforcer de
    respecter la représentativité des différents
    groupes et partis siégeant au congrès. Le
    congrès peut aussi se doter de commissions
    spéciales (signes identitaires, fiscalité, etc.).
    > Commission des finances et du budget
    > Commission de la législation et de la
    réglementation économique et fiscale
    > Commission de la législation et de la
    réglementation générale
    > Commission de l’organisation
    administrative et de la fonction publique
    > Commission des infrastructures publiques
    et de l’énergie
    > Commission de l’organisation des
    transports et de la communication
    > Commission du travail et de la formation
    professionnelle
    > Commission de la santé et de la protection
    sociale
    > Commission des sports
    > Commission de l’agriculture et de la pêche
    > Commission de l’enseignement et de la
    culture
    > Commission de la législation et de
    la réglementation relatives aux affaires
    coutumières
    Le Congrès et ses attributions
    ce-présidents
    s d’absence ou d’empêchement du
    ent, l’un des vice-présidents peut être
    à remplacer le président.
    uesteurs
    mbre de deux, ils sont élus par leurs
    ues, s’occupent de la gestion du
    ès et aident le président à préparer le
    t du congrès.
    ecrétaires
    ecrétaires assistent le président dans
    isation des débats et pendant les
    s. C’est aussi l’un d’eux ou le secrétaire
    al qui fait l’appel des conseillers en
    de séance.

    Les organes consultatifs :
    le Sénat Coutumier,
    le Conseil Economique
    et Social, les Chambres
    Consulaires
    En fonction des secteurs concernés par
    les projets ou propositions de loi, le texte
    est soumis à l’avis d’un certains nombre
    d’organes consultatifs, lesquels donnent leur
    avis au gouvernement :
    Le Sénat coutumier
    Le sénat coutumier est composé de seize
    membres élus pour un mandat de 5 ans
    et désignés par chaque conseil coutumier,
    selon les usages reconnus par la coutume
    à raison de deux représentants par aire
    coutumière.
    Le Sénat coutumier est obligatoirement
    consulté sur les projets de délibérations de
    la Nouvelle-Calédonie ou d’une province
    « intéressant l’identité kanak », au sens de
    l’accord de Nouméa. En cas de désaccord
    du sénat coutumier, c’est le congrès de la
    Nouvelle-Calédonie qui statue définitivement.
    Par ailleurs, il dispose de la faculté de saisir
    le gouvernement ou une province de toute
    proposition intéressant l’identité kanak.
    Un nouveau président est désigné chaque
    année, au mois d’août ou septembre,
    en fonction du principe de la présidence
    tournante entre les huit aires coutumières.
    Le sénat coutumier est aussi représenté
    dans certaines institutions et établissements
    publics tels que le conseil économique et
    social, le comité consultatif des mines…

    Le Conseil économique et social
    Le conseil économique et social est une
    institution consultative de la NouvelleCalédonie qui assure la représentation des
    forces vives calédoniennes dans toute leur
    pluralité.
    Composé de 39 membres, il est consulté
    sur les projets et propositions de loi du pays
    et de délibération de la Nouvelle-Calédonie,
    du congrès, à caractère économique et
    social. Il est ainsi saisi par le président du
    gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
    pour les projets et par le président du
    congrès pour les propositions. En outre,
    les assemblées de province et le sénat
    coutumier peuvent également le consulter.
    L‘institution dispose d’un
    délai d’un mois pour donner
    son avis, ramené à quinze
    jours en cas d’urgence.
    Les Chambres consulaires
    Les Chambres consulaires sont représentées
    par : la Chambre de métiers et de l’artisanat,
    la Chambre de Commerce et d’Industrie et la
    Chambre d’Agriculture.

    Les compétences des
    provinces et des communes
    La Nouvelle-Calédonie est découpée en trois
    collectivités appelées « provinces ». Elles ont
    le statut de collectivités territoriales de la
    République et regroupent 33 communes au
    total.
    Les provinces ont été créées à la suite des
    accords de Matignon par la loi référendaire
    du 9 novembre 1988.
    Leur organisation, leur fonctionnement et
    leurs attributions sont désormais fixés par
    les dispositions de la loi organique du 19
    mars 1999, traduction juridique de l’accord
    de Nouméa signé le 5 mai 1998.
    L’article 20 de la loi organique de 1999 précise
    que : « chaque province est compétente
    dans toutes les matières qui ne sont pas
    dévolues à l’État ou à la Nouvelle-Calédonie
    par la présente loi, ou aux communes
    par la législation applicable en NouvelleCalédonie ».
    Elles sont au centre du dispositif
    institutionnel suite à la signature des accords
    de Matignon en 1988, l’article 2 du texte
    déclarant clairement : « l’administration et
    le développement du Territoire fédéral de la
    Nouvelle-Calédonie sont organisés dans le
    cadre des trois provinces ».
    Elles ont chacune reçu une compétence
    de « droit commun », ce afin d’avoir les
    moyens d’être l’élément moteur de la
    nouvelle organisation du Territoire. Pour ce
    faire, elles disposent d’un champ d’action
    particulièrement vaste et conséquent.

    images

     

TOOTS HIBBERT (TOOTS AND THE MAYTALS) 15 09 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 14 h 21 min

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 festival rock dans tous ses états 2004 photos Squale

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Ayant appris récemment le décès de Toots Hibbert leader du groupe Toots and The Maytals. C’est tout naturellement que nous lui avons consacré une émission. Que vous pouvez retrouver sur

http://mixcloud.com/skuale/

 

http://mixcloud.com/radiolibertaire/ 

En seconde partie l’actu de la semaine

Mort du musicien jamaïcain Toots Hibbert, apôtre du reggae

Le chanteur du groupe The Maytals est mort vendredi à Kingston, capitale de la Jamaïque, à l’âge de 77 ans.

Avec son groupe Toots & the Maytals, il était l’un des premiers à avoir utilisé le mot « reggae », qui donna son nom au célèbre style musical. Le musicien jamaïcain Frederick Nathaniel Hibbert, dit « Toots », est mort vendredi 11 septembre à Kingston à l’âge de 77 ans, a annoncé sa famille. Il avait été plongé dans un coma artificiel depuis le début du mois, après avoir été admis à l’hôpital en raison de problèmes respiratoires.

Né en 1942 à May Pen, en Jamaïque, multi-instrumentaliste, songwritter et showman, Toots était considéré comme le plus grand chanteur de reggae vivant. Après la mort de ses parents, dès son adolescence, il s’installe dans le quartier de Trench Town, à Kingston, où la scène musicale locale est alors florissante, passant des fêtes de rue aux studios d’enregistrement et attirant de futures stars telles que Bob Marley ou Desmond Dekker. En 1962, il forme The Maytals avec Henry « Raleigh » Gordon and Nathaniel « Jerry » Mathias. Rapidement repérés par le producteur de disques jamaïcain Sir Coxsone, ils signent chez le célèbre label Studio One et gagnent en popularité.

Alors qu’à l’époque, le ska est la musique la plus populaire en Jamaïque, The Maytals s’orientent vers le rocksteady, une musique au rythme plus lent et donnant plus de place au chant et aux claviers.

En 1968, le groupe sort Do the Reggay, chanson qui restera largement reconnue comme celle qui donna son nom au genre musical. « Quand une fille n’était pas très jolie ou qu’elle n’était pas très bien habillée, on avait l’habitude de dire qu’elle était “streggay”. Un jour, je jouais et je ne sais pas pourquoi mais j’ai commencé à chanter : “Do the reggay, do the reggay” – c’est sorti comme ça », expliquait-il au Daily Star en 2012. « J’aurais peut-être pu l’appeler « streggay » si j’avais réfléchi plus longtemps. Ce serait quelque chose, si tout le monde dansait sur de la musique streggay. »

Figure centrale du reggae avec son groupe The Maytals, même s’ils furent éclipsés par Bob Marley & The Wailers, le chanteur Frederick Nathaniel – dit « Toots » – Hibbert est mort vendredi 11 septembre à Kingston, en Jamaïque. Agé de 77 ans, il avait été admis cet été à l’hôpital pour difficultés respiratoires et avait été plongé dans le coma.

A tout seigneur tout honneur. Toots Hibbert est en effet tenu non pas pour « l’inventeur » du mot reggae, mais certainement comme celui qui l’a pour la première fois employé dans une chanson avec Do the Reggay, en 1968. Ce terme de patois jamaïcain est alors apparu pour qualifier cette « nouvelle danse qui se répand en ville », comme le chante Toots Hibbert. Do the Reggay est un rocksteady, le genre alors dominant dans l’île, héritier du ska, dont il a considérablement ralenti le tempo. Et le chaînon vers ce reggae qui déferlera sur la planète après la découverte de la bande-son du film The Harder They Come (1972)qui comporte deux titres des Maytals, Sweet and Dandy et Pressure Drop.

Timbre chaud et rauque

Plus intéressantes que ce titre de gloire, qui avait déjà établi la postérité de Toots Hibbert, sont ses capacités vocales. Il fut un des plus vibrants et éloquents chanteurs jamaïcains, avec un timbre chaud et rauque, plein de dynamisme et de joie de vivre, très proche de ceux des shouters du rhythm’n’blues, à commencer par Otis Redding et Wilson Pickett. Lui-même citait Ray Charles comme un modèle. Il rendit hommage à ces cousins d’Amérique en 1988 avec l’album Toots in Memphis (1988).

Ce qui n’est guère surprenant, car à l’instar des soulmen, le garçon, né le 8 décembre 1942 dans la communauté rurale de May Pen (à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Kingston), avait été formé à la meilleure des écoles de chant populaire, celle du gospel. Ce huitième enfant d’une famille adventiste fut tôt brisé par le malheur, orphelin de mère à l’âge de 8 ans, puis de père trois ans plus tard, et dût partir gagner sa vie dans la capitale.

Il travaille dans un salon de coiffure dans le quartier de Trenchtown, épicentre des révolutions musicales de l’île, quand il rencontre en 1962, année de l’indépendance de la Jamaïque, les deux autres membres de ce qui formera The Maytals, Ralphus « Raleigh » Gordon et Nathaniel « Jerry » Matthias. Le trio vocal publie ensuite quelques singles enregistrés dans le réputé Studio One de Coxsone Dodd, accompagnés par les non moins fameux Skatalites. Tout semble lui sourire quand, en 1966, Bam Bam remporte un concours national de chansons. Mais l’année suivante, Toots Hibbert est arrêté pour possession de ganja. Il passera sept mois derrière les barreaux, contretemps qui lui inspira la chanson 54-46 That’s My Number, dont la suite « libérée », logiquement titrée 54-46 Was My Number, est devenue un standard du reggae.

 

Toots Hibbert, dernier d’une famille de sept enfants, est né en Jamaïque à May Pen dans la paroisse de Clarendon et a grandi en chantant du gospel dans la chorale d’une église baptiste. Adolescent, Toots Hibbert s’installe à Kingston au début des années 1960, il rencontre Raleigh Gordon et Jerry Matthias et ensemble ils forment “ The Maytals ”. Puis en 1962, ils sortent leur premier disque de ska chez Studio One. En 1966, ils remportent le festival jamaïcain de concours de chant avec Bam Bam : ils sont alors considérés comme l’un des plus grands groupes vocaux de la Jamaïque et enregistrent avec des producteurs tels que Coxsone DoddPrince BusterByron Lee et Leslie Kong. Ils remportent le titre deux autres fois avec des chansons écrites par Hibbert : en 1969 avec Sweet and Dandy et en 1972 avec Pomps & Pride.

Fin 1966, Frederick « Toots » Hibbert est emprisonné pour détention de marijuana durant dix-huit mois. C’est alors qu’il porte le matricule 54-46. Il en fera un tube dès sa sortie de prison, 54 46 That’s my number. Quelque temps plus tard, il sort le titre Do the Reggay : même si l’orthographe n’est pas celle du genre musical, il est le premier à utiliser le mot « reggae ». Matthew Sherman précise ainsi : « Le reggae était né. Toots annonça ce nouveau son avec le titre précurseur Do the Reggay. (…) Toots ne pouvait pas se tromper en enregistrant pour Leslie Kong. Avec les Beverley’s All-Stars (Jackie Jackson, Winston Wright, Hux Brown, Rad Bryan, Paul Douglas et Winston Grennan), noyau de musiciens constant et la brillante harmonie des Maytals… » 

Le premier album de Toots and the Maytals distribué par le label Island Records de Chris Blackwell fut Funky Kingston. Le critique musical Lester Bangs décrivit l’album dans Stereo Review comme « la perfection, l’ensemble le plus passionnant et diversifié de chansons de reggae par un artiste… » Chris Blackwell a entretenu un fort engagement envers Toots and the Maytals.  Il a dit : « Je connais Toots depuis plus longtemps que n’importe qui – bien plus longtemps que Bob (Bob Marley). Toots est un des êtres humains les plus purs que j’ai rencontré dans ma vie, pur presque à l’excès

L’influence de la musique soul, ou rhythm’n'blues, mais plutôt côté « Stax » que « Motown » a toujours été nette dans sa musique : il suffit de constater le nombre de ses reprises de Otis Redding, Ray Charles, The Neville Brothers, ou même Van Morisson, etc. L’influence est, dans de nombreux titres, évidente. F. Hibbert ne s’en cache d’ailleurs pas : voir les titres : Reggae Got SoulToots in Memphis.

En 1980, son disque Live, enregistré en concert, est mixé et pressé dans la nuit : il est sorti et vendu le lendemain du concert dans les magasins à Londres. F. Hibbert se sépare de Jerry et Raleigh en 1982, ce qui annonce la fin des Maytals d’origine ; mais Toots a malgré tout gardé le nom : les Maytals sont à présent les musiciens de Toots (qui en change souvent).

 xxie siècle

Toots Hibbert est encore actif et sort régulièrement de nouveaux disques notamment le très remarqué True love, album de duos avec Ben HarperShaggyEric ClaptonKeith Richards et bien d’autres

Il fait toujours de nombreuses tournées à travers le monde et son groupe a remporté le Grammy du meilleur album de reggae en 2004.

En 2005, Willie Nelson a sorti un album de reggae intitulé “Countryman” auquel Hibbert a participé sur la chanson “I’m a Worried Man”. Hibbert a également participé au clip officiel de “I’m a Worried Man” de Willie Nelson, qui a été filmé en Jamaïque.

En 2006, Toots participe à l’album Radiodread des Easy Star All-Stars, où il chante une reprise du titre Let Down issu de l’album OK Computer de Radiohead, repris intégralement par ce collectif reggae.

En 2007, Toots Hibbert a figuré dans la sortie officielle de la vidéo du concert de “ Willie Nelson and Friends – Outlaws & Angels ”.

En 2007, il a signé le duo Adieu Haïti avec le chanteur français Raphael

En 2009, Toots Hibbert collabore avec le producteur exécutif Malik Al Nasir de MediaCPR et Sidney Mills de Steel Pulse, qui a produit l’album du percussionniste jamaïcain Larry McDonald, Drumquestra. Son titre s’appelle « What about the Children ? », et est accompagné d’un clip tourné à New York. La même année il a également chanté avec le groupe de reggae de l’Iowa Public Property sur leur album Work to Do.

Toots Hibbert a également été juge pour les 10e Independent Music Awards pour soutenir les carrières des artistes indépendants. 

Toots Hibbert a collaboré avec le groupe de southern rock/blues, JJ Grey & MOFRO de Jacksonville en Floride. Il apparaît sur leur chanson, « The Sweetest Thing » sur leur album Georgia Warhorse.

Toots Hibbert est apparu dans le documentaire de 2011 “Reggae Got Soul: The Story of Toots and the Maytals” / “Le reggae a de l’âme: l’histoire de Toots and the Maytals” qui a été diffusé sur la chaîne BBC et a été décrit comme “l’histoire jamais racontée de l’un des artistes les plus influents à avoir jamais émergé de Jamaïque”. Le documentaire inclut Marcia GriffithsJimmy CliffBonnie RaittEric ClaptonKeith RichardsWillie Nelson, Anthony DeCurtis, Ziggy MarleyChris BlackwellPaolo NutiniPaul DouglasSly Dunbar, et Robbie Shakespeare

Toots Hibbert a rejoint les Red Hot Chili Peppers pour une interprétation de « Louie Louie » pendant leur concert du 31 décembre 2011 organisé par le milliardaire russe Roman Abramovich à Saint-Barthélemy. L’entrée était sur invitation uniquement et environ 300 invités dont George Lucas, Martha Stewart, Marc Jacobs et Jimmy Buffet assistèrent à la fête dans la propriété d’Abramovich d’une valeur de 90 millions de dollars.

En mai 2013, Toots Hibbert a été blessé à la tête après avoir été atteint par une bouteille lancée pendant un concert au River Rock Festival de Richmond, le forçant à annuler plusieurs mois de concerts. La bouteille avait été lancée par William C Lewis. Lewis faisait face à une condamnation pour blessure malveillante mais il plaida coupable pour des charges moindres. Malgré une lettre de Toots au juge dans laquelle il plaidait, « C’est un jeune homme, et j’ai entendu parler de ce qui arrive aux jeunes hommes en prison. Ma propre peine et souffrance serait accrue de savoir que ce jeune homme pourrait connaître ce sort », le juge condamna Lewis à six mois de prison.

Toots and the Maytals ont été cités comme inspiration par d’autres musiciens quand il s’agit de la longévité de carrière. L’artiste jamaïcain Sean Paul explique ceci en disant: « J’ai vu des gens formidables dans mon industrie, vous savez, des gens comme Toots … Toots and the Maytals. Toots, c’est un grand artiste de reggae et il est toujours actif… Il est là depuis des années et il est actif. Ce genre d’artistes m’inspirent. Je sais que je vais continuer à faire de la musique aussi longtemps que je peux»

Le 25 juillet 2018, Toots and the Maytals ont joué leur nouvelle chanson « Marley », un hommage à Bob Marley, en live pour la première fois lors de The Tonight Show Starring Jimmy Fallon

Le 26 juillet 2018, Rolling Stone s’est associé à YouTube Music pour « The Rolling Stone Relaunch » pour célébrer la refonte du magazine et du site web, en plus du récent lancement de YouTube Music. Il marque le début d’un accord de partenariat entre Rolling Stone et YouTube Music, fournissant des contenus numériques exclusifs et des expériences artistiques pour les utilisateurs. L’événement, tenu à Brooklyn, a accueilli 500 initiés de l’industrie de la musique et présenté une performance musicale de Shawn Mendes. La soirée s’est terminée par une performance spéciale par Toots and the Maytals, dont le chanteur Toots Hibbert a été nommé par Rolling Stone comme un des 100 plus grands chanteurs. Le concert a été filmé pour la série nommée aux Emmy Awards « Live from the Artists Den »

En août 2020, Toots Hibbert est admis en soins intensifs à l’hôpital, puis plongé dans un coma artificiel, à la suite de « complications respiratoires » et une suspicion de Covid 19. Il meurt brutalement le 11 septembre 2020, quelques jours seulement après des rumeurs évoquant déjà sa mort, et démenties dans la foulée par la ministre de la culture jamaïcain. Toots Hibbert venait juste de sortir un album Got to be Tough qui signait le retour attendu du mythique groupe Toots and The Maytals, et il donnait encore des concerts en janvier 2020

Les prémices de la musique en Jamaique

 

Le Mento

A la fin du XIX, un style de musique jamaïcain commence à émerger, il s’agit du Mento. Ses origines sont à la fois africaines et européennes. Cette musique fut dans un premier temps importée par les planteurs blancs dans les Caraïbes. Elle a ensuite envahit les zones rurales de la Jamaïque et rayonne dans les Caraïbes en général. Le mento mobilise des instruments tels que le banjo, la guitare, la flûte, des percussions, un piano, un saxophone de bambou ou encore un violon.  Les textes des morceaux de mento font référence à des critiques de la société, de la politique ou des textes qui parlent d’amour.

Harry Belafonte Jamaica Farewell, repris par Daddy Nuttea dans les années 90.

L’introduction du R&B en Jamaïque

Le jazz et le rhythm & Blues apparaissent en Jamaïque au cours de la seconde guerre mondiale. Ce sont les soldats américains qui ont contribué à faire découvrir ces nouveaux styles aux jamaïcains. La Jamaïque est un pays pauvre avec des écarts de richesse très élevés entre riches et pauvres. La plupart des habitants de l’île n’ont pas les moyens de s’acheter des enregistrements.

A partir des années 50’s, pour faire découvrir les morceaux à une masse importante de jamaïcains, les maisons de disque locales ont eu l’idée d’équiper un van d’un transistor afin de diffuser les sons dans les endroits publics. C’est l’apparition des fameux Sound System jamaïcains. Ils sont animés par un « selekter » ou Disc Jockey. Contrairement aux DJ de musique électronique, ils ne se contentent pas de diffuser les morceaux mais parlent également en rythme sur les morceaux qu’ils passent. Dès le départ, le DJ ou le Toaster devient un élément indispensable à tout évènement musical jamaïcain.

Les selecters se livrent à une concurrence sans merci pour rassembler le plus de personnes possibles. Ils tentent d’obtenir des exclusivités pour se démarquer les uns des autres. A cette époque, on dénombre notamment quatre grands selecters, King Edwards, Clément Coxsone qui sera le fondateur du magique Studio One, Prince Buster et Duke Reid. Ils passent du swing, du boogie, du jazz, du rhythm and blues. Ces courants musicaux vont également être le moteur du premier style de musique inventé par les Jamaïcains, le Ska.

Le caractère fortement marqué live explique que les premiers enregistrements de morceaux n’interviendront qu’à la toute fin des années 60’s. L’un des tous premiers morceaux de Sound System enregistré est celui de King Stitt, le titre se nomme Fire Corner. Il ne chante pas encore mais parle bien en rythme.

A partir de 1958, les premiers artistes de jazz et de R&B Jamaicains font leur apparition et sont enregistrés par des petits producteurs locaux. On peut citer par exemple le morceau « Muriel » d’Alton et Eddy. Un morceau à la croisée des chemins entre mento jamaïcain, rhythm and blues et jazz. Les textes oscillent notamment entre balades et chansons d’amour.

Le boogie woogi est également un son qui cartonne en Jamaique. On peut notamment citer le morceau de Bill Doggett, Honky Monk

Un nouveau rythme apparait, le shuffle jamaicain, mélange de musique mento, latines, gospell et R&B.

Easy Snappin – Theophilus Beckford

Au niveau des instruments, on trouve batterie, cuivres dont le saxophone est le plus répandu. Les chanteurs disposent de voix très puissantes. Le R&B est une source d’influence créative pour de nombreux musiciens. Il est à l’origine de l’émergence du style Rock’n Roll. Néanmoins, ce style va rapidement s’effacer au profit du rock des Rolling Stones, ou de la Soul de James Brown. En revanche, il serait un véritable contre-sens de confondre le Rhythm and Blues d’origine avec le RnB français qui n’a absolument rien à voir, puisque ce dernier est un dérivé du rap.

 

Ska/Rocksteady, l’identité musicale jamaïcaine se forge petit à petit

 

Le ska

En 1960, le Rhythm and Blues Shuffle va connaitre une révolution majeure. En effet, le rythme syncopé du boogie habité par le contretemps va se renforcer, pour devenir le socle de la future musique inventée en Jamaïque, le ska. A la suite de la mort du célèbre jazzman jamaïcain, Eric Dean, son groupe deviendra le groupe d’enregistrement attitré du studio d’enregistrement de Clément Coxsone Dodd, fondateur du très renommé Studio One. Le batteur Lloyd Knibb, futur membre de la formation des Skatalites, décida de modifier encore le rythme du shuffle. Celui-ci devient un quatre temps, encadré par la guitare, le clavier et les cuivres. Les morceaux ne sont pas forcément vocaux mais font danser toute l’île de la Jamaïque au cours des sound system.  Le nouveau rythme sera baptisé Ska, mélange de jazz, chants rhythm and blues et woogie shuffle. Au niveau des intruments, c’est un équilibre mélodique entre batterie, cuivres, guitare et contrebasse. En ce qui concernent les textes, ils parlent beaucoup d’amour et les histoires de Gangsters et des mauvais garçons (appelés « rude boy » par les jamaïcains) commencent à émerger

L’indépendance de la jamaique va confier au ska, un puissant rôle identitaire à l’île. C’est la première musique 100% jamaicaine.

Prince Buster est une des principales figures de l’éclosion du ska. Il a participé à sa montée en puissance en produisant des morceaux au sein de sa maison de disque et en assurant sa promotion au cours de ses Sound System. Un des premiers morceaux de ska qui a fait connaitre cette musique hors des frontières jamaïcaines fut le morceau « Al Capone » de Prince Buster, sorti en 1965. Tandis que le premier morceau de ska tout court fut l’œuvre de Millie Small, « My Boblollypop » en 1964. Le ska va largement influencer des artistes anglais à se lancer sur le créneau, à l’exemple de Madness, The Toaster ou the Busters.

Du Ska au Rocksteady

A partir du milieu des 1960’s, le shuffle ralentit encore. Le tempo devient binaire, plus lent avec moins de cuivre et une accentuation du clavier et du chant. Le rocksteady est très influencé par la soul. De nombreux jamaïcains vont ainsi réaliser des reprises à la sauce rocksteady, de morceaux de James Brown, Marvin Gaye ou encore de Steevie Wonder.

Le troisième temps de la mesure est marqué par la caisse claire, qui devient un mouvement caractéristique de la musique jamaïcaine. De nombreux artistes vont émerger durant cette période comme The Ethiopians, Toot’s and the Maytals, The Melodians et bien d’autres.

Le Rocksteady va égaement renforcer la concurrence entre les différents Sound System. La politique et la violence dans les quartiers sensibles vont être au cœur des textes de ce nouveau mouvement. Les mélodies seront concoctées par un ensemble basse, percussions, orgue et batterie. Pour profiter d’une playlist, je vous invite à consulter mon article sur le rocksteady.

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Une militante insoumise indique avoir écopé de 135 euros d’amende pour manifestation interdite car elle portait un sticker du parti, alors qu’elle tentait de rejoindre un rassemblement de gilets jaunes.

Bonjour,

Cassandra, une militante de La France insoumise, s’indigne dans une vidéo publiée samedi sur Twitter d’avoir été verbalisée à tort pour participation à une manifestation interdite. Ce jour-là, à la sortie du métro Invalides dans le VIIe arrondissement de Paris, la jeune femme souhaite emprunter la rue de l’Université qui longe l’Assemblée nationale pour se rendre à la station de métro du même nom, accompagnée de deux amis. «Aujourd’hui, en France, on marche dans la rue pour se rendre à une manifestation, on a la possibilité de perdre 135 euros», déplore la jeune femme dans la vidéo visionnée plus de 190 000 fois et relayée par plusieurs représentants de La France insoumise.

«On se rendait à la manifestation place Saint-Pierre, je portais un autocollant de La France insoumise avec ma veste par-dessus et à l’intérieur de mon sac, j’ai un gilet jaune que je ne portais pas», explique Cassandra dans la vidéo. Peu avant 13 heures, le petit groupe est contrôlé par des CRS. «Ils nous fouillent, ils étaient très sympas. Le sticker et le gilet jaune que j’avais dans le sac ne leur ont absolument pas posé de problème. Ils nous demandent simplement de patienter, car ils doivent demander à leur chef si on peut prendre la rue de l’Université», détaille-t-elle à CheckNews. Après vingt minutes d’attente, Cassandra explique qu’«un monsieur arrive et [lui] dit que c’est 135 euros d’amende pour participation à une manifestation interdite».

La raison ? D’après les explications apportées par le brigadier à Cassandra, la contravention se justifie parce que Cassandra portait un autocollant de La France insoumise, prouvant selon l’agent qu’elle était en train de manifester. «Il me dit que j’ai un sticker de La France insoumise qui n’est pas dissimulé, alors que nous sommes dans une zone interdite de manifestation. « C’est un signe politique distinctif, vous êtes en train de manifester toute seule », en gros», rapporte la militante.

 

Malgré les protestations de la jeune femme qui répète qu’elle n’était pas en train de manifester, le brigadier dresse la contravention. «Il m’a présenté une tablette pour signer. J’ai demandé s’ils allaient m’embarquer si je ne signais pas. Je ne savais pas ce que c’était. Il m’a demandé si je reconnaissais les faits. J’ai répondu que non. Je n’ai donc pas signé. Il m’a dit alors dit que je recevrai l’amende chez moi», explique Cassandra. Un instant inquiétés, ses deux amis n’ont finalement pas été sanctionnés, car «ils n’avaient pas de stickers».

Contactée, la préfecture indique que «toute personne verbalisée peut contester le procès-verbal devant les instances compétentes», sans répondre sur le cas de Cassandra précisément. En tout, 137 verbalisations pour rassemblement dans un périmètre interdit ont été effectuées samedi.

Ce cas de figure n’a rien d’une première. En mars 2019, deux gilets jaunes avaient par exemple été verbalisés pour avoir porté des pulls favorables au référendum d’initiative populaire dans un secteur de Paris où la manifestation était interdite. Les policiers avaient estimé que les vêtements en question étaient des «éléments attestant que le contrevenant est un manifestant».

Le Parisien» a indiqué sur Twitter, au sujet des gilets jaunes, que «seuls 10% des Français déclarent encore les soutenir». Le sondage sur lequel s’appuie le quotidien dit pourtant tout autre chose.

Rentrée des gilets jaunes : «On n’a pas les moyens de vivre, ni de crever»

Par Fanny Guyomard — 12 septembre 2020 à 16:57 (mis à jour à 18:33)

Un millier de personnes s’est retrouvé à la mi-journée sur la place de Wagram à Paris, martelant leur opposition au gouvernement, malgré les contraintes sanitaires imposées par l’épidémie de Covid-19.

Ce samedi, presque deux ans après le début du mouvement et six mois de silence, les gilets jaunes sont encore «bien là». Ces deux mots, ils les chantent, à 10 heures, sur la place parisienne de Wagram (XVIIarrondissement), où l’ambiance est guillerette mais la colère palpable. Les manifestants de la première heure se retrouvent entre accolades et sourires, le masque souvent baissé sur le menton. Et de ces bouches sortent toujours les mêmes revendications, que la crise sanitaire n’a fait qu’attiser : «justice sociale»«plus de démocratie participative»«fin des privilèges», ou encore «droit de manifester», un principe que l’interdiction des rassemblements pour cause de Covid-19 met à mal depuis mars.

Casque avec deux cornes sur la tête – «Parce qu’on nous a traités de « Gaulois réfractaires »» –, Jérôme, 54 ans, a roulé de nuit depuis la Haute-Savoie, où il s’occupe de la remontée des sièges mécaniques dans la station de ski d’Avoriaz. Mais c’est la dernière fois qu’il fera le voyage, car il en appelle, avec d’autres antennes locales, à la fin des manifestations. «On n’est pas entendus, donc il faut changer de méthode : mener au tribunal les ministres pour haute trahison, comme quand Agnès Buzyn a démissionné de son poste à la Santé pour aller à la mairie de Paris en plein Covid !» Autre motif de poursuites, selon lui : la privatisation des «bijoux de famille» comme Aéroports de Paris. Le seul porte-parole qu’il pourrait envisager serait le philosophe Michel Onfray«Mais les politiques, c’est fini», tranche Jérôme, qui n’avait jamais battu le pavé avant le 17 novembre 2018, date du premier rendez-vous des gilets jaunes.

«Il y a soi-disant eu des primes»

Marie, 24 ans, étudiante en droit, reste sceptique sur des poursuites contre les membres du gouvernement. «Ils sont protégés, le jugement serait seulement symbolique», estime celle qui vient de passer ses concours pour entrer dans une école d’avocats. Pour payer ses études, cette Héraultaise vivant à Sète travaille une centaine d’heures par mois comme auxiliaire de vie, pour 900 euros de salaire. Avec un loyer à 600 euros. «Mais j’ai arrêté pendant cinq semaines parce que j’ai attrapé le Covid, et je n’ai pas été indemnisée par la Sécu parce que je n’ai pas assez cumulé d’heures», regrette-t-elle. La jeune femme est une manifestante de la première heure. Depuis, juge-t-elle, le chômage et le coût de la vie n’ont fait que s’aggraver. «Il y a soi-disant eu des primes mais je n’étais pas concernée, et les bourses, je n’en ai pas vu la couleur…»

Seul le prix du carburant a baissé, «grâce au Covid, c’est triste à dire», note Mélanie, 29 ans. Pour ses 50 kilomètres de trajet quotidiens autour de Melun (Seine-et-Marne), celle qui travaille dans le sport automobile dépense 250 euros par mois. Ce samedi matin, le trajet s’est fait sans encombres : pas de périphérique bloqué ou de fouilles pour lui confisquer ses lunettes de plongée, utiles contre le gaz lacrymogène souvent utilisé par les CRS ou gendarmes mobiles. Comme la plupart de ses camarades, Mélanie n’a plus de gilet jaune, car ce serait prendre le risque d’une amende pour rassemblement non autorisé. A la main, elle tient une pancarte «On veut vous voir sur un vélo», moins une ode aux mobilités douces qu’une adresse aux «privilèges des politiques avec chauffeur».

«On n’a pas les moyens de vivre, ni de crever»

L’environnement ? «Bullshit», tacle Stefan, un Néerlandais qui participe pour la première fois au mouvement à Paris. Avec trois amis, il est venu pour défendre la liberté d’expression, ses convictions antimasque («Le masque retient le virus») et climatosceptiques («Le climat change tout le temps»). Plus loin, Marius et celui qui se fait appeler «Jean-Mi» placent, au contraire, la décroissance parmi les priorités. «Il faut décroître, affirment ces trentenaires. On n’a pas besoin de trop d’électricité ou de pétrole. C’est le système politique mondial qu’il faut changer.»

Par quels moyens ? «En donnant plus de pouvoir aux citoyens. Voter pour des gens ne sert à rien, il faut voter pour des projets», avance Jean-Mi. «Mais pour avoir un comportement écolo, faut d’abord en avoir les moyens.» Des propos qui font écho aux racines de la mobilisation des gilets jaunes, d’abord remontés contre le prix des carburants, avant que les revendications ne s’élargissent.

Moun, 53 ans, ne roule pas sur l’or. Cette enseignante à mi-temps gagne avec son mari 2 000 euros par mois. «Mais il faut enlever 1 000 euros pour le logement, ajoute derechef la Parisienne. On n’a pas les moyens de vivre, ni de crever. Même l’incinération coûte cher !», s’exaspère-t-elle. Autour, des manifestants la reconnaissent et la saluent amicalement. Parce que Moun, c’est la femme au parapluie multicolore, qui s’élève au-dessus de la foule. «De toutes les couleurs, parce qu’on se bat pour tout le monde.»

La police dans le viseur

Lorsque Moun a rejoint le mouvement, elle visait principalement les «privilèges», mais aujourd’hui s’est ajoutée la colère envers les policiers, pour celle qui dit avoir subi trois blessures dues à des tirs de LBD (lanceurs de balles de défense). «On ne peut pas rester pacifiques, je suis la première à être grossière quand un représentant m’insulte», lâche-t-elle, la fin de phrase recouverte par des sirènes de police. Des huées émergent de la foule, les insultes fusent.

 «C’est de la pure provoc leurs sirènes, quels gamins», sourit presque Moun. A quelques pas, Aomar, 44 ans, tient à préciser que «tous les policiers ne sont pas mauvais». Lui, que certains appellent le «leader», est déjà passé devant les tribunaux après des manifestations musclées. Habitant Charleville-Mézières, dans les Ardennes, il est arrivé dans la nuit, afin d’éviter les fouilles policières.

A la mi-journée, la foule, un millier de personnes, occupe toute la largeur de l’avenue de Wagram et reprend le slogan devenu habituel : «Tout le monde déteste la police !» Beaucoup ont le regard tourné vers l’Arc de Triomphe, à quelques centaines de mètres de là, solidement protégé par les forces de l’ordre. On entend un bruit de pétard. Et quelques conseils à la volée : «Faites attention à vous !»

Au gré d’affrontements sporadiques entre les manifestants et la police, dans cet arrondissement de l’Ouest parisien, le cortège s’est séparé en plusieurs groupes avec des dizaines de motos de la préfecture de police de Paris à leurs trousses. Des nasses ont aussi été réalisées par les forces de l’ordre au cours de l’après-midi et de nombreuses grenades lacrymogènes ont été tirées. A 18 heures, les autorités annonçaient que 256 personnes avaient été interpellées

Alors que la mobilisation parisienne des «gilets jaunes» se prépare en entretenant un certain flou, le gouvernement martèle que le droit à manifester est encadré. Décryptage des dispositifs législatifs encadrant les manifestations.

 

 Droit de manifester : que dit la loi ?

Une nouvelle journée de mobilisation des «gilets jaunes» se prépare pour samedi. Alors que plusieurs responsables ont appelé à se rendre à Paris samedi pour bloquer la capitale, une autorisation leur a été délivrée pour se rassembler au Champ-de-Mars. Une réponse qui ne convient pas à certains «gilets jaunes», qui réclamaient un rendez-vous place de la Concorde. Le flou est donc entretenu sur le lieu de la mobilisation. L’occasion pour le gouvernement de rappeler que le droit à manifester est strictement encadré.

Qu’est-ce que le droit à manifester ?

Contrairement au droit de grève, la liberté de manifester n’est pas inscrite dans la Constitution. Ce droit est garanti symboliquement par son inscription dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. L’article 10 souligne : «Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.» Il est aussi implicitement garanti par l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme.

Me Jean-Louis Vasseur, avocat au sein du Cabinet Seban & Associés précise : «Aucun texte fondamental n’a consacré le droit de manifester. Le code pénal (article 431-1) réprime toutefois depuis 1994, les personnes se livrant à des actes tendant à entraver de manière concertée, à l’aide de menaces, une manifestation. C’est tout de même le signe de la reconnaissance de la liberté de manifester.»

A-t-on le droit de manifester n’importe où, n’importe quand ?

Le droit à manifester est strictement encadré et laisse peu de place à l’improvisation. Toutes les manifestations sur la voie publique (cortèges, défilés, rassemblements) doivent faire l’objet d’une déclaration préalable au moins trois jours et au maximum quinze jours francs avant la date de la manifestation. Cette déclaration doit être faite en mairie ou en préfecture. A Paris, les modalités sont légèrement différentes. La déclaration doit se faire à la préfecture de police, deux mois (trois en cas de foule importante) avant la mobilisation. Les demandes effectuées plus tardivement sont admises «lorsqu’un événement imprévu, d’envergure nationale ou internationale […] la justifie. L’urgence doit en être dûment motivée».

Pour être valide, la demande doit être signée par au moins trois organisateurs domiciliés dans le département, qui doivent détailler leurs identités et adresses. Le but de la manifestation, la date, l’heure, le lieu, l’itinéraire dans le cas d’un cortège, les mesures de sécurité prévues ou encore une estimation du nombre de participants attendus doivent être indiqués. Même si les autorités compétentes ne s’opposent pas à la mobilisation, elles peuvent exiger des modifications quant aux choix du lieu (comme dans le cas de la manifestation de samedi), du parcours ou des horaires par exemple.

Dans quel cas une manifestation peut-elle être interdite ?

Une manifestation peut être interdite via un arrêté, uniquement en cas de crainte de «troubles graves à l’ordre public», selon l’article L211-3 du code de la sécurité intérieure. Les interdictions sont donc relativement rares. L’avocat souligne : «C’est une notion extraordinaire parce qu’on en fait ce qu’on veut. Il y a risque de troubles à l’ordre public si par exemple il y a déjà eu des affrontements, si la rue est manifestement trop étroite et qu’il va y avoir des heurts avec des voitures sur le parcours.» Les organisateurs ont la possibilité de contester les arrêtés d’interdiction.

Qu’est-ce que l’on risque en faisant une manifestation sans autorisation ?

Des sanctions sont prévues si la manifestation se déroule sans déclaration préalable, mais aussi si cette dernière est incomplète ou inexacte pour «tromper sur l’objet ou les conditions» de la manifestation ou si le rassemblement a été interdit. L’article 431-9 du code pénal prévoit dans ces cas-ci, une peine de six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. Il est toutefois important de spécifier que ces sanctions s’appliquent uniquement aux organisateurs qui se sont signalés lors de la déclaration préalable et à ceux qui ont reçu une notification individuelle. Comme l’a rappelé CheckNews il y a quelques jours, une circulaire de 2016 précise bien que «la simple participation à une manifestation non déclarée ou interdite n’est pas réprimée par ces dispositions qui ne visent que les organisateurs». Les bloqueurs de route pourraient malgré tout se voir reprocher un «délit d’entrave à la circulation».

A partir de combien de personnes rassemblées estime-t-on que c’est une manifestation ?

Deux, trois, cinq personnes brandissant des banderoles peuvent-ils constituer une manifestation non déclarée ? En principe, oui. «Même s’ils sont vraiment très peu, qu’ils empruntent des chemins qui font un peu de trouble à l’ordre public, c’est une manifestation. Il faut donc la déclarer pour que la préfecture soit avertie de la date et prenne ces dispositions. Dans le cas inverse, si on ne se base que sur les textes, une personne, deux, trois qui manifestent sans l’avoir déclaré pourraient tomber sous le coup de l’article 431-9. Mais ça ne sera pas très important», explique Jean-Louis Vasseur. Il ajoute : «On ne peut pas établir un chiffre minimum de manifestants.»

Il existe d’ailleurs un précédent. En 2014, David van Hemelryck, considéré comme un leader du Printemps français (émanation radicale de la Manif pour tous), et deux autres militants étaient poursuivis pour «organisation d’une manifestation non déclarée». Le 30 novembre 2013, sur le parvis des droits de l’homme au Trocadéro à Paris, il avait déployé une banderole sur laquelle était inscrit «Hollande-démission.fr» avant d’être interpellé. Les trois manifestants ont finalement été relaxésLeurs avocats avaient, avant la relaxe, soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (1), arguant que l’article 431-9 ne définit pas ce qu’est une manifestation.

Marlène Thomas

Bonjour,

Vous nous interrogez après la publication d’un sondage réalisé par l’Ifop pour le Parisien sur les gilets jaunes. Sur Twitter, le quotidien indique au sujet de ce mouvement que «seuls 10% des Français déclarent encore les soutenir», provoquant de nombreuses réactions. Certains accusent le journal de déformer la réalité. De fait, les résultats de l’enquête de l’Ifop commandée par le quotidien disent tout autre chose.

D’après un extrait de l’étude publié par l’institut de sondage sur Twitter, 10% des interrogés entre le 3 et le 7 septembre «se sentent gilets jaunes», contre 11% fin mai, et 19% au début du mouvement, en décembre 2018. Toutefois, sans se sentir gilets jaunes, 41% des répondants soutiennent le mouvement. Un chiffre là encore assez stable depuis le début de l’année, voire en légère augmentation par rapport à janvier 2020, même si en baisse par rapport au début du mouvement.

Ainsi, en ajoutant les deux valeurs, on peut affirmer sur la base du sondage que 51% des interrogés se sentent gilets jaunes ou soutiennent encore le mouvement. Loin des 10%, donc.

Parmi les interrogés, enfin, 49% ne se sentent pas gilets jaunes et ne les soutiennent pas. C’est deux points de plus qu’en mai, et peu ou prou autant qu’en janvier et en avril.

 noter que si la formulation erronée du tweet du Parisien n’est pas reprise dans l’article du quotidien, celui-ci reste ambigu dans sa rédaction : «Une étude Ifop que nous dévoilons en exclusivité, relève que seul 1 Français sur 10 se sent proche du mouvement», peut-on lire en préambule de l’article. «Désormais, seul 10% de la population âgée de 18 ans et plus se sentirait proche des gilets jaunes, soit entre 4 et 4,5 millions de personnes. A titre de comparaison, ils étaient 19% dans ce cas en décembre 2018», est-il précisé plus loin.

Une légère majorité soutient encore le mouvement

Or, cette question de la «proximité» avec le mouvement n’est pas posée par l’Ifop. Le sondeur a demandé aux interrogés s’ils se sentaient gilets jaunes (10% ont donc répondu par l’affirmative), ou, bien que ne se sentant pas gilets jaunes, s’ils soutenaient malgré tout le mouvement (41% des répondants ayant répondu oui à cette question). Ce qui peut être interprété comme une forme de proximité.

A noter que l’article du Parisien ne permet pas d’accéder au sondage, ni ne donne l’ensemble de ses résultats.

Malgré les dissolutions répétées, les groupes identitaires lyonnais n’ont de cesse de renaître et de tenter de propager leurs idées, à grand renfort de manifestations et de récupération de faits divers. Dernier épisode en date : samedi, après l’organisation d’un rassemblement «contre l’insécurité», Génération identitaire a rouvert son bar dans le Vieux Lyon.

 

 A Lyon, un écosystème identitaire en évolution constante

Son regain de visibilité date du printemps et a désormais son hashtag : #OnVeutLesNoms. Omniprésente sur les réseaux sociaux, la mouvance identitaire a repris ses aises à Lyon à la faveur de l’épidémie de Covid-19, instrumentalisant des faits divers épars pour justifier ses campagnes de haine raciale et religieuse. «La période lui est très favorable, le confinement a nourri un « confusionnisme » pire qu’avant. C’est encore plus facile pour ces groupuscules de surfer sur les inquiétudes de la population», analyse Alain Chevarin, qui vient de publier Lyon et ses extrêmes droites aux éditions de la Lanterne.

Dernier coup de com fructueux dans la capitale des Gaules : un «rassemblement contre l’insécurité», samedi à 14 heures devant l’ancien palais de justice, dont les collectifs de riverains mobilisés sur le sujet s’étaient rapidement désolidarisés, pointant le rôle en sous-main des identitaires dans son organisation. Non autorisé par la préfecture, il a pourtant pu se dérouler sans entrave

Maintien de l’ordre : de nouveaux outils pour les policiers

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, prend soin des policiers tout en essayant de réduire les blessés chez les manifestants. Les tirs de lanceur de balles de défense, qui restent autorisés, seront désormais soumis à l’accord d’un « superviseur ».

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, chouchoute ses policiers. Il a profité, vendredi 11 septembre, de l’installation officielle de la nouvelle cheffe des CRS, Pascale Regnault-Dubois, pour présenter son nouveau schéma national de maintien de l’ordre. Applaudissements du syndicat majoritaire Alliance.

Menacés de disparition après les polémiques répétées sur les graves blessures occasionnées par cette arme, dénoncés par Jacques Toubon, alors Défenseur des droits, les lanceurs de balles de défense (LBD) sont maintenus. Mais chaque tir sera, désormais, soumis à l’accord d’un superviseur, qui accompagnera le tireur. Une pratique déjà en cours chez les CRS et les gendarmes mobiles.

Une nouvelle grenade de désencerclement

Maintenues également, les grenades de désencerclement, elles aussi accusées d’occasionner des lésions auditives et des blessures au visage. Avec un bémol : le nouveau modèle de cette grenade sera moins puissant et générera moins de projections en hauteur , a assuré Gérald Darmanin. Elles seront utilisées dès samedi 12 septembre, en cas de besoin dans les mobilisations des Gilets jaunes. Nous attendons de les tester, dit Régis Debord, de l’Unsa police CRS. Elles exploseront plus lentement. Il ne faudrait pas que des manifestants violents aient le temps de s’en saisir et de les relancer.

Les policiers pourront aussi continuer de porter leur cagoule pendant les manifestations. Ils y tenaient, notamment parce qu’elles sont anti-feu, indique Régis Debord. Face à des cocktails Molotov, elle nous protège. Promis, aussi, des véhicules plus adaptés, des commissariats rénovés, se réjouit Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance. Dans son discours, Darmanin « décide de redonner du pouvoir et de la considération aux policiers », salue-t-il, tout en attendant les actes .

Flouter les visages des policiers

Le ministre s’est aussi engagé à accéder à une demande formulée de longue date : interdire la diffusion, par les télés et réseaux sociaux, des visages des policiers lors d’opérations. Il faudra les flouter. « Cela permettra aux policiers de travailler plus sereinement, estime Fabien Vanhemelryck. Aujourd’hui, des policiers sont filmés et les images immédiatement diffusées sur les réseaux sociaux. De brèves vidéos, qui ne relatent jamais l’intégralité de l’opération. Des policiers, parfois, sont reconnus. Et certains se font agresser hors service , abonde Régis Debord. C’est encore arrivé récemment à Lyon. Un policier et sa femme ont été agressés devant chez eux. Cette interdiction empêchera les télés et internautes de diffuser des images en direct, ce que certains dénoncent. Mais est-elle vraiment applicable ? Cela nécessitera un contrôle très important des réseaux sociaux, reconnaît Fabien Vanhemelryck. Et une justice qui applique la loi.

Le ministre prévoit aussi de généraliser les caméras piétons, d’ici à juillet 2021. Elles seront plus robustes et plus haut de gamme que les précédentes. Celles-ci, avec une faible batterie et une mauvaise résolution, sont aujourd’hui très peu utilisées.

Pour Francis Daspe, une contre-révolution scolaire est bien en marche, avec Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer à la manœuvre. Il recense cinq types d’attaques contre le métier de professeur.

La maison Éducation nationale est visiblement prête à s’enflammer. Face à des remontées de terrain convergentes et à un sondage indiquant qu’une majorité des enseignants était saisie par le pessimisme, le ministre Blanquer vient de sortir son joker en proposant d’organiser un Grenelle des professeurs. En reprenant, dans une veine orwellienne du New Management Public où les mots correspondent à des réalités diamétralement opposées, les antiennes pourtant éculées de la « revalorisation du métier »et de la définition du « professeur du XXI° siècle ». Rien de moins !

LES CINQ ATTAQUES

Dans ces conditions, l’inquiétude peut être de mise de manière on ne peut plus légitime. Car un des piliers de la contre-révolution scolaire actuellement en marche sous la férule du duo Macron / Blanquer réside dans la remise en cause fondamentale du métier et de l’expertise des enseignants. Les racines de cette basse besogne se trouvaient déjà dans la vision managériale et autoritaire qui bouscule le service public d’éducation depuis plusieurs quinquennats. Il ne s’agit plus d’exercer son métier mais de se contenter de se soumettre aux injonctions ministérielles. Les attaques frontales contre le métier de professeur comportent cinq facettes complémentaires et cumulatives.

  • Des personnels muselés. C’est l’objectif visé par la loi Blanquer pour une école de la confiance du 26 juillet 2019. Elle s’échinait à poser une chape de plomb sur l’École et ses personnels. Ces derniers étaient invités à taire les maux qui rongent pourtant l’école, notamment à travers l’improbable devoir d’exemplarité. En fait, la loi Blanquer cherche à verrouiller toute une institution à travers une communication univoque, verticale et managériale, niant le réel et ses aspérités.
  • Des personnels assujettis. Le contrôle et l’assujettissement se réalisent de manière de plus en plus frontale avec des dispositions convergentes construisant patiemment un outil managérial. Ces pratiques conduisent à transformer les établissements scolaires en petites entreprises soumises à des contrats d’objectifs chiffrés s’appuyant sur des évaluations nationales pour lesquelles la proportion de tracasseries l’emporte nettement sur la pertinence et l’utilité réelles, aussi bien pour les élèves et les familles que pour les enseignants. L’assujettissement à une verticalité du pouvoir se renforce de la sorte, mais plus encore avec un ministre se positionnant en prise directe avec la profession, en se substituant de ce fait aux cadres intermédiaires, et tout en leur assignant des feuilles de route draconiennes. Sans doute une déclinaison de l’hybris jupitérienne de son maître…
  • Des personnels dépossédés. La tendance à la réduction, voire à la suppression, de la liberté pédagogique, présentée comme un « désordre pédagogico-gauchiste », actionne tous les leviers disponibles. Les personnels sont transformés de facto en prestataires de services. La tentative de réduire l’Éducation à un marché constitué d’opérateurs en concurrence les uns entre les autres ne peut être masquée en dépit des dénégations fleurant l’insincérité manifeste. C’est sans doute la partie la plus violente de la transformation en cours, même si elle est aussi la moins visible de l’extérieur. Au travers des évaluations nationales, de la mise en place des 2S2C (santé, sport, culture, civisme), du déploiement massif du numérique et de l’enseignement à distance, c’est tout le métier qui pourrait basculer vers un travail prescrit et automatisé. Et cela dans le but d’imposer une conception pédagogique unique fondée sur la marotte du ministre, celle des neurosciences.

La crise sanitaire a permis à une majorité de français de reconnaître les mérites et la valeur des enseignants

  • Des personnels précarisés. La destruction programmée du statut des enseignants (qui fait office de code du travail pour la fonction publique) sanctionnera la fin de l’indépendance du professeur, pourtant absolument nécessaire pour un exercice, serein et préservé d’éventuelles pressions particulières, de sa mission au service de l’intérêt général. Une accélération se produit avec la fin du paritarisme ouvrant la voie à un New Public Management totalement débridé. Car la mise à mort du paritarisme laisse la hiérarchie de l’Éducation Nationale toute puissante face aux enseignants. Aggravée par la multiplication des postes à profil, elle va générer une mise en concurrence croissante et une allégeance renforcée des personnels.
  • Des personnels méprisés. Cette réalité grotesque se traduit par la campagne insidieuse de prof-bashing orchestrée par le ministre lui-même (et sa majorité, qu’on se rappelle les propos outrageants de Sibeth Ndiaye au moment du confinement). Il joue en effet un rôle clé dans cette offensive contre l’école et ses personnels. Elle permet de discréditer toute la profession afin de la museler et de la couper des familles. Sans soutien, les enseignants vont se retrouver isolés et à la merci de changements majeurs qui s’appuieront sur ce discrédit fabriqué. Cependant le plan ourdi a du mal à fonctionner pleinement : la crise sanitaire a permis à une majorité de français de reconnaître les mérites et la valeur des enseignants, bien davantage que ceux d’une institution managée par des responsables aux abois et à la compétence douteuse.

L’ARNAQUE DU FUTUR GRENELLE

La contre-révolution scolaire actuellement en marche forcée réduit les personnels à n’être que des courroies de transmission d’une logique qui les écrase. C’est celle de la doxa managériale pour laquelle l’École est sommée d’obéir, de s’adapter de gré ou de force, de se soumettre et de fonctionner sans moyens. L’intendance ne suit plus, privée des moyens humains ou financiers et du temps de réflexion nécessaires. Croulant sous le poids des injonctions paradoxales, des dysfonctionnements structurels organisés, de l’imposition de changements non concertés, l’institution scolaire est menée à des impasses prévisibles, les enseignants voyant de surcroît la réalité professionnelle de leur métier niée.

Des enseignants en fin de compte muselés, assujettis, dépossédés, précarisés et méprisés

Quand le ministre Blanquer assigne au futur Grenelle des professeurs la mission de redéfinir « les hussards du XXI° siècle« , la mystification est à son comble. Il ne s’agira pas d’école ou de République à promouvoir, mais d’un projet de société à rebours des principes mêmes de la République. La Macronie ne vise pas à être une et indivisible, démocratique, sociale et laïque. Le grand marché de l’éducation imaginé par cette majorité et ce gouvernement se propose d’être territorialisé, inégalitaire, ubérisé, et soumis aux intérêts particuliers, marchands ou non marchands. Avec des enseignants relégués aux antipodes de l’ambition des hussards noirs de la République, et dont le cœur du métier aura été vidé de son sens initial au service de l’intérêt général. Des enseignants en fin de compte muselés, assujettis, dépossédés, précarisés et méprisés.

4 octobre 2020

CSPB émission du 29 09 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 21 h 41 min

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Emission mensuelle du CSPB sur l’actu en Euskal Herria. Au sommaire l’actu sur les presos rapport d’Etxerat chronique de Maité. En seconde partie la menace qui pèse sur l’euskara ou langue basque pour les classes immersives dès la maternelle, l’exemple basque pour l’apprentissage de la langue transposé en Corse, également la monnaie locale qui fonctionne très bien au pays et le milieu associatif et alternatif qui serait à mettre en place pour la Corse. Egalement nous avons traité du prochain référendum de la nouvelle Calédonie et différentes infos liées au caillou. Pour finir les nouvelles armes et dispositifs répressifs pour la police française. Les intermèdes musicaux sont, arroja bomba, a las mujeres, en la plaza de mi pueblo, pitzu bilbo, himmo anarquista, cancion de los soldatos, bella ciao, petit pays, la lista negra. Retrouvez l’émission sur mixcloud.com/skuale/ ou mixcloud.com/radiolibertaire/, et le blog du comité cspb.unblog.fr

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La mobilisation, programmée le 10 octobre prochain à Bayonne, vise à dénoncer « les attaques subies par l’enseignement basque »

Courant août, les promoteurs de la langue basque apprenaient le refus de l’Académie de Bordeaux d’autoriser la mise en place d’une nouvelle classe immersive en langue basque. Le projet d’enseignement 100 % en euskara devait être mis en place dès la rentrée au sein de l’école maternelle publique Basté-Quieta, à Saint-Pierre-d’Irube.

La goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et interroge sur l’avenir des 38 classes immersives (écoles publiques et privées) déjà existantes au Pays basque français. Suite à cette décision, le collectif Euskal Konfederazioa qui regroupe les associations œuvrant en faveur de l’enseignement en basque (Biga Bai, Ikas Bi, Euskal Haziak, Seaska, Euskara Geroan et Erakasleak) a décidé d’organiser une grande journée de mobilisation qui se déroulera le 10 octobre prochain à Bayonne.

Chaîne humaine

Le rassemblement devrait prendre la forme d’une chaîne humaine qui se déroulera entre la maison natale de René Cassin et la sous-préfecture. La date n’a pas été cochée au hasard sur le calendrier de ces défenseurs de l’euskara. Le 10 octobre est le jour choisi par les militants du collectif Pour que vivent nos langues pour manifester leur colère à l’égard du gouvernement Macron responsable, d’après eux, « d’attaques portées contre l’enseignement des langues régionales ».

Une campagne pour inciter les adultes à apprendre le basque

La Communauté d’agglomération Pays Basque (CAPB) lance une campagne pour susciter l’envie de devenir bascophone. Elle adresse, particulièrement aux jeunes adultes, le message « Vivez le Pays Basque en V.O. ». Un site internet a été créé, recensant les organismes de formation.

ANAIZ AGUIRRE OLHAGARAY|2020/09/10|2 IRUZKIN Guz_heldueneuskalduntzearenaldekokomunikaziokanpaina_baiona_gfauveau-1Antton Curutcharry et Jean-René Etchegaray appellent les adultes à apprendre l’euskara. © Guillaume FAUVEAU

« L’euskara, c’est la rentrée, je me lance ! ». Comme beaucoup d’associations, la Communauté d’agglomération profite du mois de septembre pour lancer une campagne de communication dont l’objectif est de favoriser les inscriptions en cours de basque par les adultes. Elle a été présentée ce mercredi 9 septembre par Antton Curutcharry (vice-président en charge de la politique linguistique) et Jean-René Etchegaray, président de la CAPB. « Vivez le Pays Basque en V.O. », tel est le slogan de la campagne. Une référence au cinéma qui, dans sa version originale, permet de mieux comprendre les intentions de l’auteur et de mieux saisir l’essence du film.

Une plateforme en ligne a été créée, japprendslebasque.com, présentant les différents organismes qui dispensent des cours de basque aux adultes, et renvoyant vers leurs sites web respectifs : AEK (tout le territoire), Jakinola (Bayonne), Angeluko Ikasleak (Anglet) et l’amicale laïque Adixkideak (Urrugne).

Enjeu majeur

Comme le souligne Amaia Beyrie de l’association AEK, toucher le public adulte est fondamental, car ce dernier « joue un rôle d’exemplarité ». Au Pays Basque Nord, seuls 15 % des 30-50 ans maîtrisent la langue basque, quand les plus de 50 ans représentent près de 50 % de bascophones. La basquisation des adultes est donc « un enjeu majeur », insiste Amaia Beyrie.

« Ce n’est pas l’importance des efforts déployés jusqu’à aujourd’hui qui suffit. Sur ce domaine, il faut lutter » a déclaré pour sa part le président de l’Agglo Jean-René Etchegaray. « Si on veut offrir un Pays Basque bascophone à nos enfants, s’il n’y a pas une politique linguistique volontariste, nous allons perdre la bataille » a-t-il pointé.

« Avec cette campagne, on veut montrer qu’aujourd’hui, apprendre le basque est à la portée de tout le monde », affirme Antton Curutcharry. « Il y a des ‘on dit’ selon lesquels c’est une langue difficile à apprendre… Mais c’est comme pour une autre langue, l’apprentissage se fait sans aucun problème, quelle que soit la motivation de l’apprenant ». Pour le vice-président en charge de la politique linguistique, la maîtrise du basque donne « accès » à une autre dimension du territoire : « les randonneurs pourront comprendre le nom d’un chemin, d’une montagne… les choristes pourront comprendre les paroles qu’ils chantent en basque ». Sans compter les opportunités de travail qui peuvent se présenter à quelques dizaines de kilomètres, au Pays Basque Sud, où le basque est coofficielle.

Ajustements de rentrée : l’immersion en euskara en toile de fond

Les instances départementales de l’Education nationale se sont réunies une dernière fois pour définir la carte scolaire de l’année scolaire qui s’ouvre. La demande d’ouverture d’une classe immersive en langue basque a été rappelée par les élus.

 

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GOIZEDER TABERNA|2020/09/04|0 IRUZKIN Guz_murgiltzesistemaaldarrikatzekoelkarretaratzea_hiriburu_gfauveau-4La rentrée a été marquée par un rassemblement d’élus et citoyens à l’école Baste Quieta de Saint-Pierre-d’Irube, mardi dernier. © Guillaume FAUVEAU

Fixant les derniers ajustements de rentrée, le conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) de septembre et le comité technique qui le précède sont d’habitude très attendus. Cette année, ils l’étaient d’autant plus que le refus d’ouvrir une classe d’euskara suivant le modèle immersif à l’école Basté Quieta a créé une certaine frustration. Ce vendredi 4 septembre, les représentants des collectivités locales ont remis le sujet sur la table.

Représentant le Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, Isabelle Pargade, et le président de l’Association départementale des maires Alain Sanz ont exprimé le souhait que l’Education nationale revienne sur sa décision. La conseillère départementale et maire d’Hasparren a rappelé le travail mené à Saint-Pierre-d’Irube en association avec l’Education nationale et les parents d’élèves pour l’ouverture de cette classe, « à moyen constant », précise-t-elle. Le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) leur aurait affirmé que cette question ne dépend pas de lui, mais du ministère. Les élus espèrent tout de même qu’il transmettra le message.

Les représentants de syndicats ont déjà eu l’occasion de s’exprimer sur ce dossier. Lors du CDEN, seule Force ouvrière aurait réitéré son opposition à l’immersion en langue basque, d’après nos sources. Le Snuipp-FSU et le SE-Unsa y sont favorables. D’autres enjeux ont marqué la rentrée du point de vue syndical, notamment les ouvertures et fermetures de poste.

Les dernières décisions du Dasen ont permis des ouvertures à Arcangues (0,5 français), Bassussarry (0,5 français), Biriatou (0,5 basque), Espelette Bourg (0,5 français), Sare (0,5 basque) et Urcuit (1 français). A Arraute-Charritte, un demi-poste de basque a été remplacé par un demi-poste de français. En revanche, à l’école Lahubiague de Bayonne, un poste complet a été supprimé, à Hendaye Gare maternelle, un demi de français et un demi d’euskara.

Des décisions prises dans la continuité de ce qui avait été décidé au printemps, constatent les syndicats, et qui n’a pas soulevé de débats au CDNE, d’après Isabelle Pargade. Le comité technique du matin pouvant donner lieu à plus de débat. A l’issue du CDNE, le représentant du SE-Unsa, Franck Hialé, a tout de même regretté des moyens contraints, considérant que des arbitrages seraient également nécessaires dans d’autre écoles, comme à Biarritz, à l’école Jules Ferry, qui se retrouverait avec une moyenne de 30 élèves par classe. Par ailleurs, le Snuipp-FSU a rappelé qu’au final, « cette carte scolaire se solde par une dotation en postes négative pour le 64″. Un poste supprimé dans un département qui, selon le Dasen, a perdu 614 élèves.

Lorsque les postes sont là, le manque d’enseignants pour les occuper fait aussi partie des préoccupations des syndicats. Et l’Unsa s’oppose à la solution d’urgence du recrutement de sept contractuels considérant que « cette situation est inédite et inacceptable ». Elle propose comme solution, l’utilisation des listes complémentaires et de mutations d’enseignants d’autres départements. A cela s’ajoute la suppression de postes de Rased ou enseignants spécialisés dans l’aide aux élèves en difficulté (20 %), ce qui fait dire au Snuipp-FSU que « c’est un très mauvais signe pour l’école, a fortiori en cette rentrée si particulière, dans un contexte de Covid et de grand besoin d’accompagnement des élèves ». Le plan de relance présenté cette semaine par le Gouvernement français ne semble pas avoir d’effet sur l’Education nationale.

 

 

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Corse-du-Sud Haute-Corse

Le député européen François Alfonsi en est convaincu : en ce qui concerne l’apprentissage de la langue régionale, le Pays Basque doit être pour la Corse une source d’inspiration.

En Iparralde, ou Pays Basque nord-français, une filière d’enseignement associatif par immersion a ainsi été développée : la fédération Seaska.

Un réseau qui regroupe les ikastola [écoles immersives en langue basque, ndrl], qui vont de la maternelle au lycée, toutes gérées par des associations de parents d’élèves dans un but non-lucratif. Ces écoles sont laïques, ne sont affiliées à aucun parti politique, et sont reconnues par le ministère de l’Éducation nationale.

La première ikastola a été créée en 1969, à Arcangues. Elles sont aujourd’hui trente-et-une et accueillaient en septembre 2019 plus de 4.000 enfants.

Des écoles immersives en langue régionale

Et à en croire François Alfonsi, les résultats de ces structures sont probants.

« Il suffit de voir les statistiques des dernières années. Le Pays Basque est l’un des pays en Europe où l’on observe que les jeunes générations, de 15 à 25 ans, sont celles qui parlent le plus la langue basque [ou traditionnellement euskara, ndlr], plus encore que les personnes de plus de 80 ans. »

Un système qui, selon François Alfonsi, fait aujourd’hui cruellement défaut en Corse. À ses yeux, les filières bilingues disponibles sur le territoire ne suffisent plus. « Aujourd’hui, on assiste à une érosion de langue corse au fur et à mesure des générations. Les gens sont de moins en moins corsophones. »

Aujourd’hui, on assiste à une érosion de langue corse au fur et à mesure des générations. Les gens sont de moins en moins corsophones.

François Alfonsi

 

 

Alors pour observer au plus près ce qui fait la réussite de l’apprentissage de la Corse en Ipparalde, une délégation corse menée par François Alfonsi est en visite à Bayonne, ces 12, 13 et 14 septembre.

 

Objectif : mettre en place un système similaire en Corse dès la rentrée prochaine

Avec un objectif : formaliser une « initiative corse pour l’enseignement immersif de type Seaska dont le contenu sera défini sur la base de l’expérience basque ».

« Nous pensons que ce qui a été mis en place est remarquable, d’autant plus considérant que le Pays Basque nord n’a pas les institutions ou des députés comme c’est le cas en Corse. En s’inspirant de ce modèle, et avec nos moyens d’actions qui sont plus importants, je pense que l’on pourrait faire tout aussi bien. »

En s’inspirant du modèle basque, et avec nos moyens d’actions qui sont plus importants, je pense que l’on pourrait faire tout aussi bien.

 

François Alfonsi

 

 

Et pas question de traîner : le députée européen espère la mise en place de système associatif dès la prochaine rentrée scolaire.

« On commencerait avec des classes de maternelles, parce que c’est pas quelque chose que l’on peut mettre en place en milieu de cursus scolaire, puis on suivrait les enfants jusqu’au bac. C’est à mon sens, l’un des projet phares pour les prochaines années pour la préservation de la langue corse. »

Un prochain rendez-vous entre acteurs associatifs, politiques et économiques basques et corses en décembre

Ce déplacement pour la délégation corsophone est aussi et surtout un moyen de préparer un prochain événement, cette fois en Corse, en décembre prochain. Un rendez-vous entre acteurs corses et basques qui abordera la question de l’apprentissage immersif de la langue régionale, mais pas seulement.

« Les Basques disposent de tout un réseau associatif sur le domaine de l’environnement et de l’alternatif, notamment une monnaie alternative, dont nous pensons bon de nous inspirer. L’idée serait d’échanger autour d’exposants dans un espace ouvert et abrité, en fonction des possibilités au vu de la crise sanitaire », explique François Alfonsi.

 

Et qui pourra mettre en lien, enfin, des acteurs politiques « progressistes en accord avec la marche vers l’autonomie pleine et entière de nos territoires ».

Nous aurions tort, aujourd’hui, de ne pas nous inspirer des initiatives basques pour avancer.

François Alfonsi

Le rendez-vous est pour l’heure fixé à Bastia, les 4 et 5 décembre prochains, avec un public en présentiel ou éventuellement une diffusion en streaming en fonction des conditions sanitaires.

 

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Travail de mémoire : un livre retrace le parcours du commando Argala

Un ouvrage édité par MEDIABASK apporte un éclairage sur le contexte dans lequel quatre citoyens du Pays Basque Nord ont intégré ETA. Un exercice de mémoire, une pierre apportée au processus de paix.

 

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Aujourd’hui, ils sont le symbole d’un blocage, celui du processus de résolution du conflit basque. Au lendemain du franquisme, ils étaient le symbole d’un conflit qui n’a pas été réglé à temps et qui a creusé le malaise jusqu’au Pays Basque Nord. Jakes Esnal, Frederik Haranburu “Xistor”, Jon Kepa et Unai Parot ont intégré le commando Argala d’ETA à ce moment-là. Condamnés à perpétuité – concernant les trois premiers –, pour les actions attribuées à ce commando itinérant, ils en sont à la 31e année de privation de liberté. Giuliano Cavaterra a consacré un livre à leur engagement, son contexte, à cette période âpre de l’histoire du Pays Basque. Edité par MEDIABASK, « Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont intégré l’ETA ? » est un livre engagé dans la résolution du conflit.

 

Ancien journaliste du Journal du Pays Basque, l’auteur pose une pierre dans la construction de la mémoire, un des piliers du processus de paix. “C’est un livre engagé, à l’heure où le Pays Basque est immergé dans un processus de paix. Avec de la part de la société civile, ainsi que de la majorité des élus une volonté de tourner la page, en exigeant la libération de ces quatre hommes, aujourd’hui sexagénaires”, avance l’éditeur. Sa préface, signée par la journaliste et Artisane de la paix Béatrice Molle-Haran, revient sur ce travail de mémoire indispensable. Cet ouvrage apporte un éclairage sur la dimension politique du conflit basque.

 

C’est un commando peu commun à l’époque qui a été arrêté en 1990. Tous ses membres sont de nationalité française et leur interpellation heurte les esprits. Plombier, commercial ou encore gérant d’entreprise, pères de famille pour certains, à la fin des années 1970, ils s’engagent dans la lutte armée. Au-delà de leur parcours personnel, le livre se penche sur “le contexte du Pays Basque dans son ensemble, son histoire récente et passée sans occulter ce qui fut”, résume l’éditeur. A travers la presse et des témoignages de personnes jugées pour cette affaire, de leurs proches et d’acteurs politiques de l’époque, Giuliano Cavaterra aborde des thèmes comme la transition démocratique dans l’Etat espagnol, le contexte politique dans les provinces du nord, l’euskara, les conflits sociaux, la torture, le GAL. Un livre qui nous replonge dans le Pays Basque des années 70-80.

 

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Soirée de présentation à Saint-Jean-de-Luz

 

En plus d’être un document de travail pour les historiens, « Au cœur du conflit basque. Pourquoi des citoyens du Pays Basque Nord ont intégré l’ETA ? » met à la portée du grand public les clés de compréhension d’une période complexe. C’est également dans cette démarche qu’une soirée de présentation du livre se tiendra au cinéma le Sélect, à Saint-Jean-de-Luz, mardi 22 septembre à 20h30. L’auteur Giuliano Cavaterra, Béatrice Molle-Haran et Jakes Abeberry fondateur d’Enbata se partageront le micro.

Cadre politique à l’époque des faits, Jakes Abeberry a connu certains des membres du commando Argala. Il pourra apporter son témoignage sur cette période. Le public pourra poser des questions aux intervenants.

Compte tenu de la crise sanitaire et des gestes barrières, les places sont limitées (réservation obligatoire : administration@mediabask.eus / 09.75.12.97.02) et le port du masque obligatoire.

Le livre sera disponible dès le 24 septembre et les commandes pourront se faire à partir du 17 septembre.

 

 

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Saint-Jean-de-Luz : des garages loués comme des logements

Le groupe municipal Herri Berri a dénoncé la location de garages transformés illégalement en appartements. Un exemple “édifiant”, d’après lui, de la situation de l’immobilier à Saint-Jean-de-Luz.

 

Dans quelques jours, les quatre garages deviendront officiellement des appartements, alors qu’ils auraient été loués comme tel pendant trente ans, de façon irrégulière. Pour le groupe d’opposition luzien Herri Berri, ce tour de « passe-passe » en cours de régularisation est révélateur de la situation de l’immobilier dans la ville.

Les portes de garage ont bel et bien été remplacées par des volets roulants, au 14 avenue des Bois, dans le quartier Moleressenia. Pourtant, accroché à la haie, un panneau annonce un permis de construire pour « changement d’usage de garage en habitation », délivré le 10 juillet dernier ; le délais de recours des tiers s’achève le 10 septembre. Les locaux sont donc devenus habitables avant l’obtention du permis. Ce qu’a dénoncé Herri Berri lors d’une conférence de presse réalisée in situ, samedi 5 septembre, après avoir mené son enquête.

Deux ans après la construction de la résidence, une première demande de permis aurait bien été déposée en 1991 par le propriétaire, mais elle aurait essuyé un refus. A ce moment-là, le propriétaire aurait malgré tout mené à terme son projet de 226 m². Les poursuites judiciaires engagées par la mairie ne l’ont pas dissuadé, puisque F.E. n’aurait été condamné qu’à 20 000 francs d’amende (soit un équivalent de 4 415 euros pour 2019 en tenant compte de l’inflation), sans demande de remise en l’état initial. Les aménagements réalisés ont donc été conservés et, au passage, il a bien valorisé son investissement. Un gain que Herri Berri estime à plus d’1 millions d’euros « pour 20 000 francs d’amende ».

Depuis, les faits sont prescrits et le bien a été mis en vente par le Groupe Pia (anciennement AB Groupe). « Au nom de la prescription en urbanisme (six ans) et au civil (30 ans), [à la] fin du délai [de la taxe] sur la plus-value, F.E. vend l’ensemble à un marchand de bien, qui commence à revendre », détaillent les élus abertzale.

Un local à vélo transformé « en chalet »

Dans l’illégalité pendant des années, aujourd’hui, le bâtiment a recouvert la légalité, mais les faits n’en seraient pas moins regrettables selon eux. « Le PLU actuel aurait exigé des logements sociaux et le respect de normes environnementales, mais ici nous avons affaire à un tour de passe-passe que les aspérités de la loi permettent de valoriser », a dénoncé Peio Etcheverry-Ainchart. Le marché immobilier à Saint-Jean serait devenu tellement fou qu’il autoriserait à certaines personnes ce genre d’entreprises. « La situation dépasse même les pouvoirs publics », pointe l’élu. Il demande un meilleur encadrement par la loi et de meilleurs moyens de contrôle.

L’attractivité de la ville, par ailleurs, pousserait à accepter des logements inadaptés, sombres et humides. « Il faut arrêter que les gens achètent des garages pour y vivre », insiste Paxkal Lafitte, s’interrogeant sur le nombre de logements loués ou vendus de cette manière. Et de regretter que la municipalité n’offre pas suffisamment de logements. Avec ses camarades, il a constaté qu’une déclaration préalable a été réalisée séparément pour le local à vélo de la résidence ciblée, aussi transformé sans autorisation, « en chalet ». Un chalet au style luzien.

 

Une délégation se rend au ministère de l’Education pour défendre l’immersion

Lundi 31 août, une délégation du Pays Basque composée d’élus a rendez-vous à Paris. Sur la table du ministère de l’Education nationale : le modèle immersif en langue basque.

 

Le refus d’ouvrir une classe de maternelle 100% en euskara à Saint-Pierre-d’Irube a créé un mouvement sans précédent au Pays Basque Nord. Des représentants des différentes filières d’enseignement en langue basque ainsi que des élus ont convergé dans un même mouvement pour sauvegarder le travail accompli ces dernières décennies. Un groupe d’élus a rendez-vous lundi 31 août à midi au ministère de l’Education pour porter cette revendication.

Il s’agit de la première rencontre à Paris depuis le début du blocage concernant l’école publique Basté-Quieta. Un conseiller du ministère recevra la délégation formée par le président de la Communauté d’agglomération Pays Basque Jean-Renée Etchegaray, le maire de Saint-Pierre d’Irube, Alain Iriart, et les parlementaires Vincent Bru, Frédérique Espagnac et Max Brisson. Un rendez-vous obtenu par ce dernier au début de l’été. Le nouveau président de l’Office public de la langue basque (OPLB), qui devrait être Antton Curutcharry, n’était pas encore élu à ce moment et ne sera donc pas du voyage. L’OPLB porte le dossier de l’enseignement en langue basque.

Avec le rejet de la demande des parents d’élèves, des enseignants et des élus de Saint-Pierre-d’Irube, le Rectorat s’est également opposé à l’ouverture de nouvelles classes immersives de façon générale. « Nous nous demandons à quel niveau ça bloque. Il faut que l’Administration y compris le Rectorat entendent [notre] message. Il faut conforter le modèle immersif, qu’on ne revienne pas sur ce qui est un acquis », défend le député Vincent Bru (majorité présidentielle). Il reconnaît des pressions des syndicats d’enseignants sur ce qui a été mené jusqu’à présent dans les écoles publiques en tant qu’expérimentation, et défend des avancées législatives concernant cette possibilité.

La députée de la cinquième circonscription dont fait partie Saint-Pierre-d’Irube, Florence Lasserre, ne fait pas partie de la délégation « pour des questions d’agenda ». L’élue de la majorité présidentielle se dit favorable à l’ouverture de la classe immersive et dit avoir signé la pétition lancée par les parents d’élèves ayant déjà obtenu 5 500 signatures.

Par Édith Anselme

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Le meilleurs athlète de la discipline, découpée en cinq épreuves contre-la-montre, a rendez-vous au fronton ce mercredi 26 août au soir.

Le pentathlon basque est une épreuve rare et mythique qui sera présentée, pour la première fois, à Hendaye, mercredi 26 août, à 21 heures, au fronton Gaztelu-Zahar, par la section Bidasoako Herri Kirolak de l’association Bidasoako Txaranga et Herri Kirolari Bai d’Urrugne. Sébastien Martikorena, président de Bidasoako Herri Kirolak, explique que cet élément du patrimoine culturel et sportif basque n’a jamais eu lieu en Pays basque français.

« Avec la pandémie de Covid-19, une lueur d’espoir s’est installée en juillet et août avec la possibilité de pratiquer en public nos jeux traditionnels dans le cadre strict de la réglementation. Cela n’a pas été le cas en Hegoalde (Pays basque espagnol, NDLR) où ces épreuves ont toutes été annulées. »

Xabier Zaldua, le champion

Il poursuit : « C’est pourquoi, début juillet, nous avons décidé d’être solidaires avec nos amis athlètes d’Euskadi que nous côtoyons à longueur d’année. Nous les avons invités à participer à nos épreuves d’été. Ils ont pu, ainsi, s’exprimer devant un public qu’ils n’avaient plus chez eux. » Parmi ces athlètes, Xabier Zaldua, champion du pentathlon 2018 et 2019, viendra donc à Hendaye ce mercredi, au fronton Gaztelu-Zahar.

 

Il devra enchaîner cinq épreuves contre-la-montre. Harrijasotzea : lever la pierre, soit 10 levers de boule de 100 kg ; Giza proba : tirer une pierre de 400 kg sur 28 mètres ; Aizkolaria : couper à la hache deux troncs ; Txingak : porter dans chaque main 50 kg sur 112 mètres et Korrikalaria : courir 1 km. Un bon entraînement avant les classifications des six meilleurs athlètes sur les 16 inscrits et la finale qui se déroulera le 19 septembre à Azpeitia.

 

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SCRUTIN Lors du premier référendum en novembre 2018, le « Non » l’avait emporté avec 56,7 % des voix

Après avoir eu des conséquences sur les dates des municipales, le coronavirus chamboule un autre calendrier électoral : celui concernant le référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Initialement prévu le 6 septembre, Edouard Philippe a proposé samedi de reporter ce scrutin au 4 octobre, en raison des difficultés logistiques nées de la crise sanitaire.

« Risque sur l’encadrement des procédures de vote »

Le Premier ministre a donc transmis un projet de décret avec cette nouvelle date aux présidents du gouvernement et du congrès de Nouvelle-Calédonie pour avis consultatif sous 15 jours. Le texte devrait être présenté en Conseil des ministres dans la deuxième quinzaine de juin, l’Etat fixant la date du référendum.

Même si « les opérations de préparation du référendum ont été poursuivies » pendant la crise sanitaire, « un risque demeure sur l’encadrement des procédures de vote », explique Matignon. Pour l’exécutif, la « capacité à réunir 250 candidatures pour les observateurs nationaux et internationaux, et à les acheminer en Nouvelle-Calédonie dans des délais compatibles avec les trois semaines de quarantaine requises à ce jour […] n’est pas assurée ».

Dans des courriers au président du gouvernement, le loyaliste Thierry Santa (Avenir en Confiance, proche des Républicains), et au président du Congrès, l’indépendantiste kanak Rock Wamytan (UC-FLNKS), le Premier ministre souligne que cette difficulté d’arriver dans des délais compatibles avec la quarantaine se pose aussi pour « les missions des organisations internationales et les journalistes » amenés à suivre le référendum. Il s’agit d’« assurer le caractère irréprochable de l’organisation du référendum, afin que son résultat soit incontestable et incontesté », argumente-t-il.

Une décolonisation progressive

Après le premier référendum, qui s’est tenu le 4 novembre 2018 et a vu la victoire du « non » à l’indépendance (56,7 %), la date d’un deuxième référendum avait été fixée par le Premier ministre au 6 septembre 2020, moins de deux ans après le premier, comme prévu par l’accord de Nouméa qui organise la décolonisation progressive de l’archipel. Sujet hautement sensible, cette date avait été arrêtée après de longues heures de discussions entre leaders indépendantistes et non indépendantistes, en octobre dernier.

 

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Le Kanak Emmanuel Kasarhérou, expert des cultures océaniennes et ancien directeur du Centre culturel Tjibaou, va être nommé mercredi à la présidence du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac en remplacement de Stéphane Martin, a-t-on appris ce mardi soir de source proche du dossier.

 

Né à Nouméa en 1960, Emmanuel Kasarhérou, conservateur en chef du patrimoine, spécialiste reconnu de l’art et des civilisations océaniennes, est depuis 2014 adjoint au directeur du patrimoine et des collections du musée.

Premier Kanak à prendre la direction d’un grand musée dans l’Hexagone

Il avait auparavant dirigé à Nouméa le Centre culturel Tjibaou, du nom du fondateur du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) assassiné en 1989, un chantier initié par François Mitterrand. Sa nomination, sur proposition des ministres de la Culture et de l’Enseignement supérieur, devrait être confirmée mercredi en Conseil des ministres, indique-t-on de même source.

Très attaché au « dialogue des cultures », premier Kanak à prendre la direction d’un grand musée en France métropolitaine, il aura à diriger un musée phare de la scène parisienne, dont les collections sont en grande partie composée des arts premiers d’Afrique, d’Asie et d’Océanie. Il aura à poursuivre la politique de coopération en matière patrimoniale avec les pays africains, alors que la question des restitutions des œuvres se trouvant dans les musées publics français fait l’objet d’un vif débat.

Un musée au rayonnement international

Son prédécesseur Stéphane Martin, qui avait quitté le Quai Branly à la fin de l’an dernier, avait gouverné l’établissement public depuis son origine, permettant son développement entre 1998 et 2019 grâce à une politique ambitieuse d’acquisitions et de grandes expositions, qui a assuré son rayonnement international. Il est aujourd’hui conseiller à la Cour des comptes.

 

Nouvelle-Calédonie: Les indépendantistes conservent la présidence du Congrès

ELECTION L’assemblée législative a pour vocation de voter le budget de l’archipel. Un référendum sur l’autodétermination se tiendra dans trois mois

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A moins de trois mois d’un référendum d’autodétermination c’est une victoire importante pour les partisans de la séparation d’avec la France. L’indépendantiste Roch Wamytan a été reconduit pour une nouvelle année à la tête du Congrès de Nouvelle-Calédonie avec l’appui du parti Eveil Océanien (EO), qui siège désormais dans un groupe indépendantiste.

Les changements d’alliances de l’Eveil Océanien

Après les élections provinciales de mai 2019, Roch Wamytan (UC-FLNKS/Front de libération nationale kanak et socialiste) avait déjà été élu à la tête de l’assemblée législative avec 29 voix sur 54, les trois élus de l’Eveil Océanien, parti communautaire wallisien et futunien, lui permettant d’obtenir la majorité. Ce jeudi, un scénario similaire s’est joué, à la différence que l’EO, qui siégeait jusqu’alors hors groupe, a décidé de rejoindre celui de l’UC-FLNKS, de sorte que le Congrès a désormais une majorité indépendantiste.

Toutefois le jeu politique de ces alliés n’est toujours pas complètement clair. Le leader de l’EO, Milakulo Tukumuli, continue en effet de revendiquer un statut de non-aligné. « On est un parti charnière, qui ne veut pas être enfermé dans un bloc ou dans un autre », a déclaré l’élu. Au sein du gouvernement collégial et à la province Sud, l’EO est en effet allié à une coalition loyaliste de droite, l’Avenir en Confiance (AEC), qui président ces institutions. Chef du groupe AEC au Congrès (18 sièges), Virginie Ruffenach a d’ailleurs « déploré le signal politique fort de l’EO », estimant « qu’à quelques semaines du référendum il faut être le plus clair possible ». Son groupe avait présenté un candidat face à Roch Wamytan.

Dans le cadre du processus de décolonisation de l’accord de Nouméa (1998), un deuxième référendum sur l’indépendance aura lieu le 4 octobre en Nouvelle-Calédonie. Un premier scrutin, tenu le 4 novembre 2018, a été remporté par les pro-français (56,7 %).

 

Nouvelle-Calédonie : Un incendie volontaire détruit la grande case du Sénat coutumier

A moins de deux mois du référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, l’incendie volontaire samedi soir de la case (maison traditionnelle) du Sénat coutumier a suscité une vive émotion. Les craintes que le scrutin ne se déroule pas sereinement ont été avivées par le feu qui a ravagé cette maison traditionnelle, où siègent les représentants des chefferies kanaks.

 

Un lieu réservé aux cérémonies

L’incendie « volontaire » a eu lieu « aux alentours de 22 heures » et la case a été « entièrement détruite », a indiqué le haut-commissariat de la République. Située dans le quartier de Nouville à Nouméa, l’institution consultative abrite seize sénateurs kanaks, représentant les huit aires coutumières de Nouvelle-Calédonie. A côté des bâtiments en dur, le Sénat coutumier possédait une grande maison traditionnelle, réservée aux cérémonies et à l’accueil des personnalités en visite.

Le haut-commissaire Laurent Prévost a fait « part de sa vive émotion devant la destruction de ce lieu emblématique » et « a fermement condamné cet acte qui porte atteinte à l’institution coutumière et au-delà à une institution de la Nouvelle-Calédonie ». Les services de police ont été saisis et une enquête judiciaire est en cours, a-t-il également indiqué.

 

16 dates pour mieux comprendre l’histoire tumultueuse de l’archipel, alors que les Calédoniens sont appelés à voter par référendum le 4 novembre pour ou contre l’indépendance du Caillou.

1774

James Cook accoste Grande Terre et baptise l’île Nouvelle-Calédonie en hommage à son Ecosse natale.

1853

L’amiral Febvrier-Despointes hisse le drapeau français à Balade, sur la côte est de Grande Terre, et prend possession de la Nouvelle-Calédonie sur ordre de Napoléon III, qui cherche un territoire où établir une colonie pénitentiaire.

1864

L’Etat français établit le bagne où 21 630 personnes seront envoyées jusqu’en 1897. Dont 4 250 révolutionnaires de la Commune de Paris, dont Louise Michel.

1874

L’exploitation du nickel, minerai découvert dix ans plus tôt par l’ingénieur Jules Garnier, débute près de Nouméa.

1878

Le chef Ataï mène la première rébellion kanak contre la colonisation. 1 200 Kanak et 200 Européens sont tués. Ataï est décapité et sa tête envoyée à la Société d’anthropologie de Paris pour étude.

1917

Alors que la Première Guerre mondiale fait rage en Europe, l’administration coloniale fait pression sur les Kanak pour qu’ils s’engagent dans l’armée française (ils n’ont pas le statut de citoyens). S’ensuit une révolte. Trois des leaders kanak finiront décapités.

1931

111 Kanak sont exhibés à l’Exposition coloniale de Paris, présentés comme «cannibales authentiques». La même année, le bagne est fermé définitivement.

1946

Les Kanak, soumis au statut de l’indigénat depuis 1887, obtiennent la citoyenneté française. La Nouvelle-Calédonie devient territoire d’outre-Mer.

1984

Le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) est créé et organise le boycottage des élections territoriales par les Kanak. L’île est au bord de l’insurrection. Le 5 décembre, près de Hienghène, dix Kanak sont assassinés lors d’une embuscade tendue par des fermiers caldoches.

1988

A Ouvéa, le 22 avril, 4 gendarmes sont tués par des militants du FLNKS. Le 5 mai, l’armée donne l’assaut dans la grotte de Gossanah où 27 gendarmes sont retenus en otage. 19 Kanak et 2 militaires sont tués. Le 26 juin, les accords de Matignon sont signés par Jean-Marie Tjibaou, président du FLNKS, et Jacques Lafleur, leader du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), anti-indépendantiste, sous l’égide du Premier ministre, Michel Rocard. Il prévoit un scrutin sur l’autodétermination du territoire dans les dix ans.

1989

Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné, autre cadre du FLNKS, sont assassinés à Ouvéa par Djubelly Wéa, un indépendantiste kanak opposé aux accords de Matignon

1998

L’accord de Nouméa est signé sous l’égide de Lionel Jospin, Premier ministre, par Jacques Lafleur et Roch Wamytan, le nouveau chef du FLNKS. Il prévoit l’émancipation progressive du territoire. 72 % des Calédoniens approuvent l’accord par référendum.

2004

Divisées depuis quinze ans, les familles Tjibaou, Yeiwéné Yeiwéné et Wéa se retrouvent le 17 juillet à Tiendanite autour d’une coutume de pardon.

2010

Le Premier ministre François Fillon officialise la double légitimité des drapeaux français et kanak. Jacques Lafleur meurt le 4 décembre.

2014

Le Muséum d’histoire naturelle de Paris restitue le crâne d’Ataï à ses descendants, 136 ans après la mort du chef kanak insurgé.

2018

Le 4 novembre, les Calédoniens sont appelés à voter par référendum pour ou contre l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. En juillet 2018, les sondages donnent le «non» gagnant à 59,7 %.

 

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Après des mois à plancher sur le sujet, le ministère de l’Intérieur a publié, jeudi 17 septembre, le document relatif à la nouvelle doctrine du maintien de l’ordre, qui vise, selon Gérald Darmanin, à « adapter » la gestion des manifestations en France. Présentées comme une « étape cruciale dans la pratique du maintien de l’ordre en France », les mesures valident notamment l’usage des armes de force intermédiaire.

Ce schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) vise à mettre fin aux polémiques à répétition, depuis près de deux ans, concernant l’utilisation de la force par la police, en particulier lors des mobilisations des « gilets jaunes ». Plusieurs personnes ont été gravement blessées par des tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) et de grenades. Voici ce qu’il faut savoir sur ce SNMO.

De nouvelles grenades

L’une des principales nouveautés présentées dans ce document n’en est pas une. Le modèle de grenade à main de désencerclement (GMD) avait déjà été remplacé depuis quelques semaines par un nouveau type, réputé moins dangereux, la grenade à éclats non létaux (GENL), dont les commandes ont été passées dès 2019. Classée comme arme de catégorie A2, et donc comme « matériel de guerre », selon le site spécialisé Maintien de l’ordre, ce nouveau modèle dispose d’un bouchon allumeur (responsable des blessures les plus graves) qui ne saute plus, restant solidaire du corps de la grenade, qui demeure intact après la détonation.

Quand elles explosent, les GENL, fabriquées par la société d’armement et d’étude Alsetex, produisent un bruit très légèrement inférieur à celui des GMD et projettent 18 petits galets de caoutchouc de 10 grammes chacun à une vitesse moyenne de 342 km/h, contre 450 km/h pour le modèle précédent.

Comme pour la GMD qu’elle remplace, la doctrine d’emploi prévoit un usage uniquement à la main, en la faisant rouler au sol, et proscrit tout lancer en cloche, pour un « rayon d’efficacité de 5 à 10 mètres », contre 15 mètres pour la précédente grenade.

Le SNMO mentionne par ailleurs l’achat de matériel dédié au maintien de l’ordre. « Véhicules de commandement, engins lanceurs d’eau, véhicules blindés, matériels d’intervention et de protection, matériels radio… », liste-t-il.

 

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L’usage des LBD encadré

Le Défenseur des droits ainsi que plusieurs ONG demandent depuis des années le retrait de cette arme de l’arsenal policier, sans succès. Selon la nouvelle version de la doctrine, l’usage des lanceurs de balles de défense est maintenu, mais mieux encadré. Concrètement, les tireurs devront dorénavant être assistés d’un « superviseur » chargé notamment d’ »évaluer la situation d’ensemble et les mouvements des manifestants, de s’assurer de la compréhension des ordres par le tireur et de désigner l’objectif », est-il écrit dans le document du ministère.

Comme indiqué dans un rapport du Sénat (PDF) sur l’usage des LBD dans le cadre du maintien de l’ordre, daté de février 2019, c’est également lui qui donne l’ordre de tirer. Car cela n’a rien de nouveau pour les CRS et les gendarmes mobiles porteurs de LBD, déjà soumis à la présence d’un superviseur. La mesure est en réalité étendue aux effectifs de sécurité publique et aux Brigades de répression de l’action violente (Brav), composées notamment des Brigades anti-criminalité (Bac). « Ça ne se fait pas de gaieté de cœur, parce que là où il fallait un policier avant, maintenant il en faut deux », a réagi une source au ministère de l’Intérieur, citée par Libération (article payant).

 

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Enfin, le texte précise que le superviseur pourra être porteur d’une caméra-piéton, dans la continuité de l’instruction du 23 janvier 2019 visant, à l’époque, à en doter les porteurs de LBD « dans toute la mesure du possible ». Les porteurs de caméra sont invités « dans tous les cas (…) à enregistrer les conditions dans lesquelles le LBD a été utilisé ».

Mais pour Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS et spécialiste du maintien de l’ordre cité par franceinfo, « on va naviguer dans des eaux troubles en ce qui concerne l’usage du LBD. Est-ce une arme de maintien de l’ordre ou seulement une arme de légitime défense ? L’ambiguïté n’est pas tout à fait levée encore », a-t-il estimé le 11 septembre, à la suite de la présentation des principales mesures du SNMO par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Interrogé dans Libération, il a encore pointé « l’ambiguïté de la présence de cette arme en maintien de l’ordre, censé être de la gestion de foule ». « Quelles que soient les conditions d’usage, ça reste une arme qui vise un individu et un seul », a-t-il exposé, expliquant notamment son maintien dans l’arsenal des forces de l’ordre par la « pression syndicale ».

Des unités plus « mobiles »

Pour « mettre fin aux exactions » et répondre à « l’infiltration plus systématique de casseurs au sein des cortèges », une plus grande mobilité des forces de l’ordre est un « impératif », écrit le ministre de l’Intérieur, en préambule du texte. Des unités « spécialement constituées » disposant d’un « grand pouvoir de mobilité » pourront être mises en place. Une « contribution grandissante des unités hors unités de force mobile » est aussi soulignée.

Se pose alors la question de la formation au maintien de l’ordre lors des manifestations de ces policiers. Si on leur demande « de prendre part à un dispositif de maintien de l’ordre pour y faire ce qu’ils font en police urbaine, pour faire du ‘saute-dessus’, ce sera un problème », commente Fabien Jobard dans Libération. Le document du ministère de l’Intérieur aborde ce point en indiquant que les unités spécialement constituées « bénéficient de formations adéquates, tant pour leurs propres modes d’action que pour leur interopérabilité avec les unités de forces mobiles ».

Enfin, les acteurs traditionnels du maintien de l’ordre bénéficieront quant à eux de la création de 300 postes de gendarmes mobiles. Ces derniers « bénéficient de près de 60% de la hausse des effectifs annoncés », relève le journal L’Essor de la gendarmerie.

Un effort de communication avec les manifestants

La nouvelle doctrine prévoit aussi une « modernisation des sommations », avec notamment l’ajout de la phrase « Quittez immédiatement les lieux », en plus des traditionnelles indications, afin d’ »exprimer plus explicitement ce qui est attendu de la part des manifestants ».

Evoquant ce point sur Twitter, le journaliste Maxime Reynié, fondateur du site Maintien de l’ordre, a estimé qu’ »en clair, ça ne changera rien. Toujours trois messages qu’on n’entendra jamais au milieu de la foule, des cris, etc. ». Et si les forces de l’ordre seront équipées, selon le document, de nouveaux matériels comme des « haut-parleurs de forte puissance » ou des « panneaux à message variable », pour mieux informer les manifestants, le journaliste en pointe les limites, décrivant des panneaux « illisibles car trop loin, ou trop de lacrymos, ou cassés ». Quant à l’utilisation des réseaux sociaux pour faire passer ces informations au cours des mobilisations, elle est « inutile » puisque « personne ne [les] regarde en participant à une manif ».

Dans le cadre de cet effort de communication, un « dispositif de liaison et d’information » doit aussi être mis en place entre policiers et organisateurs. « Ces échanges rappelleront aussi la nécessité pour les orgas de se désolidariser rapidement des ‘casseurs’ », analyse encore Maxime Reynié sur Twitter. Le journaliste y voit « un côté tactique pour faciliter l’intervention mais aussi (…) politique pour bien séparer les gentils et les ‘casseurs’ encore plus, et au sein même des cortèges entre militants, et éviter les ‘convergences’ qu’on a pu voir plusieurs fois. »

Plus de transparence 

Affichant aussi la volonté d’une plus grande « transparence » dans l’action des forces de l’ordre, le texte souligne que toutes les unités porteuses d’un uniforme devront avoir un marquage dans le dos pour permettre leur identification. Cela s’ajoutera « port du RIO » (le référentiel des identités et de l’organisation, un numéro qui identifie le policier), « y compris sur la tenue de maintien de l’ordre », souligne le document.

Cependant, en décembre dernier, Libération relevait déjà de nombreux manquements à la loi concernant le RIO. « Les éléments de la tenue nécessaires au maintien de l’ordre ne disposent pas d’emplacement pour mettre le RIO, ou parfois, le cachent », affirmait Philippe Capon, secrétaire général d’Unsa Police. Le dernier SNMO n’aborde pas ce problème.

En revanche, le ministre de l’Intérieur souhaite interdire la diffusion des visages non floutés du personnel, et ce, alors que le port de la cagoule reste interdit.

Une place « particulière » pour les journalistes

Le SNMO insiste aussi sur la nécessité de reconnaître la « place particulière des journalistes au sein des manifestations ». Le texte pointe notamment leur droit à « porter des équipements de protection, dès lors que leur identification est confirmée et leur comportement exempt de toute infraction ou provocation ».

Pour autant, le texte rappelle « que le délit constitué par le fait de se maintenir dans un attroupement après sommation ne comporte aucune exception, y compris au profit des journalistes ou de membres d’associations ». « Ils doivent, comme n’importe quel citoyen, obtempérer aux injonctions des représentants des forces de l’ordre en se positionnant en dehors des manifestants appelés à se disperser. »

 

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La musique made in France dans toute sa diversité

 

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C’est à la découverte d’une « Douce France » façon Charles Trenet – Rachid Taha à laquelle nous vous convions, dans nos villes-monde en Seine-Saint-Denis, à Paris et dans le Grand Paris, de scènes en lieux inédits, éphémères ou places détournées. 

 

L’édition Douce France, c’est la continuité des actions de Villes des Musiques du Monde depuis 23 ans:

Une mise en lumière des nouvelles musiques populaires, enracinées dans le local, ouvertes sur le monde, vivantes, innovantes, rassembleuses.

Une nouvelle génération d’artistes qui mixent esthétiques, styles, répertoires, langues de France et créent les musiques d’aujourd’hui.

Au programme de ces cinq semaines

De puissantes rencontres de langues, de voix, de rythmes : rock oriental, brass band de Seine-Saint-Denis, rap wolof, afro-beat made in Paris, pop franco-vénézuélienne, chansons populaires, world musette… Concerts, battles, programmation Jeune Public et famille, ateliers de musique et de cuisine, cinés- concerts, débats, expositions …

Des fils conducteurs : La rue – Motivés ! – Electric – Des fourmis dans les jambes  – French connection – Nouvelle scène traditionnelle – 4e Prix des Musiques d’ICI-  Causeries – En actions !

Le tout entre gratuité et prix doux.

Cette édition rend hommage, bien sûr à Rachid Taha mais également à Manu Dibango, Tony Allen, Mory Kanté, Hilaire Penda…

Pas d’ici sans ailleurs !

Les musiques et danses traditionnelles se sont enrichies des répertoires venus des quatre coins du monde, musiques et danses qui se jouent désormais sur notre territoire et reflètent l’histoire du peuplement de notre pays. Des musiques du sol en résonance avec les musiques de l’exil : cette édition célèbre la rencontre de nos héritages culturels, et donne à voir et à entendre la diversité de nos identités plurielles, un nouveau patrimoine en commun. Merci à Patrick Lavaud – Nuits atypiques

HERVE KEMPF 22 09 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 20 h 58 min

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ENREGISTREMENT DE L »EMISSION A « LA NOUVELLE RESERVE » LNR LE 17 09 2020 POUR LA SORTIE DE NOUVEL OUVRAGE « QUE CREVE LE CAPITALISME. CE SERA LUI OU NOUS »

 

HERVEKEMPF

 

BIOGRAPHIE & INFORMATIONS

Nationalité : France
Né(e) à : Amiens , 1957
Biographie :

Hervé Kempf est un journaliste et écrivain français.

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, section Service public, en 19823, il travaille tout d’abord associé à la radio pirate Radio Cocktail, à Paris, puis cofondateur de la radio Je t’aime FM. D’abord journaliste à Radio Alligator, à Montpellier, il entre en 1985 à Science et Vie Micro. Le choc de la catastrophe de Tchernobyl le pousse à se consacrer aux questions écologiques .

Après avoir fondé Reporterre, le magazine de l’environnement en 1989, il travaille à l’émission télévisée Sauve qui Veut (France 2) au sein de l’Agence Capa (1991-1992), puis assure la rubrique « Sciences » de Courrier International (1992-1995), et les rubriques « Technologie » et « Ecologie » dans le magazine La Recherche (1995-1998). Il entre en 1998 au quotidien Le Monde pour couvrir le domaine environnemental. notamment les sujets relatifs aux négociations climatiques et aux organismes génétiquement modifiés. Il crée en janvier 2009 la chronique hebdomadaire « Écologie » du quotidien et en assure la rédaction.

Au moment de la crise suscitée en 2003 dans ce quotidien par la parution du livre de Pierre Péan et Philippe CohenLa Face cachée du Monde, il considère cette attaque comme un symptôme de la crise d’une presse détachée des intérêts du peuple4. Il est alors élu au conseil de gérance de la Société des rédacteurs du Monde entre 2003 et 20065, sur la base d’une position critique à l’égard de la direction de l’époque.

Dans Comment les riches détruisent la planète (publié en 2007), Hervé Kempf explique l’articulation entre l’actuelle crise sociale et la crise écologique en s’appuyant sur la théorie de la rivalité ostentatoire de l’économiste Thorstein Veblen. Selon lui, l’absence de réelle solution à la crise écologique découle de la profonde inégalité qui règne dans la période actuelle, et du comportement de la classe oligarchique. Ce livre est recommandé par Hugo Chávez lors de la séance plénière de COP15 du 16 décembre 20096,7.

Après le succès de cet ouvrage traduit en plusieurs languesNote 1, il approfondit sa réflexion dans Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (2009). Estimant que le capitalisme a adopté depuis 1980 un régime nouveau par rapport à la période antérieure, il considère que l’exacerbation de l’individualisme a transformé la culture collective. Dans cette optique, la solution à la crise écologique passe par un retour du sentiment collectif, et donc par la sortie de la culture capitaliste. Ce livre rencontre lui aussi le succèsNote 2.

Il se définit en 2009 comme « objecteur de croissance »8.

En 2011, il publie L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie, dans lequel il décrit la dérive des sociétés démocratiques occidentales vers des régimes oligarchiques, c’est-à-dire dans lesquels un petit nombre de personnes détient les pouvoirs politique, économique et médiatique.

Fin 2012, il suit le dossier du projet d’aéroport du Grand Ouest, à Notre-Dame-des-Landes, qu’il a couvert pour Le Monde dès 20099. Il révèle ainsi le cas de pantouflage concernant le préfet de la Loire-Atlantique depuis 2007, Bernard Hagelsteen, qui, après avoir supervisé le projet d’aéroport pour l’État, a été embauché par l’entreprise Vinci, chargée de construire et d’exploiter le futur aéroport10. Il tente ensuite de démontrer que les chiffres prévus du trafic auraient été largement exagérés11 et réalise par ailleurs plusieurs reportages à Notre-Dame-des-Landes, publiés sur le site Reporterre12.

En 2013, il publie Fin de l’Occident, naissance du monde. Dans cet ouvrage au ton moins polémique que les précédents, il replace l’évolution des sociétés occidentales dans un long temps historique. Reprenant le concept de « grande divergence » de l’historien américain Kenneth Pomeranz, il analyse l’époque actuelle comme celle d’une « grande convergence », durant laquelle l’ensemble des sociétés humaines convergent vers un niveau de consommation matérielle et énergétique homogène. Mais, dans un contexte de crise écologique planétaire, ce niveau de consommation ne pourra pas se situer à celui des pays occidentaux actuels. Il en conclut que le niveau de consommation matérielle et énergétique dans ces pays va et doit baisser, et analyse les scénarios (autoritaire ou démocratique) par lesquels cette évolution historique va se dérouler.

Hervé Kempf quitte le quotidien Le Monde en août 2013, ses derniers liens avec le journal sont officiellement rompus le 2 septembre 201313. Le journaliste justifie son départ par le refus répété de la direction du journal de le laisser réaliser des reportages sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes14,15,16.

Il se consacre désormais au site Reporterre qu’il a contribué à créer17. Il en est le rédacteur en chef.

En novembre 2016, il a refusé la Légion d’honneur que voulait lui décerner la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal18.

En janvier 2017, Hervé Kempf a publié Tout est prêt pour que tout empire. 12 leçons pour éviter la catastrophe (Seuil). Dans ce livre, il entend montrer que crise écologique, terrorisme et néo-libéralisme sont trois facettes d’une même situation historique, découlant des évolutions intervenues depuis la période 1978-1981, qu’il présente comme un tournant historique majeur.

En octobre 2019, il annonce qu’il n’ira plus sur la chaîne C News, tant qu’Éric Zemmour, condamné pour provocation à la haine religieuse le 17 septembre, et auteur d’un discours islamophobe lors de la convention de la droite dix jours plus tard, y sera19. Selon lui, les propos largement diffusés de M. Zemmour « témoignent de la montée du fascisme dans notre pays »20.
HERVEKEMPF1

Ce sera lui ou nous

Hervé Kempf

La catastrophe écologique est enclenchée, la crise du coronavirus a fracturé le monde entier. Un responsable : le capitalisme. En saccageant le service public de la santé, il a transformé un épisode grave mais gérable en désastre. En poursuivant la destruction des écosystèmes, il a mis en contact des virus mortels avec la population humaine. En aggravant les inégalités, il a plongé des dizaines de millions de personnes dans la misère.
Le gong avait pourtant déjà retenti lors de la crise financière de 2008. Mais plutôt que de se remettre en cause, les capitalistes ont formé un nouveau paradigme : l’avenir sera technologique, fondé sur la numérisation et l’intelligence artificielle. Il conduira à une nouvelle élite hybridée avec les machines. Et la masse de l’humanité sera rejetée dans le chaos climatique, au prix d’un apartheid généralisé.
Il faut rejeter cette vision mortifère. L’oligarchie est aujourd’hui une caste criminelle. On ne la convaincra pas, on la contraindra. Des stratégies de résistance sont nécessaires, possibles et nombreuses. Cet ouvrage est un appel à dépasser le fatalisme et à entrer en lutte.

Car le capitalisme vacille. Et c’est tant mieux : il est temps que s’ouvre le monde nouveau.

Auteur de plusieurs essais décapants dont Comment les riches détruisent la planète (Points Terre, 2020)et Tout est prêt pour que tout empire (Seuil, 2017),Hervé Kempf est rédacteur en chef de Reporterre, le quotidien de l’écologie.

Ouvrages

L’Économie à l’épreuve de l’écologieHatier, Paris, 1991 (ISBN 2-218-04389-0)

18 août 2020

97 47ème HLM SPÉCIALE JABUL GORBA 16 05 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 18 h 15 min

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ENREGISTREMENT DE L’EMISSION LORS DE LA HLM EN DIRECT DU CAC G.BRASSENS. NOUS AVONS FAIT UNE SPÉCIALE JABUL DANS LEUR STUDIO DE REPET’.

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96 BOUREILLE A LA LNR 09 05 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 18 h 07 min

 

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A L’OCCASION DE LA PARUTION DE SON LIVRE « LE FRONT DU MÉPRIS » NOUS AVONS ENREGISTRÉ L’INTERVENTION DE BÉRENGER BOUREILLE.Affiche-Bérenger-boureille

95 TECKNIVAL COLLECTIF « LES INSOUMIS » 02 05 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 59 min

EN CONSTRUCTION

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Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 34 min

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EMISSION MENSUELLE DU COMITÉ

L’ACTU D’EUSKAL HERRIA, LE SORT DES PRESOS, LA POLITIQUE JACOBINE DE L’ETAT FRANÇAIS

badge independenzia

30 juillet 2020

LUCIO URTUBIA CSPB 28 07 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 18 h 46 min

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 L’émission du CSPB dernier mardi du mois dans ça booste sous les pavés. Ce soir c’est une spéciale Lucio Urtubia, maçon, militant anarchiste, antifasciste, internationaliste, fondateur de l’espace Louise Michel dans le 20ème à Paris. Lucio s’est éteint le 18 juillet 2020, un hommage lui a été rendu dans la coupole du Père Lachaise le 24 juillet 2020. Durant les 2h de l’émission nous entendrons Lucio au travers de différentes émissions de Radio Libertaire, Idées anarchistes, ça booste/CSPB, Radio Lap, à l’espace Louise Michel. Erratum, dans la 1ère intervention, j’annonçais Elisabeth de femmes libres. il faut entendre Elisabeth de l’émission Idées Anarchistes. En fin d’émission nous entendrons les hommages qui lui ont été rendus de la part de compagnons de lutte, militants, amiEs, famille. On pense fort à Anne et Juliette. Retrouvez le podcast de l’émission sur.

 

www.mixcloud.com/skuale/

ou

www.mixcloud.com/radiolibertaire/ 

 

AGUR ETA OHORE LUCIO

8430 05 02 11

 

 

QUI ES TU LUCIO….

 

« Il ne faut surtout pas être dépendant de l’argent de l’Etat. L’Etat c’est le pouvoir, le capitalisme. Il nous donne quelques miettes pour nous endormir. Pour être libre, il faut gagner son propre argent, être son propre patron et ne rien attendre du système. »

 

8424

 

Lucio l’irréductible
militant libertaire

L’histoire de Lucio Urtubia, c’est l’histoire de ces militants libertaires antifranquistes de la seconde génération. L’histoire de ceux qui étaient trop jeunes pour participer aux combats de la révolution de 1936 mais qui ont néanmoins été marqués par le drame et les douleurs de la défaite puis de la chape de plomb du régime franquiste. L’histoire de ceux qui parce qu’ils étouffaient de misère, d’humiliations et de soumission dans l’Espagne des années quarante et cinquante ont choisi l’exil puis la lutte clandestine contre le régime franquiste.

L’histoire de Lucio c’est l’histoire de ceux-ci. Peut-être avec un peu plus d’audace, de courage et de risque que la majorité de ses camarades d’infortune. En 1936, Lucio avait 5 ans. Et parce que fils de paysan pauvre républicain, ce petit basque compris vite que le soleil ne brillait pas pour lui ni pour tous les « rouges » de son espèce dans l’Espagne des lendemains de la Seconde guerre mondiale. Alors, un soir d’août 1954, Lucio traverse la Nive pour s’exiler en France et se retrouver maçon à Paris.

La suite, c’est le fait de hasards et de rencontres. La rencontre avec des militants de la CNT en exil sur les chantiers qui l’amène à rejoindre le groupe des Jeunesses libertaires et puis surtout, un beau matin de 1957, la rencontre avec El Quico, avec Sabaté que les copains lui demandent d’héberger un moment dans son petit appartement de Clichy. À partir de ce moment la vie de Lucio prend un tournant irrémédiable. Au contact de Sabaté, il se forme et réalise ses premiers coups. Il comprend que la lutte antifranquiste a besoin d’hommes d’action, d’armes, de faux papiers et d’argent pour réorganiser les réseaux en Espagne, payer le matériel de propagande, aider les familles des prisonniers et fournir des avocats à ces derniers.

Jusqu’au début des années quatre-vingts, la vie de Lucio est rythmée par cette double vie de maçon la journée et de travailleur de la nuit au service du mouvement libertaire. Tout est bon pour alimenter les caisses de la lutte antifranquiste. Contrebande, reprise individuelle, enlèvement, impression de faux papiers, de fausse monnaie et de traveller’s chèques rythment l’activité du militant de l’ombre Lucio.

Une vie bien remplie que nous raconte Bernard Thomas qui a eu la chance de recueillir les confidences de Lucio aujourd’hui responsable de l’Espace Louise Michel dans le XXème arrondissement de Paris. Au fil de son histoire on revit toutes les grandes affaires de la lutte antifranquiste : l’épopée de Sabaté (1), l’affaire Granado et Delgado, les actions menées par les GARI mais aussi le soutien au peuple algérien en lutte pour son indépendance ou encore un projet inabouti en compagnie de Che Guevara…

 

 

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LUCIO [URTUBIA Lucio]

Né en 1931 dans le village navarrais de Cascante, en Espagne ; ouvrier du bâtiment puis entrepreneur ; militant anarchiste ; activiste ; faux monnayeur au service de causes révolutionnaires.

Lucio Urtubia naquit en Navarre. Son père était secrétaire de l’Union générale des travailleurs (UGT) et maire adjoint du village de Cascante. Né dans une famille nombreuse (un frère et quatre sœurs), il eut une jeunesse houleuse : condamné aux travaux forcés (los fueros) pour des vols ; contrebandier entre la frontière espagnole et française. Engagé volontaire dans la Guardia Civil en 1952, il organisa un trafic d’uniformes et autres marchandises. Découvert, il fuit en août 1954 et passa la frontière pour gagner Vaucresson où travaillait sa sœur Saturnina (il ne fut pas inscrit comme déserteur).

À Paris, Lucio Urtubia (dit Lucio) était terrassier et maçon. Il obtint en trois mois son permis de travail et sa carte de résident. C’est là qu’il rencontra un anarchiste espagnol qui le mit en contact avec la CNT espagnole pour des cours de français. Il s’inscrivit aux jeunesses libertaires ibériques (FIJL). En 1957, il hébergea pendant neuf mois le guerillero Francisco Sabaté (dit Quico) dans son studio de Clichy, 32 rue Castérès ; celui-ci lui légua sa mitraillette Thomson 11,43.
Réunions et manifs, meetings, coups de pinceaux sur l’ambassade d’Espagne, Lucio finit par être inscrit au service de l’éloignement de la Préfecture de police, classé réfugié politique, carte de séjour à renouveler tous les trois mois et contraint de se présenter matin et soir au commissariat le plus proche lorsqu’un chef d’État sujet à controverse serait reçu en France.
En 1958-1959, il commença à participer à divers braquages en France, Belgique, Hollande, Londres, dont certains avec Sabaté. Pendant les mêmes années, pour le compte de Sabaté, Lucio fit le tour des réseaux anarchistes en Espagne : envoi de mandats et prises de contact. Lucio participa à deux tentatives de rapt de deux industriels.
Il eut des contacts avec toutes les organisations de résistance au franquisme, tant du côté français qu’espagnol : le Front de libération populaire F. L. P. (dit le Felipe), les GARI (Groupe d’Action Révolutionnaire Internationaliste), le Mouvement Ibérique de Libération MIL, la Défense intérieure (DI).

En tant qu’ouvrier du bâtiment, il eut également une activité revendicatrice sans être syndiqué. Au printemps 1962, Lucio rencontra dans les salons d’Orly Che Guevara à qui il proposa d’imprimer de faux dollars pour mettre à bas l’économie américaine.

En 1968, il fit la connaissance pendant les événements de mai 1968 d’Anne Garnier, qu’il épousa le 30 octobre 1969 et dont il eut une fille Juliette en avril 1970. Il monta un comité de quartier à Clichy.

C’est à partir de 1969 qu’il installa une imprimerie avec des camarades anarchistes pour y imprimer brochures, tracts, journaux ; et qu’il se lança dans la fabrication de faux papiers, au point de se surnommer lui-même la « préfecture libertaire », ainsi que le trafic d’armes et d’explosifs pour des groupes de confiance. À ces fins, lui et Anne louèrent, sous une fausse identité, des boxes ou des appartements afin d’opérer de stocker le matériel nécessaire.

Lucio mit au point et réalisa une série de détournements d’argent auprès d’établissements bancaires : des équipes munies d’une fausse fiche de paie, d’un faux chèque et d’une fausse pièce d’identité se présentaient dans diverses banques afin de retirer la somme. Le 22 mai 1974) Lucio et Anne furent arrêtés et accusés de complicité dans l’enlèvement de Balthazar Suarez, directeur de la succursale parisienne de la Banco de Bilbao (3 mai 1974). Lucio fut incarcéré à la Santé jusqu’au 18 septembre 1974 mais fut acquitté avec tous les autres inculpés lors du procès en 1981.

Après avoir participé aux mouvements de prisonniers (été 1974), Lucio reprit contact avec les libertaires en prison dès 1975. En octobre 1976, il fut assigné à résidence pendant cinq jours à Belle-Ile-en-Mer (avec une douzaine d’autres militants anarchistes ainsi que des militants de la cause basque) à l’occasion de la venue du roi d’Espagne Juan Carlos en visite officielle en France.
En 1978, Lucio continua de procurer armes et faux-papiers pour certains groupes ou personnalités en lutte contre les restes de la dictature franquiste (par exemple le financier Pere Baret, ou le metteur-en-scène Albert Boadella, qu’il hébergea aussi quelque temps à Clichy).
Il fit l’intermédiaire, en novembre 1979, à la demande de Roland Dumas, auprès d’un responsable de la scission poli-mili de l’ETA pour obtenir la libération de député centriste Javier Ruperez.

Sa réputation s’étendit à tel point que Lucio procura des faux papiers pour des exilés clandestins d’Uruguay, de Bolivie, du Chili et d’Argentine. Il était capable de fournir des papiers d’identité français, belge, suisse, italien, espagnol. À partir de 1979, il commença à concevoir et à réaliser la reproduction et la fabrication des traveller’s checks de la First National City Bank. Au printemps 1980, à Madrid, Lucio et une équipe anarchiste récupérèrent l’équivalent en pesetas de plus de trois millions et demi de francs. Ces faux chèques furent abondamment utilisés par les réseaux de lutte armée (GARI, AD). Sans que Lucio ne maîtrise tout à fait leur utilisation et leur diffusion.

En 1982, il mit au point avec Liber Forti (syndicaliste de la Central ouvrière colombienne (COB) l’enlèvement de Klaus Barbie en Colombie, opération stoppée en raison de l’arrestation de deux militants d’Action directe Jean-Marc Rouillan et R Schleicher.

La même année, il comparut devant la 13e chambre correctionnelle, et il fut condamné à treize mois de prison ferme pour fabrication de faux papiers.

Au cours des années 1982-1983, Lucio (appuyé par son avocat Fagart et l’avocat Joinet) négocia avec la City Bank la remise des films, des plaques et du reste du stock de chèques contre l’arrêt des poursuites.

En septembre 1983, il créa son entreprise « Atelier 71 » qui employa tous les corps de métier du bâtiment. Il fut à l’initiative de la création et de la construction du Centre Louise Michel, rue des Cascades à Paris.

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POUR CITER CET ARTICLE :

https://maitron.fr/spip.php?article139802, notice LUCIO [URTUBIA Lucio] par Olivier Ray, version mise en ligne le 3 mars 2012, dernière modification le 1er juillet 2020.

Par Olivier Ray

SOURCE : Bernard Thomas, Lucio l’irréductible, Flammarion, 2000. — Écoutez Lucio Urtubia et Bernard Thomas, libertaires, documentaire de Bernard Baissat, 2000, 85 minutes, entretien vidéo. — Aitor Arregi et José Maria Goenaga ont réalisé un film documentaire consacré au militant anarchiste Lucio Urtubia, Lucio : anarchiste, braqueur, faussaire… mais tout d’abord maçon réalisé par Aitor Arregi et José Maria Goenaga. 2007. 93 minutes.

 

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MA MORALE ANARCHISTE

Note des éditeurs

 

Notre morale anarchiste

 

Ma morale anarchiste!

Rarement le titre d’un livre aura mis autant dans le mille. Lucio, en effet, aurait pu intituler le récit de

sa vie

« Mémoires d’un faussaire », « Docteur maçon et mister Robin des bois », «J’ai niqué la First National

City Bank », «J’ai proposé à Che Guevara d’inonder l’Amérique de faux dollars », «Du bienfondé de

l’expropriation des riches », «Lucio, un anarchiste de la belle époque », « Un gars ben ordinaire »,

« Le braqueur au grand cœur » … çà aurait fait des bons titres. Parce que Lucio, c’est à l’évidence

tout cela.

Mais, et vous allez le découvrir, Lucio çà n’est pas que cela. C’est aussi autre chose et d’une toute

autre teneur que celle du clinquant spectaculaire. On réfléchit un instant. En règle générale, les

maçons se contentent d’être maçons et les braqueurs et autres faussaires se gardent bien de l’être.

 Alors, pourquoi maçon une partie de la journée à trimer comme un espagnol pour une poignée de

cerises et braqueur-faussaire l’autre partie de la journée à vendanger les dollars comme s’il en

pleuvait? A l’évidence, çà ne colle pas! On est maçon ou braqueur-faussaire, mais pas les deux.

Or, Lucio a été les deux. Maçon poignée de cerises le matin et braqueur-faussaire vendangeur de

 dollars après le boulot. On s’en doute, de ses activités vendangeuses de dollars, Lucio n’a jamais

gardé un kopeck pour lui. Tous les dollars allaient pour la cause. Celle des travailleurs. Des révolution-

naires. Du syndicat. Des groupes d’action. De la solidarité nationale et internationale avec tous ceux

et toutes celles qui étaient sous le joug et luttaient pour s’en libérer. Lui, il mettait un point

d’honneur, à gagner son pain normalement. Mais pourquoi tout cela qui fera toujours différence

avec les voleurs de poules à la petite semaine et même avec des révolutionnaires professionnels

quasi fonctionnarisés?

Parce que Lucio est un homme qui a de la morale? Ça semble évident ! Mais c’est tout aussi évident

 que, si tous les maçons qui ont de la morale faisaient dans le braquage et la fausse monnaie, ça se

saurait ?

Alors? Eh bé, c’est simple! Si Lucio est un maçon qui a de la morale, c’est aussi et surtout un maçon anarchiste. Et, de ce fait, sa morale l’est également. Et c’est ça qui explique son rapport au travail et

le fait que, pour lui, militer ne peut rimer ni avec profit personnel ni avec fonctionnarisation. Soyons honnêtes, dans ce cadre-là, qui est celui de bon nombre d’anarchistes qui, sur des modes semblables

ou différents, font le coup de feu contre le capitalisme, Lucio n’est pas le premier venu. A sa manière

c’est quand même « un grand d’Espagne ». De ce point de vue, il aurait été dommage que le groupe

Los Solidarios qui a, en tout et pour tout, deux objectifs ras des pâquerettes dans la vie (éditer un

livre par an et en offrir les bénéfices éventuels à une œuvre libertaire), ne publie pas Ma morale

anarchiste.

A l’évidence, Ma morale anarchiste était fait pour rencontrer notre morale anarchiste.

Quelque part dans les maquis de la résistance à l’intolérable.

Le 19 juillet 2005,

Los Solidarios

 

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Repères

 

18 février 1931

Naissance de Lucio Urtubia, à Cascante (Navarre). Son père, un paysan pauvre, a été fortement

influencé par le catholicisme et le carlisme, mais un séjour en prison l’a éveillé à une certaine

conscience sociale. Pendant la République, il fut maire adjoint de son village et secrétaire du syndicat

U.G.T.(socialiste). En 1936, la phalange essaie de tondre la mère de Lucio. Son père échappe de peu

 au peloton d’exécution. Un curé, Don Victoriano, à qui il avait sauvé la mise pendant la République,

intervint en sa faveur. La période de l’après guerre civile fut difficile pour les ouvriers qui furent

fusillés par centaines de milliers et pour la famille Urtubia. Le père de Lucio qui était ouvrier agricole

dut travailler gratuitement pour les vainqueurs. La famille (quatre filles, deux garçons) fut obligée de

s’installer chez le grand-père paternel qui possédait quelques arpents de terre. C’était la misère.

Parfois, la boulangère refusait de faire crédit. Il en était de même pour le marchand d’espadrilles.

1948

Lucio fait un tas de petits boulots. Il s’éprend de la fille d’un fasciste. Le fasciste ne l’entend pas ainsi.

Lucio s’enfuie alors enFrance et il arrive à Biarritz, pieds nus. Les gendarmes le reconduisent tout

naturellement à la frontière. La Guardia Civil l’attend. Il fera trois mois de prison à Vera del Bidassoa

et à Pampelune.

1950

Atteint d’un cancer, le père de Lucio n’a pas les cinq mille pesetas nécessaires pour acheter

 médicaments et morphine. Il souffre le martyr. A tel point qu’il demande à son fils de le tuer.

Lucio se rend alors à la caisse d’épargne du village avec un couteau. Il est prêt à tout pour se procurer

 cet argent. Mais il ne parvient pas à franchir le pas. Pas encore! Quand son père meurt, Lucio a dix-

neuf ans.

1952

Après avoir fait divers petits boulots, dont celui de contrebandier, Lucio part pour le service militaire.

Il traficote dans les chemises, les pulls, les bottes … et, par peur d’une inspection annoncée, il

déserte le 24 août 1954, après 15 mois de service militaire. Direction la France. Saint-Jean-Pied-de-Port, Bayonne, Paris.

1957

Depuis trois ans Lucio travaille comme manœuvre, puis comme maçon. Il fréquente les anars de la

C.N.T. et des Jeunesses Libertaires et il s’imprègne de toute une éducation politique et sociale. En

 1957, c’est la rencontre de sa vie avec Francisco Sabaté, dit Quico, le célèbre guérillero anarchiste,

qui lui confie son « outillage» (une mitraillette Thomson … ). Par émulation, il réalise quelques  

«expropriations» (des braquages). L’argent exproprié est pour la cause. Lui, continue à gagner son

pain comme maçon. Puis, il fait quelques plans en Espagne, pour Quico. Remise d’argent, de tracts …

à des camarades.

 

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4 janvier 1960

Quico est cerné par la police en Espagne et meurt les armes à la main. Lucio décide de poursuivre le

combat. A sa manière. Via des «expropriations» et autres «récupérations ». Toujours pour la cause.

Car, dans la journée, il est toujours maçon.

Printemps 1962

Lucio rencontre Che Guevara à Orly pendant des heures. Il lui propose d’inonder la planète de faux

dollars. Depuis quelque temps, en effet, il s’était mis aux faux papiers et disposait du matériel

 nécessaire à la fabrication de fausse monnaie. Le Che, après l’avoir écouté attentivement, refuse

 finalement la proposition de Lucio. Après la mort de Quico, des membres de la F.A.I.

(Fédération anarchiste ibérique), de la C.N.T. (Confédération nationale du travail) et des Jeunesses libertaires avaient décidé de relancer la lutte contre le franquisme. A cet effet, ils avaient fondé la

 D.l. (Défense intérieure). Il s’agissait de frapper le franquisme au portefeuille en effrayant les touristes.

Juin 1962

Explosion de bombes à Madrid et Barcelone.

Juillet 1962

Rebelote à la mairie de Valence où Franco venait de prononcer un discours.

12 août 1962

Au mausolée des morts franquistes, une bombe explose derrière l’autel, après la messe.

17 août 1963

Deux libertaires, Delgado et Granado, accusés faussement d’avoir fait exploser deux bombes sans

 qu’il y ait eut mort d’homme, sont garrottés.

30 octobre 1969

Lucio épouse Anne à la mairie de Clichy. Depuis quelques années, il faisait des « récupérations » de

toutes sortes. Matériaux de chantiers (pour la rénovation de locaux révolutionnaires), matériels de

bureau et, surtout, matériels d’imprimerie. Les « expropriations» en douceur réalisées grâce à tout

un tas de faux documents et autres faux papiers étaient moins risquées que les braquages d’antan. Et

s’avéraient plus lucratives. Avec des faux papiers, des faux chèques, des faux bulletins de salaires …

ça permettait de toucher cent fois en une journée (via une quinzaine de copains disséminés sur tout

le territoire français) la paye d’un même maçon, chauffagiste … fictif. Ce fut également l’époque des

premiers faux traveller’s. La combine était simple. Un camarade achetait un vrai carnet de traveller’s,

mais sous une fausse identité. Le même carnet était reproduit à un certain nombre d’exemplaires. Et,

ensuite, le même jour, à la même heure, dans quinze pays différents, des camarades allaient dans

des banques échanger leurs faux traveller’s contre du vrai argent.

20 décembre 1973

A Madrid, E. T.A. pulvérise la voiture de l’amiral Carrero Blanco, le successeur désigné de Franco. En

Espagne et en France le champagne coule à flots.

2 mars 1974

Salvador Puig Antich, membre du M.LL. (Mouvement ibérique de libération) est garrotté. Plusieurs

 camarades de Puig Antich restent en prison. Sur les cendres du M.I.L. furent alors crées les G.A.R.I

(Groupements d’action révolutionnaire internationaliste). Ils commencent à faire parler d’eux, le 3

mai 1974, lors de l’enlèvement du banquier Suarez. L’opération fut montée de main de maître. Sans

 violence aucune. Le banquier fut parfaitement bien traité. Il fut libéré le 22 mai au bois de

  Vincennes. Le même jour, après la libération du banquier, Lucio était arrêté. Anne également.

 D’autres encore. Lucio sera libéré le 18 septembre 1974.

20 novembre 1975

Mort de Franco.

Mars 1976

Manifestation à Vitoria. Cinq manifestants tués.

1978

Lucio fait toujours dans les faux papiers. Un des bénéficiaires de ces faux papiers, Pere Baret, le

 financier du FC Barcelone, lui laisse un chèque en blanc en remerciement. Lucio n’y inscrira jamais

aucun montant et ne l’encaissera pas davantage. Plus tard, la police s’étonnera que lui, le falsifica-

teur, n’ait jamais encaissé un vrai chèque, qui plus est, en blanc.

La morale anarchiste, encore !

1979

Le plan des faux traveller’s redémarre, mais, cette fois-ci, à grande échelle. Ça profite à beaucoup de

révolutionnaires. Libertaires et autres. Car Lucio est toujours maçon le jour pour gagner son pain.

Toujours la morale anarchiste.

8 juillet 1980

Une mallette de couleur marron est échangée aux Deux Magots entre Lucio et des acheteurs.

Plusieurs jours après, toujours aux Deux Magots, arrestation de Lucio avec une nouvelle mallette

 contenant (aux dires de la police qui ne l’ouvrira que plus tard) trois mille quarante-trois faux

traveller’s de la First National City Bank pour une valeur de deux millions de francs. Lucio est

 incarcéré à la Santé. Il y rencontre Charlie Bauer. Et d’autres. Le 10 janvier 1981, il est libéré, faute

de suffisamment de preuves. Il manquait également un certain nombre de commissions rogatoires

 en provenance de l’étranger.

19 janvier 1981

« Ce matin, 19 janvier 1981, nous rentrons dans nos prisons respectives a/in de comparaître comme

prévenus dans un procès d’assises que jusqu’alors personne n’aurait cru possible. Nous avons été

 arrêtés il y a sept ans, relâchés rapidement. Les militants espagnols, arrêtés en Espagne en 1974 ont,

eux, été amnistiés. «En 1981, en France, notre procès sera celui d’individus qui hier ont refusé le

franquisme, comme ils ont refusé le régime des colonels grecs et celui de Caetano … 

« Oui, nous condamnons toutes les dictatures et les États totalitaires. Oui nous soutenons tous les

mouvements de lutte qui cherchent à arrêter la main du bourreau, comme c’était le cas lors de

 l’affaire Suarez.

« Aujourd’hui; à deux mois de l’élection présidentielle, le gouvernement français se dévoile:

En faisant notre procès, en faisant celui des G.A.R.I., en mars 1981, en enfermant des militants anti-franquistes de l’E. TA., en permettant que des groupes

d’extrême droite espagnols, liés à des membres de l’O.A.S., tuent et blessent en toute impunité (. . .). « Devant cette réalité, ce procès est d’autant plus absurde

et scandaleux que c’est nous, anti-franquistes, qui sommes considérés comme des criminels. »

Lucio, Anne et quelques autres signent cette déclaration juste avant leur procès en Assises à propos de l’enlèvement du banquier Suarez. Tous les inculpés

seront acquittés.

20 février 1981

E.T.A. politico-militaire enlève, en Espagne, les consuls d’Autriche, d’Uruguay et du Salvador. Il s’agit

d’essayer de faire libérer des militants en échange des otages. Le consul d’Autriche est le neveu du

 chancelier Kreisky. Cela préoccupe le candidat Mitterrand. Roland Dumas, qui fut l’avocat de Lucio, contacte ce dernier pour lui demander d’intervenir.

23 février 1981

Le lieutenant-colonel Tejero envahit le parlement de Madrid avec une troupe de la Guardia Civil et prend en otages 600 députés. A l’aube, après l’intervention

du roi Juan Carlos, les putschistes se rendent.

28 février 1981

Les trois consuls sont libérés.

Juillet 1981

Le juge Michat lance un mandat d’arrêt contre Lucio pour une histoire de fabrication de faux papiers. Lucio ne veut pas retourner en prison et il entre dans la

clandestinité.

9 octobre 1981

Lucio est arrêté près de Barbès.

Novembre 1981

Lucio est mis en liberté sous contrôle judiciaire. Il crée une coopérative du bâtiment. Y travaillent des

copains qui se révèlent très vite peu aptes au travail en coopérative et. .. au travail tout court.

Lucio commence à se poser des questions. Toute sa vie il a été solidaire de ceux qui se battaient

 contre les dictatures de tous ordres. Mais, aujourd’hui, qu’en est-il vraiment de ceux qui se

proclament représentants de certaines luttes?

Décembre 1981

Lahouari Benchellal est arrêté à Helsinki. Il négociait des faux traveller’s pour le compte d’Action Directe. Des faux traveller’s de la même origine que ceux

retrouvés au Deux Magots. Ces chèques lui auraient été confiés par l’OCC (Organisation communiste combattante).

Janvier 1982

Lucio et quelques copains envisagent d’enlever Klaus Barbie en Bolivie.

13 mai 1982

L’affaire des faux passeports arrive devant la treizième chambre de la cour d’appel. Lucio n’est pas présent. Il est condamné à treize mois fermes.

28 juin 1982

Eric Waucqier, militant d’Action Directe, est interpellé dans le Paris-Amsterdam avec des faux traveller’s de la même origine que ceux retrouvés au Deux Magots.

15 juillet 1982

Convoqué à la gendarmerie de Clichy, Lucio s’y rend et est arrêté. Le 22 juillet il sera remis en liberté conditionnelle.

7 octobre 1982

Re-exament de l’affaire des faux papiers devant la cour d’appel. Lucio est condamné à une peine avec

sursis.

10 mars 1983

Lucio passe en procès pour l’affaire des faux traveller’s. La First National City Bank qui était à la limite  de refuser d’honorer ses chèques choisit de négocier

avec Lucio. Vous nous remettez les plaques

offset, votre stock de faux traveller’s et vous vous engagez à ne plus continuer, et on retire notre plainte. Affaire conclue. Lucio écopera de trente mois

d’emprisonnement dont dix-huit avec sursis. Il en avait déjà fait six. On lui fera cadeau des six restants.

Septembre 1983

Lucio crée la société «Atelier 71 » qui emploie tous les corps de métier …

La suite, demandez-lui de vous la raconter en allant lui rendre visite à l’Espace Louise-Michel, ce

formidable endroit qu’il a créé et qu’il met gratuitement à disposition de ceux et de celles qui sont

 libertaires de militance et de cœur. Toujours la solidarité avec cette foutue idée de révolution sociale et libertaire.

Toujours cette satanée morale anarchiste!

Jean-Marc Raynaud

 

Préambule

Selon Machiavel, il est impossible de gouverner sans crimes, et tous les gouvernements, si petits et

insignifiants soient-ils, sont des criminels. Cette théorie est plus que jamais d’actualité. Si les prisons

créaient des hommes responsables et des révolutionnaires, elles auraient disparues depuis

longtemps. Il en est de même du chômage. Théoriquement, en effet, les chômeurs devraient être des

contestataires car tout le monde a droit à un toit et à du travail. Or, il n’en est rien. Les allocations

chômage, le RMI, leur permettent plus ou moins (et de moins en moins) de survivre dans le cadre

d’une dépendance vis-à-vis de l’Etat.

Pourquoi les damnés de la terre n’exigent-ils pas? Pourquoi ne contestent-ils pas d’une manière

radicale un système social qui les exploite et les opprime? Pourquoi ne prennent-ils pas leur destin

en main? Pourquoi ne s’entraident-ils pas? Ou si peu. Pourquoi ne se drapent-ils pas dans les habits

de lumière d’une force morale toute de générosité et de solidarité?

Pourquoi ne rêvent-ils pas d’un monde de liberté et d’égalité?

Ma morale anarchiste

Pourquoi ne prennent-ils pas ce qu’on leur vole? Pourquoi?

Je ne crois en rien, mais la vie m’a appris à ne pas négliger les choses les plus insignifiantes pour,

finalement, parvenir à croire en tout. Ma rencontre avec Francisco Sabaté a déterminé mon exis-

tence. Quico, en effet, m’a permis de me dépasser. D’aller au-delà de mes limites.

J’ai rencontré bien des gens qui, en dépit de leur intelligence, de leur éducation, et même de leur

 valeur, n’ont rien pu faire de leur vie.

Si j’ai écrit ce livre, c’est pour montrer sans artifice qu’un individu semblable à tant d’autres peut influer sur les choses et réussir à donner un sens à la vie et à sa

vie. Simple ouvrier, hors-la-loi et  faussaire, je suis fier de ma vie. Je me suis inspiré de Louise Michel, de Buenaventura Durruti et d’El Quico. Peut-être des

jeunes gens s’inspireront-ils de moi demain? J’espère du fond du cœur que cela Puisse simplement les aider à tout faire pour qu’un jour tout ce qui nous révolte

aujourd’hui n’existe  plus.

Le 19 juillet 2005

Lucio

Avant-propos

Utopie

Toute une orientation vers la vie collective, toute une vie riche de solidarité autour d’elle, pour un

idéal. Un petit grain de sable dans l’immensité de l’inexplicable. Une solidarité qui ramène à

l’immensité du futur parcellaire humain. Pourquoi pas un petit pays et, dans ce petit pays, une

collectivité solidaire ?

Rien n’est visible à ce jour. Nous ne pouvons même pas expliquer notre pensée. Certaines

incohérences pratiques restent énigmatiques. Il suffit d’un seul instant pour que notre vie

bascule dans un nouveau monde. D’un seul regard pour changer la vie de quelqu’un et d’un seul

quelqu’un pour changer, créer et orienter une nouvelle façon d’être et de penser. Nous sommes dans

l’indéchiffrable utopie, mais nous sommes dans l’utopie des réalisations. L’utopie de notre vécu

qui n’est pas utopie. Tout est doute. Le doute est en nous et il fait partie de nous. Aucune analyse

cohérente ne suffit. Rien n’est rationnel. Et pourtant, seul le rationnel, la continuité dans le désir, la

ténacité dans l’idéal et l’utopie, sont compréhensibles. Sans cette poursuite, sans le privilège de

pouvoir payer de soi par l’effort et la continuité, rien ne peut se réaliser. Mais cela ne signifie

nullement que l’on puisse atteindre le but que l’on se fixe. Rien n’est jamais atteint. Rien.

Ma vie, une vie

 

Différents ouvrages de et sur Lucio.

Ma morale anarchiste,

Mi utopia vivida

Le trésor de Lucio BD

Lucio l’irréductible

La revolución por el tejado: autobiografía

Me llaman el Solitario: autobiografía de un expropiador de bancos

 

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FICHEZ-NOUS LA PAIX, VOUS N’ARRIVEREZ PAS À TUER NOTRE LANGUE !

2020/07/20 | 0 IRUZKIN 

Sans tenir compte des effets pédagogiques positifs qu’amène l’apprentissage d’une langue en immersion sur l’enfant, le Rectorat a pris la décision unilatérale de stopper le développement de l’immersif dans les écoles du Pays Basque Nord sans discussion, sans explication. L’Inspecteur d’académie lui-même reconnaît que les résultats des évaluations opérés par ces services sur les élèves des écoles du CP et du CE1 sont meilleurs que ceux des élèves des filières bilingues à parité horaire, ou dans la filière unilingue en français. Si près de la moitié des enfants ont un enseignement au moins partiel en euskara au Pays Basque Nord, le rendu qualitatif satisfaisant ne se retrouve malheureusement que chez les élèves qui apprennent par l’immersion. Au moment même où ses résultats tombent, le couperet tombe. L’Education nationale française ne permettra plus de mettre en place ces expérimentations, au nom du sacro saint article 2 de la Constitution.

Dans le même temps, des professeurs qui viennent d’obtenir leur titularisation pour enseigner en langue basque se retrouvent en poste à Mourenx ou à Orthez, le nombre de postes vacants étant inférieur au nombre de professeurs disponibles. Si face à la pénurie de professeurs ces dernières années, l’Office public de la langue basque appelait et encourageait les professeurs à apprendre l’euskara pour pouvoir enseigner dans cette langue, le Rectorat indique sans préavis que le nombre de professeurs bascophones dépasse aujourd’hui celui des postes à pourvoir, et envoie nos jeunes enseigner ailleurs malgré leur spécificité. Sans prévoir des solutions de remplacement par des professeurs bascophones pour celles et ceux qui tomberont malades ou s’arrêteront en cours d’année pour congés maternité.

Au nom de dogmes répondant à une vision ultra-jacobine française, l’Education nationale souhaite mettre un terme à l’expansion de l’enseignement de l’euskara dans notre pays. Si elle n’a pas sorti (encore ?) le bâton pour punir l’enfant qui osera parler en euskara comme c’était le cas il n’y a pas si longtemps, elle renforce les entraves à son développement et souhaite ainsi décourager les moins sensibles ou les moins convaincus de la question de s’engouffrer dans ce combat. Déjà l’an dernier avec la demande d’Irissarry, le Recorat avait souhaité empêcher l’ouverture d’une classe immersive, puis ‘était ravisé, avec la venue du G7 à Biarritz. Mais le Pays Basque ne peut pas être tributaire d’un pouvoir parisien qui négocie constamment sur le dos de la survie de l’euskara.

La réponse du Pays Basque doit être à la hauteur du risque que suppose ce genre de décisions. Les élus de l’Agglo l’ont bien compris et l’unanimité des délégués communautaires pour demander la poursuite du développement de l’enseignement immersif est une première réponse. Si des femmes et des hommes ne s’étaient pas levés un jour face aux attaques répétées contre l’euskara et n’avaient pas créé les ikastola en dehors de la légalité qu’imposait Paris, la langue du Pays Basque aurait pratiquement disparu au Pays Basque Nord. C’est le moment de se lever à nouveau pour leur dire : « Fichez-nous la paix, vous n’arriverez pas à tuer notre langue ! ». Paris a très bien compris que ce pays était en marche pour sauver sa langue. C’est même la raison pour laquelle il s’obstine à lui mettre des bâtons dans les roues. Mais il y a une chose que l’État français n’a pas compris : avec ces décisions absurdes, il conforte le territoire dans sa volonté de décider lui-même de son avenir et de ce qui est bon pour lui. Aintzina !

Si l’arrivée d’Eric Dupond-Moretti au ministère de la Justice a fait grincer des dents dans de nombreux tribunaux, elle a en revanche été accueillie comme une (très) heureuse surprise en Corse. Et pour cause : habitué des prétoires de Bastia et d’Ajaccio, «Dupond» connaît bien l’île et ses affaires judiciaires. De la défense de Jacques Mariani à celle d’Yvan Colonna, le pénaliste se frotte depuis vingt ans aux dossiers de «crim’org» et aux procès liés à la politique insulaire. Pour ne rien gâcher, le nouveau garde des Sceaux aime la Corse, ne s’en cache pas, et y a d’ailleurs noué de solides amitiés.

Suffisant pour donner une lueur d’espoir aux nationalistes corses, au pouvoir à la région depuis 2015, mais englués dans un dialogue de sourd avec les gouvernements successifs. Au centre des préoccupations des élus insulaires : la question très sensible des prisonniers dits «politiques». Depuis le dépôt des armes du FLNC (Front de libération national de la Corse) en juin 2014, la page de la violence est en passe d’être définitivement tournée, mais le sort des condamnés dans les dossiers de terrorisme demeure toujours en suspens.

Inscription au Fijait

La nomination d’Eric Dupond-Moretti ouvre donc une brèche dans laquelle tous les acteurs se sont précipitamment engouffrés. Quarante-huit heures après le remaniement ministériel, deux associations de soutien aux «prisonniers politiques» ont demandé audience au nouveau ministre pour évoquer – entre autres – «la libération des prisonniers politiques» et «la fin des lois scélérates comme l’inscription au Fijait [fichier des auteurs d’infractions terroristes, ndlr]

Même démarche de la part des trois députés nationalistes élus sous la bannière autonomiste «Pè a Corsica» (Pour la Corse) : «Nous avons pris attache avec le cabinet du ministre il y a quelques jours, confirme Paul-André Colombani, élu de la 2e circonscription de Corse-du-Sud. Effectivement, avec le remaniement, il y a un espoir : la personnalité d’Eric Dupond-Moretti et ses prises de position publiques sont encourageantes. Cela étant, il a dit lui-même que l’avocat et le ministre ne peuvent se confondre, on va attendre de voir ce qu’il se passe.»

A LIRE AUSSIPour Dupond-Moretti, des conflits et inimitiés à déminer

Pour les députés, la priorité est le rapprochement à la prison de Borgo (Haute-Corse) des détenus corses incarcérés sur le continent. Autrefois très nombreux, ils se comptent désormais sur les doigts d’une main : deux jeunes hommes emprisonnés dans le cadre d’une enquête en cours d’instruction, et trois détenus emblématiques, Yvan Colonna, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat du préfet de Corse, Claude Erignac, perpétré à Ajaccio en 1998.

Pion sur l’échiquier

Dans cette affaire, la décision d’Eric Dupond-Moretti sera forcément scrutée à la loupe : ancien avocat d’Yvan Colonna, il s’était publiquement prononcé en 2018 pour le rapprochement de son client en Corse. Quelle sera désormais son attitude, place Vendôme, dans un dossier aussi sensible ? Pour Félix Benedetti, ancien «prisonnier politique» et membre du parti indépendantiste Core in Fronte, la question corse «sera le premier test» d’Eric Dupond-Moretti : «On va très vite voir s’il compte appliquer les principes et les valeurs de justice dont il s’est prévalu pendant des années et qui ont peut-être même été à l’origine de sa vocation d’avocat, ou s’il se laisse happer par l’administration et devient un simple pion sur l’échiquier politique.»

La réponse, du reste, devrait intervenir rapidement : accessibles à une libération conditionnelle depuis quatre ans, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi réclament d’être radiés de la liste des détenus particulièrement signalés (DPS), condition sine qua non pour être transférés dans une prison corse. En début d’année 2020, la commission chargée de statuer annuellement sur cette question s’est prononcée en faveur de la levée du DPS pour les deux détenus. La décision finale incombe toutefois au ministère de la Justice. Nicole Belloubet s’étant abstenue de trancher avant de quitter son poste, c’est à Eric Dupond-Moretti de statuer à présent. «Nous sommes assez optimistes, indique un porte-parole de l’Ora di u ritornu (l’heure du retour), association de soutien à Pierre Alessandri et Alain Ferrandi. Eric Dupond-Moretti représente un espoir de débloquer la situation. Nous ne demandons aucun traitement de faveur, mais la simple application du droit.»

Des jeunes vont gravir la Rhune pour l’indépendance du Pays Basque

Les organisations de jeunes Ernai et Aintzina appellent à une marche jusqu’au sommet de la Rhune, le mardi 14 juillet. Leur but est de revendiquer l’indépendance du Pays Basque le jour de la Fête nationale de l’État français.

 

MEDIABASK|2020/07/11|0 IRUZKIN 

« Marquer d’une pierre blanche le désir de construire le Pays Basque ». Telle est l’ambition des organisations de jeunes Ernai et Aintzina. Les deux mouvements appellent à gravir la Rhune le temps d’une journée, le mardi 14 juillet.

Afin de réaffirmer leur désir de voir le Pays Basque un jour indépendant, Ernai et Aintzina ont choisi le jour de la fête nationale française « imposé par la République française ». « Tandis que les sacro-saintes constitutions françaises et espagnoles sont au-dessus de nos vies et de notre pays, le jacobinisme et le fascisme sont au pouvoir » écrivent les associations dans leur communiqué. Par cette initiative, les jeunes revendiquent d’autres modes de vies avec « des politiques sociales, la transition écologique, une véritable égalité hommes/femmes ».

« L’indépendance est pour nous cruciale. C’est par la République basque que nous construirons un pays véritablement égalitaire, du Boucau à Tutera et d’Esquiule à Trebiñu », est-il précisé un peu plus loin dans le communiqué, qui regrette que la crise sanitaire ait « mis en exergue un pays divisé par une frontière ».

Néanmoins, en ce 14 juillet, Ernai et Aitzina fera « fi de cette frontière et atteindre le sommet de la Rhune au départ de Bera et Olhette ». Le rendez-vous est donné à 10 heures devant le restaurant Trabenia à Olhette (Urrugne) ainsi que sur la place Alzate de Bera. Un meeting sera organisé au sommet d’une des plus célèbres montagnes du Pays Basque.

Agur Lucio. Fils du vent qui ne s’est jamais apaisé, jour après jour tu m’as appris à désirer. A désirer ce qui est interdit aux hommes et qui nous est justement le plus nécessaire et vital : tu l’appellerais Liberté. Ton combat, comme toi, continuera de vivre en chacun de nous. Toi, homme entier et libertaire, symbole de toutes nos peines, celui qui a voulu et a pu poursuivre ses rêves. Des rêves qu’il faut poursuivre, car sans eux nous ne sommes pas matière à vivre. Tu m’as appris à me lever et à lever le drapeau de mes sentiments, tellement attaché à toi que je t’aime aujourd’hui comme je t’aime. Je te pleurerai à travers tous mes temps, des temps que j’aimerais vivre à tes côtés. Mais tu n’es plus là, tu es déjà parti sur des chemins que tu nous montreras aussi un jour, comme tu l’as fait avec ton exemple. Je t’aime et aujourd’hui je veux te l’avouer, homme qui fut pierre, homme qui fut lierre. Lucio va, il va, toujours accroché à l’impossible, il va vers des chemins où tu le rencontreras à nouveau. Il va et entre dans notre destin unique, celui dans lequel se battre reste un devoir et une obligation. La mort t’a emporté et, moi, ici, je continuerai à te chercher, je continuerai à te pleurer. Je te cherche pour te trouver dans la vérité nécessaire, vérité entre toutes les vérités, que seulement avec la révolution on peut s’approprier. Va Lucio, va, on se souvient de toi. Tu vivras en moi aussi longtemps que je vivrai, et après tu vivras aussi dans ceux à qui on rappellera qui tu étais et pourquoi tu étais là. Ton chemin parcouru marquera ma route, ton grand cœur, ma vie entière. Comme tu avais l’habitude de le dire, des prisons nous ferons des écoles et des écoles naîtra l’Histoire des révolutionnaires. Celle-là que nous montrerons à ceux qui ne sont pas encore là. Tu es déjà parti, et d’où que tu sois, écoute mon cri : Vive la lutte révolutionnaire ! Vive le rêve que tu as rêvé ! Et comme nous le disons dans notre langue bien-aimée : Aberria ala Hil! La Patrie ou la mort! Jusqu’à toujours, mon cher Lucio, jusqu’à toujours, camarade. Baisers, Lorentxa Prisonnière politique basque, Centre pénitentiaire de Roanne. Texte recueilli par Aitzol, son compagnon, et traduit en français par Juan

Agur Lucio, bizitza eta aktibismoaren maisu erraldoia. Beti arte lagun handia. Fermin Muguruza

AGUR ETA OHORE LUCIO Notre frère Lucio Urtubia nous a quittés ce 18 juillet 2020. Maçon, militant anarchiste et internationaliste, Lucio s’est engagé toute sa vie en faveur des peuples en lutte. Dans la continuité de cet engagement, qu’il a plusieurs fois payé de sa liberté, il a participé au sein de notre comité à de nombreuses actions pour défendre le droit du peuple basque à décider de son avenir et à s’émanciper du capitalisme. Au sein de l’Espace Louise-Michel qu’ils avaient créé à Paris, Lucio et Anne accueillaient régulièrement les familles de prisonniers politiques basques incarcérés en Région Parisienne, et toutes sortes d’initiatives artistiques et militantes pour témoigner ici des luttes au Pays Basque. Malgré toute la riche histoire dont il était porteur, Lucio ne se considérait ni comme un modèle, ni comme un ancien combattant. Esprit libre avant tout, il gardait vis-à-vis de tous un rapport égalitaire, ouvert aux différences et pourtant exigeant sur l’essentiel : tant qu’il nous reste un espace de liberté pour agir pour un monde débarrassé de l’oppression, nous avons le pouvoir et le devoir de l’utiliser. Pour cette leçon de vie, merci Lucio.

En mai 2016, des prisonniers politiques basques détenus à Fresnes en région parisienne ont fait une grève de la faim en solidarité avec Itziar Moreno (actuellement incarcérée à Rennes), sanctionnée car l’administration pénitentiaire l’avait considérée meneuse du mouvement de revendication des prisonnières entamé en avril. Les autres prisonnières basques avaient quand à elles forcé leur entrée au mitard. Lucio était avec nous lors d’une manifestation organisée autour de la prison. AGUR ETA OHORE LUCIO Notre frère Lucio Urtubia nous a quittés ce 18 juillet 2020. Maçon, militant anarchiste et internationaliste, Lucio s’est engagé toute sa vie en faveur des peuples en lutte. Dans la continuité de cet engagement, qu’il a plusieurs fois payé de sa liberté, il a participé au sein de notre comité à de nombreuses actions pour défendre le droit du peuple basque à décider de son avenir et à s’émanciper du capitalisme. Au sein de l’Espace Louise-Michel qu’ils avaient créé à Paris, Lucio et Anne accueillaient régulièrement les familles de prisonniers politiques basques incarcérés en Région Parisienne, et toutes sortes d’initiatives artistiques et militantes pour témoigner ici des luttes au Pays Basque. Malgré toute la riche histoire dont il était porteur, Lucio ne se considérait ni comme un modèle, ni comme un ancien combattant. Esprit libre avant tout, il gardait vis-à-vis de tous un rapport égalitaire, ouvert aux différences et pourtant exigeant sur l’essentiel : tant qu’il nous reste un espace de liberté pour agir pour un monde débarrassé de l’oppression, nous avons le pouvoir et le devoir de l’utiliser. Pour cette leçon de vie, merci Lucio. HARRERA est une association qui accompagne celles et ceux qui rentrent au pays en sortant de prison ou en revenant d’exil. Depuis sa création en 2012, Lucio Urtubia y a apporté son soutien, en particulier en proposant un emploi, au sein de l’Espace Louise Michel, ou un logement à des prisonnières basques. Pour que toutes et tous puissent vivre en liberté et en dignité, HARRERA a besoin du soutien de toutes celles et tous ceux qui veulent une véritable résolution, une résolution juste, du conflit au Pays Basque. Il est possible d’envoyer une contribution à HARRERA 4 rue des Lisses 64100 Bayonne, ou de devenir adhérent de l’association en faisant un versement régulier chaque mois, pour participer à l’accompagnement d’anciens détenus et exilés basques, à la réalisation des missions d’Harrera sur le terrain, en garantissant des résultats concrets. Contact : http://ipar-harrera.eus

Elles et ils sont 195 dispersé-e-s dans les prisons de l’Etat espagnol

35 dans l’état français

EUSKAL HERRIA 

Les juges ordonnent la libération de Xistor Haranburu, et le Parquet fait appel

Le Tribunal d’application des peines a décidé ce vendredi 24 juillet de libérer Frederik Haranburu « Xistor » à l’occasion de sa troisième demande de remise en liberté conditionnelle. Décision suite à laquelle le Parquet a immédiatement fait appel, afin de maintenir le Senpertar en prison. Pour réclamer une nouvelle fois sa remise en liberté et dénoncer la position du Parquet, Bake Bidea organise ce samedi une nouvelle mobilisation à Saint-Pée.

MEDIABASK|2020/07/24 18:15|3 IRUZKIN 

Une situation qui bégaie et ne cesse de bégayer, malgré la demande pressante de tout un territoire. A l’occasion de sa troisième demande de remise en liberté conditionnelle, Xistor Haranburu s’est vu une nouvelle fois accorder sa demande par le Tribunal d’application des peines de Paris ce vendredi 24 juillet. Et une fois de plus, le parquet a fait appel, empêchant ainsi sa libération. Le prisonnier senpertar qui a démarré en avril sa 31ème année de détention devra encore rester en prison, le temps que l’Appel soit jugé.

Dans leur décision, les juges estiment, selon l’avocate de la défense Maritxu Paulus-Basurco que le prisonnier « remplit toutes les conditions » pour être libéré. Ils constatent qu’une peine de trente ans a déjà été effectuée, qu’Haranburu a eu « un parcours d’exécution de peine optimal ». Le Tribunal insiste qu’il « n’y a pas de risque de récidive, celle-ci étant une hypothèse vide de sens ». Selon les juges, avec une libération du prisonnier, « l’ordre public n’est pas atteint, ni en Espagne, ni en France ». Le Tribunal tient également compte de l’état de santé « inquiétant » d’Haranburu, inquiétude renforcée en cette période de Covid-19, insiste l’avocate. Pour l’ensemble de ces faits, les juges ont ordonné la remise en liberté du militant basque, une libération conditionnelle avec période probatoire de 18 mois. Immédiatement, le Parquet a fait appel de cette décision, et Xistor Haranburu doit rester en prison en attendant le procès d’appel, qui doit avoir lieu dans les deux mois qui viennent.

Le 9 juillet dernier, le Parquet antiterroriste s’était également opposé à la libération de Xistor, refusant d’entendre les arguments de la défense, et mettant en avant le risque de récidive, puisqu’on « découvre encore des caches d’ETA ». Rappelons que l’organisation indépendantiste basque a rendu toutes les armes en sa possession le 6 avril 2017, et s’est dissoute le 3 mai 2018. Ceux qu’on appelle communément « les longues peines », Xistor Haranburu, Jakes Esnal et Ion Parot, qui en sont tous les trois à plus de 30 ans de prison, voient leurs demandes de remise en liberté conditionnelles constamment bloquées par le Parquet national anti-terroriste.

Afin de dénoncer ce nouvel appel du parquet, Bake Bidea appelle à se rassembler ce samedi 25 juillet à Saint-Pée, village de Xistor Haranburu. Sous le slogan « Accomplir sa condamnation jusqu’à la mort ? 30 ans, ça suffit ! », la mobilisation se déroulera à partir de 11 heures sur les deux ronds-points aux entrées de la commune. Une commune où compte une maison secondaire le ministre français de l’Economie Bruno Lemaire.

EUSKAL HERRIA 

Marixol Iparragirre condamnée à 122 ans de prison

L’Audiencia Nacional a condamné Marixol Iparragirre à 122 années de prison ce vendredi 24 juillet. La Justice espagnole lui reproche avoir ordonné l’attentat à Leon contre le militaire Luciano Cortizo.

MEDIABASK|2020/07/24|0 IRUZKIN 

 122 ans. Telle est la condamnation prononcée ce vendredi 24 juillet par l’Audiencia Nacional à la militante basque Marixol Iparragirre. Les faits reprochés sont l’attentat contre le militaire Luciano Cortizo ayant eu lieu en décembre 1995.

Marixol Iparraguirre a été entendue par l’Audiencia Nacional les 8 et 9 juillet derniers. En 2019, les autorités françaises l’avaient extradée après avoir purgé une peine de 15 ans de prison pour sa militance à l’ETA. Lors de la première journée d’audience, la militante avait dénoncé que l’Etat espagnol lui reproche d’être porte-parole du collectif des prisonniers politiques basques.

Durant le procès, la militante avait assuré n’avoir aucun lien avec la mort du militaire qui lui était reprochée. Les prisonniers Ibon Etxezarreta et Agustin Almaraz, déjà condamnés dans cette affaire, avaient témoigné lors du procès pour indiquer qu’ils n’avaient pas eu de relations avec elle. Ce n’est qu’en 2014 que Marixol Iparragirre a appris que la Justice la poursuivait pour ces faits, dix ans après avoir été incarcérée dans l’Etat français. Marixol Iparragirre avait été arrêté en octobre 2004, à Salies-de-Béarn.

Le député de la sixième circonscription Vincent Bru, le sénateur des Pyrénées-Atlantiques Max Brisson et l’eurodéputé José Bové s’étaient réunis à la prison de Réau avec Marixol Iparraguirre et Mikel Albisu, représentants du collectif. Après cette rencontre, les trois dirigeants politiques avaient fait part de la volonté des prisonniers basque de participer au sein du processus de résolution.

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22 juillet 2020

LUCIO URTUBIA ET 4ème et dernier volet Hommage aux Artistes DCD 21 07 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 17 h 01 min

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En intro de l’émission,  l’annonce du décès d’un ami Lucio Urtubia. Il nous a quitté le 18 juillet 2020. Militant anarchiste, anti-franquiste, anti-fasciste, mais avant tout maçon comme il le répétait souvent, fondateur de l’espace Louise Michel dans le 20 ème. il n’a eu de cesse de militer depuis les année 50 ayant fui l’armée sous Franco, il se réfugie en France. Ami de Quico Sabaté. Un de ses nombreux faits d’arme, la falsification de chèque de voyage de la City Bank. c’est une grande perte pour le milieu militant et pour le CSPB Comité de Solidarité du Peuple Basque. En seconde partie le 4ème et dernier volet e hommage aux artistes DCD. Nous écouterons Lee Konitz, Alfred Mc Coy Tyner, Ellis Louis Marsalis Jr, John Prine, Andy Gill, David Charles Olney, Lennie Niehaus. Retrouvez le podcast de l’émission

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Lucio Urtubia est né en 1931 dans une famille pauvre de Navarre, dans le nord de l’Espagne.

En 1954, après avoir déserté l’armée sous Franco, il se réfugie en France où il rejoint sa sœur, et travaille comme ouvrier du bâtiment. En 1957, il rencontre Fancisco Sabaté, dit Quico, guérillero anti-franquiste et anarchiste. Commence alors, pour financer la lutte une longue série « d’expropriations » (braquages), de « récupérations » de matériels divers (notamment d’imprimerie), de fabrications de faux papiers et autre fausse monnaie, d’enlèvements…

Traqué par Interpol et la Police judiciaire française, il fricote avec des voyous et rencontre, entre autres, Che Guevara.

Déserteurcontrebandier, braqueur de banque et faux-monnayeur, Lucio Urtubia s’est essayé à tout au nom de sa cause. Il préféra se tourner vers le faux-monnayage plutôt que vers le braquage de banques, n’appréciant pas cette dernière activité.

En tant que faux-monnayeur, son action de plus grande ampleur a consisté, en 1979, en la falsification de chèques de voyage de la Citibank pour une valeur de 20 millions de dollars. Cette tentative de faux-monnayage de grande ampleur s’est soldée par son arrestation.

Défendu par l’avocat Roland Dumas (responsable des affaires de la gauche de gouvernement des années 1980), il finit par trouver un arrangement à l’amiable avec la Citibank en échange des plaques d’impression ayant permis de falsifier les chèques.

Le 3 mai 2015, Lucio Urtubia apparaît à la télévision dans l’émission de Jordi ÉvoleSalvados.

Au 42 ter Rue des Cascades à Paris, il anime L’espace Louise Michel, un espace de libre exposition artistique, à la disposition de tout artiste, plasticien ou musicien boudant les galeries marchandes. En plus des expos, le lieu accueille conférences et rencontres.

4ème et dernier volet

Lee Konitz (né le 13 octobre 1927 à Chicago (Illinois) et mort le 15 avril 2020 dans le quartier new-yorkais de Greenwich Village) est un saxophoniste de jazz américain. Il a été le premier saxophoniste alto de cette période à se libérer du modèle bebop et de l’influence de Charlie Parker (son ami par ailleurs). Doté d’une sonorité fluide, diaphane et aérée, il se démarque totalement des autres altistes parkériens comme Julian « Cannonball » Adderley ou Phil Woods. Il a notamment influencé Art Pepper et Paul Desmond. Sa vie s’apparente à une encyclopédie du jazz et multiplia les rencontres avec Lennie Tristano, Miles Davis ou Martial Solal, à partir des années 1940.

Lee Konitz étudie la clarinette et le ténor. Dès ses seize ans, il joue de l’alto dans l’orchestre de Jerry Wald.

Au milieu des années 1940, Lee Konitz rencontre Lennie Tristano, avec lequel il étudie. Il joue entre 1946 et 1947 avec Claude Thornhill, avec qui il enregistre ses premiers disques, et qui lui permet de rencontrer Gerry Mulligan, saxophoniste et compositeur, et Gil Evans, alors arrangeur. Ce dernier lui permet d’intégrer le nonet de Miles Davis, avec lequel il enregistre le célèbre album Birth of the cool (1949 -1950). Cet enregistrement marque un tournant dans sa carrière. Il est dès lors considéré comme l’un des chefs de file du cool jazz.

En parallèle, il enregistre avec Lennie Tristano Intuition aux côtés du ténor Warne Marsh avec qui il met au point une technique de contre-chant (contre-point) qui n’a jamais trouvé son équivalent dans le jazz.

De 1952 à 1954, Lee Konitz joue dans l’orchestre de Stan Kenton, avant de fonder son propre quartette.

Il retrouve alors les musiciens avec lesquels il a joué avec Lennie Tristano : Warne Marsh, Billy Bauer et Sal Mosca.

En 1961, Lee Konitz enregistre l’album Motion avec Elvin Jones à la batterie et Sonny Dallas à la basse. Ces standards du jazz réinterprétés sur le mode Cool, constituent aujourd’hui encore une référence du genre.

Au cours des années 1960, il enseigne et s’intéresse à la flûte et au saxophone électrifié. Il enregistre de nombreux albums en duo, formule qui deviendra presque sa marque de fabrique, notamment avec Sal Mosca, Jimmy Giuffre, Michel Petrucciani, Martial Solal…

En 1972, Lee Konitz joue aux côtés de Charles Mingus à Town Hall. Il enregistre un disque avec Warne Marsh et Bill Evans. Il joue également avec Dave Brubeck, Anthony Braxton, Andrew Hill, Paul Bley…

En 1977, il enregistre un album au ténor,Tenorlee (en).

En France, Lee Konitz joue avec l’accordéoniste Francis Varis et le groupe Cordes et lames du guitariste Dominique Cravic. Il joue avec Chick Corea au sein de l’Église de Scientologie.

En 1988 est présenté au Festival de Cannes un documentaire qui lui est consacré, Portrait Of The Artist As A Saxophonist, de Robert Daudelin. La même année, il participe à un concert hommage à Gil Evans à la Saint Peter Church (New York) au sein d’un nonette monté par Gerry Mulligan.

En 1992, Lee Konitz reçoit le Jazzpar Prize (en) à Copenhague.

Lee Konitz est mort le mercredi 15 avril 2020, à l’âge de 92 ans, du coronavirus, dans le quartier de New York de Greenwich Village (USA).

Alfred McCoy Tyner est un pianiste et compositeur de jazz américain né le 11 décembre 1938 à Philadelphie (Pennsylvanie) et mort le 6 mars 2020 dans le New Jersey. Influent pianiste de jazz américain, il est considéré comme ayant façonné la trajectoire du piano jazz moderne. Il est connu pour son travail au sein du quartet de John Coltrane.

Le père de McCoy Tyner chante à l’église, mais c’est sa mère, esthéticienne, qui pousse son fils à étudier le piano, ce qu’elle n’avait pas pu faire elle-même. Il étudie successivement à la West Philadelphia Music School et la Granoff School of Music (en). Voisin des pianistes Richie et Bud Powell, il peut profiter de leurs conseils sur la manière d’aborder le « piano jazz ».

En 1959, il est le pianiste du « Jazztet » codirigé par Benny Golson et Art Farmer.

De 1960 à 1965, il joue dans la formation de John Coltrane. Avec Coltrane, il enregistre de nombreux albums (en quartette, en quintette, avec un big band arrangé par Eric Dolphy…) pour les labels Atlantic puis Impulse. Le quartette composé de John Coltrane au saxophone, Tyner au piano, Jimmy Garrison à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie est l’un des plus célèbres de l’histoire du jazz. Ce groupe reste encore aujourd’hui la figure la plus emblématique du jazz modal.

À la même période, il enregistre comme sideman dans des disques hard bop pour le label Blue Note, accompagnant, entre autres, Freddie Hubbard, Lee Morgan, Stanley Turrentine, Grant Green, Hank Mobley, Donald Byrd, Joe Henderson et Wayne Shorter. C’est notamment à cette époque qu’il enregistre peut-être l’album le plus important de sa carrière avec The Real McCoy.

À partir de 1966, Tyner, enregistre essentiellement sous son nom. De 1966 à 1971, même s’il continuer à enregistrer pour Blue Note, il connaît une période difficile. Il joue dans des orchestres de rhythm and blues.

À partir de 1972, il signe avec le label Milestone, pour lequel il enregistre abondamment avec ses propres formations. Ces disques, en particulier Sahara (1973), relancent la carrière du pianiste. On peut citer, comme musiciens ayant participé aux groupes du pianiste dans les années 1970, les saxophonistes Sonny Fortune, Azar Lawrence, Gary Bartz, le violoniste John Blake et le batteur Alphonse Mouzon. Sa musique alors mêle les esthétiques du jazz modal, du hard bop, du jazz fusion et du free jazz. En 1978, il fait une tournée remarquée avec le Milestone jazzstars (Sonny Rollins au saxophone ténor, Ron Carter à la contrebasse et Al Foster à la batterie).

Depuis, McCoy Tyner continue une carrière prolifique enregistrant pour Columbia, Blue Note, Elektra et d’autres labels.

McCoy Tyner est mort le vendredi 6 mars 2020, à l’âge de 81 ans, dans le New Jersey (USA).

Ellis Louis Marsalis Jr., né le 14 novembre 1934 à La Nouvelle-Orléans et mort le 1er avril 2020 dans la même ville, est un pianiste et professeur de jazz américain. Marsalis est le patriarche d’une famille musicale : Branford Marsalis, saxophoniste, Wynton Marsalis, trompettiste, Delfeayo Marsalis, tromboniste, Jason Marsalis, batteur. Parmi ses élèves les plus connus figurent Harry Connick Jr., Terence Blanchard, Donald Harrison, Victor Goines, Reginald Veal.

À partir de l’âge de onze ans, Ellis Marsalis étudie la clarinette à la Xavier University Preparatory School (en) de la Nouvelle Orléans, puis il étudie le saxophone ténor et le piano. Après ses études secondaires, il est admis à l’Université Dillard,où il obtient un baccalauréat universitaire (licence) en enseignement musical en 1955.

Pendant ses études, il découvre dans les années 1940 la musique de Charlie Parker et de Dexter Gordon. Il forme un combo qui joue du bebop avec le batteur Ed Blackwell, le clarinettiste Alvin Batiste, et le saxophoniste Harold Battiste (en).

En 1956, sur l’invitation d’Ornette Coleman, Ellis Marsalis part s’installer en Californie accompagné par Ed Blackwell. En juin 1957, il est enrôlé au sein du United States Marine Corps pour un service de deux ans. Il passe son service militaire dans une base californienne. Il joue du piano les weekends pour une émission de télévision hebdomadaire de la CBS, Dress Blues patronnée par la Marine et une émission de radio intitulée Leather Songbook, également parrainée par la Marine.

De retour à la Nouvelle Orléans en 1959, il travaille au Playboy Club (en) de la ville, puis en 1967, il est engagé par le trompettiste Al Hirt. Au sein de cet orchestre il peut se faire entendre dans des émissions à forte audience comme le Tonight Show et l’Ed Sullivan Show.

En 1959, Ellis Marsalis épouse la musicienne Dolores Ferdinand, surnommée la « matriarche de la famille Marsalis », le couple donne naissance à six fils Branford, Wynton, Ellis III, Delfeayo, Mboya et Jason ; Dolores décède le 18 juillet 2017 à l’âge de quatre vingts ans.

Ellis Marsalis est mort le mercredi 1er avril 2020, à l’âge de 85 ans, du coronavirus, à La Nouvelle-Orléans (USA, Louisiane) .

John Prine, né le 10 octobre 1946 à Maywood dans l’Illinois et mort le 7 avril 2020 à Nashville (Tennessee), est un auteur-compositeur-interprète américain de country folk. Figure de la musique folk américaine, dont la carrière a commencé au début des années 1970, il est le créateur de nombreuses chansons dont les textes expriment une veine poétique unique, et qui ont été interprétées ou reprises par les artistes américains les plus populaires : Hello in There (Joan Baez, Bette Midler), Sam Stone (Johnny Cash, Theo Hakola, Al Cooper), Angel From Montgomery (Bonnie Raitt, Miranda Lambert, Susan Tedeschi), Souvenirs (Bettye LaVette), It’s a Big Old Goofy World (Jimmy Buffett), Speed of the Sound of Loneliness (Nanci Griffith), Killing the Blues (Alison Krauss et Robert Plant).

John Prine est le troisième des quatre enfants de William Mason Prine et de son épouse Verna Valentine Hamm. Il est né le 10 octobre 1946 à Maywood dans l’Illinois où il passe son enfance et son adolescence, égayées par les vacances estivales que la famille passe chez des parents dans le Comté de Muhlenberg, au Kentucky, qu’il évoque dans sa chanson Paradise (le Paradis).

Son frère aîné, Dave Prine, présent au violon dans le style Old-time music et à la guitare Dobro sur plusieurs de ses albums, lui fait découvrir la musique de Hank Williams, Mississippi John Hurt et de Ramblin’ Jack Elliott. Une voisine lui fait cadeau, alors qu’il a dix ans, d’un ukulélé sur lequel il apprend à jouer ses premiers accords.

Son frère Dave, qui admire la musique des New Lost City Ramblers, tente de monter son propre groupe. Pendant que Dave joue du violon, il revient à John d’assurer le rythme bluegrass sur une guitare Archtop, de marque Silvertone (Sears) qu’il avait reçue en cadeau en 1962, et sur laquelle il avait rapidement appris à jouer Freight Train d’Elizabeth Cotten, et une série de chansons de la Carter Family dont Bear Creek Blues de A.P. Carter.

John Prine, inspiré par l’écoute des disques de Spike Jones et de Merle Travis, écrit ses premières chansons à l’âge de quatorze ans. Deux d’entre elles, Fryin’ Pan et Sour Grapes, figurent sur son deuxième album Diamonds in the Rough, qu’il réalise en 1972 avec de petits moyens.

John Prine termine des études au lycée en 1964 et travaille pendant deux ans comme facteur pour les services postaux américains à Chicago dans l’Illinois. Conscrit en 1966, le caporal John Prine est affecté en Allemagne où il passe deux ans dans le groupe d’entretien des moteurs, échappant ainsi à la Guerre du Viêt Nam.

De retour à Chicago, il commence à jouer dans des bars, avec un répertoire qui comprend des chansons comme Sam Stone et Paradise. En 1970, il obtient un premier engagement au « Fifth Peg », puis au « Earl Of Old Town ». Il y rencontre Steve Goodman avec lequel il noue des relations d’amitiés et d’admiration réciproques.

En 1971, Steve Goodman a l’occasion d’interpréter une chanson de John Prine dans un spectacle auquel assiste Kris Kristofferson. Il parvient à le convaincre, ainsi que Jerry Wexler d’Atlantic Records, de venir écouter John Prine au « Earl Of Old Town », où celui-ci donne, en quelque sorte, le concert de sa vie. Le lendemain de la prestation, Jerry Wexler lui fait parvenir une proposition de contrat pour un premier album.

Ce premier album, simplement intitulé John Prine, est enregistré à Memphis (Tennessee) et produit par Arif Mardin. Selon John Prine, une plage au moins, Paradise, a été enregistrée à New York, avec Steve Goodman et David Prine. Le succès de la poésie portée par les chansons de John Prine est immédiat et conduit Bette Midler à reprendre Hello In There, et Bonnie Raitt à interpréter Angel from Montgomery. Hello In There sera aussi reprise par Joan Baez sur l’album Diamonds and Rust en 1975.

John Prine s’installe à Nashville au début des années 1980 dans l’intention de travailler de manière indépendante. Il y crée, avec Al Bunetta et Dan Einstein, le label Oh Boy records qui publiera la plupart de son œuvre enregistrée.

John Prine est hospitalisé le 26 mars 2020 à cause du coronavirus.

John Prine est mort le mardi 7 avril 2020, à l’âge de 73 ans, du coronavirus, à Nashville (USA, Tennessee).

Andrew James Dalrymple Gill, dit Andy Gill, né le 1er janvier 1956 à Manchester (Lancashire) et mort le 1er février 2020, est un guitariste, auteur-compositeur, producteur de disques britannique. Icône post-punk, il est un membre fondateur et guitariste du groupe Gang of Four. Il a également collaboré avec d’autres groupes tels que Red Hot Chili Peppers.

Andy Gill était le guitariste principal du groupe de rock britannique Gang of Four, qu’il a cofondé en 1976. Gill était connu pour son style de guitare dentelé sur des albums tels que Entertainment! (1979) et Solid Gold (1981) et a frappé des singles tels que At Home It ‘s a Tourist, Damaged Goods, Anthrax, What We All Want et I Love a Man in a Uniform.

En plus de son travail avec Gang of Four, Gill était également producteur de disques et a produit ou coproduit tous les albums du groupe. Il a également produit des albums pour des artistes tels que les Red Hot Chili Peppers, le Jesus Lizard, les Stranglers, les Futureheads, Michael Hutchence, Killing Joke, Polysics, Fight Like Apes, Therapy? et The Young Knives.

Andy Gill est mort le samedi 1er février 2020, à l’âge de 64 ans, d’une insuffisance respiratoire, après avoir été hospitalisé.

David Charles Olney, né le 23 mars 1948 à Providence dans l’État de Rhode Island et mort le 18 janvier 2020 à Fort Walton Beach (Floride), est un auteur-compositeur et interprète folk Americana américain. Il est un chanteur emblématique du folk rock. Parmi ses chansons connues : « Jerusalem Tomorrow » (1989), « You Never Know » (2010) ou « Postcard From Mexico » (2007).

David Olney entra à l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill, échoua dans ses études, et n’obtiendra jamais de diplôme. Il commença sa carrière de musicien dans un groupe, Simpson, à la fin des années 1960 ; son modèle est James Brown. Il déménagea à Nashville à l’été 1973, et fut découvert par le petit-fils de John Lomax, John Lomax III, jouant au sein du Pritchard Avenue band. Dès 1974, reconnu en ville, il se perfectionne et forme son propre groupe au début de l’année 1978, The X-Rays, qui se taille une réputation lors de la seconde moitié des années 1970, jusqu’au début de l’année 1980, quand David olney décide d’entamer une carrière solo après la sortie de l’album Contender avec les X-Rays, seul album commercial de la carrière de David, et la dernière collaboration du groupe avant le début de la carrière soliste de David. Il a écrit entre autres pour des artistes comme Emmylou Harris, Steve Earle, Johnny Cash, Linda Ronstadt etc.

David Olney est mort le samedi 18 janvier 2020, à l’âge de 71 ans, d’un crise cardiaque, durant son concert à Fort Walton Beach (USA, Floride). Alors qu’il jouait lors d’un festival de country en Floride (le 30A Songwriters Festival), il s’est figé en plein milieu d’une chanson. D’après son manager, il aurait été victime d’une crise cardiaque.

Lennie Niehaus, né le 1er juin 1929 à Saint-Louis, dans le Missouri, et mort le 28 mai 2020 à Redlands, en Californie, est un saxophoniste de jazz et un compositeur de musique de films américain qui a travaillé essentiellement sur les films de Clint Eastwood comme « Sur la route de Madison » (1995). C’est un représentant du jazz West Coast.

Lennie Niehaus est mort le jeudi 28 mai 2020, à l’âge de 90 ans, à Redlands (USA, Californie).

15 juillet 2020

Hommage aux artistes DCD 3ème volet 14 07 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 19 h 17 min

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Cette émission est le 3ème volet en hommage aux artistes, musiciens, compositeurs, chanteurs, interprètes DCD depuis le 1er janvier 2020. Prévu initialement pour une diffusion sur Radio Libertaire le 07/07 puis le 14/07 cela n’a pu se faire. Au sommaire de l’émission nous entendrons Alan Merril, Aurlus Mabele, Adam Lyons Schlesinger, Hector  (Jean-Pierre Kalfon), Bill Withers, Wallace Roney, Bill Rieflin, Oscar Chavez et Neil Ellwood Peart. 4ème et dernier volet la semaine prochaine.

Retrouvez l’émission sur:

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ou

http://www.mixcloud.com/radiolibertaire/

3ème Volet

Alan Merril, né Allan Preston Sachs le 19 février 1951 dans le Bronx (New York) et mort le 29 mars 2020 de la pandémie de covid-19 à Manhattan (New York), est un chanteur du groupe anglo-américain The Arrows, connu pour son tube « I Love Rock ‘n’ Roll » (1975). Il est chanteur, guitariste, auteur, acteur et modèle. Au début des années 1970, Merrill a été le premier occidental a être reconnu comme étoile populaire au Japon. Il a été le co-auteur et chanteur leader de la première version de la chanson anglophone « I Love Rock ‘n’ Roll », qui a été enregistrée par The Arrows en 1975. Merrill était initialement un chanteur et guitariste, mais a aussi joué d’autres instruments: guitare basse, harmonica, et claviers.

Merrill est né dans le quartier du Bronx, dans la ville de New York, le fils de deux musiciens de jazz, la chanteuse Helen Merrill et le joueur de saxophone/clarinetre Aaron Sachs. Il a étudié au Aiglon College en Suisse de 9 ans à 13 ans, une école British boarding . A son retour aux Etats-Unis, il a été inscrit dans différentes écoles de New York et de Los Angeles, et à la Sophia University (un centre de echerche universitaire université privé Jésuite à Tokyo, Japan). Il commence sa carrière semi professionnelles à New York City à l’âge de 14 ans en jouant dans Greenwich Village’s Cafe Wha? avec la bande(s) The Kaleidoscope, The Rayne, and Watertower West. Les groupes ont joué en club au cours des années 1966–1968.

Alan Merril est mort le dimanche 29 mars 2020, à l’âge de 69 ans, du coronavirus, à Manhattan (New York).

Aurlus Mabélé, né le 26 octobre 1953 à Brazzaville et mort le 19 mars 2020 à Paris, est un chanteur et compositeur congolais. Figure de la rumba congolaise, il était une légende du soukouss (style musical originaire de la région du Congo).

Aurlus Mabélé est né le 26 octobre 1953 à Brazzaville dans le quartier de Poto-Poto en République du Congo. Il s’appelle en réalité Aurélien Miatsonama.

En 1974, ensemble avec ses pairs tels que Jean Baron, Pedro Wapechkado et Mav Cacharel, il fonde le groupe Les Ndimbola Lokole.

Parti se perfectionner en Europe, il fonde, en 1986, avec Diblo Dibala et Mav Cacharel, le groupe Loketo. Il crée alors le soukous dont il sera proclamé « roi », d’où le slogan « c’est Aurlus Mabele le nouveau roi du soukous ».

En 25 ans de carrière, il aura vendu plus de 10 millions d’albums dans le monde et il aura contribué à faire connaître le soukous hors des limites du continent africain.

Souffrant des suites d’un AVC depuis cinq ans, il a organisé avec le groupe Loketo des concerts avec succès aux Antilles entre mai et juin 2009.

Accompagné par des guitaristes talentueux, il a fait danser toute l’Afrique par des musiques avec ses rythmes typique du soukous (Africa Mousso, La Femme ivoirienne, Embargo, Betty, Asta De, Evelyne, Loketo, etc.).

Aurlus Mabélé est mort le jeudi 19 mars 2020, à l’âge de 66 ans, du coronavirus, à Paris (France).

Adam Lyons Schlesinger est un auteur-compositeur et producteur américain né le 31 octobre 1967 à Manhattan et mort le 1er avril 2020 à Poughkeepsie. Il est également bassiste des groupes Fountains of Wayne (dont il est le cofondateur) et Ivy, mais aussi propriétaire d’une maison de disques et d’un studio d’enregistrement à New York. Il est l’auteur de nombreuses bandes originales pour le cinéma et la télévision.

Adam Schlesinger a composé la chanson titre pour le film de Tom Hanks That Thing You Do!. En 1997, le morceau est sélectionné aux Oscars, aux Golden Globes et aux Satellite Awards dans la catégorie meilleure chanson originale. Stacy’s Mom, une autre de ses compositions enregistrée pour l’album Welcome Interstate Managers de Fountains of Wayne, a été sélectionnée aux Grammy Awards en 2003. En 2007, il signe la bande originale du film Le Come-Back (Music and Lyrics). Adam Schlesinger a également collaboré avec d’autres grands noms du rock américain comme Bowling for Soup sur le titre High School Never Ends ou encore The Click Five pour leur hit Just A Girl.

Il était Executive Music Producer (producteur délégué de la musique) de la série télévisée américaine Crazy Ex-Girlfriend sur le réseau The CW. Il a composé des chansons pour la série.

Adam Schlesinger est mort le mercredi 1er avril 2020, à l’âge de 52 ans, du coronavirus, à Poughkeepsie (USA, État de New York).

Hector, nom de scène de Jean-Pierre Kalfon, surnommé « le Chopin du twist », né le 20 octobre 1946 à Paris et mort le 19 février 2020 à Pont-l’Abbé, est un chanteur français des années 60, leader du groupe de rock Médiators, il était connu pour son sens de la provocation et ses chansons « Whole Lotta Shakin’ Goin’ On » (1963) ou « Peggy Sue » (1963).

Son groupe s’appelle « les Médiators ». En 1964, Hector et ses Médiators se séparent mais Hector continue en solo.

Hector écrit une grande partie des textes de ses chansons en partenariat avec Jean Yanne et Gérard Sire. Il adapte aussi des titres de Screamin Jay Hawkins (Hong Kong).

Le personnage est presque autant connu comme provocateur que comme chanteur. Après s’être fait reprocher d’être resté couvert devant le drapeau, il s’en ouvre à Jean Yanne qui lui propose d’aller « se faire cuire un œuf sur la flamme du Soldat inconnu ». Hector s’exécute, causant ainsi une certaine agitation autour de lui (avec intervention d’une voiture de police).

Il passe à l’Olympia en même temps que les Animals, en faisant monter sur scène pour être dans le ton « quatre poules et deux canards » en guise d’accompagnateurs (en plus de ses cuivres).

Jacques Dutronc lui rend hommage dans un numéro de Salut les copains, en le présentant comme « le champion de la provocation ».

Hector est mort le mercredi 19 février 2020, à l’âge de 73 ans, d’un cancer, à Pont-l’Abbé (France, Bretagne).

Bill Withers, né le 4 juillet 1938 à Slab Fork (Virginie-Occidentale) et mort le 30 mars 2020 à Los Angeles, est un auteur-compositeur-interprète américain, actif de la fin des années 1960 au milieu des années 1980. C’est un des plus célèbres représentants de musique soul et l’un des plus repris. Il a composé des dizaines de tubes et d’hymnes générationnels. Il est connu pour ses chansons « Ain’t no sunshine » (1971), « Lean On Me » (1972) ou « Lovely Day » (1977).

Bill Withers perd son père à l’âge de 13 ans. À 17 ans, il s’engage dans l’United States Navy, y passe neuf ans, puis s’installe à Los Angeles en 1967. Il travaille le jour dans une usine Ford et joue la nuit dans des juke joints. À ses débuts dans le monde de la musique, il a gardé son travail chez Ford, convaincu que le show business est imprévisible, et qu’il n’est qu’un novice comparé à d’autres artistes noirs tels que The Temptations ou Sammy Davis Jr..

Bill Withers enregistre 9 albums entre 1971 et 1985. Son premier succès vient avec son hit Ain’t No Sunshine, sur l’album Just As I Am avec le label Sussex Records en 1971. Son second album Still Bill, également un succès commercial, contient le hit single Lean on Me. Son album live Bill Withers, Live at Carnegie Hall, encensé par les critiques, date de 1973. On peut citer parmi ses titres les plus populaires Use Me, Lovely Day (en), Just the Two of Us, qu’il interprète avec le saxophoniste de jazz Grover Washington, Jr..

Le 9 juin 2005, Withers est introduit dans le Songwriters Hall of Fame avec David Porter, Isaac Hayes, Steve Cropper, Robert B. Sherman, Richard M. Sherman et John Fogerty.

Bill Withers est mort le lundi 30 mars 2020, à l’âge de 81 ans, de complications cardiaques, à Los Angeles (USA, Californie

Wallace Roney, né le 25 mai 1960 à Philadelphie et mort le 31 mars 2020 à Paterson, est un trompettiste américain de jazz. Il fut un proche de Miles Davis, qui a aussi exploré le free, le funk et la fusion.

Wallace Roney a étudié à l’université Howard de Washington et au Berklee College of Music.

Il fait partie des Jazz Messengers d’Art Blakey au début des années 1980 puis du quintet de Tony Williams. En 1991, il joue avec Miles Davis au festival de Jazz de Montreux. À la mort de Miles Davis, Roney fait une tournée à sa mémoire avec Wayne Shorter, Herbie Hancock, Ron Carter et Williams. Pour son album A Tribute to Miles, il est récompensé par un Grammy Award.

Wallace Roney était marié avec la pianiste Geri Allen jusqu’au décès de celle-ci le 27 juin 2017 à Philadelphie. Ils vivaient à Montclair dans le New Jersey.

Wallace Roney est mort le mardi 31 mars 2020, à l’âge de 59 ans, du coronavirus, à Paterson (USA, New Jersey).
Herbie Hancock – piano, calliope Wayne Shorter – saxophone Wallace Roney – trumpet Ron Carter – bass Tony Williams – drums 0:00 Miles Davis – So What 12:12 Ron Carter – R.J. 19:43 Herbie Hancock – Little One 32:43 Wayne Shorter – Pinoccio 40:05 Miles Davis – All Blues 55:23 Tony Williams – Elegy 1:09:35 Wayne Shorter – Orbits/Paraphernalia

William Frederick Rieflin dit Bill Rieflin, est un musicien américain né le 30 septembre 1960 à Seattle (État de Washington)et mort le 24 mars 2020 dans la même ville. Il fut le batteur de R.E.M., de Ministry et de King Crimson. Il est l’un des fondateurs du label de musique indépendant First World Music. Batteur du groupe R.E.M. de 2003 à leur séparation en 2011, il a également travaillé pour de nombreux groupes et musiciens de rock, rock progressif, rock indépendant, rock industriel et metal industriel. Parmi les plus connus figurent Ministry, Revolting Cocks, LAND, KMFDM, King Crimson, Pigface qu’il a cofondé avec Martin Atkins, Swans, Chris Connelly ou encore Nine Inch Nails.

Bill Rieflin commence sa carrière professionnelle dans sa ville de résidence, Seattle, où il est batteur du groupe The Telepaths en 1975. Il rejoint ensuite le groupe The Blackouts constitué, outre Bill, de son frère Raymond Rieflin, Paul et Roland Barker et Erich Werner. La formation se sépare et Paul Barker rejoint le tout jeune groupe de rock industriel d’Al Jourgensen, Ministry. Bill Rieflin collabore avec Jourgensen sur le premier album de son projet annexe, Revolting Cocks : Big Sexy Land, sorti en 1985. Il participe ensuite à l’élaboration d’un des plus grands succès commerciaux de Ministry, The Land of Rape and Honey.

C’est lors de la tournée In Case You Didn’t Feel Like Showing Up qu’il rencontre Martin Atkins. Ils font une partie des concerts à deux batteries et commencent à planifier la création d’un groupe de grande envergure qui permettrait à de nombreux musiciens de se rencontrer et de collaborer. Son travail au sein de Ministry se poursuit jusqu’au milieu des années 1990. Rieflin n’est cependant jamais crédité comme membre du groupe à part entière et se contente de figurer dans les musiciens additionnels. Il relève donc, lors d’une interview, que son départ du groupe lors des sessions d’enregistrement de l’album Filth Pig n’a rien d’officiel, lui-même n’ayant jamais été officiellement membre.

Disposant de plus de temps libre, Bill Rieflin aide Atkins à mettre sur pied le projet Pigface, collectif rock industriel qui réunit plusieurs centaines d’artistes, se lie d’amitié avec Chris Connelly et fonde son propre label, First World Music. Tout comme Connelly, Rieflin s’éloigne régulièrement de ses racines industrielles. Ils collaborent ainsi sur plusieurs enregistrements, dont deux, The Ultimate Seaside Companion et Largo, donnent à Rieflin l’occasion d’exercer ses talents de claviériste.

uLe fait de vivre à Seattle offre à Bill Rieflin l’opportunité de se tisser un réseau de contacts avec d’autres acteurs majeurs de la scène musicale dite progressive, dont Robert Fripp et Trey Gunn du groupe de rock King Crimson, Scott McCaughey des Young Fresh Fellows, Sascha Konietzko de KMFDM et Peter Buck de R.E.M..

Fripp contribue à Birth of a Giant, premier album solo de Bill Rieflin, sur lequel ce dernier prend pour la première fois la place de chanteur principal. Les improvisations enregistrées lors des séances de travail sont plus tard reprises pour constituer un second album, The Repercussions of Angelic Behavior.

Bill Rieflin apparaît sur la majorité des enregistrements de KMFDM sortis depuis la seconde moitié des années 1990 jusqu’en 2003. Il est crédité comme batteur, programmeur, chanteur et claviériste. Il est en outre bassiste du groupe en 2002, lors de la tournée de promotion de l’album qui marque leur retour, ATTAK et participer en 2001 à l’album WTF?! de KMFDM.

Il travaille comme batteur avec la formation de McCaughey, The Minus 5, dans laquelle Peter Buck fait parfois des apparitions. C’est ainsi qu’il se voit offrir une place au sein de R.E.M., qui n’a plus de batteur permanent depuis 1997, année du départ de Bill Berry. Le groupe l’emmène sur la tournée Around the Sun et annonce que Rieflin joue pour une durée indéfinie. Il reste au sein de la formation jusqu’à la dissolution du groupe en 2011. Entre temps, il participe à la fois aux prestations live d’R.E.M. en tant que batteur, mais également aux derniers enregistrements du groupe comme dans l’album Collapse Into Now où il s’illustre à la fois à la batterie, au bouzouki, au clavier et à la guitare. Néanmoins, celui-ci est une fois de plus crédité comme musicien additionnel.

Jusqu’à la fin 2004, Bill Rieflin tient un blog. Il y fait part de ses occupations quotidiennes, de son moral, des péripéties de ses deux chats, Pim et The Egg et fait indirectement référence à ses collègues du monde de la musique.

L’un des derniers projets en date de Bill Rieflin est un travail en collaboration avec Toyah Wilcox sous le nom de The Humans. Le duo a fait une série de concerts en Estonie à l’automne 2007. En 2011, il participe à la réalisation de l’album studio des Humans intitulé Sugar Rush. En 2017, il participe au Double Quatuor de King Crimson. Marié à l’artiste Francesa Sundsten , il résidait à Seattle.

Bill Rieflin est mort le mardi 24 mars 2020, à l’âge de 59 ans, à Seattle (USA, État de Washington).

Óscar Chávez (né le 20 mars 1935 à Colonia Portales (Mexico, Mexique) et mort le 30 avril 2020 dans la même ville) est un chanteur, acteur et compositeur mexicain, célèbre pour l’interprétation de divers genres musicaux populaires de son pays et de l’Amérique latine. Il est connu au Mexique pour ses chansons engagées principalement contre le gouvernement et la droite. Il a soutenu musicalement l’Armée zapatiste de libération nationale.

Óscar Chávez est né à Colonia Portales mais a passé la majeure partie de son enfance et de son adolescence à Santa María la Rivera.

Il a étudié à l’École de théâtre de l’Institut national des beaux-arts, puis a poursuivi ses études à l’Université autonome du Mexique.

Alors que le théâtre, le cinéma et la poésie constituaient une partie importante de sa vie, c’est la musique qui est devenue sa priorité. Ainsi, de 1963 à 1995, le compositeur mexicain a sorti plus de 50 albums, dont 20 en studio.

Le 28 avril 2020, lors de la pandémie de covid-19, il est admis à l’hôpital 20 de Noviembre à cause de difficultés respiratoires sévères.

Óscar Chávez est mort le jeudi 30 avril 2020, à l’âge de 85 ans, du coronavirus, à Mexico (Mexique). Ayant des antécédents de tabagisme à l’origine de problèmes respiratoires chroniques, il meurt d’une pneumonie le 30 avril. Des tests post-mortem démontrent qu’il avait contracté le covid-19, qui a été l’élément déclencheur de la pneumonie qui lui a été fatale. Le jour de sa mort, les réseaux sociaux mexicains sont remplis d’hommage. La Secrétaire à la Culture Alejandra Frausto Guerrero publie sur Twitter : « Une voix qui lutte ne s’éteint jamais, merci Óscar Chávez, ta vie a été un voyage digne de toi. Mes condoléances les plus sincères à sa famille, ses amis et ses compagnons de lutte et de chanson. » La maire de Mexico Claudia Sheinbaum tweete aussi « Hasta siempre Óscar Chávez. De nombreux souvenirs continueront à nous accompagner. Nous avons grandi en écoutant tes chansons toujours proches des mouvements sociaux ».

Neil Ellwood Peart, O.C., né le 12 septembre 1952 à Hamilton, en Ontario et décédé des suites d’un cancer du cerveau le 7 janvier 2020 à Santa Monica Californie, est un musicien et auteur canadien. Il est principalement connu pour être le batteur et le principal parolier du groupe rock progressif Rush. Peart joint Rush en 1974, en remplacement de John Rutsey. Tôt dans sa carrière, il ancre son style dans le hard rock. Son inspiration vient en grande partie des batteurs sur le devant de la scène britannique, comme Keith Moon et John Bonham. Au fur et à mesure des années, il oriente son style vers le jazz dans la lignée de Gene Krupa et Buddy Rich. Neil Peart a reçu de nombreuses récompenses pour ses performances musicales et est réputé pour ses talents techniques et son énergie. Il a aussi publié plusieurs livres au sujet de ses voyages.

Peart naît dans la ferme familiale à Hagersville, près de Hamilton en Ontario. Il déménage à l’âge de deux ans à Saint Catharines, tout près de la frontière américaine. Peart décrit son enfance comme heureuse, dans une famille unie. Jeune adolescent, il s’intéresse à la musique et acquiert une radio avec laquelle il écoute de la pop sur les radios canadiennes et américaines.

Il débute dans la pratique musicale avec quelques leçons de piano, dont il dira dans sa vidéo éducative A Work In Progress qu’elles n’ont pas vraiment eu d’impact sur lui. Comme il a l’habitude de jouer avec des baguettes chinoises sur divers objets dans la maison, ses parents lui achètent pour ses 13 ans une paire de vraies baguettes, un pad d’entraînement, quelques leçons, et lui font la promesse de lui acheter un vrai kit de batterie s’il s’entraîne pendant au moins un an…

Pour ses 14 ans, il reçoit donc une batterie complète et commence à prendre des cours au conservatoire. Il monte pour la première fois sur scène la même année au spectacle de Noël de son école. Il se produit ensuite avec son premier groupe, The Eternal Triangle, à l’école secondaire de Lakeport. Au cours de ce spectacle, ils interprètent une composition intitulée LSD Forever, et Neil fait son premier solo.

Peart obtient un travail à Lakeside Park, une fête foraine au bord du lac Ontario, ce qui lui inspirera plus tard une chanson du même titre sur l’album Caress of Steel. Il joue dans plusieurs groupes locaux comme Mumblin’ Sumpthin’, the Majority et JR Flood. Ces groupes répètent dans des sous-sols ou des garages, et jouent dans des églises, des écoles secondaires ou des arénas de patinage à roulettes dans les villes environnantes.

À dix-huit ans, Peart part pour Londres dans l’espoir d’y faire progresser sa carrière de musicien. Il participe à plusieurs groupes et travaille occasionnellement comme musicien de studio, mais pour subsister, il doit se resigner à vendre des babioles aux touristes dans un magasin de souvenirs.

Pendant son séjour à Londres, il découvre l’œuvre de l’écrivain objectiviste Ayn Rand. Ses travaux auront sur lui une influence philosophique majeure, l’inspirant par ses nombreux traités sur l’individualisme et l’objectivisme. On peut trouver des références à la philosophie de Rand dans les paroles du morceau Anthem de l’album Fly by Night en 1975, Freewill sur Permanent Waves en 1980 et 2112 sur l’album éponyme.

Après dix-huit mois d’impasse et déçu par son manque de progrès, Peart suspend ses ambitions de devenir un musicien professionnel quitte l’Angleterre et retourne à Saint Catharines où il travaille pour son père dans la vente de pièces pour tracteurs.

Peu après son retour au Canada, une connaissance mutuelle encourage Peart à auditionner pour le groupe Rush. Originaire de Toronto, ce groupe joue dans des bars du sud de l’Ontario et cherche un nouveau batteur à la suite du départ de John Rutsey. À la surprise du groupe, Neil Peart arrive en short dans une vieille voiture déglinguée avec sa batterie rangée dans des poubelles. Celui-ci croit avoir raté l’audition mais Geddy Lee s’aperçoit qu’il partage avec lui les mêmes goûts littéraires et musicaux. Alex Lifeson, pour sa part, a une opinion nettement moins favorable envers Peart mais Lee parvient tout de même à le convaincre que son côté déchaîné, au style anglais inspiré de Keith Moon des Who, est exactement ce dont le groupe a besoin.

Peart rejoint officiellement le groupe le 29 juillet 1974, deux semaines avant leur première tournée américaine. Il se procure une batterie « Slingerland » avec laquelle il joue au premier concert, en première partie de Uriah Heep et Manfred Mann, devant 11 000 personnes au Civic Arena à Pittsburgh en Pennsylvanie, le 14 août 1974.

Peart s’intègre rapidement au groupe et ayant déjà écrit plusieurs chansons, les deux autres membres, qui n’avaient jamais trop aimé écrire, lui reconnaissent ce talent et font de lui le principal parolier. Le groupe ne rencontre pas de problème lors des enregistrements, mais doit maintenant apprendre à vivre sur la route.

Le premier album du groupe, Fly by Night, en 1975, est un réel succès. Ils remportent un Juno Award, alors que leur album suivant, Caress of Steel, dans lequel le groupe avait placé beaucoup d’espoir, est très mal accueilli à la fois par les fans et la critique. En réponse à cette réaction négative, qui visait principalement la longue épopée en face B, The Fountain of Lamneth, Peart compose le titre 2112 sur l’album éponyme en 1976. L’album, en dépit de l’indifférence de la maison de production, leur permet de percer aux États-Unis. Une tournée accompagne la sortie de l’album, avec comme point culminant les trois concerts donnés au Massey Hall à Toronto. Peart, qui avait rêvé de cet événement alors qu’il se produisait dans les bars du sud de l’Ontario, y est présenté par Lee comme le « professeur de batterie ».

Neil Peart retourne en Angleterre pour la tournée européenne de Rush, puis le groupe s’installe aux Rockfield Studios au Pays de Galles pour l’enregistrement de l’album suivant, A Farewell to Kings (1977), puis y retourne en 1978 pour la suite, Hemispheres, qu’ils écrivent entièrement dans le studio. L’enregistrement de cinq albums en quatre ans et les 300 concerts par an épuisent le groupe, qui décide d’avoir désormais une approche différente. Peart décrit cette période comme un « tunnel sombre ».

À partir de ce moment, la carrière de Neil Peart tourne presque exclusivement autour de Rush.

En 1992, Neil Peart est invité par la fille de Buddy Rich, Cathy Rich, à jouer à New York au Buddy Rich Memorial Scholarship Concert, un concert organisé pour offrir des bourses d’études à de jeunes batteurs. Bien qu’au premier abord il soit intimidé par la demande, il accepte et joue pour la première fois avec le Buddy Rich Big Band, mais part avec l’impression que sa performance laissait à désirer. Il décide alors de produire deux albums en hommage à Buddy Rich, intitulés Burning for Buddy: A Tribute to the Music of Buddy Rich en 1994 et 1997.

Début 1997, Peart et Cathy Rich recommencèrent à discuter d’un second concert en hommage à Buddy. Peart décide alors d’améliorer encore son style de swing en prenant des leçons, cette fois avec un autre élève de Freddie Gruber (en), Peter Erskine, lui-même professeur de Steve Gadd. Le 18 octobre 2008, Peart se produit au Buddy Rich Memorial Scholarship Concert à New York.

Juste après la fin de la tournée de Rush Test For Echo Tour, le 10 août 1997, sa fille unique, Selena Taylor de dix-neuf ans, meurt dans un accident de la route près de Brighton en Ontario. Jacqueline Taylor, sa femme depuis 22 ans, meurt d’un cancer seulement dix mois plus tard, le 20 juin 1998. Neil Peart affirme cependant que sa mort est le résultat d’un « cœur brisé » qui a engendré « un suicide lent par apathie. Elle n’en avait juste plus rien à faire. »

Dans son livre Ghost Rider: Travels on the Healing Road, Peart décrit comment il a annoncé à son groupe, lors de l’enterrement de Selena : « considérez-moi à la retraite ». Il prend ses distances pour faire son deuil et réfléchir. Il part alors pour un grand voyage à travers l’Amérique du Nord sur sa moto BMW, parcourant 88 000 km. Une fois son voyage terminé, Peart décide de retourner dans le groupe. Il écrit Ghost Rider: Travels on the Healing Road, une chronique de son parcours géographique et sentimental.

Pendant une visite à Los Angeles le photographe Andrew MacNaughtan, un ami de longue date, qui lui présente la photographe Carrie Nuttall qu’il épousera le 9 septembre 2000. En juin 2009, Peart annonce sur son site qu’ils attendent leur premier enfant. Olivia Louise Peart naît le 12 août 2009.

Début 2001, Neil Peart annonce qu’il est prêt à recommencer les enregistrements et les concerts. Rush sort en 2002 l’album Vapor Trails. Au début de la tournée associée à cet album, il est décidé par les membres du groupe que Peart ne participerait pas aux interviews quotidiennes organisées avec la presse locale de chaque ville visitée. En effet, il n’était pas nécessaire pour eux d’exposer Neil à un flux continu de questions à propos des événements tragiques de sa vie.

Depuis son retour dans le groupe, Peart a retrouvé une vie de musicien à plein temps. Le groupe sort un EP de reprises en 2004, Feedback, puis leur dix-huitième album Snakes & Arrows en 2007, tous suivis de tournées supplémentaires en 2004, 2007 et 2008.

Peart meurt le 7 janvier 2020 d’un cancer au cerveau, après trois ans et demi de lutte contre la maladie.

Neil Peart est mort le mardi 7 janvier 2020, à l’âge de 67 ans, d’un cancer du cerveau, à Santa Monica (USA, Californie).

10 juillet 2020

93 46ème HLM CAC G.BRASSENS 20 04 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 16 h 05 min

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pour cette 46ème nous recevions Sarah Lecoq maraîchère qui nous parle de son métier et pour la partie musicale PLUMP

 

Sarah Lecoq

Après dix ans de carrière en tant qu’employée fleuriste sur la commune de Mantes-la-Jolie, Sarah Lecoq rejoint son père en 2011 sur la ferme du Beauvoyer. Ce changement d’activité ne s’est pas fait du jour au lendemain, avant le rachat d’une partie de la ferme, elle a fait le choix de se former en intégrant un BPREA, maraîchage Biologique, au CFPPA de Bougainville. En vue du futur départ à la retraite de son père, son objectif est d’assurer la reprise de l’ensemble de la parcelle , tout en intégrant des techniques culturales respectueuses de l’environnement.

La majorité des tâches réalisées lors de nos 3 semaines de stage, se sont concentrées sur une partie bien précise de la ferme. Cette parcelle se situe dans la vallée alluviale de la Seine, entre l’A13 et la forêt de Rosny-sur-Seine. D’une surface de 30 ha, elle repose sur des sols limono-sableux avec des pointes d’argile allant jusqu’à 14%.

Sarah est en charge de la partie maraîchage diversifié, cet atelier de production comprend une serre avec six tunnels, un champ ainsi qu’un point de vente sur site.

Les espaces de culture en maraîchage diversifié se situent au pied d’un terrain avec une forte pente, appartenant à un voisin, agriculteur en conventionnel. Le ruissellement des eaux de pluie ont donc tendance à créer un phénomène d’érosion des sols.

Les cultures d’asperge et de fraise sont quant à elles cogérées avec son père et toute la famille Lecoq.

 

Par Mehdi Gherdane

Le 7 février 2017 à 17h20

Provocatrice, elle lance un pari un peu fou : « Je veux reboiser le Grand Paris ». Sarah Le Coq le dit évidemment sur le ton de la rigolade mais il faut se méfier avec cette agricultrice installée à Rosny-sur-Seine : elle carbure à l’utopie. Elle vient de remporter un concours national agricole consacré aux « fermes d’avenir ». Grâce à l’enveloppe de 10 000 € allouée à ce concours, elle va planter plus de 4 000 arbres dans la plaine de Rosny, une commune proche de Mantes-la-Jolie, grignotée au fil des ans par l’urbanisation. « Initialement, c’est quelque chose que j’envisageais de faire sur vingt ans. Grâce à cet argent, ce délai sera ramené à deux ans », confie cette agricultrice de 35 ans, descendante de fermiers et de laboureurs depuis 1789.

Pour prendre de l’avance, elle a déjà commencé à repiquer plus de 2 000 végétaux au beau milieu de ses champs, en décembre dernier, avec l’aide de bénévoles et de membres de l’association d’aide à l’installation et à la gestion du maraîchage. La seconde corvée est prévue en septembre prochain. Tous ces arbres cohabiteront avec les milliers de légumes qu’elle cultive.

Le mot : permaculture

Conceptualisée à la fin des années 1960, la permaculture tient autant de la philosophie que de la technique agricole. Il s’agit de créer un modèle environnemental le plus autonome possible de manière à limiter au maximum l’intervention de l’homme. Exemple concret : l’accumulation, au fil des ans, des couches de compost va enrichir durablement le sol et l’agriculteur n’aura plus besoin d’utiliser régulièrement de l’engrais. Autre exemple, les poules, qui éliminent les insectes nuisibles et produisent des œufs. Ces interactions finissent par créer un équilibre qui crée de l’abondance et profite tant aux hommes qu’à la nature.

Installée à la sortie de Rosny-sur-Seine, au pied de la superbe forêt qui domine sa petite maison, Sarah Le Coq produit et vend tout au long de l’année 70 à 80 espèces de légumineuses. « La cohabitation est bénéfique pour les légumes, dit-elle. Un arbre apporte de la fraîcheur en été et de la douceur en hiver, il attire les oiseaux qui s’attaquent aux insectes, attire de nouvelles espèces, apporte de la matière organique grâce à ses racines et la décomposition de ses feuilles ». Bref, un engrais naturel, respectueux de l’environnement et qui favorise la biodiversité.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre du concept de permaculture, une forme d’agriculture respectueuse de la nature. Cette philosophie a également l’avantage de doper la production de légumes. D’ici 10 à 30 ans, selon leur pousse, Sarah Le Coq pourrait augmenter ses rendements de 10 à 20 % grâce à la cohabitation arbres-légumes. Un argument, pour elle, secondaire mais qui pourrait aider à convaincre les partisans de l’agriculture intensive…

Rosny-sur-Seine : Sarah Lecoq, l’agricultrice qui veut reboiser ses champs
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du concept de permaculture, une forme d’agriculture respectueuse de la nature. Cette philosophie a également l’avantage de doper la production de légumes. LP/M.G.

 

PLUMP : TRIP-HOP FRANCAIS QUI SORTIRA SON NOUVEL ALBUM MIRROR MIND EN DÉCEMBRE

Les diverses inspirations musicales des membres du groupe PLUMP ont donné naissance à un projet de composition de musique TRIP-HOP. Des sons électroniques mêlés aux poèmes de HUGO MARTIN, comédien Américain, entraînent l’arrivée d’un premier album en décembre 2017, « MIRROR MIND« . La musique aux allures transcendantales, parfois sombre, fait de PLUMP un groupe à part, nous invitant à un voyage musical quasi mystique. Ils mélangent alors les Transes Acoustiques de la Basse et du Zarb à des Transes Electroniques et des textes Américains poétiques.

 

92 L’émission du CSPB 28 03 17

Classé sous CSPB — SQUALE @ 15 h 50 min

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DERNIER MARDI DU MOIS L’EMISSION DU COMITÉ DE SOLIDARITÉ DU PEUPLE BASQUE.

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91 45ème HLM CAC G. BRASSENS 21 03 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 15 h 48 min

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Pour cette 45ème nous recevions l’asso sur la monnaie locale et pour la partie musicale le groupe white foxies

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90 FREE PARTY 14 03 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 15 h 43 min

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COMPRENDRE LE MOUVEMENT DES FREE PARTY OU RAVE PARTY QUI SE DÉMARQUE DES CLUBS TECHNO AUTORISÉS

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89 JABUL GORBA 07 03 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 14 h 33 min

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On ne présente plus les Jabul groupe gypsy balkano swing punk. Ils fêtent leurs 20 ans, gros moment revival au CAC G Brassens.

 

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06/05/2018, Aveyron-12, Festival Metallorgie, plus d’infos à venir…
26/04/2018, Saint-Michel-sur-Orge-91, Taverne Gambrinus, plus d’infos à venir…
17/03/2018, Meaux-77, plus d’infos à venir…
10/03/2018, Genouilly-71(Chalon-sur-Saone), Concert Les Malfamés, info
09/03/2018, Bourgogne, Concert, plus d’infos à venir…
20/01/2018, Paris-75011, La Petite Maison, concert de soutien à l’ASMIE, info

01/12/2017, Mantes-78, CAC Georges Brassens, Concert de soutien à la ZAD
19/11/2017, Soulvache-44660, Le Papier Buvard
18/11/2017, Vers St-Brieux-22000, Festival Punk
20/10/2017, Issy-les-Moulineaux-92, Le Réacteur, avec Rumjack & 8-6 Crew
23/09/2017, Paris-75020, Undergrounde 2017 Annulé
02/09/2017, Marcoux-42, Fouilla’Fest + Lavach’ + Les coureurs de rempart
08/07/2017, Aubenas-07, Sk’Ardèche + Ludwig + les Sales Majestés + Banane Metalik
24/06/2017, Palaiseau-91, Festival la Pie Rock Annulé
17/06/2017, Paris-75004, la Fête de la Récup’
07/05/2017, Montreuil-93, le Chinois + The Gribitch Brothers
06/05/2017, Nemours-77, Festival Bingo Ratapouet !
22/04/2017, Val de Reuil-27, 10 ans de Culture en Brousse info
08/04/2017, Le Havre-76, What’s the Punk ?!? by CR47 Family Annulé
31/03/2017, Cergy Pontoise-95, le Printemps des Roulottes info
11/03/2017, Mantes la Jolie-78, CAC G. Brassens – Concert des 20 ans + la Pire Hour info
11/02/2017, Londres-Ang, Gypsy Disco Night
10/02/2017, Lewes-Ang, The Lamb
13/01/2017, Paris-75019, la Pena Festayres + Los Fastidios + Buffo’s Wake + …

 

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1 juillet 2020

EMISSION DU CSPB 30 06 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 21 h 12 min

ETA ROUGE DETOURE N

 

Retrouvez l’émission sur:

http://www.mixcloud.com/skuale/

ou

http://www.mixcloud.com/radiolibertaire/

Au sommaire de l’émission du Comité, Mikel Barrios militant livré par l’allemagne. Alors qu’il était sous contrôle judiciaire avec un CDI, intégré dans la vie associative. la justice le condamne à 5 ans de prison, avec obligation de se présenter à la prison de mont de marsan pour y être incarcéré. Jakès Esnal se voit refuser la liberté conditionnelle. Patxi Ruiz a cessé sa grève de la faim, Mattin Larbal militant de l’euskara et journaliste radio à Gure Irratia  L’implication de félipe gonzales du PSOE et le GAL. le rapport d’Etxerat.   

Le «commando français» de l’ETA jugé à Paris. Emprisonné en Espagne, le principal témoin à charge n’a pas été autorisé à participer au procès.

Par Sorj CHALANDON — 27 mai 1997 à 02:01

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 Le «commando français» de l’ETA jugé à Paris. Emprisonné en Espagne, le principal témoin à charge n’a pas été autorisé à participer au procès.

La cour d’assises spéciale de Paris, exclusivement composée de

magistrats professionnels, a un problème. Il s’appelle Henri Unai Parot, il est basque, appartient à l’ETA et purge actuellement la peine vertigineuse de 5 145 années de réclusion criminelle dans une prison espagnole. C’est lui, arrêté le 2 avril 1990 à l’entrée de Séville par la garde civile, qui a permis aux enquêteurs français de démanteler le «commando Argala» de l’ETA. Un groupe clandestin composé de Basques de nationalité française, tenu pour responsable d’une vingtaine d’attentats meurtriers commis en Espagne entre 1978 et 1989. Pour répondre de ces crimes, aujourd’hui dans le box face aux magistrats français, ils sont six. Filipe Saez, 38 ans, moine. Bixete Garcia, 42 ans, agent technico-commercial. Frédéric «Txistor» Haranburu, 43 ans, directeur commercial. Jakes Esnal, 46 ans, plombier. Jean-Pierre «Panpi» Erramundegi, 42 ans, chaudronnier. Et enfin Jon Parot, 46 ans, ancien gérant de société et frère d’Unai, le cinq cents fois condamné à vie. Les deux premiers reconnaissent les accusations. Les deux suivants se sont rétractés. Et jamais les deux derniers n’ont admis leur participation au «commando français». Le problème donc, c’est qu’Unai Parot, seul témoin à charge, n’est pas là. Le garde des Sceaux a officiellement souhaité qu’il soit extrait de sa prison espagnole et amené devant la cour d’assises mais, depuis sept ans, Madrid fait la sourde oreille.

Incident d’audience. «Je demande à la cour d’ordonner sa présence», lance Me Jean-François Blanco, avocat de la défense. Me Fando, elle, accuse les magistrats de siéger «expressément à la demande de l’Espagne pour condamner, pas pour juger». Le président Yves Jacob est très embarrassé. Interrogeant l’avocat général, il s’entend répondre: «Je ne fais pas de procès d’intention aux autorités espagnoles. Nous attendons simplement leur réponse.» Colère de la défense. Durant l’instruction, par quatre fois, trois juges d’instruction français se sont rendus en Espagne pour interroger le détenu. L’avocat appelle cela «coopération judiciaire à sens unique». Pour les avocats, la raison de la mauvaise volonté de Madrid tient à la façon dont les aveux d’Unai Parot ont été obtenus. Du 2 au 7 avril 1990, la garde civile de Séville s’emploie à faire parler le Basque. Il affirme avoir été torturé cinq jours et cinq nuits. Etouffement au sac plastique, supplice de la baignoire, centaines de coups répétés sur la tête, l’estomac, les testicules jusqu’à l’évanouissement. «Ils me soulevaient par les cheveux, me faisaient tourner, me mettaient les pouces derrière les oreilles, enfonçant les ongles, puis à nouveau le sac plastique.» Alors Parot donne le commando. Devant le juge, entouré de militaires il confirme qu’il est «tombé dans les escaliers». Son état est tel que le magistrat lui demande simplement de répondre aux questions «en remuant la tête». Selon l’avocat de Jon Parot, son frère, c’est pour que cette histoire ne soit pas répétée ici que le témoin est absent.

C’est aujourd’hui que le président Jacob doit statuer sur cette affaire. Hier, en attendant, il a ordonné la lecture de l’acte d’accusation. Longue litanie d’attentats, d’armes transportées, de matériel militaire, de mise à feu décrites avec le souci pointilleux de l’artificier. Et aussi, le défilé des victimes. Trente-huit morts. Des policiers, des militaires, des magistrats, un industriel, deux femmes, cinq enfants qui dormaient à la caserne de Saragosse. Face à ces terribles accusations, les Basques n’ont pas adopté de défense commune. Saez admet tout, prêt à être jugé sur sa part du drame. D’autres nient simplement. Si Unai Parot ne paraît pas, d’autres enfin ont prévu de se retirer des débats.

- Dix-neuf personnes, Basques et Bretons, qui avaient comparu les 25 et 26 mars pour association de malfaiteurs dans le cadre de l’ETA, ont été condamnées hier à des peines allant de dix ans de prison, pour Pedro Picabea-Ugalde, à de la prison avec sursis pour Yvonne Le Roux ou Paul et Marie-France Le Coq.

Sorj CHALANDON

 

Prisonniers : une chaîne humaine pour rompre le blocage à Paris

- Près de 600 personnes se sont mobilisées à Saint-Jean-de-Luz pour demander la libération de Jakes Esnal, dont la demande de libération conditionnelle est en cours d’examen. Un cas parmi d’autres qui illustre le blocage persistant du processus de résolution du conflit de la part du gouvernement français. Bake Bidea parle même de « sabotage ».

 

GOIZEDER TABERNA|2020/06/27 16:35|0 IRUZKIN

Le processus de paix est dans l’impasse et Jakes Esnal le vit de sa chair. Incarcéré depuis 1990, le militant luzien de 69 ans en est à sa deuxième demande de libération conditionnelle, passée en appel jeudi 25 juin. A l’audience, lui et son avocate se sont retrouvés face à un mur. C’est pour le briser que près de 600 personnes ont investi le pont reliant Saint-Jean-de-Luz à Ciboure ce samedi 27 juin. Une chaîne humaine organisée pour exiger du gouvernement français son implication dans le processus de paix.

 

Les dossards bleus imprimés sous le sceau du mouvement citoyen pour la résolution du conflit Bake Bidea et des Artisans de la Paix ont formé un épais cordon des deux côtés du pont. Suspendues du pont par une corde, deux personnes tiennent des fumigènes à la main. Le bruit de casseroles dépasse celui des moteurs de voitures, nombreux en cette heure avancée de la matinée. Une manière de se faire entendre avant le rendu des juges attendu pour le 24 septembre, concernant Jakes Esnal. La mobilisation lui donne des forces, un espoir, mais l’épouse du prisonnier incarcéré à l’Île-de-Ré, Maite Esnal, sent une certaine impatience. « Les gens en ont assez », souffle-t-elle.

 

 

 

Les manifestants ont formé une chaîne humaine pendant trois quart d’heures. © Bob EDME

 

En face d’elle, de l’autre côté de la route une banderole dit « ça suffit ! ». Après trente ans de prison, ici, on ne comprend pas que Jakes Esnal, mais aussi Frederik Haranburu, Ion Kepa Parot et Unai Parot soient encore détenus. Ils n’acceptent pas qu’on les condamne à mort. Les trois premiers ont une peine de perpétuité mais remplissent les conditions pour une libération conditionnelle. « Nous demandons des instructions générales adressées aux magistrats afin qu’ils tiennent compte des avancées réalisées dans le cadre du processus de paix », lance Anaiz Funosa la présidente de Bake Bidea.

 

Troisième demande de Xistor

 

A plusieurs reprises, les juges du tribunal d’application des peines ont accepté en première instance les demandes de ces prisonniers, mais à chaque fois, le parquet a opposé un appel, ignorant dans son argumentaire les pas franchis par l’organisation ETA. A l’audience de Mikel Barrios aussi, le 23 juin, la ligne du parquet était semblable et le tribunal l’a condamné à de la prison ferme. Ce lundi 29 juin, une délégation se rendra à la prison de Mont-de-Marsan, le jour où il y sera incarcéré. « Ce n’est pas le moment de remplir les prisons, mais de les vider ! » ont lancé au micro les intervenants, à la fin de la mobilisation, dans une place Louis XIV recouverte de bleu.

 

Ils ont appelé à maintenir la mobilisation, compte tenu de l’actualité à venir. Effectivement, en plus de la décision concernant Jakes Esnal, la demande de libération conditionnelle de Frederik Haranburu « Xistor » sera examinée par le tribunal d’application des peines le 9 juillet prochain. Après deux essais frustrés, cette troisième demande arrive dans un contexte sanitaire risqué pour ce prisonnier à la santé vulnérable.

 

L’indépendance du parquet

 

Sur le kiosque, deux intervenants ont repris les propos tenus par la garde des Sceaux le 24 juin, qui affirmait au sujet de l’indépendance du parquet : « Dans notre système français, c’est un système hiérarchisé pour les procureurs. (…) Le gouvernement détermine la politique de la nation, donc la politique pénale. C’est moi qui détermine la politique pénale sous l’autorité du Premier ministre, (…) et donc je peux donner des instructions générales aux procureurs généraux qui ensuite les répercutent. » Des déclarations qui provoquent une certaine incompréhension. « Pourquoi n’y a-t-il pas une instruction générale qui prend acte de la nouvelle situation au Pays Basque ? », demandent Bake Bidea et les Artisans de la paix. En face, on leur opposerait la séparation des pouvoirs et l’impossibilité pour le gouvernement de traiter les affaires au cas par cas.

 

Lundi 22 juin, la délégation du Pays Basque formée de représentants de la société civile et d’élus a rencontré le directeur adjoint au cabinet de la ministre de la Justice, Olivier Christen, remplaçant d’Hélène Davos. Comme elle, il a rempli auparavant la fonction de magistrat de liaison à Madrid. Le dossier basque ne lui est donc pas étranger. Prévu cet hiver, le rendez-vous avait été reporté en raison du Covid-19, mais les membres de la délégation ont tenu à le faire au plus vite. « Nous nous devions de le faire, d’abord pour lui faire part du ressenti au Pays Basque, et pour lui présenter l’analyse que nous faisons du manque de prise en main de ce dossier », explique Anaiz Funosa.

 

 

 

La prise de parole s’est terminée par des coups de casserole et des applaudissements. © Bob EDME

 

Engagées au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, les discussions avec la délégation ont permis le rapprochement des prisonniers hommes dans des établissements proches du Pays Basque, à Lannemezan et Mont-de-Marsan. Elles ont également conduit au retrait du statut de détenu particulièrement surveillé. Un processus salué publiquement par le président français en personne. Mais il semblerait qu’au plus haut niveau de l’Etat, on ne soit pas disposé à rompre avec la doctrine anti-terroriste. Bake Bidea craint que l’Etat ne soit en train de « saboter le processus de paix ».

 

Face à cela, les organisateurs de la mobilisation sont fermes, « le processus engagé doit aller jusqu’à son terme : il n’y a pas d’autres options ! ». Ils ajoutent : « Dans le respect de nos principes et de notre pluralité, il nous faudra engager une nouvelle stratégie pour casser le mur qui entrave le chemin ». Et que ce processus engagé en 2011 ne connaisse pas le sort de Sisyphe.

Jakes Esnal : décision connue le 24 septembre

L’appel du parquet contre la libération conditionnelle de Jakes Esnal a été examiné ce jeudi 25 juin. La chambre d’appel rendra sa décision le 24 septembre prochain. En attendant, il reste en prison.

« Nous avons la sensation que la décision est déjà rendue ». L’avocate Maritxu Paulus Basurco ne peut pas cacher sa déception après une longue audience dans laquelle la deuxième demande de libération conditionnelle de Jakes Esnal a été examinée. Durant trois heures, sa situation a fait l’objet de débats et pour la première fois, l’avocat des parties civiles était présent, à côtés du parquet général. La décision de Justice concernant le recours présenté par le parquet sera rendue le 24 septembre.

Alors que le tribunal d’application des peines de Paris avait accepté la libération conditionnelle de Jakes Esnal le 13 mars dernier, le parquet avait immédiatement fait appel. Un déjà vu dans le cas des prisonniers basques. Les juges acceptent la libération conditionnelle, mais le parquet ne change pas de direction et reste ancré sur sa position de maintenir coûte que coûte le prisonnier dans sa cellule.

Pour Maritxu Paulus Basurco qui défend Jakes Esnal accompagnée de Serge Portelli, le parquet général a été « très très agressif ». « Au niveau de la défense, nous avons senti un manque d’impartialité. Les éléments favorables du dossier ont été écartés et les défavorables ont été largement évoqués », regrette-t-elle. Le fait que la Justice rende sa décision si tard lui paraît également « un mauvais signe ».

Avec plus de trente ans d’incarcération, Jakes Esnal a actuellement 70 ans. Comme l’a déploré il y a quelques mois son avocate, si la chambre d’appel s’aligne sur les décisions prises précédemment, il ne sera plus possible de présenter un projet professionnel aussi bon que celui présenté aujourd’hui, lors d’une éventuelle nouvelle demande de mise en liberté. « Personne ne travaille à 73 ans ».

Les Artisans de la Paix et Bake Bidea ont appelé à se mobiliser ce samedi 27 juin à Saint-Jean-de-Luz pour demander la libération du prisonnier luzien. Une chaîne humaine organisée sur le pont Charles de Gaule reliera Saint-Jean-de-Luz à Ciboure à 11 heures.

 

Un parquet jugé « très agressif »

Cette mobilisation était le point d’orgue d’une semaine « qui illustre bien la réalité de cette impasse », ont estimé les organisateurs. Jeudi, la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Paris a étudié une demande de libération conditionnelle de Jakes Esnal, la deuxième formulée par ce prisonnier de 69 ans, ancien chef de l’ex-organisation armée séparatiste ETA, qui a passé le cap des trente ans en prison. La décision est attendue pour le 24 septembre.

« On a fait face à une attitude très agressive du parquet et de l’avocat général, les débats n’ont pas du tout été sereins. On a aussi senti un rapport totalement à charge et une attitude partiale des juges qui n’ont mis en avant que les points défavorables », a indiqué à son avocate Me Maritxu Paulus-Basurco, présente à la mobilisation.

Un territoire responsable

Deux jours avant, une délégation d’élus du Pays basque avait été reçue au ministère de la Justice pour soulever « l’attitude inacceptable du parquet national antiterroriste », qui avait notamment fait appel en mai de la décision du Tribunal d’application des peines de Paris, compétent en matière terroriste, de satisfaire la demande de libération d’Esnal.

« On a aussi rappelé à l’autorité publique que ce territoire a toujours su prendre ses responsabilités », a indiqué Anaiz Funosas, présidente de Bake Bidea. Outre Jakes Esnal, Mme Funosas s’insurge du sort réservé à Ion Parot et Frédéric « Xistor » Haramboure, détenus eux aussi depuis trente ans : « Assiste-t-on à une vengeance d’Etat ? Veut-on les faire mourir en prison ? ».

 

 

La demande de Jakes Esnal sur la table

Le tribunal d’application des peines se penche aujourd’hui sur le cas du prisonnier luzien Jakes Esnal. Bake Bidea attend du parquet un changement de position.

 

Organisé par Bagoaz à Saint-Jean-de-Luz pour demander la libération du prisonnier Jakes Esnal. ©Isabelle Miquelestorena

Sur le point d’entamer sa 31ème année d’incarcération, Jakes Esnal verra sa demande de libération conditionnelle étudiée par le tribunal d’application des peines de Paris, ce vendredi 13 mars. Lors de cette audience, le prisonnier basque sera informé de la date du délibéré.

 

Après le refus de la part du parquet antiterroriste d’autoriser le Luzien à participer à une marche rapide organisée par le centre pénitentiaire de l’Ile-de-Ré où il est détenu, ses proches sont vigilants. Ils sont inquiets par rapport à ce que le mouvement Bake Bidea, lui, appelle « un véritable acharnement », qui se traduit à chaque demande de libération conditionnelle par des réquisitions à charge.

 

Le mouvement citoyen pour la résolution du conflit réclame un changement de la part du parquet. « Jusqu’à aujourd’hui, le parquet antiterroriste s’est toujours positionné contre les demandes de libération conditionnelle des prisonniers basques. Nous exigeons qu’il se positionne en faveur de cette demande et qu’il change enfin de positionnement sur la question des prisonniers basques, afin que nous puissions continuer à faire avancer le processus de paix au Pays Basque », déclare-t-il dans un communiqué.

 

La première demande de libération conditionnelle présentée par Jakes Esnal a été refusée en 2016. La seconde devait être étudiée le 28 novembre, mais les juges ont accepté la demande du parquet de reporter l’audience au 13 mars, le temps que la Commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté (CPMS) étudie le dossier.

 

Pour dénoncer les peines de prison à vie qu’est en train d’infliger la Justice française à Jakes Esnal ainsi qu’à Frederik Txistor Aranburu et Ion Kepa Parot, tout trois condamnés à la perpétuité, Bake Bidea a réitéré son appel à participer à des mobilisations le 8 avril. En ce jour anniversaire du désarmement d’ETA, plusieurs rendez-vous seront organisés sous le slogan « Accomplir sa peine jusqu’à la mort ? 30 ans ça suffit ! ». Le mouvement lance un appel à bénévoles pour l’organisation de ces manifestations.

 

Le journaliste de la la radio Gure Irratia est décédé. Il fut l’un des grands artisans du média en langue basque et militant inlassable de sa langue.

Le groupe des radios bascophones Euskal Irratiak a annoncé, mardi 2 juin, le décès de Mattin Larzabal. Journaliste incontournable au Pays basque pendant trois décennies, il fut un pilier de l’antenne de Gure Irratia et contributeur de l’hebdomadaire « Herria », un fervent défenseur de l’euskara, la langue basque.

 

Grand militant de la langue 

Mattin Larzabal était déjà présent à la fondation de Gure Irratia. Son actuelle responsable de la programmation, Oiana Daguerre, évoque la naissance de la station, « le 24 décembre 1981 au soir. Dès janvier 1982, Mattin est devenu journaliste totalement bénévole de la radio. Elle n’avait pas d’aides donc pas encore la possibilité de verser des salaires. Mattin était bénévole à temps plein pour la radio, il a donné beaucoup de son temps. » Et quand Gure Irratia a pu le salarier à mi-temps, « il a continué de travailler à temps plein ». 

Oiana Daguerre raconte ces premiers temps, car ils disent l’engagement de Mattin Larzabal. « C’était un  militant de la langue. Et la radio était un acte militant de la langue. Il faut savoir que, dans les années 1970, Mattin enseignait le basque au sein de l’association Mendiberri. À l’époque, AEK n’existait pas. » Enseignant bénévole, toujours. « Beaucoup de bascophones ont appris la langue avec lui. »

Pilier de la radio

Et quelque générations de journalistes les rudiments du métier. « Il nous a beaucoup formés. Il faisait tout : reporter sur le terrain, il présentait le journal… » Qui au Pays basque n’a jamais rencontré cet homme affable et d’une grande culture, micro en main, sur les événements qui font la vie d’ici ?

« Il donnait l’information de proximité, il était très proche des auditeurs. Quand ils avaient une information à confier, il appelaient Mattin avant d’appeler la radio. Après son départ en retraite, en 2012, les gens ont longtemps continué à l’appeler. ‘Mattin n’est pas là ?’ » 

Prix Rikardo Arregui

Le prix Rikardo Arregui était venu saluer la fin de sa carrière. Ce prix porte le nom du journaliste précurseur du mouvement de réappropriation de la langue basque sous la dictature de Franco. 

Journaliste, militant de la langue et sensible à toutes les questions qui traversent le Pays basque, il avait notamment, au début des années 1970, participé à la grève de la faim pour défendre les « réfugiés basques » engagés contre le franquisme. Toute sa vie, Mattin Larzabal fut aussi un homme de foi, impliqué dans les associations paroissiales. 

Mattin Larzbal a été emporté par la maladie à l’âge de 69 ans. Il laisse dans la peine son épouse, deux filles, un fils et ses petits-enfants. La date des obsèques n’est pas encore connue.

Hommage de gure irratia

Nous sommes profondément attristés d’apprendre que Mattin Larzabal, qui travaille pour Gure Irratia depuis 30 ans, est décédé le 2 juin. Il a pris sa retraite en 2013, ce 26 juin, à l’âge de 70 ans.

Il a fondé gure irratia et a commencé à travailler deux ans plus tard. Comme il l’a déclaré à Berria , il a donné « bien plus que ce que Lanak a demandé » pour la radio, pour le journalisme en basque. Il a reçu la mention honorable dans le prix Rikardo Arregi de journalisme 2012.

Mattin était un collègue, un modèle et un ami à vous.  »Dans un endroit préféré, pas de pente » comme tu l’as fait dans nos vagues. Nous continuerons de céder la place à vos paroles. Merci de l’avoir apporté.

En juin 2013, il a été invité par Xan Beyrie et Arantxa Idieder à la session de Goiz Berri, avec seulement trois jours avant de pouvoir prendre sa retraite pour travailler (son).

Pays-Basque : Patxi Ruiz met fin à la grève de la faim qu’il menait depuis 31 jours

Mercredi 10 juin, Patxi Ruiz a mis fin à la grève de la faim qu’il menait depuis 31 jours. Patxi Ruiz avait entamé une grève de la faim et de la soif (il avait accepter de boire à nouveau au bout de 12 jours) pour exiger son retour dans le module 8 de la prison de Murcia. Il avait, en effet, été transféré vers un autre module afin de le séparer d’autres prisonniers politiques par un gardien d’extrême-droite qui l’a menacé (voir notre article). Hospitalisé depuis le 21 mai, il devait être transféré au module 10 de la prison, mais cela n’a pas encore été confirmée.

 

Pays-Basque : Un prisonnier basque s’auto-mutile pour protester contre les exactions d’un gardien fasciste

 

Lundi 30 décembre, Patxi Ruiz, un ancien membre de ETA emprisonné à la prison de Murcia II, s’est automutilé en se coupant les bras avec un objet pointu pour protester contre  l’attitude d’un gardien fasciste à l’égard des prisonniers politiques basques et des prisonniers arabes qu’il harcèle, menaces ou frappe. Patxi Ruiz tient à préciser que cette action est une protestation politique, qu’elle n’a été motivée ni par la dépression, ni par le désespoir, mais qu’elle est bien une forme de lutte. Suite à ces blessures, il a été transporté à l’infirmerie où il a reçu 12 agrafes. Pour rappel, il purge une peine de trente ans de prison pour avoir exécuté, en 1998, un conseillé de l’UPN à la mairie de Pampelune

 

Le prisonnier politique basque Mikel Barrios transféré à la prison d’Osny

ETXERAT. Le prisonnier politique basque Mikel Barrios a été incarcéré le 15 décembre dernier à la prison d’Osny (970 km) après avoir été remis à l’État français par les autorités allemandes.

Mikel Barrios condamné à cinq ans de prison

Mikel Barrios a été jugé pour appartenance à ETA ce mardi 23 juin à Paris. Le tribunal correctionnel l’a condamné à cinq ans de prison et une interdiction du territoire français pendant dix ans. Il doit se rendre en prison le 29 juin prochain.

 

IURRE BIDEGAIN|23/06/2020|0 COMMENTAIRES Guz_rassemblementmikelbarrios_itsasu_gfauveau-1Mobilisation organisée à Itxassou en soutien à Mikel Barrios. ©Guillaume Fauveau

« Pour être totalement franche, je suis tombée des nues ». Xantiana Cachenaut, l’avocate de Mikel Barrios, ne s’attendait pas du tout à une peine aussi dure, qui « est absolument dénuée de tout sens ». Le militant d’Iruñea a été jugé à Paris ce mardi 23 juin pour appartenance à ETA. Le tribunal correctionnel l’a condamné à cinq ans de prison avec exécution provisoire, ainsi qu’une interdiction du territoire français pendant dix ans. Il doit se rendre à la prison de Mont-de-Marsan le 29 juin.

 

« En dehors des réquisitions du parquet, pour un juge, priver quelqu’un qui a respecté son contrôle judiciaire, qui a un emploi en CDI, le priver de la possibilité d’aller en appel de manière libre, c’est quelque chose de vraiment hallucinant », déplore-t-elle. « Aucun argumentaire de la part du Parquet. Aucune justification de la sévérité de sa réquisition », s’étonne Maître Cachenaut. Cela fait presque deux ans que Mikel Barrios a été libéré sous contrôle judiciaire. Depuis octobre 2018, il est soumis à des mesures, telles que la signature au commissariat deux fois par semaine. Emprisonné en 2017 à Berlin et transféré dans l’Hexagone peu après, le procureur s’était positionné contre sa libération sous contrôle judiciaire.

 

L’avocate a défendu son client en demandant la relaxe, rappelant entre autres l’abandon de la lutte armée d’ETA ou la déclaration d’Aiete, moment politique important pour le processus de paix au Pays Basque. « J’estime, d’un point de vue juridique, que pour être condamné pour appartenance à une organisation terroriste, il faut avoir l’intention de participer à une organisation terroriste. C’est même essentiel dans la qualification juridique. Alors que l’organisation a abandonné la lutte armée, les éléments intentionnels de l’infraction indispensables pour la condamnation n’existent pas », explique-t-elle.

 

L’avocate avait également demandé que l’interdiction du territoire demandée par le Procureur ne soit pas prise en compte. En effet, depuis sa libération, Mikel Barrios vit et travaille au Pays Basque Nord. Avec dix ans d’interdiction du territoire français, elle n’a pas été entendue.

 

Les réquisitions du parquet ont duré entre cinq et dix minutes. Il a requis une condamnation de six ans de prison et une interdiction définitive du territoire français contre Mikel Barrios. Selon l’avocate, il a versé des éléments de procédure assez récents, évoquant la découverte de caches sur le territoire français, dont certaines découvertes très récemment. « Il a requis que l’organisation n’avait pas restitué toutes les armes et n’était pas sincère dans ses déclarations ». Des propos maintes fois répétées par le Parquet lors des derniers procès. Le procureur a dénoncé « l’attitude des militants qui ne change pas », notamment le silence de Barrios sur les faits qui lui sont reprochés, soit ses empreintes dans différents véhicules volés. Le Procureur a indiqué tenir compte des éléments d’intégration, et aussi du fait que le militant s’était présenté à son procès : c’est la raison pour laquelle il n’a pas demandé à ce que Barrios soit interpellé ce soir-même.

 

Le procès contre le militant a fait l’objet d’un rassemblement de soutien organisé à Itxassou. Le rendez-vous organisé par l’association Elkartasuna ta Laguntza a exprimé sa solidarité envers le militant basque et aussi rappelé le contexte actuel du Pays Basque. Elle rappelle que la société civile ainsi que les acteurs politiques et institutionnels ont montré leur engagement envers le processus de paix.

Mikel Barrios : “Lundi, je rentre en prison”

https://www.mediabask.eus/fr/info_mbsk/20200626/mikel-barrios-lundi-je-rentre-en-prison

Il a été interpelé en Allemagne en 2017, puis remis aux autorités françaises. Après avoir été incarcéré pendant un an, ce Navarrais de 32 ans a été libéré sous contrôle judiciaire. Le 23 juin, il a été condamné à une peine de cinq ans de prison pour son appartenance à ETA, peine qu’il devra effectuer à la prison de Mont-de-Marsan et qu’il débute ce lundi 29 juin.

 

MEDIABASK|2020/06/26|0 IRUZKIN

Vous attendiez-vous à une telle décision de justice ?

 

Mikel Barrios : Pas du tout. Je m’attendais à être condamné. L’importance de la peine ne m’a pas non plus étonné, mais je ne pensais pas devoir accomplir de la prison ferme. La phase d’instruction s’était bien déroulée, la position du juge d’instruction n’avait rien à voir avec celle maintenue par le procureur et le juge. Cela a été très violent.

 

Le procureur a-t-il remis en cause le processus de paix ?

 

Dans mon cas, le procès a été très marqué. On m’a transféré à Paris avec un mandat d’arrêt européen, le cadre du procès était donc très précis. La façon de poser les questions était violente. Même si nous essayions d’expliquer que le désarmement avait bien eu lieu, ils affirmaient que les membres d’ETA n’avaient pas changé et que [l’organisation] n’avait pas rendu toutes les armes… Ils mettent en doute ce qu’ici tout le monde reconnaît, c’est-à-dire qu’ETA s’est désarmée et qu’elle s’est dissoute. Je pense que le juge d’instruction n’a pas conduit l’instruction dans le sens du procès auquel j’ai assisté et que la logique employée tout au long de l’instruction a été rompue. Malgré cela, même si on ne nous a pas entendus, je suis serein, satisfait du travail que nous avons réalisé. Nous avons présenté le contexte politique et la situation actuelle.

 

Au niveau personnel, tout cela m’a remué. Lundi, je rentre en prison. Lorsque je l’avais quittée, je l’avais fait avec le bracelet électronique. Je l’ai gardé six mois. Au début, on me laissait sortir uniquement pour aller au travail, puis peu à peu, j’ai eu droit à des sorties et dernièrement, une fois avoir retiré le bracelet électronique, je ne devais plus qu’aller signer à la Gendarmerie. J’avais réussi à avoir une vie stable et à me poser, je devais m’habituer à ma nouvelle vie. Psychologiquement, cela n’a pas été facile, après tant de temps hors du Pays Basque, puis la prison, il y a eu l’accumulation de toutes ces tensions. A partir de maintenant, on va voir… Maintenant, je suis chamboulé, mais je pense que cela va passer, car j’étais arrivé à me sentir bien et j’ai envie d’aller de l’avant.

 

Votre mise en liberté sous contrôle judiciaire et votre parcours réalisé depuis s’inscrivent dans un processus de resocialisation. Or, la peine que vous avez reçue ne semble pas en adéquation avec ce principe…

 

Pas du tout. Je vis à Itxassou, je me suis impliqué dans des associations, dans la préparation de différents projets avec les Itsasuar, comme par exemple les géants. Je me suis intégré dans le village. Au travail aussi. En sortant de la prison, j’avais un contrat à durée déterminée, il a été renouvelé deux fois, et le jugement est tombé lorsqu’on venait de m’accorder un contrat à durée indéterminée. Pendant le procès, ils n’ont pas tenu cas de tout cela. Il est clair que malgré tout ce qu’ils disent, la prison ne permet pas la resocialisation. Je dirais même le contraire.

 

Ces dernières années, des pas importants ont été franchis dans la résolution des conséquences du conflit, mais à ce jour, un blocage persiste. Pensez-vous que votre procès aura des conséquences ?

 

Oui. Au lieu d’aider le processus ou d’apporter leur contribution, ils [le juge et le parquet, ndlr.] vont dans le sens contraire. La décision prise me concernant suit la ligne maintenue par l’Etat jusqu’à ce jour. Ils ont rapproché les prisonniers basques, des petites avancées ont été réalisées, mais dans l’ensemble, ils ont travaillé dans le sens inverse, et mon cas n’est qu’un cas parmi d’autres. Je ne sais pas ce qu’ils cherchent… Veulent-ils la guerre ?

 

Les mobilisations et l’accumulation des forces obtenues jusqu’à présent sont-elles suffisantes ?

 

Clairement non. Il y a des avancées, de bonnes avancées, mais cela ne suffit pas, puisque nous n’arrivons pas à lever le blocage. Je pense que nous devons aller plus loin, rendre possibles des accumulations de forces plus importantes, mobiliser encore plus, activer les gens, le travail dans les municipalités… En faisant converger tout cela, je pense que nous pourrions obtenir plus que ce que nous avons. Nous sommes sur la bonne voie, mais malheureusement, cela ne suffit pas.

 

Allez-vous faire appel de la décision judiciaire ? Avez-vous une chance de bénéficier d’une libération ?

 

Oui, nous comptons déposer un recours au plus vite pour contester la peine de cinq ans de prison et l’interdiction de territoire de dix ans. Parallèlement, nous allons déposer ma demande de libération afin que je puisse être libre le temps de la procédure d’appel, car cela n’a pas de sens de me garder en prison… J’ai rempli toutes les mesures. De ce côté-là, ils n’ont pas d’argument. C’est pourquoi il est incompréhensible qu’on me garde en prison avec cet appel.

Pays-Basque/Espagne : Des documents déclassifiés de la CIA montrent l’implication de Felipe Gonzalez dans la création du GAL

Président du gouvernement[modifier | modifier le code]

 

Felipe González en 1986.

Il devient Président du gouvernement à l’issue des élections générales de 1982, qui avaient vu l’UDC s’effondrer, et conserve cette fonction durant quatre mandats (1982-19861986-19891989-1993 et 1993-1996).

Durant ses mandats, il conjugue réformes économiques libérales (privatisations, faibles impôts pour les entreprises) et réformes sociales (extension de la sécurité sociale) qui favorisent l’investissement mais déboucheront sur une grave crise économique dans ses dernières années de pouvoir, générant un taux de chômage de plus de 20 % et une forte augmentation de la dette. Il est l’un des promoteurs de l’Exposition universelle de Séville et des Jeux olympiques de Barcelone, deux manifestations qui se déroulent en 1992, et fait adhérer l’Espagne à la Communauté économique européenne. En 1993, il est lauréat du Prix International Charlemagne.

Son administration est secouée entre 1994 et 1995 par plusieurs scandales de corruption, conduisant à la démission du ministre de l’Intérieur, du ministre de l’Agriculture et de plusieurs ténors du PSOE2. Le chef de la Garde civile (qui témoignera longuement contre González3) et le gouverneur de la Banque d’Espagne4 sont à leur tour emportés par des affaires de détournements de fonds. Felipe González est quant à lui soupçonné par la justice espagnole d’être l’instigateur des Groupes antiterroristes de libération, des escadrons paramilitaires clandestins qui se livraient, y compris en France, à des exécutions extrajudiciaires de membres de l’ETA ou de militants indépendantistes basques5. Dans cette même affaire, José Barrionuevo (ministre de l’Intérieur entre 1982 et 1988) et un secrétaire d’État sont condamnés à des peines d’emprisonnement, tandis que la culpabilité de Felipe González ne peut être prouvée6. Plusieurs policiers condamnés pour des actes de torture sont graciés par son gouvernement7.

En juin 2020, la CIA déclassifie des informations confirmant que Felipe Gonzalez a autorisé la création des Groupes antiterroristes de libération8.

 

Des documents déclassifiés de la CIA confirment que Felipe González, président socialiste du gouvernement espagnol de 1982 à 1996 a approuvé la création des “Groupes antiterroristes de libération” (GAL). Il s’agissait d’un escadron de la mort constitué pour combattre ETA en dehors de tout cadre légal, essentiellement en assassinant des militants suspectés d’en faire partie. Le rapport déclassifié de la CIA indique que le gouvernement espagnol “semble déterminé à adopter une stratégie peu orthodoxe vis-à-vis de l’ETA”. Après une phrase censurée, l’agence écrit que “González a accepté la formation d’un groupe de mercenaires, contrôlé par l’armée, pour lutter contre les terroristes en dehors de la loi”. Après une autre phrase censurée, il a ajouté que “les mercenaires ne seraient pas nécessairement espagnols et auraient pour mission d’assassiner les dirigeants de ETA en Espagne et en France”. Plus d’infos ici.

 

Entre décembre 1983 et juillet 1987, une trentaine d’assassinats sont commis en France. La nouvelle coopération “antiterroriste” entre la France et l’Espagne, suivi d’une vague d’expulsions de militants basques réfugiés en France, va accélérer la disparition des GAL. Au cours des années suivantes, tout est fait pour éviter le grand déballage sur cette «guerre sale». De Bayonne à Bordeaux, la plupart des enquêtes judiciaires s’enlisent, quand elles ne sont pas directement freinées par le pouvoir politique. Les rares procès qui ont finalement lieu en France aboutissent uniquement à la condamnation de lampistes, malgré la mise au jour de complicités au sein de l’appareil policier français. «La raison d’Etat prime sur tout», justifie alors le procureur de Bayonne.

25 septembre 1985, quatre militants basques sont assassinés à l’hôtel Monbal, à Bayonne

03/06/2020

Espagne : La Cour Suprême interdit l’usage des drapeaux non-officiels sur les édifices publics.

La Cour Suprême espagnole a rendu un arrête interdisant l’usage des drapeau non-officiels sur l’extérieur des bâtiments publics. Cet arrêt fait suite à une affaire datant de 2016 dans laquelle le conseil municipal de Santa Cruz de Tenerife demandait le droit d’arborer le drapeau national des îles Canaries. En 2017, la Cour supérieure de justice des îles Canaries avait statué en faveur du conseil municipal, considérant l’utilisation du symbole officieux comme un fait parfaitement envisagé dans le cadre de la légalité Institutionnel espagnol. Malgré cela, le procureur de l’État a fini par interjeter appel de la décision, qui a maintenant été confirmée par la Cour suprême, qui a infirmé la décision précédente. L’usage des drapeaux LGTBI et indépendantistes, parfois arboré par les mairies, est donc désormais interdit.

Espagne: le point sur le camarade anarchiste emprisonné Gabriel Pombo Da Silva

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15.06.2020: Jeudi 11 juin dernier, la Cour provinciale, le tribunal au pied de la pyramide judiciaire en Espagne, a démontré son pouvoir inquisitoire en rejetant la demande d’annulation de l’OEDE (mandat d’arrêt européen) qui renvoyait notre camarade à les cachots de l’État après trois ans et demi de liberté.

Après un an et demi de clandestinité, Gabriel a été arrêté le 25 janvier dernier en territoire portugais à la suite de l’OEDE susmentionnée émise par le tribunal n ° 2 de Gérone (en particulier par le juge Mercedes Alcázar Navarro), avec l’intention qu’il purgerait encore 16 ans de prison comptés comme une peine résiduelle (réponse à la plainte pour malversation contre le juge pour avoir caché l’ordonnance de libération immédiate de Gabriel en juin 2016, qui a retardé sa libération, ce juge a mis en branle sa propre revanche! ).

Après trois mois et demi de détention provisoire (mois durant lesquels il était clair que le Portugal s’était soumis à la pression du tribunal de Gérone n ° 2 et que les règles européennes qui auraient permis la libération de notre camarade n’avaient pas été appliquées) , le 12 mai, il a été remis aux autorités espagnoles et se trouve actuellement à la prison de Badajoz (Estrémadure).

La demande d’annulation de l’OEDE a été légitimée par l’illégalité de la demande, qui a été émise en violation totale du «principe de spécialité»: l’un des principes fondamentaux du droit communautaire qui établit l’interdiction d’exécuter une peine antérieure à celle pour d’extradition (en vertu de ce principe, Gabriel a été libéré en 2016 n’ayant plus à purger aucune peine antérieure). Sur le plan politique, la Cour provinciale, qui, il y a quelques jours, était d’accord avec le juge Navarro, est la même que celle d’il y a quatre ans, a confirmé notre collègue confirmant sa libération (!! ?? !!).

Entre-temps, le régime FIES [Fitxers d'Interns d'Especial Seguiment - Détenus sous Observation Spéciale] a été appliqué à Gabriel, spécifiquement FIES 5, créé pour les détenus avec des «caractéristiques spéciales» (qui doivent faire, pour citer quelques exemples) , avec crime international, violence de genre ou à caractère raciste ou xénophobe, crimes très graves qui ont provoqué une grande alarme sociale, terrorisme islamiste, fanatisme radical lié à l’idéologie terroriste…!? !!). Au sein du régime de la FIES, il a obtenu le 2e degré (auparavant il pouvait accéder aux avantages de la prison, bénéficier de permis et même de probation), et l’intervention de toutes les communications (les lettres sont ouvertes et lues, les visites sont enregistrées).

Depuis qu’il est à la prison de Badajoz, à part 5 petites cartes postales qui lui ont été remises quelques jours après son arrivée, notre camarade n’a reçu aucune correspondance malgré les nombreuses lettres et plusieurs livres qui lui ont été envoyés… Rien nouveau sous le soleil de l’isolement et de la répression! Tout cela représente une contradiction visant à le provoquer … le message est: « vous n’êtes plus l’ennemi public numéro un mais vous êtes encore assez dangereux, surtout au niveau idéologique … si vous vous comportez bien nous vous donnerons des opportunités ».

Maintenant qu’il a été «classé» et que le tribunal susmentionné a prononcé sa sentence, nous savons que les ressources juridiques pour que Gabriel puisse goûter à nouveau à la liberté seront bientôt épuisées; dans peu de temps, il sera transféré dans une autre prison. L’avocat fera tous les appels nécessaires jusqu’à ce que cette longue bataille soit gagnée.

Gabriel est bien et fort comme toujours… il envoie un gros câlin à toutes les personnes partageant les mêmes idées et les soutenant.

La solidarité est une arme… utilisons-la… de manière sérieuse et intelligente!

Liberté pour Gabriel!
Camarade, vous n’êtes pas seul!
Liberté pour tous!
Vive l’anarchie!

Écrivez à Gabriel:

Gabriel Pombo Da Silva
Centro Penitenciario Badajoz
Carretera de Olivenza, Km 7.3
06011 Badajoz
ESPAGNE

 

 

Poursuivi pour avoir dénoncé le nom du quartier “La Négresse”

Essayiste et fondateur de l’association “Mémoires et partages”, Karfa Sira Diallo sera jugé pour rébellion le 3 décembre prochain au tribunal de Bayonne. L’activiste est poursuivi pour avoir dénoncé en public le nom de l’un des quartiers les plus connus de Biarritz, jadis appelé Harrausta, connu depuis la fin des années 1980 jusqu’à nos jours sous le nom de La Négresse.

 

MAITE UBIRIA|2020/06/12|IRUZKIN 1 Diallo1L’association fondée par Karfa Sira Diallo veut sensibiliser le public à l’histoire coloniale de la Nouvelle-Aquitaine.

Essayiste et fondateur de l’association Mémoires et Partages, Karfa Sira Diallo est né en 1971 à Thiaroye (Sénégal) et réside à Bordeaux. Militant reconnu « contre les esclavagismes d’hier et d’aujourd’hui », il est aujourd’hui poursuivi pour avoir souhaité sensibiliser le public à son combat, à la veille du sommet du G7 en août 2019.

 

L’audience, initialement prévue le 23 janvier, a été reportée au 3 décembre prochain, en raison de la crise du coronavirus, après avoir été une première fois repoussée en raison de la grève des avocats contre le projet de réforme des retraites. L’objectif de Karfa Sira Diallo est que ce procès serve à attirer l’attention sur son combat : redonner au quartier de La Négresse son nom basque initial, Harrausta, ou du moins apposer un panneau pour expliquer le choix du nom La Négresse attribué par la ville de Biarritz en 1986.

 

Quand votre association a-t-elle décidé de lancer une campagne pour dénoncer le nom de ce quartier populaire de Biarritz ?

 

Il y a quelques années de cela, nous avions envisagé de faire un déplacement à Biarritz, lors des fameuses fêtes de La Négresse. Nous souhaitions attirer l’attention des habitants sur ce nom-là, qui véhiculait une sorte d’humiliation inadmissible et inacceptable aujourd’hui. Mais on n’avait pas pu le faire.

 

Comment vous êtes-vous décidés à passer à l’action à deux jours du sommet du G7, le 22 août 2019 ?

 

Nous savions que les conditions sécuritaires étaient draconiennes, donc on s’est dit qu’on allait essayer d’y aller deux jours avant. Nous avions l’idée d’intervenir à la gare de Biarritz, car elle s’appelle la gare La Négresse. On avait pris nos billets de train. On s’est dit qu’on passerait une heure, une heure et demie à la gare de Biarritz pour sensibiliser les gens puis rentrer à Bordeaux pour se mettre à l’abri de cette sécurité absolue. Quand nous sommes arrivés, nous nous sommes positionnés devant la gare avec un petit dispositif, des affiches, des flyers, une sono… et on a commencé à distribuer nos tracts.

C’est là que la police vous a interpellés. Comment cela s’est-il passé ?

Il y avait en face de nous un dispositif du G7. Mais nous ne troublions pas l’ordre public. On n’était que cinq, six membres de notre association. C’était bon enfant. On pensait vraiment que cela ne poserait pas de problème. Quinze minutes après avoir commencé, la police est arrivée, extrêmement tendue. D’abord on m’a pris le micro. Ils m’ont demandé mes papiers, que j’ai remis. Et puis très rapidement, ils ont décidé de m’interpeller, en me prenant de force et m’emmenant sur les quais de gare. Une fois que je n’ai plus été à la vue du public, quatre ou cinq policiers m’ont plaqué au sol. Ils m’ont vraiment jeté au sol. Ils se sont assis sur moi, ils m’ont menotté et m’ont signifié ma garde à vue. Ils m’ont envoyé au commissariat de police de Bayonne où j’ai été placé en garde à vue pendant 24 heures.

La police vous a pourtant accusé de violence à l’égard de l’autorité. Qu’avez-vous pensé lorsque le juge vous a annoncé que vous seriez jugé pour rébellion ?

 

Ce moment a été très douloureux et très violent. L’arrestation elle-même était très violente, vraiment. Avoir cinq policiers sur vous qui vous menottent, c’est quelque chose qui peut mener à la mort… Je dis souvent que si j’avais le cœur fragile, j’aurais pu y passer. Ensuite, la garde à vue est une expérience sordide. Je n’étais pas seul dans la cellule, il y avait beaucoup de jeunes ce jour-là, qui avaient été arrêtés souvent pour rien, qui pleuraient… Moi je poursuivais un combat, mais malgré tout, de se retrouver dans ce couloir froid et inhumain de la répression, c’est quelque chose d’extrêmement douloureux. Il y a un sentiment d’humiliation, de honte et de doute sur la justesse de votre action et de votre combat.

 

Vous êtes convoqué au tribunal le 3 décembre. Quel message comptez-vous faire passer lors de cette audience ?

 

Pour nous, cette interpellation brutale, violente, injustifiée et cette mise en garde à vue sont une bêtise sécuritaire de la police. Et cette bêtise va servir, je crois, le combat que nous sommes nombreux à mener. Par la façon dont on nomme les choses, les gens, les rues… On véhicule un message qui est politique, un message de civilisation, quelque part. Pour nous, ce sera le procès de La Négresse.

 

Vous revendiquez le nom basque d’origine de ce quartier, puisque cette zone de Biarritz était connue sous le nom d’Harrausta.

 

Ce quartier s’appelait Harrausta, qui veut dire un endroit poussiéreux, sale. C’était un nom basque qui avait toute sa dignité. En 1986, la municipalité a décidé d’enlever le nom basque et de garder le nom La Négresse. Donc on commet une injustice en enlevant le nom authentique que les ancêtres de ces gens ont donné à cette ville, et on prend un nom ouvertement péjoratif avec une intention exotique. Ça fait exotique, il y a quelque chose de l’ordre de l’inconscient colonial. Nous souhaitons que ce quartier reprenne le nom d’Harrausta, ou bien au pire, qu’il continue de s’appeler Harrausta-La Négresse. Notre position, c’est de dire qu’il faut des panneaux explicatifs.

 

Dans la ville où vous habitez, Bordeaux, il y a des exemples de rues portant le nom d’armateurs de navires qui servaient à la traite des esclaves ou pour le commerce colonial.

 

Cela fait dix ans qu’on a lancé une campagne sur les rues de négriers à Bordeaux. Et ça y est, la ville de Bordeaux a inauguré des plaques explicatives sur six rues. Je pense que c’est un exemple dont Biarritz peut s’inspirer pour tourner cette page-là. On peut mettre un panneau explicatif qui raconte l’histoire de ces femmes noires. Car elles ont vécu des triples peines. Elles sont discriminées parce qu’elles sont femmes, noires, pauvres et en plus d’après ce que l’on sait, « La Négresse » était une prostituée. Il est important de pouvoir redonner sa dignité à cette femme-là qui a souffert, et faire que ce panneau puisse dire que cette femme a une histoire. Dire aussi que la ville de Biarritz est engagée contre le racisme, contre la discrimination. Cela règlerait vraiment le problème.

 

Jusqu’à maintenant, les autorités municipales ne se sont pas montrées très réceptives à cette demande…

 

Effectivement, on s’est rendu compte que les autorités sont totalement insensibles à cette demande de justice. Je n’ai pas vraiment d’explication. Il est vrai que nos élus sont souvent ignorants de leur propre histoire. Peut-être n’y a-t-il pas eu de pédagogie suffisante. C’est ce que nous souhaitons faire. Je pense qu’on peut les convaincre, de la même façon que nous avons réussi à convaincre la ville de Bordeaux, au bout de vingt ans. Je pense qu’avec Biarritz, cela prendra moins de temps et que ce procès va accélérer la prise de conscience des habitants du quartier et des autorités.

 

 

25 juin 2020

HOMMAGE AUX ARTISTES DCD DEPUIS JANVIER 2020 2ème VOLET 23 06 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 20 h 44 min

autocollant 1

 

Hommage aux artistes, interprètes, chanteurs, musiciens DCD depuis le 1er janvier 2020. L’idée est venue à la suite de la disparition de musiciens que j’appréciais suite au covid, du coup en cherchant les artistes qui avaient disparus je me suis aperçu qu’ils étaient nombreux à être partis soit lié au covid, à l’age, ou de maladies x ou y et que les médias mainstream n’en parlaient pas. En leur rendant hommage c’est une façon de ne pas les oublier complètement. Donc dans ce 2ème volet, on entendra Idir, Manu Dibango, Renée Claude, Bohannon, Dave Greenfield, Kenny Rodgers, Millie Small, Graeme Allwright, Lionel D. Je m’excuse auprès des auditeurs de Radio Libertaire car il semblerait qu’un bug a squezzé 20mn du début de l’émission. Vous avez l’intégralité de l’émission. en vous connectant sur:

 

http://www.mixcloud.com/skuale/

ou

http://www.mixcloud.com/radiolibertaire/

2ème volet

Idir de son vrai nom Hamid Cheriet, né le 25 octobre 1949 à Ait Yenni,commune de la Wilaya de Tizi Ouzou en Algérie, mort le 2 Mai 2020 à l’hôpital Bichat à Paris des suites d’une longue maladie,est un chanteur, auteur-compositeur-interprète et musicien algérien kabyle. Il est l’un des principaux ambassadeurs de la chanson kabyle. Idir ne se destinait pas à la chanson. Mais un de ses premiers titres, A Vava Inouva, (en kabyle) devient rapidement dans les années 1970 un tube planétaire, le premier grand tube venu directement d’Afrique du Nord. Sa carrière est marquée par une irruption soudaine sur le devant de la scène, puis une éclipse volontaire d’environ une dizaine d’années à partir de 1981. Ses albums solo sont rares, quatre en quatre décennies. Mais l’œuvre d’Idir a contribué au renouvellement de la chanson berbère, et a apporté à la culture berbère une audience internationale.

Fils de berger, né dans le village d’Aït Lahcène, village perché sur les monts du Djurdjura, son milieu familial est imprégné de la tradition et de la culture berbère. « J’ai eu la chance d’avoir une grand-mère et une mère poétesses », indique-t-il à un journaliste, « on venait de loin pour les écouter. J’ai baigné dans l’atmosphère magique des veillées où l’on racontait des contes et des énigmes. Dans une société de culture orale, la valeur du mot est immense. La capacité à ciseler les mots, à inventer des images, est aujourd’hui encore très prisée chez nous ».

Idir entreprend des études de géologie et se destine à une carrière dans l’industrie pétrolière algérienne. En 1973, sa carrière musicale commence par hasard, à Radio Alger. Il remplace au pied levé la chanteuse Nouara, qui devait interpréter une berceuse qu’il lui avait composée. Il interprète cette berceuse qui va devenir son premier succès radiophonique, Rsed A Yidess qui signifie « Que vienne le sommeil ». Il enregistre ce titre ainsi qu’un second, A Vava Inouva (« Mon papa à moi »), en 45 tours. Puis part faire son service militaire de deux ans. La chanson commence à se répandre en Algérie, puis sort des frontières. Officier dans une petite caserne, il s’écoute sur les ondes algériennes et étrangères.

En 1975, il monte à Paris, appelé par la maison de disque Pathé Marconi qui veut produire son premier album. Le titre A Vava Inouva est devenu un tube planétaire, diffusé dans 77 pays et traduit en 15 langues. Une version française est interprétée par le duo David Jisse et Dominique Marge en 1976. Cette chanson kabyle, avec simplement des voix et guitares, est considérée comme le premier grand tube venu directement d’Afrique du Nord. Il représente l’affirmation d’une certaine identité, le retour à des racines ancrées très profondément dans l’histoire de Kabylie. Il faut attendre 1976 pour que sorte ce premier album A Vava Inouva, sur lequel on trouve le titre éponyme.

Après ce succès, Idir écrit à nouveau et enregistre Ayarrach Negh (« À nos enfants »), un album qui sort en 1979. Il enchaîne sur une longue série de concerts. Mais cet homme discret ne se reconnaît pas dans le monde du show-biz même s’il aime composer, ce qu’il fait pour d’autres. En conséquence, il choisit de s’éclipser après cette série de concerts, une dizaine d’années environ, tout en donnant quelques rares récitals.

Sa carrière est relancée avec la sortie d’une compilation en 1991 de dix-sept chansons de ses deux premiers albums. Après un long procès contre son ancien producteur, Idir obtient la possibilité de ré-enregistrer ses titres comme le fameux A Vava Inouva. Fort de cet appui discographique, il revient donc sur le devant de la scène et passe au New Morning à Paris du 7 au 9 février 1992, ce qui lui vaut de nombreux éloges et la reconnaissance de ses pairs. Pour la première fois, la critique lui attribue le statut de précurseur de la world music.

L’année suivante, paraît chez Blue Silver un nouvel album : les Chasseurs de lumière où il chante ses thèmes de prédilection, l’amour, la liberté et l’exil (qu’il connaît puisqu’il est installé dans la région parisienne depuis 1975). Il introduit à côté des darboukas, flûtes et guitare acoustique, qui donnent une touche de modernité. On peut entendre aussi la voix d’Alan Stivell sur le duo (Isaltiyen). Idir donne ses chansons à écouter au public de l’Olympia à Paris les 26, 27 et 28 juin 1993.

En 1996, Idir sort une réédition de son tout premier album, 20 ans après : A Vava Inouva. Idir participe aussi au concert hommage rendu à Lounès Matoub, chanteur Kabyle, assassiné en 1998.

Le véritable retour discographique d’Idir se fait avec Identités en 1999, l’album hommage qui réunit de nombreux artistes de Manu Chao (A Tulawin (Une algérienne debout)) à Dan Ar Braz en passant par Maxime Le Forestier ou Karen Matheson pour un A Vava Inouva 2, mais aussi Zebda, Gilles Servat, Geoffrey Oryema et l’ONB. Idir rassemble ici ceux qui prônent l’ouverture culturelle ainsi que la reconnaissance des racines propres à chacun. En décembre, Idir a tout autant d’invités lors des deux soirées qu’il donne à l’Olympia. Autour de lui se succèdent Frédéric Galliano, le guitariste Thierry Robin et l’ONB.

La diversité culturelle, il la défend à nouveau en 2001 au cours du 21e Printemps berbère organisé au Zénith parisien, manifestation qui célèbre la culture berbère. Cette soirée de fête est renouvelée plus tôt que prévu, le 8 juillet 2001, toujours sous la houlette de Idir, lorsque de violentes émeutes ravagent la Kabylie. Le chanteur organise à cette occasion un grand concert toujours au Zénith de Paris où devant une salle pleine, de nombreux artistes soutiennent la révolte du peuple kabyle face au pouvoir central algérien.

En mai 2002, la maison de disques met sur le marché une compilation de nombreux titres de l’artiste : Deux rives, un rêve. Elle offre la possibilité d’écouter des inédits dont un titre écrit par Jean-Jacques Goldman, (Pourquoi cette pluie ?) qui évoque le terrible déluge qui s’est abattu sur la ville d’Alger en novembre 2001.

Idir entame une nouvelle tournée le 20 septembre 2002 au Zénith de Paris, avant de partir sur les routes jusqu’en décembre de la même année. En 2004, il signe une tribune dans le journal Libération, avec de nombreux artistes, intellectuels et scientifiques du Maghreb, et au-delà, pour « retrouver la force d’une laïcité vivante ».

En 2005, encouragé par sa maison de disques, Idir sort un CD live et un double DVD : Entre scènes et terres, qui concorde avec ses trente ans de carrière. Une façon originale de présenter cet homme discret aux valeurs fortes. Un documentaire déroule son parcours, de la Kabylie aux scènes du monde entier. L’occasion pour lui de « faire un bilan avant de passer à autre chose ». Il se produit le 9 avril 2006 sur la scène de la Cité de la musique à Paris. Un concert donné dans le cadre d’un cycle « chanteurs kabyles » où figurent aussi Akli D ou Takfarinas.

En 2007, en pleine campagne présidentielle française, Idir signe un album non politique mais républicain : La France des couleurs. L’album, « défend les couleurs de la France » comme aime à le répéter l’artiste lui-même. Sur cet album, il invite la jeune génération à composer avec lui des chansons autour de ce thème qui lui est cher, l’identité. De nombreux artistes comme Akhenaton, Grand Corps Malade, Zaho et beaucoup d’autres posent ainsi textes, rage et sensibilités aux côtés du tonton kabyle.

Pendant l’été de la même année, Idir fait en solo, une tournée hexagonale. Le 18 mars 2012, sa mère décède à l’âge de 96 ans d’une maladie.

Un nouvel album paraît le 4 février 2013, le même jour qu’un grand concert à l’Olympia avec en première partie la jeune chanteuse Nabila Dali. Ce nouvel opus, Adrar Inu (« Ma montagne »), est un retour aux sources, une œuvre intimiste, la plus personnelle de son répertoire. Il comprend notamment un titre consacré à la mémoire de sa mère. Mais pour autant, il inclut également l’adaptation d’un air britannique du xviie siècle, Scarborough Fair, une reprise d’un tube des Who (disponible uniquement en téléchargement), et un morceau de Beethoven.

En octobre 2017 il annonce qu’il va revenir chanter en Algérie lors d’une date unique : le 4 janvier 2018 (pour le nouvel an berbère Yennayer). Ce concert, qui aura lieu à la coupole d’Alger, marquera, après une absence de 38 ans, son retour sur scène en Algérie.

En janvier 2019, un concert est organisé sur la scène de l’AccorHotels Arena à Paris pour fêter le Nouvel An Berbère, Yennayer 2969. Ce concert réuni les trois stars de la chanson kabyle, Aït Menguellet, Allaoua et Idir pour la première fois.

Idir est mort le samedi 2 mai 2020, à l’âge de 70 ans, des suites d’une longue maladie, à l’hôpital Bichat à Paris (Paris).

Emmanuel N’Djoké Dibango (dit Manu Dibango, surnommé Papagroove ou Papa Manu) est un saxophoniste et chanteur camerounais de world jazz né le 12 décembre 1933 à Douala (Cameroun) et mort le 24 mars 2020 à Paris des suites du Covid-19. Il est connu pour sa chanson « Soul Makossa » (1972).

Né à Douala dans un milieu protestant, au printemps 1949, il débarque à Saint-Calais (Sarthe) pour poursuivre ses études avec seulement 3 kilos de café pour les payer. Ensuite étudiant à Chartres, puis à Château-Thierry au début des années 1950, il y découvre le jazz et y apprend le piano ; mais c’est à Reims où il prépare le baccalauréat qu’il s’initie au saxophone et commence à se produire dans les boîtes au grand dam de son père qui lui coupe les vivres en 1956.

Différents contrats le mènent à Bruxelles où il rencontre Coco, sa femme et mère de sa fille Georgia, Anvers et Charleroi où son jazz s’africanise au contact du milieu congolais dans l’ambiance de l’accession du Congo belge à l’indépendance en 1960. Grand Kalle l’engage dans son orchestre et ils enregistrent plusieurs disques qui remportent le succès en Afrique et les amènent à Léopoldville où Manu lance le twist en 1962. En revanche, le retour au Cameroun en 1963 est difficile et il regagne la France.

En 1967, Manu Dibango trône à la tête de son premier Big Band. Il crée et développe son style musical novateur et urbain pour une série d’émissions télévisées, « Pulsations » à la demande de Gésip Légitimus, producteur TV. Ainsi, il fut mis en relation avec Dick Rivers et Nino Ferrer, vedettes de l’époque ayant aussi participé aux émissions de Gésip Légitimus, qui l’engagent successivement.

En 1969, il enregistre des compositions personnelles qui lui font renouer avec le succès africain. En 1972, la face B d’un 45 tours, Soul Makossa (notamment samplé sur Wanna Be Starting Something de Michael Jackson et Please don’t stop the music de Rihanna – voir ci-dessous), fait la conquête des États-Unis et lui vaut d’y faire une tournée. Ses accents africains passionnent les musiciens noirs d’Amérique.

Le 9 novembre 1976, c’est la naissance de son fils Michel, puis, 6 ans plus tard, le 26 novembre 1982, de sa fille Marva.

Dans les années 1980, il accompagne notamment Serge Gainsbourg.

En 1992, Yves Bigot (FNAC Music) lui propose d’enregistrer Wakafrika, un album de reprises des plus grands tubes africains avec la crême des artistes africains et des musiciens internationaux. L’album, dont George Acogny assura la réalisation et Philippe Poustis la production exécutive, paraîtra dans le monde entier. Projet ambitieux de réunification musicale de l’Afrique, Manu revisite le patrimoine de la chanson en invitant les ténors Youssou N’dour sur Soul Makossa, King Sunny Ade sur Hi-Life, Salif Keïta sur Emma, Angélique Kidjo et Papa Wemba sur le très beau Ami Oh ! sans oublier Peter Gabriel, Sinéad O’Connor, Dominic Miller (guitariste de Sting) et Manu Katché (entre autres) … Le single, « Biko » (avec Alex Brown, Peter Gabriel, Ladysmith Black Mambazo, Geoffrey Oryema et Sinéad O’Connor) sera remixé à Atlanta par Brendan O’Brien.

En 1997, il créé le festival Soirs au Village (du titre d’une de ses chansons) dans la ville qui l’a accueilli, Saint-Calais. Ce festival a lieu tous les ans depuis.

En 2000, le chanteur guadeloupéen Luc Léandry l’invite sur le titre « Bondié bon » extrait de son album Peace and love.

En 2003, il devient grand-père pour la première fois d’un petit Mylian Emmanuel, puis plus récemment en 2008 d’une petite-fille prénommée Maïa.

Il est le parrain officiel de la vingtième édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) du 24 février au 3 mars 20071.

Le 3 février 2009, il décide d’attaquer les maisons de disques de Michael Jackson et Rihanna (Sony BMG, Warner et EMI) pour avoir utilisé sans autorisation le thème de Soul Makossa. Le tribunal a donné sa décision le 17 février 2009 en déboutant sur la forme le chanteur camerounais. Le fond de l’affaire sera jugé ultérieurment. Dans les années 1980, Manu Dibango avait trouvé un accord financier avec Michael Jackson pour l’utilisation de sa chanson dans l’album Thriller, mais l’interprète de Billie Jean a, par la suite, autorisé Rihanna a utiliser la musique de Dibango pour le titre Don’t Stop the Music.

Le 8 septembre 2015, la Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean, nomme Manu Dibango Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Rio 2016.

Le 2 juillet 2016, il passe en vedette au premier Jazz Festival de Port-Barcarès. Sa famille indique qu’un hommage lui sera rendu après la période de confinement.

Il est hospitalisé le 18 mars 2020 à la suite d’une infection par le coronavirus.

Manu Dibango est mort le mardi 24 mars 2020, à l’âge de 86 ans, du coronavirus, à Paris (France).

Renée Claude est une chanteuse et actrice canadienne québécoise née le 3 juillet 1939 à Montréal (Québec) et morte le 12 mai 2020 dans la même ville. Avec 50 ans de carrière et 20 albums studio, Renée Claude a marqué l’histoire musicale canadienne avec des titres comme « Tu trouveras la paix » (1971) ou encore « Viens faire un tour » (1970).

Née Renée Bélanger à Montréal le 3 juillet 1939, Renée Claude débute très jeune dans le métier. Elle suit des cours de piano à l’école de musique Vincent-d’Indy pendant plusieurs années, de même que des cours d’art dramatique avec le comédien Paul Hébert ainsi que des cours de chant avec Alphonse Ledoux. En 1955, alors qu’elle n’a que 16 ans, elle remporte le premier prix du concours radiophonique Les Découvertes de Billy Munro à la station CKVL, à Verdun.

Il lui faut attendre 1960 avant de faire ses débuts à la télévision, à l’émission Chez Clémence, de la Société Radio-Canada. Sur scène, c’est à Québec, à La Boîte à chansons, qu’elle fait ses premiers pas. Elle chante alors surtout les grands noms de la chanson française, en particulier les Léo Ferré, Georges Brassens, Jacques Brel, Gilbert Bécaud et Ricet Barrier, mais très tôt, elle se tourne vers les auteurs québécois, en commençant par Jean-Pierre Ferland qui lui écrit, avec le pianiste Pierre Brabant, la chanson La Marquise coton. Toujours de Ferland et Brabant, elle interprète Feuille de gui à Bruxelles en Belgique, au concours « Chansons sur mesure », et elle remporte le premier prix de l’année 1962. La chanteuse a définitivement fait son entrée dans le monde de la chanson québécoise, et son nom commence à se faire connaître auprès du public.

En 1963, Renée Claude signe un contrat chez Sélect et fait paraître un premier album incluant les titres suivants : La Marquise coton, Les Gens de la tournée, Vingt ans, Mon ange et Ce grand amour. Elle enregistre un deuxième album en 1964 (Pendant que, La Mélisa, Funambule…), puis un troisième en 1965 (Tu es noire, Qui donc me fera ma chanson ?…) et un quatrième en 1966 (Le Mal d’amour, Une vie, Les Gens de mon pays…), toujours sous étiquette Sélect, et pendant ce temps, elle accumule les honneurs (Tu es noire de Stéphane Venne et François Dompierre remporte le prix de la meilleure chanson de l’année 1965, style chansonnier, au Festival du disque, participation au Festival de Sopot en Pologne, deuxième participation au concours « Chansons sur mesure », etc.).

Parallèlement à cela, elle anime aux côtés d’Hubert Loiselle l’émission radiophonique Pour ceux qui s’aiment en 1965, et donne des concerts à l’Auditorium Le Plateau en 1964 et à la Comédie-Canadienne en 1966. À preuve que Renée Claude est devenue au fil des ans une artiste respectée par ses pairs, la boîte à chansons Le Patriote décerne depuis 1965 le trophée Renée-Claude à l’interprète qui s’y est le plus distingué au cours de l’année.

L’année 1967 en est une charnière pour Renée Claude et marque un tournant majeur dans sa carrière. Elle passe chez Columbia et connaît son premier grand succès avec l’album et la chanson Shippagan de Michel Conte. Elle se fait de plus en plus présente sur les scènes du Québec (Le Patriote, la Comédie-Canadienne…) et effectue une tournée québécoise aux côtés de Jacques Brel. Elle est même invitée à The Tonight Show et reçoit, en 1968, le trophée de la meilleure interprète au Gala des artistes, prix qu’elle recevra encore en 1969 et en 1970.

En 1969, elle change à nouveau de maison de disques et signe cette fois un contrat avec Barclay, où elle restera jusqu’en 1974 pour de nombreux disques. Elle lance alors les albums Renée Claude (1969), Le Tour de la terre (1969), Le Début d’un temps nouveau (1970), Tu trouveras la paix (1971), Je reprends mon souffle (1972), Ce soir je fais l’amour avec toi (1973) et Les Grands Succès Barclay (1973). Collaborant de plus en plus avec l’auteur-compositeur Stéphane Venne, devenu pour elle un ami, Renée Claude connaît un immense succès avec les chansons C’est notre fête aujourd’hui, Le Tour de la terre, La Rue de la Montagne, Tu trouveras la paix, Le Début d’un temps nouveau, C’est toi, c’est moi, c’est lui, c’est nous autres, Quand le temps tournera au beau, T’oublier, t’oublier et Sais-tu que je t’aime depuis longtemps. Travaillant également avec Michel Conte qui lui signe la splendide chanson Viens faire un tour, elle se voit remettre le premier prix du concours « La Clé d’Or » en 1970, grâce à ce titre. Cette même année, elle représente la Société Radio-Canada au Festival d’Athènes, en Grèce, puis elle chante à l’exposition universelle d’Osaka, au Japon, ainsi qu’à la Place des Arts de Montréal avec l’orchestre symphonique. Elle se rend en URSS, au Théâtre des Variétés de Moscou ainsi que dans plusieurs autres villes du pays, pour des tournées en 1971 et 1972, et participe au Festival de Caracas, au Venezuela.

Avec ses longs cheveux noirs, son look de bohémienne et son allure désinvolte, Renée Claude incarne alors l’esprit libertaire, féministe, tel qu’il prenait son essor dans les années 1970. Elle est aussi la première chanteuse à atteindre les meilleures positions du palmarès avec du matériel québécois original, et non pas des traductions de chansons américaines, comme cela se faisait si couramment à l’époque.

Outre Stéphane Venne, qui a fait de Renée Claude, d’Emmanuëlle et d’Isabelle Pierre ses trois muses, il y a le jeune auteur Luc Plamondon qui s’intéresse de près à la carrière de Renée Claude. Malgré ses nombreuses occupations auprès de Diane Dufresne, Plamondon trouve le temps dès 1972 d’écrire des textes pour Renée. Parmi ceux-ci, notons Cours pas trop fort, cours pas trop loin, C’est pas un jour comme les autres, Berceuse pour mon père et ma mère, et surtout La Bagomane et Ce soir je fais l’amour avec toi (sur des musiques de Michel Robidoux) et Un gars comme toi (sur une mélodie de Germain Gauthier). Elle interprète également des compositions de Christian Saint-Roch : Si tu viens dans mon pays, Vous qui vivrez demain et Le monde est fou.

Renée Claude est la première à enregistrer Le monde est fou, en 1973, chanson dont un fragment est devenu Hymne à la beauté du monde popularisé par la suite par Diane Dufresne en 1979, et endisqué également par Isabelle Boulay, plus récemment, en 1998. Luc Plamondon avait écrit Le monde est fou à la suite d’un événement troublant : l’immolation publique par le feu de la poète Huguette Gaulin à la Place Jacques-Cartier, dans le Vieux-Montréal, en 1972. Cette femme de seulement 28 ans criait à tue-tête « Vous avez détruit la beauté du monde » en cet instant tragique où elle disait adieu à la vie et l’idée est ainsi venue à Luc Plamondon de faire de cette phrase une chanson bouleversante.

Plus populaire que jamais, Renée Claude enregistre ses albums avec les musiciens du Ville Émard Blues Band et elle se produit à la Place des Arts à chaque année, entre 1971 et 1974. En 1975, elle est de la distribution des spectacles à grand déploiement de la Fête nationale du Québec qui se déroulent un peu partout et plus précisément le soir du 24 juin, elle est l’une des dix personnalités féminines à chanter auprès de Jean-Pierre Ferland sur le Mont Royal pour un concert mémorable. Parmi les autres chanteuses unies pour célébrer Ferland, on peut souligner les présences de France Castel, Emmanuëlle et Ginette Reno pour ne citer que ces quelques noms. Toujours en 1975, elle prête sa voix à l’album Neiges d’André Gagnon, ce dernier lui ayant dédié sa Chanson pour Renée Claude. Cette même année, elle endisque son treizième album (Je suis une femme) puis un quatorzième album qui va suivre dès l’année 1976 (L’Enamour, le désamour) et elle connaît encore une fois de beaux succès avec les extraits de ces deux derniers opus, dont Je suis une femme, Ça commence comme ça les histoires d’amour, Je recommence à vivre, Rêver en couleur, L’Amante et l’épouse et C’est l’amour qui mène le monde.

Elle participe en 1976 au Festival de Spa, en Belgique, puis après un court temps de repos, elle enregistre en 1978 le 45 tours Are You Lonesome Tonight et la chanson Saint-Jovite en duo avec Jean Robitaille, deux titres qui connaissent une belle popularité. À la fin des années 1970, Renée Claude retrouve son ami Stéphane Venne et elle travaille de nouveau avec lui. Elle offre à son public en 1979 un quinzième microsillon intitulé Bonjour et qui se signale par les chansons Prends-moi, Le Bonheur, Monsieur mon homme, Beau comme « bonjour », Prends ton temps et Je suis un chat. La même année, elle diversifie son métier et coanime avec Winston McQuade l’émission L’Heure de pointe à la Société Radio-Canada.

Avec l’arrivée des années 1980, Renée Claude délaisse un peu sa carrière de chanteuse populaire afin de rendre de nombreux hommages aux artistes qu’elle aime. Elle débute dès 1980 avec un spectacle intitulé Moi c’est Clémence que j’aime le mieux, spectacle de chansons, de monologues et de poèmes qui rend hommage à son amie Clémence Desrochers et que Renée présente au Théâtre de Quat’sous à Montréal et partout au Québec ainsi qu’à Paris. À partir de ce moment, Renée Claude est accompagnée par François Dubé qui devient son pianiste pour les 30 prochaines années.

Dans la foulée de ce succès, elle enregistre en 1981 un album complet de chansons de Clémence Desrochers qui porte le même titre que le spectacle ci-haut mentionné et qui contient les chansons La Vie d’factrie, Je ferai un jardin, On a eu un bien bel été, Ça sent l’printemps, Ton départ et L’Homme de ma vie. En alternance avec cet hommage à Clémence, Renée Claude crée le spectacle J’ai rendez-vous avec vous en 1981, cette fois pour honorer Georges Brassens, qu’admire tant l’interprète. Elle rend d’ailleurs avec justesse les chansons poétiques, pleines de verve et de non-conformisme de Brassens et, comme elle l’a fait précédemment pour Clémence, elle enregistre en 1983 un disque entièrement consacré à l’œuvre de Brassens. L’album, qui sera réédité en disque compact dix ans plus tard, en 1993, contient notamment les titres suivants : J’ai rendez-vous avec vous, Au bois de mon cœur, Les Copains d’abord, Chanson pour l’Auvergnat, Les Amoureux des bancs publics, Il n’y a pas d’amour heureux, La Marche nuptiale et La Ronde des jurons dont l’adaptation québécoise du deuxième couplet et du deuxième refrain faite par Plume Latraverse est remarquable. Renée Claude remonte par la suite régulièrement sur scène, à la demande générale, pour présenter ses spectacles sur Desrochers et Brassens qu’on lui redemande sans cesse, toujours avec François Dubé au piano.

En 1986, elle revient à la chanson populaire avec un album, appuyé par des musiques beaucoup plus rock. Avec le parolier et réalisateur Marc Desjardins, le guitariste Serge Laporte et le compositeur Germain Gauthier, elle lance le microsillon Le Futur est femme dont la chanson titre connaît un beau succès. L’album, qui contient aussi les titres Une de trop, Marcher sur l’eau, Bleu nuit, Coup de cafard, Mathématique et Je n’ai plus peur du noir, est réédité en disque compact 18 ans plus tard, en 2004. Cependant, malgré ce succès, et après le lancement d’une dernière chanson populaire (le 45 tours Mes nuits vidéo en 1989), elle disparaît complètement de ce domaine afin de toucher à d’autres facettes de son métier et surtout, de rendre hommage à son autre idole de toujours, Léo Ferré.

En janvier 1987, Renée Claude présente au public un nouveau spectacle en compagnie de Claude Léveillée, un show-concept intitulé Partenaires dans le crime. Les deux artistes se partagent la scène du Théâtre Arlequin avec un évident bonheur, et la critique est, comme toujours, très bonne envers le travail de Renée. En 1988, après avoir participé au spectacle rétro De Jeunesse à aujourd’hui, elle se rend à Saint-Malo, en France, pour participer cette fois au Festival de la chanson québécoise, puis à Sète, lieu de naissance de Brassens, pour chanter au Festival de cette ville.

En 1990, sous la direction d’André Brassard, elle est de la distribution de l’opéra Nelligan, sur un livret signé par l’écrivain Michel Tremblay sur des musiques d’André Gagnon. Renée y interprète le rôle de la journaliste Robertine Barry, alias Françoise, amie et protectrice d’Émile Nelligan. Heureuse et fière de cette expérience, Renée Claude prend le goût du métier de comédienne et veut pousser plus loin l’approfondissement de ce nouveau volet.

Dès 1991, elle joue dans la pièce de théâtre Tu faisais comme un appel de Marthe Mercure, puis dans la série télévisée de Janette Bertrand L’Amour avec un grand A, en 1992, en particulier dans l’épisode Ça fait pas partie de la job qui raconte la vie de diverses femmes harcelées sexuellement par leurs patrons. Renée Claude a l’occasion de donner la réplique à des acteurs chevronnés. Elle revient au théâtre à l’été 1992 et retrouve le metteur en scène André Brassard qui la dirige cette fois dans Marcel poursuivi par les chiens de Michel Tremblay. Renée Claude est aussi au générique du téléroman Triplex de Christian Fournier (en 1994-1995), dans le rôle d’Angèle.

Elle est l’une des actrices du film de Denise Filiatrault C’t'à ton tour, Laura Cadieux (1997). Le résultat est fort concluant puisque le film est un très grand succès commercial. Renée Claude apparaît aussi dans le film Station nord du réalisateur Jean-Claude Lord, en 2002.

Parallèlement à son travail de comédienne, Renée Claude réalise un autre projet qui lui est cher : celui d’un nouveau spectacle, cette fois pour rendre hommage à Léo Ferré. Ce spectacle, dont les arrangements et l’accompagnement (que l’on retrouvera sur l’album) est assuré par le pianiste Philippe Noireaut voit le jour en 1993 et il a pour nom On a marché sur l’amour. Ferré décède quelques jours seulement avant la première, ce qui donne une plus grande dimension encore au spectacle, une plus grande fébrilité. Ce tour de chant, qui explore les grands thèmes du poète (l’amour, la mort, la solitude, l’anarchie…) obtient un énorme succès, tant critique que populaire, et Renée Claude va se promener avec lui d’un bout à l’autre du Québec. En effet, entre 1993 et 1996, elle sera sur les scènes des théâtres du Café de la Place des Arts, de La Licorne, du Théâtre de Quat’Sous (tous à Montréal) et du Théâtre Le Petit Champlain (à Québec) de même qu’ailleurs au pays, puis elle va présenter son concert hommage en France, en Suisse et en Italie. Afin d’appuyer le tout, elle lance sur le marché, en 1994, un disque double, un coffret intitulé On a marché sur l’amour : Renée Claude chante Léo Ferré et l’album se voit remettre en avril 1996, le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros. Le coffret contient notamment les chansons Vingt ans, Y’a une étoile, Les Anarchistes, Ni dieu ni maître, Pauvre Rutebeuf, Je chante pour passer le temps, C’est extra, La mémoire et la mer, Avec le temps…

En août 1997, aux funérailles de la jeune comédienne Marie-Soleil Tougas, c’est à Renée Claude que l’on fait appel pour venir chanter un titre de Léo Ferré. Renée fait le choix de chanter Y’a une étoile en hommage à la jeune femme, une chanson qu’elle considère joyeuse et taquine, à l’image de Marie-Soleil.

Elle participe aussi au spectacle et au disque La Mémoire des boîtes à chansons aux côtés de Claude Dubois, André Gagnon, Claude Léveillée, Robert Charlebois, Pierre Létourneau, Jean-Pierre Ferland, Claude Gauthier, Bruno Pelletier et Louise Forestier. En 1997, l’album double Les Refrains d’abord est lancé : ce coffret est une réédition des quatre premiers albums (1963-1966) de la chanteuse. L’année suivante, en 1998, c’est au tour de la double compilation C’était le début d’un temps nouveau de voir le jour : il regroupe 34 des plus grands succès de Renée Claude, tous extraits de sa prolifique période Barclay (1969-1974).

Après quelques années d’une présence plus discrète, Renée Claude revient en 2006 avec un double album intitulé Entre la Terre et le soleil – Renée Claude chante Luc Plamondon. La chanteuse a pu réussir l’exploit de regrouper en un seul coffret toutes les chansons écrites pour elle par Plamondon depuis 1971 jusqu’à 2006. Aucune chanson n’a été omise et, pour l’occasion, Plamondon lui offre un tout nouveau titre sur une musique d’André Gagnon, Ballade pour mes vieux jours.

Après avoir chanté les plus grands, tant européens que québécois, après avoir rendu de vibrants hommages à Brassens, à Ferré et à Clémence Desrochers, après avoir contribué à faire connaître le talent des auteurs-compositeurs du Québec (Stéphane Venne, Luc Plamondon et Germain Gauthier, entre autres), Renée Claude a réussi à marquer à sa façon et pour toujours la culture collective québécoise.

Le 8 mars 2019, Journée internationale des droits de la femme, un mois après qu’il fut révélé que Renée Claude est hospitalisée souffrant de la maladie d’Alzheimer, 11 chanteuses du Québec (Céline Dion, Ginette Reno, Isabelle Boulay, Diane Dufresne, Laurence Jalbert, Catherine Major, Ariane Moffatt, Marie-Élaine Thibert, Marie-Denise Pelletier, Louise Forestier et Luce Dufault) enregistrent son grand succès Tu trouveras la paix pour ramasser de l’argent pour le Fonds de la recherche sur la maladie d’Alzheimer du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). À l’aube de son 80e anniversaire, l’initiative est due à l’animatrice Monique Giroux et le président de GSI Musique, Nicolas Lemieux. La réalisation musicale est confiée à Simon Leclerc.

Renée Claude est morte le mardi 12 mai 2020, à l’âge de 80 ans, du coronavirus, à sa résidence à Montréal (Canada, Québec).

Hamilton Frederick Bohannon (né le 7 mars 1942 à Newnan (Géorgie, États-Unis) et mort le 24 avril 2020 à Atlanta), connu aussi sous le nom de Bohannon, est un musicien américain connu comme l’une des figures importantes du disco des années 1970. Producteur américain iconique de musique funk considéré par ailleurs comme l’un des précurseurs du disco. Il côtoyait les plus grands : Stevie Wonder, Jimi Hendrix… Il est notamment connu pour le titre Let’s Start The Dance.

Hamilton Bohannon est mort le vendredi 24 avril 2020, à l’âge de 78 ans, à Atlanta (USA).

David Paul Greenfield, dit Dave Greenfield, né à Brighton le 29 mars 1949 et mort le 3 mai 2020, est un musicien britannique. Claviériste du groupe de rock The Stranglers depuis 1975, guitariste de plusieurs groupes amateurs ou professionnels avant 1975, il migre par hasard aux claviers. Bien que n’étant pas vraiment un compositeur, le son de ses claviers entre pour beaucoup dans la définition du son des Stranglers.

Né le 29 mars 1949 à Brighton, David Paul Greenfield est le fils d’un ancien musicien professionnel qui s’est reconverti dans l’imprimerie. Au lycée, il fait la connaissance d’un camarade plus âgé qui lui apprend la guitare et l’enrôle, en tant que guitariste rythmique, dans son groupe amateur : The Ambassadors. En parallèle, il apprend le piano tout seul à la maison et la théorie musicale à l’école. Entre The Ambassadors et The Stranglers, il va intégrer dix-huit groupes amateurs ou professionnels et migrer aux claviers, un peu par hasard, parce qu’un de ces groupes a besoin d’un claviériste.

Né le 29 mars 1949 à Brighton, David Paul Greenfield est le fils d’un ancien musicien professionnel qui s’est reconverti dans l’imprimerie. Au lycée, il fait la connaissance d’un camarade plus âgé qui lui apprend la guitare et l’enrôle, en tant que guitariste rythmique, dans son groupe amateur : The Ambassadors. En parallèle, il apprend le piano tout seul à la maison et la théorie musicale à l’école. Entre The Ambassadors et The Stranglers, il va intégrer dix-huit groupes amateurs ou professionnels et migrer aux claviers, un peu par hasard, parce qu’un de ces groupes a besoin d’un claviériste.

L’audition a lieu dans la maison de Chiddingfold que Jet Black a louée pour le groupe et Dave Greenfield est instantanément adopté. Hugh Cornwell dira plus tard, que son style proche de celui de Ray Manzarek a fait pencher la balance en sa faveur. Son premier concert avec le groupe a lieu le 24 août 1975 au Watchfield Free festival, moins d’un mois après son arrivée. Selon l’un des premiers managers du groupe, Brian Crook : « L’influence de Dave sur le groupe est essentielle. Il les a soudés, sans aucun doute. Son habileté à jouer était remarquable. Ils ne pouvaient plus échouer à partir de ce moment-là. Le jour où il a été embauché, vous pouviez dire avec certitude qu’ils allaient y arriver. » Outre le fait qu’il tire les trois autres vers le haut, il apporte quelque chose de différent et permet au groupe de trouver son style. Jean-Jacques Burnel témoignera également à ce sujet : « Quand Dave est arrivé, il a apporté un côté plus sombre dans le mélange avec son orgue gothique et j’ai pu m’identifier davantage avec ça. Nous avons commencé à trouver une direction. » Dave Greenfield lui-même dépeint le groupe, à partir de là, comme les quatre pôles opposés d’un aimant.

Étant le musicien le plus doué et le seul qui soit un professionnel à son arrivée, son incorporation est liée au succès du groupe. Un de leurs proches rapportera : « Je sais qu’il y avait l’idée dans l’air que Dave leur donnait beaucoup de son temps et que, s’ils ne décollaient pas, alors il s’en irait, ferait autre chose et choisirait un autre vecteur, ce qui était normal. » Finalement, Dave Greenfield se stabilisera avec les Stranglers pendant tout le reste de sa carrière et enregistrera avec eux ses premiers albums. Il collaborera également avec JJ Burnel sur plusieurs projets solo initiés par celui-ci.

Dave Greenfield est mort le dimanche 3 mai 2020, à l’âge de 71 ans, du coronavirus. Admis à l’hôpital pour des problèmes cardiaques, il y contracte la maladie de type Coronavirus, appelée covid-19, durant la pandémie de l’année 2020.

Kenny Rogers, né le 21 août 1938 à Houston (Texas) et mort le 20 mars 2020, est un acteur, chanteur de musique country et compositeur américain. Ce grand nom de la musique country a vendu des dizaines de millions de disques, a remporté 3 Grammys et a été la vedette de téléfilms. Sa carrière de chanteur et d’acteur s’est étalée sur plus de 60 ans. Il est connu pour ses chansons « Islands in the Stream » (1982), « The Gambler » (1978) ou « Coward Of The County » (1979).

Kenny Rogers est le quatrième des sept enfants de Floyd Rogers et de sa femme Lucille, respectivement charpentier et infirmière. D’après les registres de naissances de l’État du Texas, son deuxième prénom est Ray et il est en effet parfois appelé « Kenneth Ray Rogers » dans les génériques des films auxquels il participe.

Marié cinq fois, sa quatrième femme était l’actrice Marianne Gordon Rogers. Jusqu’à ce qu’il décède sa cinquième femme a été Wanda Miller. Rogers a une fille et quatre fils, dont des jumeaux nés en 2003.

Sa carrière commence pendant les années 1950, quand il enregistre plusieurs chansons avec un groupe de doo-wop appelé The Scholars. Rogers n’est pas le chanteur principal, et le groupe s’arrête après deux singles quand le leader décide de faire une carrière solo.

Resté seul, Kenneth Rogers lance son propre single That Crazy Feeling (1958) et connait un petit succès. Il rejoint The Bobby Doyle Trio, groupe de jazz avec lequel il joue dans des clubs et enregistre avec Columbia Records. Le groupe se sépare en 1965 et le single jazz que Rogers enregistre l’année suivante pour Mercury Records est un échec. Rogers travaille en tant que producteur, auteur et musicien pour d’autres artistes, dont les chanteurs country Mickey Gilley et Eddy Arnold. En 1966, il rejoint les New Christy Minstrels en tant que chanteur et contrebassiste.

Le succès du groupe n’étant pas celui sur lequel il compte, Rogers quitte le groupe, entraînant avec lui trois autres membres : Mike Settle, Terry Williams et Thelma Camacho. Ensemble, ils créent First Edition en 1967, qui devient « Kenny Rogers and The First Edition », et accumule les succès dans les classements de ventes de musique pop et country avec, entre autres, Somethings Burning, Ruby, Don’t Take Your Love to Town, Reuben James et Just Dropped In (To See What Condition My Condition Was In). Pendant cette période, Rogers présente tous les aspects du hippie : long cheveux bruns, boucle d’oreille et lunettes de soleil rose. Rétrospectivement surnommé « Hippie Kenny », Rogers a un style vocal beaucoup plus doux à cette époque que celui qu’il aura plus tard.

Quand le groupe se sépare en 1976, Rogers lance sa carrière solo. Ses compositions deviennent rapidement plus policées, chantées avec une voix parfois rauque mais toujours mélodieuse qui attire le public pop tout comme les fans de country. Plus de 60 chansons enregistrées par Kenny Rogers ont atteint le top 40 des meilleures ventes US (dont 25 se sont placées en no 1 des ventes) et 50 de ses albums se sont classés dans les meilleures ventes. Ses compositions ont aussi été utilisées dans de nombreuses bandes originales de films tels que Convoy, Urban Cowboy et The Big Lebowski.

Sorti en novembre 1978, l’album The Gambler se vend entre 30 et 35 millions d’exemplaires, ce qui représente un quart de ses ventes totales d’albums1,2.

Kenneth Rogers chante également dans la célèbre chanson We Are the World.

Il sort en 1980 ce qui reste un des plus grands succès de sa carrière : Lady (en).

Kenny Rogers est mort le vendredi 20 mars 2020, à l’âge de 81 ans, à son domicile de Sandy Springs (USA, Géorgie).

Millicent Dolly May Small, connue comme Millie Small, née le 6 octobre 1947 dans la paroisse de Clarendon (Jamaïque) et morte le 5 mai 2020 à Londres (Royaume-Uni), est une chanteuse et compositrice jamaïcaine, surtout connue pour son enregistrement de 1964 de « My Boy Lollipop », qui a atteint le numéro 2 dans le UK Singles Chart et le Billboard Hot 100 des États-Unis. Elle est la première à avoir popularisé le ska et le reggae au Royaume-Uni. Sur ses disques britanniques, elle était généralement créditée sous le nom de Millie.

Millie Small est morte le mardi 5 mai 2020, à l’âge de 72 ans, à Londres (Royaume-Uni).

Graeme Allwright, né le 7 novembre 1926 à Wellington (Nouvelle-Zélande) et mort le 16 février 2020 à Couilly-Pont-aux-Dames, est un chanteur de folk et auteur-compositeur-interprète français d’origine néo-zélandaise. Il a adapté et introduit en français les oeuvres du protest song américain (chanteurs contestataires comme Woody Guthrie et Pete Seeger notamment), ainsi que de nombreuses chansons de Leonard Cohen mais aussi composé des chansons entrées dans la mémoire collective française.

Graeme Allwright est le père des acteurs Christophe Allwright, Jacques Allwright et Nicolas Allwright (de son union avec Catherine Dasté, fille de Jean Dasté) et de Jeanne Allwright (de son union avec Claire Bataille, qui fut aussi son agent artistique).

Graeme Allwright est né le 7 novembre 1926 à Wellington (Nouvelle-Zélande) où il passe toute son enfance avec sa famille. Adolescent, il est passionné de théâtre. Ayant obtenu une bourse pour intégrer la compagnie du théâtre Old Vic de Londres, il décide de quitter sa famille pour s’installer à Londres et y apprendre le théâtre. Il fait la traversée en s’engageant comme mousse sur un bateau, car il n’a pas d’argent pour se payer le voyage. À Londres, il fait la rencontre de la comédienne Catherine Dasté, issue d’une famille du théâtre, puisqu’elle est la petite-fille de Jacques Copeau (fondateur du théâtre du Vieux-Colombier) et la fille de Jean Dasté (directeur de la Comédie de Saint-Étienne) et de Marie-Hélène Dasté.

En 1948, il suit Catherine Dasté et s’installe en France et l’épouse en 1951 à Pernand-Vergelesses (Côte-d’Or), le village de Jacques Copeau. Graeme Allwright y exerce de très nombreux métiers, de la scène à la régie. Il devient ensuite apiculteur, animateur pour enfants à l’hôpital, moniteur en hôpital psychiatrique, professeur d’anglais (il a notamment comme élève Philippe Lavil) et de théâtre à l’école secondaire de la Roseraie à Dieulefit (Drôme).

Encouragé par des amis stéphanois amateurs de blues, il monte à Paris au début des années 1960 et chante dans des cabarets (notamment à La Contrescarpe). Les conditions sont dures. Il rode souvent ses chansons chez des amis peintres ou sculpteurs à La Ruche à Montparnasse. Il est alors accompagné par le guitariste stéphanois Genny Detto. Au Centre américain du boulevard Raspail, il retrouve bientôt deux musiciens de folk traditionnel. Son talent séduit Colette Magny et Mouloudji, et ceux-ci le poussent à enregistrer son premier disque, Le Trimardeur, produit par Marcel Mouloudji en 1965 alors que Graeme est âgé de 39 ans. S’ensuit un premier contrat avec Philips, et ses deux albums de 1966 et de 1968, aux tonalités protest-song, le projettent au premier plan chez les jeunes.

Graeme Allwright est parmi les premiers introducteurs en France du folk américain, dans sa veine protest-song. Il se revendique chanteur, il écrit assez peu, préférant « se glisser dans les mots d’un autre » quand il ressent que le message est commun. Il s’inscrit dans la lignée de Woody Guthrie et de Pete Seeger. Il a adapté de nombreux textes de Guthrie, parmi lesquels sa première chanson Le Trimardeur (Hard Travelin’), Le clochard américain, La Femme du mineur, La Mouche bleue, etc. Il a également adapté des chansons de Tom Paxton (Sacrée bouteille), Pete Seeger (Jusqu’à la ceinture), Malvina Reynolds (Petites Boîtes) ainsi que de Bob Dylan (Qui a tué Davy Moore ?). Ses mots simples et son accent charmeur donnent à ses textes une proximité immédiate, et une force empathique singulière.

Il a également largement contribué, par ses adaptations très fidèles de Leonard Cohen, à faire découvrir ce dernier au public français (Suzanne, L’Étranger, Demain sera bien, etc.)

Cependant, ses propres textes ont également une grande puissance (Les Retrouvailles (Il faut que je m’en aille), Johnny, Joue joue joue, etc.). Politiquement engagé pour la non-violence, contre les essais nucléaires, contre la société de consommation, il écrit ou adapte de nombreux textes de protest-song (le Jour de clarté, la Ligne Holworth, Jusqu’à la ceinture, etc.)

En 1970, après les deux disques qui ont fait son succès, il produit deux albums en anglais, A Long Distant Present From Thee… Becoming et Recollections, qui sont peu connus (et n’ont pas été complètement réédités en dehors de compilations). Le premier de ces disques, en développant un genre folk psychédélique, tranche notamment avec la période précédente de Graeme Allwright.

Assez rapidement, Graeme Allwright s’éloigne volontairement de l’industrie du spectacle, car cela ne correspond pas à sa philosophie. Refusant la relation artiste/fan classique malgré son succès dans les années 1970, il mène une carrière en marge des médias (dont les directions le censurent depuis sa participation à la lutte du Larzac, et l’adresse directe dans sa chanson Pacific blues en particulier contre Valéry Giscard d’Estaing et les essais nucléaires français).

En 1980, Graeme Allwright chante avec Maxime Le Forestier au Palais des sports. Les bénéfices des concerts et du double album sont entièrement reversés à l’association Partage pour les enfants du tiers-monde, fondée par Pierre Marchand, et que Graeme Allwright a soutenue à ses débuts.

Dans les années 80, il produit plusieurs albums où l’on retrouve une association de titres à consonance folk et d’interprétations de textes d’amis poètes ou penseurs dont Maurice Cocagnac et Luis Porquet. En 1985, Graeme Allwright interprète des adaptations en anglais de chansons de Georges Brassens adaptées par Andrew Kelly.

Plusieurs de ses chansons deviennent des classiques familiers de la chanson française : Les Retrouvailles (Il faut que je m’en aille), Petit Garçon (adaptation en français de la chanson Old Toy Trains de Roger Miller), Jolie bouteille, Jusqu’à la ceinture, etc. Ses classiques sont connus de plusieurs générations en France, même si le nom de leur auteur est souvent ignoré.

Dans les années 2000, il ajoute le jazz, passion de son adolescence, à son répertoire (album Tant de joies avec le Glenn Ferris quartet). Puis il reprend inlassablement la scène, accompagné le plus souvent de ses amis musiciens malgaches Erik Manana et Dina Rakatomanga, offrant toujours régulièrement « dans les p’tits patelins » de chaleureux concerts, au cours desquels, en toute simplicité et dans une intense empathie, il communique sa quête « d’une étoile qu’il n’a jamais vraiment nommée ».

En janvier 2010, l’Académie Charles-Cros lui décerne un « grand prix in honorem » pour l’ensemble de sa carrière, et un « coup de cœur » pour son album Des inédits… Pour le plaisir. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. En 2014, son adaptation française de la chanson Petit garçon (Old Toy Trains, de Roger Miller) devient l’hymne du Téléthon. Alors qu’il avait déclaré vouloir continuer à chanter pour apporter du bonheur tant que sa santé lui permettrait, il annonce dans ses concerts de 2015, à l’âge de 89 ans, arrêter la scène. En 2017, il co-signe avec l’artiste Yanne Matis la chanson Leonard, en hommage à son « double », Leonard Cohen, mort l’année précédente.

Graeme Allwright est mort le dimanche 16 février 2020, à l’âge de 93 ans, à la maison de retraite des artistes de Couilly-Pont-aux-Dames (France, commune française située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France)

Lionel D, de son vrai nom Lionel Eguienta, est un animateur de radio et rappeur français né le 23 décembre 1961 à Paris et mort le 26 février 2020 à Londres. Auteur d’un seul album et de trois maxis, il est pourtant l’un des pionniers du mouvement hip-hop et plus particulièrement du rap en France, au travers notamment de l’émission Deenastyle qu’il anime avec Dee Nasty dans les années 1980 sur Radio Nova.

Né le 23 décembre 1961 dans le 15e arrondissement de Paris, d’une mère auvergnate et d’un père antillais, il grandit Vitry-sur-Seine. Il s’est fait connaître durant les années 1980 sous le nom de Lionel D au travers de différentes émissions de radio comme celle animée par Dee Nasty et Bad Benny sur Radio Diffusion Handicapé (RDH). Lionel D intègre ainsi l’équipe de la radio nommée Platinum Squad par Dee Nasty en 1984. Cette émission commence au même moment que celle de Sidney (Rappers Dapper Snapper sur Radio 7) lors de l’émergence des radios libres en France, en 1981.

Parallèlement à la radio, il forme le groupe Fresh MC Four avec d’autres rappeurs pionniers à Vitry-sur-Seine comme JND, Général Murphy et Frisco.

A partir de 1988, il anime sur Radio Nova le Deenastyle avec Dee Nasty ; c’est à l’époque une émission de référence qui reçoit la majorité des rappeurs parisiens :

« Toute la génération de rappeurs de la décennie suivante 1990 — gamins à l’époque — allait écouter religieusement les deux heures d’émission — de 22 heures à minuit — tous les dimanches soirs pendant deux ans de 1988 à 1989. »

— Dee Nasty

Grâce à son émission sur Nova, Lionel D permet en 1989 de faire découvrir sur les ondes le groupe NTM, mais aussi Assassin, MC Solaar ou encore les rappeurs du Ministère A.M.E.R., lançant à ces derniers un prémonitoire « Je vous reçois très cool, ne me mettez pas les boules. Un jour vous rapperez devant de grandes foules. »

Les carrières radiophonique et musicale de Lionel D sont étroitement liées, puisque c’est grâce à une maquette réalisée dans les studios de Nova que Lionel D est repéré par un sous-label de Sony Music et peut sortir ses premiers disques en 1990 : les maxis Y’a pas de problème puis Pour toi le Beur. Ce dernier, basé sur un sample du morceau El Nay (Atini el Nay Wa Ghanni) de la chanteuse libanaise Fairuz, est considéré comme l’un des premiers raps en France exprimant sur disque le malaise éprouvé par les Beurs et est assez mal accueilli à sa sortie : selon Dee Nasty, il est même retiré de la vente dans certains magasins à causes de menaces dues au contexte politique de la guerre du Golfe.

Il continue à faire de son rap un vecteur d’expression du malaise provoqué par l’actualité du monde via le morceau Monsieur le Président qui sort sur l’album lui aussi intitulé Y’a pas de problème, toujours en 1990 ; cependant cet album ne remporte pas le succès escompté.

En 1991, il publie son dernier disque officiel, Il y a des gens. Sa dernière apparition discographique est une collaboration avec le groupe Mad in Paris sur l’album Mad in Paris sorti en 1996.

Lionel D est l’un des pionniers du rap en France et notamment de la scène freestyle. Il est d’ailleurs l’un des premiers à rapper en français.

En 1982, à l’occasion d’une tournée française d’Afrika Bambaataa, Lionel D est intronisé membre de la Zulu Nation en compagnie de Princess Erika et Dee Nasty au Bataclan. En 1986, il participe, sous l’impulsion de Dee Nasty, à des événements hip-hop nommés « free jams » organisés sur le terrain vague de La Chapelle.

Il participe au deuxième épisode de la série d’émissions de Canal+ L’Œil du cyclone où il commente l’année 1991 aux côtés d’autres acteurs du mouvement hip-hop en France tels que Dee Nasty, MC Solaar, IAM ou les Little MC. Il est plusieurs fois l’invité d’émissions de télévision, qu’elles soient consacrées au rap comme RapLine d’Olivier Cachin sur M6, ou à l’actualité de la ville et de la banlieue comme Saga-Cités de Bernard Loche sur France 3, mais ses apparitions se font de plus en plus sporadiques jusqu’à une quasi-disparition vers le milieu des années 1990.

En 2011, plusieurs magazines et webzines prétendent qu’il serait mort en 2010 dans l’anonymat médiatique. Certaines personnes de la communauté hip-hop française, convaincus par cette rumeur, lui rendent même hommage au travers de blogs, de vidéos, voire de graffitis.

Fin août 2016, International Hip Hop Magazine (IHH) publie une interview exclusive de Lionel D qui dément la rumeur. Lionel D y déclare qu’il « n’a jamais donné d’interview à quiconque depuis plus de vingt ans ».

Lionel D est mort le 26 février 2020, à l’âge de 58 ans, d’un arrêt cardiaque, dans un hôpital à Londres (Angleterre).

HOMMAGE AUX ARTISTES DCD DEPUIS JANVIER 2020 16 06 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 18 h 45 min

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Hommage aux artistes DCD depuis janvier 2020. L’idée m’est venue car avec le covid 19 certains musiciens que j’appréciais sont partis. Du coup je me suis penché sur ces artistes qui était DCD depuis le début de l’année. Dans ce 1er volet vous retrouverez. Jimmy Cobb, Tony Allen, Mory Kante, Lucky Peterson, Lexii Alijai, Little Richard, Moon Martin, G.P.O. Nous continuerons la semaine prochaine avec 1 second volet. En introduction de l’émission un hommage tout particulier à Maurice Rajsfus militant infatigable contre les violences policières et donc d’Etat, antisioniste convaincu, même s’il admet que l’idée de départ était généreuse. antiraciste et antifasciste, tout au long de sa vie il n’a cessé le combat. Il était également écrivain, journaliste et historien. Je vous salue Mr Rajsfus nous continuerons ce combat pour vous, nous et la jeunesse à venir. Vous pouvez retrouver l’émission sur

https://www.mixcloud.com/skuale/

 ou

https://www.mixcloud.com/radiolibertaire/

Maurice Rajsfus est fils de parents juifs polonais arrivés en France en 1923 et 1924. Son père Mushim Plocki, né à Ilza le 22 janvier 1892, avait enseigné en Pologne. Sa mère, Riwka Rajsfus, était née le 16 novembre 1900 à Bledow dans un milieu rural très pauvre. En France, ses parents gagnèrent leur vie comme marchands forains de bas et chaussettes dans les villes de la banlieue Nord comme Aubervilliers ou Saint-Denis. Après avoir obtenu le certificat d’études primaires en juin 1940, Maurice Rajsfus fut scolarisé au collège de Vincennes (Seine, Val-de-Marne) jusqu’en classe de 5e mais n’alla cependant pas au-delà. Durant l’automne 1940, sa famille dut apposer l’affichette « entreprise juive » sur son étalage, puis lorsqu’elle se vit interdire d’exercer la profession de marchand forain, son père fut manutentionnaire sur un chantier vers Chaville (Hauts-de-Seine). Enfin, au matin du 16 juillet 1942 – début de la rafle du Vel’d’Hiv -, sa famille était arrêtée à Vincennes, où elle résidait à l’époque, par des policiers français. Conduits dans un lieu de regroupement à Vincennes, 5, rue Louis Besquel, avec une centaine de personnes, ils attendaient le départ vers une destination inconnue. Vers 15 heures, un policier leur annonça que les enfants de nationalité française de 14 à 16 ans pouvaient sortir. Seuls les Plocki demandèrent à leurs enfants, Maurice et sa sœur Jenny (Eugénie), de partir, leur sauvant ainsi la vie. Les parents, transférés à Auschwitz le 27 juillet, y disparurent. Ils leur donnèrent tout ce qu’ils avaient de précieux, argent, alliances, montre… Jenny, née en décembre 1925, avait 16 ans, Maurice 14. Revenus dans l’appartement des parents, les deux jeunes gens réussirent à s’en sortir grâce notamment à Monique Lemarquis (voir René Lemarquis), une voisine et amie de Jenny, et à sa mère. Ils bénéficièrent également d’une aide financière versée par la mairie de Vincennes aux enfants de déportés et par l’UGIF (Union générale des israélites de France), ce qui leur permit de payer leur loyer. Jenny poursuivit ses études jusqu’au Bac, puis elle devint institutrice. Maurice fut admis à la mi-septembre 1942, comme apprenti ajusteur dans une école technique de l’Organisation de Reconstruction par le Travail (ORT), une association philanthropique juive, située dans le XVIIIe arrondissement. Ayant vite compris que ce n’était pas sa voie, il fut placé en apprentissage chez un sertisseur-joailler. Portant son étoile jaune, il parcourait les rues de Paris pour effectuer les livraisons, non sans se mettre parfois en danger quand il passait près des locaux de la Milice de Vichy ou de la LVF.

La famille de Maurice Rajsfus était athée – enfant, il ignorait ce que le mot « judaïsme » pouvait signifier, se souvenant pourtant, enfant, de la grande fête ouvrière que fut le printemps 1936 et aussi de la Guerre d’Espagne. Durant l’été 1937, il partit avec sa sœur en colonie de vacances à l’île de Ré (village de La Couarde). Ce fut son deuxième contact important avec la politique, la plupart des moniteurs étant des militants communistes et le directeur un juif allemand qui avait fui le nazisme. C’est là qu’il apprit les chants révolutionnaires, l’Internationale mais aussi la Jeune Garde, la Varsovienne… Après la déportation de leurs parents, Jenny et Maurice vécurent deux années difficiles, craignant constamment une nouvelle vague de rafles. A la mi-juin 1944, Maurice eut l’occasion de se réfugier dans un petit village du Val-d’Oise, La Chapelle-en-Vexin, Jenny s’étant cachée chez sa meilleure amie, Monique Lecouflet. Maurice revint à Vincennes en bicyclette le 28 août 1944.

Âgé de 16 ans à la Libération, il reprit son apprentissage en joaillerie et adhéra aux Jeunesses Communistes et au PC, mais il en fut vite exclu sans ménagement, à 18 ans, accusé d’être un « provocateur policier » ou un « hitléro-trotskyste ». On lui reprochait notamment de penser que la grève était la meilleure arme des travailleurs alors que, depuis que le PC était au gouvernement, l’heure n’était plus à la contestation mais à la reconstruction de la France. Fréquentant aussi la Maison des Jeunes de Vincennes, il y rencontra les animateurs du Mouvement laïque des Auberges de la jeunesse (MLAJ) et multiplia avec eux les sorties joyeuses, sac au dos. « Quel bonheur, écrit-il de rencontrer des internationalistes, alors que je sortais des rangs d’un parti chauvin ultranationaliste » (Rajsfus, 1992). S’y côtoyaient en effet des militants de diverses traditions, parmi lesquels anarchistes et trotskystes. En octobre 1946, il adhéra à la section française de la Quatrième Internationale, le Parti communiste internationaliste (PCI). Il y suivit notamment les cours donnés par Michel Pablo. Chez les trotskystes, il découvrit la réalité de la répression aux colonies, notamment en Algérie les massacrés de Sétif en mai 1945… Cependant le dogme du soutien inconditionnel à l’URSS, premier État ouvrier, ne lui convint pas, ce qui l’amena à rejoindre la tendance Socialisme ou Barbarie animée par Cornélius Castoriadis et Claude Lefort. Comme eux, il pensait que l’URSS était devenue un capitalisme d’État, une classe bureaucratique ayant détourné le pouvoir à son profit. Peu à peu le modèle bolchévique lui devint odieux. Sa sœur Jenny eut un parcours politique voisin, elle aussi au PC mais encore plus brièvement, puis militante trotskyste et membre du groupe Socialisme ou Barbarie. Elle était la compagne de Jean-René Chauvin, militant trotskyste et ancien déporté. Institutrice, elle s’engagea sur la longue durée dans le syndicalisme, membre de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN) et très active dans la tendance syndicaliste révolutionnaire l’École Émancipée (ÉÉ). Elle a également effectué la traduction de l’anglais, avec Lily Slyper, du livre de Rudolf Vrba Je me suis évadé d’Auschwitz, (Éditions Ramsay, 1988).

Pendant ces années d’après-guerre, la situation professionnelle de Maurice Rajsfus était précaire. Ayant terminé son apprentissage, il ne voulut pas s’embaucher dans un atelier de joaillerie. Durant l’été 1946, il fut moniteur de colonie de vacances à l’île de Ré, puis durant l’hiver correcteur bénévole aux Éditions Pionniers, émanation du PCI, aux côtés de Marcel Gibelin. Au printemps 1947, il fut un bref moment docker sur les Docks de Bercy et à l’automne OS à l’usine d’outillage Val d’Or à Bagnolet (Seine,Seine-Saint-Denis). À cette époque, il fréquentait la Bibliothèque Nationale, consultant les collections de vieux journaux au département des périodiques. Fin juin 1948, il partit travailler en province comme éducateur dans une maison d’enfants de déportés. Un emploi qu’il occupa par intermittence, car il fut obligé de répondre à ses obligations militaires. En effet,le fait que ses parents soient morts en déportation ne lui permit pas d’échapper au service militaire car ils étaient étrangers, donc pas « morts pour la France ». Mais sitôt dans un régiment, cet antimilitariste dans l’âme tombait malade, et finalement au bout de trois tentatives d’encasernement, l’administration militaire le déclara « réformé définitif », mais seulement au printemps 1951 : « l’armée m’avait tenu en laisse pendant 2 ans et demi » (Rajsfus, 1992). Entre deux séjours à la caserne, Maurice Rajsfus a participé du 14 juillet au 14 août 1950, à l’une des brigades de travail en Yougoslavie. Le Maréchal Tito venait de manifester son indépendance par rapport aux soviétiques, et aussitôt l’URSS et les divers partis communistes accusèrent le régime yougoslave d’être devenu fasciste. Ces brigades, constituées chacune de 100 à 120 jeunes – au total 1500 jeunes français firent le déplacement – devaient aller vérifier sur place si ces assertions avaient un fondement et aussi participer à un chantier de construction. Ce voyage acheva d’éloigner Maurice des trotskystes à qui il reprochait d’avoir une vision exagérément optimiste de la Yougoslavie titiste, surestimant les conseils des travailleurs des entreprises alors que le pays restait fermement dirigé par un parti unique d’origine stalinienne.

Échaudé par ces diverses expériences politiques pas totalement satisfaisantes, au seuil des années 1950, la découverte des surréalistes, de Benjamin Péret et de la poésie de Prévert, lui donnèrent l’impression de renaître : « Je m’enchantais de tout ce qui pouvait mettre à mal cette société à qui je n’avais rien pardonné et avec laquelle mes comptes ne seraient jamais réglés » (Rajsfus, 1992). Débuta pour Maurice Rajsfus une période d’errance dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, de bar en bar, qu’il décrit comme « une étape », « une oasis de liberté provisoire ». Coupé du monde du travail, il vécut d’expédients, endura la faim et tenta de publier ses poèmes dans des revues éphémères. Il rencontra des gens pittoresques, hauts en couleur, mais qui se révélèrent souvent inconsistants, même Isidore Isou qu’il ne parvint pas à prendre au sérieux. Expérience importante cependant en 1952 quand, embauché à l’IFOP pour effectuer des enquêtes de d’opinion, il voyagea en province : Grenoble, villages de la forêt des Ardennes, Basses-Alpes et peut-être surtout le bassin minier du Nord, autour de Lens. Également rencontre marquante avec Édouard Glissant qui, le premier, lui parla d’Aimé Césaire, véritable révélation pour lui : « Chez l’homme Césaire, le Français n’avait pas tué l’Antillais, et la culture appréhendée n’était qu’un emprunt – indispensable peut-être – complétant une autre richesse, innée. En fermant les yeux, j’avais l’impression d’écouter ma propre histoire, quand bien même cette appropriation pouvait paraître exorbitante » (Rafsjus), 1992).
Son mariage, en 1954, avec Marie-Jeanne – il avait 26 ans et elle 18 ans – et bientôt l’arrivée de leur fille (septembre 1955) puis de leur fils (août 1957), ne mit pas fin à son instabilité professionnelle. Après être resté 15 mois chef de service à la Fédération nationale des Auberges de Jeunesse (FNAJ), à partir de septembre 1954 il allait multiplier les emplois précaires. Emballeur chez le parfumeur Molinard à Vincennes, aide laborantin à l’Institut national des Sports, toujours à Vincennes, il fut aussi manutentionnaire, employé de bureau. Il tenta le courtage en assurances et fut brièvement représentant de commerce (Rajsfus, 1993). En dépit de sa prise de distance – organisationnelle – avec les trotskystes, il apporta tout de suite son aide à deux anciens élèves d’Yvan Craipeau (instituteur, ancien trotskyste) quand ceux-ci le contactèrent à la mi-septembre 1955 pour organiser une manifestation contre la Guerre d’Algérie commençante. À trois, ils mirent en place un « Comité des mouvements de jeunesse de la région parisienne contre l’utilisation du contingent en Algérie » et parvinrent – malgré les embûches venues des JC – à organiser un rassemblement de plusieurs milliers de personnes au Quartier latin, le 13 octobre 1955.

Malgré quelques travaux alimentaires, souvent harassants, Maurice Rajsjus continua tout au long de ces années à rédiger des chroniques de conjoncture pour La Vie des Métiers. Cette publication importante ayant besoin d’un réviseur de morasse (dernière épreuve avant impression), il fut embauché à l’automne 1958. Le voilà dans la presse, avec la conviction intime qu’il ne reviendrait plus à l’usine ou à l’atelier. Intégré dès le début au secrétariat de rédaction mais travaillant aussi au marbre de l’imprimerie, Maurice Rajsfus réalisa un rêve, travailler en compagnie de typographes, l’aristocratie ouvrière. De fait, apprenant beaucoup et vite, il franchit une étape et obtint sa carte de presse au bout de trois ans. Le voilà journaliste ! Bientôt secrétaire de rédaction, premier secrétaire en 1964, et en octobre 1967 secrétaire général de rédaction. Il avait l’impression d’avoir le droit, enfin, de vivre heureux, en famille. En septembre 1965, il quitta le petit appartement de ses parents à Vincennes (27 m2) pour un appartement de 75 m2 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) où chacun des deux enfants eut sa chambre. Parallèlement, il recommença à militer. Il fut de l’aventure du PSU, dont il anima, comme secrétaire, la section de Vincennes, forte de 50 militants et active en ces années de lutte contre la Guerre d’Algérie. Il participa avec ses camarades du PSU à la plupart des manifestations parisiennes, notamment à celle du 8 février 1962 qui se termina par la mort de 8 manifestants au Métro Charonne. En février ou mars 1964, il accepta de contribuer au lancement d’une revue, Action, où il retrouva des anciens de la Quatrième Internationale comme Marcel Pennetier, mais aussi des militants aux itinéraires différents comme Claude Bourdet et Victor Fay. Cet engagement au PSU lui valut de figurer sur une liste d’Union de la Gauche, en 3e position, aux élections municipales de 1965, à Vincennes. Élu secrétaire du Comité d’entreprise de La Vie des Métiers au printemps 68, membre du Syndicat national des Journalistes (SNJ), il fut donc aussi militant syndical. Il co-organisa, avec deux autres collègues, la grève à La Vie des Métiers en mai 68, des événements qui l’ont surpris, comme la majorité des Français, mais auxquels il participa activement à partir du 13 mai, passant de la Sorbonne à l’Odéon et présent dans quelques manifestations. Cette présence lui permit de voir de près l’intensité de la répression, de la violence policière. Même s’il refuse de se dire « ancien combattant de 68 », ce mouvement l’a fait basculer dans le camp des « contestataires irréductibles ». Cet engagement est vite connu de la veuve de Cino del Duca qui dirige désormais le journal. Pour Maurice, c’est donc la « mise au placardé » puis le licenciement, après 13 ans, fin avril 1971. Après un travail temporaire au Monde (août-septembre 1971) et quelques mauvaises expériences dans des revues « sans intérêt », il devint en octobre 1972 rédacteur en chef de la Revue de la formation permanente qu’il anima durant trois ans. Malgré un patron infernal, ce travail le passionna, lui permettant notamment d’interviewer leaders patronaux et syndicaux, de faire des enquêtes sur de grandes entreprises. Licencié le 1er avril 1976, il termina sa carrière de journaliste dix ans plus tard comme pigiste, travaillant pour une trentaine de publications.

Et plus que jamais, il continuait à militer : « Journaliste conventionnel le jour, je redevenais chroniqueur militant le soir venu » (Rajsfus , 1993). À Fontenay-aux-Roses, avec d’autres il créa un Comité d’Action (CA) et un journal ronéoté, l’Enragé de Fontenay-aux-Roses (une vingtaine de numéros jusqu’en octobre 1969). Lui succédera Action banlieue Sud, paraissant régulièrement jusqu’en décembre 1975. Tous les sujets de mobilisation de l’extrême gauche étaient relayés et illustrés localement : solidarité avec les immigrés, avec les réfugiés chiliens, avec les ouvriers de Lip, avec les militants arrêtés (maoïstes de la Gauche prolétarienne ou trotskystes de la LC après la dissolution de 1973). Parallèlement, un Groupe d’études socialistes se consacrait à l’histoire du mouvement ouvrier, organisant des conférences suivies. Il mit aussi la boite postale de son journal à la disposition des militants de Lutte ouvrière qui menaient campagne sur les transports, avec un petit journal local L’entassé de Fontenay-aux-Roses. Ces activités multiples le menèrent au bord de l’épuisement en novembre 1975. Il mit de longs mois à récupérer, sans pour autant abandonner son activité professionnelle. Son journal Action banlieue Sud dénonçait aussi la répression anti-jeunes. Ayant réuni, après Mai 68, des milliers de fiches sur la répression policière, Maurice Rajsfus sera en mesure, avec Jean-Michel Mension, de créer l’Observatoire des libertés publiques en mai 1994, après l’assassinat du jeune Makomé (17 ans) par un policier, le 6 avril 1993, au commissariat des Grandes Carrières (Paris, XVIIIe). Il assura la publication de plus de 200 numéros du bulletin Que fait la police ? jusqu’en 1999. Contre la renaissance de l’extrême droite et des idées fascistes, il fut aussi en mai 1990 un des initiateurs du réseau ras l’Front dont il sera président pendant quelques années.

Outre ses ouvrages sur la police et aussi, de la part de cet anti-sioniste, sur Israël et les Palestiniens, Maurice Rajsfus traita, à la fois en témoin et en historien, dans de nombreux ouvrages, de la période de Vichy et de l’Occupation, au cours de laquelle sa famille fut disloquée, détruite, lui laissant une blessure définitive. Il se mit à ce travail à partir d’octobre 1976 et le hasard des archives l’amena à s’intéresser à un dossier qui n’avait jamais passionné les historiens, celui de l’Union générale des Israélites de France (UGIF). Au terme de ses recherches, il dresse un constat sévère, estimant que les notables juifs à la tête de l’UGIF ont contribué à la déportation de des Juifs étrangers et de leurs enfants, tout en n’évitant pas eux-mêmes la déportation et la mort (Rajsfus, 1980). Il semble que leur posture ait été semblable à celle d’un Jérôme Carcopino, secrétaire d’État à l’Éducation nationale du Maréchal Pétain, qui justifie sa collaboration par le souci « d’amortir ou de détourner les coups » [de l’occupant] (cité par Marrus, Paxton, 1981, p.215). La politique du moindre mal. Même s’il met en garde contre le livre de Maurice Rajsfus, œuvre de journaliste aimant la polémique plus que d’historien, André Kaspi reconnaît que « les fichiers tenus par l’UGIF ont permis aux Allemands d’arrêter les enfants » (Kaspi, 1991, p.345). N’aurait-il pas été plus judicieux de les disperser plutôt que de les concentrer en foyers ? (Kaspi, 1991, p.325 et 345). Dans sa préface au livre de Rajsfus sur l’UGIF, Pierre Vidal-Naquet reconnaît que l’auteur a dépouillé des milliers de documents, interrogé acteurs et témoins. Il a le mérite de donner tous les éléments « qui permettent éventuellement de discuter ses affirmations ». Car en effet Maurice Rajsfus accuse les notables juifs d’avoir facilité, par leur coopération, la politique hitlérienne d’extermination. Vidal-Naquet salue un ouvrage souvent passionnant, un livre important et courageux (Préface à Rafsjus, 1980). Un jugement positif émanant également de l’écrivain et éditeur Pierre Drachline pour qui Drancy : un camp de concentration très ordinaire (1941-44) est un ouvrage de référence (Libération, 2002). La prestigieuse collection Que Sais-Je ? des PUF fit appel à Maurice Rafsjus pour l’ouvrage sur La Rafle du Vel’ d’Hiv’ (2002). De même plus récemment, en 2017, l’homme de théâtre Philippe Ogouz monta son spectacle « La Rafle du Vel’ d’Hiv’ » au Théâtre de la Manufacture des Abbesses à Paris (XVIIIe) d’après trois livres de Maurice Rajsfus. En 1992, Maurice Rajsfus avait soutenu une thèse de doctorat en sociologie sur le thème de « la manipulation de la mémoire ».
Sa mort en juin 2020, en pleine explosion des protestations contre les pratiques policières, fut largement commentée par la presse.

 

POUR CITER CET ARTICLE :

notice RAJSFUS Maurice [PLOCKI Maurice] par Jean-Paul Salles, version mise en ligne le 26 août 2018, dernière modification le 15 juin 2020.

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Wilbur James Cobb, dit Jimmy Cobb, né le 20 janvier 1929 à Washington D.C. et mort le 24 mai 2020 à New York, est un batteur américain de jazz. Il est connu pour avoir été le batteur de l’album de jazz du trompettiste Miles Davis « Kind of Blue », l’un des plus grands albums de jazz de tous les temps, dont il était le seul survivant sur les 6 musiciens réunis au printemps 1959 par Miles Davis pour l’enregistrer.

Après avoir travaillé avec quelques gloires locales, Jimmy Cobb accompagne Earl Bostic en tournées (1951), puis Dinah Washington, qu’il épouse et dont il devient le directeur musical (1951-1955). Suit une période new-yorkaise en indépendant, jusqu’à ce qu’il soit engagé par Cannonball Adderley (1957-58) et soit brièvement associé à Stan Getz et Dizzy Gillespie. En 1958, il suit Cannonball Adderley chez Miles Davis. Aux côtés du trompettiste, il forme alors, jusqu’en 1962, une exceptionnelle section rythmique avec Paul Chambers et Bill Evans, puis avec Red Garland et, surtout, Wynton Kelly, avec qui il joue régulièrement jusqu’à sa mort.

En 1963, Jimmy Cobb quitte Miles Davis mais continue de travailler avec la section rythmique de Miles, Wynton Kelly et Paul Chambers. Ils se sépareront à la fin des années 1960, lorsque Jimmy Cobb décidera de travailler avec Sarah Vaughan, avec laquelle il restera 9 ans.

À ce moment, Jimmy Cobb repart en indépendant, pendant les années 1970, 1980 et 1990 et joue pour différents groupes comme ceux de Nat Adderley ou de George Coleman.

Reconnu rapidement comme un accompagnateur de talent, Jimmy Cobb a travaillé avec un grand nombre d’artistes prestigieux tels que Dinah Washington, Pearl Bailey, Clark Terry, Cannonball Adderley, Dizzy Gillespie, John Coltrane, Sarah Vaughan, Billie Holiday, Wynton Kelly, Stan Getz, Wes Montgomery, Miles Davis, Paul Chambers, Kenny Burrell, J.J. Johnson, Sonny Stitt, Nat Adderley, Hank Jones, Ron Carter, George Coleman, Fathead Newman, Art Pepper (Gettin’ Together!, 1960) et beaucoup d’autres.

Son œuvre la plus connue demeure Kind of Blue auquel il participe en compagnie de Miles Davis en 1959, reconnu par les plus éminents critiques de jazz non seulement comme le meilleur album de Miles Davis, mais aussi comme le plus grand disque de jazz jamais réalisé. Il participera avec Miles Davis à d’autres enregistrements majeurs de l’histoire du jazz, comme Sketches of Spain, Someday My Prince Will Come ou Porgy and Bess.

Jimmy Cobb est mort le dimanche 24 mai 2020, à l’âge de 91 ans, d’un cancer du poumon, à son domicile new-yorkais de Manhattan (USA).

Tony Oladipo Allen, né le 20 juillet 1940 à Lagos (Nigeria) et mort le 30 avril 2020 à Paris (France), est un batteur, auteur-compositeur nigérian. Tony Allen a été l’un des pionniers de l’afrobeat avec son maître et ami Fela Anikulapo-Kuti, dont il était le batteur et directeur artistique de 1968 à 1979. Fela a déclaré que « sans Tony Allen, il n’y aurait pas d’afrobeat ». Il est aussi décrit par Brian Eno comme « peut-être le plus grand batteur qui ait jamais vécu ».

Vers le milieu des années 1960, les deux compères effectuent une tournée aux États-Unis. Le pays est bouleversé par le mouvement de revendications des Afro-américains. Martin Luther King, Malcolm X, le Black Panther Party… Les jeunes musiciens nigérians y font leur apprentissage politique, en grande partie grâce à leurs « sœurs ». De cette prise de conscience naîtra un des courants fondamentaux de la musique africaine du xxe siècle : l’afrobeat. Un groove et des textes engagés, un mélange entre rythmes traditionnels et puissance électrique, une recette infaillible dont le creuset est le Nigeria.

Mais très vite des dissensions apparaissent entre Tony et Fela, qui se radicalise politiquement et devient le champion du panafricanisme, le pourfendeur de la corruption et de l’exploitation du continent noir par les multinationales. Tony Allen préfère partir vers des champs musicaux plus expérimentaux. C’est ainsi qu’il se retrouve sur le label Comet Record, fondé par deux jeunes Français proches de l’electro, et qu’on verra à ses côtés des musiciens tels que Doctor L, les frères Belmondo ou Ali Boulo Santo.

En 2004, il enregistre la batterie sur la plupart des titres de l’album Politics de Sébastien Tellier. Titre phare de l’album, La Ritournelle remporte un franc succès et apporte à Sébastien une relative notoriété.

En 2005, il revient aux sources avec un album très roots Lagos No Shaking (Lagos ne tremble pas), enregistré sur place au Nigéria sur le label Honest John Records. Cette maison de disques vient d’être créée par un amateur de musique africaine, par ailleurs célèbre musicien pop anglais : Damon Albarn, leader de Blur et de Gorillaz.

En 2006, Damon Albarn forme un supergroupe, The Good, the Bad and the Queen, qui comprend Damon Albarn, Tony Allen, Simon Tong ainsi que Paul Simonon, ancien bassiste de The Clash.

En 2008, Allen enregistre sa version de la chanson Where the Streets Have No Name du groupe rock U2 disponible sur l’album In the Name of Love : Africa Celebrates U2, sorti en 2008.

En 2009, Tony Allen enregistre avec Jimi Tenor l’album Inspiration Information, vol. 4.

En 2010, Tony Allen participe au titre They Don’t Know sur l’album Confessions d’un enfant du siècle, vol 3 de Rockin’ Squat.

En 2012, Tony Allen sort avec Damon Albarn et Flea sous le nom du supergroupe Rocket Juice and The Moon un album éponyme aux sonorités funk et afrobeat. Le projet est annoncé dès 2008, mais chacun des membres est occupé sur d’autres projets. Damon Albarn annonce officiellement le projet le 27 octobre 2011. Le groupe joue pour la première fois sur scène le 28 octobre 2011 au Cork Jazz Festival à Cork en Irlande.

Mory Kanté, né le 29 mars 1950 à Albadaria (Guinée française) et mort le 22 mai 2020 à Conakry (Guinée), est un chanteur et musicien guinéen. Il est principalement connu pour son tube « Yéké yéké » en 1988.

C’est en plein Empire mandingue dans un petit village du sud de la Guinée, Albadariya, près de Kissidougou, que naît Mory Kanté le 29 mars 1950. Son père, El Hadj Djeli Fodé Kanté, est déjà un très vieil homme et Mory compte parmi les plus jeunes de ses 38 enfants. La famille Kanté est une célèbre famille de griots, sortes de poètes, chanteurs, historiens et journalistes à la fois, véritables mémoires vivantes dont le rôle est depuis la nuit des temps de conter en musique les épopées sans fins des familles et des peuples. Les parents de Mory sont tous les deux griots, fonction héréditaire, et son grand-père maternel était un puissant chef de griots à la tête d’une soixantaine d’entre eux. Le destin de l’enfant est donc tout naturellement de devenir un « jali », terme mandingue pour « griot ».

Élevé d’abord par sa mère malienne Fatouma Kamissoko, Mory va à l’école française. À 7 ans, sa famille l’envoie à Bamako, capitale du Mali, chez sa tante, Maman Ba Kamissoko, autre célèbre griote. Jusqu’à 15 ans environ, il est initié aux rituels traditionnels, au chant et au balafon. Il participe à de nombreuses fêtes familiales, à des cérémonies officielles au cours desquelles il se forge une expérience solide de musicien et de chanteur.

Au cours des années 1960, la toute jeune République du Mali, reçoit de nombreuses influences musicales : rumba zaïroise, salsa cubaine, pop et rock anglo-saxons. Le jeune Mory se passionne très jeune pour ces nouvelles musiques électrifiées et apprend la guitare. Fort d’une très riche expérience traditionnelle, il se tourne vers une certaine modernité très éloignée de son cadre familial. En 1968, il quitte l’école pour intégrer l’Institut des Arts de Bamako. Mais dès 1969, il cesse sa formation et joue dans différents orchestres, notion équivalente du « groupe » occidental. Il se forge une première notoriété en faisant danser les maliens des nuits entières dans des bals à ciel ouvert, les apollos.

En 1971, Mory a 21 ans. Il est repéré par le saxophoniste Tidiani Koné qui lui propose d’intégrer son groupe, le Rail Band de Bamako, fameux orchestre de l’hôtel de la gare. Mory accepte et prend place dans l’orchestre dont le chanteur n’est autre que le Malien, Salif Keïta.

Lorsque ce dernier quitte le groupe en 1973, Mory Kanté le remplace au chant. D’abord hésitant, il prend très vite goût à ce nouveau rôle. La formation tourne dans toute l’Afrique de l’ouest où Mory devient un artiste connu. En 1976, il reçoit le Trophée de la « Voix d’or » au Nigéria. Parallèlement, il apprend la kora et transgresse ainsi une certaine tradition qui veut que le balafon soit l’instrument noble dans sa famille. Il devient cependant très vite un virtuose de cette harpe à 21 cordes. Il exerce également ses talents de compositeur en écrivant des musiques pour des choeurs et des ballets. Enfin, il enregistre avec le Rail Band, une longue épopée dans la plus pure tradition des griots, « L’Exil de Soundiata, le fondateur de l’Empire mandingue ». En 1977, il entreprend à titre personnel une tournée des grands sites historiques de l’empire au cours de laquelle il rencontre de nombreux maîtres de la tradition afin de parfaire son rôle de griot. En dépit des variations modernes qu’il impose à la tradition musicale, Mory Kanté ne mettra jamais de côté son hérédité familiale.

En 1978, Mory est installé à Abidjan en Côte d’Ivoire, ville musicalement très active et où les moyens de travailler et d’enregistrer sont surtout plus nombreux. Le musicien s’éloigne alors du Rail Band, et s’entoure d’un nouvel ensemble de musiciens, dont Djeli Moussa Diawara, son demi frère maternel. Désormais, la kora est au centre de son travail. De plus en plus, il songe à renouveler la musique traditionnelle en y insufflant des sons et des rythmes occidentaux. Le groupe est engagé par un des plus grands restaurants de la ville qui recherche une façon un peu originale d’animer ses soirées. L’occasion est excellente pour que Mory Kanté se lance dans des mélanges musicaux encore inédits. Aux airs traditionnels, il donne un habillage rock ou funk, et de la même façon, il revisite les standards noirs-américains à la kora, au djembé ou au bolon. Les bases d’un nouveau style sont jetées. Le succès est immédiat, même si cette modernisation de la musique traditionnelle n’est pas toujours appréciée par son entourage et par les puristes. Il n’est pas rare de le voir surnommer « l’enfant terrible » dans la presse de l’époque.

C’est à Los Angeles, sur le label du noir américain Gérard Chess, Ebony, que Mory Kanté enregistre son premier disque en 1981, Courougnègnè. L’artiste affine ses heureux mélanges entre tradition et modernité, entre instruments traditionnels et électriques. Déjà très connu en Afrique de l’Ouest, Mory devient une star sur tout le continent. Le pont musical qu’il créé entre l’Afrique et l’occident est en général bien accueilli. Dans la foulée de ce succès, il monte un grand ballet pour le centre culturel français d’Abidjan. Sur scène, la formation regroupe 75 artistes : une chorale, des musiciens et des danseurs. Durant les années qui suivent, Mory se produit régulièrement avec un orchestre de presque 20 personnes.Mais, c’est en Europe que le Guinéen souhaite venir travailler.

Ce désir devient réalité en 1984. Seul, sans son épouse et ses enfants qui restent à Abidjan, Mory Kanté arrive en France en plein hiver avec la ferme intention d’aller plus loin encore dans ses expériences musicales et de se faire connaître en Europe. En France, Mory Kanté n’est pas une star et le démarrage n’est pas facile. Cependant, la musique africaine explose en Occident au cours des années 1980. C’est la naissance de la world music, mélange des rythmes traditionnels du mondeentier et des sons modernes, rock, funk, jazz ou électroniques. Mory, qui n’a pas attendu les années 1980 pour se lancer dans ces mélanges, s’impose vite sur le marché musical.

Dès 1984, sort un premier album Mory Kanté à Paris, produit par le producteur africain Aboudou Lassissi. L’accueil critique et public est bon et Mory Kanté se fait connaître en quelques mois. Il multiplie les concerts dans toute l’Europe, notamment en Italie où il est une énorme vedette. Artiste émigré et sans carte de séjour, il devient une figure essentielle de la scène « world ». En octobre 1984, il passe à la Mutualité. En décembre, au New Morning. En avril 1985, il est invité au festival du Printemps de Bourges. Puis du 12 septembre au 12 octobre, Jacques Higelin, qu’il avait rencontré des années auparavant en Afrique, le convie sur scène à Bercy, devant 16 000 personnes chaque soir avec le Sénégalais Youssou N’Dour.

En 1985, le Camerounais Manu Dibango prend l’initiative d’inviter les artistes africains à enregistrer une chanson au profit des Éthiopiens, victimes de la famine qui sévit alors. Mory Kanté fait naturellement partie du projet.

C’est en Italie, qu’il fait la connaissance du producteur américain David Sancious, qui s’est illustré en travaillant avec Bruce Springsteen. Le mariage de leurs deux talents donne naissance à un troisième album, Ten Cola Nuts, qui sort en avril 1986 sur le label français Barclay. Ces noix de cola représentent des offrandes rituelles et des voeux de bonheur. La kora est toujours au centre de l’album, mais les synthétiseurs et les cuivres viennent enrichir l’ensemble. Le travail est très soigné et salué par la presse comme une sublime réussite. Les scores de ventes sont moyens mais cette fois, Mory Kanté a réellement trouvé un équilibre musical et culturel.

Juste après la mort de son père à plus de cent ans, le jeune griot guinéen entame une très longue tournée avec un premier concert au Zénith de Paris le 29 mai. En juin, il fait un passage en Côte d’Ivoire et au Sénégal où il participe à un rassemblement anti-apartheid organisé le 14 juin, sur l’Île de Gorée, l’île aux esclaves, au large de Dakar. Durant l’été, il tourne entre la France et l’Italie avant d’entamer une tournée internationale qui le mène en Afrique du nord, puis aux États-Unis, au Japon et en Australie. Partout, il rencontre un public enthousiaste de découvrir cette culture africaine, et en particulier mandingue. Sur scène, Mory est entouré de seize musiciens et sept danseurs. Le groupe de Mory Kanté est à l’image de sa musique, profondément métissé : France, États-Unis, Afrique du Sud, Mali, Sénégal, Nicaragua, Angleterre et Suède, autant de nationalités qui partagent leurs cultures et leurs expériences.

Celui qu’on surnomme désormais « le griot électrique »’ atteint l’année suivante, en 1987, les sommets du succès avec son nouvel album Akwaba Beach. Enregistré avec la collaboration du producteur anglais Nick Patrick, sous l’oeil bienveillant et complice du président de Barclay, Philippe Constantin, ce disque marque le triomphe du funk mandingue grâce à un titre particulier, Yéké yéké qui explose les hits-parades du monde entier, à commencer par les Pays-Bas. Composé au début des années 1980, le titre se trouvait déjà sur l’album Mory Kanté à Paris mais insatisfait de cette première version, il décide de le réenregistrer. Ce nouvel enregistrement connaît alors un succès fulgurant, sur lequel des publics du monde entier vont danser. En quelques années, le 45 tours atteint des sommets de vente chiffrés en millions d’exemplaires et fait l’objet d’innombrables remixes, adaptations et reprises en hébreu, arabe, chinois, hindi, portugais, anglais ou espagnol. Avec Yéké yéké, Mory Kanté devient l’artiste africain le plus vendu et peut-être le plus connu à travers le monde. En juillet 1988, ce titre atteint la première place du classement pan-européen établi par le fameux hebdomadaire professionnel américain Billboard.

Juste après avoir reçu un disque d’or en octobre 1988 en France, Mory Kanté est récompensé en novembre à Paris par la Victoire de la musique du meilleur album francophone.

En janvier 1990, il retrouve les studios à Bruxelles, puis à Los Angeles, pour mettre au point son album Touma (« Le moment »). Pour l’occasion, et fort de sa notoriété, il s’entoure de grands noms dont le guitariste chicano-américain Carlos Santana (très connu en Afrique), ou le Sud-Africain, Ray Phiri. La démarche est la même que pour Akwaba Beach et présente un mélange subtil et sophistiqué de pop et de tradition mandingue. L’album sort en septembre 1990. Souffrant et bénéficiant à la fois du succès géant de l’album précédent, les ventes ne dépassent guère le disque d’or en France et atteignent le million à l’étranger.

Le 14 juillet 1990, il représente la France avec Khaled lors d’un concert géant à New York, dans Central Park, devant des milliers de New-Yorkais. En novembre, toujours à New York, il participe au Gala de la francophonie dans le célèbre Apollo de Harlem, qui a vu débuter son idole, James Brown.

Au début des années 1990, Mory Kanté songe sérieusement à revenir plus souvent sur sa terre natale. Comme le noble Malien Salif Keïta, le griot guinéen souhaite utiliser son nom et ses moyens financiers pour aider ses compatriotes, en particulier les plus jeunes. C’est ainsi qu’il projette de monter à Conakry un complexe culturel du nom de « Nongo Village », comprenant entre autres un studio, un centre de formation aux métiers du spectacle, un hôtel et un musée des griots. Dans une Guinée en crise, le projet aura du mal à voir le jour. D’autre part, il réalise un autre de ses nombreux projets, avec la création d’un orchestre philharmonique d’une trentaine de koras, et autant de harpes, violons et flûtes. Avec une formation réduite, il investit trois jours durant le kiosque du Jardin du Luxembourg pour le Festival Paris quartier d’été, jouant devant plus de 6 000 personnes. Puis, avec l’Ensemble traditionnel de Guinée, composé de 130 musiciens, il se produit en 1991 pour l’inauguration de la Grande Arche de la Défense à Paris.

C’est chez lui, en Guinée, que la star de l’afro-dance enregistre son nouvel album Nongo Village, du nom de son studio. Parmi les onze titres mixés à New York et Paris, c’est La Tension qui semble destiné à conquérir les foules et à envahir les pistes de danse dans la même lignée que Yéké Yéké. Dans ce disque, Mory Kanté réintègre le balafon qui détrône les guitares. Le premier extrait sort en septembre 1993, suivi de l’album à l’automne. L’accueil est moyen et certains lui reprochent de se perdre un peu dans une recette qui manque de renouvellement.

En 1994, Mory Kanté reçoit le « Griot d’Or ». Le 14 juillet, il chante à Deauville, station balnéaire de Normandie, puis entame une tournée européenne puis canadienne.

Après toutes ces années de succès, Mory Kanté choisit de retrouver une musique plus familiale, plus traditionnelle. Peut-être un peu las de son image de « griot électrique », le Guinéen se tourne vers ses sources et vers une pratique plus authentique de son art et de son métier.

En 1996, Mory Kanté sort un album autoproduit afin de conserver une certaine indépendance de création. En effet, l’album Tatebola la part des choses se met à l’heure de la techno. Mais les bases rythmiques de la techno ne sont peut-être pas si éloignées des percussions ancestrales et les inspirations musicales de ce disque se veulent proches des origines mandingues. L’album est bien accueilli par la critique et le public heureux de retrouver le griot sur scène à La Cigale en mars 1997.

En juillet 1997, Mory Kanté est présent au Womad Festival à Reading en Grande-Bretagne, en août à l’Île Maurice, puis en septembre en Autriche. La notoriété des années passées s’essouffle un peu, mais Yéké Yéké demeure une éternelle carte de visite pour l’artiste guinéen dont le travail conserve toujours une qualité de haut niveau.

Il faut attendre 2001 pour retrouver Mory Kanté. C’est en juin de cette année qu’il sort Tamala (« le Voyageur ») après un long silence. Âgé de 51 ans, le musicien n’a pourtant cessé de tourner à travers le monde, mais sans guère d’escale française. Cette fois, on le retrouve avec un album dans l’afro funk mandingue qui a fait son succès il y a 15 ans. La part d’instruments traditionnels est importante et donne une saveur plus douce et moins électronique à l’ensemble. C’est l’Anglais Paul Borg qui produit le disque sur lequel on trouve toujours de nombreuses influences, hip hop, gitane, ou soul via un duo avec la diva du rhythm and blues britannique, Shola Ama.

En 2001, Mory Kanté a été nommé Ambassadeur de bonne volonté de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)1, organisation spécialisée du système des Nations unies, créée en 1945 à Québec (Canada) dont l’objectif est « construire un monde libéré de la faim ».

En 2004 sort son album, Sabou.

Son dernier album, La Guinéenne, est sorti en 2012.

Mory Kanté est mort le vendredi 22 mai 2020, à l’âge de 70 ans, dans un hôpital de Conakry (Guinée). Sa mort est annoncée à l’AFP par son fils Ballé Kanté. Après sa disparition, plusieurs personnalités politiques et culturelles du monde lui rendent hommage. Le président guinéen, Alpha Condé, déclare que « La culture africaine est en deuil ». Le président sénégalais, Macky Sall estime quant à lui « l’Afrique vient de perdre un de ses dignes fils ». tandis que Umaro Sissoco Embaló indique que « L’Afrique a perdu une icône.».

Lucky Peterson, nom de scène de Judge Kenneth Peterson, né à Buffalo (État de New York) le 13 décembre 1964 et mort à Dallas (Texas) le 17 mai 2020, est un guitariste, organiste et chanteur américain de blues. Il devient connu en 1989 en artiste soliste avec l’album « Lucky Strikes ! ».

Son père, James Peterson, chanteur et guitariste, tenait le Governor’s Inn, un club de blues dans lequel Lucky Peterson eut rapidement l’occasion de côtoyer nombre de musiciens tels que Buddy Guy, Koko Taylor, Muddy Waters ou encore Junior Wells.

Il commence l’apprentissage de l’orgue en prenant des cours avec Bill Doggett et Jimmy Smith. Il n’a alors que 5 ans lorsque Willie Dixon le repère. Plus tard, il passe à la guitare qui deviendra son deuxième instrument de prédilection.

En 2009, il a une dizaine d’albums à son actif dont Double Dealin’ sorti en 2001. Sa production Organ Soul Sessions, intégralement interprétée à l’orgue Hammond, montre son regain d’intérêt pour cet instrument et pour les standards de jazz et blues.

Il multiplie aussi les collaborations comme son duo avec Bootsy Collins, ou sa collaboration à l’album de la chanteuse Ayọ, Gravity At Last.

Lucky Peterson joue sur plusieurs instruments, notamment des guitares de la marque Gibson, ainsi que sur un modèle signé du luthier Tom Marceau (MarceauGuitars) depuis 2008. Son style en tant que guitariste n’est pas sans rappeler celui de B.B. King. Il brille d’ailleurs plus par son style, son toucher et sa présence sur scène que par ses compositions, dont peu de morceaux sont réellement connus du grand public.

En 2014, il sort l’album The Son Of A Blues Man, où il évoque ses racines, son enfance baignée de musique et sa carrière précoce. Il considère cet album comme « l’expression la plus authentique de ce qu’il est ».

Le 25 juillet 2015, il ouvre la 36e édition du festival Jazz à Vannes, dont il est l’un des habitués.

Après avoir enflammé les Victoires du Jazz le 13 juillet 2016, il enregistre l’album Tribute To Jimmy Smith qui sort le 13 octobre 2017 sur Jazz Village.

En 2019 il entame une tournée pour fêter ses 50 ans de musique. Il sort pour l’occasion l’album 50 Just Warming Up!.

Lucky Peterson est marié à Tamara Peterson, chanteuse soul, avec qui il s’est produit sur scène et dans certains disques.

Lucky Peterson est mort le dimanche 17 mai 2020, à l’âge de 55 ans, à Dallas (USA, Texas).

Alexis Alijai Lynch (né le 19 février 1998 et morte le 1er janvier 2020), connue sous le pseudonyme Lexii Alijai, était une rappeuse américaine. Elle s’était fait connaître outre-Atlantique en reprenant des grands noms du rap tels Drake sur « Girls Love Beyonce » et Bryson Tiller sur « Exchange ».

Lexii Alijai est morte le mercredi 1er janvier 2020, à l’âge de 21 ans, d’une overdose d’alcool et drogue, au Loews Minneapolis Hotel à Minneapolis (USA, Minnesota).

Little Richard, nom de scène de Richard Wayne Penniman, est un pianiste, auteur-compositeur-interprète et acteur américain né le 5 décembre 1932 à Macon (Géorgie) et mort le 9 mai 2020 à Nashville (Tennessee). Il est l’un de pionniers du rock ‘n’ roll à la fin des années 1950. Avec Chuck Berry, Fats Domino et Bo Diddley, il fut l’un des premiers musiciens noirs de Rock and Roll à connaître les faveurs du public blanc. Personnalité rebelle, Little Richard marqua son époque par ses chansons (qu’il scandait en hurlant) ou ses tenues vestimentaires flamboyantes, autant de caractéristiques qui ont contribué à définir le ton et l’image du Rock’n'roll. Il a considérablement influencé les musiciens de la génération suivante : les Beatles, les Rolling Stones, Elton John, Lemmy Kilmister ou encore le chanteur et musicien Prince. Il est l’interprète de quelques-uns des plus grands classiques du Rock’n'roll, dont « Long Tall Sally » (1956), « Good Golly Miss Molly » (1958), «Rip It Up » (1973), « Lucille » (1988) et «Tutti Frutti » (1955), reprise plusieurs fois, par Elvis Presley notamment, ou Johnny Hallyday en France. En 2008, le magazine Rolling Stone l’a classé 12e plus grand chanteur de tous les temps. En outre, il fut intronisé au Rock’n'Roll Hall of Fame dès sa création, en 1986.

Né à Macon (Géorgie), Little Richard est issu d’une famille nombreuse. Son père dévot ne fait rien pour encourager le goût de son fils pour la musique, de même que l’ensemble de sa famille qui rejette son homosexualité, rejet qui le pousse à quitter le domicile très tôt. Très rapidement, il chante du gospel dans les fêtes locales, puis du rhythm and blues dans les clubs.

En 1951, il signe un contrat avec l’entreprise RCA et, au cours des années qui suivent, enregistre des jump blues tels que « Get Rich Quick » et « Every Hour » pour son label Peacock. Mais certains de ces premiers titres pourraient tout aussi bien être qualifiés de Rock’N'Roll. En 1955, il signe un contrat chez Specialty, une modeste maison de disques, qui l’emmène à La Nouvelle-Orléans pour une séance d’enregistrement devenue légendaire. En effet, c’est là qu’au cours d’une pause Little Richard fredonne un titre absurde et obscène, Tutti Frutti, que le producteur Robert Blackwell, frappé par le potentiel commercial de sa mélodie, fait réécrire afin d’en modifier les paroles. En 1955 a donc lieu l’enregistrement de Tutti Frutti, qui obtient aussitôt un succès considérable en même temps qu’il devient un classique du Rock and Roll. Little Richard grave, à cette période, plusieurs autres titres qui feront aussi sa renommée, comme Long Tall Sally en 1956, Rip It Up en 1956, Jenny, Jenny en 1957 et Good Golly Miss Molly en 1958. Ses apparitions publiques demeurent mémorables : avec les yeux soulignés d’une épaisse couche de khôl et les cheveux dressés sur la tête à la Pompadour, debout sur un piano. Il s’abandonne totalement, ponctuant ses chansons d’un cri légendaire (« Woo ! »). Ironiquement, il connaît un succès encore plus grand après les reprises — édulcorées — de ses chansons par des chanteurs blancs comme Pat Boone.

Au cours des années 1957 et 1958, il acquiert une popularité sans précédent. Il apparaît au générique de plusieurs films dont Don’t Knock the Rock en compagnie de Bill Haley (1956, Fred Sears), La Blonde et moi de Frank Tashlin (The Girl Can’t Help It, 1956) où figurent également la plantureuse Jayne Mansfield, Fats Domino, Julie London, les Platters, Abbey Lincoln, Eddie Cochran ou Gene Vincent, et Mr Rock’n'Roll (1957, Charles S. Dubin) avec Chuck Berry et Lionel Hampton notamment. En 1958, à la surprise de ses fans, il interrompt sa carrière quand il devient un adventiste du septième jour. De 1958 à 1962, il est chanteur de gospels et enregistre avec le producteur Quincy Jones. Mais il quitte l’adventisme et accompagne, pendant l’année 1962, en Angleterre, deux groupes anglais qui font partie de ses admirateurs : les Rolling Stones et les Beatles.

Entre 1964 et 1979, il essaie de renouer plusieurs fois avec le succès. Le 13 septembre 1969, il livre une prestation électrisante lors du Toronto Rock and Roll Revival Festival, aux côtés de Bo Diddley, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, John Lennon et Yoko Ono. En 1986, il joue aux côtés de Bette Midler, Nick Nolte et Richard Dreyfuss dans le Clochard de Beverly Hills (Down and Out in Beverly Hills) de Paul Mazursky, remake du film de Jean Renoir, Boudu sauvé des eaux (1932), y chantant Great Gosh a Mighty. Depuis lors, ses apparitions régulières dans les médias viennent justifier une réputation qui fait de lui l’une des plus grandes stars du Rock and Roll. En 1986, il est l’un des membres fondateurs du Rock and Roll Hall of Fame ; en 1991, il apparaît dans un épisode de Columbo, et en 1993 il reçoit un Grammy Award récompensant l’ensemble d’une carrière qui reste décisive dans l’histoire du rock.

En 2006, il apparaît sur le disque Jambalaya d’Eddy Mitchell, en trio avec Johnny Hallyday.

Little Richard est mort le samedi 9 mai 2020, à l’âge de 87 ans, à Nashville (USA, Tennessee).

John David Martin, dit Moon Martin, est un chanteur auteur-compositeur-interprète américain né le 31 octobre 1950 à Altus dans l’Oklahoma et mort le 11 mai 2020. Il est connu en France pour sa chanson « Bad News » (1993). Il a aussi composé « Cadillac Walk » (1977), repris par Mink DeVille, et surtout « Bad Case Of Loving You » (1979), chanté par Robert Palmer.

Moon Martin, il fait ses débuts à la fin des années 1960 dans le groupe de rockabilly local The Disciples. Il part ensuite pour Los Angeles (Californie) où il devient musicien de studios, notamment pour Del Shannon. Entre 1969 et 1973, il sort trois albums avec ses anciens acolytes de The Disciples, devenus Southwind dans un style country rock. À nouveau seul, Moon Martin travaille ensuite avec des artistes comme Gram Parsons et Linda Ronstadt. En 1974, un projet d’album solo produit par Jack Nitzsche n’aboutit pas mais le producteur est séduit par ses talents de compositeur.

Le producteur utilise ainsi ses chansons Cadillac Walk et Rolene en 1977 et 1978 sur les deux premiers albums de Mink DeVille, tandis que Robert Palmer obtient un tube avec Bad Case of Loving You, avant que Moon Martin ne donne sa propre version de Rolene à la trentième place du Billboard. Moon Martin connaît finalement ses plus grand succès en France en 1980 avec No Chance et Bad News, issu de l’album Street Fever. Ce disque est d’ailleurs, avec Escape from Domination sorti l’année précédente, sa principale réussite. La suite est moins heureuse avec ses albums suivants connaissent des succès inégaux. Rolene et Bad News sont présents sur la compilation The Very Best of Moon Martin parue en 1999.

X-Ray Vision, enregistré en 1982, a été utilisé par MTV lors de ses spots promotionnels.

Moon Martin est mort le lundi 11 mai 2020, à l’âge de 69 ans.

Genesis Breyer P-Orridge ou GPO, née Neil Andrew Megson le 22 février 1950 à Manchester et morte le 14 mars 2020 à New York, est une artiste, performeuse, musicienne et écrivaine britannique. Elle a fait l’objet de nombreuses controverses à la suite de ses performances conflictuelles des débuts, avec COUM Transmissions à la fin des années 1960 et au début des années 1970, puis avec le groupe Throbbing Gristle dès le milieu de cette décennie, précurseurs de la musique industrielle centrés autour de thématiques telles que la prostitution, la pornographie, l’occultisme ou les tueurs en série. Ses travaux musicaux ultérieurs avec Psychic TV lui valurent une reconnaissance plus large, et même quelques singles à succès commercial. Elle a collaboré à la réalisation de plus de 230 productions musicales.

Neil Megson naît en 1950 à Manchester dans le quartier Victoria Park. Sa famille est familière de l’art, auquel il s’intéresse donc très tôt : son père, Ron, représentant la semaine, est pendant son temps libre un musicien amateur de jazz, qui apprécie particulièrement le Bebop et Nat King Cole; sa mère quant à elle travaille dans une usine mais joue aussi des rôles de figurante dans des spectacles de danse. Grâce à son père il découvre très jeune des musiques variées et avant-gardistes qui resteront pour lui des influences premières, parmi lesquelles on peut citer le poète beat William Burroughs, le compositeur et guitariste Frank Zappa, le free jazz et le musicien contemporain John Cage. En 1968 il lance sa première performance artistique, en distribuant dans la rue des cartes postales sur lesquelles sont inscrits des mots comme « rosée », « arc-en-ciel », « fleur ».

Une photographie de Neil à 5 ans figure sur la pochette de l’album A Hollow Cost. Pendant son adolescence il fréquente l’école Solihull. Il s’intéresse beaucoup à l’occultisme (sa grand-mère est médium). La famille Megson vit à l’orée de la forêt Epping, à Loughton dans l’Essex.

En 1965, Neil, alors étudiant à l’université de Hull, se fond dans le personnage de Genesis P-Orridge qu’il s’est créé. Il enregistre son premier disque sous ce nom, Early Worm, en 1968 (un seul exemplaire fut pressé ; en avril 2008, le label discographique américain Dais Records a sorti une édition limitée à 500 exemplaires du LP Thee Early Worm, récupéré depuis les bandes originales par voie numérique, puis mastérisé pour une édition en vinyles, avec un livret de Genesis P-Orridge ). Le successeur de cet album d’improvisation sur des instruments fabriqués par lui-même, Catching the Bird, ne sortit jamais. Le 5 janvier 1971, il change légalement de nom grâce à une législation britannique encore très permissive sur ce point ; il s’en tire avec des frais administratifs de deux guinées seulement (environ 5£).

À cette époque, la famille Megson vivait à Solibu, une banlieue de Birmingham. Le grenier de la maison de Links Drive n’était pas seulement le repaire de P-Orridge mais aussi son premier studio, où Early Worm fut enregistré.

D’après Genesis P-Orridge, Deroy Sound, le laboratoire où Early Worm fut pressé, avait auparavant également pressé des discours enregistrés à la radio et à la télévision d’Adolf Hitler, pour le compte du tueur en série Ian Brady. Plus tard, avec Throbbing Gristle, Genesis P-Orridge écrira un morceau appelé Very Friendly à propos de Brady et de sa complice Myra Hindley.

Sur la pochette d’Early Worm on peut voir des citations de John Cage, son livre Silence étant une source d’inspiration pour Genesis P-Orridge.

En 1971, P-Orridge rencontre William S. Burroughs après avoir brièvement correspondu avec lui. Burroughs lui présente Brion Gysin, qui devient une des influences majeures de P-Orridge, aussi bien sur le plan des idées que sur le plan artistique, et l’initie au magick.

P-Orridge quitte l’université en 1969 et rejoint une communauté nommée Exploding Galaxy à Londres. Les membres de cette communauté vivent de façon stricte et abandonnent toute notion de classe sociale et de vie privée. Ils rejettent toutes les conventions sociales, se déguisent et participent à des jeux de rôle.

Il retourne à Hull et, sous l’influence de cette communauté, forme un collectif de performance artistique baptisé COUM Transmissions, qui pratique de longues improvisations musicales souvent grossières (aucun membre n’est musicien de formation). En fin d’année il est rejoint au sein du collectif par sa future compagne, Christine Carole Newby, qui changera elle aussi de nom pour devenir Cosey Fanni Tutti en 1973. Sous l’influence de Tutti, les performances de COUM, à l’origine centrées sur la musique, deviennent de véritables happenings de plus en plus extrémistes et focalisés sur les tabous, le sexe, le paranormal, le sadisme, l’automutilation, la scatologie etc. Peter « Sleazy » Christopherson d’abord spectateur des performances de COUM, se joint au collectif en 1974.

Tutti travaille en tant que secrétaire, stripteaseuse et performer pornographique. L’exposition Prostitution, présentée du 19 au 26 octobre 1976 à l’Institute of Contemporary Arts (ICA) à Londres, inclut la projection d’une vidéo mélangeant des photographies érotiques et pornographiques avec d’autres tout à fait banales de Tutti, ainsi que des tampons hygiéniques usagés insérés de façon incongrue dans des cadres divers. Des gardes travestis, des punks et autres gens déguisés de façon curieuses sont engagés pour se mêler au public de la galerie.

Le spectacle provoque un débat au Parlement du Royaume-Uni. Dans la Chambre des communes, le représentant conservateur écossais Sir Tory Nicholas Fairbairn demande une explication au ministre des Arts Harold Lever, mettant en cause l’attribution de subventions publiques à ce genre d’évènements. La presse anglaise se fait immédiatement le relais de cette indignation. Dans le Daily Mail du 19 octobre, Fairbairn qualifie l’exposition d’« Outrage révoltant. Sadique. Obscène. Diabolique. », ajoutant une phrase qui marquera le début d’une légende: « Ces gens sont des fossoyeurs de la civilisation » (« Wreckers of civilisation »).

Gen et Cosey font des découpages de ces articles criant au scandale et élaborent des collages, qui sont à leur tour intégrés à l’exposition.

Vers la fin de son existence, les performances de COUM se limitaient à un petit nombre de protagonistes: P-Orridge, Cosey, Sleazy et Chris Carter un noyau qui allait bientôt devenir Throbbing Gristle.

P-Orridge affirme vouloir toucher un maximum de personnes à travers son art ; il estime que la performance artistique n’est pas le moyen le plus approprié pour ce faire et décide donc de se consacrer plus exclusivement à la musique, grâce à laquelle il espère pouvoir considérablement élargir son auditoire.

Throbbing Gristle (TG) est officiellement fondé le 3 septembre 1975 à l’ICA, sous la forme d’un groupe de rock à quatre membres. Le premier concert du groupe a lieu dans une galerie d’art londonienne (la Air Gallery) le 6 juillet 1976. Le groupe jouait dans une pièce, la musique étant diffusée dans une pièce adjacente. Christopherson travaille aux effets spéciaux, notamment en projetant des cicatrices virtuelles sur ses partenaires, tandis que Carter utilise, lui, un véritable rasoir pour se balafrer.

Le dernier concert de cette première période de TG se tient le 29 mai 1981 à San Francisco ; un disque intitulé Mission of Dead Souls en sera tiré la même année. À l’invitation de Mute Records, TG se reformera en 2004 pour définitivement se désunir en 2010 après la réalisation de nombreux projets de disques, de tournées et d’expositions.

Psychic TV se forme en 1981, à la suite des encouragements d’Alex Fergusson d’Alternative TV de prendre un nouveau départ. Les collaborations entre eux remontent aux premiers temps d’ATV, où Genesis a tenu le rôle de batteur. La première chanson du groupe est Just Drifting, basée sur un poème de P-Orridge. Peu de temps après, Genesis et Paula P-Orridge (née Alaura O’Dell) se marient à Tijuana. Cette dernière deviendra l’une des membres les plus actives du groupe.

Au cours de sa longue existence (plus de 20 ans), Psychic TV s’essaiera à des registres très variés sur le plan musical (de la musique industrielle dans la lignée de TG à l’acid house, dont il est un précurseur au Royaume-Uni, en passant par un rock plus classique, proche de celui du Velvet Underground) et sera très prolifique, tant au niveau des nombreux concerts donnés (ce qui est un gros contraste en comparaison avec TG) que de la production discographique. Ainsi en 1988 le groupe entre dans le Livre Guinness des records pour être celui ayant publié le plus grand nombre de disques (quatorze) en l’espace de dix-huit mois.

Après une parenthèse de presque un décennie, le groupe fait son retour sur scène en 2003 sous le nom de PTV3 avec des effectifs entièrement renouvelés, à l’exception de P-Orridge. L’année suivante le groupe effectue une importante tournée en Europe, couvrant 16 pays, et aux États-Unis. En 2004, Throbbing Gristle est reformé et sort un nouvel album, le premier depuis vingt-cinq ans; Genesis poursuit en parallèle son travail avec PTV et retourne en studio. En janvier 2006 la sortie du nouvel album est annoncée. Hell is Invisible… Heaven is Her/e, enregistré à New York, inclut d’illustres collaborateurs sur certaines pistes, comme Nick Zinner (Yeah Yeah Yeahs) et Gibby Haynes (Butthole Surfers). Genesis le décrit comme un « Dark Side of the Moon pour le xxie siècle ».

Genesis s’installe à Brooklyn, New York avec sa seconde femme, Lady Jaye, née Jacqueline Breyer, également membre de son nouveau groupe Thee Majesty, et tous deux se lancent dans une expérimentation corporelle inédite: ils subissent tous deux des opérations de chirurgie plastique dans le but de devenir physiquement semblables. « L’idée n’est pas d’être jumeaux mais d’être deux parties d’un nouvel être », un être « pandrogyne » (pandrogynous) qui s’appellerait « Genesis Breyer P-Orridge ». Genesis a notamment reçu des implants mammaires et a commencé à parler de lui-même en utilisant le pronom anglais « she ». Un documentaire de Marie Losier, sorti en 2011, retrace l’histoire de cette double transformation.

2004 a été l’année de la reformation de Throbbing Gristle, avec de nouveaux concerts, suivis de trois nouveaux albums.

Le 11 octobre 2007, Genesis Breyer P-Orridge annonce le décès inattendu de Lady Jaye Breyer P-Orridge. Lady Jaye est apparemment morte soudainement le 9 octobre d’une maladie cardiaque qui n’avait pas été diagnostiquée liée à son cancer de l’estomac.

En octobre 2017, Genesis Breyer P-Orridge annonce qu’elle est atteinte de leucémie et entame une campagne de financement pour payer les traitements nécessaires à sa guérison.

En septembre 2009, un collage rétrospectif de P-Orridge, intitulé « 30 Years of Beign Cut Up », ouvre à l’Invisible-Exports, une galerie d’art contemporain située à Lower East Side à Manhattan, New York City . En novembre 2009, il est annoncé que P-Orridge se retirerait des tournées de tous les groupes auxquels il participe (incluant Throbbing Gristle et Psychic TV) pour se concentrer à l’art, l’écriture et la musique .

En juin 2010, P-Orridge vend sa propriété à Ridgewood, organisant une vente de garage dans le sous-sol d’une galerie d’art locale pour vendre un éventail d’effets personnels, en plus d’une panoplie de godemichés . Cela accompli, il déménage pour s’établir dans un appartement ne comportant qu’une seule chambre à New York dans le quartier de Lower East Side , où il continue de produire de l’art depuis sa demeure . P-Orridge reprend une tournée avec Psychic TV en 2016 avec la sortie de leur album Alienist. LA tournée dura de mi-septembre jusqu’au début du mois de décembre, avec des concerts en Grèce, en Israël, en Pologne, en Russie, en Ukraine, au Royaume Uni et aux États-Unis d’Amérique .

En août 2015, P-Orridge obtient publicité d’une interview déterminante de Caitlyn Jenner qui se décrit elle-même comme une porte-parole pour la communauté transgenre, déclarant que Jenner était désemparée et qu’elle n’avait aucune idée de ce à quoi la vie pouvait ressembler pour la majorité des personnes transgenre vivant à travers le monde . Lors de l’été 2016, le travail artistique de P-Orridge fait l’objet d’une exposition, « Try to Altar Everything », au Rubin Museum of Art à New York City. L’exposition comprend des peintures, des sculptures et des installations inspirées par la mythologie hindoue rencontrée à Kathmandu . En juin 2016, P-Orridge figure en tant que modèle dans une campagne du designer Marc Jacobs, qui décrit P-Orridge comme « une sorte de définition vivante de réalité et d’authenticité » .

Genesis P-Orridge est morte le samedi 14 mars 2020, âgée de 70 ans, des suites d’une leucémie, à New York (USA).

 

29 mai 2020

Emission du CSPB 26 05 20 REDIFF LE 02 06 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 20 h 34 min

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AU SOMMAIRE DE L’EMISSION DE CE MARDI 26 05 20 .

UN APPEL Á SOLIDARITÉ POUR ERIC BEZOU DÉLÉGUÉ DU PERSONNEL ET DÉLÉGUÉ SYNDICAL CHEMINOT QUI EST EN PASSE DE CE FAIRE LICENCIER. MILITANT ACTIF DEPUIS 28 ANS Á LA SNCF EN POSTE Á MANTES LA JOLIE. LA DIRECTION EN ACCORD AVEC LE MINISTÈRE DU TRAVAIL CONFIRME LA MESURE DE LICENCIEMENT. QUAND LE POUVOIR ET LES GRANDES ENTREPRISES SE VENGENT DE LA GRÉVE DANS LES TRANSPORTS (SNCF-RATP) QUI AVAIT DURÉ 3 MOIS. COMME IL FALLAIT S’Y ATTENDRE LE POUVOIR FASCISTE NOUS PRIVE DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION SOUS DIVERS MOTIFS PLUS FALLACIEUX LES UNS QUE LES AUTRES. ON PEUT MANIFESTER MAIS L’ON SUBIT UNE REPRESSION ULTRA VIOLENTE. ON PEUT FAIRE GRÉVE MAIS LES MENEURS SERONT CHÂTIÉS SANS PITIÉ MOTIFS DE LICENCIEMENT X OU Y ET HOP ON VIRE. CAR ERIC N’EST PAS LE SEUL. A GARE DE L’EST CE SONT 5 OU 6  AGENTS QUI SONT EGALEMENT VISÉS PAR DES MESURES DISCIPLINAIRES DONT LE LICENCIEMENT. IDEM Á LA RATP. LE POUVOIR CHERCHE PAR TOUS LES MOYENS Á BÂILLONNER LE DROIT DES TRAVAILLEURS. TANT QUE L’ON NE LUTTERA PAS Á ARMES ÉGALES CONTRE LE POUVOIR LES TRAVAILLEURS SERONT TOUJOURS PERDANTS. ŒIL POUR ŒIL DENT POUR DENT. CESSONS LA POLITIQUE CONSENSUELLE DES PARTIS DE GAUCHE, PS, INSOUMIS, NPA ET LA PLUPART DES SYNDICATS QUI ONT PERDU DE VUE L’ESSENCE MÊME DE CE POURQUOI ILS EXISTENT. 

KALERA BORROKA!!!

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AUTRES CHRONIQUES

LE TÉMOIGNAGE D’HEGOA ARAKAMA DONT LE PERE EST EN PRISON DEPUIS Á SEVILLE.

 

“Mon père vit confiné depuis 23 ans”

Cela fait plus de trois mois qu’Hegoa Arakama n’a pas eu la possibilité de rendre visite à son père incarcéré à plus de 1 000 kilomètres, à Séville. Les conditions sanitaires minimales ne sont pas respectées au sein du module d’isolement dans lequel se trouve son père, Iñaki Arakama. Si le virus y rentre, selon elle, “ça va faire un carnage”.

MEDIABASK|2020/05/23 18:00|0 IRUZKIN 

 

Hegoa Arakama, fille d’Iñaki Arakama incarcéré depuis 23 ans.

Votre père est incarcéré à Séville. Comment vivez-vous cette crise sanitaire ?

On ne s’est pas vu depuis le 15 février dernier. C’est la dernière fois que nous y sommes allés. Depuis le second week-end de mars, ils ont fermé les prisons. On aurait dû y aller le premier week-end d’avril et le week-end prochain. On vit cette crise sans se voir, avec beaucoup d’anxiété et d’angoisse.

Comment se sent votre père ?

Au début, je le trouvais très bien. Pour nous, le confinement était quelque chose de complètement nouveau, qui nous chamboulait beaucoup. Il nous téléphonait et avait tendance à nous rassurer. Je me suis rendu compte, même si je le savais, que lui, ça fait 23 ans qu’il vit confiné et que pour lui, ça ne change pas grand chose. A part que de semaine en semaine, il n’a plus de visite et cela suppose un gros manque pour lui. Une visite, c’est le temps de la visite, mais c’est aussi tout l’avant, la préparation, l’après, l’énergie que ça lui donne. On voit bien que le temps est de plus en plus long pour lui, même s’il continue d’être bien et fort.

Avez-vous continué à garder le contact durant cette crise ?

On a continué à communiquer par téléphone. Les prisonniers sont passés de huit à douze appels autorisés par semaine. L’institution pénitentiaire a mis en place des appels vidéo. Dans un premier temps, la prison leur avait refusé cette possibilité, mais ils ont posé un recours et finalement, ce droit leur a été autorisé. Cela va faire trois semaines qu’on a droit à un appel vidéo par semaine de dix minutes.

Comment s’est passé ce premier appel ?

C’était un moment très fort. Nous étions tous très émus. Déjà parce que cela fait un moment que l’on ne s’était pas vu, mais aussi parce que c’était la première fois que l’on se voyait via un téléphone. Lui, il n’avait jamais vu un téléphone portable, si ce n’est par le biais des publicités de la télévision. C’était très drôle, même si pour des raisons sanitaires, il n’a pas le droit de toucher le téléphone. Ils sont dans une cellule vide et les appels se font via l’application Whatsapp. Lui, il regarde. Cela nous permet de passer un bon moment et de lui montrer notre « chez nous ». Ca ne remplace évidement pas une visite, mais c’est un plus. D’habitude, c’est nous qui allons là-bas et là, c’est lui qui vient d’une certaine manière. On lui a montré notre jardin. On habite à la campagne : on lui a montré les montagnes du Pays Basque qui, en ce moment, sont toutes vertes. Donc, rien à voir avec le module d’isolement de Séville. Même si on continue de parler tous les jours au téléphone, on attend ce moment-là.

Le moment de raccrocher venu, quelles sensations avez-vous ressenties ?

C’est différent. On est habitué. On se contente de ce qu’on a. C’est très positif. Souvent, après l’appel vidéo, il nous téléphone. La première fois, il nous a dit qu’il se sentait comme dans un nuage. Reboosté.

Des mesures ont-elles été mises en place au sein de la prison pour protéger les prisonniers ?

Depuis qu’il est là-bas, soit depuis dix ans, mon père est en module d’isolement. Ils sont très peu et côtoient très peu de prisonniers et de fonctionnaires. Il y a eu des cas de coronavirus, mais dans les modules ordinaires. C’est une prison très difficile. Il n’y a pas de médecin. Les conditions sanitaires minimales ne sont pas respectées. Tout est restreint. Ils ont droit à un bouchon d’eau de javel par semaine pour nettoyer leur cellule et les parties communes. Les fonctionnaires sont masqués, mais eux ne le sont pas. La nourriture est pratiquement immangeable. Ils ont souvent des repas qui sont dépassés au niveau des dates de péremption. Un système immunitaire qui n’est pas celui dont on a besoin pour résister à ce virus. Il n’y a pas de malade du coronavirus dans le module d’isolement, mais s’il y en a, je me dis que c’est la catastrophe. On croise les doigts.

Si le virus rentre, ça va faire un carnage. Je pense beaucoup aux familles des prisonniers gravement malades et âgés. Mon père a 69 ans, il fait donc partie des personnes à risque. Dans quelles conditions va-t-on leur faire subir cette crise ? Sans docteur, sans aucune prise en charge, dans des endroits où il n’y a pas d’hygiène ni d’alimentation saine, tout ce dont on a besoin pour reprendre des forces si besoin… On vit dans l’angoisse avec laquelle on vit tout au long de l’année, mais là, elle est multipliée.

Les frontières sont fermées, et la date de réouverture est pour l’instant méconnue. Comment envisagez-vous la reprise des visites ?

On y pense, mais on ne sait pas du tout. Ils disent qu’ils commencent à rouvrir les prisons en Espagne, mais que pour des visites avec une séparation par une vitre. Au Pays Basque Sud, ils sont en train de se déconfiner, mais ils ne peuvent pas sortir de leur ville ou région. Pour l’instant, les prisonniers basques, excepté les rares cas qui sont au Pays Basque, n’ont pas de visite. Depuis le Pays Basque Nord, c’est encore plus compliqué. Ils disent que les frontières vont être fermées jusqu’au 15 juin, mais on entend parfois le Premier ministre espagnol qui évoque le mois d’octobre. C’est le flou et cela me fait peur. Les visite qu’a mon père, ce sont essentiellement les nôtres. Je suis en contact avec notre famille de Gasteiz ; ce sera donc à eux d’y aller. Nous sommes dans une crise sanitaire, et je veux aussi préserver mon père et toute la famille.

Que diriez-vous aux personnes qui prennent ces décisions qui ont des conséquences directes sur votre vie et celle de votre famille ?

Je dirais que ces personnes-là savent ou sont censées savoir mieux que quiconque que la prison n’est pas compatible avec toutes les mesures de prévention et sanitaires prises pour pouvoir surmonter cette crise. Pour moi, il faudrait que les prisonniers soient à la maison pour faire face à cette crise sanitaire. N’importe quel soignant, scientifique, ministre ou politique le sait. Il y a assez de mesures aujourd’hui pour que les prisonniers puissent accomplir leurs peines à la maison. Il y a le cas de Josu Urrutikoetxea, Ibon Fernandez Iradi, tous les prisonniers âgés… Tous sont concernés. A nous citoyens, on nous fait faire des choses avec des mesures restrictives et strictes, et à côté, on laisse les prisonniers dans des conditions incompatibles avec cette crise.

 

L’APPEL DE TROIS GRÉVISTES E LA FAIM EN SOLIDARITÉ AVEC PATXI RUIZ

Les trois personnes qui, depuis le 12 mai, entament une grève de la faim à Ezkerraldea veulent communiquer que nous mettrons fin à cette manifestation aujourd’hui, à 18 heures, heure à laquelle nous achèverons le onzième jour sans manger.

Nous avons lancé cette initiative le lendemain du début de la grève de la faim et de la soif de Patxi dans la prison de Murcie II, en tenant compte de la gravité de la situation, mais aussi au vu de la réalité sociale et politique.

Pendant la détention, nos droits politiques ont été annulés et le droit de manifester a également été bafoué. Dans ce contexte, nous pensons que cette dynamique, avec d’autres, a été une étincelle pour raviver la rue, et des mobilisations, grèves de la faim, jeûnes et autres types de dynamiques ont été lancés depuis que Patxi a commencé la grève de la faim et la soif.

Estimant que nous avons déjà récolté les fruits que cette initiative pourrait nous apporter, nous rejoindrons désormais la dynamique de la rue. Les trois grévistes veulent souligner que bien que Patxi ait commencé à boire de l’eau, la situation est toujours extrêmement grave et qu’elle maintient ses demandes.

En ce moment où nous avons commencé à récupérer les rues, nous ne nous détendons pas et nous continuons à gagner des espaces de revendication dans tous les coins du Pays Basque. Jo ta ke irabazi art! Toujours avec Patxi! Amnistie totale!

Grévistes de la faim d’Ezkerraldea.

 

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LA GRÉVE DE LA FAIM DE PATXI RUIZ

Aujourd’hui, Patxi célèbre son 14e jour de grève de la faim. À ceux-ci, il faut ajouter la grève de la soif maintenue durant les 12 premiers jours. Il n’y a aucun changement notable dans sa situation. Il reste en quarantaine à l’infirmerie et poursuit sa grève de la faim.

Ce que nous devons inévitablement dénoncer, c’est l’attaque que la police espagnole a menée hier à Iruñea contre les manifestants. S’excusant dans le combat lancé par un fasciste, ils ont battu ceux qui protestaient contre la situation à Patxi et ont arrêté une personne.

Encore une fois la police contre ceux qui manifestent contre les intérêts du système. Il faut se rappeler que Patxi est en prison pour avoir également combattu contre lui, et que c’est ce combat qui lui donne le caractère d’un prisonnier politique.

Concernant les dynamiques en cours de solidarité avec Patxi, elles sont les suivantes:

En prison:

Du 12 mai: Ibai Aginaga à txapeo (Séville II); Dani Pastor, Oskar Barreras et Aitor Cotano rejetant le plateau de nourriture donné par la prison (Puerto III).

Du 14 mai: Jon Kepa Preciado à txapeo (Cordoue).

Depuis le 18 mai: Irantzu Gallastegi a commencé à rejeter le plateau de nourriture offert par la prison.

Depuis le 18 mai: Iñaki Etxeberria rejette le plateau de nourriture que donne la prison.

Depuis le 19 mai: Orkatz Gallastegi (Castelló I) a commencé des jeûnes intermittents, une dynamique qu’il soulève continuellement.

Depuis le 19 mai: Itziar Moreno et Saioa Sánchez rejettent la nourriture que la prison distribue, chaque jour l’un d’eux. Aujourd’hui, c’était au tour d’Itziar.

Depuis le 19 mai: Alberto Viedma et Iñaki Krutxaga rejettent le plateau de vivres distribué par la prison d’Almería.

Depuis le 22 mai: Lola López commence un txapeo à la prison de Brieva. Il a également envoyé des lettres aux directeurs de Brieva et Murcia II.

À partir du 23 mai: Mikel San Sebastián entame une grève de la faim de cinq jours dans la prison de Murcie II. Aujourd’hui marque son deuxième jour.

Demain: Iñigo Zapirain rejettera le plateau de nourriture que la prison de Madrid VI-Aranjuez rejette.

Dans la rue:

Depuis le 15 mai: des membres de Deustuko Armada Gorria ont entamé une grève de la faim tournante de 24 heures. Chaque jour, deux personnes différentes entreront dans l’équipe.

Depuis le 18 mai: à Ondarroa, ils ont entamé une grève de la faim tournante. Ce sont des quarts de travail de 48 heures et un total de 15 personnes participeront.

A partir du 19 mai: Asier Guridi, réfugié politique au Venezuela, traversera les états d’Aragua, Miranda et le District de la capitale jusqu’à l’ambassade d’Espagne à Caracas, pour dénoncer la situation au Patxi. Asier est arrivé à Caracas et a remis une lettre en faveur de Patxi à l’ambassade d’Espagne.

A partir du 19 mai: deux personnes entament une grève de la faim à Etxarri. Le 21 mai, une troisième personne se joint à nous. Aujourd’hui est leur sixième jour.

A partir du 19 mai: ils entament une grève de la faim tournante toutes les 48 heures à Altsasu. Il y a actuellement cinq personnes.

Depuis le 20 mai, Araba (mise à jour)

Dynamiques de solidarité du jeûne: Ils mettent fin à la dynamique du jeûne et expliquent dans un communiqué qu’ils sont de retour pour rejoindre les initiatives de la rue. 69 jeunes ont participé.

À partir du 20 mai: avec les grévistes d’Etxarri, la Gazte Asanblada de Etxarri entame un jeûne tournant de 48 heures, avec deux personnes entrant dans chaque équipe.

Du 21 mai: jusqu’au dimanche, sept personnes entament une grève de la faim à Elizondo.

22 mai: Sept membres d’Erlaitz entament un jeûne de 48 heures à Irun. Aujourd’hui, ils l’ont terminé.

À partir du 22 mai: plusieurs personnes ont commencé un jeûne de 24 heures à Burlata à 21 h 00. Aujourd’hui, ils prendront fin.

À partir du 24 mai: 5 jeunes commencent un jeûne à Urruña où ils alterneront entre eux pendant 5 jours.

Mobilisations à venir:

Tous les jours

Urrugne: 19h30 au rond-point. Réunion.

Saint-Sébastien: 20h15 sur le boulevard. Concentration.

Mutriku: 20h00 au rond-point. Concentration.

Etxarri: 20h00 sur la Plaza. Concentration.

Berango: 20h00 au rond-point. Concentration.

Algorta: 20h00 à Txiki et Otaegi Square. Concentration.

Rome: 21h30 à la place des échecs. Concentration.

Hernani: 20h30 Concentration.

Durango: 20h00 Santanan. Concentration.

Amorebieta: 20:00 Pommes de terre. Concentration.

Bayonne: 17h30 Concentration.

Altsasu: 20h00 sur la Plaza.

Lekeitio: 20h00 Abbots ‘Wharf.

* Ondarroa: lundi, mercredi et vendredi, à 20h00 à Alameda

Demain 25 mai

Bilbao: 20h00 depuis la place des frères Etxebarrieta. Manifestation.

À Euskal Herria, le 24 mai 2020.

Mouvement pro-amnistie et contre la répression.

 

ETA ROUGE DETOURE N

JOSU URRUTIKOETXEA

 

Les juges refusent la libération de Josu Urrutikoetxea

Le prisonnier basque proche des 70 ans ne pourra pas recouvrer la liberté. En pleine épidémie de Covid-19, la cour d’appel de Paris a rejeté la deuxième demande de mise en liberté déposée par Josu Urrutikoetxea.

GOIZEDER TABERNA|2020/04/29|IRUZKIN 1 

 

Josu Urrutikoetxea est passé devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. (photo d’archive) © Goizeder TABERNA

La cour d’appel de Paris devait examiner deux mandats d’arrêt européens, une demande d’extradition et une demande de mise en liberté ce mercredi 29 avril. Finalement, les juges se sont prononcés contre cette demande de mise en liberté et ont remis à une date ultérieure les décisions concernant les trois autres procédures. Placé sous écrou extraditionnel depuis le 19 juin par le parquet général alors qu’un juge venait d’ordonner sa libération sous contrôle judiciaire, Josu Urrutikoetxea devra rester à la prison de La Santé.

Après une demande de mise en liberté refusée le 1er avril, Maîtres Laure Heinich et Laurent Pasquet-Marinacce ont déposé une demande de mise en liberté pour raison médicale, estimant que l’état de santé est incompatible avec la détention dans ce contexte de Covid-19. Ils ont proposé à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris que la décision soit accompagnée de la mise en place d’un dispositif de surveillance électronique. « La mise en liberté pour raison médicale laisse la possibilité d’ordonner la réincarcération une fois la crise sanitaire passée », ont précisé les conseils de Josu Urrutikoetxea.

Ils estiment qu’il fait partie de la catégorie des personnes âgées vulnérables. Il a subi plusieurs pneumonies, un problème de prostate pour lequel il a été opéré en septembre dernier, des infections à répétition, une hypertension artérielle et une bronchite aiguë cet hiver. « Le médecin qui le suit en prison a explicitement demandé que sa détention soit suspendue : la chambre de l’instruction fait le choix de jouer la vie d’Urrutikoetxea à la roulette russe », a réagi Me Pasquet-Marinacce sitôt la décision rendue publique. Et de conclure : « la chambre de l’instruction a le pouvoir de le protéger et le laisse dans une situation d’extrême vulnérabilité ».

Plusieurs cas de Covid-19

L’établissement pénitentiaire parisien compte plusieurs cas de Covid-19 depuis le début de la pandémie, autant parmi le personnel que parmi les détenus, d’après les informations recueillies par l’Observatoire international des Prisons (OIP). Joint par téléphone ce mercredi matin, avant l’audience, le prisonnier basque a informé son fils du transfert de deux détenus hébergés dans le même quartier que lui, en raison d’une suspicion de coronavirus. « L’un d’entre eux était chargé de distribuer les repas de cellule en cellule », a précisé inquiet Egoitz Urrutikoetxea.

En janvier dernier, la cour extraditionnelle a émis un avis favorable à la demande d’extradition de l’Etat espagnol pour le dossier de l’attentat de Saragosse. Le gouvernement doit encore se prononcer dessus. Ce mercredi, les magistrats se sont penchés sur la seconde demande d’extradition concernant la mort du responsable de l’usine Michelin Luis Maria Hergueta — ils rendront leur avis le 10 juin—, et un des deux mandats d’arrêt européens (MAE) dont il fait l’objet.

Eclaircissements concernant cette qualification

Concernant le dossier ouvert par Madrid pour « crime contre l’humanité » suite à l’attentat commis par ETA à l’aéroport de Barajas en 2006, la décision sera également rendue le 10 juin. Lors de la dernière audience, les magistrats avaient demandé à l’Audiencia nacional espagnole d’apporter des éclaircissements concernant cette qualification. Quant à l’examen du second MAE, lié au dossier des « Herriko taberna », ouvert par les juges espagnols contre les bars associatifs proches de la gauche abertzale, il a été repoussé au 3 juin.

En mars déjà, avant la crise sanitaire, un groupe de parlementaires avait saisi le défenseur des droits Jacques Toubon. Ils se sont émus des conditions de mise sous écrou extraditionnelle du prisonnier basque et des traitements auxquels il est soumis en détention et interrogeaient sur les motivations qui ont conduit les autorités françaises à « précipiter » la procédure qui pourrait déboucher sur la remise de Josu Urrutikoetxea à l’Espagne. Depuis, l’indignation a pris de l’ampleur. Samedi 25 avril, un appel international pour sa libération a été publié dans Mediapart avec une liste initiale de 126 signatures.

Et la liste s’est allongée, elle est passée à 140 noms. Personnalités impliquées dans la résolution de conflits, parlementaires, chercheurs, philosophes, personnalités des arts et des lettres, acteurs de la société civile des Etats-Unis, d’Afrique et d’Europe s’y sont ajoutés. Lundi, déjà MEDIABASK avait informé du soutien récent de l’avocat Bernard E. Harcourt et du courant Libre Pensée. Depuis, le philosophe allemand Axel Honneth, l’ancien ministre sud-africain Ronnie Kasrils et la philosophe Judith Butler ont rejoint l’initiative.

Dans ce contexte, le mouvement citoyen pour la résolution du conflit au Pays Basque, Bake Bidea, a regretté la décision de la cour d’appel. Elle mettrait, d’après le mouvement, « en évidence les conséquences de l’application des mesures d’exception aux prisonniers basques et la non-volonté de prendre la mesure des avancées notables du processus de paix au Pays Basque ». Bake Bidea fait le parallèle avec la libération de 11 500 détenus par décision du ministère de la Justice, en vue de réduire la surpopulation carcérale, et rappelle que les prisonniers basques Josu Urrutikoetxea, Jakes Esnal, Gurutz Maiza, Jon Parot, Xistor Haramboure et Ibon Fernadez Iradi sont eux aussi « extrêmement vulnérables face au Covid-19″.

Le 3 mai 2018, il y a maintenant deux ans, ETA avait annoncé la fin de son activité. Josu Urrutikoetxea avait alors donné la voix, avec Marixol Iparragirre, à cette annonce, en lisant le communiqué final.

 LORSQUE LE POUVOIR LOCAL LAISSE LES FASCISTES DÉFILER TOUS LES DIMANCHES Á  IRRUNEA ET DANS LE MÊME TEMPS RÉPRIME LES ANTIFAS LORS DE CONTRE MANIFESTATIONS CELA ME LAISSE PERPLEXE.CET EUSKAL HERRIA JE N’EN VEUX PAS, NOUS N’EN VOULONS PAS. 

EUSKAL HERRIA  ASKATUTA

EUSKAL HERRIA ANTIFAXISTA

EUSKAL HERRIA ANARKISTA

EUSKAL HERRIA INDEPENDENTZIA

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QUAND EH BILDU FAIT AMI AMI AVEC LE SANCHEZ LES SIRÈNES DU POUVOIR SEMBLENT ETRE IRRÉSISTIBLES POUR UNE CERTAINE GAUCHE ABERTZALE.

La peur de Bildu

Insurgé

Pour faire et pratiquer la politique, avec une majuscule, disent les fidèles à la religion institutionnaliste depuis les fauteuils bien payés.

 

Lorsque la conclusion accommodante et frauduleuse est atteinte que la société ne peut avancer (et même changer) que par le biais des votes et des institutions, une peur atroce commence de ne pas gagner suffisamment de votes, de les perdre à cause de cette déclaration ou de ce comportement, de collusion et coopérer avec cela au détriment de l’autre, afin de mettre en œuvre un point de la loi et de pouvoir s’exprimer dans les meilleurs vêtements lors d’une conférence de presse pour l’expliquer aux médias, qui le transmettront au recensement pour gagner x votes … Pour faire et pratiquer la politique, avec une majuscule, disent les fidèles à la religion institutionnaliste depuis les fauteuils bien payés.

EH Bildu a embrassé cette nouvelle recette avec enthousiasme, catalogué le PSOE comme compagnon de voyage malgré le résumé horrible qu’il a partout en général, et au Pays basque en particulier, et a donné ses votes à Sánchez en premier et ses abstentions au gouvernement national plus tard , pour préciser qu’ils entraient dans une nouvelle étape d’organisation utile.

Le rêve d’or de la nouvelle direction de l’ancienne gauche abertzale est que lors des prochaines élections au Parlement basque, la somme d’eux-mêmes avec le PSE et Podemos dispose d’une majorité suffisante pour renverser le PNV et former un beau gouvernement social-démocrate. Et tout était sur la bonne voie jusqu’à ce que Patxi Ruiz fasse une grève de la faim et provoque la solidarité active de centaines de personnes, et la «paix sociale» qui est si nécessaire pour lancer les votes. Maintenant, la peur envahit le dôme de Bildu. Les dirigeants de la nouvelle stratégie font et font des comptes pour voir dans chaque localité comment est le problème et s’il est toujours possible. Ils n’ont pas tellement peur qu’en ce moment une nouvelle organisation apparaisse qui leur enlèvera leurs votes, mais plutôt que des milliers de personnes les rendent égaux au reste des partis, et ne vont même pas aux urnes pour pratiquer le « moindre ». Cette entreprise rentable de la social-démocratie.

AINSI QUE LA CHRONIQUE DE MAITE SUR LE CONFINEMENT LIÉ AU COVID ET LA SITUATION DES PRESOS. AINSI QUE SUR PATXI RUIZ.

ET LA CHRONIQUE DE JUAN SUR LA DISPARITION DE JON ANZA VOILÀ 11 ANS ET QUI EST RESTÉ INTROUVABLE DURANT 1 AN ALORS QU’IL ÉTAIT Á LA MORGUE DE TOULOUSE. Á CE JOUR AUCUNE EXPLICATION N’A ÉTÉ APPORTÉE PAR LA JUSTICE ET L’ENQUÊTE DE POLICE

NI OUBLI NI PARDON

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15 mai 2020

88 EMISSION DU CSPB 28 02 17

Classé sous CSPB — SQUALE @ 18 h 07 min

 

 

 

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HISTOIRE DU PAYS BASQUE ET DE SON PEUPLE 1931-1939

 

PREMIERE PARTIE, CHAPITRE VIII
STATUTS D’AUTONOMIE ET GUERRE CIVILE EN PAYS BASQUE Le 2 août 1931, plus de 74 % du corps électoral catalan (99 % de oui parmi les votants) plébiscitait le statut d’autonomie catalan. Un an après, le 9 septembre 1932, les Cortès espagnoles l’approuvaient à leur tour (par 314 voix contre 24), rendant ainsi effective son application (le 14 septembre). Pendant ce temps, que faisaient les Basques ? Ils se chamaillaient… Après bien des péripéties, qui se solderont entre autres par l’abandon du processus d’autonomie par la Navarre, ils ne se prononceront définitivement pour un statut d’autonomie que le 5 novembre 1933. Il faudra cependant attendre encore près de trois ans pour que les Cortès espagnoles se décident enfin à l’entériner le 1 er octobre 1936, soit en pleine Guerre Civile. Celle-ci mit rapidement fin aux espoirs autonomistes. En effet, neuf mois plus tard, l’ensemble du territoire basque était sous la botte franquiste… Il va sans dire que cette guerre meurtrit profondément le Pays basque. Le seul nom de Guernica suffit à en rappeler la cruauté. Son histoire dépasserait de loin les limites du présent travail1. Aussi, seuls ses faits les plus marquants et ses principales conséquences seront ici signalés.
[135]
I- LES STATUTS D’AUTONOMIE (1930-1936)
1- Le statut d’Estella (1931), ou l’union autonomiste et catholique face à un
État centraliste et laïc Nous avons vu comment, sitôt la chute de Primo de Rivera, la totalité des forces nationalistes basques (exceptée la petite minorité de l’ANV) s’était regroupée autour d’une stratégie autonomiste en une même organisation politique, le PNV. L’avènement
1
Nous renvoyons pour cela à G. L. Steer, El arbol de Guernica, Madrid, 1978, Ed. Felmar ; Hugh
Thomas, La guerra civil española, Paris, 1967, Ed. Ruedo Ibérico ; Jose Antonio de Aguirre, De
Guernica a Nueva York, pasando por Berlin, in Obras Completas, op. cit. ; Maximiano Garcia Venero,
Historia del nacionalismo vasco, Madrid, 1968, Ed. Nacional ; ainsi qu’à A. de Lizarra, Los vascos y la
Republica española. Contribucion a la historia de la Guerra Civil, Buenos Aires, 1944, Ed. Ekin ; Ortzi,
Historia de Euskadi, op. cit. ; et au recueil de témoignages La guerra en Euskadi de Juan Maria et Juan
Carlos Jimenez de Aberasturi, Barcelona, 1978, Ed. Plaza James. de la IIe République espagnole, en offrant aux régions la possibilité d’obtenir un statut d’autonomie, allait bientôt définitivement canaliser la revendication nationaliste en une politique de pression statutaire visant à obtenir de Madrid un maximum de pouvoir2. Le statut d’Estella (Navarre) fut le résultat de la première grande offensive statutaire des nationalistes basques. Le 14 avril 1931, deux jours seulement après les élections qui sonnèrent le glas de la monarchie3, et le jour même de la proclamation de la IIe République, Jose Antonio Aguirre, leader nationaliste et futur président du gouvernement basque, convoquait, pour le 17 du même mois, l’ensemble des maires basques à Guernica en vue d’y proclamer (à l’instar des Catalans à Barcelone) une République basque au sein d’une République fédérale espagnole. L’armée empêcha par la force cette réunion. Mais le mouvement était lancé. Il se fortifiera durant tout le printemps 1931 et, début mai, se sent suffisamment solide pour charger la Société d’Etudes Basques de rédiger le texte d’un statut d’autonomie en vue de le soumettre à Madrid. Le 31 du même mois, soit en un temps record, celle-ci rend public son projet. Ce dernier équivaut de fait a ériger les trois provinces basques et la Navarre [136] en un État quasi indépendant : seuls, la politique étrangère, la monnaie, les postes et télécommunications, les douanes, le droit commercial et pénal, la propriété industrielle et intellectuelle et le choix du mode de représentation du Pays Basque aux Cortès espagnoles continuaient de relever du pouvoir de l’État central4. D’entrée, républicains et socialistes refusent de se joindre à ce mouvement. Pour eux, celui-ci ne constitue qu’une « réponse réactionnaire, cléricale et séparatiste » aux « propositions progressistes » de la IIe République. Malgré quelques gestes d’ouverture dans leur direction, les nationalistes renoncent bien vite à chercher un appui parmi eux.
2
Le 17 août 1930, l’ensemble des forces antimonarchiques s’étaient réunies à Saint Sébastien pour signer
un pacte scellant leur unité stratégique en vue de renverser la monarchie et de définir les principales
orientations de la politique du futur gouvernement provisoire. Parmi ces dernières figurait, bien que les
nationalistes basques fussent absents de cette réunion, le droit à l’autonomie des trois régions historiques,
la Catalogne, le Pays Basque et la Galice.
3
En Pays Basque, ces élections furent celles du triomphe des nationalistes et des carlistes qui obtinrent
1328 conseillers contre 562 pour les républicains, 457 pour les monarchistes, 156 pour les socialistes et
12 pour les communistes. Il faut toutefois noter, qu’excepté en Navarre, les républicains et les socialistes
gagnèrent toutes les mairies des villes basques de plus de 6000 habitants.
4
On peut lire l’intégralité du texte de ce statut dans Manu Escudero et Javier Villanueva, La autonomia
des Pais Vasco desde el pasado al futuro, San Sebastian, 1976, Ed. Txertoa, p. 190 et s. De fait, on voit mal comment un réel dialogue aurait pu s’instaurer entre des forces qui, on l’a vu, maintenaient des relations aussi tendues. Se détournant des républicains et des socialistes, les nationalistes cherchent immédiatement à s’attirer la sympathie des carlistes. En effet, ces derniers représentent alors certainement, avec leur catholicisme exacerbé et leurs velléités fuéristes, la force politique la plus proche du PNV et donc la plus susceptible d’en appuyer les revendications. Les deux amendements au texte du statut, proposés le 7 juin par le PNV, contribueront à sceller l’alliance des deux forces : le 10 du même mois, les carlistes approuvent le statut5. Les choses vont alors très vite : une réunion de l’ensemble des 528 maires des quatre provinces basques est convoquée pour le 14 juin à Estella (en Navarre). Les républicains, les socialistes, les communistes, et les nationalistes de l’ANV boycottent la réunion au cours de laquelle [137] 427 des 480 maires présents ratifient le statut6. Quelques jours plus tard, nationalistes et carlistes forment une coalition en vue de se présenter unis aux élections à l’Assemblée Constituante espagnole qui doivent avoir lieu le 28 juin. La propagande électorale de la coalition s’organise du Statut d’autonomie et de la défense de la religion. Au lendemain des élections, son triomphe est total : sur les 24 députés du Pays Basque, 15 y appartiennent7. Ces députés forment un groupe parlementaire, la Minorité Parlementaire Basco-Navarraise. À l’inverse du Pays Basque, le reste de l’Espagne a très largement voté pour la gauche républicaine et laïque8 : on devine par avance le type de rapports qui allait prévaloir entre la Minorité Basco-Navarraise et la majorité de l’Assemblée constituante…
5
Le premier de ces amendements portait de 2 à 10 le nombre d’années de résidence en Pays Basque
nécessaires pour obtenir la citoyenneté basque. Le second réservait les relations avec le Vatican comme
matière exclusive de l’Etat basque. Ces deux amendements provoquèrent un tollé général parmi les républicains et les socialistes, et l’opposition déclarée du petit secteur des nationalistes laïcs regroupés au sein
de l’ANV.
6
Ces 427 maires représentaient environ 70 % de la population basque. Après cette réunion, ce statut sera
communément appelé Statut d’Estella.
7
Soit 8 nationalistes, 5 carlistes et 2 catholiques indépendants, contre 6 républicains et 3 socialistes.
8
Les socialistes obtinrent 116 sièges ; les radicaux, 90 ; les radicaux-socialistes, 56 ; Esquerra
Republicana, 36 ; Accion Republicana, 26 ; la droite libérale républicaine, 22 ; l’ORGA, 15 ; Au Service
de la République, 16 ; la Minorité Basco-Navarraise, 15 ; les Agraires, 26 ; la Lliga Regionalista, 3 ; les
libéraux démocrates, 4 ; les monarchistes, 1 ; et enfin les Fédéraux et Divers d’extrême gauche, 14. Le 22 septembre, 420 maires basques, accompagnés des 15 députés de la Minorité, remettent le texte du statut d’Estella au Président du Gouvernement provisoire, Niceto Alacala Zamora, dans l’espoir que les Cortès l’examinent dans les plus brefs délais. À peine trois jours plus tard, ceux-ci déclarent le statut anticonstitutionnel : ils viennent en effet de voter un amendement constitutionnel instituant les relations avec le Vatican comme domaine exclusif de l’État central. Les rapports entre la Minorité et le Gouvernement provisoire deviennent alors de plus en plus tendus. Les principaux points de divergence ont trait à la question religieuse et à la forme de l’État. Le 15 octobre, après avoir affirmé : « Nous avons atteint la limite de nos concessions. La Constitution qui va être approuvée ne peut être la nôtre »9, les 15 députés de la Minorité Basco-Navarraise quittent les Cortès. Moins de deux mois plus tard, le 9 décembre 1931, la nouvelle Constitution espagnole est promulguée. Son Article I définit l’Etat espagnol [138] comme un « État intégral », et son article 26 spécifie que « l’Etat, les régions, les provinces et les municipalités ne devront ni maintenir, ni favoriser, ni aider économiquement les Eglises, Associations et Institutions religieuses » : le statut d’Estella avait définitivement vécu.
2- Le statut plébiscité (1933), ou le choix de la légalité républicaine des
nationalistes et l’opposition des Carlistes et de la Navarre Plutôt que de s’enfermer dans une opposition intransigeante, et de voir ainsi sa politique autonomiste compromise pour plusieurs années (avec, comme conséquence interne, la menace d’une radicalisation incontrôlable de sa base : voir Jagi Jagi), la direction du PNV va opter, dès l’impasse d’octobre 1931, pour un rapprochement progressif avec le Gouvernement espagnol. L’alliance des nationalistes avec les carlistes avait certes permis d’unir les trois provinces basques et la Navarre autour d’une même revendication nationale basque. Mais les débordements carlistes sur la question religieuse10 sont, les nationalistes le sentent bien désormais, inacceptables pour le Gouvernement. Par ailleurs, si cette
9
Rapporté par Manuel Tuñon de Lara, La España del siglo XX, Barcelona, 1981 (1° édition. 1966), Ed.
Laia, tome II, p. 325.
10
En janvier 1932, des heurts très violents opposent des intégristes carlistes à des socialistes. Ces heurts
se soldent par trois morts à Bilbao et, deux mois plus tard, deux autres morts à Pampelune. alliance s’était révélée forte, et parfois enthousiaste, durant la montée de la revendication statutaire (printemps et été 1931), les failles, provoquées par le choc d’octobre avec le Gouvernement, s’agrandirent rapidement pour laisser apparaître les divergences idéologiques ayant toujours existé entre le nationalisme basque et le carlisme. Juan Pablo Fusi11 nous rappelle quelques-unes d’entre elles : « Pour les carlistes, la réintégration des Fueros signifiait simplement la restauration des institutions basco-navarraises antérieures à 1839, comme fondement de l’unité du Royaume d’Espagne, tandis que pour les nationalistes, la réintégration forale supposait la restauration de la souveraineté basque. Dépouillé de la rhétorique fueriste, le carlisme n’était rien d’autre qu’un régionalisme traditionnel, la simple restauration (…) des
Fueros des quatre provinces. Il n’envisageait absolument pas, et n’avait jamais envisagé, la création de l’État autonome basque qui constituait la principale aspiration du nationalisme ». Les priorités politiques étaient par ailleurs distinctes : « Le nationalisme voulait l’autonomie basque et était disposé à accepter [139] la légitimité de la République pour l’obtenir. Le carlisme, lui, n’accepta jamais la légalité républicaine, mais contribua au contraire de façon décisive, et ce dès le début, à la destruction de la nouvelle démocratie espagnole »12. Il convient d’ajouter à cela une remarque plus sociologique : contrairement aux deux provinces maritimes, et dans une moindre mesure à l’Alava, la Navarre n’avait pas connu de révolution industrielle. En 1930, près de 80 % de sa population active était encore employée dans l’agriculture. Encore enserrés dans les mailles de la société traditionnelle, n’ayant été déstabilisés ni par l’industrialisation ni par les conséquences de la seconde Guerre Carliste (la ley paccionada de 1841 étant respectée par Madrid), les Navarrais sont restés, dans leur immense majorité, de fervents partisans du carlisme. La mort, en octobre 1931, du prétendant carliste Don Jaime de Borbon n’arrangera pas les choses. Le secteur le plus réactionnaire, le plus unioniste et le moins pro-basque, appuyé par les caciques navarrais et andalous, prend alors la direction du mouvement carliste. Le retour aux Cortès des députés nationalistes et leur vote en faveur d’Alcala Zamora comme président de la République rompirent définitivement, le 10 décembre 1931, la minorité Parlementaire Basco-Navarraise et, par voie de
11
El problema vasco en la II° Republica, Madrid, 1979, Ed. Turner, pp. 88-89. conséquence, l’alliance entre les nationalistes et les carlistes. On assistera dès lors à l’acceptation progressive, par les premiers, de la légalité républicaine, et au rapide rejet, par les seconds, de la politique autonomiste. Soucieux de ne fermer aucune porte à l’autonomie13, conscients de l’impasse à laquelle mènerait un refus de collaboration avec la République, et de plus en plus sceptiques sur l’intérêt de s’allier avec les carlistes désormais totalement intégristes et anti-légalistes, les nationalistes acceptent, début décembre, de participer à une commission de rédaction d’un nouveau statut d’autonomie dans laquelle ils se retrouveront minoritaires14. Tandis que cette commission continue à se réunir, les assemblées [140] séparées des maires des quatre provinces, prévues par le décret du 8 décembre, ont lieu le 31 janvier 1932 : partout, y compris en Navarre, le principe d’un statut unique triomphe15. À la fin mai 1932, la rédaction du statut est terminée. Comparé à celui d’Estella, le nouveau statut est évidemment plus modeste. Il n’est plus question d’État basque mais de « noyau politico-administratif autonome ». Son Article IV stipule que le pouvoir basco-navarrais devra s’exercer « en accord avec la constitution de la République », l’armée ne relève plus de lui et, bien sûr, les relations avec le Vatican demeurent matières exclusives de l’État central. L’étendue de l’autonomie est cependant très vaste, en particulier l’ensemble du régime économique (y compris la levée des impôts), l’ordre public, l’enseignement à tous les niveaux (y compris l’Université), la santé et l’assistance
12
Ibidem.
13
Le Gouvernement venait, le 6 novembre, de reconnaître le droit aux quatre provinces basques de
négocier un statut d’autonomie.
14
La constitution de cette commission (à laquelle les carlistes refusèrent de participer) relevait de décret
du 8 décembre par lequel le gouvernement central spécifiait les conditions à remplir pour l’obtention du
statut d’autonomie basque :
1) Constitution d’une commission de rédaction du statut composée par l’ensemble des forces politiques
basques.
2) Assemblées séparées des maires des quatre provinces pour décider si le statut sera unique ou non.
3) Dans le cas d’un accord sur un statut unique, réunion de l’ensemble des maires basco-navarrais pour
voter le statut.
4) Référendum populaire en Pays Basque.
5) Approbation par les Cortès espagnoles.
15
423 des 549 maires basco-navarrais, représentant environ 90 % de la population, votèrent en faveur du
statut unique. C’est en Navarre que le résultat fut le moindre : seulement 160 des 229 maires navarrais,
soit environ 65 %, de la population se prononcèrent pour. sociale, les institutions de droit privé, le patrimoine public, etc., dépendent exclusivement du pouvoir basque. Une réunion de l’ensemble des maires des quatre provinces est aussitôt convoquée pour le 19 juin à Pampelune afin de se prononcer sur le statut. Hormis quelques républicains navarrais et les carlistes, qui condamnent ce statut « laïc et athée », l’ensemble des forces politiques basques appuie le projet. Il convient de s’interroger sur le soutien des socialistes jusqu’alors si distants de la revendication nationale et si enclins à la condamner. Il faut certainement y voir la prise de conscience qu’un gouvernement démocratique ne pouvait de toute façon plus faire l’économie d’une autonomie basque. Les nationalistes venaient en effet de remporter les dernières élections et leurs mobilisations étaient chaque fois plus nombreuses [141] et plus vastes. Il était désormais impossible de continuer à les traiter de « quatre fous » et de « xénophobes barbares ». Le PSOE, sous la direction de son leader local Indalecio Prieto, va rapidement changer d’attitude et adopter une politique de « désamorçage de la revendication nationale par l’autonomie ». L’axe de cette politique est de capitaliser politiquement la satisfaction que l’octroi d’une autonomie, par un gouvernement de gauche, pourrait provoquer. Gauche républicaine et obtention de l’autonomie doivent apparaître intimement liées. Le but évident de l’opération est de déposséder le PNV de ses principaux arguments, et donc de sa base électorale, tout en contrôlant à chaque instant le processus d’autonomie16. Le voyage d’Alcala Zamora en Pays Basque, orchestré courant septembre 1932 par Prieto (entre-temps devenu Ministre des Travaux Publics) sera l’illustration parfaite de cette politique : tandis que le gouvernement de gauche de la République est présenté comme le seul capable de comprendre, d’accepter et d’octroyer une autonomie au Pays Basque (l’exemple catalan étant constamment cité pour le prouver), le PSOE ne cesse de rappeler son « attachement et ses convictions éminemment autonomistes ». Les « effusions autonomistes » entre Prieto, leaders Basques et Catalans, à l’occasion de la signature, le 14 septembre à Saint-Sébastien, du statut d’autonomie catalan, marqueront certainement l’apogée de cette politique.
16
Il faut sans doute ajouter à cela la crainte du PSOE de laisser sur sa gauche le monopole de la défense
autonomiste au PC qui vient de se prononcer pour l’autodétermination d’Euskadi. Au cours de la réunion du 19 juin, la Navarre, dont la principale force politique demeure le carlisme, abandonne le processus d’autonomie. Les résultats du vote des 550 maires basco-navarrais sont les suivants17 : oui au statut non au statut abstention n° maires % habitants n° maires % habitants n° maires % habitants Biscaye 110 94,2 1 0,2 6 5,6 Guipúzcoa 84 95,2 2 1,9 3 2,9 Alava 51 88,9 11 3,5 15 7,5 Navarre 109 38,7 123 53,0 35 8,3 Total 354 79,2 137 14,6 59 6,0
[142] Les profondes divergences entre socialistes et nationalistes ne sont pas pour autant effacées. Bien au contraire, elles réapparaîtront de façon on ne peut plus aiguë durant le dernier trimestre 1932 et les deux premiers trimestres 1933 avec, comme conséquence immédiate la paralysie du processus d’autonomie. Le Gouvernement, peut- être dans l’espoir de « républicaniser » (comme l’écrit Juan Pablo Fusi18) les provinces basques avant de leur donner l’autonomie, va se lancer, dès le début du mois d’octobre 1932, dans une dangereuse politique de répression du mouvement nationaliste. Plusieurs dizaines de militants sont arrêtés et emprisonnés, des batzokis fermés, la presse nationaliste la plus radicale poursuivie, certaines mairies nationalistes sanctionnées pour avoir hissé le drapeau basque en solitaire, etc. Les socialistes ne font alors rien pour empêcher cette répression et, fin octobre, de très violents heurts les opposent aux nationalistes, faisant plusieurs victimes à Bermeo et San Salvador Del Valle (Biscaye). La décision du Gouvernement de dissoudre la Congrégation des jésuites (très implantée et respectée en Pays Basque où est né son fondateur), et celle du conseil municipal de Bilbao (à majorité républicaine et socialiste) de détruire un monument de la ville dédié au Sacré-Cœur, contribueront, si besoin était, à envenimer les choses. Les chocs verbaux, et souvent physiques entre « fanatiques religieux et
17
Les pourcentages ont été arrondis.
18
El problema vasco…, op. cit., p. 94. xénophobes » et « athées déracinés » semblent renvoyer aux calendes grecques tout projet d’autonomie. Le 2 mai, la brutale dissolution d’une manifestation de femmes nationalistes suscite de nouvelles protestations et un appel à la grève générale de la part de la SOV. Quelques jours plus tard, on dénombre deux nouvelles victimes… Les esprits vont heureusement se calmer au cours des mois de juin et juillet et, après maintes palabres, une réunion des maires des trois provinces ayant accepté le statut de1932 est convoquée pour le 6 août à Vitoria. Le texte du statut, qui est exactement le même hormis la suppression du mot Navarre, y est définitivement approuvé : 239 voix pour, 28 contre, et 15 abstentions. La date du 5 novembre est alors fixée pour le référendum populaire prévu par le décret du 8 novembre 1931. Tandis que le PNV, l’ANV et les républicains appellent à voter pour, [143] le PSOE laisse libre choix à ses militants et sympathisants. Les partisans du statut d’autonomie l’emportent
de manière éclatante : 96,58 % des suffrages exprimés, soit 84,05 % du corps électoral
basque (12,73 % d’abstention) se prononce pour l’autonomie.
3- Le statut de 1936 ou l’autonomie de la dernière heure Un mois plus tard, le 19 novembre 1933, de nouvelles élections législatives sont convoquées19. Partout la droite triomphe : les nouvelles Cortès sont désormais constituées de 217 députés de droite, 99 de gauche, et 156 du centre. En Pays Basque, le PNV réussit le meilleur score de son histoire en remportant 14 des 17 sièges à pourvoir dans les trois provinces ayant plébiscité le statut20. Si le nouveau gouvernement Lerroux se montra, en un tout premier temps, favorable au statut, il apparut bien vite que les Cortès, désormais dominées par une droite crispée sur la défense de l’unité nationale, n’étaient absolument pas disposées à se prononcer en faveur d’un statut décidé sous le précédent gouvernement. Le bieno negro espagnol fut aussi celui de l’autonomie basque. Pendant deux ans, les divergences entre
19
Durant tout l’été 1933, le pays fut secoué par de fortes mobilisations et de très nombreuses manifestations de mécontentement (habilement récupérées par la droite) en raison des effets désastreux suscités par les retombées de la crise mondiale en Espagne. Alcala n’eut d’autre solution que de dissoudre
l’Assemblée. L’agitation générale, en cet été 33, ne fut certainement pas étrangère à l’arrêt de la répression
en Pays Basque et au redémarrage du processus d’autonomie : le gouvernement sentit bien qu’il n’avait
guère intérêt à continuer de s’aliéner aussi les Basques.
20
En Navarre, ses résultats sont beaucoup plus modestes : à peine 9 % des voix face aux quelques 70 %
du bloc des droites dont l’immense majorité est carliste. la majorité des Cortès et les parlementaires du PNV seront, la plupart du temps, quasitotales. Ces derniers abandonneront du reste le Parlement le 12 juin 1934. Durant l’été et l’automne 1934, de véritables révoltes, secondées par le boycott de l’ensemble des mairies basques, ont lieu face au désir du Gouvernement de réformer les conciertos
economicos. Environ 300 personnes sont alors emprisonnées, dont 47 maires nationalistes et 53 conseillers municipaux, la presse nationaliste est interdite, réduite au silence ou condamnée à payer des amendes, etc. [144] Toutefois, ne désespérant pas que ces Cortès puissent voter le statut, les parlementaires nationalistes les réintègrent le 5 novembre, donnant de surcroît comme preuve de bonne volonté leur vote de confiance au gouvernement Lerroux. Ce geste contribuera certes à relancer les travaux de la commission chargée d’examiner le texte du statut. Mais les choses traîneront en longueur, et le Parlement sera dissous avant que ce texte n’y soit débattu. De nouvelles élections législatives sont convoquées pour le 16 février 1936. Obnubilée par le danger séparatiste, la droite n’aura su, ni discerner la volonté légaliste (avec, à la clef la reconnaissance implicite de l’unité de l’État espagnol) du PNV, ni apprécier son caractère religieux et sa propension à l’ordre et à la stabilité qui en faisait un parti plus que modéré. Au lieu de chercher un terrain d’entente avec lui afin (pourquoi pas ?) d’en faire un relais de sa politique en Pays Basque, elle va le pousser dans l’opposition avec des déclarations souvent virulentes et des actes inconsidérés (tentative de suppression des Conciertos économicos et du Statut catalan). À la fin du
bieno negro, les nationalistes n’ont dorénavant plus aucune raison d’espérer quoi que ce soit de plus de la droite que de la gauche espagnole. Ceci explique sans doute le fait que la victoire du Front Populaire ne provoque aucun mécontentement parmi les nationalistes21, désormais disposés à « bénir la main, quelle qu’en soit la couleur, par laquelle arrivera le statut »22. Cette attitude de sympathie désabusée d’un côté et, de l’autre, l’inclusion du vote du Statut dans les points
21
Celui-ci triomphe partout en Espagne. Les nouveaux Cortès sont composés de 257 députés de gauche,
57 du centre, et 139 de droite. En Pays Basque, le Front Populaire, le bloc des droites, et le PNV
obtiennent environ 1/3 des voix chacun, tandis qu’en Navarre, les carlistes continuent à monopoliser
l’échiquier politique (70 %).
22
Manuel de Irujo, député nationaliste, 26/12/1935 (rapporté par lui même in La guerra civil en Euskadi
antes del estatuto, Madrid, 1978, Ed. E.D.). programme du Front Populaire, ne doit cependant pas conduire à penser que nationalistes et socialistes se jettent alors dans les bras les uns des autres. Une grande méfiance, née du passé, règne au contraire entre eux, chacun campant sur ses positions, décidé à ne lâcher que le minimum nécessaire pour éviter de nouveaux affrontements et un divorce fatal. [145] Le 16 avril 1936, une nouvelle commission d’examen du statut, présidée par Prieto et comprenant plusieurs nationalistes, dont Aguirre, est constituée. Le 29, elle commence ses travaux « dans l’espoir d’en finir le plus tôt possible ». Le 18 juillet, le soulèvement militaire la surprend en pleine délibération. Après quelques semaines d’interruption, les travaux reprennent à un rythme accéléré. Le Gouvernement n’a plus aucun intérêt à faire traîner les choses : l’appui et la résistance du Pays Basque sont vitaux pour la République. Fin septembre, le statut est prêt23. Il est soumis aux Cortès. Le 6, ceux-ci l’approuvent définitivement : le Pays Basque, amputé de la moitié de son territoire et en pleine guerre civile est autonome.
II- LA GUERRE CIVILE ET SES CONSEQUENCES IMMEDIATES EN PAYS BASQUE
(1936-1939)
1- La situation en Pays Basque le jour de la constitution de son premier
gouvernement (7 octobre 1936) En Navarre, le soulèvement contrôle tout de suite l’ensemble de la province. Après l’abandon de la voie statutaire et la mort de Don Jaime, le carlisme allait rapidement muer, sous la direction du comte de Rodezno, en un véritable mouvement de conspiration contre la République. Une organisation paramilitaire, les Requetes, était mise sur pied et armée par la Junte Suprême du mouvement installée à Saint-Jean-deLuz24. Celle-ci prépare ensuite minutieusement le soulèvement avec le Général Mola,
23
Malgré plusieurs modifications, visant toutes à restreindre le pouvoir basque, ce statut demeure, pour
l’essentiel, identique à celui de 1933. La principale nouveauté réside dans les dispositions transitoires
dont la première prévoit que « tant que dureront les circonstances anormales induites par la Guerre
Civile, le Pays Basque sera administré par un gouvernement provisoire avec toutes les prérogatives
établies par le présent statut ». (voir l’intégralité du texte de ce statut dans Manu Escudero et Javier
Villanueva, La autonomia des Pais Vasco… op. cit., p. 235 et ss.).
24
Plusieurs dirigeants requetes avaient auparavant suivi des stages de formation militaire en Italie
fasciste de Mussolini, qui avait par ailleurs avancé un million et demi de pesetas et promis de fournir Commandant de la place de Pampelune et principal instigateur de la sédition. Dès l’aube du 18 juillet, requetes et militaires factieux contrôlent la capitale et, le lendemain, l’ensemble de la province. La répression [147] est immédiate et terrible (à tel point que l’évêque de Pampelune, fasciste convaincu, s’en émeut). Plus de 6000 personnes, dont une bonne partie de nationalistes, sont assassinées ou exécutées sans jugement au cours de l’été 1936. En Alava, l’alliance du colonel Alonso Vega et de Jose Luis Oriol, leader de la droite locale, permet aux factieux de rapidement s’emparer de la quasi-totalité de la province. Plusieurs centaines de personnes réussissent cependant à se réfugier en Biscaye. En Guipúzcoa, les militants de gauche, essentiellement ceux du PC et de la CNT, parviennent à isoler les militaires factieux dans leur caserne. Ceux-ci se rendent finalement le 28 juillet. Aussitôt après une Junte de Défense, composée des PSOE, PNV, PC, CNT, et ANV est constituée. C’est elle qui tente de coordonner l’effort des différents bataillons spontanément formés par les principaux partis politiques et syndicats. Et ici réside une des deux grandes faiblesses (la seconde étant le manque d’armement) de la défense militaire du camp républicain en Pays Basque : ni les hommes, ni la bonne volonté ne font défaut, mais, non seulement chacun s’organise de son côté sans réelle coordination avec ses alliés, mais, plus grave, soupçonne ces derniers de noirs desseins. Méfiance en particulier des socialistes envers les nationalistes25 [147] et de ces derniers envers la CNT26. Mais comment imaginer que ces
10 000 fusils, 10 000 bombes et 200 mitrailleuses au Mouvement.
25
« Durant tout le temps que dura la campagne de Guipúzcoa, nous avons vécu dans la crainte perpé-
tuelle de ce que les dirigeants du PNV passent du côté du Maure (camp franquiste). Heureusement, le
Maure fut toujours pire que nous, les mauvais. » (Miguel de Amilibia, député PSOE en 1936, La guerra…
op. cit. p. 39). Cette crainte était selon nous injustifiée. Certes ce n’est pas de gaîté de cœur que les
nationalistes se retrouvent dans le même camp que les « brûleurs d’églises » : « ceux-ci sont très mauvais,
mais ceux qui viennent en face (les franquistes) sont encore pires » (mot de Manuel de Irujo, député P
N.V en 1936 et futur ministre de la République, rapporté par Amilibia, La guerra… op. cit. p. 32). Les
nationalistes n’avaient en effet guère le choix. Mais leur fidélité à la République ne fut pas pour autant
uniquement déterminée par la conjoncture historique : ils avaient largement eu le temps de se rendre
compte, au-delà de son anti-basquisme viscéral, du caractère totalitaire et anti-démocratique de l’extrême
droite espagnole. Dès le lendemain du soulèvement, le Conseil suprême du PNV faisait savoir que « ses
principes le conduisaient à se ranger résolument et sans équivoque parmi ceux qui défendent le civisme et
la République, ceci en accord avec le régime démocratique et républicain qui fut le propre de notre
peuple durant ses siècles de liberté » (note du 19/07/1936 de l’Euzkadi Buru Batzar (Conseil suprême) du
PNV).
26
Soucieux du maintien de l’ordre et de préserver son image de « parti responsable et catholique », le frères ennemis d’hier puissent fraterniser du jour au lendemain ? Que les bataillons Karl Marx, Rusia, Bakounine des miliciens, et Arana Goiri ou Euskal Indar des nationalistes acceptent de se fondre spontanément en un même corps d’armée27 ? L’unité ne pouvait venir que d’en face, et elle se fera effectivement. Au combat. Celui-ci ne tarde pas : début août, le général Mola décide de lancer ses troupes sur Irun afin de couper le front nord de tout contact avec la France. Les premiers bombardements ont lieu. Irun tombe le 3 septembre. La Junte de Défense décide alors d’évacuer Saint-Sébastien, indéfendable, qui tombe 10 jours après. Le front se stabilise alors à environ 15 km a l’ouest de la ville. En Biscaye, aucune tentative de soulèvement n’a lieu : l’armée demeure fidèle a la République, et la population est quasi unanimement de son côté. [148]
2- Le premier gouvernement autonome basque Les dispositions transitoires du statut d’autonomie voté le 6 octobre par les Cortès espagnoles, prévoyaient « l’élection d’un Président du gouvernement provisoire basque par l’ensemble des conseillers municipaux pouvant librement voter malgré la situation actuelle ». Le lendemain même, soit le 7 octobre 1936, Jose Antonio de Aguirre, député et leader du PNV obtient l’équivalent de 291 571 voix contre moins de 100 pour son rival Ramon Madariaga. Aussitôt, un gouvernement d’unité nationale, largement dominé par le PNV, est constitué. En dehors de la Présidence et du Ministère de la Guerre (occupés par Aguirre), les Ministères de l’Intérieur, de l’Économie et des Finances, de la Justice et de la Culture reviennent au PNV ; [148] ceux du Travail, de l’Industrie et des Affaires Sociales au PSOE ; celui des Travaux Publics au PC ; celui du Commerce et du Ravitaillement à Izquierda Republicana ; celui de la Santé à Union Republicana ; et enfin celui de l’Agriculture à l’ANV. Les anarchistes et les indépendantistes de Jagi Jagi ne sont pas représentés.
PNV ne supporte pas les débordements de la CNT. Après l’exécution sommaire de plusieurs prisonniers,
le PNV parvient à faire désarmer un bataillon CNT.
27
La dichotomie de ces termes trahit bien celle qui existait alors parmi les combattants : d’un côté les
miliciens du Front Populaire (avec leurs rivalités internes, surtout celle qui est entre le PC et la CNT), et
de l’autre les gudaris (combattants en basque). Ce n’est que plus tard, lorsque l’Armée basque sera Coupé par la zone franquiste de la République, le Gouvernement basque va gérer de façon totalement indépendante le morceau de territoire qui lui reste. Son premier souci est de « respecter et de garantir les droits individuels et sociaux de tous les citoyens basques et, en conséquence, la libre pratique des confessions et associations religieuses, la sécurité de ses membres et de ses biens »28. À cet égard, les moindres débordements visant, comme dans le reste de l’État espagnol, à occuper les usines, à collectiviser les entreprises, à persécuter le clergé ou à exécuter sans jugement les séditieux, sont immédiatement réprimés par la Ertzaina, la police autonome mise sur pied par le Ministre de l’Intérieur, Telesforo de Monzon, en remplacement des guardias
civiles et guardias de asalto dissoutes. Conformément à la « doctrine basque », le Gouvernement cherche ensuite à « développer une politique de franche avance sociale, à promouvoir l’accès des travailleurs au capital, aux bénéfices, et à la co-administration des entreprises »29. L’approvisionnement et la répartition des vivres sont aussi une de ses principales préoccupations : la Biscaye et la partie du Guipúzcoa encore sous sa juridiction, provinces industrielles aux surfaces agricoles utiles extrêmement réduites, mais dont les densités de population sont les plus fortes de l’Etat, ne peuvent en aucun cas nourrir leurs populations, accrues par l’arrivée de près de 100 000 réfugiés. Un trafic maritime avec l’Angleterre, le Mexique et la France est alors organisé et parvient à parer au plus pressé. Enfin, la défense du territoire est bien sûr la priorité principale. Théoriquement, l’ensemble des forces armées basques dépendent de l’Etat-Major de l’Armée du Nord (englobant les Asturies, la province de Santander et le Pays Basque). Pratiquement, elles sont totalement indépendantes et sous les ordres du Président Aguirre. [149] L’Armée basque (Euskal gudarostea) ne commence à se structurer que fin 1936. Le gouvernement ouvre des Académies d’Infanterie, d’Artillerie et de Génie Militaire, chargées de former des officiers capables d’encadrer les quelque 30 000 hommes de l’Armée basque répartis en 46 bataillons. Dans l’optimisme qui accompagne sa formation (le front étant stabilisé depuis la fin de l’été), une offensive, destinée à libérer l’Alava (et à desserrer l’étau franquiste menaçant Madrid), est
constituée que tous prendront le nom de gudaris.
28
Fragments du discours d’investiture de José Antonio de Aguirre, le 7 octobre 1936.
29
Ibidem. organisée dès la fin du mois de novembre 1936. L’attaque se concentre sur Villareal, à 10 km au nord de Vitoria. Après quatre jours de bataille acharnée malgré une infériorité de feu dramatique, les Basques sont obligés de se replier le 5 décembre, laissant sur le terrain plus de 800 morts et emmenant quelque 4000 blessés. Dès lors, l’attitude de l’Armée basque sera exclusivement défensive.
3- La défaite et l’exil Après son échec de fin 1936 devant Madrid, Franco avait besoin de frapper un grand coup. En février 1937, l’offensive sur le Pays Basque est décidée. Celui-ci représente un intérêt capital pour le camp franquiste, tant pour sa richesse industrielle que pour l’incidence diplomatique que sa chute ne manquerait pas de provoquer. Il était en effet difficile de traiter les Basques d’« assassins athées », de « comploteurs marxistes » ou d’« anarchistes sanguinaires ». Par leur catholicisme, leur modération, leur souci de l’ordre et leurs convictions démocratiques, ils suscitaient au contraire de la sympathie à l’étranger, surtout parmi les démocrates-chrétiens, et apportaient ainsi indirectement à la République un appui dont elle n’aurait pas bénéficié autrement. En faisant passer par la force le Pays Basque dans le camp de la « Croisade », Franco se donnait les moyens de couper définitivement la République de la communauté catholique internationale. À la fin mars, des dizaines de milliers de tracts sont lâchés sur Bilbao : « J’ai décidé de terminer rapidement la guerre dans le nord. Tant la vie que les biens de ceux qui se rendront, s’ils ne sont pas coupables d’assassinats, seront respectés. Mais si la reddition n’est pas immédiate, je raserai la Biscaye jusqu’à n’en rien laisser, à commencer par ses industries de guerre. Je dispose des moyens pour le faire. Signé : Général Mola ». Quelques jours plus tard, le 31 mars 1937, le plus terrible bombardement jusqu’alors connu dans [150] l’histoire militaire du monde avait lieu : la petite ville de Durango était systématiquement bombardée, pendant plus d’une heure et demie. 248 personnes étaient tuées (dont 14 religieuses et 2 prêtres), et plusieurs centaines blessées. Il semble qu’une nouvelle « technique », visant à terroriser la population et à démoraliser les combattants, ait été expérimentée30.
30
Plus tard, Goering reconnaîtra qu’il s’était agi là d’un « banc d’essai ». Privée d’aviation et d’armement lourd, l’Armée basque résiste cependant, souvent de façon héroïque (voir les descriptions de G. L. Steer, correspondant du Times en Pays Basque, El arbol de Guernica, op. cit.). Les quelques 10 000 Italiens des brigades Flèches noires et 23 de marzo, appuyés par plus de 150 avions allemands de la Légion Condor sont alors appelés à la rescousse. Devant l’opiniâtre résistance des basques, qui reprennent souvent la nuit des positions perdues pendant le jour, Franco n’hésite pas à demander aux Allemands de reproduire l’horreur du 31 mars. Le 26 avril, la ville sainte des Basques, Guernica, est rasée par la Légion Condor. On dénombre 1654 personnes tuées et 889 blessés. La stupeur provoquée par la nouvelle du bombardement se mue bientôt en messages de solidarité et de sympathie envers les Basques et la République. Mais les armes n’arrivent pas… Bilbao est soumis à un blocus maritime total, et la famine menace. Progressivement, le front se resserre autour de la ville protégée par sa mythique « ceinture de fer »31. Bombardés et mitraillés à longueur de journée par les Heinkel et
Junker allemands, privés de tout renfort, et se partageant avec parcimonie les dernières munitions, les gudaris tiennent encore jusqu’au début juin. Mais le 12, « la ceinture de fer » cède. Le tragique exode d’environ 150 000 personnes commence alors vers Santander32. Malgré les directives de la République, le Gouvernement basque se refuse à pratiquer la politique de la terre brûlée. Il protège au contraire jusqu’au dernier moment l’industrie biscaïenne des tentatives de sabotage [151] de la part de certains militants de l’UGT et de la CNT. Le 19 juin, les franquistes occupent Bilbao. À bout de force, désormais coupée des forces républicaines des Asturies, et peu désireuse de se battre en dehors du Pays Basque, l’Armée basque se rend le 26 août aux Italiens. Tandis que le Président Aguirre et une partie de son Gouvernement s’installent à Barcelone et tentent, grâce à leurs relations internationales, d’aider au maximum la République, le reste du Gouvernement basque s’efforce d’organiser au mieux l’exil de milliers de Basques. Bien qu’environ 10 000 femmes et enfants aient été évacués fin mai 1937 dans le nord et le centre de la France, que l’Angleterre ait accepté d’accueillir
31
Il s’agit en fait de fortifications construites durant le printemps 37 et dont « l’invulnérabilité » était
surtout mise en avant par les franquistes (parfaitement au courant de ses déficiences) afin de faire de la
prise de Bilbao une victoire militaire retentissante.
32
Une fois cette province tombée (fin août), la grande majorité de ces exilés rejoindra le Pays Basque. 4000 enfants basques et l’URSS 1200, la majorité des réfugiés basques se trouvent, fin 1937, en Pays Basque Français. Dès 1936, le gouvernement avait ouvert un « Consulat d’Euskadi » à Bayonne. C’est à partir de là, et de sa « Délégation du Gouvernement basque » à Paris, qu’il coordonne ses divers services d’aide aux réfugiés basques. Un hôpital militaire de 800 lits est installé à Biarritz, un internat accueille 980 enfants à Saint-Jean-Pied-de-Port, et une résidence pour les veuves des gudaris et les femmes des grands blessés est installée à Anglet. Une publication Eusko Deya est envoyée deux fois par semaine à l’ensemble des exilés. Ces réalisations sont possibles grâce à l’appui de la hiérarchie ecclésiastique basque et à l’aide du Front Populaire français. Une « Ligue Internationale des Amis des Basques », présidée par le cardinal Verdier et le Président de la Chambre des députés Herriot (un des membres les plus actifs était François Mauriac) canalise l’aide internationale vers le Gouvernement basque. L’occupation de la France en mai 1939 par les Allemands réduira tous ces efforts à néant. La Délégation à Paris et le « Consulat » à Bayonne sont fermés. Ceux qui réussissent à s’échapper fuient au Mexique, au Venezuela et en Argentine. Les autres sont enfermés dans un camp de concentration à Gurs (Pyrénées-Atlantiques). Le Président Aguirre prend la clandestinité. Après un long périple à travers l’Europe, il dé- barque au Brésil à la fin août 1941 et, quelques mois plus tard, reforme son gouvernement à New York. [152]
4- Conséquences de la guerre civile en Pays Basque Les statistiques exactes des pertes humaines et matérielles occasionnées par la guerre ne seront jamais connues. Les observateurs étrangers et la majorité des historiens s’accordent cependant pour avancer les chiffres globaux de 20 000 à 30 000 morts et de 45 000 à 50 000 exilés pour une population d’environ 1 300 000 habitants33. Les dommages matériels sont impressionnants et difficiles à évaluer. Il suffit de rappeler que le niveau de vie de 1936 en Pays Basque ne sera rattrapé qu’au début des années 50
33
Nous sommes ici très loin des statistiques fournies par les nationalistes, par exemple celles d’Astilarra,
Historia documental de la guerra en Euskadi, Mexico, 1941 (reprises par Manuelu Lipuzcoa, La iglesia
como problema en el Pais Vasco, Buenos Aires, 1973, Ed. Ekin, pp 110-114), qui signalent 10 800 morts
sur le champ de bataille, 15 200 morts dues aux bombardements, 21 780 exécutions et 150 000 exilés. Le
recoupement des recensements de 1930 et de 1940 avec l’addition de la population des communes et pour mesurer l’ampleur des dégâts. Plutôt que de tenter d’en dresser une liste, nous préférons attirer l’attention sur un autre type de conséquence : la profonde coupure historique que la guerre civile provoquera dans la continuité socio-politique basque. D’abord et évidemment, coupure, comme pour tous les citoyens de l’État espagnol, avec la République, la démocratie, le régime parlementaire, les libertés civiques. Ensuite, coupure avec l’autonomie, l’auto-gouvernement, la promotion de la langue et de la culture basque. Mais aussi, et c’est sur ce point que nous voudrions insister, coupure avec les habitudes socio-politiques héritées du passé : en les bousculant aussi brutalement, la guerre allait sans le savoir engendrer les prémisses d’une nouvelle époque. Inédit en effet de voir socialistes et nationalistes, frères ennemis d’hier, lutter côte à côte. Inédit d’entendre les socialistes crier « vive le Pays Basque libre », et des nationalistes vanter certains aspects de « l’idéal socialiste ». Certes les divergences ne s’éclipsent pas pour autant et continueront à s’exprimer, les soupçons et les ressentiments restant toujours vivaces34. Mais il est des moments où un vécu exceptionnel crée des liens plus forts que les idéologies. Ce sont ces moments-là que miliciens et gudaris, [153] d’abord séparés, vont ensuite partager dans la peur et la solidarité des tranchées sous les bombes, ou dans l’adversité de l’exil et de la répression. La guerre civile, en suscitant l’expérience d’une même lutte, le partage d’une même souffrance, et l’élan d’une même solidarité, a indéniablement et très fortement, uni les Basques des deux provinces maritimes, et cela, quelles que soient leurs origines et leurs préférences politiques35. C’est dans le quotidien de cette unité, puis dans la révolte contenue et la solidarité silencieuse face à la répression franquiste de l’aprèsguerre que naîtra et grandira une nouvelle génération, celle qui n’aura pas connu les querelles d’hier et portera l’espoir d’un futur différent. [154]
villes basques en 1935 nous permet d’avancer un chiffre global de 80 000 à 90 000 morts et exilés.
34
Cf. supra, note 25.
35
Le pourcentage de franquistes est infime dans ces deux provinces. Par contre la guerre signifiera la
coupure non moins radicale entre la Navarre et les trois autres provinces basques.

 

14 mai 2020

87 NADAR 14 02 17

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Nadar

Biographie Nadar

Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar – Félix Nadar, vers 1865 – Ministère de la Culture et de la Communication – France / Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine / Dist Rmn

Le photographe français Nadar, de son vrai nom Gaspard Félix (dit Félix) Tournachon, naît le 6 avril 1820 à Paris. Il y décède en mars 1910. Son père, lyonnais d’origine, est imprimeur et éditeur de tendance libérale.

 

À la mort de son père, il rejoint sa mère et s’inscrit à l’école de médecine de Lyon. Soutien de famille, il s’exerce au journalisme en écrivant des critiques théâtrales dans la presse locale avant de rejoindre Paris où il effectue divers travaux dans de « petites feuilles ».

À Paris il fonde le journal L’Audience et fréquente la jeunesse artistique : Charles Baudelaire, Henri Murger, Théodore de Banville, Gérard de Nerval. Il publie des critiques dramatiques et des contes qu’il signe du pseudonyme Nadar.

En 1845, il publie son premier roman « La Robe de Déjanire ». L’année suivante Nadar commence véritablement sa carrière de caricaturiste et publie dans des journaux politiques d’opposition. En 1847, il lance une série de portraits charges intitulée « Galerie des gens de lettres » qui deviendra plus tard le fameux « Panthéon Nadar ».

En 1848, Nadar s’engage dans un corps expéditionnaire constitué par le gouvernement provisoire et censé provoquer le soulèvement de la Pologne. Il est fait prisonnier en Prusse. De retour à Paris, il gagne durement sa vie en reprenant ses activités de caricaturiste. En 1849, il publie ses caricatures dans Le Journal pour rire créé par Charles Philippon.

 

Nadar

Atelier Nadar – Nolette dans « Adam et Eve », théâtre des Nouveautés, 1886 – Ministère de la Culture et de la Communication – France / Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine / Dist Rmn

En 1854, Nadar encourage son jeune frère, Adrien, à devenir photographe. Celui-ci ouvre un atelier. Félix s’adonne lui aussi à la pratique de la photographie et réalise ses premiers portraits au printemps. Poursuivant ce nouveau champ d’expérimentation, il ouvre son propre atelier, avec un laboratoire entièrement équipé, au 113 rue Saint-Lazare.

Il souhaite traduire la « ressemblance intime » des figures de la bohème et du romantisme. Défilent ainsi dans son atelier Baudelaire, de Nerval, Delacroix, Doré, Gautier, Berlioz. Nadar entreprend des recherches sur le collodion alors utilisé en photographie. En mars, il publie sa célèbre lithographie « Le Panthéon Nadar », caricature où figurent trois cents célébrités contemporaines. Le succès est immédiat. En septembre, il épouse Ernestine Lefèvre.

Félix et son frère Adrien photographient le mime Deburau en Pierrot. La série remporte une médaille à l’Exposition universelle de 1855. S’ensuit une dispute entre les deux frères. Adrien, qui signe « Nadar jeune », veut poursuivre seul mais Félix lui intente un procès en mars 1856 — qu’il gagne en décembre 1857 — pour récupérer l’usage exclusif de son pseudonyme.

En 1856, Nadar est à la tête de trois journaux illustrés et d’un atelier photographique. Il commence à s’intéresser à l’aérostation et devient membre de la Société française de photographie.

En 1858, il réalise, à bord d’un ballon, la première photographie aérienne. En 1860, il quitte la rue Saint-Lazare et installe un luxueux atelier au 35 boulevard des Capucines. C’est un tournant commercial dans sa carrière de photographe. En février 1861 , il dépose le brevet de photographie à l’éclairage artificiel qui lui permet de photographier la nuit.

 

photographie Nadar

Atelier Nadar – Albert Brasseur dans « Adam et Eve », théâtre des Nouveautés, 1886 – Ministère de la Culture et de la Communication – France / Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine / Dist Rmn

En 1862, Nadar photographie à la lumière artificielle les catacombes et les égouts de Paris. Passionné par l’aérostation, il s’éloigne progressivement des affaires de l’atelier et se jette dans les aventures et les théories de la navigation aérienne. En 1863, il fonde la « Société d’encouragement pour la locomotion aérienne au moyen d’appareils plus lourds que l’air », ainsi que la revue L’Aéronaute. Il fait construire un immense ballon Le Géant capable de « porter quatre-vingt passagers ». En octobre, Le Géant s’écrase à Hanovre. Nadar est blessé et, endetté, il doit vendre ses collections.

En 1870-1871, lors du siège de Paris par les Prussiens, Nadar constitue une compagnie d’aérostiers militaires pour défendre de ville. En 1871, l’atelier Nadar qui connaît des difficultés financières quitte le boulevard des Capucines pour la rue d’Anjou.

En 1874, Nadar qui a conservé son local du boulevard des Capucines, accueille la première exposition des peintres impressionnistes. Le fils de Nadar, Paul (né le 8 février 1856) collabore à l’activité de l’atelier avec son père. Il gardera par la suite le pseudonyme de Nadar.

En 1886, Félix et Paul réalisent une série de photographies du chimiste Eugène Chevreul alors âgé de cent ans. L’interview qui accompagne les photographies devait être initialement enregistrée. C’est le dernier « exploit photographique » de Nadar père.

De 1887 à 1894, Félix s’installe avec sa femme en Forêt de Sénart au sud-est de Paris. Il est malade et ruiné. Paul prend la direction officielle de l’atelier. Il fonde, rue d’Anjou, l’Office général de photographie.

En 1890, Paul entreprend un voyage à travers l’Europe Centrale et l’Asie jusqu’au Turkestan pour suivre la Route de la soie. Il en rapporte plusieurs séries de photographies. En 1891, il fonde Paris-Photographe, revue essentiellement technique qui sera un échec financier. En 1893, Paul Nadar devient l’agent en France de Eastman-Kodak. En 1895, il devient enfin propriétaire de l’atelier de son père à Paris.

En 1897, Félix, dont la situation financière est alarmante, s’installe à Marseille et ouvre, à 77 ans, un nouvel atelier photographique. Il le revend 5 ans plus tard pour revenir à Paris. En 1900, Nadar triomphe à l’Exposition universelle de Paris avec une rétrospective de son oeuvre (portraits, vues aériennes..) organisée par Paul.

Félix Nadar meurt en mars 1910, Paul Nadar en septembre 1939.

POUR ALLER PLUS LOIN…

Sa jeunesse

Grand, les cheveux roux, les yeux effarés, fantasque à la jeunesse vagabonde, il se définit lui-même comme un vrai casse-cou, un touche-à-tout, mal élevé jusqu’à appeler les choses par leur nom, et les gens aussi.

Ses parents étaient d’origine lyonnaise. Son père, Victor Tournachon, commence son activité à Lyon chez Molin dont il épouse la fille (mère de Nadar). Il change son nom en Tournachon-Molin et s’installe dans la capitale comme éditeur. Le jeune Félix fréquente différents internats de la région parisienne, alors que son père connaît des revers de fortune. Il étudie notamment au collège Bourbon devenu le lycée Condorcet.

Contrairement à ce qu’affirment plusieurs sources8,9,10, il n’a jamais fréquenté l’École des mines de Saint-Étienne11. Félix commence en réalité des études de médecine à Lyon12 ; cependant sans soutien financier, à la mort de son père en 183713, il se voit obligé d’y renoncer pour gagner le pain quotidien de la famille, dont il a désormais la charge et qui comprend son demi-frère, Adrien Tournachon, plus jeune de cinq ans et sa mère Thérèse Maillet, seconde épouse de son père.

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Animation tirée des 12 images de « l’autoportrait tournant » de Nadar ci-dessus

Ayant travaillé dans différentes rédactions de journaux lyonnais avant de revenir s’installer à Paris, il effectue divers travaux dans les « petites feuilles » de la presse parisienne. Il collabore à la fondation par Polydore Millaud d’un journal judiciaire, L’Audience, et fréquente le milieu de la jeunesse artistique popularisé par le roman de Murger : Scènes de la vie de bohème. Il commence à y côtoyer Gérard de NervalCharles Baudelaire et Théodore de Banville. Ses amis artistes le surnomment « Tournadar » à cause d’une mode répandue dans la jeunesse rebelle vers 1840 de rajouter à la fin de certains mots la terminaison « dar ». Vers 1838, une abréviation transforme ce nom de guerre en pseudonyme « Nadar »14.

La vie est très dure et il subsiste en utilisant divers expédients ; il écrit des romans, dessine des caricatures. Grâce à l’aide financière d’un ami, il se lance, à 19 ans, dans l’aventure de la création d’une revue se voulant prestigieuse, Le Livre d’or, dont il devient le rédacteur en chef. Grâce à ses relations, il s’assure la collaboration de personnalités, dont BalzacAlexandre DumasThéophile GautierGérard de NervalGavarni et Daumier. L’aventure est obligée de s’arrêter au troisième numéro.

Le caricaturiste

Dessin de Balzac en pied, où la tête est grossie.

Balzac caricaturé par Nadar en 1850, ParisBnF15.

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« Une théorie photographique », par Nadar (1856).

Après cet échec, Félix reprend du service dans les gazettes comme caricaturiste, tout en continuant à publier des nouvelles et des billets fantaisistes. À la veille de la révolution de 1848, il obtient la consécration avec son premier dessin-charge publié dans le journal Le Charivari.

Le 30 mars 1848, il s’engage avec son demi-frère dans la légion polonaise, pour porter secours à la Pologne. Son passeport est au nom de « Nadarsky ». Il est fait prisonnier et confiné dans une mine, puis il refuse le rapatriement gratuit et revient à pied. Deux mois plus tard, il sera de retour à Paris, coiffé d’une chapka de couleur groseille, après un long voyage lors duquel il fut arrêté en Saxe par des représentants du gouvernement prussien.

Rapidement après son retour, il est engagé comme agent secret par l’éditeur Jules Hetzel, alors chef du cabinet du ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire. Sa mission est de se renseigner sur d’éventuels mouvements de troupes russes à la frontière prussienne.

De retour à Paris, il reprend ses activités de caricaturiste auprès de petits journaux, tandis que sa renommée s’établit peu à peu. À partir de 1850-1851, il s’attelle à un grand projet républicain de Musée des gloires contemporaines, pour lequel, avec l’aide de plusieurs collaborateurs, il rencontre les grands hommes du moment afin d’en faire le portrait dessiné. L’ensemble de ce travail concerne plus de 300 personnalités de l’époque sur un total de plus de 1 000 vignettes et constitue une galerie qui, espérait-il, devait lui apporter la notoriété, sous le nom de Panthéon Nadar en quatre planches lithographiées, dont une seule fut tirée en 1854, l’année où il se lance officiellement dans la photographie16.

Il n’hésite pas à caricaturer sa propre activité de photographe. Par exemple, dans le no 20 du Petit journal pour rire dont il était rédacteur en chef, il signe une caricature sur la une dont le titre est « Une théorie photographique », avec pour commentaire : Monsieur, c’est pour le portrait de mon mari qui est mort il y a deux ans à Buenos-Ayres : je voulais le faire peindre de mémoire, mais on m’a dit que la photographie faisait bien plus ressemblant que la peinture… 

Illustrations

  • Les Binettes contemporaines17.
  • Les Rêveries d’un étameur.
  • Les petites affiches du Tintamarre…, par Joseph Citrouillard, revues par Commerson, pour faire concurrence à celles d’Eugène de Mirecourt, portraits par Nadar, 10 vol., 1854-1855.

Le photographe

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Affiche publicitaire pour Tournachon, Nadar jeune et Cie, artistes photographes par Lorentz figurant Deburau (1856, lith., BNF).

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Revers d’une carte de visite de 1874 et l’adresse rue d’Anjou et les correspondantes M.M. Luckhardt et W. Damry.

Sa nouvelle aisance lui permet d’emménager dans un pavillon mansardé du 113, rue Saint-Lazare à Paris, où il peut disposer d’un jardin bénéficiant de la lumière naturelle. C’est dans ce jardin que seront réalisés ses chefs-d’œuvre, continuant l’œuvre des portraits entreprise avec la caricature, désormais continuée avec une nouvelle technique : la photographie.

À partir de cette époque, la technique du portrait est maîtrisée et les travaux sont de qualité. Les prix évoluent à la baisse. De nombreux ateliers photographiques ouvrent et les personnalités — les élites du monde des arts, des lettres, mais aussi de la politique, du théâtre et de l’Église — n’hésitent pas à « se faire tirer le portrait ». Ce sont ces œuvres que l’on retrouve dans les papeteries sous forme d’estampes et de photographies.

Le 11 septembre 1854, il se marie à Paris avec Ernestine Constance Lefèbvre18, jeune femme issue d’une riche famille protestante. Malgré le mariage, il continue d’offrir l’hospitalité à ses nombreux amis, comme à l’époque de la bohème. Nadar se brouille avec Adrien Tournachon, son demi-frère cadet, qui s’était lui aussi lancé, avec son appui, dans le métier de photographe-portraitiste, mais voulait aussi utiliser le nom de « Nadar ». Il s’ensuivit un procès gagné par Félix en 1857.

Nadar souhaite que l’appareil de photographie puisse désormais être emporté à l’extérieur et en voyage, aussi facilement que le chevalet du peintre. Il va commencer aussi à expérimenter la photographie embarquée dans un ballon. Il est donc, dès 1858, le pionnier de la photographie aérienne, avec ses vues du Petit Bicêtre19Daumier représente Nadar opérant avec difficulté lors d’une ascension aérienne, avec cette légende prémonitoire : Nadar, élevant la photographie à la hauteur de l’Art le 25 mai 1862.

En 1860, manquant de place, Nadar déménage de la rue Saint-Lazare au 35 boulevard des Capucines. Il fait installer au fronton de son immeuble une immense enseigne, dessinée par Antoine Lumière et éclairée au gaz. Le 15 mai 1874, s’ouvre dans cet atelier la « première exposition des peintres impressionnistes ».

Le flash au magnésium

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photographie des Catacombes de Paris, avec utilisation de lumière artificielle. Le temps de pose nécessaire est de 20 minutes, ce qui explique l’utilisation de mannequins.

Il expérimente l’éclairage à la poudre de magnésium, plus facile à brûler qu’en bloc. Complexe à mettre en œuvre, ce procédé, qui consiste à brûler de la poudre de magnésium, s’avère très dangereux car le magnésium est inflammable et dégage beaucoup de fumée. De plus, le déclenchement du flash se faisant manuellement, il arrivait qu’il soit désynchronisé. Nadar tente ensuite une nouvelle expérience qu’il décrit dans son livre Quand j‘étais photographe :

« Je tentai de tamiser ma lumière en plaçant une glace dépolie entre l’objectif et le modèle, ce qui ne pouvait m’amener à grand-chose ; puis plus pratiquement je disposai des réflecteurs en coutil blanc, et enfin un double jeu de grands miroirs répercutant par intermittences le foyer lumineux sur les parties ombrées. J’arrivai ainsi à ramener mon temps de pose à la moyenne diurne et finalement je pus obtenir des clichés à rapidité égale et de valeur tout à fait équivalente à celle des clichés exécutés quotidiennement dans mon atelier. »

Il effectue une démonstration pour le journal La Presse scientifique et dépose le brevet de photographie à la lumière artificielle en février 1861. Nadar est conscient de la portée de son invention. Désormais, il est possible de révéler au public le monde souterrain. Il le prouve en s’attaquant à un nouveau chantier : la photographie des sous-sols de Paris, c’est-à-dire les catacombes et les égouts.

En avril 1874, la première exposition des peintres impressionnistes se tient dans son ancien studio. On lui en a souvent attribué l’organisation ; en fait, il s’agissait de son ancien studio qu’il louait. Il est aussi possible, mais non prouvé, qu’il ait demandé à son locataire d’abriter les impressionnistes, mais il ne fut pas en tout cas l’organisateur de l’exposition.

Après le déménagement de son atelier rouge, sa femme lance et gère, avec 20 salariés, un nouvel établissement fort aristocratique rue d’Anjou-Saint-Honoré dont son fils deviendra très jeune le directeur artistique.

Nadar a fustigé les canons de représentation et, écœuré par l’évolution de la production raille ses concurrents, qui se contentent d’un format à peu près unique, singulièrement pratique pour l’espace de nos logements bourgeois. Sans s’occuper autrement de la disposition des lignes selon le point de vue le plus favorable au modèle, ni de l’expression de son visage, non plus que de la façon dont la lumière éclaire tout cela. On installait le client à une place invariable, et l’on obtenait de lui un unique cliché, terne et gris à la va-comme-je-te-pousse

L’aérostation

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Nadar élevant la Photographie à la hauteur de l’Art., lithographie d’Honoré Daumier parue dans Le Boulevard, le 25 mai 1863.

Très curieux des nouveautés techniques de son temps, il se lança avec passion dans le monde des ballons.

Grâce aux frères Louis et Jules Godard, aéronautes aguerris (frères d’Eugène Godard), il réalise près de Paris la première photographie aérienne en 1858, depuis un « vol captif » à 80 mètres au-dessus du Petit-Bicêtre (actuel Petit-Clamart). Il est obligé d’alléger au maximum et ne peut embarquer sa « guillotine horizontale ». Leur coopération cessera en 1863 à l’occasion d’un désaccord lors de la construction du ballon Le Géant.

Les aventures de Nadar inspireront Jules Verne pour Cinq semaines en ballon écrit en 1862. Un des héros de De la Terre à la Lune et Autour de la Lune — romans parus en 1865 et 1869 — s’appelle d’ailleurs Michel Ardan, anagramme de Nadar.

Jules Verne le décrit ainsi :

« C’est un homme de 42 ans, grand, mais un peu voûté déjà, comme ces cariatides qui portent des balcons sur leurs épaules. Sa tête forte, véritable hure de lion, secouait par instants une chevelure ardente, qui lui faisait une véritable crinière. Une face courte, large aux tempes, agrémentée d’une moustache hérissée comme les barbes d’un chat et de petits bouquets un peu égarés, un regard myope, complémentaient cette physionomie éminemment féline. »

— extrait de De la Terre à la Lune

En 1863 il fait construire un immense ballon, Le Géant, haut de 40 mètres et contenant 6 000 m3 de gaz, dont les ascensions publiques devaient réunir de quoi financer les travaux de la Société d’encouragement de la locomotion aérienne au moyen du plus lourd que l’air. Le 4 octobre, le premier vol du Géant a lieu à Paris avec 13 personnes. Jules Verne rédige alors le texte À propos du Géant qui parait dans le Musée des familles. Le ballon perd rapidement de la hauteur et atterrit à Meaux, à moins de 100 kilomètres de Paris. Nadar recommence l’expérience le 18 octobre avec son épouse. Dans les environs de Hanovre, le ballon atterrit durement et est entraîné sur 16 kilomètres. Le récit de cette catastrophe par Nadar est repris par la presse dans toute l’Europe. D’autres ascensions auront lieu mais sans le succès public escompté. Nadar doit donc arrêter l’aventure du Géant par manque d’argent.

Il fonde, en 1867, avec d’autres passionnés comme lui, la revue L’aéronaute. En 1870-1871, lors du siège de Paris par les Allemands, il constitue de son propre chef une Compagnie d’aérostiers avec Camille Legrand, dit Dartois, et Jules Dufour, dit Duruof, dont le but est la construction de ballons militaires pour les mettre à la disposition du gouvernement. Ils établissent un campement sur la place Saint-Pierre, au pied de la butte Montmartre, où naît la poste aérienne du siège. Les ballons permettaient de surveiller l’ennemi, d’établir des relevés cartographiques et également d’acheminer du courrier. Nadar baptise ses ballons : le George-Sandl’Armand-Barbès et le Louis-Blanc. C’est à bord de l’Armand-Barbès que Léon Gambetta, ministre de l’Intérieur, quitte Paris le 7 octobre 1870 pour se rendre à Tours afin d’y organiser la résistance à l’ennemi. Mais le gouvernement se détourne de Nadar, jugé trop « révolutionnaire », et préfère financer d’autres entreprises.

Au total, 67 ballons seront construits entre le 23 septembre 1870 et le 28 janvier 1871 qui transporteront 11 tonnes de courrier, soit 2,5 millions de lettres. Cinq des ballons seront capturés par l’ennemi. Cette première fabrication en série d’aéronefs, marque la naissance officielle de l’industrie aéronautique. Deux usines avaient été installées dans les gares de chemin de fer réquisitionnées : les frères Godard à la gare de Lyon et Dartois et Yon à la gare du Nord.

Les dernières années

Après l’épisode de la Commune, Nadar se retrouve complètement ruiné et recommence brièvement une activité dans la photographie, mais pour réaliser avant tout des travaux qui lui assurent sa subsistance.

En 1886, il accompagne son fils Paul Tournachon20 pour réaliser une interview du chimiste Eugène Chevreul illustrée par des photographies. Ce double travail, paru le 5 septembre dans Le Journal illustré peut certainement être considéré comme le premier reportage photographique réalisé en même temps que l’entretien journalistique dont Paul assure l’illustration.

En 1887, il s’installe au manoir de l’Ermitage de la forêt de Sénart où il accueille ses amis dans le besoin, jusqu’en 1894. Il est alors ruiné et malade, sa femme est devenue hémiplégique à la suite d’un choc affectif concernant son fils.

Marseille

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Tombe de Nadar, Pariscimetière du Père-Lachaise.

Décidé cette même année 1894 à s’installer avec son épouse malade dans le Midi, Nadar tente de nouveau sa chance à l’âge de 77 ans. Il laisse à son fils la gestion de ses affaires à Paris, et fonde à Marseille un atelier photographique21. Nadar, « doyen des photographes français » devient dans la région de Marseille une véritable gloire et se lie d’amitié avec l’écrivain Frédéric Mistral.

À cette époque, Nadar s’intéresse à la photostérie, application de la photogravure qui donne une image en relief rappelant la sculpture22. C’est lui qui fait sortir la photostérie du laboratoire où Lernac, son inventeur, l’eut peut-être laissée dormir. Et c’est lui qui, par sa connaissance approfondie de la technique photographique, parvient à la rendre industriellement pratique23.

En 1900, Nadar triomphe à l’Exposition universelle de Paris avec une rétrospective de son œuvre organisée par son fils. Il revient en 1904 à Paris, où il meurt le 20 mars 1910. Il est enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise (36e division).

Nadar, père et fils

Les relations entre Félix Nadar et son fils, Paul, ont été compliquées. Marchant sur les traces de son père, Paul Nadar se lance dans la photographie à son tour et devient très jeune le véritable directeur artistique de l’atelier sous l’égide de son père. Il réalise une série de photographies du chimiste Eugène Chevreul en 1886 pendant l’interview que le centenaire donne à son père. Toutefois, décalage de générations oblige, des divergences artistiques apparaissent entre le père et le fils. Tandis que Félix Nadar privilégiait les poses solennelles et graves, son fils avait une conception plus fantaisiste de la photographie. Paul utilise parfois des trucages et s’intéresse davantage aux gens du spectacle

Son pseudonyme

Le pseudonyme « Nadar » fut utilisé pendant quelque temps par son demi-frère Adrien Tournachon pour ses photographies, sous les formes « Nadar jeune » et « Nadar jne »25. Cette signature provoqua la confusion et fut la cause d’un procès26 entre les deux demi-frères, de mars 1856 à décembre 1857, qui permit à Félix d’être le seul utilisateur du pseudonyme. Ce procès fut l’un des premiers de ce genre, sur le statut d’auteur photographe25.

Son fils, Paul, réutilisa plus tard le pseudonyme avec la permission de son père

 

86 44ème HLM CAC G BRASSENS 07 02 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 15 h 58 min

images

 

POUR CETTE 44ème HLM NOUS RECEVIONS LE THÉÂTRE AUX ÉCLATS. NOUS RECEVIONS EGALEMENT UN GROUPE POUR LA PARTIE MUSICALE MAIS IL A DEMANDÉ A CE QUE JE SUPPRIME L’ITW QUI ÉTAIT DIFFUSÉ SUR LA CHAÎNE YOUTUBE DE ÇA BOOSTE. SANS DOUTE QUE CELA LE GÊNAIT D’APPARAÎTRE SUR UNE RADIO ANARCHISTE. C’EST MALHEUREUSEMENT LE CAS TRÈS SOUVENT QUAND LES INVITÉS COMMENCE À ETRE INVITÉ SUR D’AUTRES RADIOS + LISSE OU MAINSTREAM ILS SUPPRIMENT DE LEURS PARCOURS LE FAIT D’ÊTRE PASSÉ SUR LIBERTAIRE. PAR CONTRE ILS SONT CONTENTS DE TROUVER UNE RADIO ET DES ANIMATEURS QUAND ILS CHERCHENT À FAIRE LEURS PROMOS. DOMMAGE POUR EUX. 

 

images (28) 

 

SINON LE THÉÂTRE AUX ÉCLATS.

En quelques mots… 

Dès sa création, Le Théâtre aux Éclats s’oriente vers deux grands objectifs.

Le premier plus particulièrement adapté au cadre scolaire, donne à l’expression dramatique la fonction d’un outil pédagogique complémentaire à l’enseignement du français.

Le second consiste à proposer à un large public un véritable travail de création artistique. Au fil du temps, nos initiatives et nos réalisations se multiplient : 

- Soutien technique et artistique aux associations  (création de lumière, régie générale…)

- Mise en place de classes de découverte théâtre  et cinéma.

- Stages de vacances.

- Initiation à la lecture de l’image, à l’Histoire du  cinéma et à la réalisation.

- Organisation d’événements et programmation (Festival aux Éclats, tournée des ateliers… )

- Adaptation de notre savoir-faire auprès de publics variés (personnes en situation de handicap, entreprises…)

- Formation professionnelle des enseignants

86 44ème HLM CAC G BRASSENS 07 02 17 dans CAC HLM MANTES qui%20sommes-nous%20

 

La confiance de certains de nos partenaires se renouvelle depuis parfois plus de vingt cinq ans. Celle-ci nous engage à renouveler nos propositions, à organiser des  activités toujours plus réfléchies, à trouver de nouveaux outils, à chercher sans cesse… 

Pour mener à bien notre action, nous sommes accompagnés de partenaires – artistes, animateurs, pédagogues et techniciens – qui s’engagent totalement  dans notre démarche. Pour beaucoup d’entre eux, le Théâtre aux Éclats est terrain de recherche, de réflexion et une expérience qui amène vers des parcours d’artistes. 

Mais l’essentiel reste pour nous une certaine idée de l’art – qu’il soit vivant ou non – et de la culture. La fonction des artistes est d‘éveiller nos sens et nous ouvrir sur  le monde. La pratique artistique devient un moyen privilégié pour y parvenir.

Pour cette raison, il est essentiel d’offrir ces horizons aux enfants dès le plus jeune âge, et aux adolescents. 

L’école, le collège ou le lycée sont les lieux où il est concrètement possible de rendre la culture accessible à tous. 

S’exercer à l’Art dramatique – par exemple – c’est vivre une expérience collective où le respect de l’autre, au travers d’échanges, de confrontations et de contradictions nourrit la réussite du projet de tous. 

C’est aussi un moyen d’aiguiser notre regard de spectateurs et de citoyens. 

L’originalité du Théâtre aux Éclats est de se placer comme un carrefour de la pédagogie et de la création artistique.

Ces deux fonctions, pour nous intimement liées sont, sans nul doute, à l’origine de la passion qui nous anime 


Fiche d’identité 

Le Théâtre aux Éclats est une association régie par la loi du 1er juillet 1901 qui a pour objet de promouvoir la culture par l’art théâtral, cinématographique, musical, photographique et littéraire. 

Le Théâtre Éclaté a été déclaré à la sous-préfecture de Mantes-la-Jolie (Yvelines) sous le n° 2189.

Nous avons modifié notre titre le 3 mars 1983 (Journal Officiel du 12 mars 1983) en Théâtre aux Éclats. 

U.R.S.S.A.F : 780200118115001011

N° S.I.R.E.T : 32705899600023

Code APE : 913 E 

Téléphone : 01 30 91 47 05 

Courriel : theatre.aux.eclats@wanadoo.fr 

Responsable de l’association 

Depuis l’origine de la compagnie, le directeur est Patrice VARRAIN. 

Coordination 

Manuel Gautier, metteur en scène, assure également l’organisation de nombreux projets.

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13 mai 2020

85 L’EMISSION DU CSPB 31 01 17

Classé sous CSPB — SQUALE @ 17 h 46 min

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CSPB

COMITÉ SOLIDARITÉ PEUPLE BASQUE

http://cspb.unblog.fr/

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Naissance du fait national au Pays basque
Vincent Garmendia
Citer ce document / Cite this document :
Garmendia Vincent. Naissance du fait national au Pays basque. In: Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien, n°38, 1982.
Numéro consacré aux consciences nationales dans le monde ibérique et ibérico-américain. pp. 135-151 ;
doi : https://doi.org/10.3406/carav.1982.1604
https://www.persee.fr/doc/carav_0008-0152_1982_num_38_1_1604
Fichier pdf généré le 13/05/2018

Naissance
du fait national au Pays Basque
PAR
Vincent GARMENDIA
Université de Bordeaux III
Comme le soulignait il y a plusieurs années Pierre Vilar, les
Français sont souvent fort surpris quand on leur parle de nationalisme
basque ou de nationalisme catalan. Dans la mesure où le problème
ne se pose pas avec autant de vigueur dans leur pays, ils ont du mal
à comprendre l’existence de tels mouvements chez leurs voisins. Ils
ne sont d’ailleurs pas les seuls à réagir de la sorte. En Espagne cette
question a toujours suscité de violentes polémiques où
l’incompréhension et l’ignorance jouent un grand rôle 0).
(1) Pour des raisons évidentes le sujet a été tabou jusqu’à une date
relativement récente. La historia del nacionalismo vasco de Maximiano García Venero
est longtemps restée la seule œuvre consacrée à ce sujet brûlant mais durant
ces dernières années la bibliographie s’est singulièrement étoffée. Citons dans
l’ordre d’apparition : Stanley Payne, El nacionalismo vasco, Barcelona, Dopesa,
1974; Juan José Solozabal, El primer nacionalismo vasco, Madrid, Tucar, 1975;
Beltza, Et nacionalismo vasco 1876-1936, San Sebastián, Txertoa, 1976; Jean
Claude Larronde, El nacionalismo vasco, su origen y su ideología en la obra de
Sabino Arana-Goiri, San Sebastián, Txertoa, 1977; Ortzi, Historia de Euskadi:
el nacionalismo vasco y Eta, Paris, Ed. Ruedo Ibérico, 1975; Beltza, Del carlismo
al nacionalismo burgués, San Sebastián, Txertoa, 1978; Antonio Elorza, Ideologías
del nacionalismo vasco, San Sebastián, Haranburu, 1978; Jokin Apalategui, Los
Vascos. De la nación al estado, Elkar, 1979; Javier Corcuera, Orígenes, ideología y
organización del nacionalismo vasco (W6-1904), Madrid, Siglo XXI, 1980.

136 C. de CARAVELLE
L’histoire nous permet heureusement de mieux saisir le
phénomène en nous montrant en particulier que l’idée d’une Espagne
foncièrement unitaire est somme toute relativement récente. Elle nous
permet surtout de voir que le surgissement du nationalisme basque
dans les dernières années du XIXe siècle se produit dans un milieu
prédisposé et préparé dans une certaine mesure à une telle
apparition. Si le message de Sabino Arana fut terriblement efficace, c’est
parce qu’il se fondait en grande partie sur des schémas idéologiques
fortement ancrés dans les mentalités. Pour comprendre la naissance
puis la force du nationalisme basque, il est indispensable de replacer
le phénomène dans la longue durée (2).
Lorsque les provinces basques s’unissent à la Couronne de Cas
tille (3), chacune apporte comme l’ont fait d’ailleurs d’autres
provinces et comme cela s’est fait dans d’autres pays, tout un faisceau de
coutumes et d’usages reconnus par les premiers chefs du pays et que
le monarque s’engage à respecter : les fueros. Avec les fueros les
provinces conservent une autonomie si réelle qu’un historien tel que
Francisco Elias de Tejada, peu suspect de sympathie pour le
nationalisme basque, peut écrire : « le Guipúzcoa fut un corps politique
séparé tant que les Espagnes restèrent des Espagnes véritables » (4).
Cela n’exclut pas cependant l’existence de liens très étroits entre les
provinces basques et la Monarchie. Un historien aussi pondéré que
Gregorio Monreal n’a pas manqué de souligner récemment que les
Basques manifestèrent tout au long de l’époque moderne une
adhésion très réelle à la monarchie castillane et qu’ils jouèrent un rôle de
premier plan dans la haute administration de la couronne (5).
Nul ne peut nier de tels faits sans travestir la vérité historique. A
ce propos le personnage du Guipuzcoan Esteban de Garibay magistra
(2) II convient aussi de replacer la naissance du nationalisme basque dans le
grand mouvement d’éveil des minorités nationales qui agite l’Europe dans le
dernier tiers du XIX* siècle. Sur ce point voir P. Renouvin et J.B. Duroselle,
Introduction à l’histoire des relations internationales, Paris, A. Colin, 1964.
(3) Le Guipúzcoa le fait en 1200, l’Alava en 1332, la Biscaye en 1379 et la
Navarre en 1512.
(4) F. Elias de Tejada y G. Percopo, La provincia de Guipúzcoa, Madrid, Mino
tauro, 1965, p. 14-15. Les auteurs évoquent à ce propos le traité « international »
signé le 9 mars 1482 à la Cour d’Angleterre par des ambassadeurs guipuzcoans et
au terme duquel il était certifié qu’il n’y aurait pas de représailles entre Anglais
et Guipuzcoans en cas de conflit entre le roi d’Angleterre et le roi castillan. Les
historiens nationalistes basques n’ont pas manqué bien évidemment de se
référer à ce traité et à d’autres du même genre. Voir, par exemple, Padre
Bernardino de Estella, Historia vasca, Bilbao, Verdes Achirrica, 1931.
(5) Gregorio Monreal, El pensamiento político vasco en el siglo XVI, San
Sebastián, octobre 1980, Conférence inédite.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 137
lement étudié par Julio Caro Baroja est tout à fait exemplaire. Chez
lui la conscience d’un certain particularisme basque n’est pas du tout
incompatible avec l’adhésion à la couronne (6).
Cela étant dit, les Basques eurent très tôt conscience de leurs
particularités et s’attachèrent à les mettre en valeur. En particulier la
volonté de conforter leur autonomie et de justifier leur condition
noble qui conférait comme l’on sait d’indiscutables privilèges dans
tout le royaume amenèrent nombre d’auteurs du XVIe à souligner
et à justifier les particularités du Pays Basque. Comme Andrés de
Mañaricua l’a fort bien montré pour la Biscaye, leurs œuvres allaient
marquer durablement l’historiographie du pays basque et au-delà la
mentalité collective du peuple basque (7).
Il n’est pas sans intérêt de voir quels sont ces dogmes historiques
et ces mythes (8) que popularisèrent plus près de nous carlistes et
nationalistes basques. Il y a d’abord le symbole de la liberté
originelle de la Biscaye, la bataille d’Arrigorriaga au IXe siècle où les Bis
cayens triomphèrent des Asturiens. Il y a l’idée du pacte entre le
peuple et son seigneur Jaun Zuria. Il y a aussi le « Cantabrisme » qui
symbolisme l’héroïsme et l’invincibilité de la région cantabrique qui sut
conserver son indépendance et sa langue, la langue de Tubal, petit
fils de Noë et premier habitant de la péninsule (9). Il y a enfin l’idée
du monothéisme primitif et le culte de la croix chez les anciens
Basques.
L’existence de ces textes est le signe d’un réflexe d’auto-défense de
la part des Basques. On a souvent dit que la monarchie absolue
respecta toujours les fueros. Il semble que la vérité ne soit pas aussi
simple. On a plutôt l’impression que la monarchie absolue respecte les
fueros comme cela se passe d’ailleurs dans la France de l’Ancien
(6) « Nuestro don Esteban de Garibay « sentía » lo particular, su vasquismo,
con el mismo grado de pasión con que sentía algo considerado como más general,
ya que no universal, su monarquismo ». J. Caro Barojà, Los Vascos y la historia
a través de Garibay, San Sebastián, Txertoa, 1972, p. 225.
(7) Andrés E. de Mañaricua y Nuere, Historiografía de Vizcaya {Desde García
de Solazar a Labayru), Bilbao, Biblioteca de la Gran Enciclopedia Vasca, 1971.
(8) Avant de les recenser, Mañaricua precise, p. 144, « Entre los diversos
temas historíeos-legendarios que encontramos formados en la historia vizcaína,
ya a fines del siglo XVI, algunos destacan especialmente, no ya por su naturaleza
distinta, sino por la importancia que iban a revestir en lo sucesivo… A ellos
denominamos mitos por su importancia en la mentalidad vizcaína y sus
resultantes teóricas (históricas) y prácticas (jurídico-políticas). Al denominarlas así
no pretendemos negarles todo elemento de verdad. En el origen de la leyenda —
de cuya naturaleza participan — suele existir un núcleo real que la imaginación
colectiva o individual ha revestido de fantasía».
(9) Sur ce point, voir A. Tovar, Mitología e ideología sobre la lengua vasca,
Madrid, Alianza Editorial, 1980.

138 C. de CARAVELLE
Régime (10) parce qu’elle ne peut pas faire autrement (n). Les
tentatives pour limiter la portée des fueros, en particulier dans le domaine
fiscal, furent nombreuses mais chaque fois la réaction des Basques
fut immédiate (12). Plus tard, au XVIII* siècle, au début duquel
Philippe V décrète l’abolition des fueros catalans et valenciens, les
soulèvements populaires des Machinadas (13) et certains textes tels que
les Conferencias du Père Larramendi écrites en 1757 mais jamais
publiées (14) montrent encore que les Basques sont les défenseurs
zélés et souvent farouches de leurs franchises.
Les Basques manifestent aussi leur attachement à leur terre et à
leur originalité plus paisiblement avec la fondation en 1765 de la
Real Sociedad Vascongada de los Amigos del País. Comme on peut
le lire dans les statuts de la célèbre société, les Caballeritos de Azcoi
tia se proposent de développer le savoir, la culture et la langue de la
« nation » basque et de resserrer les liens existant entre les trois
provinces avec la devise Irurac Bat (Trois = un) (15). S’il convient
donc de nuancer singulièrement l’idée selon laquelle la monarchie
absolue respecta toujours les fueros basques, il n’en reste pas moins
vrai que la cohabitation se fait sans trop de heurts jusqu’au seuil du

XIX* siècle. A cette époque les choses changent radicalement. Une

offensive de grande envergure contre les fueros se dessine à
l’initiative de Godoy avec la publication en 1802 du Diccionario Geográfico
Histórico de las Provincias Vascongadas y Navarra suivi à partir de
1806 par l’œuvre du chanoine Llórente Noticias históricas de las
Provincias Vascongadas. En postulant expressément l’unité de la nation
espagnole, la Constitution de Cadix porte singulièrement atteinte au
principe même des fueros et donne le ton de ce que va être désormais
(10) P. Goubert, L’Ancien Régime, Paris, A. Colin, 1971, t. II, p. 75.
(11) Voir de nombreux exemples dans le livre de Fidel de Sagarminaga, El
gobierno foral del Señorío de Vizcaya, Bilbao, 1908.
(12) Voir notre thèse L’Idéologie carliste (186&-76). Aux origines du
nationalisme basque, p. 502 et suiv.
(13) Elles eurent lieu en 1718 et en 1766. Le mot machinada vient de matxin
nom des ouvriers qui travaillaient le fer et dont le patron était Saint Martin.
(14) On comprend que cette œuvre n’ait jamais été publiée. Dans ses
Conferencias curiosas, políticas, legales y morales sobre los fueros de la Muy Noble y Muy
Leal Provincia de Guipúzcoa, le jésuite guipuzcoan s’en prend violemment à
l’administration centrale coupable d’avoir voulu porter atteinte aux libertés de la
province. Il y évoque même la légitimité d’une lutte armée dans le cas d’une
remise en question des fueros et agite la menace de la création d’une
république indépendante. Sur cette œuvre voir l’article de P. Fernández Albaladejo, La
particular historia de Guipúzcoa, Saioak, I, 1977, p. 148-156.
(15) Voir J. de Aralar, El Conde de Peñaflorida y los caballeritos de Azkoitia,
Buenos Aires, Ekin, 1942.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 139
la politique du pouvoir central soucieux d’assimiler les provinces
basques au reste du royaume.
Un rapport de la Junta reformadora de abusos datant de 1818 est
tout à fait explicite. Il a en outre le mérite de dire ce que les fueros
signifient pour le pouvoir :
« ¿ Qué hay de común con las demás provincias de España ? Nada
absolutamente. Las leyes distintas. El gobierno es todo suyo : las
contribuciones, ningunas; el comercio, sin reglamento y del todo
franco; las aduanas infructuosas; la hidalguía o nobleza, solariega,
universal; los establecimientos, suyos; los beneficios, todos
patrimoniales. <; Cómo de esta suerte pueden considerarse una paite
integrante de la Monarquía española, si no están sujetos ni a sus
leyes, ni a sus cargas, ni a sus obligaciones ? »
La propagande des absolutistes bien orchestrée par l’Eglise basque
aidant, l’idée selon laquelle le libéralisme souhaite ardemment
l’abolition des fueros va s’installer solidement dans les esprits. Malgré le
scepticisme de certains historiens et même si elle n’est pas l’unique
raison, il nous semble que la peur de voir les fueros disparaître joue
un rôle non négligeable dans l’engagement des Basques dans la
première guerre carliste. Sans aller jusqu’à penser avec le très imaginatif
Augustin Chaho que cette guerre constitue en quelque sorte une
guerre de libération nationale (16), il semble bien que la défense des
fueros amène les Basques à soutenir la cause carliste (17).
Si le traité de Vergara du 30 août 1839 préserve l’essentiel, il est
tout à fait évident que malgré les concessions qu’exige la nécessité de
mettre un point final à une longue guerre de sept ans, Madrid se
(16) Dans son Voyage en Navarre pendant l’insurrection des Basques publié
en 1836, Chaho prête à Zumalacárregui des paroles que n’aurait pas désavouées
Sabino Arana : « Notre race, trop longtemps ensevelie dans un sommeil
léthargique, s’est réveillé à mon appel; elle s’est levée digne du rôle éclatant que de
grands événements lui préparent : j’ai frayé devant elle les voies de l’avenir.
Notre sang, répandu dans les combats fera naître sur les montagnes une
génération de héros; témoins des larmes de la patrie et de nos blessures, nos enfants
bercés avec des chants guerriers nourriront dans leurs cœurs la haine de
l’oppression; ils se presseront en frères autour du chêne de la liberté, ils arboreront
le drapeau de la délivrance… » Sur A. Chaho, voir l’excellent article d’Eugène
Goyheneche : « Un ancêtre du nationalisme basque. Augustin Chaho et la guerre
carliste » in Euskal Herria (1879-1850), Bayonne, Société des Amis du Musée
Basque, 1978, p. 229-259.
(17) Renato Barahona Arévalo termine sa thèse The Making of carlism in
Vizcaya 1814-1833 sur ces mots : « Furthermore, at least in the case of Vizcaya,
there is substantial proof that the fueros, even if not directly invoked by the
carlists during the rebellion played an extremely important role in the general
context of the revolt». Dans sa thèse récemment publiée Fueros y revolución
liberal en Navarra, Madrid, Alianza Editorial, 1981, María Cruz Mina émet un
avis différent.

140 C. de CARAVELLE
réserve une porte de sortie. La loi du 25 octobre 1839 dit que les
fueros sont confirmés « sans préjudice de l’unité constitutionnelle
de la Monarchie ».
De fait l’édifice forai va être considérablement amoindri et privé
d’une grande partie de sa substance (18). La suppression du pase foral
qui permettait aux Juntas de refuser les ordonnances royales
contraires aux fueros et celle de l’organisation judiciaire propre au pays, le
transfert des douanes sur la frontière française sont autant
d’agressions contre le système des fueros.
Entre les deux guerres carlistes le succès de la chanson d’Iparra
guirre Guernicaco Arbola porte témoignage de la popularité de l’idée
fuerista. Il est à la hauteur de l’émotion suscitée au Pays Basque par
les attaques que subissent les fueros de la part du sénateur Sánchez
Silva (19).
Pour ce qui est de la seconde guerre carliste nous pensons avoir
montré en allant au-delà du discours officiel carliste que les
partisans basques de Don Carlos prirent les armes pour sauvegarder un
mode de vie dont les fueros étaient selon eux la meilleure
garantie (20).
Dans leur souci de montrer que le libéralisme est l’ennemi
irréconciliable des fueros, les carlistes s’attachent à démontrer en fin de
compte que le libéralisme est l’ennemi du peuple basque. L’idée d’un
Pays Basque bâillonné et injustement opprimé par le pouvoir
libéral et madrilène devient un leitmotiv du discours carliste. Dans le
même temps, pour prouver l’illégitimité de l’action du libéralisme
au Pays Basque, les carlistes soulignent inlassablement les caractères
qui confèrent à cette région une réelle autonomie. L’autonomie
politique, la race et la langue sont les éléments différentiels que les
carlistes basques en guerre mettent sans cesse en relief. En fait, il y a un
processus qui conduit inexorablement de la décentralisation invoquée
par la hiérarchie carliste à ce que l’on est en droit d’appeler le
protonationalisme. Pour beaucoup de combattants, la guerre devient une
guerre contre l’étranger qui vient occuper leur pays. On constate
très vite que pour eux les soldats libéraux venus du Sud de l’Ebre
sont radicalement différents. Une chanson carliste qui sera reprise
très significativement par les nationalistes basques appelle à tirer sur
(18) Voir J.M. de Ângulo, La abolición de los fueros e instituciones vascongadas,
San Sebastián, Auñamendi, 1976, p. 46-63.
(19) Sur ces débats voir Discusión sobre los fueros de las Provincias
Vascongadas habida en el Senado en las sesiones celebradas del 13 al 21 de junio, Vitoria,
Manteli, 1864.
(20) Voir notre thèse déjà citée p. 520-590.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 141
ces hommes aux petites oreilles que sont pour les Basques les
Espagnols :
« Eta tiro, eta tiro,
eta tiro beltzari (2i)
eta tiro, eta tiro,
bellarrimotzari. »
La guerre carliste se réduit très vite à une guerre entre l’Espagne
avec tout son appareil d’Etat et la quasi totalité de la population
basque qui représente à peine 5 % de la population totale du pays. Il est
indéniable qu’elle aide grandement à faire naître ou à accroître la
conscience nationale d’une partie de la population basque. Il est
non moins évident qu’elle intensifie la fidélité au groupe basque et
l’hostilité au groupe ennemi. L’importance d’un gouvernement
autonome qui regroupa les quatre provinces pendant près de trois ans face
au reste de l’Espagne ne saurait davantage être négligée dans cette
prise de conscience. Comment ne pas souscrire dans ces conditions
aux lignes qu’écrivait il y a un demi-siècle Arturo Campion :
« Cuando las nieblas de las pasiones políticas no anublen ya las
inteligencias, éstas percibirán claramente que los realistas y
carlistas de antaño fueron, involuntariamente o
inconscientemente, precursores de los nacionalistas de ogaño… las guerras
civiles, por la contigüedad del territorio común de combate y la
mancomunidad de los sentimientos, abatieron muchas de las
barreras morales interpuestas entre alaveses, guipuzcoanos,
navarros y vizcaínos. El neologismo político colectivo « las cuatro
provincias-lau probintziak» que en tantas ocasiones hemos oído
sonar, aparejó la vía al Euzkadi de Sabino (22) »
Lorsque les carlistes sont battus, les Basques subissent, selon le
mot de Cánovas, la loi des vaincus. Malgré l’éloquente défense
d’hommes comme Mateo Benigno Moraza et Camilo Villavaso aux Cortés,
les fueros sont abolis le 21 juillet 1876. Si beaucoup d’Espagnols
triomphent (23), la grande majorité du peuple basque est atterrée.
La presse porte le deuil des liberté enfuies. S’ils perdent des
avantages bien concrets (24), beaucoup pensent aussi qu’un peu de « l’âme
(21) Ce terme qui signifie noir en basque était couramment utilisé par les
carlistes pour désigner les libéraux.
(22) Cité par À. de Ortueta, Nabarra y la unidad vasca, Barcelona, 1931, p. 476.
(23) J.M. de Angulo, op. cit., t. I, p. 87.
(24) L’article Premier de la loi du 21 juillet 1876 était rédigé comme suit : « Los
deberes que la Constitución política ha impuesto siempre a todos los españoles
de acudir al servicio de las armas cuando la ley los llama, y de contribuir, en
proporción de sus haberes, a los gastos del Estado, se extenderán, como los
derechos constitucionales se extienden, a los habitantes de las provincias de
Vizcaya, Guipúzcoa y Álava, del mismo modo que a los demás de la Nación ».

142 C. de CARAVELLE
basque » disparaît avec l’abolition de leurs franchises séculaires. La
perte des fueros amène surtout un grand nombre de libéraux basques
consternés de constater que tous les Basques, et pas seulement les
carlistes, sont « punis », à rejoindre les rangs de l’opposition au
pouvoir central (25).
Comme ce dernier instaure un véritable état d’exception (26) afin
d’éviter que les manifestations d’hostilité aux mesures
gouvernementales ne dégénèrent, l’indignation s’ajoute à l’amertume du peuple
basque. Certains n’hésiteront pas à comparer la situation du Pays
Basque à celle de l’Irlande privée de ses libertés en 1800 (27). Si la grande
majorité du peuple basque est traumatisée par la perte des fueros, il
n’en est pas de même pour la grande bourgeoisie industrielle et
financière des Chavarri, Ibarra et autres Urquijo à qui l’abolition des
fueros a donné des ailes en la libérant des obstacles qui pouvaient
entraver son essor et qui tire le maximum d’avantages des Conciertos
económicos avec le pouvoir central C28). La crainte qu’ont certains
intellectuels basques de voir disparaître tout à fait ce qu’il reste du
particularisme basque les amène à promouvoir un véritable renouveau
culturel. Des associations et des revues voient le jour qui s’attachent à
développer en particulier la connaissance de l’histoire et du folklore
basque. VAsociación Euskara de Navarra animée par Arturo Campion
dès 1878, la Revista de las Provincias Euskaras de l’alavais Herran, la
Revista de Vizcaya de Sagarminaga puis la Revista Euskalerria de
José Manterola témoignent des efforts de l’intelligentsia basque pour
sauver l’héritage culturel du Pays Basque.
Il y a donc à la fin du siècle tout un état d’esprit qui peut nous aider
à comprendre la naissance du phénomène nationaliste. Néanmoins le
contexte idéologique et émotionnel ne suffit pas à l’expliquer à lui
seul. Le catalyseur sera l’industrialisation et plus particulièrement
l’industrialisation de la Biscaye, province qui sera logiquement le
(25) Le fait que la défense des fueros ait été revendiquée massivement par des
traditionalistes comme Larramendi et plus tard par les carlistes tend à occulter
l’existence d’une revendication « libérale » des fueros. S’il est vrai qu’un ilustrado
comme Valentín de Foronda parla avec mépris de cette «préoccupation
gothique », il n’en est pas moins vrai que d’autres ilustrados comme Manuel de
Aguirre ou Marchena ne tarissaient pas d’éloges sur le système forai. Voir, par
exemple M. de Aguirre, Cartas y discursos del Militar Ingenuo al Correo de los
Ciegos de Madrid, Ed. de A. Elorza, San Sebastián, 1973, p. 260.
(26) Idoia Estornes Zubizarreta, Carlismo y abolición forai, San Sebastián,
Auñamendi, 1976, p. 188.
(27) Voir José María de Lizana, Recuerdos, Bilbao, Casa de Misericordia, 1885.
Cité par Jon Bilbao in Bases ideológicas del nacionalismo vasco en el siglo XIX,
inédit obligeamment communiqué par l’auteur.
(28) J.C. Larronde, op. cit., p. 219 et suiv.

PAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 143
berceau du nationalisme basque. Tout naturellement la Navarre et
l’Alava peu touchées par l’expansion industrielle resteront au début
à l’écart du phénomène nationaliste.
Outre le traumatisme causé par la perte des fueros et les
frustrations nées de la défaite, la population basque et tout
particulièrement la population biscayenne subissent en effet le choc d’une
extraordinaire transformation socio-économique après 1876.
Certes, les débuts de l’industrialisation au Pays Basque remontent
aux années 40. Le transfert des douanes sur la frontière profite
indiscutablement à l’industrie basque naissante et la société Santa Ana
de Bolueta fondée en 1841 est la première d’une série d’entreprises qui
voient le jour entre les deux guerres carlistes. Nous avons d’ailleurs
montré dans notre thèse que le carlisme des années 70 est dans une
large mesure un mouvement de refus de la société industrielle
naissante. Cependant cet essor n’a pas de commune mesure avec le
véritable boom économique que vit la Biscaye dans le dernier quart du
siècle (29) grâce à l’exportation de minerai de fer (30) permise par le
libéralisme espagnol (31).
D’après les chiffres donnés par Pablo de Alzóla, entre 1882, date à
laquelle apparaît la société Altos Hornos et 1901, la vente de fer et
d’acier laminé est multipliée par dix. S’il y a, en 1886, 22 sociétés avec
un capital de 8.500.000 pesetas, elles sont 147 en 1901 pour un capital
de près de 500 millions Í32).
L’industrialisation de la Biscaye provoque une immigration massive
dans la zone minière et industrielle. Les chiffres sont très éloquents.
(29) Sur ce point, voir entre autres la remarquable étude de Manuel Gonzalez
Portilla, La formación de la sociedad capitalista en el Pais Vasco (1876-1913), San
Sebastián, Haranburu, 1981.
(30) En 1876, sur Une production de 432 000 tonnes, 350000 sont exportées. En
1877 les chiffres sont respectivement de 1050000 et 750000. En 1880 ils sont de
2684000 et 2345 600 tonnes pour atteindre à la fin du siècle 6 4% 000 et 5 412700
tonnes.
Cité par Beltza, El Nacionalismo vasco…, p. 40.
(31) Beltza (pseudonyme de López Adán) écrit : « La introducción en Vasconia
del modo de producción capitalista como modo dominante no fue un producto
del desarrollo natural del capitalismo vasco sino un brusco salto traído del
exterior mediante el juego coaligado de los intereses expoliadores del
imperialismo europeo y de la legislación creada por los oligarcas españoles que acababan
de unificar el mercado hispano tras la victoria violenta sobre los carlistas
vascos. El resultado fue que en la formación social vasca este capitalismo entró
inicialmente como un cuerpo extraño aunque fortísimo. La sociedad vasca no lo
creó aunque sufrió su impacto. Esto explica una doble situación : la mentalidad
anticapitalista de los primeros nacionalistas vascos y de las demás fuerzas de
resistencia vasca a la integración forzada en España y la rápida españolización
de los capitalistas vascos ». Op. cit., p. 45.
(32) A. Elorza, op. cit., p. 111.

144 C. de CARAVELLE
La population de la province passe de 189.954 habitants en 1877 à
311.361 en 1900. A cette date 60 % des électeurs de Bilbao ne sont
pas nés en Biscaye C33). En 1904 plus de 75 °/o des mineurs viennent
de Castille, des Asturies ou de Galice Í34).
Dans toutes ses composantes le paysage basque est donc
radicalement transformé. Le nationalisme sera dans une large mesure
l’expression idéologique de la résistance à ce changement
extraordinaire qui rompt l’équilibre de la société basque.
La grande bourgeoisie industrielle et financière tournée vers Madrid
ne participe pas d’une façon générale à la naissance du nationalisme.
Comme le remarque très justement Solozabal, la classe « nationaliste
par excellence » selon Marx est absente lors des premiers pas d’un
mouvement fortement teinté de ruralisme et d’anti-industrialisme (35).
Héritier du carlisme basque, le premier nationalisme refuse avec une
égale vigueur le capitalisme de la grande bourgeoisie et le socialisme
qu’elle secrète. Même s’il évolue par la suite, Sabino Arana est bien
au départ l’expression du désarroi que provoquent l’industrialisation
et ses retombées dans les couches de la société marginalisées par
l’essor industriel (36). L’étude sociologique du groupe relativement
réduit des premiers nationalistes qui suivent Sabino Arana est à cet
égard fort éclairante. Les premiers compagnons d’Arana se
recrutent dans la petite bourgeoisie urbaine, chez les employés et les
intellectuels.
Pour Sabino Arana les grands capitalistes basques sont
directement responsables des malheurs de la société basque puisqu’ils sont
les premiers coupables de l’invasion maketa et des funestes
conséquences qu’elle suppose :
«Con esa invasión maketa, gran parte de la cual ha venido a
nuestro suelo por vuestro apoyo, para explotar vuestras minas
y serviros en los talleres y en el comercio, estáis pervirtiendo la
sociedad bizkaina, pues cometa es ése que no arrastra consigo
más que inmundicia y no presagia más que calamidades : la
impiedad, todo género de inmoralidad, la blasfemia, el crimen,
el librepensamiento, la incredulidad, el socialismo, el anarquismo,
todo ello es obra suya (37). »
(33) J. Corcuera, op. cit., p. 81.
(34) A. Elorza, op. cit., p. 115.
(35) JJ. Solozabal, op. cit., p. 323, note 5.
(36) López Adán a bien souligné que beaucoup de Basques issus du monde
agraire préfèrent l’émigration à la prolétarisation dans la zone minière. Del
carlismo al nacionalismo burgués, p. 135-136.
(37) Obras Completas de Arana-Goiri’tar Sabin, Buenos Aires, 1965, p. 441. Pour
Arana, le mot maketo (du français métèque ou de l’espagnol macuto, sac porté
par les ouvriers castillans) désigne tous les Espagnols et spécialement ceux qui
se sont établis au Pays Basque.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 145
Cette hostilité de Sabino Arana au grand capital basque ne signifie
pas pour autant qu’il ait la moindre sympathie pour le socialisme.
Pour lui, les idées socialistes sont anti-chrétiennes et anti-basques.
L’oppression de la bourgeoisie n’est rien en regard de l’oppression
étrangère Í38).
C’est dans ce contexte socio-économique sans oublier la longue
tradition idéologique évoquée plus haut qu’il faut situer l’idéologie de
Sabino Arana qui commence à être diffusée dans les années 90 (39).
Mais avant de la présenter il convient de faire quelques remarques
sur son originalité.
Nous sommes tout à fait d’accord avec Juan José Solozabal pour
dire qué Sabino Arana ne fut pas le démiurge qu’une certaine
bibliographie nationaliste reconnut en lui Í40) même s’il est vrai qu’une série
de convergences font que c’est vraiment avec lui que l’on passe de
l’idée de peuple basque à l’idée de nation basque (41).
Si l’on fait abstraction de l’idée séparatiste (42), il est difficile de
discerner des différences radicales entre l’idéologie carliste puis
intégriste et l’idéologie des premiers nationalistes basques C43). Au
demeurant cela n’a rien d’étonnant. La conjoncture socio-économique dans
laquelle apparaît le nationalisme n’est pas radicalement différente des
circonstances dans lesquelles se développe le carlisme à l’époque de
la seconde guerre. Nous dirons que la crise que traversent certaines
couches de la société basque et que les changements auxquels elles
se trouvent confrontées sont singulièrement amplifiés. Le passage
d’une société à dominante agraire à une société industrielle encore
timide dans les années 60-70 est maintenant une réalité vraiment
« catastrophique » pour beaucoup de Basques. Le cas de la famille
(38) Voir J.C. Larronde, op. cit., p. 251 et suiv.
(39) En 1893 et en 1894 on observe une réelle agitation contre la politique du
gouvernement Sagasta. La San Rocada à Guernica et la Gamazflda en Navarre
en sont les manifestations les plus spectaculaires. Le groupe de nationalistes qui
dispose du journal BizKaitara depuis le 8 juin 1893 fonde en 1894 le Centre
Basque (Euskeldun Batzokija) qui débouchera sur la formation du PNV clandestin
en 1895.
(40) Solozabal, op. cit., p. 325, note 1.
(41) Corcuera, op. cit., p. 51.
(42) Même cette idée est loin d’être nouvelle. En fait Sabino Arana va jusqu’au
bout du raisonnement de certains carlistes comme Dorronsoro, pour ne citer
qu’un exemple, qui agitèrent l’épouvantail séparatiste au cas où le pouvoir
central n’aurait pas respecté les fueros. On trouve déjà la même idée lors de la
première guerre carliste. Sur cette question voir les pertinentes remarques de
Corcuera, op. cit., p. 51-52.
(43) Voir notre thèse.

146 C. de CARAVELLE
de Sabino Arana lui-même est parfaitement exemplaire à cet
égard (*•).
Mais voyons maintenant plus précisément les grandes lignes de
l’idéologie des premiers nationalistes basques.
Le ton est donné avec le choix de la devise. Jaungoikoa eta Lagi
Zarra (Dieu et les vieilles lois) remplace Jaungoikua eta foruak (Dieu
et les fueros). Sabino Arana reconnaît lui-même que la différence n’est
pas bien grande mais pour lui sa devise est plus basque. Le mot fuero
est espagnol et signifie privilège ce qui est contraire à la vérité, dit-il.
Pour lui, les fueros basques sont des lois que le peuple s’est données
souverainement sans l’intervention d’un pouvoir étranger
La grande idée développée par Arana et que personne n’avait osé
formuler avec autant de netteté avant lui est que la Biscaye (45) a été
tout à fait indépendante de l’Espagne jusqu’en 1839.Elle se
différencie en cela de la Catalogne qui n’est pour lui qu’une région espagnole.
Sa première œuvre significativement intitulée Bizcaya por su
independencia est le récit de quatre batailles qui selon lui sauvegardèrent
l’indépendance de la Biscaye face aux Espagnols. La conclusion est
éloquente :
«Ayer. — Bizcaya, Confederación de Repúblicas independientes,
lucha contra España, que pretende conquistarla, y Ja vence en
Arrigorriaga (888), permaneciendo libre. — Bizcaya, República
Señorial independiente, siendo súbdito de Castilla-León su Señor,
lucha contra España, que pretende conquistarla, y la vence en
Gordexola y Otxandíano (1355), permaneciendo libre. — Bizcaya,
República Señorial independiente siendo su Señor a un tiempo
Rey de Castilla-León, lucha contra España, que pretende
conquistarla, y la vence en Munguía (1470), permaneciendo libre.
Hoy. — Bizcaya és una provincia de España.
Mañana. — ¿ . . . . . . ?
Tienen la palabra los bizcamos del siglo XIX, pues que de su
conducta depende el porvenir. (^) »
(44) Solozábal, op. cit., p. 331.
(45) II est certain que Sabino Arana ne parle, au début, que de la Biscaye. Pour
lui, cependant, l’intérêt des états basques indépendants (sic) est de former une
confédération. Il écrit dans le premier numéro de sa revue BizKaitara, le 8 juin
1893 : « ¿ Serán por ventura tan insensatos (los cuatro estados euskerianos) que,
no abrazándose estrechamente para formar un solo cuerpo, el cuerpo nacional
de Euskeria, se aislen y separen con tan inaudito desafecto que si alguno de
ellos fuese atacado en sus derechos, no acudan los demás en su socorro y lo
desamparen y lo abandonen en sus propias fuerzas ? ». Le mot Euskadi (Patrie
des Basques) sera utilisé pour la première fois par Arana dans le journal El
Correo Vasco en juillet 1899.
(46) S. Arana, op. cit., p. 138. Il est évident que la rigueur et les connaissances
historiques firent souvent défaut à l’autodidacte que fut Arana. Unamuno le
compara à un alchimiste qui parlerait de chimie. Sabino Arana aurait pu
répondre que l’histoire était pour lui « la science patriotique par excellence » et faire

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 147
Aucun parti existant n’a su défendre la Biscaye soumise à une violente
domination étrangère. Elle risque de ce fait de perdre non seulement
sa culture et sa langue mais aussi et surtout sa religion.
Dépendante de l’Espagne, la Biscaye ne peut être catholique. Cela
est extrêmement grave car Sabino Arana, très proche des intégristes,
accorde une place tout à fait privilégiée à la religion :
« Y entendedlo bien : si en las montañas de Euskaria, antes
morada de la libertad, hoy despojo del extranjero, ha resonado
al fin en estos tiempos de esclavitud el grito de independencia
SOLO POR DIOS HA RESONADO. (47) »
Préjudiciable à la religion des Basques, le contact avec l’Espagne
libérale l’est aussi pour les bonnes mœurs du pays : le libéralisme n’est-il
pas un péché ?
Rien n’est aussi grave que cette corruption qui menace le peuple
basque
Entre el cúmulo de terribles desgracias que afligen a nuestra
amada patria, ninguna tan terrible y aflictiva, juzgada en sí misma
cada una de ellas, como el roce de sus hijos con los hijos de la
nación española.
Ni la extinción de la lengua, ni el olvido de su historia, ni la
pérdida de sus propias y santas instituciones e imposición de
otras extrañas y liberales, ni la misma esclavitud política que
hace más de once lustros padece, la equiparan en gravedad y
trascendencia í48).
L’indépendance est bien la meilleure des prophylaxies :
« No insultamos al pueblo español, no intentamos ofender a
nadie: sólo queremos salvar a nuestra patria. Somos hijos de
una raza desgraciada, somos miembros de una extraviada
sociedad, y estamos en el deber de encaminar a su fin a la sociedad
en que vivimos y de procurar la felicidad de la raza a que
pertenecemos : y para encaminar a su fin a nuestro pueblo, hemos
de enseñarle el único camino y para que pueda conseguir su
felicidad hemos de mostrarle su actual desgracia y señalarle la
causa. Y si publicamos la degradación del carácter español, es
porque el euskeriano vea en su roce con ese pueblo la causa de su
siennes les paroles de l’auteur des Tradiciones Vasco-Cántabras, Venancio de
Araquistain, accusé d’avoir nié la conquête du Pays Basque par les Romains :
« Déjennos gozar tranquilamente de nuestras gloriosas tradiciones, más o menos
exageradas, si es que cabe cierta exageración en las hazañas de aquellas razas
gigantes, y no echen por Dios en olvido que hasta los errores son respetables en
los pueblos cuando se hallan inspirados por el santo sentuniento de la patria » (Et
Semanario Católico Vasco-Navarro, 5 avril 1867).
(47) S. Arana, op. cit., p. 1333.
(48) Ibid., p. 1326.

148 C. de CARAVELLE
rebajamiento moral, y si afirmamos la independencia de nuestra
raza, la afirmamos como necesaria e ineludible para evitar el
mortal contagio y salvar a nuestros hermanos, a nuestra familia,
a nuestra patria (49). »
Javier Corcuera a donné une explication très satisfaisante de la haine
implacable que Sabino Arana éprouve pour l’Espagne et qui lui fit
écrire un jour :
« Si algún español que estuviera, por ejemplo, ahogándose en la
ría, pidiese socorro, contéstale: Nik estakit erderaz (Yo no
entiendo el español) » i50).
Corcuera écrit :
« Es muy probable que dicha profundísima aversión naciera del
no menor profundo amor que siente Sabino por su patria vizcaína
o vasca, que él veía conquistada y a punto de perder sus mejores
virtudes y su misma esencia nacional por obra y gracia de la
invasión española. Es, quizá, también posible que le fuera urgida
la separación entre Euskaria y España, precisamente por la
experiencia real que tenía Sabino de España y de los españoles :
una nación que suprimió los fueros vascos, con un gobierno
liberal, y cuyos súbditos (o al menos los que en gran número
llegaron a Vizcaya), pobres gentes víctimas de siglos de
explotación y de incultura, están contribuyendo al deterioro de las
condiciones de vida vizcaínas y, en general, vascas (51)> »
II convient de dire cependant que la haine de l’Espagne n’est pas
une totale invention d’Arana. Si cette hostilité est formulée bien haut
par lui, nous trouvons des signes d’un courant anti-espagnol bien avant
la fin du siècle (52). L’afflux de l’immigration castillane donne
évidemment une dimension nouvelle au phénomène.
Les premiers nationalistes refusent avec force le monde qu’il leur
est donné de vivre. Ils ont la nostalgie de ce Pays Basque rural tout à
fait idyllique que fut selon eux la terre de leurs ancêtres avant
l’avènement du libéralisme, l’apparition de l’industrialisation et l’invasion
maketa. Pour Sabino Arana, le salut passe par le retour à la Biscaye
des fueros antérieure à 1839, la Biscaye rurale et patriarcale, égalitaire
(49) Ibid., p. 1331.
(50) J. Corcuera, op. cit., p. 350.
(51) Ibid., p. 349.
(52) Charles Dembowsky écrit dès 1838 dans son œuvre Dos años en España
y Portugal durante la guerra civil : « Es evidente que la lucha ya no se sostiene
sino gracias a la admirable tenacidad que caracteriza a los Navarros y a los
Vascongados, y a su odio innato a los españoles que consideran como dominadores
extranjeros ».

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 149
et « démocratique », sans conflits sociaux (M) chantée par Trueba et
beaucoup d’autres (M).
Au diable la Biscaye industrielle s’il faut payer ce prix pour
parvenir à une véritable restauration de la patrie :
« Si no puede ser otra cosa mientras los montes de Bizcaya
tengan hierro en su seno, ¡plegué a Dios se hundan en el abismo
y desaparezcan sin dejar huella todas sus minas ! Fuese pobre
Bizcaya y no tuviera más que campos y ganados, y seríamos
entonces patriotas y felices. (S5) »
Cet état d’esprit est bien évidemment violemment critiqué par la
grande bourgeoisie industrielle dont l’un des plus éminents porte
parole, Pablo de Alzóla, voit chez Sabino Arana :
«La estrechísima idea de desalojar de las sagradas montañas
euskaras a los pérfidos maketos, reverdeciendo las tradiciones de
Aitor, a fin de convertir a sus paisanos en nuevos druidas que
entonen en los bosques los cantos de Lekobide y Altabiscar, y
marchen al son del tamboril, vestidos de boina y abarca con el
clásico makila, cantando alegres zortzikos (56). »
Sabino Arana fonde prioritairement son nationalisme sur la race.
Comme Corcuera l’a bien souligné (57), c’est la race basque qui
permettra de dépasser le nationalisme biscayen des origines pour
passer au nationalisme basque.
Pour Sabino Arana, la race est synonyme de nation. Elle est plus
importante que là langue et le territoire. Il y a une race basque
originale et pure à la différence de la race espagnole, produit, dira Luis de
Eleizalde, d’un mélange de dix ou douze races distinctes (58). Le signe
de la race est le nom que l’on porte (59). Il convient de la protéger à
tout prix contre l’invasion espagnole car le contact avec le peuple
(53) II va sans dire que cette image est pour l’essentiel un mythe de plus.
Miguel de Âzaola parle à son propos de « leyenda rosa ». Les travaux d’historiens
comme Otazu, Fernández de Pinedo et Fernández Albaladejo ont remis les
choses à une plus juste place.
(54) Voir, par exemple, l’ouvrage de Trueba, Bosquejo de la organización
social de Vizcaya, Bilbao, 1870.
(55) S. Arana, op. cit., p. 441.
(56) Cité par A. Elorza in op. cit., p. 123.
(57) J. Corcuera, op. cit., p. 585.
(58) Cité par J.C. Larronde in op. cit., p. 121.
(59) Le père Evangelista de Ibero écrira en 1906 dans sa brochure A mi vasco :
« Quiera, o no quiera, un Lizárraga será siempre vasco, aunque nazca en un
cortijo de Jerez o una pampa de la Argentina… un Fernández o un González jamás
podrá llamarse vasco, así vea la luz primera en lo más escondido de los montes
de Guipuzkoa ». Euskeldun Batzokija.

150 C. de CARAVELLE
espagnol est le mal par excellence. Comment en serait-il autrement si
l’on en croit le pittoresque parallèle fait par Sabino Arana ?
« La fisonomía del bizkaino es inteligente y noble; la del español
inexpresiva y adusta.
El bizkaino es de andar apuesto y varonil; el español o no sabe
andar (ejemplo, los quintos) o si es apuesto, es tipo femenil
(ejemplo, el torero).
El bizkaino es nervudo y ágil; el español es flojo y torpe.
El bizkaino es inteligente y hábil para toda clase de trabajos; el
español es corto de inteligencia y carece de maña para los
trabajos más sencillos. Preguntádselo a cualquier contratista de obras,
y sabréis que un bizkaino hace en igual tiempo tanto como tres
maketos juntos… (60) ».
La langue est une autre composante du nationalisme basque et
Sabino Arana ne ménagera pas ses efforts pour sa sauvegarde. Après
les carlistes (61), Arana défend le basque en grand danger de
marginalisation mais il le défend dans la mesure où il apparaît comme le
« bouclier » de la race menacée par la contagion espagnole au point
de considérer comme nocive la connaissance de cette langue par
les Espagnols (62). Son action pour « purifier » la langue tendra à
remplacer tous les termes suspects d’avoir des origines étrangères en
créant de nombreux néologismes dont certains — aberri (patrie),
dberzale (patriote), azkatasuna (liberté) ont acquis depuis leurs
lettres de noblesse.
Comme on le voit, l’idéologie de Sabino Arana n’est pas
spécialement faite pour emporter l’adhésion de la bourgeoisie. Une partie de
cette classe rejoindra pourtant les rangs nationalistes.
A la fin des années 90, en effet, la majorité des membres de la Socie
ded Euskalerria de Ramón de la Sota qui appartiennent le plus
souvent à la moyenne bourgeoisie industrielle et au milieu des armateurs,
ceux qu’Arana qualifia de « phéniciens », vont se rapprocher de lui.
Le Parti Nationaliste Basque sera la structure qui permettra à ces
héritiers du fuerismo libéral de concilier leur défense du
particularisme basque et leur opposition à la bourgeoisie monopoliste ainsi
que leur méfiance à l’égard du socialisme qui montre sa force lors de
la grande grève de 1890.
Disposant de moyens financiers dont la formation d’Arana était
dépourvue, ces hommes vont conférer un nouvel essor au mouvement
nationaliste et tenter de lui donner une allure plus moderne. Ils
(60) S. Arana, op. cit., p. 390 et suiv.
(1) Voir notre thèse p. 572 et suiv.
(62) S. Arana, op. cit., p. 1308.

FAIT NATIONAL AU PAYS BASQUE 151
devront bien évidemment composer avec l’idéologie intégriste d’Arana
fortement ancrée dans les mentalités.
En retour, celui-ci nuancera singulièrement ses positions sur la
société industrielle au point d’accepter l’industrialisation et l’esprit
d’entreprise comme valeurs de la société basque. Ce faisant, Sabino
Arana prenait acte des changements irréversibles subis par la société
biscayenne. A cet égard, le fait que les frères Arana participent à
l’aventure capitaliste dépasse l’anecdote (63). L’intransigeance
religieuse et séparatiste (54) diminuera au point de rapprocher le parti
nationaliste basque de la Lliga Regionalism Catalana.
Les concessions réciproques ne mettent pas cependant un terme
aux divergences entre les deux groupes qui coexistent au sein du parti.
Les deux tendances cohabiteront tant bien que mal jusqu’en 1921 date
de la scission aberriana (tendance araniste orthodoxe).
(63) J. Corcuera, op. cit., p. 470.
(64) Sur l’évolution « espagnoliste » de Sabino Arana, voir J. Corcuera, op. cit.,
p. 512 et suiv. *

84 JePH 24 01 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 41 min

 

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JePh

« L’indicible »

C’est à l’âge de 17 ans que Jean-Philippe Vauthier se procure sa première guitare. Avec elle il veut changer le monde.

il ressent un besoin irrépressible de s’exprimer. L’amour des mots et de la mélodie, le poussent à écrire et à chanter. Il veut dire l’indicible… ce qui est ancré au plus profond de lui.

Enfant « dans la lune », il nourrit une forte vie intérieure. Son extrême sensibilité au monde extérieur fait naître en lui un intense sentiment d’injustice.

En 2003 il crée le groupe «Tournée Générale » qui rencontre un franc succès (2000 concerts et 6 albums distribués nationalement en un peu plus de10 ans).

Petit à petit il se laisse envahir par le besoin d’écrire sur des thèmes plus personnels, dans un univers plus intimiste mais aussi plus universel.

En 2013 il fait le grand saut et s’installe à Paris.

En 2015, en écho aux mentors qui ont nourrit son écriture et notamment à cette fameuse chanson de Brel, il crée le personnage de JePh.

 

Paroles…

Le texte occupe une place centrale dans l’univers de JePh.

Ses spectacles se partagent entre chansons et poèmes déclamés.

A l’instar d’un Bernard Dimey, ses textes ont un rythme et une mélodie intrinsèques, ils peuvent être chantés, scandés ou simplement dit.

 

 

… Et musique !

La musique et les arrangements viennent fixer un décor, illustrer le propos et l’univers poétique de JePh.

S’il fallait définir une essence à la musique de JePh, c’est le rock et la foik dans ce qu’ils ont de plus authentique, sans connotations et clichés. Leonard Cohen et Graeme Allwright serait certainement ses mentors pour leur exigence musicale : Jeu en picking, déroulés d’arpèges, ballades folk, couleurs blues, chansons pop, envolées lyriques,… quelqu’en soit la forme, le son est ancré dans l’âme du chanteur, dans ce qu’il a de plus pur.

Jeph a absorbé la musique rock anglo-saxonne des années 60-70 et toute la chanson française d’essence poétique depuis Léo Ferré et nous restitue sans artifices sa musicalité propre, celle qui gronde et sommeille en lui.

Entre musique et cinéma, entre poésie et chanson, entre le corps et l’âme, entre ici et ailleurs, JePh nous emmène en voyage dans son for intérieur, bercés de ses fortes convictions et de ses rêves puissants. Une aventure chimérique ancrée dans une réalité sociale.

 

83 43ème HLM CAP’S CREW ET CHACUN SON CIRQUE 17 01 17

Classé sous CAC HLM MANTES — SQUALE @ 17 h 22 min

 

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Les origines de l’association A chacun son cirque remontent à l’année 2005, autour d’une équipe de huit jeunes âgés entre 17 à 20 ans qui étaient à la recherche d’un lieu pour pouvoir pratiquer, favoriser et promouvoir leur passion commune pour les arts du cirque et de la rue.

L’association a été créée le 11 mai 2005 et relève de la loi du 1er juillet 1901 et de son décret d’application du 16 août 1901.

L’objectif de l’association est de participer au développement de la culture. Cette volonté se concrétise par l’accompagnement des pratiques culturelles amatrices et professionnelles au travers de :

  • l’expression et la curiosité,
  • l’écoute et l’esprit critique,
  • l’initiative artistique,
  • les pratiques collectives dans leur diversité.

 

D’abord orientée principalement vers les arts du cirque et de la rue, l’association s’est rapidement et naturellement ouverte aux autres formes de culture, et particulièrement à la musique.

Partant du constat que les disciplines des musiques actuelles et des arts de la rue étaient très peu représentées sur le territoire de Mantes-en-Yvelines, l’association A Chacun son cirque a fait le pari de s’inscrire de façon significative dans la vie culturelle locale en organisant un événement  de grande envergure permettant de promouvoir ces disciplines au travers de spectacles, de concerts et d’expositions : c’est ainsi que se déroula en juillet 2009 la première édition du festival Contentpourien.

 

Reconduit chaque année depuis sa création, le festival Contentpourien est devenu un événement majeur qui suscite auprès de la population locale un intérêt ne cessant de croître au fil e ses éditions.

 

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82 SPECIALE CAPPA REDIFF 10 01 17

Classé sous EMISSIONS — SQUALE @ 17 h 06 min

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VOIR BILLET 23 04 2013

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11 mai 2020

HOMMAGE A YOANN ISAMBERT GHJUVANNI 13 04 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 20 h 09 min

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CE 2 AVRIL 2020 RESTERA GRAVÉ DANS MON ESPRIT ET MON CŒUR, CE JOUR LÀ UNE ÂME PURE S’EN EST ALLÉ. YOANN EST DEVENU UN AMI AU FIL DU TEMPS. IL Y A UN PEU PLUS DE 10ANS C’ÉTAIT LORS D’UNE  RENCONTRE AVEC LE COMITÉ DE SOLIDARITÉ DU PEUPLE BASQUE. MILITANT DEPUIS TES 15 ANS, TU N’AS EU DE CESSE DÈS LORS DE PORTER LA VOIX DES OPPRIMÉ(E)S QUE CE SOIT LES REVENDICATIONS DU PEUPLE CORSE, BASQUE, KANAK, KURDE OU PALESTINIEN OU CELLE DES PRISONNIERS POLITIQUES, MILITANT INTERNATIONALISTE TON ENGAGEMENT ÉTAIT TOTAL. ANTI-FASCISTE ET MEMBRE DE LA CNT SUR LE PLAN INTERNATIONAL OU AU PLUS PRÈS DE LA REVENDICATION DES ENSEIGNANTS L’ÉTANT TOI MÊME TU MENAIS EGALEMENT LE COMBAT CONTRE L’INSTITUTION ET POUR TES ÉLÈVES DANS LA BANLIEUE NORD. TON INTÉGRITÉ, TA SAGESSE D’ESPRIT FORÇAIT LE RESPECT. TU ÉTAIS LE COMPAGNON DE LUTTE SANS COMPROMIS. TOUJOURS DISPONIBLE ET HUMBLE DANS TES COMBATS. TU VAS ME MANQUER YOANN CERTES PAS AUTANT QUE TU MANQUERAS A TA COMPAGNE MAITE MA NIECE POLITIQUE, NI A TA FAMILLE. TU LAISSES UN GRAND VIDE AUPRÈS DE TES AMI(E)S COMME DANS LES MILIEUX MILITANTS. NOUS N’AURONS DE CESSE DE POURSUIVRE TON COMBAT CONTRE CETTE SOCIÉTÉ NÉO-LIBÉRALE. JE NE TE DIS PAS ADIEU MAIS AU REVOIR MON AMI, MON COMPAGNON DE LUTTE. QUE LES GÉNÉRATIONS FUTURES S’INSPIRENT DE TES COMBATS ET DE TA VISION POUR UNE SOCIÉTÉ SOLIDAIRE ET LIBERTAIRE. SQUALE

VOUS POUVEZ RETROUVER LA VOIX DE YOANN ET SES COMBATS DANS L’HOMMAGE QUE LUI REND ÇA BOOSTE DANS UNE COMPIL EN 3 VOLETS DANS LES EMISSIONS DU CSPB SUR

mixcloud.com/skuale/

YOANN ETOILE CNT-30X20

Le Comité de Solidarité avec le Peuple Basque de Paris (CSPB) a eu la tristesse d’apprendre le décès brutal de notre camarade et ami Yoann Isambert survenu le 2 avril 2020. Militant pour les droits du Peuple Corse et pour la libération de ses prisonniers, Il est devenu un membre particulièrement actif de notre lutte, animateur de nos émissions sur les radios libres parisiennes ou de nos réunions publiques. Il était aux côtés de nos amis Kanaks avec lesquels il a tissé des liens étroits, il s’était aussi engagé dans le soutien à la lutte du Peuple Catalan. Profondément anticapitaliste, son combat était celui de tous les peuples opprimés, colonisés.

Nous gardons le souvenir d’un camarade toujours disponible, à la fois réfléchi et révolté. Et surtout nous regrettons le départ d’un ami.

Nous pensées vont à Maite, sa compagne membre comme lui de notre Comité, que nous soutenons de tout cœur, ainsi qu’à sa famille et à ses proches.

Simu fratelli, anaiak gara.

Agur eta ohore Yoann.

YOANN 5

 

Yoann Isambert, Parisko Euskal Herriaren Lagunak-eko kidea baino askoz ere gehiago zen. Kortsikarra, sindikalista, irakaslea, borroka kidea eta laguna zen. Euskal Herria maite zuen eta gure herriarekiko maitasun horrek urte luzez euskal askapen borrokarekin konprometitzera eraman zuen.

Euskal preso, iheslari eta deportatuekiko elkartasunez hamaika ekimen antolatu zituen Parisko elkartasun komitearen baitan eta euskal preso eta iheslarien senideekiko izandako eskuzabaltasun eta harrera goxoa behin eta berriro erakutsi zizkigun.

Askapenatik, gure besarkadarik beroena bidali nahi dizuegu Maite, Maider eta Yoannen ondoan bizi eta ikasteko zortea izan duzuen guztioi. Eta zortea diogu bai, Yoann pertsona diskretoa bazen ere, imprescindible horietako bat ere bazelako.

Mila esker gure herriarengatik egindako lan guztiarengatik eta ez izan zalantzarik, zauden tokian zaudela, irabaziko dugula!

Omenaldirik onena, garaipena!
Hamaika herri, borroka bakarra!

Gora Yoann!

 

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Disparition de Yoann Isambert, du secrétariat international de la CNT

6 avril 2020 par Union communiste libertaire
HOMMAGE A YOANN ISAMBERT GHJUVANNI 13 04 20   dans ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS

Yoann Isambert, du secrétariat international de la CNT, est décédé, le 2 avril, à l’âge de 31 ans.

Avec un drapeau CNT, Yoann avait défilé, le 11 janvier à Paris, dans le pôle rouge et noir de la grande manifestation de soutien à la gauche kurde. Il était également un membre actif de l’association Sulidarità, qui vient en aide aux prisonniers politiques corses et à leurs familles.

L’Union communiste libertaire s’associe à la peine éprouvée par ses proches, ses ami·es et camarades. Nous reproduisons le courrier d’adieu publié par son Syndicat des travailleurs de l’éducation de Seine-Saint-Denis (CNT-STE 93).


YOANN, TU SERAS TOUJOURS À NOS CÔTÉS

Le jeudi 2 avril, notre camarade, Yoann Isambert est mort. Sa disparition soudaine nous plonge toutes et tous dans un immense chagrin. La douleur est à la hauteur de l’être formidable qu’était Yoann. Toutes nos pensées vont bien sûr d’abord à sa compagne, à sa famille, ses ami·e·s. Leur tristesse est inimaginable et nous les soutiendrons du mieux que nous le pourrons face à toutes les épreuves qui seront à traverser. Nous nous faisons aussi leur relais pour demander à chacun et chacune d’être attentif·ve à leur intimité. Soutenir, sans être intrusif·ve. Sans nul doute, Yoann, avec la pudeur qui le caractérisait, aurait su trouver cet équilibre.

Nous pensons aussi à ses élèves et ses collègues. Yoann était enseignant d’histoire-géographie au collège Les Mousseaux de Villepinte. Nous savons qu’il va y laisser un immense vide tant son investissement auprès des élèves et dans la vie du collège y était important. Le syndicat CNT éducation se tient au côté des collègues et nous leur apporterons aussi tout le soutien nécessaire. Yoann aimait son travail et ses élèves. Sa combativité était sans faille dans la lutte pour une école réellement émancipatrice, non autoritaire et égalitaire.

Son engagement syndical au sein de la CNT était un élément essentiel dans la vie de Yoann. Notre syndicat, mais également toute notre confédération perd un très grand militant. Un être tellement riche de connaissances, curieux, critique, doux, à l’écoute. Toutes ces qualités faisaient qu’il était un ciment entre nous. Il a marqué nombre de nouvelles et nouveaux adhérent·e·s par son accueil chaleureux. Et même s’il refusait d’être un modèle, il est certain que nous sommes nombreux·euses à avoir été inspiré·e·s par lui. Yoann apportait une intelligence, une réflexion, un calme, une qualité d’échange, un humour, une rage contre l’injustice, une justesse d’analyse, une joie de vivre. Il était là, toujours présent, ne laissait jamais sa place pour faire vivre l’autogestion au quotidien, y compris dans les tâches des « petites mains ». Même si nous, ses camarades du STE93, sommes toutes et tous dévasté·e·s par sa perte, nous n’oublions pas l’ensemble des camarades de la CNT qui pleurent déjà son absence.

Sans compromissions, Yoann avait à coeur de chercher les points de convergences, d’apaiser les conflits, de créer l’unité. Yoann voulait en découdre radicalement avec le capitalisme, source de tant d’injustice et d’inégalité sociale. Et ses combats étaient résolument internationaux. Yoann était engagé dans de nombreuses luttes d’autodétermination des peuples. Son action était si grande qu’il est impossible ici de toutes les évoquer. Nous pensons donc aussi très chaleureusement à nos camarades kanaks car Yoann a toujours été à leur côté dans leur légitime lutte pour se défaire du colonialisme français. Nous pensons aussi aux camarades kurdes auprès de qui Yoann faisait vivre sa solidarité internationale. Nous savons que pour vous aussi, sa perte est immense et votre chagrin incommensurable.

 dans ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS

Un combat était primordial pour Yoann : celui pour la libération des prisonnier·ère·s politiques corses et basques. C’est au travers de ces combats qu’il a rencontré des militant·e·s de la CNT et qu’il a fini par nous rejoindre. Mais il n’a jamais oublié, ou mis de côté ses engagements historiques. Au contraire, il a toujours cherché à les faire vivre. De nombreux·euses adhérent·e·s de la CNT étaient d’ailleurs fier·e·s d’avoir pu participer, à leur mesure, mais grâce à Yoann, à la marche parisienne de décembre 2017 pour la fin du régime d’exception dont sont victimes les prisonnier·ère·s basques.

La CNT éducation, en accord avec la compagne de Yoann, vous propose de poursuivre ces combats essentiels qu’il menait, en participant à une cagnotte en ligne dont l’intégralité du montant sera reversée, à parts égales, entre le Comité de solidarité avec le peuple basque (CSPB) et l’association Solidarità pour les prisonniers corses.

www.lepotsolidaire.fr/pot/n90jiyvs-PourYoann_faire-vivre-ses-combats

Merci Yoann de nous avoir permis de te connaître.

Ta personne toute entière nous portera dans les combats que nous mènerons. Camarade, tu seras toujours à nos côtés !

 

TU NOUS MANQUERAS CAMARADE

Donne-moi ta main camarade

Prête-moi ton cœur compagnon

Nous referons les barricades

Comme hier la confédération

C’est avec une indicible douleur que nous apprenons la disparition de
notre camarade Yoann.

Yoann était un camarade de la CNT que nous connaissions bien. Il était
de toutes les manifs, de tous les combats. Nous le connaissions dans la
rue, dans les cortèges de la CNT, au « 33 », aux pré-rendez-vous, aux
réunions des groupes de travail, sur la liste fédérale, dans les UR, au
secrétariat international…

Sa personnalité en avait fait l’ami de beaucoup parmi nos camarades.

Une expression dit que personne n’est indispensable, mais chacun·e
apporte quelque chose et Yoann, outre sa présence et son engagement réel
et physique, apportait une intelligence, une réflexion, un calme, une
qualité d’échange, un humour, une rage contre l’injustice, une justesse
d’analyse, une joie de vivre… Ses formidables coups de gueule, exprimés
toujours avec beaucoup de calme, de fermeté et de justesse, mais surtout
son humanité et sa grande gentillesse qui a toujours fait de Yoann une
personne à l’écoute, bienveillant et au grand cœur, nous rendaient le
militantisme plus intéressant, plus agréable, plus fraternel et sororel,
plus structuré.

Tu vas nous manquer et tu vas manquer à la lutte car même si tu avais
une personnalité pacifiste, tu voulais en découdre radicalement avec le
capitalisme, source de tant d’injustice et d’inégalité sociale. Que ce
soit dans ton engagement auprès de tes élèves de Villepinte qui te
manquaient tant pendant le confinement, dans les luttes
d’autodétermination des peuples corse, basque, kanak, palestinien,
kurde… et pour les prisonniers politiques.

Nous ressentons aussi une grande injustice, parce que l’âge auquel tu
nous quittes, camarade, accentue notre désarroi. On avait tellement de
choses à vivre encore en commun, des victoires et des défaites, mais des
combats que tu ne refusais jamais tant ils te paraissaient justes.

Mais tu n’étais pas qu’un militant et nos pensées se tournent vers ta
compagne Maïté, ta famille, tes proches, tes ami·e·s pour qui la douleur
doit être encore plus grande. Nous espérons que ces quelques lignes
réchaufferont quelque peu leur cœur endeuillé car elles perdent avec toi
une personne précieuse pour tant de qualités.

Nous adressons nos condoléances à Maïté, ta compagne, notre camarade,
amie, à ta famille, à tes ami·e·s et tes proches, à tes camarades du STE
93, à ceux de la région, de la fédé Éduc, de la Conf’, à tes camarades
en Corse, à tes élèves.

La période est tellement injuste que nous ne pouvons nous rendre
physiquement à la cérémonie pour t’entourer d’un salut fraternel, pour
un hommage que nous aurions souhaité beau et émouvant, à la mesure de
l’être que nous perdons. Au moment de la cérémonie sachez que nous
serons avec vous, nous partagerons vos larmes, nous serons votre
soutien. Courage à vous.

Bises rouges et noires, tu nous manques déjà tellement camarade.

Tes camarades de la CNT STE 75

 

Communiqué confédéral
Le 05 avril 2020
Le jeudi 2 avril, notre camarade, Yoann Isambert est mort. Il militait au sein du syndicat
des travailleuses et travailleurs de l’éducation 93 et était secrétaire international de la
CNT.
Sa disparition soudaine nous plonge toutes et tous dans
un immense chagrin. La douleur est à la hauteur de
l’être formidable qu’était Yoann. Toutes nos
pensées vont bien sûr d’abord à sa compagne, à sa
famille, ses ami·e·s. Leur tristesse est inimaginable et
nous les soutiendrons du mieux que nous le pourrons
face à toutes les épreuves qui seront à traverser. Nous
nous faisons aussi leur relais pour demander à chacun
et chacune d’être attentif·ve à leur intimité. Soutenir,
sans être intrusif·ve. Sans nul doute, Yoann, avec la
pudeur qui le caractérisait, aurait su trouver cet
équilibre.
Nous pensons aussi à ses élèves et ses collègues.
Yoann était enseignant d’histoire-géographie au collège
Les Mousseaux de Villepinte. Nous savons qu’il va y
laisser un immense vide tant son investissement
auprès des élèves et dans la vie du collège y était
important. Sa combativité était sans faille dans la lutte
pour une école réellement émancipatrice, non
autoritaire et égalitaire.
Son engagement syndical au sein de la CNT était un
élément essentiel dans la vie de Yoann. Son syndicat
(éducation 93), mais également notre confédération
perd un très grand militant. Un être tellement
riche de connaissances, curieux, critique, doux, à
l’écoute. Yoann apportait une intelligence, une réflexion, un calme, une qualité
d’échange, un humour, une rage contre l’injustice, une justesse d’analyse, une
joie de vivre. Il était là, toujours présent, ne laissait jamais sa place pour faire vivre
l’autogestion au quotidien, y compris dans les tâches des « petites mains ».
Sans compromissions, Yoann avait à cœur de chercher les points de convergences,
d’apaiser les conflits, de créer l’unité. Yoann voulait en découdre radicalement avec
le capitalisme, source de tant d’injustice et d’inégalité sociale. Et ses combats étaient
résolument internationaux. Yoann était engagé dans de nombreuses luttes
d’autodétermination des peuples. Son action était si grande qu’il est impossible ici de
toutes les évoquer. Nous pensons donc aussi très chaleureusement à nos camarades
kanaks car Yoann a toujours été à leur côté dans leur légitime lutte pour se défaire du
colonialisme français. Nous pensons aussi aux camarades kurdes auprès de qui Yoann
faisait vivre sa solidarité internationale. Nous savons que pour vous aussi, sa perte est
immense et votre chagrin incommensurable.
Un combat était primordial pour Yoann : celui pour la libération des prisonnier·ère·s
politiques corses et basques. C’est au travers de ces combats qu’il a rencontré des
militant·e·s de la CNT et qu’il a fini par nous rejoindre. Mais il n’a jamais oublié, ou mis
de côté ses engagements historiques. Au contraire, il a toujours cherché à les faire vivre.
De nombreux·euses adhérent·e·s de la CNT étaient d’ailleurs fier·e·s d’avoir pu participer,
à leur mesure, mais grâce à Yoann, à la marche parisienne de décembre 2017 pour la fin
du régime d’exception dont sont victimes les prisonnier·ère·s basques.
La CNT éducation, en accord avec la compagne de Yoann, vous propose de poursuivre
ces combats essentiels qu’il menait, en participant à une cagnotte en ligne dont
l’intégralité du montant sera reversée, à parts égales, entre le Comité de solidarité avec
le peuple basque (CSPB) et l’association Solidarità pour les prisonniers corses.
www.lepotsolidaire.fr/pot/n90jiyvs-PourYoann_faire-vivre-ses-combats
Merci Yoann de nous avoir permis de te connaître.
Ta personne toute entière nous portera dans les combats que nous mènerons.
Camarade, tu seras toujours à nos côtés !
LA CNT

 

Au revoir Ghjuvanni !

Salut à notre camarade Ghjuvanni qui est parti bien trop tôt, le 2 avril 2020, à 31 ans.

———————-

C’est avec une peine immense que nous avons appris le départ de notre camarade et ami Yoann Isambert, Ghjuvanni.

Yoann était un militant indéfectible de la cause kanak, il était à nos côtés depuis plus de 10 ans, à la création du collectif Solidarité Kanaky.

En 2009, quand nous manifestions pour demander la libération des syndicalistes de l’Ustke, du haut de ses 20 ans, il était déjà à nos côtés sur les manifs pour distribuer les tracts.

 

En mai 2009, distribution de tracts à Paris pour la libération de Gérard Jodar, président de l'USTKE, et de ses camarades. © Bernard A.
En mai 2009, distribution de tracts à Paris pour la libération de Gérard Jodar, président de l’USTKE, et de ses camarades. © Bernard A.

 

Et depuis il n’a jamais lâché la Kanaky et des liens d’amitié forte se sont tissés au fils des années.

Anticolonialiste convaincu, il connaissait l’histoire de la Kanaky dans les moindres détails et a pris une place très importante dans le collectif tant dans la préparation et l’animation des réunions, que l’organisation des soirées de soutien et tant d’autres initiatives.

 

 © Bernard A.© Bernard A.

Ses conseils tout en humour, la justesse de ses pensées, sa maturité politique nous aidaient à ajuster nos objectifs et à avancer vers plus de convergence.

Il laisse un vide immense tant sa collaboration fut importante et son amitié précieuse.

Nous n’oublierons jamais que Yoann voulait se rendre en Kanaky, rencontrer sur leur propre terre les camarades Kanak en lutte et y exprimer sur place sa solidarité à leurs côtés. Il avait  le projet d’y aller à la période référendaire.  Il s’en est allé avant, et portant un teeshirt du parti travailliste, pour une Kanaky libre, comme un signe d’espoir pour une lutte à laquelle il tenait tant. Nous continuerons le combat avec détermination ! 

A notre amie et camarade, sa compagne, à sa famille, à ses nombreux camarades de lutte, nous apportons toute notre affection et notre solidarité dans cette épreuve. 

Au revoir Ghjuvanni, Tu seras toujours dans nos cœurs et nos combats !

Collectif solidarité Kanaky

 

Accueil de deux camarades de l’USTKE lors d’une conférence au siège de la CNT en 2019 © Bernard A.
Accueil de deux camarades de l’USTKE lors d’une conférence au siège de la CNT en 2019 © Bernard A.

——————————

Au nom de l’AISDPK, nous transmettons toutes nos condoléances à sa famille, ses proches.

Ghjuvanni © CNT EDUC 93

Nous venons d’apprendre avec une immense douleur le décès de Yoann. Les membres de l’association 24 août 1944 tiennent à vous exprimer à vous, membres de son syndicat, CNT-STE 93, et à sa famille tous ses regrets et sa douleur devant ce drame qui vous frappe..

Sincèrement et douloureusement aux côtés de sa famille et de ses amis
L’association 24 aout 1944}

 

Décès à Paris de Yoann Isambert, proche et ami des familles de prisonnier.e.s et exilé.e.s basques

 

ETXERAT (3-4-2020). Aujourd’hui, Yoann Isambert, membre du comité de solidarité de Paris et proche des familles et amis de prisonniers politiques basques qu’il a beaucoup aidés, est décédé à Paris. Il nous a toujours transmis affection et solidarité lors de nos visites à Paris.

Etxerat transmet toutes ses condoléances et son entier soutien à sa famille et à ses amis, dont nous partageons la peine et que nous embrassons chaleureusement.

ghju

Ghjuvanni…

31 ans. Ghjuvanni avait 31 ans et aujourd’hui nous devons parler de lui au passé…

Ghjuvanni est entré dans le cercle du Club des Supporters de Bastia à Paris il y a une quinzaine d’année. Mineur il nous avait demandé l’autorisation de participer aux déplacements que nous organisions pour supporter le Sporting, son Sporting. Nous avons ensemble parcourus des milliers de kilomètres ce qui nous laissait bien du temps pour discuter. Pas seulement du Sporting car Ghjavanni était intarissable lorsqu’il abordait des sujets sur la Corse, le Pays Basque ou l’histoire dont il avait fait son métier.

Des années durant il a été l’administrateur du site Camperemu. Là encore chacun aura échangé avec un passionné, mais un passionné qui argumentait. Que l’on partage ou pas ses idées, il imposait le respect car il le faisait toujours en respectant l’autre.

C’est avec joie qu’il avait appris que le Sporting évoluerait cette saison dans le groupe Nord-Est de la France. Il aura pu suivre Son Club une dernière fois à Drancy et il était déjà près à se rendre à Ste Geneviève. Il était bien sûr du déplacement à Sedan où, personnellement j’ai pu le rencontrer et échanger une dernière fois. Mais que c’est dur d’écrire ces mots…

Toute la communauté du Club des Supporters de Bastia à Paris adresse à sa famille et à ses proches ses plus sincères condoléances.

Repose en paix Ghju.

Les Socios offrent la possibilité à celles et ceux qui le souhaitent de participer aux frais d’obsèques en suivant le lien :

http://www.secb.corsica/donu-liberu/

 

Yoann Isambert, Parisko Euskal Herriaren Lagunak-eko kidea baino askoz ere gehiago zen. Kortsikarra, sindikalista, irakaslea, borroka kidea eta laguna zen. Euskal Herria maite zuen eta gure herriarekiko maitasun horrek urte luzez euskal askapen borrokarekin konprometitzera eraman zuen.

Euskal preso, iheslari eta deportatuekiko elkartasunez hamaika ekimen antolatu zituen Parisko elkartasun komitearen baitan eta euskal preso eta iheslarien senideekiko izandako eskuzabaltasun eta harrera goxoa behin eta berriro erakutsi zizkigun.

Askapenatik, gure besarkadarik beroena bidali nahi dizuegu Maite, Maider eta Yoannen ondoan bizi eta ikasteko zortea izan duzuen guztioi. Eta zortea diogu bai, Yoann pertsona diskretoa bazen ere, imprescindible horietako bat ere bazelako.

Mila esker gure herriarengatik egindako lan guztiarengatik eta ez izan zalantzarik, zauden tokian zaudela, irabaziko dugula!

Omenaldirik onena, garaipena!
Hamaika herri, borroka bakarra!

Gora Yoann!

 

Euskal Herria. Décès d’un combattant internationaliste solidaire du peuple indépendantiste basque

Testu osoa / Texto completo: https://www.boltxe.eus/2020/04/05/euskal-herria-fallece-un-luchador-internacionalista-solidario-con-el-pueblo-vasco-independentista/ | Boltxe

Résumé latino-américain, 5 avril 2020 En ces jours de très mauvaises nouvelles, un autre nous vient des camarades de l’organisation internationaliste basque Askapena, dans lesquels ils nous rendent compte de la mort de Yoann Isambert, combattant de l’État français mais énormément en solidarité avec la cause du peuple basque, en tant que membre du groupe soutien à Paris. Nous avons rencontré Yoann lors de la marche des prisonniers basques à Bilbao, et nous nous souvenons de lui souriant et de sa conviction que « l’internationalisme est la tendresse des peuples ». Nous disons au revoir à AGUR ETA OHORE! (Gloire et Honneur), comme il est dit dans Euskal Herria, et aussi, comme cela se fait dans ces pays, avec la douleur de la perte d’un autre grand combattant. Camarade Yoann, jusqu’à la victoire toujours! Résumé latino-américain EHL Argentine (Amis du peuple basque) _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Testu osoa / Texto completo: https://www.boltxe.eus/2020/04/05/euskal-herria-fallece-un-luchador-internacionalista-solidario-con-el-pueblo-vasco-independentista/ | Boltxe

 

YOANN ISAMBERT, UN MILITANT CORSE AMI D’EUSKAL HERRIA ET GRAND FAN DE BASTIA

Le 2 avril, le militant corse Yoann Isambert est décédé. Telle est son empreinte que, depuis le Pays basque, de nombreux groupes tels que Askapena, Etxerat, Sortu et le groupe de rap Norte Apache ont voulu rejoindre l’hommage que l’équipe de football SC Bastia a également rendu.

2020/04/09

Le dernier jour 2, comme l’une des injustices contre lesquelles il a lutté toute sa vie, et soudain, Yoann Isambert a dit au revoir. Et nous tous qui le connaissions n’avons plus qu’à garder sa mémoire et continuer son combat.

Dans mon cas, ce souvenir remonte à la Fête de l’Humanité 2010 qui s’est tenue à Paris. Les membres de Norte Apache invités par Euskal Herriaren Lagunak ont ​​assisté à ce festival multiculturel. Nous avons joué environ six concerts sous la tente basque, gracieusement prêté par «Pérou» et stratégiquement situé à côté de celui qui représentait l’Irlande. Dans cet événement, il y a eu des séjours représentant «  presque  » toutes les nations du monde, avec leurs délices gastronomiques (nous avons dégusté des arepas vénézuéliens, du riz vietnamien …) et nous avons pu écouter en direct des géants de la musique de la stature de Madness et The Prodigy. Une vraie merveille.


Et c’est là que nous avons rencontré Yoann, un Corse sympathique et de bonne humeur, activiste politique et grand fan de Bastia. De sa main, nous avons appris, par exemple, l’histoire de la résistance et de la lutte en Nouvelle-Calédonie. Il a également fait de nous un interprète, ni plus ni moins qu’avec la famille de Christian Karembeu, footballeur champion du monde de l’équipe de France sans réellement chanter la Marseillaise.

Avec lui, nous avons visité d’innombrables stands de différents pays, où tout le monde l’a accueilli avec le sourire. Pendant qu’il nous faisait «Cicerone», il nous tenait au courant de la situation des différents groupes en lutte à travers le pays et de leur collaboration dans de nombreux projets sociaux et politiques. Le jeune insulaire était un couple de Maite, cousin d’Aitor et Ibon. Les deux ensemble, pendant les jours où l’événement a duré, ont formé un tandem de supporters inconditionnels de Norte Apache, ont même subi les trois concerts presque consécutifs que nous avons donnés en un seul après-midi, levant la main, scandant le refrain « lortuko dugu » comme si ils entendront pour la première fois.

L’héritage laissé par celui de la Corse traverse les frontières. La foi dans les gens et son activisme infatigable l’ont amené à collaborer à un nombre infini de projets, de sa Corse natale à la Palestine, en passant par la Nouvelle-Calédonie et Euskal Herria. Tout cela tout en continuant à remplir ses obligations de syndicaliste à la CNT-F et d’enseignant du secondaire.

Telle est son empreinte que, depuis le Pays basque, de nombreux groupes ont voulu se joindre à l’hommage, comme Askapena, Etxerat, Sortu, Argia …, et ils ont dédié un bertso en reconnaissance pour leur soutien et leur défense de la cause basque:

 

Faire vivre les combats de Yoann !

Notre camarade Yoann, ou Ghjuvanni, nous a quitté ce jeudi 2 avril. Comme hommage, nous souhaitons soutenir une lutte si chère à son cœur : la libération des prisonnier·ère·s politiques basques et corses.

Nous vous invitons donc à participer à une cagnotte en ligne dont l’intégralité du montant sera reversée, à parts égales, entre le Comité de solidarité avec le peuple basque (CSPB) et l’association Solidarità pour les prisonniers corses.
www.lepotsolidaire.fr/pot/n90jiyvs-PourYoann_faire-vivre-ses-combats

Il est aussi possible de faire un virement sur le compte du syndicat CNT éducation 93. Dans ce cas merci de préciser comme motif « Pour Yoann ».
coordonnées bancaires : FR76 1010 7006 8300 3180 4705 509

Camarade, tu seras toujours à nos côtés

CSPB : http://cspb.unblog.fr/
Sulidarità : https://associusulidarita.org/

Primo Maggio di Lotta (e di repressione) in diverse città d’Europa

dal sito: secoursrouge.org

Primo Maggio: Azioni e repressione in molte città d’Europa

Malgrado le misure per l’isolamento, i/le militanti di diverse città europee hanno tentato di condurre azioni in occasione del Primo Maggio. Ecco un resoconto non esaustivo della situazione.
A Parigi, un gruppo ha cercato di manifestare in Place de la République, in particolare esibendo diversi striscioni con “Il capitalismo è il virus, la rivoluzione è il vaccino” e un altro con “Le nostre vite o i loro profitti”. La polizia è intervenuta in gran numero, controllando le identità dei/delle militanti, arrestandone parecchi. Più tardi in giornata, altri tentativi di raduno hanno avuto luogo nella capitale o nella periferia di Parigi, a Montreuil o di fronte al municipio della 18^ circoscrizione. Un’altra manifestazione, organizzata da CGT (Confederazione generale dei lavoratori, n.d.t.), si è svolta a Guingamp.
A Berlino, 5.000 poliziotti sono stati mobilitati per impedire la protesta delle molte persone scese in piazza. Scontri sono avvenuti in serata, nonché scambi di colpi tra manifestanti e polizia, nel quartiere di Kreuzberg. Numerosi manifestanti sono stati arrestati e tre auto date alle fiamme.
Ad Atene, centinaia di persone si sono radunate davanti al parlamento mantenendo le distanze e indossando mascherine. Una manifestazione ha avuto luogo anche a Salonicco.
A Barcellona una manifestazione, organizzata da sindacalisti, si è tenuta di fronte al pronto soccorso di un ospedale, mentre a Saragozza, una manifestazione sindacale è stata organizzata da automobili.
Manifestazioni si sono svolte pure a Vienna.
A Zurigo, militanti hanno organizzato diverse piccole manifestazioni e iniziative, una banca è stata attaccata con bottiglie piene di vernice. Sono stati eseguiti diversi arresti.
A Istanbul e Ankara, almeno 45 persone sono state arrestate per aver tentato d’organizzare cortei per il Primo Maggio nonostante il coprifuoco di tre giorni imposto giovedì 30 aprile a mezzanotte. Almeno 15 persone sono state arrestate, quando un gruppo si è riunito presso l’ufficio centrale della Confederazione dei sindacati progressisti (DISK) nel quartiere di Besiktas a Istanbul e ha tentato di raggiungere a piedi Piazza Taksim. Anche il presidente di DISK, Arzu Cerkezoglu, è stato brevemente detenuto e poi rilasciato. Undici altre persone sono state arrestate nel quartiere Kadikoy di Istanbul, nella parte anatolica, per aver tentato di organizzare una manifestazione. Dodici persone, intenzionate a dirigersi in Piazza Taksim, sono state arrestate nel quartiere Sisli di Istanbul. Sette persone sono state arrestate nella capitale Ankara. Secondo fonti, tutti gli arrestati a Istanbul sono stati rilasciati. In tutto, 44.756 agenti di polizia sono stati mobilitati per impedire le manifestazioni.

Qui sotto pubblichiamo un video di alcune azioni di lotta a Zurigo.

 

Décès du camarade Yoann Isambert de CNT-F

Après avoir appris la triste nouvelle de la mort du camarade Yoann, nous avons envoyé nos souvenirs et nos sincères condoléances au Secrétariat International de la CNT-F, dont Yoann était un membre actif.

Soumis par RojoyNegro_Digital le dim, 04/05/2020 – 01:57.

Yoann est décédé à l’âge de 31 ans le 2 avril après avoir été admis pour une détérioration soudaine de sa santé. Sans antécédents de maladie, sa mort a fait un lourd tribut à tous ceux que nous avons rencontrés.

Les nouvelles nous ont émus. Il est difficile de supposer avec la mémoire que nous avions du camarade Yoann, toujours actif et impliqué dans le syndicalisme combatif et internationaliste. Ce fut un plaisir de partager avec lui les espaces anarchistes et c’est avec ces images que nous souhaitons honorer sa mémoire.

Que la terre soit légère pour toi, compagnon.

Yoann

 

«C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris la disparition, a seulement 31ans, de Yoann ISAMBERT , «Ghjuvanni bastiacciu», militant notamment de l’Assocciu Sulidarita – Parrigi.
SPT présente ses plus sincères condoléances a l’ensemble de sa famille, ses proches, ses amis , de Corse et d’ailleurs ainsi qu’a l’Assocciu Sulidarita qui perd un de ses plus fervent militant dont l’ engagement était un exemple de sincérité et de dévouement. Sa simplicité et son sourire faisait de lui une personne des plus attachante

«In ricordu di e ghjurnate di Corti e di u sbarcu di Tulo, u to surrisu sempre firmera inde nostre mente
Riposa in pace o Ghju»

 

Au nom de Sortu, nous souhaiterions transmettre nos plus profondes condoléances à la familles et aux proche de Yoann. Toutes nos condoléances également à Sulidarità et à tous nos camarades corses. Nous nous sommes connus par la lutte pour la liberté des prisonniers et réfugiés politiques basques comme militant du comité de Paris. Militant corse sincère, internationaliste, tu as toujours été à nos côtés, dans les moments importants.Toujours prêt à prendre des responsabilités, comme aux côtés des Artisans de la paix pour l’organisation de la manifestation de Paris. Tu es parti trop tôt, notre ami, mais ton engagement, ton sourire restera dans nos mémoires. Ce n’est pas un au revoir Yoann, nous retrouverons le Grand jour ! D’Euskal Herri Milesker, merci , nous avons été honoré de partager avec toi ces moments. Agur eta Ohore Yoann!

sortu

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09/04/2020

Yoann Isambert, un activista corso amigo de Euskal Herria e hincha acérrimo del Bastia

El 2 de abril falleció el activista corso Yoann Isambert. Tal es su huella que, desde Euskal Herria, numerosos colectivos como Askapena, Etxerat, Sortu y el grupo de rap Norte Apache han querido sumarse al homenaje que también ha realizado el equipo de fútbol SC Bastia.

El pasado día 2, como una más de las injusticias contra las que luchó toda su vida, y de manera repentina, nos decía adiós Yoann Isambert. Y a todos los que le conocimos ya no nos queda más que aferrarnos a su memoria y continuar con su lucha.

En mi caso, esa memoria se remonta a la ‘Fête de l´Humanité’ de 2010 celebrada en París. A este festival multicultural acudimos los miembros de Norte Apache invitados por Euskal Herriaren Lagunak. Tocamos unos seis conciertos en la carpa vasca, cedida muy amablemente por ‘Perou’ y situada, estratégicamente, al lado de la que representaba a Irlanda. En aquel evento había estancias en representación de ‘casi’ todas las naciones del mundo, con sus delicias gastronómicas (degustamos arepas venezolanas, arroz vietnamita…) y pudimos escuchar en directo a gigantes de la música de la talla de Madness y The Prodigy. Una auténtica maravilla.

Y allí es donde conocimos a Yoann, un simpático y bonachón corso, activista político e hincha acérrimo del Bastia. De su mano conocimos, por ejemplo, la historia de resistencia y lucha de Nueva Caledonia. También nos hizo de intérprete, nada más y nada menos que con la familia de Christian Karembeu, futbolista que fue campeón del mundo con la selección francesa sin llegar a cantar la ‘Marsellesa’.

Con él recorrimos un sinfín de stands de diferentes países, donde todo el mundo le recibía con una sonrisa. Mientras nos hacía de ‘Cicerone’, nos iba poniendo al día sobre la situación de los diferentes colectivos en lucha a lo largo del país, y su colaboración en numerosos proyectos sociales y políticos. El joven isleño era pareja de Maite, prima de Aitor y de Ibon. Los dos juntos, en los días que duró el evento, formaron un tándem de seguidores incondicionales de Norte Apache, aguantaron incluso los tres conciertos casi seguidos que dimos en una sola tarde, levantando las manos, coreando el estribillo «lortuko dugu» como si lo escucharan por primera vez.

El legado que ha dejado el de Córcega traspasa fronteras. La fe en las personas y su activismo incansable le llevaron a colaborar en un sinfín de proyectos, desde su Córcega natal hasta Palestina, pasando por Nueva Caledonia y Euskal Herria. Todo ello sin dejar de atender a sus obligaciones como sindicalista en la CNT-F y como profesor de educación secundaria.

Tal es su huella que, desde Euskal Herria, numerosos colectivos han querido sumarse al homenaje, como Askapena, Etxerat, Sortu, Argia…, y le han dedicado un bertso en agradecimiento a su apoyo y defensa de la causa vasca.

 

 

PATRIOTI

 

askapena

 

SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE BASQUE  – LILLE

Une terrible nouvelle reçue ce vendredi soir à 22h. Yoann est mort subitement à Paris dans la nuit de mercredi à jeudi. Un camarade de longue date, et pourtant il nous a quittés si jeune, c’est dire son engagement précoce dans les luttes pour la libération des peuples, pour leur droit à l’émancipation, des peuples encore  sous le joug des Etats impérialistes.

Nous avons partagé avec Yoann un engagement commun dans la solidarité avec la résistance  du Peuple Basque, Yoann était un militant très actif du Comité de Solidarité avec le Peuple Basque de Paris.
Ce soir nous sommes anéantis en apprenant son décès.
A sa famille, sa compagne Maité ,tous ces camarades de Paris, du Pays Basques, de Corse et tant d’autres nous exprimons notre soutien fraternel, notre amitié.
Au revoir Yoann

Stephan et tous les camarades de Lille de la solidarité avec le Peuple basque (ex CSBLille) 

 

JANN-MARC ROUILLAN A LA LNR 17 03 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 17 h 17 min

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A L’OCCASION D’UNE RENCONTRE LITTÉRAIRE A LA LIBRAIRIE LNR (Librairie la Nouvelle Réserve de Limay) NOUS AVONS PU DÉCOUVRIR LA BIBLIOGRAPHIE DE JANN-MARC ROUILLAN. LA SOIRÉE NOUS A PERMIS DE DÉCOUVRIR OU RE-DÉCOUVRIR LE PASSE MILITANT DE L’AUTEUR MAIS ÉGALEMENT LES OUVRAGES DE CELUI-CI.

 

images (23)
Le Tricard, Chronique du dehors d’un interdit de séjour


2013
Chroniques carcérales (2004-2007) Chroniques carcérales (2004-2007)

  Auteur


2008-01-09
Dix ans d'Action directe: Un témoignage, 1977-1987 Dix ans d’Action directe: Un témoignage, 1977-1987

  Auteur


2018-09-12
De mémoire : Tome 1, Les jours du début : un automne 1970 à Toulouse De mémoire : Tome 1, Les jours du début : un automne 1970 à Toulouse

  Auteur


2007-03-16
Lettre à Jules, suivi de Lettre à Jules, suivi de « Voyages extraordinaires des enfants de l’extérieur », suivi de « Chroniques carcérales »

  Auteur


2004-01-20
De mémoire : Tome 2, Le deuil de l'innocence : un jour de septembre 1973 à Barcelone De mémoire : Tome 2, Le deuil de l’innocence : un jour de septembre 1973 à Barcelone

  Auteur


2009-03-05
La part des loups La part des loups

  Auteur


2005-03-08
De mémoire De mémoire

  Auteur


2011-05-25
Le Capital humain Le Capital humain

  Auteur


2007-01-16
Je regrette Je regrette

  Auteur


2016-08-23
Les viscères polychromes de la peste brune : Avec 21 interventions de Dado Les viscères polychromes de la peste brune : Avec 21 interventions de Dado

  Auteur


2009-05-14
Paul des Épinettes et moi : Sur la maladie et la mort en prison Paul des Épinettes et moi : Sur la maladie et la mort en prison

  Auteur


2010-01-21
Le roman de Gluk : Glucksamschlipszig Le roman de Gluk : Glucksamschlipszig

  Auteur


2003-09-15
Infinitif présent Infinitif présent

  Auteur


2010-10-21
Je hais les matins Je hais les matins

  Auteur


2015-03-12
Le rat empoisonné Le rat empoisonné

  Auteur


2014-10-21
Paul des Epinettes ou la Myxomatose panoptique Paul des Epinettes ou la Myxomatose panoptique

  Auteur


2002-10-02
téléchargement (8) Autopsie du dehors,

2012
La vie des Forçats La vie des Forçats

  Préfacier, etc.


2007-11-30

 

Publications par année de sortie d’éditions.

5 mai 2020

ENTRETIEN AVEC J.M. ROUILLAN 10 03 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 23 h 02 min

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J.M ROUILLAN EST VENU DANS ÇA BOOSTE POUR UN ENTRETIEN QUELQUES JOURS AVANT LE CONFINEMENT.  IL S’EST LIVRÉ SANS DÉTOUR SUR SON ENGAGEMENT POLITIQUE SANS CONCESSION QUI L’A MENÉ DEPUIS LE C.A.L. (Comité d’Action Lycéenne) JUSQU’À A.D (Action Directe).

Son engagement commence dans les années 60 à Toulouse, très tôt il prend conscience que seul la lutte peut faire avancer les revendications, que ce soit dans le mouvement lycéen ou le monde ouvrier. Petit fils de réfugié catalan, Toulouse était un l’arrière garde d’anciens de Tierra y Libertad revue de la FAI (Fédération anarchiste ibérique)1ère parution 1888 qui connu une publication soutenu de 1930 à 1939. Depuis 1977 c’est un mensuel.  Egalement des Colonnes Durruti, Colonne de Fer, Colonne Rouge et Noir et de façon générale des Républicains espagnols passé par les camps d’internement français de la honte. Ce qui fait que très tôt Jann-Marc Rouillan a été confronté aux histoires de ces républicains anarchistes ou non, mais antifascistes contre le franquisme. En 1971 il participe à la lutte contre le franquisme au sein du MIL-GAC (Movimiento Ibérico de Libéracion) (Grupos Autónomos de Combate) il y rencontre Oriol Solé Sugranyès.

Le 17 septembre, deux jours après l’attaque par le MIL d’une Caisse d’épargne de Bellver de Cerdanya, Oriol et Rouillan forçaient un contrôle de gendarmerie à Pau. Il était arrêté le lendemain à Toulouse avec Jean Claude Torres tandis que Rouillan parvenait à s’enfuir. Oriol Solé fut condamné le 13 janvier 1973 avec Torres à un an et six mois de prison. Rouillan et Salvador Puig Antich jugés par défaut au même procès avaient été condamnés à la même peine. Pendant son incarcération c’est Jean Marc Rouillan qui assumera la responsabilité du groupe.

Lors du congrès d’auto-dissolution du MIL en août 1973 à Toulouse, il déclara que pour pouvoir abandonner les armes, il fallait faire une dernière attaque. Le 15 septembre 1973 il participait à l’attaque de la Caisse de retraites de Bellver de Cerdanya où le groupe s’emparait de 700 000 pesetas. Pris en chasse par la Guardia Civil et après avoir abandonné leur véhicule et tenté de gagner à pieds la cachette d’un autre véhicule, Oriol Solé et José Lluis Pons Llobet étaient capturés le 16 septembre au lieu dit Torre de Riu (Gérone) après avoir échangé des tirs avec les gardes qui surveillaient la cachette. Son frère Jordi Solé Sugranyes qui était le chauffeur lors du hold up était déjà parvenu à passer en France.

Le 27 juillet 1974, traduit devant un conseil de guerre avec José Luis Pons Llobet, Oriol Solé Sugranyes était condamné à 48 ans de prison tandis que Pons llobet écopait d’une nouvelle peine de 21 ans de détention. Le 5 avril 1976 avec Josep Lluis Pons Llobet il participait à l’évasion de 29 prisonniers politiques -essentiellement de l’ETA- de la prison de Ségovie. Oriol Sole Sugranyes « Victor » était capturé le lendemain 6 avril et assassiné à Ronceveaux (Navarre) près de la frontière par la Guardia Civil. Seuls quatre des évadés parviendront à passer en France.

Oriol Solé Sugranyes a été inhumé le 8 avril au cimetière de Bor (Lerida).

 

  Le MIL s’est assigné deux objectifs principaux, soutenir les grèves ouvrières et assurer la publication clandestine de la littérature révolutionnaire interdite par le pouvoir grâce à aux éditons clandestine Mayo 37. il bouge entre Barcelone et Toulouse avec ses potos de 68, c’est là qu’il rencontre également Salvador Puig Antich ce sont tous des minots d’une vingtaine d’années, mais avec déjà une conscience politique bien aiguisé. Salvador sera le dernier militant politique à subir le garrot il n’avait que 25 ans. le MIL s’auto-dissous  en 73. Plusieurs ex-MIL et le groupe de Toulouse dont fait partie Jann-Marc crée le GARI-GAI  (Groupes d’Action Révolutionnaire Internationaliste) (Groupes Autonomes d’Intervention). Il pratiquerons pendant un peu plus d’un an des attaques à l’explosif et des braquos pour le financement du mouvement et de la cause révolutionnaire. 

 

Les Groupes d’action révolutionnaires internationalistes (GARI) ont été actifs en France au cours de l’année 1974. Pratiquant principalement des attentats à l’explosif et des braquages les GARI « ont toujours évité autant que possible que leurs opérations s’accompagnent d’effusion de sang ».

Formés en solidarité à la suite de l’arrestation en Catalogne, en septembre 1973, de membres de l’ex Movimiento Ibérico de Liberación (MIL ou 1000) et de l’exécution de Salvador Puig i Antich en mars 1974, les GARI mènent des actions clandestines contre le franquisme pour obtenir la libération des membres de l’ex MIL et éviter que deux d’entre eux soient condamnés à mort, José Luis Llobet et Oriol Solé .

Chronologie

  • En janvier 1974, la coordination va revendiquer avec des sigles différents (GAI, GARI) diverses séries d’actions.
  • 28 février 1974 : mitraillage de la voiture du chancelier d’Espagne à Toulouse.
  • 22 mars 1974 : attentats dans le sud de la France sur des routes reliant la France à l’Espagne. Plusieurs ponts sont endommagés. Les actions sont revendiquées GAI (Groupes Autonomes d’intervention).
  • 4 avril 1974 : un commando du GARI braque la banque Courtois de Montesquieu Volvestre près de Toulouse.
  • 3 mai 1974 : enlèvement à Paris du directeur de la Banque de Bilbao, Angel Baltasar Suarez (libéré le 22 mai9), le même jour « El Banco Español de Crédito » à Bruxelles est braquée.
  • 22 mai 1974 : incendie de L’Est républicain par le « commando Puig Antich », une voiture piégée explose contre les locaux de la compagnie Iberia à Bruxelles, deux autres voitures sont désamorcées à Anvers et à Liège.
  • 5 juillet 1974 : une caisse d’épargne à Toulouse est attaquée.
  • 15 juillet 1974 : attentats à Andorre-la-Vieille contre la Viguerie épiscopale et la caisse d’épargne espagnole. Attentat contre la gare d’Austerlitz dans les toilettes du train Paris-lrun-Madrid à Paris. À Ille-sur-Têt et à Brialou Plusieurs lignes à haute tension reliant la France et l’Espagne sont plastiquées.
  • 17 juillet 1974 : attentats contre des véhicules du Tour de France à Saint-Lary-Soulan, plusieurs arbres sont abattus sur la route entre Barèges et le col du Tourmalet, 13 cars de pèlerins sont incendiés à Lourdes10.
  • 25 juillet 1974 : attentat contre la Banque Populaire d’Espagne à Nîmes.
  • 28 juillet 1974 : attentat contre le consulat d’Espagne à Toulouse, 6 personnes sont blessées11. Une charge explosive détruit une partie de la consigne automatique de la gare d’Hendaye.
  • 29 juillet 1974 : attentats contre deux autocars de la SEAFEP à Paris, une autre charge est désamorcée, attentats aux voitures piégées contre les postes-frontières franco-espagnol du Perthus et de Bourg-Madame.
  • 30 juillet 1974 : fausses alertes à la bombe contre deux trains venant d’Hendaye.
  • 31 juillet 1974 : attentats contre deux bateaux de plaisance à La Grande-Motte, fausse alerte à la bombe dans le train Madrid-Paris.
  • 5 août 1974 : attentats aux voitures piégées contre la compagnie aérienne Iberia et deux succursales du Banco Espanol à Bruxelles.
  • Courant août auto-dissolution de la coordination GARI. Plus aucune action ne sera revendiquée sous ce sigle.
  • 15 août 1974 : fausse alerte à la bombe dans la Grotte de Massabielle.
  • 3 septembre 1974 : braquage d’un Crédit lyonnais à Béziers.
  • 6 septembre 1974 : braquage de la BREC à Toulouse.
  • 27 décembre 1974, sept membres ou sympathisants des GARI entament une grève de la faim illimitée pour d’obtenir le régime spécial accordé aux détenus politiques : Michel Camilleri, Floréal Cuadrado, Raymond Delgado, Mario Inès, Jean-Michel Martinez, Victor Menrique et Jean-Marc Rouillan12.
  • À partir de janvier 1975 en solidarité avec les membres des GARI incarcérés diverses actions sont menées. En dehors de l’information classique (créations de divers comités de soutien : tracts, affiches…) quelques actions spectaculaires vont être menées.
  • 5 janvier 1975 : fumigène contre une exposition espagnole au Musée de la marine à Paris13.
  • 8 janvier 1975 : attentat contre le Palais de Justice de Toulouse.
  • 15 janvier 1975 : attentat contre le Palais de justice de Paris14.

LE FASCISME C’EST LA MORT : MORT AU FASCISME

Communiqué publié dans Front libertaire des luttes de classes, journal de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA), dans son n°32 de mars 1974

« Aujourd’hui, samedi 2 mars, à 9h40, dans la cour de la prison provinciale de Barcelone, le jeune militant libertaire catalan, le camarade Salvador Puig Antich, a été lâchement assassiné par le garrot des chacals fascistes qui depuis plus de trente ans exercent leur terrorisme sanglant contre le peuple espagnol.

L’Espagne, ensanglantée par le criminel Franco et sa clique d’assassin et de bourreaux fascistes, pleure aujourd’hui une nouvelle victime, une nouvelle vie tronquée. Ce crime horrible et sauvage par la bassesse de ses motivation criminelles, par la volonté de terreur avec laquelle il espère, inutilement, intimider tous ceux qui luttent pour la liberté et la dignité du peuple espagnol, et par le sadisme bestial avec lequel il a été préparé, mis en place et monté sans même tenir compte des plus élémentaires normes de la « légalité »bourgeoise, y compris dans sa version franquiste, […] et, à la fin, exécuté sciemment et contre la vaste et vigoureuse indignation d’une grande partie du peuple espagnol et de l’opinion publique internationale, ce crime constitue la preuve la plus évidente que dans notre pays la guerre civile continue, qu’entre la liberté et l’oppression, il n’y a pas de compromis possible, mais uniquement une guerre totale, jusqu’à la destruction de la dernière pierre de l’immense prison franquiste. […]

Les malédictions, la douleur, les larmes, le sang et la rage du peuple finiront bien par abattre les tyrans. Ils se trompent les assassins et la momie sanglante qui les inspire, s’ils espèrent profiter du sacrifice du camarade Puig Antich pour leur stratégie de survie. Ils se trompent s’ils comptent intimider, avec cet assassinat, ceux qui luttent contre la tyrannie et l’exploitation. […] Ils se trompent enfin, si sur ces fragiles illusions, ils fondent l’espoir de pouvoir mettre un terme à la conscience révolutionnaire croissante des exploités et des opprimés, et à la constante radicalisation des luttes ouvrières et populaires pour la liberté et la survie. […]

Et quant à toi, camarade Puig Antich, on veut te dire seulement que l’évocation de ton nom sera pour nous, à chaque moment de notre lutte, un puissant stimulant pour qu’approche le moment où sera détruit le fascisme et où se réaliseront ces idées qui étaient les tiennes et qui sont les nôtres. »

Groupe anarcho-syndicaliste « Accíon directa », le 2 mars 1974


PUIG ANTICH ASSASSINÉ PAR L’ÉTAT ESPAGNOL

Article publié dans Le Postier affranchi, bulletin des travailleurs ORA des PTT, dans son n°2 de mars 1974

« Le samedi 2 mars, à 9h40, notre camarade Puig Antich a été garroté par l’État espagnol. Par cet assassinat, Franco essaye de briser le mouvement révolutionnaire. Le mouvement de solidarité qui s’est développé en Espagne en faveur des militants de l’ex-MIL (Mouvement ibérique de libération) montre que la lutte contre le capitalisme espagnol n’est pas un fait minoritaire.

La soi-disant « libéralisation » dévoile son vrai visage et il est clair que l’État espagnol d’aujourd’hui est le même que celui qui assassinait aux côtés d’Hitler et de Mussolini. C’est avec cet État que l’État français entretient des liens privilégiés. […]

C’est aussi parce qu’il était anarchiste et à cause de la pratique du MIL que Puig Antich est mort dans une indifférence quasi-générale. Il est bien temps maintenant d’envoyer des télégrammes de protestations, de faire des défilés et des communiqués en criant au scandale. C’est avant qu’il fallait agir.

Deux autres militants de l’ex-MIL, José Luis Llobet et Oriol Sole, risquent également la peine de mort. Il est trop tard pour se lever contre le meurtre de Puig Antich, il s’agit aujourd’hui de sauver ses camarades. Nous appelons tous les travailleurs à se mobiliser pour éviter un nouveau meurtre. Sauvons José Luis Pons Llobet et Oriol Sugranyes ! Contre le fascisme : guerre de classes ! »

                

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le supplice sadique du garrot.
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Toulouse 1974, manifestation pour la grâce de PUIG ANTICH
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la momie « Caudillo ».  A coté celui qui deviendra  le roi Juan Carlos (la transition  « démocratique »),  le garrot  ne semblait pas poser de problème de conscience. 
1 pourriture+ 1 pourriture = tous pourris

 

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En résumé Jann-Marc Rouillan.

POUR SON ENGAGEMENT EN ESPAGNE ET EN FRANCE, DANS LA LUTTE ARMÉE CONTRE LA DICTATURE FRANQUISTE ET NOTAMMENT POUR LES FAITS QUE CE LIVRE RELATE DE MÉMOIRE (TOME 2), JANN-MARC ROUILLAN A ÉTÉ AMNISTIÉ LE 14 MARS 1977 PAR LE DÉCRET N°388 DU PRINCE JUAN CARLOS-DÉCISION ASSORTIE D’UNE EXPULSION À VIE DU TERRITOIRE ESPAGNOL. LE 22 FÉVRIER 1987, AVEC NATHALIE MENIGON, JOELLE AUBRON ET GEORGES CIPRIANI, JANN-MARC ROUILLAN EST ARRÊTER À VITRY-AUX-LOGES. LE 26 FÉVRIER 1988, LA C.ASS. DE PARIS CONDAMNE CE DERNIER À 13 ANS DE RÉCLUSION CRIMINELLE POUR LES FAITS DE VOL AVEC ARME; LE 4 JUILLET LA C.AP. DE PARIS AJOUTE UNE PEINE DE 10 ANS POUR PARTICIPATION À ASSOCIATION DE MALFAITEURS, DÉTENTION D’ENGIN EXPLOSIFS. LE 14 JANVIER 1989, C’EST DE NOUVEAU LA C.ASS. DE PARIS AVEC UNE RÉCLUSION CRIMINELLE À PERPÉTUITÉ ASSORTIE D’UNE PEINE DE SURETTE DE 18 ANS, POUR COMPLICITÉ D’ASSASSINAT (MORT DE G.BESSE P.D.G. DE RENAULT) ET LE 19 MAI 1994, UNE RÉCLUSION CRIMINELLE À PERPET’ AVEC PERIODE DE SURETE DE 18 ANS ( MORT DE R.AUDRAN ING. GÉN. DE L’ARMEMENT, TENTATIVE D’ASSASSINAT SUR BRANA, V.PR. DU C.N.P.F.

DURANT SES 25 ANNÉES D’INCARCÉRATION, JANN-MARC CONNUT 11 ANS DE Q.H.S OU D’ISOLEMENT. EN 2007 IL OBTIENT UN LIBÉRATION DE SEMI-LIBERTÉ EN S’ABSTENANT DE TOUTE INTERVENTION PUBLIQUE. IL SERA ENGAGÉ AUX EDITIONS AGONE LE 17 DECEMBRE. 

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ANTIFA RUSSE, NADA RAPPEUR BEATBOXER 03 03 20

Classé sous ҪA BOOSTE SOUS LES PAVÉS — SQUALE @ 16 h 13 min

 

 

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Rassemblement vendredi 28 février

Solidarité avec les antifascistes russes torturés et emprisonnés !

mercredi 26 février 2020

Dans le cadre de la semaine de solidarité avec les antifascistes et anarchistes russes, le SIPMCS appelle à un rassemblement de soutien près de l’ambassade de Russie vendredi 28 février à 18 heures.

Le 10 février 2020, le tribunal de Penza (Russie) a condamné sept personnes accusées d’avoir organisé le « Réseau », une organisation terroriste anarchiste. Toute cette affaire est basée sur des aveux obtenus sous la torture, ainsi que des armes cachées par la police, et une accusation selon laquelle les accusés « prévoyaient de planifier des actions terroristes pour renverser le gouvernement de Russie ». Pour un « crime » sans victime, n’impliquant aucune action réelle et aucun véritable plan, les peines prononcées par le tribunal sont scandaleusement élevées : jusqu’à dix-huit ans de prison ferme  !

Des scientifiques, des journalistes, des défenseurs des droits humains et d’autres groupes en Russie ont manifesté et demandé que la peine soit abrogée. La solidarité internationale est particulièrement importante en ce moment car le « Network case » n’est pas terminé. À Saint-Pétersbourg, deux autres personnes attendent d’être jugées pour des faits connexes. Les prochaines audiences sont prévues du 25 au 28 février. C’est pourquoi un appel a été lancé par les camarades antifascistes russes afin que des actions aient lieu à cette période, du 22 au 29 février 2020.

Nous ne tolèrerons jamais que des camarades soient torturés et emprisonnés. Un coup contre l’un d’entre nous est un coup contre tous !

Nous exprimons toute notre solidarité aux anarchistes et antifascistes russes et exigeons la libération immédiate de tous les inculpés de l’affaire du « Réseau ». Nous exigeons également la libération des tous les autres prisonniers politiques anarchistes et antifascistes qui subissent la répression et la torture en Russie, notamment Azat Miftahov, Ilia Romanov, Egor Lesnyh, Evgeny Karakashev et Kirill Kuzminkin !

Par ailleurs, nous appelons à la plus grande vigilance et détermination face aux outils de propagande du gouvernement russe que sont les médias de soi-disant « réinformation » tels que Russia Today (RT France, Ruptly) ou Sputnik News. Rappelons-le, ces médias sont directement financés par l’État russe, directement responsable des tortures subies par nos camarades. Ils n’ont rien à faire dans nos luttes.

Pour plus d’informations sur l’affaire Network, les détails de l’aide financière et les adresses des détenus vous pouvez aller sur le site rupression.com

 

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À l’approche des élections présidentielles et de la Coupe du monde de football, les répressions contre les antifascistes et les anarchistes ont commencé en Russie. À l’automne 2017, 6 personnes ont été arrêtées à Penza; plusieurs d’entre eux portaient des armes et des explosifs. Les agents du FSB ont ensuite torturé les antifascistes directement dans le centre de détention: ils ont appliqué des fils nus sur les différentes parties du corps des militants et ont mis l’électricité sous tension, ils les ont battus, les ont pendus à l’envers. Tout en les torturant, les agents ont fait apprendre par cœur aux militants l’histoire dont le FSB avait besoin: ils étaient censés avouer avoir fondé et appartenir à une organisation terroriste appelée « The Network ». Fin janvier 2018, deux autres antifascistes ont été arrêtés à Saint-Pétersbourg. Eux aussi ont été battus, torturés au courant électrique,

PENZA. LES ARRESTATIONS

En octobre et novembre 2017, cinq antifascistes ont été arrêtés à Penza.

C’est probablement le témoignage de Zorin qui a fourni une cause officielle pour ouvrir le dossier

Egor Zorin, un étudiant de l’Université d’État de Penza, n’est jamais rentré chez lui le 18 octobre et ses amis ont commencé à s’inquiéter. Il s’est avéré plus tard que des agents du FSB l’avaient. Apparemment, c’est son témoignage qui a été utilisé comme motif formel pour entamer le cas de «l’organisation terroriste» antifasciste. Il est très probable que Zorin a été brutalement torturé tout comme le reste des détenus. Cependant, il n’a depuis contacté ni ses amis ni ses journalistes. Selon les informations disponibles, Zorin est actuellement assigné à résidence. Tous les autres accusés dans cette affaire sont détenus dans des centres de détention provisoire.

Le 19 octobre, Ilya Shakurskiy, éminente militante locale et camarade de classe de Zorin à l’université, a commencé à le rechercher avec un groupe d’amis. Il n’a trouvé aucune trace de Zorin et est rentré chez lui. Dès qu’il est descendu de son bus, il a été renversé et en quelques secondes, des agents du FSB l’ont poussé dans leur voiture. Ils ont battu Shakurskiy et l’ont tiré par les cheveux pour forcer le mot de passe de son téléphone. Il a fini par leur dire le mot de passe.

20 minutes plus tard, l’antifasciste a été amené dans un bâtiment où d’autres agents du FSB l’attendaient. Ils ont dit à Shakurskiy qu’il était soupçonné d’avoir organisé un groupe terroriste. Lorsque le militant a nié les accusations, il a été frappé à la tête et au dos, menacé de viol et condamné à perpétuité. Tout le temps, il pouvait entendre quelqu’un crier à côté. À un moment donné, un homme masqué est entré avec un foulard sanglant dans les mains. L’un des officiers du FSB a mentionné le nom: «Kuksov».

Vasiliy Kuksov a également été arrêté le 19 octobre, probablement presque en même temps que Shakurskiy. La femme de Kuksov, Elena, est revenue du travail dans une maison vide et a appelé son mari sur son téléphone portable. Elle pouvait entendre la sonnerie mais personne n’a décroché. Après quelques heures, elle a entendu quelqu’un ouvrir la porte avec une clé. Dix agents du FSB se tenaient devant elle. L’un d’eux tenait un Vasiliy battu par le cou. L’antifasciste pouvait à peine se tenir debout, son front et son nez étaient gravement meurtris, son pantalon et sa veste déchirés et sanglants. Les agents du FSB ont rapidement fouillé l’appartement et sont allés fouiller la voiture de Kuksov.

Ils ont dit à Kuksov d’ouvrir la portière de la voiture. Il a tout de suite remarqué que la serrure de la porte de la voiture était cassée et l’a déclaré haut et fort. Lorsque les agents du FSB ont sorti une arme à feu de la voiture, il est devenu clair qui avait cassé la serrure et pourquoi: l’arme avait déjà été plantée par les agents. Après que Kuksov a été emmené, probablement au bureau du FSB, où ils ont commencé à le battre. Ce sont ses cris que Shakurskiy entendit dans la pièce voisine.

Dmitriy Pchelintsev a quitté son domicile pour aller chercher sa grand-mère et a été arrêté le 27 octobre. Quatre agents du FSB l’ont attaqué par sa voiture, l’ont roué de coups, l’ont jeté par terre et ont pris la clé de son appartement.

Ils ont ouvert la porte et sont entrés par effraction dans son appartement. Pendant la recherche, ils ont tout renversé. Ils ont pris des smartphones, tous les appareils de stockage de données, deux fusils de chasse et deux pistolets non mortels. Toutes les armes avaient été officiellement enregistrées par Pchelintsev qui travaillait comme instructeur d’artillerie.

Après la perquisition, les agents se sont rendus à la voiture de Pchelintsev, qui n’avait depuis longtemps aucune alarme d’instruction fonctionnelle, et ont pris deux grenades sous un siège. Cela n’aurait pas été un problème pour eux de planter des grenades dans une voiture non protégée.

Au début, Dmitriy Pchelintsev n’a pas été battu, même s’il a refusé de s’incriminer. Le lendemain, il a été arrêté en tant que membre d’une «organisation terroriste». Le même jour, son épouse Angelina a été appelée au FSB, censément pour assister à l’interrogatoire de son mari. Au bureau, deux officiers l’ont rencontrée, l’un d’eux jouant de manière significative avec un poinçon à la main. Un autre a mentionné qu’ils «devaient tirer sur quelqu’un dans la jambe» pour faire avouer Pchelintsev.

Début novembre 2017, Andrey Chernov a été arrêté à Penza et Arman Sagynbaev à la même époque à Saint-Pétersbourg. Ce dernier a ensuite été amené à Penza. Leurs camarades n’ont pour l’instant aucune information sur les circonstances de leur arrestation. Sagynbaev qui a plusieurs côtes cassées refuse tout contact avec ses camarades, journalistes et militants des droits de l’homme; ayant rencontré Pchelintsev par hasard, il lui a demandé pardon d’avoir incriminé Pchelintsev et d’autres sous la torture. Nous n’avons pratiquement aucune mise à jour sur Chernov.

PENZA. LES TORTURES

Tous les militants arrêtés ont probablement été torturés, mais seuls deux d’entre eux ont jusqu’à présent choisi d’en parler ouvertement et en détail: Ilya Shakurskiy et Dmitriy Pchelintsev. Ce qui leur est arrivé n’est devenu connu qu’en janvier 2018, car avant cela, leurs familles craignaient que la divulgation publique n’aggrave leur situation.

Shakurskiy a expliqué qu’il avait été amené à plusieurs reprises auprès d’agents du FSB qui le battraient, exigeant qu’il signe l’aveu d’appartenance à une «organisation terroriste» constituée par les agents. Non seulement il a entendu Kuksov crier là-bas, mais il a également rencontré son camarade et a vu du sang sur son visage. Shakurskiy a refusé d’avouer ce qu’il n’a jamais fait depuis longtemps. Puis un jour, il a été sorti de sa cellule dans le centre de détention et amené dans la cave.

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 Le procès de sept antifascistes russes accusés d’infractions terroristes s’est terminé aujourd’hui à Penza, dans l’ouest de la Russie.

Dmitry Pchelintsev a reçu 18 ans, Ilya Shakursky 16 ans, Arman Sagynbaev 6 ans, Andrei Chernov 14 ans, Vasily Kuksov 9 ans, Mikhail Kulkov 10 ans et Maxim Ivankin 13 ans d’emprisonnement.

L’affaire Network a commencé en octobre 2017, lorsque le Service fédéral de sécurité russe (FSB) a arrêté six personnes à Penza les accusant de participation à une organisation terroriste «The Network». Deux autres habitants de Penza ont disparu et ont été inscrits sur la liste des personnes recherchées par le FSB. Ils ont ensuite été détenus à Moscou. En janvier 2018, deux autres personnes ont été arrêtées dans la même affaire et, en avril de la même année, des accusations ont été portées contre une autre personne.

Selon l’accusation, la «communauté terroriste anarchiste» a été créée en mai 2015. Après la formation du groupe, les accusés auraient «assigné des rôles entre eux et exploré les moyens de commettre des crimes» afin de renverser le régime russe en «créant des groupes de combat et recruter des individus qui partagent leur idéologie anarchiste. » Ils ont également été accusés d’avoir l’intention d’utiliser des bombes pour déclencher une «déstabilisation du climat politique dans le pays» lors des élections présidentielles russes de mars 2018 et de la Coupe du monde de football organisée dans le pays en juillet de la même année.

T out au long du procès, les accusés deni les accusations et se plaignait de mauvais traitements , y compris la torture par les chocs électriques et les coups au cours de leur détention.

Le verdict du tribunal d’aujourd’hui a été rendu au milieu de protestations à l’extérieur du tribunal. Après l’annonce du verdict, l’audience a répondu par des cris «Honte!» Et « Liberté! ».

Le tribunal a accordé aux sept anarchistes le droit de faire appel.

Que pouvez-vous faire pour soutenir les antifascistes et anarchistes russes qui ont été torturés et emprisonnés?

  • Faites un don à la Croix noire anarchiste via PayPal ( abc-msk@riseup.net ). Assurez-vous de préciser que votre don est réservé à la «Rupression».
  • Passez le mot sur l’affaire du réseau alias l’affaire «terrorisme» Penza-Pétersbourg. Vous pouvez trouver plus d’informations sur l’affaire et des articles détaillés traduits en anglais sur ce site .
  • Organisez des événements de solidarité où vous vivez pour collecter des fonds et faire connaître le sort des antifascistes torturés de Penza et de Pétersbourg.
  • Si vous avez le temps et les moyens de concevoir, produire et vendre des marchandises solidaires, veuillez écrire à  rupression@protonmail.com .
  • Concevez une carte postale de solidarité qui peut être imprimée et utilisée par d’autres pour envoyer des messages de soutien aux détenus. Envoyez vos idées à  rupression@protonmail.com .
  • Écrivez des lettres de soutien aux prisonniers et à leurs proches via rupression@protonmail.com .

 «Après un certain temps, trois hommes masqués sont entrés. Ils m’ont dit de faire face au mur et d’enlever ma veste. Une pensée m’a traversé l’esprit à ce moment: « Ils vont me tuer. » Ils m’ont dit de m’asseoir sur un banc sans lever la tête. Ils m’ont attaché les mains, les yeux bandés et m’ont bâillonné. Je pensais qu’ils allaient me faire toucher quelque chose pour obtenir mes empreintes digitales sur un objet. Mais ensuite ils ont attaché des fils à mes gros orteils. J’ai ressenti la première décharge électrique et je n’ai pas pu m’empêcher de gémir et de trembler. Ils l’ont fait encore et encore jusqu’à ce que je promette de dire ce qu’ils m’ont dit. Depuis lors, j’ai oublié le mot non et j’ai dit tout ce que les agents m’ont dit », a ensuite déclaré Shakurskiy. Il a signé tout ce que les agents du FSB lui ont donné.

Dmitriy Pchelintsev a déclaré que le 28 octobre, immédiatement après la décision du tribunal concernant son arrestation, il avait été conduit dans la cave du centre de détention. Sept officiers masqués du FSB sont entrés après lui et lui ont ordonné de se déshabiller. Ils lui ont attaché les mains, lui ont tapoté les pieds sur un banc et l’ont bâillonné.

Un agent du FSB en gants médicaux blancs a sorti un générateur et l’a posé sur la table. Il a pris un coupe-boîte et a dénudé les deux fils sortant de l’appareil avec des mouvements bien entraînés. Il a dit à Pchelintsev de sortir son gros orteil, y a attaché les fils nus et a tourné la poignée du générateur. Le courant a traversé le corps de Pchelintsev. Il a ressenti une douleur terrible, a commencé à crier, à se battre et à se battre la tête contre le mur. Les agents ont pris la précaution de mettre sa veste entre son corps et le mur pour l’empêcher de se fissurer le crâne. Pendant les tortures, l’un d’eux se tenait à côté de Pchelintsev et regardait son pouls. Ils ont mis 10 secondes pour le soumettre à la première décharge. Pour lui, cela semblait être une éternité.

Après la première décharge, l’un des policiers a déclaré à Pchelintsev qu’il devait oublier les mots «non», «je ne me souviens pas», «je ne sais pas». Après cela, ils l’ont à nouveau bâillonné et l’ont soumis à quatre décharges électriques. La douleur était si terrible que les dents de Pchelintsev se sont effondrées alors qu’il serrait la mâchoire. Le frein de sa langue se déchira, sa bouche était pleine de sang. Les agents l’ont bâillonné avec une chaussette.

«« Quand ils m’ont torturé avec du courant électrique, ma bouche était pleine de dents s’effondre parce que j’avais tellement serré la mâchoire avec la douleur, et le frein de ma langue s’est déchiré, ma bouche s’est remplie de sang, et à un moment donné l’un des tortionnaires mets une chaussette dans ma bouche.Dmitriy Pchelintsev

«Ensuite, j’ai été jeté au sol, et parce qu’un de mes pieds était attaché au pied de banc, je suis tombé, je me suis blessé aux genoux et j’ai saigné abondamment. Ils ont baissé mon pantalon, j’étais allongé avec le ventre sur le sol, ils ont essayé d’appliquer les fils sur mes parties génitales. J’ai crié et leur ai demandé d’arrêter de me faire du mal. Ils répétaient: « Tu es le leader. » Pour leur faire arrêter les tortures, j’ai répondu: « Oui, je suis le chef. »  »Vous planifiez des attaques terroristes. » J’ai dit: « Oui, nous avons planifié des attaques terroristes. » Celui qui avait vérifié le pouls sur mon cou a mis sa cagoule sur moi pour que je ne les voie pas. À un moment donné, je me suis évanoui pendant un certain temps. <…> Après leur départ, un agent de détention est entré et m’a dit de m’habiller, il m’a ramené dans ma cellule », a déclaré Pchelintsev à son avocat.

 DÉCLARATION COLLECTIVE DE RUPRESSION CONCERNANT L’ARTICLE «QUATRE SONT ALLÉS DANS LA FORÊT ET SEULS DEUX SONT SORTIS» (SUR «L’ENQUÊTE» SUR LE LIEN ENTRE L’AFFAIRE «RÉSEAU» ET LA DISPARITION ET LA MORT DE DEUX JEUNES DANS L’OBLAST DE RIAZAN)

Meduza présente une version selon laquelle Maxim Ivankin, un accusé dans l’affaire «Network», à la vue d’Alexei Poltavets, a participé au meurtre de leurs connaissances, Artem Dorofeev et Ekaterina Levchenko (le degré d’implication de Poltavets dans le meurtre est non précisé). Selon la version de Meduza, le meurtre a été commis sous la direction de Dmitriy Pchelintsev.

Nous pensons que l’enquête journalistique approfondie n’a pas eu lieu. L’article publié ressemble à une compilation brute d’opinions. Cependant, tout cela n’invalide pas notre devoir de réponse. Premièrement, nous voulons exprimer notre attitude envers l’article de Meduza et, deuxièmement, expliquer pourquoi nous nous sommes tus auparavant.

Le collectif Rupression soutient les accusés du «Réseau» depuis plus de deux ans. Au printemps 2019, nous avons appris que Maxim Ivankin avait été interrogé au centre de détention provisoire de Penza par un enquêteur du comité d’enquête de l’oblast de Riazan. Il a été interrogé au sujet de la découverte du corps de la connaissance d’Ivankin Artem Dorofeev et de la disparition d’Ekaterina Levchenko. Après l’interrogatoire, l’avocat a affirmé que l’enquêteur n’avait aucune preuve du lien entre Ivankin et le meurtre d’Artem. Ivankin a fait une déclaration se dissociant du meurtre. Nous avons commencé à collecter des informations sur les événements qui ont eu lieu avant la disparition d’Artem et d’Ekaterina, et nous nous sommes retrouvés avec une version d’événements similaire à celle de Meduza. Cependant, il nous manquait une image définitive et prouvable.

Il était très difficile de communiquer avec la plupart des gens qui savaient potentiellement ce qui s’était exactement passé. Pendant tout ce temps, ils étaient soit dans un centre de détention provisoire, soit dans d’autres pays. Différentes personnes communiquaient avec Poltavets et obtenaient des versions différentes de ce qui s’est passé, aucune de ces informations n’a pu être vérifiée. À la fin, nous avons décidé de ne pas rendre ces informations publiques. En effet, l’accusation de meurtre est un grave sujet de préoccupation et, en même temps, nous n’avons pu faire aucune déclaration définitive. Très probablement, les journalistes qui étaient au courant des soupçons auparavant, mais qui n’ont pas publié le matériel, étaient à peu près sur la même page que nous.

Le collectif RUPRESSION a été choqué lorsque le soupçon de relation avec le meurtre a émergé. Pourtant, nous continuons à soutenir les accusés. Cela est dû à l’absence d’informations vérifiables concernant le lien avec le meurtre pour certains des accusés (qui est toujours d’actualité) et à notre confiance dans la non-implication des autres accusés. Nous sympathisons sincèrement avec les amis et la famille d’Ekaterina Levchenko et Artem Dorofeev.

Nous fondons nos actions sur la présomption de confiance envers les accusés. Nous percevons quiconque innocent des preuves contre qui nous n’avons pas. Quant à ces accusés, contre qui nous détenons de telles informations, les preuves ne suffisent qu’à douter de leur innocence. Tous les accusés basés à Saint-Pétersbourg – Filinkov, Boyarshinov, Shishkin et Shakurskiy et Kuksov de Penza – ne sont certainement pas liés aux événements décrits dans l’article de Meduza . Nous ne savons rien de Tchernov, Koulkov et Sagynbaev, qu’ils soient au courant des événements ou non. Ivankin et Pchelintsev font face à des allégations non résolues d’être liées au meurtre.

Nous pensons qu’il est nécessaire de mener une enquête efficace sur le meurtre d’Artem Dorofeev et sur la disparition d’Ekaterina Levchenko. La raison qui a réuni les membres du collectif RUPRESSION est toujours d’actualité: nous pensons que les poursuites contre les accusés du «Réseau» et leurs verdicts sont injustes. Nous exigeons l’acquittement complet des accusés sur les allégations de création et de participation à un groupe terroriste.


Il est à noter que l’article de Meduza a été publié entre les procès de Penza et de Saint-Pétersbourg, et au plus fort des actions de solidarité. Cela est devenu un choc pour les amis et les familles de tous les accusés sauf un. Pour eux, nous exprimons notre sympathie et notre soutien, quelle que soit la vérité qui sera découverte. Enfin, nous demandons aux médias d’avoir une main légère dans leur traitement.

Le lendemain, pour arrêter les tortures, Pchelintsev a brisé le réservoir des toilettes et s’est coupé au niveau des plis du coude et du cou. Les gardiens «attentionnés» lui ont donné les premiers soins.

Pchelintsev a été torturé au centre de détention pendant plus d’un mois et parfois il entendait Arman Sagynbaev crier. Les cris lui ont fait comprendre que Sagynbaev était également torturé. Pchelintsev était toujours soumis au courant électrique, parfois pendu à l’envers ou recevait des injections et des pilules inconnues. Il a écrit à sa femme Angelina que c’était «pire que la mort». Pchelintsev et son avocat ont parlé des tortures aux journalistes et déposé une demande auprès de la commission d’enquête. Quelques jours plus tard, les agents du FSB ont de nouveau torturé Pchelintsev et l’ont forcé à revenir sur ses paroles.

LES ACCUSATIONS DU FSB CONTRE LES ANTIFASCISTES

En raison de ces méthodes, cinq des six militants arrêtés à Penza ont plaidé coupable. Kuksov est le seul qui refuse apparemment de témoigner.

 

Il semble que le FSB ait fondé une affaire d ‘«organisation terroriste» contre les militants parce que tous jouaient à l’airsoft. Ils se sont entraînés ensemble dans les bois, ont appris à prodiguer les premiers soins et à survivre dans la nature. Cependant, tous les arrêtés n’étaient pas réellement des amis (Pchelintsev et Shakurskiy, par exemple, avaient longtemps eu un conflit personnel) et ils ont même joué dans différentes équipes d’airsoft: l’une d’entre elles s’appelait Sunrise (Voskhod), l’autre 5.11 (après un marque de vêtements de sport en plein air populaire). Dans la version FSB, les noms des équipes se sont transformés en noms de code pour les «cellules» d’une supposée «organisation terroriste» nommée «The Network». Selon le FSB, il avait également des cellules à Moscou, à Saint-Pétersbourg et au Bélarus.

Le FSB affirme que les antifascistes se sont entraînés à organiser des explosions lors des élections présidentielles russes et de la Coupe du monde de football, afin de déstabiliser la situation dans le pays et de «troubler les masses». Leurs cibles étaient censées être les quartiers des partis de Russie unie, les bureaux de poste et les responsables de l’application des lois. Tous les arrêtés ont ensuite été accusés conformément à l’art. 205.4 Partie 2 du Code pénal russe (participation à une organisation terroriste).

SAINT-PÉTERSBOURG. LES ARRESTATIONS ET LES TORTURES

Sagynbaev, arrêté à Saint-Pétersbourg, y connaissait plusieurs militants. Sous la torture à Penza, il a probablement été contraint d’incriminer ses camarades de Pétersbourg. Igor Shishkin et Viktor Filinkov devaient figurer parmi les noms qu’il avait nommés. C’est ainsi que deux autres «terroristes» ont été ajoutés à l’affaire «Réseau».

Tard le 23 janvier 2018, l’antifasciste Viktor Filinkov attendait son vol à l’aéroport de Saint-Pétersbourg: il se rendait à Kiev pour voir sa femme. Juste avant le décollage, il a été abordé par six officiers du FSB. Il a été menotté et amené à un examen médical pour une raison quelconque – probablement une procédure de routine du FSB avant les tortures.

Après l’examen, l’antifasciste a été remis dans la fourgonnette où ils ont immédiatement commencé à le battre avec leurs mains. Bientôt, il sentit une décharge électrique. Son corps s’arqua involontairement, il poussa un cri de douleur insupportable. Il était blessé avec un Taser. Ce premier choc électrique a été suivi de nouvelles décharges dans ses menottes, l’arrière de sa tête, son dos, puis sa jambe et ses menottes à nouveau, à l’aine. Filinkov a crié et a été bâillonné.

Après dix minutes de torture, il gémit: « Dis-moi quoi dire, je vais tout dire! » Mais les tortures n’ont pas cessé. Bientôt lorsque Filinkov fut prêt à accepter quoi que ce soit, les officiers du FSB lui firent apprendre par cœur un témoignage affirmant qu’il était membre du «Réseau» «organisation terroriste».

Ensuite, ils ont essuyé le sang de son visage avec son chapeau et ont amené Filinkov pour une perquisition chez lui, puis au bureau FSB de Saint-Pétersbourg. Là, il a raconté à l’enquêteur les phrases exactes de confession qu’il avait apprises sous la torture.

Le 25 janvier, il a été arrêté devant un tribunal et envoyé dans un centre de détention. Dès qu’il a été visité par des militants des droits de l’homme et un avocat, Filinkov est revenu sur son témoignage et leur a parlé des tortures. Il a montré aux militants les nombreuses traces laissées par le Taser sur tout son corps.

 

Le 26 janvier, trois jours après la détention de Filinkov, l’antifasciste Igor Shishkin a disparu à Saint-Pétersbourg: des agents du FSB l’ont emmené alors qu’il promenait son chien. Sa famille n’a pas pu le trouver pendant deux jours. Le FSB a prétendu ne rien savoir de Shishkin – en fait, il a été torturé par des agents spéciaux pendant tout ce temps.

 Le tribunal a arrêté Shishkin le 28 janvier, il avait l’air gravement blessé à l’audience et les agents du FSB se sont couverts le visage d’un foulard et d’une capuche. Lui aussi a signé une déclaration confessionnelle.

Les médecins ont diagnostiqué à Shishkin une fracture du plancher orbital, de multiples ecchymoses et des écorchures. Des militants des droits humains ont également trouvé des brûlures au pistolet au dos de la cuisse, sur le dos et les bras. Cependant, il ne leur a rien dit sur les tortures. Selon eux, il était très modéré. Avant cela, il a été contraint de signer un document dans le FSB indiquant qu’il avait subi toutes ces blessures pendant l’entraînement. Dix jours après avoir été détenu et torturé, Shishkin a officiellement déclaré qu’il était prêt à coopérer à l’enquête.

Tard le 25 janvier, des agents du FSB ont arrêté Ilya Kapustin, un grimpeur industriel. Ils l’ont torturé avec un Taser dans une voiture pendant plusieurs heures et ont exigé qu’il leur dise tout sur les antifascistes qu’il connaissait. Ils ont menacé Kapustin de l’emmener dans les bois et de lui casser les jambes mais ils l’ont finalement laissé partir après avoir fouillé sa maison.

SOLIDARITÉ.  »LE FSB EST LE TERRORISTE »

Huit des neuf accusés dans l’affaire pénale contre les antifascistes sont actuellement arrêtés dans des centres de détention où ils sont toujours en danger.

Les répressions contre les antifascistes ne sont devenues publiques que fin janvier, lorsque Viktor Filinkov a signalé les tortures. Bientôt Ilya Shakurskiy et Dmitriy Pchelintsev ont rapporté la même chose. La commission d’enquête a finalement ouvert une enquête – pour le moment uniquement sur la plainte de Filinkov. On ignore encore si cette enquête apportera des résultats.

Des actions de solidarité avec les antifascistes et anarchistes arrêtés ont commencé à travers la Russie ainsi que dans de nombreux autres pays sous le slogan principal: «Le FSB est le terroriste».

 

Le 4 juillet, deux autres personnes ont été arrêtées à Moscou – Mikhail Kulkov et Maxim Ivankin. Le lendemain, le tribunal de district de Leninskiy de Penza les arrêta jusqu’au 18 septembre. En plus d’avoir organisé une association terroriste, ils ont été inculpés de préparation à la fabrication ou à la vente de drogues en grande quantité (Code pénal de la Fédération de Russie art. Fédération)

 

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Création d’une section Anarchist Black Cross pour l’Île-de-France

Publié le 18 juin 2019

Nous annonçons la création d’une section francilienne du réseau international Anarchist Black Cross, ensemble de collectifs anarchistes en lutte contre la prison, la répression et les oppressions. Toutes les informations (événements, contact, documentation, etc.) sur notre blog https://parisabc.noblogs.org

Qu’est-ce que l’Anarchist Black Cross ?

L’ABC est un réseau international de collectifs engagés dans la lutte anticarcérale et plus largement dans l’antirépression. L’ABC a été créée en Russie dans le contexte de la révolution de 1905 afin d’organiser l’aide aux prisonnier.es politiques et l’autodéfense contre les raids politiques militaires. Il existe aujourd’hui un grand nombre de collectifs ABC autonomes réunis dans un réseau international informel. Chaque collectif agit selon le contexte local et ses possibilités : lutte contre l’isolement des personnes incarcérées, informations, rencontres et débats, actions revendicatives, etc.

À propos de l’ABC-IDF

Nous donnons ci-dessous un aperçu (non exhaustif) des activités que nous souhaitons développer. Certaines de ces activités ont déjà démarré.

Lutte anticarcérale et défense juridique

L’ABC-IDF apportera son soutien aux personnes incarcérées selon différentes modalités, notamment via l’organisation régulière d’ateliers d’écriture aux détenu·e·s. L’ABC-IDF souhaite également assurer une activité d’information, de formation collective et de soutien juridique. Nous souhaitons questionner et développer des modalités de défense minorées (p. ex., refus de plaider). Nous sommes également sensibles au refus de se soumettre à une décision de justice.